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Titre :
L'oiseau bleu /
Première revue destinée à la jeunesse canadienne-française, L'Oiseau bleu a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec. [...]

Le premier numéro de la revue L'Oiseau bleu, sous-titré « revue mensuelle illustrée pour la jeunesse », paraît à Montréal en janvier 1921. Créée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, sous la direction d'Arthur Saint-Pierre, fondateur de la publication, L'Oiseau bleu est la première revue destinée exclusivement à la jeunesse canadienne-française. Sa création a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec.

La revue est diffusée dans les écoles et, selon la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, elle s'adresse aux enfants canadiens de 3 à 18 ans. Certains ouvrages soulignent toutefois que la revue s'adresse davantage aux écoliers de la fin du primaire et du début du secondaire, soit aux jeunes de 10 à 15 ans, car la publication contient beaucoup plus de textes que d'illustrations. La revue est également diffusée auprès des jeunes franco-américains, franco-ontariens et acadiens.

L'Oiseau bleu poursuit le double objectif d'instruire et de divertir les jeunes. La revue a pour mission de renforcer leur sentiment d'appartenance nationale et leurs croyances religieuses. L'enseignement de l'histoire et de la géographie y occupe une place importante; on y trouve des rubriques telles que « Nos plaques historiques », « À travers l'histoire », de même que des récits de voyage comme « Mon voyage autour du monde ».

L'instruction religieuse et morale est présente dans les contes, les fables, les poèmes, les feuilletons et les biographies de saints. La publication comprend également des articles sur les sciences. Pour divertir les jeunes, la revue leur propose des feuilletons, des chansons, des jeux, des illustrations et des concours.

Plusieurs collaborateurs sont invités à participer à la rédaction de la revue, notamment Marie-Claire Daveluy, qui y publie en feuilletons son premier roman, Les aventures de Perrine et de Charlot. Celui-ci est considéré comme une oeuvre fondatrice qui a donné le ton aux oeuvres subséquentes de la littérature québécoise pour la jeunesse.

L'Oiseau bleu, qui a cessé de paraître en juillet 1940, a véritablement été un catalyseur pour la littérature enfantine québécoise.

LEPAGE, Françoise, Histoire de la littérature pour la jeunesse (Québec et francophonies du Canada) - Suivie d'un dictionnaire des auteurs et des illustrateurs, Orléans [Ontario], Éditions David, 2000, p. 113-118.

Éditeur :
  • Montréal :la Société,1921-1940
Contenu spécifique :
mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

L'oiseau bleu /, 1931, Collections de BAnQ.

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Rédaction, Administration et Publicité Abonnement annuel: 1182, rue Saint-Laurent Canada et Etats-Unis: 50 sous (Payable au pair à Montréal) MONTREAL CONDITIONS SPECIALES Téléphone: LAncastre 4364 aux écoles, collèges et couvents Vol.XI — No 5 MONTRÉAL, MAI 1931 Le numéro 5 tous La Renommée couronnant Dollard expirant 114 L'OISEAU BLEU SAINTE JEANNE D'ARC PETITE BERGÈRE ET GRANDE SAINTE Le 30 mai 1931 marquera le 500c anniversaire de la mort de sainte Jeanne d'Arc.UN la nuit du 6 janvier de l'année 1112, une J_/ vague de joie étrange et mystérieuse souleva les âmes des habitants do Domremy.On assure mémo que les oiseaux et les coqs éveillés avant l'aube "battirent des ailes en grande liesse une heure durant".Émerveillés, les braves gens se demandèrent, comme bien vous pensez, l'explication de ces choses.Or voici la raison de cette aube radieuse de l'Epiphanie do l'an 1412: c'était l'arrivée sur la terre de France d'une petite paysanne que son ange gardien installait dans un humble berceau confié à Isabelle Roraée, jeune femme grave et douce, et à Jacques d'Arc, villageois pauvre mais fort laborieux et honnête, estimé de tous en la contrée.La maisonnette des d'Arc entourée d'un minuscule jardin voisinait avec l'église du village.Si bien que Jeannette en sou berceau s'habituait aux chantB de la cloche agitée par le vieux-sacristain.Maître Pcrrin.Les notes grêles berçaient le sommeil ou égayaient la journée de l'enfant.Plus tard, aux heures triomphales des grandes victoires, alors que les cloches exulteront de joie dans les clochers frémissants des cathédrales, Jeanne sentira son coeur se briser de mélancolie sous l'armure d'argent.Ces carillons lui rappelleront l'humble clocher de- Domremy, son petit jardin, sa chaumière, ses parents qu'elle aimait tant.Elle éprouvera le nostalgique regret de sa vie de simple paysanne.Puis, comme elle est jeune et gaie, naturellement, un sourire lui viendra aux lèvres, en songeant a Maître Pcrrin qu'elle grondait comme un petit garçon lorsqu'il coupait un peu court ses Angélus."Mais sonne/, longtemps, Maître Perrin.et je vous promets un beau gateau.Sonnez longtemps ou sinon!.Jeanne n'apprit point il lire dans les beaux missels enluminés comme le faisaient les "dnmoiselles" du temps.De sa maman, elle tint "toute sa créance".Isabelle Bornée enseigna à sa petite fille ce qui fait les grandes chrétiennes — et les héroïnes parfois aussi.Elle lui montra a prier, à se dévouer simplement.Jeanne devint si habile dans les divers travaux de la paysanne d'alors qu'elle affirma avec une gentillesse fière à son procès, "que pour coudre et filer, elle ne craignait "femme de Rouen ou d'ailleurs".Elle avait une sœur, Catherine, à laquelle elle était fort attachée.Elle aimait aussi ot soignait maternellement ses trois frères, Joseph, Louis et Pierre.Je dis qu'elle les soignait car, ils rentraient souvent en frottant l'un une joue rougie, l'autre un bras meurtri.Même le plus menu faisait déjà la petite guerre à travers bois ou champ de Domremy.En ce temps-lit, mes enfants, il y avait grande pitjê au royaume de France.L'admirable pays de Charlemagne et de saint Louis, de Oeneviôve et de Clotilde, les saintes patronnes de cette terre aux gestes bénis de Dieu, ce pays, dis-je, était ravagé par les Anglais, lesquels malheureusement étaient encouragés dans leur tentative de conquête par l'indigne reine de France, Isabeau de Bavière.Deux partis divisaient aussi le pays; les Bourguignons et les Armagnaes — ceux-ci vrais Français soutenaient leur pauvre Dauphin Charles VII, légitime héritier de la couronne.Les enfants prenaient volontiers parti en la querelle entre parents et voisins.Le soir, en rentrant les troupeaux, les gamins ne manquaient pas de se donner force coups de pied et coups de poing, au nom du patriotisme.Jeanne, qui souvent gardait aussi les moutons chez elle, grondait ces jeunes: "Il y a assez de sang de France versé comme cela sans vous blesser comme font ceux de Bourgogne et d'Armagnac, disait-elle.Priez donc plutôt Dieu et la benoîte Vierge de sauver notre village et aussi "Monseigneur le Dauphin." Car Jeanne savait ce qui se passait en France.A la veillée, on se réunissait tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre a Domremy et tous causaient des affaires du pays.Les nouvelles étaient si mauvaises qu'on désespérait presque de voir se relever la malheureuse patrie.Jeanne continuait à prier aux champs, a fréquenter l'église et à travailler de son mieux, aidant son père aux travaux du labour, filant auprès de sa mère, soignant les malades et partageant avec les miséreux son frugal repas ou leur cédant son lit lorsqu'ils passaient a la tombée de la nuit.Son âme vibrait douloureusement au récit des misères des gens de son parti et la grande pitié qu'il y avait au royaume agitait son âme ardente.Or voici qu'un jour, à l'Angelus de midi, elle vit Monseigneur saint Michel lui-même, vêtu de lumière et de gloire. L'OISEAU BLEU 116 A la petite fille éblouie et tremblante, il parla doucement comme un grand frôre: —Sois bonne et sage, Jeanne.Va souvent à l'église.Il revint souvent le bel archange causer avec la paysanne de Domrcmy, sans doute comme il cause avec les anges, ses frères du Paradis.Puis, avec lui, vinrent bientôt deux radieuses princesses du ciel: sainte Marguerite bergère et martyre et sainte Catherine, martyre aussi et martyre H cause de sa science chrétienne et fervente.Peu à peu, elles enseignèrent à l'enfant prédestinée il prier mieux, à méditer; elles la formèrent il la vertu la plus exquise.Puis, lorsque cette merveilleuse éducation fut achevée, elles ordonnèrent: —"Fille de Dieu, fille au grand cœur, va délivrer Orléans assiégée, va à Reims faire sacrer le Dauphin".—"Mais je ne suis qu'une pauvre fille, je ne sais ni le chemin ni le moyen d'aller au Dauphin.je ne sais point guerroyer." Cependant les "Voix" des saintes devenaient plus pressantes, elles expliquaient le plan divin: —Tu iras il Vaucoulcurs trouver le sire de Haudricourt.Il te donnera aide et escorte pour aller trouver le Dauphin."II faut que j'aille.j'irai" se dit la jeune fille.Le cœur déchiré mais l'âme vaillante et résolue, Jeanne quitta ses frères et sa petite sœur, son père si bon et si courageux, sa mère, cette Isabelle Roméc, vraie femme de France, hautement chrétienne, laborieuse, adorant ses enfants.Un baiser envoyé, en silence, aux parents encore endormis, — le soleil n'était pas encore levé — un rapide regard aux enfants.au troupeau paisible, au jardin.1 l'église.et adieu à jamais à Domrcmy! En route, petite Pucelle, vers le devoir, la guerre, la gloire et le martyre.Qu'importe!."Il faut que j'aille!., j'irai! Bientôt Jeanne d'Arc délivrera Orléans.Elle surmontera tous les obstacles et déjouera toutes les conspirations des autres chefs jaloux de sa jeune audace, jaloux surtout de son immense popularité dans les camps et à travers la France, qu'enthousiasment les exploits, la grâce fiere, la bonté, le charme angélique de la libératrice.Elle a donné 8.Dieu son obéissance, à la France sa vie."Elle a porté l'habit do la paysanne et la cuirasse du guerrier.Elle a revêtu pour le grand départ, une dalmatique de flammes." (Lavedan)."Jhésus! Maria! Ma mission était de Dieu!" s'écrie Jeanne, torturée par le feu qui l'entoure.Ni l'Anglais qui a allumé le bûcher, ni l'infâme et fanatique tribunal qui a condamné l'héroïne, ne viennent à bout de son indomptable courage.Elle est aujourd'hui la patronne canonisée du patriotisme.' Ailleurs — nous sommes en mai — on vous parle de l'héroïsme de Dollard et de sa petite armée do braves, vrais chevaliers dignes de fraterniser avec la blanche guerrière d'Orléans.Jeunes Canadiennes et petits Canadiens qui savez précieuse notre foi et il qui la langue française est chère, prenez pour modèles Jeanne et Dollard, deux "jeunes", véritables joyaux de l'histoire des deux Frances, celle du Canada et celle d'outre-mcr.Relisez cette page qu'ont écrite avec leur sang les dix-sept braves du Long-Sault.Puis feuilletez la vie de sainte Jeanne — je vous le disais tantôt —¦ patronne canonisée du patriotisme et radieux modèle de ceux qui luttent pour garder leur foi, leurs traditions et leur langue! Quand vous serez "à l'épreuve" vous agirez avec courage afin d'être vous aussi "à l'honneur".Chevaliers intrépides et fiers "En nom Dieu" vous bataillerez pour toutes les grandes causes et "Dieu — tôt ou tard — vous donnera la victoire." Juliette Lavkrone Mai 1931 11G L'OISEAU BLEU LE JOUR DES MAMANS Je vous invite, clicrs petits amis, avec instance à célébrer la fêle des mamans.Elle est de date assez récente et a lieu chaque année le deuxième dimanche du mois de mai.La solennité en est très simple; elle s'exprime par le port d'un oeillet à la boutonnière.Cette coutume a pris origine aux Etals-Unis.Elle remonte à 1907.Mlle Anna Jarvis pleurait depuis un an la perle de sa mère.Elle conçut alors le projet d'honorer par une manifestation d'un genre spécial celle à qui elle devait le jour et le est maintenant de tradition d'offrir un cadeau - fleurs, friandises, parfums, etc.— comme pour glorifier par ce geste de reconnaissance l'amour et le dévouement maternels.Il convient de rendre un hommage public à nos mères si chrétiennes, à celles qui sont l'âme de nos foyers et qui, par leur tendresse, leur bonté et leur douceur, ne tendent qu'à répandre de la joie autour d'elles.N'est-ce pas au Canada français que cette pensée de rendre hommage à celles qui montent la garde auprès de nos berceaux devrait le plus se répandre et se généraliser?S'il est meilleur de son ftme.Elle réunit un groupe d'amis et leur exposa le pieux dessein qu'elle avait formé.Comme conclusion, elle épingla sur la poitrine de chacun l'oeillet blanc, symbole de l'amour filial.Sa piété fut louée et approuvée.'Dès l'année suivante, ce projet recevait un chaleureux accueil; il triomphait.Des milliers de citoyens faisaient leur la pensée de Mlle Jarvis, s'en proclamaient les hérauts et les propagandistes.Le mot d'ordre se transmettait de bouche en bouche tant il répondait à un besoin profond du coeur."Portez l'oeillet blanc en souvenir des mères disparues ou l'oeillet rouge eh hommage à celles que vous avez la joie de posséder encore." La Pcnsylvanie en a fail une fèle d'Etit depuis 1913, cl la ville de Philadelphie fut la Kremière ù l'observer d'une manière officielle.ew-York, Washington, Boston, Chicago, etc., Imitèrent cet exemple et le deuxième dimanche du mois de mai donna lieu à des célébrations d'une solennité émouvante.Cette idée si louchante a été accueillie en France, en Angleterre ,etc; elle s'universalise comme elle méritait de l'être.En te jour, il une femme dont les mérites doivent être loués et exaltés, c'est bien la mère canadienne-française.Nos familles et notre race lui doivent tout.Depuis les jours de Champlain, sans amertume et sans lassitude, elle a formé de nobles coeurs pour l'Eglise et la patrie.Celte action féminine si féconde ne s'est jamais démentie un instant.Eaisons de ce jour un vrai jour de fête.Donnons-lui toute sa signification en lui imprimant un caractère chrétien.Quelle joie n'éprouveront pas vos mamans si, avec les cadeaux que votre coeur leur offrira, vous leur présentiez en même temps un riche bouquet spirituel composé de messes entendues, de chapelets récités^, de mortifications et de sacrifices que vous vous serez imposés volontairement, de communions que vous aurez faites « leurs intentions! Ce bouquet, plus beau que tout autre, leur vaudra, j'en suis sûr, beaucoup plus que tout ce que votre générosité pourrait imaginer.N'êtes-vous pas de cet avis, chers petits amis?A.de la R. L'OISEAU BLEU 117 NOS CHAHSOHS POPULAIRES Collection E z M.Mlrom Tout droite rf«*r»4» Air noté par M.J.-b.-A.TUob REFRAIN (m chaîne) tin partie MiMinitT, lu dont lentement Ton moulin va trop vite.Meunier, !ti dors Ton moulin vu trop fort.2e partit Ton moulin, Ion moulin arte vitette Va Irop vite, bis Ton moulin, Ion moulin Va trop fort, bit Note-—Voici comment se chantait cette ritournelle dans le petit inonde.Au 2e couplet on disait Trois canards: au it couplet, Quatre canards, etc.Les enfant* se divisaient en deux bandes de nombre égal et se faisaient face.Pendant le chant des couplets chaque bande s'avançait l'une vers l'autre.Au refrain, (1ère pnrtie) on formait la chaîne et l'on tournait lentement.A la seconde partie, l'allure augmentait autant que possible.J'ai recueilli ma première version d'un écolier nommé Rlondin, à Montréal, vers 1885.Depuis j'ai entendu ces couplets comme chant d'aviron ou de marche plusieurs feis.Cependant, c'est en ronde que le morceau a le plus d'effet, j'oserais dire: est plus joli.I-'.M ASKICDTTE 118 I.'OISEAU BLEU LOLOTTE ET CHIFFON A DOSSfiE :ui mur rose, iiRsisc sur hi ** oommodc dont l'émail bleu reluisait comme un miroir, Lolotte, poupée brune, articulée, aux paupières de cire, au visage île porcelaine, — immobile, solitaire, attendait, attendait, et rien n'arrivait.Pourtant, ee devait être avec une intention qu'un l'avait tirée, une dizaine de mois auparavant, de la valide où.emmaillottée comme une momie, elle avait dormi vingt ans.Vingt ana'.A vrai dire, nouvelle belle au bois dormant, elle n'aurail jamais cru ft un si long sommeil si.à son réveil, les choses et les gens n'avaient eu un aspect si différent.Sa première enfance recula loin dan» le passé, quand elle reconnut le visage qui l'éveillait, le sourire, lea yeux qui n'avaient pas changé, mais vit qu'ils n'appartenaient plus a une petite fille, et que celle qui avait autrefois joué avec elle était devenue un» jeune femme.Lolotte, surprise, ahurie, approximativement mesura les années écoulées.Tirée du coma, elle s'aperçut dans une glace devant laquelle elle passait dans les bras de son ancienne maman.Klle n'avait pas changé, et elle s'en réjouit franchement.Ses boucles étaient aplaties, défaites, sa robe s'était fanée, mais c'était le seul ravage du temps.Et elle plaignit celle qui ne jouait plus avec elle, et qui avait vieilli, et elle s'imagina même qu'elle n'avait vieilli que parce qu'elle n'avait plus voulu jouer avec elle! Mais un peu après, elle eut un moment de douloureuse surprise, voyant revenir la jeune femme une autre poupée dans les liras.Elle jouait donc/encore et sans elle?Reguidant mieux, e'Ic constata que cette poupée était vivante, qu'elle remuait, gazouillait, et que sa mère, (donc la petite fille qui jouait avec Lolotte autrefois était maintenant une véritable maman?) l'embrassai!, le.serrait dans °es bras, poussait des exclamation» d'émerveillement, bnisait et rehaisait les petits pieds, les mains, les bras, le cou.les yeux, le front avec une fureur folle.—Un» fureur folle, se dit Lolotte.une fureur folle-La jaloùlte In mordait nu coeur.Des rei'iets l'envahissaient.Et pour occuper les loisiï! mornes qu'elle commençait, assise sur la commode, le dos au mur rose, la vieille |H»upée tour à tour ressassait le passé ou critiquait le présent.Et elle attendait toujours quelque événement qui ne venait pas.Seul».In bonne indifférente, a heure fixe, l'époussetait comme un vulgaire objet: et mi:tin et soir, elle revoyait sa mumnn d'antnn venir chercher ou venir reporter le bébé de chair, mais si absorbée, qu'elle n'accordait pns un seul iégard a Lolotte désolée.Ce bébé était-il vraiment si incomparable?.Il y avait de l'exagération.Si c'était une petite fille, ell» n'avait pa» beaucoup de cheveux.—Et elle a moins de dents que moi.pensait Lolotti triomphante, .et c'est fl peine si elle se tient assise.Le» cheveux et les dents poussèrent, toutefois, le bébé de chair apprit ft crier papa, maman, s'agrippa bientôt aux barreaux du joli lit.Le t.mps passait donc, et la pauvre vieille Lolotte n'uvait toujours personne pour la choyer.Elle en pleurait de rage.In nuit quand on ne pouvait pas la voir.On la changea de coin, un matin, ("était un peu moin» ennuyeux.Elle voynit par la fenêtre, et elle se mirait dans une glace.Elle s'examina ft son gré.Sa fraîcheur était restée bien intacte.Sa main était toujours potelée et au bout de ses doigt» fins, la ligne rose des ongles était bien marquée. L'OISEAU BLEU ll'i Et puis, elle eut une surprise.Son ancienne petite mère entra un jour dans la chambre, une longue poupée dans les bras, en disant au bébé de (hair qui s'en souciait, d'ailleurs comme de l'an quarante! —Un cadeau pour toi.Cîaby.Comme le bébé mettait déjà brutalement ses doigts fins dans les cheveux blonds, ciV ajouta: —Tu joueras avec quand tu seras un peu plus sage.et vint asseoir la poupée neuve à l'autre bout de la commode.Les poupées restées seules se toisèrent d'un œil contempteur.Sans le savoir, elles étaient de race i nnemie.et de plus, une génération les séparait.La jeunette.a>ant l'innocente prétention de l'adolescence, et se croyant très importante, parla la première: —J'arrive de Paris, je m'appelle Chiffon.L'autre d'un ton plus humble, qui venait de loin, répondit: —Moi, c'est en Allemagne que je suis née, mais il y a bien bien longtemps.La jeunette n'eut pas l'air d'entendre, elle bavardait: —J'ai voyagé en cabine de luxe, pas dans une boite.J'ai beaucoup vu.Ou m'a prêtée à vine ravissante eniant, un jour, et je me suis promenée sur les ponts.J'ai vu la mer.Et pttis, on m'admirait, ma robe est superbe, n'est-ce pas ?("est une copie de grande maison.Ce bleu un peu éteint, c'est beau avec ces appliqués vieux rose?Et mes cheveux, les aimez-vous?C'est la coupe à la mode, en ce moment il Paris Vos cheveux sont longs?C'est aussi porté.Seulement, vous auriez besoin de voir le coiffeur.La vieille poupée ne disait rien, mais elle regardait curieusement cette enfant toute neuve qui pnilait tant.De quelle composition était donc son visage?Elle s'étonnait.Pas en porcelaine comme le sien, sûrement, et regardant leurs deux petites tètes que la glace reflétait, elle se disait que Chiffon, tout de même, il fallait lui donner ça, avait un visage qui copiait mieux que le sien celui des petites filles vivantes.Mais garderait-elle comme elle vingt-cinq ans «on visage frais, lisse, encore exactement coloré ?Elle en douta.Et elle demanda il la petite Parisienne si suffisante: —Te laves-tu?L'autre répondit, presque indignée: —Mais non, j'ai le teint bien trop fragile.Mais les poupées se turent parce qu'on apportait justement le bébé de chair dans son lit.S'approchant de Lolotte et de Chiffon, la maman tendit à sa petite chaque poupée il son tour.La petite leur fit la seule caresse qu'elle savait encore faire, elle leur mit les doigts dans les yeux, et tira leurs cheveux.—Mon vilain trésor, si tu les traites ainsi, je les cache.et se parlant il elle-même, elle ajouta: —Au fait, il serait plus sage de les cacher.Quand Oabrielle sera plus grande, clic sera si contente de les avoir.Maintenant, elle ne peut que les hriser.La petite au berceau, elle prit les deux poupées, les enveloppa d'un drap blanc, les mit dans un grand tiroir.La Parisienne, — comme un oiseau qu'on fait taire en couvrant sa cage d'un voile, - • s'endormit tout de suite.L'autre dans le noir monologuait.—Alors, c'est cela, dans quelque temps, cette petite fill" sera notre petite mère, et de nouveau, on m'aimera.Elle devrait m'aimer davantage, il y a si longtemps que je suis de In fa-m'He.Et puis, mon visage est lavable, e'eM tellement plus amusant.Et Chiffon ne ferme pas les yeux.elle n'a pas les ongles faits, ses mains sont en guenille.[/optimisme de Lolotte renaissait.Rien qu'à songer que de nouveau on la débarbouillerait, on lui ferait dos papillotes, on la changerait de robe, elle sentait son coeur rajeunir.Michelle Le Normani> Historiettes et bons mots POINTURE —J'ai les pieds extrêmement sensibles.Vous n'auriez rien de plus large.Mademoiselle?—Oui, Monsieur, je vais essayer les boites.UNE EXCUSE —Auguste, on a touché à cette bouteille de cognac.Oh! ce n'est pas moi, Madame.—-Vous en êtes bien sûr ?—Oh! oui.Madame, je n'ai pas pu la déboucher.UNE DIFFÉRENCE -Quelle différence y a-t-il entre le pain el Le vin ?—Quand on coupe le pain, il diminue: quand on coupe le vin, il augmente.NOUVELLE BONNE —N'oubliez pas de nettoyer le salon à fond, j'ai des visites tantôt! -Oh! j'ai pas attendu que Madame me le dise! Il y a trois semaines que c'est fait.SAGE CONSEIL —L'alcool est votre ennemi.—L'Évangile nous dit bien, monsieur le Curé, d'aimer nos ennemis.—Oui, .mais pas de les avaler. 120 L'OISEAU BLEU LE QUESTIONNAIRE DE LA JEUNESSE LA MUSIQUE 1.Qu'est-ce que la musique?— C*cst l'art de combiner d'une manière agréable il l'oreille les différents sons de la gamme.2.Quel est le vrai nom de l'instrument de musique que le peuple appelle "musique à bouche" ?— C'est un harmonica- L'harmonica fait la joie des enfants.Quand le violon fait défaut, c'est au son de cette musique que l'on danse dans les campagnes.3.Où se placent les musiciens pour donner des concerts de fanfare en plein air durant la saison estivale?— lis s'installent pour cela dans les parcs ou jardins publies.Le pavillon qui abrite les musiciens se nomme kiosque, mot d'origine turque qui signifie belvédère.4.Quelle différence y a-t-il entre le piano â queue et le piano ordinaire?— Dans le piano à queue, les cordes s'étendent horizontalement dans une boîte formant une sorte de queue, tandis que dans le piano droit (14), la table d'harmonie et les cordes sont placées verticalement.6.Qu'est-ce que le jazz'! — C'est un genre de musique assez nouveau et original importé de l'Argentine.C'est surtout une musique de danse.I>.Que fixe à son doigt le musicien qui joue de la mandoline?— Une spatule ou mediator (ma8C.).7.Comment s'explique l'existence du phonn-radio?— La radiophonie ayant menacé de faire disparaître le phonographe, des manufacturiers ingénieux ont imaginé de lancer dans le commerce cet instrument de musique réunissant les avantages d'un phonographe et d'un poste récepteur de radiophonie.8.A quoi sert le métronome?— Comme le mouvement a une grande importance en musique, ou a inventé un instrument qui, par un mécanisme d'horlogerie, en règle automatiquement la vitesse.9.Comment se nomme l'artiste en violon ?— Un violoniste.Un violoneur ou violoneux est un mauvais joueur de violon ou un ménétrier de campagne.10.Qu'est-ce qu'un stradivarius?— C'est un violon parfait.Ce nom vient d'un excellent facteur de violons italien ayant vécu au dix-septième siècle.11.De quoi est eomi>osé un archet ?— D'une baguette et de crins.Q.Quelles sont les principales parties d'un violon ?— La crosse ou volute, les chevilles, le sillet, la touche, le chevalet, la queue, l'unie, les ouïes, le manche, les tables, le bouton.12.Qu'est-ce qu'un ipigona?— C'est un assouplisseur de doigts.Ce petit appareil a cinq touches à ressort de même largeur que celles du piano.Il permet aux pianistes, violonistes ou autres instrumentistes d'acquérir la souplesse et l'écartement réguliers et progressifs des doigts.13.Quel agrément procure le phonographe portatif?— Il permet aux voyageurs, touristes, explorateurs, villégiaturistes et pique-niqueurs de se récréer facilement en voyage ou en parties de plaisir.14.Quel est l'avantage d'un piano automatique?— Avec cet instrument, on peut, sans connaître la musique, à l'aide de pédales, exécuter certains morceaux inscrits sur du papier tourné autour d'un rouleau.15.La lampe de piano a-t-clle d'autres noms ?¦— On l'appelle aussi lampadaire ou lampe il colonne.16.Dans quoi plaee-t-on les morceaux de musique d'un piano automatique?—¦ Dans un casier à musique.17.Sur quoi s'assoit le pianiste?— Sur un tabouret.18.Que savez-vous de l'accordéon?— Bien que simple et naïf, c'est la un des plus doux instruments à vent.Le son est produit par une soufflerie qui met en vibration des languettes de métal.L'invention de l'accordéon ne date que du siècle dernier et on la doit il Charles Buffet, en 1827.19.Où joue cette musicienne?— Dans une salle de concert; on le voit par les plantes ornementales qui se trouvent en arrière d'elle.20.Qu'cntcnd-ou par maîtrise ?— On entend par maîtrise soit une école où l'on forme les enfants de chœur au chant de la musique sacrée, soit l'ensemble de ces enfants eux-mêmes.21.Comment se nomme l'ensemble des instruments à percussion d'un orchestre?— Batterie; nous en avons ici une â peu près complète.22.Avec quoi frappe-t-on la peau d'un tambour pour In faire vibrer?•— Avec des baguettes.23.Comment fait-on résonner les cymbales ?—En les frappant l'une contre l'autre ou avec un objet métallique.24.Sur quoi a-t-on placé ce tambour?— Sur un trépied.25.Avec quoi frappe-t-on la grosse caisse ?—Avec une mailloche.L'abbé Etienne Blanchard 122 L'OISEAU BLEU LA LEÇON DE NOS MONUMENTS La statue de ihonorable John Young près de ta Place Royale, à Montréal NOTRE beau fleuve Saint-Lnurent, libre de glaces depuis près d'un mois, resplendit et miroite sous l'action du soleil de mai.Regardons-le encore et encore, jeunes amis.Admirons ses flots bleus.Ils coulent en chantant, près, bien près de nous.Ah! quels Canadiens, jeunes ou vieux, n'éprouveraient pas d'orgueil ft cette vue! Quels Canadiens ne l'aimeraient pas un peu d'amour, ce fleuve qui ravit si bien d'aise, le premier qui vogua sur ses eaux profondes, Jacques Cartier, le Malouin chrétien.Il le nommait aussitôt "le Saint-Laurent", sachant que l'on fêtait ce grand saint martyr en le jour de la découverte de ce merveilleux cours d'eau.Hé! il n'en avait pas encore vu de pareil nulle part, nulle part, lui, un marin expérimenté, pourtant.Puis d'autres vinrent ensuite, Champlain, les missionnaires, des explorateurs, des fondateurs de colonie, des colons hardis, d'habiles canotiers.d'autres.combien d'autres encore.Tous l'aimèrent ardemment, le grand fleuve, le sentirent bien leur, en leurs cœurs de pionniers héroïques et créateurs.Eh bien, jeunes amis, le monument que vous avez en ce moment devant les yeux fait revivre l'image d'un compatriote canadien-anglais, qui eut.comme nos splendides ancêtres français, le culte de notre fleuve Saint-Laurent."Toute sa vie, nous disent les auteurs des Monuments eommêmnrnlifs de la province de Quittée, l'honorable James Young travailla avec grand succès pour l'amélioration du Saint-Laurent.Si Montréal, .ajoutent ces auteurs, est aujourd'hui un des ports océaniques les plus importants du Canada.(¦Ile le doit à ce citoyen éclairé, qui demeure le principal promoteur des amélioration?du chenal du Saint-Laurent entre Québec et Montréal.Approchons-nous très près du monument.C'est là une belle œuvre, n'est-ce pas?Elle est signée par Philippe Hébert; pouvait-il en être autrement?Merci, d'applaudir le nom et la nouvelle œuvre d'un des chers artistes de chez nous.Cette statue, à la fois élégante et grave, que voua voyez ainsi s'élever, à l'intersection de la rue des Commissaires et de la Place Royale, fut dévoilée le 4 octobre 1911, par lord (Irey.alors gouverneur général du Canada.Le Gouvernement du Canada et la Commission du Port de Montréal s'unirent pour ériger ce monument il l'un des grands et intelligents amis de notre incomparable fleuve.Lisons maintenant, au bas de la statue, l'inscription d'honneur qui s'y trouve: HON.JOHN YOUNO 1811 - 1878 Through whose foresight Public, spirit and energy Montreal has become The National port of Canada Erected 1909 Au revoir, jeunes amis, ayons un dernier long regard d'amitié pour ces belles eaux chantantes.Emplissons nos yeux de leur vision! Puis, filons tous il nos travaux coutumiers.Au mois prochain! Etienne de Lafond L'OIS EAU BLEU 123 &BBBBBBBBBBBBB&BBBBBBBBBBBBBBBBBBBîàt 1 S BELLE BERGERE Dans les champs que mai renouvelle, Échappés des sombres cloisons, Chantez vos claires villanelles, /¦'ilkltes et petits garçons.A grand bruit chassant l'ambiance Dont l'hiver chagrin s'entoura, "Belle bergère entrez en danse Et saluez qui vous plaira".D'autres qui sautaient, l'âme en fête, Comme vous sur l'herbe des prés, Savent de quoi la joie est faite.A votre tour vous l'apprendrez, Au chant naïf de l'innocence Quand l'amour malin répondra: "Belle bergère entrez en danse Et saluez qui vous plaira".Maintenant, dans la ronde heureuse, Leur cœur bat plus intermittent.Votre ritournelle joyeuse Les berça pendant si longtemps.Mais au branle de la cadence Tant qu'un accord les soutiendra, "Belle bergère entrez en danse Et saluez qui vous plaira".Le printemps, ce matin étrenne Une âme neuve de gamin, Sur la montagne et dans la plaine, Dans la poussière des chemins.Sur la tige qui se balance Une fleur nouvelle éclora "Belle bergère entrez en danse El saluez qui vous plaira".Lionel LÊVEILLÉ Chante rossignol, chante.m m m 5 m § ï m m g s a ^BBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBI? 124 L'OISEAU BLEU UNE AFFILIATION T E Comité central avait le plaisir d'affilier récemment l'avant-gardc BEAULAC, de l'école Saint-Viateur, en la paroisse Sainte-Cécile de Montréal.Voici le conseil de l'avant-garde.MEMBRES HONORAI RES Directeur d'honneur: Monsieur l'abbé Ed.Bcaulac, curé de Sainte-Cécile l'iésidenlx il'lion neur: M.Fortunat Mérineau M.J.-Charlcs Labelle M.Francois Bertrand Membre» actif* Directeur .R.F.DlOUlt, c.s.v.Aumônier .M.l'abbé Chs Robillard Modérateur .F.L.Villeneuve, c.s.v.Président.l'uni Rochon Vice-président .Roland Boivin Secrétaire.Paul Desjardins Trésorier.Armand Brosseau Sec-corresponilant.Oérnld Rousseau Comités De critique Prés.M.Cloutier V-prés.P.Rochefort Sec.A.Arcbambault Dm bon parlerfrançais (Jérard Labelle P.-E.Proulx Jean Gosselin Ce fut une fête très bien réussie.Le R.F.Directeur avait invité M.le curé, le président général de l'A.C.J.C, des anciens de l'avant-garde, les professeurs de l'école et les élèves des hautes classes.Un programme varié sut intéresser l'auditoire jusqu'il la fin.La place manque pour reprendre en particulier chacun des numéros de chant, de déclamation, de lecture, pour souligner l'importa nee et lu belle tonne (les rapport-.Je me permettrai cependant quelques remarques.Un débat eut lieu sur cette question historique: "Qui est le plus célèbre, Montcalm ou Levis?" MM.P.Rochon, P.Rochefort et .1.Dagennis de l'école Saint-Viateur se firent les avocats île Montcalm.MM.Fr.Bertrand, E.Carignan, R.Masson, tous trois de l'École supérieure Saint-Louis et anciens de Saint-Viateur, défendirent la cause de I/ivis.Ces débats, bien préparés, constituent l'un des meilleurs moyens de formation pour les jeunes.Tout d'abord il y n le travail de recherches: le- adversaires consultent maints ouvrage*, lisent, comparent, prennent des notes.Ensuite la nécessité d'exploiter cette documentation riche et dispersée pour les fins de la discussion oblige les jeunes intelligences au travail de classement, il l'ordre, il l'art de préparer et de défendre un point de vue.C'est le profit intellectuel.Il y a le profit moral.Un débat est une lutte qui exige des règles de loyauté.Leur droiture naturelle se fortifiera par la résistance qu'elle opposera aux tentations toujours engageantes de forcer les textes, de les tronquer peut-être, pour servir la cause.La discussion elle-même offre de multiples avantages.Les jeunes sont exposés à pécher par excès de voix, d'interruptions, d'interpellations.Ils parlent souvent ensemble.Us mangent leurs syllabes, essaient de bien parler et souvent leur habitude de mal prononcer revient au galop.La multiplication de Mi discussions les habitue donc au sang-froid, il la bonne prononciation, au choix des mots.Un L'OISEAU BLEU 125 observateur découvre lca qualités d'aplomb, de manœuvre habile et bien amenée, de raisonnement serré, de réplique spontanée et irrésistible qui décèlent un tempérament de lutteur et de meneur.L'avant-garde 13KAU LAC nous servit une indiscutable démonstration du parti qu'on peut tirer de ces joutes intellectuelles, logiques, oratoires, mises à la portée deB jeunes.L'assistance entiôrc s'intéresse à ces exercices vivants et profitables.Longue vie aux nouveaux avant-gardistes.Bienvenue à leurs rapports, à leurs nouvelles dans nos deux pages de l'Oiteau bleu.CE QU'IL FAUT SAVOIR Le mois de mai ramène tous les ans la fête de Dollnrd.fête de In jeunesse, fête de la race.Par une coïncidence peut-être voulue, cette féte, o'est le printemps qui nous la donne, saison des bourgeons éclatés, saison des promesses, saison de la nnturc exubérante.Oui coïncidence remarquable, car Dollard et son époque, o'est le printemps de notre race, c'est la montée de cette sève héroïque, c'est l'explosion de Cette vitalité intarissable dont une race est sortie, dont elle vit encore, pour de perpétuelles destinées.Depuis Onrneau qui a retiré nos grands hommes d'un passé trop vaporeux, nous avions admiré, l'une après l'autre, ces "perles ignorées" dont parle Frechette.Nous ne nous étions arrêtés à aucun des héros ou des héroïnes, dont la vie pût devenir la source continuelle pour nous des misons de vivre, du courage de résister, de l'énergie d'avancer, de la gloire de vaincre.On déplorait donc depuis longtemps l'absence d'un héros qui pût incarner tous nos ideals.Une campagne d'idées fut menée avec habileté et brio, en faveur de Dollard, par M.l'abbé Lionel (îroulx.Ce professeur de fierté nationale a dépouillé l'enseignement de l'Histoire du Canada delà poussière d'oubli, d'ignorance, de timidité qui la recouvrait.L'histoire île notre race, à la Lionel (Iroulx, c'est ln conscience d'un peuple qui se connaît, qui se compare et qui se redresse.Peu à peu le projet de choisir Dollard s'imposa.L'unanimité se fit.L'enthousiasme supprima les derniers obstacles et Dollard aujourd'hui se dresse au front de notre histoire comme un panache blanc qui entraîne les jeunes sur le chemin de l'honneur, du devoir et de la lutte.L'A.C.J.C, qui existait depuis plusieurs années lorsque l'opinion publique fut saisie do ce projet, s'avança la première, prête à l'appuyer, à en précipiter la réalisation.Pendant plusieurs mois la figure de Dollard, grâce à des écrits, a des conférences, à toute une propagande par la parole, par le tract, par le journal, par la revue, s'était imprimée dans les esprits et dans les cœurs.Il fallait, pour l'avenir, la couler dans le bronze, la perpétuer par une féte annuelle.L'A.C.J.C, la première, organisa alors une souscription pour élever un monument.L'Action française et d'autres sociétés se joignirent à elle, si bien qu'après beaucoup d'efforts, de démarches, de requêtes, de déboires (souvent) de consolations (plus souvent), la somme nécessaire était recueillie.M.Alfred Laliberté, après un concours entre sculpteurs, exécutait le monument Dollard du Parc I.«Fontaine et celui de Carillon.L'A.C.J.C.depuis a multiplié par l'fiitremise de ses cercles et de ses avant-gardes les bustes du héros.Kilo en a officiellement offert un à l'Université Laval, au Parlement de (Québec et au Parlement d'Ottawa.De plus chaque année le 'i\ mai dans tous les coins du pays, d'Edmonton, Alberta, il Pointe-à-1'Église en Aeadie.dans les écoles, dans les collèges, dans le public, on célèbre Dollard qui ainsi, par l'A.C.J.C.surtout, est devenu le généralissime de tous nos enthousiasmes.A PREVOIR Aux avant-gardes donc de préparer en leur milieu la fête du héros national .C'est pour chacune d'elles une mission aeéjiste.Chacune la remplira.& la Dollard, c'est-à-dire parfaitement.A L'HONNEUR Il faut féliciter les avant-gardes Sainl-Eusèlpc, de l'École Meilleur et Xotrc-Dame, de l'École supérieure du Plateau pour leur générosité envers les pauvres du refuge Ignacr-Hourgil.Elles ont contribué a soulager leur misère et à leur apporter, nu milieu des rigueurs de l'hiver, de la nourriture, de la chaleur, du bien-être et du bonheur.FIN D'ANNEE Mes chers amis, la (in de l'année approche.Mai.juin, deux mois très courts, coupés de congés, d'examens et ce sont les vacances.Il est de circonstance do vous donner deux conseils.Je sais que vous n'en manquez paa pnr le temps qui court.Permettez que je vous les adresse en toute confiance.Tout d'abord préparer, bien vos examens.Des avant-gardistes qui pratiquent "l'étude" mieux que les autres (ils devraient le faire du moins) ont l'obligation de réussir, surtout de faire leur possible.'Suil.4 Im pmf 117) 126 L'OISEAU BLEU ourrier à la Tauvettc t} STELLA MARIS M AI!., semence de vie.de jeunesse, de bonheur! Mai, soleil doré, égayant les foyers et les cœurs! Mai.par-dessus tout, mois de notre "Maman du Ciel", de cette M Pre dont on expérimente chaque jour et la tendresse et la protection.Mère par excellence, dont le cœur, abîme de sollicitude, guide les pas de ses enfants d'iei-bas, les sauve, les choie maternellement et conjure les périls les plus menaçants.Mes bons amis, je ne pourrais laisser se passer le "joli mois de mai" sans venir vous dire une légende, connue sans doute, mais qui vous montrera que tout appel, lancé avec, foi et amour vers Marie, ne reste pas sans réponse, voire même, immédiate et palpablc.(') "Reine des flots, sauvez-nous! Stella Maris1 ora pro nobis".L'orage fait fureur.Le ciel, si bleu tout A l'heure, se macule* de formes grises.Le soleil se voile.La mer sans fond soulève rageusement ses eaux.L'oiseau n'y trempe plus son aile.Là-bas, sur le grand océan, une nacelle partie de France depuis quelques semaines vogue péniblement.Ce vaisseau, hier bercé eâlinement par les flots bleus, est maintenant balloté sans pitié! Le tonnerre gronde.Les nues sont sillonnées de zigzags étincelants.La pluie, en longs fils d'acier, tombe dru."Ave Maria.More de Dieu, ayez pitié de nous".Les voix dominent le tumulte des flots et montent vers Dieu.Ce navire en détresse lutte désespérément contre les éléments en furie.Ses mats craquent, de larges échancrurcs* apparaissent aux voiles, son gouvernail se brise, ses flancs vont bientôt céder et l'Unie de tout cet équipage est envahie de désespérance."O Dieu, pitié pour vos enfants".Et les supplications s'élèvent toujours vers le firma- ment de feu.La rafale va son cours.Des bouillons d'écume lèchent le navire.Il va sombrer! Il sombre! Mais non.Marie, reine des matelots, ne peut abandonner cet esquif infortuné sur lequel sont gravés ces mots: Ave Maria.Son bras protecteur et maternel annihilera5 la force des puissances déchaînées, car son serviteur est lit.sur le pont du navire, les mains tendues vers Elle.C'est Mgr de Laval qui lui promet les âmes des terres vierges6 du Canada.Il lui consacre toutes les personnes qui vont le seconder dans son apostolat, dans sa conquête d'âmes païennes.De plus en plus suppliantes et ferventes, les prières montent des cœurs de ces chrétiens, allant volontairement vers l'exil afin d'étendre il l'infini le règne de Dieu.Soudain, une inspiration vient frapper l'esprit de MgrdeLaval:" Ya-t-il un enfant parmi l'équipage", dit-il.L'innocence ne peut qu'apaiser le courroux divin.Puis, prenant le chérubin que deux bras maternels lui présentent, il l'élève au-dessus des vagues écumantes et supplie la Reine des malheureux de sauver ses enfants.O miracle!.La Vierge, que jamais on n'invoque en vain, a vu le mouvement de ce fils confiant.Subitement, les flots se calment, vaincus par une force surhumaine.L'horizon s'éclaircit, les nuages se dissipent et le ciel semble sourire dans sa sérénité.L'esquit est sauvé et des bataillons d'âmes seront conquis A Dieu dans le Nouveau-Monde.Ceci, chers miens-oisillons, est pure fiction' historique, mais, vous est-il déjà venu à l'esprit de songer à tous les périls affreux auxquels s'exposèrent les premiers missionnaires et toutes les âmes assoiffées de dévouement, qui se dépensèrent sur notre sol ?Les débuts de la colonie furent pénibles et la moisson n'a fleuri qu'en creusant des sillons profonds, sillons fécondés par les sacrifices, l'abnégation L'OISEAU BLEU 127 il les souffrances les plus atroces, sillons arrosés par le sans généreux «les martyrs.Soyons reconnaissants, petils frères et gentilles sœurettes, à ceux qui, non seulement, tirent prospérer matériellement "les quelques arpents de neige" dont parlait Voltaire.' mais, n'oublions jamais ceux qui nous donnèrent la si'iiii-nce de la vraie religion, en même temps, que la saveur exquise du doux parler de France.Fauvette Explication: 1- é\ idente.2— Étoile de la mer, priez pour nous.3 se couvre.4—déchirures.5—détruira.(> incultes, non défrichées.7 légende.S Poêtç et prosateur français 1684-1778.Correspondance Bambino — Bienvenue de Kauvcttc A son nouvel oisillon.Puisse-t-il fraterniser avec tous nos gentils amis du Coin.Fauvette aimerait à faire plus ample connaissance avec vous.A bientôt.Abeille île Marie — Merci des bons vœux.Vous êtes une amie délicate, au cœur débordant d'affection.Merci de la bonne missive.Je compte y répondre longuement.Union de prières toujours.Cordial au revoir.Muriel—Vos petits protégés auront de nouveau, en un envoi prochain, des revues variées, pleines de leçons de patriotisme et propres S faire triompher eu ces jeunes âmes, l'idée du Beau et du Mien.Au revoir.Alex l).— Vilaine! Où donc avez-vous transporté vos pénates?Vite, venez me donner signe de vie et me dire ce à, quoi se passe votre séjour sous le ciel québécois.Je ne vous oublie pas, allez! Bnn d'herbe — Votre poésie m'a fait grand plaisir.Votre âme sait comprendre la vraie Beauté.Continuez il développer ce talent littéraire et cela, en vue d'augmenter l'essor de notre poésie canadienne-française.Misa II.— J'ai parcouru votre album à découpures.Que de richesses! Que de pensées! Que d'idées!.N'est-ce pas que vous m'accorderez un "nouveau régal" en me prêtant le tome qui fait suite.A bientôt et bonnes amitiés.Jeannine — J'espère que les vacances estivales multiplieront nos promenades amicales et nos tête-ft-tête intéressants qui.autrefois, faisaient le charme de notre amitié.Puisse ce souhait se traduire en douce réalité.Amitiés.Feu Follet — Amical au revoir et union toujours fraternelle et intime.Amitiés.Soeur Jeanne a expédié toutes les esquisses graphologiques ci-dessous mentionnées: Made- leine (filbert.(Icrtnide (iodhont.Madeleine Fontaine.Waterloo; Berthe Nadeau, Rivière-du-Loup: M.-Jeanne Daigneau; Simone Le-ganlt; Mande l.aroc: Marie-Rose Pichette: Marthe Villeneuve; (iilherte Alarie.Trois-Ri-viôres; Andrée Plamondon; Gertrude Paul, Québec: (labrielle Moreau, Arthabasfca.A tous, amical bonjour! C.F.(ï RAPHOLOGIE Telle écriture, tel caractère! ("est ce que vous dira Sœur Jeanne, notre graphologue, pourvu que vous envoyiez, chers amis, dix lignes de votre écriture sur panier non réglé, et de votre composition person mile, le tout, accompagné de la modique somme de vingt-cinq sous.Adressez: SOEUR .1 F ANNE L'OISEAU BLEU 1182, rue Saint-Laurent Montréal.P.Q.(Suite dm Im pmgm 115) Ensuite prenez la résolution de continuer \.études.Aujourd'hui une instruction de 6ème, même de Sème ne suffit plus.Voulez-vous aborder la vie avec des moyens suffisants pour arriver aux premiers rangs, persévérez.Poursuivez vos études à l'école primaire supérieure, ou à l'École technique.Devenez une compétence.Plus tard on ne regrette pas ce qu'on a appris, mais ce qu'on n'a pas appris.Donc, travail pour maintenant, avant les vacances et après les vacances, persévérance dans les études.Adressez toutes communications à Avant-gardes de l'A.C.J.C.60, rue Saint-Jacques Ouest Bureau 701 MONTREAL, P.Q.COMME UN RICHE —Et votre lils, Madame Michu?—Oh! Il est quasiment comme un riche, à Paris.Il roule carosse toute la journée.—Vraiment.—Dame! Il est conducteur de taxis. 128 L'OISEAU BLEU LETTRE A MARTHE © © © MONTCALM © © © v Sources du conflit entre Vaudreuil et Montcalm "MOUS avons dit précédemment que le gouverneur ne voyait pas arriver Montcalm, avec une satisfaction sans mélange.Vous connaissez sans doute les causes de la mésintelligence qui éclata entre Vaudreuil et Montcalm, dès leurs premières entrevues, et qui exerça une influence si funeste sur les événements qui marquèrent la fin de la domination française.Montcalm était bien le commandant en chef des troupes envoyées de France, mais de par les ordres du roi, il se trouvait, subordonné en tout au gouverneur, qui ne connaissait rien à l*art militaire.Par ailleurs Vaudreuil était plus au courant des habitudes du pays que Montcalm.Il était initié aux volte-face de la tactique indienne et appréciait beaucoup la discipline et la stratégie coloniales, auxquelles Montcalm n'attachait pas assez d'importance.Montcalm avait tort de dédaigner ces moyens de défense, car les opérations militaires de la Nouvelle-France, qui consistaient surtout en surprises et en embuscades, différaient totalement de celles qu'on pratiquait dans les armées de Louis XV.Dans cette mésentente, qui fut d'ailleurs partagée d'une part, par les troupes de France, et d'autre part, par les officiers de la colonie, on sent aussi le préjugé métropolitain aux prises avec le préjugé colonial.Puis ce qui exaspérait la vivacité de Montcalm, c'était le caractère indécis et prétentieux du gouverneur.Kn somme, il est clair que Montcalm éprouvait un dédain instinctif à l'endroit de Vaudreuil qui payait ce dernier d'une aversion profonde.Heureusement que Lévis était là, comme nous le verrons par la suite pour concilier les choses: par un singulier privilège, il avait l'avantage d'être l'ami intime de Vaudreuil, et en même temps, le confident de Montcalm.Durant son séjour à Montréal, Montcalm fit connaissance avec les Iroquois.Ceux du Sault Saint-Louis vinrent le complimenter de son arrivée, et lui offrirent un collier.Montcalm leur assura qu'il irait leur rendre visite.Toutefois, il sortit sans enthousiasme de cette entrevue drolatique.Le marquis écrivait plus tard qu'il fallait vraiment une patience d'ange pour endurer les Iroquois.Il ajoutait: ¦ •Vous ne le croiriez pas, ces sauvages portent toujours à la guerre, un miroir pour bien se barbouiller de diverses couleurs, arranger leurs plumes sur leur tête, leurs pendeloques aux oreilles et aux narines.Vous les prendriez pour des diables ou des mascarades." A peine Montcalm était-i! arrivé au Canada, qu'on apprit que les Anglais voulaient tenter un suprême effort pour s'emparer de la colonie.Montcalm n'avait à opposer à cette puissante armée que 14,000 soldats mal nourris, mal chaussés, mal payés et qui n'avaient d'autres munitions de guerre que celles qu'ils prenaient à- l'ennemi.Cependant, vers la fin de juillet, le gouverneur et Montcalm décidèrent qu'on prendrait l'offensive et que la première opération militaire se dirigerait sur le fort Choua-guen ou Oswégo.Ce fort situé sur le lac Ontario, était une source de périls et d'appréhensions pour la Nouvelle-France, parce qu'il assurait la domination des Anglais, sur les grands lacs.Cette campagne s'effectua très rapidement.Montcalm, avec une flottille de 3.200 hommes, débarqua â Oswégo dans la nuit du 11 août.A la faveur de la nuit, et il la clarté des étoiles, on se hâta d'opérer le débarquement des troupes, des vivres et des munitions.Le lendemain, on ouvrit des tranchées, et les travaux terminés, on projeta un feu continuel sur la garnison anglaise qui riposta vigoureusement.Ce siège dura trois jours.Le 14 août, les événements se précipitèrent.Un boulet parti de la batterie anglaise alla couper en deux le colonel Mereer, commandant d'Oswégo, et ce tragique incident acheva de désorganiser l'armée anglaise, qui résolut de capituler: 1.700 hommes se constituèrent prisonniers de guerre.L'ennemi avait perdu 1">0 soldats, tandis que Montcalm n'eut que G combattants de tués.Malheureusement après cette expédition aussi rapide que glorieuse les sauvages se permirent une équipée tout à fait hors du programme.Après avoir défoncé des barils de rhum qui se trouvaient dans le fort, ils fêtèrent la victoire en massacrant des prisonniers anglais.Ce désordre affligea beaucoup Montcalm, qui ne parvint il apaiser les barbares que par des présents.Le vainqueur revint & la lin d'août il Montréal, où on chanta un Te Deum solennel pour remercier Dieu de cette victoire; dans tous les foyers canadiens, le long des deux rives du Saint-Laurent, on commençait à- prononcer le nom de Montcalm avec confiance et admiration.Mireille L ' O I S E A l! B L E I* À L'ÉCOLE DES HÉROS CHAPIKE II Chez Thomas Godefkoy de Nohmaxville (Suite) ¦•Vous n'alliez pus sortir, M.de N'orman-villi'.Ce que j'en serais marri! Je vois autour de votre cabane beaucoup de choses intéressantes.Des munitions, encore des munitions, n'est-ce pas, mon garçon?C'est cela que tu qualifies d'objets intéressants?-Mais oui.Je suis un soldat, un vrai, moi aussi." Et Chariot raidit fièrement son buste gracile.- Tu te prends joliment au sérieux, en tout cas.J'ai vu cela hier soir.Mais si tes attitudes martiales en imposent parfois il ce froufrou de Mario de la Poterie, et il ta jolie sœur, avec moi.tu sais,.—C'est vrai qu'elle est jolie, bien jolie, ma Perrine", interrompit Chariot, tendre et rêveur.—J'ai toujours pressenti, va, qu'elle serait mieux réussie que toi au physique." N'orman-ville, narquois, détaillait avec plaisir la mine fifre, pas très vigoureuse ni très haute encore, du plus brun, du plus charmant petit fantassin qu'on put imaginer.—Je préfère les hommes braves, M.de Normanville.Et tu l'es?- Il y a de l'espoir.Vous êtes mon modèle." Normanville resta un moment interloqué.En fait de riposte, il était bien servi.Et puis, c'est qu'il ne raillait pas, ce fougueux enfant.L'interprète en ressentit de l'ennui.Cette admiration n'allait guère à son être modeste et simple.Mais comment le reprocher il Chariot?.Et, à quoi bon ?.Il est si doux, si stimulant aussi, dans la jeunesse, de croire absolument en quelqu'un.La désillusion vient toujours assez, tot.Bah! qu'il eut été courageux a l'excès, une heure, un jour, peut-être le lendemain il était redevenu faillible, sans auréole, un pauvre humain rivé à son humble tâche quotidienne.Oui, les yeux de Chariot se dessilleraient assez vite, patience! Au bout de quelques instants de silence, Chariot qui se promenait et regardait curieusement, ici et là, revint s'appuyer ft la table où s'affairait l'interprète."C'est égal, M.de Normanville.malgré ma bravoure, je tremble devant mon commandant.Mais aussi, il est si sévère pour moi.M.de In Poterie.—C'est pour compenser notre faiblesse à ton égard, petit fou.—Mais.mais que faites-vous là.grand ami, s'écria soudain Chariot.Il suivait l'interprète des yeux avec surprise.Pourquoi sortez-vous à nouveau vos habits de gala?" N'ormanville venait de déposer sur la table sa casaque en drap écnrlate, ses hauts-de-cliausses garnis d'ornements pompeux, son chapeau ft panache blanc, ses gants à franges grises et jaunes."Voici, mon petit Chariot.Je désire faire bonne figure au dernier Conseil.Il faut, vois-tu.que Ion puisse toujours comparer favorablement les ¦•capitaine- français" aux splen-dides sauvages, parés avec recherche, que seront sans doute encore notre ami Algonquin.Piescaret ou le chef de l'ambassade iroquoisc, Kiotsacton.Ah! celui-ci, si tu lavais aperçu ft la grande assemblée de la paix, il y a quelque-semaines, alors que tu étais si souffrant! Quel homme magnifique, comme taille, comme prestance, comme éloquence aussi! —Cet Agnier appartient il la tribu de mes ravisseurs d'autrefois, je vous l'ai dit déjà M.de Normnnville! Il est illustre depuis longtemps déjà parmi les siens.Mon nmi Kinaete-non lui est apparenté de près.Cela me servit beaucoup jadis en ma captivité.Car, quoique plus figé que moi de trois ans, nous étions devenus.Kinactcnou et moi.après nous être querellés, défiés, mesurés, les meilleurs amis du monde.11 n'était pas du tout cruel, celui-là, du moins pour moi.Mais quel orgueil, quelle tête volontaire il avait, il a encore! —Je m'étonne que tu ne sois pas tomiié chez moi ce matin, en compagnie de cet ami sauvage.Il court nos bois avec délices, peut-être?Hé! s'en sont-ils donnés tout l'hiver, Messieurs les ambassadeurs iroquois.Notre forêt n'a plus de secret pour eux.- Oui, les Al/onquins en sont-ils assez mécontents! —C'est que.comme quelques-uns d'entre nous, ils ne croient pas du tout à leur sincérité.Simon Piescaret.par exemple, les foudroie du regard plus souvent qu'à son tour.Ah! si notre bon Guillaume Couture n'eut pas été ainsi qu'un tampon bienfaisant, entre eux tous, cet hiver, que ne serait-il pas survenu?Enfin.qui vivra, verra!.Pourvu que ce ne soit pas, ajouta plus bas l'interprète, qui mourra, verra!" Chariot avait repris sa randonnée il travers la cabane.Il poussa bientôt une exclamation de plaisir: •'Oh!quelbijou.quecepistolet!.Eh!eh! il est chargé, tout prêt.Si je l'essayais!.M.de Normanville, supplia-t-il, en se retournant, venez avec moi.Ayons une séance de tir.Depuis ma maladie, je touche si rarement il un pistolet.Vous jugerez de mes progrès.••étonnants", a bien voulu admettre mon commandant ce matin même.J'ai tué un merle au 130 L'OISEAU BI.EU vol, en sa présence.Si j'en étais satisfait!.Au moins, finit mélancoliquement Chariot, cela compensera pour mes insuffisances, comme coureur ou comme canotier! —Voyons, voyons, mon petit Chariot, pas de ces tristesses vaines.— Dites-moi, M.de Normanville, pourquoi suis-je donc aussi fluet, moi ?" Chariot soupirait en toisant avec dédain sa légère personne.—Tu te lortifies chaque année.—Peuh! —Tu n*as que dix-sept ans.—Voyez-vous, je me souviens que notre mere n'était pas robuste.J'ai peut-être hérité de sa.—Chnrlot, je te défends de parler ainsi.Notre forêt canadienne finira par avoir raison de ta constitution, beaucoup moins délicate que tu ne crois.Kt puis, sois fidèle, n'est-ce pas, aux longues courses quotidiennes, en pleine forêt, en quelque saison que ce soit.Adonne-toi, le printemps venu, au métier de canotier.—Oui, oui, oui.Mais venez, oh! venez maintenant, M.de Normanville.Ce pistolet, quel nmour!.Vous choisirez les buts!.Vous fixerez vous-même les distances!.—Tut, tut.J'en ai encore pour quelques instants, ici.Ces deux pierriers doivent être remplis.—Laissez-moi vous oider.—Merci.Régale-moi plutôt de ces jolies variations sur l'air de: A la claire fontaine.Tu as ta flûte ?—Elle ne me quitte jamais.—Voilà, petit, une belle compensation "à tes insuffisances", comme tu dis: ton talent de flûtiste.—Pour un soldat, à quoi cela mêne-t-il d'être m h - i'-i' ¦ ii ?A quoi cela sert-il ?—A charmer nos ennemis sauvages, pour une chose, au moins.Ça n'est pas il dédaigner.Rappelle-toi si ma voix, pourtant bien ordinaire, de baryton m'a valu des succès auprès des Agniers durant ma captivité.Allons, prélude.—C'est donnant donnant, vous savez?Chariot n'en était qu'à la troisième variation du thème de la chanson, lorsque son chien entra eu bombe, aboyant, et tout frétillant.Normanville, les yeux à la meurtrière, dit tranquillement: '-C'est Perrine, eu compagnie de Marie de la Poterie et de Jean Amyot.Sortons.J'ai terminé mon travail.Tiens, te voilà avec une audience, ma parole! Pique-toi d'honneur, mon ('harlot, hein!" CHAPITRE III / Prouesses En apercevant Normanville et Chariot, à la porte de la cabane, les promeneurs hâtèrent le pas.•M.de Normanville, annonça aussitôt Amyot, ma présence, ici, n'est pas seulement un plaisir que je me permets, je suis chargé d'une mission.Oui, trancha vivement Marie de la Poterie.Et, tigure/.-vous, père a dû déléguer monsieur, auprès de vous, de force.de force, parce qu'il a compris que nous aimerions à l*aecompagner, Perrine et moi.—Oh! Mademoiselle!.lit en rougissant Jeun Amyot.—Marie, comment peux-tu dire!." s'exclama Perrine.Les deux protestations s'élevèrent avec une telle simultanéité, qu'elles compromettaient bien un peu les sentiments de ceux qui les lançaient.On rit beaucoup, tout en se permettant encore des mots taquins à l adresse de l'interprète.Il s'empressait avec Chariot d'installer à la porte de la tente une baneelle pour les jeunes tilles.Normanville, qui examinait avec soin son pistolet, se retourna tout à coup: ¦ Amyot, quel est ce message dont vous a chargé le commandant ?Dites vite, car je vous retiens tous ici, pour un quart d'heure.Chariot va nous gratifier de quelques prouesses au tir.Nous l'applaudirons." —Ou nous nous moquerons de lui, s'il échoue, ajouta Marie de la Poterie.Mais c'est délicieux, cela.Tu veux bien, Perrine ?—Du moment que M.de Normanville le permet, je n'ai rien à objecter.—M.de Normanville, voici, apprit Amyot, nous avons l'ordre de nous rendre au fort pour une heure de relevée.Il y a de nouveau concile plénier d'interprètes, aujourd'hui.Bien entendu, François Marguerie et le sieur Hertel en seront.—Entendu, fit laconiquement Normanville qui se hâta de préparer les buts pour la partie de tir.Chariot, qui le suivait, cria à Perrine en désignant son chien, qui gambadait autour de lui: L'OISEAU BLEU 131 —"Perrine.de grficc, appelle Feu.Retiens-le auprès de toi.—"De forée.comme M.l'interprète allant au bois." finit I incorrigible Marie de la Poterie.Elle regardait sa compagne caresser avec grace le danois accouru il son appel.Il se coucha il ses pieds.Oh ! que la jeunesse de l'errinc.toute pen-'tree de gravité.était reposante A regarder par ce tiède matin de soleil! Ses cheveux blonds, rangés en boucles mutines, répandaient la chaude lumière sur son lin visage.Ses yeux £ris, d'où la pensée n'était jamais absente, se levaient avec une expression un peu lointaine, un peu mystérieuse.Mais il en était toujours ainsi.Il lallait sans cesse conquérir ce regard qu'une vision intérieure tenait recueilli, comme tourné vers le dedans.Le commandant La Poterie, avec sa vive affection paternelle pour l'orpheline, disait parfois, en lui adressant la parole: 'Perrine.ma jolie Madone." 'Près pieuse, peut-être la jeune fille eût-elle demandé il Mère Marie de l'Incarnation de la recevoir au nombre de ses tilles, si des soins filiaux A rendre il Madame Le (lar-deur, sa protectrice vieillissante, si surtout son amour fraternel exigeant, ne l'eussent retenue dans le monde.N'étaient-ce pas la autant d'impérieux et attachants devoirs, voulus par la Providence?Perrine s'apercevait fort bien île l'affection grandissante de Jean Amyot.pour clic.Elle l'acceptait en souriant.Son esprit délicat jugeait que ce sentiment comblerait un peu le vide de cette existence d'orphelin.Cela seul, d'ailleurs, l'avait rapprochée de I interprète.Elle se promettait d'être pour lui, aux heures essentielles, une sieur aimante et dévouée.Et Amyot?.Amyot aussi, ne croyait qu'à un attachement fraternel, très paisible.Ah! tous deux, ces beaux et sains enfants de la foret, ne savaient .rnère où mène parfois le cœur, avec sa logique particulière, si déconcertante.Jean Amyot était d'une nature spontanée, vive, frémissante.En quête continuelle d'action il ne le cédait A personne en fait de vaillance, d'adresse, île témérité même parfois.On lisait cependant, sur son intelligente physionomie, une heureuse intervention du bon sens réfléchi.Peut-être la douce ligure de saint Joseph, gravée avec art sur la garde de l'épéc du jeune homme, expliquait-elle mieux que tout la réserve que s'imposait souvent ce cœur ardent de vingt-cinq ans?Chariot prenait maintenant une excellente position de combat.On voyait i une petite distance, à gauche, causer et rire le groupe bienveillant des spectateurs.Normanvillc se plaça en arrière de Chariot.Il tenait à commander le feu.Eh! l'interprète se prenait malgré lui au jeu.Il s'irritait d'un échec.possible, après tout.Voyant Chariot tenir son pistolet dans sa main gauche, avec une nonchalance, gracieuse peut-être, mais un peu présomptueuse, il fronça les sourcils et toussa signifieativement.Mais non!.Il faisait erreur! I.a main droite de Chariot, en cet instant, saisissait avec une maitrise parfaite, et selon toutes les règles de l'art, la crosse de l'arme, tandis que la main gauche, lentement, se replaçait en attitude de tir.Nornianville respira mieux."Es-tu prêt.Chariot.?" demanda-t-il gravement, observant la rigoureuse exactitude d'un professeur.Oui.Attention!.Feu!.Un!.Deux!.Trois!" Au commandement: 'Feu!".Chariot avait élevé rapidement l'arme: puis, tout en serrant graduellement la détente, il faisait partir le coup, avec une virtuosité classique, bien avant la trois faUdique.¦Hravo! bravo!" cria-t-on.Normanvillc rayonnait."Tu peux faire mieux, mon petit sournois, je vois cela.Tu t'es payé notre tête, cette fois, hein' Attends un peu! Une autre épreuve, M.de Nornianville, une autre épreuve, cria Marie de la Poterie.Eh! j'en pourrais faire autant moi!" I.a fine mouche avait vu elle aussi, l'amusement ironique de Chariot.Elle s'en vexait.Chariot riait, saluait, railleur et satisfait.Un nouveau bouleau fut choisi, cette fois assez éloigné.Une marque infime y fut pratiquée.là mirre) Marie-Claire DaVBLOT \3-> L'OISEAU BLEU Concours Mensuels CONCOURS DE MAI 1931 1.Corrige1 s'il y a lion: a) Tant qu'à lui.b) Du papier étanrhe.e) Une épingle ft linge, '/l Attribuer une faute il quelqu'un.Donnez le nom precis de différentes sciences: a) science >>>>>>>>>>>>>>>>>) >¦>>>>>>>>>>>>: •>>>> DEPARTEMENT DU SECRETAIRE DE LA PROVINCE DE QUEBEC I .'HONORA RUS Ai il AN ASK DAVID, SECRETAIRE DE LA PROVINCE ECOLES TEfliNICL ES carrières industrielles.COURS DES METIERS — Cours préparant à l'exercice d'un métier en particulier.COURS D'APPRENTISSAGE — Cours de temps partiel organisé en collaboration avec l'industrie.(Cours d'Imprimerie à l'Ecole Technique de Montréal, et cours pour les métiers du bâtiment).COURS SPECIAUX — Cours variés répondant a un besoin particulier.(Mécaniciens en véhicules-moteurs et autres).¦ COURS DU SOLH — Pour les ouvriers qui n'ont pas eu l'avantage de suivre un cours industriel complet.ECOLE TECHNIQUE DE MONTREAL ECOLE TECHNIQUE DE QUEBEC ECOLE TECHNIQUE DE HULL AUGUSTIN FRIGON Directeur Général de l'Enseignement Technique 1430, rue Saint-Denis MONTREAL ECOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL FONDÉE EN 1S73 Laboratoires de Recherches et d'Essais, 1430, rue Saint-Denis, Montréal.TÉLÉPHONES:— Administration— LAncaster 9207 Laboratoire Provincial des Mines: — LAncaster 7880 PROSPECTUS SUR DEMANDE "L'ECLAIREUR" Imprimeurs-Éditeurs JOURNAUX — REVUES — PERIODIQUES DEUX ETABLISSEMENTS! Bonurevllle — Montréal 1723-1725, rue Saint-Denis Tel: HArbour 8216-7 La Photogravure Nationale, Ltée 59, rue Sainte-Catherine Ouest Montréal Téléphone: MArquette 4549 Dessins - Vignettes - Photographies MILLIONS S'EPUISENT : PENSIONS SUFFISENT Semblable à Ccllin-Maillard Les yeux bandés, les bras tendus, prêt à tomber dans le premier précipice rencontré, s'en va le joueur de Collin-Maillard.C'est le fidèle portrait de l'imprévoyant vivant au jour le jour, sans rente viagère de la Caisse Nationale d'Economie AVEZ - VOUS EU NOTRE DERNIER BUVARD ?Imprint par "Le Dn*" «30, rua Notra-DaaM art.Moalrtal l^fflBH
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