Canada qui chante : revue musicale, artistique, littéraire, illustrée, 1 janvier 1927, décembre 1927
1ère Année No 12 'Pour répandre la bonne chanson française" Décembre 1927 A.M.SARGEL, LE "TYROLIEN" N40 Y'EN A D'DANS Grande Revue en 2 actes 20 tableaux et un prologue — par M.EDDY et ALEX.SILVIO - PROGRAMME - Y EN A D'DANS — Prologue 1.—Ouverture par l'orchestre du Chanteclerc.2.—Saynète — Le Sheik de Ste-Rose du Dégelé.Direction: M.Champoux.3.—Une paire d'amies (Dialogue).4.—M.Hector Pellerin — Spécialité Musicale.5.—Saynète — Travaillez Votre Imagination.6.—M.René Darmor et Mlle Betsy Vanes (duo).7.—Mme J.R.Tremblay et M.Léo (parodie).8.—Saynète — Les Femmes à la Mode.9.—Vaudeville spécial.10.—Saynète — Est-ce Vrai?11.—Mlle Betsy Vanes — Spécialité musicale.12.—Saynète — Ça s'tanne bonne.13.—Mme J.R.Tremblay — Y en a d'dans.14.—Saynète de la rue — La Liseuse de Pensées.15.—Pas coupable! votre honneur, (Une journée à la cour).INTERMISSION 16—Sketch — L'Ordre des Choses.17.—M.Hector Pellerin — Spécialité musicale.18.—Le Progrès en l'An 1950 (Burlesque de la vie moderne).19.—Vaudeville spécial.20.—Les Joyeux Espagnols (Minstrels) 10 dans 1.et la grande finale de la Revue par toute la troupe.Interprète de la Revue Mme J.R.Tremblay Mlle Betsy Vanes Mlle Simone Devarenne Mme N.Laviolette Mlle Cécile Biais Mlle Germaine Lesage MM.A.L.Léo " Gaston Dauriac " Hector Pellerin " A.L.Talbot '• Vingticien Page Charles Gontier " René Darmor " J.R.Tremblay " Armand Leguet " Orner St-Georges " Pierre Lafrance M.HECTOR PELLERIN Si tout l'monde avait OU - Les Petits Pois sont Paroles de Louis BOUSQUET Musique de ELBE REPERTOIRE SARGEL —Mademoiselle, je vous jure Que nous nous entendrons très bien.—Et moi, Monsieur, je vous assure Que pour vous plaire je n'ai rien J'ignore tout de la cuisine J'aime le bal, le casino Je n'sais fair' que d'ia brod'ri' fine Et j'aime jouer du piano.PARLE — Eh bien.mais, c'est parfait.Mademoiselle.Pendant que vous ferez de la broderie et que vous jouerez du piano, je ferai le ménage, cirerai vos bottines et donnerai la suce au p'tit.Si tout l'monde avait, etc.—Monsieur, je vais être sincère Vous-êtes blond, je veux un brun J'aime les blonds, vous êtes brun.Vous ne pourrez jamais me plaire N'insistez pas j'en connais un.Vous paraissez d'humeur jalouse Et j'aime mon cousin Henri.Si je devenais votre épouse, Je penserais encore à lui.PARLE — Oh.mais.Mademoiselle, je n'ai pas la prétention d'accaparer toutes vos pensées ! Pas le moins du monde ! Vous pourrez penser à lui, je n'y vois pas d'inconvénients, pour™ que ce 6oit moi qui.sois près de vous.Vous aimez les bruns, j'aime les blondes, ça n'est pas de notre faute.Si tout l'monde avait, etc.On a marié ce beau couple, Leur caractère a bien changé Celui d'madame était si souple Qu'il fut bien vite corrigé.Il est heureux, elle est ravie Certes, ils auront beaucoup d'enfants Rien ne s'accorde dr.ns la vie Comm' les caractèr's différents.PARLE — Mais oui.mais avec des goûts différents, c'est beaucoup mieux.Il aime le gras, elle aime le maigre, c'est tout bénéfice, quand on mange de l'entrelardé, il n'y a rien de perdu.Si tout l'monde avait l'même goût Ça n'irait pas (bis) Si tout l'monde avait l'mêm' goût Ça n'irait pas du tout.PARLE — S'il y a dans la salle des jeunes gens qui pensent à se marier, un bon conseil: n'y regardez pas de trop près.Les caractères, c'est comme le temps, ça change.Croyez-moi, ne perdez pas une minute.Dépéchez-vous, allez tout de suite à l'église, allez, allez donc.C'est l'moment d'unir nos coeurs Les petits pois sont (bis) C'est l'moment d'unir nos coeurs Les petits pois sont en fleurs. 142 Je t'aime, Tu m aimes, On s aime i Paroles de L.LELIEVRE, H.VARNA et F.ROUVRAY REPERTOIRE SARGEL i Que vois-je?Une lettre de mariage! J Deux tourtereaux qui prennent leur vol Et c'est, je présage, Le même ramage Qu'on devine sous le fin bristol.Ce sont ies mots que i'on revoit toujours, (au refrain) „ Le même REFRAIN Je t'aime Tu m'aimes Quand même! Vous savez la suite de l'histoire: Le faire-part annonçant un baby C'est, il faut le croire, Le même écritoire Qui pour tous les amants a servi! (au refrain) Poème "Je t'aime" S'exhale encor de ces lettres d'amour! Le rêve, Mon rêve! ^ S'achève! Une lettre d'adieu! sans attendre Car elles défont le roman d'un soir! Brûlons ces billets que j'ai chéris.» , ., De ces mots si tendres Au coeur' c est le mlrolr Plus qu'un peu de cendre Même quand le ciel est noir: Mais la flamme n'a pas tout détruit! Les lettres sont les papillons d'espoir! Musique de B.G.DE SYLVA, L.BROWN et R.HENDERSON M.A.SARGEL Propagateur de la bonne chanson française et interprête dés oeuvres de Th.Botrel.Après un voyage de quelques années en Europe, M.A.Sargel, le sympathique chanteur, est revenu parmi nous.Son retour fut fêté par ses nombreux amis et joyeusement accueilli par les amateurs de la bonne et vraie chanson française.Malgré les ans, ce vétéran de la chanson, doué d'une diction très nette, a su garder une voix jeune et généreuse dont la souplesse, jointe à un tempérament très gai, lui permet d'interpréter avec aisance des genres très différents.Cependant, comme tout artiste, M.A.Sargel a aussi sa spécialité, et c'est le genre tyrolien qui lui a valu et lui apporte encore le meilleur de ses succès.La chanson tyrolienne, en effet, par sa musique très originale, qui semble chercher sa source dans l'imitation des trills et roucoulades des oiseaux, a le don de plaire à tous, petits et grands.Il est à croire, et je l'ai ouï dire, que ce genre de vocalise doit être ingrat aux cordes vocales, car les bons interprètes de la tyrolienne me paraissent très rares, du moins dans le nouveau Continent.J'ajouterais que Breton et ancien "Poilu", M.A.Sargel se fait toujours un devoir et un plaisir de prêter son concours au service des oeuvres de bienfaisance. LE FOU DU CHEMIN Paroles de Ch.L.POTHIER Chantée avec succès par M.H.PELLERIN Maestoso agitato^ ^ Andantlno Musique de Ch.BOREL-CLERC Oui, j'évite la route et ses tournants perfides Qui me font peur Depuis qu'un monstre, un jour, passant comme un bolide, Fit mon malheur.Lise, ma bien-aimée, cheminait souriante, D'un pas gracieux Lorsqu'une auto surgit pour la laisser sanglante, Là.sous mes yeux ! REFRAIN On m'appelle le fou du chemin, Car, fuyant la grand'route blanche, On peut me voir, dès le matin, Dans les sentiers couverts de branches.Je ris, je crie, je pleure en vain Traînant ma douleur éternelle.Et voilà pourquoi l'on m'appelle Le fou du chemin ! J'aime les sentiers bruns coupant les prés fertiles Et les guérets, Je les prends quand je vais me griser à la ville, Au cabaret.Je fais, pour éviter de passer par la route, De longs détours.La route?.non, jamais!.jamais!.je la redoute Et pour toujours ! REFRAIN On m'appelle le fou du chemin Car, fuyant la grand'route blanche, On peut me voir, dès le matin, Dans les sentiers couverts de branches.On m'entend sangloter soudain Ou chanter quelque villanelle.Ça m'est bien égal qu'on m'appelle Le fou du chemin ! M.J.R.TREMBLAY 144 YEN A D'DANS CHANSON D'ACTUALITE dans la revue de MM.EDDY et A.SILVIO.Chantée par Mme J.R.TREMBLAY Per- met-tez -moi de vous chan-ter Çà vous^Jai-ra sur' ZZZÏ &— j J r Mr r J r ^ j J »' E3ÉZ3 ment.Dans ma chanson, vous cons-taf rez Qure'- ell-meot.ye» a * 111 - 5 « i - - - M f, I j 11 1 1 =* pu mon - de Yen a d'dans, Yena d'datu.mu ~i—w~ Moi aus - si je suis du oom-bre, Yen.a d'dcms,YeA, a d'dans.1 6 T Permettez-moi de vous chanter Ça vous plaira sûr'ment Dans ma chanson, vous constaterez Qu'réellement y en a d'dans; Ça c'est le cri de tout le monde Y en a d'dans, y en a d'dans Moi aussi, je suis du nombre, Y en a d'dans, y en a d'dans J'veux vous parlez des tramways Vraiment c'est dégoûtant, Dans c'boite là vous êtes entassés, Un contre l'autre comme des harengs.L'derrière n'est plus suffisant, Y en a d'dans, y en a d'dans, Il faut se servir du devant, Si l'on veut qu'y en ait d'dans.Y en a une autre catégorie, Qui ont plus de vingt-cinq ans.C'qu'il leur manque c'est un mari.Elles fourniront le restant.Elles ne rêvent qu'à ça tout le temps, Y en a d'dans, y en a d'dans, Et vous verrez qu'en les mariant, Y en a d'dans, y en a d'dans.Comme j'avance dans ma chanson, J'veux pas qu'vous m'demandiez: Parlez-nous donc des vieux garçons Certain, j'vais vous en parler, Qu'ils soient p'tits ou qu'ils soient grands, Y en a d'dans, y en a d'dans, Mais c'est surtout le printemps Qu'y en a d'dans, qu'y en a d'dans.Voyez notre ami Silvio Joyeux et toujours en train, C't'un vieux garçon, mais pas nigaud, Puis un vrai Canadien.Il nous r'garde toujours en riant, Y en a d'dans, y en a d'dans.Toujours poli, toujours av'nant, Y en a d'dans, y en a d'd?.ns.Vous avez vu sur l'marché Une bière qui fait son chemin, Savez-vous qui l'a inventée ?C'est not' maire, le Grand Martin, Tout le monde s'dit en la buvant Y en a d'dans, y en a d'dans.Les échevins crient partout, Problème de la circulation.Mais ce que le peuple trouverait de son goût, Ce serait une solution.Y s'en tuait un dans le vieux temps, Y en a d'dans, y en a d'dans, Mais aujourd'hui, ça s'tue par cent, Y en a d'dans, y en a d'dans.Y a aussi dans notre ville Des jeun's filles, de beaux enfants, Nos Montréalaises sont gentilles, Franchement, y en a d'dans, Elles ont les yeux si brillants, Y en a d'dans, y en a d'dans, Je n'vous parle pas du restant, Y en a d'dans, y en a d'dans, Mme J.R.TREMBLAY Dans l'bas d'ia ville il n'y est plus, Mais je puis vous l'assurer.Quand le temps sera venu, Il saura y retourner.Il est diplomate en grand, Y en a d'dans, y en a d'dans.Il parle une fois, c'est suffisant, Y en a d'dans, y en a d'dans.10 J'ai vu bien des sacs dans ma vie, Des p'tits, des moyens, des gros, Mais ceux qui me font envie, Ce sont les sacs à Silvio.Y sont toujours satisfaisants, Y a toujours des surprises dedans, Y en a d'dans, y en a d'dans.On en a pour notre argent, Y en a d'dans, y en a d'dans.11 Mais avant d'partir d'ici, Laissez-moi vous remercier, Envoyez-nou3 vos amis, Un sac leur sera donné, Au Chant'clerc, dit's-leur qu'tout l'temps Y en a d'dans, y en a d'dans, Actrices, acteurs et l'gérant, Y en a d'dans, y en a d'dans. ECHOS PYRENEENS 145 TYROLIENNE Paroles de René MARCHAIS Musique de Georges BLANGY (hantée avec grand succès par M.A.SARGEL LE CHAPELET BENIT j Paroles de L.BOUSQUET i REPERTOIRE SARGEL Musique de CH.BOREL-CLERC La "Marie-Jeanne" de Quimper Contre la tempête lutte sur la mer, Les mâts se brisent ! A genoux ! O Sainte-Madone, protégez-nous! Pauvres marins, vite, en prière! Pans le ciel noir la mort paraît ! Devant elle.l'Ame fière, Le bon Jeannic lève son chapelet.Et l'orage s'enfuit.Sous le ciel embrumé La vague se fait douce et le vent s'est calmé.Les braves matelots, sauvés du flot maudit, Bénissent en pleurant le chapelet bénit ! La mer est calme, le ciel est clair, On a crié: "Terre", Jeannic voit Quimper, Et sur la côte.tout là-bas.Il revoit sa belle.lui tendant les bras Le coeur joyeux, plein d'espérance, Dans ses yeux, le bonheur a luit.Et dans une barque il s'élance.Vers son Yvonne qui a prié pour lui.On entendra demain le joyeux carillon Des cloches du village qui célébreront l'union D'Yvonne et son Jeannic sauvé du flot maudit, En levant vers le ciel, son chapelet béni. Les Cloches de mon Village Paroles de Maurice AUBRET Musique de Gaston GABAROCHE REPERTOIRE SARGEL Anrtantino 3 Couplet Mon o.reillea pu surprendre, Vraiment, je n'en connais p De plus troublants,de plus ten.dres De plus jo.lis.Que ceux,dont l'écho s'en-vo _ le, Sous le pale a_zur frivol?REFRAIN De mon pa - ys Les clo ches de mon vil la _ ge Font, dès le ma _ tin.Un ao _ nore et tier ta .pa _ ge, Qui sem-ble du _ rer sans fin La.ve un front d'en _ fant Et quand la belle saison Renouvelle sa féerie, Lorsque, filles et garçons Echangent l'aveu qui lie Le mot divin Au murmure des promesses Répond avec allégresse.Le vieil airain.REFRAIN Les cloches de mon village Chantent une harmonie Au bonheur du mariage Que le prêtre béni.Ding, dong! Sonnez en cadence, Sonnez à grands coups.On s'embrasse, on rit, on danse.Vivent les époux! Mais hélas la vie est brève, Bientôt tout va s'évanouir.Lorsque la tâche s'achève, Qu'ici-bas tout va finir.L'ombre descend Et, dans le vaste silence Alors vers Dieu s'élance Un dernier chant.REFRAIN Les cloches de mon village Font, avec le soir, Un étrange, un lourd tapage Dont chacun craint le pouvoir: Ding, dong! Une voix qui pleure Lentement, nous dit: Combien vite sonne l'heure Où tout est fini! M.W.DONAT Professeur de magie blanche.V M.W.Donat est le magicien remarquable, d'une habileté merveilleuse dans l'art de mystifier son semblable.Il est l'illusioniste complet qui n'ignore rien des multiples secrets que renferme la science de la magie blanche; car cette science de la prestidigitation ne réside pas seulement dans la manière de savoir exécuter habilement certains trucs classiques de l'escamotage, mais surtout dans l'art de la manipulation, qui ne s'acquiert qu'avec le temps, par une pratique constante et laborieuse.Et par son étonnante dextérité, M.W.Donat exécute ses tours de manipulation avec cette aisance élégante qui captive l'auditoire sous le charme de l'irréel.La magie amuse et intéresse à tout âge; aussi le magicien est-il toujours le bienvenu dans les collèges, salles paroissiales, institutions religieuses, etc.M.W.Donat est un magicien belge, très estimé, il cultive aussi l'art de "l'homme insoulevable" avec succès.Il est toujours prêts à mettre son talent au service des orphelins et des bonnes oeuvres. 148 LA PECHE MONOLOGUE EN PROSE DE CHARLES QUINEL Aimez-vous la pèche?(Avec enthousiasme.) La pêche! — Non, n'est-ce pas?Eh bien! moi, je l'adore.D'abord, il y a pêche et pêche; la pêche au vin et la pèche à l'eau, autrement dit la pêche à la ligne.(Modestement.) C'est cette dernière que je cultive.(Avec exaltation.) Que dis-je!.que j'idolâtre.11 y a les pêcheurs qui attrapent du poisson et ceux qui n'en attrapent pas.(Bénévolement.) Je suis de cette dernière catégorie.Vous riez ?— Et.pourquoi ?me direz-vous.(Gravement.) Parce que je sais pêcher.Ecoutez, sa-vez-vous comment on pêche ?Car, on naît pêcheur, on ne le devient pas.(Citation.) D'abord, il ne faut pas se lever matin.(Avec conviction.) Mauvais, très mauvais, vieille école.Moi, je ne me couche pas.Vous prenez le train le soir à 10 heures.Quinze personnes dans un compartiment, douze épuisettes, trente cannes et vingt-trois mille asticots.Vous faites huit lieues de chemin de fer, n'importe où, cela ne fait rien.Ah si! il faut qu'il y ait de l'eau.Puis, trois lieues à pied.(Avec intrigue.) Ces trois lieues vous étonnent, si la rivière passe à la gare.Eh bien! sachez que là il n'y a pas de poisson.(Avec mystère), le bruit du chemin de fer.Tout le monde le sait, du reste.Trois lieues plus loin, il n'y en a pas non plus, mais il en viendra neut-être.plus tard.Bref, supposez l?s douze kilomètres faits.Vous cherchez votre place habituelle.(Joyeux.) Oh! un amour de place.Vous vous apprêtez à vous asseoir, quand tout à coup un grognement part des herbes, un ronchonnement.Vous vous approchez: c'est un collègue qui ronfle.Un pêcheur plus matinal, du moins plus noctambule que vous et qui a pris votre endroit.(Avec désespoir.) Un coin que vous appâtez depuis six ans! Tant pis, le droit prime la force, comme ne disent pas les Germains, et vous allez plus loin.Vous vous asseyez, posez vos bagages.Il est minuit, et vous attendez bravement le lever du soleil.à 5 heures moins le quart.Au bout de dix minutes, vous sentez un froid dans le dos.Ce n'est pourtant pas la transpiration, les nuits sont fraîches.Vous remuez: tiens, vous êtes mouillé! — C'est la rosée.Ah!.c'est très drôle.Vous vous levez et cherchez du feu.et du bois.Vous trouvez le feu et pas le bois ou le bois et pas le feu.— Pas d'allumettes.Le voisin, hargneux titulaire de votre place, vous prête une chimique en ronchonnant, et vous faites une fumée qui vous asphyxie tous les deux, mais qui ne vous réchauffe pas du tout.Vous éter-nuez, toussez, cherchez et bourrez une pipe.Enfin!., le jour arrive.(Chantant.) Alerte! pêcheur vigilant, Le matin pour toi se réveille.Eh bien! avez-vous vu le réveille-matin, non le lever du jour?(Avec transport.) Ah! c'est beau, c'est très beau.Des nuages noirs, des nuages blancs, des nuages rouges qui passent.puis.plus rien.si! de la pluie.(Emphatique.) Et le jour est levé.Tenez, quand vous aurez le temps, nous irons voir le lever du jour ensemble.— Le moment de l'appât est venu.(Avec conviction.) Ah! il faut avoir un appât.Pas d'appât, pas de poisson.Je mets huit jours pour faire le mien.Il faut que ça fermente.J'emploie du.Au fait, je ne puis vous !e dire, vous dépeupleriez la rivière.Le voisin aux allumettes vient vous en demander.Vous abandonnez la moitié de la matière, et ce serait mauvaise grâce de refuser.Vous préparez les lignes, les hameçons et l'épuisette.Ah!.l'épuisette — pour les grosses pièces.Il n'y en a jamais, mais enfin, pourrait y en avoir.(Grave.) Attention!.ça va mordre.vous êtes haletant.Ca a mordu, mais à la ligne de votre voisin.Un goujon.(Avec dédain.) 16 gram- mes, un port de lettre de trois sous.Vous réappâtez.Cette fois, ça a mordu, mais l'asticot, pas l'hameçon.(Avec regret.) Ça devait être au moins 10 livres.Vous changez de numéro, ces gros poissons l'avaleraient sans s'en apercevoir, et vous mettez de l'hameçon 10.Presque pour les petites baleines.Ça mord pendant quatre heures.enfin, vous prenez une ablette.(Joyeux.) 18 grammes.La journée commence bien.Votre voisin rougit de dépit.Pensez donc, 3 grammes de plus que lui.Il fait chaud, il vous offre à boire un verre.Pas moyen de faire autrement.— Un homme qui vous a donné des allumettes et à qui vous avez offert des asticots.Vous réoffrez, il réoffre.Ça mord toujours, mais toujours l'appât.(Consolé.) Du reste, le temps n'est jamais propice.Il fait trop chaud ou trop froid.ou trop de courant.Des canotiers passent, cassent vos lignes, troublent l'eau et vous appellent vieux daim.Enfin, à 6 heures, vous voyez qu'il n'y a plus rien à prendre, et vous pliez bagage.Vous refaites vos trois lieues à pied avec votre ablette de 18 grammes, votre épuisette pour les grosses pièces et votre appareil.Vous aviez deux lignes en partant, mais le garde vous a surpris à pêcher doublement, et il emporte la ligne ou 60 francs d'amende.C'est donc 10 francs de perdus.Vous retrouvez les quinze personnes du compartiment, vous rentrez à Paris et on vous fait payer trois sous d'octroi pour votre poisson.Vous y retournez le dimanche suivant, mais vous n'attrapez rien.Ce n'est plus la saison.L'appât est trop vieux, vous en refaites d'autre; ça vous coûte cent sous.3 francs de voyage, 6 francs de nourriture, 10 francs de ligne, cinquante sous d'asticots.bref, environ 25 francs pour une ablette de 15 grammes.Port payé pour la France et l'Algérie.(Fausse sortie.) Ah! j'oubliais.Pendant ces longues journées, les yeux fixés sur le bouchon, j'avais l'occasion de faire des réflexions.Et j'en ai fait de physico-sociales, c'est-à-dire de l'influence de la pêche sur les femmes.Les femmes aiment-elles la pêche?Non, les femmes ne l'aiment pas; du moins, ma femme ne peut la souffrir.Entendons-nous, elle la comprend pour moi, elle l'appelle belle passion, mais elle n'y vient jamais.Tous les samedis, elle me prépare mes ustensiles, me souhaite bonne chance, me conduit à la gare., mais elle ne va jamais plus loin.Le dimanche, elle aime mieux sortir avec son cousin, de préférence à cet art si noble.Ah! la femme, qui donc pourra jamais la comprendre ?Mon cousin non plus ne peut jamais venir avec moi, mais je ne m'explique pas ce phénomène.Bref, je les excuse tous les deux.qui de nous, dans ce monde n'a pas ses petits défauts?Ils font tout leur possible pour m'attirer à un art si séduisant, qui ne leur plaît pourtant guère.Ils cherchent à me rendre heureux, et je le suis.Vous n'aimez pas la pêche?Moi, je l'adore.(Sortie.) ~t4 AMATEURS, FUMEZ LE CIGARE EL PIETTO PUR HAVANA Cinx formats - lOc et 15c Manufacturé par J.E.PIETTE &.FRERES Anémie, Eczéma, Rhumatisme, Névralgies, Maladies du cuir chevelu et de la peau, Hémorroïdes, Amygdalite, Asthme, Goitre, etc.Traitements Modernes Dr L.P.DUMONT Electricité médicale - - Rayons ultra-violets 482, STE-CATHERINE EST Tél.: EST 0006 HEURES DE CONSULTATIONS: 10 hrs A.M.à 5 hrs P.M.— 7 hrs P.M.à 9 hrs P.M.Pas nécessaire de téléphoner pour votre MUSIQUE ou pour des INSTRUMENTS DE MUSIQUE Vous trouverez le plus grand choix et les prix les plus raisonnables chez CTURCOT 3, STE-C.'iTHERINE EST MONTREAL, Can.Gin Canadien Melchers Croix dor Fabriqué à Berthierville, Que., sous la surveillance du Gouvernement Fédéral, rectifié quatre fois et vieilli en entrepôt pendant des années.TROIS GRANDEURS DE FLACONS: Gros: 40 onces $3.65 Moyens: 26 onces 2.55 Petits: 10 onces 1.10 The Melchers Gin & Spirits Distillery Co., Limited MONTREAL Echange Mont-Royal Limitée 718, Avenue Mont-Royal Est MELL-0-PHONIC A notre très grande satisfaction nous pouvons maintenant vous offrir un phonographe nouveau modèle.dont la reproduction est irréprochable, fini noyer ou acajou, et avec moteur à double ressort pour seulement $85.00 Grand assortiment de records Columbia neufs.19c WcrtJaghoiatB Avec 20 des plus récentes sélections à votre choix.Il y va de votre intérêt de venir entendre notre nouveau MELL-O-PHONIC avant de faire votie choix.Vous qui avez un gramophone ancien modèle et qui désirez la nouvelle reproduction, procurez-vous un de nos bras MELL-O-PHONIC, et nous vous garantissons 50% d'amélioration.Gramophones réparés le temps que vous attendez.Vendeurs autorisés des Radios Westinghouse.Nous échangeons les records et les rouleaux de pianos automatiques.Grand choix de musique en feuilles, classique et populaire.Pianos et Pianos Automatiques Comptant ou à Termes Faciles.Records Victor - Starr - Columbia 718 AVE.MONT ROYAL EST Echange Mont-Royal Limitée Téléphone: AMHERST 5664 P.CHARLEBOIS, Président Pas de Succursale - Un Seul Magasin 162329
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