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Titre :
La lyre
La vie musicale au Québec entre 1922 et 1931. [...]

Le premier numéro de la revue La Lyre, dont le sous-titre changera plusieurs fois (« Revue musicale et théâtrale », « Publication mensuelle », « Revue musicale mensuelle », « Revue mensuelle illustrée »), paraît en octobre 1922. Le mensuel est édité à Montréal par la Compagnie de publication « La Lyre », propriété de J.-E. Turcot, marchand de musique, qui a pignon sur rue au 3, rue Sainte-Catherine Est, et des compositeurs Henri Miro et Léo Lesieur. La Lyre annexe en 1927 la revue Le Carillon, consacrée à la « bonne chanson » et dirigée par Charles Marchand. Parmi les nombreux directeurs qui se succéderont à la tête de la publication, citons Raoul Vennat, Jean-Sébastien Lambert et Alice Duchesnay.

Jusqu'en 1924, la revue se consacre à la publication de pièces musicales ainsi qu'à la promotion de la musique et des arts de la scène québécois et canadiens. Par la suite, son rôle principal sera de diffuser et de mettre en valeur la musique du Québec et, plus rarement, celle de la Nouvelle-Angleterre. L'opérette, la chanson populaire et le jazz ont toutes leur place dans la revue. On y met aussi particulièrement de l'avant le piano et l'orgue, deux instruments fort appréciés au Québec.

Outre l'édition mensuelle de partitions de musique vocale et instrumentale, La Lyre propose à ses lecteurs un panorama de l'actualité musicale (au pays et à l'étranger), des profils d'artistes locaux et d'artistes internationaux de passage au Québec, des critiques de spectacles (théâtre, danse, mais surtout musique), la présentation des activités des orchestres québécois, des notices biographiques d'artistes, des leçons d'harmonie, des renseignements sur les instruments de musique et des conseils pour leur entretien.

En plus d'un calendrier des concerts à venir et d'un aperçu des nouveaux enregistrements disponibles sur le marché, La Lyre offre une couverture de l'activité scénique des artistes lyriques canadiens-français au Québec et à l'étranger. Parmi les compositeurs québécois publiés dans la revue figurent Henri Miro, Léo Lesieur, Conrad Bernier et Alfred Mignault. La revue présente aussi une revue du théâtre amateur de langue française aux quatre coins du Québec, ailleurs dans le Canada francophone et en Nouvelle-Angleterre.

La Lyre fait paraître à l'occasion des textes littéraires (nouvelles, contes, poésie, théâtre) d'auteurs comme Robert Choquette, Jean-Charles Harvey et Émile Coderre. Elle offre également une tribune à ses lecteurs, qui livrent par moments des articles très critiques à l'égard du gouvernement provincial, entre autres dans le sillage des débats entourant la fondation du Conservatoire national de musique.

De nombreux articles de fond paraissent dans La Lyre. Par exemple, dans le premier numéro, on s'interroge sur l'avenir du phonographe, compte tenu de l'arrivée de la radio. Au nombre des collaborateurs de la revue, on compte Jean Riddez, Charles Marchand, Maurice Morrisset, l'abbé Pierre Chassang, Jean-Sébastien Lambert, Alice Duchesnay, Roger Champoux, Léo-Pol Morin et Jean Dufresne.

La Lyre a cessé de paraître à l'été 1931. Malgré sa courte existence, elle a joué un rôle majeur dans la promotion de la culture musicale de l'Amérique du Nord francophone. Elle est une précieuse source d'information sur la vie artistique et sur les mouvements musicaux de son époque.

En 1924, le tirage de La Lyre avait atteint 4750 exemplaires.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1984, vol. VI, p. 52.

Éditeur :
  • Montréal :Cie de publication "La Lyre",1922-1931
Contenu spécifique :
no 7
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

La lyre, 1923, Collections de BAnQ.

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ABONNEMENTS Montréal Canada $2.25 pour un an $2.00 1.15 pour six mois 1.00 .20 l'unité .20 Payable d'avance.: : Revue mensuelle : : Musicale et Théâtrale Rédaction Annonces Administration 8, EUE CRAIG EST MONTREAL, Que.Tél.Est 8037 Rédigée en collaboration.Publiée par la Compagnie de Publication "La Lyre" le année, No 7 Montréal, mai 1923 Au public—Aux professeurs—Auoc impressarii Un système de concerts organisés "La Lyre" reproduisait; dans son dernier numéro, un article d'une revue musicale de Paris, datée de 1898, et s'appliquant aux nombreux récitals que préparaient, pour la fin de l'année, professeurs et élèves.Mais, dira-t-on, la chose n'a rien de nouveau, et bat son plein chez nous ?Oui, parfaitement, et nous n'en disconvenons pas.Mais, ce qui manque à ces concerts, c'est une organisation plus soignée, c'est le tracé d'une conduite plus précise, c'est la poursuite enfin d'un but mieux défini, plus national.Or, comment combler cette lacune; ne faudrait-il pas un système plus régulier de concerts, dans une ou plusieurs villes, système reposant sur une base solide et établi sur une grande échelle.Il s'agit dans tout ceci de présenter les talents divers, au public.Ne serait-ce pas le moment, pour toutes les personnes intéressées, d'entrer en lice, et de leur côté aller, aussi, mettre l'épaule à la roue ?Le terrain se défriche, jetons-y de la bonne semence.MM.les professeurs de musique et de chant trouveraient, indubitablement, dans un système de concerts organisés, le moyen le plus pratique et de se faire valoir, et de.faire connaître leurs élèves en les lançant sur la voie de la publicité.Chez les amateurs, que de talents timides et inconnus, sortiraient de l'obscurité et éclateraient en plein jour ?Quelle stimulation, en un mot, pour l'ambition de tous les intéressés et aussi, que de profanes se laisseraient toucher par les charmes de la bonne musique ?En effet, un grand nombre de personnes, indifférentes d'abord, ne manqueraient pas de se laisser gagner; elles assisteraient à l'un de ces concerts, ne serait-ce que par pure curiosité, y prendraient goût, y retourner aient et ne voudraient plus s'en passer : Pianistes, instrumentistes, chanteurs, cantatrices, choeurs, orchestres, tous pourraient y prendre part.Si nous soulevons aujourd'hui cette question, si pleine d'intérêt du reste, nous le faisons avec le plus grand plaisir, et aussi pour répondre aux désirs de quelques-uns de nos visiteurs qui en font un des topiques de la conversation, quand ils viennent à nos bureaux.Nous n'ignorons pas que nombre de professeurs, d'artistes et d'amateurs brochent souvent ce même thème, mais, wi- le registre des GARDES-MALADES VILLE-MARIE Vous fournira en tout temps et en toutes circonstances des Infirmières diplômées, compétentes, avec lesquelles tous les soucis inhérents à la maladie ou à la convalescence seront atténués dans une large proportion.Mademoiselle P.HAÏDEN 38, CARRE ST-LOUIS (Garde-malade diplômée de l'Hôpital Notre-Dame) Tél.Est 34-16 fortunément, sans jamais s'y arrêter longtemps pour y donner suite.Ne perdons donc pas de vue ce projet de concerts organisés, parlons-en à nos amis et agitons-en souvent la question."La Lyre" sera très heureuse de recevoir l'opinion de gens en mesure de juger des meilleurs moyens à prendre pour en arriver à la réalisation d'un système de concerts organisés, et, si un comité "ad hoc" se formait, de de lui offrir l'hospitalité de ses colonnes, pour échanges de correspondances et de suggestions.Respectueusement, LA DIRECTION.ARTICLES RELIGIEUX POUR CADEAUX Première Communion, Anniversaires, Mariages, Ordinations et Professions Religieuses Livres de Prières, reliures artistiques, très élégantes nouveautés.Livres de Méditations, Prédications, Brévières, Missels.Médailles en or, sujets variés avec chaînettes très appréciables.Statues, or nouveau, or vert et or mat, tous les sujets et grandeurs.Croix, palissandre et acajou avec Christ vieil ivoire, bronze doré et artistique.Chapelets, roulés or, alliage d'or et or solide, pierres véritables.Images, assorties pour toutes les occasions.Nous apportons une attention tout spéciale aux commandes par la poste.Un personnel compétent et courtois est à la disposition des visiteurs.GRANGER FRÈRES 43 NotRe-D^mcOuest."MbrikeaJ La plus Importante Librairie et Papeterie Française du Canada LA LYRE Hal 1023 Félicien David 1810-1876 Par J.-G.PROD'HOMME A l'occasion de l'exécution du "Désert" de Félicien David par la Chorale St-Louis de France (Montréal), nous croyons intéresser nos lecteurs en leur rappelant ici le souvenir d'un artiste dont la physionomie complexe est toujours restée un peu dans une ombre discrète.Né à Cadenet (Vaucluse) le 13 avril 1810.Félicien David entrait, dès l'âge de sept ans, à la maîtrise de Saint-Sauveur, à Aix, où ses parents étaient venus s'établir.Il fit.soit seul, soit avec l'aide de ses maîtres, de très grands progrès et se risqua même à la composition.Plus tard, au séminaire, il commença ses études classiques, pendant quatre ans.jusqu'à l'époque où Charles X fit fermer les établissements des Jésuites (1828).Devenu orphelin, sans ressources.David fut successivement second chef d'orchestre au théâtre d'Aix.clerc d'avoué, et maître de chapelle à la cathédrale où il avait été si longtemps enfant de choeur.Des oeuvres religieuses, des nocturnes, des romances lui donnaient quelque célébrité locale et le désir d'aller terminer ses études à Paris.Un oncle fortuné voulut bien lui assurer une pension mensuelle de 50 francs.A Paris, où il arrivait en 1830, il étudia d'abord l'harmonie avec Maillard et Reber, puis le contrepoint avec Fétis et l'orgue avec Benoit, vivant misérablement près de deux ans, jusqu'au jour où un peintre nommé Justus, affilié aux saint-simoniens, le fit s'enrôler dans la "famille" dont Enfantin était le "Père".David, qui devint le musicien de la famille, arrivait au moment des persécutions, à la veille de la retraite à Ménilmontant.du procès d'août 1832, et de la prison du Père.Les fidèles se dispersèrent : David fut du cinquième et dernier "départ", destiné à l'Orient, et quitta Paris le 15 novembre 1832.avec Barrault.Tourneux, Rigaud.Toché et Lamy.Pendant les huit mois passés à Ménilmontant, délivré des soucis matériels, le jeune David n'était pas resté inactif; tandis que ses camarades, selon leurs aptitudes et sans négliger le travail manuel honoré par les saint-simoniens à l'égal du travail intellectuel, se livraient aux études scientifiques, David créait pour ainsi dire la liturgie de la religion nouvelle.Tajan-Rogé, le violoncelliste de l'Opéra-Comique.faisait répéter à quarante choristes les oeuvres qu'énumère un curieux prospectus intitulé "1833", mais dont plusieurs pièces seulement furent publiées dans un recueil: Ménilmon- tant, \ Après un voyage assez mouvementé de Paris à Marseille, David s'embarquait le 23 mars pour Constantinople, accompagné d'un piano de cinq octaves et demie que lui avait donné, à Lyon, le facteur Chavan.Après quelques jours passés pour la plupart en prison, à Stamboul, les "Compagnons de la Femme" se dirigèrent vers Smyrne, sous bonne escorte.David y resta après le départ de ses amis; il y composa les premiers morceaux des Brises d'Orient.Il visita ensuite Jérusalem, puis Alexandrie, où il rencontrait encore des frères de Ménilmontant.A Suez il retrouvait Enfantin, sorti de prison.La peste le chassa du Caire; il regagna la Syrie, et après une épouvantable traversée de quatre mois, suivie d'une quarantaine effective à Gènes, il arrivait à Marseille, par terre, le 19 juin 1835.Ce voyage avait été décisif pour 1 avenir du jeune musicien.C'est l'Orient qui allait désormais l'inspirer, c'est l'Orient, dont on a tant abusé, après lui et d'après lui.«iui allait lui donner cette immense, universelle renommée.— qui nous étonne un peu aujourd'hui.Mais avant d'arriver à cette glorieuse journée de décembre 1844, que de luttes, pendant dix années, le compositeur, absolument inconnu, devait avoir à soutenir ! Lutte contre la misère, surtout, dans laquelle il eût certainement succombé sans le secours de ses frères saint-simoniens; l'un d'eux, l'ingénieur Tourneux, l'héberge près d'Igny, dans la vallée de la Bièvre, où il s'occupe trois années durant de musique et de jardinage, terminant ou composant deux symphonies, un Nonetto pour instruments à vent.«|ue Valentino et Musard font quelque- peu connaître, et vingt-quatre quintetti, les Quatre Saisons, tandis que le premier recueil de mélodies de Félicien David, tes Brises d'Orient, se répand lentement avant d'être anéanti clans l'incendie de la maison de l'éditeur Pacini.Lorsqu'il revient à Paris en 1841, David s'est déjà fait un nom; son premier concert, annoncé pour le 1er décembre 1843, est retardé d'un an."Ne nous plaignons pas de ce contretemps, écrit le biographe Aevedo; il fut fécond." En effet, d'avril à juillet 1844, sur un livret que lui fournit un ancien saint-simonien, Auguste Colin, David composait le Désert ! Les auditions s'en succédèrent rapidement.A la seconde au Théâtre Italien, le 29 décembre 1844, des chefs arabes, alors à Paris, occupaient des places de balcon.Et les faiseurs de quadrilles de l'époque s'emparaient des motifs de la partition de David.Cette "ode-symphonique", qu'on ne joue plus aujourd'hui que de loin en loin dans les concerts, fut sacrée immédiatement chef-d'oeuvre.Pendant longtemps, David fut considéré, avec Berlioz, comme le plus grand symphoniste français.Il avait fondé l'orientalisme en musique, école encore vivante, mais dans un domaine singulièrement agrandi.Les anciens saint-simoniens fêtèrent comme il convenait le triomphe de leur coreligionnaire et l'aidèrent surtout à se débrouiller dans les procès interminables qu'il eut à soutenir contre son collaborateur Colin, contre ses éditeurs les Escudier.contre les directeurs de théâtre qui se jetaient sur te Désert comme sur une proie inespérée.Mais ses amis veillaient et leurs lumières pratiques aidaient Félicien, rien moins que débrouillard dans 1 exploitation de son talent.Après un voyage triomphal dans le Midi, à Lvon.à Marseille, a Aix.David partit pour l'Allemagne.' où il rejoignit un des amis d'Enfantin, Dufour-Féronce.à Leipzig.Puis son compatriote et premier biographe.Sylvain Saint-Etienne, partit le rejoindre.Du 26 août au 29 octobre.David se fit applaudir à Baden-Baden, ou il attira l'attention de la fameuse écuyère Lola Mon- tes, la favorite du roi Louis 1er de Bavière, à Francfort, Mannheim et Munich.Puis il visita l'Autriche-Hongrie, Pesth, Vienne (où il donna quatre concerts et se retrouva avec Hector Berlioz, en décembre) et Trieste.Il rentra en France par Gênes et Marseille (février 1845).Moïse au Sintiï, autre orientalerie, succéda au Désert, mais fut très froidement accueilli par les Parisiens (28 mars 1846) qui firent durement payer à David son triomphe de l'hiver précédent.Christophe Colomb (12 décembre 1847) ramena, en petit, le succès du Désert.En 1848, l'Edcn, joué en pleine crise politique le 25 août), ne fournit que cinq représentations à l'Opéra, où David faisait sa première apparition.La Perle du Brésil, destinée d'abord à l'Opéra-Comique, et jouée, après de nombreux procès, au Théâtre-Lyrique (22 novembre 1851), eut incomparablement plus de bonheur.La partition de la Fin du Monde, écrite dès 1854, subit, elle aussi, de longues tribulations.D'abord mélodrame destiné à la Porte-Saint-Martin, la Fin du Monde, sous le titre le Dentin- Amour, fut répétée au Lyrique sous la direction Pcrrin.mais les interprètes étaient insuffisants et l'oeuvre fut abandonnée.Elle s'appela enfin Htrculanum et fut jouée à l'Opéra le 4 mars 1859.Cet ouvrage, qui valut au compositeur un prix de 20 000 francs décerné par l'Institut en 1867, n'eut que 74 représentations.Mais le plus grand succès théâtral de David fut Lalla-Roukh, succès inépuisé encore aujourd'hui.La première représentation eut lieu le 12 mai; le 9 avril suivant, on en fêtait la centième.Voilà vingt-cinq ans à peine que Lalla-Roukh ne figure plus sur les affiches de l'Opéra-Comique; avant cette époque il y était fréquemment joué, et il fournit à beaucoup de ténors l'occasion de leur début.Le public lui faisait d'ailleurs un excellent accueil; c'était un élément précieux pour un cle ces spectacles que l'on dit "coupés".En l'espace de vingt ans, — et après quels débuts pénibles ! — David arrivait enfin à la place à laquelle son talent lui donnait droit.Il avait la satisfaction de voir ses mérites officiellement reconnus: depuis 1860, il recevait sur la cassette impériale une pension de 2 400 francs, tandis que les anciens saint-simoniens Emile et Isaac Pereire lui en faisaient une de 1200 depuis février 1858.Fait chevalier de la Légion d'honneur par le roi lui-même en 1847.officier le 15 août 1862, la mort de Berlioz ouvrit à David les portes de l'Institut et le fit nommer bibliothécaire du Consrevatoire (1869).Il vécut quelques années encore d'une vie fort retirée et fort paisible, tantôt à Paris, dans son appartement de la rue de la Rochefoucauld.58, tantôt à Saint-Germain, où il mourut, le 20 août 1876.Un curieux incident marqua ses obsèques: l'ancien saint-simonien avait voulu être enterré sans aucune cérémonie religieuse.Mais, comme officier de la Légion d'honneur, Félicien David avait droit aux honneurs militaires; lorsque les troupes arrivèrent pour prendre part au cortège funèbre, l'officier qui commandait le détachement, apprenant que les obsèques étaient purement civiles, fit faire immédiatement demi-tour à la troupe.Cet acte d'insubordination fut l'objet, au mois de novembre suivant, d'une interpellation au Parlement.Ambroise Thomas et Reber rendirent les derniers hommages à leur collègue défunt, au nom des musiciens, mais aucun discours ne fut prononcé selon le désir de David, au bord de la tombe où.dans le petit cimetière du Pecq, il repose aujourd'hui.J.-G.PROD'HOMME.Amateurs i'ntrloli's — Fanfares Restons au Canada fliiiiit |iiitrit>lii|in\ (marche) de Albert Larrieu et Leo LeSieur.:-: O Canada :-: Mon Pays, Mes Amours Marche pour piano.paraîtront dans le numéro de juin de "Lu Lyre".Retenez votre numéro.Directeurs de fanfare: lOitivi./.-imns pour la partition de fanfare de "Restons au Canada" et vous pourrez la Jouer le 24 juin.PARIS 1 a Ville de tontes les Splendeur-.dull u réputation en partie & ses riches comptoirs de llnKcrle fine, ile snlerlr» fameuses, de pnrfumerie exquise etc.1.» monde entier va chercher dans la capitale française ces produit» célèbres.Nous j Minimis allés pour tous Nous vous offrons a des prix qui défient loute concurrence un grand chois de lingerie de sole ou de satin perlée et unie, de situB-vètetni-nts de sole, do meubles de fantaisie, de nécessaires de toilette, ainsi que lea exquis parfums de l'aria Venez » Niter un coi» tic l'aris à LAGfhTE CANADIENNE UNIVERSELLE 2fi8 ST-IUCNIS.MONTREAL coin Demontlgny.au sous-sol Importations du Japon.îles Indes, de la Suisse, etc.JACQUES ilium li Violoniste A.J.BOUCHER BlfM.Editeur et Importateur de Musique 28 est, rue Notre-Dame, MONTREAL Nous avons constamment en mains un grand choix de CANTATES, CHOEURS, SAYNETES pour distribution de prix pour collèges et pensionnats. IV LYRE Mai (929 MONTREAL Emma Calvé, Léonie Claude, Le Désert.La Chorale Brassard Ciirlnl-Tliiliai: I La saison îles Brands concerts à Montréal s'est terminée le 23 avril au théâtre St-Denis par une séance de musique de chambre donnée par deux grands artistes français.Alfred Cortot.pianiste, et Jacques Thlbaud.violoniste.Ce régal laissa un souvenir inoubliable aux milliers de personnes qui firent ovations sur ovations aux deux interprètes.Le concert débuta par une sonate de Gabriel Fauré.puis on entendit une oeuvre merveilleuse de sonorité moderne de Claud Debussy et le concert se termina par le chef-d'oeuvre de César Franck, sa sonate pour violon et piano.Il est absolument inutile de parler avec quelle perfection, avec quelles nuances subtiles et en même temps avec quelle sincère et vibrante émotion ces trois sonates furent rendues.lTn public enthousiasmé au suprême degré ne voulut pas laisser partir ces deux incomparables interprètes de la musique française sans avoir un encore, et ils revinrent donner le Scherzo et Finale de la Sonate de Saint-Saêns.Ce fut une des plus belles manifestations d'art entendue depuis de nombreuses années.—H.M.aurait désemparé nien des artistes de carrière, mais elle charma littéralement son auditoire avec un programme bien propre a faire valoir ses qualités vocales qui sont encore insurpassables.Elle chanta des airs de Bellini, de H-iendel, de Beethoven, de Bizet et îles romances de Berlioz, Martini.Franck.Rimsky-Korsakoff.Gretchnaninoff.Gounod.Bruneau accompagnée par Mme Yvonne Dienne qui exécuta en solo un groupe de Debussy.Granados et Albeniz.A l'occasion de ce concert donné au profit des Incurables.M.Maugé, éditeur des programmes de concerts .Montréal, avait sorti un programme très réussi.M.Maugé nous a habitué quelquefois a certains programmes de dimension exagérée ou d'un goût plutôt douteux, mais quant à celui du concert Calvé.il était très artistique et très original.—H.M.I MM A I Al.YE "La population canadienne-française d?Montréal nous a mis dans une posture humiliante en refusant d'aller entendre Mme Emma Calvé, ;.i plus grande célébrit* contemporaine de l'art français" écrivait un de noH confrères quelques jours après l'incomparable récital de chant que vint donner la grande artiste française Emma Calvé à Montréal, le 12 avril dernier au théâtre St-Denis.C'est qu'en effet, ce n'est pas tous les jours que nous avons l'avantage exceptionnel d'entendre chanter intelligemment.Beaucoup de personnes s'était abstenu de se rendre au concert Calvé sous le futile prétexte que ce mezzo était passé et ne pouvait plus lancer des notes pour ébahir la galerie.Or, tout prouva à souhait que la voix de Mme Calvé a conservé uni fraîcheur et une limpidité extraordinaires.Avec quel art, quel sentiment véritablement profond et avec |uelles nuances exquises elle sut montrer !es qualités exceptionnelles de sa métbode, la belle méthode française faite de simplicité, de mesure et d'élégance.Mme Calvé dès le début de son récital eut à lutter contre un public froid, revèche qui Raonl !'ui|iiei Professeur d'orgue ii l'Institut Musical Lorsque le regretté M.Dus*ault, l'orga- Les (leurs parlent à l'àme ! Dan* In Joie comme dans la peine, les fleura parlent a l'Ame, l'exaltent et la reconfortant.A lu m n (.non «h- ounfliinre Mlle L.TRACEY jflrun'str Tel.Est 1949 409 est, Ste-Catherine ( Pré» l'upul Krert'Mi MONTREAL o o o Vous frDuv.Ti'i A ilea prix .!¦!,.n1 touli.' l'imcurrcnrc un nrAiiil choix d Prenez soin de vos YEUX V*Tl-r» ilr * «i»^clalt(*V IMC11.INTK r! Ol'TOMKTKISTt: \ VOTKF.>rn\ IC K TAIT - FAVREAU ItlJ STK-C \T1IKKI\K.KST I i.l.»n IBSÎ TAIT-BROWN as« STf:-< ITHKDDm «>i kst Main TON Surourmlt ' Un m k >T-j.\rQiKs Mai 1921 SARAH BERNHARDT Sarah Bernhardt est morte le lundi 26 avril; c'est une grande artiste qui disparaît, c'est presque un deuil national car Sarah Bernhardt avait porté il travers le monde la gloire du théâtre français.Elle était de ces bonnes messagères plus puissantes que tous les diplomates qui font aimer un pays en traduisant son génie.Le monde entier la pleurera, car partout où elle avait passé elle avait laissé un souvenir impérissable.Il est inutile de dire ici toute la souplesse de son talent qui atteignait presque le génie créateur Tous ceux qui l'ont entendu.' sunt encore sous le charme; quant à ceux qui.trop jeunes, ne l'ont point vue.ce ne sont pas des mots figés qui pourront rendre la vie frémissante, la passion, la beauté faite d'Idéal de cette admirable tragédienne qui reste sans rivale dans le passé.Sarah Bernhardt était née à Paris le 23 octobre 1S44 et fut élevée au couvent de Grandchamps.à Versailles.Klle songea un instant à prendre le voile.Cependant, ses dons de comédienne s'étalent manifestés déjà au cours d'une représentation donnée devant Mgr Slbour: les assistants avalent été sur pris de la jeunesse et du naturel aves lesquels cette petite fille jouait.Le duc de Horny, ami de sa famille, frappé de ces dons exceptionnels, engagea ses parents à la présenter au Conservatoire.Elle fut admise dans la classe de Provost Deux ans après, en 1861, elle obtint un second prix de tragédie dans Zaire et un premier accessit de comédie dans la Fausse Agnt».Elle allait remporter, l'année suivante, un second prix de comédie, mais devait quitter le Conservatoire sans s'être vu décerner la récompense suprême.En 1862.île 11 août l elle débute h la Comédie-Française dans le rôle d'Iphigénie.Elle joue ensuite Valérie dans Va h rit, de Scrib?(24 aofltl, et Henriette des Femme* savantes 112 septembre).Elle prend encore Mypolyte «le l'Ftourdie le 6 mars 1863; mais, à la suite d'un incident, elle gifle Mme Nathalie et quitte la Comédie-Française.Après un court séjour à la Porte-Saint-Martin, où sous un nom d'emprunt elle fait une brève apparition dans la féerie de la Hiehe au bois, elle devient, au Gymnase, l'interprète de Th.Barrière.Dumanoir.Itakard et Lara.Labiche et Delacour, Deslandes.Elle a un nouvel incident avec Montigny et part pour l'Espagne.A son retour à Paris, elle entre à l'Odêon Elle y débute en 1864 dans le role de .lunie de Itrilannieus avec Taillade dans Néron, puis dans le jeu île l'Amour el du Hasard.Elle joua tour ft tour Alhulie iZarhariel, le Map qui.» île Yilleiner el l'Autre de George Sand.1rs Femmes sunnites ( Armando I Fritneais le Champi.le testament de Cesar llérodol.Phèdre, le Roi hear (Cordelia.) Kean iAni.a Dambv).le legs: mais c'est en 1869 dans Zannetto du Passant qu'elle ge révèle vraiment comme une actrice incomparable Pendant la guerre de 1870, elle installe à ses frais une ambulance à l'Odéon et s'y dépense avec un dévouement exceptionnel.Elle Joue encore Fais ce que dois.Madame Aissé et surtout Ruy Bias qui lui vaut un succès triomphal.Le 5 novembre 1872.elle rentre ft la Comédie-Française dans .Mademoiselle de Belle-Isle.Successivement, elle joue le Mariage de Figaro ( Chérubin i, h Sphinx, Rome rain-cue, Hcrna.nl.la fille de Roland.Phèdre.Sociétaire en 1875.elle abandonne la Comédie-Française en 1880.C'est alors qu'elle commence ses voyages et ses tournées en Amérique, en Russie.De retour ft Paris, elle crée, en 1882 Fedora au Vaudeville.Devenue directrice de la Porte-Saint-Martin, elle y Interprète Frou-Frou, Theodora, la Dame aux Camélias.Après un nouveau Béjour en Amérique, elle crée la Tosea, en 1887.TroMftma voyage en Amérique et cest.en 1890.Jeanne d'Are, puis Cli opùlrc.En 1893.Mme Sarah Bernhardt prend la direction de la Renaissance.Elle y joue son r'pertolre et y crée 1rs Rois, Cismonda.Mag-da.la Samaritaine, les Mauvais Bergers, la Ville morte, l.ysiane.Le Conseil municipal lui concéda, en 1898, le bail du Théâtre des Nations auquel elle donna son nom Elle y jouera Hamlet (1899), la Tosea; elle y créera l'Aiglon, le 16 mars 1900.Partie en Amérique avec Coquelln.elle interprétera Cyrano de Bergerac et l'Aiglon.A Paris, Mme Sarah Bernhardt crée, en 1902.Franeesca da Rimini.Théroignr de Mirirourt.puis la Sorcière.Va-rennes.Bohémos.Angclo, la Vierge d'avila, les Bouffons, la Courtisane de Corinthc, le Mai 1923 Procès de Jeanne d'Arc, la Beffa.En 1911, elle reprend Lucrèce Borgia, joue Dorine de Tartuffe; en 1912, la Reine Elisabeth, Une nuit sous la Terreur, Lorenzaccio ; crée cette même année Jeanne Doré.Malgré la grave opération qu'elle a subie à.Bordeaux en février 1915, Mme Sarah Bernhardt crée six mois après les Cathédrales.Elle ne craint pas de se rendre une fois encore en Amérique, où elle joue le Vitrail (qu'elle interprétera par la suite à l'Alham-bra).En 1920, elle crée sur son théâtre Daniel; l'ann'ée suivante,La Gloire; l'an dernier, à l'occasion du tricentenaire de Molière, elle joue la Mort de Molière.Elle crée enfin Régine" Armand.Au mois de novembre dernier, elle s'était rendue en Italie pour y interpréter les oeuvres de son petit-gsndre, M.Louis Verneuil.On se souvient que c'est le jour de la répétition générale de Un sujet de Roman, pièce de Sacha Guitry, qu'elle devait créer le soir mémo, qu'elle fut prise d'une syncope; elle ne devait pas se rétablir.Sarah Bernhardt était officier de la Légion d'honneur.(Le Ménestrel) -O- MON PREMIER ROLE C'était jour de la Sainte-Catherine: une fête dans tous les couvents de jeunes filles; mais elle avait chez nous, au couvent de Grand-Champs, cette année-là, une saveur toute particulière.On fit répéter beaucoup plus sérieusement la petite pièce habituelle.Le sujet, choisi dans la Bible, était le vayoge de Tobie! pièce composée par Soeur Thérèse.Celles qui avaient des rôles étaient transportées de joie.Il y avait des comités où l'on discutait la valeur de la pièce; je dois ajouter qu'à l'unanimité on la trouvait merveilleuse.Que de ah! de oh! joyeux autour de moi! J'étais triste, affreusement triste; je n'avais pas de rôle.Quel chagrin au milieu de la joie générale! Ma petite mère ne songeait guère à me consoler, ni a me raisonner; elle était tout au grand événement.1 Je pouvais pleurer et rager à mon aise.Je savais tous les rôles, et je trouvais que la plupart de mes camarades les disaient fort mal.Enfin, j'entrepris de faire répéter Louise Bugnet, ma petite amie, qui avait à remplir le rôle de l'ange conducteur, et n'en venait pas à bout.C'était ma camarajde, elle avait dix ans.Je l'aimais bien."Es-tu bête! lui disais-je.Moi, à ta place, je n'aurais pas peur du tout.Tiens! voilà comme je dirais.'.' Mais, le lendemain, quand li y eut répétition générale dans la grande salle du jeudi, elle fut prise d'un tel tremblement, qu'elle ne put dire un seul mot.Nous étions toutes réunies; Mère Sainte-Appoline , nous donnait une répétition à sa manière; elle imitait Mgr.Sibour, qui devait assister à la fête, et disait : "Quand il fera comme ça, vous ferez des petits bravos".Et sa tête fixe se dodelinait en souriant, et ses longues mains maladives faisaient entendre le bruit d'un "bravo" étouffé dans de l'ouate.Tout cela m'aurait plu beaucoup si je n'avais pas été furieuse.Je savais tous les rôles et n'avais pas un mot'à dire.La plupart dé mes compagnes resplendissaient d'orgueil.Seule, Louise Bugnet pleurait à sanglots.Je la trouvais stupide."Jamais cette enfant ne pourra remplir son rôle!" s'écria la supérieure.— "Oh ! non ! non! je ne pourrais pas! sanglotait ma petite amie.Je ne pourrais pas!" Ce fut un désarroi général.Alors, une joie sauvage fit bondir mon coeur d'enfant.Le sang me ¦ bouillonne aux tempes.Je m'élançai dans l'estrade! et, .debout sur un banc: "Ma mère ! ma mère ! Je sais le rôle ! Voulez-vous que je joue ?" Tout le monde me regardait.J'étais tremblante, mais courageuse; je savais le rôle, j'étais sûre de moi, Mère Sainte-Sophie, supérieure du couvent, créature adorée — souvenir de mon enfance — me répondit: "Eh bien, mon enfant, viens me le répéter." Je relevai mon indomptable chevelure, et je répétai, haletante et hardie, le rôle de l'ange conducteur.Et quand j'eus fini: "Voilà!" m'écriai-je.Mes compagnes riaient, les Soeurs sou-raient, et, très encouragée, je montai sur la petite estrade.La répétition commença: "Ça ira, ça ira," me disait-on.J'étais très fiere et pourtant j'avais peur de n'être pas assez bien.La répétition finie, on sonne le déjeuner.Mon estomac serré, ma gorge étranglée me refusaient tout service.Que de fois, depuis, j'ai ressenti cette angoisse physique ! Il y avait sur la table un "extra", une crème renversée dont j'étais très friande, mais je ne pouvais pas avaler.Je regardais, troublée, les élèves qui regarderaient, qui écouteraient.Elles mangeaient et riaient.Louise Bugnet prit ma part de crème renversée! tu prends mon rôle, je peux bien manger ta crème!" Je me pris à pleurer, car j'aimais la crème.Fort heureusement, Soeur Sainte-Marie vint me chercher pour m'habiller.On me conduisit dans la grande salle du comité.Cette pièce, un peu mystérieuse pour une imagination d'enfant, m'était inconnue.J'y entrai, frissonnante, croyant entendre parler tous ces règlements qu'on y discutait deux fois par mois.On avait apporté une glacet la seule que j'aie jamais vue dans le couvent, et qui appartenait au père Lar-cher, jardinier du couvent, le seul homme qui avait son entrée dans la maison.La glace était trop petite, entourée d'un cadre en chêne, avec un oiseau sculpté au-dessus: le tain avait disparu par plaques, et partout des piqûres nombreuses en altéraient la transparence.Les religieuses s'en tenaient éloignées comme d'un danger, leur voile noir baissé sur le voile de crêpe blanc.Soeur Tourière, la seule du couvent qui ne fût pas cloîtrée, à cause de sa continuelle promiscuité avec les fournisseurs, était chargée de nous habiller.Ou me mit une robe blanche, très longue, avec de grandes manches.On m'attacha deux jolies ailes également blanches.Ma chevelure, très frisée, fut» nouée sur mon front par un lacet d'or.Oh! que mon coeur d'enfant battait, mon Dieu ! Les cloches du couvent se mirent tout à coup à chanter joyeusement; un carrossa roula dans la grande cour; Mgr Sibour faisait son entrée.J'étais trop petite, je ne pouvais voir; et pourtant, je me hissais de toutes mes forces.Le père Larcher me prit dans ses bras.Quel magnifique spectacle pour moi! Monseigneur était descendu de son carrosse episcopal.Mère Sainte-Sophie, notre supérieure, s'était agenouillée et baisait son anneau.Toutes les autres religieuses, courbées, attendaient le signal pour se mettre à genoux et recevoir la bénédiction.Je trouvais cela beau.Toutes ces robes noires avec les surplis blancs, et puis ce graud homme violet aux cheveux blancs, si majestueux, et pourtant à la physionomie si paternellement bonne; le carrosse, les chevaux blancs, le gros cocher chamarré tout droit et grave sur son siège drapé, et l'aumônier de notre chapelle, doux et sévère, je .trouvais tout cela superbe, et je résolus de me faire religieuse.Une heure passa, durant laquelle j'ignorai absolument ce qui fut dit et fait.J'attendais, très fatiguée de mes émotions, et somnolente, dans la bergère de la vieille Mère Alexis, l'économe de la communauté.Un main légère m'éveilla.Je rêvais de mon rôle.Je ne fus pas surprise et me précipitai vers la porte en criant: "Ah! on va commencer!" Malheureusement, j'avais oublié ma longue robe, et j'allais m'étaler au beau milieu de la pièce.Les rires provoqués par mon accident me mirent dans une telle rage que mes larmes, amenées par une douleur au genou, séchèrent aussitôt."Je ne me suis pas fait mal, na!" dis-je, furieuse.Et je pénétrai dans la petite pièce qui me servait de coulisse.La scène était représentée par une planche qui empêchait de dépasser la limite.Un banc de bois et une table sur laquelle était le repas frugal du vieux Tobie composaient tout le décor.Ah! il y avait aussi deux escabeaux qu'une camarade était chargée de déplacer selon les témoins de la cause.Nous étions onze fillettes dans la petite salle, et pas une ne parlait.On y entendait les battements de nos coeurs.Nos petites mains frébiles croisées par l'habitude de la prière se serraient avec effroi.Enfin le compliment fini, la grande pensionnaire reçut une croix bénite et vint nous racconter qu'elle n'avait pas eu'peur, que e'était très facile.Nous n'avions qu'à regarder le point lumineux que faisait le soleil sur le cadre du grand tableau représentant le ciel rempli de ses anges.De cette façon, chacune pouvait se croire seule.Après elle, Marie Hubart, joua un morceau de piano.Puis, ce fut enfin notre tour.Je me sentis paralysée, et le frisson me parcourut de la nuque aux pieds.Je crois bien que je manquai mon entrée, car une de mes compagnes me poussa, comme devait le faire quelques années plus tard mon professeur Provost, lors de mes débuts dans "Iphigénie," à la Comédie-Française.Mon entrée fit bon effet; prise d'aplomb subit, quoique à moitié ivre de peur, je remplis bien mon rôle en y ajoutant des phrases entières.Je ne savais plus trop ce que je disais, mais je continuais tout de même.La pièce finie», l'ange conducteur fut appelé auprès de Monseigneur.J'étais triomphante.J'étais alors une fillette frêle, intéressante et jolie, disait-on.— "Comment vous appelez-vous, mon enfant?" demanda Monseigneur.— "Sarah!" — "Il faudra changer ce nom-là," dit-il en souriant.— "Oui, dit la supérieure, son père, qui veut qu'on la baptise, désire l'appeler Henriette; la cérémonie aura lieu dans un mois." —."Eh bien, Sarah ou Henriette, me dit Monseigneur, voilà une médaille qu'il faudra toujours porter, et la première fois que je viendrai ici, vous me direz la "Prière d'Es-ther." Monseigneur m'embrassa et je lui promis de savoir la "Prière d'Esther" pour sa première visite.Hélas! je ne devais pas la dire devant Monseigneur, la prière d'Esther! Quelques jours plus tard, un matin, après la messe, alors que nous étions toutes réunies dans la chapelle, l'aumônier nous apprit, dans un petit discours sincèrement ému, que Mgr Sibour venait d'être assassiné.Assassiné !.Un souffle de terreur passa au-dessus de nous.Ce mot, volant à travers l'église, me cingla tout particulièrement.N'avais-je pas été la favorite d'un instant?Il me sembla que le meurtrier Verger m'avait en même temps volé ma petite gloire.Je me mis à pleurer.La prière des morts, qu'on nous fit dire, acheva d'exaspérer mon chagrin.On m'emporta évanoui.C'est à partir de ce moment que je fus prise d'un amour mystique, ardent, qu'entretenaient les pratiques religieuses, la mise en scène du culte et peut-être les encouragements câlins et fervents de mes ëducatrices^ qui m'aimaient beaucoup, que j'adorais, et dont le souvenir donne à mon coeur de radieux sursauts.SAEAH BEENHÀRDT, 30 .Mai 1923 POUR LA CAUSE DE LA CHORALE LE CHANT CHORAL J'ai eu plusieurs fois l'occasion de rencontrer cette rubrique dans des périodiques et de lire à ce propos de fort intéressantes études, en particulier l'une de M.Jacquemet, l'érudit musicographe niçois, l'autre de mon distingué confrère, M.L.-Ch.Battaille; je n'hésite pas cependant à reprendre à mon tour la question parce qu'il m'a semblé utile de l'examiner sous un jour différent, et cela au moment où les sociétés musicales sentent la nécessité de regrouper leurs éléments disséminés d'avant-guerre et de moderniser leur répertoire; au moment aiussi où les Pouvoirs publics semblent entrevoir les manifestations artistique's susceptibles d'en découler.Ce n'est pas d'ailleurs à un point de vue orphéonique que j'entends me placer; je me propose au contraire d'élargir le cadre du sujet, en y enserrant tous les groupements, profanes ou religieux, populaires ou sélectionnés, professionnels ou amateurs, interprétant de la musique vocale d'ensemble, avec ou sans accompagnement.Lorsqu'on parle de "Chant Choral", on vise d'ordinaire le "Choeur" proprement dit, par opposition au "Chant individuel" ou "Solo", et l'on analyse sa constitution, sa modalité, ses conséquences, en un mot sa raison d'être, pour en déduire sa< psychologie.Mais on oublie d'en déterminer la base essentielle, qu'il est cependant facile de fixer en prenant séparément les ternies "Chant" et "Choral", au lieu le laisser juxtaposés en un tout indivisible.C'est ce à quoi je vais essayer de m'employer.Tout d'abord les principes de chant devraient être consciencieusement possédés par les exécutants, tout au moins dans leurs grandes lignes, et non pas avec une approyi-mation notoirement insuffisante.Or.en dehors des solistes, que je mets momentanément hors de cause, parce qu'ils ne forment qu'un complément non obligatoire du chant, un grand nombre de choristes, professionnels ou non, s'improvisent tels, uniquement parce qu'ils ont de la "voix", les notions les plus élémentaires du chant, et plus encore du solfège leur étant presque totalement étrangères.Si nous considérons, par exemple, les choristes de théâtre, combien de fois n'avons-nous pas déploré leur navrante médiocrité, même sur nos premières scènes ?Chez eux il ne faut pas parler d'esthétique; qu'il sa-gisse de haine, d'amour, de discorde, d'amitié, tout cela, en dehors de quelques, gestes conventionnels et automatiques, est débité sur le même ton, avec la même impression de "je m'en-fichisme" et l'on s'estime heureux quand les attaques se font régulièrement, quand la tonalité ne souffre pas trop d'accrocs individuels, quand l'ensemble est à peu près d'aplomb.Dans les groupements d'un niveau plus élevié, on tend à rendre les piano et les forte en se rapprochant des indications que, faute de pouvoir obtenir davantage, s'efforce d'inculquer un chef, souvent très méritoire eu égard aux résultats auxquels aboutit sa patience.Quant aux paroles chantées, à la prononciation, à la respiration, à l'émission de la voix, on n'en a cure, l'absence d'une éducation première, vraiment musicale ne pouvant se compenser par quelques redressements passagers dont la généralisation échappe fatalement.Je ne parlerai d'ailleurs que pour mémoire de ces accès de snobisme qui, sous le prétexte fort respectable de se conformer à des traditions ethniques exigeant une connaissance assez approfondie des langues empruntées, aboutissent, faute d'une accentuation, parfois capitale, comme en italien, à un patois inintelligible.Il y a donc là une lacune regrettable à laquelle je ne vois qu'un remède efficace, l'étude de la musique liée à celle de l'enseignement primaire, non par des maîtres qui fréquemment n'en savent pas plus que ceux qu'ils ont charge d'instruire, mais par des professeurs spéciaux, diplômés, menant de pair l'étude du solfège rationnel et celle du chant avec toutes ses parties intégrantes, émission, prononciation, accentuation, respiration.Je prévois, il est vrai, une objection.Pourquoi le chant plutôt que tel autre instrument ?Et, si l'on entre dans cette voie, ne risque-t-on pas de développer l'enseignement musical au détriment de celui scolaire proprement dit, sans compter qu'en élargissant le raisonnement, on arriverait à vouloir faire apprendre à tous les enfants tous les instruments ?Cette objeotion me semble de pure forme.En effet, s'il est agréable de jouer d'un instrument quelconque, il n'est pas à la portée de chacun de le faire, pour la même initiale que celle qui préside à la confection d'un.civet.Un instrument, il faut l'acheter, ordinairement, le choisir à sa convenance, tandis que chacun, à part de fort rares exceptions, possède un organe qu'il suffit de développer logiquement et dont il est loisible de se servir ultérieurement de façon intéressante.Puis, alors que l'on admet de plus en plus l'utilité du solfège, même à titre de développement intellectuel, et qu'actuellement une campagne est menée à juste titre par les amis le l'orphéon en faveur de son enseignement obligatoire, il est si aisé de conduire celui-ci parallèlement avec celui du chant que l'on ne comprend pas leur dissociation.Au surplus, quelles resources précieuses ne créerait-on pas de la sorte pour le recrutement des choristes de toutes catégories ! Quelles facilités cela ne donnerait-il pas ensuite pour l'étude des divers instruments, pour la conservation, en particulier, de nos musiques militaires aujourd'hui si, compromises, en même temps que l'on provoquerait un relèvement sérieux du niveau musical des masses, sans que les études classiques aient à souffrir d'un prélèvement de deux à trois heures par semaine ! On n'hésite pas à le faire quand il s'agit des sports qui procurent la force physique: pourquoi n'en serait-il pas de même pour la Musique, qui contribue si puissamment à I'eclosion de la force morale, sans laquelle la première risque d'être inopérante et qui, au point de vue vocal, peut, grâce à des exercices de respiration intelligemment compris, assainir si favorablement les poumons?Telle est envisagée au double point de vue théorique et pratique, la signification qu'il convient d'attacher au premier terme du "Chant choral".Examinons à présent celle du second qui n'offre pas moins d'importance.Le qualificatif "choral" implique un ensemble vocal, Or, si les voix ont besoin d'être affinés par l'étude du-chant, elles exigent non moins impérieusement un assouplissement spécial, une discipline sévère, pour apporter à toute exécution artistique l'homo-géniété nécessaire.Malheureusement, le chanteur doué d'un organe généreux a tendance à s'en prévaloir pour dominer ses camarades, de sorte que, s'il s'en trouve plusieurs comme lui, dans la même partie, c'est auquel d'entre eux visera à se faire plus spécialement entendre; d'où impossibilité pour le directeur de régler convenablement les nuances, de soucier les timbres, de maintenir la tonalité.Il y a donc là aussi un vice d'éducation première qu'il faut combattre dès que se pose la question du chant d'ensemble.Le cas n'est pas du reste particulier aux choristes: il se révèle, hélas, trop fréquemment chez les solistes, lorsque ceux-ci, sans partie en dehors, se trouvent mêlés aux premiers.Et je ne connais rien de plus fâcheux que ces "ensembles" sur lesquels plane sans nécessité une voix ou une partie, car ce qui est vrai d'un individu l'est également de plusieurs d'entre eux.Je ne saurais donc trop insister sur cette double condition que devrait remplir un choriste digne de ce nom, savoir chanter, non seulement isolément, mais encore dans une agglomération vocale, les deux sciences, si elles ont un principe commun, étant pourtant différentes dans leurs applications respectives.A ce sujet qu'on me permette d'évoquer, pour en avoir été le témoin auditif et visuel, ce qui se faisait avant la guerre en Allemagne, nom pas que je sois un admirateur systématique de ce qui se passe à l'étranger, mais parce que j'estime que, si un exemple est bon, on doit s'efforcer d'en profiter.Eh bien, tous les jours, dans la belle saison, des délégations d'enfants d'écoles, même primaires, filles aussi bien que garçons, se rendaient, aux , monuments historiques, la Germania à Rudesheim, la Bavaria à Munich: le Monument des Nations à Leipzig, et là, sous la direction de leurs maîtres ou maitressas, ils exécutaient, soit à l'unisson, soit en porties, des choeurs exaltant déjà dans ces petits cerveaux l'idée de la Patrie et leur imprimant, pour leur adolescence, la pensée constante du Deuischland iiber ailes-Et il faut reconnaître que ces choeurs, abstraction faite du côté "sentiment", qui échappe totalement aux Allemands, présentaient une justesse, une précision, une homogénéité, étonnante pour nous de la part de si jeunes exécutants, très naturelles cependant pour eux, n'étant que la résultante miécanique d'une éducation musicale pratiquée avec cette méthode et cette discipline que nous ne pouvons récuser à nos ennemis.Comme je comprenais alors la facilité avec laquelle on arrivait, en groupant ensuite des éléments assouplis d'aussi bonne heure, à des exécutions magistrales du genre de celles du Gewendhaus ! Là pourtant, personne n'élève la voix pour prétendre que l'enseignement classique souffre de ce parallélisme d'études et je ne sache pas qu'il soit inférieur au nôtre.Par, contre, on ne peut être taxé d'exagération quand on dit que l'enseignement est à peu près inexistant dans la plupart de nos écoles.Le plus souvent, l'enseignement musical des enfants se réduit donc à leur faire "brailler • — le mot n'est pas excessif — des chonsons plus ou moins stupides, serinées au piano ou au violon.Quant au solfège, comment, s'en occuperait-on, puisque les maîtres eux-mêmes, pour la plupart, n'en ont pas la notion exacte ?On fait suivre à la rigueur quelques notes tapotées au piano et c'est tout; de la théorie on ne se préoccupe nullement, et pour cause.Bien mieux, il y a quelques années, et il est probable que la routine n'a rien changé à cet égard, si l'on voulait chercher à faciliter cette étude; il n'était pas cle difficultés administratives qu'on n'élevât devant vous ou de raisons ineptes qu'on ne vous opposât pour vous y faire renoncer.Le résultat est qu'en général le recrutement des sociétés chorales se fait parmi des gens cle bonne volonté se réunissant pour se distraire intelligemment, mais peu ou pas musiciens, et d'autant plus difficiles à former comme tels que ce sont déjà des adultes, ne disposant pas du temps nécesaire et lie s'assimilant pas aussi facilement l'enseigne- (A suivre page 31) Edouard Colonne et le cir>quar)ter)aire des Concerts Colonne Paris, le 4 mars.-En la salle du Chàtelet.M.Plerné célébra ce cinquantenaire; mais II est utile aussi de rappeler en quelques mots la figure si attachante de Colonne, créateur et animateur de cette Institution qui, sous la direction de 11 Gabriel Pierné, continue adjourd'hui si va:llamment son effort de diffusion de la musique.C'est en 1873 que furent fondés les Concerts-Colonne.Un Jeune éditeur, Hartmann, tenait en son fonds les oeuvres de Bizet, César Franck.Léo Delib:s.Ernest Gniraud.Edouard Lalo.Caslillon.Benjamin Godard, Saint-Saéns.Massenet, Théodore Dubois, Pa-ladilhe.VIctorin Joncières.On sait la difficulté qu'ont les oeuvres musicales à atteindre le public.Hartmann décida de faire vivre lui-même les ouvrages qu'il éditait.Il loua la salle a lOdéon et y installa, à partir du 2 mars 1873.le "Concert National" dont il confia la direction à Edouard Colonne.Mais le public de 1873 n'était pas plus que celui d'aujourd'hui favorable aux initiatives hardies.La qualité des auditeurs fut plus grande que leur quantité.Le nombre ne s'en accrut guère, quand, en 1874.le Concert National quitta l'Odéon pour le Châtelet.dont Colonne, grâce à ses relations, avait obtenu la location de la Ville de Paris.L'exploitation se traduisit par un déficit.Hartmann abandonna la partie.C'est alors que Colonne eut l'idée, qui depuis a trouvé nombre d'imitateurs, de constituer ses artistes en association qui courrait les risques de l'exploitation.On devrait placer en une sorte de tableau d'honneur les noms de c?s courageux.Nos artistes modernes syndiqués seraient surpris de la modicité des bénéfices répartis qui constituaient alors la rémunération des exécutants.Les débuts furent difficiles; mais on avait le feu sacré: on avait juré de défendre la musique, et la musique française notamment.Non seulement on la défendit, mais on la fit triompher.Faut-il citer tous les grands ouvrages irançais que jouèrent les Concerts-Colonne et qu'ils Imposèrent au public?[*Oul l'oeuvre de Franck: la Symphonie, K
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