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Titre :
Cité libre.
Cité libre est la revue d'idées québécoise la plus connue des années 1950. Ses auteurs alimentent la réflexion sur les moyens de changer le monde politique pour accélérer le progrès économique, social, intellectuel et spirituel du Québec. [...]

Cité libre voit le jour à Montréal dans une période ponctuée de signes de mécontentement face au traditionalisme de la société québécoise et du gouvernement de Maurice Duplessis. La revue fait son apparition un an après la grève de l'amiante d'Asbestos et deux ans après la parution du manifeste Refus global.

D'abord trimestrielle, Cité libre est la revue d'idées québécoise la plus connue des années 1950, alors que son influence est plus grande que son tirage pourrait le laisser croire. De 1500 exemplaires en 1951, celui-ci ne dépassera pas 6000 ou 7000 exemplaires. En leur qualité d'intellectuels, des auteurs de la revue se voient offrir une tribune à la télévision de Radio-Canada et participent aux conférences de l'Institut canadien des affaires publiques.

Cité libre est perçue comme la revue d'une génération de penseurs influents. Plusieurs de ses collaborateurs des années 1950 se sont côtoyés durant leurs études et ont été de prééminents militants de la Jeunesse étudiante catholique. Le personnalisme chrétien est d'ailleurs manifeste dans l'engagement social des auteurs. Selon ce courant spirituel, l'homme d'action rationnel doit être au coeur d'un catholicisme renouvelé, parce qu'intériorisé plutôt qu'ostensible et socialement omnipotent.

Le respect des auteurs de Cité libre pour l'Église ne les empêche pas de poser la revue en porte-étendard du combat libéral contre le cléricalisme, le duplessisme et la collusion entre l'Église et l'État, par la dénonciation de l'idéologie traditionaliste et la mise au jour de la corruption électorale.

Intellectuels, les auteurs de Cité libre sont imbus de philosophie politique et profitent de leur tribune pour alimenter la réflexion sur les moyens de changer le monde politique pour accélérer le progrès économique, social, intellectuel et spirituel du Québec. La perspective éthique et juridique libérale adoptée par les auteurs vise à favoriser le développement et le respect des droits de la personne dans un esprit humaniste et universaliste.

Plusieurs auteurs de Cité libre conviennent que l'émancipation de l'homme moderne passe aussi par la reconnaissance de la lutte des classes. Dans les années 1960, l'amalgame du socialisme et de l'indépendantisme québécois sera toutefois la cause d'intenses tiraillements au sein de la revue.

Cité libre est publiée mensuellement de 1960 à 1966, puis de façon saisonnière sous le titre des Cahiers de cité libre jusqu'en 1971. De 1991 à 2000, Cité libre réapparaît d'abord comme revue bimensuelle, puis saisonnière. Le fédéralisme et l'unité canadienne sont alors ses principaux chevaux de bataille.

Quelques grands collaborateurs de Cité libre : Gérard Pelletier, Pierre Elliott Trudeau, Fernand Dumont, Pierre Vadeboncoeur, Léon Dion, Gilles Marcotte, Jean Paré, Réginald Boisvert, Charles Taylor, Charles Gagnon, Jean Pellerin, Naïm Kattan, Jean Le Moyne, Pierre Laporte, Marcel Rioux, Pierre Vallières, Guy Cormier, Louis O'Neill, Jeanne Sauvé, Jacques Hébert, Guy Rocher, Vincent Lemieux.

BÉLANGER, André J., Ruptures et constantes - Quatre idéologies du Québec en éclatement : La Relève, la JEC, Cité libre, Parti pris, Montréal, Hurtubise HMH, 1977, p. 65-135.

LALONDE, Marc, « Ce qu'est pour moi Cité libre », Cité libre, vol. 28, nº 4, automne 2000, p. 33-35.

LÉVESQUE, Michel, « À propos du tirage de la revue Cité libre », Bulletin d'histoire politique, vol. 3, nº 2, hiver 1995, p. 151.

WARREN, Jean-Philippe et E.-Martin MEUNIER, « De la question sociale à la question nationale - La revue Cité Libre (1950-1963) », Recherches sociographiques, vol. 39, nº 2-3, 1998, p. 291-316.

Éditeur :
  • Montréal :Syndicat coopératif d'édition Cité libre,1950-1966.
Contenu spécifique :
mars - avril
Genre spécifique :
  • Revues
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Cahiers de cité libre.
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Références

Cité libre., 1996, Collections de BAnQ.

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itorial LE SEPARATISME À NU Si le Canada est divisible, le Québec l'est aussi.» Cette simple évidence a frappé l'arène politique canadienne comme un coup de foudre.Pris à leur propre jeu, les séparatistes ne savent plus comment expliquer que les frontières de leur pays imaginaire sont sacrées alors que celles du Canada sont modifiables à souhait.Pour Bouchard, ex-négociateur en chef d'une entente imaginaire, promu partitionniste en chef, la clé de ce mystère est évidente: le Canada n'est pas un «vrai pays».Tout ce qui nous entoure n'est qu'illusion.Plus terre à terre, Bernard Landry, cet étemel deuxième violon de la séparation, brillant manipulateur de la langue de bois péquiste, invente, lui, de nouveaux mots pour vendre la même vieille salade.Soyons imaginatifs, n'appelons pas les choses par leur nom: puisque la souveraineté-association, l'indépendance-partenariat, les monnaies et les passeports communs, les pays sans frontières, les doubles citoyennetés ne marchent plus, au lieu de dire «sécession» disons «union canadienne» et le tour est joué.C'est ainsi qu'avec leur créativité débordante et leurs stratagèmes, plus «astucieux» les uns que les autres, les sécessionnistes s'affairent à détruire le Canada sans que les Québécois ne s'en aperçoivent.Mais aujourd'hui, ce jeu est terminé: le séparatisme a été mis à nu.De multiples mouvements de citoyens se sont spontanément élevés pour rappeler trois idées bien simples mais jusqu'à présent souvent oubliées: 1 ) Le Canada est notre seul et vrai pays.2) Ce sont les séparatistes qui sont des séparatistes.3) Si le Canada est divisible, le Québec l'est aussi.Ce mouvement a connu un succès tout à fait inattendu et a déclenché de très vives réactions.Stéphane Dion, le nouveau ministre des Affaires intergouvemementales, reconnaissant son bien-fondé, déclarait, selon La Presse du 27 janvier, que c'était une simple «question de justice naturelle» qui l'amenait à affirmer «que l'on ne peut considérer le Canada comme divisible et le territoire québécois comme sacré.» En réaction, Bouchard, oubliant toute rectitude politique, dévoila une fois de plus son nationalisme ethnique en décrétant que le Canada n'était pas un «vrai» pays.Que les sécessionnistes s'affolent, c'est bien normal.Mais, à notre grand étonnement, cette lame de fond a effrayé non seulement les séparatistes, mais aussi d'ardents défenseurs du Canada.Des gens sages et pondérés tels que Jean Paré de L'actualité, Alain Dubuc, Lysiane Gagnon et Claude Masson de La Presse et même des cité-libristes de longue date (voir la chronique Débats dans ce numéro) attribuent les conséquences, manifestement néfastes de ce jeu insensé de partitions en chaîne, à ceux qui rappellent tout simplement que les frontières du Canada valent bien celles du Québec.La simple évocation de la divisibilité possible du Québec révèle au grand jour les conséquences insensées du séparatisme.Toute son horreur est mise à nu.Va-t-on élever des frontières et construire des murs?Va-t-on séparer des familles?Subira-t-on de la purification ethnique?Séparer Montréal du reste du Québec?«Over our dead bodies!» clame Lysiane Gagnon dans La Presse du 25 janvier.A Cité libre nous avons toujours soutenu que la partition d'un pays est un acte insensé et dangereux.Résister à ces manœuvres constitue une des dimensions essentielles de notre combat.Mais au nom de quelle logique tous les problèmes correctement identifiés n'émergeraient-ils qu'en cas de partition du Québec7 Pourquoi la division du Canada n'entraînerait-elle pas l'érection de frontières, la division des familles, la purification ethnique et ainsi de suite?Suffit-il de décréter que le Canada n'est pas un «vrai» pays pour que nos familles à nous, qui avons des enfants, parents et amis, ailleurs au Canada, soient moins «vraies» que d'autres?Au nom de quelle logique présume-ton que les citoyens canadiens, au Québec et ailleurs, ne diront pas eux aussi: «Over our dead bodies»?Malgré notre désaccord profond, nous ne doutons pas de la bonne foi de la plupart de ces commentateurs Selon nous, le double standard de leur critique de l'idée de partition montre qu'ils ont fait leur une partie du discours des séparatistes.Ces derniers ont déployé tellement d'efforts pour présenter ce qu'ils dénomment «l'accession à la souveraineté» comme une partie de plaisir où, dans l'harmonie générale, les gens entonneront en chœur «Gens du pays» que, bon gré mal gré, nous avons presque tous succombé au charme de leurs belles images et de leurs belles paroles.Il est en effet facile d'oublier que derrière le petit vocable bien innocent «ça» du slogan enchanteur «Oui, et ça devient possible!» se cache la destruction du Canada.Il faut presque faire un effort pour se souvenir que le premier devoir de tous les gouvernements canadiens consiste à défendre les droits des citoyens tels que définis par la loi.Nous risquons aussi d'oublier que le droit du premier occupant, constamment invoqué par les séparatistes québécois, est un principe chimérique de légitimation territoriale qui, d'occupant en occupant, nous ramène à Adam et Eve.Nous risquons surtout d'oublier que les vraies purifications ethniques dérivent de la logique perverse des «vrais» et des «faux» pays, des «vraies» et des «fausses» nations, des «vrais» et des «faux» citoyens.D'autres commentateurs, ébranlés par la colère des citoyens canadiens prêts à défendre leur pays, tentent de défendre la démarche péquiste en invoquant son caractère «profondément démocratique.» Claude Masson, par exemple, éditeur adjoint de La Presse, affirmait le 1er février dernier, que «de tout temps, la règle du 50 p.cent plus un a été reconnue comme légitime, [et a été] acceptée unanimement.» Ce faisant, il oublie, comme tant d'autres, quelques attributs essentiels de toute démocratie libérale digne de ce nom.Ces gens oublient, d'abord, qu'on ne peut déterminer «démocratiquement» le sort de notre pays, le Canada, en ne consultant que les citoyens résidant au Québec.Ils oublient ensuite que tous les régimes démocratiques du monde utilisent, selon l'importance de l'enjeu, plusieurs modes de validation.Par exemple, selon ses propres règles, le Parti québécois ne peut être dissous sur la base du 50 pour cent plus un que Masson prétend «légitime et reconnu unanimement.» Puisqu'il faut deux-tiers des voix pour dissoudre le PQ, ce parti serait-il anti-démocratique?Une démocratie stable et ordonnée requiert des règles raisonnables et cohérentes.Or, les séparatistes ont contrôlé tout seuls les règles du jeu en les changeant à leur guise pour se donner tous les atouts possibles.N'oublions pas comment s'est manifesté l'esprit «démocratique» des péquistes les derniers jours du référendum.N'oublions pas: la lettre de Bouchard encourageant les soldats canadiens à déserter; les lettres de Landry aux ambassades étrangères demandant la reconnaissance de cet Etat illégal en gestation et, pour couronner le tout, la célèbre entrevue de Parizeau avec Stéphane Bureau qui ne devait être diffusée qu'après la «souveraineté» et dans laquelle l'esprit «démocratique» des péquistes s'est révélé sous son vrai jour.N'oublions pas le sourire satisfait de notre ex-premier ministre se délectant à l'idée d'une déclaration unilatérale d'indépendance.Il se réjouissait tout autant à l'idée d'utiliser frauduleusement nos fonds de pension pour manipuler la devise canadienne sur les marchés internationaux.Si c'est ça l'esprit «démocratique,» que seraient donc la fraude, la sédition et les coups d'Etat7 Ces gestes inexcusables ne devraient-ils pas nous rappeler que le fondement ultime de l'esprit démocratique, l'état de droit, est souvent négligé par nos sécessionnistes?D'ailleurs, grâce à Me Guy Bertrand, nous savons aujourd'hui que la démarche péquiste s'éloigne dangereusement de la démocratie.Le juge Lesage, de la Cour Supérieure du Québec, a très clairement déclaré que celle-ci constitue, «une menace grave aux droits des citoyens.» Comment se fait-il que le juge Lesage n'ait pas été ébloui par l'esprit démocratique dont se réclament si vigoureusement les péquistes?A Cité libre, notre combat vise avant tout à démasquer les démagogues et les marchands d'illusions.Dans la mesure de nos moyens, nous essayons de mettre à nu leurs ruses et leurs stratagèmes.Aujourd'hui, comme hier, nous luttons contre tous ceux qui veulent briser le Canada en traçant de nouvelles frontières autour d'un «Nous» imaginaire.Derrière les discours soporifiques et enchanteurs qui sont le fort des péquistes se cache une dynamique infernale qui risque de faire voler en éclats le Canada et ses parties constituantes.Ces manœuvres nous entendons les dévoiler, parce qu'à Cité libre, nous appelons les choses par leur nom: • Oui, le partitionnisme est dangereux! • Non, ce ne sont pas les citoyens canadiens fidèles à leur patrie qui sont des partition-nistes! • Oui, ce sont les séparatistes qui sont des séparatistes! ¦ Max et Moinjque Nemnj Max Nemni est professeur de philosophie politique à l'Université Laval.Il a été vice-doyen de la Faculté des sciences sociales de cette université.Ses récents écrits ainsi que ses communications ont surtout porté sur les effets du nationalisme québécois sur la fédération canadienne.Il a récemment reçu le «Rufus Z.Smith Award» accordé au meilleur article publié dans The American Review of Canadian Studies.m Monique Nemni est professeur au département de linguistique de l'Université du Québec à Montréal.Elle est l'auteur d'une quinzaine de manuels pour l'enseignement du français langue seconde ainsi que de nombreux articles dans des revues scientifiques.Elle a reçu un prix d'excellence pour «contribution exceptionnelle à l'enseignement universitaire» décerné par l'Association des professeurs d'université de l'Ontario.2 libre conseil d'administration Aurèle Beaulnes, président Robert Davies, vice-président Guy Sarault, secrétaire Isabelle Randria, trésorière lean-Pierre Bourdouxhe, René-Guy Cantin, Alain Clavet, Dany Gravel (abonnements), Jacques Hébert (diners), lean-Paul Murray, Paul-Christian Nolin, Gérard Pelletier, Roxane Roy, François-Xavier Simard rédaction Directeurs de la revue: Max Nemni, Monique Nemni Secrétaire d'administration: lean-Paul Murray Secrétaire de rédaction: Gabrielle Pascal Révision de texte: Agnès Chirinian lean-Paul Murray Max Nemni Monique Nemni Gabrielle Pascal production: Graphisme: Studio Robillard Impression: Reprotech secrétariat Jean-Paul Murray 4-10 rue de l'Épervier Hull, Québec J9A2A3 Tél.: (819) 778-0745 siece social Bureau 2500, 1250, boul.René-Lévesque ouest Montréal, QC H3B 4Y1 Tél.: (514) 846-2317 Fax: (514)846-3427 service d'abonnement Periodica CP.444, Outremont P.Q.H2V 4R6 Tél.: Région de Montréal: (514) 274-5468 Tout le Québec et l'Outaouais: 1-800-361-14Î1 Fax: (514) 274-0201 vente au numéro Messageries de presse Benjamin 0160, Jean Milot f Lasalle, P.Q.H8R 1X7 Tél.: (514) 364-1780 Fax: (514) 364-7245 vente aux libraires Diffusion Dimedia 539, boul.Lebeau ville St-Laurent, P.Q.H4N 1S2 Tél.: (514) 336-3941 Fax: (514) 331-3916 Dépôt légal: 1 " trimestre 1995 ISSN: 1183-7144 Envoi de publication: enregistrement no.10123 Max et Monique Nemni: Le séparatisme à nu l>.»i»-v
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