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La bonne parole /
Publiée de 1913 à 1958, La Bonne Parole est un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec. [...]

Créée en 1913 par Marie Gérin-Lajoie, en collaboration avec Caroline Béique, la revue mensuelle montréalaise La Bonne Parole est, jusqu'en 1958, l'organe officiel de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB). La Fédération chapeaute de nombreuses organisations féminines et catholiques canadiennes-françaises.

LA FNSJB a d'abord été précédée dès 1902 par les Dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste, association créée pour accueillir les francophones de la Montreal Local Council of Women (MLCW) et leur permettre d'appuyer la Société Saint-Jean-Baptiste, à laquelle elles sont souvent affiliées par leurs maris.

Des préoccupations liées à l'éducation catholique et à la survivance nationale du Canada français ont amené Mmes Gérin-Lajoie et Béique à créer ces rassemblements francophones.

Mue par les idées de progrès social incarnées au début du siècle par les mouvements de réforme urbaine et de santé publique, La Bonne Parole, en plus de faire écho aux activités de la FNSJB et de les alimenter, endosse tôt certains combats comme les luttes contre l'alcoolisme et la mortalité infantile.

Soucieuses de conserver la bienveillance des élites cléricales, les collaboratrices de la revue choisissent tôt de se conformer à la doctrine sociale de l'Église et de tempérer leurs revendications féministes en relayant l'idéologie de la femme au foyer.

La Bonne Parole met tout de même de l'avant les questions de la défense des intérêts professionnels traditionnels, de l'émancipation juridique et du droit de vote des femmes. À cet effet, Marie Gérin-Lajoie donne rapidement le ton, en 1913 et en 1914, avec une suite d'articles sur la condition légale de la femme, question sur laquelle elle revient au cours des années.

L'accomplissement social de la femme tel que prôné par La Bonne Parole, bien qu'il se cantonne au foyer et aux activités des congrégations religieuses, sera orienté vers de nombreuses initiatives philanthropiques relayées par la revue.

Entourée de collaboratrices appréciées comme Anne-Marie Gleason, Blanche Lamontagne-Beauregard et Marie-Claire Daveluy, Marie Gérin-Lajoie a doté la FNSJB d'une revue dont le tirage atteint 2000 exemplaires dès ses premières années de publication.

Cette volonté d'offrir aux Canadiennes françaises un média intellectuel engagé de grande qualité a permis à La Bonne Parole de devenir un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 75-76.

LAVIGNE, Marie, Yolande PINARD et Jennifer STODDART, « La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et les revendications féministes au début du XXe siècle », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 29, n° 3, 1975, p. 353-373.

SAVOIE, Chantal, « Des salons aux annales - Les réseaux et associations des femmes de lettres à Montréal au tournant du XXe siècle », Voix et Images, vol. 27, n° 2 (80), 2002, p. 238-253.

Éditeur :
  • Montréal :la Fédération,1913-
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décembre 1938
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  • Revues
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La bonne parole /, 1938, Collections de BAnQ.

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Montréal, Canada Décembre 1938 Organe de la Fédération Rationale Saint* ]ean*Baptiste Oeuvre d'Action catholique SOMMAIRE • ••• •••• .•••• .•••• •••• •••• •••• •••• •••• ¦ • ¦ •••• .Hommage à Madame d'Youvillc, premiere fondatrice canadienne, à l'occasion du deuxième centenaire de l'Institut des Sœurs Grises — Le Souvenir de Maric'Madclcinc Dufrost de la Jcmmcrais, veuve d'Youvillc 1701'1771, M.'Claire Develuy Heureuse année, Eva R.'Thihaudeau .L'Enfant Jésus et Frère François, carme déchaussé (conte espagnol) Nuit de saint Nicolas, T^ocl Dubois .Noël solitaire, Marie*Louise Bergeron .Sommaire des numéros de la Bonne Parole de 1938 .L'armoire (poème inédit), Blanche LamontagncBcaurcgard Journal des œuvres: Chez les Aides maternelles — Au Cercle d'étude SaintcMaric — Chez les Femmes d'affaires — Chez les Ouvrières catholiques — L'organisation des fêtes du troisième centenaire de Montréal — Mlle Madeleine Thibaudcau au Comité central d'étude — Chez les Env ployées de magasin .Une prière à nos abonnés .• •••• •••• •••• .1 4 3 6 7 8 10 • • • • .•••• .,.11 14 853 est, rue Sherbrooke La Bonne Parole REVUE MENSUELLE * • i CE QU'ELLE EST •j.IBN qui sert a unir d'esprit et de cœur les Canadiennes-Françaises; un FOYER d'où rayonnent, sur tous les domaines de l'activité féminine, lumière et chaleur; un CENTRE où se rencontrent les bonnes volontés, désireuses de se dévouer avec plus d'efficacité aux œuvres nationales; un MOYEN de propagande pour la diffusion des principes catholiques d'action sociale; un ORGANE indispensable à l'œuvre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste, d'abord auprès des diverses associations qui la composent et des comités par lesquels elle agit; puis auprès des œuvres nationales étrangères qui font, comme nous, partie de l'Union Internationale des Ligues Catholiques féminines.CONDITIONS DE L'ABONNEMENT: Canada et Etats-Unis.$1.00 par an Union postale.$1.30 par an Un escompte de 50% est accordé aux membres dcsx associations professionnelles, des Fédérations paroissiales et des communautés religieuses.Le prix de l'abonnement doit être envoyé au Secrétariat de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste.853 Est, rue Sherbrooke.Les abonnés de la "Bonne Parole" jouissent des privilèges de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste et ont droit d'assister aux béances publicities, dont avis est donné dans les journaux.Les abonnés qui désirent des invitations personnelles et voudraient devenir membres actifs de la Fédération Nationale n'ont qu'à s'inscrire, en tout temps, au secrétariat de la Fédération Nationale, 85.S Est.rue Sherbrooke, où les heures de bureau sont, le dimanche excepté: de 10 heures à midi et de 2 heures à 5 heures p.m.— Téléphone: FRontenac 2665.Toute personne peut concourir A l'œuvre de la "Bonne Parole": 1° en s'y abonnant; 2° en lui procurant de nouveaux abonnés; 3° en la faisant lire; 4° en lui apportant une collaboration littéraire; 5° en sollicitant des annonces à son intention.La Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste Fut fondée en 1907 et incorporée en 1912 pour grouper toutes les associations féminines canadiennes-françaises catholiques en vue d'une action commune dans les questions d'intérêt général.Aumônier: Son Excellence Mgr Gauthier.Présidentes d'honneur: Lady Gouin.Mme F.-L.Béique.; Vite-près, d'honneur: Mme L.-Athanase David Bureau de direction: Mme Henri Gérin-I.ajoic, présidente-fondatrice; Mme Alfred Thibaudeau, présidente; Mme François Mathys, vice-prés.; Mme Edmond Brossard, vice-prés.; Mlle Georgette LeMoyne.secrétaire générale; Mlle Jeanne Lapolntc, ass.-scc; Mlle Maria Auclair.tréso-rière; Mme Eustache Lctcllier de Saint-Just, rédactrice de la "Bonne Parole"; Mme Eugène Desmarais, Mme Arthur Bcrthiaurac.Mme E.Bouthillier, Mlle Hedwige Lcfcbvre, Mlle Florine Phaneuf, Mme J.-A.Mollcur, Mme Albert Dupuis, Mlle Laura Robert, Mlle Corinne Méthot, des cercles de Fermières de la province de Québec: Mme F.-X.Dupuy présidente de la section de Saint-Lambert; Mlle F'vanréline Zappa; Mlle Marle-Anec Madorc, Mlle Marie-Louise d'Autreuil, présidente de la Fédération des cercles d'étude des Canadiennes-Françaises.Société* fédérée* Les dames palronnesses des œuvres suivantes: Hôpital Notre-Dame, Hôpital Sainte-Justine.Fédérations et sections paroissiales: T.-S.-N.de Jésus, Maisonneuve, Saint-Vincent-de-Paul.La Nativité d'IIochclaga, Saint-Pierre, Saint-Stanislas de Kotska, Saint-Lambert, Saint-Ambroise, Côte Saint-Paul, l'Assistance maternelle, Les écoles ménagères provinciales, La Fédération des Cercles d'étude des canadiennes-françaises, les Cercles de fermières de la province de Québec.Associations des: emp.de magasin, cmp.de bureau, femrues d'affaires, Aides maternelles; de la société des Ouvrières catholiques.(S.O.C.) et ses sections: la Nativité de la Sainte-Vierge, Saint-Eusèbe, les Saints-Anges de Lachine, Sa'nt-Vincent-Ferrier, Saint-Louis-de-France, Côte Saint-Paul, Saint-Raymond, Saint-Philomène de Rose-mont, de la J.O.C.F.et ses sections: Saint-Alphnnse, Sainte-Brigitte, Saint-Charles.Salnte- Cunégonde, Stint-Edouard.Saint-Eusèbe, Saint-Etienne.Saint-François-Solano, Sainte-Hélène, Saint-Jean-Bcrchmans, Saint-Jean de Malha, Salnt-Pier-re-Claver.Saint-Pierre-Apôtre, Saint-Vincent de Paul, Maisonneuve, Notre-Dame de la Paix (Verdun), Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières, Hull, Cap delà Madeleine, Asbestos.Principales oeuvres accomplie* par la Fédération et ses filiale* Fondation des Associations professionnelles Fondation des Fédérations Paroissiales Etablissement de Caisses de Secours Etablissement de Cours d'Enseignement Ménager Comité de lutte contre l'alcoclismt Amendements à la loi des licences Législation en faveur des Institutrices et des employées de bureau Comité des questions domestiques Comité de lutte contre la mortalité infantile Fondation de "Gouttes de lait" Participation aux expositions pour le bien-ttn de l'enfance Comité de lingerie d'autel et décoration d'église du Congrès Eucharistique Pèlerinage à Lourdes et à Home Affiliation à l'Union Internationale des Ligue» catholiques féminines Fondation de la Bonne Parole Comité du "Denier National' Comité des questions civiques Comité de la Croix Rouge Comité du Fonds Patriotique Comité de l'Assistance par le travail Comité central d'étude et d'action social* Comité des Oeuvres économiques Comité de Rédaction de la Bonnb Parole Comité d'Administration de la Bonne Parolb Comité de la construction Comité du service social Comité de la Visite des hôpitaux Fichier Central de renseignements Comité de l'apostolat de la paix La réforme du Code civil en faveur de la lemme.N.B.— On peut devenir membre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste en s'inscri-vant à ton secrétariat: 833.rue Sherbrooke Est. LA BONNE PAROLE Vol.XXVII Montréal, Décembre 1938 No 12 Hommage à Madame d'Youville, première fondatrice canadienne, à l'occasion du deuxième centenaire de l'Institut des Soeurs Grises LE SOUVENIR DE MARIE-MADELEINE DUFROST DE LA JEMMERAIS, VEUVE D'YOUVILLE 1701-1771 Qu'est devenu pour chacun de nous le souvenir de Madame d'Youville?Quel portrait de chair, quel sourire de sainte, surgissent du fond de notre mémoire à l'appel de ce nom?L'image de celle qui, le 31 octobre 1738, tondait l'œuvre des Sœurs Grises, a-t-clle pâlie de façon irrémédiable, même en son attitude conventionnelle?Car, en effet, pour plusieurs d'entre nous, il n'en subsiste qu'une sorte de grisaille.Des traits effaces se confondent dans le fond de toile, avec des scènes historiques chargées d'un dramatique intense."N'en est'il pas ainsi, direz-vous avec mélancolie, de toute gloire con' sacrée?On s'en déclare fières, solidairement édifiées et.l'on passe.L'on passe en s'inclinant si bas que l'on se cache la grâce d'un visage qui allait s'illuminer, nous apporter peut-être quelque tendre message." Mais, sans doute, vous souriez aussi devant ces questions anxieuses."Per* sonne n'ignore tout à fait Madame d'Youville, nous faiteS'VOUS entendre.N'orne-t-ellc pas toujours l'Eglise canadienne, grâce à ses filles, de mission' naires et de religieuses aux gestes ininterrompus de vaillance, du don parfait de soi, luttant contre toutes les formes de la douleur pour la surnaturaliser sinon la vaincre.Madame d'Youville! Mais tous nous la revoyons sans peine, auréolée de son titre de première fondatrice canadienne, sinon de fondatrice de la première communauté canadienne, car l'on songe ici à la Congrégation Notre-Dame, à l'œuvre de Marguerite Bourgeoys." Alors, si tout cela vous vient spontanément â l'esprit, oui, vous vous souvenez .Mais si, malgré cela, nous vous priions, en ces jours d'anniversaire, de laisser de nouveau la lumière pénétrer â flots autour du portrait de la fondatrice de 173S?L'heure présente et les réminiscences, je le répète, font si bien converger vers elle les regards qui interrogent ou qui se rappellent.Son œuvre, cependant, laissons-la pour l'instant graviter naturellement autour d'elle.C'est d'elle, c'est de la Canadienne du XVIIIe siècle, c'est de la sainte, de son esprit, de son cœur, de sa puissante activité que nous nous entretiendrons.Hommage que nous offrirons à cette femme de grâce qui vit la conquête, et traversa presque tout un siècle, lourd de faits, d'angoisses et d'holocaustes.Beaucoup de dons naturels et surnaturels se sont harmonieusement fondus en Madame d'Youville.Il y eut au moral, disent ses biographes, sa "grandeur d'âme, son universelle charité, une confiance aveugle en la Providence, de la patience," et, ajouterons-nous, je ne sais quelle extraordinaire intrépidité.Au physique, il nous reste d'elle un portrait inoubliable, véridique, la fraîche vision d'un fils aimant, l'abbé d'YouvilIe-Dufrost: "Elle était, a-t-il 2 LA BONHE PAROLE Montreal fccrit en ses mémoires, une des plus belles personnes de son temps.C'était une brune claire, ayant beaucoup de couleurs, un œil vif et parlant, tous les traits du visage fort réguliers, une grande taille, et ayant un air fort gracieux/' Marie-Madeleine Dufrost de la Jcmmcrais naissait en 1701, un an seulement après la disparition de Marguerite Bourgcoys.Toutes deux, vous le savez, ouvrent la lignée des saintes fondatrices de chez nous, noblesse spirituelle, dont de nouveaux rameaux croissent, avec quelle grâce effective, de nos jours.Madeleine de la Jemmerais naissait à Varcnnes, une des vieilles paroisses du diocèse de Montréal, qui date de 1693.Quelle famille héroïque crée tout de suite le climat de l'enfant.Sa mere, née Gauthier de Varcnnes, est la sœur de la Vércndrye et la petite-fille de Pierre Boucher et de Jeanne Crcvîcr.Son père, un gentilhomme breton, est un militaire "d'une intrépidité et d'une résolution éprouvées" .Et ses cousins, à l'occasion ses compagnons de jeux, ne sont-ce pas les audacieux petits la Vérendryc?Que de projets ils forment devant la petite fille qui rêve et dont l'ame rend le même son! Rêves d'une enfant au cœur de feu, que ses ancêtres de Bretagne et de Normandie commandent déjà impérieusement."Un jour, se promet-elle, elle aussi s'en ira à la conquête de pays nouveaux, de ces pays que l'on offre, genoux en terre et regards levés, en hommage à Dieu et à son pays".Rêves que devait bientôt vivre un de ses frères, ce Christophe de la Jemmerais, compagnon dans les Rocheuses, des la Vérendryc, père et fils, et qui succombait à trente ans à son établissement du Lac-dc-la-Pluie.Rêves, enfin, que cette enfant, née apôtre, verrait se réaliser de là-haut, alors que celles qui se seraient pénétrées de son esprit, ses filles, les Sœurs Grises, s'élanceraient, les premières, vers les postes les plus lointains de ce Nord-Ouest que sa famille .avait marqué à jamais de son empreinte.Mais en attendant que sa mission lui soit révélée.Madeleine de la Jemmerais est une petite fille qui besogne volontiers dans la maison de Varcnnes.auprès de sa mère, devenue veuve.Elle la quitte pourtant durant deux ans.Elle devient, à Québec, l'élève des Ursulines.des filles de la grande Marie de l'Incarnation.Que de fronts nimbés d'enfants auront comptés ces premières edu cat rices de chez nous! Voici l'heure des vingt ans de Madeleine de la Jemmerais.Elle est ^charmante cl belle.Elle plaît et se plaît au milieu de la société de son temps.On la tête.Elle se marie, et bientôt des enfants l'entourent.A vingt-neuf ans, comme sa mère, jadis, clic devient veuve: elle voit toutes les responsabilités du foyer retomber sur ses seules épaules.François You d'Youville meurt, chargé de dettes, et sans laisser, hélas! comme le vaillant capitaine La Jemmerais, son beau-père, le plus tendre des souvenirs.Des années difficiles suivent cette mort prématurée.Il faut à la jeune veuve toute sa piété pour surnaturaliser tant d'anxiétés, d'échecs, de privations, le dur labeur quotidien.Les pauvres la connaissent quand même.Toutes les misères s'approchent d'elle.Mais comme souvent cette consolatrice pleurait.Même en entendant la voix des saints de Dieu sur la terre.Ils lui disaient, prophétiques et doux: "Consolez-vous.Vous relèverez une maison sur son déclin.Elle aura besoin de votre ferme esprit".Elle écoutait, hochait la tête.Son cœur généreux fr missait pourtant.Ses mains se joignaient, prêtes à l'acquiescement et à l'offrande.Ce tut un sulpicien, mort très jeune en odeur de sainteté, M.Le Pappe du Lescoat.qui veilla sur cette âme que la tourmente voulait briser.Avec Montréal LA BONNE PAROLE 3 jBon aide, l'arrière pctitcfillc de Pierre Boucher sut tenir bon! Sa constance dans les contradictions, sa vaillance se replièrent en bon ordre sur sa foi.Cette foi, c'était d'ailleurs celle d'une sainte, et qui grandissait à l'école d'un saint.Elle fit des prodiges.La fondatrice peut maintenant paraître, et manifester dans toute leur plénitude les dons que Dieu lui avait départis.Toujours, cependant, le signe de la Croix demeurera sur elle, voilant sous des brouillards les marques de trop claire prédestination.Elle sera à la fois comprise et incomprise, vénérée et honnie, aidée et contrecarrée.Qu'importe! Elle poursuivra son chemin jusqu'au bout, jusqu'au parfait, jusqu'à l'amour! 1738! Date du premier groupement des.disciples! Don entier, volontaire et en commun, des biens, des vies, des cœurs, des courages! Sous d'humbles robes grises, dont on souriait ou grimaçait, des femmes passent en priant dans le vieux Ville-Marie.Leurs yeux attentifs discernent vite les disgrâces, les abandons, les douleurs.Leurs mains s'ouvrent et répandent le bienfait.1747 L'Hôpital général, fondé à Montréal par les Frères Charron, menace ruine.On appelé au secours Mère d'Youville et ses compagnes.Elles exultent.Assurées d'obéir aux commandements de Dieu, elles pressentent que, malgré leurs faiblesses, elles relèveront cet asile, vieux d'un demi-siècle et où tant de larmes se sèchent encore.Une prédiction ne s'accomplit-elle pas ici, et dans le rythme habituel des œuvres que Dieu appuie: vents d'orage et paix du cœur?1755! La guerre de Sept ans! La miséricorde de Mère d'Youville et de ses filles se multiplie, élargie son champ d'action, prend toutes les formes.Moyens ingénieux et pittoresques, action charitable planant au-dessus de la terrible mêlée, gestes de suprême pitié, sourires qui réconfortent, larmes qui rapprochent, tout est mis au service des malheureuses victimes de l'époque.Mère d'Youville sauve les corps, les cœurs, les esprtis.Les ennemis, les Anglais, qui se réfugient chez elle, y trouvent la sécurité, le logement, et, bientôt, la délivrance.Les larges mantes des religieuses, leurs bonnets de sortie, à l'occasion quelque toile de tente que l'on confectionne, la porte du caveau de la chapelle qui roule sans bruit sur ses gonds, tout facilite les déguisements, les cachettes, les évasions.La mort rôde sans répit, mais doit parfois s'éloigner de l'Hôpital.L'opposition sans trêve de Mère d'Youville la tient en échec.176'»! La conquête du Canada par les Anglais devient un fait accompli.La vie se fait misérable partout, ci inséquences inévitables de la guerre.L'Hôpital général sent sourdre autour de lui toutes les menaces.La fondatrice redresse la tète.C'est l'heure des miraculeux appuis.Elle agit avec le calme des jours heureux.Elle est inébranlable, roc que la tempête touche mais secoue peu, malgré la rage des coups.Mère d'Youville est certaine du secours de Dieu, et le secours vient."Toujours à la veille de manquer de tout, nous ne manquions pourtant de rien", écrit-elle.Autour de l'admirable dévotion de Mère d'Youville pour le Père Eternel, se groupent, en ces heures de tristesse, de petits faits inexplicables au seul point de vue humain.La multiplication des biens de ce monde, prodiges que J'on observe dans la vie des saints, et.notamment, dans la vie de plusieurs de nos fondatrices religieuses, se produit souvent.L'or surgit sous les doigts de la femme miséricordieuse.Le pain, le vin, la farine, durent mystérieuse- 4 LA BONNE PAROLE Montréal ment.Faveurs que son humilité récuse, mais que lui a bien méritées, sa foi sans cesse éprouvée et sans cesse victorieuse.Hélas! Mère d'Youville.qui vieillit, ne devait jamais connaître de ces années de sérénité, qui accompagnent le soir de tant de vies.L'incendie de 1763 éclate, six ans seulement avant sa mort.Quel spectacle que celui de cette religieuse de soixante-quatre ans, debout, les mains levées vers le Ciel, en face de sa maison en cendres, au milieu de ses lilies affolées, et qui trouve, néanmoins, la force de commander à tous, un suprême Te Deum.Aussi, cst'Ce en se relevant de cet hommage, rendu à la façon des saints, que monte à ses lèvres la magnifique prophétie, dont on voit encore de nos jours la réalisation: "Mes enfants, courage! La maison, désormais, ne brûlera plus!" A sa mort en 1771, et après sa mort, les prodiges continuent.La croix, qui se trace au-dessus de l'Hôpital, phénomène lumineux que des savants constatent à l'heure où elle expire, mais sans connaître ce fait, en restera toujours le symbole émouvant.Alors la voix du peuple s'élève, unanime en son murmure de louanges.Sa vie est racontée.Sa renommée s'étend.On accourt à son tombeau.On lui demande toutes les guerisons, toutes les faveurs.Mère d'Youville répond au peuple fidèle et.bientôt, la rumeur porte au loin le souvenir de ses dons.Rome-la-Sage, Rome-l'Infaillible se penche sur le tombeau où le cœur d'une sainte ne voulait point connaître de repos.La cause de Mère d'Youville est introduite.Elle est déclarée vénérable le 28 avril 1890.En ce bret hommage, pouvons-nous espérer que l'émoi, l'admiration, le respect protond, aient suppléé à l'insuffisance du chant.Louer comme il convient l'âme des saints appelle la grâce d'un mysticisme bien-disant, sans faiblesse.Nous ne sommes sûre que de tenir une plume de bonne volonté."Mais comme elle frémit souvent devant la vision des saintes, des héroïnes et des grandes fondatrices de chez non-;.\ f j >1 e - C la i rc Dave lu \ Octobre 1938.Heureuse année La présidente générale et le conseil de direction offrent leurs souhaits d'heureuse année à toutes leurs collaboratrices de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, aux abonnés et aux annonceurs de la Bonne Parole, et à tous ceux qui, d une manière ou d une autre au cours de l'an passé, ont témoigné leur sympathie à nos œuvres.La Fédération, pionnière des associations féminines canadiennes françaises, s'engage dans la nouvelle année avec confiance, assurée de ne point faillir à la tâche quelle poursuit depuis trente ans, au sein de notre population.Chaque aimée, loin de les épuiser, a renouvelé clic: nous les énergies et les dévouements et nous a appris que la Providence suscite toujours, à l heure voulue, les apôtres nécessaires à une action sérieuse et hien-j ai santé.Eva R.-Thihaudeau Montréal LA BOXKE PAROLE 5 L'Enfant Jésus et Frère François, carme déchaussé ((".onto espagnol) A Alcala, dans cette Espagne si catholique et livrée maintenant aux mains des sectaires les plus haineux, les Carmes avaient ouvert jadis un hôpital.C'est là que Frère François exerçait la charité, occupé toute la journée à recevoir les malades, et entouré dune grande foule de pauvres qui lui demandaient, comme à leur frerc, les uns une chose, les autres une autre, car ce bon religieux avait un cœur extrêmement compatissant.Un religieux vénérable qui le voyait fut curieux de savoir de lui quel était son trésor, et d'où il pouvait tirer tout ce qu'il donnait à chacun.Frère François le conduisit dans sa cellule et, lui montrant l'Entant Jésus: "Voilà mon économie".En effet, la confiance de Francois ne fût jamais trompée.Chaque fois qu'il s'adressait à l'Enfant Jésus pour l'un de s^s pauvres, les secours opportuns lui arrivaient toujours, et souvent par des voies extraordinaires.En voici un exemple entre mille: On n'était qu'à peu de jours de la féte de Noël, en laquelle, chaque année.François avait coutume d'offrir aux pauvres un somptueux repas.11 se rendait de Madrid à Alcala, dont il était encore éloigne d'une lieu et demie, lorsqu'il trouva dans la campagne un laboureur qui travaillait avec une paire de Neufs.L'un d'eux était si beau et si gras, que François, le considérant, songea à l'acheter pour son festin.Il entre en discours à ce sujet avec le cultivateur qui consentit à le vendre: on s'accorda bientôt sur le prix, et François, dans le champ même, paya comptant.Il s'éloigna après s'être fait promettre qu'on lui conduirait le bœuf quatre jours avant Noël.Le laboureur s'y était engagé: mais au fond, riant beaucoup de la simplicité du petit ' ere.qui lui laissait en main l'argent et le bœuf, sans écrit ni témoin, il avait pensé que l'occasion était belle de tout garder pour lui et de rire du religieux.Cependant la fête approchait.Les amis de François le pressaient de pourvoir aux provisions du repas: et il répondait qu'il avait acheté un Neuf bien gras: qu'ils attendissent et qu'ils le verraient.Mais, en vérité, rien ne paraissait, ni bouvier, ni bête, et la veille de Noël était venue.Tout à coup, on vit apparaître un beau Neuf, qui entra par la porte de l'hôpital, et s'y arrêta comme une victime en son lieu.Fran' ç;ois, qui se trouvait là, reconnut bien celui qu'il avait acheté, et commanda de l'abattre.Peu après arriva le laboureur exténué, haletant et demandant des nouvelles de sa bête.François se présenta.A sa vue, le malheureux se sentit non moins confondu que contrit de la mauvaise intention qu'il avait eue.Il se jeta à genoux, lui demanda pardon, et confessa publiquement son péché.Puis, il raconta à tous ceux qui étaient présents, comment cette même matinée, allant aux champs pour travailler il voulut lier au joug ses bœufs et attacher à la charrue celui qui était déjà vendu.Cette bête, ordinairement très douce, oemme si elle eût été piquée d'un taon, devenant furieuse, secoua le joug, s'échappa, et prit sa course à tout rompre vers Alcala.11 courut à sa suite, mais en vain: il ne put jamais la rejoindre.Francois, rempli de cet amour qui est le propre des saints envers les pécheurs, posa sa main sur la tête du paysan: "Oui.dit-il, ainsi voulait faire mon petit frère.Maintenant qu'il vienne à réglise.qu'il demande pardon de son péché à PEnfant Jésus, et il recevra de lui miséricorde." 6 LA BOHHE PAROLE Montrerai Nuit de Saint-Nicolas Tous les mauvais génies de la tempête hurlent, comme si cette nuit devait être la dernière du monde.Avec une rage qui ne se lasse pas.la pluie cingle les fenêtres de la chambre.Les arbres, dénudés, tremblent de toute-leurs branches : squelettes dont les os s'entrechoquent dans une danse maca brc.Devant l.i lune, passent, rapides, les nuages apeurés.Où s'en vont-ils ces nuages?Fuient-ils devant un désastre inconnu qui approche?Et nos paupières alourdies attendent en vain le sommeil.Notre esprit s'égare et notre âme s'inquiète en cette nuit de décembre.Mais je contemple - et je n'écoute plus la tempête et la pluie ! six petits têtes plongées dans le duvet des oreillers.Elles ont des boucles blondes, des cheveux bruns, des mèches d'or.Elles sont calmes ou sourient aux anges.Rien du dehor- n'agite leur sommeil.Des draps blancs, un souffle s'élève, léger et cadence : chanson éthérée et divine de petites âmes.Parfois, un soupir plus protond se prolonge dans le silence.Et ce soupir est pour leur âme un instant d'émotion plus vive devant le mystère qui les ravit.Six petites têtes que le sommeil protège de nos impénétrables souffrance- humaines poulies livrer à la réalité des joies divines, à la splendeur du Royaume d'où Dieu les fit, un jour, descendre sur la terre.Si notre âme n'avait point perdu le souvenir de ce Royaume, les furies de In tempête nocturne l'agiteraient'C Iles ainsi?Notre sommeil n'est plus celui des
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