L'oiseau bleu /, 1 janvier 1929, mai
REVUE MENSUELLE ILLUSTRÉE POUR LA JEUNESSE llédartion, Admlnl»! ration et Publicité 1182.rue Satnt-I.anrent MONTREAL Téléphone: I.Ancaaler l.'îr.l Abonnement annneli Canada et Etats-Unis: 50 sons (Payable au pair ft Montréal) CONDITIONS SPECIALES aux écolea.colleirea et convents Vol.IX — No 5 MONTREAL.MAI 1929 Le numéro: 5 sous I L'OISEAU BLEU •xkk«:"X~x^tei d'Amérique.Un de leura bateaux, exhum** prei de (•olistad, en Norvège, meaure 78 pieda de longueur par 17 de largeur at 4 de profonde r au d.( »oua de la ligne d'eau M I .'lu.Christophe Colomb, convaincu que la terre eat ronde, part d* Paloa.en Espagne, le 3 août 1492.avec troia caravelle», a la recherche d'une route pour l'Inde par voie ffocodenl.el découvre un nouveau monde le 12 octobre de la roe roe année II croit avoir aborde en Chine ir^ôJJte fer *>n ^AB., " (I g»fg^^" .(¦Ma-t.-.s En 1497 le pilote italien Giovanni Cabotto (qu«- le» document» de»i gnent iout le nom anglicisé de i John Cabot l prend du arrvice auprès du roi d'Angleterre et visite une côte qu'on croit être I* Cep-Breton, I* Labrador ou Terre-Neuve.Son fila Sébastien l'accompagne et continue recherche», maia l'exactitude de aea découverlea eal mil' en doute En l'armée ISOf.le Portugaia Cabrai qui ae rendait dan» l'Inde par I-cap dr Bonne-Eaperance eal écarté de »a route par la tempête el découvre inopinrment la cote du Bread, tandia que ion compatriote Corle-Real aborde a l'ile de ferre-Neuve.Le navigateur Amerigo Veapucci.qui avait pua part à divera voyagea au nouveau monde, écrivit en 1504 plusieurs lettre» deacriptivra de cet - Orbia novua .et le cartographe Wadaeemuller.croyant trouver en lui le découvreur de ce» paya, inscrivit en aon honneur le nom d" i Amen que - aur la carte du Nouveau Monde.Juaqu'alors on croyait que lea paya nouvellement decouverta fai-aaienl partie du continent aaiatique, mai» en ISIÎ l'Espagnol Balboa, a avançant • l'intérieur de l'iathme de Panama découvre, aur le veraanl oppose, l'imoienailé d'un autre océan.Cette découverte el la certitude de la sphéricité de la terre inspirent à Magellan le projet de faire le tour du monde.Parti d'Espagne en 1 S19.il contourne le continent aud-américain par le détroit qui porte son nom, mai» il trouve la mort aux lies Philippines, el aon lieutenant Del Cano complete ce voyage de circumnavigation le i septembre IS22.Le» di- •¦ ¦ • du globe terreatre étaient maintenant connu*» \OTH_m.l.e-lll »r prtM-urrr rr« rouira bUf « .-i|lintrr rain Ira m .-.rnUt.n al" Si» miu» i.Ira .i.mil.- neaurfli -.rrlleVa rn un .i i i M n .nllium .i lu »trlr ilr m»a HI niiilra, nu prêt ilr IM »»u» frniiro.Lrrlin * lOl*l:AI III.Kl .iin2.rnr «lalsl-l.iaurrnl.Muutrrnl.{Droits réserves, Canada, 1923) L'OISEAU BLEU ou trier à la Tauvettt 5 VOYAGE AERIEN — Tout est en ordre?— Oui, monsieur, répondit un jeune mécanicien, à la chevelure cendrée et aux yeux bleus.— Eh bien! actionnez (1) le moteur.Partout, de tout côté, à perte de vue s'étend une lande dépouillée de toutes ses plantes sauvages.A peine quelques maisonnettes, piquées ça et là et d'où s'échappe un mince ruban de fumée.Le moteur de l'avion ronfle d'abord capricieusement, puis avec régularité.Un nuage de poussière importune les spectateurs rassemblés et l'oiseau se met en branle, raidissant ses ailes et déambulant sur les deux roues lui servant de base.L'hélice tourne avec vélocité, (2) et, avec la majesté du roi des airs, (3) l'avion s'élance, traverse l'horizon et pique dans le ciel bleu.L'ascension s'est faite progressive sans soubresaut aucun.La terre, cette "machine ronde" du Bonhomme (4) apparaît tel un chaos; à mesure que l'oiseau s'élève, elle forme un plan symétrique, plein d'harmonie.Les terres sont coupées en damiers réguliers ot les routes, comme de blancs rubans serpentent en méandres (5) gracieux.Les maisons — dame, oui, elles sont petites! — deviennent de minuscules (6) jouets de carton, les chevaux et les autocars, de véritables points noirs mobiles.Tout au loin coule une rivière où roulent des paillettes argentées, puis multicolores (7).Quel coup d'oeil splendide! Quelle harmonie dans ce chaos de tout à l'heure! Et "l'oiseau" continue de se mouvoir à travers le ciel.De temps en temps, il sursaute légèrement, là, où l'air est creusé d'un vide.Le moteur, à qui est confié le sort de l'équipage, ronfle avec une fureur monotone.Les passagers se sentent grisés d'air pur, et aussi de contempler le panorama à vue circulaire, et aussi .de se sentir, là-haut, loin de toutes les mesquineries de la terre, loin du "struggle for life" (8) qui absorbe de si riches activités.L'espace est immense; point de labyrinthes (9) à contourner, point de piétons à écraser, point d'arrêts à observer.C'est la liberté de circulation, de déplacement en haut, en bas, à droite à gauche, depuis le vol ordinaire jusqu'à la vrille étourdissante.Mais, halte-là! L'humanité, malgré ses hautes aspirations, n'est point créée pour l'espace, entre ciel et terre.Ce domaine est celui du véritable habitant aérien qui a nom: oiseau.Il faut revenir sur la planète sublunaire, (10) prendre place parmi la gent humaine.L'avion, alors, suivant une direction descendante, diminuant l'activité de l'hélice, se sent attiré, de par les lois de la pesanteur, vers la terre.Avec l'agilité et la gracieuseté de l'oiseau qui se pose ici-bas, l'aéroplane atterrit, roule quelque peu sur le vaste terrain et tait le bruit de son moteur.Un pilote en habit de cuir et une passagère en descendent, regrettant de n'avoir point poussé jusqu'à Mars, (11) cette randonnée aérienne .Oh! si oiseau j'étais Oiseau je resterais De naviguer là-haut, Ici-bas, rien ne vaut! FAUVETTE EXPLICATIONS: 1—mettre en mouvement 2—Vitesse.3—l'aigle.4—La Fontaine, fabuliste français du 17e siècle.6—sinuosités.6—très petites.7—de teintes variées.8—Lutte pour la vie.9—mot employé dans le sens de: routes encombrées.10—la terre.11—la planète la plus voisine de la terre.C.F. L'OISEAU BLEU CORRESPONDANCE Eclat de Rire.— Oui, cher oisillon, venez nous égayer de votre frais éclat de rire .Fauvette espère vous relire bientôt.Elle vous bonjoure bien amicalement.Magali de Montbrial.— Quelle belle gentille missive vous m'avez adressée! .Et que dire de l'intérêt captivant qui en fait le fond .Fauvette est heureuse de vous compter parmi ses nombreux amis.Prendrez-vous part au concours?Rose des Neiges.— J'aimerais répondre à votre désir, petite amie .mais je regrette.Fauvette ne le peut.Il vous sera facile de vous procurer la partie musicale de nos chansons canadiennes à la Société St-Jean-Baptiste de Montréal, 1182 rue Saint-Laurent, pour la modique somme de 10 sous le recueil.Amical au revoir.Abeille de Marie.— Une amie s'est chargée de vous faire parvenir notre revue.Puissicz-vous vous délecter à satiété et mettre en fuite tous les vilains papillons noirs qui viennent obscurcir votre ciel.Affectueux au revoir et meilleurs voeux de prompt rétablissement.Diablotin Québécois.— Fauvette et Cendrillon vous disent leur plus cordial bonjour et désirent vous lire bientôt .Feu Follet.— Vous devinez, sans doute, la cause de mon long mutisme .Les occupations se font pressantes et Fauvette se voit obligée de négliger un brin ses amis .Elle vous bonjoure bien cordialement.Jeannine.— Les vacances déjà se profilent dans un prochain horizon .Vers quel site irez-vous vivre de doux moments de farniente?.Fauvette vous serre affectueusement la main et vous dit un cordial à bientôt.Myriatn.— Aime-t-on toujours son travail quotidien?J'ose l'espérer.Fauvette vous envoie son meilleur souvenir.Clorinde D.— Ma petite amie devient cénobite .Et quel long silence vous gardez!.il Fauvette vous en veut un tantinet.Elle a bien hâte de vous lire, allez! Affectueuse caresse.Rosina B.— Ma petite amie prend-elle du mieux?Que ne priez-vous la "Petite Fleur du Carmcl" ou les Bienheureux Martyrs Canadiens?Leur puissance est si grande .Allons! bonne santé et bon courage! Annette M.— J'ai reçu votre chère missive; je l'attendais.Je vous en remercie.Fauvette vous écrira sous peu.En attendant, elle vous dit son plus amical au revoir et vous envoie une chaude caresse.Jeanne Leduc; Arthur Rioux; Marie-Reine Pelletier; A.Pelletier; Jeanne Mailloux; Marguerite Vermette; Liliane Aubin; Anna-Marie Colin; Némo; Passagère; Jeanne d'Arc Trottier, Trois-Rivières; Alice Trottier; J.-B.Bérubé; Laurence Chevalier; Alberta Thcrrien; Ninette Marrol; Yvette — ; Dosithée Rozon, Ontario; Aida Rozon, Ontario; René G — ; Rosace; — Soeur Jeanne me prie de vous dire que les esquisses graphologiques vous ont été expédiées par courrier postal.Elle vous salue bien cordialement.C.F.LA GRAPHOLOGIE Qui d'entre nos lecteurs n'aimerait pas à connaître son tempérament, son caractère personnel?Pour cela, il faut adresser dix lignes de votre écriture et vingt-cinq sous à Soeur Jeanne qui vous enverra immédiatement votre analyse graphologique par le courrier postal.Adressez: SOEUR JEANNE, "L'Oiseau bleu" 1182, rue Saint-Laurent Montréal.On prétend qu'en l'an 1010, un navire monté par 24 hommes, 7 femmes et un enfant aurait traversé l'Atlantique.RADIOS GRAMOPHONES BATTERIES PAYETTE & COMPAGNIE LIMITEE Maison exclusivement canadienne-française dont lea prix sont les plus bas au Canada 274, rue Sainte-Catherine Ouest Montréal lî L'OISEAU BLEU AU PAYS DES BELLES HISTOIRES Résume.— Louùon et Cloelo ont une maman en faveur d'une éducation sportive et un papa qui ne prise que les joies de l'esprit.Le premier de l'an, aux dix ans de Louùon et aux huit ans de Cloelo, le papa revendique ses droits.Au, moyen de.livres captivants, par la magie d'un conte qu'il narre lui-même, il essaie de communiquer à ses petits le goût de la lecture.Il imagine un papa ayant la même préoccupation que lui.Une apparition de saint Nicolas, patron des écolùr», vient lui donner confiance.Sur les conseils du grand évfque, U décide de partir avec ses enfants pour un voyage au pays des belles hùtoires.'*L'Oùeau bleu", choùi comme aviateur-guide, fait irruption dans la chambre.Il entraîne les voyageurs, d'abord au royaume de Madame d'Aulnoy (1).C'est sa patrie.Il y a banquet, réception, présentation de cadeaux fastueux, dùeours du prince Charmant.Ce discours a pour but de préparer les touristes terrestres aux surprenantes aventures dont ils seront les témoins.(Sorte) Bientôt le groupe fit des recrues.La fée Cara-bosse, la fée Rageuse, des Contes de Mme de Sé-gur, ila fée Envie, du Filleul du roi Grolo se mirent à la tête d'un second groupe, qui devint très puissant.Ce fut la guerre, la guerre acharnée, impitoyable.Tous nos maux, si heureusement conjurés dans le pasBé par les bonnes fées, recommencèrent h nous torturer.Vous en avez ici de pénibles exemples: la biche au bois, la Chatte Blanche.Ah! tous, tous, nous souffrons! Tout à l'heure, la vilaine Truitonne sera ici et tourmentera ma bien-aimée.Je n'y pourrai rien, absent ou non, étant redevenu la proie de mes ennemis.(1) Si mes petits lecteurs s'intéressent aux personnages de Madame d'Aulnoy, qu'ils lisent, durant lea heures de congé, — ou les fassent commenter par papa et maman, — le volume illustré de J.-M.Breton, Contes de Madame d'Aidnoy, Paris, Gamier.Ou encore les Contes de fées tirés de Ch.Perrault, de Madame d'Aidnoy et de Madame Leprince de Beaumont, de la Bibliothèque rose illustrée; Paris, Hachette, 1924.Qu'on se procure, si possible, la belle légende de saint Nicolas, dans le délicieux album d'images aux vives couleurs, signées par A.Gaillard, intitulé: Le Mystère de Saint Nicolas — Que mes jeunes amis se rassurent, j'indiquerai ainsi, au fur et à mesure, les lectures & faire autour de mon récit.Mais me direz-vous, pourquoi la reine des Fées et le roi des Génies, plus puissants qu'eux tous, après tout, ne sont-ils pas intervenus?Ah! c'est qu'une promesse solennelle avait été faite au début des sessions de l'Assemblée des nations merveilleuses.Tous, tous, bons ou mauvais enchanteurs avaient déposé volontairement les armes, pour la durée d'un an.Courtoisie magnifique, toujours hautement prisée en nos pays.Une querelle violente, où un important principe était en jeu.ayant pris naissance, les méchantes sorcières et les vilaines fées se crurent dégagées, elles, et tous leurs compagnons, de cette haute promesse.La reine des Fées ne voulut pas suivre les prévaricatrices, vous le pensez bien.Elle décréta qu'elles et ses semblables, respecteraient, quoiqu'il leur en coûtât, le pacte froidement consenti.La loyauté n'était pas encore lettre morte au pays des fées.Elle y fleurirait au contraire, toujours, toujours.L'honneur, d'abord!.Oh! au bout de six mois, il serait encore possible de mener le combat, quelle que soit l'avance des ennemis.L'on attendrait, l'on attendrait.et qui vivrait verrait! Dans six mois, en effet, nos fées et nos génies se dirigeront vers votre Canada, ou dans quelque coin perdu d'une forêt du Lac Saint-Jean, la sorcière du domaine, du roman de M.de Gaspé, a entraîné le gros des révoltés.L'on prépare dans l'ombre, projectiles étranges et sans merci, parait-il! Ne croyez pas, chers amis, que nous ayons perdu toute confiance, devant ces nouvelles menaçantes.Loin de là.La reine des Fées, s'alliant dans une guerre juste, au roi des génies, c'est comme vous le diriez chez les humains, un Foch, un roi des Belges, et combien d'autres encore, marchant patiemment vers une victoire certaine.Vous suivrez ces péripéties, chers hôtes, car lorque nos excursions européennes et autres auront pris fin, nous nous mettrons en route pour le Canada.Vous n'aurez rien à craindre.Vous serez comme moi immunisés par la reine des Fées.En cet instant, le bruit des lourds carrosses augmenta sensiblement.Même des rires stridents éclatèrent.Ils occasionnèrent une répercussion de sons des plus étourdissants.Charmant et Florine se jetèrent en frémissant dans les bras l'un de l'autre.L'heure des adieux était venue.Puis Charmant ordonna, tout en se préparant à reconduire au château la princesse défaillante: "Vite, vite, dispersez-vous, chers invités.Que seuls demeurent ici, nos hôtes terrestres.L'ignoble Truitonne, sa mère et leur suite, tous cruels ennemis de ma femme bien-aimée, approchent rapidement.Je reviens à l'instant," L'OISEAU BLEU IS ajouta-t-il tout bas, au papa consterné et fort chagrin de quitter toutes ces aimables personnes.En un clin d'oeil, les royaux convives, les décors, les meubles, les moindres traces du festin, eurent disparu.L'obscurité se fit complète.La terre trembla sous les mouvements nombreux, quoique prestes et adroits des serviteurs du prince.Cloclo eut un cri d'effroi devant ce noir et ce vide subits.Elle se serra contre son père.Aussitôt, les mains enchantées, cadeau de la douce Châtie blanche, s'empressèrent- Des flambeaux minuscules brillèrent.Cloclo sentit sur ses cheveux, sur son front, sur ses joues, la caresse des jolies mains maternelles.Elle sourit.Elle murmura tout bas à Petite Poucettc, blottie dans ses bras: "Je n'ai plus peur.Et toi, Petite Pourette?" Louison, au contraire, s'intéressait à ce brusque changement.Et puis, n'avait-il pas pour le tenir gaiement en éveil, Petit Poucet, perché sur son épaule.L'espiègle dont les yeux fureteurs ne perdaient rien de vue, pouffait de rire h chaque instant.Il souffla soudain à l'oreille de Louison: "Hein, vieux Louison, ça te la coupe, tout cela?C'est ce qu'on appelle en anglais, un "fire exit".Tiens, voici le prince Charmant.La belle Flo-rine a séché ses larmes plus tôt qu'à l'ordinaire.— Hais non, mais non, ça n'est pas le prince Charmant, c'est YOiseau bleu.Quel bonheur de revoir notre guide! Cloclo.?— Veux-tu te taire, interrompit Petit Poucet.Quel éberlué tu fais! .Comme si tu ne savais pas que l'Oiseau bleu et le prince Charmant n« font qu'un.Tu veux faire marcher ta soeur?— Hélas! non je ne savais pas cela.J'ai honte d'avouer mon ignorance, dit Louison en baissant la tête.— Tu me connais pourtant, reprit Petit Poucet en se penchant pour voir ses yeux.II doutait encore.— Oh! toi, quel enfant ne te connaît pas, ne t'aime pas! — Hum ! .Tu me flattes, copain, tu me flattes beaucoup.Ça me dispose à l'indulgence, non à la moquerie.— Tu sais.Petit Poucet, reprit soudain Louison, les yeux brillante, le cinématographe de la biche au bois nous fera voir tout ce que nous ne savons pas sur les fées, sur leurs amis, sur leurs ennemis.Tu n'auras plus à rougir de Cloclo et de moi.— Bien, bien, quoique je n'aurais pas rougi de toi, va, mais me serais fort payé ta tête.Je suis ainsi fait, que veux-tu?.Alors, il ne me reste plus qu'à te faire bénéficier de ma popularité?Je suis un favori de tous, ici.D'abord, parce que j'occupe peu de place, et puis à cause des niches que j'invente.Tout ce monde des fées s'ennuie, au fond.Leurs désirs se réalisent trop vite, trop complètement.Je brouille les cartes de temps à autre.Aie! .cria-t-il, en portant la main à son oreille." Le bec de l'Oiseau bleu la lui tirait doucement."Petit Poucet, vilain gosse, tu bavardes, bavardes.murmurait la voix musicale de l'aviateur-oiseau.Tu ne vas pas mo gâter ce petit, hein?— Mais je veillerai.Allons, continua-t-il plus haut: Veuillez monter tous sur mon dos.Nous partons pour le royaume de Madame de Ségur.Que les petits s'installent près du cinématographe.Ils ont à voir, au moins vingt rouleaux frnnçnis (2) et quelques rouleaux anglais (3).Vous aurez amplement le temps, petits.Ne vous troublez pas.Nous ne descendrons que fort tard, demain, au château de Fleurville."Qui nous attend là", me demandez-vous?De gracieuses enfants que je chéris, que votre père, qui m'approuve en souriant, aime beaucoup aussi: Lee petites filles module».— C'est fâcheux, .rasant! bougonna Petit Poucet, tandis que tous s'installaient en hâte dans la chambre de Cristal, qui venait de se poser lentement sur les ailes étendues de l'Oiseau bleu.(2) Allusion faite aux vingt volumes de la Comtesse de Ségur, Bibliothèque rose illustrée, Paris, Hachette.(3) Tous mes petits amis connaissent, je crois.Peter Pan, le petit Lord Fauntleroy, Alice au paye des merveilles! . 14 L'OISEAU BLEU — Qu'est-ce qui est rasant, Petit Poucet, demanda tout bas Louison, dès qu'il le pût.— Dame, ce séjour à Fleurville.Si l'on m'avait consulté, ce n'est pas chez ces fillettes, qui ressemblent à deux jours sans soleil, que nous serions allés.Elles sont sages, sages à pleurer, vieux Louison! .Bah! compte sur moi et sur le bon petit diable de grand'maman Ségur.Nous créerons quelque plaisante diversion à nous deux .Ah! Ah! Ah! Une idée me vient .— Chut! dit Louison.L'Oiseau bleu tourne la tête de notre côté.— Bien, je me tais.Mais ne va pas croire que nous sommes des ennemis, l'Oiseau bleu et moi.Il me tyrannise, se met en travers de mes plans, mais, malgré cela, si je suis mal pris, il est le premier à me défendre.Par exemple, ce qu'il m'ennuie, ce qu'il m'assomme avec sa folle courtoisie.Ah! cher grand seigneur! .je suis un fils de bûcheron, vois-tu.Je suis peuple, Louison, et m'en glorifie! conclut-il, en bombant la poitrine.— Es-tu drôle, Petit Poucet, es-tu drôle?s'exclama en riant Louison.Il ne se sentait plus gêné du tout avec ce gamin minuscule, qui n'était que blague, aventures plaisantes, et parler franc.Mais dis, tu vas m'aider à comprendre les films?.Vois, père prépare la représentation.Désigne-moi, par une petite pinçade, les personnages qui me divertiront autant que toi, lù-bas.— Promis, répondit Petit Poucet, en lui serrant la peau du cou, plus fort que de raison.Chut! Ne crie pas, voyons! .J'irai en douceur la prochaine fois.Allons, attention! Voici le premier film.Tiens, nous sommes chez la soeur de Gribouille! Le lendemain, vers deux heures de relevée, l'Oiseau bleu annonçait avec joie: "Nous entrons dans le royaume de Madame de Ségur.Voyez comme tout y est gracieux!" Les enfants n'en pouvaient croire leurs yeux.Ils crièrent: "Comment, déjà?" Le cinématographe avait opéré cette merveille de les tenir immobiles, sous le charme, durant près de douze heures.Oui, tout semblait grâce, parfum, soleil, en ce pays.L'on y voyait vraiment tout en rose.sans métaphore! Les roseraies succédaient aux roseraies; les maisons s'y élevaient en granit, ou en briquettes roses; dans les étangs couraient des nacelles en fins coraux polis; dans les parcs, dans les moindres jardins, des sièges en mosaïque comptaient quantités d'églantiers dans leurs dessins artistiques.Tout cela se détachait gaiement, près des beaux arbres, ou des pelouses mousseuses.Bientôt apparut le château de Fleureville.Construit, lui aussi, en granit admirable, il s'or- nait, d'un côté, d'une muraille compacte de lierre grimpant.Au bas, pivoines, pois de senteur, marguerites, aux teintes roses savamment graduées, s'épanouissaient en toute liberté, avec le plus parfait bon goût."Fleurville! Fleurville!" chantait l'Oiseau bleu, en opérant la descente avec une aisance, une rapidité, une douceur incomparables.Personne, cependant, ne vint accueillir les visiteurs, à la grille en fer forgée, par où l'on pénétrait dans le parc.Personne non plus ne se tenait sur la terrasse ou sur la véranda ou aux fenêtres/ Le papa s'en étonna.L'Oiseau bleu soupira, puis expliqua: "Amis, la désolation règne en ce royaume comme en le nôtre.De pitoyables malheurs atteignent les fées qui y séjournent, dont vous connaissez, par exemple, la Fée Bienveillante, cause indirecte de notre grand conflit; dont vous connaissez aussi, la Fée Rageuse, l'une des révolutionnaires les plus puissantes; puis, rappelez-vous Bonne-Biche, Beau-Minon, Lamalice, le génie Prudent, d'autres encore! .A Fleurville, où les coeurs battent toujours noblement, on se regarde comme plongés dans le deuil le plus profond, le plus cruel! Mais je vais pénétrer avec vous au château.On nous y attend.Vos enfants, ajouta-t-il, en se tournant vers le papa, auront besoin de peu de surveillance, ici.Vous pourrez en toute tranquillité vous entretenir avec les châtelains et leurs amis.Tiens, on ouvre.La bonne Elisa avec mes petites amies, Camille et Madeleine, nous guettaient, je suis sûre!" Deux jours durant, ce ne fut que surprise et révélation.Les charmants petits personnages de ce pays accouraient faire la connaissance des jeunes Canadiens, puis ne voulaient plus quitter le château.Des jeux s'organisèrent.Presque tous les enfants se montraient d'une complaisance extrême, à faire hausser les épaules de pitié, au coquin Petit Poucet.Pauvre Blaise, Francois le Bossu, Jean qui rit, Jacques et Paul de l'Auberge de l'Ange-Gardien, prenaient sans cesse à leur compte les corvées ennuyeuses.Au colin-maillard, c'était à eux que l'on bandait les yeux; à la mnin chaude, ils recevaient les coups; aux parties de croquets, ils se hâtaient d'installer les cerceaux, d'apporter maillets et boules; puis, le jeu fini, de ranger tout avec soin.Il fallait voir aussi avec quelle politesse, ils traitaient les petites filles, cherchant en tout à les protéger.Même ne s'interposèrent-ils pas, avec bonne humeur, entre Petit Poucet, que l'ennui gagnait et qui voulait faire des siennes, et Innocent et Simplicie, les deux Nigauds, et Gribouille, le pauvre Gribouille, plus crédule que jamais.(A suture) Marie-Claire DAVELUY L'OISEAU BLEU 16 Un lac extraordinaire Un lac extraordinaire se trouve situé dans la région du Yukon et du Klondike.Ce lac, auquel un missionnaire qui le découvrit, le P.Tossi, donna le nom de Salawick, offre ce phénomène étrange de ne pas geler l'hiver.De plus, et bien qu'on ne lui connaisse pas do communication avec la mer, son niveau monte en même temps que la mnrée sur les côtes de l'Océan glacial.Si le lac Salawick ne gèle pas, ce n'est pas parce que ses eaux sont très salées — elles ne le sont nullement — c'est bien parce que sa température s'élève en hiver et elle s'élève nu point que s'y baigner serait très agréable.Aussi ce lac devient-il le refuge de tous les poissons des cours d'eaux qui l'alimentent et l'affluence de ces poissons y serait telle qu'on pourrait en prendre à la main et on tuer une quantité avec un simple bâton.Méfaits des insectes Les insectes causent pour au-delà de 800,000,-000 de dollars de dommages aux fermiers des Etats-Unis et du Canada, bien que les cultivateurs dépensent une somme à peu près égale pour les détruire.Los Angeles.Les restes du premier maire de Los Angeles reposent au cimetière de la Côte-des-Neiges.Ce maire fut un canadien-français du nom de Prudent Beaudry.Projiosd'cs S'il pleut à la Saint-Gilles, Le beau temps tient à un fil.Brouillard dans le croissant Amène le beau temps.En septembre s'il pleut et tonne La saison sera bonne.Le mendiant La dame.—Je ne vous donnerai rien aujourd'hui; vous êtes trop sale .Le mendiant.—Mais Madame .c'est pour m'acheter du savon que je quête.CONCOURS MENSUELS RESULTATS DU CONCOURS D'AVRIL 1929 1.—a) Du papier écolier.Du papier grand format.Du papier ministre, b) Parfois il veut, parfois il ne veut pas.2.—Jean de la Bruyère.3.—Métngramme.Bûche, ruche, huche.Trois cent trente-trois solutions, dont cinquante-trois inexactes, nous sont parvenues.Bravol Nos concurrents se maintiennent toujours très nombreux! Le courrier postal nous apporte fidèlement et de toutes les parties du Québec, de l'Ontario et des Prairies de l'Ouest canadien, des réponses multiples et exactes.A tous nos concurrents, nous offrons nos plus sincères félicitations et tous nos meilleurs encouragements.Le sort a favorisé: Mlle Thérèse Dumont, 270, boni.Dollard, St-Bonifuce, Manitoba; M.Léo Dumnntclle, Cha-pleau, Ontario, Casier postal 32C; M.Julien Bertrand.1312, rue Gilford, Montréal.N.B.—Nombre de compétiteurs ont oublié d'inscrire leur adresse sur leur copie du concours d'avril.Attention petits nmis à ce détail important! Je vous attends tous à la prochaine joute! CONCOURS DE MAI 1929 1.—Quel est l'auteur de: "Aux feux de la rampe" T — oeuvre canadienne-française.2.—Métagramme.Avec F je suis fête, Avec L je suis un département de France.Avec M je suis une étoffe.Avec P je suis un fruit.3.—Reconstituez le proverbe suivant: .1 f.t t.n„ .c.f.a l.e d.a .ne, .v.d.r.Faire parvenir ses réponses, au plus tard, pour le 21 mai, uvec le coupon ci-dessous.Concourt Mensuel de L'OISEAU BLEU 1182, rue Saint-Laurent MAI 1929 MONTREAL "L'ECLAIREUR" Imprimeurs-Editeurs JOURNAUX — REVUES — PERIODIQUE» TROIS ETABLISSEMENTS ¦ BtMMTllIe — Montréal — I > ru m m oad » 11 la 1723-1725, rue Saint-Denis Tel : HArbour 8216-7 t»**——.J 18 L'OISEAU BLEU JEUNES LECTEURS DE "L'OISEAU BLEU".VOUS SEREZ BIENTOT DE VRAIS PATRIOTES, SI VOUS APPRENEZ A CONNAITRE ET A AIDER TOUTES NOS VERITABLES INSTITUTIONS NATIONALES.ipagnie 4Assurance sur h Vie Saubegarbe MONTREAL La Seule Compagnie Canadienne Française d'Assurance surlaVie VOUS DEVEZ DES MAINTENANT LA CONNAITRE ET LA FAIRE AIMER i SONGEZ A L'AVENIR ! 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