La lyre, 1 janvier 1925, no 29
Vol.Ill — No 29 Vingt-cinq sou» Montréal, Mart 1925 MONUMENT NATIONAL LES MARDI ET JEUDI 21 et 23 AVRIL 1925 La Société Canadienne d'Opérette Direction: Honoré Vaillancourt interprétera LE JOYEUX PAYSAN Opérette en 3 actes de Léo Rail DISTRIBUTION : Mlle Camille Bernard, MM.Armand Gauthier, Paul Valade, Gaston St-Jacques, Marcel Noël, etc., etc.Choeur de 40 voix Orchestre de 30 musiciens Billets en vente dès maintenant chez BOUVIER LIMITEE, 452 Ste-Cath.E.RAOUL VENNAT, 642 rue Saint-Denis et à PLATEAU 4811 60c, 75c, $1.00, $1.50, $1.75 Loge, $2.00 , SALLE D'AUDITION, RECITALS ET CONCERTS Après le premier mai 1925 Inauguration au sous-sol, de la Salle Turcot.Professeurs, aiiisles el le public y trouveront un avantage inestimable 4 MAGASINS EN 1 SEUL Voilà ce que l'on pourra dire de la Maison J.E.TURCOT 3 EST, RUE STE-CATHERINE, Montréal, Que.(Près St-Laurent) LE RENDEZ-VOUS DES MUSICIENS Les progrès de la Maison TURCOT sont dus à l'inlassable effort et au but louable qu'elle poursuit depuis ses débuts.Ouverture de nouveaux rayons Grâce à un agrandissement récent et fort nécessaire la Maison Turcot est destinée à une expansion qui fera époque dans le monde de l'industrie musicale.Musique en vogue, Orchestrations, Disques "Victor" Les amateurs trouveront au plein-pied du magasin un choix représentant tout ce qui est de grande vente dans le domaine populaire.Rayon de musique française, religieuse, classique et d'enseignement Un vaste comptoir où l'on pourra confortablement examiner, choisir, essayer la musique selon ses goûts et ses besoins.Instruments de musique et Accessoires Toutes les marques : "Buescher", "Conn", "Paramount", "Buffet Crampon", dans un rayon des plus complets, au sous-sol.Victrolas "La Voix de Son Maître" Tous les modèles : portatif, console, combinaison : radio et gramophone, aussi au sous-sol.PARLEZ DE "LA LYRE" A VOS AMIS / J.O.LAUZON 610 Mont-Royal Est, Montréal.PIANOS ET AUTOMATIQUES Noos avons toujour* main» un assortiment complet de tous les instruments de musique.Choix considérable de musique et -chant en feuille Rouleaux pour pianos automatique» Choix complet d'Instruments de Musique Coim et Buescber.Saxojriioiies et Instruments de fanfares.Conditions faciles.Phonographes et disques "Columbia" Phonographes "Bronswlek"* Pianos automatiques et rouleaux aQ.R.S.' 4 STE-CATHERINE EST M.HUFNAGEL "Le Marchand de Musique Classique du Canada" est déménagé à 191 STE-CATHERINE OUEST (près Bleury) DEMANDEZ NOTRE CATALOGUE RELIGIEUSE AT rrnTTrr .CLASSIQUE, et Nous f ™s T°UT .ce W est MODERNE, PROFANE JUIjl en MuslQue POPULAIRE Musique Religieuse spéciale pour les Fêtes de I'âque*.l'Ascension, la Pentecôte.Toutes les pièces demandées il ans les diverses Académies.Collèges.Conserva loi res sont adressées en approbation a MM.les Professeurs, avec les meilleurs escomptes.EDITIONS CLASSIQUES: CRANZ, H A NON, SCHlRMER, SCHMOLL, VAN DE VELDE, WOOD Musique d'ensemble pour Trios, Quatuors, Funfures, Harmonies, Orchestres Cocarde de Mimi Pinson, la belle Opérette, partition, chant, piano.§5.00 Cocarde de Mimi Pinson, libretto.,.50 La Jolie Valse de La Cocarde: Veille sur mon amoureux, chant et piano.50 La Jolie Valse de Rêve de Valse, chant et piano.-50 La Jolie Valse de Quaker Girl, chant et piano.50 Abonnement annuel à la Gazette Musicale Française, o morceaux inédits chaque mois .1-0 Bonne Chanson de Botrel.3.60 revue musicale française: L'Orgue et les Organistes.-.20 revue musicale française: Le Violoncelle.1.S0 RAOUL VENNAT 642, rne SAINT-DENIS.Tél.Est 0822-3065 340 STE-CATHERINE Est, coin N.D.de Lourde! - - Tél.Est 5051 J.G.YON L.J.Doucet.prop.936, rue S.-Denis, Montréal Tél.Belair 75ÎO Endroit par excellence où Von peut se procurer le plus beau choix de musique classique^ piano solo, chant, violon, violoncelle, musique religieuse, chants canadiens, traités d'harmonie, littérature musicale, et toute la musique demandée par les différents Conservatoires, y compris les éditions Durand, Sehirmer, Wood, d.des prix défiant toute compétition.Nouveau rayon de phonographes et disques Starr-Gennett.Remises spéciales aux Communautés Religieuses et aux Professeurs.Service courtois.Une visite à notre magasin vous convaincra, du choix de musique varié que nous sommes en mesure de vous offrir.QUELQUES RECENTES PUBLICATIONS de l'édition THE B.F.WOOD MUSIC Co.CHARLES HUERTER Six Spring Idyls: No 1 Slumber Boat No 2 Tuneland No 3 Morninjr Song No •! 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l'abonnement en timbres, chèque au pair ou mandat poste.Revue Musicale et Théâtral© Rédigée en Collaboration EXPIRATION : — Etant donaée le caractère éducationnel de "La Lyre", un bon nombre de nos lecteurs désirent avoir tous les numéros.En conséquence l'envol est continué après expiration de la période payée, à moins d'avis contraire.Adressez toute communication à :— La Cie de Publication "LA LYRE", 3 Est, rue Ste-Catherine, Montréal.Tél.: Est 9649 CHANGEMENTS D'ADRESSE Tout avis de changement' d'adresse doit nous parvenir avant le 16 du mois, accompagné de l'ancienne adresse.3e année, No 29 Editeurs-Propriétaires: J.-E.Turcot, Henri Miro, Léo LeSieur Montréal, mars 1925 A nos lecteurs "La Lyre" salue avec plaisir l'apparition de la nouvelle revue de Mme Morin-Labrecque, "La Pédagogie Musicale", et lui souhaite heureuse et longue vie.Cette publication traitera de "l'ensemble des connaissances qui constituent la science musicale".-o- ^hfotre (Bouverture A l'occasion de l'ouverture de la "Semaine de la Musique", ¦nous sommes heureux de pouvoir offrir à nos lecteurs cette reproduction du célèbre tableau de Delaroche.- o - A propos de Conservatoire M.Max Panteleef nous communique les grandes lignes de son Projet d'organisation d'un Conservatoire Canadien.Les colonnes de "La Lyre" sont ouvertes à ceux de nos lecteurs qui voudraient discuter ce projet avec M.Panteleef.PROJET D'ORGANISATION pour la création d'un Théâtre National, avec Conservatoire et Ecole de Ballet I On réunirait d'abord en un "Groupe initial" les personnes qui voudraient bien s'intéresser au projet.Ce "Groupe initial" élirait un "Comité exécutif" composé de cinq membres: Président, vice-président, trésorier, secrétaire et un autre membre.II Le "Groupe initial", avec la permission du gouvernement, pourrait émettre des séries de "Bons de souscription." portant les signature du président et du trëstrier, pour des montants de un à mille dollars.Ces bons pourraient être réunis en livrets comme les chèques de banque, avec talons numérotés,, sur lesquels on inscrirait aussi le nom du souscripteur.III Il y aurait aussi un livre spécial qui porterait le titre: "Histoire du Théâtre National" et qui resterait dans le bureau du Théâtre.Ce livre contiendrait les noms de ceux qui souscriraient moins de cent dollars.Les personnes qui apporteraient un montant de cent dollars et plus auraient leurs noms inscrits sur une plaque de marbre placée dans le théâtre.IV Tout l'argent serait déposé dans une banque responsable et aucun chèque ne pourrait être émis sans porter les signatures du président et du trésorier et sans avoir été approuvé par au moins deux membres du comité exécutif.V Le Comité exécutif aurait toute liberté d'agir en ce qui regarderait l'administration de ce théâtre.VI Le Comité exécutif devrait tenir le public au courant de ses activités soit par les journaux, soit en affichant des bulletins, et il serait tenu de répondre à toutes demandes d'informations.VII Dès que la construction de cet édifice serait terminée et que l'on se serait conformé à toutes les obligations civiles, etc., le Comité exécutif remettrait ses pouvoirs entre les mains d'un autre Comité, connu sous le nom de "Comité administratif du Théâtre National" et composé de sept membres: un représentant de l'Hôtel de Ville, deux représentants des Universités,, et quatre représentants des Sociétés musicales.VIII "Le Comité administratif" aurait pleins pouvoirs en ce qui regarde la question des cachets que les élèves auraient à payer pour être admis au Conservatoire, de même que pour ce qui aurait rapport à la location du Théâtre, comme il est mentionné au paragraphe "XI".IX Les directeurs et les professeurs seraient engagés pour un terme de pas moins de cinq ans, afin de pouvoir faire un travail plus effectif.X On ne devrait attacher au Conservatoire que les meilleurs professeurs, sans tenir compte de leur nationalité, suivant le principe qui veut que "un excellent professeur produise d'excellents élèves".XI Re: Moyens do revenus du Théâtre National.a) Par la location du Théâtre National et de ses différentes salles pour des concerts, des conférences, etc., lorsque le Comité d'administration pourrait en disposer.b) Par la location de la salle du Conservatoire pour les mêmes fins.c) Au moyen de représentations d'opéras, de concerts, de conférences, etc., organisés par le Comité administratif.d) Au moyen de souscriptions.e) Par les cachets versés par les élèves à leur entrée au Conservatoire.Max PANTELEEFF.Londres Médaille d'Or Pari» INSTITUT DE BEAUTE Tout ce qui peut vous embellir 5008 AVENUE DU PARC, MONTREAL Prô« Boulevard Saint-Joseph Tél.Atlantic 5966 Prof.Bernard LB MOIS MUSICAL MONTREAL Concerts passés FERNAND FRANCELL Après le premier et si brillant concert donne par .M.Francell.le 25 janvier à l'Or-phéum.devant une salle comble.M.Laberge nous a procuré la bonne fortune île réentendre l'excellent ténor, créateur de Fortunio.dans un second récital, le 8 février.Nous l'en remercions et estimons que les musiciens et nombreux chanteurs d'ici (que n'y étaient-ils tous, mon Dieu! les jeunes surtout!) seront heureux de lire l'admiration en laquelle Paris tient ce grand virtuose, qui entre tant de magistrales qualités, nous a montré qu'il cherchait surtout à mettre son organe ou service des compositeurs qu'il Interprétait, mérite rare aujourd'hui."CONCERT FRANCELL: On avait peine à trouver place l'autre jour, à la Salle Gaveau.où se pressaient tant d'artistes et femmes du monde pour entendre M.Francell.Si nous signalons cette affluence, ce n'est point par désir d'instaurer sous cette rubrique une sorte de chronique mondaine, nuils pour constater qu'il est encore, à Paris, des gens qui veulent s'instruire.Quelle admirable leçon de goût, de tact, et de mesure fut cette audition.M.Francell, qui nous vient du théâtre (personne n'a oublié ses retentissants succès à l'Opéra-Comique I, est un diseur exquis, il ne cherche point l'effet pour l'effet, comme tel chanteur russe, coqueluche des dames et que je ne veux point nommer, il ne file point des sons pour que.l'expiration terminée, des gloussements de satisfaction fassent trémousser les auditrices.Mais très attaché au texte, en ayant soigneusement et intelligemment pénétré l'esprit, il met en valeur le détail qu'il faut à la place voulue, sans appuyer, avec une légèreté d'intonation qui le souligne d'un trait d'esprit ou d'émotion.Faut-il rappeler ici toutes les mélodies que chante M.Francell?Faut-il même citer celles qu'un public aussi exigeant qu'enthousiaste lui fit bisser?Elles sont trop.Disons seulement que les auteurs français modernes y tenaient une large part.Fauré, Duparc.Ravel.Debussy.Chausson.Dupont.Rabaud.Raoul Laparra.trouvèrent là l'interprète idéal.Comme fut bien traduite ensuite la narquoise ironie de nos vieux chansonniers anonymes.N'oublions pas Mme Francell-Fernet à qui incombait la tâche si utile, mais ingrate, d'accompagnatrice; elle s'en acquitta avec un talent qui n'égale que sa modestie.P.de Lapommeraye.("Le Ménestrel", 2S nov.1924.) Qu'ajouter à cette critique qui.comme l'art de M.Francell, entr'ouvre de si lumineux horizons à tous les chanteurs.Rien, sinon qu'un vœu: celui de réentendre souvent ce pur et véritable artiste pour le plus grand bénéfice de nos jeunes gens si bien doués par la nature.Salvator ISSAUREL -o- " (Il \ nson D'AMOUR" La Société Canadienne d'Opérette nous a présenté, les 10 et 12 février dernier, deux magnifiques représentations de "Chanson d'Amour", comédie musicale en trois actes, livret de Hugues Delorme et Léon Abrlc.musique de Franz Schubert, adaptée à la scène par Henri Berte.Ce» deux représentations ont été remar.quables de vie et d'entrain.La mise en scène était très bien réglée et tous les interprètes possédaient bien leur rôle.M Honoré Valllancourt.malgré ses multiples occupations, avait bien voulu personnifier Franz Schubert.Certains critiques n'ont pas compris comme lui l'interprétation de ce rôle difficile.On peut toujours différer d'opinion; mais on doit donner à M.Valllancourt le crédit d'avoir conservé jusqu'à la fin le caractère qu'il avait donné au début à son personnage, et ce n'est pas peu dire.M.Paul Valade.toujours en progrès, a très bien chanté le baron Franz.Il faut mentionner d'une manière spéciale la belle interprétation que nous a donnée M.Honoré Lefebvre du chanleur VogL Sa gaieté était communicative et de bon aloi.Le public a salué par de longs applaudissements le retour de M.Gaston St-Jacques, le grand comique de la troupe, dans le rôle du Terrier M uni.MM.Marcel Noël, dans le détective Noiot-ti) et Lucien Quintal dans l'Arrhidur, ont M.J.-J.Coulet Le nouveau directeur musical de U Société d'Opérette, à qui nous devons les magnifiques représentations de "Princesses Dollar" et "Chanson d'Amour".été .comme toujours des plus intéressants.Remarquables aussi MM.Sylva Alarie.G.Goguen 'début).René Rochon.Théo.Abran.Emile Lamarre.René Poirier et A.Ville-maire.Mlle Léonide LeTourneux.souffrant de la gorge, n'a pu donner dans le rôle d'Annette la pleine mesure de son talent.Mlle Sylva Alarie.dans Madame Mulil.fut remarquable comme comédienne et comme chanteuse.Son duo.avec M.St-Jacques.eut les honneurs du rappel.Mme Jeanne Maubourg-Roberval fut étourdissante de gaieté dans sa composition de la chanteuse italienne Carlina.Sa prononciation à l'italienne était frappante de vérité.Nous avons remarqué aussi Mme L-P.Deniers, dans le rôle de la concierge, ainsi que Mlle S.-F.Beauchamp, Réglna Daoust.Jeanne Pelletier.G.Archambault, A.-M.Tremblay.Suzanne Mathieu et D.Viau.Nous devons une mention toute spéciale à l'orchestre et à son directeur pour avoir si bien interprété la musique difficile de Schubert.t'ne très grande part de ce succès leur appartient.Il nous fait plaisir aussi de signaler la belle exécution de la "Sérénade", que nous a donné sur le violon M.J.-J.Goulet, directeur musical de la Société."LA CREATION" l'ar la Chorale Bra-»ard L'oratorio d'Haydn a été magnifiquement rendu par l'Association Chorale Brassard, le 12 février, au Monument National.Un auditoire nombreux a fait aux choristes et aux solistes de fréquentes ovations.Le Këcital FRIEDA II I Mil I L'illustre cantatrice Frieda Hempel s'est fait acclamer à Montréal, à la salle Windsor le 18 février.Son programme était composé de façon à mettre en valeur ses brillantes qualités de virtuose.Il était assez difficile de percevoir tous les mots dans l'air "Oh.Had I Jubal's Lyre" ijosua).Hàndel.mais elle détailla avec une franchise Inouïe les grandes vocalises de ce morceau.Elle chanta ave infiniment de goût et de finesse "Should He Upbraid" de Bishop.Elle fut moins heureuse dans "Wlengenlled" de Mozart où sa voix manquait d'assurance dans les sons élevés.J'ai rarement entendu chanter "Le Noyer" de Schumann avec une exactitude aussi parfaite de mouvement et d'expression.Son interprétation de "Pauvre Jacques" a profondément ému tout le monde Elle joua très adroitement des "Guitares et des Mandolines" de Saint-Saëns.bijoux légués par le vieux maître, miroirs des pays méditerranéens où la langueur est la plus douce des béatitudes.Je fus également charmé par "Fêtes Galantes" de Reynaldo Hahn.Ravel disait un jour que seul Reynaldo avait su traduire en musique le charme des vers de Verlaine.Cette affirmation m'avait paru énorme; toutefois, j'avoue que "Mandoline" de ce compositeur est une Jolie musique et qu'elle fait bonne figure à côté du chef-d'oeuvre que Debussy nous donna.Deux airs de Meyerbeer "Ombra Legglera"."Veglla dal ciel su lor" étaient en fin de programme.Mme Frieda Hempel a démontré dans ces deux morceaux tout l'ampleur de son talent.Plusieurs chansons américaines sans aucuns caractères sont venues troubler la belle tenue de ce programme éclectique.M.Coenraad V.Boss, pianiste, est un accompagnateur Impeccable; Il participa largement au grand succès de Frieda Hempel.Il joua, en intermède, quelques pièces de Mendelssohn.Brahms.Mozart.Solbeck.avec un doigté parfait et une souplesse qui tient du prodige.Il est malheureux que son "métier" ne soit point caché par une expression constante.La collaboration de M.Louis-P.Fritz, flûtiste, fut très heureuse pour Mme Frieda Hempel.c'est un musicien de premier ordre.Victor BRAULT.Cécile Loike-Lnnglols Va auditoire nombreux s'était porté au Rltz-Carlton.mercredi le 25 février, pour entendre Mile Cécile Locke-Langlols.une jeune planiste d* 14 ans, qui donnait un récital dont le programme était fort ambitieux. "La jeune pianiste, dit "La Presse", s'y est cependant attaquée avec une grande assurance et une belle confiance en elle-même.Son impeccable technique a surmonté toutes les difficultés de texte et cette maîtrise de l'instrument, à un âge si 'précoce, est la précieuse qualité qui nous fait' espérer d'elle de grandes choses pour l'avenir." "Le rythme et le sens des valeurs, écrit M Letondal, de "La Patrie", sont des choses qu'elle ignore et qu'elle apprendra en se soumettant à la discipline d'un enseignement sérieux.Elle est déjà en possession d'une jolie technique et son aplomb est vraiment surprenant." "En somme conclut de ce concert M.R.-O.Pelletier, du "Devoir", Mlle Langlois est beaucoup douée et elle ira loin si ses qualités sont bien développées, mais il lui reste beaucoup à faire." Le "Montreal Elgar Choir" a remporté un succès considérable dans son concert du 5 mars, au Théâtre St-Denis.On a surtout remarqué la présence de M.Reinald Werren-rath, un des plus beaux barytons qui existent à l'heure actuelle.On souhaiterait pouvoir entendre plus longtemps M.Werrenrath.Isa Kramer Isa Kramer, qui est venue nous visiter dimanche le S mars au Théâtre Orpheum, possède d'excellentes qualités de mimique.Ses attitudes qui au concert paraissent parfois exagérées et gênent l'auditeur seraient très en place au théâtre, qui est un cadre plus approprié pour ce genre de manifestations.Très expressive dans tout ce qu'elle entreprend, Isa Kramer est peut-être unique en son genre; je ne lui connais d'égales que lès Raquel Meller, les Damia, dont les noms rayonnent dans les grands music-halls d'Europe.Le tour de chant de Isa Kramer est fort réussi et prend une allure très caractéristique dans les chansons du folklore.Parmi les chansons de son répertoire il y a véritablement de petits chefs-d'oeuvre et elle sait les interpréter avec un magnétisme admirable.Se servant de l'accent du peuple, l'artiste y donne du relief et sait faire goûter à ses auditeurs la saveur particulière de ces mélopées.Isa Kramer, polyglotte, sait se faire écouter avec attention par tous les publics.Le pianiste Leon Rosenbloom est un accompagnateur qui a des dons de mémoires remarquables.Il est aussi d'une docilité non moins admirable.Comme soliste il est moins intéressant.Victor BRAULT.Dusolina-Giannini Le jeudi 5 mars, Dusolina Giannini, soprano, s'est fait entendre sous les auspices du Ladies' Morning Musical Club de Montréal.Dusolina Giannini possède toutes les qualités vocales requises pour chanter Mozart; elle fit valoir toute la délicatesse de la mélodie dans l'aria "Non so piu cosa son cosa faccio", extrait des Noces de Figaro, musique d'une radieuse beauté.Elle détailla également avec beaucoup de goût et de finesse "Mermaid song" de Haydn.Il est assez rare aussi d'entendre chanter "Les filles de Cadix" de Delibes avec un sens aussi précis du rythme et avec autant de couleur dans la variété des timbres.Quoique moins à son aise dans des "lieder" de Schumann et de Beethoven d'une facture plus large, l'artiste sut profondément émouvoir son public par une sensibilité très affinée et par l'intelligence de son interprétation.Malgré certaines imperfections d'émission et un manque d'absolue maîtrise de sa voix dans des passages dramatiques, Dusolina Giannini est une artiste imposante par ses qualités vocales naturelles et par la justesse d'une déclamation très au point.Meta Schumann s'est révélée une accompagnatrice habile et intelligente.Victor BRAULT.Chamberland-Laliberté MM.Alfred Laliberté, pianiste, et Albert Chamberland, violoniste, ont donné, le 16, à la Salle St-Sulpice, devant un auditoire considérable, leur récital conjoint.MM.Chamberland et Laliberté, dit "La Presse", ont hautement mérité toute la faveur dont on les a irrésistiblement comblés et ils ont servi à prouver que le grand art, l'art sublime et inspiré, qu'il vienne d'ici ou d'ailleurs, sait être apprécié par nos connaisseurs.Ils ont joué l'un et l'autre avec la délicatesse et la sensibilité, l'envol, la puissance et l'autorité de n'importe quels visiteurs célèbres .que nous pourrions nommer.Jiisclia Heifetz L'auditoire considérable qui remplissait l'immense théâtre St-Denis, le 19 au soir, a fait un accueil enthousiaste au jeune virtuose.• En écoutant Heifetz, dit M.Letondal de "La Patrie", on a l'impression qu'il ne cherche pas à faire montre de vaine virtuosité, mais qu'il met au service de la musique ce que son talent génial lui permet de meilleur.De son côié, M.Pelletier, du "Devoir", s'exprime ainsi: "Une ligne très pure, très nette, très froide, tantôt droite, tantôt se courbant ou se brisant au gré d'une dynamique calculée avec une précision mathématique, une sûreté, une agilité incomparable, tel est le jeu de Jascha Heifetz.Quant à son programme, c'était bien l'un des plus insignifiants qu'il nous ait été donné d'entendre ici, à part la sonate de Grieg et la très fine, très spirituelle piécette "Cortège" de Lili Boulanger.Si l'on met de côté la valeur plus que discutable de son programme, on doit admettre qu'il n'y a rien à redire sur son interprétation." Cédia et Victor Brault Mme Cédia Brault et M.Victor Brault se sont fait entendre au Ritz Carlton, le 19 au soir, dans un répertoire intéressant d'oeuvres anciennes et 'modernes."Disposant tous deux, dit le "Devoir", d'une voix souple et chaude, d'mie technique sûre et d'un art d'expression charmant, ils ont conquis leur auditoire qui les a rappelés à plusieurs reprises." Au dire de "La Patrie" ; Mme Cédia Brault, très en progrès, a fait preuve de qualités précieuses, diction claire, sons liés et soutenus, émission facile où tout vain effort a disparu.M.Victor Brault chante en musicien.Il phrase bien et son style est rempli d'intentions excellentes.Sa voix donne plutôt l'impression de l'intimité du cercle restreint d'un salon." Victor Brault «t Cédia Brault h New-York.Victor Brault et Cédia Brault se feront entendre à New-York le 2 avril sous les auspices de "The International Art Center".Victor Brault fera une conférence.Il parlera des "émotions humaines révélées par la musique", et les deux artistes chanteront des oeuvres de Gluck, Bach, Handel, Schumann, Schubert, Fauré et Djiparc.Meta Schumann sera l'accompagnatrice.MONTREAL Prochains concerts — 29 mars, Orphéum, récital de chant par Mlle Camille Bernard, avec le concours de Mlle Annette LaSalle, violoniste.La deuxième partie du programme comprendra une opérette en un acte d'Edmond Missa : "La Chouanne", interprétée par Mlle Bernard et M.Honoré Vaillancourt.— Fin de mars, récital par notre compatriote Eva Gauthier.- o - LE DELPHIC STUDY CLUB OFFRE UNE BOURSE POUR L'ENCOURAGEMENT DE LA MUSIQUE UNE SEMAINE DE MUSIQUE Le Delphic Study Club, à qui l'on doit l'institution de la Semaine de Musique à Montréal, est actuellement à organiser une troisième Semaine, qui aura lieu, sous le distingué patronage du Gouverneur-Général et de Lady Bing de Vimy, du 29 mars au 4 avril inclusivement.Comme par les années passées des concerts seront donnés tous les jours de cette semaine et dans différentes parties de la ville.L'an dernier 30,000 personnes assistèrent à ces concerts.De plus Le Delphic Club offre une bourse de $50 00 à l'élève le mieux doué en musique.Un examen aura lieu le 21 mars à la Saile Willis.Chaque professeur de la ville peut piésenter un élève de l'un ou de l'autre sexe.Les candidats ne devront pas avoir plus de 16 ans.On est prié d'adresser les inscriptions à Mme A.W.Hughes, 630 Avenue Querbes, Outremont.— Le 7 avril, l'Association des Chanteurs de Montréal donnera avec le concours .de la Chorale St-Eusèbe, de la Choraje St-Jacques, de M.Emile Gour, ténor, et de M.Charles Goulet, baryton, de retour d'Europe, un concert sacré.Les oeuvres au programme : le "Stabat Mater", de M.Fred Pelletier, et "Les Mystères Douloureux", de M.D.-C.Planchet.QUEBEC Mercredi après-midi, le 11 février dernier, le Club Musical des Dames a donné, dans la salle du Château, un concert intéressant.Les artistes au programme étaient Mlle Leslie Taylor, de Toronto, une violoniste d'un remarquable talent, Mme Claude Johnson, pianiste distinguée de cette ville, et M.Placide Morency, baryton.Tous ont été chaleureusement applaudis par l'assistance.Fernand Francell Un auditoire très chic et très nombreux s'était porté, au Château, dimanche après-midi, le 15 février, pour entendre le ténor français Fernand Francell.M.Francell, dit "L'Evénement", est un artiste qui subjugue.Il ne cherche pas, par des éclats de voix, à soulever son auditoire.Toutes ses interprétations, au .contraire, vont droit au coeur, tant elles sont bien senties.La diction est d'une netteté saisissante, et il n'est pas une syllabe qui soit imperceptible." Les dames organisatrices de l'Oeuvre de la Goutte de Lait organisent un concert qui aura lieu au Château, le 25 mars.Les articles au programme seront M.Max Pan.tele.ef, le baryton russe; Madame Good-day, violoniste; Mlle Berthe O'Sullivan, pianiste; M.Paul Robitaille, violoncelliste et Mme Laterrière Garneau, soprano.LES NOTRES A PARIS Conrad Bernier remplace son niaitro Joseph Bonnet De récentes nouvelles de Paris nous apprennent les succès splendides qu'y remporte notre jeune musicien canadien, M.Conrad Bernier, fils de l'organiste de St-Jean-Baptiste, de Québec, M.J.-Arthur Bernier.Prix d'Europe en 1923, M.Conrad Bernier poursuit depuis son départ de Québec ses études d'orgue avec lo célèbre organiste de St-Eustache, à Paris, Joseph Bonnet.Le maître honore ce jeune artiste de toute son amitié et voit en lui, comme le disent les lettres qu'il écrit fréquemment à des amis de Québec, un musicien de grand avenir.Il a même choisi son élève de Québec comme son remplaçant à, la tribune de St-Eustache.C'est ainsi qu'aux vêpres solennelles de Noël, M.Bernier avait l'honneur de remplacer son maître.Au cours de février, M.Bernier a donné plusieurs concerts sur les grandes orgues de St-Eustache.Ces concerts ont valu au jeune artiste des compliments les plus flatteurs, et une manifestation chaleureuse d'admiration de la part de plusieurs des étudiants canadiens actuellement à Paris.M.Conrad Bernier poursuit en même temps que ses études d'orgues des études de piano et de composition.Jusqu'ici, il a écrit quelques pièces pour orgue, qui révèlent chez lui, d'après ses professeurs, beaucoup d'originalité et une grande facilité.Comme pianiste, il a aussi ses succès.Isidor Philipp, du Conservatoire de Paris, l'a complimenté publiquement, sur le brio et la poésie de son jeu.M.Bernier reviendra à Québec en juin 1926, en même temps que M.Louis Gravel, de Québec, qui poursuit brillamment ses études vocales à Paris.M.Joseph Saucier, baryton, et M.Lucien Martin, un jeune violoniste de 16 ans, tous deux de Montréal, ont donné ici, le 26 dernier, un concert qui a été couronné de succès.Création d'nne opérette Le Cercle de la Salle a donné à la Salle St-Roch, le 12 mars, une première représentation de "L'Appel du Missionnaire", opérette en un acte, paroles de M.J.-E.Corriveau, musique de M.Roland Gingras.L'intrigue de la pièce est originale et bien amenée.La musique est parfaitement adapté aux paroles et le public a spécialement goûté les fines mélodies d'ensemble de l'opérette.Récital Locke-Langlois Mlle Cécile Locke-Langlois, la jeune pianiste montréalaise, a remporté un beau succès dans son concert du 18 mars, au Château Frontenac.OTTAWA Emile Gour Tin auditoire enthousiaste applaudit le ténor canadien-français.Monsieur Emile Gour, ténor, et Mlle Marie-Rose Descames, soprano, tous deux de Montréal, ont donné un intéressant concert, âu Château Laurier, le 17 février.L'auditoire peu nombreux était cependant très sympathique.— M.Wilfrid Gharette a donné, dimanche après-midi, le 8 février, à.la basilique son cinquième récital d'orgue."Les amateurs, dit "Le Droit", qui ont eu la bonne fortune de l'entendre, ont pu admirer, une fois de plus, ses nombreuses ressources musicales, sa grande variété d'interprétation et son choix judicieux et délicat de morceaux." L'Orchestre Symphonique L'Orchestre Symphonique, avec le concours de Mlle Ruby Green, soprano, a donné, le 16 mars, son plus beau' concert depuis de longue années.SHERBROOKE ÏI.JOSEPH SAUCIER, bnTjton, chante au Théâtre Premier, lundi le 23, assisté de Mme Blanche Bergeron, soprano.Succès des deux artistes.Voici ce que pense de cette soirée' le chroniqueur musical de "La Tribune": "M.Saucier, toujours en pleine possession de grandes qualités vocales malgré ses norn-brensr élèves; qui le tiennent trop éloigné' de la scène, n'a: pu qife se' faire beaucoup goûter dans des pièces toujours à la portée de l'auditoire et qui, si elles n'eussent peut-être pas été des mieux bienvenues dans un grand concert, étaient fort à leur place à cette soirée combinée de chant et de cinéma.M.Saucier a interprété des pièces connues de tous ou à peu près, et l'assistance, nous en sommes sûrs, lui en a su gré.Mme Bergeron a chanté elle aussi de très jolies choses prises dans un répertoire bien à la portée de ceux qui l'écoutaient.Elle possède une voix très agréable, une belle diction, du tempérament, toutes qualités qui ont été fort appréciées par son auditoire d'hier.Mme Bergeron, en effet, a pour elle l'aptitude et le talent, ce qui n'est pas le lot de tous dans l'art si difficile de l'extériorisation vocale artistique.En somme, cette soirée musicale encadrée d'art cinégraphique a été tout à fait gentille et tout à fait comme le souhaitaient, sans doute, les quelques cinq ou six cents personnes qui y assistaient." CHICOUTDII Concert Grandjany Le célèbre harpiste français, Marcel Grand-jany, a donné ici, le 9 mars, un magnifique concert.NOUVELLE-ANGLETERRE TVOONSOCKET L'Opéra "Lakmé» La Troupe Ste-Cécile, sous la direction du professeur Chambord Giguère, a remporté un succès immense dans la représentation de "Lakmé% le 1er février dernier, au Théâtre Park."M.Chambord Giguère, dit "La Tribune", mérite toutes nos félicitations pour avoir procuré à notre population les délices d'une telle représentation.Sa science musicale, son habileté d'organisation et de direction, tout se démontre dans le succès de."Lakmê".Pour être juste il faudrait dire un mot de tous les solistes qui, durant toute la représentation, se sont montrés à la hauteur de leur tâche.Le manque d'espace nous oblige à ne mentioner que leurs noms : Mesdames Godbout-Dodd (Lakmé) ; Florence Mulvey-Vanasse (Mallika) ; Rose Forcier; Marie-Anne Jacob; Marie Clément; MM.Georges Lévesque (Gérald) ; Albert Roy (Frederick) ; Ovide Thibault (Nilakantha) ; Rodolphe De-saulniérs et Bille Charlotte Thorpe, danseuse.Une bonne part de ce succès appartient aux choristes qui chantèrent avec un ensemble parfait.Charles Marchand M.Marchand a répété ici, le 26 février, le succès qui! remporte- depuis quelque temps dans les autres villes de la Nouvelle-Angleterre."Le sous-sol de l'église Ste-Famille, dit "La Tribune", était rempli à- sa pleine capacité.Personne n'eut lieu de regretter de s'y être rendu-, car tout fut au-d«Ia- de toutes les espérances, et jamais on n'a vu une telle gaieté chez les habitués de nos veillées paroissiales." LEWISTON Roméo et Juliette L'organisation musicale l'"Orpltéou" a remporté un succès considérable lors des deux représentations de "Roméo et Juliette", qu'elle a données, les 9 et 10 février, au Théâtre Empire.Ces représentations étaient sous le distingué patronage du gouverneur Brewster, qui avait bien voulu assister à la première soirée, ainsi que M.le Maire Brann et M.C.-S Cummings, maire d'Auburn."Il semble, dit "Le Messager", que notre centre acquiert d'année en année une expérience de plus en plus marquée qu'elle sait rendre fructueuse.Lewiston, en effet, ne regarde plus les sacrifices et les labeurs pour devenir, au point de vue hospitalier, au point de vue sportif, comme au point de vue artistique, la Reine de l'Etat du Maine." "Au dire de toutes les personnes présentes, le succès des années passées n'était qu'un avant-goût de celui enregistré cette année.Au lieu de pérécliter comme sont portées à le faire bien des organisations musicales ou autres, particulièrement après quinze ans d'existence, l'"Orphéon" ne fait que grandir et prospérer d'année en année, grâce à un travail des plus louables, et une tenue des plus sérieuses que rien ne saurait amoindrir." Les artistes au programmes étaient les suivants : Mlles Mildred Litchfield (Juliette) ; Clarisse Grondin (Stéphano) ; Juliette Bernard (Gertrude) ; MM.Alphonse Côté (Roméo) ; Dr.R.-L.Lafond (Mercutio) ; Nap.Sansoucy (Père Laurence) ; Alex.Lemieux (Tybalt) ; - Rosario Tremblay (Ca-pulet) ; Joseph Caouette (Paris) ; Elie Lan-gelier (Le Duc).— Le 22 février dernier, dans la Salle Philharmonique, devant une nombreuse assistance, récital d'élèves de Mlle Blanche Belleau.Le 1er mars, récital de chant et de piano par les élèves de M.Albert-L.Auger.— La Chorale de Lewiston qui donnera un grand concert le 14 avril prochain, s'est assuré le concours de MM.Rodolphe Pla-mondon et Ulysse Paquin, les deux artistes canadiens-français qui remportent actuellement un si grand succès dans la Nouvelle-Angleterre.FALL-RIYER Concert Lapierre-Poirier Un auditoire nombreux et choisi applaudit les artistes."Variété dans les choix des pièces, fini de l'interprétation, beauté du timbre de deux voix bien cultivées, enthousiasme de bon aloi de la part d'un auditoire aussi nombreux q\ie sélect," ainsi s'exprime le chroniqueur de l"'Indëpendaut", en parlant du concert donné le 17 février, au Temple Hall, par M.Arthur Lapierre, maître de chapelle à Notre-Dame de Lourdes, avec le concours de Mlle Fabiola Poirier, soprano de Montréal de Mlle Ide Roy, pianiste, de Fall-River, et de Mme Arthur Lapierre, comme accom-gnatrice.Le concert se terminant par la représentation' de "Bonsoir Voisin", opérette er 1 acte, de Ferdinand Poise.CHARLES MARCHAND, le folldoriste eana dieu, chante à l'occasion de l'o«Tertur< de la salle Ste-Anne et remporte m succès considérable."Si toutes les jeunes Canadiennes de Fall River, dit l'"Indôpendant", ne deviennen pas fermières après avoir entendu le s vibrant appel de M.Charles Marchand hie soir â la salle Ste-Anne, c'est qu'elles son difficiles à convaincre.Vraiment à l'entendre, c'était à mettre so: bonnet et s'en aller à la prairie.M.Mai ehand a su poétiser le sort de la gentill fermière au suprême degré dans une joli romance, comme sait les rendre cet artist dans les chansons du terroir canadien.Doué d'une voix juste et ayant une dictio parfaite, M.Marchand est un des cUanteiu qu'on aime à entendre toute uue veillée sar jamais se lasser.Pas un mot n'échappe de sorte qu'on jou tout autant de la poésie que de la mélodie LA REPETITRICE Comment enseigner les rudiments de la musique aux débutants.Les parents qui songent à faire apprendre la musique à leurs enfants, les professeurs, les élèves eux-mêmes y trouveront des conseils qui leur seront de la plus grande utilité.Je travaillais, dans le calme et amical silence de mon studio, lorsque le timbre de l'entrée résonna.La porte s'ouvrit et une jeune fille fut introduite.Une jeune fille en qui je crus, d'emblée, discerner un "je ne sais quoi" de désaccordé; peut-être un manque d'harmonie entre l'état présent où elle se trouvait et une situation passée très différente?.Non l'antagonisme devait s'exercer, plutôt, entre le caractère, le degré de culture et la fonction.Elle présentait une sorte de rigidité gauche dans la mise, et une gravité excessive et voulue dans l'expression du visage.Tout de suite, elle parla, avec volubilité, et, non sans commettre quelques irrévérences envers la syntaxe, me dit à peu près ceci : "Madame, je suis premier prix du Conservatoire.J'ai pensé que vous ne donniez peut-être pas de leçons aux débutants, et que vous pourriez, à l'occasion, m'envoyer des élèves.Je suis premier prix à l'unanimité, et pour donner de bonnes leçons, vous pouvez compter sur moi.Je suis sévère.Je ne laisse rien passer." Bien que ce discours eut produit sur moi un effet tout opposé à celui que la jeune fille en attendait, j'eus l'air de mordre à l'hameçon."Ce n'est pas, mademoiselle, que je dédaigne enseigner les rudiments aux enfants, lui dis-je, car, si l'enseignement supérieur offre à mes yeux, un intérêt, évidemment plus considérable, on a, dans la ville que nous habitons, comme dans beaucoup de villes de province, de si rares occasions de l'exercer qu'il faut bien attacher ses facultés d'observation, et consacrer sa bonne volonté à des tâches moins consolantes que celle qui consiste à former des virtuoses, oir plutôt, dc-vrais-je dire, des interprètes, en tous points dignes de ce nom.Mais, bien que je préfère donner à.l'éducation musicale d'un enfant des bases dont je sois sûre, plutôt que de consacrer mon temps à la correction — relative — de défauts longuement assimilés sous l'influence d'autres enseignements, nous pouvons envisager le cas où je vous adresserais des débutants.ou même, des élèves déjà passablement formés, insinuai-je.— Oh! parfaitement, repartit la jeune fille.Je peux prendre des élèves avancés.Je vous l'ai dit, je suis premier prix à l'unanimité."Fort bien, répliquai-je.Malgré que, eu égard au régime artistique auquel on les soumet couramment, le terme "avancé" doive fréquemment s'entendre des élèves comme on l'entend des lièvres, et que souvent, plus ils sont "avancés" moins l'on peut conserver l'espoir de les ressusciter à la musique." Ici, les sourcils de mon interlocutrice s'arquèrent de telle sorte que je compris que ma pensée avait été coulée à "métaphore perdue"."Passons, fls-je; voici un jeune enfant qu'on amène chez vous.Comment allez-vous vous comporter vis-à-vis de lui, au cours des premières leçons?— Je vais lui apprendre ce qu'est une portée, et une clé de sol et une clé de fa, je lui apprendrai aussi le nom des notes, des silences, leurs valeurs, les.les.— Doucement, doucement, interrompisse.J'espère que.avant tout cela, vous aurez à tout le moins, prononcé le mot: musique.— Je vais commencer par là, rétorqua la jeune personne.Je lui ferai réciter, comme clans la théorie: "La musique est l'art qui." — Non, mademoiselle.Vous n'allez pas dévider ces phrases abominables à l'aide desquelles mon premier professeur, que le diable emporte, a fait baisser ma température, au cours de ma première leçon.J'avais huit ans.La semaine précédente, on m'avait menée au concert pour la première fois.L'orchestre Lamoureux, en tournée avec Félia Litvinne, avait joué du Wagner pendant deux heures.Vous ririez de moi si je vous disais avoir compris comme un adulte, (et vous auriez raison).J'avais, du moins, suffisamment senti ce qu'était la musique pour qu'on dût me mettre au lit en rentrant à la maison.Bouleversée, tremblante de fièvre, je n'exprimai que cette fixe volonté: devenir musicienne.Et je vous réponds d'une chose: c'est que, après avoir senti, obscurément, tous les draines et les émerveillements de la vie et de l'imagination, avec une intensité à peine supportable pour des coeurs d'hommes, déferler dans mon petit coeur d'enfant, qui en avait presque cessé de battre, et cela, par la magique vertu de notes assemblées, je savais bien que la musique n'était pas "l'art qui." Ce qu'elle était, je n'aurais pu le dire.Je m'aperçois que je ne le pourrais pas davantage aujourd'hui.Je crois même que si, le couteau sur la gorge, on exigeait de moi une définition, je dirais quelque chose comme: "La musique est un sortilège au moyen duquel, par un miracle inexplicable, et grâce à des notes écrites sur du papier par des êtres d'une qualité particulière, vous pouvez, entre autres choses, être transporté instantanément en Espagne, dans l'Inde, en Chine, voir se dérouler des cortèges religieux ou guerriers, participer à des rites inconnus, à des actions dont vous n'aviez pas, un instant avant, la moindre idée, reculer dans le temps, vivre parmi les hommes d'autres âges, et même, ravi à vous-même, être absorbé par une âme qui n'est pas la vôtre, sentir avec les nerfs, avec le cœur d'un autre, souffrir, être heureux, désirer, combattre, craindre, pleurer, rire, et passionnément, vous identifier à des êtres imaginaires, vivre leurs destins, penser leurs pensées, mourir de leur mort.après quoi, lorsque la dernière note a cessé de vibrer, vous vous retrouvez, non sans désarroi, vous même, un tel, dans votre personnage ordinaire, quotidien.Donc, mademoiselle, vous demanderez, simplement, à l'enfant, s'il aime la musique, et quelle sorte de musique il aime.Remarquez qu'un élève peut fort bien aimer de très mauvaise musique, faute d'en avoir entendu de bonne.Pour peu qu'il soit seulement séduit par les jeux des sons et des rythmes, vous pouvez nourrir l'espoir de rectifier son goût, s'il l'a vraiment mauvais, ou semble l'avoir.D'autant plus qu'il est indubitable que la pire chose recèle toujours une parcelle de beauté, un atome de vérité artistique.Souvenons-nous sans cesse que le génial et l'absurde ne sont souvent séparés que par l'épaisseur d'un cheveu.Cherchons le cheveu.Enlevons cette frêle barrière et introduisons l'élève dans ces régions, toutes proches, de l'art véritable, c'est-à-dire de l'harmonie et de l'équilibre, dont il peut sembler au début, si éloigné.Comment?dites-vous., mais, par l'exemple, u n'y a pas d'autre moyen.Vous ne pourrez jamais faire comprendre la musique à quelqu'un sans lui en faire entendre.Quoi?pendant ce temps-là, l'élève ne travaillera pas?Comment l'entendez-vous?Il aura, au.contraire, travaillé, et mieux encore, acquis énormément, sans autre travail que celui qui aura consisté à ouvrir ses oreilles à la musique jouée par vous, et aux commentaires que vos connaissances et vos méditations personnelles vous auront mise à même de lier à vos exemples musicaux.Vous voulez rendre un être musicien.Il faut donc que vous lui inoculiez la musique.Croyez-vous que vous y parviendrez en lui faisant, sans préambule, nommer: mi sol si ré fa sur la polaire blancheur du papier à musique, où s'allongent les portées, comme cinq fils de télégraphe, indéfiniment répétés, tendus de gauche à droite de la page?Notes, valeurs, etc., sans doute, il faudra que votis appreniez aux enfants toutes ces choses assommantes, vous les leur apprendrez chemin faisant, enrobant au mieux ces désagréables pilules, et toujours ow piano, afin que, de suite, le son écrit, chanté et joué fasse, dans la pensée de l'élève, une seule et même chose; vous aurez fait assimiler ainsi, trois notions d'un seul coup, et créé, en une seule fois, trois automatismes.Mais ensuite, passant sur cette période d'extrême début, je suppose votre élève assis au piano, capable de préparer seul, pour la leçon, des choses simples.Que ferez-vous à ce moment?— Ah! d'abord, j'avertirai les parents de ne pas tolérer tous ces amusements que les enfants cherchent au piano, tels que: reproduire des airs entendus, ou en composer eux-mêmes, pour leur plaisir, au lieu d'étudier sérieusement.— Et vous ferez très mal, mademoiselle.Vous empêcherez ainsi votre élève de se cultiver l'oreille, en faisant, tout seul, de la dictée musicale sans que vous l'y ayiez forcé, comme vous en aviez l'intention, et certainement (entre nous soit dit) de façon bien aride.Vous me faites cruellement souvenir "qu'on ne va pas au Conservatoire pour s'amuser", ainsi qu'on me le répétait souvent, au temps où j'y allais.Vous vous êtes, sans doute, fort ennuyée vous-même, et vous vous en vengez tristement, et, qui pis est, avec conscience, sur les générations qui vous suivent.Et d'abord, vous qui ambitionnez de faire de cet enfant un artiste, ignorez-vous qu'un artiste ne travaille jamais tant que lorsqu'il semble perdre son temps?Si j'avais eu un rejeton, je lui aurais appris à flâner.U y a deux façons de rêver, l'une passive, l'autre active.Dans le cas de votre élève qui rêve au piano, cherchant des mélodies, combinant des accords, il y a action.Ce n'est pas la rêverie de la vache devant l'express, seule condamnable chez un être humain.Favorisez, au contraire, ces études dissimulées, et.promettez à l'enfant que, lorsqu'il aura bien travaillé avec vous, vous lui jouerez quelques thèmes faciles à retenir (chants populaires ou thèmes extraits d'œuvres classiques) qu'il aura mission de vous rapporter écrits, la fois suivante.La compréhension du son et des valeurs acquise, faites-lui observer les ressources de l'intensité, du timbre, du mouvement, etc., et prenez bien garde de lui faire remarquer au moyen de quels gestes vous obtenez les modifications signalées, afin que l'esprit d'imitation aidant, il arrive à reproduire, peu à peu, les effets indiqués.— .En singeant, alors, madame.(moue de dédain).— Parfaitement, mademoiselle.En admettant qu'une hypothèse jadis proposée soit exacte il n'est pas aussi humiliant d'envisager que l'homme puisse descendre du singe que de constater combien souvent il y remonte.Mais, trêve de digressions.Nous ne lisons pas Tristam Shandy.J'aurais bien des questions à vous poser, mademoiselle.mais ma curiosité s'attache, pour l'instant, à la manière dont vous ferez étudier à l'élève les exercices, études, etc., destinés à lui donner la connaissance du clavier et à lui procurer l'agilité.—-Ah! ici, ce sera la tenue qui sera à surveiller! — Vous avez raison, mademoiselle, mais quelle tenue préconiserez-vous?— La tenue correcte.Celle qu'on m'a apprise, madame.Les doigts très courbés, très articulés, avec les mains et les bras tout à fait immobiles; dans les passages du pouce surtout, c'est difficile à obtenir.Mais j'avais, quand j'étais petite, un très bon professeur, qui était très exigeant, pour tout cela.Il me faisait tenir un livre sous chaque bras, pendant que je jouais, et si un livre tombait, il me donnait des coups de règle sur les doigts.— Excellente méthode, en vérité, mademoiselle.J'ai vécu longtemps dans la conviction que les professeurs du genre de celui que vous me dépeignez 'étaient relégués, depuis bien des lustres, dans les galeries de paléontologie.Mais depuis plusieurs années, de nombreuses narrations m'ont été faites qui m'ont enlevé cette illusion.Si l'on n'est plus exposé à rencontrer un iguanodon sur le boulevard, en revanche, on est encore sujet à rencontrer, à.notre époque, de braves personnes entre deux âges, qui vous considèrent avec une lippe de dégoût si vous n'êtes pas capable de jouer la Campanella avec un sou sur le poignet, et prétendent éveiller chez la jeunesse, l'amour de l'art, en fourrant sous les aisselles des garçons et fillettes qui leur sont confiés, des manches à.balais, des brosses, des étuis à lunettes, des trousseaux de clés, etc.On n'imagine pas le nombre et la diversité des objets que l'ingéniosité des personnes dites raisonnables arrive à faire tenir, à force de gifles, sous les bras d'un enfant larmoyant.Et je ne sais qu'admirer le plus, dans le cas de votre professeur, de la façon attrayante dont il enseignait l'art par excellence, celui qu'on pourrait appeler: l'art de l'enthousiasme, ou du respect qu'il avait des livres, ou de l'amour que lui inspirait l'enfance.Sans compter l'inconscience avec laquelle.car enfin, un livre qu'on place sous le bras d'un enfant peut suffire à cette tâche et n'être pas, quant au texte, adapté aux besoins de son âge.Heureux l'enfant à la pression des coudes duquel on n'a confié que le Don Quichotte de Cervantes, et qui s'en tire en ne sachant par cœur, le lendemain, que les proverbes de Sancho.— Mais alors, pour la tenue, madame, que ferez-vous?— Rien, sinon corriger la raideur aussitôt qu'elle se manifestera, et interdire absolument, en tant que génératrice de raideur, cette immobilité dont vous faites une condition essentielle de la "bonne tenue", cette contraction et cette articulation exagérées des doigts; je n'aurai d'ailleurs que peu d'observations à faire, à.ce sujet, à un élève débutant, car cette tenue n'étant pas naturelle, il est probable qu'il ne l'adoptera pas de lui-même.L'élève maladroit, au début, n'a que trop de tendance à la raideur (qui est le résultat d'une mise en défense de l'organisme contre des gestes inaccoutumés).Or, vous la lui enseignez.Parmi ces réflexes de rai- deur, deux gestes, surtout, à interdire: l'éear-tement excessif des coudes et le martellement des touches par le mouvement percutant de l'avant-bras.— Mais que faire?.— Laisser faire tous les autres mouvements; les favoriser même, et inviter l'élève à faire, avant de se mettre au piano, des exercices d'assouplissement des épaules, des coudes, du poignet, et surtout, à laisser retomber ses bras inertes, après les avoir soulevés, afin de bien acquérir la notion du poids, de la force obtenue par le fait, si simple, de peser; du forte maximum résultant, non de l'appui actif du bras, comme dans le jeu martelé) mais de l'abandon absolu du bras, du plein repos musculaire.Il faut que l'élève soit souple, avant tout, que ses articulations jouent bien, que leurs mouvements réagissent les uns sur les autres, en pleine liberté.Pourquoi votre élève joue-t-il du bras?Parce qu'il a le poignet soudé.Que le poignet, souple, se meuve, aide constamment la main et suive ses mouvements, fasse "rouler" celle-ci, dans les traits à passage de pouce, et les choos du bras cesseront d'eux-mêmes.Mais les gammes, arpèges, etc., comment les annoncerez-vous à un enfant jeune?Vous connaissez la répugnance qu'ont les enfants à apprendre tout cela.Il le faudra bien, pourtant.Comment procéderez-vous?— Je lui ferai faire des petites gammes de deux octaves pour commencer.J'ai un cahier où elles sont écrites en grosses notes.Je commencerai toujours la leçon par là, et je dirai gentiment à l'enfant: "Fais bien attention.Si tu fais bien tes gammes, tu n'en feras pas longtemps.".— Admirable! De sorte que pour commencer, vous lui présenterez vous-même les gammes comme des pénitences à faire, et mieux, vous placerez constamment ce "moment redoutable des gammes" au début de votre leçon, de façon à ce que, pour l'élève, entrer chez vous signifie: voir se faner sa joie, sentir le chapeau de plomb de la mélancolie tomber sur sa pauvre tête avec la presque inévitable migraine, et s'installer maussadement, jusqu'à libération plus ou moins tardive, devant un livre où, à chaque ligne, sept notes géantes se présentent, comme sept Leviathans surnageant sur les flots d'un Océan d'ennui.Et, ces gammes, que vous l'aurez accoutumé à faire sur deux octaves, ne faudra-t-il pas ensuite que vous les réappreniez à votre élève, sur toute l'étendue du clavier?Non seulement vous les aurez présentées comme on présente de l'huile de ricin, mais, de plus, vous prierez l'enfant d'avaler cette médecin en deux fois, afin d'en mieux sentir le détestable goût?.— Mais, madame.— Eh bien, voilà: vous ne lui donnerez à lire aucune note, petite ni grosse.Vous remplacez cela par la notion de la tonalité et une règle générale de doigté, soit 1-2-3=1234=1-2-3=1234, et 5-4-3-2-1=3-2-1=4-3-2-1=3-2-1, etc.Quel besoin avez-vous que l'enfant lise péniblement doigtés et notes sur un cahier, alors que votre but est qu'il les connaisse par cœur au plus tôt?.Puis une fois le doigté compris, ce 1-2-3=1-2-3-4, pourquoi l'enfant ne les reproduirait-il pas aussi bien sur 6 octaves que sur une ou deux?La difficulté ne sera pas accrue, et vous serez assurée que les octaves graves et aiguës de l'instrument ne seront pas, longtemps, terre inconnue, tard explorée, qui restera la région des accrocs, lorsqu'on aura à y jeter rapidement les doigts.Puis n'effrayez jamais l'enfant avec des mots.Dites au bambin: "Nous allons apprendre du nouveau.Ecoute.".Mettez-vous au piano, et lancez l'éclair d'une gamme fulgurante sur toute l'étendue du clavier.L'enfant, amusé, battra des mains."Veux-tu essayer, tout doucement.Fais comme moi, direz-vous".De suite, votre jeune disciple se mettra au clavier, avec le désir de vous égaler.Toujours, faites faire ainsi la chose dont vous voulez faire aborder l'étude, et dont vous ne direz le nom qu'après.Faites accomplir des actes, en ne vous servant de mots que le moins possible, chaque fois qu'il s'agira de technique.Quel prodigieux laboratoire est le cerveau d'un enfant! Laissez tomber un mot dans la cornue de cette jeune imagination, et au bout de quelque temps, parfois très vite, vous en voyez sortir une résultante tout à fait inattendue.L'enfant n'est pas lexicomane, et pour cause, n'est-ce pas?Mais chaque mot a pour lui une sonorité évocatrice.'S'il se préoccupe du sens d'un mot, il n'ira pas s'en informer au grave dictionnaire, dont il ne saurait pas même ses servir.Il interrogera le mot lui-même.Selon sa physionomie, il lui paraîtra hostile ou souriant.Il est, pour le bambin, sensible à la musique du mot, des vocables sévères, dansants, ennuyeux, colères, frétillants, terribles, sombres, illuminés.Je me souviens avoir rêvé, toute petite, sur le mot: escarpolette, tombé dans mon oreille, et qui représentait, pour moi une pâtisserie sèche, croquante, servie chaude, présentant des aspérités, et dans laquelle un goût d'amandes prédominait.Si l'enfant applique sans effort un nom à une chose qu'il connaît, il imaginera la chose qu'il ignore d'après l'aspect du mot qui la représente.Si ce mot lui semble rébarbatif, vous êtes perdue, et lui aussi, car il n'apprendra jamais rien.Vous dirai-je encore avec quelle facilité l'enfant accueille les illusions et combien cette constatation peut vous être utile?Quels progrès rapides il vous sera permis de lui faire faire en lui donnant à étudier, d'abord, et ensuite, à simplement déchiffrer (car il faudra insister, très tôt, sur la lecture musicale) des petites pièces à quatre mains dans lesquelles sa partie, facile, sera accompagnée par vous de façon à lui communiquer une couleur, un accent, un fond d'harmonies chatoyantes, grâce auxquelles il s'imaginera faire lui-même quelque chose de plus beau que le pauvre motif qu'il exécute en réalité.Ce système sera appliqué aux études de solfège, également.Ce fond de savoureux accords, de rythmes intéressants vous le placerez sous la ligne de chant, qui, souvent, n'offre pas, en elle-même, un intérêt palpitant, car.j'espère que vous n'êtes pas de celles qui, ayant atteint l'âge de 25 ans, considèrent un accord parfait, en murmurant: "Comme c'est curieux".— .— Vous gardez le silence.N'auriez-vous pas appris l'harmonie?— Non, madame.•—Ah!.il est vrai que jadis, si je n'avais pas tenu bon.j'avais un professeur qui me disait: "L'harmonie! on n'a pas besoin de cela pour gagner de l'argent en donnant des leçons.".Mademoiselle, répondez donc, franchement, sincèrement, à une question qui me brûle les lèvres, et que j'aurais dû vous poser tout d'abord, celle que je vous demandais de poser, en premier lieu, à votre élève.Aimez-vous la musique?.— Madame, on ne m'en a jamais parlé comme vous le faites.Il y a longtemps que j'en fais, mais.— Mais il y a longtemps que vous préparez, avec le moins de fausses notes possible, six morceaux par an, pour les examens, plus un morceau de concours, dans le but d'obtenir un diplôme qui vous permette de vous créer ce qu'on appelle "une situation".Mais, rêvez-vous de musique?Avez-vous, quelquefois, attrapé la fièvre en étudiant une œuvre?Avez-vous quelquefois demandé à un Adagio de Beethoven de vous consoler quand vous éprouviez une grande peine?A une Fugue de Bach de vous tonifier, de vous rendre de l'énergie, lorsque vous en manquiez?A une Estampe de Debussy, de vous emmener au loin, sous les toits des Pagodes, dans l'ombre des forêts d'Extrême-Orient, quand vous étiez lasse de votre vie monotone en cette ville du Nord, dans le déeor trop connu de votre salle d'étude, aux vitres grises, de brume ou lavées de pluies?Et puis, aimez-vous les arts?Fréquentez-vous les- musées?Etes-vous parfois entrée dans une belle cathédrale, et avez-vous ressenti la vertiî puissante de son rythme, de son unité, de son expression?Lisez-vous?Nous parlions des mots, tout à l'heure.L'artiste, lui aussi, doit être sensible à la magie du verbe.Chaque mot d'un beau poème n'est-il pas comme une pierre précieuse qui jette, dans l'écrin du vers, son feu propre?Chaque vers n'est-il pas comme une coupe profonde ou dort un charme irrésistible?Et la musique qui y est enclose, ne coule-t-elle pas, entre les rives de la pensée, avec le flux régulier d'un beau fleuve?— Vous comprendrez, mademoiselle, qu'il me sera impossible de vous confier des élèves.Les lumières qui vous ont été données, relativement à l'art musical ressemblent à celles qui me furent dispensées à l'école primaire, au sujet de l'histoire naturelle, que nous étudions dans un petit livre intitulé: Leçons de choses, où nous potivions lire: "l'ardre est un végétal gui croit un peu partout, mais principalement dans les forêts".Toute la classe apprenait par cœur cette stupidité, que je récitais aussi, la rougeur au front dans la crainte d'être mise en retenue, si je refusais d'y consentir.Pensez à notre conversation d'aujourd'hui, mademoiselle, et appliquez-vous, surtout, à rééduquer votre sensibilité, à aiguiser vos perceptions.Tout cela s'est atrophié en vous.Lisez, allez entendre de belles symphonies, laissez-vous envahir par la musique.Subissez-en l'emprise, pour commencer, le plus naïvement que vous pourrez.Ayez la curiosité des arts plastiques.Baignez-vous dans la Beauté jusqu'à en être submergée.Contemplez les éclatants chefs-d'œuvre jusqu'à ce que vous sentiez, si cela est encore possible, leur splendeur vous aveugler.Cela finira par créer en vous des besoins nouveaux, et peut-être, un jour, ressentirez-vous celui.d'apprendre la musique.Jeanne THIEFFRV.Le Monde Musical.-o- Jïascagiii et la critique musicale.— Mascagni a deux aversions : l'une pour le vinaigre, l'autre pour la critique musicale."Critique et vinaigre, affirme-t-il, sont de même origine."Qu'est-ce que le vinaigre ?Le mot l'indique : du Vin aigri."Et qu'est-ce, le plus souvent, qu'un critique musical ?un compositeur aigri par l'insuccès." BAYEUR FRERES LUTHTBTRS Violon primé au concours de Taris, 1921 Hautement recommandé par le célèbre violoniate Alfred DeSèves 509 AMHKRST MONTREAL Tambours, Xylophone, Marimba Apprenez à.jouer ces instruments correctement d'un professeur expérimenté MAURICE jMEEETE 2274, rue Saint-Denis.Tél.Cal.2957-J 11: J.E.LEMIEUX Réparations de tout instrument ;oiinr de musique ^4 268 Sï-DEIVIS MONTREAL CYRICE MARTIN LUTHERIE ARTISTIQUE Violon d'arliate d'une grande sonorité.Approuvé par plusieurs artistes et luthier bien connue de New-York, S185 ItCÊ STE-CATHEMNE EST Apt.V6 7 Clairval 3«0fl-J MONTREAL La Question du "Quart de Tor)" Nous croyons faire plaisir à nos lecteurs en reproduisant de "Musique et Instruments", la très intéressante étude suivante, au sujet de la "Question du quart de ton" et du "Piano quart de ton", dont nous ont parlé les journaux il y a quelque temps.Dans les numéros du 10 juillet et du 10- octobre 1924, de Musique et Instrument?, on annonce- la création récente de Pianos produisant, non seulement les intervalles de tons et demi-tons, comme le Piano actuel, mais aussi ceux de un quart de ton.D'autre part, dans les numéros du 24 septembre et du 5 octobre dernier, du journal El Impareial.de Madrid-, je lis des- articles rendant compte,, d'après' les journaux mexicains, d'urne Conférence faite à Mexico, en septembre dernier,, par le directeur d'orchestre, M.Julian Carrillc, et ayant pour sujet la découverte d'un nouvel intervalle qui ne serait autre chose que le Quart de ton.Tout cela tend à prouver que l'a question de remploi du qu'art de ton d'ans les compositions musicales commence à préoccuper les musiciens,, au point de vue pratique; et, bien que je soi's persuadé que d'autres personnes seraient plus compétentes et plus désignées que moi pour parler dfe ces questions, je vais, si' vous voulez bien, me le permettre, vous soumettre quelques observations que me suggère l'a lecture des deux articles de El Impareial.Pour ma part, je ne vois pas bien ce que peut' a>voïr découvert M.Carrillo, étant donné que les quarts de ton, de même que l'es tiers de ton et autres intervalles plus petits, étaient connus et pratiqués depuis la plus haute antiquité.En effet, Fétis rapporte que parmi les monuments de la langue sanscrite datant de 4000 ans (plus de 2000 ans avant l'ère chrétienne) on trouve des traités de musique qui parlent d'un système de tonalité dans lequel des intervalles un peu plus grands que des quarts de ton entraient dans la composition et d'ans les modifications d'un grand nombre de modes.De même, chez les anciens habitants de la Perse, l'échelle générale des sons était divisée par des quarts de ton, système de tonalité qui s'est conservé jusqu'au XVHe siècle de notre ère.Enfin les Grecs employaient les tiers de ton.Mais, sans remonter aussi loin, je pourrais citer certain ouvrage publié en 189S, dams lequel l'auteur incitait les compositeurs à employer les quarts de ton, leur indiquant même un système de notation permettant d'écrire, avec la plus grande facilité, les quarts et même les huitièmes de ton, c'est-à-dire le fameux comma théorique pour lequel les musiciens discutent depuis plus de 2,500' ans! Cet appel a même été renouvelé en 1920, quoique plus succinctement, dans une nouvelle édition de ce même ouvrage.Plus récemment, en avril 1922, dans un concert donné à Paris, le quatuor à cordes Pro Arte exécuta une oeuvre du compositeur tchéco-slovaque, M.Alois Haba, écrite dans le système du qu'art de ton.Au commencement de la présente année 1924, un fabricant de pianos, M.A.Forster, de Lobau- (Saxe), a établi et fait entendre un piano à queue basé sur le même système, et produisant tous les quarts de ton dans toute l'étendue du clavier.Enfin, des concerts ont aussi été donnés dans lesquels on a exécuté des oeuvres, avec quarts de ton, pour piano, pour violon, et pour quatuor vocal.Tels sont, à ma connaissance, les faits principaux concernant l'emploi du quart de ton qui, comme on le voit, ne constitue pas une nouveauté.Si M.Julian Carrillo a établi une théorie ou un système harmonique basé sur l'emploi du quart de ton, cela présenterait certainement de l'intérêt pour nos compositeurs.Mais la lecture des articles reproduits par El Impareial laisse plutôt supposer qu'il a surtout voulu faire connaître le quart de ton, ce qui, je le répète, n'a absolument rien de-nouveau.Je puis même ajouter, ce que tout le monde sait d'ailleurs, qu'on peut facilement obtenir des quarts de ton soit avec la voix, soit avec l'un quelconque des instruments à cordes à sons variables (violons divers, mandoles, bandurrias, guitares)', sans avoir besoin de construire des instruments spéciaux.Ce que je trouve d'étrange, et c'est ce qui motive mes explications, c'est que les journaux mexicains qui ont rendu compte de la conférence de M.Carrillo, disent qu'elle a produit une extraordinaire curiosité dans le monde musical.Pour ma part, je n'ai pas connaissance que sa découverte (si découverte il y a), ait produit dans le monde musical européen l'émotion dont parlent les mêmes journaux, et je doute même fort qu'elle se produise.D'autre part, M.Carrillo parlant de l'échelle des- harmoniques, a dit que sur les 16 premiers harmoniques, il y en a 8 de faux, et que le la du diapason, avec lequel on accorde nos orchestres, n'existe même pas dans la nature.Cela encore n'a pas été découvert par M.Carrillo.Tous les musiciens savent, en effet, que certains sons de l'échelle des harmoniques ne sont pas exactement représentés; mais cela provient de ce que le système actuel de notation par dièses et bémols n'est pas suffisant pour noter des intervalles plus petits que le demi-ton.Alors on a représenté ces sons par des à peu près, par faute d'une notation plus précise.Mais je termine.En écrivant ce qui précède je n'ai nullement l'intention de diminuer en quoi que ce soit l'importance des travaux que peut avoir réalisés M.Carrillo, relativement à la ques tion du quart de ton, travaux que je ne pourrais d'ailleurs ni critiquer ni discuter, n'ayant pas à ma disposition des éléments suffisants pour cela.Mon but est simplement de prévenir et mettre en garde les musiciens, auxquels on paraît vouloir présenter ces travaux comme une découverte sensationnelle, capable de révolutionner l'art musical! Nous n'en sommes pas encore là; et bien qu-'aiyant toujours prôné depuis plus d'un quart de siècle l'emploi du quart de ton, je ne le crois pas encore capable d'imposer son usage à bref délai.Pour le moment, je me contente de constater, tout simplement, que l'idée fait son chemin.Allons, encore rare utopie qui est en train de devenir une rêaîîtéï Et ce ne sera pas l'a dernière, car le progrès marche, et bon gré, mal' gré, il faut le suivre.A.FREMOND. LE MOIS THÉÂTRAL Par Fabrio Les soirées du "bon vieux temps".— Cinquième spectacle des Compagnons de la Petite Scène.— Une troupe française au Théâtre de l'Orpheum.— La revue " Police.en.quête ?" de M.Roméo Poirier.Il y a longtemps que je n'ai pas exercé mes droits de critique.Et, vraiment, si l'explication s'impose, j'avouerai tout simplement que je me suis éloigné du fatras de nos théâtres pour goûter la solitude de l'hiver à la campagne.Là, près des bons vieux bouquins, je me suis reposé d'une saison dramatique, fiévreuse et mouvementée.Mais un mot de notre sympathique rédacteur m'a tiré du songe bleu où je me perdais avec indolence.Et voici les spectacles du mois que j'ai suivis comme autrefois, il m'arrivait d'assister aux représentations du Théâtre National ou à celles de l'Alliance Artistique.* * * Tout d'abord, le "Mardi-Gras", au Théâtre du Monument National, a sollicité ma présence comme celle d'un nombre considérable de spectateurs.Je n'ai jamais tant regretté de me trouver à cette soirée du "bon vieux temps", organisée à l'improviste par M.Conrad Gauthier qui a le tort de dire des monologues en lavallière.Il est grand temps que l'on mette fin à cette ridicule et inutile parade de "canayens" en perruques carotte, en pantalons rapiécés, en chemises d'étoffe du pays, et en souliers de bœuf (prononcez "bœufs" si vous voulez! ).A quoi bon nous ridiculiser davantage?Comme si Ladébauche ne nous suffisait pas! Encore, je pardonnerais à M.Conrad Gauthier et à ses joueurs d'os de se présenter sur la scène du Monument National s'ils venaient nous donner une véritable soirée de folklore.Mais Dieu me garde d'appeler folklore les inutiles pitreries qui sont exécutées au cours de ces séances du mauvais vieux temps!.On y parle une langue farcie des plus atroces anglicismes et si vraiment nos pères avaient cette grossièreté de langage et de tenue, je demanderais à M.Conrad Gauthier d'en priver désormais la scène canadienne-française.U y a de quoi rougir.Ce qui m'apparaît encore plus dangereux pour notre réputation, c'est que des étrangers aux cerveaux préjugés pourraient assister à de semblables épluchettes de langue française.Ils emporteraient de nous un souvenir qui les ferait rigoler pendant de longues années!.* * Les "Compagnons de la Petite Scène" constituent chez nous le théâtre d'avant-garde, ainsi appelé parce qu'il crée une voie dans le domaine de la production dramatique.Nos dramaturges manquant et nos directeurs de théâtre ne se souciant guère d'en trouver, on tombe dans le sentier battu des scènes irrégulières de Paris.Imitant Copeau, Dullin, Gaston Baty, Pitoëff, et Louis Jouvet, les "Compagnons de la Petite Scène" inscrivent à leur répertoire des œuvres françaises qui cadrent bien avec leurs idées d'avancement littéraire et artistique.Le cinquième spectacle des "Compagnons de la Petite Scène" comprenait deux pièces: "La souriante Madame Beudet" d'Amiel et Obey, et "Le Souhait de Colombine." Je dois m'incliner devant un si bel effort et devant un désintéressement complet.Car les "Compagnons de la Petite Scène" ne jouent pas pour faire de l'argent.Le succès artistique est pour eux le plus important.En ce cas, qu'ils me permettent de critiquer leur choix.La "Souriante Madame BeudeÇ" est une mauvaise pièce.Elle a connu, à Paris, une certaine renommée grâce au talent tout à fait remarquable de Mlle Greta Prozor et de M.Jacques Baumer.Mais, dépouillée d'une extériorisation aussi lumineuse, la pièce paraît d'une platitude désespérante.Les personnages sont grotesques, factices et tiennent plus du guignol que de la vie de province.Les interprètes de la "Petite Scène" ont fait de leur mieux pour animer ces fantoches.M.Lefebvre (Beudet) et Mlle Jeanne de Pocas (Mme Beudet) méritent les plus vives félicitations pour leur souci de vérité et leur recherche constante du naturel qu'ils trouvent assez souvent.On m'excusera de ne point parler du "Souhait de Colombine" qui est d'un ridicule achevé et d'une niaiserie enfantine.* * C'est avec une gêne considérable que j'entreprends de dire quelques mots au sujet de la troupe française qui a tenu l'affiche pendant le mois dernier, au Théâtre de l'Orpheum.Cette troupe disparate, privée d'une vedette féminine retenue à Paris par la volonté d'un amoureux inquiet, a joué "La fleur d'oranger", "Chambre à part", "La huitième femme de Barbe-Bleue" et s'est arrêtée là pour aller continuer en province la série de ses représentations.Remarquez bien que la troupe recrutée par M.Berteaux valait maintes compagnies qui ont paru sur nos scènes.Mais nous sommes devenus dfficiles.On nous a gâtés.Le public juge encore plus sévèrement que moi la valeur des artistes.Les acteurs de M.Berteaux n'ont pas trouvé grâce devant lui.Aussi faut-il s'incliner devant sa décision qui est cruelle et sans recours.* * * "Police.en.quête" est une revue en deux actes et quinze tableaux que M.Roméo Poirier vient de faire représenter au théâtre de l'Orpheum, pour succéder à la troupe de "comédie gaie".M.Poirier est un nouveau venu dans notre monde dramatique.Il passe avec raison auprès des gens intelligents pour un homme spirituel et d'une plaisante originalité.Et cette réputation nous a valu un spectacle humoristique sur l'enquête de la police.Malheureusement, on ne s'improvise pas plus revuiste que comédien ou chef d'orchestre.Il faut un apprentissage.M.Poirier en est à ses débuts.Ses dons de fantaisie et de bonne humeur se trouvent de la sorte noyés dans un flot abondant de tableaux brossés d'une main inexpérimentée et clochant d'un bout à l'autre.C'est regrettable.Il ne manque pas de gens de métier auxquels l'auteur de "Police.en.quête" aurait pu soumettre son manuscrit avant de le jeter devant l'œil du public.Cependant, la verve de l'auteur est si joyeuse, son humour si plaisant, que l'on oublie bien des défauts.Et, nous devons souhaiter que M.Poirier ne s'arrête pas en si bonne voie.L'expérience de "Police.en.quête" devrait, si j'ose dire, porter ses fruits.Est 1866 G.BRENTA Décoration française d'intérieurs Consultez-nous pour la décoration intérieure de vos appartements, telle que: rideaux, draperies, etc.; également ameublements de première qualité faits à ordre.SATISFACTION GARANTIE 805 ST-DENIS MONTREAL _^_ A.J.BOUCHER ENRG.28 est, rue Notre-Dame, MONTREAL A l'occasion des fêtes de Pâques, nous offrons une variété de messes, de motets, pour offertoire, de musique appropriée pour Pâques.Cl des condition exceptionnellement avantageuses.Nous avons toujours en mains un grand choix de musique classique et moderne pour satisfaire tous les gouts.Un piano est a.la disposition de l'acheteur pour essayer la musique.T,a maison A.J.Boucher est reconnue pour le service courtois qu'elle donne à sa clientèle.Téléphone: Main 1850 Iabrnlrïe théâtrale: "Pièces do théfitre, Chansonniers et Monologue» (Répertoires des comédiens et monologuistes célèbres.) 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EUROPE FRANCE — M.Marcel Journet, la célèbre basse de l'Opéra, .qui possède taut d'admirateurs au Canada et aux Etats-Unis, et qui chante actuellement à la "Scala" de Milan, vient d'être décoré de l'Ordre de "Chevalier de la Couronne d'Italie".— "La Forêt Bleue", le délicieux ouvrage de MM.Jacques Chennevières, pour le livret, et Louis Aubert, pour la partition, et qui triomphe à l'Opéra-Comique, sera représentée au cours de la saison prochaine, à Anvers, en Angleterre et aux Etats-Unis.PARIS Le ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts vient de renommer M.Jacques Rouché directeur de l'Opéra pour une nouvelle période de 7 ans.Académie des Beaux-Arts.M.Alfred Bruneau vient d'être nommé membre de l'Académie des Beaux-Arts, pour y occuper le fauteuil laissé vide par la mort de Gabriel Fauré.La section de musique de l'Institut est maintenant au complet.Il est curieux de noter que les trois plus grands musiciens français actuels, MM.Vincent d'Indy, Paul Dukas et Maurice Ravel, n'en font pas partie.Nouveautés.On annonce les créations d"'Esther", de M.Mariotte, pour le mois d'avril à l'Opéra; de "La Hussarde", opérette de Félix Four-drain, à la Gaîté-Lyrique ; de "Pas sur la bouche", opérette de M.Yvain, au théâtre des Nouveautés.On annonce à l'Opéra les reprises de "Boris Godounow" et de "Padmavâiti".— Les Ballets russes donneront quelques représentations au mois de mai.' Académie Nationale.Gala du Cinquantenaire de l'Opéra.— "Le Triomphe de l'Amour", de Lulli, avec Mmes Cesbron-Viseur, Campredon, Laval; "Les Huguenots", de Meyerbeer, avec Mlle Yvonne Gall, MM.Franz et Rouart; "Miarka", drame lyrique, musique de M.Alexandre Georges, avec Mmes Lyse Charny, Yvonne ' Gall et M.Ducîos.Opéra-Comique."Polyphène", de M.Jean Cras, avec Mlles Yvonne Brothier et Nini Roussel, MM.Albers et Viliabella; "La Navarraise", de Massenet, avec Mlle Sibille, MM.Fraikin et Azena; "Quand la Cloche sonnera", de M.A.Bachelet, avec Mmes Balguerie et Candora, MM.Lapelletrie, Lafont, Oger et Duprë.Trianon-Lyrique."Monsieur de la Palisse", de Claude Ferrasse.NICE L'Opéra de Nice vient de créer avec grand succès, "Satan Vaincu", opéra en 3 actes de M.Alfred Kullmann.Voici ce qu'en dit M.Ch.Tenroc, critique musical du "Courrier Musical" : "C'est une histoire d'amour toute imprégnée des mysticités de troubadours, conçue par le compositeur lui-même en même temps qu'émanée de l'ambiance poétique et musicale qui lui est chère.Alsacien, M.Kulmann ne pouvait s'attendrir à un thème plus propre à élargir son inspiration que cette légende née à l'ombre de la Cathédrale de l'Alsace.Il lui restait à la réaliser par la gravité d'un dessin où s'unirait à la fantaisie des contes idylliques la foi profonde du Moyen-Age.Unie dans le style, la.partition se poursuit sans découpages en tranches, selon la forme symphonique qui sert de parure mobile à la déclamation et à la structure de ses rythmes, sans disproportion entre l'idée et le verbe qu'elle épouse sans sécheresse ni noblesse.L'orchestration atteste un soin méticuleux: de l'artisan préoccupé sous la combinaison harmonique, de laisser congrûment sonner la symphonie préférée.L'opéra de Nice a présenté cet ouvrage avec la plus louable conviction esthétique." MONTE-CARLO L'Opéra de Monte-Carlo vient de donner deux premières, la "Mille et Quatrième" de M.Xanrof et la "Bonne Aventure" de M, Guillot de Saix, ces deux oeuvres, pour la musique, de M.€.Kufferat'h.La "Mille et Quatrième" est, on le comprend de suite, une aventure de Don- Juan.Sur cette histoire, où Don Juan ne paraît guère à son avantage, M.C.Kufferath a écrit une musique mélodique et charmante, très adéquate aux diverses situations qu'elle souligne.La "Bonne Aventure", assure-t-on, et nous voulons bien le croire — est une histoire réellement vécue par Alfred de Musset.La partition de M.Camille Kufferath est toute parfumée .d'une délicieuse musicalité, d'une vie gaie et saine et sait passer du rire jovial au sourire distingué, voire raffiné.L'orchestration, tout esprit et finesse, témoigne de la "patte" solide et avisée de l'auteur.ITALIE Rome Journet triomphe dans "Louise" Après de magnifiques représentations de "Falstaff" et des "Maîtres Chanteurs", le Théâtre Constanzi vient de reprendre, pour la première fois depuis 1916", "Louise", de Charpentier, avec Geneviève Vix, dans le rôle-titre; Signora Gramegna; le ténor Merli et la basse Journet, dans le rôle du père.Sa voix, solide comme le bronze, sa haute stature, en font un type idéal de l'ouvrier parisien.— On vient de créer à Lucca, en Toscane, un nouvel opéra intitulé "Edelweiss".La musique- est de Luigi Baldi.— "Musica d'oggi" nous apprend que F.Schnapp aurait découvert récemment le plan entier d'un "Tristan et Iseut", dans les papiers de.Schumann.Le projet, daté de 1S46, serait antérieur de huit ans à- l'opéra de Wagner écrit de 1S54 à 1S59.BELGIQUE Bruxelles.—Le Théâtre de la Monnaie a fait une très bonne reprise de "Rhéna" le drame lyrique du compositeur belge Van- den Eeden, décédé il y a quelques années.Lrou-vrage, joué en 1912, obtint alors un très grand succès pour ses qualités de vie, de couleur et d'intérêt dramatique.Liège.—Le Conservatoire vient de donner le '^'Désespoir de Judas", scène lyrique de Sylvain Dupuis pour baryton solo, choeur d'hommes et orchestre qui, par son accent dramatique, burina profondément les sensibilités.ANGLETERRE Le Norwich Cathedral Choir est le plus ancien de Grande-Bretagne.Ses origines remonteraient à l'année 1330, époque à laquelle la cathédrale fut construite par Herbert de Losinga, Ce Losinga venait de Fecamp qui possédait un orgue alors fameux.Il était bon musicien.ALLEMAGNE La ville de Dresde construit une immense salle d'auditions, susceptible de Gontenràr vingt mille auditeurs, en vue du grand" festival saxon de chant choral qui- se déroulera à Dresde au prochain mois de juin.— L'Opéra de Dresde a donné la première représentation de "La Main et le Coeur", opéra en deux actes de M.Kurt Steigler, d'après le drame d'Anzengruber.Un inédit.Dans les archives d'une maison d'édition musicale berlinoise vient d'être retrouvé le manuscrit original d'un choeur, de petites proportions, écrit par Beethoven à l'occasion du mariage de Giannatasio del Rio, lequel fut célébré le 6 janvier 1819.Cette jeune personne était la fille du maître de pension auquel Beethoven avait confié, à cette époque, l'éducation de son piètre neveu Charles.— Qui l'eût cru : C'est une oeuvre française, "Carmen",, qui- a obtenu le plus grand nombre de représentations à.Berlin, durant la dernière saison, paraissant 56 fois- à l'affiche.BERLIN Prihoda et Kubelik Deux vforonistes Tchéco-Slaves ont attiré ces jours derniers l'attention des mélomanes berlinois : Vasa Prihoda et Jan.Kubelik.L'un, une étoile qui se lève; l'autre, un astre qui s'éteint.Prihoda, comme Kubelik, est une merveille de virtuosité et d'élégance.II possède de plus cette vigueur juvénile que l'autre n'a plus.Prihoda a remporté un succès considérable, mais Kubelik a désappointé son auditoire AUTRICHE La première représentation de "Oui", opérette de M.Mascagni, vient d'être donnée avec succès.ESPAGNE Le Théâtre San'Carlos, de Lisbonne, vient de donner quelques représentations d'opéra en français.MM.Dufranne et Laffltte, qui firent autrefois partie de la Compagnie d'Opéra de Montréal, y ont été fort goûtés, notamment dans "Thaïs".Tél.Eut 9668.4876.Le meilleur repas a 40 cts A la Ville de Paris Restaurant Parisien «lr RUE SAINT-LAURENT Cuisine Soignée Service Rapide Bière et Vin F.A.LHOUMEAU, prop.Mnroti-âal PUNDE & BOEHM Coiffeurs pour dames, Parfumeur! 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