La bonne parole /, 1 janvier 1928, juillet - août
s- Wap* ,0 JUILLET-AOUT 1928 Entre Nous Encore "La Bonne Parole" La Directrice Une lettre Abbé Philippe Perrier Le Congrès de La Haye E.-R.Thibaudcau Chronique des Oeuvres Chant du matin B.Lamontagnc-Bcauregard Du soleil sur des roses Lise Ligue Catholique Féminine Jeanne Talbot Carnet Bibliographique Françoise Durand Une randonnée en Gaspésie Vagabonde Les Lettres Maryse Conférence Mme (7.de La Haye Rapport du Denier National Jardin de TA.C.F Albert Lcvcsquc Les prix d'Action Intellectuelle i A.de La Rochelle Notre Bibliothèque Il ÇONNE PAROfeE REVUE MENSUELLE Ce qu'elle est: un LIEN qui sert à unir d'esprit et de cœur les Canadiennes-françaises; un FOYER d'où rayonne sur tous les domaines de l'activité féminine, lumière et chaleur; un CENTRE où se rencontrent les bonnes volontés, désireuses de se dévouer avec plus d'efficacité aux ceuvres nationales ; un MOYEN de propagande pour la diffusion des principes catholiques d'action sociale; un ORGANE indispensable à l'œuvre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste, d'abord auprès des diverses associations qui la composent et des comités par lesquels elle agit; puis auprès des oeuvres nationales étrangères qui font, comme nous, partie de l'Union Internationale des Ligues Catholiques féminines.CONDITIONS DE L'ABONNEMENT: Canada et Etats-Unis.;.-.$1.00 par an Union postale.$1.30 par an Un escompte de 50% est accordé aux membres des associations professionnelles, des Fédérations paroissiales et des communautés religieuses.Tous les abonnements sont payables à l'avance en janvier et doivent être envoyés au Secrétariat de la F.N.St-J.-B.443, Sherbrooke Est, Heures de Bureau : 10 a.m.à 5 h.p.m.Téléphone: Est 3154 TOUTE PERSONNE peut concourir à l'oeuvre de la "Bonne Parole:" 1.En s'y abonnant; 2.En lui procurant de nouveaux abonnés; 3.En la faisant lire; _ 4.En lui apportant une collaboration littéraire; 5.En sollicitant des annonces à son intention.La Fédération Nationale St-Jean-Baptiste Fut fondée en 1907 et incorporée en 1912 pour grouper toutes les associations féminines canadiennes-françaises catholiques en vue d'une action commune dans les questions d'intérêt général.Aumônier: Sa Grandeur Monseigneur Gauthier.Présidentes d'honneur: Lady Gouin, Mme F.-L.Béïque.Vice-prés.d]honneur: Mmes At.David et P.Casgrain.Bureau de direction : Mme Gérin-Lajoie, prés.Mmes H.Thi-bcaudeaù, T.Bruneau et F.B.Mathys, vice-prés.; Mlle G.Le.Moy-.ne, sec; Mme G.Bélanger, ass.-sec.; Mlle Maria Auclair, très., sec.-gén.Comité des Oeuvres Economiques; Mlle N.R.Boulais, auditrice; Mme M.Sabourin, économe; Mlle F.Phancuf, prés.Comité des Oeuvres Economiques; Mme Drouin, prés.Comité des Aides Maternelles; Mlle G.Riballer des Isles, prés.Comité Visite aux hôpitaux; Mlle S.Renaud, prés.Ad.Bonne Parole; Mme D.N.Germain, vice- prés.; Mme A.Gibeault, directrice Bonne Parole: Mme Ed.Brossard; Mme.Molleur, Mme Bouthillier; Mlle H.Lefebvre, Mlle G.Boissonnault.SOCIÉTÉS FÉDÉRÉES.Les dames patronnesses des La Fédération des Cercles d'E- œuvres suivantes: V^O68 C3™1*™"-'™"- Ç315C9.Hôpital Notre-Dame Association des: Hôpital Ste-Justine emp.de magasins Fédérations et sections p* cn,P* de bureau roissiales: St-Jean-Baptiste de la Salle T.-S.-N.de Jésus, Maisonneuve Saint-Vincent-de-Paul Saint-Henri La Nativité d'Hochelaga Saint-Pierre Sainte-Hélène Saint-Stanislas de Kotska Saint-Lambert L'Assistance maternelle femmes d'affaires emp.de manufactures et ses sections : Ville Emard Saint-Paul Saint-Zotique Saint-Henri Foyer du Sacré-Cœur Sainte-Hélène Hochelaga Maisonneuve S.-Jcan-Berchmans Saint-Eusèbe Les écoles ménagères provinciales Société Educatrice des Da-Cercles de Fermières de la pro- mes Franco-Américaines de vince de Québec Lowell, Mass.Chaque œuvre par son affiliation à la Fédération fortifie et étend son influence particulière.PRINCIPALES ŒUVRES ACCOMPLIES PAR LA FEDERATION ET SES FILIALES Fondation des Associations professionnelles.Fondation des Fédérations paroissiales Etablissement de Caisses de Secours Etablissement de Cours d'Enseignement Ménager Comité de lutte contre l'alcoolisme Amendements à la loi des licences Législation en faveur des Institutrices et des employées de bureau.Comité des questions domestiques Comité de lutte contre la mortalité infantile Fondation de "Gouttes de Lait" Participation aux expositions pour le bien-être de l'enfance Comité de lingerie d'autel et décoration d'église lors du Congrès Eucharistique Pèlerinage à Lourdes et à Rome Affiliation à YUnion Internationale des Ligues catholiques féminines Fondation de la Donne Parole Comité du "Denier National" Comité des questions civiques Comité de la Croix Rouge Comité du Fonds Patriotique Comité âctYAssïstance par le travail Comité central d'étude et d'action sociale Comité des Oeuvres économiques Comité de Rédaction de la Bonne Parole Comité d'Administration de la Bonne Parole Comité de la construction Comité du service social Comité de la visite des hôpitaux Fichier Central de renseignements Comité des Aides-Maternelles.N.B.— On peut devenir membre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste en s'inscrivant à son secrétariat : 443 Sherbrooke est.I \ ( >L, XVI.Nos 7 - 8 Montréal I.A BONNE PAROLE - luillcl - Aoiii 1928 — — i II» ¦ — .¦ —^ ¦ i •m^ wm—m ¦ ¦ —¦ —— ¦ wn Cntre €ouô v ENCORE "LA BONNE PAROLE" ^7/]\T -i •^/,// -v ///,///v ('4' '(' lenacité et de h* pcrsévci \X- /'-/.v.(V.s-/ «/;«•, :r.r.Tr.Z'.r.r.w.z:?îïf rr.r.•¦«- '¦*— • »- • ».¦ •- • »- RAPPORT DE L'ASSEMBLEE DE Jl I V L'Assemblée eut lieu le 13 au lieu du à mse de la partie de cartes.L'assistance était de 26 Vprês la prière, on donna la lecture des minutes et le r; pporl de la trésorière.Le 45ème article à ajouter aux règlement, fui accepte par l'Assemblée, sauf une voix dissidente Après avoir entendu le résultat de la parti» 'le carte-, on vota des remerciements à toutes celles i .de loin ou de près, ont travaillé au succès de cette mi-sation.surtout à Mme Xadeau pour la vente des Nets et Mme Léger pour la collection des cadeaux qui fait l'admiration des personnes présente-.On vota ensuite le montant de $25.00 à l'hôpital Ste-Justine pour l'entretien d'un lit.Mademoiselle Côté nous donna comme 1 ne Il list« >riTK.sec Lingerie tél.lîsi ¦ PV»««%t'tlMVV**«t«««V««>>'M'»»'X\'K IWROI.K luiïlel - .Wit !«)_>« VOL.XVI.X i in / s Xi %i$n-c (Cn\[)wln)*ie À~'cmhihit htm&ubt ht* Depuis plus d'un an, La Ligue Catholique féminine, en union d'esprit avec le Chef auguste de la chrétienté, demande des ap«»trc> de la modestie chrétienne.In huii nombre de catholiques canadiennes-françaises et même anglaises on! répondu à cet appel.Des quatre coins «le la Province et jusque de l'Ouest canadien, des apôtres soin venus.Plusieurs diocèses «le Ouéliec sont, aujour-d'hui, dignement représentés.Mais, ce n'est pas suffisant .Il faut, de toute nécessité, augmenter le nombre lies partisans «le cette helle cause.Il faut des âmes pieuses qui s'engageront à prier |jour le triomphe «le la plus helle des vertus.Il faut des cœurs vaillants qui donneront, partout, le Imn exemple dan*- leur tenue et leur conduite.Il faut des esprits éclairés qui veilleront sur la jeunesse et particulièrement sur les petite^ lilies pour qu'elles soient modestes et que leur innocence soit protégée.Il faut «les apôtres sans peur qui ne craindront ni la contradiction, ni le sacrifice.La croisade entreprise par la Ligue Catholique féminine n'est-ce pas, avant tout, une croisade en faveur «le l'esprit chrétien: et.le christianisme n'est-il pas l'école, par excellence, «lu sacrifice ?— Doue, il faut à la Ligue «les apôtres du sacrifice.Le christianisme est encore une école «le charité."Il \ aura toujours des pauvres parmi vous" a «lit le Sauveur avant de quitter la terre: et depuis, les institutions charitables ont été fondées, les icuvres cor|k>rclles de miséricorde se sont multipliées, l'amour «les pauvre- et «lis souffrants a conquis le c«eur «lu chrétien.La femme, surtout, s'y est donnée généreusement : sa charité a voulu soulager toutes les souffrances physiques.Mais, les misères morales de la société, ses plaies le plus contagieuses, -v- égarements les plu- inexplicables attirent-ils.autant et aussi promptement, sa compassion et sou dévouement ?.l'ourlant, les vrais maux «le l'humanité souffrante, ce -ont bien ceux-là et les plus pauvres d'entre les pauvre-.les pauvre.- «I«»nt parlait le Christ, ce sont les esclaves folies «lu .siècle.Donc, il faut, tlans le monde, «les ap «pii pratiquent le- œuvres spirituelles «le miséricord< il faut pour le- aines «les apôtres «le la charité.Aines n peut descendre sur l'île qu'habitent quelques tamilles de pêcheurs.Pour une modique somme, on nous Hit du pain cuit par la maîtresse du logis et arrosé d'une crème savoureuse.Quelquefois, des petits garçons pieds 86 VOL.XVI.Nos 7 - S Montreal - LA I10NNE PAROLE luilKi - A.mii 1928 cl jambes nus.viennent offrir les produits de leur pê che qui consistent eu petits homards verdâtres qui se bousculent et s'agrippent les uns aux autres.( )n fait des heureux quand on met dans les petites mains brunies par l'air marin quelques piécettes de monnaie en échange de ces crustacés, fort succulents «lu reste.Nous avons parlé des oiseaux «le file lionaventurc.Il faudrait leur consacrer tout un chapitre pour en décrire les tuteurs, les particularités, même les passions.C'est tout un peuple formé de families bien tranchées qui vivent ensemble sans se mêler : les géplands, les cormorans, les pingouins, les margots volent, virevoltent, planent, fondent sur la vague, remontent en tournoyant', se poursuivent, se perchent, se blottissent, s'unissent en groupes ou s'isolent de leurs congénères.Nous nous amusons à les observer et à les baptiser de noms que notre fantaisie trouve caractérisque.Un »-i-•eau solitaire perché sur uni- corniche élevée de l'île «le-vient : Vermite; deux qui se pressent l'un contre l'autre sont : les amoureux; un autre groupe est en retraite fermée; plus loin, une assemblée qui s'agite et criaille est baptisée: les députés.Les cris «le tout ce monde ailé! il faut les entendre pour en avoir l'idée.C'est très singulier comme ccs cris deviennent tout un p «eine qui change, selon les heure- de la journée.Suraigus le matin, quand le soleil se lève, ils se font plus graves vers le haut «lu jour pour tomlxir presque dan- le silence quand vient le soir.Les margots ont un rire eu trois notes tout à fait curieux: le cri «le- géolands est tour à tour plaintif ou stident: les pingoins gloussent, grognent et croassent tout ensemble.Il faut voir les goélands à l'heure où les pêcheurs dépècent les poissons pris «lans la nuit.Perchés sur les toits, sur les clôtures, sur le bord des falaises, les oiseaux voraces surveillent l'opération et guettent le moment ou le- débris de la pèche leur sont laissé-.Ils s'abattent alors tous ensemble et font la curée.Ce sont d'habiles ménagers (iui nettoient à fond les endroits où ils se jettent ainsi.Lu spectacle extrêmement gracieux est encore celui «le tous ee- oiseaux couvrant le Rocher-Percé «l'un voile d'ailes blanches frémi—antes : on «lirait une tombée «le neige dont les flocons immaculés envelopperaient le sommet «le la Roche merveilleuse.» Les habitants ailes sont une partie attrayante, certes, • le la population «le Percé.Mais les indigènes offrent un champ d'observations encore plus intéressantes.K-t-ce un effet «le l'existence qu'ils mènent entre le ciel et la mer: est-ce conséquence «le l'exploitation dont ils sont les victimes: Le- pécheurs sont apathiques, insouciants, dirons-nous fatalistes?Ils semblent n'avoir aucun souci d'améliorer leur sort; ils aiment leur vie telle qu'elle est et n'en paraissent pas souhaiter d'autre.Kn revanche, ils sont hospitaliers, ties avenant- et sensibles à l'intérêt qu'on leur témoigne.Ils causent volontiers et sont tiers quand, «levant eux.on vante les beauté- «le leur village.Comme partout, il y a parmi eux des type- (pie l'on a du plaisir à rencontrer.L'un d'eux, connu s«»us le nom «le vieil irlandais, est une véritable personnalité, il fabrique et vend «le- paniers qui sont «le vraies œuvres d'art.Nul ne passe à Percé sans achalandée la petite iKiutique du vieillard et sans faire un bon choix parmi sa marchandise.Kl sans faire un bout «le causette, aussi ! ( V qui n'est pas du temps perdu.( lu ne peut avoir vu Percé -ans garder un souvenir enchanté «le ses merveilleuses nuits de lune et l'iinpres-sion triste de ses lendemains de tempête.Nous avons eu l'avantage d'être témoins de l'une de ces dernières.Quel inoubliable spectacle ! In grand coup de vent en Lendemain de tempête 18 K) Montreal - LA BONNK PAROLE Juillet-Août 1928 VOL.XVI, Nos 7-8 avait été le précurseur, Puis nous avons vu la mer se démonter, tourbillonner, s'élever en vagues monstrueuses f|ue la foudre ne tarda pas à éclairer de lueurs blafardes.Je crois f|ue nous avons vraiment compris le sens reel de ees mots souvent lus niais peut-être jamais réalisés auparavant : les éléments déchaînés.Les roulements du tonnerre répercutés par les falaises en coups de fouet stridents, les éclats de la foudre, la nier en fureur qui venait battre les rochers et se résolvait en montagnes d'écume, la pluie qui crépitait comme une décharge de mitrailleuse, le vent qui rugissait et menaçait d'emporter les nuts, c'était bien, n'est-ce pas.les éléments déchai-nés.Grandiose et impressionnante mise en scène devant laquelle nous restons médusés, qui nous fait frémir d'émotion et que, pourtant, nous ne voudrions pas n'avoir pas contemplée.Mais quel serrement de cœur, le lendemain, quand, la tempête calmée, nous avons vu les pêcheurs, mornes et silencieux, stir le rivage, considérer d'un air découragé les débris de leurs barques démantelées par l'ouragan.Les pauvres gens ! Ils perdaient leur gagne-pain ! Les clairs de lune à Percé sont d'une inimaginable splendeur.Dans ce décor à nul autre pareil, Pluvbc semble prendre une particulière beauté.Kt quand ses rayons s'étalent en nappe argentée sur les flots mouvants, le Roc, les h alaises et l'île Bonaventurc se dressent, sombres, dans une lumière pure et douce que Ton dirait sortir d'un projecteur magique.( 'etle clarté sur les vagues donne une illusion de fines et merveilleuses ciselures, mêlées d'ombres et de paillettes d'un indescriptible effet, t )n ne songe plus à s'arracher de ce spectacle que l'on contemplerait des heures, sans en être jamais blasé.Avant de quitter le coin enchanteur de Percé, il convient de parler «le son église où réside le Dieu.Créateur de ces pittoresques beautés.Le temple, bâti en pierre indigène si remarquable par ses teintes claires et riches, est assis au creux formé par le Mont Sainte-Aune d'un côté et la colline du Mont-Joli, de l'autre.Sur le fond vert des croupes environnantes, il détache d'admirable façon ses deux tours inégales surmontées de clochetons gracieux et son fronton que décore une jolie rosace.L'intérieur est coquet et invite .à la prière comme une chapelle de couvent.l'ii autre détail de Percé qui intéresse vivement les amateurs de choses anciennes et authentiques : Dans la bâtisse occupée par le bureau de poste et la banque Canadienne Nationale, il y a des serrures que l'on affirme remonter aux premiers temps de la colonie.( )n le croit sans discuter quand on les examine, car elles portent la fleur de lis royale de Lrauec.( )n nous dit que des touristes étrangers ont offert des sommes considérables pour ces reliques; mais les autorités, qui les ont maintenant, ont refusé de s'en départir, ce dont nous les félicitons chaleureusement.C'est un bien vieux cliché que celui qui assure (pie hmt finit />(//• finir.Même les belles vacances.Surtout les bonnes heures dont nuus voudrions longuement jouir.Il nous a bien fallu songer au retour, refaire nos malles pour rentrer en ville, être raisonnables, enfin.Mais ça n'a pas été sans serrements «le cœur et soupirs de regrets.A donc, le 18 août, nous repartons de Percé, lui disant tout haut un adieu qu'au fond du cœur, nous traduisons en au-revoir.Kt nous recommençons, en sens inverse, l'enchanteresse randonnée le long de la Baie des Chaleurs et «à travers la Matapédia.Le retour est plus mélancolique que l'aller.Tout ce dont la perspective nous souriait et nous agitait alors, nous n'en jouissons déjà plus que par le souvenir.— Il en va ainsi «le toutes les cln «ses humaines .Entre le Lac-au-Saumon et Matapédia, nous passons les Gorges si impressionnantes de sauvage grandeur.Sur un parcours de vingt-cinq milles, au moins, nous sommes dans un désert de montagnes, nous n'avons pour horizon, — et quel horizon! — que des montagnes, lilies sont de toutes formes : rondes, pointues, carrées comme de vieux donjons, moclleusement recourbées sous leur chevelure d'arbres immenses, lilies sont de toutes les couleurs de vert, aussi, selon leur plus ou moins grande distance.La 18 VOL.XVI.Nos 7-8 Montréal LA BONNE PAROLE— Juillet - A oui 1928 __ • 11 rivière nous suit sans cesse, tantôt noire, tantôt limpide et claire, ici paresseuse et tranquille, plus loin tourbillonnante sur un fund de rocher.Souvent on croit l'avoir perdue quand on l'aperçoit, tout à coup, au fond de précipices vertigineux.Au détour suivant, on la trouve tout près de nous, verte et rapide, courant, à travers les frondaisons géantes.A notre droite, une paroi de granit, immense et nue.s'élève à perte de vue; à gauche, nous surplombons les abîmes desquels s'élèvent de gigantesques sapins.Si l'on se retourne, on reste saisi à la seule pensée cpie l'on a gravi, descendu, contourné les montagnes que nous laissons derrière nous.Au cour de cette traversée de la chaîne Ma-tapédienne.il nous arrive une aventure dont nous gardons un souvenir particulier.Nous apercevons de loin, sur la roule, un groupe de cantonniers dont les attitudes et les mouvements nous paraissent si pittoresques (pie nous voulons absolument les photographier.Comme nous arrêtons notre voiture, ils nous fout de grands gestes d'appel, en nous criant de passer vite.Un peu étonnés, nous obéissons sans tarder.Bien mais en prend, puisqu aussitôt, un glissement se produit, du flanc de la montagne entraînant des arbres entiers (pli tombent presqu'à l'endroit (pie nous venions de quitter.Nous descendons de l'auto pour remercier les braves gens qui nous avaient si opportunément avertis.Nous causons avec eux et, les voyant bien intéressés, même tentés par nos cameras, mais les photographions plusieurs fois et leurs promettons de leur envoyer leurs portraits, après avoir pris soigneusement l'adresse de chacun d'eux.Nous avons tenu notre promesse, (était plaisir de voir comme ces boinines étaient heureux de ce que nous condescendions à causer avec eux.les questionnant, nous euquérant des causes et de la fréquence de l'accident dont nous avions failli être les victimes."Bien des voyageurs passent." nous disaient-ils."mais c'est rarement qu'on nous parle." Après les avoir regardés déblayer le chemin en jetant les arbres dans le lac.nous repartons, chaque tour de roue nous rapprochant du home.Nous arrivons à 1'Islet juste au moment du coucher du soleil.Quelle magnifique féerie ! Une description adéquate en est impossible.Aucune plume, aucun mot ne peut définir cette superposition magique de couleurs, de teintes, de nuances passant de Tor au pourpre, du rouge au rose, du mauve au violet, pour arriver à un bleu saisissant, ce fameux rayon bleu, assez rare, qui se répand soudainement sur tout le paysage : le ciel, le fleuve, les montagnes, les grèves, tout devient de ce bleu palpitant, translucide, presque palpable.Cela dure un moment.Puis les autres couleurs reparaissent, se fondent, se séparent en tartres stries.L'or ourle les nuées, les lointains se Ion-cent, les cimes flamboient, s'obscurcissent, deviennent violettes, puis s'estompent .("est beau ! Si beau ! .Comme nous pouvons encore disposer de quelques jours, au lieu de rentrer directement de (Juébec à Montréal, nous décidons de faire un peu l'école buissonniére.Nous allons prier au sanctuaire miraculeux de Sainte-Anne de Beaupré.Apres y avoir fait toutes nos dévotions, mais prenons la route de la rive nord du fleuve jusqu'à la Malbaie.Le panorama se déroule tout différent de celui «pie nous avons contemplé, en courant la rive sud.Les Laurent ides sont plus abruptes, plus rudes (pie les montagnes de la Gaspésie, dans cette partie de notre province.Mais elles ne sont pas moins belles, certes, bit nous ne restons ni froids ni insensibles devant les splen-dides points de* vue qui défilent chaque côté du chemin.Bien des cris d'admiration saluent les échappées sur le fleuve, au détour d'une colline ou du liant d'une montagne escarpée.La promenade de Cap à l'Aigle à Pointeau-Pic, passant par Murray Bay est-elle assez ravissante! Mais comme ces parages sont généralement mieux connus de nos lecteurs qui en ont goûté sans doute tous les charmes, nous revenons sans plus rien décrire du reste de notre belle randonnée.Mais nous ne pouvons terminer cette rapide relation d'un inoubliable voyage sans redire du fond du cœur, et dans un élan de sincère patriotisme : "Vive notre beau Canada ! Salut à notre chère Province de (Juébec ! !" VAGABONDE.*•?î-î *•• ••• ••• ••• ••• V M ••• V *.• *.• ••• *•• *•• ••• *.?.• *.• •.• *•• #-i i'I M :: :: :: • • •* •a •# :: :•: :•: :•: :•: :: :: :•: :•: :•: :•: • « « « :: :: :•: :•: :•: :•: :: :: :•: :•: :•: :•: :: :: :•: :•: • # « » « » :•: :•: :: :•: •A Ha Jîaccllc Je suis hi fragile micelle I inf liant vers le port du su lut, Je brm*e les vents quoique frêle, lit ie me nomme la "l'ertu".Sur Voccan je tends mu voile, lit pour moi le ciel est serein.( or la "/'Hi", scintillante étoile.Me f/uiilc lions le tlroit chemin.lit quanti sur mer yromle Vorotie, "l.'l'.spcrnncc" est mou bouclier Où les flots ccuui.inls tie ra$/e tiennent tour ù tour se briser.Le paradis m'ouvre Ut /unir De sun heureuse éternité, lit c'est au ciel que je transporte Tous les fils de lu '-(hurilé"! WILFRID I.AI.OXDK :: :: •A :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :•: :: :: :•: :: :: :: :: :: :: :: :•: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: %# •A :: :: .:: \ •'« .« •'» «'# »"• •*» •"* •'• ?*# .'• »'• •*• »".»'• %'* •'• ."• •"• •'• .'» •"# »'• %'• %'* %'t %'» •'.»'• •'• •'• •'.»'• .'?•'.%'• %"» ?'• »'# »v * 12 Montréal ¦ LA BONNE PAROLE luillel - Août 1928 VOL.XVI.Nos 7-8 G» LES LETTRES 1.1 s partent, viennent, traversent les mers et les airs, amicales et joyeuses, ardentes et tendres, cinglantes et froides, douloureuses et tristes, consolantes et d« mecs .Sur du vélin aux teintes exquises de rarc-en-cicl, elles sont pour ceux qui les envoient comme pour ceux qui les reçoivent, une source de plaisir, de bonheur, de peine ou «le consolation bienfaisante.Juillet ! mois de saison estivale, instant des gais départs vers les rives ensoleillées et les montagnes aux cimes bleuissantes! Dans le brouhaha des gares ou des embarcadères remplis de rires joyeux et d'exclamations enthousiastes, c'est le moment où, après le dernier bonjour et la dernière poignée tie main échangés avec ceux (pie l'on quitte pour quelques semaines, l'on entend ce mol de la fin.toujours le même: "Vous m'écrirez" et la réponse toujours pareille."C'est promis".Les petites lettres roses, bleues, mauves ou crises, écrites au pied d'un pin en parasol, dans un repli de falaise ou près du flot qui chante, s'égrènent au long de l'été, ici, la, partout, portant l'estampille de tous les jolis villages de notre pittoresque province.Aimables et gaies, parce que la vie est bonne en ces jours de "dolce farniente", elles vont à travers l'espace vers d'autres frais ombrages, transmettre leur cordial message.L'on en désire anxieusement la réponse, espérant chaque jour que l'attente, dans la salle exiguë du bureau de poste de campagne, ne sera pas vaine.Car qui n'a connu la déception (pie cause cette simple phrase, modulée d'une voix blanche, derrière un guichet : "Non Mademoiselle, rien pour vous aujourd'hui".Kl pendant ties heures, on a souhaité une lettre î est des lettres qui n'attendent pas les vacances et (|iii n'ont pas de saison, celles si brûlantes qu'elles fondraient les glaces antarctiques: ce sont les lettres d'amour que l'on conserve entourées d'une faveur soyeuse et "qu*assoiffé des joies anciennes" on relit plus tard, von-lant "tremper ses lèvres à la coupe parfumée du souvenir".billes arrivent, débordantes de tendresse, pleines des espérances d'un bonheur sans fin."lue chère écriture est un vivant portrait" et.dans l'esprit, passe l'image de l'aimé, pendant (pie les doigts frémissants tournent les feuillets et (pie les yeux se remplissent de l'ivresse où palpite tout le jeune bonheur des fiancées ravies.Mais — dans la vie il y >'i toujours des à-côtés — près de ces lettres qui créent du plaisir, qu'on lit et qu'on relit, qui rendent l'humeur meilleure, il en est d'autres qui sont un coup de stylet dans le cœur du destinataire, laconiques billets ou longues épîtres ameres qui .Mais passons: à chaque jour suffit son mal.Aujourd'hui le ciel est trop bleu, le soleil danse trop joyeusement le long des plates-bandes fleuries pour jeter sur tout cela un voile sombre.Oublions qu'il peut y avoir des heures tristes pour ne songer qu'au facteur qui passera bientôt et déposera une missive pour nous.Sous le pli joli et dans les lignes serrées d'une chère écriture, nous trouverons l'as-surance qu'un autre cœur vibre à l'unisson du nôtre, qu'une pensée sympathique et affectueuse nous suit, (pieulin.une amitié réitère l'expression de ce sentiment inaltérable qui est l'appui constant, l'asile où l'on se réfugierait, si le ciel devenait nu »ins bleu.Partez, courez, volez, traversez les continents et les mers, lettres bien faisantes, semeuses de joie.Allez à ceux (pli vous désirent : faites qu'ils n'attendent pas vainement, tpi'aujourd'hui et toujours il y ait pour eux.par vous, quelque chose d'heureux.Mar y se WIS I Ml m I UT A NT /.< Secrétariat de la Fédération Nationale annonce à tous ses correspondants un changement duns l'adresse de lu Maison d'Oeuvres, Au lieu du numéro 443, l'immeuble porte maintenant celui de 853; Sherbrooke list.On demande aussi instamment aux abonnés de " I.a lionne Parole** ei aux annonceurs de vouloir bien nous avertir de tout changement d'adresse afin d'assurer le meilleur service du Secrétariat.îww •vu ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦_¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ mm m FVWVU ï [ o Tél.CALUMET 7943 Le Plus Grand Magasin de Coupons du Nord de la Ville.ASSORTIMENT COMPLET Mme B.LEGER SPECIALITE: Coupons Soie cl Lainages, Rideaux, Cotonnade, Etc.6826 rue ST-HUBERT, entre St-Zotiquc et Bélanger ASSOCIATION DES FEMMES D'AFFAIRES a a F S s 1 y | P 1 VOL.XVI.Nos 7-8 .Montreal — LA I3< >.\XK PAR< >LE — juillcl - Aofil 1928 CONFERENCE DONNEE A L'ASSOCIATION DES FEMMES D'AFFAIRES Il y a quelque temps, notre cligne Présidente me demandait de bien vouloir relater aux membres de l'Association des Femmes d'Affaires le temps que j'ai passé dans le commerce et comment j'avais pu m'en retirer relativement jeune ?C'était me demander une chose un peu difficile.J'ai accepté cependant le plaisir de causer avec mes compagnes auxquelles je me suis attachée, avant toujours eu le même but, savoir : Le bien social de la Kemme dans les affaires et la société; aussi, c'est que j'aimais à faire plus ample connaissance avec les nouvelles sociétaires qui, je l'espère, marcheront toujours dans les mêmes idées; l'union faisant la force, notre Association grandira avec les années.J'ai accepté de dévoiler mes tours et détours (tous honnêtes, je vous prie de le croire) durant vingt-six années passées avec une pratique féminine.Cela demanderait beaucoup de détails que je n'entreprendrai pas de vous énumérer.de crainte «le n'être pas intéressante pour toutes.J'essaierai de vous dire ce que je pense qui pourrait donner un peu de lumières à celles d'entre vous qui sont dans le commerce actuel.Car je crois que, de tout temps, le commerce demande la même diplomatie et les mêmes précautions pour arriver à se faire de petites rentes.J'aimerais à encourager les daines qui craignent de commencer un commerce avec un petit capital: votre humble servante n'a pas craint de le faire et je ne l'ai pas regretté.Je crois même qu'il est mieux de débuter humblement : nous apprenons à connaître la clientèle avec laquelle nous sommes appelées à faire des affaires; nous risquons ainsi moins d'argent et nous marchons plus sûrement.Tour (pie votre amour-propre soit moins blessé à vous.Mesdames, qui série/, disposées à suivre mon exemple, je dirai : mettez beaucoup de boites vides dans les rayons du haut de votre magasin avec des étiquettes semblables à celles que vous avez dans les rayons du bas: ceci joint «à votre plus belle façon, et de la patience, l'expérience aidant, vou.s augmenterez graduellement votre a unmerce.Voilà comment j'ai commencé, à l'âge «le dix-huit ans.avec un bien petit capital.Cependant, «à vingt-quatre ans, je partais pour Xcw-York, en voyage d'affaires, voyage (pie j'ai, du faire tous les ans, car.chaque fois, j'y prenais de l'expérience et j'y gagnais toujours.Je pourrais vous en citer beaucoup d'exemples qu'il serait tr«>p long de vous énumérer; je vous dirai seulement, que j'ai toujours gagne les deux tiers du prix d'achat de Montréal en allant directement chez ceux qui font une spécialité des marchandises qui composaient mon stock.|e réponds ici à ceux et celles qui m'ont demandé souvent : pourquoi vous retirez-vous si tôt du commerce ?La raison n'était aucune «le celles auxquelles plusieurs personnes pensaient — "Vous vous mariez ?ou bien vous êtes assez riche ?" Je ne me mariais, ni j'étais assez riche.Je vous «lirai.Mesdames, que, depuis l'âge «le vingt ans.j'ambitionnais «le devenir propriétaire: et comme j'avais pu économiser assez d'argent pour pouvoir le devenir, j'avais acheté une propriété (pie j'ai revendue avec un bon bénéfice.De ce moment, j'eus l'idée «le commencer à acheter et revendre; voilà pourquoi je décidai d'abandonner mon magasin auquel je m'étais pourtant attachée et que j'avais tenu avec agrément pendant vingt-six ans.Aux «lames qui me demandent : "Est-il mieux «le tenir un commerce «>u «le s'acheter une propriété ?" Je réponds : si vous ne possédez qu'un petit capital, prenez un petit magasin.A celles qui ne possèdent même «pie cinq cents piastres, je «lirais : "Si vous trouvez une propriété qui ne demande «pie ce capital, j'entends une propriété «le deux ou tr«»is logements, (pic vous tr«»u-verez qu'elle peut se payer par les revenus qu'elle donnera, achetez-la.Ne craignez pas de mettre dessus une grosse hypothèque.Avant d'acheter, allez voir à l'Hôtel «le Ville
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