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La bonne parole /
Publiée de 1913 à 1958, La Bonne Parole est un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec. [...]

Créée en 1913 par Marie Gérin-Lajoie, en collaboration avec Caroline Béique, la revue mensuelle montréalaise La Bonne Parole est, jusqu'en 1958, l'organe officiel de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB). La Fédération chapeaute de nombreuses organisations féminines et catholiques canadiennes-françaises.

LA FNSJB a d'abord été précédée dès 1902 par les Dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste, association créée pour accueillir les francophones de la Montreal Local Council of Women (MLCW) et leur permettre d'appuyer la Société Saint-Jean-Baptiste, à laquelle elles sont souvent affiliées par leurs maris.

Des préoccupations liées à l'éducation catholique et à la survivance nationale du Canada français ont amené Mmes Gérin-Lajoie et Béique à créer ces rassemblements francophones.

Mue par les idées de progrès social incarnées au début du siècle par les mouvements de réforme urbaine et de santé publique, La Bonne Parole, en plus de faire écho aux activités de la FNSJB et de les alimenter, endosse tôt certains combats comme les luttes contre l'alcoolisme et la mortalité infantile.

Soucieuses de conserver la bienveillance des élites cléricales, les collaboratrices de la revue choisissent tôt de se conformer à la doctrine sociale de l'Église et de tempérer leurs revendications féministes en relayant l'idéologie de la femme au foyer.

La Bonne Parole met tout de même de l'avant les questions de la défense des intérêts professionnels traditionnels, de l'émancipation juridique et du droit de vote des femmes. À cet effet, Marie Gérin-Lajoie donne rapidement le ton, en 1913 et en 1914, avec une suite d'articles sur la condition légale de la femme, question sur laquelle elle revient au cours des années.

L'accomplissement social de la femme tel que prôné par La Bonne Parole, bien qu'il se cantonne au foyer et aux activités des congrégations religieuses, sera orienté vers de nombreuses initiatives philanthropiques relayées par la revue.

Entourée de collaboratrices appréciées comme Anne-Marie Gleason, Blanche Lamontagne-Beauregard et Marie-Claire Daveluy, Marie Gérin-Lajoie a doté la FNSJB d'une revue dont le tirage atteint 2000 exemplaires dès ses premières années de publication.

Cette volonté d'offrir aux Canadiennes françaises un média intellectuel engagé de grande qualité a permis à La Bonne Parole de devenir un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 75-76.

LAVIGNE, Marie, Yolande PINARD et Jennifer STODDART, « La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et les revendications féministes au début du XXe siècle », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 29, n° 3, 1975, p. 353-373.

SAVOIE, Chantal, « Des salons aux annales - Les réseaux et associations des femmes de lettres à Montréal au tournant du XXe siècle », Voix et Images, vol. 27, n° 2 (80), 2002, p. 238-253.

Éditeur :
  • Montréal :la Fédération,1913-
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avril - juin
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  • Revues
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Références

La bonne parole /, 1952, Collections de BAnQ.

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a onne oaro e AVRIL-MAI-JUIN 1982 883 ut Sharbaooke Montré*! - Canada LA BONNE PAROLE FONDÉE EN 1913 ORGANE DE LA FÉDÉRATION NATIONALE SAINT-JEAN-BAPTISTE CE QU'ELLE EST un LIEN qui sert à unir d'esprit et de cœur les Canadiennes-Françaises : un FOYER d'où rayonnent, sur tous les domaines de l'activité féminine, lumière et chaleur : un CENTRE où se rencontrent les bonnes volontés, désireuses de se dévouer avec plus d'efficacité aux œuvres nationales.CONDITIONS DE L'ABONNEMENT : Canada et États-Unis.;.$1.00 par an Le numéro .25c La Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste fondée en 1906 Fondatrices : Madame Henri Gérin-Lajoie et Madame F.-L.Béique.Aumônier : Mgr Laurent Morin, P.A., V.G.Bureau de direction : Mme Alfred Thibaudeau, présidente générale; Mme Edmond Brossard, vice-présidente ; Mme Albert Dupuis, vice-présidente ; Mlle Georgette LeMoyne, secrétaire générale ; Mme Henri Vautelet, trésorière Sénérale ; Mlle Jeanne Lapointe, secrétaire-archiviste ; Mme Eustache Letellier e Saint-Just ; Mme R.-A.Bouthillier ; Mme Arthur Berthiaume ; Mme Tan-crède Jodoin ; Mlle Hedwige Lefebvre ; Mme J.-A.Molleur ; Mlle Marie-Ange Madore ; Mme P.-A.Robichaud ; Mlle Aima Champoux ; Mlle Emma Doues-nard ; Mme J.-E.L'Espérance ; Mlle Emérentienne Chagnon ; Mlle Marie-Girard ; Mlle Madeleine Thibaudeau ; Mlle Marie-Claire Daveluy ; Mlle Yvette Vanier ; Mlle Mireille Ethier ; Mlle Gabrielle Labbé ; Mme F.-X.Dupuy : Mme J.-B.-A.Michaud ; Mlle Patricia La vallée ; Mme Basile Bernardi.Oeuvres affiliées : Le Comité d'Administration de l'Hôpital Sainte-Justine; l'Assistance Maternelle; les Écoles Ménagères Provinciales; la Fédération des Cercles d'étude des Canadiennes-Françaises ; les Cercles des Fermières de la Province de Québec ; la Cour Jeanne-Mance ; l'École d'Éducation familiale et sociale.Fédérations et sections paroissiales : Saint-Stanislas ; Saint-Lambert ; Saint-Ambroise ; Saint-Laurent ; Saint-Vincent-Ferrier ; Centre de Couture.Associations professionnelles : Employées de magasin ; Employées de bureau ; Femmes d'affaires ; Aides-Maternelles ; la Société des Ouvrières Catholiques (S.O.C.) et ses Sections : La Nativité de la Sainte-Vierge, Hochelaga.Lachine.Comités : Comité des Oeuvres Économiques ; Comité de la Visite des Hôpitaux ; Comité de l'Économie Domestique ; Comité des Questions Nationales ; Comité de la Protection de la Jeune Fille.autorisé comme envoi postal de la deuxieme classe, ministere des postes, ottawa LA BONNE PAROLE REVUE TRIMESTRIELLE Volume XLII (AVRIL-MAI-JUIN.1952) No 2 SOMMAIRE En préparant le Troisième Congres de la Langue Française NOTRE HERITAGE CULTUREL qu'y ont apporté les femmes?par Marie-Claire Daveluy Jubilé de Diamant, poésie 15 Blanche Lamontagne-Beaur égard Critiques constructives et A.C.C 16 Estelle LcBlanc Double pèlerinage à Troyes en 1950 19 Mère Stc-Madclcinc du Sacre-Cœur, c.n.d.La Familiale, activités féminines des coopératriecs 25 Bcrthc Louard Les humbles tâches 26 Stella Avant et Après Rerum Novarum 28 Albert Maréchal En préparant le Troisième Congres de la Langue Française.NOTRE HÉRITAGE CULTUREL Qu'y ont apporté les femmes ?LIMINAIRE.— Puisque cet héritage séculaire ne doit pas cesser de s'accroître et que nul d'entre nous n'en ignore la valeur, pourquoi n'en pas détacher, en ces jours de méditation nationale, la part substantielle qu'y ont prise les femmes ?Cela nous permettra peut-être d'aiguiller avec plus de justesse l'effort créateur de l'avenir.Sans doute, nous ne présenterons qu'une vue d'ensemble assez rapide au sujet ; elle n'éclairera qu'une partie des tableaux présentés.Mais l'évocation de quelques fortes personnalités, le souvenir de certains gestes d'édification et de salut, laisseront deviner tout ce que les coins d'ombre des toiles contiennent encore d'action et d'exemples.Le bien rayonne en profondeur, et certaines de ces lueurs ne brillent parfois qu'aux heures providentielles.Persuadons-nous bien que ce défilé de Canadiennes agissantes ne doit susciter en nous ni orgueil puéril, ni indifférence aimable, mais produire une vigoureuse réaction chassant toute tendance à notre propre inaction.Notre tâche ne s'achèvera peut-être jamais puisque nous voulons atteindre quelque sommet pour nous y fixer en permanence.Souvenons-nous de ce conseil adressé à toute génération de bonne volonté : nulle n'a le droit de transmettre l'héritage reçu des anciens sans l'avoir enrichi dans la mesure de ses moyens.C'est le bien de tous et tous doivent exercer leur vigilance autour de trésors qui assurent, chez nous, la pérennité française et catholique.ON POSE LES ASSISES — 1617.Nous ne pouvons encore parler de culture intellectuelle à l'époque de Marie Rollet de Louis Hébert.Au foyer des colons-fondateurs, il importait de veiller aux premières nécessités de la vie.Et cependant, avec ces recrues de choix que Champlain amenait en 1617, c'est un reflet de la civilisation française qui pénétrait au Canada.C'est la langue de Paris que parlaient ces époux à leurs enfants, à Champlain, aux missionnaires, des récollets et des jésuites fort cultivés.Ces apothicaires de la capitale LA BONNE PAROLE 3 qui possédaient un petit bien au soleil se montraient en outre assez bien renseignes dans quelques domaines : religion, histoire naturelle, chimie, art ménager.Marie Rollet apportait donc une aide pédagogique précieuse aux religieux, quand ceux-ci organisèrent l'enseignement destiné tant aux petits Français qu'aux jeunes sauvages.Le frère Gabriel Sagard, le récollet historien, le Père Paul Le Jeune, le jésuite écrivain, nous ont conservé des propos charmants de Marie Rollet.Elle a vraiment contribué à poser les pierres fondamentales de la culture religieuse et française chez nous, et cela, avec cette grâce parisienne que même de très petits bourgeois comme Marie Rollet et Louis Hébert ne manquaient point d'imprégner leurs gestes.Champlain qui visitait sans cesse cette famille, devait s'en montrer tout aussi ravi que de leurs pommiers en fleurs venus de la Normandie.LES COUVENTS S'OUVRENT — 1639.Puis, les assises se consolidèrent à l'arrivée des grandes moniales enseignantes : ursulines et hospitalières de Saint-Augustin, car celles-ci se firent à la fois, catéchistes et infirmières, durant de longues années.Quelle richesse le savoir d'une femme cultivée, d'une mystique, d'une sainte, comme cette religieuse Marie de L'Incarnation, fut en mesure d'offrir à la première génération de Canadiennes.Marie de L'Incarnation avait, accoutumé de dire : (( Le Canada est un pays spécialement gardé par la Providence )).Pour nous, que le recul de trois siècles rend aptes à bien juger, nous lui donnons raison, mais en insistant sur la plus forte preuve appuyant son assertion.La Providence a su choisir des âmes émi-nentes pour veiller sur notre pays et l'initier à la foi.Le beau verbe de France, celui de la fille aînée de l'Eglise, résonnait avec quelle pureté d'accent sous les chênes et les frênes séculaires de Québec, à partir de 1639.Bientôt, dans ses lettres, la première supérieure des Ursulines, pouvait déclarer : ; comment surtout ne pas attribuer cette excellence à un « héritage culturel » lentement amassé depuis un siècle par plusieurs colons d'une grande distinction intellectuelle et morale ?Rien de tel, du reste, pour nous éclairer sur cette question que la lecture de lettres intimes quand elles sont l'œuvre, par exemple, d'une femme clairvoyante et sensée.Savoir intéresser sur sa vie comme sur le milieu où l'on évolue, en raconter les petits faits avec humour, et les graves événements avec mesure et une vaillance jamais entamée ; penser tout haut avec indulgence, finesse et un peu d'ironie ; enfin, faire montre d'un vocabulaire précis, sinon d'une orthographe acceptable à l'instar de la Grande LA BONNE PAROLE 9 Sévigné ; voilà des qualités qui n'appartiennent qu'à un esprit bien formé et orienté avec sagesse.Et bien, en nous penchant sur la correspondance de Madame Elisabeth Rocbert de la Mo-randière, veuve en 1748, du Chevalier Claude-Michel Bégon, frère de l'intendant du même nom, nous nous convainquons que l'esprit des Canadiennes au XVIIle siècle, dans ses manifestations parlées ou écrites, fut un apport culturel de qualité, un stade d'excellence pouvant certes être dépassé, mais que l'on s'honore de déclarer sien et d'en défendre à l'occasion la valeur.Et nous sommes à l'époque où gouvernait le marquis de la Galissonnière, un savant et un adorable gentilhomme que Madame Bégon pouvait appeler son neveu, étant le fils de Catherine Bégon ; l'époque aussi où l'intendant Bigot arrivait à Montréal, suivi de mille traines fastueuses, apportant un programme de fêtes, d'exactions aussi, qui transformaient notre ville.Quelles images au coloris brillant, où se glissent, cependant, des nuages annonciateurs d'orage, ne trouve-t-on pas dans les propos de la gracieuse épistolière, Madame Bégon, dont nous comptons désormais l'œuvre comme une source de première main, au XVIIle siècle, sous le régime français.UN SYMBOLE PARFAIT de l'attachement a notre langue : LA GRAMMAIRE DES UrSULINES TRIFLUVIENNES, EN 1764.Qui d'entre nous n'a rendu hommage au dévouement intelligent et à la culture de nos religieuses enseignantes, celles d'autrefois comme celles d'aujourd'hui ?Quand il s'agit de progrès intellectuel et de formation religieuse, ces femmes distinguées déploient une merveilleuse activité.Elles accomplissent des prodiges.Mais lisons d'abord dans Y histoire des ursulincs des Trois-Rivicrcs (les Trois-Rivières ?Ayottc, 1888, vol./, p.484), ce que ces institutrices entendaient, à l'époque de la Conquête, par une jeune fille cultivée : « L'on ne songeait pas alors (en 1752), à faire acquérir à nos filles, une grande instruction, on ne la donnait pas alors aux femmes, mais bien à leur inculquer cette délicatesse de pensée, ce charme exquis de conversation, ce don d'écrire une lettre, toutes ces choses qui sont, après la vertu, la vraie éducation, et la grande distinction d'une femme ». 10 LA BONNE PAROLE S'étonnera-t-on maintenant de retrouver dans les salons de Québec et d'autres lieux un essaim de jeunes Canadiennes à l'esprit clair, pétillant, malicieux qui firent les délices de gentilshommes non moins bien doués qu'elles un général Montcalm, un Lévis, un Bourgainville, sans compter des compatriotes canadiens, très empressés à les entourer et à leur donner la réplique.Mais écoutons maintenant, ce que nous confie de dramatique, quelques paragraphes plus loin, la narratrice de 1888 : « En 1764.les grammaires françaises étaient tellement rares qu'il n'y en avait qu'une pour l'externat : elle était placée sur un pupitre au milieu de la chambre, la page ouverte était retenue par un cadre de bois ; chaque élève allait à tour de rôle apprendre la leçon du jour ; et la maîtresse seule avait le droit de tourner les feuilles du livre respecté.» Se lasse-t-on de reprendre ce petit fait, surtout, devant les jeunes générations, d'en souligner l'émouvante signification, de le déclarer un symbole parfait de notre attachement à la langue française.Si jamais notre vigilant Comité de la Survivance française en Amérique se créait des armoiries, il faudrait proposer, au moins une fois, comme meuble possible, la grammaire des ursulines trifluviennes de 1764.Elle reposerait si bien, ayant été à la peine, sur un champ d'azur, semé de lys de France.L'on s'inclinerait ainsi devant les grands cœurs français qui avaient battu fortement, en ces années de tristesse, sous la bure des filles de Mère Marie de L'Incarnation.Au Troisième Congrès de la Langue française, il importe de remettre à l'honneur et d'offrir de nouveau la vision d'un incident à nul autre comparable.Il apporte un argument irrésistible, d'ordre à la fois sentimental et réaliste en faveur de la conservation de notre langue ?Laisserait-on périr le verbe de nos aïeules françaises, quand celles-ci posaient des gestes suprêmes pour lui prouver leur amour et la volonté de le sauver ?Deux pctilcs-fillcs de Madeleine de Vcrchercs : 1.Madame François Baby, née Marie-Anne de Lanaudière (1765-1844).2.Mademoiselle Marguerite de Lanaudière (1775-1856). LA BONNE PAROLE 11 Voici deux grandes dames canadiennes dont l'influence sociale reste indéniable, et cela tant à cause de leurs ascendants glorieux que de leur culture intellectuelle.Elles vécurent dans une atmosphère chargée d'histoire, de changements radicaux de toutes sortes.Durant leur jeunesse, elles entendirent les échos des luttes tragiques, de la Conquête.Leur père, Charles-François-Xavier Tarieu de Lanaudière, leur mère, Catherine Le Moyne de Longueuil, les tenaient toutes proches de leurs souvenirs.Ainsi, M.de Lanaudière racontait sans se lasser qu'il avait sauvé sa mère à douze ans (en 1722) alors qu'un colosse sauvage tentait de la précipiter dans le feu de la cheminée.Et sa mère, mais ça n'était autre que l'héroïne de Verchères, certainement la plus brave petite Canadienne qu'on aura jamais vue dans la Nouvelle-France.Puis le narrateur en verve parlait de combats inoubliables, où, disait-il, en bombant la poitrine, « j'étais là, mes enfants ».Les mots vibraient, sonnaient la charge : Carillon et Montcalm, Les Plaines d'Abraham et.notre navrante défaite, Sainte-Foy et Levis.Puis, la voix du petit fils d'un officier de Carignan s'assombrissait un peu.Il avouait être devenu le loyal sujet de Sa Majesté britannique.Parfois, la mère, petite-nièce du plus grand héros canadien, Pierre Le Moyne d'Iberville, élevait à son tour la voix.Quels prestigieux coups de force s'entendaient : Les petites auditrices haletaient.demeurée si française de ton, de manières, de sentiment et .de réparties.C'est précisément un des mots spirituels de Marguerite de Lanaudière que nous tenons à rappeler ici.Il a porté plus loin que son habituelle vivacité lui faisait croire.Nous sommes en juillet 1855.Québec, en liesse, regarde entrer dans son port la corvette de France : la Capricieuse.Depuis la Conquête, c'est le premier navire français reçu officiellement.Mademoiselle de Lanaudière compte alors quatre-vingts ans.Mais sa vitalité magnifique lui permet de manifester sa joie avec tous.M.de Belvèze, le distingué commandant de la Capricieuse témoigne bientôt le désir de rendre visite à la charmante femme aux cheveux blancs, dont le père, lui a-t-on raconté, combattait sur les Plaines d'Abraham.Il entre dans son salon en compagnie de Philippe Aubert de Gaspé, neveu de l'hôtesse, et futur auteur de Mémoires et du roman les Anciens-Canadiens.M.de Belvèze fut ravi, ému.Il voulut tout connaître de cette Française des bords du Saint-Laurent.Il désira même qu'elle lui 12 LÀ BONNE PAROLE expliquât comment elle pouvait faire montre d'une telle loyauté envers l'Angleterre qui avait vaincu après tout les ancêtres dont elle était fière.Mademoiselle de Lanaudière esquiva la question d'abord, mais devant une insistance qui la piquait un peu, elle s'écria tout-à-coup : « Eh bien, Commandant, avec nous, c'est ainsi : Nos cœurs sont à la France, nos bras, à l'Angleterre ».Nous nous devons de recueillir et de citer à l'occasion de semblables mots historiques.Ils exercent leur influence et galvanisent nos énergies.Nous terminons ici notre travail.Nous avons rappelé des noms et des gestes couvrant avec honneur deux siècles et demi de notre existence nationale.Il reste un siècle, sans doute, à mettre devant vous, un siècle tout aussi riche que les précédents, en actes de vaillance, en créations intellectuelles et sociales.Bon sang ne peut mentir ! Marie-Anne et Madeleine devenues jeunes filles, réagissaient souvent dans le milieu officiel où elles évoluaient.Marie-Anne, l'élève des Ursulincs en vint à ne rien admirer davantage que les œuvres du Grand Siècle.Sa bibliothèque s'enrichissait chaque jour.C'est qu'elle satisfaisait ainsi les exigences de son âme si parfaitement vieille France.Aux côtés de son mari, le conciliant conseiller législatif François BABY, elle recevait chez elle, l'élite française et anglaise de Québec.Je ne sais rien de plus charmant, de plus piquant aussi, que sa façon de témoigner son amitié à Mrs.Sincœ, femme du premier gouverneur du Haut-Canada.Durant un de ses séjours à Québec (1793-1794), Mrs.Sincœ, une lettrée et une artiste, qui aimait beaucoup Madame Baby " who is one of the most agreeable people at Quebec ", écrit-elle dans son journal, manifesta le désir de lire du français à ses heures de loisir.Que lui prête Madame Baby avec cette grâce souriante qui ravissait la grande dame anglaise dont la mine restait toujours un peu austère ?Une œuvre bien grave et très orthodoxe : le Petit Carême de Massillon.Très intelligente, et non dépourvue d'humour, Mrs.Sincœ en lui rendant l'œuvre du prédicateur catholique se déclara enchantée.Elle demandait maintenant : Bossuet, Fénelon, Bourdalouc.Entre femmes cultivées ces petites revanches fort spirituelles augmentaient le plaisir de se retrouver, de causer, de s'opposer un peu. LA BONNE PAROLE 13 Est-ce que de telles femmes n'apportent pas une contribution de valeur à « notre héritage culturel )) ?Elles la transmettent d'abord à leurs enfants, — Madame Baby en eut douze pour sa part, — puis elles la déversent autour d'elles, dans une société dont elles sont la solidité et l'ornement.Et Marguerite de Lanaudière ?Elle demeure une figure inoubliable de ce temps.Vive, spirituelle, d'une fantaisie et d'un imprévu qui tenaient en alerte parents et amis, elle vit, son salon devenir célèbre.Elle le tint ouvert jusqu'à la fin de sa vie.Et elle fut longue l'existence de cette célibataire enjouée, et en sentiments de fidélité.Mais la part qu'y ont prise de nouveau les femmes nécessiterait une étude très élaborée, presque aussi longue que celle que nous présentons.Il faut savoir se limiter.Les femmes de chez nous, reconnaissons-le, au moins, en quelques mots, gardent le souci, aujourd'hui comme autrefois, d'ajouter de nouvelles valeurs spirituelles au dépôt des Anciens.Au surplus, un tableau d'honneur synoptique peut se dresser portant en vedette ces trois hautes personnalités disparues : LAURE CONAN, premier écrivain féminin de la Survivance française.MADAME HENRI GÉRIN-LAJOIE, créatrice de l'union et de la solidarité féminine autour de nos tâches intellectuelles, sociales et charitables.MÈRE SAINTE-ANNE-MARIE, C.N.D., éducatrice admirable, à laquelle les femmes doivent d'accéder à l'enseignement secondaire et supérieur.Puis apparaissent : Nos femmes de lettres, nos journalistes, nos conférencières, au milieu desquelles nous acclamons celles du Premier Congrès de la Langue Française ; Voici nos innombrables religieuses dispensant à travers le pays l'enseignement français : primaire, secondaire, supérieur ; Non loin d'elles se groupent les mères et les institutrices laïques ontariennes défendant avec une héroïque ténacité les droits de l'école française contre un règlement injuste ; 14 LA BONNE PAROLE Voici les fondatrices d'institutions, de sociétés, d'oeuvres, où rayonne l'esprit français ; Voici les splendides Acadiennes, les actives Franco-Américaines, les courageuses pionnières de l'Ouest canadien, tous les apôtres féminins des postes féminins en Amérique ; Et enfin, nous nous inclinons devant cette ambassadrice élégante de nos valeurs spirituelles auprès des visiteurs étrangers, et qui donne avec d'incomparables collaboratrices, son temps, son cœur, son prestige aux œuvres fédérées d'assistance sociale et charitable, devant Madame Alfred Thibaudcau, membre de l'Ordre de la Fidélité Française et notre chère présidente.Je lui rends en ces dernières lignes l'hommage qu'elle mérite : elle est une des magnifiques gardiennes de ce que nous appelons avec une joie émue « NOTRE HÉRITAGE CULTUREL ».Marie-Claire DAVELUY.JUBILE de DIAMANT La Bonne Parole est heureuse de présenter à ses lectrices la belle poésie de Blanche Lamontagnc-Beaurcgard, composée à l'occasion du Jubilé de Diamant de la Révérende Mère Ste-So-phronie, c.n.d., qui fut durant trente années professeur du cours gradué au Mont Sainte-Marie, et présentement bibliothécaire à l'Institut Pédagogique.La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste à son tour, présente ses meilleurs vœux à la vénérée jubilaire, et lui exprime ici ses sentiments de vive admiration et de profonde gratitude pour tout le bien qu'elle a accompli, dans le domaine de l'éducation et de la formation de la Canadienne-Française.G.L. HOMMAGE A MERE ;AINTE~80PHRQNI1> C.N.D.// est parfois des jours faits d'une joie unique, D'un bonheur rare qui met le cœur éblouiI Il est des jours baignés de grandeur monastique : Telle est pour nous la belle fete d aujourd'hui.Noces de diamant.Comme il est digne d'elle.Ce mot évocaicur, plein de rayonnement ! Il décrit d'un seul trait cette femme modèle Dont le cœur et l'esprit sont de pur diamant.Du ciel elle est bénie et le poids des années N'assombrit nullement son cerveau lumineux, Et Dieu même a voulu, Maître des destinées.Prolonger ici-bas ses jours si précieux.Son savoir a fait souche autour d'elle, et l'élite Qu'elle a formée étend ses bienfaisants flambeaux.Et l'œuvre de la noble et grande Marguerite S'enrichit chaque jour du fruit de ses travaux.Honneur à cette digne et chère religieuse Que nos jeunes esprits admirèrent souvent! Honneur à la savante, modeste et pieuse, Rose de choix éclosc au jardin du couvent! Dans le calme du cloître et dans l'ombre des cîmes Grandissent d'humbles fleurs dont le parfum est doux.Dans l'ombre, préparant les lendemains sublimes, Ainsi vivent les grandes âmes de chez-nous.Prismes, rayons, reflets, lumières irisées, Soir rayonnant, plus clair que le plus clair matin, Cette fetc vivra longtemps dans nos pensées, Comme un soleil qui brille après qu'il s'est éteint.Blanche LAMONTAGNE-BEAUREGARD. Critiques constrictives .et A.C.C.Qui de nous n'a pas, à un moment ou à un autre, et pour une raison ou pour une autre, critiqué une loi, un règlement, ou encore, une façon d'agir de l'Industrie, du Commerce, de groupements spécialisés, tels, les médecins, les avocats .etc.Vous entendez d'ici, toutes ces critiques, toutes ces suggestions : , selon le joli mot de Monseigneur Le Couëdic.Toujours en compagnie de Son Excellence, nous nous rendons à la cathédrale, à l'église Saint-Urbain, au nouveau monastère des Carmélites, puis, après des remerciements et des chaleureux « au revoir», nous partons pour Mattincourt, berceau de l'œuvre de saint Pierre, fondateur des Sœurs de Notre-Dame, premières institutrices de Mère Bourgeoys.Le lendemain matin, nous avons le bonheur d'entendre la messe dans la chambre de saint Pierre Fourier, transformée en sanctuaire.Nous vénérons les reliques de ce saint pédagogue qui a inspiré toutes les méthodes de notre LA DONNE PAROLE 21 chère Mère.Tous les souvenirs de saint Pierre Fourier ne font qu'aviver nos regrets au sujet de notre Mère : il eut été si consolant pour nous de trouver à Troyes des vestiges des trente-trois années qu'y avait vécu notre Mère Fondatrice.Les mois passent.Nous revenons au Canada, aussi certaines de la béatification de notre Mère qu'incertaines de la date où cet événement aurait lieu.On parle de celle de Pie X et l'on se demande si Mère Bourgeoys sera béatifiée à la fin de 1950 ou au début de 1951.Or, à la fin de juillet, un câblogramme de Rome nous annonce enfin que la béatification si ardemment désirée est fixée au 12 novembre 1950.Presque en même temps, une lettre de Troyes nous fait part d'importantes découvertes, faites dans les archives de la ville, concernant la famille Bourgeoys.L'on ajoute que les recherches se continuent.Nous repartons pour l'Europe au mois d'octobre.Les splen-dides fetes de la Béatification se déroulent les 12, 14, 15 et 16 novembre.Puis le 26 novembre, nous sommes les hôtes de la ville de Troyes, lors d'une réception inoubliable.Dès notre arrivée, nous apprenons qu'on a retrouvé la maison d'Abraham Bourgeoys, père de notre Bienheureuse Mère.Est-ce bien vrai ?En mars 1950, nous avions été si désappointées dans nos recherches, et voilà qu'en novembre les portes de la maison natale nous étaient ouvertes ! Nous y entrions un lundi matin.Voici ce que nous apprend Monsieur Niel, archiviste en chef de la ville de Troyes : « Malgré les recherches que nous n'avons guère cessé de faire depuis de nombreuses années, c'est au cours du mois de juillet que la découverte de documents est venue apporter des précisions de la plus haute importance sur Mère Bourgeoys et sa famille.)> Monsieur Niel dit ensuite que, dans la recherche historique, on doit souvent compter sur le hasard plus que sur l'aboutissement des plus persévérantes investigations.Il avait, en effet, demandé à Monsieur Jean-Pierre Berthier, qui poursuivait, l'été dernier, des recherches généalogiques sur sa famille, de vouloir bien lui signaler les actes, concernant la famille Bourgeoys, qui pourraient, éventuellement, lui tomber sous la main.Il a bien soin d'ajouter qu'en demandant ce service il ne s'attendait aucunement à quelque résultat. 22 LA BONNE PAROLE Or, quelques jours plus tard, ce jeune homme trouve, par pur hasard, moi, je dis, par les soins de la Providence, dans un monceau de paperasses notariales, un document marqué Abraham Bourgeoys.Monsieur Niel, mis au courant, constate que c'est l'inventaire du 5 janvier 1639, dressé après le décès de Madame Bourgeoys.Avec ce fil conducteur, on découvrait ensuite le contrat de mariage d'Abraham Bourgeoys et de Guillemette Gamier passé le I 5 janvier 1609, et l'acte du mariage religieux, le 3 février.Dans l'inventaire, on trouve l'énumération des meubles, la description des lieux et locaux occupés par les époux Bourgeoys et, de plus, la liste d'un certain nombre d'actes familiaux.On y apprend que Monsieur Bourgeoys, avec la profession de marchand chandelier, cumulait les fonctions de monayeur de la monnaie de Troycs.Informations aussi précieuses qu'inattendues ! Pourtant, des recherches sérieuses et patientes avaient été faites, pendant des années et des années, et toujours sans succès.Jusqu'en juillet 1950, tout ce qu'on savait, c'est que les enfants Bourgeoys avaient été baptisés dans l'église Saint-Jean et que, par conséquent, la demeure des époux se trouvait sur cette paroisse.Mais l'inventaire du 16 janvier 1639 précise que la maison d'Abraham Bourgeoys était située en la Grande-Rue devant la Belle-Croix.La Belle-Croix était un des monuments les plus célèbres de Troyes.A cette époque, il n'y avait pas encore de numérorage des immeubles.Ceux-ci étaient désignés par leur enseigne, s'il en existait une, ou la proximité d'un monument, d'un établissement public ou de la demeure d'un personnage notable.Il en était ainsi de la rue portant actuellement le nom d'Alexandre-Israël, désignée au 17e siècle sous l'appellation Grande-Rue devant la Belle-Croix.En se basant sur l'inventaire précité, il devenait évident que la maison natale de Marguerite Bourgeoys ne pouvait être que l'une de celles portant actuellement les numéros impairs de la rue Alexandre-Israël et comprise entre la Place Maréchal Foch et la rue de Petit-Cimetière-Saint-Jean.Au surplus, le précieux inventaire de 1639 nous apporte un renseignement de la plus haute importance.Abraham Bourgeoys n'est que locataire et doit un semestre de loyer à Mangin Bertrand, propriétaire de l'immeuble qu'il occupe.Or, on sait que, sous l'ancien régime, toute terre possédée en roture devait au seigneur une redevance annuelle appelée cens.La solution définitive consistait à retrouver LA BONNE PAROLE 23 dans les anciens censiers conservés aux archives départementales la maison pour laquelle Mangin Bertrand payait une redevance censitaire.Par la suite, le dépouillement méthodique des pièces de liasses de registres censiers a permis d'identifier et de situer de manière irréfutable la maison natale de Marguerite Bourgeoys et de recueillir d'intéressants détails sur les vicissitudes de cet immeuble et de ses propriétaires successifs, depuis le début du 13e siècle jusqu'à nos jours.Je ne vous dirai pas en détail toutes les recherches entreprises et menées à bonne fin par Monsieur Niel.Ce n'est donc pas sans une profonde émotion que, lundi matin, 27 novembre, après avoir visité les archives de Troyes à la bibliothèque municipale, avoir regardé à la loupe les vieux documents retrouvés, nous avons entrepris notre pèlerinage à la maison de Mère Bourgeoys.Sur la Grande Rue, aujourd'hui Alexandre-Israël, on aperçoit un magasin Chapellerie J.Haubry.On entre dans le magasin jusque dans l'arrière-boutique qui a subi maintes transformations.On voit une maison toute en hauteur avec un rez-de-chaussée, deux étages et un grenier.La maison était autrefois entourée d'une cour.Le document précise que le corps de logis comporte deux boutiques, deux chambres hautes, l'une sur l'autre, grenier dessus et cave dessous.Et, dans l'inventaire déjà cité, l'on a soin d'indiquer les locaux où se trouvaient les meubles.Toutes ces constatations permettent d'identifier d'une manière certaine les pièces du logis où Abraham Bourgeoys abritait sa famille.Grâce à l'obligeance de Monsieur Jean Haubry, nous pouvons constater que ce petit corps de logis situé dans l'arrière-boutique de la chapellerie correspond parfaitement à la description qui nous en a été donnée dans les archives.Monsieur Niel nous affirme que les liasses de documents consultés nous obligent à admettre que c'est non seulement l'emplacement mais la même maison.Un vieil escalier de bois, bien caractéristique de l'époque, nous conduit au premier étage : c'est sûrement celui dont s'est servi Mère Bourgeoys.Monsieur Niel fait remarquer que cet escalier a subi des modifications, mais que sa partie supérieure date certainement du 17e siècle.Avec une ferveur émue, nous baisons cette main courante, cette rampe sur laquelle les doigts de Mère Bourgeoys ont glissé si souvent.Excepté le premier étage, le reste de la maison est inoccupé.A l'issue de cette impressionnante visite, nous posons mille questions à Monsieur Niel.Il répond avec bonne grâce et semble heureux de notre bonheur. 24 LA BONNE PAROLE Le pèlerinage se continue par la visite du château de Monsieur de Maisonneuve, situé à quelques kilomètres de Troyes.Une vieille tour de pierre, relique du passé, nous rappelle les tours du Séminaire de Saint-Sulpice à Montréal et nous les explique.Notre deuxième pèlerinage à Troyes, en novembre 1950, nous a dédommagées amplement des déceptions antécédentes.Enfin, des témoignages intéressants sur l'histoire familiale de Mère Bour-geoys nous étaient présentés ! Si longtemps, notre Bienheureuse était demeurée dans l'oubli.Ses compatriotes ne la connaissaient pas.La France, à bien peu de choses près, n'avait aucun souvenir d'elle.Au Canada, le succès des procédures introduites en Cour de Rome pour sa Béatification allait au ralenti, les miracles tardaient à être approuvés.Mais, vienne l'heure de Dieu ! Tous les obstacles disparaissent : les miracles sont approuvés, la Béatification est décidée pour la fin de l'Année Sainte.Entre temps, des documents surgissent, qu'on avait vainement cherchés auparavant.Par ces découvertes, la maison natale est identifiée et, à même ces informations nouvelles, les historiens procèdent à des rectifications.Dans cette ambiance, le 26 et le 27 novembre, Canadiens et Troyens fraternisent avec grande joie.Ils louent le zèle de Mgr Le Couëdic qui a voulu les fêtes de ces jours-là et les a réalisées d'une manière si grandiose.Un fervent Magnificat remercie la Providence, admirable dans toutes ses voies ! D'une âme exultante, nous redisons avec l'Église : Bienheureuse MARGUERITE BOURGEOYS, protégez la France et le Canada.Protégez surtout Ville-Marie et ses admirables femmes d'œuvres.Gardez nos familles, nos maisons d'éducation, notre Jeunesse féminine, pour qu'elle soit toujours digne des admirables aïeules que vouz avez vous-mêmes formées ! • Mère Ste-Madeleine du Sacré-Cœur, C.N.D.directrice generate des éludes. LA FAMILIALE, Coopérative de consommation Activités féminines des coopératrices.Fondée en 1937, La Familiale a maintenant quinze ans, c'est jeune pour un mouvement si nouveau dans le Québec.Partie de zéro, notre coopérative a un actif de 90,000.00 (quatre-vingt-dix milles dollars) ; ce dernier est composé d'immeubles et de marchandises.La coopérative a économisé a ses membres un montant de $13,524.00 à date.Le mécanisme des entreprises coopératives nous permettra de conquérir une place adéquate dans le domaine économique.Pour faire partie de ces entreprises coopératives il n'est pas nécessaires de posséder de gros capitaux, c'est la quantité de petits capitaux qui est requise.Le côté matériel des coopératives est vraiment merveilleux ! Les profits sont répartis entre tous, non pas à quelques-uns sur le capital, mais à tous suivant le montant de leurs dépenses, c'est le pouvoir d'achat des consommateurs qui est augmenté d'autant.Le succès de la coopérative de consommation dépend en majeure partie des dames.Montréal n'a pas échappé à la règle et nous pouvons féliciter et remercier ces dernières pour les résultats obtenus.Depuis sa fondation, La Familiale a vu les coopératrices à l'œuvre.Comprenant l'envergure de la tâche qu'on entreprenait elles se formèrent en Guilde pour mieux concentrer leurs efforts.Cercles d'études, conférences, parties de cartes, soupers, bazar, bibliothèque enfantine, camps de vacances, panniers de Noël, elles s'occupent de tout ce qui peut aider à faire connaître la coopérative et la faire progresser.Le côté social de la coopération les trouve particulièrement sensibles ; c'est grâce au dévouement des dames que La Familiale a son Fonds de Prévoyance qui fonctionne.Ce fonds moyennant une cotisation de 5 sous par semaine donne en cas de maladie du père de famille pour un montant égal à la moyenne de ses achats de l'année précédente, ceci n'est pas de la charité, c'est un dû auquel il a droit pour avoir contribué à cette oeuvre d'entr'aide.Ce fonds a déjà aidé plusieurs de nos coopérateurs, les a sauvés des dettes et nous en sommes très heureux ; nous espérons établir d'autres œuvres très bientôt pour nos sociétaires. 26 LA BONNE PAROLE Quelle que soit la tâche à remplir, toujours les dames ont fait leur grande part, temps ou argent elles sont prêtes, elles ont compris la beauté, la justice et les possibilités illimitées que la coopération met entre nos mains : Possibilités d'être économiquement libres, Possibilités de placer nos enfants dans nos entreprises, Possibilités d'une économie juste, humaine, stable, Possibilités de vivre et laisser vivre, Possibilités de paix et d'amour dans les affaires, Possibilités de paix dans nos cœurs, dans le monde, Possibilités de vivre en chrétiens.Berthe LOUARD.•î^s**' v v^v ^ w Marie, ma voisine, ma mère, mon amie, ma sœur, voudriez-vous ce matin, me dire quelque chose 7 Pour faire votre ouvrage, dans votre maison, est-ce que vous portiez un tablier ?Oui ! Oui 7 Vous en aviez un ! Il me semblait bien aussi !.A la suite de Madame Françoise Gaudet-Smet, auteur de ces lignes, venez, approchons-nous de l'humble Vierge Marie, celle que les maîtresses de maison aiment à invoquer sous le titre tout simple, tout familier, de Notre-Dame-des-Petites-Besognes.Elle est si près de nous, si semblable à nous dans l'accomplissement de ces humbles tâches, la douce Vierge de Nazareth ! Il n'est pas besoin d'interrompre notre labeur quotidien pour jouir de son intimité ; au contraire, c'est là, à travers ces multiples occupations, trop matérielles parfois à notre gré, que nous pouvons nous unir à elle, profiter des humbles leçons que nous offre sa vie toute d'amour.Rappelons-nous avec quel amour de Dieu et quel souci de perfection, l'humble Vierge Marie sut accomplir ces gestes que nous faisons là bonne parole 27 nous-mêmes chaque jour : entretenir la maison, préparer les repas, cuire le pain, manier balai et chiffons, tisser les vêtements, réparer le linge qui s'use, tout cela nous rapproche de Marie, si nous l'accomplissons en pensant à elle, si nous lui en faisons l'offrande.ce qui devient alors prière, méditation .seule méditation, bien souvent, que peut se permettre une maman de famille nombreuse.Marie, il est vrai, n'a eu qu'un Fils à élever, mais n'cst-il pas permis de croire qu'elle sut partager les soucis, les peines et les labeurs de celles qui l'entouraient, parentes et voisines ?Comme elle devait bien savoir prodiguer à toutes le réconfort de sa présence, le secours de ses soins attentifs ! l'Évangile de la Visitation est un éloquent témoignage de la générosité de Marie à pratiquer le don de soi.Pour emprunter les paroles de la « Petite Thérèse )>, « Marie est plus Mère que Reine )), qui n'en a pas fait la consolante expérience à certaines heures de lassitude, d'angoisse, d'accablement ?Nous savons qu'elle est là, tout près de nous, au fil des jours, toujours prête à nous accueillir, si attentive à nous voir besogner, recueillant nos désirs, nos efforts, nos moindres actes de dévoûment.Nulle autre mieux que Notre-Damc-des-Pctites-Bcsognes nous aidera à approfondir cette vérité que nous serions portées parfois à oublier ; que la grandeur de la tâche est à la mesure de l'amour qui l'inspire.C'est pourquoi il y a de par le monde de « grands cœurs dans de petites maisons ».Il faut être de ceux-là.En compagnie de Marie, nous y arriverons.A son école, nous découvrirons la beauté, la dignité, la valeur des petites vertus domestiques.Méditant sur le rôle de celle qui, étant Mère de Dieu et Reine des Anges, a voulu être aussi humble et fidèle maîtresse de maison, nous connaîtrons une joie toujours plus profonde à revêtir notre tablier, à mettre la main à la pâte, à nettoyer et embellir le foyer, en un mot, à ne rien négliger de cette tâche qui nous a été confiée par la Providence, et qui est faite de mille petits recommencements.Ceux-ci jamais ne nous lasseront si nous avons la douce habitude de les accomplir paisiblement, joyeusement, en compagnie de notre modèle, Notre-Dame en Tablier, Notre-Dame-des-Petites-Bcsognes, Mère de Jésus et la nôtre.STELLA. et APRÈS RERUM NOYARUM par Albert Maréchal, Genève Des hauteurs de la Suisse où le calme et la limpidité de l9atmosphere permettent de situer les idées et les faits, l'auteur jette un regard circulaire sur tout l'horizon du monde social chrétien, avant et après Rcrum Novarum.Quand on écrit l'histoire sociale de l'Église de ce siècle tout naturellement, on la divise avant et après une mise au point des conflits.Mais « Rcrum Novarum » n'est pas une mise au point, elle est un aboutissement vital.Après la révolution de 1789, deux tendances se partagent les catholiques au sujet de la Liberté.Ceux qui ont peur de ces folies et qui voudraient la supprimer par une cure de « traditions )) et ceux qui, au contraire, pensent que la Révolution est normale et qu'elle va libérer dans le social d'authentiques valeurs chrétiennes.On appelle les premiers : les catholiques traditionnalistes, et les seconds : les démocrates révolutionnaires.Parmi ceux-ci, un homme généreux paraît, dont il faut garder la mémoire : Joseph-Benjamin Bûchez.C'est lui qui fonde le premier journal ouvrier : « L'Atelier ».Il veut concilier le socialisme naissant avec le christianisme.Cependant, selon que ses disciples mettront l'accent sur l'aspect religieux ou sur l'aspect révolutionnaire de la doctrine, les uns deviendront les démocrates chrétiens et les autres les socialistes, et, plus tard, les communistes.Si les sentiments de ces catholiques, pionniers du social chrétien, sont nobles, leurs idées sont encore confuses et peu sûres.Avec les catholiques « libéraux )> la doctrine se précise et se rectifie, non sans peine.Nous saluons en passant de grands noms : Lammenais, avant sa chute, l'abbé Gerbet, Charles de Coux, Lacordaire, Montalembert, et surtout l'admirable Ozanam.Certes, il y a du progrès, mais ce sont des libéraux dans l'excellence du 54 LA DONNE PAROLE 29 terme, c'est-à-dire des cœurs généreux qui, cependant, sont tellement épris de liberté tout court, qu'ils ne veulent recourir à l'Etat que négativement, ne comptant que sur la foi, le cœur et la charité, là où la justice et les institutions constituent pourtant un régime social en état de péché mortel.Une nouvelle génération se lève alors, qui s'attaquera à ce bastion.Play amorce ce mouvement que Mgr von Ketteler, évêque de Mayence, poussera droit en avant.Il est le premier à préconiser, me scmble-t-il, une audacieuse politique sociale.Armé de saint Thomas, il condamne une fausse propriété.Il réclame pour les ouvriers la participation au bénéfice, une augmentation progressive des salaires avec l'âge, l'envoi d'inspecteurs d'Etat dans les entreprises pour y contrôler l'exécution des lois sociales, etc.Léon XIII disait à Decurtins : « Ketteler a été mon grand prédécesseur.)) Avec Ketteler, Léon Harmcl, René de la Tour du Pin, Albert de Mun, le mouvement s'amplifie.On y rencontre l'appel à l'initiative ouvrière, les allocations familiales, les cercles ouvriers : école d'apostolat pour rechristianiser le monde par la formation d'une élite ouvrière.On préconise tout un système corporatif qui n'est rien moins qu'une réforme radicale des structures de l'Etat et du régime du travail.Cette fois, l'Eglise a trouvé sa ligne sociale.Nous approchons de
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