La Canadienne : le magazine du Canada français, 1 janvier 1920, v. 1, no 3
VOl I Ml I TORONTO MU, 1920 M Ml KO a Canadienne LE MAGAZINE DU CANADA FRANÇAIS Abonnement , , COMPAGNIE DE PUBLICATION CONTINENTALE, LIMITÉE .j""!^';^ TROIS DOLLARS «Mit»! Canada ,.TORorrro MM.I-I.IMJ I MS FABRIQUÉ AU CANADA La Canadienne.Mai, 19*0 Vol 1, No.3.La Canadienne Mal 1920 ds- ABONNEMENT.U 00 par , HMhlWllCtMélMrbukiL- U nmém.« o-t» aWusés, M 00.Astra* Psrshraogtrs.(Utwuk *a«H auitia.1 « , i|g«« w .oaïa., a., ATTENTION.Chanatmrnt a tat—m Nou* r*Mn—°— raéMM d'» aboaad t .1i ¦>««.assis U faut doon., lands.adreaa.m tsmot au* la nou.'lte poor lu» b pute** Mr.tail.Le Magazine du Canada Français Directeur, Mu Iillmli u bureau da /'¦f""" peau 4a Toroato.OaU coma* "jjCtji" " • * - .- ¦ _ * Sacrera Ira 4* la r*dactia*).Mm.r- AIL-EMILE LAMAJtCHE Marqua 4epoa(* n ltlt aa MMffn 4a fnaainci n d.rUdaaMt.par k> Caaapa.3U.4t raBSntlteal Cootlaaatala.Liait**.4.Moatrsal tt Toronio.Ia.|rta^ iir^éditaura.OLSOCVElXEMrLNTS-N* H* =aaqu« dt K ira^B te buUoUa da iaM.nii.arai qui tara dsa* te aanadra qui ibbsm tout i»j*a*aM.I d détail aat Importa*, pour qa il n> alt pa* dlo-wrr-jpta».daaa te mm* *us*«a< La lira*» atlér..et se demande "ce qu'en penserait Molière." li servante du (rand classique répond a ses questions: I h bien! donc, sans avoir en rien tergiversé.Je dis tout net, monsieur: le monde est renversé.Si dans celte voie il s'entéte.Nous allons voir les bœufs voler.Les poissons se mettre A parler, Et les gens marcher sur la tète.Molière sourit et répond a la bonne LaFor#t que tous les maux dont elle s'alarme, H le* a déjà montrés sur la scène.Il a même prescrit des remèdes; est-ce qu'on les a suivis?Les maux, pourtant, sont les mêmes.Oh! oui, il est bien temps de se demander ce que penseraient de nous les grands esprits d autrefois.Nous n'y voyons pas trop clair nous-mêmes.Pourtant, il semble bien qu'il y a quelque chose de changé sous le soleil.I i quand ils nous parlent, par exemple, de la crise du papier, les journaux nous font savoir, tout de suite, qu'en somme nous subissons la crise de tout.C'est à croire que la guerre, ui, sans doute, a été une grande distributrice e souffrances et de misère, a été aussi une source de bienfaits de toutes sortes.On donne volontiers des noms étranges à une catégorie de ceux qui en ont retiré le plus de bénéfices, mais on songe peu que nos habitudes d'enfant prodigue tiennent aux mêmes causes.Autrement verrait-on tant de monde bouder au travail, tant d'appétits mettre tout simplement les gens dans la rue, tant d'esprit moins soucieux de rétablir l'équilibre social que de faire pencher de leur coté le plateau de la balance.Tout le monde crie: "La vie est chère!" Et.certes, elle l'est, chère, la vie d'aujourd'hui.Puis, savez-vous quel remède on propose?Travailler moins en gagnant plus.Au lieu que pour rétablir l'équilibre rompu dans notre machine sociale il fallait, avec Monsieur Brieux, dire aux uns, "il faut retrousser ses manches et se mettre A la besogne," aux autres, surtout à ceux-là, "il n'y a qu'une façon honnête de s'enrichir, c'est de créer." Et, en attendant que cela finisse, toujours qu'une explication: la guerre' Mais qu'est-ce qu'ils nous ont donc raconté ceux qui sont venus dire que la guerre était finie?Nous avions pourtant assez de ministres à la Conférence de U Paix pour que nous en sachions quelque chose.On nous disait tout le temps que nous avions des alliés généreux, magnanimes.Où sont-ils depuis que la paix est faite?Qui nous a ratatiné imtir dollar dans des proportions déconcertantes, si re n'est notre puissante voisine et son nuageux président?Le» citoyens de Poughkeepsie, une petite ville de l'état de New-York ont, paraft-il.décidé de s'insurger contre leurs barbiers-coiffeurs.A une hausse considérable que ces messieurs ont voulu donner A leurs honoraires il a été répondu: "Zut! on se rase chez soi ! Quant lut cheveux ils peuvent pousser!" Il est bien vrai que, chez nombre de ces gréviste* nouveau jeu, la privation d'une coupe de cheveux n'entraînera pas des responsabilités très lourdes, mais, en fin de compte, le principe •era sauvegardé, et c'est tout ce qu'il faut! A tout prendre, cet incident, si petit soit-il.marque peut-être qu'une réaction se fait, et qu'aux exigences outrées vont s'opposer de ferme* protestations.Cela veut peut-être ¦lire aussi que les choses vont bientôt se remettre en place et la vie reprendre son cours normal.Nous passons la crise, mais une crise n'est pas nécessairement le monde renversé.Beaucoup, même, se demandent, si ce que nous voyons dans le chambardement universel n'est pas la suite d'un changement, plus profond celui IA.qui, au cours du dernier siècle, s'était produit dans les idées, les habitudes, les méthodes de culture, les utopies, pour aboutira la grande catastrophe La guerre a crevé l'abcès, et le monde, cet éternel patient, subit la secousse de l'opération Mais il o'est pas changé On I a dit avec raison: "Le progrès est une grande roue qui ne peut se mouvoir sans quelqu'un" Et on sait quelle profonde Choses et Gens trace cette roue vient de marquer sur le globe.La nature humaine, qui ne change pas, reprend peu A peu ses droits.Elle continue quelquefois, comme aujourd'hui, avec une nervosité parfois alarmante, elle continue sa besogne comme aux premiers jours avec la même persistance caractéristique pour ne pas dire sous l'influence des mêmes appétits ou, encore, avec les mêmes moyens, La guerre même, cette grande guerre de la civilisation contre la barbarie, qui a renverse La Création d'une Terre UN tendre souvenir vers vous tou» me ramène.Ancêtres disparu» sous le sombre horizon.Créateurs prévoyants du champêtre domaine Qui s'arrondit au large autour de la maison.Ce groupe harmonieux d'un antique héritage, Arrive jusqu'à moi.ne s'est pas pas fait de rien: Il s'est formé par vous, durant tout un grand age.Par le constant souci de votre amour terrien.Les traces de vieux murs, écroulés par leurs faites.Dont le débris étonne au beau milieu d'un champ.Vénérables témoins de paisibles conquêtes.Restés du nord au sud.du levant au couchant.Disent à votre fils que vos âmes altières N'ont pu se contenir aux bornes d'autrefois Et que vous avez étendu vos frontières Comme de vaillants chefs et comme de bons rois.Puissé-je maintenant, possesseur du royaume Qu'ont accru trois cents ans de soucis paternels.Avec un bois, un clos, une pâture, un chaume.Lui donner, comme il sied, ses confins naturels.Sans oublier pourtant, servi par la fortune.Que ce noble travail fut par vous commencé Et que ma part n'est rien dans notre œuvre commune O bienfaisants aïeux perdus dans le passél —Charles de Pomairols.3 deux grands empires et semé de petites républiques sur leurs ruines, la guerre même n'a pas réussi à inculquer aux diplomates, dans la solution du problème mondial, l'esprit de désintéressement ui les poussait à s'allier pour la défense en face u danger.De vieux problèmes européens, sources séculaires de conflits sanglants, ne se présentent plus qu'avec leurs historiques cortèges d'intérêts particuliers et menacent de n'être solutionnés que sous l'influence de ce que nous pourrions appeler l'atavisme de l'arbitraire.Non, le monde n'est pas changé, même si la carte accuse quelques déplacements de frontières.Une force invincible le maintient toujours dans ses limites, et, de nos jours, avec une rigueur qui nous parait clémente au lendemain du châtiment terrible qu'elle lui a infligé pour avoir méconnu certains principes immuables d'ordre et de justice.On le comprend mieux aujourd'hui que nous voyons les vieux peuples retourner à de sages traditions imprudemment mises de coté par les politiciens.De nouveau, c'est le règne de l'ordre Pour le mois de Juin Conte : L'Heure Violette Par HENRI BORDEAUX de l'Académie Française qui s'annonce; c'est la puissance du bien qui s affirme.San* doute, on ne guérit pat facilement les plaies profondes que laisse un conflit universel; mais on les guérit sûrement, si l'on veut, les jours d'effervescence passés.LA-dessu».c'est encore Monsieur Brieux,déjà cité, qui nous donne le meilleur conseil."Pendant cinq ans," dit-il, "sur la terre, vingt millions d'hommes se sont acharnés à détruire.Cela ne se réparc ni en faisant grève, c'est-à-dire en se croisant lea bras, en boudant le travail, ni en exigeant plus d'argent pour le labeur accompli, ni en dansant le tango." Et il ajoute: "Alors, décidément, le seul parti à prendre, c'est de travailler."Et travailler de bon cœur, dt lionne humeur, en aimant ce qu'on fait, en étant lier de ce qu'on fait, et en le faisant de son mieux."Faire de son mieux! "Si chacun, depuis le plus humble travailleur jusqu'au plus haut, taisait de son mieux, se donnait tout entier à sa besogne et mettait son orgueil à faire aussi bien que nul autre; si chacun comprenait que la véritable indépendance et l'intangible dignité, c'est d'aimer son labeur quotidien, quei qu'il soit, et de savoir que, quel qu'il soit, il a sa noblesse, puisqu'il contribue à la vie de toute l'hu manitél.".Si chacun sentait cela, ce serait, sur la terre, la véritable paix et le réel bonheur." Le conseil est bon et mérite qu'on le suive.D'autant plus qu'il n'est pas autre qu'un rappel sensé à la bonne doctrine sociale qui fait reposer dans l'effort de tous, dans la contribution de tous au bien être général, la garantie, la seule garantie de paix et de contentement sur laquelle les hommes puissent compter.Il y avait bien le précepte évangélique "aimez-vous les uns les autres." Ceux qui ont voulu s'en éloigner, ou l'invoquer sous une autre désignation, ont été vite ramenés A la cruelle réalité des faits par la dureté de la vie où n'entre pas l'espoir en de suprêmes compensations.Là encore, nous retrouvons l'univers peu changé.Et, s'il nous fallait l'apprécier tel que nous le voyons, nous n'aurions pas d'autres expressions que celles que Monsieur Sonnolet place dans la bouche de son héros d'outre-tombe: Voilà tout.Depuis que je l'interroge.Chère La Forêt, quoique tu m'aies dit Je n'ai point encore appris d'inédit Et je m'aperçois, malgré ton augure.Que le monde n'a point transformé sa figure.Si cet Alceste, en qui je m'observais, Revenait vivre en Paris ta grand'ville.Il n'y retrouverait |>oint, pour échauffer sa bile.Des hommes guère plus mauvais.La culture intellectuelle féminine LES ANNALES littéraires de Montréal se sont enrichies de nombreuses pages au cours de l'hiver.Un très grand nombre de conférences ont été données en divers endroits et l'on |)cut assurer, sans craindre de forcer la note, que toujours les salles ont été remplies.Le mouvement intellectuel semble faire de grands progrès dans la classe féminine et il convient de signaler l'effort accompli par quelques Montréalaises pour donner des conférences, ou faire des causeries en public, ou simplement dans l'intimité, dans les salons ou les cercles de couture A propos des cercles de couture, il nous semble qu'il n'est pas suffisant de se réunir pour faire exclusivement de la couture et.parler un peu.L'habitude que paraissent vouloir prendre certaines directrices de ces cercles de demander, à chaque réunion, une personne pour y faire une causerie instructive, facile à comprendre et dite agréablement, est certainement très louable et, en se répandant un peu partout elle contribuera beaucoup plus qu'on n'est porté » '* cron-e, à faire de la propagande intellectuelle.Les femmes peuvent non seulement parler en public sans qu'on les en blame, mais celles qui le font sont dignes dea plus grands éloges puisqu'elles ont réussi à vaincre la timidité qui les condamnait au silence.Il faut que les femme* rayonnent par la chanté, l'intelligence.Il faut qu'elle* soient «ta apôtres sociale* et intellectuelles, comme -."' au coun ar un mur en cailloux, de sorte que, par ce coté, 'incendie ne pouvait gagner; mais une bergerie en retour d'angle qui s'appuyait sur l'autre bout commençait I briller.Aidés par quelques journaliers accourus les premiers du hameau du Bosc-Guichard, le charretier et la bonne, en l'absence du vacher Chariot et du berger occupés à boire à Vironville, s'étaient précipités pour sauver le bétail, Les chevaux avaient pu être sortis; puis on avait couru aux moutons qui, voyant le reflet des flammes se projeter dans la cour, se renenignaient affolés au fond de la bergerie; une brèche ouverte à la hâte dans le mur de pisé avait permis de les appeler au dehors dans le jardin dc la ferme, encore sombre; et maintenant on s'occupait des vaches qui se faisaient tirer une à une en renâclant, pendant que Basrouge et Bismarck, pour les faire avancer, leur mordaient furieusement les jarrets.Cependant les secours arrivaient.La cour s'emplissait graduellement d'une cohue dc gens qui s'affairaient vers la mare avec des seaux de laiterie, des seaux d'écurie, des récipients de toutes sortes.Un cri s'éleva: —Vli les pompiers! C'étaient ceux de Fresne-l'Abbé qui débouchaient avec leur pompe.Ils l'installèrent près dc l'angle formé par la bergerie et l'établc, où se trouvait le principal foyer.Les chaînes se formèrent, l'eau commença à gicler.A l'autre extrémité du bâtiment le charretier, monté sur une échelle, arrosait avec des seaux le grenier dc l'écurie.F En dépit de ces efforts l'incendie gagnait.Lentement, mais irrésistiblement, les deux grandes flammes s'avançaient l'une vers l'autre; au mo: tent où la dernière vache qui, malgré les morsures des chiens, refusa longtemps de sortir, fut nr.dans la cour, elles se rejoignirent et tout le grenier flamba.Alors les pompiers commencèrent à découvrir le toit dc la bergerie pour couper le feu, l'empêcher de gagner le grenier à grains, la charreterie tl les grnnges.Les trois Hurhrrorne, la lionne, le charretier.Chariot lr \.ichcr qui venait d'arriver on peu flageolant sur se» jambes cl les deux chiens couraient dans la rour après les animaux; ils parvinrent non sans peine à les pousser dans l'herbage qui tenait i la ferme.Ces bêtes affolées hennissaient et meuglaient: d'aigres bêlements sortaient des bergeries non atteintes par les flammes; les brebis, sauvées du bercail incendié, qui piétinaient les salades et les chous du jardin, leur répondaient; et dans les poulaillers clos la trompette suraigué des coqs dominait les gloussements des poules, les commérages apeurés des canards.A cette musique animale s'ajoutaient les coups sourds frappés par le balancier dr la pompe.les han ' des gars qui la manœuvraient, lr fracas des tuiles jetées du toit qui s'écrasaient sur le sol de la cour, le bruit, semblable à des claquements de fouet, de l'eau jaillissant de la lance, et par-dessus tout, accompagné dc crépitements cl d'écroulements, le sinistre ronflement du feu.s.A PRESENT tout le monde faisait la chaîne: *¦ 1rs seaux pleins d'eau passaient rapidement de main en main sur la ligne des hommes, et 1rs femmes •Pour lr rommrncrmrnl mit lr numéro rlr Msrs.Par JOSEPH L'HOPITAL III.de T.V.McCarthy les ramenaient vides vers la marc.Tous ces gens endimanchés, uniquement occupés de combattre le feu, éclaboussaient généreusement leurs habits dc fête; quelques mamans seulement, voulant préserver les belles robes de leurs filles, les avaient troussées le plus haul possible, au risque dc montrer des jambes 2ue personne ne pensait à regarder.Et dans cette èvre de travail on s'était groupé au hasard dc la rencontre, le citoyen Dubourdeau voisinant avec le curé; les seaux quittant les mains dc Natole pour sauter dans celles dc Ludovic, tandis qu'en face d'eux Reine les donnait vides à la mère Langlois.Sur le toit de la bergerie l'ouvrage avançait: la brèche était faite dans les tuiles; heureusement le grenier était vide, en sorte que le feu s'arrêtait sur les chevrons largement arrosés; mais tout le bâtiment des étables n'était plus qu'un brasier qu'il fallait renoncer à éteindre, lorsque Mme Huchecorne, revenant du pré où elle s'était attardée à compter son bétail, arriva en hurlant: —L'robin!.Où qu'est l'robin?On avait oublié le taureau dans la petite étable du milieu où, d'habitude, on le laissait seul.Comment le sortir, à présent?Aux cris de la fermière beaucoup, quittant la chaîne, accoururent.Huchecorne, une lanterne à la main, pénétra dans la crèche emplie dc fumée et vit la bête énorme qui se ramassait tout au fond, effarée et hagarde.Il voulut s'approcher, dans l'espoir de détacher la chaîne qui l'attachait à la mangeoire; mais Si penrhanl vers lui elle dil tout bas:—Je veux bien El ils s'embrassèrent longuement le taureau fonça en avant, frappa du pied en soufflant, et son œil devint sanglant; Huchecorne recula.En même temps la fumée devint plus dense et du plafond tombèrent des flammèches.Un cercle s'était formé devant la porte de l'étable et tout le monde parlait à la fois.— Faudrait pouvoir d'abord y crocher le nez; après on en serait maître.— C'est pus malaisé à faire qu'à dire.—Sans compter que vlà l'fcu qui l'gagne.—C'est un coup à se faire cornaillcr et puis brûler après.—On ne peut point; y a trop d'exposition.Ludovic Langlois était là, et aussi Reine Dorget.—On va essayer tout dc même, dit-il en s'emparant d'un croc pendu par les dents à la fenêtre dc l'établc.—Méfie-toi, Ludovic! supplia Reine.Le beau Dcsir s'était d'abord défilé: mais lorsqu'il entendit cette prière angoissée il éprouva un sentiment de jalousie qui domina sa peur.Il rejoignit Langlois et ils entrèrent ensemble dans l'étable.Ils n'y restèrent pas longtemps.Le feu pleuvait des poutres qui craquaient: et la brute acculée dans la fumée, à demi éclairée par les lia m mes, avait un aspect si terrible qu'ils n'os.'rcnt pas l'approcher.Ils ressortirent à demi suffoqués.—Ira qui voudra, dit Ludovic.—N'y allez point, ajouta Désir.C'est risquer la mort pour rien.On ne le fera plus sortir à présent.Il y eut un moment de stupeur, personne n'osant tenter l'aventure et personne ne se résignant à laisser brûler un animal qui valait tant d'argent.—Attendez voir un peu! cria tout à coup une voix.Et Natole, le fils du sacristain, arrachant le croc des mains dc Ludovic, s'élança.Sans souci de la pluie ardente qui maintenant devenait drue, il courut au taureau et, allongeant à bout de manche le crochet dc fer, il chercha à engager une des griffes dans l'anneau qui lui ferrait le nez.Mail il manqua son coup, ne parvint qu'à piquer le mufle de la bête; et l'effort lui faisant perdre l'équilibre, il tomba.Furieux, le taureau bondit, tête baisée; et avant que Natole ait pu se redresser il l'enleva sur ses cornes et l'envoya rouler à l'autre bout dc l'étable, la poitrine défoncée.Lorsque le pauvre garçon fut tiré dans la cour sans connaissance, un cri d'horreur s'éleva; au même moment le plafond des étables s'effondra entraînant dans sa chute, avec la masse flambante des piillcs du grenier, la ruine de la toiture, et ensevelissant le robin dans un immense brasier.SUR une paillasse d'aoûteron, dans le bâtiment du four qu'une lanterne pendue aux solives éclaire, la tête soutenue par un oreiller apporté en hâte par Mme Huchecorne, Anatole Vincêtre est étendu.il reprend lentement conscience de lui-même; ses yeux s'ouvrent, égarés, et il commence à gémir.Auprès de lui l'abbé Gâtine, sentant l'agonie proche et qu'il n'aurait pas le temps d'aller à Vironville chercher les saintes huiles, s'est agenouillé et prie, guettant les progrès de ce réveil douloureux.Reine Dorget est là aussi, pleurante, et aussi Ludovic Langlois, très sombre.Avec eux beaucoup de monde, trop de monde; dc9 paroles, des exclamations dc bonnes femmes, un affairement inutile et bruyant.—C est-il malheureux tout de même! —Quoi qu'on peut y faire?—Si seulement on pouvait ramener le médecin à temps! —Un si bon garçon.et ouvrier! C'est le cas de l'dire.—Je crois, mesdames, dit le curé en se levant, que vous feriez bien de retourner faire la chaîne; l'incendie n'est pas éteint.Je vais rester auprès du blessé avec Ludovic et Mlle Dorget qui pourra nous aider; plus de monde le fatiguerait peut-être.Un chœur approbatif répondit: —Ça c'est certain; faut pas être de trop en tour des malades.—On a peut-être besoin dc nous encore dans la cour.—Ici on est plutôt nuisible.Après quoi personne ne bougea.Alors Ludovic: —Allez-vous-en d'ici, qu'on vous dit! Et, joignant le parole, il poussa vers la porte.Cependant un produisit: une voix cria: —Ah! le pauv' bonhomme! Et sur le seuil le père Vincêtre parut.Longtemps, dans le clocher, il avait sonné le tocsin; puis il était descendu et s'était hâté vers le Mcsnil afin de travailler, lui aussi, à éteindre l'incendie.En route, à mi-chemin dc la ferme en flammes.Fulgcnce, son dernier fils, courant à toutes jambes, avait failli le croiser sans le voir, puis s'était jeté sur lui en pleurant et en criant: —Natole qu'est tué!.Natole qu'est tué! Le père Vincêtre était asthmatique; il avait le vent court, comme on dit là-bas.Le saisissement l'avait étouffé et il était tombé assis sur le bord du chemin pendant que l'enfant, essoufflé lui-même, répétait d'une voix haletante: —C'est l'robin.qu'a foncé dessus.il s'a fait corner.en voulant l'tirer.—C'est pas Dieu possible! avait gémi le vieux en se redressant.(Sntïr sur la page jj) geste à la l'assistance remous se 14 La Canadienne, Mai, IQ20 Scènes de la vie du Christ Telles que reproduites par le fameux sculpteur Mastreianni LES photographie» que I on volt lur cette pace sont la repro-" cl net ion exacte des terre» culte* du célèbre sculpteur italien.D.Mutreiannl.un artlile qui »'eat créé une renommé* uru-venelle avec »e» «uiet» religieux Se» reproduction- de diverses »-*nt» de la vie du Christ constituent pro n lemem U partie Is plu» Importante de ton oeuvre.*"'A celle oeuvre maître»** il a ajouté, depu'r, cinquante »ujet» tiré* de l'Ancien Testament, de la vie de Naocléon et d'au !•¦ personnage» célèbre*.Msttrelanni sat né en Italie et eat le fil» d'un charpentier.Il fit son spprentinate en France ou il [ut blêmit su premier ranf parmi le» sculpteurs du pari.Toute» te» oeuvra sont en exhibition t Pari».II a été décoré par le gouvernement français.Le riche et Lazare La Canadienne, Mai, iç20 ij U m i \ Le Maréchal Foeh.Parfait Cavalier.OMME beaucoup ous son petit chapeau—dont vraiment on abuse — de même, nos arrière-neveux verront-ils un Foc h — le plus grand génie militaire dc nos temps qui puisse lui être le mieux comparé—silencieux, nerveux, parfois bourru.Comme cette image est inexacte pour ceux qui ont l'honneur de l'approcher dans l'intimité du chez-soi! Je voudrais que la place ne me manquât point pour dire quelques mots—forcément bien incomplets, mais inédits—de cet homme si modeste qu'il se fait à peine connaître du grand public.Il faudrait le "prendre' dès l'enfance quand, déjà, il était un travailleur acharné.On ne sait pas assez que, la première année où son père le mit, avec ses deux frères, en pension chez les Jésuites de Saint-Etienne, les habitants de la ville crièrent lort le jour de la distribution dc prix: Qu'est-ce donc que ces petits Foch, marmonnaient-ils en tapinois.Il n'y en a que pour eux.Ils remportent toutes les couronnes et gagnent tous les lauriers.Paroles prophétiques.C'est par ce travail assidu, cette volonté, cette ténacité clans le labeur et le devoir, que Foch, exigeant dc son puissant cerveau tout le "revenu" possible, est arrivé à "gagner les lauriers" dont le prix a sauvé le monde.Mélange admirable: par son activité, Foch est un business man et, par sa foi, il est un idéaliste; et les deux qualités se combinant, ce qui est rafe, donnent ce que l'on sait: un total qui s'éloigne peu du parfait.Business man, oui.Ne croyez pas, quand il parle ¦Je la guerre, qu'il emploie des mots nobles et pompeux.Abhorrant la phraséologie, il dit simplement, quand il a en mains les intérêts du monde: "Allons! allons' cessons de causer, c'est le moment dc faire des affaires." Ces "affaires" il en parle peu mais il y pense, bien entendu, sans cesse._ Veut-on un détail qui apparaîtra peut-être puéril?C'est surtout le matin, en faisant sa barbe, qu il voit avec netteté et lucidité les grands problèmes mondiaux dont il a assumé la résolution.Il voulut bien, un (our, me confier sa méthode dc travail.Comme je lui parlais de la tâche gigantesque, du labeur fantastique, etc., il plongea dans le mien son regard inoubliable, vraiment extraordinaire, qui unit à la pureté de l'enfant l'acuité foudroyante du conducteur de foules, presque du magnétiseur, et il me dit- — Ne me croyez donc pas si occupé que cela! Tout réside dans la division du travail, dans le choix des compétences (oh! les incompétences, combien F"och les exècre)! dans l'entourage qu'on sait se créer, dans U mise au point des valeurs.1—Mais, les responsabilités, monsieur le Maréchal?—Les responsabilités, il ne faut jamais les craindre de même qu'il ne faut jamais regretter une décision prise.Et puis surtout, oh! surtout, il faut tout •implifier.Il faut seulement agir en homme de conscience qui conduit tout lionnrment sa barque et qui cherche k faire au mieux, comme une maltresse de maison qui veille sur son logi« Il faut croirr ^Auprès de Foch Quelques notes sur le caractère, les goûts, et les habitudes du grand Maréchal Par le Baron André dc Maricourl qu'on mène dc petites affaires.Si on tombe dans la philosophie, si on analyse à l'excès, si on réalise qu'il s'agit du sort de la civilisation.on perd pied., on est perdu! C'est trop vaste.Ce jour-là, je compris Foch; et, pour la première fois, m'apparut nettement tout ce qu'il y a de simple et de droit dans la "méthode" d'un chef incomparable.J'ai dit qu'il était modeste.Oui, certes.Il a horreur de la réclame, de l'apparat, et il est bien rare qu'il parle dc sa guerre.S'il le fait, s'il conte dc son langage imagé, coloré, vivant et pittorcqsue de Pyrénéen, la bataille de la Marne ou celle de l'Yser, c'est toujours pour conclure en ces termes: —Comment ai-jc été victorieux?Je n'en sais trop rien.un peu parce que j'ai voulu.et puis parce que Dieu et nos hommes étaient là.Une heureuse circonstance me lit passer la soirée chez Mme Foch, le soir où son mari fut nommé généralissi me.Quelles heures émouvantes!.L'Allemand approchait à grand pas.Le grand quartier venait de quitter Compiègne, l'indésirable Bertha manifestait ses sympathies pour Paris et notamment le quartier des Invalides qu'habite la famille du maréchal.Le pays était "très mal." Foch avait soutenu les énergies en laissant sa famille dans Paris pour lequel il ne craignait pas un péril immédiat, mais.tout dc même.quand, à dix heures et demie du soir, arrivant du Nord, il annonça la grande nouvelle aux siens: — Ne me félicitez pas encore.Je n'en suis pas plus fier pour cela, dit-il, et priez pour qu'il ne soit pas trop tard.Seul, me dit le lendemain un homme du gouvernement, le génie d'un Foch pouvait assumer un telle lâche.Au moment dc l'armistice, un autre hasard me procura l'honneur d'être auprès dc la famille du maréchal.Déjà des légendes se forment autour dc l'attitude dc notre sauveur en ces jours inouïs.Comme il ne s'intéresse pas à ce qu'on écrit sur lui, comme il lit les interviews avec son fin sourire un peu triste dc physchologue,à peiocdistrait dc sa tâche, je ne pense pas qu'il m'en veuille d'écrire les paroles qu'il prononça alors, paroles que j'avais notées pour ma seule satisfaction personnelle: —Oui, on pourrait aller plus loin, on pourrait imposer à l'Allemagne un Sedan, mais il serait nécessaire dc sacrifier des milliers d'hommes et cela je ne le dois pas.Qu'on réfléchisse à la beauté de ces paroles dans la bouche d'un guerrier qui préfère à la gloire la "mesure dans l'action." Là, il dépasse Napoléon.Cet actif crut devoir mettre le frein.Cela est beau.Au moment de la paix, F*och connut des heures pénibles.—On pourrai! tout obtenir dc l'Allemagne, voulut-il bien me dire, mais il ajouta cette parole profonde: —Il est vrai que ce "tout" qu'elle est prête à promettre sans le donner, il faudrait aller le chercher! Ces jours derniers, je me permis de lui demander ce qu'il pensait dc cette Allemagne.Dc sa voix nette, au verbe élégant, il me répondit : — Il n'y a plus d'Allemagne.Il n'y a que des Allemands.L'édifice est démoli.La clef dc la voûte se nommait Hohcnzollcrn .Elle est tombée et je doute que les Allemands la remettent en place.C'est donc l'incohérence et la misère, mais, ne l'oubliez pas, si l'édifice est par terre, les matériaux pourtant existent encore et ils sont solides, (Le maréchal parle toujours par images).Que surtout l'Entente ne laisse point les Allemands les réédificr sous une forme redoutable.N'oubliez pas que nous vivons une époque absurde, dans un temps absurde, que les trois quarts du monde ont (aim, que le labeur est effroyable et que tout est à (aire.Notre guerre est finie, je le veux bien, mais, l'heure n'est point aux hommes de s'amuser et aux femmes de se dévêtir en croyant s'habiller.L'heure est au travail, au travail acharné et long! Et comme le maréchal continuait dc vouloir bien causer avec charme et familiarité, je lui demandai si je devais taire ses paroles; il eut cette haute réponse qui le peint si bien: —Taire mes paroles?Mais pourquoi?N'avant jamais rien eu à cacher dans ce que j'ai fail, il n'y a rien à taire dans ce que je dis.Que les lecteurs m'excusent de les entraîner—en guide très indigne sur le chemin des graves problèmes.Peut-être aimeraient-ils mieux que je leur parlasse de Foch intime?Oh! oh! le sujet est vaste et il ne conviendrait point, bondissant aux extrêmes, dc tomber dans les puérilités.Au hasard des glanes, je citerai seulement quelques traits: La première fois que je vis Foch, c'était dans un faubourg de Senlis, nommé Villemétrie où.dès 1915, sa famille s'installait, non sans crânerie, à 32 kilomètres du front.Déjà son prestige était quelque peu intimidant, mais il est trop cordial, trop simple et trop homme du monde pour que, devant lui, à l'arrière, la timidité ne s'enfuie point à tire d'ailes, si tant est qu'elle ait des ailes.Inutile de décrire Foch.Tout le monde l'a vu, si beau dans sa pâleur émue, au milieu du trio glorieux, en ce jour inoubliable du 14 juillet 1919, qui donne à la vie la peine d'avoir été vécue.Au Iront, parait-il, il était souvent silencieux et assez rude.J'avoue ne le connaître que dans tout son charme d'homme des montagnes, dc très latine culture.Nous avons déjà parlé de son regard; on a souvent peint son menton volontaire; mais je m'étonne qu'on ne soit point (rappé dc la finesse dc sa main et de l'élégance de son geste.M'accuserez-vous dc faire dc la chiromancie et d'aller au sabbat si j'ajoute que cette main virile, ceinturée dc la montre-bracelet, possède chez lui—comme le front—toutes les marques du génie ! Elle- sait conduire le cheval, comme elle sait mener les hommes, car le maréchal est un fin cavalier.Elle ne déteste point les travaux campagnards.A Vilométric, elle aimait à tailler des cannes comme dans le vieux domaine dc Traounfeuntaniou, la maison familiale où, pour la première fois depuis cinq ans, le maréchal vient de se reposer près de Morlaix.elle aime à marquer ou même à émonder les beaux arbres du parc.Le maréchal, en effet est très épris de la nature, il l'aime en chasseur, en poète, en historien et.en propriétaire.Curieux de s'instruire dc tout et sur tout, il aime à faire causer les paysans et les (Suite sur la page32) Ij Souriir du Maréchal U Maréchal Foch rl le Premier Minislr- Millerand sur le bateau oui les conduit en Angleterre. lô La L'unadieinir, Mai, iij2u Tableaux ^ Célèbres des Grands Maîtres Sujets posés par Pearl White, la grande artiste cinématographique CETTE p.Jeanne d'Ar une combinaison portraits célèbre* l'on po*s> Pucelle d'Orléarw.a Domremy, de pi ;1 lui.res.elle enter voix qui lui conn ent de t* porte défen» du rovai France.Charlr* "gmttl (hull le comme elle l'ai lui donne une donl elle «e ter chasser les Angl; faisaient le siège ville d'Orléans, sacrer Char le» Khcim* puis, ri ¦""»"'¦ t\\> brûlée comme s Rouen, par It «1*1431.TRÈS intéressante *• cette pen mifVation de "La Tempérance" d après I; tableau e-'lè-bftj de Sir Joshua Reynolds Cet artiste, né à Plymton Karl.Devonshire, en 1723.étudia sous Thomas Hudson, puis devint le premier président de la Royal Academy.Anobli en 1768 par George Ml.en 1784.U devint le peintre officiel de U maison royale.Deux-cent-quarante-cinq de tes tableaux ont été exposé.- à la Royal Academy./™*E portrait le plus connu de Mme de Récamier, cette parisieiuit* influente qui.sur un signe de son petit doigt, réunissait dans son salon les célébrités de son temps, hommes d'état, diplomates et littérateurs.Jacques-Louis David, l'auteur du portrait, est renommé pour les sujets d'histoire qu'il a traités et il est le fondateur de l'école classique française.Plusieurs de ses études représentent des incident* de la vie de Napoléon, à la glorification duquel il avait consacré son talent après la Révolution.LA charmante NoIlie.O'Bnen.une.beauté nng.aisc de Brand renom, rivale de Kitty Fisher.Elle fut le sujet favori de Sir Joshua Reynold* qui fit son portrait trois fois, un honneur 'peu ordinaire venant dr celui nue Rtiskin a apr«e|é "le prince,des portraitistes." TTNE charmante adaptation de la Délia aux Champs" de George Morland.Cet artiste est renommé pour ses sujets champêtres.Il étudia plusieurs années n la Royal Academy et visita plus tard Par» où son talent lui valut le plus chaleureux accueil.En 1786.il épousa Anne, sarur de William Ward, graveur, une très jolie femme qui lui resta profondément attachée durant toute une vie d'extravagance.Il fut emporté, en 1804.par une fièvre cérébrale.LE "Sibylle dr Cumes." une de» oruvres let plus renommée* du maître italien, le Dom'Diquin.de Bologne.Remarquable par 'a précision de son dessin et la sincérité de «on colon*, il fut nomme, en 1620.par le pape Grégoire XV.peintre et architecte de la maison pontificale.Il mourut en 1641.en prison, victime d'une conspiration monter contre lui par d'autres peintre* laloux de se* succès. La Canadienne, Mai, joso ina pmtfnm joint i U.oa.Poudre de Riz Jonleel.pour le filage, (haïr, blanc, brunelle, 7't Produits Parfumés Luxueusement a P Arôme de 26 Fleurs Crayon Jonleel, pour la sourcils, noir, brun clair, brun sombre, 35c.Bdtnnnel Jonleel, pour lr> lèvres, rose, cerise nu blanc, 3se Tablettes de U.Poudre de-ris Jonleel, peut le visage, j5< Crime Pommade Jonleel.60c Savon Jonleel.401 Parfum Concentré Jonleel, $5 00.Trousse de Manucure Jonleel.S» t$ < R EM E COM BIN AI SON 1 onteel 60c.Crime Combinais-lonleel.60e D'UNE délicatesse exquise, _ d'un parfum de fleur, elle M I adoucit et rafraîchit l'épiderme.m Faites-en l'essai—apprenez le % M charme de cette crème onctueuse —elle est instantanément al>-^^*m**um%u»*m^ sorbée par l'épiderme.Votre teint, Madame,en ressentira un bien mhni—une carnation vermeille et rosée, une transparence tout de fraîcheur et de jeunesse, gagneront à ce produit toute votre reconnaissance.Il n'est rien de plus précieux pour l'épiderme que la Crème Combinaison jonteel.Souvenez-vous toujours qu'il y a deux genres d'épidermes—la peau sèche et la peau trop grasse.Si votre peau est sèche, si un nuage de poudre la fait paraître rugueuse, la Crème Combinaison Jonteel amènera bientôt un état plus normal.Appliquez en massant doucement, après avoir baigné le visage.L'épiderme est rafraîchi et stimulé, tout en étant assoupli et nettoyé.Ce traitement ne dure que deux minutes, mais l'amélioration est sensible dès le début.La Crème Combinaison Jonleel n'est en rente que dans les Pharmacies Rexall.On en compte 8.000— au Canada, aux Etals-Unis el in Grande Bretagne • Lâ Crème Combinaison JonJerl n'artivr pm le «y*trmr pila RI La Canadienne, Mai.1020 II est dangereux d'employer des pièces contrefaites pour la machine EN permettant à votre chef de garage d'employer des pièces détachées, imitées ou contrefaites, lorsqu'il répare votre automobile, vous ne vous exposez pas seulement à de nouveaux frais de réparage ou à des pannes plus sérieuses, mais vous exposez, de fait, votre vie et la vie des autres.Les pièces communes et inférieures que l'on emploie dans le dispositif de direction peuvent causer les accidents les plus graves.Vous risquez votre vie lorsque vous employez les contefaçons de tige de direction Lors d'une épreuve récente, la puissance de tension du véritable bras-tige de direction (spindle arm) de Ford en acier Vanadium fut trouvée de plus de 100% supérieure à celle de la contrefaçon d'acier.Les bras furent soumis au choc et la contrefaçon se cassa sous une fonvé de traction équivalant à 11,425 livres appliquées transversalement.La même force de traction appliquée dans les mêmes conditions au bras-tige Ford ne l'a pas même affecté ni dans sa forme ni dans sa dimension.Et pour arracher le bras-tige authentique il a fallu une force de traction de 25,000 livres.Le .bras-tige constitue une partie essentielle du contrôle de l'automobile et, quand ils emploient des pièces falsifiées dans cette partie du mécanisme, les propriétaires d'automobiles Ford exposent et leur vie et leur propriété.Les vrais ressorts de Ford comparés aux imitations Les véritables ressorts de Ford, d'avant et d'arrière, sont faits d'acier à ressort Vanadium d'une puissance d'extensibilité de 210,000 livres au pouce carré et ayant un maximum d'élasticité de 200,000 livres.Chaque ressort authentique de Ford est éprouvé avant de quitter l'usine.Les ressorts d'avant sont soumis à une pression de 1,850 livres.Dans une épreuve de travail un ressort authentique résistera en moyenne à 60,000 coups avant de casser.Les ressorts d'arrière sont soumis à une pression de "2,000 livres et l'article authentique^résistera, en moyenne, à 40,000 chocs avant de casser.Les imitations de ces ressorts sont généralement faites d'acier carburé d'une extensibilité de 130,000 livres seulement au pouce carré et d'une élasticité maxima de 115,000 livres seulement.Dans l'usage ordinaire ils s'aplatissent vite.Vous ne faites que vous protéger vous-mêmes et vous épargner de nombreux frais de réparage quand vous demandez les véritables pièces détachées de Ford.Les pièces véritables de Ford seules peuvent être employées en toute sécurité.Cherchez Genuine ' eim?'N t»a •"v»*.*"-/ imm t?t ¦fin â«l»**f»a»* I.ViiJn|h|t C.E.BROOKS, 2:SB Stata St, Marah.ll.Mich.-s Laas-^taaaUtsai savez.Mais elle.elle est jolie.Inutile de noter cela." "Je ne le notait pat," observa tranquillement le philosophe." Elle croit que vivre à ses cotés serait tout simplement le paradis sur terre: et elle croit.oui, elle est convaincue qu'elle le rendrait ti parfaitement heureux! Elle serait ti orgueil-'cuse.ti fière de lui!" e comprends.Ensuite?" "t.ah! je ne sais vraiment pas comment dire cela—elle croit que s'il y pensait seulement une fois, il pourrait bien découvrir qu'il a quelque penchant pour elle; parce que, vous savez, il ne s'occupe de personne autre: et elle est jolie." "Vous m'avez déjà dit cela." " Ok dear me! Sans doute, je l'ai déjà dit.Et vous n'ignorez pas, n'est-ce pas, que la plupart des hommes ont de l'affection pour quelqu'un?.pour une jeune fille, veux-je dire." "Sans doute, la plupart des hommes," répéta le philosophe."Eh bien, alors, qu'est-ce qu'elle doit faire?—Ceci n'est pas une histoire vraie, vous comprenez, M.Jerningham.Il s'agit de l'héroïne d'un roman que je suis en frais de lire," s'empressa d'ajouter May, en rougissant."Ma foi! Mais cest un cas très intéressant! Je saisis bien.La question se résume donc à ceci—va-t-elle accepter l'offre de l'homme qui l'aime éperdû-ment mais pour qui elle n'a elle-même qu'une affection modérée." "Tout juste une affection.Il n'est qu'un ami." "Parfaitement.ou va-t-ellc épouser celui qu'elle aime et." "Ce n'est pas cela.Comment peut-elle l'épouser?Il n'a pas demandé sa main." "C'est vrai.J'oubliais.Mais, supposons, pour l'instant, qu'il l'ait demandée en mariage.Elle devrait alors se demander laquelle des deux unions serait productrice «le la plus grande somme totale de." "Oh, il n'est pas nécessaire de songer à cela." "Cela, pourtant, me parait très logique.Nous pourrons toujours, après, tenir compte de l'élément d'incertitude créé par." "Non, non.Je n'aime pas la question ainsi envisagée.Je sais très bien ce qu'elle ferait s'il.l'autre, vous comprenez.t'il lui proposait de l'épouser." Vous appréhendez que." "Peu importe ce que j'appréhende.Prenons le problème tel que posé." "Très bien, alors.'A' a demandé la main de votre héroïne.'B' ne l'a pas demandée." "C'est cela." "Puis, nous pouvons assumer que, n'était l'influence troublante de B," 'A' serait un candidat acceptable, n'est-ce pas?."Oui, je le crois." "L'héroïne, alors, a la certitude d'un bonheur considérable en épousant 'A'?" "Oui.pas le bonheur parfait, à cause de 'B,' vous savez." "Naturellement, naturellement, mais en fin de compte, une somme considérable de bonheur, n'est-ce pas?" "Je ne sais pas,.oui.peut-être." "D'un autre côté, si 'B' demandait sa main, nous pouvons conclure à une plus grande part de bonheur pour elle." "Oh! oui, s'il vous plait.M.Jerningham, beaucoup plus grande!" " Pour tous les deux?" "Pour elle.Ne nous occupons pas de lui pour l'inttant." "Très bien.Ceci simplifie encore le problème.Mais sa demande en mariage n'est encore qu'une simple contingence lointaine?" "Oui, pas plut." LE PHILOSOPHE te frotta les maint en allongeant les bras "Ma chère amie," dit-il, "tout ceci devient une ouest ion de degré, de probabilité et d'improbabilité.' "Et encore, je ne sait pas trop.Il n'est pas très probable, à moins que." "Eb bien?" "A moins qu'il ne lui arrive de remarquer, vous me comprenez?" "Ah, oui! Nous avont supposé que t'il lui arrivait d'y penser, il ferait peut-être la demarche détirée—ou que, du moins, il pourrait être porté à la faire.Ne pourrait-elle pat.er.faire comprendre qui elle préfère?" "Elle j."mirait peut-être tenter la chose—non, elle ne peut pas faire cela.Car, voyez-voua, il ne t'occupe pas de ce» chotea-U." "Je comprends très bien.Et, il me semble, mademoiselle May, que ce fait teul nout donne notre solution " "Se pourrait-il?" demanda-t-elle."Je le croit.Il n'a pa», évidemment, de penchant naturel le portant du côté (Suiuldt'Ja patt[io) de votre héroïne—peut être ne «onge-t-il pa» même au mariage.Tout sentiment provoqué chez lui serait nécessairement superficiel et, dans une certaine mesure, artificiels—il ne serait, dans tous les cas, que temporaire.Bien plu», ti la jeune fille faiiait en sorte d'attirer son attention, il arriverait l'une de deux choses.Vous me suivez bien?" "Oui, M.Jerningham." "Ou il serait éloigné par se» ouvertures—ce qui, vous l'admettrez, n'e»t pa» improbable et, alors, cela la placerait dans une situation désagréable ou, pour mieux dire, humiliante.Ou, d'un autre côté, il se pourrait que, cédant à un faux sentiment de galanterie." "Cédant à quoi?."Cédant à une fausse conception de la politesse ou à un excès de bonté, il se laissât entraîner dans une union pour laquelle il n'aurait pas de goût véritable.Vous admettrez, comme moi, que l'une de ces deux choses arriverait très probablement." "Oui.Je le suppose, à moin» que, finissant lui-même par l'aimer." "Ah! Vous voici revenue à votre hypothèse.Tenez, voulez-vous que je vous dise, je la crois très fantaisiste, votre hypothèse.Non, votre héroïne peut bien ne pas épouser 'A', mais elle ne doit plus songer à 'B'." Le philosophe ferma son livre, enleva ses lunettes, les essuya lentement, avec soin, puis s'adossa de nouveau contre le tronc du vieux pommier.La jeune fille arracha par petits morceaux un dandelion qui était à portée de sa main.Après un long silence, elle demanda: "Croyez-vous que les dispositions de 'B' ne soient nullement susceptibles de.changer?" "Cela dépend de la sorte d'homme qu'il est.Mais, s'il a du talent, s'il est complètement absorbé par un amour intellectuel—si c'est un homme qui a choisi sa voie dans la vie—si c'est un homme pour qui la société de» femmes n'est pas une nécessité." "Et il est justement comme cela." reprit May en mordillant une marguerite."Alors, dit le philosophe, je ne vois pas la moindre raison pour qu'il change de dispositions." " Et vous conseillez à la jeune fille d'épouser l'autre.'A'.?" "Ma foi, d'une façon générale, c'est ce que je conseillerais.'A' est un bon garçon (si j'ai bonne mémoire, nous en avons fait un bon garçon): il est un parti convenable, son amour pour elle est sincère, véritable." " Il e»t immense." "Voua voyez, et.éperdu.Elle l'estime.Il y a tout lieu d'espérer que cette estime se changera, avec le temps, en une affection suffisamment profonde et durable.Elle oubliera son caprice passager pour 'B' et fera à l'autre une Bonne épouse.Oui, Mademoiselle May, si j'étais l'auteur de votre roman, elle épouserait 'A' et j'appellerai» cela un heureux dénouement." Il y eut un long silence.Le philosophe le rompit."Est-ce là tout ce que vou» aviez à me demander?" prononca-t-il, pendant que ses doigts caressaient déjà le» pages du traité sur l'ontologie."Oui, je pense.J'espère que je ne vous ai pas trop ennuyé?" "Au contraire, mademoiselle.Cette discussion m'a intéressé au plus haut degré.Je n'avais aucune idee que le» romans pouvaient soulever des questions d'un intérêt psychologique aussi intense.Il faudra que j'en lise un." AY, tou» le coup d'une émotion presque douloureuse, avait in- M sensiblement changé de position de façon à ce qu'au lieu de faire face au professeur il ne pouvait plus la voir que de profil.Le regard perdu vers la prairie qui rutilait sous le soleil aux abords du verger, elle lui demanda enfin, d'une voix presque éteinte pendant qu'elle tordait tes mains dans un geste de désespoir contenu: "Ne pensez-vous pas que, peut-être, plus tard, quand la jeune fille aura épousé 'A'—si 'B' découvre qu'elle l'a aimé aussi ardemment—ne croyez-vous pat qu'il en sera quelque peu chagrin?" "S'il est un gentilhomme, il en sera profondément peiné." "Je veux dire que.pour lui-même— il sera peut-être chagrin d'avoir repoussé tout ce bonheur?" Le professeur devint pensif."Je pense, déclara-t il, qu'il est trèa possible qu'il le soit.Je me l'imagine même aisément." "Il pourrait bien ne jamai» rencontrer personne qui l'aime de la torte," ajouta-t-elle, let yeux fixé» sur le pré inondé de lumière "Il n'en rencontrera probablement pat," acquiesça le professeur."Et—et la plupart dea gen» aiment qu'on le» aime.n'e*t-ce pas?" "Le besoin d'amour e»t un instinct presque universel, Mademoiselle May " "Oui," reprit-elle, avec un sourire amer."presque.Car, voyez-vou», il deviendra vieux, et quand il »era vieux, qui prendra »oin de lui?" "C'ett vrai, il vieillira." "Et il sera san» foyer." "Oui.dan» un »en»," corrigea le professeur."Mai», vraiment, voua m'effrayez.Savez-vout que je tuit célibataire, Mademoiselle May?"Je le sais." murmura-t-elle d'une voix altérée."Et voilà que j'ai toutes vo» terreurs devant les yeux.' " A moins que." "Oh.pourquoi cet à moins que." reprit le philosophe en riant d'un air déjà rassuré."Il n'y a pas d'à moins que qui tienne.Mademoiselle May." La jeune fijle bondit sur ses pied».Un instant, elle tourna les yeux vers le professeur, ouvrit le» lèvres comme si elle allait dire quelque chose et, à la pensée des paroles qu'elle allait prononcer, son visage devint pourpre.Mais le philosophe était déjà loin d'elle, le regard fixe dans la calme contemplation de la grande prairie baignée de soleil."Qu'elle admirable chose," dit-il, "qu'un soleil éclatant!" Sur la figure bouleversée de May la rougeur fit bientôt place à une pâleur extrême.Sans un mot, elle s'éloigna à pas lents, la tête inclinée sur la poitrine.Le philosophe entendit le bruissement de sa robe dan» les grandes herbes, puis il contempla pendant quelques instants la gracieuse silhouette qui disparut au détour d'un sentier dans la chaude clarté tombant du ciel."Jolie créature!" murmura-t-il avec un sourire.Puis, rouvrant son livre, il resaisit son crayon et introduisit son doigt à la page, à l'endroit précis où on l'avait intei rompu.Le soleil avait franchi le zenith et déclinait vers le couchant lorsqu'il termina sa lecture.Il se redressa puis consulta sa montre."Good graeiousl Deux heures! Je vais être en retard pour le lunch!" En un instant il fut sur pied.Il était très en retard."Tout est froid," se lamenta l'hôtesse."Où êtes-vous allé, M.Jerningham?" "J'étais seulement dans le verger.à lire." "Et, de la sorte, vous avez manqué May!" "J'ai manqué Mademoiselle May! Que voulez-vous dire?Mais, j'ai eu une très longue conversation avec elle ce matin même—une très intéressante conversation " " Mais, vous n'étiez pas ici pour la saluer au départ.Allons, vous n'allez pas prétendre que vous avez oublié qu'elle partait par le train de deux heures?Ah! quel homme vout êtet!" "Dear met Et dire que je l'avait complètement oublié," reprit-d, confut."Elle m'a chargé de vout faire te» adieux! " "Qu'elle excellente enfant! Je ne me pardonnerai jamais ma detraction!" L'hôtesse le contempla un moment, poussa un long soupir, sourit, puis soupira encore."Avez-vous tout ce qu'il vous faut?" demanda-t-elle."Absolument tout, merci," répondit-il en prenant place vis-à-vi» le fromage et en ouvrant son livre (il «ongea qu il ferait bien de revoir le dernier chapitre) qu'il appuya contre le pain, "absolument tout ce qu'il me faut au monde, merci." L'hôtesse ne lui raconta pas qu'en rentrant du verger la jeune fille s'était précipitée dans sa chambre pour qu'il ne vit pa» ce qu'elle-même avait vu dan» ses yeux.Ainsi, il ne soupçonna pas qu'on lui avait fait une demande de mariage.et qu'il l'avait refusée.Et il n'y songeait même pas quand, interrompant sa lecture, il reprit avec une placide inconscience: "Vraiment, je suis .un peu plu» peiné d'avoir manqué Mademoiselle May.Ouel ca» intéressant que le sien! Mais j ai donné la bonne réponse.L'héroïne doit épouser 'A.'" Et c'est aussi ce qu'elle a fait! Maximaê Il n'y a rien au monde qui se fasse tant admirer qu'un homme qui sait être malheureux avec courage.—Sénéque.Dès qu'un devoir nou» parait trop lourd, noua ne pouvons l'alléger qu'en l'observant avec plus de scrupule.—Gt:the.Il est plut héroïque de vivre de son chagrin que d'en mourir.—Arsène Houssaye.Enlevez cors et durillons à l'aide des doigts Méthode sans douleur, grâce au "Freezone" qui ne coûte que quelques cents Savoir Soigner Ses Dents La Canadienne, Mai, 1920 Le brossage des dents AVANT le brossage, il (aut débar-lasser au cure-dents les espaces interdentaires des détritus alimentaires qui peuvent s'y être logés.Là où le cure-dent ne pénétre pas, un 61 de soie solide, glissé sur la (ace latérale de chaque dent et animé d'un mouvement de va-et-vient, assure le nettoyage de l'espace.Les meilleures brosses sont celles nui sont petites et dures.Les grandes brosses se prêtent mal au nettoyage de la lace interne dc l'arcade dentaire; les brosses molles n'attaquent pas les dépôts de tartre en voie dc formation, et n'exercent pas une action suffisante sur le pied de la dent (union de le dent avec la gencive >.L'eau tic lavage peut être additionnée d'une faible quantité d'une préparation dentifrice parfumée, légèrement antiseptique et jamais acide il acidité altérant l'émail).Il faut brosser les dents en dehors (côté des joues), en dedans (côté de la langue) et sur les faces triturantes.Bien des gens se contentent de brosser la face externe des arcades, ce qui est tout à fait insuffisant.Le brossage doit être général et prolo >gé.Il faut insister sur le lieu d'incertion de la dent à la gencive, ou s'accumule le tartre et où naissent les inflammations qui déterminent la suppuration des alvéoles.Ne pas s'alarmer si les gencives saignent, ce qui est de règle lorsqu'elles sont mal entretenues et irritées par le tartre.Au bout de quelques jours dc soins miniticux, les gencives sont fermes, indolores à la friction et ne saignent plus.Le rinçage de la bouche complète la toilette dentaire.En utilisant une solution fraîche, on est averti par une douleur aiguë que provoque le froid, d'une carie commençante, et par consequent dc la nécessité d'aller rendre visite au dentiste.C'est une erreur de croire que le brossage du pieds des dents les déchausse: au contraire, les gencives négligées s'infectent; l'infection se propage à l'alvéole et parfois la dent tombe sans carie.Le brossaie du dénis doit lire fait dans tous les sens, d l'inlf-rieur comme à l'extérieur des arcades, et de la façon que nous indiquons ici.Les brosses douces qu'emploient certaines personnes dans l'espoir de ménager leurs gencives, tassent les corps étrangers malpropres dans les espaces interdentaires au lieu de les en arracher; de même les linges; il faut rejeter les unes et les autres.La mastication est le premier temps de la digestion: les aliments mal divisés sont mal insalivés.L'estomac et l'intestin n'ont pas de quoi suppléer à ce sabotage initial; ils achèvent mal un travail mal préparé.Nombre de troubles digestifs s'expliquent par une mauvaise denture.En temps d'épidémie très contagieuse (Comme celle des dernières grippes) les personnes dont la bouche est saine et bien entretenue résistent mieux que les autres à l'infection, le milieu buccal, voie ordinaire de la propagation, étant moins favorable à ta pullulation des microbes.L'hygiène de la bouche a une telle importance qu'il faut apprendre aux enfants à se brosser les dents dès qu'ils sont capables de le faire.Importance dee soins personnels /CERTAINES altérations des dents, et principalement la carie, exigent l'intervention du spécialiste; mais les soins personnels suffisent à la conservation et à la beauté des dents saines et au bon entretien des gencives.Il peut être utile, à la suite d'une longue période au cours dc laquelle les soins de la bouche ont été forcément négligés, dc faire procéder par le dentiste à un détartrage complet.Ultérieurement le brossage bien compris prévient efficacement la formation de nouvelles couches dc tartre.Le brossage doit être effectué quatre fois au moins dans les vingt-quatre heures: au cours dc la toilette du matin, après chaque grand repas, et le soir au moment de se coucher.La toilette du soir, à laquelle trop peu dc personnes s'astreignent régulièrement, est cependant la plus importante, parce qu'au cours du repos prolongé de la nuit les germes septiques contenus dans la bouche ne sont gênés en rien dans leur action nuisible.La déclaration d'amour d'Ibsen LA FIGURE d'Henrik Ibsen, le grand auteur dramatique norvégien, est devenue populaire en France."Mon Dimanche" l'a présenté tout récemment à ses lecteurs.On connaît sa belle face rasée, ses lèvres dédaigneuses et sa toison de crins rudes.Rechigné comme un ours, coiffé comme un lion! Ce psychologue "fauve" vécut jadis —au temps de sa jeunesse—des minutes douloureuses, touché par la flèche de Cupidon.Il .1:-ii.ii' et ne savait comment faire connaître son amour.L'élue, libre de toute attache, pouvait d'un seul mot rendre Ibsen le plus heureux des maris.Mais comment oser lui dire.comment ne pas s'attirer railleries ou courroux! Notre pauvre grand homme souffrait autant qu'un clerc en amour.Après avoir éenafaudé mille projets d'aveu aussi romanesques que mal commodes à mettre à exécution, Ibsen eut le courage d'écrire à l'aimée.Et, après avoir confessé son audace, il sollicitait une entrevue pour entendre la sentence qui déciderait du sort de toute sa vie.A t'heure qui lui avait été fixée, l'écrivain se présentait devant la demeure de sa "dame," nerveux, le visage sévère, ayant oublié d"'adoniser" sa mise aussi bien que sa mine.Jamais conquérant de cœur ne fut si mal en point.On l'introduit au salon.Ibsen prend place sur un siège, examine distraitement les bibelots, l'ameublement du logis II y a là deux portes.De quel côté viendra-1-elle?.Le mystère est 11, derrière les panneaux de menuiserie.Son destin est fixé! Il ne sait rien.Il redoute.Sur un cartel, une aiguille dorée lui semble arrêtée en sa ronde caressante autour des heures, tant est grande son impatience.Il imagine la scène qu'il va ?ivre.Que lui répondre, si elle raille?Comment la remercier, si elle s'accorde?Dan» la maison, tout est silence.L'amoureux attend depuis une heure.La dame ne se montre pas.Ibsen, incapable de rester en place plus long- temps, repousse brusquement son siège et parcourt le salon d'un pas nerveux, automatique.—Allons, pcnsc-t-il, j'ai fait une sottise! Ma demande l'a offusquée et je n'ai qu'à battre en retraite, sans attendre davantage une entrevue qui serait pénible.Il va tourner le bouton de la porte, quand, se ravisant : —Fou, brutal que je suis! J'oubliais que les femmes hésitent en le choix d'une robe dans les circonstances les plus graves de l'existence.Sans doute quelque accident dc toilette retient Mme X.Elle doit être de fort mauvaise humeur, et, si je lui montre une mine furieuse, notre première rencontre sera dépourvue dc charme.souriant, assagi, acceptant de nouveau les tortures dc l'attente, il se laisse choir sur un fauteuil et s'imagine ce qu'elle dira à son entrée.Autour du cartel, l'aiguille dorée a fait deux rondes complètes.La maison est aussi calme que la retraite dc la Belle au bois dormant.C'en est trop! L'écrivain se lève, brandit sa canne, son chapeau! Puis, tout en se dirigeant vers la porte, il monologue à mi-voix: —C'est indigne ! indigne d'elle ! indigne de moi! Se moquer à ce point! Je saurai bien me venger de la coquette.J'en aimerai une autre! Ibsen va quitter le salon, quand tintent derrière lui les notes claires d'un rire.Il se retourne furieux, puis confus.Elle est là.Alors il attend, les yeux baissés.U voudrait sourire.Sa belle figure de penseur n'exprime que sa douleur, son inquiétude.—J'ai voulu voir, dit eaiment la dame, ce que peut durer la patience d'un amoureux fervent' Puis elle tend la main et prononce lentement la sentence: —Vous m'avez attendue longuement mais je resterai vôtre jusqu'à ta mort.Ibsen ne répondit rien.Il a remercié l'élue, depuis, par tous les actes de sa vie.A LA VILLE ET A LA CAMPAGNE {a^^^ÊÊ^LuT^ ^fisalkdefomtlle QUAND elle achète un piano la femme demande une certaine marque de piano.Elle sait, avant d'ache-ter, quel piano elle veut et pourquoi elle le veut.Il >t tout aussi important, lorsqu'on achète une carpette de paille, de demander la véritable CREX.On y trouve relativement autant dc différence dans le ton et la qualité.Les carpettes CREX sont hygiéniques.De poids léger, et pourtant solides, elles peuvent résister à tout usage raisonnablement rude.Faciles à manier, faciles à nettoyer, elles allègent les soins du ménage, tandis que leur bas prix vient en singulier contraste avec celui des lapis de coton et de laine de qualité inférieure.Les carpettes CREX s'adaptent à n'importe quel plancher.La grande vari* t< d>- leurs dimensions, dc leurs modèles de toutes couleurs, permet de les choisir de façon à harmoniser parfaitement les décorations spéciales de toutes les pièces.Méfiez-vous des imitations, dont certaines peuvent être même fabriquées avec de la paille fendue ou battue.Achetez les carpettes CREX qui, depuis plus de vingt ans ont orné les parquets dans des millions de homes— modestes ou opulents.CREX est facile à prononcer et facile à lire.Ce nom.tissé dans la lisière, est une marque d'identification que rien ne peut effacer.Le catalogue superbement illustré montrant, en couleurs el en dimensions, les trois marques CREX —DE LUXE.HERRINGBONE et REGULAR—est envoyé gratis sur demande.GREX CARPET COMPANY 212 Fifth Avenue New York, N.Y. 32 La Canadienne, Mai, IÇ20 La Mode sur les Bords du Nil il y 3,000 Ans 4Le même hier, aujourd'hui et toujours/' l'éternel féminin se retrouve avec ses caprices dans ces petits articles qui ont appartenu à Cléopàtre TES PEIGNES! de bronze, dos, d'ivoire ou de bois sont de detains très variés.Ceux-ci ne semblent pu «voir •err* d'ornement mais «implement à peigner les cheveux.DLUSjbas.on voit de petits vas'-s * d'albâtre qui servaient A conserver Iç* parfums ou les bulles précieuses.On le* brisait bu lieu de rompre leur cachet de cire, ce qui équivaut a l'ancienne coutume de briser la coupe dans laquelle on avait bu à la santé du roi.Nos poudrettes modemnes bien ceci! pE COFFRET à toilette con-tient un bracelet rouillé, un anneau—tout oxidé—et un bout de collier.L'antimoine (employé pour ombrer le» yeux) était conservé dans un petit flacon comme celui que l'on voit au centre.Boite caractéristique oùTon conservait le fard—recueillie parmi lea débris de Fayovm.r1/ (""ES PETITS batons d'os «ont de» épingles-» cheveux décor»»» d'un* variété.infinie d'arabesque» II» constituent'un» collection intér»saante—modrlé» CI troué» avec tous lea caprice», orné» de petite» télé» d'un «rt errance: l'un 1 eux »» termine par une figurine grotesque.A chaque bout d» la rangée on voit un «tylct d'o».fE MIROIR, dont la surface polie est maintenant rongée par le rert de cris.'eft' un disque convexe d'environ sept pouces de diamètre.Un couvercle en protégeait la surface contre l'oxidation ou les égratignure».K AUPRÈS DE FOCH (Suite de la page i$) ouvriers, comme il aime a faire causer les littérateurs et les artistes.En quelques mots, il sait tirer de chaque homme le rendement nécessaire car il estime qu'il n'y a point de "désert." Dédaigneux de "se raconter," il écoute les plus humilies.Tout en estimant que le principe d'autorité est une qualité primordiale, il n'est point fier.Ses serviteurs, ses ordonnances, ses villageois de Traoun-feunteniou, lui sont profondément attachés.Et ceci me remet en mémoire une anecdote.Foch est tout à fait homme d'habitudes.Il est "celui qui prend le même trottoir, la même canne, le même képi." Il s'était plu à Senlis.Il y revint séjourner, dans l'hôtel de M.Fautrat, pendant i'hiver dc 1917 et plusieurs semaines avant l'armistice.La première fois, circulait la "rumeur infime" sur sa santé.C'est un "homme fini," disaient de lui certains ennemis politiques qui se mordent maintenant les doigts.C'est alors que le maître d'hôtel dc M.Fautrat, qui le tenait en vénération, me disait: —Quel homme, monsieur! Quel homme! Quelle force! Nuit et jour il travaille.Jamais d'arrêt! Si.Des arrêts.Le maréchal sait très bien maîtriser sa sensibilité nerveuse et frémissante par la diversité dans l'action.C'est ainsi qu'à Senlis, il se reposait du labeur cérébral, dont il ne porte jamais la somme jusqu'à l'exaspération des cellules, par des promenades hygiéniques et c'est ainsi qu'il rencontrait chaque jour un brave jardinier: —C'est ennuyeux, me dit un jour cet homme, je ne puis jamais saluer le général le premier! —Mais pourquoi?—Parce qu'il est malin: tantôt par un chemin, tantôt par un autre, il s'arrange toujours de manière à m'ar-river sur le dos pour me dire bonjour avant moi! Aux dlnersdel'hôtel Fautrat,combien Foch—quand il n'était point préoccupé par des événements militaires dont le souci lui barrait le front et lui crispait la main en un geste familier—combien, dis-je, Foch était en train, brillant, plein d'humour! U aime causer littérature et théâtre.La littérature classique française et la vieille littérature anglaise lui agréent.Il trouve celle de 1 Allemagne et des pays Scandinaves inquiétante et nébuleuse.Il prise assez le théâtre français du Second Empire.Le diminuerai-je en disant que je l'ai entendu mimer en perfection Baron et Dupuis?Je ne crois pas, car c'est lui qui m'a dit un jour cette autre parole si forte: Je ne retire jamais ce que j'ai dit sur quelque sujet que ce soit.Parole dc soldat.Parole dc politicien?Non, certes, et ne parlons pas de politiciens! Foch n'aime guère la politique et il a dit souvent à des hommes d'Etat: "Je ne suis point de ceux qui peuvent vous faire peur'" Le maréchal écrit avec la netteté et la concision que l'on sait.Mais écrire n'est point de son goût.Il aime mieux agir.Son écriture, d'ailleurs, est curieuse.Tracée lentement, posément, sans nulle hâte nerveuse, ce qui prouve sa maîtrise, sa calligraphie aux lettres ouvertes, franches, aux caractères très pleins, rappelle celle des hommes du grand siècle.Rien d'étonnant.Son génie clair et simple s'apparente au classicisme plus qu'au romantisme "qui dit-il, nous a fait bien du mal." De Senlis, où il s'arrêta le soir de l'entrevue de Rcthondes, après avoir vu pleurer Erzberger, suivons le maréchal dans son intérieur de l'avenue de Saxe.Là, son sourire, que des douleurs personnelles dont il ne parle jamais ont un peu voilé, charme et éclaire un intérieur patriarcal où l'on sent pal- f>iter la vieille âme provinciale et rançaiee.Comme je lui disais un jour, en plaisantant un peu, car je m'attendais à sa réponse: —Monsieur le Maréchal on aimerait avoir une photographie de votre intérieur.Il me répondit d'un air étonné: —Mon intérieur, mais il est comme celui de tout le monde! —Celui de tout le monde ?.Peut-être?.Nous allons voir.Dsns sa bibliothèque, le bureau, très en ordre, est chargé de papiers, de photographies, d'articles de travail.On sent là l'homme de pensée régulier, méthodique, ayant horreur de la mise en scène et aussi de "l'indiscipline" même dans un ameublement.Naguère, dans le coffre-fort, une "boîte à bougies" contenait tout un arsenal: les décorations du maréchal.Si, depuis lors, il les a mises plus en vedette, c'est pour rendre hommage aux puissances qui les lui ont offertes.Sur la cheminée, une pipe en bois décorée de têtes abominables de la Nouvelle-Zélande que le maréchal fume avec délices.—La fumée ne vous dérange pas?me demande-t-il avec cette ironie tout à la fois bonhomme et narquoise dont il a le secret.Le maréchal a abandonné son cigare qui demeutera légendaire.Il le trouvait trop excitant." De fait, me disait une de ses cousines, Ferdinand, jadis, était muet au premier cigare, en verve au second cigare et étincelant au troisième." Au coin du feu bienveillant, le maréchal est extrêmement "confortable." Il a bien, maintenant, l'aspect serein de l'homme qui a fait son devoir, plus que son devoir.Et c'est, en plus de l'ardeur patriotique, qui a été le levier de sa vie, la jouissance de l'artiste qui a mené l'oeuvre à bien et du polytechnicien qui a réussi son problème à souhait.Il y a tant de mesure, dc discrétion, de "convenance," essentiellement françaises dans son attidude, qu'on songe à peine, en le voyant, sauf quand la voix se hausse ou que l'ccil lance un éclair, que c'est là le sauveur du monde.Çà et là, au-dessus du mobilier sobre, des objets si grandioses par le souvenir évoqué qu'on les regarde avec une indéfinissable émotion.Le portrait de Bonaparte, Premier Consul, les sabres d'honneur, quelques trophées, un casque autrichien, des vues de Mondement prisas dans leur tragique horreur, deux superbes peintures de Fossa: le fantôme bleu de la cathédrale de Laon et celui de Reims: des aquarelles pleines de mystère et d'ombre où, çà et là, le soleil jette une goutte d'or à travers les leuillcs du vieux et cher parc dc Traounfcuntcniou; des photographies avec autographes du roi d'Angleterre, dc Douglas Haig, du président Wilson, du général Weygand, ie précieux collaborateur, dont la physionomie si fine est frappante de ressemblance.Le salon!.Nous franchissons la porte glorieuse car, sans "littérature," on peut dire que ce petit cénacle contient les plus beaux souvenirs de la guerre juxtaposés simplement, comme par la force admirable des faits, sur les vieux meubles anciens qui parlent du logis héréditaire dc Valentine en Languedoc, ou sur le mobilier plus simple de garnison: bronzes, objets d'art offerts par les villes d'Alsace-Lorraine, au cœur frémissant et passionné; vieux coq gaulois donné par le département de la Drôme d'où le chevalier Dupré, aïeul de Foch, le Précurseur, prit son vol pour faire triompher, lui aussi, par delà les monts, les armes et la pensée françaises: vitrine où, au milieu des plaques, des médailles et des croix, le brevet de feld-marshall côtoie le grand collier de l'Ordre du Bain.Tout cela est beau, tout cela ast émouvant.Tout cela n'est rien à côté du souvenir qui orne le cheminée de marbre blanc.C'est l'élégante pendule Louis XVI à colonnettes, que depuis longtemps Foch désirait posséder, car cette pendule, il en consulta fiévreusement les aiguilles qui, lentement marchaient, dans une salle de l'hôtel de ville de Cassel, pendant la grande bataille de l'Yser.> C'est sur cette pendule qu'il lut enfin 'heure de la victoire.C'est cette pen- dule qui marqua l'un des plus beaux "moments" de l'histoire.O'est au son de cette pendule que nous quitterons Foch et nos lecteurs, car son tic-tac "allant toujours," harmonieux et rythmé, possède ta beauté d'un symbole: celui d'un triomphe dont la marche ne saurait plus être arrêtée au cours des siècles à venir dont Foch, nos maréchaux, nos officiers et nos soldats, ont préparé—si nous sommes sages— l'incomparable grandeur. La Canadienne, Ma Marque dfpOttV Réduisez la cherté du vêtement Reprenez les vieilles choses fanées que vous aimez encore—cette blouse qui allait si bien—ce corset confortable—ces bas de sois chéris reçus en cadeau —redonnez-leur les couleurs splendides qu'ils avaient, ou plutôt, teignez-les, avec RIT, de quelque couleur nouvelle à la mode.Egayez votre home de couleurs harmonieuses—passez au RIT vos rideaux, vos tentures, vos couvertures, tous les articles lavables.Le pnin de RIT est de couleur rose, noir, chair, rose saumon, rouge, jaune, jaune doré, jaune serin, orange, lavande, moutarde, rose, vieux rose, tan, gris clair, gris 1er, taupe, bleu clair, bleu foncé, brun, vert pile, vert émeraude.Le RIT en flocons est de couleur rose, gris clair, rouge, jaune, vert pale, bleu clair, vieux rose, bleu marin, vert foncé.Ayez toujours sous la main un assortiment de couleurs.RIT ne rayera pas ni détériorera le tissu le plus délicat—il ne tachera ni les mains ni le vase.Lavez et teignez instantanément avec RIT vos Soies—Laines—et Cotons.Si votrt fournisseur ne peut pas vous le procurer, envoyez-nous son nemt et son adresse, avec toc.en timbres-poste, pour un pain de RIT ou un paquet de RI Ten flocons—de n'importe quelle couleur.Adressez: Sunbeam Chemical Company of Canada, Limited 84-90 JARVIS STREET, TORONTO FLAKED RIT a Fabriqué au Cana 32b La Canadienne, Mai, 1920 FRANÇAIS ET CANADIENS-FRANÇAIS DANS LA COLOMBIE La Pérouse, le Capitaine Marchand, Nos Seigneurs Demers et Blanchet—Une suggestion de Sir Wilfrid Laurier Par E.R.GOSNELL 1R WILFRID LAURIER aimait * réunir à aa table lea courriéristes parlementaire».Ces réunions, tout intimes et exemptes de l'apparat peu sincère des grandes cérémonies d'état ou même dea réunions de politiciens, offraient au grand Premier Ministre l'occasion d'un repos bienfaisant, entre deux séances de la Chambre, et quelquefois aussi, l'avantage de sonder avec son doigté incomparable les plumes dont il n'était pas très sûr On disait volontiers, il y a quelques années: " Du moment que Laurier a mis la main sur l'épaule d'un homme, il peut compter un partisan de plus." Et je connais nombre de scribes qui, comme bien d'autres, n'ont pas pu résister au charme tout-puissant du grand politique.Or, c'est dsns une de ces réunions que j'entendis ^ir Willrid, ('adressant k un des camarades—et, si j'ai bonne mémoire, celui-là n'était pas autre aue le nouveau député de St-Jacques, M.Fernand Rinfret— lui faire la suggestion suivante: "Mon cher ami, vous avez assez de talent pour entreprendre un grand travail.Et vous êtes jeune, donc vous avez le temps Pourquoi n'écrivez-vous pas l'histoire de la Compagnie du Nord-Ouest?Je vous avoue que c'est une entreprise qui m'aurait tenté si, malheureusement .je n'y avais pas songé si tard." Et nous eûmes alors, pendant quelques minutes, une petite conférence sur l'héroïsme obscur des Canadiens-français qui possèdent encore si peu des vastes territoires qu'ils ont ouverts à la civilisation.Explorateurs, missionnaires, évêques, coureurs des bois, tous imbus île la même passion de reculer les horisons de la patrie! Quel vaste champ, quelles richesses 4 exploiter par I historien que nous demandait alors le premier citoyen du pays! Cette histoire s "écrira-1-elle un jour, et comme l'aurait voulue celui qui nous suggérait de l'entreprendre?Oui, sans doute.Mais, depuis la fondation dr Vancouver, le progrés a marché avec une rapidité qui étonne, qui a presque fsit oublier la concession faite à nos voisins d'un pays découvert et exploré par les nôtres.Des événements plus récents qui sont les résultats des entreprises et des sacrifice» passés occuperont, nous n'en doutons pas, tant de place dans l'histoire qui s'écrira que bien des dévouements héroïques et bien des hauts faits y passeront inaperçu» Pourtant, il est bon que les geste» des ancêtres, qui furent plus grands nue leur époque, soient conservés dans la mémoire des générations qui 1rs 'nit suivis.Et c'est bien à cela que vise notre excellent ami, M.fiosnell, en offrant aujourd'hui aux lecteurs de La I vs AiiiMNNR les premiers fruits des travaux qu'il a consacrés n l'histoire des pionniers français de sa province.II y a retrouvé les nôtres dans un rôle qui l'enthousiasme et il s'empresse de nous le dire.(•race à lui, le rêve de Sir Wilfrid commence de se résliser.—J-L.K-L.I ES FRANÇAIS et les Cana-dien»-français qui ont été mêlés A l'histoire de la Cote du Pacifique ne l'ont été que d'une façon plutôt incidente.Pourtant, on les y retout part, pour ce qui est des « du Nord-Ouest et de la 1- 'n.les principaux fac-itnmrrce, à part peut-être le» officier» et fonctionnaires de ces compagnies elles-mêmes, furent à n'en pas douter les voyageur» et les coureurs des boi», ce» éléments e»»cn-llel» île t.- .« lr» rspédit! une sorte de reconnaissance du pays dans un but commercial; comme question de fait, il ne fit que Préparer les voies à Simon Fraser et à ceux qui imitèrent.La Compagnie du Nord Ouest opérait à l'intérieur des terres que l'on désignait alors sous le nom de Nouvelle Calédonie et de Vieil Oregon; sa zone d'activité commerciale s'étendit jusqu'à l'embouchure de la rivière Colombie où, en 1814, lui fut cédé Astoria, un établissement de traite qui appartenait à la maison Astor.Elle possédait une chaîne de forts et de postes qui s'étendaient beaucoup plus loin à l'ouest et au nord d'Astoria, soit vingt forts en tout comprensnt le Portage des Rocheuses, les forts St-James, Fraser, Kootenai, Kamloops et Spokane House.En 1825, la Compagnie du Nord-Ouest se fusionna avec la Compagnie de la Baie d'Hudson et, à partir de cette époque, les opérations de la nouvelle association, avec ce qu'elle appelait son Département de l'Ouest eurent champ libre sur tout le territoire qui va de San Francisco à l'Océan Artique et des bords du Pacifique jusqu'au pied de Montagnes Rocheuses, un territoire couvrant tout le littoral du Pacifique de l'Amérique du Nord et assez vaste pour renfermer un empire.Le personel ouvrier de ces vastes organizations se composait à peu près exclusivement de Canadiens-français, de Métis français et d'Indiens Iroquois.trou» D'i tiiiiq Baie teins t AtS.faisaï II» ¦le» Mr La ( t urée i C'est J David dit ion» entre-les fourrures, lient les résul-»t les canots, battaient les aient du cou- lans l'ftme de tous avec leurs surtout, il» savaient conquérir nellemrnt, artisans actifs d'un il» ne «e «ont guère fixés sur nsrrouru en tous sens à l'ouest MfftM du Nord Ooest ne s'est pas aveu s ente du Panique avant I "année 1805 le époque seulement qui Simon Fraser et m paon ont commencé d'explorer sérieusement le pa**, et d'y construire des forts.Fraser, par exemple commença opérations à la source de ls nnère Fraser qu il descendit, en 180».jusqu'à son embouchure.Il est vrai que Sir Alexander MacKentie.ea 17*1, traversa le pars k la tête d'une expédition qui at-teie.ni.les bords de l'océan Pacifique sur ua point A proximité de Bells Cools, mais ce vorafe.pan sans» découverte, n'avait ne* d'autre obiet que de faire Ici et U.après l$4o, l'année que fut ri j!';; la Qj»ttion des Frontières, des Canadiens-français et quelque* Métis s'établirent bien dsns ce pays où ils avaient si longtemps vécu, qu'ils svairnt parcouru en tous sens, mai», nulle part, ils ne constituèrent jsmais un facteur distinct de la population qui était accoorce à la suite des découvreurs Des messieurs Lebrun' Gervsis, La bonté.Rirhette.Lucier.I-sframhoise Duhteui! et plusieurs autres figurent parmi les Csnsdiens-lrançais qui se axèrent en Oregon «t devinrent, daas la suite, des citoyens énsiaenls de leur nouvelle patrie On peut ajouter, ai ce détail peut offrir quelque intérêt, que la mère du Dr McLoughlia.le chef du Département de l'Ouest, et que l'on a quelquefois appelé le " Père de r Oregon." était, au dire de quelques écrivains, une Canadien ne-Irançaise.Aujourd'hui, les descendants Mcl.oughlin soot tous disparus Srr James Dosjgtas, tard Facteur fnnnnlU.établi Rocheuses.La première femme de Connolly était une métisse française et Lady Douglas, ainsi que sa sceur, lorsqu'elles étaient jeunes filles, étaient réputées les deux plus belles femmes de tous les pays dc l'Ouest.Mais, je ne vais pas passer sous silence une force pour le bien dont les résultats se font encore sentir de nos jours dsns le pays qui fait le sujet de cette étude.Je veux parler de l'œuvre bienfaisante accomplie par les Pères Oblatsqui furent parmi les premiers missionnaires à visiter le pays des traiteurs Des missionnaires méthodistes, venus des Etats Américains de l'est, les avaient, il est vrsi, précédés de quelques années, mais leur influence ne s'exerça aue sur un territoire relativement peu étendu.Naturellement, svant cela, il y avait eu les missions des Jésuites en Californie et dans les pays qui s'étendaient plu» au sud; les noms de leurs Pères sont intimement liés k l'histoire de toute cette partie du continent.Parmi les premiers missionnaires de l'Orégon on compte le Père de Smet, un Jésuite, et le Père Bolduc, un autre Jésuite qui, venu avec Douglas au Fort Victoria, en 184 J, fut probablement le premier religieux à enseigner et baptiser les Indiens de l'Ile de Vancouver.Au point de vue strictement pratique, cependant, les Pères Blanchet et le Père Modeste Demers furent les premiers missionnaires résidants parmi les Indiens de l'Orégon et de ls Colombie Anglaise.Leurs travaux et ceux de leurs successeurs feront le sujet d'un article subséquent.Le Père Deniers fut le premier évêque de l'Ile de Vancouver et son nom n'a pas cessé d'être vénéré dans la Colombie et tout le pays adjacent qui se trouve au sud de la frontière.Les Pères Blanche! qui, je crois, devinrent successivement évêques de l'Orégon, étaient presque de no» contemporains et des Canadiens-français.Mon excellent ami, Mgt Dontenville, aujourd'hui Général des Oblats à Rome, m'a remis, il y a quelques années, pendant qu'il était établi I Ne» Westminster, B.C., de copieuses notes sur l'œuvre des Oblats dans l'Ouest.Je me propose, si vous le voulez bien, d'en faire bénéficier les lecteurs de La Casa-DllîNNE." Nous purlerons alors de» quelque» établissements Canadien» français de cette province lointaine et des citoyens de marque que ces colonies ont produits.Mais, dans cet articlr, je veux surtout parler de deux explorateurs français très fameux qui ont visité la côte du Nord-Ouest avant b XIXème siècle: La Pérouse, de son vrai nom, le Comte Jean-François Galaup, et le Capitaine Etienne Marchand.Les expéditions de ces hardis navigateurs ont peu ajoute au connaissances que l'on avait déjà des régions qu'ils ont visitées, pa» plus qu'elle» n'ont réussi k établit un commerce de fourrures pour ls France, but principal de tous ce» voyage» La Pérouse est peut-être plu» connu dan» l'histoire canadienne comme l'officier qui s'empara de» établissements que la Compagnie de la Baie d'Hudson possédsit dans ls Baie de ce même nom Et, Isii ,i»«cj étrange, le Dr.Bryce qui a écrit l'histoire de la grande rompa gnir ne fait pa» même une mention dr cet événement qui se produisit presque un siècle après les exploits de LcMoyne d'ibervllle On sait que ce dernier, au cours d'une expédition pat vole de terre, «'empara en 1685, du Fort Albany et d une ?¦¦->'•' 11 • de fourrures évaluée k O.OOfl couronnée, et que plue tard, en 1605, il prit le Fort Bourbon M réussit à s'emparer pour les Françai» de tout le paya baigné par la Bair d'Hudson.Le» exploits de la Pérouse n'ap partiennent que d'une manière fort distante au «ujet que nous traiteront mais il est.tout de même, intéressant de noter que ce brillsnt capitaine durant la guerre de 1778-178J enter l'Angleterre r.ls France, servit son pavs avec éclat dans diverse* parties du monde, et qu'il se distingua tout parti c ere ment •ur I* cote occidentale du Canada est capturant les Fort.Prince of Wales et York Hearnr, U célèbre explorateur au service de la Com pagnie de la Baie d'Hudson, avait le commandement du Fort Prince .,! Wales qusnd La Pérouse s'y pré sent s II mit bas les armes sans opposer aucune »u»uSxasKT.Isaac Cou-ie qui rapporte l'incident dan» son ouvrage ' The Company o* Adventurers" dit 3ue If rame se rendit "pour empêcher le massacre es quarante hommes qu'il avait avec lui." L'his 5J*¦¦d.t.,a,,*,* 1ort **»•* ''«aexpiifnable I condition d être défendu par une garnison complete de 400 homme»." mais qu'il n'était pas en état de résister écrasante du fameux amiral et de se.trots oariree de guerre qui l'avaient pris complète ment par surprise." L'audace et la rapidité avec lesquellea La Pérouse avait fSnstr fur U pat, 99999999999999999999999999999999999999999999995 La Canadienne.Mm, IQ20 JJ Un Clocher dans la Plaine (Suite de la page tj) Et aussi vite qu'il avait pu il avait repris son chemin; et en marchant, a mesure qu'il se raisonnait, il avait senti mordre en lui plus fortement les tenailles de la souffrance.Jamais il n'avait été heureux!.A la différence des autres habitants du pays il avait voulu avoir des enfants, et il n'en avait eu que pour le» Voir mourir jeunes, le» autre» déjà grandelettes.s'étaient endormis ici-bas pour se réveiller dan» le ciel: et sa pauvre femme n avait pas survécu à la naissance de Fuljçence, le petit dernier.t étaient de simples ouvrier»; le peu qu'ils avaient gagné s'en était allé en Irai» de maladie*: ils n 'avaient pu goûter aur cette terre d'épreuves la récompense de leur bon vouloir, se voir vieillir dan» la paix du devoir accompli, entouré» d'une couronne de garçons solides et rie tilles bien mariées.Seul, Anatole était arrivé à l'âge d'homme.Il n'avait que dix an» à la mort de sa mère: c'était un enfant malingre et souffreteux.Tout en soignant le tout petit, le père s'était acharné, à garder ce seul survivant de ceux que sa femme avait nourris.Il y Hait arrivé au prix de grandes peine», la travail et d'argent: et comme on t'attache toujours un peu plus aux ml.mis qu'il .i fallu disputer à la mort, il aimait chèrement son Natole pour tou» les tourments qu'il lui avait coûtés autant que pour tous les souvenir» qu'il lui rappelait.Et à présent, au pied de la paillasse où git ce fils de son cœur, le père Vincêtre est debout, muet: et il sent tourbillonner dans sa vieille tête, comme un vol de chauves-souris, les pensée» troubles, heurtées, fuyantes qui »c lèvent à l'appel effarant des subites et excessives douleurs.i •• mV-i p.is -ni lui, cependant, que Il - regarda du mourant se sont posés; c'est sur Reine.Il la fixe, la suit, la pénètre, et sous l'intensité de ce regard elle frémit, éperdue."Il ne peut pas parler, dit le curé, mais il a sa connaissance.A genoux tout le inonde! Je vais lui donner l'absolution.Demandez pardon au bon Dieu, mon cher petit, mon frère," fit-il d'une voix qui se mouillait ."Il n'envoie pas de telles souffrances sans les compenser par des joies plus grandes.Il va vous recevoir dans son paradis." Natole sembla comprendre; ses yeux quittant l.i hllc de Dorget, se fixèrent un instant sur une petite croix d'argent que le prêtre approcha de ses lèvres.Et les paroles saintes qui donnent aux derniers d'entre nous une couronne descendirent sur cet humble autour duquel s'épaississaient 1rs ténèbres du grand passage.En ce moment Désir Huchecorne entra, venant aux nouvelles, et s'approcha de Ludovic.Le mourant en eut conscience; une dernière lueur de vie alluma son regard déjà vitreux.Comme Reine, agenouillée près du lit, sanglotait, il lui saisit le bras qu'il serra d'une étreinte convulsive; il l'attira contre lui: et sur «es lèvres crispées par l'agonie s'imprima un sourire de défi et de victoire.D'une voix que tous purent tntendri il dit, dans un effort suprême: — On était.tout de même.faut troire.on était.plus ccruru qu'eux'.Puis le sourire s'éteignit, la main i, -serra s.wi étreinte, le- yeux, demeurés fces, ne virent plus.LORSQU'IL eut pieusement fermé les yeux du mort, le curé de Viron-vile s'approcha du père Vincêtre et l'enbrassa.Le vieillard était comme hébété: la tragédie avait été trop i.ij,.| il ne comprenait pas, ne voyait pal encore; la douleur, telle une bête méihantc qui joue avec sa proie, disputait lentement à la stupeur l'angoisse de -on cerveau surmené.Machinalement, il t'était assis sur Ir couvercle dits hiche; il y demeura les bras ballants, les tait» immobiles et rigides, jusqu'au moment où sur ses joues couturées de granic» rides les larmrs commencèrent a coder Dta'r »'était tout de suite éclipsé aprèsun geste de pitié lasse, un haussement l'épaule» de regret; mai» Ludovic était reMé, retenu par la douleur dr Reine et aussi par les sentiments multiplet et violents qui l'agitaient lui-même.Ce natin encore, celui qui gisait là était U» camarade, un ami; mieux que cela, un égal.Avec le» Langlois 1rs Vincêtft passaient pour être le» plus anrien» du pay*: leur» noms francisé» rappelaient le» grande» guerre»; quelque» uni s.nis doute, parmi le» rude» archer» venus d'Angleterre avec le* Edouard et le» Henri.Ie« avait porté».Et bien qu'il ne «ût point l'histoire.Ludovic avait, comme «on père, l'instinctive fierté de* normand» dont le» famille» remontent au temps où l'ancêtre, vainqueur ou vaincu, incarnait le» souvenir* et forgeait le» tradition* épiques de la province.Grâce à cet instinct de race, souvent plus fort que le sentiment d'ordre inférieur et bourgeois qui crée parmi les paysans d'aujourd'hui une aristocratie d'argent et leur inspire tant d'injuste hauteur à l'égard de ceux d'entre eux qui sont pauvres ou chargés d'enfants, les Langlois avaient pour les Vincêtre une toute autre considération que pour les Huchecorne venus à Vironville à peine depuis un siècle, et on ne savait d'où.Lorsque, devant la ferme de Dorget, au moment où il venait d'obtenir de Reine un aveu, l'humble amour du fils du sacristain s'était dressé devant sa victoire, l'estime que Ludovic ressentait pour les Vincêtre l'avait empêché de considérer ce nouveau rival comme négligeable.L'inquiétude l'avait ressaisi: il avait fallu pour le rassurer le mot cruel: "Ah! bien non.tout de même'"—et le sourire qui l'accompagnait sur les lèvres de la jolie fille un instant surprise, émue, mais tout de suite scandalisée par l'audace de ce garçon qui, ayant si peu de bien, se permettait île penser à elle qui en avait tant.Le soir, au bal, sa jalousie contre Désir Huchecorne s'était réveillée; il avait compris que l'âme oublieuse et légère de Reine, toute aux séductions du moment, s'inclinait à nouveau vers le beau parisien qui dansait bien, qu'elle ne songeait plus déjà aux paroles échangées sur le chemin, sous les effluves de la brise, près du grand champ de blé; et il s'était senti pris d'une sorte de honte mélangée de colère.Les appels du tocsin sonnant au clocher dans la nuit et l'horizon rougeoyant sous l'incendie avaient été pour lui une délivrance; et lorsqu'il avait vu que le feu était chez les Huchecorne il n'avait pu, tout en courant un des premiers pour l'éteindre, se défendre d'une joie mauvaise, à penser qu'il arrivait du dommage à ce Désir qu'il détestait.En faisant la chaîne il s'était trouvé placé en face de Reine et Désir n'était pas là.Alors il avait repris confiance: comme on n'était plus à la danse il craignait moins d'être supplanté par le parisien.Il travaillait, calme et solide; les seaux pleins d'eau passaient sur ses mains comme des plumes et les reflets de l'incendie éclairaient sa figure appliquée et énergique; il se sentait regardé.Électrisé par ce regard, il s'était jeté dans l'étalile pour sortir le taureau, et le cri d'angoisse qu'elle avait poussé avait encore exalté son courage.Mais un homme s'était élancé avec lui: c'était encore Désir.Malédiction! Il le trouverait donc toujours sur son chemin?.Risquer sa peau tout seul, à la bonne heure!.mais avec celui-là, pour l'entendre ensuite se vanter mieux que lui du péril affronté en commun, non pas!.Et c'était la jalousie qui, rompant son élan, l'avait fait ressortir si vile aux chausses île Désir terrifié: en le faisant hésiter elle lui avait donné la contagion de la peur.AUSSI quel dépit lorsqu'il avait vu Natole se ruer à l'assaut de la bétel Et lorsqu'on l'avait relevé sanglant, combien il avait envié ses blessures' A tel point qu'à présent il n'était pas éloigné d'envier sa mort.Car il y avait de l'héroïsme dans le vieux sang terrien de ces deux jeunes hommes; et , ce sang, chez celui qui survivait, bouillonnait, s'indignait, de n'avoir pas été, comme chez l'autre, répandu aux pieds de l'aimée dans un transport de passionnée bravoure.La dure enveloppe d'égoïsme, d'intérêt et d'avarice avait éclaté sous la pression des sentiments nobles, réserve inviolée,.toujours prête, chez les êtres de tradition, à entrer en lice lorsque les circonstances lui font appel, et à chasser la ribaudaille de vulgaire» pensées qui occupe l'ordinaire de la vie.Et voilà pourquoi Ludovic regardait le mort avec des yeux d'admiration et de rolérc.Il avait reçu comme un soufflet ses dernières paroles; il en frémissait.Car c'était vrai'celui-là avait eu plus de co-ur que lui' Il avait fait assez bon marché de sa vie pour la sacrifier dans un geste- et maintenant san» doute, ce geste allait lui survivre.Qu'allait penser Reine?De quoi allait-elle se souvenir?Des douces paroles échangée* au sortir de la messe dan» la paix des champs, ou rie celle» qu'en un dernier sursaut d'agonir rette bouche, muette pour toujours, avait proférées comme une flétrissure et un défi?Reine ne se haussait point à de pareille*pensée*.Coquette,sansamour, elle ignorait le» tragiques débat» intérieur» d'où naissent le» préférences et le» averiion» passionnées.Satisfaite de se savoir dé»irée par Langlois et par (Suite sur la patte 34) LE shampooing bien donné embellit la chevelure.Il accentae la vitalité, le brillant, les boucles naturelles et la couleur de* cheveux, et les rend souples, frais et abondants.Pour conserver toute sa beauté, des lavages fréquents et réguliers sont essentiels à votre chevelure, mais elle ne saurait supporter les résultats désastreux d'un savon ordinaire.I.'alcali de ces savons ordinaires assèche bientôt le cuir chevelu, rend le cheveu cassant et le détruit, c'est pourquoi les femmes judicieuses emploient le W AT K I N S mu lsi fie! RCG.U S.PAT.OFF.coaf™ h à Cette préparation claire, pure et absolument libre de toutes matières grasses, ne peut ni faire tort au cuir chevelu ni l'assécher, même employée fréquemment.Deux ou trois cuillerées à café nettoieront parfaitement les cheveux et le cuir chevelu.Humectez d'eau les cheveux, puis appliquez en frottant.Une mousse abondante, riche et écumeusc se formera, de rinçage facile, et qui enlèvera avec elle toute la poussière, les pellicules et les huiles superflues.Le cheveu sèche rapidement et de façon uniforme, il parait plus épais et plus lourd qu'il ne l'est naturellement.Le cuir chevelu s'assouplit, le cheveu devient fin et soyeux, brillant, jeune et léger.Il boucle et devient facile à coiffer.Lr Watkins Ml'LSlUEn Cocoanut Oil Shampoo se tronvt dans 1 mill - I, - pharmai i.-.1111 ll.u on île 4 on.e- dure plusieurs mois Fait au Canada La Canadienne, Mai, IÇ20 Les Patrons "Royal" sont entièrement faits à la main puis essayés sur mannequins par des experts de la mode.Chaque partie d'un patron "Royal" est simplement et clairement démarquée — pas d'erreur possible — et pas besoin de mémoriser des symboles inutiles—même si le dessin est élaboré la construction en est simple.Si vous ne voulez qu'un patron pur et simple—les patrons à la mécanique feront l'affaire — si vous voulez de l'élégance et de l'originalité—achetez les patrons "Royal." 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combien cher!.Il avait L'en le droit de s'en vanter, dût-il être un peu injuste pour ceux qui ne l'avaient pas commise.Les larmes de Reine redoublaient; car ce qu'elle comprenait de cette mort suffisait à lui faire regretter sincèrement le brave garçon, l'ami d'enfance, et aussi un peu le troisième amoureux.Et voilà que, se mettant à penser aux deux premiers, la présence de l'un fut cause qu'elle remarqua avec dépit l'absence de l'autre.Pourquoi Désir n'était-il pas là?Il ne se souciait donc point qu'elle eût de la peine?Ludovic, lui, était resté; il semblait partager sa douleur.De là à la consoler il n'y avait pas bien loin.Les yeux humides de Reine se détournèrent peu à peu du mort pour se fixer sur le vivant; et tandis qu'il tremblait, pensant l'avoir perdue, elle répondit à son angoisse par un sourire.T A NUIT tirait à sa fin.Au-dessus du brasier mourant qu'on achevait de noyer une buée blanche montait droit dans le ciel clair.I,'odeur de vase que répandait la mare aux trois quarts vidée se combinait avec l'acre relent que soufflaient les décombres.Dans la maison de ferme, sur la table de la salle où n;.m.nTi.il.m des chandelles on entrait pour boire, avant de partir, un coup de cidre.Lorsque les pompiers de Fresnc-l'Abbé eurent démonté leur pompe et roulé leur dévidoir, le père Huchecorne servit à tout venant un café consolé.Sa femme allait de l'un à l'autre en faisant claquer ses sabots, et tout en versant la goutte elle se lamentait sur la perte de son taureau.—Un bêta qui était de première! Il n'était encore qu'antenais qu'il faisait déjà merveille!.Au concours du mardi saint, aux Essarts, il n'y en avait pas eu un pour le border, et même de loin.Ah! il n'avait point été gêné pour aveindre la médaille d'or, vous savez ben .Allez en queri un pareil à ct'heure! C'est pas les assurances qui peuvent le remplacer.Ces plaintes impressionnaient; car le robin du Mesnil était célèbre, et père, tout à la ronde, d'une multitude d'enfants.Chacun pensait à telle génisse, partie pour être une mère à lait numéro un; à tel nourrisson qui était tendre exprès pour prendre la graisse; à tel béton qui, sans valoir son père ben entendu, était encore l'coq, comparé avé l'chctrain mal raçu que les marchands vous vendent à det prix qui ne sont point croyables.La perte d'un animal à qui tant de monde avait eu recours était une sorte de deuil public; dans la stupeur qu'elle causait on ne pensait plut à se souvenir qu'il avait tué un homme; et le café, que pompiers et civils sirotaient avec complaisance en l'additionnant d'alcool de lie, achevait débrouiller les mémoires.Chez les uns il provoquait un attendrissement pleurard se traduisant pâteu-sement en éjoges funèbres du taurerau; et il allumait dant les yeux det autres une gaité qui, croissant avec le bruit de leur» verre» entrechoqués et le bien-être 3ui leur chauffait l'estomac, les mettait ans un état d'insouciance heureuse.Le» Huchecorne, aux frai» desquel» coulaient cidre, calvados et chicorée, n'y prenaient point garde; il» trinquaient et parlaient éperdûment, majorant leur» pertes, amplifiant leur malheur, en invectivant les auteur» supposés, quelqu'un de ces galvaudeux, de ces rodrux, de ces soleils.Le beau Désir avait abdiqué son élégance parisienne.Encore mal remis de sa peur, d cherchait à s'étourdir en buvant sec et en discourant avec le citoyen Dubour-deau qui, très rouge et les veux pleins de larmes, veillait a ce que leurs tasses ne fussent jamais vides.Cependant Ludovic Langlois entra, suivi de Reine, et s'approcha de Huchecorne.Il venait demander une voiture pour transporter le corps à Vironville, chez le père Vincêtre.Son air grave et les yeux bouffis de Mlle Dorget firent sensation; il y eut un silence.On se rappelait le mort.DANS la cour que sillonnent de» lanterne» c'est un bruit de gens qu S'affairent et de chevaux qu'on attelle, et puis, avec de claquements de fouets, les voitures qui démarrent.Ceux de Fresnc, des Essarts, des Crières regagnent leur pays; ceux de Vironville demeurent et se forment en cortège, les hommes à pied, entourant le vieux, les femmes montées dans les carrioles.M.le maire a acculé sa tapissière neuve devant la porte du fournil; quatre hommes soulèvent la paillasse sur laquelle Natole repose, la chargent, rabattent les rideaux; on part.L'abbé Gâtine ouvre la marche; puis vient Dorget retenant son poulain qui s'ébroue: et derrière la voiture, qui sur les cailloux et dans les ornières du chemin saute et brimballe, les homme» de Vironville suivent le père Vincêtre appuyé sur Fulgence, son dernier fil».Dans la campagne voici venir le jour.Une lueur grandit là-bas sur let grands bois, vers les Essarts, et le froid piquant du premier matin descend det étoiles qui s'éteignent.De longues traînes de brouillards rampent au ioin sur les champs, voiles humides que la nuit a laissés en fuyant et avec lesquelt l'aurore se joue.A l'orient du ciel planent des nuages légers, violets d'abord, puis mauves," puis entourés d'une bordure de lumière.La plaine indifférente à la mort et à la douleur qui la traversent, recueillie dans l'attente sacrée de la vie qui va venir, s'emplit d'un murmure d'oiseaux.Tout à coup, par-dessus les bois, le soleil s'élance; tout s'illumine.Les fleurs lourdes de sommeil se redressent, les diamants de la rosée brillent aux pointes des gazons; et la vieille terre normande reprend son travail éternel dans la gloire du radieux matin.Le cortège approche de Vironville; un glas timide sonne au clocher; c'est la première cloche qui s'ébranle doucement, comme si elle craignait de jetei de la tristesse au milieu de cette joit épandue.Bientôt elle s'enhardit et s» compagne, émue à son tour, pleure avec elle le pauvre gas qui tant de fois le» a fait parler toutes deux.C'est la sonnerie en mort, le lambert, dont l'ironie mélancolique de nos aïeux chantait ainsi la plainte lente: Lambert est mort.Il a eu tort.Lorsqu'on fut arrivé devant sa maison et que le corps eut été étendu dans la salle, sur le grand lit, le père Vincêtre s'approcha du curé.—Qui que c'est, dit'il, qu'a sonné Natole si matin?—C'est Basselin, le sacristain de Fresnc.Il était à l'incendie.Je l'ai envoyé en avant prendre chez moi la clef de l'église.Le vieux réfléchit un instant puis reprit: —U m'a ben obligé.Ça «cra core lui, probable, qui aura peine de creuser la fosse et de sonner I inhumation?—San» doute.Ne vout inquiétez pas, mon père Vincêtre.—Je ne m'en tourmente pa» plu» que ça.Seulement je va» vout dire une chose, dans le cimet avè sa mère.Et comme le curé s'inclinait et lui «errait la main, le vieux recommença à pleurer./"«E MATIN-I.A le» Langloi», qui ne V> 6'étaient pa» couchés, tinrent un conseil de famille.Ludovic exposa à set parents que le moment lui paraissait propice pour faire une démarche auprès des Dorget.Le sourire que Reine lui avait adressé au moment même où il craignait qu'elle ne se détournât de lui l'avait rempli d'espoir.C'est rapport à sa place ière.J'veux qu'on le mette Il avait compris qu'en demeurant près d elle il l'avait touchée, qu'il avait natté l'éoolsme inconscient de sa douleur et q_ue Désir Huchecorne, au contraire, avait perdu du terrain faute de s'être rendu compte qu'il fallait lui donner I illusion qu'on faisait la cour à ses larmes.Sans doute il avait eu bien autre chose à faire.Désir: la ferme de son père brûlait; l'eût-il voulu, il ne pouvait pas rester à regarder pleurer Mlle Dorget.Mais en guerre il est permis de triompher des embarras comme des fautes de l'ennemi.I.e père et la mère Langlois écoutaient gravement.Ils saisissaient fort bien l'intérêt de profiter d'une occasion qui ne se représenterait peut-être plus; et mentalement ils comparaient Reine Dorget à toutes les récoltes qu'il faut se hâter de rentrer lorsque le temps le permet: au foin qu'on est enfin parvenu à faner mais qu'une ondée peut gâter; à l'avoine qui germera si on tarde à l'engranger et si la lune vient a changer, amenant la pluie; aux pommes de terre qu'il faut arracher par un temps sec si on ne veut pas qu'elles soient malades.Et Reine Dorget, qui serait riche un jour de quatre-vingts acres de terre, leur semblait une rude récolte à soigner!.Ce que le père Langlois traduisit par cette réflexion: —Je ne viens pas dire que tu n'as point raison et qu'a n'est point bonne 4 prendre.Mme Langlois souleva des objections.—D'abord voudront-ils de toi, les Dorget?Nous ne pesons pas aussi lourd que les Huchecorne, tu sais bien.Et puis cette jeunesse-là, c'est-il ben ton affaire?C'est plaisant, mais c'est si tellement coquet! On ne se marie point pour le plaisir.Je sais bien que ça travaille; les Dorget sont sérieux dans leur culture; il faut que ça tourne; et il n'y a pas dc demoiselle qui tienne, si on faisait la faignante, on serait dressée, ça ne traînerait point.Mais toi, mon pauv'gas, j'tc connais pisque j'sis ta mère: c'est point toi qu'auras Jamais du commandement avé les emmes.Celle-là surtout, que t'en es coiffé.A te fera passer par où qu'è «oudra, comme un grous bêta .—Ça, c'est mon affaire, dit Ludovic.Et le père reprit: —Sûr qu'on ne sait point si les Dorget voudront: mais on peut essayer, pas?C'est comme quand on sème du trèfle rouge: on est exposé qu'il ne lève point.J en semons t'y point tout de même tous l's ans?Que répondre à cela?Mme Langlois battit en retraite.D'ailleurs les quatre-vingts acres de terre dont Reine était l'unique héritière miroitaient aussi devant elle.Avec leur bien du Bosc-Guichard ça ne ferait point un petit morceau de terre.Et ça ne dépendait que d'un oui ou d'un non.Si c'était oui, Ludovic, pour être maître de tout, n'aurait plus qu'à mettre en terre ses parents et beaux-parents, ce qui ne pouvait pas manquer d'arriver.Cette certitude enchantait la bonne femme; sa méfiance n'y résista pas; et, souriant à la forutne que son garçon allait tenter, elle lui dit: —M'est avis que tu peux y aller tout de même.Lorsqu'il arriva chez les Dorget, M.le maire, assisté de son épouse, était en conférence avec le garde champêtre.—J'ai été tout partout, disait le représentant de l'ordre public.J'ai d'valé su la limite d'Ia commune le long du bois des Essarts ousqu'y a le charbonnier; en allant éteindre l'feu et en revenant il n'avait vu personne; il ne savait rien.Je me sis rabattu su l'Bosc-Guichard, chez Legoff Sa femme m'a dit qu'il'tait rentré raide sâ d'I'assembléc avant l'feu, ce nui l'avait empêché d'y aller, et que c'était tout juste s'iPtait dessaoulé, vu qu'il dormait encore.Alors je me sis envahi du coté du Mesnil.—Excusez, dit Ludovic que ce rapport impatientait.J'étais venu comme ça pour.—C'est-il que tu ssis qui qu'a mis le feu?s'écria Mme Dorget.—Ma foi! non.C'est à votre demoiselle que je voudrais causer.—Ah! ben si ça n'est que ça.A n'est pas loin; è tire les vaches.Il trouva Reine assise entre les pattes de la truitée dont elle pressait en cadence les trayons.Elle lui sourit et continua activement son ouvrage.I E LAIT, giclant à chaque tirée.Lj frappait le» paroi» du seau en rendant un son clair; courbée en avant, les msnehes retroussées jusqu'aux coudes et laissant à nu l'effort de ses bras, une paille fichée dans l'ébourriffement de ses cheveux blonds, la jeune fille se bslançait, preste et gracieuse, sur sa banceile; et Ludovic la mangeait des yeux.Lorsque le Isit cessa de venir elle se redressa, rangea le seau à demi plein La Canadienne.Mai, IÇ20 JS de mousse blanche et se détira, cambrant sa taille souple et faisant saillir sa poitrine ronde.—Ah! dit-elle, que je suis fatiguée!.Tu ne me feras point danser ce soir, Ludovic.Et si y a le feu, je crois bien qu'il faudra qu'il prenne à mon lit pour que je me lève.—Dame! fit Ludovic pour se donner une contenance, il est certain qu'une nuit comme l'aut'nuit, c'est queque chose.—Tu peux le dire!.Et encore, toi, tu es un bourgeois qui peut se reposer; moi j'suit une bonne.—Oh! une bonne ._—Crois-tu que maman Dorget m'a laissé bailler dans ma chambre?Sitôt déshabillée, sitôt rhabillée, et l'ouvrage! Reine, va ouvrir aux poules' Reine, va voir aux lapins! Reine, mets la soupe su la table! Reine, va quérir de la boisson! Reine par-ci, Reine par l'autre.et je te tourne et je te ratourne! Et à ct'heure c'est les vaches, un bétail qui n'attend point.A preuve bringée que voilà qui meule: é demande que je la débarrasse.Ah! mon Dieu que j'ai donc mal aux reins; et je n'en ai encore tiré qu'une.—Attends un peu, dit Ludovic, je m'en charge, moi, de la bringée.Et s'emparant du seau et de la banceile, il s'installa.Reine se mit à rire.—Ah! fit-elle, voyez-moi un peu le beau vacher! Il répondit gaiement: —Ça me connaît.J'en tirais déjà que tu n'étais point née core, tu sais ben.—Oh! ça, c'est une menterie.Mais tu n'es point embarrassé, c'est certain.Il en coule, du lait, quand tu t'actionnes là-dessus! Sous la pression vigoureuse de Ludovic deux jets rapides tintaient dans le seau, et peu à peu la mousse blanche montait, affleurait le bord.Reine debout, les deux mains sur les hanches, admirait, et son sourire, d'abord moqueur, s'attendrissait.Elle dit: —Sais-tu bien une chose?Tu es un si tellement fini ouvrier que je voudrais l'avoir tout le temps pour m'aider dans mon ouvrage.Ludovic cessa de traire brusquement et se leva d'un bond.Le seau faillit chavirer.Mais il se domina et dit doucement, d'une voix un peu tremblante: —C'est itou dans 1 idée de t'avoir tout le temps qu'on est venu te causer anuy.De pâle qu'elle était Reine devint toute rose; ses lèvres frémirent; ses yeux battus eurent un éclair.Mais la bringée meula.—Eh! las mon Dieu vlà que t'oublies la vache! Méfie-toi de ne pas la couper de lait: on dirait que c'est de ma faute.—Eh! non, s'écria-t-il en tirant de plus belle sur les trayons.Tu vois ben qu'à ne retient point; pas, la bringée?La bête allongea le cou et secoua lentement les oreilles.—Je m'en vas te chercher un autre seau, dit Reine.Celui-là est plein.Les six vaches de l'établc y passèrent à la grande joie de Mlle Dorget qui allait et venait, portant le lait à la laiterie, et qui, s'extasiant sur la maîtrise avec laquelle Ludovic la remplaçait, répétait: —Comment que je ferai ce soir et demain matin: quand mes bétonnes demanderont après toi?—Veux-tu que je revienne?—Je ne viens pas dire que ça ne me soulagerait pasdans mon ouvrage, mais.Elle éclata de rire.—Je ne peux pourtant point demander à la maltresse de t'embaucher comme garçon de cour.—Ça n'est point ça que je veux d'elle, reprit Ludovic avec cette douceur et ce tremblement dans la voix qui tout à l'heure avait allumé les yeux de Reine et l'avait fait rougir.J'voudrais pas y demander de veni dans ta cour, mais que j't'emmène dans la mienne.Et comme elle demeurait interdite, délicieusement flattée, il poursuivit: L'pé et la mére Langlois sont des bonnes gens.Ils ne te commanderont point.Tant qu'a moi, tu n'as que faire d'avoir peur.Tu n'auras pas tant de mal qu'ici.Elle se moqua.—Veux-tu dire que je n'aurai rien à faire?—Bien sûr que non! Tu t'ennuierais trop, étant bonne travailleuse, si tu ne faisais rien.—Je ne sais point; vu qu'on ne m'a jamais encore permis d'essayer.Elle riait, et le regardait avec des yeux tendres.—Alors, dit-il, cette fois-ci c'est la bonne?Tu veux ben?Ils se turent.L'odeur chaude de l'étable rendait lourde et grisante l'atmosphère autour d'eux; par la porte grande ouverte sur la cour ils voyaient flamber le soleil.Se penchant vers lui elle dit tout bas: —Je veux bien.Et ils s'embrassèrent longuement.(A suive dans natte prochain numéro) Nattendez pas que les rues soient' mouillées pour acheter des claques Achetez-en maintenant.Ayez une paire de claques pour chaque paire de chaussures que vous porterez au printemps.Mettez des claques pour protéger vos chaussures neuves; vous les ferez durer plus longtemps et elles garderont mieux leur forme.Procurez-vous des claques peur rendre étanches vos chaussures usagées, et pour vous permettre d'économiser vos meilleures chaussures en portant les vieilles par les jours de mauvais temps.Les Claques du Dominion Rubber System sont des claques de qualité établie et qui vous permettent de faire une économie véritable.Quel que soit le genre ou la forme de vos chaussures, vous pouvez trouver des claques du Dominion Rubber System qui s'y adapteront parfaitement.Exigez ces claques de confiance— elles sont en vente dans tout le Canada, chez les meilleurs marchands de chaussures.IMINIO RUBBER £/ATCO COS Meilleures graines Meilleures récoltes .iv EN VENTE CHEZ TOUS LES MEILLEURS ^ MARCHANDS DANS TOUT LE CANADA Demandez le nouveau catalogue illu.tré.STEELE.BRIGGS SEED In ptui Brandi mirchjndi de frimes au Canada" HAMILTON — TORONTO — WINNIPEG SiTîîîîîiîînîînîîîîîiiî^ Prenez IPJ pendant et après L'empaquetage Rond Original LA GRIPPE Le Lait Malte Horlick's Très nourrissant, facile à digérer Le Vrai Breuvage— Aliment—Se préparc instantanément.Fabriqué par le procédé Horlick Authentique de matériaux soigneusement choisis.En usage depuis plus d'un quart de siècle.Recommandé partout par les médecins.l'original Évitant ainsi les imitations j6 La Canadienne, Mai, 1920 "Se» lunehc* sont parfaits! 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Une grande artiste Canadienne-française \ Suite d* la page /p) loin d'être monotone, en dépit de ce que l'art, avec un "A" majuscule, peut avoir d'exigence quotidienne.Aussi Ê\.i Gauthier ne cesse t-cllc pas de donner des concerts "extra-ordinaires." C'est ainsi qu'un jour, un négociant de New-York, qui avait organisé une exposition de "battick," un tissu merveilleux originaire de Java, vint demander à la cantatrice de chanter A son exposition des chansons Javanaises et de faire une sorte de conférence sur le pays et ses coutumes.¦» Mme Gauthier accepta volontiers, tille chanta des compositions Javanaises, parla du pays, de ses instruments musicaux, et rehaussa même le spectacle en se montrant en public revêtue du grand costume de gala, cadeau royal oui lui venait de Sultan de Java, une distinction unique, parce que ce serait le seul costume de ce genre en possession d'une blanche.Des succès qu'elle a remportés récemment à Washington, où elle a chanté en Javanais, en Japonais, en Chinois, et où elle a interprété les chansons populaires de France et de l'Europe méridionale, voici ce que disait un critique: " A l'entendre on se rend enfin compte du travail énorme que les Américains devront s'imposer pour atteindre à la culture musicale universelle,c'est-à-dire, pour arriver à la compréhension parfaite dr genre de l.i , hanson, de ses nuances, de sa signification particulière et de son esprit dramatique." De la voixd'Êva Gauthier le "Musical America" dit: • " Madame Gauthier possède l'une des voix les plus riches qu'il soit possible d'entendre à la scene— opéra ou grand concert—une voix chaude, veloutée, enchanteresse dans sa beauté première, mais remarquable surtout par l'aisance avec laquelle elle rend les émotions les plus vives." La Canadienne, Mai, 1ç20 47 Un Canadien Errant (Suite de la page 7) Mais ce n'en est pas une de nous attrister, vous en donnez vous-même l'exemple, car je crois que c'est là la seule note un peu mélancolique que j'aie trouvée en toute votre œuvre.Plutôt regardez-vous la vie comme nos Heurs, nos plantes, nos arbres; avec une douce et affectueuse sérénité, qui se répand autour dc vous comme un baume et fait du bien à l'àme de qui vous approche ou vous lit.Et l'on éprouve en vous quittant que l'on aime davantage encore notre cher Canada, que tant d'autres dédaignent parce qu'ils ne l'ont pas, comme vous, regardé attentivement et avec des yeux dc fils contemplant tendrement le visage dc sa mère.Vous le faites se dérouler sous nos re-li.iids.cniiwiie .iiitrelnis les forêts et les fleuves immenses du Nouveau-Continent passaient devant les yeux émerveillés des Joliette, des LaSalle, des Marquette, pour ne nommer que ceux-là.Ils furent les premiers découvreurs de la beauté cachée de l'Amérique endormie au fond de ses bois illimités.Leur race n'est pas éteinte, mon cher frère et ami, et leurs grandes ombres doivent saluer en vous, lorsque vous promenez vos pensives rêveries sous les ormes majestueux de votre cher l.ongueil, un digne continuateur de leur ligné, et je sais qu'ils yous proclament, avec une fierté affectueuse, un haut et noble Découvreur aussi dc la Beauté infinir du pays laurentien.A Ottawa.Fn la Semaine sainte de 1020.La Tarte Découverte (Suite de la page 27) prend environ 15 minutes.Enlever du feu.Vaniller ou parfumer, au choix, citron, ratafia, ou lejus ¦l'un demi citron.Incorporer les blancs de deux urufs, très bien battus, et verser ¦tans la croûte en partie cuite.Prendre les moitiés de pêches, égout-'?e».1rs dresser, partie concavi au nasses Les presser dans la crème 'enversér.».ms toutefois la pénétrer.Battre un autre blane d'eeuf, ou les deux blancs que vous avez mis de coté, «u lieu dr les mêler k la crème, et déposer nuage de merignur dans chaque cavité En ce cas, mettre la tarte au 'sur et dorer légèrement la meringue.Autrement, une autre cuisson ne sera P*» nécessaire.Une autre jolie garniture serait une cuillerée de gelée de '¦isms ou de cassis, versée dans ls (avité de la pêche, ou une amande glissée au centre, imitant le noyau \ / Une Cause Fréquente de la Dépression Nerveuse RIEN ne déprime autant le système nerveux que la tension continue de la vue.Vous pouvez croire que coudre est un travail léger et cependant vous vous demandez pourquoi il vous fatigue.La tension du regard en est la cause.Le contrôle de la vue constitue le labeur le plus délicat du système nerveux et lorsque ce travail se porte surtout sur la vue cela veut dire une dépense considérable de l'énergie nerveuse.Il arrive souvent, cependant, qu'il vous est absolument nécessaire de persister à ce travail pendant de longues heures et de coudre à la lumière artificielle, mais il pourrait en résulter pour vous une dépression nerveuse.Il est alors bon de connaître le Dr.Chase Nerve Food comme le moyen de restaurer votre système nerveux.Quelle que puisse être la cause de la dépression dont vous souffrez, il a été démontré dans des milliers de cas qu'il n'y a rien comme le Dr.Chase Nerve Food pour les nerfs épuisés.Les maux de tête, les sensations de fatigue, le manque de sommeil, l'indigestion, le manque d'énergie et d'appétit constituent quelques-uns des signes caractéristiquesde l'épuisement des nerfs.Votre système digestif ne fournit pas au sang et aux nerfs une nutrition suffisante et il devient alors nécessaire d'employer un reconstituant comme le Dr.Chase Nerve Food.Le repos aidera; une nourriture nutritive bénéficiera au malade.Le recouvrement de la santé sera cependant hâté considérablement et assuré par l'emploi du Dr.Chase Nerve Food.La boite, 50 cts., chez tous les marchands ou chez Edmanson, Fiâtes & Co., Ltd.Toronto.Sur chaque boite dc la véritable préparation vous trouverez le portrait et la signature de A.VV.Chase, M.D., l'auteur fameux du Livre de Recettes.La santé et l'apparence étant toutes deux essentielles font du 7WQQBT Shoe Polish UNE NÉCESSITÉ T E PETIT cireur qui emploie le "'Nugget' préserve le cuir, rend la Nugget" dit:— chaussure ab- solument imperméable, protégeant ainsi les pieds contre l'humidité puis, naturellement, conserve la santé.' ' 'Nugget' donne à la chaussure un brillant durable qui fait ressortir la bonne mine.de la chaussure et de celui qui ls porte." Noir, Tan, Rouge viné et Brun fonce Une Meurtrissure de la Peau peut être chose insignifiante ou très grave.La moindre incision expose les tissus à l'infection et.à moins que l'on ait sous la main un antiseptique efficace pour laver la blessure on court le risque de l'infection.Absorb, ne J LEJ.INIMCNT ANTISFPTIOur.est un antiseptique et un germicide sûr et.appliqué sur le* coupures, meurtrissures, plaies et blet-sures, il tue les microbe*, rend la blessure aseptique, et hâte la guérison.Ai-v.1 bine Jr - •¦ absolument mi.fl'iitif étant compose d'ea-traits dc plantes et d'huiles essentielle* II ne contient ni 1 acide ni min Seal h- »enj 91 » la bomitaatla daaa t •¦*¦«*•« un pfcarmatlas.mm tm.**-par la poaia Noua .¦¦.« cn*«re-»fin un tenarvai *W nanti line, d'eaaai pome ISk e» Mm !>«*»• !•.¦•'» W.F.YOUNG.Ine.VM Immoral.l.,mam ¦ asaaSrSal RrÀOBHINui 40* La Canadienne, Mai, 1Q20 Ce teint rose, tendre et velouté GUÉRISON RAPIDK ET PERMANENTE DE TOUTE IMPER-11 » HON DU TEINT Votre Ivlm rcluiuw u|>|>ar >-«•'» cotnmod.m-t.i.hoi,.
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