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Titre :
La lyre
La vie musicale au Québec entre 1922 et 1931. [...]

Le premier numéro de la revue La Lyre, dont le sous-titre changera plusieurs fois (« Revue musicale et théâtrale », « Publication mensuelle », « Revue musicale mensuelle », « Revue mensuelle illustrée »), paraît en octobre 1922. Le mensuel est édité à Montréal par la Compagnie de publication « La Lyre », propriété de J.-E. Turcot, marchand de musique, qui a pignon sur rue au 3, rue Sainte-Catherine Est, et des compositeurs Henri Miro et Léo Lesieur. La Lyre annexe en 1927 la revue Le Carillon, consacrée à la « bonne chanson » et dirigée par Charles Marchand. Parmi les nombreux directeurs qui se succéderont à la tête de la publication, citons Raoul Vennat, Jean-Sébastien Lambert et Alice Duchesnay.

Jusqu'en 1924, la revue se consacre à la publication de pièces musicales ainsi qu'à la promotion de la musique et des arts de la scène québécois et canadiens. Par la suite, son rôle principal sera de diffuser et de mettre en valeur la musique du Québec et, plus rarement, celle de la Nouvelle-Angleterre. L'opérette, la chanson populaire et le jazz ont toutes leur place dans la revue. On y met aussi particulièrement de l'avant le piano et l'orgue, deux instruments fort appréciés au Québec.

Outre l'édition mensuelle de partitions de musique vocale et instrumentale, La Lyre propose à ses lecteurs un panorama de l'actualité musicale (au pays et à l'étranger), des profils d'artistes locaux et d'artistes internationaux de passage au Québec, des critiques de spectacles (théâtre, danse, mais surtout musique), la présentation des activités des orchestres québécois, des notices biographiques d'artistes, des leçons d'harmonie, des renseignements sur les instruments de musique et des conseils pour leur entretien.

En plus d'un calendrier des concerts à venir et d'un aperçu des nouveaux enregistrements disponibles sur le marché, La Lyre offre une couverture de l'activité scénique des artistes lyriques canadiens-français au Québec et à l'étranger. Parmi les compositeurs québécois publiés dans la revue figurent Henri Miro, Léo Lesieur, Conrad Bernier et Alfred Mignault. La revue présente aussi une revue du théâtre amateur de langue française aux quatre coins du Québec, ailleurs dans le Canada francophone et en Nouvelle-Angleterre.

La Lyre fait paraître à l'occasion des textes littéraires (nouvelles, contes, poésie, théâtre) d'auteurs comme Robert Choquette, Jean-Charles Harvey et Émile Coderre. Elle offre également une tribune à ses lecteurs, qui livrent par moments des articles très critiques à l'égard du gouvernement provincial, entre autres dans le sillage des débats entourant la fondation du Conservatoire national de musique.

De nombreux articles de fond paraissent dans La Lyre. Par exemple, dans le premier numéro, on s'interroge sur l'avenir du phonographe, compte tenu de l'arrivée de la radio. Au nombre des collaborateurs de la revue, on compte Jean Riddez, Charles Marchand, Maurice Morrisset, l'abbé Pierre Chassang, Jean-Sébastien Lambert, Alice Duchesnay, Roger Champoux, Léo-Pol Morin et Jean Dufresne.

La Lyre a cessé de paraître à l'été 1931. Malgré sa courte existence, elle a joué un rôle majeur dans la promotion de la culture musicale de l'Amérique du Nord francophone. Elle est une précieuse source d'information sur la vie artistique et sur les mouvements musicaux de son époque.

En 1924, le tirage de La Lyre avait atteint 4750 exemplaires.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1984, vol. VI, p. 52.

Éditeur :
  • Montréal :Cie de publication "La Lyre",1922-1931
Contenu spécifique :
no 26
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

La lyre, 1924, Collections de BAnQ.

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RODOLPHE PLAMONDON .'eminent ténor canadien-français, qui chantera dans "Elie" au Saint-Denis, Montréal, le 29 janvier.(Association des Chanteurs de Montréal) —- MARCHANDS 12, rue Bishop, Montréal.Tél.: Up.1315 —publie, de preference, les oeuvres «les Compositeurs Canadiens — ,i (K-.i:ï ii la cru v ure (les coniposiliuns d'Arthur I.e-toniliil, Alfred J.n libcrl é, J.lî.Dubois, Albert Cliunibcrliind, Soeur Mnrie-'l'liéresc, S.S.A., et il'iHiircs.Dépôt K«nérul, pour lo Cumula et les Klnts-t'nlH, ' il0 la oélélire Méthode «le Violon «le Miillilr.ii < Yickbooii, professeur u il Consei-i iltoire Kuyul «le ItriiM-Ilcs, cl des oeuvres de l'ilul iZo7.Après le dernier couplet sa - gë Tu les bé-ni - ras com-me les ai - eux.' blon - de: "Oui, je te bé - nis com-me les ai - eux.' f T m j- =3: É 7^ B.C.m r ¦|9- III Les siècles ont vu s'égrener la chaine De tous nos aieux, ces fiers bûcherons.Leur hache abattait l'érable et le chêne, Et leur main semait le grain des moissons.Mais au jour de l'an, quand pointait l'aurore Sur tous les enfants, se pressant nombreux, La main de l'aieul se levait encore, Et les bénissait comme les aieux.IV Sur le Canada vint fondre l'épreuve, Mais le Ciel veillait aux plus sombres jours.Sa grâce a coulé comme le grand fleuve.Et le petit peuple a grandi toujours.Pour le garder fort contre tout orage, Pour que ses enfants soient bénis des cieux.Au premier de l'an,gardons notre usage; Et bénissons - les comme les aieux.La Bénédiction Paternelle 2 Décembre 1924 LE CHr^NT D'ÉGLISE Par l'abbé P.Chassang Nous avons le très vif plaisir de présenter à nos lecteurs, avec le présent article, un nouveau collaborateur avantageusement connu en Europe.M.Vabbé P.Chassang est le principal rédacteur de la Revue Ste-Cécile, de Paris.C'est de plus un musicien très distingué et ses compositions musicales, notamment en musique d'église, font autorité.L'article suivant sur le Chant d'église résume la doctrine la plus orthodoxe à ce sujet.Nous aurions voulu publier un Noël à 2 voix de M.l'abbé Chassang, malheureusement le manuscrit nous est parvenu trop tard.Nous serons heureux, cependant, de pouvoir offrir dans un prochain numéro une pièce de ce distingué compositeur intitulée: Les Aïeules.25 De tous les chants qui résonnent dans le Temple Saint en l'honneur de Dieu, le Chant Grégorien est celui qui doit le plus préoccuper notre goût et appeler ses soins parce qu'il est " le chant propre de l'Eglise Romaine, le seul chant qu'elle a hérité des anciens Pères, qu'elle a jalousement gardé le long des siècles dans les manuscrits liturgiques, qu'elle propose directement comme sien aux fidèles."—(Motu proprio, II).Il n'est plus ce lourd martèlement de jadis, assommant comme le coup de fer sur l'enclume, défiguré parce qu'incompris, méprisé parce que difforme dans son travestissement.Il se présente à nous, auguste vénérable, foncièrement beau, comme une de ces merveilles de l'Art grec que nos regards étonnés et ravis ne se lassent pas de considérer.' Débarrassé de la poussière que l'incurie avait laissé s'accumuler sur ses traits, restauré, rajeuni, vivifié par une savante interprétation, le voilà remonté sur le piédestal qu'il n'aurait jamais dû quitter.A qui le devons-nous?Personne ne l'ignore, mais la manière bénédictine n'est pas restée cloîtrée dans les hautes murailles de Solesmes.Elle a franchi ces barrières dociles et s'est infiltrée peu à peu dans les Maîtrises et les Séminaires.Des apôtres ardents et convaincus sont depuis longtemps à l'oeuvre.La bonne semence, peu à peu, s'étend, gagne du terrain, et p'énètre dans les endroits les plus reculés.Sa beauté reconnue lui ouvre toutes les portes.Ceux qui jadis à ses côtés restaient indifférents, secouent leur torpeur et se prennent à aimer ce qu'ils trouvaient fade et servaient sans goût.Le prestige de l'Art forme comme une éblouissante auréole à cette résurrection, si bien qu'on peut dire, sans crainde les contradicteurs, que ce chant grégorien suffit à tout, et qu"'une fonction ecclésiastique ne perd rien de sa solennité, quand elle n'est accompagnée d'aucune autre musique que de celle-là,"—'(Motu proprio, 3.) II Est-ce à dire qu'il faille pour cela bannir la musique de l'Eglise ou l'accueillir, en maugréant, comme une intruse?Certes non."L'Eglise a toujours reconnu et favorisé le progrès des arts, en admettant au service du culte tout ce que le génie a trouvé de bon et de beau dans le cours des siècles, pourvu toutefois que les règles liturgiques fussent toujours sauves."—(Motu proprio, id).La peinture peut y étaler ses plus belles toiles et ses plus riches ornements, la sculpture peut y faire parler le marbre et y décorer des porches et des chapiteaux, l'architecture peut lui créer de grandioses monuments pour la Réunion de ses fidèles.Et la musique se verrait fermée la porte du Sanctuaire?Le Chant Grégorien, langue morte, resterait la seule expression du sentiment religieux, et la musique, capable des plus hautes inspirations quand elle est le fruit de la science et de la piété, se verrait exclue de la Communion des Saints?.Non, l'Eglise n'a jamais voulu cela.Imposez-lui des lois; exigez que, grave et pieuse, elle soit en harmonie avec les rites liturgiques; que, même avec ces qualités, elle laisse la place d'honneur à son auguste devancière et ne soit jamais encombrante.Que si parfois son aîné, en un jour solennel, lui abandonne son rang, tout heureux de la voir à son tour glorifier Dieu sous les belles formes de sa langue harmonieuse, qu'elle se souvienne que, liturgique par essence, le chant grégorien, riche en chefs-d'oeuvre lui aussi, ne perd aucun de ses droits; qu'il rests toujours le premier et le nécessaire dans le choeur, et que ce serait sacrilège de le léser dans la vénération primordiale qui lui est due.Mais de là à la proscrire, il y a loin.III Quelle doit être cette musique?Vous la voudriez peut-être aimable, souriante, fascinante même?.Vous partagez sans doute alors les idées de ce recteur ultra-pratique qui ne voulait pas qu'on "s'embête" dans son église?.Mais y va-t-on chercher le plaisir ou la distraction comme au théâtre ou à la salle de concert?Qu'allez-vous faire à l'église?Rendre à Dieu l'honneur qui lui est dû, l'adorer, le prier assister aux offices et cérémonies institués pour sa gloire, entendre la parole lumineuse et réconfortante qui descend de la chaire de vérité.Et vous voudriez, pour assaisonner tout cela, une musique aimable, souriante, amusante, disons le mot, qui vous empêchât de vous ennuyer?Vous n'y êtes plus.Désiriez-vous qu'en chaire on vous parlât comme on le fait sur le tremplin de la Comédie?Seriez-vous comme ce vicaire de la Madeleine qui, allant trouver Saint-Saëns, leur organiste, lui dit: " Le public de la paroisse est composé en grande majorité de personnes riches qui vont à l'Opéra-Comique.Elles y ont contracté des habitudes musicales qu'il convient, de respecter!." Savez-vous ce qui lui répondit Saint-Saëns?"Monsieur l'abbé, quand j'entendrai dire en chaire le dialogue de l'Opéra-Comique, je fierai "de la musique appropriée; mais pas avant." Chaque chose à sa place.Que la musique d'église soit exclusivement d'église et pas d'ailleurs.Qu'elle soit pure de tout alliage.Qu'elle porte au recueillement et à l'adoration, et ne soit pas seulement une source de charme futile, mais un souffle puissant aui porte l'âme vers les hauteurs sereines où brillent- les lumières surnaturelles et où s'entend la Voix de Dieu.Quelle soit sainte dans son esprit.Qu'elle soit essentiellement artistique, apportant dans sa structure, avec l'inspiration ëvocatrice, tous les éléments de beauté que la science et les facultés créatrices peuvent lui fournir.Qu'elle soit universelle, c'est-à-dire accessible à tous, et que pour cela elle unisse la simplicité à la clarté.Qu'elle soit impersonnelle, ne se recherchant pas, ne posant pas, ne secouant pas i devant le public grelots et fanfreluches, pour attirer l'attention sur elle au détriment de Dieu de l'autel et de la décence due à la sainteté de sa maison.Elle sera ainsi la dispensatrice généreuse de salutaires impressions et aura rempli le but qu'elle doit atteindre, édifier les âmes tout en louant dignement le Seigneur.Tel est le chant grégorien.Que le compositeur le prenne pour modèle."Noblesse oblige".Dès lors qu'on est appelé à louer le Dieu trois fois Saint, il faut abandonner tout dehors mondain, tout procédé profane, se revêtir d'austérité et de virginale blancheur pour le chanter d'un coeur pur et sincère.Le texte liturgique doit être respecté.Que le compositeur ne l'asservisse pas aux besoins de son inspiration verbeuse et par trop protixe, mais le traite avec piété et religion, scrupuleux observateur des règles édictées par la sagesse de l'Eglise.Qu'il recherche les belles formes chorales, les sonorités recueillantes, ce style lévitique qui n'est fait que pour les voûtes de nos saints, temples, et qui n'a, quoiqu'on en pense en certains milieux, rien de revêche ni d'ennuyeux.Qu'il évite le solo, ennemi de l'imperson-nalité.Que s'il l'emploie pour obtenir plus de variété, il ne le présente que strictement lié au choeur.Qu'il n'y voit pas une simple et perfide juxtaposition, mais qu'il forme avec lui un tout inséparable.Sans quoi, il mettrait la musique liturgique en rupture de ban avec le symbole qu'elle représente: l'union et l'unanimité.Ainsi elle méritera d'avoir sa place à côté du chant grégorien et de rehausser de ses splendeurs les belles cérémonies de l'Eglise.Elle viendra, les mains toujours chargées de fleurs nouvelles, écloses sous le souffle de nobles, pieuses, géniales inspirations, et elle tiendra ouverte la porte du Sanctuaire aux générations des pionniers du grand Art.Devant l'assentiment et les décisions de l'Eglise, tous devraient la saluer et lui être sympathiques.Il est cependant des intransigeants peu courtois qui lui font quand même grise mine et volontiers réconduiraient en murmurant: "Foris canes!" — Sa présence engendre chez eux des effarements: on dirait de moyenâgeux ascètes devant l'envahissement illicite d'un cloître.Ne soyons pas plus légitimistes que le Roi ni plus Romains que le Pape.Exigeons, de la jeune suivante du chant grégorien qu'elle soit bien en harmonie avec l'austérité du sanctuaire et des mélodies liturgiques, qu'elle soit leur continuation, leur pieuse et artistique paraphrase.Et après cela, que cessent vos appréhensions et vos ressentiments.Tendez-lui une main loyale, convaincus qu'elle sera digne de louanges et d'admiration, et dites-lui avec l'Auguste de Corneille: "Soyons amis, Cinna, c'est moi qui t'en convie." P.CHASSANG.a AUX MUSICIENS Vous trouvère^ ici un grand choix de musique appropriée pour les fêtes de Noël et du Jour de l'An.Calendriers avec portraits de musiciens, plaquettes représentant les auteurs classiques et modernes.Une visite est sollicitée.A.J.BOUCHER ENRG.16 est, me Notre-Dame, MONTREAL Téléphona Mata 185» 26 Décembre 1924 TEL.E.3377-P Comme cadeau du Jour de l'An il n'y a rien de tel à donner que votre portrait fait par oCa {Photographie dïarose Le photographe des connai&ssurs 468 ST-DENIS, coin Sberbroeîte, MONTREAL DEMANDEZ LA LISTE DE MUSIQUE A MOITIE PRIX consentie aux abonnés de "LA LYRE" 207 RUE SAINT-DENIS, MONTREAL Près Sainte-Catherine LE REGISTRE DES GARDES-MALADES VILLE-MARIE Voua fournira en tout temps et en toutea circonstances des Infirmières diplômées, compétentes, avec lesquelles tous les soucis inhérents à la maladie ou à la convalescence seront atténués dana une large proportion.Mademoiselle T.HATDEN 1033 SHERBROOKE EST (Garde-malade diplômée de l'Hôpital Notre-Dame) TéL K»t 144* 28 Décembre 1924 Les grands rôles du répertoire Le rôle de des Grieux dans "Manon" Par M.Francell A l'occasion de la prochaine représentation de "Mignon", de Massenet, que donneront, au théâtre Orpheum de Montréal les artistes de la Compagnie Nationale d'Opéra, nous avons pensé intéresser nos lecteurs en reproduisant une étude du rôle de des Grieux, due à la plume du ténor français Fernand Francell, qui fera une tournée dans la province de Québec, au cours du mois de janvier.Il est des êtres auxquels nous vouons une amitié idéale et mystérieuse par delà le temps et dont notre coeur et notre esprit seront toujours occupés.Je me rappelle que, tout jeune encore, avant même que d'ouvrir les pages du roman de l"abbé Prévost, par ce que j'avais entendu dire autour de moi, je connaissais, j'aimais et je plaignais déjà Manon et son chevalier inconsolé.Et lorsque, plus tard, je pénétrais la détresse de leur amour fantasque et profond, riant et douloureux, il me parut que je revivais je ne sais quels souvenirs dans une vieille maison familiale, aux meubles fragiles et vieillots, aux tentures passées, tant l'aventure passionnée de Des Grieux s'accordait avec ma sensibilité ! le groupe enlacé des deux héros avait hanté tous les songes de ma jeunesse.Nous ne vivons pas que par nous-mêmes.Nous vivons surtout, il me semble, dans ceux que nous aimons.Peu importe que ceux-là soient vivants ou fictifs.Notre coeur ne choisit pas.Et, pour moi, je préfère aux pantins qui font semblant de vivre, telles figures pleines de lumière qui ne vinrent peut-être jamais à la vie.Puisqu'aussi bien j'avais l'ambition d'incarner les héros du répertoire lyrique, vous pensez que je fus, dès le commencement de ma carrière, préoccupé d'interpréter le rôle le plus séduisant pour un chanteur : celui de Des Grieux.Lorsque j'entrai eu Conservatoire, je commençai d'étudier sérieusement "Manon", et quand, aux concours de fin d'année, je parus dans le second acte du chef-d'oeuvre de Massenet, j'avais si bien vécu dans l'intimité de mon gracieux héros que je m'imaginais, avec une candeur qui me fait sourire aujourd'hui, être Des Grieux lui-même.J'obtins ainsi le premier prix d'opêra-comique.Je m'excuse de rappeler ici ces souvenirs personnels.Mais il me semble que, seules, les critiques confessionnelles ont de l'intérêt.Je me rappelle que je n'écoutais avec passion mes professeurs que lorsque, pour mieux frapper l'esprit, ils faisaient un retour sur leur propre carrière et faisaient ressurgir les incidents qui avaient précédé leurs débuts dans le rôle dont ils discouraient.Et n'est-ce pas, un peu, d'un cours de déclamation lyrique que je suis chargé aujourd'hui ?On ne m'en voudra pas de prendre l'air d'un vieux, d'un très vieux professeur de Conservatoire.Cette impression de dédoublement, je l'ai retrouvée quand je chantai pour la première fois le rôle de Des Grieux.En vérité, je crus être le chevalier lui-même, ce jour-là.C'était à Buenos-Ayres, à la représentation du gala français.J'étais si convaincu des sentiments que -j'exprimais, qu'à la fin du premier acte j'emportai Manon dans mes bras avec une fureur insensée.Je me précipitai sur une porte.Elle était fermée.Et, comme le décor était en papier, il se déchira.Manon et Des Grieux faillirent s'abimer, par terre, dans la coulisse.Heureusement, M.Albert Carre se trouvait là.Et il reçut le couple-bolide dans ses bras olympiens.Depuis, j'ai joué bien souvent "Manon".Chaque fois, j'ai ressenti profondément ce quelque chose de grave et de sacré qui se cache dans l'ombre d'une grande passion.A-t-on raison de "se donner" si entièrement dans un rôle ?Ne doit-on pas toujours garder, sur scène, une froide lucidité ?Dans son célèbre dialogue sur les comédiens, Diderot affirme que le comédien n'a point besoin d'être sincère.La remarque très judicieuse de l'auteur du "Neveu de Rameau" s'applique peut-être aux interprètes des comédies parlées.Je crois qu'elle a moins de force lorsqu'elle s'applique aux chanteurs.La musique est l'expression dépouillée.Jaillissement immédiat du coeur et qui contient, dans sa course enflammée, la pureté même du sentiment.Il faut donc traduire les harmonies avec une spontanéité pleine et entière, et qui leur donnera une douceur d'autant plus persuasive.En ce qui concerne le rôle de Des Grieux, cela n'est pas contestable.Je ne sache pas de héros lyrique plus libre avec les conventions de l'existence, plus direct et, si j'ose dire, sentimentalement plus débraillé Dans sa préface, qu'on lit trop rarement, l'abbé Prévost nous expose avec une précision admirable, le dessein qu'il a poursuivi : "J'ai à peindre un jeune aveugle qui refuse d'être heureux pour se précipiter volontairement dans les dernières infortunes, qui, avec toutes les qualités dont se forme le plus brillant mérite, préfère par choix une vie obscure et vagabonde à tous les avantages de la fortune et de la nature; qui prévoit ses malheurs sans vouloir les éviter; qui les sent et qui en est accablé sans profiter des remèdes qu'on lui offre sans cesse et qui peuvent à tous moments les finir; enfin un caractère ambigu, un mélange de vertus et de vices, un contraste perpétuel de bons sentiments et d'actions mauvaises.Tel est le fond du tableau que je présente." Sans doute, j'ai longuement regarde les estampes et les tableaux du XVIIle siècle pour retrouver sur ces visages délicats et défunts les expressions qu'ils portaient généralement.J'ai passé des heures d'extase devant l'automnal et entraînant "Embarquement pour Cythère", devant tels pastels, criants de vérité, de La Tour, devant les Greuze et les Van Loo, les Lemoyne, les Saint-Aubin, les Moreau.J'ai habillé mon personnage avec des vêtements longuement choisis et exacts.Mais j'ai toujours eu la haine du détail pittoresque.J'ai relu nombre de mémoires pour retrouver tels gestes familiers, telles révérences arrondies et précieuses.Mais je n'ai établi sciemment aucun jeu de scène d'époque.Je me suis pour ainsi dire, trempé dans l'atmosphère du temps.Je n'ai pas voulu retenir plus particulièrement le détail curieux.Aussi bien dans ce XVIIle siècle peuplé de scepticismes et d'égoïme glacés, le petit chevalier Des Grieux fait exception par ses passions violentes et déchaînées.C'est déjà un romantique.On ne sait pourquoi il s'est égaré dans cette foule brillante d'élégants, d'indifférents, de libertins et de rieurs.Massenet l'a profondément compris qui a mis dans sa partition tant d'accents pathétiques, tant de douleur déchirante et de grave intimité.Des Grieux n'est pas un petit marquis C'est un enfant dont la souffrance a fait, trop tôt, un homme.Durant les deux premiers actes, Des Grieux, inconscient, puéril, est fou de bonheur et de joie.Sa tendresse rayonne autour de lui.Et à la fin du second acte il comprend.Il a subitement vieilli.Il se réveille à la vie véritable.Le" songe est déchiré.Et puis il accepte toutes les détresses et gémit doucement sur la destinée qui lui est réservée.Au point de vue vocal, les deux premiers actes doivent être interprétés dans le "charme" à mi-voix.Des Grieux vit un rêve délicieux et rare.Tout est demi-teinte.Ce sont deux ombres heureuses et claires qui passent dans un décor enguirlandé de fête, parmi le bruissement exquis des gavottes surannées et des menuets sautillants.Mais les tourments et les angoisses sont venus.Mâle et décidé, Des Grieux dispute au destin sa part de bonheur.Le chant se fait âpre, incisil, passionné.Il se débat, il se lamente, il crie.Rappelez-vous les émouvantes pages de la scène de Saint-Sulpice et l'admirable texte de l'abbé Prévost : "Nous nous assîmes l'un près de l'autre.Je pris ses mains dans les miennes."Ah ! Manon, lui dis-je en la regardant d'un "oeil triste, je ne m'étais pas attendu à la noire trahison dont vous "vous avez payé mon amour.Il vous était bien, facile de tromper un "coeur dont vous étiez la souveraine absolue, et qui mettait toute "sa félicité à vous plaire et à vous obéir.Dites-moi, maintenant, "si vous en avez trouvé d'aussi tendre et d'aussi soumis.Non, non, "la nature n'e nfait guère de la même trempe que le mien.Dites-"moi du moins si vous l'avez quelquefois regretté.Quel fonds "dois-je faire sur ce retour de bonté qui vous ramène aujourd'hui "pour le consoler ?Je ne vois que trop que vous êtes plus "charmante que jamais; mais, au nom de toutes les peines que j'ai "souffertes pour vous, belle Manon, dites-moi si vous serez "plus fidèle." "Elle me répondit des choses si touchantes sur son repentir, et elle s'engagea à la fidélidé par tant de protestations et de serments, qu'elle m'attendrit à un degré inexprimable."Chère "Manon, lui dis-je avec un mélange profane d'expressions "amoureuses et théologiques, tu es trop adorable pour une créature."Je me sens le coeur emporté par une délectation victorieuse."Tout ce qu'on dit de la liberté, à Saint-Sulpice, est une chimère."Je vais perdre ma fortune et ma réputation pour toi, je le prévois "bien; je lis ma destinée dans tes beaux yeux; mais de quelles "pertes ne serai-je pas consolé par ton amour !" Ce n'est qu'au dernier acte que Des Grieux est redevenu humble et suppliant.Il soupire plus qu'il ne chante.Il est soumis et se livre à son sort.Il pleure et ne se défend plus.Qu'elle est belle aussi, la dernière partie du roman qui n'a pas été mise à la scène et que je voudrais interpréter.Ali ! si le grand musicien avait vécu, peut-être aurais-je osé lui demander, un jour, d'écrire une suite à son oeuvre, une "Manon en Amérique." Et maintenant, si nous relisions un peu le roman de l'abbé Prévost, ou si nous écoutions encore quelques mesures de la gémissante partition.FERNAND FRANCELL. Décembre 1924 29 m-ti^smnt^smH.\-mmx\^smro^Êm>tymmm^m LE THEATRE A MONTREAL Par FABRJO Au Théâtre de l'Orphéum : "Cyrano de Bergerac", "Le Maître de forges", "La Flambée", "L'homme qui assassina", "L'appassionata".— Au Théâtre du Monument National: "Gisèle" et "L'Erreur du Docteur Sartène".— M.Firmin Gémier et la troupe de l'Odéon.— Une saison qui s'achève.Il est bien difficile, après tous les éloges qui se sont abattus comme une nuée d'étour-neaux (de cailles, dirait un critique aux bontés paternelles ! ) sur la tête des artistes de la Porte Saint-Martin, de ne pas se demander si notre admiration est justifiée par le choix des pièces et par ses Interprètes.Première constatation : le plus gros succès obtenu jusqu'ici l'a été par "Le Maître de Forges" de Georges Ohnet.Cela tendrait à prouver une doctrine qui nous est particulièrement chère, à savoir que le public montréalais est mûr pour le drame.Pensez donc ! On l'en a sevré pendant assez longtemps.Il aimait à pleurer, à s'attendrir, à s'indigner, et, depuis dix ans ou plus, on lui a toujours présenté des "cas d'amour morbide", des "tranches de vie", des "problèmes", des "thèses" et des "poulets faisandés".Alors, ce cher pub.ic, il montre qu'il en a eu suffisamment de toutes ces pièces boulevardières; il crie pour qu'on l'entende : "Je veux du mélo !" Cependant il a son genre de mélo préféré.Ce n'est pas par exemple les drames de M.Pierre Frondaie qui l'intéressent.Non, la manière de "L'homme qui assassina" ne lui semble pas assez honnête, assez bourgeoise.Aussi, je suis fort étonné que l'on ait supprimé les représentations de "Denise" et des "Deux Orphelines", cette dernière pièce a simple titre de suggestion.Seconde constatation : les spectateurs sont toujours les mêmes, le prix élevé des fauteuils en est-il la cause ?Où sont les Anglais sur lesquels comptent nos directeurs pour faire "marcher" leurs entreprises ?Ils font ici et là, de tapageuses apparitions : limousines, grande toilette, gants blans.Notre bon public de l'est (le seul qui puisse maintenir l'existence d'un théâtre) fait bien son possible, mais il demande avec raison que ce ne soit pas toujours lui qui soit aux rangs de l'orchestre._ La troupe "officielle" de la Porte Saint-Martin comprend d'excellents éléments et nous devons remarquer que les distributions sont faites avec beaucoup d'intelligence."Cyrano de Bergerac" a été le spectacle de début de la tournée, à Montréal.Dois-je dire que la comédie héroïque d'Edmond Rostand fut tout aussi bien montée par Edgar Becman, à ce même théâtre de l'Orphéum, il y a environ quatre ans ?M.Pierre Magnier, qui possède "la plus belle voix de Paris", ainsi que l'exprimait spirituellement M.Mallet dans "l'Autorité", nous a présenté un Cyrano sonore, plus voisin du trombone que de la trompette.Le Cyrano de M.Pierre Magnier est doctoral; il frise l'homme qui s'écoute par'er.Cela se remarque à la scène au balcon, où l'acteur, au lieu de s'adresser à Roxane, débite ses tirades au public et le prend à témoin de sa faconde amoureuse.Le personnage s'allourdit à chaque vers : on dirait M.Albert Lambert fils jouant le "Misanthrope" ! Il faut cependant reconnaître à M.Magnier une aisance extrême jointe à une mimique expressive.Le reproche que je fais à M.Magnier ne l'empêche nullement d'interpréter le rôle avec talent, voire même avec le mérite de rechercher un sens nouveau à son personnage.A mon avis, cependant, ce sens diffère des intentions du poète.La troupe se meut avec un bel ensemble autour de la vedette principale; M.Glénat, notamment qui dépense une verve étonnante dans le rôle de Valvert et dans celui de l'un des cadets.N'insistons pas sur les réprésentations du "Maître de Forges" dont le succès a été si marqué sans qu'il soit nécessaire d'ajouter la moindre remarque."La Flambée" a permis à Mlle Clervanne de s'affirmer comédienne parfaite, en possession d'un métier suffisant pour ne pas gâter la spontanéité de ses accents.''L'Homme qui assassina" est l'adaptation du roman délicieux de Claude Farrère.Si l'on veut oublier le roman, on admire la pièce de Frondaie.Mlle Andrée Pascal et M.Magnier se sont partagé les applaudissements qui ont accueilli l'oeuvre déjà connue et jouée à Montréal.Il est impossible de vivre un rôle avec plus d'intensité que ne le fait Mlle Andrée Pascal, dont l'émotion continue éclate aux bons endroits pour nous livrer des larmes et des sanglots qui sont la sincérité même.M.Pierre Magnier fut supérieur à ses rôles précédents et d'une grande et belle simplicité.Le seul motif qui puisse justifier le choix de "L'Appasionata" me paraît la ci éation de Spifani par M.Magnier.On nous avait habitué aux interprétations les plus diverses de ce personnage.Il a été plaisant d'admirer le dépositaire des traditions de l'auteur.Jeudi dernier, j'ai eu le plaisir d'assister, au Théâtre du Monument National, à deux premières dans la même soirée.C'est un fait assez rare que je m'empresse de souligner.Les deux pièces, l'une sous la forme d'un opéra comique de Lavallée-Smith, "Gisèle", l'autre, "l'Erreur du docteur Sartène" de Henri Letondal, ayant des tendances au genre du grand-guignol, ont obtenu la faveur du public.Mais cela n'accorde pas un brevet gratuit d'excellence, selon une formule bien familière aux routiers du théâtre."Gisèle" fourmille de qualités et de défauts.Il me semble que l'auteur du livret aurait dû se faire un devoir de "rajeunir" son texte qui sent la rhétorique et la distribution de prix.La musique est trop compliquée pour le sujet.On devine que le compositeur a cru indispensable d'écrire un carillon, parce que la scène était située près d'un clocher, et une prière, parce que l'angelus venait de sonner.N'oublions pas qu'il s'agit d'une fête champêtre.Il est malheureux que les qualités musicales de ''Gisèle", inventions distinguées, accompagnements sobres, choeurs bien écrits, soient amoindries par les maladresses du texte.L'oeuvre fut présentée avec soin par des amateurs qui firent preuve d'une bonne volouté évidente.Je conseillerais à M.Henri Letondal, qui a montré un talent exceptionnel d'écrivain de théâtre dans "L'Erreur du docteur Sartène", de reprendre son drame en changeant le dénouement.L'expérience que cette première a été pour lui a dû lui taire comprendre que les fous manient p.us volontiers leurs bras que le revolver bien astiqué de l'accessoiriste.Il s'apercevra aussi que la scène y gagnera en rapidité, en intérêt et en Réussite.Nous devons à l'insuccès de M.Gémier à New-York le plaisir d'avoir eu sa visite à Montréal.La troupe de l'Odéon, forte de ses meilleurs sujets, et dirigée par l'admirable metteur en scène qu'est M.Gémier, a donné une semaine de représentations au Théâtre His Majesty's.Chaque soir, ce fut un gala.Les plastrons et les bijoux ont éancelé sur les banquettes de velours du théâtre de la rue Guy.Mais le peuple, pour lequel M.Gémier a écha-faudé tant de magnifiques théories, ne l'a pas entendu."Le Bourgeois Gentilhomme", "Le Procureur Hallers'\ "La Mégère Apprivoisée", "Le Marchand de Venise" furent les pièces du répertoire de cette trop courte tournée.Les grands artistes, lorsqu'ils voyagent, aiment à se payer les plus incroyables fantaisies.Pour cette raison, M.Gémier.qui n'oserait jamais jouer "Le Bourgeois Gentilhomme" à Paris, parce qu'il n'est pas physiquement doué pour le rôle de M.Jourdain, l'a interprété pour la première fois, en Amérique.M.Gémier n'a aucun des moyens requis pour étaler la rondeur naïve du bourgeois.Il le joue même trop finement et, afin d'effacer cette impression, se permet toutes les excentricités possibles.Le choix des pièces du répertoire de M.Céaiier à Montréal est loin d'avoir été heureux.Deux pièces de Shakespeare ! une adaptation d'un drame allemand ! et la moins parfaite des oeuvres de Molière ! Shakespeare nous est donné, en anglais, au Théâtre His Majesty's, environ deux fois, chaque saison, par des troupes qui ont hérité de toutes les traditions nécessaires.Shakespeare, même joué avec ce luxe éblouisssant de mise en scène et avec cette interprétation de tout premier ordre, ne pourrait intéresser le public canadien-français.Encore moins le public anglais ! Imaginez, par exemple, M.Robert Mantell venant nous jouer "Le Bourgeois Gentilhomme" en anglais !.Pendant les six jours que le directeur de l'Odéon a passés à Montréal, il a été reçu, fêté, adulé dans tous les clubs et par toutes les sociétés.Il a beaucoup parlé, chaque fois avec son coeur, et nous devons espérer qu'il saura transmettre à ses compatriotes son indignation pour l'ignorance dans laquelle on tient le Canada dans les milieux français.Mais, à aucune de ces réceptions en l'honneur de M.Gémier on a songé à inviter des acteurs de chez nous.Il me semble qu'il aurait été de mise, par exemple, de faire asseoir aux côtés de M.Gémier, non pas des magnats de la finance ou de l'industrie, mais quelques-uns des pionniers du théâtre français, ceux qui ont implanté le théâtre ici et qui permettent maintenant à des gens comme M.Gémier de venir (Suite à la page 32) 30 Décembre 1924 PIANOS REMIS A NEUF L'ATELIER LE MIEUX OUTILLE ET LE PLUS CONSIDERABLE A MONTREAL MICHAUD & CIE LIMITEE 650 MONT-ROYAL EST TEL.BELAIR 0366 clinique privee du dr prevost Des hôpitaux de Paris — Londres — New-York Voies Génito-Urinaires Maladies des reins, de la resale et des organes génitaux 460, rue ST-DENIS Limitée 326 Ste-Catherine Est Que doit-on préférer chez l'homme L'intelligence ou la beauté?"La Lyre" invite ses lecteurs romanciers, peintres, poètes, à broder sur un sujet aiissi passionnant.Sans aucune doute, il nous sera fourni un régal d'esprit, de diversité tout à fait inattendue.Quelques-unes comme les enfants diraient: "Je préfère les deux"; d'autres estimeraient que chez un homme l'intelligence est la première des qualités et la beauté le dernier des ridicules; enfin, suivent des réponses plus élaborées bien diverses et qui promettent des fructueuses discussions."Sans hésitation, si c'est l'un à, l'exclusion de l'autre, je dis: un homme intelligent."Un beau garçon, à première vue, séduira une femme, car tout le monde est accessible à la beauté plastique, mais s'il n'est que beau, combien vite il la lassera! Il l'irritera si elle ne sent pas en elle-même semblable perfection, physique, et elle le méprisera lorsqu'elle constatera qu'elle est plus intelligente,.car la femme veut toujours reconnaître une supériorité dans celui qu'elle aime.Et puis, quelle lutte pour le garder! Elle est donc fatalement destinée à souffrir dans son amour et dans son amour-propre."L'homme intelligent aura au contraire mille moyens de séduction: son esprit, le charme de sa conversation; si son intelligence est brillante, il flattera la femme dans sa vanité.Il saura, (comme on dit en argot moderne), "y faire", que ce soit en amour ou dans la vie.L'intelligence d'ailleurs, ne communique-t-elle pas aux traits une certaine beauté: flamme ou finesse du regard, expression de la physionomie?.Pour le beau garçon il pourra y avoir passion, c'est-à-dire feu de paille; pour l'homme intelligent, il y aura l'amour, c'est-à-dire sentiment durable, basé sur des affinités.L'un attirera; mais l'autre, retiendra." GERMAINE." 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L'intelligence (ou ce qui peut en tenir lieu, c'est-à-dire un certain sens pratique, un peu d'instruction, une façon de parler, même pour ne rien dire), tout cela s'acquiert.D'ailleurs, un bel homme n'est pas nécessairement un crétin?"Par contre, demandez à l'homme le plus intelligent de la terre, s'il est mal venu et Prof.Bernar Londres Médaille d'Or Paris INSTITUT DE BEAUTE Tout ce qui peut vous embellir 5008 AVENUE DU PARC, MONTREAL Près Boulevard Saint-Joseph Tél.Atlantic 5965 Décembre-1924 31 mal tourné,, de changer la, forme de sa taille ou la courbe de son profil.Y pourra-t-il parvenir?Point n'est besoin pour de beaux yeux d'être pétillants de malice! Qu'importe la fadeur des discours, si la bouche est bien dessinée, et le sourire éblouissant! "Est-il rien de plus doux que de s'en aller dans la vie en rythmant son pas sur celui du compagnon bien bâti, solide et souple Sanatorium Ste-Euphrasie pour dames 84 est, rue Sherbrooke Montréal Tél.LAncaster 7371 Traitement de toutes les maladie» nerveuses et des intoxications.Alcoolisme, Morphinomanie, Etc.Est 1866 G.BRENTA Décoration française d'intérieurs Consultez-nous pour la décoration intérieure de vos appartements, telle que: rideaux, draperies, etc.; également ameublements de première qualité faits à ordre.SATISFACTION GARANTIE 305 st:dejvis montreal PUNDE & BOEHM Coiffeur» poor dames, Parfumeurs Toupets et Perruques pour Messieurs Transformations pour Dames Ouvrage de première classe, garanti LTn pédicure expert de Londres est à la disposition de notre clientèle Une visite à nos magasins 8st respectueusement sollicitée 119 Metcalfe Up.3181 262 Ste-Cath.1st «896 à la fois, qui chemine à.vos côtés?"Les plus- belles paroles ne valent pas pour nous le geste qui séduit; et nous pré-rérerons toujours celui que les autres femmes nous envient."Conquérir n'est pas suffisant, il faut savoir garder son amour! A mon avis, il est plus facile de conserver l'amour d'un beau garçon d'esprit moyen, dont on connaît les travers, les habitudes et les manies, que d'accaparer pour de bon l'homme supérieur, plein d'acuité et de finesse, qui dissèque chaque sentiment, voit trop clair en nous-même, observe trop bien chaque chose, et nous empêche de garder cette petite supériorité d'intelligence, dont nous sommes si fières."Si jamais nous devions pleurer (ces choses-là arrivent! ), l'homme, qu'il soit beau ou laid, intelligent ou bête, est toujours fon-foncièrement égoïste, volage et menteur.Je veux bien souffrir en pensant au bel infidèle, trop faible devant la tentation."Mais je ne veux pas voir couler mes larmes pour un être d'intelligence rare, peut-être chétif ou disgracieux, qui rira de mon chagrin, jouira, en dillettante, du plaisir malicieux de me tromper, et reviendra peut-être un jour en se moquant de moi! Jeanne NERY." Le Fémina " "Aucune hésitation ne me paraît possible entre la préférence à accorder à l'intelligence ou à la beauté chez l'homme."La faculté morale est la créatrice des grandes choses."Elle engendre le talent, le succès, la gloire; parfois le génie.Elle est la porte ouverte, l'espoir permis à toutes les satisfactions sérieuses, utiles et durables."La beauté d'un homme (généralement contestable) peut séduire, fasciner et attirer jusque dans ses bras."Mais chacune de nous sait combien les bras retombent vite! Alors?" 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