L'oiseau bleu /, 1 janvier 1929, août - septembre
PUBLIEE PAR LA SOCIETE SAINT-JEAN.BAPTISTE DE MONTÊAL Id cl:i.-lion.AilmlnlMlriilliin et Pnbllclte lis", rm- Salnt-L.nnrent MONTREAL Téléphone! I.\ m-.-is i i-r 4 311-1 VOL.IX — No 7 MONTREAL, AOUT-SEPTEMBRE 1929 Le numéro: 5 sous MONSEIGNEUR LARTIGUE RECEVANT PATERNELLEMENT LES PREMIERS FRERES DES ECOLES CHRETIENNES, ARRIVANT AU CANADA EN 1837 Abonnement «nu ell Canada et Etats-Unis: 50 sous (Payable au pair a Montréal) CONDITIONS SPKC1AI.ES aux éeiilen.collèBren et couvent» 2 _L'OISEAU BLEU I # FIN DE VACANCES $ f — Les vacances ont passé très vite.— Heureusement, Paul, tu parais les avoir bien employées, au repos et à la distraction.Quelle bonne année scolaire va commencer pour toi.— En effet, le repos doit préparer le corps et l'esprit à mieux travailler.Les maisons d'enseignement viennent d'ouvrir leurs portes.— Tu connais cette institution, dit le vieil oncle à son neveu, alors que l'auto stoppa, rue Sherbrooke.C'est le Mont-Saint-Louis dirigé par les Frères des Ecoles Chrétiennes.Dans le monumental portique que tu vois à travers les grands ormes est placée une jolie verrière qui représente l'arrivée des premiers religieux de cette communauté au Canada, en 1837, il y aura bientôt un siècle.— Voilà un anniversaire, qu'il faudra célébrer.— Tu as raison Paul et, en 1942, ce sera le tricentenaire de la fondation de Montréal.Dans quelques années tu verras ces grandes fêtes nationales et religieuses.Quel beau poème que l'histoire de notre régime scolaire! On voit des religieux et des religieuses se dévouer partout à la grande cause de l'éducation chrétienne de la jeunesse.C'est Mnrgucrite Bourgeoys qui fut la pionnière.Et partout dans les campagnes et les villes ont surgi des écoles.Humbles dans les rangs, plus fières dans les grandes villes.Au début de la colonie, le régime scolaire était assez simple et rudimentaire; il fut tout de même convenable.Bientôt, apparut dans l'histoire l'instituteur ambulant, allant de paroisses en paroisses distribuer la science.Il y en eut en Acadie et dans la Nouvelle-France.Peu à peu, avec l'accroissement de la population, l'organisme scolaire se perfectionna.Les Jésuites ouvrirent le collège de Québec.Plus tnrd, les Sulpiciens fondèrent leur collège à Montréal.Mais ce fut au dix-neuvième siècle que l'on vit la grande effloraison.Les Frères des Ecoles chrétiennes, accueillis par Mgr Lartigue, se répandirent d'abord dans le diocèse puis, dans la province, pour rayonner enfin dans tout le Canada.D'autres communautés les suivirent et les imitèrent, religieuses et religieux, de sorte que grâce à nos communautés enseignantes notre race est dotée d'un merveilleux régime scolaire, auquel les écoles normales fournissent les recrues laïques.— On peut dire, oncle Chnrles, que les écoles sont comme des ruches.— Oui, Paul, des ruches bourdonnantes, surtout aux heures de récréations.C'est dans les écoles que chaque année se façonnent les générations futures.Aussi, tu devines pourquoi l'Eglise et l'Etat s'intéressent tant à l'école.Toutes les communautés enseignantes, Maristes, Clercs de Saint-Viatcur, Religieux de Sainte-Croix, Frères de Saint-Gabriel, de l'Instruction chrétienne, religieuses de la Congrégation, des SS.NN.de Jésus et de Marie, de Sninte-Anne, de Sainte-Croix, de la Présentation, de l'Assomption, etc., n'ont qu'un but: former la jeunesse à une vie chrétienne utile.Cela suppose, comme base, l'enseignement de la religion, mais aussi des autres matières requises par les nécessités de la vie moderne.Aussi, l'écolier canadien-français qui s'applique au programme de nos écoles peut devenir un citoyen utile à son pays et à l'Eglise.— La vie moderne rend donc l'instruction plus néesesaire que jamais., — Certainement Paul, l'éducation et l'instruction, ù mesure que la vie se complique et surtout dans les grands centres, sont plus nécessaires que jamais.Le jeune Canadien français doit développer les talents magnifiques qu'il possède pour les faire produire au centuple.La parabole des talents s'applique dans l'ordre intellectuel.Un grand écrivain anglais, Ruskin, a dit que les vraies veines de la richesse nationale ne sont plus d'or mais de pourpre.La richesse d'une nation! elle réside dans l'intelligence et la volonté des citoyens.Or, tout le programme de ton école vise a former l'une et l'autre.Il appartient à la jeunesse de profiter des immenses avantages que l'Eglise et la patrie mettent à sa disposition dnns les écoles et les programmes scolaires de chez nous.Sais-tu quel doit être ton idéal pendant cette année scolaire qui s'ouvre, Paul?— Devenir un homme, c'est-à-dire, une compétence dans la carrière que tu choisiras.Et sache que cet idéal, on le réalise dès l'école.Blie de SALVAIL L'OISEAU BLEU A TRAVERS L'HISTOIRE 19 septembre.— Saint Janvier et ses compagnons martyrs.Janvier, né à Naples d'une famille noble et chrétienne, reçut une éducation conforme à sa naissance et à sa religion.Sa science et sa piété le firent porter à l'unanimité par le clergé et le peuple sur le siège episcopal de Bénévent.Un ordre exprès du Souverain Pontife put seul le contraindre à accepter cette haute dignité.Sa sollicitude pastorale fut des plus actives.H affermit les fidèles dans la foi et les soutint dans la persécution.Durant la persécution de Dioclétien, un jeune diacre de Misène, nommé Socius, fut arrêté et tourmenté, puis jeté en prison, à Pouzzoles; le diacre Procule l'ayant visité fut appréhendé de même que deux laïques.Janvier, qui aimait Socius, vint l'encourager; il fut arrêté a son tour et chargé de chaînes.Conduit à Noie, devant le gouverneur Timothée, il refusa au tyran d'offrir de l'encens aux idoles.Il passa de l'interrogatoire dans la fournaise, mais il en sortit sain et sauf.Le tyran, étourdi par ce prodige, en devint plus furieux et fit appliquer au saint évêque une affreuse torture.Son diacre Pestus et son lecteur Didier, envoyés vers lui par ses fidèles de Bénévent, devinrent ses compagnons de tortures.Jetés aux bêtes féroces, Janvier stimulait le courage de ses compagnons.Le courage des martyrs fit se convertir cinq mille personnes présentes dans l'amphithéâtre.Ce que voyant, l'empereur ordonna de décapiter Janvier et ses compagnons.Le corps de saint Janvier est conservé à Na- 3 pies où il est honoré avec beaucoup de dévotion.Un miracle perpétuel se produit avec le sang du martyr.Ce sang, conservé tout desséché dans deux fioles, devient liquide chaque fois qu'on l'approche d'un membre qu'il a jadis vivifié.Cette cérémonie se fait à Naples à la fête du saint martyr; en mai, à l'anniversaire de sa translation; le 1G décembre le jour où, en 1631, Naples fut délivré d'une éruption du Vésuve et en certaines circonstances extraordinaires.La ville de Naples invoque saint Janvier comme son puissant protecteur.Du RIVAGE LES BONS MOTS Quel est le poisson qui n'a pas d'arrêtés?— Le poisson d'avril.— Papa, raconte-moi une histoire, mais une histoire vraie.— Bien.Veux-tu que je te raconte comment un jour je fut mangé par les anthropophages?— Oh! oui, papa, commence vite.En classe de chimie: — Elève Desroches, dites-nous ce que c'est que le sel.— Le sel, M'sieu.c'est quelque chose qui donne un mauvais goût à la soupe, quand on n'en met pas dedans.Certitude: Cet homme-là, on peut-être sûr qu'il fera son chemin.— Ah, vraiment, pourquoi?— Il est cantonnier.Un cas de force majeure: — Enfin, je te rencontre! — Je t'ai prêté mon parapluie, il y a an mois, et tu ne me l'as pas rendu.— Bien sûr, il a plu tout le temps depuis. 4 L'OISEAU BLEU NOTE PRELIMINAIRE Une éducatricé avertie, religieuse dans une de nos maisons d'enseignement, à Montréal, invitait un jour le chef du secrétariat de la Société Saint-Jean-Raptistc, à prendre cette initiative: "Pourquoi, M.le secrétaire, écrivait-elle, ne pas nous entretenir dans votre revue pour la jeunesse, l'Oiseau, bleu, des principaux monuments historiques canadiens?Je vous promets beaucoup de jeunes lecteurs.Tous ont le regret de connaître fort peu ces gostes do gratitude publique ou de pieux souvenir.Puis, la plupart de nos monuments ne sont-ils pas dus au ciseau d'artistes dist:ngués de chez nous?Pourquoi ne pas nous les présenter ?" C'est à ce désir que répond aujourd'hui l'Oiseau bleu, qui ajoutera aux rubriques déjà existantes, celle-ci: Loi leçon de nos -monument*.L'un de nos patients chercheurs en histoire, qui se voilera sous le pseudonyme d'Etienne de Lafond, remplira auprès de la jeunesse, la tâche de cicerone.Quel ordre suivra M.de Lafond?L'ordre chronologique.Il s'inclinera toutefois devant les raisons de convenance ou de préséance.Ainsi, ne convient-il pas de faire débuter ces stations historiques, à Montréal, ville d'où s'envole l'Oiseau bleu; et à Montréal, le monument de son fondateur, Maisonneuve, n'a-t-il pas priorité sur tout autre?Le futur guide est un esprit ennemi de l'a peu près.Il aura soin d'indiquer dans des notes, les sources où il aura puisé ses renseignements.Cela mettra en confiance les éducateurs, qui pourront vérifier eux-mêmes, s'ils le souhaitent, les dires de l'auteur.Enfin, M.de Lafond, sûr cette fois de l'approbation de tous, se plaira à conclure chaque cours par une leçon d'honneur.Cela lui sera facile, car, existe-t-il beaucoup d'histoires, pouvant, à l'égal de la nôtre, justifier le mot lapidaire de M.Edouard Montpetit: "L'histoire nous impose sa fierté".La DIRECTION La statue de Paul de Chomedey de Maisonneuve PLACE D'ARMES, MONTREAL Bonjour, bonjour, mes jeunes amis.Ah! mais c'est très bien d'être venus si nombreux au rendez-vous.Approchez! Entourez le monument! .Plus près.Bien.Maintenant, recueillez-vous, puis, .levez la tête.Oh! le beau chevalier que vous voyez là-haut, drapenu en main, épée prête à jaillir du fourreau, sous la pression de la main.Chnpeaux bas! Tous! Saluez celui dont je claironne le nom: "Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, fondateur de Montréal, de la puissante Métropole d'aujourd'hui, de la quatrième ville française du monde.Admirez beaucoup M.de Maisonneuve, jeunes amis.Il fut comme le gentil chevalier Bayard, sans peur et sans reproche.Capitaine plein de modération, de sagacité, de respect pour la vie de ses soldats, il montra néanmoins, chaque fois qu'il le fallut, le courage d'un lion.Demandez qu'on vous lise l'émouvnnt combat qui eut lieu le 30 mars 1644, un peu plus bns qu'ici, rue Saint-Paul, aux environs de la rue Saint-Sulpice, où se trouvaient alors les bâtisses en construction de l'HStel-Dieu, endroit idéal pour servir de L'OISEAU B L BU I cachette aux rusés Iroquois (1).C'est, sachez-le, pour rappeler à jamais le souvenir de cette belle victoire, remportée non loin d'ici, que l'endroit que vous foulez en ce moment, se nomme: la place d'Armes.Aimez aussi beaucoup M.de Maisonneuve.Il eut un coeur si bon, si grand, vraiment exquis.N'allait-il pas jusqu'à se priver pour donner à ses soldats des mets de sa propre table?Ce héros eut l'âme toute parfumée d'un saint.Maintenant, examinons, en tous ses détails, le monument."Il a une hauteur totale de trente pieds, de la ligne d'eau au sommet du chapeau du fondateur.La statue principale, celle de M.de Maisonneuve, a dix pieds de hauteur avec le socle." La première pierre du piédestal fut posée le 4 septembre 1892, et le monument lui-même, dévoilé, le 1er juillet 1895, par Sir Adolphe Cha-pleau, lieutenpnt-gouverneur de la province (2).En 1892, qui fut l'année du 250e anniversaire de la fondation de Montréal, l'on se décida, enfin, à élever une statue au fondateur de la Ville.Ce n'était pas trop tôt.Le savant abbé Verrcau en parlait bien pour son compte depuis quinze ans.Chut! chut! petit brun du premier rang, ne t'affole pas.Je devine, va, que tu es élève de l'Ecole Normale de la rue Sherbrooke, que tu te vantes de connaître mieux que moi, l'historien distingué, illustration de ton école, que fut l'abbé Verreau.Tu ris?.J'ai tombé juste?.Permets que je continue.Que coûta ce beau monument, pensez-vous?Environ vingt-six mille dollars.Les principaux souscripteurs furent, entre autres, la Ville de Montréal ($6,000) ; le supérieur de Saint-Sulpice ($2,500).Le Gouvernement de la République française donna 600 francs ($100) (3).Tournons lentement, bien lentement, autour du piédestal, mes amis."A chaque angle se trouve un groupe ou une statue de sept pieds de hau- (1) Ce fait d'armes est fort bien narré dans: Histoire de la vie de M.Patd de Ckomedey, sieur de Maisonneuve.Fondateur et premier gouverneur de Ville-Marie, par P.Rousseau, prêtre de Saint-Sulpice.Montréal, Cadieux et Deromc, 1886.La seule biographie de Maisonneuve que nous ayons jusqu'ici.(2) Voir Les Monuments commémoratifs de la province de Québec, par Pierre-Georges Roy.Publié par la Commission des Monuments historiques de la province de Québec.Québec, 1923.Tome I, p.235-238.(3) Monument Maisonneuve: Souvenir de la cérémonie d'inauguration le 1er juillet 1896.Montréal, 1895.teur.Arrêtons-nous ici d'abord, angle sud-ouest.Voici Jeanne Mance, pansant un blessé sauvage." Nous reparlerons de cette héroïne devant son propre monument, si vous le voulez bien?Voyez, à cet angle sud-est, Lambert Closse, un autre preux du temps, saluez! Tous! Tous!.Closse a près de lui, la chienne Pilote.Cet animal dépistait si bien les Iroquois, que c'en était une merveille.Puis, ici, angle nord-ouest, voici un sauvage à l'affût.Enfin, Charles Le Moyne, qui fut toujours la terreur des Iroquois, vous apparaît à cet angle nord-est (4).Chapeaux bas, ici encore, s'il vous plaît, devant ce colon ot ce soldat de Ville-Marie, qui fut père de l'illustre Pierre Le Moyne d'Iberville et de six autres fils, non moins célèbres.Mais je vois que les bas-reliefs du piédestal piquent déjà votre curiosité.Fort bien.Il y en a quatre.Face sud, vous avez la scène rappelant la signature de l'acte de fondation de Montréal (17 décembre 1640); face est, voici la prise de possession de Montréal et la 1ère messe (17 mai 1642); face ouest, eh! regardez-bien, c'est l'exploit même de la place d'Armes, dont je vous parlais tout à l'heure; enfin, face nord, inclinez-vous devant Dollard et ses compagnons, succombnnt au champ d'honneur du Long-Sault, le 21 mai 1660.Chapeaux bas! Chapeaux bas! Nous n'allons pas oublier, certes, de lire avec dévotion chaque inscription du monument.Suivez-moi.La face principale ne porte que ce nom: Maisonneuve, cette date: 1642.Sur la face est, lisons: "Voua êtes le grain de sénevé qui croîtra et multipliera et se répandra dans tout le pays".Ce sont là, mes enfants, d'après une belle tradition que nous rapporte le premier historien de Montréal, Dollier de Casson, sulpicien, les paroles prophétiques du Père Vimont, S.J.à la première messe dite à Ville-Marie.La face nord porte cette brève inscription: "The Citizens of Montreal grateful, 1895".Puis, écoutez enfin celle-ci, placée face ouest.Vos yeux vont briller, vos coeurs frémir: "Il est de mon honneur d'accomplir ma mission, tous les arbres de Vile de Montréal devraient-Us se changer en autant d'Iroquois!" Qui a dit cela?.Bravo! Tous vous avez crié, à l'unanimité: "Mnisonneuve! Maisonneuve!" Ah! le beau mot historique! Trouvez-m'en qui le surpasse! Et n'allez pas croire que ces paroles dites fièrement à M.de Montmagny, gouverneur, eurent l'heur de lui déplaire."Tout au contraire", vous dira l'histoire, avec preuves à l'appui.(4) Voir Les Monuments commémoratïfn.etc. I L'OISEAU BLEU Ah! jeunes'amis que vous me plaisez! Bien que nous ayons terminé l'étude du monument, vous demeurez là, immobiles, devinant bien que tout n'est pas dit.Il me reste, en effet, à vous présenter l'artiste, au ciseau duquel vous devez cette belle oeuvre de sculpture.Cet artiste se nomme Louis-Philippe Hébert.Il fut d'origine aeadienne, puisqu'il est né à Sainte-Sophie d'Halifax, le 27 janvier I860.Cela vous plaît?A moi aussi.Il fut un croyant au beau courage et le prouva.Nous le retrouvons à Rome, en qualité de zouave.Il n'avait que dix-neuf ans.Puis, sa carrière d'artiste commença.Elève à Montréal de Napoléon Bourassa, ce sculpteur, peintre, architecte et écrivain distingué, puis des écoles artistiques de Paris, Philippe Hébert dotait bientôt son pays d'oeuvres de mérite.Entre autres, à Montréal, des monuments de Jeanne Mance et de Monseigneur Bourget; à Québec, du monument de Monseigneur de Laval; à Ottawa, des statues de Cartier et de MacDonald ; à Chambly, Québec, du monument de Saiaberry.Son talent lui valut médailles et prix.En 1901, la France le créait chevalier de la Légion d'honneur.Philippe Hébert mourut à Westmount, le 13 juin 1917.Il eut le privilège insigne, de voir ses fils hériter de ses dons.L'aîné, Henri, est sculpteur; le cadet, Adrien, peintre.Au premier, nous devrons bientôt un monument, digne en tous points du grand patriote qu'il glorifiera: Sir Louis-Hip-polyte La Fontaine.Et maintenant, mes jeunes amis, il faut se quitter.Ne vous semble-t-il pas, cependant, qu'il s'est passé en vous, durant ce cours d'histoire, une chose curieuse et splendide, et que vous tenez à me l'avouer.N'avez-vous pas entendu résonner sans cesse en vos coeurs, les beaux mots d'honneur, de vaillance, de désintéressement, de sens chrétien.Mais c'était tout Maisonneuve le fondateur, qui chantait et exhalait ainsi son â-me, sous cette musique vibrante.Ah! à les écouter, ces mots, à vous en nourrir, quel engagement sacré, vous avez pris là, à votre insu.Vous vous direz, allez, maintenant, vous l'avez trop bien senti, ce matin: "Quand on porte dans ses veines le même sang français que ces héros magnifiques: Maisonneuve, Jeanne Mance, Closse, Le-Moyne; quand on professe comme eux une sublime croyance; on se doit d'avoir, on se forge, coûte que coûte, un caractère trempé, une âme droite, un coeur oublieux de soi; tout cela, grâce à un beau sens chrétien toujours en éveil.Bonjour, mes chers amis.A notre prochaine station historique, n'est-ce pas?Etienne de LAFOND Montréal, août 1929 Une "Violette de France" (Suite) UNE MESSE SOUS LA "TERREUR" Nous sommes en 1793, vers la mi-novembre.C'est la nuit.Une pluie abondante s'échappe des nuages que charrie le mistral.Le sol détrempé est glissant; les ornières succèdent aux flaques d'eau dans le chemin qui conduit vers le "Haut-Montpezat".Deux voyageurs — un vieillard et une jeune fille — suivent cependant cette route déserte et peu sûre à cette saison.Le vieillard, recouvert d'un manteau de berger, s'appuie sur un bâton noueux qui l'aide tant bien que mal à soutenir sa marche incertaine et à parer les ornières trop profondes.Sa compagne — on dirait une enfant — serre sa mante autour d'elle afin de donner moins de prise au vent.De temps en temps, elle se tourne vers le vieillard qui s'arrête pour reprendre haleine.— Courage, père Mathurin, nous y sommes bientôt.— Pourvu que nous y arrivions sans rencontre fâcheuse, murmure Mathurin! On dirait que des chevaux galopent là-bas.En effet! la jeune fille perçoit le trot d'un cheval venant vers eux.Vite elle entraîne son compagnon au bord du talus, l'engage à s'y coucher, puis, e]lc->mêfme, se laisse glisser dans l'herbe humide en disant au fond de son coeur: — Sainte Vierge, au secours! Il était temps.Deux cavaliers.puis trois.puis deux autres dévalent par le chemin de la montagne.Le premier cheval fait un écart en passant près de nos piétons: mais le vent siffle dans les grands arbres; et la pluie qui reprend de plus belle porte le cavalier à croire à un faux pas de sa monture, car rien ne remue dans le fossé à demi rempli d'eau.— Allons, Dick! ce n'est pas un "ci-devant", marche.Et il enfonce les éperons dans les flancs de la pauvre bête qui s'élance sur la route descendante; les autres chevaux suivent Avec peine, nos deux voyageurs remontent le talus; secouant leurs habits trempés, et, sans souci de l'eau qui remplit leurs chaussures, continuent leur chemin.Bientôt, ils prennent un sentier à travers champ, et une demi heure plus tard, ils frappent deux coups discrets à la porte d'une vieille grange, perdue dans la campagne. L'OISEAU BLEU 7 On vient leur ouvrir, on les introduit avec maintes précautions dans l'aire a blé — libre en ce moment — et au fond de laquelle est dressée une sorte de table — quelques planches posées sur une charrette.— Un falot accroché à une poutre éclaire à demi l'assistance composée de quelques hommes et d'une dizaine de femmes.Un soupir de soulagement s'échappe de toutes les poitrines à ln vue du père Mathurin et de sn compagne.Sans retard, celle-ci ôte sa mante et, tirant d'un sac attaché à sa ceinture quelques objets du culte, elle les dépose sur la table improvisée où des femmes viennent d'étendre une nappe de toile blanche.Deux bouteilles,—dans le goulot desquelles on a glissé des chandelles de suif — font l'office de chandeliers.Pendant ce temps, le père Mathurin, qui s'est débnrrnssé de sa houppelande, passe une pauvre soutane, et, assis dans un coin de l'aire, entend les confessions de ces bonnes gens.Anne-Marie Rivier — car c'est notre ancienne connaissance qui, sans crainte de la prison et de la guillotine, est allée chercher le prêtre et l'a amené ù Montpezat — Anne-Marie, dis-je, retire du milieu des gerbes, entassées de chaque côlé de l'aire, une toile renfermant des ornements sacerdotaux; le vénérable prêtre les revêt, place son crucifix sur l'humble autel, et la messe commence; Marie Rivier tient lieu de servant.Avec quelle ferveur les assistants unissent au sacrifice de la grande Victime leur sacrifice à eux, car peut-être demain, ils pa;eront de leur tôte la messe entendue cette nuit! ."Jamais, dira plus tard la Vénérable Mère Rivier, aucune cérémonie religieuse, ne m'a procure d'aussi douces émotions que ces messes célébrées dans le secret, à la faveur de la nuit, et sous In menace de la persécution." A la communion, tous veulent participer au céleste banquet.Le prêtre fragmente les quelques host'es qu'il vient de consacrer, et en distribue les divines parcelles à ces hommes, à ces femmes qui les reçoivent comme un viatique.Marie Rivier s'abîme dans l'adoration de son Dieu.Elle prie pour l'Eglise de France, pour Montpezat dont le malheureux curé à prêté le serment constitutionnel, pour sa mère qui est mourante, pour les oeuvres qu'elle rêve d'entreprendre à la gloire de Dieu.Le Saint Sacrifice terminé, le vieux prêtre adresse quelques paroles d'encouragement à ses ouailles d'une nuit; les engage a rester fidèles à leur Dieu, et à la religion; leur indique pour I ¦ i-¦ ¦ • : :i - : rendez-vous le grenier de l'école de Mlle Itivicr; puis les invite à se retirer.Après un léger repas de pain et de fromage, nos vaillants chrétiens, encore mieux réconfortés par la Messe et la Sainte Communion, sortent par petits groupes pour ne pas donner l'éveil.Marie Rivier remet tout en place dans la cachette, reprend sa mante à capuchon; le bon prêtre redevient le père Mathurin, et, après avoir soufflé la lanterne, tous deux se glissent dans la campagne.La pluie a cessé.Les nuages roulent par masses laissant filtrer des rayons de lune.I.n marche devient plus assurée; nos deux voyageurs se hâtent sur la route de la montagne; ils gardent le silence, le prêtre continuant son action de grâces, et la jeune fille récitant des Ave.Au carrefour des trois routes, Marie demande à son compagnon si la nuit prochaine, il pourra venir voir Madame Rivier qui est gravement malade.— Oh! de grand coeur, si j'ai la tête encore sur les épaulen.— La bonne Vierge vous gardera de tout mal, M.le Curé, car Elle ne peut permettre que ma pauvre Mère meure sans Sacrement: Je l'ai trop priée! .— La Sainte Vierge vous exaucera! — Venez me chercher à la cabane de Pierre Lorquet — car je ne connais pas assez le pays pour m'aven-turcr dnns Montpezat sans un guide sûr.A l'aube, Anne-Marie Rivier rentrait à son é-cole.Présentation de MARIE Saint-Hyacinthe La Couleuvre et l'Aiglon Un jour une vieille couleuvre Voulut se venger d'un aiglon, Et par une habile manoeuvre Le fit descendre en son vallon."Je veux, dit-elle, être gentille Et pardonner cette vétille Que tu sais bien.Dnns le ciel bleu Je veux te suivre.Ouvre ton aile." L'aiglon se fit prier un peu; , Mais ayant confiance en elle, Il monte enfin l'on ne sait où.Or, pendant qu'il plane et qu'il flotte, Pour se venger, la pauvre sotte Le mord au cou, Il tombe, Mais moins blessé que stupéfait.Elle tombe aussi, puis succombe Aux blessures qu'elle se fait.Voici ce que ma fable exprime: Celui-là qui, pour se venger, S'expose à quelque grand danger.Ajoute la folle au crime.Pamphile Le MAY s L'OISEAU BLEU EQ ffl J'APPRENDS PAR L'IMAGE ffl OJ Les vacances sont finies.Contents et heureux, les élèves ont repris le chemin de l'école.Je dis à dessein "contents et heureux", car garçonnets et fillettes comprennent la valeur de l'instruction et quels trésors ils peuvent acquérir en employant bien le temps consacré à la formation et au développement de leur intelligence."Apprends quelque chose, tu pourras quelque chose", dit le proverbe.Voulez-vous, jeunes élèves, être des employés de deuxième ordre, des manoeuvres?Restez ignorants.Désirez-vous obtenir plus tard une bonne position, commander, être gérant, contremaître, chef d'une importante maison d'affaires, avoir la considération et le respect de vos compatriotes?Travaillez, outillez-vous.Jetez un coup d'oeil dans un coin de la classe (1).Claire étudie, Louise écrit.Elles sont sérieuses et emploient bien leur temps.La leçon tout à l'heure sera bien récitée, le devoir bien fait.Près de Louise, remarquez le globe terrestre (2).Les élèves peuvent y suivre avec intérêt les randonnées accomplies par Charles Linberg dans son avion en 1927 et par le dirigeable "Graf Zeppelin" en 1929.Entr'ouvrcz maintenant la porte d'une clame de garçon» (3).La maîtresse (5) est au tableau noir (4).Elle explique les signes arithmétiques.De sa baguette elle indique la croix de Saint-André ou signe de mutiplication.Les sièges des pupitres s'élèvent et s'abaissent i volonté.On en voit de semblables fixés au mur dans les salles de spectacles.Peu d'enfants savent que, dans ce dernier cas, ces sortes de sièges s'appellent des strapontin» (6 et 7).A côté se trouve un chevalet (8) transformable.C'est là que la maîtresse pose les tableaux, les grands catéchismes en image qui intéressent tant la classe.La main que l'on voit (9) tient un stylographe, que l'on nomme aussi plume-réservoir.Rien de commode .pour l'écolier observateur comme ce» calepin» (11) à feuillets mobiles et quadrillés.C'est là qu'il inscrit ses notes personnelles.Compati et pistolet* (21) permettent aux architectes, dessinateurs, ingénieurs civils, de faire des courbes et des cercles variés.L'usage de la loupe (18) est précieux aux chimistes et aux in- génieurs miniers.Autnnt de belles carrières ouvertes à l'ambition de la jeunesse masculine.La loupe sert aussi à déchiffrer les vieux manuscrits.Avant l'invention de la plume métallique, nos aïeux, pour écrire, se servaient de plumes d'oie.Quand un littérateur préparait un travail soigné, on disait qu'il "taillait" sa plus belle plume.Le mot tailler a continué de s'appliquer ^u crayon: taille-crayon (15), tailler un crayon.Les petites pièces de bois tombant du taille-crayon se nomment taiilures (14).C'est à tort qu'on dit "affiler" un crayon.Affiler, c'est donner du fil à un instrument tranchant, à un couteau, par exemple.On pourrait dire: appointir un crayon.Avec un canif (23) bien affilé, on peut très bien tailler ou appointir un crayon."Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place", affirme un d:cton populaire.La place du crayon et de la plume dont on ne se sert pas est le pose-plume (16).S'est sur le boulier ou abaque que l'enfant apprend les premiers éléments du calcul.La petite boite dans laquelle il met crayons, plumes, gommes à effacer, se nomme plumier (26).Parfois le plumier a une serrure.L'élève en enfile la clé dans l'anneau du porte-clé» (17).Un bout de la gomme à effacer (24) sert pour l'encre, et l'autre pour le crayon.Le porte-plume (26) ordinaire est composé de deux parties, le manche et le fourreau.Qui sait que le sac d'écolier porte aussi le nom de mtiselte (19 et 29)7 Souvent aujourd'hui ce sac est remplacé par une mallette.Les garde-manche» ou fausse» manche», qu'il ne faut pas confondre avec des manchettes (que l'on appelle à tort "poignets"), servent à protéger les manches des robes et des vestons.Les mouvements de la classe s'exécutent au bruit de la claquette (28).De petits coups discrets rappellent à l'attention les enfants dont l'ma-gination trotte.La visière (26), tout en protégeant les yeux, éloigne aussi les distractions.L'étude de la langue maternelle doit, chez le bon petit Canadien français, ten'r le tout premier rang.Pour bien l'apprendre, il devra ne pas hésiter, chaque fois que l'occasion se présentera, à consulter le dictionnaire Larousse (29).Quant à ses fautes de français, barbarismes, solécismes, anglicismes, il s'en corrigera à l'aide du "Manuel du Bon Parler" (13).L'Abbé Etienne BLANCHARD It L'OISEAU BLEU ou trier à la Tauvettc > LA METAMORPHOSEE DE SOREX Sorex, le petle souris :¦• ise, ce jour-là, broie du noir.Tous les chats du quartier lui font chasse vive, depuis Loulou au pelage de jais jusqu'à Minette, parfois d'une complaisance incompréhensible pour la Rent ronge-maille (2).Ce soir-là, la vie lui apparait terne, et de son trou noir taillé dans la pierre d'une cave, elle avise (3) les étoiles de la laideur de son sort, de sa vie quotidienne bâtie sur un qui-vive perpétuel, de la iruerre intestine et cruelle que lui livre la race féline (4).Mettant trêve (5) à cette humeur noire qui la torture de plus en plus, Sorex trotte-menu décide d'aller rendre visite à.A ee moment, des coups formidables retentissent, des pas saccadés et bruyants font résonner ic parquet, un homme se penche et dépose — oh ! horreur — un gros chat à dents pointues, à moustache longue ,aux yeux verts et perçants.Sorex se fait petite, et tel un bolide (6), à toutes jambes, va gîter en un vieux hangar, derrière une poutre branlante, dépistant ainsi le jeu du malin matou.Sorex examine ce nouvel endroit et voit, tout près d'elle, une toile d'araignée, tissée avec patience et art.puis une boule noire, velue, à longues pattes, se laissant balancer insouciam-ment.petit rongeur, d'un minois attentif, regarde Dame Aragne qui s'éveille d'un bienfaisant sommeil.— "Belle fée Aragne, Sorex est fatiguée de sa vie de souris bohème (7) et pourchassée, voulez-vous lui donner des ailes?.Qu'il lui ferait bon d'aller là-haut parcourir l'espace, conter fleurette aux étoiles et saluer Dame Lune." — "Fort bien, amie, mais laisse-moi te dire que jamais plus tu ne viendras fraterniser avec tes frères les rongeurs, que tu ne goûteras plus aux "reliefs d'ortolans (8)." Ta vie sera celle du voltigeur utile, protégeant l'agriculture en dévorant, le plus possible, les insectes nuisibles.Ce nouveau sort te plalt-il?— Oh! oui, bonne fée Aragne, donnez-moi des ailes.et un coin de ciel étoile.Lourdement l'araignée doyenne (9) vient tisser à Sorex la souris, de belles ailes noires, soyeuses et membraneuses, faisant disparaître à tout jamais l'élégante queue du souriceau.puis Fée Aragne va laver de sa bave les yeux du nouveau voyageur aérien qui ne peut plus voir la lumière du jour, ni les rayons dorés du soleil sans cligner de l'oeil et être aveuglé.Depuis ce jour, Sorex est devenue chauve- souris, ne sachant sortir de son gîte que ln nuit et dormnnt tout le jour.Les moissonneurs la bénissent des services qu'elle rend, elle et toute la race féconde et utile des chauves-souris.Les blés sont protégés, les feuilles des arbres moins rongées qu'auparavant et Sorex vit heureuse dans sa nouvelle existence.Ainsi fut créée la première chauve-souris.mais, chers miens-oisillons, cela n'est pas article de foi I ! ! .C'est une légende qu'il m'a plu de vous narrer.FAUVETTE MOTS EXPLIQUES: 1 — transformation.2 — Rats et souris.3 — informer.4 — chats.5 — fin.6 — corps de petite masse qui erre dans l'espace.7 — errante.8 — expression tirée d'une fable de La Fontaine.9 — âgée.C.F.CORRESPONDANCE Abeille de Marie.— Merci, amie, de votre chère et bonne missive.Merci affectueux et sincère des ferventes suppliques que vous adressez au Rabboni pour Fauvette.Elle vous en est bien reconnaissante, allez! Recevez tous ses voeux L'OISEAU BLEU U de prompt rétablissement.Elle prie bien pour vous.Bonjour affectueux.Rose Bleue.— Conservez le bel idéal qui vous anime.Qui sait si Dieu ne vous appellera pas un jour, à le réaliser.Fauvette attend de vos nouvelles et vous envoie une large part d'affection.Papillon Noir.— Votre pseudo, petite amie, est teinté de deuil, mais Fauvette ne doute pas que "Papillon Noir" ne soit aussi un gai pinson, ou un papillon plein d'illusions roses et neuves.et que la gaieté soit le fond de votre nature.Je vous envoie une amicale caresse.Fleuve Calme.— La petite amie que vous êtes m'accorderait-ellé un gros plaisir.celui de m'envoyer de temps à autre, une bonne missive, en dépit du dégoût que vous éprouvez à écrire quoi que ce soit ou à correspondre.Venez égayer le "Coin" de Fauvette par votre charmant gazouillis, mien-oisillon.Amical au revoir.Guy.— Fauvette vous conserve toujours son meilleur souvenir.Bonjour affectueux.Brine du Saint-Laurent.— Et les examens ont donné un bon résultat?Venez me dire vos succès en une longue missive.A bientôt, donc.Alouette des Champs.— Fauvette ne peut répondre au désir exprimé dans votre charmante épître.Vous pourrez trouver, à l'Oiseau bleu, 1182, rue Saint-Laurent, Montréal, des chansonniers canadiens se vendant à prix modique.Je vous bonjoure bien amicalement.Blondinette.— Fauvette a partagé avec vous les grands bonheurs qui vous sont venus.Le bonheur de ses oisillons fait le sien.Elle vous félicite du succès obtenu en classe.Puisse la prochaine année scolaire vous décerner à nouveau, et la première place et les lauriers du succès.Cordial au revoir et affectueux souvenir à votre bonne maîtresse.Poueette.— Qu'il fait plaisir à Fauvette d'ap-tprendre vos succès scolaires! Fauvette vous félicite sincèrement et vous souhaite nombre de suc- cès pour l'année de classe à venir.Bon succès et persévérance, donc! Au revoir.Loulou.— J'aime bien votre bonne maîtresse de vous permettre de m'écrire.En effet, j'aime beaucoup les petites filles surtout quand elles sont sages et appliquées.Fauvette se réjouit do vos succès scolaires et vous en félicite.Puis-siez-vous toujours, cher petit oisillon, obtenir une des places les plus hautes durant la prochaine nnnée scolaire.Au revoir.Rose des Neiges.— Oh! la gentille épitre! Que ne m'écrivez-vous plus souvent! Vous avez le don d'intéresser.Venez frapper souvent chez "Fauvette" qui vous bonjoure bien affectueusement.C.FAUVETTE Soeur Jeanne me prie de vous dire que les esquisses graphologique suivantes ont été expédiées par courrier postal.— Pauline Ménard, Yvonne Saint-Amand, Jeanne Plouffe, Aurore Lareau, Alice Desbiens, Ontario; Madame Léon Gérin; Hélène, Carmen LaRoche, Miss Tics, Coeur endolori, Léontine Thabault, Maurice Desjardins; Simone Dufcur, Angcline, Alberta; Mrs Mathilde Latreille, Dawsoii, Yukon; M.P.Bé-dard, Laurette Gervais, Cécile Frégeau, Gilber-te Thibault, Louis Brouillette, Rita Gervais, Patricia Mont; Annette Pelletier, Gisèle Lalonde, Chrysanthème; Fleur-Ange, Saint-Lazare; Coeur qui aime, M.-Jeanne Laurin, Léonide Gosselin, Berthe Lepage, Béarn; Claire Carignan, Cécile Perron, Laurel Mauffette.— Affectueux au revoir à tous! C.F.LA GRAPHOLOGIE Telle écriture, tel caractère! C'est ce que vous dira Soeur Jeanne, notre graphologue, pourvu que vous envoyiez, chers amis, dix lignes de votre écriture sur pnpier non rayé et de votre composition accompagnées de la modique somme de vingt-cinq sous.Adressez: Soeur Jeanne L'Oiseau bleu 1182, rue Saint-Laurent Montréal.RADIOS GRAMOPHONES BATTERIES PAYETTE & COMPAGNIE (LIMITEE) Maison exclusivement canadienne-française dont les prix sont les plus bas au Canada 910, rue Bleury (près de Craig) — MONTREAL 11 L'OISEAU BLEU AU PAYS DES BELLES HISTOIRES Résumé.— Louison et Clodo ont une maman en faveur d'une éducation sportive et un papa qui ne prise que les joies de l'esprit.Le premier de l'an, aux dix ans de Louison et aux huit ans de Cloclo, le papa revendique ses droits.Au moyen de livres captivants, par la magie d'un conte qu'il narre lui-même, il essaie de communiquer à ses petits le goût de la lecture.Il imagine un papa ayant la même préoccupation que lui.Une apparition de saint Nicolas, patron des écoliers, vient lui donner confiance.Sur les conseils du grand évêque, il décide de partir avec ses enfants pour un voyage au pays des belles histoires.L'Oiseau bleu, choisi comme aviateur et guide, fait irruption dans la chambre.Il entraine les voyageurs d'abord au royaume de Madame d'Aulnoy.C'est sa patrie.Puis, on se rend au royaume de Madame de Ségur.Petit Poucet s'y ennuie auprès des "bons enfants".Il entreprend une fugue.Elle tourne mal.Toujours inventif, le petit homme s'emploie à la libération de tous.(.Suite-) Une fois sorti, continua Petit Poucet, je me plonge dans le coffre où la vilaine MacMiche cache son or.— Elle a la clef sur elle.C'est impossible.— Eh! vous n'avez pas vu une petite planche mal clouée sur le côté droit du coffre.C'est un jeu pour moi de déplacer puis de replacer cette pièce de bois.— Et une fois dans le coffre, tu vas roupiller, dit Sophie d'une voix moqueuse.— Ah! certes, si j'en avais le temps, ma copine.Mais il me faut opérer un grand remue-ménage.Mettre des cailloux dans les sacs d'or.— Il y en a cinq, Petit Poucet, apprit le bon petit diable.— Bien.Puis verser dans mes poches tout l'or que je pourrai.Voyez-vous, je veux transporter, dans le moins de temps possible, tout l'or de la vieille avare, ici, au grenier.— Et puis?.Et pourquoi?demandèrent en haletant Charles et Sophie.Ils regardaient avec une sorte de respect, ce Poucet, qui ne doutait, vraiment de rien, et avait des idées, .dea idées.— Et puis?Et pourquoi?nargua Petit Poucet.Eh! eh! vous le verrez bien.Je travaillerai, ici, près de vous.Vous ferez un guet sévère durant ce temps.Petit Poucet exécuta son programme en moins de temps qu'on ne l'aurait cru.Le lendemain, vers trois heures de relevée, il était de retour auprès de ses compagnons.Une pile d'or brillait dans un angle du grenier.Tout en enfouissant ce trésor, sous des planches mal jointes; cachette, où seul son corps fluet pouvait s'introduire, Petit Poucet convenait de la dernière partie du plan d'évasion.Tout fut bientôt dit, résolu, préparé.Les enfants, quelques pièces d'or dans la main, vinrent se placer près d'une large fente.Elle donnait sur le siège de Madame MacMiche et constituait un merveilleux poste d'observation.La voix irritée de la vieille avare tonnait en ce moment.De courts sanglots de Louison s'y mêlaient.Le bon petit diable serra les poings et souffla à Sophie: "La misérable! S'en prendre à ce petit étranger!" — Qui n'a ni tes poings, ni mes ongles, soupira Sophie.— Chut, murmura Petit Poucet.Ce n'est pas le temps de s'apitoyer mais d'agir.Chacun de nous, à son tour, va jeter doucement une pièce d'or, par cette fente.Puis nous observerons ce que dira ou fera la mégère.Le pauvre Louison, à cet instant, regardait avec effroi le fouet que son tyran levait.Hélas! il y avait goûté souvent à ce fouet, depuis la veille.Il en portait les marques sur son petit corps, si choyé jusque là.Et comme il avait faim! Du pain sec, de l'eau, quelques cerises ne le rendaient guère solide, d'autant plus qu'il avait déjà exécuté les divers travaux ménagers, depuis le matin.Mais ce qui lui mettait à tout moment des larmes dans les yeux, dans la voix, c'était moins les mauvais traitements, la faim ou la fatigue, que la vision de son père inquiet, de an petite soeur le cherchant partout le coeur gros.Ah! il était durement puni pour son escapade! Une pièce d'or tomba soudain du plafond et vint se loger dans un pli de la robe de Mme Mc-Miche.L'avare, qu'une douce somnolence allait gagner, eut un sursaut.Ses yeux s'ouvrirent bien grands.L'air sinistre, elle regarda autour d'elle et sa main se posa sur une chaine qui entourait son cou.Elle respira.La clef de son cher coffre était toujours là.Une deuxième, puis une troisième pièce d'or roulèrent encore à ses pieds.La vieille femme se trouva debout, le poing levé vers le grenier."Petits gredins, vous vous amusez à me voler là-haut?J'y monte.Mais.ajouta-t-elle tout bas, en ramassant avec respect les pièces d'or, mais, je n'y comprends rien.D'où vient cet or?De là-haut?C'est impossible.Nul n'y monte que Charles et moi.Puis, j'ai fouillé les enfants, hier.Bah! je n'ai qu'à y aller voir.J'en aurai le coeur net." L'OISEAU BLEU U Auparavant, elle sais:t Louison et l'attacha fortement à l'un des coins du poclc.Il ne chauffait pas, heureusement.En pénétrant dans le grenier, Madame McMi-che n'y vit goutte, et dut ouvrir la lucarne.Ses gros yeux jaunes fouillèrent la pièce en tous sens, avant de se poser sur ses prisonniers.Us se tenaient au centre de la chambre, serrés les uns contre les autres.Charles, son souffre-douleur et Sophie Eichini dormaient profondément; Petit Poucet, assis près d'eux, poussait des soupirs ft fendre l'Ame."Debout, bandits, debout, siffla la mégère, en les poussant du pied.Vous avez trouvé de l'or, ici.Où est-il?— De l'or, de l'or, répéta la voix traînante de Charles, qui s'étirait et bâillait.Mais, ma cousine, vous savez bien que nous n'en avons jamais caché au grenier.— Veux-tu te taire fripouille.Comme si je m'adressais à toi.Allons, parle, toi, petite empotée.Avoue, avoue, fit-elle en secouant Sophie.— Hais je ne sais rien.laissez-moi, Madame, de grâce.Je dors tout le temps, ici.Ça m'ar-rive, lorsque je jeûne.Ne nous donnerez-vous pas à manger.Madame?Je n'en puis plus.— Tant mieux.Jeûne encore, mu grosse.Si ça n'est pas une honte d'être perdue de graisse comme toi.— Méchante femme! murmura Sophie, entre ses dents; elle rageait de se voir ridiculiser devant le bon petit diable.Elle se contint cependant, se disant que Charles encaisserait les coups ft sa place, s'il y avait joute avec Madame Mc- Miche.L'avare s'empara de Petit Poucet et le suspendit à l'une des poutres du grenier."Ah! ah! ah! fit-elle, un petit jambon de Pâques! .Non, plutôt, te voilà en posture d'orateur.Parle, avorton, sale nain.Sais-tu où est le trésor?C'est toi, peut-être, qui m'as lancé de l'or, tout ft l'heure?" — 0u\ oui, c'est moi, cria Petit Poucet en gigotant.Et je sais tout, tout.Mais je me tairai, tant que vous ne me traiterez pas civilement.Descendez-moi tout de suite.— Pourquoi?On te voit, on t'entend mieux ainsi.Et puis, mon fouet te déliera bien la langue.— Je ne parlerai pas, hurla Petit Poucet, gigotant toujours, et vous ne vous servirez pas de votre fouet.Je vais appeler les fées à mon secours.La Fée Bienveilinntc, vous savez.Il n'acheva pas.Sa menace eut un effet immédiat.Très pâle, Madame MacMiche le décrocha, puis le posa à terre sans un mot.Petit Poucet jubilait.Il tenait son bourreau.Ah! madame MacMiche craignait tant que cela les fées.Eh! bien, il lui en ferait voir de belles! "Madame, dit-il, en s'inclinant drôlement, vous avez raison de craindre.Les fées.— Chut! Petit Poucet.Ne mentionno pas le nom de ces dames, chez moi.— Alors, en retour du trésor que je vous donnerai, que je suis seul à connaître, vous accepterez mes conditions?— Scélérat! .Quelles conditions?— Ma libération, et celle de mes compagnons.— "Tes compagnons, tes compagnons", mâchonna la mégère.Elle réfléchissait.Soudain, un hideux sourire se glissa au coin de Ba bouche édentée.Petit Poucet In considérait avec inquiétude.A quelle ruse songeait-elle encore?— Je consens, fit-elle.Montre-moi cet or.Peu d'instants après, Petit Poucet, Sophie et le bon petit diable, se trouvèrent délivrés et hors de la maison de Madame MacMiche.Mais ils s'y trouvèrent.suns Louison.Madame MacMiche avait malicieusement décidé: "Vous êtes venus trois chez moi, petts polissons, vous vous en retouVnerez également trois.Ce mauvais drôle de Charles, que l'un prise tant à Fleurville, vous suivra pour y remplacer Louison.C'est mon droit de faire cet échange de captifs.SI l'on ne goûte pas ma transaction chez les seigneurs du château, eh bien, l'on a qu'à me le faire dire, surtout qu'à me le faire signifier, moyennant une forte rançon.Ma pauvreté trouvera ainsi son compte au châtiment que je vous inflige, jeunes crnpules.Suis-jc allée vous chercher, moi, pour venir m'ennuyer jusque dans mon domaine?Allons, disparaissez, et que je ne vous surprenne pns à rôder autour de la maison." Il L'OISEAU BLEU Depuis ces paroles et la fuite éperdue au dehors, les enfants étaient demeurés silencieux, immobiles, dans la consternation.Dissimulés derrière une haie qui faisait face à la maison de Madame MacMiche, ils avaient décidé de se concerter dès qu'ils seraient remis de leur émotion et fortifiés par un repas de fraises sauvages.Car, à aucun prix, ils ne s'éloigneraient sans emmener Louison.Ah! qui aurait cru a tant de finesse chez la vieille mégère! L'on avait oublié que, dès qu'il s'agissait d'un gain, Madame MacMiche en aurait remontré au politicien le plus retors.Le .peu d'intelligence qu'elle possédait se concentrait vivement, promptement, autour de son amour désordonné de l'argent.— "Non, Petit Poucet, n'invente plus rien", pria Sophie, dès qu'on fut en état de raisonner.Elle voyait le petit homme ouvrir la bouche et les yeux tout grands."Tu vois, nous ne sommes guère avancés, pour t'avoir écouté, depuis hier." — Comment, riposta celui-ci, nous ne sommes plus, tous les trois, au pouvoir de cette vilaine femme et tu parles ainsi.Ingrate! — Egoïste, lança celle-ci.Notre pauvre Louison.— Voyons, mes amis, s'interposa le bon petit diable, ne vous chamaillez pas.Une première bataille est gagnée, grâce au Petit Poucet, rien n'est plus vrai.Voulez-vous que j'essaie, à mon tour, de remporter la seconde?— Bravo! applaudit Petit Poucet.— A la bonne heure, dit Sophie.Tu te réveilles, vieux Charles.Vrai, je commençais à te trouver terne, à jurer qu'on t'avait changé avec quelqu'un d'autre.— Hélas, Sophie, j'ai connu de si beaux jours, vois-tu, avant la terrible déclaration de guerre, faite par les sorcières, à la Société des nations merveilleuses.Depuis ce temps, songe, aussi, que je suis séparé de ma bien-airaée Juliette.Le bonheur avait en effet diminué mes ressources spirituelles, je l'avoue.Cela arrive chez les combatifs.Je.Oh! assez! .Voilà que tu parles maintenant comme un professeur à lunettes.Fais voir ton plnn de bataille, plutôt, Charles.Petit Poucet, viens ici.Quitte ton air vexé.Trois têtes ne seront pas de trop pour préparer cette dernière attaque, sous le commandement unique de Charles".Vers onze heures, lorsque scintillèrent les étoiles et que se leva une bonne grosse lune couleur citron, semblable à une figure remplie de malicieuse bonté, les enfants sortirent de leur cachette.Avec précaution, ils s'approchèrent de la fenêtre de la maison.Le bon petit diable y frap- pa trois coups."Louison, pour sûr, no sera pas encore au lit, avait-il pensé avec raison, il s'amènera, nous ouvrira et nous pénétrerons ainsi sans effraction à l'intérieur".Tout se passa comme l'avait prévu le bon petit diable.Hélas! on s'aperçut aussi que le pauvre Louison avait été enchaîné.Ses liens étaient rivés au plancher par un cadenas fermé à clef.Madame MacMiche, soupçonnant un retour offensif des enfants, avait mis la clef du cadenas en lieu sûr, sous son oreiller même.Louison pleura de joie de revoir ses amis.Il les croyait bien loin de lui à cette heure de la nuit.Charles mit fin aux effusions.Il fnllait se hâter.— Je connais ma cousine, expliqua-t-il.Elle en a pour une heure, peut-être, à dormir de ce lourd sommeil.Profitons-en.Allez tous vous réfugier au fond de la pièce.Laissez-moi agir seul, cette fois.Bien doucement le bon petit diable s'approcha du sofa, où sa cousine, chaque soir, aimuit à se reposer avant de se mettre au lit.Avec des mouvements vifs, adroits, il la chaussa, tel que convenu avec Sophie, et malgré les protestations de Petit Poucet, des bottes de sept lieues de celui-ci.Etant enchantées, les bottes s'ajustèrent aussitôt aux pieds de la vieille femme.Puis, brusquement, Charles enleva le fouet des mains de sa persécutrice et courut se pincer prudemment à quelques pas.Madame MacMiche, tirée aussi violemment du sommeil, poussa un cri d'effroi et se dressa sur son séant."Allume, Louison, petit benêt, cria-t-elle.Allume la chandelle, elle est sur la cheminée".Charles, non Louison, obéit.Alors, la mégère crut rêver, être en proie à quelque cauchemar.Charles, ce gamin de Charles, se tenait là, près, tout près d'elle.La chandelle éclairait en plein sa figure moqueuse.Dans l'autre main du garçonnet, elle reconnut, ô stupeur, son fouet.Au fond de la pièce, mais sûrement, c'était les autres enfants qu'elle voyait là, rassemblés, assistant, apeurés, à son dramatique réveil.Elle voulut parler.Aucun son ne sortit de son gosier.Elle se Bontl vraiment paralysée par la surprise, par lo vision, surtout, de l'audace inouic de ces enfants.Et promptement, Charles, profitant de ce répit, se fit parlementaire.Ses paroles, rapides et brèves, résonnèrent avec netteté dans le silence de la nuit.(A suivre) Marie-Claire D A VELU Y L'OISKAU BLEU It SCIENCES L'ELEPHANT L'éléphant est de tous les animaux terrestres le plus gros et le plus fort.C'est aussi celui qui vit le plus longtemps.Il peut faire a lui seul le travail de six chevaux ensemble.A la lutte il il n'en craint pas un, à cause de l'énormité de sa masse, de l'épaisseur de sa peau et de sa force extraordinaire.Pourtant il n'est ni féroce, ni sanguinaire et il ne fait usage de sa force que pour se défendre ou pour répondre à une attaque.Ses yeux sont tout petits et il ne les meut que très lentement.Mais ils sont très expressifs; ils expriment bien, tantôt la douceur, tantôt l'attention ou d'autres sentiments qui montrent que l'éléphant est intelligent.Ses oreilles sont très grandes et même trop grandes car elles pendent de chaque côté de la tête.Le sens du toucher parait être en entier dans la trompe.Cet organe est bien merveilleux.Il peut faire les travaux les plus divers et les plus opposés.Il ramassera aussi facilement un cinq sous qu'il arrachera un arbre.Quelquefois il enlace un objet et le jette au loin comme nous faisons d'une pierre.Les éléphants vivent surtout en Asie et en Afrique et rarement seuls mais en troupes.Ils recherchent le bord des rivières et les endroits frais des pays chauds.Dans les grandes chaleurs, ils s'enfoncent dans les forêts ou se mettent dans les cours d'eau.Les habitants des lieux où ils vivent ont "l'habitude pour les éloigner de faire de grands feux ou de lancer des pétards, car ce sont les deux seules choses qu'ils craignent.Ils peuvent encore avoir un troupeau de cochons dont l'odeur leur est insupportable.Autrefois l'éléphant était un animal très utile à la guerre, aujourd'hui il n'est plus qu'un ornement des cirques.La seule utilité qu'on en tire est l'ivoire qui est la matière dont ses défenses sont faites.N.S.Résultats du concours de Juin - Juillet 1.—Fente, pente, tente.2.—Il a presque entièrement fini ses devoirs français.(La voyelle e du mot presque ne s'élide que dans jn-eaqu'ile).3.—Philippe Aubert de Caspé, en 1863.Cent-quatre-vingt-neuf solutions, dont beaucoup inexactes, me sont parvenues.Félicitations à tous ceux et celles qui ont participé à cette joute un brin difficile.Revenez pleins d'ardeur pour le prochain concours.Amical bonjour à tous.Le sort a favorisé: Mlle Henriette Thérien, 1997, boulevard Rose-mont.(Elève de l'académie Sainte-Philomèine).Mlle Aima Bisaillon, 4402, rue Saint-Jacques, Saint-Henri.(Elève de l'Ecole Normale de Saint-Jérôme).Mlle Yvette Deslauriers, 1443, ave de l'Eglise, Côte Saint-Paul.Concours d'août-septembre 1929.1.— Que veut dire: a) Chanter sa gamme à quelqu'un; b) Se ranger sous le drapeau de quelqu'un.2.— Comment dites-vous en bon français: Prendre "la part" de quelqu'un.Une "passe" de chemin do fer.3.— a) En quelle année Pamphile Le May a-t-il vécu?b) Nomme/, une de ses oeuvres les plus connues.Observez bien, en envoyant vos réponses, les conditions suivantes: Faite parvenir ses réponses, au plus tard, pour le 19 septembre à Concourt Mensuel de L'OISEAU BLEU 1182, rue Saint-Laurent AOUT-SEPTEMBRE 1929 - MONTREAL "L'ECLAIREUR" Imprimeurs-Editeur» JOIiaXADI — REVUES — PERIODIQUES TROIS RTABLISSBMBNTS i BeaaetTlIle — Montréal — Drnramond vllU 1723-1725, rue Saint-Denis Té! : HArbour 8216-7 .t It L'OISEAU BLEU JEUNES LECTEURS DE "L'OISEAU BLEU", VOUS SEREZ BIENTOT DE VRAIS PATRIOTES.SI VOUS APPRENEZ A CONNAITRE ET A AIDER TOUTES NOS VERITABLES INSTITUTIONS NATIONALES.VOUS DEVEZ DES MAINTENANT LA CONNAITRE ET LA FAIRE AIMER ! 11 n'est jamais trop tôt pour préparer sa vie.Même pour le plus jeune, le m:ment arrive bien vite de choisir sa carrière.Et pour s'assurer le succès, il faut s'instruire.Le mieux outillé, donc le plus instruit, occupe le premier rang.C'est la règle.D'autre part, la tendance universelle est d'orienter le plus grand nombre possible de jeunes gens vers les carrières directement pr;
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