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Titre :
L'oiseau bleu /
Première revue destinée à la jeunesse canadienne-française, L'Oiseau bleu a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec. [...]

Le premier numéro de la revue L'Oiseau bleu, sous-titré « revue mensuelle illustrée pour la jeunesse », paraît à Montréal en janvier 1921. Créée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, sous la direction d'Arthur Saint-Pierre, fondateur de la publication, L'Oiseau bleu est la première revue destinée exclusivement à la jeunesse canadienne-française. Sa création a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec.

La revue est diffusée dans les écoles et, selon la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, elle s'adresse aux enfants canadiens de 3 à 18 ans. Certains ouvrages soulignent toutefois que la revue s'adresse davantage aux écoliers de la fin du primaire et du début du secondaire, soit aux jeunes de 10 à 15 ans, car la publication contient beaucoup plus de textes que d'illustrations. La revue est également diffusée auprès des jeunes franco-américains, franco-ontariens et acadiens.

L'Oiseau bleu poursuit le double objectif d'instruire et de divertir les jeunes. La revue a pour mission de renforcer leur sentiment d'appartenance nationale et leurs croyances religieuses. L'enseignement de l'histoire et de la géographie y occupe une place importante; on y trouve des rubriques telles que « Nos plaques historiques », « À travers l'histoire », de même que des récits de voyage comme « Mon voyage autour du monde ».

L'instruction religieuse et morale est présente dans les contes, les fables, les poèmes, les feuilletons et les biographies de saints. La publication comprend également des articles sur les sciences. Pour divertir les jeunes, la revue leur propose des feuilletons, des chansons, des jeux, des illustrations et des concours.

Plusieurs collaborateurs sont invités à participer à la rédaction de la revue, notamment Marie-Claire Daveluy, qui y publie en feuilletons son premier roman, Les aventures de Perrine et de Charlot. Celui-ci est considéré comme une oeuvre fondatrice qui a donné le ton aux oeuvres subséquentes de la littérature québécoise pour la jeunesse.

L'Oiseau bleu, qui a cessé de paraître en juillet 1940, a véritablement été un catalyseur pour la littérature enfantine québécoise.

LEPAGE, Françoise, Histoire de la littérature pour la jeunesse (Québec et francophonies du Canada) - Suivie d'un dictionnaire des auteurs et des illustrateurs, Orléans [Ontario], Éditions David, 2000, p. 113-118.

Éditeur :
  • Montréal :la Société,1921-1940
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

L'oiseau bleu /, 1931, Collections de BAnQ.

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PUBLIÉE PAR LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL Rédaction, Administration et Publicité 1182, rue Saint-Laurent MONTREAL Téléphone: PLateau 1131 Abonnement annuel: Canada et Etats-Unis: 50 sous (Payable au pair à Montréal) CONDITIONS SPECIALES aux écoles, collèges et couvents VOL.XI — No 10 MONTREAL, OCTOBRE 1931 Le numéro 5 tous LE VAINQUEUR DE CARILLON 2(12 L'OISEAU BLEU LES PETITS ECOLIERS Tel un essaim d'abeilles bourdonnantes.J'aime à les voir, Faisant vibrer de leurs voix claironnantes L'air pur du soir.Quand tout joyeux, ils sortent des écoles Courant, sautant, Quel tintamarre! Au bruit clair des paroles S'unit le vent.Toute l'ardeur de vivre se devine Dans le regard, Les mouvements, le rire, que domine L'écho bavard.Les écoliers! Oh! les chers petits hommes! Ils sont heureux, Mais, dans leur coeur, pensent que nous le sommes Plus que l'un d'eux! Car, être grands, c'est leur rêve suprême.Et leur désir! Leurs yeux d'espoir changent en doux poème Tout l'avenir! Gardez, amis, gardez votre jeunesse Et ses splendeurs! Car, il n'est rien d'égal à sa richesse, A ses bonheurs! PAYSE D'Azur, de Lys, de Flamme.HaioiiQiiifliifliDîinïiDïiflïiffliiniŒ L'OISEAU BLEU 203 CONCOURS DE L'OISEAU BLEU Résultat du concours de photographies Le jury formé par les soins de l'Oiseau bleu a rendu son verdict assez tôt pour nous permettre de le faire connaître dans l'Oiseau bleu d'octobre, tel que promis.Le directeur de l'Oiseau bleu et les jurés du concours adressent leurs félicitations aux heureux gagnants et les invitent à s'intéresser à la publication et au succès grandissant de l'Ciseau bleu.LA CROIX DU MONT-ROYAL Cette croix a été érigée par les soins de la Société Saint-Jean-Baptistc de Montréal.La pierre angulaire a été bénite par Monseigneur Alphonse Deschamps, le 24 juin 1929, en la fête de saint |ean-Baptiste.Les travaux d'érection ont commencé le 16 mai pour se terminer le 15 septembre 1924.Cette croix a 100 pieds de hauteur par 8 de largeur.Elle est illuminée la nuit.M, J.Dupaigne, prêtre de Saint-Sulpice en a préparé les plans. 204 L'OISEAU BLEU 3e prix: $2.00 L.i statue de la sainte Vierge sur le Cap Trinité MR GRAVEL 4028, rue Saint-André Montréal.2e prix: $2.50 Au pied de la chute Montmorency Mlle M.PREVOST 53, rue de la Grande-Allée Québec rfOîb, 4e prix: $1.50 Tadoussac Mlle MARIA TRUDEAU 2530.rue Qucsnel Montréal 20G L'OISEAU BLEU 8c prix: $1.00 S .lin te Hippolyre M.Marcel CARAND 1448, rue Saint-Clément, Montréal 9e prix: $1.00 Bibliothèque municipale, Montréal Mlle J.BOURBONNAIS 8562, rue de Berri, Montréal 10c prix: $1.00 La chute Coupai à Brébeuf, comte de Terrebonne, P.Q.Mlle J.LAFONTAINE 12159, rue du Bois-de-Boulogne, Montréal lie prix: l'Oise.™ bleu", 1930 Grand air et grand soleil Mlle Blanche VIENS 4346, rue Saint-Denis.Montréal 12e prix: Un abonnement à l'Oiseau bleu" L'une de nos routes nationales Mlle T.HARVEY 4718, rue Resther Montréal w Le Directeur L'OISEAU BLEU 207 LE CANADA PITTORESQUE Cliché du PACIFIQUE CANADIEN I.A CEINTURE Fl.ECIIEK Los compagnies do fourrure «lu Nord-Ouest recrutaient leurs engagés dans la province de Cjuébcc.Ceux-ci no manquaient pas de faire voir les belles ceintures qu'ils achetaient dans l'ouest canadien a des prix exorbitants.Nos meres toujour* si industrieuses voulurent épargner cette dépense à leurs fil».Une industrie nouvelle devint florissante ft l'Assomption: ce n'eut qu'a cet endroit que se fabriquait la vraie ceint lire fléchée.La ceinture était attachée A la targette d'une fenêtre.Les jeunes filles maniaient avec leurs doigts les laines qu'elles avaient nuancées d'avance.Les couleurs favorites étaient le blanc, le rouge et le Weu.Une ceinture do première classe était longue do quinze pieds y compris In frange et large de douze à quinze pourra.Cette industrie était si répandue autrefois que la jeune fille qui n'avait pas fait sa ceinture trouvait difficilement à bc marier.Viator 208 L'OISEAU BLEU KOS CHAHSOHS POPULAIRES Collection B.-Z.MaMicott» Toi» tlmiU rfecrrfe SON 9i ftM&QNQZi Ë- cou-rezje «isvouscran- ter un'chan-son de mtn- son-g», s il /a r'un've'-ri -té dedans.je veux que l'on me pende, Oh gai1 lais-«z,Laissez-moi z'al-ler, laissez-moi z'al- ler jouer — 2 — J'ai nu.i mn charru' sur mon dos.Mes boeufe à ma ceinture, oh gai! — 3 — Pour m'en aller labourer, Où c qu'il y a pas de terre, oh gai! — 4 — Dans mon chemin, j'ai rencontré, Un pommier chargé d fraise, oh gai! — h — Je pris un' branche, je la secouai, Il tomba des framboise', oh gai! — 6 — /' m'en tomba un' sur l'orteil.Et j'saignï t'à l'oreille, oh gait — 7 — Je pris parti de m'en r tourner.Retrouver mon ménage, oh gail — 8 — Voilà que f troua' mon coq qui carde, Kl ma poule qui file, oh gail — 9 — Je n .vus qu'un p'lit chien barbel, Il coulait la lessive, oh gai! — 10 — La chatte était sur le foyer, Qui brassait la marmite, oh gai! — Il — Quand eW mulut goûter la sauce, EU' se gela les griffe', oh gail — 12 — Les mouch' qu'étaient au plancher d'haut, Se sont éclaté d'rire, oh gai! — 13 — // M tombe un' sur la marmite, EU' s'est cassé Ut cuisse, oh gail — 14 — Faut aller chercher l'médecin.Le médecin des mouch', oh gai! — 15 — Hon métlccin, bon médecin, Que dit' -vous de ma cuisse, oh gait — 10 — Voir' cuisse ne guérira point, Qu'eli soit dans l'eau baignante, oh gail — 18 — Dans un vase d'or et d'argent, Orné de roses blanche', oh gai! Dans la catégorie des chansons de nunsonges, la précédente fut très répandue.Mous avons les versions de M.J.Ilousselle, d» Kamouraska, de Mme Il de Ijarichelihre, de iMprairie, et de M.J.-H.-A.Tison, de Montréal, jadis de Saint-Jlrtmt.,\.nitons de prh le texte de ce dernitr, tauf pour quelques couplets que nous prenons dans Us autres versions.E.-Z.Massicutte L'OISEAU BLEU 209 X % LE CAPGC X X Ayant vu là-bas, au grand quai, accoster un cargo, les deux mains dans ses poches, le nez au vent, Louis est parti.Par la grève, sans souci de mesurer d'avance les deux milles et demi qu'il aurait à parcourir.Qu'importe des milles à un petit homme de huit ans?.Il y aurait bien eu ses parents à prévenir, mais il les a vainement cherchas, et la bonne étant occupée avec bébé, mieux valait la laisser tranquille.Il s'en va, imprimant son pied dans le sable ferme de la belle grève.Il tremble de ne pas arriver à temps, et il court.Un vrai cargo, tout noir, au bout du quai, quelle merveille, un cargo qui revient des mers.Ses yeux le dévorent, et derrière son front son imagination se surrexcite, des désirs d'aventure, de pays inconnus se lèvent, s'ébauchent dans sa cervelle toute fraîche, toute neuve.Mais dans sa course aveugle il bute soudain sur sa tante qui, de ses bras, lui barre la route.—Où vas-tu?—Au quai.—Au quai!.Mais c'est trop loin.Ta mère le sait-elle?Il ne répond pas, s'échappe.Elle ne peut pas pourtant le suivre.D'ailleurs pour mieux s'en sauver il prend la route, passe devant l'église, file entre l'hôtel et le tennis, et se trouve sur le chemin désert qui mène au quai, un chemin morne bordé de tristes maisons grises qui vivaient autrefois au temps du moulin, mais qui presque toutes sont mortes, à présent, ou ont une bien piteuse mine.Et tout à coup ce chemin tourne, et c'est à l'embouchure de la rivière qui vient se jeter dans la mer, le quai qui commence, le quai qui a son demi-mille de long.Plus il s'avance dans la mer, plus l'air Bent bon, l'iode, le sel.A droite, le village s'étend autour de la baie.A gauche, parallèle au quai, une pointe boisée s'allonge.Mais Louis, l'œil fixé sur le cargo, ne voit pas le paysage.C'est si beau un cargo! c'est si beau, ce grand bateau noir.Il faut s'en approcher le plus possible, y toucher.Le hangar où l'on décharge est tout au bout.Déjà cinq gamins de douze à quinze ans sont adossés à ce hangar, les pieds sur le rebord du quai; il se joint à eux.En passant devant eux pour prendre au fond In pince libre, il n'aurait qu'un mauvais pas à faire pour tomber entre le flanc du navire et le quai.Sa mère le découvre là.une demi-heure plus tard.Elle ne dit pas un mot, retient son souffle, par peur de le surprendre.Mais il la voit, sursaute et fait ce qu'elle ne voulait justement pas qu'il fit, passe devant les autres, sur le rebord.Mais il ne tombe pas, grâce à son ange gardien! Tout de suite, il dit: —"Je ne viendrai plus tout seul, jamais." On le sermonne, on lui impose sa pénitence.Ce soir il se couchera à sept heures.Il ne proteste pas.Il l'a mérité et vraiment la pénitence n'est rien comparée au plaisir qu'il a.Et comme le cargo s'en va, sans le demander il obtient de voir ce spectacle qui amuse sa mère au moins autant que lui.Le bruit des machines qui reprend.La fumée qui sort plus noire de la cheminée.La passerelle qu'on tire.Le va-et-vient de l'équipage.Le capitaine en haut, à sa cabine.Tout à coup le bateau décolle du quai, recule jusqu'en pleine mer.Un vieux pêcheur qui veut absolument parler explique: —Y faut qu'y aille en ligne avec les deux bouées, sans ça, si y arrive quelque chose, pas d'assurances.Ça fait vingt-cinq ans que je vois ça moi.J'étais ici quand on a bâti le quai.J'suis de Gaspé.mais je me dis d'ici, parce que je me suis marié et j'ai composé ma famille ici.Le cargo s'en va, longue coque noire et rouille, deux mats, beaucoup de hublots.Louis à genoux sur le quai, le corps penché sur le rebord le suit, les yeux lumineux et avides, les yeux pleins de rêves.Déjà partir le sollicite, 210 L " OISEAU BLEU la mer et les pays qu'il n*a pas vus lui semblent désirables et merveilleux.Sa môre.qui a fini de le gronder lui demande; - Tu aimerais embarquer?Il fait oui, de la tête seulement, les yeux allumés comme des lanternes.Le grand bateau ayant atteint la seconde bouée fait machine arriére, vire et soudain on le voit de la proue, étroit et haut maintenant, avec ses nifits, et fier, et plus imposant.Louis regarde toujours, n'en détourne pas un instant ses yeux.Sa mère étourdiment lui propose; —On pourrait essayer de passer des vacances à bord au lieu de louer une maison, une autre année.Alors, Louis s'embarque tout de suite, et part, et dit tout ce qu'il fera; —Je roulerai les cables, je déchargerai, j'irai des fois au gouvernail, hein, maman?Le cargo, tu sais, maman, il part de Montréal, suit un coté du Saint-Laurent, s'en vient au Nou-veau-Hrunswiek, traverse la baie des Chaleurs, passe par ici, par Port-Daniel, Percé, et s'en retourne en suivant l'autre côté du fleuve.Comme ça, il voit tout.Il voit tout! Déjà il est si au large que dressé sur l'hori/.on, il a l'air d'avoir atteint le ciel.Louis et sa maman le contemplent, la même nostalgie au cœur, le même désir.Mais le petit garçon croit que s'il était là en pleine mer, il n'aurait plus rien à souhaiter, tandis que la maman sait bien que là comme ailleurs, quelque chose sans doute manquerait encore.Il n'a.hélas.le cargo, que l'air d'avoir atteint le ciel; le ciel véritable, le bonheur est toujours plus loin.Michelle Lu Normand Honaventurc, 1 septembre 1931 LA GRAPHOLOGIE Telle écriture, tel caractère! (Vest Se que vous dira Sœur Jeanne, notre graphologue, pourvu que vous envoyiez, chers amis, dix lignes de votre écriture sur papier non réglé et de votre composition personnelle, le tout accompagné de la modique somme de vingt-ci nq sous.Adresse/,: SOEUR JEANNE L'OISEAU BLEU 1188) rue Saint-Laurent MONTRÉAL, P.Q.MARIAGE MANQUÉ Mademoiselle la Virgule dit un jour & Monsieur le Tréma; "Avant de prendre ma décision relative à notre mariage, j'ai voulu me procurer des renseignements sur votre conduite.J'ai malheureusement appris que vous étiez en relation avec Mademoiselle Cédille, ma meilleure amie.Mes parents en sont indignés autant que je le suis.Veuillez donc, Monsieur, renoncer au Irait-d'union et & toute parenthèse".Le pauvre Tréma, piqué au vif par ces paroles prononcées aveo un accent aigu, répond d'un accent grave: "Qui vous a dit cela?" "Assez, Monsieur, point d'exclamation! Je ne subirai point d'interrogation." Tréma, sous le coup d'une telle apostrophe, courba la tête en signe d'accent circonflexe et partit précipitamment en serrant les deux points.BONS MOTS A L'HOTELLERIE Un touriste arrive dans une auberge de campagne; Peut-on déjeuner?L'aubergiste—Oui, monsieur, j'ai un superbe rôti de bœuf.Le touriste—C'est bien, faites-moi une omelette au préalable.L'aubergiste—Mon pauvre monsieur, excusez-moi, je ne puis vous la faire qu'au fromage. I.'OISEAU BLEU 211 LA LEÇON DE NOS MONUMENTS La fontaine Leigh (Iregor l'are Jcanne-Manee.à Montréal Nous avons A Montréal, mes jeunes amis, quatre fontaines sur les places publiques.(|up l'on a tenu A classer au nombre de nos monuments historiques.Il y a.d'abord, la fontaine allégorique, située en face du marché de l'ancienne ville Maisonneuve, oeuvre du sculpteur canadien-français Alfred 1,«liberté, la plus belle fontaine que nous ayons certainement.11 y a aussi la fontaine du square Victoria, érigée du coté nord de la rue Craie, où on lit le nom de Paul Ceredo, qu'on croit être le sculpteur, et où se trouve l'inscription suivante: Fountain ok IIkai.tii Erected iiy Tue Montreal Temi'erance Society Il y a encore la fontaine de la Sun Life Assurance Company qui supporte avec une si belle Herté le lion britannique.Fontaine donnée à la Ville de Montréal, en IS1I7 pur celte compagnie d'assurance, et rappelant le souvenir du jubilé de diamant de la reine Victoria.Klle a régné, comme l'on sait, sur l'empire britannique, sur lequel, tel qu'on le disait alors, avec tant d'orgueil national, "le soleil ne se couche jamais", soixante prospères et belles années.Elle est l'u'iivre, cette sculpture, de (î.W.Ilill: elle porte plusieurs inscriptions sur des éeus en granit, chacune faisant mention d'un îles principaux événements du régne de Victoria 1ère.Il y a.enfin, une quatrième fontaine A Montréal, très modeste, dessinée avec bon goût, par le sculpteur canadien-français Henri Hébert; érigée dans l'été de 1913, par la City Improvement League, au parc .leanue-Mance, et sur laquelle on ne lit que cette laconique inscription: A coon citizen.C'est 14, mes jeunes amis, ce que l'on appelle /u fontaine Leigh Gregor.Nous nous y arrêterons un très court moment, cet après-midi.Qui était ec M.Leigh Gregor, qui mérita cette brève, unique et belle mention: A good citizen (un bon citoyen)?J'ai ouvert de nouveau, il votre intentiou, le lourd volume des auteurs des Monuments commêmoratifs de la Province de Québec.j y ai lu ceci, entre autres: M.Leigh (Iregor, né en 18(10, dans l'Ile du l'ri.-Edouard, étudia quelque temps A l'L'niversité McOill de Montréal, et y fut plus tard chargé de cours de langues modernes.Toute sa vie, le professeur (Iregor fut un ardent ami de la France et un zélé propagateur de la langue française.On le vit pendant plusieurs années secrétaire de l'Alliance française.A Montréal.Il décéda prématurément en 1!112.Mais ce «lui attira tout particulièrement mon attention, mes jeunes amis, dans rémunération des actes utiles et bienfaisants de ce "good citizen", ce fut de lire, sous la plume d'un do ses principaux biographes, ces mots touchants: "Professor Leigh-Kichmond (Iregor did his best.that little children had their rights restored, to play and prosper in Ood's light and air." LA, n'est-ce pas charmant d'attention pour vous?Ne sommes-nous pas justifiés d'être ici cet après-midi, dans ce vaste para Jeanne-M anee.où tant de petits Montréalais viennent prendre leurs ébats, accomplissant ainsi le vœu ''du bon citoyen" Leigh-Kichmond (Suif à lm pmfr 3IS) 212 L'OISEAU BLEU LE QUESTIONNAIRE DE LA JEUNESSE DIVERS ALIMENTS 1.Comment nomme-t-on eet nliment ?—C'est un beignet Q.De (|uoi la pâtisserie est-elle ordinairement faite?— De farine, de lait, d'œufs, de sucre, de beurre et de différentes substances aromatiques.Q.Quel est son avantage ?— Elle est riche en principes nutritifs et agréable par son goût et son aspect appétissant.Q.Est-elle de digestion facile?—¦ Oui, pourvu qu'elle ne soit pas trop grasse.2.Une bonne salade est-elle profitable à la santé?— La médecine alimentaire l'enseigne.La salade fait ingérer des légumes verts qui constituent une source importante de vitamines 3.Quel est le nom de ces petits gâteaux ?—Gâteaux à thé.4.Que pensez-vous de l'usage du café et du thé comme breuvages?— Il ne faut pas en abuser, surtout au repas du soir.Le thé et le café agissent sur les nerfs et empêchent de bien dormir.5.Quel est le meilleur aliment naturel ?—C'est le lait.Il est nécessaire dans la nourriture des enfants aussi bien que «les adultes: sans le lait, on ne peut avoir une parfaite bonne santé.Le lait propre, riche, frais, en abondance, fait grandir les enfants; il leur donne des joues roses, dcB yeux vifs, un corps vigoureux, une intelligence claire.On le fait entrer dans les oêréales, les poudings, la soupe; on l'emploie d'une centaine de façons.G.Quel aliment donne il Jean cette bonne figure ?- Le lait, le beurre et les oeufs.7.Les mots fleur et farine signifient-ils la même chose?— La farine, c'est le grain de blé, de mais ou d'avoine, réduit en poudre.De la fleur de farine, c'est de la farine de premier choix, servant à faire des gâteaux, des pâtisseries.8.Quelle est cette sorte de pâtisserie?— Ce sont des petits-fours.9.Qu indique la figure de Louise ?—Que, comme ft son frère Jean, les œufs, le beurre et le lait lui donnent une bonne santé.10.L'oeuf est-il un bon aliment?— C'est un aliment très nutritif et très sain; comme le lait, il forme un aliment complet.11.D'oil vient le beurre?¦— On l'extrait de la crème en l'agitant violemment au moyen d'une baratte.12.A quoi sert la moutarde?— A apprêter la salade et ft préparer les mayonnaises: on la sert aussi avec les viandes froides et les "hot dogs".13.Quel est le nom de cet aliment ?— C'est du bléfilamente.14.Quelle est cette sorte de tarte?— C'est une tarte au citron., 15.Et cette autre ?—Une tarte à la citrouille.16.En quel temps les brioches croisées sont-elles populaires?— Durant la semaine sainte, surtout le Vendredi saint.17.Quelles sont ces diverses pâtisseries?Un gâteau étagi, des choux à la crème et un gâteau moulé.18.Connaissez-vous les atacas?— C'est un genre d'airelle propre à notre pays, destiné à donner de la saveur aux viandes.19.Comment se nomme cette sorte de viande ?— Du bifteck.20.Quelle est la base de l'alimentation?— C'est le pain.Il y a le pain blanc et le pain brun; ce dernier est plus facile à digérer et plus nutritif.21.De quoi peut être composée une bonne collation?— D'une pomme, d'un verre de lait et d'un sandwich.On attribue la vulgarisation de ces derniers mets au comte de Sandwich, qui lui aurait donné son nom.22.De quoi fait-on ordinairement suivre le dessert?— De fruits tels que le raisin, les oranges, les pommes et les prunes; ils sont agréables et sains, mais peu nutritifs.23.Quelle est la valeur du jambon comme aliment ?- - Il est très substantiel, mais difficile à digérer.24.Quelle est cette sorte de pâtisserie?—C'est un gâteau aux noix.25.Avco quoi brise-t-on les écales de noix?—Avco un casse-noix, 20.Quelle friandise peut être offerte en cadeau ?— Une belle boite de chocolat.27.Quelle est cette autre friandise?—Ce sont des oeufs de Pâques.28.Quelle forme donne-t-on souvent aux bonbons de Pâques?— La forme de petits animaux: poussins, lièvres, lapins.L'abbé Etienne Blanchard 214 L'OISEAU BLEU LETTRE A MARTHE 0©e> MONTCALM ©Of) VIII BATAILLE DE CARILLON A la fin de février, Montcalm revint & Montréal pour préparer avec le gouverneur la campagne de 1758.La situation devenait poignante.William Pitt qui, depuis un an, s'était imposé au Ministère de Georges II, voulait à tout prix, faire la conquête du Canada.Il envoya, nu printemps de cette même année, la plus forte armée anglaise qu'on eût encore vue au pays.Cette armée se composait de 00,000 hommes.Elle devait attaquer la colonie par trois endroits différents: par Louisbourg, le fort Duquesne et Carillon.Montcalm partit le 1er juillet, avec 3,000 hommes pour se porter à la défense de ce dernier fort.Après avoir examiné la place, il choisit pour son camp de retranchement les hauteurs de Carillon.Cet endroit était situé où se trouve maintenant l'État du Vermont, près du Lac Champlnin.Montcalm fit construire a cet endroit des fortifications.C'était une superposition de troncs d'arbres et de broussailles s'élevnnt à une hauteur de 7 à S pieds.Les abords de ce retranchement furent protégés par un enchevêtrement d'abattis.Le S juillet, Levis vint rejoindre Montcalm avec un détachement de réguliers.A peine achevait-on ces préparatifs qu'on vit déboucher l'armée anglaise sur Carillon.Cette armée, composée de 16.000 hommes, marchait, grenadiers en tête, dans un ordre admirable, au son du fifre et de la cornemuse.Elle avait ordre d'enlever la position à la baïonnette.Le moment devint solennel.Sur les hauteurs, l'aile droite est commandée par Lévis, l'aile gauche par Bourlamaque.et Montcalm occupe le centre, avec le Royal-Roussillon.Quand les Anglais sont a 50 pas du retranchement, Montcalm ordonne de faire feu: une décharge de 3,000 balles s'abat sur les assiégeants.Décimés par cet ouragan de plomb, les Anglais vacillent, puis répondent au feu des bataillons français.Les grenadiers et les montagnards écossais se bousculent en essayant d'escalader les troncs d'arbres; ils laissent des lambeaux de chair aux branches; avec une intrépidité admirable, ils s'aoharnent à la revanche.Une grêle de balles continue de pleuvoir des hauteurs où flotte le drapeau de la France.Les clameurs des blessés se mêlent au crépitement de la fusillade; le soleil de juillet darde son haleine de feu sur les combattants; un brouillard de fumée et de lueurs rouges enveloppe cette scène de carnage.Enfin, les Anglais s'écrient: la place est imprenable.Cependant Abercromby, qui dirige le combat a un mille et demi du champ de bataille, ordonne de recommencer l'attaque.Alors ses soldats essayent de nouveau il gravir la redoute.Us tombent, se relèvent, foulent aux pieds les cadavres des leurs, et s'élancent de nouveau, avec un courage surhumain.Les Français, electrises par Montcalm, qui vole de droite il gauche et semble invulnérable, poursuivent la lutte avec enthousiasme aux cris de: Vive le Roi!! Vers cinq heures, les montagnards écossais se précipitent en avant.Montcalm, tout frémissant, accourt avec ses grenadiers.On fait une charge à la baïonnette; le sang coule a flots.Tout a coup, a l'extrême droite.Lévis lance un appel aux Canadiens, et de Saint-Ours, de (Jaspé et de La Naudiôre, leurs commandants, se dirigent de son côté.Le fou redouble, et cette scène épique se poursuit jusqu'à sept heures du soir.Tci, les montagnards écossais, jupes courtes et jambes nues, gisent dans un ruisseau de sang.I.a.ou plutôt cle toutes parts, des morts en habits rouges pendent accrochés dans les branches.Enfin, nu désespoir, l'armée d'Abereromby bat en retraite, laissant sur le champ de bataille près de 5.000 morts ou blessés.La chaleur du jour était tombée.Le soleil couchant embrasait l'hori/.on et inondait au loin le lac Champlain de ses derniers feux.Les Français, dans une effusion délirante, acclamaient la Victoire qui.pour la troisième fois, venait de couronner le drapeau fleurdelisé.Montenlm perdait 400 hommes seulement.Avec une poignée de braves, il avait vaincu des forces six fois plus nombreuses et la principale armée d'invasion était en fuite.Carillon! Page nouvelle mais page immortelle dnns l'Histoire du Canada!! Le fort n'existe plus depuis longtemps, mais il suffit de prononcer son nom pour faire surgir du passé, selon le mot de Crémazie: "Tout ce monde de gloire où vivaient nos aïeux" et dont Montcalm apparaît toujours comme le rayonnement sublime et la figure dominante.J'oserais dire que c'est par l'évocation de cette radieuse journée que Crémazie a immortalisé, I.'OISEAU BLEU 215 au cœur du Canada Français, le souvenir de Montcalm.Dans les plus humbles hameaux, dans nos campagnes les plus reculées, on ne célèbre jamais la fête nationale, sans chanter le Drapeau de Carillon.Ce chant retentit toujours comme une fanfare de clairon, mais il contient aussi tant de regrets et de nostalgies, que tout en exaltant nos courages, il apporte en même (Suita de fa patfe 211) Oregor, "qui fit, n'est-ce pas, nous le savons maintenant, tout en son pouvoir pour que les petits enfants aient justement ce droit de se récréer et de s'épanouir comme de belles fleurs sous le soleil et dans l'air réconfortant du bon Dieu".Je traduis librement, comme vous le voyez, le petit texte anglais saisissant de tout à l'heure, mais le sens y est tout il fait, et je crois que M.Leigh (îregor, comme son biographe, eu sourirait aimablement.Vous étonnez-vous maintenant que j'aie tenu à vous faire connaître, à vous faire saluer l'un des nombreux, charmants, bous, trop souvent inconnus, grands amis des enfants il Montréal ?Approchez-vous, lisez tous ces trois mots auxquels je souhaite une résonance profonde en vos jeunes âmes.Puissiez-vous mériter qu'on vous désigne éternellement ainsi: A good Citizkn, un bon citoyen! Etienne nu Lapon» CORRESPONDANCE ¦ -Si.ip.efa l.i pn&e 219) Annette M.—Fauvette déplore son mutisme, mais malgré sa bonne volonté, elle ne pourra vous écrire ces jours-ci! Mais, comptez bien que je vous enverrai une très très longue missive.Peut-être serez-vous en peine de lire mon griffonnage?Meilleures amitiés.Jeannine.—Bonnes amitiés à l'amie de toujours.Succès il tous et à vos ohères bambines.N'allez pas vous fatiguer trop! La sagesse est une vertu cardiuale.Bonjour.Feu-Follet.—Bonnes amitiés à.ma mie-solitaire.Soeur Jeanne me prie de vous dire que les graphologies suivantes ont été expédiées par courrier postal.Raoul-H.Emard, Ontario; it.R.Gravel, Montréal; Rolande Hébert, Ontario; Aurore Caron, Montréal; Maud Imtoc, Montréal; Liliane Bouillon, Ont.; Flore Vomer, Vaudrcuil: 0.Dcsrochcs, Ville-Marie; Bcrthe Soumis, Montréal; Cécile Perron, Boulanges; Alice temps il nos fêtes, une note d'attendrissement.Dans les manifestations patriotiques, vous ayez dû le constater, ma chère Marthe, on n'entend jamais le chant de la Victoire de Carillon, sans qu'un frisson d'émotion passe sur les foules, comme si tout à coup ou voyait apparaître et planer la grande ombre de Montcalm.MlltKII.I.E Girard, Saint-Jean, P.Q.; Germaine Rilchier; L.Ramier; J.R.Charbonnean, Saint-Donat; Marg.Sur /irritant.Montréal.A tous, Sœur Jeanne envoie ses meilleures amitiés.C.F.Historiettes et bons mots ENTRE BOHEMES —Pourquoi mets-tu toujours ton chapeau de travers ?—Que veux-tu?C'est la seule chose que j'aie pu mettre do côté dans ma vie.LA BONNE NOUVELLE La maîtresse de maison donne ses instructions il sa nouvelle bonne, qui arrive en droite ligne de la cnmpagne.—Pour le déjeuner, en l'absence momentanée de la cuisinière, vous ferez revenir le veau dans la casserole.—Oui, Madame; mais avant de le faire revenir, où faut-il le faire aller?L'ARGUMENT DE LILI Le papa de Lili vient d'acheter un cheval qu'il montre A un ami: —Est-il peureux ?demande oe dernier.—Oh! non, Monsieur, fait Lili; voilà trois nuits qu'il couche tout seul dans son écurie.D fiSAPPOINTEM ENT Bébé a remarqué que quand il dit: je n'aime pas telle chose, on le force il eu manger.Aussi a-t-il résolu de changer de tactique.On passe des épinards.—Je les aime bien, déclare-t-il, mais je n'en veux pas.—Puisque tu les aimes, il faut en manger, dit la maman.—Mais alors, fait Bébé en pleurant, comment faut-il dire pour n'en pas manger? 216 L'OISEAU BLEU Atiant-(6arîipH îir l'A.OUJ.CE.JEUNESSE, IMITE L'AIGLE Jeunesse imite l'aigle: élève haut ta vie.Convoite les sommets du Bien, de la Beauté; Colore l'avenir d'un rêve illimité; Fais-le grand, tu le peux, si ta foi ne dévie.^J^û Toi qui pars beau soldat, pour servir ta Patrie, Suis les pas des héros qui pour elle ont lutté.Ils ne furent qu'audace, infrangible fierté.Tu leur dois ton pays, ta langue, ton génie.Toi qui tiens dans tes mains vaillantes le flambeau Des espoirs de ces preux, ces gloires du tombeau, Sais-tu qu'ils te portaient dans leur âme héroïque?Entends-tu leur appel s'élever dans ton coeur, Toi le sang de leur sang, rameau de leur honneur, Toi qui peux leur répondre, ardente et magnifique?Le Semeur.Albert FERLAND L'OISEAU BLEU 217 POESIE Vous lisez aujourd'hui sur la première des pages Que nous réserve M.le Directeur de VOiseau bleu, une poésie, un sonnet.Si l'on prête bien l'oreille et si l'on ouvre les yeux, il semble qu'on entende la sonnerie d'une charge et qu'on voie, dans une course hardie et infatigable, des vaillants qui luttent et qui montent.Au début, ou presque, de l'année scolaire et acêjistc, il est peut-être intéressant de mettre sous les yeux de nos amis ce sonnet, de leur faire entendre cette charge qui les hèle vers l'idéal.L'idéal, jeunes amis, pour être compris et fécond doit se résumer à quelques objectifs principaux qui sollicitent et consacrent toutes nos activités.ETRE CATHOLIQUE Respecter Dieu, la sainte Vierge, les saints.Etre un croyant et un pratiquant parce que c'est là la volonté divine et que c'est là la dictée de la raison et de l'honneur humains.Etre un Canadien qui aime vraiment le Canada.KiiiE un Canadien français pour qui sa langue, ses écoles, ses droits, sont sacrés.Aimez cela, mes amis et allez votre chemin.Ne pas être catholique pour plaire aux autres.Ne pas se servir des grands intérêts: Église, patrie, race, langue; mais les servir.De cette double façon, jeunesse canadienne-française, à ceux qui comptent sur toi tu pourras "répondre, ardente et magnilique".AVANT-CARDE Le mois de septembre vous a-t-il suffi pour organiser l'avant-garde?Le premier pas est souvent le seul qui coûte et dans la vie des œuvres, bien souvent, la moitié du chemin.Si septembre n'a pas vu reprendre les activités acéjistes, il n'est pas trop tard pour s'y mettre.Même, pour plusieurs raisons, octobre offre plus d'avantages: les classes sont organisées, la retraite a eu lieu, les activités qui ne sont pas proprement des activités de classe peuvent commencer.Très bien, donc pour octobre, mais pas plus tard.LE NATIONAL Des échos des grands changements qui s'opèrent dans l'A.C.J.C vous parviennent sans doute L'A.C.J.C.a acheté pour sa jeunesse et pour toute la jeunesse canadienne-française la Palestre du National.L'A.C.J.C.vient d'accomplir un acte des plus importants: elle sauve une institution nationale qui allait tomber entre les mains d'étrangers et elle assure à ses jeunes qui le voudront la formation physique.Kile a sauvé le National.Elle se doit de le maintenir.Pour arriver à ce résultat, il lui faut la collaboration de tous.Vous serez plus tard l'un des membres de l'A.C.J.C.et peut-être du National.Ne songez-vous pas que, dès mnintenant il vous est loisible d'aider une institution qui pour tant de motifs vous est chère et intéressante.Contribuez donc selon vos moyens à la souscription et à la quête publique que l'A.C.J.C.organise.Parlez de l'cruvre.Faites-la connaître, faites-la aimer.Que l'A.C.J.C.sera belle plus tard quand elle comptera des cercles et des avant-gardes partout, des maisons de jeunesse dans les principaux centres! Rêve?Peut-être, mais tant de rêves qu'on croyait téméraires se sont réalisés parce qu'ils étaient nés dans dos natures généreuses.Oui, mes jeunes amis, l'A.C.J.C.compte sur vous, sur vos rêves, sur vos activités pour réussir et répandre le bien."Jeunesse, imite l'aigle, élève haut la vie, "Convoite les sommets du Bien, (le la Beauté; "Colore l'avenir d'un rêve illimité: "Fais-le grand, tu le peux, si ta foi ne dévie." PROPAGEONS LA LANGUE FRANÇAISE La langue est l'âme d'une nation.J.-P.Tardivel C'est un crime de lèse-majesté d'abandonner le langage de son pays.Ronsard Jamais nous n'abdiquerons les droits qui nous sont garantis par les traités, les lois et les institutions.Mercier Un des plus précieux éléments de notre richesse nationale, c'est notre langue, la langue française.Louis Frechette La langue doit être considérée comme un des privilèges les plus sacrés d'un peuple.Mgr Lanhevin Adressez toutes communications à Avant-gardes de l'A.C.J.C.60, rue Saint-Jacques ouest Bureau "01, Montréal 218 L'OISEAU BLEU ourrier à la Tauvetlt * Une petite âme du bon Dieu Allons, amis, petites sœurs et gentils frérots, connaissez-vous l'histoire de Marguerite-Marie-Pierrette?Kile a vécu comme vous sa vie d'enfant, d'enfant ayant les mêmes défauts que vous, imaginant mille espiègleries, faisant parfois des sottises, mais, enfant, amie du bon Dieu, Lui offrant multiples sacrifices et travaillant avec ardeur à déraciner tous ses gros défauts.Marguerite naquit en France le 19 avril 1899.Son baptême eut lieu dans une église au vocable de l'Immaculée-Conccption.Marguerite n'était pas fille unique; près d'elle, il y avait son frère Auguste, mort en petit saint, Juliette, ange cueilli par Dieu et qui mourut accidentellement étouffée par une bille, Marie qui est actuellement religieuse.C'es petites âmes pures s'épanouirent près du cœur de leurs aimés: une maman chérie et énergique, un papa excellent et exemplaire qui mourut jeune, d'une façon prématurée.Marguerite eut connaissance de la mort de son Auguste, mais de celle de son père et de Juliette, elle n'en eut pas conscience."Quitte" fut le "rayon de soleil du bon Dieu".Son apparition en ce monde sema de la joie dans le cœur de tous: parents, amis, grand'mère! • Elle fut comme vous, cette bambine au caractère entier, trépidant, volontaire et gai! Lutine, elle savait se faire aimer on dépit des traits parfois désagréables de son naturel gourmand et emporté.Voilà qui est encourageant, n'est-co pas?Vous avez sous les yeux une petite fille qui a vécu comme vous et dont les défauts étaient évidents et réels, mais.—il y a un mats!., mais pour Jésus, car elle L'aimait tant son Jésus, elle réforma ce qu'il y avait en elle de boiteux et de laid.Sa confiance en sa maman était illimitée et lui servait de principe d'obéissance."Maman l'a dit" était tout pour elle.Les jours de sa petite vie étaient parfois "émaillés de sottises".Il fallait que tout céddt devant sa volonté, si bien qu'on l'avait surnommée "Mademoiselle Pas ça".Quitte était paresseuse.Apprendre à.lire ne l'intéressait guère; seule, l'étude du catéchisme eut ses préférences.La gourmandise était chez elle assez développée; il lui arriva de boire il une bouteille de glycérine parfumée et de mordre en un morceau de savon d'apparence douce et tentante.Avec ça, sou affection était excessive.Lorsque sa petite amie Paulctte recevait des caresses de la maman de Quitte, cette dernière, promptement, disait alors: "Paulctte, va plus loin, ce n'est pas ta mère!" Quitte avait bien des défauts évidents, mais elle sut les corriger.Son mot d'ordre était: "Tout il Jésus par Marie et tout à Marie par Jésus." Le bon Dieu s'attira à Lui cette petite âme d'enfant.Il la forgea à la grande école de la souffrance.Très jeune, elle fut atteinte de rhumatisme articulaire, puis, une fièvre intense et un essoufflement profond prouvèrent qu'elle était gravement affectée au cœur.Le médecin y découvrit une lésion.Quitte, immobilisée par la maladie, sut tra-vaillex pour son Dieu en déposant de multiples petits sacrifices dans "la boîte aux sacrifices" à l'usage des trois jeunes enfants.Sa santé était une alternative de mieux et de crises, mais rien ne diminua sa joie de vivre.A la mort d'Auguste, Marguerite fut frappée en plein coeur.Elle tomba malade et durant cinq longues années, son Jésus la conduisit par le calvaire de la souffrance.Elle disait L'OISEAU BLEU 2\:> souvent: "Oh! moi.vous- verre/.je suis obligee de me faire sainte.—Vraiment, pourquoi?—Parce que.Jésus me l'a dit." Ouitte chérissait profondément sa mère-grand.Celle-ci, A la suite d'une opération, perdit un œil.Alors Marguerite l'embrassait en lui disant: —Ma petite grand'mère chérie, je t'aime, je t'aime!.Sans ton œil, tu es encore plus jolie.bien plus jolie qu'avant!" Fuis les larmes plein les yeux, elle murmurait aux oreilles de l'aïeule: "Je te le dis, vois-tu.pour te consoler." Ouitte obtint, au jour de l'an qui suivit la mort d'Auguste, une étrenne superbe.—Voyons, petite niôre, pouvez-vous me donner quarante sous?—Oh, oui, Marguerite, oui, je peux te donner quarante sous, dit sa mère en riant.—Oui?eh, bien, vous pouvez, me donner ce qu'il y a de plus grand au monde! —Quoi donc ?—Une messe, maman, une messe à moi où je pourrai demander au bon Dieu tout ce que je veux." Etrennes riches de l'Infini que bien peu d'enfants pensent à demander! Elle rAÇnt son Dieu le 7 mai 1!H1!) et depuis sa première communion, elle alla fréquemment il l'église, le matin, et recevait Jésus en son cœur.Sur la route, elle embrassait sa maman qui revenait de la messe.La veille du 15 août qui suivit sa Premiere Communion, Marguerite obtint de son confesseur la permission de faire, à neuf ans, le vœu de chasteté.Où l'enfant avait-elle pris une telle idée?Sa maman émue lui dit: "Tu sais, ma petite Marguerite, c'est très grand un vœu pareil, c'est une très grande grftre de Jésus do te le demander, mais.sais-tu bien ce que tu veux lui promettre?—Oh! oui, maman, c'est de n'avoir, plus tard, jamais de famille à aimer, de n'aimer absolument que Lui!" Orande, notre Ouitte se serait faite carmélite: "Tenez, maman, regardez bien lo Carmcl, là-bas.regardez bien, parce que bientôt, à quinze ou seize ans, j'y serai!" Le bon Dieu résolut de venir chercher son petit ange et d'en faire un adorateur, là-haut, près de son trône de gloire.Voici quelques lignes livrées par la maman de Ouitte, écrites sur la mort de la petite "fiancée" de Jésus."Vaincue par la fatigue, je sommeillais quand An cri m'éveilla Maman, venez, je suis malade, vite, venez, c'est la mort qui vient! Et un Ilot de sang monta à ses lèvres! Quelques jours après le P.D.lui parla de lui apporter le bon Dieu.—Oh! oui, communier!" "L'enfant, trop essoufflée pour rester couchée, reçut les derniers sacrements sur mes genoux.Le P.D., ne se souciant plus de garder le grand secret, lui dit: — Petite Marguerite, maintenant je vous permets de faire votre vœu jusqu'à la lin de votre vie!.¦—Merci, mon Père.jusqu'à la lin de ma vie!." Ses souffrances étaient intenses et pénibles, mais elle les offrait pour "les Ames du 1'.D." —Oui, maman, Jésus, je l'aime, je l'aime plus que vous.mais, maman, vous n'êtes pas jalouse, e'est vous qui me l'avez appris!" Voici ses dernières paroles: —"Oh! non, maman chérie, non.plus de baisers, plus de caresses, Jésus.rien.que Jésus.Maman.Tout à Jésus.par Marie.tout à Marie pour.Jésus.oh! maman! tout à Jésus! Maman! Jésus!" Dieu en lit sa petite élue à Lui, sa petite hostie d'amour.Il la fit sienne par la souffrance, par le détachement, et surtout, par le grand secret de la sainteté: Vnmour'.F Al)VKTTE Correspondance Petit Pinson.- Merci des aimables nouvelles.Quo vous avez donc été vilaine, amie! Quel long silence.mais l'absolution est donnée.Au revoir, à bientôt! haute de Neige.—Rons succès, à vous et à vos aimables bambines.Merci de leurs bonnes suppliques que je crois pleines d'efficacité.Amitiés.Clorinde D.- J'envie un brin votre plaec, car vous pouvez faire ample apostolat auprès de vos malades.Demandez-leur que Fauvette par l'offrande de leurs souffrances, puisse faire "rayonner le Christ", parmi ceux qui l'entourent.Bonjour.Abeille de Marie.—La santé s'améliorc-t-clle ?Obtenez-vous regain de forces et de vitalité?Merci des prières.Je vous confie mes bambines.afin que vous m'aidiez à les donner au bon Dieu.N'est-ce pas que vous m'accorderez cet apostolat, bien humble eu apparence, mail si lourd de moisson pour l'avenir.Union toujours.Je vous bonjoure bien affectueusement.Mlle Y.P.Quebec.Il est des "petites ûmes" qui prient bien pour la "Orande Amie bienfaitrice".Vos biographies d'enfants sont lues et relues.Les parents même bénéficient de ces lignes pleines de fécondité morale.Merci et affectueux au revoir.Guy.—Amical bonjour et merci de votre lettre si pleine de détails intéressants.(Suif é I.pifr US) 221, L'OISEAU BLEU MAXIME TRAHAN «s**^^»».^^^^^^^^^ LK SKKiNKUR DK POCAHONTA C()N repas du soir terminé, Danielle se 19 tourna vers In montagne, un livre sur les genoux, sondant le mystère des nuages qui passent.Un de ces soirs d^été où s'envolent les heures estompées de crépuscule, enveloppées de rayons lunaires, semblables à des clartés d'aube.Sur le pavé blanchi au feu de juillet, et battu tout le jour par le sabot des chevaux, glissent maintenant des autos, rapides comme des chariots ailés.L'air s'emplit des senteurs de sapin.Au loin, cicux et monts se confondent dans la grande paix du soir.I.j-li-i- s'agite la cadence saccadée des chants nègres, musique de jazz qui se répercute au loin, annonçant aux cigales tapageuses que, n'en déplaise à la fourmi, l'été est fait pour chanter quitte à tout l'hiver, danser.Perdue dans sa contemplation.Danielle n'entendit pas, parmi le croisement des pas, celui du docteur Trahan, qui approchait: —'-Les nuits étoilées de la montagne sont toutes religieuses," dit-il en la saluant.Ceci n'est pas de moi; mais bien d'Henry Kordeaux qui, mieux que personne, a compris l'attraction et la grande poésie des cimes alpestres.J'adore ce petit coin de mon pays, continua le docteur, le regard illuminé.Cet entonnoir, «'ouvrant sur des horizons festonnés de cimes neigeuses, me pâme comme aux jours d'autrefois.Dans ma jeunesse de montagnard, durant mes vacances d'étudiant, j'ai servi de guide aux touristes de Jasper.J'en ai parcouru les monts cl lu plaine.De la Vérendrye croyait que.par-delà cette chaîne de monts sourcilleux, des forêts vierges abritaient des animaux et des tribus sauvages.Selon lui.cette vaste étendue d'eau sombre comme le saphir ne pouvait être autre que la mer de Chine.De In, la légende fabuleuse qui courut le monde: les cotes du Pacifique recelaient des trésors insoupçonnés: l'océan était peuplé de loutres et de monstres marins.Aimez-vous les romans d'aventure, interroge Pascal Trahan?Kcoutez celui de mon aïeul paternel.Maxime Trahan, le promoteur do la Compagnie du Xord-Oursl, le scigm ur de Poca- IlOIltll.M m lime Trahan fut l'ami de Oabriel Franchise, l'explorateur qui, pour la joie des chercheurs d'inconnu, nous a laissé les mémoires de ses voyage*.Le Tonquin, qui leva l'ancre à New-York, .en 1810, & destination du Nord-Ouest Américain, était un vaisseau de trois cents tonnes.Jacob Astor, chef de l'expédition, avait formé l'audacieux projet de s'emparer du commerce des fourrures des Grands Lacs.Le navire portait à son bord, outre Franehêre, plusieurs Canadiens recrutés A Montréal, dont mon grand-pire, sept bateliers et plusieurs artisans.Avant de s'engager dans le défilé des Rocheuses, les voyageurs durent se préparer A faire face à toutes les éventualités.Là où n'étaient plus navigables la rivière Fraser ou l'Athabaska, il fallait arrimer leurs bagages sur des traîneaux traînés par des chiens routiers et des chevaux: ou bien encore, lacer A son pied le mocassin et la raquette et battre son chemin à travers les vallons.Songez-vous à l'hiver dans ces conditions primitives?aux scènes de désolation dans ce désert de neige, fouetté par la grêle et les autans?S'abriter sous une tente, faire alliance avec des trappeurs indiens, coucher dans des dépouilles de buffles, l'haleine fumante! Un feu haletant, attisé de minces fagots morts, réussissait mal à alléger le boulet du froid traîné tout le jour.Le Capitaine du Tonquin était un homme irascible.Pour avoir indisposé les sauvages en tirant sur un des leurs, surpris en flagrant délit de vol, il expérimenta l'horreur d'une vengeance de Peaux-Rouges.MontéB sur leurs canots d'écorce, armés jusqu'aux dents, les sauvages se jetèrent à l'improviste sur l'équipage, aux cris de leurs chants de guerre.Ils blessèrent quelques hommes et tuèrent le capitaine Thorn.Malgré la rude défense opposée, l'équipage héroïque dut se rendre.Trois ou quatre matelots, demeurés sur le pont, mirent le feu & l'entrepôt de munitions, faisant ainsi sauter le navire qui les portait.Après la perte du Tonquin, les membres de l'expédition se dispersèrent.Une soixantaine d'hommes, dont Oabriel Franchôre et Maxime Trahan, continuèrent leur randonnée vers le nord, ù bord de pirogues.Suivant les pistes des bisons, ils marchèrent sur les promontoires de cette région vierge, bivouaqunnt à la belle étoile, éclairés par le-soleil des loups.Ils rencontrèrent des lacs couronnés de bois sombres, des rochers escarpés, escaladés pnr les boucs ou les chèvres sauvages, et à perte de vue, la chaîne imposante des Rocheuses. L'OISEAU BLEU 221 Je m'arrête souvent â songer à ee que fut mon aventurier d'ancêtre.A la Rriserie des immensités foulées par ces cavalcades de montagnards, aux chevaux harnachés de grelots, semant dans la vallée leur tintement joyeux.Imaginez d'ici voir glisser sur l'Athabaska laiteuse des canots d'écoree de bouleau peints de couleurs vives, chargés de cargaisons de fourrures! Nos bateliers canadiens étaient des preux, ce qui leur valut l'admiration des tribus indigènes.Pour plaire aux sauvages, ces gaillards s'amusaient il les imiter en ornant leurs chapeaux de plumes et de rubans.La ceinture fléchée rendait leur apparence plus originale encore.Entendez-vous d'ici l'écho soufflant dans son haut-parleur et renvoyant dans toute leur franchise les vieux chants de France des bateliers de l'Athabaska: A Saint-Malo, A la Clame Fontaine et Vive i.a Canadienne! Mon aïeule que voici, indique Pascal Tralian.tirant des profondeurs de son gilet une miniature sur ivoire, est une jeune Indienne qui sauva la vie il Maxime Tralian.Son nom, Ruth, ou l'Aile de Colombe, me remet en mémoire ce proverbe arabe: "L'Atlas plonge son front de neige dans l'azur des Cicux.Pourtant, il a suffi d'une aile de colombe pour causer une avalanche".Et c'est si vrai dans la vie du batelier de l'Athabaska.En quittant la plaine d'une grandeur désolée, l'expédition eut à lutter contre le courant des rapides.Les plongeons dans l'eau glacée, cette tension de ehaque instant pour ne pas succomber, abattirent en trois jours le plus valeureux de In bande et forcèrent Maxime il s'aliter.Désespéré, fiévreux, agité par le délire, le malade fut transporté par ses compagnons dans une cabane sauvage et laissé aux soins de femmes et du "Medicine Man" de la tribu des Assiniboines.Le "Medicine Man" jouissait du prestige de guérisseur, il en possédait tous les sortilèges.Sans aucun recours a la science, sans soulagement autre que les tisanes et les bouillons de pemmican prescrits par le rite indien, Maxime ne put que s'attendrir devant les soins que lui prodigua la jeune Squaw au sourire de naerc.Perdu dans une région ignorée, il se vit privé de toute communication avec la civilisation; privé de la camaraderie qui avait aidé il supporter les mauvaises heures du voyage.Dans la casemate aux murs bruts tendus de peaux de buffles, tandis que le chef fume son calumet sous une panoplie de poignards et de fusils croisés, tandis que la vieille indienne court au bois mort, Maxime contemple Ruth.Il songe à la caravane qui poursuit sa route vers la Colombie et se demande s'il les reverra jamais.Les siens ne surent probablement jamais ce qu'il advint du fils sans peur, aux rêves aventureux.(Irâcc aux soins qu'on lui prodigua: grace au breuvage de sane chaud d'orignal fraîchement tombé sous les balles: grâce aux venaisons saignantes et à l'air miraculeux, le malade refit ses forces.Il se prit également d'affection pour cette Indienne ingénue, aux charmes d'oiseau, qu'il épousa: —C'est ma grand'môre! Danielle, suspendue aux lèvres de Pascal Tralian, écoute le récit étrange avec une sorte de stupeur.Ainsi, l'homme il la main gantée, à qui elle vouait, secrètement un culte d'admiration exaltée; ce neurologiste qui attire & sa clinique une clientèle huppéed'or: cechirurgien à qui son dévouement coûta la perte de sa main droite; cet étudiant alpiniste d'autrefois, est bien le petit-fils d'une Indienne! Dans ses veines circule un sang de Peau-ltougc.8a stupéfaction dut se lire sur son visage, car Pascal y vit l'éclair qui glace, l'isolement subit, l'antipathie de races déjà soupçonnée au collège, dans le frottement intime avec les copains.Jamais, cependant, n'a-t-il ressenti, avec ce dard au OGBUr.l'éloignement spontané d'une main qui se retire devant la main tendue, l'exil d'une âme qui s'ouvre dans une confidence, pour se refermer ensuite sous le soufflet de l'humiliation.L'entrée de Charlotte Déguise en coup de vent les tira heureusement d'eux-mêmes.En complet d'amazone, l'éeil brillant, les lèvres rouges, la jeune femme agitait sa cravache sur une cadence de mélodie populaire.Elle apportait le courrier de Danielle.Le docteur Tralian prit congé des deux amies.Tandis que.tout d'un trait, Charlotte poursuit: —Pardonnez-moi, chérie, de ne pas vous avoir apporté votre courrier ce matin.J'ai suivi, avec Joron.un parti de touristes.Joron prétend que je lui suis indispensable pour corn- 222 L'OISEAU BLEU muniqiier il tous mon enthousiasme et délier la langue des nouveaux arrivés.Et voilàI J'ai pris le thé avec un couple charmant, accompagné d'un magistrat célibataire et redondant.C'est le beau diseur d'autrefois.Il connaît toutes les anecdotes de son temps et amène dans sa conversation des femmes dont la beauté n'eut d'égal que leur infidélité.Ce ohanteclair a encore l'illusion de faire lever le jour partout où il passe.Le long du sentier, qui conduit au Jasper Lodge, la tête bronzée du docteur se devine dans la nuit commençante.Comme en caractères de feu, dans l'esprit de Danielle, se grave l'oracle d'Islam:— "L'Atlas plonge son front de neige dans l'azur des eieux.Pourtant, il a suffi d'une aile de colombe pour causer une avalanche." Marie-Rose TtincoT LES ORANGES Un jeune enfant, dans un tiroir Mit, au milieu d'oranges fort jolies Une orange gâtée.En revenant les voir, Il les trouva toutes pourries.Jeunes amis, voulez-vous rester bons?Fuyez, fuyez les mauvais compagnons.J.-M.VlLLEFRANCHE MES CAHIERS Même une seule ligne.Aux jeunes naturalistes, fraternellement.II.d'A.r\ANS sa gangue, le touriste est un bolide précieux: il aide trop le commerce, partout où il tombe, pour que je ne le salue pas, chapeau bas; mais là où je le trouve quelconque, c'est comme nomade.N'est-ce pas sa qualité maîtresse?.Dépenser à droite et à gauche ne doit pas avoir grand attrait pour lui; s'il se déplace, c'est pour "voir du pays".Aussi est-ce l'observateur que nous voulons passer à l'étamine.Au fait, en voit-il tant que ça du pays?.J'en doute."Voir du pays" date de l'époque du "train onze" et des diligences, si je ne m'abuse.En ce temps-là, veuf du claque-son et de nos mille autres cris civilisés(î) on flânait dans le silence des routes; aussi avait-on l'heur de voir, tandis qu'aujourd'hui.Le touriste serait-il myope?.Je le crains.C'est un emmuré de la ville, voyez-vous.Vraiment, j'ai l'impression qu'il ne fait que regarder le pays.En tout cas, s'il voit, ce ne peut être que lui: c'est son MOI, semblc-t-il, qu'il cherche dans le vertige de ses randonnées exotiques.Pourquoi tant de précautions?.Le touriste jette bien les yeux sur le décor naturel, mais c'est pour mieux se carrer.Purement et simplement! S'il change si souvent de place, c'est pour rafraîchir ses émotions.A travers le paysage, c'est le "haïssable" qu'il promène: le nomade du teuf-teuf s'aime, se dorlote.11 a une conception égoïste de la nature: c'est tangible.Autrement, il ne la regarderait pas ainsi par le dehors.Ce doit fltre pour ça qu'on a qualifié le voyage de "paradis des sots".L'amour de la nature n'est ni muable ni superficiel: il se situe; il s'arrête bien au phénomène pur et simple, mais il cherche surtout à y découvrir les affinités et les harmonies qui existent entre lui et nous.II va encore plus haut remontant jusqu'à son Principe.Vous avez sans doute frôlé de ces pauvres âmes toujours surprises de se sentir attirées vers tel ou tel coin de nature?Comment peut-on s'étonner vraiment de ces appels, quand on sait que Nature et Ames ont le même Créateur ?et, ajoutons-le.la môme providence bienveillante?.Mais Dieu, en nous préparant un cadre où évoluer, l'a ordonné à notre usage.C'est élémentaire.Pourquoi faut-il être obligé L'OISEAU BLEU 223 de le répéter?C'est le manque d'harmonie qui devrait plutôt surprendre.Ovinia propter eleetosl (II.('orinthit-n.«, IV,151 Si notre siècle à-flcur-dc-pcau deseeudait dans la profondeur des ehoses, il découvrirait encore des beautés nouvelles.Mais pour cela, il faut aimer.J'imagine que c'est cette enquête de l'Amour qui nous fera trouver l'éternité courte.C'était pendant des vacances.Loin de la ville, où me rive le devoir, je vaguais, un après-midi d'noflt, le long du vieux eliemin-dii-roi.voluptueusement élargi de silence.Quelle douce errance sous le chaud soleil de Dieu! Et comme le monde est étrange de mépriser ainsi toutes ces joies gratuitesqu'il nous ménage! Le paysage est exquis: là-bas.à la naissance de la colline, l'apaisante promesse d'un champ de blé; plus prés, sur le bord du fossé, parmi les effleurements de calcaire piqué de mousse, des lys orange-brûlés et, à portée de mon repos, un orme, îles peupliers, l'herbe tendre.Plus d'hésitation.Campons! C'est ici qu'i' faut méditer eette page de Mme Ciertz, d'un envol si éthéré.si dominateur: "Toute expression du beau, dit la spirituelle Norvégienne, est un acte d'amour qui, à ce titre, n'est dû qu'a Dieu setil.Btl effet, tant que nous n'aimons pas, nous croyons déjà hien faire en remplissant nos devoirs, si toutefois il est possible de les remplir sans l'amour de Dieu; mais dès que l'amour entre dons nos coeurs, nous trouvons à faire mille petites choses délicates qui sortent du domaine de l'utile pour constituer celui du beau.Toute forme de beauté est donc essentiellement une forme d'amour.Dieu lui-mime nous en donne, l'exemple dans la création de la nature: un champ de blé, un champ de pommes de terre ne nous parlent pas de l'amour de Dieu comme nous en parle une fleur.Si Dieu pouvait avoir des devoirs envers une créature perverse, le champ de blé seroit presque le devoir de Dieu, devoir qui consisterait à nous nourrir après nous avoir créés.Mais la fleur, cette charmante et gracieuse inutilité, est-elle bien autre chose qu'une expression de l'amour de Dieu?Les beaux-arts étant nés de ce besoin du coeur humain d'embellir, c'est-à-dire d'aimer, ils sont comme des fleurs spirituelles qui ne doivent être offertes qu'à Celui qui est jaloux de tous les mouvements de nos coeurs; l'hommage de toute oeuvre d'art est donc rigoureusement dû à Dieu".Et, cependant.à plusieurs la nature parait déserte.Kst-ce que l'eau de la rivière est déserte?Apparemment.Car comme elle grouille île vie végétale et animale! Pourquoi n'en serait-il pas ainsi de la terre?.Pour y trouver des beautés resplendissantes de vie, il faut cependant deux conditions: la solitude et la vie intérieure, ce quelque chose qui est en nous, mais qui est meilleur que nous.Osée (II, 14) nous assure que Dieu se plaît à instruire l'âme recueillie qui voudra fuir la ville trépidante et illettrée:- "DuCAM eam IN BOLRUDIMBM ET LOQUAB AD COI Ejl's".Il lui ouvrira alors le livre de la nature — le sien — et elle pourra y trouver mille choses qui la raviront.N'est-ce pas ainsi qu'il a fait avec le Pove-rello?Lorsque votre âme.seule et sereine, sera baignée de lumière, par quelque belle journée d'été, elle se surprendra peut-être à chanter comme François d'Assise: "Soyez loué.Seigneur, avec toutes vos créatures, spécialement monseigneur frère soleil, qui donne le jour; et par lui vous montre: votre lumière; il est beau et rayonnant avec grande splendeur, de vous, Très-Haut, il est le symbole".Un grand mouvement se déclenche en faveur de l'amour de la nature.Heureusement! Serait-ce la vie terne et renfrognée des villes qui l'aurait provoqué?.On étouffe tant dans cet horizon étourdissant de murs gris et de bitume!.Les directives, jusqu'ici, disent bien que l'on ne s'arrêtera pas à la vision de la nature en elle-même et pour elle-même: à In simple confection d'un herbier; j'ai voulu tout de même soutenir ce coup d'ailes: j'y vois une, cent, mille raisons de plus d'aimer l'architecte do notre incomparable demeure.Vue a cette altitude de la foi, on découvre toujours que la terre, comme les eicux, raconte la gloire de Dieu.même une seule ligne d'horizon fidèle, encadrée de la fenêtre aimée, suffit il enchanter toute une vie.Honoré ii'Ari.es AU COLLÈGE La maman de Jcannot s'adresse au proviseur: —Eh bien! monsieur, mon fils fait-il de bonnes études?Le professeur—Excellentes, madame, il est premier en gymnastique, en football et en boxe. 224 L'OISEAU BLEU À L'ÉCOLE DES HÉROS {suite) CHAPITRE V LK NOUVEAU CONGÉ DE CHARLOT "Perrine, pria alors Chariot, appelle Kinac-tenon et Feu.Tout de suite.Je me sens mieux.Leur visite me ferait plaisir.—Bien Chariot, répondit docilement Perrine.Mais elle se ravisa aussitôt.Non, je orois qu'il vaut mieux que je descende moi-même au-devant d'eux.La consigne est sévère à ton endroit.Ton ami iroquois et Feu pourraient être fort mal reçus par les soldats de la garnison, si ceux-ci ne reçoivent auparavant un mot d'avis.—Tiens, tu as raison.Et puis, Perrine, n'est-ce pas, insinua avec malice Chariot, voilà qui va te donner une raison pour ne pas réapparaître ici.Un soldat te remplacera.Je devine, hein?—Voyons, Chariot, cesse de me taquiner.Tu voudras bien, en effet, m'excuser gentiment auprès de Kinaetcnon.—Ah! ah! ah! Perrine, tu prends un Iroquois pour un capitaine de la cour de France, ah! ah! ah! continua de rire Chariot.Hé! t'imagines-tu qu'il comprendra quelque chose à tout cela, Kinaetenon?Je ne dirai rien du tout, va, c'est encore ce qu'il y a de mieux à faire.Bon! Qu'y a-t-il eneorc ?—Chariot, ne garde pas plus qu'un quart d'heure ton ami, n'est-ce pas?Et laisse-le ramener Feu encore pour cette nuit.Rappelle-toi que le Commandant a promis d'entrer ici avant le souper.Et s'il voit quels visiteurs tu reçois.—Bah!.Et puis le Commandant peut oublier sa promesse.Je n'en serais pas marri du tout, du tout, finit Chariot entre les dents, et le regard rempli d'un peu d'amertume.—Oh! Chariot, quand tu parles ainsi, si tu savais quelle peine tu me fais.—Mettons alors que je n'ai rien dit, rien pensé.Mais, vite, vite, descend, Perrine.Feu s'impatiente.Tu ne l'entends donc pas?.Bon, voilà qu'un soldat s'en mêle.au pas de course, de graee, ma Perrine".VI AU FORT RICHELIEU(l) De bons soins, la jeunesse, la satisfaction d'avoir fait son devoir "avec courage et noblesse" ainsi que lui avait enfin dit, un jour, (I) Sorcl de nos jours.le Commandant de La Poterie lui-même, avaient mis Chariot sur pied en deux semaines.La défense de se servir de ses armes avant un mois, au moins, n'avait pas été levée, cependant.La vexation de Chariot devant cet arrêt maintenu avec rigueur faisait sourire tout le monde, sauf Perrine.Elle craignait que Chariot ne prit quelque revanche.Elle surveillait ses allées et venues en compagnie de Kinaetenon et de Feu.L'on complotait sûrement quelque chose de ce côté-là.Elle ne se trompait pas.Un matin.Chariot parut devant elle, botté, enveloppé d'un manteau, sa gibociôrc sur l'épaule et remplie de provisions, un fusil à la main.—Justes cicux, frère, ou vas-tu?s'exclama Perrine.—Au Fort Richelieu avec Kinaetcnon.Le Commandant le permet, pourvu que je lui fasse de nouveau la promesse de ne pas me servir de mes pistolets ni de mon fusil avant huit jours.Et j'ai promis, hélas! finit-il avec dépit.Mais qu'as-tu, Perrine?Des larmes dans tes yeux, pourquoi?—Laisse, Chariot.laisse.—Pas du tout.Qu'as-tu, voyons?—Je vais te contrarier en parlant.- -Qu'importe! —Entre tout à fait dans la pièce, d'abord.Assieds-toi près de moi.—Pourquoi tant de préliminaires?Je suis un peu pressé, tu sais.Les canots sont prêts à partir. L'OISEAU BLEU 225 —Dis-moi, Chariot, quand as-tu décidé de faire cette excursion extraordinaire?—Extraordi nairc ! —Oui, tu as une gibecière, un fusil, et tu iras à la chasse sans pouvoir faire le coup de fou.Cela ne te semble pas un peu étrange ?—Mon abstention finira dans huit jours, ma petite sœur.D'ici là, je suivrai dans les bois Kinaetenon, assez bon tireur lui aussi.Le temps de privation expiré.hé! tu supposes bien que je ferai comme lui.—Le Capitaine de La Crapaudiôre est-il au Fort Richelieu, en ce moment, frérot?¦—Je le crois.—Tant mieux.Tu te chargeras bien de lui apporter un mot de ma part.—Certainement.Mais.qu'est-ce que tu médites là, Perrine?.Et pourquoi cette agitation, ces craintes?.Viens avec moi, alors.Marie de la Poterie sera enchantée de venir aussi pour t'accompagner.—Chariot, tu sais bien que c'est impossible.Aucun logement n'est préparé pour les femmes au Port Richelieu.—Alors, souhaite-moi bonne chance, embrasse-moi et dép6che-toi d'écrire ce mot à M.de La Crapaudiôre.—Chariot, attends encore, ne pars pas aujourd'hui.Demain.Il fera tout aussi beau, tu sais.—Je le voudrais.Mais les Murons qui nous accompagnent ne peuvent nous accorder un seul jour de répit.C'est un peu la raison de mon départ précipité.J'ai appris cela hier soir que quelques sauvages partaient de ce côté.Et puis, .et puis, Perrine, tu le sais, ici, je n'en peux plus de mortification.Je me sens traité en enfant.Je suis guéri, voyons, bien guéri et pourrais reprendre sans danger mes habitudes.Ce médecin abuse de ma docilité.—Pauvre Chariot! Tant d'impatience contre tant de tendresse après tout!.Bonjour donc, mon frère, reviens bientôt.non, quand tu le voudras! —Perrine, Perrine! Ce que tu m'en veux! Allons, aceompagne-moi jusqu'à la grève.D'ici là, je t'arracherai bien un sourire.—Hélas! j'ai le vague pressentiment que cette excursion est le prélude de beaucoup d'autres événements.—Mais non, mais non.Couvre-toi bien.Le vent est assez frais, ce matin.Tu sais, le capitaine Habincau te ramènera.Je l'en ai prié, espérant que tu viendrais assister à mon départ.—Un instant encore.Il faut que j'écrive mon court billet au commandant du Fort.—Tu me rejoindras en bas, alors.A tout à l'heure, ma trop sage petite sœur.Ne recommande pas au Capitaine de La Crapaudiôre de me tenir en laisse comme,.comme un caniche, ou le caniche deviendra loup féroce." Chariot partait une heure plus tard, souriant, satisfait, maintenant à deux mains, au fond du canot, son chien Feu, qui no goûtait pas du tout ce voyage par eau, et sans Perrine.Il aboyait sourdement, la tète tournée vers la jeune fille; celle-ci agita longtemps vers les excursionnistes son lin mouchoir, trempé de larmes.Trente-six milles seulement séparaient les Trois-Hivières du Fort Richelieu.Un excellent vent fit que Chariot et ses compagnons abordèrent à cet endroit deux jours plus tard.Ils furent accueillis avec des cris de joie par la maigre garnison qu'on maintenait encore sur les premières rives de la Rivière des Iroquois.(l) La Crapaudière lut avec un sourire le mot in-i|i!!cl de l'errine.Il secoua légèrement le bras de Chariot et lui dit en riant: "Es-tu chanceux, mon fringant petit troupier! Tu intéresses et bouleverses déjà le cœur des femmes.ta jolie sœur me prie avec quels mots tendres et touchants de veiller sur toi, sur tes décisions imprévues, sur tes fugues trop peu soucieuses du danger.—Vous l'approuvez, capitaine?Peuh! fit-il avec dédain.Un soldat sans audace, sans fougue, couard et craignant les rhumes, quelle misère en ce pays! Tant de braves, de héros même, se sont déjà levés, n'est-ce pas ?—Sans doute, sans doute.Mais quand même petit, conclut-il avec un soupir, si tu savais Comme réconforte doucement, môme des gens sans peur, de beaux yeux féminins, tendres, tout souriants sous les pleurs que vous faites verser.Allons, viens, ainsi que ton ami iro-quois, je vais vous installer tous deux dans un bon coin.Mais, dis, Chariot, s'enquit tout bas le capitaine, il n'est donc pas perfide comme les autres ton étrange compagnon?.Je me méfierais, moi, à ta place.—C'est un Iroquois entre mille, capitaine, je ne vous dis que ça! Et je l'ai connu enfant, lors de ma captivité en sa tribu.Personne ne me touchait lorsque je me trouvais près de lui.Voyez-vous, après mon adoption par son père, qui me destinait à remplacer un de se» jeunes fils, mort récemment, Kinaetenon n'a plus vu en moi qu'un frère.—Tant mieux, tant mieux, mon jeune fantassin.Tout do même, un bon conseil.N'apparais pas trop souvent avec lui dans la grande salle du Port.Nos soldats n'ont pas les mêmes raisons que toi d'aimer ce sauvage.—Nous comptons beaucoup chasser, Kinaetenon et moi, durant notre séjour au Fort, capitaine.—Ah!., oui?(1) Aujourd'hui la rivière Richelieu. TU) L'OISEAU BLEU —Et je resterai ici jusqu'au retour du Père Jogucs et de M.Bourdon, tout probablement.—Le Père Jogues pourrait bien être au Fort dès la semaine prochaine, si tout marche bien là-bas.Ne t'éloigne pas trop.Chariot.—Non.certes! —Tu retourneras aux Trois-Hivières avec le Père?—Je ne sais.répondit Chariot, en hésitant et en détournant les yeux.—Comment, tu ne sais?—C'est-à-dire que.oh! enfin, que puis-jc dire huit jours ainsi il l'avance.Oui, il se pourrait que je retourne avec le Père.—Toi, mon petit, tu as des projets en tète.inavouables!» Hé! hé! je m'explique l'émoi de ta sii'ur.Ne sois pas surpris si j'ai l'œil sur toi d'ici quelques jours.—Capitaine, la chasse est-elle bonne dans les environs?—C'est cela, petit, change le sujet de l'entretien, remarque en riant très fort La Crapaudière.Si la chasse est bonne ici ?Comme ci.comme ça.Chariot.Tiens, nous voilà rendus dans 1rs quartiers que je te cède pour t'y installer avec tes amis.Quel beau chien danois tu as là, Chariot! Il en faudrait plus do cette sorte dans notre dangereuse contrée." Le conseil de La Crapaudière relativement aux rares présences de l'Iroquois parmi les soldats de la garnison fut mieux que suivi, Kinaetenon et Chariot n'y apparurent jamais.Tous deux gagnèrent les bois environnants dès le lendemain de leur arrivée.La chasse les prit tout entier, vraiment.Au bout de huit jours, La Crapaudière qui commençait à s'inquiéter, quoi qu'il en eût.vit soudain apparaître, au pas de course.Chariot.Kinaetenon et le brave danois, celui-ci tout frétillant et aboyant malgré la gibecière lourde dont il était chargé.La Crapaudière s'empressa au-devant des chasseurs.—Kh bien.Chariot! En voilà uuc absence! Tu ne pouvais pas plus tôt donner signe de vie ?Mais, .c'est cela, reprends haleine avant de me répondre.Tu sais, je commence a être mécontent de toi ?.—Capitaine, .le Père Joguos, sachez-le.le Père est à une demi-heure d'ici.lui et ses compagnons.Nous les avons bien reconnus, Kinaetenon et moi.—Vraiment! La bonne nouvelle! Nous ne sommes qu'au 27 juin.Le Père avec M.Bourdon, partait d'ici le 18 mai dernier?Hé! si peu de temps pour une importante mission d'ambassade.Les nouvelles doivent être rassurantes.C'est cela, monte là-haut te rafraîchir et te reposer.Chariot.Nous allons, nous, organiser la réception à faire à nos heureux ambassadeurs.—Le temps seulement de me remettre en tenue de civilisé Capitaine, dit Chariot, en s'éloignant, et je vous rejoins dans la grande salle du Fort.J'ai hâte d'entendre la voix du Père.Et Kinaetenon donc!" Le ton avec lequel s'exprimait Chariot incliquait une telle joie, une telle satisfaction que La Crapaudière fronça les sourcils et suivit d'un regard pénétrant, durant un moment, la démarche, les gestes, et la conversation fort animée qu'entamait Chariot avec Kinaetenon tout en disparaissant prestement nu fond du long couloir de droite."Là, mon petit Chariot, je le vois, se prit à dire entre haut et bas, le capitaine de La Crapaudière.il y a vraiment anguille sous roche.L'arrivée du Père Joguos.c'est visible, est une étape nécessaire.Nous avons donc un plan déjà tout arrêté, mon jeune mousquetaire?.Lequel ?.Hé! si le Père Joguos ne méritait pas de notre part une réception déférente, très déférente, je prendrais plaisir à deviner vos projets, monsieur Chariot, à les déjouer même pour votre plus grand bien, et celui de Perrinc.Pauvre petite sci-nr!.Oui, oui, mes enfants, j'y vais.Réunissez la garde à l'entrée du Fort.Le Père Jogucs, notre héroïque mutilé qui vient nous rendre visite.vaut qu'on se dérange cent fois.Vite, vite, aux canons!., vous autres, et vous alors, mes enfants, aux diverses autres manœuvres.HAtcz-vous.n'est-ce pas?.Hâtez-vous tous! Tiens, on entend déjà le son du cor dans le lointain!" La Crapaudière s'inclinait un quart d'heure plus tard devant le Père Jogucs et le procureur de la colonie, Jean Bourdon.L'émoi, la joie du Commandant étaient visibles Soyez les bienvenus, mon révérend l'ère, M.le Procureur.Entrez, entrez.Venez vous rafraîchir d'abord, puis vous reposer.Vous nous ferez entendre ce soir seulement le récit do votre délicate mission.Elle a été heureuse ?—Nous en sommes assez satisfaits, répliqua le Père Jogues en saluant et en souriant à tous les assistants.Oui, oui, Dieu en soit loué! N'est-ce pas, M.Bourdon?—Le Père rêve déjà de retourner chez ces dangereux infidèles.Rien n'arrête son zèle, voyez-vous cela ?Des promesses ont même été échangées, Messieurs, répliqua le Procureur très affable, à son ordinaire.—Allons, allons, reprit le père Joguos, mon compagnon veut anticiper sur les nouvelles que nous vous narrons tout à l'heure, il ne faut pas, il no faut pas.Acceptons auparavant l'offre de M.le Commandant.Secouons la poussière, toute la poussière de la longue route que nous avons parcourue.Savcz-vous.messieurs que même un beau lac, tout au bout du lac Champlain, attendait notre venue pour être découvert et baptisé.11 répond maintenant au nom de Lac du Saint-Sacrement. L'OISEAU BLEU 227 La fête du jour nous a bien inspirés, là-dessus.Tiens, mais voilà- Chariot!.Bonjour, bonjour mon petit ami.Que faites-vous ici?" Ce fut une soirée inoubliable que celle qui se tint quelques heures plus tard.Tous avaient demandé avec instance à y assister.I.a poignée de braves soldats qui Bardaient le Fort se tenaient respectueusement dans le fond de la grande salle d'exercice.Chariot et Kinaetenon.entrés en silence, avaient vivement pris place au milieu des soldats.On eut dit que tous deux voulaient faire oublier leur présence.Chariot avait la figure rouge, ses yeux brillaient, ses mains se crispaient en se posant sur l'un ou l'autre de ses pistolets favoris qui garnissaient, comme A l'ordinaire sa maigre ceinture.Dôfl que le Père Jogues eut pris la parole, son attention se lit intense.Kinaetenon, parfois, se penchait vers lui.Il lui demandait des explications sur les récits bientôt ponctués de bravos du Porc Jogues ou du Procureur de la Colonie."Après tout, faisait remarquer l'Iro-quois, mon frère sait bien qu'il s'agit là de mon pays, de ma tribu, dos miens.Chariot lui répondait brièvement, ajoutant chaque fois: "Tout à l'heure, Kinaetenon.tout à l'heure, je te rapporterai toutes ces choses en détnil.Tu sais bien que je ne dois rien perdre de ce qu'on nous apprend là.Tu en connais la raison, voyons!" Un moment.Chariot se prit à rire tout bas.trouvant fort divertissant ce que racontait le missionnaire.Celui-ci ne rapportait-il pas que "quelques esprits méfiants, au bourg iro-quois, n'avaient pas regardé de bon a-il un petit coffre que le Père avait laissé pour assurance de son retour.Ils s'imaginaient que quelque malheur funeste à tout le pays était renfermé dans cette cassette: le Père, pour les désabuser, l'avait ouvert et leur avait fait voir qu'il ne contenait autre mystère que quelques petits besoins dont il pourrait avoir affaire." Puis, Chariot eut un petit grognement approbateur et satisfait en entendant le Père Jogues déclarer qu'il "ne songeait qu'à renouer un second voyage pour s'y en retourner, et surtout, auparavant l'hiver." Le jeune soldat se pencha sur Kinaetenon.Il échangea à voix t>.-1 — ->>>>>>>>>>>>>>>>>> >>>>>>>>y DEPARTEMENT DU SECRETAIRE DE LA PROVINCE DE QUEBEC L'HONORABLE ATHANA8E DAVID, SECRETAIRE DE LA PROVINCE tfcoi_r.s tech nioij rs COURS TECHNIQUE — Cours de formation générale technique préparant aux carrières industrielles.COURS DES METIERS — Cours préparant à l'exercice d'un métier en particulier.COURS D'APPRENTISSAGE — Cours de temps partiel organisé en collaboration avec l'industrie.(Cours d'Imprimerie à l'Ecole Technique de Montréal, et cours pour les métiers du bâtiment).COURS SPECIAUX — Cours variés repondant à un besoin particulier.(Mécaniciens en véhicules-moteurs et autres).COURS DU SOIR — Pour les ouvriers qui n'ont pas eu l'avantage de suivre un cours industriel complet.ECOLE TECHNIQUE DE MONTREAL ECOLE TECHNIQUE DE QUEREC ECOLE TECHNIQUE DE HULL AUGUSTIN FRIGON Directeur Général de l'Enseignement Technique 1430, rue Saint-Denis MONTREAL ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL FONDÉE EN 1173 Laboratoires de Recherches et d'Essais 1430, rue Saint-Denis, Montréal TÉLÉPHONES :— Administration— LAncaster 9207 Laboratoire Provincial des Mines: — LAncaster 7880 PROSPECTUS SUR DEMANDE "L'ECLAIREUR M Imprimeurs-Éditeurs JOURNAUX — REVUES — PERIODIQUES DEUX ETABLISSEMENTS! iMiriilIll — Montrtal 1723-1725.rue Saint-Denis Tel: H Arbour 8216-7 La Photogravure Nationale, Lté* 59, rue Sainte-Catherine Ouest Montréal Téléphone: MArquette 454» Dessins - Vignettes - Photographies Raison de la Rente Viagère Le traitement du fonctionnaire monte avec le temps et lui assure, au terme de sa carrière, une pension proportionnée à son traitement.L'ouvrier, au contraire, salaire maximum qui ses forces, la rente compenser cette RENSEIGNEMENTS GRATUITS touche tout d'abord un diminue ensuite avec viagère a pour but de diminution.Caisse Nationale d'Economie 55, rue Saint-Jacques O.Montréal Inwriax [*r "L.lM»T«r" «30.ru.Nub*.IMax ml.Uo.tr*.! 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