L'oiseau bleu /, 1 janvier 1930, octobre
PUBLIEE PAR LA SOCIETE SAINT.JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL Rédaction, Administration et Publicité 1182, rue Saint-Laurent MONTREAL Téléphone: LAncastre 4364 Vol.X — No 8 MONTREAL, OCTOBRE 1SI30 Le numéro 5 sous Abonnement annuel: Canada et Etats-Unis: 50 sous (Payable au pair à Montréal) CONDITIONS SPECIALES aux école?, collèges et couvents LE PETIT MONDE" 162_ L'OISEAU BLEU >^>^»«-M»>*****':":»:~:^ I "LE PETIT HCNDE" ! Midi et demi.Déjà une centaine d'écoliers sont rendus dans la cour de recréation de l'académie.Ici et là, sous le chaud soleil de septembre des partons courent; des nouveaux, un peu tristes, se tiennent à l'ombre, parlant peu.D'autres se promènent, comme des philosophes et causent des vacances si tôt finies.Des religieux, l'oeil paternel, observent tout ce petit monde.Un vieux frère examine un journal que lui présente un bambin déluré et voici qu'il se voit entouré d'une demi-douzaine d'enfants.La troupe bruyante se calme bien vite, car Frère Bernard narre haut de belles histoires et qui sait s'il n'en contera pas une bonne.Maurice Lejeune, celui qui a apporté la page du journal illustré de la vieille tour du séminaire, semble le plus curieux.— Frère, dit-il, c'est dommage que cette vieille tour que vous avez fait visiter à vos élèves de l'an dernier, ait été endommagée par un incendie?— Heureusement, qu'on va la réparer.Elle est si jolie, et si riche de souvenirs sous les grands arbres de la rue Sherbrooke ouest.Elle fut le berceau des écoles de Montréal.Marguerite Bourgcoys y tint sa première école.—Qui furent les premiers instituteurs pour garçons, Frère?— Vers 1666, les Sulpiciens, aidés des Frères Charron.A cette époque, Trois-Rivières eut des classes régulières.Les Ursulines s'installèrent à Québec.— Le régime anglais a dû déranger bien des choses.Et les écoles?— Ahl mes gars, ce ne fut pas drôle.Les enfants d'alors n'avaient pns les belles écoles d'aujourd'hui ni les programmes actuels.Nos ancêtres ont eu le grand mérite de vouloir rester français.Leur idéal eut des adversaires.Ainsi, des enquêteurs, nommés par lord Dorchester, en 1787, élaborèrent un projet hostile à notre race.Grâce à Mgr Hubert, le projet ne se réalisa pas.— En ce temps-là, reprit Maurice, on n'était pas riche?— C'est exact: In législature de 1791 avisa aux secours pécuniaires.En 1801, un projet de loi fut soumis aux députés.C'était l'Institution royale.— Oh! la fameuse loi, s'écrièrent les marmots.— Une manoeuvre habile mais déloyale lui ouvrit la voie; le clergé vigilant fit rater la tentative anti-française.La chambre basse, en 1820, créa un organisme qui satisfit les catholiques.Le Dr Meilleur fut chargé de la mise en marche du système dans le Bas-Canada.Ainsi, l'école bénéficia de la vie paroissiale.Les cotisations, libres d'abord, furent remplacées, en 1846, par des taxes foncières.Cette loi de 1846 fut la première charte de l'éducation dans notre province.— Quand furent fondées les écoles normales?— Sous l'administration de M.Chauveau.— Et Xe/Conseil de l'Instruction publique, demande le gros Louis qui veut être aussi curieux que Maurice?— Tu sais bien qu'il fut organisé en 1859, reprend Paul, fier d'avoir confondu Maurice.— Vous sautez bien des dates, comme des écureuils, vous allez d'une branche à l'autre, rétorque le Frère.Il y eut, en 1824, la loi des Ecoles de fabrique, loi peu efficace, faute d'argent.Des subsides plus généreux à partir de 1830 font se multiplier les écoles.— Nous approchons de 1837, dit Maurice.— La période que j'aime, dit Louis.— Parce qu'il y a de la lutte, insinue Maurice.— N'empêche, reprend le frère pacificateur que l'instruction souffrit bien un peu des agitations révolutionnaires.— Mais dans le sang des héros germe la liberté, affirme Louis.— Avec la Confédération, chaque province devient autonome, continue le religieux.Depuis 1867, les écoles primaires se multiplient, chaque village, chaque rang a la sienne.Les collèges classiques grandissent et les écoles techniques naissent.C'est l'ère de la variété.Ét vous, mes jeunes amis, vous bénéficiez de tous les bien-faits d'un siècle de progrès.Aussi, on sera pour vous exigeant.Vous recevez plus que vos aînés, il faudra produire davantage.Le vieux religieux, éducateur de race, allait exhorter ses jeunes auditeurs, quand la grosse cloche sonna, sonna, sonna.Dans la cour de récréation, le silence se fit.En classe, les élèves montèrent pnr groupes et ce fut tout l'après-midi le murmure des écoliers au travail.Prière dite à haute voix, chant patriotique, voix enfantines qui récitent, tout cela, comme des messages d'espérance, se répandait sur la paroisse, sur la petite patrie.H.B.PENSEZ A PENSER Avez-vous pensé à consigner sur votre carnet les faits notables de votre journée?.ce que vous avez vu t .ce que vous avez entendu ?.ce que vous voudriez retenir longtemps?Apprenez à penser.dès l'école. L'OISEAU BLEU 163 — i — O Canada! terre de nos aïeux.Ton front est ceint de fleurons glorieux.Car ton liras sait porter l'épée.Il sait porter la croix.Ton histoire est une épopée Des plus brillants exploits.Et ta valeur de foi trempée Protégeru nos foyers et nos droits.— 3 — De son patron, précurseur du vrai Dieu, Il porte au front l'auréole de feu.Ennemie de la tyrannie Mais plein de loyauté.Il veut garder dans l'harmonie Sa fière liberté, Et par l'effort de son génie Sur notre sol asseoir la vérité.— 2 — — 4 — Sous l'oeil de Dieu, près du fleuve géant, Le Canadien grandit en espérant.Il est né d'une race fière, Bénit fut son berceau; Le ciel a marqué sa carrière Dans ce monde nouveau.Toujours guidé par sa lumière, Il gardera l'honneur de son drapeau.Amour sacré du trône et de l'autel, Remplis nos coeurs de ton souffle immortel! Parmi les races étrangères, Notre guide est la loi: Sachons être un peuple de frèreB, Sous le joug de la foi, Et répétons comme nos pères Le cri vainqueur: "Pour le Christ et le Roi!" L'hymne canadien h été .• en 11(0.Le poêle Basile Rout hier en a écrit les paroloa ot le com- poslteur C.tllxii I.avullée In musique.Tous deux ont fait oeuvre d'art magnifique.O CANADA fut chanté pour la première foU 4 Québec, le Jour de In «nln«-Jenii-llnpil«tc.NI l'endroit, ni in dnte ne pouvaient être mieux choisis.Quebec fut le berceau de notre race et le 24 Juin est In féte uattomilr de notre peuple.11 fnut donner » la Jeunesse du Canada l'habitude de chanter cea strophes émouvantes pour augmenter en elle rumour de Dieu et de la patrie, qui sont Inséparables.Nul doute que nos éducateurs, pour se rendre aux désira souvent exprimés par l'honorable Cyrllle-K.Delage, surintendant de l'Instruction publique, feront chanter notre chant national ft leurs «lèves et en commémoreront cet automne le 60e anniversaire par une féte de gout appropriée ft I événement.A.de la R. 164 L'OISEAU BLEU MAITRE BRUIN A JAJPER (Par Claude ME LANÇON ) A l'exception du capitaine Mayne-Reid dont les romans d'aventures enchantèrent nos premières années de lecture, de Jack London, de Rudyard Kipling et de quelques autres auteurs qui ont étudié et compris l'ours, il semble que les écrivains se soient ingéniés à calomnier l'ours, l'un des animaux les plus humains de la création.D'une commune mauvaise volonté, ils l'ont accablé de reproches et de sarcasmes; ils l'ont entouré d'une atmosphère de crainte et de répulsion.Dans la plupart des récits il apparaît chargé de crimes où sous l'apparence proverbiale de "mal léché".La Fontaine est allé plus loin, lui qui recommande de ne pas se fier à la mine a jugé l'ours à sa démarche, peu gracieuse il est vrai, et en a fait un sot qui écrase la tête de son ami en voulant le débarrasser d'une mouche.L'imagination populaire s'en est mêlée et a créé de toutes pièces l'ours prototype de brute sanguinaire partageant avec le loup le triste honneur d'être un épouvantait de la jeunesse.Certaines mamans peu versées dans les méthodes pédagogiques modernes, en menacent encore leur progéniture désobéissante et contribuent ainsi à enraciner le préjugé commun.— et qui, pointant de son petit doigt l'autre ours, avait demandé: "Pourquoi qu'on en donne pas à ce gros-là?" Les impressions d'enfance sont tenaces, mais, après une visite à Jasper, dans le Pare National des Rocheuses, l'on ne peut s'empêcher de reconnaître à l'ours des qualités qui compensent amplement ses deux grands défauts: la gourmandise et le mépris du droit de propriété.Nos Indiens qui le connaissaient l'avaient en respect et en estime.Ces grands philosophes admiraient chez l'ours la prudence alliée a la force, la persévérance et la gaité invincibles.Dans leurs légendes ils lui ont réservé les rôles de bienfaiteur et de bon génie.C'est l'ours qui avertit la jeune captive indienne du meilleur moment pour s'échapper et révèle à l'homme les plantes qui guérissent; c'est lui qui recueille l'enfant abandonné par son vilain beau-père, l'élève avec ses petits et finalement sacrifie sa vie pour le sauver.Il ne semble pas garder à l'homme rancune des coups qui déciment son espèce; le totem de l'ours a pour origine les services rendus à un chasseur par un ours qui lui enseigna les secrets de la forêt.' ¦ i Personnellement il m'a fallu un contact intime avec Ursus Americanus pour détruire l'impression défavorable causée dans ma jeunesse par un dessin de Gustave Doré.Il illustrait ma première Histoire Sainte et représentait les enfants de Bethel dévorés par deux ours vengeurs du prophète Elisée et sa calvitie.L'un des deux carnassiers tenait dans ses pattes un enfant qu'il croquait à belles dents.Il m'inspirait une horreur profonde et j'admirais le sang-froid de ma petite cousine à qui on avait montré la même image — dans l'espoir, sans doute, de lui inspirer le respect des prophètes et des parents chauves La Fontaine a fait de l'ours un être balourd et stupide: les Indiens, un finaud, un diplomate.Lorsque le cerf orgueilleux quitte le conseil des animaux pour se rendre seul au paradis indien, c'est l'ours qu'on lui dépêche dans le but de lui faire entendre raison et de le ramener à une conception plus démocratique de l'au delà.On lui est si reconnaissant d'avoir voulu se charger de cette mission délicate qu'on attribue la coloration rouge des feuilles en automne au sang qu'il versa au cours de la lutte avec le cerf rebelle.Le grand fabuliste a commis une autre injustice à l'égard de l'ours en faisant de lui un être L'OISEAU BLEU renfrogné, une sorte de misanthrope à quatre pattes, solitaire et bourru.Etant un sage l'ours aime la tranquillité et par conséquent la solitude, mais il n'est pas prouvé qu'il fuit d'instinct la compagnie de ses semblables ou celle de l'homme.Ce dernier ayant la dangereuse manie de rechercher sa peau pour en faire des descentes de lit, l'ours évite, autant que possible, les Winchester et les couteaux à écorcher, ce dont personne ne songera à le blâmer, mais, cessc-t-on de convoiter sa rude fourrure, il se laisse approcher assez facilement.A Jasper où il est défendu de chasser autrement qu'avec un kodak, nous avons un exemple de bonnes relations entre le genre urana et le genre homo.La présence des nombreux touristes qui fréquentent Jasper Park Lodge, loin d'éloigner les ours, parait les attirer.Chaque soir plusieurs d'entre eux sortent des bois voisins et viennent rôder autour de la maison des cuisiniers où le chef, Victor, leur fait accepter des friandises à la main.Et, à l'endroit où l'on jette les rebuts de l'hôtel, j'ai vu de mes yeux le préposé au dépotoir écarter à coup de fourche un énorme ours brun qui, la tête passée entre ses jambes, menaçait de le faire tomber dans sa hâte d'attraper un bon morceau.L'un de nous serait probablement mal venu de répéter cette plaisanterie — les ours de Jasper ne sont pas le moins du monde apprivoisés — mais pourvu qu'on respecte la trêve tacite Maître Bruin ne songe pas à attaquer l'homme, même si celui-ci l'ennuie, il s'éloigne plutôt.Cette familiarité ne va pas sans inconvénients et les employés de Jasper Park Lodge n'ont pas toujours à s'en louer.L'apologiste le plus zélé de Maître Bruin est bien obligé d'avouer que son héros est le plus impudent des voleurs.Pour satisfaire sa gourmandise, son défaut mignon, l'ours — et en particulier l'ours noir — ne recule devant aucun expédient.Peut-être admet-il avec Proudhon que la propriété est un vol et que, dans ces conditions, il serait bien sot de se gêner, en tout cas il affiche le plus audacieux mépris pour le code civil.Son odorat, très développé, lui apprend-il la présence de quelques sucreries à un endroit quelconque?Il songe aussitôt à se l'approprier et n'y réussit que trop souvent.Les cantonniers de Jasper, pour se protéger contre ce voleur à quatre pattes, entourent leurs tentes d'une corde tendue à deux pieds du sol et garnie de boîtes de fer-blanc vides que le moindre heurt fait s'entre-choquer.Le bruit ainsi causé est supposé mettre en fuite les cambrioleurs de la forêt; je dis "supposé", car, en réalité, les ours s'en moquent considérablement et il ne ae passe pas de jours sans qu'ils organisent le pillage systématique du garde-manger d'un cantonnier.Le petit salé, vulgairement appelé, bacon dans l'Est et Poulet de Chicago dans les Rocheuses, a des attraits irrésistibles pour Maître Bruin, mais il est loin de dédaigner les gâteaux et les confitures comme peut en témoigner M.Stevenson, l'un des ingénieurs en charge de la construction du jeu de golf, à Jasper.Ce gentleman qui attendait la visite de sa femme, l'été dernier, s'était ingénié à recueillir quelques douceurs pour lui en faire la surprise.Il les avait rangées dans sa malle, placée sous son lit, dans sa tente; il se croyait sûr de son affaire.Un soir en rentrant chez lui, il trouva la malle au milieu de la place et des "signes d'ours" indiscutables sous la forme d'énormes taches de confitures qui souillaient son linge blanc."Désormais", dit M.Stevenson après l'incident, "je laisserai la clef de ma malle sur ma table et Maître Bruin pourra se servir sans tout saboter"."De toutes façons", ajouta-t-il philosophiquement, "l'animal volera mes confitures, s'il en a envie." Il avait raison, Maître Bruin a plus d'un tour dans son sac pour s'approprier le bien d'autrui.On l'a vu tirer la corde qui était attachée à une boîte de beurre tenue au frais au fond du lac Bcauvert et manger le beurre, enlever dans ses bras puissants d'énormes roches placées sur le couvercle de boites à provisions, s'introduire par une fenêtre pour voler un gâteau à peine retiré du fourneau et rouler en bas d'un coteau un tuyau de fer dans lequel on avait mis hors de son atteinte, croyait-on, un pot de confitures.Les étrangers ne bénéficient d'aucun traitement de faveur.Deux Américains, fines bouches, qui avaient apporté à la pêche un panier rempli de diverses provisions laissèrent leur dîner au pied d'un arbre.Après que la capture de quelques belles truites eut aiguisé leur appétit ils retournèrent à l'arbre où ils trouvèrent un énorme ours noir installé devant leur panier ouvert et déjà à moitié vide.Ils essayèrent de parlementer avec le pique-assiette, mais celui-ci resta sourd à leurs objurgations.Animés d'une juste colère, ils essayèrent de le chasser avec des pierres.Le convive malencontreux sembla d'abord prendre la chose de bonne grâce, comme une plaisanterie un peu grossière de la part de ses amphytrions de hasard, mais un projectile lui ayant enlevé des pattes un succulent gâteau glacé, il émit quelques grognements expressifs qui firent comprendre aux Américains qu'il valait mieux traiter cet hôte forcé avec les égards dus a sa puissance.Us le laissèrent donc nettoyer le panier, ce qu'il fit d'ailleurs consciencieusement en ayant soin de tout faire disparaître jusqu'à la bouteille d'un précieux liquide d"'avant guerre".S'il manque de sens moral, l'ours, en revnnche, ne manque pas de sens de l'humour.Ses plaisanteries ne sont pas toujours spirituelles, mais lorsqu'il s'agit de faire preuve de "culot", il rendrait des pointa à Alphonse Allais lui-même.L'an dernier, lorsque Lord Haig, de passage à L'OISEAU BLEU ICO Jasper, inaugura le jeu de golf, un énorme ours noir ne s'est-il pas précipité sur la première balle frappée par l'auguste personnage et, après l'avoir avalée, u'est-il pas allé s'asseoir sur le "tee" No 2 ?C'est aussi un joyeux compère.J'ignore s'il s'est jamais regardé dans une source et s'il a jamais remarqué son apparence bouffonne.L'habit évidemment trop large que lui a coupé le tailleur de la Nature lui donne la démarche d'un homme qui a cassé ses bretelles.Mais, en bon comédien, il sait tirer un parti irrésistible de son costume et de son allure.C'est le clown de la forêt, le paillasse des tréteaux sylvestres.Ses gambades et ses culbutes amusent peut-être les autres animaux autant que nous; chose certaine, elles amusent l'ours lui-même, car il s'y livre lors même qu'il est seul et se croit à l'abri de tout regard.Parmi les contes indiens les plus gais sont ceux qui décrivent les danses de l'ours dans les clairières enlunées, danses que nos peaux-rouges, grands amateurs de contorsions bizarres, se sont empressés de copier servilement et qui ont valu à Maître Bruin d'être exhibé comme démonstrateur d'un art chorégraphique rival de la Loi Puller en Orient d'abord, en Europe et en Amérique ensuite.L'industrie du jouet mécanique a même exploite ce talent ù la grande joie des enfants, Si la gailé et le mouvement inutile sont des preuves de jeunesse l'ours ne vieillit jamais.Cet animal, supposé triste et grognon, s'amuse à tous les âges comme un enfant.On l'a vu, poussé par la gourmandise, jouer des tours pendables et chiper des confitures comme le premier bambin venu.Il n'en reste pas là : il invente des distractions et des jeux; il fait du sport comme le plus insulaire des habitants des Iles Britanniques.Des trappeurs dignes de foi l'ont surpris, en été, en train de glisser sur des montagnes à l'exemple du petit habitué des pentes glacées du Mont-Royal et avec le même dédain pour sa culotte.En plus de faire du toboggan, il se livre souvent à cet exercice qu'en argot sportif l'on appelle ihadow boxing et qui consiste à agiter violemment les bras comme pour porter des coups rapides à un adversaire imaginaire.Volontiers il taquine sa compagne, la roule par terre et lui fait différentes farces, quitte à se faire talochcr lui-même, (j'allais dire gentiment) lorsque Madame a sa migraine ou est autrement do mauvaise humeur.Quant aux petits oursons, drôles et fins comme tous les bébés, ce sont de véritables enfants terribles qui se'battent entre eux pour rire, agacent tous les êtres vivants qui passent à leur portée et ne se gênent pas de désobéir à leur mère même quand celle-ci les chasse dans un arbre à l'approche du danger ou leur recommande de rester •.i an- Cliché du Canadien national quille dans la tanière pendant qu'elle va aux provisions de la famille avec son époux complaisant.Parfois ils en font tant que la pauvre maman ourse est obligée de les prendre entre ses pattes et de leur administrer quelques bonnes tapes sur la partie la plus rubiconde de leur petit corps velu, à l'endroit où précisément l'on bat les enfants méchants.Pour ma part je sais un ourson qui n'aurait pas volé une bonne fessée si sa mère avait été là pour la lui administrer.Je le vois encore dans le village de Kitwanga, en Colombie-Britannique, sur la Imite de savon où l'avaiont enchaîné les Indiens, ses ravisseurs.Il se tenait si sagement assis sur son derrière, son comique de petit museau grisâtre avait un air si innocent que les touristes américaines s'exclamaient en choeur: "Oh! le mignon!" Lui les regardait gentiment et se dandinait comme une jeune personne gênée par les compliments.Conquise par ses bonnes grâces une vieille et digne dame portant un chapeau de tulle rose (après tout c'était bien son droit) s'ap- L'OISE AU BLEU 167 procha et se pencha pour le flatter.Ce fut bref et précis: d'un seul coup de patte Bruin Junior mit le chapeau en pièce et.enleva la perruque qui était dessous.Il doit s'amuser encore avec le postiche.Les deux oursons dont la photographie apparaît à la fin de cet article n'étaient peut-être pas d'un meilleur naturel; en revanche, ils étaient sensibles aux charmes de la musique.Lorsque nous les aperçûmes dans l'arbre où leur mère les avait forcés de se réfugier avant d'aller prendre elle-même son bain dans un lac voisin, ils nous tournèrent le dos avec ensemble et refusèrent d'abord de se laisser protographier.Pour comble de mauvaise volonté, ils se mirent à pleurnicher et à envoyer des S.O.S.à leur maman.C'est alors que l'un de nous eut l'idée de chanter la scie canadienne : Dis-moi si tu m'aimes — Dis-moi oui, dis-moi non Dis-moi si tu m'aimes___ L'effet fut magique, d'un commun accord les deux espiègles se retournèrent et, si j'ai bien vu, nous tirèrent leur petite langue rose — La maman ourse arriva sur ces entrefaites avec un air inquiet et j'avoue qu'au lieu de nous plaindre à elle de ses rejetons nous jugeâmes plus prudent de regagner notre automobile.Les ours de Jaspes sont très gentils, c'est entendu; très sociables, si l'on veut; mais ils n'ont pas encore atteint le stage d'apprivoisement des caniches.Il est déjà fort joli qu'ils nous admettent, pour ainsi dire, dans leur intimité; il ne faut pas être indiscret comme cette torontonienne au coeur généreux qui avait entendu vanter le caractère aimable des ours de Jasper et qui en poursuivait un pour lui faire manger des chocolats, jusqu'au moment où l'un des employés de l'hôtel réussit à l'arrêter et à lui faire comprendre que l'ours des Rocheuses ignore encore l'étiquette des five o'clock et ne se lie pas d'amitié du premier coup, fût-ce avec un membre sympathique de la Société Protectrice des Animaux.Certes, Maître Bruin respecte la trêve qu'il a signée avec l'homme à Jasper.Jamais il n'attaque le premier, mais si on l'embête de trop près, dame! il grogne et.généralement on le laisse tranquille.Tout patient qu'il soit avec notre espèce, il connaît le respect dû à sa dignité et, s'il goûte une plaisanterie honnête, il ne se laisse pas marcher impunément sur les griffes.On n'a qu'à se le tenir pour dit et à ne pas suivre l'exemple du "suisse" de la légende indienne: Ce petit cousin de l'écureuil s'amusait à taquiner un "grizzly" fort occupé à éteindre le feu qui s'était déclaré dans un arbre mort (Toujours le rôle de bienfaiteur.) Malgré les avertissements bonhommes de "l'ours terrible" il jetait continuellement des brindilles pour activer le feu, se fiant à ses moyens pour échapper au cas où l'affaire se gâterait sérieusement.Il avait compté sans l'agilité de l'ours dont la gaucherie n'est qu'apparente.Il en fit tant qu'à la fin le "grizzly" se fâcha et lui allongea un rapide coup de patte qui lui laboura le dos.C'est depuis ce temps-là, paraît-il, que les suisses portent trois marques de couleur foncée entre les oreilles et la queue.En somme, l'ours est d'un natural patient, généreux et bon enfant, toutefois il n'est pas prêt d'usurper dans nos maisons la place des pékinois, des épagneuls et des angoras.Il y a des ours dans toutes les parties du monde et, y compris ceux de Jasper, au nombre de 2,000 environ, aucun n'est un petit saint bien qu'on ait jugé à propos, par galanterie sans doute, d'accorder à l'ourse, grande et petite, deux places dans la constellation céleste alors que le lion, roi des bêtes créées, et le bélier, ami de l'homme, en occupent une seule.Mais de tous nos animaux sauvages, l'ours est peut-être le plus pittoresque, celui dont les traits de caractère sont les mieux marqués et qui est le plus humain par ses qualités et ses défauts.Le connaître, c'est lui accorder au moins de la sympathie, car je dois l'avouer pour ne pas passer moi-même pour "mal léché" parmi la gent ourse — dans les relations de bête à l'homme, c'est lui qui fait preuve de plus d'intelligence pour maintenir la paix et la bonne entente.Claude MELANÇOK Cliché du Canadien national 168 L'OISEAU BLEU Leçons de choses.(Suite de la page 112) Ta pauvre mère est bien malade, Ne fais pas de bruit, mon enfant! Pas de bruit, pas de gambade! C'est le docteur qui le défend.Si l'âge s'amasse sur la tête d'une tendre mère et la recouvre de cheveux blancs, l'enfant reconnaissant doit redoubler de soins, et de délicates attentions.Il ne laisse pas passer le jour de sa fête sans lui offrir quelque cadeau (16).Si la distance le sépare de celle qu'il doit aimer plus que tout au monde, un envoi de fleura (18) touche profondément le coeur de celle qui constate que son fils sait se souvenir.Terminons ces réflexions par quelques autres vers de l'auteur cité au début: Quand te viendra la vieillesse, A mon tour veillant sur toi, Qui te rendra ta tendresse?Petite mère, c'est moi.Abbé Etienne BLANCHARD JUSTES INQUIETUDES —Tu parais ennuyé, mon vieux Jules?—Je le suis, ma femme est sortie sans parapluie et il pleut à verse.—Bah! elle se fera réfugiée dans quelque magasin.—Justement, ot c'est ce qui me donne des inquiétudes.POUR UN ROBINET Le tribunal de Grenoble voyait comparaître un individu, accusé d'avoir volé un robinet en cuivre, dans l'ancien couvent des Ursulines acquis par la ville.Le président admonestait vertement le délinquant qui l'Interrompit par cette exclamation: —En voila des histoires pour un robinet!.Le gouvernement a bien pris tout le couvent! .DANS LE TRAIN —Mais, malheureux! votre femme est tombée par la portière! —Bon, bon, ne vous frappez pas, je la prendrai e- repassant, j'ai un billet d'aller et retour.A L'ECOLE —Combien y a-t-il de sortes de poissons?—Trois M'sieur.—Mais non, deux seulement: le poisson de mer et le poisson d'eau douce.—Et le poisson d'avril?* • • L'ARGUMENT D'UNE PARESSEUSE Lucctte refuse absolument d'apprendre à lire.Elle prétend qu'elle ne peut pas.—Commeril, tu ne peux pas, lui dit sa maman; alors, à quoi te servent tes yeux?—Mes yeux, répond Lucette, ils me servent à dormir.• • • CHEZ LE COIFFEUR Le garçon.— Monsieur, vos cheveux sont bien clairsemés, vous devriez mettre quelque chose dessus.Le client.— Mais c'eBt ce que je fais tous les Jours.Le garçon.— Puis-je vous demander ce que vous mettez?Le client.— Mon chapeau, • * • DE PLUS EN PLUS FORT On parle devant un Méridional de la chaleur de l'Egypte.—On y fait cuire des oeufs au soleil, déclare quelqu'un.—Chez moi, s'empresse de répondre le Méridional, c'est bien plus extraordinaire, on les fait cuire au clair de lune.• • • UN SYNONYME INATTENDU Le petit Pierre a pris l'habitude do crier a tout propos: "Miséricorde".Sa mère lui en fait l'observation et lui interdit de continuer.Pierre s'efforce d'obéir; mais un jour, entrainé par l'habitude, il s'écrit devant plusieurs personnes : —Miséri.Un coup d'oeil sévère de sa mère l'arrête, et il achève humblement: — .Ficelle. L'OISEAU BLEU 169 Les jours qui fuient Les jours ont fui, pareils à des oiseaux sauvages, Des oiseaux blancs, des oiseaux gris, des oiseaux noirs, Qui s'en vont sans retour vers les lointains rivages, Bonheurs, tristesses, deuils, rires, sanglots, espoirs .Les jours ont fui, pareils à des oiseaux sauvages.En silence, ils se sont envolés pour toujours, Emportés par l'élan de leurs ailes légères, Chargés, comme nos coeurs, de haines et d'amours, Rythmant leur course aux sons des heures passagères.En silence, ils se sont envolés pour toujours.Les étoiles ont vu leur troupe disparaître Dans le gouffre insondable et fatal de la nuit Où, lambeau par lambeau, s'évanouit notre être .Et le regard de l'âme avec regret les suit.Les étoiles ont vu leur troupe disparaître.Un par un, à la file, ils retournent à Dieu, Fouettés, par les grands vents, transis par les orages.S'absorber à jamais, dans le ciel toujours bleu.Un par un, à la file, ils retournent à Dieu, Les jours qui fuient, pareils à des oiseaux sauvages .Albert LOZEAU 170 L'OISEAU BLEU LA LEÇON DE NOS MONUMENTS sente le plan de la présente église.Nous irons y prier un instant, n'est-ce pas, en cette impressionnante basilique avant de quitter l'endroit où resplendit le souvenir d'une haute figure sacerdotale au Canada.La statue de Monseigneur Bourget fut dévoilée le 24 juin 11)03, en présence de Monseigneur Sba-retti, délégué du pape au Canada, et d'une foule considérable.La façade principale porte l'inscription suivante: Mgr IGNACE BOURGET deuxième évoque de Montréal Archevêque de Martianapolis 1799-1885 Le diocèse reconnaissant 24 juin 1903 En arrière du monument on lit: "Mes enfants, gardez le dépôt sacré des traditions, souvenez-vous de mes labeurs." (Dernières paroles de Monseigneur Bourget dans son mandement d'adieu).(1) La Statue de Monseigneur Bourget, place de la Cathédrale, à Montréal Un beau soleil d'automne, mes jeunes amis, vous fête, vous enveloppe, au pied de cette nouvelle oeuvre de sculpture de notre artiste canadien, Philippe Hébert.Quelle réussite admirable, n'est-ce pas?Voyez, comme le geste enseignant du grand évêque Bourget semble vivant, solennel et doux, à nos coeurs de chrétiens — Approchez-vous?.Regardez les deux seules figures allégoriques qui ornent la base du monument, et qui représentent la Religion et la Charité.Religion et Charité! Toute la vie, pleines d'oeuvres et de leçons doctrinales du deuxième é/eque de Montréal, tient en ces mots sublimes.Voyez les bas-reliefs.Ils rappellent quelques événements du pontificat de Monseigneur Bourget: d'abord, une visite, à Rome, an camp des Zouaves canadiens.L'évêque s'appuie au bras du colonel du régiment, tandis que M.Hébert, un genou en terre, baise l'anneau episcopal.L'autre bas-relief, évoque la première phase de la construction de notre basilique.L'architecte pré- Mes jeunes amis, ai-je besoin d'ajouter quelque chose à cette adjuration touchante et suprême?."Souvenez-vous de mes labeurs".Le souvenir est-il nécessaire, lorsque tant d'oeuvres vivantes et prospères chantent la mémoire de l'évêque créateur! Songez seulement à ces communautés nombreuses qui lui durent l'existence.communautés enseignantes ou charitables .elles naissaient et puis grandissaient aussitôt sous son oeil sagace, divinateur et pieux.Monseigneur Bourget fut un ascète, un prêtre aux étonnantes intuitions surnaturelles, un directeur d'àmes eminent, un organisateur prodigieux et infatigable.Le deuxième évêque de Montréal, mes amis, rappelez-vous le toujours, fut aussi "grand par ses vertus que par ses oeuvres innombrables".Levez bien haut vos fronts purs, maintenant regardez le bon évêque, saluez-le.Songez à son beau mot d'adieu.Il est inutile de le commenter devant vous.Vos intelligences si bien mises en éveil par vos maîtres, comprennent à demi-mot, n'est-ce pas?L'évêque vous dit aujourd'hui comme au soir de sa vie mortelle, sachez-le bien: I- 'O I S K AU B L E U 171 "Mes enfants, gardez le dépôt sacré des traditions, souvenez-vous de mes labeurs!" Entrons à l'église, mes amis, allons prier, remercier, louer Dieu qui veille avec bonté sur notre épiscopat canadien.Il demeure distingué, agissant, et éclairé, tout comme au premier jour.Etienne de LAFOND (1) /,(•» Monuments commémorât ifê de la Province de Québec, 1923.Hygiène pratique Le sommeil Nous passons un bon tiers de notre vie à dormir.Plusieurs écrivains ont consacré au sommeil des pages curieuses.Il n'en reste pas moins cependant un des phénomènes les plus mystérieux, les moins expliqués de la biologie.Au point de vue purement pratique, le sommeil est indispensable à la vie; il contribue, pour une grande part, à la réparation de nos forces cérébrales et musculaires.L'insomnie est un cruel tourment.Nous savons encore que pour en profiter tout à fait et n'en pas perdre les avantages, il convient d'en user de certaine façon et que, sur ce point comme sur tant d'autres, l'hygiéniste a quelque chose à dire.Il ne faut pas abuser du sommeil.Un cerveau qui dort trop s'accoutume à la torpeur, et continue à somnoler un peu le long du jour.Passée la mesure, une action bienfaisante devient nuisible par excès.Plus on dort, plus on veut dormir, comme disent les bonnes gens.Les enfants qui grandissent et qui n'ont point encore de vie psychique très intense ont besoin de longuement dormir.Il faut leur accorder ainsi qu'aux jeunes gens de huit à dix heures de sommeil.Un adulte bien portant et qui prétend avoir une pensée bien éveillée, ne doit point s'attarder plus de sept ou huit heures dans la mollesse du repos.Pour quiconque n'est pas très doué, il n'est pas sage de consacrer moins de sept heures à dormir.En principe, on ne doit dormir que la nuit, car, seul, le sommeil nocturne est réparateur.L'état de l'atmosphère, le calme de la nuit, l'obscurité en sont la cause.Chez les travailleurs intellectuels le sommeil est léger; chez les travailleurs manuels qui dépensent une grande force musculaire, il est lourd et profond.Le sommeil ne doit pas avoir lieu dans la première ou les deux premières heures qui suivent le repas du soir, s'il est léger ou copieux, selon le cas.Il faut dormir dans une chambre fraiche ou très modérément chauffée, car il y a des insomnies ou do mauvais sommeils aux rêves tourmentés que l'on doit seulement u l'excès de la température ambiante.Le mieux, c'est sûr, est de laisser la fenêtre entr'ouverte : on s'y habitue aisément en été, puis l'on garde cette habitude au cours de l'hiver.Si l'on n'a pas ce courage, il importe de n'habiter qu'une pièce vaste abondamment aérée.Evitez de choisir un lit trop moelleux; la plume et l'édredon sont d'une énervante inconsistance et d'une bien peu tonifiante tiédeur.Ayez un bon sommier facile à nettoyer.Il est sage que les enfants, une fois au lit, n'aient pas la tète haute; leur colonne vertébrale y trouverait prétexte à s'infléchir malencontreusement.L'ampleur est la condition des vêtements de nuit.Avant de gagner votre chambre, attardez-vous un peu dans le cabinet de toilette.Débarbouillez-vous la figure, brossez-vous les dents et lavez-vous les mains.Jeunes filles, démêlez vos cheveux, brossez-les jusqu'à irriter quelque peu le cuir chevelu et laissez-les tout dénoués sur vos épaules; c'est hygiénique et gracieux.Après une prière bien faite, couchez-vous prestement; puis prenez la position où vous dormez le plus commodément.A se mettre le dos en l'air et à se coller le ventre au matelas, on risque de troubler sa digestion.Les personnes nerveuses dorment mal sur le côté gauche; la plupart des mortels préfèrent dormir sur le dos, ou le corps incliné vers la droite, un liras passé sous l'oreiller.(A suivre) Dr A.-A.L.MALICE DE RECEVEUR Dans le tram "85", une dame est assise, tenant sur ses genoux un enfant.Le receveur passe: — Los places sious plaît?.Pardon, Madame, le petit n'a-t-il pas cinq ans?—Oh! non, monsieur, il a eu quatre ans le mois dernier.—Alors, Madame, faut prendre un billet pour lui, car les enfants payent à partir de quatre ans.Tête de la dame.• • • DEUX APPELS POUR RIEN Maman appelle trois fois de suite sa petite fille qui se décide enfin à paraître.—Pourquoi m'as-tu fait attendre, Simone?—Maman, je t'assure que je n'ai entendu qu'à la troisième fois. 172__L'OISEAU BLEU k~:"X~:"M^":"W"M~M"X-:-«^^ $ LEÇONS DE CHOSES ET VOCABULAIRE | :!.!,'l'K.s 5 4 NoiRt-DwiicOiiesl.Monht&J La plu» importante librairie et papeterie françaùe au Canada *4"^M":-m^:»m~:~:~>.>^':^ DEPARTEMENT DU SECRETAIRE DE LA PROVINCE DE QUEBEC L'HONORABLE ATHANASE DAVID, SECRETAIRE DE LA PROVINCE ECOLES TECHNIQUES COURS TECHNIQUE — Cours de formation générale technique préparant aux carrières industrielles.COURS DES METIERS — Cours préparant à l'exercice d'un métier en particulier.COURS D'APPRENTISSAGE — Cours de temps partiel organisé en collaboration avec l'industrie.(Cours d'Imprimerie à l'Ecole Technique de Montréal, et cours pour les métiers du bâtiment).COURS SPECIAUX — Cours variés répondant â un besoin particulier.(Mécaniciens en véhicules-moteurs et autres).COURS DU SOIR — Pour les ouvriers qui n'ont pas eu l'avantage de suivre un cours industriel complet.ECOLE TECHNIQUE DE MONTREAL ECOLE TECHNIQUE DE QUEBEC ECOLE TECHNIQUE DE HULL AUGUSTIN FRIGON Directeur Général de l'Enseignement Technique 1430, rue Saint-Denis MONTREAL JEUNES LECTEURS DE "L'OISEAU BLEU", VOUS SEREZ BIENTOT DE VRAIS PATRIOTES, SI VOUS APPRENEZ A CONNAITRE ET A AIDER TOUTES NOS VERITABLES INSTITUTIONS NATIONALES.ipagnic 4 Assurance sur h Vie Saubeprbe Montreal NARCISSI?DUCIIARMK, President VOUS DEVEZ DES MAINTENANT LA CONNAITRE ET I.A FAIRE AIMER ! "L'ECLAIREUR" Imprimeurs-Editeurs JOURNAUX — REVUES — PEU 1.11) l.| ! IBU TltOIS ETA1II.ISSEMB1VT» ¦ Braor*Tlllr — Montréal — DmmmondtHU 1723-1725, rue Saint-Denii Tel : H Arbour 8216-7 La Photogravure Nationale Lté 59, rue Sainte-Catherine Ouest Montréal Téléphone: MArquette 4549 Dessins - Vignette» - Photographies CAISSE NATIONALE D'ÉCONOMIE 55, St-Jacques, 0.MONTREAL MES PETITS AMIS, Si vous voulez avoir de l'argent en avant de vous plus tard, mettez-en de côté tout de suite.Et le meilleur moyen de ne pas toucher au magot, c'est d'acheter de nos rentes viagères.Ça ne coûte seulement que les deux sous de bonbons que vous dépenseriez chaque jour.Roger du VERNAY L'GcLAmtuR Inc.17a» nui MiNvoesn.mont»»al »HBBJ»S40
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