L'oiseau bleu /, 1 janvier 1935, avril
¦ » I HI II I- l'M< I \ SuC.H'Tf SM\ I I W H W I IS II IM Mi'\ I'Kl'AI- Rédaction, Administration et Publicité: 1182, rue Saint-Laurent MONTRÉAL Téléphone: PLateau 1131 Abonnement annuel: Canada et États-Unis: 50 sous (Payable au pair à Montréal) CONDITIONS SPÉCIALES aux écoles, collèges et couvents VOLUME XV — No 9 MONTREAL.AVRIL 1935 Le numéro 5 sous LE CHRIST EST RESSUSCITÉ 170 L'OISEAU BLEU PÂQUES A lleluia ! Alleluia ! le Christ est ressuscité comme il Va dit.Le peuple chrétien est daîis la joie.Pâques ! Les âmes se réjouissent en ce jour de fête.Les familles se réunissent; elles échangent des souhaits et des fleurs, des lis surtout, qui enjolivent les fenêtres des maisons et qui parfument les salons.Des lis.il y en a à profusion dans les églises; ils ornent les autels.Pendant la messe pascale, les regards des fidèles s'arrêtent sur les longues liges frêles et sur les fleurs d'une blancheur immaculée.Dans certains pays, le matin de Pâques, on se salue en disant: le Christ est ressuscité.Les âmes se sentent meilleures ce jour-là; elles sont toutes renouvelées par la grâce du Christ.Il faut qu'elles vivent, puisque de la mort Jésus a fait surgir la vie.Pâques, c'est la fêle du printemps, c'est la fête du renouveau, c'est la fêle de la vie.Pâques, c'est la résurrection, c'est l'entrée dans la gloire, c'est la félicité éternelle.Alleluia ! Alleluia ! L'OEUF DE PÂQUES Ding! Ding! Dong! Ding! Ding! Dong! Les cloches sonnent à toute volée.Elles annoncent la résurrection du Christ.C'est Pâques.Alleluia! Alleluia! Toute la ville est en fête; les fleurs égayent les étalages et la joie est dans tous les cœurs.Fillettes et garçonnets défilent portant précieusement de gentils paquets enveloppés avec du papier de soie retenu par une faveur bleue ou rose; ce sont les œufs de Pâques si alléchants, symboles de bonheur et d'espérance.Cependant parmi les enfants qui circulent sur le trottoir, il est une fillette qui ne semble pas partager l'allégresse générale.Ah! c'est qu'elle songe, tout en cheminant, qu'elle sera privée, cette année, de son habituel cadeau de Pâques.Elle paraît pourtant bien gentille, la mignonne Éliane, malgré la tristesse empreinte sur ses traits.Mais qui connaît les secrets de Dieu ?N'éprouve-t-il pas qui bon lui semble?Comme elle approchait de sa demeure, la fillette se dit, en s'efforçant de sourire: "Il ne faut pas que maman s'aperçoive de mon chagrin!" Maîtrisant sa tristesse, elle pénétra dans le modeste logis qu'elle occupe avec sa mère, depuis qu'elles ont été privées de celui qui était tout leur soutien et leur plus chère affection.Il y a un an, à peine, M.et Mme Armadas vivaient heureux.Ils choyaient leur unique enfant, Éliane, et lui accordaient tout ce qu'elle désirait.Le malheur s'abattit inopinément sur ce foyer.Une mauvaise spéculation amena la ruine totale.Victime de son imprudence, le chef ne put survivre à ce désastre.Restées avec de très faibles ressources, la mère et sa fille durent s'éloigner du quartier somptueux qu'elles habitaient.Mme Armadas loua quelques pièces dans une maison de rapport où la chaude affection de son Eliane parvenait à lui faire oublier un peu ses épreuves et la tristesse de son isolement.Pour subvenir à leurs besoins journaliers, la mère peignait des calendriers, des éventails ou d'autres petites merveilles qui rapportaient peu c'est vrai, mais éloignaient la misère.Ce jour-là, Éliane entra chez elle et dit à sa mère, en l'embrassant: "Entendez-vous les joyeux carillons de Pâques?" Mme Armadas sourit légèrement.Elle semblait si déprimée que sa fillette en fut alarmée et lui demanda la cause de ce nouveau souci.La pauvre femme lui avoua qu'elle n'avait plus de travail par suite de l'incendie de la maison qui lui en fournissait.De plus, le terme du loyer serait échu dans quelques jours et elle ne savait où prendre l'argent.La mère et la fille restèrent un bon moment immobiles et atterrées.Tout à coup, la fillette se leva et se dirigeant vers une armoire, elle en retira, précieusement enveloppé, un œuf en ivoire, artistiquement travaillé.C'était une vraie merveille! Son parrain, un grand voyageur, avait apporté ce joli souvenir de Chine et le lui avait donné, avant de mourir, en disant d'une voix éteinte : "Prends-le.c'est un œuf de Pâques.mon dernier cadeau.il te servira." Il n'avait pu en dire davantage.Éliane avait conservé pieusement ce joli cadeau, le seul objet de valeur qui, maintenant, lui rappelait les beaux jours de jadis. I L'OISEAU BLEU 171 S'approchant de sa mère, elle lui remit le joli bibelot en disant: "Ne nous désolons pas, chère maman; nous n'avions pas pensé que ce bel œuf en ivoire avait de la valeur.Puisque c'était le vœu de mon parrain qu'il nous serve, au moment opportun, nous pourrions le vendre et le produit nous viendrait en aide".Et l'enfant, le cœur très gros, avait de la peine à retenir ses larmes.Madame Armadas pressa bien fort sa fillette contre son cœur et lui dit: "Je ne voudrais pas te chagriner, ma chérie, tu y tiens tant à ton bel œuf"."Ça ne fait rien, maman, je l'oublierai vite s'il sert à vous tirer d'inquiétudes".Et tout doucement, l'enfant passait ses doigts sur la surface lisse de l'œuf, puis sur les ciselures comme si elle voulait lui faire une dernière caresse Mais, ô malheur! le bel œuf s'échappa de ses mains et tomba rudement sur le plancher.Élia-ne se précipita, l'âme angoissée, pour ramasser les débris du fétiche qu'elle croyait brisé.Grande fut sa surprise lorsqu'elle s'aperçut qu'il était intact.En palpant l'œuf en tous sens, l'enfant, inconsciemment, avait pressé sur un ornement qui cachait une merveille le bibelot s'était divisé en deux parties dont l'une contenait un petit paquet entouré d'ouate.La mère et l'enfant, stupéfaites, en retirèrent deux beaux diamants aux feux éblouissants.Elles croyaient rêver à la vue d'une aubaine si inattendue et insoupçonnée.Il va sans dire qu'il ne fut plus question de vendre l'œuf en ivoire.Madame Armadas et sa fille remercièrent la Providence du secours qu'Elle leur envoyait si à propos.Elles vendirent les précieuses pierres et le montant qu'elles en retirèrent leur permit de louer un appartement plus confortable et d'y faire régner un peu d'aisance.La source initiale de leur bien-être, le bel œuf de Pâques en ivoire, trône bien en évidence sur une superbe console.Sereine et confiante, la mère, soit qu'elle lise ou qu'elle accomplisse quelques travaux, porte souvent ses regards sur sa gentille Éliane dont le cœur d'or recèle un trésor encore plus précieux, à ses yeux, que celui qui était renfermé dans l'œuf aux arabesques mystérieuses.Éliane jouit pleinement du bonheur de sa mère.Aussi, chaque printemps, sa joie se mêle à l'allégresse générale, lorsqu'elle entend le gai carillon des cloches de Pâques.J.-M.NÉRI8 Croquis LA COUR "CMle est inculte.Les mauvaises herbes y fleurissent à leur gré, à l'ombre d'un érable énorme.Un lilas, des arbustes masquent ici et là la clôture grisâtre.La cour est immense pour une cour de ville, mais pas trop grande pour les enfants des quatre maisons qu'elle dessert.Il y a Marjorie, Winnifred, Ruth, il y a James, Donald, Bobby, il y a Louis et Claude.Pour tout ce petit peuple, la cour gardera une figure spéciale et merveilleuse, quand ils la reverront plus tard dans leurs souvenirs.Ils y vivent.A toute heure du jour, ils s'y rôtissent au soleil.Il y a les coins où ils jouent à des jeux de filles — à la dînette, à la poupée—quand c'est Winnifred ou Marjorie qui mènent.Il y a les coins des pâtés de sable, où les cuillères de la cuisine disparaissent d'une façon si déconcertante.Il y a enfin le domaine des chemins de fer, quand, les filles mises de côté, Bobby et James, Claude et Louis restent seuls à jouer.Car, hélas, Louis et Claude grandissent parmi des étrangers.Et déjà plusieurs fois par jour s'affirment les différences de race.On échange dans les mauvais moments des injures, des pierres et des coups de poing, quand ce ne sont pas des coups de bâton, ou des poussées qui font descendre un peu trop rapidement les escaliers des perrons.Mais il y a beaucoup de bons moments; et alors, il faut voir agir les petits hommes, conduisant leur chemin de fer; une grosse locomotive rouge, des wagons jaunes, le tout de dimensions fort respectables.Ils se construisent une voie à leur façon; ils creusent des rivières et démolissent des caisses de bois, ils édifient des ponts avec ces débris.Le train qui parcourt ce jardin sauvage doit avoir vraiment l'illusion d'un voyage réel, à l'allure que ses chauffeurs lui donnent, aux cris qu'ils poussent d'une harmonie imitative indubitable, et à ces ponts si pareils à de véritables ponts, surtout quand il a plu et que les rivières ne sont pas à sec.Longtemps le même jeu les amuse.Puis, soudain, Claude qui est le plus jeune, comprend mal un ordre, et l'orage éclate.Les divers tempéraments s'accusent alors.James démolit le pont et d'un morceau poursuit Claude qui se sauve emportant le train.Des cris qui n'imitent plus la locomotive retentissent.Et la maman survient pour entendre le plus jeune hurler dans l'anglais qu'il compose: Come on pas, James, Come on pas, go home, go home! Et Louis qui, du haut de ses cinq ans, prêche sérieusement: —You wo'nt go to Heaven, James, you wont go, if you are such a bad boy.Entendant maman, il se retourne et traduit: —Hein maman, il n'ira pas au ciel James?Cinq minutes après, la paix est faite, les ponts reconstruits et le soleil inonde la voie bizarre du chemin de fer et les têtes blondes ou brunes ôchevelées.Et la maman s'en retourne, amusée que son petit homme songe ainsi, même en jouant, aux fins dernières! Michelle Lb Normand 172 L'OISEAU BLEU Jeu choral de Dollard des Ormeaux Scénario V Garnison Français Scène Sauvages Bûcher I Choreute: (avec gestes et chant).O Montréal, tu vis / la fameuse équipée, / tu vis dix-sept Français / dont on baisait l'épée, / Croiser hardi le fer / par-dessus ton berceau, / Et mériter ce nom: / Les bravesdu Long-Sault./ (tiré d'A.Guindon) Tous reprennent le chant.II Choreute: Nous sommes à Ville-Marie.La chapelle N.-D.(Quatre voltigeurs s'avancent au milieu de la scène et se forment en carré, les mains jointes) La maison du Gouverneur.(Six voltigeurs s'avancent à gauche des premiers, le bras gauche replié sur la hanche.) La garnison (Quatre tambours et deux clairons à la droite) (Roulade.Appel) III Choreute: Le gouverneur.Le gouv.: Ville-Marie est en danger./ A qui l'honneur / de mourir pour elle?Dollard apparaît: Nous voici.Dollard: Au poste d'honneur / toujours.Les 16 braves: Au poste d'honneur / toujours.P.Souart: Notre Seigneur et Notre-Dame / vous bénissent.(Tous ont mis genou en terre.) IV D.: Jurez-vous / de défendre Ville-Marie?Tous: Nous le jurons.D.: Jurez-vous / de n'accepter aucun quartier?Tous: Nous le jurons.D.: Jurez-vous / de vaincre ou de mourir?Tous: Nous le jurons.D.: Troupe, garde à vous.Les seize obéissent.D.: Par la gauche en avant.marche.Les seize reviennent au milieu de la garnison Puis ils défilent vers le poste assigné aux Français.Moins la plupart des tambours et clairons.Choreute: Nous sommes maintenant / au fort du Long-Sault.400 sauvages surviennent.Sauvages: Ugh! les tomahawks.(Us les brandissent au-dessus de leurs têtes) Français: Vive le Roy! (Ils élèvent leurs fusils.) Sauvages: Ugh! Le.sang.(Geste de planter un poignard.) Français: Vive Dollard des Ormeaux.(Les fusils tournoient.) Sauvages: Ugh! la mort.(Geste d'étouffer un ennemi.) Français: Vive la gloire! (Ils mettent en joue.) VI Choreute: La bataille / dura dix jours pleins.Sauvages: Euh! Chiens de Français.(Ils avancent du quart de la distance.) Français: Une, deux, trois.Tah! tah! tah! — tah! tah! — tah! tah! tah! Sauvages: Euh! Euh! Mort aux Visages-Pâles.(Ils avancent d'un second quart.) Français: Une, deux.Tah! tah! — tah! tah! Sauvages: Euh! Euh! Euh! Scalp et torture.Français: Une.Tah! — tah! — tah! VII Dollard: Avant de mourir, / prions.Les 16: Avant de mourir, / prions.(Ils se mettent à genoux, moins Dollard.) Dollard: Seigneur Jésus, / notre Sauveur et notre Chef, / nous vous remercions / de cette occasion unique de dévouement./ Venez vous-même / recueillir notre sang, / et en féconder / l'avenir de notre peuple./ Seigneur Jésus, / au revoir! VIII Choreute: Ressource suprême, / Dollard / lance un baril de poudre.Sauvages qui reculent: Ah! Choreute: Le baril, hélas, retombe dans le fort.(Violente détonation.) Sauvages courent en avant: Ah! ah! ah!.IX Choreute: Iroquois, halte-là./ C'est l'heure / de la gloire immortelle.Roulade prolongée des tambours.Les sauvages se retirent à leur place.Les Français se relèvent.Morceau vibrant de clairon.X O CANADA! Les Voltigeurs de Salaberry L'OISEAU BLEU 173 NOS CHAHSO?iS POPULAIRES PETIT ttûUSSE NÛIR Sur le grand mâr d'u-ne cor.-veï-te, Un pe-hr mous-se noir chan- rair, Di-5anf d'u- ne vomn-qui- e-re, Ces mors que la brise em-por l'air, Ah qui me ren-dra le sou ri - re, De ma mè-recouvrant ses bras,.Wez.fi- \n-t fi mnn na.i/i.ro rar 1/7 rvin Kjnr mfakbn/l là.hat Fi _ l/>-r fi.l/»7 il mrvn na lez 0 mon na- vi-re,car le bon heur mat-tend là- bas.Fi-lez.fi-lez, Omon na vi - re, car le bon-heur mar-tend là - bas Quand je partis ma bonne mère Me dit: Tu vas sous d'autres cieux.Et nos savanes et la chaumière Vont disparaître de tes yeux.Pauvre enfant si tu savais lire, Je t'écrirais souvent, hélas.— Refrain — 2 — On te dira dans le voyage Que pour l'esclave est le mépris, On te dira que ton visage Est aussi sombre que les nuits.Sans écouter laisse-les dire.Ton âme est blanche, eux n'en ont pas.Ainsi chantait sur la misaine, Un petit mousse de tribord, Quand tout à coup son capitaine, Lui dit en lui montrant le port.Va, mon enfant, loin du corsaire, Sois libre et fuis les cœurs ingrats.DERNIER REFRAIN Tu vas revoir ta pauvre mère, Et le bonheur est dans ses bras.(bis). 174 L'OISEAU BLEU Le coin du philatéliste Les imperforés de M.Farley Émission sensationnelle aux États-Unis — Scandale évité — Recettes d'un million et trois quarts en perspective.Les collectionneurs à l'affût de l'actualité ont sans doute entendu parler de l'émission sensationnelle lancée à Washington le 15 mars, désignée sous le nom "d'imperforés Farley".On trouvera intéressant de connaître les détails de cette histoire piquante, unique en philatélie et qui a bien failli tourner au drame.M.James A.Farley, maître des postes général des États-Unis, a lancé, depuis son avènement à ce ministère, de nombreux et beaux timbres.A l'apparition de chacun, un certain nombre de feuilles autographiées de sa main furent remises, ainsi qu'il convenait, au président Roosevelt, grand collectionneur devant l'Eternel, à ses secrétaires et à quelques membres du cabinet.Ces feuilles se distinguaient des millions d'autres offertes aux usagers de la poste, par l'absence de perforations, ce qui, est-il utile de le dire?les plaçait dès leur naissance dans la catégorie de celles qui atteignent un prix d'or.Mais le Président et son entourage ne sont pas des spéculateurs en timbres! Tout le monde était d'accord là-dessus, quand surgit, à New-York, une feuille de 200 timbres Mother's Day, d'une valeur de 3 sous pièce, soit $6 pour le tout, pour laquelle son propriétaire recevait Du Brésil arrivent quatre beaux timbres, d'un seul dessin, de la catégorie des émissions d'Inspiration chrétienne.Ces vignettes, émises à l'occasion du 400ème anniversaire de la naissance du Pére Jésuite José de An-chleta (née aux Canaries en 1534), montrent ce grand apôtre brésilien portant une croix de grandes dimensions, entouré d'une foule de colons et d'indigènes au milieu desquels 11 exerça, en dépit d'une santé fragile, son bienfaisant ministère pendant près d'un demi-siècle.Les valeurs sont de 200 r.brun, 300 r.violet, 700 r.bleu et 1000 r.vert; le tirage global est seulement de 300,000.d'un mardi and une offre de $30,000.Rien que ça! Et cette planche portait la signature de M.Farley.Les amateurs s'émurent; les questions plurent.Quel pouvait être le possesseur clandestin de timbres imperforés d'une si grande valeur?Où les a-t-il pris ?Pourquoi ce privilège quand le commun des mortels doit se contenter des timbres ordinaires, c'est-à-dire perforés?Une protestation en fit surgir dix, vingt, cent.Devant ce chahut grandissant, M.Farley, interrogé par le Tribune-Herald de New-York, voulut bien fournir des explications.Il raconta ce que nous avons dit plus haut au sujet de la distribution d'un petit nombre de feuilles au président et à ses collègues —¦ "que j'ai payées de ma poche", déclara-t-il, — personne n'en doutait — ajoutant: "J'ai reçu de Norfolk, Virginie, une demande que je croyais venir d'un ami, d'une feuille Mother's Day autogra-phiée.Comme il est impossible de signer en traversd'unefeuilleperforée—la plume s'accro- .02 POSTAGE O METRE K0.e?4!»l^ .REPUBLIQUE?rrAfiCûlSE 5 ?075 Postes C.015I" timbres metres Les malsons d'affaires emploient depuis quelques années dans nombre de pays des machines servant à l'apposition de cachets en remplacement des timbres adhésifs.Ce sont des compteurs automatiques, d'où le nom de meter que leur donnent les Anglais — du grec metron, mesure.Les métrés, dédaignés au début par les collectionneurs, trouvent maintenant faveur surtout en Angleterre où un catalogue — le premier du genre — paru tout récemment leur est exclusivement consacré.Ces derniers-nés de la famille postale ont sûrement en philatélie droit à une place équivalente aux timbres réguliers — Us ont le même caractère au point de vue des postes qui leur a accordé une reconnaissance officielle; leur seule différence est de ne pas être adhésifs.Nous reproduisons ci-dessus différents types de métrés.Il est à noter que depuis quelque temps, au Canada, ces cachets sont devenus bilingues; on y volt les mots postes et mètre.Leur facture graphique plutôt simple n'a pas la beauté des timbres Imagés.Cependant 11 est à prévoir que des améliorations ne tarderont pas, ainsi que la Grande-Bretagne en donne déjà l'exemple.(Voir vignette cl-contre). L'OISEAU BLEU 175 Pour faire suite aux détails publiés le mois dernier, nous reproduisons le dessin des timbres de 4 valeurs diverses qui paraîtront simultanément le 6 mal dans les 44 colonies de la Couronne à l'occasion du Jubilé du roi George V.Nous avions parlé de 43 colonies; il faut ajouter Terre-Neuve dont l'autonomie a été suspendue il y a quelques mois.che dans les petits trous — j'ai pris une feuille sortant des presses et sans la faire passer par la machine perforatrice, j'y ai mis mon nom puis l'ai adressée, sans plus, à Norfolk." "Ce fut, conclut-il, sans doute une erreur".Entre temps survinrent des rumeurs propres à attiser le feu.Des feuilles, toutes imperforées, rapportait-on, des timbres du centenaire du Maryland, de celui du Wisconsin, de la série entière des Parcs Nationaux, étaient offertes en vente à des prix fabuleux.L'erreur de M.Farley prenait les proportions d'une faute.On allait réclamer une enquête officielle quand la National Federation of Stainp Clubs, parlant au nom de ses 30,000 adhérents — chiffre fatidique — offrit une solution plus élégante et plus pratique."Que les postes américaines, suggéra-t-elle, impriment en feuilles non perforées tous les timbres formant l'objet du litige et qu'elles les mettent à la disposition du public".M.Farley se rallia aussitôt à cette suggestion et le 15 mars les imperforés sans gomme, dont la liste suit, étaient mis en vente à l'Agence Philatélique des postes américaines à Washington.Déjà les commandes de $15,000 à $20,000 par jour étaient reçues depuis trois ou quatre semaines, des quatre coins de l'Union et des pays étrangers.Voici la liste de ces fameux imperforés:- Emission de 1933: 1%i @ M ANCIEN TYPE &iK émanas NOUVEAU TYPE Nous avons vu le mois dernier que le Mandchou-kouo avait allongé son nom d'une syllabe: Ti — qui signifie empire.Les vignettes ci-dessus permettent de découvrir cette modification qui apparaît désormais sur les timbres de ce pays.Dans la vignette du bas, le 4ème signe de gaucbe signifie TI.—Un siècle de Progrès — Exposition de Chicago, le et 3c, en feuilles de 225 chacun (les deux existent déjà chacun en feuilles de 25); —Little America — Byrd, 3c, en feuilles de 150 (existe déjà en planches de 6, émises en 1934 pour l'Exposition Nationale Philatélique de New-York).Emissions de 1934: —Mother's Day, 3c, feuilles de 200 et blocs de 4; —Centenaire du Wisconsin (Jean Nicolet) 3c, feuilles de 200 et blocs de 4; —Les dix timbres des Parcs Nationaux, le à 10c inclusivement, en feuilles de 200 et blocs de 4 et les le et 3c en feuilles de 120; (existent déjà en planches de 6c: le émis en octobre à Omaha pour l'Exposition philatélique Trans-Mississipi, et 3 c, émis en août, à Atlantic City, pour l'exposition de l'American Philatélie Society).—Le timbre de la poste aérienne, 16 c, feuilles de 200 et blocs de 4.A part ces imperforés, on émettait encore sans gomme mais perforés,— pour quelle raison on ne sait pas — les deux valeurs suivantes: ALBUM DU DEBUTANT Discoverer — 64 pages, 7 x 9'/2, peut contenir 2,000 timbres — nombreuses vignettes avec renseignements sur les pays et la philatélie (texte anglais) — couverture carton illustrée en "1C couleur.«a»-/ PETIT NECESSAIRE DU DEBUTANT Contient: — 1 album de 2,000 cases, 200 timbres différents, 200 charnières, 1 carnet porte-timbres avec odontomètre — 1 filigranoscope carton, 1 paire de pincettes.Le tout, une vraie aubai- ne.*' J ACCESSOIRES INDISPENSABLES No Cl — Carnet porte-timbre, 12 bandes toile formant pochettes, 6}A x 4, très solide.15 No PI — Pincettes fini nickel, bouts aplatis pour manipuler les timbres, 3'/4 p.de long.20 No FI — Filigranoscope — Bassine noire caoutchouc durci incassable, pour découvrir les filigranes.Format 23/4 x 3'/4.25 No Ll — Loupe — Bonne lentille 1 Vi diamètre, format de poche, cercle couleur, manche blanc.20 PROFITEZ DE CES AUBAINES 105 Europe — tous différents, d'une vingtaine de pays.Régulier .25.Spécial.15 1O0 Etats-Unis — tous différents, sans enveloppes, quelques fiscaux.Rég.$1.00.Spécial.75 Port en plus sur commande de moins de $1.00.CATALOGUE GRATUIT SUR DEMANDE Bazar Postal, B'te poste 4020, Montréal 176 L'OISEAU BLEU La Suisse a doté les Institutions de bienfaisance de nouveaux timbres de franchise valables pour le service intérieur.L'idée de charité y est exprimée, sur le 5c, par l'image d'une garde-malade prtestante; sur le 10c par celle d'une soeur hospitalière catholique et sur le 20c par celle d'Henri Dunant, le père de la Croix Rouge.Emissions de 1933: —Proclamation de la paix à Newburgh, 3c., en feuilles de 400 et blocs de 4; —Little America-Byrd 3c, en feuilles de 200 et blocs de 4.Soit un total de 20 variétés mais seulement de 15 timbres différents imperforés et 2 perforés.Le coût total des planches complètes, 4040 timbres, s'élève à $190.30; celui des 15 valeurs offertes en blocs de quatre, soit 60 timbres, $3.32.Les feuilles distribuées par M.Farley perdront-elles leur énorme valeur du fait de ce nouveau lancement?Nous ne le croyons pas, puisque seules elles portent la signature du ministre des postes qui leur a conféré une qualité exclusive.Le mieux aurait été de retirer ces pièces rarissimes et les placer au musée postal à Washington.ou simplement de les détruire.Nous aurions mauvaise grâce d'insister: les collectionneurs obtiennent satisfaction, n'est-ce pas l'essentiel?Après avoir célébré leur triomphe, ils reviendront à la sérénité qui convient aux adeptes de la philatélie, pour s'apercevoir qu'en fin de compte ce sont eux, ainsi que leurs confrères d'un peu partout dans le monde, qui solderont les frais de l'aventure.Ils vont s'élever à un chiffre imposant.Aux seuls marchands et collectionneurs, l'Agence philatélique de Washington a vendu, l'an dernier, des timbres pour une somme de $811,723, soit une augmentation de 168% sur 1933.Or le tirage total des imperforés de M.Farley aura une valeur de $1,700,000 et l'on prévoit que d'ici un mois tout sera entièrement vendu.M.Farley, par un coup de fortune imprévue, aura trouvé', tout en évitant un scandale, un nouveau moyen de grossir les recettes des postes.Au moment de cette affaire, les autorités postales, à Ottawa, adressaient aux fonctionnaires une circulaire qui, en l'occurrence, a tout l'air d'un écho provoqué par l'aventure américaine.Les employés des postes, disait l'avis, qui s'adonnent à la collection des timbres, tout en méritant des encouragements, ne devront pas s'attendre à jouir de privilèges spéciaux et ne devront d'aucune façon se prévaloir de leur situation aux postes pour obtenir ou provoquer l'exécution d'actes d'un caractère philatélique touchant les oblitérations, les cachets ou autres manifestations postales qui, autrement, ne pourraient pas être obtenus.En d'autres termes, les fonctionnaires seront traités comme le public en général; les infractions seront punies sévèrement.Peut-être est-ce simplement une coïndi-denee ?Quoi qu'il en soit, la mesure est sage.Phil.Athely POUR RIRE AU BAC —Vingt sous pour passer la rivière; mais je n'ai que dix sous de monnaie sur moi.Le passeur — Montez toujours, je vous en ferai passer la moitié.Au restaurant —C'est bien du canard sauvage que vous m'avez donné?—Oh! oui, Monsieur.Il était tellement sauvage qu'il a fallu courir une heure après lui dans la basse-cour pour l'attraper.L'eau de pluie —Maman, la pluie, c'est de l'eau bénite, n'est-ce pas?—Pourquoi ?—Mais parce qu'elle tombe du ciel! Définition —Elève Balandard, qu'est-ce que le sucre?—C'est quelque chose qui donne un mauvais goût au café quand on n'en met pas dedans.OVjiMMjpffip.%A LA PHOTOGRAVURE Nationale T£L.MA HP** LIMITEE 59 ST.CATHERINE OUEST -MONTREAL L'OISEAU BLEU 177 No 34 Avril 1935 LA VIE ERRANTE DE RAFINESQUE A une récente réunion de la Société Canadienne d'Histoire Naturelle, tenue au laboratoire de botanique de V Université de Montréal, M.Emile Jacques, conservateur de l'herbier de l'Institut Botanique, a présenté une étude sur la vie errante de rafinesque, naturaliste américain germano-français.Nous reproduisons, à l'intention des lecteurs de Z'Oiseau bleu, un résumé de cette intéressante causerie.Constantin-Samuel Rafinesque est né en 1783 à Galata, quartier d'habitation européenne de Constantinople, d'un père français né à Marseille et d'une mère allemande née en Grèce.Germano-français par le sang, gréco-turc par la naissance, Rafinesque devint américain d'adoption, mais resta toujours vagabond par nature.Dès son enfance, il vint habiter Marseille où, parmi les fleurs et les fruits, il commença à jouir de la vie et s'initia à la botanique.Par la suite, le premier livre de récompense reçu à l'école étant un ouvrage de zoologie, il s'initia à cette science et devint zoologiste."Je ne suis jamais allô dans un collège régulièrement", écrit-il, "mais seul, et par la seule lecture, j'ai appris dix fois plus qu'il n'est enseigné dans les écoles.J'ai entrepris l'étude du latin, du grec, ainsi que de l'hébreu, du sanscrit, du chinois et de 50 autres langues".A 18 ans il s'embarque pour les États-Unis où, pendant trois ans, il collectionne abondamment oiseaux, reptiles, poissons, plantes, etc.En 1805, une position lucrative lui étant offerte en Sicile, il s'y rend sur l'heure.Pendant les dix années qu'il passe en Sicile, on le rencontre successivement au consulat de Palerme et dans des entreprises commerciales, notamment celles des plumes et des drogues, qui lui rapportent des bénéfices assez substantiels.Mais il ne néglige pas pour cela l'histoire naturelle.En 1915, fatigué de la Sicile, Rafinesque décide de revenir en Amérique.Le bateau fait naufrage et il perd tout son avoir: cinquante caisses renfermant des drogues et des marchandises pour le commerce, ses collections accumulées depuis vingt ans, ses livres, ses manuscrits et ses dessins.Après un hiver passé à vivoter, un ami lui trouva un poste à l'Université de Lexington."Je refusai," écrit Rafinesque, "la chaire de chimie qu'un autre ami m'aurait obtenue — beaucoup de ces professeurs sont moins chimistes que moi — mais je préférais la Botanique, la Zoologie et la Géologie.J'obtins ainsi une chaire de Botanique et d'Histoire naturelle".Rafinesque professa à Lexington de 1819 à 1825.Il essaya pendant ce temps d'établir dans cette ville un jardin botanique.Parti recueillir des souscriptions pour ce jardin, le président en profita pour le rayer de la liste des professeurs."Pour prouver sa haine envers les sciences", écrit Rafinesque, "le président avait enfoncé les portes de mes chambres, en avait donné une aux étudiants et avait jeté tous mes effets, livres et collections en un tas, dans l'autre.Il m'avait aussi destitué de mes fonctions de bibliothécaire et avait supprimé ma pension dans le collège".Ainsi s'envolait le rêve du jardin botanique."Je n'ai jamais possédé une acre de terrain", ajoute-t-il; "ce jardin aurait fait toutes mes délices: j'en avais tracé le plan moi-même; mais je dus renoncer à tout cela à la fin, et faire encore mon jardin des bois et des montagnes".Rafinesque s'installe ensuite à Philadelphie, où il professe deux ans, puis, s'étant guéri, comme il le pensait, d'une maladie chronique, il s'occupe des maux des autres et se spécialise dans les maladies des poumons.En 1835, il organise une caisse d'épargne qui paie aux déposants 6%.L'entreprise réussit et permet 178 L'OISEAU BLEU à Rafinesque de composer la plupart de ses grands ouvrages.La mort le trouva en 1840, réduit à la misère et habitant seul une mansarde.Rafinesque laissa un nombre considérable de travaux.On en a compté 941.Ils sont écrits en français, en anglais, en italien, en allemand et en latin.Ils couvrent à peu près tous les domaines du savoir: zoologie, botanique, géologie, minéralogie, médecine vétérinaire, météorologie, poésie, archéologie, astronomie, paléontologie, hybridisme, législation, morale, métaphysique, physique, chimie, mathématique, médecine, ethnographie, horticulture, anthropologie, géographie, finance, etc.Tous ces ouvrages, évidemment, ne sont pas de valeur égale.Rafinesque, cherchant partout du nouveau, finissait par en voir partout.Tout était espèce nouvelle et tout méritait d'être décrit.Lorsqu'il n'y eut plus dans le voisinage de plantes ou d'animaux nouveaux à décrire, il s'éleva dans les nuages et classifia les formes de tonnerre et d'éclairs.De cette œuvre disparate, cependant, il reste quelque chose.A se frôler à Rafinesque, on pourrait sûrement acquérir un peu de cet enthousiasme qui guida ce naturaliste et qui lui faisait écrire: "Chaque pas dans les champs, les bois ou les montagnes, semble vous offrir de nouveaux plaisirs.Ici se trouve une vieille connaissance, là une nouveauté, une plante rare, peut-être une espèce nouvelle qui vous salue! Vous la ramassez, l'examinez et la mettez dans votre cartable.En marchant pensif, vous vous demandez ce qu'elle peut être, ou ce que vous en ferez.Vous vous sentez transporté de joie, vous triomphez, vous êtes un conquérant, vous avez fait une conquête sur la nature, vous allez ajouter un objet nouveau, une page de plus à la science.Cette conquête pacifique n'a pas coûté de larmes etjvous rend fier de ne pas être inutile sur la terre".ET LA SÈVE COULE.Mars un peu timide et frileux est apparu dans la grande ronde des mois.Le miracle des sèves va s'accomplir encore une fois et la vie reprendra son idylle charmante et mystérieuse.Ecoutez.Du sein des bois se font entendre des coups sourds, des rires, des chants; un panache de fumée couronne la cime des forêts, comme d'une auréole.Le temps des sucres est venu.Dans le tronc des érables, (peut-être dans leur cœur!) on a entré des chalumeaux, des chaudières y ont été suspendues, et la sève pure coule goutte à goutte dans le récipient.Les enfants vont d'arbre en arbre, buvant à toutes les chaudières.Les hommes vont et viennent à leurs diverses occupations.Déjà une pre- mière "brassée" bout sous le toit de la cabane enfumée, et un arôme délicieux s'étend dans l'érablière en fête.Les sucres ne se font pas de la même manière partout: en Gaspésie, par exemple, la plupart des gens sont très pauvres; selon le mot de Fernald, "there are very large families in very small houses".L'été, le mari pêche sur le grand golfe bleu; l'hiver, chaussé de ses raquettes, il poursuit chevreuils et caribous.Malgré cela, ces hommes de l'eau et des bois font leurs sucres.Les chaudières sont dispendieuses, ils s'en fabriquent alors.Avec quoi?Tout simplement avec de l'écorce de bouleau.Fort adroitement, ils fabriquent une espèce de récipient long d'un pied et demi, et large d'un pied, en forme de panier.Ils piquent à chaque h Cliché A.Rousseau Et la sève coule.bout une branche sèche en guise d'épingle.Ces paniers sont très résistants, et passent l'hiver dehors.Souvent, pendant la tournée, le Gaspésien rencontrera quelque ours en train de se désaltérer.Il faut dire que les bouleaux de la Gaspésie ont une taille que nous ne leur connaissons pas L'OISEAU BLEU 179 dans nos régions.Ce ne sont plus nos petits arbres légers, graciles, mais des arbres d'un pied et demi à deux de diamètre.Aller dans les bois, au printemps, est la chose la plus aimable du monde.Le passant, l'homme de la rue, ira oublier le brouhaha de la ville, et l'étudiant la monotonie des livres et du travail.Chacun emportera précieusement, au fond de son cœur, une gerbe de poésie qui le rajeunira et lui fera envisager la vie sous un jour plus rose.Le soleil ruisselle déjà sur la colline fraîchement découverte; quelques fougères, derniers vestiges de l'an écoulé, étalent leurs dentelles sur le tapis des feuilles mortes; les bourgeons, bourrés de sève, attendent le grand signal de résurrection; encapuchonnées dans leur peluche blanche, quelques Hépatiques montrent déjà leurs petits cœurs roses.L'odeur du printemps se mêle à celle de l'érable."Il serait sans doute oiseux, écrivait le Frère Marie-Victorin, d'insister sur la fabrication du sucre d'érable.Parce que c'est une très ancienne coutume, chacun en connaît tous les détails, et la cabane à sucre sera toujours le rendez-vous joyeux où nous pouvons impunément oublier un peu les convenances sociales et nous retrouver tels qu'un implacable atavisme nous a faits: d'incorrigibles gourmands et d'éternels coureurs de bois".Marcel Raymond L'ERYTHRONE DE MON HERBIER La nature acclame le retour du printemps, tout comme une fête; les nids éclatent en chansons, tandis que dans les sous-bois s'étalent avec charme quelques rares sanguinaires et le petit lys jaune que la science dénomme Yéry-throne.Jamais on ne peut rencontrer une plus opulente colonie de ces gentilles fleurettes que dans la montagne de Rigaud.Rien d'étonnant, elles sont là, caressées par le regard maternel de la Vierge de Lourdes, qui aime d'un amour de prédilection et les fleurs et les âmes.Combien de drames se sont déroulés dans ce coin féerique où fraternisent les verdoyants érables et les peupliers, longs comme des clochers gothiques.C'est bien là, au cours d'un pèlerinage pieux, que j'ai cueilli les premiers érythrones ensevelis dans mon herbier.Je les vois encore, ces jolies fleurs pendantes, étaler leur périanthe doré, composé de six pièces conniventes en cloche à la base, et portées par une hampe de trois à six pouces.Six étamines au long filet et un pistil forment le cœur de la fleurette solitaire.Le style est simple; le stigmate indivis compte trois lobes; la capsule obovale, contractée à la base, a trois valves.Le long de la Extrait des Liliiflores du Québec par F.Marie-Victorin.L'Erythrone d'Amérique vulgairement: Ail doux ou ail-douce, une des plantes les plus caractéristiques du printemps laurentien.(a) Plante entière (b) Fleur (c) Périanthe déployé (d) Pistil tige, se dressent deux feuilles lancéolées, tachetées de brun, dont l'une est une fois plus large que l'autre.Toute cette puissante colonie florale semble heureuse de sa destinée.Jusqu'ici, son éphémère vie s'est écoulée douce et paisible, selon les traditions de sa famille.Mais voici bien qu'un jour, le plus jeune des érythrones entendit les rires frais d'une troupe de botanistes en herbe que je connais bien, et il en frémit.De fait, une de mes compagnes, apercevant le petit lys jaune, s'écrie à gorge déployée: "Oh! mes amies, venez voir cette belle plante, elle sera la première de sa famille dans nos herbiers".Comme l'enfant cruelle se penchait pour cueillir l'objet de ses désirs, — cet âge est sans pitié —¦ elle entendit, comme dans un murmure, la fleurette dire: "Enfant, laisse-moi grandir et chanter la Vierge de Lourdes!.Mais, sourde à cette supplication, Jeanne saisit aussitôt son déplantoir, déracine impitoyablement le pauvre érythrone, et nous nous acharnons à semer la mort dans les rangs de la colonie sans défense.Après sa facile conquête, trophées en mains, notre groupe s'achemine vers l'autel de la 180 L'OISEAU BLEU Vierge et lui chante son plus beau cantique.De retour au foyer, les jeunes botanistes pressent la plante entre deux livres très lourds, pour la faire sécher; et, quelques jours plus tard, la collection de chacune s'enrichissait d'un spécimen de la grande famille des Liliacées, embranchement des monocotyles.Voilà l'histoire de Yérythrone de mon herbier: tel un lys, il ne connut que les joies pures et sereines! Un jour, pourtant, sous le regard de Marie, il tomba.non pour être foulé aux pieds des pèlerins, mais pour s'immortaliser dans mon herbier!.Mathilde Lewis, 13 ans Cercle Saint-Georges, C.J.N.7e année Académie Saint-Georges, Montréal.ECHOS DU CERCLE DES CÈDRES J'ai l'honneur d'adresser à la Société Canadienne d'Histoire Naturelle le rapport du Cercle des Cèdres C.J.N., depuis septembre 1934.Dès l'ouverture des classes, l'entraindesmem-bres de notre cercle transforme chaque récréation en une sorte d'excursion.Les nouvelles recrues sont avides de pénétrer tant de merveilles dont elles n'avaient pas soupçonné l'existence jusqu'ici, mais nous désirions aller plus loin et organiser une excursion en forme.Le 12 septembre fut choisi pour cela.Notre récolte matérielle est minime: la Marguerite blanche, le Cirse des prairies, la Verge d'or du Canada, des Laiches et quelques autres plantes non identifiées, voisinent seules dans nos cartables avec des feuilles d'Érable à sucre et d'Érable des montagnes.Mais en revanche nous sommes riches d'observations et d'enthousiasme! Le 15 du même mois, ont lieu les élections; puis on fixe le programme des travaux de l'année.Nous étudierons des généralités sur les diverses parties de l'Histoire naturelle.Puisque la plupart des membres du cercle sont débutantes en la matière, il convient de soulever un coin du voile sur chaque spécialité.Le sujet suivant fut d'abord traité: Ce que comporte l'étude d'une plante.La leçon était accompagnée d'une démonstration sur le pois cultivé, spécimen facile à nous procurer à ce moment.A la deuxième réunion, on traita des minéraux en général, avec étude particulière de l'amiante dont on nous avait apporté un spécimen appréciable, pris dans un canton avoi-sinant notre paroisse.La lecture des tracts reçus, depuis deux ans, nous apporte des notions indispensables à chaque séance.La boîte aux questions réserve toujours des surprises.Enfin, nous incarnons pour ainsi dire nos observations par le dessin, dont l'histoire naturelle nous fournit d'innombrables modèles.Chacune y va de son talent et surtout de sa bonne volonté.Tout en développant nos aptitudes, nous avons confiance de poser des actes qui prouvent notre reconnaissance envers les généreux et distingués initiateurs qui veulent bien s'abaisser jusqu'à nous tendre la main pour nous attirer vers le beau, le bien et le vrai.La Secrétaire du / Cercle des Cèdres, C.J.N.Couvent du Saint-Rosaire Val-Brillant, Comté de Matapédia BOITE AUX QUESTIONS Q — Je vous envoie un joli insecte qu'on a capturé dans l'allée du jardin.Nous voudrions connaître son nom et ses habitudes, si possible.— R.D., Montréal.R.— C'est un Coléoptère de la famille des Cicindélidés, espèce Cicindela sexguttata.On le nomme en français Cicindôle à six points.L'insecte compte en effet au nombre de nos plus jolis Coléoptères.Sa couleur d'un beau vert métallique en fait une pièce fort prisée des collectionneurs.Il est d'une agilité extrême et s'envole vivement à l'approche du passant.Il fréquente les terrains sablonneux et les sentiers ensoleillés.Carnassier et vorace, il court sur le sol à la recherche de petits animaux, larves, etc., qu'il saisit avec ses puissantes mandibules.Sa larve vit dans des terriers verticaux qu'elle se creuse dans le sable.Elle se tient à l'affût à l'entrée de son gîte.Un malheureux insecte vient-il à passer près d'elle, qu'il est saisi avec la rapidité de l'éclair par deux mandibules à pointes aiguës.L'animal s'agrippe solidement aux parois de sa cachette au moyen de ses pattes et de curieux crochets charnus placés sur le dos de l'abdomen.— G.C. L'OISEAU BLEU 181 Atrattt-*0 ht IKMMM.LE PAPE CE QU'EST LE PAPE AU MONDE: a) Maître du monde: Jésus-Christ est le Maître (Professeur) du monde; or, le Pape est le Vicaire (remplaçant) de Jésus-Christ; donc, le Pape est le grand Maître.Qui vous écoule.Il puise son enseignement dans l'Évangile, les docteurs de l'Église.Il parle par: sermons, discours, encycliques.b) Des Encycliques: a) définitions; b) est-elle infaillible?(voir Rerum Novarum.questions et réponses, p.3).LES CINQ DERNIERS PAPES: Pie IX —1846.Mastaï.se rendant au conclave, colombe se pose à plusieurs reprises sur sa voiture.peuple émerveillé: c'est le Papeï a) Proclamation de l'Immaculée-Conseption en 1854.Réponse du ciel à Lourdes en 1858.b) Proclamation de l'Infaillibilité pontificale (1870).c) Perte des États Pontificaux.Zouaves pontificaux canadiens-français.Prisonnier au Vatican, 32 ans de pontificat.(En veillant, Régime anglais p.91).Léon XIII — (1872) Joachim Pecci, Une lumière dans le ciel.b) Institution du mois du Rosaire.6) Le Pape des ouvriers; seul il se lève contre les Puissants et les idées courantes, par son encyclique Rerum Novarum (Droits et devoirs des patrons et des ouvriers).Pie X — (1903) Giuseppe Sarto.Le Pape de V Eucharistie, a) Communion dès l'âge de raison.Dieu indique par avance à Dom Bosco le travail de Léon XIII et de Pie X; il vit deux tours surmontées, l'une de la Vierge (Léon XIII indiqua la Reine du Rosaire à l'Église en détresse), l'autre, du calice surmonté d'une Hostie (Pie X conseilla la communion à l'Église pour ferveur) et un vaisseau (l'Église) venant amarrer entre ces deux tours.6) Miracles de son vivant.Sa canonisation.Benoit XV — (1914) Jacques délia Chiesa.La grande guerre.a) Secours à la Russie; 50 vaisseaux sur la Mer Noire transportent des vivres.b) Fit échanger des prisonniers de guerre.c) Les Turcs de Constantinople lui ont élevé un monument.Pie XI — (1920) Achille Ratti.Le Pape des Missions.et de l'Action catholique.a) Premier Pape à parler au monde entier par radio.b) Encyclique Quadragesimo Anno (Complète l'encyclique Rerum Novarum.) c) Fête du Christ-Roi.d) Les accords de Latran avec l'Italie.DEVOIRS ENVERS LE PAPE: L'aimer.Nos zouaves versèrent leur sang pour lui prouver leur amour (En veillant, p.91.Régime anglais.) Lui obéir.Quand on aime le Pape, on ne discute pas, on obéit.Pie X.Prier pour lui, à ses intentions: gain de nombreuses indulgences.Avoir dans nos maisons son portrait.Se servir de son drapeau pour décorer.LE PAPE: livres à consulter pour la préparation de la causerie : 1.Une Histoire de l'Eglise, n'importe quel volume.2.Rerum Novarum.par questions et réponses.(Chez Granger Frères, 60 sous). 182 L'OISEAU BLEU 3.En veillant avec les Petits de chez nous.(Régime anglais) par l'abbé Gélinas.Matériel a se procurer si possible avant la séance: Portrait des 5 derniers Papes.Le drapeau pontifical.But a atteindre: Faire connaître en peu de mots les derniers papes avant d'étudier leurs directives.Livres de lecture sur sujets semblables: Papes et cardinaux (Carlo Pratti), Pie XI.Le bon Pape Pie X, La Journée du Pape.FETE DU 24 FEVRIER 1935 Le rêve que caressait la Commission des avant-gardes au mois de novembre dernier s'est réalisé.A l'encontre des plus beaux rêves, la réalité a dépassé la fiction; des 150 que nous espérions grouper, le nombre a été plus que doublé.Dès 2 h.30 la salle de l'école supérieure Saint-Stanislas était envahie par 330 avant-gardistes des 16 avant-gardes suivantes: Saint-Etienne, Lajoie, Christophe-Colomb, Richard, Meilleur, Notre-Dame-de-Grâce, Sainl-François-Solano, François-Laflèche, Saint-Victor, Dol-lard, Saint-Pierre, Champagnat, La Mennais, Saint-Charles-Garnier, Saint-François-Xavier, Joseph- Versailles.Pendant que le Rôv.Fr.Cyprien de l'avant-garde Meilleur accompagnait au piano les solistes de l'avant-garde Champagnat pour le chant de 1'A.C.J.C, le Rév.Fr.Adrien, de l'avant-garde Notre-Dame-de-Grâce, dirigeait la puissante et nombreuse chorale que formaient ces 330 voix.Après le mot de bienvenue de M.Conrad Vincelette, président de l'avant-garde Joseph-Versailles, des tournois de tennis sur table, de mississipi, de volant, de billard, de cartes, de dames et de sacs furent organisés entre les avant-gardes.Pendant la visite de l'école le diligent cercle Joseph-Versailles convertissait en un clin d'œil la salle de récréation en salle de banquet de 300 couverts.Quelle ne fut pas la surprise agréable des avant-gardistes en face de ce menu varié.Quelques-uns cependant furent un peu gênés de s'approcher; si l'estomac était vide, la bourse n'était pas mieux garnie.On avait pourtant dit que ce n'était que 15 sous et on présentait un goûter de bien au-delà.Rassurez-vous, le Rév.Frère Gracien a comme d'habitude laissé parler son cœur et, quand il vous regardait, chers amis, déguster le tout avec tant d'appétit, il avait des remords de ne pas en avoir mis plus.Le Rév.Frère Directeur en quelques mots a mis toute cette grande famille complètement à l'aise et après la récitation du bénédicité a invité tout le monde à s'approcher.Le souper fut pris en trois temps.Au début l'avant-garde Meilleur entonna le chant des Quêteux, dont le refrain fut repris en chœur par tous les convives; avant le dessert l'avant-garde Notre-Dame-de-Grâce servit la Soupe aux pois, pendant que l'avant-garde Dollard ajoutait les Crêpes; il fallait entendre les you! you! you! du chœur final.M.André Choquet de l'avant-garde Notre-Dame-de-Grâce se fit le porte-parole de ses camarades avant-gardistes pour remercier les généreux donateurs des prix qui furent distribués aux avant-gardes gagnantes, tous les dévoués organisateurs et spécialement le cercle Joseph-Versailles et les bons frères de l'École supérieure Saint-Stanislas.M.Paul-Emile Alin, président de la commission des avant-gardes, nous honorait de sa présence et a bien voulu porter la parole au nom du comité central de l'A.C.J.C.Cet inoubliable après-midi s'est terminé par le serment à la patrie, prononcé par l'avant-garde Notre-Dame-de-Grâce.Le sérieux qu'exprimaient toutes ces figures faisait contraste avec la joie qui avait régné auparavant.Tous ces corps virils à la position d'attention traduisaient la fierté de cœur et d'esprit qui gagne de plus en plus notre jeunesse.Ce serment à la patrie comme le chant de l'hymne national avait une grande signification.Bravo! jeunes avant-gardistes, vous êtes dignes de vos aînés! AVANT-CARDE SAINT-GABRIEL, ECOLE SAINT-ETIENNE Directeur: Frère Élie Aumônier: M.Raoul Ouimet.L'avant-garde Saint-Gabriel a repris son activité dès le début de septembre 1934.Le 12 septembre, les avant-gardistes élisaient leurs dignitaires pour la présente année 1934-35.Président: Ls-Charles Bouffard Vice-président: François de Belval Secrétaire: Eugène Singler Trésorier: Gérard Dupuis Chroniqueur: Gérard Grignon Porte-drapeau: Roméo Dubé.A cette première réunion, les membres décidèrent que les réunions auraient lieu régulièrement les 2ôme et 4ème mercredis de chaque mois.Le 19 septembre voyait nos avant-gardistes au pied des autels pour renouveler devant le Saint-Sacrement exposé leurs promesses du baptême et pour promettre fidélité à leurs chefs.Monsieur l'aumônier profita de la circonstance pour parler de la piété chez les avant-gardistes.Depuis ce jour les réunions ont eu lieu régulièrement deux fois par mois. L'OISEAU BLEU 183 A vril! Quel mot, semeur de vie, d'émulation, ¦^^dejoie dilatante!.Saluer avril, c'est accueillir le printemps, la chanson des oiseaux, la résurrection de la nature, les zéphirs doux et caressants, le soleil vivifiant, le sourire et le parfum des fleurs, l'éclatement des bourgeons.Avril, c'est la reviviscence! Ne vous fait-il pas de bien à l'âme de voir la nature sortie de sa longue et blanche léthargie de l'hiver?La sève monte dans les arbres et gonfle les bourgeons à l'enveloppe déjà presque déchirée par la feuille qui veut poindre.L'herbe reverdie s'émaille de fleurettes gracieuses.L'oiseau laborieux édifie avec amour le nid qui bientôt verra ôclore de la vie.Puisque l'activité reprend son cours dans la nature, il est des leçons que tous nous devons dégager de ce réveil.Quel labeur, quelle persévérance seront bientôt nôtres si nous voulons atteindre à l'épanouissement de notre intelligence! La culture de l'esprit, la formation du jugement, l'acquisition de bonnes habitudes, l'assouplissement du caractère, tout cela suppose effort soutenu, patient vouloir, lutte renouvelée, recommencements répétés, Où alors puiser cette vitalité nécessaire à la volonté, ce désir vers la montée morale et intellectuelle, sinon à la source même de la Vie, le Christ, dont la résurrection rayonne sur le monde entier, réclamant bien haut le retour de l'humanité à la Justice, à la Charité, à l'Amour?Son appel est vibrant et incessant.Que ne l'écoute-t-on pas!.Que ne ressuscite-ton pas à tous les principes vivifiants apportés par le Christ vainqueur! La Vie, nous l'avons à portée de nos âmes, de nos intelligences, de nos volontés."Si tu savais le don de Dieu"."Que celui qui a des oreilles entende." Et vous, écoliers, étudiantes, amis de notre revue, laissez le Christ pénétrer votre vie, la diviniser, la faire Sienne.Que l'allégresse pascale dilate votre âme dans la paix du grand Ressuscité! A tous, Pâques joyeuses et fructueuses! C.F.CORRESPONDANCE Cory d'Alis — Bienvenue au nouvel oisillon! Votre mot m'a fait plaisir et Fauvette regrette de n avoir pu vous répondre en mars, à vous ainsi qu'à vos chères compagnes.Vos missives intéressantes me sont parvenues trop tard.—Personne encore n'a pu nous dire si les planètes étaient habitées.Ecrivez de nouveau à Fauvette qui vous salue.Liseron des Haies — Chaleureux accueil, nouvelle correspondante.Fauvette vous répondra bientôt.Elle aime beaucoup les esprits avides de renseignements.Amicales salutations.Dauphinelle — Saluts à vous, raie du Coin.Fauvette vous accueille parmi ses oisillons affectueux.Développez en vous l'esprit d'observation si vous voulez réussir en dessin et le reste vous sera donné par surcroît.Connaissez-vous le manuel de dessin des Religieuses de Sainte-Croix?Il vous aidera certainement.Bonjour.Calla des Marais — Je trouverai, certes, une correspondante à la nouvelle amie que Fauvette "bonjoure" amicalement.Merci de vos ferventes suppliques.J'unirai les miennes aux vôtres.Amical au revoir.Lili VErmite — Accueil affectueux à l'amie nouvelle.N'est-ce pas que vous et vos compa- nUiv':.i.l- \ 184 L'OISEAU BLEU gnes écrirez de nouveau à Fauvette ?Vous me demandez un manuel de composition française ?Connaissez-vous la "Stylistique française" par E.Legrand.Procurez-vous la partie du maître.Bon succès! Espoir Québécois — Certes, vous trouverez large place et beaucoup d'affection au Coin de Fauvette.Venez souvent visiter, par missives, en personne même, Fauvette qui vous salue affectueusement.Benoîte du Ruisseau — A vous aussi mon plus cordial accueil.Puissiez-vous trouver affection et amitié au "Coin" de l'Oiseau bleu.Amical au revoir et A bientôt, n'est-ce pas?Dites bien à votre généreux donateur et à vos dévouées maîtresses que nous les remercions de l'heureuse propagande faite en faveur de notre revue, la revue des écoliers, des grands, de tous.Je souhaite de plus à toute votre classe succès aux épreuves de fin d'année.Le travail persévérant et la prière confiante vous aideront à triompher de toutes les difficultés glissées dans les questionnaires d'examens.A bientôt! Mitchella — A vous aussi accueil affectueux.Puissiez-vous vous sentir "at home" dans le nid de la Fauvette.M.-T.Buist — Votre charmante missive a causé un plaisir agréable à Fauvette, qui compte bien vous lire souvent.Salutations à votre bonne maman et, à vous, succès dans vos beaux rêves de jeunesse ardente.Sincères amitiés.Henriette Martel — Avez-vous réussi à chasser cette vilaine grippe qui vous a retenue au lit?A-t-on pu retourner à la classe?Je vous souhaite, à vous et à Thérèse L.succès et santé.Amical bonjour.Violette du sentier — Saluts affectueux à ma petite "Violette" silencieuse.A quand votre prochaine missive?Fauvette a hâte, allez! Amical bonjour.Thérèse Lajoie — Souvenir affectueux à la jeune écolière du "Coin".Bons succès toujours! Humble apôtre — A vous mon meilleur souvenir.Puisse la santé toujours vous favoriser! Fauvette vous attend en une prochaine missive.Future Ursuline — Fauvette vous "bon-joure" bien amicalement et vous souhaite vie ensoleillée et pleine d'apostolat! Soeur Jeanne me prie de vous dire que les graphologies suivantes ont été expédiées par courrier postal.Noëlla Fournier; Gilberte Hétu; Th.Monette; Monique Leblanc; Aubépine; Emilien X; Ernestine Hébert; Germaine Dufour; Fleurette Paquette; Berthe Presseau; Irène Marier; Fernande Sarrazin.Sœur Jeanne et Fauvette saluent tous ces nombreux et intéressants correspondants.CF.GRAPHOLOGIE Telle écriture, tel caractère! C'est ce que vous dira Sœur Jeanne, notre graphologue, pourvu que vous lui envoyiez des lignes d'écriture et de composition personnelles, sur papier non réglé le tout, accompagné de la modique somme de vingt-cinq sous.Adressez : Sœur Jeanne L'Oiseau bleu 1182, rue Saint-Laurent - - - - Montréal BONS MOTS Au retour du collège Le père — C'est honteux! Il ne se passe pas de jeudi que tu ne sois en retenue.Est-ce que cela va durer longtemps ?Le fils — Oh! non, papa, dans quinze jours les grandes vacances commencent.A l'examen de physique U examinateur—Quel est le meilleur isolateur connu?L'étudiant, tristement — La pauvreté, Monsieur.Jusqu'à la faiblesse —Mais ce n'est que de l'eau, votre café! —Oh! Monsieur, tout le monde vante sa bonté.—Alors, c'est une bonté qui va jusqu'à la faiblesse.Madame est rentrée Madame revient de voyage et demande à sa femme de chambre si, pendant son absence, elle a pris soin de ses chères bêtes.—Oui, il m'est arrivé une fois seulement d'oublier de donner à manger au chat.—J'espère qu'il n'en a pas souffert.—Oh! non, madame, il a mangé le canari et le perroquet.Diplomatie Un client peu distingué s'installe à une table, dans un restaurant chic, et se met à nouer sa serviette autour du cou.Le maître d'hôtel, scandalisé appelle un garçon et lui dit: —Tâchez de faire comprendre avec tact à ce monsieur que cela ne se fait pas.Le garçon s'avance rapidement vers le client et lui demande avec un parfait sérieux: —La barbe ou une coupe de cheveux, M'sieur ? L'OISEAU BLEU 185 Ce que l'on grave sur le bronze.MONTRÉAL RACONTÉ EN STYLE LAPIDAIRE (suite) n mot encore, je vous prie, cousin, avant que nous repartions, dit François.—Deux, mon petit, si tu veux.Mais fais vite.Il faut se remettre en route.L'université McGill est loin d'ici.—Assez loin, en effet, remarqua Marie, qui enfilait ses gants.—Nous pourrions prendre l'autobus, ma nièce.Vous êtes fatiguée ?—Pas du tout, oncle, mais voyez-vous, je.—Oh! oh! vos joues s'ornent de rose, jeune personne.Je devine.Il y a quelque bel amoureux sous roche.On vous attend.—François, vite, pose ta question, claironna Thérèse.Tu déranges cousine Marie.—Vite, vite, François, ajouta en riant Hélène, ou l'amoureux de Marie se vengera.—Mais vous parlez tous à ma place, fit François.Cousin, continua le garçonnet, un peu intimidé, maintenant que tous se taisaient, je voudrais connaître le nombre de plaques historiques que nous avons à voir à Montréal.—Pourquoi veux-tu connaître ce nombre, mon François ?Mais je veux bien te l'apprendre, ne te trouble pas_ ainsi.D'ailleurs, mes enfants, ajouta l'oncle Etienne, en se retournant vers ses jeunes compagnons, nous allons quitter la montagne tout de suite, et causerons tout en descendant.Prenons ce chemin à droite.Il est à la fois ombragé et désert.—Voyez-vous, cousin, reprit François, plus il y aura de plaques à voir, plus vous nous raconterez de choses.Moi, depuis l'autre jour, je pense souvent au terrible volcan que redeviendra la montagne de Montréal.—Oui, à la fin du monde, lança Thérèse avec sa vivacité habituelle.—Espérons qu'aucun de nous ne verra ce terrible événement, enfants, n'est-ce pas?reprit l'oncle d'un ton rassurant.Eh bien, François, je vais satisfaire ta curiosité.Le chiffre des plaques est assez imposant pour faire ton bonheur.J'ai l'intention, voyez-vous, mes jeunes amis, de ne vous faire grâce de rien.Je vous parlerai en temps et lieu non seulement des plaques que l'on a préservées de toute destruction, ou de celles que l'on a posées ou reposées avec soin et respect, mais encore des plaques que l'on avait simplement projeté de fixer sur quelques murs extérieurs d'édifices en outre de celles que le temps et les indifférents ont maltraitées et fait disparaître.Je vous par- lerai donc, écoutez bien, en allant de 1891 à 1935, de pas moins de 72 plaques historiques.Tu es content, François?—Oh! oui, répondit celui-ci.Thérèse aussi.Tu as compris, Thérèse, nous avons 72 plaques à voir.Retiens cela.Tu as plus de mémoire que moi.Il ne faut pas que le cousin en manque une seule.—Je vais apporter mon petit calepin et les inscrire, renchérit la petite fille.Ca sera plus sûr.—Que de menaces, que de menaces! observa l'oncle en riant.—Nous prendrons beaucoup de temps, oncle, j'ai peur que nous devenions indiscrètes.—Tu as raison, Marie, appuya Hélène.—Bah! dit l'oncle, en certains endroits, je saurai me rattrapper, je grouperai beaucoup de plaques ayant trait à la même époque et rappelant le souvenir des mêmes personnages.Ceci dit, belles nièces, pour calmer vos scrupules, car vous pensez bien que je me sens fier de me promener souvent en aussi élégante compagnie.—Cousin, questionna soudain Thérèse, comment et de quoi les plaques souffrent-elles ?Que leur font le temps, les indifférents?Ce sont des pierres.—Oui, approuva François.On dit toujours: Il est dur, ne sent rien, c'est un cœur de pierre.—Allons, allons, petits cousins, ne disséquez pas ici mes pauvres mots.Tout de même les plaques, celles en marbre surtout, ont une façon particulière de souffrir, quoique différente, évidemment, de celle des humains.Elles souffrent, par exemple, du gel, du dégel, du pic des démolisseurs.Ces derniers, en temps d'expropriation, ne les épargnent guère, lorsqu'un règlement municipal ne vient pas à propos les protéger.Il faudrait, voyez-vous, comme le remarquait cet ami de l'histoire canadienne, M.Edouard-Zotique Massicotte, qu'elles fussent posées et entretenues systématiquement, c'est-à-dire, que le zèle de nos gouvernants ne faiblît jamais autour de ces pages d'histoire.Il y a du progrès.Nous 186 L'OISEAU BLEU avons, aujourd'hui, deux commissions gouvernementales qui s'inquiètent de poser des plaques eommémoratives à travers les sites intéressants du Canada.Oui, à Montréal, outre la Société d'Archéologie et de Numismatique, qui demeure la pionnière du mouvement, outre la Société historique de Montréal, qui y veille de loin ou de près, outre certains particuliers qui y contribuent également, nous sommes redevables, pour la reconnaissance des endroits intéressants de notre ville, à la Commission des Sites et des Monuments du Canada, et à la Commission des Monuments historiques de Québec.La commission fédérale a posé, à date, trois plaques en bronze, bilingues; la Commission provinciale, huit, en bronze et bilingues également.Une douzaine d'autres plaques, soit en bronze, soit en marbre, aux inscriptions ou françaises ou anglaises sont dues à des particuliers.Toutes les autres, à peu d'entre elles près, nous ont été offertes par la vaillante et patriote Société d'Archéologie et de Numismatique.—Les plaques en bronze sont préférables, dites-vous, cousin?demanda François.—Oui.—Le marbre me plaît davantage, dit Hélène.C'est clair, ça tape l'œil.—C'est du noir sur du blanc, comment ne pas les comprendre?.conclut Marie.Vive le marbre! —Vive le marbre! cria Thérèse à son tour.—Mais non, mais non, reprit vivement l'oncle, le marbre est beaucoup plus fragile que vous ne semblez le croire.Il se brise, se craque, s'effondre, et assez vite, nonobstant toutes les qualités que vous lui reconnaissez avec raison.Le bronze, vous dis-je, est de beaucoup préférable.D'ailleurs, dans les autres provinces du Canada, notamment dans les provinces d'Ontario et de la Nouvelle-Ecosse, on a adopté d'instinct ce métal durable où l'on peut graver avec beaucoup d'art les souvenirs glorieux ou touchants de notre passé.—Ce sont des pages de notre histoire, offertes bien ingénieusement aux touristes américains, aux autres aussi, n'est-ce pas, oncle ?Cela fait rudement plaisir quand on y songe, souligna Marie.—Et cela donne encore raison à M.Massi-cotte, ma nièce.Ecoutez ce qu'il écrivait, il y a quelques années: "Pour obtenir la diffusion nécessaire de notre histoire, un des meilleurs moyens, après les grandes manifestations et les monuments, c'esJ l'humble plaque".Mais nous voici déjà presque au bas de la rue McTavish.Voyez la bibliothèque de l'université McGill.—Nous ne sommes pas trop fatiguées, dit Hélène.Oncle, vous avez une éloquence reposante.—Hâtons un peu le pas, alors.Nous appro- chons du morceau de roc sur lequel la Commission des Sites et des Monuments du Canada a fixé en 1925, une plaque de bronze très artistique en l'honneur de.Tenez, nous voici au Musée McCord.Tournons à gauche.Prenons la rue Sherbrooke.—Je vois, je vois, et la grosse roche, et la plaque, s'exclama François.—Où donc François?demanda Thérèse.—Là, là, sur le terrain même de l'université McGill, répondit celui-ci.—A l'est du Musée McCord, ma petite fille, Ah!.tu la vois maintenant.Approchons-nous tous, le plus près possible.—C'est cela, jeta Marie, amusée, et on nous prendra pour des touristes américains, mon cher oncle.—Pourquoi pas ?dit Hélène.Au moins, nous n'éprouverons pas de gêne.Car à notre âge, Marie, nous devrions avoir vu ces choses depuis quelque temps déjà.François et Thérèse se montrent plus intelligents que nous ne l'avons été.—J'avoue, j'avoue, dit Marie.Feignons donc de plus en plus d'être de bons touristes du pays de l'oncle Sam.non des enfants du pays de l'oncle Etienne.—Faites vous-même la lecture de la plaque, oncle, pria Hélène.—Elle est bilingue, s'exclama François.—François est le premier dans sa classe d'anglais à l'école, expliqua Thérèse avec fierté.Il pourrait lire la plaque dans cette langue, je vous assure.—Je le crois, petite.Mais, pour cette fois, la lecture de la plaque en français va suffire.Auparavant, jeunes amis, rappelez-vous de nouveau que nous suivons l'ordre chronologique historique, en notre tournée auprès des plaques eommémoratives de notre ville.De la sorte, l'histoire de Montréal deviendra peu à peu très familière à votre esprit et à votre cœur.Lisons maintenant la plaque.Elle a trait à Jacques Cartier, naturellement."Près d'ici est le site de la ville fortifiée d'Hochelaga visitée par Jacques Cartier en 1535, abandonnée avant 1600.Elle renfermait 50 grandes maisons logeant chacune plusieurs familles vivant de la culture du sol et de la pêche". L'OISEAU BLEU 187 —De 1535 à 1935, oncle?Il y a donc juste trois siècles depuis la visite de Jacques-Cartier à la bourgade d'Hochelaga, fit Marie, en devenant songeuse.Que cela me paraît étrange! Cartier a foulé le sol que je foule, respiré l'air que je respire, levé les yeux vers le même ciel.Mais c'est tout.Disparue la forêt.—Jacques Cartier vint avec plusieurs compagnons, oncle ?demanda Hélène ?—Des gentilshommes de sa suite: Claude de Pontbriand, seigneur de Montréal, Charles de Pommeraye, Jehan Gouyon, Jehan Poulet; aussi deux maîtres de la Grande et de la Petite Hermine, et vingt-huit mariniers.Tout ce monde avait quitté VEmerillon au lac Saint-Pierre, et s'en était venu en barque jusqu'à Hochelaga, comme l'on appelait alors la fameuse bourgade qui constituait tout le monde d'alors.—Mais, où était-on descendu au juste, afin de venir jusqu'ici ?Nous sommes loin du fleuve! s'enquit Marie.—Ma nièce, je voudrais vous l'apprendre avec assurance, mais ne le puis.Les historiens n'étant pas d'accord, comment voulez-vous qu'un profane comme moi y voie plus clair?—Tout de même, dit Hélène, quelques-uns doivent sembler plus proches de la vérité que d'autres ?—Si nous en croyons des érudits et des historiens, comme MM.Biggar, Lighthall, l'abbé Groulx, M.Gustave Lanctot, Jacques Cartier et ses compagnons seraient descendus sur la rive gauche du Saint-Laurent, "entre les deux sauts, celui de l'île Sainte-Hélène et le saut Saint-Louis 1 à un quart de lieue de la montagne." Ils auraient amarré leurs barques "où il y a ung sault d'eau, le plus impétueux qu'il soit possible de veoir", disent les récits du temps.—Quel est ce saut impétueux, ô savant oncle ?demanda Marie.—Vous êtes distraite, ma nièce, ou vous penseriez que ce pourrait bien être nos rapides de Lachine.—Les Sauvages d'Hochelaga ne firent pas grise mine à Cartier?Ça vous repose, certes, des futurs et cruels Iroquois, ajouta à son tour Hélène.—Tiens, tiens, vous savez cela, Mademoiselle Hélène ?—Comme beaucoup d'autres élèves de nos couvents.L'an dernier, les fêtes de Gaspé, en l'honneur de Cartier nous ont fait revoir avec soin chacun des trois voyages de Cartier au Canada.Il y en eut deux à Montréal, nous l'avons tous appris en lisant le bel ouvrage de 1 Plus tard, Ochelaga s'appellera le Grand Sault Saint-Louis, comme nous l'apprend Champlain dans ses Voyages.l'abbé Groulx sur Cartier, celui intéressant aussi de M.de la Ronciôre, et enfin les Gla-nures gaspésiennes du juge Camille Pouliot.Les belles Relations de Cartier s'y trouvent.—Bien, bien, bien.Voilà qui va me ménager des paroles.Mais que font nos petits amis, François et Thérèse ?Ils discutent fort.Qu'est-ce qu'il y a, petits ?demanda l'oncle, en mettant la main sur l'épaule de François.—Il y a, cousin, dit François, que nous nous demandons, Thérèse et moi, comment il se fait que la Commission soit si sûre qu'Hochelaga, le village des Sauvages, soit ici et non pas ailleurs?Thérèse dit: "Ça pourrait être aussi bien à Hochelaga, près du beau couvent des Sœurs des Saints-Noms de Jésus et de Marie.Moi, je lui réponds: "Non, M.Massicotte n'aurait pas laissé poser ici la plaque si elle ne disait vrai." —Merci pour M.Massicotte, petit François.—Au fait, dit Marie, les petits cousins ont raison de discuter.Quelle preuve avons-nous que la bourgade d'Hochelaga dut s'élever plutôt ici qu'ailleurs?(À suivre) Etienne de Lafond AMUSONS-NOUS A la caserne On fait une conférence sur l'alcoolisme.— .l'ivresse, déclare l'orateur, est un vice ignoble et qui dégrade l'homme.Un des auditeurs poussant le coude de son camarade — Cela ne nous regarde pas; nous ne sommes pas gradés.En classe d'histoire Le professeur — La leçon d'aujourd'hui porte sur les invasions dont l'Europe fut le théâtre pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne.Je vais vous parler d'abord d'Attila, roi des Huns^.Un élève interrompant — Et quel était le roi des autres, M'sieur ?L'embarras de Pierrot Pierrot pleurniche pour ne pas faire ses devoirs.—Voyons, lui dit sa mère, sois gentil; prends ton courage à deux mains.Pierrot — Je veux bien; mais alors, avec quelle main pourrai-je travailler?L'Oiseau Bleu est publié par la Société Saint-Jean-Baptiate de Montréal, 1182, rue Saint-Laurent, à Montréal.Alphonse de la Rochelle, directeur.— La revue ne paraît pas en juillet et en août. 188 L'OISEAU BLEU LE QUESTIONNAIRE DE LA JEUNESSE VARIETE 1.Que prend Jeanne dans cette jolie boîte de carton?—¦ Un chocolat enveloppé dans une papillote.2.Qui se sert du rouleau à faux-bois ?— Le peintre, pour imiter les nervures, le fil ou le grain du bois.3.A quoi assistons-nous ici ?— A une course au trot attelé.On dit "au trot attelé" pour distinguer cette course de la course alors que l'écuyer ou jockey est à cheval.Q.Quel nom donne-t-on à un terrain de courses de chevaux — de motocyclettes et de bicyclettes ?— Hippodrome et vélodrome.Q.Nommez différentes sortes de courses ?— La course plate (sur un terrain uni), la course au clocher ou course d'obstacles, la course automobile, la course cycliste, la course pédestre et la course nautique.4.Que voyez-vous ici?— Un employé de garage vêtu d'une salopette, coiffé d'une casquette à visière et tenant un tuyau à essence terminé par une lance à introduire dans la bonde d'un réservoir d'automobile.5.Quelle est cette sorte de couteau ?— Un couteau multiple.Il comprend huit pièces: quatre lames, une lime à ongles, un tire-bouchon, un poinçon et des ciseaux.6.Que forme cette touffe de plumes liées ensemble ?—-Un volant.7.Quelle est cette sorte de bascule ?—¦ Une bascule de comptoir.On voit le plateau, le fléau à curseur et les poids.8.Où place-t-on les objets lourds que l'on pèse avec cette bascule ?—¦ Sur le tablier.9.Qui se sert du pantographe ?— Le dessinateur.10.Que met-on dans le porte-ficelle ?—¦ Une pelote de corde.11.Où utilise-t-on cette bascule peu encombrante ?— Dans les salles de bain.12.Comment désigne-t-on cette bascule?— Sous le nom de bascule anthropométrique ou bascule médicale.La tige à coulisse pour indiquer la taille d'une personne est appelée toise (a).13.D'où vient le nom de guéridon ?—• Tl est emprunté à un personnage d'une comédie.14.Comment se maintient la pression de l'air dans un coussin pneumatique?—¦ Au moyen d'une valve, comme pour les pneus d'automobile.15.Qu'y a-t-il sur le dessus de cette brosse à chaussure?— Un pinceau.Q.Comment se nomme cette sorte de gant avec lequel on lustre les chaussures?— Un bichon.16.Le porte-clés a-t-il un autre nom?— On l'appelle aussi clavier.17.Que voit-on ici?— Une cassette ou coffret.18.Comment se nomme cette sorte de jumelle?— Éorgnette ou jumelle de théâtre; le réglage se fait au moyen de la molette.19.Que fait-on de la vessie à glace ?—¦ On l'appuie au patient.Elle ferme par un bouchon à vis.30.Quel est ce genre de crochets?—• Des pendoirs, allonges ou crochets de boucher.21.Ce ventilateur de bateau a-t-il un nom?—¦ C'est une manche; la partie évasée de la manche se nomme guérite.22.Ces flacons plats ont-il une désignation?— Ce sont des gourdes.23.En quoi est fait cet ameublement de vivoir?— En osier.24.Qu'indique-t-on sur une étiquette?— Le prix, le contenu ou la nature d'un objet.25.Ces chaussures à haute tige ont-elles un nom?— Ce sont des brodequins.26.Sur quoi les forgerons battent-ils le fer ?— Sur une enclume.27.Quel est ce petit meuble ?— Une armoire à chaussures.28.Nommez ces divers instruments de musique.— Un violon (a), un piston (b), une basse (c), un saxophone (d), et un trombone à coulisse (e).29.Qu'est-ce qu'une herminetle ?— C'est un outil de tonnelier ou de charpentier.30.Quels sont ces accessoires de cuisine ?— Une planche et un couteau à pain.A remarquer que le tranchant du couteau est ondulé et dentelé.31.A quoi sert la corde d'emballage ?— A attacher les colis.32.De quoi font partie cette canne et ces bas ?— D'un attirail de golf.33.Quel jeu joue-t-on avec une raquette de ce genre?— Un jeu canadien, le jeu de crosse.34.Qu'est-ce que cette douille ?—• Une cartouche de fusil.35.Quel nom la forme de cette chaussure lui a-t-elle valu?— Le nom de sandale.36.Ce sac de dame a-t-il un nom?— C'est une sacoche.L'abbé Etienne Blanchard L'OISEAU BLEU 189 VARIÉTÉ 190 L'OISEAU BLEU La semaine Au dimanche 28 avril — 5 mai 1935 La Ligue du dimanche, approuvée par NN.SS.les Evêques, organise, selon son habitude, une Semaine du dimanche du 28 avril au 5 mai 1935.M.le chanoine Adélard Harbour, écrit: "Gardons notre dimanche jalousement comme un bien de famille, comme une tradition précieuse, comme un don du ciel qu'il est en réalité.Ne souffrons pas que personne n'y porte atteinte ni les étrangers à notre foi et à nos mœurs comme c'est le cas pour ceux qui gardent le 6abbat, ni même ceux qui devraient le protéger les premiers; ne permettons pas que des motifs d'intérêt ou de nonchalance l'emportent sur d'autres motifs supérieurs que nous avons de rendre à Dieu le culte auquel il a droit et de la façon que lui-même a fixée."Gardons le dimanche, gardons-le saintement et le dimanche nous gardera".* * * D'une lettre trouvée dans un paquet: "Mon cher fils, je t'envoie six chemises faites dans six vieilles à moi.Quand elles seront usées, renvoie-les-nous, ta mère en fera six neuves pour ton petit frère." Concours Mensuels CONCOURS D'AVRIL 1935 1 — Reconstituer la pensée suivante: prrael, tees npeeesdr; retuoee, ctse rrciqaue.2 — Corriger: a) rumble seat (à l'arrière d'une automobile), b) le runner de pain, de lait, c) être en sacre.3 — Métagramme: Avec L je suis un récipient qui renferme un liquide susceptible de donner de la lu-mièçe en brûlant Avec h, je suis bois de hallebarde, de drapeau.Avec r, je suis balustrade à hauteur d'appui, le long d'un escalier.Faire parvenir ses solutions, au plus tard, le 18 avril, à L'OISEAU BLEU 1182, rue Saint-Laurent Montréal, P.Q.Concours d'avril 1,935.RÉSULTAT DU CONCOURS DE MARS 1935 1 — o) Amazone b) Ecuyôre c) Bouvier 2—Faits historiques canadiens: 1935 rappelle le 4e centenaire du 2e voyage de Cartier au Canada; le 3e centenaire de la mort de Champlain; la fondation d'un collège des Jésuites, à Québec, en 1635; la naissance de Christophe Colonb en 1435.3 — Bot, lot, mot.Deux cent-dix solutions — dont treize inexactes — nous sont parvenues.Trois concurrents ont oublié leur adresse respective.Félicitations à tous.Le sort a favorisé: M.Joseph Généreux 38, rue Xavier, Sudbury, Ontario Mlle Pauline Marchand 4711, rue Chabot, Montréal Mlle Constance Martel 439, rue Elm, Woonsocket, R.I.Mlle Fernande Robidoux 4235, rue Saint-Hubert, Montréal Pensionnat Marie-Rose.Mlle Simone Lambert Saint-Pierre-Jolys, Manitoba Mlle Carmen Saint-Hilaire 1411, rue Beaugrand, Montréal Ecole Boucher-de-la-Bruôre La Société de Saint-Jean-Baptiste a adressé à chacun des heureux gagnants un bon de poste de cinquante sous.Jeunesse et missions Connaissez-vous Jeunesse et Missions ?Cette revue mensuelle a déjà neuf ans d'existence.Ses articles et ses illustrations mettent en lumière les œuvres des missionnaires catholiques, les travaux des missionnaires canadiens-français.L'œuvre des missions est chère au cœur de Sa Sainteté Pie XI, surnommé le pape des missions.Lisez Jeunesse et Missions.Pour abonnements et toutes communications, s'adresser au R.F.Fulbert, S.C., case postale 190, Granby, P.Q.Il est le seul représentant de cette revue au Canada.Sur demande, il enverra un numéro-spécimen.Rien ne se perd L'OISEAU BLEU 191 Une page d'histoire HONORÉ MERCIER Premier ministre de sa province, de 1887 à 1892, trois ans après avoir été choisi chef de son parti, Honoré Mercier est l'une des figures les plus populaires et les plus sympathiques parmi nos hommes politiques.Son cours classique terminé au Collège Sainte-Marie de Montréal, Mercier exerce sa plume au Courrier de Saint-Hyacinthe pendant qu'il poursuit ses études de droit.Il n'a que vingt-deux ans et déjà il se mêle à la politique du temps.Son ardent patriotisme lui attire l'attention générale, alors que jeune député du comté de Rouville, il prend une part active, aux Communes d'Ottawa, à la discussion relative aux écoles du Nou-veau-Brunswick.Sous son administration, le gouvernement adopta un grand nombre de mesures progressives.L'attention de Mercier se porta surtout sur l'agriculture et la colonisation qu'il encouragea par tous les moyens dont il pouvait disposer.La colonisation, c'était pour Honoré Mercier "la grande cause nationale digne des efforts des hommes publics".Aussi, n'hésite-t-il pas à s'adjoindre le curé Labelle comme sous-ministre de l'agriculture et de la colonisation.Lorsqu'il mourut, le 20 octobre 1894, à l'âge de 54 ans, Honoré Mercier avait dépensé vingt ans de sa vie pour le bien de sa province et de ses compatriotes.C'était un orateur connaissant, un patriote ardent, un catholique sincère qui contribua puissamment à illustrer le nom canadien.Il avait été fait grand'croix de l'Ordre de Saint-Grégoire et Comte romain par Sa Sainteté Léon XIII.Les Canadiens français doivent s'inspirer de la carrière de Mercier pour travailler à l'accroissement et au progrès de leurs institutions économiques.Ils feront oeuvre de patriotes s'ils aident et encouragent leurs sociétés nationales, comme "La Sauvegarde", cette puissante institution fondée et dirigée par des Canadiens français et dont l'oeuvre consiste à assurer le bien-être des nôtres.Son siège social est à Montréal et elle compte des agences dans tout le Canada. Ecole Polytechnique de Moi titréal FONDEE EN 1873 Travaux publics — Industrie 1430, rue Saint-Denii, Montréal TELEPHONES :— Administration :— LAncaster 9207 Laboratoire Provincial des Mines :— LAncaster 7880 PROSPECTUS SUR DEMANDE ECOLES TECHNIQUES DEPARTEMENT DU SECRETAIRE DE LA PROVINCE DE QUEBEC L'HONORABLE ATHANASE DAVID, SECRETAIRE DE LA PROVINCE COURS TECHNIQUE — Cours de formation technique préparant aux carrière* industrielle» COURS DES METIERS — Cours préparant à l'exercice d'un métier en particulier.COURS D'APPRENTISSAGE — Cours de temps partiel organisé en collaboration avec l'industrie.(Cours d'Imprimerie à l'Ecole Technique de Montréal.» COURS SPECIAUX — Cours variés répondant à un besoin particulier (Mécanicien! «t véhicules-moteurs et autres).COURS DU SOIR — Pour les ouvriers qui n'ont pas eu l'avantage qe suivre un coun industriel complet.AUGUSTIN FRIGON ECOLE TECHNIQUE DE MONTREAL Directeur Général de l'Enseignement Technique ECOLE TECHNIQUE DE QUEBEC 1490.rue Saint-Denis MONTREAL ECOLE TECHNIQUE DE HULL Cadeaux de première communion de mariage, d'ordination de profession religieuse d'anniversaire MISSELS DE LUXE LIVRES DE MEDITATION CRUCIFIX, STATUES CROIX PLAQUETTES CHEVALIERS BENITIERS CHAPELETS MEDAILLES IMACES GRANGER FRÈRES LibR&tae*.P&pctiens.ImpoitfeJeuits 54 NohœflôJncOuest MontRé^ '1 M LANCASTER 2171 La plu» importante Librairie^et Papeterie française au Canada Nous faisons parvenir gratuitement, sur demande notre catalogue intitulé "ARTICLES RELIGIEUX" On n'a pas raison de craindre le long chômage des vieux jours, quand on se bâtit une vieillesse agréable.Voyez ce qui se passe cher nos sociétaires.Ils ont même hâte de vieillir.Pourquoi?.Parce qu'ils pourront, enfin, se reposer .heureux et tranquilles .grâce à la puissance de leurs épargnes, accumulées .DEPUIS L'ECOLE CAISSE NATIONALE D'ECONOMIE .55, St-Jacques 0.Montréal H Arbour 2185 ttftff^ 1 Impkimkkib Populaire Limités
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