La lyre, 1 janvier 1923, no 4
Vol.I — No 4 Montréal.Février 1989 SOMMAIRE—Temple de la Musique à Montréal — Le Jazz Band — Etude d'ensemble sur la musique classique — Qualités pour devenir musicienne — Concerts — Artistes — Nouvelles mondiales — Nouveautés — Instrumentation — Chansons — Morceaux — Théâtre amateur en France.Léon Rothier, du Metropolitan Opera, qui chantera le rôle-titre dans "Jean le Précurseur", mi théâtre st-penK le Le travail assidu est à la base du Quatuor Chamberland.Aussi cette nouvelle organisation est-elle en voie de devenir l'une des plus intéressantes parmi celles que Montréal possède déjà.Le' Quatuor Chamberland prépare son premier concert pour le 18 du mois prochain au Ritz-Carlton et a l'intention d'en donner deux autres dans le cours de cette saison.Un public averti suit avec intérêt les séances de musique de chambre de ces artistes.LE QUATUOR DUBOIS Le Quatuor Dubois ouvrira sa treizième saison le 14 février prochain à l'hôtel Windsor, dans la salle "Ladies' Ordinary".De fervents admirateur suivent chaque année les séances vraiment intéressantes de musique de chambre de cette organisation qui fait tout en son possible en vue de donner des concerts de tout premier ordre."ATHALIE", LE 7 FEVRIER.Ce n'est pas exagéré de qualifier de spectacle extraordinaire celui qui nous sera donné avec "Athalie", en matinée et en soirée, le mercredi, 7 février, au Théâtre St-Denis.Beaucoup de ceux qui connaissent cet immortel chef-d'oeuvre du grand poëte français que fût Jean Racine, se font difficilement Ecole de Musique Montréal Institution musicale In plus moderne.Enseignement complet de la musique.Classe d'opéras.Diplômes et Bourses.Pour syllabus et renseignements: 5, rue St-Mare, Tel.: Uptown 5670 une idée exacte de l'intensité dramatique, de la grandeur sublime, de la profonde émotion qui se dégage d'"Atha!ie" quand cette tragédie est représentée sur la scène dans les conditions voulues.Depuis trois mois, le professeur Eugène Lassalle pour la partie dramatique et M.J.-N.Charbonneau pour la partie musicale, ont accompli un travail énorme avec des interprètes que l'on nous dit être de premier ordre.Nous ne saurions jamais trop encourager ces louables efforts qui tentent au développement du grand et beau théâtre chez nous et dont les résultats artistiques ne peuvent que flatter notre amour-propre national.-o- JEAN LE PRECURSEUR Jean le Précurseur, poème lyrique religieux en trois parties, adaptation en vers libres par Albert Lozeau, d'un livret en prose de M.l'abbé Antonio LeBel, musique de Guillaume Couture, ex-maître de chapelle à la Cathédrale de Montréal, sera donné au Théâtre St-Denis, mardi, 6 février, par l'Association des Chanteurs de Montréal, sous la direction de M.Jean Goulet, avec le concours de M.Léon Rothier, basse du "Metropolitan Opera" de New-York, de onze solistes locaux, d'un choeur de 150 voix ec d'un orchestre de 50 musiciens."Jean le Précurseur" est une oeuvre qui s'impose à l'attention du monde musical, comme à tous ceux qui s'intéressent au mouvement intellectuel et artistique parmi nous.La composition d'un oratorio de vastes proportions, pour soli, choeurs et orchestre, est au surplus chose trop rare en notre pays pour ne pas éveiller le plus vif intérêt surtout quand on sait que l'oeuvre est due à un musicien de science solide, dont la brillante carrière a autrefois fait époque dans les annales de la musique à Montréal.Quoique cela soit déjà loin de nous, on se rappelle encore les concerts de la "Société Philharmoniq-ue", que Guillaume Couture dirigea de 1SS0 à 1S9S, où furent données avec tant de succès des oeuvres telles que "Saint Paul"."Elie".de Mendelssohn, "La Damnation de Faust", de Berlioz, "La Neuvième" de Beethoven, et tant d'autres.Mais Guillaume Couture, chef d'orchestre, maître de chapelle à la Catttédrale.Drofesseur eminent, critique musical redoutable en son temps, a laissé aussi un nombre estimable de compositions : une Rêveries pour orchestre, un quatuor à cordes, un Requiem qui fut chanté à ses funérailles, un nombre très grand de motets écrits pour l'Eglise.Cependant, c'est "Jean le Précurseur" qui reste son oeuvre capitale, celle à laquelle il a consacré ses dernières années, et qu'il a écrite à la demande de Mgr Bruchési à qui elle est dédiée.C'est, un poème lyrique reli-.gieux en trois parties, dont chacune peut très bien constituer un sujet en entier et Demandez chez A.J.BOUCHER ENEG.Editeur et Importateur de Musique.2S est, rue Notre-Dame, MONTREAL.GAGNON: Chants Canadiens.Choeur à quatre voix égales., 90 sous.GAGNON: Soirées de Québec.Choeur à trois voix égales.75 sous.Mon devoir quotidien de musique.10 sous.s'exécuter séparément.Néanmoins, les trois parties s'enchaînent logiquement et historiquement de manière à former un poème complet.Tout indique que la première audition sera un succès sans précédent dans nos annales artistiques, car les répétitions marchent bon train.BEAFHARNOIS :—M.Ludovic Huot, l'un des plus brillants élèves de M.Clerk-Jean-notte, l'ex-directeur de la "Montreal Grand Opera Co." maintenant établi à New-York où.il enseigne le chant, est venu donner un concert avec le concours de Mlle Marie-Rose Descarries, soprano de Montréal.La salle de l'hôtel de ville, où avait lieu le concert était remplie d'un public venu non seulement de Beauharnois, mais de Montréal, de Châteauguay, de Valleyfield et même de Ma-lone, tant l'organisation confiée à M.Paul Emile Leduc a été bien menée.M.Huot se fit applaudir dans des romances de Fauré, de Guy d'Hardelot, de Leoncavallo, de Pessard, de Del Riego, etc.Il chanta aussi "La fleur que tu m'avais jetée", extrait de "Carmen", et en duo avec Mlle Descarries "Parle-moi de ma mère".Celle-ci se fit acclamer dans "Berceuse" de Wagner, "Sérénade" de Moskowski, "Chanson Indoue" de Korsakow, "Le rire frais de Madeleine" de Lempes et la valse de "Roméo et Juliette" de Gounod qu'elle enleva.Il est bon de faire remarquer en passant que Mlle Descarries est la soeur de M.Auguste Descarries l'accompagnateur d'Edmond Clément, l'an dernier, et qui est actuellement à parfaire ses études musicales en Europe.Après le concert, le chanoine Neveu, curé de Beauharnois félicita les artistes et M.Achille Bergeron, député du comté de Beauharnois dit quelques mots:" Le gouvernement provincial a dernièrement créé de nombreuses bourses pour encourager les jeunes gens de talent à aller se perfectionner dans leur art en Europe.Je n'ai aucun doute que les deux artistes que nous avons entendus ce soir méritent à tous égards d'être l'objet de l'attention du gouvernement." Sse Ï>AQUIIST élève de M.L.Mlchiels Enseignement : Harmonie et Solfège.1104 Eue Delorimier St-Louis 529 MONTREAL PARIS La Ville de toutes les Splendeurs doit sa réputation eu partie a ses riches comptoirs de lingerie fine, de soieries fameuses, de parfumerie exquise, etc.J.e monde entier va chercher dans la capitale française ces produits célèbres.Nous y sommes allés pour vous Nous vous offrons CL des prix qui défient toute concurrence un grand choix de lingerie de soie ou de satin perlée et unie, de sous-vêtements de soie, de meubles de fantaisie, de nécessaires de toilette, ainsi que les exquis parfums do Paris.Venez Tisiter un coin de Paris à.L'AGENCE CANADIENNE UNIVERSELLE 26S ST-DENIS, MONTREAL coin Demontigny, au sous-sol Importations du Japon, des Indes, de la Suisse, etc. Instrumentation (,) (Suite) INSTRUMENTS A EMBOUCHURE La coulisse est un tube mobile glissant sans porte d'air sur le tube principal de l'instrument pour en augmenter progressivement la longueur.Les ^points où s'arrête la coulisse dans ses allongements graduels s'appellent positions; ils correspondent à une succession descendante d'intervalles de demi-ton.Pour obtenir une échelle chromatique dans toute l'étendue de l'instrument, il faut juste autant de positions qu'il y a de demi-tons entre les sons 2 et 3 de l'échelle des harmoniques, c'est-à-dire sept.Le Trombone est le seul instrument à embouchure auquel s'applique encore le mécanisme de la coulisse.Le système des clefs adapté aux instruments à embouchure est identique à celui qui s'emploie pour les flûtes et les instruments à anche.Le mécanisme à pistons a pour but d'allonger ou ,de raccourcir instantanément, au moyen de tubes additionnels qui s'ouvrent et se referment par le jeu des pistons, le parcours de la colonne d'air.Son'effet est de produire aussi un nombre de séries harmoniques suffisant pour remplir complètement une échelle chromatique.Mis d'abord en vogue pour le cornet, ce mécanisme s'est étendu progressivement à tous les instruments à embouchure, en sorte que l'on possède aujourd'hui non seulement des cornets à pistons, mais encore des cors à pistons, des trompettes à pistons, des trombones à pistons, des bugles à pistons et des tubas à pistons.Dans la facture instrumentale de nos jours le principe des pistons est réalisé d'après deux systèmes distincts, intéressants à connaître pour les compositeurs, puisqu'ils donnent des résultats différents par rapport à la justesse et à la pureté des sons.Le premier, et le plus usité, est celui des pistons additionnas ou dépendants; le second est le système des pistons indépendants, créé par M.Ad.Sax.Les graves1 inconvénients .qu'entraîne pour la justesse des intervalles l'usage du système ordinaire et la supériorité du système des pistons indépendants res-portiront suffisamment d'un examen comparé des deux procédés, examen que nous renvoyons au chapitre consacré plus loin à la description détaillée des divers instruments à embouchure.INSTRUMENTS A VENT POLYPHONES Primitivement formés d'une simple rangée de tuyaux de flûte que le souffle de la bouche faisait résonner (flûte de Pan), ces instruments reçurent un premier perfectionnement par l'adjonction d'un- récipient destiné à distribuer le vent dans les divers tuyaux (cornemuse).Puis, lorsqu'on eut imaginé d'alimenter le réservoir d'air par des soufflets et de le-mettre instantanément en communication facultative avec chacun des tuyaux, au moyen de soupapes s'ouvrant et se fermant par l'action d'un clavier, on eut, à l'état rudimentaire, l'orgue, le père de la polyphonie européenne.Le principe mécanique qui a donné naissance au colosse musical dont la majestueuse voix remplit nos cathédrales, a produit aussi des instruments destinés à résonner-dans de moins vastes espaces.Parmi ces orgues en réduction, le plus original, par la nature de ses sons, et le plus usité de notre temps est l'harmonium ou orgue expressif: Il n'a pas de tuyaux.Chacun de •ses jeux se compose d'une série d'anches libres, mises en vibration -par des soufflets flue l'exécutant lui-même fait mouvoir à l'aide de pédales.INSTRUMENTS A PERCUSSION Privés de la faculté de faire entendre une succession " mélodique et utilisés avant tout (1) Voir les mo!s (le novembre et décembre.pour augmenter l'énergie du rythmé et l'éclat de.la sonorité, les instruments à membranes sont fort peu nombreux.Nous allons les diviser en deux sections: A.Instruments à sons déterminés: timbales.B.Instruments à sons indéterminés : grosse caisse, tambour militaire, caisse roulante, tambour de basque.Les instruments autophones percutés se divisent aussi en deux sections: A.Instruments à intonation déterminées: Cloches, jeux (le cloches ou carillons, jeux de timbres.B.Instruments à intonation confuse: triangle, cymbales, tam-tam ou gong, castagnettes, etc.En jetant un coup d'oeil dans les deux numéros précédents de "La Lyre", le lecteur pourra se rendre compte des diverses familles d'instruments qui composent l'orchestre moderne.Il est nécessaire de bien retenir par coeur les noms de ces instruments et de savoir les diviser et les classer chacun dans son domaine.Pour donner un résumé des articles publiés précédemment, nous pouvons constater que les instruments se divisent comme suit: Instruments à cordes, — vent, ¦ — bouche, — anche, — embouchure, — vent polyphones, — percussion.Dans notre prochain numéro paraîtra un article consacré au Violon, surnommé l'âme de l'orchestre.Henri Miro.—-— o - ETUDE D'ENSEMBLE (Suite de la page 5) l'ordonnancement de ses diverses parties.Il fixe les règles pour traiter, développer, varier une idée dans un cadre donné.Faisant ainsi oeuvre caractéristique, Haydn est, à juste titre, considéré comme le père de la symphonie.Dans les symphonies, sonates, trios, quatuors, il se montre partout correct et contenu,—convenu dans la forme, naïf et gracieux clans la pensée.Ses tournures et fins de phrases portent toujours la même empreinte.Mozart, poursuivant l'oeuvre de son devancier qu'il se plaît à appeler son père, recourt à ses inclinations tendres et délicates, à son génie si souple, à ses inspirations tour à tour gracieuses, sublimes ou fortes pour donner à la symphonie un charme qui séduit, ravit et enchaîne.Avec Mozart, les formes de la symphonie deviennent moins compassées, la pensée mélodique plus large.Beethoven parachève l'oeuvre de ses deux prédécesseurs.D'un génie plein de fougue, son inspiration atteint des hauteurs incommensurables.La symphonie de Beethoven nous fait-elle oublier par moments le charme ravisseur de Mozart, elle atteint par contre une hauteur qui nous étonne, une sublimité qui nous entraîne et nous élève.L'expression de son génie subit diverses phases, dont sa vie intime nous explique la cause.On peut en effet envisager les manifestations de ce génie sous trois formes ou manières différentes.Dans la première phase de son génie, Beethoven se montre plus correct que hardi, plus large et modéré que violent.C'est sa première manière.Dans la seconde phase, tandis qu'une cruelle surdité l'accable de tristesse et le porte à se renfermer en lui-même, il trouve parfois des accents contraire, s'absorbant clans son art, il oublie le monde réel, il éclate en puissantes expressions; parfois la passion succède au calme et rappelle les douces harmonies de la nature.Telle est la seconde manière de ce puissant génie.Au déclin de sa vie artistique, ce génie reprend un dernier essor, dépassant cette fois les bornes de l'Idéal.Il produit alors des créations étranges par leur sauvage beauté.C'est la troisième phase, ou sa troisième manière.Les oeuvres conçues dans cette dernière période sont d'un style et d'une complication tels, que le vulgaire peut difficilement les comprendre et les admirer après une première audition.Bien qu'au point de vue de la forme, du cadre imposé à la pensée, quelque puisse être la hardiesse de leur inspiration, toutes ses oeuvres soient du plus pur classique, celles de la dernière période nous laissent entrevoir l'aurore d'un art nouveau.Ce sera l'art romantique ! Les trois maîtres allemands, promoteurs de l'art classique, n'en furent pas cependant les créateurs.Haendel, Jean S.Bach n'avaient-ils pas, en effet, précédé, annoncé cette pléiade de génies, qui surent déterminer la règle, la forme, aussi bien que le cadre de cet art?Aux côtés de l'Ecole allemande avide de science et de complication, se dressait l'Ecole italienne, éprise de musique facile et séduisante.Dans l'élaboration du style classique,' la part des maîtres italiens ne fut pas de minime importance.Aussi, dans une étude même sommaire, aurions-nous mauvaise^ grâce à ignorer les Scarlatti, les Sammartini, les Clementi ! Les compositions de la période classique refléteront la nationalité de leurs auteurs.Le style, le genre, une tournure spéciale trahiront soit une origine allemande, soit une origine italienne.Tandis que l'école allemande progressera clans la voie laborieuse de la science instrumentale et de la symphonie, l'école italienne, -aux conceptions faciles et brillantes, s'attachera surtout aux effets mélodiques.S'agit-il d'Ecole, de style, de création musicale, pourquoi la France semble-t-elle s'éclipser ?C'est parce que la France possède un style qui lui est propre et auquel se rattachent des oeuvres d'un caractère purement national.Mais la France ne demeure pas, pour cela, étrangère au mouvement classique.Au temps des grands maîtres allemands, existait déjà l'Ecole française dont la recherche de la pureté, aussi bien que la vérité 'dans l'expression sera l'objet d'une constante préoccupation.De fait, dès 1675, St-Evremont, parlant des oeuvres de l'époque, pouvait écrire: "Les Français remuent trop les passions, ils inspirent la crainte, la pitié, la douleur; ils inquiètent, ils agitent." Dès son origine, l'école française a marqué par ses oeuvres, mais surtout par son influence.François Couperin n'a-t-il pas, de loin, préparé l'âge classique, l'âge des Haydn, l'âge des Mozart, l'âge des Beethoven ?N'a-t-il pas contribué clans une large mesure à donner au langage musical la simplicité, la clarté, la facilité, la netteté que nous retrouverons chez les grands maîtres du XVIIIe siècle ?De ses oeuvres se dégagent une grâce, une tendresse, une aisance que seul Mozart rappellera beaucoup plus tard.Après F.Couperin, c'est Jean Ph.Rameau.Né pour la méditation et l'étude, Rameau est un penseur, un travailleur chez qui la science voisine avec le génie.Il eut le mérite d'établir définitivement, les principes de l'harmonie classique.Dire exactement ce qui est dans la forme la plus simple, tel est à ses yeux l'unique rôle de l'art.Dans la simplicité,, ainsi que clans la vérité de l'expression, l'art puise le secret de sa beauté.Cette vérité éclairait déjà l'école française lors-qu'apparut l'art classique.En somme, et telle sera la conclusion de cette étude: l'Allemagne, l'Italie enfantèrent le genre classique, ce dernier, à peine conçu, subissait l'heureuse influence de l'école française.Professeur E.de Lnmczaii. LE TEMPLE DE LA MUSIQUE (Suite de la page 3) magnifiques Universités, nos Collèges bien équippés, nos Ecoles bien organisées, nos Bibliothèques dont les rayons sont surchargés de volumes précieux ; et, devant cet amas de richesses, ils sont obligés de s'écrier: "Montréal est vraiment une ville de Progrès ?" Allons maintenant visiter le Temple des Arts.Où est-il situé ?Le Temple des Arts ?Il existera probablement plus tard, leur répond-on avec humiliation ; il en est f ortement question, et.nous l'aurons sans tarder.Aujourd'hui, nous avons tous les théâtres et autres lieux d'amusement qui nous sont nécessaires ; nous nous en contentons.Oui, nous nous en contentons, en effet, par la raison toute simple-que, quand on ne peut pas avoir ce que l'on aime, il faut aimer ce que l'on a.Mais, puisque les Belles-Lettres ont des édifices dignes de leur importance, pourquoi les Arts ne jouiraient-ils pas du même privilège et de la même considération ?Jalouses de Thémis, Euterpe, Thalie et Melpomene réclament un Temple de la Musique, de la Comédie et de la Tragédie.Un temple de la Musique ?Combien ces doux mots résonnent agréablement à l'oreille, et combien un tel édifice, de première nécessité du reste, ajouterait-il au prestige de la métropole ?La "Symphonie de Boston" et le "Grand Opéra Russe", avec des troupes respectives de cent personnages et au-delà, auraient leurs coudées franches sur la scène, pourraient y évoluer à leur aise, et la Métropole du Canada n'aurait pas à rougir de la réception qu'elle leur tendrait.Et puis et surtout, en dehors du confort dont profiterait le public, quelle satisfaction pour les artistes de n'être plus exposés aux dangers d'une acoustique défectueuse, pour eux, de tant de déboires et souvent d'échecs.Sous la rubrique : "Aurons-nous jamais cette salle ?" M.Adrien Àrcan, de "La Presse", écrivait, à la date du 4 novembre dernier, un article des plus intéressants ; faisant ressortir l'urgence d'un local spacieux pour donner de grandes interprétations et répondre aux besoins de l'avenir.C'est un article à méditer.Mais, pour atteindre le but désiré, il faut, évidemment, que l'enthousiasme musical ne s'éteigne pas ; il faut que l'on ne se décourage pas, et il faudra, probablement, se conformer strictement au précepte de l'Evangile qui dit: "Demandez et vous recevrez".Ne nous lassons donc pas d'intriguer nos gouvernants jusqu'à ce qu'ils nous aient accordé les subsides nécessaires à la réalisation de notre convoitise, ce qui arriverait, peut-être, plus tôt que nous nous y attendrions.Et, nous verrions enfin la Métropole enrichie d'un nouvel édifice, "Le Temple de la Musique", qui ne saurait que lui faire honneur.LEON.LE REGISTRE DES GARD ES-MAL A DES VILLE-MARIE Vous fournira en tout temps et en toutes circonstances des infirmières diplômées, compétentes, avec lesquelles tous les soucis inhérents a la maladie ou a.la convalescence seront atténués dans une large proportion.Mademoiselle F.IIAYDEN 3S, CARRE ST-LOUIS (Garde-malade diplômée cle l'Hôpital Notre-Dame) Tél.Est Si 16 REVE D'flR =r 3 Téléphone Est 1878 Spécialité: Tributs floraux Fleurs télégraphiées partout "LE FLEURISTE" Victor A.Lemieux 108-110, rue Ste-Catherine E.Montréal Succursale: Hôtel Mont-Royal, rue Peel.Les orgues Casavant sont célèbres.Au-delà de 1,000 instruments ont été construits par cette maison et sont installés au Canada, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud.Cette maison est actuellement à travailler sur un orgue assez important pour la ville de Paris, France.Casauant frères limitée SAINT-HYACINTHE : Sanatorium Sainte=Euphrasie POUR DAMES 34 est, nie Sherbrooke - Montréal TEL.EST S192 Etablissement tenu par LES RELIGIEUSES DU BOX PASTEUR et autorise par la Législature provinciale TRAITEMENT DE TOUTESLES MALADIES NERVEUSES et des intoxications : alcoolisme, niornliinomauie, etc., etc.Trois choses sont assurées aux malades: Discrétion, Sympathie, Soins dévoués L'on prend- un soin tout particulier des cas névrosés qui se présentent, sachant que chacun d'eux requiert une attention spéciale.Il en est de même pour les intoxications.L'usage immodéré des excitants et des narcotiques étant une maladie de Vûme autant qu'une maladie physique, nous avons en vue cette double guérison, et tous les moyens employés convergent vers ce but.Les chères patientes parfois si souffrantes moralement et physiquement, trouvent ici la paix, le calme, une douce et bienfaisante atmosphère, ainsi que tout le bien-être qu'elles ont le droit d'attendre: chambres oil sont réunis le luxe et le confort, salon de musique, bibliothèque choisie, salles cle bain, etc., gardes-malades compétentes, médecins expérimentés.MEDECINS DE L'INSTITUTION Dr L.E.PORTIER.Professeur à l'Université de Montréal.Dr M.H.LEBEL, Médecin de l'Hôtel-Dieu.Dr J.A.GAGXOÀ, Médecin de l'Hôpital Notre-Dame.Messieurs les Médecins qui nous confient leurs clientes peuvent les traiter eux-mêmes, s'ils le préfèrent.Les prix varient avec l'état des malades et selon les chambres choisies. LE 10e CONGRES ANNUEL DE LA FEDERATION DES SOCIÉTÉS THEATRALES D'AMATEURS DE FRANCE Les cercles d'amateurs canadiens-français liront avec intérêt le compte-rendu d'un congrès qui vient d'avoir lieu en France."La Lyre" souhaite qu'un jour voit une réunion semblable en Amérique.Puisse l'article de "Paris qui Chante" engager les plus zélés à émuler leurs confrères d'outre-Atlantique.Ce fut une inoubliable journée.De toutes les parties de la France et des pays de langue française, étaient accourus, à l'appel du Comité de la Fédération, les délégués des plus importantes sociétés théâtrales d'amateurs.Nice, Troyes, Genève, Bruxelles, Rennes, Amiens, Marseille, Bordeaux, Vitry, Lille, Roubais, Thiers, Com-piègne, Rouen, Montluçon, Caen, et d'autres villes de province, Paris et ses deux banlieues, étaient représentés dans l'élégant foyer du théâtre des Variétés.Les membres de toutes ces belles sociétés qui s'étaient connus avant-guerre se retrouvaient avec joie.M.Claude Rolland déclare le Congrès ouvert.Dans son allocution, qui obtint un succès de l'aloi le plus franc, le président de la Fédération, après avoir salué les morts, redit les admirables résultats obtenus par ses efforts.Il rappela notamment ce beau congrès de Troyes, en 1913, d'où jaillirent de si beaux espoirs que la catastrophe de 1914 ne permit pas de réaliser.Il ranima des courages qui ne demandent qu'à se produire encore, il montra les chemins nouveaux que les initiatives de la Fédération doivent parcourir et assura les congressistes du dévouement du Comité.— Ce dernier, dit-il, se présente à vous avec une bonne volonté que rien n'arrêtera.Il s'efforcera de vous conduire jusqu'au concours de 1923, qui doit être triomphal.A ce moment, l'ayant jugé à l'oeuvre, vous déciderez si vous devez lui continuer votre confiance.Claude Rolland entretient ensuite les membres du Congrès des propositions que diverses villes ont adressées au Comité, à l'effet de voir organiser chez elles le concours de 1923.Le discours du président, très apprécié, fut longuement applaudi.La parole fut donnée ensuite au distingué secrétaire général, Maurice Moreaux, dont le rapport est un véritable chef-d'oeuvre de clarté, de style et de documentation.Qu'on nous permette d'en donner un extrait: "Je viens de vous dire quelle sûreté de goût nos sociétés ont apportée progressivement dans le choix des pièces interprétées par elles à nos concours."Parcourons nos programmes.Nous y trouverons en première ligne les pièces de MM.Robert de Fiers et de Caillavet, Max Maurey, Georges Courteline, Pierre Veber, Tristan Bernard, Grenet-Dancourt et d'autres encore, qui constituent le délicieux répertoire en un acte de chaque société.Puis, Académie de Danse Sherbrooke 97, rue Sherbrooke Est I,o Studio est ouvert le jour et le soir.Apprenez a danser toutes les danses les plus récentes en quelques lofions.PBOF.H.BASXEEN au hasard, des oeuvres de grande envergure telles que: La Petite Chocolatière, La Rivale et L'Instinct, Le Flibustier et Le Chemineau, Les Trois Mousquetaires, L'Engrenage, Grin-goire.Le Plaisir de rompre, Le Voleur, L'Aventurière, Le Demi-Monde, Les Bouffons, Pylade, Polyeucte, Britannicus, Ray Bias, Le Dépit amoureux.Tartufe et Les Précieuses, Amoureuse, Les Romanesques, Cyrano, etc., etc."Quelle délicatesse ! quelle conscience ! quelles aspirations ! Et quels efforts, aussi, représentent, pour des amateurs, la souvent merveilleuse mise au ' poirit de semblables ouvrages !.Et ne voilà-t-il pas la preuve irréfutable que nos sociétés peuvent et doivent participer à la rénovation du Théâtre et du goût, ainsi que notre président vous le disait avec tant d'éloquence, il n'y a qu'un instant."Méditez ces exemples.Travaillez !.Suivez donc le chemin large et clair que vous ont tracé nos sociétés avant 1914.Il n'en est pas de plus beau, ni de plus utile, ni qui conduise plus certainement au succès." Pierre Chapelle, délégué de Comoedia, en quelques paroles brèves, vient assurer la Fédération du concours efficace que toutes les sociétés trouveront dans la presse théâtrale.Divers voeux sont ensuite présentés par plusieurs délégués, notamment par M.Victor Sayac, du Cercle Molière, de Nice, qui fait acclamer par l'assemblée une proposition en faveur de l'abaissement des taxes sur le spectacle en général.A la discussion prirent part MM.Wasson, de la Jeune Comédie; Laval, des Amis de Guignol; Brévannes, Bouley, Morus, etc.M.Claude Rolland donne ensuite la parole à M.Hensseler, le président de la célèbre et florissante société des Amis de l'Instruction de Genève, venu au Congrès avec trois autres délégués.L'allocution de M.Hensseler est très applaudie.Le Congrès s'étant ainsi achevé à la satisfaction générale, la plupart des membres se réunirent chez Gruber, boulevard Saint-Denis, en un amical déjeuner à la fin duquel notre ami Léon Xanrof, l'infatigable auteur philanthrope, inventeur du discours sténographié, prononça des paroles si jolies que nous ne pouvons résister d'en reproduire quelques extraits : "Un humoriste a dit, — avec cette profondeur que les gens distraits n'aperçoivent pas toujours: "Une bonne santé est un état "inquiétant.Elle ne présage rien de bon." "Le théâtre jouit, depuis une centaine d'années, d'une santé florissante.C'est ce qui risque de causer sa mort.DANSE MODERNE apprise en quelques leçons privées du Prof.Rodolphe Hamel 13 Montée du Zouavo Tél.Est 6627 (Près St-Denis-Sherbrooke) "Et je ne fais pas allusion seulement à l'avidité effroyable de l'Etat, qui excité par les chiffres en apparence grandissants des recettes, est en train de tuer la poule aux oeufs recouverts de papier d'or, comme il convient à des oeufs de théâtre."Je songe à l'attirance irrésistible que les droits touchés par certains auteurs, les cachets annoncés par certaines vedettes, — et qui sont parfois presque exacts, — exercent sur trop de gens qui auraient si bien réussi dans le commerce ! "A ce jeu, le théâtre, qui devait n'être qu'un art, est devenu un métier.".Ce sont peut-être vos sociétés qui sont appelées à le sauver."Vos sociétés entretiennent dans le public l'amour de cet admirable art dramatique, éternelle adaptation de l'éternelle comédie humaine.Ce sont elles qui deviendront peut-être un jour prochain le refuge des auteurs qui ne songent qu'à l'argent."Un moment arrivera, si vous le voulez, où c'est chez elles et par elles que renaîtra l'art dramatique véritable."Car le théâtre de demain, le théâtre régénéré, le théâtre pauvre et glorieux sortira toujours, comme il l'a fait périodiquement, au cours de son histoire, d'une pièce écrite par un amateur et jouée par des amateurs." Des applaudissements frénétiques accueillirent cette vibrante allocution."La Lyre", quoique dans sa première année, tient à s'associer à tout mouvement qui soulèvera un plus grand intérêt chez nos amateurs.Notre journal veut être le conseiller des Sociétés d'amateurs dans le choix des oeuvres nouvelles.Il offre à tous son concours idésintéressé et se tient à la disposition des interprètes qui auraient besoin de conseils et d'appuis."La Lyre" sera leur amie.Professeur Laçasse Danses modernes.Spécialité : Tango Valentino et Tango Argentin.103, Sherbrooke est Tel.: Est 4713 Tél.Est 1193 Théâtre Ouimetoscope •'LES AVENTURES D'AGLAE" .(Revue amusante) Vues de première qualité Le programme des vues est changé tous les lundis, mercredis et samedis.Matinées .15c et 20c Soirées.15c, 20c et 25c (Taxe comprise) 624, STE-CATHERENE EST Angle Montcalm LA DANSE A TRAVERS LES AGES (Suite) Vous comprendrez maintenant sans peine, mesdemoiselles, les raisons pour lesquelles cet art fut à son apogée chez les Grecs et pourquoi aussi il a perdu, aujourd'hui, tout ce qui en faisait la grandeur et le charme.Les Grecs jugeaient que la danse est une synthèse, un résumé de tous les arts.En effet: elle touche à la musique par le rythme, à la poésie par le nombre, à la peinture et à la sculpture par la recherche des poses et par le souci des attitudes.Elle essaie de traduire les mouvements de l'âme par le geste, et d'en rendre l'expression par le regard, par le sourire, par la grâce d'un corps mouvant et flexible.Enfin, elle se rapproche de l'architecture par l'art du groupement.On, dans la danse moderne, que voyons-nous ?Des virtuoses de la jambe qui ont consacré vingt années de leur vie à la plus rebutante des acrobaties.Il faut, pour devenir une ballerine convenable, s'exercer, dès l'âge le plus tendre, à des travaux d'assouplissement considérables.Ces charmantes virtuoses étudient leur mécanisme comme certaines pianistes font leur gamme : elles piochent leur élasticité, elles s'escriment en entrechats transcendants; mais là s'arrête leur science.Elles ne savent ni l'histoire des mythes, ni les légendes qu'elles ont cependant souvent la charge de représenter; elles ne connaissent point les poètes tragiques et ignorent le premier mot d'histoire.On a souvent répété cet aphorisme: "Ignorant comme une danseuse", et sauf pour quleques exceptions, le mot est assez juste.Il résulte de cette éducation toute pratique et purement physiologique que les premiers sujets et coryphées de l'Opéra sont hors d'état d'exprimer les sentiments qui font la noblesse de la danse.Le tour de force remplace l'expression du beau, et nos jeunes ballerines modernes, lorsqu'elles ont accompli quelques variantes de virtuosité, d'une banalité désespérante, sont parfaitement satisfaites d'elles.Si vous demandez, mesdemoiselles, d'où provient l'absence d'expression de la danse contemporaine, vous en trouverez facilement la raison dans ce fait, que le geste, qui est la synthèse de l'idée, est banni de la danse moderne.Et cela se conçoit: les bras sont uniquement occupés à servir de balancier au corps.Leur expression a à peu près la force de ces formules de politesse qu'on débite à la fin des lettres: "Veuillez agréer", etc., "J'ai l'honneur d'être.".C'est le> sentiment banal sur commande et sans aucune profondeur.Et maintenant, mesdemoiselles, permettez-moi de vous donner mon opinion sur le costume de la danseuse de nos jours.Je trouve qu'il y a quelque chose de révoltant, c'est la déformation même du corps humain, le contraire de la beauté.La jups, (1) Voir le numéro de décembre 1922.LA DANSE Enseignement d'ensemble ou prive SINCLAIR'S PRIVATE DANCING STUDIO 005 Rue St-Crbaln Tel.Plateau 4153 ¦Danses classiques et modernes enseignées a toute heure.Débutantes peuvent commencer dès maintenant.Salle A louer pour tout genre d'amusement.au lieu de tomber mollement, en plis souples, semble se rebiffer et se mettre en grève.Le tutu, puisqu'il faut l'appeler par son nom, le tutu, mesdemoiselles, est, je ne crains pas de l'affirmer très haut une des monstruosités de la civilisation moderne.La beauté de la femme est un bien sacré, et lorsque, sous couleur d'esthétique, on s'amuse à la faire ressembler à un parapluie à deux manches, au moyen d'un invraisemblable costume de danseuse, j'ai envie de crier: "Au meurtre!" Et une sérieuse envie me prend de les secouer et de leur dire : —"Allez vous habiller, mesdames les danseuses, allez étudier les plis harmonieux de nos statues grecques, parez vos corps comme les belles danseuses des siècles passés, et vous serez des artistes.Aujourd'hui, vous n'êtes que de vulgaires ballerines." (A finir dans la numéro de mars) -o- LES DANSES MODERNES Le professeur Pinard, de Fall River, Mass., vient de donner son avis sur les danses nouvelles et sur leur influence au point de vue de la population.Pas brillante, l'influence ! "Je considère comme fâcheuse l'importation de ces danses dites modernes.Chez nombre de jeunes filles, elles produisent une excitation déplorable.Autant les antiques et gracieuses danses française étaient salutaires à tous les points de vue.et particulièrement en préparant et facilitant les mariages, autant ces danses nouvelles sont nuisibles.Elles amènent, par leurs excès, l'altération de la santé de l'individu." Ainsi, vous êtes prévenues, Mesdemoiselles; si vous voulez vous marier, délaissez le "shimmy" et revenez aux menuets et aux gavottes de vos ancêtres.— (Extrait de "L'Indépendant" de Fall River.) LE JAZZ-BAND (Suite de la page 5) poing, du pied, tel ou tel syndiqué noir d'ébène et que la boxe n'a pas tenté ! Je confesse même que ce Siki du tam-tam, du tambour et de la grosse caisse est le seul virtuose du jazz que l'oreille subisse sans malaise.Il fait du bruit, c'est évident ! Mais il ne fait pas de fausses notes, de fausses basses, de fausses relations, de insipides.Si son bruit est indiscret, il ne • salit pas la musique, et cela pour la bonne contrepoints bêtes à crier et de variations raison qu'il n'en a jamais fait partie.Pour ce qui est des autres tenants de l'équipe, excusons-les: ils gagnent leur vie I Mais il est un cas où ces messieurs n'ont plus d'excuse.Cas fréquent I C'est quand, sortant, pour un instant de leur répertoire spécial, nord ou sud-américain, de leur tango, de leur one-step, de leurs "blues", ils s'attaquent à de la musique pour la parodier stupidement ! L'Ouverture de "Tann-hauser", la Finale de la "Neuvième" dou-nent de la joie à ces messieurs ! Dans un atelier d'artiste, de semblables irrévérences pourraient être plaisantes, et je sais plus d'un musicien capable de s'en divertir.Eu public, au contraire, — et devant quel public — des profanations de ce genre sont tout simplement malfaisantes.Elles ont pour effet de mêler au cock-tail et.au wisky-soda, Wagner et Beethoven, qui, sans doute, n'en usaient guère.Ils abaissent le génie de ces maîtres à la portée des snobs bêtes, ce dont les uns demeurent inconscients — et alors où est la drôlerie?— ce dont les autres gloussent de joie — n'est-ce pas, gentilles oies du grand monde?— en reconnaissant, cabossées, déformées, synco- pées, les phrases musicales entendues le dimanche, chez Colonne ou chez Lamoureux.Rentrées chez elles, ces jeunes filles n'ouvrent donc plus la partition que pour télescoper le rythme des thèmes et des harmonies.Les jeunes frères, les cousins et les flirts sont chargés de frapper sur les chandeliers en cadence, ou d'agiter les pincettes sous le manteau de la cheminée.Et j'en conclus que des chefs-d'oeuvre — en lesquels ont palpité souvent tant de souffrances et tant d'espoirs — sont transformés en clowneries à l'usage des philistins.Assez ! Il faut proscrire la confusion entre le dancing et le Temple ! Il faut ne point tolérer que l'irrespect des incroyants traîne les Evangiles à la foire ! Bref, il faut crier, protester, sans s'inquiéter du sourire des profanateurs en smoking.Et si les exécutants du ja^z persistaient dans leur crime de lèse-art, il faudrait peut-être alors appeler à la rescousse le "cow-boy".Vous savez, le fameux cow-boy, un peu radical, j'en conviens, mais qui, n'aimant pas la musique et préférant le film nu, tire placidement sur le pianiste pour le faire taire d'un seul coup ! C'est une coutume américaine ! Encore ! Mais celle-ci, au moins, a du bon.Louis VuRlemin.(Le Courrier Musical) HYPERTRICHOSE POILS déracinés pour toujours sans électricité ni caustique.Faites partie de L.D.F.A.et obtenez traitement gratuit.SEC.Dr BOYER 753 St-Denis Consultations : 10 A.M.à 10 P.M.MADAME DIANA PALMISTE-CLAIRVOYANTE 123a RUE AMHERST MONTREAL MAD.LAURE Le Plus 'Fort Medium d'Europe HYPNOTISME, MAGNETISME Suggestion, cours privé.Vous dira votre nom, votre age et les noms et âtres des personnes que vous affectionnes, réunit les séparés, facilite les affaires, ramène les amitiés perdues.Consultations, de Q a.m.iX 9 p.m.225,.RUE BEKKI Frôs Ste-Catherine Voulez-vous connaître ce que l'ftvenir vous réserve ?CONSULTEZ Mme BERTH E DIT : Le Passé ! ! Le Présent ! ! L'Avenir ! ! 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