Le panorama : le seul magazine en langue française consacré aux vues animées, 1 janvier 1921, v. 2, no 6
Enid Bennett de la Famous Players-Lasky Corp. 2 LE PANORAMA Montréal, mars 1921 CFf QUI EST DEMANDE L'une des productions les plus impatiemment attendues est'sans contredit, "ijush", l'oeuvre de Sada.Owen, que Clara Kimball Young doit interpréter au cinéma tout prochainement.Plusieurs nouveaux théâtres ont déjà retenu le film.lue élève d'une école enfantine disait récemment à Bessie Love: — J'ai une idée admirable pour les scénarios.Pourquoi ne pas recourir aux classiques?Prenez, par exemple, les pièces de Shakespeare! - Mon Dieu, mais vous a\ eg lu considérablement pour votre âge, lit llcssie.Aimez-vous la •Douzième Nuit"?— Je n'ai pas lu cette pièce, reprit l'enfant.Et la "Mégère Appriyjpi-sée" ?— Je n'en suis pas encore arrivée là! — Bien: je suppose Sjue vous n'ignorez pas Roméo et Juliette "! — Oh! j'ai lu "Roméo".déclara la petite Mlle avec orgueil, mais il me reste à lire "Juliette ".Conseils de Bébé N'employez de savons ruédica-mentés que si votre peau est malade— et ne la rendez pas malade par l'u age de savons acides, de poudres ou encore par négligence.S 1 .-/-vous libéralement du Savon Baby's Own et d'eau tiède, rincez bien et asséchez avec précaution.Ce traitement mamt'ent la souplesse et la blancheur de l'épidémie la plus délicate, l'empêche de durcir et de s'épaissir.Son usage suivi amollit les PEAUX DURES et les BLANCHIT.baby s own soap eut permettez «l'une femme sonlace T'"« snul-Ininces.Je veux que vous m'écrit ie*> ¦ lia de pouvoir toqs purler de tua méthode -im,.le de tmitement à .C) l'essaiP'"ir.lixjom-gratta li.mc «V, de port, et vous ni'-ttre en re- JlK» 0 di I femmes du wK* i .1.-iui seront heureu-dtn ce que • .iode a ia.t int» 4M, RUE ST-PAUL OUEST MONTREAL m "STMÎCHEL ¦A 14?58369 IWnijtréal, mars 1921 LE PANORAMA Aux écrivains de scénarios VOICI lie riux lttl a été payé icrtir quelques eoé- urioa : "Some Honeymoon", 10,1100 dollars."Behind the door", 10,000 dollars."What's your husband doing?", 15,000 dollars "Mary's Ankle", 20,000 dollars.La demande est continuelle pour des Idées neuves et originales mais les scénarios doivent être écrits selon des règles spéciales, faute de quoi ils ne eeon/t pas considérés.Renseignements, modèle de scène et adresses de compagnies, le tout formant un cours bref mais comiplet moyennant $.~>.00.Ecrire à : F.de VERNElTIi, directeur du "Panorama" 131, rue Cadieux Montréal AFFAIRES PROSPERES Le premier communiqué annuel de la Famous Players Canadian Corporation a été publié officiellement à Montréal, province de Québec, le 20 décembre dernier.Ce rapport financier indique que la corporation administre vingt théâtres au Canada.Il y est annoncé l'ouverture de sept nouveaux cinémas, pour l'année 1921, susceptibles de con: tenir 15,000 personnes.L'actif du bilan de cette corporation canadienne est de $2,072,063.UN PERFECTIONNEMENT La première symphonie musicale adaptée au cinéma sera entendue lors de la production de "The Bride's Play", de Cosmopolitan.Une musique caractéristique, propre au cinéma, est depuis longtemps attendue.Il est probable que bientôt tout film sera accompagné de sa partition musicale appropriée au sujet.PRODUITS DEC0-TIN1 1)1 < 0 I IN I Une peinture sanitaire à l'eau froide pour murs et plafonds.u \ 1 -nui 1 1 Email polt chapeaux de paille.PO] ISH-OL Poil pour meubles et Autos.METAL-BRITE Un poil pour métal pour toutes les surfaces en métal.DECO-WAX Un pou en paie pour planchers, meubles, boiseries, automobiles, etc.KM fui H TUYAUX A POELK KM M I \ (Il M sM KKS des surfaces des planchers, C'est une chose facile de polir et préserver le fini meubles, automobiles, &c.avec Deco-Wax.Une légère toucne de Deco-Wax appliquée avec un linge sec et doux et polie avec un linge frais et soyeux redonne le lustre brillant du premier fini.Deco-Wax préserve le nouveau et renouvelle le vieux.Polit parfaitement, produit un lustre durable qui cet imperméable et qui ne s'égratignera pas.Deco-Wa-r et let autre» produit» Deeo-Tint mentionné» sur la liste ci-jointe tout vendus tous l'étiquette bleue par les marchands quincailliers et le» pharmacien».The Deco-Tint Company 897 rue Centre, Montréal.POUR Wl AUTOMOBILES HAT-BRITE POUR MEUBLES fû >OUR 3LANCHERS UN RIDEAU PEU BANAL La compagnie Fox a donné pour la première fois sa gazette hebdomadaire des photographies du théâtre National de Mexico dont la construction est à peu près terminée.L'unique rideau de la scène est fait, d'un million de morceaux de verre de plusieurs pouces d'épaisseur.Il pèse 27 tonnes.Ce théâtre, élevé sur une hauteur, est tout de marbre et coûte $10,000,000.LES PIECES DONT ON PARLE La première ide "Hush", création de Clara Kimball Young, production de Equity, a obtenu le plus vif succès au Park Theatre, Boston.Jamais film ne suscita tant de commentaires .LE FILM A BON MARCHE Les productions des compagnies anglaises reviennent à la mode.Ainsi, le Anglo-Canadian Picture Plays Ltd, a offert les vues d'étiquette anglaise à si bas prix que tous les gérants de théâtres de Montréal, Toronto et St.Jo'hn, les ont aussitôt mises à l'affiche.De là, les succès de "Alf's Button'', l'aventure invrais e m b 1 a b 1 e d'un Tommy, " Snow in the Desert" el "A Gentleman BL-•der'.C'est surtout à Montréal que sont projetés les films du Anglo-Canadian.Leur bon marché explique cette apparition presque soudaine; puisse leur qualité ne pas être au niveau de leur prix.RAISONNEMENT JUSTE Au cours d'une conférence donnée aux étudiants de composition dramatique, à l'université Columbia, M.de Mille a déclaré qu'avant de devenir un art, le cinéma devait être un métier."Dans quelques années, dit-il, grâce à la collaboration des meilleurs romanciers et dramaturges, le cinéma sera essentiellement un art majeur." si VODS A DE VOUS DONNER LES VUES QUE VOUS VOULEZ VOIR.— LE CINEMA SERA HEUREUX DE VOUS LES MONTRER, LES FILMS PATHE SONT LES MEILLEURS, L'histoire du DIABLE se passe PARIS et la vue reproduit les plus belles seèues de la ville.1TL the Devil |j From his Miaous Stage Success LA SENSATION DE L'ECRAN Le Diable est.une vue extraordinaire, elle est adapté du fameux drame du même nom et est une des plus belles vues jamais produites.SPLENDIDE! MAGNIFIQUE SUPERBE! LE PLUS GRAND SACRIFICE D'UNE MERE Pouvez-vous imaginer la beauté d'une vue basée sur ce thème du coeur?"The Sage Hen ^ WW OS/ La Poule Sage nous montre une mère luttant comme une tigresse pour son enfant, son honneur et sa maison.Demandez à voir cette grande vue.VOYEZ VOUS I.B PLUS GRAND JOURNAL CINEMATOGRAPHIQUE, LE BRITISH - CANADIAN PATHE NEWS SI NON, DEMANDEZ-LE A VOTRE CINEMA.n Distributeurs des FILMS PATHE SPECIALTY FILM IMPORT LIMITE I L.E.< >r IM ET, pres.— Bureau chef MoDtréal Distributeurs de FILMS PATHE Questions Diverses : // nous arrive )'/'¦l'ijiit m lin ut des h 11/',*« il'.uniml'mit il'/' r< rs reitsi it/nements sur des acteurs ou des actriefjs.Ces questions nécessitent souvent de longues recherchas et de la coirespoiu)'anee avec hs Cies de Cinéma.Pour nous couvrir de cette perte de temps et de ces frais,nous ne refondrons dont, ù Vavenir, qu'aux ¦h mandes accompagnées de ~~> cuts et.dont le sif/natairc donnera son adresse afin qu'il lui soit répondu personnellement.C-$D Vol, I!, No 6, Montréal, mars 1921 LE PANORAMA 5 Enregistré, No 116, foUo 27027, ccmfcrrnément à facte des marques de commerce et dessins de fabrique.LES REFLEXIONS DU MOIS PROPOS D'UN CINEGRAPHE Les professionnels REPONDANT à de nombreux lecteurs, je vais étudier une fois de plus cette question: "Est-il possible, oui ou non, de créer une affaire avec des directeurs et des chefs de service quine connaissent pas le métier?" Il est bien entendu que je ne vous parle que du Cinéma (branches de l'édition et de la location).Je répondrai: non! Il est peu d'industries où les connaissances soient aussi nécessaires qu'au cinéma.Nous avons vu et nous voyons encore aujourd'hui, par des expériences malheureuses, ce que des hommes nouveaux, capitalistes ou hommes de paille, représentant ces capitalistes, pouvant faire d'une société jadis prospère! Qu'on le veuille ou non, le "cinéma" est avant tout un métier pour lequel un apprentissage est nécessaire! Les auteurs dramatiques, les metteurs en scène de théâtre, les artistes, etc., qui n'ont pas voulu "étudier" la technique du Cinéma, n'ont pas réussi.Avant d'être un art, le cinéma est un métier et les peintres, les poètes les musiciens, avant d'exprimer ce qu'ils ressentent, doivent se plier aussi à une discipline qui n'est pas autre chose que l'apprentissage.Il ne viendrait pas à l'idée d'un financier de faire acheter des pinceaux, un chevalet, une toile, d'engager un joli modèle et de dire partout qu'il est peintre! Pourquoi un gentleman-farmer, un sculpteur, un marchand d'automo-, biles se réveille-t-il tout à coup avec le cerveau d'un cinématographiste?Comment voulez-vous qu'il remette vingt fois sur le métier son ouvrage puisqu'il ne connaît pas le métier.Vous me direz: "Quelle importance cela peut-il avoir?" Un film est vendu aujourd'hui avant même qu'il soit "tourné".En serait-il du film comme du lait.Une fois "tourné", il ne vaudrait plus rien; on préfère l'acheter quand il n'est encore qu'à l'état de projet! J'aime mieux croire que ceux qui achètent sortent du même monde qui ceux qui fabriquent ce genre de films.Ils ne sont pas du métier.Regrettons de telles moeurs! Quant à moi je n'ai jamais compris cette façon de faire du commerce.Si j'achète une paire de chaussures, c'est après m'être assuré qu'elle a été faite par un cordonnier et qu'elle ne me fait pas mal au pied! Le jour où j'apprendrai que mon boucher est un orateur en rupture de bans, je me méfierai de son étalage! Il paraît qu'il n'en est pas de même au cinéma, puisque certaines sociétés se vantent de se passer des professionnels! Et le jour où ces derniers ne pourront plus vivre d'un métier qu'ils ont appris, ils iront au cinéma, en amateurs, pour rire un peu! -o- ON ABUSE certainement du qualificatif d'étoile en ce qui concernes les acteurs et actrices.Il est vrai qu'au théâtre ou au cinéma, comme au firmament, il y a des étoiles de première grandeur et d'autres de dixième.—o— CERTAINS artistes ne s'imaginent pas que l'énorme salaire auquel ils sont arrivés est dû à leurs efforts passés et leur donne de nouvelles obligations; ils semblent plutôt croire que c'est une consécration définitive qui les dispense désormais d'avoir du talent.APRES le règne des étoiles au cinéma, allons-nous voir celui des étincelles?On serait tenté de le croire en voyant le film "Rose of the Rail" dont l'héroïne est une locomotive, et cet autre "What's your hurry" dont le héros est un camion automobile.ON DIT que l'auteur d'une comédie cinématographique est devenu subitement fou pendant qu'il écrivait son scénario; il a continué quand même son ouvrage, on a joué la pièce el personne n'a remarqué de différence entre la fin et le commencement.ABONNEMENT (Payable d'avance» Un an.3.00 Six mois.$1.50 'Exoejxé Montreal «t la banUtua) Vol.II, No 6 Mars 1021 Publia mensuellement par POUR LE R & CIE, Edlt.-rrop., 1S1 Cadicox.MnntrteL TU.Eat 5M1 Directeur de la Rédaction: F.de YKRNECTL.Entered at the 8t.Albana, Vt, Post-Office a» eecond class matter NOUS ARRETONS le service du Panorama quand 1" abonnement est expiré à moins que nous recevions la aouacrlrptlon pour urne cutre période.CHANGEMENTS D'ADRESSE.— Donne* -noua toujours votre ancienne adressa en noua Indiquant la nouvelle.Pré venez-no us au moine qulnxe Jours d'avance.TRES IMPORTANT: EcTrvec toujours votre adresse complète et liai We dan* toute* vos lettres.99 LE PANORAMA Montréal, mars jj?] La plus belle femme de récran Dans seize concours, locaux ou internationaux, Katherine MacDonald a été proclamée comme la plus belle femme de l'écran à l'heure actuelle.Un grand nombre d'artistes éminents sont également de cet avis.Katherine MacDonald.pourtant, ne pense pas de la même façon.Un comité de Japonais l'avisait récemment qu'il la désignait, lui aussi, comme étant la reine de la beauté au cinéma et la jolie étoile dit alors: — "Reine de la beauté, moi! Mais je connais parmi les actrices de nombreuses femmes plus belles que moi! La beauté est parfois ce qui ne frappe pas directement la vue et qui est cependant d'un prix énorme; c'est la façon d'interpréter un rôle, jointe à la grâce personnelle qui ,seule, compte pour quelque chose!-' Sans doute ceci est très vrai mais cela n'empêche pas Katherine MacDonald, quoiqu'elle s'en défende, d'être une fort jolie femme.Elle a de plus le talent, ce qui ne gâte rien, bien au contraire.* Elle est née à Pittsburg et fut instruite au collège de Blairsville.La mort soudaine de son père lui fit chercher un emploi et.avec beaucoup de difficulté, elle parvint à en trouver un comme modèle pour un artiste, à raison de cinq dollars par jour., Enfin, sa beauté la fit remarquer par les directeurs de cinéma et on lui confia quelques petits rôles.Son talent se développa et la mit en vedette.Aujourd'hui elle dirige su propre compagnie et distribue ses productions par l'intermédiaire de ('Associated First National Pictures Inc.Parmi ses meilleurs succès, il faut compter "Passions Playground ", "The Notorious miss Lisle", et "Curtain".Actuellement, elle prépare un nouveau film intitulé : "Conscience".KATHERINE MACDONALD qui dirige aujourd'hui sa propre compagnie.KATHERINE MACDONALD en costume de soirée.La jolie artiste a cinq pieds et six pouces de grandeur.Elle pèse environ 125 livres et possède une magnifique chevelure blonde qui forme un admirable contraste avec deux grands yeux profonds d'un bleu noir intense.Le roman "Black Beauty" filmé par la Cie Vitagraph, a été imprimé dans presque toutes les langues européennes et asiatiques.La traduction arabe est peut-être celle qui a eu le plus grand succès et cela tient sans doute à ce que, dans ce pays, on a une véritable passion pour les chevaux de race.—o— Le charme et la personnalité captivante de Ina Claire ont enthousiasmé le public et les critiques dramatiques de New-York lors de la production de "Polly with a Past" au théâtre Bivoli.L'actrice si populaire était présente à cette première et fut reconnue dans sa loge.Le directeur, Hugh Beisenfield, devant l'insistance générale, dut la présenter à l'auditoire.La prochaine production de madame Nazimova, de la compagnie Metro, aura pour titre "Camille" et non pas "Aphrodite" comme il fut d'abord annoncé.Ce dernier film Nécessité trop de représentations extérieures pour être joué en hiver.C'est pourquoi Mn\e Nazimova a préféré accorder tout son temps à "Camille" pour ne se mettre à la préparation d"'Aphrodite" que l'été prochain.William Fox doit donner prochainement avec le concours de Harold Goodwin une nouvelle version cinématographique de la nouvelle de Charles Dickens, "Oliver Twist".Catherine Calvert, étoile de Vitagraph, est allée, au cours de l'hiver, à destination de Québec, pour prendre part au carnaval d'hiver de cette ville.Cette actrice est enthousiaste de tous ces jeux et particulièrement du tobaggan.Elle passe chaque année une dizaine de jours au château Frontenac pendant le carnaval.Mlle Calvert vient de terminer la préparation d'un film de Vitagraph, sous la direction artistique de Tom Terriss. M i jntréal, mars 1921 LE PANORAMA 7 i Deux têtes pour le même homme L'art du cinéma nous procure toutes les surprises: par exemple, celle d'un homme qui ouvre une porte et se trouve "lui-même" de l'autre côté, avec un visage et un costume différents.Tel est le cas de Wallace Heid dans la scène de "Always Audacious'' que nous représentons ici.Ceci s'obtient par la surimpression, procédé toujours délicat et qui demande une grande habileté tant de la part de l'acteur que de l'opérateur.Certaines de ces scènes de WALLACE REID dans un rôle double.Scène du film "A I way s a ud aeious ".jeu double sont tellement ignénieusement montrées que l'oeil même le plus averti n'y peut trouver aucun défaut.Il y a là, naturellement, un secret de métier, qui a une grande valeur et que nous ne pouvons pas, par conséquent dévoiler.Qu'on sache pourtant que de telles opérations exigent du temps, de la patience et une dose extrême de bonne volonté de la part des acteurs.Le premier scénario que Miss Lois Weber a écrit pour la compagnie Paramount, intitulé "To Please one Woman ", passe à bon droit pour l'un des mieux construits de l'année.Miss Weber sait aussi faire briller les étoiles cachées.C'est ainsi qu'elle mit sur la scène Mildred Harris et bien d'autres.Cette fois, elle a confié le premier rôle féminin à Claire Windsor, sa dernière trouvaille, une blonde merveilleuse et une excellente actrice.—o— L'étonnante ressemblance dans la beauté et le talent d'Olive Thomas et de Cladys Walton, la plus jeune étoile d'Universal City, a vivement frappé le critique dramatique du "Chicago Tribune', Mae Tinee.Elle dit de Gladys Walton, dans une étude sur le fdm "Risky Business": "Gladys est une enfant aussi captivante que l'infortunée petite fille qui mourut tragiquement à Paris, ces temps derniers." De gauche à droite : GEORGE MELFORD, producteur des " Paramount Specials "/ Sir Gilbert Parker, célèbre autour anglais et Ann Forrest, vedette dans les Paramount Pictures.NAOMI CHILDERS, de la Cie Gohlwyn. LE PANORAMA Montréal, mars 1921 ALLAN P WAX mesurant les lignes du visage de Mary Thurman La distance de lu pointe du menton à la base du nez doit être la vu me que du bout du nez à un point situé exactement entre les sourcils.Un visage parfait pour l'écran On a dit que chaque personne a eu ou aura au moins une fois dans sa vie l'ambition de paraître sur la scène théâtrale ou devant l'appareil cinématographique.Que ce soit réel _ou non, il n'en est pas moins vrai que devant le camera surtout il faut un visage spécial et se rapprochant le plus possible d'une perfection dont Allan Dwan nous indique les lignes principales.Sachons tout d'abord qu'Allan Dwan, avant d'être directeur au Cinéma était ingénieur en électricité et professeur de mathématiques et de physique à la "South Bend University", Indiana, (lelui lui donne certainement quelque compétence en matière d'angles et de mesures et c'est là précisément ce qui forme la base de sa méthode."La beauté, dit-il.ne consiste pas uniquement à posséder un visage agréable à voir; elle est constituée par certaines proportions régulières et invariables.Par exemple, les lignes du menton doivent former un angle obtus et la distance de la pointe du menton à la base du nez doit être la même que celle du bout du nez à un point situé exacte-, ment entre les sourcils.La bouche pendant le rire ou le sourire ne doit pas excéder un cinquième en largeur la bouche au repos.La distance entre les yeux doit être exactement la largeur d'un oeil."La forme du nez peut être très variable; il y en a dans tous les genres qui ont leur charme, depuis celui en coquille d'escargot jusqu'à celui où il pleut dedans mais il est évident que cet organe doit être proportionné au visage.Un nez en patute aurait fort mauvaise allure sur un visage en lame de couteau et un petit nez en pied de marmite paraîtrait bien triste et bien isolé sur une bonne, face rubiconde, grosse comme une citrouille de concours agricole."Ces règles, ajoute Alice Dwan ont surtout de l'importance pour les rôles féminins; un excellent exemple de la perfection, au point de vue photographique, nous est fourni par Mary Thurman récemment élevée au rang d'étoile.Non seulement les proportions sont parfaites mais les contours du visage sont ciselés de manière à se prêter le mieux possible à l'éclairage artistique.Or, le succès d'un film dépend en grande partie de l'expression des acteurs et cette expression est parfois toute différente au naturel ou devant l'appareil."Conclusion: la beauté yient après la régularité des lignes du visage et c'est là une règle que ne doivent pas oublier tous ceux ou toutes celles qui se destinent au cinéma." Les lignes du menton vues de face, doivent former un angle obtus. Montréal, mars 1921 LE PANORAMA 9 ALICE TERRY, de la Cie Metro, a voulu prendre connaissance complète du livre "Les quatre cavaliers de l'Apocalypse", PEARL WHITE prédit que le règne de la plume est proche, oeuvre de Vicente Blasco Ibanez, adaptée à l'écran et dans /'o.?la plume des écrivains, mais ceVe des oiseaux pour la laquelle elle tient un des principaux rôles.fabrication des diverses pièces du costume féminin ,y compris certains accessoires comme Vombrelle.Attendons les événements.S 3 M WILLIAM RUSSELL exécutant dans le " Central Park ", à il New-York', quelques prouesses à la plus grande S joie des passants.LADY DIANA MAMMERSqui vient de signer un contrat avec J.Stuart Blackton, à Londres.C'est la fiiïe du duc et de la duchesse de Rutland. 10 LE PANORAMA Montréal, mars 1921 La construction d'un village comme décor Certains films coûtent des sommes énormes à produire; ces dépenses déjà importantes avec le salaire des acteurs et actrices sont parfois sérieusement augmentées par le coût des décors spéciaux.On en a un exemple dans ce que fit récemment la Famous Players-Lasky Corp.pour une de ses productions.Elle construisit un village complet et qui ferait certainement le bonheur des gens éprouvés par la crise des loyers.Ce village, ou mieux, cette petite ville de "Thums" est représentée dans nos photos à trois phases de sa construction.La troisième photo nous donne l'illusion de demeures destinées à l'habitation permanente et non pas au simple usage de décors.Nous sommes loin des toiles peintes qui primitivement formaient le "fonds"' d'une scène quelconque! Ce sont des travaux réels mais comme nous le disions, cela coûte quelque peu plus cher! Rollin Sturgeon, le directeur de la compagnie Universal qui découvrit le talent de la petite Gladys Walton et lui trouva des rôles secondaires dans diverses productions, la dirige maintenant dans la préparation de "The Bobbed Squatd', film dont le scénario a été écrit spécialement pour Mlle Walton par John Colton.Dans le film "Three Sevens", où Antonio Moreno tient le principal rôle, beaucoup de scènes d'extérieurs ont été prises à la prison de Florence, Arizona.Plus de trois cents prisonniers y ont participé et aucun d'eux n'a essayé d'en profiler pour tenter de s'évader.Buster Keaton.l'inimitable comédien du Metro, a pris d'excellentes résolutions au début de cette année.Il s'est engagé notamment: "à ne plus boire, pour des raisons que savent les américains et M.Volstead; à ne pas produire Hamlet au cinéma; à ne plus trouver d'excuses pour manquer à so ntravail et à ne pas se procurer une automobile de $25,000." UNIVERSAL CITY.Le filage de " Thrums " au début de la construction.I En voie d'achèvement.Les maisons et rues terminées. Montréal, mars 1921 LE PANORAMA 11 Cousine Kate Adapt, par L.C.Russell.Direction par Mme Sydney Drew.Production Vitagraph.ROLES.Kate Curtis.ALICE JOYCE Heath Desmond .Gilbert Emery Amy Spencer.Both Martin Rév.James Bartlett .Leslie Austin Bobby .Freddie Verdi Jane.Frances Miller Grant SYNOPSIS Heath Desmond est un artiste peintre au caractère joyeux et qui est fiancé à Amy Spencer beaucoup plus sérieuse que lui.Deux jours avant le mariage.Amy lui pose ses conditions: c'est, elle qui sera le 'boss" ou, comme on dit, qui portera la culotte.Ça ne plaît pas à Heath qui prend ses cliques et ses claques et part pour une destination inconnue.Le lendemain.Amy a des regrets et elle envoie son frère Bobby à l'atelier du peintre mais celui-ci n'est plus là.Que penseront les amis d'un mariage aussi brusquement rompu! Amy décide de prendre l'avis de sa cousine Kate qu'elle attend d'un instant à l'autre.• *3 De son côté Heath regrette son coup de tète et revient.En chemin de fer, il se rencontre avec Kate et quand ils arrivent à destination, ce sont deux parfaits amoureux.Ils ignorent toutefois leur situation respective vis-à-vis d'Amy.Une deuxième rencontre a lieu dans un logement que Heath avait installé.Kate, envoyée par Amy.vient aérer et elle voit arriver, qui?.son amoureux du train.Une explication a lieu.Kate ne veut pas voler son futur mari à sa cousine et veut raccommoder les deux jeunes gens.Heath ne veut rien savoir.Il aime Kate et pas d'autre! Comment cela finira-1 - il ! Or, voici qu'Amy s'aperçoit à son tour qu'elle préfère à son ancien fiancé le révérend James Bartletl.Le mariage est décidé et cet accord laisse le champ libre à Heath de plus en plus amoureux de Kale et à celle-ci qui ne demande pas mieux que de lâcher le litre de mademoiselle pour celui de madame.Trot* scè&ev extraites de " Cou.fiw Kate " avec Gilbert Emery et Aliee Joyce dans rôles de Kate et de Heath. LE PANORAMA Montréal, mars 19?i |an\ 10 r.mort le Au cours de l'année écoulée, plusieurs personnalités marquantes ont disparu de la liste des vivants.Voici les principales: Cyrus Townsend Brady, scénariste, mort le 24 Sydney Drew, l'acteur comique bien connu avril.Waller Edwards, directeur, mort le 17 avril.Clarine Seymour, actrice, morte le 25 avril, liai Roid.scénariste et acteur, mort le 22 mai.Omar Locklear, artiste aviateur, mort le 2 août d'un accident d'aéroplane.James O'Neil, acteur, mort le 10 août.Robert Marron, acteur, mort le 1er septembre.Olive 'Thomas, étoile de la Cie Selznick, morte le 10 septembre.Mollie McCunuell.actrice, morte le 10 décembre.la suite SESSUE HAYAKAWA dans " The Frist Bom" super-production de la Cie Robertson-Cole.UNE VASTE SALLE Les frères Ascher ont inauguré, le 29 décembre dernier, à New-York, un nouveau cinéma pouvant contenir 6,000 personnes.Le West Englewood Theatre est situé dans la soixante-troisième rue, à l'angle de l'avenue Ashland.Le plus petit théâtre de vues animées vient d'être construit à Hollywood dans les studios de la Cie Metro.11 a coûté cent dollars seulement et ne peut contenir que trois personnes.D'est destiné au chef du département des scénarios pour la révision finale.Pendant qu'elle jouait une scène dramatique, Priscilla Dean, de la Cie Universal, glissa et tomba ayant un poignard à la main.Dans sa chute elle blessa involontairement au bras son partenaire Al Garcia qui dut être conduit à l'hôpital.La blessure n'offre, heureusement, pas de gravité.Miss MacLaren est la soeur de Katherine MacDonald,, autre célèbre étoile.Pauline Bush a entrepris un voyage de deux ans autour du monde.Elle veut recueillir une quantité de documents pour son mari Allan Dwan, le producteur bien connu.Deux scènes de "The First Born"", production montée avec un soin particulier par la Cie Robertson-Cole.L'action se passe en Extrême-Orient et a beaucoup de couleur locale.i S t fr/lontiéal, mars 192i LE PANORAMA 1J llliaillllIllJilnillllllllllllWlIlllllllWll!"!»»' .v (Un petit salon intime, chez grand'mère, le soir, après diner.) SCENE PREMIERE ADOLPHE.—Emma ! Emma! GRAND'MERE.—Quoi donc, Adolphe?.ADOLPHE.—Je suis content d'être près de vous.GRAND'MERE.—Çà, oela veut dire que vous voulez un cigare.ADOLPHE.—Je veux un sourire! Ah!.Je ne sais pas ce qvie vous avez, aujourd'hui.Vous m'en faites une têto! Moi, j'aime les gens gais! GRAND'MERE—Vous êtes assommant! Adolphe, vous avez une nature de vieille ooquette.Quand on ne pass?pas son temps à vous faire des complimrnt8.ADOLPHE, important.—Mais, enfin, Emma.il y a trente-neuf ans, j'ai failli devenir votre amant! GRAND'MERE.—Ne parlez donc pas tout le temps de votic faillite! ADOLPHE.—Vous n'êtes pas dh tout de bonne humeur, ce soir.— GRAND'MERE, pointue—Et vous, vous ne voyez jamais plus loin que le bout de votre nez! (Adolphe se met à chanter un air de tango et à esquisser ua pas.) Oh! Et pnis, je vous en prie: ne tournez pas comme un ours! ADOLPHE, digur—Je ne tourne pas comme un ours: j'apprends la tango! Sachez, ma douce amie, que, de no* jours, plus on est vieux, plus on danse! Tra.la.la.GRAND'MERE.—Adolphe, venez vous asseoir près de moi.ADOLPHE, très gentiment.—Emma, qu'est-ce qui vous tracasse?GRAND'MERE.—Rien.ADOLPHE.—Eternel féminin! Vous étiez furieuse parce que je ne remarquais pas que vous aviez un ennui, et, maintenant que jo l'ai deviné.GRAND'MERE, haussant les épaules.—Deviné! ADOLPHE, continuant.—.Vous ne voulez plus me le dira! GRAND'MERE.—Vous ne comprendriez pas.ADOLPHE, vexé—Bien.(Un temps.) Il est entendu que je ne comprends jamais rien! Seulement, ce qui m'étonne, c'est que les autres me trouvent très intelligent! TandiB que vous., vous êtes la seule qui me traitiez d'idiot.C'est peut-être parce qu?je vous aime?GRAND'MERE, énervée.—Ah! je vous en supplie, ne parlez pas de l'amour! ADOLPHE, eoariant.—Enh! Maintenant, il n'y a plus de risques! UN PETIJ CHEF-D'OEUVRE i£e consentement de ^Francine Comédie en vn acte de M.LÉON DEUTSCII DISTRIBUTION Grand'Mere.Mines BuMngB FraneMne .Talour Denise.Martal lyc Vieil Adolph* .MM.Drain Jean.Perdoux René.Gaudin GRAND'MERE.—Il m'agace, l'amour.Il m'agace.ADOLPHE.—Oa dit ça., on dit ça.Vous avez une crise?GRAND'MERE, furieuse.— Mais il ne s'agit pas de moi! Oh! Tenez, puisque vous voulez tout savoir.ADOLPHE, digne.—Je ne vous demande rien! GRAND'MERE.—.H s'agit de Franchie.ADOLPHE, battant des mains.—Bravo, bravo, bravo! GRAND'MERE, ahurie.—Comment, bravo?ADOLPHE, ravi.—Oui, bravo! GRAND'MERE.—Vous êtes désespérant! Vous vous agitez! Adolphe, il y a quelque chose que je ne suis pas loin de trouver presque grave.ADOLPHE, étonné.—Au sujet de Prancine?GRAND'MERE.—Oui.Elle m'inquiète bean-coup.ADOLPHE—Ah! je vois! Elle est amoureuse?GRAND'MERE.—Pas du tout! ADOLPHE.—Tant pis! Une jeune fille doit rimer! Tout \" monde doit aimer! GRAND'MERE.—C'est justement à cause de cela que.ADOLPHE.—Quoi' GRAND'MERE, soupirant.—.Que je me tourmente! ADOLPHE—Mais enfin, ma bonne, puisque votre petite fille n'aime pas, elle n'a pas envie de faire des bêtise3.Et puisqu'elle n'a pas envie de faire des bêtises, vous n'avez pas de raison de.GRAND'MERE.—Oh! j'aimerais peut-être encore mieux cela' ADOLPHE.—Vous allez fort! GRAND'MERE.—Mais vous ne comprenez donc pas qu'elle est froide., terriblement froide! ADOLPHE—Qu'est-ce que vous mo ohantez?H n'y a pas de femmes froides! La "femme de marbre" est une vieille blague que nous ressortent encore les maladroits et les naïfs! Mais la femme., la femme., la femme.GRAND'MERE.—Francine n'a jamais aimé,., entendez-vous., jamais.ADOLPHE.—Vous parlez de cela comme d'un scandale! Attendes, elle vient d'avoir vingt ans.GRAND'MERE.—Elle a déjà près de vingt-quatre ans et, epeudant, elle n'a encore jamais remarqué un j.'une homme.ADOLPHE.-Turlututu! GRAND'MERE—Au théâtre, elle so moque des scènes d'amour! Et quand le jeune premier dit à la jeune première.ADOLPHE.—Oh! non,.Emma, je vous en prie, vous parlez comme Octave Feuillet! GRAND'MERE.— Les romans sentimentaux l'ennuient.ADOLPHE—C'est dommage, car vous en avez uno jolie collection!.GRAND'MERE-Au bal, elle fait pitié, tellement elle a l'air de s'assommer.Enfin, alors que toutes les jeunes filles ont eu plus ou moins d'emballements passagers, Francine n'a jamais eu le moindre flirt.ADOLPHE.—Ce n'est pas indispensable dans la vie! GRAND'MERE—Allons donc! Moi, à son âge.ADOLPHE.—Oui, mais vous.GRAND'MERE.—Quoi?ADOLPHE.—Vous aviez des dispositions! GRAND'MERE.—Parfaitement! Et cela ne m'a pas empêchée d'être une très honnête femme! N'est-ce pas, Adolphe" ADOLPHE, vivement.—Si nous parlions de Francine! GRAND'MERE—Eh bien! sa sauvagerie me fait peur et je me demande ce qu'il faudrait faire pour.ADOLPHE—Ma chère amie, vous me racontez du ohinois! Evidemment, il est un peu extraordinaire, à première vue, que Francine, qui est jolie, riche et de bonne famille, ne se soit pas encore mariée.Mais, enfin.Il n'y a pas péril en la demeure ! et même beaucoup mieux que tout le monde! Je m'y connais! Allez, Emma, quand une femme est jolie, elle plait., et, quand elle plait, on lui plait.GRAND'MERE.—Peut-être.En tout cas, je suis très onnuyée.ADOLPHE.—Mais pourquoi?GRAND'MERE—Parce que j'ai soixante-six ans, Adolphe.Je peux mourir bientôt! ADOLPHE.—Vous?Un roc.GRAND'MERB—Si je m'en vais, Francine sera seule au monde.Von?savez que nous n'avons plus de famille.Et je voudrais, avant d'aller vous retrouver.ADOLPHE.— Comment! " d'aller me retrouver"?GRAND'MERE—Oh, vous mourrez avant moi.Je voudrais la voir mariée., peut-être même maman.ADOLPHE, souriant.—Au fond, vous êtes une ambitieuse! SCENE n FRANCINE, entrant.—Je suis sûre que vous parlez encore d'amour! ADOLPHE.— Parfaitement, ma petite Fran-oine.FRANCINE.—Alors, je me sauve!.ADOLPHE.—Tu as tort, c'est très intéressant.FRANCINE.riaut—Brou!.Vous me faites froid dans le dos.(Changeant de ton.) Dis, grand'mère, j'étais venue te demander si Jean a téléphoné?GRAND'MERE.—Non, ma chérie.FRANOINe, désappointée.—Ah! * ADOLPHE, goguenard.—Il n'a pas téléphoné.Francine.il n'a pas téléphoné.Oela t'ennuie, oela?FRANCINE, glaciale.—Si vous saviez comme oela m'est égal! ADOLPHE, vraiment?737? 14 LE PANORAMA Montréal, marsJp\ GRAND'MERE.—Seulement, Franoine, Denise doit venir tout à l'heure t'apporter les oartes que tu lui as demandées pour les Arts Décoratifs.FRANOINE.—Ah! (Un temps.) Elle viendra.aveo son mari?GRAND MERE.—Bien sûr!.Ils vont au théâtre.Alors, ils passeront un moment.FRANOINE.l'en allant.—Parfait.GRAND'MERE.—Reste aveo nous, Francine.FRANOINE, ponr.ant.—Non, je ne veux pas vous gêner.GRAND'MERE.—Comment, nous gêner?FRANCINE—Eh! oui, je vous laisse à vos souvenirs.ADOLPHE.—Crois-moi, petite, o'est bon, les souvenirs.FRANOINE, lui faisant une révérence—Bonsoir, monsieur!.ADOLPHE, la saluant très bas—Bonsoir, mademoiselle! A tout r.l'heure!.Et Francine Burt.SCENE III GRAND'MERE.—C'est moi qui ai demandé à Denise et à son mari de nous faire uno petite visite.Denise vient de.se marier.Elle est très hureuse.Et j'espèro que le spectacle de sa joie encouragera peut-être un peu ma petite-fille.ADOLPHE.- Maif dites-moi donc, Emma.Jean., ce Jean qui n'a pas téléphoné.O'est ce jeune homme qui vient de temps en temps ici?GRAND'MERE.—Oui.Il est fou de Franoine.Il vient souvent, depuis deux mois.C'est un très gentil garçon.ADOLPHE.—Qu'est-ce que vous me racontiez, qu'elle n'a jamai?îemarqué personne?Elle n'avait pas l'air coûtent, tout à l'heure.GRAND'MERE.—Eh bien! voilà! Je me suis dit que Francine serait très heureuse aveo Jean.Et, connaissant son sentiment pour elle, d'accord avec sa familb, je l'ai attiré chez moi, je lui ai permis d'essayer de se faire aimer.ADOLPHE, admiratif—C'est très adroit.Vous tes une femme de premier ordre.Toutes les mères qui ont une fille à caser font, d'ailleurs, la même chose! GRAND'MERE—Au début, Francine a vraiment eu l'air if - s'attacher à lui.Elle me parlait tout le temps de lui.E l'intéressait.ADOLPHE —Vous voyez bien! GRAND'MERE.—Ah oui! J'ai vu! Le jour où j'ai prononcé le nie.', "mariage", elle m'a déclare qu'elle n'y consentirait à aucun prix.ADOLPHE.—Diable ! GRAND'MERE.—J'ai cru d'abord qu'elle aimait un autre jeune homme.Même pas! Je l'ai interrogé^.Elle ma dit qu'elle était très heureuse.C'est désespérant! ADOLPHE, effaré.—C'est désespérant qu'elle soit heureise?GRAND'MERE—Oui.A son âge, malgré toutes leB satisfactions qu'on peut avoir, on n'est jamais parfaitement heureux.ou, du moins, parfaitement calme.Francine devrait espérer toujours quelque chose qui se produira., peut-être dans un moment., ocnt-êl;-?un peu plus tard., s'attendre à ce que cela soit à la fo's terrible et merveilleux ; avoir un peu d'appréhension et beaucoup d'espérance., se dire: "Ii faudra que j'ouvre bien les yeux." et être prête à s'abandonner sans rien voir.ADOLPHE, souriant.— Comme c'est curieux, Emma! C'est \ous qui les avez, les vingt ans de Franoine ! SCENE IV JEAN, entrant.—Oh! madame, je vous dérange?GRAND'MERE.—Pas du tout, Jean.Vous voyez bien que je suis seule avee M.Duruel, que vous connaissez.ADOLPHE—Bonsoir, monsieur, Notre amie me parlait justement de vous.,.GRAND'MERE.—Je vais faire dire à Fransine de venir tout de suite.JEAN—Non, madame.Je vous demande pardon.Je ne verrai pas Francine ce soir.GRAND'MERE.—Comment?JEAN.—Oui, j'ttait venu m'excuser auprès de vous.Mais j?.je suis retenu par des amis.GRAND MERE.—Eh bien! quitttez vos amis.JEAïi.—Je vous en prie, madame, n'insistez pas.GRAND'MERL.— Ecoutez, Jean, je ne vous reconnais plus.Vous avez aujourd'hui un air soucieux.ADOIPHE, bas.—Il vient peut-être vous demander sa main?GRAND'MERE.—Qu'y a-t-il?JEAN—Madame, je crois qu'il vaudra beaucoup mieux pour nous tous.que je ne revienne plus.GRAND'MERE.—Jeau, pourquoi?.JEAN—Je m'aperçois que je ne suis pas du tout le mari qu'il faut à votre petite-fille.Depuis quelque temps déjà, je sentais qu'elle n'avait pas pour moi toute la tendresse que j'avais espérée.GRAND'MERE.—Jean, mon petit, vous savez combien Franciue est sensible.Elle n'ose sans doute pas vous avouer qu'elle vous aime.ADOLPHE, riant—Voulez-vous que j'aille le lui demander?GRAND'MERE.—Je sais, moi, qu'elle est très contente lorsque vous venez la voir.Elle vous appelle son ami.Vous êtes le premier à qui elle donne ce titre.\ JEAN.—Oui, je suis son ami, madame, et plus je deviens son ami, plus je comprends qu'elle n'a pas d'amour pour moi.GRAND'MERE.—Patientez.ADOLPHE—Ma chère Emma, ce n'est pas toujours très drôle! JEAN.—Oh! je n'aurai pas ce courage, madame! Vous m'avez pemJs de lui faire la cour.Mais chaque fois que j'as essayé d'être un peu plus affectueux qu'un camarade, j'ai senti Francine devenir distante., Chaque fois que j'ai voulu, oh ! pas lui dire, mais lui faire deviner que je l'aimais, elle a trouvé un moyen de m'en empèoher.,, comme si ci la lui était très désagréable ouo je lui parle de nous et comme si cela devait la blesser que je lui parle d'elle.ADOLPHE—Jeune homme, vous disséquez trop! JEAN.—J'ai pensé un instant que Francine était amonrsuse d'un autre.GRAND'MERE, vivement.—Je vous jure que non.JEAN.—Elle me l'aurait dit, je crois.GRAND'MERE, le retenant.—Alors.JEAN.—Non, madame, je vous remercie, vous avez été très bonne pour moi.Bile ne veut pas, n'est-ce pas?Nous n'y pouvons rien.Il ne faut pas lui faire de la peine.GRAND'MERE.—Elle en aura, si elle ne vous voit plus! JEAN.—Non, ou très peu.Ce ne sera presque rien! GRAND'MERE, après un silence.—Si vous l'aimez vraiment.,.JEAN, tristement,—Oh! madame.Mais vous ne savez pas ce qu'est Francine pour moi! Mais vous ne pouvez pas vous douter! Francine, o'est toute ma vie., c'est mon bonheur.ADOLPHE.—Très bien! Très bien! JEAN—Lorsque j'ai rencontré votre petite-fille pour la première fois, j'ai eu tout de suite confiance en elle.GRAND'MERE, souriant.—Je m'en suis aperçue.JEAN.—Et, si vous saviez que, depuis ce moment-là, elle ne m'a pas quitté une seconde.Oui, partout où je suis, où je vais, elle est là devant mes yeux.Je ne vois qu'elle.Je ne sais si vous avez rema-qué: j'étais gauche et timide.Eh bien! j'ai pris de l'assurance.et je me suis senti tout à coup très fort et très courageux.Il m'a semblé que le seul fait d'aimer suffirait à me faire aime;., ADOLPHE, à grand'mère.—Je connais cela., Emma.JEAN, continuant.—Cela a été comme si une porte s'ouvrait devant moi., et, tout à coup, j'ai connu la joie., la jcie oomplète, puis la fierté.,, une fierté folio., et puis aussi., un peu de jalousie., enfin, une foule de sentiments qui m'étaient inconnus.ADOLPHE—Mais qui se connaissaient très bien entre eux.CRAND'MERE.— Mon petit Jean., je suis très émue.ADOLPHE— Allons, jeune homme, courage! Je sais bien qu'en faee d'une petite bonne femme de rien du tout., nous ne sommes plus grand'chose.JEAN—Francine ne m'aime pas, j'en suis sûr.,, tout à fait ifir! GRAND'MERE—Mais enfin, Jean, soyez raisonnable: rendez-vous compte combien., même avec le jeune homme qui lui plait le plus., une jeune fiila est défiante., hésite à se livrer., doute d'elle-même., de lui., de tout ce qu'elle ignore.Et puis, vous connaissez Francine l'un et l'autre.Vous savez comme moi qu'il y a eu elle quelque chose d'indécis., de craintif.JEAN.—Oh! clies Francine, ce n'est pas seulement de la crainte, du moins lorsque je suis près d'elle.Je ne pais.Il y a quelque chose que je n'arrive pas à comprendre.Oui, à certains moments, nous nous entendons très bien.Et puis, tout à coup, c'est bizarre, j'ai la sensation que notre communion est incomplète.Je m'imagine que votre petite-Tille est sur le point de venir vers moi et subitement, uu détail, un rien me montre qu'elle n'y consentira jamais.Je vous assure: une espèce de gêne l'en empêche, de la gêne qui ressemble presque.à de la répugnance! GRAND'MERE.—Que dites-vous, Jean?JEAN.—Je n'ai jamais prononcé de véritable aveu; mais, pourtant, j'ai vu Francine bien des fois, toute troublée.Seulement, au moment de céder à un entn-intment possible., au lieu de venir dans mes bias qui s'ouvraient pour elle, elle s'est éloignée, comme si elle se sauvait.Et chaque fois que j'ai voulu simplement lui prendre la main, elle l'a retirée brusquement, brutalement, même.ADOLPHE, songeur.—Qu'est-ce que cela signifie?GRAND'MERE.—Je vais vous le dire.JEAN.—Ji no iui plais pas! GRAND'MERE.—Il y a autre chose., autre chose qu'il faut que vous sachiez.ADOLPHE.—Un mystère?GRAND'MERE.—Presque.Ce n'est pas vous qui déplaisez à Francine.Ce n'est pas votre amour qu'elle redoute! C'est l'amour lui-même.ADOLPHE.—Alors, ello est folle! GRAND'MERE—Un soir.Ecoutez-moi bien.Vous allez sourire peut-être et vous aurez tort.ADOLPHE.—Voyons l'histoire.GRAND'MERE—La voici.Un soir, dans un bal, le premier bal où je l'ai menée.Il y a sept ans de cela.Déjà sept ans!.Un jeune homme avec qui elle eî insait, qu'elle n'avait jamais rencontré, a profité d'un moment où ils étaient seuls.et l'a embrassée., d'un baiser brutal qui l'a écoeurée, qui l'a dégoûtée.,.ADOLPHE.—Mais, sapristi, cela arrive à beaucoup plus da jeunes filles qu'on ne croit d'être embrassées.Seulement, en général, elles sont contentes! GRAND'MERE—Je vous avais bien dit que vous souririez et que vous auriez tort.Pour Franoine, cela a été terrible.Je me souviens.Elle est accourue vers moi, et m'a demandé de rentrer bien vite. :,Iuntiéal, mars 1921 LE PANORAMA 15 Elle est tombée tout en larmes dans mes bras.Car elle était très ignorante et—c'est assez touchant— elle s'est crue profanée par un simple baiser.Puis, malgré tout ce que j'ai pu faire pour la consoler, elle a ga>dé de la peur, du dégoût.Et il est possible, Jean, que ma petite-fille refuso de se laisser aller à sa tendresse pour vous à cause de ce vilain souvenir.JEAN, bel ému.—Pauvre Francine!.ADOLPHE, arec force et bonne humeur.—Quoi! Pauvre Francine! Pauvre Francine! Qu'est-ce que c'est que cette litanie?Evidemment, c'est un incident regrettable! Ft je comprends très bien que cette mioche se soit repliée sur elle-même.Je m'explique, maintenant, son amertume, sa sauvagerie, sa pudeuv.enfin, toute son attitude! Mais il n'y a vraiment pas de quoi s'affoler! Gomment! vous êtes effondrés parce qu'il y a quelques années Francine a reçu un baiser qui ne lui a pas fait plaisir?Mais, nom d'un chien, jeune homme, à votre place, je serais bien plus ennuyé si ce baiser lui avait été agréable! SCENE V FRANGINE, entrant.—Je peux entrer?Je ne dérange pas trop le fl'rt?ADOLPHE.—Fini, le flirt! FRANCINE, à Jean.—Tiens, Jean, vous étiez là?Figurez-vous c|ue je ne peux pas les laisser cinq minutes seuls sans qu'ils se fassent la cour.,.GRAND'MERE.—Moque-toi de nous! ADOLPHE, vexé.—Je te défends de prendre ce petit air ironique! Qa ne connaît rien de rien.Ça veut jug;r! Attends seulement d'avoir fait connaissance aveo lui! FRANCINE.—Qui?Lui?ADOLPHE.—L'amour! FRANCINE, candide.—Oh! je le connais très bien: je l'ai vn! ADOLPHE, abasourdi.—Qu'est-ce que tu nous chantes?Tu as vu l'amour?FRANCINE.—Bien sûr!.ADOLPHE.—Où?Quand?FRANCINE.—La dernière fois que nous sommes allées déjeuner chez vous, grand'mère et moi.ADOLPHE.—Dans ma garçonnière! FRANCINE.— Dans vos trois ohambres de vieux garçon! Vous nous avez reçues douillettement enveloppé dans une bonne vareuse.avec, aux pieds, des pantoufles brodées et usées.jusqu'à la trame! Ah! vous n'étiez pas élégant du tout! Vous n'étiez même pas très.coquet! ADOLPHE, vivement.—Je t'en prie.Je t'en prie.FRANCINE.-Je dis la vérité.ADOLPHE—Ça va.Qa va.FRANCINE.—Nous avons pris le café dans votre bureau.Vous étiez tous les deux étendus dans de larges fauteuils.Moi, je m'étais assise sur votre vieux divan.ADOLPHE.—Dans- les coussins., comme une chatte.FRANCINE.—Au mur, en face de moi, il y avait une reproduction de vieille gravure: "L'Amour." ADOLPHE, fiaieux.— Comment! une reproduction?Elle est authentique! FRANCINE.—En voyant ce gros enfant joufflu qui avait l'air de jouer tout seul à colin-maillard et qui envoyait des flèches un peu partout, comme si on venait de lui acheter un Eurêka tout neuf, jo mo suis demandé si l'amour ce n'était pas plutôt., tenez., vous, fumant un énorme cigare et buvant du oognac, assis à oôté de grand'mère, qui tenait son verre d'anisette en levant son petit doigt.ADOLPHE.—D'où tu conclus.FRANCINE.—Que l'on peut très bien vivre sans "aimer".Soyee tranquille, quand j'aurai l'âge de grand'mère, j'irai aussi prendre du café et de l'amsette chez un bon camarade.ADOLPHE.—Tu n'es qu'une petite sotte.FRANCINE.—Mai" non.(A Jean.) Défendez-moi, Jean.Dites-leur que vous m'inviterez plus tard quand nous aurons des cheveux blancs.GRAND'MERE, vivement.—Mais, plus tard, Jean sera marié., FRANCINE, décontenancée.—Ah! GRAND'MERE.—Oui, il aura une femme, des enfants.Il sera peut-être grand-père.FRANCINE, 1?.voix un peu tremblante.— Eli bien!.Eh bien! tant mieux! Plus on est de fous, plus on rit.N'est-ce pas, Jean?.Mais qu'est-ce que vous av.:z, aujourd'hui?Vous ne dites rien! JEAN.—Je vous écoute.FRANCINE.—Je dis des bêtises?JEAN.—Non! Pourquoi?FRANGINE.—Parce que vous n'avez pas l'air content.S'il y a quelque chose qui vous déplaît, Jean, mon ami.,.JEAN, ému.—Francine, puis-je vous demander de ne pas êtro sincère?Lorsque je vous écoute, j'essaye de suivre votre pensée.et quelquefois.A ce moment, Adolphe et grand'mère font un mouvement pour s'en aller, FRANCINE, les retenant.—Où allez-vous?GRAND'MERE, bredouillant.— Heu.Nulle part! ADOLPHE.—Je voulais raconter à Emma une histoire qui n'est pas du tout pour les jeunes filles.FRANCINE.—Alors, gardez-la, votre histoire, elle n'est pas pour les grand'mères non plus.ADOLPHE, malin.—C'est cela! Je vais la raconter à Jean.Venez, jeune homme.FRANCINE, vivement, involontairement.—Ah! mais non! ADOLPHE.—Je tiens absolument à la caser, mon histoire., d'autant plus qu'elle va vous amuser au plus haut point.Il essaye d'entraîner Jean.FRANCINE.—Grand'mère.,.GRAND'MERE.—Ma chérie!.FRANCINE, un peu honteuse.—J'aime encore mieux que ce soit toi qui ailles écouter ce qu'il raconte! GRAND'MERE.souriant.—Et si c'est quelque chose que je ne dois pas entendre?FRANCINe, gentiment.—Tu fermeras les yeux.GRAND'MERE.—H vaudrait mieux que je me bouche les oreilles! ADOLPHE, qui * écouté les répliques précédentes.—Alors, tu "me permets" d'emmener ta grand'mère?FRANCINE, gentiment hypocrite—Il faut toujours vous cède, à vous.ADOLPHE.—Enfant gâtée! FRANCINE-Quoi! beau vieillard?ADOLPHE—Sais-tu ce que tu me rappelles?FRANCINE.—Non! ADOLPHE.—Tu me rappelles une petite fille de ton ^ge que j'ai rencontrée., lorsque j'étais très jeune.Elle te ressemblait beaucoup; elle était, à la fois, autoritaire et craintive, comme toi.FRANCINE.—Je ne suis pas autoritaire! ADOLPHE.—Presque pas! Oui, vraiment, elle était assez sauvage.FRANCINE.—Elle était peut-être laide!.ADOLPHE.—Oh! non! Il y avait en elle cette douceur que l'on devine parfois lorsque tu nous regardes.FRANCINE.—La plupart du temps, je pense à autre chose.ADOLPHE—Elle aussi, elle était distraite: o'é-tait uno petite rêveuse.FRANCINE, devenue grave—Vous l'avez beaucoup connue?ADOLPHE.—Beaucoup.FRANCINE —Elle est morte?.ADOLPHE.—Non.elle n'est pas morte.FRANCINE.—Je voudrais savoir son nom.ADOLPHE.-Elle s'appelait.(Il hésite, à un regard tendre vers grand'mère, puis.) Je te dirai son nom un autre jour! Et il sort en entraînant grand'mère.SCENE VI FRANCINE.—Vous le trouvez drôle, vou,s le vieil Adolpho?JEAN.—Il a l'air si bon.FRANCINE.—Moi.il m'énerve! J'ai horreur de ces vieux messieurs qui ne parlent de leur âge que pour faire constater qu'ils sont encore verts! JEAN.—Ne soyez pas méohante.FRANCINE, changeant 3e ton.—Jean, je ne veux pas que vous ayez l'air triste, ce soir., moi qui suis si gaie! JEAN.—C'est pour cela que vous êtes moqueuse?FRANCINE- Peut-être! Oh! je me suis promenée toute la journée, au Bois, toute seule! J'avais mis ma petite toque de fourrure, mon grand manteau, celui que vous aimez., Il faisait un petit froid seo! J'ai pensé à vous.JEAN.—Cela vous arrive donc quelquefois?FRANCINE.— Souvent, très souvent, même.Figurez-vous, je m'étais imaginé que je vous trouverais en rentrant.Dites, Jean, pourquoi n'êtes-vous pas venu pour le thé?Je vous ai attendu.JEAN.—Je n'ai pas pu, J'ai été obligé d'aUer voir notre amie Suzanne Gérard.Francine.—Pourquoi ?JEAN.—Elle a du chagrin.Son mariage est rompu.FRANCINE, très sincèrement étonnée.— C'est tout?JEA.—Elle ebt très malheureuse.FRANCINE.—Mais que s'est-il passé?JEAN.—Affaire de dot.Son fiancé n'a pas très proprement agi.Je crois.FRANCINE.—Alors, eUe est bien bête de le regretter! JEAN.—Oui.Mais elle l'aime.FRANCINE.—Ah! elles me font toutes rire, aveo leur amour.JEAN.—H ne feut pas rire.FRANCINE.—.Et elles emploient de grands mots: elles donnent leur coeur, leur pensée, leur âme.Mais les gens ne meurent pas d'amour! JEAN.—Ma petite Francine, je vous souhaite de ne jamais souffrir de cela.FRANCINE.—Oh! moi, il n'y a pas de danger, je n'ai jamais pu arriver à aimer!.J'aurais bien voulu.pour voir.JEAN.—Oh! on n'aime pas "pour voir", allez! Quand, une fois, on se sent pris.on n'a plus envie de se défendre.C'est fini.C'est si peu de chose!.Et, pourtant, il y a de la lumière à la place de l'ombre! FRANCINE, détournant la tète.—J'aime l'ombre! JEAN.—Francine, vous est-il arrivé, dans un moment dj solitude, de vous abandonner à quelque rêve., et, tout à coup, d'avoir la sensation de ne plus être seule?FRANCINE.—Non.JEAN.—Moi, cela m'arrive chaque fois que je pense à vous! FRANCINE, heureuse.—Ah! JEAN.—Parmi tou?les jeunes gens que vous avez rencontrés, y en a-t-il un qui vous ait parlé aveo assez do douceur pour.FRANCINE.—Mais.vous, Jean! JEAN, presque brutalement.—Oui, mais moi oe n'est pas la même ohose.(Reprenant.) Vous ne vous êtes jamais dit, en pensant à un jeune homme: "S'il ne m'aimait pas?Si une antre lui plaisait?S'il épousail cette autre?" FRANCINE.—Vous allez vous marier, Jean?JEAN.—S'il partait pour ne plus revenir?.FRANCINE.—Vous allez partir, Jean? 16 LE PANORAMA Montréal, mars 192, Un silence.JEAN.—Francine, permettez-moi de vous dire combien vous avez inspiré d'amour.Vous n'êtes pas ne jeune fille comme les autres.Mais, n'est-ce pas?cela, on l'ignore.Et, ma foi, je sais que l'on vous i trouvés jolie, que l'on vous a désirée.FRANOINE, gêuée.—Jo vous en prie! (Un temps.Puis, avec hésitation.) Mais vous, Jean.vous.ne m'avez jamais aimée, n'est-ce pas?.JEAN.—Francine! Leurs regards se rencontrent.Francine détourne la tête,, FRANCINE.—Mon pauvre Jean! Mon pauvre Jean! Ils sont interrompus par l'entrée de Denise et de René.SCENE vn DENISE, entrant.—Bnsoir, Francine ! Vous allez bien, monsieur Jean?FRANOINE.—Bonsoir, René!,.DENISE.—Nous sommes venus t'apporter des cartes pour les Arts Décoratifs! FRANCINE.—Je te remercie, Denise.Tu es bien gentille! JEAN.—Comme vous êtes beaux! DENISE.—Mon mari m'emmène aux Capucines.C'est la première fois que j'y vais.Il parait qu'il y a une revue d'un leste, d'un leste! FRANCINE, dédaigneuse.—C'est du joli! DENISE.—Comment trouvez-vous ma robe?JEAN.—Tont à fait réussie., et distinguée! RENE.—Trop décolletée! DENISE, riant.—Déjà! C'est la première robe que je me fais faire depuis notre mariage.Et tu vois, il la trouve déjà trop décolletée.Qu'est-ce que cel?, sera, dans dix ans!.FRANOINE.—Dans dix ans! Cela lui sera bien égal.n'aie pas peur! RENE.—Mais jamais de la vie, Francine! Dans dix ans, nous nous aimerons sans doute plus qu'à présent, Denise et moi.DENISE, à son mari,—Oh! non, pas plus.Mais mieux, Nous aurons l'habitude l'un de l'autre.Nous serons au courant de nos petites manies.Et je te pardonnerai tous tes travers.FRANCINE, ironique.—La vie de ménage! DENISE.—Mais parfaitement, la "vie de ménage",! Tu sais, ce mot prend un tout autre sens lorsque l'on s'apcrço't que c'est très agréable d'être un mari et une femme.Ainsi, moi, avant de me fiancer.p n'étais pas follement enthousiaste, tu sais.Ah! non.Et même, dans les premiers temps, l'idée de vivre constamment et toute seule avec René ne me jetait pas dans une allégresse exagérée ! RENE, vexé.—Je t'en prie, Denise, pas trop de détails! DENISE.—Mais, à présent, je peux bien l'avouer: je suis si heureuse que j'ai un peu de pitié pour la jeune fille que j'étais.JEAN.—Bravo, René! RENE.—Oh! Jean, il n'y a pas de quoi me féliciter.Mon bonheur ressemble énormément à celui de Denise.Mais oui: il y a une chose que l'on ignore.Sous prétexte 'que les conditions — comment dirai-je?—matérielles de la vie d'un jeune homme diffèrent totalement de elles de l'existence d'une jeune fille,., l'on est tout prêt à croire que ces petites-là sont tout à fait naïves et nous complètement blasés.Elles: toutes candides.Nous: tout désabusés.Elles: jeunes, ardentes.Nous: décatis, gâteux DENISE.—Ah! non.Je vous assure qu'il n'est pas gâteux, mon mari! RENE.—Sous prétexte que nous vivons en un siècle où les réalisations commerciales triomphent., où les sentiments font place à l'intérêt.,., où les choses de l'amour se bâclent comme une opération financière., l'on ne suppose pas que certains jaunes gens—oui, beaucoup d'entre nous —se sont "réservés" pour celle qui sera leur femme.,., qu'ils ont conservé leur coeur intact et qu'ils arrivent en mariage avec la même pureté de sentiment que leur fiancée.DENISE, avec élan.—René!.Et, très pudiquement, elle se blottit dans les bras de son mari.JEAN.—Eh bien! Francine., que pensez-vous?FRANCINE.—Je les trouve sinistres! DENISE.—Nous?Mais pas du tout ! Nous nous amusons tout le temps! RENE.—Nous sommes d'une gaieté folle! DENISE.—Je ne cesse de chanter! RENE.—Les voisins sont ravis! Ah! croyez-moi, Francine, vous n'avez pas le droit de nier la joie que nous avens de vivre., de vivre unis, tous les deux.Vo'in m'avez dit, un jour, peu avant notre mariage: "René, je vous confie Denise, c'est ma meilleure amie." Eh bien! Francine, vous avez mis votre meilleure amie en très bonnes mains.Et voulez-vous que je vous dise?Eh bien! je vous ai souhaité un mari comme moi! FRANCINE, riant.—Prétentieux! RENE.—Mais oui! "Ni pire ni meilleur que moi.," Cela so chante à l'Opéra-Comique.Un mari qui soit un bon camarade.et un pas trop mauvais amoureus.Qui mette sa petite compagne au courant de sou t'avail, de ses espérances, de son idéal., mais aussi qui ne dédaigne pas de la trouver jolie, d'être fier qu'elle soit un peu coquette dans la but de lui plaire et qui sache surtout ne pas être trop grincheux.DENISE.—René a raison.RENE, aveo force.—Un mari.Un mari.Quoi qu'on dise, on n'est pas forcément idiot ou ridicule parce que l'on devient un mari! Je suis sûr que ma femme a beaucoup de eonsidération pour moi! DENISE.—Francine, il ne faut pas que tu restes une vioillo fille.Francine.— Mais si.mais si.,.Je suis née pour être une vieille fille.DENISE.—Oh! non! ton nez deviendra tout pointu et tu jauniras à vue d'oeil.RENE.— Allons, Denise, allons.Au revoir, Jean!.nous veus laissons avec la célibataire endurcie! DENISE.—Au revoir, Francine! Ne te dérange pas.je t'en prie.A bientôt!.RENE.—Francine, demain matin, je vous téléphone et je vous lis le texte de la loi consacrée à l'impôt sur les célibataires!.Et ils sortent.SCENE VIII FRANCINE.—Dites, Jean, René m'a appelée célibataire endurcie.J'espère ne pas être trop fripée pour nn célibataire endur,.« JEAN.—Oh! Francine., laissez-moi vous dire.que vos yeux, qui se ferment pour sourire un peu, sont mes amis préférés.FRANCINE—Je vous en supplie.Ne me parlez pas d'amour, pas vous! J'ai l'impression qu'en ce moment, on essaie de m'entourer.d'une atmosphère,.Oui.c'est cela! grand'mère, le vieil Adolphe, et même Denise et René, qui sont venus avec un mauvais prétxte, j'en suis sûre, étaler leur tendresse.Ça me gêne.Si vous saviez, Jean.Restons.dep amis, rien que des amis., mais toujours des amis.JEAN.—C'est entendu! FRANCINE, étonnée.—Vous acceptez?JEAN.—Mais oui.Pour que vous soyez heureuse.FRANCINE.—Ah! merci! Oui, mais vous?JEAN.—Moi, cela ne fait rien! FRANCINE.—Oh! si! cela fait beaucoup! JEAN.—Evidemment, je vais souffrir.J'avais tellement espéré vous décidée à devenir ma femme.FRANCINE.—Je vous en prie, ne m'en veuillez pas.JEAN.—Ma chérie!.(D'un geste instinotif, il lui prend la main.Elle la retire brusquement.) Oh! pardon.FRANCINE, mettant sa main dans celle de Jean.—Pourquoi, pardon?JEAN, lentement.— Il y a des gens qui oroient que, lorsqu'on s'est donné la main et que l'on s'est serrés bien fort., comme cela., on est liés l'un à l'autre.Francine détourne la tête, leurs mains se quittent.FRANCINE.—Jean.Dites, cette après-midi, j'ai suivi des amoureux dans un sentier, au Bois.Ils se tenaient par la main et je les ai trouvés ridicules.Tandis que nous, là.à l'instant., n'est-ce pas?.nous n'étions pas.JEAN.—Nous u'étions pas ridicules, je vous le jure.Mais, Francine, pourquoi cette peur de vous laisser aller?.Cette espèce de fausse pudeur n'est pas digne de vous, je vous assure.Oe n'est pas digne de voiu.U faut relever la tète, au contraire.Vous pouvez être fière.Votre nature est si droite! Il y a tant de pureté en vous, tant de limpidité! Et, quand ;e faisais le beau projet de nous marier, je voyais en vous la compagne grave, attentive, fidèle., qui m'aurait apporté le courage, la force do lutter contre la vie, la sérénité.FRANCINE.-—Jean, mon grand, il ne faut pas m'en vouloir.Ce n'est pas ma faute.Je voudrais bien; mais., mais-., au fond, je ne suis qu'une égoïste! Oui, Jean, je ne vaux pas grand'chose, allez.JEAN.—Vous?FRANCINE.—Mon bonheur serait de vous avoir là, toujours, tout près de moi.Seulement, je ne voudrais pas que.Je ne sais pas.Je ne sais pas.Oh! pourquoi m'aimez-vous d'amour ?Evidemment, jo suis très contente que vous me préfériez aux au!res.(D fait un geste, elle recule.) Mais., mais.Oh! il y a des fois où, tout d'un coup, c'est comme si la tête me tournait,.C'est terrible! JEAN.—Asseyez-vous, Franoine! FRANCINE.-Vous aussi, venez là, mon ami Jean.Elle se met tout contre lui, comme pour qu'il la protège.Lui n'ose pas la prendre dans ses bras.FRANOINE.— Oh! laissez-moi rester comme cela.Ne bougez pas.Ne me touchez pas, surtout.Je me sens bien.Dites, pourquoi est-oe que je me sens bieu près de vous?Jean, je vous jure que c'est votre nom que je répète.Je vous appelle mon ami.Je n'aurais jamais cru que je pourrais poser ma tête si près de votre tête.Hereusement quo je ne vous vois pas!.Oh! j'ai honte en ce moment., et je n'ai pas le courage de bouger I JEAN.—Francine, vous êtes ma bien-aimée.Quand je suis seul et que je me répète: "Elle est ma bien-aimée!", je comprends le véritable sens de ce mot.Cela vent dire que je suis prêt à vous aimer très bien., avec toute ma tendresse, toute mon intelligence.Enfin, très bien! Elle fa;t un geste comme pour s'éloigner de Jean.Alors, il la prend brusquement dans ses bras.Mais elle se sent serrée contre lui et, tout à coup, elle a peur.Elle se débat.Elle s'éohap-pe.FRANOINE.—Allez-vous-en!.Allez-vous-enI SCENE LX ADOLPHE, entrant.— Excusez-moi, je vienB prendre ma pipe et mon tabao.FRANCINE.— Monsieur Adolphe, restes un peu avec nous., JEAN.—Oh! oui, monsieur, restez.Cela vaut mieux! ADOLPHE—Cela vaut mieux?(H les regarde, les voit tristes et, .".'adressant à Francine.) Dis, Francine, qu'y a-t-il encore?FRANCINE.—Mais. Montréal, mars 1921 LE PANORAMA 17 ADOLPHE, très brutal.—Oui! sais-tu, à la fin, ma petite, que'tu as de la chance de ne pas être ma fille?Non, je t'en prie., laisse-moi parler.et regarde-moi.Allons, lève le menton.Et maintenant, écoute.FRANOINE, essayant de plaisanter.—Les avis de la sagesse?ADOLPHE.—Mon opinion: tu es une petite méchante! JEAN.-Oh! monsieur.ADOLPHE, à Jean.—TaiBez-vous, Jean, vous n'avez pas la parole non pins! (A tous les deux.) Assez! Ah! le?enfants!.Chut!.Bien!.(Un temps; puis, plus doucement, à Francine.) Francine, tu r& une femme.Je serai donc le premier à avoir de l'indulgence pour tout ce que tu pourras faire d'illogique.Tu es une femme.Tu n'es qu'une femme.FRANCINE, très petite fille.—Je le sais bien, monsieur Adolphp.ADOLPHE—Veux-tu!.(Mouvement de Franoine.) Je te dispense de m'interrompre.parce que, si tu m'interromps, c'est encore toi qui auras raison.Alon, ce n'est pas la peine! Les femmes ont toujours aimé découper le coeur des hommes en petits morceaux.Mais, ma petite Francine, il faut tout de même quelquefois faire attention.Je t'assure que je n'ai pas besoin d'être grand soroier ponr savoir tout le mal que tu fais à Jean.JEAN, vivement.—Ça ne fait rien, ça ne fait.ADOLPHE, continuant et conservant toute son autorité.—Eh bien! maintenant.j'exige (tu entends?'exige! que tous les trois nous regardions un peu la vie en fane.Ce n'eBt pas une décision que je te demande de prendre, Francine.Les décisions, d'ailleur3., ça compte si peu! Mais je veux, Francine, que tu te laisses aller en toute loyauté à ta tendresse, à ton besoin d'aimer.Tu ne t'aperçois pas, ma chérie, que Jean se conduit vis-à-vis de toi d'une façon exemplaire!.JEAN.—Je vous cr prie.ADOLPHE, prenant la main de Francine.—Tu sais, Francine, ne t'illusionne pas: on va te le prendre, ton Jean.Je te le dis devant lui.Mais il ne peut pas rester toute sa vie à tes pieds.Il en épousera une autre, Francine.Fais bien attention, ma pet;te! (Francine retire vivement sa main de celle d'Adolphe.) Oh! tu peux retirer ta main de la mienne, pour que je ne voie pas qu'elle tremble; ça ne changera rien.On va te le prendre, Francine.Oh! et pnis, ne crispe pas ton visage.Oh! tu es laide.Il s'en ira pour toujours.Ah! les larmes! Tu pleures! Très bien! Pleure, ma petite!.,.JEAN.—Francine, ne pleurez pas!.FRANOINE, en larmes, mais avec orgueil.— Mais je ne pleure pas.Adolphe, maintenant, nous deux, parlons sérieusement.Eh bien!.,, je vous donne le conseil.de vous en aller, vous entendez., Oui, parfaitement! Allons, bon! il fait la tête aussi, oelui-là! Je n'ai pas de succès, ce soir! Ça ne fait rien.Je vous en prie, mon petit Jean.Et je suis certainement d'accord avec mon amie Emma.Je vous prie d'espacer vos visites.,.O'est pour votr: bien, mou enfant.,.Mais non, ne dites rien.J'aime les monologues.Laissez-n:oi m'en donner à coeur joie.Voilà: un homme qui est arrivé à votre âge (je sais que vous avez à peu près trente ans) doit faire sa vie, créer un foyer.Ecoutez.Ne faites pas comme moi.Oui, je n'ai pas été comme tout le monde le croit, et comme je l'ai toujours raconté, un vieux noceur! La vérité est que j'ai gâché ma vie.(Il s'arrête, un peu ému; puis, il reprend.) Tenez, mes enfants, je vais vous faire une confidence que je n'ai jamais faite à personne,.Eh bien! un jour (oh ! il y a de cela longtemps, si longtemps!), j'ai rencontré une jeune fille., une peut être.comme il n'y en a plus! Je la revois, elle avait une robe bleue.FRANCINE.—C'est vrai, vous avez été jeune.ADOLPHE.—Oui, j'étais jeune.et timide, et maladroit., Je n'ai pas su lui plaire.Depuis, Francine, écoute bien., j'ai toujours souffert! A cause d'elle, j'ai pleuré plus que tu ne pourras sourire.Ma vie n'a été qu'un chagrin et qu'un regret.C'est pourquoi ma bonne humeur est si expansive et ma gaieté si bruyante, parfois.Tu comprends: pou: crâner! FRANCINE, très émue.—C'était grand'mère ?ADOLPHE—Oui.,, la petite fille en robe bleue.FRANCINE.-Monsieur Adolphe! ADOLPHE, s'en allant.—Pour la dernière fois, Francine, laisse-toi attendrir sans avoir peur de ce qui pourrait t'arriver de très bien.Croyez-moi, mes enfants, il faut s'aimer, il faut aimer, il faut aimer ! Et il sort.SCENE X JEAN, prenant brusquement sa résolution.—Il Alors, vous préferez que nous nous quittions ?a raison, Francine! (Francine fait signe qne non.) (Elle fait sign" que oui.) Pour toujours?(Même geste de Frafïcine.) En ce cas, je vous fais mes adieux.Donnez-moi la main.Non?Vous ne voulez pas?(Francine lui donne la main en détournant la tête.) Et puis, laissez-moi voir au moins vos yeux une dernière fois.Francine, ma petite, ma petite, ma petite.Il semble se décider à partir.Mais, brusquement, il se ravise, à un geste de "va-tout", revient vers la jeune fuie qui ne le voit pas, s'approche d'elle et la saisit dans ses bras.Leurs lè- vres se joignent.Puis, ils se séparent brusquement.Francine tombe ass;se dans un fauteuil, le visage dans ses mains.Jean se sauve en courant.FRANCINE, appelant.—Jean!.Jean!.(Un temps.Elle court vei?la porte, l'entr'ouvre et crie.) Orand'mère!.Grand'mère!.GRAND MERE, entrant.—Ma chérie!.FRANCINE,—Jean vient de partir.Il faut l'en empêcher.Je ne veux pas qu'il s'en aille.(A Adolphe, qui est arrivé à la suite de grand'mère.) Monsieur Adolphe, courez, dites-lui de revenir.Vite!.Vite!.ADOLPHE.—Courez!.Courez!.Vite!.Vite!.Et mes vailles jambes?FRANOINE.- Je vous en supplie.ADOLPHE.—Alloue, il sera dit qne j'aurai toujours couru après l'amour.,, Voilà! Voilà!,.J'y vais! Il sort.SCENE XI FRANCINE.—Oh! grand'mère!.Ecoute-moi.Tout est changé depuis quelques instants.Nous venions de nous dire adieu, Jean et moi, pour toujours, lorsque, tout à coup, je me suis sentie prise dans srs bras.Et je n'ai plus peur.C'est comme s'il m'avait délivrée d'un mauvais ensorcellement.Je l'aime! Si tu savais comme je l'aime! Oui.O'est comme s'il avait effacé la trace d'une éclaboussure.Et je me sens libre comme si je sortais d'une pnson.Grand'mère., je suis heureuse! GRAND'MERE.—Je savais, ma chérie, qu'un beau jour, le miracle arriverait.SCENE —II ADOLPHE, entrant en traînant Jean derrière lui.—Le voilà, ton Jean!.Il ne voulait pas remonter.H se cramponnait à la rampe de l'escalier.Heureusement que je suis fort! Je l'ai pris à bras-le-corps et je te l'ai rapporté! FRANCINE, à Jean.—Jean, voulez-vous oublier tout le mal que je vous ai fait?JEAN.—Ma Francine! FRANOINE, lui tendant les bras.— Venez, Jean, venez., tout près de moi.Et, pendant que Jean s'approche de Francine et la prend dans ses bras.ADOLPHE.—Emma, chère vieille sentimentale, ne pbnrez donc pas.GRAND'MERE.—Adolphe, chère ^vieille bête, essuyez donc vos yeux.RIDEAU Léon DEUTSCH. LE PANORAMA Montréal, mars 1921 WEBSTER CAMPBELL Héros ou bandit Webster Campbell est l'un des plus versatiles acteurs de l'écran.Ça lui est aussi facile de jouer le rôle d'un bon garçon que celui d'une fripouille accomplie; dans les deux cas il déploie autant de talent.On lui demandait récemment comment il trouvait possible de jouer dans des conditions aussi différentes: — C'est très simple, répondit-il, ce n'est qu'une affaire d'étude.Vous savez ce que Vous avez à faire, vous vous pénétrez bien de ce rôle, vous le sentez en vous-même et ensuite le reste est aisé.Cela ne fait aucune différence de représenter un héros ou un bandit quand on a bien conscience des pensées qui doivent les faire agir.Assurément, le secret est simple mais c'est précisément ce qui constitue l'art véritable.Webster est un idéaliste pratique.C'est aussi un rêveur mais il ne se limite pas aux rêves, il ne gaspille ni les pensées ni les mots, il se fixe un but et agit en conséquence pour l'atteindre.Buster Keaton, une étoile de la compagnie Metro, donne de très utiles conseils aux jeunes personnes qui rêvent de faire un jour du cinéma et de devenir aussi célèbres que ces grandes artistes qu'ells admirent sur l'écran." Pour réussir promptement dans les comédies filmées, dit-il.une jeune fille doit être douée d'une intelligence peu commune et brisée à tous les sport-.D .in- I « ¦ drame, chaque ye-le e-l étudié et il est bien rare pour cela qu'une pièce échoue.La réussite ou l'insuccès d'une scène comique dépend uniquement, au contraire, de l'initiative des participants.Max Parker succède à Wilfred Buckland comme directeur artistique du studio Lasky.C'est une des figures les plus connues des coulisses du cinema, ayant été déjà le metteur en scène des compagnies respectives de Mary Pickford et de Clara Kimball Young.—o— John Morosco.l'auteur de "The Quarry", la prochaine production de la compagnie Paramount, surveille à Long Island City le travail de Thomas Meighan.L'intrigue se déroule en partie dans une prison des Etats-Unis, ]ue M.Morosco ne connaît qu'à titre de.journaliste.—o— Le film tiré des "Quatre cavaliers de l'Apocalypse", oeuvre désormais célèbre de l'écrivain espagnol.Blasco Ibanez.est encore sur le métier.La compagnie Metro en commencera la production prochainement.La production de cette vue a demandé six mois de travail.Elle est jouée par 12,000 personnages.Les trois degrés de Mary Thurman C'était par une belle journée de printemps.Le grand auditorium de l'Université de l'JJtah était plein de monde, des papas, des mamans et des jeunes filles.On distribuait des diplômes à celles qui les avaient gagnés et Mary en eut un; ce fut le premier degré: bachelière-ès-arls.Mary se maria.Elle fit un voyage de noces en Californie et là, se sentit quelque ambition; cela s'aggrava et finit par un contrat avec Mack Sennett.Ce fut le deuxième degré: reine de la comédie.L'ambition de Mary s'accrut encore.Elle fut engagée par William S.Hart, puis elle fit des arrangements avec la Mayflower Photoplay Corp.et dès lors la renommée fut conquise.Ce fut le troisième degré: étoile dramatique.MARY THURMAN Montréal, mars 1921 LE PANORAMA 19 Un interview de Ben Turpin Ben Turpin est populaire partout.En Angleterre, un concours l'a consacré comme la face la plus amusante du cinéma; le Mexique pense de la même façon d'après ce qu'en dit la Senorita Elena Sanchez Valenzuela, de Mexico.(Jette jeune mexicaine, la seule femme journaliste de son pays a été récemment envoyée en mission aux Etats-Unis pour y étudier l'industrie du cinéma et ses relations avec la presse et le public.Elle passa, naturellement, une grande partie de son temps à Los Angeles et là.rencontra le célèbre Ben Turpin.— Vous ignorez peul-êlre, lui dit-elle, que le Mexique aime la gaité.Sans doute il prend au sérieux ses révolutions mais la majeure partie du peuple ne se laisse pas distraire de.ses amusements par la politique.Nous aimons le théâtre mais cela nous prendra encore bien du temps avant de concurrencer les cinémas étrangers et en tout cas nous n'aurons jamais la chance d'avoir un Ben Turpin! —.Si vous l'aviez, répondit l'amusant Ben, vous en feriez peut-être un président ou un général?— Je crois plutôt qu'on le fusillerait, répondit la Senorita; au Mexique on est superstitieux et on croit que ceux qui ont les yeux "croches'' apportent la •-bad-luck''.— Ah! répliqua le comédien quelque peu rendu pensif par cette douce perspective.Je sais que certaines gens ont cette superstition-là et je n'ai jamais pu en trouver l'explication satisfaisante.C'est peut-être un restant de l'ancienne tradition du "mauvais-oeil." Les ignorants surtout paraissent y croire et je n'ai jamais remarqué cette crainte parmi mes camarades du cinéma.Peut-être pensent-ils que le mauvais effet est anéanti par la machine à projection.En tout cas, je vais vous dire une chose: je vous remercie de votre avis et je me tiendrai plutôt à distance du Mexique; entre nous, j'aime beaucoup mieux être un comédien vivant dans mon pays qu'un général mort dans le vôtre." MARIE PREVOST et son chat " Pepper " Alice Joyce qui es.1 \ blette dans "Ker Lord and Master", a eu comme directeur, dans celte production, Edward José qui a jadis dirigé Sarah Bernhardt.—o— Les profiteurs en bonneterie ne peuvent compter sur Vio-ia Dana, depuis que la petite étoile do la compagnie Metro porte, pour jouer dans "Home Stuff'', les bas de coton.les plus économiques.Certaines paires sont même des reliques de son enfance, alors qu'elle vivait sur la ferme de son père, dans l'Etat de New-York —o— Alta Allen que l'on voit avec Eddie Lyons et Lee Moran dans les comédies de 1'Universal s'est mariée, il y a quelque temps, avec Hampton Del P.ulh le producteur bien connu.Bert Lytell Maxwell Karger et les principaux personnages de la distribution de "Peace and Quiet".film tiré par la compagnie Metro du roman d'Edwin Milton Boyal.doivent se rendre incessamment sur la frontière mexicaine où se déroule l'action."Peace and Qùiel" est une adaptation de la pièce "A Message from Mars", dont la représentation obtint à Londres le plus vif succès. 20 LE PANORAMA Montréal, mars 1 oi 'I.mars 1921 21 > Pour devenir étoile de cinéma L'ECRAN RECOMPENSE LES BONS INTERPRETES Dans un avenir rapproché on demandera de plus grandes qualités aux artistes de cinéma.par Bert Lytell ARTICLE Nu VIII Et maintenant, regardons le but artistique du cinéma.Il y a quelques années, nous nous en souvenons tous, la seule raison d'être des vues animées était de remplir un vide dans les programmes des théâtres de vaudeville; ou donnait une "gazette" et une vue comique en un ou deux rouleaux.Que de changements en moins de quinze ans, et cependant, dans quinze autres années nous constaterons les mêmes changements; quoique personne ne puisse prévoir ce que sera la nature de ces changements.L'artiste de cinéma de l'avenir aura besoin d'un entraînement beaucoup plus complet que les pionniers d'aujourd'hui.Non seulement aura-t-il besoin d'être un artiste '•nlrainé mais un lin demandera d'être également un athlè- te consommé.Cela esl déjà vrai pour au jourdh'ui, A phi-forte raison pour plus tard.Un champ d'action non encore visilé par le cinéma est la mer.et on peut prévoir que dans un avenir' plus rapproché qu'on le croit, nous verrons la vie • les marins sur nos navires transportée au cinéma telle que nous l'avons lu dans nos romans.* Après ma première apparition sur L'écran dans "The Lone Wolf", je signai un contrat avec la Metro et jouai la grande vue "The Trail of Yesterday".Excepté pour un court laps de temps où je fus dans un camp d'entraînement pour officiers, j'ai toujours été avec le Melro.le suis venu à celte compagnie directement du théâtre et.pratiquement, toute ma carrière s'est passée sous la bannière de la Melro.Lorsque je revins de l'armée, j'5eus ma situation et c'est une raison de plus qui m'attache à cette compagnie.Mes productions récentes "Lombardi Ltd" et "The Right of Way sont ce que je pouvais faire de mieux comme artiste.Les belles et grandes productions de la Screen Classics Inc.sont ce qu'il faut à un artiste pour lui remplir le coeur de joie.Si je considère le théâtre de l'écran, je dois dire que chaque jour m'apporte une nouvelle révélation.Je n'ai jamais cessé île profiler de l'expérience que chaque jour m'apporte et j'use espérer que mon travail s'est ressenti de cette expérience.Et c'est en revoyant ma propre vie que j'ai si vivement recommandé les Stock Compagnies comme le meilleur en-Iraincment en vue du cinéma.Avec cette école les chances de.succès sont centuplées.Ce fut mon école: je ne puis dire plus.S ^ ¦ \ _ HARRY GRIBBON et HELES DARLING dans la comédie de Christ!,; " Don't Blame the Stork distribuée au Canada par VEducut'uoud Film Ltd. Montréal, mais 1921 23 Black Beauty Nouvelle d'Anna Sewell, mise en scénario par M.et Mme Rando!ph Chester.Direction David Smith.Production Vitagraph.ROLES Black Beaulv .Le cheval unir Harrv Blomefleld.Jack Becketl.George Webb Derbv Ghost.Bobby Mack Lady Wynwarring.Vdële Harrington John Manlv.".Charles Morrison Black Beauty, tel est le n.I un cheval qui joue peut-être le rôle plus important dans toute cette histoire.Au début, toutefois, il n'est pas encore question de lui mais d'un vol qui a eu lieu chez le Squire Gordon.L'auteur de ce vol est un nommé Jack Beckett qui a suffisamment d'audace et de ruse pour mettre celte mauvaise action au compte de George Gordon qui est tué accidentellement au cours d'une partie de chasse.Jack Beckett n'a cependant accuse George Gordon que devant Jessie Gordon mais pour prix de son silence, il veut que Jessie lui promette de l'épouser.A contrecoeur mais pour sauver l'honneur de sa famille, Jessie consent et lui signe une promesse de mariage.Le père de Jessie découvre enfin «pie le voleur est Jack et non pas son fils.Or, .lack Becketl attend Jessie à une station éloignée et le père n'aura pas le temps de la prévenir.Harry Blomefleld qui aime Jessie depuis longtemps monte alors le fameux cheval Black Beaulv el celui-ci comprenant l'importance de sa mission pari dans une course effrénée et arrive à temps pour sauver Jessie de Jack qui est arrêté.Les fiançailles d'Harry et de Jessie son! célébrées et les deux jeunes gens conservent avec eux en le soignant, comme il le mérite, le bon cheval dont la vitesse de course a permis leur bonheur.EILEEN PERCY, fie la Cie Paramount. LE PANORAMA ^Montreal, mars 192 m B b B Pour donner plus de réalisme à un drame d'escrocs qu'il est à préparer, sous le tilre de "The Deep Purple", M.B.A.Walsh, de la corporation cinématographique Mayflower, s'est associé à l'un des détectives les mieux réputés William ,1.Burns, avec qui il cherche des types de videurs imaginaires.J'ai donné la chasse à des criminels de tout acabit, dil le détective Burns, et je les classe d'après la nature et les caractères des crimes qu'ils ont commis." M.Burns ne manque pas d'expérience et c'est pour la connaissance approfondie qu'il a des escrocs et de leurs différentes méthodes ou laçons de procéder qu'il a été appelé à régler la marche du film "The Beep Purple".Le.célèbre détective suit la marche de l'action tout comme s'il s'employait à démêler un crime réel.Attablé a un grand bureau.M.Walsh à ses côtés, il l'ait manoeuvrer des marionnettes en carton qui représentent chacun un personnage du drame.Ils s'engagent ainsi tous les deuv dans une véritable partie d'échecs dont les pantins tiennent lieu de pions.Bien que "The Deep Purple", avant ils devenir le thème d'un scénario, tut une pièce de théâtre écrite par Paul Armstrong el Wilson Mizner.il n'est pas facile de l'adapter au cinéma.En effet, sur la scène d'un théâtre, le jeu des M il ¦ r • ** Le St e't'r> ItFK.X.s r,,//,,/,„,,,.„, „,., .» tt 11:011s que t'ai nu • ( Ht:.Wallace Reid a deux principales distractions: lire:- à la carabine cl jouer 11u saxophone.Ile'i.i ,sli unie il • tqtileir.i t meurtrit rs poui Its Ber' Lyiell adore le- bains de rivière en plein hiver et chaque jour il fait son petit plongeon.// munit dû r.aitn poissa.it.Buster Keaton de vient universelle?ment célèbre comme conn dien qui ne rit jamais".Ce qui ne Fcmpeche pas de bien faire rire les antre*.48 26 LE PANORAMA Montréal, mars 1921 n 7 S 7 y s i a ! CHARLES MAIGNE dirigeant une scène amusante de u The Frontier of the Stars ".Production Paramount avec Thomas Meighan comme vedette. LE PANORAMA Montréal, mars 1921 PILA FORUM LETTRES DES GRANDES VEDETTES DE LA Cie PARAMOUNT (Privilège spécial et exclusif au Panorama) PAUL LRIBE HA.RVEY.— Pourquoi étes-vous surpris en voyant que les ortistes modernes, architectes, peintres, soulptran ou décorateurs, sont attirés par le c'néma?Il me semble que le contraire serait plutôt surprenant.Le cinéma d'aujouid'hui joue le rôle qui appartenait autrefois iu rois et aux reines.Il a déjà construit pln.î de palais que Louis XIV n'en édifia jamais, Par conséquent il a besoin de plus d'artistes.On ne peut se défendre de l'attraction de cette forme d'wt si moderne, de ce mode d'expression si nouveau, et s' frappant, devant lequel le théâtre semble déjà bppe.rtenir aux siècles passés et cela malgré l'p.vautage de la couleur et de la parole que I»! thé.''t."c a sur le cinéma.Je crois même qne cette absence de parole et de couleur e3t l'une des raisons de l'universel succès dn cinéma.Le dialogue silencieux que chacun de nous imagine en son for intérieur, les couleurs absentes que nous remplaçons par celles de nos rêves, toutes ces choses font nos âmes plus sensibles et plu?épuisés de variations.PAUL IRIBE.L'exécution de mes rôles devant l'appareil a souvent été tragique.Je montais une fois un éléphant au milieu d'un troupeau qui fut tout-à-coup pris de terreur.Affclé à sou tour par cette panique, l'éléphant se met à courir à toute allure.Ma selle allait céder.Me jeter à bas de ma monture, j'aurais été écrasée sous les pattes des bestiaux.A la dernière minute, je sautais sur une branche d'arbre et y restai accrochée J'étais sauvée.Le public' goûte moins aujourd'hui ces vues émotiounantes.Il aime sur l'écran les comédies humaines, comme elles se jouent au théâtre.Auss;, suis-je heureuse de tenir un premier rôle dans une production de Paramount, avec Thomas Meighan pour partenaire: "Conrad in Quest of his Youth".KATHLYN WILLIAMS.J.W.B.—J'aime les animaux, mais j'en ai fini de tourner des films avec eux.Entendons-nous, j'aime les animaux bétes que je garde à la maison, que je nourris, mais je ne raffole pas absolument de tous les animaux qui me servent de partenaires dans mon métier: éléphants, lions, léopards, chats sauvages, ours, serpents, zèbres, girafes, loups, buffles et kangourous.KATHLYN WILLIAMS FAN—Non, je ne crois réellement pas que les films tournés en Angleterre valent les nôtres, non pas que les producteurs angla's ignorent leur métier mais parce qu'ils leur manque notre outillage et notro expérience.L'histoire du cinéma anglais a été interrompue pendant les cinq années de la guerre tandis qu'elle marquait son apogée aux Etats-Unis.L'en-trainement de leurs artistes n'est pas aussi complet que le nôtre.Alors qu'aux Etats-Unis, les compagnies cinématographiques ne font jouer que des spécialistes pour qui l'écran n'a pas de secrets, elles embauchent en Angleterre toute une nuée d'amateurs et de débutants, faute de mieux.fi a et ; DONALD CRISP Les auteurs ne manquent pas cependant et les scénarios de la compagnie Paramount, ponr n'en citer nr.'une, portent la signature des meilleurs écrivains.Mais les metteurs en scène sont plus rares.Il convient de dire que lo cinéma n'a pas en Angleterre la même vogue qu'en Amérique.Je connais peu de nobles on de riches propriétaires traditionalistes qui prêteraient leurs vastes appartements à des artistes du cinéma en quête de décors, alors que la chose se pratique communément aux Etats-Unis.N'oublions pas d'ailleurs quo le cinéma eut en Amérique des débuts difficiles.DONALD CRISP ALICE.—Nombre d'anciennes actrices de théâtre vous diront qu'elles trouvaient plus do plaisir et d'orgueil à jouer sur la scène que devant un appareil cinématographique.J'ai abandonné le vaudeville et la comédie musicale pour faire Ju cinéma, et je m'en trouve infiniment mieux.Sans doute, il ne m'était pas désagréable de m'enten-dro applaudir au théâtre, mais je puis tout 1 bien me donner ce contentement au cinéma.T)bt-rière les lumières de la rampe, on ne sait souvent pas pourquoi l'assistance applaudit.Mêlez-vons a un publio de cinéma, écoutez les remarques élo-gieuses de vos voisins, rendez-vous compte Vu vous-même pourquoi tel passage est goûté et v j"8 me direz ensuite si la satisfaction n'est pas plUB grande d'être appréciée sur l'écran que sur 1* scène. 'iitréal, mars 1921 LE PANORAMA 35 B S m ï BETTY FRANCISCO L?, comédie lrus'cilc est mono!one.Vous vous lasse:; der.monolcgues, des chansons et des danses qu'il faut répétés machinalement pendant des semaine!: entières.Au cinéma, rien de monotone.Votre tdh vour.r'souc toujour.-, der surprises.Une seule chose me déplaît, c'est de me grimer de lionne heure le matin.Encore si C3 maquillage rehaussait ma beauté; niais non, il est horrible.Mais quel plais:r aussi de disposer de toutes ses soirées, de quitter son travail à l'heure où les amis se jettent à la danse et aux bons diners! Il n'y aurait nue cette raisor pour me faire aimer mon art que je ne retournerais jamais à la scène.BETTY FRANCISCO.BOBBIE.—Vous ne voyez pas bien, dites-vous, pourquoi il faille accorder tant de temps à lr, préparation d'une vue cinématographique?Vous n'êtes pas le seul.Quantité de gens se posent la même question.Je la résous par tous ceux-là.Les nouvelles pièces et scénarios sont rassemblés dans un bureau et soumis è, un premier triage.Les meilleurs travaux restent sur la tablo du directeur pour visa.Il choisit alors celui de sa convenance et en discute avec l'auteur son adaptation à l'écran.L'intrigue est alors montée.Les scènes qui se passent dans les mêmes endroits sont groupées indépendamment de la position et de l'ordre fixés par l'auteur du scénario.On s'occupe ensuite des décors et des costumes de façon à ce que tous les participants sachent exactement quelle toilette ils doivent porter p, chaque phase de la pièce.Tout est prévu, depuis le piano à queue jusqu'au journal déployé sur une table.Le film est d'abord joué par des mannequins qui se meuvent dans des décors et des meubles miniatures, pour ménager les effets de lumière.Les véritables acteurs et actrices entrent maintenant en scène.Ici commence le travail de la photographie et de l'exécution proprement dite.Ce n'est pas le moindre, puisque des scènes entières doivent être répétées plusieurs fois et cela souvent en plusieurs endro'ts différents.Le directeur fait finalement les coupures, les titres, les sous-titres et les légendes, en collaboration avec l'auteur.Qu'on dise maintenant que le cinéma est l'enfance de l'art dramatique! CECIL B.DE MILLE.CECIL B.DE MILLE Directeur Général, Paramount Pictures MABEL JULIENNE SCOTT G.E.K.—Il ne m'est pas facile de vous avouer pourquoi j'ai abandonné le théâtre pour le cinéma.Ce ne fut aucunement pour y mieux continuer mes talents dramatiques.Vous me, demandez la différence des aptitudes requises pour la scène et pour l'écran.Cette différence réside dans l'âge de l'actrice et dans son expérience.Pour réussir au théâtre, rien n'oblige à avoir la fraîcheur de ses vingt ans! Les jeunes premières, les amoureuses languides, les coquettes intrigantes dissimulcnTsouvent sous un maquillage savant un âge plus qu'avancé! Il suffirait de citer Bernhardt, Réjane et d'auties.Au cinéma, il faut au contraire à la vedette la jeunesse et la beauté.Sans ces deux attributs, une artiste reste obscure et ne remplit que des rôles effacés.Le théâtre demande des années d'école et d'expérience.Le cinéma est un art relativement facile.Si je retourne à la scène, le travail que j'ai fait au cinéma ne n'aura pas nui: au contraire.La mimique, le jeu de physionomie remplaçant sur l'écran l'élocution et le délit, je me serai perfectionnée en quelque sorte ou spéoialisée.MABEL JULIENNE SCOTT.BILLIE BURKE HELEN.—Vous me demandez de vous révéler quelques secrets de l'art du maquillage.Se composer un visage pour les fins du cinéma n'est pas du tout la même chose que de se faire une tête au théâtre.En effet, les débutantes formées à l'école du théâtre, en se fardant les joues et se carminant les lèvres outre mesure, obtiennent sur l'écran des résultats renversants.La véritable étoile use modestement des cosmétiques.Elle ne se fait jamais les joues rouges, par exemple, et ne change pas le galbe de sa figure par des couches superposées de fard et de poudre.La faute que commettent tous les commençants est de se donner, en abusant des crèmes, un air lugubre de croque-mort.L'exagération des couleurs creusent comme des rides dans la peau.Les connaisseuses ne se servent pour se grimer que d'une graisse de ton de chair.Elles soignent particulièrement la ligne de l'arcade sourcillière, l'accentuation des cils et surtout le contour do la bouche.La modification des physionomies par le maquillage repose sur la connaissance d'une technique spéciale.Cet art offre moins de difficultés aux femmes qu'aux hommes.BILLIE BURKE.ALMA RUBENS X.Y.Z.—A-t-ou raison de dire que les plus célèbres comédiens ont été dans la vie réelle des mélancoliques et des malheureux?Je le crois.Pour comparer les petites choses aux grandes, prenez mon cas.Gaie, douce et tendre, je suis toujours affublée de rôles tragiques.J'aime les pièces aux dénouements heureux et toutes les vues dans lesquelles je joue se terminent par un meurtre.J'étudie en ce moment "Vendetta", une nouvelle de Marie Corelli qui n'a rien do réjouissant, je vous l'assure.L'héroïne est une terrible mégère qui dit tous les soirs à son mari quand il rentre à la maison: "Enfin, je suis heureuse, il est bien mort!" Ma figure ne se prête guère non plus à ces personnifications.Je ma console en pensant que nombre d'autres artistes sont dans mon cas, tel Charles Ray qui devait incarner deux types plutôt opposés: Shakespeare et Charles Chaplin! Il nous faut répondre aux désirs du public ; voilà pourquoi je me laisserai tourner dans "Vendetta".ALMA RUBENS. Montréal, mars 1921 LE PANORAMA 37 Les centaures de l'écran Le cheval est toujours la plus noble conquête de l'homme; demandez plutôt à Tom Mix, Bill Hart et autres s'ils ne prêtèrent pas le moteur à quatre pattes à celui à quatre roues ! Une auto, ça va vite assurément mais ça ne passe pas partout, c'est plutôt mal commode pour sauter par-dessus les clOturea ou passer au travers d'un bois.Avec un cheval, c'est un jeu.C'est un fait acquis, pourtant qu'avec la popularité des autos modernes le nombre de gens qui montent encore à cheval diminue de jour en jour; jadis, presque tout le monde savait, aujourd'hui plus personne, autant dire, n'apprend.Les bons cavaliers sont rares; il n'y a plus guère que trois endroits où l'on peut en trouver: certains régiments de cavalerie, les cirques et les grandes plaines de l'ouest du continent américain.Cette dernière catégorie, celle des cow-boys n'est pas la moins fameuse et les compagnies de cinéma comprennent quelques superbes échantillons de ces centaures modernes tels que: Tom Mix.William S.Hart.Hoot Gibson, Will Rogers et autres parmi lesquels on retrouve volontiers cet autre favori, William Farnum.ANNA Q.NILSSON, la seule actrice suédoise élevée au rang d'étoile aux Etats-Unis.Edwin August, qui cumule les tilres de directeur, d'auteur et d'acteur, tient le rôle-titre dans "The Teaser", un drame émouvant de l'Uest Canadien, que monta Dorothy Dalton dans le studio de la compagnie Paramount, à Long Island City ALICE CALHOUN, de la.Cie Vitagraph.May Allison, la jolie actrice qui remplit dernièrement le rôle d'une Diane dans "The Marriage of William Ashe", est partie à la chasse à l'ours, son carquois garni de flèches.La belle chasseresse se voit cependant refuser par ses compatriotes le titre de véritable "sportswoman" parce qu'il lui répugne de voir mourir le?pauvres bêtes qu'elle atteint.GLORIA SWANSON, étoile de la Cie Paramount. 38 LE PANORAMA Montréal, mars 1921 VOCATION CONTRARIEE Mildred Davis serait journaliste si sa carrière d'artiste du cinéma n'exigeait pas tous ses loisirs.Cette joyeuse comédienne que recherche particulièrement Harold Lloyd descend d'une austère famille de Quakers dont quatre générations firent du journalisme, en Pensylvanie.Mildred Davis possède toutes les vertus héréditaires de ses ancêtres, leur rigueur en moins, et aimerait à faire de la nouvelle, à ses heures perdues.L'IMPORTANCE DES TOILETTES May Allison a la psychologie des foules.Comprenant que la richesse et la beauté des décors, le chic et la ligne des toilettes féminines exercent un attrait irrésistible sur le public, elle ne participe à aucune production sans regarnir abondamment sa garde-robe.Les toilettes lui coûtent un prix fabuleux mais elle en achète sans compter, convaincue que le succès est a .ces prix."Les costumes, dit-elle, ne doivent être ni outrageux.ni bizarres, mais seulement beaux" — ce qui est déjà beaucoup.LES SPORTS AU CINEMA Viola Dona, comme d'ailleurs toutes les artistes américaines du cinéma, cultive tous les sports "pour avoir du coeur à la besogne".Chaque jour, à son lever, elle fait une marche d'une heure, quelques mouvements de gymnastique et plonge ensuite dans la piscine de sa nouvelle maison de Deverley Hills.Quoique cet entraînement sévère n'ait rien de bien gai en décembre, Viola Dona n'y a pas encore manqué.ETOILE QUI REAPPARAIT Mary Pickford est à peine de retour d'un voyage en Europe que déjà Hiram Alrams, président de United Artists, annonce sa prochaine production "The Love Light", scénario de Frances Marion.Avec ce film, la délicieuse Mary Pickford fait sa réapparition avec tout son charme enveloppant, son sourire d'enfant et son inimitable personnalité.ETOILES-SOEURS Gladys Walton est 1 alter ego de Mary Pickford.Le talent de ces deux étoiles a tellement de points de ressemblance qu'il peut s'adapter exactement aux mêmes rôles.Aussi, Mary Pickford, surchargée, vient-elle de confier à son amie le rôle qu'elle devait remplir dans "The Millionnaire Kid".UNE TRANSFORMATION La compagnie Gaumont vient de céder tous ses droits sur les "Gaumont Weekly" à un puissant monopole.Quatre autres organisations secondaires en ont fait autant de sorte que tous les films-gazette de ces compagnies seront projetés sous le nom "Kinograms".LA BIEN-AIMEE TOILETTE Edith Roberts, pour la première fois depuis des mois, pourra porter dans son prochain film "Three at Table", de Universal City, toutes les belles robes modernes que désire son petit coeur.Cette artiste infortunée ne remplit en effet l'année dernière que des rôles de gouvernante ou servante des îles de la Mer du Sud, de créole ou encore de sud-américaine.Elle revient à la civilisation avec grand plaisir.ÇA LUI COUTE CHER.Priscilla Dean, la jolie actrice aux beaux yeux de tigresse, a déjà dépensé $,s.iiiMi puur les tuilelles qu'elle portera dans une production de Universal City "False Colors", sous la direction de Stuart Paton.Son garde-robe comprend des modèles parisiens qui lui siéront merveilleusement dans son rôle de Laura Figlan, étoile d'Europe, el diverses créations destinées à Fay McMillan, la petite actrice américaine.On sait que Priscilla Dean tient dans ce film un double rôle.BIENFAITS DU CINEMA Le cinéma prend une place de plus en plus grande dans la vie journalière et l'on découvre tous les jours de nouveaux moyens de s'en servir utilement.On vient de photographier dernièrement un asile où on prend soin des bébés aveugles.On peut ainsi apprendre aux mères à soigner les yeux de leurs enfants et en même temps éveiller leur sympathie pour qu'elles consentent à consacrer chaque jour un peu de leurs loisirs à venir prendre soin de petits aveugles et à les amuser.L'UTILE A L'AGREABLE En gens toujours pratiques, les metteurs en scène des Etats-Unis ont su "tourner" la difficulté résultant du fait d'employer des enfants dans les studios.Comme ils ne veulent pas être accusés de détourner la jeunesse des écoles, ils ont simplement organisé, à proximité des théâtres de prise de vue, des classes où s'instruisent les enfants et même les grandes vedettes, qui.souvent sont illettrées.a a a a a Wéal, mars 1921 LE PANORAMA 39 DE LA JOIE EN PERSPECTIVE Max Linder, le comédien français, dont le dernier numéro burlesque, 'Seven Years Bad Luck", vient d'être représenté avec succès à New-York, est à préparer la production d'une farce intitulée "Pep".Viora Daniels, qui tient le premier rôle féminin dans une vue de Boscoe Arbucklé, "The Life of the Party" sera sa partenaire.OPTIMISME A son retour dun voyage d'études et d'affaires au Mexique, Eugène H.Both, directeur de nombreux théâtres à San Francisco, Californie, a déclaré que le Mexique, pays au-jourd'hui pacifié sous le sage gouvernement du président Obregnn, deviendrait bientôt le terrain le plus propre au développement de l'industrie cinématographique.PRODUCTION ALLEMANDE Nos amis les Belges n aiment pas le film allemand et ils ne se gênent pas pour le dire.Deux anecdotes vont vous le prouver: A la suite d'un écho paru dans le journal Film-Express et disant que: "La belle blonde lia Loth, de la Saturne-Film de Berlin, est d'une ressemblance frappante avec la célèbre étoile américaine Mary Pickford, si elle n'est encore plus charmante; qu'elle surpasse incontestablement l'artiste américaine en ce qui concerne l'expression mimique." Notre confrère belge dit: Pour ma part, je voudrais bien voir cette Loth dans une de ses comédies et je serais très curieux de voir une des parentes de la grosse Bertha imiter la toute gracieuse Mary Pickford.Qu'en pensera son digne époux Doug en apprenant cette nouvelle?Deuxième anecdote: deuxième écho d'un journal belge: Plusieurs demandes me sont parvenues au sujet du film Prostituée qui, comme on le sait, était sorti en Belgique par la fameuse Atlantic Film Co., 148, rue Neuve, à Bruxelles, qui avait le monopole pour la Belgique de cette bande unique.J'ai appris que ces.Messieurs ont repris le chemin de leur ville natale.Les exploitants désireux de programmer le film en question, doivent s'adresser directement à Berlin, où réside la maison mère de la firme susdite.BILL HART PREND SA RETRAITE Si William S.Hart se retire du cinéma, après avoir terminé un film sur le métier, avec une fortune rondelette, son ami Tom Santschi le remplacera sur l'écran comme champion des types de l'ouest.H est sans doute quelques autres acteurs qui essaient de personnifier ces aventuriers extraordinaires et habiles cavaliers du Far West, mais Hart fut toujours le seul à rivaliser avec Santschi pour la carrure, la force physique et ' expérience des rôles de frontière.Ce dernier est d'ailleurs un des pionniers du cinéma.Il fut embauché il y a déjà quatorze ans par William Selig comme premier rôle et joue depuis cette date dans près de deux mille distributions.Il fut nommé directeur en 1918."h souvieftl que dans un film inoubliable "The Spoilers", •1 Put avec William Farnum, dans le rôle de MacNamara.Unp lutte de corps à corps comme peu de connaisseurs en ""' V|i sur les arènes les plus réputées.>:|nt>chi, de son vrai prénom, Paul, est un modeste .et-un Uttnquiiie.Il parle très peu et fait le désespoir des journalistes qui ne réussissent pas à le faire causer.UN BEAU PROJET La compagnie "Fine Arts Pictures, Inc." de New-York, a acheté récemment à Black Point, Floride, un immense terrain de 700 acres pour y ériger .une ville qui portera le nom de Fine Arts City.L'organisation de cette ville de studios coûtera plus d'un million.Ce sera sans contredit la plus vaste de l'Amérique.NOUVELLE COMPAGNIE Mae Marsh, qui eut, si l'an se souvient, le rôle de la petite soeur dans "The Birth of a Nation" et qui en tint de plus importants encore dans diverses" productions des compagnies Triangle, Goldwyn et Bobertson-Cole, est maintenant à la tête d'une compagnie.Son premier film de l'année fera sensation, assure-t-elle.ON DIT.Que lord NortclifTe serait intéressé dans l'United Artists (Douglas Fairbanks, Mary Pickford, Chaplin et Griffette) et que Morris Greenhill qui vient d'acquérir pour le monde entier la production des "Big 4" ne serait en réalité que le représentant du "Napoléon" de la presse anglaise.LE SUCCES D'UN FILM "Humoresque", ce fameux film de la Famous Players Lasky, connaît un extraordinaire succès.Pendant de longues semaines il a constitué la pièce de résistance du programme du Capitol de New-York et alors qu'à ses débuts la Famous Lasky acceptait une somme de 100 dollars pour sa location durant deux jours, 500 dollars fut le prix qu'elle réclama ensuite pour le même laps de temps.MAURICE TOURNEUR ET LES FILMS D'AVENTURES Mis en goût, sans doute, par 1*"Ile du trésor", de Stevenson, Maurice Tourneur a l'intention d'adapter à l'écran le fameux roman de Fenimore Cooper: "Le dernier des Mohicans".Cette oeuvre sera éditée sous les auspices de l'As-sociated Producers Association.Africain du pays " Swasi " fabricant la bière de son pays.Photo prise par vn hardi operateur de la Cie Universal.m mm 40 LE PANORAMA Montréal, mars jjj L'art de faire la cour aux filles Wheeler Oakman, le mari de Priscilla Dean, n'est pas seulement un excellent artiste, c'est aussi un fort bon professeur en matière d'amour.Tout spécialement pour le "Panorama', il bien voulu poser devant l'appareil avec Priscilla Dean et indiquer la façon de se comporter avec sa "blonde".Il y a d'abord ce qu'on pourrait appeler les '"travaux préparatoires".n peut les réduire à deux: une amicale poussée du coude dans les côtes de la demoiselle et un clin-d'»oeil agrémenté d'un sourire.Après quoi, c'est l'attaque.Laissant de côté le baiser banal et timide d'amoureux transi, on y va à la bonne franquette, vlan! à pleine bouche comme dans un beau fruit bien mûr.Autant que possible, il ne faut pas mordre.Et maintenant allez-y.Essayez par vous-mêmes.Le grand couturier Henri Bendel.de la Cinquième avenue, vient d'être spécialement engagé par Bayard Veiller, directeur des Studios de la Côte Ouest du Métro, pour dessiner les robes qui seront portées dans les scènes d'ensemble aussi bien que les costumes qu'arborent les étoiles dans leurs principales rpoductions.Les Français s indignent du traitement que les assistants d'un théâtre de Berlin infligèrent à un film où apparaissaient des mousquetaires portant les bannières fleurdely-sées du Grand Roy.Les Teutons, enragés à la vue de l'emblème royal français, rugirent des imprécations et allèrent jusqu'à cracher sur l'écran.Les syndicats des producteurs de fdm français s'élèvent de nouveau contre la concurrence boche.Un cri de détresse, venu de Bruxelles, fit se répandre l'alarmante nouvelle que l'Allemagne envahirait de nouveau la Belgique, grâce aux manoeuvres des producteurs allemands.Le prénom d'Edouard est fameux parmi les acteurs de la Côte de l'Ouest.Les plus fameux Edouards du Métro sont Connelly.Earle, Jobson et Cécil.• —o— Edouard Earle qui joue avec Doraldina dans "But yet a ' Woman", la fameuse production du Métro, n'éprouva qu'un plaisir modéré pendant sa première semaine de travail.Pendant près de deux jours, il resta attaché sur une chaise alors que Stuart Holmes, qui jouait le rôle de bandit, l'accablait d injures.Le jour suivant, il lui extrait d'une hutte par quatre hommes qui, désireux de paraître héroïques sur 1 écran, le secouèrent tant qu'il se tira tout contusionné*de ce rapt enthousiaste.—o— La tradition qui prétend qu'une actrice de cinéma ne pen! être autre chose qu'une actrice de cinéma ne s'applique pas à Béatrice LaPlante qui est passée maîtresse dans les arts s1 divers de la sculpture, de la musique et de la peinture.—o— John Ford, directeur du théâtre Bijou, de Lincolnton.fui tué d'un coup de feu au cours d'une promenade en automobile dans les rues de Gestonia.In grand mystère enveloppe cette affaire. ntréalj mars 1921 LE PANORAMA mm La ville de Trois-Rivières, Québec, compte deux cinémas très achalandés.L'un d'eux, le Gaiety, a pour propriétaire M.A.-J.-B.Robert.Mille personnes peuvent y trouver des sièges.Les productions les plus nouvelles y sont données.Le second, de même capacité, est j,'Impérial.Grâce à la rivalité qui existe entre ces deux théâtres, les projections y sont aussi bonnes que dans les cinémas des plus grand centre.— BLANCHE SWEET, de la Cie Pathé.mm «ftinîi La puissante organisation Loew, grâce à son capital de $20,000,000, est en mesure de donner un théâtre à chacune des villes du Canada.La nouvelle compagnie est en réalité une consolidation des fonds Loew, si bien qu'il est question d'obtenir une ratification de tous les actionnaires des différentes sections.Cet énorme capital a permis la fusion des théâtres Loew de Montréal, Toronto, Ottawa, Windsor et probablement London.Il y a trois théâtres Loew à Toronto, un a Windsor, un autre à Ottawa, ouvert depuis le 8 décembre seulement.Quant au théâtre Loew de Montréal, construit en 1918, il compte parmi les plus vastes d'Amérique.La compagnie est à renouveler, dans cette dernière ville, le théâtre Français, rue Ste-Catherine.CANADA Morris Kashin, ancien gérant du théâtre Broadway, New-York, et du Holman, Montrai, a entrepris l'organisation d'une chaîne de théâtres à Montréal.Sa première acquisition a été le théâtre Victoria, situé à la Pointe S.-Charles, lequel peut contenir 660 personnes.Pour rendre ce petit théâtre populaire, il est prêt à offrir certaines représentations gratuites, quitte à se faire indemniser si ces spectacles sont appréciés.—o— M.Louis Garand vient de succéder à Morris Kashin au poste de gérant du théâtre Holman.Le nouveau titulaire était avant la guerre attaché à la rédaction d'un journal français de Montréal.Il fit du service dans le corps expéditionnaire canadien.Le théâtre Holman où sont projetés en ce moment des films de Selznick et Universal compte 950 fauteuils.La lutte sur la fermeture„des cinémas le dimanche est entrée dans sa seconde phase, à Sherbrooke, province de Québec.Les autorités municipales seront peut-être tenues, à la demande de la "Lord's Day Alliance", de fermer tous les dimanches les deux salles de vues animées de la ville. LE PANORAMA Montréal, m i murs Le grand danois Teddy, très populaire parmi les interprètes des comédies Paramount-Mack Sennett, est à jouer à Louise Fazenda un tour à sa façon.Pendant que ses camarades terminent quelques scènes de "A Fireside Brewer", l'amusante comédienne s'est retirée de quelques pas pour prendre un bain de soleil dans le sable.Teddy la releva et pour la ramener à sa troupe lui roule sur les jambes un énorme ballon.On dit que Louise Fazenda ne goûta pas cette plaisanterie qu'elle trouva déplacée chez un chien si bien élevé.-o- Carnell Myers s'est mise ces jours derniers à l'étude de "The Dangerous Moment", fdm projeté par Universal.Mlle Myers a naturellement rapporté de son dernier voyage à New-York nombre de robes et de chaussures qu'elle portera pour la première fois dans cette production.Catherine Calvert, une des plus belles vedettes du cinéma, et Tom Terriss, des productions Vitagraph Tom Terriss sont à discuter une petite affaire sur une grosse pièce de canon d'un musée de Natchez, Mississipi, où Mlle Calvert prend périodiquement un repos bien mérité.Un groupe de politiciens de New Bedford, Mass-, anxieux d'attirer à une assemblée populaire une foule imposante, ne trouvèrent rien de mieux que d'illustrer leurs discours par des fds cinématographiques.Mais quel film choisir pour amorcer les curieux?Après mûre réflexion, ils convinrent de représenter "Convict 13", une comédie de la compagnie Buster Keaton.La salle se remplit.Qui sait si, avec ce genre de cinéma, éducateur ou seulement burlesque, nos propres réunions politiques ne seraient pas plus intéressantes! Un acteur quadrumane : des " Chester Comédie» " et qui s'en va tranquiUement à la découverte de quelque paya inconnu.ELINOR LYNN des " Mermaid Comedies " distribuées par V'Educational Exchange. Montréal, mars 1921 LE PANORAMA 43 Cette photographie nous montre Chester Bennett, à gauche, le directeur de Tom Moreno affecté à la mise en scène de "Three Sevens", Jean Calhoun, la partenaire de Moreno, et l'indispensable photographe."Three Sevens" dont nous avons fait déjà le récit sera la première production romantique de M.Moreno, habitué plutôjt aux fdms à épisodes.Pat O'Malley dans "Bob Hampton of Peacer", dernière production de Marshall Neilan, est à confesser son amour à Marjorie Daw, avant de partir pour une guerre comme il s'en déclare tous les jours dans le monde du cinéma.MARGUERITE CL A YTO.V de la Cie William Fax.CLARE BRIGGS, producteur et auteur, pour les Briggs Comedies, de la Cie Paramount. 44 LE PANORAMA Montréal, mars 1921 Charlie Chaplin est de retour aux Etats-Unis, et prépare en ce moment la production de "The Kid", l'un des films du Big Five acheté par l'Associa-led First National Pictures, au prix de $1,000,000.Cette compagnie retient les services exclusifs du populaire comédien.Dernière heure:—Après six mois de travail, les producteurs des "Quatre Cavaliers de l'Apocalypse", roman de Blasco Iba-nez, ont à peine terminé ce film qui nous est annoncé comme une merveille d'exécution.Il faudra bien encore deux mois pour le retoucher et mettre la dernière main.Une production impatiemment attendue est bien la version de "The Affairs of Anatol" revue pour le cinéma par Cecil B.de Mille.Elle sera jouée prochainement sous le titre de "Five Kisses" par six étoiles de première grandeur de la compagnie Paramount.Edward Cecil, réputé l'un des plus impressionnants artistes du drame silencieux, et célèbre par sa façon de faire le portrait ressemblant de certains personnages aux caractères connus, a été embauché par le Metro pour tenir un rôle dans la production "Big Game'' avec May Allison pour partenaire.a a a Une scène de " Deadline at Eleven ".Cie Vitagraph.Production de la Montréal, mars 1921 LE PANORAMA 45 m Larry Semon sportif LARRY SEMON est un sportsman; il aime particulièrement la chasse ainsi qu'on le voit dans une de ses récentes productions.Seulement, il n'a pas de chance! Les lapins se moquent de lui et les autruches elles-mêmes en font autant.Au hasard de ses aventures, il arrive dans le harem d'un sultan et là, c'est bien pire encore.il s'en faut de peu qu'on lui coupe la tête et il se voit pourchassé par des lions qui se sont échappés de leur cage.Le pauvre Larry n'en mène pas large! Ses cabrioles et ses grimaces le prouvent amplement et il se demande avec anxiété comment il va sortir de ce mauvais pas.Il en sort de la façon la plus naturelle'du monde: en se réveillant car tout cela n'a été qu'un mauvais rêve.Un mauvais rêve pour lui peut-être mais qui amuse fort le public.LARRY SEMON, de la Cie Vitagraph, dans plusieurs scènes de la désopilante comédie "The Sportsman". 46 LE PANORAMA Montréal, marsJQ9| Mademoiselle Marthe Thiéry-Godeau Mademoiselle Marthe Thiéry-Godeau est née à Montréal, elle est la fdle du sympathique artiste M.A.Godeau, l'un des fondateurs du théâtre français en notre ville et qui pendant seize ans présida aux destinées du théâtre National français comme régisseur-général.Etant enfant Mlle Thiéry parut quelques fois sur la scène du National.Mais ce ne fut qu'en 1017, lors d'une courte saison de comédie dans ce même théâtre et sous la direction de M.Pierre Christe.qu'elle débuta réellement.Engagée la même année par l'Alliance Artistique elle fit avec elle toute la saison au Canadien-Français de Montréal et à l'Auditorium de Québec.Elle revint ensuite quelques mois au National et, lorsque son père prit la direction artistique du théâtre Chanteelerc.elle le suivit dans ce populaire théâtre du nord.Là.pendant dix-huit mois, elle joua toutes les premières ingénuités de comédies et de drames : "Marthe" de Denise; •'Antoine" des Vieux Garçons; "Anne-Marie" de l'Embuscade: •Annette" de Francillon; "Louise" des Deux Orphelines; Paillette" de Martyre; "Adrienne" de la Cause Célèbre; "Marthe" du Supplice d'une Mère; "Suzanne" du Maître de Forges; "Planche de Cygne" de la Comtesse Sarah, etc., etc.Depuis le mois d'août dernier elle est revenue au théâtre Canadien-Français où sous la direction artistique de MM.Fred.Lombard et Charles Schaulen et sous la régie générale de M.A .Godeau on nous donne la plus brillante saison de comédie que nous ayons eue jusqu'à ce jour à Montréal.Elle a obtenu maints tuccès.Nous pourrions citer: l'Honneur; la Petite Amie: l'Ane de Buridan; les Avariés; la Petite Chocolatière; Gringoire; le Luthier de Crémone, etc.Mademoiselle Thiéry, comme on le voit, quoique jeune encore, — elle vienl d'avoir 19 ans -— a déjà de jolis états de services.C'est une artiste de ra'oe felle a de qui tenir) sur laquelle le public fonde les plus grandes espérances.Mademoiselle Mado-Ditza Voici une artiste bien française: française par le jeu.par l'élégance, le chic, par ce je ne sais quoi qui plaît et qui charme.Après de solides études avec un îles maîtres du théâtre parisien, elle débute au théâtre de Champigny-la-bataille sous la direction de son cousin Albert Darmont.Remarquée dans ces diverses créations elle est engagée pour faire la grande tournée classique des "Femmes Savantes" de Molière à travers toute l'Angleterre et toute l'Allemagne.A son retour l'imprésario Barret l'emmène faire une tournée en France avec •l'Assaut" (Bernstein) ; "Les Flambeaux" (Bataille) : 'Primerose" (de Fiers et de Caillavet)."Les Eclaireuses" etc.Réclamée par Kistemaeckers.l'auteur connu, elle joue sous celte même direction Barret le rôle de Beefigue de l'Occident à côté de la célèbre Régina Badet.Elle parut ensuite dans l'Amérique du Sud à Buenos-Ayres pour faire une saison de haute comédie.Là elle joue tous les grands succès parisiens et tout le grand répertoire.A peine rentrée en France elle repart pour New-York engagée par Bonheur pour son théâtre de comédie.Brillante saison qu'elle achève ensuite par un court séjour au Canada au théâtre National avec Andrée Iféry.L'année suivante elle joue à Chicago puis revient à New-York et à Montréal avec Gilda Darthy.Elle fait ensuite toute la saison de l'Orpheum, direction Becman.Reparaît sur la scène du théâtre National et enfin elle est engagée par le théâtre Canadien-Français où elle débute au mois d'août dernier.Elle y crée: "La maison cernée"; "La faible femme"; l'Enfant de l'amour"; "l'Adversaire"; "la Blessure"; "Maternité"; "la Gamine", etc.Les succès de Melle Mado-Ditza ne se comptent pas.Sa réputation ici est universellement reconnue.C'est une artiste aimée, très consciencieuse, qu'on aime à voir et à applaudir.CONCOURS DES NOMS D'ETOILES $150 EN PRIX Premier prix Deuxième prix Troisième prix Vingt autres prix de $5 chacun $25.00 15.00 10.00 100.00 Première série QUELS SONT LES NOMS DES QUATRE ARTISTES DONT NOUS PUBLIONS LA PHOTO CI-CONTRE?w S I Tâchez de le deviner ce qui vous sera facile si vous f§ remarquez bien les artistes au théâtre et surtout si vous lisez régulièrement le "Panorama", Inscrivez le nom trouvé, sur la liste que vous voyez à la page suivante en mettant ce nom en regard du chiffre correspondant à celui de la gravure, Conservez soigneusement cette liste car il y en aura encore six autres à paraître, ce qui fera SEPT que vous devrez nous envoyer ENSEMBLE quand le concours sera 3 terminé, " Conservez également tous les coupons numérotés qui | paraîtront (coupons comme celui du bas de la page suivante), Il y en aura un chaque mois soit 7 en tout.Remarquez bien ceci : Les coupons numérotés vous donnent la possibilité d'augmenter beaucoup vos chances de succès.Chaque coupon que vous recueillerez, en plus de- votre série personnelle de sept, vous comptera pour un vote dans l'attribution des prix.Si ces coupons forment des séries complètes, chaque série vous vaudra encore 10 votes de plus.Par exemple : vous avez pu vous procurer 50 coupons supplémentaires, parmi lesquels 28 forment des séries complètes de 1 à 7.soit 4 séries.Cela inscrit à votre avantage: 50 votes pour l'ensemble des coupons et 4 fois 10, c'est-à-dire 40 votes pour les 4 séries, soit 90 votes.Parlez donc du "Panorama" à vos amis et demandez à ceux qui ne participent pas au concours, de vous donner leurs coupons; ce sera autant de chances pour vous, IMPORTANT: NE NOUS ENVOYEZ NI LISTE DE NOMS N! COUPONS SEPAREMENT AVANT LA FIN DU CONCOURS.t*t Montréal, mars 1921 LE PANORAMA 47 No 3 RESUME DES CONDITIONS Deviner les noms des artistes et les inscrire sur la liste ci-contre.Inscrire vos nom et adresse.Détacher le tout, y compris le coupon, En faire autant chaque mois jusqu'à la fin du concours et ne rien nous envoyer séparément d'ici-là.Chaque coupon numéroté en plus, donnera un vote, ou une chance île plus.Chaque série complète de 7 coupons donnera 10 votes de plus. 48 LE PANORAMA Quelques récentes productions AVEC COMMENTAIRES Renseignements dûs à la courtoisie de T International Cinema Trade Review de Neva-York, PRODUCTIONS ANGLAISES THE ISLAM» OF WISDOM (L'Ile de la sagesse).Cairo, 5 bobines.— L'ne jeune fille, élevée dans le luxe, tombe amoureuse d'un explorateur.Celui-ci reproche au père de la jeune fille de l'élever si luxueusement disant qu'il gâte ainsi son avenir.Le père, en mourant, ne laisse à sa fille qu'une fortune très limitée.La jeune fille accuse l'explorateur d'être l'auteur de ce qui arrive et épouse son cousin à elle.Plus tard elle quitte son mari, mais revient à lui, après avoir appris la fausseté des accusations portées contre lui, et tout finit bien.Histoire très intéressante.A signaler les scènes qui se passent dans une lie inconnue, qui sont très réussies.Percy Standing et Margaret Hope sont les étoiles de cette remarquable production.THE FLAME (La flamme).Stoll.6 bobines.— Un drame de société, adapté d'un fameux roman anglais, c'est l'histoire de deux enfants nés dans les bas-fonds de la société et qui sont adoptés par un riche oncle.Comme dans toutes les histoires de ce genre, l'un tourue bien et l'autre mal.L'interprétation est excellente et l'intéTêt se maintient bien jusqu'à la fin.L'étoile de la pièce est Evelyn Boucher.GODLESS MEN (Les impies).Goldwyn, 7 parties.— Le capitaine Black Pawl, un capitaine de navire, est devenu un misanthrope, après que sa femme l'a abandonné pour se sauver avec un amant.11 hait tout le monde et a élevé son fils Bed Pays dans ces sentiments de haine.Il est brutal à l'excès avec son équipage et tout doit plier devant lui.11 a recueilli un jour à son bord une jeune fille.Ruth, dont la mère est morte sur une certaine ile.Red complote de tuer son père et de s'emparer de la jeune fille.Dan Derrin.le second du navire, et Ruth sont devenus amoureux l'un de l'autre.Black Paw! découvre que Ruth est sa fille et le dit à son fils Red.Celui-ci ne emit pas son père.In homme de l'équipage poignarde Black Pawl, mais celui-ci a grièvement blessé son fils d'un coup de revolver.Les deux hommes meurent.Dan Derrin prend le commandement du navire et épouse Rulh.Très bon mélodrame, dans lequel le rôle de l'héroïne a été supérieurement interprété par Helen Chadwick.WEST IS WEST.Universal, 5 parties.—Dick Rainboldt, se trouvant sans ressources, accepte d'aller travailler dans la mine d'or de Great Torpedo.En chemin, il rencontre une jeune fille.Kale Wigfall.retenu prisonnière par certains hommes el il la déljvrc.Il se rend à la mine, et au bout d'un certain temps, découvre que le directeur et son complice s'entendent pour voler le propriétaire.Ils proposent à Dick une certaine somme d'argent.Il accepte.La mine saule, mais Dick s'est arrangé de façon que les deux voleurs soient tués par l'explosion.Il prouve son innocence et épouse Kale.Très intéressant niéladraine.iras habilement mis «n scene, et qui dépeint d'une manière vivant* dee scènes de la vie des camps miniers de l'ouest américain.Harry Carey réalise le rôle principal avec son énergie habituelle.Ce film aura beaucoup de succès à l'étranger.MIDSUMMER MADNESS.Paramount.6 parties.— Bob Meredith est absorbé' par ses affaires el néglige sa femme.Marguerite.Celle-ci.légèrement romanesque et qui souffre de l'indifférence de son mari, accepte les attentions de Julian Osborne, qui profitant de l'absence de sa propre femme Daisy, conduit Marguerite dans son pavillon de chasse.Marguerite est sur le point de céder aux instances de Julian, lorsque le souvenir de son mari et de sa fillette, la l'ait revenir à elle-même, et la sauve.Mais Daisy en retournant chez elle, apprend qu'on a vu son mari avec une femme dans son pavillon de chasse.Elle soupçonne Marguerite et finalement l'accuse.Marguerite avoue.Mais Julian raconte ce qui s'est passé et prends tous les torts sur lui.Il proclame l'innocence de Marguerite et blAme Bob de délaisser sa femme.Bob Uadmet.Et finalement tout s'arrange entre les deux familles."MManUntei Madness" est nu dos plus jolis films de la saison.THE TESTING BLOCK.Paramount, six parties.— Une troupe de comédiens, dont Nelly Gray, une violoniste est l'étoile, voyage dans les Sierras.Sierra Bill, le chef d'une bande de brigands, donne une raclée à Bigi, un de ses hommes, parce qu'il a battu «on cheval.Bill demande aux comédiens de donner une représentation èt devient amoureux de Nelly.Plus lard, lorsque les brigands veulent s'emparer des femmes de la troupe, Bill leur tient tête à tous et les met en fuite.Puis il force Nelly à l'épouser.Deux ans après.Billy, sa femme el son enfant Sonny, vivent heureusement dans une cabane, lorsqu'arrivent Bigo et une mexicaine.Rosita.Rigo rend Nelly jalouse de son mari.Sonny devient malade et Bill vend son cheval à Bigo pour se procurer de l'argent pour aller chercher un docteur.Xelly abandonne Bill et va danser dans un music-hall.Bill poursuit Bigo, est arrêté, mais il s'échappe, et finalement Bigo esl tué par le cheval de Bill.Nellv et Bill se réconcilient.Un autre superbe mélodrame de l'ouest, mise en scène très habile et splendide photo.C'est un film de William S.Hart et c'est tout dire THE GBEAT LOYEB.Soldwyn, 5 parlies.— Ethel Warren, une Américaine.I'm i | partie d'une troupe d'opéra, dont l'étoile est le grand baryton Paurel.Carlo Senino, un autre membre de la troupe, aime Ethel el la met en garde contre Paurel.Celui-ci devient amoureux d Ethel el excite ainsi la jalousie de Sabotini, la prima dona.Un jour Paurel est atteint de mal de gorge, après le premier acte et Ethel apprenant cela va le voir dans sa loge.Carlo arrive et lui fait une scène.Ethel déclare alors qu'elle est fiancée à Paurel Senino remplace ce dernier au second acte et remporte un grand succès.Le spécialiste appelé pour soigner Paurel annonce que celui-ci ne pourra plus jamais chanter.Paurel j rend alors sa liberté à Ethel qui épousera Carlo."The Great Lover" est une très intéressante production contenant des scènes très émotionnantes, et dont l'intrigue est très habilement menée.Elle est admirablement interprétée et supérieurement mont Montréal, mars 1921 LE PANORAMA 49 "THE GOLDED DREAM".(Le rêve doré).Universal—5 parties.— Léona Willard est modiste dans une petite ville et rêve d'épouser un riche new-yorkais.Elle hérite de 5,000 dollars et se rend à New-York, où Mrs.Géraldine de Forrest la présente à un veuf très riche, Frazer Boynton.11 propose à Leona de l'épouser, mais celle-ci qui a une préférence pour Jasper Halroyd, le refuse.Mais Mrs.De Forrest aime elle-même Jasper et dit à Leona que celui-ci est son amant.La jeune fdle irritée de la duplicité de celui qu'elle aime se fiance à Boynton.Mais Jasper lui sauve la vie dans un accident et elle se rend compte qu'elle l'aime encore.Bien qu'elel ait appris que Mrs.de Forrest lui ait menti, elle veut retourner chez elle.Mais Jasper la rattrape avant qu'elle ne prenne le train, lui déclare' son amour et elle consent à l'épouser.La vedette de oe joli photodrame est Carmel Myerc."THE SINS OF ROSANNE." (La faute de Rosanne.) — Paramount—5 parties.— Rosanne Ozanne, a été guérie d'une maldie, dans son enfance, 4>ar une servante Malaise, appelée Rachel Bangot, qui lui a inspiré l'amour des pierres précieuses et en même temps une passion de haine pour tout le monde.Plus tard, Rosanne a une passion pour les diamants.Klangeli, un Gafre, vole des diamants bruts et les apporte à Rosanne, qui les échange avec Syke Ravenal pour des diamants taillés.Rosanne aime Sir Dennis Harlenden à qui elle est fiancée.Mais celui-ci apprend les rapports de Rosanne avec Syke Ravenal et rompt avec elle.Plus tard il sau\'£ Rosanne des mains de Ravenal qui a attaquée cette dernière, quand elle est venue lui rapporter un collier de diamants.Sir Herbert et Rosanne se réconcilient, se marient et font voile pour l'Angleterre.Ethel Clayton interprète le principal rôle de ce drame."WANTED AT HEADQUARTERS." Universal—5 parties.— Une jeune fille, jolie et audacieuse, Kate Westhan-ger, est le chef d'une bande de brigands.Le monde auquel elle appartient ne soupçonne pas ce qu'elle fait et l'accueille sans méfiance parmi eux.Elle se prépare à voler dans un train un chargement d'or destiné à George Flanbaugh.Elle rencontre Michael Pretherson, un détective.Tous les deux se sentent attirés l'un vers l'autre, bien que Kate ait avoué au détective ce qu'elle faisait Michael est fiancé à Moya Mlanbaugh, mais il n'y a pas d'amour entre eux.Kate réussit à dévaliser le train, mais les membres de sa bande se révoltent et la l'ont prisonnière avec Michael.La police arrive.La bande se disperse.Kate rend l'or qu'elle a volé et on la pardonne.Elle épouse Michael et Moya en épouse un autre.La charmante Eva Novak est d'étoile de cette intéressante production."THE SONG OF THE SOUL." Goldwyn—5 parties.— Jerry Wendower s'est sacrifié, quand il était encore très jeune, pour sauver une fillette d'un incendie.Mais les blessures qu'il a reçues l'ont défiguré complètement.Pour cacher sa hideur, il est allé habiter, loin de tous, dans une cabane isolée.Un jour il sauve une jeune fille aveugle, Barbara Seaforth, qui était tombée dans un marais près de sa cabane.Ils s'aiment et se marient.Un bébé naît de leur union.Une opération a rendu la vue à Barbara, mais le médecin lui a recommandé de ne pas exposer ses yeux tout de suite à la lumière, autrement elle redeviendrait aveugle.Mais découvrant l'angoisse qu'éprouve Jerry, qui craint qu'elle cesse de l'aimer si elle voit sa figure défigurée, elle arrache ses bandeaux et sera désormais complètement aveugle.Film très touchant, rempli de scènes pathétiques et dans lequel Vi-' ,r> Martin joue le principal rôle avec un naturel exquis.ROGUES AND ROMANCE (La rose de Cadix).Pathé, 6 parties.— Carmelita, une danseuse espagnole, est repoussée par Pedro Pezet, le chef des révolutionnaires espagnoles, qui est aimé de Sylvia, la fille d'un millionnaire américain, venu en Espagne pour affaire.Pezet a comploté d'enlever le gouverneur le jour de la revue des troupes, mais Carmelita le dénonce, au moment où il va mettre son projet à exécution.Une bataille s'ensuit et Reggie Harding, l'ex-fiancé de Sylvia, sauve Pedro et s'enfuit avec lui dans les montagnes.Ils y trouvent Sylvia qui est venue passer quelques jours chez des amis.Sylvia dit à Reggie qu'elle n'épousera personne d'autre que Pezet.Reggie est forcé de se soumettre à cette décision et Pedro va avec Sylvia au village qui est le quartier général des révolutionnaires.Mais Pedro n'a nullement l'intention d'épouser Sylvia.Il la retient captive pour obtenir une rançon qui lui permettra d'acheter des armes.Reggie, qui les a suivis, arrive sur ces entrefaits et délivre Sylvia qui se repent et consent à l'épouser, tandis que Pedro se reconcilie avec Carmelita.Excellente mise en scène et intrigue très habilement développée.G.B.Seitz avec June Caprice et Marguerite Cortot réalisent admirablement les trois rôles principaux, qu'ils Interprètent de main de maître.Très joli film, dont l'acUon mouvementée se passe sous le oiel d'Espagne.DICE OF DESTINY (A la merci du destin).Pathé, 5 parties.— Jimmy Doyle, en sortant de prison, a résolu de mener une vie honnête, à cause de son amour pour Nancy Preston.Il menace Tierney, un détective, de le tuer, si jamais il complote pour le faire renvoyer en prison.Mais il est trahi par des anciens complices et condamné de nouveau à la prison.Il s'échappe et arrive à temps pour sauver Nancy des mains de David Montieth.Celui-ci est tué par un de ses complices et Jimmy Doyle est accusé du meurtre.Il échappe aux poursuites et se retire avec Nancy dans un petit village.Comme il a autrefois étudié la médecine, il devient l'aide de son oncle,.le chirurgien en chef de l'hôpital.Tierney apprend où est Jimmy et vient pour l'arrêter.Mais il a une attaque soudaine d'appendicite et est trans- porté à l'hôpital de Jimmy et c'est ce dernier qui va l'opérer.Jimmy surmonte la tentation qui l'assaille de faire mourir Tierney et le sauve.On découvre le vrai coupable du meurtre de Montieth et Jimmy et Nancy se marient.Une spflendlde mise en scène, une action toujours animée, uin intérêt qui se maintient jusqu'à la fin et la superbe interprétation de H.B.Warner et de Lillian Rich, contribuent à faire de ce film une excellente et très intéressante production.813.Robertson-Cole Photoplay, 6 parties.— Robert Castleback, le "roi des diamants" de Paris, complote de réduire en son pouvoir un certain prince et de le forcer d'accepter des conditions telles que lui, Castleback, deviendra le maître de l'Europe.Arsène Lupin, un escroc des plus habiles, cherche à découvrir les projets de Castleback.Il travaille dans l'intérêt de la France tandis que des agents allemands s'efforcent, eux aussi, de découvrir ces projets.Un matin, on trouve Castleback assassiné et la carte de Lupin épinglée sur sa poitrine.Peu de temps après le secrétaire de Castleback et un garçon d'hôtel sont assassinés à leur tour.Les autorités croient que c'est Lupin l'auteur de ces crimes, mais celui-ci demande qu'on le laisse prouver son innocence.Il se fait passer pour un agent de la Sûreté, évite les embûches de ses ennemis, aide la police à découvrir le vrai coupable et révèle à ce moment son identité, prouvant ainsi qu'il a été la victime d'un complot ourdi contre lui.Un mélodrame policier, rempli de mystères et de scènes frissonnantes qui excitent au plus haut point l'intérêt du spectateur.Il a comme héros le fameux escroc de roman Arsène Lupin, dont les aventures sensaUonnelles ont fait les délices de milliers de lecteurs et qui enthousiasment toujours les habitués du cinéma. 50 LE PANORAMA Montréal, mars 192 Il était une fois une étoile célèbre qui resta dix ans avec la même compagnie de cinéma.Il était une fois une comédie à succès dans laquelle n'apparaissait aucune baigneuse.Il était une fois un célèbre "news weekly-' qui, pendant deux mois entiers ne projeta sur l'écran ni parade ni jeu de foot-ball.Il y eut une fois une semaine entière qui s'écoula sans qu'il se formât une nouvelle compagnie de production cinématographique.Il était une fois une étoile immensément riche qui ne possédait qu'une seule automobile.Il était une fois un agent de publicité pour le cinéma qui disait la vérité, toute la vérité et rien que la vérité.Il était une fois une "vue" qui eut un énorme succès mais au sujet de laquelle les principaux acteurs reconnurent avec franchise que ce succès était dû principalement à l'auteur de la pièce et pas uniquement à leur talent.Il était une fois un visiteur qui alla à Los Angeles et qui ne fit aucune tentative pour paraître au moins dans un film.II était une fois un boxeur fameux qui devint célèbre du jour au lendemain et qui ne reçut aucune offre d'engagement dans le cinéma.Il était une fois un théâtre où l'on n'entendait jamais aucun spectateur expliquer la vue à son voisin ou à sa voisine.RECETTE POUR LA FABRICATION D'UN SCENARIO DE COMEDIE Ayez les ingrédients ci-après : Deux douzaines de tartes; Cinq ou six marteaux de différentes grosseurs et bien truqués de façon à imiter le bois et le bois; Une rue aux pavés bien mouillés; Lue vingtaine d'uniformes de policeman au moins un tiers trop grands; Autant d'uniformes de pompiers dans les mêmes conditions; Une douzaine de baigneuses; Une vieille servante; Une négresse; Un chien; Une mule rétive; Une maison truquée; De la dynamite; Cinq ou six paires de fausses moustaches longues d'un demi-pied et quelques yeux croches.Mélangez bien et servez.POINT DE VUE Paul.—Je viens encore de voi une vue animée qui finit mal.Pierre—Le héros a perdu l'iu roïne' Paul.—Non, il l'a épousée.COMEDIE MANQUEE Joe Casavant dont la grande barbe est l'orgueil de sa famille et le sien s'est approché trop près d'un papier à mouches placé sur la table.C'est malheureux qu'il n'y ait pas eu d'opérateur de vues animées dans les environs.SANS ESPOIR — Que pouvons-nous faire pour améliorer les vues animées?— II.n'y a rien à faire tant que le public consentira à payer 25 sous à un dollar le fauteuil pour voir une étoile du cinéma prendre son déjeuner dans son lit.UNE AUTRE ETOILE L'élève en astronomie.— Je viens de découvrir une nouvelle étoile! Le professeur.— Où joue-t-elle actuellement?LA PREUVE Le cow-boy.— Comme cow-boy je ne vaux pas un sou.L'ami.— Qu'est-ce qui te fait croire cela?Le cow-boy.— Je n'ai reçu aucun offre des compagnies de cinéma.LEURS ARGUMENTS HABITUELS —?Mais toutes ces choses sont des contes de fées, ça n'est jamais arrivé.Si vous invitez à votre table une acteur de comédie, évitez autant que possible Us discussions; c'est la vaisselle qui en souffrirait.et votre visage aussi. [Montréal, mars, 192' LE PANORAMA 51 UN PEU DE STATISTIQUE Un curieux, patient observateur et bon calculateur, nous soumet le travail auquel il s'est livré relativement à ce qu'il a vu sur l'écran au cours de l'année passée.Il en résulte, sauf erreur ou omission, que : 0546 scènes finales ont présenté le héros et l'héroïne s'embrassant avec fureur dans le décor d'un beau coucher de .soleil; Le sous-titre "Deux ans plus tard'' (ou cinq, ou dix, ou vingt ans) a été employe 6354 fois; La décoration de sous-titre, représentant un bon vivant avec une coupe de champagne, a servi 5785 fois; 842 cow-boys étaient sur le point d'être pendus quand l'héroïne est arrivée juste à temps pour couper la corde et les sauver; 076 enfants prodigues sont rentrés à la maison; 6238 "méchants" ont poursuivi des pauvres ingénues par les bois, les champs ou les escaliers; 3583 ménages se sont séparés par jalousie non motivée; 3583 ménages se sont réconciliés en s'aimant mieux qu'auparavant; 1200 drames l'ont fait rire; 1200 comédies l'ont fait brailler; Et le reste l'a laissé indifférent.LIVRE D'ART Denise.— Que lis-tu dans ton coin?Hector.— Les mémoires d'une Mack Sennett Bathing Girl".Denise.— C'est intéressant?Hector.— Je te crois, il y a cinquante pages de matière à lire et cent pages l'illustrations.S'EMBRASSERENT-ILS Pendant qu'on montrait un film intitulé "The Love Expert", à Pittsburg, dernièrement, un avis fut projeté sur l'écran: "Tous les amoureux dans ce théâtre auront droit à un baiser pendant que le cinéma sera dans l'obscurité." La vue finie, le cinéma resta dans l'obscurité durant cinq secondes pendant lesquelles l'orchestre joua "Kiss Me".Lorsque la lumière se fit, toute lu salle applaudit avec enthousiasme.Les amoureux se sont-ils embras- LA MANIERE DE SE PRESENTER L'actrice.— Pardon, monsieur, mais je n\ù nullcmentl'intention de flirter avec le premier venu et de me laisser conter fleurette par Pierre ou Paul.Le soupirant.— Ça tombe bien, mademoiselle, je ne suis pas arrivé le premier au théâtre et puis je m'appel'e Emile.STRATEGIE L'ami.— Comment, tu as encore élevé le prix d'admission à ton cinéma?Le propriétaire.— Oui, mon vieux, il me faut élever mes prix de temps en temps sans cela mes habitués vont croire que je ne donne que des vues de deuxième ordre.RESSEMBLANCE NON GARANTIE Pourquoi voit-on les servantes comme ceci »ur F écran.alort que chez leur bourgeois elles sont J comme eecit RIEN AUTRE CHOSE Le censeur.— Mais vous prétendez que cete vue "Plage et nymphes" est un film éducationnel.Qu'enseigne-t-il?Le directeur d ucinéma.— L'ana-tomie.JOURNAUX DE MODES Non.vous ne saurez jamais combien les choses du ciné intéressent les belles indolentes!.c'est toutes les semaines un régal de parcourir ces gazettes féminines où se trouvent lancés les rêves imaginés par nos fantasques.Je gage qu'en gens sérieux, vous ne lisez pas ces petites correspondances amusantes ipiéchangent entre elles de jolies abeilles aux noms charmants, pleins de syllabes chantantes.Vous qui cherchez des noms d'héroïnes, entrez dans le rucher.et, sans crainte de vous faire piquer.choisissez pour vos vedettes de théâtre ou de cinéma, ces noms exquis : Biondetta, Lisonjera.Vivette, Phyl, etc.notez, je vous prie, metteurs en scène, les descriptions d'ameublement signés Bubis.il y a là des trouvailler d'un inédit.je ne vous dis que cela!.Et puis, ce n'est pas tout!.en-tr'autres distractions vus assistez—en lecteur—à de graves controverses sur des questions poignantes, et ces dames abeilles et demoiselles avettes ne se font pas faute d aborder en trois lignes, des sujets que les pères de l'Eglise ont traités, en 110 volumes.La physionomie, l'âge, les qualités et les défauts de nos artistes de ciné sont, pour beaucoup, dans les préoccupations de ces belles malicieuses qui ne se piquent pas de littérature.et qui écrivent, certaines, dans la divinité.D'aucunes, comme Thelma, par exemple, ont des yeux de lynx et des âmes d'archiviste paléographe.et c'e'st, chaque fois, un délice de goûter l'érudition de ce gentil Hamlet gainé dans son collant de soie noire, grand fouilleur de bibliothèque et grand liseur devant l'Eternel qui collectionne tout ce qui se dit pour ou contre sa ruche dorée.Non, je vous le répète, à vous, qui cherchez à 'quoi rêvent les jeunes filles et les jeunes femmes, ce n'est pas dans les discours, dans les conférences et dans les gros volumes que vous le découvrirez: c'est dans les menues confidences qu'elles se font entre elles, le visage caché sous le masque velouté d'un pseudonyme harmonieux, dont les suppléments de ces journaux de mndes qui vous semblent si firtfO-les.si futiles.Si vous saviez combien nombreux sont ceux qui s'y documentent. Nettoyez votre peau pour avoir un joli teint La poussière, la saleté et autres matières qui détruisent la beauté s'amassent continuellement dans les pores de la peau.Il vous faut un savon qui purifie, en même temps qu'il nettoie, si vous voulez avoir la peau douce et exempte de toute matière étrangère.LE SAVON MEDICINAL DE GOURAUD est un mélange scientifique des produits les plus connus pour nettoyer et purifier.Il détruira toutes les matières empoisonnées qui séjournent dans les pores et nettoiera la peau à fond.Incomparable pour les peaux délicates et le traitement ds infections de la peau.Délicieusement parfumé.C'est le savon idéal pour préparer la peau avant d'y appliquer LA CREME ORIENTALE GOURAUD.En usage depuis 75 ans.Toutes les femmes qui tiennent à avoir un joli teint devraient employer le SAVON MEDICINAL DE GOURAUD, surtout celles qui emploient LA CREME ORIENTALE DE GOURAUD.Vous constaterez que vous obtenez de meilleurs résultats en nettoyant et en préparant la peau avec ce savon avant d'employer la crème.Envoyez-nous 10 sous pour un savon-échantillon ou 25 sous pour un savon un peu plus gros.FERD.T.HOPKINS & SON MONTREAL, QUEBEC Seul magazine en langue française consacré aux Vues Animées 26c L'EXEMPLAIRE COUPON D'ABONNEMENT Ci-inclus veuillez trouver la somme de $3.00 pour 1 an ou $1.50 pour 6 mois — (excepté Montréal et banlieue) d'abonnement au Panorama.Nom.(M-, Mme ou Mil*.Spécifiez votre qualité.) 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Bue .Localité .Adressez comme suit : MM.Poirier, Bessette & Cie., 131, rue Cadieux, Montréal - •al, mars 1921 LE PANORAMA 53 La ulle de \ aneouver a pris depuis quelque* années un tel essor qu'elle est devenue la métropole canadien»* sur la côte du Pacifique.Plusieurs lianes '"I,,€US d" ' ""^urer M< „„.„ le point d'attache des navires de la même compagnie, faisant le service avec lOrZt.(l'imtus dues à la courtoisie du Pacifique Canadien) I 3 l'hôtel du Pacifique Canadien à Vancouver.C'est le plus considerable de tous ceux que cette compagnie de transport à ériges dans les principales villes du Dominion. 54 LE PANORAMA Montréal, mars 1921 THOMAS DCSSAl'LT, Président 2Kt RIE STE-CATHERINE EST, près St-DenU.le lecteur du "PANORAMA" Alphonse Ethier, du Metro, raconte que dans le temps de sa jeunesse pauvre, il lui arriva de jouer dans le théâtre d'une petite ville, lequel théâtre se trouvait situé au-dessus de la boutique d'un épicier.Gomme l'auditoire restait silencieux, malgré les extraordinaires aventures de "In Darkest Russia", le directeur de la troupe demanda au propriétaire du théâtre si la pièce ne convenait pas aux spectateurs.— Ils l'admirent fort, répondit ce dernier, mais ils ne peuvent applaudir ou faire le moindre bruit avant que l'épicerie ne soit fermée, c'est-à-dire avant neuf heures du soir.On nous annonce l'arrivée prochaine en Amériqe de Léon Ma-thot, l'une des é.oiles du cinéma français, qui doit tenir le premier rôle dans le dernier succès de Léonce Perret, B The Empire of Diamonds ", production de la compagnie Pathé.FRANK BERT, qui remplit un rôle de détective dans la dernière production d'LJniversal " Three at the Table dirigée par William Morthington, s'en tire avec une aisance peu ordinaire.Rien de surprenant, Bert, anciennement agent de service secret de Minneapolis, eut à démêler les affaires les plus difficiles.Il n'a découvert que l'an dernier sa vocation pour le cinéma.TEL.EST m; I III It ItAKItll Kl Bawétaln (KruJ 1er mars UNE VISITE à notre Exposition de Chaussures du Printemps 1 SI vous voulez être vigoureux et toujours en bonne santé, ne buvez que de la meilleure bière, celle qui nourrit le corps, facilite la digestion et ne surcharge l'estomac.D'un goût délicieux, saine et nutritive, c'est le type des bières de choix que l'on consomme en France et en Belgique.C'est le produit de la brasserie la mieux out liée et la plus moderne du genre tant au Canada qu'aux Etats-Unis.Fabriquée uniquement avec des matières premières de haute qualité et d'après les me heures méthodes de brassage, de fermentation, de maturation et d'embouteillage, c'est par exoellence la ibière des familles.LA BIERE FRONTENAC EST SANS RIVALE BRASSERIE FRONTENAC, LIMITEE MONTREAL MABEL NORMAND est revenue à ses premières amours en signant un contrat avec la compagnie Mack Sennett.Cette populaire comédienne qui fit partie de la première troupe des Sennett Five jouera dans une série de films burlesques dont le premier "Molly-O" sera projeté dans ud mois.mmrnim fi Portez 5 Jours-GRATB Choisissez une bague en or solide 14 carat avec une des Gophir, et faites en l'essai pour cinq jour gratis.Porte bague en soirée—à l'opéra—sur la rue—à votre travail—par vous voudrez pendant cinq jours d'essai, ensuite décidez si vous voulez et l'acheter.Si vous n'êtes pas fasciné par sa vraie beauté, si vous o que sa splendeur est moindre que celle d'un diamant véritable—re nous la bague à nos frais.Vous ne nous payez pas un sou pour l'< vous décidez de garder la bague, payez le prixqu'onvous demande! 3%duprixd'un diamant) aux conditions qgi vous conviendront.N' sont faciles, nous vendons même autauxd'un dolla-par mois 3 sousj cela sans intérêt.Votre crédit est bon, envoyez-nous le coupon UNE NOUVELLE ET MERVEILLEUSE DECOUVER Ce qui à été un problême pendant des siècles est enfin découvert.Le moyen de man' pierres qui pourront en tout point rivaliser avec les diamants minés qui coûtent" Les diamants et pierres Gophir sont tellement semblable aux diamants qu'un expert s'1 et les diamants Gophir couperont la vitre.Essaye» une de nos battues de suite.MONTAGE EN OR SOLID DE 14 CARATS Les pierres Gophir ne sont pas montées autrement que sur des bagues en or solidV Demande! notre nouveau catalogue et voyez par vous-même les magnifiques ni' bagues, épinglettcs, boutons et pendants d'oreilles et p?ndatifs, etc.ENVOYEZ LE COUPON POUR /"th.cÔp'iiir ôi\moni" LE NOUVEAU CATALOGUE ,' Th&$!™'1h y£%!¦• Mettez votre nom et votre adresse sur le coupon.Messieurs,—Envoyez-ni'1 mettez le coupon dans une enveloppe ou sur une ' logue de bijoux ainsi que votr-carte postale et envoyez le nous de suite.Ne » d'essai gratis et termes faciles retardez pas pour connaître l'offre généreuse que , nous avons à vous faire, vous donnant la chance de pouvoir faire l'essai de r.os bijoux gratuite.' 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