L'oiseau bleu /, 1 janvier 1925, mars
PER CON OiseauBlEU ReYue mensuelle illustrée pour la Jeunesse publiée par la SOCIETE ST-JEAN-BAPTISTE DE MONTREAL Téléphone: PLATEAU 3768 Abonnement annuel: f>() SOUS Rérlaclion, .iilmini~lralii.il et publicité: 296.RUE SAINT-LAURENT MONTREAL Vol.V —No 3 MONTRÉAL, MARS 1925 Le numéro: 5 sous Le Serment — La Ruse Mon ehcrPaul, n'avons-nous pas vu, il y a quelque temps, que les Anglais s'étaient emparés de Port-Royal en J710 et que par le traité d'Utrecht 2 L'OISEAU BLEU (1713) l'Acadie passait définitivement a 1'An-eleterre?Il me semble «pie le sort des Acadiens était réglé pour toujours.D'où viennent donc les misères sans nom qu'eurent à endurer ces pauvres colons?— Ecoute-moi bien, Jeanne, je vais m'effor-cer de t'expliquer clairement la chose.Dans un pays conquis, les habitants doivent prêter le serment de fidélité au conquérant ou quitter la contrée.Voici dans sa forme la plus simple le serment que devaient prêter les Acadiens: "Je jure et promets fidélité au roi d'Angleterre.Ainsi Dieu me soit en aide." Au premier abord, cette formule paraît fort acceptable pour une population catholique; mais elle comportait des sous-entendus incompatibles avec l'honneur et la dignité de colons français.Ainsi, elle signifiait que les Acadiens appartenaient aux Anglais, de telle sorte que en cas de guerre ils étaient obliges de prendre les armes et de combattre non seulement les Abénaquis leurs plus fidèles alliés, mais même leurs compatriotes français; aussi les Acadiens refusèrent-ils de prêter ce serment sans les restrictions voulues.— Ah! je commence il comprendre! — Ce n'est pas tout.I-e traité d'I'trecht garantissait aux colons français de l'Acadie la propriété de leurs biens et le libre exercice de leur religion.( eux qui désiraient émi-grer avaient "la liberté de se retirer ailleurs dans l'espace d'un an avec tous leurs effets mobiliers".Les Acadiens décidèrent unanimement clc se transporter dans les colonies françaises du golfe, ("était leur droit, mais cette décision alarma les Anglais.'L'émigration, s'écria .Samuel Vetch, le premier gouverneur anglais de la Nouvelle-Ecosse, aura pour effet de ruiner le pays au profit du < 'ap-Breton".Et alors comment ravitailler la garnison anglaise d'Amérique et comment cette dernière résistera-t-elle aux attaques des Abénaquis?A tout prix il fallait donc retenir les colons français et les river au sol.rendant quarante ans, les gouverneurs anglais fermeront la route aux navires français qui voudront venir chercher les Acadiens et ils défendront aux navires anglais de les transporter.Les deux premiers gouverneurs n'exigèrent pas le serment.I-e troisième, nommé l'hilipps, voulut imposer aux Acadiens, en 1720, le serment de fidélité au roi George ou de quitter le pays dans un délai de Quatre mois sans rien emporter de leurs effets.Niais, c'était contraire au traité d'I'trecht qui leur |>ennettnit île se retirer avec tous leurs effets mobiliers.— Il faut remarquer aussi que la reine Anne leur avait même a.nié le privilège de vendre leurs terres.— A qui vendre ces terres puisqu'ils étaient les seuls habitants de la province ?— Les Acadiens ne pouvant avoir de vaisseaux ft leur disposition commencèrent à ouvrir une route ft travers les bois pour aller rejoindre leurs frères des Mines en territoire français.I>es Lords du commerce et le secrétaire des colonies apprenant la chose, conseillèrent à l'hilipps d'abandonner son projet; ce dernier eut le bon esprit de se désister de son ordonnance.En 1729, Amstrong, homme violent et brutal qui se suicida, extorqua, par intimidation, des habitants d'Annapolis, le premier serment qui ait été prêté en Acadic.Mais les autres Acadiens refusèrent île 96 rendre; ils se préparaient a quitter la contrée lorsque l'hilipps vint réparer les bévues de son lieutenant.— Mais alors, pourquoi les Anglais mettaient-ils toutes sortes d'entraves au départ, des Acadiens qui voulaient quitter le pays?— Je te l'ai dit, il y a un instant; ils craignaient la solitude et les Abénaquis: en un mot, ils avaient alors un besoin absolu des Acadiens.- Et dire qu'à |>eine vingt-cinq ans après ce qui vient d'avoir lieu, on déporta les malheureux Acadiens comme de vils esclaves, aux (piatre coins du monde! — Lorsque la France déclara la guerre en 1744, a l'Autriche, a l'Angleterre et à la Hollande, la Nouvelle-France caressa l'espoir de reprendre l'Acadie, tandis que la Nouvelle-Angleterre crut l'occasion venue d'en finir avec le Canada.Duquesnel, gouverneur de Louisbourg, s'empressa d'armer de nombreux corsaires pour courir sus aux navires anglais.Il envoya Du Vivier son lieutenant, attaquer l'Ile de Canseau, petit poste de pêche gardé par 80 hommes.A la première sommation le commandant anglais se rendit; le poste fut réduit et la garnison transportée il Louisbourg.Encouragé par ce facile succès.Duquesnel résolut de s'emparer d'Annapolis qui n'avait que 80 hommes de garnison et dont les fortifications tombaient ou ruines.Le gouverneur de Louisbourg comptait sur un soulèvement général des Acadiens et des Sauvages.11 se trompait.Les Acadiens refusèrent, prétextant leur rôle de "Français neutres" visa-vis des deux couronnes; c'est ce qu'ils avaient revendiqué dès le début de l'occupation anglaise et consacré par la convention de 1730.Du Vivier, avec 90 réguliers, rallia sur sa route 300 à 400 sauvages et mit le siège devant Annapolis, mais il dut.se retirer.La neutralité des Acadiens avait conservé aux Anglais toute la Nouvelle-Ecos.se. VO I S E A U BLEU S — Ironie des choses; dans dix ans, les Anglais chasseront ignominieusement les Aca-diens comme ayant manqué de loyauté à l'Angleterre.Heureusement qu'il y a une autre vie où justice sera rendue A tous, sans acception de personne! — On connaît ce qui suivit.Louisbourg, assiégé, succomba; la France fit d'inutiles efforts pour reprendre cette place forte.Entre temps, de Ramezay étai' arrivé de Québec aux Mines, juin 1740, avec 080 Canadiens pour aider le duc d'Anyille dans son attaque contre Annapolis; il investit la place, mais en apprenant le désastre de la Hotte française, il se retira d'abord à Beaubassin puis se rendit à Québec, Le traité d'Aix-la-Chapelle rendit • Louis-bourg et l'île du Cap-Breton à la France (1748).— Enfin les pauvres Acadicns vont pouvoir vivre en paix pendant quelques années.— Oui! mais la dale falidiquo approche.Halifax est.fondé (1740); trois ans après, cette ville compte déjà 4,000 âmes.Les Acadicns sont au nombre d'environ 9,000 dans la vallée d'Annapolis.Au bassin des Mines et à Chineotou, ils ont bien gardé la plus stricte neutralité pendant la dernière guerre, mais les Anglais se sentent déjà forts.Cornwallis promulgue une ordonnance royale obligeant les Acadiens à prêter le serinent d'allégeance sans aucune restriction, sous peine de quitter le pays dans l'espace de trois mois, sans rien emporter de leurs biens mobiliers.Les Acadiens réponditent qu'ils s'en tiendraient aux conditions d'autrefois, sinon, ils quitteraient tous ensemble le pays.Cornwallis fit comme ses prédécesseurs; il refusa de les laisser partir.De 1752 A 1755, Les Acadiens ne furent plus inquiétés à propos du serment d'allégeance; ils crurent que désormais ils allaient vivre heureux.C'était le calme précurseur de la tempête.Les Anglais venaient d'éprouver une suite de revers: dans la vallée de l'Ohio, Washington avait été obligé de capituler au fort Nécessité (1754), Braddoek, battu A la Mononga-héla, avait perdu 900 hommes et mourait quatre jours après (1755); Shirley n'avait eu aucun succès dans son entreprise contre Niagara (1754).F.n Acailic, les Acadiens s'en tenaient A la neutralité promise.Shirley en profita.II leva une armée de 2,000 hommes et en confia le commandement au colonel Moncton.Au commencement de juin, il était à quelques milles du fort Benuséjour, où commandait l'inepte Vergor, qui capitula honteusement.Le fort Gaspareau fit de même.Tout était perdu pour les Acadiens.Lawrence, le gouverneur d'Halifax, allait rendre sa mémoire odieuse au inonde civilisé, et stigmatiser sa nation d'un crime infamant dont elle ne relè- vera jamais.Avec une habileté diabolique, il prépara la déportation des Acadiens, fit main basse sur les dépouilles de ces malheureux et promena le fer et le feu à travers toute l'Acadie française.Élie de SALVAIL.Le Coin du Curieux LE DOLLAR CANADIEN DEVIENT LA PLUS FORTE DEVISE DU MONDE ENTIER.Dans le "Paris-Canada" du mois de septembre, on lisait: "Le dollar canadien a fait prime sur le dollar américain.Le Canada est à la tète de tous les pays du monde par la valeur de ses exportations "per capita" et il s'est placé au quatrième rang des nations par le volume de son commerce extérieur.Le Canada, pour les douze mois de son dernier exercice, a une balance commerciale favorable d'environ deux cent millions de dollars.Le Canada avec ses huit millions d'habitants, manifeste une activité, une capacité d'action et de production, une ardeur aux tâches nécessaires et une foi dans ses destinées, qu'il convient de souligner.Rien ne peut arrêter le Canada dans sa marche vers l'avenir." UNE RÉCEPTION A CHICAGO Voici comment fut reçu à Chicago le nouveau cardinal Mundelein, A son retour de Rome.Deux cents piètres, un groupe imposant de laïques, et un Comité officiel nommé par le maire de Chicago, se rendirent A New-York pour assister au débarquement de Son Eminence.Le Berengaria entra dans le port au son des sirènes et des fanfares.Un train spécial avec "chapel car", attendait le cardinal Avant d'arriver A Chicago, l'archevêque put célébrer la messe Une foule évaluée A un million de personnes attendait le nouveau prince de l'Église.Ce fut un triomphe.Avant de pénétrer dans sa cathédrale, on remit à son Eminence un journal reproduisant les photographies prises au point de départ du cortège dès sa descente du train! Au cours des fêtes qui se célébrèrent, on présenta au nouveau cardinal, un chèque l'un million de dollars, résultat de la souscription pour la fondation d'un grand-séminaire dans le diocèse de Chicago.L'histoire religieuse de Chicago commence avec l'intrépide missionnaire Père Marquet- (Suile de la page IV LE FILLEUL DU ROI GROLO CONTE DE FÉES — (Suite) mmtm 11 am m ¦ ¦ ¦ ¦¦ ¦¦ ¦1 1 wm mm 11 ¦¦¦ m m 1.11 ¦ Mais le dernier soir vint.Jean, épuisé par l'affreux combat intérieur du jour, ne se sentait plus aucune énergie.Il demeurait immobile, pauvre loque, à la merci de toute volonté qui se substituerait a la sienne.Aux premiers coups du gnome, cependant, il fut debout.Ses yeux hagards, ses pas incertains faisaient mal .1 voir.Il s'arrêta prés de la porte, tordant misérablement ses mains.Mais, entendant s'éloigner le «nome, il parut brusquement dans le corridor et appela: "(inouïe, «nome, reviens, de grâce.Puis, retournant à sa chambre, il s'affaissa sur un siège.I.e gnome accourut et s'empressa.Il y avail dans ses petits yeux qu'ils baissaient avec peine, une flamme de triomphe.Il tenait sa victime! "Eh bien, Jean, dit-il doucement, que veut dire ceci?—Seigneur-gnome, dit Jean, sans lever les yeux, voulez-vous décider à ma place?.le n'en puis plus.Voyez!.Je ne veux ni partir, ni demeurer ici.Si vraiment, vous avez les moyens de me faire sortir du souterrain, disposez de moi.comme vous le feriez d'un enfant." Le gnome pressa avec affection la main de Jean, mais se garda bien de prononcer une parole.Vivement il sortit d'un placard un large manteau et en enveloppa le bûcheron.Il grimpa à cet effet sur un bahut.Il s'assura que l'épée de Jean était à son coté.Il sourit, voyant un poignard liasse à sa ceinture.Tous deux s'engagèrent dans le long corridor.Tout au fond, Jean vit le petit vieillard se pencher et soulever une pierre.Un escalier apparut.Ils le descendirent rapidement.Les fugitifs se trouvèrent dans le vaste hall d'entrée.A la grande surprise du gnome, Jean s'arrêta tout à coup."Eh! Jean, cria le petit vieillard, que fais-tu, nous n'avons pas une minute à perdre.Nous sommes près de la salle du trône.On peut venir." Jean s'entêta."Gnome, dit-il sèchement, je veux glisser sous la porle de la salle du trône un mot d'excuse à votre roi et quelques paroles de gratitude à mes professeurs.Hien ne saura m'en empêcher.J'avais oublié cet élémentaire devoir de courtoisie." I.e gnome frappa du pied, s'emporta, menaça, injuria.Hien n'y fit.I.e bûcheron écrivait tranquillement.Mais sa main tremblait dans l'ombre.Enfin, ayant jeté près de la porte sa missive, il se remit en marche."Fou.ane buté, triple sot, sale bûcheron, grommelait le gnome, ton imprudence aurait pu coûter cher.Ta reconnaissance intempestive.Ah! hurla-t-il soudain, en se rejetant en arrière.Malédiction!.Je ne m'étais pas trompé!.Par Satan, nous sommes pris.Vois!" I.a porte dorée s'ouvrait avec hâte et grand bruit.On pouvait croire que la lettre de Jean avait eu cette puissance d'en faire jouer rapidement les gonds.Dans l'embrasure de la porte, resplendissant de clarté, de blancheur, de grâce, couvert de son long manteau d'hermine et entouré de ses gardes, apparaissait le roi des gnomes.Il étendit vers les fuyards son sceptre d'ivoire et de perles."N'allez pas plus loin, misérables!" commanda-t-il.—Viens, viens, chuchota impérieusement â l'oreille de Jean, son compagnon, le gnome.Dégaine, petit.Prouve que tu es en révolte contre les lois arbitraires de ce pays.C'est ta dernière chance." Mais Jean n'obéit pas.Il poussa un profond soupir, pencha la tète sur sa poitrine, se drapa dans son manteau et attendit.Plusieurs des serviteurs du roi coururent à eux.Jean fui ligotté, désarmé, traîné dans la salle du Irône.Il n'opposa aucune résistance.I.e remords faisait déjà sentir son dard aigu dans son âme.l'nc influence diabolique l'avait donc tenu jusque là?.Qu'avait-il fail, grand Dieu, qu'avait-il fait?" Son compagnon, au contraire, fit entendre des cris aigus et des jurements.On l'enchat-na.Il s'engloutît dans une cave qui s'enlr'ou-vrit sous ses pieds.I.e procès de Jean s'instruisit séanciLtenante.L'étrange procès!.On ignora totalement le coupable.Il demeura perdu, entre ses gardes, dans un coin de la salle.Devant le roi, on amena, chargés de chaînes, sous lesquelles ils succombaient, les douze professeurs de Jean.Le bûcheron, en les voyant si ignominieusement traités, eut un cri de douleur.Il voulut s'élancer.Ses liens faillirent se rompre."Sire, sire, gémit-il, en retombant, impuissant, pas eux, mes maîtres bien-aimés, pas eux, n'ont-ils jamais fait autre chose cpie du bien!" Son cri se perdit dans le brouhaha qui régnait dans la salle.Des gnomes, par centaines, envahissaient la pièce.CHAPITRE VI l.A JUSTICE DES GNOMES La foule minuscule des gnomes entrait sans bruit et se rangeait avec prestesse.Bientôt, Chaque coin du long souterrain, la moindre infractuosité de rochers furent garnis de petites têtes remuantes cl blanches.Un bruit grandissant de crécelles remplit l'air.Le roi entra.En moins d'un instant, le si-lence régna, suprême, émouvant, chargé de mystère, lin gnome vêtu de noir, coiffé d'un bonnet de même couleur, portant lunettes, lent, majestueux, serviette en main, parut.Il vint s'incliner (levant le roi.Dépliant un parchemin orné d'un large ruban noir, il lut à voix haute l'acte d'accusation porté contre les douze professeurs de Jean.De la culpabilité de Jean lui-même, pas un mot, pus une allusion.Puis, le gnome roula le parchemin avec solennité et se mit à parler.Son accent devint coupant et net.Il fut tour à tour railleur, cruel, rude, fumant de colère.Aux plaisanteries et aux sarcasmes succédèrent les reproches et les JE ' I.' OISEAU BLEU menaces.La salir restait silencieuse.Immobile, lourde.Seules, des plaintes s'élevaient parmi les accusés.Un à un, on voyait les gno-mes chanceler, tomber, leurs membres frêles s'écrasant.se meurtrissant sous les chaînes pesantes.Kl Jean'.1 Toujours gardé à vue par les officiers du roi.il semblait anéanti.La tète basse et les yeux clos, il ne bougeait plus.A l'observer, on remarquait, toutefois, qu'à chacun des gémissements des accusés, un long tressaillement le secouait.Le gnome noir se lut.L'assemblée s'agita avec bruit.On approuvait.On désapprouvait.On discutait.Des trompettes jouèrent et les gardes, une épéc nue à la main, parcoururent les rangs, imposant partout le silence.L'heure île la justice allait sonner.Le roi se souleva lentement.Comme la sévérité lui coûtait au tendre petit monarque! Il tremblait.Son regard implorait.Il réagit cependant et demanda qu'on lui apportât je m en prenne, à qui .sinon a vous, SCS professeurs inhabiles ou imprudents.Vous n'ignoriez pas.non plus, en votre qualité de gnomes, les pénibles conséquences de la faute de cet enfant.Ah! ce n'est (pie justice que par cette épée." l'n cri semblable à un rugissement couvrit en ce moment la voix du roi.Jean venait de réussir à briser ses liens et à écarter ses gardiens.Il accourait, l-'ou de douleur, de honte, de colère, il saisissait l'épée.La frénésie de son désespoir décuplait ses forces.Il mit l'arme en pièces, tu à un, il en jeta les tronçons aux pieds du roi.Sa tête ardente et pâle se dressait, hautaine, défiante.Il haletait.Soudain, sa fougue tomba.Le regard toujours doux, mais inflexible et pénétrant du petit roi lui entrait jusqu'à l'âme.11 en ressentait une indicible souffrance.Se courbant très bas, tordant les mains, il dit la voix brisée: "Sire, pardon.je m'égare.Mais je souffre tant!.je souffre!.Tuez-moi, sire, pur pitié!.l'épée de .lean.Quatre gnomes la soulevèrent aussitôt en face de lui."Gnomes coupables, infidèles sujets, prononça tristement le monarque, insoucieux de notre royale volonté, vous n'avez pas su accomplir notre désir.Cette épéc, celle de votre élève, va donc devenir l'instrument de votre supplice.On tranchera vos tètes, car la sagesse en a fui.Ah! qu'avez-vous fait, dites, qu'a-vez-vous fait de celui qui ne devait porter une épée qu'avec fierté?.N'élicz-vous pas en nombre suffisant pour lui enseigner qu au-dessus de toutes connaissances comme de tout talent, il y a l'honneur, il y a la droiture, il y a la loyauté?Le secret de la véritable vaillance ne lui disiez-vous pas qu'il se trouvait dans les déterminations d un coeur dédaigneux des compromissions?., .Hélas! il n'a fallu que huit jours, vous le savez, gnomes, pour que le seul traître qu'il y eût parmi vous, jiùt réussir à empoisonner cet esprit!.En lace de la déloyauté de votre élève, à qui voulez-vous que Ayez ce geste de clémence !.Je souffre.Je ne puis supporter la torture de mes maîtres.S'ils meurent par moi.que je meure avec eux! .Sire, souvenez-vous, l'épée qui gît devant vous, l'ai-je levée contre vous tout à l'heure?Ah! j'aurais plus volontiers perdu la vie que d'avoir consenti â ce geste de félon.Je suis coupable, sire, oh! bien coupable, mais mon âme reste sans bassesse.Je suis l'élève des gnomes!" Des exclamations, des cris partirent des quatre coins de la salle.On entendait les mots: "Clémence 1 clémence!' ' Le roi leva son sceptre.On se tut."Est-ce l'heure de la clémence ou de la justice?" demanda-t-il avec la même tristesse calme.Puis, sans regarder Jean, il fit un geste.Des gardes accoururent.Jean fut chargé de chaînes.On l'entraîna en arrière.Le roi se pencha, pensif, sur les tronçons de l'épée.Il tendit son sceptre au-dessus d'eux.O surprise, on les vit se rapprocher, se coller, L'OISEAU BLEU se souder.Tous les Ironçons, sauf uni Un!.La fine pointe de l'ormeI Le roi attendit quelques minutes, puis décrivit dans l'air, du bout (le son sceptre, un cercle magique.Il fit ensuite retomber le royal attribut sur le dernier tronçon, il ne bougea pas.Les cris reprirent dans la salle, aigus, assourdissants, semblables à des fifres en complet désaccord.De temps l'ii temps, tics mois, toujours les mêmes, perçaient le tintamarre : "Sire, la justice cede!.('lenience, sire, clémence!" Le roi attendit que le tumulte prit fin.Alors, de sa voix émouvante, il prononça: "Oui.c'est vrai, la justice cède.La résistance de l'épée m'en avertit, (inouïes, j'adoucis voile sentence.Vous vivrez.Mais durant les derniers mois que passera parmi nous voire élève, cette arme sera suspendue au-dessus de vos lètes.Il n'en tiendra qu'il Jean pour qu'elle accomplisse, en un instant, son oeuvre sanglante, (lardes, conduisez les coupables dans une des caves profondes du souterrain.Ils y seront considérés comme des gnomes déclins, privés de Ions pouvoirs enchantés.Et il en sera ainsi jusqu'à ce que l'expiation soit jugée suffisante, ce qu'il m'appartiendra seul de décider.Allez!" Dés qu'on eut traîné au dehors les pauvres petits accusés, inertes, méconnaissables, le roi reprit la parole: "Hélas! il nous faut mainte-liant voir d'autres conséquences douloureuses de la faute d'un enfant sans courage.Gnomes, vous le savez, je ne puis épargner à personne ce spectacle." La voix du petit roi se voila."Au miroir, au miroir", cria d'une voix ferme, un des officiers du roi.Les lumières s'éteignirent.Le large rideau, à droite du roi, s'écarta avec bruit.Et .lean fut amené devant l'impitoyable objet.Il frissonna.Il se rappelai! son écrasant pouvoir de vision.Ah! que lui réservait-on encore ?Et qu'elle était lucide et sans merci, la justice des gnomes!.11 se sentait, cependant, moins affaissé.Ses maîtres vivraient, et on avait parlé d'expiation.Qu'il la souhaitait 1.Des larmes coulaient lentement le long de ses joues.Le miroir s'Illumina, On aperçut un petit salon aménagé avec un luxe royal.Quatre personnes, aux attitudes diverses, s'y trouvaient réunis."L'interprète!" clama l'officier du roi."—Me voici, me voici, seigneur", répondit une voix barytonnanle.aux riches inflexions.In gnome, velu de velours violet, s'inclinait d'éjà devant le roi, puis, rapidement, grimpait sur l'estrade à droite de Jean.Il regarda quelques instants les personnages du miroir.Oui, il voyait là un roi, morne, douloureux, qui cachait sa pauvre figure dans ses mains tremblantes; une reine, à la bouche tordue par l'envie et dont la main impérieuse, chargée de bagues donnait un ordre; un seigneur dont l'insolent et faux regard se posait avec insistance sur une ravissante petite princesse blonde, agenouillée, qui pleurait et invoquait du secours, ses petites mains frémissantes accrochées au bras du roi.Et déjà Jean comprenait.N'avait-il pas devant lui son ennemi triomphant, le lâche et Impertinent seigneur de la forêt?Le coeur du jeune bûcheron battait à grands coups; l'humiliation, la rage, le désespoir brûlait de nouveau son être.L'interprète parla.Son accent apportait dans l'âme de chacun un peu de la détresse et de la misère qui accablaient le roi et la douce petite princesse en larmes.L'interprète disait: "(irolo, notre ami cher, souffres-tu assez?Es-tu assez frappé dans les affections comme dans chacun des actes de ta royale volonté?.Tes gnomes fidèles, tu les appelles, n'est-ce pas?.Hélns! nous ne pouvons rien pour toi en ce moment, rien.Et demain, qui sail?Ah! si nous pouvions te secourir sans l'entremise d'un de tes semblables!., ."(irolo, noire ami cher, comme la dure domination de la reine Epine et de son parent, le seigneur de liochedure te tient pantelant, misérable, désespéré.Ah! tu ne connais que trop le pouvoir enchanté qui se cache derrière les ennemis.I.a fée Envie triomphe.Sa cruauté invente chaque jour un supplice nouveau."Et loi, tendre petite Aube, tes yeux de colombe ne connaissent plus que les larmes.L'ignoble union que rove la reine va-t-elle donc s'accomplir?Tu donnerais la jeunesse, ta beauté, ta grâce au plus vil des êtres.Comme il te lient sous sou regard fascinant de vipère!.Qui ne souhaiterait le délivrer de l'emprise de cet être méprisable, à la conscience ehontée?" Jean gémissait lout bas.Chaque parole de l'interprète lui semblait ainsi que le tourment d'un fin poignard entrant sans relâche dans sa chair vive.Et quels sentiments contradictoires le bouleversaient! l'n émoi inconnu le tenait confus, haletant.Qu'était-ce que cet élan irrésistible qui le jetait vers l'exquise enfant blonde, qui pleurait silencieusement près de son père.Sa faiblesse et son trouble lui prenaient toute l'ànie.Tour lui épargner une seule larme, un soupir, il aurait liasse sans hésiter par le fer et par le fou.Ah! qu'était cela?.qu'était cela?.Jean fermait les yeux, puis les rouvrait aussitôt, impuissant à fuir l'attrait de la douce figure d'Aube.Que e'élail là à la fois une torture et un délice! Le silence régnait dans la salle.Soudain le miroir se brouilla.Tout disparut.Le coeur de Jean se serra."Petite princesse Aube, souffla-l-il tout bas.je ne serai heureux maintenant que si je te revois." La voix de l'interprète le tira vite de son abattement.Avec un frisson terrible do lout son être, Jean entendit ces mois: "Nous sommes dans la maison d'un des bûcherons de la forêt." Il se trouva debout.Oppressé, les yeux agrandis, il voyait là, devant lui, son père, sa mère, son frère chéri.Biaise dont la vue faisait mal à voir.Emaeié.décharné, il se tenait assis, sa tête pâle soulevée sur ses oreillers afin de respirer un peu.Douloureusement, il tenait à la main, regardait et baisait une petite gravure que Jean reconnut aussitôt.N'était-ce pas le dernier cadeau qu'il avait fait à son frère?Comme tout semblait pauvre et misérable autour de ses parents! La maison était vide de meubles; les bûches près de la cheminée étaient rares.Sur la table, il n'y avait plus comme jadis d'humbles et odorantes fleurs de la forêt, ou quelque fruit appétissant.Mais pourquoi?.,.Pourquoi?Et l'interprète dit tristement: "Ceux-ci sont encore des victimes de la fée Envie! N'a-t-elle pas appris qu'un des bûcherons de la forôt avait fidèlement caché et ravi à tous les regards durant neuf ans sa montre enchantée?Aussi s'applique-l-elle impitoyablement à faire L'OISEAU BLEU 7 du mal à Ions 1rs bûcherons.Elle les prive de leurs biens.Elles pèsent sur leurs esprits qui deviennent sombres et irritables.La mission de remédier à ces douleurs, qui l'a donc?Qu'il se lève, ce sauveur, el que, rapide, il s'emploie a la délivrance! Mais malheur, trois fois malheur à celui qui, manquant de courage, trompera l'espoir de ces Coeurs si ni ff rants!" Le gnome s'interrompit.Il courut vers Jean avec plusieurs de ses compagnons.Le jeune bûcheron, sous l'empire d un chagrin insoutenable, s'abattait sans un cri, face contre lerre.Son coeur n'avait pu voir, sans celte fois y succomber, la détresse des siens, leurs regards de pauvres êtres traqués el implorants.Et.mon Dieu, mon Dieu!.ne disait-on pas qu'il y avail contribué.Et ce fui une clémence.enfin! que cet évanouissement, car le jeune bûcheron venait de vider, durant les heures du procès chez les gnomes, le calice jusqu'à la lie.Marie-Claire DAVBLVY (A suivre) A travers l'histoire ",1k US souvikns." 17 mars.— Mort du Pire l/demant.Le martyre du l'ère Lalcmant dura dix-sept longues heures.Enveloppé des pieds à la tète, décorées de sapin auxquelles on avait nus le feu.il endure d'indicibles tourments oui lui arrachent des soupirs et de» gémissements: ses bourreaux jubilent et se moquent de iui; ils le scalpent et lui versent de l'eau bouillante sur la tétc en dérision du baptême; ils lui arrachent les veux qu'ils remplacent par des tisons ardents; ils taillent des laml>eaux de sa chair et exercent sur lui mille uutres cruautés.Enfin, un iroquois l'assomme d'un coup île hache.Des miracles sont attribués il l'intercession des Pères Brébccuf et Lalemant.On travaille à la cause de leur canonisation.Septième et huitième croisade I2J,S-IS6S.Louis IX (saint Louis) roi de France, avait fait vœu de prendre la croix s'il était guéri d'une maladie qui l'avait conduit nux portes du tombeau.Guéri, il s'embarque à Aigues-Mortcs avec 10.000 hommes, débarque a Donuette et s'en rend maître, mais est vaincu à la bataille de Mansourah el tombe an pouvoir des Musulmans avec deux de ses frères.Il offrit Damictte pour sa rançon et 800,000 pesants d'or (îl,200,000! pour celle de ses chevaliers.Le roi se rendit en Palestine où il resta quatre ans, réparant les places fortes et édifiant les chrétiens par ses austérités.Retourné en Trance, saint Louis s'appliqua à faire régner dans ses Etats la justice et la paix.En 1208, le saint roi partit avec 60,000 hommes pour aller au secours des chrétiens d'Orient.Arrivé en Afrique, il mit le siège devant 'l'unis, mais les maladies contagieuses envahirent le camp; le roi lui-même en fut atteint et mourut saintement.Ainsi (mit la huitième et dernière coisade.17 mars.— Saint-l'alriee, a/iôtre île l'Irlande.Patrice naquit en Ecosse, vers l'an 372.A l'âge de 16 ans, il fut enlevé par des pirates puis vendu en Irlande, où pendant six uns, il s'occuria de la garde des troupeaux.Un ange lui apparut sous la forme d'un jeune homme, lui ordonna de creuser la terre et le jeune esclave trouva l'argent nécessaire pour racheter sa liberté.Il se rendit dans les Gaules, puis alla trouver le pane Célcstin 1er qui l'ordonna évêque et l'envoya en Irlande.Son apostolat fut une suite de prodiges; Léogar, le roi le plus puissant du pays, lève son épée pour fendre la tête à Patrice, sa main demeure paralysée; il envoie des émissaires pour le tuer, Dieu rend I évêque invisible ; on présente au saint une coupe empoisonnée, il la brise en faisant le signe de la croix.Il chasse de la contrée les reptiles qui s'y trouvent.L'infatigable ai*Mrc parcourt sans relAchc ,cette Ile, appelée depuis l'ile des saints, et en convertit tous les habitants.La prière et la jiénitcncc étaient la force du suint.Il mourut a un Age avancé comblé de mérites.90 mars 166'!.— Is.m'ec-roi Tracy érir dans un naufrage, le Marquis de Tracy fit vœu d'aller faire un pèlerinage il .Sainte-Anne et de faire un don généreux s'il échappait au danger.Le 30 mars 1000.le Marquis de Tracy, accompagné du Gouverneur et d'une trantaiue de |>crsonnes, se rendit ft Sainte-Anne pour remercier la grande sainte de sa protection.Quelques temps après, le 17 août 1666, monsieur de Tracy, accompagné de Mgr Laval, se rendit encore ft Sainte-Anne et donna un très beau tableau pour l'autel.A cette époque reculée, sainte Anne avait déjà manifesté sa puissance aux habitants du pays.La vénérable Mère Marie de l'Incarnation, écrivait le 30 septembre 166",: "A sept lieues d'ici il y a un bourg appelé Petit-Cap.où il y a une église de Sainte-Anne dans laquelle Notre-Seigneur fait de grandes merveilles en faveur de cette sainte mère de la très sainte Vierge.On y voit marcher les paralytiques, les aveugles recevoir la vue et les malades do quelque maladie que ce soit recouvrer la santé." Des Érabi.ks.-:o:- BONS MOTS Un mauvais barbouilleur, qui voulait absolument passer pour peintre, rcpélail qu'il allait faire blanchir le plafond de sa salle et qu'il le peindrait ensuite.Quelqu'un lui dit: "•Croyez-moi, commencez par le peindre; vous le blanchirez après." * * * Louis XV avait pour valet de chambre un homme estimable, mais sérieux el peu disposé il la plaisanterie.Un soir qu'appuyé sur un balcon, ce serviteur attendait le coucher du roi, Louis XV entre el, dans un mouvement de gaieté peu séanl pour un roi, mais qui était provoqué par l'attitude de ce valet de chambre, il lui applique une claque des mieux conditionnées.Le valet de chambre se retourne lestement pour riposter: mais, reconnaissant Sa Majesté: "Parbleu! Sire, dit-il avec humeur, allez badiner avec vos pareils." * * * Le comte de .dit un jour à un financier qu'il visitait: "Je viens de dîner avec un poète qui nous a régalés au dessert d'une excellent épigramme." Aussitôt le financier fait venir son cuisinier; "D'où vient donc, lui dit-il, que tu ne m'as pas encore fait manger des épiijrammesV LE MARQUIS DE MONTCALM Récit du chanoine Emile Chartier.1712 - 1759 Illustrations d'O.-A.Léger.Né en 1712.le futur Mayard M prépara, dès 1727, n la rarrlère mililaire qui s'ouvrit pour lui en 17.'t2.Tan-lôt 11 suit son regiment, celui de Hainaut-fnfanterie, tantôt il étudie 1- • classiques aver Duma* et l'hilippr."J'ai fini re malin (Lettre à non père, !» juin 1929).avec M.11 r 1 > j 1 .la (Mm.(|i - "Oineaux" d'Aristophane rl (ommrnrr l'"F.odipe" de Suphocle".A IS ans.rn 1727, lieutenant-colonel du régiment IIuiniiiit-InfHntrri*'.présente à Long «-y le nouvel enseigne à re* camarafis.Devenu capitaine en 1729.Montcalm ira guerroyer »n Aulrlehe.n Wissemhnurj: et à l'hllipshnurg.nvti l'armée du Rhin.Comme colonel du régiment d'Auxrrrois (6 mars 1743).Montralm fait une première campagne en Halle.A la m ;il lu-m 1.n .bataille de Plaisance (16 Juin 1746», il reçoit cinq coup» de *al>re et perd du nans en abondance par une art.r.coupée.Mu-, r-, m il à ta mère, "la religion noua sert".Lea services de Montcalm furrnl reconnu* à la cour.I cm- XV, à qui il fut présenté a l*ari*.le fit brigadier en mar* 17*7.Le futur héros causa, dans celle Tialte.une Impression assez vive pour qu'on > voie le prélude des attentions royales et le point de départ de sa destinée com me défenseur du Canada français agonisant.La deuxième campagne d'Italie fut marquée, pour Montcalm, par la défaite de l'Assiette et la délivrance Vinlimitle.Dans la première (juillet 1717).Il fui atteint au front par une balle et recul plusieurs contuslona.La paix d'Aix-la-Chnpc Ile (IN mars 1748) lui permit de rentrer, avec non régiment, en France où il devint (avril 1719) nieslrr de rnmp ou colonel d'un corps île cavalerie.Après un repos bien gagné da six ana (1749-1755), qu'il paase à Candiae et a Montpellier.Montcalm fut nommé commandant dea troupes françaises dana l'Amérique septentrionale avec le grade de maréchal de camp (Il mtri 1756).Il parvint à Québec le 13 mal et, la 26.fut reçu à Montréal avec courtoisie par le gouverneur général.M.de Vaudreull.Vaudreuil avait craint (Lettre au ministre.30 octobre 1755) que les Sauvage* ne marchassent pas "aver la même confiance sous lea ordres d'un commandant dea troupe* de France que sous rrm des officiera de la colonie." Ce fut une dea habiletés de Montcalm que de gagner, dans lea entrevues de« 3 et 18 juin 1756.la sympathie den Iroquojn et des Nlpisslngs.Les relations sympathiques commentées avec let Iroquois el les Nlpisslngs.furent continuées, en janvier 175».par une visite aux Huron* de l.orette.Montcalm admira la pieté de ces derniers, la commodité et la propreté de leurs maton*.Ces fréqii'ntations lui assuraient den alliés pour la campagne qui se préparait et qui allait aboutir à Carillon.la préface de la grande victoire de Carillon.Les chasseurs canadiens, conduits par Langy.luttent contre deux cents éclalreurs américains, dirigés par Lord Ilowe.Cne fusillade meurtrière porte la mort de* deux côtés.Lord Ilowe tombe Inanimé, devant l'abatis.la poitrine trouée d'une balle.C'était la chute d'une idole, l'idole du soldat anglais.I • 27 juin 1759, Wolfe, amené par la flotte du vice-amiral Saunders, commence la revanche de Carillon.Il part du cap Tourmente et.ne pouvant ni débarquer à la basse ville ni doubler le cap Diamant, il aurveille Québec, du haut de son vaisseau, à la pointe de Lavis.Le 12 septembre seulement, il tentera l'escalade par la brèche de |'Anse-au-Foulon.La première bataille des plaines d'Abraham eut Heu le 13 septembre 1759.Wolfe avait 4,816 hommes; Montcalm.4,000.Celui-ci, blessé deux fois, dut rentrer dans Québec où 11 mourut le lendemain.Avant de disparaître.Il avait fait dire à M.de Ramesay : "Je n'ai plus d'ordres a donner; j'ai à m'occuper d'affaires plus importantes.Je meurs content"."La guerre est le tombeau des Montcalm".La mort de Montcalm venait confirmer cet adage.Le "grand vaincu", le Uayard canadien, tombé an héros devant le* ballea, devait du moins finir en chrétien, muni du via* tique et de l'extréme-onclion, en disant : "Ne vous affligea pas sur moi".Sa dépouille repose aux Crsullncs; sa statue se dresse à Candlar et à Québec.P'I NOTE: — On peut se procurer lu nerle de cv* amies historique* en quatre cm.leur* a raison de SI 00 1rs csnt feuilles 1 dt MJ «oui.Krala de poatr rn plus Rerlws A L'OISEAU BI.Rt'.M, rue Salnt-Latureni.Montréal.s, ou reliée* en un magnifique album an contenant II», au (Droits réservés, Canada Î910) L' OISEAU B I.E U ôurrier à h A QUOI SERVENT LES VIEUX TIMBRES?I'.n répondant :\ cette question que me posait récemment une iiinie, jo crois aussi vous intéresser, gentils cousins et, cousines, voilà pourquoi au lieu de lui adresser une réponse personnelle, j'invite mon aimable correspondante — abonnée fidèle de l'Oiseau fileti - ¦ à lire cette lettre ouverte qui aura peut-être l'heur de faire connaître plus intimement une œuvre pieuse.Beaucoup d'entre vous, je le sais, ont entendu parler de ce moyen ingénieux et si pen coûteux d'aider les apôtres des missions chinoises et africaines, qu'est celui de collectionner les timbres oblitérés: plusieurs même en ont déjà remis à Cousine, pour les bonnes Sœurs Missionnaires de l'Immaculée-Conoeption, d'autres les ont eux-mêmes adressés à nos dévouées missionnaires.A ceux-là, ma causerie, au début du moins, n'apprendra rien de nouveau, cependant, j'en suis sûre, ils liront avec intérêt le trait qui la termine, et que Cousine emprunte à un témoin oculaire.Pour le renseignement des autres, je dirai que ces petits bouts de papier que l'on traite parfois avec indifférence, peuvent, si on se donne la peine de les découper, se transformer en sous et en pièces blanches, destinées là-bas, dans la brousse africaine, ou sous les zones tropicales de l'Asie, à racheter de pauvres enfants, à les arracher à la barbarie païenne pour en faire», grâce au dévouement sublime de nos religieux et religieuses, des enfants de Dieu, peut-être même des prêtres de Jésus-Christ.Il est vrai qu'il en faut une multitude de ces petits bouts de papier pour former même une légère somme, mais quand même on n'aiderait que de la manière la plus minime les missions, en mettant ces timbres de coté, ces vieux timbres 06 a OUI inviteraient-ils pas, dans leur langage muet, à pratiquer l'économie, à ne rien gaspiller?Car, ainsi (pie me le disait un pourvoyeur des missions: '"Pourquoi épargner ces bouts de papier insignifiants, si on gaspille «les choses bonnes et utiles, et pourquoi ne pas veiller à l'épargne quand des missionnaires de Jésus- Christ se privent et que cette épargne peut les aider?Et.si toutes les fois que je mets un timbre de côté, je pense aux missions, aux missionnaires, à la propagation de la foi, ce geste dit à Notre Seigneur: "Adveniat reqnum tuum".Paillassons donc soigneusement les vieux timbres, petits amis, faisons-en de jolis paquets et remettons-les à l'une quelconque de nos communautés de Missionnaires.Ici, nous avons les Sieurs Missionnaires de l'Imma-culée-( 'onception, qui accepteront toujours vos envois avec reconnaissance, pour venir en aide à leurs chères missions de Chine Pour clore cette causerie, laissez-moi vous raconter ce trait authentique que j'emprunte à un ami dévoué de la propagation de la foi."Je me souviens, dit-il.qu'en une de mes "randonnées en Afrique, je rencontrais un "Père qui avait jadis été le directeur du collège où je fis mes études.Il était content "de me rencontrer et moi, probablement plus "encore.Il était toujours affairé malgré "son âge, et ne me paraissait pas s'octroyer "bien souvent du repos.Aussi bien, il visitait ses catéchumènes et ceux qui étaient "susceptibles de le devenir, do case on case; "il me dit: "Je m'en vais voir des vieilles "femmes pour leur faire un peu de catéchisme, "et je n'ai pas de temps à perdre, car une ou "deux pourraient bien ne pas vivre longtemps; "si vous voulez venir avec moi, nous causc-"roDS en marchant." Je ne me fis pas répé-"ter l'invitation, je le suivis.On arriva à "une ease.Sur une natte, trois générations "de femmes et la plus jeune avait bien soixante-dix ans comme un jour.Je vous laisse à ' deviner ce qu'étaient sa mère et sa grand' "mère — "Eh bien, la mère, tu n'as pas oublié "ce (pie je t'ai appris hier?" — Et comme il commence sou catéchisme, au bout do "cinq minutes, la moyennement vieille lui "dit: Li bu bah, Vandé, mon Pi, sutna bir "def par — ("est très bon ce que tu dis, mais, "vois-tu, mon Père, mon estomac est creux,— "Questions du Père — Ité|x>nses des vieilles."Pauvresses et pauvresses honteuses, elles "n'avaient rien mangé depuis deux jours, et IV OISEAU BLEU II "n'avaient ni un sou, ni un grain de riz, ni "un morceau de poisson.Ix- Père se fouille, "trouve un six pence dans sa poche, et je "vois encore l'éclair de joie dans ces six yeux "éteints par l'âge à la vue de ces douze sous "«pie leur donne le Père — Mon charitable "c orrespondant.ne dit pas ce qu'il lit lui-même, ' mais on le devine.• T'eût été barbare de "continuer le catéchisme, comme me disait "le Père, et pourtant je compris qu'il ne sa-"vait pas d'où il recevrait le prochain éou."'Il forme le plan d'aller quémander un néo-"phyto qui avait un commerce prospère de "timbres.Ce Père .qui était d'une fierté et 'd'UM noblesse rares, il allait mendier à un "nègre pour (pie .Son règne arrive.Je n'oublierai jamais cela.Aussi bien ai-je toujours trouvé profitable pour moi-même, pour "les enfants des ('(-oies et des collèges cette "œuvre des timbres poursuivie, jour par jour, "dans un but éminemment surnaturel." N'est-il pas vrai, chers jeunes lecteurs, que cette œuvre vous intéressera davantage après la lecture de cette page d'un ami des missions, et que vous ne laisserez pas se perdre ces pauvres petits bouts de papier qui ont bien, comme vous le constatez, leur raison d'être ramassés soigneusement ?Cousine Fauvette.S'oie.—Notre concours littéraire, qui devait se clore le 28 du présent mois, ne se terminera ((in- le 2H iwril.Dune, mes gentils cousins cl cousines pourront adresser leurs travaux jusqu'à cette date.CORRESPONDANCES Krctte B, Mariette (7, Marie Manche B, Petite Nymphe Heu bois.Toujours .', (lennaine L, Margaret M, Amoureuse, mondaine, Yvonneau aux yeux captivants.Cwur mondain, Graziella //, Mme J, Juliette L, Jeanne L, Pat P, (jilberte L, Florcnda V, Eveline L, Paul C, Marie-Jeanne L, Anita, vos études graphologiques vous out été adressées, dil Sœur Jeanne, dès les premiers jours de février?Vous les avez reçues?Cordial bonjour de Sccur ctdo Cousine • ton».* * * Kachel.Merci pour vos souhaits alTccI ucux.Conip-tei toujours sur le l>on souvenir de Sieur Jeanne et de Cousine qui vous aime l>ien.Avez-vous reçu l'analyse demandée?Au revoir, eousinette.Une amie zélée de l'"(Hseau Hleu".Merci pour la propagande que vous nous faites, petite cousine, et revend encore "au nid" où vous sere* toujours favorablement accueillie.Fauvette.Non, vous ne venez pas trop fréquemment; un mot de vous est toujours accueilli avec joie par votre grande amie-homonyme.Vous pourrez vous procurer ces numéros de l'Oiseau Hleu en vous adressant a l'administration de la revue.Donjour affectueux.• Une Défricheuse.Hour Jeanne a expédié A l'adresse indiquée votre graphologie ainsi que celle de Campa- gnard Toutes deux, souhaitons que le sucres couronne votre tAche noble et laborieuse.Au revoir cordial.• Mlle (J.R.Merri de la part dejSuur Jeanne jiour la gentille missive et recevez nos affections a toutes deux.Simonne.Selon votre désir, Sieur Jeanne vous a cx|»édié lettre et graphologie Bonjour, cousine.Abeille diligente.Pour la seconde fois.Su-ur Jeanne me prie de vous dire qu'elle n'a aucunement reçu votre envoi pour graphologie.S'il a été fait en monnaie «l'argent, il a probablement été perdu.Envoyez, do préférence, des timbres ou un l«>n postal.M.J.R.Dévoiler I avenir n'est pus du ressort de la science graphologique.Strur Jeanne espère vous avoir satisfait au moins en ce qui concerne la graphologie et vous dit cordialement Itonjour.l.éona L.Et le prix vous a été envoyé depuis?Je vous souhaite d'en ivmner d'antres encore, lionjour.• Petite Fauvette.Qui sait si le bon l'ère M nous ravira pas |"'iir ses missions lointaines notre gentille eousinette ?Quel honneur t>our le "nid" qui l'aurait pendant quelque temps abritée! l'ent-f tre, plus tard, notre Revue prcndra-t-cllc assez d'extension pour cela ?Pour le moment, il n'y faut pas songer, Faites vous-même connaître VOiseau Hleu dans votre entourage; c'est un excellent moyen d'arriver 5 la réalisation de votre rêve.Bonjour "petite Samr Fauvette".* • • Su'ur Jeaime a reçu les manuscrits de Feuille d'érable, Aimé B., t'a-ur gui.Brunette de I.', ans, Bernadette aux ucux bruns, Une aux yeux noirs, Petite /misée mauve.Esclave de 10 uns.Oubliée, Réséilu, Mudeleinc aux yeux bleus, Forget me not, Incomprise, Paul aux yeux Ucux, Lys de la vidléc (Xapierville).Enjôleuse aux yeux bleus, Stéphane, Petite veuve du Saint-ljiuient, Rosane, Petite Isolée, t'ne Ame hcuieuse, Violette aeadienne.Petit cœur Tireur, Pierre d'hier, l.irtle, La Sarcelle bleue.Future religieuse, Fleur du cloître, Pussy t'ai.Rêveuse sensitive, Panic du Val, Jeanne du Vallon, Vseult B., Fleur de la forit, Peut-être, Brunette des hiuTenlidcs, Pâqwrctte, Fleurette.Muguet, ces manuscrits seront examinés et analysés A tour de role.Il faudra prendre patience, gentils oisillons, et soyez sure que notre graphologue n'oubliera personne d'entre vous.Bonjours A tous! C.F.Le Coin du Curieux (•Suite de la page -f) te, s.j.qui, le 20 octobre 1071, quittait la mission St-François-Xavier pour aller fonder une mission sut in rivière Illinois.Il a, com-plissait la promesse faite aux Illinois qu'il avait rencontrés l'année précédente, en revenant de son voyage sur le Mississipi.Le 4 décembre, il était à l'embouchure de la rivière Chicago qu'il remonta sur la glace.Il avait fait il peine quatre milles que la maladie le força d'arrêter.Il construisit une cabane avec l'aide de ses deux compagnons.Ce fut (Suite a 'a page W) 12 L'OISEAU BLEU EXPLORONS NOTRE PAYS MINES ET MINERAUX Adélard, nous allons continuer, n'est-ce pas, notre enquête sur les ressources naturelles de notre pays?— Oh! très volontiers, ma chère Pauline.— Ainsi, nous allons aborder.— La question des Mines et des Minéraux.— Ça me va bien! Parle, j'écoute.— A Ottawa, la Commission Géologique et la Division des Mines s'occupent activement des travaux d'exploration afin de localiser nos ressources minières.( 'es travaux sont longs et coûteux, mais il est certain que la production minérale s'accroîtra rapidement.La production minérale du Canada qui était de $10,000,000 en 1880, atteignait $200, 000,000 en 1924.— Notre pays doit occuper dans ce domaine un rang honorable dans l'univers?— Il se place un premier rang pour la production île l'amiante et du nickel, au troisième rang pour celle de l'or et de l'argent et au neuvième pour le charbon.—• Quel ordre occupent les provinces sous le rapport des mines?•Ontario lient la tête avec sa production minérale évaluée, en 1022, à $05,000,000; la Colombie-Britannique est au second rang avec près de s |(|,()()(!,()()(), puis viennent l'AI-l>erta $27,000,000; la Xouvelle-Ecosse $25.000,000 et Québec avec plus de $17,000,000; les autres provinces produisent respectivement entre $1,000,00(1 et $3,000,000.— Nos mines d'or doivent être importantes puisque nous nous classons troisième dans l'univers pour la production de ce précieux métal?— La Colonie du Cap et Natal en Afrique, rapportaient $108,000,000 en 1921 et les États-Unis $50,000,000; l'an dernier le Canada pro-drisit pour plus de $31,000,000.— Vers quelle époque commença l'exploitation îles mines dans notre beau Canada?-Tout d'abord, c'est dans la province de Québec (pie furent découvertes les premières traces d'or.En 1824, on le signalait à la rivière Chaudière; l'exploitation sérieuse par une compagnie commença en 1847; on trouva un morceau d'or valant $200; la compagnie ne fit pas fortune, car elle recueillit $2,500 et dépensa $15,000! En 1884, des exploitations sérieuses donnèrent environ $2,000,000.On tenta l'exploitation en différentes autres localités, mais sans succès satisfaisants.Vers 1850, on découvrit de l'or sur les bords de la rivière Thompson dans la Colombie- Britannique.En 1858, se produisit la fameuse course vers le fleuve Eraser: près de 20,000 aventuriers s'embarquèrent à San-Francisco pour se précipiter vers le nord.Des milliers de personnes périrent dans le fleuve indompté ou moururent de faim et de misères dans les forêts impénétrables.Cependant, dans l'espace de cinq ans.on recueillit pour un peu plus de $4,000,000 du précieux métal.Mais, c'est le Yukon et surtout le Klondike qui ont fait la réputation du Canada comme pays aurifère.De 1878, date le commencement de cette course sans pareille dans l'histoire et qui eut son apogée en 1897-98, année de furie où des vagues humaines incalculables se précipitèrent à l'assaut du Klondike.Ce fut une ruée formidable d'aventuriers sans conscience qui se frayaient un passage en pillant et écrasant les plus faibles.On estime que de 1878 à 1908, le Klondike produisit pour $225,000,000.Vers 1900, la production atteignit une valeur de $27.000,000 pour une seule année.— Dis-moi maintenant quelque chose sur l'argent.— Sous ce rapport, le Canada occupe le troisième rang.La plus grande partie de l'argent que l'on trouve au pays, provient des mines de Cobalt dans l'Ontario, les plus riches mines d'argent du monde.La valeur pour la production de l'argent pour le Canada était d'environ $350,000 pour l'aimée 1897; vingt ans après, en 1907, elle dépassait $12,000,000 et atteignit plus de $20,000,000 en 1918.Notre province produit peu dans ce domaine.Ainsi.en 1921, notre production se montait à $23,000; la meilleure année, 1918, donna $172,000.— Y a-t-il encore d'autres produits miniers importants au Canada?— Certainement.Il y a le plomb, le nickel, le cuivre le zinc et autres qui ont rapporté en 1922, plus de $25,000,000; le charbon a donné un rendement de $00,000,000, le gaz naturel, l'amiante, le gypse, le sel, etc., ont produit pour une valeur de $10,000,000; les matériaux de construction, ciment, chaux, pierre, sable et gravier sont évalués, toujours pour 1922, a $40,000,000.Bref, l'industrie minière a donné, cette année-là, $183,01X1,000.— Voilà un magnifique résultat.Quel est donc le capital placé dans les mines ?— Les mines canadiennes absorbent un capital de $500,000,000, représenté par les terrains et bâtiments, matéricux en stock, etc.; elles font vivre 01,000 personnes qui reçoivent $79,000,000 de salaires. L' OISEAU BLEU 13 — Tu me disais, il y a un instant, que les houillières canadiennes ont donné un rendement de $60,000,000; j'aimerais avoir des détails sur cette importante source île revenu — La production houilliôre s'est élevée à plus de 10,000,0(10 de tonnes pour l'année 1922 Y ont contribué 490 propriétaires employant en moyenne 30,000 personnes dont le nain approximatif par année est de $30,000,000.Les charbons de la Nouvelle-Ecosse sont île bonne qualité et sont excellents pour l'usage domestique aussi bien que pour l'industrie.La houillère de Sydney s'étend sur une longueur de 32 milles, le long «lu rivage océanique, au nord-est de l'île du Cap-Breton.Cette lisière, de 0 milles de largeur, s'incline en pente douce vers la mer île telle sorte qu'on peut extraire une grande quantité de charbon recouvert par l'océan.La houille de Pictou, sur le continent, occupe une superficie d'environ 25 milles carrés et produit, du charbon depuis 90 ans.Si l'on se place au point de vue de la réserve, l'Alberta occuperait le premier rang parmi les provinces canadiennes avec une superficie de 25,300 milles carrés et une réserve certaine de 388,000,000,000 tonnes.— Oh! il y a de quoi se chauffer pendant des siècles! — Terminons avec l'amiante.I-e Canada produit plus d'amiante que tout autre pays.Ainsi en 1921, la part du ( ianada était de 62% soit plus de la moitié de tout ce qui fut produit dans l'univers au cours de cette même année.La production de l'amiante était de «25,000 en 1880; en 1922 elle produisait pour plus de $5,500,000 et en 1924, elle dépassait $7,000,000.Les Cantons de l'Est de la province de Quebec sont, depuis de nombreuses années, les plus grands fournisseurs d'amiante du monde; généralement les mines canadiennes d'amiante sont exploitées à ciel ouvert._ Dit Rivage.A CORRIGER Dans l'article du mois de février sur les Ressources Hydrauliques (p.12, 2e colonne, milieu de la page), il faut lire: "Tout de même, j'ose espérer que les barrages de la Grande Décharge, et non Kenogaini.Les barrages Kénoganii vont créer un réservoir d'une capacité de 13,000.000.(KX) de pieds cubes, ce qui va permellre d'accroître considérablement la force motrice produite par les rivières Cliicoulimi el Sable.Les barrages de la Grande Décbarge du lac Saint-Jean produironl près d'un million de chevaux-vapeur; la partie que fait édifier actuellement la Quebec Development Company donnera une puissance de 120.000 h.p.D.R.(Suite de la jxige ! Il la première habitation des Rlancs sur le site de Ch.cago.En 1833.il y avait 100 catholiques à Chicago.Dix ans après, 1843, le Saint-Siège créait le diocèse de Chicago qui comptait alors 22 prêtres; en IS 19, il y en avait lo en 1902, 538 et aujourd'hui 1160.La première église de Chicago fut construite en 1833; aujourd'hui on en compte 232.i)l" S'ARRETERONT LES CHIRURGIENS?Il y a des gens qui vivent avec un seul poumon, d'autres sans estomac, d'autres encore sans gros intestin.La maladie ou le chirurgien leur a enlevé l'un ou l'autre de ces organes.Voila maintenant qu'on a débarrassé un malade de presque toute la longueur de son intestin grêle, soit plus de 18 pieds sur 20 pieds.Il y a même six ans que cette opération a été faite et il paraît (pie le malade, guéri, se porte comme vous ou moi.Il mange comme tout le monde.Jamais jusqu'à présent, on n'a osé enlever plus des deux tiers de ce long et mince tube digestif.Qu'est-ce (pie la chirurgie consentira, un jour prochain, à nous laisser, comme indispensable.LES "ANNÉES SAINTES" Voici, depuis l'origine, la liste des Années Saintes qui furent célébrées: I 1300 Boniface VIII 11 1350 Clément VI III 1389-90 Urbain VI, Boniface IX IV 1400 Boniface IX V 1 123 Martin V VI 1450 Nicolas V VII 1475 Sixte IV \ 111 1500 Alexandre Y 1 IX 1525 Clément VII X 1550 .lilies III EX 1575 Grégoire XIII XII 1600 Clément VIII XIII 1025 Urbain VIII XIV 1650 Innocent X XV 1075 Clément X XVI 1700 Innocent XII, Clément XI XVII 1725 Benoit XIII XVIII 1750 Benoit XIV XIX 1775 Clément XIV, I'ie VI XX 1825 Léon XII XXI 1900 Léon XIII XXII 1925 Pie XI LUC. 14 L'OISEAU BLEU GRAPHOLOGIE Rose des Fleurs.Humeur un peu inégale, penchant à la critique, idéalisme, générosité, discrétion.Klle aime l'étude, la musique lui platt aussi, mais elle manque de constance.Elle est nerveuse, et impulsive, affectueuse, peu expansive.I.a volonté aime à s'affirmer et obéir lui est toujours fori difficile.Violette.Nnlure concentrée, volonté hésitante.C'est une Ame d'artiste que l'idéal et la licaulé ont le don de charmer.Klle a un cceur d'or et sait s'oublier pour faire plaisir, mais elle "si 1res susceptible et, son amour-propre lui fait quelquefois s'exagérer les torts qu'on a eus envers elle.Klle a de l'ordre, du jugement et l>eaueoup d'affabilité.Klle n'est pas prodigue de démonstrations extérieures, mais elle est fidèle aux amitiés.Cocotte.Largeur île vue et d'esprit, amour du lieuu et du Bien, ("est une nature rêveuse et mélancolique, souffrant parfois de n'être pas comprise.Kilo est précise, ordonnée jusque dans les moindres détails.C'est une amie des mathématiques, de la peinture et de la musique.Klle est volontaire, n'aime pas A être commandée, mais à dominer elle-même quoiqu'elle ne soit pas d'un caractère difficile.Klle est généreuse, a du jugement et saura se dévouer a l'occasion.Klle est tranchante dans la discussion.Qui aime Antonio.Grand cicur, enthousiasme et ardeur eu tout.Klle est très expansive, a besoin d'être comprise, car c'est une |ietite Ame d une délicatesse exquise que l'injustice révolte.Klle est affectueuse, sensible, toujours disposée h obliger.Klle a de l'idéalisme, de la précision et beaucoup d'ordre.Elle est un peu susceptible et présomptueuse.La volonté est constante et quelque peu opiniâtre.Klle est économe et possède toutes les qualités «pli font la bonne ménn-gère.Kàru.ie d'idéal.Caractère flegmatique, un peu insouciant et se préoccupant peu de mettre de l'ordre autour de soi.Bon cceur.ténacité.Rêveuse d'idéal aime beaucoup il parler, la réflexion et le jugement font parfois défaut dans ses conversations.Un peu d'orgueil, de la confiance en soi, une certaine tendance à la critique, beaucoup d'affection, de l'amour pour les choses artistiques: voilà ce qu'on découvre dans cette petite Ame aussi délicate cpie difficile il analyser.Mimi Pinson.Beaucoup de fierté, de générosité et un certain penchant à la critique.I/> Cœur est ardent et sympathique, toujours prêt à s'apitoyer sur les malheurs des pauvres surtout ; faire I aumône lui est un grand bonheur.Klle a beaucoup de franchise, un juge» ment réfléchi, une humeur plutôt colérique et.elle garde du ressentiment il qui l'a blessée.Elle est habile dans les travaux d'art A l'aiguille, aime lieaucoii); le jeu et la promenade, l'étude parfois, mais plus les histoires que toute autre matière.Elle est constante et fidèle à l'amitié.Mimi Fauvette.lion petit eieur, affectueux et sensible, que les souffrances de la vie n'ont pas encore meurtri.Elle s'en va, un peu au gré des flots, incou-ciante du lendemain, ne songeant qu'A son travail et A ses amusements.Elle a beaucoup de confiance en la vie, de la volonté, mais son Ame n'est pas encore aguerrie contre les luttes: il sera toujours temps quand elles viendront.Elle est prodigue, d'une grande franchise et d'une fidélité sincère envers ses amies.Ancolie.Jugement droit, idéalisme, ordre et précision en tout.Expansive et aimante, se donnant sans compter et souffrant de n'être pas appréciée comme elle le mérite, — pauvre petite, c'est le lot d'ici-bns — elle aime beaucoup l'étude, est un peu romanesque et s'assimile trop facilement aux héros de ses récits.Elle a une Ame qui |>énètre les secrets et elle sait, par ses bonnes paroles, sa sympathie dévouée, adoucir les souffrances de ceux qui I entourent.C'est une petite âme trop délicate pour être enfermée dans les serres du monde: il lui faut l'espace, le vaste espace ou encore la solitude douce et reposante du cloître.Muguette.Esprit vif et pénétrant, cceur aimant et dévoué.Beaucoup de dispositions pour la littérature, un grand amour de l'ordre; peu de fermeté dans le caractère: elle manque parfois de courage et.a liesoin d'être dirigée par une main expérimentée.Klle est susceptible, portée A l'impatience, mais ses saillies de caractère (lurent peu.Klle aime A obliger et se fait volontiers la protectrice et l'amie des faibles.Enfant île M.Bon cirur, enthousiasme pour tout ce qui est lieau et noble: espérons que la volonté un peu inconstante et faible, s'affermira nvec les années, car le cceur de ma sœurette renferme des trésors de dévouement.Mais pour faire le bien, il ne faut pas redouter les difficultés.Klle est un peu insouciante, comme toutes les enfants que l'épreuve n'a pas encore visitées: elle se laisse vivre, faisant de beaux rêves, mais se préoccupant peu qu'ils soient ou non rénlisés.Elle est expansive, gaie A ses heures, quoique d'une nature plutôt mélancolique.Elle aime beaucoup l'étude.la musique fait ses délices.Petite.Pensive.Personnalité bien définie, caractère hautain, ne souffre que difficilement les réprimandes.Heureusement que le errur est droit, et loyal: tout ce qui est injuste révolte cette petite Ame d'une délicatesse extrême.Elle est un peu mélancolique, possède une volonté ferme et met de l'ordre dans tout ce qu'elle fait.Elle est affable, économe, ce qui ne l'empêche pas d'être charitable.Elle dit franchement sa pensée, sans détours.Son affection pour les personnes qui l'entourent ne va pas jusqu'aux démonstrations exagérées: elle est plutôt timide et réservée.C'est une idéaliste, amie des arts et des beaux paysages.Elle est pieuse et aime beaucoup la lecture.Page de Fleur de mai.Caractère un peu mystérieux, voudrait attirer tout A soi, sans trop faire de sacrifices personnels.Humeur gaie, mais ou il se rencontre parfois des nuages sombres.Penchant très vif À la raillerie, bienveillance et générosité.Amour de l'ordre, jusque dans les détails, précision et gouts esthétiques très prononcés.Un peu de prétention, de l'idéalisme, de la franchise.mais toujours avec quelque restriction.Il est bien difficile de connaître le fond de sa pensée.Beaucoup de confiance en soi, un cœur affectueux et de la volonté.Le jugement est droit et sait, quand il en est besoin, être sérieuse.Belle de nuit.Caractère un peu mélancolique, a besoin d'un cceur qui l'aime et la comprenne.Nature franche et loyale, que les déceptions ont aigrie et qui est devenue un peu défiante et même dissimulée.Elle est un peu insouciante et manque d'ordre dans les détails.Elle est dévouée, généreuse, un peu impatiente.Elle s'attache facilement A qui lui témoigne de l'intérêt.Elle est tranchante dans les discussions, un peu timide et hésitante lorsqu'il s'agit de prendre une décision.C'est une Ame délicate et très impressionnable qui doit se défier des lectures trop émouvantes, surtout dans cette catégorie des romans.Heine de mai.Nature peu expansive, affectueuse pourtant, gagne A être mieux connue, car tout d'abord, on jugerait cette petite Ame de glace.Elle a de l'initiative, mais un peu de présomption et ne demande pas assez les avis des personnes chargées de la diriger.L'obéissance lui coûte toujours, cependant, elle se soumet aux ordres donnés quand on fait appel à sa raison.Elle est enthousiaste pour tout ce qui est V OISEAU BLEU 16 grand et noble, nourrit dans son esprit de beaux projets et les beautés de l'apostolat ont beaucoup d'emprise sur son dîne: mais elle manque un peu de courage et d'énergie pour mettre a exécution ses grands projets.Un peu plus d'ordre et de précision dans son travail amélioreraient beaucoup le caractère de ma sœurette.liiruria.Idéaliste, uni lire artistique, très nerveuse et impressionnable.Ame d'une délicatesse exquise, se sent attirée vers le Rcau et le Bien, n'aime rien tant que soulager l'infortune.La volonté est forte et ne se laisse pas embarrasser par les difficultés.Klle est tranchante dans les discussions, un peu susceptible, d'une nature lière et ardente.Tout ce qui est déloyal la révolte.Elle a du jugement, de l'ordre et un grand amour de la justice.Elle est discrète et d'une extrême réserve; c'est qu'elle a conu les épreuves et les déceptions cette âme noble et généreuse.Canadienne française.Précision, amour du devoir, finesse d'esprit et jugement droit.Humeur plus ou moins facile, n'aime pas Cire contrariée et dit, sans détours ce qu'elle pense.Klle est généralement satisfaite de son lot, n'envie |K>int les autres et sait, nu besoin, s'oublier pour fnire plaisir.Elle est affectueuse, mais d'une grande réserve.Klle aime la musique et la littérature, s'efforce d'obéir sans murmurer, mais n'est pas d'un caractère naturellement docile.C'est une enfant que la vie n'a pas encore blessée et qui s'en va, un peu insouciante et légère.11 lui faut se soumettre il ses s'upérieurs, sans hésitation, car elle a besoin d'etre guidée par des cuuirs qui s'intéressent i\ son bonheur.Hermine.Caractère un peu original, vise il se singulariser, sans toutefois y mettre ni amour-propre, ni orgueil.Klle a bon cœur, mais manque de volonté pour mettre A exécution maints projets.Elle est romanesque et portée il la rêverie.Les travaux manuels ont peu d'attraits pour elle, cependant, elle se plie a tout.La franchise et la loyauté sont des traits caractéristiques d'Hermine qui agit un peu à la légère parfois et avec nonchalance.Elle aime la musique et les fleura.Fleur île myosotis.Volonté impulsive, grande fierté, sens de la protection, générosité et ambition persévérante.Elle aime le Beau et le Bien, ne vit que d'idéal et.sans se donner beaucoup de mal, obtient un succès relatif en tout.Elle est habile dans les travaux d'art à l'aiguille, aime aussi l'étude.iji comptabilité et l'économie n'ont pas, chez.Fleur de myosotis, leurs coudées franches, mais elle est capable d'cITorts et acquerra les qualités qui lui manquent pour en faire une jeune personne parfaite.Elle a lieaucoup de confiance en soi, d'ordre et de raisonnement.Eiulem.Nature très concentrée, et d'une discrétion absolue.Ame sensible et délicate qui soultrira plutôt que de laisser deviner sa peine.Un peu timide et très fidèle à l'amitié.Mais comme pour se donner totalement a quelqu'un, il lui faut des mesures de prudence! La prudence est d'ailleurs une importante vertu qu'il faut cultiver dans les urnes.Beaucoup de piété, l'amour du devoir et une charmante affabilité.Le jugement est habituellement droit et éclairé, l'imagination n'est pas trop ardente, le coeur rat persévérant.Petite fleur d'espérance.Ordre, soucis de la disposition méthodique de tout ce qui est II son usage, activité et amour du devoir.Elle est bonne, aimante et dévouée, mais n'a pas le sens des proportions.Elle est habile dans Ira travaux artistiques, elle a aussi beaucoup de dispositions pour la musique et est habile on calcul.Elle est un peu susceptible, d'humeur piquante et ne soutire que difficilement d'être contredite Elle est un [>eu orgueilleuse, a des prétentions exagérées parfois et a besoin d'un guide sur et éclairé.Elle aime mieux la lecture que l'étude, mais combien plus utile pourtant lui serait cette dernière! Jcan-lMuin.Caractère enfantin mais portant déjà les caractéristiques d'un excellent jiolitiquc qui veut arriver à ses tins.Il est difficile de pénétrer les jiensées intimes de ce bonhomme encore moins de deviner les multiples projets nui passent dans sa tête écolière.La volonté est bien définie cependant, et quand il veut une chose, il est rarement refusé.Il aime les mathématiques.Son caractère est raide et n'obéit que difficilement.Il est affectueux, loyal et les injustices font bondir son c
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