L'oiseau bleu /, 1 janvier 1938, janvier
Rédaction et administration, 1 182, rue Saint-Laurent Montréal, Canada Abonnement: Canada et Etats-Unis: $1 Conditions exceptionnelles aux collèges, couvents et écoles Téléphone: P La tenu 1131 VOLUME XVIII — No 6 MONTREAL.JANVIER 1938 Le numéro: 10 sous A la vue des quatre ânes chargés d'or, le Roi s'écria dans un transport de joie: "Mon cher fils, où avez-vous trouvé tout cet or?" 130 L'OISEAU BLEU m 193B «gfc «—-4.Jtomter Ifattuter Comme un vase dont le cristal s'est émietté Sous la main qui venait y déposer des roses, Un an est disparu, brutalement jeté Au gouffre où vont mourir toutes les vieilles choses.Il n'est plus, sauf peut-être où vit le souvenir; Il n'est plus.Oh \ pourquoi fait-il donc que tout meure?Pourquoi sur le passé reposer l'avenir?Pourquoi vivre et lutter, puisque rien ne demeure ?Pourquoi ?C'est que la vie émerge de la mort ! C'est que par le passé doit s'écrire l'histoire, Et c'est que la richesse est faite de l'effort Journalier, sans lequel il n'est pas de victoire.C'est qu'il n'est point d'amour qu'il ne soit de douleur, Qu'un plus doux parfum vient de la rose fanée, Que l'âme se retrempe aux sources du malheur, Et c'est qu'à l'an défunt succède une autre année\ Jean Bruchksi L'OISEAU BLEU 131 CONTE DE FÉES Le Géant aux T L était une fois un pauvre homme et sa X femme qui avaient un fils, et on leur avait prédit que ce fils épouserait un jour la fille du Roi.Le Roi eut connaissance de cette prédiction, et, quand il sut que les parents de l'enfant étaient pauvres, il fut mécontent et se promit bien que jamais leur fils n'épouserait sa fille.Il alla donc les trouver et leur demanda s'ils voulaient lui vendre leur enfant."Non", dirent-ils; mais le Roi les en pria bien fort, et promit de leur donner une grosse somme d'argent, si bien qu'à la fin, et comme ils n'avaient pour ainsi dire pas de pain à manger, ils consentirent en se disant: "L'enfant est né coiffé; aucun mal ne lui arrivera".Le Roi prit donc l'enfant, le mit dans une boîte et partit; mais quand il arriva sur le bord d'une rivière profonde, il le jeta dans l'eau, en disant: "Ce n'est pas toi que ma fille prendra jamais pour mari." Mais la boîte se mit à flotter, sans qu'il entrât dedans une seule goutte d'eau; elle alla ainsi à la dérive et s'arrêta enfin contre l'écluse d'un moulin, à deux lieues environ de la Capitale du Roi.Le meunier ne larda pas à l'apercevoir, il l'attira à lui, à l'aide d'une longue perche, et, la trouvant lourde, il crut qu'elle était pleine d'argent; mais quand il l'ouvrit, il vit un joli petit garçon.Or, le meunier et sa femme n'avaient point d'enfant; ils furent donc bien heureux de voir le petit."C'est le ciel qui nous l'envoie", se dirent-ils; et ils le traitèrent avec bonté et l'élevèrent avec soin.Treize ans plus tard, environ, le Roi passa par hasard près du moulin, et il demanda au meunier si c'était là son fils.— "Non", répondit-il, "je l'ai trouvé dans une boîte contre l'écluse du moulin quand il n'était encore qu'un tout petit enfant." — "Combien de temps y a-t-il?" demanda le Roi.— "Quelque treize ans", répondit le meunier.— "Vraiment! pouvez-vous vous passer de lui un moment?Je voudrais faire porter une lettre à la Reine; cela me ferait bien plaisir, et je lui donnerais deux pièces d'or pour sa peine." — "Comme il plaira à Votre Majesté", dit le meunier.Or, le Roi avait deviné que c'était là l'enfant qu'il avait voulu noyer; il lui remit donc une lettre pour la Reine, où il disait: "Au reçu de cette lettre, donnez des ordres pour qu'on s'empare du messager, qu'on le mette à mort, qu'on l'enterre, et que tout soit fini quand je reviendrai." cheveux d'or Le jeune garçon se mit en route; mais il s'égara et arriva le soir dans un grand bois.Au milieu des ténèbres, il aperçut de loin une lumière et, se dirigeant de ce côté, il atteignit une petite maisonnette où il n'y avait personne qu'une vieille femme qui eut bien peur quand elle le vit.— "Qu'est-ce qui t'amène ici", lui dit-elle, "et où vas-tu?" — "Je me rends auprès de la Reine, à qui je porte une lettre; mais j'ai perdu mon chemin, et je vous serais reconnaissant de me laisser me reposer ici cette nuit." — "Tu n'as pas de chance", dit la vieille, "cette cabane est une cabane de voleurs; et s'ils rentrent et te trouvent ici, ils te tueront." — "Je suis si fatigué que je ne puis aller plus loin", dit-il, et il posa la lettre sur la table, se coucha sur un banc et s'endormit.Quand les voleurs rentrèrent et le virent, ils demandèrent à la vieille qui était cet enfant.— "Je l'ai reçu par compassion", dit-elle; "il porte une lettre à la Reine, et il a perdu son chemin." L*s voleurs prirent la lettre, en brisèrent les cachets et lurent l'ordre que le Roi donnait de mettre à mort le messager.Alors le chef de la bande déchira la lettre, et, pour jouer au Roi un bon tour, il en écrivit une autre par laquelle il priait la Reine de donner la Princesse en mariage à celui qui lui remettrait la missive.Ils laissèrent le jeune homme dormir jusqu'au matin, puis ils lui montrèrent son chemin.Dès que la Reine eut pris connaissance de la lettre, comme le jeune homme était beau et aimable, elle fit tout préparer pour la cérémonie, et, la Princesse l'accepta volontiers pour époux, et ils vécurent très heureux.Quelque temps après, le Roi revint; et quand il vit ce qui était arrivé, il demanda comment cela s'était fait et ce que disait sa lettre.— "Mon cher époux", lui dit la Reine, "voici votre lettre; lisez-la vous-même." Le Roi la prit, et vit bien qu'on avait changé la sienne; il demanda alors au jeune homme ce qu'il avait fait de celle qu'il lui avait confiée.— "Je n'y comprends rien", dit-il, "il faut qu'on l'ait changée la nuit, pendant que je dormais." Le Roi entra dans une grande colère: "Aucun homme", s'écria-t-il, "n'aura ma fille s'il ne me rapporte trois cheveux de la tête du géant qui règne dans les Montagnes Merveilleuses; rapporte-les moi, et tu auras ma fille." — "Ce sera bientôt fait", dit le jeune homme.Et il prit congé de sa femme et se mit en route. L'O I SEAU BLEU Il arriva bientôt aux portes d'une grande ville; la sentinelle l'arrêta, et lui demanda quel était son état et ce qu'il savait.— "Toul", répondit-il.— "S'il en est ainsi, rends-nous le service de nous apprendre pourquoi notre fontaine, sur la place du marché, qui autrefois nous donnait du vin, s'est desséchée et ne fournit même plus d'eau.Apprends-le nous, et nous te donnerons deux ânes chargés d'or." — "Bien volontiers", répondit-il; "je vous le dirai à mon retour." Plus il arriva devant une autre ville, et là aussi la sentinelle lui demanda quel était son état et ce qu'il savait.— "Ton!.", répondit-il.— "Rends-nous, alors, le service de nous apprendre pourquoi un arbre qui autrefois portait des pommes d'or n'a plus même de feuilles maintenant." — "Bien volontiers", répondit-il; "à mon retour." Il poursuivit sa route, et arriva au bord d'un lac qu'il lui fallait traverser.Le passeur lui demanda, à son tour, quel était son état et ce qu'il savait.— "Tout", répondit-il.— "Alors", dit l'autre, "rends-moi donc le service de m'apprendre pourquoi je suis indéfiniment condamné à rester à ce poste, sans jamais être relevé; je te récompenserai généreusement." — "Je tp le dirai à mon retour", répondit le jeune homme.Quand il eut passé l'eau, il trouva une grande montagne, à l'aspect sombre et lugubre.Le géant demeurait dans une caverne creusée dans le roc.Le jeune homme cogna à la porte; le géant n'était pas là, mais sa grand'mère était assise dans sa bergère.— "Que demandes-tu?" dit-elle au prince.— "Trois cheveux de la tête du géant", répondit-il."sans quoi je perds la vie." • - ji\ «.»?en paix; si tu me réveilles encore, je te donnerai un soufflet." Il se rendormit; et quand elle l'entendit ronfler, elle arracha le troisième cheveu; le — "J'en suis fâchée pour toi, mais quand le géant rentrera, il te tuera; cependant je vais tâcher de te venir en aide." Elle lui montra un trou dans le mur, lui dit de s'y cacher, et que s'il se tenait tranquille, il serait sauvé.— "C'est bon", dit-il, "mais j'aurais besoin, en outre, de savoir, pourquoi une fontaine qui versait toujours du vin est maintenant à sec; pourquoi ufi arbre qui portait des pommes d'or n'a plus même de feuilles; et pourquoi un certain passeur doit toujours rester à son poste sans jamais être relevé." — "Tu me poses là trois questions auxquelles il est difficile de répondre", dit la vieille: "mais tiens-toi bien tranquille et écoute ce que dira le géant quand je lui arracherai les trois cheveux." Dès qu'il fit nuit, le géant parut.Et quand il entra, il se mit à humer l'air en criant: Qu'y a-t-il donc?Un étranger assurément se trouve dans ma caverne", il se mit à fureter partout, mais en vain; et la vieille lui chercha querelle en disant: "Ne mets pas sans dessus dessous lout ce que je viens de ranger." Alors il se mit à souper, puis il posa sa tête sur les genoux de la vieille, et ne tarda pas à s'endormir, car il était très fatigué.Dès qu'il commença de ronfler, elle saisit un cheveu et l'arracha.— "Femme!" s'écria-t-il en se dressant d'un bond, "que fais-tu donc?" — "Oh! j'ai entendu dire que la fontaine sur la place du marché qui autrefois versait du vin, est maintenant à sec; comment cela peut-il se faire?" — "Ah!" dit le géant, "si on le savait! il y a un crapaud, sous une pierre, dans la fontaine; on n'aurait qu'à le tuer, elle coulerait de non veau." Ayant dit, il se rendormit, et ronfla si fort que la fenêtre en trembla; alors la vieille arracha un autre cheveu.— "Qu'est-ce qui te prend?" s'écria-t-il, furieux.— "Ne te fâche pas", dit-elle, "je veux te poser encore une question." — "Qu'est-ce?" — "Oh! dans un grand royaume il y avait un arbre qui portait des pommes d'or, et maintenant il n'a plus même de feuilles: comment cela se fait-il?— "Ah, ah!" dit le géant, "si on le savait! à la racine de l'arbre il y a une souris qui gri-gnotte, grignotte.on n'aurait qu'à la tuer; l'arbre porterait des pommes d'or de nouveau: L'OISEAU BLEU 133 mais si on ne la tue pas, il mourra bientôt.Et maintenant, en voilà assez; laisse-moi dormir géant se leva d'un bond et on ne sait pas ce qui aurait pu arriver, mais elle l'apaisa, et dit: — "Encore une question, et je ne te dérangerai plus.Il y a un passeur qui est condamné à faire son métier indéfiniment; il ne peut pas se libérer; quel est le charme qui le lie?" — "C'est un sot!" dit le géant; "le premier qui viendra passer le lac il n'a qu'à lui mettre la rame en main; il sera libre; et l'autre prendra sa plgce.Et maintenant laisse-moi dormir." Quand le matin fut venu le géant se leva et sortit; alors la vieille délivra le jeune homme, lui donna les trois cheveux d'or et lui demanda s'il avait entendu et compris tout ce que le géant avait dit; sur sa réponse affirmative, elle le renvoya.Il quitta la montagne et retrouva bientôt le passeur, qui le reconnut et lui demanda la réponse promise.— "Passe-moi d'abord", dit-il, "ensuite je te répondrai." Quand le bateau eut atteint l'autre rive, il dit à l'homme de mettre sa rame dans la main du premier voyageur qui viendrait passer le lac, et de se sauver aussitôt après.Il arriva ensuite à la ville où se trouvait l'arbre stérile.— "Tuez la souris qui ronge les racines", dit-il à la sentinelle, "et les pommes d'or reviendront." On lui donna deux ânes chargés d'or, et il poursuivit sa route jusqu'à la ville où était la fontaine; la sentinelle lui demanda de répondre à sa question.Alors il lui dit de tuer le crapaud; on le remercia, et on lui donna aussi deux ânes chargés d'or.Enfin le jeune homme revint près de sa femme, qui se réjouit fort de le revoir, et d'apprendre ses succès.Il donna les trois cheveux d'or au Roi, qui fut obligé, cette fois, de l'accepter pour gendre et qui, à la vue des quatre ânes chargés d'or, s'écria dans un transport de joie: "Mon cher fils, où avez-vous trouvé tout cet or?" —"De l'autre côté du lac," répondit le jeune homme, "où il y en a sans doute beaucoup encore.— "Et dites-moi, je vous prie," poursuivit le Roi, "pourrai-je m'en procurer, moi aussi?" — "Autant qu'il vous plaira," dit l'autre: vous trouverez un passeur sur le lac; dites-lui de vous mener de l'autre côté de l'eau, et vous arriverez bientôt aux villes d'où vient cet or." L'Oiseau bleu est publié par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 1182, rue Saint-Laurent, à Montréal.Directeur: Alphonse de la Rochelle.La revue ne parait pas en Juillet et en août.Et voilà ce vieux roi cupide qui part en loute hâte; il arrive au lac, et fait signe au passeur, qui le prend dans sa barque, et qui, au moment où il allait descendre, lui met la rame dans la main, et se sauve, laissant le vieux roi condamné à être passeur en punition de ses mauvaises actions.— "Et sa Majesté, l'est-elle encore?" — "Sans doute, car qui donc, dites-moi, voudrait lui reprendre la rame?" RIONS UN PEU L'aïeul de la petite Alice est presque centenaire.Une de ses petites compagnes lui demande l'autre jour: — Quel âge a donc ton grand'père?— Chut! fit-elle; ne parle pas si haut.je crois que le bon Dieu l'a oublié! * * * Jeanne est allée voir une petite amie qui lui propose de goûter.On passe dans la salle à manger, fort élégante.— Comment trouves-tu la salle à manger?demande la petite amie.— Je ne sais pas encore, répond Jeanne; cela dépendra du goûter que tu me donneras.* * * Un client essaye un habit étroit, dans lequel il entre avec quelque difficulté.— Cette redingote, dit le commerçant, vous habille très bien.Elle est sévère.— Mais juste!.répond le client avec uni-grimace de peu à l'aise.S|C3JC 3JC Lurette doit aider au ménage mais elle le fait avec une regrettable mollesse.— Voyons, lui dit sa mère, tu n'as donc pas regardé dans les coins les toiles d'araignées?— Oh! tu sais, maman, répond Lucette, je ne suis pas curieuse du tout Fleurs télégraphiées Tél.: HArbour 1878 partout ED.GERNAEY Fleuriste Invitation particulière aux membres de la Société de Saint-Jean-Baptiste 1405, rue Saint-Denis MONTREAL 134 L'OISEAU BLEU une NOUVEAUTE psC *t Leçon A mes chers petits amis, les élèves de cinquième année, Bien chers amis, Aucun exercice ne vous sera plus utile et plus agréable, cette année, que d'apprendre à lettrer, n'est-ce pas?De simples alphabets comme ceux qui vous sont offerts à copier sur votre planche modèle vous permettront ensuite d'imprimer à la main de très gentilles et courtes enseignes patriotiques ou touristiques.Ceux parmi vous qui sont plus doués d'imagination et d'initiative, n'auront qu'à illustrer leur enseigne et nous aurons la joie d'admirer de très jolies affiches bien dignes sans doute, d'être exposées sur nos routes ou à l'entrée de vos demeures.Quand vous voyagez en ville par exemple, vous vous guidez n'est-ce pas sur le nom des rues pour connaître votre chemin?Vous voulez monter en tramways, vous observez les signes écrits par lesquels ces tramways se distinguent, afin de prendre celui qui seul vous convient.Vous désirez entrer en tel magasin, vous en cherchez le nom d'enseigne sur la porte.Vous faites une longue randonnée en automobile dans la province, de nombreux signes de route guident votre chauffeur jusqu'à destination, le renseignant même sur la longueur des distances à parcourir.Les enseignes à la vérité sont énormément utiles, elles ne nuisent à personne sauf peut-être à la beauté de nos campagnes.Vous vous êtes peut-être imaginé jusqu'à ce jour que tant d'enseignes entassées en nos villes surtout, étaient imprimées.Eh! non, chers amis, elles sont bel et bien lettrées à la main, du moins le plus grand nombre d'elles.Ceci implique qu'un bon jour tel lettreur dûment averti a d'abord dessiné en grandes dimensions et correctement espacé, lettre par lettre et mot par mot, telle bienfaisante enseigne et que pour la rendre plus lisible à distance, il l'a peinte en couleurs très frappantes et harmonieuses.Il n'y a que lorsqu'on a besoin d'un très grand nombre d'une même affiche, qu'il faille la faire répliquer mécaniquement, ce qui est d'ordinaire, très dispendieux.DEFINITION — on ented exactement par lettrage l'art de confectionner à la main une enseigne quelconque en en dessinant et espaçant soigneusement toutes les lettres et surtout, en en assemblant et disposant judicieusement et avec goût, tous les mots dans une étendue bien déterminée.Ecrite couramment en grosse écriture comme vous écrivez vos exercices journaliers par exemple, une enseigne n'offrirait aucun intérêt au point de vue affiche, parce qu'elle ne pourrait guère être lue à distance.Manquant de corps elle serait privée de toute qualité décorative.Qui dit décoratif, en effet, dit tout d'abord, balancement de masses et d'espaces vides.Il sera donc convenu entre nous désormais que nous nous servirons toujours du lettrage quand il y aura lieu d'attirer fortement l'attention sur un titre, une date, un fait saillant, un court avis, une vente commerciale, la signature d'un dessin, etc.Or, en lettrage comme en toute autre étude, c'est par l'expérience que l'on parvient au succès.On fait généralement usage des seules lettres majuscules, surtout en ses premiers essais.Ces lettres peuvent être taillées en papier de couleur claire, pu;s collées sur un carton ou papier fort et de couleur sombre, ou vice versa quant aux couleurs.Les lettreurs professionnels exécutent quelquefois leur lettrage de cette façon.Le plus souvent cependant, ils les exécutent soit à l'encre indélébile, soit à la peinture opaque, à l'eau ou à l'huile, mais toujours après s'être soigneusement tracé un brouillon au crayon de mine ou au fusain.Un dernier mot — Ce qu'il faut viser comme but final en l'exécution de toute affiche, illustrée ou non, c'est de produire un lettrage si clair, si nel, si simple et si frappant, que les gens l'apercevront (Suite à la page ISO) L'OISEAU BLEU 136 L'OISEAU BLEU et le liront spontanément, comme malgré eux.Les mots "ARRETE — RECARDE — ECOUTE" placardés aux environs d'une traverse de chemin de fer, par exemple, devront avoir été lettrés en très grosses et grasses lettres.Sans cette intelligente précaution, ces mots ne convaincront personne "d'arrêter — regarder — écouter", et le nombre des accidents m diminuera aucunement.* * * Votre planche V pour faire suite aux lettres squelettes de la planche IV, vous offre deux alphabets à lettres très grasses, une série de chiffres de même style et le nom de la plus grande ville du Canada.Par l'exécution de toute cette page lettrée vous obtiendrez, ne vous en déplaise, un effet des plus décoratifs.La grosseur des traits et les proportions des lettres résultent du nombre de carreaux qui a été adopté pour chacune des séries de lettres de la planche, à savoir: a)—Les lettres du premier alphabet sont montées sur une proportion de 4 x 3, c'est-à-dire 4 carreaux en largeur sur 3 carreaux en hauteur.b)—La deuxième série, ainsi que les chiffres sont montés sur la proportion de 3 x 3.DEVOIR I Copiez votre planche modèle à main levée, sur une feuille quadrillée mise à cet effet dans votre enveloppe à dessin.Commencez les letters par une ébauche légère de chaque alphabet avec un crayon dur.Puis, toujours à main libre et avec un crayon plus tendre, précisez graduellement en passant et repassant vos traits jusqu'à les obtenir très égaux et franchement accusés, quoique aucunement pesés.Refaites souvent la pointe de votre crayon sur du papier-verre (sablé) .Il faut aussi veiller à faire vos coing parfaitement d'équerre et bien attacher vos courbes aux traits droits.Pour vous guider dans le dessin de ces courbes, tracez-vous légèrement un cercle entier du diamètre voulu.Voyez les lettres C D G, etc.Il Recommencez avec le même soin la reproduction de votre planche modèle sur une nouvelle feuille quadrillée.Vous allez, cette fois, ajouter des valeurs et des couleurs à votre lettrage.lo — Après une bonne ébauche à la mine, couvrez le fond du premier alphabet au pinceau et à l'encre noire.Suivez la disposition du modèle de cette leçon, page V.Ayez soin de ne rien retrancher sur vos traits de lettres afin de ne pas les amaigrir.Vous obtiendrez un effet contrastant très agréable de grosses lettres blanches détachées sur un fond noir.2c — a) Passez une teinte plate de couleur chaude, (orangé ou rouge clair) assez prononcée, sur tout le fond du second alphabet.b) Couvrez les lettres de noir.3o — a).Teintez d'abord au lavis ou au crayon de couleur toute l'étendue du fond et des lettres du mot "Montréal"; prenez une des trois secondaires.b) Passez sur le fond la complémentaire de la première couleur, légèrement abaissée de noir, afin d'obtenir à ce fond, un ton rabattu assez sombre.Sont complémentaires: rouge et vert — bleu et orangé — jaune et violet Remarque — L'emploi des paires de complémentaires procure toujours un rapport contrastant des plus agréables à l'oeil pourvu que l'une des deux couleurs soit plus ou moins légèrement rompue de noir eu de son associée.Quadrillez-vous une feuille à dessin par carreaux de % ou V2 pouce.Tracez-y les lettres dont est composé le mot "5e année".Choisissez ces lettres dans l'un ou l'autre de vos alphabets modèles.Dessinez le E qui suit le chiffre 5 sur des carreaux plus petits.La mieux lettrée de ces bandes ne pourrait-elle pas être fixée au-dessus de la porte de votre classe?Vous préférerez peut-être lettrer une jolie pancarte touristique portant un mot de bienvenue aux visiteurs de votre ville ou village ou paroisse.Ou encore vous aimerez à exécuter un écriteau, voire même une affiche jéciste ou patriotique pour honore- occasionnellement dans la classe, le nom des plus valeureux hommes ou glorieux faits de notre histoire nationale sous le régime français. L'OISEAU BLEU 137 A la bonne heure! Voici quelques suggestions à cet effet: TOURISME BIENVENUE — PATRIOTISME — HONNEUR ET GLOIRE Montréal, Joliette, Rimouski, Saint-Donat.Chambly, Sorel, Oka, Carillon, Verchères, Saint- Eustache, Caspé, etc.très heureux de votre visite! Revenez souvent à Mont-Laurier, Saint-Jean, Saint-Hyacinthe, Trois-Rivières, Valleyfield, etc.Au plaisir de vous revoir à Shawinigan, Varennes, Nominingue, Sainte-Martine, Saint-Pascal, Saint-Jacques, L'Assomption, Trois-Pistoles, etc.etc.¦Québec, Drummondville, Lachute, Sherbrooke, Chicoutimi, Montmagny, etc., etc.enchanté de votre visite! Saint-Laurent, Maniwaki, Nicolet, Levis, Tadous-sac, Beloeil.vous salue cordialement! Québec, la vieille capitale fortifiée, enchantée de vous recevoir! IECISME mouvement de Jeunesse Etudiante Catholique Aimer, Servir, Conquérir! (son mot d'ordre) Ce que Dieu veut, jéciste le veut.A bas! le respect humain! Hardis Jécistes, en avant! Vers une jeunesse neuve, convaincue, conquérante.Avec X, le grand Frère, tout devoir est possible! Avec Lui, jusqu'au bout du monde! La J EC, école de joie.La | E C , école de volonté.La J E C , par l'amitié et l'exemple! La j E C , pour remettre le Christ à la mode! ¦ J E C , crânement catholique! Vive Pie XI, le Chef aimé de la J E C.! Vive Dieu, le grand Chef! Jacques Cartier, le pieux découvreur du Canada.Champlain, le père de la Nouvelle-France.Chomedey de Maisonneuve, le vaillant fondateur de Montréal.François de Laval, premier évêque de Québec.Marie de l'Incarnation, fondatrice des Ursulines à Québec.Marguerite Bourgeoys, fondatrice de la Congrégation Notre-Dame.Saint Jean de Brébeuf et ses compagnons jésuites, martyrisés par les Iroquois.Dollard des Ormeaux, le héros du Long-Sault.Anahotaha, le fidèle chef sauvage allié de Dollard.Carakonthié, chef iroquois baptisé par Mgr de Laval.Kateri Tekakouita, le Lys de la Mohawk.Jean Talon, le grand intendant de la Nouvelle-France.Frontenac, le sauveur de la Nouvelle-France.Lambert Closse et Charles Le Moyne, les valeureux défenseurs de Montréal.Louis Hébert, le premier colon canadien.Louis Jolliet et le Père Marquette, les découvreurs du Mississipi.¦Cavelier de la Salle, l'explorateur des bouches du Mississipi.De la Vérendrye et ses fils, les explorateurs des Montagnes Rocheuses.La Violette, le fondateur des Trois-Rivières.D'Iberville, le soldat intrépide surnommé le Cid du Canada.Madeleine de Verchères, l'héroïne de 1692.Jumonville, glorieuse victime du devoir.Montcalm, le grand vaincu.Le chevalier de Levis, la dernière gloire du régime français.— Jeunes gens, je vous en prie, relevez-vous, sauvez-nous.L'abbé Lionel Croulx MANIERE DE PROCEDER En l'arrangement du brouillon de tout lettrage, il faut savoir: 1o — Amasser toute sa phrase en une masse bien balancée de chaque côté d'un axe vertical légèrement tracé à l'avance, sur le panneau.2o — Se ménager une marge suffisante tout le tour de cette masse lettrée afin d'en aider la lisibilité.3o — Laisser a) entre les lettres, l'espace d'un I b) entre les mots, l'espace d'à peu près la largeur des Va d'une lettre c) entre les lignes, l'espace de Va à une Vz hauteur de lettre.4o — Rapprocher davantage les lettres rondes O Q C et C ainsi que les lettres ouvertes EFPLJAVYT.Vous pourriez bien aussi contourner votre panneau par une simple bordure de feuilles d'érable répétées et traitées très simplement, géométriquement je dirai.Vous pourriez même ne tracer qu'un léger trait au bord de votre pancarte.On peut vous fournir pour 1 ou 2 sous, une feuille de papier "Construction" 12 x 18 ou 18 x 24.La marge accusée par ce trait de contour ou de votre bordure doit toujours être: a) égale de chaque côté et au-dessus, b) franchement plus forte au-dessous de Is masse lettrée.Cette dernière précaution obviera à l'illusion d'optique par laquelle toute masse d'ensemble qui n'est pas centrée quelque peu au-dessus du centre réel du panneau, semble glisser en bas.Bon succès! Que j'aimerais voir vos écriteaux! Votre maître sera heureux sans doute de l'afficher occasionnellement, à tout de rôle dans la classe.Bien cordialement vôtre de loin comme de près.LYS DU CANADA 138 L'OISEAU BLEU No 61 Janvier 1938 AFFILIÉS A LA SOCIÉTÉ CANADIENNE D'HI8TOIRE NATURELLE ET RECONNUS D'UTIUTÉ PUBLIQUE PAR LE GOUVERNEMENT DE LA PROVINCE DE QUÉBEC COMMISSION DES C.J.N.Membres ex-officio — P.Marie-Victorin, F.E.C., Jules Brunei, Jacques Rousseau, Roger Gauthier, respectivement président, secrétaire général, trésorier et chef du secrétariat de la S.C.H.N.Membres désignés par le conseil de la Société — Frère Adrien, C.S.C., directeur général des C.J.N., Sœur Sainte-Alphonsine, C.N.-D., sous-directrice.Les chefs de service suivants: Frère Marie-Victorin (Botanique); Gustave Chagnon (Entomologie); R.P.Léo Morin, C.S.C., (Géologie-minéralogie); Henry Teuscher (Horticulture); Marcelle Gauvreau (Pédagogie et bibliographie).Le siège social de la Société et des C.J.N.est à V Université de Montréal, 1265, rue Sainl-Denis.On est prié d'envoyer toute correspondance à cet endroit.POUR VOUS, MES ENFANTS LES ARBRES DE NOEL PETITS enfants, vous aimez les arbres de Noël, sans doute parce qu'ils vous annon cent le temps des Fêtes, ou le temps des étrennes Comme je vous comprends! Quelle splendeur que l'arbre de Noël, tout illuminé, garni de bou les transparentes, rouges, vertes, jaunes, bleues et chargé de dentelles d'argent, de jouets magi ques et de bonbons! Derrière l'arbre enchanté vous croyez apercevoir le Père Noël avec sa longue barbe blanche et son costume flam boyant, qui vous apporte de nombreux cadeaux Ou, mieux encore, vous pensez que le petit Jésus — qui vient au monde en cette nuit divine, — vous offre lui-même, par la main de vos papas et de vos mamans, ces présents merveilleux.Beaucoup plus tard, durant l'été, alors que s'est estompé le souvenir des Fêtes, il vout fait plaisir de retrouver les arbres de Noël dans le paysage.Vous les reconnaissez ausitôt parce qu'ils dessinent des taches sombres parmi le vert léger des autres arbres.Remarquez leur forme conique, leur tronc plutôt court, leurs délicates feuilles en aiguilles sur des rameaux étages se profilant sur l'horizon clair.L'hiver venu, beaucoup d'arbres tels que les érables, les chênes, les ormes, ont perdu leurs »È3S 888  3& S3£ 17 L'OISEAU BLEU 139 feuilles et ne présentent plus que des branches sèches et dénudées.Mais les arbres de Noël, eux, conservent leur épais manteau de verdure et dressent toujours vers le ciel leur cime pointue.La neige qui tombe les enveloppe d'une robe éclatante où brille, en des milliers de petites étoiles, le soleil d'or! Et durant les belles soirées d'hiver, au clair de lune, la neige devient étincelante.Les arbres de Noël ont alors une parure splendide, aussi rayonnante que dans nos maisons, à l'époque des Fêtes.3£ 4p 4P Vous êtes-vous déjà demandé, chers petits enfants, s'il y avait plusieurs espèces d'arbres de Noël et quels sont leurs noms?Je vous entends répondre: "Les arbres de Noël sont des sapins: ils sentent si bon, si bon!" Détrompez-vous.Les arbres de Noël ne sont pas toujours des sapins.Ils peuvent être aussi des épinettes.Mais comment donc reconnaître les sapins et les épinettes?En vous promenant dans les bois, vous pourrez distinguer ces deux espèces d'après leurs fruits, que vous appelez des cocottes.Oui! les sapins et les épinettes portent des cocottes, ou cônes, formées d'écaillés minces et cassantes.Et c'est justement, serrées entre ces petites écailles, que se trouvent les graines délicieuses tant recherchées par nos amis, les écureuils! Chez le sapin, les cônes sont toujours dressés sur les branches du haut, debout comme de petits soldats! Et je vais vous dire l'étrange chose qui leur arrive, à ces cônes, si une branche de sapin, cassée par le vent, gît sur le sol.Au bout d'un certain temps, ils vont lever gentiment leur tête pour chercher la lumière! Pourquoi?Ils reprennent tout simplement leur position naturelle et s'efforcent de regarder en haut! Chez l'épi-nette, au contraire, les cônes sont pendants et regardent la terre.Pauvres petits cônes d'épinet tes qui ne voyez pas le ciel bleu! Mais les arbres de Noël n'ont pas toujours des cocottes, me direz-vous.Soit.Aussi pou-vez-vous les reconnaître autrement.Approchez-vous de votre arbre de Noël et touchez-le.Si vous trouvez qu'il est piquant, votre arbre est probablement une épinette, car l'épi-nette a des petites aiguilles raides et très pointues.De plus, ces aiguilles entourent entièrement les rameaux comme de petits manchons de verdure.Détachez maintenant une aiguille: vous pouvez vous amuser à la faire tourner entre vos doigts, parce qu'elle est carrée presque comme une allumette.Bien différente sont les aiguilles des sapins Plates, disposées également sur deux rangs de chaque côté des rameaux (et non autour, com- me dans le cas de l'épinette), elles portent en outre à leur extrémité deux petites dents arrondies, très douces au toucher.Les aiguilles des sapins ne piquent pas, et parce qu'elles sont aplaties, il est difficile de les faire tourner entre les doigts! Si votre arbre de Noël est un sapin, vous verrez sur son écorce de petites bosses ou pustules renflées.Donnez un coup d'épingle et une goutte claire de "gomme de sapin" jaillira.Chers enfants, voici les Fêtes et vous aurez la facilité de reconnaître les arbres de Noël, chez vous ou chez vos amis.Vous verrez quel intérêt et quelle satisfaction on éprouve à pouvoir baptiser un arbre du nom de sapin ou d'épi-nette, en comprenant pourquoi! Les arbres de Noël sont nos amis muets.Conçoit-on des amis qu'on ne pourrait désigner par leur nom?# * # Les plus sérieux d'entre vous ont-ils déjà réfléchi sur la mort des sapins et des épinettes?.Pour que vous ayez la joie d'un arbre de Noël, il a fallu en effet qu'un bûcheron coupât cet arbre et lui enlevât la vie.Faut-il le regretter?Il est certain que nous devons protéger les arbres de la forêt.Cependant, il est indispensable d'en sacrifier quelques-uns pour le bénéfice du plus grand nombre.Voyez ce bois touffu où les branches se croisent et s'entre-croisent: les arbres sont pour ainsi dire étouffés, ralentis dans leur croissance; les racines suffoquent dans la nuit de la terre.Enlevons quelques arbres et faisons une éclaircie dans le bois sombre: voilà les sapins, voilà les épinettes, libérés, qui embrassent l'espace! Les racines s'étendent largement pour mieux aspirer l'humidité du terrain où elles se nourrissent.Le soleil glisse ses rayons au coeur même de la forêt et pénètre 140 L'OISEAU BLEU jusqu'au sol où dort, parmi les aiguilles mortes, la graine appelée à devenir grand arbre.La semence lèvera à cette condition qu'elle trouve la chaleur nécessaire à son développement.Et une fois la jeune plantule apparue au jour, elle demande à croître éperdument, et pour cela réclame sa place au soleil.Ainsi va la vie, ainsi vont les choses.Le jeune sapin, l'épinelte, l'arbre en général ressemble étrangement au petit enfant.Pour vivre., il doit lutter dans le temps et dans l'espace.Il doit respirer, croître, se nourrir.Il réclame la montagne ou la plaine, les caresses du soleil et un peu de liberté.* # # Chez nous, l'arbre de Noël est intimement lié à la fête chrétienne de la naissance de l'Enfant-Jésus.Il est devenu une coutume nationale et, par If fait même, une industrie, soit pour le colon qui peut ainsi ajouter à son maigre revenu, soit pour le fermier mieux nanti, soucieux d'exploiter sa parcelle de forêt avec intelligence.Vous, les parents, offrez à vos chers petits le luxe d'un arbre de Noël.Vous ferez battre de joie leurs petites mains.Vous aiderez aux pauvres gens de la terre.Et vous fournirez aux autres sapins et épinettes, — les plus beaux ornements de nos bois, — le privilège de l'espace qui leur permettra de s'épanouir dans toute leur beauté! Marcelle GAUVREAU, directrice de F"Eveil" ~&>^ ORTHOGRAPHE DE FRAICHE DATE Ln peintre en bâtiment badigeonne avec conviction la devanture d'une boulangerie qu'il orthographie ainsi: Boulengerie.Un passant lui fait observer que le mot boulangerie exige un "a".— Attends, pour parler, que ce soit sec! crie le peintre furieux.TENTATION ANTIQUE ET TOUJOURS NOUVELLE Saynète à deux personnages La diseuse: Lucie a une belle pomme que sa petite amie Janine désire fort.Lucie: Veux-tu, Janine, nous allons jouer à Adam et Eve?Janine: Oui, tu me tenteras, et moi je mangerai la pomme.MORALE La diseuse: Aujourd'hui Et jeudi Tous les passants S'ront des Adams.UNE CACHETTE PRATIQUE Micheline: Voyons, Thérèse, sais-tu qui a pris la pomme que j'avais laissée sur mon pupitre?Thérèse: Oui, c'est moi.Micheline: Où l'as-tu mise?Thérèse: Je l'ai cachée.Micheline: Où l'as-tu cachée?Thérèse (montrant son estomac) : Ici.MORALE Aujourd'hui et jeudi, toutes les petites filles cacheront une pomme (montrant son estomac) ici.DEVINETTE Isabelle: Pomme d'Api.Prise à Paris.Portée à Lyon.Comment Vappelle-t-on?Monique: Pomme d'Api, la belle affaire!.Isabelle: Tu n'y es pas, ma chère.On la pèle avec un couteau.Monique: A mon tour maintenant.Pourquoi Adam a-t-il mordu dans la pomme?Isabelle: Tiens, mais parce qu'il avait farm.Isabelle: Tu n'y es pas, ma chère.Parce qu'il n'avait pas de couteau.Hon.Albiny Faquette MINISTÈRE DU SECRÉTARIAT DE LA PROVINCE DE QUÉBEC Jean Bruchkbi Ministre Sous-Ministre Les Ecoles d'Arts et Métiers Enseignement gratuit Cours du Jour et du Soir dans 1rs principales villes de la province COURS: Dessin industriel, Menuiserie, Électricité, Physique industrielle, Mathématiques, Ajustage, Dessin à main levée, Modelage, Architecture, Lettrage d'enseignes, Peinture, Solfïge.Pour renseignements s'adresser à GABRIEL ROUSSEAU, Directeur, 59, rue Saint-Jacques Est, Montréal, Tél.: BElair 2374 Abonnement $1 par année 'TECHNIQUE" Revue de vulgarisation scientifique L'OISEAU BLEU 141 LES DEUX AMIS T> EN OIT et MIMI ont trois ans.Mimi a été ¦LJ très malade à l'hiver, durant son séjour chez Benoit.Il y avait beaucoup de neige en ce temps-là et il faisait grand froid.Sa maman alarmée dut veiller des nuits entières au chevet de la mioche fiévreuse et lialetanle.Cliaque matin revenait le médecin pour constater que s'aggravait encore la pneumonie.Benoît qui a pour la frêle petite fille une tendresse voilée d'admiration, fulminait contre le docteur qui prenait à ses yeux figure de sorcier malfaisant.Le bambin ruminait sa rancune qu'il traduisait par des colères éclatantes dès qu'entrait dans la maison le prophète de malheur, l'homme au sac de cuir et aux paroles graves, qui persistait à se dire son grand ami.Mais le temps donna raison au docteur et Mimi guérit.Depuis, Benoît lui sait gré d'être redevenue joyeuse et sautillante et il prodigue à la mignonne ses attentions.Puis, Mimi partit pour VIslet.— Tu m'écriras, lui dit-elle sérieusement en le quittant?Et les mamans de sourire d'attendrissement devant l'émotion des petits.Après une séparation de trois mois, la fête annuelle des enfants les réunit de nouveau chez grand'maman qui, pour rassembler ses petits-enfants dispersés aux quatre coins de la province, a imaginé d'instituer un Jour de l'An, à l'été, le premier dimanche d'août.Ils sont dix-huit accourus avec leurs papas et leurs mamans.Le cadet a vingt mois, mais comme il est gentil ce bébé qui est solide, sait se mettre en ligne avec les autres et se prêter à leurs gâteries.Gênés à l'arrivée par l'entourage imposant des grandes personnes, Benoît et Mimi s'embrassèrent sans expansion puis, reprenant son aplomb, fier de s'affirmer: — Je cours fort, à présent, Mimi, déclara Benoît.Après le grand dîner sur la véranda ombragée de vignes, chacun, coiffé de son bonnet de papier froncé vint, pour la joie des grands, réciter compliments et chansons, c'était la mise à prix des cadeaux de grand'maman.Au lac, chez l'oncle Albert, furent invités les enfants.La petite cousine Micheline déborde d'enthousiasme.Debout en avant, près de Thomas, elle guette le millimètre et surveille comme en traîneau, l'hiver, les côtes qui descendent à pic et les montées lentes entre les grands chênes, et les moutons dans les cliarnps, et les cerises rouges au bord du chemin, et les vaches stupides qui mâchonnent toujours dans les prés.Et quand il n'y a plus rien à signaler, pour alimenter sa verve, Micheline reprend d'une voix qu'oppresse le plaisir: — Un bidon d'eau, deux bidons d'eau, trois bidons d'eau; puis elle chuchote encore: — Oh! regarde, Denise, le lac s'en vient! Neuf petits à surveiller sur la grève à Vê-chancrure de la baie, jette les mamans dans une constante alerte.Denise et Monique, qui ont l'habitude des ébats dans le fleuve, veulent sans cesse gagner le large.Elles entraînent les petits qui ne demandent qu'à s'éloigner.Puis, c'est le canot qu'il faut retenir au bord, afin de ne pas laisser les gosses s'aventurer seuls au loin.L'oncle Albert, qui est complaisant, se prêle aux caprices des petits, jusqu'à enchaîner pour la journée son terrier écossais, pourtant bien sympathique.Il connaît l'endroit où se creuse brusquement le lit du lac et pour mettre fin aux transes des grands il propose de planter un piquet comme bouée, pour indiquer la limite de la zone de sûreté.Il planta même deux piquets d'érable qu'il relia entre eux par une corde d'emballage et les enfants, bien que contrariés de voir se rétrécir leur horizon, durent ralentir leurs courses à la nage.Entre temps, Louise et François s'exerçaient à mouler des phares et des monticules de sable.Un tour de yatch sur le lac.que bordent les chalets jaunes et rouges, l'arrivée d'une nouvelle recrue de baigneurs avant souper, puis ce fut le soir, le soir flambant dans les clairières des buissons qui masquent, la pointe.Dès le retour des retardataires qui voulaient pousser en chaloupe jusqu'aux rapides, il fallut songer à rentrer.Il faisait déjà nuit.Benoît et Mimi chaudement enveloppés, semblaient assoupis dans l'auto.Les grands causaient entre eux, oubliant la présence des mioches immobiles.Mimi, qui avait longtemps réfléchi pour rassembler sa pensée éparse et recueillir au hasard les glanures des joies de la journée, confie soudain à tante Gertrude: — Benoît, i'vient à VIslet demain; i apporte son costume de bain.Y en a de l'eau cez nous, mais 'est pas attacée avec des cordes.Marie-Rose TURCOT 142 L'OISEAU BLEU LE QUESTIONNAIRE DE LA JEUNESSE L'AVICULTURE QUESTIONS 1.Elle jette à la volée des graines à une poule et à ses poussins qui picorent goulûment.2.Quelle opération doivent subir les oeufs pour éclore?— La couvaison.La poule doit se tenir sur les oeufs durant 21 jours.On peut lui substituer un incubateur, dont la chaleur remplace celle de la poule.Q.Qu'est-ce qu'un pouletier?— C'est un vendeur de volailles, surtout de poulets.3.Que voit-on ici?— Un poussin qui sort de sa coquille.4.Que fait ce poussin blanc?— Il cherche de la nourriture sur le sol.5.Et ce poussin noir?— Planté sur ses ergots, il regarde au loin.6.Comment se nomme le mâle de l'oie?le petit de l'oie?— Le jars et l'oison.Q.Pourquoi dit-on que les oies sont des palmipèdes?— Parce que les doigts de leurs pattes sont unis par des membranes, ce qui leur permet de nager facilement.7.Comment se nomme ce nid artificiel dans lequel on incite les poules à pondre?— Un pondoir.8.— A quoi sert ce moteur électrique?— A maintenir la chaleur dans l'incubateur moderne placé tout auprès.9.Quel est cet appareil avicole?— Un incubateur électrique; il y a aussi les incubateurs à l'air chaud et les incubateurs à l'eau chaude.10.Quel est le complément de l'incubateur?— Uéleveuse ou mère artificielle.On y maintient une température douce et constante qui favorise la croissance et la santé des poulets.11.Quel est l'emblème national de la France?— Le coq.dit "coq gaulois".12.Quels sont les noms de la femelle et des petits du canard?— Cane et caneton.Q.Pourquoi le bec du canard est-il long et aplati?— Pour lui permettre de fouiller dans la vase et de capturer les vers dont il fait sa nourriture.13.Dans quoi met-on les volailles pour les transporter au marché?— Dans des cages à claire-voie.14.Que font ce poulet et ce pigeon?— Ils boivent dans un abreuvoir.Q.Quel est le rôle des pigeons voyageurs?— On utilise l'avantage qu'ils ont de retrouver facilement leur pigeonnier pour leur faire porter des messages minuscules qu'on attache à leurs ailes ou à leurs pattes.Ils rendent ainsi de grands services en temps de guerre.15.Que voyons-nous là?— Une mangeoire dans laquelle on tient proprement du grain à la portée des volailles.16.A quoi sert cette bonbonne renversée?— C'est un abreuvoir à volailles.17.Quel,usage fait-on de cet instrument?— C'est un broyeur ou concasseur servant à râper les os crus ou calcinés, les écailles d'huîtres, les noix ou châtaignes, à réduire en miettes le pain sec et les croûtes, pour l'alimentation de la basse-cour.18.Où achète-t-on ordinairement les oeufs?— Chez l'épicier ou le crémier.Q.Qu'est-ce qu'une crémerie?— C'est un ' endroit où l'on vend des oeufs, de la crème, du beurre, du fromage.19.De quoi est ornée la tête du coq?— D'une crête rouge.20.Quel est cet animal domestique qui hérisse ses plumes, abaisse ses ailes et étale sa queue en éventail?— Un dindon ou coq-d'Inde.Q.Qu'a de particulier la tête du dindon?— Des excroissances charnues ou caroncules qui rougissent quand l'animal se met en colère, ce qui lui arrive souvent.Le dindonneau est le petit du dindon.21.Que voit-on ici?— Qu'un dindon déplumé est moins gracieux qu'un dindon qui se pavane.22.Quels sont ces oeufs ainsi ornés?— Des oeufs de Pâques en sucre ou en chocolat.23.Quelle est la meilleure manière de vendre une douzaine d'oeufs?— De les emballer ainsi.24.Qu'est-ce qu'un nichet?— C'est un oeuf qu'on laisse dans un nid pour inviter les poules à y aller pondre.Q.Y a-t-il des nichets artificiels?— Oui, en faïence ou en porcelaine.Il y a des nichets antivermineux en composition spéciale; des nichets antiparasitaires démontables, dans lesquels on place une boule de naphtaline ou "poison à mites".25.Que se prépare à faire ce père de famille?— A dépecer une dinde dodue et cuite à point.Il affile son couteau sur un fusil ou queue-de-rat.26.Que voyons-nous là?— Un poulailler moderne.27.La dinde est-elle un bon aliment?— C'est le plat de résistance aux grandes fêtes, surtout au jour de l'An.L'abbé Etienne BLANCHARD 144 L'OISEAU BLEU La leçon de L'ONCLE JEAN, un soir, racontait ses jeunes années.— Dans ce temps-là, disait-il, il n'y avait pas guère d'écoles dans les paroisses; on n'en voyait pas dans chaque rang, comme aux jours d'aujourd'hui.Dans notre concession de Beau-séjour, il n'y en avait point, et je n'ai donc pas appris à lire.Je ne l'ai jamais su.C'est grande misère, sans doute; mais pour dire vrai, je n'en ai pas souffert.Toute ma vie, j'ai travaillé, sans un jour d'ennui; le pain n'a jamais manqué à la maison; mes garçons sont établis sur de bonnes terres, mes filles ont trouvé de bons partis.Malgré de petits malheurs, et aussi des gros, on a été heureux, la Mélanie et moi; on l'est encore.Des fois, je me dis, par manière de penser, que le bon Dieu trouvera peut-être qu'après tout on n'a pas trop mal fait son devoir.Ç'aurait-il été mieux si j'avais su lire?."Il faut s'entendre: je ne dis pas de mal de l'instruction.C'est une bonne chose.J'ai voté pour qu'on construise le collège des Frères au village, et pour qu'on loge une deuxième maison d'école dans le quatrième.Il faut des savants dans le monde.Même pour les "cultiveux", il est bon de savoir lire, écrire et chiffrer.Aussi, j'ai fait instruire tous mes enfants."Mon idée, c'est que tout cela n'était pas nécessaire autrefois comme astheure.Ah! le monde est changé! Autrefois, si j'avais besoin d'un cent de foin, j'avisais, par exemple, Grégoire Saindon, qui passait par le chemin du roi: — Eh! Grégoire, peux-tu me laisser avoir un cent de foin, pour la semaine qui vient?— Oui-dà! répondait-il.Puis il disait un prix, et le marché était conclu.Quand le foin était livré, il y avait le compte, et souvent un peu d'ajet; quand le prix était payé, aie pas peur! il n'y manquait pas une coppe.Aujourd'hui, je ne me risquerais pas à acheter, tout seul, une mesure de grain; pour la moindre affaire, il faut des papiers, sans quoi on n'est sûr de rien; et si on signe de confiance, sans avoir lu soi-même ce qui est écrit, on est trompé plus souvent qu'à son tour.Je ne dis pas que les gens soient moins honnêtes qu'autrefois; mais aujourd'hui tout le monde sait lire, et, je ne sais pas pourquoi, cela paraît avoir changé les caractères.Pour défendre sa vie, à présent, il faut de l'instruction.— Même autrefois, oncle Jean, lui dis-je, il était utile de savoir lire les prières dans le livre de messe, les grandes vérités dans le catéchisme, et, dans les almanachs, le temps qu'il fera.catéchisme — Les almanachs?répartit l'oncle, des men-teries! Il y a, pour dire le temps, le soleil, la lune, le vent, les oiseaux, les feuilles, la tête des épinettes blanches.Tout cela parle mieux que les almanachs! D'ailleurs, je n'ai pas dit qu'on était des ignorants; j'ai dit qu'on ne savait pas lire; ce n'est pas la même chose.Les prières, toutes les plus belles, je les sais par coeur, et peut-être mieux que toi, mon fieu, sans troffenser.Le petit catéchisme, aussi, je l'ai appris, et n'en ai rien oublié.Cette science-là m'a suffi.Je la dois à ma mère.— Grand'mère Josette?— Oui, ta grand'mère Josette, une sainte femme, et qui ne savait pas lire, elle non plus.Ecoute, je vais te conter ce qui arriva, quand le temps vint de marcher pour ma première communion."Sais-tu ce que c'est que marcher pour la première communion?Pour nous préparer au grand jour, nous devions aller au village, à trois milles de chez nous, suivre les leçons de catéchisme que monsieur le Curé donnait dans l'église.Tous les matins, nous partions, nos souliers neufs pendus au cou, pour ne les point fatiguer; au seuil de l'église, nous nous chaussions.Après l'heure de catéchisme, nous revenions de même, par petites troupes.Faire, tous les jours durant un mois, trois milles d'aller et trois milles de retour, à pieds nus, par des routes mauvaises, au soleil ou à la pluie, pour aller à l'église apprendre le catéchisme préparatoire, c'est ce qui s'appelle en français marcher pour la première communion."J'étais le plus jeune de ceux qui, un premier de juin, il y a soixante-dix ans, étaient assis sur les grands bancs de l'église, devant monsieur le Curé.C'était la première leçon; monsieur le Curé devait nous interroger pour voir ce que chacun savait déjà.Une sorte d'examen.Le plus petit, j'étais placé en avant; et l'examen commença par moi.— "As-tu un catéchisme, petit Jean?demanda d'abord le Curé."Tous les autres avaient leur livre.Moi, pas! — "Non, monsieur le Curé.— "Sais-tu lire, au moins?— "Non, monsieur le Curé.— "Vas-tu à l'école?— "Non, monsieur le Curé."Je tremblais comme une feuille.Je pensais: il va me renvoyer; je ne ferai pas ma première communion."Des grands, en arrière, chuchotaient.J'allais fondre en larmes, quand, après un silence, j'entendis le Curé qui disait: .- L'OISEAU BLEU 145 — "Assieds-toi, Jean.Nous reparlerons de ça, tantôt."Et il interrogea les autres."Peu à peu, je repris courage; car j'aperçus que je pourrais répondre aussi bien que les plus savants; et quand, à la fin, monsieur le Curé revint à moi, sans attendre qu'il parlât, je lui dis, me levant soudain: — "Monsieur le Curé, je sais mon catéchisme moi aussi.— "Tu sais ton catéchisme, petit Jean.Eh bien, voyons voir."Et il commence: — Qui vous a créé et mis au monde?.Je réponds.— Pourquoi Dieu vous a-t-il créé et mis au monde?.Je réponds.Et puis: — Qu'est-ce que Dieu?.Je réponds.— Combien y a-t-il de personnes en Dieu?.Je réponds."Monsieur le Curé, un peu surpris, ne s'en tient pas, comme avec les autres enfants, à ces premières questions.Il continue, m'interroge sur l'Eglise, sur les Sacrements, sur les Commandements, et le reste.Je réponds encore.Il mêle les questions, saute d'un chapitre à l'autre.Je réponds toujours.Il demande des explications.Je réponds, je réponds.Presque tout le petit catéchisme y passe."Alors, le bon vieux Curé descend les marches, me met la main sur la tête: — "Jean, qui t'a appris tout cela?— "C'est maman, monsieur le Curé.— "Eh! bien, tu diras à ta maman que son petit Jean fera sa première communion cette année."Eh! oui, je savais mon catéchisme d'un bout à l'autre.Je l'avais appris sur les genoux de ma mère.Elle, qui ne savait pas lire, nous enseignait comme elle avait été enseignée elle-même, sans livre, par coeur; dans les soirées d'hiver, nos yeux dans ses yeux, mes frères et moi, nous répétions mot à mot les réponses qu'elle nous disait; puis, elle nous les faisait comprendre.C'est elle qui m'avait appris le catéchisme.C'est d'elle que je tiens tout ce que je sais."Ce qu'on apprend sur les genoux de sa mère, ça ne s'oublie point." Le vieillard se tut.Je songeais à cette humble femme, qui ne savait pas lire, et qui avait enseigné à ses fils "l'alphabet de la sagesse divine", le fondement de toute sagesse humaine.Cette science, la seule nécessaire, elle l'avait reçue pareillement d'une mère, qui la tenait elle-même de quelque aïeule illettrée aussi.De génération en génération, je remontais jusqu'à l'ancêtre, première venue au Canada, qui avait apporté de France, dans sa tête, dans son coeur, le trésor des vérités dont vivent les peuples et en avait fait largesse à sa race.Adjutor RIVARD LE MONUMENT DE FRANÇOIS - XAVIER GARNEAU A QUÉBEC Gracieuseté de la revue le Terroir L'OISEAU BLEU ^^ssssèsk sas ses aas sas ass &c ^^j^^ EST-CN.CURIEUX 1 9è&9ï%£9è%£9ï5£9è& 98S 9& 98m 98S 98S 9&9£&9è5*9^ LA CURIOSITE, jeunes amis, est chose légitime, lorsqu'elle est droitement et sagement orientée.Qu'est-elle, si ce n'est le désir de voir, de connaître afin de mieux savoir?La saine curiosité ne peut être que fort conseillée, puisque nous sommes funestement enclins à l'apathie intellectuelle et à la routine conservatrice.Elle favorisera ce réveil que déjà l'on remarque chez les jeunes appelés plus tard à constituer l'élite bien pensante du pays.Vers quel objet notre désir de savoir se tour-nera-t-il?Tout d'abord, je souhaite ardemment aux enfants'de chez nous l'amour de l'étude.La jeunesse éprise de culture morale ou intellectuelle constitue groupement sauvé, parce que s'attachant à un idéal de formation supérieure, avancé.Chacun, ici-bas, doit jouer sa partie et payer à son Dieu et à sa patrie tribut fécond.Si nos adolescents découvrent, par un enseignement vivant, approprié et pratique reçu à l'école et dans la famille, découvrent, dis-je, les beautés éloquentes du savoir, que ne les pousse-t-on davantage à étendre leurs connaissances, bagage qu'ils apporteront dans la carrière où les orienteront leurs aptitudes bien étudiées, bien analysées.Existe-t-il beaucoup de familles où les enfants, grâce à leurs parents, ont pu se constituer petite bibliothèque exclusivement à leur usage?Que donne-t-on trop fréquemment en pâture à leur jeune intelligence avide?Des journaux souvent condamnables par le choquant des gravures, des titres démesurés, des idées déformatrices des sentiments religieux; des revues cinématographiques vides de sérieux, mais abondantes de photos le plus souvent malsaines; des romans d'aventures fourmillant d'absurdités.Nos jeunes se nourrissent de tout cela, parce que les parents et les éducateurs ne savent pas diriger, par ineptie ou incurie, le désir de savoir de ceux dont ils ont la charge.Pourquoi nous gaver de laideurs quand tant de bien lève autour de nous?Aiguillons l'intelligence de nos jouvenceaux vers l'étude poussée de leur religion, de ce qu'elle offre de positif et de négatif.Un regard sur le monde ne découvre-t-il pas nécessité évidente de la connaissance de Dieu, de ses lois, de l'Eglise du Christ, de l'Evangile?A la noble curiosité de notre religion s'ajoute celle de notre métier, de notre profession, de notre art.Trop de gens travaillent au petit bonheur, sans souci de perfection.Oui.nou* contenter de l'à-peu près, tant au point de vu • moral, intellectuel que matériel, fait de nous tous des gâcheurs, des ratés, des routiniers.La curiosité de l'histoire de son pays vaut son pesant d'or et mérite place d'honneur.L'enfant, à l'école, étudie trop souvent avec ennui et torpeur les luttes ardues de ses ancêtres.Un examen de conscience n'éclairerait que trop ceux qui s'occupent de l'enfance, de l'adolescence, voire même de la jeunesse.Comme nous devrions aimer notre pays et notre race canadienne-française! Pour ce, il nous faut connaître en sa moelle la vie de nos grands hommes.Vers eux, notre curiosité se l'oiseau bleu 147 tourne peu ou prou.A 1 école de ces défenseurs de nos droits, nous apprendrions l'héroïsme, l'abnégation dans le devoir, la solidarité, la ténacité victorieuse, la fierté.Nous aiderions, à l'heure présente, au renouveau patriotique, nous encouragerions le commerce de ceux de notre sang, de notre foi, de notre langue.Nous vivrions pleinement, avec puissance.que dis-je, nationalement ! De plus, la connaissance des choses de chez nous susciterait en nous le désir de parler correctement le français, d'étudier à fond notre langue maternelle, trop servilement baragouinée, désastreusement desservie par l'anglicisme ou par le terme impropre.Une autre curiosité s'impose, celle-là même qui naît de l'appel vibrant du Pape à l'Action catholique.Pourquoi nous camper en un retranchement d'insouciance et d'égoïsme?Etudions ce que l'Eglise veut de nous dans ses mouvements spécialisés.Soyons curieux, profondément curieux, incurablement curieux lorsque l'autorité religieuse demande collaboration à son action évangélisatrice! Emboîtons toujours les pas des nobles causes, de celles qui grandissent la vie en lui prêtant un sens.Fauvette souhaite à la grande famille canadienne-française et aux amis de cette revue une corne d'abondance regorgeant de toutes les curiosités louables et permises, jointes à mille et un voeux sincères d'année heureuse, sainte, prospère, féconde.Le paradis à la fin de vos jours C.F.Correspondance Bébé Mignon.— Voeux affectueux à la benjamine du Coin.Ecrivez plus souvent à Fauvette.Bonjour et succès nombreux en classe! Gérard T.— Puisse 1938 vous apporter meilleure santé!.Quelles vacances avez-vous passées?Saluts affectueux de Fauvette.Claude J.— Affectueux souvenir au petit ami studieux, à la délicieuse Mimi et à leurs parents.Jeannine.— Que cette deuxième partie de l'année scolaire vous apporte consolations, joies, succès et santé.Croyez toujours en l'amitié de fauvette.Jean-Ls G.— Amical bonjour à notre assidu lecteur de cette revue et saluts nombreux à ses parents.Mimi-Blanc-Blanc.— Croyez à la constante amitié de Fauvette qui désire vous lire.Les vacances vous ont-elles quelque peu reposée?Amitiés et affectueux souvenir! Clorinde D.— Saluts à l'amie lointaine.Je "bonjoure" toute l'aimable famille.A quand une longue épître à l'adresse de Fauvette?Affectueux bonjour! Abeille de Marie.— Cette revue vous parvient-elle toujours régulièrement?Faites-vous concourir aux joutes mensuelles les jeunes lecteurs de cette publication.Je vous reste amie sincère et fidèle.Ariane.— Amitiés profondes.en attendant prochaine venue en notre métropole.Ecrivez-moi souvent.Bonjours affectueux.Soeur Jeanne me prie de vous dire que les graphologies suivantes ont été expédiées par courrier postal: Y.Lavoie, Gaspé; Françoise Henri, comté de L'Assomption; L.Langlois, Montréal; Claire Archambault, Montréal; P.Bélisle; Une Montréalaise; M.A.Roy, Lac Mégantic; I.Daigle, comté de Ver cher es; L.-J.Lamoureux; J.Desjardins, comté de Kamouras-ka; Irène Laporte, Madame J.Ladouceur, G.Hébert, Coaticook; G.Toupin; A.Bélanger, Abitibi; R.Hébert, Coaticook; V.Ducharme, Saskatchewan; I.Côté, comté de Frontenac.A tous, salut de Soeur Jeanne et de C.F.GRAPHOLOGIE Telle écriture, tel caractère! C'est ce que vous dira Soeur Jeanne, notre graphologue, pourvu que vous lui envoyiez dix lignes d'écriture et de composition personnelle, sur papier non réglé, le tout accompagné de la modique somme de vingt-cinq sous et d'une enveloppe affranchie.Adressez: SOEUR JEANNE L'Oiseau bleu 1182, rue Saint-Laurent Montréal, Québec UtNUIT **0V "* TÛEPHONEZ C * MARQUETTE 4549 PHOTOGRAVURE NATIONALE 262 RUE ONTARIO OUEST PRÈS BLEURY MONTREAL 148 L'OISEAU BLEU FEUILLETON DE VOISEAU BLEU Les Petits Patriotes du Richelieu par MLLE MARIE-CLAIRE DAVELUY de la Société Historique de Montréal (Suite) VI.— MATH IL DE PERRAULT LE BATEAU subit quelque retard en route et n'atteignit Montréal que vers les huit heures, le même soir.Olivier vint rejoindre sa soeur.Il lui proposa de l'installer à l'excellent hôtel où il se rendait lui-même.Il trouvait l'heure avancée pour se présenter chez leurs cousins Perrault.Les amies de Marie Précourt protestèrent.Il était entendu que M.Debartzch les conduirait toutes chez la veuve d'un juge distingué, qui prenait des pensionnaires depuis quelque temps.Elles étaient enchantées d'avoir Marie près d'elles afin de finir agréablement la soirée, car leur père était attendu chez des connaissances politiques.Olivier s'inclina.II se rendit seul à l'hôtel confortable, situé rue Notre-Dame, à peu de distance de la Place d'Armes.Le Dr Duvert et Michel prirent aussi une chambre au même endroit.Le lendemain, vers dix heures, Olivier pénétrait dans le bureau de Maître Louis-Hippolyte LaFontaine.L'habile jurisconsulte, assis près d'une fenêtre, dépliait de larges feuilles couvertes d'une écriture fine et serrée.Son front de penseur recevait toute la lumière d'un splen-dide matin de mai.En apercevant le jeune homme, la figure de l'homme d'Etat se détendit, ses yeux bruns, très doux, eurent un sourire.Il tendit la main.— Monsieur Précourt?Vous venez du village de Saint-Denis, n'est-ce pas?— Oui, Maître, répondit Olivier.— Prenez un siège.Je devine que notre ami Nelson ronge son frein là-bas.Tout va si peu au gré de patriotes enflammés et enflammables comme lui.— Nous ne pouvons l'en blâmer.— Sans doute, mon jeune ami.Mais, voyez-vous, les hommes de loi argumentent plus longtemps, plus froidement, que ne le savent faire les chirurgiens qui songent aussitôt au bistouri.Alors, que me veut le Dr Nelson?— Si vous voulez bien lire ce mémoire, d'abord, puis la copie du procès-verbal de l'assemblée de Saint-Ours, qui eut lieu dimanche dernier, le 7.— Vraiment?J'aurais le récit d'une telle primeur?Vous y étiez à cette assemblée, monsieur?— Au premier rang.— Ah! — Ce fut un succès, s'écria avec chaleur Olivier Précourt.Le peuple est avec nous et blâme les autorités anglaises de se jouer ainsi de notre constitution.Lord John Russell et ses propositions, qui insultent nos députés et rendent leur mandat d'une exécution difficile, ont soulevé la colère de tous les honnêtes gens des bords du Richelieu.— Sans vous oublier, mon jeune ami, dit vivement LaFontaine.Il regardait avec attentioM Olivier Précourt.Je comprends votre indignation, l'indignation de tous, si vous voulez, mais je crains que la patience, qui n'est pas la vertu par excellence des Français, ne se sente pousser à bout par ces discours.Et alors, où cela nous mènera-t-il?— Que faites-vous de notre courage, une qualité bien française celle-là?— Il faut apprendre à le mesurer.— Serait-ce encore du courage?— Mon ami, c'est de l'héroïsme qu'il vous faut, je vois cela.Attendez, attendez encore.— Nos pères ont assez attendu, ne trouvez-vous pas?Nous, les jeunes, avons soif d'action.— Et si vous subissez la défaite, à quoi vous aura servi, non pas votre héroïsme, dira-t-on alors, mais votre témérité?— La défaite ne sera que momentanée.L'on finira par ouvrir les yeux autour d'événements qui mettront fin à cette opinion que nous sommes un peuple inférieur, prêts à toute les abdications, heureux de devenir des Anglais, au mépris de nos fières traditions françaises.Monsieur, vous avez la même âme résolue, digne et claire de nos compatriotes, je le sais.Vous pensez comme nous, vous êtes avec nous.— Je ne quitterai jamais le terrain constitutionnel.— Chacun son genre de lutte.— Vous êtes un avocat, pourtant.Et vous savez plaider, je le constate.— Monsieur, ma grand'mère, que vous connaissez, je crois, et dont l'esprit est pénétrant, me répète souvent: "Ta tête et ton coeur, mon enfant, ne sont jamais d'accord.Ce que tu penses n'est rien auprès de ce que tu ressens, je suppose.Une sorte de feu intérieur fait rage et dévore ton être. L'OI SEAU BLEU 149 — Oh! Oh! Madame Précourt, votre aïeule, est poète à ses heures.En tout cas, mon ami, revenez me voir.Je trouverai quelques instants pour causer avec vous.J'essaierai de mettre un peu de calme dans votre âme volcanique.Et le bon M.La Fontaine se mit à rire en tendant de nouveau la main.Le maître distingué que tous les Canadiens français aimaient et respectaient hocha avec tristesse la tête en voyant disparaître ce beau jeune homme décidé dont les événements feraient sans doute une victime.Olivier Précourt, au sortir de cette entrevue, hâta le pas.Une visite d'affaire urgente lui restait à rendre avant le dîner qu'il prendrait en compagnie du Dr Duvert et d'un ami commun, le Dr Henri Gauvin.11 traversa la rue Craig, prit le chemin de Près-de-Ville, à dessein de rejoindre au plus tôt la côte du Beaver Hall, où habitait le marchand de grains qui l'attendait.Il allait tête basse, tout à la pensée de la prudence que venait de lui prêcher, sans le convaincre, l'homme d'Etat qu'il admirait.Il se disait que M.Papineau incarnait davantage, à l'heure actuelle, l'âme soulevée d'indignation de sa race.Il avait hâte de se trouver en la présence de celui-ci et de se tremper l'âme encore davantage pour la lutte qui venait."La patience?Vertu de femmes et de moines," murmurait le jeune homme, tout en lançant avec force, du bout de sa canne, une assez lourde pierre.Le bruit des sabots de plusieurs chevaux lui fit tourner la tête.Des cavaliers et des amazones filaient à sa droite, vers la montagne.On causait et on riait.Soudain, une des amazones fit volte-face et, en poussant un léger cri, aperçut Olivier.Le cheval se cabra, mais fut vite maîtrisé par la main experte de la jeune femme.La jeune fille remercia en rougissaut et poursuivit m roule, non sans avoir salué de nouveau Olivier Précourt.Son compagnon, un officier anglais, s'approcha pour connaître la cause de la frayeur de l"animal.La jeune fille remercia en rougissant et poursuivit sa route, non sans avoir salué de nouveau Olivier Précourt.Celui-ci d-muiri interdit.Longtemps il resta ainsi, chapeau bas, regardant, le front contrarié, dans la direction prise par les promeneurs.La belle amazone aux cheveux blonds, au teint de lis, au grave sourire, n'était autre que Mathilde Perrault, celle qui possédait le coeur d'Olivier, celle qu'il admirait autant qu'il l'aimait."Hé! que veut dire cette cour assidue?pensait le jeune homme.De telles promenades à la montagne supposent plusieurs autres visites préliminaires.Ma soeur n'a pas été mal renseignée, je le vois.Comme Mathilde avait l'air irai!.Elle aime cet Habit rouge peut-êtl !.Son amoureux de Saint-Denis est si loin.Il ne possède pas non plus l'élégance martiale de cet Anglais.Un coeur de jeune fille se laisse facilement gagner par les apparences.Ah! si Mathilde venait à me manquer, peu me chaut d'être prudent, diplomate.Je ne ferai certes plus violence à ma violence.Malheur à ceux qui pressurent, humilient, injurient notre race française.Ah! ah! ah! Messieurs les Habits rouges, vous n'avez qu'à bien vous tenir, à marcher droit.— Monsieur Olivier, dit la voix claire de Michel, qui parut aussitôt devant lui, il y a un message pour vous.— Michel! fit Olivier en tressaillant.Ah! ça, mais tu me suivais, ma parole.— En effet, monsieur.Mais je n'ai pas osé m'approcher tout de suite.— Pourquoi?— Vous aviez l'air toute chose, en regardant la belle dame qui a failli culbuter bous son cheval.— Un gamin comme toi n'a pas à se mêler de ces choses, c'est vrai, riposta Olivier d'un ton sec.— Excusez-moi, monsieur.— Où est le message?— Le voici.Et l'enfant tendit une lettre élégante, toute bleue.— Je m'en vais, monsieur.Excusez-moi de nouveau.— Non, attends! Il y a une réponse à donner peut-être.Olivier brisa le cachet, puis déplia les pages d'azur.Mathilde Perrault le priait de venir dîner chez elle à midi même."Sa soeur Marie était son hôte et s'installait en ce moment pour de longues semaines, espérait-elle.Le soir, il y aurait une petite sauterie en l'honneur de Ma- 150 L'OISEAU BLEU rie Précourt et de ses amies Debartzch.Ma-thilde comptait sur Olivier.Il fallait venir sans faute, n'est-ce pas?" Et cela était signé simplement: "Votre cousine, Mathilde." Le jeune homme froissa la lettre nerveusement, puis la glissa dans sa poche.Les yeux à terre, il réfléchissait.L'invitation, si froidement rédigée par Mathilde, suivait de près cette malheureuse rencontre de la jeune fille escortée par un officier anglais.Olivier s'en irrita.Il n'irait pas dîner, tout d'abord, et quant à la sauterie, il s'y rendrait tard.De la sorte, il donnerait à son rival heureux le temps de faire sa cour.La jalousie lui pinçait le coeur.— Michel, reprit Olivier d'un ton lassé, viens avec moi.J'écrirai un mot au bureau d'affaires où je vais.Tu le porteras chez la belle dame que tu as vue tout à l'heure.— Oui, monsieur.Et l'enfant se prit à soupirer.— Qu'est-ce tu as, petit?J'ai été brusque, il y a quelques instants.C'est cela?Bah! ne fais jamais attention à mon humeur.Le coeur n'y est pour rien.Olivier se prit à sourire en caressant la tête du garçonnet.— Oh! monsieur Olivier, qu'est-ce que vous dites là?Vous, être brusque?.C'est impossible.Mais vous avez du chagrin, peut-être?C'est pour cela que je soupire.Voyez-vous, Josephte et vous, monsieur, je voudrais vous voir plus heureux que tous les rois et toutes les reines de la terre.— Bon petit, va! — J'oubliais de vous dire, monsieur, que le docteur, mon maître, vous prie de ne pas vous gêner pour ce midi.Si vous aimez à dîner ailleurs.il vous excusera auprès de l'autre monsieur qui sera avec lui.— En rentrant tout à l'heure, Michel, tu courras dire au Dr Duvert que rien n'est changé.Je serai avec lui et le Dr Gauvin, tel que convenu.— Vous dites cela d'une voix bien, bien fatiguée.Ah! monsieur, est-ce que je pourrais faire quelque chose pour vous?— Michel, tu désirais, tout à l'heure, me voir heureux comme un roi.Dis-moi, crois-tu que les rois soient heureux lorsque leur reine ne les aime plus?.Rappelle-toi les contes de fées, où il y a de belles princesses qui fuient le fils du roi.— Monsieur Olivier, votre reine, à vous, vous aime, je suis sûr de cela.Comment pourrait-elle faire autrement?Vous êtes si beau, si bon, si grand, si.— Assez, assez, petit, interrompit en souriant Olivier.Mais, tu l'as vu, il y a aussi des offi- ciers, avec de beaux habits chamarrés.qui montent bien à cheval, et que les princesses, à Montréal, préfèrent à tous les autres?— La belle dame de tout à l'heure ne ferait jamais cela.Elle se laisserait plutôt enfermer dans un cachot noir par son vilain père, le roi.Et alors, vous iriez la délivrer.Oh! je vous aiderai, allez! — Alors, Michel, tu reconnaîtrais, où qu'elle soit, la blonde amazone que tu viens de voir.— Oui, monsieur, tout de suite.Oh! dites-moi, c'est bien là votre princesse, à vous?— C'est elle, Michel.— Que je suis content! — Parce qu'elle est avec cet Habit rouge, plutôt qu'avec moi?Merci, mon enfant, dit Olivier en riant de nouveau.— Bah! monsieur, si vous l'aviez demandée pour la même promenade, elle n'aurait pas hésité, allez! J'en mettrais ma main au feu qu'elle vous aurait choisi.— Tu sacrifieras to main dans une autre occasion, Michel.Allons, espérons que ton bon petit coeur a raison.Bien, nous voici à destination.Entrons.J'ai un crayon sur moi.Je vais tracer quelques lignes dans le corridor.Fais diligence ensuite.Le jçune homme tint sa promesse.Neuf heures sonnaient lorsqu'il pénétra chez les Octave Perrault, rue Notre-Dame, à quelques pas de la rue Bon-Secours.L'on était en train de danser un quadrille.L'animation joyeuse des couples faisait plaisir à voir.Dès son entrée, Olivier Précourt aperçut le maître de la maison qui causait, tout près de l'entrée, avec un ami.Il fut reçu avec une politesse un peu contrainte par M.Perrault.Mais le compagnon de celui-ci fut enchanté, lui, de retrouver le fils d'un compagnon d'enfance.Il invita le jeune homme à s'asseoir près de lui.Il s'informa de ses faits et gestes.Olivier Précourt, tout en répondant avec bonne grâce, examinait les danseurs et les danseuses.Il reconnut vite sa soeurf puis les Debartzch.Toutes dansaient avec des officiers de Sa Majesté, dont les uniformes barraient de raies sanglantes le salon gris des Perrault.Tout à coup, il aperçut Mathilde, assise sur un divan, presque au fond du salon.Sa robe de mousseline bleue idéalisait son teint, ses cheveux, ses yeux.Sa tête, en ce moment, était tournée vers un élégant capitaine, qui lui parlait avec une sorte de ferveur contenue.Et dans ce capitaine, Olivier reconnut le cavalier du matin.Son coeur se serra.Puis, voici qu'à cet instant, le père de la blonde Mathilde s'exprimait avec orgueil sur la dernière conquête de sa jeune fille. L'OISEAU BLEU 151 — Eh! oui, confiait-il à son voisin, assez haut pour qu'Olivier l'entende, c'est un riche prétendant que le capitaine Herbert Walker.Je crois qu'il ne déplaît pas à Mathilde.A moi, il plaît énormément en tout cas.— Tout de même, Octave, reprenait son ami, je ne te comprends pas.Il me semble que toute ta parenté va protester et voir d'un mauvais oeil ce capitaine saxon enlevant une de nos plus jolies filles, à la barbe même de nos jeunes Canadiens.Qu'en dites-vous, Monsieur Olivier?Il me semble vous avoir vu rôder déjà autour de cette belle fleur?— Nos pauvres habits noirs, ou d'étoffe du pays, sont bien vite vaincus auprès des uniformes écarlates et galonnés, Monsieur, répartit Olivier.II avait vu se froncer les sourcils de M.Perrault aux paroles de blâme de son vieil ami.Olivier se leva."Il voulait, expliqua-t-il, saluer sa cousine Mathilde, avant de s'esquiver sans bruit." A ces mots le front de M.Perrault se rassénéra.— Je vais avec vous, Olivier, fit-il.Et il prit le bras du jeune homme.— Bonsoir, ma cousine, fit Olivier en se penchant, avec une certaine raideur, sur la main de la jeune fille.Son émotion accentuait son attitude gourmée.— Bonsoir, Olivier, répondit la jeune fille.Elle leva des yeux graves, un peu énigmatiques, sur le jeune homme.Comme vous venez-tard! .Mais.laissez-moi vous présenter mon compagnon, le capitaine Herbert Walker.Capitaine, voici le cousin dont je vous parlais tout à l'heure, Olivier Précourt.— Mathilde, dit tout à coup son père en riant, figure-toi qu'Olivier est devenu un homme d'affaires si sérieux qu'il n'est venu, ce soir, que faire acte de présence chez nous.Impossible de le retenir, paraît-il.— Mais nous ne voulons pas intervenir non plus, mon père; Olivier est libre.dit Mathilde avec hauteur, sans regarder le jeune homme.— Monsieur est marchand?demanda le capitaine Walker, qui parlait avec un fort accent anglais.— II est tout ce qu'on veut, notre cousin, répartit à sa place M.Perrault; il est avocat, propriétaire, orateur, commerçant.— Tout, en effet, appuya Olivier, tout, sauf bureaucrate! Perrault fut pris, à cet instant, d'une quinte de toux qui couvrit les dernières paroles du jeune homme.Olivier Précourt salua de nouveau Mathilde puis alla échanger quelques mots avec des jeunes filles qu'il connaissait et appréciait.Il prit ensuite congé, mais non sans avoir très bien compris ce que lui souffla sa soeur à l'oreille: "Olivier, les affaires sont plus avancées que je croyais.Walker fait la cour à Mathilde avec une assurance que je m'explique mal.Qu'en pense, au fond, notre sérieuse cousine?Vois-la au plus tôt." Mais Olivier, en arpentant à grands pas la rue Notre-Dame, décida du contraire.Mathilde ne l'aimait plus comme il y avait quelques mois.C'était visible.Avec quelle froideur elle l'avait accueilli! Et puis, cet Anglais proclamait déjà sa victoire par toute son attitude d'amoureux bien vu dans la maison d'une future fiancée."Toutes les femmes se ressemblent donc! soupira Olivier.Les plus sérieuses et les plus intelligentes se laissent prendre comme les autres aux charmes d'un riche étranger.Dès demain, il me faut bannir le souvenir de Mathilde.Elle ne mérite plus que je vois en elle un être d'exception, dont je ne voulais rêver jusqu'ici.qu'à genoux, ma foi.Trois femmes me faisaient révérer, vraiment, le sexe féminin: Ma mère, si tôt partie, hélas! Ma grand'mère avec sa fine bonté et sa distinction, et ma cousine.Mathilde, que je nommais avec tant de douceur: ma bien-aimée, mon unique.Un profond soupir échappa au jeune homme en pénétrant dans sa chambre.Qu'elle lui sembla froide, vide, hostile! Mathilde! Mathilde! criait son coeur désolé.Qu'as-tu fait de mes sentiments, si vrais, si profonds?Tu les broies comme de la vile poussière.Mathilde.quel enfer sera maintenant ma vie! Quel désert, plutôt, sans tes sourires, tes conseils, tes encouragements, qui me donnaient toutes les belles audaces.Mathilde, souffrirai-je longtemps en pensant à toi, comme je souffre ce soir?.Oh! quel tourment!.Cet Anglais, je le hais presque! ." Olivier ne parvint à s'endormir qu'aux premières lueurs de l'aube.1 Bureau: LAncaster 1771 Dessins soumis sur demande C.Lamond « Fils 929, RUE BLEURY MONTREAL Manufacturiers de bijouteries médailles d'or, or plaqué, argent, bronze et aluminium Spécialités : boutons émaillés. 152 L'OISEAU BLEU Son énergie rétablit l'équilibre dès le lendemain matin.Il feuilleta son carnet et vit qu'un bon nombre de courses l'attendaient.Cela l'occuperait presque toute la journée.Et le soir, il avait rendez-vous chez un jeune avocat de ses amis, gai, brave, serviable et chaud patriote comme lui: Edouard Rodier.Puis, le surlendemain, ce serait la grande entrevue chez M.Papineau, à quatre heures.Son chagrin s'engourdirait à la faveur de toutes ces conversations intéressantes.Olivier sortit, après avoir laissé un mot à l'hôtelier, à l'intention de ceux qui auraient à le rencontrer absolument.Il donna diverses adresses suivant les heures de la journée.Le petit Michel était demeuré fort soucieux depuis l'incident de l'amazone.Il la revoyait sans cesse devant lui.Aussi, le lendemain, dans l'après-midi, profitant des quelques heures de congé que lui accordait le Dr Duvert, il se rendit à l'endroit où il l'avait aperçue.Un petit sentier s'offrit à lui, à droite.Il le prit.Il fut fort aise d'y croiser de beaux arbres.Le soleil de mai était chaud par cette belle journée, et une halte à leur ombre lui parut très convenable.Il s'installa commodément au pied d'un arbre et se mit à manger une pomme qu'un ami du Dr Duvert lui avait offerte le matin.Tout à coup, il lui sembla qu'on pleurait non loin de lui; puis, les sanglots furent couverts par les piaffements d'un cheval.Michel se leva.Bien doucement, il chercha à voir aux alentours qui se trouvait dans une telle détresse.11 recula soudain.A deux pas de lui, adossée à un arbre et pleurant, il apercevait l'amazone, la belle princesse que son cher protecteur aimait."Mais qu'a-t-elle donc à tant souffrir?se demanda Michel.Comment le savoir?S'il était possible de rapprocher, sans qu'elle s'en aperçoive.La cause de M.Olivier mérite que je m'en occupe.Qu'elle est belle* cette dame, qu'elle a l'air doux!.Et elle est vêtue de sa robe couleur du temps.comme la fille du rci dans Peau d'Ane.Oh! J'y pense.Oui, oui.c'est cela, se dit Michel, je vais grimper très haut dans l'arbre au-dessus d'elle, et je me laisserai tomber à ses pieds.Je me ferai un peu mal.Bah! Monsieur Olivier vaut bien quelques bosses et coupures.Allons-y Ce fut bien vite accompli.Quel cri poussa la jeune fille à la chute de l'enfant.Mais bien vite, elle s'agenouilla près de lui et examina ses écorchures.Une grosse branche avait frappé le petit au passage, assez violemment.Mathilde Perrault, soudain, vit le garçonnet ouvrir les yeux et lui sourire.Bientôt il se remettait debout, essuyant avec son mouchoir à carreaux le sang qui coulait sur ses joues et ses mains.— Mon pauvre petit, tu as bien mal, n'est-ce pas?interrogea Mathilde.— Non, mademoiselle, je ne me suis pas fait autant de mal que vous croyez.Et puis, je le voulais.— Tu le voulais?— Oui, je ne savais comment m'approche!-de vous.surtout je ne sais comment vous empêcher de pleurer.— Tu me voyais pleurer?Où étais-tu?— Tout près de ce gros orme, là-bas.— Que faisais-tu là?— Je me/reposais en.pensant à une belle dame.à vous, mademoiselle?— A moi! s'écria Mathilde stupéfaite.Mais d'abord, qui es-tu, petit?Comment me connais-tu?l'eu impolie, mademoiselle.Ne vous occupez pas de moi du tout, du tout, mai- d'tlU autre.Il a beaucoup de chagrin à cause de vous.— Je ne te comprends pas du tout, mon enfant.Est-ce que ta tête te fait souffrir?Dis-le-moi, je t'en prie?demanda avec sollicitude la jeune fille, qui crut que l'enfant délirait un peu.— Elle ne me fait pas souffrir du tout.Elle est bien trop dure pour cela, comme disait M.le Curé.— Qui?— Oh! ne faites pas des yeux comme cela, mademoiselle.Je ne sui9 pas malade, je vous le dis.Tenez, me voilà debout, tout à fait moi-même, je vous assure.— Reste assis près de moi quelques instants encore.Qu'est-ce que tu voulais me confier tout à l'heure?Tu as parlé d'un autre.qui a du chagrin.Quel est cet autre, enfant?— Mon protecteur, celui que j'aime de tout mon coeur.Je me jetterais dans le feu pour lui, mademoiselle.— Je te crois.Tu viens de sauter du haut de cet arbre.pour moi.Et quel est le nom de ce protecteur tant aimé?— Vous ne serez pas mécontente si je vous le dis?Vous ne me renverrez pas aussitôt?— Mais pourquoi?C'est un homme qui a un excellent coeur.Je le vois.— Encore plus excellent que vous ne croyez, aile/! — Alors, parle! — Vous le connaissez bien.— Parle, mon bon petit.— C'est.M.Olivier Précourt.— Olivier Précourt!.de Saint-Denis?— Oui, mademoiselle.La jeune fille pencha la tête, et, machinalement, se prit à froisser son mouchoir de dentelles encore humide de larmes.Que tout cela L'OISEAU BLEU 153 lui paraissait étrange! Et quel singulier et naïf défenseur avait eu en ce moment son cousin Précourt.Mais que savait au juste ce petit bonhomme précoce et aimant?Olivier aurait-il, par hasard, machiné cette rencontre, avec un garçonnet qui lui était dévoué?.Il l'espionnait, peut-être?Non, le mot était trop dur.Olivier voulaii savoir seulement si ses soupçons étaient fondés.au sujet de cet Anglais, qu'il avait vu deux fois coup sur coup auprès d'elle et qui semblait très épris.Ah! comme de nouveau elle se sentait blessée du peu de confiance que lui témoignait Olivier?Pouvait-elle empêcher qu'on lui fasse la cour.Olivier, sans doute, l'aimait, mais rien de définitif n'existait encore entre eux, aucun échange de promesses.Mathilde releva la tête et rencontra le regard craintif de Michel.Elle sourit.— Quel est ton nom, petit?—Michel, mademoiselle.— Eh bien, Michel, tu as de bons yeux, bien francs.Réponds à mes questions, veux-tu?— Oui, mademoiselle.— Est-ce ton protecteur qui t'a lancé ainsi sur mes traces?— Oh! non.Il va me gronder quand il apprendra cela.— Mais, alors, pourquoi as-tu agi ainsi?— Mademoiselle, c'est parce que M.Olivier, hier, alors qu'il vous regardait aller avec des yeux tristes, m'a parlé de vous comme d'une belle princesse qu'il aimait, mais qui, elle, ne l'aimait plus.— Il a dit cela, Michel?— Oui, oui!.mais, vous n'allez pas pleurer encore.ma princesse!.Laissez-moi vous appeler ainsi.— Non, petit.Ce sont des larmes de joie que je verse.Ne te chagrine pas.Figure-toi que moi aussi, je croyais qu'Olivier ne m'aimait plus.— Oh! mon maître n'est pas comme cela.Quand il aime, il aime, et c'est pour tout de bon, allez.Tout à coup, la jeune fille se sentit joyeuse, calmée.Tout cela lui semblait en dehors de la coutume, mais si tendre, si frais.Quelle douceur était partout dans l'air.Elle, si réservée, si distante même, elle en était arrivée à faire des confidences à un garçonnet fort attachait;, sans doute, mais enfin, à un enfant.Allons, son secret n'en serait plus un dans quelques heures.Olivier apprendrait tout.A la grâce de Dieu! Ce ne serait pas la première fois que la sagesse instinctive d'un enfant aurait résolu un problème d'affection.La jeune fille, à ce moment, vit Michel se lever tout effrayé, et même faire mine de fuir.Elle le retint.— Qu'y a-t-il, Michel?demanda-t-elle à voix basse.— Voici M.Olivier.— Olivier! Mais alors, c'est lui qui a tou: combiné.Tu m'as trompée, enfant.— Je vous jure que non.Oh! laissez-moi me cacher, ou me sauver.— Pas du tout.Je veux voir au fond de tout cela, moi.Ne t'énerve pas ainsi.Nous ne sommes pas bien méchants, ni l'un ni l'autre.Olivier Précourt s'avançait en effet dans le petit sentier qu'avait suivi tout à l'heure Michel.I marchait la tête basse, en proie à des ré flexions peu réjouissantes.Lorsqu'il leva la tête, il se trouva à quelques pas seulement de l'arbre où étaient assis, silencieux et graves et le regardant venir, Mathilde Perrault et Michel, le petit messager.Il eut un violent sursaut, puis l'homme du monde qu'il était se ressaisit.Très hautain, le front barré d'un pli, mais ses yeux plongeant avec colère au fond de ceux de Mathilde, il salua, puis s'approcha.— Michel, que fais-tu ici?demanda-t-il sévèrement.— Monsieur, je.— Retourne auprès du Dr Duvert.Tout de suite.Je le mettrai au courant de tes fugues indiscrètes.— Oui, monsieur Olivier.Vous êtes mécontent, je le vois.— Très mécontent, Michel.Tu regretteras longtemps ta petite promenade de cet après-midi.L'enfant sentit que de grosses larmes nov-aient ses yeux.Il regarda avec reproche son protecteur, puis s'enfuit en courant.— Mathilde, dit Olivier la voix dure, que signifie cette scène?Qui a attiré Michel jusqu'ici?— Vous pourriez mieux que moi répondre à cette question, Olivier.Je ne connaissais pas cet enfant, avant qu'il tombât du haut de cet arbre à mes pieds.Faites-le s'expliquer.Il vous est dévoué.Vous saurez ce qui s'est passé.Au revoir, Olivier.Il se fait tard.— Non, Mathilde.Vous ne me glisserez pas ainsi entre les mains.Accordez-moi quelques minutes.Je vous en prie?— A quoi bon?Votre état d'esprit ne be prête nullement à un entretien agréable.— Vous avez peur de mes reproches?— Peur?Mais je suis libre et n'ai à rendre, compte de mes actes qu'à mon père.— A votre père?Je comprends cela.Il trouve en vous une enfant d'une docilité si parfaite. 154 L'OISEAU BLEU — Olivier! — Alors, c'est bien vrai, vous aimez ce capitaine, cet Anglais, qui ne vous quitte plus.Vous étiez venue le rencontrer ici, cet après-midi?— Pensez ce que vous voulez à ce sujet, Olivier, fit la jeune fille, avec tristesse, et en passant avec lassitude la main sur son front.Elle se leva.— Bien, ma cousine.Je ne vous importunerai pas davantage.Mais permettez-moi, ajou-ta-t-il avec une politesse glaciale, de vous remettre en selle.Il la suivit, détacha son cheval, installa la jeune fille de son mieux sur la bête, puis lu: ayant remis les rênes, il se pencha soudain et baisa sa main.Comme il relevait la tête, il vit deux grosses larmes glisser lentement sur les joues de Mathilde.— Mathilde, cria-t-il, oh! que signifie.?Des larmes?.Descendez vite de cheval.venez avec moi, sous cet arbre tout près.Il faut que nous nous expliquions.— Je n'aurais pas cru que vous puissiez.être aussi dur.Olivier! dit la jeune fille dès qu'ils furent assis très près l'un de l'autre.— La jalousie me torture, Mathilde.— Quelle confiance vous avez en moi! — Cet officier anglais, c'est un si bel homme, Mathilde! — Et vous?— Il est terriblement épris de vous?— Et vous?— Il est riche.— Vous aussû.— Votre père l'aime.— Mon père vous aimait aussi avant que vous affichiez trop ostensiblement vos idées dp patriote.— Vous me blâmez?— L'amoureuse, oui; la Canadienne, non! — Quel conflit! Qui sera victorieuse?— Je remets mon sort entre vos mains.— Non, mon amie, vous serez une Canadienne amoureuse qui regardera en face son devoir, et le fera quoi qu'il en coûte.— Olivier, mon père ne consentira pas d'ici longtemps à notre mariage.Je refuserai le capitaine Walker, puisque je ne l'aime pas, mais comme mon père m'en voudra de le décevoir! Vous n'aurez aucune chance.— Nous attendrons, ma chérie.Aussi bien, les événements sont menaçants.Il vaut mieux ne pas faire de projets définis.— Olivier, j'ai peur.— De quoi donc, ma chérie?— De votre tempérament héroïque.Vous me sacrifierez sans hésiter, si votre patriotisme l'exige.Merci, Olivier.Passez-le vous-même à mon doigt — Sans hésiter, non, Mathilde.Vous m'êtes Irop chère.Je ne concevrai pas d'ailleurs la vie sans vous.— La vie, sans doute, mais la mort, à un poste d'honneur.Quelle terrible alternative pour vous! Vous ne songerez pas d'abord à moi.— Mathilde, chassez ces visions.Ne songeons en ce moment qu'à notre amour.Vous êtes mienne, n'est-ce pas?— Olivier, ne le savez-vous donc pas encore?— Echangeons ici nos promesses d'éternelle affection.Fiançons-nous, Mathilde.Je ne puis vous aimer plus que je ne vous aime.Je connais mon coeur, allez.— Je veux tout ce que votre coeur veut, Olivier.Mais.donnez-moi un gage.un symbole de nos sentiments à tous deux.Le secret de nos fiançailles en semblera moins lourd.— Que diriez-vous de cet anneau d'or?Ii vient de ma mère.Il est mince et se verra à peine à votre doigt, sous votre bague.— Merci, Olivier.Passez-le vous-même à mon doigt.— Vous ne partez pas maintenant?Je vous ai à peine vue?.Mathilde, voyons! — Soyez raisonnable, Olivier.D'ailleurs, vous viendrez me voir chaque jour à la maison.Votre soeur n'est-elle pas mon hôte?C'est un prétexte qui détournera tous les soupçons.— Nous allons être des conspirateurs.— C'est un jeu que les amoureux connaissent d'instinct.—Mathilde, revenez ici, demain, s'il fait beau, je vous en prie. L'OI SEAU BLEU 155 — Faudra-t-il aussi que Michel, le cher petit, tombe de nouveau de son arbre?— Michel?Ah! l'espiègle! Ce qu'il sait machiner de choses quand il le veut! — Vous lui avez fait beaucoup de peine, tout à l'heure.J'ai failli intervenir.— Ne craignez rien.Je saurai compenser ce grand chagrin.Le petit artisan de mon bonheur recevra au centuple, le bien qu'il m'a fait.Bien, bien^ Mathilde, je vous obéis.Quel pouvoir votre regard possède!.Allons, en selle, ma belle princesse!.Ma fiancée, ajouta-t-il plus bas en baisant de nouveau avec affection la main que lui tendait la jeune fille {A suivre) Marie-Claire DAVELUY SSS 892 S9£ ^^Sê£282£ê£ LA PAGE DES PHILATÉLISTES Chers jeunes amis, ARRETONS-NOUS, dans cette chronique, à examiner quelques timbres-poste du Canada, qui nous intéresseront au point de vue historique et géographique.Voici le dix sous de 1928, vert, grand format.N'est-ce pas qu'il est impressionnant ce mont Hurd, que vous reconnaissez et qui fait partie des Montagnes Rocheuses?Puis, ce sont le douze sous, gris, et le treize sous, violet, de 1930 et de 1932; vous y distinguez fort bien la vieille citadelle de Québec et le royal Saint-Laurent.Un groupe de montagnes de la chaîne des Rocheuses apparaît sur le un dollar de la même série.Enfin le 20 sous nous fait faire connaissance avec la célèbre chute du Niagara, l'une des grandes merveilles naturelles du monde.Au point de vue historique et national, le trois sous de 1934, bleu, commémore la découverte du Canada par le navigateur malouin Jacques Cartier; le cinquante sous de 1930, bleu aussi, rappelle la dispersion tragique des Acadiens.Quel est celui d'entre vous qui ne reconnaît pas là, tout de suite, au premier coup d'oeil, l'église de la Grand'Prée et le monument d'Evangéline, que Longfellow a immortalisé dans son poème immortel Evangeline?Je vous souhaite, chers jeunes amis, de vous procurer, puisqu'il en est temps encore, tous ces timbres canadiens qui nous donnent, sous un si petit format, de si grandes et de si utiles leçons.UN AMI DES JEUNES PHILATÉLISTES IMPORTANT — J'offre quatre (4) sous pour chacun des timbres canadiens suivants: Jacques Cartier, trois sous, bleu, de 1934, le timbre commémoratif concernant le Nouveau-Brunswick, deux sous, brun-rouge, de 1934.Ces timbres doivent être neufs, avoir toute leur colle, n'être ni plies, ni déchirés, ni froissés, ni salis, être bien centrés et dentelés sur les quatre côtés.Si vous avez d'autres timbres canadiens neufs qui répondent à ces conditions, donnez-m'en la description et indiquez la quantité que vous possédez.Je vous dirai quel prix je puis vous offrir.Joignez à votre lettre pour la réponse un timbre de deux sous si vous habitez la ville, un timbre de trois sous si vous habite/ meurez à la campagne.Julien COURVAL, 4674, rue Resther, Montréal, Canada.©©©©©©©©©CO© RÉCRÉONS-NOUS On demande à.une petite fille: — Qu'est-ce que la sainte Vierge et saint Joseph ont fait pendant les trois jours où ite avaient perdu l'Enfant-Jésus?Et la mignonne de répondre: — Ils ont prié saint Antoine pour le retrouver.* * * Enfin, Paul, pourquoi ne veux-tu pas retourner en classe?— Parce que le professeur ne sait rien.Il m'a demandé ce que c'était qu'un fleuve!.* * # — Oh! Suzon, comme tu as une superbe poupée! Comme elle a de beaux cheveux! Suzon.— Ce n'est pas la peine de le lui dire, elle le sait bien, va! 156 L'OISEAU BLEU BONS MOTS — Dis-moi, mon petit ami, quel est le plus vieil habitant du village?— Il n'y en a plus, m'sieur; c'était le père Gaspard, qui avait quatre-vingt-dix ans, et il vient de mourir.* * * — Savez-vous comment s'appellent les habitants de Nîmes?— Non.et vous?— Ni moi! * * * — Si je donne dix bonbons à ton frère et que tu lui en prennes quatre, qu'est-ce que ça lui fera?.— Ça lui fera beaucoup de peine, M'sieu, parce qu'il est très gourmand.* * * La maman.— Comment, tu as encore une tache d'encre sur ton cahier! L'enfant.— Ce n'est pas ma faute maman; en classe, j'ai un petit nègre comme voisin et il a saigné du nez pendant que j'écrivais.* * * On essaye à Suzette une petite robe sans manches.— Mais, s'écrie-t-elle, je vais m'enrhumer les bras.* * * Collette, qui va depuis peu à l'école, fait une dictée pour la première fois.La maîtresse annonce.— Ouvrez les guillemets.Colette complaisante.— Tout de suite, mademoiselle; mais est-ce la porte ou la fenêtre que vous appelez comme cela?* * * Marie est souffrante; le médecin est venu, lui a pris le poignet, a tiré sa montre et a compté les pulsations de la petite malade.Peu de temps après, sa tante vient la voir.— Eh bien, mignonne, demanda-t-elle, que t'a-t-il fait le docteur?— Il a regardé l'heure à mon bras, répond Marie.* * * Un peu fatigué, le grand-père s'est endormi dans le salon et.ronfle.Alors, le petit Paul dit à sa mère: — Oh! maman, tu entends?grand-père dort tout haut.Un Éden ignoré T)IEN peu sans doute, parmi les jeunes lec-teurs de cette revue, connaissent Tadoussac, bien qu'il soit l'un des plus anciens villages du pays, car durant les trois quarts de l'année il est difficilement accessible.En effet, sis sur la rive nord du Saint-Laurent, à l'embouchure du Saguenay, il faut de toute nécessité traverser l'un ou l'autre de ces cours d'eau pour s'y rendre.On l'atteint, soit par la rive nord, en suivant la grande route jusqu'à la Baie Sainte-Catherine que le Saguenay sépare seul de Tadoussac; soit en prenant à la Rivière-du-Loup le traver-sier, qui fait, de juin à septembre, un service quotidien.Aucune route ne débouche à Tadoussac, si ce n'est un tronçon de trente à quarante milles qui nous conduit à Sainte-Anne de Portneuf mais qui devra, l'année prochaine, se prolonger jusqu'à la Baie Comeau.Le village, peu considérable, mais coquet et bien ombragé, grimpe à l'assaut d'une colline sablonneuse dont les flancs dorés sont visibles de la rive sud.Il est accidenté, car déjà, dès l'embouchure du Saguenay, se dressent les rochers à pic au travers desquels ce fleuve a tracé son cours.Il est donc entouré d'un cirque de montagnes austères au pied desquelles les vaigues écumeuses du Saint-Laurent viennent déferler sur une large grève de fin sable blond.De juin à septembre, il est le rendez-vous d'une classe de touristes à l'aise.Anglais pour Le village peu considérable, mais coquet et bien ombragé. L'OISEAU BLEU 157 la plupart, qui animent ses hôtels, se dispersent sur la plage ou le champ de golf.Au quai, chaque jour, les bateaux qui font la croisière au Saguenay ou reviennent de Terre-Neuve déversent une foule bigarrée qui sillonne en tous sens les trois ou quatre rues du village, pour souvent se rembarquer aussitôt.Mais, en dehors des arrivées des bateaux, Tadoussac est le village le plus tranquille qui soit.N'étant pas situé sur une route nationale, les autos y sont plutôt rares.On n'y entend jamais le cri strident des locomotives; le seul appel que l'écho moqueur se plaise à répéter, souvent jusqu'à sept fois, est celui des sirènes de navires.On s'y éclaire à la bonne vieille lampe à pétrole car.à part l'hôtel, ouvert seulement durant Tété, et un magasin, l'électricité y est inconnue.Aussi, avec quel amusement les cita-dins s'y promènent-ils le soir! Aucune artificielle lumière n'y vient concurrencer la lune qui argenté les vagues et découpe en silhouettes japonaises les sapins touffus ou les rochers majestueux.Ancien dieu de traite.Tadoussac offre une belle gerbe de souvenirs aux amateurs d'histoire.La chapelle primitive, construite en 1747.ne sert plus au culte, mais est conservée comme monument historique, et renferme divers objets précieux par les souvenirs qui s'y rattachent, dons faits par la reine de France à ses sujets d'Amérique.Quelles délices de flâner dans ce coin enchanteur, de guetter du haut des rochers le passage des bateaux, d'herboriser si vous êtes naturaliste, de barboter dans l'eau glauque ou.au repos sur la plage, de regarder, à mer haute, les petites chaloupes se balancer doucement sur la nappe liquide à peine ridée par la brise.El puis, quand vient le soir et que la brume tend un.voile transparent au front des monts laurentiens.se reporter trois cents ans en arrière; penser que les premiers blancs qui vinrent ici durent lutter contre le froid, la faim peut-être, parfois, et contre l'isolement aussi, déjouer les embuscades des sauvages, que malgré tout ils ont pu s'implanter sur ce coin de terre où Ton se souvient comme l'atteste la croix érigée en face de l'église paroissiale.Peut-on sans émotion revivre ces pages d'histoire?Déjà dès Vembouchure du Saguenay se dress ni les rochers à pic!.Tadoussac est un éden ignoré où la forêt, la montagne et la mer se marient en beauté.Mais, plus que tout cela, son passé historique nous défend de l'oublier une fois qu'on Ta connu.ARIANE POUF RÏRF Le professeur.— Si vous avez huit pommes de terre pour sept personnes, com ment ferez-vous pour donner une part égale à chaque personne?Un élève.— Je les transformerais en pommes de terre pilées.* * * — Lisette, pourquoi ne veux-lu pas aller chez ta petite amie Jeanne?— Parce qu'elle est assommante, maman: elle copie toutes les robes de ma poupée pour la sienne.* * * Entre collégiens: — Je regrette de n'être pas né en Angleterre; je n'aurais pas besoin d'apprendre l'anglais.— Non.mais il faudrait apprendre le français.— Pas du tout, puisque je le sais.* * * Lulu savoure un bonbon qu'il a pris en cachette.Maman (sévère).— Lulu, qu'as-tu dans la bouche?Lulu (avale le bonbon rapidement d'un air innocent).— Ma langue, maman.* * * — Germaine, vous avez mis deux l à hélicoptère.Bien sûr, mademoiselle, sans cela il ne pourrait pas voler. 158 L'OISEAU BLEU Concours de janvier 1938 MOTS CROISES LA TERRE DE NOS AÏEUX par Marie-Claire DAVELUY 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 HORIZONTALEMENT: 1.—Article simple.— Deux plus un.2.—Adjectif possessif féminin.3.—Cours d'eau (pluriel).4.—Impératif du verbe aller — Adverbe: déjà, certes.5.—Sorte de luth à deux manches (XVxe et XVIIe siècles).— Langue qu'on parlait autrefois au sud de la Loire.6.—Argile friable, colorée en jaune rouille.— Déclarât la chose fausse.— Interjection, sert à marquer la surprise, l'admiration.7.—Ancienne monnaie qui valait trois deniers.— Table de travail des menuisiers.8.—Ce qu'il y a de meilleur, de plus distingué (pluriel).— Choisi par l'élection.9.—Un saint, fut disciple de saint Paul.Fôte le 4 janvier.— Action d'arrêter.10.—Pronom personnel.— Serré avec un lacet.— Courroie fixée au mors du cheval.11.—Adverbe de négation — Semi-voyelle, l'équivalent de l'u voyelle française.12.—La grande figure héroïque d'un gouverneur des Trois-Rivières au XVIIe siècle.Anobli par le roi.Possède encore des descendants directs parmi nous.— Variété de chevrotain (Chine).VERTICALEMENT 1.—Le fondateur des Trois-Rivières.2.—Garni de cils.3.—Ligne qu'on trace avec le crayon ou la plume.— Note de musique.4.—Un héros trifluvien.Écrivit une lettre touchante à sa mère alors qu'il était prisonnier des Iroquois.5.—Préposition.— Arme servant à lancer des flèches.6.—Pronom indéfini.— Pillage d'une ville, massacre de ses habitants.7.—Que je me réjouisse.— Roman de Chateaubriand.8.—Mettre un bât sur une bête de somme.— Terminaison d'infinitif.9.—Exposer en vente.10.—Jésuite.Fonda avec le Père Le Jeune la mission des Trois-Rivières sous le nom de Conception (1634).Tué par les Iroquois en 1652.Admirable figure d'apôtre loué par l'abbé Tessier ces toutes dernières années.11.—Un des douze petits prophètes.— Participe passé du verbe naître.12.—La patrie intime du poète délicat Nérée Beau-chemin.Faire parvenir ses solutions au plus tard le 8 février 1938 à l'Oiseau bleu, 1182, rue Saint-Laurent, à Montréal, Québec.Solution du problème de décembre 1937 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 u 12 1 m P A T R I O T E S m R 2 p A R O I S s E S ¦ N I 3 E R I C ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ S I C 4 R I S ¦ S A I N T ¦ E H 5 R A T E ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ I R E 6 A I E ¦ D E N I S ¦ I L 7 U ¦ E T ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ L O I 8 L E ¦ R A S S E R E N E 9 T ¦ R E M I ¦ B 0 S S U 10 ¦ P A P I N E A U ¦ ¦ ¦ 11 A R I A ¦ O U T A R D E 12 N E L S O N ¦ S I E U R Gagnantes du Concours 1.—R.F.Antonin, Académie dt la Salle, Case postale 90, Les Trois-Rivières, Québec.2.—Mlle Aline Beaudoin, 1331, rue Bélanger, Montréal, Académie Saint-Arsène.3.—Mlle Marie-Theresia Caron, West Warwick, R.I.Ecole Saint-Jean-Baptiste.4.—Mlle Marie-Marthe Gravel, Saint-Roch-de-l'Achigan, Comté de l'Assomption, Québec, Couvent de Saint-Roch.5.—Mlle Gilberte Leroux, 6669, rue de Saint-Vallier, Montréal.6.—Mlle Françoise Deguire, 5706, 9e Avenue, Rosemont, Montréal, Académie Sainte-Philomène.* * * Chacun des gagnants a reçu en prime de la Société Saint-]ean-Bapitste de Montréal la somme de cinquante sous. L'OISEAU BLEU 159 Une page d'histoire S?HENRI IV LE BON ROI HENRI IV Fils d'Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albert, Henri IV dirigea les destinées de la France de 1589 à 1610.Les efforts qu'il apporta au rétablissement de la paix dans son royaume et les mesures qu'il adopta pour la prospérité et le bien-être de son peuple le firent surnommer le bon roi.Il supprima les abus et donna à l'agriculture une impulsion inconnue jusqu'alors.Les guerres de religion une fois terminées, Henri IV ne se contenta pas de rendre la France grande et forte, mais ses regards se tournèrent vers les terres neuves pour y créer des colonies.Le Canada retint particulièrement son attention.Il confia l'exécution de son programme à un jeune explorateur de Brouage, en Saint-Onge, qui s'était déjà signalé au cours d'un premier voyage en Amérique.Samuel de Champlain, fort de la confiance du roi, réussit à fonder Québec en 1608.Date à retenir.Elle est le point de départ de la colonisation française dans le Nouveau-Monde.Converti au catholicisme, Henri IV souhaita ardemment l'évangélisation des peuplades indigènes de la Nouvelle-France.Tous les privilèges qu'il octroyait avaient pour conditions de "planter dans ces contrées la foi catholique, apostolique et romaine"."Nous vous avons établi lieutenant général, écrivait-il à M.de Monts, pour représenter notre personne en ces pays, pour en faire instruire les peuples à la connaissance de Dieu, les amener à la lumière de la foi et à la pratique de la religion chrétienne".Les Jésuites eurent la mission d'évangéliser les sauvages du Canada.Le roi promit de pourvoir à leur entretien et demanda lui-même au Souverain Pontife les pouvoirs qui leur étaient nécessaires.L'exécution de ses plans était en voie de réalisation, lorsqu'il fut assassiné en 1610 par un fanatique du nom de Ravaillac.En poursuivant l'établissement de la religion chrétienne dans cette colonie naissante, il préparait à la gloire de l'Eglise et de la France une population nombreuse de chrétiens.Le devoir des Canadiens français est tout tracé dans le programme de ce grand roi: assurer au Canada l'existence de la religion catholique et travailler au rayonnement de la civilisation française.Les Canadiens français feront oeuvre constructive en encourageant une institution comme la Sauvegarde, fondée et dirigée par des Canadiens français.Cet encouragement conduira à l'indépendance économique et permettra de résister avec succès à ceux qui veulent asservir la race française ici. LIVRES POUR LA JEUNESSE Album Bayard.1.00 Charcot — La Mer du Groenland.1.00 Cudlipp — Le Soldat de Fernand Cortex .75 Dalens — Le Bracelet de Cristal.75 Milly — Avec le sourire.50 Salagnac — Sous le signe de la Tortue Soensson — Première aventure de Nonni Soensson — Nonni en Mer.Soensson — Nonni à Copenhague.Soensson — Nonni part en Suède.75 .75 .75 .75 .75 54 ouest, rue Notre-Dame GRANGER FRERE5 LAncaster 2171 Nos magasins sont ouverts jusqu'à 5 heures le samedi.— Facilités de stationnement.^nckime Vous voulez le vivre et le couvert le reste de vos jours?Souscrivez nos rentes viagères garanties.Rien de plus parfait.La somme de vos contributions, c'est vous qui la fixez.La quotité de votre rente, c'est vous qui la fixez.La date de sa distribution, c'est vous qui la fixez.Le présent est l'enclume sur laquelle se forge l'avenir: avenir de bien-être ou avenir de chaînes.Choisissez! 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