Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Droit d'auteur non évalué

Consulter cette déclaration

Titre :
L'oiseau bleu /
Première revue destinée à la jeunesse canadienne-française, L'Oiseau bleu a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec. [...]

Le premier numéro de la revue L'Oiseau bleu, sous-titré « revue mensuelle illustrée pour la jeunesse », paraît à Montréal en janvier 1921. Créée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, sous la direction d'Arthur Saint-Pierre, fondateur de la publication, L'Oiseau bleu est la première revue destinée exclusivement à la jeunesse canadienne-française. Sa création a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec.

La revue est diffusée dans les écoles et, selon la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, elle s'adresse aux enfants canadiens de 3 à 18 ans. Certains ouvrages soulignent toutefois que la revue s'adresse davantage aux écoliers de la fin du primaire et du début du secondaire, soit aux jeunes de 10 à 15 ans, car la publication contient beaucoup plus de textes que d'illustrations. La revue est également diffusée auprès des jeunes franco-américains, franco-ontariens et acadiens.

L'Oiseau bleu poursuit le double objectif d'instruire et de divertir les jeunes. La revue a pour mission de renforcer leur sentiment d'appartenance nationale et leurs croyances religieuses. L'enseignement de l'histoire et de la géographie y occupe une place importante; on y trouve des rubriques telles que « Nos plaques historiques », « À travers l'histoire », de même que des récits de voyage comme « Mon voyage autour du monde ».

L'instruction religieuse et morale est présente dans les contes, les fables, les poèmes, les feuilletons et les biographies de saints. La publication comprend également des articles sur les sciences. Pour divertir les jeunes, la revue leur propose des feuilletons, des chansons, des jeux, des illustrations et des concours.

Plusieurs collaborateurs sont invités à participer à la rédaction de la revue, notamment Marie-Claire Daveluy, qui y publie en feuilletons son premier roman, Les aventures de Perrine et de Charlot. Celui-ci est considéré comme une oeuvre fondatrice qui a donné le ton aux oeuvres subséquentes de la littérature québécoise pour la jeunesse.

L'Oiseau bleu, qui a cessé de paraître en juillet 1940, a véritablement été un catalyseur pour la littérature enfantine québécoise.

LEPAGE, Françoise, Histoire de la littérature pour la jeunesse (Québec et francophonies du Canada) - Suivie d'un dictionnaire des auteurs et des illustrateurs, Orléans [Ontario], Éditions David, 2000, p. 113-118.

Éditeur :
  • Montréal :la Société,1921-1940
Contenu spécifique :
avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (10)

Références

L'oiseau bleu /, 1931, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
PER ct/ A REVUE MENSUELLE ILLUSTRÉE POUR ^^^^ .-* ' *P JEUNESSE ^aV^fe _^aA^aV W ¦j OiseauBlEU PUBLIÉE PAR LA SOCIÉTÉ SA1NT-JEAN-BAPT1STE DE MONTREAL deduction.Administration et l'ublicité Abonnement annuel: 1182, rue Saint-Laurent Canada et Etats-Unis: 50 sour (Payable au pair à Montréal» MONTREAL CONDITIONS SPECIALES Téléphone: LAncastre 4364 aux écoles, collèges et couvents Vol.XI — No 4 MONTRÉAL, AVRIL 1931 Le numéro 5 sous IL DEVENAIT VAIN ET FORT ORGUEILLEUX .p.84 L'OISEAU BLEU Dans la haute et vaste salle lu liturgie déroule dan* nos églises?Des.visites du jeudi saint, une fois lu euriosité mise de côté, restcra-t-il quelque chose de ce qui peut être une riche promenade spirituelle?.le BOn&e en ce moment aux sérieuses, poétiques et surnaturelles dispositions des disciples d'Emtnaùs.Gardons-nous de sortir pour seulement voir, seulement entendre.Vaine curiosité, inutiles déplacements! AVEZ-VOUS PENSE A CECI .Je ne veux pas vous répéter ou prévenir les conseils que vos maîtres et aumôniers il coup sûr vous formuleront opportunément, ni les remarques nombreuses et les applications justes qu'ils feront il l'occasion de la Qmodfl Semaine.Permettez-moi de m'arréter il l'un des objets les plu- empreints de signili-cation délicate et profonde; le eierRc pascal.Cire généreuse, dorures brillantes, grains rouge-sang qui s'enfoncent et blessent.Ilatnme qui au sommet, ardente et allongée, ofTre au ciel la soufTrancc des blessures, la beauté des ors, l'onction de la cire, tel m'apparait le cierge pascal.Que j'aime le voir, le contempler ce priant, ce soulTrant, Cet énergique, ce tenace qui se tient, tout devoir et tout sacrifice, à, coté de l'autel.Sa muette éloquence me vaut des prières, des méditations, me transmet des mots d'ordre.Admirables les jeunes et les forts qui, d'un bel élan, offrent il Dieu leurs talents, leurs activités, leurs souffrances.1,'of-frande quotidienne, comme une flamme, donne il leur vie généreuse son interprétation et son sens: tout droit pur en haut, vers l'au delil.Vous connaisse/, le symbole du cierge pascal qui nous rappelle le temps pns:é sur la terre par Jésus-Christ depuis sa résurrection jusqu'il son ascension.Je ne veux pas vous induire en erreur.Je me suis simplement permis de voir et d'aimer il ma façon le eiêrge pascal.Ah! qui dira les aspects infinis des choses de notre religion '! AVANT CARDE EN FORMATION .I.e mouvement des avant-Rardes prend île l'enverKure.En plusieurs endroits des groupes se préparent il s'affilier.Le Comité central recevait dernièrement une agréable nouvelle.11 s'agit d'ans avant-garde qui se forme au collège du Sacré-Cœur, Saint-Romuald.comté de Lévis.Je cite un extrait qui contient les espoirs du modérateur-fondateur."Je compte bien avoir lancé ici un groupe viable qui, dans quelques mois, avant le congrès fédéral, pourra solliciter son affiliation à la (.'rande famille de l'A.('.'.J.C.J'offre mes saluts respectueux il Monsieur le Président et il tous les officiers du Comité central.Veuillez croire.Monsieur le Secrétaire, i mon sincère et entier dévouement." Krère I.adisi.as Bienvenue au nouveau groupe.Félicitations nu religieux dévoué qui sert si bien en son milieu les intérêts aeéjistes.I.oiiruc vie.prospérité, vaillance il cette avunt-Rarde en formation.Ce sera sans doute l'un des beaux cadeaux que la région de Québec prépare A IMsuorui-lion pour juin prochain.SOUSCRIPTION .Deux avant-gardes ont iléjil tait parvenir leur contribution au journal le Devoir pour la Maison Ignnre-liourijit.Le Directeur îles deux paRCS des avant-cardes est flatté de voir qu'on se rend à la modeste siiRRcstion faite en février.Nous verrons le nombre de leurs imitatrice».Merci aux deux avant-Rardes méritantes et.hfltez-i'oilK les autres, s'il est encore temps.COLLABORATION .Le paragraphe de la fin comme le précédent me montrera encore dans mon rôle de quHexti.Que les avant-Rardes donnent il la Maison lynace-HouT tSsr/r/if/' Tauvettc > LUCAS, MEDOR ET PERRUCHETTE JL était la, assis tristement au bord do la route.Lea piétons, les uns indifférents, le luisaient sans malice, les autres ne le voyaient pas, quelques-uns lui jetaient dédaigneusement à la ligure une maigre obole.Pauvre petit! Lucas était orphelin de père et de mère.Abandonné, il fut alors recueilli, lui.son chien et son oiseau par Barbillons, le propriétaire du grand cirque de '/,.LA, la vie était rude.Il lui fallait apporter tous les soirs une somme rondelette il son maître exigeant et brutal.sinon, les taloches pleuvaient sur le dos de l'enfant.Avec va à peine fie quoi se nourrir et se vêtir! Lucas pleurait souvent, le soir, quand il allait se coucher il la belle étoile ou à la pluie fine et froide.Qu'il en connaissait de mauvais traitements, ce garçonnet! Cet enfant de douze ans se serait vite découragé s'il n'avait eu la fidélité et les caresses de Médor.son chien, à pelage brun et aux grands yeux tristes, et les "coups de bec" affectueux de sa belle l'erruchette à plumage vert.Oh! le trio d'amis qu'ils constituaient ensemble! Comme ils s'entendaient il merveille! Lucas racontait ses petits chagrins il Médor et à sa petite perruche, et eux, par mille signes d'amitié, égayaient leur jeune maître, mettaient en déroute les papillons noirs.et faisaient oublier les rudesses de maître Harbillous.Toujours assis sur le chemin, le regard voilé par les larmes, à ses pieds Médor et sur son épaule l'erruchette aux paupières mi-oloscs par le sommeil, Lucas vit s'avancer, tel en un rêve, une grande dame, il figure douce et sympathique et aux longs vêtements de deuil.—Mon petit, que fais-tu ici il cette heure si tardive?Ne crains-tu pas les chemincaux.les vagabonds.les hiboux et les ombres de la nuit ?.Et puis, tu pleures?.Voyons, dis-moi ton chagrin, mon enfant.Le chien, d'un bond, se leva, prêt à l'attaque.Lucas le calma d'un geste.—Je suis seul, madame.Lil-bas.le maître de la roulotte me bat quand je ne lui apporte pas beaucoup de sous.Puis, ni moi.ni Médor.ni l'erruchette.n'avrfns de quoi manger.Aussi, belle dame, si maman vivait, elle ne iioiiK laisserait jamais entre les mains de Harbillous.Oh! il est si méchant! Et un frisson de peur secoua les membres de l'enfant.•Pauvre petit!.Tiens, veux-tu venir avec moi?.Je n'ai plus île petit garçon, moi.et j'aimerais tant en avoir un!.Et puis, tu me rappelles mon petit Paul qui est maintenant au Ciel.Oh! je t'emmène.viens.Qu'importe il maître Harbillous de ne plus recevoir tes maigres recettes.Toi.tu seras pour moi un autre Paul.tu seras mon Paul.viens.L'enfant hésita.Un problème inquiétant se présentait à son esprit.Dis, madame, vas-tu emmener Médor et Pcrruehettc aussi?., ,1c n'ai qu'eux pour amis.—Pourquoi pas, mon petit!.Ils seront de la famille, eux aussi.Kt la dame et le trio heureux se mirent en route.Petits amis, vous m'en voudriez, peut-être, de ne plus vous parler de Lucas et de ses fidèles amis.Ils n'ont jamais revu l'affreux Harbillous.Lucas est devenu un bel ndolescent.En classe, il remporte tous les plus grands succès et tous les premiers prix.Il fait l'orgueil, la joie et la consolation de sa nouvelle maman.Quant il Médor et il l'erruchette, ils vivent heureux, caressés et choyés, ne manquant jamais plus de pitance.Médor est logé en uneniehe bien proprette et petite Perruche, un brin à regret, gitc en une cage dorée, près I.'OIS hi At HI.Kl! M d'une fenêtre oil viennent danser lea rayons d'un soleil bienfaisant.Souvcntcs fois, lu [h>rtc «le sa cage est ouverte.ee qui permet à l'heureuse petite prisonnière île prendre se» ébats et de jaser nvee les oisillons du village.La maman de Lucas ne pleure plus.Su solitude d'autrefois est suns i*essr égavéc par la présence «le l'orphelin qui a pris lu place du petit l'uni.Eli.mitait maintenant le prix du vrai bonheur.celui que l'on goûte :'• se dévouer et A vivre pour les autres.Kaivkttk COKKKSPONDANCK Miim««-Marthe Vœux de rétablissement auprès des deux vôtres.Feu-Follet - Merci de votre chère missive; j'y répondrai fidèlement.Kn attendant, amical au revoir.Jeanninr Puisse notre amitié s'aeeroltrc A mesure que nous avançons dans la vie.Meilleures affections.Brin d'herbe J'ai lu votre envoi "A celles qui «ont seules".Vraiment, cet écrit est de nature à faire du bien aux timv esseulées, dont le courage, à certaines heures, défaille.Puis-siez.-vous faire répandre ces lignes réconfortantes! Merci et au revoir.Miss It.— Nicole vous envoie ses meilleures amitiés.Elle vous promet moisson abondante • le EMtiee que vous distribuerez.A vos malades.Acceptez-vous aussi les revues littéraires anglaises?Si oui.l'on vous en fera parvenir.Amical bonjour.Alt*.D.— J'ai enfin pu répondre à votre missive.A votre tour, de nouveau, venez nie dire les occupations de l'amie Alex.Sur ee.je vous bonjours bien amicalement.Abeille île Marie Salutations respectueuse» et amicales.Muriel - Vous ave?, sans doute reçu YOiseau bleu que je vous ai expédié.Vous me disiez, vouloir connaître cette revue canadienne, pleine de patriotisme.Eh! bien, dites-moi vos impressions personnelles.Honjour.Sœur Jeanne me prie de vous dire que toutes les esquisses graphologiques demandées ont été expédiées.Marguerite (larou.Ptc-au.x-Trembles; Carmel l'rimeau.St-llenri; liu-guette Giroux, Mlle Isiurrnrc; lirune Abeille: Myosotis; Liseron; Muguet; (labrielle Heatt-chesne.Oentilly; Vrelie Gariépy; Annette Xor-tan: Jeanne Guaij; Emma Gallagher; Chandler; F.Gagné; Germaine liurelle; Rita Bouvier; Florence Isiriricre, Saiiit-Znchario; Mlle Alex.Léceeque, Kivière-du-Irée la lettre qu'avait écrite de ses pauvres mains mutilées le père Jogues.mais elle contenait des caractères d'écriture aussi élégants que ceux d'autrefois.Il avait une merveilleuse calligraphie ce Jésuite très humble, mais fort instruit.Perrinc dut essuyer souvent ses yeux embués do larmes en lisant les quelques lignes suivantes: A% pire Jérôme Internant, ttupéritur.'Mon Hévérend Père, "Croiriez-vous bien qu'à la lecture des lettres •de Votre Révérence, mon coeur a été comme •¦saisi de crainte.Im pauvre nnhirc qui t'en "Mmvettue ilu pnsri n Iremblt; mais Notre- "Scigneur.par sa bonté, y a mis et y mettra •le calme encore davantage.Oui, mon péro.•"je veux tout ce que Notre-Seigneur veut, •'au prix tir mille ties.Oh! que j'aurais de ¦ regrets de manquer une si bonne occasion! ¦•Pourrais-je souffrir la pensée qu'il n tenu il "moi que quelques âmes ne lussent sauvées! "J'espère quo sa bonté, qui ne m'a jamais •abandonné dans les autres rencontres, m'as-•sistera encore: Lui et moi nous sommes eapa- •bles de passer par-dessus toutes les difficultés ••qui se pourraient opposer.¦•Mai" il faudrait que celui qui viendra avec "moi fut bien vertueux, capable de conduite, ••courageux, et qu'il voulût endurer quelque "chose pour Dieu."Je prie Votre Révérence de me croire son "lies humble et obéissant serviteur.I.-S.JOGUE8 •A Montréal, ce 2 mai lolG."(l) () la lucide, la belle vaillance! murmura Perrine en repliant la missive.C'est aussi le frémissement il'une chair déjft bien cruellement crucifiée.Pourquoi, oh! pourquoi, de-mande-t-on encore au pore Jogues do retourner Ifi-has?Nos pères, si possible, imt plus de sainteté encore que d'héroïsme.On ne s'adresse pas eu vain A la générosité de l'un d'eux, répondit Amyot.Pauvre père Jogues.revicndra-t-il jamais do chez ces loups dévorants'/., soupira In jeune fille.—Perrine.Perrine, voyez dit soudain ft voix très basse Amyot.Votre frère marche ft l'écart de nous tous et tient une conversation fort attachante avec Kinaetenon.Oui, vraiment, ce qu'ils s'y absorbent tous deux!.- Je devine ce dont il s'agit, allez, Jean, répondit avec tristesse la jeune fille.Kinaetenon, ainsi que deux autres de ses compagnons ne partiront d'ici qu'en juillet, au retour probable du père Jogues et de M.Bourdon.Si.alors, tout va bien au pays des Agniers, Chariot rêve d'y aller passer une ou deux semaines.Kinaetenon organisera une partie de chasse en son honneur, dans les beaux 1m>îs giboyeux d'Ossernenon.—Vous avez confiance en ce barbare ?Vous laisseriez partir volontiers votre frère?—Non, Jean.Car, si j'ai en effet confiance en Kinaeteiion, qui aime sincèrement Charlot.jc ne me défie que trop des entoura de ce dernier.—Mettez-vous en travers du projet?—Mauvaise tactique! -Invoquez l'aide du Commandant?¦—Vous oubliez, Jean, que Chariot est en congé de maladie.Il ne sera pas tenu d'obéir au Commandant.(•) Ix-ttro authentique fiilèlement irpnxluiw». KM L'OISEAU BLEU —Il y miriiil encore A s'adresser il Norman-ville .' —Mon pauvre «mi, quelle démarche inutile! M.rie Normanville finira par approuver Chariot.L'insouciance dans le danger de ce grand ami de mon frère égale au moins son incomparable bravoure.—C'est vrai.Si je tentais quelque* observations de mon coté?— Non, non, il devinerait vite que vous le faites pour moi.—Croyez-vous.Pcrrine?Sincèrement.Hé! que ne tenter«is-je pas en effet, pour vous être agréable, pour que vous compreniez, que je.¦—Jean, voici mon frère", interrompit vivement la jeune fille qui rougissait, moins sous l'effet des paroles de l'interprète, que sous la musique fervente de l'accent.Chariot en voyant s'ouvrir les grandes portes du Fort, s'était rapproché de Pcrrine.Il mit avec affection son bras sous le sien.'¦Avec quel plaisir, dis, ma petite sœur, nous allons tous deux revoir le père Jogues?Chaque fois que je me retrouve en sa présence, sais-tu que la même gracieuse image de notre aventureuse enfance se lève devant moi.Je revois le navire, le Nninl-Juiieph, celui qui nous amena jadis au Canada.Je revois M.de Courpon, le distingué capitaine, debout près du père Jogues.Tous deux se tiennent au chevet d'un petit malade de six ans.La dévouéo et mignonne sœur du mioche est & genoux, près du lit improvisé.Klle implore soins et protection.Ah! Perrine, Pcrrine chérie, jamais, entends-tu.jamais, je n'oublierai la figure divinement compatissante du père Jogues se penchant sur la mienne! —Vite, vite, nies amis, entrons au Fort, 8'cxclama Marie de la Poterie, en s'approchant a son tour.Je viens d'apercevoir la téte de petit père & l'une des fenêtres.Il a l'air mécontent.Perrine.ma belle enfant, ma touchante colombe de paix, tu voudras bien passer la première.Les plis du front de père vont s'effacer un peu en te voyant.Puis, c'est toi, entends-tu, toi, qui plaideras la cause des, des.braves cœurs que nous sommes tous après tout.Allons, filons, engouffrons au pas de gymnastique, cette petite porte, là.là, à gauche!" CHAPITRE II Chez Thomah Oonernov dk Normanvim.k Le lendemain, vers onze heures, Chariot, son arquebuse sur l'épaule, le fidèle danois A ses cAtés, quitta l'crrine et se dirigea vers la maison de Thomas (Jodcfroy de Normanville.Il chantonnait.Chaque nouvelle visite il l'interprète qu'il aimait profondément, qu'il admirait 4 l'égal d'un héros antique, le ravissait.L'interprète possédait un vaste terrain sur la lisière de la forêt, à la portée des canons du Fort.Il s'y était construit, pour l'été, une cabane il la mode iroquoise, e'est-n-dire une longue tonnelle, assez élevée, recouverte de belles éeorces de cèdre.A la différence des habitations sauvages, il l'avait pourvue, chaque ciité.de plusieurs meurtrières, pouvant distribuer il la fois, lumière, ventilation et sécurité; nu fond s'élevait une petits cheminée en maçonnerie.Une cheminée! Normanville ne connaissait que trop la cruelle incommodité île la fumée.Il savait., pour l'avoir expérimenté durant sa captivité chez les sauvages, qu'elle envahissait en maître les tentes iroquoises.certains jours de mauvais temps.Il se la rappelait si bien lorsque, ne pouvant se dissiper par l'ouverture pratiquée en plein ciel, au centre de la cabane, elle se glissait au dedans, s'étendait, grossissait, enveloppait, remplissait tout.Ses épais rouleaux de suie, à l'odeur écœurante, devenaient si étoulTants qu'on devait pour les subir demeurer de longues heures la face contre terre.Les meubles se faisaient rares dans la demeure de Godefroy de Normanville.Ne convenait-il pas qu'il en fût ainsi?Le compagnon recherché des missionnaires possédait un cœur apostolique qui se complaisait dans l'action.On le voyait s'empresser aux courses périlleuses dans les immenses forêts canadiennes.A une absence succédait une autre absence.Dans ces conditions, qu'avait-il besoin, vraiment, d'un logement tant soit peu compliqué?En revanche, l'héroïque soldat était fort bien nanti d'armes, de poudre et de plomb de tous grains.Thomas Oodefroy de Normanville comptait trente-six ans environ.Il était grand, mince, souple, d'allures fort distinguées.Son visage, aux traits réguliers mais un peu forts, aurait semblé un peu dur, n'était le loyal et doux regard de deux yeux bleus.Il était le frère de Jean Oodefroy de Linctot, avec qui il habitait la plus grande partie de l'année.Sa belle-sœur, Marie Le Neuf, sœur du Commandant de la Poterie, ses nombreux neveux et nièces lui portaient une vive affection.Deux Normands, ce Jean et ce Thomas Oodefroy.Ils avaient été amenés au Canada par Samuel de Champlaiii, dès 1026.Jamais, depuis cette époque, ils n'avaient voulu quitter le pays de la Nouvelle-France.Lors de la prise de Québec par les Kirke en 1029, et jusqu'en 1032, date de la restitution du Canada a la France, les deux frères s'étaient enfoncés dans la forêt canadienne, vivant en bonne intelligence avec les diverses tribus de sauvages qu'ils rencontraient ou visitaient.Des lions pour le courage, ces interprètes admits et tins, des athlètes parfaits, vainqueurs même des sauvages dans certnins sports.En sus, on les citait comme L'OISEAU BLEU 105 étant des linguistes des plus distingués.Ils possédaient l'estime des sauvages, on le pense bien, même de certaines tribus iroquoises.où Normanvillc avait été captif cinq années plus tôt.Normanvillc.en ce beau matin de mai, s'attendait à la visite de Chariot, du petit troupier, impressionné, certainement, par les divers événements imprévus de la veille.Kn souriant, l'interprète vint jeter quelques bûches dans la cheminée.La fraîcheur de sa cabane lui semblait inhospitalière.Tout en activant le feu, qui se mit à ronller gaiement, il eut l'œil sur les alentours de sa tente.Il aperçut vite Chariot.Il s'avançait avec précaution, tenant son chien par le collier.Caressait-il l'espoir de surprendre la vigilance île sou grand ami?"Khi Eh! mon petit Chariot, murmura Normanvillc, la taquinerie du jeune soldat I amusait, — tu crois qu'on enseigne il un vieux Normand comme moi la prudence et l'art d'éventer les ruses.eh bien, voilà pour ton erreur, mou enfant!".Et soudain, la décharge d'un petit pierrier éclata, faisant dans la forêt la plus belle des rumeurs! Chariot, qui sursauta d'abord, fit entendre de beaux éclats de rire, auxquels se joignirent les aboiements de son chien.Puis, en deux honds, il eut traversé le sentier qui séparait la cabane de l'interprète du terrain du fort.Il parut sur le seuil de la tente.••Bonjour, Charlot-le-candide, lit l'interprète, moqueur.Ah! tu souhaitais me prendre en faute.- M'en donnerez-vous jamais la chance, M.de Normanvillc!" Et la bouche de Chariot dessina une grimace de dépit.Entre, liston, entre, en attendant.Feu aussi.Dans ma eahane hommes et bétes fraternisent.Non.si vous le permette/.Feu lera le guet pour vous et pour moi.au dehors.Nous causerons plus A l'aise.Feu!.Regarde!." Et Chariot pointa du doigt, au danois, la foret environnante."Dehors, mon bon chien, dehors! Veille, vois, appelle!.Tu m'entends!.Va.mon Feu!" Le danois obéit avec une joyeuse célérité.Chariot se rapprocha de Normanville qui ouvrait un plHcnrd.IA suivre) Marie-Claire DAVKI.l ï Concours Mensuels CONCOURS D'AVRIL 1931 1.Comment appcle/.-vous celui:
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.