L'oiseau bleu /, 1 janvier 1934, février
PI ¦III.IKK I'AR l.A NIMIIKTK SAISI-JIW-IIAI'TISTK UK MOSTKKAI.Rédaction, Administration et Publicité: Abonnement annuel: 1182, rue Saint-Laurent Canada et États-Unis: 50 sous MONTRÉAL (Payable au pair à Montréal) _ CONDITIONS SPÉCIALES Téléphone: PLateau 1131 aux écoles, collèges et couvents VOLUME XIV — No 7 MONTREAL.FEVRIER 1934 Le numéro 5 sous 154 L'OISEAU BLEU L'OISEAU BLEU LE MARDI GRAS QETTE fête est populaire à la campagne, mais jouit d'une grande vogue à la ville.Les jeunes surtout la désirent et l'attendent avec beaucoup d'impatience.Elle met fin aux divertissements du carnaval qui s'est ouvert le lendemain des Rois.Pour me faire une once de bon sang, je ne manque jamais d'assister à la mascarade du Mardi gras.Je me garde bien d'y participer; je préfère en rester le témoin pour la mieux observer.La caravane passe.Quel tintamarre! Ce sont des cris, des appels des provocations, des rires! C'est la jeunesse qui se divertit et qui s'amuse.Ce soir-là, la risée de la foule est le moindre de ses soucis.La caravane passe.Jeunes gens et jeunes filles défilent tout pleins de facéties.Quelques-uns sont grimés, masqués, travestis en pierrots, en bouffons, en scaramouches, en paillasses, en saltimbanques, en arlequins, en pitres, en marionnettes.Parmi eux, combien de marabouts! Us se complaisent dans ces plaisirs d'une heure et s'en donnent à cœur joie, insouciants de la triste dureté de notre époque.D'autres, jeunes premiers, jeunes premières, ingénus, trouvères, troubadours d'un soir, chevaliers servants, mousquetaires à l'allure martiale et hautaine, coiffés du large chapeau à plume d'autruche, ducs, marquis et comtes à cheveux poudrés, portant l'épée, duchesses, marquises et comtesses aux gestes étudiés, aux manières polies et distinguées, font l'admiration des spectateurs.La caravane passe.Tel, sous son masque, a du panache qui ne pourrait pas, visage découvert, articuler deux phrases.Tel autre tient un rôle dans ce monde factice et joue au personnage qui, redevenu lui-même, ne peut prendre la moindre initiative de son propre chef.(L'artiste Louis-Joseph Dubois a saisi sur le vif, dans le dessin qui orne la couverture de ce numéro, l'un de ces groupes gracieux qui participent à la fête du Mardi gras.A notre avis, il a fort bien réussi cette page.) La caravane s'éloigne et se disperse.Je rentre chez moi, me rappelant que le lendemain est le mercredi des cendres et qu'il faudra attendre pendant quarante jours l'Alleluia de Pâques.VIATOR arc A SA DOUCE MÉMOIRE liiBiBBBnnmn '} rj ii 111'j'j fj 's o l'j g rj Wi\ La neige à plein ciel.— Une bordée de mi-carême, déclare Grand'-maman.Criquettc et Mono penchent la tête, un peu ahuries.La journée s'annonce moins gaie.Le soleil ne va pas luire, ni les petits oiseaux chanter.Alors, comment passer le temps, puisqu'il sera impossible de sortir?Grand'maman, en déjeunant, a une inspiration heureuse, un de ces éclairs qui traversent souvent l'esprit des bonnes Grand'Mères.Elle demande à Tante Jeanne: — Qu'est devenue la poupée que vous aviez gagnée à un bazar ?Elle était habillée de taffetas vert et avait des cheveux blonds et des cils noirs.— Elle doit être dans la chambre de réserve, â l'entrepôt du sous-sol.Il n'en faut pas moins pour donner des ailes aux talons des deux gosses.En coup de vent, elles font invasion chez le concierge en compagnie de Tante Jeanne, il la recherche de la poupée de loterie.Quelques chaises de véranda sont remisées dans l'entrepôt, des caisses et des malles, dont l'une les fascine par le cuir râpé du couvercle qui accuse bien des bousculades.— C'est la malle qui servait à l'Oncle Jules, lors de son expédition au Nord de la Baie d'Hudson, un grand voyage, d'où il rapporta deux renards blancs, une tête de morse aux défenses d'ivoire et d'innombrables portraits d'Esquimaux.La fournaise gronde dans la pièce voisine.Le concierge tisonne et veille au bien-être de la maison, pendant que sa femme discute avec le laitier. L'OISEAU BLEU 155 11 faut monter la malle là-haut.Gagné par l'enthousiasme des enfants, le concierge s'y prête avec complaisance.Il endosse le coffre merveilleux et s'achemine chez Grand'Maman.Les petites anticipent le récit d'une excursion aux Glaces Polaires, un véritable conte de fée puisque c'est là qu'habite le Père Noël.—Au Groenland, dit Grand'Maman, vers le degré de latitude où échoua dans les glaces le bateau qui portait l'Oncle Jules, il y a six mois de jour et six mois de nuit.Heureusement, il s'y trouva durant la période de clarté; autrement, il n'aurait pas vu le soleil de l'hiver.— Il aurait fallu dormir tout le temps, pense Monique, qui n'aime pas les soirs et déplore les heures perdues à sommeiller.On ouvre la malle au contenu bizarre: de vieux manuels classiques, des revues musicales, des cadres démodés, des cahiers de composition écrits de la main de leur mère, quand elle était au couvent; des volumes de prix et un parchemin roulé.— En voilà assez pour faire la classe toute la journée.La poupée est là, au fond, enveloppée de langes, comme une momie.Les langes, se déroulant, laissent entrevoir sa tête blonde en vrais cheveux, ses yeux bruns, — une tête flexible au sourire égayé de dents superbes.Malheureusement, son long repos, dans le mystère du coffre, a rompu le rouage des articulations.C'est un cas à soumettre sans retard à un expert.Comme il neige à gros flocons, il ne saurait être question de sortie.Quand on a laissé chez soi son accoutrement de tempête, il ne faut pas enneiger à plaisir son manteau neuf.Il s'agit donc de téléphoner à l'Hôpital des Poupées d'un grand magasin à rayons.Il y a là un spécialiste pour les jouets brisés, un bon vieux, sorte de confrère du Père Noël, qui remet en place les 5wr non nez mimuscule.yeux enfoncés et renouvelle l'élasticité des jointures.A celles qui sont muettes, il rend l'usage de la parole ou de la plainte gémissante.En attendant qu'on vienne quérir la poupée disloquée, Mono rassemble pour la classe celles qui sont en santé et choisit comme élèves vivantes Criquette et Grand'Maman.Sur son nez minuscule, elle ajuste une paire de lunettes et s'affuble d'un long tablier qui lui recouvre jusqu'au bout des pieds.Du haut de ses quatre ans, elle affiche une autorité qui ne souffre pas de réplique.Grand'Maman est interpellée la première: — Qu'est-ce que l'homme, Mademoiselle?— Je ne sais pas.— Passez à la queue.Ironie désopilante que sa prétendue ignorance de l'homme.Grand'Maman, qui est pince-sans-rire, cède sa chaise à Criquette.La mère de Monique, qui taille un petit pyjama sur la table de la salle à manger, veut intervenir; mais Grand'Maman, amusée de l'impudence de sa petite-fille, s'oppose à toute rupture do discipline.Mono aborde alors les questions qui lui trottent dans la tête: — Pourquoi tu disais hier que le feu court, il n'a pas de pattes, le feu ?— Parce qu'il se propage très vite.— Pourquoi il a poussé une queue et des cornes au diable après sa désobéissance?— Pour le punir.— Pourquoi le bon Dieu a creusé un grand trou et l'a jeté dedans?— Parce que le diable n'a pas voulu demander pardon.— Vieux Diable méchant! La classe devient un peu incohérente.Grand' Maman, il est vrai, n'a plus l'ouïe très fine.— Il faut que tu fasses arranger tes oreilles.Ça s'arrange, tu sais.Grand'Maman, en riant, suggère une partie de bésigue comme diversion.Toutes trois s'attablent.Mono mêle les cartes et marque les points.Le marqueur neuf a une aiguille comme une boussole.Criquette, qui a six ans, est initiée au jeu.Elle sait reconnaître le grand Bésigue du petit, faire des mariages et des quintes.Lorsque Grand'Maman regarde malicieusement pardessus ses lunettes, il faut s'en méfier.Elle veut tricher.Criquette l'avertit qu'elle est au guet.Mono se croit indispensable pour maintenir l'ordre.Ainsi se passe la matinée.Dans l'après-midi, après s'être concertées en anglais, Tante Jeanne et Maman annoncent qu'elles s'en vont à confesse, prétexte unique pour sauvegarder la paix au moment des départs.En réalité, il s'agit d'une représentation au théâtre, auquel ne sont pas admis les enfants. 156 L'OISEAU BLEU — Tu ne vas pas à confesse, toi, Grand' Maman?\ — Tes péchés ne seront pas effacés.Grand'Maman les emmène dans sa chambre.De la tablette supérieure du portemanteau, elle tire l'album de famille en peluche bleu pâle aux coins et fermoir d'argent oxydé.Elle le tient sur ses genoux.Mono tourne les pages et Criquette pointe de l'index chaque photographie.— Qui, ça?— C'est ton grand-père quand il était un jeune homme.— Il n'était pas ton mari dans ce temps-là?— Pas encore.— Et celui-là?— Mon frère, qui habitait Omaha, dans les Etats-Unis.Il a épousé une bien belle femme, une Américaine; mais elle fut prise de la maladie du sommeil.Elle dormit toute une année puis, finalement, ne s'éveilla plus.Un long soupir dans l'auditoire, puis l'enquête se poursuit: — Et cette Madame aux cheveux courts et à la robe gonflée comme un ballon?— Une de vos Orand'Tantes, dans sa toilette de mariée.— Et ce vieux Monsieur, à la barbe si longue ?— L'Oncle Sirnéon, le frère de mon père.Il aimait l'aventure et partit de chez lui à quinze ans pour Boston, où il se fit scaphandrier.— Qu'est-ce que c'est ça, "scaphrier?" — Un scaphandrier, c'est un homme qui plonge dans la mer, pour y faire des recherches.— Comment il faisait pour pas se noyer ?— Un vêtement de liège muni de longs tubes le soutenait dans l'eau et lui permettait de respirer.Il nous parlait de requins, de crocodiles, de baleines, de vaisseaux qui naviguent sous l'eau sans qu'on les voie.— Il est mort, à présent ?—¦ Il y a longtemps.— Ils sont donc tous morts, ce monde-là?— Voici ta mère à ton âge, Criquette! — Regarde le petit chien près d'elle.— Elle a de longues tresses et l'air bien raisonnable.— On a toujours l'air raisonnable quand on "fait poser son portrait".Sous les doigts fins de Mono, tournent les feuillets lourds.Trois générations repassent sous leurs yeux.Ceux qui sont morts ont l'expression figée de mannequins.Quelques dames ont le regard ardent; les hommes en Prince-Albert ont deli moustaches tombantos.Voici des enfants en habits dc_vclours et en robes d'organdi.— Et cette grande fille à jupe traînante ?— C'est Grand'Maman à dix-huit ans.Grand'Maman se sent lasse.C'est l'heure de la sieste.Elle se jette sur son lit.— Viens te coucher près de moi, si tu veux, < 'riquette.Criquette grimpe volontiers à sa suite.Mono ne bouge pas.— Tu ne veux pas te reposer un peu ?— Non.— Que feras-tu seule debout?— Je ne veux pas me coucher.Dans sa cervelle d'enfant s'est gravée l'image de Candide, sa compagne de jeu, qui, pour avoir partagé le lit de sa petite sœur, atteinte de la scarlatine, se réveilla au matin couverte de rougeurs.La vieillesse est une défaillance dont Monique ne veut pas hériter.A sa Grand'Môre, qui insiste, l'étonnante gamine, la fixant de ses grands yeux gris, répond sans broncher: — J'ai peur "d'attraper" ta vieillesse.Grand'Maman est suffoquée; mais elle se ressaisit: — Tu n'as rien à craindre, ma petite Monique.La vieillesse ne vient pas tout d'un coup.Ça vient bien lentement, quand on est à bout d'âge, et ça prend du temps, bien des années, avant que se creuse une ride, puis une autre, avant d'avoir le visage plissé comme le mien.— Si je le repassais ton visage, pour ôter les plis ?Grand'Mère sourit, résignée: — Il est trop tard, maintenant.Les plis ne s'enlèveraient plus.J'ai été petite, moi aussi, petito comme toi, Mono.J'allais à l'église aveo ma maman, qui me tenait par la main.Je me rappelle avoir demandé au bon Dieu un parasol vert.De tout temps, les petites filles ont été vaniteuses.J'ai eu mon parasol et j'ai grandi.J'ai été à la classe et me suis mariée deux fois.— Comment on fait pour se marier deux fois ?— La vie nous l'apprend.La vie nous apprend aussi où s'en va le dimanche qui vient de passer, et le mois dont on déchire la feuille au L'OISEAU BLEU calendrier.Quand on est petite comme vous, il ne faut pas questionner l'avenir.Il faut remercier le petit Jésus de vous avoir donné un bon papa, une bonne maman et un beau petit Michel.L'imperturbable Mono reprend: — Le bon Dieu l'a donné à le Sauvage et le Sauvage, il nous connaissait bien.On entend un éclat de rire.Tante Jeanne rentre en compagnie de la mère des fillettes* — Monique a des réparties surprenantes, raconte Orand'Maman, citant les réflexions de l'enfant.Les petites babillent comme des pies.¦ L'aïeule ferme les yeux pour voir se dérouler encore les années qu'elle vient d'ébaucher devant les mioches, — années lourdes de soucis et de joies — années paisibles et années tourmentées; années marquées du sceau de l'amour ou de la souffrance; rêves d'enfant, illusions d'adolescente, surprises de la vie: naissances ou deuils, gloires ou vicissitudes de sa longue carrière.Aveo l'épuisement de sa vitalité se rallume la lampe du souvenir, éclairant les étapes de son existence.Parfois, à l'un des carrefours sombres, sous la pression d'un chagrin étouffant, son esprit se cogne au plafond bas, comme la chauve-souris affolée.Puis, soudain, brille une grande lueur, réminiscence joyeuse, tournant inespéré.Elle est coutumière de ces pèlerinages au sanctuaire du passé.Aux heures de méditations douloureuses, au cours de ses insomnies, son âme frémissante déjà tend l'oreille vers les voix qui se sont tues.Il n'est pas vrai que le Temps fauche tout sur son passage.L'enfance s'étourdit de rondes chantantes; la jeunesse monte à l'assaut de la vie; l'âge mûr s'y affirme et la vieillesse impuissante sourit aux petits qui recommencent.Criquette et Mono le savent bien.Elles adorent leur Orand'Maman.Marie-Rose TuncoT 1er avril 1933 La Photogravure Nationale.Ltét 59, rue Sainte-Catherine Ouest MONTREAL Téléphone: MArquette 4549 Dessins - Vignettes - Photographies AVANT-GARDES DE L'A.C.J.C.LE SEMEUR (novembre et\lôcembre),con-sacre une page à ce qu'il appelle "Nos idées".Au début de cette année 1934, il est bon de rappeler à de jeunes catholiques, en formules brèves et imperatives, tout leur devoir.Je crois que nos lecteurs nous sauront gré dereproduirc^ccs^conseils et ces mots d'ordre.ACTION CATHOLIQUE Tu prêches le dévouement: sois dévoué; Tu veux faire aimer la pureté: sois pur; Tu veux faire communier, communiquer l'amour du Christ: communie et sois fraternel.Sous une lumière, un entraîneur.* * Sois bien persuadé que si tes paroles sont bonnes et tes actes mauvais, on imitera tes actes et on rejettera tes paroles.* * Une bataille gagnée, c'est une bataille dans laquelle on ne veut pas s'avouer vaincu.(Foch) * * Un'vrai chef ne dit pas: "Seigneur, rendez mon frère meilleur", mais: "Rendez-moi meilleur pour que je gagne mon frère".* * Riche ou pauvre, qui que tu sois, l'argent sera ton esclave, mais tu ne seras pas l'esclave de ton argent._y j Qu'est-ce que l'idéal?Une grande pensée de jeunesse réalisée dans l'âge mûr.* * * Tant que tu n'as pas répandu ton sang pour le Christ, estime que tu n'as pas atteint leâ limites du dévouement.{Imitation de Jésus-Christ.) jJ>t L'A.C.J.C.sera ce que je la ferai.C'est mon travail, mon apostolat, mes sacrifices de tous les jours qui la feront grande et belle.* * * On dit que la jeunesse est l'âge du plaisir; ce n'est pas vrai, c'est l'âge de l'héroïsme.(Paul Claudel.) * * * Que de choses tu ferais, quel beau chrétien, quel beau lutteur tu serais, si tu mettais dans ta vie surnaturelle cette coquetterie délicate qui préside à ta toilette! (Louis Mendigal.) 158 L'OISEAU BLEU Le coin du philatéliste Petit dictionnaire du philatéliste Pour répondre aux questions qui nous sont souvent posées, nous commençons aujourd'hui la publication d'une nomenclature des termes les plus usités en philatélie.Ce petit dictionnaire en augmentant notre bagage de connaissance, ajoutera à l'agrément que nous trouvons dans la collection des timbres.Affranchissement.— Acquittement préalable des frais de port d'une lettre, d'un paquet.Album (Du latin album, blanc).— Registre de feuillets divisés généralement en cases, indiquant l'emplacement des vignettes; les albums sont très commodes pour collectionner, ils aident puissamment au classement des timbres.Alphabets sur les timbres.— Il n'y en a pas moins de vingt-six, savoir: Allemand, Arabe, Arménien, Amharique, Bulgare, Burmese, Chinois, Coréen, Français, Gadscharati, Géorgien, Grec, Hébreu, Hindoustani, Irlandais, Japonais, Latin, Malais, Orissa, Persan, Russe, Sanscrit, Serbe, Tamil, Thibétain et Turc.Aminci.— Terme indiquant que le papier des timbres est diminué d'épaisseur du côté verso, généralement dû au décollage du timbre d'une enveloppe ou d'un album ou à l'enlèvement d'une charnière à sec, c'est-à-dire sans avoir été humecté.Athènes (Impression d').— Se dit des timbres grecs imprimés à Athènes, dont le dessin et la netteté laissent beaucoup à désirer.Ces timbres ont une valeur bien inférieure à celle des exemplaires imprimés à Paris.Athos (Surcharge du mont).— Turquie.Surcharge appliquée par le receveur du bureau du mont Athos sur les timbres des lettres expédiées par les religieux des couvents de cette région, pour éviter une fraude sur le change du papier-monnaie.Cette surcharge consiste en un petit triangle avec trois lettres grecques qui sont les initiales du nom du directeur de ce bureau de poste: Sotiri Hadji Petropoulo.Azuré.— Papier légèrement bleuté.Bande.— Bande de papier timbré pour l'affranchissement des papiers d'affaires, des imprimés et des journaux.Bienfaisance (Timbres de).— Emis au prolit d'une œuvre philanthropique.Bleui.— Papier ayant été attaqué par la gomme et viré au bleu (les premiers timbres de la Grande-Bretagne par exemple).Bloc.— Groupe de 4, 6, 8 timbres ou plus encore, se tenant.Bordeaux (Impression de).— Se dit des timbres français, à l'effigie de la République, imprimés à Bordeaux pendant l'année 1870-71.Ces timbres sont lithographies et leur dessin est très négligé.Burelage.— Fond de garantie composé de lignes, disposé sur le papier avant ou après l'impression de la vignette (Exemple: les timbres d'Alsace-Lorraine).Bukelé.— Se dit d'un timbre ayant reçu un burelage.Cancelled.— (De l'anglais), signifie annulé.Cette surcharge se trouve sur des timbres retirés de la circulation (Exemple: émission de Maurice, 1860 à.1873).Cantonal (timbre).— Celui émis pour l'usage d'un canton (Exemple: Les premiers timbres suisses).BP** 3 DeuffcriesReK/i 3 89b »s Reich 4 8 "DeuffUVcs Reich 8 25 Deutfches Heich 25 ALLEMAGNE — La série de bienfaisance émis à Noël, coïncidant avec le SOéme anniversaire de la mort de Richard Wagner, célèbre l'oeuvre Incomparable du génial compositeur.On y voit, dessinés par Alois Kolb, de Leipzig, les célèbres sujets suivants: — 3 + 2 p.Tannhauser; 4 + 2 p., Le Vaisseau Fantôme; 5 2 p., l'Or du Rhin (l'On-dlne); 6 f 4 p., Les Maîtres Chanteurs, (le savetier Hans Sachs); 8 + 4 p., La Wulky-rle, (le dieu Wotan endormant Brunehllde) ; 12 + 3 p., Siegfried (terrassant le Dragon); 20 -f 10 p.Tristan et Yseult; 25 + 15 p.Lohengrin et 40 (- 35 p.Parsifal. L'OISEAU BLEU 159 etats-unis — Les vignettes ci-dessus font voir les plus récentes nouveautés parues chez nos voisins: 50c, vert, timbre aérien (5 octobre) à l'occasion de la visite du dirigeable Graf Zeppelin à l'exposition de Chicago: 5c.bleu.(13 oct.) en l'honneur du polonais Thaddee Koscluszko.qui s'Illustra à la guerre d'Indépendance américaine; 3c.bleu, (9 oct.) pour servir à la 2éme expédition de l'amiral Rlchard-e.Byrd.à Little America, dans l'Antarctique.Caractères syllabiques.— Inscriptions japonaises, comprenant 47 variétés, placées sur certaines émissions de timbres du Japon, soit dans un petit carré situé à l'intersection des deux branches de feuillage, soit vers la partie inférieure du timbre.Ces inscriptions ne sont autre chose que des chiffres ou lettres de contrôle.Carlistes (timbres).— Ceux émis par le prétendant don Carlos dans les provinces du nord de l'Espagne, pendant la révolution 1873 à 1875.Carte-lettre.— Feuille de papier fort, repliée, percée et gommée sur les bords permettant la correspondance rapide sans avoir besoin d'enveloppe.Sur les cartes-lettres officielles, le côté réservé à l'adresse porte imprimé un timbre d'affranchissement.Carte postale.— Feuillet de carte légère d'un usage très répandu, destiné à la correspondance à découvert.Elle fut créée le 1er octobre 1867, en Autriche, par le Dr Hermann, de Vienne, qui en eut l'idée.Mais c'est Hein-rich von Stephen, directeur des Postes de l'Empire allemand, qui en proposa l'emploi, longtemps après cette date.Carte-tklkckamme.— Même dispositif que la carte-lettre, mais réservée pour l'usage pneumatique.Centre.— La partie centrale d'un timbre représentant une effigie, une scène, un motif quelconque; on trouve des timbres avec le centre renversé.Certikicado.— Mot espagnol signifiant enregistré.Chalkv-paper.— (Voir couché).Charnières.— Petits morceaux de papier mince (pelure) gommé, destiné à fixer les vignettes sur les albums.Chiffre-taxe.—¦ Nom administratif des timbres-taxe.Colis-postaux (timbres pour).— Vignettes créées pour représenter le port des colis, expédiés généralement par voie ferrée.Collection.— La réunion d'un certain nombre de vignettes, classées ou non, mais généralement se dit d'un ensemble de timbres arrangé dans un album.Collectionneur.— Terme générique de celui qui ramasse et garde les timbres: on dit plutôt philatéliste.Commkmouatifs (timbres).—- Vignettes créées pour perpétuer le souvenir d'un événement historique, d'une fête.Ces émissions ont été mises à la mode par les États-Unis d'Amérique en 1892, pour commémorer le 4e centenaire de la découverte de l'Amérique.L'idée des premiers commômoratifs revient à John Wanamaker qui fut, de 1889 il 1893, maître des postes général des Etats-Unis.(À suivre) Phil.Athély TIMBRES A PRIX MODIQUES AUBAINES — Paquets de timbres différents — Beau choix pour débutants ou pour combler -f f\ les vides des plus avancés, chaque paquet, 1 2 Aériens 20 Afrique (40 diff.20c.) 10 Algérie 1 00 Allemagne 30 Amériques C.et Sud (50 diff.20c.) 10 Antilles 1 5 Argentine 30 Asie (50 diff.20c.) 10 Australie 12 Etats " 75 Autriche 20 Baltiques 6 Barbades 50 Bavière 30 Belgique 15 " postaux 10 Bosnie 1 5 Brésil 20 Bulgarie 25 Canada (40 diff.25c.) 10 " fiscaux 10 Ceylan 15 Chili 1 5 Chine 1 5 Cuba 25 Col.brit.25 Danemark 20 Dantzig 15 Egypte 10 Equateur 25 Espagne 20 E.-Unis 75 Europe (150 diff.25c.) 25 Finlande 50 France 25 " colonies 20 G.-Bre'gne 20 Grèce 10 Guadeloupe 10 Guatemala 10 Honduras 75 Hongrie 20 Indes 1 5 " Etats ind.15 " holl.10 Indo-Chine 30 Italie 20 Japon 10 Jamaïque 1 5 Lettonie 20 Lich'stein 1 2 Lux'bourg 1 0 Madagascar 1 2 Mexique 10 Maroc 10 Monte'gro 10 Nicaragua 10 N.-Zélande 25 Norvège 20 Océan ie 1 0 Paraguay 25 Pays-Bas 10 Perse 10 Pérou 1 0 Philippines 40 Pologne 25 Portugal 30 " colonies 20 Roumanie 10 Prusse 25 Russie 10 Salvador 10 Siam 10 H.-Silésie 30 Suède 25 Suisse 10 Terre-ve 20 Turquie 30 T.-Slo'quie 10 U.-S.Afr.10 Uruguay 10 Venezuela 25 W'emberg 25 Y.-Slavie Port en plus sur commande de $1.00.CATALOGUE GRATUIT Bazar Postal, B'te poste 4020, Montréal 160 L'OISEAU BLEU ^vj, EUrs E^lNfi "itiijgLi !>TEy AFFILIÉS A LA SOCIÉTÉ CANADIENNE D'HISTOIRE NATURELLE Directeur général: R.F.Adrien, C.S.C., Ecole Beaudet, Saint-Laurent.Sous-directrice: Rév.Sr Sainte-Alphonsine, C.N.D., Collège Marguerite-Bourgeoys.Secrétaire général: M.Jules Brunei, Institut botanique, Université de Montréal.Secrétaire adjointe: Mlle Marcelle Gauvreau, Institut botanique, Université de Montréal Trésorier: M.Jacques Rousseau, Institut botanique, Université de Montréal.CHEFS DE SERVICE Botanique: R.F.Maric-Victorin, F.E.C., Institut botanique, Université de Montréal.Zoologie: Dr Georges Préfontaine, département de Zoologie, Université de Montréal.Entomologie: M.Gustave Chagnon, département de Zoologie, Université de Montréal.Minéralogie-géologie: II.P.Léo Morin, C.S.C., Collège de Saint-Laurent.Publicité: R.F.Narcisse-Denis, F.E.C., Académie Saint-Léon, Westmount.LETTRE OUVERTE A MADEMOISELLE MARCELLE GAUVREAU L'OISEAU BLEU, MONTREAL Mademoiselle, Un petit oiseau bleu, dont le gazouillis me charme comme un printemps, m'a dit que vous vous intéressez beaucoup à toutes les botanistes en herbe.Je viens donc vous offrir aujourd'hui une page de mon carnet de jeune naturaliste.Vous serez indulgente, n'est-ce pas?mademoiselle, je ne suis qu'une fillette de 6e année! UN DÉLICIEUX RÉGAL DE POMMES ET UNE CAPTIVANTE LEÇON DE GREFFAGE , C'est congé pour nous cet après-midi.Et le temps est si beau que j'aimerais, comme un papillon volage, à folâtrer dans les champs.Au dîner, notre bonne Sœur Supérieure, qui a sans doute deviné mon désir, nous annonce «lue M.A.Carignan invite tout le Pensionnat à visiter son verger de Ville La Salle.Grande est notre joie! Dès une heure, des autos nous transportent comme par enchantement à la Villa Bon Accueil.En vérité, le nom est bien donné! C'est l e cœur, c'est la générosité personnifiée qui nous reçoit.Une vénérable aïeule nous souhaite la bienvenue; Tante Ernestine, l'aimable Sœur de M.Carignan, nos chères compagnes, Hélène et Lucie, viennent au-devant de nous avec leur amabilité coutumiôre.Et, après les salutations d'usage, le maître de céans nous donne carte blanche.A l'entrée du verger, de nombreux barils sont remplis de pommes choisies pour fin de consommation immédiate.Mais dans les arbres, les fruits semblent plus gros, plus vermeils, sans être cependant rendus à maturité.Tante Ernestine, qui nous observe, dit en souriant à l'une de nos institutrices: — Elles sont encore à l'âge où l'on juge sur les apparences! Nous envahissons donc le magnifique verger qui s'étend à perte de vue.Oh! les beaux fruits de cet éden sans serpent!.Approchons sans crainte de l'arbre de la tentation.Savez-vous le nom de cette belle pomme rouge ?— C'est la Mclnloshl Déjà elle est sous la dent des fillettes.Imaginez-vous le bel ouvrage que font les perles d'ivoire dans les fruits merveilleux! Regardez donc ici la Fameuse au riche coloris, à la pulpe L'OISEAU BLEU 161 délicieuse! Là, c'est la pomme grise, très rare dans notre pays, et qui se conserve si bien pour les fêtes de l'hiver! Monsieur Carignan, notre hôte distingué, veut bien joindre l'utile à l'agréable, faire la part de l'esprit dans la fôte des pommes.Et c'est très intelligent d'agir ainsi, n'est-ce pas ?C'est un exemple pour nous.Il ne faut pas songer seulement à son palais; nos maîtresses nous le disent souvent.Donc, monsieur Carignan est là, dans le verger dont les arbres ploient sous le poids des fruits, et, le greffoir et le sécateur en mains, il nous donne une leçon concrète de greffage.Voici ce que j'ai retenu: 1° But de la greffe des pommiers.—¦ C'est, nous dit M.A.Carignan, de faire produire par certains pommiers à fruits peu profitables les meilleures pommes du pays.2° Manière de greffer.— Pour greffer, par exemple, une Mcintosh sur un autre pommier, on coupe, en biseau, un rameau de cinq pouces à peu près, portant trois ou quatre nœuds, et on l'insère dans l'écorce du dit pommier, à laquelle on a fait une entaille.Le tout est fixé avec de la cire d'abeille.3° Effets de la greffe.— Après trois ou quatre ans, cette branche produira des pommes Mcintosh tandis que la partie inférieure de l'arbre sera améliorée dans la production môme de son espèce.On peut greffer, avec le même avantage, jusqu'à quatre variétés sur le même arbre.La greffe permet non seulement de conserver et de multiplier les bonnes variétés de fruits, mais elle avance de plusieurs années la fructification des arbres.4° Autre moyen d'améliorer les arbres fruitiers: la pollinisation.— Ce procédé consiste à transporter le pollen d'une Mcintosh sur la fleur d'une Fameuse, par exemple, à prendre ensuite la graine du fruit obtenu et à la semer.L'arbre produit une nouvelle pomme qui aura quelques qualités et quelques défauts des deux pommes croisées.Ce résultat, pour être obtenu, exige de longues années d'un travail attentif.Le verger visité est un vrai champ d'expérimentation.Monsieur Carignan nous explique ensuite les maladies des arbres et les moyens de les traiter.II en a lui-même guéri plus d'un.— Quel excellent médecin ont ces arbres fortunés! s'exclame une Religieuse.Et le savant jardinier de répondre: — Ah! si mes patients pouvaient parler.A mon arrivée ici, dit encore notre professeur bénévole, il y a sept ans, ces 650 arbres ont donné un rendement à peu près nul: une brouettée de pommes et.des plus communes! Aujourd'hui, le même verger atteindra le chiffre rond de 900 barils de pommes de première classe.— Voilà le résultat d'une culture laborieuse, soignée, persévérante et inspirée des données de la science moderne, nous disait, le lendemain, la directrice de notre Cercle de Jeunes Naturalistes.Nous visitons ensuite le parterre, très vaste aussi, et dont le propriétaire connaît toutes les fleurs par leurs noms français, et la famille à laquelle elles appartiennent.Il nous permet d'en cueillir de gros bouquets dont nous ornerons nos classes.Pendant que les botanistes écoutent avec intérêt les leçons du savant pomiculteur, plusieurs élèves se passionnent pour le jeu de "ping-pong".Mousse, le petit poney, attire vivement l'attention des plus petites, qui ont déjà fait quelques tours de voiture.Voici le jeu de tennis.On y va gaiement.La partie est captivante!.Mais que vois-je?.une auto!.puis deux!.C'est déjà le départ! Que les joies de la terre sont éphémères.Nous quittons avec regret ce lieu enchanteur, non sans avoir remercié cordialement le bon Monsieur Carignan et son aimable famille.De cette agréable fête champêtre, nous garderons longtemps un bien doux souvenir.Madeleine Bourgie Cercle des Lis Kvangôliques, C.J.N.Pensionnat de Sainte-Anne Lachinc, septembre 1933.LA NATURE AU SERVICE DE L'ART Personne ne contestera que l'Exposition'des Cercles des Jeunes Naturalistes a été pour tous ceux qui l'ont visitée une révitable révélation.Ce mouvement, jeune encore, a pris tellement d'ampleur qu'on le croirait arrivé à l'âge d'homme, tant ses initiatives sont nombreuses, saines et consolantes.La génération qui monte sera mieux outillée que nous, parce que ses nombreux contacts avec la nature développeront chez elle le sens de l'observation qui a manqué jusqu'ici à la plupart d'entre nous.Ce sens de l'observation, il est indispensable dans ses applications avec l'art.Jusqu'ici n'avons-nous pas trop souvent adopté la formule toute faite, quand il s'agissait d'art appliqué?Sans doute, il faut s'inspirer de l'étranger pour maîtriser une technique, et pour cela rien ne vaut le classicisme.Mais après, continuerons-nous toujours la bonne petite routine du plagiat, ou bien allons-nous à notre tour innover et développer chez nous, au Canada français, un art national?Rien ne peut s'y prêter davantage que d'interroger la nature, de lui demander cette inspiration régionale qui fait que dans un seul 162 L'OISEAU BLEU pays comme la France, il y a autant d'arts que de régions.Je ne crois pas à l'axiome: "L'art n'a pas de patrie".Au contraire, l'art c'est tout ce qui nous entoure, c'est la feuille de l'Erable ou du Chêne, c'est le Bouton d'or ou l'Anémone, c'est le Castor, c'est le modeste Coléoptôre: l'artiste n'a qu'à se pencher, à observer ou tout simplement à demander au savant le fruit de ses observations.Celui-ci, généralement modeste, sera toujours heureux de collaborer à l'expression de la beauté.Je m'excuse auprès de Sœur Marie-des-Victoires, des Révérendes Sœurs de Sainte-Croix, qui fait partie de notre jury, si je mets tout de suite son œuvre en évidence.Ses travaux personnels et ceux de ses élèves nous semblent la conclusion pratique de cette exposition.Quoi de plus charmant que cette stylisation de la feuille d'Erable, des Algues marines, du Lis des ch amps, de l'Oseille, appliquée à la broderie, à la dentelle, au cuir et à l'étain repousses, à ces m ille et une choses qui nous entourent et qui forment le cadre intime de notre vie.La seule silhouette d'une modeste feuille collée sur une page d'herbier peut prêter à des motifs décoratifs variant jusqu'à l'infini.Nous ne savions pas voir; le Rév.fr.Marie-Victorin et ses dévoués disciples, le Rév.fr.Adrien, c.s.c, secondés par nos admirables communautés d'hommes et de femmes nous guériront de cette cécité.Qu'ils en soient sincèrement remerciés.Nommer tous ceux qui ont eu une part de mérite au point de vue artistique à l'Exposition, dépasserait les cadres qui nous sont assignés dans cet article.Avec le précieux concours de Sœur Marie-des-Victoires et de M.Lucien Parent, architecte distingué, nous avons distribué une multitude de rubans au meilleur de notre connaissance.Nous nous bornerons à des généralités, la liste des lauréats devant être publiée ailleurs.La nature au service de l'Art, Rév.Soeur Mahie-des-Victoires et res élèves Disons tout de suite que la meilleure note pour la tenue générale de l'Exposition revient aux Révérendes Sœurs de Sainte-Anne.La présentation des herbiers, les dessins techniques avaient un rare mérite qu'il nous plaît de signaler en exemple.Le Collège de Longueuil présentait des dessins de Coléoptères dont la précision des formes et des couleurs est tout à l'honneur du modeste et savant fr.Jules des E.C.Les études au microscope du Collège Marguc-rite-Bourgeoys et du Mont-Saint-Louis nous ont fait entrevoir tout le parti décoratif que l'on pourrait tirer de ces dessins, en ne retombant pas cependant dans l'erreur des artistes de "l'art nouveau", au début du XXe siècle.Que dire de l'œuvre gigantesque du Rév.fr.Alexandre du Mont-Saint-Louis, dont s'enrichira "La Flore" du Rév.fr.Marie-Victorin?La précision des contours et des détails sera une véritable mine d'inspiration et de stylisation pour les artistes.Les dessins de Mlle Dolores Dubreuil, de l'Institut Botanique, ceux des jeunes Keenan, du Mont-Saint-Louis, saillissent sur les autres.Les affiches nous ont paru en général soignées.Le lettrage a particulièrement attiré notre attention chez les Révérendes Sœurs de Sainte-Croix.Les travaux de dessin et de modelage du scolasticat et du juvénat des religieux de Sainte- L'OISEAU BLEU 163 ( roix méritent ,une mention toute spéciale.Cela n'étonnera personne quand on saura que ces jeunes religieux n'ont d'autre animateur que le "Père des Cercles", l'infatigable fr.Adrien, c.s.c.Toutes les communautés qui exposaient avaient quelques mérites et de chacune nous avons voulu encourager les efforts.Je pense au Collège Jean-de-Brébeuf, aux Révérends frères de Saint-Gabriel, Maristes, aux Clercs de Saint-Viateur (mention spéciale à l'École Supérieure Saint-Louis), aux Révérendes Sœurs des SS.Noms de Jésus et de Marie, etc., etc.Et pour terminer, félicitons et remercions le Mont-Saint-Louis dans la personne de son distingué directeur, le Rôv.fr.Anselme, qui a été un hôte charmant et à qui revient pour une large part le mérite de la belle ordonnance générale de l'Exposition.Jean-Marie Gauvreau Professeur à l'Ecole Technique de Montréal Président de la section des beaux-arts de V Exposition des Jeunes Naturalistes LE FRÊNE DE LA COUR Hier — Aujourd'hui Hier.— J'ai vu le jour dès les premières heures de mai; j'appartenais alors à une grappe de samares que quelques-uns appelaient "rames".Un vent d'ouest me transporta dans un coin du jardin de M.le Curé, à St-Jean-de-la-Croix, tout près de l'Académie.Un bon soleil, un humus riche, une pluie bienfaisante développèrent mon fruit duquel sortit une plantule.La Providence voulut que le bon jardinier me respectât.C'est alors que je poussai ma tige.Longtemps elle fut frêle, mais comme le Roseau, ma téte pencha et ne faiblit pas et je grandis, poussai des branches, des ramilles, et je me couvris de feuilles.Oh! mes premières feuilles! quelle gloire! Aujourd'hui.— J'ai quinze ans; je mesure trente pieds, mon diamètre compte cinq pouces et demi; mes branches sont fortes et assez élevées du sol.Je suis un frêne et on m'appelle en latin Fraxinus americana.Mon écorce est grise et épaisse sur le tronc, plus lisse sur les branches et au sommet.Au printemps, oh! on me traite de paresseux! J'attends à la mi-mai pour pousser mes feuilles, composées, et d'un fort beau vert.Trop jeune encore, je n'ai pas fleuri; pourtant, comme je voudrais bien faire plaisir aux Naturalistes à qui je jette un regard discret et envoie un salut d'admiration.je voudrais me couvrir d'une série de grappes de belles samares, au moins pour enrichir leurs herbiers.Ainsi me causa un jour d'octobre le Frêne blanc, du coin de la cour, alors que je regardais un groupe d'écolières en veine de jeux et de liberté.Et, songeuse naturaliste, je me mis em frais d'augmenter mes connaissances sur cet arbre jaseur et captivant.Voici ce que je sais maintenant: Le Frêne a un bois blanc, dur et susceptible d'un beau polissage; on s'en sert pour le chauffage et pour fabriquer des cercles de tonneaux, des meubles, des pièces de charronnage.Il a le défaut de se laisser facilement attaquer par les vers.Les Indiens connaissaient toute sa valeur pour en faire des pagaies; on l'utilise dans la confection des rames, des manches d'outils.En Suède, la graine du Frêne, fermentée, donne une excellente boisson.La première écorce peut servir à teindre en bleu, la deuxième est fébrifuge.Au Canada, nous avons trois espèces de Frênes: le Frêne blanc (Fraxinus americana) dont vous venez d'entendre l'histoire, le Frêne rouge (Fraxinus pennsylvanica), remarquable à la pubescence roussâtre de l'extrémité des rameaux, et le Frêne noir (Fraxinus nigra) qui ne sort pas des forêts humides.Ils appartiennent à la famille des Oléacôes dont l'Olivier sert de type, et ils sont des petits frères du "Lilas commun" qui embaume nos parterres à la fin de mai.Léontine Léveillé, du Cercle Notrc-Dame-des-Champe, C.J.N.Académie Marie-Anne, S.S.A.0690, rue Saint-Dominiq.ie, Montréal.S novembre 1933.RIONS UN PEU LILI FAIT UN CAPRICE —Regarde, lui dit sa mère, regarde ta poupée, comme elle est sage.Elle ne pleure pas.—Si elle vivait, réplique la fillette — philosophe sans le savoir — si elle vivait, elle pleurerait.COMMISSION La petite fille, à l'aviateur—Vous allez voler très haut, monsieur?—Mais oui, mon enfant.—Alors, vous pourrez peut-être me rapporter mon ballon rouge que j'ai laissé envoler?L'ÉGOISME DE LUCETTE —Lucette, va vite dire à la cuisinière que les haricots brûlent.—Oh! cela ne fait rien, maman, tu sais bien que je n'en mange jamais. 164 L'OISEAU BLEU LE QUESTIONNAIRE DE LA JEUNESSE SELLERIE ET CHARRONNERIE 1.Quel qualificatif donnc-t-on au cheval portant le harnais?— On dit qu'il est harnaché.Q.Nomme/, les différentes parties d'un harnais.A) la têtière B) la cocarde C) le panurge D) la fausse-rêne E) la sellette F) la dossière G) la croupière H) le trousse-queue ou euleron I) la fourche de la croupière J) l'avaloire (fém.) K) le trait h) la courroie de recul M) le porte-brancard N) la sous-ventrière 0) le collier P) le mors Q) l'œillère (fém.) R) le frontal S) la guide T) le sous-gorge 2.Comment nomme-t-on une courroie ainsi garnie de grelots?— Une grelotière.Elle sert à signaler un attelage voyageant sur la route durant la nuit ou la tempête et à, éviter par laies accidents.3.Quel est ce véhicule?— C'est une traîne canadienne.Elle est entourée d'une sorte de caisse qui empêche le vent ou le froid d'atteindre les jambes des voyageurs.4.De quelle sorte de voiture les épiciers et autres marchands des villes se servent-ils pour livrer leur marchandise à domicile?— D'une livreuse.5.Quel est ce véhicule de ferme?— C'est un camion à caisse.Il sert à transporter les sacs de grain, la terre, les cailloux et différents autres objets.On voit en avant le timon, le joug et les palonnicrs.6.Que voit-on ici?— Un camion surmonté d'une cage il bestiaux formée de ridelles réunies.Q.Qu'entend-on par ridelles?— Une sorte de balustrade légère, pleine ou à claire-voie, placée autour d'une voiture pour maintenir la charge.7.Comment se nomme cette voiture destinée à transporter des fardeaux?— Vnfardier ou camion.En avant est une ridelle.Cette voiture est a- un cheval seulement.On voit une partie du brancard qui se dit aussi limonière.8.A quoi sert la partie (A) de ce wagon de ferme?— C'est une flèche à rallonge, à l'aide de laquelle 6n peut donner à cette voiture la longueur voulue pour les objets à transporter.9.A quoi sert cette pelle à cheval ?— A opérer le nivellement du sol.Les parties en bois se nomment mancherons.Q.Quel autre nom peut-on donner à cet instrument?—¦ Une ravale.10.De quoi est revêtu le cheval?— D'une couverture.11.Comment s'appelle ce petit tombereau?— Une brouette.On la conduit par les mancherons (B).Les côtés sont amovibles (A), c'est-à-dire, peuvent être enlevés.Le mot brouette vient du latin bis rota, deux roues.Bien qu'elle n'en ait qu'une aujourd'hui, le nom est resté le même.12.Comment nommez-vous cette partie d'une voiture servant aux chevaux à porter le timon?Joug ou porte-timon.13.Qu'est-ce qu'un chasse-mouches ?— C'est une espèce de filet dont on revêt les chevaux pour les préserver des mouches.14.Quelle est cette voiture d'hiver?— Un berlot ou barlot.15.Nommez les principales parties de cette voiture de famille.—¦ A) la capote B) le tablier C) le marche-pied D) le garde-boue E) la carrosserie L'abbé Etienne Blanchard LES À PEU PRÈS —D'où viens-tu?—De Pau.—Qu'y faisais-tu ?—J'y soignais une maladie de foie.Et toi, où étais-tu ces temps-ci ?—A Foix —Pourquoi ?—Pour y soigner une maladie de peau. 166 l - 0 I ii au bleu A PARIS < < < II it ?(Suite) X — ET L'ÉTUDE "d UE de Vaugirard, une porte étroite s'ou-^vrait dans un mur de crépi jaunâtre; c'était l'entrée de l'Institut catholique.Après la loge du concierge, il fallait trouver la cour.Les premiers matins, lorsque j'arrivais, je m'y sentais mal à l'aise, avec la gênante impression de pénétrer dans une cour réservée de collège.Ordinairement, cet enclos était triste et désert; de rares fois, quelques jeunes gens l'animaient.Y avait-il des arbres ?Je ne le sais plus; il ne me reste qu'un souvenir un peu terne, comme le souvenir imprécis d'un coin de village muet et très vieux, couleur de fin d'automne.Pour atteindre les salles de conférence, un chemin gravelé longeait la gauche, passait devant le couvent des Carmes, maintenant séminaire, puis se partageait en deux: d'un côté, il s'en allait errer sous les arbres d'un jardin où se promenaient quelques ecclésiastiques aux inégales robes noires; de l'autre, il montait à l'aile neuve de l'Institut, grande maison de briques à quatre ou cinq étages, avant d'entrer, je m'arrêtais un instant à regarder le jardin.Ces jardins de Paris, entre tant d'édifices hauts et gris, ont je ne sais quel charme d'image précieuse.L'hiver voilé de brume donnait à celui-là un visage émouvant, calme et religieux; on avait tout de suite à le voir l'envie d'y marcher, en pensant à des choses profondes et poignantes.Les fenêtres de l'ancien monastère qui reposaient sur les arbres leurs yeux de verre glauque achevaient la plénitude du tableau.Ce cadre de pierres centenaires où tant d'oraisons s'étaient psalmodiées, que tant de bouleversements avaient remué, où tant de sang avait été répandu, faisait de quelques allées tournant autour de tertres brunis et secs et de ramures dévastées par l'hiver un endroit recueilli, touchant et comme lui-même ému, qui frappait l'imagination et retenait doucement le regard.Il fallait m'en détourner cependant, entrer au cours où le professeur s'évertuait à me transmettre un peu de son âme philosophique.La salle était petite, modeste, avec des tables rt des bancs de bois, mais en amphithéâtre, et d'en arrière où je me mettais, elle m'offrait tout un champ d'observation.L'ensemble manquait d'harmonie.Pour quatre ou cinq types d'étudiants vifs et pétillants, il y avait dix têtes longues, hirsutes, sans lumière ni finesse.Chez les femmes, tous les âges et tous les chapeaux.Et sous les chapeaux souvent bizarres et souvent antiques, des figures délicates, des studieuses, des brillantes, des réservées; et par ailleurs, quelques sottes.J'en revois une qui, la toque de velours mal ajustée sur un chignon d'étourdie, se levait quelquefois pour poser au professeur des questions, ridicules et intempestives.Il y avait encore des étrangers, un barabbas, — qu'il me pardonne! — barbu et noir que j'appelais russe, parce qu'il parlait avec deux jeunes filles blondes une langue que je ne comprenais pas; et d'autres qu'une enumeration ne peindrait pas.Et le cours, avec les arrivées et les départs, commençait et finissait par un échange sans trêve de poignées de mains; ce geste, qu'on ne fait pas assez souvent chez nous, surprend et amuse bien au premier abord là-bas, surtout dans une salle d'étude où chacun se connaît et s'aborde, avec cette manière de bonjour, ou se sépare avec cette manière d'adieu! Et avant et après le cours, pendant cinq minutes, c'était, entre les étudiants, comme au moment de la "chaîne des dames",dans une danse canadienne.Notre professeur de philo, au physique, avait le genre qu'on imagine de l'homme trop intellectuel, chez qui le corps souffre de l'excessive activité de l'esprit.Son visage imberbe était émacié, délicat.Jeune encore, il avait presque la figure d'une femme avec sa bouche mince, son nez aquilin,ses yeux bleus, son teint de cire et ses cheveux à la Jeanne d'Arc.Pas très grand, toujours en noir, il portait une cravate en boucle, et le cou, et le col, et la cravate bien rentrés dans les épaules qu'il voûtait à plaisir.Vous l'auriez vu passer dans la rue, que tout de suite vous l'auriez reconnu pour un philosophe; et probablement aussi pour un philosophe ascète, chercheur, sans cesse le front L'OISEAU BLEU 167 penché sur de nouveaux problèmes, passionné pour l'abstrait; et vous auriez pensé qu'autour de ses heures de songeries, des araignées pouvaient tranquillement tisser leurs toiles et l'envelopper sans qu'il bougeât.Mais il fallait le voir au cours! C'était un feu follet, un comédien, un pantin et par-dessus tout un gavroche.Il développait ses systèmes avec autant de gestes que de termes vifs, colorés nombreux.Il nous jouait tour à tour le petit garçon, le grand homme, le sénateur, l'homme d'État de toutes les catégories, glissait même des personnalités reconnaissables, s'abattait en élève timide, se relevait sur le ton de l'élève frondeur, du maître prétentieux, de l'adversaire bleu, noir ou jaune, faisait l'homme calme pour se reposer, puis le sceptique qui siffle ses théories entre ses dents; enfin, toute l'humanité en une heure y passait.Voulait-il nous démontrer que la méthode en général et que la méthode inductive en particulier est un chemin, et que pour parcourir ce chemin il peut arriver que l'on doive se servir du raisonnement intuitif et déductif, il quittait en coup de foudre sa tribune, se rendait jusqu'à la fenêtre sur la pointe des pieds, revenait aussi rapidement jusqu'à la tribune, et repartait à reculons jusqu'à la même fenêtre: prouvant par là qu'il y a bien deux manières de se rendre au but; et enfonçant de plus en plus son col, sa cravate et sa boucle dans ses épaules.C'était inattendu et comique.Tous les petits garçons et toutes les petites filles qui vivaient encore sous les apprentis philosophes et le petit garçon qui persistait chez le professeur, éclataient de rire; et la gaieté qui courait les rangs aidait sans doute l'aride philosophie à tracer son cercle dans les esprits.Et le professeur sur un autre thème ou sur une nouvelle thèse bougeait sans trêve.Il parlait longtemps sans respirer presque, il dévidait des phrases comme on dévide du fil d'une navette, tout en exprimant la moitié des choses qu'il disait, par le jeu de son visage pâle.Sa bouche d'un côté se relevait, se rapprochait d'une de ses paupières qui se penchait pendant qu'inversement, l'autre paupière et l'autre coin de la bouche s'éloignaient l'une de l'autre, l'un gagnant le menton, et le sourcil empiétant sur le front.Les longs cheveux à cette gymnastique s'agitaient et le professeur, tout en dévidant arguments et définitions, avec des gestes rapides remettait à l'ordre les mèches indisciplinées.Et encore, il interpellait ses élèves.Il les baptisait à son goût.Il avait son petit curé bolchevique, son extrême droite, son extrême gauche; il provoquait les discussions, lançait des balles aux dissidents, les rattrapait, les relançait, pointant ici, pointant là, et menaçant jeunes gens et jeunes filles de prochaines et sévères interrogations.Moi, je m'amusais à le regarder gesticuler sans toujours bien le suivre dans ses raisonnements.Si jamais, sur sa liste, il tombait sur mon nom, je ne me lèverais pas plus que si je n'y étais pas.* * Il y avait aussi l'appariteur, qui m'amusait Il avait une tête énorme, et un torse court sur des jambes courtes.Une tête énorme que grossissaient encore des cheveux hirsutes gris sale, des cheveux qui formaient rond-point au-dessus du front et achevaient de donner à ce crâne extraordinaire l'aspect de ces têtes d'enfants malades que l'on appelle "têtes d'eau".Avec cela, un visage pâle où des veines bleues dessinaient quantité de marbrures, des yeux sans couleur, un nez petit par comparaison avec la surface qu'il aurait pu occuper, une moustache tombante, et sur toute cette face, voilant les nuances, la teinte accentuée d'un tissu poussiéreux.Par dérision, on le surnommait Socrate.Sans génie, il avait souvent des trouvailles d'esprit qui faisaient rire; et ce qui l'enveloppait dans plus de dignité encore que son éternelle redingote, -— pourtant la plus longue des redingotes, — c'était l'air d'importance répandu sur toute sa personne, un air inimitable et bouffe.Quand, précédant le professeur, il entrait dans une salle de cours, c'était lui qui voulait être regardé et c'était lui qu'on regardait.Fallait-il pour cela attirer l'attention par quelque geste, il déplaçait avec ostentation une chaise ou un carafon.Ensuite, pieds en dehors, et pliant avec ses genoux les interminables pans de sa traînante redingote, il sortait, majestueux malgré sa taille grêle.L'heure du cours écoulée, si monsieur le professeur s'oubliait en de trop longues dissertations, c'était de nouveau à Socrate que revenait le grand honneur de le rappeler à l'ordre, et il y avait toute une leçon de haute discipline dans sa manière d'entre-bâiller la porte, d'y faire une révérence et de la refermer brusquement, après un clignement d'yeux expressif à l'adresse des élèves à qui, évidemment, il supposait beaucoup de reconnaissance.Mais où cet illustre appariteur triomphait, c'était à la chapelle des Carmes, quand il y avait retraite pour les étudiants.Notre bonhomme, les mains derrière le dos, sa grosse tête tour à tour penchée et méditative, ou redressée et l'œil inquisiteur, de sept heures et demie à huit heures, arpentait la grande allée.Socrate aurait été le maître du monde que son attitude n'aurait pas exprimé morgue plus absolue.(À suivre) m Michelle Le Normand L'Oiseau bleu est publié par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 1182, rue Saint-Laurent, à Montréal.Alphonse de la Rochelle, directeur.—La revue ne parait pas en juillet et août. 168 L'OISEAU BLEU LA CONVERSATION ^ La conversation, amis, est l'échange verbal1 de nos pensées avec autrui.Cette communication par écrit prend le nom de lettre.Causer seul avec soi-même devient monologue, tandis que l'entretien se poursuivant entre plusieurs personnes s'appelle dialogue.Converser est un besoin naturel à tout homme à cause de sa tendance irrésistible à vivre en société, d'où nécessité de l'échange des idées par la parole.Les conversations revêtent une foule de nuances.L'intimité, la froideur, la hâte, la pédanterie, la simplicité, la sincérité, l'égoïsme y apportent leur cachet plus ou moins désirable.Il en est des conversations comme de la langue.Rien de meilleur, rien de pire.Avez-vous déjà, entendu parler d'Esope, le grand fabuliste grec, esclave affranchi?Je vais vous narrer, à son sujet, un fait célèbre.Voici.Son maître Xanthus lui donna l'ordre d'acheter au marché ce qu'il y avait de meilleur.Esope n'acheta que des langues, qu'il fit apprêter à toutes les sauces.Les convives en furent vite dégoûtés — "Hé! qu'y a-t-il de meilleur que la langue, rétorqua2 Esope: c'est la clef des sciences, l'organe de la vérité et de la raison; par elle, on bâtit les villes, on instruit, on persuade." Eh bien! reprit Xanthus, croyant mettre l'esclave dans une impasse3 lui dit: "Mon ami, achète-moi demain ce qu'il y a de pire" — Le lendemain, Esope ne fit servir que des langues, expliquant que la langue est la pire chose au monde.—"C'est la mère de tous les débats, des divisions, des querelles, des guerres; c'est aussi l'organe de l'erreur, de la calomnie, du blasphème, de l'impiété".Ce fait, miens-oisillons, n'est pas sans vous démontrer ce que, par la langue, peut devenir toute conversation.ce qu'il y a de meilleur.ce qu'il y a de pire.Dans quelle catégorie vos échanges d'idées prendront-ils rang?De quelle façon vous comporterez-vous ?Dira-t-on de vous: "C'est un indiscret, un malotru,4 un sot"! Tout d'abord, la droiture est qualité nécessaire.Elle suppose la justice ou l'équité et la sincérité.Puis vient la discrétion, sachant taire les défauts et les travers d'autrui, sachant arrêter à temps une interrogation inquisitrice." Elle est une retenue à propos, judicieuse8 dans les paroles et les actions.Elle s'appuie sur le tact, la délicatesse, le respect, la charité chrétienne.Savoir écouler est un talent infiniment plus rare que celui de savoir parler.La Bruyère7 n'a-t-il pas écrit: "L'on se repent rarement de parler peu, très souvent de trop parler" et Tcrrasson8 ajoute: "Un homme qui a réellement de l'esprit en emploie une petite partie à parler et une plus grande il se taire".Ecouter, c'est s'effacer pour mettre en relief l'esprit, les sentiments, le savoir d'autrui.Ecouter, c'est ne pas interrompre les autres afin de se faire valoir soi-même, de se vanter, de se plaindre ou de critiquer.C'est prêter toute son attention à la pensée du prochain, à sa manie peut-être de ramener tout à soi, c'est parfois faire acte de patience condescendante, de bonté profonde.C'est souvent être courtois par vertu chrétienne.Alors, me direz-vous, quand donc notre tour de converser nous écherra-t-il ?Toujours s'effacer, c'est chose ennuyeuse, alors que souvent on débiterait moins de fadaises que celles que l'on écoute par courtoisie.vertueuse.A vous, amis, revient de pallier9 toute gaucherie, toute erreur de tact.Qui protégera l'innocent, l'ab- L'OISEAU BLEU sent attaqué, si ce n'est vous-mêmes, par des paroles bonnes, bienveillantes, charitables.Qui donnera un peu de courage au faible, un peu de consolations à l'affligé, un blâme discret mais nécessaire à l'esprit insubordonné?Vous avez mission pleine et rôle magnifique.En conversation, on peut être apôtre.Nos saints petits amis Anne de Guigné, Guy de Font-galland, Jacques Bernard (un enfant de chez, nous) nous servent d'entraîneurs en maintes occasions où par devoir, il est permis de s'afficher, de n'affirmer.Une autre qualité apportant sa quote-part1 0 efficace et favorable à la conversation est la distinction dans le parler et les manières.Les gestes non à propos, les exclamations, les rires bruyants, les apostrophes vulgaires, tout cela constitue matière à amendement.11 Telle façon d'agir, telle éducation, conclut-on souvent avec raison.Vous, amis du Coin, qui êtes à l'âge de la formation, faites passer dans votre conduite et dans vos conversations les conseils que vous donnent vos parents et vos éducateurs.Ces personnes expérimentées veulent façonner en vous le citoyen de demain, le Canadien affable, hospitalier, distingué, éduqué qui formera l'élite du pays et n'oubliez jamais, chers amis, cette parole de Mgr Gibier: "Tant vaut l'élite, tant vaut la masse!" Et cette élite.en serez-vous?C.Fauvettk Explications: 1 par la parole — 2 répondre — 3 embarras — 4 mal élevé — 5 indiscrète — b" avec jugement — 7 moraliste français du 17c siècle, auteur de "Caractères" — 8 Tcrrasson (abbé) 18e siècle, littérateur français — 9 d'excuser — 10 sa part, son concours — lia correction, à progrès.C.F.CORRESPONDANCE Abeille de Marie—Toujours au milieu de vos ehers pauvres?Puisse le Maître bénir royalement son apôtre, vraie abeille dévouée et délicate.Succès dans vos entreprises.Amical bonjour.Mireille—Lisez, amie, Marthe de Noaillat.Ce livre répondra sûrement à vos aspirations Marthe de Noaillat fut l'apôtre fervente et active du Christ-Roi.Ame droite, éprise de sainteté! Pages magnifiques que celles de ce volume que vous lirez avec intérêt profond.Bonjour.Jeanne P.Rivière-du-Loup—Votre plume est-elle toujours fée active.Vos articles intéressent grands ou petits lecteurs.Fauvette vous reste unie par l'amitié, le souvenir et la prière.Cordial bonjour.Monique—Amical bonjour à vous et souvenir affectueux à tous les vôtres.Lectrice—Nouvelle venue! Fraternelle bienvenue au milieu de nous.Les Amis du Coin s'aiment bien, vous le constaterez, allez! Puis-siez-vous toujours trouver auprès de nous une amitié solide, montante toujours, désintéressée.Je vous "bonjoure" au nom de tous et de chacun.Feu follet—Distrayez-vous un peu, mienne amie; il faut vous conserver longtemps au foyer qui vous réclame.Santé à vous.Fauvette vous reste unie de cœur et de prières.Amical bonjour.Jeannine—Succès toujours au milieu de vos intéressantes bambines.Puissent ces petites toujours conserver cette empreinte de droiture et de délicatesse que vous vous évertuez à leur donner.Cordial bonjour.Papillon—Je répondrai sous peu à votre intéressante missive.Vraiment, vous menez vie remplie.Puisse Dieu bénir votre apostolat et le rendre fécond.Fauvette vous salue amicalement.Mimi—Blanc-Blanc—Lisez-vous encore VOiseau bleu à vos élèves?Votre cercle littéraire a-t-il vie tenace?Dites-moi tout ce que vous faites dans ces réunions où vous groupez les bambins de chez nous.de là-bas.A tous les amis du Coin—Fauvette et Sœur-Jeanne envoient leurs meilleures amitiés.Soeur Jeanne me pris de vous dire que les graphologies suivantes ont été expédiées par courrier postal: M.Léon Morency, Trois-Pis-toles (11 graphologies); Mlle G.Morel, Beaupré; Marg.-M.Lauzier, Isle Verte; X.Couvent du Saint-Rosaire, Cabano; B.Laurin, Montréal: Fernande Harvey, Amqui, Matapédia; Carmen Lévcsque, Clé de Kamouraska; plusieurs autres non mentionnées ont été adressées.CF.- ' — GRAPHOLOGIE Telle écriture, tel caractère! C'est ce que vous dira Sœur Jeanne, notre graphologue, pourvu que vous lui envoyiez dix lignes d'écriture et de composition personnelles, sur papier non réglé, le tout accompagné de la modique somme de vingt-cinq sous.Adressez: SŒUR JEANNE L'OISEAU BLEU 1182, rue Saint-Laurent Montréal, P.Q. 170 L'OISEAU BLEU une vierge iroquoibe TEKAKWITHA À LA PRAIRIE {Suite) L'entrevue —Oui, répondit doucement Tekakwitha.Le Coureur des Eaux est bon, il est sage, il aime le Grand Esprit, et le Père Missionnaire sait combien il est généreux.Il comprendra ce que je vais dire.Etonné, un peu intimidé et inquiet, l'Indien regardait la jeune fille.Tekakwitha fixa longuement le ciel puis montrant à ses pieds la tombe de l'Aigle: —Celui qui est là, fit-elle d'une voix grave, celui qui est là, était jeune aussi, il était brave et toujours écouté même parmi les Anciens.Il ne revenait jamais vaincu, jamais les mains vides.L'Aigle fut un grand guerrier.Il a protégé Kateri contre ceux qui voulaient lui faire épouser le Renard.Il a fait partir Tekakwitha afin qu'elle n'appartienne qu'au Grand Esprit.Il a aimé la pauvre Kateri.et il l'a laissée libre, parce qu'il l'aimait bien.—Alors, l'Aigle n'aimait pas ma sœur, s'écria avec colère le Coureur des Eaux, il l'aurait laissée prier tant qu'elle l'aurait voulu, mais il l'aurait fait consentir à force de paroles sincères à l'épouser! 1—Mon frère, réplique fermenent la jeune fille, l'Aigle a tellement aimé Tekakwitha qu'il l'a sacrifiée au Grand Esprit.Et Tekakwitha est heureuse parce que Dieu a converti et reçu dans le ciel l'Aigle qui était bon et généreux.Le Coureur des Eaux eut un mouvement d'impatience et sa voix tremblait d'émotion: —Ma sœur aime un autre guerrier!.—Non! jamais Kateri ne sera l'épouse de quelqu'un.Elle est seulement l'humble fille du Grand Esprit! Puis voyant une expression de profond chagrin sur le visage loyal et bon du jeune Indien, elle eut pitié.—Tekakwitha, dit-elle avec douceur, va prier beaucoup afin que Dieu donne à mon frère le Coureur des Eaux, si brave, si généreux et si chrétien, une épouse sage et dévouée, joie de ses yeux et de sa vie.Allez, mon frère! Le Grand Esprit va donner le bonheur à celui qui l'écoute! Tête baissée, réellement peiné, le Coureur des Eaux retourna au villag.î, ne sachant trop s'il devait tenter encore de parler à la jeune fille.Mais involontairement, il évoqua l'image de l'Aigle mourant, baptisé et le visage transfiguré par la joie de Tekakwitha agenouillée près de lui.Il lui sembla entendre la jeune Mobawk lui dire avec émotion: —L'Aigle a aimé la pauvre Kateri et il l'a laissée libre, parce qu'il l'aimait bien!.Il se rappela aussi avoir vu souvent Kateri en prière, si recueillie qu'elle ne semblait plus être une fille de la terre.Alors il rentra chez lui et s'agenouillant, il pria jusqu'à ce que le Grand Esprit eût apaisé son coeur agité et douloureux.Pendant ce temps, debout, appuyée sur la croix surmontant la tombe de l'Aigle, Tekakwitha priait pour ceux qui l'avaient aimée ici-bas, afin qu'ils soient là-haut ses frères bienheureux.Deux héroïnes.deux saintes.Un jour Anastasie, Marie-Thérèse et Tekakwitha étaient à travailler et à causer toutes les trois.Après avoir effleuré divers sujets qui les intéressaient, elles en vinrent à parler de leurs petites élèves de la Mission, de leurs progrès en vertu et en science religieuse.— J'aime bien la sœur qui, à Ville-Marie, parle du Grand Esprit aux petites filles blanches et à celles de notre nation, dit tout à coup Marie-Thérèse.— Je crois que c'est une sainte, les Pères Missionnaires aussi le pensent, ajouta Anastasie.A Ville-Marie, tous l'écoutent et l'aiment comme si elle était leur mère.— Je l'ai vue souvent déjà.Elle m'a parhl avec tant de douceur que j'aurais voulu pouvoir demeurer longtemps, longtemps à l'écouter.— Est-ce de la Sœur Bourgeoys que vous parlez ?interrogea avec beaucoup d'intérêt Tekakwitha.— "Oui, ma fille, répondit Anastasie.D'autres Sœurs vivent avec elle maintenant.Le Père Chauchetièrc m'a dit qu'on les appelait les Filles de la Congrégation, et qu'elles sont toutes consacrées à la Vierge Marie.A Ville-Marie, on dit: Notre-Dame." Ces choses semblaient merveilleuses à la fille des bois.Elle éprouva soudain un grand désir de connaître ces femmes blanches si vertueuses et leur œuvre admirable.Elle qui, si jeune, avait donné à Dieu sa personne et sa vie, elle éprouvait, semble-t-il, le besoin d'étudier en d'autres âmes d'élite, cette chose surhumaine: la sainteté.— Comme vous êtes heureuse, ma mère Anastasie et vous aussi Marie-Thérèse, de l'avoir vue la Sœur Bourgeoys! Voulez-vou.< m'en parler encore?— Mais il vaudrait mieux que ce soit elle - L'OISEAU BLEU 171 même que vous entendiez! s'écria gaiement Marie-Thérèse.Je vais à Ville-Marie demain avec Anastasie.Voulez-vous nous accompagner?Nous irons voir Sœur Bourgeoys.Tekakwitha, de joie, joignit les mains.— La voir! Elle.la fille du Grand Esprit! Moi! moi la pauvre Iroquoisc si peu de chose! — Eh bien! conclut en riant Anastasie, Marie-Thérèse dira à Sœur Bourgeoys: "Voici une bien misérable enfant! Il faut la convertir par vos prières".Tekakwitha s'humiliera et ensuite aura un beau sourire pour la chère sœur qui est si bonne et qui accueille tout le monde avec douceur et charité! Ainsi fut décidé pour le lendemain le voyage des trois fidèles amies à la cité de la Vierge.Cependant, au dernier moment, Anastasie dut renoncer à suivre les deux autres.La charitable femme demeura à la mission pour assister une vieille Huronne mourante.Dès le mutin, Marie-Thérèse et Kateri partirent, l'une avec un joyeux empressement, contente de revoir la sœur qu'elle aimait bien, l'autre avec une curiosité émue, déjà pénétrée de respect en songeant à ce qu'on lui avait dit de cette femme blanche, ouvrière de Dieu, Messagère de lumière.(1) Les deux femmes qui allaient se voir pour la première fois ne se doutaient point qu'un jour on écrirait sur elles en les appelant: deux héroïnes, deux saintes, et qu'elles se retrouveraient —si longtemps après—de providentielle façon à Rome, où leurs deux noms sont prononcés avec espoir en une prochaine canonisation.Chemin faisant, Tekakwitha ne cessa de poser à Marie-Thérèse mille questions sur la manière de vivre des Filles de la Congrégation et des vertus qu'elles pratiquaient.On parla aussi des Hospitalières de Jeanne Mance, ces dévouées héroïques lesquelles semblaient être plutôt des anges sur la terre canadienne que de simples femmes.Mademoiselle Mance était morte depuis cinq ans déjà.Catherine pensa qu'elle aurait aimé la voir aussi.Puia tout en causant, on atteignit le but du voyage.On était devant la fondatrice de la Congrégation Notre-Dame! Marie-Thérèse, ayant beaucoup à faire à Ville-Marie, confia à Mère Bourgeoys aa jeune compagne.A son grand bonheur, celle-ci put longuement causer.Il semble bien que d'emblée les deux femmes d'élite se comprirent et s'aimèrent.Depuis plusieurs années déjà, Marguerite Bourgeoys prodiguait à la jeune colonie les richesses inépuisables de son dévouement et de sa charité.Tour à tour institutrice des fillettes blanches ou de race indienne, réconfort de Maisonneuve aussi bien que des familles de colons, guide des jeunes filles et des jeunes femmes, consolatrice de toute souffrance, aide bénie dans les multiples épreuves que rencontraient les habitants de Ville-Marie, partout, en un mot, on la trouvait où il y avait une larme à sécher, un conseil à donner, une misère à soulager.N'alla-t-elle pas jusqu'à faire porter son lit à un soldat qui souffrait cruellement du froid durant un hiver particulièrement rude! Cette institutrice si appréciée, cette femme délicate, à la fine distinction, faisait avec des sollicitudes de grande sœur le raccommodage et le blanchissage du linge des soldats.Catherine constatait avec reconnaissance combien Marguerite Bourgeoys s'occupait des fillettes Indiennes.Elle qui écoutait à genoux les leçons de catéchisme du Missionnaire, elle se réjouissait des conversions déjà obtenues et des belles floraisons de vie chrétienne promises à tant de prières et de dévouement.Or, tandis que Mère Bourgeoys révélait à l'enfance indienne un monde nouveau mille fois plus beau que celui que venaient cheroher ici les grands découvreurs, Catherine, elle, avait écrit, sans s'en douter, l'une des plus jolies pages de notre histoire religieuse! (À suivre) Juliette Lavergne POUR RIRE JEANNOT EST MÉDISANT Pierrot—Tu as dit qu'il n'y avait personne d'aussi bête que moi; retire cela.Jeannot, conciliant—Eh bien! oui, je le retire; il y en a.POUR EMPÊCHER LA PLUIE La grand'mère—Mon rhumatisme me reprend, il va pleuvoir.La petite-fille—Oh! grand'mère, frictionne-toi vite avec ton liniment pour qu'il ne pleuve pas, c'est demain congé. 172 L'OISCAU BLEU JiOS CHAHSOHS POPULAIRES Collection E.-Z.M absicotte Tous droi ta réservés Quand la boni}1 femnf va qu'ri de.I eau .quand la bona' femm' va qu'ri |fcJi3J|>rlJ'F mm eau.EII'ny va pas sans ses cW seaux,ÈH' n'y va pas sans ses deuX seaux, EU ' s'en va - t-à la ri - vie - re, ^—' // .ri\.lîA _r/3 nnn^rïtfT rrv\i /4 u là rr>/i Vi - ve comme une m e'-co-liè-re .Don-nei moi dïeau, Vlà mes deuj( seau/, Ja- F g* f I P.U mais on n'a vu u -ne corn-mère aus-si gra - cieu - se , Ja - mats on na vu u-ne com-mere aus-si po- li.Arrangé par Mlle Sutanne Ma»$icotU — 2 — Quand la bonn femm' va qu'ri du pain, EU' n'y va pas sans ses deux ch'lins.(2) EU' va chez la boulangère Vive comme une écolière: — Donnez-moi l'pain, Via mes deux ch'lins.Refrain: — 3 — Quand la bonn femm' va qu'ri du bois EU' n'y va pas sans son aria (3) EU' va-t-à V épinettière Vive comme une écolière: ¦—1 Donnez-moi l'bois, Via mon aria.Refrain: — 4 — Quand la bonn' femm' va s'promener, EU' n'y va pas sans s'habiller.EU' s'en va de chambre oi chambre, En appelant tout' ses servantes: — Venez m'habiUer J'm'en vas m'prom'ner.Refrain: (1) Altération du mot quérir, signifiant chercher.(2) Altération de shilling ou ehelin, (20 sous) monnaie en usage avant 1860.(3) Voiturette à bras.NOTA — De cette chanson il y a plusieurs versions différentes, plus moqueuses les unes q«e les autres.Celle-ci provient en majeure partie de M.E.Terreault qui l'apprit de sa mère à Saint-Remi.vers 1868.K.-Z.Massicotte L'OISEAU BLEU 173 Concours Mensuels CONCOURS DE FÉVRIER 1934 1 — Nommez trois faits avec dates — faits historiques importants dont on fera célébration, cette année, 1934 ?2 — Corrigez : a) De l'acide cabolique b) Carré Viger, Square Saint-Louis c) Du catsup d) C'est moi qui est venu Métagrammc.Avec G je suis un mouvement " L je suis agile (a d j) " P je suis contagieux " V j'habille Faire parvenir ses solutions au plus tard le 23 février à L'OISE A U BLEU 1182, rue Saint-Laurent Concours de février 193/,.Montréal, P.Q.RÉSULTAT DU CONCOURS DE JANVIKR 1—Métagrammc: calot, falot, malot, pâlot.2 — Charade: ver — rue, verrue.3 — Logogriphe: moisson, poisson, boisson.Deux cent soixante-dix solutions — dont neuf inexactes — nous sont parvenues.Nous félicitons cordialement tous ceux qui preunent si fidèlement part à nos joutes mensuelles.Amicale bienvenue à nos nouveaux concurrents.Le sort a favorisé: Mlle Yolande Normand Pensionnat des Ur.sulines Les Trois-Rivières, P.Q.Mlle Thérèse Jérôme 6690, rue Saint-Dominique, Montréal Mlle Yvonne Davis, no 11 Institut Collégial Saint-Joseph Saint-Boniface, Manitoba M.Gérard Lagassic 264, rue Pleasant, Berlin, N.H.M.Maurice Godbout Case postale no 403 Chapleau, Ontario M.Louis-Félix Lesage 7321, rue Christophe-Colomb, Montréal Une prime de cinquante sous a été adressée ft chacun des heureux gagnants.COMPOSITIONS DE M.EDMOND J.MASSICOTTE Gravures du terroir, format 14x17 —Le retour de la messe de Minuit pouces, imprimées sur papier de grand —Les sucres luxe.—Une épluchette de blé-d'Inde M ._rt —Le saint Viatique à la campagne Chaque sujet.60 - _Une d,autrefois Pranco.—La visite de la quête de l'Enfant- Let 17 sujets.8.50 Jésu3 Pranco8 50 -Le réveillon de Noël —Le traditionnel gâteau des Rois —La bénédiction du Jour de l'An —Un magasin général de jadis —Le mardi gras à la campagne —La prière en famille —Une Messe de minuit dans un —Une noce d'autrefois chantier d'autrefois —L'Angélus —Les visites du Jour de l'An au temps —La fournée au bon vieux temps passé.Service de Librairie du Devoir 43C.rue Notre-Dame Est Montréal Il faut pratiquer l'économie Jeunes lecteurs de VOiseau bleu, avez-vous pris la bonne habitude de mettre en réserve la monnaie que vous recevez de vos parents?Si oui, quelle joie vous éprouverez plus tard de trouver a la banque l'argent que vous aurez économisé.Ecoutez les sages conseils de vos maltics et de vos mattresses: inscrivez-vous dès maintenant comme membres de la Caisse scolaire.Pour vous aider à bien tenir votre résolution, vous pouvez vous procurer a toutes les succursales de la Banque d'Epargne de la Cité et du District de Montréal une petite daxque_dans laquelle vous dé|m)screz les sous qui font les jnastres.LA BANQUE D'EPARGNE de la Cité et du District de Montréal Fondée en 181,6 L'OISEAU ¦ LE U 175 Une page d'histoire M.DE LA DAUVERSIÈRK Jérôme Le Royer de la Dauversiôrc était receveur des finances à la Flèche, en Anjou.Le 2 février 1635 ou 1636, M.de la Dauversiôrc, après avoir reçu la sainte Eucharistie, se consacra à la sainte Famille avec son épouse, Jeanne de Baugê, et leurs enfants.A partir de ce moment, il eut la conviction que le Sauveur lui ordonnait de fonder un Ordre de Religieuses hospitalières et d'établir dans l'île de Montréal, au Canada, un Hôtel-Dieu pour le soulagement des malades, Français et sauvages.Cet hôpital serait desservi par des filles de ce futur institut.Un commandement aussi extraordinaire rendit M.de la Dauversière on ne peut plus perplexe.Comment lui, simple laïc, chargé d'une femme et d'enfants, sans fortune, arriverait-il il exécuter pareil projet?Il le jugeait tout à fait au-dessus de ses forces.Il n'avait aucune connaissance de Montréal, alors île déserte et appartenant à M.Jean de Lauzon.En 1639, au château de Meudon, il rencontra M.Jean-Jacques Olier, le fondateur de Saint-Sulpice.Au cours de cette célèbre entrevue, ils se communiquèrent leurs desseins au sujet de la fondation de Montréal et il se trouva qu'ils étaient identiques.Et pourtant, ces deux hommes ne s'étaient jamais vus auparavant.M.de la Dauversière se rendit jusqu'en Dauphinô et obtint de M.de Lauzon la rétrocession de toute l'île de Montréal en faveur des Associés de Ville-Marie, société en fondation.Il entra alors en pourparlers avec M.de Maisonneuvc et Mlle Jeanne Mance.Il n'eut de cesse qu'après avoir présidé à leur départ de la Rochelle pour la Nouvelle-France en 1641.Le 29 mars 1659, de l'avis des Associés, agissant comme leur procureur, il signa îl Paris l'engagement de faire passer sans délai des hospitalières à Ville-Marie.Ce même jour, Mlle Mance lui versa la somme de 22,000 livres qu'elle avait reçues de Madame la Marquise de Bullion.Après le départ des trois religieuses, il revint à la Flèche où il mourut le 6 novembre 1659, ayant vécu assez longtemps pour voir la réalisation complète de ses desseins tant de fois traités de chimériques.Que les Canadiens français modèlent leur conduite sur celle des Associés de Ville-Marie et de M.de la Dauversière.Qu'ils dressent leurs plans et qu'ils les exécutent avec méthode, avec ténacité, avec persévérance.Et ils connaîtront le succès.Qu'ils travaillent pour le maintien de leurs institutions, de la Sauvegarde, par exemple, dans le champ de l'assurance-vie.Et celle-ci grandira, deviendra forte pour le plus grand bénéfice de l'influence française au Canada.M DE LA DAUVERSIERE Ecole Polytechnique de Montréal FONDEE EN 1073 Travaux publics — Industrie 1430, rua Saint-Denit, Montréal TELEPHONES :— Administration :— LAncastar 9207 Laboratoire Provincial des Mines ;— LAncester 7880 ~PR OS PECTUS SUR DEMANDE ECOLES TECHNIQUES DEPARTEMENT DU SECRETAIRE DE LA PROVINCE DE QUEBEC L'HONORABLE ATHANASE DAVID, SECRETAIRE DE LA PROVINCE COURS TECHNIQUE — Cours de formation technique préparant aux carrières industrielles.COURS DES METIERS — Cours préparant à l'exercice d'un métier en particulier.COURS D'APPRENTISSACE — Cours de temps partiel organisé en collaboration avec l'industrie.(Cours d'Imprimerie à l'Ecole Technique de Montréal.) COURS SPECIAUX — Cours variés répondent à un besoin particulier.(Mécaniciens et véhicules-moteurs et autres).COURS DU SOIR — Pour les ouvriers qui n'ont pas eu l'avantage de suivre* un cours industriel complet.AUGUSTIN FRICON ECOLE TECHNIQUE DE MONTREAL Directeur Général de l'Enseignement Technique ECOLE TECHNIQUE DE QUEBEC 1430, rue Saint-Denis MONTREAL ECOLE TECHNIQUE DE HULL Liste de nos Catalogues de Livres LIVRES RELIGIEUX Pages Lectures spirituelles, Méditation, Direction 28 Philosophie, Sociologie, Education.24 Théologie, Droit Canon, Ecriture sainte 28 Livres de chant .8 Prédication .28 Vies des Saints.48 LIVRES CANADIENS Littérature canadienne (supp.) .16 Pièces de théâtre.76 LIVRES FRANÇAIS Littérature à prix populaires .28 Livres pratiques, connaissances utiles.amusements.28 Choix de bons livres.28 Vu le grand nombre de catalogues qui sont envoyés sur demande, on doit mentionner ceux qu'on déaire.De plus.Indiquer quelle est son occupation ou sa profession.ORANGER FRÈRES UbftftlMS.PfcpelieRs.ImpoRloJciiKs 54NoIrc Dwne.Outsl."Mbnl- TiL.LAncabteh 2171 La plus Importante Librairie et Papeterie française au Canada.On n'a pas raison de craindre le long chômage des vieux jours, quand on se bâtit une vieillesse agréable.Voyez ce qui se passe chez nos sociétaires.Ils ont même hâte de vieillir.Pourquoi?.Parce qu'ils pourront, enfin, se reposer .heureux et tranquilles .grâce à la puissance de leurs épargnes, accumulées .DEPUIS L'ECOLE CAISSE NATIONALE D'ECONOMIE 55, St-Jacques 0.Montréal H Arbour 2185 POPULAIH*.LIMITÉ», MONTRE**.
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