L'oiseau bleu /, 1 janvier 1934, avril
I'llItl.lfK PAR LA SOCIETE SAINT-JEAN-BAITISTE DE MONTREAL Rédaction, Administration et Publlciré: Abonnement annuel: 1182, rue Saint-Laurent Canada et États-Unis: 50 sous MONTRÉAL (Payable au pair a Montréal) _ CONDITIONS SPÉCIALES Téléphone: Pl.ateau 1131 aux écoles, collèges et couvents VOLUME XIV — No 9 MONTREAL.AVRIL 1934 Le numéro 5 sous Jacques CARTIER 202 L'OISEAU BLEU Cartier, le héros du fleuve tT^ON malin, mon Pays, dilate ma narine; Le fleuve que j'ai vu quand l'aube te dessine Embaume de varech le vol vibrant de l'air; Humer ce souffle pur exalte en moi la vie; Devant la paix des flots j'ai l'âme recueillie; Mon regard à ton fleuve est comme un baiser fier.0 Fleuve où le destin fit s'incruster ma race, Je l'aime et je t'évoque au temps où, pleins d'audace, Les grands marins de France étonnèrent tes eaux; Je mêle au jour présent celle aurore lointaine.Où Cartier, l'apportant l'Espérance chrétienne, Déchira ton miroir du flanc de ses vaisseaux.Le Rêve du Malouin ne fut pas éphémère: Les noms qu'il t'a donnés, 6 beau fleuve sévère, Survivent sur les bords que ses pas ont touchés.Sa foi vous a prédits dès ce passé sauvage, Fondateurs de cités sur ce vaste rivage, O peuple dont le ciel découpe les clochers.L'Histoire a préludé par sa voix sur la rive.Nous relirons toujours la page primitive Où son grand nom s'illustre, où son Rêve est enclos.Les mots qu'il a semés sur la vierge falaise Ont marqué le pays de la gloire française; El ce fier souvenir nous poursuit sur tes flots.Albert FERLAND Extrait des Mémoires de la Société Royale du Canada, troisième série — 1933.Reproduit avec autorisation de l'auteur.—|M- - ¦ - - -¦ , - .-.—iï^.JACQUES CARTIER Dans son premier voyage en 1534, Jacques Cartier prit possession du Canada au nom de François 1er, roi de France, et fit élever sur le rivage de Gaspô une croix ornée d'un écusson fleurdelisé.Le dessin qui orne la couverture de ce numéro est de l'artiste Louis-Joseph Dubois."Avec Jacques Cartier, écrit Garneau, commence la longue file des voyageurs qui ont fait des découvertes dans l'intérieur de ce continent.Le Saint-Laurent, qu'il remonta jusqu'au Sault-Saint-Louis, conduisit les Français successivement à la Baie d'IIudson, a la vallée du Mississipi et aux montagnes Rocheuses.Pour récompense de 6es travaux, on dit que Cartier fut anobli par le roi de France.Mais son principal honneur est d'avoir mis son nom à la tête des annales canadiennes et ouvert la première page d'un nouveau livre dans l'histoire du monde".L'OISEAU BLEU L'OISEAU BLEU 203 Rapport au Directeur de la Chronique des Avant-gardes de l'Oiseau bleu, 20 mars 1934 Monsieur le Directeur, Notre avant-garde fut fondée au mois d'octobre 1933, par les juvénistes les plus avancés du Mont-Sacré-Cœur, groupés par F.Fulbert, S.C., ex-directeur de l'avant-garde Saint-Thomas-d'Aquin, à l'instigation du C.F.Daniel, directeur du Juvénat.Elle compte trente-trois membres, y compris les directeurs.Sa devise est: Travail et Gaieté! Son nom officiel: Saint-Antoine-Daniel, en hommage au Directeur du Juvénat et pour honorer le saint martyr canadien de ce nom.Le R.F.Lucius, S.C., provincial, et le C.F.Daniel sont respectivement président et vice-président d'honneur.Le conseil de l'avant-garde, pour la présente année scolaire est formé comme suit: F.Fulbert, S.C., directeur; F.Siméon et F.Théophile, assistants-directeurs; François Paulhus, président; Roland Boisseau, vice-président; L.-P.Cadoret, secrétaire; Marcel Bourret, 1er conseiller; Julien Deniers, 2e conseiller.Nous avons tenu, depuis notre organisation, 14 réunions générales (dont deux publiques: l'une dite d'installation des officiers, l'autre pour l'intérêt de tous les juvénistes) et 11 réunions du Conseil.Nos séances régulières se font tous les quinze jours.Voici l'ordre du jour régulier de nos assemblées, avec les détails les plus intéressants ou bons à faire connaître: 1 — Prière: Pater, avec invocations au Sacré-Cœur, à la sainte Vierge, & saint Jean-Baptiste et à notre patron saint Antoine-Daniel.2 — Chant: "Chant des Écoles", ou celui des avant-gardes ou celui de l'A.C.J.C.3 — Appel des membres.4 — Lecture des minutes do la précédente séance; discussion; adoption.5 — Communion quotidienne par roulement.Fêtes à préparer et à prévoir suivant le cas.Cause de la béatification du T.H.F.Poly-carpe (récit de faveurs obtenues par son intercession, etc.) 6 — Courte lecture (commentée par le directeur) ou l'un des assistants-directeurs dans l'Évangile ou "Face à la Vie" ou "Le Catholique d'Action", etc.7 — Communications: annonce des décisions prises à la dernière réunion du Conseil, etc.Parfois courte biographie d'une célébrité de notre histoire.9 — Tirage au sort du nom de celui qui nous fera un discours improvisé.10 — Enquête à faire parmi les juvénistes ou les avant-gardistes; résultats de la précédente annoncés.11 — Travail principal de la séance présenté par un membre.Ou bien, débat entre deux camps.(Jury: les directeurs ou quelques visiteurs).Pendant que le jury se retire pour délibérer: débits, chansons, jeux, etc.Parfois: tournoi d'éloquence entre trois ou quatre avant-gardistes.Les autres membres décernent la palme à qui de droit par un vote secret (les auditeurs le font au cours des séances publiques).Pendant ce temps, alors, les avant-gardistes, toujours par la voie du scrutin secret, font connaître le point de vue préféré de la discussion.12 — Discours de deux minutes par celui que le sort a désigné tout à l'heure.13 — Infiltrations étrangères; bon français; anglicismes fustigés par un "censeur".14 — Boîte aux questions.15 — A l'occasion, un mot du directeur, de l'un des assistants ou d'un visiteur.Souvent: lecture d'un extrait du Semeur, de Y Oiseau bleu, de la Voix du Mont-Sacré-Coeur, etc.16 — Chant: 0 Canada! Le Drapeau de Carillon ou autre chant patriotique ou de circonstance.17 — Prière aux martyrs canadiens.L.-P.Cadoret secrétaire BULLETIN DES AVANT-GARDES "Ce bulletin, annonce M.Gérard Brault, directeur général, sera publié une fois par mois.Il vous est destiné, chers avant-gardistes, et nous nous efforcerons de le rendre intéressant autant que possible".L'abonnement à ce bulletin est de 50 sous par année; il est facultatif.Un prix de $1.00 sera donné à celui des avant-gardistes qui trouvera un nom, un titre à ce bulletin des Avant-gardes de l'A.C.J.C.Demandez les conditions du concours au Directeur des Avant-gardes, Comité régional de l'A.C.J.C., 840, rue Cherrier, à Montréal.Bienvenue à ce nouveau Bulletin et longue vie! 204 L'OISEAU BLEU UN GRAND ROI Albert 1er, roi des Belges, mourut le 17 février 1934.Il s'était rendu, en compagnie d'un seul valet de pied, pour se livrer à son sport favori et faire l'escalade de Marche-les-Dames.Il tomba au fond d'une crevasse et ce n'est que le lendemain vers 2 heures du matin qu'on le retrouva.Il portait une large blessure à la tête.La nouvelle de sa mort jeta la Belgique dans la^ consternation; l'univers tout entier en ressentit une vive commotion.La nation belge pleure son roi; ce soldat était un preux comme l'a été Bavard au siècle de la chevalerie.En 1914, il sauva l'honneur du nom belge en s'opposant à la violation du sol de sa patrie par les armées envahissantes de Guillaume II, empereur d'Allemagne.Albert 1er entre dans l'histoire auréolé de gloire.Ce héros cependant savait se faire humble avec les humbles.On rapporte qu'un jour une automobile se trouva en panne sur une route de Belgique.Le propriétaire, incapable de la réparer, sollicita l'aide d'un motocycliste qui passait près de là.Ce fut l'affaire de quelques minutes pour remettre la voiture en bon état.Avant de repartir, l'automobiliste voulut savoir qui l'avait secouru avec tant d'obligeance.L'autre tardait à se faire connaître; il démarra en jetant ce simple mot: Albert.Plus tard, le voyageur sut que c'était Albert 1er.QUEL AMI FIDÈLE! Cet ami qui pourrait être de tous les jours, vous ne le fréquentez pas assez souvent.Il ne demande qu'à vous être agréable, utile; il n'aspire qu'à vous servir.Trop souvent vous l'éloigncz de vous, vous l'ignorez et aussi les services qu'il vous a rendus.Que de fois, si vous le consultiez, il vous tirerait d'embarras.11 n'a pas de rancune, pas pour un sou.Il est prodigue des trésors qu'il possède.Cet ami ne vous trompe jamais et ses conseils sont marqués au coin du bon sens, du sens commun.Ignorez-vous la définition d'un mot ?Il vient tout de suite à votre secours et il ne vous reste qu'à le remercier pour s'être montré si secourable envers vous.Il épelle les mots rares et difficiles; il vous raconte en quelques phrases les époques les plus mouvementées de l'histoire et sa mémoire est fidèle au point qu'il commet très rarement la moindre erreur.Ah! vous me direz: Quel est donc cet ami '.' Nous nous plairons tant en sa compagnie, semble-t-il! Eh bien! je suis sûr que vous avez deviné.C'est votre[dictionnaire.Viator QUEL HOMME DISTRAIT! .Jean-Paschal Taché, négociant à Québec, auteur d'un poème curieux le Tableau de la Mer, était, paraît-il, distrait, mais distrait à rendre des points au fameux Descartes.LTn de ses contemporains, le notaire Nicolas-Gaspard Boisseau, qui a laissé des Mémoires, relate quelques-unes de ses distractions: "Quelque temps après la prise de Québec (en 1760), M.Murray, gouverneur du Canada, donna un grand bal à ses officiers et aux principaux de la ville.A minuit, il s'éleva une question à/dôcider, qui était de savoir qui était le père du mensonge.Personne ne put le satisfaire là-dessus.Le gouverneur envoya aussitôt un de ses sergents d'ordre chez M.Taché, un des marchands français établis à Québec, qu'il connaissait pour homme d'esprit.Le sergent avait ordre de l'amener aussitôt.M.Taché vojant, à minuit, un ordre du gouverneur de se rendre subitement chez lui, au milieu de la nuit, fut un peu saisi.Il se leva, et comme il était distrait, à peine s'habilla-t-il.et suivit le sergent au château Saint-Louis."Dès qu'il fut entré, le gouverneur lui dit: "Monsieur Taché, je vous ai fait venir ici pour savoir de vous qui est le père du mensonge."M.Taché, voyant que ce n'était que cela, commença alors à se remettre et, se grattant l'oreille droite, il lui répondit ainsi: ".le père du mensonge.le père du mensonge, c'est le diable, monsieur.et tous les Anglais sont ses enfants." "Toute l'assemblée se prit à rire; on applaudit à la réponse.Le gouverneur lui dit: ".Voilà qui est bien, monsieur, vous pouvez aller dormir à présent."Le même Taché était, un dimanche, à la grand'messe et, comme c'est la coutume du pays qu'une demoiselle quête pendant la messe, la quêteuse vint à lui et lui présenta son porte-argent.M.Taché, distrait au delà de ce que l'on peut dire, crut qu'on lui présentait du tabac.Il prit une prise d'argent.La quêteuse fut obligée de lui dire à l'oreille, non sans rire: "—C'est de l'argent que je demande."—Ah! dit-il, je n'y pensais pas."Un autre jour, il fut convié à dîner.Après le dîner, on présenta du café.Il but premièrement sa tasse et, ne se souvenant plus qu'il l'avait bue, il avala celle de son voisin.Il allait en boire une troisième, si on ne l'eut averti."La soupe, il la mangeait avec une fourchette." La peinture que fait M.Boisseau des distractions de M.Taché ressemble un peu à .une charge.Mais il paraît qu'elle est fidèle.C'est du moins la tradition qui s'en est conservée absolument nette parmi ses descendants.Pierre-Georges Roy source: Les Petites Choses de notre histoire, 2e Série. L'OISEAU BLEU 205 NOS CHAHSOïiS POPULAIRES Collection E.-Z.Massicotte Tous droit» rêaerré» I , i, I r.j- tu j,\f ffU'f f^^tj Ces! en fai - sa nt le tour de la mon-ta-gne, Que j'ai per-du mon chapeau de quinze ^-4M f 1[T [T H [T [T [7 1 g" f ^J_p!_gL_tr francs, Que jài per-du, Ah oui! que j'ai per - du.Ah oui! que j'ai per- du mon chapeau de quinze (rancs, ri ~ r r ""P»——^ r1- du, Ah oui! quejdi perdu monchaa^ude qui^francs Arrangée par Mlle Suzanne MatticoU?— I — C'est en faisant le tour de la montagne Que j'ai perdu mon chapeau de quinz' francs.Que j'ai perdu, ah\ oui, (bis) —bis Que j'ai perdu mon chapeau de quinze francs.— 2 — Ce n'est pas tant le chapeau que je regrette Car c'est la têt' qu'il y avait dedans Car c'est la tête, ahl oui, (bis) Car c'est la têt' qu'il y avait dedans Car c'est la tête, ahl oui, (bis) Car c'est la tête qu'il y avait dedans.NOTA — Appris d'Adèle Bertrand, à Montréal, vers 1883.A cette date et plus tôt, les noces faisaient le tour du Mont-Royal en "carrosses ouverts" traînés par deux chevaux et les loustics, au cours de la promenade, s'amusaient à fredonner ces couplets.Trouvant la mélodie de leur goût, les enfants transformaient cette chanson en une ronde dont l'allure doublait durant le refrain.E.-Z.Massicotte 206 L'OISEAU BLEU Lb coin du philatéliste Petit dictionnaire du philatéliste (Suite de la page 183) Fragment de lettre ou d'enveloppe.— Morceau, partie; par opposition à entière (lettre entière).Franqueo.— Mot espagnol signifiant affranchissement.Gaufré.— Dessin formé en relief par un timbre en acier frappé à froid (Exemple: les premiers timbres du Portugal).Gobierno.— Mot espagnol voulant dire gouvernement.Gommé.— Le verso des timbres est généralement recouvert d'une substance permettant l'adhérence par humidité.Les vieux timbres avec gomme originale ont une valeur plus grande que les exemplaires sans gomme.Gras (Caractères).— Caractères d'impression dont les pleins sont très larges.Gravé.— Genre de vignettes tirées en taille douce sur les planches gravées (acier ou cuivre).Les premières émissions de Ceylan, Australie et les Costa-Rica, Vicaragua, etc., de 1869 à 1896.Gravure au trait.— Dessin sans aucune ombre (Haiderabad, 2e émission, etc.).Grené.— Papier formé de pâte d'Alfa, montrant par transparence un réseau en forme de losange, semblable à des grains.Grille.— Marque de contrôle en relief qui était frappée à froid sur les timbres.Sur quelques timbres des États-Unis, Pérou et autres pays d'Amérique, on fit usage d'une grille pour prévenir la remise en usage des timbres.La grille consistait en un motif de petits points ou carrés.L'encre de l'oblitération s'imprégnant dans les fibres brisés du papier rendait tout lavage impossible.Guillochés.— Réseaux très fins et très déliés s'entrecroisant, obtenus par une machine L'EGYPTE a émis à l'occasion du Xème Congres Postal International tenu au Caire récemment — où le Canada était représenté par son ministre des postes, M.Sauvé — une série de 14 timbres, en deux types, à l'effigie du Khédive Ismail Pacha qui régna de 1863 à 1879 et fut le créateur du service postal en Bon pays.Il était le pére du roi actuel Fuad.Voici une nouvelle qui réjouira tous nos lecteurs: le Canada a décidé d'émettre un timbre (3c.bleu, double format) à l'occasion de l'arrivée de Jacques-Cartier, à Gaspé.La date du lancement sera connue plus tard; pour l'instant on révèle que la vignette portera les mots "1534—Jacques-Cartier—1934" et que le dessin, d'après le croquis cl-haut, "représentera une scène à bord du navire de Cartier à l'approche de la terre canadienne".spéciale (Exemple: les timbres du Mexique de 1899).Habilitado.— Mot espagnol signifiant utilisé.Hors cours.— Synonyme de démonétisé.Imposition.— Disposition de vignettes postales dans la forme d'imprimerie en vue du tirage: les impositions varient à l'infini, suivant les formats, les pays.Impresos.— Imprimés, en espagnol.Impuesto de guerra.— Impôt de guerre, en espagnol.Italique.—Caractères typographiques penchés (Exemple: italique).Jubilé.— Commémoration d'un grand événement.Lavage.— Opération illicite dans le but de faire disparaître l'oblitération d'un timbre.Pour prévenir le lavage, la Grande-Bretagne, par exemple, emploie des couleurs fugitives pour l'impression de ses timbres: les produits chimiques enlèvent non seulement l'oblitération, mais le dessin du timbre.Ne pas confondre lavage avec nettoyage.Légende.— Les inscriptions qui figurent sur un timbre.Ligné (fond).— Fond d'une vignette qui au lieu d'être formé d'un aplat de couleur, montre, soit à l'œil nu, soit à la loupe, un réseau de lignes verticales, horizontales ou diagonales (Exemple: les timbres de Ceylan de 1872 à 1885).Lithographie.— Type de timbres tirés sur pierre lithographique, l'aspect est généralement empâté, alors que les timbres gravés L'OISEAU BLEU 207 1 i Dfuftîif 10 LMftOOl! ZJeutrchelluftpoft iunftmarKt Deutfrhafleirh Dans une série de 12 timbres aéropostaux, l'ALLEMAGNE sur deux de ceux-ci honore deux de ses grands pionniers de la navigation aérienne.Sur le 2 m.apparaît Otta Llllenthal dont les expériences en gllsseurs aboutirent aux réalisations des frères Wright.Llllenthal se tua dans une envolée en 1896.Le 3 m.est à l'effigie du célèbre comte Ferdinand Zeppelin, soldat et patriote qui employa la fin de sa vie à la construction de plus lourds que l'air, au milieu de nombreux échecs, pour enfin arriver au succès consacré par le fameux Graf Zeppelin.Les 10 autres dénominations font voir l'aigle allemand et un globe terrestre sur lequel se lève un soleil orné d'une croix gammée.Ce même symbole cher à Hitler sert de motif à 14 autres timbres du service officiel.sont très nets (Exemple: Paraguay 1900 gravés, 1902, même modèle lithographie).Locaux (timbres).— Comme l'indique leur nom, vignettes créées pour l'emploi d'une petite portion de territoire (Exemple: les timbres locaux de Suède, de Russie).Manco-liste.—Mot composé employé pour indiquer la liste des timbres qui manquent à un collectionneur et qu'il désire se procurer (on dit une m.1.).Marges.— L'orgueil des jolis timbres, ils doivent avoir non seulement les quatre marges, mais les avoir grandes] Marques de contrôle.— Signes apparents ou cachés que l'on voit sur les feuilles de timbres et sur les vignettes elles-mêmes (Exemple: Emission 1873 des États-Unis.) Marques postales.— Empreintes ou signes manuscrits apposés sur les lettres.Ces marques sont très nombreuses.Millésimes.— Chiffres imprimés généralement dans les marges intérieures des feuilles de timbres et indiquant l'année de fabrication (Exemple: France, Colonies françaises, Abys-sinie, etc.).Nettoyage.— Opération qui consiste à débarrasser les timbres des papiers ou des morceaux d'anciennes charnières adhérant au verso.Neuf.— (Le contraire d'oblitéré ou d'usé).Timbre n'ayant pas servi.Nuance.— Terme indiquant la qualité et le degré de force d'une couleur.Oblitéré (Le contraire de neuf).— Se dit des timbres usés; ils sont annulés soit à la plume (les premiers timbres de Colombie), soit à l'aide d'un timbre en cuivre, en métal, en caoutchouc, en bois, etc.Oblitération.— La marque d'annulation d'un timbre, sur une lettre, carte ou paquet.Oblong.— Timbre rectangulaire, dont la plus grande dimension est horizontale.Odontomètre.— Mesure servant à identifier le numéro de dentelure d'un timbre.Officiels.— Timbres pour le service spécial des Administrations gouvernementales; ce sont généralement des timbres en cours qui sont surchargés du mot officiel ou autre, suivant le pays qui les emploie.Paire.— Deux timbres se tenant.Papiers.— Pour la fabrication des timbres, en emploie divers genres de papiers: uni, vergé, côtelé, gaufré, grené; blanc, teinté; mince, épais mat, brillant (couché).Paris (Impression de).— Se dit des timbres grecs imprimés à Paris et dont la gravure est très soignée.Pelure (papier).— Très léger, comme celui employé pour les charnières gommées.(À êuivre) Phil.Athélt TIMBRES A PRIX MODIQUES AUBAINES — Paquets de timbres différents — Beau choix pour débutants ou pour combler 1 f\ les vides des plus avancés, chaque paquet, 1 2 Aériens 25 Col.brit.10 Maroc 20 Afrique 25 Danemark 10 Monte'gro (40 diff.20c.) 20 Dantzig 10 Nicaragua 1 0 Algérie 15 Egypte 10 N.-Zélande 100 Allemagne 10 Equateur 25 Norvège 30 Amériques 25 Espagne 20 Océanie C.et Sud 20 E.-Unis 1 0 Paraguay (50 diff.20c.) 75 Europe 25 Pays-Bas 10 Antilles (150 diff.25c.) 10 Perse 1 5 Argentine 25 Finlande 10 Pérou 30 Asie 50 France 1 0 Philippines (50 diff.20c.) 25 " colonies 40 Pologne 10 Australie 20 C.-Bre'gne 25 Portugal 12 Etats " 20 Grèce 30 " colonies 75 Autriche 10 Guadeloupe 20 Roumanie 20 Baltiques 10 Guatemala 10 Prusse 6 Barbades 10 Honduras • 25 Russie 40 Bavière 75 Hongrie 1 0 Salvador 30 Belgique 20 Indes 10 Siam 15 " postaux 1 5 " Etats ind.10 H.-Silésie 10 Bosnie 15" holl.30 Suède 1 5 Brésil 10 Indo-Chine 25 Suisse 20 Bulgarie 30 Italie 10 Terre-ve 25 Canada 20 Japon 20 Turquie (40 diff.25c.) 1 0 Jamaïque 30 T.-Slo'quie 10 " fiscaux 1 5 Lettonie 10 U.-S.Afr.1 0 Ceylan 20 Lich'stein 10 Uruguay 15 Chili 1 2 Lux'bourg 10 Venezuela 15 Chine 10 Madagascar 25 W'emberg 1 5 Cuba 1 2 Mexique 25 Y.-Slavie Port en plus sur commande de $1.00.NOUVEAU CATALOGUE GRATUIT Bazar Postal, B'te poste 4020, Montréal 208.L'OISEAU BLEU affiliés a la société canadenne d'histoire naturelle Directeur général: R.F.Adrien, C.S.C., Institut botanique, Université de Montréal.Sous-directrice: Rév.Sr.Sainte-Ali-honsine, C.N.D., Collège Margueritc-liourgcoys.Secrétaire général: M.Jules Brunei,, Institut botanique, l'niversité de Montréal.Secrétaire adjoink:t Mlle Marcelle Gauvreau, Institut botanique, Université de Montréal.Trésorier: M.Jacques Rousseau, Institut botanique, Université de Montréal.CHEFS DE SERVICE Botanique: R.F.M arie-Victorin, F.E.C., Institut botanique, Université de Montréal.Zoologie: Dr Georges Prétontaine, département de Zoologie, Université de Montreal.Entomologie: M.Gustave Chaonon, département de Zoologie, Université de Montréal.Minéralogie-géologie: R.P.Léo Mown, C.S.C., Collège de Saint-Laurent.Publicité: R.F.Narcisse-Denis, F.E.C., Académie Saint-I/éon, West.nount.PRINTEMPS Or, le soleil est fier de s'être levé tôt, Et sur la plaine, et sur le bois, et le coteau, .Jette son rire franc qui fait de la lumière.Des coqs chantent.Au loin l'angélus.La première Herbe pointe son nez à travers les guérets.Des pissenlits hâtifs voudraient s'ouvrir.Les rais Du soleil flambartt neuf font des mares jolies Du peu qui reste encor des neiges avilies.Des planches dans ce coin; et des cailloux mouillés Qui miroitent, par-ci par-là; les fils rouilles De la clôture de fil de fer, sur la route.Sol qui fume, filets d'eau grasse, banqueroute Finale de l'hiver; la terre qui renaît.La campagne a jeté loin d'elle son bonnet De coton blanc.C'est le printemps.Le paysage A la noble douceur d'un tout jeune visage.Le soleil se promène aux champs frais labourés, Et les mottes de terre ont des reflets pourprés.Harry BERNARD L'OISEAU BLEU 209 SUR LA ROUTE BLEUE DU FIRMAMENT Par le R.F.Robert, f.e.c.L'astronomie est utile au philosophe, à l'écrivain, au simple homme instruit, et il faut la conserver avec autant de soin et de piété que les sciences dites "pratiques".L'homme instruit, l'"honnête homme" doit être teinté d'astronomie à cause des joies qu'il trouve dans cette science.Parmi les délices que la nature donne à tous, riches ou pauvres, nous comptons les spectacles des nuits splen-dides étoilées, les couchers de soleil, les levers de lune.Il n'est peut-être rien qui détache autant de la grossièreté des plaisirs terrestres que ces spectacles surhumains.Le soleil rougissant se pare de beauté avant de terminer le jour; les étoiles remplissent le ciel noir "comme des fleurs tombant à flots d'une urne"; la lune paraît immense à l'est, monte, va se poser sur le clocher "comme un point sur un i," "tourne légèrement soutenue par l'éther impalpable", elle enchante les solitudes, elle bleuit les forêts, elle se joue sur les ruines, elle surprend les soupirs des humains, elle veille sur leur sommeil, leur offre l'énigme de sa face tachée d'ombres, enfin se couche le matin alors que les hommes s'éveillent pour ces choses qu'ils appellent leurs occupations ou leurs travaux.S'il est utile que l'honnête homme sache goûter ces joies contemplatives, la précision scientifique ajouterait à ses rêves les plus Hélène, Pierre et Jacqueline Gauvreau, observant t'éclipse du 31 août 193S exquis.Il regarderait l'étoile scintiller en songeant à l'ancienneté du message qu'elle nous envoie; il saurait distinguer aux teintes des étoiles leurs âges et leurs températures (les poussières de la Voie Lactée se changeraient en soleils), et en regardant cette tache laiteuse que l'œil découvre dans Andromède, il songerait que des centaines de millions d'étoiles anonymes ajoutent leurs feux pour produire cette luminosité alors que la lumière en est partie depuis un million d'années.L'homme instruit doit connaître encore quelques-uns dts systèmes cosmogoniques fragiles qui essaient d'expliquer les cieux; il comprendra ainsi que tout est éphémère et que ces points lumineux dont nos machines ne sauraient parcourir la distance sans y mettre des âges et des âges, sont infiniment rapprochés.Le poète demandait dans un excès de pessimisme: Délivre-nous du temps, du nombre, de Vespacet Et rends-nous le repos que la vie a troublé.Sans soupirer après l'anéantissement, le contemplateur des cieux vit aisément "hors du monde, au delà de tout ce qui ressemble à la forme de quoi que ce soit".LA LAURENTIE EN FLEUR LA SANGUINAIRE DU CANADA (Extrait) Par Frère Marie-Victorin, D.Se.Dans la vallée laurentienne, la résurrection de la Sanguinaire est l'un des plus sûrs prodromes du printemps.A peine le soleil d'avril a-t-il dirigé dans les ruisseaux dégourdis toute la neige des bois que le tapis de feuilles mortes se soulève avec précaution, et que, de touto part sur les penses boisées, pointent les boutons blancs de la Sanguinaire.Et c'est une merveilleuse petite créature qui vient ainsi, la première, réclamer sa place au soleil! Fiôre, dressée, drapée dans sa feuille chaudement convolutée, la petite hampe brandit dans la lumière nouvelle l'espérance de sa fleur.Cette première-née du printemps fut conçue dans le calme de l'automne, alors que chutaient autour d'elle, dans un vertige de pourpre et d'or, les feuilles en beauté.Au cœur du gros bourgeon, protégées par de multiples enveloppes, l'unique feuille et l'unique fleur, repliées avec un art infini, ont attendu la fin de la longue gestation dans le sein maternel de la terre.Et voilà maintenant les obscurs et infaillibles mécanismes do la vie déclenchés par le choc puissant des rayons du soleil! Le bourgeon frémit, se gonfle, s'ouvre, écartant lente- 210 L'OISEAU BLEU ment ses grandes bractées incolores.Place! Sur le fond d'émeraude de la feuille, marmoréen et lumineux, le bouton s'érige sur son pédoncule, et l'on croirait vraiment que, mis à l'échelle du monde des fleurettes, le flambeau sacré de la vie luit derrière ses parois opalines.C'est fait! Les deux sépales verdâtres, dernier rempart protecteur, ont jonché le sol.Les huit pétales d'un blanc de lait, tels une fraise immaculée au cou d'une beauté du vieux siècle, s'éploient, découvrant l'or des nombreuses étamines groupées autour de ce qui sera le fruit, et qui n'est encore qu'une mignonne colonnette surmontée d'un minuscule chapiteau.La Sanguinaire, éphémère beauté, va vivre son premier jour.Au matin, ses pétales se tendent voluptueusement vers la chaude caresse du soleil de mai.Mais dès les premières heures de l'après-midi, ils se relèvent comme des mains qui se vont joindre, et le soir ils ont refermé de nouveau l'ogive du bouton.Déjà, la partie femelle de la fleur est nubile, les deux lobes papilleux du stigmate s'offrant à tous les souffles et à tous les contacts.Mais la nature redoute l'effet dégônérateur de l'auto-fécondation, et les étamines, encore bien closes, ne s'ouvriront que lorsque le stigmate sur le retour, bruni, recroquevillé, sera incapable de remplir sa mission réceptrice.Impossible donc, semble-t-il, le rite nuptial qui devait s'accomplir dans le décor discret de la corolle blanche.Mais non! La nature maternelle y a pourvu! Voyez cette autre fleur, également belle, également blanche, mais épanouie un jour plus tôt.Une abeille s'ébroue parmi les anthères crevées, recueillant le pollen dans les brosses de ses pattes, et saupoudrant follement le fin duvet de son corselet.Orgie de nectar! Pillage! Maintenant l'insecte encore inassouvi s'enlève lourdement, bourdonne, hésite un moment, se laisse porter dans le vent, puis vient s'abattre sur notre fleur de tantôt.Ici, point de pollen d'or: le couvert n'est pas mis! Anxieuse, l'abeille visite les lieux, furette, frôle le stigmate, abandonnant sur les papilles avides quelques grains de pollen, quelques gouttes de vie.Et voilà! C'est fait! L'œuvre génératrice commence! L'insecte peut s'en aller, grondant de dépit, vers une autre proie, une autre fleur.Il ne sait pas, le pauvre castrat de la ruche, qu'il a servi d'entremetteur, de messager d'amour, qu'il a porté un instant sur son dos velouté un anneau délia minuscule chaîne d'or qui des individus aux individus, d'une fleur à l'autre, continue l'espèce.Ainsi, dans la nature, ce qui paraît livré à la plus incohérente fantaisie accomplit inéluctablement le plus complexe, le plus ordonné et le plus admirable des plans d'ensemble.La vie sexuelle de la Sanguinaire dure peu.Au bout de deux jours, trois jours, les pétales ont chu comme un fardeau, et jonchent le tapis fauve des feuilles mortes.La verte capsule maintenant mise à nu commence à croître, et, concentrant désormais en elle toute l'énergie de la fleur, atteint bientôt un à deux pouces de longueur.Vers le milieu de juin elle brunit, s'ouvre et disperse ses graines, dix, vingt, cinquante, qui vont s'infiltrer entre les feuilles mortes de la saison dernière jusque sur le sein noir de la terre.Durant £c temps, la feuille s'est développée, a modifié son contour et sa forme, jusqu'à n'être plus guère reconnaissable.A la floraison, elle mesurait environ deux pouces de largeur et son contour orbiculaire était rompu de multiples sinuosités; maintenant ses dimensions ont triplé, quadruplé, mais les sinuosités se sont graduellement atténuées.Cueillez-la, cette feuille, et regardez-la à contre-jour.Vous aurez l'illusion saisissante du réseau des veines dans la chair humaine.Mêmes arborisations, même couleur vermeille.Mais il faut arracher complètement la plante, et mettre à nu le rhizome qui chemine horizontalement sous terre, pour comprendre jusqu'à quel point la Sanguinaire, vulgairement appelée Sang-dragon, a mérité son nom.Ce rhizome, vraie tige souterraine, casse facilement et nettement, et, aux yeux surpris, la section apparaît, tout entière couleur de sang.Détachez une tranche très mince et portez-la sous le microscope.Autre surprise! Cette coloration, uniforme pour nos yeux grossiers, se résout maintenant en une multitude de rubis qui flambent dans le champ de vision de l'instrument.Nos artistes et décorateurs vont souvent chercher très loin leurs inspirations et leurs modèles.Pourquoi ne se penchent-ils pas plus souvent sur nos plantes laurentiennes qui pourraient leur fournir une si belle matière d'art?La fleur de la Sanguinaire, sa feuille surtout, si finement taillée et nervée, mériteraient les honneurs de la stylisation.Qui, parmi nos jeunes artistes, va se laisser tenter par ce thème admirable?N.B.—Un dessin de "La Sanguinaire du Canada" a été publié dans Z'Oiseau bleu, avril 193$.BONS MOTS APPRECIATION L'oncle.—Quel jouet as-tu le mieux aimé à Noël?Le petit neveu.—Mon tambour, parce que chaque fois que je joue du tambour papa me donne dix sous pour que je cesse. L'OISEAU BLEU 211 UNE VIERGE IROQUOISE TEKAKWITHA LE LIS EFFEUILLÉ (Suite) A ce moment passait furtivement près de la cabane, n'osant entrer mais voulant revoir une dernière fois la jeune fille, le désolé Coureur des Eaux.Marie-Thérèse lui demanda d'aller chercher le Père Missionnaire.Avant de partir pour remplir sa mission, l'Indien vint «'agenouiller près de la mourante: —"Ma sœur, dit-il, humblement, je te prie, pour le sacrifice que je t'ai fait un jour, de demander au Grand Esprit que je sois toujours fidèle à ma foi!" Tekakwitha inclina la tête en souriant puis, d'un geste de la main, lui montra le ciel.Tous ceux qui l'avaient aimée par leur amour même avaient été amenés à la foi et au sacrifice de leurs rêves humains pour le bonheur de celle qu'ils aimaient.Elle reçut le Viatique entourée de parent et d'amis.Il existait alors à la mission une coutume bien curieuse.L'un des biographes de Catherine1 nous dit que 'Ton ne transportait jamais le Saint-Sacrement à la cabane des malades.On étendait ceux-ci sur une écorce et on les portait à la chapelle, au risque de les voir mourir en chemin".On fit une exception pour Tekakwitha.Elle était trop faible pour être portée à l'église.On ne pouvait lui refuser la communion à l'heure suprême, elle qui à force d'héroïsme À LA PRAIRIE depuis des mois se traînait jusqu'à l'autel.C'est ainsi qu'elle eut, dans sa pauvre demeure, sa dernière rencontre avec l'Hostie, le mardi de la Semaine Sainte.Avant l'arrivée du prêtre, un détail la fit se troubler.Elle avoua son extrême pauvreté à Marie-Thérèse.Elle s'était presque dépouillée pour couvrir de plus miséreux qu'elle.Marie-Thérèse s'empressa d'apporter à sa jeune amie ce qui lui manquait.Tous les gens de la mission assistèrent à l'impressionnante cérémonie.Ils en gardèrent un souvenir ému.Et tout le long du jour, ce fut un défilé ininterrompu de braves gens qui venaient naïvement se recommander à ses prières et lui confier leurs messages pour le Grand Esprit.Elle eut l'héroïque bonté d'écouter chacun et de ne rebuter personne.Deux des plus ferventes chrétiennes de la mission se chargèrent de veiller Tekakwitha.L'une d'elles, en secret, avait, dans un endroit assez éloigné de la forêt, prié avec une ardeur extraordinaire.Elle y avait fait de rudes pénitences.A l'instant même Kateri, les paupières closes, avait néanmoins tout vu d'une manière surnaturelle.Lorsque cette jeune fille vint prendre son poste de veilleuse auprès d'elle, Catherine lui dit, en l'embrassant affectueusement: "Je sais ma sœur le lieu d'où vous venez et ce que vous y avez fait! Soyez certaine que vous êtes agréable à Dieu et que je vous aiderai auprès de Lui." Le lendemain, Mercredi Saint, Tekakwitha assura aux femmes qui voulaient assister à son départ pour le ciel et que leurs devoirs de ménagères forçaient à demeurer à la besogne quotidienne qu'elles avaient le temps de terminer leur travail, qu'elle attendrait.Et le Missionnaire raconte, émerveillé, que tout arriva tel que prédit.A peine la dernière femme fut-elle revenue auprès de Catherine, sa besogne respective étant achevée, que la sainte patiente entra en agonie.Elle prononça avec une extrême douceur les noms de Jésus et de Marie, elle fixa le ciel d'un regard paisible.Puis, lentement, fermant ses grands yeux, elle inclina la tête paraissant dormir.Mais elle venait de s'éveiller là-haut.Juliette Laverons 1 Le Père Lecompte, S.J. 212 L'OISEAU BLEU LE QUESTIONNAIRE DE LA JEUNESSE MAISON ET OUTILS 1.De quoi est composé le revêtement de cette maison ?— D'un lambris à clin ou planche déclinante, vulgairement appelé "clabord" (de l'anglais clapboard).De "clabord" on a fait le verbe "claborder", c'est-à-dire: lambrisser à clins.2.Quel nom portent ces échelles ingénieusement disposées pour permettre facilement le lambriseage à clins ?— Ce sont des échelles-échafaud.Les échelles sont composées de montants et d'échelons.(A, A) 3.Vu le rôle qu'elle remplit, quel nom porte cette échelle ?— Echelle porte-échafaud.4.Comment se nomme la maçonnerie sur laquelle porte la maison?— Les fondations.5.Quel est ce genre de fenêtre ?— C'est une fenêtre à guillotine; elle rappelle cet instrument de supplice en ce sens que cette fenêtre comporte deux châssis dont un seul ou les deux peuvent glisser dans des rainures de façon à se superposer quand on veut les ouvrir.Q.Parlez des différentes sortes de fenêtres.— La fenêtre dormante, dont les battants ne s'ouvrent pas; la fenêtre rampante, placée en inclinaison; la fenêtre basculante, dont le battant est mobile autour d'un axe horizontal; la fenêtre à tabatière, qui a la même inclinaison que le toit sur lequel elle est adaptée; la fenêtre pivotante, qui tourne autour d'un axe vertical; la fenêtre à deux battants, la plus généralement connue, dont les montants portent une gorge interceptant la bise et dont la traverse inférieure est taillée de manière à rejeter l'eau de la pluie poussée par le vent; la mansarde (de l'architecte Mansard), pratiquée dans la partie antérieure d'un comble brisé.Q.Qu'indiquent les lettres A et B de cette fenêtre?— A, le dormant; B, l'appui.6.Qu'est-ce qu'une clé à molette ?— C'est une clé à écrou, ayant une petite roue qu'on tourne avec le pouce, et qui est destinée à ouvrir ou fermer les mâchoires de la clé.Q.Y a-t-il deux manières d'écrire le mot clé ?— On peut l'écrire clé ou clef.7.A quoi sert la boîte à onglets?— Aux encadreurs, pour couper les cadres ou baguettes et aux menuisiers pour couper à 45 degrés l'extrémité des planches.L'onglet est l'extrémité d'une planche à un angle de 45 degrés, au lieu d'être à angle droit; le rôle des rainures, que l'on peut voir dans les parois de la boîte à onglets, est de guider la scie, 8.Nommez les parties d'un ciseau de menui- sier.— a) la soie ou queue; b) l'épaule ou embase, c) le collet, d) la lame.9.Comment se nomme une série de ciseaux de différentes largeurs ou épaisseurs ?— Un jeu de ciseaux.Le ciseau sert à faire dans le bois des ouvertures carrées, des entailles, des mortaises, des coches et des crans.10.De quoi est composée la scie à ruban ?— D'un ruban d'acier sans fin tendu sur deux roues dont l'une donne le mouvement.Ce ruban d'acier permet de suivre les lignes d'un dessin faites sur une planche assez mince.12.Quelle sorte d'ôcrou voyons-nous ici?— Un écrou à six pans.La partie saillante à l'intérieur de l'écrou est le filet, fait en spirale.On donne à tort à l'écrou le nom de "noix", de l'anglais nid.13.Qu'est-ce qu'un boulon?— C'est une tige de fer ayant une tête et dont l'autre bout est vissé pour recevoir un écrou.14.Quel est le nom de cette sorte de petit rabot?— Une guimbarde.En anglais, on l'appelle une dent de vieille (old woman's tooth).15.Qui se sert du platoir?— Le plâtrier, pour étendre le mortier.16.Comment s'appelle cette scie désignée sous le nom de "godendard" ?— Un passepartout.17.Quelle est cette pince à percer des trous?— Un emporte-pièce.18.Cette petite plane a-t-elle un nom ?— C'est une vastringue ou plane allemande.19.Comment désigne-t-on cet outil ?— C'est un emporte-pièce à revolver, parce que les tiges tournent autour d'un axe.20.Qu'ont de spécial les becs de cette pince ?—Ils sont plats.21.A quoi sert le tourne-à-gauche?— A voyer, ou donner de la voie aux scies, en courbant les dents en sens contraire.22.Qu'ont de spécial les becs de cette pince ?Ils sont ronds.23.Quelle est cette sorte d'anneau à boulon ?— Une menotte.24.Quels services rend une équerre?— Elle permet de tracer des angles droits.25.Sous quel nom les becs de cette pince la font-ils désigner?— Sous le nom de pince coupante.26.Quel est cet instrument de mesure?— Une jauge ou calibre (masc.) 27.Avec quoi évase-t-on l'orifice d'un trou ou d'un tube ?— Avec une fraise.L'abbé Etienne Blanchard L'OISEAU BLEU 213 214 L'OISEAU ILEU A PARIS M M < LE 33 ?XII.—ET L'ÉTUDE (Suite) Elle remonta ses deux escaliers, revint essoufflée et rose et m'offrit d'y aller seule pour moi.Je me gardai bien d'accepter et nous traversâmes, bras dessus, bras dessous, les vingt pieds de rue qui nous séparaient de la boîte aux lettres.Nanne épiait à droite et à gauche, comme en train de commettre une mauvaise action, et furtivement elle pressait le pas, ayant évidemment bien honte de moi.Voulant la taquiner, je la forçai à marcher plus lentement et je disais: "Voyez cette grande foule qui me regarde et me prend pour votre femme de ménage!" Mais elle était loin de trouver que c'était une plaisanterie à faire.Quand la porte du 33 se fut refermée sur nous, elle soupira, soulagée.Le danger était passé, et elle me dit: "Je ne sais pas comment vous avez fait.Moi, je n'aurais jamais pu.Je serais plutôt remontée jusqu'au vingtième étage chercher mon chapeau!" Et voyant que je riais de plus en plus et ne paraissais pas du tout confuse, elle continua: "Il est vrai que je suis Auvergnate, et en Auvergne, on est très scrupuleux sur les conventions".— Et que je suis Canadienne, et chez nous, il arrive couramment, sans que l'honneur en souffre, que l'on traverse une rue sans chapeau!" C'est égal.A ce moment-là, je ne me rendais pas compte jusqu'à quel point mon audace l'avait scandalisée.Plus tard, cependant, une fois revenue à Montréal, il me souvient que la vue d'une femme bien mise, nu-tête, rue Sherbrooke, me choqua comme une inconvenance.Après n'avoir vu pendant un an que des domestiques se promener en cheveux, il me semblait à moi aussi que c'était incorrect.Et à tant de lieues de distance, je compris enfin Nanne.S'il y a d'incomparables merveilles en Europe, il y a, en revanche, des choses agaçantes: le pourboire en est une.Il empoisonne les joies du théâtre, du voyage, des pâtisseries! et le séjour par ailleurs délicieux des grands hôtels.Ici, si vous devez entendre un concert ou une pièce de théâtre, vous achetez votre billet et il ne vous en coûte pas un sou de plus.Vous eavez immédiatement à quoi voua en tenir.En France, vous achetez d'abord votre billet; puis, quand un peu plus tard, vous montez l'admirable escalier de l'Opéra, ou les plus humbles degrés de la Comédie Française ou de l'Odéon, vous rencontrez tout de suite d'abord la vendeuse de programme.C'est un franc, plus le pourboire de cette vendeuse qui a l'amabilité intéressée; vous montez encore, — en supposant que vous n'êtes pas assez riche pour vous offrir l'orchestre —¦ A votre étage, voici le vestiaire: de bon ou de mauvais gré on vous y fait arrêter.Quatre ou cinq bonnes femmes rapaces veulent se partager vos dépouilles; c'est à qui vous remettrait une fiche numérotée que l'on ne manquera pas de bien vous faire payer à la sortie.Entrez enfin.L'ouvreuse se précipite, vous place et tend la main pour votre coupon et sa récompense.Si vous n'êtes pas, suivant elle, assez généreuse, elle vous insulte, piaille et fait tant et si bien qu'elle vous force à redonner un franc ou deux.Il se peut aussi qu'étant entrée au moment où l'ouvreuse courait ailleurs, vous trouviez seule votre place et vous y installiez.Eh bien, elle vient quand même réclamer son coupon et son pourboire, et avec un tel air exigeant que vous n'osez pas refuser.Ce qui fait qu'après la représentation, lorsque vous rentrez chez vous et additionnez tout, vous découvrez que les faux frais vous ont coûté autant que votre billet d'entrée.C'est vexant, irritant, et partout la même chose.Au restaurant, à la pâtisserie, vous devez toujours donner en plus au moins dix pour cent à la fille de table qui vous sert.Si vous l'oubliez, elle vous suit jusqu'à la porte et son visage ne cache rien de sa pensée.Et il y a les L'OISEAU BLEU 215 taxis! Quand le chauffeur vous dit après la course: "C'est trois, ou quatre, ou cinq francs," c'est cela, mais sans le pourboire.Vous payez, et si vous paraissez un peu pressé, vous le verrez fureter avec tant de lenteur dans son porte-monnaie que si vous lui avez donné un billet de cinq francs pour trois que vous lui deviez, il empochera le tout moins deux ou trois sous.Si, au contraire, vous n'ajoutez pas pour lui tout à fait ce qu'il rêve, il s'insurge, réclame, insiste, gesticule, et vous êtes derechef la dupe qui donne deux fois trop.Mais le plus agaçant, le plus onéreux, le plus terrible, c'est de séjourner dans un hôtel chic.un palace, comme on dit en français! Vous aurez dans ce guêpier à distribuer un nombre incalculable de petites sommes à de grands et moyens escogriffes qui vous auront ou ne vous auront pas servis: à deux filles de chambre au moins, à.deux garçons de table, à deux chasseurs, au concierge, au cireur de bottes; une des filles de chambre aura réellement fait votre chambre tandis que les soins de l'autre à votre égard se sont bornés à des rencontres dans le corridor! un valet de chambre vous aura monté votre déjeuner, deux garçons de table différents vous auront servi chacun des autres repas; les petits chasseurs vous auront regardés passer dans le hall.Ils vous auraient volontiers ouvert la porte, mais elle l'était en l'honneur de l'été.Ils vous auraient aussi monté vos lettres si vous en aviez reçu! Le concierge, lui, les aurait numérotées et il vous donnera le jour du départ votre note.c'est le seul service qu'il vous rend, en réalité, et quel service! Pour ce qui est du cireur de bottes et du garçon de l'ascenseur, ce sont eux qui auront mérité le plus; et cependant, à cause de tous les autres, leur part se trouvera forcément restreinte.Dans les petits hôtels, dans les pensions, partout c'est le même usage.Quand vous sonnez un domestique, vous ne devez pas le laisser repartir sans le dédommager.Au 33, je me reposais de tout cela.Julienne, Léontine, Claire et Eugénie travaillaient surtout pour gagner le ciel.Elles étaient de l'an- cien régime, attachées de cœur à ceux qu'elles servaient.Il advint qu'en certaines occasions je leur donnai de l'argent.Leur premier geste, toujours, fut de le refuser.Elles disaient: "On vous aime bien, et ce que nous faisons pour vous, si cela vous fait plaisir, cela nous récompense.Nous ne voulons pas autre chose".Pour les convaincre qu'elles devaient prendre les petites pièces que je leur offrais, il me fallait toujours dire: "Vous en ferez cadeau à vos nièces!" Avec ce prétexte, elles acceptaient.Elles avaient toutes des nièces qu'elles adoraient et pour qui elles réservaient les douceurs qu'on leur donnait.Rien ne surprend et n'amuse peut-être davantage une Canadienne à Paris que la quantité innombrable de petites merceries, de petites épiceries, de petites charcuteries, de petites teintureries, de petites blanchisseries, de petites brasseries, boulangeries, pâtisseries! Ces boutiques se touchent, se suivent et recommencent, alignées dans toutes les vieilles rues comme sur une robe, une garniture de boutons.Il y en a, on dirait, pour fournir chaque dix ou douze familles.En face du 33, il y avait une crémerie, puis une épicerie.A côté, une pâtisserie; un peu a l'est, une autre crémerie; et encore, une bras-, série, une marchande de journaux et un marchand de bois.Rue de Fleurus, à deux pas, les, commerces se répétaient.Rue de Vaugirard.même alignement.Rue Madame, encore.Et partout! Tous ces établissements sont naturellement modestes.Ils tiennent tout entiers apparemment dans une seule pièce, contiguë à une ou deux autres servant de logement à la famille, lorsqu'il y en a une.Le plus souvent on n'y voit qu'un couple ayant dépassé la quarantaine; et le plus souvent aussi, le mari ne connaît rien à la besogne et aux provisions, et s'il se mêle d'intervenir, dè faire l'aimable, sa femme le rabroue sans cérémonie: "ta, ta, ta! ne touche à rien, toi, hein?Va-t-en.Tu embrouilles toujours tout.Tu sais bien!" Devant une petite scène semblable, j'avais envie de rire.Je n'étais jamais tentée de plaindre le pauvre homme, supposant, par ce que j'en avais lu dans les romans, que la femme avait raison et que l'homme méritait ce renvoi puisqu'il le subissait.Je l'imaginais volontiers fainéant, inutile et embarrassant, profitant du labeur et de l'économie de sa compagne.J'avais ma mercière préférée.Elle vendait aussi des journaux illustrés, et je passais chez elle une demi-heure chaque semaine, à en choisir.Elle était brune, frisée et fraîche, quoiqu'elle eût bien quarante ans.Elle était avenante et propre.Elle parlait beaucoup et surtout, elle avait une sonorité de voix inimitable pour lancer aux clients qui entraient 216 L'OISEAU BLEU ou sortaient le traditionnel: Bonjour, messieurs-dames! Je l'éeoutais avec un vrai plaisir et feuilletant mes journaux de modes, je suivais tous ses gestes de commère aimable, qu'elle fût occupée à ranger, à épousseter ou à compter ses bous.Son mari errait parfois dans la boutique.Il était beaucoup plus vieux qu'elle, très blond et très maigre.Il se hasardait aussi à servir, mais en général elle s'interposait, s'avançait, se prodiguait à trois ou quatre demandes à la fois plutôt que de se fier à lui.Et encore il trouvait parfois le tour de faire une erreur.Elle s'en moquait alors, mais sans aigreur, plutôt douce et patiente.Lui se contentait de rire.Elle était vive, adroite, agile, initiée à tout: lui était lent, gauche, hésitant, beaucoup plus propre à échanger avec les clients de banals propos sur le temps qu'à enrouler d'une ficelle la moindre liasse de revues.Ma mercière me disait: "Les hommes, vous savez!".Et cela voulait dire: "Ce n'est pas bon à grand' chose, le mien en tout cas!".Des observations semblables pouvaient vous porter à croire que tous ces petits commerces existaient porte à porte, parce qu'il y avait beaucoup de femmes ayant des maris propres à rien! Autour du 33, seul un tailleur rougeaud paraissait mettre chez lui la main à la besogne.Mais, encore là, c'était la femme qui s'empressait à l'œuvre, réglait ce qu'il faudrait de temps et.d'argent pour l'ouvrage.A part ça, boulangère, teinturière, épicière, charcutière, blanchisseuse étaient uniques reines et maîtresses de leurs boutiques.Chez nous il n'y a que quelques grandes boulangeries dans chaque ville.La voiture passe à votre porte tous les jours.Et puis, le plus souvent, on commande par téléphone la viande, les épiceries, etc.et le lait vous arrive à heure fixe tous les matins aussi, sans que vous ayez à vous en soucier.A Paris, votre cuisinière va chercher le lait, le pain, (et il n'est jamais enveloppé, il s'en vient tout nu sous son bras!) la viande, pour chaque repas; le beurre, elle ira vous l'acheter en petit rouleau d'un sixième de livre, si vous voulez.Quand vous n'avez pas de bonne, vous faites vous-même toutes ces courses; vous revenez les bras remplis de légumes étalés.on ne vous enveloppe que la viande.Et vous porterez aussi vos fagots, si votre cheminée en réclame.Vous vous écrierez, mes petites sœurs canadiennes, que cela doit être horriblement malcommode; vous ne pouvez pas vous imaginer que l'on ait l'audace de vendre du lait, du thé, du café, et de n'avoir ni téléphone, ni voiture.Vous penserez que c'est un manque de sens pratique absolument honteux, un gaspillage de pas et de temps.Peut-être aurez-vous raison.Mais Paris, vraiment, ne serait pas ce qu'il est, si l'on n'y voyait pas, aux mains de You3 revenez, les bras remplis de légumes.bonnes femmes en cheveux, promener tant de jattes de lait, tant de longs pains dorés, et de si belles bottes de laitue! Paris, en dépit de ses merveilles et de la splendeur de ses palais, aurait sûrement moins de charme, sans ses vieilles routines qui font son visage si pittoresque et si personnel.(À suivre) Michelle Le Normand CE QU'ON ENTEND A la chasse: —Vous faites donc de la politique?—Comment le savez-vous?—A chaque instant vous changez votre fusil d'épaule.Le président.—Vous avouez avoir trouvé ce portefeuille.Mais vous n'avez pas rendu l'argent qu'il contenait.Le prévenu.—Je vous demande pardon, j'ai rendu l'argent.Le président.—Comment cela?Le propriétaire prétend le contraire.Le prévenu.—Mais je n'ai pas rendu l'argent à son propriétaire, je l'ai rendu à la circulation.EXPLICATION Josette—Maman, pourquoi y a-t-il de la croûte autour du pain?Lucette—C'est pour retenir la mie, qui sans cela s'émietterait. L'OISEAU BLEU 217 EXQUISSES DE PETITS CARACTERES Bébé Charles vient de s'éveiller.Il ne dit rien, regarde tout autour de lui et aperçoit dans l'angle opposé de sa ehambrette un autre petit lit, parallèle au sien.Son jeune frère, âgé de dix-huit mois, y repose.C'est du nouveau, cela n'était pas hier.Une petite sœur, à la sourdine, est arrivée et tout bonnement s'est installée dans le berceau du frérot, tout à côté du lit de "petite mère".On n'a pas cherché à déloger la mignonne, une boule rose, un poupon dodu, avec de minuscules poings fermés.Tous les deux la regardent longuement; l'aîné soupire et se jette dans les bras de maman pendant que l'autre va, à son tour, se blottir dans ceux de l'heureux papa.On fait comprendre que chacun n'a pas perdu sa place et des baisers closent cette scène.La ehambrette est aménagée avec simplicité et goût, elle communique avec celle de la maman.Une grande fenêtre, donnant sur le jardin laisse pénétrer à flot la lumière et invite le soleil à prodiguer avec profusion ses bienfaisants rayons.Les petits lits sont tout blancs; à la muraille sont appendues quelques gravures qui parleront plus tard à l'âme des enfants encore trop jeunes pour comprendre, mais en revanche, un beau Christ d'ivoire est fixé au mur, faisant face aux lits des enfants.Les deux chérubins le connaissent bien le "bon Zézu" et ils l'aiment déjà beaucoup.Tous les matins et tous les soirs, Charles, l'aîné, fait sa courte prière, oh! pas seul allez, car il n'a que trois ans, mais avec sa maman qui lui suggère les doux mots du Notre Père et de i'Avé! Souvent maman est dupe volontaire d'un aimable "tour".Charles, de connivence avec papa, monte vite à la ehambrette et la prière est récitée avec "l'autre" gardien de la famille.L'enfant a bientôt fait de clore ses paupières.Alors on entend le père, penché au-dessus du lit, de son aîné, dire seul l'Avô qui enveloppe le cher ange, puis, se dirigeant vers l'autre lit blanc en fait autant, répétant le même acte de foi, le renouvelant, en troisième lieu, sur la petite créature vagissante dans le berceau de l'autre chambre.Ces chers êtres sont l'espoir de leurs papa et maman et ceux-ci sont-ils pénétrés de leurs devoirs bien doux, sans doute, mais aussi bien redoutables dans l'orientation de ces âmes confiées à leurs soins.C'est le matin! Bébé, après avoir tout regardé autour de lui, écoute le chant des oiseaux venant jusqu'à lui par la fenêtre grande ouverte, car c'est l'été.Il appelle! Maman vient lui mettre une jolie blouse blanche, genre russe, relève les boucles blondes et descend le grand escalier, marche par marche, au pas de bébé.Papa est dans la salle à manger, bébé prend à la volée un chaud baiser, puis court à la cuisine.Oh! il a une faim de loup.et Marie, la bonne, ne va pas assez vite à son gré.Notre bambin en prend humeur.On l'invite alors à se bercer dans sa chaise rouge, en attendant sa tartine.Il y va, mais avec un air maussade et grognon.Ses parents, de loin, l'épient.Enfin la bonne apporte à "monsieur" la tartine si vivement convoitée; il la prend et ne dit rien.—"Voyons! que dit-on, Charles, lorsqu'on vous donne quelque chose ?Notre bout d'homme ne dit mot et son mutisme entêté se prolonge.Alors, à la troisième sollicitation, l'enfant terrible de répondre: "On dit "mange"! Aussitôt papa, au visage sévère, est là dans la porte, il a tout entendu et ne rira pas de ce mot de sortie.L'enfant a compris et dit son "merci" 218 L'OISEAU BLEU On lui fait demander pardon pour son impertinente boutade.Notre lutin, depuis, n'a jamais récidivé.« * Un an plus tard! Nos deux petits bouts d'hommes, coquettement habillés de blanc, qui se promènent sur la grande véranda, regardent les oiseaux esquisser des cercles et des zig-zags bien tourmentés, dans le grand ciel bleu.L'aîné, quatre ans, est songeur et avec persistance regarde le vol capricieux des voyageurs aériens.Tout à coup, en courant, il va se jeter dans les bras de sa maman, lui disant: "Oh! Chariot aussi a des ailes, elles sont en dedans; moi aussi, je volerai dans ce beau ciel!" Maman, émue, engage alors l'enfant à retourner à ses jeux et à amuser le frérot qu'on entend crier et qui appelle son Charles.11 revient vers le diablotin et d'un, voilà deux espiègles, deux vrais prosaïques.—"Nous allons faire de la peinture.dis, veux-tu, Lulu ?"' et se dirigeant vers une armoire où loge la glacière, il l'ouvre, s'empare d'une terrine de saindoux congelé.Les deux enfants vont s'installer du côté de la maison inondé par un chaud soleil d'août.et ô stupeur!.à pleines mains, ils prennent la graisse fraîche et "peinturent" la maison.tout cela en grand silence!!! La maman, n'entendant plus gazouiller ses lutins, s'inquiète.Les enfants sont si étranges parfois! Une amie, au salon, essaye de dire quelques paroles tranquillisantes, mais sans l'écouter, sur la pointe des pieds la mère avance et regarde par la porte entre-bâillôe.Oh! spectacle comique, elle ne reconnaît plus ses deux blancs bambins.Ils sont là devant elle, couverts de graisse, de la tête aux pieds.Avec un silence imperturbable, ils peinturent la maison, les menottes perdues dans le suif fondant.On ne peut s'empêcher de rire.Il n'y a que la vieille bonne qui ne partage pas la gaieté.Pensez donc! quel fameux bain nos deux diablotins devront recevoir.Je crois bien que ce jour-là, il leur en faudra deux!!! Fauvette CORRESPONDANCE Mimi, Blanc-blanc—Merci de votre chère missive, oh! si intéressante! Vous êtes institutrice apôtre.Puisse le divin Modèle vous faire bien large sa part de bénédictions.Je vous écrirai longuement.L'ami Guy—Vous avez dû recevoir ma lettre.Mon petit ami ne m'a pas donné signe de vie.Pas de nouvelles, bonnes nouvelles dit le dicton.Fauvette aime mieux recevoir un mot, bien qu'en dise le populaire proverbe.Bonnes amitiés et à vos jeunes confrères collégiens.Diablotin—Aff ectueux souvenir ! Lorraine Sl-G.—Merci de votre intéressante lettre! Vœux de succès dans vos études.Affectueux souvenir.Jeannine—Succès et bonheur toujours auprès des enfants que vous aimez si maternellement.A bientôt.Feu-Follet—Bonnes et affectueuses amitiés à la chère amie de "chez nous".Votre santé vous revient-elle ?Fauvette prie bien pour celle qu'elle aime profondément.Sœur Jeanne me prie de vous dire que les graphologies suivantes ont été expédiées par courrier postal: Mlle M.-R.Quesnel, Chène-ville; Marguerite Ouellet; Mariette de Blois; Rachel Grégoire; Romain Baril; Trois-Rivières; Jean Décarie, Léona Roy, Maine; M.Lefeb-vre, Gaston Blouin, Sherbrooke; Jeanne Louis, Québec; René Roberge, Gaspê; Ludovic Ouelle, Réjane Larocque, Montréal.Sœur Jeanne et Fauvette saluent amicalement tous leurs nombreux correspondants.C.F.GRAPHOLOGIE Telle écriture, tel caractère! C'est ce que vous dira Sœur Jeanne, notre graphologue, pourvu que vous lui envoyiez dix lignes d'écriture et de composition personnelles, sur papier non réglé, le tout accompagné de la modique somme de vingt-cinq sous.Adressez: SŒUR JEANNE L'OISEAU BLEU 1182, rue Saint-Laurent Montréal, P.Q.Les aventures d'Alma "CpLLE releva pour la première fois sur ses •*-/ yeux d'un brun doré ses paupières ornées de longs cils en quelque ville d'Allemagne dont j'ignore le nom.Elle se vit entourée de plusieurs milliers de ses sœurs.Quelques-unes avaient comme elle de lourdes paupières qui dans le sommeil dérobaient leurs prunelles ambrées et une opulente chevelure brune et ondulée ; d'autres avaient des yeux bleus qui paraissaient emprunter leur nuance azurée à quelque coin du ciel et leurs cheveux étaient couleur de blé mûr; d'autres enfin se paraient de boucles d'un roux ardent qui mettaient sur leur front et sur leurs yeux d'un vert d'éme-raude comme un reflet de soleil.Peu de temps après elle prit place avec ses compagnes sur un navire marchand en partance pour l'Amérique; celui-ci débarqua ses passagères dans le port de Montréal.Les voya- L'OISEAU BLEU 219 geuses se dispersèrent.Les unes partirent en chemin de fer pour les provinces de l'Ouest; les autres, au nombre desquelles était Aima, furent dirigées vers l'entrepôt d'un grand importateur où elles furent rangées en ordre sur des tablettes, car vous l'avez sans doute déjà deviné, Aima, comme ses sœurs, était une poupée! Elle vécut là plusieurs mois dans la boîte de carton qui l'abritait de la poussière jusqu'à ce qu'un marchand l'achetât qui ne la connaissait pas autrement que par une sommaire description.Elle ne fut pas longtemps au village où on l'avait expédiée car une dame, une bonne marraine, la trouvant jolie, l'acquit pour sa filleule.Celle-ci, qui s'appelait Jeanne, vint un jour la chercher et une joie étonnée se lut sur son visage lorsqu'on enleva le couvercle qui dérobait à ses yeux cette merveille de beauté: une poupée aux cheveux frisés, plus jolie que toutes celles qu'elle avait vues jusque là, une poupée parée d'une robe de soie et, chose inouïe, gui dormaitl c'est-à-dire que lorsqu'on la couchait, ses paupières s'abaissaient sur ses grands yeux de topaze.Mais soit que celle à qui on l'avait confiée n'eût pas mérité pareille faveur car.il paraît qu'elle n'était pas toujours docile; soit qu'on jugeât plus prudent de ne pas la mettre tout de suite entre les mains de la petite fille, Aima dormit quelques mois encore au fond d'une armoire d'où un jour on la tira enfin, fraîche et pimpante dans sa toilette rouge coquelicot garnie de dentelles.Une grande capeline assortie à sa robe coiffait ses cheveux cndulôs et ses pieds moulés dans des bas chair chaussaient des souliers vernis noirs.En un mot Aima était une très élégante poupée à qui sa jeune maîtresse ne trouvait qu'une chose à reprocher: son origine allemande! Car on était alors à l'époque de la guerre et la fillette qui entendait chaque jour commenter par ses parents les nouvelles apportées par les journaux ne professait pas une grande estime pour les Boches, ce qui ne l'empêcha pas d'aimer sa fille de tout son cœur.Ce n'est pas de son propre choix que sa petite mère l'avait appelée ALMA, car l'eût-elle baptisée elle-même qu'elle ne lui eût probablement jamais donné ce nom, mais la poupée le portait gravé sur la nuque, alors que faire sinon lui laisser le prénom qu'elle avait apporté "en naissant?" Cependant Jeanne eut un jour la velléité de la rebaptiser.Elle l'appela Alice, puis Sabine, et puis je ne sais plus de quels autres noms adoptés par caprice d'un moment et sitôt oubliés.Mais chaque fois que la petite fille faisait sa toilette à Aima, la vue du nom gravé sur le cou de celle-ci lui était comme un rappel importun de ses origines.Alors, avec le temps, elle en prit son parti et Aima reprit et garda son nom.Elle coula plusieurs années heureuses auprès de sa jeune maman, du moins je suppose qu'elles furent heureuses!.Jeanne était très coquette pour sa fille et lui confectionna maintes toilettes.J'ai souvenance de tel petit chapeau de satin noir sur lequel une étroite retaille de fourrure blanche tenait lieu de.plume d'autruche! La fillette avait quelquefois aussi recours à l'habileté d'une compagne plus adroite qui tailla un jour dans un vieux foulard de soit mauve à carreaux une robe ravissante!.Mais la petite mère sans cœur qu'était alors cette Jeanne, que je ne voudrais pas vous citer en exemple, n'hésitait pas à vendre ses autres enfants pour mieux parer sa fille chérie.Eh! oui! Une voisine de son âge qui faisait de l'œil à une autre poupée, moins jolie qu'Aima mais beaucoup plus mignonne, offrit en échange un beau manteau de flanelle rouge fait sur mesures pour la grande poupée.Et, horreur sans nom! Jeanne accepta ce troc ignoble et n'en éprouva même pas de remords! Mais on est toujours puni par où l'on a péché! Jeanne devait expier durement son amour exclusif pour Aima.Le père de la fillette avait décidé de reconstruire sa maison.De nombreux matériaux étaient pour cela réunis dans la cour.Briques et pierres s'empilaient au pied de l'escalier de service.Or un jour que Jeanne avait joué longtemps dehors avec sa poupée, elle résolut de rentrer.Etait-ce fatigue ou négligence?.Elle tenait en tout cas sa fille fort mollement sur son bras, aussi celle-ci lui échappa et alla se fracasser la figure sur une large pierre.Je ne vous décrirai pas le désespoir de la fillette de neuf ans.Elle versa toutes ses larmes jusqu'à ce qu'une cousine charitable lui assurât qu'elle remettrait sa fille en état de vivre; évidemment elle porterait des cicatrices le reste de ses jours.Aima vécut encore quelques années et mourut, vous le devinez, des suites de son accident.Mais celle qui l'avait aimée si exclusivement ne voulut pas que sa poupée connût la destruction complète.Je sais qu'elle a conservé quelque part, parmi ses souvenirs d'enfance, une relique de la brune Aima: ses yeux de topaze.Ariane L'Oiseau bleu est publié par la 8ociété Saint-Jean-BaptisU de Montréal, 1182, rue Saint-Laurent, à Montréal.Alphonse de la Rochelle, directeur.—La revue ne parait paa en Juillet et août. 22C L'OISEAU BLEU Concours littéraire de Y Oiseau bleu ?Avril vous apporte, jeunes amis, le traditionnel concours littéraire de notre revue.L'année 1934 est mine d'or et renferme des faits mémorables qu'il vous fera plaisir de traiter en un substantiel travail littéraire.Invitation cordiale vous est faite à participer à ce concours, dont voici les sujets proposés: I.Décrire l'arrivée de Jacques Cartier à Gaspé — découverte du Canada.II.Biographie de Ludger Duvernay, fondateur de la Société de Saint-Jean-Baptiste.III.Ilécit de la fondation de la Société de Saint-Jean-Baptiste au banquet qui eut lieu le 24 juin 1834 dans le jardin de M.McDonnell, à Montréal.Vite à l'œuvre!.Fouillez les bouquins qui peuvent vous être utiles et surtout soyez persévérants au travail.Labor omnia vincit improbus.Conditions: Les compositions ne devront pas compter plus de 700 mots; il sera tenu juste compte et de la forme et du fond.Les réponses devront être écrites et signées très lisiblement et porter au long l'adresse du concurrent.Le jury sera constitué incessamment.Sa décision sera sans appel.La limite d'âge pour pouvoir concourir est fixée à dix-sept ans inclusivement.Le résultat du concours sera annoncé dans l'Oiseau bleu de juin-juillet 1934 et dans les journaux.Ce concours s'ouvre avec la publication de l'Oiseau bleu d'avril.Les réponses seront reçues jusqu'au 31 mai à midi.De jolis prix, offerts par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, seront donnés en récompense.Le Directeur. L'OISEAU BLEU 221 Concours Mensuels CONCOURS D'AVRIL 1934 1 — Corrigez: a) Je l'ai embarré.b) Comment se vendent les œufs.c) Il en arrache.2 — Sait-on: a) Qui est surnommé le "Léonidas canadien"?6) Quel volume vient de publier l'abbé Lionel Groulx?3 — Sans ma tête, je suis poisson.Remettez ma tête et je sonne.Faire parvenir ses solutions au plus tard le 30 avril à L'OISEAU BLEU 1182, rue Saint-Laurent Concours d'avril 103/, Montréal, P.Q.RÉSULTAT DU CONCOURS l)F, MARS 1934 MOTS CROISÉS Horizontalement 1—mi — si 2—réduire 3—id — t — an 4—dey — oft 5—ec — d — le 6—sidérés 7—no — os Verticalement 1—rides 2—médecin 3—id — y — do 4—ut — dé 5—si — o — ro 6—éraflés 7—entes(noH pas: entés) .Deux cent cinquante-huit questions — dont treize inexactes — nous sont parvenues.Tous les concurrents ont fait preuve d'initiative et d'ordre.Félicitations cordiales.Le sort a favorisé: Mlle Yvette Cour noyer 279, rue de Boisbriand Montréal Mlle Jeanne Réniillard 188, rue Dumoulin Saint-Boniface, Man.Mlle Evelyne Faucher Académie Sainte-Anne Marlboro, Mass.M.Gustave Albert Ecole du Sacré-Cœur Grand'Mère, P.Q.M.J.Stanton 65, rue de l'Esplanade, Québec Mlle Thérèse Bilodeau 41, Ave Empress Ottawa, Ont.Une prime de cinquante sous a été envoyée à chacun des heureux gagnants.BONS MOTS UNE RÉSOLUTION DIFFICILE A TENIR Ginette déjeune avec des petites amies.A peine à table, elle commence à bavarder.—Tais-toi un peu, lui dit sa sœur, tu n'arrêtes pas de parler.—C'est bien, répond Ginette, vexée, je n'ouvrirai pas la bouche de tout le repas.L'ESPRIT DU GARDE CHAMPETRE Le garde champêtre, au chauffeur d'auto: —Vous avez votre permis de conduire ?—Mais oui, vous voulez le voir ?—Ce n'est pas la peine, puisque vous l'avez, mais vous savez si vous ne l'aviez pas, il faudrait nie le montrer.Ce qu'il faut lire Livres à acheter à vos jeunes filles: Autour de la maison, Le nom dans le bronze, de Michelle le Normand.En vente chez l'auteur, 1G3, rue Mackay, à Ottawa, et dans toute bonne librairie.SI.00 l'exemplaire franco.* * * Procurez à vos fils ce volume qu'un prêtre a bien voulu préparer pour faire mieux connaître une âme d'élite.GERARD RAYMOND (1912-1932).Les extraits du journal de ce jeune homme touchent profondément; on se sent attiré par cette âme d'élite, on a confiance en lui, on le prie avec ferveur.Ceux qui obtiendraient des faveurs par son intercession voudront bien avertir M.l'abbé Oscar Genest, du séminaire de Québec.* * * Lisez et faites lire LE PETIT JACQUES Jacques Bernard, né à Montréal, a été baptisé dans l'église de Saint-Henri, le 24 mai 1918, en la fête de Notre-Dame-de-Bon-Secours.Il fut admis à faire sa première communion à 4 ans et 11 mois, le 29 avril 1923, jour de la béatification de Sœur Thérèse-de-l'Enfant-Jésus.Il mourut en prédestiné, à Belœil, diocèse de Saint-Hyacinthe, le 16 mai 1927, à 9 ans moins huit jours.Lisez et faites lire Le Petit Jacques.On peut se procurer ce volume au Juniorat des Oblats de Marie-Immaculée, à Chambly-Bassin, P.Q., Canada. 222 L'OISEAU BLhU RIONS UN PEU UN ENDROIT POISSONNEUX Le gamin, au pêcheur à la ligne—Vous n'avez pas l'air de prendre grand'chose, M'sieur.Si vous voulez, je puis vous indiquer un endroit où vous trouverez beaucoup de poisson.Le pêcheur—Vraiment?Est-ce loin d'ici?Le gamin—A deux pas; c'est chez mon père qui tient une poissonnerie.IL Y A PINS ET PAINS Le docteur, à son client.— Vous avez besoin pour votre santé de respirer l'odeur des pins.Le client.— Mais je ne fais que cela toute la journée, je suis boulanger.JUGEMENT HÂTIF Un petit garçon apporte un message au châtelain qui le reçoit dans sa bibliothèque.Le gamin, médusé, montrant les livres: —Vous avez lu tout ça, M'sieur?—Mais oui, mon enfant.—Ben vrai! On voit que vous n'avez rien à faire! LE JARDINIER ET SON MAITRE Un bourgeois qui était à sa maison de campagne se promenait dans son jardin pendant l'ardeur du soleil.Son jardinier, qui ne l'attendait pas si tôt, s'était endormi sous des arbres fruitiers.Il va le trouver tout en colère.—Comment, coquin, lui crie-t-il, tu dors au lieu de travailler; tu n'es pas digne que le soleil t'éclaire.—C'est aussi pour cette raison, lui dit le jardinier en se frottant les yeux, que je me suis mis à'l'ombre.La Photogravure Nationale, Ltée 59, rue Sainte-Catherine Ouest MONTRÉAL Téléphone: MArquette 4549 Dessins - Vignettes - Photographies COMPOSITIONS DE M.EDM0ND-J.MASSICOTTE Gravures du terroir, format 14 x 17 —Le retour de la messe de Minuit pouces, imprimées sur papier de grand —Les sucres luxe.—Une épluchette de blé-d'Inde —.—Le saint Viatique à la campagne Chaque sujet.60 TT M1, t__K B _ —Une veillée d autrefois Franco.65 _ ., , _ ., _ —La visite de la quête de lEnfant- Les 17 sujets.8.50 M Franco.8.50 J*SUS ., .—Le réveillon de Noel —Le traditionnel gâteau des Rois —La bénédiction du Jour de l'An —Un magasin général de jadis —Le mardi gras à la campagne —La prière en famille —Une Messe de minuit dans un —Une noce d'autrefois chantier d'autrefois —L'Angélus —Les visites du Jour de l'An au temps —La fournée au bon vieux temps passé.Service de Librairie du Devoir 430.rue Nctre-Dame Est Montréal L'OISEAU BLEU 223 Une page d'histoire LE MARQUIS de la GALISSONNIÈRE m.de la gallissonnière Le marquis Roland-Michel de la Galis-sonnière fut gouverneur intérimaire de la Nouvelle-France pendant la captivité du marquis de la Jonquière en Angleterre.Il débarqua à Québec le 17 septembre 1747.Actif et énergique, sa première préoccupation fut d'étudier la situation de la colonie, de se rendre compte de sa population, de ses ressources et de son commerce.Son savoir était vraiment étonnant; il s'étendait, écrit Peter Kalm, à toutes les branches de la science, surtout à l'histoire naturelle; il se révélait comme un autre Linné.Pour la défense du Canada, il proposa de construire de nouveaux forts: ceux de Gaspareau et de Beauséjour sur l'isthme d'Acadie; il envoya un corps de troupe à la baie de Fundy avec ordre de repousser les forces anglaises si elles sortaient de la péninsule de la Nouvelle-Ecosse.Il s'occupa avec intelligence à fortifier la vallée de l'Ohio, toujours tant convoitée par les Anglais.Il protégea et maintint les droits exclusifs de la France dans cette région en y envoyant M.Céloron de Blainville.Il plaça une garnison respectable à Détroit, fit relever le fort de la baie Verte et ordonna d'en construire un autre chez les Sioux.Il fit élever une redoute à Rouillé, aujourd'hui Toronto, et ériger le fort de la Présentation (Ogdensburg), sur les instances de M.François Picquet, sulpicien.C'était là une première ligne de défense que d'autres travaux plus importants devaient compléter, quand au mois d'août 1749 arriva à Québec M.de la Jonquière pour occuper le poste de gouverneur général du Canada.Deux années avaient suffi à M.de la Galissonnière pour fortifier les frontières, réorganiser la milice dont il porta l'effectif à 12,000 hommes et assurer, pour quelques années, par des mesures nécessaires et énergiques, l'héroïque résistance des Canadiens aux armées des Anglo-Américains.M.de la Galissonnière était né à Rochefort le 11 novembre! 1693; il mourut à Nemours le 26 octobre 1756 en se rendant de Toulon à Fontainebleau où Louis XV l'attendait pour lui remettre lui-môme le bâton de maréchal de France.L'histoire se renouvelle.Alertés par la dépression économique actuelle et par l'activité de leurs concurrents, les Canadiens français, à l'exemple de leurs ancêtres, estiment qu'il est de leur devoir de s'organiser sur tous les terrains.Encourageons les nôtres, achetons chez nous, assurons-nous dans nos so-sociétés nationales, voilà autant de clichés sauveurs.Il faut entendre cet appel.Oui, assurons-nous dans la Sauvegarde, la seule compagnie d'assurance-vie canadienne-française.Sa situation financière fait honneur aux Canadiens français et ses plans d'assurance sont aussi variés et aussi avantageux que ceux des sociétés similaires.Un peuple qui veut vivre doit rester le maître de ses institutions. Ecole Polytechnique de Montréal FONDEE EN 1873 Travaux publics — Industrie 1430, rue Saint-Denis, Montréal TELEPHONES :— Administration :— LAncaster 9207 Laboratoire Provincial des Mines :— LAncaster 7880 PROSPECTUS SUR DEMANDE _ ^ _ ECCLESTECHNIQUES DEPARTEMENT DU SECRETAIRE DE LA PROVINCE DE QUEBEC L'HONORABLE ATHANASE DAVID.SECRETAIRE DE LA PROVINCE COURS TECHNIQUE — Cours de formation technique préparant aux carrières industrielles.COURS DES METIERS — Cours préparant à l'exercice d'un métier en particulier.COURS D'APPRENTISSAGE — Cours de temps partiel organisé en collaboration avec l'industrie.(Cours d'Imprimerie à l'Ecole Technique de Montréal.) COURS SPECIAUX — Cours variés répondant à un besoin particulier.(Mécaniciens «t véhicules-moteurs et autres).COURS DU SOIR — Pour les ouvriers qui n'ont pas eu l'avantage de suivre un cours industriel complet.AUGUSTIN FRIGON ECOLE TECHNIQUE DE MONTREAL Directeur Général de l'Enseignement Technique ECOLE TECHNIQUE DE QUEBEC 1430.rue Saint-Denis MONTREAL ECOLE TECHNIQUE DE HULL ARTICLES RELIGIEUX Missels, Paroissiens, Livres d'Heures.Livres de méditations.Missels d'autel, Vies de saints, Biographies, Bréviaires.Médailles scapulalres et autres sujets; or titre fin, or solide 10 carats, argent; chaînettes appropriées.Croix, plaquettes, chevalets, bénitiers.Crucifix, bois de luxe avec filets cuivre; Corpus finis bronze et métal doré.Statues, sujets et grandeurs variés en métal, vert d'art, bronzé, doré; en plastique vieil ivoire.Chapelets, pierres taillées véritables, aventurlne, crlstal-de-roche, oell-de-tigre, Jais, montures de fantaisie, or doublé garanti.Nous Imprimons, sur commandes, les images-souvenirs.GRAINGER FRÈRES UbRôiaes.Pfcpclieits.ImpoRl&kuRS 54 ^roh
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