L'oiseau bleu /, 1 janvier 1931, août - septembre
?6£ PUBLIÉE PAR LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL Rédaction, Administration et Publicité 1182, rue Saint-Laurent MONTREAL Téléphone: LAncastre 4364 Abonnement annuel: Canada et Etats-Unis: 50 sous (Payable au pair à Montréal) CONDITIONS SPECIALES aux écoles, collèges et couvents VOL.XI — Nos 8-9 MONTREAL, AOUT-SEPTEMBRE 1931 Le numéro 5 nia AU TEMPS DE VILLE-MARIE 7 170 L'OISEAU BLEU AU TEMPS DE VILLE-MARIE PAl'J.de Maisonneuve, animé d'un grand zèle pour la gloire de Dieu et le service du Roi, avait fondé Ville-Marie en 1642.Gouverneur de cet établissement, il l'entourait de la plus tendre solliditude, avec l'aide de Mlle Jeanne Mance nui avait à creur le succès de cette entreprise et qui le secondait de toute son âme.Pendant un voyage en France, Maisonneuve réussit à composer une recrue de plus de cent hommes qu'il amena A Ville-Marie en 1653.Ce fut le dÇpart d'une nouvelle ère de progrès.En môme temps que ce groupe de colons et de soldats arrivait à Montréal une jeune personne, appelée à être d'un puissant secours pour cette ville naissante.C'était Sœur Marguerite Bourgeoys.En la présentant il Mlle Mance, Maisonneuve ajouta avec un plaisir non dissimulé: "C'est encore un fruit de not re Champagne, qui semble vouloir donner à ce lieu plus que toutes les autres provinces ensemble".Ces deux filles de bien s'entendaient il merveille et, quoique d'une manière différente, travaillèrent avec une ténacité à toute épreuve au développement et a la sanctification de la Nouvelle-France.M.de Maisonneuve avait espéré que Soeur Bourgeoys, peu de temps après son arrivée à Ville-Marie, se consacrerait à l'instruction des enfants.Celle-ci écrit: "On a été environ huit ans sans pouvoir garder d'enfants à Montréal, ce qui donnait bonne espérance, puisque Dieu gardait les prémices.I.a première qui est restée vivante fut Jeanne I.oisel, que l'on me donna âgée de quatre ans et demi cl qui a été élevée et a demeuré a la maison jusqu'à son mariage.Jean Desroches est venu après".Dieu devait se servir de son humble servante pour accomplir de grandes choses en ce pays nouveau.En 1610, les Associés de Montréal s'étaient engagés il établir une communauté.Elle se chargerait d'élever et d'instruire les jeunes filles françaises et sauvages de la Colonie.Depuis 1653, Sœur Bourgeoys n'avait eu sous ses soins que très peu d'enfants, mais avec les années la population se multipliait.Il devenait urgent de construire une école pour recevoir les enfants et leur procurer les bienfaits de l'instruction.M.de Maisonneuve offrit à Sœur Bourgeoys une maison en pierre de trente-six pieds de long sur dix-huit de large, à proximité de l'hôpital, avec un terrain contigu de quarante-huit perches, pour servir aux récréations des maîtresses et des enfants.Dans l'acte de donation signé le 22 janvier 1658, M.de Maisonneuve spécifiait que cette "concession était faite pour servir il l'instruction des filles de Montréal audit Ville-Marie, tant du vivant de ladite Marguerite Bourgeoys qu'après son décès, à perpétuité".Sœur Bourgeoys, alors âgée de 38 ans, accepta le même jour la donation par-devant Bénigne Basset, greffier de la justice des seigneurs de l'île.VoilA l'origine bien modeste de cette institution, connue depuis sous le nom de Congrégation de Noire-Dame.Celte communauté compte aujourd'hui un grand nombre d'établissements florissants et rend à l'Église et a notre patrie des services inappréciables.Reconnaissance inaltérable il la vénérable Marguerite Bourgeoys.L'OiSEAU BLEU L'OISEAU BLEU 171 QUATRE VOLEURS DANS LA BERLINE DE MONSIEUR LE CURÉ ¦pOUR célébrer la visite de l'éréque, les petits bourgs brandissent leurs drapeaux; Icr oriflammes palpitent au vent; les fanfares claironnent à co?ur joie.Les paroissiens endimanchés circulent par les chemins; les chevaux en laisse, sur le terrain de l'église, mâchonnent leur avoine; la nichée, alignée dans la sacristie, attend son tour pour entrer au confessionnal.Un air de féte Racne tout le monde, jusqu'aux poules du presbytère, qui gloussent pieusement.Le chien, un terrier aux oreilles doublées d'or roux, s'agite comme la mouche du coche.Ti-Biseuit.la cuisinière, a le nez rouge plus encore que d'habitude.Du fourneau, où elle fait des stations prolongées, sortent des friandises parfumées.Il a fait une chaleur de juin, préeoee promesse d'un été torride.Avec la fraîcheur du soir tombant, les bourgeois du village ont repris leurs coutumes régulières.Sur leur galerie sans bras, ils prennent le serein en se berçant.Les jeunes, deux à deux, font les cent pas sur le trottoir, pour éventer les nouvelles et surveiller les mouvements des messieurs du clergé attroupés autour de Monseigneur.Il faisait brun, quand l'attention des badauds fut attirée par une voiture originale.Ce fiacre, à la capote bordée de frange, ressemblait à s'y méprendre à la berline de Monsieur le Curé.Il n'en pouvait exister qu'une du genre.Je ne crois pas que sa pareille ait jamais vu le jour.Sur la berline aux deux sièges accolés dos à dos, comme les banquettes des wagons de chemin de fer, était attelé le cheval blanc du boucher.L'attelage disparate ne manqua pas de mettre en ebullition les industries des cervelles oiseuses.Pierre, le boucher, est célibataire.Pour tromper la longueur des jours et brouiller les dates du calendrier, il se pique le nez souvent.Il a tout de même le culte du souvenir.La seule femme qu'il eût aimée, lui en ayant préféré un autre, il reporta son orgueil sur sa bête.Passée au bleu de lessive, il l'exhiba maintes fois ft la foire rurale, la crinière nattée comme celle des confirmantes de demain.—C'est bien, en effet, la berline du presbytère; mais qui sont donc ces quatre polissons qui, depuis au moins trois quarts d'heure, passent et repassent dans une ronde infernale.Voyez comme ils virent! Ils finiront sûrement par démolir quelque poteau de téléphone ou par monter sur quelque perron.Ils sont gris, ils chantent.Le même refrain revient à chaque couplet: Toulaïtou-laïtou-hi, la.Qu'il n'était pas bête ce crapaud-là! Quelle fable burlesque emporte le vent du soir: Un crapaud brûlait d'amour Pour une grenouille des alentours.Klle lui dit: gentil crapaud.Ton langage fait rougir ma peau.Telle une bacchanale de troupiers, les voix reprennent: Ton laîtou-laïtou-lala.Qu'il n'était pas bête ce crapaud-lft! L'père sans pitié dit au crapaud: J'ai dans ma poche un grand couteau.-—Pourquoi être aussi brutal ?J'ai pourtant pas fait tant de mal.La vitre des rentiers s'est éteinte.Le refrain se perd au loin.—Ce sont des "jeunesses" en train de fêter, se disent les vieux scandalisés.Quel charivari quand l'évêque est dans la paroisse! Une vraie disgrâce pour Monsieur le Curé! * • Débarqué par le train de nuit, Démétrius, qui fait sa vie des activités de son patelin, s'attarde à son bureau, ft faire le relevé des transactions de la journée.Il revient de la ville et devra servir de parrain ft tous les mioches qui, sous le sceau du soufflet de l'évêque.deviendront demain des soldats du Christ.Le cher homme ne connut jamais le soupçon ou la méfiance.Il ne prit donc même pas la peine de refermer les lattes vertes des volets.Livré en pleine lumière aux passants, il procédait tranquillement à son opération.Les billets de banque s'empilaient, puis les pièces de monnaie: ainsi fait le joueur qui.enfin resté seul, peut mesurer ses bonnes ou mauvaises fortunes de la soirée.Démétrius ne vit donc pas les quatre individus louches qui, après l'avoir attentivement épié, s'évaporèrent dans la nuit. 172 I.- OISEAU BLEU Il était minuit passé, quand rentra François, le troisième fils, pâle et transi.—Es-tu malade, demande Démétrius?—Ce n'est rien, répond évasivement le jeune faraud.Contrairement & boii frère, qui 8e sert d'un crâne de mort eu guise de pot à tabac, l'adolescent a frayeur des trépassés.Le souvenir des absurdités que lui fit commettre sa terreur irraisonnée lui ferme la bouche.N'a-t-il pas, une nuit, couru d'épouvante dans toute la maison, tel un matou pris du haut mari1 La serinette du réveille-matin venait de lui rappeler une messe promise pour l'âme d'un copain foudroyé en jouant au gouret.Et la veille encore, au petit jour, le piano carré s'est animé d'une gamme grêle.François s'enfouit sous ses couvertures, haletant et en sueurs, plutôt que de se renseigner sur le pianiste somnambule.La chatte d'Espagne, en mal de maraude, se promenait en pantoufles sur les touches d'ivoire.S'il n'eût été retenu par un faux respect humain, le jeune homme aurait confessé la soulcur qui, il y a un instant, lui fit courir un frisson le long de l'échiné.Au moment de remiser Café, la jument brune, il perçut des chuchotements.Des formes humaines remuèrent sur le fenil.Que fût-jl advenu, s'il eut parlé?On lui aurait probablement répondu qu'il rêvait debout.Peut-être aussi, le huissier prévenu, en compagnie d'un ou deux llcrs-ù-bras, aurait-il sauvé la situation.Les gens de la maison étaient tous plongés dans un profond sommeil, quand Madame Démétrius s'éveilla en sursaut.Un coup de foudre éclate en fracas.—C'est le tonnerre, signale-t-elle à son mari.Le ciel est en feu! Une lumière aveuglante darde dans la porte vitrée du cabinet qui donne sur la salle à manger.Sur la pointe des pieds, elle se porte vers la lueur.Les becs de gaz sont grands ouverts dans le magasin attenant au bureau et, près du coffre-fort éventré, la flamme blanche éclaire trois hommes agenouillés, qui en fouillent minutieusement le contenu.Quelle audace ont ces voleurs de grands chemins! Le mur, sous la détonation de la nitroglycérine, a reculé de plusieurs pouces et une pharmacie de floles brevetées s'est précipitée en éclats sur le parquet de bois.Surexcitée par sa découverte, elle revient prestement rendre compte de sa reconnaissance sur les lignes envahies.—Rien â faire, constate Démétrius.Ces bandits sont armés.A peine le temps de fuir â l'étage supérieur, par un escalier dérobé.Mais quelle sottise de n'avoir pas pris avec soi son pistolet! Peut-être, n'est-il pas chargé, conclut-il drôlement.Il n'a servi qu'une fois, pour délivrer du fardeau de la vie un pauvre dogue neurasthénique, et une autre fois, pour tirer à blanc dans la tragédie des "PIASTRES ROUGES"! De la fenêtre d'en-haut, l'on surveille le départ des voleurs qui, un après l'autre, s'évadent par le châssis du bureau.Un quatrième, au poste de vigie, appuyé sur le mai d'en face, fait le guet autour de lui.Peine inutile.Le petit bourg est amorti par la torpeur de la nuit tiède.D'ailleurs, n'ont-ils pas lié avec des cables les portes extérieures de la maison, ainsi qu'entre elles, celles qui communiquent de la salle à mauger au bureau et à l'entrepôt du rez-de-chaussée.Enfin, la vie est sauve et le coffre-fort était vide! Démétrius avait eu soin d'enfouir son avoir dans les profondeurs de son habit.Consternation dans le village, qui s'éveille d'un cauchemar! Tout le monde veut voir la caisse de fer réduite en pièces.Les cambrioleurs ont pris la clé des champs.Le cheval de Pierre halète encore dans l'écurie, après sa course folle aux mains de quatre démons sortis de l'enfer.La dame Pélisson, ménagère du boucher, s'est vu chiper sa corde à linge, qui servit sans doute â barricader et isoler l'habitation pillée.Jamais vit-on, de mémoire d'homme, de vol aussi hardi! Et pourtant, Démétrius dans son fauteuil, au sanctuaire, où officie l'évêquc, vient de s'adapter gravement & son rôle de parrain des confirmants.A peine si son visage L'OISEAU BLEU 173 placide trahit quelques traces d'insomnie.Il prête l'oreille au chœur des écoliers qu'il a initiés aux secrets du plain-chant.Leurs voix claires et limpides rajeunissent les répons des vieux chantres qui mâchent des racines en baragouinant du latin.A quelque temps de là, en entrant il la banque de la petite ville voisine, Démétrius s'entend interpeller: —On ne se défend donc pas chez, vous, quand les voleurs font sauter l'établissement':' —A quoi bon tirer ?Une balle en aurait appelé quatre autres.Je voudrais bien t'y voir, Pintendre, toi qui ne crains pas la poudre, reprend le nouveau-venu, piqué au vif.Sa curiosité ne tarda pas à être satisfaite.Pintendre, à son tour, devait savourer l'aménité d'une rencontre avec ces pillards nocturnes.Quelques jours plus tard, "L'UNION DES CANTONS DE L'EST", un journal local, portait sous la rubriquc:"Audacieux Assaut de Nuit," le récit suivant: "Des bandits armés se sont introduits dans la Banque Laurentienne, à la faveur de l'obscurité, par un soupirail du rez-de-chaussée.Conrad Pintendre, le caissier, était de faction.Sur son refus de livrer le secret de la voûte de sûreté, il fut immobilisé sur place, ligoté et bâillonné.Sidéré d'épouvante, il suivit des yeux les agissements des voleurs qui consommèrent leur forfait au moyen de dynamite."Un fracas s'ensuit.A l'odeur de poudre répandue dans l'édifice, le gérant, qui loge à l'enseigne de la Banque, comprend qu'il s'agit d'un attentat des plus osés.Impuissant, tremblant de bouger, il mande ft son secours le maire de la ville."Le maire Ouilmette, coroner du district n'a frayeur ni des vivants ni des trépassés.Avec le sang-froid qui le caractérise, il se rend immédiatement sur le lieu du sinistre."Dans l'escalier, qui conduit au refuge de nuit de Pintendre, il croisa quatre hommes à l'œil suspect, sous une casquette ft large visière- Leur besogne accomplie, les malfaiteurs prenaient congé.Ils toisèrent avec dédain le paisible noctambule, jugeant qu'en pareille occurrence, un citoyen qui fume la pipe, tout en pesant sur sa canne d'un pas affermi, est un bipède peu ordinaire et peu dangereux.Ils s'effacèrent donc le long du mur et lui livrèrent passage, sans qu'un mot ou une menace fussent échangés de part et d'autre."Le docteur pénètre alors dans la guérite du caissier.Apercevant Pintendre ligoté dans un angle de la pièce, piteux dans sa tenue de nuit, ft demi asphyxié par les gaz de l'explosion, il ne put réprimer un éclat de rire sardonique: "—Faut-il tenir une enquête, demande le Coroner ?"—Il faut surtout me délier au plus vite, j'étouffe! soupire la victime, consciente du ridicule où il est réduit." * A plusieurs milles de lft, Démêtrius dans son village, la gazette sous les yeux, déclare l'aventure fort plaisante.A l'appareil téléphonique, il réclame: —Longue Dislance, s'il vous plaît.Je veux parler ft la Banque Laurentienne, au caissier Pintendre.Au caissier mal dégrisé qui signale sa présence ft l'autre bout du fil, il s'enquiert: —Comment se défend-on ft la Banque, quand les voleurs y sont?—-Nous en recauserons, Monsieur Demetrius, répond Pintendre, reconnaissant son interlocuteur à son propre défi! Grâce ft l'astuce des gendarmes de la Police Provinciale, les quatre bandits furent incarcérés.Peut-être auraient-ils plus facilement échappé aux limiers, s'ils eussent continué ft voyager dans la berline de Monsieur le Curé.Marie-Rose Turcot A L'ÉCOLE DU VILLAGE L'instituteur—Quel est l'animal qui nous fournit le boudin?Un élève—Le charcutier, monsieur. 171 I.'OISEAU BLEU LE PETIT BERGER /""¦'EST aux petits, aux tout petits, que je veux raconter aujourd'hui une histoire, et j'y prends un réel plaisir car "les inoins de cinq nns" sont nies meilleurs amis.Tout ce que nous leur racontons est si intéressant, ils nous croient toujours.Voici l'histoire que mes neveux, disons.Coco, il a trois ans et.Joujou qui a maintenant huit mois, écoutent avec une fervente attention.Coco m'a dit—"Tunte, raconte l'histoire ilu petit berger.Mon chéri, je te l'ai déjà racontée vingt fois, et puis, c'est ton tour, dis-moi ce qui arriva au petit Poucet.—Oh non tante, toi d'abord."(Vest toujours la même chose, c'est encore moi qui dois parler.' Et bien, mes petits, il y avait donc un jour un petit berger.—Tante, qu'est-ce que c'est un berger?Mais tu le sais.Ah oui, le petit garçon des moutons.- -Mais ce n'est pas le garçon des moutons, c'est un garçon qui garde les moutons.—Garder les moutons, qu'est-ce que c'est '.' —C'est veiller à ce qu'ils ne s'éloignent pas trop.—Le loup viendrait les chercher?-Oui.Mais papa nur le temps des vacances".Ce concours comprenait Irais sections: 1.Monuments historiques.2.Scènes champêtres.3.Paysages.CONDITIONS: Faites-nous parvenir d'ici au lu septembre une ou plusieurs photographies, prises au cours des mois de vacances.Vous courez la chance de gagner l'un des nombreux prix qui seront distribues aux vainqueurs au mois d'octobre prochain.DOUZE PRIX AUX GAGNANTS Un généreux donateur nous a offert pour ce concours une somme de quinze piastres ($15.00).Nous l'en remercions ici même cordialement.1er prix $3.00: 2c prix $2.50; 3e prix $2.00; 4c prix $1.50; 5e, tic, 7e.8e, 9e, 10e prix $1.00 chacun; lie prix: l'Oiseau bleu relié de 1930; 12c prix: un abonnement d'un an à l'Oiseau bleu.Adressez-nous vos photographies le plus tAt possible, car /© // n'est ni l'oiseau chanteur, Ni la fleur, Ni l'insecte qui se pose.Mais un bijou, roi de l'air, Qui jaillit comme l'éclair Et, la nuit, trouve un couvert Dans le coeur de quelque rose.Marie SYLVIA L'OISEAU BLEU "// est sous le soleil un sol unique au monde." Ce sol unique su monde, c'est le Canada, c'est notre patrie.Octave Crémazie l'aimait d'un amour sans limites.Nous voulons vous faire aimer votre pays comme lui, autant que lui.C'est pourquoi nous voulons vous le faire connaître.Les étrangers, entendons-nous dire très souvent, apprécient mieux que nous les beautés et les richesses que nous ne savons même pas regarder ni voir.Ce reproche est-il fondé?Kst-il mérité?Il faut parcourir les routes de la province de Québec pour admirer les sites si variés des Laurent ides, delà vallée du Richelieu et les monts et les caps de l'incomparable Saguenay.Pour cette fois, faisons un bref arrêt A Québec, ville trois foi- centenaire et dont la population atteint aujourd'hui 125,000 Ames.Arrêtons-nous un moment A la basilique reconstruite, au séminaire, A l'Université Laval; voyons les monuments historiques, si nombreux, les églises toutes chargées de souvenirs pieux et glorieux, les remparts.1m citadelle, les édifices publics, les maisons toutes chargées d'un lourd passé de gloire et dont la plupart remontent à la période du régime français.Cette promenade terminée, poussés par une curiosité de bon aloi.explorons les alentours de la ville et ne manquons pas l'occasion de nous rendre jusqu'il la chute Montmorency, à 7 milles en aval de Québec.Cette chute a été ainsi nommée par Samuel de Cham-plain, en l'honneur de Charles de Montmorency, vicc-roi de la Nouvelle-France.Elle est sans contredit l'une des plus célèbres du Canada.Ses eaux se précipitent d'une hauteur de 271 pieds.On entend, assure-t-on, le bruit qu'elles font A deux lieues sous le vent.La chute du Niagara n'a que 174 pieds de hauteur.I.a rivière Montmorency se jette dans le Saint-Laurent.Vue du fleuve, du chenal où passent les navires, la chute présente l'aspect d'une grande nappe blanche qu'une main invisible tient étendue sur le rivage.De prés, l'eau tomlie avec fracas pour s'engloutir comme dans un précipice.Un mémoire ancien rap|torte qu'il y avait autrefois A l'embouchure de la rivière un rocher qui semblait avoir été taillé tout exprès pour retenir les eaux et les faire se précipiter dans le Saint-Laurent.On voyait de chaque coté de ce rocher des ailes qui avançaient; le milieu paraissait au-dessus de la nappe d'eau droit et uni comme une muraille.Près de la chute Montmorency est construite l'hôtellerie appelée Kent House, en l'honneur du duc de Kent, père de la reine Victoria, qui v vécut de 1791 A 1794.A l'embouchure de la rivière se trouve le coquet village de Montmorency, dont la fondation remonte A 1869.Tue chapelle y fut élevée cette année-lA.Ce ne fut qu'une mission jusqu'en 1890, date de l'érection canonique de la paroisse et de la nomination du premier curé résident.C'est A Montmorency que le général Wolfe, le vain- aueur des Plaines d'Abraham, débarqua une partie e ses troupes durant l'été de 1759.Un violent engagement eut lieu sur les hauteurs de Courvillcle3I juillet.t*« Auglais.supérieurs en nombre et en artillerie, furent mis en déroute par les défenseurs de Québec et laissèrent quatre ou cinq cents soldats sur le champ de bataille.Iji force motrice pour la traction des tramways de Québec et du service suburbain est fournie par la chute Montmorency.D'autres industries de cette ville lui doivent leur énergie électrique.La même chute actionne les roues motrices d'une grande filature de coton établie A ses pieds.Vl ATOIl 19G L'OISEAU BLEU CONCOURS D'AOUT-SEPTEMBRE 1931 1.Logogripho.Sur cinq pied», je suis terrible aux jours sanglants de la guerre.Enlevez ma tête, je suis un stupide animal.Avec trois pieds, je suis une negation.Avec deux, je deviens pronom.2.Qui découvrit le sérum antirabique (con-la rage)?b) A qui doit-on la découverte du radium?3.Quels aviateurs ont fait récemment (juin dernier) le tour du monde en 8 jrs 15 heures?b) Comment appelez-vous les avions pouvant amerrir?Observez bien, en envoyant vos réponses, les conditions suivantes: Faire parvenir ses solutions, au plus tard, le 24 septembre a CONCOURS MENSUEL DE L'OISEAU BLEU 1182, rue Saint-Laurent Août-Septembre 1931.Montreal, P.Q.La Semaine de Suzette Vingt-sixième année, deuxième semestre w Album cartonné de 264 pages, format 9 x \2Vi Résultat du concours de juin-juillet 1.L'Intendant Talon travailla avec ardeur au développement de la colonie, il encouragea l'agriculture, le commerce et l'industrie.11 protégea les explorateurs.2.a) Un harmonica.b) Fermez l'imposte, le vasistas.0) Payer en argent, en espèces sonnantes, payer argent comptant, d) La ligne est occupée.3.Moisson, poisson, boisson.Cent cinquante-trois solutions exactes nous sont parvenues.En dépit des vacances et du farniente bien mérité, nombre de concurrents ont été fidèles à la joute mensuelle.Félicitations à tous et cordial bonjour.Le sort a favorisé: M.Gilles Pelletier, Botte 33 Saint-Haymond, P.Q.Mlle Yvette Tardif, Académie Saint-Ocorgcs 5608, Saint-Dominique.Montréal, P.Q.Mlle Jeannette Oossclin Académie Sainte-Catherine 530, Des Seigneurs, Montréal, P.Q.Mlle Laurette Borduas 8278, Saint-Denis, Montréal Ecole Saint-Alphonse, Youville Mlle Jeanne Rémillard Académie Saint-Joseph, Saint-Boniface.Man.Mlle Thérèse Bérubé 104, rue Sisson, Pawtucket, R.I.Ecole Saint-Jean-Baptiste, Classe F.Nos concurrents vainqueurs ont reçu notre prime qui consiste en six prix de cinquante sous chacun.Romans enfantins, comédies et monologues.Modes de la poupée.Jeux de plein air et d'appartement.Recettes et devinettes.Histoires illustrées en noir et en couleurs.Au comptoir .75s, par la poste .90s.Service de Librairie du "Devoir" 430 Notre-Dame est, Montréal. L'OISEAU BLEU 197 reflétera toujours le bonheur si vous épargnez régulièrement une partie de vos revenus.LA BANQUE D'ÉPARGNE DE LA CITÉ ET DU DISTRICT DE MONTRÉAL "La Grande Banque des Travailleurs" Fondit «n1846 Succursales dans toutes Coffrets de sûreté J toutes les les parties de la ville.Succursales.Service de Laigarde , ,,„ des titres au Bureau Principal. 198 L'OISEAU BLEU IVrre BOICHER tic BOUCHERVILLE Ce nom évoque Tune des figures les plus attachantes de la Nouvelle-France.Interprète, soldat, gouverneur, seigneur, fondateur de paroisses, cet homme de grand mérite excella dans toutes les fonctions qu'il fut appelé à exercer./ Il était originaire du Perche.Agé de 13 ans, il passa au Canada en juin 1635 en compagnie de son père M.Gaspard Boucher.Envoyé chez les Hurons pour y apprendre leur langue, il séjourna quatre ans cher les guerriers de cette nation.De retour à Québec, il fut incorporé dans la garnison de cette ville.Il ne tarda pas à y être promu caporal, puis sergent.Il se lit toujours remarquer par sa bravoure et sa prudence.Le 28 octobre 1663, M.de Mésy le nomma gouverneur des Trois-Rivières.poste le plus exposé aux coups des Iroquois alors tout-puissants.M.d'Avaugour, devenu gouverneur de la Nouvelle-France, vit l'urgence de demander du renfort et députa vers Louis XIV celui qu'il croyait être le plus digne et le plus influent.Accueilli avec bienveillance par le grand roi, Pierre Bouclier reçut l'assurance que la colonie serait secourue en hommes et en argent.Pour appuyer sa requête, le gouverneur des Trois-Rivières publia à Paris, en 1664, son Histoire véritable et naturelle de la Nouvelle-France.En 1665, a la tète d'une faible garnison de 46 hommes, il repoussa à coups de canon 500 Agniers qui avaient résolu d'anéantir ce poste de traite.L'Intendant Jean Talon lui concéda de vastes étendues de terre.En 1668.Pierre Boucher se démit de sa fonction de gouverneur pour s'établir sur son fief de Boucherville.Il fut anobli par Louis XIV en 1707.C'est dans sa seigneurie de Boucherville qu'il passa le reste de ses jours entouré d'égards par ses censitaires et respecté par sa nombreuses postérité.Chargé d'ans et de mérites, il s'éteignit dans la paix du Seigneur le 20 avril 1717, âgé de 97 ans.Quelles leçons se dégagent d'une vie aussi remplie I Les Canadiens français ne devront leurs succès dans tous les domaines qu'au travail et à la constance dans le travail.Ils se doivent de fortifier leurs institutions économiques, "LA SAUVEGARDE" entre autres, la seule compagnie d'assurance-vie canadienne-française, solide comme le cap Eternité.Ses polices d'assurance sont pour ceux qui les possèdent une sûreté contre les traîtrises de l'avenir.Pour tous renseignements s'adresser à: 66 LA SAUVEGARDE" ASSURANCE- VIE 152, rue Notre-Dame Est MONTREAL >>>>>>>>>»>> »»>>> >>>£ CCClLES DEPARTEMENT DU SECRETAIRE DE LA PROVINCE DE QUEBEC L'HONORABLE ATHANASE DAVID, SECRETAIRE DE LA PROVINCE TECH N I 01J ES COURS TECHNIQUE — Cours de formation générale technique préparant aux carrières industrielles.COURS DES METIERS — Cours préparant à l'exercice d'un métier en particulier.COURS D'APPRENTISSAGE — Cours de temps partiel organisé en collaboration avec l'industrie.(Cours d'Imprimerie à l'Ecole Technique de Montréal, et cours pour les métiers du bâtiment).COURS SPECIAUX — Cours variés répondant à un besoin particulier.(Mécaniciens en véhicules-moteurs et autres).COURS DU SOIR — Pour les ouvriers qui n'ont pas eu l'avantage de suivre un cours industriel complet.ECOLE TECHNIQUE DE MONTREAL ECOLE TECHNIQUE DE QUEBEC ECOLE TECHNIQUE DE HULL AUGUSTIN FRIGON Directeur Général de l'Enseignement Technique USO, rue Saint-Denis MONTREAL
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