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Titre :
L'oiseau bleu /
Première revue destinée à la jeunesse canadienne-française, L'Oiseau bleu a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec. [...]

Le premier numéro de la revue L'Oiseau bleu, sous-titré « revue mensuelle illustrée pour la jeunesse », paraît à Montréal en janvier 1921. Créée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, sous la direction d'Arthur Saint-Pierre, fondateur de la publication, L'Oiseau bleu est la première revue destinée exclusivement à la jeunesse canadienne-française. Sa création a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec.

La revue est diffusée dans les écoles et, selon la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, elle s'adresse aux enfants canadiens de 3 à 18 ans. Certains ouvrages soulignent toutefois que la revue s'adresse davantage aux écoliers de la fin du primaire et du début du secondaire, soit aux jeunes de 10 à 15 ans, car la publication contient beaucoup plus de textes que d'illustrations. La revue est également diffusée auprès des jeunes franco-américains, franco-ontariens et acadiens.

L'Oiseau bleu poursuit le double objectif d'instruire et de divertir les jeunes. La revue a pour mission de renforcer leur sentiment d'appartenance nationale et leurs croyances religieuses. L'enseignement de l'histoire et de la géographie y occupe une place importante; on y trouve des rubriques telles que « Nos plaques historiques », « À travers l'histoire », de même que des récits de voyage comme « Mon voyage autour du monde ».

L'instruction religieuse et morale est présente dans les contes, les fables, les poèmes, les feuilletons et les biographies de saints. La publication comprend également des articles sur les sciences. Pour divertir les jeunes, la revue leur propose des feuilletons, des chansons, des jeux, des illustrations et des concours.

Plusieurs collaborateurs sont invités à participer à la rédaction de la revue, notamment Marie-Claire Daveluy, qui y publie en feuilletons son premier roman, Les aventures de Perrine et de Charlot. Celui-ci est considéré comme une oeuvre fondatrice qui a donné le ton aux oeuvres subséquentes de la littérature québécoise pour la jeunesse.

L'Oiseau bleu, qui a cessé de paraître en juillet 1940, a véritablement été un catalyseur pour la littérature enfantine québécoise.

LEPAGE, Françoise, Histoire de la littérature pour la jeunesse (Québec et francophonies du Canada) - Suivie d'un dictionnaire des auteurs et des illustrateurs, Orléans [Ontario], Éditions David, 2000, p. 113-118.

Éditeur :
  • Montréal :la Société,1921-1940
Contenu spécifique :
février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

L'oiseau bleu /, 1938, Collections de BAnQ.

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PUBLIEE PAR LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE 1>E MONTRÉAL Rédaction et administration, 1182, rue Saint-Laurent t$ Montréal, Canada t$ $ $ Abonnement: Canada et Etats-Unis: $1 $' $ GiiJ Conditions exceptionnelles aux collèges, couvents et écoles lyj Téléphone: PLateau 1131 VOLUME XVIII — No 7 MONTREAL, FEVRIER 1938 Le numéro: 10 sous ¦¦¦¦mil Le souper terminé, Morgiane pénétra dans la pièce, revêtue d'un superbe costume, et se mit à danser le pas du poignard. 162 LOI SEAU BLEU Ali-Baba et les quarante voleurs ! ALI-BABA était un pauvre homme qui habitait avec sa femme dans une ville de Perse; un jour il se rendit dans la forêt pour y couper du bois à brûler.Là il aperçut une troupe de quarante voleurs; aussi il monta dans un arbre et s'y cacha.Cet arbre poussait à côté d'un gros rocher, et voilà que les voleurs s'avancèrent jusqu'à ce rocher; les premiers crièrent: "Sésame, ouvre-toi!" Une porte s'ouvrit devant eux, conduisant à une caverne; les quarante voleurs y pénétré rent et y déposèrent l'or et l'argent qu'ils avaient dérobés.Puis ils ressortirent et crièrent: "Sésame, ferme-toi!" La porte se referma et les voleurs repartirent.Alors Ali-Baba descendit de son arbre et cria à son tour: "Sésame, ouvre-toi!" L'entrée du souterrain s'entr'ouvrit de nouveau et Ali-Baba s'y engagea; il s'aperçut que la caverne était garnie de sacs d'or et d'arpent et sachant que tout cela avait été volé, Ali-Baba s'empara d'autant de sacs qu'il put en prendre avec lui et les emporta chez lui."De cette façon", dit-il à sa femme, "je serai bientôt aussi riche que mon frère Cassim" Une autre pensée le réjouissait aussi, car son frère, qui était fier et dédaigneux, avait épouse une femme très riche."Il nous faut mesurer combien d'or non.* avons", lui dit sa femme, enchantée.Elle se rendit donc chez son beau-frère Cassim et le pria de lui prêter une mesure.La femme de Cassim, se demandant quel grain sa pauvre bel le-soeur pouvait bien avoir à mesurer, fixa un peu de cire sous le récipient, et quand celui-ci fut rendu, elle découvrit à sa grande surnrir-e une pièce d'or attachée après la cire.Elle le dit aussitôt à son mari, qui alla trouver Ali-Baba et lui demanda d'où venait cet or.Ali-Baba raconta franchement à son frère le trésor qu'il avait trouvé dans le rocher, et lui dit comment s'ouvrait et se fermait la porte de la caverne."J'emporterai tout l'or avant qu'Ali-Baba ait le temps d'en prendre une part', se dit Cassim.Il emmena sur-le-champ dix mules à la caverne, dans l'idée de charger sur elles tous tes sacs.Il cria: "Sésame ouvre-toi!", pénétra dans le souterrain, et dansa de ravissement lorsqu'j.1 Ali-Baba, héros d'un des contes des Mille et une Nvits.en découvrit tous les trésors, mais il en perdit absolument la tête, de sorte que, quand il voulut emporter les sacs, il avait oublié le mot qui ouvrait l'entrée: "Ouvre-toi, blé!" criait-il."Ouvre-toi, orge!" Tandis qu'il était occupé à chercher le mol magique, les quarante voleurs rentrèrent et, le trouvant là, le tuèrent.Le lendemain, Ali-Baba partit pour la caverne, afin'd'y prendre un peu d'or: il y découvrit le cadavre de son frère; il l'emporta et le fit enterrer honorablement.Puis, suivant les usages persans, il ramena pour habiter chez lui sa belle-soeur, la veuve, ainsi qu'une esclave très intelligente du nom de Morgiane.Lorsque les quarante voleurs s'aperçurent qu'on avait enlevé de la caverne le corps de Cassim, ils eurent grand' peur."Il existe donc encore un autre homme qui connaît notre secret", dit leur chef, "mais je sais comment le découvrir".S'étant déguisé, il se rendit à la ville, et demanda si l'on n'avait pas dernièrement enterré un homme assassiné; il finit par apprendre qu'Ali-Baba venait justement d'en enterrer un."Maintenant", dit le chef des voleurs à ses hommes, "il s'agit de vous faire entrer touE sans être remarqués dans la demeure de cet Ali-Baba; vous sortirez la nuit de votre cachette vous tuerez tout le monde et vous vous sauve rez sans qu'on vous voie".Il apporta un certain nombre de ces grandes outres de cuir dans lesquelles les Perses conservaient alors leur huile, et fit entrer chacun des voleurs dans l'une de ces outres.Il les renferma en laissant un petit passage pour l'air.Il les chargea ensuite sur des mules et carda avec lui une outre réellement pleine d'huile, pour le cas où il aurait à montrer ce qu'il transportait: puis il se mit en route le «o»r pour la ville et s'arrêta devant la maison d'Ali-Baba."J'ai déjà fait beaucoup de chemin avec mon huile", dit-il à Ali-Baba, "et il est maintenant trop tard pour que je puisse gagner une hôtellerie.Voulez-vous avoir la bonté de m'of-frir l'hospitalité pour la nuit?" Ali-Baba, qui était un brave homme, accueillit le chef des quarante voleurs, et dit à ses domestiques de soigner les mules et de rentrer les outres.Morgiane alla cuire un souper pour l'hôte.S'apercevant qu'il ne lui restait plus d'huile pour faire frire la viande, elle alla en prendre un peu dans l'une des outres.Lorsqu'elle s'en approcha, le voleur qui était de- L'OISEAU BLEU 163 dans crut que c'était le capitaine et murmura: "Est-il temps?— Pas encore7', répondit Morgiane.Elle alla d'une outre à l'autre et constata qu'elles contenaient toutes un voleur; elle arriva enfin à celle qui renfermait de l'huile.Elle fit bouillir cette huile dans une grande marmite, puis revint près des outres, y versa le liquide brûlant, et échauda à mort tous les voleurs."Nous allons voir maintenant ce qui va »e passer", se dit Morgiane.Au milieu de la nuit, le chef essaya de réveiller ses hommes, mais en regardant dans les outres il s'aperçut qu'ils étaient morts; alors il prit ses jambes à son cou.Le matin.Morgiane raconta à Ali-Baba ce qui était arrivé, et Ali-Baba enterra les voleurs en secret la nuit suivante."Mais rappelez-vous", lui dit Morgiane."que l'un des voleurs est encore en liberté, et il faut que vous soyez sur vos gardes, car il n'aura d?cesse qu'il ne nous ait tués, nous qui connaissons son secret".Et elle avait raison.Le chef des quarante voleurs reparut bientôt sous un autre déguisement: il s'installa comme boutiquier et essaya de devenir ami avec Ali-Baba pour trouver une occasion de le tuer.Un jour, Ali-Baba l'invita à dîner.Or, sachez qu'il existe en Orient une loi de l'honneur particulière, que les Perses et tous les Mahometans observent à la lettre.Même les plus criminels d'entre eux ne tuent jamais quelqu'un avec qui ils ont mangé du sel.Aussi le chef des voleurs dit à Ali-Baba: "Je serais très heureux de dîner avec vous, cher ami, mais je dois avouer que j'ai un goût très bizarre.Je ne peux supporter le moindre, grain de sel dans les plats.— Oh! si ce n'est que cela!" fit Ali-Baba, et il dit à Morgiane de ne pas mettre de sel dans la viande pour le repas; cela excita • soupçons de l'esclave."Alors votre nouvel ami ne veut pas manger de sel avec vous", lui dit-elle."Il faut que je voie comment il est".Elle le regarda et, malgré son déguisement, elle le reconnut pour le chef des voleurs.En outre, elle remarqua qu'il portait un poignard caché sous ses vêtements.Elle dit donc à Ali-Baba: "Annoncez à votre ami qu'une de vos esclaves viendra danser devant lui après souper".Le souper terminé, elle pénétra dans la piè- IV Oiseau bleu est publié par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 1182.rue 8alnt-Laurent.à Montréal.Directeur: Alphonse de la Rochelle.La revue ne parait pas en Juillet et en août.ce, revêtue d'un superbe costume, et se mit à danser le pas du poignard.Elle tournoya gracieusement, tenant un poignard à la main, puis bondit sur Ali-Baba et fit semblant de le frapper.Puis elle se remit à danser légèrement dans la direction du chef, mais, au lieu de faire semblant de le frapper, elle lui enfonça son poignard en plein coeur."J'avais reconnu le scélérat!" dit-elle.Alors elle montra le poignard caché sous son vêtement.Ali-Baba fit épouser à Morgiane son fils aîné, et lui donna en dot une grosse part du trésor caché dans la caverne de la forêt.©©©©©©©©©©©© I)tl TAC Al! TAC — Un sot raillait un honn e d'esprit sur la longueur de ses oreilles.— Il est vrai, répondit la personne raillée, j'ai les oreilles un peu grandes pour un homme, mais convenez que vous en avez de trop petites pour un âne.Le salui scout 164 L'OISEAU BLEU Les écoliers en vacances L'ANIMATION règne dans la rotonde du théâtre Rideau, ou la rue a déversé une bousculade d'enfants attirés par le film de Don Bosco.Les petits en vacances se précipitent avant le coup de neuf heures.L'enfilade compacte, portée par l'avance forcée d'une masse serrée, se meut avec la lenteur d'un remous humain.Le tumulte se propage: bourdonnements, cris tôt réprimés, bruits de paroles lia-chées, chuchotements de confidences, murmures de curiosité.Le prix d'admission ira au profit de la famille Giroux, qui a perdu quatre enfants dans un incendie.Les écoliers sans argent bénéficieront de la contribution des autres, afin que personne ne manque le spectacle de Don Bosco.Entre eux, les conversations vont leur train: — Vas-tu travailler à l'atelier des Scouts?Ils ont déjà réparé beaucoup de vieux jouets pour les étrennes des enfants pauvres.— Nellie, la petite chienne de nos voisins, ne comprend pas le français.Ils l'ont achetée au marché.Ses premières rencontres avec Jau-nette, la chatte, ont été périlleuses; mais Jau-nette s'est apprivoisée et Nellie ne l'effraye plus.Le petit mine blanc, qui a les pieds doubles comme des raquettes, a goûté m la dinde.Il a fait une crise d'épilepsie.— Y a pas que les filles dans la Garde d'Honneur, clame Sylvain.Moi aussi j'irai garder le Saint-Sacrement.— Tu iras garder le Saint-Sacrement?répète après lui sa maman.— Oui, une heure le samedi.Le Père Curé est venu.Il a demandé qui voulait s'enrôler dans la Garde l'Honneur.Gratton et moi nous nous sommes levés.{Grand éclat de rire).Gratton est un petit bout d'homme de sept ans.Sylvain aussi (Tailleurs.Deux copains qui rivalisent pour tenir alternativement la tête de la classe.— Le Père Curé ne te connaît pas, reprend la maman de Sylvain.Comment pourras-tu rester une heure à l'église sans bouger, quand ta tête tourne comme une girouette après dix minutes, le dimanche, à la messe.— Je resterais bien trois ou quatre heures de suite à l'église si je voulais, renchérit Sylvain.— Tu as été généreux d'accepter sans te faire prier, mon petit homme, et le Père Curé en a été sûrement touché; mais il comprendra aussi que ta promesse est au delà de tes forces.Tu iras à l'église le samedi faire une bonne prière, ça vaudra mieux qu'une heure remplie de distractions.En t'astreignant à de trop longues séances, tu perdrais le goût de l'église.Le petit Jésus, qui est toujours là, au Tabernacle, préfère te voir plus souvent et moins longtemps que d'apercevoir dans un banc un petit garçon qui s'ennuie.Hier, c'était l'anniversaire a"Henri-Georges.Il a huit ans.Sa maman lui a demandé s'il préférait inviter ses amis à partager avec lui son gâteau de fête, ou suivre son père, faire la distribution des étrennes aux Incurables.— Ma fête reviendra, se dit Henri-Georges, et celle des Incurables je ne l'ai jamais vue.Il opta donc pour les Incurables et suivit son papa déguisé en Père Noël.Les Troubadours envahirent l'hospice.Ils éveillèrent les échos de la grande maison par le chant des Bergerettes et des Berceuses de Noël.Dans l'immense dortoir des allongés, si pâles, qu'on les croirait oubliés sur cette planète.Dans les salles où les chaises roulantes promènent des visages glabres au sourire douloureux, Henri-Georges a fait le tour des ma- L'OISEAU BLEU lades et gentiment leur a donné la main.Son coeur parfois lui faisait mal; mais il essayait d'imiter les Troubadours bienfaisants qui distribuaient les cadeaux et les chansons.Le soir venu, avec une mimique saisissante, il raconta à Thérèse sa visite chez les Incurables.Les enfants ont une étrange façon d'enregistrer les faits et gestes des grands.Leur sensibilité plus grande s'émeut davantage des misères entrevues.En dépit du souvenir navrant qui le pénètre, le bambin se déclare heureux des lueurs de joie surprises dans les regards des invalides.Les braves petits garçons! Marie-Rose TURCOT BONS MOTS Combles d'avarice — Je connais un avare, mon vieux, mais un avare!.Jamais de la vie il n'a donné quoi que ce soit.Tiens, pas plus tard que ces derniers tempi, il a interdit à sa fille de se marier uniquement pour ne pas avoir à donner son consentement.— Bah! .j'en connais un autre encore pins avare que ça.Il a fait bouclier sa fenêtre parce qu'elle donnait sur la rue.• Économie domestique La soeur — Charles a les yeux de son père.La tante — Et le front de sa mère.Charles — J'ai aussi les culottes de mon grand frère! — Pourriez-vous me dire à quelle époque vivaient David et Goliath?Le candidat: — Au temps de la Fronde.Jules, qui est très gourmand, a été vivement intéressé au dessert par une histoire que racontait un des convives.Soudain, il se met à fondre en larmes: — Qu'est-ce que tu as?lui demande sa mère avec inquiétude.Le petit pleurant de plus belle: — J'ai mangé ma tarte sans m'en apercevoir! Un officier prend place à la table d'un café.Le garçon accourt empressé: — Qu'est-ce que monsieur commande?— Un escadron, répond l'officier, qui pense à tout autre chose.165 Deux amis se rencontrent à table d'hôte; on leur sert deux poissons: un gros et un petit.— Sers, dit l'un des deux amis.L'ami prend le gros poisson pour lui et donne le petit à son vis-à-vis.— Sais-tu que tu es un malappris?— Comment cela?— Tu prends le gros poisson et me donnes le petit! — Qu'aurais-tu fais à ma place?— J'aurais pris le petit et je t'aurais donné le gros.— Eh bien, tu l'as, le petit! De quoi te plains-tu?• On monte l'escalier, qui est très dur, et petit Jean, avec ses petites jambes, a toutes les peines du monde à opérer l'ascension.Son père le pousse par derrière tout en lui répétant: Allons!.courage donc!.courage! — Mais, papa, soupire à la fin petit Jean hors d'haleine, je courage tant que je peux!.Mariette.— Il a dû faire très chaud cette nuit.La maman.— A quoi vois-tu cela?Mariette.— Regarde le gazon, il est couvert de sueur!.• Un élève jette son crayon avec colère: — Sales crayons!.Ils ne valent pas deux sous! — Et combien les payes-tu?demande son voisin.— Un sou! Suzette entrant chez le marchand de musique: — Monsieur, je viens chercher des morceaux pour ma grande soeur.— Que désire-t-elle?— Du Chopin.— Voulez-vous les Nocturnes?— Oh! non, ma soeur ne joue que pendant le jour.AYAYAVATAYAYAYAYA 166 L'OISEAU BLEU _ _ SCÈNE D'HIVER Ils s'en donnent à coeur joie ! ENFIN, c'est samedi aujourd'hui.c'est jour de congé.Les écoliers sont libres; ils se préparent à une partie de gouret que doivent jouer les clubs rivaux de deux paroisses voisines: le Joliette et le Nicolet.Les joueurs du Joliette ont revêtu leur chandail, chaussé leurs patins et, en attendant l'arrivée du Nicolet, se préparent à mettre en pratique toutes les règles du jeu.Le Joliette joue sa partie chez lui cette fois-ci; il reçoit le Nicolet qu'il a défait le samedi précédent en luttant avec lui sur sa propre patinoire.Ces jeunes joueurs sont tous des amateurs.Leur capitaine, le plus âgé d'entre eux, n'a pas encore quinze ans.Sa confiance en lui-même et en son équipe n'est égalée que par son désir de vaincre.Suivez-le: il va à l'un et à l'autre de ses compagnons de lutte et donne à chacun ses dernières instructions.L'enthousiasme général lui promet une autre victoire.Soudain des cris se font entendre, des exclamations éclatent: Les voici, les voici! C'est le Nicolet qui arrive.Les membres de ce jeune club sont pleins d'entrain, frais et dispos et, surtout, assurés de ne pas essuyer de défaite.Tous échangent d'amicales poignées de main; ils engagent même des paris sur l'issue de la joute.Les nouveaux arrivés sautent sur la glace avec vivacité et en bons sportifs qu'ils sont veulent se rendre compte de l'état de la patinoire où ils vont à l'instant même livrer bataille à de rudes jouteurs.Dans cette entrefaite, les jeunes chefs et l'arbitre se mettent d'accord sur le règlement à suivre et sur les conditions du jeu.Au premier coup de sifflet de l'arbitre, chacun se rend prestement à son poste d'attaque ou de défense.Puis la partie commence sans retard.Tout au début, les adversaires s'ob-•ervent et s'étudient; le jeu paraît un peu lent aux spectateurs dont le nombre ira grandissant jusqu'à la fin.Quelques minutes suffisent et le jeu s'anime, puis devient passionnant.Les patins et les bâtohs se croisent, se heurtent, s'entre-choquent: la rondelle, lancée avec force et adresse, va, vient, revient, bondit par-dessus les têtes qui se courbent pour se garer, rebondit en sens contraire et parvient même à jeter l'émoi dans le coeur des gardiens de buts qui l'attendent l'oeil vif et le pied ferme.Après bien des tentatives inutiles pour compter un point, voici qu'un Joliettain réussit à saisir la rondelle et, après une course folle que rien n'arrête, à déjouer l'adresse du gardien du Nicolet, puis, d'un geste prompt comme l'éclair, à la faire pénétrer dans le filet comme par surprise.Des applaudissements s'élèvent de tous côtés et l'ardeur au jeu est grande chez les Joliet-tains.Un bravo poussé d'une voix plus forte attire leur attention.Quelle n'est pas leur joie de reconnaître en celui qui les encourage ainsi le curé de leur paroisse.Sans un moment d'hésitation, ils courent vers lui et l'encerclent.— Bonjour, monsieur le curé.— Bonjour, mes chers jeunes gens.Vos couleurs sont à l'honneur pour l'instant.Je m'en réjouis de tout coeur et je suis tout heureux de vous féliciter.— Vous devinez notre joie; nous venons de compter le premier point.Nous serons vainqueurs; nous en avons l'espoir du moins.— Je regrette de ne pouvoir vous encourager de ma présence jusqu'à la fin.Je dois retourner à l'église pour entendre les confessions de mes pénitents.Livrez-vous au jeu avec ardeur, c'est bien, mais n'oubliez pas vos devoirs de classe et vos leçons pour lundi.Au revoir, mes jeunes amis! — Oh! soyez sans crainte.Au revoir, monsieur le curé.Celui-ci, la figure réjouie, se dirigea d'un pas alerte vers son église paroissiale.Ce déploiement d'énergie, cette ardeur juvénile lui avaient été agréables et lui semblaient de bon augure pour l'avenir.Il monologuait à demi-voix: "Une jeunesse qui sait se récréer ainsi développe en elle des vertus de courage et d'endurance et elle ne peut que se bien préparer à affronter les luttes de l'avenir." Après le départ de monsieur le curé, la partie reprend de plus belle et tous les concurrents s'en donnent à coeur joie.Le Joliette veut à tout prix ajouter d'autres points à celui qu'il a déjà et le Nicolet regagner le terrain perdu.Le jeu redevient rapide et serré.Les spectateurs sont tenus en haleine par des courses en coup de vent, des essais bien calculés mais infructueux, des arrêts de rondelle brusqués, des discussions provoquées par des irrégularités involontaires au règlement et vite apaisées grâce à l'intervention opportune de l'arbitre.Le gardien du Joliette se laisse prendre à son tour et le Nicolet enregistre comme à l'im- L'OISEAU BLEU 167 proviste un point qui le place sur le même pied d'égalité que son courageux adversaire.L'arbitre annonce que la partie va bientôt s'achever.Le Nicolet s'empare de la rondelle et se lance à l'attaque.L'équipe du Joliette se replie vers ses filets afin de briser l'élan des patineurs et de reprendre l'offensive au moment propice.Elle réussit à capter le disque qu'elle lance avec vigueur à l'extrémité opposée de la patinoire.Le Nicolet doit se tenir sur la défensive.L'un des voltigeurs du Joliette saisit la rondelle avec promptitude, la pousse devant lui avec son gouret.passe comme une flèche au milieu de ceux qui veulent lui barrer la route et se dirige vers le gardien des buts du Nicolet.Ce dernier arrête un tir presque à bout portant et renvoie le disque avec force.Le voltigeur du Joliette le rattrape et aurait donné un nouveau point à son club sans la bravoure du gardien qui se jette au-devant de la rondelle et la fait dévier du but.La partie tire à sa fin; le Joliette veut l'emporter à tout prix.Aussi tente-t-il une nouvelle attaque avec quatre de ses meilleurs joueurs.Mais l'avant-garde du Nicolet veille.Un jouteur s'empare de la rondelle d'une manière inopinée, traverse en vitesse la ligne de défense du club rival et, mesurant sa distance d'un coup d'oeil sûr, la loge dans le filet pardessus la tête du gardien du Joliette qui n'en revient pas de sa surprise.Ce point décisif assure la victoire à son équipe.Cris, applaudissements, félicitations; ïcs bravos de la foule redoublent pendant quelques instants et sont la récompense des vainqueurs.Le Nicolet a pris sa revanche; il a effacé sa défaite du samedi précédent.PHILIPPE RÉCRÉONS-NOUS On a défendu à Lili de rien demander à table.Elle vient de manger des fraises qu'elle a trouvées délicieuses et elle en voudrait bien encore.Que faire?Elle avise le sucrier, s'en saisit et se verse une bonne quantité de sucre en poudre dans son assiette.— Pourquoi prends-tu du sucre?lui demande sa mère; tu as mangé toutes tes fraises.— C'est pour le cas où tu aurais envie de m'en donner encore, maman.* * * ANECDOTE MCasimir Bonjour, candidat à l'Académie, se présente un jour pour faire sa visite chez un des Quarante.Une femme de chambre vint lui ouvrir la porte: — Votre nom, monsieur?dit-elle.Le candidat répond aec son plus gracieux sourire: — Bonjour.Flattée de cette politesse, la jeune fille répond : — Bonjour, monsieur, voulez-vous me dire votre nom?— Je vous dis, Bonjour.— Et moi aussi, bonjour, monsieur; qui faut-il que j'annonce?— Eh! Bonjour, c'est mon nom.La bonne comprit alors qu'au lieu de dire: Bonjour, monsieur, il fallait dire: Monsieur Bonjour.Hon.Albint Paqdettb MINISTÈRE DU SECRÉTARIAT DE LA PROVINCE DE QUÉBEC •ib*n Brochési Mxnxttre Sout-Miniitre Les Écoles d'Arts et Métiers Enseignement gratuit Cours du Jour et du Soir dans les principales villes de la province COURS: Dessin industriel, Menuiserie, Électricité, Physique industrielle, Mathématiques, Ajustage, Dessin à main levée, Modelage, Architecture, Lettrage d'enseignes, Peinture, Solfège.Pgur renseignements s'adresser à GABRIEL ROUSSEAU, Directeur, 59, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, Tél.: BElair 2374 Abonnement : $1 par année "TECHNIQUE" Revue de vulgarisation scientifique 168 L'OISEAU BLEU Par-ci par-là, de-ci de-là.L'encens LA grand'messe vient de finir.Monsieur le curé interpelle avec bonté Jean D., l'un de ses enfants de choeur.— Jean, je suis content de toi, tu t'es fort bien acquitté de tes fonctions de thuriféraire.— Je vous remercie, monsieur le curé; j'y allais avec hésitation, car c'était la première fois, vous le savez.— Quelle impression en gardes-tu?— Très bonne, oh oui! J'étais fier de porter l'encensoir.Avec votre permission, j'aimerais vous poser deux ou trois questions cependant.— Vas-y, n'éprouve aucune gêne, mon enfant.Je te renseignerai.Que désires-tu savoir?— Eh bien! voici, monsieur le curé.Qu'est-ce que l'encens?J'avoue que je l'ignore.Quel est son symbole?Pourquoi le brûle-t-on pendant les offices religieux?— Ces questions me prouvent ton désir de t'instruire et il m'est très agréable de te répondre.Lorsque le prêtre saupoudre d'encens les charbons ardents que tu places dans l'encensoir, tu as remarqué qu'il se produit une fumée épaisse très odorante.C'est que, vois-tu, l'encens est une espèce de résine aromatique et qui provient d'arbres de certains pays tropicaux d'Orient.L'encens symbolise l'honneur et le culte d'adoration que le chrétien doit à Dieu.N'as-tu pas constaté qu'il ne donne son parfum qu'en se consumant?Il symbolise la prière, qui est l'élévation de l'âme vers Dieu, la prière de l'enfant de choeur qui monte jusqu'au trône de Dieu.Ne symbolise-t-il pas aussi la grâce, qui est la bonne odeur de Jésus-Christ?"Que ma prière soit devant ta face", chante le psalmiste.Ne symbolise-t-il pas enfin la charité qui doit brûler nos coeurs de catholiques pour se répandre ensuite en toutes sortes de bonnes oeuvres?Moïse, dans l'ancienne Loi, sur l'ordre de Dieu, construisit un autel pour l'encens et en confia la garde à des lévites particuliers.Bien qu'aucun auteur chrétien ne le mentionne avant le 4e siècle, l'encens était d'un usage fréquent dans le rituel juif.L'Eglise primitive a dû l'emprunter aux cérémonies du Temple.— Merci, monsieur le suré, je n'oublierai pas cette leçon.Je serai des plus heureux de servir de nouveau la messe en qualité de thuriféraire, maintenant que je connais l'origine de l'encens et que j'en sais le symbole.XX AVAYAYAVAVAVAVAYA RÉCRÉONS-NOUS LES LIVRES Jeanne va maintenant en classe.Ses premières fournitures scolaires font son ravissement.Mais sa soeur Solange, 4 ans, voudrait bien avoir part égale dans une telle distribution et ne comprend pas qu'on l'oublie ainsi.Aux première vacances, grand'mère, remettant de l'argent à Jeanne, lui dit: — Va donc avec maman chercher trois livres de pain.Et Solange de se faire câline pour interroger: — Dis, grand'mère, "y" seront pour moi, ces livres?Qu'il se fait donc attendre! Oui, en effet ! Mais le surcroît de besogne au Secrétariat général de LA SOCIETE SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTREAL est seul la cause du retard de la distribution de I'OISEAU BLEU de février aux abonnés, aux dépositaires et aux propagandistes.Et dire que FEVRIER aussi était de connivence avec ceux qui ont empêché ce numéro de paraître à temps; il n'avait même pas 29 jours.Quand tout conspire.Veuillez accepter nos excuses.L'OISEAU BLEU L'OISEAU BLEU 169 No 62 Février 1938 AFFILIÉS A LA SOCIÉTÉ CANADIENNE D'hT8TOIRE NATURELLE ET RECONNU8 D'UTILITÉ PUBLIQUE PAR LE GOUVERNEMENT DE LA PROVINCE DE QUÉBEC COMMISSION DES C.J.N.Membres ex-officio — F.Marie-Victorin, F.E.C., Jules Brunei, Jacques Rousseau, Roger Gauthier, respectivement président, secrétaire général, trésorier et chef du secrétariat de la S.C.H.N.Membres désignés par le conseil de la Société — Frère Adrien, C.S.C., directeur général des C.J.N., Sœur Sainte-Alphonsine, C.N.-D., sous-directrice.Les chefs de service suivants : Frère Marie-Victorin (Botanique); Gustave Chagnon (Entomologie); R.P.Léo Morin, C.S.C., (Géologie-minéralogie); Henry Teuscher (Horticulture); Marcelle Gauvreau (Pédagogie et bibliographie).Le siège social de la Société et des C.J.N.est à V Université de Montréal, 1265, rue Sainl-Denis.On est prié d'envoyer toute correspondance à cet endroit.$ * $j ON NOUS ECRIT.Sur mes instances.Mère Saint-Jean-Marie-Vianney, de VEcole Normale de Beauceville, a bien voulu expliquer aux lecteurs et lectrices de /'Oiseau bleu comment elle a réussi à captiver ses élèves au cours de sciences naturelles.La lettre suivante est très éloquente.Toutes nos félicitations et nos remerciements.— M.G.VOUS désirez, Mademoiselle, que je vous fasse part de mon ingéniosité?Voilà qui mettra mon humilité en souffrance, et vous en serez responsable devant Dieu et peut-être.devant les hommes.L'Exposition régionale de Beauceville m'offrit l'occasion de fournir à nos institutrices rurales des idées propres à aider leur initia tive personnelle.Le manque de ressources pécuniaires peut faire avorter des plans conçus pour l'enseignement des sciences.En cherchant, on peut arriver à réaliser ces plans à meilleur marché.Par exemple, les tableaux Deyrolle et autres coûtent cher et nécessitent des dépenses impossibles aux écoles rurales.J'ai pensé à fabriquer moi-même mes illustrations de leçons avec de3 spécimens naturels séchés et collés sur des cartons de 24 pouces sur 10 pouces.Ainsi, nous avons au Cercle, outre une douzaine de tableaux français, des planches canadiennes: lo tige3 souterraines, rampantes et grimpantes: a) rhizome de trille; b) bulbe d'érythrone; c) pied de fraisier avec deux ou trois stolons; d) rameau de vigne vierge avec vrilles; e) rameau de lierre avec crampons.— 2o Deux autres planches illustrent les principales sortes de feuilles, quant au limbe et à la nervation.— 3o Nous avons encore une planche d'étude sur le Lis du Canada: tige de lis avec fleurs et boutons, puis la plante disséquée montre chacune de ses parties prise séparément: feuille, fleur, sépale, pétale, étamine, pistil, fruit.Une aquarelle vient compléter cette étude.— 4o Une autre planche offre à notre C.J.N.les différen- L'OISEAU BLEU tes sortes de fruits secs: akènes, glands de chêne, samares de trois espèces d'érables, de l'orme, du frêne; noix cendrées, noisettes; capsules du pavot, follicule de l'ancolie, silique des Crucifères, caryopse du blé, de l'avoine; gousse de robinier, de pois.Mère Sainte-Agnès, du Collège de Sillery, m'ayant fait cadeau d'une lanterne, pour montrer des images de format carte postale, j'ai essayé de trouver des sujets convenant à des conférences ou à des illustrations de leçons.Vieux livres de sciences, collections d'oiseaux, d'animaux sur petites cartes de paquets de cigarettes, dessins à la plume ou à l'aquarelle, m'ont fourni des sujets que j'ai montés sur des bristols de format carte postale.Ainsi, l'an dernier, nous avons donné nos projections avec, des cartes peu coûteuses .mais que d'heures de travail il a fallu y consacrer! Néanmoins, ces cartes sont pour moi une fortune.L'an dernier, elles ont illustré des causeries portant sur les sujets suivants: le pigeon; les oiseaux de l'Est du Canada; les glaciers; la fleur; le fruit; la graine; les poissons d'avril et les autres; la tige; la feuille; quelques fleurs de mal; les Composées et les Liliacées.Recevez, Mademoiselle, l'expression de mes bons sentiments.Mère SAINT-JEAN-MARIE-VIANNEY, religieuse de Jésus-Marie UNE EXCURSION DE BOTANNIQUE Par un beau jour d'octobre, à une heure et demie, les élèves se réunirent à l'école du village de la Rivière-Beaudette (comté de Sou-langes).Au signal donné par notre professeur, M.Elzéar Gauvreau, tous se mirent en marche Les filles formaient un groupe séparé et les garçons de même.Ainsi nous allions gaiement à destination d'un magnifique domaine, chez le père de notre dévoué professeur, à la recherche d'une collection de feuilles de nos arbres canadiens.En arrivant sur les lieux, nous remarquons qu'une rare propreté règne sur le terrain.On se dirige immédiatement vers les lilas.Chacun en détache une feuille.Notre maître nous fait alors une observation très sensée: "Remarquez, dit-il, cette première feuille que vous cueille/ est en forme de coeur.Ceci doit vous rappeler l'amour et l'attachement avec lequel vous devez vous appliquer à l'étude des sciences naturelles".Après avoir parcouru les avenues gazonnées encore bordées de fleurs, malgré la saison avancée, nous enrichissons notre cahier de feuilles de robinier ou faux acacia, de noyer, de vinaigrier, de cerisier, de peuplier, d'orme, de saule-laurier, de chêne, de pommier, pour ne citer que les plus importantes.J'ai conservé un souvenir tout particulier de la feuille du marronnier aux formes originales, et de celle du cormier portant de nombreuses folioles finement dentelées.Et puis, comment ne pas mentionner la belle feuille d'érable, l'emblème de mon cher Canada français, de ma race tout entière! Elle éveille en mon coeur toute une richesse de sentiments impossibles à traduire.L'après-midi passa si vite que les élèves furent étonnés d'apprendre l'heure du retour.Tous, portant leur petit herbier dessous le bras, reviennent le coeur joyeux.Nos voix jeunes et sonores expriment notre bonheur au grand air pur de la campagne.Chemin faisant, nous chantons: Alouette, Au clair de la lune, Frère Jacques, En.roulant ma boule, etc., etc.Nous avons gardé le meilleur souvenir de ce beau coin de la nature, et, grâce à l'obligeance de notre directeur, nous aurons le plaisir de .nous enrichissons notre cahier de feuilles de robinier, de noyer, de cerisier, etc. L'OISEAU BLEU 171 .Toms, portant leur petit herbier dessons le bras, reviennent le coeur joyeux.nous rappeler par des photographies cette intéressante et amusante herborisation, par un beau jour d'octobre.Réjeanne LALONDE, Cercle Sainte-Claire-d'Assise Ecole du village Rivière Beaudette Comté de Soulanges, Québec EXPOSITION REGIONALE DE LA BEAUCE Pour la première fois, les C.J.N.de la région beauceronne ont exposé leurs travaux.Cinq Cercles reçurent une hospitalité généreuse chez les révérends Frères Maristes de Beauceville.du 28 octobre au 8 novembre, l'automne dernier.Pénétrons ensemble dans le parloir du collège transformé pour la circonstance en une salle d'exposition, et tirons les leçons pratiques qui se dégagent de cette fête de la Nature.En entrant, voyons les collections de plante* escaladant les murs et s'y agrippant.Les oiseaux et les mammifères, plus heureux, reposent sur des étagères.A droite, le cercle Lacroix de Saint-Georges, encore à ses débuts, fait montre de sa bonne volonté.Le cercle Sacré-Coeur du collège de Beauceville vient en second lieu.Botanique, entomologie, taxidermie, minéralo- gie y sont représentées par de multiples spécimens.Ce cercle qui compte quatre année* d'existence, donc le plus âgé des exposants, fait honneur à sa qualité d'aîné tant par le nombre que par la qualité des travaux présentés.La collection entomologique de M.Jean-Louis Veilleux démontre bien l'activité particulièrement soutenue de cet élève.Avançons encore.Ici, Saint-Léon de Standon, malgré ses cinq mois d'affiliation, offre des exhibits intéressants.Des dessins d'oiseaux et paysages, composés avec des timbres oblitérés taillés, affirment la patience comme l'originalité de l'auteur.Tout au fond de la pièce, face à l'entrée, le cercle Druillettes siège avec avantage.Nos regards sont attirés par les collections variées: plantes pressées, insectes, roches, bûchettes d'arbres, compositions illustrées, dessins artistiques, bocaux renfermant de nombreux spécimens dans le formai.Vingt et une normaliennes ont consacré leurs loisirs à confectionner des herbiers: quelques-uns remarquables par l'intelligence et l'art déployés.Que d'inspiration les jeunes institutrices peuvent puiser dans l'étalage de ce cercle! Par le moyen suggéré, fabrication avec des éléments naturels, cartes murales, illustrations de leçons, deviennent d'acquicition facile pour les bourses les plus modestes.Des études à l'aquarelle de certaines plantes de la région fournissent à ce cercle une documentation précieuse.A gauche de l'entrée, le cercle Saint-Georges étale avec art et gaieté ses différents travaux: fleurs, silhouettes sur bois inspirées des scènes de la nature, travaux d'ébénisterie alliés à la taxidermie, papillons de toutes tailles et de mille couleurs.Le jeune Victor Bérubé.âgé de douze ans, jette sur le kiosque de son cercle une note particulièrement éclatante.Aussi, reçut-il du ministère de l'Agriculture un prix spécial de $5 pour ses différentes activités: collections remarquables d'essences forestières régionales, travaux de taxidermie.Nos félicitations! Notre Exposition régionale, comme l'a dit notre Directeur général, fut merveilleuse.Le succès, nous le devons au labeur, à l'esprit d'initiative de nos directeurs et directrices et à l'activité constante de nos jeunes naturalistes.Continuons, chers amis, à aimer la belle nature, à nous intéresser à tout ce qui la touche.Plus près de la nature, on est plus près de Dieu.Cécile OUIMET, présidente du cercle Druillettes, Ecole Normale de Beauceville 172 L"OI SEAU BLEU un£ NOUVEAUTÉ Leçon de Lettrage À mes chers petits amis, les élèves de sixième année, Mes chers amis, Il vous sera sans cloute très agréable d'apprendre à lettrer — autrement dit — à imprimer à la main en écriteaux patriotiques, une noble pensée ou un fait glorieux des braves défenseurs de notre survivance nationale sous le régime anglais.Il importe beaucoup, cependant, que vous débutiez par l'exécution d'un alphabet.Ce sera donc, si vous le voulez bien, celui des Romains que vous étudierez, cette année.Cet alphabet, en effet, est le plus beau, le plus parfait, le plus classique qui soit.On voit encore de nos jours, des inscriptions gravées en ces admirables caractères sur les frises des arcs de triomphe et des temples de la Rome contemporaine à Notre-Seigneur.Précisément c'est à l'époque de César et d'Auguste que les scribes et sculpteurs romains atteignaient le plus haut point de perfection dans la gravure de leurs épigraphes.Etudions pour le moment leur alphabet dans ses éléments essentiels et à l'état de squelette, le divisant d'abord en trois familles de lettres bien distinctes.I FORMES DES LETTRES FAMILLE DES VERTICALES — Les lettres I L F E T et H forment ce groupe; elles sont composées d'une ou deux verticales auxquelles s'attachent quelques traits horizontaux.On commence toujours par tracer cette verticale qui est la plus importante de toutes les lignes d'une lettre.FAMILLE DES OBLIQUES — Les lettres AVX ZYKNMetW composent cette catégorie; elles sont formées pour la plupart, de lignes obliques.K N et M contiennent en plus, des verticales, et Z, des horizontales.FAMILLE DES CIRCULAIRES — Elle comprend deux classes de lettres: a) celles qui sont formées d'un cercle de toute la hauteur de l'alphabet telles O Q C G et D.b) celles qui sont formées de cercles de moindre rayon attachés à une ou deux verticales, telles P R B J et U.La lettre S se monte sur deux petits cercles superposés, sans verticale.Il PROPORTION DES LETTRES Voici maintenant pour les proportions de hauteur et de largeur des mêmes lettres.Chacune des lettres de l'alphabet romain se monte dans le carré.Toutes ont la hauteur d'un même carré; toutes n'ont pas la même largeur mais subissent les variantes suivantes: 3 O et Q occupent tout le carré; ces deux lettres sont donc aussi larges que hautes.AVCDHKNTXYZ occupent d'assez près le carré, moins 1/5 à 1/4 sur la largeur.P R B S B F J L occupent de la moitié aux trois quarts de la largeur du carré.W et M sont les lettres les plus larges; elles excèdent d'un cinquième à un quart la largeur du carré.5° I n'a pas de largeur.NOTA: — On donne plus de corps ou de largeur de base au membre inférieur des lettres B G S K R E X Z pour un effet de meilleure assise.(Suite à la page 174) 2° 3° 4° L'OISEAU BLEU 173 174 L'OISEAU BLEU III AUTRES PARTICULARITES Les graveurs et scribes latins n'avaient à leur disposition que les lettres majuscules.Leurs chiffres mêmes étaient tirés de celles-ci.Ex.: I II III V VII L XL XC CXXV CD D CM M MCMXXXVI.La lettre V leur servait à la fois de V et de U.Cette dernière, non p!us que le j et le W, n'apparaît pas sur les épigraphes romaines des époques reculées.Ex.: I NR I (Jésus de Nazareth Roi des Juifs) posée par Pilate sur la Croix de Notre-Seigneur.I H S .IESUS HOMINVM SALVATOR IESVS, AVCVSTVS RECNANTI, NATVS EST Jésus naquit sous le règne d'Auguste.IV LES EMPATTEMENTS La planche Vlb continue l'étude de l'alphabet latin pour faire prendre connaissance de ce qu'on appelle les empattements des lettres.Les sculpteurs romains, en gravant leurs inscriptions dans le marbre, en arrivèrent à terminer leurs lettres par une sorte de petites pointes incursives qu'ils plaçaient à l'extrémité des principales lignes de ces lettres.Ce sont les empattements que les Anglais appellent "serifs" du mot latin ceriphs.On trace ces empattements d'abord sous forme d'un simple trait ayant pour longueur environ le quart de la hauteur totale de la lettre.Voir les lettres A H I.La plupart de ces traits sont horizontaux et se posent systématiquement divisés en deux, sur la ligne de base et de tête des lettres.Quelques-uns ne prennent qu'une longueur ou se tracent obliquement.Voir les lettres BEL, etc.Il faut surtout les placer aux seuls endroits où ils doivent figurer.DEVOIR A — Copiez votre planche modèle Vlb.B — Lettrez avec les caractères romains de la même planche Vlb, une des courtes sentences suivantes extraites de nos historiens, sur les hauts faits de notre survivance nationale depuis la reddition de Québec.— O Canada, mon pays, mes amours ! (C.-Etienne Cartier) — Les Canadiens constituent peut-être la race la plu?brave et la meilleure du globe.(Murray) — Et puisqu'en somme la vie d'un peuple se mesure à l'idéal qu'il aura suivi, nulle histoire n'aura été plus grande que la nôtre.(L'abbé Lionel Croulx) — Dans toutes leurs luttes, les Canadiens doivent se rappeler qu'ils ont la même patrie pour mère.(Honoré Mercier) — Canadiens français, si nous voulons assurer notre existence nationale, il faut nous cramponner à la terre.(C.-Etienne Cartier) —¦ Eh quoi ! est-ce parce que les Canadiens ne parlent pas la même langue que les habitants des bords de la Tamise, qu'ils doivent être privés de leurs droits?(Louis-Joseph Papineau) — Lors de la guerre d'indépendance américaine, les colons canadiens-français, conseillés par le clergé et les seigneurs, restent fidèles au roi d'Angleterre.— Le gouverneur Carleton, incapable de défendre Montréal et poursuivi sur le fleuve Saint-Laurent, ne put atteindre Québec que grâce à l'habileté de trois ou quatre Canadiens français qui l'escortaient.— A l'appel du gouverneur, les Canadiens de la capitale s'enrôlèrent avec empressement dans la milice.— Les 30 et 31 décembre 1775, Québec était sauvé, grâce à l'habileté de Carleton, au courage de sa garnison et à la fidélité des Canadiens français.— "Nous avons été battus honteusement par une poignée de Français." (Washington à la Monongahéla) — Lorsqu'une nouvelle guerre éclata en 1812, Mgr Plessis fit appel à la fidélité de la population catholique: les Canadiens français s'armèrent de nouveau pour la défense du territoire.— Salaberry et ses trois cents voltigeurs canadiens-français remportèrent à Châteauguay une victoire décisive contre un ennemi quinze fois plus nombreux.— A la bataille de Lundy's Lane, la bravoure des artilleurs canadiens était telle qu'ils préféraient au cours des charges furieuses des Américains se faire tuer sur leurs pièces plutôt que de les abandonner.— Les victoires de Châteauguay et de Lundy's Lane prouvèrent avec éclat la loyauté et le patriotisme des Canadiens français.— Les Canadiens se vengèrent ainsi des accusations de déloyauté portées contre eux devant le roi.— En vertu de la Constitution confédérative : a) Les langues française et anglaise sont, à égal titre, officielles au parlement du Canada.b) Tous les Canadiens jouissent de droits égaux, quant à leurs personnes, leurs propriétés, leur langue et leur religion.(Extrait du 93e des 147 articles de l'Acte de l'Amérique du Nord établissant la Confédération en 1867.) — A nos grands patriotes Papineau, Bédard, Morin, Cartier, LaFontaine, Parent, Nos Seigneurs Plessis et Lartigue, etc.la plus profonde admiration et reconnaissance des Canadiens français de 1938 ! — Salut et gloire à nos héros canadiens des guerres de Sept Ans et de 1812 : Chabot, Dumas, Charland, Dambourgès, Salaberry et à tous leurs soldats tombés au champ d'honneur ! 'Suite à la page I L'OISEAU BLEU 175 "SIB 176 L'OISEAU BLEU — Louons de toute notre âme le courage de nos grands patriotes dans la défense de notre foi, de notre langue et de nos lois ! — Gloire éternelle à Dieu Roi des rois, Souverain seul adoré et premier servi par toute la nation canadienne-française ! MANIERE DE PROCEDER En l'arrangement du brouillon de tout lettrage, il faut savoir: 1 ° — Amasser toute sa phrase en une masse bien balancée de chaque côté d'un axe vertical légèrement tracé à l'avance, sur le panneau.2° — Se ménager une marge suffisante, tout le tour de cette masse lettrée, afin d'en aider la lisibilité.3° — Laisser a) entre les lettres, l'espace d'une demi-largeur d'un H.b) entre les mots, l'espace d'à peu près la largeur des % d'une lettre.c) entre les lignes, l'espace de }A à une Vz hauteur de lettre.4° — Rapprocher davantage les lettres rondes O Q C et C ainsi que les lettres ouvertes E F P L J A V Y T.' La marge accusée autour du lettrage doit toujours être : a) égale de chaque côté et au-dessus b) franchement plus forte au-dessous de la masse lettrée.Cette dernière précaution obviera à l'illusion d'optique par laquelle toute masse d'ensemble qui n'est pas centrée quelque peu au-dessus du centre réel du panneau semble glisser en bas.On peut vous fournir pour 1 ou 2 sous, une feuille de papier "Construction" 12 x 18 ou 18 x 24.Bon succès à tous! Bien sincèrement vôtre de loin comme de près, LILIUM CANADENSE Un mot sur l'affiche illustrée Si la fantaisie vous prend fort d'illustrer votre sentence ou encore d'exécuter un panneau-réclame pour quelque maison d'affaires ou d'industrie canadienne-française de votre parenté ou autre, de grâce, chers amis ne vous gênez pas ! .Toutefois que votre affiche soit bien de votre composition à vous.du moins, le produit de votre interprétation personnelle d'éléments empruntés, mais bien arrangés par vous.Croyez-le, il vaut mieux donner mince comme l'ongle de soi-même que gros comme le bras de ce qui a été pensé par les autres :— question de saine fierté, voilà tout.Or, le but unique de toute affiche est de frapper fortement l'attention par l'originalité, l'a propos des éléments mis en scène et par le voyant des couleurs L'affiche n'a pas à décrire, mais à annoncer, à attirer l'oeil, à faire appel, chez ceux qui la regarderont, à un instinct déterminé : appétit, confort, propreté, sécurité, hygiène, sport, tourisme, urbanisme, élégance, sociabilité, bienfaisance, économie, civisme, défense, protection, patriotisme, ordre, probité, culte, etc.etc.Voici ce qu'il faut surtout savoir faire en produisant une affiche : 1 ' — Se choisir un sujet bien clair, une idée bien nette, bien déterminée à illustrer par le dessin et à tirer ou expliquer en peu de mots par le lettrage.2°—Traiter son sujet au plus simple — n'exprimer que les formes essentielles — une seule figure — un seul objet ou un seul groupe de figures ou d'objets ou de paysage — Couper en grande partie les éléments dessinés par les limites du papier — laisser le moins de vides possible.3° — Répartir, dès le début, les grandes masses de valeur en notes décidément contrastantes: degrés 1, 4, 7 ou 2, 6, 9, par exemple, afin de les trancher très distinctement les unes sur les autres.Cette auestion des valeurs l'emporte de 75% en importance sur celle des couleurs.Pour la coloration employer de préférence les complémentaires car le contraste, le saccadé, le voyant doivent prévaloir en affiche, quoique dans l'accord et la modération relativement voulue.Par l'addition de noir ou de tons neutralisés entre l'une et l'autre des complémentaires employées, vous obtenez toujours ce résultat satisfaisant.Une des dtux contrastantes doit toujours dominer fortement sut l'autre en étendue ou en vivacité.4° — Les figures ou objets doivent être traités en très grand et seulement par plans ou masses colorées en teintes plates — On termine l'affiche par un trait très gros et uni appelé "serti" — pour ce dernier on se sert d'un pinceau plat ou d'une grosse plume à lettrer "Speedball" style B.Pourvu que les masses se détachent bien les unes sur les autres on peut se dispenser très souvent du serti.— Au besoin, on laisse le fond clair du papier pour en tenir lieu.5° — La partie lettrage doit être ramassée ensemble pour former groupe intégrant de l'affiche et se bien balancer avec la partie illustration.— N'employez ordinairement que de grosses lettres très simples et parfaitement lisibles.Commencez toujours votre travail de tâtonnement par deux esquisses en petit du même sujet, dont l'une en valeurs neutres et l'autre en couleur.Ce faisant, gardez constamment dans l'esprit les préoccupations suivantes: Mon affiche frappera-t-elle l'attention?Eveillera-t-elle l'intérêt, la curiosité?Entraînera-t-elle ceux qui la regarderont à penser, désirer, sentir ce que je veux leur inspirer?En un mot vous aurez parfaitement réussi votre affiche si vous avez bien exprimé votre sujet et de telle manière que ceux qui la regarderont en seront frappés et la comprendront du premier coup d'oeil. L'OISEAU BLEU 177 Les bienfaits de la jeie Un saint triste est un triste saint.Saint François de Sales QU'EST-CE donc que la joie, — mot si souvent employé, — qui devrait se refléter dans les yeux, sur les lèvres, dans le sourire et dans toute la physionomie de l'être humain?Larousse nous dit que la joie consiste dans un mouvement vif et agréable que l'âme ressent dans la possession d'un bien réel ou imaginaire.Elle se passe de la gaieté bruyante et tapageuse qui a nom hilarité.La joie joue un rôle prépondérant dans la vie physiologique et psychique de l'homme.Ainsi donc, elle est comme ce soleil fécond et bienfaisant qui développe et fortifie les plantes.Elle est synonyme d'hygiène et son influence s'exerce sur l'organisme.Elle facilite le jeu des organes, produit une meilleure circulation des globules sanguins, dilate le tissu pulmonaire et partant, aide à la normalité de la respiration et allège le cerveau.Ses effets sont identiques aux salutaires bouffées d'air pur, respiré dans les vertes et odorantes sapinières, dans les plaines ensoleillées et sur les pics de montagnes.Mais cette action régénératrice et fortifiante s'exerce aussi dans le domaine moral.Un pessimiste, un blasé, un déprimé, sera toujours un individu à valeur personnelle diminuée, proportionnellement à l'intensité de ses humeurs noires, de sa dépression, de son inactivité morbide.La tristesse non combattue est une force qui amoindrit la valeur des facilités intellectuelles, qui annihile le bon fonctionnement de l'esprit et de la volonté.Elle est ce poison qui pénètre peu à peu dans le coeur et l'étiolé.E* alors, le physique reçoit nécessairement une répercussion de ce moral anémié, aigri, privé de toute énergie lutteuse.Sans doute vous connaissez cette phrase de G.Dumas: "La joie morale est un des toniques les plus puissants pour la vie physiologique".Dans la joie, le coeur se sent allègre, l'intelligence plus équilibrée, l'imagination plus neuve et plus créatrice, l'esprit plus laborieux et l'effort devient susceptible de renouvellement et de persévérance.Et que dire des douceurs intimes qui naissent de cette joie qui anime, qui soulage et qui fait vivre! Les heureuses dispositions intérieures jettent un rayonnement autour de nous, s'extériorisent, et atteignent le prochain.Par la joie discrète, nous mettons du soleil là où l'inquiétude tyrannise l'âme, où l'inertie paralyse l'esprit, où le coeur se sent anémié faute d'affection, là où la vie se recroqueville, faute de dévouement personnel, faute d'abnégation féconde.La joie ouvre la porte à la pratique de toutes les vertus, depuis l'amour du prochain jusqu'à l'abandon généreux de sa volonté propre aux mains du Créateur.Et cette joie surnaturalisée, divinisée en quelque sorte par l'offrande que nous en faisons à Dieu, constitue l'échelon principal qui monte à l'édifice de la sainteté.'"Un saint triste est un triste saint", a dit le doux saint François de Sales, auteur de Vin-troduction à la Vie dévote et père spirituel de sainte Jeanne-Françoise de Chantai.Puissions-nous ne jamais faire abhorrer la perfection chrétienne par nos humeurs chagrines et capricieuses."La sagesse n'a point honte 178 L'OISEAU BLEU de paraître enjouée".Faisons fleurir la joie dans le prosaïsme de l'existence, dans le travail, dans la charité et plus encore, dans la souffrance, quelle qu'elle soit.C.F.©ce Correspondance Ariane — A quand votre prochaine randonnée en notre cité tapageuse?Jouit-on toujours d'une excellente santé?.Et la plume, va-t-elle bon train?.J'aime beaucoup vos articles.Recevez mes meilleures amitiés.Jean-Louis G.— Reste-l-on toujours fidèle lecteur de l'Oiseau bleu?Fauvette et Soeur Jeanne aiment recevoir souvent un mot de leur petit ami.Voeux de succès et amitiés! Ariette — Les livres de Cécile Jéglot sont en vente dans toutes les bonnes librairies.lia s'adressent aux jeunes filles sérieuses ou qui désirent devenir telles, soucieuses de mieux comprendre la vie afin de la mieux vivre.Abeille de Marie — Il se peut que Fauvette "prête vie à la photo" et aille vous saluer de vive voix.En attendant, je vous charge d'amitiés.Sr S.-J.-de-P.— S'est-on acclimaté, là-bas?L'apostolat que vous exercez si généreusement a sans doute allégé le cruel sacrifice de la séparation?Vers quels cieux songez-vous à diriger vos pas?.Vous caressez des rêves de haute envergure.Je vous assure de la fidélité de mes prières et vous dis mes meilleures amitiés.Mimi-Blanc-Blanc — Votre carte postale m'a causé vif plaisir.Pourquoi faites-vous si rares vos visites au nid de Fauvette?Vous y avez encore toute votre place en dépit des mille et une occupations qui vous retiennent captive, là-bas! Succès et santé! Croyez à la sincérité de mon affection.Claude et Mimi — Santé à tous les deux.et succès toujours croissants.Souvenir/; affectueux à papa et à maman.Jeannine — Merci des revues que vous me prêtez.Leur causticité n'est pas sans parfois provoquer le rire.Verdeur amusante, vraiment! Fauvette vous reste unie de coeur et de prières.Bébé Mignon — Comme ta lettre a fait plaisir à Fauvette.Tes progrès en écriture sont à remarquer.Je suis heureuse que tu t'intéresses de plus en plus à l'étude et à la lecture.Bons succès et santé florissante! Ecris-moi de nouveau.Humble Apôtre — Il fait bon au coeur de Fauvette de retrouver ses oisillons d'autrefois.Si vous saviez quel souvenir et quelle affection elle leur conserve.Si vous en avez le loisir écrivez au nid de Fauvette qui vous "bonjoure' amicalement.Papillon d'azur — Votre retour au nid a ré joui Fauvette.Peut-être, pourrez-vous y mul tiplier vos visites?.Saluts et sincères amitiés Violette du Sentier — Souvenir affectueux.Soeur Jeanne et Fauvette vous prient d'ac cepter leurs sincères amitiés.Soeur Jeanne an nonce que toutes les nombreuses études grapho logiques ont été expédiées par courrier postal C.F.© © © ;graphologie Telle écriture, tel caractère! C'est ce que vous dira Soeur Jeanne, notre graphologue, pourvu que vous lui envoyiez dix lignes d'écri-ture et de composition personnelle, sur papier non réglé, le tout accompagné de la modique somme de vingt-cinq sous et d'une enveloppe affranchie.Adressez : SOEUR JEANNE L'Oiseau bleu 1182, rue Saint-Laurent Montréal, Québec Fleurs télégraphiées Tél.: H Arbour 1878 partout ED.GERNAEY Fleuriste Invitation particulière aux membres de la Société de Saint-Jean-Baptiste 1405, rue Saint-Denis MONTREAL é0' TELEPHONEZ AfcQUETTE 4549 ^2 PHOTOGRAVURE NATIONALE JOURttNUIT L3JL.2Ô2 RUE ONTARIO OUEST PRÈS BLEU RY MONTREAL L'OISEAU BLEU 179 FEUILLETON DE L'OISEAU BLEU Les Petits Patriotes du Richelieu par MLLE MARIE-CLAIRE D A VELU Y de la Société Historique de Montréal {Suite) VII — MILIEUX SYMPATHIQUES EN rentrant à sa pension, Olivier Précourt trouva un mot de son ami Edouard Ro-dier.Il remettait à plus tard l'entrevue qui devait avoir lieu le soir même entre eux deux.Il ajoutait: "Soyez donc au magasin de M.Fa-bre, demain, dans l'avant-midi.Vous y verre/, Olivier, en plus de mon humble personne Charles-Ovide Perrault, Hubert, Lorimier.Brown, et notre bouillant confrère de Bou-cherville, le lieutenant Bonaventure Viger.Il sera naturellement question de l'assemblée de Saint-Laurent, toujours fixée à lundi prochain.Amitiés".Ce contretemps ne déçut qu'à peine le jeune homme.Ses fiançailles secrètes, et imprévues vraiment, avec Mathilde, n'étaient pas sans lui causer une vive impression.Il se sentait tout étourdi du bonheur qui lui arrivait ,et qui succédait à une journée et à une nuit d'angoisses.Un peu de solitude le familiariserait avec cette situation nouvelle de fiancé faisant sa cour dans l'ombre.Il n'aurait pas imaginé qu'une chose pareille pût lui arriver.N'était la gravité des événements, il aurait mal joué ce rôle, si contraire à sa nature franche, ouverte, très impulsive.Il sortit quelques papiers d'affaires, et, installé à sa table de travail, se mit à les examiner avec une attention bien méritoire.A six heures, il fit un peu de toilette, ayant l'idée d'aller dî ner à l'élégant hôtel Rasco, à la place Jacques-Cartier.Il y verrait sûrement des connaissances, peut-être Mathilde, en compagnie de sa soeur et d'amis.M.Debartzch, sur le bateau qui les amenait à Montréal, lui avait parlé d'un petit dîner succulent qu'il voulait offrir à ses filles et à leurs amies, à ce nouvel hôtel de la place Jacques-Cartier, dont on disait beaucoup de bien."Je devrais savoir si le dîner a lieu, ce soir ou demain, se disait Olivier, mais voilà, Mathilde tout comme moi, cet après-midi, avions l'esprit à tout autre chose".Il prenait son chapeau, sa canne et ses gants lorsqu'on frappa à la porte.— Entrez, fit Olivier surpris.Ah! c'est vous, Docteur, ajouta-t-il aussitôt, en voyant le Dr Duvert pénétrer dans sa chambre.— J'arrive à un moment inopportun, n'est-ce pas?— Bah! Je puis vous donner un quart d'heure.Je me rendais dîner à l'hôtel Rasco.— Evidemment.Votre élégance, mon jeunj ami, trouvera là avec qui compter.— Mais, je l'espère bien, fit Olivier, en souriant et en désignant un siège au Docteur.— Non, merci, Olivier, je veux seulement vous prévenir que je devance mon départ pour Saint-Charles.— Non?— La Félicité du Richelieu, qui est au port depuis cinq heures, ce soir, m'a apporté une nouvelle qui exige un retour aussi prompt que sûr.— On abuse de votre bonté.Et l'assemblée de lundi, à Saint-Laurent?M.Papineau, que vous désiriez beaucoup entendre?Tout cela est devenu une vaine fumée?— Que voulez-vous! Je dois me résigner.— Je n'insiste plus.Des raisons graves sont en jeu, je le devine.Alors, Docteur, vous vous chargerez bien de deux ou trois lettres que je vais écrire, dès ce soir, à ma grand'mère et à d'autres?— Avec plaisir.Je les prendrai demain matin, de bonne heure.Laissez-les entre les mains de votre maîtresse de pensiont — Bah! Je puis vous donner un quart d'heure. 180 L'OISEAU BLEU — Mais.est-ce que Michel ne pourrait y voir pour vous?Au fait, que fait-il, ce Michel?Je ne l'ai pas vu depuis mon retour de la promenade.Il a pourtant l'habitude de venir s'enquérir s'il y a ou non des messages à porter?.Vous froncez les sourcils?Qu'y a-t-il?— Il y a que Michel m'est revenu vers trois heures, cet après-midi, dans un état déplorable.Sa figure portait des écorchures, ses mains aussi.Et quels yeux tristes et effrayés! Naturellement, je l'ai questionné, puis sommé de parler."Que s'était-il passé?Où avait-il été?" Silence, mon cher.Et impossible de tirer une parole de cet enfant, quoi que je dise.Je ne le croyais certes pas entêté, en outre d'être querelleur et cachottier.J'en suis mécontent, vous savez.— Pauvre Michel! fit Olivier doucement, les yeux au loin.— Naturellement, vous l'excusez.Cet enfan' vous ensorcelle, ma parole.— Plus que vous ne croyez, Docteur.Voulez-vous me l'envoyer dans deux heures d'ici?Pour une fois, il se couchera un peu tard.ou il couchera près de moi, tout simplement.De la sorte, vous ne serez pas dérangé.— Ecoutez, Olivier, je ne comprends rien à tout cela.Vous voulez voir Michel, très bien, mais le petit ne veut pas vous voir, lui.Il m'a demandé, des larmes dans la voix, de ne plus le remettre en votre présence, jamais, jamais.Et lorsque je lui ai appris qu'il fallait retourner dès demain matin, à Saint-Charles, dans le bateau du capitaine Lespérance, 6es yeux ont brillé de satisfaction.— Ne vous troublez pas, Docteur, reprit Olivier qui avait écouté, toujours souriant, le récit du médecin.Dites à Michel, de ma part, vous entendez, que je lui commande d'être ici, dans ma chambre, dans deux heures, c'est-à-dire vers huit heures et demie.— Très bien, il obéira ou n'obéira pas.Peu importe sans doute.Si vous croyez que je vois clair dans tout cela.— Laissez, laissez.Je me flatte que, finalement, vous ne serez pas fâché du dénouement.Ce petit homme entêté, cachottier, querelleur, vous pouvez compter sur moi pour le remettre à la raison.Je lui redresserai le caractère avec des remèdes que votre science approuvera.E* vous n'en serez jamais plus mécontent, je vous le promets.— Quel original vous faites! Allons, il en sera fait selon vos désirs, dussé-je traîner l'enfant jusqu'ici.— Comme un pauvre petit agneau à l'abat toir.Mais j'espère que vous n'y serez pas tenu.N'oubliez pas que c'est un commandement que je donne à Michel.Il lui en coûterait de passer outre.Dites-le-lui bien.En entrant dans la spacieuse salle à manger de l'hôtel Rasco, Olivier vit tout de suite que son intuition d'amoureux ne l'avait pas trompé.Mathilde et sa soeur s'y trouvaient, à une petite table, à droite, les invitées de M.Debartzch et de ses filles.On l'aperçut tout de suite, et il dut aller saluer.M.Debartzch proposa que l'on se tassât un peu afin de faire place au jeune homme.Mais Olivier refusa absolument.Il voyait tout près, tournant le dos, un ami, Rodolphe Desrivières.Il dînait seul.Il ne serait pas fâché d'avoir un vis-à-vis.Puis Olivier se disait en lui-même, qu'ainsi placé, il aurait Mathilde, sa fiancée, en face de lui, et pourrait suivre chacun de ses jeux de physionomie.La jeune fille se tenait, en ce moment, les yeux baissés, silencieuse, contrôlant mal son émotion.Les événements de l'après-midi étaient encore si frais, et cet anneau d'or, que Mathilde tournait et retournait machinalement à son doigt, en disait long sur les pensées de la jeune fille.Olivier sourit, puis se pencha vers sa soeur."Marie, dit-il, rends-toi demain après-midi, avec la cousine Mathilde, chez ce bijoutier dont tu m'as parlé.Je satisferai ton caprice, relativement à ce bracelet.— Tu es charmant, Olivier, fit celle-ci les yeux rayonnants.Nous irons, n'est-ce pas, Mathilde?— Et nous?firent les jolies filles du seigneur Debartzch.— Mais s'il vous plaît de venir, mesdemoiselles, je ne m'en plaindrai certes pas.Vais-je en faire des jaloux! Quatre belles filles m'auront comme unique cavalier".Les jeunes filles éclatèrent d'un rire joyeux, puis Marie Précourt s'écria soudain: "Ah! voici le lieutenant Ormsby avec un de ses compagnons.Mathilde présente-les-nous.Olivier Précourt se raidit aussitôt.Il prit congé, non sans glisser en passant près de Mathilde dont il ramassa l'éventail qu'elle avait laissé tomber, peut-être volontairement: "Ma bien-aimée, soyez exacte au rendez-vous, demain.Je vous aime! Je vous aime!" Rodolphe Desrivières se déclara enchanté de dîner avec Olivier.Il le savait à Montréal.Et bien vite, un intéressant entretien s'engagea.Les jeunes gens qui étaient différents au physique, Desrivières était petit, blond et timide, avaient les mêmes opinions politiques, les mêmes admirations, les mêmes haines.Tous deux étaient prêts à se sacrifier, l'occasion venant pour venger leur race opprimée, par une oligarchie anglaise insolente.Soudain, Desrivières remarqua: "Tenez, Précourt, voyez l'audace de ces Habits rouges.Ils se défilent à la table du seigneur Debartzch, tout près.Je ne les entends que trop, je les vois même, malgré que j'aie L"OISEAU BLEU 181 Olivier Précourt prit congé, non sans glisser en passant près de Mathilde dont il ramassa l'évantail qu'elle avait laissé tomber, peut-être volontairement.le dos tourné.Et moi, qui n'ai pas osé tout à l'heure aller saluer les belles Debartzch.par discrétion.— Vous avez eu tort, cher ami.— Vous en parlez à votre aise.Votre soeur était au milieu d'elles, sans compter votre cousine Mathilde.A propos, êtes-vous au courant de la cour que lui fait un Habit rouge, riche, influent et que M.Perrault, bureaucrate fervent, vous le savez, encourage de toutes ses forces?— J'en ai été moi-même témoin, hier soir, de cette cour, Desrivières.Bah! ma cousine ne s'y prête peut-être pas autant qu'on le pense.— Je le souhaite.pour vous, répliqua d'un air amusé Rodolphe Desrivières, qui avait bien vu que son ami ne quittait pas du regard sa cousine.Une glace complaisante, tout près, lui avait révélé toute une série de confidences échangées par le seul truchement des yeux entre la blonde Mathilde Perrault et son camarade de Saint-Denis-sur-Richelieu.— Où allez-vous en sortant d'ici, Précourl?demanda Rodolphe Desrivières.— Je retourne chez moi.Quelques lettres me restent à écrire.— C'est dommage.Je vous aurais amené chez des amis finir la soirée.— C'est impossible.J'attends une personne, d'ailleurs.Elle doit même être rendue à ma chambre.Huit heures sont sonnées, je crois.— Partie remise, alors?— Entendu.Les jeunes gens sortirent de l'hôtel ensemble.Rodolphe Desrivières adressa tout à coup une demande à son compagnon tandis qu'il le reconduisait à sa chambre.— Dites donc, Précourt, je vous ai vu, hier, confiant une lettre à un petit homme dont la ligure m'a frappé comme traits, comme ressemblance.On le dirait de la famille de mon père.Je me trouvais à la fenêtre d'une maison, en face, et vous voyais tous deux sans être vus.— C'est un orphelin que cet enfant, mon ami.Le curé Chartier, de Saint-Benoît, l'a confié au Dr Duvert, à Saint-Charles.Les .circonstances m'ont rapproché de ce petit homme intelligent et d'une rare perspicacité.Il n'a qu'une admiration clans la vie: les patriotes.Il se jetterait dans le feu pour en ramasser même un mouchoir! — Vous n'exagérez pas un peu?— Non, je vous assure.Il est surprenant en ses gestes, cet enfant de onze ou douze ans, je crois.— Mais encore, quel est son nom?Où le curé de Saint-Benoît l'a-t-il connu?— Ecoutez, Desrivières, il faudra poser toutes ces questions à Michel Aulhier lui-même.C'est le nom du petit garçon, cela, je puis vous le dire.— Authier.Authier.?Je ne connais pas du tout ce nom.Alors, au revoir, à bientôt, Précourt?Vous ne repartez pas tout de suite poux Saint-Denis, j'imagine?— Pas avant la fin de juin.Et je serai à Saint-Laurent, lundi.M.Papineau, que nous devions rencontrer demain, ne peut nous recevoir, à cause justement du fameux discours qu'il prépare pour cette réunion: pas de chance, depuis mon arrivée à Montréal, avec des rendez-vous promis depuis longtemps.— Nous vivons en des temps si troublés, mon ami.Il faut s'armer de patience.— Desrivières, vous avez des mots qui frisent l'ironie.S'armer de patience! Je vous vois vous défendre, tout comme moi, avec d'autres projectiles.— Bonsoir, bonsoir, mon vieux Précourt Vous ne changez pas, vous, au moins.Votre fougue ne se trahit même pas par des mots.Olivier monta en quelques bonds l'escalier de la pension.Il logeait au premier palier, au bout d'un long corridor, à droite.Il allait mettre la clef dans la serrure, lorsque la porte fut ouverte du dedans par Michel.Le petit garçon s'effaça aussitôt, et alla se mettre près de la fenêtre, la tête basse et tenant entre ses mains, son bonnet de laine bleue.— Bonsoir, Michel, fit Olivier, en jetant sur un meuble son chapeau, ses gants, sa canne, son manteau.— Bonsoir, Monsieur, répondit l'enfant à voix basse.— Mais qu'est-ce qu'il te prend de te tenit ainsi comme un condamné.Suis-je un tyran 182 L'OISEAU BLEU maintenant?demanda Olivier, en allumant sa pipe favorite et en s'installant dans un fauteuil.D'abord, viens t'asseoir sur ce sofa, en face de moi?Tu n'entends pas?— Monsieur, vous avez donc oublié.ce qui s'est passé, cet après-midi?Je ne pense qu'à cela, moi.Je n'ose avancer.M'avez-vous pardonné?— Michel, je te le répète, place-toi sur 1s sofa en face de moi.Bien.Regarde-moi maintenant.Oh! la pileuse figure que tu as!.Aussi, c'était insensé de te jeter en bas d'un arbre, comme tu l'as fait.— Je ne le regretterais pas, Monsieur, si vous ne m'aviez pas grondé si fort, si vous ne m'aviez fait comprendre que vous.que voiis ne.m'aimiez plus! Et l'enfant qui avait prononcé d'une voix rauque ces derniers mots, baissa de nouveau la tête.— Tu es bien sûr, Michel, que je ne t'aime plus?Et Olivier, qui souriait, se leva et vint se placer près de l'enfant, sur le sofa.Il releva sa tête, et plongea son regard dans le sien.— Faisons la paix, Michel.Loin de t'en vouloir, je te dois un peu et même beaucoup de reconnaissance.Ton intervention, petit, a assuré mon bonheur.— Bien vrai, Monsieur?fit Michel dont lee yeux rayonnèrent aussitôt.— Oui, bien vrai.— Que je suis content! Alors, la belle princesse bleue est heureuse aussi?— Presque autant que moi.— Puis, vous n'êtes plus fâché conlre moi?Certain, certain?— Je te l'ai dit tout à l'heure.— Je partirai demain matin avec le Dr Du-vert avec quel plaisir maintenant.— Tu ne pars certes pas pour Saint-Charles demain.— Non?Le Docteur, pourtant, m'a dit.— Michel, qu'est-ce que tu veux que je fasse pour toi, en reconnaissance du bien que tu m'as fait cet après-midi?Ah! ce soir, je t'assure qus je me sens heureux comme un roi.Comme tu le désirais.— Je ne veux rien, Monsieur.Seulement, vous me donnerez encore des messages à faire, lorsque vous reviendrez à Saint-Charles, n'est-ce pas?— Je te dis que tu ne pars pas pour Saint-Charles.— Où irai-je, Monsieur?— Tu resteras ici, avec moi, près de moi, à mes ordres.L'enfant poussa un cri et se leva.— Oh! Monsieur, Monsieur, cria-t-il en riant et en pleurant tout à la fois, ce serait possible cela?Je ne vous quitterais plus?Je serais votre protégé à vous, à vous que j'admire tant-Mais, ajouta-t-il bientôt craintivement, votre grand'mère, votre soeur, d'autres aussi ne le voudront pas?— Tu crois que je ne suis pas un assez grand garçon pour agir sans leur permission?Et Olivier, plus ému qu'il ne voulait le paraître, se prit à rire très haut, tout en attirant de nouveau sur le sofa le petit garçon tremblant de joie.— Je ne sais pas, moi, Monsieur.Mais c'est un si grand bonheur que vous me proposez là que j'ai peur, oui, bien peur, qu'il ne puisse pas m'arriver.— Tu as tort, petit.C'est chose décidée depuis quelques heures, dans mon esprit.Et tu sais quand je veux quelque chose.— Et le Dr Duvert, Monsieur?— Il sera enchanté.Il ne t'apprécie pas comme tu crois.Il te trouve entêté, querelleur, cachottier.Et Olivier, narquois, regarda un peu en dessous, Michel.— Je ne suis pas tout cela, fit l'enfant en soupirant, oh! non! Mais le docteur voulait savoir une chose que jamais, jamais, je n'aurais dite à personne.Vos secrets et ceux de la prin cesse, c'est sacré pour moi, voyez-vous.— Bien, Michel, approuva Olivier qui s'a musait de voir l'enfant appeler ainsi sa fiancée.La princesse et moi, aurons toute confiance en notre messager, à l'avenir.Et, maintenant, petit, nous allons nous arranger pour pensionner ensemble ici, ce soir et demain.Après-demain, nous nous installerons dans deux pièces de l'hôtel Rasco.Je vais voir aussi à t'habiller convenablement, car tu iras toutes les après-midi prendre des leçons d'un bon vieux Sul-picien, qui sera heureux de te préparer pour les cours réguliers, que tu suivras l'an prochain, dans quelque institution, mais comme externe, ne crains rien.D'ici à l'automne, je te garde près de moi.Toutes les avant-midi, tu seras à ma disposition pour des messages et d'autres petites tâches.Le soir, tu seras encore auprès de moi, pour t'occuper de tes études.Mais tu ne vas pas pleurer, Michel, un petit homme brave et avisé comme toi, qui as failli se casser le cou, cet après-midi, pour les beaux yeux d'une princesse.Allons, allons, ris, petit.Et viens m'aider à tout ranger, à tout préparer pour la nuit.Nous allons dormir à qui mieux mieux, je crois.La joie à tous deux, pour des raisons différentes, nous a rompus, moulus, brisés de fatigue.Non, non, Michel, ne sois pas ridicule, ne grimace pas: horreur! Ne m'embrasse pas ainsi les mains.Je déteste, L'OISEAU BLEU 183 j'abhorre les signes extérieurs de reconnaissance.C'est cela, mon adroit petit garçon, serre plutôt les objets qui traînent.tandis que les tiroirs de ce bureau sont vides.Ah! ah! ah'.nous ferons bon ménage, je crois.2fi «fi :9fi VIII — LA PROCLAMATION DE LORD GOSFORD (15 juin 1837) L'assemblée de Saint-Laurent où Louis-Joseph Papineau parla avec une véhémence extraordinaire devant une foule vibrante qu'il élec-trisa à certains moments, eut une profonde répercussion.L'excitation chez lr« oatriotes alla si croissante que le débonnaire gouverneur du Canada, lord Gosford, crut nécessaire d'intervenir.Aussi bien, l'assemblée de Saint-Laurent avait suivi de près celle de Saint-Charles-sur-Richelieu, et voici qu'on projetait d'en tenir encore combien d'autres.Un beau matin de juin les murs de Montréal apparurent tapissés, placardés d'affiches portant la signature du Gouverneur.On pouvait y lire la défense de tenir désormais toute assemblée publique.La rumeur des patriotes, indignés, révoltés de ce nouvel attentat à la liberté si chère à tout citoyen britannique, d'origine française ou anglaise, remplit les rues de la ville, dès dix heures du matin.A onze heures, des rassemblements nombreux se produisirent ici et là.On commentait l'affiche avec des paroles injurieuses pour l'autorité.Olivier Précourt avait été très occupé toute la matinée à écrire des lettres d'affaires.Il avait prêté une oreille distraite aux paroles de petit Michel relativement à ce qui se passait dans les rues de Montréal.Puis, il descendit dîner assez tard dans la salle à manger de l'hôtel Rasco.Quelques personnes seulement s'y trouvaient.Il achevait son dessert lorsque le Dr Henri Gauvin et François Tavernier entrèrent et se dirigèrent en hâte vers lui.— Que dites-vous, Précourt, demanda Fran çois Tavernier, de la nouvelle, et., disons-le, de l'imbécile proclamation de lord Gosford?— La nouvelle?Une proclamation?fit celui-ci étonné.— Ah! çà, d'où sortez-vous, mon ami?reprit à son tour le Dr Gauvin.N'avez-vous pas traversé les rues de Montréal de la matinée?— Non, en effet.Alors, questionna Olivier qui se trouva debout, les yeux étincelants, que nous arrive-t-il encore?— Venez en juger par vous-même.Venez vite.Vous êtes libre?s'enquit François Tavernier.— Jusqu'à quatre heures, reprit Olivier qui consulta sa montre, et songea tout de suite qu'à la fin de l'après-midi, il était entendu qu'il rencontrerait, dans les sentiers de la montagne, Mathilde et sa soeur.Celle-ci était devenue fort complaisante depuis qu'Olivier la comblait de cadeaux.Elle apportait à la montagne ou ailleurs, suivant le cas, son ouvrage ou un roman.Elle lisait ou travaillait dans un endroit choisi à dessein, assez loin de celui où se tenaient son frère et sa cousine.Olivier, qui avait près de lui son manteau et son chapeau, fut donc prêt à suivre tout de suite ses amis.Le front contrarié, les lèvres serrées, il allait près d'eux, sans lever les yeux.Son indignation montait de plus en plus en écoutant ses compagnons.Au détour d'une rue, le Dr Gauvin poussa du coude son compagnon François.— Faites attention, François! Votre soeur, Mme Gamelin, s'approche.Sa charité commande à son patriotisme, vous le savez.Elle vous fera des reproches si elle vous voit aussi surexcité.— Bah! Un reproche de plus ou de moins., de mon admirable soeur.Tiens, on l'aborde, filons, filons.— Quelle affection fraternelle! s'exclama en riant le Dr Gauvin.— Trêve d'ironie, mon bon docteur.Songeons plutôt, en ce moment, à satisfaire la curiosité de Précourt qui m'a l'air d'être en proie à une rage bien rentrée.— Je ne rage pas, François, non, mais je vous assure que ma révolte, très légitime, augmente de plus en plus.A quoi pensent donc les autorités de nous provoquer sans cesse ainsi?— Procédé d'intimidation.On nous croit sans doute de bons esclaves, que l'on doit mener à coups de fouet! — Des purs-sangs comme Olivier se matent alors, et plus souvent qu'à leur tour, observa d'un ton taquin le Dr Gauvin.— Je ne dois pas être le seul, j'espère, fit celui-ci, d'un ton sec.— Certes, non! fit le docteur.Je plaisantais, voyons, Précourt. 184 L'OISEAU BLEU — Le moment est merveilleusement choisi! répliqua avec un reste d'humeur celui-ci.— Tenez, Précourt, voici un exemplaire du beau document que nous offre le gouverneur, là sur ce mur, où se pressent tous ces gens, s'écria François Tavernier, en intervenant.C'est bien là la fameuse proclamation! Venez, fendons la foule.Ah! J'aperçois Pierre Jodoin, de Lon-gueuil.Il prend les choses aussi mal que vous.Le voyez-vous pérorer et gesticuler.Pardon, les amis, cria-t-il tout haut à des voisins, faites-nous place, voulez-vous?Parbleu, nous voulon?lire comme vous la gentille correspondance de notre gouverneur.Bien, bien.Olivier, lisez maintenant.Le jeune homme dévora le contenu de 13 proclamation, l'exhortation de lord Gosford au peuple, dans laquelle il ordonnait à tous de s'abstenir à l'avenir de réunions séditieuses et ordonnait aux magistrats et aux officiers de milice de les empêcher.— A bas la proclamation! crièrent près d'Olivier plusieurs jeunes gens furieux.— Il n'y a qu'un moyen, mes amis, de répondre à cette insultante proclamation, leur lança à voix très haute Pierre Jodoin.— Lequel?lequel?demandèrent aussitôt plusieurs voix.— Convoquer immédiatement une assemblée.— Bravo! bravo! Le gros monsieur a raison.Une assemblée, une assemblée! crièrent plusieurs personnes.Mais de nouveaux curieux s'étant rapprochés, un remous se produisit dans les groupes.Le Dr Gauvin en profita pour s'éloigner avec ses compagnons, disant à Olivier dont il prenait avec affection le bras: "Allons chez Char les-Ovide Perrault, mon cher Précourt.L'organisateur de l'importante assemblée de Saint-Laurent sera intéressant à entendre.Il avait prévu une conséquence de ce genre.Quelle intelligence, quel coeur possède notre ami! Tenez, il vous ressemble, Olivier, vous êtes frères d'armes, vraiment.Sa fougue, ses mots, son âme facilement touchée et qui se dresse avec force en face de l'injustice.— Tout beau, fit Olivier, vous me flattez, Docteur.On dirait, par ailleurs, à vous entendre, que vous ne pensez pas comme nous.Mais sous le sang-froid du médecin, je sais bien, moi, quelle flamme brûle.Hé!.voyez donc, Tavernier nous a abandonnés.— Il a peur de rencontrer de nouveau sa soeur, dit en riant le Dr Gauvin.— On dit Mme Gamelin d'une extraordinaire bonté pour toutes les misères.reprit bientôt Olivier.En excepterait-elle la nôtre, celle de tous ses compatriotes?— Non, mon cher, seulement chez une telle femme — une sainte entre nous — les choses de ce monde ne sont pas jugées avec la virulence, le ton entier que nous y mettons.— Quelle admiration vous avez pour elle.Vous la connaissez bien?— C'est la grande amie de ma mère.Ah! elles s'entendent toutes deux, je vous assure, pour me dépouiller au profit de leurs oeuvres, pour me prêcher, surtout en ce moment, la prudence, la résignation, l'endurance.— Des qualités que les femmes comprennent mieux que nous, mon ami.Si vous croyez que ma grand mère à Saint-Denis et que.— N'hésitez pas, allez, allez! Que Mathilde Perrault, n'est-ce pas, vous recommande tous les jours.— Comment, tous les jours! dit vivement Olivier.— Si vous vous imaginez, Précourt, que dans notre petite ville, on ne jase pas un peu au sujet de votre cour près de la belle Mathilde.— N'est-il pas naturel que je voie ma soeur de temps à autre?Et comme elle est l'invitée de Mathilde, notre cousine, ne l'oubliez pas, il est inévitable que nous nous rencontrions ainsi.— Je ne veux pas être indiscret, Précourt, mais je suis vraiment étonné, je vous l'avoue, de voir le papa Perrault, un bureaucrate ardent, qui a un prétendant de son goût pour sa fille, fermer ainsi les yeux sur votre empressement.Sans doute compte-t-il sur votre prochain départ pour Saint-Denis?— Il aurait tort, fit Olivier, embarrassé, mal à l'aise, du tour que prenait la conversation.Car je compte suivre de très près les événements qui se préparent.Une session du parlement s'impose dans un bref délai, ne le croyez-vous pas?Je veux la suivre ici.— Je me perds en conjectures, à ce sujet, pour ma part.Sait-on même si on ne mettra pas le feu aux poudres auparavant?dit le Docteur.— Eh bien, nous organiserons la défense.La jeunesse d'aujourd'hui a du coeur, le sang vif, s'exclama avec feu Olivier.Il était content d'avoir fait biaiser l'entretien, de ne plus entendre le nom de Mathilde mêlé à des commérages indiscrets.Au fond, il comprenait le délicat procédé de son ami qui l'avertissait d'une situation qui menaçait de devenir dangereuse ou très désagréable pour lui et pour Mathilde.Il se promit plus de vigilance à l'avenir.— Nous voici chez Perrault, mon ami.Tiens André Ouimet en sort.André! appela la Dr Gauvin.Celui-ci se retourna, salua, puis se rapprocha.Il était de taille moyenne, très brun, avec une physionomie décidée, fort agréable. L'OISEAU BLEU 185 Vêtu avec correction, il n'avait pas, cependant, l'élégance des amis dont il serrait en ce moment la main.— Vous entriez chez Perrault sans doute?Mon associé n'est pas au bureau.Il s'enflamme, en ce moment, aux bureaux de la Minerve, ou chez son beau-frère Fabre.Son éloquence fait à la fois mon admiration et mon désespoir.C'est un Cicéron-chevalier, un Romain doublé d'un preux.Où ne parle-t-il pas?— Nous allons retrouver Perrault chez M.Faibre, alors?Hâtons-nous, Précourt.Vous nous suivez André?— Impossible.Au fait, Précourt, êtes-vous toujours dans les mêmes dispositions?Ferez-vous partie de notre société à l'automne?Perrault, Ouimet et Précourt, quelle réunion d'avocats irrésistibles! Ah! ah! ah! — Je n'ai certes pas changé d'idée, mon ami, répondit Olivier en souriant.Il le retrouvait le même, cet André Ouimet avec lequel il avait passé ses joyeuses et inoubliables années d'étudiant.— Alors, à bientôt, mes amis.Je cours à mon rendez-vous.J'arriverai un bon quart d'heure en retard.En pénétrant dans la librairie de M.Edouard-Raymond Fabre, les jeunes gens y virent d'abord Rodolphe Desrivières et Thomas Storrow Brown.Des éclats de voix partirent soudain d'une petite pièce bien close placée au fond du magasin.— On discute haut et ferme de ce côté, apprit Rodolphe Desrivières au Dr Gauvin et à Olivier.M.Denis-Benjamin Viger y donne la réplique à M.Papineau, quand ce n'est pas à no tre brillant Charles-Ovide.Heureusement, M.Fabre préside à l'entretien.Son amour de la paix, sa grâce débonnaire, veillent sur ces volcans en éruption.— Allons, allons, Desrivières, fit le Dr Gauvin, on croirait à vous entendre que vous êtes un ange de conciliation et de douceur.— Chut! fit Brown.On vient de olore l'entretien, je crois.Monsieur Précourt, vous avez été inspiré.M.Papineau ne se prodigue pas souvent, comme en ce moment.Et, encore moins, son sage et pondéré et vieux cousin, l'honorable Denis-Benjamin Viger.Les voici.M.Papineau poussa une exclamation de plaisir en apercevant Olivier Précourt.Il le connaissait très bien, l'ayant vu souvent, enfant, puis jeune homme, à Saint-Denis, chez son oncle, le Dr Séraphin Cherrier.— M.Précourt, dit le célèbre tribun en tendant la main à Olivier, il me fait plaisir de vous rencontrer.Je vous ai vu à la réunion de Saint-Laurent.— Où vous nous avez éclairé l'esprit et affermi l'âme, cher maître, s'écria avec enthousiasme le Dr Gauvin.— M.Papineau, nous vous suivrons jusqu'au bout du monde, quand vous le désirerez, murmura Rodolphe Desrivières que la timidité ressaisissait bien un peu.— Bien, bien, jeune homme.Je n'en demanderai jamais autant.A bientôt, mes amis.Venez chez moi un de ces soirs.Mais informez vous auparavant si mon temps est disponible.Mon cousin, continua, le tribun, en voyant l'honorable Denis-Benjamin Viger s'approche*-avec M.Fabre et Charles-Ovide Perrault, voici un représentant de la belle jeunesse de Saint-Denis-sur-Richelieu, Olivier Précourt.— Un de mes futurs associés, un nouvel ave-rat, ajouta Charles-Ovide Perrault, en frappant sur l'épaule d'Olivier.— Précourt! murmura M.Viger.De Saint-Denis?Mais je connais votre grand'mère très bien, jeune homme.Est-elle toujours aussi bonne que spirituelle?— Comme tous ceux de sa génération, Monsieur.— Oh! oh! vous savez flatter! Mais ça ne déplaît pas de respirer un peu d'encens à mon âge.— M.Viger, demanda M.Fabre, vous ne voulez vraiment pas monter saluer ma femme?Elle en serait si heureuse.— Une autre fois, Monsieur, une autre fois.je vous prie.Tenez, voyez, ce Louis-Joseph, cet indomptable, il est déjà sorti.Il me faut le sui vre aux bureaux de la Minerve, relativement à un article dont la teneur m'inquiète.Ah! cette proclamation, signée de Lord Gosford, remplie pourtant de bonnes intentions à notre égard, quelle huile sur un feu déjà bien allumé.Je vous laisse le jeune Perrault, ajouta-t-il plu* bas, à M.Fabre, en désignant celui qui parlait et riait avec les jeunes gens qui l'avaient aussitôt entouré.Quelle éloquence naturelle possède votre beau-frère! Il ira loin, croyez-moi, à moins que les événements en décident autrement.Sait-on où nous allons en ce moment?Nous vivons des heures terribles.Au revoir, M.Fabre, saluez votre femme pour moi.Puis, dites donc, ne pourriez-vous pas pacifier un peu toute cette jeunesse qui vient vers vous volontiers?Elle me fait peur.Non, non, quittez-moi ici.A bientôt! {A suivre) Marie-Claire DAVELUY 186 L'OISEAU BLEU LE QUESTIONNAIRE DE LA JEUNESSE POUPONS et POUPONNES QUESTION.1.— Que remarquez-vous dans cette gravure?— Une jolie fillette aux yeux pleins de convoitise.Un sourire illumine sa figure.Q.— Qu'y a-t-il sur la table?— Une coupe remplie d'une glace partiellement recouverte de confiture et surmontée d'une cerise.En de«-sous de la coupe, une assiette placée sur un rond de papier ouvré, et une cuiller.2.— Qu'indique l'attitude de la petite Lucie?— Ses mains jointes et sa tête levée laissent entendre qu'elle est à faire sa prière.Elle pourrait servir de modèle à sa mère et à ses grandes soeurs.On dirait un ange.3.— Que fait Gilles dans la cheminée?— Attiré par la flamme rougeoyante, il s'amuse avec le feu.Il a oublié le clown étendu sur le plancher près de lui.Q.— Gilles fait-il là une imprudence?— Oui, et une grande, qui pourrait lui coûter des cris de douleur et des larmes à sa maman.4.— Sur quoi sont appuyées les bûches dans la cheminée?— Sur des chenets, nommés ainsi parce que, à l'origine, ils avaient la forme d'un petit chien.5.— Les bébés en bonne santé ont-ils de l'appétit?— On peut en juger par cette image.La table est toute mise.Une cuiller à la main, l'enfant attend le potage.6.— Que font ici Flore et Lise?— Elles s'amusent bien avec les jouets qu'on leur a donnés à l'occasion des fêtes! Elles laissent de côte la poupée pour s'occuper, l'une d'un petit lapin, l'autre d'un petit chien.7.— Qu'attend Michel, la figure anxieuse?— Si ce qu'on va lui servir est un mets qui lui plaît.8.— Comment se nomme cette sorte de balançoire suspendue à deux cordes?— Une escarpolette.Ainsi confortablement perché, Jacques peut s'amuser pendant que sa maman vaque aux soins du ménage.9.— Qu'est-ce que Jean, tout ébahi, regarde ainsi en l'air?— C'est difficile à dire.Peut-être un rayon de soleil qui se reflète dans la glace; peut-être un joujou préféré qui est là, sur l'armoire; peut-être un oiseau qui chante et sautille dans sa cage?10.— Que fait présager l'attitude de Marie-Blanche?— Qu'elle met l'étude à la base de son existence! Elle est assise sur un bloc alpha- bétique permettant de lire sur deux de ses pans les initiales de son prénom: M.B.IL — Ce mioche est-il peureux?— Certes non.Il affronte sans crainte un gros oiseau rembourré qui ne l'effraie pas.12.— Où se prépare à aller ce joli poupon?— Voir sa marraine.Il a revêtu son manteau de baptême et sa tête est coiffée d'un joli bonnet 13.— Comment s'appelle ce véhicule?— C'est une voituretle d'osier.Au-dessus de l'enfant est une capote mobile qui s'incline au degré voulu pour préserver l'enfant du soleil ou de la pluie.Peu de mamans d'aujourd'hui ont été traitées avec le même luxe qu'elles accordent, souvent par de lourds sacrifices, à leurs enfants qui ne sont pas toujours reconnaissants.La mollesse et le confort contribuent fort peu à aguerrir l'enfant, à le rendre vigoureux et débrouillard.14.— Que fait Jacques ici?— Il essaie ses pas trébuchants à l'aide d'une petite marcheuse.15.— Que lisez-vous dans la figure de Pierrot?— Il a l'air songeur.Maman l'a-t-ellc grondé?A-t-on pris son polichinelle?Difficile de dire à quoi il pense! 16.— Quels vers a écrit le poète de Laprade, en parlant de la soeur aînée?"Toujours à bien faire occupée, "Ferme et vaillante avec douceur, "Elle aimait, au lieu de poupée, "Et soignait sa petite soeur.17.— Que pensent Toto et Titite?— Ils sont émerveillés devant le panier de bonbons, d'oeufs et de lapins en chocolat dont une maman, peut-être trop généreuse, leur a fait cadeau pour Pâques.18.— Que fait ici le Benjamin de la famille?— Couché sur un coussin, il prend de joyeux ébats.A défaut de jouets, ses petits pieds suffisent à l'amuser.19.— Que font les mamans prudentes?-Elles enferment les bébés dans des enclos; elles fixent aussi à la galerie ou aux sommets des escaliers des barrières pliantes qu'elles tiennent solidement fermées.20.— Que font Simone et Madeleine?— Elles jouent à la petite maman.Madelein?borde bien le lit qu'elle a préparé pour sa poupée dans la voiturette.21.— Quel est le nom de ces coiffures?— Une capeline et deux toques .L'abbé ETIENNE BLANCHARD 188 L'OISEAU BLEU Gracieuseté de la revue le Terroir Le Moulin de Vincennes Ce moulin est construit à Beaumont, sur la rive sud du Saint-Laurent, notre fleuve royal.Les arbres, les fleurs l'embellissent et l'ornementent.De ses fenêtres, le visiteur peut admirer à souhait la beauté, le pittoresque, la richesse des paroisses de l'île d'Orléans.Bigot, Jean Corpron, Hugues Péan y ont laissé de tristes souvenirs.RIONS UN PEU Secret bien gardé — Dis donc, vieux, es-tu capable de garder un secret?— Oui.— J'ai absolument besoin de cinq cents francs.— Compte sur moi: c'est comme si je n'avais rien'entendu.* * * Distinction Interrogé, l'élève reste muet: —Ma question vous embarrasse ?demande le professeur.— Oh non, M'sieur, c'est pas la question, c'est la réponse.Pas confrères Un vétérinaire et un médecin discutent ensemble.Au cours de la conversation, le vétérinaire s'écrie: — Enfin, mon cher confrère.— De grâce, fait le médecin, en l'interrompant, respectez les malades.SpE *fî Au régiment Le sergent instructeur — Voyons, Lebidon, quand un homme doit-il être enterré avec les honneurs militaires?Silence; Lebidon regarde droit devant lui.Le sergent instructeur — Eh bien, vous ne trouvez pas ?Lebidon — C'est quand il est mort, sergent. L'OI SEAU BLEU 189 Concours de février 1938 MOTS CROISES LA TERRE DE NOS AÏEUX par Marie-Claire DAVELUY 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 VERTICALEMENT 1.—Paroisse et village du Québec appelés du nom d'un officier du régiment de Can-gnan (Comté de Verchères).2.—Joindras l'un à l'autre.3.—Appelé du nom du capitaine du régiment de Carignan; s'appela, vers 1787, William-Henry, puis reprit son beau vieux nom.— Fera tort.4.—Enfonça dans l'eau.— Roi de "Wessex; mourut en 726.On dit aussi Ini.— Endroit où l'on s'exerce à tirer.5.—Polies à l'intérieur (tubes).— Celle dont le coeur est le plus tendre qui soit au monde.6.—Action de rire.— Pronom personnel.— Article contracté pour de le.— Temps que met la terre à tourner autour du soleil.7.—Abréviation latine de id est.— Mesure chinoise.— Bruit d'une sonnette.8.—Qui graisse.9.—Qui suit le huitième.- Du verbe aller.10.—Corps céleste.— Intenter une action en justice.11.—Deuxième note de la gamme.— Pronom indéfini.— Bisons; on dit aussi unis.12.—Comté du Québec appelé d'après la famille d'une de nos jeunes héroïnes les plus célèbres.HORIZONTALEMENT 1.—Cette chose-là.— Nom du célèbre régiment qui vint au Canada en 1665.2.—Colonel du célèbre régiment de 1665.3.—Mot d'argot: chapeaux, objets sans valeur.— Marque distinction, différence.4.—Courant très violent dans un passage étroit communiquant avec deux mers.— Mettre une chose en la possession de quelqu'un.5.—Chemin bordé de maisons dans une villa.— Amaigrissement extrême résultant d'une maladie chronique.6.—Pierre jointe à une autre en bâtissant.— Pronom de la 3e personne.— Interjection qui marque la surprise.7.—Adverbe mis pour ici.— Initiales de Notre-Seigneur.— Se débat.8.—Para.— Epaisses et serrées.9.—Liquide insipide.Changés.— Ole la vie.10.—Qui est en usage.— Ce que l'arpenteur représente sur un papier (pluriel).11.—Marquerai la joie.— Mesure agraire.12.—Paroisse et village du Québec; La Véren-drye fut le fils d'un de ses seigneurs.— Pronom personnel de la troisième personne.Fair*1 parvenir ses solutions au plus tard lo 25 mars 1938 à l'Oiseau bleu.1182, rue Saint-Laurent, à Montréal, Québec.Solution du problème de Janvier 1938 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 12 1 m l e s ¦ t r o i s ¦ y 2 l ¦ ¦ ¦ * ¦ ¦ m ¦ ¦ s a 3 a ¦ r i v i e r e s m 4 v a ¦ II m ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ j a 5 i ¦ t h e o r b e ¦ o c 6 o c r e ¦ n i a t m e h 7 l i a r d ¦ e t a b l i 8 e l i t e s ¦ e l u ¦ c 9 t i t e ¦ a r r e t ¦ h 10 t e ¦ l a c e ¦ r e n e 11 !e m d ¦ r m n e ¦ u e ¦ 12 ¦ b o u c h e r ¦ x e ¦ Gagnants du Concours 1.—Mlle Jeannette Desbiens, 1886, rue Aird Montréal.2.—Mlle Béatrice Jutras.85, rue Boisvert, Lowell Massachusetts, Ecole Saint-Louis.3.—Mlle Louise Simard, 1289, rue de la Visitation.Montréal, Académie Saint-Ignace.4.—M.Lucien Martineau, Nicolet, Québec, Académie commerciale.5.—Mlle Raymonde Joly, Napierville, Québec, Pensionnat des Mi.SS.de Sainte-Anne.6.—Mlle Muriel Pereira, 347, avenue Clarke, Ouestmont, Académie Saint-Paul.* * * Chacun des gagnants a reçu en prime de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal la somme de cinquante sous. 190 l ' « 'r £ A U "I Ell LA BANQUE D'ÉPARGNE DE LA CITÉ ET DU DISTRICT DF MONTREAL FONDÉE EN 1846 — t COFFRETS DE SÛRETÉ À TOUS NOS BUREAUX SUCCURSALES DANS TOUTES LES PARITES DE LA VILLE S52B L'OISEAU BLEU vJV.JJU JjV wj« jj» Jfw .jp, vJJt, Jy, .yy jj!, »fw JJÏrf Jfw jj"w JJt, vfw v]v Wjt» jjl JJt» Jf.wf- Jj-» w~u jj> L7ne page d'histoire LOUIS XIII IL succéda à Henri IV, son père, alors qu'il n'avait que neuf ans.La régence de sa mère, Marie de Médicis, dura neuf ans.En 1617, il prit en main le gouvernement de son pays.Lous XIII était timide, d'une timidité qui faisait qu'il parlait peu.Il communiait les premiers dimanches de chaque mois et aux fêtes de Notre-Dame.Il a dédié son royaume — et partant le Canada qui en faisait partie — à la Sainte Vierge en instituant une procession du 15 août qui subsiste encore.L'un de ses biographes affirme au'il a été le plus religieux de tous les rois Bourbons, mais il en a été aussi le plus tolérant.Malgré sa timidité, il était autoritaire.Aubery écrit qu'il "était né pour commander et ne pouvait souffrir aucune contradiction ou résistance à ses volontés".Quoique jaloux de son autorité de souverain, il reconnaissait et savait estimer à sa valeur "le plus grand serviteur que la France ait eu", le cardinal de Richelieu.Il en suivait les conseils.Samuel de Champlain, fondateur de Québec, plaidait auprès du Roi la cause de la Nouvelle-France et le renseignait sur les brillantes perspectives d'avenir qu'elle offrait.Ses plaidoieries furent si éloquentes qu'elles incitèrent Louis XIII et Richelieu à reconquérir en 1632 le Canada passé sous la domination de l'Angleterre après la prise de Québec en 1629 par les frères Kirke.Dès lors, des familles nobles consentirent à émigrer au Canada et à s'y établir.Des personnages influents s'intéressèrent au développement et au succès de ce nouvel établissement.Louis XIII, surnommé le Juste, mourut à Saint-Germain en 1643.Tous les obstacles qu'il réussit à vaincre réclamaient une grande fermeté et une inlassable ténacité.Ce sont ces deux qualités qui assureront leur indépendance économique aux Canadiens français.Qu'ils n'oublient pas les devoirs qu'ils ont à remplir envers leurs institutions financières.Au tout premier rang de celles-ci se place la Sauvegarde, compagnie d'assurance sur la vie, fondée et administrée par des Canadiens français.En toute justice, ne doivent-ils pas lui donner l'encouragement qu'elle sollicite?Oui, ils doivent le lui donner.LOUIS XIII 1601-1643 jgj Jp> i\# wjw v^v vjv jp# jft "*jv *jp* -~- w"p, jç* jjç, jp, jjw jjw vjv Décorations pour les Fêtes patriotiques et religieuses les 25e et 50e anniversaires Drapeaux, banderoles, oriflammes Papier crêpe et métallique Fleurs, Feuilles, Chiffres argentés ou dorés • Articles pour Tombola • Ballons, pétards (crackers) serpentins Jeux divers valant .25, .35, .50, ett.Petits jouets valant 1, 2, 5,10 sous, «te.Nous vous enverrons sur demande nos catalogues Indiquant les prix de gros.54 ouest, rue Notre-Dame GRANGER FRÊRE5 LAncaster 2171 No» magasins sont ouverts Jusqu'à 5 heures le samedi.— Facilités de stationnement.4?* Qui se ressemblent ainsi COMME DEUX GOUTTES D'EAU ?L'homme d'hier et l'homme d'aujourd'hui : ils ne pensent qu'aux millions.Rêver de s'enrichir ne vaudra pourtant jamais être rentier.Réalité facile, agréable, prochaine.Quel âge avez-vous ?Nous allons vous faire connaître la rente viagère que vous pouvez toucher immédiatement.* CAISSE * NATIONALE D'ÉCONOMIE 55 ouest, rue S.-JACQUES Montréal — HArbour 3291 £¦020=* 1 Imprimerie Populaire Limités
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