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Titre :
La Canadienne : le magazine du Canada français
La Canadienne est un magazine féminin finement illustré (1920-1923) qui se destine à instruire, à amuser et à servir la famille. [...]
Le mensuel La Canadienne est fondé en janvier 1920 et paraît jusqu'en décembre 1923. Sous-titrée « Le magazine du Canada français », la revue est inspirée du périodique canadien Every Woman's World (1919-1921?). Dirigée par le journaliste et écrivain Joseph Léon Kemner Laflamme, elle est publiée à Québec, à Montréal, à Toronto et à Gardenvale (le lieu de l'édition varie selon le volume) par la Compagnie de publication Continentale limitée et, plus tard, par l'une de ses divisions, la Compagnie de publication La Canadienne. L'équipe éditoriale est composée entre autres de Madame Paul-Émile Lamarche et d'Edmond Piché. Dans le premier éditorial de la revue, intitulé « D'un mois à l'autre », les fondateurs de La Canadienne se donnent pour mission « d'instruire, d'amuser [et] de servir la famille ». Dans le sillage des publications destinées à un public féminin, la revue propose des articles qui traitent de culture, de mode, d'éducation des enfants, d'économie et de cinéma. Elle offre aussi à son lectorat une gamme variée de textes littéraires issus de la plume d'écrivains reconnus à l'époque, dont Louis Dantin, Émile Nelligan, Joseph Marmette, Charles Gill et Eudore Évanturel. La Canadienne est également la tribune choisie par certains collaborateurs pour aborder, de manière conventionnelle, des sujets qui trouvent place dans l'actualité de l'époque, comme la politique, le jazz et le féminisme. La renommée de la revue, qui compte au nombre des pionnières dans le domaine du magazine féminin québécois, est sans contredit rehaussée par son iconographie luxueuse : outre sa couverture et ses publicités en couleur, elle comporte de nombreuses illustrations. BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 277. FOURNIER, Marcel, « Portrait de l'édition franco-américaine d'autrefois », À rayons ouverts, no 54, avril-juin 2001, p. 6-7.
Éditeur :
  • Montréal :Compagnie de publication Continentale,1920-
Contenu spécifique :
v. 7, no 1
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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La Canadienne : le magazine du Canada français, 1923, Collections de BAnQ.

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Vol.VIL, No.1 Toronto, Avril, 1923 ADIENNE LE MAGAZINE DU CANADA FRANÇAIS Abonnement LA COMPAGNIE DE PUBLICATION LA CANADIENNE, LIMITÉE DEUX DOLLARS Montréal canada toronto Le numéro VINGT CENTS Suivez l'exemple de la Nature La Peinture est à la maison ce que l'écorce est à l'arbre "La Nat ure, assure elle dans tous même.ses règnes, T A PROTECTION de ses enfants est le souci constant de la grande terre notre Mère.Le plus frêle bouton est protégé contre la gelée jusqu'à ce qu'il puisse s'épanouir en une fleur radieuse; une dure écorce protège le tendre coeur des arbres contre le vent et le soleil, le froid et la décrépitude.Ce même bois, que notre Mère la Nature a gardé si jalousement, joue maintenant un plus grand rôle dans votre maison.La beauté est votre idéal, mais la protection est votre devoir.Toutes deux vont la main dans la main.Sauvez la surface et vous sauvez le tout.Faites-le avant que les doigts effaçants de la ruine aient enlevé les lignes où se cache la beauté.Comment s'y prendre PEINTURE ANGLAISE B-H 70% Blanc de plomb pur (Brandram véritable B.B-) 30% Blanc de Zinc pur 100% Peinture pur La peinture "English" B-H, faite d'après la formule ci-dessus, donne une couche d'une telle résistance et d'une telle dureté qu'elle défie la pluie, le soleil, le verglas, la neige et la gelée, alors qu'une peirjture inférieure se soulèverait, se fendillerait et s'écaillerait.Pendant des années, les Canadiens ont compté sur la Peinture "English" B-H pour protéger leur propriété.La signature du fabricant sur chaque bidon est une garantie de durée et de qualité.Insistez pour avoir la Peinture "English" B-H—elle couvrira une plus grande surface et durera plus longtemps que des peintures plus communes.Elle protégera votre maison pendant des années comme l'écorce protège l'arbre.Il y a un vendeur B-H dans votre localité qui vous fournira avec joie es cartes colorées et vous donnera toutes les informations touchant vos problèmes de peinture.Un livre de valeur — "Possibilités en Peintures" vous sera avec plaisir envoyé gratis, et vous y verrez l'étonnante transformation et les effets embellissants des Peintures, Vernis, Teintures et Emaux B-H qui assurent les meilleurs résultats.En écrivant, demandez-nous le nom du Vendeur B-H le plus rapproché de chez vous, si vous ne le connaissez pas.Ecrivez dès aujourd'hui.RRAN DRAM ¦HENDERSON MONTIIIAI.HAU FAX JI.OOMN TORONTO WINNIXS MEDICINE MAT c Al.GARY EDMONTON VANCOUVER La Canadienne, Avril 1923 1 Vol.VII—No.I La Canadienne Avril, 1923 ABONNEMENT.|2 00 par année, payable d'avance, pour le Canada et l'Empire Britannique.Le numéro, 20 cents.États-Unis.$3.00.Autres pays étrangers.$4.00 par année.Les remises peuvent être faites par mandat -poste, lettre recommandée, mandat-express ou chèque auquel on a ajouté le montant de l'échange.ATTENTION.Changement d'adresse.Noua changeons l'adresse d'un abonna à sa demande, mais il faut donner l'ancienne adresse en même temps que la aouvelle pour que le changement puisse être fait.Le Magazine du Canada Français Directeur: J.-L.K.-LAFLAMME Enregistrée au bureau de poste de Toronto.Ont., comme matière de seconde classe.Demande a été faite pour l'enregistrement de LA CANADIENNE comme matière de seconde classe au bureau de poste de Buffalo.N.Y.Marque déposée en 1019 au Ministère du Commerce et de l'Industrie.Ottawa, Ontario.Le magazine est publié le quinze de chaque mois par la Compagnie de Publication La Canadienne Limitée, de Montréal.?E facteur a déposé sur notre table, ce ?matin, deux volumes d'un rare intérêt: LA 5 L> g TRAGEDIE D'UN PEUPLE, Histoire du ?Peuple Acadien, de ses origines à nos jours.?(1) C'est un ouvrage orné de 88 illustrations, ?uo photogravures et 22 cartes, anciennes et modernes, dont 7 spécialement dessinées.C'est, disent les éditeurs, et nous partageons aisément leur avis, la première histoire du peuple acadien.Mais, si complète qu'elle soit, si riche de documents authentiques, elle reste aussi poignante que le plus pathétique des romans: c'est vraiment la Tragédie d'un Peuple.La découverte de l'Acadie, son exploration par des marins français, son exploitation maritime par des pêcheurs français, son exploitation terrestre par des colons français, voilà pour les débuts.La verve de Lescarbot anime l'oeuvre aventureuse de Poutrincourt, cette première colonisation européenne en terre d'Amérique.Jamais pages d'histoire n'avaient encore répandu tant de clarté sur les démêlés si confus de Latour et d'Aul-nay, d'Alexander ou de Temple et de Le Borgne, des puritains de la Nouvelle-Angleterre et des catholiques de la Nouvelle France.En pleine lumière apparaît le perfide et brutal acharnement de "l'envieux de tout bien" contre le pauvre petit peuple de paysans français que ne suffisent à protéger ni ses digues, ni ses gouverneurs, ni ses moeurs simples et irréprochables.Que va-t-il devenir, lorsque des forces dix fois supérieures le livrent à l'ennemi de sa religion et de sa race?Avec une énergie calme, sage, obstinée, que guident ses prêtres, il résiste, pendant près de cinquante ans, à la tyrannie d'un oppresseur qui, sans plus de pitié que de scrupule, l'exploite, le violente, le veut contraindre tant par la ruse que par la force.C'est avec la plus grande netteté, avec force textes à l'appui, que l'auteur de ce livre démontre que l'Angleterre a toujours voulu, par l'apostasie comme par la violence, l'anéantissement de la nationalité acadienne en Nouvelle Ecosse.Charles Lawrence, dont on fait si allègrement le bouc émissaire de toutes les iniquités britanniques, ne fut en réalité 9,ue le cynique exécuteur de hautes oeuvres depuis longtemps voulues et même concertées tant par les ra-paces rivaux de la Nouvelle Angleterre que par les hommes d'Etat et les hommes de guerre de la Vieille Angleterre.En vigoureux relief est donc mise l'influence néfaste du huguenot Mascarène, du gouverneur Shirley, de l'amiral Boscawen, du juge Belcher et du fameux Board of Trade.'-a déportation elle-même est racontée avec une précision de chiffres et de détails qui en font mieux ressortir lue nulle part ailleurs toute l'énormité et toute l'horreur.En ces pages angoissantes n'ont pas été oubliés n°n plus les sombres lendemains de la tourmente: la cha^se à mort des malheureux survivants tout le long des côtes alors désertes du golfe Saint-Laurent, l'ex-Ploitation éhontée des victimes impuissantes dans les geôles de la Nouvelle Ecosse comme sur les terres endiguées des usurpateurs.Si, après la mort de Lawrence, cinq déportations aca-I"1 "es ont suivi la première, tant à l'Ile Royale et à j "< Saint-Jean qu'à Halifax et à Saint-Pierre et Mique-n c est évidemment que la déportation était'conforme a 'a politique anglaise de ce tenïps-là.3 deux dernières parties de cette ample histoire du peuple acadien sont presque entièrement neuves.LES ACADIENS On avait bien montré déjà les tribulations acadiennes en Nouvelle Angleterre; mais qu'avait-on dit des autres colonies anglaises?Où notre auteur apporte encore le plus d'inédit, c'est quand, puisant aux archives françaises, il montre l'accueil paternel fait aux exilés en France, la protection personnelle du Roi, les tentatives d'établissement dans le Poitou, à Belle-Isle-en-Mer et bien ailleurs, dans les colonies françaises en particulier; en Guyane, aux Iles Malouines, en Louisiane et surtout à Saint-Pierre et Miquelon.Or, la révolution trouva que la Monarchie n'avait pas encore fait assez pour les Acadiens: elle voulut la surpasser.Chose inconnue et presque invraisemblable, jusqu'en 1822, la Restauration s'occupa de ces pauvres parias d'Amérique.Qui a jamais écrit l'histoire de la Renaissance acadienne?Il n'en existe ailleurs que des vues fragmentaires; GRAND-PRE C'est l'antique forêt, et c'est l'efflorescence!.Mais tous ces coeurs naïfs, et charmants d'innocence.Que l'on voyait bondir comme bondit le daim.Quand le cri du chasseur a retenti soudain.Que sont-ils devenus?Et les modestes chaumes?Et les vergers en fleurs d'où montaient tant de baumes?Et les jours qui coulaient, comme au bois les ruisseaux Dans la clairière bleue ou sous les noirs arceaux.Ensoleillés souvent par une paix profonde, Assombris quelquefois par la crainte du monde.Que sont-ils devenus?Quel calme dans les champs! Plus de gais laboureurs.La haine des méchants Jadis les a chassés, comme, au bord d'une grève.Quand octobre est venu, l'ouragan qui s'élève Chasse et disperse au loin, sur l'onde ou les sillons.Des feuilles et des fleurs les légers tourbillons.Grand-Pré n'existe plus; nul n'en a souvenance; Mais il vit dans l'histoire, il vit dans la ro- Trad.de Pamphile Lemay LONGFELLOW 1res !.rPeuic volumes in-8o de 518 — S')71pages.richement illus-deni f "'»** Bossard." is, rue Madame.Paris-6c.Prix des lux volumes: 45 francs.or, elle se trouve presque toute entière en ces 250 dernières pages.On y voit le pauvre peuple décimé et disséminé, apeuré et anémié, sortant de ses cachots et de ses cachettes, de ses lointains exils et se son profond désespoir, pour se constituer enfin lentement, péniblement, obstinément en des groupes vivaces: la Nouvelle Ecosse avec l'austère abbé Sigogne, le Nouveau Brunswick avec le vaillant Père Lefebvre, le Madavuaska ou plutôt les deux Madawaska anglais et américain, Vile Madame et le Cap Breton avec leurs pêcheurs, Vile Saint-Jean avec ses laboureurs, les Iles de la Madeleine avec le plus pur type acadien, le Labrador Laurentien sous son âpre climat, la Louisiane avec ses végétations tropicales.Toute un chapitre est consacré aux Franco-Américains qui comptent dans leurs rangs tant d'acadiens.Ne l'oublions pas: malgré le "grand dérangement" qui RENOUVELLEMENTS—Ne pas manquer de remplir le bulletin de renouvellement qui sera dans le numéro qui termine votre abonnement.Ce détail est important pour qu'il n'y ait pas d'interruption dans le service du magazine.Le tirage étant limité au nombre des abonnés, les numéros antérieurs ne sont pas fournis.Ayez bien soin d'écrire très lisiblement votre nom et votre adresse en faisant votre remise.Publicité et Abonnements C.P.R.Telegraph Bldg.4 rue de l'Hôpital, Montréal.Tel.Main 7046 SUCCURSALES New-York, 225 Fifth Avenue Philadelphie, Metropolitan Building Chicago.People's Gas Building Londres, Angleterre.16 Regent St.S.W.extermina la moitié de la population acadienne, des cinquante familles françaises du début est sorti un peuple d'un demi-million d'âmes.Il n'est peut-être pas au monde un seul exemple d'une vitalité et d'une natalité si prodigieuses.Que manque-t-il donc au peuple acadien pour se reconstituer en une nationalité solide, stable, consciente de ses droits et de ses devoirs?L'union: l'union matérielle sur le même sol, donc rapprochement des groupes ou, à tout le moins, relations intimes et constantes; l'union morale, donc fidélité à la foi religieuse, à l'idéal patriotique, à la langue ancestrale.Comment réaliser cette double union?par la lutte contre l'émigçation, contre l'anglicisation, contre l'indifférence; c'est à dire par l'association, par l'instruction, par la formation de classes dirigeantes.Déjà les Acadiens ont leurs prêtres, deux évêques même, leurs inttituteurs et institutrices, leurs députés et sénateurs, leurs hommes de loi.Il leur faut encore davantage: à l'égalité juridique, à l'égalité politique, à l'égalité scolaire il faut ajouter l'égalité sociale avec la race maîtresse.A la belle oeuvre de VAssomption qui compte déjà tant de succursales aux Etats-Unis comme dans le» Provinces Maritimes, s'adjoint donc une nouvelle œuvre qui la complète sur un point: relations avec la mère-patrie.Un double Comité France-Amérique vient de se constituer: Sgçtion française avec le Maréchal Fayolle, Mgr Baudrillart, MM.René Bazin, René Doumis, Gabriel Hanotaux, de l'Académie française; section acadienne, avec les notabilités ecclésiastiques, politiques et autres de l'Acadie.A l'heure actuelle, quatre boursiers acadiens acquièrent en France une culture française.11 en faudrait au moins un pour chaque groupe acadien, et bien autre chose encore.Comment s'y prendre?puiser dans la connaissance de l'histoire passée la conscience des destinées à venir; s'entendre, s'unir, s'instruire; parler fièrement la langue de ses pères, lire la presse française d'Amérique, surtout la presse acadienne; s'inscrire aux oeuvres régionales, aux Associations Nationales; bref, se faire une âme collective prête à l'effort personnel en vue du bien commun.Ainsi se constituera une nouvelle Acadie, plus compacte, plus clairvoyante et plus forte.Le Bon Temps de la Vie ÎL FAUT BIEN en tomber d'accord, cette grave et légère question du Bon Temps n'a point été tranchée.Même après les consultations auprès des éminents docteurs de l'esprit, du coeur et de l'âme, elle reste, ainsi qu'on dit "pendante".Nous ne savons pas davantage, à cette heure, si le bon temps de la vie c'était hier, la jeunesse ou si c'est l'âge mûr, ou bien la vieillesse.Une femme à qui l'on posait cette question: "Quel est le plus beau jour?", répondit que c'était "la veille." Sûrement, cette délicate personne, interrogée sur le sujet qui nous tourmente, serait d'avis que le bon temps c'est le-premier, le printemps, primavera la veille et le mai de la vie.D'autre part, Emile Augier assurait que l'existence ne serait pas tenable s'il n y avait pas la vieillesse avec sa sérénité, son détachement, ses derniers regards et les mille tendres soins dont on l'entoure.Alors à qui se fier?Que croire?Au fond, le bon temps, c'est le temps écoulé, Virre-parabile tempus.Pour l'homme de la quarantaine, c'est ia vingtième année, pour celui de soixante ans, l'âge mûr, et pour l'octogénaire, la fin chaude et lumineuse encore comme un soir d'automme de la cinquantaine.HENRI LAVED AN.de l'Académie française. "Vingt." "Vingt-cinq " ' "Quarante." "Cinquante." * Non, ceci n'est pas une vente à l'encan Ce *>nt tout si m pie utent les réponses de quelques amies de Sally Jollyco a sa question, "Combien payez-vous votre sawn de toilette?" "Parlez donc, Bee Westbrooke, vous n'avez rien dit, et tous avez le meilleur teint de nous toutes."Oh, je n'y suis plus quand vous parlez de ces prix élèves," dit Béatrice."J'emploie Ivory.Le Dr.Verity m'a dit que je ne pouvais avoir de meilleur savon pour le teint et j'en fais usage— Oh, depuis deux ou trois ans." Scène: Une chambre d'hôtel.Elias Larcom Lef/ingwell (l'assucié de Mr.Jollyco): Henry, voyez donc! du Savon lvory duns uiie.sulle de bain d'hôtel! Mr.Jollyco (avec une amicale affabilité): Eh bien, Larcom, est-ce la première lois que vous voyez ça?Vous êtes en arrière sur votre époque.Ce savon se trouve dans la plupart des meilleurs hôtels où j'ai logé depuis ces derniers six mois.Mais, naturellement, vous n'avez pas beaucoup voyagé dernièrement.Mr.L.(avec chaleur) : Cela ressemble à la maison, n'est-ce pas?71 r Comment prendre soin de la peau?Ecoutez la réponse de ce médecin célèbre Il dit: "Arec une peau saine et de résistance normale le seul soin à donnerait visage c'est de le Unir propre et de le protéger contre les influences délétères.Le moyen de tenir le visage propre est de le laver avec de l'eau et du savon, quelquefois avec de l'eau seulement." "Un savon ne doit pas être acheté comme une panacée pour les troubles de la peau,mais poursa propriété plus humble qui est de nettoyer la peau." Ces passages sont extraits de l'ouvrage "The Care of the Skin and the Hair," par le Dr.William Allen Pusey, quelqu'un dont l'opinion fait loi parmi tous les médecins.Propreté! Voilà la base de tous les soins du teint! Propreté! Voilà l'unique bonne raison de faire usage de savon! Le Savon Ivory nettoyé et nettoyé sûrement—Ce sont là les seules prétentions au sujet du Savon Ivory.Le Savon Ivory est pur, doux, délicat odoriférant, ce qu'un bon savon pour la peau doit être.Le Savon Ivory produit rapidement une mousse riche, nettoyante, qui se rince promptement.*»Puis le Savon Ivory flotte.Ce qu'il y a de merveilleux dans Ivory c'est tout simplement cette magie de propreté délicieusement rafraîchissante et saine, condition première de toute beauté du teint.C'est une magie que Ivory répand depuis quarante-quatre ans! PROCTER &f GAMBLE ivory soap 99 "/i00% PUR IL FLOTTE Copyright.Carafe.I»22 b> The Procter à Gam tie Co.Hamilton Made in The Procter 8t Gimble (a> torie« at Hamilton, Canada Quand votre bonne Julia se promène à l'étranger dans une blouse de l'année dernière de sa maîtresse, qui dira qu'elle n'est l'J5 agréable à regarder ?Et, précisément, la blouse qu'elle porte aujourd'hui est vieille d'une année, mais inr.Italiano.18«0.2.C'est le récit qui constitue le premier chjpitre de ce volume.(N.d.T.) Le 4 était un dimanche et ce fut, de nouveau, jour de repos, sanctifié selon la règle avec ces bons montagnards et de nombreux étrangers en villégiature à Zermatt.Vers le coucher du soleil, de retour d'une facile promenade, je rencontrai François Bich, de Valtour-nanche, guide connu du Cervin.Il fut bien vite convenu qu'il m'accompagnerait avec Gadin et Proment, l'ascension du Cervin étant pour ceux-ci, comme pour moi, chose tout à fait nouvelle.Nous nous mîmes en route le 5 au matin et, à l'aube, nous étions à l'hôtel du Lac Noir, dépendance de celui de la Poste, où nous logions à Zermatt, à deux heures au-dessus du village.Mais le temps allait se gâtant; pas assez pourtant pour empêcher la fête caractéristique de la Madone de la Neige, célébrée d'ordinaire avec un grand concours de clergé et de peuple, dans la chapelle retirée, sur la rive du lac proche de l'hôtel.Je regrette de n'avoir ni l'espace, ni le temps de décrire cette fête.Ceux qui voudront se rendre là-haut le 5 août peuvent être assurés de jouir d'un très beau spectacle.T ES conditions atmosphériques ayant, dans l'après-midi, une tendance à s'améliorer, je passai la nuit là-haut.Mais en vain; le 6 au matin, le vent se levait en tourmente et le ciel ne promettait plus rien de bon.Vers 3 heures de l'après-midi—partis pour être évêques et revenant sonneurs—nous décidâmes à regret de redescendre à Zermatt.Et voici, à mi-descente, une, deux, puis trois caravanes qui s'acheminaient vers le Cervin, chargées de provisions, pour passer la nuit au refuge.Nous en conclûmes que, dans le bas de la vallée, on devait avoir des pronostics de prochain beau temps, non encore sensibles là-haut.Descendus un peu plus bas, un petit vent froid et sec, qui soufflait vers les cimes nous confirma la chose.Notre première pensée fut de remonter au Lac Noir; mais nous étions déjà trop près du village: nous décidâmes donc que, si les bons pronostics persistaient, nous repartirions vers minuit pour le Cervin en montant directement à la cime, sans coucher au refuge.C'était une tentative de quelque intérêt; et, ne fût-ce que cela, nous aurions, de la sorte, fait l'ascension à notre guise et en toute liberté.Le 7, à 2 heures du matin, nous étions de nouveau au Lac Noir; à 4 heures 15, au nouveau refuge, ayant perdu un peu de temps pour y parvenir, par suite de l'obscurité.Les caravanes rencontrées la veille au soir en étaient déjà parties depuis quelque temps; si l'on songe qu'entre voyageurs et guides, ils étaient là-haut vingt personnes, on verra que nous perdîmes bien peu de chose en renonçant à coucher au refuge.Nous fîmes une halte d'une petite demi-heure à la cabane pour y manger un morceau, puis nous commençâmes l'ascension par la route habituelle.De roche en roche, de crête en crête, de corde en corde, lorsque, un peu au-dessous de l'Epaule, nous rencontrâmes les autres caravanes, déjà de retour.Les guides nous avertirent qu'en haut, la neige n'était pas bonne et qu'en certain point, elle couvrait aussi légèrement les rochers.Avec le retard que notre itinéraire rendait inévitable (je ne le dis pas pour raconter l'itinéraire lui-même), nous étions déjà persuadés—nous le fûmes plus encore dès lors—que là-haut nous trouverions du fil à retordre; mais là où tant de personnes étaient montées et descendues sans incidents, nous pouvions bien passer nous aussi.S'il y avait un jour où l'on pût oser, c'était bien celui-ci, si beau et si prometteur.Nous montâmes donc, mais en mettant rigoureusement en pratique ce qu'écrivit Whymper dans le récit de sa première et fatale ascension: "Ici la prudence et la lenteur devenaient indispensables." Nous étions précisément à l'endroit auquel Whymper appliquait ces paroles.Vu de Zermatt, il semble vraiment, inaccessible: en réalité il ne l'est pas, mais cela seulement pour qui peut entièrement se fier à la sûreté de son pied et à la résistance de ses bras, surtout dans les conditions actuelles de la neige.P NFIN, vers 4 heures, ou 4 heures et demie de l'après-midi, nous étions au sommet.Le soleil déclinait et répandait ses dernières splendeurs sur le grandiose, indescriptible panorama.Je n'oublierai plus l'effrayante beauté des abîmes qui plongeaient à pic sous le sommet, du côté de Valtournanche.Nous vîmes aussitôt que la neige et le gel rendaient impossible, pour le moment, l'ascension de ce côté.Mais, en attendant, le soleil décidément se couchait, et une brise très froide nous fit songer à la descente.Bich qui, sans doute à la suite de quelque effort sur les derniers rochers, avait un pied endolori, céda la première place à Gadin, derrière qui je vins me mettre.Nous avions à peine entrepris la descente, lorsque nous nous aperçûmes que la neige aussi commençait à sentir le froid: une sorte de vernis de glace venait la recouvrir.T A NEC1LSSITE de la discipline et d'une prudence absolue s'imposait de plus en plus: la rapidité de la descente, à laquelle nous invitait l'heure tardive, devait être sacrifiée à la sécurité.Mais, sur la neige et sur la glace, Gadin était toujours dans son élément.L'n seul de nous se mouvait à la fois; aux endroits plus difficiles, lorsqu'il me croyait bien assuré, Gadin me disait seulement de lui tenir la corde et je le voyais au-dessous de moi, bien droit sur ses pieds au-dessus de l'abîme, travailler du piolet avec une assurance et une habileté qui touchaient à l'élégance.A une personne qui me demandait ce qui serait arriv si Gadin, par un accident quelconque, fût tombé, je répondis que, si cette hypothèse pouvait paraître sérieuse à quelqu'un c'était bien à moi; et pourtant elle ne se présenta pas à mon esprit et elle ne le pouvait guère, car je connaissais et voyais la façon dont Gadin travaillait.En tous cas, je crois sincèrement qu'étant donné la manière dont nous avancions, je l'aurais retenu même à moi seul, comme j'avais retenu tout seul pendant quelques minutes l'homme (et quel homme!) qui m'accompagnait au Grand Paradis il y a deux ans, lorsqu'il disparut à mes yeux, juste sous la dernière crête du côté du glacier de la Tribulation.Nous avions un instant espéré pouvoir rejoindre, tant bien que mal, le vieux refuge à une heure convenable pour y coucher.Il n'en fut rien: un peu sous l'Epaule, il fallut nous arrêter.Le temps était toujours splendide et nous nous résignâmes—sans peine et, j'ose le dire, avec large compensation—à passer la nuit là où nous étions.T A CONFORMATION singulière du Cervin, le par-fait isolement dans lequel s'élance son gigantesque pic aérien, la physionomie variée du panorama qui s'étendait à nos pieds, me firent paraître cette nuit plus stupéfiante encore, à certains égards, que celle passée, une semaine auparavant, presque au sommet du Mont Rose.Nous étions tous de la meilleure humeur; mes hommes, Bich spécialement, avaient une grande envie de chanter et ces voix robustes, dans le haut silence de cette solitude sublime, rendaient le plus bel effet.Le froid était intense et, bien que nous nous missions à battre des mains et de la semelle, nous sentions qu'il nous serait impossible de reprendre la descente avant que le soleil vînt nous redonner le souffle et l'élasticité des membres.Ayant contemplé donc tout à notre aise son premier essor et son ascension dans le ciel, nous descendîmes à la vieille cabane et de là, après une courte halte, à la nouvelle, où nous allumâmes le feu et nous restaurâmes confortablement.Arrivés au Hornli, j'eus l'agréable surprise de voir venir à ma rencontre le professeur Grasselli, monté jusque là tout seul au-devant de moi.Vers 1 heure et demie, nous étions à l'Hôtel du Lac Noir; après une couple d'heures, nous descendions rapidement à Zermatt, où nous attendait pour le repas d'adieu, le digne curé de ce lieu, pasteur cultivé et plein de zèle, vénéré de son peuple autant qu'estimé des étrangers; sa connaissance de plusieurs langues et la distinction de ses manières facilite ses rapports avec ceux-ci; un vrai type d'alpiniste au physique et au moral, et alpiniste vraiment.Je pardonne au Rédacteur (de la "Rivista Mensile") sa mise à contribution pour l'occasion qu'il m'offre de parler de cet excellent hôte et ami et de le remercier publiquement de toutes ses courtoisies.J'ai trouvé dans Bich un gai compagnon de voyage et un excellent grimpeur de rochers.Ce qu'il me dit de Gadin, en faisant allusion spécialement à la première partie de la descente: "// travaille admirablement," fait honneur à son cœur et me dispense de tout autre éloge.T'AURAI tout dit lorsque j'aurai ajouté que le lende-J main, vendredi 9 août, nous descendîmes par le Théo-dule à Valtournanche, où nous arrivâmes deux heures avant la nuit, après de bonnes pauses aux Fours et au Breuil; le samedi 10, nous descendîmes gaiement et rapidement à Châtillon, et, à 5 heures et demie, le soir de ce même jour, nous foulions le pavé de Milan.C'était depuis longtemps mon désir de jouir des spectacles crépusculaires et nocturnes de la haute montagne.Ce désir fut cette année largement satisfait.Mes rares courses prouvent une fois de plus que, dans de bonnes conditions atmosphériques et, je puis ajouter, de corps et d'esprit, on peut impunément passer la nuit à I-1 belle étoile, même aux plus grandes altitudes de nos Alpes.L'inénarrable beauté des spectacles et la possibilité ainsi établie d'expériences précieuses que, seul un assez long séjour sur les très hautes cimes peut permettre, et précisément aux heures où l'on a le moins coutume de s'y trouver, me font applaudir cordialement au nouveau refuge— le plus élevé de tous—que le Cluj> Alpin Italien s'apprête à ériger sur la Pointe Gnifetti La Canadienne, Avril, 1923 AU MONT BLANC Ascension par la voie du Rocher et descente par le glacier du dome* I E SOIR du 27 juillet 1890, le professeur Grasselli et moi étions à Courmayeur.Nous y étions venus de Milan a tire d'aile, pourrais-je dire.Nous voulions nous venger de notre tentative manquée au Mont Blanc, deux années auparavant; et, afin que la vengeance (ut entière, tenter la descente à Courmayeur par la voie explorée précédemment et parcourue à la montée par A.E.Martelli et ses compagnons de la Section de Turin (du Club Alpin Italien), les 16 et 17 août 1889.Les guides Joseph Gadin et Alexis Proment, nos vieux amis, nous attendaient.Gadin qui, avec Petigax, également de Courmayeur, avait guidé la course que je viens de mentionner, non seulement accueillait favorablement notre dessein, mais projetait (je dois dire maintenant croyait, et je l'ai cru moi-même jusqu'à quelques semaines plus tard) lui donner une plus grande et plus absolue nouveauté encore, comme on le verra par le peu que je vais en dire.Les 28 et 29 furent deux belles courses d'entraine-ment, d'abord au Crammont par le versant de Courmayeur, puis au col du Géant.La seconde course, rendue déjà plus intéressante par l'abondance de la neige, nous fut extrêmement agréable par la rencontre que nous fîmes, à la cabane du col, du valeureux alpiniste avocat G.Bobba, de Turin, connu désormais de tous ceux qui ont lu le dernier Bulletin du Club Alpin Italien.QUI aurait dit que ce lieu, si heureusement hospitalier pour nous, devait être fatal, peu de jours plus tard, au pauvre guide Brunod, et que cette catastrophe inaugurerait une saison si douloureusement mémorable pour le Club Alpin Italien qui, avec un de ses membres les plus sympathiques, devait perdre ses deux plus vaillants guides?Le 30, vers 8 heures du matin, nous partîmes pour le Rocher du Mont Blanc et le refuge Sella, par un beau temps qui promettait d'embellir encore.Le vicaire de Pré-Saint-Didicr, Révérend Jean Bonin.un vigoureux valdôtain, s'était joint à nous, et sa compagnie nous fut chère.Gadin nous l'avait donné comme aussi sûr qu'un guide, et il se montra tel.Nous montâmes tout à notre aise, notamment pour continuer notre court entraînement et, à 4 heures du soir, nous étions au refuge.M.Carones, comme nous de la Section de Milan, nous y avait précédés avec les •.Extrait de la Rirista Mensile del Club Alpino Itaiiano, 1890 (N.d.T.) guides Petigax et Croux, de Courmayeur.Nous passâmes avec eux une douce soirée.Le 31 au matin, le temps était splendide; l'aspect de la montagne était magique, sous les rayons de la lune.M.Carones partait à 3 heures, nous à 4 heures; nous le rejoignîmes sur les rochers; par la route habituelle nous étions tous au sommet à 1 heure de l'après-midi.De l'Asti mousseux, vraiment impayable là-haut, remplaça le champagne.Pas un nuage n'avait dérobé la vue des panoramas les plus stupéfiants, au cours des brèves haltes de l'ascension.Lorsque nous fûmes sur la cime, le ciel, encore assez découvert du côté de la France, s'était, vers l'Italie, transformé en une mer de fin brouillard à quelques centaines de métrés au-dessous du sommet.Celui-ci et une foule d'autres cimes inférieures en émergeaient comme des îles, s'élançant, hérissés de roches à pics et scintillants de neige et de glace, dans la sérénité très pure du ciel.Pas de vent là-haut; aucun froid; peut-être même un peu de chaleur, "un peu trop," disait Gadin.Et ce fut précisément la chaleur, plus encore que le brouillard, qui nous conseilla de tenter la descente sur Courmayeur le même jour, comme nous l'avions espéré.Par les crêtes neigeuses et par les glaciers, c'eût été une véritable témérité, bien peu pardonnable, même si elle devait être couronnée de succès.Nous avions, au reste, prévu le cas et décidé qu'alors nous serions allés demander l'hospitalité aux constructeurs du Refuge-Observatoire Vallot que nous savions campés sous les Bosses.Gadin avait d'ailleurs appris que le refuge lui-même était presque achevé et que, probablement, nous aurions pu y passer la nuit.Ainsi fut fait : à 2 heures de l'après-midi, nous quittâmes le sommet; à 3 heures et demie, nous étions au refuge.On y mettait la dernière main; on y attendait pour le lendemain M.Vallot lui-même et Mme Vallot.On sait que, pour le moment, ce refuge alpin est le plus élevé (4.460 mètres environ).Je dis pour le moment, parce qu'il sera dépassé en altitude par le Refuge-Observatoire que le Club Alpin Italien va construire sur la Pointe Gnifetti, à 4.559 mètres.M.CARONES descendait par les Grands Mulets.Quant à nous, nous passâmes la nuit là-haut—une nouveauté aussi celle-là!—et, pour mon compte, une très bonne nuit.J'ai lu dans une relation d'ascension au Mont Blanc que, dans les hauts refuges alpins, alors qu'on est engagé dans une grande ascension, il est impossible de dormir.Cette nuit-là, je dormis sept bonnes heures sans arrêt; la nuit avant, dans le refuge Quintino Sella, j'avais beaucoup moins dormi, parce que Gadin avait été obligé de me réveiller bien plus tôt.Je ne m'étendrai pas en une description détaillée du Refuge-Observatoire Vallot; d'ailleurs les périodiques alpins en parlèrent déjà et en reparleront certainement.C'est (ou, du moins, c'était lorsque nous y fûmes) une petite construction en bofs, très solide et très soigneusement établie, dressée sur le rocher émergeant du replat neigeux ou plateau qui s'étend entre les Bosses et le Dôme du Goûter.A première vue, sa surface me parut être un carré de 2 mètres et demi de côté, avec une hauteur égale ou un peu supérieure jusqu'au faite du toit.Cette faible surface, éclairée par deux petites fenêtres, est presque doublée par un lit de camp qui partage le local à un peu plus d'un mètre au-dessus du plancher.Cela explique comment, non seulement nous, mais d'autres encore, en tout huit personnes je crois, avons pu y trouver place et y passer la nuit.Ce que je ne puis m'expliquer, c'est ce que je lus, après mon ffetour, dans un journal qui décrivait le Refuge des Bosses comme une ample construction de trois pièces, observatoire, cuisine, dortoir, et ce dernier pouvant contenir je ne sais combien de dizaines de lits.Tel que nous le vîmes et tels que nous nous en servîmes, le Refuge Vallot est déjà une chose assez admirable, sans en faire un incroyable mythe.A voir ces ouvriers travailler avec des bonnets hirsutes, des lunettes noires, de gros gants, d'énormes et lourdes chaussures, au centre de cet immense théâtre tout de neige et de glace, il me paraissait vraiment relire une relation illustrée de quelque voyage polaire.Je remplis un devoir en rappelant ici la discrétion, la politesse, la vraie cordialité avec lesquelles nous fûmes reçus et traités, grâce surtout au vaillant guide, bien connu, Payot'de Chamonix, le véritable factotum de la nouvelle construction.Nous quittâmes le haut et hospitalier refuge le 1er août, à 6 heures du matin; nous passâmes sur le Dôme du Goûter et, nous tenant toujours sur la crête, la chevauchant sur un court trajet, nous descendîmes jusqu'un peu au-dessus du Col de Bjonnassay qui s'ouvrait^de-vant nous, à notre droite.J^'ICI, pour suivre la voie d'ascension des collègues de la Section de Turin, nous aurions dû, si je ne me trompe, pousser au delà des ressauts et contreforts de l'Aiguille Grise qui dominent la partie supérieure du glacier originaire de Miage, traverser le glacier lui-même en nous portant sur sa droite, pour descendre ensuite sous le col de Miage et, de là, par le glacier du même nom.La route se déployait clairement devant nos yeux.Les explorateurs d'août 1889 signalaient comme unique, mais réelle difficulté la cascade de séracs que nous aurions dû surmonter après avoir traversé le'glacier, (Suite sur la\page 22) Sommet du Cenin U^i2 m.), vu du Nord, à 4000 mètres' d'altitude;-derrière la montas„e,'le val Tournante La Camidirnnr, Avril 1923 LE COMMIS D'AGENT DE CHANGE = El de temps après mon mariage, j'avais acheté une suc\>ession de médecin dans le quartier de Paddington.Le vieux M.Far-quhar, qui jw l'avait cédée.avait eu une tone clientèle à un moment donné, mais son âge et une Hpèoc de danse de Saint-Guy dont il était atteint lui avaient fait un tort considérable.Le public, et c'est assez naturel, a pour principe que celui qui veut guérir doit d'abord être sain lui-même, qui demeure rebelle à ses propres remèdes, ne peut soigaer les autres.Il arriva donc qu'à mesure que mon prédécesseur déclinait, sa clientèle diminuait, et les revenus étaient tombés au moment où je l'achetai, de douse cents livres à tout au plu's trois cents par an.Pendant les trois premiers mois, je fus si occupé que je ne vis pas souvent mon ami Sherlock Holmes; je n'avais matériellement pas le temps d'aller jusqu à Raker Street, et lui n'allait jamais que là où l'appelait sa profession.Je lus donc assez surpris, un beau matin, en ouvrant après déjeuner le BriViti Méditai Journal, d'entendre le coup de sonnette accompagné des éclats de voix, un peu stridents, et bien connus, de mon vieux camarade.—Ah! mon cher Watson, dit-il en faisant irruption dies moi, je suis enchanté de «mus voir.J'espère que ptir CONAN DOYLE Mrs.Watson est tout à lait remise des émotions que lui a causées notre aventure de la Marque des Quatre?—Merci, nous allons tous deux à merveille, répondis-je, en lui serrant alïovtueusonient la main.—Et j'espère aussi, continua-t-il, en s'installant sur le fauteuil à bascule, que les soucis de la pratique médicale n'ont pas entièrement détruit chez vous l'intérêt 3ue vous preniez autrefois à nos petits problèmes de eductions.—Nullement, hier soir encore, je relisais mes notes et je classais quelques-uns de nos succès passés.-•—Vous ne considérez pas au moins notre liste close.• —Pas le moins du monde.Je ne demande même qu'à me retrouver mêlé à de semblables aventures.—Voulez-vous que ce soit aujourd'hui même?—Oui, aujourd'hui, si vous voulez?—Vous iriez même jusqu'à Birmingham: —Certainement, si vous le désirez.—Et la clientèle?—Je rends à mon voisin le service de soigner la sienne lorsqu'il s'absente et il est toujours prêt à me payer de retour.—C'est parfait! alors dit Holmes, en s'enfonçant dans son fauteuil, et en me regardant fixement à travers ses paupières mi-closes.Je m'aperçois que vous avez été un peu souffrant dernièrement.Les rhumes d'été sont toujours fatigants.—J'ai dû garder la maison la semaine J dernière pendant trois jours à cause d'un gros refroidissement.Mais je croyais qu'il n'en restait fplus trace.—Il n'en reste aucune.Vous avez l'air rde vous porter admirablement.—Alors, comment le savez-vous?—Mon cher ami, vous connaissez ma méthode.* —C'est par déduction, alors?—Certainement.—Et quels ont été vos indices?—Vos pantoufles.Je jetai un regard sur les souliers vernis neufs que je portais.—Comment diable com-mençai-je mais Holmes répondit à ma question avant qu'elle ne fût posée.—Vos pantoufles sont neuves ditil.Vous ne pouvez pas les avoir depuis plus de Voulez vous reprendre dès aujourd'hui votre part dans une de nos petites aventures?dit Holmes.quelques semaines.Or, les semelles que vous fourni t mis m,,i en ce moment sont légèrement racorniea.Un instant j'ai cru qu'elles avaient pu être mouillées et brûlées en séchant.Mais près du cou de pied, j'aperçois une petite étiquette portant les hiéroglyphes du marchand.|.'humidité l'aurait sûrement décollée.Donc vous deviez vous être chauffé les pieds, chose peu commune en pleine santé au mois de juin, même avec l'humidité que nous avons.POMME toujours le raisonnement d'Holmes, une fois expliqué, paraissait d'une simplicité enfantine.Il lut cette réflexion sur mes traits, et son sourire eut une nuance d'amertume.—Je crois que je me déprécie quand j'explique, dit-il.Les résultat! sans les causes font beaucoup plus d'effet.Alors, vous êtes prêt à me suivre à Birmingham?—Certainement.De quoi s'agit-il?—On vous le dira dans le train.Mon client m'attend dans un fiacre.Pouvez-vous venir tout de suite?—Dans un instant.Je griffonnai en hâte un mot pour mon voisin, je courus au premier informer ma femme de mon départ, et je rejoignis Holmes à la porte.—Votre voisin est un médecin?dit-il en regardant la plaque de cuivre.—Oui.Il a acheté une clientèle, comme moi.—Une vieille clientèle?—Comme la mienne.Les deux cabinets existent depuis la construction de la maison.—Ah! alors vous avez le meilleur des deux.—Je le crois.Mais comment le savez-vous?—Par les marches, mon garçon.Les vôtres sont usées de trois pouces de plus que les siennes.Mais ce monsieur qui est dans la voiture est M.Hall Pycroft, mon client.Permettez-moi de vous présenter à lui.Un peu plus vite, cocher! nous avons juste le temps d'atteindre notre train.J^'HOMME en face duquel je me trouvais était un jeune homme bien tourné, au teint frais, avec une figure franche et honnête, agrémentée d'une petite moustache blonde frisée.Son visage rond, coloré, indiquait un naturel gai et enjoué, mais à cet instant les coins de sa bouche tombaient, et indiquaient une dé tresse un tant soit peu comique, Ce n'est toutefois qu'après nous être installés dans un compartiment de première classe, et avoir commencé de rouler vers Birmingham que j'appris pourquoi il était venu s'adresser à Sherlock Holmes.-—Nous avons une étape de soixante-dix minutes devant nous, dit Holmes.Je vous demanderai, monsieur Hall Pycroft, d'exposer à mon ami votre intéressante affaire, exactement comme vous me l'avez racontée, et avec encore plus de détails, si c'est possible.Je ne serai pas fâché d'entendre une fois de plus la série des événements qui se sont succédé.C'est une de ces affaires, Waston, qui peut présenter de l'intérêt, comme aussi le contraire, mais qui au moins offre certaines particularités de ce genre original qui vous attire autant que moi.Maintenant, monsieur Pycroft, je ne vous inter-romperai plus.Notre jeune ami me regarda en clignant de l'oeil et commença: —Le pire de l'histoire est que j'y joue un rôle idiot.Evidemment, cela peut finir tout à fait bien, je ne vois pas d'ailleurs que j'aie pu agir autrement, mais si j'ai lâché la proie pour l'ombre, j'aurai évidemment été un grand sot.Je ne suis pas orateur, monsieur Watson, mais voici mon affaire en deux mots."J'avais été employé chez Coxon et Woodehouse, de Draper's Gardens, mais ils se sont laissés prendre au printemps dernier dans l'emprunt du Venezuela, comme vous vous le rappelez sans doute, et ils firent un pouf énorme.J'avais été chez eux cinq ans, et le père Coxon me donna un certificat parfait; mais il n'empêche que les vingt-sept commis de la maison se trouvèrent sur le pavé.Je cherchai à me placer tant bien que mal, mais il y avait tant d'employés sur le pavé que je ne trouvai absolument aucune situation.Jetais au bout de mon rouleau, et commençais à n'avoir plus de quoi acheter même des enveloppes et des timbres-poste pour répondre aux annonces.J'avais usé mes chaussures à monter et à descendre les escaliers des bureaux où je m'étais présenté et je me trouvais aussi peu avancé qu'au premier jour."Enfin, je découvris une demande d'emploi chez Newson et Williams, les grands agents de change de Lombard Street.On ne devait répondre à l'annonce que par lettre.J'envoyai mes certificats et ma demande, mais sans grand espoir.Par retour du courrier, on me répondait que si je voulais venir le lundi suivant, je pourrais prendre mon service sur l'heure, pourvu que mon aspect fût satisfaisant.Personne ne sait comment ces choses-là s'arrangent.On prétend que le directeur puise dans le tas et prend la première lettre qui se présente.De toute façon, mon tour était venu cette fois, et je n'ai jamais été plus heureux de ma vie.On m'offrait une livre de plus par semaine que chez Coxon, pour un travail à peu pria identique."Et maintenant, j'arrive A la partie bizarre dcïl'affaire.J'habitais en garni, du côté de Hampstcad, 17 Poller'-.Terrace.Je fumais tranquillement le soir de ce même jour où je venais de trouver une place, quand arrive ma propriétaire avec une carte au nom de M.Arthur Pinner, agent financier.Je ne connaissais pas cet individu, et je ne pouvais tii'iin.igincr le but de sa La Canadienne, Avril 1923 7 veu all" bon i ; niai» cependant je dis à la femme de (aire entrer .iteur.C'était un homme de taille moyenne; che-noir», yeux noirs, barbe noire, le nez légèrement né.Il était vif et parlait rapidement, comme un me qui connaît la valeur du temps.-Monsieur Hall Pycroft, je pense?dit-il." -Oui, monsieur, répondi»-je, en lui avançant une ' Dernièrement chez Coxon et Woodehouie! Oui, monsieur." -Et maintenant chez Newson?Parfaitement." -Bien, dit-il.Voici: j'ai entendu dire des choses ,,ti nirdinaircs sur votre capacité financière.Vous vous rappelez Parker, qui était chef de bureau chez Coxon?Il ne tarissait en élogée sur vous." "Je fus flatté du compliment.J'avais toujours passé au bureau pour un des meilleurs employés, [nais je ne m'imaginais pourtant pas être devenu célèbre dan s la Cité."—Vous avez une bonne mémoire?dit-il."—Assez bonne, répond is-je modestement."—Etes-vous resté en contact avec le marché, depuis que vous n'avez plus de place?"—Oui, je lis le cours de la Bourse tous les matins."—Ah! cela montre une vraie vocation.Voilà comment on arrive.Vous me permettez de vous pousser une colle, voulez-vous?Voyons! Que font les Ayrshires?"—Cent cinq, à cent cinq un quart."—Et les Consolidés de la Nouvelle-Zélande?"—Cent quatre."—Et les British Breken Hills?"—Sept à sept et demi.¦ "—Admirable! s'écria-t-il, en levant les mains.Cela confirme tout ce que j'ai entendu dire.Mon ami, mon ami, vous valez beaucoup trop pour être commis chez Newson!" "Cette sortie m'étonna un peu, comme vous pouvez le penser."—Mais, lui dis-je, tout le monde ne semble pas avoir aussi bonne opinion de moi, monsieur Pinner.J ai eu bien de la peine à trouver cette place, et je suis joliment content de l'avoir."—Peuh! mon ami, vous êtes à cent pieds au-dessus de cela.Vous n'êtes pas là dans votre sphère.Ecoutez, je vais vous dire mon idée.Ce que j'ai à vous offrir est peu de chose, comparé à votre capacité, mais comparé à ce que vous donne Newson, c'est le jour et la nuit.Voyons! Quand entrez-vous chez lui?"—Lundi."—Ha! ha! je crois que je ferai bien un petit pari que vous n'irez pas du tout."—Ne pas aller chez Newson?"—Non, monsieur.D'ici là, vous serez le directeur de la Franco Midland, Société de quincaillerie, limited, qui a cent trente-quatre succursales dans les villes et les villages de France, sans compter une à Bruxelles, et une à San-Remo." "Je restai bouche bée."—Je n'en ai jamais entendu parler, dis-je."—En effet, ce n'est pas probable.On n'a pas fait de réclame, car le capital a été souscrit entre amis, et c'est une trop bonne affaire pour la livrer au public.Mon frère, Harry Pinner, en est le promoteur, et entre au comité, après la répartition, comme directeur général.Il sait que j ai beaucoup de connaissances dans la Cité, et il m'a demandé de lui trouver, dans des conditions raisonnables, un homme capable,—un homme jeune, énergique, ayant le feu sacré.Parker m'a parlé de vous, et c'est ce qui m'amène ici.Nous ne pouvons vous offrir que la médiocre somme de cinq cents livres pour commencer."—Cinq cents livres par an! m'écriai-je."—Seulement pour commencer; mais vous aurea une Lommission générale de 1 % sur toutes les affaires I îites par vos agents, et, croyez-moi, cela fera plus que l'Hre salaire."—Mais je n'entends rien à la quincaillerie."—Bon, bon, mon garçon, vous savez compter."La tête me brûlait, et je ne pouvais rester en place.Mais tout à coup, je fus pris d'un doute qui vint jeter me douche froide sur mon agitation."—Je dois être franc avec vous, lui dis-je.N' WMM ne me donne que deux cents livres, mais Newson, c'est ùr.Tandis que, en vérité, je sais si peu de choses sur votre Société que."—Ah! très fort, très fort! s'écria-t-il, extasié.Vous tes juste l'homme qu'il nous faut.Ne vous laissez pas mbobiner, et vous avez joliment raison.Tenez, vuici un billet de cent livres; si vous croyez pouvoir .lire affaire avec nous, vous pouvez le mettre dans votre ,'oche comme une avance sur votre salaire."—Parfait, alors quand dois-je entrer?, "—Soyez à Birmingham demain à une heure, dit-il.i une let lu- qm- \oiis remettrez à mh.ii trèiv.\'ou> e trouverez au n" 126 H, de Corporation Street, où sont "'s bureaux provisoires de la Société.Il faut qu'il con 'Tine votre nomination, mais de vous a moi, Uite."—Vraiment, je ne sais comment vous exprimer ma gratitude, monsieur Pinner."—Du tout, du tout, mon garçon.Vous n'avez que ce que vous méritez.Il reste un ou deux détails de pure formalité à régler.Vous avez du papier, là?Veuillez écrire: "Je consens à devenir directeur de la Franco Midland, Société de quincaillerie limited, aux appointements minima de 500 livres."Je fis ce qu'il me demandait et il mit le papier dans sa poche.' —Et enfin pour terminer, dit-il, que comptez-vous faire au sujet de Newson?" "Dans ma joie j'avais complètement oublié Newson."—Je vais envoyer ma démission."—C'est justement ce que je désire que vous ne fassiez pas.J'ai eu une dispute à propos de vous avec le directeur de chez Newson.J'étais allé lui demander des renseignements, et il a été très désagréable, m'a j'en avais vu chez mes patrons, et dame! je regardais avec un certain étonnement les deux chaises et la misérable table de Dois blanc qui.avec un livre de caisse et un panier à papiers, formaient tout l'ameublement de cette chambre."—Ne vous effarouchez pas, monsieur Pycroft, me dit mon nouveau maître, en voyant la tête que je faisais Rome n'a pas été bâtie en un jour; nous avons un gros capital à notre disposition, mais nous ne cherchons pas à jeter de la poudre aux yeux.Asseyez-vous donc, et donnez-moi votre lettre."Je la lui tendis, et il la lut avec attention."—Vous semblez avoir fait une profonde impression sur mon frère Arthur, dit-il, et je sais qu'il n'est pas mauvais juge.II ne jure que par Londres, et moi par Birmingham: mais pour une fois, je suis de son avis.Vous pouvez donc vous considérer comme définitive- ment engagé.pot de Par de faiences de nos cem en France, terminés d en attendant tront mes fonctisns.' igerez le grand dé- qui doit alimenter glaises les magasins rente-quatre agents Les achats seront à une semaine, et vous resterez a c'est chose 'Je vous offre le poste de directeur et cinq cents livres par an.—" accusé de vous détourner de la maison, etc., etc.A la fin.je me suis fâché: "Si vous voulez de bons employés, il faut les payer un bon prix, lui ai-je dit.—II préférera probablement notre petit salaire à celui, très supérieur, cependant que vous lui offrez, répliqua-t-il.—Je vous parie cinq livres, dis-je, que quand il aura eu mon offre, vous n'entendrez seulement plus parler de lui.—Accepté! dit-il, nous l'avons tiré du ruisseau, et il ne nous lâchera pas si facilement!" Ce sont ses propres paroles."—L'impudent personnage! m'écriai-je.Je ne l'ai jamais vu: pourquoi aurais-je des égards pour lui?Je ne lui écrirai certes pas, puisque tel est votre désir."—Bon! C'est chose promise, dit-il en se levant.Eh bien, je suis enchanté d'être si bien tombé pour mon frère.Voici votre avance de cent livres, et voici la lettre.Notez l'adresse 126 B, Corporation Street, et rappelez-vous que votre rendez-vous est à une heure demain.Bonsoir, je vous souhaite toute la chance que vous méritez." T E lendemain je partais pour Birmingham par un train qui me permettait d'arriver un peu avant l'heure de mon rendez-vous.Je déposai mes paquets à un hôtel de la rue Neuve, et me rendis à l'addièsse qui m'avait été donnée."J'étais en avance d'un quart d'heure, mais peu importait.Le n° 126 B était un corridor situé entre deux grandes boutiques et qui aboutissait à un escalier tournant en pierres.Cet escalier donnait accès à de nombreux appartements loués comme bureaux à des sociétés ou à des particuliers exerçant des professions libérales.Les noms des locataires étaient peints sur le mur au bas de l'escalier, mais je n'y pus découvrir le nom de la Franco Midland, Société de quincaillerie limited.Je restais là perplexe et anxieux, me demandant si je n'avais pas été victime d'une fumisterie, quand survint un homme qui m'adressa la parole.Il ressemblait énormément à celui que j'avais vu la veille au soir; même tournure, même voLx, mais il était complètement rasé et ses cheveux étaient moins foncés."—Etes-vous M.Hall Pvcroft?demanda-t-il."—Oui."—Ah! je vous attendais, mais vous êtes un peu en avance.J'ai reçu ce matin un mot de mon frère qui chante vos louanges."—Je cherchais précisément votre bureau."—Nous n'avons pas encore fait inscrire notre nom.car nous n'avons loué ces bureaux provisoires que Li semaine dernière.Montez avec moi, et nous allons causer ensemble." "Je le suivis jusqu'au sommet d'un escalier qui n'en finissait plus, et il m'introduisit enfin dans deux petites pièces mansardées, sans tapis, ni rideaux, et toutes poussiéreuses.Je m'étais imaginé un grand bureau avec des tables bien astiquées et des files d'employés, comme Birmingham, et vous trouverez moyen de vous occuper.—Comment?" "Pour toute réponse, il prit un gros livre rouge dans un tiroir "—Voice un Bottin de Pans, indiquant les professions à la suite des noms.Emportez-le chez vous et faites-moi une liste de tous les marchands de quincaillerie, avec leur adresse.Cela nous sera de la plus grande utilité."—Mais il doit exister des listes par catégories?"—II n'y erf a pas de bien faites.Elles sont établies sur un système différent du nôtre.Attelez-vous à ce travail et donnez-moi ces listes, lundi, à midi.Au revoir, monsieur Pycroft, si vous continuez à montrer du zèle et de l'intelligence, vous verrez que la société se comportera bien vis-à-vis de vous." "Je rentrai à mon hôtel, le gros livre sous le bras, en proie»à tout un conflit de sentiments.D'un côté, j'étais définitivernent engagé, et j'avais cent livres dans ma poche.Mais de l'autre, l'aspect du bureau, l'absence de nom sur le mur.et d'autres détails qui étaient faits pour étonner un homme habitué aux affaires, me donnaient une lâcheuse impression sur la position de mes chefs.Enfin, quoi qu'il pût arriver, j'avais mon argent: je me mis donc résolument au travail.J'y consacrai tout mon dimanche, et cependant le hindi, je n'en étais encore qu'à l'H.Je retournai voir mon chef, et le trouvai dans les mêmes pièces dénudées; il me dit de continuer jusqu'à mercredi, et de revenir ensuite.Mercredi, je n'avais pas encore fini, et j'en eus jusqu'au vendredi, c'est-à-dire, hier.Mors j'apportai mon travail à M.Harry Pinner."—Je vous remercie mnniment, dit-il.Je crains de n'avoir pas.tout d'abord, suffisamment apprécié ce travail II me sera extrêmement utile."—Il m'a pris beaucoup de tempe, dis-je."—Cela fait, je vous demande cette fois, une liste des maisons d'ameublement, car elles vendent toutes de la faïence."—Très bien."—Venez demain soir à sept heures, et dites-moi comment cela marche.Ne vous éreintez pas.I ne couple d'heures au Music Hall de Day dans la soirée, ne vous fera pas de mal.après tout ce travail." ajouta-t-il en riant et je m'aperçus alors que sa deuxième dent à gauche était assez mal aurifiée.Cela m'impressionna.CHERLOCK HOLMES se frottait les mains joyeuse-ment, et moi, je regardais notre client avec stupeur.—Vous pouvez paraître surpris, docteur Watson, dit-il.mais voici la chose.En causant avec l'autre individu à Londre.j'avais remarqué quand il avait ri parce que je renonçais à entrer chez Newson.qu'il avait cette même dent aurifiée de la même façon.Le poli de l'or m'avait sauté aux yeux dans les deux cas: et lorsque je rapprochai cette observation de la similitude de voix et de la tournure, lorsque je m'aperçus que les dissemblances pouvaient être dues à un coup de rasoir et à une perruque, je ne doutai plus que je n'aie eu affaire à la même personne.On peut s'attendre à trouver une grande ressemblance entre deux frères, mais pas au point d'avoir la même dent aurifiée de la même façon.Il me dit au revoir, et je me trouvai dans la rue.ne sachant guère si je marchais sur la tête ou sur les pieds.Je rentrai à l'hôtel, me plongeai la tête dans l'eau troide et tâchai de réfléchir.Pourquoi m'avait-il envoyé de Londres à Birmingham?Pourquoi y était-il arrive avant moi?et pourquoi s'était-il écrit une lettre à lui-même?Tout cela était trop fort pour moi.et te n'y trouvais aucune explication.Tout d'un coup, l'idée me vint que ce qui était si obscur pour moi pouvait être très clair pour M.Sherlock Holmes.J'avais juste le temps d'aller en ville par le train de nuit, de le voice matin, et de le ramener avec moi à Birmingham.(Sttite sur-la page so) S La Canadienne, Avril 1923 ES Anciens Romains avaient une époque qu'ils appelaient les Saturnales.Pendant cette époque, il n'y avait plus de police d'aucune sorte.Tous les citoyens pouvaient s'injurier à leur aise, se rosser et s'administrer entre eux des yeux au beurre noir, si cela leur plaisait.Nous avon9, en notre ère d'électricité et de civilisation, aux approches du printemps, une période où, sous prétexte de ne pas être bien chez nous ou d'être mieux ailleurs, nous condamnons les choses qui vivent avec nous et constituent notre mobilier, à subir les chocs, les écorchures, les entorses, les déboîtements et les cassures d'un remue-ménage qui prend la plupart du temps les aspects les plus ressemblants à un véritable pandemonium.De temps immémorial, les habitants des villes ont pris l'habitude de déménager.Notre manie de changer de pénates, parfois sous les motifs les plus futiles, est légendaire.Aux derniers jours d'avril, et principalement le premier mai, saison à laquelle il est traditionnel de faire prendre l'air de la rue à ses nippes, les artères des grandes cités sont sillonnées de voitures, de charettes, de gigantesques camions, dans lesquels l'arche du légendaire Noe se serait trouvée fort à l'aise.Par l'arrière grand ouvert, on jouit du coup-d'oeil le moins rassurant pour ce que ces véhicules contiennent; on y aperçoit amoncelés, dans un désordre auquel il est peu d'exceptions, bois de lits, paillasses, malles, buffets, paniers de toute contenance, cadres, batteries de cuisine, bibelots, tout ce qui ornait le logis d'hier et s'en va occuper celui de demain.Cela commence d'abord piano, comme certains airs d'opéra; on emmaillote de toiles les tableaux et les miroirs, on recouvre de housses les meubles les plus fragiles, puis, l'opération se poursuit rinforzando.avec des bruits d( harmoniques de casseroles qui se heurtent, d'objets qui hurlent de se voir si subitement accolés ensemble.A R RIVES à destination, les chevaux du camion s'arrêtent, prenant l'attitude résignée des bêtes habituées aux longs stationnements.Une demi-douzaine de gaillards empoignent les meubles, hissent les paniers sur lours épaules, dégringolent les escaliers.Le rideau est levé!.Les acteurs sont en scène!.Le décor, tout accumulé dans un fouillis, est bien là!.La pièce comico-dramatique commence!.Chaque sujet attend son entrée en scène ou plutôt sa mise.en fourgon.Dos caisses.tellement gonflées qu'on les croirait hydropiques, des chaises qui n'ont plus que trois pieds, «les fauteuils dont le velours est crevé, des balais à manches «l'une longueur .qui fait se demander s'ils n'ont pas poussé toute leur vie, des chats qui se tire-bouchonnent la queue en forme de clef de musique parce qu'ils ne comprennent rien à ce tintamarre, des chiens qui ne laissent pas le bas de votre pantalon comme pour vous implorer de ne pas les laisser en arrière, «les canaris rnji se projettent contre les treillages de leur caçe, comme si la fin du monde était arrivée.Des bébés qui dévorent leurs larmes.pour laisser entendre qu'ils ne sont pas Mns protester contre ce chaotique embrouillement.Et, le film se déroule se déroule .roule.roule!."Oust! allons-y! Alors, ça marche Rondement, bien souvent que trop; Car vous voyez, de marche en marche, Vos meubles descendre au grand trot.Ils semblent tous pris de vertige lancé comme au hasard.ZM.SI Tout votre mobilier voltige .C'est un atroce Vos chers souvenirs de famille, Vos bibelots les plus chéris, Passant par ces mains de gorilles, Vous semblent souillés et flétris!" Puis, après avoir fait maison nette, et pris avec soi son album de famille et le portrait de la vieille tante à héritage, on évacue le domicile.On n'est plus chez soi.on n'est pas encore dans son home.Comme pendant la guerre."quelque part," entre ce qui n'est plus et ce qui n'est pas encore.A CTE deuxième: l'emménagement!.Après une nuit passée sur des lits improvisés, et après avoir expédié un déplorable déjeuner abandonné à des nourritures de hasard, on se remet à l'oeuvre, et l'on se rend bien compte que, tout en n'étant plus tarabusté par le Chant du Depart, on est cependant encore bien loin de ce que Rostand appelle dans ses Musardises: Y Heure Charmante.Et toute la journée, on turbine, on trépigne, on s'éreinte!."Cette fois, vous voici le maître Chez vous.On va donc se coucher.Mais où diable a-t-on bien pu mettre Toutes les clés?Il faut chercher.On finit par tomber sur elles, Et vous pouvez, dans le sommeil, Oublier les heures cruelles De ce jour,—mais gare au réveil!" OH! LES déménagements!.Dure nécessité!.Heures cruelles!.Tout le tralala des ennuis, des petites déceptions, des besognes qui nous obsèdent, nous chiffonnent, nous horripilent!.Ce qui n'empêchera pas que dans deux ou trois ans, dans douze mois peut-être, d'autres voitures viendront reprendre les mêmes meubles, les transporter vers une autre demeure.La maladie de la "bougeotte"!.Maladie à la mode, tout comme l'appendicite!.Maladie contagieuse comme la petite vérole.se manifestant par crises intermittentes .et criblant nos objets les plus chers de bosses, de stigmates.d'irréparables outrages.Il faut que les hommes s'agitent, voyagent, renouvellent leurs habitudes.leur visage.leur nid.On ne s'aborde plus en disant: "Comment allez-vous?" mais: "Quand déménagez-vous?" Les gens qui habitent au centre de la ville nourrissent le désir de s'envoler vers la banlieue où l'air est plus invitant; et les habitants des parties extrêmes sont tentés de venir planter leur tente au milieu de la ville, afin de se rapprocher du centre des affaires, des spectacles, des commodités.Tout le monde déménage.Et quand on ne déménage pas, que l'on s'ennuie, que les invitations au bridge ou au thé ne pleuvent pas, quand on risque de broyer du noir où simplement de s'engrisailler l'âme, savez-vous ce que l'on fait?.On visite des appartements.Et ce divertissement n'a-t-il pas nombre de côtés agréables, qui font surgir dans l'esprit tout un petit monde d'impressions variées?Chercher un appartement, c'est promener à travers la ville le petit monde qu'on porte en soi.C'est ici ou bien là qu'on déposera son bagage?Cette rue nous sera-t-elle clémente?Ce numéro porte-t-il un augure heureux?Ce pan de ciel nous appartiendra-t-il?Ce bouquet d'arbres me souhaitera-t-il la bienvenue chaque matin?Et pourquoi choisir ce coin plutôt que cet autre?Ils me sont tous étrangers, puisque je ne leur ai donné encore rien de moi.C'est trop triste.QH! LES tribulations du locataire qui déménage!.les mille et un côtés drolatiques de cette burlesque J0M épopée où l'on trime, s'énerve, se morfond.Que ne sommes-nous au temps de l'âge de pierre, alors que les habitants de là terre vivaient à l'intérieur de cavernes qu'ils taillaient eux-mêmes, et d'où ils ne risquaient pas d'être évincés une fois l'an par les insatiables appétits de possesseurs d'immeubles, harceK par l'ambitieux désir de multiplier leurs revenus.Il est vrai qu'on n'avait pas les ascenseurs et le téléphone.Mais chacun possédait son petit domaine et personne ne songeait guère,—les vols à l'étalage et les "pick-pockets" n'étant pas encore inventés,—à aller escroquer les carottes de son voisin.C'était le bon temps.On ne faisait pas des pintes de mauvais sang parce que les chambres étaient exiguës et les boiseries baroques; on n'attrapait pas le "spleen" parce que le papier de tenture "était passé de couleur," ou bien parce que les cuivres des salles de bains n'étaient pas luisants; on ne risquait pas de devenir neurasthénique comme aujourd'hui, parce que la sonnerie du téléphone crépite dans nos oreilles sans jamais arrêter, ou que la petite fille du voisin pétarade indûment ses gammes sur le piano jusqu'aux heures avancées de la soirée.A UJOURD'HUI, selon la loi économique de l'offre et de la demande,—nous déclarent de graves docteurs en Sciences politiques et sociales,—le prix des loyers s'élève parce que les propriétaires ont de nombreuses demandes de location pour leurs logis.Il y a pléthore de gens de ville qui s'entêtent à ne pas aller vivre ailleurs, et les habitants des campagnes affluent vers la grand'ville tentaculaire, tourbillon engloutissant tout, sous le martelage de sa vie trépidante; Arène chaotique où s'exacerbent en la clarté trompeuse des lustres électriques, l'orgueil et la folie des hommes .Résultat: congestion, c'est-à-dire trop-plein qui déborde et risque de se faire exsanguer par le compresseur sans pitié.C'est comme au Cinéma.Quand on met à l'affiche un film où bien des aventures extraordinaires et invraisemblables se déroulent, tous les fauteuils sont occupés, et l'on convoite la bonne veine de ceux qui, pendant la performance, sont confortablement assis sur leur siège.ou bien encore, comme si les poissons de toutes nos rivières se concertaient et décidaient d'aller couler leur vie de poissons dans les eaux de la rivière l'Assomption.JE PROBLEME du logement!.Tourment des hommes politiques, des philantropes, des hygiénistes.et cauchemar du monsieur qui tente de trouver un appartement.Grimoire, "casse-tête chinois" qu'il faut déchiffrer.Kyrielle alignée en longues, monotones et indigestes colonnes des petites annonces.chasse vigilante des pancartes et écriteaux magiques qui disparaissent d'une matinée à l'autre, marches forcées dont on revient bredouille.Et avec tout ce manège, l'obligation qui astreint le malheureux à ne pas négliger ses relations avec son gérant d'immeubles, son notaire ou son entrepreneur de pompes funèbres.Et dire qu'en dépit de toutes ces manoeuvres, l'on est encore exposé à rester sur le pavé ou aller quérir refuge chez sa belle-mère.Vous croyez que je plaisante.Holà! .Je suis grave comme un magistrat de police.Et comme preuve de ma bonne foi, je vous raconte la calamiteuse déveine d'une pauvre victime, dont le récit de la triste odyssée ne manquera pas de faire converger vers elle toutes vos sympathies.Ecoutez-le bien.C'est un monsieur du monde qui a une certaine instruction.Il vous reposera quelques nstants de mes papotages échevelés.(Suite sur la page 23) 1-n Cn nodi MARTlN-SEr>|puR g PAINT Montreal Votre Home Reflète votre personnalité \/OUS êtes à un haut degré jugé d'après votre home.Pour paraphraser un vieux dicton— Montrez-moi votre home et je vous direz qui vous êtes.' Combien souvent ne voit-on pas un home dépouillé de sa valeur et qui a cessé d être magnifique à cause de la seule négligence à protéger convenablement les surfaces.Il n'y a vraiment aucune bonne raison qui justifie de garder un home avec une apparence pauvre et délabrée.Tant il est absurdement simple d en transformer l'extérieur battu par le temps, ou 1 intérieur d apparence usée en une véritable harmonie de couleurs au moyen de la PEINTURE 100: PIRE MARTIN-SENOUR il y a une Peinture ou un \ émis Martin-Senour pour toutes les fills et toutes les surfaces et le peu que leur achat coûte vous sera remboursé au centuple — par l'apparence plus attrayante du home, par U protection que donne contre I usure et le temps la durabdité des Produits Martin-Senour Que vous vous proposiez pour votre home un petnturage complet ou simplement un retouchage ici et là.vous trouverez dans le marchand de M S de votre localité qnelqu un d empressé à coopérer avec vous par ses avis experts ou par ses suggestions utiles Demandez notre nouvelle brochure gratuite "HOME PAINTING MADE EASY" The MARTIN-SENOUR Co.limited Fabritomts Je peintures et Je lemiy CiMisiilu-i l'agent «le Martin-Senour J»' votre i¦ .1111.avant de commencer vos operation*.Il se fera un plaisir de tous remettre des cartes de couleur», de« imprimés et une esiimailon du ooùt.W1VMKC \ VM >'l \ IK MONTREAL roRo.vro kuifw Ciiiwitnmf, Avril.W Passez seulement une vadrouille humide sur la surface lisse et imperméable d une carpette en Congoleum Se»! et elle redevient aussitôt loltt et propre Ces carpettes magnifiques épargnent des heures de Travail «^rendent le som de la maison tellement plus facile.Ole* se présentent en des modèles attrayants pour les diverses pièces de la maasort—depuis le ywplf dessin de tuiles pour les cuisines et les salW de bam.jusqu aux dessins plus compliqués et de riche apparence destinés aux chambres à coucher, aux salles a manger et aux vivoirs Let propriétés sanitaires et de nettoyage facile de ces carpettes modernes les font désirer partout Elle* s'accolent parfaitement au parquet sans avoir besom d être fixées de quelque façon que ce soit.L>emandez a votre fournisseur de vous faire voir ces carpettes magnifiques ou demandez notre circulaire qui contient tous les beaux modèles pd» 9x3 $4 50 6.75 9x6 pds.9x74 " 9x9 $9.00 1125 13.50 9xlOi{ Gold Seal Cherchez Toujours ce Cachet-Or Il n'y a qu'un Congoleum et c'est le Congoleum Gold Seal, désigné par le Cachet-Or reproduit ci-dessus.Ce Cachet-Or (imprimé en vert sur fond or) vous protège contre les couvertures de parquets qui sont des imitations, puis il vous protège par une garantie de remboursement d'argent.Il est collé sur l'endroit de chaque Carpette en Congoleum Cold Seal et à toutes les quelques verges de couvre-parquet en Congoleum Gold Seal.Ne manquez pas de chercher le Cachst-Or sur le couvre-parquet que vous achetez.Congoleum Company of Canada, Ltd.Usine et bureaux: 1270 Si.l'alriclc Si , Montréal, Québec.Fabriquée au Canada par de» Canadien» pour le» Canadien» La.Ciinsulisnnj' Avrd 192) II le serment de madeleine Jn ce moment même, on en-I t' I tendit au r< F> I rian-.le eorrldn fants qui se précipitaient vers la cour en criant de „ leur» voix joyeuses: —Les voilà! le* voilà! c'est mademoiselle Delphine et le capitaine Lambert ! —Mon père!.ma sœur!.fit Mme Labarthe, je les attendait.vous permettez, n'est-ce pas' Et, vivement, elle sortit.La veuve de Jean Michaud restait seule et avec le notaire.U fit un mouvement pour suivre sa femme.Mais lui barrant tout à coup le passage : —Une dernière question! dit Madeleine.— Parlez, fit-il.—Ce Gandoin, vous ne l'avez pas revu?— Non.— Il ne s'est pas trouvé en rapport avec vous.Vous ne lui avez jamais écrit?Jamais.CI Madeleine avait conservé quelques doutes, ils se seraient aussitôt évanouis.Ce mensonge n'était-îl pas le plus flagrant des aveux?La lettre à elle adressée par le notaire se trouvait sur la table.A côté de la lettre, l'enveloppe.Madeleine l'indiquant du doigt: —C'est bien votre écriture, cela?—Oui, reconnut-il.—Et cela?s'écria-t-elle en lui mettant inopinément sous les yeux l'autre enveloppe, l'enveloppe aux cinq cachets rouges.Plus rouge encore devint le notaire.II recula, terrifié, sous le regard vengeur de Madeleine.—Ah!.conclut-elle avec un accent de triomphe, ah!.vous me demandiez une preuve.Eh bien, La voilà?.L'autre.c'est vous! (^HEZ un homme de la force et du tempérament de Labarthe.l'indignation, la colère devaient être promptes et terribles.Il s'avança menaçant vers Madeleine, et d'une voix précipitée, saccadée, mais cependant contenue: —Malheureuse! lui dit-il.qu'osez-vous prétendre! Quand je lui aurais envoyé de l'argent.Après! je suis son notaire.Est-ce que je vous dois compte des secrets de mes clients?Apparences mensongères que tout cela! Vous rêvez encore' Folie! mais réfléchissez.dans cette demeure! Louise, ma femme! Vous voulez donc la tuer! elle en mourrait de honte! Puis, comme déjà la porte se rouvrait: —Oh! taisez-vous! .Silence! Madeleine, à son tour, restait stupéfaite.N'y avait-il pas quelque chose de sincère dans le désordre même de cette explication rapide?Si c'était là le cri de l'innocence outragée! Cependant Delphine était entrée, vive et riante.—Bonjour, monsieur mon beau-frère! dit-elle en se jetant au cou de Labarthe, qui avait repris sa dignité habituelle.La jeune fille ne remarqua donc rien, distraite d'ailleurs par la vue de la mère de celui qu'elle aimait.—Eh! c'est maman Madeleine' s'écria-t-elle.en courant aussi l'embrasser.Sous ce frais baiser, si franc, si pur, la veuve de Jean Michaud s'apaisa subitement Cette pensée lui vint à l'esprit: "La fiancée de Justin!.Si je parle, encore deux cœurs que ie brise!".Puis, le capitaine Lambert parut sur le seuil Fallait-il donc le souiller aussi, cette austère image de quatre-vingts ans, ans de bravoure et d'honneur' .Avec consternation.Madeleine é-couta les paroles amicales du vieillard.Que lui répondit-elle?Elle ne savait plus que penser, que résoudre.Le regard de Labarthe la suppliait et l'épouvantait De quelque côte qu'elle se retournât, un aolme.Par Charles Deslys Louise reparut, annonçant le dîner.Dans les Vosges, on dîne à midi.—J'ai fait mettre votre couvert, madame Michaud.Vous êtes, n'est-ce pas, des nôtres?—Non! se récria-t-elle.Je vous remercie, mais n'insistez pas.Vous savez que je suis souffrante, malade.— En effet, reconnut Delphine, qui venait de lui prendre la main pour la passer sous son bras, en effet, maman Madeleine, vous avez la fièvre.et.je ne l'avais pas encore remarqué, comme vous voilà pâle! la ^Jiïszsîsnss.— Du repos! s'écna-t-etle d'une voix suppliante, oh! si vous saviez comme j ai besoin de repos! —Je vais vous faire préparer une chambre, proposa Louise.—Pas ici!—Laissez-moi.madame, aller comme d habitue s ¦ auberge.Rien de surprenant à ce nouveau refus.Lors de ses précédentes visites.née s'arrêta devant l'au- Etait-tl i pourquo' homme a un pareil Une d berge.Madeleine, impatiente du bruit qui en résultait, ie leva pour fermer la fenétrfc , .—JJ'ai cru qu'on ne se verrait pas d'aujourd'hui, disait en ce moment celui avait Or qui -Monsieur s'arrête-t-il chez noua?demanda 1 hôtelier d'un ton encou- —Oui.jusqu'à ce soir, répondit-on.A déjeuner vivement, et dans une Je tombe de sommeil! une faim de Madeleine venait de frissonner de Dans leur cadre de vieil or.Ils ont une grlce exquise : Lui, très grave, comme on lord.Elle, mignonne marquise.On dirait qu'il s'est soigné Pour paraître devant elle : Son col est emprisonné Dans la soie et la i" Entre se Qu'elle vous offre, indiscrète Pour qu'on lui baise La main En prétextant La fleurette.La date : mil sep Est écrite au bas —Ils se Son air fatal et _ Masque d'un homme d'épée.Contraste avec l'air mutin Qu'a cette frêle poupée.Satin rose avec l Sa robe, au conte Laisse deviner les l— Sous la gaze du corsage Les grâces et les souris Parfument sa bouche rose : Un peu de poudre de riz Se mêle à son teint de rose.Leurs amours sous lés erodes.Elle, sortant du couvent, L amour vint en coup de vent.•a mère emmenait sa fille au dehors pour quelques jours, pour quelques heures; une ou deux fois Petit-Pierre était resté.Madeleine, jamais.On connaissait sa discretion, sa fierté de paysanne.Elle n'acceptait rien pour elle-même.Labarthe.d'ailleurs, toucha '.e coude de sa femme comme pour lui dire —N'insistez pas.—Soit! conclut Louise, mais au moins vous nous laisserez les enfants jusqu'à ce soir.Ah! Petit-Pierre me l'a ait.votre voiturier ne doit repartir que sur le tard.— A ce soir' consentit la veuve de Jean Michaud.Et.balbutiant quelques excuses, elle sortit du salon Ses enfants accoururent sur ses pas dans le corridor: elle les embrassa a la hâte et se précipita vers la rue.U lui fallait de l'air, la réflexion, la solitude.Sa tête était en feu.son cœur éclatait.L'auberge n'était qu'à deux pas, de l'autre côte, presque en tace de la maison Labarthe.Mme Michaud était connue.On s'empressa de lui donuer la plus belle chambre.No.au premier étage.A peine la porte se tut-elle refermée sur l'hôtesse, que Madeleine, enfin seule, tomba sur une chaise et se prit la tète à deux mains, s'efforçant de réfréner le tumulte de son esprit.Par la fenêtre entr'ouverte.elle apercevait les panonceaux du notaire HENRY BORDE A ".V la tête aux pteds: elle avait La voix de Gandoin.Evitant de se montrer, elle regarda au dehors.La diligence.Grand manteau, collet remonte îuscu'aux oreilles» feutre rabattu juseju aux yeux des Lunettes vertes.Evidemment, il cherchait i se rendre méconnaissable.Mi-< c'était Gandotn'.c'était bien.Lui! Que venait-d faire dans ce bourg habite par Labarthe?AVANT que ta veuve de Jean Michaud fût revenue ce sa stupeur, des pas s'entendirent cans l'escalier Une porte s'ouvrit celle de La chambre voisine — Numéro J.dit l'hôtelier Monsieur sera très-bien ici.je l'espère.Soit' répliqua le vovageur.mais du feu j'ai froid Puis, après un temps Ah! nt-u*.voici de l'encre.très-bien.j'ai un mot à écrire.— Monsieur désire-t-il du pap'er> —J'ai tout ce qu'il me faut dans ma valise.— Non-seulement lacioisoa séparant les deux chambres était des plus minces, mais il s'y trouvait une porte condamnée.Tout ce qui se disait dans l'une s'entendait dans l'autre.— Avez-vous, demanda Gandoin.quelqu'un pour porter ce billet' —Oui, monsieur Souhaitez-vous qu'il monte tout de suite5 Dans un instant.L'aubergiste descendit, et presque aussitôt, du trottoir extérieur, il appela: — He' hé donc là-bas, Joseph! Sur la pointe du pied.Madeleine s'était rapprochée de la fenêtre.Non loin de là, sur jne place plantée de tilleuls, des enfants jouaient.L'un d'eux se retourna vers P auberge; il accouru t.C'était sans doute le messager.n ne tarda pas a gnmoer l'escalier; il entra au numéro \ —CesE-y pour m'sieur qu'il y a une course à faire - —Oui Attends.Quelques minutes s'écoulèrent avant que Gandoin -> it ter-nine.tacheté sa lettre.—Sais-tu lire?de manda-t-il alors à Joseph.—Oui, m'sieur.—Connais-tu la personne dont Le nom est écrit là-dessus?—Par dine' —Eh bien, va vite, et reviens de même.Tu ne remettras ce billet qu à lui seuL C'est bien entendu, n'est-ce-pas?Voici pour cou H y aura sans 'doute une réponse.L empressement du messager témoignait qu il venait de recevoir une gratiiication satisfaisante Le regard de Madeleine se reporta, vers la fenêtre.Un bruit de pas.dans la chambre voisine, indiqua que.de son câtr, Gandoin regardait aussi.Joseph traversa la me.se dirigeant vers La gnlle aux panonceaux.Il entra dans La maison itx notaire.Toutes sortes de pensées confuses se succédaient dans l'espnt de la veuve de Jean Michaud.Elle sentait que ce n était pas un vain hasard qui l'avait amenée là.que Dieu la guidait i; que les événements allaient se ter: qu'enfin elle touchait au \PRES un quart d'heure environ.le messager reparut, revenant vers l'auberge.Le parquet de l'autre chambre ena sous le pas impatient de Gandoin.Sans doute, d cessait de regarder aussi.Mais d n'alla pas usetu'au corridor.Un bruit de chaise dérangée, puis le silence.En se retournant.Madeleine venait de remarquer qu'un rayon de soleil pénétrait dans a chambre par a serrure de la porte de communication.Pas de clef.rien.on pouvait voir Elle s'approcha, se pencha, retenant son souiHe.En face, dans la cheminée, tiambait un grand feu.Gandoin s'était assis devant l'âtre et tournait Le dos à la servante, qui rangeait des plats sur la table.U avait encore son chapeau, son manteau, évitant autant que possible de montrer son vtsage.Le jeune messager rentra.—Eh bien, lit Le voyageur sans le regarder non plus, quelle réponse?—Il a dit comme ça.m sieu.que c était bien, qu'il irait.—Su.fficti! conclut Gandoin.Le cVeuner lent être prêt, n'est-ce pas?Oui, tout est là.Fichez-otoi le camp tous les deux' Ainsi congédies, la servante et l'enfant se retirèrent U alla pousser le verrou.Puis, seulement alors, à tant manteau, feutre et lunettes, il se redressa, se détira, bailla, comme enfin délivre de toute gène.— Mangeons et buvons d'abord' se dit-il.Ensuite, un bon somme, pour achever de me remettre.J'aurai besoin tantôt de toutes mes facultés.Ce sera dur' U avait rapproche la table de La cheminée: il s'assit ;e dos au feu.le visageonente vers le trou de laserrure.Craignant d être ievinee, Madeleine se retira vivement Elle ne pou va minutes, qu'un lus qu'entendre, idaat quelques : de fourchettes.{Suiie sur la pogt J4) 12 La Canadienne, Avril 1923 Les Canadiens au Hollywood, le centre cinémato graphique le plus fameux du monde, compte parmi ses habitants un bon nombre de Canadiens Pays du Cinéma Leurs biographies et l'histoire de leurs succès racontées aux lecteurs de "La Canadienne" par James N.Green RES peu de gens au Canada, je crois, ont T| une idée du nombre de Canadiens qui, à l'heure actuelle, sont à Hollywood, engagés dans l'industrie artistique des vues animées.La liste des personnages qui accompagne chaque "vue" ne donne pas, on le comprend, les noms et adresses des acteurs, nous laissant sous ce rapport dans une ignorance complète.Parmi les Canadiens qui sont à Hollywood on trouve pourtant des acteurs et des actrices de premier plan, spécialistes hommes et femmes, directeurs, assistants, aides techniciens, artistes et compositeurs.Et, parmi tout ce monde, il convient, sans doute, de mentionner en premier lieu une jeune femme née au Canada—une véritable fille du pays de la feuille d'érable—Mary Pickford qui, presque une petite fille, a atteint les plus hauts sommets de l'art, et est devenue l'étoile des étoiles dans la vie des cinémas.Non seulement Mary est née à Toronto, mais c'est aussi dans cette ville qu'elle débuta avec la vieille troupe Valentine.Elle avait à peine cinq ans et jouait alors le rôle de "Littla Ted," un rôle de garçonnet.A l'âge de huit ans, Mary partit en tournée avec la compagnie qui jouait "The little Red Schoolhouse," à neuf ans elle jouait un rôle d'étoile, "Petite Jessie," la petite mère du "Mariage Fatal," un des mélodrames les plus estimés de l'époque.Jusqu'à l'âge de treize ans elle ne joua que le mélodrame.On se rappelle encore aux Etats-Unis, aussi bien qu'au Canada le rôle qu'elle tint aux côtés de Chaun-cey Ôlcott dans la pièce fameuse "Edmund Burke." A treize ans, sous la direction de David Belasco, elle créa le rôle de Betty Warren, et ce fut un de ses plus of Rockliftl a passé son jeune âge dans te Canada oriental beaux succès, dans la pièce intitulée "The Warrens Virginia." JUSQU'A cette date, Mary Pickford avait pu revoir J plusieurs fois Toronto, sa ville natale, de même qu'elle put visiter plusieurs villes du Canada; elle faisait alors partie de compagnies théâtrales en tournée.Mais à ce moment ses voyages cessèrent.Elle quitta le théâtre parlé pour le cinéma.Il est bon de dire qu'à cette époque le cinéma n'offrait rien de trop assuré comme carrière, au point de vue artistique et financier, et qu'on ne soupçonnait même pas l'avenir brillant qui l'attendait."Our Mary" n'était aux studios Biograph que depuis trois jours quand on lui confia le premier rôle dans la pièce filmée "le Luthier de Crémone." Son succès fut instantané et la jeune artiste resta à la compagnie Biograph une année et demie.Il est assez amusant de noter que durant cette période son traitement fut successivement augmenté de quarante à cinquante dollars par semaine, ce qui constituait alors le sommet extrême auquel un salaire d'artiste cinématographique pouvait attendre.Mary passa ensuite à la Independent Company avec un traitement considérablement augmenté.C'est-à-dire que c'était la forte somme de l'époque—cent-soixante-quinze dollars par semaine.Neuf mois plus tard elle revenait à la Biograph company.Elle avait compris que son avenir était là.Il n'est pas douteux que le fait d'avoir été là sous la direction de D.W.Griffith contribua pour beaucoup à son triomphe définitif.Pendant une saison elle revint au théâtre parlé, dans le rôle de Juliette, la jeune aveugle du "Bon Petit Diable." Au printemps de 1913 la famous Players Film Company" entreprit de filmer cette pièce et comme il fallait s'y attendre, Mary Pickford reçut le premier rôle, celui de l'étoile.C'est probablement à partir de cette date que la renommée de Mary commença de monter.Ce ne fut plus qu'une question de mois pour que la petite Canadienne devint le personnage le plus considérable de toute l'industrie cinématographique.Elle devint vice-présidente de la Mary Pickford Famous Players Company, organisée en 1915, avec un traitement de $2,000 par semaine et une part de 50% dans les profits.Durant l'été de 1916 la "Mary Pickford Film Corporation" fut organisée ce qui apporta à Miss Pickford un traitement de $10,000 par semaine et une part de 50% dans les profits.C'était le salaire le plus élevé qui ait jamais été payé à une femme dans le monde entier.Mentionnons ici quelques-uns de ses films à succès: "In The Bishop's Carriage," "Tess of The Storm Country," récemment reprise au cinéma avec quelques corrections; Madame Butterfly, Huida from Holland, The Little Princess, Poor Little Pappina, The Poor Little Rich Girl, APLiss, The Little American Amarilly of Clotheline lAlley, Stella Maris, puis Johanna Enlist.Elle donna ensuite avec la Compagnie The First National Productions, Daddy Long Legs, The Hoodlum, et Heart of The Hills.Puis viennent les "Big Four" associant avec Mary Pickford, Douglas Fairbanks, Charley Chaplin et D.W.Griffith.Nous avons alors Suds, Polyanna, The Love Light, Through The Back Door, Little Lord Pauntleroy.Nous avons, sans doute consacré beaucoup d'espace à cette artiste, mais ne compte-t-elle pas dans la faveur du public autant que dix autres pris parmi les meilleurs?i t puisque nous sommes à parler des Pickford, disons un mot de Jack.JACK "PICKFORD souffre en quelque sorte du fait de la renommée exceptionnellement brillante de sa soeur.Il a tout de même le désir d'être au cinéma une personnalité marquante pour son propre compte.Comme question de fait il est quelqu'un; il s'est tout particulièrement distingué dans les rôles qu'on lui a confiés.Ses films, Seventeen, Tom Sawyer, Great Expectations, Freckles, Man Who Had Everything, Shepherd of Kingdom Come, Double-Dyed, Just Out of College, ont remporté de francs succès.Ils ont été exhibes d'un bout à l'autre du Canada et tous ceux qui les ont vus sont unanimes à en faire les plus grands éloges.Jack Pickford est né à Toronto, mais il fit ses études à New-York, à la St.Francis Military Academy.Retourné dans sa famille, ses études terminées, il décida, à l'exemple de sa soeur, de se livrer à la carrière théâtrale.Son premier rôle, celui d'un garçonnet, comprenait autant de lignes à apprendre par coeur que ceux des deux premiers acteurs de la pièce, "Peg Robin," un drame fort estimé il y a quelques quinze ans.Il était aussi avec Chauncey Olcott dans "Edmund Burke." Son début au cinéma se fit en 1909 avec la première Biograph Company.II est bon de noter que Jack Pickford ne s'écarte pas de la route ordinaire pour se créer une réputation artistique.Au contraire, dès les premiers jours, sans compter sur la gloire toujours grandissante de sa soeur, il chercha à atteindre les sommets (Suite sur la page jo) "Bfbl" Laurent est officiellement W.E.Laurent de Montr M- La Canadienne, Avril 1923 13 3!» 3868 3892 3896 3902 3885 epattern 3885—L'étoffe imprimée est la vogue en i 'J°ur 'e costume d'été on obtient de jolis je combinant avec de la ratine, popeline ou ( Ce modèle est à taille légèrement basse, se Wr les épaules, s'ouvrant sur le devant, au col, manches droites, tombantes.Taille 16 ans, 36 à 42 de buste.Taille 36 demande 2-7/8 vgs matériel de 36 pouces de largeur et 1-3/4 vg matériel de 36 pouces de largeur, de différente vouleur, 5/8 vg de 6 pes ou plus pour jabot et 3-3/4 de ruban pour la ceinture.Prix 35 cents.Home Pattern 3896—Les traits caractéristiques de ce costume sont le surplis et les manchettes nouveau genre.Use ferme par un nœud de moire ou par une boucle (Suite sur la page jo) -Va Pas dans votre ville un magasin vendant les "Home Patterns," envoyés directement votre commande à l'adresse suivante: Hone Pattern Co., Ltd., 215 Victoria St.Toronto, Ont. 14 La\Canadifnne, Avril 19Z3 Home Pattern 3482—Robe pour dames et jeunes filles, en un morceau, légèrement bouffante, taille basse.Le large panneau, en arrière, peut être omis si on le désire.Taille 16 ans 36 à 42 de buste.Taille 36 demande 3-3/4 vgs matériel de 36 pouces de largeur, 3-1/8 vgs de dentelle de 9 pouces de largeur et 1-7/8 vg matériel de 36 pouces de largeur pour doubler les parties de la jupe.Prix 35 cents.Home Pattern 3779—Robe à longue taille, tour de cou oval (bateau) et Berthe circulaire en deux morceaux, pour dames et jeunes filles.Manche courte en un morceau.Taille 16 à 18 ans, 36 et 38 de buste.Taille 36 demande 3-1/2 vgs matériel de 40 pouces de largeur, 2-1/2 vgs matériel de 39 pouces de largeur pour les volants et 4-1/2 vgs pour le plissage.Prix 35 cents.Home Pattern 3698 -Robe a taille basse i*"" et jeunes filles.C'est un modèle avec épaule ^ t"11,'1 la jupe est froncée, 4 morceaux, qui peinent > tonnés ou droits au bas de l.i jupe, le 0O(iag< 1 Taille 16 ans, 36 à 38 de buste.Taille 36 demano vgs matériel de 36 pouces de largeur ou 3-1/2 "~ riej de 44 pouces de largeur et 12-1/2 vgs Prix 35 cents.(Suite sur la page jo) S'U n'y a pas dans votre vMe un magasin vendant les* "Home Patterns," envoyez directement votre commande à l'adresse suivante: Home Pattern Co., Ltd.2ij Victoria St., »' 1 La Canadienne, Avril 1923 15 Broderies Distinguées et Charmantes pour Chambre à Coucher Draperies, Coûter—Pointes et Autres Articles Voir page M pour Descriptions 1° Pas dans voire ville un magasin vendant les "Home Patterns," envoyez directement votre commande à l'adresse suivante: Home Pattern Co., Ltd.215 Victoria St.,Toronto, Ont.39999999 16 U CofMJ,™»*, Avril /02Î & ei llnme I'iHUtm IM)4'» i .11., festonnée avec oiseaux à tous le» sept y l'emploil sur In lingerie de la maison, ut, lilllTrt, (Imps cl couvel (lires d'oreill., ij non contient) pari les trois verge» r Home Pattern lty| Nappe ou éili.u| bordure festimii, , de raisin travaillé glaise.Le pat | aussi un feston t pour lunch, 36 pa pouces.La bordun suffisante pour une \ de 72 par 90 pour 75 cents.Home Pattern ni| Ces nappes à thi brodées avec un des coins et bordures contenus dan9 le ça Les bordures sont 4| de pouces de large) elles ont chacune 5 \ Les coins peuvent s'employer pour les de serviettesà thé.Qui très décoratifs ces ni à jour sont larges ej pacés et le travail La garniture est particu| 15051 pas difficile à exécuter ment séduisante.Prix 25 cents Home Pattern 15054—La nappe pour le lunch dessus de buffet que vous voyez au bas de cette page faits avec une partie de ce dessin.Le patron chr thème a un éclat oriental lorsqu'il est travaillé au pi tis et au point de tige ou s'il est rempli avec des n< français.Le tour peut être orné d'une dentelle ou dentelle* au crochet, si on le désire, et un mntif être inséré dans le motif rond du dessus de Prix 35 cents.1 5©5f i in l'i ffM dont wire vilU un ma%ann vendant Ut "Home PaUernt," envoy** directement votre commande à l'adrenelniivante: Home Pattern Co., Ltd., a/j Victoria SI ,7e"'"'1 La Canadienne, Avril 1923 Traduction d'une annonce qui parait maintenant dan» le» revue» américaine» La mère et l'enfant vont bien Chaque année — Ce joyeux message est répandu par des milliers d'heureux pères dans tous les Etats-Unis.Le message part aussi de la chambre de deux millions, ou plus, de mères heureuses qui ont reçu les soins de mains compétentes.Multipliez cette mère mourante par 20.000 et vous avez un tableau qui non-seulement irrite la raison au delà de tout ce que l'on peut imaginer, mais un tableau qui stupéfie par sa brutalité — parce que la plupart de ces morts* sont des morts inutiles.On peut les empêcher.La Maternité est Naturelle — et quand la santé de la mère a été sauvegardée avant la venue de l'enfant, quand elle a reçu les soins qu'il faut à l'accouchement, c'est alors qu'on entend l'heureux message: "La mère et l'enfant vont bien." Mais que dire des milliers de mères infortunées — privées des soins pré-natals et qui.le moment arrivé, sont livrées à des mains négligentes ou incompétentes.20,000 de ces mères meurent inutilement— Les deux cinquièmes des décès de suites d'accouchements sont causés par l'ignorance ou une négligence coupable.Le nom médical pour la cause directe est la Septicémie.La septicémie est l'infection causée par les microbes qui se trouvent sur les mains du praticien, sur les instruments, la toile ou tout autre article employé pour les soins donnés à la malade.Le savon et l'eau seuls ne peuvent pas donner la propreté nécessaire.Les mains doivent être antiseptiquement propres.Les instruments doivent être stérilisés bouillisi.Un peu de connaissances élémentaires, un soin scrupuleux dans chaque cas—la Septicémie est prévenue—et ces vies-mères sont sauvées.5000 mères meurent annuellement pour avoir négligé leur système avant la naissance de leur bébé.Le système de la mère fonctionne; pour deux.Cela exige plus des reins et des autres organes.Un examen médical par mesure de précaution fera voir si les reins sont en bon état de fonctionnement, un soin qui réduit au minimum les dangers d'éclampsie.10,000 Hommes Tués — Quand cette nouvelle fut télégraphiée du front durant la Grande Guerre, notre nation tout entière fut émue jusqu'aux larmes et courba la tète sous le coup de la douleur.Pourtant elles sont deux fois ce nombre les mères qui chaque année, meurent des suites d'accouchement ici même, dans notre pays ! Des millions travaillent pour Ma Paix du Monde —pour prévenir les pertes de vie que cause la Guerre.Alors, pourquoi permettre le sacrifice inutile des vies-mères — les meilleures existences de toute notre nation ?"Placez une seule elles meurent sans raison chaque année aux Etats-Unis, de ces mères dans une vaste salle.Laissez-la mourir sous les yeux du public, dans un endroit où des milliers peuvent la voir, et écoutez les cris de réprobation que cela soulèverait.La chose dépasse l'imagination! "Voilà ce qu'écrit un grand journaliste.Les Mères, dans tout le pays, ont besoin d'aide Quelle réponse donner?Maris, médecins./ J hôpitaux, sociétés civiles, tous doivent leur garantir une propreté absolue et les 5- 5» soins expérimentés.% jk En ce pavs, plus de femmes entre les âges de 15 et 44 ans meurent des suites d'accouchement que pour toute autre cause, .1 l'exception de la tuberculose.Depuis les premiers jours de sa fondation en 1909, le service d'Infirmières de la Metropolitan Life Insurance Company, n toujours estimé que les soins à donner aux assurées avant et après l'accouchement constituent un de ses devoirs les plus importants.Du premier janvier au il décembre l4, IV1 George St.Toronto.Oat.Veuille adi e**rr ut; Tulx- Pepsodent pour un essai de 10 jour*, a I/o seul tube par famille licule.lautre l'enlève, et sans aucun frottage malfaisant Des autorités ont prouvé l'efficacité de ces méthodes.On a alors inventé un nouveau type de pâte dentifrice, un type basé sur les recherches modernes.Ces deux grands combattants de la pellicule y ont été incorporés.Le nom de cette pâte dentifrice est Pepsodent Aujourd'hui les gens prévoyants de quelques cinquante nationalités l'emploient, la plupart sur l'avis du dentiste.On a trouvé d'autres besoins Les recherches modernes ont aussi découvert deux autres choses qui sont essentielles.Ainsi.Pepsodent multiplie l'alcalinité de la salive qui est là pour neutraliser les acides de la bouche, causes de la cane.Il multiplie le digestif amidonné de la salive.Ce dernier est là pour digérer les dépots amidonnés qui, autrement, fermenteraient en formant des acides.C'est ainsi que chaque emploi donne un multiple pouvoir à ces grands agents naturels protecteur» des dents.Un essai délicieux Un essai, vous le verrez, vous enchantera.Et il vous apportera probablement, à vous et aux vôtres, des résultats bienfaisants qui dureront toute la vie.0 Envoyez le coupon pour un tube de 10 jours.Notez combien vous vous sentez les dents nettes après en avoir usé.Remarquez l'absence de la pellicule visqueuse Voyez comme vos dents blanchissent à mesure que disparaissent le» couches de pellicule.Découpez le coupon maintenant.Fabriqué au Canada PtBMBI^M CANADA | fete in laa—^——— La dentifrice de» Jour» Nouveaux Un combattant scientifique de la pellicule qui blanchit, nettoie et protège les dents sans l'emploi d'une poussière plus ou moins grossière et dangereuse.Recommandé maintenant par les grands dentistes dans le monde entier Le Commis d'Agent de Change ( Suite de la page 7 ) Ces derniers mots Il se lit un silence après ici étrange nVil.Puis Sherlock Holmes nie regard.! du coin de l'œil, en se renversant sur les coussins, avec cet air satisfait et légèrement ironique d'un connaisseur qui déguste son premier verre d'un vin de la 1 omets, —Pas mal, hein, Watson?dit-il.Il \ .1 là des détails qui me plaisent.M'est avig qu'un entretien avec M.Arthur, Henry Pinner dans les bureaux provisoires de la Franco Midland, compagnie de quincaillerie limited, aurait pour nous deux un certain intérêt.—Mais comment arranger cela,?—Oh! c'est bien facile, répliqua Hall Pycroft.Vous êtes deux de nies amis à la recherche d'une place; et quoi de plus naturel que de venir avec moi voir le directeur général?—Evidemment! c'est tout ;\ fait juste! dit Holmes.J'aimerais voir ce gentleman et découvrir son jeu.Quelles qualités avez-vous donc, mon jeune ami, pour que vos services soient si précieux?Ou bien serait-il possible que.Il se mit à se mordre les ongles et à regarder fixement à travers les vitres; bref, nous ne pûmes plus rien tirer de lui, jusqu'à notre arrivée à la rue Neuve.Sept heures du soir sonnaient quand nous débouchâmes tous les trois dans Corporation Street, en route pour les bureaux de la société.—Cela ne servirait à rien d'arriver avant l'heure, dit notre client.Notre personnage ne vient évidemment là que pour moi, car le bureau est désert jusqu'à l'heure qu'il m'indique.—C'est suggestif, dit Holmes.—Parbleu, je vous l'avais bien dit! s'écria le commis.Le voilà qui marche devant nous.T 'HOMME qu'il nous désignait marchant sur le trottoir opposé était petit, blond, bien vêtu.Tandis que nous l'examinions, il aperçut un gamin qui criait la dernière édition d'un journal du soir, et traversant la rue au milieu des fiacres et des omnibus, il lui acheta un numéro.Puis, il disparut dans une porte.—Le voilà, entré, s'écria Hall Pycroft.C'est là qu'est le bureau de la société.Venez, je vais arranger cela aussi bien que possible.Nous montâmes cinq étages à sa suite, et il s'arrêta devant une porte entr'ou-verte à laquelle il frappa.LTne voix nous cria: "Entrez!" et, dans une pièce nue, sans meubles, telle qu'elle nous avait été décrite, nous trouvâmes l'homme que nous venions de voir dans la rue.Il était assis devant la table sur laquelle était ouvert le journal, et lorsqu'il leva la tête, je vis sur son visage des traces de chagrin, je dirai même plus que du chagrin, car c'était de la terreur qui était empreinte sur sa physionomie, une terreur telle que je n'en avais jamais vu et telle que peu d'hommes ont l'occasion d'en éprouver.La sueur perlait sur son front, ses joues étaient d'un blanc plombé et ses yeux étaient hagards et fixes.Il regardait son commis comme s'il ne le connaissait pas, et je voyais à l'étonnement de celui-ci, que ce n'était pas là l'aspect habituel de son chef.—Vous n'avez pas l'air bien, monsieur Pinner, s'écria-t-il.—Oui, je ne me sens pas à mon aise, répondit-il avec des efforts évidents pour se maîtriser, et en humectant ses lèvres desséchées avant de parler.Qui sont ces messieurs que vous avez amenés?—L'un est M.Harris, de Bermondsey, et l'autre M.Price de cette cité, répondit sans hésitation notre commis.Ce sont de mes amis, et des gens d'expérience, mais ils sont sans place depuis quelque temps et ils espéraient que vous leur en trouveriez une dans la société.—C'est très possible, très possible! s'écria M.Pinner, avec un sourire contraint.Oui, je pense bien que nous pourrons faire quelque chose |xiur vous.Quelle est votre spécialité, monsieur Harris?Je suis comptable, r«'-|m>ihlit Holmes.—Ah oui, nous aurons besoin de comptables.Et, vous, monsieur Price —Expéditionnaire.—J'ai la ferme confiance qu'on vous trouvera un emploi.Je vous le ler.ii savoir dès que ce sera décidé.Et maintenant, je vous demanderai de vouloir bien vous retirer.Pour l'amour du Ciel, laissez-moi seul.' ' I ui erliauiH-n comme si sa volonté faiblissait , coup.Nous nous jetâmes un coup Holmes et moi tandis que ll.,|| | avançait d'un pas vers la t,,|,| _ —Vous oubliez, monsieur p,,,,,,, je suis venu sur votre demandi recevoir des ordres.,\t vous., —Certainement 1 monsieur l\in,ii tainement, répondit l'autre d'un .„ calme.Vous pouvez attendre i, , un ment, et il n'y a pas de raison pour vos amis n'attendent pas aussi |, à vous, dans trois minutes, si \nn, permettes d'abuser un peu de votn tience.Il se leva de l'air le plus courtois monde, il entra dans la pie.e une porte située à l'extrémité du |,,„ et qu'il referma derrière lui.-Quoi?murmura Holmes.Kst qu'il nous glisserait entre les doipi —Impossible, répondit Pycroft —Pourquoi?—Cette porte donne dans une charnu —Il n'y a pas de sortie?—Aucune.—Est-elle meublée?—Elle était vide hier.—Alors qu'est-ce qu'il peut bien faire?Il y a un mystère ici.Je jamais vu un homme plus fou de terre! que M.Pinner.Qu'est-ce qui peut l'av fait trembler ainsi?—Il soupçonne que nous somme', détectives, suggérai-je.—C'est cela, dit Pycroft.Holmes secoua la tête: —Il n'est pas devenu pâle; il était J quand nous sommes entrés.Peut bien que.Il fut interrompu par un grattem qui semblait venir de la porte close —Que diable a-t-il à frapper à sa pro porte?s'écria le commis.De nouveau, et plus fort, recomme le bruit.Nous regardions tous, étonn cette porte.Mais Holmes devint tout coup très sérieux, et se pencha pour miej écouter.Tout d'un coup nous entr dîmes un sourd murmure, et des cou frappés sur le bois.Holmes se jeta violt ment contre la porte: elle était fermée dedans.Suivant son exemple nous no élançâmes de tout notre poids pour faire céder; une charnière cassa p l'autre, et la porte s'effondra sur le Nous étions dans la pièce .Elle était vide.Mais nous ne fûmes pas longtemps peine.Dans un coin, le coin le plus r proche du bureau que nous venions quitter, se trouvait une autre port Holmes se précipita dessus et l'ouni Par terre, une veste et un gilet et1 un crochet planté derrière la porte, propres bretelles autour du cou, pen* le directeur général de la Franco-Midlanl Société de quincaillerie.Ses genoux et* ent repliés, sa tête faisait un angle afire avec son corps, et ses coups de ta» contre la cloison avaient produit le M qui avait interrompu notre conversât!» Immédiatement, je le saisis par la tai pour le soulever, tandis que Holmes Pycroft dénouaient les bandes élastiqij qui étaient entrées dans les plis de ¦ peau devenue livide.Nous le transi tâmes dans l'autre pièce.et il était là,J1'1 du devant nous, la face couleur d'ardois les lèvres violettes et boursouflées trerj blotant à son propre souffle, la tn* ruine enfin de l'homme bien portant qu était cinq minutes auparavant.—Comment le trouvez-vous, Watso me demanda Holmes.Je me penchai sur lui et l'exanu* Son pouls était faible et intérim»" mais sa respiration devenait plus Ion?et ses paupières légèrement tre"ll>l;'J,|| laissaient apercevoir un peu du NI de l'œil., —Il a été à un doigt de la mort, rtl» dis-je, mais il est sauvé maintenant, vrejdonc la fenêtre,et pa9sez-nioi 111 1 , Je défis son col, lui versai de l'eau In* sur la figure, et fis manœuvrer «-s jusqu'à ce qu'il eût une respiration 1» male.—Ce n'est plus qu'une question temps, ilis-je, et je me relevai Holmes, debout près de la table, a* les m.lins enfoncées dans ses |>"' '" la tête baissée.j —Nous devrions faire venir le* * de la police, dit-il, et pourtani 1 que je préfère leur présenter * La Canadienne, Avril 1923 arrivée tous les éléments de l'affaire.—C'est pour moi un mystère, s'écria Pycroft en se grattant la tête.Pourquoi uvaient-ils besoin de me faire venir de si loin, et ensuite —Peuh! Tout cela est a»9ez clair, interrompit Holmes avec impatience.C'est cette conclusion soudaine qui l'est moins —Vous comprenez donc le reste?—Cela me parait assez évident.Qu'en dites-vous, Watson?—Je dois avouer que je ne suis pas bien fixé, dis-je en haussant les épaules.—Non vraiment?mais si vous reprenez les choses au commencement, il ne peut y avoir qu'une solution.—Laquelle?—Eh bien, tout roule sur deux points.Le premier est d'avoir fait écrire à Pycroft la déclaration qu'il consentait à entrer dans cette société bizarre.Ne voyez-vous pas combien ceci est suggestif?—Non, je ne saisis pas.—Allons, pourquoi la leur fallait-il cette déclaration?Ce n'est pas au point de vue affaires, car les conditions se font plus souvent verbalement, et il n'y avait aucune raison sérieuse pour faire exception à cette règle.Ne voyez-vous pas, mon jeune ami, qu'ils avaient un grand intérêt à obtenir un spécimen de votre écriture, et qu'ils n'avaient pas d'autre moyen de l'avoir?—Et pourquoi?—Justement.Pourquoi?Quand nous aurons répondu à cette^question, notre problème sera bien près d'être résolu.Pourquoi?Il ne peut y ax-oirTqu'une raison plausible: quelqu'un voulait apprendre à imiter votre écriture; il lui en fallait donc d'abord un spécimen.Et maintenant, si nous passons au second point, nous constatons qu'il ne fait que confirmer le premier.Ce point est la requête que vous fit Pinner de ne pas en-x'oyer \'Otre démission, mais de laisser le directeur de cette importante maison dans la certitude qu'un certain Hall Pycroft, qu'il n'avait jamais vu, x-iendrait à son bureau le lundi matin.—Mon Dieu! s'écria notre client, quel imbécile j'ai été! —Vous comprenez maintenant le pourquoi de l'écriture.Supposez que quelqu'un soit arrix'é, avec une écriture complètement différente de celle ax'ec laquelle xous aviez fait x-otre demande?La mèche aurait été éventée.Mais dans l'intervalle le gredin avait appris à x'ous imiter, et sa position alors était sûre, car je présume que personne dans le bureau ne x-ous a\-ait jamais vu.—Pas une âme.—Très bien.Ex-idemment, il était de la plus extrême importance de vous empêcher de rex-enir sur \-otre décision, et aussi de vous éx-iter tout contact avec qui que ce fût pouvant certifier que votre double était installé chez Newson.On vous donna donc une jolie ax-ance sur vos appointements, et on x-ous expédia dans le Midland, où on xous donna assez de travail pour vous empêcher d'aller à Londres, où vous auriez pu déx-oux-rir la supercherie.Tout cela est très simple.—Mais pourquoi cet homme prétend-il être son propre frère?—Oh! c'est également très clair.Il est certain qu'ils ne sont que deux là-dedans.L'autre joue votre personnage au bureau.Celui-ci vous engagea, et puis trou\-a qu'il ne pouxait x-ous donner un patron qu'en mettant une troisième personne dans le complot, ce qui ne pouvait lui conx-enir.Il changea son apparence du mieux qu'il put, et compta que la ressemblance que vous ne pourriez manquer d'observer, serait attribuée à un air de famille.Sans le hasard heureux de la dent aurifiée, vos soupçons n'auraient probablement jamais été éveillés.I-JALL PYCROFT agita ses poings fermés.—Seigneur! s'écria-t-il; pendant qu'on se jouait de moi ainsi, qu'aura fait cet autre Hall Pycroft chez Newson?Et maintenant, monsieur Holmes, à quoi nous résoudre?Que me conscillcz-x-ous?—-Il faut télégraphier à Newson —Us ferment A midi, le samedi —Cela ne fait rien; il peut y axoir un gardien ou un concierge.—Oh oui! ils ont un gardien perm.ment à cause de la \-aleur des dépôts qu'ils reçoix-ent.Je me rappelle l'avoir entendu dire dans la Cité —Très bien, nous allons lui télégraphier, t savoir si tout va bien, et s'il y a au bureau un commis de votre nom.Tout cela est parfait, mais ce que je ne m'explique pas, c'est pourquoi, à notre vue, un de9 gredins s'est pendu, derrière la porte?ya —;Le journal! gémit une voix rauque derrière nous.L'homme s'était mis sur son séant, il était pâle et hagard, mais la raison commençait à lui revenir, et ses mains frottaient nerveusement la large bande rouge qui marquait son cou —Le journal! parbleu! s'écria Holmes au comble de l'agitation.Quel idiot j'ai été! Je pensais tellement à notre visite que l'idée du journal ne m'est jamais venue.Le secret est sûrement là.Il l'étendit sur la table, „» .„ r-i de triomphe sortit de ses lèvres.—Regardez, Watson! C'est un journal de Londres, une des premières éditions de Y Evening Star.Voici ce que nous cherchons.Voyez les manchettes: "Crime dans la Cité.Meurtre chez Newson et Williams.Gigantesque tentative de vol.Arrestation du coupable." Tenez.Watson, nous sommes tous aussi pressé?d'en connaître les détails, veuillez donc en faire la lecture à haute voi>.j"~VAPRES la place donnée dans le journal à cette nouvelle, d était évident que c'était à Londres l'événement du jour.Voici ce que disait le journal: "Une audacieuse tentative de vol, ac-compagnée^d'assassinat, et suix-ie de la capture du criminel, a été commise cet après-midi dans la Cité.Depuis quelque temps, Newson et Williams, les agents de change bien""connus, ont en dépôt des valeurs s'élevant ensemble à beaucoup plus d'un million de livres sterling.En raison de cette lourde responsabilité dont il sentait tout le poids, le directeur axait fait l'achat de coffres-forts du système le plus perfectionné, et un gardien armé restait nuit et jour dans les bâtiments.Il paraît que la semaine dernière un nouveau commis, appelé Hall Pycroft, ax-ait été engagé.Il n'était autre que Bedding-ton, le fameux faussaire et cambrioleur qui, ax-ec son frère, avait tout récemment purgé une condamnation à cinq années de prison.Par une manœux-re, encore mal définie, il était parxenu à obtenir, sous un faux nom, cette place dans les bureaux, position qui lui a permis de se procurer les empreintes des différentes clefs, et de connaître la pièce où se trou-xent les coffres-forts axec leur position respectix-e."Les commis partent toujours de chez Newson, à midi, le samedi.Le sergent Tuson, de la police de la Cité, fut donc assez surpris de voir un individu, portant un sac de x-oyage en sortir à une heure vingt.Ses soupçons ainsi éveillés, il suivit l'homme, et aidé de l'agent de police Pollock, réussit malgré une résis tance désespérée, à l'arrêter.On constata aussitôt un vol d'une audace et d'une importance incroxables.Près de cent mille lix-res en actions de chemins de fer américains, et en xaleurs minières et va leurs d'autres compagnies furent trouxées dans le sac."L'examen des bureaux amena la dé-coux-erte du cadax-re du malheureux gardien, replié sur lui-même et fourré dans le plus grand des coffres-forts, où on ne l'aurait trouvé que lundi prochain, sans l'intelligente initiative du sergent Tuson.La x-ictime ax-ait eu le crâne brisé par un coup de tisonnier, donné par derrière.Il n'est pas douteux que Beddington ne soit rentré sous le prétexte d'axoir oublié quelque chose, et qu'après axoir tué le gardien, il ait xridé le coffre-fort s'enfu-yant ensuite ax-ec son butin.Son frère, qui généralement lui sert de complice, ne paraît pas avoir joué de rôle dans l'affaire, autant qu'on en peut juger jusqu'à présent, mais la police le recherche avec activité." —Eh bien, nous pouvons lui épargne» cette peine, dit Holmes en regardant la misérable loque étendue près de la fenêtre.La nature humaine est un bizarre mélange, Watson.Vous voyez qu'un scélérat et un assassin peut inspirer A son frère une affection telle, que celui-ci cherche A se suicider, en apprenant, que l'autre va être pendu.Enfin, nous n'avons pas deux voies A suivre.Le docteur et moi nous resterons de garde ici, et xous monsieur Pycroft, vous aurez la bonté d'aller prévenir la police.conan dovle.i I I I 1 é I Rafraîchissement sans danger QUAND le surmenage amène la fatigue ou 1 énervement —c est un signal que vous donne la nature.Un bon repas, un bon breuvage chaud et du repos sont le seul moyen de restaurer la torce et la fraîcheur L n bon breuvage chaud, comme Postum, sans stimulant perhde.est un des meilleurs et des plus sûrs moyens de chasser la fatigue.La chaleur bienfaisante de ce fameux breuvage de céréale, son goût délicieux et son arôme appétissant vous ranimeront instantanément.Il calmera vos nerfs fatigués—au heu de les exciter aux dépens de votre énergie.Le thé ou le café font plutôt le contraire : mais Postum satisfait et réconforte sans suites désagréables.Postum est le breuvage universel dont tous les membres de la famille—jeunes ou vieux—peuvent se régaler.Les épiciers vendent Postum sous deux formes: Instant Postum (en boites) préparé instantanément dans la tasse en y ajoutant de 1 eau bouillante, et Postum Ceréal (en paquets) pour ceux qui préfèrent le préparer en même temps que le repas; laisser bouillir 20 bonnes minutes.Canadian Postum Cereal Co.Limited 45 Front St E.Toronto Usine Windsor.Ont.Postum EST EXCELLENT pQUR LA SANTE "Et Pour Cause La Canadienne.Avrit /9J?Le Noir! 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Enfoncées toutes les banques'.A moi la fortune1.Et libre à lui de me faire chanter à son tour.Ce serait drôle! Au dessert, il se leva pour aller entr'ouvrir la porte.— Hola hé! de la cuisine! cria-t-il, montez le café! DITS, quand la servante se fut rendue à cet ordre, mais sans doute la contraignant à rester en dehors: —Inutile de pénétrer dans mes lares! lui dit-il, passez-moi le plateau par l'entre-bâillement.Là! Ça y est.Merci! Ah! dites au conducteur que je repars avec lui par la voiture de ce soir.et si vous ne m'aviez pas vu redescendre à six heures remontez, ma mie, et, pan pan.très-fort à la porte du No 3.J'ai le sommeil dur! Bien le bonjour! Et la porte se referma au verrou.Une odeur de tabac s'infiltrant à travers la porte révéla que Gandoin venait d'allumer un cigare.Le fumeur allait et venait, parfois reprenant son monologue.Puis, tout à coup, ce fut un silence aussi complet qu'au numéro 2.Le point lumineux de la serrure s'était éclipsé.Madeleine en conclut que Gandoin était là, mis en défiance par la même remarque et regardant à son tour.Elle se recula vivement.Mais n'était-il pas déjà trop tard?Sa mante de veuve était sur une chaise, juste en face de la porte de communication.Ce pouvait être un indice révélateur.Par un mouvement rapide, elle la fit disparaître.Un instant plus tard, le rayon de soleil arrivait de nouveau dans la chambre de Madeleine.Dans l'autre, le lit cria.Gandoin venait de se coucher.Un ronflement sonore ne tarda pas à prouver qu'il dormait.Madeleine n'avait'plusqu'à attendre.Le message adressé à Labarthe, la réponse de celui-ci.cette recommandation de réveiller l'autre à six heures, tout indiquait pour le soir même un rendez-vous mystérieux entre les deux complices.Il n'était guère plus de deux heures.Donc, quatre heures encore d'attente.Elles parurent bien longues à Madeleine qui guettait et priait.Enfin, l'horloge de l'église sonna six coups.D'un côt:, Madeleine entendit la servante de l'auberge monter vers le numéro 3: de l'autre, elle aperçut Labarthe qui sortait de chez lui.A peine eut-on frappé à la porte de Gandoin qu'il 6e leva, allant et venant par la chambre avec une précipitation fébrile.Madeleine se hasarda de nouveau à regarder par le trou de la serrure Elle l'aperçut penché vers sa valise, dans laquelle il prit un portefeuille, un revolver.Puis, enveloppé plus que jamais dans son manteau, le feutre sur les sourcils, les lunettes vertes 6ur les yeux, il sortit.Madeleine courut a la fenêtre; mais il se passa un certain temps avant que Gandoin parût sur le trottoir.Un bruit de von montait de la balle commune, sans doute il causait avec les gens de la maison.Enfin il traversa la rue, suivant le même chemin qu'avait pris Labarthe.—Oh!.se dit résolument la veuve de Jean Michaud, je les rejoindrai!.je les entendrai ' Elle s'était drapée dans sa mante noire; elle descendit à son tour.Une pluie fine commençait à tomber du ciel asbombri Déjà la nuit venait A LA sortie du bourg, vers le nord, ™ s'ék-ve un u/teau planté de sapins.Ih: grandes roches en couronnent la cime dénuder, que aorinonte la ruine d'une tJH ù-nn«- tour appelée le Signal.Hormis 1rs dimanches d'été, cet endroit sauvage reste complètement désert.Madeleine, en voyant Gandoin prendre cette direction, comprit SUSSltot que c'était le lieu du rendet-vous.Par cette soirée brumeuse, les deux complices étaient certains de n'y rencontrer personne.Labarthe, parti le premier, marchait d'un pas rapide.Il allait atteindre le sommet, lorsque Gandoin, à son tour, s'engagea dans la montée.Madeleine le suivait de loin, profitant de tous les objets, pignons avancés sur la rue, chariots ou piles de bois, qui pouvaient la dissimuler à ses regards.D'ailleurs, enveloppée dans sa mante, elle espérait ne pas être reconnue.Une fois sous les sapins, plus de danger, le chemin s'élève en forme de colimaçon; c'est une sorte de labyrinthe.A plusieurs reprises, Gandoin se retourna, regardant avec précaution derrière lui.Soupçonnait-il donc qu'il était épié?Cette promenade du Signal était familière à la veuve de Jean Michaud.L'été dernier, lors de chaque visite à Jeannette, elle y menait ses enfants, heureuse de trouver elle-même, tandis qu'ils couraient par les sentiers, la solitude et l'ombre.Gandoin suivait le grand chemin qui tourne aux flancs du coteau.Divers raidillons grimpent directement jusqu'au sommet.Madeleine s'en souvint ; elle s'y jeta pour arriver la première.Que lui importaient les ronces et les pierres qui meurtrissaient ses mains et ses genoux! Elle rampait, elle filait sous bois, silencieuse et rapide comme une bête fauve.Le plateau supérieur est de peu d'étendue.Les roches en occupent la plus grande partie, jusqu'à la tour éventrée qui la domine encore, orgueilleuse et sombre sous son manteau de lierre.De l'autre côté, c'est une sorte de terrasse sablonneuse, où le chemin tournant aboutit.Dans cet espace libre, Labarthe allait et venait d'un pas impatient.Madeleine, serpentant parmi les roches, attendit qu'il lui tournât le dos, et, s'avançant encore jusqu'à la ruine, elle s'y blottit parmi des broussailles.Il était temps.Gandoin surgissait à l'autre extrémité du plateau, qu'empourprait une dernière rougeur du couchant.Déjà le soleil avait disparu.Plus bas, sous les sapins, c'était la nuit, c'était le silence .A l'approche de son complice, Labarthe se recula, se replia sur lui-même, dans une attitude presque menaçante.Gandoin ne parut pas s'en émouvoir.Obséquieux et souriant, il salua le notaire.—Misérable! dit enfin celui-ci, se redressant de toute la hauteur de sa taille.Quoi! vous avez eu l'audace de venir me braver jusqu'ici! prenez garde! Oh! prenez garde de vous en repentir! Il semblait exaspéré.Peut-être allait-il se ruer sur son ennemi.\4AIS Gandoin s'empressa d'exhiber le revolver dont il s'était muni.—Mon cher monsieur, répliqua-t-il avec une courtoisie railleuse, permettez-moi de vous faire observer que, si vous êtes le plus for^ moi je suis armé.Restez donc à distance ou gare à cette petite mitrailleuse.Je vous fusillerais à bout portant, ce qui ne ferait ni mon affaire ni la vôtre.Croyez-moi, pas de violences! Si vous acceptez mes conditions, cette entrevue sera la dernière.Je ne vous écrirai plus.A tout jamais vous serez délivré de mes exigences et même de mon souvenir.—Est-ce possible! murmura le notaire.—C'est certain! répondit le porteur de contraintes.J'offre de vous en donner la preuve en quelques mots.Kcoutez-moi causons.—Soit! fit Labarthe, en «'asseyant sur une pierre voisine de la tour.Gandoin se rapprocha.Son regard défiant se promenait parmi les roches, comme cherchant à découvrir quelqu'un qu'il y supposait caché.—Je ne suis pas coupable, moi! dé-buta-t-il enfin.Que me reprocherait la justice, sinon le silence, et peut-être un faux témoignage?J'ai menti en soutenant avoir vu Jean Michaud, puisque je n'étais pas dans la rue, mais de I autre côté, vers U haie du jardin, ^e passais là par hasard, au milieu de la nuit.L'orage éclate, et je m'abrite sous les ormes, lin cri frappe mon oreillr; un homme sort O O O ?O a O o o o o o o O o O O o o o o o a D o o o a a a O O o a o o o o o o o o ?o o a o o o D o ?o o o D o o 0 0 a a o a Pour Vous Assurer un Sommeil Reposant employez les draps et taies d'oreillers fabriqués avec les "cotons " Horrockses" TOILE DE COTON POUR DRAPS DE LIT DRAP9 'DE LIT TOUT FAITS Unis, Ourlés, et Points d'Ourlet.Taies d'oreillers de mêmes modèles sont inégalables pour la qualité et la durée.Depuis plus de cent vingt cinq ans.la qualité superfine des toiles de coton pour draps de lit Horroclcses a été L'admiration dans le monde de toutes les femmes dont l'orgueil est d'avoir un bel intérieur.Pour obtenir l'adresse du magasin t» plus proche oà vous pouvez vous procurer i cts marchandises, écrivez à john e.ritchie, aient pour i.( anada 591 Ste.Catherine Ouest Montréal.Succursales à Toronto et à Vancouver Manufacturés par h0rrockses.CREWDSON S CO.Limited Filateurs de cotons et manufacturiers Manchester, Angleterre ,4 GARDEZ SI LE NOM cf{tfiriOCM^> C o o a o o ?o S ?a o o a o a o o a ?o a a a ?o o 0 a a a o D 0 Q O ?0 ?a a a O) a o ?a o a o a a SE TROUVE SUR LA LISIERE Le Charme Captivant Des Yeux Etincelants Rien ne vous f-lt paraître si jeune, i' fraîche et si radieuse que des yeux etincelants.Vous aussi pouvez posséder ce charme captivant d'yeux brillants et vifs par l'emploi quotidien de Murine.QltfnWlM ne contient pas de Belladone ni d'autres Ingrédients dangereux.II rafraîchit et donne de l'éclat aux yeux ternes et fatigués.Faites-en ut.ige soir et matin.En vente chez tous lesipharmaciens.Demandez notre Brochure Gratuite sur La Btautt des Yeux Murine Evs Remedy Co.I>«pl.II.H.,.URINL Pour Vos YEUX Travaux à l'algulllo! Voici les longues soirées et le charme des ' i i ¦ ,i .i > à i .i u"i i il.que l'on fait en devisant dans le cercle de famille.Avez-vous consulté les pages de broderie de "La Canadienne"? La Canadienne, Avril 1923 Ljtaniment de la maison, traverse le mm m" Mil lin I \v ' il attaché loin 'le l'arbre qui me masquait à regards, et disparait au galop.Mais lueur d'un éclair, je l'avais reconnu ,jt le notaire Labarthe Assez! s'écria celui-ci, croyez-vous ,|ik je ne me souvienne pas! D'accord! reprit Gandoin, mais il est Lin q"c Je vous explique ce qui s'en-Lji mon rôle, à moi, dans le drame, |comnicnt je me suis trouvé devenir, ¦ | ,|,|in sorte, votre complice.Cela, H,, ne le savez qu'imparfaitement.r mieux jinrendre où je veux en arriver.Labarthe l'y ayant autorisé du geste, il ptinua : Je n'étais pas encore revenu de ma I lorsque de nouvelles plaintes Tattirent vers la maison.Vous n'aviez L refermé les portes, j'y pénètre sans Eie, et trouve Anselme baigné dans son Eg, à l'agonie.Il se ranime un instant, imme son meurtrier, me désigne un tux registre ouvert sur la table et re-mbe, mort.Je regarde la page indiquée, lis votre nom.C'était un compte montant à longue date, et qui vous nstituait débiteur envers l'usurier d'une mme considérable.Je pressents aus-|ôt tout le parti qu'on peut tirer contre bus de cette preuve accablante, j'arrache précieux feuillet, je déguerpis à mon ur —Avec l'argent volé! interrompit La- .rthe.—Soit ! reconnut philosophiquement iandoin, je suis le voleur, mais par oc-H.DD seulement, Deprehenda capillis.fous, monsieur l'honnête homme, vous a, et avec une préméditation manifeste, ssassin!., le seul assassin! Madeleine, effleurée par la balle, se redressa aussitôt.—Ah! misérables! s'écria-t-elle, Dieu ne vous permettra pas d'accomplir un nouveau crime! .Gandoin se contenta de ricaner.Il allait tirer derechef, et cette fois à coup sûr.Mais Labarthe se précipita sur lui.—Non! disait-il, plus de sang! plus de meurtre! Une femme! une mère! je ne veux pas! je ne veux pas! Cette brusque attaque avait 9urpris Gandoin.Il voulut se défendre, mais le résultat de la lutte ne pouvait être douteux.Chez un homme de la force et du tempérament de Labarthe, l'explosion de la colère était terrible; elle était aveugle comme le destin.Sans s'inquiéter, 9ans s'apercevoir de deux autres coups de feu qui, cependant, le blessèrent, il arracha l'arme de la main de Gandoin.Gandoin voulut s'enfuir, mais il avait affaire à un adroit chasseur, qui ne se possédait plus.Trois balles restaient dans le revolver; la première l'atteignit à la cuisse, les deux autres en pleine poitrine.—Ah! je suis mort! gémit-il en tombant.Et, cette fois, il avait dit la vérité.L'arme fatale s'échappa des mains du notaire.Il recula, chancelant, épouvanté.Auprès du cadavre, le portefeuille avait roulé sur le sable.Madeleine, avec un cri de triomphe, s'en empara.Labarthe la regardait; il fit un pas vers elle.—Oseriez-vous donc me tuer aussi! lui cria bravement la veuve de Jean Michaud.les deux mains croisées sur le portefeuille qu'elle tenait serré contre sa poitrine.U'CUNE de ces explications n'avait , été perdue pour la veuve de Jean ilichaud.Elle savait, elle comprenait laintenant toute la vérité.Jusqu'alors nmobile, elle ne put se défendre d'un Éger frissonnement, qui se communiqua, ar malheur, aux broussailles touchées ar elle.L'œil vigilant de Gandoin, qui n'avait tssé d'être en quête parmi les roches, se ia sur la ruine et ne la quitta plus.Le meurtrier, cependant, protestait avec éhémence.i —Non! s'était-il récrié, non, je ne voulais pas! Ce fut un emportement involon-aire, un acte de folie.—Possible! interrompit l'autre à son pour, mais les magistrats n'en jugeraient pas ainsi, vous le savez du reste, s'Us (aient devant les yeux cette page du ¦egistre d'Anselme, cette preuve qui fait Jque, depuis deux années, je vous tiens le (routeau sur la gorge et pourrais vous en- oyer à l'échafaud! Le notaire, sombre et morne, courbait i tête.i —C'est mon châtiment! murmura-t-il, [accablé moins encore par la crainte que par le remords.—Rassurez-vous, reprit son bourreau, ^ suis bon prince, et, pas plus tard que tout à l'heure, vous me remercierez, vous me bénirez.Cette preuve, la seule qui existe contre vous, j'ai toujours refusé de m'en dessaisir Eh bien, aujourd'hui, ans l'intérêt de ma martingale, voulez-ous encore me la racheter Je xous l'apporte.Labarthe, maintenant, le regardait.Elle est là-dedans! acheva Gandoin I 1 sortit à moitié de sa poche un porte- leuillc., Et, sur le mouvement du notaire, il oemnressa d'ajouter: —Le portefeuille est défendu par le revolver, ne l'oublions pas! Votre seul moyen d'en finir, c'est de me demander mon prix.- Combien?demanda Labarthe.Sur le même ton bref, Gandoin répondit: ~ Cinquante mille francs.I e notaire eut un geste désesp» o Mais, fit-il, où voulez-vous que je trouve une pareille somme?,~Ahl ah! ceci ne me regarde plus, 'l'pluiua l'autre.Si je n'avais pas dé-hl'i le feuillet, vous étiez pris Estimei-|j"j« donc que ce soit trop cher, ingrat! r| 1 u t - il que je justifie mes prétentions ''" "n nouveau service1 Soit! La veuve " u an Michaud nous épiait Elle est [ '"h,e là! elle a tout entendu! Il faut l'ielle meure, ou nous serions perdu* ,0 ) Savez-Vous ?—que la - Royal Baking Powder" est faite de Crème de Tartre?-que la Crème de Tartre derive des Raisins, des Raisins riches, mûrs et sains des cvl'ebres vignobles du Midi de la France ?C'est pourquoi la Royal Baking Powder" est si saine et si bienfaisante pourquoi tant de docteurs, de garde-malades et de personnes suivant un regime alimentaire la préfèrent et la recommandent pourquoi tant de femmes, dans le monde entier insistent pour l'obtenir.En outre, la "Royal ' donne aux aliments une telle finesse une saveur si délicieuse et si appétissante, un pouvoir de se conserver tellement supérieur! " Mes cakes sont de 100''.meilleurs depuis que .j'ai acheté cette boite de Royal." cent un consommateur charme, et partout parmi vos amis, vos voisins, vos parents, vous entendez de telles approbations.Faites de votre prochain Cake" un succès prononce, faites-le pur.délicieux et sain, en vous servant de la "Royal Baking Powder." La Royal" ne contient pas d'Alun— Ne laisse aucun goût amer.I XBRK'.V 11on vas XOIEVNE La Canadienne, eitrU 1923 I / Fait un Délicieux Candi POUR les Candis de fabrication domestique comme pour la cuisine et le breuvage le Lait Carnation n'est pas surpassé.Employé dans vos propres recettes ou dans celles du Livre de Recettes Carnation (Carnation Cook Book), ses résultats sont sûrs.Carnation est du pur lait de vache dont on a enlevé 60% de l'eau par evaporation, puis que l'on a stérilisé dans des récipients hermétiquement fermés.Commandez - le chez votre épicier—plusieurs grandes boites (16 onces) ou une caisse de 48 boites.Ecrivez pour avoir le livre de Recettes.Fabriqué au Canada par CARNATION MILK PRODUCTS CO., LTD.476 John Street, Aylmer, Ont.Etablissements de condensation a Aylmer et Springfield, Ont.Carnation Milk "Lait des vaches satisfaites." 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Voilà pourquoi, dès le lendemain de la nuit fatale, je n'ai pas eu le courage de me dénoncer moi-même.pourquoi j'ai permis qu'on accusât un innocent .pourquoi je l'ai laissé mourir! Il avait enfoui son visage dans ses deux mains; les sanglots l'étouffaient.Sa jeune femme, interdite, attendrie tour à tour, x-oulut le serrer dans ses bras.Alors seulement elle remarqua qu'il était couvert de sang.—Grand Dieu! s'écria-t-elle, mais tu es blessé?—Ah! répondit-il, pourquoi ne suis-je pas mort?Mort axant de t'avoir rencontrée, avant de t'avoir aimée!.Ne m'approche pas! ne me touche pas!.Dans un instant je ne serai plus pour toi qu'un objet d'horreur, car tu vas tout savoir II le faut!.Je le veux!.Ecoute!.Labarthe, en parlant ainsi, s'était re-lex-é, s'était éloigné.Il revint tout à coup x-ers Louise, qui, stupéfiée, palpi-ante, passait et repassait les mains sur son front, comme se croyant le jouet d'un maux-ais rêve.Il la contraignit à s'asseoir, et tombant à genoux devant elle: —Pardon! pardon! reprit-il avec une poignante douleur.Quand tu m'as choisi, j'étais digne de toi.On me citait à bon droit comme un honnête homme.Jamais, non jamais on ne voudra croire que je sois devenu criminel et lâche!.Moi-même, je ne comprends pas encore comment cela s'est fait.une fatalité!.""TOUTES sortes de sentiments confus, l'appréhension, l'effroi, la pitié se succédaient sur le pâle visage, dans les yeux hagards de la jeune femme.Elle ne trou-xait plus un mot à répondre à son mari.Machinalement elle fit un geste pour qu'il se relevât.-—Non! refusa-t-il, c'est ainsi à genoux que je dois te parler .C'est ma confession que tu vas entendre.Puis, après s'être un instant recueilli: —Je ne possédais, commença-t-il, qu'un mince patrimoine et mes économies de maître-clerc, lorsque le patron de cette étude nie proposa de dexenir son successeur.Il m'estimait, il m'aimait.Sur ma réponse que je n'étais pas assez riche, il insista."On a su t'apprécier, disait-il, et tu trouveras de l'argent sans peine." En effet, quelqu'un m'en offrit .Anselme^ En prononçant ce nom, le notaire avait baissé la voix.Il tremblait.Et la jeune femme tremblait aussi, comme un arbre secoué par le vent.—Anselme .balbutia-t-elle.celui qui fut assassiné?.—Oui!.répliqua Labarthe d'un ton sourd, oui.Je le connaissais de longue date, et, sachant que ses obligés devenaient trop souvent ses victimes, j'eus comme un pressentiment .Je refusai.Mais, à quelque temps de là, je te connus .je t'aimai, Louise!.Pour t'obtenir, il me fallait une position.Je retournai de moi-même chez cet homme, et je lui dis: "Si vous êtes toujours dans la même disposition, j'accepte." Oh! pacte de malheur! tu devais te conclure entre nous! —Ainsi, murmura Louise qui s'efforçait de deviner, ainsi donc ce fut pour moi.—Tout d'abord, poursuivit-il, je n'eus pas lieu de m'en repentir.Les clients affluaient à mon étude; l'argent ne me faisait pas défaut.Le vieillard m'en fournissait, m'en offrait toujours.J'oubliai ma défiance, et, devenant plus hardi, je risquai quelques spéculations .Mais de celles-là que peut se permettre un notaire.C'était le temps où chacun s'efforçait de briller plus que de raison.Je x-oulus qu'un certain luxe aussi t'entourât.( Suite de la page 25 ) Tu paraissais heureuse, et j'étais heureux.Quelques années s'écoulèrent, nos bonnes années! Je n'avais aucun soupçon du piège tendu sous mes pas.—Quel piège?mais quel piège?—On ignorait mes rapports avec Anselme.Il en vint à me proposer certaines affaires que je jugeai condamnables au point de vue de la stricte équité.Il insista, je persistai dans mon refus.Oh! je crois x-oir encore le regard qu'il me jeta! "Vous êtes scrupuleux, dit-il, et l'argent qu'on vous a confié ne court point de risques.C'est dommage, car bientôt peut-être je serai dans l'obligation de vous redemander le mien." Cette menace m'épouvanta.Louise, je ne t'ai jamais initiée à mes soucis, à mes opérations.Sache-le, dans nos campagnes, un notaire en vogue est un peu banquier de tout le monde.S'il réclame brusquement le remboursement de ses avances, s'il parait gêné, adieu tout son crédit! C'est la ruine, et parfois le déshonneur.Anselme me tenait à sa merci.Cependant, comme pour me laisser le temps de la réflexion, il resta quelques mois sans me tourmenter de nouveau.Il reparut tout à coup avec une seconde proposition, moins acceptable encore que la première.Je lui déclarai formellement que je ne me chargerais pas de cette affaire."Oh! que si, répliqua le vieillard, vous vous y résignerez .à celle-là et à l'autre .ou nous allons tout de suite régler nos comptes!" Il jetait le masque.Je m'emportai, déclarant que ce n'était que sur la foi de ses promesses que je m'étais aventuré bien au delà de mes ressources, et que, s'il le fallait, dût la misère devenir mon partage, j'en appellerais aux tribunaux pour liquider publiquement notre situation réciproque.De cette façon, quant à moi du moins, l'honneur serait sauf.Ah! pourquoi n'ai-je pas suivi cette première inspiration! Mais l'avare eut peur de voir divulguer sa richesse et surtout ses manœuvres usuraires.Il me calma."Soit! dit-il, je vous accorderai du temps; faites-moi des billets." Et moi, l'homme prudent, j'eus la folie d'y consentir.J'espérais être délivré de l'impitoyable vieillard, j'allais devenir son esclave.Oui, jamais chaîne ne fut plus lourde, plus humiliante, plus douloureuse à porter que celle-là! Il y avait eu tant de sincérité, tant d'amertume, dans ces derniers mots, que cette fois la pitié l'emporta dans le cœur de Louise.—Pauvre Etienne! dit-elle.—Oh! reprit-il avec exaltation, tu ne peux pas savoir tout ce que j'ai souffert! Malgré un travail incessant, malgré des efforts surhumains pour gagner, pour trouver de l'argent, parfois je n'étais pas en mesure à l'échéance, et ma fierté devait descendre jusqu'à supplier cet homme! Il m'accordait un renouvellement, Dieu sait à quel prix! et c'était à recommencer le lendemain, toujours, comme le rocher de Sisyphe.pERSONNE n'a soupçonné cette torture, pas même toi, chère femme! Oh! ta sécurité, ton bonheur avant tout! J'avais le courage de me taire et de sourire.Tu me croyais heureux! Dès que je me trouvais seul, le masque tombait.et, pleurant de rage, j'avais des indignations, des révoltes contre mon bourreau, contre mon maître! Par instinct, je l'évi- C'est une loi, à peu près générale, que les êtres doués de la force le soient en même temps de la douceur; mais quand une injustice, quand une insulte par trop répétée les exaspère enfin, ils deviennent tout à coup terribles et frappent comme la foudre.Souvent je m'étais dit: Je le tuerai!.Oh! .j'aurais dû ne jamais aller chez lui!.Par malheur, nos rapports devant rester secrets, c'était dans sa maison, la nuit, que je lui portais les fonds.Il m'introduisait par la petite porte du jardin; j'attachais mon cheval en dehors, sous les ormes.Rappelle-toi les assises d'il y a deux ans, ce procès criminel dont on a tant raconté les détails ici même et devant moi.Oh! supplice.C'était la dernière échéance .une nuit d'orage .tu dormais .je partis.Le vieillard vint m'ouvrir comme d'habitude et nous montâmes dans sa chambre, au premier étage.( Suite sur la page j$ ) Les Microbes Dangereux Sont Toujours Présents Ils peuvent produire l'infection à la moindre égratignure de U peau Appliquez de la "Vaseline" Carbolated Petroleum Jelly, sur toutes coupures, brûlures, égra-tignures et éraflures.Elle est légèrement antiseptique et adoucissante.Voyez à ce qu'elle soit toujours dans le cabinet a pharmacie en cas d'urgence La "Vaseline" Carbolated Pe-1 1.,n uni Jelly peut être achetée dans toutes les pharmacies et tous les magasins à rayons—en tubes ou en cruchons de verre.chesbbrouch manufacturing co.1 conflondattxo 1880 Chabot Ave.Montreal Vasel line Trade Mark CARBOLATED PETROLEUM JELLY Chaque produit "Vaseline" se recommande p artout par sa pureté et ton efficacité MAGNIFIQUE CATALOGUE DE TAPISSERIES,1 La Maison Granger Frères Lîee vient de publier son deuxième catalogue de papier-tenture, contenant un assortiment choisi des derniers dessins pour le printemps 1923.Ce catalogue ((>%\ix/Ç) contient 20 échantillons formant une très belle collection pour tous les appartements.CE CATALOGUE EST GRATUIT il est réservé pour la clientèle en dehors de Montréal et représente d'excellentes valeurs en tapisseries.Les prix qui rix-alisent avantageusement avec ceux offerts par les plus grands magasins à rayons du pays, sont indiqués au verso de chaque échantillon, ainsi que toutes les informations nécessaires qui sont expliquées en français'et en anglais.Ecrivez immcuiatement] pour recevoir ce catalogue par la poste.GRAINGER FRÊRS^ LibR&iKes.rVpetiCRs fmporlaleu*» 4> Nolixt Do.me.Oux'st."KonlRtt» HOME PATTERNS?Instructions complètes au bas de chaque page de modèles La Canadienne, Avril, 1923 27 Demandez toujours des raisins Sun-Maid pour l'usage de votre cuisine.Essayez les Raisins Sun-Maid épepmés (dans le paquet bleu) pour vos poudings, gâteaux et tartes.Préparés avec les meilleurs raisins de table de Californie.Lavés, épépinés, stérilisés et mis en paquets pendant qu'ils sont encore chauds, dans des cartons neufs et propres; 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L'entretien se termina d'une façon plutôt abrupte.La commande fut donnée à une firme rivale.Ce qu'il y a de trompeur avec 1'halitosis (mauvaise haleine) c'est que vous-même, savez rarement que vous en êtes affecté.Et même vos amis les plus intimes ne vous le diront pas.Quelquefois, naturellement, .'halitosis résulte de désordres organiques profondément enracinés et exigeant l'avis du médecin.Mais d'ordinaire— et heureusement — l'halitosis n'est dû qu'a une condition locale qui ne résiste pas à l'usage régulier de la Listerine comme gargarisme et désinfectant de la bouche.Ce traitement arrête la fermentation des aliments dans la bouche et rend l'haleine douce, fraîche et nette.C'est ainsi que l'usage de la Listerine vous place du côté de la sécurité et de la politesse.Vous savez que votre haleine est bonne.Les gens soigneux en font partout un article de routine dans leur toilette quotidienne.Votre pharmacien de la Listerine.Il quantités.Elle a d'usages différents, qu'on lui reconnaît depuis un demi-siècle.Lisez la brochure intéressante qui accompagne chaque bouteille.Lambert Pharmacal Company, Toronto, Canada.vous fournira en vend des des douzaines un avantage Pour l'Halitosis Faites usage de Listerine WEAR EVER M ALUMINU % TRADEMARK l-'aliriMné au < .du e sont colorés la même chose de Palmier et ur couleur au lui donne aussi La mousse molive a l'effet C'est le savon Le Printemps de la Vie Comment conserver cette Jieur de la jeunesse au cours des années Lee huile»} de Palmier et d™o/ire— rien autre —don nent au Sa : on Palmolive le ton vert de ta nature.Volume et efficacité"produisent une qualité de 25 cent» pour ' TEMPS joyeux—le temps de la jeunesse et de l'épanouissement, le temps où toute jeune fille devrait charnier le monde par sa fraîcheur délicate de fleur.Cet attrait, le plus grand de tous, est l'héritage légitime de la jeune fille tout autant que sa beauté la plus admirée de son âge mûr.La jolie jeune fille deviendra la belle femme si elle conserve ce teint d'écolière.Ne le laissez pas se faner Trop souvent on laisse disparaître ce teint attrayant d'écolière à mesure que s'envolent les jours de l'école.Pourtant un simple traitement après les jours d'école le conserverait et en ferait la plus grande attraction de l'époque de la maturité.Usez de prudence dans la façon de nettoyer votre peau— Ne permettez pas à des méthodes brutales de lui dérober sa délicate texture naturelle.Ou, ce qui est aussi dangereux pour la santé du teint, ne négligez pas le lavage quotidien à l'eau et au savon sous prétexte que l'effet en serait malfaisant.Au lieu de cela, choisissez pour le visage le savon que vous savez être doux et bienfaisant au point de conserver souple et douce la peau la plus délicate.0 Ce savon, c'est Palmolive, comme des millions de femmes le savent déjà.C'est un mélange fait des huiles de oalmier et d'olive reconnues, au jour de l'ancienne Egypte, comme les nettoyeurs embellissants fournis par la nature.Ces deux huiles orientales rares, à l'aide desquellesCléopâtre put conserver sa jeunesse, communiquent leur doucer à la délicate mousse crémeuse de Palmolive.Ce savon nettoie complètement, en enlevant toute trace d'huile, de saleté et de sueur qui autrement pourrait remplir les pores de la peau.Il vous laisse une peau douce et brillante ainsi qu'une délicieuse sensation de fraîcheur.Employé régulièrement, tous les jours, Palmolive conserve à votre teint sa fine texture et le garde exempt de points noirs et de boutons.Cependant il n'enlève jamais a la peau sa propre huile embellissante, une huile dont la nature l'a pourvue pour la conserver douce.Appliquez un peu de cold cream après avoir délicatement séché votre visage avec une serviette douce.D'ordinaire les peaux huileuses n'ont pas besoin de cette précaution si ce n'est, peut-être, quand la température est très froide.Du Luxe à bon marche Si vous vous imaginez que Palmolive, à cause de ses qualités superfines, doit coûter très cher, vous vous trompez.Si, à l'époque de Cléopâtre, l'huile de palmier et d'olive était un luxe de riche, les méthodes modernes de fabrication combinées avec une popularité mondiale font de Palmolive un savon à bon marché.Nous importons ces huiles rares en énormes quantités et les fabriques de Palmolive fonctionnent jour et nuit afin de répondre à la demande.Palmolive ne coûte que 10 cents le pain—un prix qui le met à la portée de tous pour les fins générales de la toilette.THE PALMOLIVE COMPANY OF CANADA, LIMITED WINNIPEÇ, MAX.TORONTO, ONT.MONTREAL, QUE.Egalement fabricants de Crime à raser et de Shampootnr: Pnlniolir».
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