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La bonne parole /
Publiée de 1913 à 1958, La Bonne Parole est un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec. [...]

Créée en 1913 par Marie Gérin-Lajoie, en collaboration avec Caroline Béique, la revue mensuelle montréalaise La Bonne Parole est, jusqu'en 1958, l'organe officiel de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB). La Fédération chapeaute de nombreuses organisations féminines et catholiques canadiennes-françaises.

LA FNSJB a d'abord été précédée dès 1902 par les Dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste, association créée pour accueillir les francophones de la Montreal Local Council of Women (MLCW) et leur permettre d'appuyer la Société Saint-Jean-Baptiste, à laquelle elles sont souvent affiliées par leurs maris.

Des préoccupations liées à l'éducation catholique et à la survivance nationale du Canada français ont amené Mmes Gérin-Lajoie et Béique à créer ces rassemblements francophones.

Mue par les idées de progrès social incarnées au début du siècle par les mouvements de réforme urbaine et de santé publique, La Bonne Parole, en plus de faire écho aux activités de la FNSJB et de les alimenter, endosse tôt certains combats comme les luttes contre l'alcoolisme et la mortalité infantile.

Soucieuses de conserver la bienveillance des élites cléricales, les collaboratrices de la revue choisissent tôt de se conformer à la doctrine sociale de l'Église et de tempérer leurs revendications féministes en relayant l'idéologie de la femme au foyer.

La Bonne Parole met tout de même de l'avant les questions de la défense des intérêts professionnels traditionnels, de l'émancipation juridique et du droit de vote des femmes. À cet effet, Marie Gérin-Lajoie donne rapidement le ton, en 1913 et en 1914, avec une suite d'articles sur la condition légale de la femme, question sur laquelle elle revient au cours des années.

L'accomplissement social de la femme tel que prôné par La Bonne Parole, bien qu'il se cantonne au foyer et aux activités des congrégations religieuses, sera orienté vers de nombreuses initiatives philanthropiques relayées par la revue.

Entourée de collaboratrices appréciées comme Anne-Marie Gleason, Blanche Lamontagne-Beauregard et Marie-Claire Daveluy, Marie Gérin-Lajoie a doté la FNSJB d'une revue dont le tirage atteint 2000 exemplaires dès ses premières années de publication.

Cette volonté d'offrir aux Canadiennes françaises un média intellectuel engagé de grande qualité a permis à La Bonne Parole de devenir un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 75-76.

LAVIGNE, Marie, Yolande PINARD et Jennifer STODDART, « La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et les revendications féministes au début du XXe siècle », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 29, n° 3, 1975, p. 353-373.

SAVOIE, Chantal, « Des salons aux annales - Les réseaux et associations des femmes de lettres à Montréal au tournant du XXe siècle », Voix et Images, vol. 27, n° 2 (80), 2002, p. 238-253.

Éditeur :
  • Montréal :la Fédération,1913-
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septembre 1936
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  • Revues
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La bonne parole /, 1936, Collections de BAnQ.

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Montréal, Canada Septembre 1936 |\ BONNE P mmie Organe de la Federation Nationale Saint-Jean-Baptiste Oeuvre d'Action catholique SOMMAIRE J turnées d'étude mémorables tenues à Paris par l'Action sociale do la Femme, Eva R.-Thibaudeau .Lettre de l'Union internationale des Ligues féminines catholiques Associations professionnelles pour les Canadiennes-Françaises Les recettes de nos professeurs, Hélène Durand-Laroche .Avec Marceline Desbordes-Valmore, Rose LetourneaU'Lasalle La Caisse de secours de la Société des Ouvrières catholiques Une mise au point .Rapport «le la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste présenté à l'Ecole d'Action catholique, par Mme Alfred Thibaudeau 11 J'ai découvert un vieux jardin.\otre-Dame-des-Xeiges.14 1 9 m* 3 4 5 9 10 853 est, rue Sherbrooke La Bonne Parole REVUE MENSUELLE CE QU'ELLE EST un LIEN qui sert à unir d'esprit et de cœur les Canadiennes françaises; un FOYER d'où rayonnent, sur tous les domaines de l'activité féminine, lumière et chaleur; un CENTRE où se rencontrent les bonnes volontés, désireuses de se dévouer avec plus d'efficacité aux œuvres nationales; un MOYEN de propagande pour la diffusion des principes catholiques d'action sociale; un ORGANE indispensable à l'œuvre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste, d'abord auprès des diverses associations qui la composent et des comités par lesquels elle agit; puis auprès des œuvres nationales étrangères qui font, comme nous, partie de l'Union Internationale des Ligues Catholiques féminines.CONDITIONS DE L'ABONNEMENT: Canada et Etats-Unis.Si.00 par an Union postale.$1.30 par an Un escompte de 50% est accordé aux membres des associations professionnelles, des Fédérations paroissiales et des communautés religieuses.Le prix de l'abonnement doit être envoyé au Secrétariat de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste, 853 Est, rue Sherbrooke.Les abonnés de la "Bonne Parole" jouissent des privilèges de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste et ont droit d'assister aux séances publiques, dont avis est donné dans les journaux.Les abonnés qui désirent des invitations personnelles et voudraient devenir membres actifs de la Fédération Nationale n'ont qu'à s'inscrire, en tout temps, au secrétariat de la Fédération Nationale, 853 Est.rue Sherbrooke, où les heures de bureau sont, le dimanche excepté: de 10 heures à raidi et de 2 heures a 5 heures p.m.— Téléphone: FRontcnac 2665.Toute personne peut concourir à l'œuvre de la "Bonne Parole": 1° en s'y abonnant; 2° en lui procurant de nouveaux al>onnés; 3° en la faisant lire; 4° en lui apportant une collaboration littéraire; 5° en sollicitant des annonces a son intention.La Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste Fut fondée en 1907 et incorporée en 1912 pour grouper toutes les associations féminines canadiennes-françaises catholiques en vue d'une action commune dans les questions d'intérêt général.Aumônier: Son Excellence Mgr Gauthier.Présidentes d'honneur: Lady Gouin.Mme F.-L.Béique.Vice-prés, d'honneur: Mme L.-Athanasc David Bureau de direction: Mme Henri Gérin-Lajoic, présidente-fondatrice; Mme Alfred Thibaudeau, présidente; Mme François Mathys, vice-prés.; Mme Edmond Brossard, vice-prés.; Mlle Georgette LeMoyne, secrétaire générale; Mlle Jeanne Lapointc, ass.-sec; Mlle Maria Auclair, tréso-rière; Mme Eustache Letellier de Saint-Just, rédactrice de la "Bonne Parole"; Mme Eugène Desmarais, Mme Arthur Berthiaumc, Mme H.Bouthillicr, Mlle Hedwigc Lefcbvrc, Mlle Florine Phaneuf.Mme J.- A.Mollcur, Mme Albert Dupuis.Mlle Laura Robert, Mlle Corinne Méthot.des cercles de Fermières de la province de Québec; Mme F.-X.Dupuy présidente de la section de Saint-Lambert; Mlle Evangeline Zappa; Mlle Marie-Ancc Madorc.Mlle Marie-Louise d'Autrcuil.présidente de la Fédération des cercles d'étude des canadiennes-françaises; Mlle Eliane Lcfebvre.Sociétés fédérées Les dames patronnesses des œuvra suivantes! Hôpital Notre-Dame, Hôpital Sainte-Justine.Fédérations et sections paroissiales: T.-S.-N.de Jésus.Maisonneuve, Saint-Vincent-de-Paul, La Nativité d'Hochclaga.Saint-Pierre, Saint-Stanislas de Kotskn.Saint-Lambert, Saint-Ambroisc, Côte Saint-Paul.l'Assistance maternelle, Les écoles ménagères provinciales, La Fédération des Cercles d'étude des canadiennes-françaises, les Cercles de fermières de la province de Québec.Associations des: cmp.de magasin, emp.de bureau, femmes d'affaires, de la société des Ouvrières catholiques, (S.O.C.) et ses sections: la Nativité de la Sainte-Vierge, Saint-Eusèbe, les Saints-Anges de Lachine, Saint-Vincent Ferrier, Saint-Louis-de-Francc,Côtc Saint-Paul.Saint-Raymond.Saint-Philomène de Rosemont.Aides maternelles; de la J.O.C.F.et ses sections: Saint-Alphonse, Sainte-Brigitte.Saint-Charles.Sainte- Cunégonde.Saint-Edouard, Saint-Eusèbe.Saint-Etienne, Saint-François-Solano,Sainte-Hélène, Saint-Jean-Berchmans, Saint-Jean de Matha, Salnt-Plex-rc-Claver, Saint-Pierre-Apôtre, Saint-Vincent de Paul, Maisonneuve.Notre-Dame de la Paix (Verdun).Québec.Sherbrooke, Trois-Rivières.Hull.Cap delà Madeleine, Asbestos.Principale* oeuvre* accomplies) pur la Fédération et ftes filiales Fondation des Associations professionnelles Fondation des Fédérations paroissiales Etablissement de Caisses de Secours Etablissement de Cours d'Enseignement Ménager Comité de lutte contre l'alcoolisme Amendements à la loi des licences législation en faveur des Institutrices et des et*' ployfes de bureau Comité des questions domestique* Comité de lutte contre la mortalité infantile Fondation de "Gouttes de lait" Participation aux expositions pour le bten-Hn de l'enfance Comité de lingerie d'autel et décoration d église du Congrès Eucharistique Pèlerinage a Lourdes et à Rome Affiliation à l'Union Internationale de» Lttuu catholiques féminines Fondation de la lionne Parole Comité du "Denier National' Comité des questions civiques Comité de la Croix Rouge Comité du Fonds Patriotique Comité de Y Assistance par le travail Comité central d'étude et d'action sociale Comité dea Oeuvrcts économiques Comité de Rédacsion de la Bonne Parole Comité d'Adminitration de la Bonne Parole Comjté de la construction Comité du service social Comité de la Visite des hôpitaux Fichier Central de renseignements Comité des Aides Maternelles Comité de l'apostolat de la paix La réforme du Code civil en faveur de la femme.N.B.— On peut devenir membre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste en s'insen-vant à son secrétariat: 853, rue Sherbrooke Est. LA BONNE PAROLE Vol.XXIV ÎMoniivaL SopU'inlirc 1936 No 9 Journées d'étude mémorables tenues à Paris par r«Acti on sociale de la Femme" ! - "L'Action sociale de la Femme** fondée en 1900 cl à laquelle la Fédération nationale Saint-Jcan-Baptistc est affiliée depuis 1910 a tenu ses deux journées d'étude à Paris, au musée social de la rue LasCasas les 9 et 10 de juin.Nous avons eu l'avantage d'y assister.Le programme comportait les sujets suivants: Idéal et Uéaîilé; Que voulons-nous?, deux thèmes qui ont été développés de façon approfondie.La première journée, sous la présidence du K.I\ de la Hrière, s.j., s'ouvrit par l'étude suivante: L'heure est à celui qui sail ce qu'il veut.Que voulons-nous?Les trois biens que cherche l'homme sont le bien matériel, le bien intellectuel, le bien moral.La Comtesse de Kerenflech-Kcrnezne, présidente de la Section féminine des Apiculteurs de France, a fait comme dans les années précédentes un travail de tout premier ordre.Puis, notre jeune amie.M a ri elle Jcan-Brunhcs-Delamarre, a éloquemment expliqué "Comment nous devons travailler".Sa voix claire, son geste, son charme et son érudition nous rappelaient son père, brillant conférencier et sa mère, pionnière des femmes d'œuvres sociales.Nous étions émues et nous nous demandions une fois de plus comment, avec de telles avocates, le droit de vote n'avait pas encore été accordé aux femmes en France.Un rapport d'Espagne semblait présenter une accalmie dans les luttes religieuses de ce beau et malheureux pays d'Espagne.On proposa ensuite un programme séduisant pour donner aux enfants le goût des choses artistiques en leur apprenant à observer, à comparer, à regarder; il s'agirait d'un traité expliquant les merveilles dues à la main de l'homme comme la botanique explique les merveilles de la nature.Il nous plairait fort «le renseigner davantage sur cette exquise causerie celles de nos lectrices qui nous écriraient à ce sujet.Une petite canadienne, Monique S.t fut mise à l'honneur car on cita une réponse qu'elle fit dans ce domaine.Il se pourrait que nous établissions, à la Fédération, un comité semblable qui cadrerait avec le programme des cercles d'étude.Le dernier rapport de la journée fut celui de Mlle Du portai "A la recherche du bien moral".En écoutant le Père de la Brièrc tirer les conclusions de ces heures d'étude "travailler en profondeur et avec persévérance" nous nous sentions animées du meilleur zèle et prêtes à consacrer tout notre temps à l'action socla e.Le programme de la deuxième journée, placée sous la présidence de M.Georges Goyau, fut le suivant: "Comment travaillons nous?" Le premier travail "A la recherche du bien intellectuel: équilibre ou anarchie" fut une brillante leçon de philosophie présentée par M.Danjat, directeur de la revue "Orientations".Madame Chenu, en une forte synthèse, résume ensuite ce que la collaboration et la discipline peuvent accomplir dans la recherche du bien matériel.M.Goyau termina ces études par un admirable commentaire du Pater dont la conclusion pratique fut: rapprocher la réalité de l'idéal avec toute la ferveur d'un bon apostolat. 2 LA BONNE PAROLE Montréal L'accueil sympathique de ces dames, l'intérêt qu'elles portent au Canada et à la Fédération et toute l'atmosphère de ces réunions nous laissent un souvenir inoubliable et stimulant et suscitent le désir de conserver aussi nos journées d'étude annuelles.Celles-ci nous seront salutaires et peut-être pourrons-nous avoir, un jour, l'honneur et la joie d'y convier nos amies de l'Action sociale de France.Eva R.THIBAUDEAU ! Lettre adressée aux ligues et associations affiliées à ! ru nion internationale des Ligues féminines catholiques j Mesdames.Lors de l'ouverture solennelle «le l'Exposition mondiale «le la Presse catholique par S.S.Pic XI, le Saint-Père a signale à nouveau le danger qui menace le monde entier par la propagation du Communisme et de toutes les formes «l'athéisme de paganisme moderne, surtout de la propagande faite par les "Sans Dieu*.Le Saint-I'ère a nommé cette propagande: "le premier et le plus grand danger, le danger universel".Le danger signalé par Sa Sainteté devient chaque jour plus imminent.A Prague vers Pâques de celte année le Congrès mondial des "Sans Dieu" et des libres-penseurs a abouti à l'accord complet des deux internationales (communiste et non-communiste) qui ne font plus qu'un seul front unique contre Dieu.Vous sen*/, comme moi, d'avis, mesdames, que les catholiques ne peuvent rester inactifs, mais qu'ils ont le devoir d'opposer I amende honorable universelle à ce fait sacrilège, jusqu'à ce jour inconnu dans l'histoire de 1 humanité, du défi organisé contre Dieu.Lors de l'audience privée que le Saint-Père a daigné m "accorder, le 15 mai dernier.Sa Sainteté m'a dit qu'elle estime que notre Union internationale, qui réunit les femmes catholiques du monde entier, peut être un instrument 1res utile dans !a lutte contre le communisme, sous truites ses formes, pourvu que toutes les organisations affilier*, compren* nent leur responsabilité et fassent leur devoir.Le Saint-Père a daigné accorder approbation et une grande bénédiction toute spéciale au projet de campagne suivant: lo une action générale dans nos ligues et associations affiliées de pénitence et «l'adoration en réparation pour l'outrage fait à Dieu par les "Sans Dieu" et les libre- penseurs; 2o 1 établissement d'un centre «le documentation et d'information exacte sur la situation actuelle des chrétiens en Russie cl sur la propagande communiste dans le monde entier; 3o un« lutte continuelle «outre toutes les formes d'immoralité, qui préparent le terrain pour la propagande athéistc; 4o la diffusion active des principes sociaux chrétiens; 5o l'application «le t«»us les moyens utiles « t légaux pour empêcher la propagaiule communiste.D'accord avec notre Aumônier-Conseil, Mgr le Dr Uoogvcld, je viens, mesdames, vous proposer «l'inaugurer celte action dans toutes nos ligue- et associations affiliées, le dimanche 25 octobre prochain, fête du Christ-Roi, et d'organiser à cet effet: a) une journée de pénitence cl «le mortification, la veille «le cette fête le 24 octobre; h) avec l'assentiment «le 1 ordinaire, dans les églises paroissiales, une cérémonie avec adoration du Saint-Sacrement «'t consécration «'t amende honorable au Christ-Roi; c) si possible une réunion publique avec discours sur les dangers de la propagaiule «les "Sans Dieu".\cuillcz agréer, mesdames, l'expression de mes sentiments les plus dévoués en Notre-Seigneur.La Présidente, Montréal LA BONNE PAROIX 3 Associations professionnelles pour les Canadiennes-Françaises Depuis 1906, la Fédération nationale Saint-Jcan-Baptistc a groupé un certain nombre «le femmes avoir appris que ses espérances même avaient été vaines et que la fortune convoitée avait déjà été ravie à la parente qui la lui destinait.Marceline revint seule à Douai grâce à la charité des uns et des autres et y trouva sa famille dans le plus entier dénuement.Ah! non, Marceline Desbordes n'est pas la marquise poudrée, aux pieds de cen-drillon et à la bouche rieuse; ce n'est pas la favorite d'un roi, Marceline est l'humble petite fille de braves et d'honnêtes gens qui nuit de pauvres gens.Nous n'entendrons pas rouler le carosse impérial ni clamer la foule qui demande la reine; nous entendrons gémir et pleurer un cœur qui n'a rien de lettré ni de conventionnel, un œur qui s'est fait ballotté à droite et â gauche dans la grande tourmente de la vie, si peu humaine parfois pour certaines âmes! Mais si Marceline n'est pas la favorite d'un roi, elle a vraiment grand air et, si on ne peut dire qu'elle est belle, on admet volontiers qu'elle a "une physionomie éloquente, de beaux yeux d'un brun-clair et un sourire triste dans un cadre de cheveux châtains aux longues boucles tombantes; «'est son fils qui nous l'apprend.Elle a surtout une jolie voix, une voix qui module bien et qui charme, et qui émeut, et qui égaie, et qui repose, une voix qui la destinera au théâtre.Aussi, à 18 ans, en 1803, elle débutera sur la scène pour gagner sa vie et celle des siens; elle créera de grands rôles, elle chantera l'opéra d'une voix si pénétrante et si émouvante qu'on aura des larmes à l'entendre et qu'elle en versera elle-même puisqu'eli 1813 elle avouera tristement qu'elle ne peut plus chanter, que sa voix la fait pleurer.C'est qu'entre ces deux dates Marceline a aimé et a souffert.C'est alors, sans doute,, qu'elle écrivait des vers restés inédits jusqu'en 1819, époque à laquelle parut son premier volume d'Elégies et qui devait la révéler poète du cœur et de l'âme.On accueillit sa poésie avec amour: des écrivains célèbres, dans le temps, ne lui ménagèrent pas leur admiration: entre autres Sainte-Beuve qui lui fut attaché et dévoué toute sa vie et Lamartine qui lui écrira une lettre en vers d'une admiration touchante.Mais le succès littéraire ne lui donna pas la fortune ni même nue légitime aisance.Devenue l'épouse du comédien Yalmoro en 1817 elle le suivra de ville en ville sur les planches du théâtre qu'elle ne quittera définitivement qu'en 1823.Marceline n'est actrice que par nécessité quoique les critiques du temps lui aient consacré de magnifiques éloges; elle est surtout poète et porte avec elle tout un inonde de souvenirs, et ces souvenirs lui 1 Causerie faite devant l'Association des Employées de magasin. 6 LA DONSE PAROLE Montréal feront écrire des vers magnifiques, des vers dans lesquels elle livre son âme comme l'oiseau son chant.De la vie qui l'a broyée, elle ne connaît que l'amour et elle nous le dit tout simplement : Ne vous étonnez plus; en recevant lu rie.De tout ce quelle offrait je n'ai vu que rumour, Mon cœur le respirait avec l'uir et le four.A quelque chère idole en tous temps asservie, Je tombais à genoux pour adorer îles fleurs; Je me vouais surtout à la plus solitaire Elle me semblait triste et je sentais des pleurs S'échappât de mon âme .Mais elle ne chantera pas son amour! Le bonheur ne se raconte pas ou s'exagère.Les larmes seules sont vraies et comme elle n'est poète que par sa douleur, elle écrira sa douleur.Mais ses plaintes seront si douces, si tendres, h sincères »'t si résignées que tout cela chantera avec mesure, avec harmonie et que, pre-que sans le -avoir, elle sera un poète de génie.Evidemment elle élèvera à la gloire de l'amour un temple magnifique, elle le divinisera comme le f,.nt les vrai- poètes, les seuls qui le s< îenl el qui nous donnent tout le sang de leur cœur quand il- écrivent.Je ne sache pas que la poésie puisse avoir d'autre source que les larmes ou l'amour.On a si peu de temps à s'aima sur la terre.Oh! qu'il faut se hâter de dépenser son amour! écrira-l-clle dans une élégie troublante qui s'intitule: "Révélation".Tous les citants de Marceline sont des échos de sa souffrance cl «le son amour.De ce! amour qui la fait se pencher sur l'arbrisseau timide qu'elle "sail languir au fond d'une vallée," d'un arbrisseau "qu'oubliait !«• bonheur" comme elle le dit si bien: de cet amour qui lui fait plaindre un rossignol aveugle "sans ailes, sans lumière" qui ne "sait pas pour quoi Dieu fit la nuit >i lente", de cet amour à qui elle dit dans une nuit d'hiver: Je t'ai chanté, et ma voix faible encore Dans .ses premiers accents parut juste et sonore.Pourquoi briser ma lyre?elle essayait ;a foi.Pourquoi briser mes vers?je les ai faits pour toi.Il en faut éi mon âge et je voulais un jour M'en parer pour te plaire et te tes rendre amour! Où vn voire argent ?Dépensez-vous tout ce que vous gagne/.?Il est toujours possible de faire quelques économies.Economisez-vous autant que vous le pouvez?Il esl presque toujours possible d'économiser davantage.Ce qui compte, c'est j'épargne régulière.Mettez de côté chaque semaine, chaque quinzaine ou choque mois, une partie de voire salaire ou de vos revenus.Ouvrez aujourd'hui un compte d'épargne ù la Banque Canadienne Nationale 534 bureaux au Canada 65 succursales à Montréal Montréal LA DONNE PAROLE 7 Et, sa sensibilité est tellement grande, tellement douce et tellement bonne qu'elle aimera tout ce qui est digne d'être aimé.Son génie à elle, c'est son cœur, sa poésie n'eut jamais d'autre voix.Mais ce cœur qu'aura égaré l'amour, ce cœur qui ne comprendra que les sacrifices qu'il commande sera aussi profondément croyant.Marceline' aimera tout de ce qui est divin, qui la rapproche de Dieu et presque toute sa poésie sera empreinte du mysticisme de son âme ardente et chrétienne.C'est ainsi qu'elle dira: Ne passez jamais devant Vhumble chapelle Sans y rafraîchir les rayons de vos yeux Pour tous éclairer c'est Dieu qui vous appelle Son nom dit le monde à ienjant qui répèle Et c'est, sans mourir, une visite aux deux.Si vous avez peur lorsque la nuit est noire Vous direz mon Dieu! Je vois clair en vous; Vous êtes la lampe au fond de ma mémoire Vous êtes la nuit voilée dan* votre gloire Vous êtes le jour et vous brillez pour nous.El ne sont-ils pas sublimes ces vers pleins de confiance et de foi qui lui fait crier j Dieu : Seigneur! parlez-moi.je vous prie Je suis seule sans votre voix.lient tVorange et de pleurs mouillée Exhalant sa mourante odeur Au pied de la croix effeuillée Seigneur, ma vie agenouillée Peut monter à votre grandeur! C'est cette foi magnifique qui la soutiendra aux jours douloureux, aux jours angoissants où elle verra se coucher dans la tombe ses deux filles.Ondinc et Inès, l'une a 31 ans et l'autre à 21 ati9.Avec le cœur qu'on lui connaît, pouvait-il être plus grand holocauste?El pourtant, sa grandeur d'âme la rendra magnanime: elle écrira dans sa correspondance, beaucoup moin- connue que sa poésie, des lettres qui pleurent si courageusement et avec tant de foi, qu'elles sont presque des poèmes de résignation chrétienne.Mais il y aurait trop à dire si je regardais les lellrcs de Marceline: échos du cœur angoissé par les combats et la lutte incessante qu'elle a à soutenir contre l'existence et qui l'obligeront à changer de domicile chaque année ou presque quand tout son cœur sait tellement s'attacher.Correspondance ou poésie, toute l'œuvre de Marceline est I écho de son âme et de ses sentiments.Ce sont des pleurs sacrés enchâssés dans la forme lyrique dont elle ignore elle-même toute la valeur.Perles fines que renferme l'écrin d'amour qu'est son cœur et qu'on admire avec «les larmes dan- les yeux tant leur transparence est chatoyante: perles précieuses qu'on fait siennes par des >i»irs un peu lourd- ou par des nuits sans étoiles et qui se fixent sur le velours trop sombre de notre âme cherchant une autre âme! Les vers de Marceline Desbordes-Valmorc sont des échos de la nôtre quand elle souffre ou qu'elle pleure: c'est une main tendue ver- nous, c'est un»: amie qui nous cherche, c'est un rayon de soleil traversant le nuage, c'est un parfum dont on se grise, c'est une magie qui nous ensorcelé! Et, tout cela parce qu'ils ont le goût de tout ce qui est vrai et qui pleure, de tout ce qui est humain et qui regrette, de tout ce qui est sublime 8 LA BOSSE VA ROLE Montréal et qui aspire, de tout ce qui est divin et qui est éternel.Pour toutes ces raisons sa poésie ne s'analyse pas; elle se comprend, elle chante, elle parle, elle souffre, elle pleure, elle espère et comme un parfum troublant elle enivre en s'exhalant.Moi seule en mon chemin et pleurante au milieu yai dit ce que jamais femme ne dit qu'à Dieu.'* Ces vers dans lesquels elle se révèle tout entière nous donne le secret de son génie qui vient de sa sincérité profonde et de l'exaltation de sa foi en face de la douleur ou de l'amour dont elle a connu tous les orages.Pour livrer sa pensée au vent de la parole S'il faut avoir perdu quelque peu la raison.Qui donne son secret est plus tendre que jolie.Mèprise-t-on l'oiseau qui redit sa chanson?'' écrira-t-elle un jour.Et sa chanson elle la continuera longtemps encore, en dépit d'une existence bien malheureuse qui la laisse toujours dans une situation de fortune qui frôle la misère et une santé de plus au plus chancelante.Elle écrit encore et toujours les inspirations de son âme, les impressions de son cœur, ses souvenirs, son besoin d'aimer et surtout sa foi inébranlable en Dieu.Qu'elle me paraît sublime cette poésie qu'elle adresse au poète Le Breton et qui te termine ainsi: "Quelle que soit la route HNous montons, j'en suis sûre et jamais je ne doute; "J'épelle comme vous avec humilité "Un mot qui contient tout, poète: Eternité."De chaque jour tombé, mon épaule est légère "L'aile pousse et me tourne à ma nouvelle sphère."A tous les biens ravis qui nous disent adieu "Je réponds doucement: va m'attendrc chez Dieu."Qu'en jerais-je après tout de ces biens que j'adore?"Rien que les adorer, rien que les perdre encore! "J'attends: Pour ces trésors donnés, repris si tôt, "Mon ca'ur n'est pas éteint: il est monté plus haut." Et c'est ainsi que sa poésie d'amour montera elle aussi vers les cicux.Elle, qui n'était guère "plus savante que les autres qui se penchent et se relèvent sans savoir pourquoi, écrira cette pièce magistrale qu'est "La Couronne effeuillée" qu'Anatole France se flattait de savoir par cœur et qu'il considérait comme la plus haute expression du génie lyrique de Marceline.Peut-être aussi l'écrivain français faisait-il siens en son âme païenne ces vers chrétiens qui disent à Dieu de si éloquentes choses."Je vous obtiens déjà puisque je vous espère "Et que vous possédez tout ce que j'ai perdu."Vous ne rejetez pas la /leur qui n'est plus belle; "Ce crime de la terre au ciel est pardonné."Vous ne maudirez pas votre enfant infidèle "Son d'avoir rien rendu, mais d'avoir tout donné.Et doucement, comme une sensitive, elle s'en allait à la tombe minée par une maladie lamentablement longue qui la retient plus d'un an clouée sur un lit de souffrances.Pour ne pas attrister ses amis, qui du reste n'étaient pas très nombreux, «'Ile avait demandû à ne Montréal LA BONNE PAROLE 9 recevoir personne afin de respecter chez ceux qui Pavaient aimée le repos avec l'illusion.Et par une nuit très douce, le 23 juillet 1859.clic expira doucement dans une modeste pièce de la rue de Rivoli qui ne doit pas s centenaire, étend son ombre protectrice vers le vieux janlin.l)«-s pigeons ramiers y logent en été.et des bandes d'oiseaux migrateurs s'y arrêtent souvent quand vient l'automne.Le vieux jardin est très paisible; les bruits du monde n'y entrent pas.On se sent isolé, loin de tout, à l'abri.Ni vent, ni tempête n'y peut pénétrer.Seule la pluie vient le désaltérer.Et je songe aux prêtres qui ont passé dans ce janlin.qui se sont succédé au service du Seigneur.Ils devaient lin* leur bréviaire au milieu
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