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Titre :
La lyre
La vie musicale au Québec entre 1922 et 1931. [...]

Le premier numéro de la revue La Lyre, dont le sous-titre changera plusieurs fois (« Revue musicale et théâtrale », « Publication mensuelle », « Revue musicale mensuelle », « Revue mensuelle illustrée »), paraît en octobre 1922. Le mensuel est édité à Montréal par la Compagnie de publication « La Lyre », propriété de J.-E. Turcot, marchand de musique, qui a pignon sur rue au 3, rue Sainte-Catherine Est, et des compositeurs Henri Miro et Léo Lesieur. La Lyre annexe en 1927 la revue Le Carillon, consacrée à la « bonne chanson » et dirigée par Charles Marchand. Parmi les nombreux directeurs qui se succéderont à la tête de la publication, citons Raoul Vennat, Jean-Sébastien Lambert et Alice Duchesnay.

Jusqu'en 1924, la revue se consacre à la publication de pièces musicales ainsi qu'à la promotion de la musique et des arts de la scène québécois et canadiens. Par la suite, son rôle principal sera de diffuser et de mettre en valeur la musique du Québec et, plus rarement, celle de la Nouvelle-Angleterre. L'opérette, la chanson populaire et le jazz ont toutes leur place dans la revue. On y met aussi particulièrement de l'avant le piano et l'orgue, deux instruments fort appréciés au Québec.

Outre l'édition mensuelle de partitions de musique vocale et instrumentale, La Lyre propose à ses lecteurs un panorama de l'actualité musicale (au pays et à l'étranger), des profils d'artistes locaux et d'artistes internationaux de passage au Québec, des critiques de spectacles (théâtre, danse, mais surtout musique), la présentation des activités des orchestres québécois, des notices biographiques d'artistes, des leçons d'harmonie, des renseignements sur les instruments de musique et des conseils pour leur entretien.

En plus d'un calendrier des concerts à venir et d'un aperçu des nouveaux enregistrements disponibles sur le marché, La Lyre offre une couverture de l'activité scénique des artistes lyriques canadiens-français au Québec et à l'étranger. Parmi les compositeurs québécois publiés dans la revue figurent Henri Miro, Léo Lesieur, Conrad Bernier et Alfred Mignault. La revue présente aussi une revue du théâtre amateur de langue française aux quatre coins du Québec, ailleurs dans le Canada francophone et en Nouvelle-Angleterre.

La Lyre fait paraître à l'occasion des textes littéraires (nouvelles, contes, poésie, théâtre) d'auteurs comme Robert Choquette, Jean-Charles Harvey et Émile Coderre. Elle offre également une tribune à ses lecteurs, qui livrent par moments des articles très critiques à l'égard du gouvernement provincial, entre autres dans le sillage des débats entourant la fondation du Conservatoire national de musique.

De nombreux articles de fond paraissent dans La Lyre. Par exemple, dans le premier numéro, on s'interroge sur l'avenir du phonographe, compte tenu de l'arrivée de la radio. Au nombre des collaborateurs de la revue, on compte Jean Riddez, Charles Marchand, Maurice Morrisset, l'abbé Pierre Chassang, Jean-Sébastien Lambert, Alice Duchesnay, Roger Champoux, Léo-Pol Morin et Jean Dufresne.

La Lyre a cessé de paraître à l'été 1931. Malgré sa courte existence, elle a joué un rôle majeur dans la promotion de la culture musicale de l'Amérique du Nord francophone. Elle est une précieuse source d'information sur la vie artistique et sur les mouvements musicaux de son époque.

En 1924, le tirage de La Lyre avait atteint 4750 exemplaires.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1984, vol. VI, p. 52.

Éditeur :
  • Montréal :Cie de publication "La Lyre",1922-1931
Contenu spécifique :
no 60
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

La lyre, 1928, Collections de BAnQ.

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-Je tiens TOUT ce que je promets - GROS et DETAIL TOUT ce qui est Jo!i en MUSIQUE nous l'avons.N'hésitez pas à nous visiter ou à nous l'crire, vous aurez satisfaction.Spécialité de MUSIQUE FRANÇAISE Opéras, Opérettes, Oratorios, Saynètes, Littérature musicale, Drames et Comédies.Toutes les pièces demandées dans tous les Syllabus de tous les conservatoires de musique, NOUS LES AVONS.GROS et DETAIL Pour être au courant de la nouveauté, il faut s'abonner à noire Journal mensuel (le Broderie et MUSIQUE Toujours en mains tous les morceaux annoncés dans "La Lyre" Par an: 25 ets RAOUL VENNAT -Assortiment — Compétence — Courtoisie — Prix raisonnables .'iï 70-3772 Kl'E SAINT-PENIS (anciens 642.Tél.Harbour 0515-5310 MONTREAL Service - la premiere maison d'edition americaine Pour la diversité et l'excellence l'EDITION WOOD est suprême.Se//f ion Wood Employée exclusivement par un grand nombre de professeurs eminent;.AU DELA DE 1,000 VOLUMES DE CLASSIQUES, D'ETUDES ET DE RECREATIONS Choisis pour l'enseignement musical par les plus importantes maisons d'éducation de l'univers.En plus des œuvres classiques les volumes ci-dessous indiqués sont toujours en demande.METHODE DE PIANO SARTORIO En quatre volumes Chacun $1.00 Pièces arrangées de façon systématique et progressive, désignées pour poser des bases solides aux études musicales.LES ETUDES PROGRESSIVES DE LA COMPAGNIE WOOD Cinq Volumes Chacun .75 Primaires, Elémentaires, Supérieures, Avancées.La meilleure série d'études variées que 1 on puisse désirer.OPERA GEM Trois volumes Chacun .75 Arrangements faciles d'extraits d'opéras les plus connus.Appropriés pour l'étude et comme pièces de genre.D'exécution facile et agréable.88, RUE ST.STEPHEN TH& B.F.M^OOCl MUSZC CO.BOSTON, Massachusetts Octobre 1928 folklore du canada Collection de "La Lyre" En Roulant ma Boule Nouvelle harmonisation de HENRI MIRO 1 En roulant ma boule roulant, En roulant ma boule, Derrièr' chez nous, y a-t-un étang, En roulant ma boule, Trois beaux canards s'en vont baignant, Rouli, roulant, ma boule roulant.En roulant ma boule roulant, En roulant ma boule.Trois beaux canards s'en vont baignant, En roulant ma boule, Le fils du roi s'en va chassant, Rouli, roulant, ma boule roulant, En roulant, etc.Le fils du roi s'en va chassant, En roulant ma boule, Avec son grand fusil d'argent, Rouli, roulant, ma boule roulant, En roulant, etc.Avec son grand fusil d'argent, En roulant ma boule, Visa le noir, tua le blanc, Rouli, roulant, ma boule roulant, En roulant, etc.Visa le noir, tua le blanc, En roulant ma boule, 0 fils du roi, tu es méchant ! Rouli, roulant, ma boule roulant, En roulant, etc.0 fils du roi, tu es méchant ! En roulant ma boule, D'avoir tué mon canard blanc, Rouli, roulant, ma boule roulant, En roulant, etc.D'avoir tué mon canard blanc, En roulant ma boule, Par dessous l'aile il perd son sang, Rouli, roulant, ma boule roulant, En roulant, etc.Par dessous l'aile il perd son sang, En roulant ma boule, Par les yeux lui sort'nt des diamants, Rouli, roulant, ma boule roulant.En roulant, etc.Par les yeux lui sort'nt des diamants.En roulant ma boule, Et par le bec l'or et l'argent, Rouli, roulant, ma boule roulant.En roulant, etc.10 Et par le bec l'or et l'argent, En roulant ma boule, Toutes ses plum's s'en vont au vent, Rouli, roulant, ma boule roulant, En roulant, etc.11 Toutes ses plum's s'en vont au vent.En roulant ma boule, Trois dam's s'en vont les ramassant, Rouli, roulant, ma boule roulant, En roulant, etc.12 Trois dam's s'en vont les ramassant, En roulant ma boule, C'est pour en faire un lit de camp, Rouli, roulant, ma boule roulant, En roulant, etc.13 C'est pour en faire un lit de camp, En roulant ma boule, Pour y coucher tous les passants, Rouli, roulant, ma boule roulant.En roulant, ma boule roulant, En roulant ma boule. Tris, l'unité : 2; le mois eoiuani PRIX D'ABONNEMENT Six mois.$1.50 Un an.$2.50 Deux ans.$4.5u L'unité.25 Numéros des mois écoulés ., .-35 Primes et récompenses sont données pour 5 abonnements ou plus.La manière la plus sûre de recevoir régulièrement "La Lyre", c'est d'être inscrit .sur nos listes d'abonnée.Pour cela.Il vous faut nous envoyer votre om et votre adresse, avec le montant de l'abonnement en timbres, chèçjuo au pair ou mandat poste.Adressez toute communication à "LA EYRE" 987 BLVD ST-LAURENT Téléphone : LANCASTER 1907 EXPIRATION : — Etant donné le caractère éducationnel de "La L-yre", un bon nombre de nos lecteurs désirent avoir tous les numéros.En conséquence l'envoi est continué après expiration de la période payée, & moins d'avis contraire.CHANGEMENTS D'ADRESSE Tout avis de changement d'adresse doit nous parvenir avant le 15 du mois.accompagné de l'ancienne adresse./rikjflp Ge année No 60 Montréal, novembre 192S NOTRE ENQUETE Nous terminons ce mois-ci notre enquête.Dans le prochain numéro de décembre nous publierons les dernières communications que nous recevrons.Alors, comme promis, nous enverrons les numéros du journal aux autorités compétentes.Non que nous avions la prétention de croire à un résultat immédiat, mais le moment approche ou quelque chose devra être fait, et jamais, Monsieur Qui de droit, n'aura sous la main trop de documentation.Nous proposons, avec le numéro de décembre, un nouveau sujet de grande actualité et de grande importance.Y a-t-il moyen de rendre populaire la musique et la comédie ?En d'autres termes, par quel moyen pourrait-on mettre à la mode : Une Symphonie, Un Théâtre d'Opérettes et d'Opéras, Un Théâtre d'Art dramatique.La situation à Montréal est pitoyable.Aux jours de la St-Jean-Baptiste, on ne manque jamais de nous dire que Montréal est la seconde ville de langue française du monde, que Montréal est la métropole du Canada, que Montréal doit être le centre de la culture latine dans l'Amérique du Nord.Ce sont des constatations qu'il nous faut retenir et qui doivent, si elles sont vraies engager le Patriotisme de ceux qui en font état.Ajoutons à cela quelques assertions non discutées que nous entendons durant les périodes électorales: — Montréal paie autant d'impôts que le reste de la province.— Montréal, par exemple, a ses gros camions imposés de la taxe de 5 cents par gallon de gazoline qu'ils usent, mais ces mêmes camions n'ont pas le droit de franchir les limites de la cité.Ils ne peuvent pas aller sur nos routes ou'ils aident à construire.— Montréal par ses week-ends, par l'exode annuel de ses citoyens pour la pêche, la chasse, les vacances, verse dans les campagnes de toute la province et du Canada tout entier des sommes énormes.Alors, ne nous laissons pas dire que les députés de la campagne ne veulent pas aider à la création de Conservatoire, de Symphonie, de Théâtre d'Opéra et de Comédie dans la métropole.Qui est-ce oui r>aie les grandes écoles, les universités de Montréal et McGill sinon les Montréalais pour la majeure partie ?Va-t-on dire qu'aucun étudiant de ces écoles et de ces universités n'est de la province et que tous appartiennent à Montréal ?Alors, si nous payons plus que les autres, si nous donnons plus que les autres, nous avons le droit de dire aux députés de nous rendre un peu de nos déboursés pour l'embellissement de notre ville, dont en somme la province entière profitera.Aujourd'hui, tous les sports à la mode sont nantis.Le hockey a le Forum et l'Arena.La boxe et la lutte ont le Forum, l'Arena et le Monument National.Le base-bail et la crosse ont le nouveau Stade, le M.A.A.et autres.Le golf et le tennis ont des terrains de plus en plus nombreux.Alors, pourrait-on penser un peu à nous en haut lieu ?Que voyons-nous aux Etats ?Des millions sont dépensés pour la musique.En sus des théâtres d'hiver à Ravinia Park, il y a une saison merveilleuse d'opéra en plein été.A Cincinatti, au Zoo, également une saison de huit semaines de grand opéra et 3 semaines d'opérette, en plein été.Dans d'autres endroits des auditions d'opéras en plein air, des Festivals.Que ne faisons-nous de même ?Il y a 2 ans, M.J.J.Gagnier avait mis en avant des concerts du Grenadiers Guards au Square Dominion.Il avait trouvé une maison de commerce pour donner mille chaises.Et les hôtels et autres magasins voulaient contribuer.Naturellement, le projet Gagnier n'était pas viable.La musique des Grenadiers seule ne peut pas intéresser toute une saison.Il faut le concours d'autres éléments plus connus et plus aimés : Opérettes comme au His Majesty, l'été dernier, opéra, comédie, ballets, orchestre, sont les éléments nécessaires pour une saison complète avec chance de succès.Avec de si jolis coins dans l'île de Montréal, il ne doit pas être difficile de trouver un beau parc où la construction d'une salle bien aérée et ouverte, avec l'acoustique suffisante, nous permettraient d'avoir, l'été, des distractions artistiques.Tout le monde n'aime pas le golf, le tennis, le baseball.D'ailleurs, la nuit, du moins le soir, le sport a eu son temps et l'on peut penser sans déchoir à récréer son esprit.Nous voyons, dans les journaux, une propagande constante pour les sports d'hiver, les carnavals d'hiver.Des sommes énormes se dépensent pour les annoncer.Les compagnies de chemin de fer organisent des trains spéciaux pour les skieurs dans les Laurentides.Les hôtels contribuent dans ces dépenses. Il y a quelques années, Son Honneur le maire Duquette, en faisant les honneurs du Club de Golf de Laval-sur-le-Lac, disait: Tout Canadien-français devrait tenir à honneur d'appartenir à nos trois grandes associations: Le Club de Laval, le Club St-Denis et le National.Ne pourrait-il ajouter une quatrième association dont le but serait de faire de Montréal le centre de la culture latine de l'Amérique du Nord.Mais ce centre, ne pas en parler seulement dans les discours de St-Jean-Baptiste ou de distribution de prix à l'Ecole des Beaux-Arts, mais mettre en œuvre cette pensée, la faire vivre.Il semble que si M.le Ministre des Beaux-Arts, qui a trouvé des amis pour construire le Stade dont il est le président, est tout indiqué pour se mettre à la tête de la construction d'une salle de concert, d'une salle d'opéra, et surtout pour se mettre à la tête d'une association de la bourgeoisie canadienne qui, sans distinction d'allégeance politique, doit nous doter non seulement des salles nécessaires, mais nous assurer de sa volonté d'assister à toutes les manifestations artistiques.Il s'agit de mettre le théâtre à la mode comme les sports.Il s'agit de voir sur les illustrés les portraits des femmes de la société donnant un "Theatre-Party" comme elles donnent des exhibitions à Laval-sur-le-Lac et ailleurs.Pour cela, il faut la collaboration de toute la presse, la collaboration de tous les clubs sociaux masculins et féminins, la collaboration de la deputation de Montréal, la collaboration du maire et des échevins de Montréal.Avec la direction de notre sympathique ministre des Beaux-Arts, qui nous vaudra l'adhésion de ses collègues du Ministère et de la deputation entière, nous devons réussir à secouer l'apathie actuelle, et à doter Montréal d'une réputation intellectuelle méritée.Amis Lecteurs, dites-nous votre avis."La Lyre" sera heureuse d'insérer vos communications.Tout peut se dire sans blesser personne, et le sujet est d'importance.LA REDACTION.Les CATALOGUES de G.SCHIRMER, INC.NEW-YORK répondent à tons les besoins de l'enseignement musical, depuis le début au Jardin de l'enfance jusqu'au Professorat.LIBRAIRIE DE MUSIQUE CLASSIQUE des chefs-d'oeuvre de la musique, renommée dans le monde entier.Les 1515 volumes déjà, parus couvrent complètement l'Enseignement de la musique Vocale et Instrumentale.SERIE "SCHOLASTIC" Nouvelle série d'Etudes nouvelles copyrightées pour Chant et Musique Instrumentale, du grade le plus facile â.la plus grande difficulté.Elle est' composée par les Professeurs les plus renommés.OEUVRES CHORALES POUR LES ECOLES Série nouvelle de 200 Choeurs pour Etudiants, exactement ce qui convient dans les diverses Fêtes scolaires et les Clubs, depuis les écoles enfantines jusoue dans les Ecoles avancées et les Universités.Choisis, revisés et édités par RALPH L.BALDWIN.CHANT SOLOS POUR TOUS LES INSTRUMENTS METHODES LIVRES DE THEORIE MATERIEL D'ORCHESTRE de la Classe enfantine aux Sociétés Symphoniques L'Edition Schirmef se trouve chei les principaux marchands de musique.Nous donnerons volontiers leurs noms.G.SCHIRMER, INC.3 East 43rd St„ New York Montréal, Novembre 1928 L'ALBUM MUSICAL DE "LA LYRE" Notre album musical contient la populaire chanson "En roulant ma boule", une des seules qui n'ait jamais été harmonisée convenablement."La Lyre" s'est procuré l'accompagnement original de M.Henri Miro.Nous avons reçu de nombreuses demandes pour de la musique de danse populaire canadienne; le "Set Américain" pour piano et violon comblera cette lacune.C'est la première fois que "La Lyre" publie ce genre de musique; nos lecteurs sauront apprécier les efforts de la nouvelle direction pour satisfaire tous les goûts.Le célèbre "Menuet en sol" de Beethoven pour piano et "Sainte Cécile" de E.Charpaux complètent le programme musical du numéro de novembre.Les numéros subséquents contiendront, en plus des chansons du folklore canadien avec des harmonisations nouvelles, des morceaux de violon, violoncelle, piano à deux et à quatre mains; romances, airs d'opérette et opéra, chansons comiques; gigues, reels et quadrilles de chez-nous pour piano et violon.La musique religieuse ne sera pas négligée: la direction possède plusieurs manuscrits pour orgue et chant d'église.En feuilletant la correspondance de nos lecteurs, nous avons constaté que tous n'ont pas le même tempérament artistique.D'aucuns demandent des compositions classiques et religieuses et d'autres écrivent en sens inverse.Comme il est impossible de satisfaire tout le monde, "La Lyre" s'est tracé une ligne de conduite, qui, nous l'espérons, conviendra à la majorité de nos abonnés.LA DIRECTION.UNE AUBAINE! Chaque numéro de l'Album Musical contient un beau choix que nous expédierons sur réception de 35 sous par album.Adressez vos commandes à "La Lyre", 987 boulevard Saint-Laurent, Montréal.No 7 En Voltigeant, valse pour piano .AL.STOUPANSE Ave Maria, chant, piano et violon, LEON CHEVALIER et J.DOHERTY-CODERRE Un beau jour quelqu'un t'aimera, LEON CHEVALIER et GEORGE DUNBAR Ah ! que n'es-tu fîeur ! chant.THEO.J.DUCASSE No 8 Restons au Canada, chant LEON CHEVALIER, ALB.LARRIEU et L.LeSIEUR 0 Canada, mon pays, mes amours, marche pour piano, HENRI MIRO Fidélité, chanson.SMITH-CHAMPAGNE Gondoliera, piano.HENRI MIRO L'Auberge du Coeur, chant.L.RAD No 9 Badinage, piano.LEO LeSIEUR Lolita, tango argentin pour piano.HENRI MIRO Fantaisie I, piano.W.A.MOZART Menuet en Sol, piano .L.VAN BEETHOVEN No 10 Rêve d'Amour, nocturne pour piano .FRANZ LISZT Je veux sécher vos yeux, chant.LECLAIR-MIRO Consolation, valse pour piano .A.L.DESAULNIERS Il pleut, bergère, chant .D'EGLANTINE-SIMON-DUHAMEL No 11 Bourrée, piano.J.S.BACH Myosotis, valse pour piano .ALFRED MIGNAULT La Voix des Anges, romance .SMITH-PHILIE Pompadour, gavotte pour piano.HENRI MIRO Les Chevaux de Bois, piano.F.TETU LA PORTE ST-MARTIN AU THEATRE HIS MAJESTY Nous voilà rendus à la dernière semaine de la magnifique saison dramatique donnée par les artistes de la Porte St-Martin.Bon programme, excellents interprètes, troupe parfaitement homogène, brillantes vedettes: Mlle Rouer, MM.Joubê, Joffre, Bour-del, Glénat, Almette, Mmes Juliette Boyer, Gina Niclos, Jacqueline Erly.Costumes, mises en scène, décors soignés et élégants.Pièces d'un goût indiscutable, capables de rallier les opinions et les goûts les pins divers: dn classique des différentes époques, le grand siècle avec le Cid, le romantisme avec Hernani, les contemporains avec Chan-, teclerc, aujourd'hui dans les anthologies.Des pièces de genre très caractéristiques des époques où elles ont vu la rampe: "Le monde où l'on s'ennuie" ou la Reiehemberg a triomphé si longtemps.Le bon mélo avec "Le Bossu", "Le Maître de Forges" toujours si aimé, "Le Carnaval de l'amour", une nouveauté d'un grand écrivain, Charles Méré; une pièce de Bataille, "La Marche Nuptiale".Enfin, une réalisation fort réussie de Peer Gynt, "Le conte d'Ibsen", que tout le monde connaît de nom, grâce à la savoureuse partition de Grieg que l'orchestre du Majesty a si bien rendu sous la direction de M.Henri Delcellier.Beaucoup avaient entendu, au concert, la Mort d'Aase, d'autres se souvenaient des ballerines de la Pavlowa, dansant la Danse d'Anitra, mais combien peu connaissaient complètement la pièce avec la partition qui la commente et l'illustre si bien ?Avec pareil programme, M.Gauvin avait le droit de compter sur une fructueuse saison, dans la métropole canadienne.Il pouvait raisonnablement penser que nos étudiants, en fonds pour assister à des matches de boxe, ne devaient pas trouver trop cher d'entendre le Cid, Hernani, Chanteclerc et Peer Gynt pour 55 cents.Est-cè que les programmes de littérature de nos établissements secondaires ne comportent plus de littérature française ?Est-ce que d'entendre sur la scène pareils chefs-d'œuvre n'aiderait plus à leur compréhension ?Alors, pourquoi dauber sur le malheureux impresario quand il vient donner des pièces modernes, qui remplissent des salles, au nom du bon théâtre, du théâtre moral, qui ne veut pas de cas pathologiques, de cas de clinique ?Si nos censeurs ne veulent pas encourager et faire campagne pour que le public aille aux bonnes pièces, c'est qu'ils veulent tuer le théâtre.Alors, adieu le théâtre national.Nous arrivons an règne de l'amateurisme, et des spectacles de salles paroissiales.Dans lès couloirs du théâtre on pouvait, entendre émettre une opinion au sujet, des assistances ridicules à certaines pièces: Mauvaise habitude donnée par M.Gauvin d'amener ses artistes dans l'Est, après la saison habituelle dans l'Ouest.Cette raison ue tient pas debout, puisque le public était averti que la troupe ne jouait que 4 semaines à Montréal, que la province attendait les artistes pour la fin du mois de novembre.Il avait même été annoncé que les engagements de Paris ne permettaient qu'un séjour très court à Montréal.De plus, le seul théâtre décent de l'est est le St-Denis, dont l'acoustique très défectueuse s'oppose au débit accéléré du comédien français.Le loyer demandé est exagéré, et' enfin ce théâtre est occupé par la Troupe d'Opéra de Montréal, qui y est plus à sa place qu'une troupe de comédie.D'ailleurs, quand M.Gauvin était à l'Or-phéum avec de Féraudy, a-t-il été plus encouragé ?Et pour notre bourgeoisie canadienne-française qui réside en partie à West-mount et Outremont, le His Majesty est-il plus incommode que le St-Denis ?Ces messieurs ont pour la plupart des autos, et la location du St-Denis n'entre pas en ligne de compte et ne justifie pas leur abstention.Il nous faut admettre qxie le snobisme à Montréal a décrété qu'on joue au golf, qu'on assiste aux courses de chevaux, au hockey, au baseball, à la boxe et à la lutte, que les hommes jouent aux cartes aux clubs et les femmes chez elles, qu'il est de bon ton de dépenser de l'argent partout sauf au théâtre français.Inclinons-nous, en regrettant que la bourgeoisie ne comprenne pas mieux sou devoir.Dans tous les temps et dans tous les pays, les riches se sont plu à encourager les Arts.Nos universitaires et nos hommes politiques vont dire bien haut en Europe que le foyer de la culture latine, en Amérique, est à Montréal Quel désenchantement quand nos artistes disent, non pas ce qu'ils ont entendu, mais ce qu'ils ont vu, de leurs yeux vu: des salles demi-vides pour les plus belles pièces du répertoire, alors que la saison ne durait que 4 semaines, avec 3 changements de spectacle la semaine, dans une ville dépassant le million de population.Cela nous fait plus de tort que le merveilleux livre de Louis Hémon, qui a fait beaucoup de bien au Canada, quoi qu'on en pense dans certains milieux.Souhaitons que notre Ministre des Beaux-Arts récompense M.Gauvin de ses efforts répètes, et lui fasse avoir une subvention annuelle qu'il a bien méritée.Ce sera de l'argent bien placé.Si nous laissons tomber les Tournées Gauvin, que nous continuions à n'avoir ni musée, ni orchestre, ni théâtre convenable, nous serons toujours la deuxième ville au monde de langue française eu égard au chiffre de population, niais la vingtième au point de vue artistique.Si c'est là le désir de notre bourgeoisie, elle n'a pas grand'chose à faire pour réaliser son idéal: il est atteint.SPECTACLES DE LA SOC.CANADIENNE D'OPERETTE "Venise" est une opérette charmante, neuve, moderne quoique l'action se passe il y a un siècle.Tiarko Richepin est un compositeur délicat, sentimental, charmant.L'œuvre fut conduite par M.Jean Goulet qui, pour la première fois, était au pupitre de la Société comme chef d'orchestre.Il convient de féliciter particulièrement les chœurs.Ils ont du mouvement pour assurer une bonne représentation de toute opérette.Quant aux interprètes il faudrait en dire trop de bien.Il est vrai que quelques-uns manquent un peu de scène, mais ils travaillent et cela est bon signe et donne de l'espérance.D'ailleurs, il a été facile de constater de nouveaux progrès chez quelques-uns, comme par exemple M.Cartier.M.Tourangeau, M.Roy.M.Paul Vaillancourt.Les deux principaux rôles ont été enlevés avec brio et avec une belle conscience artistique par Mlle Irène Trudeau (Stella) et M.Charles Goulet (Granetto).Les autres grands rôles ont été rendus plus que d'une façon satisfaisante.Doit-on insister sur la valeur de M.Honoré Vaillancourt (Ali-Mah-mud) et Mme Jeanne Maubourg-Roberval (Marietta)?Ces deux artistes ont joué et chanté comme ils en ont l'habitude.C'est le plus vrai et le plus sincère éloge que nous puissions leur faire.La mise en scène, très soignée, les décors parfaits.Mme Jeanne Maubourg-Roberval et M.Honoré Vaillancourt méritent toutes nos félicitations pour le succès de "Venise".La section d'opéra offrait à ses habitués "Le Jongleur de Notre-Dame", opéra de Jules Massenet, sous la direction de M.Albert Roberval.M.Paul Trottier.dans le rôle de Jean, fut très bien.Ce jeune ténor ira loin s'il comprend que le travail est nécessaire au talent.M.Armand Gauthier a campé un prieur dans la note: belle voix, belle prestance, belle tête, beau maintien.A M.Charles-Emile Brodeur revenait l'honneur de chanter la fameuse légende de la sauge; il l'a chantée avec toute son âme.M.Brodeur, hier soir, a composé un Boni-l'ace "doux et humble de cœur" tout à fait dans la note.MM.Gérard Gélinas.le moins sculpteur: J.-Fournier de Belleval le moine peintre; Roméo Mousseau.le moine poète: Charles Goulet, le moine musicien, formaient un très beau quatuor.Les chœurs du "Jongleur du Notre-Dame" furent très bien chantés, quoique manquant de mouvement.L'orchestre de la Société Canadienne d'Opérette, qui n'a pas souvent joué une musique difficile comme celle du "Jongleur de Notre-Dame", s'est révélé capable des plus dures exécutions.Les deux représentations eurent lieu le 23 et 25 octobre dernier.M.HONORE VAILLANCOURT Vraiment, la Société Canadienne d'Opérette aura une saison exceptionnelle si elle continue à donner des spectacles comme "Venise" et "Le Jongleur de Notre-Dame", A l'occasion du cinquième anniversaire de la société Canadienne d'Opérette, son administrateur, M.Honoré Vaillancourt.qui est aussi son fondateur, a été l'objet d'une fête intime de la part des membres et des amis de la Société, le 15 octobre au soir.Une bourse en or lui fut présentée avec tous les remerciements et l'expression des sentiments de reconnaissance de ceux qui s'intéressent à l'œuvre si bien dirigée par le héros d'hier soir.C'est le président de la Société.Me Arthur Vallée, qui fit la présentation de la bourse.M.Vaillancourt répondit à cette marque d'estime par un discours bien senti où il traduisit son émotion et ses remerciements.U y eut aussi un concert improvisé qui fut des mieux réussis et auquel prirent part MM.Charles Goulet, Jean Goulet.Honoré Vaillancourt.Lucien Tourangeau, Roméo Mousseau, Paul Trépanier, M.Roberval, Ernest Loiselle et d'autres. LA TROUPE D'OPERA FRANÇAIS DE MONTREAL La Compagnie d'Opéra Français de Montréal a commencé au théâtre St-Denis, le dimanche 7 octobre, une série de représentations d'opérettes et d'opéras.Le rideau s'est levé sur La Veuve Joyeuse, si connue à Montréal, mais surtout en anglais.Nos amis de New-York nous ont plusieurs fois envoyé des troupes qui,, durant des semaines entières, nous ont donné l'œuvre de l'Autrichien Lehar, un des rois de l'opérette.Je ne dirai rien des œuvres représentées, les journaux ont chaque jour parlé des pièces interprétées r La Veuve Joyeuse, La Périchole, Le jour et la nuit.Le cœur et la main, dans l'opérette; Manon, Faust, Mireille, Lakmé, dans l'opéra comique et l'opéra.Ils en ont donné les scénarios et ma tâche est de parler des artistes qui ont eu à défendre un si beau programme.L'idée de la Cie d'Opéra est de nous amener des artistes de carrière pour tenir les principaux rôles, et prendre sur place, en plus des chœurs et de l'orchestre, les petits rôles d'aujourd'hui qui deviendront des rôles et même des premiers rôles dans la suite.Pour cela, comme l'a parfaitement écrit M.Lêo-Pol Morin, il faut que nos compatriotes ne se contentent pas d'admirer les jolies voix et l'aisance en scène des artistes de métier, mais il faut qu'ils étudient leurs méthodes et en tirent profit.C'est une leçon vivante.Combien de fois n'ai-je pas entendu dire par les meilleurs professeurs de musique vocale, aussi bien que les professeurs de musique instrumentale: "Je dis toujours à mes élèves qu'aller entendre un grand artiste vaut six mois de leçons, surtout du fait qu'il les convainc de tout ce qu'il leur manque, de tout ce qu'ils ont à apprendre." Les artistes que nous a présentés la Cie d'Opéra Français de Montréal méritent leur réputation et notre encouragement.Mesdames Maryse Dietz et Maud Lambert, très gracieuses et élégantes, sont douées de fort jolies voix, de beaucoup de métier et d'une belle science de la scène.Les comparaisons sont toujours oiseuses et souvent de mauvais goût.Disons seulement que Mesdames Dietz et Lambert ne nous font regretter personne.Du côté des artistes hommes, le public met hors de pair la basse de la troupe, M.Payan.Amateurs de musique, ne manquez pas de voir et d'entendre M.Payan.Il a campé le Comte des Grieux et Méphisto de telle façon que sa présence en scène justifie les salles combles qui l'ont applaudi.Monsieur Guénot, le baryton d'opéra, a une voix fort généreuse et une bonne tenue en scène.M'est avis qu'il ne bissera jamais plus en anglais Croyant faire une politesse à une partie du public qui l'applaudissait, il a repris, dans la scène de l'Eglise de Faust, en langue anglaise, pour se voir malmener le lendemain dans'un journal.Le critique aurait dû donner acte du geste, s'il condamnait la chose en elle-même.Nos deux ténors ont des voix fort belles.Monsieur Nicolesco a chanté parfaitement Manon.Faust lui a été moins favorable à cause d'une rhume fâcheux et aussi d'un costume un peu trop simple.Un grand seigneur se doit, surtout dans l'opéra, d'avoir quelque recherche dans sa tenue.Nous attendons Lakmé pour le juger dans un rôle tout de grâce où son bel organe aura toutes les chances de se faire valoir.M.Léon Marcel est un favori de la foule.Dè3 son apparition dans La Veuve Joyeuse, on entendait un de nos artistes locaux les plus fêtés dire: Quel beau ténor nous avons pour l'opérette.De physique fort agréable et doué d'une voix solide, M.Marcel est une heureuse acquisition.Le baryton d'Opérette est M.Victor du Pond.Elégant, excellent comédien, danseur fort adroit, il nous a agréablement surpris dans Mireille en nous faisant entendre une fort jolie voix.La Veuve Joyeuse, où le chant a une moins grande importance que dans Mireille, ne nous avait pas permis de la juger à son mérite.Le comique, M.Delaunay, nous a vivement amusés dans La Veuve Joyeuse, Le Jour et la Nuit, et Le Cœur et la Main.Il est bien regrettable qu'il ait accepté de jouer la Périchole alors qu'il ne savait pas tout à fait son rôle.Espérons qu'avec ses excellents moyens, il fera oublier cette fâcheuse impression d'un soir; il a tout pour plaire au public, qui ne demande qu'a lui faire confiance.A côté de ces vedettes, nous avons revu avec plaisir MM.Dauriac et Cercy, de vieilles connaissances; ce sont de bons atouts dans le jeu de la compagnie, et nous l'en félicitons.Avec les artistes de métier dont nous parlons plus haut, nous avons eu le grand plaisir d'applaudir: Madame Gareau, qui a eu dans Le Jour et la Nuit et Le Cœur et la Main des rôles de premier plan.Madame Garneau, excellente dans Mireille et La Veuve Joyeuse, Mlle Brosseau, gentil Siebel, Mlles Guidi, D'Aoust et Comète, dans Manon, ainsi que Mlle Daoust dans la pâtre, de Mireille.Nous souhaitons à ces jeunes artistes de profiter de l'exemple de leurs camarades français pour se perfectionner, et pouvoir récolter un jour le résultat de leurs efforts.Les chœurs sont bons, les costumes convenables, les décors bien, et quelquefois très bien.Le ballet eît en progrès.J'ai entendu dire: "Pourquoi un ballet, alors qu'il ne peut être ni parfait ni complet ?" Ailleurs, l'argument pourrait avoir de la valeur; à Montréal, je crois qu'il n'en a pas.Si l'on veut arriver à maintenir un théâtre permanent, et donner aux talents locaux l'occasion de se développer, il faut fermer les yeux sur ce qui n'est pas absolument au point, et admirer doublement, ce que la bonne volonté peut faire avec presque rien.Il vaut mieux un ballet médiocre la première année, qui nous en vaudra un meilleur l'année prochaine, que de ne rien avoir du tout.Il y a des studios de danse à Montréal: la Comédie Française, dans Peer Oynt, nous a présenté une jeune élève d'un studio montréalais, dont le nom figurait au programme, Montréal, Novembre 1928 et qui a fort gentiment interprété la danse d'Anitra.Si, une fois fixé son programme de l'année prochaine, la Compagnie d'Opéra traitait avec un de ces studios, nous pourrions avoir quelque chose de fort convenable.Il ne resterait plus qu'à trouver une danseuse étoile, et tout le monde serait satisfait.Il reste à parler de l'Orchestre.Si l'on sait que les conditions financières imposent UNE seule répétition pour chaque œuvre, répétition pendant laquelle il faut essayer les costumes, régler les entrées et sorties, vérifier les parties instrumentales, souvent pleines de fautes, faire les coupures nécessaires, on sera forcément indulgent.Et l'on se rendra compte qu'il n'est pas possible d'exiger davantage de la Compagnie d'Opéra, tant que la faveur du public ne lui aura pas permis de faire, sans trop de risques, de plus grands déboursés.Je répète ce que je disais tout à l'heure pour la danse: supportons le "piano conducteur", qui permet de franchir les écueils en toute sûreté, plutôt que de risquer la panne.Quand il y aura un public assuré pour l'opéra, nous exigerons, dans une salle appropriée, un orchestre complet répétant plusieurs fois, et le piano reprendra son rôJc.D'ailleurs, pourquoi critiquer, d'une entreprise locale, ce que nous avons bien souvent accepté des troupes de passage qui étaient pourtant des troupes professionnelles '.' Messieurs les Critiques, ne tuez pas la boule dans l'œuf; la Compagnie d'Opéra Français marque un grand progrès dans nos entreprises locales; aidons-la, et nous en recueillerons les fruits.La politique de la Cie d'Opéra de nous amener des artistes de métier pour les principaux rôles, en prenant sur place ceux de second plan, ainsi que l'orchestre et les chœurs, est la seule qui puisse nous permettre d'atteindre un jour un excellent résultat avec nos seules ressources.Vouloir envoyer en Europe, pour deux ans ou plus, Mme X, déjà âgée, ou dont les connaissances musicales sont fort restreintes; ou M.Z, doué d'un bel organe, mais marié, et quelquefois père de famille, c'est une lourde responsabilité.Cette dame et ce monsieur réussiront-ils ?Ne tromperont-ils pas les espérances, pour une cause ou une autre, indépendante de leur volonté, et sans admettre qu'il y ait tricherie d'un côté ou de l'autre ?Qui prendra soin de leur famille pendant leur absence ?Et, surtout, qui les fera vivre au retour ?La petite place qu'ils occupent actuellement, où la matérielle leur est assurée, la retrouveront-ils à leur retour ?Et enfin, on ne les a pas envoyé étudier pour qu'ils redeviennent, elle, sténographe, lui, employé d'assurance.Le seul projet vraiment raisonnable, c'est que des Conservatoires sérieux, envoient à Paris les talents véritables qu'ils découvriront, à un âge où ils ne laissent personne en arrière, et quand le choix de la carrière artistique est pleinement justifié.Pensons à Mlle Giroux.Dans quel théâtre-si elle arrivait aujourd'hui, voudrait-on la voir jouer ?Dans les théâtres existants, avec les bons camarades d'il y a cinq ans, Téléphone: HARBOUR 5083 Albert Roberval - Jeanne Maubourg de la Société Canadienne d'Opérette CHANT, DECLAMATION LYRIQUE ET DRAMATIQUE MISE EN SCENE Studio: 1052 Saint-Denis (annoncez dans "La Lyre Vous serez éroerveillés des résultats obtenus Montréal, Novembre 1928 elle serait certes bien accueillie, mais pas mieux rétribuée que si elle n'était jamais partie de Montréal.Encourageons donc la Cie d'Opéra Français, demandons-lui de nous donner des spectacles, absolument au point.Le public est prêt à lui faire confiance.Allons passer une bonne soirée, prendre plaisir à entendre une belle voix détailler une jolie romance.Mais n'y allons pas pour tout critiquer; car alors, non seulement nous n'y trouverons plus, nous-même, aucun plaisir, mais nous ferons un grand tort, et non pas seulement à la Compagnie d'Opéra, mais à Montréal lui-même.Nous retardons l'avènement d'une saison complète, tous les ans, avec des troupes homogènes, un bon orchestre, dans un théâtre fait pour entendre de la musique, et non pour voir du cinéma.Un théâtre, avec une bonne acoustique, où tout le monde verra, tout le monde entendra, et aussi joli que les spectacles qui s'y donneront.- o - LES CONCERTS DE LA BRASSERIE FRONTENAC 1 Personne ne peut nier que le radio est un mode de publicité efficace.Plusieurs industries l'ont compris et ne craignent pas de s'en servir à ces fins.L'une des premières grandes industries du Canada français à employer ce mode de publicité a été la brasserie Frontenac.Depuis bientôt cinq ans, elle donne régulièrement, duirant la saison d'hiver, une série de concerts hebdomadaires.M.Pierre Beaubien, le populaire gérant de la brasserie, s'est assuré le concours de plusieurs artistes chanteurs et musiciens de réputation, afin d'offrir aux radio-philes des concerts parfaits et variés.Le studio de la brasserie Frontenac est le seul qui possède une troupe d'artistes pouvant interpréter des programmes classiques et populaires.MM.Ernest Loiselle et Légaré dans leurs dialogues et chansons à répondre ont reçu de nombreuses félicitations, ce qui prouve leur popularité.Il n'est pas rare d'entendre aussi des violoneux et des joueurs d'accordéon, car M.Pierre Beaubien a le souci de plaire à tout le monde.Le réputé trio Markowski, composé de MM.Roger Markowski, violon, Oscar O'Brien, piano, et Lucien Labelle, violoncelle, engagé pour jouer durant les intermèdes, possède un répertoire très varié; leur interprétation est toujours artistique.Le 9 octobre dernier eut lieu le premier concert lyrique de la saison avec l'émission de "Lolita", opérette en trois actes de MM.Armand Robi et Henri Miro.Le succès obtenu par les artistes de la brasserie a décidé M.Pierre Beaubien de continuer les auditions des opéras et opérettes les plus populaires; c'est ainsi que le 16 et 30 octobre dernier, les artistes interprétèrent "Les Cloches de Corneville" et "Carmen" avec accompagnement d'un orchestre 'de 12 musiciens sous la direction de M.Henri Miro.Les interprètes furent Mmes Jeanne Maubourg-RobOrval, Léonide Létour-neux, MM.Emile Gour, Hercule Lavoie et Armand Gauthier.Durant le mois de novembre les mêmes artistes interpréteront l'opéra "Mireille" de Charles Gounod et la Suite Canadienne "Vox Populi" de Henri Miro.LE RECITAL BRAULT La saison des concerts s'est ouverte hier soir par la très remarquable séance de Mme Cédia Brault et de M.Victor Brault, à la salle des chevaliers de Colomb de la rue de la Montagne.Ces deux excellents chanteurs nous ont habitués à .des programmes qui sortent des sentiers battus et où la voix n'est que l'humble servante de la musique: cela repose des exhibitions ordinaires.Ils se sont distribué six groupes de quatre pièces où brillent les noms de Brahms, Mozart, Gabriel Fauré, César Cui, Moussorgsky, Maurice Ravel, Duparc, Albert Roussel, Poulenc, Debussy, Schubert, Guy Ropartz, Cas-telnuovo-Tedesco, Charles Bordes, que M.Léo-Pol Morin, a accompagnés avec un art consommé.C'était un programme redoutable, car il faut "posséder "une technique vocale parfaite et une musicalité aiguë pour le présenter.C'est ces deux qualités qui, parmi beaucoup d'autres, distinguent la sœur et le frère, et elles ont contribué à donner à cette soirée un cachet d'art assez rare.11 n'y a plus à les présenter au public ni à s'étendre sur ces deux qualités maîtresses.Séparément, ils s'étaient, les années dernières, fait entendre et avaient donné plusieurs des pièces au programme.Mais ils ont l'art de toujours se renouveler et la volonté de ne présenter que des œuvres qui valent par elles mêmes, et c'est pour cela qu'on les entend toujours avec plaisir.C'est surtout à la musique française qu'on est convenu d'appeler moderne qu'ils adressent un hommage par leur choix judicieux, mais la musique française ne les attire pas exclusivement et ils font volontiers une excursion rétrospective vers Haendel, Mozart ou Schubert, ou un choix de pièces étrangères comme celles de German, de Parry, de Brahms, de Cui et de Moussourgsky, de Castelnuovo Tedesco ou de Quilter.Mais c'est toujours pour la valeur propre de cette musique dans les bornes de leur propre individualité d'extériorisation qu'ils les associent aux autres.Très en voix tous les deux, M.Victor Brault un peu moins peut-être dans de rares passages, ils ont plu d'un bout à l'autre de la soirée et ont été plusieurs fois rappelés.Frédéric PELLETIER.(Le Devoir.) ASSOCIATION DE FANFARES Une assemblée .de toutes les fanfares d'amateurs des Cantons de l'Est a été tenue ces jours derniers, â Magog.Cette assemblée avait été convoquée dans le but d'étudier les possibilités de former une association des fanfares de tous les Cantons de l'Est Les fanfares suivantes étaient représentées: Waterloo, East-Angus, Cookshire, Magog et Lennoxville.L'on a aussi formé un comité composé de trois représentants, et qui agiront respectivement comme président, vice-président et secrétaire.Ce sont MM.O.Lépine, de Magog; F.Johnston, d'Ayer's Cliff, et A.Buz-zell, de Lennoxville.L'Association a étudié les possibilités d'échanger des concerts, durant la belle saison et d'organiser une réunion générale des fanfares.Toutes les fanfares amateurs des Cantons de l'Est sont invitées à faire partie de l'Association.7 L'ECOLE DE MUSIQUE A L'UNIVERSITE L'Ecole de Musique à l'Université Laval de Québec maintient sa prospérité.Elle compte encore cette année une quarantaine d'élèves.Parmi ces élèves, il en est qui sont accourus de régions assez distantes, à cause de l'excellent renom de l'école.- o - ECHOS DES STUDIOS Curtis Benton vient de compléter le scénario de "The Minstrel Man", film où l'on parle chante et danse.Des minstrels ont été convoqués de tcus les coins des Etats-Unis pour prendre part de la réalisation de ce film.La compagnie Universal vient d'apprendre que "The Gate Crasher", la dernière comédie de Glenn Tryon, vient de recevoir un témoignage particulièrement élogieux de la part du "National Board of Review".C'est l'un des films qui ont été recommandés par le Guide cinématcgraphique de son édition de septembre.Le premier film parlé de Universal est en ce moment en cours de production sous la direction de Leigh Jason.Il est intitulé "East Side" d'après une histoire originale de Tom Reed.La distribution ccmprend des acteurs aussi connus que Jean Hershoit.Walter Long, Mary Nolan, Grace Valentine et Tom McGuire."La Lyre" est un excellent médium de publicité.Annoncer dans "La Lyre", c'est s'assurer des résultats excellents à tous points de vue.Profitez-en ! 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au Monument National le 6 novembre, sous les auspices de la Société Caradienne d'Opérette L'Association des Chanteurs de Montréal lut fondée en 1918 par M.Georges Des-launers.président actuel de l'Association.M.H.Charbonncau et un groupe d'amateurs désireux de s'amuser d'une lu un saine et intelligente en apprenant à bien lire la musique, et à faire un travail d'ensemble raisonné.Elle fut d'abord à voix d'hommes et son premier directeur fut M.Armand Renaud, auquel succéda M.Hercule Dcs-jardins.En 1920.M.Jean Goulet en assuma la direction.L'Association était devenue, entretemps, une chorale mixte et M.Goulet, de concert avec le bureau de direction, décida d'adopter un programme d'oeuvres de grande envergure.On commença par le "Chemin de Croix" d'Alexandre Georges ( 1920).avec le concours de la chorale de l'église de Saint-Eusèbe de Verceil et du Cercle Symphonique .Saint-Pierre.L'année suivante, l'Association fit un giand pas rt donna "Crux" de la Tombelle.Cette partition aux beautés sévères, d'une réelle difficulté, fut rendue avec assez de perfection pour qu'une seconde exécution fut demandée avec instance.En 1923.on s'attaqua à "Jean le Précurseur", l'oratorio de Guillaume Couture, que son auteur n'eut jamais la joie d'entendre.De cette oeuvre aussi.l'Association dut donner une seconde et une troisième auditions à quelques mois d'intervalle.En 1924."La Vision de Dante", poème symphonique de Raoul Brunei, d'après la M.Jean Goulet Divine Comédie.L'oeuvre, d'une beauté saisissante et d'une grande difficulté, fut rendue d'une façon magistrale.En janvier 1925.le chef-d'oeuvre de Mendelssohn."Ehe".valut un nouveau succès à l'Association.Le 4 et le 7 avril 1925.elle a donné le "Stabat Mater'- de M.Frédéric Pelletier, et "Les Mystères Douloureux", de M.D.-C.Planchet.Le 9 mars 1926, elle donne "L'Enfance du Christ", de Berlioz, et "Cain" de Théodore Radoux.Le 4 octobre de la même année, au Forum, elle donne "Franciscus".le célèbre oratorio de Tinel.à l'occasion de la clôture du congrès du Tiers-Ordre de Saint-François.Le 4 avril 1927, elle donnait au théâtre Princess "La Damnation de Faust", de Berlioz, avec le concours de Léon Rothier.la célèbre basse, et Paul Althouse.ténor, tous deux du Metropolitan Opera de New-York.Le 8 mars 1928, l'Association donnait, avec beaucoup de succès, "Le Roi David", de Honegger.et le 23 juin de la même année, à l'occasion des fêtes de la Saint-Jean-BaptiltC, elle donna pour la quatrième fois "Jean le Précurseur", le célèbre oratorio de feu Guillaume Couture."Vox Populi" de Henri Miro.est la troisième oeuvre que l'Association interprète cette année avec le concours de Mmcs Yvonne Thibodeau, soprano.Berthe Cabana, contralto.MM.Emile Gour.ténor.Chs.E.Brodeur.2ème ténor.Hercule Lavoie.baryton, et Armand Gauthier, basse. 8 figure n9ii Montréal, Novembre 1928 9 Mlle FABIOLA POIRIER DE RETOUR DE PARIS Nous avons eu la bonne fortune d'avoir la visite rte Mlle Poirier, notre excellente soprano De retour d'un voyage de 15 mois entièrement consacrés à l'étude avec des maîtres • i.i • notre compatriote est prête à nous faire honneur Nous espérons que l'occasion de l'entendre ne se fera pas attendre et constituera un régal artistique auquel ses nombreux amis se feront un plaisir d'assister.Nous ne résistons pas au plaisir de publier les attestations de personnalités montrant que Mlle Poirier nous a fait honneur à Paris.De M.Gustave Cloez, chef d'orchestre et répétiteur à l'Opéra-Comlque: "Chère Mademoiselle Poirier, "Avant que vous quittiez Paris, je tiens à vous dire tout le plaisir que j'ai eu à vous entendre, hier soir, dans l'air d'Eisa de Lohengrin "Votre voix a des qualités exceptionnelles de clarté et de franchise.Musicalement, je tiens à vous féliciter, votre style est entièrement probe et artistique.Je vous souhaite de brillants succès dans votre future carrière, car vous les méritez de toutes façons " De Monsieur Dupré, de l'Opéra-Comique: "Je certifie que Mlle Fabiola Poirier, 5 rue Francisque Sarcey, Paris, a travaillé le chant sous ma direction depuis son arrivée du Canada.Elle a fait des progrès considérables." De Monsieur Fourestier.rhef d'orchestre de l'Opéra-Comique et de l'Orchestre Symphonique île Paris: "Je recommande chaleureusement à l'attention des chefs d'orchestre et impresarii Mlle Poirier.Douée d'une admirable voix de sopiano.en possession d'une remarquable technique vocale, musicienne et artiste, elle ne peut que leur donner entière satisfaction à tous égards.Enfin de Madame Juliette Berl.femme de M.Fourestier.qui enseigne à Paris la méthode Lili Lehman: "Mlle Poirier a travaillé le chant sous ma direction.Je certifie qu'elle a absolument compris mes principes de pose de voix, de conduite du souffle, et qu'elle a acquis la possibilité de mettre sa technique vocale au service de l'interprétation.Elle est désormais prête pour le concert et pour le théfitre " Avec de pareils certificats ajoutés à ce que nous connaissons déjà du talent de Mlle Poirier, nous ne pouvons que nous féliciter de son retour A Messieurs les chefs d'orchestre et aux Impresarii d'en faire leur profit.Nous sommes assurés que le public sera heureux d'entendre Mlle Poirier.M,ni.lm.l-.-ll.- I M.I.M \ l'Illllllli CHANTS DE NOEL Noël, choeur à deux voix égales, avec accompagnement d'orgue ou de piano.Abbé P.CHASSANG Prix.35c Commandes à "La Lyre".987 blvd Saint-Laurent.Montréal.Les anges dans nos campagnes.Jésus de Nazareth.CHS GOUNOD Jour de l'An.FRED.WACHS Les trois réunis en un volume, 50c 1Q .« ,w * Montréal, Novembre 1928 i la I im i r 80 i à émis directement du Studio de La Brasserie Frontenac Sous la direction de M.Pierre Beaubien Montréal, mardi le 13 novembre 1928 MIREILLE ! Opéra comique en 5 actes ! j Livret de Frédéric MISTRAL.Musique de Charles GOUNOD, j î Personnages et interprètes : j j MIREILLE.Mlle Léonide LeTouraeux î j TAVEN.Mine J.Maiibourg-Rohenal j | VINCENT.M.Emile Gour ï | RAMON.M.Armand Gauthier j ! OURRIAS.M.Hercule Lavoie j Orchestre et chœurs sous la direction de M.Henri Miro.! | Montréal, mardi le 27 novembre 1928 j ! VOX POPULI I i Suite Canadienne pour orchestre, soli et chœurs sur 14 thèmes populaires canadiensl-français j j Par Henri MIRO 1 j Interprètes : ' ! I Mlle LEONIDE LeTOURNEUX, Soprano M.CH.-E.BRODEUR, 2ème Ténor | J Mme J MAUBOURG-ROBERVAL, Mezzo-Soprano M.HERCULE LAVOIE, Baryton S \ M.EMILE GOUR, Ténor M.ARMAND GAUTHIER, Basse ! « Orchestre et chœurs sous la direction de M.Henri Miro.' j f- m Saison des Concerts Lyriques lit I (3 3 i i \â ut l il La Brasserie Frontenac Limitée m Montréal, Novembre 1928 13 L'AMATEUR PAR P.CHASSANG Il s'offre à notre observation rie plusieurs manières.Voici l'impressionniste, amoureux de la beauté des sons isolés ou amalgamés.Il est assez Inculte sur la question.mnl< la musique le fasrine.Il ne sait pas pourquoi.Peut-être l'étoffe il'une vocation attlstir:ue re-te-t elle cachée sous ces Irrésistibles attraits.Quoi qu'il en soit, il écoute ravi, il est séduit, il est ému, mais la raison technique lui échappe Comme l'oiseau au lever du soleil, il s'épanouit sous la chaleur de ses rayons, sans s'expliquer comment est splendiile leur clarté, eomment ils lui sont salutaires.Parieral-Je du snob qui lentement suit l'idole a la mode ?Il ne raisonne pas ses prëfi-renies Sa Mille préoccupation est d'être "à la page", de ne pas figurer parmi les traînards, mais en tête des (miner* qui suivent le cortège et font fumer l'encens Il méprise tout, renie sans conscience ce qu'il a Jusqu'ici adoré, pour ne s'attacher qu'au dieu du jour Regardez-le parmi la poussière du chemin, braver l'aveuglante atmosphère, mêler ses hourrah ! à la rlameur commune '.Ca.un amateur ?Non.mais un mélange dérisoire de fanatique et de sectaire.On appelle plutôt (iMKif'iir ou ihlrllnnlr, celui qui ne fait de la musique que comme passe temps.Il y montre un certain goût ; il s'y passionne même; mais -i on le regarde dans les milieux professionnels avec quelque mépris, c'est que souvent il n'offre eil'lltic e-quisse sans profondeur de ce qu'il prétend être Le travail lui manque- il n'a qu'un vernis assez peu résistant.Cet état d'infériorité ne l'empêche pas de se croire un grand artiste, sous prétexte qu'il sait tapoter du piano, manier plus ou moins adroitement l'archet et faire vibrer la Chanterelle, ou que.peu soucieux du solécisme, il accoucha d'un lied ou commit un quatuor.Je pourrais citer d'autres spécimens d'amateurs, celui par exemple r.ui tient à faire partie d'un i-huur ou d'un orchestre, nuiis qui croirait déroger, s'il assistait aux répétitions ou n'arrivait pas en retard aux rendez-vous l.a musique est le dernier de ses soucis, et les "a peu près" sont le mut us lin mli ordinaire de sa conscience artistique Il y n In dame qui.au salon, se fait prier.et, froufroutante autour du piano, susurre, sentimentale et souvent en divorce avec le Ion ou In mesure, quelque dom >-rei'se pag.< île l'auteiii .il vogue, ou meugle quelque grand air d'opéra 11 y a la Jeune fille qui.il l'invite de la maîtresse de (••'ans, et le coup d'iril promet leur de sa mère qui semble dire: "Vous allez entendre ça !" vous sabote sons rythme, sans accent, en un rulmlo dévergondé et un lArhcr de pédales ennuagé de poussière quelque valse de Godard ou de Chopin, ou autres victimes de l'Inconscience.Mais laissons ces types dénaturés de l'amateur, pour nous nous occuper de l'outre, du vrai; de celui qui mérite ce beau titre et ne déshonore pas la Corporation.Oui.il y a l'amateur Intelligent, qui ne m content! pas d'un savoir de surface.Il D'est pas le professionnel qui.borné à son art, da lu mu ('que fnlt son métier, court le cachet, donne des leçons, se faisant parfois bien petit avec les humbles, au détriment parfois d'Inspirations qui le hantent et risquent de lui échapper.Non.il ne prend, lui.que le beau côté de la chose; la question esthétique seule le préoccupe.Féru d'art musical, il en recherche et en étudie le- ¦ hets d n uvre II admire, il s'extasie, il se passionne pour les trésors de beauté qu'il y trouve, et de cette admiration et de ces extases naissent cet amour, ce culte aussi fervent qu'éclairé dont il ne sait contenir le bouillonnement.Tous.Je le sais, n'ont pas le même Jugement, le même sens avisé II en est qui prétendent s'y connaître et n'ont, pour se guider, qu'une plus ou moins grande sensibilité d'oreille; mélomanes, ils ne se laissent attirer que par cette ligne directrice, incapables de creuser plu?profondément.D'autres .«ont plus ou moins exclusifs, et ne donnent leur affection qu'à un genre ou une école particulière.I.amateur vrai étend son culte partout oil la beauté se révèle."Il Joint purfois ft l'instruction technique voulue qui lui permet d'être non seulement un interprète clairvoyant, mais un compositeur habile, l'érudition qui enrichit tout ce savoir.'D'autres, qui ne sont ni compositeurs ni exécutants, ont acquis dans une longue fréquentation des concerts, du théâtre, des artistes, une connaissance assez approfondie des uuvre.s.des auteurs et des styles.Cette langue qu'ils entendent parler; ils ne la connaissent que superficiellement, mais leur mémolie.leur gortt affiné, le bagage copieux des impressions reçues, leur tiennent lieu de tout."Ce sont assez ordinairement des natures très impressionnables de fins lettrés, dont l'activité s'exerce à merveille dans le domaine de la psychologie musicale qu'ils explorent avec une étonnante sagacité.Evidemment Ils ne sauraient pénétrer profondément l'art musical dans ce qu'il a de spécifique, mais l'avantage de le voir de haut leui est possible, et lorsqu'ils possèdent avec cela le talent de fixer leurs impressions, ils savent presenter notre art sons des aspects inattendus souvent pleins d'intérêt par leur piquant.- originalité " iT.-B Rlpertl.Quant à celui qui par goût, pour obéir n une impulsion secrète et Impérieuse, met la main h la pâle, il a sur le professionnel une s ii | • tu it i r .• incomparable II ne compte pas sur cet urt pour gagner son pain A travail égal, il échappe à cette nonchalance blasée qui afflige bon nombre de membres du corps enseignant: car celui-ci.à l'heure actuelle, avec les nécessités de plus en plus lourdes de la vie.est pris de plus en plus par le travail qui rapporte et n'a plus le temps de se consacrer il celui qui élève.Les soucis matériels sont, hélas! les poisons de l'art; c'est la tunique de Nessus.qui.impitoyable, s'abat sur l'artiste, le paralyse dans son essor, et peu à peu le consume "Qui dira jamais la grande pitié des leçons au rabais, des transcriptions et copies de musique inepte, des heures passées dans les cafés, cinemas, boites de nuit il exécuter des insa- nités!.Comment ne pas sortir écœuré et abruti de ces misérables besognes, même si on a l'âme assez bien trempée pour conserver quelque fraîcheur de sentiment T" tG.de Lioncourt ) L'amateur, lui.n'est pas atteint par ces fâcheuses contingences II a de par ailleurs, je l'ai dit.son lendemain assuré II peut se laisser aller au penchant qui l'emporte vers son art.et, si l'inspiration le sollicite, la suivre et la réaliser, sans que le mo'ndre nuage vienne troubler son Ciel.Ici.organiste à ses heures, il se jouera sur les claviers, improvisant à souhait, ou interprétant telle ou telle page de maître r!e façon fort honorable La.il organisera chez lui des auditions de musique de chambre, et dans un trio ou un quatuor, y tiendra sa place sans peur et sans reproche.Ailleurs, piqué au vif par le démon provocateur, il prendra la plume, et tracera, sur ¦.•es portées avides, mélodie ou motet, cantate ou scène lyrique, mess?ou oratorio, avec des façons primesautières qui.pour ne pas être traditionnelles, n'en seront pas moins savoureuses.Il y aura bien parfois ça et là quelques points qui dévoileront une absente de pratique, un manque de métier.On sourira peut être dans le camp des professionnel.*.La belle affaire ! Ces semblants de défectuosité.; changent-Ils quelque chose au fond et nuisent ils à l'effet et à la valeur de l'œuvre ?Ne vaut-il pas mieux cela, ô censeurs souvent jaloux, que la sè-he correction des vieux clichés, que l'eau de vaisselle des cuisines, quelque princièrej qu'elles soient î Ne les méprisez pas Admirez leurs efforts, et ne refusez pas aux fleurs qu'ils sèment sur leur route le regard de sympathie qu'elles méritent Sachez qu'ils sont souvent plus qu'un honneur pour l'art musical.Ils sont aussi une force rui peut-être un jour vous sera nécessaire.Soyez, pour l'amateur, juste et généreux, et croyez qu'il ne restera pas en dette av vous Ce que vous lui aurez accordé, il vous le rendra au centuple.Il formera l'élite da vo» auditions.A la culture de l'esprit •.joindra des connaissances techniques, une finesse de godt qui donneront du prix à leurs applaudissements.Ils sont si nombreux, dans la musse des auditeurs, ceux qui font les entendus et n'y comprennent rien ! Appréciez d'autant mieux ceux qui.comme les amateurs, s'y entendent et savent ce qu'ils disent.Ils forment une catégorie qui s'apparente aux Mécènes par plus d'un coté.N'oubliez pas que lorsqu'il y aura quelque ouvre à soutenir et i faire valoir, quelque société à encourager, dans ses projets pour l'éducation des esprits et l'élévation des âmes, c'est à leur porte qu'il faudra aller frapper, si vous voulez trouver la sympathie qui donne de l'élan et les espèces sonnantes qui permettent d'atteindre le but rêvé Leur faire la guerre serait une maladresse, les mépriser, une injustice.P CMASSANG. SAINTE CECILE Paroles de ALFRED BELLE Andante con espressione.MELODIE Op:85 Musique de E.GHARPAUX 14 Montréal, Novembre 1928 L'OPERETTE D'HIER ET D'AUJOURD'HUI ' L'OPERETTE FRANÇAISE EN RACCOURCI 3 Louii Canne, •ulcur de l'opérette "Les Saltimbanque»".Peu de temps après la guerre.M.Messager m'écrivait ces quelques lignes très nettes qui précisent les conditions vitales de l'opérette : "L'évolution possible de l'opérette dépend surtout des librettistes plus que des musiciens.Le jour où l'on cessera de faire appel h la musique pour illustrer des pièces trop nulles pour être parlées.le jour où des auteurs de talent voudront se donner la peine d'écrire de vrais livrets pour des musiciens sachant leur métier, alors nous avons des chances de voir refleurir le genre charmant de l'Opéra-Comique léger dont nous avons de délicieux exemples dans le passé et qui caractérisera un des côtés les plus personnels de l'esprit français.Qu'on nous donne de bons livrets: je connais des jeunes musiciens qui sont capables de nous écrire des partitions exquises." D'autre part.l'Interprétation de l'opérette motivait cette décisive remarque de Mlle Jeanne Oranier : "Il faut à ce genre une impeccable diction.Les trucs d'escamotage de certaines voyelles ou syllabes auxquels se livrent les grandes cantatrices pour faciliter l'émission du son demeurent Interdits à la chanteuse d'opérette.Celle ci peut toujours aborder l'opéra-comique.alors que la chanteuse d'opé-ia.comique sera généralement assez piteuse dans l'opérette." Cette double consultation ordonnance par deux spécialistes notoires, ne fixe-telle pas le pivot du genre qui.n s'en tenir à l'étymo-logie.est un diminutif d'opéra : un livret, une troupe — deux piiles réunis par l'axe de la musique.L'opérette, née in ne nu- tennis que l'opéra, a choisi dans le bagage de son grand frère les joyaux Râlants, les perles de fantaisie, les gazes légères, les atours famllliers.La "petite bohémienne" s'est parée de paillettes froufroutantes a'gulsant son sourire narquois.Sa belle humeur guida son Invention, mitigea les cascades par une rosée de sentiment, laissant pétiller son dialogue Ironique, voltiger saillies et couplets dont l'in-geniosité s'appliquait aux trouvnilles.Son mécanisme trouva son ressort vlvnnt dans la ruche chantante des fantaisies exercées.Et qu'avons nous vu se produire?L'essor joyeux, débriilé.dès 1858.avec la naissance d'Orphée aur Enfers.Puis l'apogée, la grande fête française de l'opérette type, illustrée par Hervé et Offenbach, ce Mozart des Champs-Elysés comme le qualifia Rossini.Meilhac et Halévy leur fournissaient des caricatures renouvelées du Dialogue îles Morts.de la Tragédie de la goutte de Lucien, des Eneules travesties de Scarron Wagner n'était pas le dernier à applaudir aux cadences de Vénus et de la belle Hélène.Hor-tense Schneider menait la danse de façon à mener le vieil Homère aux Quinze-Vingts".Vinrent les désastres de 1871.Bazainc avait rendu sinistres les facéties du général Boum.Hervé était vidé; la veine d'Offen-lach se tarissait avec La boulangère a des écus; les idoles de la scène vieillissaient.Bref l'opérette était touchée.En outre, ainsi qu'en tout domaine, la lassitude et la mobilité i|(.la mode se firent sentir: un besoin de remiser les mythologies et les oripeaux helléniques.Déjà le vaudeville à couplets établissait une concurrence dangereuse.Mais de solides compositeurs veillaient au grain, inventant une forme bourgeoise qui.respectueuse de la musique, maintint quelques années durant l'éclat dp la tradition.Ce furent les Lecocq.Delibes.Cha-brier, Léon Vasseur.le prix de Rome Serpette.Planquette.Et jusque vers 1885.l'opérette garda son élégance, la bonne tenue de ses livrets, l'expérience de ses interprètes, faut-il rappeler des noms célèbres, joignant à la lionne humeur comique leur goût et leur art du chant?Toute cette pléiade qui va de Schneider à Mariette Sully, d'Orphée aux Enfers et de VOeil err ré à Vérnn igue : les Peschard.Paola Marié, Théo, Judic.l'galde.Zitlma-Bouffar.Montbazon.Desclanzas.Simon-Girard.MMy-Meyer.Oélabert.Auguez.Chaii-mont.Thuillier Leloir.Biana Duhamel.Jeanne Granier.Germaine Gallois.Alice Bonheur, Odette Dulas.Mealy.Du coté masculin, les Mertheller.Dupuis, Chritian.Millier, Mangé, le baryton Vauthier, Simon-Max, Pic-caluga.Cooper,, Lepers, Guy, Morlet.Mon-t rouge.Soulecroix.Tauffenberger.Jolly.Ch.Lamy.Et combien d'autres formant des compagnies homogènes et hilarantes '.Mais les premières atteintes du Vaudeville retapé ne lardèrent pas à compromettre l'élasticité d'un cadre facilement extensible Des inventeurs moins qualifiés, hâtifs, moins bien pourvus de facilités originales s'atta-quèrenl à l'opérette fatiguée.Rappelons simplement les plus autorisés : Audran.Victor Roger.Varney.Lacome.Peu à peu l'opérette abandonne sa forme, sa construction, son caractère, son rythme surtout et son allure.Elle s'efforce vers un opéra-comique mou.comme si elle eût à rougir du qualificatif de genre inférieur.Elle glisse vers la lanalité.la platitude, pente vers l'érotlsme.Et c'est la décadence des oeuvretles sans organismes, sans style, ours et frivolités, lyrics et calembredaines.De rares tradition-nalistes luttent, restent sur les positions conquises et servent la musique légère, fine, distinguée: les Messager.Terrasse, Ganne, Rey-naldo Hahn, Hirschmann.Tlnrko Richepin.André Gaillard.Frédéric Le Rey la's troupes aussi se sont bien désagrégées, dévoyées.On aborde le genre sans préparation vocale.Rares sont les porte-drapeaux à qui s'attache la faveur sympathique du public : Jeanne Sauller.Lambrecbt.Diéterle, Edniée Fnvart.Jean Perler, Defreyn.Vit- l'.ii'S la crise s'accentua les ravages du vaudeville ainoiu client les épluchures — cosmopolites avec leH déchets viennois et anglais, exhibitionnistes avec les truquages de music hall, frénétiques avec les chahuts stlipides.L'opérette sombre dans la polissonnerie, dans la contagion de l'exotisme, -aliotie par de- t béât i i-n-es ilmii Ici demi-niidlf's niaises remplacent la voix et la diction.Toutes les opérettes républicaines ont le même air de fraternité, bâclées sur l'identique passe-partout Gâchée, polluée, elle sert d'étiquette à toutes les Incohérences, aux mixtures de combinaisons marchandes, à lu truite des mannequins, aux pitreries aphrodisiaques.Ni livrets, ni troupes; musiques de bousingots.Règne du maillot, des jambes en queues de prunes et des voix au vinaigre L'après guerrs fut décidément fatale à l'opérette.Ne parlons, en effet, que pour mémoire de< partitions de circonstances qui.durant les années terribles, purent apporter quelcue délassement à nos poilus en congé: la t'neardr de Mini Pinson.Mame'selle Vendent aire.Le Poilu, lu Marraine de l'es-enuade, }[um':ellr Hou Sr.nil Le délire de l'armistice nous valut Phi-Phi.introducteur du jazz et de la saltation trépidante et saugrenue La glissade est connue.Des affiches plus ou inoins nauséabondes ont colporté le virus de la niaiserie lubrique remâchée en série.Et voici Justement que tombent sous nos yeux ces lignes d'une revue qu'on croirait, encore qu'elle date de la fin de l'Empire, écrites d'hier; Tout est changé, transformé, déformé.L'esprit est mort.Tous ces passants, qui viennent se désennuyer à Paris, n'ont pas le loisir d'être aimables Ils remplacent tout et le reste pur de l'argent.Ils nous ont Implanté un luxe bate, sans mesure, sans art.un affollement de dépenses.Et ce n'est pas tout Us nous absorbent tout doucement; ils Installent chez nous leurs manies et leurs défauts On ne cause plus, on crie; on ne rit plus, on glousse; on ne dîne plus, on mange; on ne boit plus, on avale Les Anglais nous Jacquet Offenbach, nuleur de l'opérellc "La Fille du Tambour Major". Montréal, Novembre 1928 15 j OU LA MUSIQUE SE MELE VOLONTIERS A L' ont apporté le turf, la viande crue et le prix du temps.les Américains la réclame, les bêtes savantes et les accidents dé chemin de fer." Fort heureusement le bon sens français n'est pas enterré, si l'esprit s'est assoupi.D'autres épreuves nous ont prouvé crue notre race, capable de réagir, ne se laisse "absorber" qu'en apparence.Si bien que déjà une réaction paraît se réaliser.D'une part, l'opérette classique semble retrouver sa parure et sa faveur.D'autre part, les ressources de l'école musicale moderne laissent apparaître mieux que des velléités de renouveau.Des musiciens comme MM.Jacques Ibert, Auric, ont récemment apporté des éléments neufs, des contributions susceptibles de rajeunir des formes démodées.Des librettistes se soucient d'invention.Et l'opérette, l'opéra bouffe entendent échapper au dancing et au couturier.L'opéra-bouffe surtout qui, jetant un regard dans le passé, s'applique à accommoder son exhubérante malice aux condiments de l'acoustique contemporaine et, c'est qu'en effet, les sources de la jovialité française sont inépuisables.Ce qui m'amène à donner-un fugitif souvenir aux ancêtres et aux berceaux.Les premiers bourgeons de l'opérette n'apparurent-ils pas longtemps avant l'énorme floraison d'Orphée au-x Enfers ?Le récent ouvrage de M.Constant Mic sur la Comme-dia dell'artc en constate la sève dans ces représentations italo-françaises du XVIe siècle qtii comportaient avec la musique vocale et instrumentale ; avec les danses, un luxe de mise en scène, des décors et tout un intérêt, visuel.Mais h'est-il pas assez piquant d'attribuer à Gluck la qualité de père spirituel d'Offen-bach ?N'est-ce pas lui qui, dans une vision joyeuse, introduisit en des oeuvres légères la valse si cultivée plus tard par les Viennois, la polka à.la française ?L'histoire musicale nous a transmis quelques livres titres où la jeunesse de Gluck se plaît à folâtrer: Les Amours champêtfes (1751), Je Chinois poli en France sur un livret d'Anseaume, le Diable à quatre de Sedaine, l'Isle de Merlin, la Fausse esclave, l'Arbre enchanté.Sur un conte de La Fontaine, le futur auteur d'Ar-mide, se divertit à certain Ivrogne corrigé dans lequel un choeur funèbre est resté comme un modèle d'ironie comique, d'une inattendue fantaisie d'écriture.Sortant de la tourmente révolutionnaire, des musiciens comme Grétry, Monsiguy, Ga-veaux, Solië, puis Nicolo , Boïeldieu préparent les voies fleuries de l'opérette, diminutif d'opéra.C'est à cette époque qu'un nommé Maillot avait déjà conçu le premier type de Madame Angot.Mais l'érudition n'entre point dans ce cadre.- Qu'il suffise de constater la fécondité des ancêtres o'exerçant sur le vaudeville et la comédie à ariettes, aïeul et aïeule de l'opérette dont les Trial et les Dugazon firent chanter les premiers accents.Donc l'opérette a des racines vivaces et des références glorieuses.Elle peut tomber en léthargie, ballotée par les remous des lassitudes-et des goûts successifs; elle ne saurait périr d'anémie, assez saine et robuste pour combattre victorieusement les mauvais microbes qui l'assaillent au gré des contacts nocifs.C'est l'article de Paris qui, malgré la facilité des arrivages contagieux, n'est pas disposer à lâcher son monopole d'élégance et de grâce.La verve; l'esprit, la satire, le rythme ne sont pas morts en France.Ch.TENROC.DESACCORD E>" MUSIQUE Nous ne voulons pas parler ici du désaccord flagrant qu'on rencontre dans les prétendus accords de beaucoup de compositeurs modernes.Profitant de l'exemple de ceux qui, étant supposés faire le goût en musique, y sèment la bisbille à profusion, les instrumentistes de tous calibres, et bien d'autres gens ont créé entre eux une profonde discorde par la façon dont ils traitent par la langue et la plume, les instruments contre lesquels ils ont une dent.I A FLUTE Dickens, écrit un auteur anglais, M.Light-wood, dans un livre intitulé, "Dickens and his music", se permettait un plaisir bien innocent aux dépens de cet instrument".L'un de ses héros, David Copperfield, avoue en parlant d'une audition de flute", avoir entendu alors les bruits les plus sinistres qui n'aient, de sa connaissance, été produits par quelque moyen, tant naturel qu'artificiel".Dans un autre endroit, il écrit en parlant du même sujet : "C'était très, très touchant Le gpût_!e plus capricieux n'eut pu désirer rien de plus lugubre." LE VIOLON ¦-' Tous n'est pas rose au pays du violon.Pas un seul qui, commençant ou "avancé", ne se soit attiré, avec justesse ou non, le qualificatif flatteur de "gratteux".Tout le monde sait aussi que le met "violon" est synonyme de prison : Or voici l'origine intéressante de ce rapprochement : Il y avait jadis dans certaines églises des immenses contre-basses percées a.la partie postérieure d'une porte pouvant laisser passer un enfant dont le chant se mêlait à celui du choeur des petits sopranos.Les mères allaient avant l'office, montrer le noir orifice de l'immense viole à leurs gamins et les menaçaient de les y enfermer s'ils continuaient d'être méchants garnements.C'était alors leur manière à elles de faire réfléchir leurs espiègles, comme au temps de Richard Coeur-de-lïon.les mamans saxonnes rappelaient le nom du terrible Richard, et comme de nos jours — les temps sont changés ! — elles leur confisquent leurs chocolats.Et depuis ce temris, il j) a des criminels qui font un an, deux ans de violon.LE PIANO Le caractère essentiellement mécanique du piano, la facilité par suite pour n'importe qui d'en tirer un son, un vrai son, cela plus facilement que sur un autre instrument, font que chacun veut en jouer ce qu'il sait au risque d'ennuyer autant de gens qu'il a d'auditeurs forcés.D'cù.épithètes par dessus ëpithètes, contre ceux qui le touchent, même si leur jeu est d'une sensibilité toute musicales : ce sont des "cogneurs".des "piocheurs'', des "casseurs de vaisselle de première force".Voltaire n'a pas manqué de jeter son venin sur l'instrument immortel : "Le piano-forte est une inventien de chaudronnier en comparaison avec le clavecin" .Beethoven, qui fut comme pianiste l'un des plus grands de son temps, écrivait: "Le mécanisme renforcé par le jeu du piano ffnira par bannir de la musique toute vérité d'impression." LA CLABUNETTE Il serait difficile de dire pourquoi, mais voilà certainement l'un des instruments les plus dénigrés de tous.Pourtant, bien joué, il dépasse de beaucoup le tam-tam.J'explique comme ceci l'erreur dans laquelle on est au sujet de cet instrument, et c'est à l'avantage de ce dernier : la foule est on ne peut plus gouvernée par le courant; pour l'entraîner bien loin, il suffit d'une anecdote originale et piquante, de l'cpinion — émise souvent à la légère — d'un personnage estimé.Or, voici, pour ce qui est de la clarinette, une anecdote que les fabricants de cet instrument ne m'ont pas racontée : "Curieux ce nouveau cas de mendicité ! Naturellement c'est à Paris qu'il s'est produit.Voici : Un bonhomme, armé d'une clarinette dont il ne savait pas jouer, entrait dans un restaurant et s'approchait des cen-sonimateurs.S'installant, il faisait celui qui va jouer de cet instrument; alors tout le monde, en voyant cela, criait : "Non, non, allez-vous-en !" et comme il semblait persister on lui donnait quelques sous et il s'en allait plus loin.Cinq ou six fois ce manège lui réussit.Mais il y a une fin à tout, en ce monde.A une table, on ne lui dit rien et on se met à le regarder; mais comme un des convives, le voyant rester sa clarinette à la bouche, lui dit: "Eh bien, jouez donc !" il a fini par dire qu'il ne savait pas en jouer.Il forçait les gens à lui faire l'aumône en les effrayant de sa clarinette dent il ne pouvait pas jouer! A titre de défense le prévenu fit le plaidoyer suivant : "Je n'avais pas encore eu le temps de l'apprendre, l'ayant acheté la veille chez un marchand d'habits; mais je suis musicien tout de même, seulement mon instrument, c'est l'accordéon!" Le tribunal a condamné ce singulier artiste à deux mois de "violon".C'est L.-A.Muzette qui raconte le trait.Voici maintenant cemme corollaire d'autres tirades authentiques : "La clarinette (et le trombone) déterminent fréquemment un écoulement d'oreilles susceptibles d'aller jusqu'au sang".D'autre part.la science de l'Acoustique nous apprend que la clarinette donne des harmoniques de rang impair, c.-à-d.rend un son terne et quelque peu nasal.Troisièmement et enfin, si le mot "clarine'' désigne une "clochette à vaches", le vocable "clarinette" ne représente guère mieux.Il va sans dire que tout cela ne s'applique pas à la clarinette métallique inventée depuis.Cette dernière en effet sauvera le nom de l'instrument ami du vacarme: et un jour viendra, où la clarinette aura fait dix sourds contre un aujourd'hui, ma's où par contre elle procurera le gagne-pain de dix nouveaux bohèmes centre un seul connu jusqu'à date.BRAZ ARPIANI.Studio: Tél.Harbour 7S75 Rés.Tél.Am.0004 L.GUILLAUME DUPUïS Maître de chapelle i Notre-Dame PROFESSEUR DE CHANT Studio: Maison XnngcUer 366 STE-CATHERINE EST, MONTREAL 16 Montréal, Novembre 1928 LE C H A IV T QUE DOIT SAVOIR UN PROFESSEUR DE CHANT?MARGUERITE VATJTIER 1° Je suis entièrement de votra avis, un professeur ds chant doit posséder un diplôme pédagogique général ou spécial.2" Etre musfcien, il me semble que c'est élémentaire, non pas superficiellement comme beaucoup d'entre eux, mais, comp'è-tement, en théorie et en pratique.Connaître à fond la théorie de la musique, qui est la grammaire musicale, élément sans lequel on ne peut parler correctement une langue; avoir des notions d'harmonie, indispensables pour être capable d'écrire une 2e, 3e ou 4e partie à un chant donné; pouvoir faire une coupure logique dans une oeuvre trop longue et se répétant, etc.Savoir l'Histoire de la musique, des instruments, des formes, et des musiciens, qui e:t la littérature musicale, afin de laisser à cbanue auteur son caractère, son genre, son style, sa personnalité.3° Le professeur de chant doit être doublé d'un instrumentiste, pianiste de préférence et posséder une bonne technique générale.4° Avoir de l'oreille, oui certes, s'il est musicien, il en a.Ce qu'il doit avoir surtout, c'est une oreille vocale, si je puis m'exprimer ainsi, c'est-à-dire qu'en entendant une voix brute (c'est à-dire pas travaillée), il doit en tendre d'avance la timbre, la couleur du son, crue donnera l'élève lorsque sa voix sera cultivée; tendre tovij ses efforts en vue de les obtenir.5° La souplesse, fermeté et agilité, sont question de souffle: à ce sujet, je dirai que c'est l'élément principal du chanteur, le professeur ne saurait trop insister sur ce point et le faire travailler à part, comme pour la déclamation; il y aurait sans cloute moins d'aéropages parmi les chanteurs ! 6° Les imperfections et défauts d'un élève se corrigent en faisant de la technique; pour cela, le professeur doit avoir des connaissances physiologiques.Les organes indispensables pour chanter : poumons, la base de la soufflerie; le3 cordes vocales, qui assurent l'émission du son, avec toutes les qualités cru'il doit avoir; le palais, qui est la caisse de résonnance.L'acoustique, poulies vibrations et ondes sonores indispensables pour arriver à l'ouïe de l'auditeur.7° La déclamation est une connaissance indispensable, pour obtenir une prononciation correcte des mots, les qualités et les défauts de chaque voyelle et consonne, à fa're travailler de préférence, suivant le cas.Pour corriger un défaut, il faut en connaître la cause et l'origine.S° Un professeur de chant doit connaître l'histoire générale de tous les peuples, de la poésie, ds la danse, de la peinture, de la sculpture, en un mot, de tous les arts étroitement liés à la musique.9° Ne jamais classer une voix à la légère, car le travail modifie quelquefois le timbre et la tessiture générale.9° bis) Connaître plusieurs méthodes, afin de pouvoir prendre le meilleur de chacune, pour faciliter le travail de ses élèves.10° N'employer jamais que des mots usités ou imagés, ayant un sens logique et pouvant être compris de tout le monde.Pouvoir donner un exemple d'un mauvais son avec ses défauts et celui d'un son bien placé.S'attacher enfin à obtenir une tenue extérieure normale, naturelle, gracieuse et expressive.En résumé, un bon professeur doit en savoir dix fois plus qu'un professionnel, voilà pourquoi, à mon avis, ce dernier ne peut être un bon professeur, à moins que lorsqu'il désire se mettre dans l'enseignement il ne commence par apprendre son nouveau métier.CONCLUSIONS L'enquête que nous avons ouverte sur la question : "Que doit savoir un professeur de chant ?" nous a valu moins de réponses que nous pouvions l'espérer.Si que'.cmes professeurs réputés ont bien voulu nous exprimer leur pensée, beaucoup d'autres, notamment les officiels et à peu prèi tous ceux qui s'intitulent "Maîtres", ont gardé une réserve prudente.Les quinze ans de théâtre qui, selon l'expression du Président des "Maîtres", constituent la borne limite de leur recrutement* sont pour eux le seul gage de leur savoir et quand on leur objecte que des professeurs bornes n'offrent peut Stre pas toute garantie désirable, ils na savent que répondre.Pour nous qui avons moins le souci de respecter les situations acquises que d'améliorer l'enseignement du chant, nous sommes résolus de passer outre, la vanité des uns et la nullité des autres dussent-ils en souffrir.Pour l'instant, il s'agit de confronter les réponses que nous avons reçues de Mmes Marya Preund.Félia Litvinne, Marg, Liszt, Jean Sopena, "Winsback, Marg.Yaultier et d'une anonyme.MM.le Dr Baratoux, Cai-rati, G.Mauguière, Ch.Panzera, G.Petit, et de voir quelles conclusions nous pouvons en tirer.* * * Le point sur lequel tous nos correspondants sont d'accord est que, pour enseigner le chant, il faut d'abord être bon musicien.Voilà qui n'est pas une grande découverte, assurément.Reste à préciser ce qu'on entend par être "bon musicien".Il ne suffit pas d'être bon lecteur, de lire à livre ouvert, de savoir transposer, d'observer la,mesure, il faut, nous a-t-on dit, avoir une oreille très subtile, non seulement sous le rapport de la justesse, mais une oreille qui discerne la façon dont le son est émis et conduit.Il faut que l'oreille saisisse tous les parasites de la voix et distingue un.son plein et pur d'un son creux et altéré.II semble qu'il ne soit pas difficile d'établir une série d'épreuves susceptibles de vérifier la capacité d'un professeur de chant à cet égard.On peut donc arriver à fixer le minimum requis pour être ce qu'on appelle bon musicien en matière d'enseignement vocal.H va de soi que si, en outre, on peut accompagner, si l'on est harmoniste, voire mêmes contrapuntiste, si en un mot on est très bon musicien, cela n'en vaut que mieux.* * * Le second point est de savoir si le professeur doit être lui-même — ou - avoir été — un bon chanteur ?— Oui, nous a-t-on répondu généralement.Un pédagogue étranger fort estimé prétend même qu'an ne devrait pas admettre un professeur n'ayant pas une belle voix, afin qu'il puisse par ses propres moyens donner l'exemple d'un beau son.Il nous paraît évident qu'un bon chanteur a un avantage marqué pour enseigner.Il faut toutefois observer qu'il s'est trouvé parmi les meilleurs pédagogues du chant des maîtres qui n'ont jamais chanté, tels de Martini et M.Hettich au Conservatoire.Deux de nos plus grandes cantatrices actuelles nous ont déclaré que la plus grande partie de leur science vocale était due, l'une à M.Maton, qui fut accompagnateur à l'Opéra, et l'autre à M.Mathieu, qui remplit les mêmes fonctions à l'Opéra Comique.Il semble donc crue, sur ce point, on puisse dire : Pour enseigner le chant, il est préférable, mais non indispensable d'être chanteur.Un baryton peut-il en effet donner l'exemple à un soprano et vice-versa ?De plus, le professeur chanteur ne peut éviter d'enseigner sa manière de chanter à tous ses élèves, alors que celui qui ne chante pas est porté à chercher pour chaque élève une méthode appropriée aux moyens naturels de chacun d'eux.* * * Nous arrivons maintenant au point délicat de la question qui est celui de la technique vocale.L'acte vocal consiste à produire un son à l'aide d'un instrument représenté par les différents organes de la voix.Du bon fonctionnement de ces organes et de leur qualité dépend la beauté de la voix.Faut-il connaître l'anatomie de ces organes pour les bien éduquer,?Oui.Non pas pour apprendre à l'élève à faire l'analyse physiologique de son acte vocal, ce qui nuirait à l'acquisition instinctive des réflexes qui donnent au chant sa liberté et sa spontanéité, mais pour que le professeur puisse déterminer les causes des difficultés et y porter remède.On peut être un parfait conducteur d'auto sans rien connaître au moteur, pourvu que l'on ait acquis tous les réflexes qui assurent la bonne conduite de la voiture, mais si un arrêt se produit, seul l'examen et la décoiir verte des causes peuvent assurer la remise en marche.Il y a évidemment une catégorie d'élèves doués avec lesquels le professeur peut Ignorer tout de la physiologie.Ils trouveront toujours leur respiration, leur émission aisée et facile, mais il en est d'autres, et c'est la majorité, qui présentent beaucoup de difficultés.Il m'est pas du tout certain que l'application d'une méthode si bonne soit-elle, donnera de bons résultats si le professeur ne peut déterminer la cause, des défauts de l'élève et en faire l'analyse physiologique.Comme l'exploration du moteur phonétique ne peut se faire généralement qu'avec l'oreille, il n'est pas inutile de le connaître à (suite à la page 18) Montréal, Novembre 1928 17 t LES CHANSONS POPULAIRES DE FRANCE | ___________________ _ __M Causerie faite au Radio par le R.P.Paul Doncoeur, S.J.Excusez un ami des jeunes si, aujourd'hui, c'est moins à vous que son discours s'adresse qu'à vos Grands Enfants.C'est à eux que nous voudrions rendre le goût des vieux chants de France, c'est à eux que nous voudrions apprendre à les chanter, à les bien chanter, rassurez-vous, sans tapage et sans cri, mais dans un beau style, simple et joyeux qui, nous l'espérons, vous ravira.Si j'ai accepté, en effet, de parler de la Chanson Populaire Française, je n'ai pas songé, et pour cause, à le faire en savant: Je ne suis ni musicologue, ni musicographe.Il y aurait, cependant, bien des choses curieuses à dire sur notre vieille chanson, sur sa technique musicale et sur les relations qu'il y a entre la musique populaire et la musique savante.Vous connaissez le conseil que Schumann donnait aux jeunes musiciens: "Ecoutez avec attention les chants populaires: ils sont une mine inépuisable des plus belles mélodies." Pour n'en citer qu'un exemple, vous savez quelle œuvre pittoresque et touchante Grieg — le plus grand musicien Scandinave — a tiré presque entièrement des chants populaires et des Slatter norvégiens.Par ailleurs — je me permets cette seule insinuation d'ordre esthétique, — si le goût moderne tend de plus en plus à la simplicité et veut, comme le disait Cocteau, se nourrir de "pain Musical" c'est dans le riche et vieux fonds populaire qu'il se satisfera.Nous en avons assez, disait le Rappel à l'Ordre, "de la musique dans quoi on nage," nous voulons "de la musique sur quoi on marche.Assez de nuages, de vagues, d'aquariums, d'ondines"; il nous faut "une musique sur la terre, une musique de tous les jours, qui ne soit pas toujours gondole, coursier ou corde raide", une musique écrite mince et musclée", sans graisse, sans sauce.Eh bien ! c'est de tout cela qu'est fait le chant populaire des bonnes époques.Mais je ne veux pas m'attarder.Mon but est autre.Si je vous parle de notre vieille chanson populaire, c'est pour vous inviter, garçons et filles de France, à ressusciter la vieille âme de la race qui dort dans ses belles chansons.Or, chaque fois que je suis rentré de l'étranger, de Suisse, d'Italie, et surtout d'Allemagne, j'ai senti tomber sur moi comme un lourd manteau de silence et, le dirai-je ?de tristesse.Chaque fois, j'ai eu l'impression de rentrer dans une de ces maisons de vieillards ou de malades d'où les enfants sont bannis et où, du moins, ils doivent se taire.Bien avant la guerre, Psichari, en col-lonne dans les montagnes de l'Adrar enfoncé dans le silence du désert marocain, écrivait: "Le cœur se serre, se noie de tristesse devant ces masses brutales d'où la vie s'est à jamais enfuie.Ce qui manque, ici, c'est la musique, nostalgie qui va parfois jusqu'à la douleur." Hélas ! nous l'avons connue plus lourde cette nostalgie et cette douleur, quand nous entendions srélever dans la nuit les chants graves et doux des compagnes allemandes montant ou revenant du combat.Je les al entendus de nos tranchées muettes d'éton-neruent; je les ai entendus en captivité; mais jamais ils ne m'ont frappé comme en cet après-midi du 13 novembre 191S, lorsque j'ai vu défiler dans Sedan les régiments de Ludendorff vaincus* Un tel chant rythmait leur marChe que leur retraite prenait encore un caractère, sinon de victoire, du moins de domination et de force, dont je garderai toute ma vie le souvenir.C'est pour avoir, depuis la guerre et dans la guerre, eu la révélation de la force morale, de la discipline, de la grandeur, du courage qu'un beau chant entretenait dans le cœur d'un peuple — fut-il vaincu — que tant de nos camarades ont rêvé comme moi d'une Croisade qui réapprendrait au peuple de France, aux jeunes Français, les vieux chants de la Race.Ce soir, grâce aux Chanteurs de la Sainte-Chapelle, notre campagne s'ouvre avec éclat.Minute émouvante.Car si la téléphonie sans fil ne pousse pas seulement ses vibrations dans l'espace, si elle les prolonge, comme j'imagine, jusque dans le temps, ce ne sont pas seulement des milliers de foyers français qui vont frémir ce soir, ce sont, à travers six ou sept siècles d'histoire, des milliers de cœurs français, — cœurs de soldats et cœurs de vieilles, cœurs de paysans et cœurs de bergères, — qui vont se réveiller à l'unisson du nôtre.Et voilà que la tradition française se renoue.J'attirerai d'abord votre attention sur ce qui constitue essentiellement le chant populaire.Vous verrez mieux ainsi pourquoi et comment il doit naître.Le chant populaire est, essentiellement, un chant naturel; il jaillit de la vie, il l'informe, la rythme et l'anime.Il s'oppose donc radicalement au chant artificiel, c'est-à-dire au chant conçu par un artiste dans son cabinet pour le concert.Ce chant peut être un objet d'art très savant, mais il est factice; il est écrit pour être exécuté par des professionnels fort habiles, mais indifférents, devant un public d'amateurs raffinés, mais qui, au fond, se refusent à une emprise réelle et n'y collaborent pas?Il y a d'ailleurs entre la scène et le parterre un abîme qu'aucune fiction ne parvient à combler.Mais il y aurait trop à dire sur les conditions faites par nos mœurs modernes à la musique.Disons que ces conditions sont contre nature et qu'une rénovation n'est possible que par une révolution.Et c'est celle qu'incarne le retour au chant populaire né, lui, de la vie et lui demeurant si intimement lié, qu'il succombe dès qu'on l'en arrache.Le vrai chant populaire naissait du travail et le soutenait.Les moissonneurs chantaient, en battant l'aire, la chanson que l'un d'eux, aïeul inconnu, avait senti jaillir en lui au rythme des fléaux.Les soldats chantaient sur la route la chanson de bravoure ou d'amour qui hantait l'âme des anciens et qui survivait dans la leur; les quêteurs de la Fête des Rois, de Pâques ou de Mai chantaient de porte en porte les chansons traditionnelles de leur village; les pèlerins de Saint Jacques, tout comme les Compagnons du Tour de France; les bûcherons et les bergers; les vignerons et les f ileuses; les marchands d'habits ou les marchandes des quatre-saisons; bref les "métiers" faisaient jaillir leur chant de leur travail et rythmaient ainsi leur effort d'ouvrier à la cadence de leur moulin, de leur rouet, de leur métier à tisser, voire de leurs bœufs au labour.Marche, danse, travail d'artisan, voilà les grands maîtres du chant populaire.Ecoutez comme George Sand a bien compris d'où jaillissait le chant du laboureur: "La voix mâle entonna le chant solennel et mélancolique que l'antique tradition du pays transmet, non à tous les laboureurs indistinctement, mais aux plus consommés dans l'art d'exciter et de soutenir l'ardeur des bœufs au travail.Ce chant est réputé encore aujourd'hui posséder la vertu d'entretenir le courage de ces animaux, d'apaiser leur mécontentement, et de chasser l'ennui de leur longue besogne.Il ne suffit pas de savoir bien les conduire en traçant bien un sillon parfaitement rectiligne, de leur alléger la peine en soulevant ou en enfonçant à point le fer dans la terre: on n'est point un parfait laboureur si on ne sait pas chanter aux bœufa 'Ce chant n'est à vrai dire qu'une sorte de récitatif interrompu et repris à volonté.La forme irrégulière et ses intonations — fausses, suivant les règles de l'art musical — le rendent intraduisible.Mais ce n'en est pas moins un beau chant et tellement approprié à la nature du travail qu'il accompagne, à l'allure du bœuf, au calme des lieux agrestes, à la simplicité des hommes qui le disent, qu'aucun géuie étranger au travail de la terre ne l'eût inventé et qu'aucun chanteur, autre qu'un fin laboureur de cette contrée ne saurait le dire.Quand on s'est habitué à l'entendre, on ne conçoit pas qu'un autre chant pût s'élever à ces heures et dans ces lieux-là sans en déranger l'harmonie." Toute la théorie du chant populaire tient en cette pénétrante analyse.Saint Thomas d'Aquin l'eût signée.Ne souriez pas: saint Jean Chrysostôme n'ouvrait il pas son Commentaire des Psaumes par cette page délicieuse: "Chantez les Psaumes, disait-il aux Chrétiens du quatrième siècle, car Dieu lui-même a fait chanter les Prophètes.Rien ne soulève l'âme, rien ne la décolle de la terre et ne la délivre des liens corporels, rien ne la rend plus amie de la Sagesse et ne la fait mépriser les infortunes comme une musique harmonieuse."Notre nature, en effet, aime tellement la musique que les enfants en nourrice eux-mêmes, s'ils pleurent ou s'ils souffrent, on les endort par un chant.Leurs nourrices qui les portent dans leurs bras, vont et viennent en leur chantant quelques refrains ber-ceurs, finissent par leur faire fermer les yeux.De même, les voyageurs pressent leurs attelages dans la chaleur du midi, chantant pour soulager leurs bêtes de la fatigue de la route Mais combien d'autres font de même.Les vignerons ne chantent-ils pas en foulant leurs pressoirs, ou en cueillant les grappes, ou en labourant les vignes ?Les matelots ne chantent-ils pas en ramant ?Et les femmes, en tissant ou en démêlant les fils, ne chantent-elles pas leurs chansons de toile, toutes seules ou eu chœurs ?Tous, femmes, voyageurs, laboureurs et matelots font ainsi, pour alléger 18 Montréal, Novembre 1928 l'effort qu'exige leur travail, car l'âme supporte plus aisément les travaux durs et pénibles quand elle entend une chanson." Cette liaison si étroite du chant populaire et de la vie oriente et caractérise notre présent effort.Que des historiens romanisants étudient le chant populaire comme on l'a fait depuis cent ans par curiosité d'archéologue ou de folkloriste; que des artistes s'y appliquent comme à une mine inépuisable de thèmes mélodiques; tout ceci est louable, mais ne produira pas plus une renaissance du chant populaire que l'étude du sanscrit n'a suscité une renaissance des vieilles littératures hindoues.| [ _i Pour que renaisse le chant populaire, il faut sans doute retrouver les thèmes musicaux de la race, et voilà pourquoi, après plusieurs années de recherches, nous avons édité sous forme populaire ce recueil de 200 chansons françaises, que nous avons baptisé ROLLAND.Il sera demain le chansonnier classique des jeunes français.Car le grand point, c'est que vous chantiez vous-mêmes ces chants, comme le font les scouts au feu de camp, sur la route, à la veillée, rythmant par eux votre marche, votre danse, votre travail et, — quand vous serez jeunes mamans — le sommeil de vos bébés.Mais vous ne prendrez vraiment goût au chant que si d'abord vous avez pris goût à une vie qui comporte la musique.Or, le cadre de beauté, de joie et d'harmonie qui fait éclater le chant, c'est la route, la forêt, la montagne; c'est le camp ou l'assemblée; ce sont les feux de la Saint-Jean ou les Vierges d'août; ce sont les veillées familiales de la Noël et des Rois.Ces chants, nous les avons chantés sur les routes d'Alsace, d'Italie, d'Espagne; les gamins d'Obernai, comme ceux de Livourne, comme ceux de Lanuza, les ont chantés avec nous.C'était de la belle joie française qu'ils semaient sous nos pas,.N'aimeriez-vous pas à faire ainsi ?Alors prenez en mains notre Rolland et fredonnez les mélodies dont vous reprendrez les refrains.Vous verrez comme ces beaux chants, d'une pureté musicale de grand style, sont faciles.Et vous verrez aussi comme vous êtes doués pour la musique.Le compositeur italien Doni écrivait en tête de ses Traités de musique dédiés, vers 1640, aux musiciens français: "Mais qui pourrait jamais s'imaginer la grande variété, douceur, gayté de vos beaux airs sans les avoir ouys ?Où est-ce qu'où chante avec autant de mignardise et de délicatesse ?Et où entend-on tous les jours de nouvelles et agréables chansons.Même en la bouche de ceux qui, sans artifice et étude, font paraître ensemble la beauté de leurs voix et la gentillesse de leurs esprits, jusqu'à un tel point qui semble qu'en d'autres pays les musiciens se font seulement par art et exercice, mais qu'en France, ils deviennent tels par nature." Laissez-vous donc aller à cette nature harmonieuse et, sur les traces des Chanteurs de la Sainte Chapelle, charmez la France, qui retrouvera par vous la joie d'une race rendue à ses plus belles traditions.Paul DONCOEUR.(Revue Sainte-Cécile) Tél.Lancaster.3452 j.e.lemieux Reparations de tout instrument de musique 1654 ST-DENIS, MONTREAL LE CHANT (suite de la page 16) fond pour discerner le choix du remède à appliquer.Le professeur doit donc pousser aussi loin qu'il le peut l'étude physiologique des organes de la voix, pourvu qu'il ait assez de discernement pour n'en parler à l'élève qu'au moment où celui-ci aura acquis une techr nique suffisante pour n'être pas dérouté par la préoccupation de l'analyse.A un enfant qui ne sait pas monter à bicyclette on n'apprend pas à réparer un pneu, ni à mettre de l'huile dans les engrenages, mais qu'il ait acquis la technique de vélo, il serait imprudent de le laisser partir à la promenade sans l'avoir initié au démontage de sa machine.Donc, le professeur doit savoir quels sont les organes producteurs du son, le rôle et le fonctionnement de chacun d'eux.Il devra notamment savoir à quoi correspondent dans l'anatomie l'emploi des termes les plus usités : pose, appui, résonnance, etc.Il n'est pas douteux que très souvent l'instinct du professeur puisse suppléer à l'absence de certaines connaissances, mais la science pédagogique ne peut se contenter de faire fond sur l'instinct, sans le diriger par des lois essentielles.Il est à peine besoin de dire qu'un professeur de chant digne de ce nom, doit avoir une culture musicale développée et connaître toute la littérature du chant.Il doit pouvoir enseigner les styles anciens et modernes, français et étrangers, préparer un ensemble, diriger un choeur.Reste la question — non envisagée dans notre enquête, mais qui n'en demeure pas moins capitale — des méthodes, y compris celle qui consiste à en avoir plusieurs et à faire choix de celle qui convient à chaque élève.Si une méthode se décrit, à plus forte raison elle se démontre et elle se prouve.C'sst par cet exposé des méthodes que nous terminerons notre enquête, non pas à l'aide d'un Congrès du chant, qui n'est que paroles en l'air, mais par des démonstrations publiques.Le Monde Musical invite les professeurs à donner au mois d'octobre prochain à l'Ecole Normale de Musique une série de quatre leçons (d'environ 20 minutes chacune).1° A un élève inconnu et n'ayant'jamais pris de leçon de chant.2° A un élève inconnu, mais ayant déjà chanté et ayant des défauts.3° A un élève connu du professeur et qui est encore dans la période des débuts, déjà un peu initié à la méthode.4° A un lélève connu du professeur et ayant à peu près terminé ses études, en possession complète de la méthode.Nous ne savons nullement comment cette invitation sera accueillie du corps enseignant.Les professeurs de chant sont pour la plupart assez ombrageux, toujours prompts à nier le mérite d'autrui et à proclamer le leur.Combien y en aura-t-i] qui voudront contribuer à éclairer l'opinion, en montrant ce qu'ils savent et ce qu'ils font, c'est ce qu'il nous reste à savoir.Nous ferons connaître par la suite, les noms des professeurs qui auront répondu à notre invitation et nous les convoquerons à une réunion où nous fixerons les dates des séances: et où nous les consulterons sur certains détails d'organisation.Notre initiative n'a pas d'autre ambition que de servir la cause de l'enseignement du chant et de préciser les données du problème très complexé qu'il pose.A.MANGEOT.(Monde Musical, 31 juillet 192S.) M»* FLEURETTE BEAUCHAMP PIANISTE Récitals et Concerts 7730 ST- HUBERT Tél.: Cal.9064 Tél.: Belair 4677 m»* m.r.descarries Concert's et Récitals 4360 SAINT-DENIS, Apt.11, MONTREAL, Tél.Est 6306 — Ha.8029 joseph desrochers PROFESSEUR DE.VIOLON TRIO DESROCHERS—Engagements de concerts .1257, RUE LABELLE, MONTREAL bayeur freres LUTHIERS Violon primé au concours de Paris, 1921 Hautement recommandé par le célébré violoniste Alfred DeSêves 1853 AMHERST — Tél.Est 7412 — MONTREAL prof.j.j.goulet Lauréat du Conservatoire Royal de Musique de Lièffe, Belgique Professeur au Mont-Saint-Louls et à l'Académie St-P'atrice — Chef de Musique "Les Carabiniers Mont-Royal" — Directeur des cours de solfège au Monument National, Conseil des Arts et Manufactures.Tél.Belair 7433 B.P.No 31G, Station B 4316 RUE SAINT-DENIS, MONTREAL Successions Assurances Incorporations Expertises Liquidations LE BUREAU COMPTABLE ladislas joubert C.G.A.-C.P.A.COMPTABLE PUBLIC LICENCIE 34 RUE ST-JACQUES OUEST, MONTREAL Tél.HArbour 13G0 Studio: 248 Sherbrooke Est près St-Denis Tous les mercredis Tél.Lancaster 4393 IVK m.B.LIPPENS- RICARD Elève du Ma tre Paul Gllson, Inspecteur général do l'enseignement musical de Belgique PROFESSEUR DE PIANO, TPIEORIE, SOLFEGE, HARMONIE, CONTREPOINT Préparation aux examens a tous les degrés Résidence: 202 Ropery Pointe St-Charles Lundi soir et les samedis Tél.York G74G J.G.YON L.J.Douce t, prop.41G8, rue St-Denis, Montréal.Tél.Belair 7570 Endroit par excellence où l'on peut so procurer le plus beau choix do musique classique, piano solo, chant, violon, violoncelle, musique religieuse, chants canadiens, traités d'harmonie, littérature musicale,-et toute la musique demandée par les différents Conservatoires, y compris les éditions Durand, Schirmer, Wood, a des prix défiant toute compétition.Nouveau rayon de phonogra.pb.es et disques Starr-Gennett.Remises spéciales aux Communautés Religieuses et aux Professeurs.Service courtois.Une visite a notre magasin vous convaincra du choix de musiquo varié que nous sommes en'mesure de vous offrir- Montréal, Novembre 1928 19 LE CHANT A L'ECOLE Conférence faite à l'Ecole des Sciences de l'Education (Institut J.J.Rousseau) à Genève On accorde, dans les écoles, un certain nombre d'heures à la lecture expressive, à la récitation, alors qu'on en néglige l'élément le plus essentiel, la voix, sa pose rationnelle, sa physiologie.Les jeunes professeurs sont les tristes victimes de cet état de choses, les pharyngites, les laryngites, et, par répercussion, les maladies de poitrine foisonnent dans le personnel enseignant.C'est une nécessité vitale pour tous ceux qui exercent le professorat d'avoir un point de départ pour obtenir une bonne émission de la voix, et la conduire physiologiquement bien.C'est la pose judicieuse qui assouplit la voix, l'élargit, l'égalise, la rend plus riche en sonorités, la fait porter sans fatigue.Elle contribue largement à harmoniser l'organisme tout entier.Enfin, elle répond aux besoins de l'enfant qui attend de son maître l'exemple sain et vivifiant.A cet effet, nous apportons aux instituteurs! de l'enseignement secondaire, ceux-ci devant initier les instituteurs primaires, une méthode naturelle, scientifique, d'application facile aux livres de solfège imposés.à la condition d'en supprimer les principes vocaux ou respiratoires.Nous avonsi expérimenté cette méthode sur plus de 500 voix déplacées, gravement altérées, et, par une véritable rééducation, nous avons amélioré, transformé et complètement rétabli l'organe.Aussi, j'affirme qu'il n'y a pas de voix malades, mais seulement des voix déplacées, malmenéesi, surmenées et mal équilibrées.Les principes de cette méthode, recueillis sous un très petit volume "La voix posée, à l'usage des instituteurs", doivent servir de guide au maître pour les premiers exercices de chant du jeune enfant, afin que la voix de celui-ci, qui est bien posée naturellement, s'affirme, se fortifie à la bonne place, et ne sorte pas plus endommagée de la classe de chant que le corps n'est déformé après la classe de gymnastique.Ecoutons, s'il vous plaît, de jeunes enfants prendre leurs ébats en plein air; leur voix est de la musique; elle s'élève, s'abaisse; elle gazouille, elle crie; elle murmure, elle gronde, se plaint, éclate; les modulations en sont variées à l'infini et toujours charmeuses.Demandons à ces mêmes enfants, élèves des écoles primaires, de chanter en choeur la moindre romance; ils écrasent le son, ils appuient sur la gorge, sur la poitrine, ilsi poussent de toute leur forcei, leur chant n'est plus que du tapage.De leurs intonations musicales, de leur expression si juste, de leurs accents irrésistibles, il ne reste qu'une voix aplatie, criarde, desséchée, dans laquelle il y a plus de bruit que de son.Que s'esit-il passé ?De l'expression inir pulsive due à.sa propre émotion, l'enfant devient tout à coup esclave de l'expression d'autrui.Aussitôt, il s'apprête, il se cambre, il se raidit; il dépouille tous ses dons naturels pour jouer son rôle, pour imiter le maître, forcé lui-même d'obéir à son programme.Or, soit que nous rendions responsables les instructeurs supérieurs, soit que le mal vienne d'une incompréhension du son, élément musical, il y a peu d'écoles primaires oil l'on ne trouve la voix desi enfants déformée fâcheusement, dangereusement même, et leur respiration atteinte par l'émission défectueuse qui accompagne toute voix déplacée.Si j'ai tant insisté, dans nos leçons pratiques, sur les premiers exercices qui consultent à répondre au son dans l'espace, en écho, et non pas comme on le fait ordinairement à l'instrument qui le matérialise, à telle gorge, telle poitrine qui le déflore, c'est afin que chacun de vous puisse enrayer le mal incalculable fait aux jeunes enfants, dans toutes les écoles du monde.L'enfant qui, tout à l'heure, causait, chantent en voix libre, arrive à l'école.C'est l'heure du chant choral.Il se met en rang auprès de ses camarades.Le maître chargé, je suppose de 40 élèves, capte aussitôt la voix de l'enfant, il donne l'exemple, il coule la voix dans un moule qui n'est autre que sa propre voix, moule défectueux puisque la fatigue en est ordinairement la marque de fabrique.Comme il n'a lui-même aucune connaissance du phénomène vocal, qu'il ignore le moyen de réagir contre la prostration qui l'accable, forcé d'utiliser chaque minute pour réaliser le programme, il va au rebours de la manière saine et hygiénique de développer la voix, provoque lui-même l'appui du son qu'il confond avec l'entrain, le rythme, la mesure.D'après tous les solfèges adoptés, il faut commencer l'entraînement vocal par le do grave.Le maître donne le do en voix basse; l'enfant va-t-il répondre au do musical et sonore ?Non, certes, il répondra physiquement aux vibrations basses du maître, et comme il n'en trouvera point, il fera la grosse voix en déplaçant la sienne.Comment peut-il en être autrement, comment l'instituteur s'occuperait-il de l'émission, cette étude est bannie de l'enseignement secondaire et primaire, et si quelques livres traitent de cette science, c'est pour la compliquer et la rendre impraticable à la massa Il est temps de nous raviser, d'accumuler les preuves scientifiquesi et d'établir enfin un point de départ rationnel, base d'éducation de la voix parlée ou chantée.C'est cette hase rationnelle qui manque à l'éducation du maître pour empêcher les enfants de vouloir se surpasser les uns les autres par la poussée la plus énergique, celle-ci représentant pour eux le maximum d'application et de succès.Il est indispensable que le jeune maître soit initié à la physiologie vocale, afin qu'il écarte de son enseignement certains principes dangereux et anti-musicaux.Il y a des livres imposés dont les auteurs ne connaissent ni la voix, ni l'émission, ni les possibilités physiologiques de l'enfant, ni celles du maître; si leur méthode de solfège esit bonne, les pages concernant la voix doivent en être déchirées et jetées au feu.De nombreuses questions m'ont été adressées par desi instituteurs français, russes, polonais, suisses, italiens; ils me demandent avec instance de les aider dans leur œuvre de réforme.J'ai groupé demandes et réponses, pour servir à votre instruction et à la vérification desi lois qui régissent la voix humaine, appliquées à n'importe quel organe, altéré ou non, jeune ou âgé.Question I.— Mon petit livre de solfège, d'ailleurs très bien fait, dit aux élèves qui en demandent l'explication : "Lorsqu'il ne vous sera plus possible de chanter sans effort avec la voix de poitrine, prenez la voix de fausset, vulgairement appelée voix de tête, en ayant soin de rendre insensible la transition de l'une à l'autre".Je ne puis faire comprendre cela aux enfants, et je ne le comprends pas moi-même.Réponse.—N'hésitez pas à supprimer cet alinéa de votre livre, écartez de votre esprit l'idée des registres.La voix est "une".Le registre est créé par l'appui de la voix dans la note grave; chaque registre est une position différente de la vo.'x; il n'y a aucune raison physiologique d'adopter l'appui de la voix daus la poitrine, il y en a beaucoup pour le condamner, et je puis certifier, preuves en mains, que j'ai guéri de nombreuses voix complètement perdues par la méthode des registres, Il n'y a, pour les enfants, pour les adultes, qu'une seule manière de conduire la voix considérée au point de vue physiologique, éducateur, c'est l'émission libre ou voix non appuyée, qui résonn,e à la fois dans tout le tube vocal, trachée, poitrine, larynx, pharynx, face.Pour expliquer le registre, vous pouvez le créer en faisant de la poitrine l'agent actif des vibrations gravesi, alors qu'elle ne doit être que l'agent réceptif.Ainsi vous annihilez la fonction des muscles suspenseurs du larynx et de leurs tributaires; la fonction détruite, l'organe s'atrophie.et vous perdez la voix.Question II.— Avant de faire chanter du solfège trouvez-vous bien de faire exécuter, par imitation, des airs faciles en rythme et en mesure ?Réponse.— Oui, je suis bien de cet avis, à la condition que vous donniez en, exemple, à l'enfant, des sons clairs, libéérs, sinon l'enfant déplacera sa voix pour vous imiter.Question 111.—¦ Engageriez-vous l'enfant à s'aider du pied, des mains, de la voix, pour chanter en rythme et en mesure ces airs faciles ?Réponse.— Vous allez commencer par troubler l'harmonie intérieure et extérieure de l'enfant.Daus notre époque de vitesse accélérée, de bousculade intense, il convient à tout le monde, à vous, comme à votre élève, de rétablir l'ordre en soi, avant de commencer n'importe quelle étudet Après avoir dirigé, par l'exemple, la voix de l'enfant, dans l'émission naturelle, je débuterais par de petits chants classiques, courts et lents; viendront ensuite les rondes entraînantes et les chants patriotiques.Question 77.— Pourquoi des chants classiques ?.Réponse.— Parce qu'ils n'excitent pas à la poussée.Question Y.— Periez-vous commencer l'enfant par le solfège chanté ?Réponse.— Certes non; le solfège est trop souvent de l'articulation serrée, contractante, d'émission difficile et laborieuse.Lesi voix cassées par l'étude du solfège chanté sont innombrables.Je commencerais donc invariablement par faire poser les sons de la gamme du fa 1er interligne au fa 5e ligne, et les sons de l'arpège simple, dans l'espace, en écho au son de l'instrument que l'élève doit, pour ainsi dire, ignorer.Vous ne ferez par ainsi 20 Montréal, Novembre 1928 des instrumentistes, mais vous ferez des voix et das oreilles musicale-.Un diapason peut su"ire pour ce genre d'exercices.L'expérience prouve que l'oreille la plus rebelle se rééd-.nue par la réponse au son, dans l'espace.L'oreille et la voix a'éduquent ainsi étroitement liées parce que le son se produit naturellement ?en voix dé gagée, libérée.Question VI.¦— Avez-vous écrit un livre de solfège ?Réponse.— Non, ie ne saurais pas faire mieux que ce qui existe; je vous dis simplement : capprimez de vos livres tout ce qui a trait à la voix.et choisissez pour les quatre premiers mois d'étude, les airs commençant par une progression descendante, il n'en manque pas.Question VII.— Je ne comprends pas pourquoi.Réponse.— La progression descendante n'invite point à l'effort; la voix peut se dérober, s'affaiblir, mais elle ne pousse pas.c'est donc le moyen de partir en voix libérée, non appuyée.Question VIII.— On nous dit qu'il est facile de faire du chant choral pourvu que le3 élèves aient de l'oreille et une voix normale.Je trouve, au contraire, cela trèn difficile; les enfants ne cherchent jamais qu'à se dépasser les uns les autres, je ne puis égaliser leurs voix.Réponse.—¦ Ce serait facile en admettant que von enfants aient tous de l'oreille et une voix normale; mais sur une moyenne de 40 enfants oui doivent chanter en rythme, en mesure des airs facile}, en s'aidant du pied, des mains, de la voix, il y en a 10 qui n'ont pas de voix, 5 qui n'ont pas d'oreille, 5 qui ont des glandes adéno-des, 5 qui sont enroués à la suite dune scarlat'ne ou rougeole, 10 qui contractent leur gorge et 5 qui ont une voix normale.Ces derniers donnent l'élan en force, les enroués suivent en sons rauques, les glandes adénoïdes en sons courts et sourds, ceux qui contractent, en sons tiraillés; et vous voulez extraire une chorale de cet ensemble ?Que d'enfants sacrifiés, que de traînards et d'éclopés sous cette apparence d'entrain, les vibrations saines étouffées par les mauvaises; et observez-les bien, vos 40 enfants, c'est à celui qui appuiera le plus fort des pieds, des mains, de la voix.ce sera le contraire de la détente.Question IX.— On nous dit cependant que l'enfant aura un plaisir extrême dans les mouvements concertés.Réponse.— L'enfant ne demande qu'à s'agiter, il faut donc viser à obtenir des mouvements disciplinés par un rythme lent.Il n'est pas nécessaire de provoquer la mise en branle de tout le petit corps, qui ne sait pas agir dans la détente dès qu'il est en classe.Il y a deux modes de mouvement comme il y a deux modes d'énergie.Tout ce qui touche à l'entraînement vocal doit être fait dans le mode détente, tout ce qui touche à la manifestation complète, développée, devient énergie, force résultante de l'énergie au repos.Il est donc indispensable que l'enfant sache émettre sa voix en toute tranquillité, avant de l'entraîner au chant choral.Question X.— Comment vous y prendriez-vous pour faire donner aux enfants la note jiute, sans crier ?Les enfants crient toujours f.ur les notes élevées.Réponse.— Ils ne crieront plus le jour où ils sauront syllaber sur les notes élevées, en répondant en écho, le son explosif, à la syllabe donnée.On voua dit : l'enfant doit soutenir le son sans crier, comment soutiendra-til !e son, si ce n'est en forçant la voix, puisque vous-même, fatigué par votre professorat, vous n'êtes plus en état de soutenir le son à la bonne place.Question XI.— Comment vous y prent-driez-vous pour faire respirer largement les enfants avant de chanter ?Réponse.— Croyez-vous que si vous dites à vos 40 enfants "respirez largement", ils vont le faire comme dans leurs jeux, dans leurs promenades ?Non certes, ils vont se mettre en faction, se raidir, tendre leur pe»tit cou, leurs mâchoires même, puis ils vont soulever, à contretemps sans doute, le thorax, l'omoplate, les clavicules, ils vont se désharmoniser et, comme la respiration sera vite insuffisante', ils auront recours à des suppléances, à des efforts du creux de l'estomac pour soutenir le son comme ils le pourront.Question XII.— L'enfant, nous dit-on, doit économiser l'air pendant l'expiration.Comment m'y prendre ?Réponse.— Economiser l'air pendant l'expiration, c'est toute la science du chant, de la lecture, de la déclamation.Si l'enfant ne maintient point sa voix dans la bonne émission, si son maître ignore tout à ce sujet, comment fera t-il exécuter cette chose si difficile, doser l'émission pour la parole ou pour le chant ?Po;ez la voix de l'enfant, donnez lui des chants bien phrasés, et ne lui parlez pas de respiration.Question XIII.— On nous recommande de faire respirer "bouche fermée" avant de commencer à chanter.J'ai trouvé cette manière inapplicable aux enfant-* Réponse.— J'appelle cela une folie, les adultes même prennent toute espèce de défauts à cette respiration qui exige un contrôle de soi, un savoir et un calme qu'on ne saurait exiger de?enfants.Que de voix perdues par ce système mal interprété.Quant à l'enfant, je vais vous dire, moi, ce que vous n'osez pas dire: c'est que l'enfant, aspirant l'air par le nez, bouche fermée, aspire en même temps et bruyamment toutes les mucosités qi?e l'air rencontre sur son passage, et qu'il avale, séance tenante, tout ce qui citait destiné au patit mouchoir.souvent absent.Encore une fois, posez bien sa voix, donnez-lui des chants bien phrasés et ne parlez pas de respiration Les soi disant principes dont vous me parlez sont les principes de la mauvaise émission, ils ssraient risibles s'ils n'empoisonnaient la source mf me de la vie, s'ils ne hâtaient l'oeuvre de dégcnSrescence physique.Songez bien qu'il suffirait de deux demi-heures par semaine, pendant les deux premiers mois de l'année, pour assurer la santé vocale du maître et celle de l'élève, car en plaçant la voix de l'élève, le maître replace la sienne et que de maux, de souffrances, de misères, de maladies évités ! Question XIV.— Quelle attitude feriez-vous prendre à l'enfant: les faites-vous changer le point d'appui du corps ?Réponse.— L'enfant se tiendra droit, naturellement, si d'après vos indications il répond au son dans l'espace, s'il envisage la voix en dehors de lui, non en lui, comme on le démontre généralement.Il n'est donc pas nécessaire d'habituer l'enfant à un déhanchement qui n'a rien d'esthétique, d'autant plus que l'enfant adore reproduire et exagérer ce genre de geste par lequel il ressemble à un homme fait.Question XV.— N'est-ce pas cependant un moyen d'enlever de la raideur à l'attitude detout ?Alors comment appliqueriez-vous ce principe à la collectivité : "Avant d'attaquer, enlevez la raideur".Réponse.— Je ne dirais jamais "pas de raideur"; dans une école primaire on ne peut exiger de chacun les mouvements de détente.Si vous dites à 40 enfants "surtout pas de raideur", vous créez un accumulateur de raideur dont chaque petit cerveau prendra une bonne part.Soyez vous-même en état de "relax", comme l'exprime si bien le mot anglais, de "detente" et dites-leur "chantez".Question XVI.— Etes-vous d'avis de commencer l'étude des gammes par le do grave et croyez vous qu'il ne faille pas dépasser le ré ?Réponse.— L'expérience m'a prouvé que c'est une erreur très funeste de commencer par adapter la voix d'enfant aux notes graves.La voix d'enfant est naturellement haute, c'est sa voix parlée qui doit être le type des exercices du début.Il doit partir du médium la, 2e interligne, sol /a_ et remonter jusqu'au fa.5e ligne inclusivement.L'octave de fa à fa est la tessiture dans laquelle on peut engager sans crainte la voix d'enfant.Mi, ré, do, doivent être des notes volantes, des notes mobiles et non des notes d'arrêt ou de départ.Commencer l'éducation d'une voix par la note grave, c'est déplacer la vo'x de l'enfant.Question XVII'.¦— Mais dans tous les livres de solfège beaucoup de chansons commencent par les notes graves, et puis dans le chant choral nous avons deux parties: les voix hautes et les voix graves.Réponse.— Oui, je sv.s bien, comma poulies voix faites, comme pour les voix d hommes, raison de pius pour apprendre aux enfants à donner la note grave sans la pousser ni l'appuyer, et n'en d.pla'se à tout ce qui existe, les parties d'enfant qui s'éternisent sur si.do, ré.mi.fa sont très dangereuses pour les petites voix en formation.Si les voix sont bien équilibrées, elles pourront tour à tour faire la partie grave et la partie haute sans inconvénient, au contraire, ce serait un travail des plus salutaires.Prenez d'abord dans votre livre de solfège les airs qui partent sur une note moyenne entre sol et ré, et vous verrez combien vos voix s'amélioreront.Les airs qui partent de bas en haut viendront tout seuls après ceux-là.Question XVIII.— Qu'entendez-vous par équilibre de la voix ?Réponse.— J'entends par là la possibilité de parcourir toute la tessiture sans changer d'émission ni d'attitude du larynx, sans laisser tomber la voix comme cela se fait ordinairement dans la lecture, dans la récitation, dans la déclamation et le chant.Laisser tomber la voix, c'est-à-dire lâcher le son, lâcher l'émission par la cessation du contrôle.On laisse tomber la voix comme on laisse tomber un objet, comme on se laisse soi-même dans tout état de prostration ou d'épuisement.Il est facile de comprendre que l'émission cessant d'être dirigée dans le sens où elle nourrit la voix ne reçoit plus de direction et meurt à chaque point.On doit laisser tomber le sens de la phrase tout en soutenant l'émission, et non laisser tomber la voix.Voilà ce qu'il s'agit de comprendre et d'exécuter.Question XIX.— Vous avez parlé de lecture et de déclamation, vos principes sont ils applicables à leur étude ?Réponse.— Je n'ai à vous dire que ceci : La voix chantée est l'amplification de la voix parlée; qui peut le plus, peut le moins, et si vous observez bien tout ce qui est dit dans le seul but de vous être utile, vous vérifierez aisément combien la voix chantée aide à la voix parlée et vice versa.Question XX.— On nous recommande beaucoup la prononciation des enfants dans la lecture et le chant; comment leur donner rapidement une bonne articulation ?Réponse.— Il faut, avant de leur demander le solfège articulé, poser la voix comme je l'indique sur li lo la, mi mo ma; imaginez le dessin de la voyelle dans l'espace, dessin précis, comme à l'emporte pièce, mais dessin produit sans grimace, ni effort.Greffez sur cet exercice l'articulation lente du solfège, puis une fable, les résultats sont profonds et rapides.Question XXI.— Croyez-vous votre méthode assez facile pour la mettre entre les mains des enfants ?Réponse.— Non, elle doit arriver à l'enfant par le maître; lorsque le maître en aura compris la valeur, il obtiendra par l'exemple, on consacrant de temps en temps une demi-heure à la pose de la voix, un ensemble, une cohésion, un unisson au-delà de ses prévisions, et.tout cela, il l'obtiendra sans apparence flagrante de réforme, en procédant du dedans au dehors, de l'invisible au visible, sans heurt, sans secousse, avec une force que rien ne saurait arrêter.M.CLBRICY DU COLLET, Tél.Plateau 2143 Calumet 3168 J/ PHOTOGRAPHES Studio : 375 rue Ste-Catherine Ouest Succursale : 6809 rue Saint-Denis [NOUVELLES I CHANSONS POPULAIRES Editions''Silhouette" Par R.BEAUDRY 15 sous la copie Copies complètes Paroles, musique et accompagnements de piano Veux-tu que je revienne te voir ?Mais on 'revient quand même Luce rte Seras-tu là ?Ça se dit en deux mots IE- EN VENTE A — DC PARTOUT IOC TOUPETS Perruques pour hommes Transformation pour dames Consultez M.PUN DE, expert 25 ans d'expérience Punde & Boehm 1459 rue Metcalfe, Montréal Tél.Lancaster 8383-8393 Abonnez-vous à "LA LYRE" $2.50 PAR ANNEE Tél.Lancaster 0861 T.0.DIONNE R.FORGET, prop.Luthier du Conservatoire McGill Le plus beau choix d'instru-nents à cordes, prix variés défiant toute compétition.\rchets.accesoires et cordes Italiennes, Françaises et Allemandes.Réparations soignées.Attention spéciale aux commandes postales.1475 RUE BLEURY Etabli eu 1S90 SBLTOTOK T^r-Sn-ÇATACKINÇ Oll«T LISEZ kk MON MAGAZINE Revue Canadienne tie hi lùimilîe et du Foyer canadiens-français Vous aurez dans un an: 24 Romans complets — 25 Nouvelles inédites — 25 Articles d'actualité — 200 Recettes de cuisine — 12 Pages d'illustrations — 25 Pages de travaux manuels — 2000 Modèles des dernières créations de Paris et New-York — 50 Pages de suggestions pour le foyer.Pour tous les membres de la famille A $2.00 PAR ANNEE — 25c LA COPIE (Dans tou> les dé pût s de jourmui.O "mon magazine" 1725 rue St-Denis, Montréal Tél.Harbour 8216* OJI.THIMINEUI^I ! &pfC^" pl&*ANTS PoatR^;uBeRT MONTREAL! 6560 W>E &• n tel .CR.6+4-2] Prime par la Force et par la Qualité
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