L'oiseau bleu /, 1 janvier 1930, août - septembre
REVUE MENSUELLE ILLUSTRÉE POUR LA JEUNESSE auBlEU PUBLIEE PAR LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉ Al Rédaction.Administration et Publicité 1182.rue Saint-Laurent MONTREAL Téléphone: LAncastre 4361 Abonnement annuel: Canada et Etats-Unis: 50 sous (Payable au pair à Montréal) CONDITIONS SPECIALES aux écolcp, collèges et couvents Vol.X — No 7 MONTREAL.AOUT-SEPTEMBRE 1930 Le numéro 5 sous 138 L ' 0 1 S K A U II I.E 1 I LA FILLE DE KONDIARONK 0) ^•x^X'-x^-X'-x-m-'X^x^-^-^-x-X'-x***^ A l'époque où le Marquis de Denonville et le Comte de Frontenac étaient gouverneurs du Canada, vivait un chef sauvage de In tribu des Murons remarquable par son earirit et par son éloquence.Ce sauvage était Kondiaronir surnommé "Le Rat" par ses congénères.Il fut pendant plus de cinquante ans l'arbitre des Indiens du Canada.Jamais sauvage ne montra plus do génie, plus de valeur, plus de prudence et plus de connaissance du coeur humain.I.a vie de cot homme s'écoula dans les combats, les conférences, les traités, les ambassades et les embuscades.Sa fille avait hérité des qualités du père.On l'appelait Sianouina.Le grand chef l'avait confiée lors de l'un de ses voyages ù Montrent, aux .Soeurs de lu Congrégation pour lui faire donner une éducation dont elle pourrait fair; bénéficier ses compatriotes.Pieuse, modeste, remarquable par son intelligence, sa douceur et sa beauté, elle devint bientôt l'idole du Pensionnat et In Vénérable Marguerite Bourgeoys la prit eu affection toute particulière.Un jour que les chefs Iroquois, Outaouais, Eriés.étaient venus conférer avec le gouverneur de Montréal, M.Francois Perrot, successeur de Mnisonneuve, on leur offrit comme divertissement de visiter le Couvent des Soeurs dont la réputation grandissait toujours.Sianouina qui était déjà une personne accomplie fut désignée pour souhaiter la bienvenue aux visiteur?en langue indienne et en français.Kondiaronk était présent.Il fut émerveillé de la grâce de sa fille et ses compatriotes lui en firent les plus grands éloges.I* grand chef des Onnontagués en fut tellement épris qu'il demanda au chef huron la main de sa fille, en faisant selon la coutume un riche présent de fourrures.Ce dernier voyant dans l'amitié de Anéréouataré, le chef des Onnontagués, un gage d'union des deux tribus accepta le présent et par le fait le mariage.Sianouina apprenant la chose en fut atterrée et en pleura toutes les larmes de ses yeux.Elle supplia son père à genoux de ne pas céder à de pareilles propositions, mais Kondiaronk, invoquant des raisons d'Etat, fut inflexible.Les négociations conclues, il retira sa fille du couvent où elle avait passé quatre ans.Ses adieux à Marguerite Bourgeoys furent déchirants, cependant les Peaux-Rouges témoins n'en parurent aucunement émus.On partit donc pour le village Onnontagué où devait se célébrer le mariage.L'àme délicate de la jeune fille souffrit beau- Ci) D'après un article publié par G.-A.Drolct, dans la Hernie nationale.coup de ce changement brusque entre la vie si distinguée qu'elle menait chez les Soeurs et celle où elle tombait.Comme elle était profondément chrétienne, elle trouva dans la prière le secours nécessaire pour surmonter les dégoûts qui s'em-paruient d'elle.C'est le Père de Lamberville, un jésuite, qui bénit l'union des deux époux.Le soir
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