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Titre :
L'oiseau bleu /
Première revue destinée à la jeunesse canadienne-française, L'Oiseau bleu a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec. [...]

Le premier numéro de la revue L'Oiseau bleu, sous-titré « revue mensuelle illustrée pour la jeunesse », paraît à Montréal en janvier 1921. Créée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, sous la direction d'Arthur Saint-Pierre, fondateur de la publication, L'Oiseau bleu est la première revue destinée exclusivement à la jeunesse canadienne-française. Sa création a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec.

La revue est diffusée dans les écoles et, selon la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, elle s'adresse aux enfants canadiens de 3 à 18 ans. Certains ouvrages soulignent toutefois que la revue s'adresse davantage aux écoliers de la fin du primaire et du début du secondaire, soit aux jeunes de 10 à 15 ans, car la publication contient beaucoup plus de textes que d'illustrations. La revue est également diffusée auprès des jeunes franco-américains, franco-ontariens et acadiens.

L'Oiseau bleu poursuit le double objectif d'instruire et de divertir les jeunes. La revue a pour mission de renforcer leur sentiment d'appartenance nationale et leurs croyances religieuses. L'enseignement de l'histoire et de la géographie y occupe une place importante; on y trouve des rubriques telles que « Nos plaques historiques », « À travers l'histoire », de même que des récits de voyage comme « Mon voyage autour du monde ».

L'instruction religieuse et morale est présente dans les contes, les fables, les poèmes, les feuilletons et les biographies de saints. La publication comprend également des articles sur les sciences. Pour divertir les jeunes, la revue leur propose des feuilletons, des chansons, des jeux, des illustrations et des concours.

Plusieurs collaborateurs sont invités à participer à la rédaction de la revue, notamment Marie-Claire Daveluy, qui y publie en feuilletons son premier roman, Les aventures de Perrine et de Charlot. Celui-ci est considéré comme une oeuvre fondatrice qui a donné le ton aux oeuvres subséquentes de la littérature québécoise pour la jeunesse.

L'Oiseau bleu, qui a cessé de paraître en juillet 1940, a véritablement été un catalyseur pour la littérature enfantine québécoise.

LEPAGE, Françoise, Histoire de la littérature pour la jeunesse (Québec et francophonies du Canada) - Suivie d'un dictionnaire des auteurs et des illustrateurs, Orléans [Ontario], Éditions David, 2000, p. 113-118.

Éditeur :
  • Montréal :la Société,1921-1940
Contenu spécifique :
décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

L'oiseau bleu /, 1937, Collections de BAnQ.

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REVUE MENSUELLE ILLUSTREE POUR LA JEUNESSE PUBLIÉE PAR LA SOCIETE SAINT-JE ANABAPTISTE DE MONTRÉAL Rédaction et administration, 1182, rue Saint-Laurent Montréal, Canada Abonnement: Canada et Etats-Unis: $1 Conditions exceptionnelles aux collèges, couvents et écoles Téléphone: PLateau 1131 VOLUME XVIII — No 5 MONTREAL.DECEMBRE 1937 Le numéro: 10 sous Tout se passa comme le renard avait dit.Le jeune homme emporta l'oiseau; la princesse remonta à cheval et ils poursuivirent leur route, jusqu'à ce qu'enfin ils fussent arrivés à un grand bois. 98 L'OISEAU BLEU Nouvelle agréable Un Sauveur-Enfant nous est né! C'est dans une étahle Qu'il nous est donné.Voici Noël: Je rêve à l'humble maisonnette Des simples et des inconnus, Je rêve au bon gros feu de cèdre et d'épinette Pour chauffer les pieds qui sont nus.Je rêve que les bons, dont la vie est amère, Ce soir, ne sont pas oubliés.Que les petits enfants sans famille et sans mère Ont des joujoux dans leurs souliers.Je rêve que les morts, nos chers vieux et nos vieilles, Viennent comme en un rendez-vous, Les hommes vigoureux et les femmes vermeilles, Pour manger le pain avec nous.Je rêve qu'aux détours sinistres de la route On ne voit plus personne errer; Je rêve qu'il n'est plus de grande âme en déroute, Ni de beaux yeux faits pour pleurer.Je rêve pour les fils de la noble souffrance La promesse des jours plus beaux; Je rêve plus d'amour, surtout plus d'espérance.Et moins d'oubli sur les tombeaux!.Je rêve un avenir radieux et prospère Pour mon pays et pour ses lois; Je rêve un Canada qui garde et qui vénère Ses doux cantiques d'autrefois! Blanche LA MONTAGNE L'OISEAU BLEU 99 CONTE DE FÉES L'OISEAU D'OR UN CERTAIN ROI avait un jardin, et, dans ce jardin, il y avait un arbre qui portait des pommes d'or.Quand elles furent mûres, on s'aperçut que chaque soir il en manquait une, et le roi se fâcha et ordonna au jardinier de veiller toute la nuit au pied de l'arbre.Le jardinier envoya son fils aîné; mais, vers minuit, il s'endormit, et au matin il manquait une pomme.Alors il ordonna à son second fils de faire le guet la nuit suivante; mais à minuit il s'endormit, et au matin il manquait une autre pomme.Alors le troisième fils offrit de veiller à ton tour.Mais le jardinier ne voulut pas tout d'abord le laisser faire; cependant, il y consentit à la fin, et le jeune homme se coucha sous l'arbre, et fit le guet attentivement.Quand minuit sonna, il entendit un léger bruit au-dessus de sa tête, et vit venir un oiseau qui était tout d'or pur; et quand il essaya de saisir une des pommes avec son bec, le fils du jardinier se leva d'un bond et lui lança une flèche.Mais la flèche ne iit aucun mal à l'oiseau; il perdit seulement une plume de sa queue et il s'envola.Le lendemain matin on porta la plume d'or au roi, qui réunit aussitôt son conseil privé.Tous tombèrent d'acord que si une seule' plume était si précieuse, l'oiseau lui-même devait valoir tout le royaume.Alors le roi dit: "Je veux avoir cet oiseau, et il faut que je l'aie." Le- fils aîné du jardinier se mit alors en route, et il pensait trouver l'oiseau d'or sans tarder.Il arriva bientôt à un bois, et à la lisière de ce bois il vit un renard; alors il prit son arc et allait tirer quand le renard lui dit: — "Ne me tue pas, et je te donnerai un bon conseil.Je sais bien ce que tu veux: tu veux trouver l'oiseau d'or.Quand tu arriveras ce soir dans un v liage, tu verras deux auberges en face l'une de l'autre; l'une est pleine de bruit et de gaieté.N'entre pas dans celle-là; repose-loi pour la nuit dans l'autre, si pauvre et si humble qu'elle puisse te paraître." Mais le jeune homme se dit: "Qu'est-ce qu'une bêle peut bien en savoir?" Et il lança une flèche au renard, mais ne l'atteignit point; alors le renard redressa sa queue jusque pardessus son dos, et entra dans le bois en courant.Le jeune homme poursuivit sa route, et il arriva le soir dans le village où étaient les deux auberges; dans l'une on chantait et on dansait; et l'autre avait l'air sale et misérable."Je serais bien sot d'entrer dans cette pauvre auberge et de ne point aller dans ce bel endroit", se dit-il.Et il entra dans la maison joyeuse, se livra aux plaisirs et aux festins et oublia l'oiseau et sa patrie.Le temps passa, et comme le fils aîné ne revenait pas, le second se mit en route, et tout ce qui était arrivé à son frère lui arriva à son tour.Le renard ne manqua pas de lui donner son bon conseil; mais quand il arriva aux deux auberges, son frère aîné était à la fenêtre de celle où l'on s'amusait, et il lui cria d'entrer, si bien qu'il ne put résister à la tentation; il entra, et s abandonna à tous les plaisirs du lieu.Le temps passa encore, et le plus jeune fils voulut aussi partir à travers le vaste monde à la recherche de l'oiseau d'or.Mais pendant longtemps son père ne voulut pas en entendre parler, car il aimait beaucoup son fils et craignait que quelque malheur ne lui arrivât à lui aussi et ne l'empêchât de revenir.A la fin, cependant on convint de le laisser partir, car il n'y avait plus de paix à la maison.Il arriva au bois, trouva le renard et en reçut le même bon conseil.Mais il fut poli envers le renard el n'essaya point de le tuer comme ses frères avaient fail.Alors, le renard lui dit: "Assieds-toi sur ma queue, tu voyageras plus vite." Il le fit, et le renard partit, comme un trait, et il allait si vite, si vite, que ses poils et les cheveux du jeune homme sifflaient dans l'air.Quand ils arrivèrent au village, le jeune homme suivit le conseil du renard, et, sans regarder autour de lui, il entra dans la pauvre auberge et s'y reposa tranquillement toute la nuit.Le lendemain malin, comme il se remettait en route, le renard vint à lui et lui dit: — "Va droit devant toi, jusqu'à ce que tu arrives à un château devant lequel dort et îonfle tout un régiment de soldats.N'aie pas peur, mais entre dans le château et passe de < hambre en chambre jusqu'à ce que tu arrives dans une pièce où tu verras l'oiseau d'or dans une cage en bois.Tout à côté, il y a une belle cage en or pour la parade, mais ne retire pas l'oiseau de l'humble cage pour le mettre dans la belle; sans cela tu t'en repentirais." En disant ces mots, le renard étendit sa queue, le jeune homme s'y assit et les voilà partis comme un trait, si vite, si vite, que les poils du renard el les cheveux du jeune homme sifflaient dons l'air.Devant la porte du château, tout était comme le renard avait dit; alors le fils du jardinier entra, et il trouva la chambre où était l'oiseau clans une cage de bois.— "Ce serait ridicule", se dit-il, alors, "d'emporter un si bel oiseau 100 L'OISEAU BLEU dans cette pauvre cage".Il ouvrit la porte, s'empara de l'oiseau, et le mit dans la cage en or; mais l'oiseau se mit à pousser un cri si terrible que tous les soldats s'éveillèrent; ils firent notre jeune homme prisonnier et l'amenèrent devant le roi.Le lendemain malin, la cour se réunit pour le juger; et quand tous les témoignages eurent été entendus, le jeune homme fut condamné à mort; on lui laisserait cependant la vie sauve s'il apportait au roi le cheval d'or qui court aussi vite que le vent.On lui donnerait même l'oiseau d'or, en échange.Il se remit donc en route, le coeur triste et lourd, quand tout à coup son bon ami le renard se présenta de nouveau devant lui et lui dit: — 'Tu vois maintenant ce qui t'est arrivé pour n'avoir pas écouté mes conseils.Je vais cependant te dire comment tu pourras trouver le cheval d'or, si tu veux faire comme je te dirai.Va droit devant toi jusqu'à ce que tu arrives au château où le cheval se trouve dans sa stalle.Les valets sont couchés devant la stalle; ils dorment profondément et ronflent.Emmène le cheval doucement, mais ne manque pas de lui mettre la selle de cuir et de bois et non la selle d'or que tu verras pendue à côté." Le jeune homme monta sur la queue du renard, et les voilà partis d'un trait, si vite, si vite, que les poils du renard et les cheveux du jeune homme sifflaient dans l'air.Tout alla bien; les valets ronflaient, tenant des selles d'or dans leurs mains.Mais quand le fils du jardinier vit le cheval d'or, il pensa que ce serait grand dommage de lui mettre la vilaine selle.— "Je vais lui donner la belle, comme il le mérite", dit-il.Et il allait retirer une des selles d'or des mains d'un valet quand celui-ci s'éveilla et se mit à crier si fort, que tous les autres accoururent et firent le jeune homme prisonnier; et au matin, il fut conduit de nouveau devant la cour et condamné à mou- 2k-Skh wik, Dir.de '.'Ecole normale de Sainte-t 'rside.i définition Vestiaire: Kixlroit du palais où les a\oeats prennent les effets pour les causes.JOUR a NUIT TlUPHONEZ MAr.quette 4549 ^2 PHOTOGRAVURE NATIONALE 2Ô2 RUE ONTARIO OUEST PRÈS bleury MONTREAL 108 L'OISEAU BLEU LES CERCLES DES JEUNES NATURALISTES No 60 — Décembre 1937 AFFILIÉS A LA SOCIÉTÉ CANADIBNNB D'ilISTOIRE NATURELLE ET RECONNUS D'UTILITÉ PUBLIQUE l'Ail LE COU VERNEMENT DE LA PROVINCE DE QCÉUBC JESUS.NATURALISTE T E CHRETIEN perdre le sens de la grande I J nature du bon Dieu, quelle monstruosité! II faut qu'un tel chrétien ouvre l'Evangile.Nôtre-Seigneur n'y apparaît pas constamment à genoux, ou enfermé dans un oratoire.Sur l'herbe fraîche des collines, au bord du lac, Notre-Seigneur cause familièrement.Pas de longues considérations métaphysiques qu'il laisse aux sages de la pensée humaine.Des allégories, des similitudes puisées dans la nature.Les oiseaux.Jésus trouve dans leur instinct un trait pour calmer les pauvres humains anxieux du lendemain."Voyez les oiseaux du ciel.Ils ne sèment ni ne moissonnent.Les corbeaux n'ont ni cellier ni grenier.Votre Père céleste leur donne la pâture.N'êtes-vous pas plus que ces oiseaux!" Du passereau, Notre-Seigneur affirme: "Pas un de ces oiseaux ne tombe sans la permission du Père céleste." Parmi les passereaux de Palestine se trouvent les moineaux! Ils se vendaient deux pour un sou au temps de Notre-Seigneur.Pourtant, la Providence s'occupe de ces gamins ailés.Les poissons.Le métier de Pierre devait naturellement amener le Maître à comparer son grand chef d'équipe à un pêcheur d'hommes.L'Eglise sera le vivier.Notre-Seigneur se fera même homme de métier.Il dirigera le filet qui doit ramener cent cinquante gros poissons: image des succès futurs des apôtres.Les reptiles.Veut-il tonner son indignation contre les pharisiens, Notre-Seigneur les compare aux vipères, ces vilaines bêtes qui faisaient chaque année nombre de victimes en Palestine."Race de vipères, disait Jésus, mauvais comme vous l'êtes, pouvez-vous dire de bonnes paroles?" Les animaux domestiques.Dans son langage imagé, Jésus pouvait-il oublier ces animaux dont le soin occupait tant de ses auditeurs?"Que de fois, dira-t-il à la cité infidèle, j'ai voulu rassembler tes enfants, comme la poule rassemble ses poussins, et tu ne l'as pas voulu!" Jésus comparera ailleurs l'Eglise à un troupeau spirituel dont les apôtres seront les premiers pasteurs.Et à saint Pierre il donnera la plus sublime mission jamais donnée à un homme: "Pais mes agneaux, pais mes brebis!" Le monde des plantes.Jésus trouvera des images dont la légende fleurie s'est emparée."Considérez les lis des champs, voyez-les grandir, ils ne travaillent pas.Ils ne tissent point.Je vous affirme que Salomon, dans toute sa gloire, n'a pas été aussi splendidement vêtu." Pour rappeler aux hommes cette terrible vérité que Dieu attend au dernier jour pour faire le tri entre les bons et les méchants, rien de plus saisissant que la comparaison du bon grain et de l'ivraie.Ce n'est qu'au moment de la fructification que le moissonneur peut facilement distinguer entre le blé utile et l'ivraie qu'il faut jeter au feu comme le damné.C'est la comparaison de la vigne qui fera le mieux comprendre la sublime vérité de l'union de tous les chrétiens au Christ par l'état de grâce."Je suis la vraie vigne!" Entre la branche et le tronc, entre le rameau de vigne et le cep, il existe une union vitale, physiologique.C'est l'union la plus intime qui puisse exister.Dieu veut la réaliser entre nous et lui, par la grâce sanctifiante.* * * Ainsi discourait Jésus avec les grandes personnes.Avec les petits, comme son langage dut se faire tout aimable, tout simple, surtout quand lui-même était encore petit! Il devait excur-sionner aux champs, nommer à ses compagnons les oiseaux £t les fleurs, tresser des couronnes, chanter le cantique si doux: "Benedicite.Montagnes et collines, bénissez le Seigneur, louez-le et exaltez-le à jamais!" Si Jésus venait sur les bords du Saint-Laurent! 11 attirerait à lui le va-nu-pieds des faubourgs, l'écolier à la tenue impeccable du jardin de l'enfance, le jeune élégant qui s'en va jouer sa partie de golf, le studieux et le lecteur acharné de romans qui se dirigent vers la bibliothèque.Et tout en causant avec cette jeunesse, le Maître l'amènerait vers un grand champ, aux portes de la ville.Et là.il ouvrirait le grand livre de la nature.Il montrerait dans l'herbe le pinson qui cache habilement sa nichée.Dans un arbuste, le chardonneret qui abandonne pour un temps son joyeux vol en dentelle: il faut bien porter la becquée à quatre oisillons tout jaunes.Au L ' OI SEAU BLEU 109 loin, le goglu qui atterrit à dislance de son nid pour mystifier l'ennemi.Au bord de l'eau, l'élourneau sanglé de noir, mais quelles epaulettes rouges! Notre-Seigneur ferait remarquer que ces oiseaux qui semblent courir au hasard sont en réalité d'infatigables travailleurs en quête de nourriture pour eux-mêmes ou leurs petits.Oui, Jésus ouvrirait le grand livre de la nature et il en tirerait des leçons opportunes d'activité, de travail, de prévoyance, de constance.Il ferait admirer Dieu dans ses oeuvres.Il ferait chanter, chanter à pleine joie, à pleine poitrine vivifiée par le grand air pur du bon Dieu.* * * Comme Jésus se ferait écouter! Il connaît les jeunes et, tout en causant avec eux, il répond à un désir —- pas toujours conscient chez eux — du vrai, du beau, du bien.Les jeunes aiment la terre, la vie et tout ce qui en fait l'attrait.Qui peut les en blâmer?Mais dans le fond de leur coeur ils éprouvent un désir inassouvi de l'absolu en tout, de Dieu enfin.Et volontiers ils diraient avec saint Augustin: "Mais parlez-moi de mon Dieu, puisque vous n'êtes pas lui!" Qui mieux que l'Evangile donnera aux jeunes cette magnifique leçon de retour à Dieu par les merveilles de la nature.Bernard TACTlE.S.J.LE POMMIER Hier, avant l'étude, j'ai vu le pommier «lima Soeur Sainte Zita et je l'ai trouvé si beau qu'il m'a donné le goût de manger des pommes.Il nous tendait les bras comme s'il voulait nous en donner.Elles étaient de différentes couleurs: rouges, jaunes, vertes.Peu de fruits sont agréables à manger comme les pommes.Leur forme est à peu près ronde.Leur chair est blanche comme de la neige.Remercions le bon Dieu de nous donner de si beaux pommiers.Vivent les pommiers de Sillery et surtout celui de Soeur Sainte Zita.Camille GARNEAU, 9 ans.UNE LETTRE Ma chère Gaby, En allant à la classe, hier.j'ai remarqué un beau pommier plein de pommes.Il est près du jardin de Soeur Sainte Zita.Il a des pommes toutes rouges et d'autres qui sont rouges avec du jaune.Il paraît qu'elles sont bien bonnes, que leur jus est sucré.Maman en achète souvent pour faire des tartes, de la gelée et de la compote.C'est avec le jus des pommes que l'on fait du cidre.Aimes-tu cela du cidre toi, Gaby?Moi j'aime mieux de la gelée.Quand tu viendras je te le montrerai, le pommier de Soeur Sainte Zita.En attendant je t'embrasse bien fort.Ta cousine qui t'aime bien, Agathe CLOUTIER, 10 ans.MES IMPRESSIONS SUR LE POMMIER Le premier septembre, quand j'ai commencé à aller à l'école, j'ai vu le beau pommier près du couvent.Il paraissait nous dire: prenez de mes pommes.Je me suis dit: "Que le bon Dieu est bon de faire de si bonnes choses!" J'étais bien surprise de voir des pommes dedans.Au mois de juin, il n'avait presque pas de feuilles, et aujourd'hui l'arbre est rempli de feuilles et de gros fruits.L'autre jour j'ai été voir un verger, et les pommiers n'étaient pas plus beaux que celui du Collège.Les pommes de Sillery sont les meilleures pommes du monde! Denise CHALIFOUR, 9 ans.ECHOS DE "LA JOURNEE DE LA POMME" AU COLLEGE JESUS-MARIE DE SILLERY Description de la pomme Lucille, tout fen larmes, entre à la salle d'étude, un sac de pommes en main.Elle est en retard.Comme elle a peur de perdre son "cordon", elle court.Boum.la voilà par terre avec les fruits.Pauvre Lucille! Tout de suite je ramasse les belles pommes fameuses et les remets à Lucille."Tiens, me dit-elle, tu es gentille, garde celle-ci!" Oh! la belle pomme! ronde, rouge, luisante, l'eau me vient à la bouche.Il y a des pommes blanches, rouges, vertes, mais celle L'OISEAU BLEU que je liens dans ma main est rouge avec des petits courants verts.Si je séparais ma pomme en deux! C'est fait! La peau est très mince et sert d'enveloppe au fruit.Kn dessous de celte peau c'est la chair si lionne, si sucrée.Dans son coeur, ma pomme cache des pépins bruns, bien à l'abri dans leur petite maison "d'écaillé".N'est-ce pas.mes amies, «pie la pomme, par Bon goût, son apparence, sa belle forme, mérite bien les préférences des petites lilies, et des grandes aussi y Pour le prouver une fois de plus, encourageons la journée dite de "LA POMME" au profit de cette belle oeuvre qu'est celle de "L'ECOLE CARDINAL VILLENEUVE".Cours Primaire le Année f Travail d'ensemble) MES PETITS POMMIERS J'avais deux petits pommiers Dans le jardin île mon père.Leur mine était liante et jièrc: Ils se moquaient des pruniers 1/es jolis petits pommiers.Mis jolis petits pommiers Produisaient des pommes blanches; Ils en avaient plein leurs branches: Ce qui les rendait altieis Mes coquets petits pommiers.Quand pies des petits pommiers.J'allais luire ma cueillette.Ils perdaient ipiasi la tète Et s'étiraient sur leurs pieds.Mes coquets petits pommiers.Les fruits des petits pommiers Etaient pleins de jus si tendre Qu'on les mangeait sans attendre Qu'ils fussent mûrs tout entiers Les fruits des petits pommiers.Autour des petits pommiers.En revenant de l'école.Nous dansions un air frivole En claquant nos durs souliers liitour des petits jiommiers.Puis, des chers petits pommiers.Je détachais, généreuse.Une pomme savoureuse Pour chacun des écoliers Qui révérait les pommiers.De mes deux petits pommiers Le soir, au clair de la lune.Je contemplais la fortune: Bien sûr.plein de grands paniers I tendraient des petits pommiers.Mais mes deux petits pommiers.Lors de la grande cueillette.Tout honteux, courbaient la tète: \oiis les avions dépouillés /.-".pauvres petits pommiers.I mes chers petits pommiers.Pour réparer le dommage Que Jeur causa le jeune âge /offre ces vers à sept pieds I mes chers petits pommiers.lulour des petits pommiers, Quand je rêve à mon enfance Plane la douce présence De mes parents bien-aimés In tour des petits pommiers.Après trente ans.mes pommiers.Sont encore là qui pommoient.Mais, mes disparus voient Du bon Dieu les grands vergers Plus beaux que petits pommiers.l'ouï unis, mes petits pommiers.Chargez-vous encore de pommes.El restez parmi les hommes Qui vous font des amitiés, () mes vieux petits pommiers.Mère Saint-Ephrem, Religieuse de Jésus-Marie.Sillery.L'origine du papier buvard Le hasard a souvent favorisé les découvertes.C'est à lui qu'on doit le papier buvard.Autrefois, pour sécher l'encre, on se servait de sable fin ou de cendre.C'était long et pas très propre.Or, dans une papeterie de Berke-sbire, en Angleterre, l'ouvrier qui était chargé de surveiller la pâte à papier commit un oubli.Il omit de mettre dans la cuve la quantité nécessaire de colle, ce qui lit.pour son patron, une perte assez importante.L'ouvrier fut mis à la porte.Ne sachant que faire de ce papier, le patron l< plaça dehors et s'aperçut qu'il absorbait les gouttes de pluie qui tombaient.Le papier buvard venait d'être découvert. _ _L'OISEAU BLEU_ 111 FEUILLETON DE L'OISEAU BLEU Les Petits Patriotes du Richelieu par MLLE MARIE-CLAIRE DAVELUY de la Société Historique de Montréal {Suite) MOLIXIKK.vous êtes bon, bien bon , pour nu pauvre orphelin comme moi.le suis gêné.parce que.il faut que je refuse.J'aime mieux demeurer ici.près des patriotes, près de vous.Je puis vous rendre service.Je VOUS en prie, Monsieur Olivier, laissez-moi ici.-Tu es étrange, mon petil homme.Et puis.je serai à Montréal tout probablement cet hiver.Tu m'y suivrais, je te l'ai dit — Voyez-vous, reprit l'enfant, en fixant de grands yeux suppliants sur Olivier Précourt, M.le Curé Charticr.à Saint-Benoit m'a souvent remercié pour les renseignements que je lui donnais.Rien ne s'échappait lorsqu'il s'agissait des patriotes.Leurs amis, leurs ennemis, je les reconnaissais tout de suite.— Mais qui t'a donné ce penchant pour les patriotes?— M.le Curé Chartier.cl aussi M.(iirouarcl.le notaire à Saint-Benoit.Oh! Monsieur Olivier, qu'ils parlaient bien tous deux!.Les injustices, les agaceries, non, non, les tracasseries des bureaucrates à l'égard des Canadiens, qu'ils démêlaient vite tout cela! Mes poings se sériaient.Mais que pouvait un petil garçon comme moi! Et puis, il y avait de grands mots que je ne comprenais pas du tout.— Comment se fait-il que l'on tolérât ta présence durant des entretiens politiques?— Je me cachais.Oh! ne le dites pas.que je vous ai avoué cela.je me cachais, en arrière d'un gros buffet, qui se trouvait dans le bureau de M.le Curé.— Tu n'as pas besoin de craindre, dit vivement Josephte.qui écoutait avec intérêt la conversation.Olivier garde tous mes secrets.Il y ajoutera les tiens.— Tout de même, petit, je ne te promets pas que tu trouveras une cachette chez M.le Curé Blanche!, ou chez le Dr Duvert.Je jetterai un coup d'oeil en arrière des gros buffets, moi: S'il y en a, gare à toi! — Oh! Monsieur! fit l'enfant confus.— Olivier, cria Josephte.tu ne feras pas cela.— Comment donc! Crois-tu que des galopins comme vous doivent se mêler aux luttes politiques?Je maintiens le régime du collège plus que jamais pour Michel.— Vous parlez comme M.le Curé Chartier, monsieur Olivier, reprit Michel, tout triste, en baissant la tête.Pauvre monsieur le Curé!.Il n'était pas riche.pourtant, tout son argent passait en charité.Est-ce qu'il ne me logeait pas.ne m'habillait pas?Est-ce qu'il ne me donnait pas, quand il le pouvait, des leçons de Français, de latin.mais pas d'anglais, par exemple! — Tien- ! — Ça n'est pas pour la raison que vous pensez, monsieur, mais bien.parce que.?— Encore un secret, Michel?-Oui, reprit l'enfant en baissant la voix.-Tu es terrible.Me voilà obligé d'en garder plus qu'il ne faut.— Ne ris pas, Olivier, je t'en prie.C'est très sérieux tout cela, prononça Josephte avec solennité.— Ecoutez, mes enfants, comme je ne veux pas faire de vous de petits conspirateurs, parlons d'autre chose, voulez-vous?Ou plutôt, allons-nous promener.Dans vingt minutes, nous devons nous présenter chez le Dr Dorion.— Mais Olivier, j'aimerais à savoir, moi, pourquoi le bon M.le Curé Chartier, n'enseignait pas l'anglais à Michel.Dis-le, Michel, vite.vite.Olivici serre sa pipe.11 va falloir partir d'ici.— Parle.Michel, mon enfant, appuya Olivier en riant.J'ai une petite soeur très curieuse, tu le vois.Hâte-loi .Nous manquons d'air, ici.— Ce sera vite dit.Monsieur Olivier, apprit Michel en soupirant.C'est que je le savais, l'anglais, moi, et très bien.Voilà.-Tu sais l'anglais, toi! s'écria Josephte en enveloppant son petit compagnon d'un regard d'admiration.Je trouve ça si difficile l'anglais.Michel.Tu me montreras peut-être?— Je veux bien, répondit le garçonnet, en regardant avec timidité Olivier Précourt.— Et, dis-moi, petit, reprit celui-ci, où as-tu appris la langue des Habits Rouges?— Je demeurais aux Etats, Monsieur, dans le Vermont, avant la mort de ma mère.Je suis un émigré.Comme on riait de moi, à Saint-Henoit.à la petite école."L'émigré, par ci", disait-on, "l'émigré par là".Il a fallu que je me batte un jour pour qu'on me laisse tranquille. 112 L'OISEAU BL EL Tu as bien fail de te défendre, Michel, lit Josephte.Est-ce qu'il était plus grand que toi, celui qui t'a attaqué?-Je le crois.Mais ça ne fait rien, j'ai eu le dessus.Tu sais, M.le Curé n'a pas dit comme toi, Josephte.Il a élé mécontent.Il m'a puni.— Oh! fil Josephte.— lia dit qu'il n'aimait pas les enfants querelleurs.qu'il fallait apprendre à endurer certaines choses pénibles, quand elles étaient vraies et qu'elles n'étaient pas déshonorantes.— Alors, tu es un petit Américain, Michel?demanda avec intérêt Olivier Précourt.— Non, monsieur.Maman m'a dit que nous étions d'une trop belle race pour en changer.Nous avons été obligés d'aller demeurer aux Etats-Unis avec mon père.Il travaillait dans une grande maison de commerce.Il n'avait pas trouvé de travail au Canada.Mais je ne sais plus très bien tout cela.En tout cas, je suis un vrai Canadien, monsieur.Comme les patriotes, répéla encore l'enfant avec fierté.— Et ton nom?C'est Michel.— Michel Authier.— Et ta mère, celle qui t'a enseigné si bien, tout petit, à être fier de ta race?Oh! la brave maman! — Elle appartenait à une bonne famille, mais nous étions si pauvres qu'il fallait nous cacher pour ne faire honte à personne.C'était une Des Rivières, je crois, monsieur Olivier.— Une Des Rivières! Mais j'ai un ami de ce nom à Montréal.— Oh! ne lui dites rien, monsieur, de grâce.— Pourquoi?— Non, non, maman m'a appris que des parents pauvres, c'était encombrant, gênant.— Elle était très fière, ta maman, Michel?— Elle avait toutes les qualités, monsieur.Si vous le voulez, je vous montrerai quelques souvenirs qu'elle m'a laissés.Une lettre, surtout.— Michel, tu me feras tout voir à moi aussi?demanda la petite fille.— Oui, Josephte.— Sortons, maintenant, mes enfants.Il est huit heures moins un quart.Prenez les devants.Je vais régler la consommation.Qu'il faisait beau, quoiqu'un peu froid, sur la grande route, où les lueurs du couchant enveloppaient toutes choses de paix.Tout poussait bien dans les jardins et les champs ensemencés avec soin! De temps à autre, apparaissait un verger rempli de pommiers en fleurs.Un parfum délicat s'en échappait.Les oiseaux, bien à l'abri sous les branches, faisaient entendre leurs derniers chants.De nombreux grillons criaient sous l'herbe que l'on effleurait.Olivier Précourt, sensible à la grâce mélancolique du soir, marchait lentement, en silence, les yeux au loin.Le babil naïf de ses petits compagnons n'atteignait pas son esprit, sinon ses oreilles.Il rêvait.Tout à coup Josephte saisit sa main.-Olivier, regarde, la voiture de Madame de Saint-Ours qui approche.— Rangeons-nous à droite.Vite! Mais quel air piteux, Josephte?dit le grand frère en souriant.— Olivier, lu sais bien que Marie sera la il qu'elle m'apercevra avec Michel.— Mais je l'espère bien.Elle sna mécontente, et demain, lu verras, lu verras, Olivier.Je ne/verrai rien du tout.Laisse-moi débrouiller tout cela, petite.Une large voilure découverte traînée par deux chevaux blancs venait en effet sur la roule.Cinq jeunes femmes remplissaient l'intérieur.On parlait et on riait gaiement.On aperçu! Olivier alors qu'on le dépassait.Madame de Saint-Ours donna l'ordre au cocher d'arrêter.Olivier Précourt dut s'exécuter, revenir sur ses pas et se rapprocher, chapeau bas, des promeneuses.Il souffla à Michel et à Josephte au passage: "Demeurez ici.S'il y a lieu, je vous appellerai." Madame Roch de Saint-Ours, née Hermine Juchereau-Duehesnay.était une jeune femme de vingt-sept ans, agréable, pleine d'entrain, et d'une générosité de coeur peu commune.On disait dans le pays qu'elle était, au fou I.très Sympathique à la cause des patriotes et qu'elle n'avait pas approuvé la nomination de son mari, le mois précédent, au poste de shérif de Montréal.De là, venait sans doute, le refus, [tout d'abord, d'accepter ce post(e.Le seigneur de Saint-Ours avait ensuite cédé à la pression exercée sur lui.Le seigneur Debartzch, à Saint-Charles, mari de sa soeur aînée, Marie-Josephte de Saint-Ours, jugeait qu'il ne fallait se dérober ni à cet honneur, ni aux avantages pécuniaires y attachés.L'on n'était pas trop fortuné au Manoir.Deux petites filles grandissaient et il fallait songer à tout ce que l'avenir réservait encore de charges, familiales ou autres.Madame de Saint-Ours avait auprès d'elle, dans la voiture, outre l'élégante Marie Précourt, trois jeunes filles ravissantes.Sa jeune soeur de dix-huit ans d'abord, Caroline Juchereau-Duehesnay, qu'elle voulait retenir chez elle tout l'été, puis les deux belles nièces de son mari, Louise et Josephte Debartzch, qui comptaient l'une vingt ans et l'autre dix-huit ans.Toutes avaient des mantes de soie ou de laine aux teintes pâles et souriaient avec beaucoup de grâce sous les grandes capelines fleuries.Olivier Précourt plaisait à ce jeune monde L'OI SEAU BLEU 113 de la société locale.II n'eût tenu qu'à lui d'être l'hôte assidu de ces quelques salons où Ton s'amusait encore avec une simplicité aussi distinguée qu'agréable.Mais le jeune homme, tout en ne fuyant pas avec ostentation fêtes et danses, restait volontiers à la maison, auprès de sa grand'mère.Il lisait beaucoup.11 suivait surtout, avec quel intérêt passionné, on l'a vu, les événements politiques, qui enserraient de plus en plus dans un étau de vexations, d'injustice et de mépris immérité tous les Canadiens de ce Bas-Canada à la majorité catholique et française.Puis, le jeune avocat était amoureux d'une cousine de Montréal, on le savait.Comment, débuta aussitôt Madame de Saint-Ours, cher monsieur Olivier, vous trouvez moyen de vous promener par nos routes, cl vous ne songez pas à venir frapper à la porte du manoir?-J'ai tort, madame, j'ai tort répondit gaie-meiil Olivier qui saluait à tour de rôles les jeunes filles, après avoir baisé la main de la charmante femme qui l'interpellait ainsi.— Ce n'est pas tout d'avouer ses torts, il faut les réparer, reprit Madame de Saint-Ours.— Je suis à votre disposition, Madame.— Soyez chez moi dans une heure au plus lard.Nous danserons.Vous devez être saturé de politique.On me dit que le Dr Nelson n'a pas ménagé ses ennemis?— Nos ennemis aussi à nous, Madame, ne trouvez-vous pas?répliqua vivement Olivier, un éclair dans les yeux.— Si vous voulez, nos ennemis, reprit en riant Madame de Saint-Ours, mais de grâce, ne me faites pas de tels yeux.Oh! dites donc, c'est votre petite soeur que j'aperçois là-bas.— Oui, Josephte m'a supplié de l'amener à Saint-Ours?— Elle aime déjà la politique?dit d'un ton taquin Madame de Saint-Ours.— Vous êtes aussi moqueuse que charmante, Madame, dit Olivier Précourt, qui s'inclina, puis appela Josephte.Marie Précourt prit la parole.Elle expliqua à ses amies que la petite soeur avait besoin d'air et que cette longue promenade à Saint-Ours et dans les environs de Sorel était arrivée tout à fait à point.Josephte dut monter dan9 la voilure, recevoir des caresses de tout le monde puis redescendre timidement prendre place auprès d'Olivier.— Et ce petit homme, là-bas?demanda tout à coup Madame de Saint-Ours.C'est un de vos parents?— Pas du tout.Madame, répondit avec une certaine hauteur Marie Précourt.Olivier Précourl regarda sa soeur d'un air narquois, puis lentement il déclara qu'il avait pris le garçonnet, en ce moment un messager chez le Dr Ouvert, sous sa protection, tout simplement.— Mais, c'esl très bien cela, Monsieur Olivier, s'écria Madame de Saint-Ours.Vous le placerez dans quelque bon orphelinat.- Kl mon frère ferait bien, reprit encore Marie Précourl.qui avait l'air fort ennuyé.Ce serait sa place.— Je ne sais encore ce que je ferai, Madame, permetlez-moi de vous le dire.Ce |>etil bonhomme me paraît _si intelligent, si débrouillard, que cela demandera de la réflexion avant de le placer à l'endroit qui lui conviendrait le mieux.— Un avocat est, de fait, défenseur de la \ cuve et de l'orphelin, conclut Madame de Saint-Ours en frappant du bout de son ombrelle l'épaule du jeune homme.Alors, c'est entendu, nous vous attendrons dans une heure, au manoir.Que la petite Josephte vienne aussi.- Vous l'excuserez.Madame, mais elle floil retourner de bonne heure chez nous.— Monsieur Précourt, dit alors Louise De-bartzeh, concilions tout cela.Laissez partir Josephte dans votre voiture.Vous monterez dans la nôtre avec Marie, votre soeur.Mon père nous enverra chercher vers onze heures, c'est bien cela.Rosalie?ajouta-t-elle en s'a-dressaut à sa soeur.— Oh! avant, voyons.Vers dix heures.- Alors, filons vite au manoir, dit Caroline Duchesnay, je me sens de force à danser au moins deux heures.Dix heures! Vous n'y pensez pas.mes amies.Bah! la voiture attendra.Les promeneuses prirent congé, au milieu de- dires des jeunes filles.Olivier demeura incliné et chapeau bas, quelques secondes après le départ des brillantes amies de sa soeur.— Olivier, oh! Olivier, allons vite rejoindre Michel.Il a pris le petit sentier, ici à droite.— Bien, petite, allons-y, reprit Olivier en se secouant, puis haussant les épaules, il ajouta entre haut et bas: "Si jamais, un devoir mondain à remplir peut prendre le caractère d'une corvée, c'est bien cette journée à finir en dansant, une journée si grave, si lourde de conséquences.Bah! nous ne serons pas les premiers ni les derniers Français à être vus dansant sur un volcan." Un pli amer se formait autour de la bouche rieuse d'Olivier Précourt.— Olivier, pria timidement Josephte, tu dis des choses que je ne comprends pas.parle plus haut, veux-tu?— Pauvre petite Josephte, fit le jeune homme attendri, tu as un frère au caractère fort mauvais, hein? L'OISEAU BLEU Josephte M tenait prix il, Sop' ie.In cuisinière, et sa roLr claire, se* rires parvenaient jxuipCA Michel.Je l'aime beaucoup quand même, va! Ah! ah! ah! Ce quand même est déli-cieux.pelile.Mais où est passé Michel?Je ne le vois plus.— Je suis ici, monsieur, répondit le garçonnet, qui sortait d'un fourré et présentait à Josephte des fraises des champs sur une large (euille.- Je les apporterai à grand'mère, n'est-ce pas Olivier?Oh! que c'est aimable à toi, Michel.Merci, merci, cria joyeusement Josephte.- Oui, c'est gentil, petit, dit Olivier en frappant affectueusement sur l'épaule de l'enfant.Mais marchons plus vite encore.Les belles dames du manoir nous ont par trop retardés.\.()l L'ON DECIDE DE SE RENDRE A MONTREAL l.c lendemain, à l'issue du déjeuner, Olivier s'attarda à causer avec sa grand'mère.Il coni-menta avec elle chacun des événements de la \cille.Il -c tenait debout près d'une fenêtre largement ouverte, car la journée promettait d'être chaude.Un ciel sans nuage, une lumière resplendissante, une sorte d'émerveillement des êtres et des choses, en face d'un printemps parvenu à son apogée, communiquait je ne sais quelle vie à l'esprit, et remplissait le coeur de tous les espoirs.Les yeux d'Olivier se posaient avec confiance sur le cadre de clarté et de verdure qui l'entourait.Distraitement, il vivait évoluer dans le jardin potager, à gauche de la maison, Sophie, la cuisinière.Josephte M tenait près d'elle, et sa voix claire, ses rires, parvenaient jusqu'à lui.Au loin, César grondait dans sa niche.Sophie n'avait pas permis qu'il suive la fillette dans le petit royaume où poussaient les légumes.Il aurai! vite mis au pillage ce coin de jardin, objet de ses soins.Marie, la soeur aînée, n'était pas descendue pour le déjeuner."Elle avait besoin de repos et n'apparaîtrait que pour le dîner", avait-elle fait avertir.Olivier vil une voiture s'arrêter près de la maison sur la route.Un robuste garçon de ferme sautait bientôt à terre et s'engageait dans le petit sentier conduisant à la cuisine des Précourt Grand'mère.dit le jeune homme, voici l'un des engagés de la ferme.Vous m'excusez un instant.Il doit y avoir urgence, sans cela, l'on aurait, attendu pour me communiquer la nouvelle à ma visite de l'après-midi.- Reviens tout de suite, n'est-ce pas?— Comptez sur moi.Un quart d'heure plus tard, le jeune homme reprenait sa place près de sa grand'mère.Il avait l'air pensif.Eh bien.Olivier, que te voulait-on?- Peu de chose, en somme.Mais le Montréal repart demain de bonne heure, paraît-il, et.si je le désire, l'on pourrait envoyer à bord, tel après-midi, un chargement considérable de blé et de pois.— Qu'as-tu décidé?— Il serait avantageux, je crois, de faire cette expédition maintenant.Car, vous le sa-\e/.nous faisons d'excellentes affaires avec nos grains, cette année.Une partie est déjà vendue aux exportateurs de Montréal.— Alors?— Eh bien, j'ai donné l'ordre, d'agir en sorte que tout soit prêt, en effet, pour deux Inn res de relevée.Je serai sur les lieux, avec le capitaine Lespérance qui jugera mieux que nous de la quantité exacte qu'il lui sera possible de transporter.— Tu t'arranges toujours fort bien avec cet actif et agréable capitaine.Tout est pour le mieux.Olivier?— A peu près.— Que veux-tu dire?— Grand'mère.je crois qu'il faut que je suive le blé à Montréal.Une visite à nos clients ne serait pas inutile en ce moment.Il se pourrait que je puisse leur céder ce qui nous resie de grains, en faisant quelques concessions, bien entendu.Mais nous le pouvons.— Olivier, mon enfant, pourquoi envelopper de ce prétexte d'affaires ton grand désir d'être à Montréal en ce moment?— Ce n'est pas un prétexte, je vous assure.Nous avons fait beaucoup d'argent dernièrement.Il faut profiter de cette veine heureuse.— Olivier! — Eh bien, admettons, grand'mère, qu'un voyage à Montréal me plaise en ce moment.— Et à moi aussi, le voyage plairait, dit L'OISEAU BLEU 1 15 la voix de Marie, qui surgissait, habillée d'une élégante robe de cachemire blanc.— A ce temps-ci de l'année, Marie?dit la grand'mère.qui avait sursauté à la vue de la jeune fille.— Les Debartzch s'y rendent.D'autres aussi.Nous aurons bien quelques sauteries, en plus de stations intéressantes dans les magasins.Vous ne vous ennuierez pas.grand mère?Jo-sephte ne retourne pas au couvent, cette année, elle vous tiendra compagnie.— Comme tu deviens mondaine.Marie?Si tu pouvais l'être un peu moins, et Olivier un peu plus.dit encore la grand'mère, avec tristesse.— Allons, (hère, bien chère grand'mère.dit Olivier en riant, voire goût de l'équilibre ne vous abandonne jamais.Mais si je consens à accompagner pari ois Marie dans le monde, à sacrifier à ses goûts Irivoles.— Tut.tut.tut, mon frère, dis donc franchement que lu accepteras de substituer parfois à l'amour de la politique, la politique de l'amour.Et tu feras bien.— Une insinuation?Encore, Marie?— Ecoute, Olivier, tu es de bonne humeur, tu ne refuses pas de me conduire, à Montréal, je puis bien te faire une confidence, en retour.Il s'agit de Mathildc.je te l'ai déjà dit.— Quelque bavardage que tu as pris au sérieux, sans doute?— Je le voudrais.Mais le fait a été de nouveau confirmé, hier soir, chez les Saint-Ours, par ce jeune officier avec lequel j'ai dansé plusieurs fois.— Ce qui m'a tout à fait vexé, étant donné les circonstances.Mais ce que lu peux fuir mon regard en ces occasions.— Je te connais si bien.— Que te disait-il.ce danseur, dont les cheveux, pardonne-moi, ressemblent à une tire nianquée de la Sainte-Calberine?— Naturellement, tu n'as vu en lui que des défauts.Quels yeux il a, pourtant, cet officier! — Oh! assez! Au fait, Marie.— Voici.II arrivait de Montréal, figure-toi.mon danseur, et m'a parlé des rares salons français où il a été reçu.Un soir, paraît-il.un officier de ses amis, amoureux d'une belle jeune fille.je n'ose continuer.— Pourquoi pas.Marie?Notre cousine Mathilde possède assez de charmes pour qu'on lui fasse beaucoup la cour.Mais le front rembruni du jeune homme démontrait qu'il était atteint par le bavardage de sa soeur.— Sans doute.Olivier.D'ailleurs, on peut aimer Mathilde sans être assuré de la réciprocité d'un pareil sentiment.Jusque-là.je pensais comme toi.Mais ce qui me paraît digne d'attention, c'est que mon danseur a ajouté: "Mon ami est plein d'espoir.II gagnera le coeur de la belle Mathilde Perrault, car le papa de celle-ci ésl [tour lui et a promis de plaider sa cause.Il aime vraiment mes compatriotes, ce \l.l'erraull.vous savez, mademoiselle." Olivier se leva.Sa physionomie exprimait une hauteur dédaigneuse.Et n'eût été la pâleur de son visage, bien perspicaces eussent été ceux qui auraient deviné son trouble intérieur.— Grand'mère.dit-il, en se penchant pour embrasser la vieille dame, je vous quitte.Si Marie et moi partons demain matin.il faut nous hâter.— Oh! si vile que cela.Olivier?dit la grand-mère.— Vous voyez bien que cela devient pressant, qu'il s'agisse d'affaires matérielles ou.de coeur.La grand'mère pressa la main du jeune homme, mais chercha en vain à rencontrer son regard.Elle soupira.Comme tout se compliquait dans la vie morale el sentimentale d'' son petit-fils! Qu'adviendrait-il?S'il lui était donné de vivre encore longtemps près de lui.puel-étre pourrait-elle aplanir sinon éloigner loul à fait certaines difficultés.Hélas, elle le voyait bien.Ses années, ses jours même étaient mesurés.Son coeur était si malade.Quelles affreuses palpitations la nuit précédente rasaient tenue éveiller de longues heures.— Olivier, dit Marie, alors qu'elle le voyail se diriger vers la porle du jardin, c'est entendu, nous parlons demain?Je me prépare?Tu le prépares.- El puis, mon cher frère, on me dit que nos sacs de blé se vendent très bien, tu te montreras bien généreux pour moi?— En quoi.Marie?Tu veux robes et chapeaux?Ne le gène pas.Je t'envie de ne désirer pour ton bonheur que colifichets et.danseurs aux cheveux jaunes.\c -ois pas méchant.Olivier, fit Marie.Je puis l'être utile, à Montréal, chez les.-Je le défends de le mêler de choses qui me regardent aussi intimement.Tu m'entends bien, n'est-ce pas.Marie?lança Olivier, les yeux étincelants.— Très bien.Tu le regretteras peut-être un jour.fit la jeune fille, en se mordant les lèvres de vexation.Elle inclina la tête du côté de la grand'mère qui les regardait tous deux tristement et sortit du salon par la porte opposée à celle d'où sortait également son frère en précipitant sa marche.Il était onze heures du soir lorsque le jeune homme revint à la maison.Il entra doucement, croyant que l'on s'était retiré de bonne heure, \ L'OISEAU BLEU en prévision du départ matinal du lendemain.Mais en pénétrant dans la grande pièce ou l'on se réunissait chaque soir, il aperçut sa grand'mère lisant à la lueur du candélabre d'argent à sept branches.Elle leva aussitôt la tête et repoussa son livre.-Enfin, mon enfant, te voici.Comme lu reviens tard! — Grand'mère.pourquoi m'avez-vous attendu?Cela me contrarie de vous voir vous fatiguer ainsi.— Je me reposerai durant ton absence.Elle sera longue, Olivier?jeta interrogativement l'aïeule.— Comment puis-je le dire?Tant d'intérêts sérieux sont en jeu.Je vous tiendrai au courant.— De tout, mon enfant?demanda en souriant la grand'mère.Pourquoi pas?Je puis compter sur votre indulgence, sinon toujours sur votre approbation.— Comme tu ressembles à ton grand-père Précourt parfois! Dans tes réponses, c'est toute ma jeunesse anxieuse et aimante que j'entrevois.— C'était un mauvais sujet, mais qui vous adorait tout à fait, ce grand-père inconnu, dont je suis l'un des modestes rameaux.— Un rameau ! quel mot provocant, mon grand.Seras-tu jamais un rameau.d'olivier?— Vous êtes terrible, grand'mère, à votre tour, répliqua le jeune homme, que l'esprit demeuré très vif, chez sa grand'mère, amusait beaucoup.Mais, savez-vous, j'arrive en droite ligne de chez le Dr Nelson.Les papiers qu'il m'a confiés vont me permettre de voir et d'entendre de très près, à Montréal, M.Papineau, puis M.La Fontaine.— Tu te brûleras l'âme auprès du premier, sans doute, mais le second mettra un peu de calme dans ta mauvaise tête.Allons, je monte me coucher maintenant.Mon petit, je te confie à la Providence.— Laissez-moi porter votre bougeoir, jusqu'à votre chambre.— Ne te trouble pas pour si peu.As-tu beaucoup de préparatifs à faire, dis-moi?Sophie se désolait de ne pas te voir revenir plus tôt.Elle croyait ses services indispensables.Elle a préparé les choses essentielles, du moins dans la malle en toile noire, "que tu préfères à toutes", assure-t-elle.— Cette Sophie! Toujours dévouée à bon escient.Non, grand'mère, il ne me reste, grâce à Sophie, qu'à mettre au point certains chiffres, concernant la vente probable de nouveaux grains.— Alors, bonsoir, mon enfant.Ah! j'oubliais.Josephte s'est montrée presque indocile, ce soir.Elle ne voulait pas monter à sa diamine.Elle voulait t'attendre.— Nous la gâtons trop cette enfant.Sa grâce aimante nous rend lâches.— Notre petite a fini par se consoler en l'écrivant un mot qu'elle m'a chargée de te remettre.Tu ne dois lire ce mol qu à Montréal.Le voici.-Quel bébé! Elle ne pouvait me dire cela à l'oreille, demain.Car.je suppose que vous viendrez au bateau avec la petite?— Ne compte pas sur moi.Olivier.Je le •iegretle.mais je ne me sens pas assez vaillante, pour une p/omenade cpii me réserve de l'émotion après tout.— Mais je suis le premier à vous l'interdire dans ces conditions.Chère grand'mère, quelle psi votre suprême recommandation?Vous brûlez de me !a dire.Le jeune homme se rapprocha de l'aïeule sur ces mots.Il l'entoura avec affection de ses bras.Quelle mignonne, élégante, mais combien fragile petite vieille était sa grand'mère! Le jeune homme voyait sa tête ne pouvoir se pencher même au niveau de ses épaules.— Olivier, dit la grand'mère avec sa douceur pénétrante, promets-moi de ne prendre aucune décision sous l'impulsion du moment.Sois patieni avec ceux qui ne pensent pas comme toi.Ne juge pas, ne condamne pas les autres sans les avoir entendus.— Sans doute, vous pense/ à Mathilde en disant ceci?demanda Olivier, qui tressaillait un peu les yeux au loin.— Oui, mon enfant.Et tu vois que j'ai confiance en ce noble coeur de jeune fille.— Chère, chère grand'mère, quel trésor vous êtes!.Je me sens un peu angoissé, c'est vrai, et j'ai hât.; de me rendre compte de la gravité réelle ou imaginée de la situation dont on m'a parlé.— Tu mettras, n'est-ce pas, un frein à la promptitude de son esprit, quelles que soient les circonstances.Tu réfléchiras, mon grand.L'amour de Mathilde, j'y tiens pour toi.Cs sera ta sauvegarde, le refuge de ton coeur quand je ne serai plus là.— Voulez-vous bien vous taire.Vous serez toujours là.— Mais invisible bientôt.Ne me regarde pas ainsi les yeux pleins de reproches.Bonsoir, mon enfant.Ne t'attarde pas trop, je te le répète.— Bonsoir, bonsoir, grand'mère chérie.Quel brouhaha, vers quatre heures le lendemain matin.On s'empressait autour des voyageurs.Un repas hâtif eut lieu au milieu de mots et de recommandations jetés pêle-mêle.Josephte n'avait d'yeux que pour son frère.Elle L'OI SEAU BLEU 117 fit rire beaucoup par ses avis.N'alla-t-elle pas jusqu'à remarquer: "Olivier, n'oublie pas de remonter ta montre.II faut toujours savoir l'heure à Montréal".Enfin l'on courut vers la voiture, Alec venait d'avertir que l'on avait juste le temps d'être au quai de l'île Madère pour cinq heures.— A l'île Madère?Déjà! s'exclama la grand-mère, je n'aurais jamais cru que les eaux fussent si basses autour des rives de Saint-Denis.— J'ai oublié de vous raconter ce détail, grand'mère, hier.Le capitaine Lespérance est la prudence même comme vous voyez, lança Olivier qui plaçait Josephte entre Alec et lui, sur le siège en avant de la voiture.— Je l'ignorais, moi aussi, fit Marie, à qui 6on frère offrait maintenant la main pour monter et s'installer sur le siège en arrière.Elle se trouva entourée de ses nombreux sacs et colis.Que cela me déplaît.Olivier, de traverser ainsi a gue! — Bah! il faut s'attendre à quelques désagréments en voyage.Sur le bateau, non loin de la famille De-bartzch, que sa soeur courut saluer, qui donc Olivier aperçut-il causant avec animation?l^e Dr Duvert, Siméon Marchessault et.Michel.Ayant salué le capitaine et le seigneur De-bartzch, qui le reçurent avec des exclamations de plaisir, Olivier Précourt s'empressa vers ses amis de Saint-Charles.— Docteur, je ne puis croire que ce soit vous.Et vos malades?— Personne, heureusement, n'est gravement atteint en ce moment, mon ami.Et pendant huit jours, non cinq jours, j'espère, le Dr Nelson fera la visite à ma place.Il est urgent que je sois à Montréal.Nous en reparlerons.Comme vous voyez, mon petit messager est de la partie.Je crois que cela ne lui plaît pas beaucoup.Regardez son air contraint, acheva en riant le bon médecin de Saint-Charles.— Docteur, je ne puis croire que ce soit vous ! — Contraint?Non, timide, corrigea Marchessault, en frappant sur l'épaule de l'enfant.Aussi que de belles dames font aujourd'hui le voyage.Votre soeur est fraîche comme les premières roses de Saint-Charles, Oliviei.Sur un signe du docteur, Michel s'avança et prit le petit sac de voyage d'Olivier Précourt.— Où dois-je le porter, Monsieur?dit-il, d'un Ion bas, un peu confus.— Oh! dans quelque coin, petit ami.Et du moment que tu surveilleras.— Place-le près de mes bagages, Michel, reprit le docteur, et assieds-toi tout près.Il y a une fenêtre, non loin, tu ne perdras rien des manoeuvres du départ, de cette façon.— Michel ! cria Josephte, en le rappelant.Elle lui avait souri plusieurs fois déjà, tout en demeurant accrochée au bras de son frère.Michel, je veux te dire bonjour ici, et aussi bon voyage.Tu vois, je ne puis quitter mon frère.Va, va, maintenant, Michel.— Ecoule, ma petite Josephte, dit celui-ci qui avait ri de bon coeur avec ses amis, de la mine sérieuse d.; la fillette et de sa sollicitude pour lui; écoute, il faut que tu te rendes auprès de Marie.Tu es trop gentille, tu ne voudras pas l'oublier ainsi jusqu'à la fin.D'ailleurs, j'ai affaire à l'intérieur.Je me demande quel confort, le capitaine va nous accorder.Va, va, auprès de Marie.Disons-nous adieu tout de suite.— Oui, Olivier, je ferai tout ce que tu voudras, répondit la pelite fille, dont les yeux s'emplissaient de larmes tandis qu'elle embrassait son frère.Oh!.Olivier, regarde, là-bas! Michel.Pauvre Michel! Oh! A cet instant, le garçonnet, que Marie Précourt et ses amies Debartzch venaient de charger de leurs sacs, de leurs ombrelles, et de leurs lourds manteaux de voyage, glissait sur une pelure d'orange, el allait retomber au loin.Olivier se précipita.Des exclamations de crainte et aussi de mécontentement s'entendirent du côté des jeunes filles.Mais déjà, Michel s'était relevé, les objets bien en mains.— Merci, monsieur Olivier, dit-il, non sans dignité.Rassurez les belles dames.Rien n'est sali.J'ai levé très haut les bras.— Je le suis, petit.Tu en as une belle écor-chure au front.Ils disparurent prestement, tandis que Josephte répondait par un petit sourire trempé de iarmes au signe rassurant qu'Olivier lui faisait en s'éloignant.Elle tourna alors la tête vers Marie.Celle-ci lui adressait la parole, les yeux mécontents, la voix impatiente.(A suivre) Marie-Claire DAVELUY L'OISEAU BLEU EN FILANT.asasasassas a» as sas ses as a» asasasas NOEL déjà s'annonce! Dans la campagne, la neige s'amoncelle, immaculée, fine, radieuse.H v en a presque à la hauteur des fenêtres.L'on s'emplit les yeux de cette féerie blanche qui filtre de la paix jusque dans l'âme.Sur les toiture.» encapuchonnées des maisonnettes, les hautes cheminées, par un long et tourmenté nuage de fumée qu'emporte un venl léger, disent la chaude activité du poêle de la cuisine, de ce vieil ami à deux ponts auquel encore sont fort attachés les gens de chez nous.poêle qu'a immortalisé Adjutor Rivard.en des lignes éloquentes."Tout l'hiver, sa respiration s'échappe du toit en spirale, dans l'air tranquille, ou fuyante et déchirée par la rafale.Tout l'hiver, il chante, ronfle ou murmure:."Il fond la neige maligne que la poudrerie souffle sous la porte mal fermée, réchauffe les petits pieds rougis, fait fumer la bonne soupe.C'est l'âme de la maison".Dans un intérieur propret, perdu dans l'immensité de la campagne, une mère-grand, gardienne fidèle des traditions canadiennes fail chauler le rouet.Son pied, en cadence, frappe la pédale.et le bruit monotone de la roue se marie au murmure de la bouillotte pansue posée sur le poêle à l'oeil de feu.Filer rie la laine n'est pas action paralysante de la pensée et l'esprit de grand'mère ressuscite alors bien des souvenirs d'autan.Elle se voit à l'âge même de ses petits-enfants qui prochainement, à Noël, viendront la visiter.Elle se retrouve, cheveux au vent, robe courte jouant dans la campagne, courant les papil- lons, taquinant le chat, donnant la pâtée à la genl volatille nombreuse, piaillante et gloutonne.Elle se revoit.marchant au catéchisme, aspirant à communier pour la première fois.0 jours heureux que les années ne peuvent éteindre en un coeur qui les a goûtés!.Puis, en sa mémoire, tel un film qui se déroule en phases distinctes, mère-grand évoque la fête de Noël en son foyer si chrétien.L'A vent, à ce temps-là, faisait partie non seulement du cycle liturgique, mais de la vie même de chacun.Les multipliait-on les sacrifices, pour confectionner une chaude layette à FEnfant-Dieu?A l'école, l'institutrice était admirable d'ingéniosité pour stimuler la générosité même des plus apathiques.quand parfois il s'en trouvait! Puis venait la messe de minuit à laquelle on se rendait en voiture tirée par la "Grise".Oh! les petits se couchaient fort tôt, la veille de Noël, presque après le souper.et bien finaud celui qui aurait pu résister au sommeil.qui aurait pu s'apercevoir de la venue, à la maison du "petit Jésus", semant jouets et bénédictions.C'était ensuite le réveil joyeux, le départ en traîneau sur une neige crissante.En route, l'on comptait les étoiles.ou l'on se riait des ombres dansantes de la nuit.A minuit, les cloches sonnaient à toute volée et l'Enfant-Dieu, porté en triomphe par les élèves de l'école du rang, était déposé en une crèche sise dans une étable naïvement peuplée.Et grand'mère.perdue dans un passé lointain, entendait en son intime, les airs familiers de nos vieux noëls, de ceux auxquels le coeur L'OISEAU BLEU ' 19 populaire retourne, même après avoir goûté à la musique religieuse moderne.Durant sa rêverie évocatrice, l'aïeule ne s'est pas aperçue que le rouet a cessé de chanter et que quelqu'un est entré, tant les souvenirs ont afflué à ses esprits.Enneigée, rouge de santé, vêtue d'un pimpant costume bleu marine et d'une tuque à pompons, Ariette, sa petite-fille, s'avance sur la pointe des pieds prête à lui sauter au cou et à la dévorer de baisers.Le coeur de grand-mère va rejoindre celui de la bambine dans une caresse qui laisse trop bien deviner combien les vieux se retrouvent dans les jeunes qu'ils voient pousser autour d'eux.Petits amis, faites bien chaude l'atmosphère où vivent les parents vieillissants.Que Noël et l'An neuf soient pour eux, grâce à votre jeunesse aimante, époque de bonheur se prolongeant toute l'année, en dépit des épreuves inévitables qui lèvent en toute vie humaine.Gâtez-les.choyez-les! Fauvetle souhaite aux uns et aux autres, à tous sans exception, vie heureuse, santé, prospérité, succès.et le paradis à la fin de vos jours! C.F.GRAPHOLOGIE Telle écriture, tel caractère! C'est ce que vous dira Soeur Jeanne, notre graphologue, pourvu que vous lui envoyiez dix lignes d'écriture et de composition personnelle, sur papier non réglé, le tout accompagné de la modique somme de vingt-cinq sous et d'une enveloppe affranchie.Adressez: SOEUR JEANNE L'Oiseau bleu 1182, rue Saint-Laurent Montréal, Québec Correspondance Ariane Voeux de bonheur et de santé à l'amie que vous êtes.Puisse le Ciel combler tous vos plus ardents désirs.Amitiés à vous et à l'amie garde-malade.Jeannine.— Que l'an neuf apporte à Jean-nine amie, gâteries multiples: bonheur, santé, succès.vie heureuse au milieu des élèves dont vous avez la charge! Amitiés sincères! Claude et Mirni.— Je souhaite à mes deux petits amis de la santé, des succès.et des gâteries sans nombre de la part de l'Enfant-Jésus de la Crèche!.Voeux de bonheur à vos parents! Mimi-Blanc-Blane.— Je salue l'aimable correspondante gaspésienne et lui souhaite pour 1938 bonheur profond et durable, santé, succès.Puissiez-vous trouver de nombreuses consolations dans votre tâche d'éducatrice dé-\ oiiée.Sr S.J.de P.— Voeux affectueux à la trop lointaine amie.Revenez dans le Québec.A vous santé, bonheur vrai, succès! Recevez mes amitiés.Abeille de Marie.— Fauvette prie souvent pour celle dont la tâche est faite de dévouement quotidien.Que Dieu vous choie royalement, comme 11 sait si bien le faire.Bonheur vrai et santé à l'amie inoubliable! Ariette.— Merci de cette lettre, traduisant -i affectueusement les voeux de bonheur que vous désirez pour Fauvette.A vous mes meilleurs voeux et mon plus affectueux souvenir.Jean-Louis G.— Voeux de bonheur, de succès et de santé à mon petit ami! Bon an à tes chers parents.Soeur Jeanne me prie de vous dire que toutes les graphologies demandées ont été expédiées par courrier postal.Elle se joint à Fauvette pour souhaiter à tous les amis du Coin, année heureuse et prospère, remplie des bénédictions d'En-haut ! C.F.Hok.Albikt Paquettk MINISTÈRE DU SECRÉTARIAT DE LA PROVINCE DE QUÉBEC Jkan Hiu;cnÉ8i Les Écoles d'Arts et Métiers Enseignement gratuit Cours du Jour et du Soir dans les principales villes de la province COURS: Dessin industriel, Menuiserie, Electricité, Physique industrielle, Mathématiques.Ajustage.Dessin à main levée, Modelage, Architecture, Lett rage d'enseignes, Peinture, Solfège.Pour renseignements s'adresser à GABRIEL ROUSSEAU, Directeur, 25 Est, rue Saint-Jacques, Montréal, Tél.: BElair 2374 Abonnement $1 par année "TECHNIQUE " scientifique 120 L'OISEAU BLEU CANADIENNE.EN PEDAGOGIE ^ Leçon de Lettrage A mes chers petits amis, les élèves de quatrième année, Bien chers amis.Qui parmi vous n'aura pas, dans la vie, l'occasion d'adresser des colis ou des mots de faire-part, réunion, assemblée, concert, séance, etc.En ces circonstances aussi bien que maintenant en vos années scolaires, vous ne perdrez rien, certes, à lettrer à la main, le plus gentiment du monde: couvertures de cahiers ou porte-folios des sciences naturelles, titres de devoirs, signature de vos feuilles de dessin, ou encore, sur le tableau noir, de courtes annonces d'intérêt particulier à la classe, telles qu'exposition, joute, partie de jeu, félicitations aux vainqueurs, etc., •îtc.Les lettres à simple trait dites lettres squelettes sont alors plus rapides à exécuter.Ces messages ou avis passagers ne devant ordinairement être lus que de près, point n'est besoin, comme pour les affiches commerciales, de les lettrer par de très grosses et grasses lettres.Les architectes par exemple, ont adopté un alphabet très simple pour leurs plans d'édifices.Avez-vous déjà vu un plan d'architecte?Quand vous irez à l'Oratoire Saint-Joseph, vous visiterez le pavillon de la maquette de la future Basilique.En observant sur les murs les plans de feu M.Venne, un de nos meilleurs architectes canadiens, vous remarquerez que tous les titres sont lettrés en majuscules; que les mots de moindre importance sont lettrés en minuscules.Or, toutes les écritures qui figurent sur les plans d'architectes sont toujours lettrées à la main.Vous n'y aviez peut-être jamais songé?.Bon nombre d'entêtés et d'annonces de journaux ou de magazines aussi sont lettrés à la main, et cela par des lettreurs professionnels qui sont payés fort cher pour ce genre de travail.Leurs dessins sont ensuite transférés sur des plaques typographiques ou lithographiques qui les reproduisent enfin, à la manière des caractères d'imprimerie, sur le papier.Quand l'occasion s'en présentera, ne manquez pas de visiter une imprimerie ou une lithographie.Vous verrez là de vos yeux, croyez-le, une des plus intelligentes industries de l'homme.Allez-y tout le groupe de votre classe, par exemple, après vous être entendu avec le gérant.L'une ou l'autre de nos excellentes maisons canadiennes-françaises vous recevra sans doute très volontiers.soit, pour Montréal, l'imprimerie de l'Ecole technique, Thérien Frères, le "Devoir", Arbour et Dupont, la Lithographie du Saint-Laurent, les Annales de Saint-Joseph, etc., etc.Cette planche IV présente un modèle de lettres des plus simples, telles: a) —une série de majuscules b> —une série de minuscules c) —une série de chiffres arabes d) — le nom d'une ville chère entre toutes à tout vrai Canadien.Les majuscules sont montées dans les proportions de 2 x 3 c'est-à-dire, dans un rectangle de 2 carreaux de largeur sur 3 carreaux de hauteur.Le corps des minuscules est monté sur 2 carreaux de hauteur sur 1 Vi carreau de largeur, exemple, a, c, e." La verticale de bon nombre de ces minuscules excède la ligne de base ou de tête d'une hauteur de carreau, exemple b, d, h.Les points du i et du j ainsi que la verticale de t n'excèdent pas au delà d'un demi-carreau.i Suite à la page 122) L'OISEAU BLEU 121 122 L'OISEAU BLEU Copiez très soigneusement à main levée toute votre planche modèle sur une feuille quadrillée mise à cet effet dans votre enveloppe à dessin.Commencez par ébaucher légèrement toutes vos lettres à main levée, avec un crayon dur.Puis, toujours à main libre, perfectionnez peu à peu vos traits, en les passant et repassant jusqu'à les obtenir d'une égalité parfaite et suffisamment prononcés, quoique acunement pesés.Faites souvent faire la pointe de votre crayon sur du papier-verre (sablé).Portez beaucoup d'attention aux coins des lettres, ainsi qu'à l'attache des courbes aux traits droits.Ces parties rondes des lettres sont toujours commencées, pour vous guider, par un léger cercle tracé en entier.Certaines lettres du modèle ont été laissées à l'état d'ébauche afin de vous fournir un exemple de la manière dont vous devez toujours les commencer.L'élargissement du trait des lettres quand il y a lieu — vous pouvez les élargir à volonté —¦ se fait ordinairement par en dedans de chaque lettre.Voir le mot "Québec".Il Maintenant que vous connaissez la forme de toutes vos lettres, ¦vous êtes prêts, chacun, à lettrer une courte sentence ou citation de quelque haut fait ou noble parole de notre histoire nationale, se rapportant surtout aux environs de Montréal.Suivent à titre de suggestion quelques-unes de ces courtes phrases à lettrer: — En 1635, Jacques-Cartier remonte le fleuve Saint-Laurent jusqu'à la bourgade d'Hochelaga.— "Tout ce beau pays donne une espérance certaine de l'augmentation de notre sainte foi." (Lettre de Jacques Cartier au roi de France).— "Tous les arbres de l'île de Montréal seraient-ils changés en Iroquois, il est de mon devoir d'aller y fonder une colonie, et j'irai." (paroles de M.de Maisonneuve à M.de Montmagny lui exposant les difficultés de son entreprise) — En 1660 les Iroquois ont résolu de massacrer tous les Français de la Nouvelle-France.— Dollard, soldat de Ville-Marie, décide 16 de ses compagnons à se sacrifier avec lui pour sauver la colonie.— Le dévouement de Dollard surpasse ce que l'histoire peut offrir de plus grand et de plus beau.— "Combattons jusqu'à la mort; les gentilshommes ne sont nés que pour verser leur sang au service de Dieu et de leur roi", (l'héroïne de Verchères à ses frères).— "Monsieur, je vous rends les armes", (paroles de l'héroïne à LaMonnerie venu lui porter secours).—"Mademoiselle, elles sont entre bonnes mains", (réponse de l'officier).MANIERE DE PROCEDER lo—Une fois bien arrêté sur le choix de votre phrase, étudiez-en l'arrangement en faisant un brouillon de chacun des mots qui la composent, entre trois bouts de lignes d'une vieille feuille de papier à écrire par exemple, ou autres bouts de lignes plus serrés que vous vous tracerez vous-mêmes: une ligne de tête — une ligne de centrale — une ligne de base.Ne faites usage pour le moment que de lettres majuscules.Faites les barres transversales de E, F, et de H un peu au-dessus du centre et celle de A un peu en-dessous.On nomme ces barres transversales des médianes.Laissez entre les lettres un espace d'à peu près une demi-largeur de la lettre H.Les lettres rondes O, Q, C, D et G ainsi que les lettres ouvertes T, L, E, F, A, V, P, doivent être rapprochées davantage.2o — Une fois que tous vos mots seront tracés, taillez-les par bouts de lisières séparées.Ajoutez-les à l'oeil sur une feuille de papier d'emballage ou autre afin de déterminer la grandeur que vous donnerez à votre panneau.Ayez soin ici: A — de laisser un espace à peu près égal entre chaque mot: celui d'une fois la largeur de la lettre H.B — de laisser entre vos lignes de la moitié au quart de la hauteur totale de vos lettres.C — de ramasser toute votre phrase comme en un paquet bien balancé de chaque côté de l'axe vertical du panneau, et cela afin de procurer à celui-ci une marge suffisante.Enfin après vous être tracé légèrement des lignes guides, exécutez votre bel écriteau soit à la mine, soit au crayon de couleur taillé fin, sur votre bonne feuille de papier.On peut vous fournir pour 2 sous une feuille de papier "Construction" 12 x 18 ou 18 x 24.Bordurez votre panneau d'un trait d'une largeur de carreau.Bon succès! Bien sincèrement vôtre, LYS DU CANADA Pour obtenir tout de suite la série complète des Leçons de Lettrage, vous pouvez écrire à la Maison-Mère des Soeurs de Sainte-Croix, section du dessin molaire, à St-Laurent, près Montréal. L'OISEAU BLEU 123 LA PAGE DES PHILATÉLISTES Chers jeunes lecteurs.DANS ce numéro de l'Oiseau bleu, nous nous occuperons du Canada seulement.D'abord, parce que nous avons beaucoup de choses à apprendre sur noire pays, même au point de vue philatélique; ensuite, parce qy'un nombre de plus en plus grand de collectionneurs s'intéressent presque exclusivement aux timbres-^poste canadiens.La publication de la belle série des timbres du troisième centenaire de la fondation de la ville de Québec, le mois dernier, a plu beaucoup.Les vignettes reproduites illustraient très bien ces timbres commémorât ifs où se lisaient des légendes en français.Première concession du gouvernement fédéral aux revendications inlassables de ceux qui affirmaient et qui ne cessent d'affirmer que le français est l'une des deux langues officielles de notre pays.En 1917, le ministère des Postes mit en circulation un timbre de trois sous, brun, grand format, pour commémorer le cinquantième anniversaire de la Confédération canadienne.La Grande Guerre alors ensanglantait l'Europe et la couvrait de ruines.Aussi ce cinquantenaire passa-t-il inaperçu chez nous.La série de 1927, relative à la Confédération, se compose des timbres bilingues suivants: un sou, orange, à l'effigie de sir John Macdonald; deux sous, vert, grand format, représentant les fondateurs de la Confédération; trois sous, rouge, grand formai, représentant l'Hôtel du Gouvernement fédéral; 5 sous, violet, à l'effigie de sir Wilfrid Laurier; 12 sous, bleu, reproduisant la carte géographique du Canada avec les superficies comparées en 1867 et en 1927; enfin un timbre exprès de 20 sous, orange, d'un format particulier.Ces timbres, d'une émission assez récente, peuvent être achetés à prix raisonnable encore.Ne l'oubliez pas, hein?Le mois prochain, nous passerons en revue les nouveautés de divers pays.En attendant, joyeux Noël, bonne et heureuse année.UN AMI DES JKUNES PHILATELISTES AVIS IMPORTANT J'achète les timbres canadiens suivants : 1, 5, 7, 10, 15, 20 cents du Troisième Centenaire de Québec, tous les timbres à l'effigie de la reine Victoria; 5, 7, 10, 20, 50 cents d'Edouard VII; 2 cents de 1898 (carte); 3, 5, 12 cents de la Confédération: 5, 12, 20 cents, série historique de 1927; 50 cents (voilier), $1 (le Parlement fédéral), 50 cents (Grand-Pré), $1 (les Rocheuses), 50 cents (le parlement de Victoria), $1 (le monument Champlain), tous les timbres de la poste aérienne et de livraison expresse (exprès).ATTENTION.— Je n'achète les timbres de la reine Victoria, 1, 2 et 3 cents, que par quantités de 100.Quant aux autres timbres, ils doivent m'être adressés par paquets de 50, pareils ou assortis.Je n'achète pas les timbres déchirés, amincis, salis ou perforés de lettres-initiales.Envoyer vos timbres par lettre recommandée ou par colis postal assuré.Je répondrai immédiatement en indiquant la somme que je puis payer.Si je ne les achète pas, je les renvoie à l'expéditeur à ses frais.Recommandation: le directeur de l'Oiseau bleu.Adresser tous vos envois à 1 J.COURVAL, 4674, rue Resther.Montréal.Canada 124 L'OISEAU BLEU LE QUESTIONNAIRE DE LA JEUNESSE LA QUINCAILLERIE QUESTION.— 1.— Que vend le quincaillier?— De la quincaille, c'est-à-dire des outils ou articles divers en fer ou en cuivre.Q.— Quels articles ce quincaillier offre-t-il en vente?— Une serrure, un rabot, un couteau à mastic, un pinceau, un marteau; à l'étalage, on voit aussi des charnières et une chaîne de sûreté.2.— Comment se nomme cet appareil à mesurer?— Une mesure à ruban.3.— Que voyez-vous là?— Un électricien coupant un fil avec une pince! un menuisier clouant un clou avec un marteau et un plombier arrangeant un siphon avec une clé à tuyau.4.— Qu'est ceci?— Une vis à tête plate, et fraisée, c'est-à-dire pouvant entrer dans un trou évasé.5.— D'oii vient à ce crochet le nom de plafonnier?— C'est parce qu'il se visse au plafond.6.— Pourquoi dit-on que cet objet est un manche-nécessaire?— Parce qu'il contient tout un nécessaire d'outils: vrille, tournevis, poinçon, gouge, arrache-clou, etc.7.— Quel est cet outil?— C'est un marteau de menuisier.8.— Qui se sert de la sauterelle?— Les menuisiers, les tailleurs de pierre, pour tracer des angles.9.— Que tiennent dans leurs mains ces deux menuisiers?— Un vilebrequin et un marteau.On distingue derrière eux le faîte d'une construction.Les chevrons sont très apparents.10.— \ quoi sert ce bouton?— A ouvrir les portes, tiroirs ou couvercles.11.— Qui fait usage de la clé à tuyau?— Les plombiers ou les fumistes.12.— Que font ces deux ouvriers?— Ils examinent le contenu d'un coffre d'outils.13.— Quel est le nom de ce crochet à ressort?— Un mousqueton.14.— Que permet la scie à onglets?— De scier les planches ou moulures à un angle que l'on fixe mécaniquement.15.— Que contient cet étui?— Une série de clés.16.— Combien de lames a ce couteau?— Trois; on y distingue des onglets ou entailles destinées à recevoir l'ongle pour aider à faire pivoter la lame en la tirant.17.— Que fait ce parqueteur?— Il confectionne un plancher en plaçant des planches sur des lambourdes.18.— A qui les agents de police mettent-ils ces menottes?— Aux prisonniers récalcitrants.19.— A quoi sert ce genre de boucle?¦— A attacher ou serrer ensemble deux objets sans être obligé de faire un noeud.La pointe mobile de la boucle se nomme ardillon (A).^ 20.— Quel est cet outil?— Un coupe-vitre; la partie du coupe-vitre ayant des entailles servant à rogner la vitre s'appelle grugeoir ou grésoir.21.— Quel est l'usage de ces grandes ci-tailles?— Elis servent à couper les boulons, rivets, fils de fer.Les branches sont à articulation et les mâchoires en acier trempé.Cet outil se nomme coupe-boulon.22.— Comment se nomme ce genre de crochet de sûreté?— Une mélière.On donne aussi ce nom à i'anneau qui supporte le battant d'une cloche et à l'anneau ovale par lequel on accroche une montre au mousqueton d'une chaîne.23.— Quel est l'avantage de la sonnette électrique?— Grâce au fil, on peut la placer à de grandes distances de l'endroit où l'on sonne.24.— Que fait ce charpentier?— Avec une scie, il coupe une planche qu'il a posée sur un chevalet; en dessous, on voit une hache, un hachereau, une serrure, une clé, un robinet et un ciseau.25.— A quoi sert un emporte-pièce?— A percer des trous ou à découper du bois, du tissu ou du fer.26.— Qù place-t-on des galets?— Sous les meubles afin de pouvoir les changer de place plus facilement.La partie supérieure qui permet à la roulette de tourner se nomme tourillon.27.—.Quel genre de cadenas voyons-nous ici?— Un cadenas cylindrique à anse sautante et tournante.28.— Que fait ce menuisier?— Il met la dernière main à la maquette ou miniature d'une maison.Q.— Quels outils peut-on distinguer dans le médaillon?— Une charnière, une serrure, des cornières ou ferrures de coin, des vis, un tournevis, une équerre, une varlope, des pinces et un pied-de-roi pliant.L'abbé ETIENNE BLANCHARD 126 L'OISEAU BLEU Concours de décembre 1937 MOTS CROISES LA TERRE DE NOS AÏEUX par Marie-Claire DAVELUY 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 m F / 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 I.2.3.4.5.6.7.— a — 9.— 10.— n.— 12.— 1.— 2.3.4.— HORIZONTALEMENT Réhabilités par l'auteur de Notre Maître le Passé.La vie religieuse y est intense au Canada.— Conjonction qui exprime la négation.¦» Roi du Danemark (814-851» — Mot latin signifiant ainsi.Action de rire.— Ce quo nous, chrétiens, devrions être.— Exclamation.Glande de la région abdominale.— Colère.Exclamation exprimant une douleur physique.— Un grand saint évêque porta ce nom.— Pronom personnel.Conjonction.— Elle est dure mais nécessaire.Article simple.— Rend la paix.Baptisa Clovis.— Celui de Notre-Dame est célèbre.Le tribun par excellence, il y a cent ans.Ennui.— Oiseau échassier à la chair savoureuse.Le vainqueur du Colonel Gore, le 23 novembre 1837.— Ce qui précède un nom propre de personne en style de palais ou de pratique.VERTICALEMENT Une des plus nobles victimes de l'Insurrection de 1837.— Douze mois le composent.Fis un pari.— Petite prairie.Fils d'Apollon, apprit aux hommes à élever les abeilles.— Bande de fer ou d'acier pour les tramways.Faux bijoux.— Il fut glorieux pour ceux qui tombèrent pour la patrie.5.— Du verbe rire.— Ce qu'il faut choisir entre mille.6.— Ville de Babylonie (Mésopotamie).— Faute de quoi.7.— Partie dure et solide formant la char- pente du corps.— Du verbe avoir.8.-—Pronom personnel.— La jeunesse les prend avec délices.9.— Dans.— Frappai excessivement.]().— Article simple.— Note de musique.11.— Dirions que cette chose n'existe pas.— Article contracté.12.— Une rivière historique du Québec portant le nom d'un grand serviteur de la monarchie française.— Terminaison d'infinitif.Faire parvenir ses solutions au plus tard, le 29 décembre 1937 à VOiseau bleu, 1182, rue Saint-Laurent, à Montréal, Québec.Solution du problème de novembre 1937 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 // 12 / w S A I N T m H E M 2 E T m ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ m I R A 3 T ¦ c H A R L E s m I R 4 H E ¦ ¦ ¦ ¦ m ¦ m s E C 5 E ¦ B L A N c H E T ¦ H 6 R E L A I E R A m U S E 7 A M E R n ¦ I m E C U S 8 L U ¦ D u V E R T m A S 9 L ¦ V m s E N E m A S A 10 ¦ D E B A R T Z C H m U 11 A U T 0 ¦ T ¦ ¦ O m i L 12 B R O W N ¦ L A M i o T I.•2.3.Gagnantes du Concours Mlle Raymonde Ostiguy, 2180, rue Aylwin, Montréal.Ecole Stadacona Mlle Angelina Bourdon, 3208, rue Hudon, Montréal.Mlle Béatrice Bélanger, 29S0, chemin Saint-Michel, Comté de Laval, Québec.Ecole Sainte-Lucie 1.— Mlle Françoise Pouliot, Beauharnois, Comté de Beauharnois, Québec.Mlle Alberte Lafond, 6877.rue Saint-Hubert, Montréal.Académie Saint-Arsène Mlle Thérèse de Grandpré, 4241, rue de Berri, Montréal.Chacune des gagnantes a reçu en prime de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal la somme de cinquante sous.S 6. L'OISEAU BLEU 127 Une page d'histoire RICHELIEU d'après le tableau de l'hilippe de Champaigne LE CARDINAL DE RICHELIEU 1585-1642 Armand-Jean du Plessis, duc de Richelieu, troisième fils de François du Plessis, grand prévôt de France, et de Suzanne de la Porte, embrassa très jeune la carrière des armes.Il ne tarda pas à la délaisser pour entrer dans le sacerdoce.Richelieu joignait au sens de l'organisation une audace et une volonté infléchissables Nommé évêque de Lu-çon à 22 ans, il se donna tout entier aux affaires de son diocèse et y accomplit plusieurs réformes qui le mirent tôt en vedette.Lorsqu'en 1614 il fut élu député aux Etats généraux, sa renommée comme administrateur, prédicateur et écrivain était déjà très répandue.La reine régente Marie de Médicis le choisit en 1615 comme aumônier de la jeune reine Anne d'Autriche.En 1622, il reçut le chapeau de cardinal.Lorsqu'il fut nommé premier .ministre, deux ans plus tard, il s'intéressa vivement à la direction et à l'administration de la Nouvelle-France, instruit qu'il était de l'état de la colonie par Samuel de Champlain.La Nouvelle-France était alors en butte à de nombreuses difficultés; elle n'avait aucun système de gouvernement.Les commerçants y faisaient la pluie et le beau temps; le monopole de la traite des fourrures était entre les mains des Huguenots.Les frères Kirks, en s'emparant de Québec en 1629, réduisaient à néant les projets de colonisation de la France monarchique.Le 29 mars 1632, par le traité de Saint-Germain-en-Laye, Richelieu amena l'Angleterre à abandonner tous ses droits sur les provinces qui composaient le Canada.— Il encouragea Champlain dans son oeuvre d'évangélisation et de colonisation.Il favorisa l'envoi de colons qui donnèrent naissance au peuple canadien; il empêcha les Huguenots de s'établir dans la Nouvelle-France.Son zèle pour la conversion des sauvages, sa généreuse protection mirent la colonie sur la voie de la prospérité spirituelle et matérielle.Richelieu mourut le 4 décembre 1642.Le Richelieu, le comté de Richelieu, etc., perpétuent chez nous le souvenir de ce grand ministre- Que les Canadiens français s'inspirent de cet exemple.Qu'ils aient à coeur le maintien et le développement des institutions qui assureront leur indépendance économique.La Sauvegarde, puissante société d'assurance sur la vie, fondée et administrée par des Canadiens français, mérite d'être encouragée avant toute autre compagnie similaire Ce qui compte, c'est un geste pratique; posons-le ce geste. LA MAISON SANS RIVALE des JOLIS CADEAUX D'ETRENNES Beaux Livres.Reliures d'art.Livres canadiens.Reliures amateur.Album d'images.Bibliothèque enfantine, Garnitures de bureau: bases onyx, stylo, papeterie de luxe.Maroquinerie.Ecrit oires.Liseuses, agendas, calepins, articles de fantaisie.Jeux, jouets.Boites de peinture.Décorations pour Noël et le Jour de l'An.54 ouest, rue Notre-Dame GRANGER FRÈRE5 LAncaster 2171 Nos magasins sont ouverts Jusqu'à 5 heures le samedi.— Facilités de stationnement.1 rSclume kverar Vous voulez le vivre et le couvert le reste de vos jours?Souscrivez nos rentes viagères garanties.Rien de plus parfait.La somme de vos contributions, c'est vous qui la fixez.La quotité de votre rente, c'est vous qui la fixez.La date de sa distribution, c'est vous qui la fixez.Le présent est l'enclume sur laquelle se forge l'avenir: avenir de bien-être ou avenir de chaînes.Choisissez! Vous pouvez devenir rentier dans trois mois, si vous voulez.EXPLICATIONS A TITRE GRACIEUX * CAISSE * NATIONALE D'ÉCONOMIE 55 ouest, rue S.-JACQUES Montréal — HArbour 3291 1 Imprimerie Populaire Limitée
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