La lyre, 1 janvier 1926, no 38
Six mola.11.60 l'n itn.f S fi* Deux ana.14.(1 L'unité.U Numéro» dea mola écoulée .11 Primée «( rtcompenMi eont donne*» pour 6 abonnamenta ou plua.La manière la plua eûre de recevolt régulièrement "La Lyre", c'eat d'être inscrit aur noa llatca d'abonnée.Pour cela, Il voua faut noua envoyer votre nom el votre adreaae.avec le montant de l'abonnement »n timbrée, chèque nu pair ou mandat poète AOr**eiwa to .A COMPA4 •LA ommunlcatlone à: ,n u m II BUM \TION l.ïKK".Limitée EXPIRATION : — Etant donné le caractère éducatlonnel de "Let Lyre", un bon nombre de noa lecteura désirent i voir toua lea numéro» En conaé-i: )n R^nublique.M Ah'^a'-.et du Ministre de l'Instruction Publique, M ip Dr sn"ftrnn.PV^t e^sn! t e 1 n f nri'i a "on d'un orchestre municipal, Vepuis la saison d'opéra, il joue au Théâtre "Colon"; après la saison, a lieu une série de concerts symphoniques sous la direction du chef d'orchestre Argentin Céleslino Piaggin et un chef étranger — l'an passé, ce fut Gregorlo Fitelberg.A côté du cet orchestre, la "Socledad Orguestal" donne un cycle de séances sous la direction de M.E.Ansermet (les samedi et dimanche).La "Sociedad Naclonal de Buenos-Ayres" (président, Flow M.Ugarte) donne six a huit concerts par an composés des oeuvres nationales les plua remarquables.Deux séances sont réservées à la musique des autres pays Sud-Américains.La plus ancienne société est "Diapason"; elle donne une audition par semaine; son public est plus spécialement l'élite aristocratique.Le quatuor du "Diapason" est composé de MM.Edmond Welngand, Roque Citro.Ricardo Rodriugez, J.Leondas, Piag-gio.Sur une base plus populaire, la "Associacion "Wagneriana" donne également une audition hebdomadaire.Plusieurs sociétés chorales se font entendre: la "Fociedad Cultural" sous la direction de M.Ricardo Rodrguez.Elle donna l'année dernière "Le Roi David" de Honegger, "Stabat Mater" de Pergolèse, "Cantate" de Bach.La Société Chorale allemande a exécuté le "Requiem" de Mozart, celui de Brahms."Les Saisons" de Haydn.Signalons la Société "Le Madrigal"."Une société Italienne donne des auditions de musique de chambre et quelques concerts de musique italienne.Mentionnons enfin les Quatuors Fontora et Rossecger.C'est a, l'aide de ces éléments déjà puissants que les compositeurs argentins s'efforcent de créer une orientation originale, un art national basé sur la double tendance du folklore ethnique et dea écoles européennes.— A.B.RUSSIE — Moscou, en décembre, a vu deux nouveaux opéras."Stepan Razine" de Trlodlne et les "Deca-brits" de Zolotareff.Si Triodine, véritable amateur, ne fait en somme que marcher sur une voie pavéo des souvenirs de GUnka.de Borodine, Moussorgsky' et Rlmsky-Korsakoff, sans apporter rien de nouveau, Zolotareff, au contraire, s'est montré un musicien accompli, connaissant admirablement l'écriture musicale, faisant preuve de sincérité et d'Imagination: on pourrait souhaiter peut-être un peu plus de clarté et de véritable puissance.— Deux concerts de musique moderne ont été donnés a Moscou par l'Association de Musique contemporaine.A ces concerts, sous la baguette de Constantin Saradjeff, on a exécuté "Village Symphonie" d'Alexandre Kastalky, "Egypte", suite d'Alexandre Dzeguelenok."Petite Histoire" pour orchestre, et deux mélodies de Mme Julia "Welss-berg (Miss Brian, soliste) ; de M.Maximilian Steinberg."l'Invocation d'Annh", tirée de sa cantate "Coeur et Ciel" (d'après Byron), et "Midas".deuxième tableau du ballet "Les Métamorphoses", d'après Ovide.— A Leningrad, l'Opéra d'Etat a représenté un nouvel opéra: "La Révolte des Aigles": c'est l'irs-toire de la révolte de Fougachew.Très prochainement, on donnera "l'Amour des trois Oranges" de Prokoflefr.— A Leningrad est mort le critique musical bien connu.Viacheslau Karatygulne.— Levind Snbaneioff a publié à Moscou son nouvel ouvrage sur Scriablne.contenant ses propres souvenirs sur le génial compositeur russe.Dans ciiolnues jours paraîtra un volume consacré au romrifvsltour et théoricien Serge-Ivanovitch Taneïcff.°*i remarciuera notamment un article de Serge T'^t-off analysant les oeuvres non terminées et non oubliées de Taneief.L"'Etude du canon" de ce dernier a été revue et sera publiée parmi les oeuvres posthumes.SUISSE Au Palais ans Expositions de Genève sera organise en mai-.1uin 1927 une importante Exposition Internationale île la Musique.CLARINETTE ET SAXOPHONE René-R.Jolicoeur 3932'rue Drolet Tél.Calumet 4903-F LUCIEN JOiJCOEUR Studio» imh^î^trT^r™ ^TTihem 1985.FLUTE ET PICCOLO Roger-R.Jolicoeur 1089 rue Cartier Tél.Amherst 19S5 INSTITUT LAROCHE College Classique Commercial — Brevet» Leçons strictement privées — Jour et soir — Deux Cours spéciaux de Diction .303 RUE ST- DENIS, Face Théâtre St-Denl» Téléphone: Est 7496 Par FABRIO Le sacrifice des artistes dramatiques.— On diminue les salaires.— Epoque de revues.— Revue par-ci, revue par-là ! — "Sabotage" ou l'art d'accommoder les pièces de Grand-Guignol.— Le respect des droits d'auteur.— Un pillage manifeste.— 11 faut remédier à cet état de choses.— Les différents genres de plagiat.— M.Maurice Pelletier, au Saint-Denis.— Un concours de pièces religieuses.—La "Passion" de M.Eugène Lassalle.Le Carême a créé dans le monde des théâtres certaines perturbations voisines du désastre.Les entrepreneurs de spectacles ont offert à leurs artistes des diminutions de salaires.que la plupart ont acceptées.Et pourquoi pas ?Il faut bien vivre.Notez cependant que durant les bonnes semaines, alors que l'argent affluait à la caisse, jamais les directeurs n'eurent l'idée d'augmenter le cachet de leurs pensionnaires ! En définitive, c'est toujours l'artiste qui écope ! Cet état de choses paralyse beaucoup notre mouvement théâtral."Quand ça paye, il y en pour les interprètes; quand ça val mal, le directeur demande aux artistes de faire des sacrifices." Des sacrifices ?Mais les malheureux ne font que cela depuis le début de la saison: répétitions supplémentaires, rôles ingrats, doublures, etc.Est-ce que cela compte ?Autant en emporte le vent ! Injustice, ton nom se crie bien souvent dans les coulisses de nos théâtres ! Nous voici plongés dans l'époque des revues.C'est comme dans les "Cloches de Corneville": Revue par-ci, revue par-là, Que dit's-vous de tout cela ?Il m'est arrivé d'entendre récemment deux de ces revues empruntés à tous les music-halls en vogue.J'en ai conçu un ëcoeurement complet.Comment peut-on abaisser le théâtre français à un tel niveau?Car, de l'esprit, ne pensez pas en trouver la.moindre parcelle dans ces spectacles cousus, ou plutôt décousus, tant bien que mal.Mais des plaisanteries grasses, des sous-entendus, des farces de juif, de nègre et d'américain, des chansons à peine adaptées de l'anglais, vous en trouverez en quantité.Mais il y a mieux.Dans une de ces deux revues, j'ai trouvé textuellement une pièce de Grand-Guignol intitulée "Sabotage" que j'avais entendue à Paris, lors de la création.Pendant quelques minutes, je crus que je révais.Il ne se pouvait vraiment pas que l'auteur de cette revue ait eu la malencontreuse idée de copier textuellement une pièce d'un auteur connu et joué au Théâtre du Grand-Guignol.Et pourtant je dus me rendre à l'évidence.Il n'y avait pas un mot de changé.Mais l'auteur de ce sabotage avait mal copié la pièce: ce qui fait que l'on relevait ici et là de grossières fautes de syntaxe.J'ignore si le représentant des droits d'auteurs à Montréal est au courant de ce plagiat manifeste.Mais il est certain que l'auteur de "Sabotage" ignore la mésaventure dont il est la victime.S'emparer d'un texte qui ne nous appartient pas, le signer de son nom, n'est-ce pas un acte à la fois malhonnête et lâche ?Le malheureux qui vole un pain ou la passante qui saisit une paire de gants à la devanture d'un magasin sont certes moins coupables que l'auteur de revue qui s'approprie la pièce d'un autre.Car le fruit de plusieurs mois de pensée de méditation et de travail est cent fois plus précieux que la marchandise d'un étalage.Le plagiat est devenu le pire danger de notre douzaine artistique.Souhaitons que le représentant des Droits d'Auteurs se montre moins complaisant pour de tels "sabotages" et qu'il mette fin h un scandale aussi honteux.Le plagiat ne réside pas seulement dans le fait de prendre pour soi l'oeuvre d'un autre ou de voler ici et là quelques passages utiles.Tout directeur de théâtre ou régisseur qui se permet de changer le texte d'une pièce ou de la raccourcir pour y intercaler des couplets de son choix est un plagiaire d'une espèce également condamnable.Encore une fois, il s'agit de surveiller plus étroitement toutes les représentations théâtrales et de châtier sans merci les vandales qui ne savent pas reespecter l'oeuvre d'autrui.La saison théâtrale tire à sa fin.Trois théâtres de comédie tiennent bon, tandis que les music-halls anglais connaissent un regain de vitalité avec la reprise des grandes attractions de comédie-musicale, au Théâtre Princess.Mais c'est encore la revue qui prédomine.Elle est presque toujours vulgaire et inspirée, comme je l'ai dit plus haut, du burlesque américain.Sa moralité est presque toujours reprehensible et parfois condamnable.La censure n'exerçant aucun droit sur les spectacles, les entrepreneurs de revues s'en donnent librement et grivoi-sement.Si bien qu'un mari qui se respecte pourrait hésiter d'y conduire son épouse.Je ne veux pas me montrer plus délicat que je ne suis, mais je vous assure que certains tableaux et certaines chansons dépassent la mesure.Au Saint-Denis, c'est M.Maurice Pelletier qui assume maintenant la charge de directeur artistique.Après avoir accompli un beau travail sur la scène de cet immense théâtre, M.Raoul Léry est allé ailleurs manifester son talent.D'aucuns regretteront son départ et l'espèce de désinvolture qu'il apportait dans la mise en scène et la présentation de ses spectacles.M.Maurice Pelletier, dont l'expérience ne fait pas de doute et que nous admirons depuis le commencement de la saison pour la sobriété et la justesse de ses rôles, saura assurément mener au succès les représentations de drame et de comédie, au Théâtre Saint-Denis.Un vrai concours de "Passion" s'est établi pour la Semaine Sainte.Les théâtres et les cinémas ont rivalisé d'ardeur pour donner au public un spectacle édifiant.De tous ces drames sacrés, le plus intéressant est assurément celui de M.Eugène Lassalle.Son oeuvre est essentiellement "théâtre".M.Lassalle, acteur, a écrit tous les rôles comme s'il les jouait lui-même.Il en résulte une puissance dramatique indiscutable.Mais était-il vraiment nécessaire de choisir la "Semaine Sainte" pour aborder un sujet religieux ?Ne s'agit-il pas plutôt d'attirer le public avec un drame sacré, pendant une semaine oil les montréalais s'abstiennent d'aller au théâtre ?MARIA LAPORTE PROFESSEUR LICENCIE EN MUSIQUE PIANO, THEORIE.HARMONIE Résidence: 577 PLESSIS.MON'TBEAl.Tél.: Est 820G-F DINERS-CONCERTS Tons les dimanches au Qaeen's.Quelques-uns de nos artistes distingués prêtent leur concours et chantent au cours du dîner, de 6 à S heures.G.R.MARKOWSKI Directeur Musical Prix ordinaire: un dollar.MONTREAL Téléphone' Plateau 6347 DOCTEUR PREVOST Des hôpitaux de Paris, Londres, New-York SPECIALISTE Traitement des maladies chroniques 34, rue Hutchison (près Sherbrooke) MONTREAL 4 La question des droits d'auteur Devant les Chambres à Ottawa Si une question a fait couler beaucoup d'encre c'est bien la question des droits d'auteur.Il est difficile d'admettre que l'inventeur d'un bouton à pression, ou d'une marque de cirage quelconque, soit protégé par la loi, et que le compositeur Cl.Debussy et le poète Rostand, ne le soient pas.Mais il est certain que la modalité d'application de cette loi est terriblement difficile, puisque de grands esprits comme Messager, Pierné, Ysaye et bien d'autres n'ont pu s'arrêter à des textes clairs et admissibles.Il y a des malhonnêtes gens qui voudraient bien payer une taxe à l'inventeur d'une corde à linge, mais qui se refusent de payer une royauté aux auteurs des pièces de comédie ou des messes qu'il leur plaît d'interpréter.Il y a dans la loi actuelle des choses que le Canada ne doit pas admettre.Je vais donner quelques exemples pour rendre clair ce que je veux dire: 1.Un musicien va acheter un morceau de musique chez un marchand qui paie licence pour faire ce commerce, et qui a acheté de l'éditeur-propriétaire ce que son client lui demande.Eh bien! la Société des Auteurs ne veut pas permettre à ce musicien d'exécuter ce morceau en public sans payer un droit supplémentaire.Cela, c'est abusif.Le musicien n'achète des morceaux que pour les exécuter; donc si l'éditeur-propriétaire les lui vend, par l'entremise du marchand, il doit pouvoir les jouer et les exécuter quand, et où cela lui plaît.Sinon, que l'éditeur le mette sur le couvert du morceau et il s'apercevra vite que les clients qui le visiteront, ou plutôt qui visiteront les marchands de musique, seront tellement rares qu'il devra ou fermer boutique ou chercher autre chose.2.Le propriétaire d'une petite salle de danse va chez le marchand de disques acheter les derniers airs de danse.Il les paie le prix fixé par l'éditeur du disque lui-même, et se croit en droit d'en user et de les jouer si ses clients le lui demande.Eh bien! d'après la loi actuelle, le pauvre propriétaire a lé droit d'acheter et de payer des disques, mais n'a nullement le droit de s'en servir sans payer de droits d'auteur.Cela ne peut pas et ne doit pas être.3.Un chef d'orchestre, un chef d'harmonie ou de fanfare va acheter chez le marchand de musique un morceau comprenant les parties de chacun des instruments de sa société.Il a le droit de payer ce morceau, Ondulation Permanente $15.00 Réduction durant les mois d'hiver Le célèbre système "Nestle" PUNDE.& BOEHM 119 Metcalfe 262 Ste-Cath.E.Up.3161 Est 6320 Ondulation permanente Nestlé lî a le droit de les faire apprendre à ses musiciens, mais il n'a pas le droit d'exécuter ces mêmes morceaux en public, sans payer des droits.Cela est encore abusif absurde! Naturellement dans le cas du chef d'or-chestr, du maître de chapelle, s'il s'avise de n'acheter que la partie conductrice d'une oeuvre et de copier à, la main, ou par tout autre procédé, les parties de voix ou de choeur, naturellement il est passible d'une amende, car il commet une malhonnêteté.A ce propos, permettez-moi de trouver un peu bizarre la pratique des maîtres de chapelle de copier les parties de messes, de motets, de cantiques.Cette pratique malhonnête est encore constante, et Messieurs les Curés ne devraient pas la tolérer davantage.Si je n'admets pas qu'un éditeur qui a vendu et qui met en vente également les parties pour chaque exécutant, si je n'admets pas, dis-je, que cette vente régulièrement faite, il y ait quoi que ce soit à payer en plus, je n'admets pas qu'un maître de chapelle se permette de copier et ainsi prive d'un bénéfice légitime l'éditeur et le compositeur.Pour les grandes oeuvres: Opéras, Oratorios, Musique Symphonique, la musique pour l'orchestre et les choeurs ne se vend pas.Elle se loue.A chaque location, la somme, versée à l'éditeur, couvre les droits d'auteurs, en même temps que l'intérêt légitime de l'éditeur.Le contrôle, dans ce cas, est facile et admis par tous.Les sommes engagées par les éditeurs dans ces oeuvres sont souvent considérables et méritent une juste rétribution.Cependant, nous ne sommes pas prêts à admettre qu'ils n'exagèrent pas souvent.Ainsi, on a pu lire dans une revue musicale française que l'éditeur du "Roi David" de Honneger a payé son oeuvre 500 francs suisses, soit $100.00.En plus, il a eu à faire graver la partition, les copies des choeurs, le matërel d'orchestre.- Je ne prétends pas évaluer au juste ces divers items, mais je sais que l'éditeur a donné ses droits pour cet ouvrage en Amérique à un Bostonnais qui ne craint pas de demander $100.00 de droits par représentation, et encore, obligation de lui acheter les partitions et les parties de choeur à un prix fort exagéré.A qui voudra-t-on faire croire qu'il n'y a pas exagération dans le prix demandé?Je sais que quelquefois l'éditeur court de grands risques.Ainsi quand Charpentier a voulu donner une suite à sa merveilleuse "Louise", il a mis sur le marché sa nouvelle oeuvre "Julien".Il y eut de folles enchères et l'éditeur de "Louise" me disait qu'il s'était retiré de l'enchère parce que l'oeuvre ne valait pas "Louise", et que le prix, où on était rendu, n'était pas justifié.L'éditeur Eschig fut le plus haut enchérisseur et l'oeuvre lui fut adjugée 100,000 francs-or, soit $20,000.00.En 1914, "Julien" devait se jouer à New-York, et Eschig pouvait espérer commencer à entrer dans ses déboursés.La guerre sur- Tél.Upt 0891 Le meilleur repas a 50 cts A la Ville de Paris Hôtel-Restaurant 22 McGill College Avenue Cuisine française et Italienne Bière et Vin Chambres confortables avec bain â louer F.A.LHOUMEAU, prop.Montréal Mart lÔ2fi venant, "Julien" n'a jamais été joué en Amérique et ce n'est que cet hiver que l'oeuvre de Charpentier commença à faire partie du répertoire des opéras des Etats Centraux européens.La France reste encore en arrière, après un quasi Insuccès, il y a quelques années.Eh bien! dans le cas de "Julien", l'éditeur avant de toucher quoi que ce soit, avait immobilisé certainement, en ajoutant au prix donné au compositeur pour la gravure de l'orchestre, de la partition pour chant et piano et de divers extraits aussi bien que pour tous les cadeaux de partitions et autres, faits aux différents impressarii et chefs d'orchestre susceptibles de monter l'oeuvre et de la faire partir, il a certainement dépensé, dis-je, six à dix autres mille dollars.Combien d'années mettra-t-il pour rentrer dans ces $30,000.00?Bien malin qui le dira.Mais il est certain que "Louise" a rapporté de fortes sommes à.l'éditeur Heugel.D'ailleurs à sa mort, on disait couramment à Paris qu'il laissait soixante-cinq millions d'argent au pair.Vraiment les droits d'auteur et les droits d'édition ont payés Heugel comme ils ont payé le fameux Irving Berlin qui affichait dans les journaux, lors de son récent mariage, que son jazz lui rapportait $250,000.00 par an.Aussi, il faut être logique quand on parle de droit d'auteurs.Les pauvres auteurs touchent la portion congrue, cela n'est pas douteux.Mais est-ce la faute du public?Est-ce la faute du public si le représentant des auteurs à Bruxelles est accusés, dans un mémoire que j'ai entre les mains de gagner plus de 1,500 francs par jour, alors que les auteurs ne touchent pas cette somme?Si la société paie 44% de frais à cet agent pour faire marcher son affaire, eh bien! qu'elle réduise ses frais, sans taper indûment le public.Résumons la position de "La Lyre", et qu'il soit bien entendu que nous ne prenons partie que pour la composition musicale.La partie dramatique n'étant pas de notre ressort, nous laissons h cette section le soin de se défendre elle-même.Etant donné qu'actuellement, d'après les journaux musicaux français, une mélodie est payée environ 150 à 250 francs au compositeur, soit de $5.40 à $9.00 par l'éditeur; un choeur de 250 à 1,000 francs, soit de $9.00 à $36,00; une grande oeuvre symphonique mise au concours par l'éditeur Heugel, 25,000 francs, soit $900.00; un grand opéra mis au concours par le même éditeur, 100,000 francs, soit $3,600.00, nous estimons que le prix actuel de la musique est assez élevé pour protéger compositeurs et éditeurs et que la perception des droits d'auteurs devrait être laissée dans chaque pays à une société nationale.Cette société s'affilierait aux sociétés des autres pays et chacune percevrait, au compte des autres, pour les diverses exécutions dans leurs territoires respectifs quand il s'agira d'oeuvres en location comme opéras, opérettes, oratorios, oeuvres sympho-niques, en un mot pour TOUTE musique qui se loue.Par contre, toute musique que l'éditeur vend devrait être considérée comme compar-tant sa part de droits d'auteur et rien ne devrait être dû, de ce chef, à la société nationale qui percevrait les droits d'auteur sous la surveillance de l'Etat.Nous accepterons volontiers dans nos colonnes toutes les communications signées et d'un caractère impersonnel.Il s'agit d'art et non pas de personnalités.GIL-BLAS.GERMAINE MALEPART FIANT.STB Loçon» «t Conotrti W».HUTCHISON Tél.: Platon »#0» Cours d'Harmonie de "La Lyre" Théorie pratique de cette science.Je l'accompagnement de la BASSE CHIFFREE et de la PARTITION.Sou» la direction de M.HENRI MIRO ONZIÈME LEÇON ACCORD DE SEPTIEME DOMINANTE.C'est un ACCORD PARFAIT placé sur la Dominante, auquel on ajoute la Septième mineure.Il s'accompagne donc de Tierce majeure, de Quinte juste et de Septième mineure, et se chiffre par 7.On en supprime quelquefois la Quinte, surtout en écrivant à trois parties.De tous les accords dissonnants, c'est le plus doux à l'oreille.Il faut éviter de doubler la Tierce ni la Septième de cet accord, dans telle partie que les deux Notes puissent se trouver.La Tierce, étant la Note sensible du Ton, doit monter sur la Tonique, où elle fait sa résolution; la Septième doit descendre sur la Sixte, sauf quelques exceptions indiqués par l'Harmonie même; il en est de même de tous les autres accords de Septième.Cet accord, étant composé de quatre Notes, produit trois renversements.(1) Dans cet Exemple, j'ai indiqué par une barre les notes dissonnantes qui doivent monter ou descendre.Les autres notes peuvent avoir une double résolution, ou rester en place.Je ferai de même pour les Exemples des autres Accords dissonnants.(2) La Quinte juste étant obligatoire dans l'Accord de 7ème DOMINANTE, il est inutile de chiffrer son altération NOTE.Toute personne désirant obtenir des explications supplémentaires et individuelles, comprenant correction des devoirs, conseils, etc., sous la surveillance personnelle de M.Henri Miro, pourra s'adresser au bureau de "La Lyre", 7, rue Ste-Catherine Est, chambre 5, Montréal.Prix par leçon, 75 sous. Le Piano et la Musicalité de l'Enfant (Suite et tin) (1) Ce consciencieux examen de soi-même et cette recherche opiniâtre de la vérité à travers les routines consacrées par le pédan-tisme et le snobisme, seront certainement, à un moment quelconque de leur carrière, faits par les élèves indépendants et sincères qui, tôt ou tard, s'aperçoivent de ce qui leur manque et cherchent alors, grâce à.un travail opiniâtre, à acquérir les connaissances que leur raisonnement leur fait juger indispensables à leur complet développement.Mais, hélas, que deviennent les autres, les faibles, les inconscients, dont les parents ne sentant pas la nécessité d'études artistiques complètes, se contentent de quelques résultats extérieurs et sacrifient l'avenir de leurs enfants sans se douter du tort irrémédiable qu'ils leur font ?Les trois quarts du temps, ne sont-ce pas les parents eux-mêmes qui empêchent leurs enfants de faire des études musicales préparatoires avec assiduité, lenteur et confiance ?Le fait de les voir se livrer pendant quelques années à un travail de perfectionnement auditif dont les résultats ne sont pas immédiats et ne provoquent pas les bravos des amis et connaissances dans les soirées de famille, paraît devoir amoindrir le talent de leurs enfants qu'ils se réjouissent de voir applaudis comme pianistes et dont les succès sont appelés à flatter leurs propres instincts maternels et paternels.Parfois, ils consentent à ce que l'enfant fasse pendant une année l'essai d'une éducation nouvelle, puis ils lui font abandonner les leçons sous un prétexte ou un autre.Combien d'enfants disent à leur maître de solfège: "J'aimerais .bien continuer, mais ma maman ne veut pas !" "Pourquoi ne veut-elle pas ?" "Cela me prend trop de temps, car je fais mon instruction religieuse"."Et le piano, l'abandonnes-tu ?" "Oh ! non, Monsieur !." Ah ! certes, non, l'on n'abandonne pas le piano.Le piano, c'est l'arche sainte.Le piano, en dépit de tous les raisonnements, c'est la musique, c'est l'Art sacré.Le piano est tabou.On l'adore comme le veau d'or et on lui sacrifie le bon sens, les jouissances musicales supérieures, la sensibilité naturelle, le bon goût, et la santé même des enfants.Ah ! sans doute, les parents ne sont-ils pas avertis, ils ne se rendent pas compte de leur manque de discernement; ils ne savent pas, voilà tout.Puissent mes observations renseigner quelques-unes d'entre vous, Mesdames, et vous faire constater les erreurs commises.Essayez, si votre enfant est prédestiné aux études pianistiques, de le soumettre auparavant à une éducation strictement musicale.Reléguez pendant quelque temps le piano à l'arrière-plan et faites-lui reprendre l'étude des deux éléments musicaux essentiels de la musique, le rythme et la sonorité.Confiez-le à des maîtres exercés qui lui apprennent à coordonner ses mouvements d'une façon équilibrée, à.obtenir de son cerveau une volonté commandant rapidement et sans hésitation à tout son organisme, à compter mentalement les mesures, à attaquer la phase musicale avec aisance sur n'importe quel temps, à la terminer sans accroc, à ralentir ou à presser sans affectation, à.accentuer la note forte de la période, à modeler, pour ainsi dire, la phrase avec énergie et souplesse.L'effet bienfaisant d'exercices de gymnastique musicalement rythmés contre-balancera chez les jeunes filles l'influence désastreuse du piano au point de vue nerveux, et de voir devenir vos filles — en même temps que musiciennes plus complètes — plus aisées (1) Voir les numéros de décembre 1925, janvier et février T02C.et plus équilibrées en leurs mouvements, n'aurez-vous pas, Mesdames, aussi votre petite satisfaction d'amour-propre ?— En ce qui concerne le développement de l'oreille, il y a toujours possibilité de progresser si l'on a de la volonté et si l'on sait continuer à vouloir.Il n'est jamais trop tard pour bien faire ! Et le résultat récompensera les élèves consciencieux et persévérants de la somme d'efforts dépensée.Au lieu de subir la musique, ils y adapteront leur tempérament et la jugeront et l'aimeront à travers leur personnalité.Quant aux professeurs de piano, ils n'auront que des avantages à retirer d'une plus longue préparation musicale aux études instrumentales.Toutes leurs remarques sur le style et l'interprétation de la musique porteront juste.Les élèves éviteront d'eux-mêmes des fautes grossières qui blesseraient leur sens musical devenu plus affiné.Les études ne risqueront plus d'être arrêtées à mi-chemin, car les maîtres n'auront plus à éduquer que des élèves à la musicalité éprouvée par d'utiles travaux préparatoires.Les parents eux-mêmes auront tout à gagner à cette expérience.Leurs oreilles ne seront-elles pas délivrées des pénibles luttes sonores auxquelles se livrent, au début des études, l'instrument et l'instrumentiste ?Ne seront-ils pas heureux d'entendre leurs filles et leurs fils déchiffrer avec goût les œuvres classiques et nouvelles, plutôt que de subir pendant trois mois l'initiation énervante aux grands morceaux de concert joués de temps en temps aux convives des five o'clock et des dîners de famille ?De les entendre jouer d'oreille ou improviser des mélodies nuancées avec goût, accompagner dans n'importe quel ton les morceaux de chant, interpréter en chœur les refrains d'hier et de demain et même faire danser, pourquoi pas ?— les petits amis et les petites amies, tout simplement et à la bonne franquette, avec rythme et entrain ?Ne seront-ils pas heureux de les voir, en un mot, entrer en relations plus intimes avec l'art, en le faisant participer à leur vie de tous les jours, grâce à un logique système d'entraînement mettant le corps au service de l'esprit, et initiant celui-ci à la connaissance intime du beau, en ses éléments féconds et régénérateurs ?E.JACQUES-DALCROZE.-o- Richard Wagner et le1 nombre 13 De tous les temps des esprits ingénieux et de loisir se sont amusés à chercher dans l'existence des grands hommes de menus faits qui auraient eu une influence décisive sur leurs destinées.Sur Napoléon 1er, par exemple, des anecdotes de ce genre fourmillent, et on ne peut nier que certains détails soient frappants et bien faits pour émouvoir des imaginations qui ne veulent pas attribuer au pur hasard les coïncidences qui les frappent.Les nombres surtout jouent un grand rôle dans ces jeux d'imagination.Le chiffre 7 auquel les vieux Juifs attribuaient déjà un pouvoir cabalistique est surtout recherché dans ces combinaisons ingénieuses sur le rôle qu'un certain nombre a pu jouer dans la vie d'une individualité marquante.Pour Richard Wagner, c'est le chiffre 13 qui revient le plus souvent dans sa Vie avec une obstination étonnante.Nous trouvons des indications curieuses à cet égard, nous allons les classer et même les augmenter pour démontrer que le nombre 13 forme, en efet, comme une espèce de base obstinée dans bien des actes de la vie du maître de Bay-reuth.Disons d'abord que le nom Richard Wagner contient tout juste treize lettres.Il naquit en 1S13 et si on fait l'addition des chiffres qui composent ce millésime on arrive au total de 13.Richard Wagner, avait 13 ans à la mort de Weber qui avait eu une influence si décisive sur sa vocation.Cette vocation s'est décidée le 13 octobre 1S29, jour où Wagner vit le célèbre Devrient dans le Freyschutz.Notons à cette occasion que cet opéra fatidique pour Wagner, fut terminé le 13 mai 1S20 et fut joué pour la première fois en 1S22.Le total de ces quatre chiffres ajoutés les uns aux autres donne le nombre 13.Richard Wagner, débuta comme musicien en 1S31, ce qui donne de nouveau, en faisant l'addition, le nombre 13.La première soirée à laquelle Wagner, fit fonction, à Riga, de chef d'orchestre fut celle du 13 septembre 1S37.L'exil de Wagner après la révolution de 1S4S a duré 13 ans.Il quitta Bayreuth le 13 septembre 1SS2 pour ne plus y revenir qu'après sa mort.Le 13 janvier 1S83 il vit pour la dernièer fois son beau-père et grand ami Franz Liszt, à Venise.Wagner mourut le 13 février 1SS3.L'année de sa mort fut la treizième après la fondation du nouvel empire allemand que Wagner avait célébrée par Kaiserniarsch.Quand à l'oeuvre d'e Richard Wagner, le nombre 13 s'y rencontre également d'une façon remarquable.Il termina Rienzi en 1S40 à Paris, et ces chiffres donnent le total de 13.L'opéra Tannhauser fut terminé le 13 avril 1S44.Le 13 août 1S76, le Rheingold fut joué pour la première fois au théâtre de Bayreuth.Cette représentation inaugurait la tétralogie des Nibclungeii et en même temps le théâtre dont la construction est le plus grand triomphe personnel de Wagner qui pouvait se vanter dans son fameux discours, que la "nation allemande lui avait assigné une place qu'aucun musicien n'avait occupé avant lui." Tannhauser fut joué à l'Opéra de Paris pour la première fois le 13 mars 1S61.La reprise eut lieu le 13 mai 1S95.Le nombre 13 revient, du reste très souvent dans les premières représentations des oeuvres de Richard Wagner en Allemagne, en Autriche et en Italie.Les personnes superstitieuses que le treizième du mois effraie tant et, pour lesquelles un "vendredi 13" est le signe de tous les malheurs, pourront voir que Richard Wagner n'a pas eu â se plaindre de ce nombre fatidique qui marque sa naissance et sa mort.Tu chantes faux ! Un comédien célèbre chante délicieusement faux.Il n'en interpréta pas moins récemment une opérette.Un de ses camarades au cours d'une répétition, lui fit doucement remarquer.— Tu chantes faux! — Je sais, répondit notre homme.C'est pourquoi je te porte envie.— Parce que je chante juste?— Mais non! Ta chantes encore plus faux que moi.Mais, toi, tu né le sais ï>as. Les Sept Plaies de la Musique J'écris ces lignes sous l'oeil réprobateur de ma fille."Papa !" m'a-t-elle dit, écar-late d'indignation "tu ne vas pas écrire que le Récital est une plaie!." Elle est jeune; elle travaille le piano; je l'ai emmenée récemment entendre Risler; elle en est revenue éblouie.De plus, elle a entendu dire qu'en Scandinavie, les artistes qui venaient de donner un Récital étaient reconduits jusqu'à, leur hôtel par d'enthousiastes auditeurs qui les obligent à paraître au balcon.Un sort si beau la pénètre d'envie.J'ai eu beau lui dire que ces manifestations cachaient peut-être de ténébreux desseins et n'avaient d'autre but que de faire prendre une pleurésie au héros de la soirée, et le mettre ainsi dans l'impossibilité de récidiver; elle m'a répondu que je n'étais jamais sérieux.Je vois que je vais me faire des ennemis dans la jeunsse.Evidemment toutes les apprenties pianistes raffolent des récitals de piano.Ça leur passera.Cette volupté, si c'en est une, était quasiment inconnue de leurs mères.Dans ma jeunesse on n'allait pas entendre un Récital, on allait au concert.On me dira que c'est la même chose.Erreur profonde ! La vie est faite de ces petites nuances.A la même époque on ne vous invitait pas à prendre "une tasse de thé".On vous invitait "à goûter".Le thé était réservé aux malades, et les gens de la génération antérieure à la mienne ne consentaient à y tremper les lèvres qu'après l'avoir additionné d'une forte dose de rhum.Pour moi, élevé dans une petite ville provinciale aussi peu mondaine que possible, je n'avais pas même idée qu'on pût en prendre autrement que sous forme de "Thé Chambard".On se procurait cela chez le pharmacien, et je n'insiste pas sur les vertus particulières de cette infusion qui n'a rien de commun avec le délicieux "Ceylon tea" que nous apporta l'Exposition de 1900.On ma pardonnera cette comparaison irrévérencieuse: pour moi, le concert c'est le thé de Ceylan, et le thé Chambard, c'est le Récital.Les donneurs de Récitals se divisent en deux catégories, bien distinctes et de très inégale importance.Il y a les célébrités et.les autres.Un virtuose célèbre est un personnage qui vit uniquement des concerts qu'il donne et des engagements qu'il reçoit.C'est un homme qui ne cultive les relations personnelles que pour son plaisir, qui ne dîne pas en ville, et qui, d'ailleurs, mange peu, car il n'en a pas le temps; qui ne fait pas de correspondance et, laissant le soin de répondre aux lettres à son impresario, ne tire son stylo que pour signer des autographes.Il a un agent de change, un petit coin tranquille à la campagne.Il n'a jamais ni porté une valise, ni retenu ui-même une chambre d'hôtel, ni pris le tramway, ni voyagé de nuit sans sleeping, ni visité une cathédrale en dehors des vacances, ni veillé à l'enregistrement de son piano, ni corrigé les épreuves d'un programme.Il n'a pas besoin de faire publier par les journaux que ses doigts sont assurés pour une somme considérable: c'est une chose qui va de soi.Chaque grande nation en possède deux ou trois, au maximum.Si vous désiriez réunir LE RECITAL un jour tout ce que l'Univers en contient, leur petite troupe suffisait à peine à garnir les cases numérotées d'une voiture de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits.Encore y aurait-il plus de place à l'arrivée qu'au départ, les gros ayant avalé les petits pendant le trajet; car c'est un monde où l'on fraternise peu.Ces grands seigneurs, ces super-as si enviés, mènent, au fond, une vie de martyrs, leur unique besogne consistant à entretenir, au prix d'un labeur constant et fastidieux, cette machine bien graissée qui s'appelle un programme de tournée.Ledit programme ne sort pas de leur imagination.Il leur est imposé, une fois pour toutes, par ce consortium de stupidités et d'intérêts que forment un public routinier, d'avides im-presarii et messieurs les marchands de disques.Quoi qu'il en soit, leur sort excite l'admiration et la convoitise des autres, des malheureux autres qui aspirent à prendre leur place.L'arrivée d'un grand virtuose dans une capitale fait le vide dans toutes les salles, le soir où il remplit la sienne.Dans une petite ville, cette action pneumatique dure un mois.Malheur à l'imprudent jeune confrère qui vient se brûler les ailes à ce phare resplendissant.Fût-il apte à soutenir la comparaison, il ne trouvera personne qui consente à s'en rendre compte.Le public, qui en voulait pour son argent, et qui a été copieusement gavé, a besoin d'un long repos pour faire sa digestion.On conçoit que les grandes célébrités ne s'amusent pas à donner des concerts variés, à partager leur programme avec un camarade, même plus modeste.Puisque la recette est assurée, quel que soit le menu du festin, autant l'empocher tout entière.Je parle ici pour les pianistes.Les autres traînent derrière eux un être chétif et anonyme, souvent plein de talent, qu'on appelle l'accompagnateur» Lorsque le prince de l'archet ou le grand soprano voyage seul, le planiste lui sert de compagnon, et, quelquefois, de souffre-douleur.Cette besogne accessoire, souvent plus difficile que la principale, lui vaut un ticket de première et une chambre sur la cour, dans les grands Palaces.Lorsque l'étoile voyage en famille, l'accompagnateur est relégué en seconde, avec la femme de chambre, à laquelle 11 ne lui est pas interdit de faire le cour.Cette vie fastueuse a été celle de tous les grands Maîtres du clavier, de Liszt à Rubinstein en passant par Herz et Thalberg.Ces géants étalent tout qualifiés pour vaincre avec leurs seules armes, et ce sont eux qui ont inventé le "Récital".Ils étaient de taille à tenir le coup.On leur doit le savant dosage des programmes qui, à de légères variantes près, est à peu près le même depuis quatre-vingts ans: un peu de Bach pour commencer, ce qui permet à l'auditeur ignare de savourer en paix son café et d'arriver au numéro deux; puis, des classiques aux modernes, en passant par les romantiques, toute la gamme bien dosée des difficultés grandissantes, et l'aboutissement aux pétarades finales, génératrices de bis, lesquels à leur tour, se déroulent selon le même rite, et vont de plus fort en plus fort, jusqu'au moment où le héros sollicité par son lit, déverse sur la tête des enthou- siastes une petite romance bien sage et bien plate, qui les refroidit et les fait taire.Ces performances tiennent plus du sport que de la musique.Elles font penser à ces matches de tennis où Mademoiselle Lenglen triomphe, tour à tour, des champions de troisième et de seconde catégorie, et finit par aplatir l'as des as dans un "smash" foudroyant.On ne peut nier cependant l'excellence du système, puisque l'élite de la société se rue à ces spectacles sensationnels et y trouve un plaisir sans mélange.Il est juste de reconnaître qu'avec le piano, l'intérêt musical reste indéniable, car on ne joue guère, ces soirs-là, que des chefs-d'oeuvre dont le seul tort est d'être trop ressassés.Avec le violon, c'est autre chose.Le répertoire n'est pas riche.Quand Kreisler tient en haleine, deux heures durant, un public en délire avec ces petites fadaises issues tout entières de sa plume féconde, affublées de titres fantaisistes et attribuées à d'innocents auteurs, morts depuis trop longtemps pour protester contre cet abus de leur nom, il fait preuve d'un talent qui confine au génie.Les personnes aigries qu'indignent ces succès kolossaux, doivent se mettrent ceci dans la tête: il faut avoir les reins solides pour supporter le poids d'une telle célébrité, et il est sans exemple qu'un artiste sans valeur ait pu soutenir plus de deux ans le fardeau d'une publicité trop forte pour lui.Ce n'est pas un wagon-lit, c'est le matériel roulant tout entier restitué par les vaincus de 1918 à leurs vainqueurs, qu'il conviendrait d'utiliser si l'on Voulait transporter, sur un certain point du globe, l'immense armée des aspirants-Stars.Depuis le vieux professeur, qui donne, depuis cinquante ans, son concert annuel dans le but de maintenir sa réputation locale, jusqu'à l'enfant prodige toute fraîche émoulue des main3 de Phillip, tout un peuple vit et s'agite dans l'attente d'une place à prendre au firmament musical.Mais les occupants ont la vie dure.En attendant leur trépas, les jeunes s'essaient à les imiter, et s'ils n'ont pas la haute position des arrivés, ils tentent de donner le change en empruntant leurs méthodes.Ce sont ceux-là qui économisent âpre-ment leurs moindres gains de deux années pour tout dépenser d'un coup dans un concert sensationnel qui doit, enfin, assurer leur gloire.On les trouve dans tous les concerts de charité, dans tous les salons soi-disant influents, dans toutes les antichambres d'agences.Le Trocadéro, les vingt mairies de Paris, celles de la banlieue, ont salué leurs efforts héroïques.Sur les plaies saignantes des grands mutilés, ils ont versé le baume adoucissant des rhapsodies de Liszt.Ils consolent les filles repenties à l'aide de la Méditation de Thaïs.Et Paris ne leur suffit pas ! Ils étendent leur activité sur les plus lointaines provinces.Par d'incessantes démarches ils arrachent bien à dégotter de temps en temps un concert lointain qui, tous, frais payés, ne leur rembourse pas tout à fait ce qu'ils ont perdu par leçons non données et frais de remplaçants à leur cinéma.Ils ne demanderaient certes pas mieux que de gagner de gros Mars 1926 9 cachets, mais, en attendant, ils sont toujours prêts à se produire pour rien, voire même à verser une petite somme pour le plaisir de se faire entendre.On leur demanderait de jouer, le postérieur trempant dans la vasque de la fontaine des Innocents, qu'ils accepteraient cette aubaine avec enthousiasme, pour peu qu'on leur démontrât que les marchands de pommes de terre des alentours leur feraient de la réclame dans les départements.Cette fureur histrionique ne sévit pas seulement sur la France.Elle a plus de vigueur encore en Allemagne, où mille morveux de dix ans sont sacrés Kreisler ou Bu-soni; en Angleterre, où chaque professeur de chant a découvert, la semaine précédente, une Melba et un Caruso; en Amérique, où il y a non seulement une auto, mais un virtuose par cinq habitants; en Russie, qui fournit à elle seule, les 4/5 du contingent total des virtuoses cosmopolites.Et voici pourquoi il se donne à Paris 10 Récitals par jour, et à Londres idem, et à Berlin itou, plus trente à New-York, plus.et voici pourquoi également le nombre des exécutants en est arrivé à égaler, 3inon à dépasser, celui des auditeurs.J'ai dit plus haut que l'arrivée d'un grand virtuose fait le vide dans toutes les salles de concerts.Comme nous en avons toujours un ou deux sur la place et que les vrais amateurs se disputent les places à prix d'or, il reste à savoir ce qui est laissé aux autres.Je vais essayer de décrire l'aspect d'un concert moyen de Paris.Le fonds le plus solide du public est constitué par: la famille; le ou la concierge, le fils ou la fille de la concierge; quelques fournisseurs; les camarades de classe venus là en aficionados dans l'espoir d'une catastrophe; le sergent de ville de service.On peut toujours compter sur lui étant donné qu'on achète sa présence cent sous.Les jours d'affluence on le relègue dans la coulisse (aux Agriculteurs, on le fourre même derrière un paravant).Quand ça va mal, on bat le rappel dans les services, et on le met au dernier rang, avec la dame du vestiaire et les placeurs.Les débutants étrangers qui n'ont ni famille, ni fournisseurs, ni concierges, sont ainsi sérieusement handicapés, car ce petit groupe compact et bruyant, s'il n'a pas grande influence sur la recette, "crée au moins une atmosphère" pour parler le jargon du jour.Le fonds, mouvant, mais à grand rendement si ça marche, car c'est celui des "cochons de payants" est constitué par: les élèves et parents d'élèves (qui s'arrangent d'ailleurs pour faire sauter une leçon la semaine suivante, en juste compensation de leurs débours); les personnes riches, chez lesquelles l'artiste a joué la saison précédente; le prix de leur billet constituant une sorte de p.p.c.définitif.Une petite proportion des profiteurs chez lesquels l'imprudent a joué à l'oeil; environ 3 sur 10 (c'est bien fait; ça lui apprendra).Enfin, tout seul, exposé comme au pilori sur les hauteurs désertes de • la deuxième galerie, un hurluberlu, un aliéné, le plus souvent étranger, qui, ignorant de nos usages, s'est précipité on ne sait pourquoi, au bureau de location, et s'est offert, au prix fort, une place de dernière série, alors que pour le même prix, grâce à un billet à droits qu'on trouve partout, il aurait pu B'asseoir au premier rang, avec les duchesses et les nababs.Enfin le fonds douteux ¦ est constitué par le public desdits billets à droits, ce public que l'artiste achète plus ou moins cher dans les conditions que j'ai exposées dans un précédent article.C'est le plus fuyant,, le plus capricieux et le plus exigeant de tous.Il se recrutait, jadis, dans la masse immense des professionnels.Maïs depuis qu'une place de faveur revient au prix de deux côtelettes, les professionnels se dérobent.Reste donc la petite armée des amateurs "moyens".C'est le public des brasseries à musique, des cinémas et des concerts Touche.Ces gens aiment la musique, c'est entendu, mais, comme dit Blanche Mar-chesi, ils peuvent s'en passer, et ils ne dédaignent pas un petit frisson supplémentaire.Et c'est à ces gens-là, Mesdemoiselles et Messieurs, que vous offrez des Récitals de piano ou de violoneelle ?Vous pourriez tout aussi bien les inviter à dinér et leur servir une sardine et un petit morceau de gruyère.Vos menus ascétiques le font fuir.Les intéressés ont bien fini par s'apercevoir que décidément ça ne rendait pas.Mais, chose curieuse, c'est dans le sens de l'austérité qu'ils ont cherché à faire du nouveau.Nous avons eu les programmes littéraires, avec groupements d'oeuvres par affinités de style ou de titres; les programmes nationaux: une heure de musique française, ou de musique russe, ou d'art papou.Nous avons eu, et nous avons encore, les Festivals d'un même auteur.J'en appelle aug gourmets: si l'on vous offrait un dîner excellent, composé d'une blanquette de veau, d'un petit morceau de veau aux carottes et d'une longe de veau aux endives, ne trouveriez-vous pas que cela fait beaucoup de veau ?Ces vains artifices n'ont pas rendu, d'ailleurs, ce qu'on en attendait, et l'atmosphère des salles de concerts est toujours aussi funèbre.Ne serait-il pas temps d'en revenir à une conception plus humaine du plaisir musical ?Le temps n'est pas loin où un concert n'était pas forcément un pensum infligé aux auditeurs.J'ai sous les yeux un curieux petit opuscule signé Oscar Commettant et publié en 1S93, sous les auspices de la maison Pleyel.Ce n'est autre chose qu'un recueil commenté des programmes exécutés dans les salons de la rue Roche-chouart, durant la saison précédente.Un ton d'aimable bonhomie y règne d'un bout à l'autre.Si quelques artistes célèbres y paraissent dans un splendide isolement, les débutants prennent une attitude plus modeste.On ne craint pas de couper un concert de piano par un solo de violon, ou une romance de Massenet.Un pianiste ne se croit pas déshonoré en commençant son récital par un trio de Beethoven.La Société Nationale se hasarde à reposer son public des hardiesses des fauves, par un concerto de Bach.En somme, c'est la tradition du XVIIIe qui se maintient, tradition perpétuée par les jolies estampes que nous connaissons et qui représentent ces concerts de chambre, donnés par un nombre respectable de chanteurs et d'instrumentistes, dans l'éclat des lumières, et le plaisir général.Certains d'entre nous, d'ailleurs, ont remis cet usage en pratique, et ils ne s'en trouvent pas trop' mal.Aux artistes gourmands, qui .désirent se réserver ia part du lion et partager le succès avec des camarades de la même spécialité, on pourrait suggérer le petit intermède.Ainsi faisait naguère le sage Madame Allem Chèné, qui réservait la part centrale de son Récital annuel à M.Jacques Fenoux, de la Comédie-Française Elégant et impérieux, portant au loin ce regard faussement insolent des grands myopes, il laissait tomber sur la salle ravie deux ou trois fables de La Fontaine ou un peu de Sully Prud'homme, cependant que l'héroïne de la fête reprenait haleine ou se remettait un peu de poudre.A défaut de M.Fenoux, il y aurait André Brunot, qui est plus gai.Et si ces messieurs des Français pesaient d'un poids trop lourd dans le budget, Pont-aux-Dames n'est pas si loin, et plus d'un de ses vieux débris serait heureux d'une occasion de reprendre contact avec le public.Quant aux riches débutants ou aux pianistes anglais, pour lesquels cette dépense reviendrait à moins que rien au taux actuel de la livre, rien ne les empêcherait de s'offrir Bétove, voire même Little Titch.Oui, pourquoi pas Little Titch, entre le Carnaval et les 24 PréIndes, juste assez longtemps pour permettre au virtuose de changer de flanelle ?Je sais, je sais, c'est ce numéro là qui aurait le plus de succès.Et puis après ?La sagesse des nations nous a, depuis longtemps, enseigné ce que la sauce fait passer le poisson, et qu'on ne prend pas des mouches avec du vinaigre.Ne vaut-il pas mieux se produire en agréable compagnie, devant une assistance hilare, que de payer quatre mille francs le droit de faire ses exercices pour trois pelés et un tondu ?Louis FLEURY."Le Monde Musical".PENSEES Toute notre dignité consiste dans la pensée.Travaillons donc à bien penser.Voilà le principal de morale.—Pascal.Rien ne nous fait plus grand qu'une grande douleur.—Musset.Une femme incomprise, c'est une femme qui ne comprend pas les autres.Carmen Sylva.Facile à jouer et leur sonorité est parfaite Que vous soyez amateur ou professionnel, vous pouvez améliorer votre technique avec un "BOOSEY", car ces excellents instruments à vent sont universellement reconnus comme étant les meilleurs au monde.Leur sonorité, la beauté et la facilité de leur émission est une véritable révélation.Les 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l'autre, tout s'apaise, se case, s'organise, et les adversaires les plus irréconciliables en apparence, s'accordant fort bien entre eux quand il n'y a plus pour les diviser les passions et les partis pris.Le formidable auteur de la Tétralogie domine la fin du XIXe siècle et règne incontestablement sur le commencement dû XXe, ce qui ne nuit eh rien au renom mondial et populaire de Gounod.Avec le recul des ans, le bruit des luttes s'éteint et nous comprenons mal à cette heure les batailles acharnées dont Rameau, Gluck, Piccihi, en musique, Ingres et Delacroix, en peinture, Hugo, Ponsard et tutti quanti, en littérature, furent la cause ou l'occasion.Combien moins encore, le recul étant plus grand, comprenons-nous les polémiques à propos de Pradez et de Racine.Il est bon, il est naturel, qu'elles aient eu lieu: c'est ainsi que l'art, constamment en marche progressive, marqué les diverses étapes dè sa routé triomphale et si nous voulions prendre la peine légère de constater qu'à toutes les époques, depuis que le monde est monde, les mêmes arguments ont été invariablement invoqués en faveur de l'une et de l'autre école, celle des sages — entendons par là celle qui détient momentanément le pouvoir, — et celle des révolutionnaires fous — soit ceux qui veulent le conquérir et qui y parviennent régulièrement par 'uh jeu fatal dé bascule — nous nous désintéresserions avec une sereine philosophie de ces révolutions qui éclatent périodiquement et pour les mêmes raisons comme la marée d'ëquinoxe et les changements de saisons.Mais ce serait là un petit travail mental qui répugnerait à notre routine, et nous continuons à nous era-bailer, à nous traiter mutuellement de "perruques" et de barbares" sahs qu'il y ait rien de changé sous le soleil.Nos pères ont fait ainsi, nos fils feront de même et la terre continuera de tourner.Gounod n'a pas échappé à la loi commune du temps qui vieillit d'abord les œuvres d'art avant que de les rajeunir en les faisant anciennes.Il semble bien que, pour lui, l'éclipsé aura été moins longue que pour beaucoup d'autres et l'on peut prévoir déjà le jour où un archaïsme charmant viendra patiner ses partitions d'un cachet de coquetterie surannée, d'une grâce "de temps passé'" dont se pare un aimable portrait d'aïeul exhumé du placard aux oublis, et qui, débarrassé de la poussière accumulée, apparaît souriant comme un aimable re-mueur de souvenirs.Que les attardés en prennent leur parti, Gounod, qui est à présent un aïeul, sera démain un ancêtre.Sa fougue, sa jeunesse, sa sentimentalité, sa "passion" qui firent presque scandale jadis semblent sagesse et sittïplèssè aux esprits compliqués et pïèssés d'aujourd'hui.Sur la route encombrée, piaffante, "teufteufante" où le siècle se bousculé, ses œuvres offrent à certains un refuge, un asile de paix où quelques-uns viennent chercher le calme et la béatitude.D'autres, dont la compétence est hors de discussion, diront ce qu'il faut penser techniquement de l'œuvre entier, du rang qu'il convient de lui assigner et de l'influence plus ou moins réelle qu'il peut avoir sur les esprits.A nous de chercher à comprendre et à expliquer pourquoi la musique de Gounod est — non pas plus ou moins supérieure — mais "populaire" au sens élevé du terme.Car — ceci n'est pas niable — la musique de Gounod est connue dans le monde entier, au moins par deux ouvrages d'un renom universel: Faust et Roméo.Ses mélodies se chantent dans toutes les langues et, comme on dit, "sont sur tous les pianos".Il n'en faut point tirer de conclusion arbitraire et décréter qu'une œuvre répandue est, par cela même, géniale.Cependant il est également certain qu'on ne triomphe pas sans de bonnes raisons et qu'un pareil succès est motivé par une réponse péremptoire à un goût ou à un besoin publics.Ce goût, c'est le charme; ce besoin, c'est la clarté.Ces deux qualités, la musique de Gounod les possède au plus haut degré.Son essor, encore bien que souvent puissant, ne l'emporte jamais au delà dés limites de l'entendement immédiat dè la foule plus artiste qu'on ne s'accôrdë à la reconnaître.Gounôd, volontairement ou non, reste toujours, aussi haut qu'il puisse monter, en communication avec elle* il parlé à son cœur, à son âme, il lui parle dans un langage clair, rapidement compréhensible.La foule né discute pas ses impressions; elle les ressent, elle les subit sans plus, elle va, naturellement, sans effort, vers qui lui inspire confiance.Méfiante à l'excès et souvent injuste, elle redoute les complications èt les obscurités; nonchalante et routinière, elle déteste l'effort; impatiente, elle veut être sur-le-champ satisfaite; iatihe, elle se laisse séduire par lé charme; il est clair par tempérament, il est charmeur par sa propre volonté.La solidité dè ses études classiques lui permettait de choisir entre le chemin fleuri de Mozart ou la route grandiose de Beethoven: c'est vers Mozart qu'il s'est tourné.Maïs ce sont là raisons d'esthétique auxquelles le populaire n*entend goutte et dont il ne s'inquiète nullement.Les raisons qu'il a d'admirer et, mieux encore, d'aimer la musique de Gôuhod, c'est qu'elle comble absolument soft désir ét son besoin d'idéal.La phrase musicale de Gounod est chantante, elle sè gravé rapidement dàhs la mémoire, elle dît tout ce qu'elle veut dire dans un développement normal; son discours a un commencement, un milieu et une fin, l'exordè chez lui éveillé l'attention, sa narration captivé l'àuditeùr, sa péroraison le convainc.Dë cela non plus le public ne se rend pas compte, mais il subit l'impression, il ' est pris malgré lui, entraîné, chàfmë.Charmé surtout, Voilà le grand secret.Quoi qu'on puisse objecter à juste titré ou non, lè charme ôpërè et l'assistance est conquise, êt, — hâtôns-noUs dè lê reconnaître, — par de nobles procédés.Là musique àè Gounôd est ûnë'grande daine âffâblé qui laisse venir à elle les hommages, mais qui ne s'abaisse pas pour les obtenir.Lorsqu'elle se penche volontairement vers le peuple — ayant à exprimer une pensée populaire — elle ne se compromet jamais dans la vulgarité.Elle satisfait ce goût de distinction inné chez la race latino-grecque qui s'est plue de tous temps au beau langage et en a toujours subi l'ascendant.Son élégance est de bonne compagnie et sa passion demeure chaste.Je sais bien qu'on a fait plaisamment aux amoureux de l'œuvre de Gounod le reproche de n'aimer "qu'en buste"! Cela n'est pas tout à fait mérité.Juliette et Marguerite sont deux femmes qui aiment pleinement, mais — et c'est cela qui plaît tant au populaire toujours peu ou prou sentimental — elles aiment aussi, et surtout, avec le coeur.Les héros que Gounod affectionne sont des êtres sains sur les lèvres desquels il a mis une musique saine.Il émotionne mais ne trouble pas; en l'écoutant, les êtres simples et bons qui composent la foule se réconfortent, et si le rouge leur monte au visage, il colore les joues, jamais le front.Nulle gêne équivoque ne met mal à l'aise, et c'est grâce à cette confiance qu'il inspire qu'il peut tout dire en vrai Français qu'il est.Car, et c'est par là qu'il faut conclure, la musique de Gounod est essentiellement française.Elle est le miroir fidèle de notre race qui se reconnaît en elle, elle répond au besoin de régularité qui fait le fond de notre caractère.Je me souviens d'un brave musicien turc nommé Consolo que j'ai connu au temps déjà lointain de ma jeunesse.Il adorait Gounod et j'avais plaisir à le faire parler sur son sujet favori.Assis à son piano, il jouait et tout en laissant courir ses doigts sur le clavier, il prenait la peine de commenter le morceau qu'il interprétait, mêlant avec son accent bizarre et dans Un "sâbir" pittoresque de nombreuses réflexions à ses accords.Quand la phrase musicale était sur le point de finir, il dardait ses petits yeux brillants et malins, penchait là tête, tendait l'oreille et dans Un sourire qui découvrait une superbe rangée dè dents blanches et pointues, il disait: — itigarte, écoute, écoute, ti Vas voir, il va rentrer chiz loui ! Et la période commencée s'achevant en une solution naturelle, logique, qui est comme la signature même du maître, sa marqUë personnelle, — Ti vois, ti vois, ti entends, reprenait Consolo en riant de plus belle, Il rente dans sa miBon,' là ! là ! Un dernier accord.— Plie ! il a firme sa porte.Ploc ! C'est fait, il est couché.Et le bon Consolo riait comme un bienheureux.Moi aussi, je riais, avec un peu de moquerie.Aujourd'hui, je ne ris plus èt je me moqué encore moins.J'ai compris ce que le bravé Turc voulait dire: la musique de Gounod ne court jamais le guilledou et ne couche pas sous les ponts.Elle rentre chez elle comme une honnête personne.Et voilà pourquoi, ou plutôt voilà une des mille et une raisons peut-être qui la rendent si populaire.Maurice LËFEVRE. sein des cieux__ Mireille 6 Man 1926 27 Elle est le fruit d'un organe humble qui Mit sacrifier sa personnalité à l'université.Ici la vedette est exclue.Rien à la marge.Tout est fondu dans la masse pour l'interprétation commune.Un seul but.faire valoir la pièce, la mettre en lumière avec toute la netteté, la souplesse, la vie rythmique, l'expression qu'elle exige.Elle doit être faite de savoir, cette voix, car c'est tout un art.un art raffiné, complexe, minutieux que cette Interprétation judicieuse de la mélopée grégorienne; elle n'a pas à bod service les apparences détaillées, mathématiques de notre notation moderne; mais elle est actuellement en meilleure posture que Jadis.Elle a à son service une tradition ressuscltée par de longues étudia victorieuses de signes restés Jusque-là muets et Inertes.La voix d'église se doit de t'y initier: elle n'est complète qu'avec cela.Avec le signe concorde le texte Celui-ci ne doit pas être lettre-morte pour l'Interprète.Il doit non seulement en comprendre le sens, mais ne pas Ignorer son rapport avec l'Office liturgique, afin de donner a son Interprétation toute l'intelligence, tout le sentiment et la couleur nécessaires.Toutefois le texte n'est pas toujours le dominateur dans le concert.Parfois la mélodie le déborde, en amplifie le sens, en commente l'esprit: ainsi en est-Il dans les longues vocalises des pièces ornées, des opulents graduels, des jubilants alleluias.Ab : quel joli travail que celui de la voix! De quelle souplesse dans le tour, de quel goût dans le dosage de l'expression, de quelle simplicité dans la distinction, de quelle réserve dans la virtuosité elle doit faire preuve ! Que n'est-on encore à l'époque où trônait le "bel canto" ?On l'a souvent confondu avec cet art romantique des cinquante premières années du XIXe siècle, qui brillait plutôt par la perfection acrobatique que par ses qualités foncières.Le bel niiitn visait surtout à donner à la voix, au phrasé mélodique, à la légèreté, à l'agilité une perfection absolue, au son une varié'.é infinie, à la prononciation une pureté Irréprochable, en un mot "à obtenir de l'appareil vocal.Indépendamment des autres facteurs d'émotion, tout ce qu'on pouvait en tirer au point de vue de la sonorité et de la réalisation matérielle." (R.Hahni Et chacun y ajoutait, selon la dose d'art dont il était gratifié, l'intelligence, le goût, le sentiment qui y faisaient défaut.Que n'est-on plutôt à 'époque heureuse où l'art vocal fleurissait dans le cloître, où l'abbaye de St Gall se glorifiait des Notker.des Tuotlls, où les voûtes des Relchenau vibraient dos mélodies d'Hormann Contract, où le Roy Robert allait à St Denys assister à l'audition de quelqu'une de ses oeuvres.Hélas ! on n'y est plus, mais il est des coins hospitaliers, des retraites mystiques, des demeures claustrales qui se font pieusement l'écho fidèle des centres harmonieux do jadis.De là nous vient la lumière, de là une saine et sûre direction.Soyons-y attentifs.Mais le chant grégorien, s'il est le seul nécessaire, n'est pas le seul admis dans l'Office liturgique.La musique polyphonique, palestinienne ou moderne, a le droit d'y entrer pour sa part.La voix d'église doit donc acquérir les qualtés requises pour la bien faire valoir: la justesse, cela va sans dire, les proportions dans la sonorité, la mise en valeur du trait principal, l'effacement devant son passage pour lui laisser toute sn lumière, le sens du rythme, la fuite des bavures, le LA VOIX D'EGLISE Par P.CHASSANG fondu de l'ensemble sonore, le dosage Judicieux du coloris, le concours intelligent et mutuel à l'intérêt gradué.Au courant de la forme, la voix d'église doit s'infuser l'esprit du chant ecclésiastique.Elle doit se conformer aux intentions de la liturgie, aux sentiments de joie, de tristesse, de pénitence, de louange qui s'y manifestent, et se teinter des diverses nuances qui en émanent, comme le fait l'ornement du jour, et tout cela dans la sérénité, le calme et la paix, avec cette abnégation anonyme qui présidait autrefois à toutes les productions d'art moyennàgeuses.Aprèt s'être occupée de la forme extérieure et de l'esprit à donner à son Interprétation, la voix d'église doit s'occuper de sa mission, car elle en a une.et très importante.Elle doit aller à l'âme des fidèles et les charmer et les persuader et les émouvoir, pour les saisir et les porter vers Dieu, en leur communiquant de célestes jouissances.L'émotion ! Elle doit d'abord s'emparer du chanteur, et le principe n'est pas faux qui dit: "SI rh me flere." "SI tu veux que je pleure commence par avoir toi-même des Inr.nes dans la voix." Sentir ce que l'on chante, vibrer sous l'aiguillon de la vie Intérieure que recèle la mélodie, et de son i'ine la faire passer en sa voix, et de là chez l'iudlteur.voilà la source et la marche de l'émotion.Je sais bien qu'à l'église il ne faut pas dramatiser, on n'est pas sur le tremplin d'un théâtre, mais la communion d'&me à ftme peut s'établir, sans avoir recours à des procédés qui Joueraient avec le recueillement du lieu saint, sous le choc réservé de l'expression, l'émotion jaillira quand même et n'en sera que plus douce.Croyez-vous que tout le monde la sente également ?Non.Il en est qui ne la provoquent qu'à force de talent et de procédés techniques; d'autres qui ont dans le timbre de leur voix quelque chose de pénétrant qui stimule l'émotion à s'y méprendre; d'autres qui ont des secrets, des Inspirations soudaines qui suscitent l'admiration et provoquent le saisissement.Ceci regarde les voix Isolées et non les masses chorales.Ce serait dépasser le but de la voix d'église que de In mêler à ces vues trop personnelles.Il iul suffit d'avoir la Justesse et la conviction.Avec ces deux éléments elle pourra émouvoir quand elle voudra, autant que le comportera la pièce qu'elle aura à mettre en valeur.Il ne faut pas toutefois se faire illusion Les récepteurs ne sont pas tous les mêmes; les impressions varient comme les tempéraments.L'effet ne trouve pas invariablement partout le même accueil.Il y aura toujours des réfractalres.des distraits, des dormeurs, voire même des anormaux.Que leur façon d'apprécier ne vous trouble point.Après un grand concert où il avait brillé et soulevé des tempêtes d'applaudissements.Liszt voit s'approcher de lui un gros monsieur qui.lui prenant les mains, lui dit en lui tfttant les doigts: "Est-ce qu'ils ne vous font pas mal tout de même, à force de taper comme vous faites !" C'était tout ce qu'il avait remarqué dans son Jeu !.L'Illustre pianiste ne s'en offusqua guère.Faites comme lui.Laissez passer, sans y prendre garde, ces souffles parfois contra- riants.Vous rencontrerez bien, çà et là, pour vous consoler, quelque indice, ne serait-ce qu'un regard, pour vous faire comprendre que vous êtes allé à lame et que vous avez fait du bien.Que cela vous suffise ! Il est une qualité dont les meilleures voix n'ont pas toujours le privilège.C'est le charme.Sans le vouloir, sans le chercher, il se dégage du timbre auquel il donne une céduction irrésistible, quelque chose d'affectueux, de persuasif, d'émouvant dont on ne peut se défendre.Il s'utilisera avec avantage dans les solos.Mais celui que la voix d'église doit avoir, c'est celui qui est le fruit d'une formation intelligente et foncièrement artistique, celui qui naît d'une unanimité chaude de sentiments, d'un faisceau ardent d'inspirations sincères, de ces vibrations pathétiques, de ces envols d'Ames vers la Souveraine Beauté.Que j'en al rencontré de ces voix qui vibraient, comme une harpe éolienne.au souffle des brises méridionales ! Mais de toutes celles que j'entendis, deux surtout sont demeurées fixées en mon souvenir: celle d'un éclatant toprano qui ne cessa pas de chanter, malgré la marche de la mue.L'auditoire charmé qui l'avait entendu, l'année précédente, sonner comme un violon éblouissant, le vil.l'année suivante, sombré dans le grave, et.plus expressif, plus pénétrant que jamais, briller et saisir profondément, dans le plus rare et le plus admirable ds contraltos.L'autre voix, je l'entendis dans une Préface.C'était à un Office Pontifical.A la tin de l'Offertoire, les flûtes de 16 du Grand-Orgue éteignaient peu à peu leurs lourdes sonorités, quand sur leurs vestiges apaisés, une voix s'éleva, voix de cristal, voix angé-lique, planant entre ciel et terre, digne vraiment de concerter avec les Séraphins."Vere dlgnuni et iiiMuiii est " Et l.i mélopée hellène se déroulait toujours de plus en plus prenante, dans le rayonnement de sa splendeur native et de beautés encore Insoupçonnées.Chacun retenait son souffle.On écoutait, on écoutait toujours plus avidement ce moine au céleste organe, nous Inondant de charme, nous emportant avec lui Jusqu'aux sphères éblouissantes où s'éploie la louange divine.Or ceci est une exception.La voix d'église se doit seulement d'être juste, inteligenle, impersonnelle.suffisamment expressive, pour servir dignement mélodies et textes qui lui sont confiés.Mais cette voix d'église ne se forme pas toute seule.Il ne BUfflt pas de dire comme le Créateur: ••Fiat lux !" La matière y est; il faut la façonner avec soin.Avec l'esprit doit concourir le métier.Or la musique d'église, qu'elle s'appelle chant grégorien ou musique polyphonique, a des signes qu'il faut connaître.La voix est en instrument dont le mécanisme a besoin de formation.Quel est le livre qui vous prêtera main-forte dans ce travai technique ?— Le solfège Le chant grégorien doit avoir le sien comme la musique moderne.On n'y songeait guère dans notre jeune temps, et on trouvait que pour ce pauvre vieux, c'était bien suffisant de savoir peu ou prou le déchiffrer.On s'Instruisait sur la portée, les clefs, les modes: on solfiait 28 Man 1926 quelques antiennes, et c'était tout.On exerçait sur le vif, mais de travail vocal, visant exclusivement l'organe, et destiné à le former, point.Çà et là, quelques sauts d'intervalles, et on passait outre.Et cependant la voix d'église méritait mieux que cela.Mieux avis^, apprenez-lui, vous, à soutenir et à graduer le son depuis le filet le plus tenu, jusqu'à l'émission la plus forte.Soutenir le son avec justesse, le soutenir avec ensemble n'est pas aussi commode qu'on le croit.Ainsi la voix s'assied, se console, prend peu à peu une assurance qui ne la quittera plus.Apprenez-lui les crescendo et les decrescendo depuis les plus longs jusqu'aux plus brefs: la puissance d'expression y gagnera.Apprenez-lui à réussir avec justesse et précision les sauts d'intervalles depuis les plus lents jusqu'aux plus rapides.Apprenez-lui à rendre avec art les artifices du langage musical, tels que broderie, appogiature, gruppetto, anticipation.Le chant grégorien fourmille de ces ornements.Apprenez-lui à obtenir l'unité dans la pluralité, le fondu de la pâte sonore.Exercez-la à l'expression unanime, aux inflexions rythmiques simultanées.Apprenez-lui, je le répète, l'effacement dans l'action commune, la pratique de l'im-personnalité, cette abnégation dans l'effort général qui fait que rien ne paraît que ce qui doit être, artistiquement parlant, mis en lumière.Apprenez-lui la bonne prononciation.Initiez-la à une accentuation impeccable.Faites-lui comprendre, commentez-lui au besoin le sens des textes qu'elle interprête.Apprenez-lui.Mais vous avez des livres sans doute qui en cela peuvent vous servir de guide.Dans le cas contraire, prenez, je vous le conseille fort, "les Chanteurs du Bon Dieu" (1) de l'abbé Méfray.Suivez-le scrupuleusement sans papillonner.C'est une mine d'or.Vous n'aurez qu'à vous en louer.Vous trouverez là des conseils pratiques pour la formation de la voix, des exercices de prononciation, depuis les voyelles et les consonnes jusqu'à la prononciation romaine; des exercices de solfège grégorien; une anthologie des principales fêtes et de l'Ordinaire de la Messe; des notions de théorie musicale et de musique religieuse polyphonique; vous y rencontrerez de plus, à chaque occasion, des conseils pour la formation de l'esprit et de l'âme du chanteur, afin d'en faire un artiste chrétien.La route est facile; elle est bien tracée; elle est sûre.Suivez-la; appliquez cette méthode.Elle vous donnera ce que vous cherchez depuis longtemps peut-être, des voix d'église aptes à remplir dignement leur sublime mission.P.CHASSANG.(1) Procure générale, 3, rue de Méziêres, Paris (Vie).I.a Magique au Mexique Point n'est besoin de voyager longtemps au Mexique ou d'y faire un séjour prolongé, pour se rendre compte que l'on est dans un Pays où le coût musical est 1res développé.Il y a une dizaine d'années les Américains n'Imaginèrent avoir découvert un nouveau monde, lorsque lea musiques militaires et les orchestres mexicains s'en vinrent faire des tournées artistiques aux Etats-Unis, surprenant leurs auditoires par leur excellente exécution.Cependant les Américains exclusivistes eurent de la peine à se décider a reconnaître qu'ils avaient comme voisin un peuple aux tendances musicales très développées.Ils se figuraient que la fameuse musique de tel régiment, ou tel orchestre, qu'ils avalent entendue, composaient les seuls éléments musicaux existant au Mexique.Il leur suffirait d'une semaine passée a Mexico pour se convaincre de leur erreur.Dans la capitale mexicaine, les concerts bl-hcb-domadaires au Zocala, a l'Alameda, au Paseo, ne sont nullement préparés par le concours- des musiques militaires, même lorsque celles qui sont réputées les meilleures donnent des sérénades aux Etats- Unir».DE L'ART ET DU CHfJNT Dans le monde entier, il existe une conspiration générale contre la beauté et le bon goût.Pour nous borner au chant, les lieux d'amusements, le phonographe et le radio servent au peuple, à jet continu, le mauvais, le pire, l'atroce et même l'abominable.Sous ce rapport, l'inepte refrain de çafê-cbneert rejoint le jazz insipide.Emission nasillarde ou gutturale, éclats de voix, trémolo, musique sans caractère, sentimentalité bête, cet étalage de laideur importune sans cesse les oreilles raffinées après avoir corrompu les oreilles inexpérimentées.Même dans le domaine de l'art, l'impur se mêle au pur, l'ivraie au bon grain.Un artiste véritable, voire un artiste génial peut avoir des lacunes, des défauts.Aussi, si les professeurs doivent préconiser la fréquentation des concerts, complément indispensable des études vocales, cela ne suffit pas.Il faut en outre une direction éclairée qui signale à l'élève le bon et le mauvais.L'élève est séduit par le mauvais, quand le mauvais a de vives couleurs et suscite les acclamations.Les brillants défauts sont dangereux comme certaines plantes vénéneuses, étincelantes et perfides receleuses de mort.La critique de journal, faite à la hâte, souvent par des non-initiés en technique vocale, n'est pas toujours un guide sûr Laissé a lui-même, le débutant prend pour modèle le ténor qui lance le plus fort si bémol et le tient le plus longtemps, ou la basse qui parcourt avec le plus d'ostentation et de tapage les résonnances caverneuses de son registre inférieur, et il échappe alors plus ou moins à l'action de son maître.Avant tout, ce que les jeunes doivent étudier au concert, c'est le style reposant sur une bonne technique.L'interprétation d'un morceau, le coloris d'une phrase chantée, l'observation de certaines nuances varient suivant les tempéraments, les moyens vocaux, la compréhension individuelle, parfois les dispositions du moment.La technique, elle, s'appuie sur les lois de la nature, les mêmes pour tous.Un chanteur a de la technique ou il n'en a pas.S'il n'en a pas, ce n'est pas un modèle recomman-dable.La technique, c'est le respect des règles du chant, le résultat du travail poursuivi avec intelligence et constance, le fruit d'une discipline judicieuse C'est la chose acquise, transmissible, imitable et à imiter.Un chanteur incomplet,, un artiste tenant plus du diseur que du chanteur peut plaire et émouvoir, malgré une émission défectueuse, mais qu'un maladroit s'avise de le copier et il sera ridicule, ne pouvant s'approprier sa sensibilité, sa diction et le reste.Deux ténors d'origine anglo-saxonne, l'un Anglais, l'autre Canadien de naissance, viennent de chanter à Montréal: M.John Coates et M.Edward Johnson.M.Coates, très connu à Londres et de longue date, est un charmant homme, un séduisant interprète, un chanteur d'opéra de grande expérience.Mais il n'a pas une émission rationnelle, exemplaire.Sa voix, entièrement placée dans le nez, même sur les voyelles i et c, produit à la longue un fâcheux effet.Elle n'est pas solide et posée.Si le mot "truquage" s'applique à l'un des deux, c'est bien à.M.Coates.M.Johnson, au contraire, a un beau style et de l'école.C'est un modèle pour les jeunes.On a loué la richesse, la souplesse et la fraîcheur de son organe.La possession ou la conservation de ces qualités, il les doit à sa méthode.La nature l'a doué d'un beau timbre de voix, mais seuls le travail et l'étude lui ont permis de l'égaliser, de le développer, de le faire valoir.Il chante sur son timbre et rien que sur son timbre, dans toute son étendue, sans jamais grossir ni écraser les sona.Chacune de ses phrases, fortissimo, forte ou demi-teinte, atteint le moindre recoin du théâtre avec le degré d'intensité et le contrôle désirés.Chanter sur son timbre et rien que sur son timbre, sans grossissement, sans contraction, avec le minimum d'effort, c'est l'art du chant.Mais quelle difficultés surmontées, quelle somme d'efforts antérieurs présuppose cette perfection: attaque impeccable des sons, contrôle parfait de la respiration, appui solide de la voix, souplesse de tous les organes qui concourent à la production du son, à la formation du moule sonore ! Ouvrez la méthode Faure: "Une année d'études", à laquelle la propriété de dégager le timbre est reconnue même par ceux qui la critiquent sans la comprendre, et vous verrez quelle tâche ardue est l'acquisition d'une émission irréprochable.Il faut une année d'études pour avoir une idée de la méthode, mais une vie entière pour la posséder à fond.En écoutant un artiste comme Johnson, il convient de se rappeler que de même que Racine faisait difficilement des vers faciles, un chanteur n'arrive qu'à la longue, laborieusement, à une émission facile, naturelle.Combien vraie est cette pensée d'une très grande autorité en art vocal: "Parfois la nature fait bien les choses ! mais tous les vrais artistes ont travaillé leurs dons naturels et les ont fait évoluer suivant les chemins de l'art.Cette union de la technique et de la profonde intelligence produit une jouissance supérieure.Acquise consciemment ou non, la technique de l'art demeure pour l'artiste lui-même une nécessité; où il n'y a point de technique, il n'y a point d'art non plus.N'est-ce pas une tâche supérieure de conquérir en art une place exceptionnelle, par la force du savoir, et de créer la beauté de son organe par la force de l'étude, ou, tenant de la nature une telle beauté, de la conserver jusqu'à la fin de ses jours ?" Et cette autre aussi: "Voix sans timbre, voix vieille.Le charme de la jeunesse, la fraîcheur du timbre proviennent de la hauteur de la résonnance de chaque son.Hauteur, jeunesse, fraîcheur de la voix égale e et i".Entre autres choses, ce qui vieillit une voix, ce qui use le timbre, c'est donc l'abus des sonorités forcées.D'ailleurs, si les voyelles o et a déploient mieux le volume de la voix, e et 1 portent plus loin, comme le son grêle du hautbois qui perce la masse sonore de l'orchestre déchaîné.Outre son charme propre, une voix bien timbrée, par sa netteté; par son "legato", fait illusion sur son volume même.Seule elle se prête au chant expressif et au chant soutenu, "un des plus puissants moyens d'expansion", dit Paure, "car il permet à la voix la moins volumineuse de se faire entendre distinctement et même d'en dominer de beaucoup plus forte".Ce n'est pas la force de la voix qui compte, mais la qualité du timbre.Quand on rencontre une personne gracieuse, parfaitement proportionnée, à la démarche aisée on ne remarque guère sa petite taille.De même une voix harmonieus, homogène, développée, conservée et maniée par l'art, séduit l'oreille.Qu'elle soit menue, cela n'ôte rien à son charme.Cela ne gâte que le plaisir des philistins.C'est la même chose en poésie et en peinture.On ne juge pas un poème d'après sa longueur et la valeur d'un tableau pe dépend pas de ses dimensions.Salvator ISSAUREL. Man 1926 20 Croît nriuoricnin.Violon tosmaque tn usage chez les peuplades serbes.Les Instruments Primitifs de la Musique Les merveilles de la polyphonie moderne, l'extraordinaire perfection atteinte dans la fabrication des instruments nous rendent forcément un peu oublieux et même dédaigneux des moyens qu'eurent les peuples très anciens d'exprimer leurs effusions musicales.Ces moyens sont encore ceux-là mêmes à quoi s'en tiennent des peuples, qui pour arriérés qu'ils nous puissent paraître, n'en sont pas moins aptes à se manifester musicalement.L'article de Si.H.Descours traite sous le rapport de sa mdgarisation mécanique de cette vie primitive de l'art des sons.Tambour en l cordes basque.Ce n'est que par l'éducation que l'œil n'habitue aux reliefs; de nombreuses observations cliniques l'ont péremptoirement démontré.C'est encore par l'éducation que l'homme apprécie l'harmonie, cette succession de sons que ne comprendrait plus l'homme primitif.La question est controversée; cependant, on peut admettre qu'à l'aube de notre humanité un son simple suffisait pour charmer les oreilles de l'homme.La voix humaine, en se perfectionnant, a pour ainsi dire compliqué la musique et créé les Instruments qui produisent les sons que notre oreille perçoit.En psychologie zoologique, on nous enseigne que l'aboiement du chien est une mutation grossière de la voix de l'homme et que l'aboiement se perfectionne avec la marche du temps au point que nos fox-terriers ne reconnaîtraient plus le langage de leurs ancêtres.Tout cela est très possible.Quoi qu'il en soit, les peuples qui n'ont pas notre culture Intellectuelle, et qui.par conséquent, se rapprochent des primitifs, se contentent de bruits discordants Le Lapon.l'Indigène d'Alaska dansent volontiers aux sons d'un tambourin confectionné avec de grosses arêtes et des vessies de poissons.Il faut évidemment être Lapon ou tout au moins ours blanc pour se trémousser au bruit bizarre de cet instrument.Par contre les Basques, derniers vestiges d'un peuple de race ibérique parvenu à un certain degré de civilisation, dansent aux accords (?) d'un instrument dont nous donnons Ici la photographie et qui ressemble aux tamtams des têtes plates de l'Amérique du Nord.Les Esquimaux du Groenland, des rivages de la mer de Baffin et ceux de la baie d'Hud-son, considèrent leurs grossières musiques comme l'accessoire indispensable de leur culte grossier.Le tambour esquimau est un tambour magique, moitié instrument de musique, moitié grigri.Le peuple au col roldc.où fleurit la tradition biblique.l'Anglais, a conservé le cricri qui rappelle les vases de Gédéon.La Grèce, même la Grèce moderne, a gardé les instruments doux, de la famille des lyres et des flûtes que les Romains promenèrent ensuite aux points les plus reculés de l'Europe.De tout temps les instruments de musique ont été divisés en trois classes: Les instruments à vent, les instruments à percussion et les instruments à cordes.Parmi les instruments à vent, les plus barbares que nous ayons découverts sont le flo-gera grec et le falvos roman auquel la flûte roumaine ressemble singulièrement.Les Roumains ont aussi une sorte de syrinx ou flûte de Pan composée d'une série de tuyaux d'inégale grandeur réunis ensemble, bouchés en bas.ouverts en haut sur une déclivité que parcourt la lèvre des musiciens.Pour les instruments à percussion, nous avons parlé plus haut des tambours et des tambourins des réglons froides; il faut ajouter les hochets de danse des Américains des montagnes rocheuses.Enfin, les Instruments à cordes présentent au chercheur de vastes ressources.Les province?danubiennes en offrent d'Intéressants et originaux spécimens.Le Monorchordum tosmaque ou serbe est un ihefd'cpuvre du genre.Il y en a de forts beaux en France, au musée ethnographique du Trocadéro.Le violon tosmaque a quelque ressemblance avec le crout armoricain, mais 11 n'a qu'une corde que l'on frotte directement au moyen d'un archet court.Pour que notre oreille habituée aux compositions savantes des maîtres puisse démêler dans les bruits rauques de ces instruments, plus ou moins barbares, quelques notes qui soient le reflet de l'âme des peuples qui en Jouent, il faudrait faire table rase d'une éducation musicale qui nous prend au berceau, et nous suit au cours de la vie.C'est l'impossible enfin '.Il r.'y a aujourd'hui, en dehors de la race noire restée très Inférieure sous le rapport de ln musique, que les Chinois qui puissent trouver quelque plaisir au rythme brutal des instruments primitifs.Parlant de l'imperfection de l'organisation artistique des jaunes, des Chinois en particulier.M.E.Veron écrivait: "Le sentiment de la gradation et de l'harmonie des son* est aussi étranger aux musiciens chinois que la gradation des couleurs et la perspective le sont aux peintres de la même race.Leur gamme n'est composée que de cinq noteB.Ce qui est plus surprenant c'est que, après avoir acquis par la théorie et par l'expérience de leurs instruments la connaissance de l'échelle chromatique, ils se refusent à l'emploi du demi-ton sans lequel il n'y a pas d'art musical." Et plus loin, le savant critique dit encore.Us n'ont d'ailleurs aucune Idée de l'harmonie.Les instruments à cordes et à vent, les appareils de pierres sonores, de cloches, de lames métalliques, ou de bois jouent à l'unisson les mélodies et sont accompagnés de tambours qui marquent le rythme.Au signal du chef d'orchestre, et sans autre raison, les trompettes, les cymbales, les gongs, les tam-tams jettent sur ces mélodies insignifiantes, des tempêtes de sons étourdissants".Les instruments chinois, sans ressembler à l'Informe xilophone des sauvages d'Ha-patrl dont parle Cook, ou aux tambours nidi mérita 1res des peuples barbares, ont quelques traits communs cependant avec les instruments des peuples primitifs.On pourrait marquer les étapes du progrès en suivant l'évolution des instruments de musique.D'abord le tambour.fourni par le bâton qui frnppe l'arbre.ensuite, le tam-tam, le gong, qui sont des tambours' perfectionnés.Ces instruments à percussion changent de forme, mais se maintiennent longtemps dans les premiers âges de l'humanité.Après viennent les instruments à vent, les sifflets, les flûtes, les trompettes.Puis enfin les instruments à cordes, d'origine sémitique.La place qui nous est étroitement mesurée ne nous permet guère de passer en revue tous les Instruments anciens.Chaque jour, au cours des explorations, on en découvre de nouveaux aux sons graves ou aigus.L'Invention des générations disparues, sans méthode et sans frein, pouvait se donner libre «arrière, si l'on rappelle que l'oreille humaine peut saisir un son qui répond à 3S.000 vibrations par seconde.Or, le ré supérieur de la petite flûte no donne que 4,752 vibrations par seconde L'écart est énorme.Nos 30 Mari 1926 iviii esquimau imiiiiil du laiiilmiir.orchestres trop subtils ne peuvent plaire à des Nyam-Nyams, à des Bougosou, a.des Hottentots qui apprécient plutôt le son du canon que l'harmonie d'une harpe.Or, les peuplades que nous venons de citer se rapprochent, par leurs civilisations, des peuples primitifs.N'ayons donc, pour les instruments grossiers, aucune pitié dédaigneuse, ils sont ceux qui ont amusé nos pères, si peu différents des nègres du Gabon, et des Tallnanlens.cet échelon Inférieur de l'humanité.Je voudrais, pour terminer cette étude citer ce passage qui s'y rapporte et qui est pris dans une communication que l'émlnent compositeur C.Saint-Saéns fit naguère à ses collègues de l'Institut; il est des plus intéressants.Il fixe un point qui a été souvent controversé.Camille Saint-Saéns s'exprimait ainsi: "Que vient faire la main gauche dans les lyres construites d'après le système adopté dans les cithares ?Les peintures nous montrent, dans ce cas le plectre attaquant les cordes à la base de l'instrument, et la main LE CONCERTO C'est en Italie, au pays de la virtuosité, que le Concerto devait naître et trouver tout d'abord ses interprètes les plus réputés.Depuis longtemps déjà les chanteurs italiens étalent célèbres, exercés dans leur art.rompus à toutes les difficultés d'exécution que pouvaient exiger d'eux les compositeurs.Cette culture et ces goûts, si conformes du reste aux instincts mélodiques de la race, expliquent la prédilection que, de bonne heure, on rencontre en Italie pour l'instrument qui.en se rapprochant le plus de la voix humaine, rappelle le mieux ses qualités, la gradation ininterrompue de ses sons, le timbre et la puissance de ses vibrations, l'agilité qu'elle est capable d'acquérir.Aussi, dès le commencement du XVIe siècle, des facteurs habiles s'étalent appliqués à perfectionner duns toutes ses parties la fabrication des violons.Leurs efforts persévérants aboutissaient à la création de ces merveilleux instruments aujourd'hui si recherchés des amateurs et qui, suivant une ingénieuse remarque.rappelnt, par leurs formes savamment combinées, la structure même de la poitrine humaine.On sait la réputation que s'étnlent acquise à cet égard les luthiers de Crémone et les prix élevés qu'atteignent de nos Jours leurs ouvrages, quand Ils se recommandent des noms fa- gauche placée derrière les cordes, les doigta écartés en éventail."On a expliqué cette disposition en disant que la main droite à l'aide du plectre.faisait résonner le chant principal, et que la main gauche exécutait un contrechant Hypothèse très acceptable, mais d'un modernisme inquiétant."Pendant mon dernier séjour en Egypte, un hasard heureux m'a mis sur la vole d'une explication toute différente."Me promenant dans le quartier arabe d'Ismailla, attiré par les sons dune musique bizarre, je pénétrai dans un réduit où s'accomplissaient des rites étranges et Incompréhensibles.Là.un musicien, armé d'une lyre énorme se tenait dans la posture si souvent reproduite par les peintures antiques; de la main droite.Il promenait son plectre sur la base des cordes: la main gauche se plaçait en haut, ou plutôt vers le milieu de l'instrument, derrière les cordes, les doigts écartés en éventail."J'étais fort intrigué et ne pouvais comprendre comment l'artiste parvenait à exécuter ainsi, en frottant énergiquement toutes les cordes un dessin de plusieurs notes, se répétant indéfiniment.Il me fallut y regarder de près et alors je vis cette chose impossible à prévoir: avec les doigts de la main gauche, très habilement, le musicien effleurait les cordes qu'il fallait empêcher de résonner; les autres, laissées libre, résonnaient seules alors que le plectre les attaquait toutes indifféremment."Il n'est pas téméraire de supposer que les anciens Grecs aient connu et pratiqué ce mode d'exécution".Certainement on ne m'en voudra pas de cette digression; l'autorité dont elle se recommande ajoute quelque attrait à cet article forcément très Incomplet, car aussi bien n'est-ce qu'avec beaucoup de prudence qu'on se peut hasarder dans la vie musicale, si profondément mystérieuse, des premiers ages de l'humanité.Ici, plus que n'importe quel art et quelle Bclence.les documents sont rares; et encore ceux que l'on retrouve sont-Ils souvent d'un caractère aléatoire.Ce n'est pas.hélai ! seulement en ses origines, mais aussi en un passé peu lointain meux des Amati, des Stradivarius et des Guarnerl Grâce à ces artistes restés Inimitables, toute une famille d'instruments, la plus précieuse de toutes pour la symphonie, se trouvait désormais constituée d'une manière définitive.Avec le violon, c'étaient ses dérivés, l'alto, le violoncelle et la contrebasse, qui.à proportion de leur taille, présentent des diapasons plus élevés ou plus graves, admettent dans leur Jeu une rapidité de mouvements plus ou moins grande et conviennent par conséquent à l'expression d'idées musicales vives ou sérieuses, légères ou profondes.Les Bonorltés ainsi conquises, outre qu'elles fournissent une échelle assez étendue, offrent en même temps au compositeur une continuité et une homogénéité parfaites dans leur succession Au lieu des lacunes et des discordances auxquelles Il lui fallait autrefois se résigner, il peut désormais former comme une traîne serrée et suivie, disposée pour recevoir la broderie des dessins mélodiques qui se fondent ou se superposent à son gré.Avec la différence de leurs timbres et de leurs allures, le grimpe des instruments a cordes est admirablement propre à devenir le fond même de l'orchestre, puisque soit pour le chant, soit pour l'accompagnement U se prête a des combinaisons d'une richesse inépuisable Aussi, par la suite, les compositeurs les plus illustres de la symphonie, renonçant volontairement aux ressources de l'orchestre complet, continueront à écrire pour les instruments à cordes, groupés on < rl-Crl que l'on ratruav* eneorc chei ûtt ruiiipauiiurds aiiu'luK.que la musique se refuse à une appréciation rigoureusement exacte.Nous aurons l'occasion d'y revenir.Pourtant.II n'est pas niable que, dans ce qu'on a si longtemps qualifié de miracle, la musique a Joué un rôle prédominant.La préhistoire est tout illuminée de héros qui semblent avoir profondément connu et fait se manifester l'Irrésistible puissance moli-culairc de la musique.Chacun sait le mythe d'Orphée charmant la faune hostile, celui d'Amphion érigeant aux sons de sa lyre les murs de Thèbes.Il en est d'autres également séduisants de poésie En tous une grande vérité est latente; et la science y participe certainement On peut trouver là une indication précieuse de l'Importance sociale de la musique; elle est considérable, et l'avenir ne peut que l'accroître Ce n'est point faire acte de rêveur, en effet, que de supposer que la valeur dynamique des sons sera de plus en plus présente dans les manltestatlons humaines vers H DESCOURS.i .1/ mica ) nombre réduit, des œuvres qui, à raison de leur beauté propre, méritent d'être citée* parmi leurs meilleures productions.Mais le perfectionnement des Instruments et les progrès des exécutants étaient les bénéfices les plus assurés que le Concerto devait rendre à l'art musical.Inventé par les solistes Italiens, il était surtout destiné à manifester leur virtuosité.IC.ii «lent S.M.le .la// .' Tout le monde est maintenant d'accord aux Etats-l'nis: c'est à Chicago, dans la 31e Avenue, au café Schiller qu'est né S.M.le Jase.Le propriétaire de rétablissement, un certain Sam Have, avilit engagé en 1915 un nègre: Jasbo Brown.Celul-cl Jouait tour à tour, pour distraire les clients, de plusieurs instruments: piston, flute, clarinette, hautbois.A Jeun, I'"artiste" exécutait des mélodies agréables, mais lorsque les cocktails faisaient leur oeuvre, Il soufflait dans un Instrument, en saisissait brusquement un autre et en tirait des sons cacophoniques autant qu'ahurissants.Ce nègre, comme tous ses congénères, avait un sentiment puissant du rythme.Et ses improvisations d'homme Ivre amusaient les consommateurs qui lui crlalont: "Allez.Jasbo !" Il eut bientôt de nombreux Imitateurs à travers l'Amérique.Ils firent comme Jasbo.D'où l'abréviation "Jas".devenue "Jazz" Mars lÔ2è 31 Par JEAN-SEBASTIEN LAMBERT 'Les Cloches de Corneville" font trois représentations au Monument National.— Une reprise pour le gala des Beaux-Arts.— Le bon vieux répertoire.— Fritz Kreisler, au Théâtre Saint-Denis.— Le London String Quartet.— Les concerts interrompus par le jazz.— Une calamité.— Le "Requiem" de Brahms par la Chorale Brassard.— Le Quatuor Dubois.— "Benvenuto Cellini" par les élèves du Conservatoire Morin-Labrecque.— La cantatrice Gianini.— Janet Vreeland et la Petite Symphonie de Montréal.Voilà ce qui s'appelle un mois bien rempli ! La tâche de critique musical est en général de tout repos, encore que les rédacteurs de nos grands quotidiens doivent se multiplier pour entendre toutes les personnes en mal de se produire musicalement.Mais, ce mois-ci, il a fallu vraiment se sur-multiplier.C'est pourquoi je m'excuse auprès des aimables lecteurs de la "Lyre" si mes notes sont assez brèves.J'ai tellement de compte-rendus à aligner que les colonnes que veut bien m'allouer la direction de la revue me suffisent encore pas à caser toute cette prose.Ne soyons donc pas si prolixe et rappelons-nous que Boileau (qui était un sage) a écrit le vers fameux: Qui ne sut se jamais se borner ne sut jamais écrire ! Tout d'abord l'opérette."Les Cloches de Corneville" ont remporté un succès si considérable que l'on a dû afficher trois représentations au lieu de deux.Il est aussi annoncé une reprise pour le gala de l'Ecole des Beaux-Arts.D'où vient ce succès plus extraordinaire que d'habitude ?De ce simple fait que le public en pince pour les vieilles opérettes et plus particulièrement pour "Les Cloches de Corneville" dont les airs se chantent partout.La musique de Planquette est extraordi-nairement populaire: je veux dire qu'elle se grave dans toutes les mémoires et qu'elle chante encore dans l'esprit, bien après la chute du rideau.Il n'est pas un spectateur qui ne se réveille le lendemain et ne se surprenne à fredonner: "Je regardais en l'air" ou "Va petit mousse!" Et pourtant, rien de moins compliqué que cette musique dont l'inspiration nous semble si facile.Mais quel art souverain dans le choix des thèmes, quelle magnifique clarté dans l'écriture, et quelle finesse d'expression.Je crois que l'on peut aisément citer "Les Cloches de Corneville" comme un modèle du genre.Les paroles s'adaptent parfaitement à la musique et le tout s'enchaîne avec une éblouissante virtuosité.La Société Canadienne d'Opérette a réalisé un effort sérieux, intéressant et qui doit certes l'encourager à continuer dans cette voie.M.Henri Letondal faisait remarquer fort justement dans la "Patrie" que l'on ne devrait pas laisser dans l'ombre des oeuvres aussi charmantes que les opérettes d'Au-dran, de Lecocq, et d'Offenbach.La Société d'Opérette peut remporter des succès iden- tiques en enrichissant son répertoire d'importantes reprises.Le public va avec confiance aux représentations des opéretttes qu'il aime et qu'il connaît bien.Par l'empressement qu'il a montré pour "Les Cloches de Corneville", il a manifesté son désir d'applaudir à nouveau l'ancien repertoire."Les Cloches de Corneville" ont été représentées avec beaucoup de verve et de talent par la Société Canadienne d'Opérette.Le spectacle a marché sans hésitation et, c'est le cas de le dire, rien n'a "cloché''.M.J.-J.Goulet a été fort heureux dans ses indications: il a conduit les représentations avec grande autorité.L'interprétation était rehaussée par la présence de M.Conrad Gauthier qui jouait Gaspard.M.Gauthier est un comédien de premier ordre et sait habilement composer un personnage.A tous les éloges qu'il a déjà reçus, ajoutons celui-ci: il a su maintenir sa composition avec les mêmes moyens d'expression, d'un bout à l'autre de la pièce.Il arrive souvent qu'un acteur "oublie" son personnage pour reprendre son naturel.Mais M.Conrad Gauthier a soigneusement évité cet écueil: sa diction, de même que sa démarche, fut la même du commencement à la fin.Mme Elisa Gareau a joué le rôle de Ser-polette avec un genre quelque peu différent de celui auquel nous sommes habitués, mais elle a donné une grande vivacité à son interprétation.Elle est à la fois enjouée, mutine, souple et dégagée.En costume de vicomtesse, au dernier acte, elle a produit le meilleur effet.Mlle Marie-Rose Descarries, timide et jolie, prêtait sa voix charmante au rôle de Germaine.M.Paul Trépanier, ténor à la voix agréable et d'une émission facile, a interprété le rôle de Grenieheux de fort pittoresque façon.Outre qu'il a chanté avec des moyens parfaits les airs de Grenieheux, "Va petit mousse", "Je regardais en l'air", etc., M.Paul Trépanier a fait preuve de naturel et de verve dans le dialogue.M.J.Fournier de Belleval, dont le beau timbre de baryton plaît énormément, prêtait ses allures cavalières au Marquis de Corneville.M.de Belleval a été vivement applaudi, particulièrement dans l'air "J'ai fait trois fois le tour du monde" qu'il a dû donner en bis.Je citerai également les trois excellents comiques de la Société Canadienne d'Opérette, MM.Honoré Lefebvre, Lucien Quintal et Ernest Loiselle, qui ont silhouetté trois tabellions d'un comique irrésistable.On PAUL LAFRANCE J.G.YON L.J.Douce t, prop.03G, rue S.-Denis, Montreal Tél.lîelair 7570 Endroit par excellence où l'on peut se procurer le plus beau choix tie musique classique, piano solo, chnnt, violon, violoncelle, musique religieuse, chants canadiens, traités d'harmonie.Htl6rntu.ro musicale, et toute la musique demandée par les différents Conservatoires, y compris les éd i lions Durand, Schlrmer."Wood, il des prix défiant toute compétition.Nouveau rayon de phonographes et disques Starr-Gennett.Remises spéciales aux Communautés Religieuses et nux Professeurs.Service courtois.Une visite a notre magasin vous convaincra du choix de musique varié que nous sommes en mesure de vous offrir.Nous avons en mains tout ce qui est approprié pour Pâques.Le Conservatoire Royal de Montréal Les prochains examens du CONSERVATOIRE ROYAL auront lieu à 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remarquables, Kreisler a interprété, entre autres oeuvres, la "Partita" de Bach, pour violon seul, la "Folia" de Corelli et un concerto de Vleuxtemps.Le compositeur se réservait pour les rappels.Kreisler n'a pas manqué de Jouer ses compositions que le phonographe a popularisé.Ces œuvres agréables et "faites pour plaire" sont bien connues.N'insistons pas.Kreisler se devait d'en Jouer quelques-unes: sans quoi le concert n'eût pas été complet et la majorité de l'auditoire (qui admire Kreisler parce qu'il a écrit "Caprice Viennois") eût été déçue.Le concert de Kreisler nous a montré la belle formation musicale et vlolonlstlque de ce virtuose qui sait, au besoin, abandonner les trucs du métier, pour se faire l'Interprète des œuvres classiques Même dans le Concert de Vleuxtemps, Kreisler a été l'interprète sobre et distingué que nous connaissons.Le "London String Quartet", excellent groupe d'instrumentistes, a donné un récital au Victoria Hall de Westmount.Les Journaux ont dit combien il avait été désagréable d'entendre les rires et les conversations qui venaient d'une salle voisine où se tenait quelque réunion mondaine.Le Quatuor Dubois eût semblable expérience, le mois dernier, à la salle Ladies' Ordinary, alors qu'un jazz-band vint interrompre le "Quatuor" de Vreuls, donné en première audition.Il serait temps de songer à remédier aux Inconséquences des organisations barbares qui ne craignent pas de convoquer le mfimc »oir un quatuor et un jazz-band Quoi qu'il en soit, le "London String Quartet" a interprété avec talent le "Quatuor Américain" de Dvorak Une composition de M.H.Waldo-Warner (le viola du quatuor) a été donnée en première audition Cette œuvre s'intitule 'Plxy Ring".Son goût descriptif est douteux et l'on y relève un abus considérable de trilles, de gammes chromatiques et d'harmnlques.En rappel, pièces de Frank Bridge, qui est un compo- Mari 192b La Coiffure est un Art Que vos cheveu* «oient courts ou lnriK*.vous trouverai toujour* ft notre sa-lon des personnes compétentes sachant distinguer la colf-convenant ft chaque cliente.MADAME ASSELIN SALON DE COIFFURE V» I "'H' r llllr.l., M,,,,,, Tel.: Ilelalr 40SS siteur savoureux et d'une puissante orlgl Baillé, L'Association Chorale Brassard, qui est enregistrée, a donné en une audition monumentale et nationale (je veux dire au Monument National) le lourd, écrasant, et magnifique "Requiem" de Brahms.Cette œuvre d'une puissance Incontestable dégage cependant une espèce de monotonie M.A.-J.Brassard inaugurait sa symphonie composé d'Instrumentistes formés par lui à l'accompagnement de sa chorale.Le résultat fut Photo Rice Mme Gabriel M et hot la distinguée pianiste canadienne-française qui a donné un concert le 10 mars.A la Salle Windsor.Montréal.plus que satisfaisant.Disons que les chanteurs ont accompli là un très beau travail et qu'ils n'ont qu'à se louer de leur réussite Signalons les auditions du Quatuor Dubois qui nous révèlent des œuvres d'un rare mérite, notamment un Quatuor de Vreuls dont nous avons parlé plus haut.Ce quatuor attire, à chaque concert, un public de plus en plus nombreux.Les artisans de ce groupe sont MM.Braldi.Zimmerman.Mas trocola et Dubois.Les élèves du Conservatoire Morin-La-brecque ont donné au Monument National, une représentation de "Benvenuto" de Diaz.Cet opéra dormait dans l'oubli.Mme Alber-tine \ 11 > 11 n l11 » 11 i 1111 « et Mlle Jeanne La-brecque.qui se dévouent avec un zèle admirable au développement musical de nos compatriotes, ont eu l'heureuse Idée de le monter.Avec une phalange docile d'instrumentistes, tous élèves du Conservatoire Morin-Labrecque, un nombre important de solistes et choristes, on a pu réaliser sur la scène du Monument National un ensemble qui ne manquait pas d'allure et de variété.C'est un excellent exercice pour les élèves et le public y trouve également son plaisir.Mme Gianini, cantatrice, a donné un récital, au Ritz-Carlton.sous les auspices du Ladles' Morning Musical Club.Programme substantiel, Intéressant, et bien Interprété.Mlle Janet Vreeland, une chanteuse d'un réel mérite, s'est fait entendre sous les auspices du Matinee Musical Club, en la salle de bal de l'Hôtel Mont-Royal.C'est une artiste magnifiquement douée et qui sait rendre avec un beau style les pièces qu'elle chante.La Petite Symphonie de Montréal prêtait ton concours à ce récital.Jean Sébastien LAMBERT.CHARLES E.PETRIN MUSIC SHOP FULL.LINE OP MUSIC ROLLS A RECORDS Chansons françalsaa du Canada Adaptations françaises dea grands succès américains "La Ijrr .raTDs mnalrala oanndtenn*, na vaut* Lai tons Ica mots M Sa.MAIX ST.HOI.VOKR.MARA HOU l m 11 lu Cunlorlii île >l 3G, rue Nt-I)enls, Montréal.Tél.Belalr 7570 Biulndl pur rst -cl le net- nu l'un peut se procurer le plus beau choix, d o iilukuiU'- flussiiiui*.piano solo, t'hant, violon.violoncelle, musique religieuse, (-liants c;in;n)ii'ns.traités »VTi:i vmonii\ Htlér.-t lun.- musicale, et- toute la musique l'.eiioiniliV pur les 111 f t ô vi' ii t s i ' i m s.rv n 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