L'oiseau bleu /, 1 janvier 1921, mars
Pour que nos enfants soient heureux, il leur faut absolument l'« Oiseau Bleu.» Maurice MAETERLINK.Vol.I — No 3.MONTREAL, MARS 1921 Le numéro : 7 SOUS Revue mensuelle illustrée pour la Jeunesse.Publiée par la SOCIETE SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTREAL Tel : PLATEAU 1652 Abonnement annuel : Canada, 75 sous ; Union postale : $1.00.Rédaction, administration et publicité : Bureau: A.B.C.296.rue Saint-Laurent, Montréal.S'frouve rigolo ieïllard miope buïe sur le madrier,- Zela 'amuse hanf;qu'il ne voit pas que son, p^rr^e'chaf au dawen e sV secoué 3783 2 L'OISEAU BLEU Jacques et Jacqueline CONTE VRAI Il y avait une fois, une fillette et un petit garçon .Jacques était le nom du bambin, sa petite soeur s'appelait Jacqueline.Tous deux étaient sages comme des images et jolis comme des amours.Leurs parents les aimaient donc tendrement et le foyer devenait un nid de bonheur et de gaieté, grâce à eux.Le chef de cette famille unie et heureuse, pensait plus aux siens qu'à lui-même, il était père.et dans la prévoyante de son amour, il économisait tout l'argent qu'il pouvait pour les jours difficiles.Mais sa prudence et / sa sagesse ne s'arrêtaient pas là, il enseignait aussi à ses enfants la vertu féconde de l'économie en faisant des épargnes à leurs noms.Il tenait Jacques et Jacqueline au courant de leurs petites fortunes personnelles et l'intérêt ne manquait pas plus que l'ambition.Or, un jour, le papa connut par un homme qui parlait très vite et fort, quelque chose de mieux que la tirelire ordinaire pour apprendre aux tout-petits la manière d'épargner.C'é-ta't.vous ne devinez pas?C'était, disons une sorte d'immense cof-ffret d'acier, où les parents dépo- saient quelques sous toutes les semaines et qui ne s'ouvrait qu'au bout de vingt ans, pour donner alors, chaque année, à l'enfant devenu homme ou grande demoiselle, beaucoup d'argent, sans jamais s'épuiser.Et celui qui possède un trésor aussi précieux en a la jouissance tant qu'il vit, dut-il dépasser la centaine.Est-il nécessaire de dire que le papa en question n'a pas hésité un instant à adopter ce genre d'épargne et que Jacques, aussi bien que Jacqueline, en sont très satisfaits, quoique leur jugeotte enfantine ne peut encore réaliser tous les profits ', q u 'i 1 s en reti-! ront.Quel est donc ce trésor inestimable, demanderez-vous maintenant ?C'est la CAISSE NATIONALE D'ECONOMIE.Il n'y a-t-il que Jacques et Jacqueline à le posséder ?Nullement, quatre vingt mille autres petits canadiens l'ont aussi et vous pouvez l'avoir aussi aisément si vous en dites un mot à votre bonne maman, dès aujourd'hui, pour qu'elle demande au Monument National, 286, rue Saint-Iiauretit, les renseignements nécessaires. L'OISEAU BLEU S DANS LA NOUVELLE FRANCE R— Perrine et Chariot Dumay.deux orphelin* uni rea.wmr.-e*, demeurant à OfTranville.village de la Normandie, seront confie* à une riche parente qui habite Dieppe.Terrine se rappelle la tante Claudine Le Jeal, une vieille dame avare, srrondeuee et méchant*.< Que faire, comment fuir la terrible tante, te demande la petite ?» Im vefll* du départ pour Dieppe.Chariot entraîna aa aoeur à une promenade.Au retour les enfanta rendent ri ai te ao Curé qui lea présente à un réeollet missionnaire.Perrine apprend qu'un vaisseau en route pour le Canada quittera Dieppe atent&t.Cette nouvelle, jointe à celle de ion départ qui est difTéré.la Ji-ttrni ilnns un trouble extrême.(Suite) Le soir vient.Chariot se laisse mettre au lit sans protester.Il est heureux d'être seul avec Porr ne.sa «.petite mere > ainsi qu'il se "lait '"anoeler.Les doux enrants.su:vant leur habitude, s'agenouillent et joignent leurs mains.Ils prient Jésus do les bénir a l'approcho de la nuit.Le danger rôde peut-être, à la faveur de l'ombre.Hélas ! ils n'ont plus ni papa, ni maman pour veiller sur eux, pour écarter le mal de leur chemin.Après une dernière caresse à Perrine, la tête de Chariot retombe.Ses yeux se ferment.Il dort dnneement.paisiblement.liais les yeux de la petite fille, au contraire, demeurent grands ouverts.Elle n'a pas sommeil, oh I non, pas du tobt.Elle sent dans son être un feu étrange.Des visions passent et repassent dans sa tête enfiévrée.A ses oreilles hruissent encore, hautes et claires, les paroles du curé et de son pieux visiteur.< I* notaire est malade, vous resterez encore au milieu de nous, a déclaré le prêtre.» Et à ce souvenir, le coeur de la petite se dilate un peu.L'image du franciscain, souriant et apitoyé se dresse ensuite devant elle.Sa physionomie ardente comme elle la revoit ! Le Missionnaire parle de pays inconnus, lointains et merveilleux, pays où il fait si bon de vivre qu'un père zélé, semblable à lui, va mourir de douleur parce qu'il ne lui est plus permis d'y retourner.Et ne s'embarque-t-on pas prochainement pour celte belle contrée, qui se nomme la « Nouvelle-France » ?Le 5 avril, à Dieppe, a prononcé la voix sonore du missionnaire.Dans huit jours ! Dans huit jours ! « Dieu, pense Perrine.que le temps se fait court pour les enfants qui se mettent en route eux aussi pour le Canada ! Qu'ils sont heureux ! .Dans huit jours!.Le temps est court.court!.-Ah !» Et Perrine.qui succombe enfin à la fatigue, ne bouge plus.Rientôt se longs cheveux dorés se mêlent aux boucles brunes de son frère.Les deux enfants, dorment serrés l'un contre l'autre.Perrine s'agite dans son sommeil.Elle rêve.Un sourire soudain, se joue sur ses lèvres.Oh! le beau rêve, vraiment, que fait la petite fille I.Sa mère, sa mère adorée, elle la revoit.Elle s'approche.De ses mnins d'où s'échappent des rayons lumineux, elle liorde le lit.Puis, en un • »t» di' né'i'ction.elle ellleure le front de ses chéris.Elle s'éloigne.« Maman, maman, soupire l'enfant extasiée, reviens.Je suis si heureuse lorsque tu es là.» Un personnage surgit à ce moment de l'ombre.Il vient se pincer près de sa mère.A sa grande surprise, Perrine reconnaît le pieux récollet.Que dit-il donc, si bas, si bas qu'elle ne peut entendre les mots, et voit seulement remuer les lèvres ?Sa maman hoche la tête d'abord, puis sour t.Ma:s les ombres serourables se dirigent vers le fond de la pièce.«Mère» crie Perrine.et ses brns se tendent violemment.A cet nppel suprême, la maman se retourne.Intensément, elle regarde la petite fille.Ah ! comme Perrine reconnaît les grands yeux tristes !.Puis, par deux fois le bras de la maman se soulève, sa main, dont la blancheur éblouit, désigne un endroit lointain, invisible.«II faut partir, petite, il faut partir », semble dire le geste maternel si gracieux.Et le bon récollet, à son tour, incline plusieurs fois la tête, regardant bien au loin, lui aussi.Perrine s'éveille.Son coeur bat à coups précipités.Assisse maintenant très droite dans le lit.elle regarde autour d'elle, ses yeux paraissent défier l'obscurité, tout ce noir qui la pénètre mystérieusement.« Que veut dire ceci, se demnnte-t-clle ?Se peut-il que ce ne soit là qu'un rêve ?> Oh ! .sa mère, sa mère que ne donnerait-elle lias pour la sent;r encore près d'elle ! Perrine est heureuse cependant.Peu A peu voilà qu'elle saisit le sens grave du rêve qu'elle a fait.« Oui.sûrement, elle ne doit plus rester ici.Elle doit quitter OfTranville.partir au loin.Elle doit aller là-bas, là-bas.» Et le bras de l'enfant esquisse le gesle même de sa mère.« Là-bas ! Mais ne serait ce point dans le lointain Canada, tant aimé des récollcts ?lit-bas, l'on doit sourire, certes, aux petils enfants sans mère, les choyer un peu.les proléger contre les tantes Claudine impérieuses et cruelles.Là-bas, c'est un bon et beau pays, elle en est certaine.» Comme Perrine se sent calme.« Dès demain, elle en a décidé, elle sera loin d'Offran-ville.Qui s'en doutern.d'ailleurs, d'ici trois jours?.Une diligence passe durant la semaine au bourg voisin.Elle s'y rendra.Le conduc- •1 L'OISEAU BLEU teur de la voiture n'est-il pas le vieil ami de Per-rine ?Qui sait ! peut-être en les voyant seuls, Chariot et elle, sur la longue route poudreuse, peut-être les fera-t-il monter dans la large voiture ! .C'est cela, pense la petite, il faut agir ainsi.Et une fois à Dieppe .Ah ! .une fois à Dieppe, comment donc trouverais-je le navire 7 .Dieu ! qu'il est difficile pour une petite fille d'entreprendre un aussi long voyage.Maman chérie, père si bon, aidez votre petite, murmure Pcrrine.Et la tête lasse de l'enfant roule sur l'oreiller.Le sommeil la prend enfin.Dès que l'aube met un peu de clarté dans la maison, Perrine est debout.Quelques heures de repos ont suffi pour réparer la fatigue de la nuit si agitée au début.Le regard de la petite fille brille étrangement.Autour de sa bouche mignonne un pli volontaire s'est creusé.Oh ! l'impression du rêve mystérieux persiste.L'enfant revoit sans cesse le geste de sa mère lui conseillant de s'éloigner.Sa résolution se fait irrévocable.Elle quittera Offranville avec Chariot dans quelques heures.Sans desserrer les lèvres, sans un mot a âme qui vive, elle s'en ira par la grande route ensoleillée .Il fait décidément beau au dehors.Une brise tiède pénètre PM la fenêtre entr'ouvertc.Une odeur de lilas s'imprègne sur toutes choses.Le printemps offre sa féerie de couleurs, de fraîches senteurs, de voix harmonieuses.Perrine s'étonne.Tout en dressant .le couvert, l'on déjeunera de lait frais et de tartines, elle s'inquiète de Chariot.II dort toujours.Mais soudain : « Perrine >.fait une voix flutée, un peu pâteuse.La petite soeur accourt près du lit.CIIARLOT Embrasse-moi, Perrine.Et tu m'habilleras vite, dis, j'ai faim.PERRINE Oui, oui.CHARLOT (surpris).Oh ! Perrine, tu mets ce bas à l'envers I PERRINE C'est vrai.Allons, je recommence.CHARLOT Tu as encore ta longue, longue figure, Perrine.Pourquoi ?Chariot n'aime pas cela, va.Tu n'es plus ma belle Perrine, alors.PERRINE (souriant) Moi, je t'aime toujours.Même lorsque tu boudes.CHARLOT, (se redressant) Mais je ne boude plus, jamais, tu le sais bien.Je suis sage, un « petit homme > a dit le récollet, hier.Les deux enfants se mettent à table.L'appétit est excellent de part et d'autre.L'humeur de Chariot est comme un ciel de printemps, radieuse et claire.Enfin Perrine se lève.Aidée de Chariot, elle range tout dans la maison.Puis elle s'asseoit dans le grand fauteuil de sa mère, et attire le petit garçon près d'elle.X.PERRINE Ecoute, Chariot, je veux t'apprendre quelque chose de grave.CHARLOT Oui ?Mais prends-moi sur tes genoux, petite soeur.Tu pourras ainsi me parler bas, car les choses graves, ça se dit à l'oreille, n'est-ce pas ?Et Chariot baisse lui-même la voix, tout en se blottissant, comme un chat frileux et caressant, contre sa soeur.PERRINE Chariot, nous n'irons pas chez la tante Claudine.Nous n'irons jamais, jamais, tu m'entends ?CHARLOT Non ?(Suite à la page 15) Il tire vivement les rennes I. L'OISEAU BLEU GRAPHOLOGIE Pour rnfants Reniement.—Si- rappeler qu'il fnut envoyer dwix patron d'eVriturp à l'encre sur papier non raye, pa* Hê copie.Le* analyse* à 10 noun paraîtront dan* l'« Oiseau Bleu.» 1*m roponara personnelle» aont dp 2fi sour.I,m analyst- *e font par ordre de dut*.GRANDE SOEUR.296.rue Snint-I-nur-nt, Montréal.D.B.RUE ST-REMI.— Bonne, bienveillante, amie du repos et de la paix.Sensible.| intelligente, elle possède un bon raisonnement, une certaine force de caractère ; elle est maîtresse d'elle-même et patiente.Impressionnable — persévérante — sincère, dévouée ; elle a toutes les capacités d'une bonne ménagère, ordonnée ; ce qui ne l'empêche pas d'aimer l'art.G.G.RUE STE-MAR-GUEHITE.— Aime ses aises et le luxe tout en étant énergique et vive.Elle sait s'apprécier, n pleine confiance en elle et ne tolère pas la critique.Patiente elle est peut-être un peu obstinée.Elle aime tout ce qui est nouveau et original.Nature renfermée, défiante, elle est discrète pour ses affaires personnelles.Réservée, elle considère cependant tout avant d'agir.CUIUEUSE.— Jugement sain, clair,'elle a de la largeur dans les idées, des goûts délicats.Généreuse et dévouée c'est un caractère aimable Bonne organisatrice, elle serait aussi bonne ménagère, c'ie est ordonnée jusqu'à la minutie.De volonté faihle et suivie c'est une personne sensi ble et bonne, prudente en affaire ; peut-être un peu scrupuleuse.Elle a une imagination cultivée.B.C.RUE DE L'EGLISE, COTE SAINT-PAUL.— Nature impressionnable, résolue, volonté qui veut dominer, qui n des colères de dépit ou des accès d'impatience, si son autorité demeure impuissante.Un peu d'orgueil.C'est une nature enjouée, un peu égoiste, qui semble être mécontente de sa situation.Mais elle a un grand sentiment du devoir.C'est une personne franche.Imagination peu contrôlée qui va jusqu'au romanesque.LILI.— Douce, affectueuse, pondérée ; nature droite, franche et généreuse.Il y n chez cette personne équilibre de toutes les "Tacultés.Personne ordonnée, admirant les arts ; âme de poète.Nature réservée et modeste ; conscience droite.Un peu entêtée et égoïste.Intelligente, studieuse, etc.a le désir de s'instruire.COLOMBE, RUE SAINT ANDRE.— Un peu nerveuse, très impressionnable Colombe a une volonté de contradiction, entêtée, un peu or gueuillëusc.Franche et prudente elle a beaucoup d'imag'nntion.de caprices, de fantaisies et aime les nouveautés et les originalités.Défiante, difficile à convaincre, c'est une personne qui n'agit pas sans réflexion, sans voir aux conséquences.GRANDE SOEUR.ETRE FORT (Suite et fin) Nous allons terminer aujourd'hui nos brèves considérations sur la pratique de l'hygiène, condition nécessaire de notre vigueur physique.L'eau est./comme l'air, l'un des éléments essentiels à l'entretient de notre santé.Il ne faut pas avoir peur de l'eau — ce qui ne veut pas dire que vous devez vous jeter imprudemment dans les cours d'eau profonds pour vous y noyer ! — mais il faut en user abondamment tant comme breuvage, que pour vous tenir bien propres.Un simple plongeon dans le bain, chaque matin, suivi d'une bonne friction, suffirait n tenir votre peau en bon état.Après l'a:r et l'eau, la lumière, le soleil, joue un grand rôle dans notre vie.Vous connaissez le proverbe si vrai : « Où le soleil n'entre pas, entre souvent le médecin > Il est prouvé que les rayons du soleil, sont un puissant désinfectant.Donc cliers enfants couvrez-vous d'un bon chapeau pour éviter les coups de soleil, mais aussi souvent que possible tenez-vous, pour jouer dans ses rayons bienfaisants.Un mot seulement sur la façon de manger.Mangez modérément et lentement les choses substantiels que l'on vous sert, plutôt que de tous bourrer tie friandise.Méditez bien ce mot très vrai : « Les gloutins creusent leur toml>e avec leurs dents, » La culture phys'que.doit aussi jouer un rôle important dans le développement et l'entretient de notre vigueur corporelle.Peut-être en ferons-nous l'objet de quelques prochains entretiens.LA POLITESSE CHEZ NOUS On raconte que Lord Elgin, le dix huitième gouverneur anglais du Canada, a ilit des Canadiens que c'était : « Un peuple de gentilshommes > C'est un bel éloge de dire d'un peuple qu'il est poli .mais il semble qu'en ce temps déjà In'ntnin.ou l'instruction était peu répandu, l'éducation tenait une grande place dans la soc'été.Mais où en sommes nous, cbers enfants de la po'itesse de nos grands-pères ?Bien loin je crois ; l'Instruction se répands mais l'Education s'en va.Regardez lien autour de vous et quand vous aurez vu une personne bien élevée et polie, imitez la.On admira d'abord vos efforts, puis quand cette politesse exquise, qui est dit-on la fleur de la charité, vous sera devenue naturelle, d'autres vous prendront pour modèle.Et s'aidant ainsi naus réussirons à remonter le courant qui nous même si vite à un laisser aller tout à fait déplorable.Ainsi mettons-nous y.essayons à qui mieux nveux, notre exemple en attirera d'autres et la réussite couronnera nos généreux efforts.Nous redeviendrons dans toute la mesure où nous avons cessé de l'être : « Un peuple de gentilshommes.> GRANDE SOEUR. 6 L'OISEAU BLEU Lorsque j'avais votre âge nn RIO AU D A OTTA \VA Ifi mai — A huit heures ce matin, nous avons pris le train pour la Pointe-Fortune, où nous sommes bientôt descendus.De ce petit vil'ngo pn'siblo, nous nvons traversé l'Outnouais.— sur un bateau-passeur, ce qui ne m'était jamais arrivé.— les ponts sont si nombreux duns notre pays.Ce passeur navigue au pied îles rapides de Carillon.C'est merveille que de voir la masse des eaux écumer, bondir et blanchir en changeant de niveau sur un mille de parcours.Sans perdre grand temps, mes compagnons de voyage se sont mis à mesurer le terrain autour du village de Carillon.On m'a ensuite raconté les merveilleux souvenirs d'histoire qui se rattnc'" :il :i ce lieu.C'est ici, on vue des rapides, entre l'eau rousse de l'Outaouais et les hautes berges couvertes de bois, que B'est dénudé l'exploit suprêmement héroïque de 10G0 que vous avez appris dans votre histnire du Canada.Nous T étions proche de l'anniversaire de ce fait d'armes qui a sauvé la Nouvelle-France de la destruction pnr les sanguinaires Iroquois.Lorsque mes compagnons de voynge se furent arrêtés an bord d'une route, nous nous découvrîmes, et le chef de la mission rappela les circonstances du comhnt du I.ong-Sault.Ici, Dullard et ses seize compagnons vinrent chercher une mort glorieuse, en se portant au devant d'une nrmée de barbares qui avait résolu de détruire Ville-Marie.Depuis mon voyage, un monument a été érigé sur le théâtre du combat.Montréal, patrie des dix-sept immortels sacrifiés, possède elle aussi son monument à Dollard ; il se trouve au parc Lafontaine.• Pour éviter les rapides grondants et pleins d'écueils de l'Outnouais.on u creusé dès 1810 un canal qui va de Carillon a Grenville.C'est ici également, longeant ce canal, que fut construit un chemin de fer qui a été maintenu longtemps comme une relique.C'est même sur ce train de physionomie tout à fait démodée que nous nous sommes rendus à Grenville.pour prendre le rapide qui devait nous conduire dans la capitale.( suite ' Bientôt, dans notre course vers l'Ouest, nous saluons sur lu rive opposée le manoir qui fut longtemps habité par le grand tribun Papincau.Cette demeure est aujourd'hui sans occupant, M.Ix-hrun exprime l'espoir qu'elle soit convertie en musée national.II y a tant de choses qui ont servi à nos aïeux, et que nous laissons détruire ou vendre aux étrangers.Mon père me fait observer le bol état des fermes aux bords de l'Outaouais.Toute cette, nature rendue docile et généreuse par le travail, tout ce bien-être et cette santé morale, nous les devons, m'a-t-il ilit, aux Canadiens frnnçnis qui s'étaient d'abord engagés comme bûcherons, au commencement du siècle dernier.Mais le traditionnel amour de la terre les sollicitait, et ils comprirent que l'agriculture, c'est pour eux, l'aisance et la liberté.A propos de ces « voyageurs > du temps jadis, M.Bernard m'a raconté la légende de Cn-dieux.Cela se passe à l'époque des guerres iro-quoises et de In traite des fourrures par les Français.Cadieux, un coureur de bois, avait cabane avec quelques autres familles au portage des Sept-chutes.en bas du Grand-Calumet.Peu de temps après la débâcle de la glace, Cadieux attendait les sauvages d'en haut qui devaient se rendre à Montréal avec leurs pelleteries.Mais un bon jour les hivernants du Petit-Rocher, qui vivaient dans In plus parfaite tranquillité, furent surpris par un parti de guerre iroquois.Il n'y avait qu'un moyen d'échapper a ces sanguinni-res sauvages : c'était de lancer les canots dans les rapides, entreprise des plus hasardeuses.Cependant-, il fallnit que quelqu'un restât en arrière pour distraire l'attention des Iroquois et permettre ainsi aux fugitifs de gagner un lieu sûr.Qui voudra se sacrifier ?Ce sera Cadieux.Pendant qqe les canots s'engagent dans les tourbillons écumants de la rivière, Cadieux, placé en embuscade, arrêta la marche des ennemis, permettant ninsi le snlut des gens du Petit-Rocher.Les sauvagesscs chrétiennes ont raconté dnns la suite qu'en descendant les Sept-chutes elles n'avaient rien vu qu'une grande dame blanche qui voltigeait devant les canots et indiquait la route à suivre.Aucun d'eux ne chavira et, en peu de jours, ils se trouvaient au lac des Deux-Montagnes, hors de l'atteinte des ennemis. L'OISEAU BLEU 1 Mais que faisait Cadicux pendant ce temps ?Les Iroquois, ne trouvant aucune trace des familles, se refusaient à croire qu'elles eussent entrepris la descente des rapides ; aussi, pendant trois jours, donnèrent-ils, mais en vain, la chasse au brave Cadicux, et ils regagnèrent finalement leur pays.Après avoir erré à l'aventure dans tes bois, le héros obscur, ayant épuisé ses munitions, se sentant assiégé par la faim, les soucis et les veilles, avait creusé sa fosse, planté une croix et composé sa propre épitaphe.Lorsque ceux-là que son héroïsme avait sauvés d'une mort humiliante revinrent sur leurs pas, dans l'espoir de le délivrer, ils aperçurent une petite croix de bois et une fosse à demi creusée, où gisait le cadavre du sacrifié, et sur lui quelques feuilles de bouleau coutenant un chant que l'on a appelé la complainte de Cadieux.longtemps, les voyageurs, pleins d'admiration pour Cadicux, ont entretenu une copie de cette complainte ainsi écrite sur de l'écorce de bouleau et attachée a un arbre voisin de la tombe de leur héros de prédilection.Ils chantaient volontiers cette complainte : Petit Rocher de la Haute Montagne, Je viens finir ici cette campagne ! Ah ! doux échos, entendez mes soupirs, En languissant, je vais bientôt mourir ! Petits oiseaux, vos douces harmonies.Quand vous chantez, me rattach'nt à la vie : Ah ! si j'avais des ailes comme vous.Je s'rais heureux avant qu'il fut deux jours .' Seul en ces bois que j'ai eu de soucis.Pensant toujours à mes si chers amis ; Je demandais : hélas ! sont-ils noyés ?Les Iroquois les auraient-ils tués ?P'ssignnlet, va d'rc à ma maîtresse, A mes enfants qu'un adieu je leur la/isse, Qtie j'ai gardé mon amour et ma foi.Et désormais faut renoncer à moi ! C'est donc ici que le mond' m'abandonne, Mais j'ai secours en vous Sauveur des hommes ! Très Sainte Vierge, ah ! ne m'abandonnez pas, rauttez-moi d'mourir entre vos bras! Pans l'après-midi qui se prolonge, nous traversons plusieurs groupements de population, à intervalles de dix à quinze milles et portant tous des noms anglais.Depuis ce temps-là, certains de ces noms ont été changés ; on leur a substitué des noms qui sont compris des gens qui habitent ces localités.Nos compatriotes, qui no savaient que fnlre de ces appellations baroques, n'ayant r en de commun avec l'àme canadienne, ont vite fait de remplacer le Flrnnk par Bourget.On continuera, espérons-le à franciser les noms ne heu dans cette va lée de l'Outaouais, qui fut témoin des sacrifices des nôtres pour conquérir ce pays à la c:vilisation chrétienne et française, et qui devient de plus en plus familière avec les vertus domestiques des nôtres.Il fait nuit quand nous entrons à Ottawa, capitale de la confédération canadienne.A l'hôtel, papa m'a résumé l'histo re de cette ville, comme préparation à la visite détai lée que nous en ferons demain.(A suivre) Philéas LACIIANCE.MOT D'ENFANT KM ILK, pet il homme de H ans (et filleul de Marraine Odile), s'approche de sa maman et l'embrasse avant le départ pour la classe.—< Maman, dil-il calinement, quand j'ouhl e de t'em-brasser le matin, j'y pense toute la journée à l'école ! .» La rivière Outaouais FRANCINE ET GRAINDESEL LES MALHEURS -r^Q^ DE ii^Svj- ^GRAINDESEL 2.-Lor»gue la méchante grippé vrwra le pays elle sarreta dans le paisible village de Graindesel, elle entra même, la cruelle, ou foyer de la pauvre petite et lui enleva, dans lespace dmis l'espace de vingt jours, son papa, Suzanne, sa petiU soeur, et s» maman, sa chère maman qu'elle ne vit pas mourir pareequon lavait éloignée par 1 freinte quelle ne pnl |e terrible mol 1-Elle era it bien heureuse,alors, Graindesel Quand on ei sept ans, de bons parents eh un oncle Jean.paut-on vraiment ne pas létre?El pourtant de grands malheurs allaient bientôt briser son pch'tcoeur aimant el faire beaucoup pleurer 5es beau* yeiieur 3-Tousces tnsles événements passèrent comme un mauvais rêve dans la vie de noire petite amie lin matin de novembre.cornmeclk revenait de conduire sa maman au cimetière, accompagnée de Ibncle Jean, elle leva tout à coup vers lui ses idisycu» tout baignes de pleur» ft / demanda ' Dls,'(»rrain,lepetit Jésus ne me laissera f , pas longtemps leute seule comme cela?.El puis, maman s'ennuiera bien sur de sa petite jille.Tu pieu res, parrain,?Mais tu viendras,toiauSsii en paradis1- On dit qu'il est bien grand et si beau' 6 - Mais la Providence veillait et, comme toujours, Elle arrangea les choses.On retraça, a Montréa une parente de madame fainrassis qui consentit à adopter laflleth-.Ellevint elle-même?la chercher , i et se montra m bonne, si compatissante, qu'elle «j.iqna tout de suite le petit coeur de lorphelme J 4-Oui,loncle Jean pleurait.Enlevant Ibrpbeline dans ses bras robustrs.il U pressa fortement sur son coeur, comme l'eut (ait sa tendre maman, pendant que de grosses larmes coulaient sur ses joues et allaient se perdre dans sa moustache II ne pouvait parler, le pauvre homme.tant il avait de peine CèsVen silence qu'il atteignit sa maison porb^t toujour* Graindeselgui, bnsee de jalio^ et demotion,serait profondément endormie.5-11 U coucha dans son lit et, après lavoir embrassée à plusieurs reposes surle tronl.ilsassittoul prés délie et li, la tète dans m deu» mains.songea a ce gu il adviendrait desa chère jilleule II |audrait,he!as^ se séparer; peut être même mettre leniantàl>icsp.c«,car.1era.t,mposs,ble qu.Ua gardât chei lu.toujours Celte pensée de la separation lu.crevait le coeur,au malheuieu.oncle Jean .I lui semblait qu'.l ne pourra plu» vivre quand ûraindesel ne serait plus li.^jjLtmornent du depart fut bien Irish; pour Ions.Nclre petite.amie couru! a la cuisine (aire ses adieu* a Mmct Comme elle aurait aime lamener son grandami Minet1 Mais «Ile nosa pas dcmjnder celle faveur à la bonne madame Sanschagnn.sa nouvelle maman.Elle caressa lodgement la bonne bêle, lembrass.» plusieurs fois sur son museau rosepl ' Ma confu .son parrain gui entrait justement le chercher A la_g»re.il Jjllui fut aussi bien pénible de se siparer de son cher oncle, maitelle se montra bien courageuse, et ce n'as! qu'une fois le tram en branle que la pauvre petite pleura .pleura.Le moia prochain : Franchie en »ervice.LUCE YOI-K. 10 L'OISEAU BLEU CHEZ MARRAINE CAUSERIE DE BEAUX LIVRES — MARRAINE ODILE BELLES IMAGES «Marraine, parlez-nous Hone d'oeuvres enfantines, me demande l'un de mes filleuls « Jeune Chevalier.» Je me rends bien volontiers au désir de mon petit ami, certaine, du reste, d'intéresser nies autres fiVIeuls.Je vous parlerai donc aujourd'hui d'une oeuvre exquise qui existe en France et qui peu à peu se répand dans tous les pays : Les Ligues île bonté.» Snns doute, toutes les oeuvres dites sociales et les oeuvres de charité sont à base île bonté et il y a certaines associations enfantines qui ressemblent, par quelques côtés à celle dont nous parlerons : Paces du Christ.Cadets du Sacré-Coeur et chez les anglo-protestants surtout, F.claireurs ou « Boy-scouts ».etc., etc.Cependant, la Ligue de bonté est une oeuvre bien déterminée, ayant pour but unique la bonté, quelque soit le genre d'action exercé par le lipueur Habituellement, c'est dans une école que In lipue de bonté se fonde, et c'est l'institu teur reliireux ou laïque qui diripe les ligueurs.On les invite à regarder1, à observer autour d'eux, bien attentivement, à chercher ceux qui peinent et qui souffrent.Puis on !eur conseille d'aider, de secourir ceux ci dans la mesure du possible — si peu que ce soil.Enfin, brièvement, sans trop fnire valoir leurs petits mérites, les lipueurs écrivent sur une feuille, non sipnée, ce qu'ils ont fait durant le mois qui vient de s'écouler.Ils dé|M>-sent leurs petites lettres duns une boîte." A certains jours le Directeur lit tout cela au groupe des lipueurs réunis en classe Chacun se rend ainsi mieux compte de ce qu'il peut faire pour son prochain, en écoutant le simple el clair récit des actes de bonté de ses camarades.Nous sommes ainsi fa'fs, prnnds et petits, qu'ils nous est nécessaire bien souvent d'être guidés el soutenus par l'exemple de plusieurs pour accomplir notrt devoir et pour ne pns dévier du bon chemin.Nous sommes faibles et puis nous avons honte parfois d'ngir seuls sous les regards moqueurs de prétendus amis à In conduite parfois peu édifiante.« N'ayez pas peur d'être bons écrivait un jour René Bazin, l'auteur de « Lu Douce France.» ("est là une crainte très répandue et qui donne leur audace aux mauvais.» Pour nous, mes chers petits, ayons plutôt peur de n'être pns assez bons, et donnons autour de nous le poût et le désir de fnire du bien.Mettons-lh n la mode • cette jolie vertu qu'est la Bonté ! Pratiquons là de si aimable fnçon qu'elle charme tous ceux qui nous approchent.Que grâce h nous, mes en- « QUE LIRONS NOUS MARRAINE T » Lisez donc ce petit livre exquis, mes chers filleuls : « Une âme de jeune fille.» C'est l'histoire de < Gaby», écrite par elle-même, son journal, ses lettres — le tout en une centnine de papes, et joliment illustrées par l'auteur.Dessins, aquarelles et photographie! sont des plus gracieux.Vous aimerez ces pages, vous les ferez lire à vos camarades et à vos amis et vous les nmuscrez en leur faisant beaucoup de bien car si Gaby était une « pet te sainte», c'était aussi une paie et spirituel e fillette.El maintenant mes chers enfnnts.lisez et relisez voire revue, fatten-In lire et aimer I N'ou-iliez pns que c'eut à vans cette rcrue là ! Qu'elle devienne € votre oeuvre.* Soyez en les apôtre».Je vous le répète, vous ferez ainsi une bonne action au point de vue religieux et national.Elle doit remplacer chez nous le « Magazine » américain aux couleurs criardes et aux vilaines imapes grotesques.Préférez-là aussi aux histoires de héros de vues animées et d'aventures plus ou moins brutales.Cult:vez votre goût et élevez vos âmes, mes chers petits.Soyez bien de « chez-nous » ; restez purs et distingués.Laissez h d'autres les choses vulgaires et laides, toutes ces choses «lui vous enlèvera:ent vite, niiez votre fraîcheur d'âme et votre jolie confiance en la vie.M.O.MERCI !.Madele'ne et Tante Annette ont eu un gentil mot de bienvenue à l'adresse de « l'Oiseau Bleu » et lui ont offert leurs bons souhaits.Marraine Odile leur offre ses plus sincères remerciements.fants.il y ait chaque jour un peu moins de lar-ires aux yeux de ceux qui souffrent, un peu plus d.nfiance et d'apaisement nux coeurs de ceux que l'humilintion ou la pauvreté ont aigris et découragés.Souvenons-nous que : « Rien n'est meilleur à l'âme que de faire une âme moins triste.» Marraine ODILE. L'OISEAU BLEU 11 COURRIER DE MARRAINE ODILE KANFAN — Pour le sujet et les conditions de notre < concours des bonnes notions >.voyez ma causerie du mois dernier.Et, à l'oeuvre, joyeux Fanfan ! EN SABOTS — Je suis contente que vous aimici tant que cela notre « Oiseau Bleu.> Vous avez raison.Votre petite revue n'est ni anglaise, ni française, ni américaine : elle est canadienne-française.Elle est bien de < ohez-nous » et faite tout spécialement pour vous.Je vous remercie pour In < propagande enthousiaste» que vous faites votre maman, votre tante et vous pour la « Revue Nationale » et pour « l'Oiseau BBcu.» C'est vraiment une oeuvre patriotique que vous faites-la.VIERGE DES LYS — Bonjour, ma chère petite.Voyez < la cueillette » d'aujourd'hui et tous serez très contente, je l'espère.PETIT HOMME—Est necueilli avec plaisir ici.Les ouvrages de Madame la Comtesse de Sé-grur sont exquis.Continuez à les lire à les aimer, rien n'est plus amusant ni mieux écrit pour les jeunes.Je vous assure que le cousin Jules à tort.Bien des gens très cultivés et de beaucoup d'esprit aiment parfois à relire ces livres qui ont enchantés leur enfance et leur jeunesse.JUMELLE — Et moi aussi, j'aime bien ce joli groupe que vous faites lit-bas «au lac» : vous, Marcelle.Bérnrd.Emile, Guy et ce délicieux petit Jean si bravo, si gentiment.héroïque ! «Vive labeur.» mes chères petites pianistes et no vous découragez pas.Mon portrait ici ?Ah ! Mes chors petits, songez donc, si je n'étais pas telle que « vous me rêvez » !.Aimez-moi d'nprès ce que j'écris, allez, vous avez le meilleur de moi ici.PASCAL L'ERMITE — Vous avez dû recevoir une carte de votre amie ?Madame Lucie-Félix-Faurc Goyau a écrit de belles pages sur la jeunesse des Pascal.Les avez-vous lues ?Je ne vous oublie pas.JACQUELINE — La gentille petite lettre que vous m'écrivez ! Quel dommage que vous soyiex si frêle et que vous ayez ou cette vilaine jrrippe.¦.guérie au moins ?Votre écriture est bien jolie.UN JEUNE ECOLIER — Oh ! le brave.le vaillant petit homme ! Je vous félicite affectueusement et garde votre charmante lettre pour le concours.ETOILE FILANTE — Certainement que vous allez vous réjouir tous ! Je vous attends et vous lirez toujours avec plaisir.JACQUES LAURENCE — Merci pour ce que vous m'avez envoyé.Je vas bientôt utiliser tout cela.Voyez «la cueillette» d'aujourd'hui.YOLANDE — Vous avez dû recevoir la lettre promise au sujet de vos graves projets ?J'ai lu avec intérêt votre charmante composition sur Jeanne LeBer.Dois-jc vous la retourner ?Il n'y a malheureusement pas assez d'espace à la revue pour publier toutes ces jolies choses.Croyez bien ma chère Yol que je m'intéresse sincèrement à voua.Je ne me tiens pas au bureau de la revue et j'habite la campagne.Après tout, quo vous donnerait « de plus » de voir ma pauvre personne ?Je vous aime bien moi, allez, d'après vos lettres si finement écrites, si aimablement pensées « au clair de la lune.» FUTUR MUSICIEN — C'est de Beethoven qu'on voulait vous parler sans douto.Il était sourd lorsqu'il composa ses derniers morceaux.Je vous donnerai sous peu, un petit article sur ce grand maître de la musique allemande.I/autour de In célèbre mélodie : « 1.0 Roi des aulnes ».est Schubert.FURET et POMPONNETTE — Ne sont jamais oubliées.Un affectueux bonjour.FRISCO — Un bonjour et un fameux, un « kolossal » point d'interrogation .Dites moi donc si Lulu fait le tour du monde à In recherche de son désormnis célèbre Minet ! ALIX — Reçu avec grand contentement le mot aimable de ma nouvelle filleule.Je suis heureuse d'avoir pu vous faire plaisir.Dites à l'a-nve Janot d'avoir pntience et pitié .je ne l'oublie pns, je « l'exécuterai » sous peu.MARGOT et JEAN — Je vous donne le programme demandé dans une autre colonne.J'ai pensé que cela pourrait intéresser aussi d'autres filleuls.Revenez tant que vous voudrez.COLLEGIEN — Vous aimez la revue et vous voudriez que tous In lisent.Alors.fnites-Ià voir nutour de vous, et amenez-moi d'autres filleuls, d'autres abonnés I Merci pour vos gentillesses.HUGUETTE — Bienvenue à la gentille nouvelle.Je vous assure que cela ne m'ennuie pas do répondre h vos intéressantes questions.Puisque vous étudiez seule, prenez le traité de « La composition littéraire» do l'abbé Sylvain, (l'autour dos «Paillettes d'Or.») ("est intéressant, facile et vous aidera beaucoup dans vos travaux.Plus tard vous pourrez prendre des manuels .plus sérieux, plus.volumineux aussi puisque vous aimez les gros bouquins.Nous en reparlerons.JUMELLE — Je reçois à l'instnnt votre seconde petite lettre, chnrmnnte au possible.Je suis contente que vous soyiez chez-vous les « apôtres île votre revue.» Quellr jolie papeterie vous avez 1 CADETTE — Je suis toute disposée à vous dire, il vous aussi «de si hollos choses» ! IjCS portraits que vous me faites de vous, et de jumelle m'ont bien intéressé.Vous avez là un excellent tonique.Avec l'air « du lac » et les bons soins de la maman vous allez devenir robuste et rose à plaisir très certainement ! Je vous remercie de m'écrire sur d'aussi joli papier ! J'embrasse toute la nichée ! Marraine ODILE A propos d'"épreuves" ! Nos petits amis voudront bien excuser les fautes typographiques qu'ils trouveront; ou qu'on pourrait leur faire remarquer dans notre petite revue.I^a calligraphie parfois plus élégante que lisible do certains collaborateurs, jointe à In distraction dos typos et du « correcteur d'épreuves », ont fait que notre dernier numéro pnr exemple contenait lion nombre de ces fautes regrettables, et feront sans doute, malgré toute notre bonne volonté, que les numéros à venir en contiendront aussi. 12 L'OISEAU BLEU A LA CUEILLETTE L'ANNEAU MAGIQUE.On fait tremper pendant 24 heures, un fil de grosseur moyenne dans un peu d'eau très salée ! Au bout de ce temps, on retire le fil de son bain et on le laisse sécher, puis on y suspend une bague légère en appuyant le coude sur la table afin d'éviter le balancement.On fait alors mettre le feu au fil près de la bague.I,e fil brûlera et l'anneau restera suspendu à ses cendres.* * * NOS PETITS FRERES INCONNUS S'AMUSENT____ Constructions difficiles, jeux de patience ou d'adresse, voilà ce qui amuse surtout les jeunes chinois.Le jeu populaire entre tous est le « Berceau du Chat» (ce que nous appelons « Carré ménage») qui consiste à entrelacer dans les doigts des deux wains — un fil que le partenaire doit reprendre en conservant les mêmes dispositions.Disons tout de même qu'aujourd'hui, quelques « célestes » sont assez européanisés pour s'essayer à la boxe.et à la course.Les fillettes chinoises et japonaises sont paraît-il, bien sages.Outre les jeux de patience elles ont de minuscules poupées et puis.les poupons de la maison ! On voit les gentilles mamans de dix ou douze ans — moins âgées même parfois — promener, attachés sur leur dos, les bébés qui aiment fort ce genre de berceau, dit-on.Moins paisibles, les petits japo-na:s adorent le cerf-volant et «le jeu des drapeaux.» Rangés en deux camps, les joueurs, ù un signal donné, doivent s'élancer dans le camp ennemi et essayer d'enlever aux adversaires le plus de drapeaux possible.Vous comprenez que les part'es sont généralement.mouvementées ! Nos petits amis les Hindous vivent dans un pays bien chaud, ils s'amusent de préférence au debors, avec de petits animaux ou de minuscules person nages en bois ou en terre cuite et peints de cou leurs voyantes.Ils ont une remarquable habileté pour jouer au < bilboquet », gracieux et difficile amusement, vous ne l'ignorez pas.En Russie, les jouets favoris sont aussi les jouets multicolores, aux couleurs voyantes que passent, de maison en maison, des colporteurs dont les enfants attendent toujours la tournée avec grande impatience.Dana I*» vie des jeunes Espagnols et des jeunes Mexicains, le grand événement est le combat de coqs ou de chiens (au Mexique) et les fameux combats de taureaux (en Espagne).Petits garçons des deux pays luttent avec de grands chiens qu'ils appellent, leurs « toros.» A Sévile et à Madrid (en Espagne) les enfants dansent sur les places publiques, les jolies danses nationales, au son des guitares et des castagnettes.En Grèce, les enfants se livrent avec ardeur aux jeux sportifs.Mais ce peuple qui aime tant la Beauté, aime passionnément les fleurs.Les jeunes Grecs s'en font des bouquets, des couronnes, des jouets de toutes sortes.Le premier mai.ils ont une fête charmante dont les enfants et les fleurs sont * les héros », chacun décore sa maison au dehors et au dedans des fleurs qu'on a la veille moisonnées avec des chants et des cris de joie.Partout mes enfants, après avoir gentiment aidé papa et maman à la maison, après avoir étudié de leur mieux, vos petits frères inconnus s'a- musent de tout leur coeur.Vous aussi riez, sautez, amusez-vous bien, mais que ce ne soit jamais aux heures de silence et de travail.Et puis, en vous amusant, cherchez toujours à faire plaisir à vos camarades, surtout à ceux qui sont les moins habiles, les moins forts, les moins heureux.Ceci mes enfants, rendra vos coeur plus joyeux et vos recréations n'en seront que meilleures.M.O.* * * PROGRAMME POUR UNE SOIREE RECREATIVE Demandé par (Margot et Jean.) 1.Un morceau de piano (à quatre mains.) 2.' Récitation A.— Les trois fées.Récitation B.— Puisque tu m'aimes.Blanche LAMONTAGNE.(Extraits des Visions Gaspésiennes, p.41 et p.63.) ,1.Une chanson canadienne " " de Botrel, (à votre choix.) 4.Saynctte (3 personnages) < L'indiaposi-tion de Jeannette» par Juliette Lavergne, (Voir la Revue Nationale de juillet 1920, p.26.) 5.« Pomponnettc » — de Durand — et < Do-delinette» — de Gounod, (pour piano).Choeur : O Canada.M.O.* * * CHERCHONS UN PEU Avec la première lettre des mots suivants, formez le nom d'un arbre fruitier : Olympe, mur, poupée, Madras, Rome, «n-crier.Italie.Quelle différence y a-t-il entre un champ de blé et une pipe ?CHARADE.Une monnaie est mon premier.Une consonne est mon deuxième, Une voyelle, mon dernier, Mon tout, un mets que l'on aime.Les réponses devront être adressées à Marraine Odile.296, rue Saint-Laurent, Montréal, et nous parvenir avant le 1er avril.Nous enverrons un prix au filleul — ou à la filleule — qui nous donnera les meilleures solutions.S'il y a plusieurs bonnes réponses, nous tirerons au sort le nom du lauréat.Et maintenant.bonne chance !.M.O.NOTRE CONCOURS 11 s'agit, pour vous, je vous l'ai dit le mois dernier, de nous conter en quelques lignes votre meilleure action accomplie pendant le carême.Dites simplement ce que vous avez fait de bien.Nous publierons les me'lleures réponses signées d'un pseudonyme seulement, et quatre prix seront décernés aux plus < méritants.» En France, dans les « Ligues de bonté ».chacun raconte ce qu'il a fait de bien, non pas pour se vanter mais bien pour encourager par son exemple de moins cotlrageux, de moins laborieux camarades ou encore pour faire penser à d'autres quel bien on peut faire de façon parfois bien ordinaire.Voyez donc, mes chers enfants, ce que vous pouvez faire de bien pendant ce carême et dites-le nous en toute simplicité.Le concours se fermera le 30 mars.Les réponses devront être adressées à Marraine Odile, 296, rue Saint-Laurent, Montréal, et ne devront pas dépasser dix lignes. L'OISEAU BLEU 13 FIGURES ANGELIGUES « Soeur Thérèse de V Enfant-Jéaus » La petite Thérèse Martin, qui devait tant aimer l'Enfant-Jésus.naquit dans le temps de Noël, en l'année 1873.C'était le neuvième petit antre, que le bon Dieu donnait à l'un des foyers les plus dignes d'admiration qu'on puisse trouver ici-bas.Thérèse était le bébé Raté de toute la maison.Son père l'appelait « Ma petite rcino>.pour la maman elle était «le lutin sans pareil.» Quand aux grandes soeurs, elles trouvaient bien «mignonne et bien gentille » hrtr chère benjamine.Bref, chacun lui faisait tête.« Mes premiers souvenirs sont empreints des sourires et des caresses les plus tendres, écrivait plus tard Soeur Thérèse, dans son < journal.> Mais si le bon Dieu avait placé près de moi tant d'amour, il en avait mis aussi dans mon petit coeur, le créant affectueux et sensible.On ne peut se figurer combien je chérissais mon père et ma mère.Je leur témoignais ma tendresse de mille manières.» Choyée et douée de tant de qualités, la petite Thérèse était donc fort heureuse.Sa piété déjà était angélique.A deux ans, elle assurait grave-ment qu'elle se ferait religieuse comme sa soeur ainée.Pauline.A quatre ans, elle multipliait les petite sacrifices et les actes de vertu les plus exquis pour se préparer à sa première communion, «J'avais pris l'habitude écrit-elle, de ne jamais me plaindre quand on m'enlevait ce qui était â moi, ou bien, lorsque j'étais accusée injustement, je préférais me taire sans m'excuser.» S'cxcr-çant à la sainteté la plus haute, l'enfant n'en restait pas moins d'une simplicité charmante ; elle riait, jouait volontiers, s'amusait d'un rien.Elle n'aima jamais à se singulariser en quoique ce fut.Amour et simplicité résument parfaitement sa vie et qualifient bien son genre de sainteté.Elle faisait avec son père de longues promenades Elle aimait l'immensité dorée des champs de blé.Elle écoiitnit avec ravissement la chanson grave de la mer.Ix* arbres, les oiseaux, les fleurs sauvages, bluets, coquelicots et pâquerettes, la neige, les étoiles : «toute la belle nature In ravissait et transportait son âme dans les eieux.> Elle n'avait pas encore cinq ans lorsqu'elle perdit sa mère.Son chagrin fut profond.Alors, elle se fit plus grave.Ce deuil laissa comme une ombre sur la vie ensoleillée de la « petite reine.» Quelques temps après elle tomba malade, d'une maladie étrange que personne ne comprenait.Un sourire de la Sainte Vierge guérit miraculeusement la jeune malade.Thérèse fit sa première communion avec une ferveur de séraphin.Puis, sans en rien dire, elle se prépara à vivre l'austère existence des religieuses carmélites.Cette fillette si aimée, si choyée, d'une benuté rare, déjà très instruite et très cultivée rêvait do s'en aller dans un cloître et d'y entrer à sa quinzième année ! « Briser ma volonté, retenir une parole de réplique, rendre de petits services autour de moi.sans les faire valoir et mille autres choses de ce genre, disait-elle, voilà ce à quoi je m'appliquais de mon mieux.Elle ajoutait humblement : Je suis une très petite âme qui ne peut offrir au bon Dieu que de très petites choses» Ces petits choses suaves qui formaient la vie d'enfant de' Thérèse et qui devaient être aussi toute sa vie au Carmel, en firent une sainte dont la vertu émerveillait ceux qui l'approchaient.Elle appelait ces actes de vertu de la vie ordinaire, de la vie de chaque jour : « des fleurs effeuillées.» « Profiter des moindres actions et les faire par unumr c'est jeter des fleurs sous les pas de l'En-fant-Jésus.» Le pape Léon XIII lui permit d'entrer au Carmel h quinze ans.Elle y vécut neuf ans.A la veille de mourir, elle répétait souvent ces belles paroles dont elle devait pleinement réaliser le prophétique désir : « Je sens que ma mission va commencer (en « mourant) ma mission de faire aimer le bon Dieu « comme je l'nime.Je veux passer mon ciel à «faire du bien sur la terre.» Aimez-bien cette exquise petite Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus, priez-la souvent.Elle aimait beaucoup les enfants et se glorifiait de leur ressembler aux regards de Dieu.Vous pouvez l'imiter ; sa vie fut toute simple dans sa famille et au pensionnat comme est la vôtre de chaque jour.Qu'elle soit- pour vous un modèle et une protectrice, des cieux où elle ne cesse suivant son désir < de faire du bien sur la terre.» Juliette LAVERGNE.GRAVURE SUR .OEUFS ! Voulez - vous mes petits amis, avoir pour Pâques de beaux oeufs artistiquement sculptés î Voici tout ce que vous avez à faire.Prenez un oeuf ordinaire, faites-y un tout petit trou avec une épingle et videz-le complètement.Procurez -vous ensuite du saindoux, ou tout autre matière grasse, non liquide, trempez - y un bout de bols (une allumette par exemple) taillé comme un crayon.Tenez ensuite votre oeuf par les deux extrémités, dans la main gauche, de façon qu'il tourne facilement entre vos doigts, puis à l'nide de votre bois imbibé de graisse, tracez-y le dessin le plus artistique que vous pourrez.Eaites-le ensuite trempez assez longtemps dans un vaisseau contenant nssez de vinaigre pour que l'oeuf en soit recouvert.Le vinaigre va corroder la coque de l'oeuf sauf aux endroits où se trouvent votre dessin et qui sont protégés pur le saindoux.Quand vous aurez débarrasser l'oeuf du saindoux que vous y avez mis.votre dessin apparaîtra sculpté en relief sur la coque.MOT D'ARTISTE.Napoléon III ayant invité à Compiègne le chansonnier Xadaud.en sa qualité d'artiste, l'accueillit avec un sourire et lui dit aimablement : — Monsieur Nadaud, vous serez ici comme chez-vous.— Sire, répondit le musicien avec une stupéfaction comique : Je croyais bien y être mieux I BRIND'OISON. Il L'OISEAU BLEU « La Revue Nationale » de Mars Ne le cède en rien à ses devancières.Sa couverture porte Imprimé, en un beau brun clair, l'un des plus beaux tableaux de notre excellent artiste canadien, M.J.-C, Franchère.Toute une page, à l'intérieur, imprimée également en couleur, reproduit quelques-unes des toiles les plus remarquables du dernier salon et le reste de l'illustration n'est pas moins remarquable par sa valeur que par son abondance.Un texte varié, et d'une haute tenue littéraire, accompagne comme d'habitude ces nombreuses gravures.Voici, du reste, le sommaire : 1875-1021 (illustré) .Robert LEBLANC La vie littéraire .Henri D'ARLES Adieu à la neige (poésie) .L.G.La * Jolie Nonne» (récit historique illustré).Sabine SAINTE-MARIE Nos écrivains et l'Institut de France .Emile MILLER Radotages et paradoxes .Rémy TREMBLA Y Le Succès (comédie fin) .Anlonin t'ROVLX Le Jardin du Silence (roman illustré, suite) .Victor FEL1 lies études religieuses .Marie-Claire OAVELUY Du salon à la cuisine.Perle SATIN Pages d'hier (extraits) Charles Mourras, Comtesse de AVI LA La Bonne idée de Justine (Conte de Pâques pour les enfants).Pierrette AVRIL Hommage à Louis Hémon (illustré).Ce qui se passe .Henri du VALLIER Carnet d'un curieux.— Notre revue.— Propos de la Dame-qui-lit.— A la queue de la poêle.— Courrier graphologique, etc., etc.Illustrations : Page frontispice : Le vieux Montréal, la rue Lagauchctière.tableau de J.-C.Franchère.— Composition originales de A.-S.Brodeur et de J.Mclsaac.— Le Canada illustré.— Le parlement de la Saskatchewan.— Portraits, gravures de modes, etc.LA REVUE NATIONALE Publiée par la Société Saint-Jean-Baptiste.« Le porte-voix en quelque sorte officiel Par quoi le cri du sol s'échappe vers le cieL> En vente dans tous les bons dépôts de journaux.Abonnement annuel $2.00.Envoi d'un numéro-spécimen sur réception de 10 sous.Magnifiques primes aux personnes qui veulent s'occuper de propagande.Administration, rédaction et publicité, 296, rue Saint-Laurent, Montréal.PAQUES ! Pâques ! .Ce mot, n'est-il pas vrai, mes enfants, évoque à vos âmes un peu attristées par l'allure austère du carême et les graves cérémonies île la Semaine Sainte, tout un jour de joie, de réunions familiales nombreuses et gaies, des échanges de cadeaux et de souhaits, des fleurs — des lys surtout — enjolivant vos fenêtres, parfumant les salons.Des lys.il y en a aussi sur l'autel, à l'église, et pendant la messe pascale, vos yeux regardent pensivement les longues tiges frêles et les fleurs exquises dans leur blancheur argentée.En Pologne, exprimant d'un mot, la joie débordante des âmes, on se salue dès le matin de Pâques en se disant les uns aux autres : « Le Christ est ressuscité !» Ne croyez-vous pas, mes chers petits, que si les âmes sont plus joyeuses ce jour-là, c'est parce qu'elles se sentent meilleures et toutes renouvelées par la ferveur et les bonnes résolutions prises et'— n'est-ce pas — courageusement tenues pendant le carême passé " Alors, pour que cette joie pers'ste en nous, il faudrait tâcher de garder quelque chose de notre piété et de notre bonne volonté du carême .Comme le Maître ressuscité, il faut que nos âmes vivent ! S'il ne dépend pas toujours de nous d'être heureux, en revanche, nous pouvons garder tout le long de l'année, la paix, la joie sainte du matin pascal .DOM BENEDICT.MODES ENFANTINES DE «L'OISEAU BLEU» 1.— Pour les tout petits.— Jolie robe-culotte en piqué blanc avec fin liséré de couleur, ou rose ou bleu pâle avec liséré blanc.2.— Toilette en broderie délicate ornée de dentelle.« Miijnonne » la filleule de Marraine Odile qui lui a demandé un gentil modèle de robe blanche sera sans doute enchantée d'en avoir une comme celle-ci et sa poupée, la fameuse poupée Graindesel n'a pas été oubliée.Habillons-la avec ce qui reste de broderie et de dentelle de la toilette de « Mignonne.» Copions cette robe minuscule que nous voyons sur notre carte de « Modes enfantines.» M.O. L'OISEAU BLEU IS PERRINE ET CHARLOT (Suite de la page 4) PERRINE Non.Elle n'aime pas les petits enfants, vois-tu.Elle serait fort méchante et nous serions malheureux.CHARLOT Mais comment tu feras, Perrine ?PERRINE, (mystérieuse).Je sais.Maman me l'a appris cette nuit.CHARLOT, (tressautant).Tu as vu notre maman, et tu ne m'as pas éveillé.Oh ! Perrine.que c'est vilain ! PERRINE Je l'ai vue en rêve, mon chérie.Mais tu es si petit, tu ne peux comprendre.CHARLOT Si, je comprends bien.Et qu'est-ce qu'elle t'a dit notre maman si triste ?PERRINE Elle m'a recommandé de me rendre loin, très loin, où il n'y a pas de tante Claudine.Au Canada, Chariot.Tu te souviens du beau pays dont a parlé le récollet, hier ?CHARLOT Pas beaucoup, Perrine.Mais si tu sais, toi.je prendrai ta main, et nous marcherons bubsI longtemps qu'il le faudra.PERRINE Sans jamais dire où nous allons, frérot ?Ecoute, il faut que tu me promettes de ne jamais ouvrir la bouche là-dessus.Tu m'entends, tu n'en parleras a personne.CHARLOT Pas même à M.le Curé î PERRINE Cela ne sera pas nécessaire.Nous partons dans une heure.Va jouer, maintenant.Chariot.Je ferai les paquets.Il y en aura deux.Dans l'un seront nos vêtements.Dans l'autre des provisions.CHARLOT J'en porterai un petite soeur.Mes bras sont forts.PERRINE Très bien.Chariot s'éloiirne II est pensif.Mais bah ! Perrinc est grande.Et raisonnable donc ! Il la suivra.Il sera muet.comme l'infirme du village pour lui faire plaisir.Il ne faut pas d'ailleurs contrarier Perrine.lorsqu'elle ne veut pas quelque chose.Oh ! non.Cela il le sait bien.Et elle ne veut pas aller chez la méchante tante.Elle ne le veut pas.ni lui non plus.11 rit tout à coup, et se laisse glisser dans lo sable chaud et doré.La petite fillse hâte ses préparatifs.Elle s'encombre de fort peu de chose.L'on se rendra si loin.Mais tout à coup voilà qu'elle songe au bas de laine où il y a plusieurs pièces d'or.Que faire?.L'enfant reste perplexe durant quelques instants.Puis un souvenir traverse son esprit.Elle se rappelle un conte que lui narrait autrefois son père.Dans ce conte il y nvait un petit garçon qui portait un bel habit bleu à larges boutons.Il le porta si b:en, si longtemps ce bel habit bleu, qu'un jour, alors qu'il vivait loin de ses parents qui étaient devenus très pauvres, il fallut remettra l'habit à neuf.Or, en essayant de recouvrir les larges boutons, ne s'aperçut-on pas qu'ils étaient faits de pièces d'or enveloppées dans une étoffe solide .Quelle aubaine ( .Et Perrine se souvient d'avoir alors battu des mains ' Pafthn -H- Nous enverrons sur fermait nos CATALOGUES •VArltcles ce HurcMix ((-.'.[;.,.,.) Articles Religieux.(3 » - ) Livres Religieux (7 - - ) Littéia.Uire et Science (f « « ) Livres ilArttd«afcCI*jaits(7 -
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