L'oiseau bleu /, 1 janvier 1924, août
Revue mensuelle Illustrée pour la Jeunesse Publiée per la SOCIETE ST-JE AN-BAPTISTE DE MONTREAL Téléphone: PLATEAU S768 Abonnement annuel: Canada, 75 sous Union Postale: S1.00 ' Rédaction, administration et publicité: Z96, RUE SAINT-LAURENT MONTREAL Vol.IV — No 8 MONTRÉAL, AOUT 1924 Le numéro: 5 sous.ALLONS CHEZ CASAVANT FRÈRES Jacques, irons-nous à l'Ilp-aux-Noix, visiter le vieux fort encore si imposant?— Non, Géralfl, Saint-Hyacinthe sera le but de notre promenade de fin d'année.— Mais, dis-nous donc, Zato, ce qu'il y a d'intéressant dans cette localité! a L'OISEAU BLEU —" Très volontiers, Gaston.Tout d'abord, Saint-Hyacinthe est une ville comme les autres villes; on y voit des rues, des maisons, des carrés, un marché, une prison, un hôpital.— Tiens! c'est très curieux 1 s'il y avait un 'asile", on pourrait peut-être t'y enfermer.—'Ah! ah! ah! c'est une bonne idée! n'est-ce pas Henri ?— Excellente! excellente! Thomas.Mais, on ne connaît pas encore précisément ce qui pourrait justifier notre choix de Saint-Hyacinthe comme but de notre excursion.— Allons, Ovide, donne-nous ton opinion sur ce sujet.— Oui, René.Nous irons à Saint-Hyacin-thcj et là nous visiterons la jolie, la coquette petite chapelle du Précieux-Sang.— C'est bien dans cette chapelle que la sœur Oaouette a prié avec tant do ferveur ?— C'est eela, Arthur.— Oh, alors, allons-y, n'est-ce pas, Charlemagne ?— Certainement, William.— Et ensuite que ferons-nous, Gerald ?— Mais, Georg's, tu oublies les fameux ateliers Casavant, ne sais-tu pas que, tout récemment, les Casavant installaient un orgue magnifique à Paris môme, la ville lumière.— Tu as raison, Donald; allons à Saint-Hyacinthe! — "All aboard!" En route pour Saint-Hyacinthe "Hip, hip, hourra! hip, hip, hourra!" Et nos vingt-cinq gais lurons partent en autobus et dans une imposante "Packard" pour aller visiter les ateliers Casavant.— Tiens, mais que fais-tu Jean-Marie?dirige dono le chauffeur; voilà cinq minutes que nous attendons ici, et les trains ne cessent de circuler.¦—Très bien, André; contournons l'obstacle; c'est le meilleur moyen de nous tirer d'embarras.— Vite, le chauffeur recule, passe la gare Bonaventurc et bientôt après le pont Victoria est en vue.— Quelle est la longueur de ce pont, Roger ?— 6,592 pieds bien comptés, Jean.— Mais, ça donne un nulle et un quart.— Bien trouvé, Louis; n'est-ce pas Eve-rard?— Oui, Julien.— As-tu compté les arches Roger ?— Si je ne me trompe, Gérald, il y en a vingt-cinq en tout.On dirait que la treizième, celle du centre, est plus haute.— En effet, observe bien, Wilfrid, nous apercevons la courbe.Au sortir du pont, le trajet est magnifique sur le bord du Saint-Laurent.On a bientôt dépassé Longueuil, Saint-Hubert et Chambly ; dans cette dernière localité, saluons le monument de Salaberry et le vieux fort Chambly; puis viennent Richelieu, Marieville, Rouge-mont et Saint-Damase.La route est bonne, mais Henri trouve le trajet un peu long; voilà pourquoi, de temps en temps, on se charge de lui faire remarquer "qu'on approche".Enfin, nous voilà à Saint-Hyacinthe, coquette petite "ille, bien ombragée et très propre, sise sur la Yamaska, tributaire du Saint-Laurent.On y voit: la cathédrale, décorée avec gout; la jolie église paroissiale des Domiricains; la chapelle du Préoicux-Sang, un vrai bijou de chapelle; l'école d'industrie laitière, la plus renommée de la province et probablement celle qui occupe le premier rang dans tout le Canada; la maison-mère des Sceurs Saint-Joseph; le nouvel Hôtel-Dieu; le noviciat des FrèreB du Sacré-Cœur; d'imposantes usines; de très nombreuses demeures aristocratiques; le vieux séminaire avec son dôme majestueux et son superbe bosquet; et enfin, les Ateliers Casavant.— Tiens, regarde donc, Jacques, toutes ces figures sympathiques aux fenêtres.— C'est vrai, Gérald, on dirait qu'on nous attend.En effet, M.Ferrier Phaneuf, harmoniste et employé depuis 16 ans chez Casavant, Frères, et M.Dueharme, premier dessinateur, deux vrais gentishommes, nous reçoivent fort amicalement.Le premier nous sert de cicérone jusqu'à l'arrivée de M.Charles Chapais, une compétence indiscutée en génie civil, en mécanique et en reuvre d'art.C'est vraiment un charme de l'entendre: toujours l'expression exacte, soulignée au besoin du mot imagé, facilitant la compréhension de la chose; comme disait Wilfrid avec M.Chapais, il n'y a pas moyen de ne pas comprendre, aussi, nous lui adressons encore une fois, un merci du fond du cœur.— Allons, Roger, dis-moi ce qui t'a 1esoin pressant d'argent, j'informe votre Seigneurie de ceci: Un propriétaire de ménagerie m'ayant demandé pour la parado un tableau représentant un de ses pensionnaires, il me suffira de retouoher légèrement le portrait resté en ma possession, notamment d'y ajouter une queue, pour lui donner satisfaction." Le grand seigneur ne se fit pas répéter l'avertissement.Il fit prendre le tableau , on régla le prix, et Je chef-d'œuvre trop fidèle fut détruit.DEVINETTE Q.— Peut-on avoir quelque chose dans une poche vide ?R.— Un trou. 4 L'OISEAU BLEU LES TRANSPLANTÉS (Suite elfin) Mais à trenle pieds, li\où lagrives'avanco au milieu de la rivière toute couverte de longues herbes ot de fleurs, Harry réapparaissait portant Lisette inerte sur son bras.D'un effort surhumain cher, un garçon de cet âge, il s'accrocha aux branches, et avant que Jean n'ait eu le temps de lui aider, il sautait sur le bord et s'affaissait complètement épuisé, mais l'air heureux auprès de son précieux fardeau.Les cris de Jean avaient attiré l'attention des parents qui accoururent saisis d'épouvante.Les taillis qui bordaient la rivière les isolaient les uns des autres, et n'entendant pas les enfants, ils les croyaient bien en sûreté: les fillettes occupées à tresser leurs couronnes, et les garçons à pocher.l'as un n'avait été témoin de l'accident; et Lilly saisie d'horreur, restait muette et figée comme une statue de douleur; les deux mains en avant, les yeux agrandis, elle put enfin articuler un son, que lorsque aux eûtes de Lisette et de son cher Harry, elle put réaliser que tout danger avait disparu.Madame Moisan avait saisi sa petite fille chérie et l'arrosait de ses larmes.La fil'ctte n'était qu'évanouie par la peur.Le prompt secours que lui avait porté Harry 1 avait empêchée d'absorber une grande quantité d'eau.Sous les caresses de sa mère elle ne tarda pas à entr'ouvrir les yeux.Harry embrassé, serré, Imhis-culé dans tous les bras, parvint à se dégager et se nùt en frais d'échanger ses vêtements mouillés contre un caleçon de bain et le gilet de Jean.La douce madame McClish n'avait pas dit un mot.Silencieuse, elle laissait rouler de grosses larmes heureuses sur ses joues minces et pâles.Son Harry! Quel brave enfant! Ce qu'elle en était fièro maintenant.Le jeune irlandais indifférent aux louanges, regardait plus loin, surpris de voir que Jean ne lui parlait pas et n» s'approchait pas pour le féliciter comme les autres.Mais il vit soudain les épaules de son ami toutes secouées do Îros sanglots et une joie immense remplit son occur.I sentait quo Jean trop ému pour parler, l'admirait maintenant de toute son âme, et son amitié inquiète n'aurait plus à souffrir aucune infériorité.En effet, Jean pleurait trop violemment pour pouvoir se composer une figure ou prononcer Une parole.Il se reprochait amèrement do n'avoir pas prévu le danger.Égoïste, il s'était occupé de son plaisir sans se soucier des autres! 11 aurait dA penser que les course» aventureuses dea lillcttes sur cette grève accidentée, pouvaient être fatales.Harry lui, y avait pensé.Car, pour qu'il vit l'accident et qu'il fut si prompt à intervenir, il fallait que son esprit fût constamment occupé des faits et gestes des fillettes faisant prouve ainsi d'une prudence et d'une sagesse bien au-dessus de son âge.Et quand il eut vu le danger, pas un instant il n avait hésité.Sans prendre le temps d'enlever son habit, il avait plongé à l'endroit où la rivie.ro plus profonde et plus noire était plus dangereuse.Voilà ce qu'était Harry, le petit voisin qu'il avait dédaigné et que jusqu'à cette heure encore, il considérait comme un gamin fantasque! Quoi cœur noble! Il savait le prouver au moment du danger.Et lui, qui posait au garçon parfait, irréprochable, il laissait indifférent, lo trésor de la maison, leur Lisette, jouer insoucianunent au bord du précipice.Cela, il ne se le pardonnerait jamais! Et, si dans l'avenir, je suis porté à me glorifier, à être satisfait de moi, je saurai me rappeler cette leçon d'aujourd'hui.Aveuglé par les larmes, trébuchant, il se leva et alla se jeter aux eûtes de son ami et le serrant dans ses bras il lui murmura: Pardonne-moi, Harry, tout le chagrin que mon orgueil a pu te faire! Tu vaux cent, fois mieux que moi.Le jeune Irlandais eut un sourire radieux.Oui, soyons amis pour toujours Jean! Et ce fut sous le beau ciel bleu du Canada l'union intime de deux êtres, représentants de deux races également grandes et belles.ÉPILOGUE Huit ans ont passé sur la tête de nos jeunes héros.Huit années heureuses où les parents, dont les cheveux commencent à blanchir, n'ont trouvé que joies et consolations.' Monsieur et madame Moisan avaient placé leurs enfants, l'automne qui suivit leur arrivée, dans les Institutions environnantes.Jean au Séminaire de 8t-Jean et Luette au Couvent do Laprairic.Harry et Lilly qui pleuraient leurs amis ne tardèrent pas à les rejoindre.Et la vie au Collège comme au couvent se continua douce et heureuse sous la double égide de l'amitié.Lisette qui devenait de jour en jour plus raisonnable et plus pieuse, dorlotait comme une mère la gentille Lilly toujours douce et frêle.Et quand, aux vacances Lisette grande et rose comme une belle fleur épanouie et Lilly blanche et si mignonne se promenaient ensemble, les passants les regardaient ravis et souriaient devant tant de jeunesse et do pureté.Jean fut toujours le bon écolier modèle des premières années.Ses succès en classe n'étaient plus à faire et son maintien poli et sérieux faisait prévoir une vocation précoce, arrêtée, et tous s'attendaient à voir entrer ce beau Télémaquo au grand Séminaire.Jamais de jeux bruyants, de dissipation, ni de disputes.En cela, son prestige était fort utile a parer les bravades et les violences de son cher Harry, qui malgré une contrition aussi prompte que sincère, n'en recommençait pas moins à la première occasion.Harry supportait mol la discipline du collège et Jean qui le voyait baisser la tête humblement en rougissant sous les reproches du maître, ou rester impassible devant les tricheries de son voisin qui lui chipait ses compositions anglaises et latines, l'aurait bien embrassé, jxiur cet effort qu'il imposait à son caractère impétueux.Aussi, à la récréation s'arrangeaiHl pour s approcher de lui, et d'un mot, d'un serrement de main, il lui faisait entendre qu'il avait été témoin de l'effort et en était content plus qu'il ne saurait dire.Cela suffisait pour encourager et consoler le jeune Irlandais, mais à la récréation, premier dans tous les jeux violents, il ne supportait pas une insulto ni une bravade, et bien des fois il en serait venu aux mains si Jean, le pacifique, ne s'était avancé et de son ton tranquille et conciliant n eut raisonné les deux partis et obtenu leur bonne entente.Dans ce rûle de Mentor, Jean risquait de se faire bien des ennemis, mais soit chance ou hasard, tous raffolaient du grand confrère et lui cédaient presque sans contrainte.Madame Moisan, dotit le cœur de mère pouvait bien rêver à ses heures, le voyait prêtre à l'autel et peut-être sous la bure blanche ou brune, au loin dans les pays chauds! Et malgré un serrement de cœur douloureux elle disait: "Que votre volonté se fasse! A mon Dieul Et soyez béni mille fois d'avoir choisi mon fils." A force de l'espérer, son rêve devenait pour elle une certitude, et quand aux jours de réunion elle serrait Jean dans ses bras, elle y mettait le respect avec lequel on baise une chose sainte.Et les années passèrent heureuses entre ces parents chrétiens et ces enfants modelée, jusqu'au L'OISEAU BLEU t jour où il fallut decider ouvertement sur le choix d'une carrière.On était alors :\ Toques par une journée radieuse, semblable a celle, où six ans plut tAt, ils quittaient l'épicerie de la rue St-Ohristophe et parcouraient si joyeusement dans l'eau et la neige, le trajet de la Rare à leur demeure.Jean qui songeait & cela avait l'Ame toute imprégnée de cette nature ensorcelante qu'il avait aimé tout de suite d'un amour profond et vibrant.Papa, dit-il à monsieur Moisan, j'aurai vingt-ans bientôt, il est temps que je choisisse ! J'ni cru voir que vous saperiez beaucoup me voir monter a l'autel.J'y ai songé aussi, et bien sérieusement! Mais du fond de ma conscience, Dieu ne m'appelle pas là I Voyez-vous, j'aime trop la terre! 8a liberté, ses effluves ses joies saines.Lrussc-moi ici, père, continuer ta vie d'honnête homme.Je ne vous quitterai pas tous les deux, je veillerai avec amour sur vos cheveux blancs! Puis je marierai Lisette à celui qu'elle aimera et qui en sera digne.C'est vrai que vous avez beaucoup dépensé pour mon instruction, mais ça ne sera pus déroger que de l'employer i\ améliorer la vie rurale; A organiser des sociétés de secours pour le colon pauvre, des amusements pour la jeunesse campagnarde afin de la retenir au foyer, puis donner des conférences ici et la en temps opportun sur la grandeur de l'agriculteur, afin de l'éclairer sur le role qu'il joue ici-bas comme patriote, comme citoyen et comme chrétien.Il avait parlé tout doucement d'nlsird, puis l'enthousiasme l'avait soulevé et il était maintenant debout, avec, une flumme dans les youx.fîmu, bien qu'un i>cu déçu, monsieur Moisan serra son fils dans ses bras.— "Béni soit le ciel qui te laisse près de nous.Il est vrai que nous t'aurions donné A Dieu avec joie, mais comme tu viens de le dire, il y a moyen de le servir hautement en faisant du bien.Madame Moisan était devenue une chose toute petite et toute mince.En l'embrassant silenrieasement ollo laissa rouler deux grosses larmes.Jeun les but, le coeur meurtri, H avait deviné depuis longtemps le beau rêve pieux de sa mère et toute sa cluiir souffrait de l'attrister.Ne te chagrine pas, Jean, si je pleure, dit-elle toujours bonne et oublieuse d'elle-même.Ce n'est pas que je te désapprouve.Si la route que tu as choisie est humble, ello no manque pas d'idéal ni de beauté.Tu seras heureux! Depuis quelques années, le docteur Bernard cédant aux sollicitations de son fils, avait acheté une gentjllo maison tout près de l'église de Laprairic, et venait y passer l'été avec sa famille.Jean avait eu un grand Plaisir en retrouvant son meilleur ami d'enfance dont amitié et le soutien lui avaient été si doux A son départ de lu ville.Bernard étudiait la médecine et se disposait A s'installer A I-aprairie définitivement.Ce petit village paisible cl frais l'avait conquis du premier jour, peut-être aussi les beaux yeux bleus rangés d'or brun de Lisette l'attiraient-ib plus qu'il n'aurait voulu?Mais partout où Lisette passait, clic était certaine de rencontrer le nouveau disciple d'Esculapo.Sereine et modeste, ello saluait gentiment l'ami de Jean, se disant qu'il ferait un bien gentil médecin.Mais sans arrière-pensée, comme elle aurait dit de tout autre qui fut naturellement aussi poli et bien doué.Elle avait toujours 4M naturelle aimante et pieuse et son coeur n'avait en rien changé île su simplicité.EU» adorait son père, sa mire et Jean, affectionnait Lilly comme une vraie petite «oour, et seuls, les yeux bleus sombres d'IIarry, le l>el ingénieur du MrOill, l'effarouchaient quelque peu.Mai- quand elle s'agenouillait dans l'ombre de ln nef, devant la lueur tremblotante de la lampe du sanctuaire, elle sentait son coeur se fondre si délicieusement, qu'elle aurait pleuré, tant sa souffrance lui était douce et poignante.Ello sentait l'appel divin qui venait IA.Elle étouffait de reconnaissance, et d'amour.Ah! Co Jésus I Comme elle l'avait toujours aimél Comme elle s'était toujours faite petite et humble devant Lui afin qu'il prit plaisir A la cueillir comme sa chose, A l'anéantir près de son divin Cœur! Mais les affections humaines yenaiont et parlaient A leur tour.Et bien nue le choix fût fait depuis longtemps, le renoncement imprimait A son cœur un long déchirement.Un soir qu'elle revenait du village où elle avait longuement stationné A l'église, Ilarry l'aperçut sur le grand chemin, toute nimbée de l'or du couchant.Il alla A sa rencontre, empressé comme un enfant.Il ne l'avait pas vue depuis lo dernier congé.Il lui prit doucement les mains et, les yeux fixés sur les prunelles claires de Lisette, il lui dit: Commo vous vous faites ran*, Lise! Je ne vous vois plus.A mes courtes vacances, on dirait que vous vous écartez de moil 11 tne scmblo que depuis longtemps vous avez dft deviner le rêve qui me tourruente?Et que si je m'évertue A ma créer une position, c'est pour vous l'offrir! Lise, petite Lise! Puisque j'ai eu le grand lionheur de vous arracher A la mort autrefois, j'ai bien le droit n'est-ce i»as,de vouloir vous garder pour moi seul ! Lisette émue détourna les yeux.Son creur aurait pleuré s'il l'avait pu, de blesser ce cœur qu'elle savait ardent et si entier dans ses affections.Elle avait toujours gardé une reconnaissance infinie A celui qui avait risqué sa vie jïour la sienne.Vous ne répondez pas?reprit Ilarry en lui barrant le passage.J'ai deviné! C'est ce Bernard qui vous fait la cour! Il vous guette partout comme un troubadouir et vous L'aimez! Et de moi, pauvre fou, vous ne vous souciez guère.qui sait! Je vous fais rire j>eu*-êtrc! Et Harry que In douleur terrassait s'appuya sur un arbre et se mit A pleurer.Lisette mit sa main sur son épaule, ltegurdez-moi, Harrv, dit-elle et voyez si je ris.11 leva les yeux et vit qu'elle pleurait aussi.J estime Bernard comme un bon et loyal garçon.Je sais aussi que Jean aime Lilly et que votre chère petite sœur répond A son affection.C'est une douceur pour moi avant do partir, de réunir dans un grand lien tous ceux que j'aime.Ici sa voix fléchit.J'ai Ix'itucoup d'estime et d'amitié pour vous Ilarry, croyez-moi.plus quo j'en aurai jamais pour tout autre créature humaine, mais depuis mon enfonce je sens le suprême amour envahir mon cœur.C'est un grand secret que je vous livre Ilarry.Dès que Lilly aura pris ma place auprès de ma mère, je partirai pour le cloître où je resterai là.toute ma vio blottie près du taliernaclc, heureuse, oh si heureuse! priant pour ceux que j'aime et qui vivront loin de moi.Harry ne dit pas un mot, mais il serra A les broyer les potitcs mains qui lui disaient adieu! Il ne se sentait pas la force de lutter contre lo Maître.A l'instant, I ! lui apparaissait comme une créature immatérielle, une sainte de vitrail.Adieu Lise ma vie! Allez où votre grande âme vous appelle! Mais priez pour Harrv, le pauvre pécheur.Et dans un sanglot il montra la route large où il devait continuer une vio solitaire et incertaine, puis il prit les yeux brouillés sa course vers la maison jHiternelle.Lise sans se détourner continua son chemin.Ello fixait l'horizon que lo soleil barrait d'une ligne pourpre étincelante, mais ello voyait bien au-delA dans l'éternité lumineuse, où les grands sacrifices sont neoeptés, bénis et récompensés au centuple.MieTTE.FIN CRAINTE INTÉRESSÉE Un jeune filou est accusé d'avoir volé une montre en or à l'un tic ses amis.— Voyons, lui dit le juge, n'avez-vous pas ressenti une certaine crainte quand vous dérobiez sa montre i\ votre pauvre ami ?— Oh, si, monsieur le juge, je craignais surtout que la montre fut simplement en métal doré. L'OISEAU BLEU BONS MOTS EMPORTEZ PAPA Lorsque Louise n'est pas sage à table, sa maman sonne et dit à la bonne do l'emporter.Un soir, Louise se met à sonner pour s'amuser.La bonne se présente.— C'est Ijouise qui a sonné, dit le papa.Qu'elle commande.— Eh bien, dit Louise, emportez papa.Questions et réponses Q.— Quelles sont les lettres les plus anciennes?R.— I.es lettres N.E.(attirée) et les lettres A.G.(âgées).Q.— Quelles sont les lettre." les plus légères ?H.— Les lettres L.E.(ailées).Q.— Quelles sont les lettres les plus maltraitées par les cuisinières?R.— Les lettres II.E.(hachées).Q.— Quelle est la lettre la plus humide ?R.— La lettre O.c'est l'O.(l'eau).Q.—¦ Quelles sont les lettres les moins lisibles ?R.— I/îs lettres F.A.C.(effacées).Q.— Quelle?- sont les lettres les moins spirituelles?R.— Les lettres E.B.T.(héliétécs).Q.— Quelles sont les lettres qui ne perdent jamais leur temps?R.— I^es lettres O.Q.P.(occupées.) Q.— Quelles sont les lettres les plus mal peignées ?H.— Les lettres R.I.C.(hérissées).Q.— Quelles sont les lettres les plus coquettes?R.— Les lettres U.P.(hupées).UN PAYS DE CENTENAIRES La ville tic Taytay, situé»?à quelques milles seulement de Manille, réclame le record pour la longévité, dans les îles Philippines.Depuis octobre 1923, jusqu'à mai 1924, six personnes ayant plus de 100 ans sont mortes à Taytay, d'après les registres tenus par le Père Dumandan.Une femme, Benito Gon-zagam, est décédée à l'âge do 140 ans.Toma-sa Vivencio comptait 123 ans et Maria Roxas, 129, quand elles sont mortes.Ix» principaux aliments des centenaires étaient du poisson, des légumes et des fruits.Luc.Le Coin du Curieux LE GULF STREAM L'étude des courants marins est une partie des plus intéressantes de l'océanographie.Etudions aujourd'hui le Gulf Stream.Ce puissant courant fut observé une première fois par l'Espagnol Poilue de I-eon, en 1513; malgré un vent favorable, il lutta désespérément pour descendre au Sud, contre une force invisible et inconnue: e'était le Gulf Stream.Aujourd'hui, ce courant n'a plus de secret pour le bon marin.Dans sa '"Géographie de la mer" Maury lui assigne une place* capitale et le considère comme une des choses les plus merveilleuses de l'océan: "Il est, dit-il, un fleuve dans l'océan.Ses rives et son lit sont des couches d'eau froide entre lesquelles coulent a flots pressés des eaux tièdes et bleues.Il est plus rapide (pie l'Amazone, plus impétueux quo le Mississipi, et la masse do ces deux fleuves ne représente pas la millième partie du volume d'eau qu'il déplace.Le Gulf Stream a son origine dans le golfe du Mexique et dans la mer des Antilles.Dans sa partie la plus étroite, ce merveilleux courant a 30 milles de largeur et plus de 2,000 pieds de profondeur.C'est lui qui entretient en France et en Angleterre la température actuelle; si on détournait le cours de ce fleuve le climat de l'Angleterre deviendrait aussi rude que celui du Labrador et celui de la France ressemblerait à celui de la province de Québec.L'ICEBERG L'iceberg ou montagne de glace est le plus formidable ennemi des paquclwts géants les plus perfectionnes et les plus puissants; le Titanic, par exemple, qui avait un déplacement de 66,000 tonnes, coula peu de temps après avoir frappé une banquise.L'icclierg peut provenir de trois sources: 1° des glaciers éternels qui ont leur origine au sommet des pics neigeux des hautes montagnes; 2° des banquises énormes qui se sont détachées du littoral: 3° des icefields ou champs de glace qui se forment des mers arctiques.Au printemps, l'iorbcrg prend la direction du sud, entraîné par les forces sous-marines quo causent les différences d» densité ducs aux proportions variables du sel.L'accumulation de ces montagnes do glace présente, au départ, un front de 5 à 20 lieues d'étendue et d'une hauteur de 200 à 400 pieds au-dessus des Ilots; comme la part io immergée est généralement de 7 huitièmes de la hauteur L'OISEAU BLEU 7 totale, certains icebergs mesureraient, du sommet à la base, plus de 3,000 pieds.De la mi-mars à la mi-juin, les icebergs rendent excessivement dangereuse la navigation du nord de l'Atlantique; c'est l'époque où ils entrent dans le Gulf Stream; le contact de la masse glacée avec le courant chaud produit la brume ou le brouillard.Pour éviter la rencontre onheur de posséder une amie incomparable, au cœur exclusivement dévoué qu'est une bonne mère.Prier, le ciel de vous la garder encore longtemjw et soyez envers elle confiante et affectueuse.Croyex-m'en.cousinette, une mère est une amie que nulle ne peut remplacer, une conseillère jamais lassée, et qui sait mieux que toute autre ce qu'il faut a son enfant.Rovenc» souvent causer avec Cousine qui publie volontiers votre envoi de même qu'ollo publiera tous ceux que vous lui adresserai.Au revoir codùd et heureuses vacances, Cousinette! Paecaline.Vous reeevrci plus tard l'étude demandée.Patience, petite amie: vous n'attendrex d'ailleurs pas très longtemps.Rachel O.Votre abonnement a été remis a l'administration et la, revue, vous sers adressée tel que désiré.Au revoir cordial.• * Petit grenat.Votre étude graphologique a été faite et sœur Jeanne u remis à l'administration votre abonnement des vacances.Que l'"()iseau Bleu vous aide à passer agréablement ces jours de congé! A bientôt, cousinette.CF.UNE PROCESSION SUR LES FLOTS Connaisscr-vous Colliourc?.Collioure est une ville très ancienne, mentionnée dans les historiens lut ins sous le nom de Caucoliberis, et située au point où les Pyrénées, sous le nom d'Allures, atteignent la Méditerranée.Sous la domination romaine et durant tout le moyen âge, époque si troublée pour le Rous-sillon, elle fut mi port stratégique et commercial très considéré.Aujourd'hui, le voisinage de Port-Vendrcs en a lieaucoup diminué l'importance; cependant, Je souvenir d'un grand martyr reste attaché à cette cité: Saint Vincent, homme influent et d'une rare intelligence, y reçut la palme des confesseurs de la foi en l'an 303, pendant la dernière persécution.L'Église célèbre sa fête le 19 avril.lie corps de Saint-Vincent avait été conservé à CoUioure et gardé avec sollicitude durant les guerres nombreuses qui ravagèrent le Roussillon, jusqu'au traité ties Pyrénées, en 1642.A cette date, lors de l'évacuation espagnole, un soldat (d'autres disent le gouverneur) emporta ce précieux trésor, qu'il plaça en l'église de Concavella.En 1700, les habitants de Collioure obtinrent de ce saint corps un tibia et un autre os plus petit.L'arrivée de ces reliques à C< llioure accompagnées de celles des saintes Maxime et Liberate, fut signalée par une cérémonie originale et imposante, qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours, ("est la procession de Saint-Vincent, spectacle grandiose et qui laisse dans l'âme de ceux qui peuvent le contempler un ineffaçable souvenir.La procession de saint Vincent a lieu chaque apnée le 16 août, anniversaire de la réception des reliques.A la tombée de la nuit, une embarcation magnifiquement ornée et traînée par six autres se rend de la plage à l'Ilot Saint-Vincent.Là, on repose, dans la barque où se trouve déjà le clergé, les trois reliquaires, et la procession navale se forme.Des centaines d'embarca-(A tuivre j>age 13) \2 L'OISEAU BLEU EXPLORONS NOTRE PAYS QUÉBEC.L'AMÉRIQUE FRANÇAISE — Nous voilà, mon cher Adélard, dans notre belle province" de Québec, véritable Amérique française.—Oui, aimable Pauline, quelle satisfaction pour l'esprit! quelle joie pour le cœur! Chantons: "Comme le dit un vieil adage Rien n'est si beau que son pays!" — Nous avons vu de bien belles choses dans l'Ouest canadien, mais, je te dis franchement, pour moi notre province occupe le premier rang dans la Puissance du Canada.— Tu as raison, Pauline.Tout d'abord, la province de Québec, dont la superficie est de 700,000 milles carrés, est la plus grande du Canada: elle est environ trois fois plus grande que la France, l'Espagne ou l'Allemagne; de plus elle occupe dans la puissance du Canada, le site géographique le plus avantageux.¦—En effet, Montréal et Québec sont en communication directe avec l'Ku'rope, et lu moitié du commerce extérieur canadien se fait par les ports de ces deux villes et la voie du Saint-Laurent.— N'oublions pas non plus le mystérieux Saguenay navigable jusqu'à Chicoutimi; le Richelieu, l'Outaouais et le Saint-Maurice, navigables eux aussi sur presque tout leur parcours, grâce aux canaux qui en annulent les chutes et les rapides.— Et nos chemins de fer, donc! Le Pacifique-Canadien et le Canadien-National parcourent la province en tous sens et relient ainsi aux grandes villes du Canada et des États-Unis tous nos centres iui|>ortants.Dans notre seule province, les chemins do fer couvrent plus de 6,000 milles de distance.— En outre, de nombreuses routes, pavées par les soins du gouvernement, rendent accessibles à notre population comme aux touristes étrangers, les plages du fleuve, les lacs innombrables dans les montagnes, les Ijuiren-tides et les Alléghany» recouverts do forêts où les cours d'eau, les chutes et les cataractes entretiennent la fertilité et produisent la force motrice.— N'avons-nous pas aussi, dans notre province, la métropole canadienne, Montréal, dont la imputation est de 800,000 habitants; bientôt, elle atteindra certainement le million.— Mais, sais-tu bien que Montréal compte environ le tiers de la population de toute la province, puisque dans Québec, le nombre des habitants est de 2,362,000.— C'est vrai.De plus, nous avons encore d'autres villes importantes: Québec, Hull, Trois-RivièrcS; Shawinigan, Lévis, Saint-11 ya-cinthe, Sherbrooke, Saint-Jean, Joliette, Chicoutimi, etc.— Maintenant, si nous envisageons notre province au point de vue agricole, elle doit occu|>er un rang honorable parmi les autres provinces.— Certainement.D'après les statistiques de 1021, elle occupe le troisième rang avec une valeur de $271,764,000.— Quelles sont donc les provinces classées au premier et au second rang?— C'est d'abord la province industrielle de l'Ontario que nous venons de quitter et dont ta production agricole est évaluée à $435,321,000; puis la Saskatchewan, cette prodigieuse terre à blé, avec une valeur- de $322,457,000.— Si la récolte de 1922 est évaluée à environ 272,000,000 .quelle pourrait être ta valeur de ta terre elle-même?— On estime que les terres affectées à ta production agricole valent $508,000,000.— Ce n'est pas tout, il y a encore bien d'autres sources de richesses dans notre chè province.— Sans aucun doute.On a évalué les constructions ou bâtiments à $257,000,000; les instruments aratoires à environ $65,000,000' les animaux (cheptel) à $123,000,000; les volailles à $7,300,000; les animaux à fourr à $450,000.— Mais, sais-tu que la somme de tous ces chiffres constitue une richesse énorme et dont ta majeure partie se trouve entre le mains des Canadiens français?— C'est réellement prodigieux.Imagio toi: $1,234,000,000! Et il y a encore les for qui représentent un capital de $191,000,0 — Sans doute, nous occupons le prenr rang dans ce domaine?— Exactement; ta province d'Ontario tien le second rang avec une valeur de $134,000,C environ.— Quelle est la valeur des mines ?— $18,000,000.Tiens, écoute, je vais corn pléter la nomenclature des choses qui pe' vent t'intéresser dans ces statistiques; je vais te donner des chiffres parlants: les pêcheries sont évaluées à $1,815,000; les pclleterieé, $3,326,000; les mines, à plus de $18,000,000; les tramways à $55,000,000; ta houille blanche ou électricité, à $166,000,000.Il y aurait bien encore à parler des assurances, des banques, des chemins de fer et des canaux, et du commerce, mais il faut nécessairement si' L'OISEAU BLEU 13 borner et finir; eh bien, terminons en donnant le montant de la valeur des municipality des cités et des villes de la province, soit la jolie somme de $1,583,000,000.En résumé, la richesse connue et contrôlée par le gouvernement provincial donne en chiffres ronds $3,278,141,000.— On nous avait affirmé si fréquemment qu'au point de vue économique, la province canadienne-française occupait un rang inférieur, que nous n'osions pas aborder cette question; mais voilà, comme tu disais, il y a quelques instants, des chiffres parlants, et désormais nous pourrons marcher le front haut.Du Rivage.tui/« de la page 11 tions illuminées précèdent, suivent ou escortent celle qui porte les saintes reliques.Toute la population est là, elle chante des cantiques religieux qu'accompagnent de leurs notes légères les musiciens catalans.Le cortège décrit un long circuit en mer et regagne le port.A terre attend le capitaine du port qui hèle la barque et le dialogue suivant s'engage en catalan, au milieu du silence général: — Holà de la barque.Quelle est cette barque?— La barque de saint Vincent, répond le patron.— D'où vient la barque ?— Elle vient de Saint-Vincent-de-l'IIe.— Qu'apporte-t-ellc ?— Elle apporte les reliques de saint Vincent, sainte Maxime et srinte Liberate.— Y a-t-il des passagers et sont-ils en règle ?— Oui il y a des passagers et ils sont en règle.— Que demandez-vous?— Nous demandons bonne entrée.— Au nom de Dieu, bonne entrée, cric le capitaine.Et aussitôt un cable est amarré à l'étrave de la barque, une centaine de matelots le saisissent et liaient à terre à la course jusque devant l'église paroissi île.Alors la procession entre à pied dans l'église où les fidèles viennent li.iisrr la relique.Rien de plus pittoresque que ce défilé en mer, avec ces milliers de lumières qui scintillent sur l'eau; rien de plus touchant que cette arrivée au rivage et à l'église, tandis que sort de toutes les poitrines ce cri par lequel nous terminerons: — Vive saint Vincent.— Saint Vincent, priez pour nous.POUR ÉVITER" LA TORTURE Quelques soldats du régiment des montagnards écossais de Montgomery, et avec eux le sergent Allan Macpherson, avaient été faits prisonniers par les Indiens, I-cs soldats furent suppliciés et les sauvages leur appliquèrent tous les raffinements de toitures inspirés par une diabolique cruauté.Allan, en sa qualité de chef, fut réservé pour être exécuté le dernier; il dut assister aux souffrances de ses compagnons et concevoir ainsi un amer avant-goût de celles qui l'attendaient lui-même.Ne pouvant échapper à la mort, il résolut d'essayer du moins d'éviter la torture.Quand tous ses camarades furent tombés, et que déjà les bourreaux s'avançaient joyeusement vers lui, il étendit la main et fit signe qu'il voulait parler.Fort intrigués, les sauvages firent droit à sa demande et lui donnèrent un interprète.— Hommes braves, dit-il, vous méritez par votre courage que je vous fasse part d'un charme merveilleux dent j'ai le secret, et qui vous mettra par la suite à l'abri des coups les plus furieux de vos ennemis.Je connais une préparation de plantes qui donne à la peau une dureté si grande qu'aucune arme ne peut l'entamer.Quant un cou a été frotté de cette mixture, il n'y a pas de sabre ni de tomahawk capable de le couper.Faites-en l'expérience.Donnez-moi des gardiens, et sous leur escorte, permettez que j'aille dans la forêt voisine cueillir les herbes nécessaires.L'épreuve se fera sur mon propre cou; quand je l'aurai enduit de la préparation, un de vos plus solides guerriers lèvera son tomahawk et l'abattra de toutes ses forces; il n'effleurera même pas ma peau.Ce discours eut, comme on pense, un plein succès sur les Indiens, gens naturellement enclins à la superstition et fort, crédules en tout ce qui touche au merveilleux.Macpherson fut immédiatement délié, et sous bonne garde conduit dans les bois, où il cueillit, en ayant l'air de choisir, les herbes merveilleuses.Pas n'était besoin au malheureux de grandes connaissances liotaniqucs.Revenu au camp, il fit bouillir ses plantes, et de la décoction se barbouilla le cou.Puis après avoir désigné pour l'épreuve celui des assistants qui lui parut avoir le plus robuste, poignet, il s'agenouilla et posa la tête sur un tronc d'arbre.L'Indien, non sans quelque émotion, leva sa hache et fnippa avec une extrême violence.La tête, comme bien on pense, roula au loin.Ainsi les Indiens furent privés de la satisfaction de torturer le sergent écossais; la mort était inévitable pour l'infortuné prisonnier, mais du moins son courageux stratagème lui épargna d'affreuses souffrances. 14 L'OISEAU BLEU GRAPHOLOGIE Roue de brouette.Un peu vive et étourdie, beaucoup de cœur, une âme ardente et enthousiaste avec beaucoup de bonne volonté et d'amour du travail.Malheureusement ma soeurette manque de cette constance, de cette énergie si nécessaire au succès en tout.Elle est Ènéreuse, serviable, mais d'humeur un peu capricieuse, le a ses idées personnelles que l'obéissance ne peut qu'a demi asservir.Elle aime les travaux d'art à l'aiguille, la peinture et en général tout ce qui est beau et idéal.L'amour-propre et la susceptibilité déparent souvent les belles qualités de ma petite amie.Petite Colombe.Heureux caractère , sans prétention, possédant une bonne humeur habituelle, et se montrant douce et serviable.C'est une âme éprise, d'idéal, aimant le beau ot le bien.Elle est un peu rêveuse et mélancolique, a de l'ordre et aime le travail quoiqu'elle soit plutôt lente à finir une tache.Elle aime les mathématiques ou du moins, elle a beaucoup de dispositions pour cette science.Elle est bienveillante , un peu orgueilleuse et volontaire, affectueuse, avec un peu d'égolsme, discrète et charitable.Étoile polaire.Beaucoup de pénétration, de jugement et do la droiture dans le caractère.Ma petite soeur est nerveuse et d'une nature violente: l'injustice qu'elle aperçoit ou qu'elle croit apercevoir la révolte: elle pardonne difficilement à qui la blesse.Elle est affectueuse, prudente et peu communicative.Elle a de l'ambition, de l'amour pour les choses de l'esprit, du goût et un sens inné de 1 art.Elle prend facilement des airs protecteurs et rien ne lui sied mieux que d'être ehargéo de conseiller les autres.Elle est pieuse, énergique et possède une volonté persévérante.Quo Vadist Volonté tenace, amour de l'ordre et tendances artistiques; désir évident de dominer, mais bonté de cceur et bienveillance.Beaucoup d'activité, d'habileté dans les travaux d'art a l'aiguille et au crochet.Nature un peu romanesque, aimant le changement et rêvant de "jolis chateaux en Espagne." Un peu de susceptibilité et des tendances à se mettre en colère pour des riens.Elle est affectueuse, fidèle â l'amitié, économe et prudente.Le jugement est droit et réfléchi.Elle aime un peu trop la richesse, peut-être pour la facilité de vivre que celle-ci procure.Fiat.Heureuse nature, un peu enfantine, d'une gaieté franche Ixmnc et serviable.Sous des apparences irréfléchies, elle cache im cœur d'or, une (une qui vibre à tous les nobles sentiments.Il y a de la mélancolie dans ce cœur enfantin: elle rêve parfois de dévouement héroïque, d'idéal infini; mais comme elle est inconstante! C est une enfant gâtée do la Providence que les épreuves contribueront à rendre forte et courageuse.Elle manque parfois d'ordre.C'est une nature d'artiste aimant la musique et la littérature.Elle est pieuse et les sacrifices ne lui coûtent pas.Je ne serais pas surprise que cette petite fille en apparence amie du monde et do bps fêtes, n'y renonçât un jour pour se consacrer a Dieu dans la vie religieuse.pourvu toutefois qu'elle soit constante.Blonde aux yeux bleus.Un peu ambitieuse, économe sans avarice, délicate et sympathique.Elle aime le travail mais accomplit habituellement sa tache avec trop de hâte et d'empressement.Elle est vivo, d'humeur railleuse et cause parfois do la peine a ses meilleures amies — sans malice peut-être.— Elle est tranchante et ne souffre pas qu'on discute sur ses opinions personnelles.Heureusement qu'elle possède une volonté énergique qui la fera se corriger de ces petites imperfections.Il ne faut pas oublier que ma sœurette est affectueuse et sait quand l'occasion se présente , se dévouer et s'oublier pour les autres.Margot de Troie.Timidité, amour du beau et du bien.Cœur généreux et bienveillant toujours porté à excuser les autres.C'est une heureuse nature, généralement satisfaite du lot qui lui échoit, discrète, serviable et d'un caractère droit.Elle est un peu susceptible, serait même rancunière, si un jugement droit ne la faisait se mettre au-dessus des names et des ressentiments.Elle met de l'ordre et de l'esprit de suite dans tout ce qu'elle fait, est habile il manier l'aiguille.Elle aime aussi beaucoup la littérature.Annette V.Je ne trouve dans ces trois lignes d'écriture qu'un cœur grand et dévoué, une âme délicate et sensible qu'un orgueil excessif rend parfois méchante.La volonté est tenace, opiniâtre parfois.Louison aux yeux marrons.Nature un peu violente, nerveuse et portée à la mélancolie.Elle aime à causer dans l'intimité et se confie parfois inconsidérément à ses amies.Elle a de l'ordre, do l'économie et beaucoup de bienveillance.Elle est d'humeur railleuse et ses pointes d'ironie causent parfois du chagrin a son entourage.EHe est un peu allière et se pue difficilement à l'obéissance; elle voudrait toujours et en tout occuper l'une des premières places.Elle sait cependant, par esprit de charité ou par sympathie, s'oublier pour les autres.Lilas blanc.Bon petit cœur, humeur gaie et nature heureuse, toujours satisfaite de ce qui lui arrive, mais Iilus âgée qu'elle ne l'écrit dans sa composition.La vo-onté est opiniâtre.Lilas blanc n'aime rien tant que bavarder, elle manque parfois d'ordre et de méthode dans son travail, mais est remplie de courage.Fleurette rêveuse.Amour de l'étude du travail en général et esprit méthodique, ami de l'ordre et du bon goût.Dispositions spéciales pour les mathématiques.Cœur ardent et enthousiaste pour tout ce qui est le beau et l'idéal.Discrétion absolue, franchise et loyauté.Elle est un peu timide, d'une délicatesse oxquiso et d'une grande sensibilité.Elle aimo tout ce qui est beau et artistique, possède d'heureuses dispositions pour la musique et la littérature.Jèromienne amoureuse.Un peu d'exagération en tout ce qu'elle dit ou fait, de l'ordre, de la bienveillance et un grand fonds do sérieux.Elle est active, Sméreuse, un peu recherchée dans ses manières, timi-8 et délicate.Elle a beaucoup do dispositions pour les travaux ménagers, sait attirer et retenir l'attention.La volonté est énergique, l'humeur gaie et facile & plier aux exigences des autres.Une légère susceptibilité la fait parfois juger hautaine, mais il n'en est rien.Elle aime commander et prend facilement des airs protecteurs.Yvon.Bon cœur , loyauté, franchise, amour du jeu.La volonté est un peu opiniâtre, mais il suffit de la prendre par le cœur ixiur le faire obéir.Il est généreux d'humeur, un peu turbulente.Il est très industrieux; ami du travail et persévérant, il va lentement, mais sûrement, et ce n'est pas lui qui s'énervera pour la moindre difficulté.11 est généralement satisfait de tout ce qui lui arrive et est très affectueux, quoique peu démonstratif.Sœur Jeanne.NOTE.— Telle écriture: tel caractère.C'est ce que vous dira Sœur Jeanne, notre graphologue, pourvu que vous envoyiez, chers enfants, avec dix lignes de votre écriture et de votre composition dix sous en argent ou en timbres-poste.Pour recevoir votre graphologie par courrier postal, il faudra envoyer avec le manuscrit, vingt-cinq sous et en plus une enveloppe adressée et timbrée à "SOEUR JEANNE" L"'Oiseau Bleu", 200.rue Saint-Laurent Montréal. L'OISEAU BLEU 15 POURQUOI JE CHANTE Vous vous étonnez que je chante Lorsque vous me voyez souffrir; J'attends la fin de la tourmente; A quoi servirait de gémir t Chanter redonne du courage Quand on est las, sur le chemin Solitaire où gronde l'orage Et qu'on a peur du lendemain.Parfois je chante à perdre haleine Quand j'aurais besoin de pleurer: C'est afin de cacher ma peine A qui pourrait s'en affliger.Ou, pour ne pas briser le rêve Des humbles qui semblent heureux, Je leur fais croire que j'achève Alors quelque refrain joyeux.Pourquoi détruire la chimère Qui fait souffrir les enfants ! Ils connaîtront bien la misère Assez tôt, poutres innocents! Ce n'est pas mentir, il me semble, Que de prolonger leur bonheur Et de rire quand ma voix tremble Sous l'étreinte de la douleur.Et puis, tant d'autres sur la route, Se traînent, plus meurtris que moi, J'essaye d'écarter le doute Qui pourrait ébranler leur foi.Plus profonde est ma meurtrissure Et plus je feins de l'oublier, De peur de rouvrir leur blessure Quand je voudrais les consoler.Afin de dissiper leurs craintes, J'affirme un radieux espoir, Et, pour mieux étouffer leurs plaintes, Je chante du malin au soir.Je crois la douleur bienfaisante, Car elle unit la terre au ciel, C'est pourquoi Dieu veut que je chante Des ici-bas l'hymne éternel.Marguerite Desciiamps.CONCOURS MENSUEL REPONSES AUX QUESTIONS DE JUILLET.1 —En 1834, par M.Ludgcr Duvernay.2 — "Pour réussir dans une entreprise, il faut se résigner aux sacrifices." 3 — De Lamartine, dans "Bénédictions de Dieu." Qui résoudra les problèmes il'août?Tous nos aimables lecteurs et lectrices, n'est-ce pas?Vite, lisez ci-dessous: 1 — Par qui et en quelle circonstance furent prononcées ces paroles: "Allez dire à votre maître que je lui répondrai par la bouche de mes canons" ?2— Pourquoi Christophe Colomb appela-t-il Indiens les primitifs habitants de l'Amérique ?3 — Que doit-on dire au lieu de personne ennuyeuse (dans le sens de qui s'ennuie)1 Dans l'envoi dos réponses on est prié de bien observer ce qui suit: a) Faire parvenir ses réponses au plus tard pour le 25 août à CONCOURS MENSUEL, "L'OISEAU BLEU" 290 , rue Saint-Laurent, Montréal.b) Joindre à chacune des lettres — s'il s'en trouve plusieurs sous le mémo pli —¦ le coupon qui se trouve au bas de la page 15; c) Ecrire lisiblement son nom et son adresse sans se servir de pseudonyme.Concours Mensuels de L'OISEAU BLEU : Août 1924 COUPON D'ABONNEMENT A L'OISEAU BLEU 296, rue Saint-Laurent, Montréal CUndus I.peur.on* d'abonnement.Nom: .Adraêt: . 16 L'OISEAU BLEU ' 'An Royaume desfTapis" Pour embellir votre foyer, 1-e rendre «al, attrayant, beau; Tout ce qu 11 faut vous procurer Se trouve dira FHIauraalt.C'est pratiquer l'économie Que de chercher la qualité: f-ir ta camelote à bas prix Ne vaut Jamais l'argent donné.Cinquante et un ans d'expérience Sont le plus précieux garant »ii*une Maison de Confiance disse offrir à sas clients! PatronUes la plaa aaelenna Hilion Caaadloams-Français* à Montréal.Linoleum, Rideaux, Stores, Toiles, Coton, Etc., Tapis.P | l! MAISON FILIATRAULT 11 Tél.ESt 0636.429, BOULEVARD ST-LAURENT MONTREXî! DROIT, M1 I il c I Ny .P HARM ACIB, ART DRNTAIRB Cours préparatoires du professeur RENE SAVOIE, I.C.et I.E.Bachelier H arts, ès science* appliquées Cour, claulquM, cour, commercial, leçon, particulier».Elèves acceptés en tout temps.Prospectus envoyé sur demande.238, RUE 8T-DENIS, pesas* l'école Polrlechniqi» TELEPHONE: EST 6162 UN ILLUSTRE CICÉRONE Le roi des Belges, Leopold, possédait à Lacken un palais et un parc magnifiques.Deux clames américaines, de passage dans le pays, s'arrêtèrent un jour devant la grille ouverte du jardin, auprès de laquelle se tenait un homme en costume très simple occupé à couper des roses avec un sécateur.Les Américaines pensèrent que c'était un jardinier, et lui demandèrent l'autorisation de visiter le parc.—Je vous guiderai moi-même, leur dit aussitôt cet homme obligeant.Il les mena partout, répondant avec la plus grande complaisance aux nombreuses questions que les étrangers lui posèrent sur la cour, sur le roi et sur la famille royale.Lorsqu'elles prirent congé de lui, ces dames lui mirent une pièce de 10 francs dans la main, en lui demandant, si, grâce à ses relations avec le personnel du château, il ne lui serait pas possible de leur faire visiter aussi l'intérieur du palais et les appartements du roi.Lear cicérone répondit (nie malheureusement cela lui était impossible, mais qu'elles pouvaient écrire afin de demander une invitation pour la féte qu'on allait dans trois jours donner au palais.Les Américaines suivirent son conseil.Elles demandèrent et obtinrent l'autorisation.Le soir de la féte, elles accoururent avec empressement au palais.IMPRIMERIE POPULAIRE Limités 336-340.mus notrb-damb (st.montreal Bientôt on annonça le roi, et les deux dames reconnurent, stupéfaites, dans la personne de Leopold celui qu'elles avaient pris pour un jardinier.Il portait, suspendue au cou, la pièce d'or qu'elles lui avaient donnée, et leur sourit gracieusement en passant.L'HIPPOPOTAME Avec sa tête énorme, ses petits yeux et i oreilles minuscules, l'hippopotame nous apparaît comme l'une des bêtes les plus laides de la création.Son corps difforme est juché sur des pattes de basset.Ce monstre n'a pas plus d 1 m.50 de hauteur à cause précisément de ses pattes si courtes.C'est un animal redoutable, mais qui le serait davantage encore si ses pattes étaient proportionnées à son corps.Quoique l'hippotame soit un herbivore, il n'hésite jamais il attaquer l'homme.Malheur nu bateau qui s'aventure parmi un troupeau d'hippopotame.Il est attaqué aussitôt et broyé avec ceux qui le montent.La gueule ouverte de cette terrible bête fait songer à une caverne, et elle est hérissée de dents d'un ivoire tellement dur que rien ne peut leur résister.La peau de l'hippopotame, extrêmement épaisse et huileuse, recouvre une couche de graisse qui le tient chaud |>cndant ses longs séjours dans l'eau.Cette masse formidable de chair nage et plonge comme un poisson.Ce qui étonne, c'est que l'animal puisse rester sous l'eau sans respirer pendant plus de dix minutes; mais quand il remente à la surface, il semble prendre plaisir à faire fonctionner ses narines, et il souffle avec un bruit qui imite le sifflet d'un navire.A quoi peut servir un pareil animal ?vo> demandez-vous peut-être.Eh bien, avec ses dents terribles il arrache et dévore sans cesse les hautes herbes qui croissent dans le lit des rivières aux pays chauds; il les parcourt sana cesse, en quête de subsistance, et sert ainci de drague à la nature.Sans lui, les fleuves d'Afrique seraient sans doute obstrués depuis longtemps par la végétation et inonderaient tout le pays ayoisinant, créant des lacs et des marais malsains.
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