La bonne parole /, 1 janvier 1947, décembre 1947
Montréal, Canada Décembre 1947 BONNE PAROLE Organe de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste SOMMAIRE «Le bonheur que je vous souhaite.», Yvonne Lctelher de Saint- ^ Noel 1947, E.R.-T.____________2 Visite à Lisieux, Chanoine Jacques Pa pin ecu .3 Noël Marin (poème), Blanche l.amontagne-Beauregard — .5 Les sanctuaires de lrt Vierge sur le parcours de Notre-Dame du Cap, Marie-Jeanne Genest.-— — 6 A la mémoire de Madame Arthur Gibeault, Georgette Le Moync 9 1^ Noël du pauvre (poème) .•••••• ••••*• •••••• •••••• •••••• »••••• .10 Le Solitaire de Valleyfield, Paul Ivry .11 Sommaires de I«a «Bonne Parole » de 1947 .12 Journal des œuvres : I.a Société des Ouvrières catholiques, Marcelle Bélanger — Chez les Employées de bureau, Marie* Elise Bégin — Chez les Aides maternelles.Garde Isabelle Tessier — A l'Association des Employées de magasin, Léa Sauvant _____ .—.„.» m^m —._ —.—.»_ 13 La célébration chrétienne des Fêtes, Y.L.de S.-J.15 853 est, rue Sherbrooke La Bonne Parole Revue mensuelle Directrice : Mme Eustach CE QU'ELLE EST un LIEN qui sert a unir d'esprit et de cœur les Canadiennes-Françaises ; un FOYER d'où rayonnent, sur tous les domaines de l'activité féminine, lumière et chaleur ; un CENTRE où se rencontrent les bonnes volontés, désireuses de bc dévouer avec plus d'efficacité aux œuvres nationales : un MOYEN de propagande pour la diffusion des principes catholiques d'action sociale ; un ORGANE indispensable à l'œuvre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste, d'abord auprès des diverses associations qui la composent et des comités par lesquels elle agit ; puis auprès des œuvres nationales étrangères qui font, comme nous, partie do l'Union Internationale des Ligues Catholiques féminines.fondée en 1913 r.Lctcllicr de Saint-Just CONDITIONS DE L'ABONNEMENT : Canada et Etats-Unis .$1.00 par an Union postale.:.$1.30 par an Un escompte de 60% est accordé aux membres des associations professionnelles, des Fédérations paroissiales et des communautés religieuses.Le prix de l'abonnement doit être envoyé au Secrétariat de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste, 853 est, rue Sherbrooke, Montréal.Les abonnés de la « Bonne Parole » jouissent des privilèges de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste et ont droit d'assister aux séances publiques, dont avis est donné dans les journaux.Les abonnés qui désirent des invitations personnelles et voudraient devenir membres actifs de la Fédération Nationale n'ont qu'à s'inscrire, en tout temps, au secrétariat de la Fédération Nationale, 853 est, rue Sherbrooke, où les heures de bureau sont, le dimanche excepté : de 10 heures à midi et de 2 heures à 5 heures p.m.— Téléphone : FRontcnnc 2665.Toute personne peut concourir à l'Œuvre de la < Bonne Parole > : 1) en s'y abonnant ; 2) en lui procurant de nouveaux abonnés ; 3) en la faisant lire ; 4) en lui procurant une collaboration littéraire ; 5) en sollicitant des annonces à son intention.La Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste Œuvre auxiliaire d'Action catholique fondée en 1906 Fondatrices : Madame Henri Gérin-Lajoiu et Madame F.-L.Béiquc.Aumônier : M.le Chanoine Jacques Papincau Bureau «l» direction : Mme Alfred Thibau-dcail, présidente générale ; Madame Edmond Brossnrd, vice-présidente : Mme Théodulc Bru-nenu, vice-présidente : Mlle Georgette Le-Moyne.secrétaire générale ; M!le Maria Au-clair, trésorière ; Mlle Jeanne Lnpointe.secrétaire-archiviste ; Mme Eustachc Letcllier de Saint-Just.directrice de « La Bonne Parole » et présidente du Comité des Œuvres Economiques; Mme R.-A.Bouthillior.Mme Arthur Ber-thiaume, Mlle Hedwige Lcfebvre, Mme J.-A.Molleur ; Mme Albert Dupuis, présidente du Comité d'Economie domestique : Mlle Marie-Ange Mni'oro.Mme Tancrèdo Jodoin, Mme P.-A.Robichnud ; ' Mlle Aima Champoux, des Cercles de Fermières de la Province de Québec ; Mme F.-X.Dupuy, présidente de la section de Snint-Lambcrt ; Mlle Emma Doucsnnrd, Mme J.-J.-E.L'Espérance.Mlle Marie Girard, Mlle Kmérenticnne Chagnon, Mme Henri Vautelet, Mlle Yvette Vanier, Mlle Maria Voukirakis, Mlle Gabriclle Labbé.Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, Conseil de Québec.Les dames pat ro un esses des Œuvres suivantes : l'Hôpital Notre-Dame ; le Comité d'Administration de l'Hôpital Sainte-Justine : l'AsBistancc Maternelle, les Ecoles Ménagères Provinciales, la Fédération des Cercles d'étude des Canadiennes-Françaises ; les Cercles des Fermières de la Province de Québec : la Cour Villa-Mnria des Forestières Indépendantes ; l'Ecole d'Education familiale et sociale.Fédérations et sections paroissiales : La Nativité de la Sainte-Vierge, d'Hochelnga ; Très-Saint-Nom de J'ésus, de Maisonneuve ; Saint-Stanislas, Saint-Lambert, Saint-Ambroise, Côte Saint-Paul, Saint-Joseph ; Notre-Dame du Perpétuel-Secours (Ville-Emard) : Saint-Bernardin de Sienne, (Ville de Saint-Michel).Associations professionnelles : Employées de magasin.Employées de bureau, Femmes d'affaires, Aides maternelles, la Société des Ouvrières Catholiques (S.O.C.) et ses sections : La Nativité de la Sainte-Vierge, d'Hochclaga ; Côte Saint-Paul, Lachine, Saint-Alphonse d'Youville, Sault-au-Récollet Comités : Comité des Œuvres Economiques, Comité de In Visite des Hôpitaux, Comité de l'Economie Domestique, Comité des Questions Nationales, Comité de la Protection de In Jeune Fille.Comité féminin du Hle centenaire de Montréal, Comité de la Croix-Rouge, Comité consultatif d'études soc:alcs.Principales œuvres accomplies par la Fédération et ses f Milles : Fondation des A'rocia'ions professionnelles Fondation des Fédérations paroissiales Elablissement de Caisses de Secours Etablissement de Cours d'Enseignement Ménager Comité de lutte contre l'alcoolis-ne Amendements à la Loi des licences Législation en fuveur des Institutrices et des employées de bureau Comité des questions domestiques Comité de lutte contre la mortalité infantile Fondation de « Gouttes de lait » Participation aux expositions pour le bien* être de l'enfance Comité de lingerie d'autel et décoration d'église du Congrès Eucharistique Pèlerinage à Lourdes et à Rome Affiliation à l'Union Internationale des Ligues catholiques féminines Fondation de la « Bonne Parole » Comité du « Denier National » Comité des questions civiques Comité de la Croix-Rouge Comité du Fond.* Patriotique .Comité de l'Assistsnce par le travail Comité central d'étude et d'action sociale Comité des Œuvren économiques Comité de Rédaction de la « Bonne Parole » Comité d'Administration de la « Bonne Parole » Comité de la construction Comité du service social Comité de la Visite des hôpitaux Fichier Central de renseignements Comité de l'apostolat de la paix La réforme du Code civil en faveur de la femme.La Section des Jeunes de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste N.B.— On peut devenir membre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste en s'inscrivant à son secrétariat : 858 est.rue Sherbrooke.AUTORISÉ COMME E.VVOI POSTAL DE LA DEUXIEME CLASSE, MINISTERE DES POSTES.OTTAWA LA BONNE PAROLE XXXVII Décembre 1947 No 12 "Le bonheur que je vous souhaite.'' Pour présider à l'arrivée de la nouvelle année, j'appelle tous les dons : la santé, l'intelligence, la richesse.J'appelle les biens qu'ils engendrent : la gaieté, la joie, la sérénité, les triomphes de la pensée et les exaltations de la tendresse.J'appelle des jours si calmes qu'ils ne marquent pas les fronts ; des efforts si faciles qu'ils n'épuisent point ; des travaux si consolants qu'ils reposent ; des réflexions fécondes, des heures joyeuses qui rajeunissent.Dans le tumulte du temps, répondront-ils à ma voix exaltée par le désir de dissiper les mésententes et de corriger les erreurs humaines ; de balayer la poussière des chemins, d'écarter les rocs de la route ardue ; de rendre les étangs limpides ; de changer en instruments enchantés les armes de carnage ?Mais tandis que l'année nouvelle s'avance, l'horizon reste le même, chargé d'infortunes, de deuils, de souffrance ; de tous les maux que l'humanité connaît et contre lesquels jamais elle ne sut se prémunir.Pourtant personne de nous n'accepte qu'une nouvelle année ressemblera à celle qui finit et qui ne nous a pas apporté la plénitude de nos espoirs.Nous nous souhaitons une année meilleure.Ceux qui ont pleuré reprennent courage et espèrent que l'étape qui commence leur apportera un destin nouveau ; ceux qui ont vécu dans la prospérité veulent qu'elle grandisse encore.Notre soif de bonheur est insatiable.Les voeux que nous formulons pour les êtres qui nous sont chers et les souhaits qu'ils nous expriment s'inspirent de ce désir inextinguible mis au cœur de l'homme et qui le tend, au milieu îles vicissitures inhérentes à la vie humaine, vers la recherche du bonheur.A cette époque exaltante des fêtes de Noël et du Nouvel An, s'exhale ainsi de tous les cœurs un concert d'ardentes aspirations qui veulent créer, autour de nous et de ceux que nous aimons, une barrière contre les épreuves de la vie.Ces souhaits ne sont pas stériles, mais leur vertu n'est pas infaillible et ne peut suppléer à l'aptitude de chacun de nous au bonheur.Le bonheur relatif que nous pouvons attendre de l'existence tient à notre faculté d'adaptation aux conditions de vie qui nous sont faites, à notre appréciation de ce qui est accessible et de ce qui ne Test pas.C'est ainsi que 2 LA BONNE PAROLE Montréal chaque individu est l'artisan de son propre bonheur et qu'il peut le façonner pour lui et pour les siens.« Toute la misère humaine est faite d'avarice, écrit Isabelle Rivière : la misère des corps, du refus de donner son bien ; la misère des Ames, du refus de donner son temps et son cœur.Toutes les souffrances aiguës OU sourdes, toutes les amertumes, les humiliations, tous les chagrins, les haines, les désespoirs de ce monde, sont une faim inapaisée.Faim de pain, faim de secours, faim d'amour.On accuse Dieu de la souffrance humaine, on nie sa bonté parce qu'on voit pleurer les hommes et on ne veut pas voir qu'il nous a donné tout ce qu'il faut pour construire notre bonheur, terrestre et éternel, en même temps que celui d'un certain nombre d'autres : toute une vie à dépenser pour cela, et ce cœur inépuisable pour aimer ».Le bonheur que nous recherchons pour nous-mêmes, celui que nous souhaitons à ceux que nous aimons, sera fait avant tout de la modération de l'ambition, du partage de ce que la vie nous donne, de la pratique des goûts simples ; il sera fondé sur la charité, sur la bonté, sur la justice.Et tel est le bonheur que nous souhaitons à tous à l'aurore de la nouvelle année.« Dans cette nuit de décembre où tout n'est qu'amour et pauvreté, toute l'espérance du monde aura tenu dans les mains indigentes qui enveloppaient de langes et de paille un bel enfant dormant.il y a deux mille ans ».Avons-nous compris ce que cet enfant apportait avec lui ?Avons-nous choisi le moment venu, le bon chemin, celui de la bonne entente, de l'entraide, de la joyeuse acceptation du Devoir, de la divine On a osé dire que les femmes étaient responsables tie la guerre puisqu'elles ne l'avaient pas empêchée.Peut-on méditer là-dessus sans se sentir troublé.Peut-être si, tous et chacun, nous gagnions notre propre bataille intérieure sur le moins bon de nous-mêmes, arriverions-nous à vaincre les oppositions et les divisions qui assombrissent l'avenir au moment où j'écris ces lignes, sans doute aussi le jour où vous les lirez.Mais Noël est le jour de l'espérance et c'est dans l'espérance qu'il faut voir se lever l'année nouvelle et la mériter meilleure et réconfortante par notre immense désir de mieux se comprendre en priant l'Esprit Saint d'éclairer nos esprits et de réchauffer nos cœurs.A toutes nos chères amies de la Fédération nationale Saint-|ean-Baptiste nous offrons nos souhaits avec l'assurance de notre fidèle amitié, unies dans une même ferveur d'apostolat social.Yvonne LETELLIER de SAINT-JUS'I Paix ?E.R.-T. Montréal LA BONNE PAROLE 3 Visite à Lisieux Au mois de mai 1946, j'étais en France, ambassadeur des enfants de chez nous auprès de leurs frères de France.Monseigneur Joseph Charbonneau, Archevêque de Montréal, avait réussi sa magnifique campagne de collecte de conserves pour les enfants d'Europe.Son Excellence, après m'avoir intéressé à l'œuvre, m'avait ensuite demandé d'aller en France, voir comment les choses s'y passaient, m'en-quérir des besoins et apporter aux affligés, avec des vivres, le témoignage de la vive sympathie des catholiques canadiens.C'est ainsi que le « Secours Catholique » qui m'accueillit h Paris avec tant de cordialité, mit un jour à ma disposition un automobile, un chauffeur et un aimable aumônier militaire pour une visite à Lisieux.De Paris à Lisieux le voyage est charmant.On passe à travers de vieux et coquets villages, aux rues étroites bordées de hauts murs de pierre.Puis c'est la campagne de Normandie avec ses grandes routes entre deux rangées d'arbres superbes.Aux carrefours on aperçoit tout à coup des chars d'assaut allemands, marqués île la croix gammée, qu'un obus a immobilisés en plein champ ou qu'on a poussés au revers de la route.Grisés par ce soleil, le printemps et la vue des riches campagnes, mon compagnon et moi chantions toutes les chansons françaises de notre répertoire, avec de temps à autre une exclamation de mon compagnon : « Tiens, vous connaissez aussi celle-là ».J'étais enthousiasmé de retourner à Lisieux visitée quinze ans plus tôt et aussi bien anxieux de savoir ce qu'en avait fait la guerre.Pour un Canadien dont le pays n'a pas connu les ruines des grands conflits c'est un spectacle nouveau, fantastique et combien navrant qu'une ville bombardée.Disparues les belles maisons normandes aux toits pointus.Plus rien de l'hôtel où j'étais descendu, à mon premier voyage.Des murs noircis, sans toit, des fenêtres béantes, une nef encombrée de débris de pierre, de bois et de mortier : cela c'était la vieille église Saint-[acques dont j'avais gardé le souvenir enchanté.La ville de Lisieux est parmi les grandes blessées de la guerre.Deux tiers exactement de ses maisons ont été rasées et un dixième de ses habitants ont péri.Plus d'un millier de victimes, dont soixante religieuses et un prêtre, périrent dans les décombres ou dans les flammes.Depuis la libération, les rues ont été déblayées, on a accumulé sur les terrains les pierres de ce qui était autrefois des maisons ; on a réparé quelques demeures qui pouvaient encore tenir.Et le Carmel et la Basilique de Sainte-Thérèse et les Buissonnets ?Ces trois endroits si chers à la nouvelle patronne de France ont été épargnés.je n'ai pas vu les Buissonnets mais je suis allé au Carmel et à la Basilique.Une rue de seize pieds de large environ longe le monastère.De l'autre côté les maisons ont été rasées au trottoir. 4 LA BONNE PAROLE Montréal Des pierres, des poutres ont été projetées par-dessus le mur d'enceinte.Le feu qui a brûlé la toiture de la Maison du Tour s'est arrêté à trois pieds de la chapelle de la Chasse.Le feu se trouva si nettement circonscrit que les esprits les plus sceptiques en furent frappés, tel ce protestant qui disait à son retour de Lisieux : « S'il y a des miracles, celui-ci en est un ».Les vitraux de la Basilique ont tous volé en éclats.On voit encore la marque d'une bombe sur une des marches d'entrée, mais cette église, dont la crypte a servi de refuge aux carmélites pendant quatre-vingt jours, se dresse toujours intacte sur sa colline, majestueuse et sereine dans sa blancheur immaculée.On me fit l'insigne honneur d'une entrevue avec Mère Agnès-de-Jésus.L'émotion ou ia discrétion m'empêchèrent de lui poser toute une série de questions que de pieuses aines m'ont depuis reproché de n'avoir pas formulées.Je n'oubliai pas, du moins, de recommander à ses prières et à l'intercession de sainte Thérèse, les enfants de France et du Canada et le succès de mon voyage.Le lendemain, je célébrai la messe au Carmel tout près de la Châsse et demeurai longtemps à faire mon action de grâces et à prier, chez elle, sainte Thérèse de Lisieux.En quittant la ville, je me redisais la parole des passants qui, après le bombardement et l'incendie, voyant intacte la statue de sainte Thérèse, dans la cour de la Chapelle, la saluaient et disaient : « La petite sainte Thérèse est là, Lisieux revivra ».Chanoine Jacques PAPINEAU Contes d'enfants pour les belles éf rennes Rions ! Chantons ! — Monsieur la Lune et ses histoires Les histoires de Grand'Mère Ci* iroln nouveaux albums sont tout n fait différents de tout ce que les enfanta ont connu «latis ce domaine, jusqu'à date.Ia?format très nouveau leur plaira.Le coloris éclatant et le brio «le la couverture et «les pages intérieures les émerveilleront.Los chansonnettes, rimettes et les histoires illustrées les amuseront.Bref, «os albums seront les proférés ilo la bibliothèque du petit monde.On y apprend avec joie, dans Rions ! Chantons ! l'histoire de la Petite Bergère, la fameuse aventure du vieux roi Camembert, les balourdises de Simon l'innocent, l'optimisme de Petit Jean, la douce romance «Dors ma poupée chérie » et celle «lo « Saint Malo Dans Monsieur la lune et ses histoires, on retrouve la Mère Michelle et son chat, le petit Mouton Blanc nul allait à l'école avec Marie, sa maîtresse, Monsieur Coco, le mignon rouge-gorge qui éveillait, tous les matins, sa petite amie, le célèbre barbier qui rasait les cochons, et les chansonnettes « Au clair «le la Lune » et « C'est la poulette bleue ».Le dernier album de cette série s'intitule Les histoires de (Jrand'Mère.Ce sont les belles histoires du cordonnier qui avait les semelles percées, de Jcnn«qui*pleurc et Jenn-qui-rit.de la petite Mngall, de la vieille bonne femme qui habitait dans un soulier, et la legend** de saint Nicolas et bien d'autres encore (Les Kditions Variétés) SUPPLÉEZ À L'APTITUDE La bonne aptitude physique ne constitue pas une protection absolue contre les maladies contagieuses comme la bronchite, la pneumonie et ['influenza, même si elle facilite la guérison.Nous disposons, pour nous aider à défier et à vaincre certaines maladies, de la vaccination et d'autres formes d'immunisation.La sécurité rend indispensable toutes ces mesures de protection, surtout chez les enfants. Montréal LA BONNE PAROLE 5 NOËL MARIN La neige autour de nous a posé sa sourdine.On n'entend plus courir aux flancs de la colline La cascade légère et les petits ruisseaux Qui, dans les foins mouillés, vont par bonds et par sauts.Le grand fleuve n'a plus sa beauté coutumière ; Il dort dans les frimas comme en une tanière.Par endroits il a l'air d'un champ bouleversé, Ou d'un lieu de bataille, ou d'un désert glacé.Mais c'est Noël.La cloche égrène son cantique, Et les hommes, repris par cette joie antique, S'en vont paisiblement le long des vieux chemins, Oubliant pour un jour tous les fardeaux humains.C'est Noël.Le grand fleuve a soulevé la glace Qui le couvre partout comme une carapace.Lui qui depuis des mois sommeillait à demi, Il s'éveille, et son Cime ancestrale a frémi.D'un anneau de sa chaîne alors il se délivre, Et des bruits du clocher dans la nuit il s'enivre.Il écoute les pas moelleux des passants, Le son pur des grelots clairs et réjouissants, Le léger grincement des traîneaux sur la neige, Et tous les fiers échos de ce pieux cortège.Le flot noir reprenant son rythme régulier, Ce soir, semble vouloir méditer et prier.Parfois une bourrasque, une plus forte brise Apporte jusqu'à lui les hymnes de l'église ; Et le fleuve est heureux, il vibre ù l'unisson.Dans la nuit sainte il chante une sainte chanson ; Et les grands vents qui vont de montagne en montagne, Portant jusqu'aux lointains les voix de la campagne, Mêlent dans un accord tout immatériel Les refrains de la mer et les chants de Noël.Blanche LAMONTAGNE-BEAUREGARD (Extrait de : «La louange du Saint-Laurent», en préparation). 6 LA BONNE PAROLE Montréal En l'honneur de Notre-Dame du Canada LES SANCTUAIRES DE LA VIERGE SUR LE PARCOURS DE NOTRE-DAME-DU-CAP Le Cercle Marguerite-Bourgeoys de Sherbrooke est heureux d'unir sa voix au concert de louanges qui s'élève aujourd'hui vers Notre-Dame du Canada, prélude des fêtes grandioses du Congrès Mariai.Nous dédions notre travail à Notre-Dame du Sacré-Cœur.En ce beau dimanche de mai, n'est-ce pas ravissant de s'en aller ensemble visiter la Vierge Marie dans les endroits où il lui plaît de laisser déborder plus généreusement ses faveurs.De Montréal, par bateau, le trajet est magnifique pour se rendre au Cap-de-la-Madeleine.Ces quelques heures tie promenade sur notre beau fleuve disposeront nos âmes à coûter le charme surnaturel que la Mère de Dieu réserve à ses enfants.Nous accostons bientôt.Le décor est splendicle ! En face, deux églises : l'une dédiée à sainte Madeleine sert aux offices paroissiaux, l'autre est le sanctuaire îles pèlerins, où nous dirigeons nos pas.Dans le vaste parterre, on aperçoit d'abord le pont des chapelets rappelant le prodige tie 1879, ce pont de glace qui se forma sur le fleuve Saint-Laurent et permit le transport tie la pierre nécessaire à la construction tie l'église.Plus loin, d'imposants groupes de bronze représentent les 15 mystères du rosaire.Nous entrons dans la petite chapelle, premier sanctuaire de Notre-Dame du Cap ; mais elle n'est plus là, la madone aux yeux baissés.Le 1er mai, elle a pris la route, à destination d'Ottawa, où elle arrivera le 15 juin, jour de l'ouverture du Congrès Mariai.Elle voyage en reine, parée de sa couronne, de son chapelet précieux, laissant voir son cœur d'or où sont renfermés les noms des généreux donateurs de son diadème royal.Elle va de paroisse en paroisse, tie diocèse en diocèse, jusqu'à la capitale canadienne.La Vierge miraculeuse est placée sur un socle évoquant l'arche d'alliance, deux chérubins l'accompagnent.Son char représente le vieux sanctuaire et le célèbre pont des chapelets.Il est poussé à bras d'hommes et, beau temps mauvais temps, il continue son chemin faisant partout l'alliance du peuple avec Dieu.Cependant, au Cap, malgré son absence, tout nous parle cl'El le.Le Père oblat, qui nous accompagne, nous raconte le miracle du 22 juin 1888, alors que les yeux de la belle statue au sourire très doux s'animèrent durant quelques instants en présence de trois personnes digne de foi, dont deux prêtres, voulant exprimer ainsi la satisfaction d'être reconnue sous le vocable de Notre-Dame du Très Saint Rosaire.N'a-t-elle pas confirmé son contentement, en H) 17, en se nommant elle-même, aux voyants de Fatima, Notre-Dame du Rosaire ?365 jours par année, la Vierge clti Rosaire, de chez nous, reçoit des visiteurs de plus en plus nombreux.En 1946, de mai à octobre, 308 000 pèlerins sont venus h son sanctuaire, soit isolément, soit en groupes organisés.Le pèlerinage au Cap avait été décrété pèlerinage diocésain en 1900, puis national en 1915.En 1904, Rome, à la demande de Mgr Cloutier, jugea que la Reine du Très Saint Rosaire du Cap de la Montréal LA BONNE PAROLE y Madeleine était cligne du couronnement.La cérémonie se fit très solennellement, le 12 octobre de là même année.Gloire à notre gracieuse Souveraine ! Bientôt, sur les bords du grand fleuve s'élèvera une basilique digne d'elle, don de son peuple reconnaissant.*¦ * * Je vous invite maintenant à m'accompagner à Sherbrooke où nous avons aussi nos madones et nos sanctuaires : Notre-Dame des malades, Notre-Dame du Perpétuel Secours, Notre-Dame de la Paix.L'hôpital Saint-Vincent de Paul est le centre national de l'archi-confrérie de Notre-Dame des malades qui prit naissance dans cette institution, il y a 14 ans.Une statue bien particulière, représentant la Reine du Ciel debout dans les nuages, tenant appuyé sur elle son enfant Jésus, également debout sur le globe terrestre, orne le maître-autel de la chapelle.De partout, on lui adresse des supplications, on lui offre des souffrances.Chaque année il y a neuvaine de messes, triduum, allocutions à la radio qui se terminent, le 14 septembre jour de la fête, par le pèlerinage des malades.11 y a imposition des mains, bénédiction collective et individuelle de tous les malades présents, avec le Saint Sacrement.L'évèque du diocèse préside toujours la cérémonie.Notre-Dame du Perpétuel-Secours est aussi l'objet d'un culte spécial dans notre ville.Depuis le 24 avril 1932, dans la petite chapelle desservie par les Pères Rédemptoristes, il y a deux grandes neuvaines par année, l'une en l'honneur tie l'Immaculée Conception se termine le 8 décembre, l'autre préparatoire à la fête de Notre-Dame du Perpétuel-Secours, en juin.Cette dernière se clôture par une procession triomphale à laquelle prirent part l'an dernier fi 800 personnes.Au début, environ 200 neu-vainiers, comme ils se nomment, se rendaient à ces neuvaines chaque dimanche ; puis peu à peu, il fallut multiplier les exercices.Il y en a maintenant cinq par semaines groupant à peu près 1 500 fidèles.On y vient de toutes les paroisses de Sherbrooke et même d'en dehors.La Sainte Vierge répand ses grâces avec abondance.On a obtenu des «juéri-sons étonnantes, des conversions extraordinaires.Lors de la dernière neuvaine de décembre, on a enregistré 9 544 demandes et près de 1 260 actions de grâce.Ne partons pas des Cantons de l'Est sans aller à |ohnville.saluer Notre-Dame de la Paix.Le Congrès Mariai n'est-il pas sous son haut patronage?Le petit village de Johnville, à 10 milles de Sherbrooke, était autrefois habité par des Anglais.L'église, aujourd'hui dédiée à Notre-Dame de la Paix, servait de temple anglican.La Vierge Pacifique en a fait la conquête sans combat.On attribue à une paroissienne, Mme François Houle, demeurant maintenant à Verdun, l'expansion de la dévotion à la Vierge de la Paix.En 1937, des pèlerins commencent à venir la prier dans son sanctuaire.En 1939, sans doute à cause de la guerre, la Reine de la Paix attire des foules plus considérables ; malheureusement ce bel essor est entravé par les restrictions du transport.On y revient plus nombreux, aujourd'hui.Sur le grand terrain à côté de l'église, on a tracé de longues allées bordées de fleurs.C'est là que se font les belles processions aux flambeaux.On remarque en 0 LA BONNE PAROLE Montréal passant les stations des sept douleurs de la Sainte Vierge.Au fond, un autel où Ton célèbre la sainte messe les jours de grande affluence.Avant de quitter ce coin béni, nous t'implorons, ô douce Vierge.Cette paix tant désirée, nous ne l'avons • pas encore.Aux conférences des Nations, sois notre Déléguée, nous avons confiance en toi, Notre-Dame de la Paix.Passant au diocèse de Saint-Hyacinthe, rendons-nous sur les bords enchanteurs du lac Champlain.Dans la petite église de Saint-Philippe, au village de Philippsburg, il y a un autel consacré à la Sainte Vierge sous le titre de Notre-Dame du La US.Depuis une dizaine d'années des personnes pieuses viennent y prier et obtiennent de Notre-Dame du Laus de nombreuses faveurs spirituelles.La dévotion à Notre-Dame de Laus naquit en France en 1064, à la suite d'apparitions à une humble bergère, Benoîte Rencurel.Au Laus, on invoquait Marie surtout comme refuge des pécheurs, mais les aines ferventes comme les pauvres pécheurs trouvent auprès d'Ellc les plus douces consolations.Notre itinéraire de voyage marque un arret à Rigaud.L'Immaculée nous y attend avec sainte Bernadette.C'est le Lourdes canadien dans un paysage de beauté.La montagne de Rigaud est un phénomène géologique.Elle a aussi ses légendes.Le sanctuaire de Rigaud est placé sous la garde du collège de Bourget.lis ont grandi ensemble.Les débuts de Notre-Dame de Lourdes de Rigaud furent très humbles et ressemblèrent à ceux de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal.Ici, c'est le frère Pauzé qui, en 1874, place une statuette dans le creux d'un rocher pour alimenter sa piété personnelle et attirer la protection de la Sainte Vierge sur ses élèves.En 1875, le Père Chouinard précise cette dévotion naissante et place une statue plus grande au sommet même du roc.Bientôt la population de Rigaud se joint aux manifestations de pieté des Pères et des collégiens.En 1880, on creuse dans le rocher une grotte qui abrite deux nouvelles statues : Notre-Dame et Bernadette.A l'automne, la présente chapelle s'élève sur la montagne dominant tie sa coupole aux reflets argentés une esplanade entourée de verdure.Le sanctuaire de Rigaud présente l'aspect particulier d'un pèlerinage en pleine nature.D'imposantes démonstrations de foi s'y déroulent et la « Belle Dame» de Bernadette répond toujours par d'abondantes bénédictions.Dans ce merveilleux décor nos âmes ont des élans de reconnaissance et d'amour.Et nous arrivons au siège même du Congrès Mariai, où déjà l'on ¦net tout en oeuvre pour assurer à Marie un triomphe sans précédent.Tout près, à Eastview, est le berceau de la dévotion à Marie, Reine des Cœurs, répandue maintenant dans le monde entier.Comment ne pas s'y arrêter lui faire don île ce que nous avons de meilleur.Le sanctuaire datant tie 1881) est desservi par les Pères Montfortains, fils spirituels du bienheureux Orignion de Montfort, qui sera canonisé le 20 juillet prochain.Il est toujours fréquenté par île nombreux pèlerins.Les groupes organisés se rendent plus volontiers à la grotte de Lourdes, située juste à côté de l'église mais ne repartent jamais sans visitei la Reine du sanctuaire de sorte que les pèlerins de Marie Immaculée sont aussi les pèlerins île Marie, Reine des Cœurs.Les religieux ont l'espoir Montréal LA BONNE PAROLE 9 de posséder dans l'avenir deux sanctuaires : l'un dédié à l'Immaculée Conception, l'autre à Marie, Reine des Cœurs.O Reine de nos cœurs, c'est chez toi que nous terminons cette pieuse randonnée.Saintes madones de chez nous : Notre-Dame du Très-Saint-Rosaire, Notre-Dame des Malades, Notre-Dame du Perpétuel-Secours, Notre-Dame de la Paix, Notre-Dame du Laus, Notre-Dame de Lourdes, Marie, Reine des Cœurs, et toutes les autres en vénération dans notre pays, sous tous tes titres nous célébrons ta gloire et implorons ton secours.Reine toute-puissante règne sur nos foyers, règne sur nos cités.Penchée sur notre berceau, tu nous enveloppas de ta maternelle sollicitude.Dans les dangers présents, veille sur la Patrie et reste, ô Marie, Notre-Dame du Canada.Marie-Jeanne GENEST, présidente du Cercle Marguerite-Bourgeoys de Sherbrooke.Discours prononce ù In Journée d'étude annuelle de la Fédération des Cercles «l'étude des C-F., à l'Institut Pédagogique, en mai, et qui continue la série commencée dans la « lionne Parole ».A la mémoire de Madame Arthur Gibeault La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste offre à la famille de madame Arthur Gibeault, pieusement décédée, en août dernier, l'expression de sa profonde et sincère sympathie.Nous nous souviendrons avec gratitude du dévouement et du soin apportés par madame Gibeault à la rédaction de « La Bonne Parole », lorsqu'elle en fut directrice ; charge qu'elle avait bien voulu accepter avec désintéressement et qu'elle remplit avec tout le talent que nous lui connaissions.Madame Gibeault fut encore une femme d'oeuvres par excellence, qui a su se pencher sur ceux qui souffrent et consacrer à leur soulagement les dons précieux de sentiments délicats servis par une grande facilité de plume.Le départ de cette femme de lettres a suscité de bien vifs regrets.Georgette LEMOYNE, secrétaire générale RECHANGE DE CHAUSSETTES Si vous pouvez faire en sorte de garder des vêtements de rechange au bureau, à l'atelier ou à l'usine, vous éviterez une menace possible à votre santé lorsque vous vous mouillez.Cette méthode, disent les médecins, permettra un échange rapide lorsqu'on se mouille en se rendant au travail.Vous n'aurez pas à garder sur vous, au travail, des vêtements humides.(Communiqué du Ministère de la Santé National,' et du Bien-Etre social) LA BONNE PAROLE Montréal Le Noël du pauvre Les carillons joyeux chantaient: Noël ! Noël/,., — Est-il bien vrai, maman, que Jésus vient du ciel En cette nuit bénir : — Oui, mon enfant ' — Ma mère, S'il est au ciel, pourquoi descendit sur la terre ' Cest /'irii vilain, ici.tandis qu'au ciel, la-haut.I ont rst blanc.itit est bleu, tout est pur, tout
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