Cité libre., 1 janvier 1997, septembre - octobre
PER CON lifc> VoIume XXV Numéro 4 Septembre-octobre 1997 4,95$ Dossier RISE ¦VI IN MEMORIAM appeler les mérites et les grandes étapes de la vie d'un homme de la qualité de Gérard Pelletier, il fallait le faire, tous les médias l'ont fait.Je n'ai aucune envie d'en rajouter même si je reconnais, sans vanité aucune mais avec fierté, qu'il est mon ami depuis une cinquantaine d'années.Il ne me plaît guère de parler à la ronde des moments privilégiés, des joies et des peines que nous avons partagées au cours de ce demi-siècle, très souvent avec un troisième compere, Pierre Trudeau.Les très vieilles amitiés devraient avoir acquis le droit a la paix.Mais Cite libre insiste, argumente, exige : « Vous seul pouvez écrire le témoignage que la revue veut publier sur son eofondateur, qui en fut le cœur et l'intelligence pendant tant d'années.» Je me débats, je lance quelques noms d'amis de Pelletier, infiniment plus prestigieux et compétents que moi.Comme tous les êtres humains normaux, j'essaye d'éviter de me faire mal, et je sais qu'il me serait impossible de m'acquitter de cette tâche sans exacerber ce chagrin qui me colle à l'âme depuis des mois.Un jour, bientôt, j'espère, quand je penserai à Gérard Pelletier, me reviendra spontanément a la mémoire la fine silhouette du jeune homme des années 40 dont la ferveur a été l'oxygène de la société malade dans laquelle nous vivions, comme en vase clos.Ou le vibrant syndicaliste des années 50 qui avait su gagner à la cause des ouvriers brimés par le duplessisme l'appui des plus brillants intellectuels de son temps.Ou le superbe journaliste des années 60, ou le ministre, ou l'ambassadeur, ou.On a le choix.Mais pour combien de temps encore la première image qui s'imposera à moi, et qui m'écrasera le cœur, sera celle d'un corps amaigri, en train de se noyer doucement au milieu d'un lit immense ?Il est quatre ou cinq heures de l'après-midi.La belle grande maison de la rue Elm déborde de soleil et de silence.Les enfants arriveront tout à l'heure.Pour l'instant, l'infirmière discrète qui m'ouvre la porte me dit que je peux monter: « Peut-être vous reconnaîtra-t-il.» Dans la chambre où paraît somnoler mon vieil ami, encore jeune il y a quelques mois à peine, j'ai l'impression d'être seul au monde avec lui, sans doute, peut-être, pour la dernière fois.Il y a huit jours, nous avions encore pu échanger quelques mots, et une de mes pitreries habituelles lui avait arraché un faible sourire.Aujourd'hui, quelques heures avant sa mort, que sa fille Andrée m'annoncera tôt demain malin, il ne tient plus à la vie que par un fil.Assis à son chevet, je garde dans la mienne sa main frêle telle un oiseau blessé à mort, qui respire a peine.Son visage émacié est devenu beau : le pur reflet de sa belle âme.Ses yeux qui ont tant ri, tant pétillé, sont maintenant fixes, noirs, profonds, comme s'ils nous regardaient de très, très loin.Pour la première fois, je ne suis pas sûr qu'il me reconnaisse, qu'il m'entende.J'espère désespérément que le ronron de ma voix lui apporte le réconfort d'une vague présence.Tout en me donnant une contenance ! Je parle, je parle, les potins d'Ottawa, de Montréal, de Québec, je parle, tous les amis qui m'ont prié de le saluer, qui pensent â lui, je parle, je parle, je lui décris en détail les vertus d'une crème au chocolat à base de tofu, trouvée chez un marchand de produits naturels (« Le seul aliment qu'il tolère encore », m'avait dit l'infirmière).Je parle, je dis n'importe quoi, car si je m'arrête, je vais fondre en larmes.Apres la crème au chocolat, je lui rappelle quelques vieux, très vieux souvenirs, ou plutôt je me les rappelle à moi-même puisqu'il est à peu près sûr qu'il ne m'entend plus.I IN MEMORIAM « Tu te souviens de notre première rencontre dans les années 40 ?Tu m'avais demandé quelques textes pour un agenda étudiant que tu publiais alors pour la JEC.Il ne me reste aucun souvenir de ces textes, sûrement très mauvais.Ah ! Ah ! » Dans les années 30 et 40, les jeunes attirés par l'action se joignaient aux scouts ou à la JEC.Naturellement, les uns avaient tendance à se moquer des autres et vice versa.Ancien scout, il était normal que je considère les jécistes comme des mauviettes qui, au lieu de partir à l'assaut des grandes rivières du Québec, en canot d'écorce, préféraient s'enfermer dans des locaux mal aérés pour lire la bible et réfléchir sur les grands mystères de la vie.Le jour où j'ai fait la connaissance d'Alec et Gérard Pelleter, j'ai compris qu'il se passait quelque chose de très important du côté des « mauviettes ».Des garçons et des filles de mon âge, au prix de bien des efforts, et avec la complicité de quelques clercs visionnaires, étaient en train d'ébranler les bases mêmes de la société cléricale asphyxiante qu'était alors le Québec, la sinistre « phest-ridden province », entièrement contrôlée par le clergé et les nationalistes à la Duplessis.Grâce à Gérard Pelletier et à ses camarades de la JEC, la liberté s'insinuait doucement mais sûrement dans la cité.Tu n'aurais fait que cela, vieux Gérard, que tu aurais bien mérité de la patrie ! Au cours des cinquante années qui suivirent, il a été intimement associé à toutes les entreprises qui peu à peu ont grignoté la vieille société québécoise jusqu'à ce qu'elle bascule d'un coup dans la Révolution tranquille.Grâce à sa fine intelligence, à son sens aigu de l'analyse et à sa merveilleuse sensibilité, il n'a pas cédé à la tentation nationaliste à laquelle devaient succomber tant de ses camarades.Combien d'entre eux, à juste titre angoissés par les menaces qui pesaient alors sur la langue et la culture françaises en ce pays, reconnaissent aujourd'hui qu'on doit à Pelletier (et bien sûr à Trudeau) la Loi sur les langues officielles, qui assure le respect de leur langue aux minorités francophones et anglophone de tout le Canada.Parce qu'il était modeste et que « l'aventure du pouvoir » l'avait laissé de glace, on parle peu des lois et des mesures créatrices qui ont marqué son passage à Ottawa.Perspective Jeunesse, un exemple parmi d'autres, a été un coup d'audace et un merveilleux acte de foi dans la jeunesse.Homme de culture, Gérard Pelletier a puissamment contribué au développement de l'édition, du cinéma, des musées, etc.« Tu te souviens de la rue Wolfe ?» En temps normal, cette simple question m'aurait valu un éclat de rire et une anecdote piquante.Dans les années 60, alors que Cité libre était devenue une revue mensuelle.Pelletier en était toujours le codirecteur avec Pierre Trudeau.Une fois par mois, Pelletier et moi (le très modeste secrétaire de la rédaction) passions une longue soirée ensemble, rue Wolfe, dans les ateliers poussiéreux de l'Imprimerie judiciaire.C'était la belle époque, avant les ordinateurs, alors que la mise en page d'une revue exigeait une longue et laborieuse opération avec grands ciseaux et pot de colle.Très souvent, vers 9 ou 10 heures le soir, j'apprenais à Pelletier qu'il manquait deux pages de texte pour boucler le numéro qui allait sous presse dans la nuit même.Nous nous mettions d'accord sur un sujet d'actualité quelconque et Pelletier s'installait devant une grosse machine à écrire déglinguée.D'un seul trait, il tapait sans fautes ses deux pages.J'étais littéralement fasciné : en quelques minutes, cet étonnant journaliste pouvait écrire dans une langue impeccable un texte aux idées limpides qui allait, au cours des semaines et des mois à venir, provoquer la réflexion de milliers de lecteurs.En ces instants d'une intense tristesse, devant mon ami qui agonise, je me prends soudain à le revoir au bord de ce lac Ouareau qu'il a tant aimé, dans le joyeux brouhaha d'un mémorable 14 juillet.Chaque année, Alec et Gérard Pelletier invitaient les rédacteurs de Cité libre et leurs amis à célébrer la prise de la Bastille au cours d'un super-party qui se prolongeait au moins jusqu'au lever du soleil.Nuit de rires et de chansons {Ça ira ! Ça ira ! Ça ira /), nuit de danse (Petitefleur '.Vie en rose !), grande fête de la camaraderie « révolutionnaire », bien arrosée de vin rouge. IN MEMORIAM Mais cela ne pouvait durer longtemps après que les « révolutionnaires » curent pris le pouvoir à Ottawa.Le dernier 14 juillet dont je garde le souvenir avait été assombri par une rumeur: premier ministre depuis peu, retenu à Ottawa par ses tâches énormes, Pierre Trudeau ne serait pas avec nous cette année pour trinquer a la Révolution française.Cela nous avait fait vieillir de dix ans d'un seul coup ! La Fête battait son plein quand, soudain, un grand jappement insolite nous fit lever les yeux vers le ciel : un hélicoptère de l'armée canadienne venait se poser au milieu des épinettes dans une minuscule clairière, à deux pas de la maison des Pelletier.À la grande surprise des enfants, des porc-épies et des siffleux, et à la joie de tous, en sortit un Pierre Trudeau rieur, assez content de nous jouer un bon tour.Il avait l'air de dire : « Alors, vous avez cru un instant que j'allais manquer le 14 juillet du lac Ouareau ! Eh bien ! Mette; ça dans votre pipe ! » Alec Pelletier était sans contredit la reine de ces fêtes qui reunissaient les esprits les plus originaux de l'époque et, bien sûr, les plus belles femmes.A la premiere lueur du jour, quelqu'un décidait que le moment était venu de plonger dans les eaux toujours fraîches du lac Ouareau.Et enfin, aux petites heures du matin, on s'arrachait tant bien que mal à la fête, les plus avisés pour regagner leur tente, plantée en hâte au milieu des sapins.Nous n'avions pas tous des hélicoptères.Un vent doux envahit la chambre dans un frémissement de rideau.Toujours immobile, mon ami aurait l'air de dormir s'il ne me regardait, les yeux grands ouverts, avec une intensité troublante.Peut-être voit-il en moi, tout à coup, des choses moins belles, moins nobles, que j'avais réussi à lui cacher depuis cinquante ans ?« Tu te souviens du voyage à Antigonish ?» Il y a quelques semaines à peine, la moindre allusion à ce voyage déclenchait son petit rire sec et rapide, comme un clin d'oeil qu'il nous faisait avec la bouche.Il y a un an presque jour pour jour, Pelletier, Trudeau et moi partagions comme il nous était coutumier, un repas chinois, peut-être au Chrysanthème, peut-être à YOrchidée de Chine.Au hasard de la conversation, nous nous étions rendu compte que, chacun de notre côté, nous avions décidé de participer à une conférence pour célébrer le grand, le merveilleux Alan J.MacEachen, à Antigonish, en Nouvelle-Ecosse, au mois de juillet.« Pourquoi ne pas y aller ensemble ?En auto, bien sûr.En prenant tout le temps qu'il faut.» Et c'est ainsi que, dans la Toyota de Pelletier, trois collégiens septuagénaires se sont baladés pendant une semaine sur les routes du Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse.Au retour, tous les trois absolument ravis de nous être si bien entendus et autant amusés, nous n'avions qu'une idée en tête : trouver un prétexte pour recommencer.Nous nous sommes mis à rêver à un voyage en penichelte, sur quelque beau fleuve de France.J'étais allé aux renseignements : on peut louer une petite embarcation pour trois personnes, avec cuisinette, à un prix abordable.Et on se voyait glissant sur les eaux tranquilles du Rhône, nous arrêtant à Mâcon, à Lyon, à Montélimar, au gré de notre fantaisie.Rien n'avait été décidé, mais nous commencions à y croire, tous les trois.« Dans un an, peut-être.» « Dans un an ».c'est aujourd'hui : il est déjà trop lard.Lun des trois matelots est en train de se noyer dans ce grand lit blanc, sans que je n'y puisse rien.Selon les journalistes, Pierre Trudeau aurait murmuré, le malin des funérailles de notre ami : « C'est un peu mon âme qui s'en va.» Il ne pouvait mieux exprimer la désespérance de tous les amis de Gérard Pelletier.Jacques Hébert IN MEMORIAM ¥ A SIMPLI ¥3E FRANCHISE 1 est des êtres humains dont l'intelligence et la sincérité, la noblesse et la générosité suscitent l'estime et commandent le respect.Ces êtres ennoblissent les professions qu'elles embrassent et contribuent à valoriser toutes les personnes qu'elles côtoient.Tel fut pour moi Gérard Pelletier, que j'eus l'occasion de connaître et d'admirer dès 1951.Syndicaliste ardent et journaliste de combat au Devoir puis à la revue Cité libre qu'il avait fondée, l'année précédente, avec Pierre Trudeau et huit collaborateurs, Gérard Pelletier avait atteint une certaine notoriété en raison de son ferme engagement en faveur des grévistes d'Asbestos, quelques années plus tôt.Ce radical, ce citoyen de gauche, ce critique acerbe du duplessisme, ce fervent chrétien s'imposait, à mes yeux, comme un modèle d'homme d'action et de pensée.Vers la fin de mes études médicales, je dirigeais les activités du groupe Via Medicina, un mouvement poursuivant les mêmes objectifs que ceux des Médecins sans frontières d'aujourd'hui.Loccasion nous fut offerte d'opérer un rapprochement avec un groupe de laïcat missionnaire de Montréal, dont l'un des principaux animateurs était Gérard Pelletier.Il était motivé notamment par l'exemple des Dubuc, un couple ami déjà en place au Pakistan, et il manifestait un vif souci à l'égard des besoins et des problèmes reliés à la laïcisation de l'aide humanitaire.Une collaboration gratifiante s'effectua avec lui.Sa brillante suite de carrière, bien connue, a été éloquemment remémorée dans les jours qui ont suivi son décès.Que dire de plus?Nos chemins se sont croisés en diverses occasions, notamment à Ottawa, au début des années soixante-dix, alors que j'étais fonctionnaire et qu'il occupait le poste de Secrétaire d'État, puis celui de ministre des Communications.À compter de 1991, avec la relance de Cité libre et, au cours des dernières années, lors de nos repas au restaurant Passiflore, nos échanges furent plus soutenus.Mon propos portera sur un élément plus personnel de notre relation qui remonte au début des années cinquante.A cette époque, Alec et Gérard Pelletier participaient, à titre de conférenciers et d'hôtes, a un cours de préparation au mariage que ma future épouse et moi-même suivions.Un texte signé par le couple Pelletier et intitulé « Notes sur les premières démarches de l'amour » s'avéra pour ma compagne de vie et moi-même une bienfaisante source de réconfort et d'espérance.Ce texte simple et beau, comme un intime aveu d'alcôve, rédigé après deux ans de mariage, évoque le troublant enchantement des premiers moments de leur relation amoureuse, cinq ans plus tôt, et fait état des voies par lesquelles la maturation du couple s'effectua, en étroite harmonie avec leur vive foi chrétienne.Au lil des ans, j'ai relu maintes fois ce document, toujours avec émoi et gratitude.En hommage à Gérard Pelletier et à son épouse, j'aimerais citer certains passages de ce texte qui nous révèlent leur force et leur grandeur d'âme.Un jour, on a senti le monde autour de soi comme une maison vide parce qu'une personne, une seule, manquait a l'appel intérieur.Un visage entre mille et c'est celui-là pourtant dont on ne peut plus tolérer l'absence.Celui-là seul pourra combler au milieu de l'âme un vide intolérable qui ne permet plus d'équilibre.Ainsi, soudainement", l'amour s'est imposé dans nos vies.Plus possible de continuer sans le voir; il était là, exigeant, il avait pris place, sans avertir, en plein centre de nos joies et de nos peines.Lamour.n'est pas une eau calme mais plutôt un rapide que le courant nous impose à bride-pourpoint.Il [faut] apprendre à subir ensemble les coups durs, à savourer ensemble les joies.Ce n'est pas la même chose que d'accepter la vie tout seul.Marne commune ne vient pas toute faite avec l'amour.Il faut la forger.C'est le travail de base.Il n'est jamais complété.Le couple Pelletier souligne le besoin de « faire provision de rêves pour toute une vie » et insiste sur l'importance de « la simplicité faite de franchise ». IN MEMORIAM Il faut, disions-nous, une provision de rêves difficiles que jamais nous n'atteindrions mais qui toujours nous tiendraient en alerte, en insatisfaction devant nos vies.Rêve d'un échange profond et quotidien sur le plan de l'âme.Rêve d'une maison accueillante où les hôtes trouveraient une Présence et des raisons de vivre, d'où chacun repartirait plus fort et plus sain.Rêve d'un rayonnement à deux, toujours à deux.C'est ajuste titre que Jean-Paul Lefebvre, un vieil ami du couple, concluait, dans le plus touchant des hommages parus dans les médias après le décès de Gérard Pelletier, que ce dernier fut « l'un de ceux qui ont le mieux incarne cette tension nécessaire entre le spirituel et le temporel ».Il affirme aussi que la foi et l'espérance chrétiennes de Gérard Pelletier sont demeurés intactes jusqu'à la fin de ses jours.Cette simplicité faite de franchise, Gérard Pelletier l'a appliquée non seulement dans sa vie de couple mais tout autant dans sa vie professionnelle, dans le respect d'autrui, dans la finesse et la subtilité de ses propos et dans l'aisance et la rigueur de ses écrits.Il faut lire et relire les trois tomes de ses mémoires.Tout citehbriste devrait lire notamment le cinquième chapitre du premier tome intitulé "Les années d'impatience", cette remarquable chronique des années cinquante.On y découvre les motifs qui ont amené Pelletier, Trudeau et quelques autres a créer Cité libre.On y apprend aussi que l'on doit à Alec Pelletier, et il faut l'en remercier, d'avoir suggéré pour notre revue le très beau nom de Cité libre.Aurele Beaulnes Président du Conseil d'administration de Cité libre.LEON DIOTN 1922 - 1997 u moment où Cite libre allait sous presse, nous avons /ï^^été attristés d'apprendre le décès de Léon Dion.^§V^H 9\___y/ \__/ Eminent professeur, conseiller politique avisé collègue apprécié, Léon Dion a inspiré de nombreuses générations d'étudiants.^ Il faudrait des pages pour rendre compte du rôle de premier plan qu'il a joué dans la modernisation de la société québécoise.Mais ce qui distinguait surtout Léon Dion, c'était son courage intellectuel et son indéfectible défense de la liberté.Nous n'en citerons qu'un exemple.En 1982, la Société Saint-Jean-Baptiste a publié une pétition accusant Trudeau et tous les députés fédéraux québécois d'avoir « trahi » le Québec parce qu'ils avaient contribué au rapatriement de la Constitution.Léon Dion, qui était membre de cet organisme, désapprouvait lui aussi ce rapatriement, mais il trouvait fausse et inacceptable cette accusation.Il a rendu sa carte de membre, en signe de protestation.Léon Dion n'a jamais hésité a sortir des sentiers battus ni a dire la vérité, comme il la voyait.11 a souvent pris des risques et il a parfois défendu des positions contestables, mais il a toujours exprimé sa pensée avec courage et honnêteté et il n'a jamais hésite a reconnaître ses erreurs.Léon Dion avait l'âme d'un citélibriste.Léon Dion n'est plus.Mais la mémoire de l'intellectuel engagé et de l'homme chaleureux qu'il était lui survivra longtemps.Nous partageons le chagrin de sa famille, de ses proches et de ses nombreux collègues et amis.les directeurs 5 Andrée Noël, trésorière Marc Agostini, Pierre Béchard, Dany Cravel, Jacques Hébert, William Johnson, Barbara Kay, Nadia Khouri, Reford MacDougall Jean-Paul Murray RÉDACTION Directeurs de la revue : Max Nemni, Monique Nemni Secrétaire d'administration : Jean-Paul Murray Révision de texte : Marc Angenot Nadia Khoury Jean-Paul Murray Yannick Portebois Thérèse Viau PRODUCTION : Graphisme : Studio Robillard Impression : Reprotech SECRÉTARIAT Jean-Paul Murray 4-10 rue de l'Épervier Hull, Québec J9A 2A3 Tél.: (819) 778-0745 Fax: (514) 738-5516 RENSEIGNEMENTS : (514) 846-2253 SERVICE D'ABONNEMENT Periodica CP.444, Outremont P.Q.H2V 4R6 Tél.: Région de Montréal: (514) 274-5468 Tout le Québec et l'Outaouais : 1-800-361-1431 Fax: (514) 274-0201 VENTE AU NUMÉRO Messageries de presse Benjamin 0160, Jean Milot Lasalle, P.Q.H8R 1X7 Tél.: (514) 364-1780 Fax: (514) 364-7245 VENTE AUX LIBRAIRES Diffusion Dimedia 539, boul.Lebeau Ville St-Laurent, P.Q.H4N 1S2 Tél.: (514) 336-3941 Fax:(514) 331-3916 /M* trimestre 1995 i: 1183-7144 Envoi de publication : Éditorial D
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