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Titre :
La Canadienne : le magazine du Canada français
La Canadienne est un magazine féminin finement illustré (1920-1923) qui se destine à instruire, à amuser et à servir la famille. [...]
Le mensuel La Canadienne est fondé en janvier 1920 et paraît jusqu'en décembre 1923. Sous-titrée « Le magazine du Canada français », la revue est inspirée du périodique canadien Every Woman's World (1919-1921?). Dirigée par le journaliste et écrivain Joseph Léon Kemner Laflamme, elle est publiée à Québec, à Montréal, à Toronto et à Gardenvale (le lieu de l'édition varie selon le volume) par la Compagnie de publication Continentale limitée et, plus tard, par l'une de ses divisions, la Compagnie de publication La Canadienne. L'équipe éditoriale est composée entre autres de Madame Paul-Émile Lamarche et d'Edmond Piché. Dans le premier éditorial de la revue, intitulé « D'un mois à l'autre », les fondateurs de La Canadienne se donnent pour mission « d'instruire, d'amuser [et] de servir la famille ». Dans le sillage des publications destinées à un public féminin, la revue propose des articles qui traitent de culture, de mode, d'éducation des enfants, d'économie et de cinéma. Elle offre aussi à son lectorat une gamme variée de textes littéraires issus de la plume d'écrivains reconnus à l'époque, dont Louis Dantin, Émile Nelligan, Joseph Marmette, Charles Gill et Eudore Évanturel. La Canadienne est également la tribune choisie par certains collaborateurs pour aborder, de manière conventionnelle, des sujets qui trouvent place dans l'actualité de l'époque, comme la politique, le jazz et le féminisme. La renommée de la revue, qui compte au nombre des pionnières dans le domaine du magazine féminin québécois, est sans contredit rehaussée par son iconographie luxueuse : outre sa couverture et ses publicités en couleur, elle comporte de nombreuses illustrations. BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 277. FOURNIER, Marcel, « Portrait de l'édition franco-américaine d'autrefois », À rayons ouverts, no 54, avril-juin 2001, p. 6-7.
Éditeur :
  • Montréal :Compagnie de publication Continentale,1920-
Contenu spécifique :
v. 1, no 2
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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La Canadienne : le magazine du Canada français, 1920, Collections de BAnQ.

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VOLUME I TORONTO MARS.1920 NUMÉRO 2 â Canadienne LE MAGAZINE DU CANADA FRANÇAIS Abonnement DEUX DOLLARS LA COMPAGNIE DE PUBLICATION CONTINENTALE, LIMITÉE MONTR F-AL it CANADA n TORONTO Le numéro VINGT CENTS La terreur des enfants joyeux INEVITABLEMENT les vêtements se déchirent.Aussi, les enfants qui s'amusent redoutent-ils cette fragilité autant que la méchanceté de Croque-Mitaine.La crainte des réprimandes que suscitent un corsage, une jupe ou des culottes déchirés, cause souvent la vieillesse prématurée d'un alerte petit homme ou d'une joyeuse fillette.IL est entendu que la mère de famille a suffisamment à faire suis raccommoder les déchirures faites en jouant et que le père de famille dépense assez pour le nécessaire sans y ajouter le renouvellement d'habits gâtés aux jeux.Voici un compromis raisonnable: Aux rayons des cotons exigez les cotons "PRUE." Par exemple, un des cotons "PRUE" est le Steel Clad Galatea et on peut dire qu'il rappelle l'acier.De plus, les cotons "PRUE" offrent une grande variété d'épaisseurs, de blancheurs; garantissent une longue durée, la résistance aux .blanchissages et tout ceci à des prix si modiques que vous ne tiendrez plus compte des petites déchirures.Si nous n'avons pas encore mentionné ce qu'il vous faut, ajoutons que nous possédons aussi plusieurs qualités de piqués et de cotons très épais, à la marque "PRUE" qui garantit leur supériorité."PRUE" est synonyme de PRUDENCE C'est l'appréciation de la prudente ménagère qui a fait le renom de* Dominion Textile Cot-torn—lea cotons "PRUE"—et les a désignés comme le meilleur ami dc l'habitation canadienne.DOMINION TEXTILE COMPANY LIMITED Montréal Toronto Winnipeg ,'.i< ( aiuuiinnie.Murs, 1Ç20 Volume 1 Numéro 2 LA CANADIENNE Mur», 1920 Toronto, Can P Le Magazine du Canad.i Frant,ai> J -L.K.-LAI LAMMK.Directeur Les Élégantes des Modes du Une nuée de Modes de Mue PAUL-EMILE LAMARCHE, Secrétaire de la rédaction.Saluent l'arrivée "Costume Royal Printemps pour ce numéro 99 Une multitude des dessins les plus nouveaux pour robes de soirée, costumes de rue.toilettes d'après-midi, chic tailleurs, exquises modes de printemps pour demoiselles, jeunes garçons et jeunes filles.Et nous n'offrons pas seulement que les modes, nous fournissons aussi les patrons pour tous les dessins.LA NOUVELLE que nous commençons avec le présent numéro—un avantage extraordinaire qui va durer douze mois—la publication des modes du "Costume Royal" avec service des patrons, le tout pour le plus grand bénéfice de nos lectrices, cette nouvelle seule est tout aussi importante que celle d'un heureux mariage.Car, de nos jours, c'est une exception que la femme qui ne met pas autant dc soin à choisir une robe qu'à choisir un mari.Et il en est un peu des patrons comme des maris, toute femme doit prendre bien soin de se choisir le meilleur.Il est bien sûr aussi que vous ne trouverez nulle part sur tout le continent Américain de service plus complet et de modes plus élégantes que ceux fournis par "Le Costume Royal" et La Canadienne a la rare distinction d'être la seule publication française en Amérique en état de pouvoir les offrir à ses lectrices.C'est un avantage dont notre revue s'empresse de faire bénéficier ses amie».Les costumes dont nous reproduisons les dessins dans le présent numéro ont vraiment la coupe Royale; ce sont dc superbes créations par les maîtres de l'art; ils sont le dernier cri dc la mode de l'heure.L'élégance, le charme distingué des nouvelles robes de soirée, la grâce simple des toilettes d'après-midi ou des robes de gala ne se trouvent nulle part ailleurs qu'au "Costume Royal." Les modes du "Costume Royal" ne se répètent pas.Chaque style est individuel, on ne le verra pas une deuxième fois ou copié un an plus tard sous l'apparence d'une mode nouvelle.Un autre des avantages inappréciables du service que nous inaugurons c'est le cachet d'élégance qu'il réserve jusqu'aux plus jeunes, petits garçons et petites filles.Les enfants qui porteront des habits confectionnés d'après les modèles du "Costume Royal" ne seront pas comme les autres enfants.Il y a un chic particulier jusque dans la petite robe fourreau qui est portée aux heures de récréation; les petites robes de toilette sont elles-mêmes ce qu'il y a de plus charmant dans leur simplicité.Certains habits donnent de la distinction; d'autres ne font que vêtir TWTAIS avec les patrons du "Costume Royal" on est toujours certaine non-seulement d'être à la mode, mais de toujours avoir cette délicieuse petite émotion dc se sentir en avant des autres.La profusion de modes que nous offrons da ns le présent numéro a déjà quelque chose des premières brises du printemps.Laissez libre cours à votre imagination dans le choix anticipé des couleurs, des teintes, qui sont le plus susceptibles de vous plaire, depuis le brun doré jusqu'au gris subtil et crépusculaire ou encore au bleu des contes de fées, puis choisissez, parmi les dessins que nous publions, la mode de votre rêve et la Pique prochaine vous apportera tout un monde de joie.L'Art de bien paraître T'AIR de distinction, l'apparence bien mise, qui sont un signe d'élégance, sont toujours à la portée de la femme adroite qui se sert des patrons du "Costume Royal." Vous n'aurez pas besoin dc payer $100 ou $200 pour un costume, une robe ou une toilette qui aient de la distinction et qui soient différents des autres.Les patrons du "Costume Royal" ne sont pas seulement une école de modes, ils sont encore une source d'économie.Un patron qu coûte de 75 cents à $2.00 est sûrement économique —puisqu'il vous permet d'avoir I ce prix une mode qui, autrement, vous coûterait un prix de profiteur.De même, la femme qui achète aujourd'hui son matériel au taux de $4.00 à $10.00 la verge a bien l'intention de ne pas gâcher sa robe ou même de se troubler l'esprit en se procurant un patron qui ne copte pas cher mais qui peut être copié facilement."Le Costume Royal," en vendant ses patrons de 75 cents à $2.00, veut pro-téger la femme qui désire, bien plus, ^¦a^^â^efkUdBnl qui exige, dc la distinction et de l'originalité dans sa toilet tc.icontre la multitude des patrons populaires à 25 cents qui ne donnent qu'une très pauvre imitation des modes dc haut prix et qui finissent par coûter aussi cher—avec cette COUPON Je sais qu'étant bien mise je serai heureuse.Conséqucmmcnt, vous voudrez bien m'adresser les tlouze prochains numéros de La Canadienne donnant le service des modes du "Costume Royal." Ci-inclus Deux Dollars enthousiaste?: Jamais ils ne m'ont autant rapporté.Nom Adresse .différence qu'ils ne donnent ni originalité ni élégance.Un patron bien choisi est déjà plus que la moitié d'une robe chic; mais le chic ne va pas sans la mode et quand en songe que l'on paie pour une robe ce qui auparavant en achetait trois—il n'est plus une femme réfléchie qui voudra un patron ou une mode qui ne la protège pas contre les imitations Et c'est bien pour cela que les femmes canadiennes ont acheté jusqu'ici tant dc magazines américains faisant une spécialité drs modes les plus coûteuses.Elles veulent le meilleur article et elles ont les moyens de l'acheter.C'est pour cela que La Canadienne offre à ses lectrices A partir du présent numéro de Mars, et pendant douze mois consécutifs, les modes inimitables du "Costume Royal." Si vous n'êtes pas déjà une abonnée vous voudrez profiter île cet avantage exceptionnel en remplissant le bulletin que vous trouverez ci-dessous.Vous n'aurez plu» ensuite à vous préoccuper dece que vous porterez ou de la façon dont vous le porterez."Le Costume Royal " sera là pour vous guider et vous aider.Vous pouvez vous procurer n'importe lequel de ces patrons en en luisant la commande à La Canadienne et en ajoutant le prix du patron à votre commande. 2 La Canadienne, Mars, 1020 UN BON DE LA VICTOIRE pour chaque Bébé Le peuple canadien pourrait facilement présenter à chaque bébé né cette année un Bon de la Victoire : — Avec l'argent que l'on gaspille en semelles.Ou encore, chaque petit citadin, au Canada, pourrait passer deux joyeuses semaines de vacances à la campagne.Ou encore, chaque homme âgé de plus de soixante ans pourrait recevoir une rente viagère de plus de SI00.00.Ce montant considérable, les canadiens pourraient facilement l'épargner—sans le moindre sacrifice—et même à leur avantage.Comment?En portant des Semelles Neôlin.Des épreuves sévères, des expérimentations précises ont montré l'économie résultant de la substitution des Semelles Neôlin aux semelles ordinaires.Si tous les hommes, toutes les femmes, tous les enfants du Canada portaient des Semelles Neôlin, la somme totale économisée serait immense.Et, de plus, grâce à ces semelles-Hexibles et imperméables-tout le monde aurait plus de confort.Dès maintenant, VOUS pouvez, commencer de participer à cette grande économie.Achetez des chaussures munies de Semelles Neôlin.Votre bottier est dépositaire de cent modèles variés.Les Semelles Neôlin—demi-semelle et semelle entière— sont clouées ou cousues sur toutes sortes de chaussures, soit par les fabricants, soit par les cordonniers, ou même à la maison.Les Semelles Neôlin ont remporté le plus grand succès.Aussi, les contrefaçons sont-elles innombrables.Mais les méthodes et les préparations qui font que les Semelles Neôlin sont supérieures à toutes les autres, ne sont connues que de Goodyear.La marque de fabrique "Neôlin," apposée sur la semelle, est votre garantie d'une qualité suprême.The Goodyear Tire & Rubber Co.of Canada, Limited Semelles Neolin La Canadienne, Mars, içso 3 Astor affiant en venu de> articles fabriqués par les soldali.UNE sorte de légende merveilleuse s'attache déjà au nom de cette femme extraordinaire qui, américaine de naissance et alliée à la haute noblesse anglaise, vient de remporter pour son sexe la plus grande victoire politique en Angleterre même, le pays des lentes évolutions et du conservatisme intégral.Les traits racontés sur son compte sont légion.Mais il n'en est peut-être pas de plus intéressant que ce cri d'admiration satisfaite échappé à sa vieille bonne virginienne venue à Cliveden visiter celle qu'elle n'a jamais cessé d'appeler "son enfant." Slammy était donc à Cliveden depuis le matin.Noire comme l'ace de pique, exubérante de la gaieté naïve de sa race, elle examinait dans le détail les splendeurs de l'historique mansion anglaise, les murs tendus de tapisseries rares, chaque pièce révélant des richesses et des merveilles nouvelles.Elle parcourut les jardins magnifiques, clic foula de ses pieds tremblants les pelouses séculaires, son regard se perdit dans les parcs immenses s'étendant de tous côtés Et, le soir, complètement ahurie de tout ce qu'elle venait de voir et d'admirer, elle prit à part son ancienne maîtresse et lui dit avec un regard Nancy, Vicomtesse Astor, M.P.Notes sur la première femme député auJParlement d'Angleterre chargé d'extrême béatitude: "Miss Nancy, my honey, bien sûr que vous avez eu une heureuse idée de vous marier! Je suis très fière de voir une si grande magnificence dans la famille Langhorne!" Lady Astor est l'une des trois sœurs Langhorne rendues célèbres par la non moins célèbre création artistique de Charles Dana Gibson, la "Gibson Girl." On sait que Mme Gibson est elle-même la sœur de Lady Astor et qu'elle a fourni à son mari le sujet du dessin si justement vanté.Les Langhorne descendent d'une très vieille famille de la Virginie réputée de temps immémorial pour la beauté et l'esprit de ses femmes.Et Nancy Langhorne semble être le résumé de tout le charme traditionnel de cette longue lignée d'ancêtres.Il est impossible de décrire cet esprit pétillant et sûr, toujours prêt à la riposte, auquel s'ajoute un talent de mimique qui lient du génie.Durant la campagne politique qui a précédé son élection, l'adversaire de Lady Astor, un brave homme du reste, se prévalait auprès des électeurs du fait qu'il était le père de huit enfants.—Eh bien, moi, j'en ai six, réplique la vicomtesse, .et puis, l'avenir n'a pas dit son dernier mot! Aucune tâche, si considérable qu'elle soit, ne l'arrête; son indomptable énergie ne connaît ni la fatigue ni l'obstacle.Son optimisme invincible la fait toujours compter avec une fervente confiance sur le triomphe final des meilleurs instincts de la nature humaine.A la tête d'une admirable famille de six enfants, elle est la mère idéale.Malgré les occupations multiples qui absorbent tant de ses heures, elle trouve le moyen de passer au milieu des siens une grande partie de sa journée, et cela, surtout quand tous sont réunis dans l'incomparable propriété de Cliveden sur les bords de la Tamise.C'est à Cliveden que Waldorf Astor, au début de la guerre, équippa un petit hôpital qui fut plus tard réquisitionné par le gouvernement canadien et devint notre Hôpital Général No.15.Il contenait 1040 lits et nécessitait un personnel de plus de 400 personnes.Et c'est bien dans les soins donnés (Suite sur la page dj) Excellentes Recettes de Cuisine Depuis cinquante ans on emploie dans les meilleures recettes de cuisines la célèbre Poudre à Pâte ROYAL absolument pure Ce n'est qu'en employant la poudre ROY A L que vous pourrez être sûrs d*obtenir les résultats qui, à juste titre, l'ont rendue célèbre.Le livre de recettes de cuisine ROYAL est devenu le guide des cuisinières dans des milliers de foyers.Il contient au delà de 500 délicieuses recettes de cuisine.Sur demande vous le recevrez gratuitement.La poudre ROYAL ne contient pas d'alun.Elle ne laisse pas un goût amer.Elle ne nuit pas à la digestion.ROYAL BAKING POWDER CO.S St.-liurerr Bird.Montreal.Canada 4 La Canadienne, Mars, itj2o il Ce que KODAK" veut dire (^)MME mot, "Kodak;' une marque \ de commerce, n'est qu'une arbitraire combinaison de lettres.Il n'est dérivé d'aucun autre mot.Il a été extrait de l'alphabet, non pas au caprice du ha/.ard, niais comme le résultat d'un travail appliqué à la recherche d'une combinaison de lettres capable de fournir un nom bref, frappant, euphonique, qui se grave facilement dans l'esprit du public.Comme marque de commerce, 'Kodak,' désigne certains des produits des Compagnies de Kodak auquelson l'a appliqué,tels que, par exemple, ' Kodak Cameras," "Kodak Tripods" et "Kodak Film Tanks." Comme institution, "Kodak" évoque l'idée de suprématie en photographie.Dans le monde entier, d'une façon générale, on le connaît, surtout parce qu'en la simplifiant il a mis la photographie à la portée de l'amateur; on le connaît par ses appareils "Kodak" et "Brownies," par ses films et ses papiers photographiques.Pour le photographe professionel, il est connu parce qu'il est à la tête de tout progrès dans la fabrication de tout ce qui est employé dans le studio.Dans le monde cinématographique sa réputation lui vient de ce qu'il a prbdiiit le film qui a rendu possible la vue animée.Le savant le connaît par ses produits de Rayons-X, qui sont aujourd'hui indispensables pour les soins à donner à l'homme.En 1888, lorsqu'on a ressemblé dans un groupement euphonique le deux "k," P"o," le "d" et l'"a," ces lettres réunies n'avaient aucun sens.Aujourd'hui elles vous protègent quand.vous achetez des articles photographiques.Si ce n'est pas un Eastman, ce n'est pas un Kodak.CANADIAN KODAK CO., Limited Toronto, Canada Meilleures graines Meilleures récoltes EN VENTE CHEZ TOUS LES MEILLEURS MARCHANDS DANS TOUT LE CANADA Demande! le nouveau catalogue ill.i.tr.- STEELE.BRIGGS SEED Cffiiïll l«a «t.- fi» • • t'-'i-h, 4* ('nr.*.a« ' hamilton — TORONTO — winnipeg in.iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiliiimbbbbaa L'Assistance Maternelle Sous la direction d'un éminçât spécialiste des maladies d'enfants Végétations adénoïdes et Amygdales ON entend souvent discuter diverses questions touchant les végétations adénoïdes et les amygdales.Leurs fonctions, leur croissance, si on doit les faire enlever, si elles repoussent, voilà autant de sujets sur lesquels ces discussions s'engagent.La question est de grande importance pour les pères et les mères qui ont à cœur le bien-être de leurs enfants.Aussi avons-nous décidé d'étudier la question sous tous ses aspects, afin que chacun puisse la comprendre et pour le bénéfice de nombreux enlants.11 y a deux amygdales, situées chaque cûté de la gorge, à la racine de la langue.Les adénoïdes viennent isolément.On les trouve à la ligne médiane, à l'arrière des conduits du nez, suspendues à la voûte du pharynx.Imaginez-vous une moitié d'amande de noix accrochée à la lèvre supérieure et fermant partiellement l'entrée des narines et vous aurez une idée de la position des adénoïdes par rapport aux conduits du nez.Suivant leur grosseur vouz avez obstruction partielle, ou même obstruction complète des fosses nasales.L'adénoïde a l'apparence d'une moitié d'amande de noix, dont la surface plate •est accrochée au haut du gosier, tandis que la partie en biseau pend à l'arrière de l'ouverture intérieure du nez.Tel que dit plus haut, les dimensions de 1 adénoïde déterminent la gravité de l'obstruction du passage de l'air.Outre son volume, la forme de l'adénoïde a aussi une grande importance.Quand les parties en sont disposées en forme vibrations transmettent les sons du tympan à l'appareil auditif.C'est par cette cavité que s'écoule le pus quand il se produit une perforation du tympan et que l'enfant a un écoulement de l'oreille.Connaissant ainsi le voisinage de la trompe d'Eustache avec l'adénoïde, il est facile de se rendre compte comment l'infection se propage par ce tube jusqu'au centre de I oreille.C'est ce qui se produit à un degré plus, ou moins marqué, dans 40 pour cent des rhumes de cerveau chez les tout petits enfants, à cause surtout de la promiscuité des organes, l'adénoïde étant pratiquement étendue sur la trompe d'Eustache.Le même phénomène se produit chez les enfants plus âgés, mais moins fréquemment.Parfois il y a inflammation aigUe, avec abcès de l'oreille, ou bien l'inflammation est modérée, avec épais-sissement plus ou moins marqué du I—Montre un adénoïde avec sillons où s'accumulent les germes morbides.Z—Indique eommenl ces termes se propagent de la gorge au tentée de .'¦oreille.(a) adénoïde; (6) trompe d'Eustache; (c) Oreille; {d) tympan; (e) centre de l'oreille; (/) cellules moUoidirnnes.A—Montre un palais et des narines bien conformes .ches un enfant normal.B—Montre un palais rétréci, des dents déplacées et un net mal conformé ches un enfant respirant par la bouche.de feuille, elles favorisent l'accumulation de germes morbides.Les adénoïdes, comme les amygdales, sont très sensibles à l'infection, à cause de leur tissu spongieux et abondamment approvisionné de sang.C'est cette structure qui est cause des rhumes de cerveau occasionnels ou chroniques accompagnés d'écoulements abondants.Pour ce qui est des adénoïdes, retenons donc ces deux points: 1°.Elles obstruent les conduits du nez; 2°.Elles sont un refuge pour les germes morbides.Il faut se rappeler ici qu'il existe un tube appelé "trompe d'Eustache," qui commence au sommet de la gorge, juste en arrière de l'adénoïde et aboutit au mileu de l'oreille.C'est dans cette cavité que se trouve le nerf dont les J— Montre ladéno'.de.la t—mpe d'Eustache.les plaques recourblcs du nrs servant à réchauffer et humidifier l'air.la) narine; (b) bouche; (o palais; il.plaques de chaleur; (e) sommet de la gorge: ( / ) trompe d'Eustache; {g) adénoïde; (h) luette nerf transmetteur.Un rhume continuel peut provoquer une inflammation chronique de l'oreille, avec, comme conséquence, divers degrés dc surdité.Complication! mastoïdiennes /"VUTRE le danger de surdité et de la formation d'abcès, il faut se rappeler que l'inflammation, ayant atteint le centre dc l'oreille, peut encore s'étendre dans les cellules mastoïdiennes et y provoquer la formation d'abcès.C'est la plus dangereuse des complications oui puissent se produire, vu que les abcès atteignent souvent le cerveau, provoquant la méningite et la mort.Envisagée à ce point dc vue, l'adénoïde chronique et fortement développée {Suite sur la paie 41) Les mères désirant profiter des services d'un des spécialistes pour enfants les plu8éminentsduCanada.peuvent le faire en remplissant la formule cl dessous.Mères! inscrivez-vous à L'Assistance Maternelle La Directrice de VAssistance Maternelle aux soins de "La Canadienne," C.P.R.Teletraph Bldg.Montreal.Chère madame; Je désire profiter des renseignements et des conseils que vous offret si géné-reusement au sujet de la santé des enfants.Veuilles m'inscrire parmi les memb'ts de votre groupe el m'envoyer la matière à lire si précieuse que vous offret Ci-joint 2$ sous en timbres pour coutrtr les frais de poste.Description du bébé: At*.-.Sexe Poids.nom__._.«.™_™._______;___ Etat de santé du bébé en et moment.Etat de santé d* la mire en ee moment Nom Addresse 1]•' river lisiblement A l'encrr votre nom et votre ad La Canadienne, Mars, 1Ç20 MIEUX QUE CENT MAINS L'-Aut< litter UN cour de roue et 60 mailiei ou plus, unie», parfaites, •ont terminées- De» milliers de ces mailles peuvent être faites en quelques minutes j ar une personne d'une expérience ordinaire.Bon nombre de nos travailleurs nous disent qu'ils peuvent fabriquer un bas en moins de 10 minutes avec L AUTO KNITTER.Quand L'AUTO KNITTKR fonctionne, c'est comme si vous aviez plusieurs tricoteuses d'expérience travaillant pour vous; c'est pourquoi nous avon» pri» comme marque de commerce "mieux oue cent mains' .L'AUTO KNITTFR fabrique tout le bas: haut, jambe, talon et bout de pied sans que vou* aviez à l'enlever de la machine.Elle pèse environ 20 livre», peut être posée sur n'importequelle table ou romptoirctemployéen'importe ziù On apprend facilement A la faire fonctionner, l'expérience du tricot a ne ou du maniement des machines ne sont pas nécessaires pour cela.Chaque travailleur reçoit des Instructions complète* sur la façon de conduire L'AUTO KNITTER L'AUTO KNITTER est au tricotage A la main, ce que la machine A coudre est A la couture A la main.L'authenticité des témoignages ci-dessous est garantie par un g:ige de $5,000 GAGNE $35.00 DANS UNE SEMAINE L'AUTO KNITTER est un des meilleurs placement» qu'il •oit possible de faire.Je puis fabriquer trois paires de bas A l'heure.Dans une smile semaine i'al gagné $36.00 A vendre dans mon entourage seulement.C'est le travail Iff plus déiicat et le plu* propre que j'aie encore fait et le ne voudrais pas m'en passer.Whoatloy, Ont.MISE EN OPÉRATION PAR DES AVEUGLES Je me sers actuellement de trois de Vos machines et elles donnent d'excellents résultat».Avec un peu de patience l'ai pu, dès le début, faire du bon travail que vou» aves accepté.Peut-être serea-vous surpris d'apprendre que partie de mon ouvrage a été exécuté par des aveunfes, •t 11 eat Impossibles de distinguer leur travail du mien.Je suis très satisfait des relations d'affaires que l'ai eues avec vous Jusqu'Ici, et j'êspêre que nos relations futures seront tout aussi cordiales.Montréal, Québec POSSEDE DEUX AUTOS k\ll II h Après avoir cherché pendant Jo «n» quoique chow* nvn quoi mener de l'argent chez moi.j'ai répondu A l'annonce de L'AUTO KNITTER Hoasery co.J'ai acheté un.max h in»*.En peu dr trmps j'ai constaté que j'avais trouvé ce que je cherchais; d** gm« revenu» «tir un petit placement.A unit m.j'achetai une seconde nuichine.J'ai maintenant à dimtcilé.rni»r en opération pur le* mcmbirs de rn.i lamlUV.Avec une *nile machinr nous fabriquons 10 douzaines de poires de bas en S Jours.Votre compagnie u RM mus le» engagements pria A mon égard et j'ai trouve votre machine plus perfectlonée que je ne l'espéra.».Elle est facile A comprendre et *» mi«e en opération est un sjsjreal.le passa-temps.Waldemnr.Cunnd.Nous fournissons la laine gratis et vous payons votre travail iANS le monde entier on a besoin de bas.Dans tous les pays, toutes les cités, toutes les 'villes et tous les villages—en fait dans tous les coins du monde—il y a disette aiguë de bas.Cette demande exceptionnelle vous fournit une excellente occasion d'augmenter votre revenu; un bon moyen de faire face au coût de la vie qui monte sans cesse.Vous pouvez gagner cet argent facilement, par un tra« ail agréable, exécuté dans l'intimité, la liberté et le confort de votre propre maison.Ceci est une annonce exceptionnelle, due à des conditions mondiales.Nous sommes une compagnie canadienne solidement établie, engagée dans la fabrication de bas sans couture de la meilleure qualité.Nous avons dea relations d'affaires dans toutes les parties du monde.Nous sommes en affaires depuis de nombreuses années.Nous avons toujours préféré le travail fait à domicile, au travail fait en fabrique.Nous avons foi au travail leur indépendent.Nous savons que le travail exécuté dans ses loyers heureux, p.ir des personnes bien payées et satisfaites, est le meilleur.Nos bas peuvent être confectionnés par des hommes, comme par des femmes ne sachant pas tricote I'Auto knitter tricoteuse automatique, une machine merveilleuse, qui fait le travail.Et cette rr n'importe qui peut apprendre rapidement à la faire fonctionner.On demande des travailleurs partout r.C'est machine.Pour la raison ci-dessus donnée—la demande extraordinaire de bas dans le monde entier — nous avons besoin de milliers de travailleurs additionnels.Nous avons besoin de vous.Nous avons besoin de tous les bas que vous et votre famille pouvez faire sur I'Auto Knitter.Nous avons grandement besoin de votre travail.Nous ferons un contrat avec vous par lequel nous vous paierons un salaire fixe, sur une base de travail aux pièces Par ce contrat vous n'assurerez aucun risque.Vous pouvez travailler pour vous-même autant ou aussi peu que vous le voulez à temps perdu ou à plein temps.Et pour enaque douzaine de bas que vous nous enverrez, nous vous paierons un salaire libéral Avec chaque Auto Knitter, nous fournissons gratis un approvisionnement de laine.Nous fournissons également gratis la laine requise pour remplacer celle que vous avez employée dans la confection des bas que vous nous envoyez.La laine que nous lournissons est préparée spécialement pour I'Auto Knitter.Elle est des plus douces et des plus chaudes, et sa qualité uniforme, son foids, comme sa couleur sont toujours obtenables.I va sans dire que vous restez libre de disposer comme vous l'entendez des bas fabriqués par vous sur I'Auto Knitter ou d'acheter votre_ laine; vous pouvez aussi vous servir de I'Auto Knitter pour fabriquer, à très bas prix, tous les bas nécessaires aux membres de votre famille, que les bas désirés soient en laine ou en coton.Mais n'oubliez pas ceci: il n'y a aucune réserve à notre offre de salaire.C'est une loyale proposition d'emploi à salaire fixe, basé sur le travail aux pièces —nous donnerons un bon salaire pour votre travail seulement.L'Auto Knitter est la tricoteuse â main la plus perfectionnée qui soit.Elle renferme plusieurs améliorations exclusives, que nous lui avons fait subir dans notre fabrique.C'est nous qui fabriquons I'Auto Knitter, et nous la garantissons pleinement.En transigeant avec nous, vous faites affaires avec une compagnie responsable, qui n'a ni les moyens ni la volonté d'émettre, au sujet de I'Auto Knitter, des prétentions sans fondement.Ceci n'est positivement pas un "plan de sollicitation" L'Auto Knitier vous fournit l'occasion de gagner de l'argent à temps perdu.Elle vous permet aussi de consacrer tout votre temps à ce travail si vous le désirez et d'être ainsi indépendent des patron ments, des heures de travail, etc.Notre contrat de salaire n'est, en aucune façon "un plan u sollicitation d agence ou d établissement d un magasin.En voici la preuve.Lisez les témoienaees de quelques-uns de nos travailleurs.s, des règle-déguisé de Je vous ai envoyé aujourd'hui par messageries 4 douzaines de paire» de bas.Je vous remercie de la promptitude que vou» mettez A me renvoyer la laine de remplacement et mon salaire, que me parviennent toujours par le retour du courrier.Woodstock.Ont.Je vous al envoyé ce matin par messageries 12 paires de bas.J'Inclus dans la présente 'e reçu pour le paiement du précédent envoi, veuillez m'envoyer comme d'habi tude la laine de remplacement.Waldemar.Ont.Je vous envoe aujourd'hui par messagerie* \ douzaines de paires de bas.Je dois dire que votre machine a tou» les mentes que vous lu attribuez.Elle est facile à comprendre A aire fond onnet.St, Catharines.Ont Je vou» envole aujourd'hui même par messagerie*—A vos frai»—10 douzaines de paires de bas que j'ai tricoté sur l'Auto Knitter.Regina.Sask.Je vou» ai envoyé aujourd'hui par cols postal recommandé 42 paires de bas.Veuillez m'envoyer la laine de remplacement.Je prendrai également de la laine au Heu d'argent, en paiement de mon salaire.Court.Sask.Je vou» envole aujourd'hui par messageries A vos frais 18 douzaines (216 paires) de bas.Veuilles m'envoyer la laine de remplacement et aussi de la laine en paiement de mon salaire, comme d'habitude.Vancouver.B.C.Je vous envoie par messagerie* 4 douzaines de paires de bas.Voulez vou* me rem-]i'.ii < i la laine jusqu'il concurrence de 12 livres et m'envoyer le reste de mon *a lai rien argent.Montreal.P.Q.Je vous envoie par messageries s4 paires de bas.Veuillez m'envoyer mon salairk en argent et de la laine pour remplacer cell'-que j'ai employée.Je trouve ta machine merveilleuse et le salaire très bon.Galt.Ont.Je vous envoie 18 douzaines de paires de bas par messagerie».A vos frais.J'aime ce travail, qui m'aide A passer bien de» heures ennuyeuses.Je tricote deux paire» de bas i l'heure.Fernie.B.C.J'ai reçu le mandat d'argent et vous fait un nouvel envol de 62 paires de ba» d'hommes.Veuilles me remplacer la laine employée et me payer mon salaire en laine plutôt qu'en argent.Windsor.Ont, Ecrivez-nous aujourd'hui au sujet du salaire libéral que nous offrons A quelque endroit que vous habitiez, nous voulons vous mettre au courant de tout ce qui concerne notre Auto Knitter, et notre immense établissement.Nous voulons vous parler de la place agréable et avantageuse qui vous attend dans notre organisation et du bel avenir que vous pouvez vous assurer avec I'Auto Knitter.- -.,-•-—¦ — •«- .".«¦> V.(juc IIUU3 UI1IUI1?avec ce que reçoivent d autres personnes pour un travail long, dur et ruineux dans quelque bureau, magasin, moulin ou manufacture.Nous vou- Nous désirons que vous compariez le travail et le salaire que nous offrons *-> Ions que vo'us sachiez quelle "somme appréciable vous pouvez "gagner" ' the auto knitter hoelery department 102 f S07 colleté street toronto, canada !__.-— -,- —.- .|.|uuj pouvez gagner / même en consacrant peu de temps a notre service.Nous désirons que / vous lisiez ensuite les témoignages enthousiastes de nos travailleurs / satisfaits et que vous appreniez comment vous pouvez avoir, si / - .- vous le desirez, votre manufacture a domicile et vendre vous- / pk»,„.,ur,, ll(on d„ ,„„„ d.r.r.même votre production en gros ou en détail.Ecrivez .mjour- / ,,„t .1 u moi.on avec l'Auto Knitter, tl'hui—envoyez-nous le coupon ci-joint et un timbre de deux / ci joint un timbre de deu> cent» pour Cents pour Couvrir les frais de pOSte, etC / couvrir le.traie de poète, etc.Il eet ^ ^ ^ cune façon.The Auto Knitter Hosiery (Canada) / „ Company, Limited ' ru.ville .province Dept.102F, 607 College St., Toronto, Canada / 4 La Cana dienne, Mars, iç2o "Qui dit bon pain, dit Farine FIVE ROSES." w SAUVEZ UN PAIN à chaque fournée âPAR'i ses qualités fortement nutritives et appétissantes, la FIVE ROSES / % est la farine reconnue pour la cuisson économique.Vous épargnez tout ± d'abord sur la farine et épargnez l'argent représenté par le coût de cette farine.Cela vient du rendement plus grand qu'elle vous apporte, dû en retour à sa force glutineuse et à sa capacité d'absorption d'eau.Quant à savoir exactement combien vous épargnerez, cela dépend de l'importance de votre cuisson et de la quantité de pain que vous fabriquez dans une seule fournée.'Nous avons fait usage de la farine FIVE ROSES et gagnons un pain sur chaque fournée."—Mette H.R."J'ai toujours recours à la FIVE ROSES car je me procure plus de pain avec la même quantité de farine." —Mme C.H.McN.•J'emploie 7 pintes de farine FIVE ROSES dans ma recette.Dans le cas des autres farines j'ai dû employer 9 pintes.—MetteA.P.Voyez en marge ce que des ménagères économes nous écrivent.Vous y verrez tracée la voie vers l'économie de la.J cuisine.Vous connaissez à peu près la quantité de farine FIVE ROSES dont vous pouvez vous servir dans un an.En sauvant un pain à chaque fournée, rendez-vous compte, pour vous-même, de la réduction considérable que vous pouvez amener dans le coût de la vie.•'Je suis convaincue que l'on peut obtenir plus de pain d'un sac de farine FIVE ROSES que de n'importe quelle autre farine." — Mme V.H."Toujours un pain de plus pour la même quantité de farine."—.Mme A.M "La farine la plus profitable qu'un pauvre homme puisse obtenir."—Mme T.S McC.FARINE FIVE ROSES pour Pai n -Gâfeaux - Poudings - Pâtisseries POUR BOULANGER FACILEMENT:—La cilibre CUISINIERE FIVE ROSES tous dit clairement comment et pourquoi.Elle vous dispense du hasard sur lequel il tous faut compter chaque fois que vous (uni ne».Elle tous indique ensuite comment utiliser le pain rassis et le gâteau que tous êtes tentée de mettre de cité; pain rôti, poudings au pain, mies de pain, croquettes, biscottes, miettes de pain.Etalement un chapitre sur les sandwiches.Plus de $00,000 ménagères pratiquent actuellement l'èconomte de la cuisine en consultant ses t$» Pages.Demande» la CUISINIERE FIVE ROSES, entoyée par la poste sur réception de.10c.en timbres ou argent Adressez: Dépt.LC.Lake of The Woods Milling Co., Limitée, Montréal La Canadienne, Man, 1920 7 Vol lf No.2.La Canadienne A BONNEMENT.1X00 pu aruas».payable d •• ' vanc*.pouiteCanad» 11 i Emplit Britannique L* numéro.20 cent*.tuu-Un.ti.00.Antre» par» étranger».VI 00 pu «ont.La* nub— peuvent hrt Lue.pu mandate-poète.I*ttr* recommandé*.mandat-eJi'i'M ou ebéqu* auquel on a ajouté I* montant a> l'fchinn ATTENTION.Chantwmrat d'adrcaee.Nou.changerma ladrene dan abonné i a» demande, naif tl («ut donner l'ancienne adreaar ta même Irai p.qw la nouvelle poor 'lue 1* changement pulaat Mr* (all Le Magazine da Canada Français Directeur, J.-L.K.-LAPXJiMlktC Secrétaire d.U rédaction.Mm.I'll 1 -IMII I I \M\K< III MuqtM dépoté* m 1010 tu Mlnletére du Commerce « d» l'Induatrle, par la Cnrapatnle de Publication Continentale Limité», de Montréal « Toronto, i m pri mru rt-éd i t eu r».Demand* a été but* pour i enretmremeoted L a c*w*0|D«x« oomme matiér* Je r» •econdc clan* au bureau d* poète de Buflalo.N.Y.Matulne publié legquuue de chaque moi.par la Compagnie de Publication Continental*.Limité*, de Montréal et Toronto.Enrégtetrée au bureau de potted* Toronto.Ont., comme matière de «ronde dut IJ ENOUVE LL KMENTS— N* pu manquer d* remplir I* bultetia d* ernourell-ment qui erra •aala aaaaém qui termine votre abonnement ce détail ret imiurtant pour qu il n'r ait pu d'Interruption dan.I* arrricc du maguinr.Le tirage étant limité au nombre dea abonné» ka numéro.antért*ur» n* tont pu fournie.A>-«a bien min d'écrire née llalbltmeot vo.re nota H votre «Jfreer en falaant votre rem 1er l'util!.Ile et 'bonnement.CI' H T.l.jraph Hldil .ru* d* l'Hôpital.Montréal Téléphone.Main 704e.Suiruraalea Philadelphie.Metropolitan Bulldlnt Chicaao.People.T.a.Bulldlnt.Londrel.Angleterre.IA Regent St.S.W.MONSIEUR Perreault a déclare, l'antre jour, que ton gouvernement allait consacrer cinq milliona de dollars à l'œuvre de la colonisation La question, posée ainsi, s'est vite dégagée des préoccupation» politiques.Et le jeune ministre a prononcé un discours auquel ses antagonistes eux-mêmes trouvent peu a redire et où nous avons reconnu dans sa pleine maturité l'esprit de méthode et la conception patriotique que nous aimions déjà, il y a bien des années, chez cet ami des anciens jours.La nouvelle, sans doute, ne manquera pas de plaire a tous ceux qui ont quelque souci de notre avenir et surveillent avec un orgueil discret les développements de la ruche française de Québec.Mais ceux qu'elle réjouira davantage ce sont les colons; ce sont les artisans obscurs de la grandeur nationale rjui n'ont pas cessé, d tinr génération a I autre, d'agrandir les horizons de la patrie et de céder, avec une sorte d'ivresse joyeuse, a "cette passion d'homme fait pour le délrichcmcnt plutôt que pour la culture." Us auront île la terre, ils auront des chemins.Cela ne veut pas dire que leur vie sera plus stable, qu ils s'enracineronl davantage au sol préparé avec leurs mains Lea grands espaces boisés les appelleront toujours à la suite de leur destin changeant."La terre est bonne, mais il faut se battre avec le bois pour l'avoir" diront-ils encore, et ils continueront la lutte ardente qui les attire, qui les fait vivre, qui leur a donné leur devise: "faire de la terre." Assurément, si le bois est leur seul ennemi, ils l'ont vaincu trop de fois, pour ne pas compter, avec des moyens nouveaux, sur de* victoires plus nombreuses, plus faciles Et ils iront, ils iront, refoulant à grands coups de cognée la majesté sauvage des grands bois, poussant plus avant la charrue, cédant jusqu au bout a la puissance de leur providentielle mission.Ils ont la foi et.ayant la foi, ils ont la force Oui, sans doute, mais a-t-on jamais songé \ toutes les inlluences cachées auxquelles le colon lui-même, le roi de l'œuvre, a souvent recours pour retremper son énergie et poursuivre sa rude besogne?Que sont les millions du gouvernement à coté de la pensée persistante, du dévouement ininterrompu qui accompagnent dans leur retraite les faiseurs de terre?Les millions, certes, sont bienvenus, mais, avant eux, et souvent contre eux, le colon avançait quand même.C'est qu'il n'était pas seul.Son enthousiasme de pionnier était soutenu par la quiétude bienfaisante du foyer dominé, régi, inspiré par une femme.La femme du colonI Nous avons pensé à elle en apprenant l'heureuse nouvelle qui est tombée des lèvres de Monsieur Perreault.Pour elle aussi, c'est un peu plus de lumière qui s'annonce.La route dont on parle, c'est celle qui la rapproche du clocher évoquant la vieille paroisse d'où elle est venue et dont elle garde le souvenir rempli d'espoir.Car, elle aussi, partage la conviction du chef que bientôt on coupera sur la lisière de la forêt un arbre qui sera le dernier, que "la terre sera faite," et que l'on entreprendra, dans la paix et le confort, la dernière étape d'une vie de labeur et de souffrance.C'est ainsi que.de rang en rang, de paroisse en paroisse, s'est étendue sans interruption la nappe cultivée de notre province.A l'heure où l'on songe a tendre une main sympathique aux constructeurs du sol et de la race, ces souvenirs de trois siècles d'hérofsme invincible se lèvent dans les mémoires.Au fond, c'est notre vie qui continue, c'est la ruche portant au loin, toujours plu» loin, les essaims féconds, qui, à leur tour, distribueront sous d'autres cieux, les colonies laborieuses.Nous ne cessons pas d'entendre la voix mystérieuse et forte du sang qui retient Maria Chapdelaine a la terre: "Nous sommes venus il y a trois cents ans, et nous sommes restés.Ceux qui nous ont menés ici pourraient revenir parmi nous sans amertume et sans chagrin, car s'il est vrai que nous n'ayons guère appris, assurément nous n'avons rien oublié."Nous avons marqué un plan du continent nouveau, de Caspé a Montréal, de Saint-Jean-d'lberville a l'Ungava.en disant: Ici toutes les choses que nous avons appor- Choses et Gens tées avec nous, notre culte, notre langue, nos vertus et jusqu'à nos faiblesses deviennent des choses sacrées, intangibles et qui devront demeurer jusqu'à la fin." De nous-mêmes et de nos destinées, nous n'avons compris clairement que ce devoir-là: persister.nous maintenir.Et nous nous sommes maintenus, peut-être afin que dans plusieurs siècles encore le monde se tourne vers nous et Avis Important Numéro de Mai Le prochain numéro de La Canaihi nm: paraîtra le 15 Avril et sera daté du jmois de MAI.Le magazine sera ensuite publié régulièrement le 15 de chaque mois.Ce contretemps nous est causé par les difficultés considérables que nous éprouvons à nous procurer le papier nécessaire.Comme tous les autres et, peut-être, plus que d'autres, nous subissons la crise du papier.C'est une situation que le gouvernement lui-même a été impuissant à remettre dans l'ordre.Nous allons profiter «le ce répit qui nous est imposé pour faire subir de nouvelles améliorations à notre publication.Les abonnements port ront donc un mois plus tard — l'abonnement de Vannée comprend douze numtros consécutifs.dise Ces gens sont d'une race qui ne sait pas mourir.Nous sommes un témoignage." Prograni me- Prospectus NOUS donnons, sous une forme condensée, dans les paragraphes qui suivent, les principaux articles du programme que La Canadienne s'est tracé: Vie nationale.—Questions d'intérêt national, une attention spéciale étant accordée à la documentation des sujets abordés.Relations entre groupes ethniques, points de contact dans les coutumes et les traditions familiales, droits et devoirs de tous appliqués au développement normal et constant de notre pays.Afoueemen* social et religieux.— Mutuelles pour hommes et femmes, ou mixtes; anti-alcoolisme et tempérance; role des œuvres catholiques de femmes sur le modèle des œuvres similaires établies en Belgique et en France.Droits nouveaux imposés a la femme moderne; action féminine comparée a la théorie féministe.Pensions maternelles.Exemples tl'action féminine.Pour le mois de Mai Article Spécial Auprès de Foch Par le Baron André de Maricourt l'n numéro artistique que tous les lecteuri et lectrices de La canadir.vnb voudront conserver Instruction des femmes sur leurs devoirs public», et comme dirait La Fontaine: je sais sur ce point "Bon nombre d'hommes qui sont jemmet Enseignement ménager.Soins du ménage, économie, initiative industrieuse, hygiène, règne de l'ordre et de la lumière au foyer, recettes de cuisine, conseils a l'achctcuse.Coopération active avec les institutions canadiennes-françaises consacrées à la science ménagère et chronique du mouvement au Canada et a l'étranger.Programmes d'enseignement ménager.Pédagogie maternelle.—Cercles d'étlucation familiale, enseignement île l.i science par excellence: sauver l'enfant.Conseils du docteur, gratuits et confidentiels par l'entremise de La Canadienne aux mamans et aux bébés.Statistiques de la mortalité infantile et mesures de répression.Assistance maternelle, gouttes de lait, etc.Travail de la femme.Observation des lois protectrices; inspection des atelier» Dans quatorze pays d'Europe, sur environ cent cinquante millions de personnes appartenant au sexe féminin, il y a en près de quarante millions qui sont des salariées.Conditions au Canada.Chronique de la mode.Cette rubrique à laquelle nous donnons beaucoup d'importance, et qui est rehaussée de nombreuses illustrations n'a qu'un but:—Développer le bon goût dans l'art de se vêtir avec élégance et à bon marché.Les patrons, modèles, dessins que nous publions n'ont pas d'autre objet que de faciliter la tache a nos lectrices.Nous allons plus loin.La modiste de La Canadienne enseignera aussi comment on peut reconlectionncr un vieux manteau, une fourrure, etc.Nous aurons ici la ligue de l'habileté ménagère contre la cherté exorbitante de la vie.Arts domestiques, broderie, dentelles, etc., soins de la toilette.Une élégante a dit:—"On a la beauté qu'on veut." Page des enfants.—Les enlants n'ont pas été oubliés dans la préparation de ce programme."Tante Lucile" dont on a pu faire la connaissance dans notre premier numéro, s'occupera spécialement d'intéresser les tout petits.Rébus, contes, dessins à découper et à colorier, elle mettra à leur disposition de véritables trésors d'ingéniosité où, au désir d'amuser et d'instruire, se joindra beaucoup d'affection.La Canadienne dont le rôle est de servir, traitera des sujets que nous venons d'énumérer et de ceux qui s'y rattachent.Histoire, poésie, folklore, littérature canadienne qu'elle se fera un devoir d'encourager de propager; elle ira puiser à toutes les sources et ne négligera rien de ce qui la rapprochera du but qu'cllese propose et qui est d'être, sous tous rapports, le magazine du Canada français.Suggestion de "La Canadienne" ¦^^OS gens continueront de "faire de la terre;" *¦ ' ils vont continuer la féconde besogne qui, en les enracinant au sol, leur donnera un droit nouveau à la place qu'ils se sont conquise au soleil de la patrie.La guerre, la cruelle guerre, qui est finie, grace à Dieu, et qui avait attiré dans les plaines du vieux monde tant de nos fils, a réveillé chez nous le sens patriotique qui place dans la culture de notre sol l'avenir de la nation.Pourquoi nos gars de Québec, après avoir combattu pour les principes universels de liberté et de progrès, ne reporteraient-îls pas vers cette oeuvre la belle énergie qu'ils ontirapportéc des champs de bataille où ils sont allés moissonner des victoires ?Pour eux, comme pour leurs pères, la terre anecs-trale ¦ des appels pressants.Pour eux, comme pour leurs pères, les encouragements ne manqueront pas ; à leurs cotés, aussi, se retrouvera la collaboratrice qui maintient au foyer les espoirs invincibles et la douceur des devoirs accomplis dans la paix et la confiance.Et, pour la femme du pionnier elle-même, le jour va se lever où la sympathie universelle de ses compatriotes devra lui apporter l'appoint généreux que semble inviter le zèle louable des pouvoirs publics.On parle beaucoup, de ce temps-ci, de l'organisation de cercles de fermières.C'est l'agrandissement de l'œuvre de no» organisation» de femmes qui, virtout dans les villes, I accomplit, sous tant de forme» diverses, et qui ne «esse pa» de porter chez le» déshérités de la fortune un peu de lumière et de joie. S La Canadienne.Mars, itjzo L'abbê soupira : -L'ordre de Monseigneur est formel.El.songeant que s'il rentrait au presbytère U n'aurait plus le courage d'en sortir, il se mtl en roule.IRSQI II eut renvoyé son servant île messe el leriné l'église, l'abbé G A line jeta sur la croix du cimetière un regard douloureux.Il faisait chaud déjà, malgré l'heure matinale, et l'orage de la veille avait laissé dans le ciel de longues traînes de nuées que le soleil victorieux criblait de Hèches d'or L'abbé soupira i — L'ordre de Monseigneur est formel lit, songeant que s'il rentrait au presbytère il n'aurait plus le courage d'en sortir, il se mit en route Depuis des mois, il reculait de jour en jour cette corvée.Le soir, dan» ses veillées de solitaire; le jour, dans l'intimité du petit jardin clos où il disputsit quelques légumes aux mauvaises herbes, ou bien a l'église, dsns les moments dr songerie que lui laissait la prière, il avait maintes (ois construit ses arguments, écha-faudé son discours et conclu: —Oui; c'est bien cela que le jeur dirai.Je leur ferai comprendre.Mais toujours, au moment d'agir, il s'était senti paralysé par un découragement insurmontable.—Non.pensait-il avec effort, ils ne comprendront pas Ils ne voudront pas comprendre.Et puis je S'oserai jamais S'en aller, lui prêtre, déjà calomnié par toutes les malveillances, méconnu par toutes les ignorances au milieu desquelles il s'épuisait, demander i ses paroissiens ce qui leur tenait le plus sux entrailles, de l'argent, quel suppliciant devoir' Il se représentait leurs figures fermées, hostiles; il «'effarait » I' nam e de leurs paroles de refus, et plus encore en s'imaginant leur silence.Ainsi le temps s'était écoulé entre la résolution du jour et l'irrésolution du lendemain, pui» l'irrésolution avait dominé; le remords, très vtf d'abord, de la tâche non remplie s'était endormi.L'abbé Gâtinr avait reçu de l'êvfché son traitement de desservant, un peu diminué sans doute; mais en y ajov'ant les ressources de son modeste rasuel il avait pu vivre Et il se tenait coi, espérant être oublié.l'ne lettre pressante, impérieuse, était venue de haut, comme un coup de foudre éclatant dans un iel incertain, troubler ce semblant de quiétude Monseigneur l'évêque avait remarqué que la paroisse de Vironville n'avait pas encore contribué au denier du culte.Il s'en étonnait, et demandait à M.le curé les raisons de cette abstention.Il lui rappelait que, la loi de séparation entraînant pour le clergé un dénûment chaque année plus grand et le moment étant proche où il allait devenir absolu, l'étroite obligation de subvenir aux besoins du culte s'imposait aux fidèles, et aux pasteurs le devoir de se faire auprès d'eux les mendiants du Christ Bientôt l'évêque se verrait dans la pénible nécessité de priver de leurs desservants les paroisses oui refuseraient cet impôt de la foi; il en informait M.le curé pour qu'il ne chargeât pas sa conscience de ce refus, au cas où il pourrait être imputé à son manque de courage apostolique.Cette lettre avait bouleversé le curé de Vironville.Le cœur gros de chagrin et déchiré de remords, il en avait sondé avec effroi les mensces.Il aimait sa paroisse de cet amour admirable qu'ont souvent les dévoués pour les ingrats: i ces imes de paysans, distantes ou rebelles, qui ne l'entendaient point ou qui se refusaient i lui, il s'était attaché par les liens toujours renoués d'espérances sans cesse déçues.S'il avait perdu la confiance juvenile qui, au sortir du séminaire, avait soutenu I effort de ses premiers travsus sur le champ aride dr la paroisse, il avait également dépouillé I absolutisme et l'intransigeance qui, dans la jeunesse, sont presque toujours la rançon Ïue l'inexpérience pair aux plus généreux courages ne belle indulgence, telle qu'il s en épanouit dans les cœurs nobles que la vie s éprouvés, embaumait à présent, comme une fleur, le jardin de son âme Depuis longtemps il ne s'irritait plus; il souffrait doucement, patiemment, luttant sans illusion contre le matérialisme qu'il sentait grandir autour de lui.heureux lorsqu'il croyait, de temps i antre, avoir rallume au loyer de quelqu'une de ces intelligences dominées par les intérêts de la terre, une flamme, si petite fût elle, de l'idéal chrétien, ou lorsque lea trrreurs qui précédent la mort, plus fortes que les précautions prises, loi donnant accès auprès d'un malade, lui permettaient de verser sur lui ls grâce du pardon.Et maintenant, par sa faute, il risquait de vouer ans pires abandons les Imes qu'il aimait ' Un Clocher dans la Plaine Récit normand des premiers jours de la Séparation Par JOSEPH L'HOPITAL IU.de T.V.McCarthy COMBIEN vite le prêtre serait oublié! Il songeait dans la plaine qu'elle n'animerait plus, au milieu du village indifférent, k la stupeur de l'église lermée et muette.Hélas! peut-être même pas muette Dans une paroisse voisine, tout dernièrement, le maire n'avait-il pas prétendu, k l'entrée au cimetière d'un enterrement civil, faire sonner les cloches cat ho liques?Il lui semblait entendre ces voix saintes, violentées par des impies, saluant la parodie et le blasphème, tandis que ls maison de la prière, vide et ruinée, insultée par le vent et la pluie au travers de ses vitraux brisés, perdrait une k une et laisserait tomber comme des pleurs les ardoises de sa tour et les tuiles de ses toits.—Non! dit-il presque k voix haute en s'engageant dans une sente menant aux champs, cela ne sera pas, s'il plait à Dieu; j'ai péché par indécision, par timidité: pour me punir je veux être brave.Et s'apostrophant, se gourinandant lui-même: —Tu voulais commencer par les Langlois parce que tu penses qu'ils seront plus faciles.Eh! bien, tu commenceras par les Huchecorne! Toute de suite il s'était trouvé en rase campagne et il suivait maintenant k pas rspides le chemin du Mesnil.la ferme des Huchecorne.C'étsit une ancienne voie romaine, traversant en ligne droite la plaine semée de plants de pommiers et de bocquetesux, où le printemps finissant avait jeté sous le soleil tout un tapis de couleurs: teinte presque bleue des blés déjà rigides sous l'effort de l'épi vers la lumière; vert plus clair des avoines molles encore et comme frisées par la chaleur; rouge mourant des trèfles d'hiver presque défleuris; rose tendre des premiers sainfoins, bleu de roi pointant dans les luzernes prêtes k s'épanouir.Sur la route gaxonnée où blanchissaient ç.\ et IA quelques blocs d'antique avage jadis foulés par les rudes légions des Césars, e prêtre faisait une petite tache noire, et derrière lui le clocher, semblable A un géant tutélaire, regardait par les deux petites ogives placées sous le rampant de son toit pointu flamber dans l'ardeur du jour le coin de vieille terre normande remis en garde par ls foi de ses morts A In croix qu'il élevait droite et hère dans le ciel.g LE SOLEIL déjà haut tapait dur tlans la cour des Huchecorne quand l'abbé Gâtine y pénétra.Deux chiens k poils durs s'affairaient autour des vaches qu'on avait menées boire à la mare, la traite faite: ils s'élancèrent en aboyant furieusement —Bismarck!.Basrouge!.Voulez-vous bent.A vot'ouvrage!.Attendez voir un peu! Ah! les quiens d'malheur' fit une voix.—Le patron est-il A la maison?demanda le curé.—Ca n'aurait rien de drMe, répondit le vacher.VIA la maîtresse; vous pouvez y demand-r.pt'être?Du fond de la cour Mme Huchecorne s'en venait, une vannette pleine d'avoine sur la hanche, poussant des ululements d'appel et suivie par un bataillon serré de volailles.Elle s'arrêta en belle place et fit au-dessus des poules, des canards, des dindons et des oies le geste auguste du semeur.Alors seulement après avoir secoué la vanette vide, elle parut s'apercevoir de la présence tie l'abbé Elle vint k sa rencontre sans h^te, la main au-dessus des yeux pour mieux voir ceprodige: un curé dan» sa cour Ils échangèrent les politesses d'usage.—Votre santé est bonne, madame Huchecorne?—Vous êtes bien honnête, monsieur le curé; et d'vot'part?—Et M.Huchecorne va vien?—Il ne se porte pas plus msl que cat.—Et.est-il k la maison?—Que que ça vous fait?C'estil que vous voulez lui causer?—J ustement.Mme Huchecorne sursauta.Ce "justement" lui paraissait énorme.Que pouvait vouloir le curé 4 son mari notoirement connu pour ses opinions anticléricales?L'étonnement qu'elle éprouvait augmentant as méfiance, elle chercha un prétexte pour suspendre la conversation Une vache échappée a la surveillance dea chiens le lui fournit en s'attaquent des cornes k une meule de paille Laissant It son interlocuteur la fermière s'élança en criant : —Quoi qu'a lait?mais quoi qu'a fait?Hé! Gustm, tu ne vois donc point la bringée qui cornaille les détours?.Mords la.Basrouge.mords la.mon bon quien' Le curé, interdit, assista k l'attague de la bringée par Basrouge bientôt appuyé par Bismarck.Mord ne aa jarret par le premier tandis que It second lui aboyait au nez, elle partit au galop, poursuivie par les cris du vacher et de la mattreese qui rappelaient les chiens, puis rejoignit, d'un grand trot désuni, le reste du troupeau.Tout en courant après sa vache, M me H uchecome avait fait quelques rapides réflexions dont la conclusion fut aue te curé suait lui demander de l'argent; or, rien, n était plus contraire i ses habitudes que d'en donner Elle simula donc une occupation absorbante La Canadienne, Mars, IQ20 9 et fiévreuse, s'cmpressant avec Gustin autour des vaches, les poussant vets l'étable, s'attardant a les attacher, secouant elle-même la paille sur leur litière, inspectant minutieusement leur provende, avec le secret espoir que le curé, ne la voyant plus, s'en irait.Mais lorsqu'elle revint dans la cour il y était toujours.—Y a pas! grogna-t-ellc; il ne démarrera point! LM.LE revint vers lui, hostile et doucereuse.Et a-* tout dc suite, afin de gagner du temps, elle répandit un Ilot de lamentations.Ah! qu'on avait donc du mal avec le bétail! Et les vaches (a n'est rien encore, mais les vachers.t—Ah! monsieur le curé, la servitude, au jour d'aujourd'hui, vous ne savez point ce que c'est.Non, vous ne le savez point! Cherchez-en voir, des domestiques, et vous me direz ce que vous trouvairez.Des rouleux! de» galvaudeux! des (signantsI Ça baille en place d'être a son affaire; dès que ça a deux sous ça va au café.et puis faut encore rien dire, vu que ça ne veut plus être commandé.Le curé essaya de compatir a tant de déboires; mais Mme Huchecorne lui coupa la parole.—C'est a ne plus y tenir, que j'vous dis! Aussi le petit ne veut point se mettre dans la culture.Son pi-re .1 beau y dire des paroles, il n'veilt point.—C'est malheureux, hasarda l'abbé G.ltinc.— l'our sûr que non que ça n'est point malheureux! J'avons t'y point assez travaillé, l'père et puis moi, pour qu'il se repose?Et comme le curé, ne voulant pas approuver cette logique maternelle et n'osant pas la blâmer, gardait le silence, Mme Huchecorne continua d'une voix claironnante: — Non, qu'il ne s'y mettra point, dans la culture! La campagne, d'abord, ça n'y convient point, avé l'éducation conséquente qu'on lui a payée.La jeunesse à ct'heurc.quand c'est à la hauteur, ça ne se plaît qu'à la ville.Une pensée machiavélique traversa l'esprit du curé.—La vie y est cependant bien chère, dit-il.La fermière eut le sursaut d'orgueil qu'il escomptait.—Croyez-vous, cria-t-clle, que not'garçon n'ait point assez d'erg.Mais elle s'arrêta, saisie, voyant le piège; et, reprenant aussitôt le ton pleurard: —C'est vrai qu'il en faut.d'I'ergent.monsieur le curé; beaucoup d'ergent !.Et l.unirait point craire que j'en n'avons plus qu'il ne nous en iaut C'est bé rie à rac si on s'en tire.Quand on pense qu'a fallu donner trente-cinq Irons au vétrinaire pour avoir soi-disant soigné not' poulain qu'a tout dc même péri du tintanos! C'est-il pas abominable?Tout en causant, Mme Huchecorne n'avait pas cessé d'évoluer du coté tie la grande porte, tournant le dos à la maison et poussant insensiblement le prêtre dehors.Celui-ci comprit qu'il était temps d'en finir.Appelant à lui tout son courage, il s'arrêta, ce qui obligea la bonne dame à faire de même.Alors, après quelques mots d'étonnement poli sur les exigences du vétérinaire et tic condoléance sur la mort du poulain, il entra dans le vif de la question par cette attaque directe: — Et moi qui venais vous demander dc tn'aider, madame Huchecorne! La figure dc la fermière se renfrogna, puis devint glaciale.—Ah, dame, dit-elle, si c'est pour des affaires, je ne pourrai rien vous «lire.Le maître n'est pas là.—Vous avez bien entendu parler de la Séparation, madame Huchecorne?Vous savez que les prêtres ne reçoivent plus rien du gouvernement?—C'est-il que vot' place est devenue mauvaise?—Elle n'a jamais été bonne au point de vue de l'argent; mais enfin notre traitement, auquel venait s'ajouter un peu de casucl, nous permettait rie vivre, tandis que maintenant.—Qui qui vous empêche de prendre un autre métier?—Oh, madame Huchecorne, quelle mauvaise parole! Vous savez bien que je ne fais pas un métier.Etes-vous donc de ces personnes qui ne veulent plus dc la religion?Votre mère était pourtant chrétienne.—Aile l'était.Mais mon homme ne l'est poinl.j^ — .Mais vous, vous l'êtes encore.—Où que c'est que vous voyez ça?LE CURÉ jeta autour de lui un regard dc détresse, implorant un secours, une inspiration d'en haul.Ses yeux rencontrèrent, au-dessus de la porte des écuries, deux branches croisées dc buis jauni.Il étendit le bras vers elles —Pourquoi, dit-il, si vous n'êtes plus chrétienne, laissez-vous sur ce bâtiment le signe de la croix?Mme Huchecorne hésita un instant puis répondit: —C'est rapport au béta.En dépit dc sa volonté de demeurer patient et humble, le prêtre frémit, et d'une voix plus haute: —Ainsi vous ne croyez plus au Christ pour vous-mêmes; mais vous y croyez pour vos chevaux et vos vaches?—On n'y ctoît point, botigonna-l-elle, et puis on y croit tout de même.— Ehl bien, qui vous bénira vos rameaux quand il n'y aura plus de curé à Vironville?— Plus de curé à Vironville?_Monseigneur l'évêque a décidé que les paroisses qui ne subviendraient pas au denier du culte n auraient plu» de prêtres résidants.Il faudra donc nue je m'en aille.Et alors qui desservira votre église?Est-ce le curé des Crières qui à déjà trois paroisses sur les bras?Est-ce celui des Essarts qui demeure par delà la forêt, ou le doyen de Frcsne, nui n'a plus dc vicaire depuis l'an tlernier?Ni l'un ni I autre.Vironville sera altondonné.Est-ce là ce que vous désirez t Elle rhercha â ne pas répondre.« —On dit comme ça îles choses, fit-elle.Il la sentit ébranlée, inquiète: il en profits.— Vous ne voulez pas me le dire; mais je voi» que vous tenez encore à votre église.Elle avoua: —On n'y lient pas plus que ça dans des moments; mais, dans des moments, c'est vrai tout de même qu'on est comme si qu'on y tiendrait.—Vous voyez bien, ma bonne madame! Le vacher Gustin, tirant après lui le taureau qu'il menait à la mare, traversai! la cour.Stupéfait de voir encore la maîtresse en conversation avec le curé il s'arrêta.L'homme et la brute formaient un groupe pareillement ahuri et farouche.Mme Huchecorne poussa vivement l'abbé hors dc la porte en disant: —C'est point utile que la servitude voie que je vous cause.Lorsqu'ils furent derrière le mur.sur le chemin, elle fouilla longtemps dans ses jupes, puis s'écria avec dépit: —Qui qui me donnera de la tête, au jour d'aujourd'hui?V"là-t-il point que j'ai oublié ma monnaie?.J'croyais pourtant avoir pris de l'crgcnt pour payer l'cochonnier qu'est venu tuer chez nous avantr'hier.Elle recommença à explorer fiévreusement ses poches.—Ma fi! monsieur le curé, où qu'il n'y a rien le diable ne peut rien tirer.On vous apportera ça un jour qu'on ira à la messe.Et elle s'esquiva.I 'ABBÉ Gâtine reprit sa marche sous le soleil.Pour dompter les pensées qui bouillonnaient en lui, il sortit son chapelet et se mit à le dire.Peu à peu il se calma au murmure des ave; et il s'unît si bien à l'Ange pour saluer la Reine descicux que l'image dc la très-terrestre Mme Huchecorne s'effaça de son esprit ravi dans la paix îles hauteurs.Comme il traversait un bois pour gagner le hameau du Bosc-Guichard, la fraicheur des taillis l'enveloppa, et il chemina les yeux perdus dans cette ombre que, ça et là.traversaient tics rayons.Il (ut tiré de sa rêverie par l'apparition d'une carriole à un tournant brusque dc la route.Il n'eut pas le temps de s'en garer; elle le frôla.Elle allait bon train, tirée par un fort cheval de culture qui, galopant du devant et trottant du derrière, la faisait virer et chaloupcr sur les ornières, en imprimant à sa capote en toile cachou"rejetée en arrière un mouvement de roulis.Le curé reconnut les deux Huchecorne père et fils qui ne daignèrent point s'apercevoir qu'ils avaient failli le renverser; mais le cheval, à I instinct duquel il devait son salut, lut corrigé de son écart par un grand coup de fouet.A l'orée du bois, avant la première maison du Bosc-Guichard, deux hommes .Misaient Le premier, appuyé aux mancherons de sa charrue arrêtée en plaine raie, insoucieux dc son attelage que les mouches tourmentaient, écoutait avec déférence le second, sorte de bourgeois barbu, qui roulait îles yeux agiles et, tout en pérorant, s'enveloppait dan» «les nuages de pipe.Dés que celui-ci vit le prêtre il s'approcha de la charrue, se baissa, toucha le fer du coutre avec affectation.Rapidement, le charretier ébaucha un salut, puis tout de suite partit d'un gros rire.Le curé passa en se disant: —Ceux-là non plus ne tlonncront rien.Il songeait a la misère matérielle du breton Legoff, qu'il avait maintes (ois essayé de diminuer par des aumônes qui augmentaient la sienne; et ses ricanements forcés ne l'irritaient point, car il sentait que seule sa velléité de salut avait té sincère.Il songeait aussi à la misère morale du citoyen Dubourdeau, dont la haine fan.nique contre le clergé ne connaissait plus de bornes depuis que la Loge de fresne-l'Abbé l'avait choisi pour Frère orateur; et son «eslc, où il entrait peut-être autant de superstition que d'inso-le-ice, lui inspira dc la pitié, point dc colère.I A MAISON des Langlois était au milieu d'une *—* masure plantée Le curé leva la clanche d'une porte à claire-voie et se trouva sous les pommiers.Les derniers pétales des fleurs mortes tombaient dans l'herbe où picoraient des poules; trois lapins accroupis el prêts à détaler regardaient en plissant leurs nez, deux dindes qui se battaient avec acharnement, tandis qu'un jars s'approchait, respectueusement suivi par ses femmes et se balançant avec solennité.Cependant la victoire de l'un des combattants se dessinait; profitant d'une fausc manœuvre de l'adversaire il lui avait, dans une brusque détente de cou.solidement harponné la crête, près dc l'œil; et il commençait à le pousser devant lui; à le promener, anéanti par la douleur, avec des gloussements féroces.Le jars alors, se lançant dans la mêlée, les sépara en deux coups de bec, poussa (Suite sur la page j4) Tout à coup Anatole, irxenanl à Icules jambes, bctii.it au milieu tlu bat en criant—Au feul—C'est là bas.su ÏMcstul! to La Canadienne, Mars, iuju LêDàIN BtNlf (b'ecit) Légende Acadienne racontée par une aïeule Par DrJ.-tZ-A.Clou tier ill.par C.tlay Charles (iÉTAIT du tempi île.Français.C'est donc une bien vieille histoire que celle-là, mes enfants.Oh! oui, qu'ils sont déjà lointains ces jours, oû, grâce à Dieu et à la valeur de nos glorieux a.icetres, l'Anglais n'avait pas encore réussi à poser sa griffe perfide sur notre beau pays.Donc dans'ces temps reculés, il n'y avait pas, comme aujourd'hui, de ces maisons bénies où la divine charité recueille l?s infirmes et les vieillards sans asile._ C'étaient les habitants de Chaque paroisse qui, de'.leur plein gré, prenaient soin de ces pauvres déshérités qu'on appelait des "pain-, b.'-nits, " qu'on s; passait d'un voisin A un autre et qu; chaqu; famille adoptait, pour ainsi dire, l'espace d'une semaine, quelquefois plus.Rarement refusait-on i'entrée au foyer du pjuvre "piin bénit." Partout on le traitait avec les égards dus .i un frère malh jureux, |et bien souvent on se gênait mStne pour lui, lui réservant toujours la meilleure, plan* et les m;ts les plus délicats Beiuroip de brav ;.gins ,i irai ;nt crû s; déshonorer en refusant, sins raittns viliSles, de girder à leur tour le "pain bînit." D'aill-urs à c?pur sentiment de pitié et de chirité ¦ liréti-Miu • envirs c?s pauvres se mêlait une vague conception d: terreur superstitieuse: il ne faitail p is bon, cr iyiit-on, d; bur manquer de res > , de leur être dur.et » pl.«s farts raisin, de leur refuser l'hospitalité.Cela, affirmait-on, ne portail pis bonheur.Puis quand'un de ces malheureux venait à mourir, l'on faisait une tournée dan* toute la paroisse pour lui acheter un'cercuiil et lui faire chanter un service convenabl.-.Al.A SUITK de quelles aventures Pierre l.andrey qu'on avait baptisé le vieux Caven était-il venu s'échouer au Cap-Saint-Ignacc pour y finir ses jours?C'est là une histoire bien lugubre et que gr.ind'mère ne nous racontait jamais sans qu'une larme ne vint mouiller m.i paupière.Pierre l.andrey était un .ir.idien de la ('¦r.ind'l'réc, dont la famille, heureuse jusqu'au jour du "Grand Dérangement," avait été, comme tant d'autres, lu iit.ilenienl arrachée à son paisible foyer pour être cruellement dispersée aux quatre vents du ciel par le crime le plus abominable el le plus odieux que rapporte l'histoire des peuples civilisés la déportation des Acidif ils l.i I.¦ miIli- de Pierre l.andrey se Compos.iii de -.i (.ni lin-, de trois fils et d'une fille mariée qui elle-même était mère de plusieurs enfants.Vraiment quand on entend raconter ces faits, on croirait qu'une aveugle fat ililé s'est faite le complin de la barbarie des monstres rli.iii;i> de l'exécution de rel horrible forlail En effet, les fils et le gendre de Pierre avaient été embarqués, avec d'autres jeunes gens tie leur Age, sur un trois-in.1 Is, pendant que sa femme, sa fille et ses petits enfants étaient p.tqiietés.comme des bestiaux, dans une goélette où lui-mi" me devait prendre passage.On lui avait permis de retourner A sa maison pour y prendre des provisions et quelques effets pour ce long voviige vers l'exil I i pendant re temps, profitant de la marée et du bon vent, sans plus s'occuper de lui, la goélette avait levé I ancre, emportant au loin tout ce qui lui restait de plus chef au monde Le pauvre vieux Pierre, atterré, fou de douleur, avait été A son tour iet.il m- un autre bâtiment, ivrc •f ¦•¦•!.• malheureux comme lui.Tous rrs vaisseaux, surchargés de misérables vies humaines, les uns après les nitres, avaient gagné la mer, allant au gré ties vents el des tempêtes, s?Tier leurs frémissantes cargaisons humaines, tout le long du littoral des colonies américaines.Dès le jour où le pauvre Landrey eut mis le pied sur la terre étrangère, commença pour lui, ce douloureux pèlerinage qui ne devait se terminer qu'avec sa misérable existence.Sans cesse, et toujours en vain, s'acharnant à la recherche des siens, il parcourait et fouillait tous les endroits susceptibles de receler quelques-uns île ses infortunés compatriotes.Un jour pourtant il eut une grande joie, mais qui ne devait pas être de longue durée, hélas! Un doux rayon d'espoir pénétra dans son cœur, lueur fugitive qui ne devait que mieux lui faire connaître l'immense étendue de son malheur.Un Acadien se disant bien informé, affirmait que la goélette portant sa femme et une partie de sa famille avait atteri à Boston.Il accourut donc vers cette ville.Mais, ô malheur! c'était pour y apprendre que sa fille était morte dans ce port, morte de miser; sur le pont du navire infect qui l'y avait jetée, à côté de ses enfants criant la faim et sous les yeux de sa propre mère: et que sa femme à lui, sa Josette chérie, épuisée par le chagrin et les privations sans nombre, était morte elle aussi, quelques semaines plus tard, dans un taudis, au milieu • lu plus grand dénuement et des plus atroces souffrances.Quant à ses fils, on n'en avait aucune nouvelle.Les enfants tie sa fille avaient été recueillis par un homme du Massachusetts; on ignorait ce qu'ils étaient devenus.C'en était trop.Une pareille catastrophe ajoutée à toutes les horreurs qu'il avait déjà subies, avait produit sur son cerveau une telle commotion que sa raison s'en était allée: Pierre l.andrey était devenu fou; mais d'une folie inoffensive."Mais cet homme m, qui moi Jean sonne dans u c i c'est mon fils, ça douce et mélancolique.M Toujours et partout il recherchait les membres épars de sa famille détruite ou éparpillée sur tout un continent; mais ce n'était pas ses fils ni ses petits enfants qu'il cherchait ainsi, non.Oubliant que sa femme et sa fille reposaient là-bas dans un coin perdu de quelques cimetières abandonnés, c'était pour elles qu'il parcourait les villes et les villages, errant de hameaux en hameaux et jetant à tout venant, comme le refrain d'une plaintive complainte, cette éternelle question:—"Avez-vous vu ma femme, ma Josette, et ma fille Julie?" Puis bien souvent, sans même attentlrc la réponse, sans boire ni manger, il repartait, toujours errant, toujours marchant pour aller répéter plus loin son éternelle chanson.Il avait ainsi traversé les forêts vierges du Maine, puis il avait gagné la région du Madawaska; enfin toujours cherchant, sans trêve ni repos, il remontait maintenant la rive sud du St-Laurcnt.Ne lui avait-on pas dit, quelque part, que sait-je, peut-être pour se débarrasser de lui, peut-être pour bercer le pauvre fou Jd'un dernier rayon d'espérenec que là-bas vers Québec, on avait rencontré des Acadiens errants.Et toujours sous l'empire de son idée fixe, il cherchait maintenant de ce côté-ci, sa femme et sa fille, ayant sans cesse sur les lèvres son éternelle plainte.Et c'est ainsi qu'il était arrivé au Cap-Saint-Ignace.Mais hélas! Etait-ce bien là un homme que ce spectre, pâle, décharné, aux yeux caves enfoncés dans les orbites, les cheveux et la barbe en désordre, presque pieds-nus, tout couvert de haillons et pouvant à peine se tenir^debout, car ses vieilles jambes, qui en avaient trop fait, refusaient de _ le porter plus loin.Il avait réussi à se traîner jusque chez Pitre Bernier à Charfis, où il avait demandé à couvert.C'était du bon monde chez Pitre à Charlis, bien charitable pour les pauvres.Aussi le malheureux y avait-il été bien accueilli; on lui avait même donné des vieux habits pour remplacer ses loques.Mais le l-ndemain matin, le pauvre Cayen n'avait pu se lever seul de dessus s
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