La Canadienne : le magazine du Canada français, 1 janvier 1923, v. 7, no 3
Vol.VI1„ No.3 Gardenvale, Juin, 1923 AD I EN?LE MAGAZINE DU CANADA FRANÇAIS 0-, v A 9 e Abonnement DEUX DOLLARS GARDEN CITY PRESS GARDENVALE, OUR.Le numéro VINGT CENTS Planchers attrayants, économiques et d'un bon usage Les dames apprécient les précieuses qualités qui font du Linoleum DOMINION la couverture de plancher préférée des foyers canadiens.U se recommande par sa facilité d'entretien: plus d'écurage ni de balayage! 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De Beaujeu lui ficha son reste.I Cours d'histoire du Canada, 11.p.524., 2 Stuila.Il fait plaisir de rencontrer dans une vieille chanson "'u XVHIe siècle notre si populaire c'tu-là.C'est cette orthographe ""i logique qu'il faut en effet donner 3 l'expression plus archaique encore de cettuilà qui remonte à Marot Dan9 la fable Le lion et le '"il écrit: Cettui I ion.Sans cloute ce mot devait il compter dans la mélodie poui Mois ¦vllahes: Braddocque.ce que réclame aussi la mesure Louis XV.3 Heaujeu avec ton air martial (bis] Méritait fort un piédestal [bis] Dam', vis-à-vis d'un roi qui pense* Le mérite a sa récompense.4 •„ -'' Il n'eut rien; ç'fut assez pour lui (bu) Que de mourir pour nos lis.(bisl Stuila est avide de gloire, Qui donn' sa vi' pour la victoire.5 Oui, de Beaujeu rien que le nom [bis| Fit beaucoup plus que le canon, [bis) Dans sa famille le courage Est tout ce qu'elle a d'apanage.6 Il est mort, mais il est vivant [bis] Dans le coeur de nos braves gens, [bis] Qui, d'sa valeur et d'son courage Toujours nous rendrons témoignage 7 Stuila ment' les r'grets du roi [bis] Qui meurt combattant pour ses lois.|bi»| Quand le soleil luit sur la plante.Ses rayons la rendent vivante.8 Si ma chanson n'a guèr' d'esprit (bis) Mon coeur sent bien tout ce qu'il du.|bi»| Souvent stuila qui veut mieux dire A beau style, n'excit' qu'à rire.(5) DRAVE troupier, va, personne ne rira de ta ch.in-son.A cen* cinquante-sept ans du héros qu'elle célèbre, sa naive sincérité nous émeut encore et, qui sait, peut-être plus profondément qu'elle n'émeut ses contemporains.Car notre patrimoine à nous, les petits-fils des héros de 1755, n'est-ce pas l'épopée écrite par nos ancêtres de leur épée trempée dans le sang anglais?Non, aucun Canadien-Français—ni même aucun Anglais—ne rira de ta chanson, pas plus qu'il ne s'étonnera du dithyrambe qui, de l'àme de ton brave comman- dant enseveli dans sa gloire, jaillit entonné par la conscience populaire.Plus vite que l'éclair, plus craint que le tonnerre.Portant avec moi la terreur et la mort, J'ai passé comme un Mars des rivages du Nord Partout où m'appelait la justice et la guerre.Et les Anglais m'ont vu briser comme du verre1 Tout ce qui s'opposait à mon puissant effort.Au fort Duqucsne.seul-, je servis de support Lorsqu'il ne semblait plus qu'il en eût sur la terre.Le plus sage au conseil, le premier aux hasards.Mes vertus ont terni le lustre des Césars Et rendu ce pays étonné de ma gloire 5.Cette chanson et la pièce suivante sont tuées des archives lei Ussuline9 de Québec iVieux carton.2.no 5) M L'abbé Lindsav m'a gracieusement communiqué la copie qu'il en a pi ise Quel siècle vit jamais un si grand conquérant?Vivant j'ai triomphé, je triomphe en mourant, Et choisis, pour tombeau le champ de ma victoire.(6) | A louange esi certes méritée, bien que très hyperbolique, mais M.de Beaujeu, qui avait fourni son chemin d'immortalité par la force surnaturelle du pain eucharistique, n'eût pas désapprouvé que l'on imputât, plus qu'à ses efforts, la victoire du fort Duquesne à l'intervention de la Mère de Dieu, ainsi que l'on ht.Chose digne de remarque, -n effet, de même que le désastre de l'amiral Walker sur I'Isle-aux-Oeufs en 1711 fut attribué i la protection de Marie, comme en témoignent les cantiques composés sur cet événement, ainsi l'on fit remonter, en des ebants convaincu»1, nos victoires de la Monongahéla, de Chouaguen et de Carillon jusqu'à la Sainte Vierge.Par exemple, la victoire de la Belle-Rivière fut rapportée à Marie, dans une cantate vraisemblablement écrite par l'aumônier du fort Duquesne, un Récollet sans doute, les religieux de cet ordre étant les aumôniers des troupes françaises dans la Nouvelle-France.Ces strophes se chantaient sur l'air de Or, nous dites Marie, emprunté à l'abbé Pellegrin, (7) que t'ai présenté à mes lecteurs 1 D'une nouvelle terre Grande et puissante appui.C'est vous, O Vierge Mèrt Que je chante aujourd'hui.Contre la Virginie Vous armez votre bras.De notre colonie Vous guidez les soldats 2 Braddock avec audace • Fait marcher des guerriers.Et sur notre terrasse Veut cueillir des lauriers.11 veut dans nos campagne-Déployer ses drapeaux, Mais c'est dans nos montagnes Qu'ont échoué ses travaux 3 Méprisant les alarmes D'York ei de Boston, * S'ous porterons les armes Sous votre auguste nom.Donnez-nous la victoire Sur tous nos ennemis, v nus seule aurez la gloire ries les avoir soumis.4 Pleins d'un nouveau courage Sont les soldats français: Vont avec les sauvages Au devant des Anglais.S'appuyant sur Marie Plus que sur leur valeur, lîiarntôt chacun s'écrie: Louis est le vainqueur! 5 Quinze cents sur la place V iennent d'être immolés.Quinze cents sur la place.Vaincus et désolés.Succède à la hardiesse L'épouvante et l'effroi; Marte est la maîtresse, To it fléchit à sa voix 6 ¦••.iitenez, grande reine, Votre pauvre pays.Il est votre domaine, Faites fleurir nos lis.L'Anglais sur nos frontière» Porte leurs étendards.Exaucez nos prières, Fortifiez nos remparts.* DRIERE nécessaire et opportune.La bataille de la Belle-Rivière n'est que la première d'une longue campagne.La Nouvelle-Angleterre est en armes, les transports anglais déversent de nouveaux régiments sur le sol d'Amérique, ils sont dix Anglais (Suite à la page 149) 6.A la copie des archives ce vers el le précédent ss lisent coramt suit: Partout ou m'appelait la justice et la guerre Les Anglais m'ont vu briser comme du verTe.Métrique fautive, a laquelle l'ai remédié de mon mieux 7.La copie porte encore Et du fort Duquesne.Ce qui est un mauvais hémistiche, sans doute imputablt au copiste.8.De ma gloire, lit-on au manuscrit: le vers—pansée, mesure et rime—exige évidemment victoire.1.Cantiques spirituels.I"06 Page 9.Air noté, gravi, chant 12.page 11-1 Cet ouvrage est a l'Hotel-Dieu de Québec 2.L'original porte hien conquis mais Is rime et la raison sxsgsot soumis a madf.lon Le merle était dans le pommier Tout à l'heure.Le merle beau siffleur.Mais vous dormiez.Le vent frais du matin secouait Les feuilles et les roses Et "our écouter le délicat virtuose Tout se tenait coi.Pourtant un bouffon manquant à la poésie De cet amoureux alléluia.Vieux galant cramoisi L'n coq à son tour s'égosilla.Mais vous dormiez, très chère, et n'aviez nul souci De cette pluie De notes, non plus d'ailleurs que de celui Qui est à votre merci.TRISTAN KI.INGSOR t La Canadienne, Juin 1983 m Paulette se marie Dan* la gare, par exemple, nous voilà bien embarrattét de nos personnes!" Par Alexis Noël Illustration de Marv Roberts SI GERMAINE me voyait!.Soejr Candide et sœur Eudoxie, le dortoir si blanc, les cours si grises; le chapelet, la Vie des Saints; les mous- _ taches de soeur Econome; jusqu'à toi, ma douce Germaine, ma seule amie, mon seul regret!.Que tout cela est loin, mon Dieu!.Et tout cela, c'était hier.Hierl.Est-ce bien vrai que je ne rêve pas.La Paulette que me renloie la place; la Paulette jolie, ma foi! avec ses cheveux blonds qui bouffent comme un écheveau emmêlé de soie floche, ses yeux de feuilles mortes et son teint de pastel; la Paulette vêtue d'une guimpe de taffetas à mille raies, couleur de printemps; la Paulette rieuse qui écrit ces lignes sur la tablette rabattue d'un petit bureau en acajou à appliques de cuivre, est-elle bien la même Pauline Dubreuil, la pauvre petite (rien du tout), épeurée, gauche et timide, dans son uniforme ardoise à parements verts, qui débarquait ici, seulette et sans gite certain, il n'y a pas encore tout à fait vingt-quatre heures?Mon arrivée vaut d'être racontée; non pas de crainte que j'en perde jamais le souvenir—de tels incidents font époque;—mais pour t'amuser un brin, ma Germaine recluse, si je puis glisser jusqu'à toi ce journal de ma vie qui s'ouvre, et si tu parviens à le lire, à la dérobée, sous le couvercle et.tre-bâillé de ton pupitre, comme nous faisions de Paul et Virginie, tu sais?Drôle de nature que la mienne! Tu te rappelles si j'ai souffert d'être prisonnière.—moi, petit oiseau libre des champs.—si l'existence de Sainte-Croix, légère à tant de nos compagnes et à toi-même, me pesait?C'est au point que je me demande comment j'ai pu supporter ces cinq longues années, sans vacances, sans une seule visite du dehors, sans nouvelles d'aucun qui pensât à moi,—puisque j'ai perdu mon père et ma mère et qu'il ne me reste plus que cette exécrable tante égoïste, de qui nous avons si souvent médit, et que je tremblais tant de connaître un jour.C" H bien, toi embrassée, adieux faits à toutes nos Sœurs, à toutes nos compagnes; le sermon de notre Mère Supérieure écouté, et après avoir reçu de ses mains, qui me portera bonheur, "une dizaine" en nacre et argent bénite par Notre Saint-Père le Pape; tout mon monde quitté, enfin, lorsque avec la sœur Eudoxie je passai la porte du couvrnt.je fus prise, tout à coup, d'un chagrin indicible et des larmes me jaillirent des yeux.Je n'arriva « pas à m'arracher du seuil de la chère et maussade maison où je suis devenue jeune fille.—Encore un instant, disais-jc.ma soeur .et malgré qu'elle me pressait, pour ne pas manquer l'heure au train, je la plantai dans la ru.i.poussai la porte qui.-déjà, se refermait sur nous, m'élançai dans le corridor, jusqu'à notre cour; et là, j» m'arrêtai de douloureuses minutes à embrasser du regard le décor où j'avais tant pleuré d'être tenue! Oh! Germaine, les tilleuls étêtés et rabougri» dont nous cueillions les fleurs, l'été, pour la pharmacie de la sœur infirmière; le vieux mur du fond où l'on m'a si souvent "collée" en pénitence: le portique, et les agrès, et la balançoire.Pas si fort, mesdemoiselles!.le hangar où nous remisions nos cerceaux; la chapelle au van'ail grand ouvert, et la jolie Immaculée Conception, aux yen» béats, aux mains misériécordieuses, sa robe blanche, son voile blanc, sa ceinture bleue envolée.J'aurais voulu prendre tout cela à pleins bras, le serrer sur mes lèvres, bien fort! S'attache-t-on donc aux choses, sans le savioir?La Sœur Eudoxie qui m'a rattrapée me tire par ma manche: "Allons, allons, le convoi n'attend pas.'" Il faisait beau soleil, tu te souviens?Les moineaux familiers tombaient des gouttières sur le gravier de la cour déserte, en quête de nos miettes.["VANS le silence sonore du préau où donne la classes des "petites," la voix grêle de Claire Fau-connet, je crois, annonçait l'histoire sainte: Rébecca, craignant pour son fils chéri le ressentiment d'Esaù, lui dit.Allez en Mé-so-po-ta-mie, chez votre oncle Laban.I! fallut bien partir! La sœur avait passé son bras autour de ma taille et m'entrainait vers la sortie.—Venez, mon enfant, venez.Il n'est pas bon d'être si sensible.on n'a que peine à en glaner.Je sanglotais éperdument et m'agrippais aux boutons des portes, à l'angle des murs.—Allons, chère enfant, allons.vous pourrez revenir, nous serons toujours là pour vous.Qui eût dit que cette petite Pauline si entière, si frondeuse!.Explique cela: J'étais bien malheureuse de m'en aller, tu vois?et pourtant, pour rien au monde, je n'aurais voulu manquer notre train.I E nouveau, l'imnrévu, la per.-pective que je souffrirais même peut-être, tout cela m'appelait.Nous voici installées dans un wagon de seconde classe.C'est un train-tortue que celui que nous avons pris.Moi, le visage collé au carreau, je regarde défiler les camptsgnes: blés ondovants et blonds, champs de treffle rose, carrés de terre inculte où des coquelicots éclatent vermeils dans la prairie verte d'autour.Soeur Eudoxie, dans le coin, marmotte des prières; j'entends son balbutiement angélique et le cliquetis des grains et des médailles de son rosaire.Qu'elle est jolie, la Lorraine où je suis née! Les collines, en pentes douces, descendent jusqu'aux ruisseaux sinueux; des villa es se groupent ici et là, autour de leur clocher de pierre; les fermes se débandent au long des routes.Et je me rappelai mon enfance, à Fraisy; la grande maison de mon père, en face de la fabrique qui l'a ruiné et qui l'a tué.Si je n'avais été bercée par 1rs plaintes continuelles de ce père chéri, par les longues tristesses angoissées de maman, peut-être srrais-je devenue une jeune fille espiègle, au lieu •le la demoiselle un pau sentimentale que je suis.—malgré le* élans ma .jeunesse.Mais, Dieu! 'pie les premières années de ma vie furent cruelles, quoique entourées de chaude sollicitude! Toute petite, j'ai compris la gravité de ce redoubtable terme."l'Echéance." qui revenait chaque mois, impitoyable; et je supputais son retour, en comptant les jours sur mes doigts, comme les autres enfants calculent le temps qui leur ramènera le Dimanche.Percerai-je jamais le mystère qui entoura la mon précipitée des me» parentsé Le lendemain de ma première communion, je devins orpheline, sans d'autres liens, ici-bas, que ma tante Jenny de Lau noy, soeur cadette de ma mère,—unevieille fille à mani es et à papillotes, supposais-je;—car, jusqu'à hier soir, je ne l'avais encore jamais vue.Je crois savoir que le mariage de ma mère l'avait éloignée de nous.C'était, d'ailleurs, une fieffée originale, disait-on à la maison, impossible à vivre, orgueilleuse, jusqu'à la démence, du nom ronflant qu'elle portait et qu'elle ne pardonnait pas à maman d'avoir troqué contre celui tout plébéien de Dubreuil "en un seul mot." La loi la fit ma tutrice.Tante Jenny était en Angleterre au moment de la mort des miens, et ne se dérangea, ni pour les funérailles, ni pour s'inquiéter autrement de la pupille qui lui tombait.Par son ordre, je fus claustrée au couvent de Sainte-Croix, à Fraisy même.—à quelque cent mètres du cher domaine où l'on m'avait aimée, et des deux tombes jumelles où tout ce que j'avais eu au monde reposait pour toujours.Tous les ans, au 1er janvier, j'écrivais, à ma tante, une lettre cérémonieuse et banale, sur du papier gaufré, fleuri de chromos.Elle me répondait un court billet, pour me rétrocéder mes vœux, m'exhorter au travail; et son style laconique, et s?grande écriture carrée, à l'encre violette, n'ont pas peu contribué à faire germer dans mon cœur It méchante opinion que Germaine et moi avions d'elle.A cette correspondance annuelle se bornaient tous nos cpanchcinents.Aussi, ne fus-je pas médiocrement surprise de recevoir, il y a un mois, une épitre un peu plus lomjuette.un peu mom-concise, qui m'apprenait que tante Jenny s'était fixée en France, à Compiègne, depuis l'hiver, et que, puisque mon instruction était finie, que j'avais mes brevets, elle se décidait à m'appeler auprès d'elle, afin qu'elle entreprit mon éducation mondaine, et qu'elle pourvût à ma destinée.Que pouvait bien entendre tante Jenny, par "education mondaine," et a quel destin saumâtre me vouait-elle, mon Dieu?C'est ce que je me demandais, en effaçant, avec le petit rideau bleu de la portière, la buée que mon haleine formait contre la vitre, et qui m'interceptait le paysage.Sœur Eudoxie, comme si elle eût pénétré nia nensée, susurra de sa voix douce: —Si c'était la surprise d'un joli mariage qu'elle avait à vous proposer, votre tante, gageons que vous ne feriez pas la petite bouche, Pauline?.J'ai toujours cru que les bonnes et clairvoyantes créatures entre les mains de qui mûrissent nos âmes de jeunes filles ont reçu du ciel une perspicacité particulière à leur état, et qu'elles lisent notre cerveau, comme le latin de leur livre d'heures AL'SSI ne fus-jc pis autrement étonnée de l'in-trusion de sœur Eudoxie dans le labyrinthe secret de mon esprit.Je répondis: —J'ignore les intentions de ma tante, et je conçois d'ailleurs qu'elle ait bâte de se débarrasser de mon encombrante personne.Mais je vous jure bien, ma sœur, que je ne me laisserai pas marier sans examen.Vous me revcrn'z -lutôt à Sainte-Croix.c'est vous dire.Voulut-elle m'empécher charitablement d'ache ver ma sottise?Elle me coupa la parole; et changeant le cour» de nn« idées: La Canadienne, Juin 7 — Quel âge peut bien avoir Mlle de Launoy?—Ob! je ne le devine que trop! Ce doit être une vieille fille maniérée, bornée, bigote.— Ma petite Pauline!.—Je n'ai pas dit dévote, ma sœur; la bigoterie est la perversion de la piété,—,—confite en principes surannés, laide, ridée, grise, vêtue de sombre, qui ne m'aimera pas et que je me sens toute prête à détester déjà.—Si c'est avec de telles dispositions que vous allez la rejoindre, mieux eût valu demeurer des nôtres, comme nous vous l'avons offert.—Peut-être bien.Mais je suis partie, maintenant ; il est trop tard.—Il n'est jamais trop tard pour bien faire.— En ce cas, ma sœur, dis-je en riant, j'attendrai encore un peu.Elle sourit aussi, l'indulgente sainte fille, puis elle conclut: —Qui sait?.Vous ne connaissez pas votre tante: peut-être y a-t-il, entre vous, un malentendu Isintain dont vous n'êtes pas responsable, ma petite Pauline; qui date d'avant votre naissance même.—Mes parents, qui étaient devenus pauvres, reprochaient à ma tante d'avoir accaparé ma grand'-mére, et, à sa mort, d'avoir confisqué à son profit la part de fortune qui nous revenait.—C'est là une accusation bien grosse.—Avouez que la conduite égoiste de ma tante, à mon égard, la justifie pleinement, cette accusation?—Je ne saurais porter sur autrui des propos inconsidérés.Dieu fasse que votre fine nature, votre caractère ingénu, votre coeur indulgent dissipent les causes de mésentente qui vous ont divisées, votre tante et vous, jusqu'à ce jour, et la réconcilient avec vos parents dans le cial.Le crépuscule descendait.pOMME le train stoppait devant une gare et ^* qu'un homme d'équipe pétinait sur la toiture en zinc du wagon pour en allumer le quinquet, sœur Eudoxie se leva, atteignit, dans le filet, le panier à provisions.—Chère sœur, dis-je espièglement, qui de nous deux fera la lecture de la Vie des Saints?C'est de rigueur pendant le repas.Elle me dama le pion: Je n'ai malheureusement pas à ma disposition de "Vie des Saints," fit-elle sans sourciller, sans quoi je m'offrirais volontiers pour ce pieux et récréatif devoir.Mais qu'à cela ne tienne.Nous sommes aujourd'hui le 17 juillet, eh bien! je vous dirai l'histoire édifiante de saint Alexis qui vécut, misérable, sous un escalier, dans la maison même de ses riches parents.—Oh! non, oh! non, bonne sœur, m'écriai-je spontanément; pas l'histoire de saint Alexis, pas l'histoire de saint Alexis! Cette fois, elle éclata et, par-dessus notre nappe improvisée d'un vieux journal, me tira gentiment l'oreille.—Parlons de demain, proposai-je.— Demain viendra toujours assez tôt.N'aurez-vous pas gros coeur à me quitter, ma petite Pauline?.—Si, j'aurai gros coeur, vraiment.Mais la liberté, l'imprévu de ma nouvelle vie.Je serai bien contente d'y goûter tout de même.Ne m'en veuillez pas, chère sœur.—Bien sûr que je ne vous en veux pas.Cette soil de nouveau, c'est le propre de votre âge.Dieu fasse que.—Vous dites?—Rien.Mais, j'y songe si nous n'allions pas distinguer, dans la foule, Mlle de Launoy, et que je sois obligée de vous ramener à Fraisy?—Oh! vous ne feriez pas cela! —Dame! je repars de Paris le jour même, et je ne vous laisserais pas voyager seule jusqu'à Compiègne.—Bon! vous m'accompagneriez jusqu'à Com-piège.Votre cornette disposerait, je suis sûre, favorablement ma tante, et je ne serais pas toute seule à recevoir le premier choc de l'accueil.—Je n'ai pas d'instruction dans ce sens.—D'ailleurs, ma tante m'a écrit: "Je vous attendrai à la gare du Nord, sur le quai, côté grandes lignes.Vous me reconnaîtrez à mon chapeau qui portera un noeud violet."—ralliez-vous à mon noeud violet!"—et à un bouquet de roses que je tiendrai de la main droite." —Oui, mais il doit y avoir pas mal de chapeaux à nœud violet, de par le monde, et, en cette saison, hon nombre de personnes qui tiennent des roses » la main.Ne dites pas ca.bonne soeur chérie, ne dites pas ça, vous me faites peur! En tout cas, il n'y s sûrement pas.il ne peut y avoir deux demoiselles de Launoy sur la terre, et encore moins sur le quai de la gare du Nord, côté grandes lignes.La nôtre, je la reconnaîtrais entre cent, entre mille.comme Jeanne d'Arc distingua le roi Charles, qu'elle n'avait cependant jamais vu, parmi la suite des seigneurs.—L'enfant terrible que vous faites! Après notre dinette et notre "action de_ grâces.' nous avons occupé notre temps à nos dévotions.puis nous nous sommes installées confortablement pour dormir La sœur s'accota dans son coin, en se berçant du rosaire; moi, je m'étendis tout de mon long sur les coussins de la banquette, mon léger bagage sous ma tète, en guise d'oreiller.Dire que je ne fis qu'un somme, serait indubitablement exagéré.Ma nuit fut hantée de cauchemars, parmi lesquels revenait, obsédant, le fantôme de tante Jenny, mince comme un échalas: chaussée, sous sa jupe trop courte, de bas blancs, de bottines en étoffe et à élastiques; drapée dans un chàle de cachemire qui n'a jamais passé par les Indes.Elle était coiffée, sur ses cheveux gris fauve tire-bouchonnés en mille papillotes et ballants autour de son visage, elle était coiffée d'un chapeau de roses modern-style, et brandissait, en sa dextre, un énorme nœud de couleur épisco-pale!.II | E mot charmant de sœur Eudoxie, comme nous descendions les marches df la gare de l'Est, et que je lui demandais si elle était déjà venue à Paris.—Oui, une fois: il y a bien longtemps.— Et c'est joli, Paris, ma sœur?—Je vous répondrai, comme je le fis, à mon retour, à notre Mére qui me posait la même question: "Je ne sais pas.Les maisons sont si élevées qu'elles emnéchent de rien voir!'' Vous pensez si notre Mère a ri de ma naïveté?— Eh bien! fis-je, je ne trouve pas votre opinion si risible.Le fait est que la hauteur des maisons m'écrasait.Je me sentais toute rapetissée, comme si je m'étais regardée moi-même du sommet d'une tour.L'étrange impression!.Paris, c'était cela, le Paris de nos rêves! Du bruit, du mouvement, de la poussière, de la mauvaise odeur! Des chemins de fer sans locomotives, qui filent à toute vitesse, le long des rues; et pas le moindre garde-barrière pour vous prémunir contre les accidents!."Couin, couin; hou.hou; bing.bing." et les "hop" des cochers; tout cela roule, vous menace, vous apeuré et vous écla-boussel Heureusement que le trajet de la gare de l'Est à la gare du Nord n'est pas d'une longue durée! Bien que nous ayons quatre heures devant nous, avant celle du rendez-vous que nous a fixé Mlle de Launoy, nous trottons menu comme des souris sans envie de flâner en route.Dans la gare, par exemple, nous voilà bien embarrassées de nos personnes! Un instant nous nous promenons à travers les courants d'air et la cohue du grand hall.Mais ensuite?Ensuite, nous nous trimbalons de tous côtés, en quête de la salle d'attente que sœur Eudoxie s'entête, par timidité, à ne demander à personne, et que nous dénichons, enfin, sur les quais mêmes, juste devant le tableau indicateur de la voie de Compiègne.Parfait! le diable sera bien malin s'il nous fait rater Mlle de Launoy.Je me colle au vitrage à épier tous les nœuds de nuance violette et tous les bouquets de roses qui traversent le bitume.Encore trois heures à attendre! Sœur Eudoxie.qui s'est installée sur la banquette de velours pour lire Matines, vaincue sans doute par la fatigue de sa mauvaise nuit, dort angéliquement sur son livre ouvert.Je ne sais quel marchand de sable passa; toujours est-il que, peu à peu.une douce somnolence m'envahit.Rien n'est berceur et plus "silencieux" qu'un long et continuel vacarme.A l'appui de cette assertion moins excessive qu'elle n'en a l'air, je glissai, sans trop le savoir, à l'annihilement complet.QUAND je revins à moi, le quai de Compiègne, tout à l'heure désert, était dans une agitation extrême.Je compris qu'il était temps que je me réveillasse.J'appelai mon cicérone en cornette; j'eus toutes les peines du monde à le ramener "au sentiment de la réalité," ainsi que s'expriment les livres.L'une et l'autre, assez abasourdies, nous guettons l'apparition d'un nœud violet ou d'une gerbe de roses, bien tardifs et déjà problématiques.Je m'impatiente.Mon sang bat à mes tempes et me martèle le cœur.J'ai les mains moites de fièvre.Moi."d'abord." je ne saij pas at tendre.Et puis, la sœur n'est pas pour m'imposer le calme et la réflexion.Dieu me pirdonne! elle est plus tourmentée, plus troublée, plus inexpérimentée que moi.—Sortons, soeur Eudoxie.informons-nous: demandons aux employés, aux voyageurs, s'ils n'ont pas aperçu, par hasard, un chapeau rose et un bouquet de violettes.—A qui demander cela?Vraiment, je n'ose.— Eh bien, prenez nos billets, accompagnez-moi jusqu'à Compiègne —Je n'ai pas d'ordres à ce sujet.— ;,isqn'au wagon, seulement, chère sœur, je me débrouillerai bien toute seule, ensuite." Hien vague mes souvenirs' — Vous laisser seule, jamaisl —Sœur Eudoxie?—Ma petite Pauline?—Je vous en prie.—Ne priez pas.—Vous supplie.—Je ne saurais.Disons plutôt un Pater et un Ave pour que le bon Dieu nous prête assistance.Oui, mais pendant ce temps, le train partira.Retourner à Fraisy, rentrer au couvent pleine de confusion devant les élèves qui m'ont tant enviée; être de nouveau prisonnière sans, peut-être, l'espoir que ma tante ait un second bon mouvement qui me livre la clef des champs; renoncer, au moins pour tout de suite, à.l'imprévu que chevauche mon imagination depuis un mois.Non, non, mille fois non! Je trépigne, vais, cours, reviens, m'agite.—Oh! ma sœur, un nœud violet, des roses là.—Où cela, ma petite fille?—C'est ma tante, "je la reconnais." —Je ne vois pas.—La voix du sang; je 11 reconnais.Jeanne d'Arc.Charles VII.Vite, vite, le train démarre.Au revoir, chère sœur; à bientôt.Tant pis pour ce mensonge! Je m'élance, bouscule le contrôleur qui me réclame mon billet.Je lui crie: "Compiègne.ma tante, en voiture!" le saute sur le marchepied du train, malgré l'insistance d'un homme d'équipe; j'ouvre une portière qui se "referme sur moi en claquant; et je tombe sur des coussins moelleux, parmi quatre messieurs très graves et beaucoup de fumée de tabac.—.Le wagon des fumeurs, mademoiselle.—Oh! monsieur, ça ne me gêne pas! Un jeune freluquet grommelle: —Mais nous donc!.Vilaine entrée dans le "monde." III QUELLE confusion, sous ces huit yeux braqués sur *moi ! Vrai, je regrettai, un moment, la vivacité de ma décision.Si le train n'avait roulé, je crois bien que j'aurais fui encore une fois: mais, lâchement et en se%s inverse.Il n'était plus temps.• Fort heureusement, ces messieurs se lassèrent de m'examiner.J'étais trop "mauviette" pour être de bonne prise.Ils s'absorbèrent dans de vagues lectures ou en la contemplation béate des ronds et des filets de fumée qu'ils lançaient, avec importance, dans l'air.Isolée dans le nuage acre qui m'enveloppait, je me repliai sur moi-même, et mon âme, je l'avoue, fut en butte aux affres du remords.C'était mal.ce que je venais de faire! Mentir si effrontément; tromper cette bonne sœur, si candide, si affectueuse, si dévouée! Et s'il allait m'ar-river malheur?quelle responsabilité elle encourrait, par ma faute! Je dis, à ma louange, que je ne tremblai pas, une seconde, à la pensée d'un malheur possible pour moi, tandis que j'étais bouleversée jusqu'aux larmes, à la perspective de compromettre la tranquillité de sœur Eudoxie.Et puis, je songeai à l'accueil que me réservait ma vieille tante.Avait-elle fait exprès de me manquer, ou ne l'avais-je pas épiée avec assez de vigilance?Où et comment la retrouverais-je?.Elle habitait "Aux Fauchelles" dans les Avenues, à Compiègne.Etait-ce une grande ville que Compiègne?Je rappelai tous mes souvenirs de géographie et d'histoire de France: "Oise, chef-lieu: Beauvais; sous-préfectures: Clermont.Senlis.^"miègne." LTn point, c'est tout.Voilà pour la géographie.Passons à l'histoire: Louis le Débonnaire eut maille à partir avec la sous-préfecture qui m'occupe.Oui, mais, en quoi?Pour Jeanne d'Arc, c'est bien certainement sous les murs de Compiègne qu'elle fut faite prisonnière par les Bourguignons (1430)._ Bien vagues, bien vagues, mes souvenirs! Décidément.mademoiselle, pour une diplômée, ce n'est pas brillantl La fumée du tabac devient si épaisse qu'elle me serre la gorge, et je suis prise d'une violente quinte de toux.Mon vis à-vis a pitié de ma détresse, et d'un coup sec de la main, fait sauter le carreau de la portière, qui glisse et tombe dans son châssis.J'envoie au prévenant personnage mon plus reconnaissant regard.C'est un homme d'un âge incertain, mais que je juge un peu mûr.à cause de la rareté de ses cheveux.Ces cheveux sont châtains, indécisement gris.Il les porte courts, séparés au milieu de la tête, par une raie correcte et outrageusement pommadée.Il a des yeux couleur café; son teint est violet et vermicelle de ••dites veines, écarlates.Il est fort, carré d'épaules: un double menton s'écrase sur son col droit tron élevé.(Suite à la page 45) t Lu f'antullfnnr, um IbJt.'l LA VIE DES ABEILLES Oh! vous dont le travail est joie — V.HUGO it 9 x tangua O^.toUvti - ABEILLE, avec la Fourmi, Lavec l'Homme, constitue le nlui ténébreux mystère de l'univers animal.Ses dons de moissonneuse et d'architecte, H- son implacable sociabilité, sa subordination active au germe invisibV et collectif de son espèce, tout cet immense effort organisé aussi lointain que la mémoire humaine, toujours identique à lui-même, et toujours paraissant n'avoir d'autre but que lui même, pose avec jutant de force que notre propre des-nnée.le tormidable problème des tins et des causes premières.L'abeille est-elle une machine, un rouage infini construisant inconsciemment un avenir social que nous ne pouvous pas même soupçonner?Est-elle un être intelligent réalisant au cours de sa propre existence l'équilibre conscient de son intérêt et de l'intérêt de sa race, et y trouvant cet absolu où tendent les plus hauts esprits?Qui le dira?.L'abeille Architecte et Créatrice.Ce que nous savons c'est qu'elle est perfectible, qu'elle évolue, qu'elle s'adapte très vite aux milieux le plus imprévus, applique de nouvelles solutions à de nouveaux problèmes, change de moeurs ivec le pays, le climat, et qu'entre les espèces supérieures qui ont porté la l'orme républicaine à son plus haut degré le perfection et les espèces anarchiques où l'individu ne connaît que sa propre loi, il y a dix espèces intermédiaires qui s'élèvent par transitions faciles à suivre du désordre brutal de la vie primitive à l'ordre harmonieux de la vie civilisée.Cela, c'est l'homme même et ses tendances essentielles.Mais, quel que soit le but de cette activité, cette activité se déploie, pendant tout le cours de sa vie, suivant un • >rdre, une méthode, une précision auprès desquels l'activité humaine parait profondément aveugle, chaotique et désunie.La révolution dans la ruche.Vers le mois de juin, une partie du peuple abeille, entraînant avec lui sa reine et emportant pour quelques jours sa provision de miel, quitte la ruche où elle ne laisse que les mâles, les jeunes abeilles chargées de soigner le couvain et quelques milliers d'ouvrières pour entretenir les locaux et veiller sur les magasins.Elle n'y rentrera jamais, même si elle ne trouve pas de toit, même si l'orage et la pluie trempent ses ailes, meurtrissent ses antenne» et dispersent les bataillons de lumière bourdonnante qu'elle forme avec ses compagnes.L'essaim colonisateur.L'essaim monte, rôde un instant dans le soleil, vibrant, ivre de liberté, paraissant déployer en ces courtes heures de repos toutes ses ressources de joie, d'insouciance et de poésie, puis, comme une rafale d'or noir, tombe tout entier sur un arbre et y attend dans l'immobilité le retour des éclaireurs partis pour explorer l'espace.Que la cité choisie soit le creux d'un viel arbre ou d'un mur, ou la ruche artificielle de l'apiculteur, il est inventorié en quelques minutes, nettoyé, de fond en combles, et sa situation géographique déterminée, ainsi que la topographie des environs.Les ouvrières n'ont plus qu'à construire leurs cellules La cité s'édifie.A partir du?haut de U ruche, elles élèvent, en •e suspendant à la voûte par guirlandes géométriques, des murailles de cire verticales et parallèles, trouées de milliers d'alvéoles où vont s'entasser le pollen, dont jamais elles ne mélangent les diverses espèces, puis en avril le miel de réserve, qu'elles y scelleront, en mai le miel frais, pain de soleil liquide fait d'une farine de fleurs.Au centre, Its grandes cellules des mâles, les petites cellules, berceainr.des ouvrières, les grandes cellules royales.Dans une ruche moyenne.' il y a 40.000 alvéoles à miel, 10,000 pour les oeufs.15,000 pour les larves, 40,00© pour les nymphes, autour de qui s'empresse tout un essaim vigilant de nourrices.Toutes sont Hexagonales, disposées en deux couches adossées.Réanmur-, cité par Maeterlinck, dans sa géniale Vie des abeilles, établit que l'abeille et le géomètre s'accordent pour donner à la forme de la cellule, en rapport de la dimension, «on maximum matbé-matlque rj« résistance tïTHCMITt CONSTRUCTIONS DE L'ABEILLE DOMESTIQUE COUPE OC fiAYON CELLULES A COUVAIN CELLULES DIVERSES CELLULES À MIEL C.M«~.^J.- ï**! l>J^£»JîjigU ****** Callula da rem.ABEILLES SOLITAIRES ABEILLES SOCIALES SAUVAGES 0 DE SOUltUON 01 j MOUSSES Proverbes: Abeille n'est pas frelon.— Le miel est {ait pour qu'on le lèche L'oeuvre de la Reine.Les premiers rangs finis, la reine et ses licteurs s'en emparent.Et le grand rite de la ponte, qui ne cessera guère qu'avec sa vie, commence.Entourée de ses licteurs qui la soutiennent, l'encouragent, consolident l'oeuf derrière elle, elle verse dans les berceaux enténébrés le trésor ,«Je ses flancs inépuisables.Pondant un oeuf—jamais plus—à chaque cellule rencontrée, elle forcera les ouvrières à construire devant elle jusqu'à l'automne le nouveau berceau qu'elle réclame.De là la domination qu'elle exerce et le respect qui l'entoure.Elle est reine parce qu'elle est mère.Elles est l'idole de la ruche.A elle, le miel le plus limpide; pour elle seule l'escorte des licteurs qui la nourissent, qui la nettoient, l'attiffent lui débarrassent le chemin.Si l'apiculteur l'enlève à la ruche, le travail cesse instantanément, et dans la ruche et hors de ses murs, on voit les abeilles rôder à la recherche de l'idéal vivant qu'elles craignent d'avoir perdu.Si sa disparition est définitive, la démoralisation, le dégoût du travail et de la vie surviennent, l'anarchie s'installe dans la cité; si elle se retrouve, des fanfares de joie l'accueillent, le travail reprend, l'ordre règne.On pourra désormais saccager la ruche, en arracher des centaines de travailleuses, détruire les oeufs et les larves, démolir les palais de cire.: l'abeille déploiera toutes ses réserves d'énergie pour rétablir l'ordre et relever les ruines.La Reine douairière prend sa retraite.—Chose admirable: cet amour se prolonge par delà la fécondité; jusqu'à l'extrême vieillesse de la mère.Bien plus, si l'intérêt de la cité appelle au pouvoir générateur une nouvelle souveraine, on voit souvent les travailleuses bâtir à la douairière un abri cuirassé de cire pour la préserver des accès de fureur jaloux de la rivale intronisée.L'abeille impitoyable.—Pourtant, l'abeille n'est pas sentimentale.Elles est sans pitié pour les blessés, pour les malades qu'elle chasse de la cité, sans pitié pour les mâles grossiers qu'elle massacre quelques jours après le vol nuptial, quand elle s'est aperçue qu'ils paressaient, pillaient les magasins, s'enivraient de miel et troublaient par leur présence l'harmonie de la république.Son seul amour est à celle qui symbolise la loi supérieure de l'espèce; elle aime seulement l'être chargé de transmettre à l'avenir, pour des métamorphoses peut-être encore plus lumineuses qu'elle doit pressentir confusément dans l'obscurité de son destin, la tradition du peuple abeille.Les reines rivales.—Ce respect pour la reine, elle l'étend même aux souveraines étrangères.Jamais une ouvrière ne tuera une mère, même si cette mère envahit sa cité.Pour faire disparaître l'intruse, les abeilles l'entoureront par centaines, s'entasseront sur eile et autour d'elle jusqu'à ce qu'elle meure étouffée; jamais elles ne la perceront de leur dard; seule, la reine légitime aura ce droit de l'attaquer; bien plus, si elle en manifeste le désir, toutes s'écarteront devant les deux rivales pour leur laisser le champ libre; et si c'est leur reine qui meurt, elles retiendront la rivale pour l'élever sur le pavois.La naissance et l'enfance des Abeilles.Les premières pontes sont faites, les premiers berceaux scellés.La larve sort de l'oeuf, ses ailes poussent, et bientôt des milliers d'alvéoles abritent des nymphes pâles comme des fleurs d'obscurité, ébauche de la jeune abeille, nourrie, nettoyée, cajolée, jusqu'à sa première sortie, par tout un peuple de nourrices.C'est huit jours seulement après l'effraction du couvercl'- de sa cellule qu'elle se hasardera au:: portes de la ruche pour accomplir dans l'espace son vol de propreté, sécher ses ailes au soleil, ouvrir ses yeux immenses à la lumière, essayer ses antennes neuves et faire bouffer dans la chaleur le duvet noir de son corset.Puis elle rentrera huit jours pour se recueillir dans l'ombre avant de prendre son premier vol de moissonneuse, ce vol hésitant, plein d'erreurs et de faux pas que les apiculteurs appellent le soleil d'artifice.La famille royale de la ruche.Mais au centre des territoires alvéolaires, sept à huit grandes capsules en gland de chêne, recèlent des larves privilégiées, objet de la vénération des ouvrières et de la sollicitude des nourrices qui les soumettent à un régime alimentaire rigoureux et spécial.Les abeilles qui en naîtront seront larges et dorées avec un abdomen deux fois long comme celui des ouvrières.Tout l'esprit de la ruche abdique devant la majesté matérielle de leur fonction.Elles sont les princesses royales, cela suffit.Duels et meurtres: les drames de la ruche.—A peine sortie de cellule, la première princesse, reine désormais, court en bourdonnant à la recherche de ses soeurs.Elle est ivre de jalousie et de meurtre, elle veut régner seule.Si les abeilles ont décidé de n'avoir qu'un seul essaimage, elles ne protesteront pas quand elles la verront plonger son terrible aiguillon dans les capsules qui abritent ses rivales encore endormies.Si elles veulent essaimer plusieurs fois, elles opposeront aux tentatives de la vierge irritée des rangs respectueux mais infranchissables.D'ailleurs elles ne permettront pas davantage aux princesses qu'elles réservent aux essaimages futurs de quitter leur abri obscur pour accourir à la fanfare de bataille.A mesure que la princesse use et ronge la paroi, les gardiennes de son sépulcre l'épaisissent par le dehors! Elles ne la délivrent qu'après le départ du premier essaim.Il n'y en a d'ailleurs presque jamais plus de deux, après quoi la troisième reine, restée maitresse de la ruche, plonge son glaive empoisonné dans les berceaux royaux.Le vol de la reine vers le soleil.Et c'est le vol nuptiall Un jour, jour radieux et pur, moins de trois semaines après sa naissance, la reine sort de la ruche et monte vers le soleil.Tous les mâles de la cité qu'elle abandonne, tous ceux des cités environnantes volent par milliers autour (Suite à la page 47) La Canadienne, Juin 192$ 9 La nouvelle maitcrn d* "La Canadienne, à Sainte-Ame-d*-BtUrcnt Garden City Press—Son oeuvre et ses moyens d'action mm HE GARDEN CITY PRESS, tel est le nom que purtent les ateliers de \'"Indut-1 > « ' ifl trial and Educational Publishing Co.Limited", et c'est là que s'exécutent les travaux soignés dont cette compagnie s'est fait une spécialité dans les impressions de tout genre telles que journaux, magazines, livres, brochures, catalogues, organes officiels, annuaires et papeteries d'affaires.C'est là que sont centralisées les rédactions des principaux périodiques techniques ou commerciaux iniisaircs aux industries canadiennes le* plu* indispensables j en voici la liste: l'he Journal of Commerce.Hebdomadaire The Pulp and Paper Magazine of Canada Hebdomadaire The Canadian Textile Journal.Hebdomadaire The Canadian Mining Journal.Hebdomadaire l'he Farmers' Guide.Bi-mensuel The Canadian Fisherman.Mensuel Iron and Steel of Canada.Mensuel The Canadian Directory of Industry, Commerce and Finance.Annuel Il faut ajouter ù cette liste Everywoman's World, la Canadienne et The Electrical Retailer, les publications de lb Continental Publishing Co.Garden City Press est de plus un comptoir du livre sous toutes ses formes: qu'il s'agisse de technique ou d'enseignement, que ce soit un dictionnaire "u une encyclopédie, on peut se procurer par l'in-lermédiaire de Garden City Press tout ouvrage dont les éditions sont encore en mare he.C'est enfin le foyer d'où rayonnent les entreprises •¦ducatives de certaines organisations importantes telles que la Canadian Pulp and Paper Association, 'e Canadian Textile Imtitute.la Canadian Fisheriet Association, et d'autres encore.Cette oeuvre d'enseignement se poursuit en grande Partie sous le contrôle d'un organisme appelé Tho Inititut» of Industrial and Domestic Arts, dont le but principal est de favoriser chea la travailleur l'étude de sa profession et de développer chex lui, au moyen de cours par correspondence, la formation la plus propre à lui assurer une carrière fructueuse.Certains de ces cours résultent d'une entente conclue entre les chefs d'une industrie, comme c'est le cas pour le cours de fabrication des pâtes et papiers.Certains autres cours sont l'oeuvre de l'Institut lui-même ou de quelque organisation extérieure à laquelle l'Institut est affilié, comme par exemple: Ylnduetrial Correepondence University de Philadelphie; le Bennett Accountancy Institute de Philadelphie; la Haye School of Combustion de Chicago; le Hugo's Language Institut f de Londres et Paris.En un mot, la pensée qui anime l'oeuvre de Garden City Press, est celle-ci: aider, par le développement des ressources intellectuelles du pays au plein développement de ses ressources matérielles et assurer ainsi les deux conditions indispensables au bien-être général de la population.I The Institut» of Induttrial and Domestic Arts L se trouve dans tous les milieux, nombre de personnes qui n'ont jamais eu l'occasion de s'instruire ou qui du moins n'ont pas pu en profiter.Tandis que les uns sont trop occupés pour imaginer quelque moyen de reprendre le temps perdu, les autres, qui disposent de plus de loisirs, ne savent toutefois par où commencer ni quel système d'études adopter.I.e rôle de l'Institute of Industrial and Domestic Arts est justement de pourvoir à ces cas-là, comme de renseigner sur la meilleure documentation intéressant un sujet donné.Bref, l'Institut se destine à encourager l'étude et à fournir à l'artisan, qucllus que soient son occupation ou son instruction, tous les renseignements qui peuvent lui être utiles.On estime à quutre-vingt-dix pour cent la proportion des gens dont la formation s'arrête à l'enseignement primaire.L'autre dix pour cent profite amplement des collèges, des universités, des écoles de scieoe»a appUqmée» «t est*, autres institutions «Vea- seigneuient supérieur, qui sont à leur disposition.L'Institute of Industrial and Domestic Arts est pardessus tout une institution centrale d'enseignement pour le bénéfice de ceux qui n'appartiennent pas à cette dernière catégorie.Mais cette institution est plus encore, puisqu'elle apporte à ceux-là même, qui ont une éducation supérieure, des connaissances pratiques sur les arts domestiques et industriels.Ce n'est pas tout d'avoir une éducation, il faut encore savoir en tirer le meilleur parti possible.Comme preuve des services que 1T.I.D.A.peut rendre dans ce sens, citons le fait que plus de dix pour cent de ceux qui suivent ses cours sont des diplômés d'université.Hien n'a été épargné pour que le personnel charge de ces cours fût composé d'éducateurs de premier ordre; leur personnalité, leur formation et leur esprit d'initiative sont une garantie de l'enthousiasme et de l'ambition qu'ils sauront communiquer ù leurs élèves.A cause de lu position géographique de Garden City Press, IT.I, D.A.occupe un poste éminemment favorable ù la diffusion de son enseignement; en outre, par l'intermédiaire des revues techniques qui se publient dans la même maison et des organisations commerciales et industrielles dont les entreprises éducatives y sont centralisées, l'Institut se tient toujours en contact étroit avec les industries essentielles du pays.C'est M.J.J.Harpell, le président de l'Industrial and I .lue il Publishing Company, qui, aidé de M.Alexander Longwell, son condisciple de Queen*, fonda Garden City Press et se trouve de pur» lors, l'âme dirigeante de la grande institution nationale qu'est devenue cette entreprise.M.Hurpell, en étudiant la situation industrielle du Canada et le rôle qu'il joue dans les destinées économiques du monde, en est arrivé à des conclusions précises sur l'avenir qui est réservé ù notre pays et a fixé elans des axiomes éloquents les qualités et lu discipline qui dencot assurer la grandeur des individus et 1" La Canadienne, Juin 1923 donc, celle de la patrie.Ces idées de M.Harpell, nous les avons extraites d'un livre dû a sa plume et nous les présentons aujourd'hui à nos .lecteurs -want de leur faire connaître l'oeuvre de Garden City Press; nous sommes convaincus qu'elles seront d'un puissant intérêt pour tous ceux qui ne vivent que pour leur foyer et qui tiennent à en assurer l'avenir.Influence de l'étude tur It métier "TVICT le monde voudrait réussir dans lu vie el pourtant il est petit le nombre de ceux qui prennent les moyens de parvenir.Cependant le secret du succès est à portée de toutes les ambitions; il peut se résumer dans l'axiome anglais: Study your job.Il n'y a pas d'emploi, si "modeste soit-il, qui ne puisse mener à quelque situation plus brillante et mieux rémunérée, pourvu qu'on s'applique par l'étude i maîtriser sa position actuelle et à la remplir mieux que tout autre.En apprenant à mieux s'acquitter de lu besogne qu'on a en mains, on se prépure naturellement aux postes plus élevés, et ce qui, hier, n'était qu'un emploi peut devenir à force d'étude une situation et une profession.Study your job, faites valoir votre position par l'étude.Si l'on constate, et c est toujours le cas, que la connaissance de l'arithmétique peut ui-der a faire mieux comprendre la besogne que l'on fait, il faut s'y mettre aussitôt.L'étude de l'arithmétique et des sciences appliquées, voilà quel a été pour la plupart de ceux qui ont réussi dans leur carrière, le point de départ de leur avancement.L'étude des mathématiques est en soi aride et desséchante: c'est une corvée.Mais lorsqu'on l'applique au travail que l'on fait, elle devient extrêmement intéressante.L'effort, qu'il soit physique ou intellectuel, est naturellement pénible.Mais si l'on combine l'effort intellectuel avec le travail physique, on obtient un ensemble harmonieux et agréable qui engendre l'enthousiasme, l'esprit d'initiative et l'activité nécessaires au succès Le travail sans l'étude ne produit qu'un automate; associés, ils font le mécanicien.L'auton 'te, le manoeuvre, celui dont l'effort est surtout .hy.Ique, ne fournit qu'une carrière monotone où ies chances d'avancement sont très rares.De la main-d'oeuvre, voilù toute sa valeur.L'homme qu'on recherche, c'est le mécanicien, l'artisan, celui qui étudie son métier.C'est lui qu'on choisit pour les postes de confiance.• On s'est imaginé il y a quelques années, qu'avec la diffusion des machines automatiques, le mécanicien serait moins en demande.Or, c'est le contraire qui est arrivé.On reconnaît maintenant que la production d'une machine, si perfectionnée soit-elle, est en proportion directe, tant pour la qualité que pour la quantité, de la capacité intellectuelle de celui qui la dirige.Par capacité intellectuelle, on n'entend pas que l'opérateur doit être un savant, mais simplement qu'il doit posséder des connaissances élémentaires en mathématiques, en mécanique, en physique,* en chimie, en électricité, de façon à pouvoir au besoin les appliquer au travail qu'il fait.Comment se fait-il que nombre d'individus nés de parents pauvres se sont frayé un chemin jusqu'aux situations les plus lucratives?Tout simplement parce qu'ils ont trouvé le temps et eu la volonté d'augmenter leurs capacités par l'étude.Ce qui nuit au développement intellectuel des jeunes dont les parents sont à l'aise, c'est les occasions qu'ils rencontrent à chaque pas de perdre leur temps et de dépenser follement leur argent; ceux qui, au contraire, disposent de peu, ne sont pas sollicités par toutes sortes de diversions et ont l'avantage de pouvoir s'appliquer plus facilement à l'étude.Le manque d'instruction *it inexcusable L arrive bien souvent que des personnes se contentent toute leur vie de l'éducation que leurs parents leur ont fait donner.Elles s'imaginent que l'école seule peut dispenser l'Instruction et lorsque les circonstances ne leur permettent pas de laisser le trnvnil pour retourner à la classe, elles sont convaincues qu'elles doivent renoncer il s'instruire.C'est une grave erreur.La vérité, c'est que souvent les mieux renseignés sont ceux qui ont étudié chez eux, qui se sont formés par eux-mêmes, ceux qu'on appelle des uutodiductes.Au fond, le travail personnel est le seul qui compte, que ce soit en classe ou chez soi, pour former un cerveau vigoureux; c'est le seul d'ailleurs qui puisse assurer des connaissances solides.L'école, le collège, l'université, n'ont pas le monopole de l'éducation et ne procurent pus infailliblement la formution lu plus utile.Le jeune homme qui entre en pince au sortir de l'école primnire, mais qui continue à étudier, l'emporte souvent, surtout dans les carrières industrielles ou commercinles, sur son compagnon qui ne se lance dans les affaires qu'après moir passé pur le collège et l'université.Mais le malheur, c'est qu'un si petit nombre continuent ù étudier uu sortir de l'école.Il y a peu d'hommes qui après avoir commencé iiussi modestement que Andrew Carnegie se soient tlnrd M assure à se» employés des logis confortables élevés aussi haut que lui.Il débuta dans la vie sans capital, sans influences de parenté, sans éducation; mais à force de travail et d'étude, il devint le grand industriel que l'on sait, amassa une immense fortune et acquit la réputation d'un homme instruit et renseigné.Son expérience des hommes et des affaires était remarquablement vaste et éclairée.Dans son livre "The Empire of Business," voici ce qu'il dit entre autres choses sur la manière d'acquérir une éducation profitable: "Si je m'en rapporte à mon expérience, j'ai connu peu de jeunes gens dont la vacation pour les affaires n'ait pas été gâtée par l'éducation universitaire.S'ils s'étaient occupés à quelque besogne pratique au cours de leurs études, ils seraient devenus mieux éduqués dans le sens vrai du mot.On a étouffé chez eux toute ardeur et toute énergie."C'est le pauvre commis et le mécanicien acharnés à leur tâche qui finissent, si dénués soient-ils de capital, de relations et de formation universitaire, par s'imposer partout en uffaires." Thomas A.Edison est d'opinion, d'après une interview publiée dans la presse quotidienne, que seules l'ambition et l'urdeur au travail et à l'étude, assurent le succès.It.T.Crane, fondateur et président, jusqu'à sa mort, de la Compagnie Crane, débuta dans la vie comme Carnegie et Edison, sans urgent, sans influences et sans éducation.Au cours de son existence il a fait beaucoup pou' le progrès du génie sanitaire et il a réussi du même coup à mettre sur pied une institution qui occupe plus de seize mille employés.Dans son livre intitulé The Utility of all Kinds of Higher Schooling, M.Crane dit entre autres choses: "Les vrais capitaines d'industrie se recrutent parmi les mécaniciens et les inventeurs.C'est l'inventeur et le mécanicien qui ont fait de l'Angleterre lu merveille industrielle du siècle dernier; c'est eux qui sont à faire de l'Amérique la merveille industrielle de ce siècle.Par conséquent, il faut consacrer le meilleur de notre énergie et de notre intelligence à développer l'habileté de nos mécaniciens, qui comptent parmi eux la plupart de nos inventeurs." M.Crane était d'avis que pour former des mécaniciens "toute formation générule qui dépasse l'école primaire est inutile." D'après lui, la compagnie Crane "n'éprouve aucune difficulté à former ses mécaniciens parmi les jeunes." Cette prétention semble justifiée pur le fait que non seulement lea produits de lu maison Crune, mais encore les artisans qu'elle forme, sont partout bien accueillis et même recherchés.Ces exemples et ces citations ont pour but dr prouver qu'il n'est pas nécessaire, pour ucquérir de l'instruction, de fréquenter l'université ou le collège; ils tendent à démontrer aussi qu'on peut atteindre u une éducation profitable en étudiant chez soi.Le jeune homme qui pendant qu'il travaille :i l'atelier, a acquis des connaissances en mathématiques, eu mécanique, en physique, en chimie, en électricité, possède une conception plus utile de ce qu'il a appris Ainsi, l'esprit assujetti 4 l'enseignement académique ne peut concevoir un objet 'con-:ret, une "came" par exemple, que d'après l'image que lui en fournit le livre.Mais l'idée que s'en fait celui qui a travaillé dans une papeterie correspond à l'objet lui-même tel qu'il l'a vu fonctionner, mettons, dans le mécanisme des épurateurs Parlez d'une came à celui qui en a étudié le principe sur les machi-,ies d'une mine d'or; il se représentera par exemple les cames qui soulèvent à tour de rôle les pilons des bocards et les laissent retomber sur le minerai à broyer.L'imprimeur lui, se représentera la came qui, sur la linotype, anime le va-et-vient de l'élévateur chargé de rendre au distributeur les matrices ayant servi ; au bien la came qui met lu lingotière en position pour permettre au plomb fondu de former lingot contre les matrices.Celui qui ne connaît la came que par les explications d'un livre, ne se représente de cet organe que ce que lui en montrent les lignes inanimées d'un dessin ou d'une photographie ; celui, uu contraire, qui complète ses études par les leçons de choses de l'atelier, aura toujours à l'esprit l'image vivante d'une came en action.De même l'ouvrier qui étudie le principe mécanique de l'excentrique en ayant sous les yeux l'excentrique qui commande le tiroir d'une machine u vapeur ou celui de la faucheuse agricole, se fait une bien meilleure idée de son fonctionnement que l'étudiant qui ne le connaît que par les livres.Pur contre, pour l'ouvrier qui n'a pas étudié la mécanique, les mots "came" et "excentrique" sont tout au plus des appellations dont on u affublé certaines parties des machines qu'il manoeuvre.Les derniers de classe sont souvent les premiers dans la vie ""pRES souvent, une personne qui s'aperçoit de son 1 manque d'instruction, hésitera à se remettre ù l'étude parce qu'elle se souvient du peu de succès qu'elle avait en classe.Voilà une grave erreur.Ce n'est pas nécessairement les premiers de classe qui réussissent dans la vie; bien au contraire, il y a tellement d'exemples éclatants d'élèves médiocres qui sont devenus des hommes éminents qu'on se demande 6i l'exception ne serait pas plutôt lu règle.Cette sin gularité s'explique aisément.Les deux conditions primordiales du succès sont l'esprit d'initiative et la détermination; l'enfant chez qui elles se rencontrent manifeste peu de goût pour la routine scolaire.Il est porté à agir de son propre chef et l'aventure l'attire plus que le règlement.Le régime de l'école pèse à son esprit inquiet et il saisit la première occasion de s'en affranchir.Ce sujet turbulent possède peut être tous les éléments dune carrière fructueuse- ï.a Canadienne, Juin l'-i'-t I 1 il suffit de faire naître en lui le goût de l'étude au moment où il peut se rendre compte de ses uvantages.L'étude, dans ces conditions, développera chez lui le sens de l'Initiative, nourrira son esprit et aiguillera son ambition dans la bonne direction.En s'instruisant, il acquerra l'esprit mathématique, ce qui est la forme lu plus profitable du perfectionnement intellectuel; il deviendra ainsi un citoyen utile et peut-être un chef d'indu trie.Cependant, si on ne l'a pas dirige dans la bonne voie, il peut devenir une source d'ennuis.Son besoin de se signaler à tout prix, lui fera prendre des décisions qui ne seront pas toujours couronnées de succès; il deviendra alors aigri et ne saura pas quand il le faut, se conduire en bon citoyen.Il n'y a rien de tel que l'association du travail et de l'étude pour adoucir les aspérités de la vie et ouvrir des horizons.C'est la clef du succès.Une demi-heure réservée chaque jour à l'étude vaut mieux pour assurer l'avenir d'un individu que tout ce qu'il peut imaginer pour occuper autrement ses loisirs, surtout si les connaissances qu'il acquiert ont trait à su besogne quotidienne.Le» école» du noir rl le» école» de jour C REDERIC B.Robinson, doyen du "College of the CUy of New York", dirigeait tout récemment une série d'épreuves empiriques dont le résultat démontra que relui qui travaille durant la journée et étudie le soir, se place au-dessus de l'élève dont l'unique occupation est d'aller en classe durant le jour.Voici ce qu'il dit là-dessus: "Malgré que la plupart des élèves de jour eussent sur les autres l'avantage d'une éducation et d'une culture préala-les, les élèves du soir, lûris par l'expérien-:e des travaux pratiques, montrèrent une supériorité éclatante.Leur moyenne fut de 80.3, tandis que celle des élèves de jour ne s'éleva qu'à 70.5.Il est prouvé que les capacités intellectuelles sont très développées chez les travailleurs qui s'adonnent à l'étude.L'effort mental, grâce auquel l'artisan a maîtrisé sa spécialité, peut ensuite faire de lui un surintendant, un gérant, un inventeur, un ingénieur, un savant.Le monde doit le meilleur de te» progrès ù l'effort studieux de iarti»an TANT que l'homme d'étude, à travers les âges, de-^ meura dans sa tour d'ivoire loin du commun des mortels et tant que ses recherches ignorèrent l'atelier, le monde ne fit guère de progrès.Les chercheurs faisaient de leurs études plutôt une question de curiosité ou même une pratique de sorcellerie; leur savoir et leurs découvertes connurent peu d'applications utiles.De son côté, l'artisan ne cherchait pas à se perfectionner par l'étude.11 pratiquait son art selon des formules transmises de père en fils, de patron en apprenti.Le premier contact entre l'étude et la pratique fut amené par les nécessités de la guerre; pour gagner sur l'ennemi quelque avantage, il fallut imaginer des engins de guerre, construire des ponts, bâtir des routes militaires.Les progrès dus à ce premier contact se reflètent dans les constructions de l'époque et se traduisent par l'apparition du ciment et des métaux ouvrés.Le second point de contact remonte aux premiers temps de la navigation alors que la connaissance de l'astronomie était indispensable à qui voulait se guider sur la mer.L'homme qui opéra vraiment la transition entre l'époque ancienne et la nôtre fut Sir Isaac Newton, l'un des érudits les plus remarquables de tous les temps, qui vécut de 1642 à 1727.Newton vint au inonde sur une petite ferme du Lincolnshire.Il reçut une excellente éducation et passa par l'Université de Cambridge.Il s'appliquu d'abord ù l'étude approfondie de la géométrie qui le mena ensuite jusqu'aux mathématiques supérieures, c'est grâce à cette formation personnelle qu'il accumula les découvertes et les inventions qui ont fait sa gloire.Le troisième point de contact entre l'étude et la pratique ne remonte qu'à 1705, alors que Thomas Nrwcomen, un forgeron, après de patientes recher- ches, réussit à inventer une machine à vupeur pour épuiser l'eau des mines.La pompe à vapeur de Newcomen était à vrai dire un mécanisme bien grossier.C'est à ce moment que James Watt, le grand mécanicien du 18ème siècle, entra en scène.Watt était le fils d'un charpentier spécialisé dans la construction navale; il entra dans l'industrie en 1TM en qualité d'apprenti chez un opticien de Glasgow.Il commença en 1759 à s'intéresser uu problème de lu machine à vapeur.Il lut tout ce qui s'était publié sur la question de la vupeur et construisit alors des machines expérimentales.C'est en 1776 que Watt réussit à mettre ù point le premier mécanisme satisfaisant.Le succès de la machine de Watt fit naitre l'Idée d'appliquer la vapeur à la propulsion des véhicules et les plus grands savant, de l'époque conduisirent de nombreuses expérience- dans ce sen-.Pourtant la première voiture à vapeur d'un caractère vruiinent pratique fut construite vers 1815 par George Ste-plien-on, ingénieur de la bouilltre de Killingworth, dont toute l'instruction était le fruit d'études personnelles.La dernière moitié du 18ème siècle et le début du ISème marquèrent une période très active du mou- Ce» neuf autre» maison» dt la Compagnie tont tituée» sur l'Avenue Garden City veinent scientifique et virent se classer en groupe* cohérents les éléments jusque-là epars du savoir humain.Les mathématiques et l'astronomie étaient déjà très avancées, muis la chimie et la physique étaient encore dans leur enfance.Priestley, par ses expériences sur l'air et les autres gaz; Black, par ses recherches approfondies sur les terres alcalines, furent les devanciers de Lavoisier, qui révolutionna la conception ancienne de lu transformation chimique.Scheele, en Suède, et Davy, en Angleterre, isolaient des substances nouvelles et agrandissaient le champ des connaissances chimiques.Rumford, de son côté, s'attacha à prouver ce que Watt avait soupçonné déjà: que la chaleur est une forme de l'énergie.Mais tandis que la science s'édifiait ainsi sur des théories solides, elle commençait à recevoir ses principales applications mécaniques.Hargreavcs, Ark-wright, Cort, Cartwright, Smeaton, Rennie, Murdoc et d'autres moins célèbres perfectionnaient les machines, les sources de la force motrice et les moyens de locomotion.Presque en même temps Oersted, Ampère, Davy et Faraday, édifiaient sur les découvertes réalisées pur Volta en 1800 tout un système de contrôle des phénomènes électriques.Vers le milieu du 19ème siècle, grâce à une diffusion toujours plus grande des ouvruges techniques et d'enseignement, les artisans s'adonnent de plus en plus à l'étude et l'on voit s'accroître le nombre des inventions mécaniques; c'est de cette époque que datent la moissonneuse, la machine à coudre, le télégraphe et le procédé de vulcanisation du caoutchouc.On découvre ensuite le téléphone, la dynamo et la lampe à arc.Mais ce n'est qu'en 1880, nu mo ment où le dveloppement intellectuel des ouvriers mécaniciens se fait vraiment sentir, que ces inventions reçoivent leur application pratique et commencent à répandre sur la surface du globe le confort et la prospérité.Le monde entra alors dans une ère d'inventions et de découvertes dépassant tout ce que l'esprit humain avait jamais osé concevoir.Le "Scientific American", dans sa livraison du ô juin 1919, décrit ainsi cette merveilleuse époque: "The ten years beginning with 1880 saw an outburst of inventive and mechanical activity that dwarfed all similar periods in the history of invention.It seemed that the discovery of things electrical in the last three or four years of the previous decade was a signal for the pent up energies of the world to be let loose." Cette éclosion du génie inventif fut favorisée surtout par le fait que l'atelier et l'usine commençaient a utiliser les services d'ouvriers instruits, et observateurs, de mécaniciens dans toute la force du mot.C'était là le résultat du développement qu'avait connu depuis vingt-cinq ans en Grande-Bretagne, aux Etats-L'nis et au Canada l'enseignement gratuit dans les écoles publiques, joint à lu diffusion toujours plus grande du livre technique à bon marché.La jeunesse avait pris l'habitude d'entrer en place «u sortir de l'école primaire, quitte à poursuivre en-uite des études personnelles à même des ouvrages de spécialisation.La décade de 1880 à 1890, mémorable dans les fastes du progrès humain, produisait, entre autres inventions, le tramway électrique, la lampe à in-C nilesccncc, l'automobile, la machine à écrire, la c;.isse enrégistreu e, la turbine a vapeur, le muteur à essence, la machine ù composer les caractères d imprimerie, le procédé au cyanure, la soudure électrique, la poudre sans fumée, le phonographe, le frein à air, la pellicule pho ographique, le pneu natique, le procédé ie similigravure, l'attelage des trains, l'é-crémeuse, la dynamite.C'est durant cette époque que se généralisa l'emploi de l'électricité et qu'on commença la fabrication en grand des dynamos, des transformers, des moteurs.On ne s'en est peut-être pas assez rendu compte, in us c'est grâce aux températures élevées réalisées par le four électrique, invention de cette même décade, que les industries chimiques et métallurgiques ont atteint le développement qu'on leur connaît de nos jours.Le fait est qu'il semble après toutes les découvertes et les inventions de cette époque, qu'on touche presque aux limites de l'ingéniosité humaine.Le travail mnniirl en défaveur T~\ AUTRES inventions et d'autres découvertes sont '-' survenues depuis, mais en moins grand nombre, notamment la télégraphie .sans fil, l'aéroplane, les outils à l'air comprimé.Ce ralenti-sement semble at-tribuable au fait qu'on s'est préoccupé surtout à ce moment d'organiser la centralisation de l'enseignement technique et supérieur pour former de- compétences.Cette nouvelle orientation se manifesta de façon générale pur le remaniement des vieux programmes universitaires et c'est les méthodes de l'enseignement classique qui prévalurent dans l'ordre nouveau.Elles étaient à vrai dire plus propres a former des érudits, des avocats, des médecins, des théologiens, des pédagogues que des artisans.Elles faisaient perdre à l'étudiant sa vocation industrielle et le détournaient du but qu'il s'était d'abord proposé en l'attirant vers une profession d'apparence plus séduisante.On lui demandait, dès l'examen d entrée, des connaissances beaucoup plus étendues que n'en nécessitait sa spécialité; il fallait de plus qu'il abandonnât l'atelier et qu'il passât le plus clair de se- quatre, cinq ou six années d'études à suivre des cours qui n'avaient souvent aucun rapport avec la carrière qu'il avait d'abord choisie.Cette nouvelle façon de comprendre l'enseignement technique affaiblissait l'industrie en lui faisant perdre nombre de ses sujets les plus brillants et les plus entreprenants.La formation classique, qui est à la base de l'en seignement universitaire, ne cadre guère avec le souci moderne du progrès matériel, puisqu'elle s'in — pire surtout des exemples de l'antiquité grecque et romaine.On a dit avec rai-on que "savoir, c'e t pouvoir"; mais ce pouvoir ne se manifeste qu'en autant que les connaissances servent a quelque cho e Le savoir, c'est comme l'argent: il ne vaut rien par lui-même, il ne vaut que par ce qu'il procure.Le savoir est une arme précieuse, mais l'arme la meilleure est sans valeur pour qui ne sait pas la manier.Le savoir est tout-puissant, mais la puissance du Niagara, de la vapeur, de l'électricité était perdue pour l'humanité avant qu'elle n'eut songe à lui faire If La Canadienne, Juin 19tS produire du travail.Les Chinois connaissaient le fer magnétique liien avant les Européens, mais pour eux, ce n était (pie du métal.Entre le- mains de l'.irti-an européen, le fer magnétique devenait une forée utile qui appliquée à la boussole, donnait à l'Europe l'empire des mers.De même pour la poudre à canon que les Chinois connaissaient avant le.Européens, mais dont l'utilisation se bornait chez eux à la préparation des feux d'artifice.l'ne autre conséquence du caractère qu'avaient re-\ctu les études supérieure, vers la fin du siècle dernier et au début de celui-ci (consequence d autant L'avènemeni île l'enseignement par correspondance IL n'e.t pas rare que des réformes nécessaire., des inventions précieuses aient pris nais-ance dins les ruines d'un grand désastre.La route du progrès humain est marquée pur des étape, où sont apparus ù leur heure des homme, d'une clairvoyance et d'un courage exceptionnels qui ont su dégager le- leçons d'une calamité, ont travaillé à en empêcher le retour et sont ainsi devenus les bienfaiteurs de l'humanité.Les historiens de l'avenir marqueront assurément duns cette galerie des grand, homme, la place de IHRHHI Va fil* annuelle de Garden City Press attire toujours une foule nombreuse et réjouie plus déprimaBte qu'elle explique en grande partie li répugnance d - certain, industriels à voir s'instruire leurs employés), c'est le dégoût pour le travail manuel qui e développait chez l'étudiant sous l'influence de lu formation universitaire.La moyenne des jeunes gens en étaient venus à considérer l'éducation comme une occasion d'échapper aux besognes exigeant un effort physique, si bien que les patrons s'étaient pris à craindre de perdre leurs ou-\ riers en leur fournissant les moyens de s'instruire.Cette crainte , t pourtunt suns fondement.Le jeune homme qui suit un cours universituire dédaigne l'effort physique, non pas parce qu'il est instruit, mais parce qu'il n'a pus acquis son instruction dans une ambiance favorable.S'il l'avait reçue en même temps qu'il aurait fréquenté l'atelier, ce qui l'aurait aidé à mieux comprendre et ù mieux aimer son ouvruge, il ne détesterait pas le travail manuel, si malpropre fût-il.En d'autres termes, l'artisan instruit ne recule devant aucune besogne qui s'offre ù lui.Le travail manuel et l'étude recommencent à faire cause commun» ail AIS l'ambiance purement classique de l'ensei-gnement universituire allait bientôt se transformer.La plupart des grands chefs d'industrie, ceux-là surtout qui s'étaient abondamment enrichis et qui étaient parvenus au succès sans formation universitaire, siuperçureiit que dans leur domaine, la possession d'un diplôme universitaire n'était pas une garantie de compétence.On songea par suite à établir des écoles professionnelles d'un caractère plus utilitaire, soit en greffant sur des institutions déjà existantes des facultés de sciences appliquées, pour les mines pur exemple, soit en créant des organismes distincts, comme les instituts agricoles.La fréquentation de ce- écoles spécialisées augmenta rapidement.Four familiariser l'étudiant avec la carrière à laquelle il se destinait, on l'encourageait et on l'obligeait même à fu'-e un stage dans l'industrie qu'il avait choisie.Mais ce n'est pus encore là lu formation qui con-\ ic mie le mieux au futur artisan.Un système qui met l'étude au service de la pratique est plus efficace que celui où l'étude passe avant la pratique.D'ail-leur-, les conditions de l'inscription dans lu plupart de ces unies .portent encore le.traces de l'influence académique en ce qu'elles impliquent plus de connaissances fondamentales qu'il n'est nécessaire; ceci, joint aux inconvénients de la fréquentation scolaire, met hors de la portée dr lu classe ouvrière le- avantages que présentent ces institutions.I,es institutions d'enseignement qui rendent les plus grands services a l'industrie sont celles dont les portes s'ouvrent sur l'atelier même et dont les leçons peuvent se donnar indifféremment duns des classes ou par correspondance, selon que le- circonstances le |iermettent à l'élève.Dans la plupart des postes de l'industrie, une con-niis'sance élémentaire des mathématiques, de la mécanique, de la physique, dr la chimie et de l'électricité est hautement désirable.Quant au mécanicien, au chef d équipe, au contremaître ou au surintendant, cette connaissance leur devient de plus en plus in-di*|>eiisttble.I.a plupart d'entre eux cependant n'ont pour toute instruction que celle qu'ils ont acquise à l'école primuiri- et il fallait découvrir quelque moyen «Je remédier a cet état dr choies T.J.Foster, qui le premier imagina un système de cours pur correspondance.M.l"'o-ter avait été témoin du grand feu de la ruine de charbon d'Avondule, aux Etuts-Unis.Ce désastre cunfirmu l'opinion qui s'était déjà fuit jour duns l'esprit du jeune Foster: la cuuse de la plupart dei catastrophes et des pertes de vie qui survenaient dans les mines de charbon de la Pennsylvanie, c'était assurément l'ignorance tant des ouvriers que de leurs dirigeants.Foster se tenait uu courant de toutes les publications techniques qui commençaient à arriver d'Angleterre et d'Allemagne sur la question du charbon, et il entreprit un mouvement de.-tiné à répandre parmi les mineurs une partie de ses connaissances.Il fonda un journal d'intérêt local, "The Colliery Engineer", dans les colonnes duquel il donnait des renseignements sur la ventilation, la levée des plans et la mécanique appliquées aux mines.En 1885, l'Etat de Pennsylvanie passait une loi qui exigeait de ceux qui occupent dans les mines des positions responsables, un certain bagage de connaissances.Pour le bénéfice des candidats à ces positions, le "Colliery Engineer" consacrait une bonne purtie de ses colonnes à résoudre les problèmes des examinateurs de l'Etat et à répondre aux questions posées par les correspondants.Pour aider aux mineurs dans leurs études, M.Foster publiait aussi des éditions bon marché d'ouvrage- élémentaires sur le.; mines.Il pensa ensuite que l'enseignement par correspondance pouvait se pratiquer avec succès, et il commença à préparer dans une langue claire et concise une série de cahiers sur le- mathématiques, l'anglais et les autres sujets que les mineurs devaient posséder pour passer leur examen.Ce furent là les débuts d'un système d'enseignement destiné à convenir éminemment au travailleur industriel et à former des mécaniciens compétents.Le nombre total d'étudiants qui ont suivi ces cours tant au Canada qu'aux Etats-Unis se chiffrait dernièrement à trois millions et plus; de leurs rungs sont sortis quelques-uns des personnages 1 e s plus remarquables de notre époque.Les cours d» Pâtes et Papiers I E succès du système Foster l'a fait adopter par une grande quantité d'usines et d'organisations de tous genres.Sa consécration la plus récente apparaît duns les cours par correspondance sur la fabrication des pâtes et papiers dont la préparation est due à l'effort combiné de-Associations papetières du Canada et des Etats-Unis.Au mois de septembre 1918, se formait un comité international churgé de trouver la méthode d'enseignement la mieux appropriée aux besoins des ouvriers en pâtes et papiers.A la tête du comité était M.Geo.Carruthers, président de "The Inter- lake Tissue Mills," Merritton, Ontario; le secrétaire était M.lt.S.Kellogg, secrétaire du "News Print Service Bureau" de New-York.Apres qu'on eût décidé que le système Foster était le mieux approprié, on retint les services de M.T.J.Poster à titre d'avUeur.Le comité engagea aussi .M.J.,1.Clark qui durant plusieurs année- avilit été rédacteur en chef des manuels en usage dans l'organisation de M.Foster.M.J.N.Stephenson fut nommé éditeur de la série de manuels qu'où se proposait de mettre entre les mains de- futurs étudiunts et afin que ce, manuels fussent au point, on en confia lu rédaction à un grand nombre d'experts américains et cunudiens, i n réservnnt à chucun d'eux cette partie de l'industrie où il fallait autorité.Ce cours d'études est l'un des plus complets qui soient.Il commence à la numérution et à l'addition et comprend d'ubord, l'arithmétique et le- mathématique, dans leur application à l'industrie de- pâtes et papiers, puis lu mécanique, la lecture de- plans, lu physique et l'hydraulique, lu chimie, l'électricité.Cette purtie du cuurs fuit lu matière des deux premiers volume,.Les trois derniers volumes renferment l'étude approfondie des appareils, des méthodes, des procédés en UMige dans l'industrie.Le profes-eur ultaelie dès le début une grande Importance au choix de l'expression juste; l'élève, forcé d'expliquer clairement ses difficultés pur écrit, ucquiert l'habitude de la composition épistoluire.Ce n'est pus un mince uvuntuge en nffuires que de savoir rédiger uu besoin une lettre bien conçue.On u déjà tenté duns les papeteries du Cunadu et d'ailleurs d'organiser des classes et des cours du soir, mais on u reconnu que ce système était difficile d'exécution ù cuuse de lu grunde différence d'éducation préalable qui existait d'un sujet à l'autre et à cause du cycle toujours changeant des heures de travail.L'étude ù domicile triomphe de ces obstacles en ce qu elle permet à l'étudiunt de constituer une classe a lui seul.Il peut commencer le cours à l'endroit que lui permettent ses connaissances actuelles et il peut le poursuivre aussi vite que ses capacités et ses loisirs l'en rendent capable.De plus, il n'a pas be .oin, une fois sa journée faite, de changer de vêtement pour se rendre en classe.Il étudie chez lui et l'exemple de son application porte les autres membres de sa famille à faire un meilleur emploi de leur temps.Le cours est préparé de façon à permettre au praticien de se renseigner sur la technologie de l'industrie et au technicien d'apprendre ce qu'est la pratique d'atelier.Il leur présente à tous deux des connaissances étendues sur les méthodes et les procédés particuliers à la fubricution des pâtes et papiers, de sorte que ces deux catégories d'artisans se trouveront bientôt sur le même pied pour fournir des carrières utiles et bien remplies.Tout ce qu'il faut pour entreprendre ce cours, c'est de savoir lire et écrire, sans distinction d'âge.Le cours se donne soit en français, soit en anglais.Cette oeuvre d'enseignement professionnel a pour but le progrès intellectuel de la classe industrielle.L'industrie des pâtes et papiers en est encore, comme beaucoup d'autres industries, à ses débuts, et sa grandeur future sera en raison directe de l'intelligence et de la réflexion dont auront fuit preuve ceux qui lui appartiennent.Après avoir satisfait à un examen portant sur lu section d'arithmétique qui comprend les trois premiers cahiers d'études, on peut devenir membre étu- raditionnelle part diant de la Section Technique de lu Cunadiun Pulp and Paper Associntion.Après avoir passé un exu-men sur In mntière des deux premiers volumes du cours, c'est-à-dire sur les sciences élémentaires, l'étudiant devient membre junior et lorsqu'il a complété le cours entier, il reçoit un diplôme par lequel il devient membre régulier, du moment qu'il aura satisfait aux autres conditions d'admission.Organisation des cours I A plupart des grandes usines possèdent un comité de l'enseignement; ni ce comité ni la direction de La Canadienne, Juin 1923 19 l'usine ne sont d'ailleurs responsables des contrats qui peuvent être survenus entre les étudiants et l'Association ou son représentant.La fonction de ce comité est de suivre les élèves dans leurs études et des les aider de toutes façons à poursuivre leur cours jusqu'à l'obtention du diplôme.Nombre d'usines ont mis une salle d'étude à la disposition d'un tuteur qui se tient là à certaines heures pour donner aux étudiants les éclaircissements dont ils peuvent avoir besoin.Il est même arrivé que le comité a entrepris de faire faire par le tuteur des visites à domicile, lorsqu'il s'agissait d'hommes mariés.Ces cours sont sous la direction de ITndustrial and Educational Publishing Co., qui sert alors d'agent à la Canadian Pulp and Paper Association sous le nom de "Institute of Industrial and Domestic Arts." Le travail d'enseignement est centralisé à Garden City Press, Gnrdenvale, P.Q., sous la direction de M.J.N.Stephenson, principul; de M.J.J.Clark, sou-principal; de M.T.Linsey Crossley, directeur des études pour les correspondants anglais, et de M.Paul-Emile Piché, directeur des études pour les correspondants français.Les étudiants sont recrutés soit par lettre, soit à l'aide d'entrevues, et sont incités au besoin à persévérer dans leurs études au moyen d'une série de lettres préparées sous la direction de M.T.J.Foster et destinées à stimuler leur ardeur.Dés que l'étudiant est inscrit, il reçoit les deux premiers cahiers d'étude en même temps que des indications complètes sur la manière d'étudier.A la fin du premier cahier, il passe un examen; si ses noies sont satisfaisantes, il passe au suivant et reçoit un troisième cahier, de sorte qu'il a toujours en mains un cahier en avance, mais n'a pas la perspective décourageante d'avoir à s'attaquer à un volume tout entier.Un certain nombre d'usines viennent en aide aux étudiants en leur avançant le prix du cours, quittes à se faire rembourser ensuite par des versements établis d'après les moyens de chacun; nombre d'usines ont même offert de prendre à leurs charges les frais du cours, en tout ou en partie, du moment que les étudiants auront été jusqu'au bout de leur programme et se trouveront encore à leur emploi.S'il a été traité un peu au long du cours en pâtes et papiers, c'est qu'il offre un exemple typique de la façon dont l'oeuvre d'enseignement de Garden Cihi Prest se mêle intimement à la vie industrielle du pays, tant par le caractère de ses manuels que par ses méthodes pédagogiques.Le problème des manuels f^F.TTE question des manuels est bien importante et on n'a peut-être pas jusqu'ici donné toute l'attention voulue à l'influence exercée par les lectures sur l'orientation professionnelle.Si les jeunes qui sont l'espoir de l'industrie textile ou de celle des pêcheries sont forcés de se renseigner dans des manuels dont les auteurs ne connaissent autant dire rien de ces industries, il n'est pas surprenant que leurs études ne soient guère profitables.Pour le même motif, tant que les Canadiens ne pourront connaître la géographie industrielle et commerciale de leur pays qu'en consultant des ouvrages où le Canada ne reçoit pas la considération qu'il mérite, il n'y a pas lieu de s'étonner que les nôtres se sentent plutôt entraînés là où on sait les attirer.Ainsi, l'une des dernières publications sur ce sujet, destinée sans doute à faire autorité, est "Business Geography", 1922, annuaire rédigé en collaboration par quatre géographes américains bien connus et publié par John Wiley and Sons, de New-York.A la page 326 de ce volume, on trouve une tahle de la production minérale dans le monde, répartie par continents.Cette table indique le pourcentage provenant des Etats-Unis; mais il n'y est pas question du nickel, de l'amiante, du cobalt, et pourtant l'Amérique du Nord constitue la grande source de ces trois importants minéraux, puisque le Canada en assure pratiquement toute la production.Autre exemple.Sous le titre "Farming in Typical Parts of the Uniled States and Canada," on lit à la page 34.9 la déclaration suivante: "The wheat belt of the great plains of America comprises the States from North Dakota, Southward to Oklahoma and even northern Texas." Il n'est aucunement question là-dedans des grandes plaines canadiennes; voyons si leur production est si peu importante en comparaison des moissons américaines, qu'il faille la passer sous silence.L'Etat de North Dakota, a produit en 1921, qui est l'année sur laquelle l'auteur base apparemment ses statistiques, 73,264,000 minots de blé; son voisin du sud, l'Etat de South Dakota, en a produit 25,980,000 minots.Cependant, la Province de Saskatchewan, qui borne au nord le North Dakota, a eu la même année une récolte de 188,000,000 de minots.Le rendement moyen par acre dans le North Dakota a été cette année-là de 8.3 minots, tandis qu'il a été de 105 minots pour l'ensemble des Etats-Unis.* Par contre, cette moyenne a été de 13,75 minots pour la Province de Saskatchewan et de 12.75 minots pour le Canada tout entier.** ÏJts pêcheries, qui ont contribué pour une si large part à la suprématie maritime de la Grande-Bretagne et du Japon, et qui constituent l'une des sources les plus précieuses de l'alimentation, sont considérées dans ce volume sous un jour absolument défavorable.L'industrie des pâtes et papiers et les pouvoirs hydrauliques n'y sont même pas mentionnés.La préface recommande dans les termes suivants la valeur de ce volume comme manuel de l'étudiant canadien: "L'étude économique du Canada est assez difficile à traiter.De toute façon, la partie la mieux peuplée de ce pays n'est qu'un prolongement des Etats-Unis vers le nord.C'est ainsi qu'on l'a considéré dans ce volume et son importance s'éclipse inévitablement devant celle des Etats-Unis.Le maître qui veut pousser plus loin l'étude du Canada ferait bien de recourir au texte et surtout aux tableaux de l'ouvrage de Colby intitulé: "Source Book jf North America Geography"; il n'aura I u i modifier 1 e s exercices concernant les Etats-Unis de manière qu'ils s'appliquent au Canada.De cette façon "Business Geography" pourra servir aussi bien aux étu-iiants canadiens qu'à ceux des Etats-Unis." "Business Geography" est l'o u v r a g e de deux profes-fesseurs, d'un la leur.Cette disposition leur fait prendre leur besogne en aversion, si bien qu'ils renoncent à s'y perfectionner, bien décidés à la laisser aussitôt qu'il s'en présentera une plus à leur goût.Ils la laissent en effet, si on ne les a pas déjà congédiés.Vue de près, leur nouvelle occupation n'est pas aussi attrayante qu'ils se la représentaient d'abord et il ne se passe guère de temps qu ils ne se dégoûtent aussi de celle-là.Et ils vont ainsi de place en place, à la dérive."Trop de gens sont comme cet homme qui après avoir parcouru le monde à la recherche d'un trèfle à quatre feuilles, le trouva, mais un peu tard, dans son propre jardin.Ils voient des occasions partout ailleurs que chez, eux et pourtant c'est là et là seulement qu'ils devraient regarder." * Au bout de quelques années, ils sont dans la catégorie des vagabonds du travail; indifférents à leur besogne, malheureux dans leur foyer, ils vivent sans PJ V W professeur adjoint et d'un spécialiste en enseignement, appartenant à quatre des institutions les plus marquantes des Etats-Unis; il est donc susceptible de faire autorité auprès du maître ou de l'élève qui n'est pas bien renseigné sur les conditions industrielles ou commerciales du pays.On est d'abord agacé de ces omissions.Mais après tout, les auteurs ne sont pas obligés de s'occuper du Canada.Ils ont voulu surtout préparer un manuel qui trouvât aux Etats-Unis un marché favorable en se recommandant aux autorités enseignantes de chaque Etat.S'ils avaient révélé toutes les caractéristiques de la géographie économique du continent nord-américain, leur ouvrage aurait pu se voir refuser l'entrée des écoles d'un grand nombre d'Etats.Durant ces dernières années, les Etats-Unis ont fourni au Canada des centaines de millions de capital et des centaines de mille citoyens.On les rencontre par tout le pays et dans toutes les industries.Notre pays est le seul qui paraisse les attirer puissamment.Ils ne semblent pas regretter d'être venus et comme ils sont gais, entreprenants et très intelligents, comme de plus ils sont avec nous en communauté de langue et d'idéal, ils sont les bienvenus.Dans ces conditions, il n'est pas malaisé d'imaginer ce qui se passerait si on rendait justice au Canada dans les livres qui sont mis entre les mains de la jeunesse, tant aux Etats-L'nis que dans les autres pays.Malheureusement, tel n'est pas le cas, même pour les manuels de chez nous.Il n'existe pas de géographie économique du Canada.Ceux qui en demandent aux libraires ne peuvent se procurer que des ouvrages dans le genre de celui qu'on vient de mentionner, ouvrages qui tendent à désenchanter le lecteur sur les ressources de son pays et à le décourager par le peu d'avantages qui lui sont reconnus.L'oeuvre de Garden City Press s'attache précisément à corriger cette erreur.Les périodiques, les manuels, la corre-pondance qui émanent de notre maison prêchent constamment un évangile dont le sens est précisé au chapitre qui va suivre, l'évangile des débouchés merveilleux que présentent à ceux qui ont de la vigueur et de l'ambition, les ressources encore neuves et les industries du Canada, ainsi que les méthodes les plus propres à en tirer les éléments d'une carrière féconde.Les débouchés—on les trouver—comment en profiter (")N rencontre chez la moyenne des travailleurs une tendance à rêver de situations qui les paieraient mieux ou qui leur donneraient plus d'agrément que U n premier prix cesse au-dessus de leurs moyens.-Leur vie de famille est à l'image de leur travail, elle manque d'ordre et de prévoyance.La vieilles-e approche, leurs forces déclinent et comme leur intelligence ne s'est pas développée par l'étude, leur salaire diminue.Aux prises avec la pauvreté et les dettes, ils sont condamnés eux et leur famille, à vivre dans des milieux sordides, mal logés, mal vêtus et privés de tout plaisir vraiment digne de ce nom.Ils redoutent constamment de voir se fermer, même pour un seul jour, la source de leur maigre revenu.Il est trop tard pour amasser quoi que ce soit en prévision de la vieillesse ou de la maladie.Est-il rien de plus redoutable que les suites d'une vie déréglée ou mal réglée?Et pourtant combien parmi les jeunes, s'arrêtent à y songer sérieu-ement?Ils se laissent emporter par la vie, sans but et sans direction.Ils donnent bien chaque jour quelques heures d'un travail indifférent à la poursuite du pain quotidien, mais le reste de leur temps est livré à l'oisiveté ou à la recherche du plaisir.On trouve autant de plaisir et un bonheur autrement durable dans une vie de travail et d'étude que-dans une existence vouée à l'oisiveté et à l'indifférence.Pour passer de celle-ci à celle-là, il suffit de quelques mois d'un effort soutenu et l'habitude sera prise.On peut commencer n'importe quand, dans n'importe quelle occupation.Il s'agit de s'imposer un solide programme d'études.On commence d'abord par l'arithmétique; viennent ensuite les éléments de mathématiques, de mécanique, de physique, de chimie et d'électricité.Ces sujets sont fondamentaux; ils sont à la base de In technique de toutes les grandes industrie; et leur étude est d'autant plus précieuse qu'elle favorise le développement intellectuel.Si l'on veut s'habituer à penser juste et vite, il faut faire la gymnastique du cerveau, de I i même façon qu'un athlète qui veut exceller dans les sports fait de l'entraînement physique Or, c'e-t par l'étude que le cerveau s'assouplit et ! e développe.Il faudra aus-i «r renseigner sur la géographie économique du pays de façon a connaître les débouchés les mieux appropriés aux talents et à l'ambition d'un chacun.Mais une fois qu'on a choisi une carrière, il faut s'attacher à en faire un -uccès Il faut s'efforcer d'y devenir une compétence en se renseignant à fond sur tout ce qui s'y rapporte.Si l'on en sort jamais, il faut que ce soit pour embrasser un champ d'action plus vaste dont les succès remportés dans l'autre auront favorisé l'accès.La géographie commercial» /""F.qui fait en grande partie la force d'un pays industriel, c'est l'accessibilité et l'importance des * Annuaire du Département de l'Agriculture aux Etats-Unis pour l'année 1921.Annuaire du Canada pour l'année 1*21.* T.J.Foster au cours de ses conseils sur le ¦aOTtO» de parvenir. H I* Canadienne, Juin 1923 marche* dont (1 dispose.Sous or rapport, le Canada est dans une situation exceptionnelle.D'après le Lloyds Calendar, les matières postale- prennent poor arriver A 1-ondres de :*6 A 42 jours lorsqu'elles viennent de la Nouveile-ifcélande; de M à i't jours lorsqu'elles viennent d'Australie; de 17 A 22 jours lorsqu'elles viennent de l'Amérique du Sud; de IT a 21 jours lorsqu'elles viennent de l'Afrique du Sud; de 14 a 16 jours lorsqu'elles viennent des Indes; dr 7 A 8 .tours seulement lorsqu'elles viennent du Canada, évidemment le fret est plus long à venir que la malle, mais la proportion de longueur des différents trajets reste la même que ci-dessus.L ette proportion subsiste aussi pour la rapidité et le coût relatit 'des cAblogram-mes sur ers différents trajets ¦ o n s i d é r «tinn d'une extrême mportance quanti il s'agit de relations commerciales.l.e marche le plus important «près l'Angleterre, c'est les Etats-Unis.Ici le Canada offre évidemment des avantages uniques de proximité.Viennent ensuite le Japon et la Chine; le Canada, vis-a-vis de ces deux marchés, est aussi bien situé qu'aucun des pays que nous avons comparés < t mieux que la plupart d'entre eux.Ainsi, le Canada est placé enre les deux plus grands marchés du monde et à proximité du troisième.Cette situation géographique prend une valeur saisissante lorsqu'on songe qu'elle permet d'êtrr rapidement au courant des commandes et de livrer plus rapidement et à meilleur compte que les concurrents des autres pays.Un autre aspect de cette supériorité, c'est que le Canada e-t dans le même hémisphère que les trois plus grands marchés du monde: grâce à cette circonstance, les marchandises corruptibles et le bétail qu'elle exporte ne sont pas exposés aux risques de la lône torride.Le Canada est pre-que entièrement en zone tempérée ; ses moissons mûrissent rapidement et sont moins sujettes que celles des pays chauds à la rcheresse et aux ravages des insectes.Le Canada n'a relativement pas à souffrir de- tremblements de terre, des cyclones et des autres fléaux de la nature.Son climat est sain et tonifiant, ses longues soirées d'hiver dans la chaleur tiède des appartements, sont favorables à la lecture et à l'étude."Les grandes civilisations de toutes les époques semblent avoir exio- là où la nature ne permettait de produire que durant une partie de l'année, forçant ainsi l'homme à accumuler le fruit de son travail pour les périodes improductives.Le froid est un grand stimulant de l'activité.L'homme et tous les animaux sont portés par un froid vif, à se mouvoir plu- rapidement que sous la chaleur suffocante de l'été.Ceci est vrai des nations comme des individus.Les nations les plus énergiques et les plus puissantes sont celles qui habitent un climat où le froid stimule l'activité et où la chaleur de l'été permet de produire de vaste réserves de nourriture." • La péoyraphi* industrielle \tAlS la plus grande force du Canada réside dans la richesse et l'étendue de ses ressources naturelles, et c'est dans les industries occupées à les développer que **e rencontrent surtout les carrières d'avenir.Il est impossible dans ces quelques pages de traiter au long la géographie économique du Canada.C'est là le role de l'annuaire intitulé: "Canadian Directory of Indu-trv.Commerce and Finance" et publié a Gardrn City Prête.Le mieux que nous puissions tenter ici, c'est un sommaire des débouchés qui existent dans ce pays, pour indiquer en même temps la façon de les reconnaître et d'en tirer parti.Avant l'avènement du chemin de fer, la colonisation, et donc I indu-trir et ir eointrirrrr, -e restreignaient a une étroite lisière de terrain de quelques mille» de largeur longeant les «ours d'eau navigables Mais aujourd'hui le rail est devenu une artère qui répand la vie indu-trlelle et commerciale dans tous les endroits suseeptlhle- de quelque prospérité 1/CS premières lignes construites an Canada uffae- taient la direction est-ouest, mais depuis elles se sont mi-es à rayonner et à pénétrer dans le nord du Québec, ilr l'Ontario, du Manitoba, de l'Alhertii et de la Colombie Anglaise.Dims chaque cas, elles ont ouvert des débouchés et installé des industries a même des ressources nouvellement découverte»,.Considérons un exemple typique.Le terminus du "I emisk.lining and Northern Ontario Railway", •i.Rua*el Smith.''Industrial and Commercial l'eui dee trait riviéret qui ont donné ton nom à la ville de Trou-Riviêre ligne amorcée il y a quelques années à North Bay, se trouve maintenant à trente milles au nord île Cochrane et à cent qunrante milles de la baie James.Dans moins de deux ans d'ici, on pourra partir «le Toronto ou de Montréal le soir et se baigner trente heures après dans les flots de cette grande mer intérieure.A Iroquois Falls, ce chemin de fer a permis d'installer P'Abitibi Power and Paper Co." qui est la plus grande usine de pâtes et papiers du monde entier.Tous les matins, hormis le lundi, un train de vingt à vingt-cinq wagons chargés de papier-journal laisse cette usine pour North Bay où il se bifurque partir vers Chicago, partie vers New-York.D'Iro-quois Falls situé à deux cent milles de la baie James, le fret met quarante-huit heures à se rendre à New-York.A quelques milles à l'ouest d'Iroquois Fall-, Ir chemin dr fer "T.and N.O." a ouvert au trafic ce qui semble en voie de devenir la région minière la plus importante du continent.Elle n'est exploitée que depuis quelques années et on en avait extrait déjà à la fin de 1922 pour plus de cent dix millions de dollars.La production de 1922 se chiffrait à vingt millions; là-dessus la seule mine Hollinger avait donné douze millions, ce qui en fait une des plus grandes mines du monde, sinon de fait la plus grande.A quelque cent soixante-quinze milles plus au sud, le "T.and N.O.Railway" a contribué au développement du district de Cobalt, dont la production totale en argent et en cobalt, à la fin de 1922, s'élevait à plus de deux cent quatorze millions de dollars.Si l'on ajoute à cela les cent soixantr-dix millions de dollars qu'ont rapportés le nickel et le cuivre extraits dans la région de Copper Cliff, on arrive à un total d'environ cinq cent millions de dollars pour la production jusqu'u^datr drs mines du Nouvel-Ontario.La mine Hollingrr et l'Abitibi Power and Paper Co.offrent, entre des centaines d'autres entreprises florissant déjà dans le Nouvel-Ontario, un exemple remarquable des facteurs qui conditionnent le succès et des débouchés magnifiques ouverts dans les régions neuves du Canada à ceux qui s'y préparent par l'étude personnelle, un travail sérieux et Intelligent et des habitude- raisonnables d'économie.Selon le point de vue qui prévaut à Garden City Prett les industries sont des monuments commémorant l'effort de reux qui ont réussi.S'il ne s'était pas trouvé des hommes attachés avec détermination et persévérance à l'étude, au travail, à l'économie, il n'y aurait pas eu de progrès.Quelque riches qur soient les ressources matérielles d'un pays, elles rlr-meurent improdiictivrs tant que ses ressources intellectuelles ne lui fournissent pas des sujets animés de la prévoyance, tie l'énergie, des moyens né rrssaires a leur déseloppemrnt La ville de Tiinmiris, ovre sa population de ilou/r mille Ames et le grondement continu des machine, occupées aux environs a broyer Ir minerai d'où l'or doit être extrait, fut fonder par une polgnér d'hommes et grandit nous leur direction • M.N.A.Timmins, dont la ville porte le nom, est président de la compagnie Hollinger Mines Ltd., la mine la plus considérable du monde.A la fin de 1922, les livres de la compagnie montrnlrnt ponr cette année-là un revenu brut de $12,rl24,608.2o rt un profit de !fs récoltes de céréales et de légumes sont moins exposées à souffrir de la gelée dans la région de Rupert House et de Me ose Factory que dans celle de New Liskeard et de Cochrane où pourtant sont établies des milliers de fermes prospères.Ce magnifique bassin boisé de deux cent milles de largeur qui encercle l'extrémité de la baie James, est sillonné par un grand nombre de puissantes rivières, notamment l'Albany, la Moose (dont la Mis»i-naibi, la Mattagami, l'Abitihi et la French sont tributaires), l'Harricanaw, la Nottaway, la Rupert et l'Eastmain.Sur une distance de deux cent milles, ces rivières accusent une dénivellation aussi forte que celle du Mississipi sur un parcours de douze cent milles, de sorte que les produits d'érosion sont entraîné* jusqu'à son embouchure au lieu de -e déposer en route et de provoquer de» inondatiors.Ces rivières ont creusé profondément leur chemin dans l'argile où elles circulent et dans certains ca-, leur lit se trouve à une cinquantaine de pieds au-dessous du pays environnant, circonstance qui favo-rise singulièrement l'installation de barrages pour la production de l'énergie électrique.On e-time qu'il y a dans ce bassin plus de deux cents chutes d'eau de première valeur et là-dessus, il n'y en a que six de développées.Pour compléter ce tableau, qu'il me soit permis de rapporter ce que disait il y a quelques semaines sur ce pays, le Rév.Archdeacon Woodall de Porquis Junction, Ontario, qui a vécu quatorze ans avec sa famille a Rupert Hou e.Durant ce laps de temps, il a visité presque toute la rive de la baie James et en a remonté les principales rivieres jusqu'à des centaines de milles à l'intérieur des terres.Kupert House est situé a l'embouchure de la rivière Rupert, à quelque trois cent milles au nord de Montréal et à quelque huit cent milles au sud du détroit d'Hudson.La marée a Rupert House s'élève à une moyenne d'environ quatre pieds.L'eau est si peu profonde à l'extrémité méridionale de U baie James que la grève se découvre -ur une di — tance de sept milles en plus d'un endroit.Ce haut-fond est d'argile si dure qu'on y peut marcher sans crainte d'enfoncer, ainsi que peuvent le constater ceux qui doivent renflouer leurs embarcations a marée basse.Au moyen de digues, qui seraient d'une construction relativement peu dispendieuse, on pourrait affecter tous ces hauts-fonds à la culture.De la mer à la lisière des bois s'étendent des prairies couvertes d'une herbe luxuriante; en certains endroits, ces prairies pénètrent jusqu'à vingt-cinq milies dans les terres et on y fait chaque année la récolte du foin pour nourrir le bétail de Rupert House.Les hauts-fonds dont nous venons de parler forment des îles que la mer ne couvre jamais et c'est sur ces lies que les jeunes bestiaux de Rupert House sont mis en pâturage; on les y conduit avant la fonte de la glace, vers la fin d'avril, et on les en ramène vers les premiers jours de décembre, alors que la glace est prise.On réduit de cette façon les frais de parquement.Comme on s'étonnait qu'il eût pu se passer si longtemps de tout suin médical, le Rév.Woodall répondit que là-bas on n'avait guère l'occasion d'en avoir besoin.Le régime est à h ,-e de laitages, de légumes et de poisson, et comme d'autre part la vie qu'on y mène est asses mouvementée, les maladies n'ont guère de prise sur le corps.Il attribue volontiers cet état salutaire à l'excellent poisson dont on -e nourrit habituellement et dont on prend de grandes quantités dan» de> seines d'où la mer s'est retirée à marée basse.Ce pays, d'après ce qu'en rapporte le Rév.Wood ai L, Les utinn de la Si.Maurice Paper t'tvmjMai d Trois-Rivièrt».Qwéhre offre des caractéristiques qui pourraient le faire ressembler à cette region admirablement cultivée des Pays-Bas que protègent les digues du Zuyderjee Pour illustrer le développement dont sont susceptibles les grandes rivières qui se jettent dans la baie James, pas-sono en revtie les progrès qui se sont réalisés depuis quelques années sur les rives du Saint-Maurice, ce tributaire du fleuve Saint-Laurent.La cité des Trois-Rivières située à l'embouchure du Saint-Maurice, compte pour sa part quatre pa- peteries dont la prr*Juction quotidienne se monte pour l'ensemble a 952 tonnes de pâte de bois et *15 tonnes de papier, réparties de la façon suivante: 317 de pâte et 115 die papier pour la St.Mail rire Paper Co., 260 de pâte et 100 de papier pour la Wayagamack Pulp and Paper Co, 235 de pâte et 2-tO de papier pour l'International Paper Co.; 1+0 de pâte et ISO de papier pour la St.I-awrence Paper Mills.Quelques milles en amont, a Shawinigan Falls, se trouve l'usine de la Bel go Paper Co.qui produit tous les jours 335 tonnes de pâte et 285 de-papier.Quelques milles plus haut, a Grand'Mere.¦ont installées les usines de la compagnie Laurentide.qui produisent 500 tonnes de pâte et V2.s de papier.Enfin, si on remonte encore je cours de "la riviere jusqu'à La Toque, on trouve l'usine de la Brown Corporation qui produit 200 tonnes de pâte.A quelque cinquante milles en amont, a I.a Loutre, on rencontre le Barrage Gouin qui emmagasine au printemps les eaux du Saint-Maurice pour en régulariser le régime au cours de l'année.A Tiaii Rivières, à Shawiniiran Palis et a Grand'Mere, se trouvent situées d'autres industries importantes parmi lesquelles on compte deux filatures.troi« fonderies, les fours électriques de la Canada Carbide Co et les ateliers de la Northern Aluminum Co.Outre qu'il alimente d'électricité toutes ces industries, le Saint-Maurice fournit a Montréal et a d'autres localités pour 130*000 H.P.de force motrice.On construit actuellement sur le rapide de* Gré*, entre Shawinigan et T rois-Rivière .one installation hydro-électrique d'une puissance de 120.000 HP et il y a encore snr cette rivière, dont le débit n'est pourtant pas extraordinaire, ma moins deux autres endroits propices à la génération de l'électricité.Ce tableau rapide de- ressource* era "on rencontre dans les seules réjrion» du Nonvel-Ontario et de la vallée du Saint-Maurice, peut donner une idée de-cnnditio*hs non moins avantageuses qui prévalent en plusieurs autres endroits du Canada.Si l'espace ne nous était me-sure, il »eriit interes-.'nt.in-tructif et réconfortant au possible d'étudier la vie de ces hommes qui otèt fait les industries du Nouvel -On tario.de la vallée du Saint-Maurice.m-i bien que" des autres régions prospères du Dominion.Malheuren e-ment nous devons nous contenter en ces page-:, de passer en revue les débouches que présentent les principaux groupements de l'industrie canadienne.L n t agricole L'INDUSTRIE par excellence du Canada est celle qui exploite les ressources du soi.puisque ces ressources doivent produire et la nourriture de l'ouvrier et les matières premières de l'usine."Après tout." dit Russel Smith dans sa Géographie Industrielle et Commerciale.~c'e~t sur la seule richesse de son sol qu'un état peut compter avec sécurité pui-que c'est de là que dépend l'agriculture, mère des industries essentielles et source véritable de la prospérité nationale." C'est de ce côté que -e rencontrent les debouches le* plu- nombreux et les.moyens les plus *ûr* «le parvenir à l'aisance.Le* salaires qu'on retire au bureau ou à l'usine peuvent être plus élevés, mai* par contre la vie coûte beaucoup plus cher dans ces milieux, et comme d'autre part an y gaspille plus aisément et soc argent et ton temps, le fermier est encore relui qui réalise le plu d'économies.11 n'est pas d'endroit où un enfant première» années de sa vie avec plus de profit que snr une ferme.D y îcquiert un vaste bagage d'expérience et de connaissances usuelles.Il ipprend de Sonne heure à se suffire à lui-même.11 s'habitue i êtTe matinal et laborieux >.i nourriture tout en étant savoureuse, est saine et frugale: il a du bon air.du soleil, de lexercicv en abondance.Pour élever une famille, il n'y a pas d'endroit qui vaille la campagne L'Ontario, le Quebec, le Manitoba, la Saskatchewan.l'Albert» et la Colombie Anglaise renferment encore de vaste surfaces de terre arable sur lesquelles 19 La Canadien»', Juin 199$ on peut s'établir à peu de frais, de sorte qu'à moins d'être infirme, on ne saurait se plaindre du manque de débouchés au Canada Une des industries agricoles les plus importantes du Canada est celle de l'élevage des animaux et Un de» attraitt qui attirent le sportsman à sous certains rapports, c'est l'industrie la plus précieuse que puisse posséder un pays.Les produits qui en découlent, laitages, oeufs, viandes, miel, laines, peaux, fourrures, hètes de trait, répondent aux besoins de tous les âges et de toutes les conditions C'est une industrie qui consomme les produits grossiers, foin, paille, grains, légumes, dont le marché est restreint, et qui utilise comme pâturages les terrains incultes et pauvres.L'élevage des animaux est d'une grande importance pour le Canada, vu que c'est dans les régions tempérées qu'il est le plus profitable, et de tous les pays des zones tempérées, c'est encore le Canada qui semble le mieux convenir A cette industrie.Presque tous les records les plus remarquables de la production du lait et du beurre sont détenus par des vaches de la partie septentrionale des Etats-L'nis et du Canada; si d'autre part on prend en considération ia jeunesse du pays et la proportion de sujets mis en cause, on constatera que le Canada est au tout premier rang sur la foi des records qui suivent : Colony Grebegga Valdessa, de la ferme Colony à Essendale, Colombie-Anglaise, brise, le 8 septembre 1922, le record du monde pour la production annuelle du lait chez les vaches de deux ans, avec un total de 28,397 livres de lait contenant 1,094 livres de beurre; Bella Pontiac, propriété de Thomas Baron, de Brantford, Ontario, détient le record pour In production annuelle du beurre avec un total de 27,017 livres de lait contenant 1.259 livres de beurre; DeKol Plus Segis Dixie, propriété de Donat Raymond, de Vaudreuil, P.Q, est la troisième du monde pour la production du lait et la quatrième pour la production du beurre, avec un total de 32.-665 livres de» lait et de 1,190 livres de beurre; I nie Roberts Calantha, propriété de J.B.llan-mer, de Norwich, Ont., détient le championnat du monde pour les vaches de 3 ans, avec une production de beurre qui s'élève à 1,175 livres.Parmi les vaches canadiennes qui sont dans la classe des 30,000 livres, on compte encore Zarilda Clotilde DeKol, qui a produit 33,153 livres de lait et 995 livres de beurre, et Jemima Johanna de Riverside, qui a donné 30,373 livres de lait et 1,024 livres de beurre.Un paye d'abondance I l'on ajoute à ceux-ci les records nombreux que détiennent les Canadiens pour la production du miel et si l'on se rappelle que l'arbre national rlu Dominion, l'érable, secrète une sève à partir de laquelle on fabrique chaque année pour près de sept millions et demi de sirop et de l ucre, dont deux millions vont à l'exportation, on se rend compte que le Canada n'est pas loin de l'idéal que Moïse avait à l'esprit lorsqu'il conduisait son peuple "vers une terre où coulent le lait et le miel." La culture des céréales est une autre industrie agricole très importante qui, sous certains rapports, occupe la première place.Ainsi, la valeur des céréales exportées au cours de l'année fiscale prenant fin le 31 nWs 1922, était de «237,547,827 pour le blé et -es dérivés, et de $46,045,446 pour les mitres grains et leurs dérivés, cependant que pour la même année, les exportations en animaux et produits connexes ne s'élevaient qu'à $100,108,478 En 1922, le Canada prenait la première place, comme exportateur de blé.Sur la moisson de cette année-là, il a exporté trois cent huit millions de minots, tandis que les Etats-Unis, qui viennent en second ''eu, ont exporté trois cent trois millions de miooti.La partie nord de la «One tempérée septentrionale semble propice à la culture du blé, de l'avoine et de l'orge.Dans ces régions, le blé mûrit de quatre vingt-trois à quatre-vingt-dix jours après les semailles.La production à l'acre, snns l'nide d'engrais artificiels, et la plus élevée qui soit et sa qualité est supérieure puisqu'elle est cotée No 1 et No 2 à l'étalon Northern.Le blé canadien sert surtout au conditionnement des blés plus tendres des autres pays avec lesquels on le mêle pour améliorer la qualité de la farine.Dnns les prniries du Nord-Ouest, le blé est la moisson initiale et on le récolte encore plusieurs années après que le terrain n été défriché.C'est là-dessus qu'un homestead s'établit et fournit au cul-.ivateur les moyens d'acheter du Détail et de construire des hâti-nents.L'industrie agricole du Canada qui se classe en troisième lieu pour l'importance est celle des nrhres fruitiers.Cette culture est déjà prospère, surtout dans les trois districts suivants: la val-Témagami lée d'Annapolis en Nouvelle-Ecos- se, la péninsule de Niagara dans l'Ontario et la vallée d'Okanagan en Colombie-Anglaise.L'ne fois alimenté le marché domestique, la récolte des fruits donnait pour l'année 1921-1922 une exportation de $11,581,928.Les exportations canadiennes en produits de la ferme se montaient pour l'année prenant fin le 31 mars 1922, à un peu plus de $400,000,000.A Garden City Prêts on porte une attention suivie à'toutes les formes de l'industrie agricole.Située comme elle l'est entre le Collège d'Agriculture Macdonald et l'Institut agricole des RR.PP Trappistes d'Oka, et se trouvant à proximité de leurs fermes expérimentales, notre institution peut se tenir au courant des derniers progrès de la science agricole, tant au point de vue pratique qu'au point de vue pédagogique.Le fermier vraiment moderne et donc, le fermier d'avenir, est celui qui, après avoir acquis une bonne formation générale sur les caractéristiques de sa profession, se tient constamment au courant du progrès.Pour cela, il devra se tenir en contact avec un médium d'information vivant et averti, tel que le "Farmers' Guide." Ce journal agricole, le plus jeune du Canada, est publié à Garden City Press toutes les deux semaines et on peut s'abonner aux vingt-six numéros de l'année pour le prix de $1.00.Cette publication devrait être dans tous les foyers de cultivateurs.La lecture d'un bon journal consacré aux choses de la ferme est indispensable, mais là ne devrait pas s'arrêter l'effort intellectuel des gens de la campagne.Dès que le petit garçon a laissé l'école, et même avant, il faudrait lui faire suivre un cours d'études à domicile; il peut commencer par une spécialité de l'élevage, de la culture des céréales, de l'horticulture, de la mécanique agricole.La petite fille devrait faire la même chose et étudier une spécialité des travaux féminins; elle peut commencer par les ouvrages de couture ou la cuisine et passer ensuite à la tenue de maison et a l'économie domestique.Lu fillette qui s'intéresse aux travaux en plein air peut très bien s'attaquer à certains sujets de la science agricole proprement dite, tels que l'aviculture, l'apiculture ou la culture des menus fruits A Garden City Press, ces cours sont sous la direction du lieutenant-colonel G.G.Archibald et de Miss Katharine A.Fisher, tous deux très au courant de leur sujet tant au point de vue pratique qu'au point de vue pédagogique.Ils ont l'uvantage de pouvoir compter sur la collaboration non seulement de leur personnel, mais encore sur celle des deux collèges agricoles du voisinage.Les Pêcheries eent à peine pourra vous le dire.Cependant ces deux poissons sont aussi différents par In forme, In taille et les hnbitudes que peuvent l'être deux pois sons.Le flétan est le plus gros des poissons plats et peut atteindre jusqu'à dix pieds et plus de longueur; on en voit souvent sur le marché de cinq pieds dr long qui pèsent jusqu'à cent livres.Ils ne vivra! que dans les eaux froides des mers septentrionales el se tiennent à une profondrur variant de cinquante à cent cinquante brasses.Le flétan nngr dans un» position horizontale en présentant toujours uu snlri, son côté brun foncé; l'nutrr flnnc, tourné vers le, profondeurs de l'océun, est presque blanc, tel une plnnte poussée en cave.L'aiglefin ou haddock est de lu même famille que la morue.Il pèse rarement au-delà de dix livre, et comme lu morue, il est long et rond.Il fréquente aussi les eaux froides du nord, mais n'habite pas aussi profondément que le flétan.C'est ce poi son qui fournit l'excellent mets appelé dans ce paya "finnan had die", d'après la petite ville de Findon eu Ecosse où il fut ainsi préparé pour la première fois I.e flétan et l'aiglefin constituent tous deux une nourriture de premier choix.Les moeurs des poissons comestibles du Canada seront étudiées au cours du traité des pêcheries qui se prépare actuellement à Garden t'iy Press.Tous les jeunes devraient connaître les poissons cornes tibles de leur pays et devraient nussi se renseigner sur In distribution géographique des industries de la pêche.Avec l'agriculture, les pêcheries constituent l'unique source d'approvisionnement de la race humaine C'est deux industries sont donc essentielles.Après le lait et les oeufs, le poisson constitue peut-être la nourriture la plus savoureuse, la plus digestible et la moins chère; la ménagère qui sr pre occupe de maintenir chez elle un régime alimentaire approprié aux besoins du corps et du cerveau, el d'assurer ainsi la santé des siens, ne manque jamais de s'approvisionner largement de poisson.Sous le rapport des pêcheries, le Canada est excellemment situé.On ne se rend pas suffisaininent compte que les pêcheries les plus importantes du monde sont situées dans l'hémisphère boréal.Evi demment, les poissons d'une certaine valeur cornes tihle n'hahitent que les hauts-fonds des mers f midi s et les continents de l'hémisphère austral sont de-coupés trop nettement et ont des rivages trop abrupt-pour présenter des hauts-fonds considérables.De plus, les continent, antarctiques ne s'avancent pas assez au sud pour que les mers qui baignent leurs côtes accusent les basses températures où se complaisent les poissons des meilleures espèces.I.es océans des tropiques et ceux du sud abondent en poissons, mais pas des espèces qui sont en faveur sur les marchés du monde.Ceux-ci doivent donc s'en remettre pour leur approvisionnement, aux pays de l'hémisphère boréal, à ceux surtout qui sont a proximité des hauts-fonds des mers froides.Or, ces régions favorisées sont au nombre de quatre seulement: la côte est et la côte ouest de l'Atlantique septentrional; la côte est et la côte ouest du Pacifique septentrional.La plus importante de ces quatre régions au point l A pêche est l'une des industries les plus anciennes et les plus romanesques; elle offre au Canada des ressources abondantes et pourtant, règle générale, les petits Canadiens ¦ n savent très peu de chose.Demandez-leur la dlf férence qui existe entre le flétan et le haddock, deux poissons dont la pèche annuelle représente quelque cinq millions de la fortune nationale, et un sur Moyen indépendant d» locomotion dans les régions du nord de vue développement et production, et la seconde en importance au point de vue superficie, est constituée par les hauts-fonds qui s'étendent au large dr la Grande-Bretagne, de l'Irlande, dr la Norvège, (Suite à la page 87) La Canadienne, Juin Facsimile du fameux Sceau d'O- qi i est collé sur chaque véritable Carpette en Congoleum Marque Sceau d'Or Dessins d'une rare beauté! Les carpettes en Congoleum marque Sceau d Or sont depuis longtemps renommées pour la beauté de leurs dessins.Comme l'indiquent les six modèles reproduits à gauche, ces couvertures de parquets modernes possèdent un art de dessin et de couleurs qui ne se trouve ordinairement que dans les carpettes coûtant plusieurs fois leurs prix.Une beauté sans égale, n'est qu'une des nombreuses supériorités des carpettes en Congoleum marque Sceau d Or.Elles sont merveilleusement économiques et durables.Elles demeurent à plat et sans attaches.Leur surface solide, sanitaire, est très facile à nettoyer — un rapide et léger coup de vadrouille est tout ce qu'il faut.Les ménagères modernes préfèrent ces attrayantes et sanitaires carpettes aux couvertures tissées qui sont des amasse-poussière.Rappelez-vous aussi que les carpettes en Congoleum marque Sceau d Or sont absolument garanties donner satisfaction.Demandez à votre fournisseur de vous faire voir ces carpettes magnifiques ou demandez notre circulaire qui contient tous les beaux modèles.9x3 pds $4.50 9 x6 9x4V4 " 6.76 9 x 7% 9x9 $9 00 11.25 13.50 9x10% pds $15.75 9x12 " 18.00 Les mêmes carpettes Sceau d'Or durables, d'un matériel collant bien à plat.En rouleau, 2 vtrges de largeur.85 cents la verge carrée.Pour Winnipeg et l'Ouett prix proportionnellement supérieur» en couverture de fraie de fret additionnel».CONGOLEUM COMPANY OF CANADA, LTD.Usine et bureaux: 1270 rue St-Patrice.Montréal, Québec.Carpettes Artistiques Marque Sceau d'Or Fabriquées au Canada — par des Canadiens—pour les Canadien» 10 ept.41 Chicago *ffl(JRJNL JM • Avylir vos yEC/Jt du monde, ir ne l'aurais prise pour ma tante! Je la suivais dans «es jupes halax -antes qui faisaient frou-fron comme un *ol de pigeons vous passant sur la tète La jolie robe blcu-blcuct.tout unie, avec seulement, dans le bas, un entre-.cuv de guipure Manche, la jolie robe étroite aux hanches cl s'cvasanl, CtMM le calice renversé d un lis qui serait bleui Je la suivais, un peu ahurie, je dois le dire.Elle avait fait signe à un commissionnaire qui s'empressa de me débarrasser de mon mince bagage, malgré mes cérémonies pour qu'il n'en fit rien.— Mais non, monsieur, ce n'est pas lourd, je puis vraiment.Quelle ne fut pas ma surprise, quand l'homme, qui nous précédait et marchait son chemin sans hésitation, déposa mon pauvre sac d'un autre âge, à l'intérieur d'un ravissant panier d'osier brun, monté sur deux grandes roues, et attelé d'un poney minuscule, .rond comme une pomme! L'amusant petit animal, aux crins courts et drus, et qui piaffait et s'ébrouait, et qu'avait toutes les peines de la terre à tenir en main un groom, haut comme cela, ciré, pommadé, en petit feutre carre et noir.—un gToom de I.illiput.enfin! — Tom-Pouce.monte au fond.Je conduirai, dit ma tante.Cette voiture pour rire n'avait pas de siège.Xous nous asseyons sur le devant, vis-à-vis l'une de l'autre, et ma tante, tenant les guides de côté, effleure de son fouet la croupe rebondie du cheval nain! Froutt! Nous voilà dévalant par les mes.sautant et bondissant sur d'énormes pavés en tètes de bonnes femmes! On traverse une place; on traverse un pont: on grimpe entre deux files de maisons dont quelques-unes, avec leur toit de tuiles et leurs fenêtres à auvent, rappellent celles de chez nous Ca me plait tout plein.Compiègne! C'est bien plus gentil que Paris! Et ma tante, quel air fringant et crâne elle a! Sur la chaussée, au tintamarre de notre trot, les gens s'éparpillent pour nous livrer passage: d'autres, au bord des trottoirs, nous regardent, admiratifs ou abasourdis! DIEN du monde, "du beau monde," nous salue.Les officiers de dragons retirent au large leur képi.Que de sourires, que de grâces! Ma tante s'incline â peine, d'un joli geste souple de la tête et des épaules.Ah! voici l'Hôtel de ville avec son beffroi de dentelle et, à son faite, des bonshommes en bois enluminés, qui.pour me souhaiter la bienvenue, quand nous passons, sonnent les douze" coups de midi de leurs longs marteaux sur les cloches.Tout en ayant l'œil à son poney, ma tante bavarde, me questionne sur mon voyage: et je lui réponds tant bien que mal.—plutôt mal,—gênée, au fond, par le voisinage de Tom-Pouce, sur la même banquette que moi.Je ne sais pas s'il m'entend, et j'en doute, à voir sa physionomie fermée, impassible, ses yeux fixes, devant lui, et muets.Une tour—la tour de l'église Saint-Jacques;—un château tout blanc et triste, dans de la verdure—le Château—c'est ma tante qui me renseigne du bout des lèvres; et nous débouchons dans une vaste allée où des tilleuls en fleur embaument; où la voiture roule sur un cailloutis bien aplani, bien ombragé: où l'on se croirait, après le pavé accidenté de la ville, sur un tapi» de feutre; un vrai ehemin de paradis.—Les Avenues, dit ma tante.Encore un petit bout de trot: —Et voici les Fauchelles.Tom-Pouce a déjà sauté au mors du cheval.Pourquoi les Fauchelles, ma tante' demande •• en mettant pied à terre?Elle réplique en tapotant d'un* caresse le dada blanc d'écume: — Fauche I le I signifie "fougères," dans le patois picard, ou, pour être plus , \.u tr, dans le langage des pay-s.mues de la foret; et, de fougères, la t.net, vous verreit, en est remplir.Il doit faire faim pour vous, mignonne; entrons déjeuner."Les Fauchelles"! Comme il te sied bien ton nom, coquette maison de bois et de briques roses, à toiture basse, à balcons, à coins exquis et recoins délicieux où des 'fauchelles" graminées et royales futunt en jets de un telle d'un vert tendre et tranquille! Des roses, de belles "Gloire de Dijon," s'enguirlandent jusqu'à tes cheminées.Dans des jardinières des geraniums veloutés fleurissent le support de toutes les ouvertures, sur lesquelles des stores, à larges bandes blanches et rouges, sont tendus contre 1» soleil.P)F.HORS.il fait une chaleur de 18 juillet.Mais quand, ayant monte le perron, nous pénétrons dans le vestibule, une fraîcheur bienfaisante nous saisit.Tout est confortable, élégant, d'un luxe discret, paisible.Le bon repas, dans la petite salle à manger toute en fenêtres! Une maid anglaise nous sert, glissante et silencieuse, nette, soignée, dans le tablier blanc qui lui ceint la jupe, la poitrine; sous le léger bonnei de tulle, elle a, piqué en ses cheveux clairs, comme un gros papillon blanc.Je dois rayonner, et ma tante, visiblement, se réjouit de mon plaisir.Nous parlons de tout et de rien, à bâtons rompus.Je lui dis ma vie de couvent, les bienveillantes sœurs, Germaine, et jusqu'aux deux tombes chères, côte à côte, dans le petit cimetière plein de fleurs où, peut-être, je ne retournerai plus.A cette dernière évocation, ma tante, me scmble-t-il.se trouble un peu; et, comme pour pallier l'effet que ce souvenir pourrait laisser en moi: —Chère petite, dit-elle, qu'avez-vous dù penser, de vous avoir négligée si longtemps! C'est vrai, je n'ai pas fait, vis-à-vis de vous, tout mon devoir, et bien souvent, je me le suis reproché.Mais nous allons mettre les bouchées doubles, ajoiv.a-t-elle gaiement, et rattraper le temps perdu l'une loin de l'autre.Je sens que nous ferons bon ménage.N'avez-vous pas la même idée ?—Oh! ma tante.je vous aime déjà de tout mon coeur.—Comment trouvez-vous ici?—Je trouve que cela ressemble à une chaumière de conte de fées, et j'ai besoin d'ouvrir les yeux bien grands, autant pour tout bien voir que pour me persuader que je ne rêve pas.—De ce qui vous entoure, qu'est-ce qui vous surprend le plus, vous plait le mieux?Mon courage à deux mains, je réponds tout de go: 0— Vous, ma tante.—Ah! la petite masque! Gageons que vous vous attendiez à trouver une vieille tante ronchon, laide, surannée.—.bigote.—.vêtue à la 1830.— .à papillotes et à râtelier.* — .qui ne vous eût pas aimée.— .et que je détestais déjà! Vous rions à gorge que veux-tu.Le doigt de café que j'ai bu me monte à la tête, et je cours après mes idées qui me partent des lèvres sans parvenir à en rejoindre aucune.V\ ANS le laisser-aller de notre joie, la femme de chambre annonça: —Mlle Bonjour et Mme Flimouzat attendent mademoiselle depuis un bon moment.Ma tante m'expliqua: —La couturière et la modiste que j'ai fait prévenir en nous mettant à table et qui viennent pour vous, Pauline Il s'agit maintenant de vous métamorphoser en demoiselle.Vous n'êtes encore, tout au plus, qu'une nonnette, fagotée à effaroucher tous les oiseaux de la forêt.PAVOISONS Pour nos fetes RellgicuMi et Nationales, Drapeaux, Banderolles.Lanternes.Bannières, Ecussons, Oriflammes.Guirlandes et Cables en Papier, de fantaisie, de toutes les sortes et couleurs.Nous avons le plus bel assortiment de drapeaux représentant les paya suivants: FRANCE, ANGLETERRE, ETATS-UNIS ET CANADA, et religieux: SACRE-CŒUR ET PAPAL.Toutes ces décorations sont employées pour Maisons, Salles, Magasins; Réceptions, Processions, Parades: Communautés, Edifices Publiques; Régates, Tombola, Euchre, etc., etc.Catalogue illustré envoyé gratuitement sur demande.GRAINGER FRÈRES — LibRMkev PikpcHciU, ImpoRleJeuRs — 4> Notoe ¦D&mt.Ouest.Mon.Réàl Beauté insurpassée Cette crème communique au tant une merveilteuse finesse d'un blanc de perle ayant tout l'éclat de la jeunesse.Lea résultats sont instantanés.Est hautement antiseptique.Rend la peau douce et veloutée.En usage depula plus de 75 ans.Echantillon envoyé franco contre 15 cents FERD.T.HOPKINS & SON Montreal Crème Orientale d e Cou ra ud Taches de Rousseur C'est le temps de vous Débarrasser de ces Vilaines Taches Il n'y a plus la moindre raison d'être Humilié par vos taches de rousseur, car nous vous garantissons que l'Othine, double force, enlève ces vilaines taches.Procurez-vous une once d'Othine, chez votre pharmacien et faites-en une légère application soir et matin, et bientftt vous verrez même les taches les plus accentuées, commencer à disparaître, alors que les taches légères seront complètement disparues.Il est très rare qu'il faille employer plus d'une once pour nettoyer complètement la peau et obtenir un beau teint parfaitement clair.Soyez certain de demander l'Othine, double force, car elle est vendue avec la garantie que l'argent sera remboursé si i II.ii, i.ussil pas .1 .111< ¦ s, ¦ i les t.n lies de rousseur.RIT 15* Enlève la couleur de lu sole ou du coton BLANC Fait disparaître ley taches .sur le linge blanc . — Bonjour, mademoiselle Bonjour, 'lit 'Ile à une petite femme noiraude et légèrement claudicante qui entrait à ce moment.Une apprentie suivait, déformée, les joncs citron et creuses, l'air misérable, portant de chaque main, liés par des courroies, trois ou quatre grands cartons.Qu'est-ce que ces deux laiderons allaient bien nous sortir de leur coffre! —Je suis prise un peu au dépourvu, s'excusa Mlle Bonjour; mais j'apporte le fonds et le tréfonde de mon magasin, pour parer au olus pressé.—Apportez, mademoiselle Bonjour, apportez Nous tacherons ensuite de vous commander, sur mesure, un trousseau en règle, pour ma mere qui arrive du couvent et qui est démunie de tout.Tu vas voir.Panline, les doigts de fée de Mlle Bonjour! ( La suite au prochain numéro) La vie des abeilles (Suile de d'elle.Cela fait dans l'air lumineux comme un éventail d'or qui s'ouvre.Elle monte; l'essaim s'épuise, elle n'a plus que cent mâles à sa suite.Elle monte et l'éventail d'or devient un point brun dans l'azur.Dix mâles vibrants la pressent encore.Ellcmonte.Une seule abeille, gloire et victime de l'espace, la suit.Et, toujours plus près du soleil, au-dessus des jardins et des arbres, dans l'immortelle et secrète clarté, se font les noces éclatantes, brèves et tragiques.Pui?In page S) l'épouse rentre à la ruche tandis que l'époux foudroyé par l'amour.toml>e en tournoyant sur le sol.Deux jours plus tard, le* premiers oeufs, éclosent.Puis, le cycle recommence, jusqu'à l'hiver.Alors, la reine, somnolente, se place au centre d'un bloc noir, fait de milliers d'abeilles qui se pressent en murmurant autour d'elle.Et l'ami de l'abeille, l'homme, vient fa-r; sa récolte de miel.Ce que l'on peut faire avec un morceau de boeuf f Suite de vous pouvez mettre cuire le boeuf immédiatement à l'étouffée dans une casserole avec de la graisse ou du beurre, ou, ce qui vaut mieux, mettre simplement cuire le boeuf avec un grand verre d'eau et du sel, si la viande est de bonne qualité.Vous pouvez encore, selon votre volonté, mettre mariner le boeuf pendant un ou deux jours dans un plat creux avec un verre de vin blanc ordinaire, du poivre, une goutte d'huile d'olive, et les aromates qui vous conviendront tels que: carottes, oignons, une brisée de thym, une feuille de laurier et autres aromantes de même nature, en mettant peu ou pas de sel pour ne pas rougir la viande.Le lendemain vous mettez cuire le boeuf d'une manière tout ménagère, à l'étouffée, avec sa marinade et le sel nécessaire.Lorsqje la marinade est évaporée, laissez roussir le boeuf à petit feu dans le jus-graisse qu'il a rendu; afin qu'il acquiert un bon goûi achevé, vous pouvez passer la sauce avec une cuillerée à bouche d'eau; lorsque le jus est formé et que le boeuf est d'une coloration dorée, vous pouvez le mouiller simplement avec de l'eau bouillante jusqu'à moitié; liez-le ensuite avec une forte pincée de farine que vous délayez selon votre idée avec la page 30) de l'eau froide ou du vin blanc sec, et que vous mélangez avec le boeuf, pour en obtenir une sauce ordinaire à bon goût.Lorsque cette préparation est achevée, vous pouvez passer la sauce au tamis pour la rendre plus lisse; ajoutez ensuite des pommes de terre et laissez mijoter le tout ensemble jusqu'à parfaite cuisson.Au moment de servir, dressez le boeuf entouré d'une garniture de pommes de terre.La durée de la cuisson du boeuf aux pommes de terre est environ de trois à quatre heures selon les morceaux choisis et la qualité de la viande.Filet aux Olives.DRENEZ des oUves bien vertes.tournez-les avec un couteau pour en enlever le noyau: remettez-les toutes rondes: jetez-les à mesure dans l'eau fraîche: un instant avant de les servir mettez-les dans l'eau bouillante.Quand cette opération est faite, dressez le filet de boeuf, puis mettez les olives dans le jus du filet légèrement lié avec une petite pincée de farine, juste le temps de les chauffer, car si elles cuisaient, elles rendraient la sauce trop salée et d'un goût acre.Le filet de boeuf, garni d'olives, est un met très estimé.Astrologie.—Du 1er au 20.ce mois est sous l'influence des Gémeaux et du 20 au 30 sous celle du Cancer.Les Gémeaux sont un signe d'air et d'esprit supérieur, ils donnent très souvent la célébrité, avec des aptitudes opposées, ils font quelques fois aussi contracter deux mariarres.Les personnes nèea sous ce signe douvent se défier de leur entourage immédiat qui leur créera des ennuis; ce signe fait plus de malheureux que d'heureux.—Les personnes nées en juin le— 1er Contracteront 2 ou 3 unions peu heureuses.2 Auront vie malheureuse 3 Caractère envieux et avare.4 Instinct mauvais, rapace.5 Esprit sans ordre, indécision.inertie.fi Imagination sans jugement.7 Manque d'énergie.8 Vaniteuses.9 Vains projets.Demarches sté- riles.10 Finesse, ruse, habileté.11 Esprit se laissant dominer 12 Bonheur en ménage.13 Caractère 'lible.vie difficile.1-1 Caractère enjoué, beaucoup d'a-mis.IS Amour de l'étude.Mariage littéraire.It' Caractère agressit.17 Voyages forcés, sans grands profits.IS Vie difficile et laborieuse.19 20 21 23 24 2S 30 Caractère versatile.Caractère souple, flatteur, et 22 Caractère aimable, sympathique.Inertie et pauvreté.Caractère faible.Serviables.aimées de tous-Caractère voyant le bien partout.Caractère extravagant, menacé de folie.Istincts cruels.Mariage malheureux.Amour de la paresse et de la débauche.Amour du travail réussite dans les entreprises- Pourquoi, quand on s'éveille la nuit, avec le désir de savoir l'heure, est-ce en général une demie qui sonne?Des phrases qu'on entend: Le lour de l'An.—A celui qui attend une place, la croix ou un bébé: .—Toi.tu sais ce qu'on te souhaite Un parodiste a commis uu tour le distique suivant: "Quand on a tout perdu et qu'on n'a plus d'espoir, "On prend l'pan d'sa ch'mise pour s'en faire un mouchoir." "Quelle douce immortalité que celle qui commence ici-bas dans W coeur de ceux qui vous regrettent.'' Mad Aug CRAVEN CE VOLUME SUR L'EM 8ELLISSEMENT DU HOME-GRATIS ^rot S pouvez donnera chaque ,i ¦•"« '' »"«« " —1—""' ' contre un Français qui s'avancent pour venger leur première défaite, et qui.sur nos frontières Portent leurs étendards.Chouaguen, Carillon réclament votre aide, O Vierge Marie! Exaucez nos prières, Fortifiez nos remparts.WILLIAM HENRY C L'R notre victoire du fort William Henry je ne connais qu'une chanson, encore n'est-elle pas médite, et n'est-elle pas "fameuse", de mauvaise prose alignée en vers pires encore.Le fusil pesait moins au bras de l'auteur que la plume; le style est d'un exact historiographe recontant les péripéties du siège.A qui aura iu le récit de la bataille la chanson paraîtra une réplique, et pour lui les vers foison lieront d'allusions précises aux incidents chronologiques du siège.En voici donc tout d'abord le récit par M.de Bonnechose; cette belle prose vous donnra bonne bouche, et fera mieux passer les vers."Au pied des montagnes qui séparent les bassins de l'Hudscn et du Saint-Laurent, un petit lac, en fer de lance, déverse dans le Champlain ses eaux aussi limpides que le cristal; les Indiens l'appellent Horican, les Français Saint-Sacrement, et les Anglais George.A l'extrémité méridionale du lac, ces derniers avaient bâti le fort George ou William Henry, soutenu par un camp retranché et commandant la route de la vallée de l'Hudson.De cette forte position, ils pouvaient arriver par le lac Champlain et ses débouchés aux portes mêmes de Montreal.Il fallait maintenant, en détruisant la place, enfoncer la porte nord de la colonie anglaise et s'ouvrir le chemin d'Albany et de New York.Des messages furent envoyées à toutes les peuplades amies.Le 22 juillet 1757, deux cents canots de guerre, montés par 2000 sauvages, ralliaient l'armée de siège en formation dans les remparts de Carillon; la moitié de ces volontaires venaient de trois cents lieues de là, des pays d'en haut."Nous voulons essayer sur les Anglais le tomahawk de nos pères, afin de voir s'il coupe bien," dit â Montcalm, en le saluant, l'orateur des nations alliées.On devait d'abord passer du lac Champlain au lac Saint-Sacrement qui le domine, et on n'avait ni boeufs, ni chevaux pour franchir le Portage le long de la rivière qui unit >s deux nappes d'eau.Pendant qu à grand'peine "les brigades, colonels en tète," portaient à bras, durant six jours, le matériel de siège et cinq cents bateaux, les Indiens devancèrent l'armée sur le bord du lac Supérieur; leurs légers canots d'écorce coururent sus aux barques anglaises qui le défendaient, et, si fructueuse fut la chasse aux chevelures, que la campagne faillit en avorter.[Quelques jours tilus tard) le canon d'alarme du fort William Henry faisait retentir l'écho des montagnes.Le siège commença le 3 août: les opérations, conduites par l'ingénieur Des-androuins, en sont pittoresquement décrites dans le journal rédigé par Bougainville et conservé dans les archives de la Guerre.Malgré sa garnison de deux mille cinq cents hommes, ses quarantes canons et son camp retranché, la place ne pouvait résister; mais au 'ort Edouard ou Lvdius, à quelques heures de marche vers Albany; le général Webb commandait six mille hommes; d'heure en heure, le vieux Monro, le défenseur de \\»il-liam Henry, écoutait si le canon ne grondait pas sur la route de l'Hudson; de ce côté les bois restaient silencieux.Une lettre cachée dans une balle creuse fut découverte sur un courrier tué p.'r les Peaux Rouges; elle était écrite par Webb pour informer son frère d'armes de ne pas attendre son secours, et pour l'engager à capituler sans scrupule.Monro était perdu Montcalm lui écrivit aussitôt: "Monsieur, un de mes partis, rentré hier au soir avec des prisonniers, m'a procuré la lettre que je vous envois par une suite de la générosité dont je fais profession vis à vis de ceux à qui je suis obligé de faire la guerre." Quelles furent la stupéfaction et la douleur du vétéran écossais en recevant par Bouguainville communication du message de Webb: Un soldat seul pourrait le dire.Le 0 août, les tambours du fort battirent la chamade; William Henry se rendait.(1) I E chansonnier nous raconte ce haut fait à la mode antique: les deux chefs ennemis.Monro et Montcalm.s'envoient d'héroiques bravades.à seul fin de nous tenir au courant des progrès du siege.(1) 1 Quel est ce guerrier invincible Qui vient à grands pas pour me voir?De parole il est invincible En disant qu'il prétend m'avoir.Croit-il faire cette année ici.Faire ce qu'il a fait l'autre?A Chouaguen il nous a surpris.Ici nous sommes avertis.Je suis de Montcalm, sans doutance.Qui viens pour te voir aujourd'hui; Pour toi il n'y a plus d'espérance.Dans quelque temps tu seras pris.Mes Français d'un coeur animé Vont devant toi bientôt paraître.Mes Sauvages et mes Canadiens, Qui tous font leur devoir très bien.Je sais que tes Français sont braves.Tes Sauvages et tes Canadiens.Mais plutôt que d'être esclaves De me rendre il ne sera rien.J'ai des mortiers et des canons.Un retranchement imprenable.Des bombes, boulets à foison.Toutes sortes de munitions.Je me moque de tes menaces.De tes mortiers, de tes canons.J'ai des canonniers très savants Qui te feront des politesses: Crois-moi, ne fais pas le vaillant.Tu es à moi dans peu d'instants.Allons, Français, prenons courage.Faites donc voir votre valeur, Faites des Anglais un carnage.Montrez que vous avez du cœur.Tirez, bombardez, canonnez.Ecrasez, mettez tout en cendre; Sous les drapeaux du grand Bourbon Faites éclater son grand nom Que chacun montre ici son zèle Pour aller ouvrir la tranchée, Qu'il s'arme de pioche et de pelle Pour travaillei de tous côtés.Que l'on pose toutes les batteries.Mortiers, bombes et caronades.Afin que toute l'artillerie Joue pour la gloire de Louis Ah! je vois bien que je me meurs.Je vois dans la consternation.Je vois les Français tout à l'heure Envahir tous mes bastions.Déjà mes Anglais étonnés Ne savent où prendre asile; Je crois qu'il faudra céder.Demandons à capituler.8 Ah! grand Montcalm, que de carnage! Voua détruisez tous mes Anglais.Suspendez donc votre courage.Et pardon, messieurs les Français.Délivrez-nous donc, s'il vous plait.De la tureur de vos Sauvages; Nous vous demandons simplement Les honneurs de guerr seulement (Suite i la page 57) T A lumière du soleil révèle sans pitié1, les imperfections ph Une chevelure fanée, striée, grise ou blanchie prie ses défauts sous la lumière du grand flambeau de la nature.Une chevelure passée à la Brownatone tendus •restaurateurs." Hrownatone résistera a l'épreuve definitive de la pénètre dans les cheveux sans les durcir lumiére du soleil.Même si la lumière ni les endommager.Des milliers qui la plus vive frappe directement ou en font usage témoignent desa suret* et baigne la chevelure, si elle a été soigneusement teintée avec Brownatone.rien ne te trahira- Brownatone teint instantanément, dans les couleurs naturelles.Facile à appliquer, pas de mélaaee.ai embarras, ni peine.Garantie inoffensive pour la chevelure, le cuir chevelu ou la peau.Contrairement à tant de pré- BROWNATONE des résultats satisfaisants qu'elle donne.En vente par tous les marchands Pour n'importe quelle mance ^"-t-Iî" ?^ , au Canada—jO cents et Sl.SO.Une bouteille d'essai est envoyée pour 10 cents.Pourquoi souffrir des cheveux gris quand Brownatone vous restituera instantanément s'ocre air de jeunesse.TheKenton Pharmacal Company Dept.C.1°.Windsor.Ont.Satonc Umonattd Shampoo—Cosmétique naturel pour le lavage des cheveux, nettoie et embellit.Ches les marchands ou par commande directe SO cents.Une Bonne Digestion Les historiens prétendent que les plus grands malheurs dont a souffert l'humanité n'ont pas eu d'autre cause, le plus souvent, qu'un caprice de l'estomac des grands hommes.Ce qu'il y a de certain, c'est que le cerveau n'est pas clair si l'estomac digère mal.La source du Succès peut donc reposer dans l'usage qu'on fera des précieuses recettes de cuisine publiées chaque mois dans "La Canadienne." Informez-vous auprès de nos abonnés ou, ce qui est mieux, abonnez-vous vous-même.LA CANADIENNE Gardenvale.Que. /,3$ Le b on pain de F ranee (Suite de la page 31) Pain Gâteau.CHOISISSEZ dans un plat creux six jaunes d'oeufs frais, mettez dans ces jaunes six cuillerées i bouche de sucre en poudre, puis, tournez le tout avec la cuiller en bois jusqu'à ce que les jaunes soient blanchis et épaissis.Cela fait, hachez ou rànez très finement le zeste, soit l'écorce jaune d'un citron que VOUS ajoutez dans les jaunes d'oeuts ainsi que trois cuillerées à bouche de iarinc; amalgamez le tout eitsemble.puis montez en neige les six blancs d'oeuts d'une manière très ferme, chose essentielle; versez ensuite les Jantes dans les blancs, en mélangeant doucement pour ne pas les briser, et en faire une pâte onctueuse, compacte et corsée, puis versez vivement cette preparation dans un moule à gâteau, ou.à défaut, dans un autre moule qui vous plaira, que vous aurez auparavant enduit d'un peu de beurre fondu ou saupoudré de sucre fin, afin que le gâteau soit glacé et se démoule avec facilité.Cette opération terminée, mettez-le cuire pendant une demi-heure, dans un four à chaleur tempérée.Au sortir du four, démoulez le gâteau avec prudence.Il est essentiel que le moule ne soit rempli qu'au trois quarts parce que la pâte du gâteau monte beaucoup dans la cuisson.Si le gâteau, une fois démoulé, ne vous paraissait pas suffisamment cuit, ce qui arrive quelquefois, il faudrait le remettre tel quel dans le four et laisser achever sa cuisson.Vous pouvez aussi, si vous le voulez, ajouter dans le gâteau une pincée d'amandes ou de noisettes dépouillées de leur peau, que vous hachez en même temps que l'écorce de citron.Si le four était trop chaud, il serait prudent de couvrir le moule d'une feuille de papier beurré ou mouille dans l'eau afin que le gâteau ne prenne pas une couleur trop brune.Pour rendre la gâteau plus fini, vous pouvez le couvrir entièrement, le décorer et le monter en pyramide, selon votre idée, avec la glace au sucre parfumée.Ce gâteau, qui est un des gâteaux les plus volumineux et les moins coûteux, est très bon et peut être conservé frais pendant toute une semaine.Il peut se servir seul, comme dessert, ou accompagner les crèmes ou autres entremets du même genre.Croûte aux Fruits.CEXDEZ une ou plusieurs petites brioches en deux parties égales dans le sens de la longueur; enlevez-en toute la mie.coupez un peu au-dessous pour que chaque moitié puisse s'équilibrer; ensuite placez-les dans une tourtière; remplissez chaque moitié d'abricots mélangés avec des prunes, cerises, fraises, poires, framboises, etc.ou tout autre fruit, à votre choix; saupoudrez-les d'un peu de sucre fin et enduisez-les de beurre frais; laissez cuire dan?le four, pendant un quart d'heure ou vingt minutes; puis dressez les croûtes lorsqu'elles seront cuites à point; ensuite vous mettez dans votre casserole quelques morceaux de sucre avec deux cuillerées à bouche d'eau pour en faire-un petit sirop que vous versez sur les croûtes aux fruits.Les croûtes aux fruit» se préparent encore d'une façon plus accélérée en mettant cuire les fruits coupés en tranches avec du siron de groseilles ou simplement avec du sucre ou du vin, puis vous dressez en couronne chaque nuance de fruits en les alternant et vous les servez avec des biscuits coupés en coeur, ou sur des tranches de pain briochées, et légèrement grillées.Les croûtes aux fruits sont un entremet peu coûteux, vite préparé et fort apprécié.Coques.I ES coques sont les gâteaux qui ressemblent le plus aux "buns." On les mange quand elles sont chaudes, mais toutelois elles peuvent se garder pendant plusieurs jours, alors on les trempe dans du lait el on les réchauffe vivement, elles deviennent aussi bonnes qu'elles étaient avant.1 lb.farine.1 lb.pommes de terre bouillies aussi chaudes et aussi sèches que possible.2 onces de sucre.2 onces de margarine.1 à 1 % d'once de levain.Quelques gouttes de lait.Confiture.1 pincée de sel.Mettez la margarine dans la farine.Ajoutez le sel, le sucre et les pommes de terre chaudes.Mélangez légèrement le tout ensemble.Délayez le levain dans la plus petite-quantité de lait possible, et mélangez le tout.Faites un pâte molle (beaucoup plus molle que celle que l'on fait pour le pain ordinaire) car les pommes de terre par elles-mêmes sont farineuses.Avec cette pâte faites de petites boules plus petites que pour les petits pains.Quand les coques sont cuites retirez-les du four, faites un trou avec le pouce au centre de chacune et remplissez de confiture selon votre goût.Quelque fois on les mouille d'un peu de lait et on les saupoudre de sucre granule.Petits Pains.| ES petits pains sont ceux que l'on sert chauds avec le chocolat ou le cale du matin.Aujourd'hui on prend l'habitude de les m- a' ec du beurre mais cette innovation nous vient de l'Angleterre; tandis que la vraie manière française consiste à casser des Petits Pains en morceaux, de les tremper dans le chocolat ou le café et de [es manger ensuite.1 chopine de lait.Gros comme un oeuf de beurre.Le blanc d'un oeuf (battu).'/'t tasse de sucre.Tasse de levain liquide.Faites bouillir le lait et pendant qu il est encore chaud ajoutez-y le beurre.Quand il est tiède, vous ajouterez le blanc d'oeuf.le sucre, le levain et assez de farine pour que la pâte puisse se mouler.Mettez lever durant la nuit.Pétrissez de nouveau et laissez lever, roulez la pâte à l'épaisseur du doigt, et coupez de la grosseur désirée.Beurrez une moitié d'un petit pain et recouvrez de l'autre moitié.Ce procédé les empêchera décoller les uns aux autres, et c'est le secret de leur belle apparence.Rangez-les dans la lèchefrite et laissez lever jusqu'à ce qu'ils soient très légers.Faites cuire.Si vous suivez cette direction à la lettre, ces petits pains fonderont dans la bouche.On ajoute du raisin de Corinthe au goût.Mod es (Suite de la page 24) Home Pattern 3603—Robe pour dames et jeunes filles.Taille longue, ouverte sur le devant.Le col roulé et festonné, les revers appliqués, la jupe se composant de quatre morceaux unis avec panneaux festonnés qui tombent librement et dont les bords se croisent, constituent les traits caractéristiques de ce modèle.On peut remplacer le feston par un rebord uni.Les manches peuvent être d'un seul morceau, pleine longueur avec bande au poignet, ou courtes avec poignet retourné.Taille 16 ans.36 à 42 de buste.Taille 36.2% vg.de tissu de 40 pes de largeur et 2% vg.de tissu de 36 pes de largeur de couleur différente.Prix 35 cents.Home Pattern 3601 — Robe pour dames et jeunes filles, à taille légèrement basse, se passant par les épaules.Pour thé-dansant ou garden-party cette robe est aussi élégante qu'une jeune fille peut le désirer.Le tissu est brodé, ou de voile à dessins avec voile uni ou organdie.Le corsage est himono; la jupe est en quatre morceaux avec panneaux devant et derrière et sections circulaires sur les côtés.Le corsage orné d'une pointe est bouffant et» monté sur un élastique.Taille 16 ans.36 à 40 de buste.Taille 36 3J4 vgs.de tissu de 36 pes de largeur et 1 vg.de 36 pes de largeur de couleur différente et 5 vgs.de ruban.Prix 35 cents.Home Pattern 3549—Pour dames et jeunes filles, robe se passant par les épaules et ouverte en avant.Elle est montée sur un élastique, bouffante et à taille légèrement basse, et la jupe en un morceau est reliée au corsage sous une ligne dentelée.Taille 16 ans, 36 à 44 de buste.Taille 36, 2'/i vgs.de tissu de 36 pes de largeur et 2% vgs.de tissu de 36 pes de largeur de couleur différente Price 35 prix.Home Pattern 3515.— Pour dames rt jeunes filles, robe ouverte en avant.m gauche, un panneau ajoute s étend de la ligne du cou jusqu'au bord de la robe.Les manebes peuvent être longues et froncées au poignet ou courtes tel qu'indiqué sur vigmette.Excellent modèle pour personnes plutôt fortes aussi bien que pour personne mince.Taille 16 ans, 36 à 44 de buste.Taille 36, 3% vgs.de tissu de 36 pes de largeur et vg.de tissu de 36 pes de larguer de couleur différente.Prix 30 cents.Home Pattern 3498—Pour dames et jeunes filles, robe fermant sur le côté gauche.Des panneaux libres partant au-dessus de la ligne de la taille et fixés sous le bord de la robe, donnent à cette dernière un caractère tout particulièrement élégant La ceinture peut être portée à sa place ou à taille légèrement basse.Taille 16 ans, 36 à 44 de buste.Taille 36, 4 vgs.de tissu de 36 pes de largeur.Prix 35 cents.Home Pattern 3458—Pour dames et jeunes filles.Les tissus imprimés de tous genres sont probablement les plus populaires de la saison.Dans ce modèle un tissu à dessins plutôt larges peut, avec un joli effet de contraste, être combiné avec le tissu uni du col.des manches et des sections latérales de la robe.Les manches et les sections latérales de la robe sont d'un seul morceau.Taille 16 ans, 36 à 44 de buste.Taille 36, 2% vgs.de tissu de 36 pes de largeur et 144 v8- de tissu de 36 pes de largeur de couleur différente.Prix 35 cents.Deux vérités: Voulez-vous perdre un livre?Prétez-le.Voulez-vous perdre un ami?Prètez-lui.De petites choses qui embêtent: Dîner.—Etre regardé par la mai-tresse de maison au moment où on glisse le menu dans sa poche.De petites choses qui flattent: Etre rencontré par un ami au mo ment où on cause avec une joli» femme.^ (Suite de la est garni du toutes petites guirlandes de fleurs.Taille, 14 à 20 ans.Taille 16 ans, 6 vgs., tissu de 36 pes de largeur et % vg., tissu de 36 pes de largeur pour la doublure.Prix 30 cents.Décalquable 14627, 25 cents.Home Pattern, 3570—Robe en un morceau pour jeunes filles ou femmes de petite taille.La jupe de cette charmante robe se compose de trois volants de dentelle ou dentelle filet ainsi .que pour le col et les manches.Le .corsage est bouffant et est monté sur lun élastique; la taille est légèrement Ibasse.Taille 14 à 20 ans.Taille 16 ans, 2]/% vgs., tissu de 32 ou 40 pouces de largeur et 9^ vgs.de dentelle de 10 pouces de largeur pour le cou et les Ivolants de la jupe, % vg.de 13 pouces Ile largeur pour les manches at 244 vgs.de ruban pour la ceinture.Prix 35 :ents_ I Home Pattern 3510—Robe à taille légèrement basse pour jeunes filles.Un col bertha garni de dentelle et d'insertion assortit la jupe à dentelle et lants.Des panneaux tombent de la ligne de la taille, en avant et en arrière, et sont fixés sous le bord de la jupe.Tailles 12 à 20 ans.Taille 16 ans, 4 vgs., tissu de 40 pes de largeur et 744 v8s.d'insertion, 11J4 vgs.de garniture et % vg.de tissu de 36 pouces de largeur pour la doublure.Prix 30 cents.£M Home Pattern 3590—Robe à taille légèrement basse se passant par les épaules pour dames et jeunes filles.Le col surpli descend à la ligne de la taille puis s'attache en arrière.La jupe froncée en un morceau porte une draperie cascade sur les côtés.Taille 16 ans, 36 et 38 de buste.Taille 36, 6% vgs., tissu de 40 pouces de largeur et 2y2 vgs.d'insertion et 10J4 vgs.de dentelle.Prix 25 cents.Home Pattern 3742—Robe à longue taille pour jeunes filles et femmes de petite taille, le corsage est drapé sous e* bras et un empiècement en deux page 23) morceaux forment les épaules torn bantes.La jupe froncée en un morceau est d'environ 244 vgs.de largeur au bas.Taille 14 à 20 ans.Taille 16 ans, 3% vgs., tissu de 40 pes de largeur et 40 vgs.de dentelle.Prix 35 cents.Home Pattern 3558—Robe en un morceau, se passant par les épaules avec une ouverture sur l'épaule gauche, pour jeunes filles et femmes de petite taille.Panneaux libres tombant sur le devant, en arrière et sur les côtés.Cette garniture est originale.Elles est bouffante et montée sur un élastique, la taille est légèrement basse.Tailles 14 à 20 ans.Taille 16 ans 444 vgs., tissu de 36 pouces de largeur et 17^4 vgs.de dentelle.Prix 35 cents.Décalquable 14792, 25 cents.(Suite de la page 25) est aussi gracieux qu'il est simple et le corsage ajusté sur jupe bouffante forme ce qu'on appelle une robe de stvle.Tailles 16 ans, 36 à 40 de tour de poitrine.Pour taille 36, 3 verg.s d'étoffe en 36 pouces et 2 verges % de laize.Prix 35 cents.La robe de tous les jours 3966 en rep de laine, cordine ou perlaine est un modèle à taille longue s'ouvrant sur le devant.La jupe droite et froncée se garnit à la taille longue d'un volant en formant de deux pièces.Les manches peuvent être longues ou courtes.La robe se passe par dessus la tète.Tailles 14 à 20 ans.Pour taille 16 ans, 3 verges 44 d'étoffe en 36 pouces.Prix 35 cents.Dessin 14904, 30 cents."L'esprit n'est jamais las d'écrire Lorsque le coeur est de moitié." GRESSET.Le pouvoir est une cloche: ceux qui la mettent en branle n'entendent pas d'autre son.BERANGER. La Canadirnnr, Juin 192.1 51 Le testament de grand'mère (Suite de noir est le fard des blondes," au>.i Suzctte avec un goût artistique avait-elle choisi pour la circonstance, une toilette de velours noir; seule, une petite touffe de muguts jetait joliment à sa ceinture une note gaie.Dans tout ce sombre, ses cheveux en paraissaient plus dorés et rendaient suzette admirable.Elle regardai; attentivement la figure de:, grands maîtres dont les cadres nombreux pendaient aux murs et dont elle croyait poser sur elle les regarda pleins de science.Et quand le piano joua K > premiers accords de son "concerto" elle crut ne pouvoir jamais se lever du divan où elle était assise; mais, rapide, elle se dirigea vers le piano et fit préluder son violon.L'archet glissait sous la souplesse de son poignet et ce n'était plus les cordes qui tressaillaient, mais plutôt les fibres de son âme d'artiste.Elle révéla, et le Concerto achevé, ses admirateurs ne savaient comment exprimer leur enthousiasme.Fou d'orgueil, le vieux professeur vint lui serrer la main."Vous êtes ma gloire, dit-il, et je vous remercie!" Suzette ne confia à personne ses récents succès, et, quand elle revint dans l'hôtel, ce soir-là.elle s'arrêta devant le portrait de Jean suspendu au mur.Dans son cadre vieil or le jeune lieutenant en habit de marin était vraiment bien, et ses yeux dan> sa pâle figure semblaient synthétiser dans leur abime d'azur le miroitement des mers.Suzette venait bien souvent causer là avec Jean, où sous l'écho de son imagination, il glissait encore des mots bien doux à l'oreille de sa petite cousine.Mais ce soir-là elle s'arrêta plus tendrement, et détachant de sa ceinture, les frêles muguets, elle les baisa et les posa dans un vase au-dessous du portrait.Sans doute, dans leur langue divine, les fleurs toutes lourdes de messages, durent cette nuit-là porter au coeur même de Jean, leur parfum et leur baiser.C UZETTE était devenue enfin une jeune fille dont l'heure de débuter allait bientôt sonner.Ce matin-là à son réveil, elle fut charmée d'apercevoir près d'elle deux gerbes de fleurs, don de ses amis, et un billet parfumé la retenant pour le diner du soir.Thérèse et Madeleine avaient depuis longtemps comploté cette surprise, et nombre d'invités devaient venir présenter leurs hommages à la reine du soir.Suzette des Ourdines avait, ce jour-là, ses vingt ans! Elle fut très gaie devant eux, se faisant un devoir de prouver ainsi sa reconnaissance à ceux dont les amabilités ne se comptaient plus pour elle.Mais combien pourtant elle avait hâte de se retrouver avec ses pensées, et quand elle revint, c'est presque lasse qu'elle remonta chez elle.Sa gaieté n'était pas joyeuse dans ce jour, quelqu'un manquait à la fête.Jean, cette année semblait donc l'avoir oubliée.Sans doute, une vie brillante et toute pleine, lui faisait oublier l'hôtel peut-être un peu sombre maintenant pour lui.Et Suzette sentait perler dans ses yeux, des pleurs.Elle regardait pointer dans le ciel, les étoiles, les la page 31 ) mêmes, sans doute, qui brillaient pour le "Volant" et dans un mirage elle voyait un long vaisseau glisser sur des eaux endormies.Enfin! lasse d'émotion, elle ferma la fenêtre.Un doux clair de lune se faufilait dans sa :hambrette rose, et Suzette nonchalamment suivait la raie de ce rayon consolateur; mais, O surprise, elle aperçut soudain sur sa petite table une boite minuscule et une lettre.C'était de Jean.oui.elle le devinait, et fiévreuse, elle disputait à la nuit la chère écriture qui disait: "Suzette, vous avez enfin vingt ans! Ce serait presque banal de vous dire que je voudrais être auprès de vous, non, seuls mes yeux ou passerait mon âme pourraient vous exprimer mes pensées presque lourdes, ce soir.Vos vingt ans.ce sont aussi les miens que le Temps, sur son aiie.emporte aujourd'hui vers le ' Passé"; peut-être sera-ce le dernier anniversaire où nous sommes encore si bien l'un à 1' autre.Maintenant le monde va s'emparer de ma petite reine d'autrefois.A vous qui avez connu les douceurs prin-tanières, je me sens presque contraint de vous souhaiter celles plus grisantes de l'été, je vous souhaite tout.tout.Suzette, pourvu que vous soyez heureuse et je vous enverrais du ciel, ce soir, s'il était a moi! Chaque heure à venir va prendre de votre vie jusqu a ce que vous vous envoliez vous-même Suzette, pour toujours .car il tau; se l'avouer, une fleur exquise entrou vrira bientôt, dans votre àme, ses pétales divins et Suzette, ce jour-là, à qui serez-vous, a qui vous donnerez-vous?Ne vous sentez pas seule, ce soir, quand vous me lirez.Le roulis monotone de la vague ballottera ici le vaisseau, la brise marine se fera froide, très froide, mais ne craignez rien pour moi, Suzette, votre Jean n'est plus sur la passerelle.Non, Jean est chez vous, aux Ourdines, dans le grand vivoir, où, sans doute, vous songez à mille choses, et si à la passée la brise chuchote à votre oreille, écoutez un instant, car c'est l'âme de Jean qui s'en vient jaser avec vous et vous dire encore une fois que vos vingt ans soient pleins de bonheur! Adieu Suzette.Affections de Jean.P.S.— Ci-inclus une petite boite, elle contient pour vous un souvenir pour votre premier bal." La lettre lentement s'est glissée des mains de Suzette.et son coeur est si plein de joie qu'on dirait au'il va se brise' et maintenant, sous la veilleuse allumée, elle ouvre la boite où l'attend une nouvelle surprise, car le souvenir de Jean est un bandeau de velours suspendant une petite étoile de diamants, dont le reflet sur la peluche sombre la rend presque vivante, on croirait, vraiment, une astérique enchaînée.Quelques jours plus tard.Jean recevait de Suzette la lettre suivante: Hôtel des Ourdines.au sous-lieutenant de Valprcux.Cousin Jean, Eh! bien.oui.in'a-t-elle été assez douce votre lettre, mon cher cousin, en ai-je assez lu chaque mot! .je n'avais qu'à fermer les yeux pour entrevoir les vôtres si bleus me verser de bonnes choses.Combien grand'mère -us eût aimé, ce soir, vous qui veniez si bien la remplacer auprès de Suzette, et j'avais tant (Suite de la page 52) Victoires et Chansons (Suite dt la page SS) Narguer les troupes de Louis quinze; Oui, je t'accorde ta demande.Mais il faut que tu sach' aussi Que dans trois mois il faut me rend « Tous les Français que tu m'as pris; Et pour plus grande sûreté Je retiens douze officiers braves Des maintenant tu peux partir Et de longtemps ne revenir.10 Je ferai encore mon possible Pour t'exempter de la fureur De mes Sauvages intrépides, De mes Français pleins de vigueur.Mais souviens-toi qu'il ne faut pas Montcalm caresse tes cantons A coups de bombe de canons.(I) Montcalm a le dernier mot dans ce duel homérique: c'est juste, il était Français et du Midi, où on a la langue bien pendue, et Monro était Anglais .et comme il parait, assez mal en train ce jour-là.A sa prochaine rencontre avec ces messieurs d'Angleterre, Montcalm aura encore le dernier mot et le dernier coup de fusil.Je veux dire à Carillon.(La Suite au prochain numéro) La Machine à Ecrire me Tape sur les Nerfs Je me demande si je ne deviens pas nerveuse.Il y a certainement quelque chose qui va de travers avec moi, car je suis si fatiguée le matin et je n'ai pas le courage de transcrire la pile de lettres qui m'est remise chaque jour."l'ai dû travailler plus dur pour rattraper le retard occasionne par l'absence de ceux qui ont été malades.Puis, j'ai dû aider davantage à la maison lorsque maman est « tombée malade.Je suppose que tout cela vous abat et épuise vos nerfs."Mais, qu'était-ce que je lisais, du Dr.Chase's Nerve Food recons-:ructeur du système nerveux?C'est peut-être juste ce qu'il me faut.On parlait du souci et des inquiétudes qui abattent les nerfs et j'ii certainement eu ma part de tourments."C'est peut-être là la cause de mon manque de sommeil et des sensa- tions de fatigue que j'éprouve ton' le temps.Eh bjen, je vais nie procurer du Dr.Chase's Nerve Food aujourd'hui et en faire un essai." L'action du Dr.Chase's Nerve Food est si douce, en même temp?si efficace, et rétablit si bien, qu'il est le remède favori des femmes de tout âge.Il semble admirablement adapté aux besoins de leur système nerveux délicat et pour cette raison est devenu universellement employé pour rendre à un système nerveux épuisé sa vigueur et son énergie.L'apparence et le teint de santé des Personnes qui ont fait usage du Dr.Chase's Nerve Food—l'élasticité et la vivacité de leurs mouvements—sont la grande évidence des avantages qu'ils ont acquis.50 cents la boite, chez tous les marchands et Edinansou.Bates & Co.Ltd., Toronto.OFFRANDES POUR LE CONGRES EUCHARISTIQUE PROVINCIAL DE QUEBEC BULLETIN D'ENVOI Le R.P.Pelletier, S.S.S.Paroisse du St-Sacre-ment.Chemin Ste-Foy, QUEBEC.Section M bon de poste Ci-inclus mandat de poste de $ cheque Je veux avoir contribue à la glorification que vous préparez à Jesus-Hostie, roi du monde et des coeurs.Adresse date signature N.B.—On accusera réception de toute somme d'au moins cinquante sous. 5t La Canadienne, Juin Le Testament de grand'mère (Suite de la page SI) besoin de votre tendresse dans le jour de mes vinet ans.Les mots sont trop oetits pour m'exprimer et je ne sais lequel choisir pour vous dire merci! Ce cadeau, Jean, c'était princier, avez-vous donc pris cette étoile aux pro-iondeurs de la mer, ou bien, êtes-vous allé en rêve la cueillir aux cieux: Je me sens un peu émue de vieillir, de changer d'horizon, niais je n'en suis ¦ oint effrayée.Mes vingt ans resteront en repos d'ici votre retour, ils ne sonneront vraiment pour moi que le jour où Suzette des Ourdines fera son entrée dans le monde aux bras de Jean de Valpreux, lieutenant de marine.N'allez donc plus ainsi parler de séparation, que voulez-vous dire, vraiment, c'est mal de voiler ainsi nos jours à venir; nous serons encore si longtemps rien que nous deux.Nous vivrons encore comme au temps de grand'mère et vous oublierez souvent que vous n'êtes plus le grave officier, mais Petit Jean qui aimait tant Suzon! Toutes mes tendresses.Suzette.1 E "Volant" mouillait en rade non loin du port.Officiers et matelots devaient sous peu le quitter pour un congé de plusieurs mois.Avant ce départ, il fallait, suivant la tradition, donner dans le grand hall du vaisseau, un bal brillant où devait se réunir I élite.Quelques artistes de choix étaient retenus pour le concert.Le sous-lieutenant de Valpreux ne son-ueait pas un instant à compter Suzette au nombre des invités, personne n'aurait pu l'accompagner, la famile Roque-ville étant partie pour un long voyage, et pourtant, pas un seul n'avait plus de joie que lui.Le bal serait bien comme tant d'autres, mais c'était du retour qu'il se sentait griser.Là, où le souvenir se sent chez-lui, rien ne l'en déloge, aussi cette absence de quatre ans, loin d'avoir diminué le sentiment qu'il gardait à sa cousine, n'avait fait que s'enraciner davantage.Suzette devait être bien jolie, maintenant, avec ses erands yeux noirs, dont Hugo dit "qu'ils renferment des âmes"! et ce n'était pas en ce moment le frère qui rêvait d'elle, pas même le cousin."Voyons, lieutenant, tu rêves donc, lui dit au passage un camarade, c'est que, il y aura, certes, à ce bal, de jolis ininois, peut-être même le coup de grâce pour le grave de Valpreux." Jean qui souriait, répondit gaiment: Je crois que oui, j'y serai pincé! Le professeur Cassini avait reçu une invitation .pour le concert du bal, à bord du ' Volant." Il relisait, pensif, les quelques mots du capitaine, et hochant la tète: "Je suis maintenant trop vieux, c'est à la jeunesse de se produire." Après un instant de réflexion il griffonna un billet et l'adressa à l'Hôtel des Ourdines.Oh! si cela pouvait réussir, pensait-il! Suzette, subitement surpris, croit rêver, et pourtant ce billet, c'est bien l'écriture de Monsieur Cassini.Serait-il gravement malade?et vite elle prend son chapeau et court au studio où l'attend son vieux professeur.Ah! c'est vous Monsieur Cassani, lui dit-elle, que vous m'avez fait peur! et, lasse de cette émotion, elle s'affaise sur le premier fauteuil.Je vous croyais bien malade, mais que signifie ce message?Le pauvre professeur, sans un mot, lui tend le message de l'officier.Oh! mademoiselle, lui dit-il, enfin.Si vous vouliez, si vous vouliez! Non! cela ne se peut .et Suzette craint de comprendre.Je vous ai formée comme ma fille vous êtes ma gloire, l'étoile ne peut refuser de briller au ciel qui la crée, brillez pour moi, je vous en prie! Suzette se sent ébranler.Quelle coincidence, répète-t-elle, mais ne pouvant refuser, elle dit, en lui donnant la main: "Pour vous, j'irai!" Presque nerveuse elle se dirige vers le parc voisin pour s'asseoir sur le premier banc venu et repenser un peu à cet engagement promis.C'était tellement inoui, cette surprise.Aller jouer là où Jean à vécu depuis quatre ans.Elle entrevoit ce moment où il lui faudra presque de l'audace pour affronter ce monde, mais si d'un côté, Jean allait ne pas la reconnaître .après tout, plusieurs années doivent changer beaucoup.Maintenant, rieuse de cette perspective, elle s'en retourne, rassurée, chez-elle.LE soir du bal était enfin venu.Depuis une semaine le "Volant" était accosté non loin, de la ville.Ses mâts élancés flottaient à la brise le drapeau de France, et le vaisseau, dans le soir, semblait, ainsi paré, à quelque palais ambulant.Les centaines de hublots éclaires de l'intérieur brillaient comme des prunelles d'or.Des guirlandes entremêlées de fleurs et de lumières serpentaient au-dessus des tètes comme un ruban de feu.Rien ne peut imaginer la féerie de ces fêtes, sur l'eau, sinon les carnavals vénitiens.Un monde fou s'entassait déjà dans les galeries.Le bal était ouvert.Des couples ondulaient sous les pas des danses, déjà plusieurs pièces musicales étaient venues jeter leur note artistique dans cette magie.Fatigué de l'atmosphère de la salle.Jean de Valpreux se promenait, rêveur, sur la passerelle.Quel brillant, se dit-il.que ces femmes et ces jeunes filles, et pourtant, pas une ne peut effacer Suzette.Mais, soudain, il s'arrête; en bas, un silence semble régner, Suzette des Ourdines venait de faire son entrée.Son bras tremblait un peu sur celui de son vieux professeur, mais, en somme, elle se sentait assez calme.Jetant un regard dans le miroitement de la salle, elle ne vit rien, rien qu'un ciel de lumières, où elle planait, elle, peureuse étoile.Elle était si belle, immobile, pareille à quelque marbre, que la foule saisie d'admiration, en oubliait d'applaudir.Suzette s'était faite, presque sans le savoir, vraiment adorable.Sa robe blanche la galbait gracieuse, elle ne portait pour bijou que la petite étoile de diamants, don de son cousin, et le bandeau sombre qui ceignait son front em-prissonnait dans sa résille, sa chevelure où les mille rayons de la salle se jouaient dans le flou de leur mousse blonde, et lors qu'elle leva ses grands yeux noirs, étrangement graves, la foule, un instant recueillie, fit éclater ses applaudissement qui réveillèrent même, sur la-passerelle Jean de Valpreux.abimé dans son rêve.Le violon, maintenant résonnait dans le soir, tantôt léger comme un rire ou triste comme un pleur.Suzette, grisée par cet ambiance racontait à i'écho sa vie de jeune fille.Et la ballade d'abord berceuse comme l'onde, disait le charme de son enfance, puis, sa première douleur, le souvenir de grand'mère des Ourdines avec son jour de deuil, et l'archet qui pleure égrenne des larmes sur le violon .c'est, enfin, le départ de Jean, son absence où leur amitié va connaître réciproquement l'amour.Une tendresse profonde tressaille aux cordes tendues.Et Suzette trahit son secret à cette foule où, sans doute, bat aussi le coeur de Jean, et lasse, comme si elle eut devant l'inconnu jeté une plaintive espérance, la ballade meurt dans un soupir.Suzette sent des gouttes perler sur son front, elle craint de chanceler et salue en fermant les yeux; mais les relevant, elle vient d'apercevoir là-haut, dans une galerie, Jean, qui essaie de se frayer un chemin pour, sans doute, venir à elle, alors, apeurée, elle s'enfuit de la salle où l'enthousiasme des auditeurs la rappelait en vain.Suzette et son vieux professeur sont repartis aussitôt ne laissant de la violoniste que le souvenir.Des gens chuchotent un nom, mais personne ne la connait, comme l'étoile filante elle s'est éclipsée vers d'autres horizons, rien ne la trahit, pas même l'entrefilet qui, le lendemain, dan.r les journaux rendait compte de la brillante réunion à bord du "Volant." Renversé maintenant sur son fauteuil, les yeux mi-clos, Jean revivait tout de cette heure enchante-resse du retour, l'ivresse d'abord de revenir au vieux nid des Ourdines où l'attendait sa Suzette aimée.Lt clapottement de la vague qui, sous les caresses de la brise l'avait bercé, frissonnait voluptueuse, cette salle brillante d'où la chanson l'avait bercé dans son rêve où flottait toujours une vision .la même Suzette.Les cerveaux en feu ont parfois de ces douces illusions, et ce soir dans la tiédeur du vivoir, il croyait la voir, là, près de ldi.Il respirait à peine de peur d'en dissiper le mirage et peu à peu sous le jet de l'opale abat-jour, le vivoir s'emplit d'une ch-'é sommeillante.Dans le silence monta la même voix, qui, sur le violon, au soir du bal, chantait la Ballade évocatrice! D'abord, stupéfié par cette apparition, Jean avait frissonné.Oui, c'était donc elle l'étoile qui s'était enfuie laissant derrière elle la trainee d'or de son souvenir.Fou d'émotion, il ne peut articuler que deux mots: "Ah! Suzette! Suzette s'agenouille près de Jean, ses yeux profonds de tendresse ont un éclat mouillé.Ils se taisent tous deux un instant.A quoi bon parler, tout n'est-il pas dit?Les choses les meilleures sont celles qui ne se disent jamais, et le silence est si doux quand les coeurs se parlent tout basl Jean s'effraie de son bonheur.J'ai peur que vous ne vous trompiez, dit-il, je vous aime, moi, si follement, que je ne pourrais survivre à un réveil, mais, calme, Suzette, met sa main sur 1» bouche de Jean.Je vous ai aimé depuis toujours, Jean, mais à votre baiser, le soir du départ pour le "Volant," j'ai senti que je n'étais plus la cousine du passé, mais votre amante d'avenir et dans un élan d'adoration elle blottit sur l'épaule de Jean sa tète blonde.Comme une lampe d'or au sanctuaire de l'immensité, la lune projette au petit vivoir son rayon indiscret, pendant que la brise vient bercer leur extase et fredonner à grand'mère, sans doute, par delà l'azur, les fiançailles de Suzon et de Petit Jean.LA COURSE AU BONHEUR (Suite de la page 44) sont là et toutes les joies,—et d'abord lc> gros bonheurs matériels.Mais écoutez celui qui présente les autres: "Je suis le plus gros des bonheurs, le Bonheur-d'étre-richc, et je viens, au nom de mes frères, vous prier, vous et votre famille, d'honorer de votre présence notre repas sans fin.Vous vous trouverez au milieu de tout ce qu'il y a de mieux parmi les vrais et gros bonheurs de cette terre.Permettez qije je vous présente les principaux d'entre eux.Voici mon gendre, le Bonheur d'ètre-propriétaire, qui a le ventre en poire.Voici le Bonheur-de-la-vanité-satisfaite, dont le visage est si gracieusement bouffi.Voici le bonheur-de-boire-quand-on - n'a - plus-soif et le Bonheur-de-manger-quand-on-n'a-plus-faim, qui sont jumeaux et ont les jambes en macaroni.Voici le Bonheur - de -»ne - rien - savoir, qui est sourd comme une limande, et le Bon-heur-de-ne - rien - comprendre, qui est aveugle comme une taupe.Voici le Bonheur-de-ne - rien - faire et le Bon-heur-de-dormir - plus - qu'il-n'est - nécessaire, qui ont les mains en mie de pain et les yeux en gelée de pêche.Voici enfin le Rire-épais, qui est fendu jusqu'aux oreilles et auquel rien ne peut résister." Mais ce ne sont-là que des bonheurs grossiers.La "Lumière," qui est la bonne fée de la pièce, va en présenter d'autres aux petits enfants étonnés — des bonheurs d'autrefois auxquels les gros bonheurs d'aujourd'hui, dit-elle, ont fait bien du tort.Car on trouve sur terre beaucoup plus de bonheurs qu'on ne croit.Mais la plupart des hommes ne les découvrent point, bien qu'ils soient toujours autour d'eux.Ecoutez parler, maintenant, le Chef-des-Bonheurs-de-la-Maison.Tyltyl, naïvement, lui demande: —"Il y a donc des bonheurs à la maison?" Et le Bonheur répond: —"Vous l'avez entendu?S'il y a des bonheurs dans ta maison! .Mais, petit malheureux, elle en est pleine à faire sauter les portes et les fenêtres! .Nous rions, nous chantons, nous créons de la joie à refouler les murs, à soulever les toits, mais nous avons beau faire, tu ne vois rien, tu n'entends rien.J'espère qu'à l'avenir, tu seras un peu plus raisonnable.En attendant, tu vas serrer la main aux plus notables.Une fois rentré chez, toi, tu les reconnaîtras ainsi plus facilement.Et puis, à la fin d'un beau jour, tu sauras les encourager d'un sourire,les remercier d'un ,mot aimable, car ils font vraiment tout ce qu'ils peuvent pour te rendre la vie légère et délicieuse.Moi, d'abord, ton serviteur, le Bonheur-de-se-bien-por-ter.Je ne suis pas le plus joli, mais le plus sérieux.Tu me reconnaîtras.Voici le Bonheur-de-1'Air-pur qui est à peu près transparent.Voici le Bonheur-d'aimer-ses-parents, qui est vêtu de gris et toujours un peu triste parce qu'on ne le regarde jamais.Voici le Bonheur-du-Ciel-Blcu, qui est naturellement vétu de bleu, et le Bon-heur-de-la-Forèt, qui est non moins naturellement vétu de vert et que tu reverras chaque fois que tu te mettras à la fenêtre.Voici encore le bon Bonheur-des-heures-de-soleil qui est couleur de diamant et celui du printemps, qui est d'émeraude folle." Tyltyl demande, émerveillé: —"Et vous êtes aussi beaux tous les jours?" Le Bonheur répond: —"Mais oui, c'est tous les jours dimanche dans toutes les maisons, quand on ouvre les yeux .et puis, quand vient le soir, voici le Bonheur-des-couchers-de-soleil qui est plus beau que tous les rois du monde et que suit le Bonheur-de-voir-se-lever-les-étoiles, doré comme un dieu d'autrefois.Puis, quand il fait mauvais, voici le Bonheur-de-la-Pluie, qui est couvert de perles, et le Bonheur des feux d'hiver, qui ouvre aux mains gelées son beau manteau de pourpre.Et je ne parle pas du meilleur de tous, parce qu'il est presque frère des Grandes Joies limpides que vous verrez bientôt, et qui est le Bonheur-des-pensées-innocentes, le plus clair d'entre nous.Et puis, voici encore.Mais, vraiment, ils sont trop.Nous n'en finirions pas.¦ " Et c'est, alors, le tour des grandes joies, parmi lesquelles, au loin, au loin, dans les nuages d'or, l'une d'entre elles, que Tyltyl a peine à voir, en se dressant tant qu'il peut sur la pointe des pieds.Il demande: "—Quelle est cette joie?." Et le Bonheur lui répond: "—Celle-là, c'est la grande joie d'aimer." Mais comme Tyltyl est un enfant, le Bonheur ajoute: "—Mais tu auras beau faire, tu es bien trop petit pour la voir tout entière." Les huile?» de palmier et d'olive—rien autre donnent au .sat m Palmolive le ton vert de la Nature.Face a Face / —Comme si vous étiez une autre jeune fille * I U'EST-CE que voient les yeux des autres?Voilà la question à laquelln toute jeune fille devrait pouvoir répondre.Est-ce que les regards qui se posent sur votre visage expriment l'administration ou se détournent avec indifférence.Regardez-vous face à face dan votre miroir et jugez vous-même de ce que vous voyez avec le même sens critique que si vous étiez une autre Jeune fille.N'excusez pas les défauts du teint.Ne vous consolez pas par l'espoir qu'ils passeront peut-être Inaperçus.N'excusez pas la lividité et les tares du teint en les attribuant à l'effet de la lumière.Notez plutôt chaque défaut et apprenez à y remédier.La première mesure à prendre Que vous ayiez à améliorer un teint appauvri ou à en conserver un qui est bon, la première mesure à prendre est la même.Le fin réseau des pores qui compose la surface de la peau doit être, chaque jour, nettoyé des accumulations qui s'y entassent.L'huile naturelle de la peau, cet embellisseur fourni par la natures est souvent sécrétée à l'excès.Combinée avec la crasse, la poudre et la sueur, elle remplit rapidement les pores ténus- de la peau si on n* s'empresse de l'enlever par le lavage.Le savon et l'eau sont encore les seule nettoyeurs efficaces que l'on Iconnaisse.Le cold cream seul ne fait qu'augmenter l'obstruction des pores, tandis que les autres préparations sont inutilement rudes.Le choix d'un savon reste donc le seul problème à.résoudre, mais la solution est facile.Le savon pour le visage doit être pur.doux, rafraîchissant.C'est pourquoi vous dev.choisir Palmolive.Une fois pa.* jour, de préférence au coucher, lavez complètement votre visage avec une mousse abondante et crémeuse de Palmolive.Massez-la bien dans la peau.Rincez par-faitement.puis asséchez ave une serviette douce.Si votre peau est très sèche, c'est alors le moment d'appliquer du cold cream.Les peaux huileuses n'en ont pas besoin.Une semaine de ce traitement simple accomplira des merveilles pour votre peau.Les points noirs disparaîtront et une belle couleur naturelle remplacera cette apparence pMe et terne trn mélange d'huile x magnifiques Les femmes qui craignent que l'usage du savon ne vieillisse leur peau sont celles qui ont commis l'ereur de se servir de savons grossiers.Elles changeront d'avis quand elles auront employé Palmolive.Le mélange des huiles de palmier et d'olive a donné le nettoyeur le plus doux que la science ail produit- La mousse de Palmolive a l'effet d'une lotion.Ces deux huiles orientales rares sont des embellisseurs historiques, et sont réputées comme cosmétiques depuis les jours de l'ancienne Egypte.Ces huiles rares d'Orient communiquent leur couleur verte et riche à lattrayant pain de Palmolive.Le vert de Palmolive ^st celui des herbes et des feuilles.Fh «aron à 10c Si Palmolive coûtait plusieurs fois ce prix modeste, des millions.ne le trouveraient pas encore trop cher parce qu'ils le considèrent comme le seul savon satisfaisant.Mais ce sont ces millions qui nous permettent d'offrir Palmolive â un prix populaire.Une demande gigantesque tient les usines de Palmolive en opération Jour et nuit et permet de réaliser dee économies de fabrication qui rendent possible le prix de 10c.THE CANADIAN PALMOLIVE COMPANY,LIMITED WINNIPEG TORONTO MONTREAL K'/nlement fabricants dr crime à raser et de shnmpo.ng Palmolive r»/iime et efficacité produisent une qualité de 25 cents pour 10 Le Kodak Conserve l'Histoire Quelle occasion pour un portrait—et comme tout cela est facile au moyen du Kodak."CJic!"—l'obturateur fonctionne, et i'histoire reste—pour toujours.Kodaks Autographiques $6.50 en montant Canadian Kodak Co., Limited, Toronto
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