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La bonne parole /
Publiée de 1913 à 1958, La Bonne Parole est un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec. [...]

Créée en 1913 par Marie Gérin-Lajoie, en collaboration avec Caroline Béique, la revue mensuelle montréalaise La Bonne Parole est, jusqu'en 1958, l'organe officiel de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB). La Fédération chapeaute de nombreuses organisations féminines et catholiques canadiennes-françaises.

LA FNSJB a d'abord été précédée dès 1902 par les Dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste, association créée pour accueillir les francophones de la Montreal Local Council of Women (MLCW) et leur permettre d'appuyer la Société Saint-Jean-Baptiste, à laquelle elles sont souvent affiliées par leurs maris.

Des préoccupations liées à l'éducation catholique et à la survivance nationale du Canada français ont amené Mmes Gérin-Lajoie et Béique à créer ces rassemblements francophones.

Mue par les idées de progrès social incarnées au début du siècle par les mouvements de réforme urbaine et de santé publique, La Bonne Parole, en plus de faire écho aux activités de la FNSJB et de les alimenter, endosse tôt certains combats comme les luttes contre l'alcoolisme et la mortalité infantile.

Soucieuses de conserver la bienveillance des élites cléricales, les collaboratrices de la revue choisissent tôt de se conformer à la doctrine sociale de l'Église et de tempérer leurs revendications féministes en relayant l'idéologie de la femme au foyer.

La Bonne Parole met tout de même de l'avant les questions de la défense des intérêts professionnels traditionnels, de l'émancipation juridique et du droit de vote des femmes. À cet effet, Marie Gérin-Lajoie donne rapidement le ton, en 1913 et en 1914, avec une suite d'articles sur la condition légale de la femme, question sur laquelle elle revient au cours des années.

L'accomplissement social de la femme tel que prôné par La Bonne Parole, bien qu'il se cantonne au foyer et aux activités des congrégations religieuses, sera orienté vers de nombreuses initiatives philanthropiques relayées par la revue.

Entourée de collaboratrices appréciées comme Anne-Marie Gleason, Blanche Lamontagne-Beauregard et Marie-Claire Daveluy, Marie Gérin-Lajoie a doté la FNSJB d'une revue dont le tirage atteint 2000 exemplaires dès ses premières années de publication.

Cette volonté d'offrir aux Canadiennes françaises un média intellectuel engagé de grande qualité a permis à La Bonne Parole de devenir un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 75-76.

LAVIGNE, Marie, Yolande PINARD et Jennifer STODDART, « La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et les revendications féministes au début du XXe siècle », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 29, n° 3, 1975, p. 353-373.

SAVOIE, Chantal, « Des salons aux annales - Les réseaux et associations des femmes de lettres à Montréal au tournant du XXe siècle », Voix et Images, vol. 27, n° 2 (80), 2002, p. 238-253.

Éditeur :
  • Montréal :la Fédération,1913-
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avril 1922
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  • Revues
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Références

La bonne parole /, 1922, Collections de BAnQ.

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Allocution d'ouverture, M.le chan: De champ! l'i>i:r /'êi\-,-i intime de In miséricorde, Albcrl Ferla ml Le l'ir de chex-nous, Abbé Hervé Trudcl Symptômes de (|ucl(|tica maladies, Mme A M oil-Weiss Le roman d'Hélène, Andrée Jarret Pour les Cercles d'Eludés Plan de causerie, La prochaine journée d'étude i inclusion des rappi ris M.J.I ».L. hA ÇONNE PAROLE revue: mensu Ce quelle est: un LIEN qui sert à unir d'esprit et de cœur les Canadiennes-françaises ; un FOYER d'où rayonne sur tous les domaines de l'activité féminine lumière et chaleur; un CENTRE où se rencontrent les bonnes volontés désireuses de se dévouer avec plus d'efficacité aux œuvres nationales; un MOYEN de propagande pour la diffusion des principes catholiques d'action sociale ; un ORGANE indispensable à l'œuvre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste, d'abord auprès des diverses associations qui la composent et des comités par lesquels elle agit ; puis auprès des œuvres nationales étrangères qui font comme nous partie de l'Union Internationale des Ligues Catholiques féminines.CONDITIONS DE L'ABONNEMENT: Canada et Etats-Unis.$1.00 par an.Union postale.•.$1.30 par an.Un escompte de 50% est accordé aux membres des associations professionnelles, des Federations paroissiales et des communautés religieuses.Tous les abonnements sont payables à l'avance en janvier et doivent être envoyés au Secrétariat de la F.N.St-J.-B.Chambre 3, Monument National.Boni.St-Laurent, Montréal Heures de Bureau: 0 a.m., à 1 p.ni.Tel.Plateau 33 >3 TOUTE PERSONNE peut concourir à l'oeuvre de la "Bonne Parole:" 1.En s'y abonnant ; 2.lui lui procurant de nouveaux abonnés; 3.En la faisant lire ; 4.En lui apposant une collaboration littéraire; 5.En sollicitant des annonces à son intention.La Fédération Nationale St-Jean-Baptiste Fut fondée en 1^07 et incorporée cil 1912 pour grouper toutes les associations féminines canadiennes-françaises catholiques en vue d'une action commune dans les questions d'intérêt général.Aumônier: Sa Grandeur Monseigneur Bruchési Présidentes d'honneur: Lady Gouin Mme L.-F.Béîque Bureau de direction: Pré».: Mme II.Gérin-Lajoicî vice-prés : Mme T.Bruncaii; Sec.: Mlle G.Le Moync; Trésoricrcs: Mlles M.-R.Boulais, S.Rcnauld; Membres: Mines A.Tcrroux, Ed.Bros-sard.D.-N.Germain, J.Angers; Mlles M.-J.Gérin-Lajoic, Bibaud, M.Auclatr, G.Boissonnault.().K.des Mes I.liaril.SOCIÉTÉS FÉDÉRÉES Les dames patronnesses des œuvres suivantes: Saintc-Clotilde N.-D.du Perpétuel Secours, Ville Etnard.Saint-Stanislas de Kostka Le Foyer Les écoles ménagères Cercle d'études N.-Dame " des Fermières de la province de Québec La Fédération «les Cercles d'Etude* des Canadiennes françaises.La Fédération des Femmes canadiennes-françaises, ( )ttawa.Cercle Marie-Louise.WooilSOC-ket, K.-I.Ftats-Unis.Association des: Institutrices catholiques cmp.de manufacture emp.de magasins cmp.de bureau femmes d'affaires L'Assistance maternelle par son affiliation à la Fédération, ïnst.des Sourdes-Muettes Crèche de la Miséricorde Hôpital Notre-Dame Hôpital Ste-Justine Fédérations paroissiales de?Ste-Philomcne de Rosemont St-J.-Baptiste de la Salle Saint-Arsène Immaculée Conception T.S.Nom de Jésus, Saint-Vinccnt-de-Paul Saint-Henri La Nativité d'Hochelaga Maisonncuve Saint-Pierre L'Enfant-Jésus.Sacré-Cœur Sainte-Hélène Chaque œuvre fortifie el étend son influence particulière.PRINCIPALES ŒUVRES ACCOMPLIES PAR LA FÉDÉRATION ET SES FILIALES.Fondation des Associations professionnelles Fondation des Fédérations paroissiales Etablissement de Caisse de Secours Etablissement de Cours d'Enseignement Ménager Comité de luttre contre Valcoolisme Amendements à la loi des licences Législation en faveur des Institutrices et des employées bureau Comité des questions domestique Comité de luttre contre la mortalité infantile Fondation de "Gouttes de Lait" Participation aux expositions pour le bien-être de l'enfance Comité de lingerie d'autel et décoration d'église lors du Congrès Eucharistique Pèlerinage a Lourdes et à Rome 0 0* Affiliation à l'Union Internationale des Ligues catholiques Jemt-nines Fondation de la Bonne Parole Comité du "Denier National" Comité des questions civiques Comité de la Croix Rouge Comité du Fonds Pariotique Comité de l'Assistance par le travail Comité permanent d'étude.N.B.— On peut, devenir membre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste en s'inscrivant à son secretariat: Ch.3, Monument National. Vol.X No 4 Montreal — liOXXK IWKOU5 — Avril 19_>2 3 ENTRE NOUS De l'organisation sociale des énergies féminines^ par madame Mûrie Gcrin-Lajoic Le 20icme siècle a-t-011 dit sera celui de la femme et les faits semblent confirmer ces prévisions.Partout une transformation s'opère en notre faveur, notre vocation s'élargit, notre personnalité semble grandir.^— Que s'est-il donc passé?Sommes-nous différentes de nos aïeules?Je ne le pense pas.Nos graud'inercs sur bien des points nous étaient supérieures.V.\ cependant, la femme aujourd'hui tient plus de place dans le momie qu'autrefois; elle s'affirme chaque jour davantage; elle agit plus sûrement et nous ne sommes qu'au début de l'évolution qui s'annonce.—Scruter ce problème — voilà ce dont je voudrais vous entretenir aujourd'hui.Sans doute la femme dans la vie privée commande depuis de longs siècles le respect et ses mérites réels lui valent une reconnaissance universelle.Songez par exemple à la vénération du fils pour sa mère, aux sentiments d'admiration de l'homme pour la femme qu'il estime.L'n de Maistre ne tarit pas d'éloges sur son épouse et s'incline devant la grandeur de la vocation maternelle.Cependant, ces mêmes hommes jugent très différemment de la valeur des femmes, quand ils les considèrent non plus individuellement mais prises collectivement.Ainsi de Maistre, si aimant pour les siens cherche cependant dans ses lettres à sa fille à la convaincre de l'infériorité de son sexe et à détruire en elle, toute fierté, toute ambition légitime.Il sou file pour l'éteindre sur l'étincelle sacrée qu'il a dépose dans cette petite âme: et, le plus innocemment du monde, comme ces sacrificateurs antiques qui immolaient des vierges a leurs faux dieux, il sacrifie la vie supérieure de sa fille aux préjugés de son temps.Tour lui, une femme n'a pas le droit de penser, le voudrait-elle qu'elle ne le pourrait pas; elle est complètement dépourvue d'originalité et de puissance créatrice.Tout ce qu'il permet aux femmes c'est d'écouter et de comprendre les hommes, c'est même ce qu'elles peuvent accomplir de plus parfait; mais dit-il qu'elles se gardent bien d'être entrepreneuses de grandes choses.Dès qu'elles veulent émuler l'homme, elles ne sont plus que des singes.En droit les auteurs les plus accrédités ont parlé couramment du sexe imbécile.Pardonnez-moi le mot mais c'est l'expression consacrée.— George Sand nous appelle le sexe stupide.— Le langage populaire nous désigne sous le nom de sexe faible.— N'y a-t-il pas lieu, mesdames, de se demander à quoi tient ce jugement sé- (1) Ce travail présenté au Congrès de la Fédération Nationale en mai dernier, acquiert un intérêt tout d'actualité en ce moment où se préparc la rencontre à Rome des ligues féminines catholiques de tous les pays.vère à notre égard et ne péchons-nous pas par quelque o »t e ?Il semble que ce qui nous a manqué, a nous femmes, c'est celte action concertée, ce travail collectif et raisonné d'une classe consciente d'elle-même, qui se saisit, revêt une personnalité nu «raie, s'organise, se hiérarchise, dégage les personnalités puissantes qui sont dans son sein, les place à sa tête et imprime ainsi à tout le corps l'élan, l'impulsion d'une pensée dirigeante vigoureuse et soutenue.Les contradictions de langage qu'on rencontre partout dans l'appréciation du mérite des femmes et qui nous paraissent si offensantes parfois ne sont que la conséquence de cet état de chose; et.selon que l'on se place au point de vue du mérite personnel et individuel des femmes, ou au point de vue de leur mérite collectif, on les exhalle ou on les méprise.J'ai illustré suffisamment je pense cette distinction qu'il faut faire entre la valeur de l'individu et celle de la classe, de la caste à laquelle il appartient.— 11 est vrai que la caste n'est pas distincte des individus, qu'elle se compose même de la somme de ceux-ci, et il semblerait, étant donné l'excellence des éléments qui la constituent, qu'elle vaille en raison même de la supériorité de ces éléments: mais, non il n'en est pas ainsi; pas plus que la richesse de la terre ne donne ses fruits sans la*coordination des énergies productrices qu'elle recèle: pas plus que les matériaux accumulés d'un édifice ne donnent l'impression de grandeur d'un temple avant qu'une main habile ne les ait harmonieusement superposés.— Oui, mesdames, les classes sont vraiment des êtres organiques, susceptibles de crui»ance.conscientes et libres, qui se créent un idéal et qui s'acheminent vers une lin.Les individus en sont les cellules vivantes et chacune d'elles à un rôle a jouer dans l'action supérieure de l'être social qui lc*> vivifie.Isolée, chacune d'entre elles n'est plus que faiblesse; groupées dans le grand tout, elles revêtent une force et une puissance illimitée.- C'est la gloire de l'homme, ci c'est en cela, avouons-lc qu'il nous est supérieur, c'est sa gloire d'avoir compris le devoir social, d'avoir ouvert son intelligence à l'esprit public et pratiqué l'abnégation et les vertus qu'il comporte.La plus belle expression de cette solidarité humaine s'exprime par l'organisation nationale.Au-dessous d'elle, ou plutôt dans ses cadres et cramponnées à ses fortes assises, les associations libres se développent, les groupements naturels s'opèrent: les classes s'organisent; et «à mesure que ces groupements se constituent et confient leur pensée à des institutions qui la perpétuent, la classe toute entière s'élève, s'achemine vers le progrès et fait avancer la civilisation d'un cran.— Voyez l'histoire des professions, du commerce, de l'industrie, de l'agriculture qui se constituent successivement en corporations, en personnalités civiles et, grâce à l'organisation qui leur est propre, prennent une immense extension, progressent de générations en générations et accumulent un trésor commun d'expérience et d'habileté, que n'auraient jamais possédé les individus travaillant dans l'isolement, Demandez au médecin où il en serait si 79 867971 4 Montréal — LA BOXXE PAROLE — Avril 1022 Vul.X No 4 sa profession n'était pas organisée et si dos institutions n'avaient pas capitalisé pour lui le savoir, si l'université n'avait pas créé ses chaires et si les musées n'avaient pas enregistré les conquêtes «le la science.— Demande/ au commerce où il en serait si les chambres «le commerce n'étaient pas venues à son secours; si l'état ne l'avait soutenu et n'avait veillé à l'ouverture des voies terriennes et fluviales qui permettent 1 écoulement des produits et favorisent réchange.Le travail, l'humble travail du manoeuvre et de remployé, ce travail qui a été méprisé pendant de longs siècles, le voilà tout-à-coup qui s'organise, il dresse la tête et il s'en dégage une noblesse insoupçonnée; sous la «le la liberté «le parole que les moeurs ne leur concèdent pas.Partant, elles sunt privées de se rapprocher les unes «le^ autres, de s'unir pour faire circuler la pensée entre elles et accorder leur âme à un même diapason.Comment peut-on présumer alors qu'il leur sera possible d'unir leurs efforts pour soulever les problèmes dont la solution leur échoit: questions de vie familiale, de bonheur domestique, d'éducation, «l'avenir des enfants, «le |)crfcctionncmcnt de la race, etc.Il eût fallu un mot d'ordre, un appel; on ne leur permettait pas de le donner.Quand Lady Aberdeen convoqua, à Montréal, en 1893, une première assemblée pour discuter la question féminine, une grande révolte éclata en certains milieux parce que des femmes allaient parler en public.Quand quelques années plus tard, les françaises s'organisèrent en association nationale, les évêques hésitèrent avant de permettre aux femmes d'adresser la parole dans leurs propres assemblées.Mesurez donc la distance parcourue «le 1893 à 1910, époque du congrès eucharistique de Montréal où les femmes sont officiellement invitée- par leurs chefs spirituels à parler non seulement «levant des assemblées de femmes, mais à figurer au programme d'une des plus mémorables séances de l'Université, présidée par le délégué papal.Conquérant une à une des libertés nécessaires, les femmes sont enfin sorties de la période d'impuissance où les tenaient asservies «les usages séculaire-; elles ont brisé des chaînes qui entretenaient leur faiblesse en les isolant les unes des autres.Mais ces jours d'abaissement et de souffrance ne seront plus bientôt que l'histoire du passé.La femme |>ortc au front une pensée «pu" introduit un idéal nouveau dans le monde.La femme ambitionne de remplir une mission qui est bien la sienne, «•euvre «le rénovation et de restauration qui déconcerte par son ampleur et qui a Ixîsoin, pour s'accomplir dans toute son extension, de l'énergie concertée de toutes les femmes.Voilà pourquoi on s'organise partout, et voyez comment les penseurs saluent l'avènement de ce mouvement universel.J'emprunte cette page à Etienne Latny, l'auteur de "La femme «le demain", (page -17)."Or très loin et très au-dessus des cris, des ridicul "et des extravagances par lesquels les échauffées «lu fé-"minj&mc hurlent leurs droits et compromettent leur "cause, la voix grave, calme et désintéressée des penseurs s'élève à l'heure présente: elle retentit en A 11c- "magne comme en Angleterre, les brises d'Amériqi "l'apportent à la France, et la France la répète au mon-"irs." On peut avec intérêt rapprocher aujourd'hui ce texte des paroles que Benoît XV adressait «à l'Union catholiques des femmes d'Italie, lors du congres qu'elles tenaient à Rome le -1 octobre 1919.— L'évolution qui a amené l'état de choses actuel a pu conférer à la femme des charges et des droits qu'on ne lui reconnaissait pas jadis.Mais nul changement dans l'opinion des hommes, aucun état de choses nouveau ni le cours des événements ne sauraient jamais arracher la femme consciente de sa mission «à cette sphère naturelle qu'est pour elle la famille.C'est elle qui est la reine du foyer domestique; même quand elle s'en trouve éloignée, c'est a ce foyer que doivent se concentrer non seulement l'affection de son coeur de mère, encore tous ses soucis de sage maîtresse de maison, de même qu'un souverain qui se trouve hors de son royaume, loin de négliger le bien de ses sujets, le met toujours au premier rang de ses pensées et de ses préoccupations.On a raison de dire que les transformations de l'ordre social ont élargi le champ de l'activité féminine; l'apostolat au milieu du monde s'est ajouté pour la femme à l'action plus intime et plus restreinte réservée jusqu'ici au foyer domestique.Mais cet apostolat extérieur, elle l'exercera de manière à bien montrer que la femme doit, même de nos jours, consacrer le meilleur de ses soins à sa famille, au dehors aussi bien que chez elle.Cet enseignement qui répond h la tradition chrétienne et qui donne comme base et point de départ de l'activité féminine, la famille, ne tend nullement comme certains le prétendent, à isoler la femme au foyer, à lui mesurer parcimonieusement l'air et la lumière, à rétrécir sa pensée, à la priver de perspective, à lui couper la vue sur l'infini.Non le souverain Pontife ne fait que rappeler à la femme, au moment où elle entre dans une ère de liberté, que c'est à consolider la famille qu'elle doit employer ses droits, ses ressources nouvelles, et que sa mission ne change pas.Nous avons d'ailleurs une explication plus précise de la pensée pontificale dans une lettre que le cardinal Gas-pari vient d'adresser, à la marquise On/a del Val, présidente de la Ligue des femmes Espagnoles celle-ci a écrit au pape pour lui demander quelques directions au sujet de l'activité féminine dans la vie publique .Le cardinal ( iaspari lui a rép< mdu : "Certaines personnes ont conclu, d'une récente Encyclique du Pape, (pie l'activité des organisations chrétiennes féminines devait s'exercer exclusivement dans l'ordre religieux.Je suis autorisé à déclarer (pie telle n'est pas la pensée du Souverain Pontife.Sa Sainteté a ex-pi >sé le devoir urgent de préserver la sainteté du foyer chrétien et la pratique de la religion contre les ennemis qui voudraient détruire la foi du peuple et corrompre ses moeurs.Mais ces mêmes ennemis poursuivent aussi le même but .à l'aide d'organisations industrielles, intellectuelles, pédagogiques.Il appartient donc «à quiconque veut le bien réel du peuple de descendre dans l'arène politique et de déployer le drapeau du Christ afin (pie la lumière de ses enseignements divins et la flamme de sa charité se répande, non seulement sur quelques privilégiés, mais sur les niasses du peuple." Mais revenons à notre congrès «le 1900.— Malgré le zèle de ses initiatrices, il ne donna pas tout le résultat qu'on en attendait.On avait rêvé de jeter à cette occasion les hases d'un groupement international complet et dans lequel figureraient toutes les associations féminines indistinctement.On fut déçu.— Trois tendances se dessinèrent nettement chez les congressistes et trois partis prenaient naissance.Le parti libéral protestant, le parti socialiste et antireligieux, le parti catholique, celui-ci très faible, mais qui devait les années suivantes prendre beaucoup d'ampleur.En effet, dès 1910, se fonde, en Prance, le Ligue patriotique des françaises.En 1902, une association nationale prend naissance en Espagne.En 1903, celle de Suisse s'établit sur des hases solides.En 1905, l'Allemagne fonde l'Union nationale.En 1906, l'Uraguay s'organise .En 1907, prennent simultanément naissance: le "Catholic Womcns League", en Angleterre, don! une branche vient d'être fondée au Canada; la ligue de l'Autriche, de la République Argentine.Au Canada se fonde la Federation nationale Saint-Jean-Baptiste.El cette nomenclature est incomplète.Vers 1909, à l'initiative de la Ligue patriotique des françaises, tous ces groupements catholiques s'organisent en une union internationale pour la défense des principes religieux dans la société.Il arriva que les divers pays ne pouvant s'entendre sur le choix d'une présidente, le Souverain Pontife fut prié de faire une nomination, La comtesse Wod-sicka, qui habite Cracovie, fut mise à la tête de l'Union internationale des Ligues catholiques féminines.C'est à Rome que les femmes catholiques tiendront leur prochaine réunion.Le Canada français est représenté dans l'Union internationale par la Fédération nationale Saint-Jean-Laptiste.Nous enverrons donc des déléguées à Uo-me à ce mémorable congrès qui se tiendra du 1(> au 24 mai et qui précédera immédiatement le congrès eucharistique, lequel commencera le 25 mai pour se terminer le 28.— Quatre commissions d'étude seront formées et porteront 1° sur la propagation de la foi: 2" la lutte contre l'immoralité; cinéma, modes; 3n la traite des Blanches; 4" l'instruction civique de la femme.Mesdames, depuis un siècle (pie les femmes s'organisent, soulèvent tous les problèmes, formulent des revendications et jettent les jalons des transformations fu- 59 u tm turcs, quels sunt les principaux résultats qui ont couronné leurs efforts?Les femmes semblent n'avoir réclamé de libertés que pour accomplir plus sûrement le bien, billes ont mis leur dévouement au service des plus nobles causes.Elles se sont faites les défenseurs des opprimés, elles ont demandé protection pour la femme qui travaille.Elles ont lutté contre tous les grands fléaux qui ravagent la s«»-eiété: l'intempérance, la tuberculose, la mortalité infantile.Elles se sont dressées pour élever un rampart contre l'immoralité, se sont organisées dans une association mondiale contre la traite des Blanches, ont demandé des lois criminelles plus effectives pour arracher la jeune fille au vice.Elles ont adouci les horreurs de la guerre et la Croix rouge est apparue comme l'espoir «les blessés.Elles i dont le député de (jaspé se fait le parrain.Quinze jours plus tard, la Fédération envoie à Quélîec une délégation à laquelle vient s'unir le conseil local des femmes.Ces daines «»nt une entrevue avec le chef «lu gouvernement; elles pénètrent dans les ministères, discutent un à un les textes de lois qu'elles proposent; appuient leur requête des signatures de 60,000 citoyens, lesquelles ont été recueillies dans les églises et les temples protestants, bravent les hôtelliers qui se sont munis pour leur résister d'une contre requête (le 70,000 signatures qu'ils ont recueillies dans les bars et elles obtiennent malgré la vive opposition qui leur est faite, la refonte de la l«»i «les licences, dont elles ont en parti rédigé les dispositions.Le bill est sanctionné avec grand retentissement et ces démarches méritent aux femmes, eu séance parlementaire, les éloges suivants: de la part du trésorier provincial, l'hon.M.Weir."Je désire remercier mon honorable ami.le député de "(iaspé.pour l'étude et l'attention données par lui dans Vol.X No 4 "la préparation du hill numéro 189 (ce bill était le nôtre) "soumis à l'attention île cette chambre.Nous avons pro-"lité de son étude et incorporé plusieurs de ses suggestions dans le bill du gouvernement."Je suis également heureux de pouvoir louer les efforts "qu'ont fait plusieurs citoyens marquants pour cultiver ''l'opinion publique en rapport avec le mouvement de "tempérance.Parmi ceux-ci, nuls ne sont plus dignes de "louanges que ces dames éclairées et animées d'esprit "public c111ï ont dévoué beaucoup de leur temps et de leur "énergie à favoriser le mouvement.Je n'exagère indictment quand je «lis qu'un principe approuvé par les fem-"nics «lu pays devra assurer la réforme morale et le nro-gres.Mesdames, malgré cette influence grandissante que prennent les associations de femmes, malgré le nombre prodigieux de leurs membres qui se chiffre par millions, les femmes ne trouvent pas une sécurité suffisante pour leurs intérêts dans ces groupements volontaires et elles ont réclamé une organisation plus forte et plus puissante, une organisation que j'appellerai com- pulsoire.lîllcs veulent substituer au recrutement libre de leurs membre-, le recrutement obligatoire des femmes par l'inscription «le celles-ci sur les listes électorales, obligeant ainsi chacune à coopérer au fonctionnement «le la chose publique.Mlles savent par expérience qu'elles auraient grand profit «à choisir leurs candidats puisque toute réforme vient aboutir à une mesure législative.Le suffrage politique est conféré aujourd'hui à ÎOO.OOO.(HH) «le femmes dans l'univers.Nous l'avons eu au Cana>> )» * m ?# w sons le patronage de la m ?Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste I * 8 LOURDES, LE CONGRES EUCHARISTIQUE DE ROME, I LA PASSION D OBERAMMERGAU, § FRANCE, ITALIE, AUTRICHE, TYROL, BAVIERE, m S ALLEMAGNE, BELGIQUE ET ANGLETERRE.| î, ru \ovommAvnroii XTiiVAtYiKavO1 \Tci\mnon .i» l-Hiîn sinpti « ))) ))) * * ))) * ))) * M) -* parle "CANADA" do la Compagnie White Star-Dominion, via la J route Saint-Laurent.Retour à Montréal le 16 juillet par "CANOPIC" }>) -M- i LES AGENCES DE VOYAGE JULES HONE s ))) S 83, RUE ST-JACQUES.MONTREAL »> * )» {{( TEll__MAIN 237 COMMUNIQUANT AVEC TOUS LES BUREAUX * ))) ?ou à la FEDERATION NATIONALE ST.-JEAN-BAPTISTE.m Secrétariat: chambre 3, Monument National.TEL.Plateau, 3303.>» ))) * ))) Plusieurs membres du clergé prendront part au pèlerinage.m ))) 5*2*5*5*2*2*2*2*2*2*2*2*2*2*2*2*2*2*2*:*2*2*2*2*2*^ 10 Montréal — LA P.ONNR PAROLE — Avril 1922 Vol.X No 4 Pour le Foyer Psaume de la miséricorde ( Fragment) Au secret truite église être seul avec Dieu, Courbé sous les péchés dont on Liti fait Vaveu Crier: "Pitié! Sauveur^ écoutez ma prière.Voyez comme je suis!." Pleurer comme saint Pierre /:/ les yeux vers Ses Veux espérer le Pardon; le nommer en pleurant, pleurer, pleurer Sou Nain.Le voir dans sa pensée, adorer Sa Présence lit songer que Sou Sang pleut sur l'âme en silence.Pécheur, paurre pécheur, sentir que l'on désarme l.t Dieu Sitint dont IWmour est touché d'une larme.• Pécheur, paurre pécheur, devant le Dieu Vivant, Baiser It s Pieds du Christ, pleurer comme un enfant.Albert PERI AND ( I )'uii livre en préparait m ) Le "her* de chez nous ( Extrait ) \ M».n père, qui n'aimait pas dormir la grasse matinée, embrassai! d'un regard inquisiteur, en se levant, la plaine aux épis lourds, le coteau ondulé, le vaporeux ravin: puis, un l'entendait dire, quoique le ciel parût un peu gris: ''Non, il va faire beau" — (."est qu'il avait perçu, signe infaillible, l'abondante rosée matinale.Gouttelettes déliées, porteuses de vie, annonciatrices (Tun heureux jour, donnez aux mères canadiennes votre enseignement: "Aimantes petites mamans, tous savent de quel coeur vous souhaitez, pour le "blé qui lève" au parterre familial, un continuel beau jour.I .e sens très averti qui vous distingue vous a néanmoins permis de voir que, pour vos fils aussi, le ciel gris.gris des vapeurs de l'alcool homicide, gris de la huée d'un certain néo-paganisme dans les modes, les délassements du corps et même de l'esprit, gris d'un courant d'iudilïérentisme religieux.Oui, mères chrétiennes, notre horizon reste menaçant pour la moisson qui s'élabore.Par vos élévations pieuses, vos paroles de foi éclairée et d'amour intelligent, faites hâtivement descendre la rosée des divines bénédictions sur la lîcur de vos berceaux, car, (c'est un profond penseur qui l'a dit) : "Les berceaux sur lesquels on ne prie pas préparent une génération qui me fait trembler.( Mgr ( îibier ) Abbé Hervé TPIDPL.{Le Pieu Public) PREMIERS SYMPTOMES DE OUELOUKS MALADIES COMMUNES - «.»- Nous donnons ce tableau à nos lectrices non qu'elles aient à diagnostiquer couramment de graves maladies, mais simplement pour les aider à reconnaître les indices de maladies sérieuses et éviter les conséquences, parfois graves, en appelant immédiatement le médecin.Abcès (en général): — Rougeur; chaleur: tuméfac-ti« m.Amygdalite: — Fièvre; courbature; mal de tète: inappétence; langue épaisse, amygdales très gonflées avec points blancs: troubles de l'audition.Aiujim : — Fièvre; courbature; mal de tète: inappétence: déglutition difficile; cuisson à la gorge qui est rouge, sèche, gonflée.Anthrax et furoncle (clous) : — Rougeur: chaleur: tuméfaction acuminée douloureuse.Bronchite: — Fièvre; frissons; courbature; maux de tête; inappétence, toux.Choléra infantile: Selles et vomissements verdâtres.Congestion pulmonaire : — l'oint de côté; toux sèche; difficulté à respirer profondément.Coqueluche: — Quintes de toux caractéristiques (cri du coq).Croup: — Ti'ux rauque; voix voilée et enrouée: respiration pénible avec inspiration sifflante: suffocation; peu de lièvre.Dysenterie: Selles fréquentes : peu abondantes, an-jniinolcntes ; douleurs abdominales et rectales.Entérite: — Diarrhée muqueuse et parfois sanguinolente; coliques au pourtour de l'ombilic.Erysipclc: — Courbature; violents maux de tète; plaque rouge -aillante à la ligure.Méningite : — Tristesse; accès de lièvre: maux de tête très violents; vomissements verdâtres; constipation.Oreillons: Mastication difficile ; enflure du cou et de la face; lièvre: maux de tète: insomnie.Pleurésie: — Point de côté obligeant le malade à se coucher du coté atteint: insidieux souvent; lièvre modérée : peu de friss* ni-.Pneumonie : — Frisson unique très prolongé; point de côté très violent, augmenté par la respiration, la toux; fièvre à température trè élevée; toux.Rougeole: — Malaise; éternfunents; le nez coule; les yeux larmoient: maux de tète: lièvre; éruption.Vers intestinaux : — Troubles gastro-intestinaux ; bal-lonnemenl du ventre: coliques (examiner les selles).(du livre iln Foyer de Mme Ami.Moll-lVeîss.) PROTÉGEZ VOTRE FAMILLE Il est «lu devoir de tout homme d'assurer l'avenir «le sa femme et de ses enfants en prélevant sur son gain hebdomadaire une somme fixe.Celte somme déposée régulièrement à la Banque s'accumule, porte intérêt et représente une protection contre la maladie et les accidents de la vie.Ouvrez un compte à notre Département d'Epargne et protégez les vôtres.BANQUE D'HOCHELAGA fondée en 1874.j 11 Vol.X No 4 Montréal — 1.A IION'N'H l'A ROLE — Avril 1922 11 i wtmt Le roman d'Hélène La société Saint-J can-Baptistc vient de couronner l'oeuvre de noire gracieuse collaboratrice Andrée Jarret.Le roman "d'Hélène".Nous espérons pouvoir bientôt annoncer à nos lectrices sa publication.Lu attendant nous sommes heureuses de leur en offrir une page, non la plus émouvante, ni la plus jolie peut-être, mais d'une simplicité si vraie qu'elle permet d'apprécier la valeur profonde de Vcnscinble.Chez mademoiselle Catherine Par cet après-midi de fin d'octobre, à la saine fraîcheur ensoleillée, Hélène, chargée d'un assez volumineux paquet, se dirigeait vers le bourg de ( '.— pour les anciens: S.-Marie, du nom canonique de la paroisse — qu'un pont relie au village de S.— le village, pour ton! le monde — par-dessus la rivière aux rennais d'argent vieux.Le pont franchi, la jeune fille continua ton! droit dans la rue qui porte ce nom même, rue du Pont, et qui est la plus large et la plus commerciale du hourg.Après quelques minutes de marche, comme elle s'apprêtait à gravir les trois degrés d'un perron, une fenêtre s'ouvrit au-dessus (Telle.Levant alors vivement la tête: — Bonjour, Marie-Ange, lit-elle.Comme c'est commode, je n'aurai pas la peine d'entrer.— ("est à croire! protesta aussitôt celle qu'on nommait Marie-Ange; une jolie fille, aux traits un peu forts, au teint de pétales de rose, sous les cheveux châtains.Attends un petit moment : je cours l'ouvrir.Une seconde plus lard, en effet, elle entr'hâillait la porte.— Entre vite.Je n'use pas me montrer, arrangée comme je suis.< >n est en grand ménage, ici.Alors, je te cacherai, proposa Hélène, mais je ne peux pas entrer, cela me ferait perdre trop de temps.Sais-tu où je me rends ainsi?.Chez une femme dont je ne connais ni le nom, ni l'adresse.Elles rirent, toutes deux, et Marie-Ange remarqua: — Ce n'est pas une affaire ordinaire! — Tu me l'as déjà nommée, reprenait Hélène, toute à son idée, mais j'ai oublié.Tu sais bien, celle qui a cousu ta robe brune?— Mademoiselle Demarson?— Oui, oui, justement, «lit Hélène.Et où donc dc-meure-t-elle.mademoiselle I )emarson ?Marie-Ange tourna son buste vers la rivière et.secouant dans la même direction, sa main potelée: — Par là, fit-elle.Il te faut retourner sur tes pas.Tu passes devant le collège, tu prends la rue du Bureau de poste, ou encore, la rue du Bord de l'eau, si tu ne crains pas de rencontrer toute sorte de monde, et tu marches tant qu'il y en a.de la rue.Ensuite, tu prends la petite rue qui descend vers la rivière et tu marches encore jusqu'au bout: c'est la dernière maison de toutes; le trottoir finit un peu avant, et en face, c'est un terrain vague, couvert de cerisiers sauvages et de broussailles.Veux-tu (pie je m'habille et (pie je te conduise?— Non, non, merci.Je suis capable de me retrouver, voyons! Bonjour et je me sauve.Tu es bien aimable! — Attends donc, un peu.Tu te fais faire une robe pour la Toussaint?— là une belle robe, je t'assure.L'n cadeau de mon frère.Je te la montrerai, quand elle sera finie.Tu disais (pie mademoiselle Demarson cousait très bien, n'est-ce pas?— A la perfection, je ne te mens pas.Et puis, pas cherante.tu sais.A moins qu'elle n'ait haussé ses prix depuis l'année dernière, 'ficus, pour ne pas faire de jalousie, je ne te dirai pas combien elle m'a demandé, à moi.lin cas.Rieuses, elles se quittèrent, là-dessus, et après bien des pas, avant à la lettre, suivi l'itinéraire tracé par sou amie Hélène voyait la maisonnette de Mademoiselle Demarson se dessiner humblement devant s yeux.Elle paraissait toute proche de l'eau, un peu en retrait de la nulle et bravement, elle regardait le champ d'arbustes sauvages qui s'étendait de l'autre côté du chemin.élène frappa et la porte, ouverte avec une lenteur mystérieuse, la laissa pénétrer dans une pièce exiguë, pauvrement meublée de chaises de bois, d'une machine à coudre et d'une table encombrée, dont les lianes se drapaient d'un lapis fané, vert et rouge.Trois chemins de catalogue s'allongeaient sur le plancher nu.Par une |K>rte ouverte, la cuisine se laissait deviner, plus triste encore.Là.rien du tout que de gros noeuds, sur le plancher usé.Un angle du poêle se montrait aussi, de même qu'un misérable évier, dans le sein duquel pleurait le robinet mal fermé: au-dessus de ce robinet, pendait un petit miroir carré, où, comme par magie, se peignit aussitôt le charmant visage de l'arrivante.'l'ont en disant le motif qui l'amenait, Hélène examinait à la dérobée, celle que Marie-Ange avait nommée mademoiselle Demarson.C'était une personne de taille moyenne, délicate, et à qui il eût semblé difficile d'assigner un âge.Jeune, elle devait l'être, pourtant, mais alors, (pie signifiaient les nombreux cheveux blancs qui, aux tempes, se mêlaient au châtain ardent de la chevelure?La lu niche paraissait un peu hautaine: les lèvres étaient souples; le nez.fort et busqué.Comme ensemble, aucune beauté, niais un charme dans les yeux gris-bleu, inquiets ou t risk's, en leur douceur et qui regardaient lon- guement.La jeune femme avail fait asseoir sa visiteuse, et pour lui parler, elle se tenait elle-même debout, la main droite appuyée, du boni des doigts, sur la table.Cette attitude, pourtant toute simple, en imposa à Hélène.Les préliminaires terminés, et le prix fixé, la jeune fille ouvrit le paquet, posé sur ses genoux, et présenta à sa compagne l'étoffe bleue ainsi (pie deux rouleaux de lil de soie, un autre de fil de coton, la doublure et les agrafes qu'elle avait cru bon d'acheter.A son tour, la jeune femme feuilleta rapidement un cahier de mode qui se trouvait sur la table, et désignant un modèle : -.C'est bien ce (pie vous désirez?s'cnquit-ellc.Avec les manches comme ceci?C'était bien cela.Hélène se leva pour laisser prendre ses mesures, puis, pour dire quelque chose, tandis qu'elle remettait sa jaquette: — Ce sera prêt sans faute pour la Toussaint, n'est-ce pas?interrogea-t-elle.— }nxu.';.! I nnss;mU ! • • • répéta, avec une intonation discrète d'effarement, mademoiselle Demarson.Il vous la faudrait vraiment si tôt?.Alors, croyez que je regrette, mais il m'est impossible de l'entreprendre. 12 Montreal — LA BON NE'PAROLE — Avril 1922 Vol.\ Xm i Désappointée.Hélène rougit et s'arrêta aussitôt de boutonner son vêtement.'Fous ces derniers jours, sa grand'mcrc lui avait répété qu'elle ne se pressait pas assez d'aller porter sa rote.— Vraiment?implora-t-elle, sans presque se rendre compte «le ce qu'elle disait, vous ne pourriez pas?.J'en aurais absolument besoin! Quoique touchée de sa détresse, mademoiselle Demar-s«»n.répéta doucement qu'elle regrettait, niais qu'il ne lui était pas possible, n'est-ce pas?de manquer de parole aux clientes venues les premières.Elle était, assurait-elle, débordée d'ouvrage, et ne sachant à quel parti s'arrêter, Hélène tourmentait pensivement le bouton de sa jaquette.— Pourtant, inurmura-t-elle, je tenais à ce que ce fût vous, car on «lit que vous travaillez si bien.Une surprise charmée passe sur le visage mélancoloque de mademoiselle Demarson, mais toute «à sa préoccupation.Hélène ne s'en rendit pas compte.— Bien, Catherine, si elle tient à avoir sa robe pour la Toussaint, cette petite demoiselle, dis-lui qu'elle vienne t'aider à la faire.A son fige, on est fort et vaillant, et toi, acheva le maigre vieillard, à la barbe et aux cheveux de neige, qui venait de s'encadrer dan- la porte de la cuisine, toi tu travailles toujours trop.Beaucoup trop.Interdite, Hélène regardait sais comprendre, mais sa compagne répliqua tranquillement : — Si j'entreprends cet ouvrage, vous comprenz bien, mon oncle, que mademoiselle n'est pas obligée de m'ai-dcr.— Obligée.Obligée.San- être obligée, elle pourrait bien faire sa petite part.Tu lui laisseras le plus facile.Rapide comme l'éclair, nue pensée frappa Hélène.— En effet, mademoiselle, suggéra-t-elle aussitôt, -i vous pouviez au moin- vous charger du plus difficile?.Ma grand'mcrc et moi, non- continuerions ensuite.Cela me rendrait un -i grand service d'avoir ma robe?— Tu vois!.proclama triomphalement le vieillard,, en avançant sa lèvre dédaigneuse, c'est elle qui le veut.En même temps, il tournait sur ses talons et disparaissait dans la cuisine -J'ai beaucoup de temps à moi, insista la jeune fille, et à la main, je sais coudre un peu.Seulement à la main?Alors, pour m'aider vraiment, il faudrait que vous vous teniez ici: vous vovez ce ne serait pas très pratique.Peut-être même demeurez-vous loin?— Au village, renseigna laconiquement Hélène.Mais il me serait facile de me rendre ici, tous les jours, et je suis bien prête à le faire.Après une dernière hésitation, mademoiselle Demarson céda, tout à cou]), et avec son sérieux tranquille: — Soit, acccpta-t-ellc.Votre travail -era à déduire du prix.Pouvcz-vous revenir demain?De retour au logis, Hélène n'eut rien de plus pressé que de raconter à sa grand'mère, le résultat de sa course à ('.chez la couturière de Marie-Ancre.— Ah! c'est une demoiselle Demarson?releva madame Beaudry.Je tic savais pas qu'elle cousait pour les autres.Des gens (|iii ont été bien, autrefois.Apparence, reprit-elle, en penchant la tête, qu'ils regrettent leur bon temps, car on ne les a jamais vus travailler, ni les uns, ni les antres.Il paraîtrait pourtant que le vieil oncle, qui est instruit, lui.a déjà pratique à la ville, comme avocat.Il n'est |Kis l'oncle propre de Catherine, mais le frère de son défunt grand-père, l'oncle de son défunt père, par conséquent.A vrai dire, je pense qu'ils sont tous du vrai bon monde, tliais mandez-moi donc, cette idée de ne pas travailler ei de vivre ainsi, en pauvre gens.Faut croire, tout de même, qu'ils étaient rendu-an bout, puisque Catherine a pensé de s'y mettre.Andrée JAR RUT.Pour les cercles d'études RAPP< >RTS DES CERCLES D'ETUDES ( /.«• défaut d'espace, nous oblige à ne donner que des extraits et résumes des travaux qui on crédit, mais il tient quand même à être représenté à cette "journée d'étude", ne lût-ce «pie pour l'aire acte d< vitalité, ou pour annoncer ses espérances.Le cercle Bon-Secours a jailli «l'une semence de charité.Mademoiselle Boissonnault, dans ses rapports d'oeuvres avec les jeunes Tilles de la paroisse, en avait jeté l'idée.Les esprits étaient mûrs, et bientôt un groupe «le 179 membre- fut organise en cercle.Un comité d'étude se forma spontanément parmi nous, avec la mission ciiicnt et «le bon fonctionnement «le nos oeuvres: la visite et le secours à domicile des familles pauvres et pins spécialement encore, le relèvement morale des jeunes filles «le quatorze à vingt ans employées dans les manufactures.Ces assemblées de notre cercle ont tour à tour été honorées de la présence «le mesdames Gérin-Lajoic et Crcvier et de mesdemoiselles Gérin-Lajoic et Turgcon.Quarante-ciiu| jeunes lill«*>.canadiennes-françaises, employées dans dilTércntcs manufactures, ont répondu à l'invitation «le notre cercle et se réunissent chaque vendredi soir, de sept heures et demie à dix heure., dans nue salle «le l'académie Jeanne Le Ber.Là, les membres du cercle s'efforcent d'offrir à ces enfants quelque rip«»^ «ln dur travail «K- l'usine; «le leur faire expérimenter «me ce rep«»s pent se trouver ailleurs, et plus sûrement, et plus sainement qu'au cinéma et an théâtre, Il nous fallait dore d'abord attirer ces jeunes filles aux réunions par l'appât «In plaisir, et dans ce but, nous leur avons offert cinq soirées dramatiques et musicales, un ctichrc, puis, un s»»ir.où nous nous sommes trouvées prise- un pen an dépourvu une simple récréation en famille, des jeux de société.Nos enfants, ainsi gagnées, l'heure «tait maintenant venue où mm pouvions donner a ces soirées «ln vendredi, une note pin- -«'•-rieuses et partant plus mile.Mous proposâmes alors à nos jeunes filles «le m- mettre plus à notre programme de chaque mois, «pie deux soirées purement récréatives, et d'employer les autres, à l'étude; chacune restait libre «le désigner l'étude «le son choix.Le- opinions recueillies, il se trouva «pie la majorité «le nos enfant- demandaient des leçons «le couture; «l'antre-, «les leçons «le cotipe, «le tricot, «le modes, «le broderie, «le cuisine; tr«»is désiraient un cours «le diction.Le- membres «In cercle, chacune, suivant son aptitude particulière, s'établirent professeurs en ces différents genres.Les leçons de cuisine durent, forcément, être remises à pins tard, mats m»iis espérons qu'avant longtemps, elles entreront elles aussi, dans la partie réalisée de notre programme, Nos assemblées, ouverte- par la prière, se continuent d'abord par un ^quart-d'heure d'exercice «le «liant.Le quatrième dimanche de mai.nos jeune- filles, «hanteront, à la messe de huit heures, à l'église paroissiale: cette perspective est un fort stimulant à l'assistance régulière à chaque assemblée.Graci à îa générosité «!«• la maison Beatichcmin, nous avons pu fonder une bibliothèque, emore bien modeste, il est vrai, mai- qui mais permet cependant d'offrir à chacune de no- jeunes filles un Im.h livre à lire chaque semaine.Nos protégées trouvent encore à la salle «ln cercle mu- petite pharmacie de famille que quelques médecins de l'endroit ont bien voulu pourvoir; de- toniques, quelques remèdes d'un usage bien connu sont offert- gratuitement à celles qui en ont l>esoin et déjà non, avons eu lieu «le nous réjouir en constatant le bien que notre petit»' pharmacie a valu pour quelques-unes «le nos enfant-.Nulle contribution n'est demandée à celles qui fréquentent nos assemblées: tout est absolument gratuit.Bien plu-., afin «le développer «lu/ ces jeunes filles l'esprit d'ordre et d'économie.1«- cercle Jeanne Le liera fondé une succursale «le la Caisse populain où chacune peut déposer le- épargnes «le la semaine, ccj épargnes ne fussent-elles «pie «le quelques sous.lin un mot.mesdemoiselles, notre oeuvre est pleine d'espérance cl non, prion- la \ 'ierge Marie qui a'su l'inspirer de non.- donner la constance pour poursuivre le bien entrepris.JOURNEE D'ETUDE Tout le public féminin est eondialemenl invite à la journée d'étude des Ccreles de jeunes filles qui aura lieu le samedi, 22 avril, à l'Ecole d'enseignement supérieur, 1010 ouest, rue Sherbrooke.La séance du matin à 10 heures, es! réservée plus particulièrement à la considération des sujets nvénients : 5 ASSURA NCR FUNÉRAIRE Nouveaux taux en conformité avec la nouvelle loi des Assurances, sanctionnée par le Parlement de la Province de Québec, le 22 décembre 1916.Système de Polices Acquittées ou Système de Polices à Vie entière.Assurance pour Enterrements de la valeur en marchandises de $50.(1').$1110.110 et $150.00 Fonds de réserve en garantie pour les porteurs de POLICES approuvé par le Gouvernement.DÉPÔT DE $25,000.00 AU GOUVERNEMENT La première Compagnie d'Assurance Funéraire autorisée par le Gouvernement.Nos Institutions Nationales.LA SOCIETE DES Artisans Canadiens-Français 20 rue SAINT-DENIS, MONTREAL La plus forte société française d'assu-surance mutuelle sur la vie en Amérique.Fondée le 28 décembre 1876.La Société émet tous les plans d'assurance pour les hommes, les femmes et les enfanta.La garantie qu'elle offre à ses assurés (t à ses rentiers viagers est hors de pair.~-.- - ¦- ¦- ¦ .— ¦¦ 1 1 I I L Edmond Àrchambeault PIANOS et PHONOGRAPHES Musique religieuse et musique profane Tel Est 1842.312, Ste-Cathcrine est 36-39.Marche P.onsecours — Main 7107 | '.\\\\%\\\\\\\>\\\\\U\\\\\\\\\\>\\\\\\\\v\V.\\*\\\ V>\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\>\\\\\\\\\\\\\a%x^xxxxX\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\V\\\\Vv J.A.D.G0DB0UT PHARMACIEN Prescriptions remplies avec soin.Angle des rues Craig et St-Denis Tél.5884 GARAGE LAL0NDE 0> *• 00 0> 00 0» 0» 0» 0» 0* 0» 0» 0» 0* 00 0» 0* 0» 0» 0» 0* 0* 0» 0» #» 0* 0» 0» 0» 0* 00 0* 0* 0» 0» 0* 0» 0» 0» t* 0» 0» 0» 0» 0» 0» 0* 0» 0» 0* 0» 0» 0» 0* 0» 00 0* 00 0» 0» 00 0» 0» 0* ?0-0» 0> 0> Automobile à louer jour et nuit Prix très modérés 1500.boni.St-Laurcnt.Montréal?Tél.St-Louis 899, 7821 P.POULIN & Cie Limitée f GROS ET DETAIL Volaille.Gibier.Oeufs et Plume 0* »* 0» »» 0»
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