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Le panorama : le seul magazine en langue française consacré aux vues animées
Le Panorama, sous-titré « Le seul magazine en langue française consacré aux vues animées », est fondé à Montréal en octobre 1919 pour couvrir l'actualité cinématographique. [...]

Le Panorama, sous-titré « Le seul magazine en langue française consacré aux vues animées », est fondé à Montréal en octobre 1919 par l'éditeur et propriétaire Poirier & Cie, qui publie également La Revue populaire et Le Samedi. Magazine illustré, Le Panorama fait écho à la popularité que remportent les « vues animées » et le cinématographe au Québec. Selon ce qu'en dit l'équipe de rédaction, il se veut l'« organe mensuel des théâtres et cinémas ».

Le Panorama, dont l'équipe de rédaction est dirigée par F. Verneuil, s'adresse à toute la famille. Il propose un contenu inspiré des publications américaines sur le cinéma : descriptions de films (distribution, synopsis), photographies de vedettes et traductions d'entrevues ainsi que de lettres d'acteurs ou de réalisateurs (parmi lesquels Charlie Chaplin, Gloria Swanson, Cecil B. DeMille).

Le Panorama dresse la liste des cinémas de Montréal, offre des articles - toujours traduits de l'anglais - sur l'art de réussir au cinéma et rapporte des anecdotes sur les tournages et les studios de cinéma.

Le Panorama offre aussi des textes non signés sur la cuisine, la couture, la danse et le soin des enfants, en plus de présenter des portraits d'artistes locaux, des critiques de films et des contes. Le mensuel publie également des romans-feuilletons (de Jeanne de Coulomb et Gaston Leroux, entre autres).

À partir du sixième numéro du volume 2, chaque parution inclut une pièce de théâtre (d'auteurs tels Benoît-Léon Deutsch, Fernand Vialle et Robert Francheville). Enfin, quelques concours sont lancés par l'équipe du magazine : des appels de scénarios, des jeux, des vedettes à identifier. Le premier concours est organisé en partenariat avec Léo-Ernest Ouimet, distributeur de la compagnie Pathé frères et fondateur du célèbre Ouimetoscope .

Le Panorama se démarque des autres publications de l'époque dans ses éditoriaux, intitulés « Réflexions du mois », qui font preuve d'une pensée plus originale. À titre d'exemples, la rédaction y souhaite l'arrivée du « téléphote » (télévision) dans tous les salons et en profite pour réclamer à plusieurs reprises, non sans un peu d'humour, le sous-titrage des « vues animées » en français.

Le Panorama disparaît en juillet 1921, probablement à cause de la crise du papier qui sévit à ce moment.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 291-292.

Éditeur :
  • Montréal :Poirier & cie,1919-
Contenu spécifique :
v. 2, no 7
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Le panorama : le seul magazine en langue française consacré aux vues animées, 1921, Collections de BAnQ.

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LE PANORAMA Montréal, nvril 19! Aux écrivains de scénarios VOICI LiE PRIX qui a été payé pour quelques scénarios : V.®3 "Some Honeymoon", 10,000 dollars."Behind the door", 10,000 dollars."What's your husband doing?", 15,000 dollars Mary s An kite", 20,000 dollars.La demande est continuelle pour des Idées neuves et originales mais les scénarios doivent être écrits selon des règles spéciales, faute de quoi ils ne seont pas considérés.Renseignements, modèle de scène et adresses de compagnies, le tout formant un cours bref mais complet moyennant $3.00.Ecrire à : F.de VERXEUIL, directeur 1u "Panorama" 131, rue Gadieux Montréal LES LARiV.ES A L'OEIL Mabel Normand, la célèbre comédienne de Goldwyn, riant l'autre jour en veine de i eminisceiices.raconta que dans les premières années de son métier, alors qu'elle jouait des rôles effacés, elle s'entraînait à miner la don leur el a pleurer avec les soeirs fiisb.Mary IMcUl'ord .Hianclie Swcel.Celle qui pleurait la dernière devait paye le.- Irais du dîner, qui ne s'élevaient jamais à plus d'un dollar pour la bande.Manche Sweel gagnait presque ton jours ces concours.Remplissant les yeux de grosses larnn en une seconde.Toutes ces débutantes d'alors sont des ve ileltcs aujourd'hui et si elles n'ont plus à se faire de bile pour les repas, les glandes lacrymales peuvent leur rendre encore d'inestimables services dans l'interprétation de leurs rôles.PRODJITS DECO-TINT r>KC'0-TINT Une peinture ranltalre à l'eau froide peur mit.i et piaf nda.chapeaux Autos et il \ i i i • Cm pour de paille.roi.isii-oL Poil pour Aîeublee.MKT AL-BRITE T*n poil pour toutes les surface! en mëta>l.I>h< O-WAX 1*1 poil < planchers, rr" «iserles.etc.l pfite pur Meubles., a ut 'mobiles.KM AI I.l'OI K TUYAUX A KIU EMAIL A CHAimi it i s A très peu de frais vous pouvez avoir chaque pièce de votre maison finie en couleur liarnionieus'.ppr l'emploi du DECOTIXT.Il y a 22 nuances attrayantes.Vendu sous forme de poudre, il peut être préparé pour être employé en quelques minutes, en le mélangeant avec l'eau froide.Il s'applique facilement.Sèche proniptement.Demandée Je Deco-Tint par son nom.Les Produit» Deco-Tint sont vendu» s,nis Vétiquette bleu\i par tous les bons gu'ncai'liers et pharmaciens.HATBRITE rend les vieux chapeaux comme neufs fabric/ucp e/i seize nvariées attrayantes/.THE DECO-TINT S97 rue Centre COMPANY IVÎontréal I À Montréal, avril 1921 LE PANORAMA 3 Cecil B.DeMïlk L'auteur génial de ces productions ii OLD WIVES FOR NEW DONT CHANGE YOUR HUSBAND WHY CHANGE YOUR WIFE?" 'FOR BETTER FOR WORSE MALE AND FEMALE PRESENTE MAINTENANT SON CHEF-D'OEUVRE 11 M avec AgnesAyres ^-Theodore Roberta ^Kathlyn Williams Forrest Stanley et autres POUR L'OUVERTURE DU plus beau théâtre du Canada RUE STE-CATHERINE près Mansfield SAMEDI LE 2 AVRIL LE PANORAMA Montréal, avril 192\ < Exposition des Modes du Pr intemps AU Magasin Saint-George LA plus grande exposition de inodes, exhibant les manteaux, costumes et robes, derniers modèles de Londres, Paris el New-York.fej L'élégance de ces modèles surpasse tout ce qui a été vu jusqu'ici.ff Ces vêtements laits de tissus de haute qualité, aux teintes rares, sont un véritable enchantement.^| Vous serez ravies par cette exposition.Voua y êtes cordialement invitées.RAYONS DES FOURRURES If Nuus venons de recevoir un k assortiment complet de fourrures d'été.Les plus nouveaux modèles ' à des prix très modérés.St.G eorge's Store Ltd t MvitAM) ifc IJul SNKAl, Props.l' 9 4 r u e S t v -1' a t h e r i n e .O 11 e s t MONTREAL, P.Q. Vol, II, No 7, Montréal, avril 1921 LE PANORAMA 5 LE PANORAMA E3 ORGANE MENSUEL DES THEATRES ET CINEMAS Enregistré, No 116, foUo 27027, eonformément à Vacte des vuxrques de coTwmerce et dessins de fabrique.LES REFLEXIONS DU MOIS L Feuillets d'un cinégiaphe LES COMIQUES DE L'ECRAN Les vrais comiques sont rares, très rares, et leur rôle extrêmement difficile.Faire rire le public est une tache malaisée et c'est surtout pour faire la bête qu'il faut avoir beaucoup d'esprit.Or, au cinéma, c'est de l'esprit muet;, là, pas de bons mots, pas de saillies désopilantes; du geste et de l'expression simplement.L'aide puissante de la parole fait totalement défaut.Pour bien vous convaincre des énormes difficultés de l'art comique muet, faites la petite expérience suivante: dans une réunion de famille ou d'amis, récitez un monologue amusant; si vous avez une bonne diction, si, de plus, vous avez eu l'heureuse idée de choisir votre pièce à dire dans le volume "Craches-en un" de Paul Coutlée, vous êtes certain d'un bon et franc succès.Passez maintenant ù un acte différent: privez-vous du secours du monologue, essayez de dérider votre public uniquement à l'aide de la pantomine; vous aurez peut-être quelques gestes amusants, quelques grimaces drôles mais vous vous apercevez vite que ce champ est extrêmement limité, que ce rôle exige de considérables et continuels efforts et vous ne récolterez pour votre peine que des applaudissements de sympathie, personnelle, de convention.Avec le monologue vous avez remporté un premier prix, avec votre panfomine, ça s'est réduit à un accessit.de découragement.Notez maintenant que cela s'est passé en petit comité, devant un public très restreint et qui vous était d'avance favorable; pensez maintenant à affronter, comme comique muet, la foule énorme, difficile à contenter et prompte à la critique des grands théâtres.Ne vous étonnez donc plus si les vrais comiques du cinéma sont très recherchés et grassement payés.Les Ben Turpin, Larry Semon, Fatty Arbucklé, Louise Fazenda, Charlie Chaplin, Charles Murray, Kala Pasha, Busier Keaton, Hank Mann et quelques autres encore constipent l'aristocratie du genre.Ce sont des maîtres merveilleux mais qui jouissent d'une véritable sinécure comme professeurs car s'ils ont beaucoup d'imitateurs, leur classe est encore vide de vrais élèves.—o— QUAND Wallace Reid a joué dans "Always Audacious" le double rôle d'un voleur et d'un millionnaire, pas mal de gens ont fait cette réflexion piquante qu'il n'y a pas de différence entre un voleur et un millionnaire.Il y en a pourtant une: tous les videurs ne sont pas millionnaires.—o— LE CLAIR de lune artificiel donne de bien meilleures résultats sur le film que le naturel et une lune électrique s'installe, paràît-il.très facilement dans un décor.Comme conséquence, nous voici donc enfin arrivé à l'heureux temps où il est possible de décrocher la lune! —o— LE NATUREL, le réalisme, voilà ce qui manque trop à beaucoup de mises en scène.Quel est donc le directeur intelligent qui comprendra que les cow-girls n'ont pas les sourcils peints et les cheveux frisés ou par contre, qu'un homme du monde, en société, ne s'avachit pas, les coudes sur la table comme un pilier de cabaret! —o— QUAND Ruth Roland est venue à Montréal, bien des gens qui n'avaient aucun goût pour l'astronomie ont néanmoins reconnu qu'il y avait un certain charme à contempler une étoile.—o— DANS ce No du "Panorama" nous inaugurons un nouveau département sous le titre : "Courrier du Cinéma".Nous répondrons gratuitement à cette place à toutes les questions d'intérêt général qui nous seront posées relativement aux choses du cinéma.—o— IL Y A des spectateurs qui suivent avec tant d'intérêt le jeu des acteurs qu'ils s'imaginent de bonne foi être à leur place.Dernièrement l'un de ces spectateurs suait à grosses gouttes en voyant sur l'écran un homme qui fendait du bois.ABONNEMENT (Payable d'ivmoi) Un an.3.00 Si* moi*.$1.50 'met* llmuÉal et U h»nlt—») LE IP-A-ILSTOIR A TVT A Vol.n.No 7 Avril 1921 Publié m«wuellem*nt par I (llltlh K M CIE, Edlt.-Prop.131 Cadlcai.Montréal.Tél.Bel tUl Directeur de ln Rédaction: F.de VERNECLL.Entered at la» St.Alban», VL.Poat-CMne» a» second olaaa muter ••••«•s ARRETON8 le service du Panorama quand l'abonmemeat eat «it.plré à moine que noue recevions la aouaortptton pour una autre période.CHANGEMENTS D'ADRESSE.— Donne» -noue toujours votre ancienne adreaae an no-us?Indiquant la nouvelle.Ppévenaa-noua au moine qaime Jours d'avance.TRES IMPORTANT: Ecrive» toujow» votre adresse oomplete et llatbd» dao» tout»» vo» lettre» 6 LE PANORAMA Montréal, avril THE FORBIDDEN FRUIT — Production de la Famous Pla yers-Lasky Corporation, représentée au Capitol de Montréal comme pièce de début Ed haut, Agnes Ayres dan» h- rùle de Mnry Haddock ; plus bas.quatre ¦cènes de cette gplendide production.Eire le» détails complémentaires il la pas»* ."7 du priant numéro."The Forbidden Fruit" a été diris' par Cecil B.de Mille; cVst dire que cette production est un véritable chef-d'oeuvre. M tréal, avril 1921 LE PANORAMA 7 Dans la Cie Pathé BLACHE SWEET a le nom que méritent ses yeux.On y lit, en même temps que de la douceur, de la rêverie et même de l'énigme.D'ailleurs, toute femme n'est-elle, pas une énigme?.Dans les gravures du bas, nous voyons: Blanche Sweet et Maillon Hamilton dans deux scènes différentes flu film " That Girl Montana", production de la Cie Pathé.AU TOUR DES FILMS FRANÇAIS Le C.B.C.Film Sales Corporation, par l'entremise de Joe Brandt et Jack Cohn, vient de s'assurer le monopole de quatre productions foncièrement françaises qui seront représentées dans tous les cinémas des Etats-Unis et du Canada.L'action, l'esprit, les person-nairr>.les décors, tout porte dan-ces quatre fdms le caractère français.C'est une innovation heureuse.Il est à espérer que grâce à certaines initiatives louables, le film français devienne aussi populaire chez nous que le produit américain. 8 LE PANORAMA Montréal, avril 19?i MAI1LOX HAMILTON dans un- seèm de " Half a Chance " Dans VUe déserte A lltn S'èlU duns Vile HALF A CHANCE Production de la Compagnie Pathé I-ISTRIBUTION Le malplut Burke .fMohlon Hamilton ¦l Jocelyn Wray (10 ans).Mary McAllister Jocelyn Wray (20 ans) .Lillian Rich .Tom McGuire .Sydney Ainsworth REGIT Le matelot.Burke, un boxeur dévoyé, est accusé de meurtre d'une fille et injustement condamné aux travaux forcés, par le juge Wray.Avec l'aide d'un camarade, "Snowbird", il trompe la surveillance et s'évade du train qui le transporte à la prison de San Quentin.Il s'embarque sur un paquebot australien comme chauffeur et sauve, pendant un naufrage, Jocelyn, Ua fille du juge Wray qui se trouve à bord.Il se réfugie seul sur une île déserte et se met à l'étude du droit qu'il apprend dans des codes trouvés sur le navire.On le retrouve dix années plus tard, sous le nom de John Steele, à San Francisco, où il est devenu le plus grand criminaliste de la ville.Le fiancé de Jocelyn, Jack Ronsdale.reconnaît à un tatouage que porte Steele, qu'il est le criminel recherché par la police.Il se promet de le perdre.Un agent vient opérer son arrestation dans le salon même de Jocelyn.Il le renverse et se sauve.Celle-ci retrouve le loquet qu'elle a donné, il y a dix ans, à son sauveur.Elle veut à son tour assurer le salut de Steele.Tom Rogers, un bandit, confesse au tribunal que la fille que Burke fut accusé d'avoir tuée s'était suicidée.Ils s'épousent.i m ¦¦¦m HA LF A CHANCf ma liurke retrouve Jocelyn 'ontréal, avril 1921 9 A-LICE LAKE dans VariiUerii.Voici Alice Lake pointant un appareil qui a île vagues ressemblances avec un canon ou un obusier; il ne s'agit pourtant que d'une artillerie inoffensive et qui au lieu d'envoyer des obus se contente de projeter un puissant faisceau lumineux.Le piquant de l'affaire, c'est qu'elle dirige son appareil sur un adversaire qui n'est autre qu'elle-même, dans sa garde-robe, au milieu de ses somptueux costumes.Alice Lake, qui est à la Cie Metro a rapidement conquis la popularité et voit sa renommée grandir tous les jours.Set ht di (iApril Fool " comédie Mermaid( Educational EmcKangee) m'cc lUxfl Hamilton comme premier rôle. 10 LE PANORAMA Montréal, avril 192! ' .IHTER DE FI AVEN Mme CARTER DE HAVEN La nouvelle vie de Carter et Flora de Haven Carter de Haven a atteint son but.Depuis de longues minées, depuis le jour où ce jeune comédien abandonna le vaudeville avec sa jolie femme, Flora de Haven, pour chercher forlune au cinéma, il n'eut qu'un rêve: celui dv,être à la tèle d'un studio et d'une compagnie de vues animées.Ce n've est devenue une belle réalité et les de Haven dirigent maintenant le magnifique atelier rTans«J.equel Ghar-les Chaplin Ii! ses premières armes.Ils sont maintenant a tourner un film amusant: "The Girl in the Taxi", tiré d'une comédie de Anthony Mars qui fit courir New-York.Ce sera leur seconde production, en compagnie du Associated First National Pictures.Leur coup d'essai comme directeur fut "Twin Beds", film projeté dans l'ancienne maison de D.W.Griffith avec la célèbre comédienne Margaret Mayo-Salisbury.Le couple de Haven s acquit une enviable réputation au théâtre et dans les operetles à la mode.Leur dernier suc-ces du fleure, avant leur entrée au cinéma, avait été "His Little Windows .Pendant cinq ans.ils restèrent à l'emploi de diverses corporations miiégraphiques et tirent partie des troupes Universal, Goldwyn et Paramount.Là-dessus.Carter de Haven conçut l'idée de sa pièce à succès "Twin Béas" pour laquelré, il obtint un contrat de Selwyns.Ce film fut payé excessivement eher.On le projette dans l'univers entier et il en a encore pour des années d'écran.Tels furent les débuts de Carter comme producteur."Nous tendions vers ce but depuis bien des années, ma femme et moi, dit-il à notre représentant, et nous voulions enfin par là habiter une véritable maison.Notre vie s'est passée dans les chambres d'hôtel et de pension.Nous l'habitons maintenant cette maison rêvée et ce n'est pas un château en Espagne, mais bien un magnifique hôtel particulier situé à l'angle des rue Vine et Franklin, à Hollywood.Cette maison antique a été construite par Sam Honston, le fondateur de la cité qui porte son nom.Nous l'avons retapée et remodelée.Sessue Hayakawa, Theodore Roberts et Thomas Meighan sont nos voisins." Flora de Haven nous dit à son tour en nous montrant ses deux enfants, un gros garçon de dix ans et une fillette de huit, jjdie comme un amour: "C'est un paradis pour nos enfants".Carter de Haven, le jeune, se destine à la carrière militaire; le cinéma ne l'intéresse aucunement.Ces bambins font la joie de ces heureux époux."Quelle belle chose que de vivre chez soi, nous répète M.de Haven! Quand nous suivions des troupes dans l'est, nous avions l'habitude des restaurants et des tables d'amis.Il nous fallait déjeuner de bonne heure, dans un "quick lunch" quelconque, d'un mauvais café et de quelques légères pâtisseries, manger, le midi, des viandes mal cuites, souper de mets indigestes, vivre enfin une vie de nomades.Aujourd'hui — quel changement! — je me fais apporter le petit*déjeuner au lit par mon valet."Je n'ai pas l'intention de faire encore du théâtre.Nous sommes définitivement installés en Californie.C'est un merveilleux pays, peuplé de gens affables.Avec l'argent que nous rapportera "The girl in a taxi", je crois bien que nous n'aurons plus de soucis. iontréal, avril 1921 LÉ PANORAMA Le cinéma en France L'art cinégraphique traverse en France une crise dont il sortira difficilement indemne.Tout concourt à le tuer, ou, du moins, à lui rendra la vie dure.Non pas que les populations restent indifférentes aux productions des compagnies nationales, bien au contraire; mais, le gouvernement et les municipalités, celle de Paris surtout, taxe si lourdement les fdms et les cinémas que les directeurs de compagnies désespèrent de soutenir la concurrence des productions étrangères.Le gouvernement français envisage le cinéma comme une industrie extrêmement lucrative, en ce sens que le coût de production est couvert cent fois par les recettes.Aussi, impose-t-il une taxe de 35 pour cent sur les receltes brutes des théâtres et compagnies.Le produit de cette taxe est partagé entre le trésor et les fonds de charité.Le conseil municipal de Paris prélève en plus un impôt de 50 pour cent sur le montant de la taxe d'état, ce qui fait, en combinant les deux taxes, un revenu de 40 pour cent qui écshappe aux cinégraphes.Les directeurs de théâtres et de compagnies, par la voix de leurs journaux, réclament en vain la protection accordée aux théâtres subventionnés ou reconnus réguliers qui ne paient qu'une taxe de 6 pour cent.Les gouvernements changent, des transformations s'opèrent chaque mois dans les minstères et la situation reste pour cela stationnaire, ni meilleure ni pire.Les chiffres et les faits démontrent que ces taxes exorbitantes ne sont pas justifiées par les profits de cette industrie.En effet, si le prix des fauteuils a été augmenté de 180 à 300 pour cent, le coût de la vie a haussé à Paris jusqu'à 445 pour cent.L'augmentation du prix des sièges dans les théâtres réguliers (opéra, comédie, vaudeville) est de 280 pour cent, tandis qu'il se réduit à 266 pour cent dans les salles de vues animées.Cependant, les théâtres ne paient que les 6 pour cent.L'injustice est criante.L'éclairage qui ne se chiffrait qu'à 1,000 francs en 1914 en coûte 5,000 au jourd'hui; trois pieds de bobine ont passé d'un quart de franc (25 centimes) à un franc et cinquante centimes.Gomme résultat, alors qu'avant la guerre 63 pour cent des films projetés en France étaient fournis par des compagnies nationales, la grosse majorité des productions porte des étiquettes étrangères, américaines notamment.On reproche aussi au cinéma d'être un mauvais éducateur de la jeunesse, de présenter des scènes lubiques, de ne pas assez élever l'idéal des populations, alors que les scènes abondent de femmes nues.Les producteurs français, pour toutes ces raisons, se déclarent incapables de tourner des films comparables aux productions américaines.Ils n'ont ni la qualité ni la quantité.Ils se plaignent aussi de la rareté des cinémas qui n' augmenté que de 300 en huit ans.Il se fait actuellement une guerre acharnée au film étranger qui est frappé d'une sur-taxe de 6 pour cent en plus de celle de 40.De dro.te à gam-hc: WILLI AU COLLIER junior.UARUAUET 8AXCUEZ et TOM TERRIS, de la Cie Vitagraph cherchant dis site* pour la production de "The Heart of Maryland".Pour détruire l'influence du film américain qui menace d'inonder la France, les compagnies nationales ont projeté de signer un pacte avec les associations-soeurs de l'ilalie Ce sera une union latine destinée à combattre lunion anglo-américaine.En dépit de toutes ces difficultés, les films français ont une valeur artistique que les américains, avec tout leur matériel et leurs millions n'arrivent pas à donner a leurs productions.Nous citerons parmi les derniers succès de l'écran: "La Roue", film sensationnel sur la vie du cheminot moderne, tourne pour Abel Gance; "Phroso", tiré du roman d'Anthony Hope, produit par Louis Mercanton, dont le clou fut la représentation d'une scène dans le Café de Paris, à Monte Carlo; la principale interprète de "Phroso" fut Malvia Longfellow, une descendante directe du poète; aussi "Atlantide", du roman primé de Pierre Benoît, avec Napierkowska; "L'Agonie des aigles", incidents historiques de l'épopée napoléonienne, prises de vues à Fontainebleau; "Les Trois Mousquetaires", d'Alexandre Dumas, père, et "Robinson Crusoé", du roman de Defoë.ont Vite êcùnc 4e "The Poppy Girl's IIasband" production de William S.pour la Cie Paramount.La seine se passe dans une prison.llart 12 Montréal, avril FILA PORIM LETTRES DES GRANDES VEDETTES DE LA Cie PARAMOUNT (Privilege spécial et exclusif au Panorama) A.B.C.— Non, je n'ai pas passé par le creuset du théâtre avant d'entrer dans ma carrière d'artiste du cinéma, de sorte que cette personne que vous avez admirée sur la scène est tout au plus men sosie.J'ai d'ailleurs des doublures en graud nombre, des ressemblances frapantes, qui me font, heureusement, grand honneur.Je me souvieas qu'étant petite fille, j'admira's moi-même une actr'ce qui me ressemblait comme une soeur, tellement que je la donnais pour une parente rapprochée à mes compagnes de couvent, en Californie.Vous ne m'aimez pas dans le rôle tragique de Fédora—"The World and H's Wife " — C'est dommage.Quoi que très gaie de caractère, enjouée, optimiste, je n'interprète réellement bien que les rôles dramatiques.Que direz-vous alors du prochain film que je prépare, " Vendetta ", de Marie Corelli ?Le rôle que j'y tiens est celui d'une mégère intraitable qui d t tous les jours à son mari en rentrant à la ma'son : " Bon, un de moins! Je suis b'enheureuse que celui-là soit mort! " Elle tue et fat tuer ses ennemis à la fournée.J'ai vainement demandé à l'auteur du scénario, M'es Frances Marion, d'adoucir un peu le caractère de l'héroïne, de lui donner quelques qualtés pour faire contre-poids, mai3 vainement.Je n'ai pas la tête à la comédie et pourtant, ce sera't mon rêve de la jouer.Je connais nombre d'acteurs et d'actrices qui partagent inutilement cette ambition et pour n'en nommer que deux : Charles Ray dont le rêve est de jouer Shakespeare 11 Charle Chaplin qui voudrait faire du drame.Mais, eu tout ceci, il faut se coufonner aux goûts du publ c.Et voilà pourquoi je tourne " Vendetta ".9i men personnage ne vous plait pas dans telle ou telle pièce, admirez quand même ira façcn de la rendre, et n'oubliez pas que dans la réalité je suis une pet'te personne douce et agréable.Alma RUBENS.—Vous n'êtes pas le premier à me demander ce que je fa's de mes vieux costume» et on je les trouve.Il m'est fac le de répondre à votre première question : Me3 vieux costumes, je les garde.Ma femme ne comprend rien à ma collection de défroques, ce qui ne m'empêche d'en avo'r douze malles remplies.Je les conserve depuis quarante ans déjà et j'en fa's un usage constant.Il est vrai qu'il entre un peu de superstition dans mon culte de vieux habits.C'eit que je reste convaincu qu'un costume qui m'a valu quelques succis m'en assurera d'autres si je le garde, Il m'arrive d'utiliser les mêmes guenilles dans plu-s'eun productions d:fféreutes.Ansi ai-je fait dans " The Right of Way ", " The Call of the North ", "Bummer Smith" et "Something to Think About", de Ceo 1 B.de Mille.Quant à ma manière de mettre la main sur des costumes pittoresques, elle est bien simple : j'achète l'accoutrement des types que je dois person-mfier sur l'écran.Il m'est arrivé de marchander la chem'se d'un pauvre diable, 3iir les quais de Montréal.J'ai fait de même dans nombre de viles des Etats-Un's et du Canada.Quand un individu convient à mon rôle et à mon caractère, ie le dépouille.Quant à la tête, ie la fa's copier chez un*perruquier.D'ailleurs, si jamais vous devenez artiste dans ma partie, vous trouverez vite le moyen de vous procurer des costumes conformes aux personnages que von s serez appelé à rendre, Théodore ROBERTS.ALMA RUBENS BOB.— Comment devenir un directeur artistique au c'néma ?me demandez-vous.Vous le dire en quelques lignes n'est pas chose facile; contentez-vous pour vous former de fréquenter toutes les classes de la société dans tous les pays du monde.Le secret, c'est donc de voyager beaucoup.Un direoteur habile doit tout savoir de la vie pour envelopper chaque histoire dans son atmosphère spéciale et lui donner pour personnages des types d'hommes et de femmes appropriés.CHARLES MAIGNE Tout d recteur doit en outre être doublé d'un écrivain d'expérience et de jugement.Il sait d's-tinguer un sujet susceptble de faire un bon scénario d'un autre qui ne s'y prête pas; au besoin, il bâtit lu'-mème ses scénarios.Parmi les mille nou-vi lle3 qu'on lui soumet, il choisit sans hésiter oelle qu peut le m eux être travestie eu un film ntéres-sant.Si son auteur n'a pas employé pour sa construction les meilleures méthodes, il doit lui indiquer 1rs connectons à fare, les modifications à apporter.L'adaptation d'un roman à l'écran est tout un art qu'un directeur doit posséder parfaitement.Comme denrère opération, il rédige lui-même les titres et sous-titres les plus susceptibles d'élucidé l'intrigue et de mettre en relief les inedents frappants du film.Officier d'infanterie et correspondant militai: .j'ai parcouru tous les pays qui se-puissent inia -ner — Cuba, Hawaï, les Philipp;nes, les Indes, 1 Chine, le Japon et l'Europe.Il n'est pas un payi qui ne m'ait inspiré une oeuvre, qui ne m'ait fourni les matériaux nécessaires à la mise en soène d'i^ film.Ma dernière production, par ezemple, "r' Kentuok'ans ", se ressent profondément des nen; breuses années que je passai dans le Sud.Avant de s'imposer directeur oinégraphique faut accumuler les années de voyage, d'étude de scrupuleuses observations.Charles MAIGNE intréal, avril 1921 LE PANORAMA 13 mmmmmmmm'm LARRY SEMON, dans une scène de '¦' The Suitor"1 production Vitagraph.De gauche à droite : Cecil B.ie Mills, le général Robert Nivelle et Jesse L.Lasky.UN VISITEUR DE MARQUE AU STUDIO LASKY Le général français Robert Nivelle, une des grandes figures de la guerre, a visité récemment le studio Lasky, à Hollywood.Il a été reçu par Jesse L.Lasky, premier vice-président de la Famous Players-Lasky Corporation qui l'a conduit auprès de Cecil R.de Mille, directeur-général qui organisait alors la production "Five Kisses".Le nombre des acteurs et des figurants s'élevait à plusieurs centaines.Deux grandes scènes furent jouées devant le général qui prit un intérêt particulier à ce spectacle nouveau pour lui.CORINE GRIFFITH, de la Cie Vitagraph. 14 LE PANORAMA Montréal, avril 1 )\ t Comédfo burlesque composée et jouée par Larry Semon Distribution : The Suitor (le prétendant) Larry SEMON Lucille Carlisle AI Thomson b'rank Alexander "Bill" Hauber Récit.Larry Semon est possédé du grand amour pour la fille d'un millionnaire qui s'oppose à cette mésalliance.Rien n'y fait et après des péripéties de toutes sortes, le prétendant se fait donner la main de l'héritière."The Suitor" provoque des explosions de rire.Pas une scène qui ne renferme de quoi faire pouffer le plus grave magistrat.Larry Semon est en plus un acrobate peu ordinaire.Il accomplit des tours à faire dresser les cheveux sur la tête.Passer d'une motocyclette à un aéroplane est un jeu pour lui, de même que de faire une descente de quelques milliers de pieds en parachute en te-nanl Lucille Carlisle dans ses bras. Montréal, avril 1921 LE PANORAMA 15 En province, au XVIIc iiècle Le théâtre représente un jardin, avec banc et parterre.A droite, une maison avec façade, ayant accès sur Je jardin; au fond, un mur; a gauche, un massif d'arbustes ; au delà, maison voisine aperçue.C'est le soir.SCENE I MA1TRH JACQUES, sortant de lo maison de droite Ouf! l'affreuse journée! Un soleil tropical, un coquin de soleil s'obstinant au plus petit trou, insinuant, glisseur, serpentin, narguant les rideaux et vous atteignant d'une flèche sûre.J'en ai la tête lourde et les jambes cassées.Mais voici le jardin et ce cher petit vent du soir qui répare toutes choses.C'est qu'on n'a plus vingt ans et qu'on a pris du ventre.sans en trop avoir.Ah! vingt ans! J'étais un fier gaillard, ma foi.Levé à cinq heures, actif, l'oeil au client qui entre, confit en révérences, le jugeant duc, marquis, bourgeois, sans me tromper jamais et haussant à son titre la valeur de ma marchandise.Car vous fûtes orfèvre, maître Jacques, orfèvre à l'enseigne de la Toison d'Or, et vous avez gagné assez d'argent poui faire trêve au négoce.Et vous voilà considéré, oisif, bien qu'il vous en coûte, heureux,.Heureux?Certes oui, n'était cette femme, l'autre jour aperçue, et qui demeure là, tout près.Je vois d'ici sa fenêtre.(D.montre la maison de gauche.) Amoureux à mon âge, quel folie! mais qu'y faire?Et puis, elle a si bonne façon.Une veuve, m'a-t-on dit, une veuve.consolable.Mais que pensera-t-clle de cet embonpoint qui croit, de ces joues qui s'exagèrent?Vous vous calomniez, maître Jacques.Eh! que diable, on est vert encore, cinquante ans ne sont que la moitié d'une course et une bedaine que je sache, n'enlève rien à la dignité.sans compter les écus, appât point négligeable.Ouf! asseyons-nous! (Il s'assied sur le banc le dos tourné à la porte de la maison de droite où François apparaît.) SCENE II Maître JACQUES, FRANÇOIS FRANÇOIS, sans voir Maître Jacques Ah! la gredine! M'éconduire ainsi et une suivante! O'est pitié, vraiment.(Montrant un billet,) Mais je tiens ma vengeance et je oompte bien que mon maître la chassera sans délai.Voyez-vous cette personne vertueuse qui souffre à la nièce de monsieur, alors qu'elle en a la garde, de nocturnes rendez-vous! UN PETIT CHEF-D'OEUVRE *&out edt 13t'en gui finit Ifâien Comédie en un acte, in /,,-.,,», par Ed.MICHAUD et Fernnnd VIALLE PERSONNAGES: Muitre JACQUES.7,0 ans VALERE, 20 oh» FRANÇOIS, intendant 30 ans LUCINDE.niece de maître Jacques, 18 ans ANGELIQUE, suivante de Lueinde, 30 ans MAITRE JACQUES, 6a» Sa fenêtre s'éclaire.Je vois son ombre errer.Ah! ventre maudit! FRANÇOIS, bas Quelqu'un ici! Le nocturne amoureux, sans doute.Ce ne peut qu'être lui.MAITRE JACQUES, bas Elle est belle, blonde avec des yeux doux.FRANÇOIS, bas Blonde?C'est bien cela.(Haut et saisissant naître Jacques.) Je vous tiens, suborneur, coq de rue, pour qui l'escalade est un jeu et la vertu une amorce.MAITRE JACQUES, An voleur! FRANÇOIS Je vous tiens et ne vous lâcherai pas.J'ameute la maison, on accourt et c'est merveille si la garde ne s'en mêle.MAITRE JACQUES, A l'aide! FRANÇOIS Qu'est-ce?.Cette voix?MAITRE JACQUES, Tu m'étrangles, bandit! FRANÇOIS Mon maître! MAITRE JACQUES, Quel vin t'a échauffé au point de m'infliger pareille correction, maroufle?O'est urfe honte de se mettre eu un tel état.J'ai grande envie de te chasser.FRANÇOIS Je vous demande pardon, mon maître.C'était pour votre bien.MAITRE JACQUES, Pour mon bien! FRANÇOIS Je vous ai pris pour l'amoureux de votre nièce.MAITRE JACQUES, L'amoureux de ma nièce?Tu déraisonnes mon garçon.FRANÇOIS Je suis de sang-froid, au contraire.Begardez-moi.MAITRE JACQUES, Eh bien! je te regarde.FRANÇOIS Ai-je la figure d'un ivrogne?MAITRE JACQUES, Mais, tes mains à mon cou, tout à l'heure, tes injures, tes coqs de rue, suborneur, l'amoureux de ma nièce,., FRANÇOIS, tendant le billet Lisez ceci.MAITRE JACQUES, lisant "Trouvez-vous ce soir au jardin entre neuf et dix.Bons baisers."Valère." Valère?Connais pas.Je comprends de moins en moins.Apprenez d'abord, monsieur l'impertinent, que ma nièce est une chaste créature, élevée dans les principes les plus rigoureux, ma fille, pour tout dire, et qu'elle ne saurait avoir de liaison coupable.FRANÇOIS Je n'en ai jamais douté.MAITRE JACQUES, Apprenez que ce seuil fut toujours respectable, que maître Jacques est l'équivalent d'honnêteté et que ma nièce ne peut déroger.FRANÇOIS Qui vous dit autre chose?MAITRE JACQUES, Apprenez que vous êtes un effronté, un menteur, un faussaire, FRANÇOIS Quel déluge! J'accuse et je prouve.H reste entendu que mademoiselle votre nièce demeurera hors de cause.Mais j'ai quelque raison de supposer qu'elle a une suivante des plus perverses.MAITRE JACQUES, Angélique?FRANÇOIS Angélique que vous avez accueillie par charité, élevée de vos deniers et qui vous trompe, MAITRE JACQUES, Elle induirait mon imprudente nièce.FRANÇOIS En péché d'amourette, Monsieur, et servirait auprès d'elle les intérêts d'un amourenx. 16 LE PANORAMA Montréal, avril 1921 MAITRE JACQUES, De ce.Valère?FRANÇOIS De ce Valère.MAITRE JACQUES.Tu m'inquiètes, François.Je me souviens aussi de certaine mélancolie observée chez ma nièce, d'un souci plus marqué de sa tenue.De simple, elle est devenue coquette.Elle s'entoure de rubans, ne chausse plus que de fins souliers, se regarde au miroir plus qu'il ne serait convenable.l'âge aidant, sans doute.FRANÇOIS Ou l'amour.MAITRE JACQUES.Ou l'amour.Oui.Peut-être.Je sais bien ce que c'est que l'amour et.FRANÇOIS Je prouve, Monsieur.Vous allez demeurer ici, dissimulé en quelque coin, et je m'engage à quitter votre service si je suis le calomniateur que vous supposez.MAITRE JACQUES, Mais tu me tiendras compagnie, François?On ne sait jamais.Les amoureux sont têtes folles, et si l'on m'apercevait.si l'on se méprenait.nn coup de dague vite s'administre.Car ces godelureaux qui chevauchent les murs, forcent les portes, effroi bien naturel des tuteurs, des oncles et des pères, doivent être de francs cavaliers, arme au côté, n'est-ce pas, et prompts à l'estocade?FRANÇOIS Je suis tout à vos ordres, Monsieur.MAITRE JACQUES, Voyons l'endroit le plus favorable.Il importe de voir et de ne pas être vu.Au fait, pourquoi ne se point armer?Va me quérir le mousquet qui se trouve en la salle basse.Il est quelque peu vieux, mais nous rendra d'appréciables services.FRANÇOIS Y songez-vous, Monsieur?Et quelle nécessita à vous embarrasser de cet épouvantail?MAITRE JACQUES, Ne dis pas épouvantail.Je le tiens de mon pere qui le tenait dn sien.FRANÇOIS Disons relique alors et n'en parlons pins, croyez-moi.Les amoureux ne sont pas forcément des rei-tres.MAITRE JACQUES, v Tu as toujours d'excellentes raisons, François.FRANÇOIS indiquant le massif de gaurhe.Derrière ce massif?MAITRE JACQUES, Oui.(S'approchant du massif.) Ah! bizarreries de l'existence! Descendre en son jardin, las d'une journée accablante, souhaiter le repos du banc, sous les feuilles, la rêverie à bâtons rompus, et subir les plus violentes émotions, entendre les révélations les plus inattendues, s'embusquer comme un larron, attendre une preuve à la presque évidence.derrière ces branches où l'on étouffe.FRANÇOIS Tenee-vous bien, Monsieur, Il me semble ouir un bruit.MAITRE JACQUES, Un bruit, François; tu as dit: un bruit?(Il__ s'enfonce au massif.) FRANÇOIS Pas si profond, Monsieur.Vous y mourriez, que diable.MAÎTRE JACQUES, Sois sans inquiétude.Place-toi contre moi, contre moi, de telle sorte qu'on ne me puisse voir, Là.FRANÇOIS Ohut! Monsieur, les voici! (A part.) A nous deux, perruche, ma mie, qui deviens ta propre accusatrice! Tu ne sortiras pas de cette impasse sans y laisser de tes plumes—si tu en sors jamais.SCENE III LES l'RECEDENTS (derrière le massif), LUCINDE, ANGELIQUE ANGELIQUE C'est donc à l'église, Mademoiselle?LUCINDE A l'église, Angélique.L'office était terminé, les cierges éteints.Il m'offrit l'eau bénite.Tu devines ma surprise.Je ne sais vraiment pourquoi ma main se tendit vers la sienne.Mais il était si beau dans le rayon descendu du vitrail, il me considérait de façon si respectueuse! ANGELIQUE La belle chose que l'amour! Pour moi, je l'ai seulement rêvé.Un matin de printemps, je me suis éveillée presque triste.La raison ?Je l'ai cherchée et j'ai dû m'avouer à moi-même qu'il ine manquait quelqu'un à chérir.Mais il ne viendra jamais, le prince Charmant, et c'est pourquoi vous me voyez paifois mélancolique! FRANÇOIS Quand je vous le disais! MAITRE JACQUES, La pécore! Mais elle me le payera! LUCINDE Pauvre Angélique! Et bonne Angélique.Car je te dois de l'avoir revu, hier, à la promenade, et tu as eu la délicatesse d'à peine me questionner.Aussi bien, je te veux ouvrir ^uon coeur, tout grand, et ne rien te celer désormais de ce que je pen6e.ANGELIQUE Vous pouvez avoir foi en moi, Mademoiselle.FRANÇOIS Accorderez-vous créance à mes affirmations?MAITRE JACQUES, Je suffoque.LUCINDE Ce matin, il m'a fait tenir le billet que tu sais.Et je tremble à la pensée de le posséder, ici, bien à moi.O'est un sentiment assez curieux que j'éprouve.Je tremble, Angélique.ANGELIQUE Et vous souhaitez, n'est-ce pas ?LUCINDE Oui, Il y a de la crainte en moi et du désir.ANGELIQUE, grave C'est le grand amour, Mademoiselle.LUCINDE Le grand amour?Tu m'effrayes.Comme tu dis cela! ANGELIQUE Pardounez-moi mes tragiques intonations.Mais je vous devine irrévocablement prise; je sens que votre âme a reçu l'ineffaçable empreinte et j'ai trouvé des mots solennels.l.ICINDE Trop solennels, Angélique.J'aime, et voilà tout.Comme tu me semblés triste, toi habituellement enjouée! ANGELIQUE Un nuage qui passait; ma jeunesse perdue qu'évoquait votre idylle.C'est fini.Me voilà ainsi qu'on me souhaite.Ecoutez comme je ris.ha.ha., ha^x ' LUCINDE Parfait! Ton rire me fait du bien, Angélique.ANGELIQUE Ah! jeune fille!—Et savez-vous quelque chose de lui, quelle situation est la sienne?MAITRE JACQUES, Voyons.LUCINDE Angélique va vite en besogne.Mais j'ignore tout, vilaine curieuse.Il est de bonno condition à en juger par les manières et le costume.Tu l'as approché comme moi et dois partager mon opinion sur ce point.Duc, marquis, comte, baron ou simplement vidame?Je l'ignore, par exemple.Fils unique, orphelin?Je m'en inquiète peu.Je sais seulement que je l'aime et qu'il doit venir.ANGELIQUE C'est à moi de vous taquiner—et j'en use, MAITRE JAOQUBt, Une oie, ma nièce! FRANÇOIS Plus bas.MAITRE JACQUES.Je te dis quo ma nièce est une oie.FRANÇOIS Plus bas, de grâce ! MAITRE JACQUES, Accueillir un jeune homme est une lourde faute; mais ignorer son parentage, sa fortune, vouloir l'ignorer, François! Cela n'a pas de nom.U faut en finir.Je n'ai pas peiné trente ans pour qu'un audacieux profite.(Il fait mine de sortir du massif.) FRANÇOIS, Tanêlant Qu'allcz-vous faire, Monsieur ?Attendez.D sera toujours temps d'intervenir.(A part.) H faut que tu ailles jusqu'au bout, mon bonhomme.LUCINDE Suis-je bien ainsi, Angélique? Montréal, avril 1921 LE PANORAMA 17 ANGELIQUE Ohannante.Un soupçon de poudre, parfait.Cette mouche près de l'oeil vous sied à ravir.Laisses uno boucle pendre.là.dans le cou.Robe claire, souliers bouclés d'argent, bague au doigt.un saphir.vous êtes belle à tenter les saints.MAITRE JACQUES, Tais-toi, péronnelle! FRANÇOIS Chut! Monsieur.LUCINDE, écoutant Quelqu'un?FRANÇOIS Nous sommes pris, (A part.) Imbécile! ANGELIQUE, prêtant Torcille Personne.Le vent dans les feuilles, une chose tombée, le bruit d'une aile qui s'effare.que sais-je?LUCINDE Le billet disait entre neuf et dix.Comme il tarde.Ah! l'attente! l'attente! MAITRE JACQUES, Voyez-vous cette impatience! Quel abime, les femmes! Calme à la surface, tempête en dessous, créature qu'on suppose ineffleurée et qui se passionne, dissimulation constante, perpétuelle énigme, sphinx au regard de secret! Monsieur! FRANÇOIS LUCINDE L'attente! Ou est là, angoissée, ma bonne Angélique, l'oeil attentif, l'oreille tendue, la tête à l'envers.Un pas résonne.Est-ce lui?Bien moins.Une porte grince, une branche bouge, un souffle passe, et l'inquiète question se pose.ANGELIQUE Et s'il ne venait pas, Mademoiselle?' LUCINDE Voilà qui est mal, Angélique.Pourquoi me taquiner ainsi?Il viendra, j'en suis sûre.ANGELIQUE Penuettez-moi quelques piqûres d'épingle.Vous seriez trop heureuse sans cela.Le bonheur est un oiseau qui gagnerait les nuages, si quelque fil ne tremblait à sa patte.LUCINDE La demie de neuf heures tinte à l'hôtel de la Sénéchaussée.ANGELIQUE Les dix coups n'ont pas encore retenti, belle impatiente.LUCINDE Tu me lasses, Angélique ! ANGELIQUE Ha.ha.ha.Et si monsieur votre oncle descend au jardin?LUCINDE Tu l'en crois capable, Angélique?Non, n'est-ce pas, à son âge.A mon âge! MAITRE JACQUES, LUCINDE On ne rêve guère aux étoiles, on se couche tôt.MAITRE JACQUES, Tiens, tiens, tiens! LUCINDE Il prend du ventre, mon cher bonhomme d'oncle.MAITRE JACQUES.Du ventre! bonhomme! FRANÇOIS Paix, Monsieur! LUCINDE Il prend du ventre.MAITRE JACQUES, Encore! LUCINDE Et cela no laisse pas de m'affliger, car il parait s'en affecter beaucoup; et ta sais si je l'aime, ce bon papa gâteau.MAITRE JACQUES, Un bon naturel, François.Ma nièce a un bon naturel.FRANÇOIS, à part La peste soit de l'enjôleuse! LUCINDE Il n'est fantaisie de ma part qui ne lui soit acceptable.Je lui parle d'une boucle qui fermerait galamment une ceinture; il s'informe du marchand et s'empresse de l'acquérir.Je désire une étoffe à tailler la plus charmante robe qui soit ; vite, son chapeau, sa canne, et le voilà parti.Il me fait même des surprises.Bien que son âme sim-plo répugne à la coquetterie, il achetait hier un miroir pour remplacer l'ancien, trop modeste à son gré, et mon étonnement fut grand de le voir ce matin en ma chambre.MAITRE JACQUES, Bravo enfant, va! ANGELIQUE Il pourrait aussi vous faire la surprise de vous trouver un mari, un mari selon ses goûts, s'entend.EUCTNDE Il no s'agit pas de cela, moqueuse! Quelle nécessité à crever mes jolies bulles de savon! MAITRE JACQUES.Brave enfant, va ! FRANÇOIS, à part Tout est perdu s'il s'attendrit.LUCINDE Ne gratte-t-on pas au mur?SCENE IV LES PRECEDENTS, VALERE VALERE, sautant du mur Serviteur, mesdames.L'escalado a été rude, mais que ne ferait-on pour vous, ma Lucinde bien chéro ?MAITRE JACQUES, A-t-il une épée, François ?FRANÇOIS Point, Monsieur, et soyons tout oreilles.LUCINDE Monsieur,.Valère,.vous n'avez pas de mal?VALERE Une égratignure.rien.LUCINDE Montrez.Une égratignure?Vous saignez, Monsieur.v VALERE Dites Valère, simplement.Il n'y a plus ici que Lucinde et Valère.MAITRE JACQUES, Et moi, fort heureusement! LUCINDE Un chiffon, Angélique.Il me faut vous panser.Là, monsieur l'étourdi.VALERE 0 l'exquise garde-malade! Merci, mademoiselle Lucinde.(Il lui prend le bras.) Et que dites-vous de cette nuit de lune, de ces fraîches étoiles qui semblent, entre les feuilles, nous regarder curieusement.LUCINDE Qu'elles paraissent faites pour nous tout exprès.VALERE Fort bien.J'ai toujours pensé, Lucinde, que des fils ténus liaient les coeurs amoureux aux étoiles et que la lune n'était jamais plus douce qu'à patiner d'argent des silhouettes enlacées.ANGELIQUE, qui confectionne un bouquet Délicieux, ce Valère.VALERE J'allais oublier.Nous ne risquons pas d'être surpris?LUCINDE Soyez sans inquiétude.Mon oncle se couche tôt.Regardez sa fenêtre.Pas de lumière, n'est-ce pas?Il doit à poings fermés ronfler.Car il ronfle, mon oncle, ronfle, ronfle.à couvrir le bourdon de l'église maîtresse, MAITRE JACQUES, -Voilà qui n'est pas de mon goût! VALERE Espiègle! Pélerinons donc, tout à la féerie de l'heure.Voulez-vous me permettre un compliment?Je trouve ce noeud délicatement tourné ; cette bouole du plus joli métal, où le rayon s'accroche; et le tissu de la robe d'une nuance qui me ravit.Et vous portes oela de manière si galante! LUCINDE Oh! Monsieur! MAITRE JACQUES, Il a bonne tournure, cet animal-là.VALERE Encore "monsieur".De grâce, Luoinde, ne m'infligez pas cette appellation.Je vous aime, Lucinde, autant qu'on peut aimer et votre réserve quelque peu m' 18 LE PANORAMA Montréal, avril 1921 ANGELIQUE Il est insinuant à souhait.VALERE La question est peut-être enfantine et vous êtes capable de vous moquer.Mais je la pose pour l'unique plaisir de la réponse.M'aimez-vous, Lu-cinde?Vous hésitez?MAITRE JACQUES.Attention! I.UCINDE Je vous aime, monsieur Valère.MAITRE JACQUES, Ça y est! Attends un peu, gredin.FRANCOIS Paix, Monsieur.VALERE Ah! chère Lucinde, vous me comblez.On se sait aimé au point que pas un doute n'effleure, et l'aveu cependant est une précision qui ajoute, nne certitude qui prend corps.L'aveu, Lucinde, o'eBt le soleil qui poind, incomparable et magnifique, après l'aurore pour merveilleuse qu'elle soit.MAITRE JACQUES, Il a bonne tournure, cet animal-là, Si j'étais capable de m'exprimer de la sorte! FRANÇOIS, à part Que le diable emporte le soleil et l'aurore! ANGELIQUE, prétentant un bouquet Voici des fleurs, Mademoiselle.Elles embaumeront demain en souvenir d'aujourd'hui et, sé-chées aux feuilles d'un cher livre, elles vous rappelleront une minute exquise, la seule qui compte, celle qu'il m'eût été si bon de vivre et que je n'ai pas vécue.LUCINDE Merci, Angélique.VALERE Vous êtes donc de coeur notre complioe?ANGELIQUE De coeur, Monsieur, vous l'avez dit.Il me plait de voir réaliser par d'antres ce qu'il ne me fut jamais permis d'accomplir.La jeunesse appelle l'amour et ma jeunesse claustrée et solitaire s'épanouit en la vôtre, libre et exultante par moi.On pourrait m'accuser d'imprudenoe?mais je vous crois galant homme, Monsieur.MAITRE JACQUES, Très bien, Angélique.Que prétendais-tu donc, François?FRANÇOIS Il n'empêche.MAITRE JACQUES.Silence, drôle! VALERE Vous ne vons êtes pas méprise et j'entends me lier à Lucinde pour toujours.Nous sommes aux préliminaires, n'est-il pas vrai, Luoinde, et avant que le notaire s'occupe de notre cas, le notaire solennel comme une pie maussade, il y a place pour les furtifs rendw-vous, les gages qu'on échange, les mains qui se cherchent.et les fraîches étoiles! FRANÇOIS Décidément, il y tient, à ses étoiles.MAITRE JACQUES, Tais-toi.Tu ne comprends rien à cela.VALERE Car je suis un poète impénitent, Luoinde, et.LUCINDE Un poète?.Vous êtes un poète?.VALERE Certes et les ohemins les plus longs sont pour moi les plus courts- Ils s'abrègent et s'enohantent des fleurs qu'ils tendent à cueillir.Ils sont également les plus sûrs.On se marie, etrtre bourgeois, s'étant vus à peine, s'ignorant, ce qui, parait-il, est une condition excellente pour se bien connaître, et il est seulement question d'écus.Moi, j'en tiens pour l'école buissonnière, la meilleure école à mon sens On se pénètre ohaque jour davantage, on s'aime en un crescendo charmant et le mariage devient.l'explosion des tendresses accumulées.LUCINDE Poète!.Vous me rimerez des ballades.C'est délicieux, une ballade.VALERE On vous rimera des ballades, Lucinde, et vous serez ma muse, une muse blonde et délicate.Ah! je me sens vous aimer furieusement, Lucinde! MAITRE JACQUES, Eh la! Eh la! VALERE Voyez.Le croissant s'affirme, là-haut, la brise est une caresse qui passe, il monte des parterres un parfum de roses rajeunies; l'amour plane, rôde et s'exhale Le ciel lumineux règne comme un sourire qui oonsent.(H l'enlace.) Un baiser, Lucinde?.(Us s'embrassent).MAITRE JACQUES, Il n'est pas armé, François?FRANÇOIS Point, mon maître.MAITRE JACQUES, C'en est trop et le galant abuse.(Il sort, craintif).FRANÇOIS Eh bien! Monsieur! 0 MAITRE JACQUES, On y va, François, on y va, (A Valère), Pardon, jeune homme! Ah! LUCINDE et ANGELIQUE (Elles se réfugient en un eoin) VALERE après une minute de saisissement.Plaît-il, Monsieur?A qui ai-je l'honneur de parler, Monsieur?Mais.MAITRE JACQUES, VALERE s'approehant très près du visage de Maitrct Jacques et reraminant avec attention.C'est certainement un des plus beaux cas que j'ai observés.Prenez la peine de vous asseoir MAITRE JACQUES, inquiet Mais, Monsieur,., VALERE Ne vous exousez pas, je vous en prie.(Il le oon-duit au bano.) Là.(Le tâtant).Oui, le pouls un peu rapide, la tête ohaude.MAITRE JACQUES, Je ne suis point malade, Monsieur.VALERE Soyez oalme, ne vous agitez pas.Ce ne sera rien, j'espère.MAITRE JACQUES, Je vous dis, Monsieur.VALERE Ne me dites rien, de grâce ANGELIQUE, à part Que machine-t-il là?FRANÇOIS, se palpant C'est à croire que je rêve.VALERE Vous avez, j'imagine, un sommeil agité, troublé de cauohemars?Mais.MAITRE JACQUES, VALERE Ne répondez pas.Votre cas n'a rien d'extraordinaire.Tout le monde peut avoir des cauchemars.La Faculté (Il salue) nous enseigne qu'ils sont le produit de pénibles digestions.A cinquante ans, l'estomao n'est pas solide comme à trente.Il faut surveiller votre estomac, ne lui donner qu'une nourriture légère.MAITRH JACQUES, Vous vous moquez, Monsieur.VALERE Pour Dieu, soyez paisible.Vous allez tout compromettre.Tirez la langue.FRANÇOIS Il lui dit maintenant de tirer la langue.MAITRE JACQUES, Voyons, voyons.VALERE (Il se lève).Il se lève ! mais vous ignorez donc, malheureux, qu'Esculape et Fagon l'interdisent que.MAITRE JACQUES, Il délire, parole d'honneur! VALERE .Que, dis-je, le repos absolu doit vous être prescrit.Vous êtes atteint, Monsieur, d'une affection curieuse, et qui peut avoir, si vous n'y prenez garde, les conséquence?les plus fâcheuses, MAITRE JACQUES, Moi, somnambule! VALERE Somnambule, Monsieur, et je le maintiens.Allons, tirez la langue. Montréal, avril 1921 LE PANORAMA 19 MAITRE JACQUES, Voyons, voyons.je suie ohez moi, ioi.VALERE A merveille! vous êtes ohez vous Ce jardin est vôtre, oe bano est votre bien.Vous vous remettez, n'est-ce pas?Oui.reconnaissance assez prompte, spasmes nuls, orise passagère, Tirez la langue.FRANÇOIS Il y tient! attends, imposteur.(Il sort de sa cachette.) (A Valère) Monsieur, vous êtes un coquin.MAITRE JACQUES, Ah! François, tu me libères.Que je te touche, François! Nous étions ensemble, n'est-il pas vrai, parfaitement éveillés derrière ce massif?FRANÇOIS N'en doutez pas, Monsieur.VALERE Vous prétendez?., FRANÇOIS Que vous voulez nous en faire accroire, que,.VALERE Paix l'ami! Il n'appartient qu'aux Bots de votre espèoe d'avoir des idées aussi arrêtées.Au reB-te, Monsieur fera comme il lui plaira.J'en ai connu de ces obstinés qui ont payé oher l'orgueil de ne vouloir rien entendre.Bagatelle au début, au point qu'on n'y pouvait pas croire, puis cela se complique: on avait une orise par nuit, on en a deux, on en a trois, on en a quatre.On Bortait raisonnablement de ohez soi et l'on allait en son jardin, mais bientôt on se risque de fenêtre à fenêtre, on escalade, et l'on arrive, en peu de tempB, sous la lune, à chasser les chats de gouttières.O'est un périlleux métier où l'on se peut casser le cou.FRANÇOIS Monsieur,.MAITRE JACQUES, Laisse, François, laisse.(A Valère, un peu transi.) Vous m'intéressez, Monsieur.VALERE J'en suis bien aise et que la raison ohez vous se fasse jour.Pour l'honneur de ma corporation, j'aurais dû, devant l'hostilité de Monsieur (Il montre François) me retirer, mais vous me paraissez excellent homme, le coeur sur la main, et je reste.Je veux vous guérir.Et d'abord il importe de vous aller couoher.MAITRE JACQUES, Mais votre présenoe ioi?___Ma nièce ou Angélique, sans doute, qui vous ont prié de venir ?(François donne des signes d'impatience).VALERE A l'évidence, Monsieur.Allez vous coucher.ANGELIQUE, à part Il a de Fesprit oomme oinquante.LUCINDE Où oela va-t-il nous mener?MAITRE JACQUES, Vraiment, mon cas est étrange.VALERE Allez vous coucher.MAITRE JACQUES, à part Mon amour tardif peut bien m'avoir brouillé le timbre, (Haut.) Je cède à vos persuasions, Monsieur.VALERE O'est cela.Allez vous coucher, FRANÇOIS N'en faites rien, mon maitre.Le pendard vous berne BessaisiBsez-vous, que diable, et demandez-lui s'il connaît ce billet.MAITRE JACQUES, Ah! au fait, ce billet,.Lis un peu, François.FRANÇOIS, lisant "Trouvez-vous, ce soir au jardin, entre neuf et dix.Bons baisers."VALERE." LUCINDE Nous sommes perdus, Angélique.Ils possèdent le billet.ANGELIQUE Vous l'avez donc laissé choir, imprudente?MAITRE JACQUES, Et que dites-vous de ce billet, Monsieur?FRANÇOIS Fait-il aussi partie de la maladie de Mon-i sieur Jo ne sais.VALERE FRANÇOIS Nous vous tenons comme au piège, Monsieur MAITRE JACQUES, Nous vous tenons et ne vous làoherons pas! FRANÇOIS Traiter mon maitre de somnambule! MAITRE JACQUES.Me promettre de nocturnes promenades sur les toits.FRANÇOIS L'envoyer au lit sans plus de cérémonie! MAITRE JACQUES, J'ai grande envie, Monsieur.VALERE Votre coinage m'enchante.(A François.) Votre audace me plonge dans le ravissement.— Ma mèche est éventée, j'en oonviens de bonne grâce.Le billet est de moi et il s'adressait à Mlle Lu-cinde, votre nièce, que j'aime d'un ooeur que je vous souhaite, Monsieur.FRANÇOIS, triomphant Eh bien! mon maitre! MAITRE JACQUES.La preuve est faite, François, Angélique! ANGELIQUE Mon Dieu! MAITRE JACQUES, Angélique, vous pouvez prendre ici ce qui vous appartient et suivre Monsieur, qui, je veux croire, ne sera pas longtemps à nous fausser compagnie.FRANÇOIS, à part et regardant Angélique La vengeance est aussi bonne que l'amour! VALERE, gut a entendu Plait-il.(A Maitre Jacqnes.) Vous êtes oruel, (A Angélique.) Soyez sans inquiétude.Mademoiselle.(A Maitre Jacques.) O'est votre.Intendant.MAITRE JACQUES.VALERE Mettons: Intendant.qui vous a remis ce billet?MAITRE JACQUES, Certes.VALERE, à Angélique En quels termes était-il avec vous, Mademoiselle, cet intendant comme il ne s'en voit pas?ANGELIQUE Je dois convenir qu'il fut souvent tendre et devint d'une grande froideur, à la suite de certains refus.VALERE Eetenez bien oeci, Monsieur, et jugez du motif qui a poussé le sire.FRANÇOIS Je n'ai jamais songé qu'à mon maitre.Je le jure sur la tête.VALERE Tout beau! et de grâce, ne jurez pas.(A Maitre Jacques.) Et maintenant, Monsieur, pardonnez à la jeunesse le olandestin d'une visite qui ne se renouvellera pas.Je suis honnête homme et entends, avec votre agrément, épouser Mademoiselle votre nièce.MAITRE JACQUES, En vérité, Monsieur.VALERE En vérité.J'ai quelque bien et compte ne pas vous faire déshonneur.MAITRE JACQUES, Je., n'en suis pas surpris, Monsieur FRANÇOIS Le diable soit du bellâtre! VALERE J'habite tout près d'ici, avec ma mère, une veuve.(Il montre les fenêtres de gauche.) MAITRE JACQUES, d part Juste ciel, ma veuve! (Haut.) Vous dites: tout près d'ici?VALERE Nous sommes voisins.Begardez nos fenêtres.MAITRE JACQUES, Oe.ce sont vos fenêtres?VALERE Nos fenêtres.MAITRE JACQUES, Juste ciel, leurs fenêtres! VALERE Qu'est-ce? 20 LE PANORAMA Montréal, avril 1921 MAITRE JACQUES, Rien, rien.Soyez ici le bienvenu, Monsieur FRANÇOIS, à part Je comprends de moins en moins, parole! Sinon que ma vengeance m'éohappe.(Haut à Maître Jacques.) Mais, Monsieur.MAITRE JACQUES, La paix, maroufle! FRANÇOIS, à part Maroufle! (Valère est aile prendre la main de Lucinde).MAITRE JACQUES, à part Le fils de.chut! La Providence fait bien les choses.Et dire que cet imbéoile de François! (A François).Coquin! Bélître! Monsieur! Pendard! .FRANÇOIS MAITRE JACQUES, FRANÇOIS Oh! Monsieur! MAITRE JACQUES, J'ai des démangeaisons!.-VALERE Monsieur.MAITRE JACQUES, M une révérence Monsieur.VALERE En attendant que ma mère vienne le faire de façon officielle, j'ai l'honneur de vous demander la main de Mlle Lucinde, votre nièce.MAITRE JACQUES, Ici, mon neveu; ici, ma nièce; tout près.(Ouvrant les bras.) Sur mon coeur! Approche, Angélique, que je t'embrasse Tu ne sais pas, tu ne peux pas savoir quelle reconnaissance tu appelles! Quant à vous, Monsieur l'impertinent, qui mériteriez la porte si le bonheur ne rendait pitoyable, tàohez qu'on oublie vos manières sournoises et vos plates insinuations.(Valère, Lucinde, .liiyi/i'./ur so retirent.) FRANÇOIS Je veux mourir si j'y comprends goutte! MAITRE JACQUES.poursuivant François Hou! le vilain.(François se sauve.) MAITRE JACQUES.vers les fenêtres i/t Valère en un baiser.A nous deux, ma charmante! Rideau.Ed.MICHAUD et F.VIALLE.DANS LE PROCHAIN NUMERO "LE CT"CLOPE" par Robert de Francheville Cette comédie à deux personnages du répertoire du théâtre du Grand-Guignol, à Paris, n'a été jouée qu'une fois à Montréal, à la salle des Artisans Canadiens-Français où elle a obtenue un immense succès.Cette comédie peut être jouée .dans tous les salons où elle obtiendra toujours du succès dans tous les milieux.• , i ! ¦ 7- 1 ' "' • i -;;!.:, : - .• M Wià\.* '>".•.'• :.f; :'•••' L>Pl :!ç !: vTjj!jl:!r'V^;:ç\'^%jf;^| Montréal, avril 1921 LE PANORAMA 21 8 t k .-._ !-¦ Production de Albert E.Smith l ! Distribution : Bob Bellamy .EARLE WILLIAMS Consuela Vclaseo .Beatrice Burnham "Brick" McCann .Otis Harlan Don Manuel Morale».George Fields James Bellamy .Melbourne McDowell Récit.Bob Bellamy est un fils à papa qui ne manque pas d'intelligence, ni d'amis.à cause de sa belle humeur et de sa générosité, dépensant follement les sommes que son père, riche propriétaire de chantiers maritimes, lui souscrit à discrétion.Un jour cependant que Bob avait quelque peu "ambitionné", ayant confessé à son père une dette de $5,000, celui-ci le mil à bord d'un paquebot comme su- brécargue, à .$50 par mois.Il se promettait de le tenir à la besogne jusqu'à complet remboursement."Home Brew Hanson", chef du bord, trouve un chat de gouttière en se rendant au paquebot et le garde dans sa cabine.Le jeune homme à qui appartient le chat avait fixé au cou de la bête un bracelet de $30.000, propriété de sa mère, laquelle offre $5,000 de récompense.Bob gagne le chat dans une partie de cartes.Après d'étranges aventures au Mexique au cours desquelles il gagne le coeur d'une -très belle jeune fille qu'il ramène à son père.La récompense de $5,000 lui permet de solder sa dette.t 22 LE PANORAMA Montréal, avril 1921 Comment devenir étoile de cinéma par D.W.Griffith OUS soumettons à nos lecteurs qui rêvent de faire du cinéma les précieux conseils que le célèbre producteur de "The birth of a nation" donne aux jeunes artistes désireux de consacrer leur vie à "l'art muet"."N'espérez pas, dit-il, devenir un acteur : ou une actrice de cinéma si vous ne pouvez sentir et éprouver vos émotions, vos pensées mêmes.Avant d'exprimer vos inspirations, vous devez les étudier en vous.L'expression, étant surtout mécanique, doit être acquise à force de réflexion.Si elle est naturelle, elle se manifestera avec aisance par les mains, le visage et la démarche.On distingue les véritables artistes à leur jeu de physionomie, à la multitude des expressions mobiles qu'ils savent rendre.Il y a peu de grands acteurs ou actrices.Ils sont même aussi rares que les orateurs, les sculpteurs, les peintres et les poètes de talent.Sans doute, il y a des caractéristiques mécaniques indispensables au succès d'un artiste.La bonne mine, la beauté, la grâce ne nuisent à personne.Ce ne sont là cependant que des dons forfuits que la nature a distribués indistinctement.Le visage est si bien le reflet de l'âme que les personnes laides, ordinairement matérialistes dans leurs conceptions de la vie, ne peuvent pas exagérer leur laideur sur l'écran, parce qu'elles manquent d'idéalisme et conséquemment d'émotivité.La laideur artificielle donnée à une figure par un maquillage savant ou un masque tiré de la réalité réussit mieux au cinéma.Un bon mime peut contrefaire, d'une manière plaisante, l'air, les gestes et l'allure d'un monstre.Les artistes les plus gâtés par la nature rendent mieux les types laids que le« "tramps" les plus repoussants.Je le prouve.Chaque fois, dans les débuts de ma carrière, que j'embauchai un vagabond en guenilles pour tenir un rôle dans un scénario quelconque, ce fut un échec complet.Mon homme se présentait guindé ou jouait en automate.Pour faire une grande artiste (la chose semble curieuse à dire) il ne faut pas avoir de rides dans la figure.Sur l'écran, un visage est grossi vingt fois, de sorte que les moindres rides prennent tout de suite les proportions d'une rivière.Le contour de la figure doit être poli et doux.Tout cela, cependant, n'est rien si les yeux sont bons.Ah! les yeux! Ce sont eux qui jouent toute la pièce; les gestes ne font que confirmer ce qu'ils disent.Les yeux ont, au ciné- ma, l'importance d'une "bouche d'or" au théâtre.Ils la remplacent.Ce qui me ramène à dire que pour bien exprimer ses émotions, un artiste doit les voir et les sentir.Les yeux sont les fenêtres de l'âme.L'âme doit pouvoir regarder au dehors, par les yeux.Et que dire des pleurs, maintenant?Comment expliquez-vous que certaines actrices puissent arracher des larmes aux spectateurs, alors que d'autres, en pleurant, donnent l'envie de rire?Parce que les véritables artistes pleurent des larmes que les spectateurs voit, poussées par des sentiments qui les possèdent tout entiers, sentiments que le spectateur peut deviner, mais ne voit pas.Qu'est-ce que cela peut faire que les larmes soient des gouttes de glycerine si la figure qu'elles arrosent a l'expression douloureuse ou torturée du chagrin, de la honte et de la colère?Quiconque a le sens de l'émotion, avec en plus quelques charmes physiques, réussit.Le reste vient par surcroit.Il est aisé d'apprendre à saluer gracieusement, à arpenter un salon sans glisser sur le parquet, à conduire une automobile, à nager, etc.Quelques avis essentiels aux débutants.Avant d'adopter un genre, regardez-vous bien dans une glace et demandez-vous quel type, quel caractère vous conviennent le mieux.Vous en viendrez peut-être à la conclusion que vous avez plusieurs points de ressemblance avec Juliette, Cléopàtre ou Lady Macbeth.Je cite ces types de femmes parce qu'ils sont vrais de tous temps.Les costumes et les accessoires seules varient avec les siècles.Et ce caractère que vous personnifiez si bien, qu'était-il ou qu'est-il dans la réalité?Vivez en lui.Exprimez par vos yeux, votre figure, vos gestes les émotions et les sentiments qui l'animent.Vous arrive-t-tt, par exeaaple, d'être malheureux en amour?regardez encore dans la glace comment la douleur ou la déception ont ravagé vos traits.Etes-vous jaloux, haineux?Voyez comment se réfléchissent sur votre figure ces sentiments de jalousie et de haine.Faites-vous photographier instantanément dans ces diverses attitudes et soumettez ces épreuves à un directeur de compagnies cinématographiques, sans les faire retoucher.Vous ne pouvez trouver de meilleurs recommandations. .uiitréal, avril 192' LE PANORAMA 23 Sont-ils parents, amis ou voisins ?" Qui voit l'un voit l'autre, car, disons-le tout de suite, ces deux têtes-là appartiennent au même, ou plutôt elles n'en sont qu'une seule.C'est le fameux Kalla Pasha avec sa bonne face habituelle d'un côté et, de l'autre, avec ses énormes sourcils et la grande barbe qui lui donne l'air féroce d'un "avale-tout-cru".Dans la vie privée, Kalla Pasha n'a rien d'un ogre; c'est au contraire un charmant camarade que l'on pourrait rencontrer sans crainte à minuit au coin d'un bois.Il a une jeune et jolie femme, une maison agréable où il reçoit hospitalièrement ses amis; il aime avec enthousiasme son métier et il espère bien passer de longs jours dans la Cie Mack Sennett à laquelle il appartient.Nous le souhaitons vivement pour la plus grande joie du public.\V,ALLACE REID, l'idole de l'écran, est à tourner un fdm intitulé "Watch My Smoke" qui fera pendant à "The School or Charms".Reid vient d'être primé aux Etats-Unis dans différents concours de popularité.Au Canada, il partage avec Thomas Meighan la faveur du public.JOHN STEVEN McGROARTY, auteur de "California Mission Play", et poète lauréat de la Californie, a été émerveillé par les effets scèniques remarquables du prochain film du Metro, "Big Game".May Allison tient le premier rôle dans cette version cinématographique le "Big Game", tirée du drame écrit par Wilfrid Robertson et Kilbourn Gordon.Voilà un poète qui voudrait voir quelques-unes de ses oeuvres projetées sur l'écran! PEARL WHITE a définitivement abandonné, il nous semble, l'interprétation des rôles de cow-girl ou d'aventurière.Son apparition dans un film mondain "Le Voleur", de Bernstein a été fort goûtée par le public.Elle doit jouer prochainement dans une production du même genre "Know your Men", projetée par Fox.GLADYS WALTON se repose toujours sur les lauriers qui lui ont été décernés lors de la présentation de "Pink Tights", un régal pour, les yeux.Elle entreprend avec une troupe choisie d'Universal un second film plus piquant encore que celui-là, intitulé "The Man Tamer" (Le dompteur d'hommes). 24 LE PANORAMA lontréal, avril 1921 Une brillante étoile du Cinéma visite le "Panorama Montréal, avril 1921 LE PANORAMA 25 L'an dernier nous avions eu la visite d'un célèbre directeur, M.Emile Chautard; cette année, le 20 février, nous venons d'avoir celle d'une des plus brillantes étoiles — une étoile de première grandeur pour la beauté et le talent — miss Ruth Roland, de la Cie Pathé.Grâce à l'initiative de l'actif président de la Specialty Film Inc.M.E.-L.savoir un gré infini de nous avoir consacré près d'une heure d'un temps qui lui était précieux.Un peu avant midi, la limousine de M.Ouimel s'arrêtait devant nos bureaux et» nous en vîmes descendre l'héroïne de tant de films émotion-nants.l'artiste hardie qui paraît ignorer la signification* du mot "danger" camaraderie qui lui conquiert immédiatement toutes les sympathies.Au cours de sa visite elle eut un mot affectueux pour tous ceux qui l'approchèrent et prit intérêt à tout ce qu'elle remarqua dans les divers services de rétablissement.A vrai dire, en voyant miss Roland, on demeure .surpris quand l'on pense que c'est la même que l'on a vue sur 5ï Devant les Bureaux du "Panorama" Ouimet.miss Rulh Roland et sa toute charmante dame de compagnie, miss Retty Rrownell, ont passé dans l'édifice du "Samedi", de la "Revue Populaire" et du "Panorama" quelques instants, trop rapides à notre gré bien que réellement nous ayons été favorisés sous ce rapport.Le programme de la grande artiste était en effet passablement chargé et nous devons lui lorsqu'il s'agit de tourner une scène à sensation.A son arrivée, elle a été reçue par les propriétaires de l'établissement M.M.Fred et Georges Poirier et, dès la première minute, elle créa une excellente impression par sa cordiale franchise de manières.Elle joint à une distinction réelle un esprit de bonne l'écran, sauter d'une auto en pleine vitesse, dévaler le long de chemins rocailleux en galopades effrénées, bondir d'un train à toute allure sur l'échelle d'un aéroplane survolant le train.On croit que, pour accomplir de tels exploits il faudrait avoir l'apparence d'un Tom Mix en jupons et l'on voit devant soi une exquise jeune fille à la beauté fine et aux grands yeux 26 LE PANORAMA Montréal, avril 1921 m profonds, pleins d'ensorceleuse magie.Miss Ruth est une de ces très rares artistes complètes qui.dans un corps de la plus délicate beauté, on l'âme d'un de ces héros légendaires qui ne redoutaient rien.C'est mie véritable artiste de carrière et ses débuts au théâtre remontent à sa toute première jeunesse puisqu'elle n'avait encore que trois ans lorsqu'elle parut pour la première fois sur la scène du théâtre Columbia de San-Francisco, sa ville natale.Au cinéma, elle a appartenu à la Compagnie Kalem, puis à l'Astra et maintenant elle est à la Cie Pathé où elle a acquis une réputation mondiale avec ses sensationnelles séries.Il n'est peut-être pas de "casse-cous" qu'elle n'ait pas tenté et elle évolue, dans les situations les plus périlleuses avec une audace et une adresse qui n'ont d'égales que sa propre satisfaction.Son art lui plaît au de-là de toute expression.Il y a pourtant un exercice violent qu'elle n'a pas encore mis en pratique: la glissade et le saut en skis, mais cela pour une bonne raison; elle passe presque tout son temps en Californie et, dans ce pays ensoleillé, la neige est aussi rare que partout ailleurs les billets de banque le sont dans la bourse d'un poète.Or, la neige étant indispensable aux skieurs, miss Ruth devra revenir an cours d'un autre hiver au Canada OÙ elle sera bien servie sous ce rapport si elle veut apprendre à glisser sur les longs patins île bois et connaître les douces émotions des sauis de cinquante à oent pieds de longueur.Flic déclare d'ailleurs que cela lui plairait infiniment.En résumé, Ruth Roland est une véritable antithèse vivante et, disons-le, une bien jolie antithèse.Toute gracieuse d'apparence, elle accomplit des exploits dignes d'un cow-boy des grandes plaines, d'un aviateur téméraire el d'un professionnel grimpeur de montagnes.Habituée au mouvement, rompue à tous les sports, adorant l'aventure et méprisant le danger, c'est d'autre part une exquise femme dn monde et, de plus, une personne sachant apprécier le confortable d'une calme existence dans un intérieur agréable.Elle ne prend aucune liqueur, n'a jamais fumé une cigarette et préfère à cela les fleurs de son splendide jardin.Fleur elle-même au milieu des fleurs, il semble qu'elle a gardé dans ses grands yeux de velours violet sombre le refiel mystérieux des corolles aux teintes chaudes écloses sous le beau ciel de son pays natal.C'est avec regret que nous avons vu partir la grande artiste et son aimable et distinguée secrétaire miss lîrownell mais, ainsi que je le dis plus haut, les charmantes voyageuses nous avaient accordé beaucoup mieux qu'une visite rapide de programme établi et nous n'étions pas les seuls à les réclamer.Voici, d'ailleurs, un rapide exposé de l'emploi des trente-six heures passées à Montréal : Le samedi, 7.45 a.m.uaut de New-York.-Arrivée à Montréal 8 his a.m.—On lui indique ses appartements à l'hôtel.8 hrs 15 a.m.—Déjeuner.Etablissement du programme pour la journée.9 hrs a.m.—Visite à cinq journaux quotidiens.11 hrs 45 a.m.—Arrivée au "Panorama".Interview, visite de l'établissement.Pose de photos.12 hrs 30 a, m.—Elle quitte le "Panorama".Retour à l'hôtel; lunch, Pendant la préparation du lunch, elle change de toilette. Montréal, avril 1921 LE PANORAMA 27 1.30 hrs p.m.—Visite de douze théâtres dans la ville, ce qui représente un trajet de près do vingt milles.5 hrs 30 p.m.—Visite d'un magasin de fourrures.6 hrs 30 p.m.—Visito d'un hôpital.7 hrs 15 p.m.—Retour à l'hôtel.Diner.Changement do costumo pour lo bal du soir.8 hrs 15 p.m.—Visite à l'Arena pour voir le jeu de hockey.9 hrs p.m.—Retour h l'hôte! Windsor.9 hrs 15 p.m.—Bal.Elle ue manque pas une des dix-huit danses du programme.1 hr 30 a.m.—Visite au Claridge Hôtel.Deux danses.Chant.4 hrs a.m.—Elle va enfin prendre un peu de repos.9 hrs 30 a.m.—Déjeuner.10 hrs a.m.—Promenade en sleigh pour visiter diverses places d'intérêt.1 hr p.m.—Lunch chez M.Ouimet.3 hrs p.m.—Au Mout-Eoyal pour voir les sports d'hiver.4 hrs 30 p.—Réceptions privées.6 hrs 45 p.m.—Retour à l'hôtel; envoi de cartes postales.Changement de costume.7 hrs 15 p.m.—Diner.8 hrs 10 p.m.—Départ pour 1?.gare.8 hrs 15 p.m.—Départ du train.C'est ce qu'on peut appeler deux jours de vacance bien employés et pourtant, Ruth Roland ne paraissait nullement fatiguée.Il est vrai qu'elle connaît parfois des journées de quinze heures à son studio.A New-York où elle repartait, elle ne devait ensuite faire qu'un séjour de courte durée avec Miss Detty Brownell avant de rejoindre la capitale du film, Los Angeles d'où sortent tant de productions qui rayonnent sur le monde entier.KERNAND de VÉRNËUIL En.sleigh arec M.E.-L.Ouimet s'rrïc Mont-Royal Montréal, avril 1921_LE PANORAMA_ 29 lontréal, avril 1921 LE PANORAMA 31 m m Le 11 mars nous avions le plaisir de recevoir, au "Panorama", George Walsh qui a pendant longtemps appartenu à la Cie Fox où il a joué dans plus de vingt films au cours desquels il a eu toutes les occasions de démontrer ses merveilleuses qualités d'athlète.George Walsh est en effet un athlète dans toute l'acception du mot; bâti en force, musclé comme un ancien lut- rapidement parcouru l'établissement, s'est attardé un peu plus longtemps à la rédaction où il a pu prendre contact avec le "Panorama" puis après une cordiale et vigoureuse poignée de main, il est remonté dans son auto pour se rendre à d'autres endroits où il était impatiemment attendu.Il était accompagné de son père, excellent homme, plein d'urbanité, et piloté par M.E.Lacoste dont les fonctions GEORGE WALSH photographié devant les bureaux du "Panorama" quelques instants avant son départ.Son père est dans la rangée du haut, le troisième à compter par la gauche.teur roinain, vif et agile, c'est également un gai camarade Igj toujours souriant et dont la conversation est empreinte de la meilleure cordialité.ili'urgr Walsh est arrivé a Montréal lr jeudi 10 mars pour en repartir le lundi suivant.Entre temps il a parcouru Il la ville, visite de nombreux théâtres, assisté à des banquets, accordé des entrevues, bref, rempli un programme copieux m où ne manquait qu'une seule chose: du repos.George Walsh, heureusement pour lui, a le tempérament aussi roll buste que son caractère est affable.Au "Panorama", il a passé avec nous quelques bons ins-H tants qui ont permis de l'apprécier comme il le mérite.lia n'étaient pas précisément une sinécure; à certains théâtres en effet, la foule qui attendait George Walsh était si compacte qu'il ne fut possible de s'y frayer un chemin qu'au prix de grandes difficultés.George Walsh s'est déclaré enchanté de sa visite au "Panorama"; de notre côté le plaisir n'a pas été moindre et nous pouvons lui affirmer qu'il y trouvera toujours l'accueil le plus chaleureux et le plus sincère quand il lui plaira de revenir au milieu de ses nombreux amis de Montréal.F.de VERNEUIL « i 36 LE PANORAMA Montréal, avril 192 Production de la Compagnie Vitagraph avec Larry Semon comme premier rôle ¦A.fi fi fi fi a s 9 5 fi fi 1—Larry (The Hick) en se levant, ce matin-là, se sentit le coeur plein d'amour pour la jolie fille du fermier.2—En bon-' diplomate, "il conquit l'amitié du petif>frère pour arriver au coeur de la grande soeur., 3 -Et le procédé lui réuussit; la jolie fille trouva notre gars "bien fin".C'était le commencement de l'amour 4—No.tre amoureux eut une idée : "Pourquoi travailler se dit-il.je serais bien fou puisque la fille m'aime!" 5—Mais le papa n'aime pas les paresseux et le gaillard se fit conter ça dans les grands prix! 6—Hélas, Misère! Voici qu'un artiste peintre de la ville a ravi le coeui de la belle qui ne veut plus entendn parler du pauvre "Hick".7—Et, un beau matin, l'infidèle s'enfuit par la fenêtre, laissant son pauvre amoureux le coeur cassé en petits morceaux! 8—H conta ses peines au brave chien de la maison.Hélas! c'était une bien maigre consolation! 9—Puis il alla s'engager comme garçon dans lo café de " L'Ecureuil Bleu" où dansait maintenant celle qu'il aimait toujours. Montréal, avril 1921 LE PANORAMA 1 10—Et là, il découvrit on jour un vil complot que le ravisseur tramait contre la belle enfant.I I Résolu à la sauver, il se cacha dans sa chambre en lui fasant signe de ne pas dévoiler sa cachette.12—Ayant trouvé l'occasion favorable, il administra une magistrale raclée à tout le personnel du cabaret.Ce fut une belle danse! 13—Sa blonde, touchée d'un si beau courage, lui redonna son amour et s'empressa de fuir avec lui ce lieu de malheur.PAS CONTENTE Seena Owen, premier rôle d'une production de Cosmopolitan, filmée par Robert Vignola, se plaint du peu de confort qu'elle trouve dans les îles Bahama.P'automobiles, point; Mlle Owen fait de la bicyclette."Quant aux emplettes, écrit-elle, elle se réduisent à l'achat d'un chapeau Panama ou de noix de coco." —o— On s'intéresse beaucoup en ce moment au film burlesque, "Bottlegging" que sont à monter Eddie Lyons et Lee Moran.C'est une scie fine et mordante sur les puritains qui veulent faire du dimanche une journée d'ennui et de tristesses en supprimant le cinéma et toutes autres distractions.14—Et ce fut l'amour, catto fois pour toujours., reconquis Fade Out.PAULINE FREDERICK, l'étoile de la compagnie Robertson-Cole, est à étudier sa prochaine production "The Mistress of Shenstone" pour laquelle oh prévoit un succès aussi grand que celui qui marqua l'apparition de "A slave of Vanity'.—o— Un correspondant des nouvelles-journal Fox a eu le mérite de photographier le poète Gabriel d'Annunzio le jour où il évacua Fiume en aéroplane avec tout son état-major.Il prit aussi quelques vues du destroyer italien dont l'équipage se mutina à la reddition de Fiume.Ce même correspondant se trouvait l'an dernier dans ce célèbre port de l'Adriatique à l'arrivée de d'Annunzio.11 est entré dans Fiume et en est sorti avec lui. LE PANORAMA Montréal, avril 192 Les secrets du camera L EST bien rare, qu'en matière de cinéma, on s'arrête à penser ft l'opérateur qui tourne les vues animées derrière un énorme appareil photographique.Il en connaît pourtant plus long sur le métier que la plupart des artistes qui évoluent devant lui.L'observation constante des vedettes lui permet de les connaître parfaitement et de relever leurs défauts les plus cachés.Le photographe est un juge impitoyable.Ecoutons, par exemple, l'opérateur de prises à l'emploi de Billie Burke, parler de la beauté des étoiles: "Les principaux attributs de la beauté sont l'expression, l'animation, la proportion, le contour et le teint.Quant à ce dernier, le teint ou la couleur, il ne peut être reproduit sur une plaque photographique, qui rend cependant au naturel le galbe, les lignes pures et les traits.Une femme d'un teint riche, aux yeux bleus et aux cheveux fauves peut être en réalité une séduisante beauté et perdre tous ses charmes sur l'écran.L'art de se composer un visage ou le maquillage peut donner à la chair les tons les plus plaisants, mais ils ne paraîtront jamais aussi agréables que vus à l'oeil.Les cheveux fauves, aux reflets de cuivre, pourront aussi devenir blonds sous des flots de lumière artificielle, mais qu'est tout cela à côté de la réalité?Le portraitiste peut retoucher ses oeuvres, mais non le cinématographe.C'est à l'artiste à bien se grimer.Il est aussi des effets de lumière qui font ressortir les personnages à leur avantage.Un éclairage défectueux et une mauvaise installation gâtent les plus grandes beautés photogéniques.Ces beautés, pour l'opérateur, consistent en des formes bien dessinées, en des traits un peu saillants et en des yeux ordinaires, ni trop clairs ni trop.morts." John S.Stumar, le photographe de Dorothy Dalton, dit encore ceci: "Une belle femme est, à mon point de vue.animée, celle qui a un visage petit, d'un ovale prononcé.Celle-là même peut flatter l'oeil sur la scène ou dans la rue et faire un mauvais sujet au cinéma si elle ne sait pas se maquiller.Je connais des vedettes très populaires à qui il a fallu des années pour apprendre à se bien grimer." F.M.Dean prétend à son tour que si la beauté n'est pas toujours reproduite fidèlement sur l'écran, c'est que les artistes ne veulent pas se plier aux exigences de l'appareil photographique.Si une vedette a les charmes extérieurs qui plaisent au théâtre, elle s'imagine réussir dans les vues animées.Grave erreur, les gros traits se reproduisant mieux que les traits délicats.Il y a deux catégories de beautés: celles de la scène et celles de l'écran.Les artistes du cinéma doivent bien saisir cette distinction pour devenir des étoiles.En sachant plaire au public." La vedette doit charmer les yeux par les grâces d'une fraîche jeunesse.William A.Reinhart, autre cinématographe, dit à ce sujet: "Une femme qui n'est plus dans la fleur de ses premières années peut encore donner sur la scène l'illusion de la jeunesse, mais non sur l'écran.L'auditoire d'un théâtre est à vingt pieds de la scène au moins, de sorte qu'il peut se méprendre facilement sur l'âge des "jeunes premiers" ou des "ingénues" qui jouent devant lui.Au cinéma, les spectateurs ont le nez sur l'écran.Donc, plus de méprise possible.L'appareil ne sait pas mentir." Voilà, pour terminer, les seules choses que les opérateurs se disent capables de faire: Colorer leurs personnages.Disposer leurs scènes de façon à ce que les artistes qui se tiennent au premier plan restent.en relief au dernier.Transformer la rapidité en lenteur et vice versa.Mêler deux scènes ensemble.Faire flotter les personnages dans l'air ou dans des rayons de lumière.Donner à un artiste ordinaire la taille d'un nain ou d'un géant.Photographier un fantôme ou un esprit.Faire mouvoir les objets inanimés.I a BETTY GOMPSON I intréal, avril 1921 LE PANORAMA 39 Charles Ray n'a encore jamais vu New-York.Né dans l'Ouest, il a toujours été tellement occupé qu'il n'a pas encore trouvé le temps de traverser le continent.Ce qui ne l'empêche pas de paraître dans des scènes (|ui m- passent, à New-York; comme quoi l'on n'est pas toujours où l'on paraît être.¦b b -b Bill Hart et Fatty Arbucklé ont reçu de splendides propositions pour lâcher le cinéma et se consacrer au vaudeville mais ils n'ont pas accepté.On sait toujours ce que l'on quitte mais pas souvent ce que l'on prend.¦b -b le bureau de censure de Québec ne revenait pas sur sa décision, il porterait l'affaire devant, les tribunaux cana-(liena.Assisterons-nous, oui ou non, à la projection de ce tilua qu'on dit très émotionnant?Il a déjà l'attrait d'un beau fruit défendu.M ROSCOE ARBUCKLE- Notre ami FATTY se porte bien mais, assurément, il s'en donne la peine; il s'entend très bien à soigner son appétit.LES RATS.ETOILES DU CINEMA Pendant que dans toute l'Angleterre se poursuit contre les rats, propagateurs de fléaux mortels, une terrible offensive, il en est trois gros blancs qui mènent dans un studio de Londres une vie de châtelains.Ils sont attachés à une compagnie de vues animées et comptent déjà deux productions à leur crédit.Deux rats furent d'abord embauchés à litre de"rals de lambris" dans un film anglais dont le premier rôle était tenu par Marie Doro, la vedette américaine.On leur donna une vieille poutre à gruger et ils y mirent un entrain digne d'éloges.- Leur nombre fut porté alors à vingt-deux, tous aussi ambitieux les uns que les autres d'acquérir la célébrité.La plupart figurèrent comme "rats de cachot" dans une production de Mlle José Collins intitulée "Nobody's Child".Celte fois, leur rôle était plus compliqué.Ils devaient entourer le grabat d'un enfant et le menacer de leurs crocs.Us se montrèrent encore à la hauteur de leur réputation.Dix-huit tombèrent, emportés par une épidémie.Les trois qui restent s'attendent à remplir le rôle de "rats de cave" dans un prochain film.7 42 LE PANORAMA Montréal, avril 19?LES ARTISTES DU CINEMA SONT-ILS SUPERSTITIEUX ?Petite enquête sur les travers et les manies des étoiles.La perfection n'est pas de ce monde.ES artistes du cinéma, comme tous les grands hommes, sont superstitieux, quoiqu'ils disent.Ils ont ceci de commun avec les vieilles personnes qu'une salière renversée, un chiffre fatidique, un pain mal entamé, une allumette servant à trois cigarettes sont pour eux autant de présages de malheurs.Pour quelques-uns.il est vrai, ces naïves superstitions ne sont souvent qu'une manie ou une aversion instinctive pour un détail qui les irrite ou les contrarie, mais qu'importe, ils les redoutent.Cecil B.de Mille, le créateur des fdms les plus artistiques de l'époque, le génie qui dirige la compagnie Lasky, prétend ne pas être superstitieux et porte toujours sur une lui une pièce d'un dollar en argent qui lui a été donné comme porte-bonheur par un de ses amis."Il y a plus de dix-sept ans, dit-il à un journaliste, que j'ai ce dollar en poche.Un jour, je le mêlai avec une autre pièce qui lui ressemblait tellement que je ne puis les distinguer.Je suis donc forcé de les garder tous les deux.Voyez: 1900, Nouvelle-Urléans.Si je ne garde pas sur moi ces fétiches, la déveine me poursuit.Peut-être ces deux dollars sont-ils pour quelque chose dans mes succès!" KM DOUGLAS FAIRBANKS n'aime pas les lapins ; il les écrabouille sans pitié.CHARLIE » IlAI''LIN est déëayréableriient infleuencé par l'odeur de la ejazoline.Et M- de Mille d'ajouter: "Mais notez bien que je ne suis pas superstitieux".Il en est de même pour tous: ils le sont mais ne veulent pas l'avouer.Et Chaplin?11 ne croit ni aux revenants ni aux fantômes, mais, le matin, l'odeur de la cigarette ou de la gasoline lui tourne les sens.Il en augure les pires choses.Si en entrant à son studio il respire la fumée d'une cigarette, ou si en alimentant son automobile d'essence il en verse une goutte sur lui, ça y est, sa journée est perdue, il ne peut plus travailler.Il craint tellement la mauvaise influence de la gasoline que pour ne pas être incommodé le matin par s^pn odeur, il se rend au travail à cheval.va L WARREN KERRIGAN a horreur du chiffre sept.SU Iréal, avril 1921 LE PANORAMA 43 Il ne prétend pas être superstitieux pour cela: "Oh! non, ,lit-il, je ne suis pas superstitieux, je suis tout simplement prudent!" Quant à Douglas Fairbanks, 1 athlète parfait du cinéma, il ne s'en cache pas: il y a de petits détails qui l'effraient beaucoup plus que de culbuter d'une hauteur de 300 pieds .u de rouler sous un train.Ainsi s'il lui arrive de siffler dans sa loge, il en fait aussitôt le tour dix fois de suite.1> ailleurs, la chambre où il se costume est marquée d'un cercle noir tracé par ses bottes.Il ne fait que siffler, par habitude, et tourner autour de sa cage en indien, par superstition.Il n'aime pas beaucoup non plus qu'un lapin traverse une route en vitesse devant son automobile.C'est un signe de malchance.Que fait-il alors?Il rebrousse chemin aussitôt ou prend une autre route.Ou encore, quand le hasard le favorise, il écrabouille le lapin de malheur.Pour Houdini — magicien, roi des menottes et artiste mystérieux — lout sert de présage à un malheur ou à un bonheur."Je ne voudrais pas pour un monde, dit-il, porter sur moi une mèche de cheveux.C'est le pire sigpe de déveine que je connaisse.J'en parle avec expérience, en ayant en toute une collection, dont une lettre écrite par le duc de Wellington à un artiste et contenant une mèche de .NAZI MOV A se méfie des violons comme de la peste.ses cheveux.La malchance m'a poursuivi partout jusqu'à ce que j'eusse jeté cette sacrée mèche au feu.Le numéro 13 n'apporte pas la malchance, il n'en est que le signe ¦ ivant-coureur." Tommy Meighan a une aversion prononcée pour les jetons.Quand il fait une partie de poker, il n'en veut pas un devant lui.Son camarade, le major "Bob" Warwick, ne traverse jamais une rue devant une automobile qui arrive en vitesse.William S.Hart a un faible pour les animaux muets.Il les aime tous sans distinction.Rien ne l'attriste plus que de voir souffrir un cheval sans nécessité."Quand il m'ar-rive, dit-il, d'être le témoin de la douleur d'un cheval, je !>roie du noir toute la journée." Le plus amusant est l'horreur que ressent J.Warren Kerrigan pour le chiffre "7".Il fut un jour victime d'un accident en canot-automobile où il avait pris place le septième.Depuis ce jour il ne coucha jamais dans une cabine No 7 et ne monte jamais dans une auto ou un tramway portant ce chiffre fatidique*."S'il doit m'arriver quelque chose de désagréable, je suis sûr que ce sera le septième- jour du septième mois de l'année." Le doyen des acteurs, Frank Keenan, n'entend pas qu'on ficcroche un chapeau au bouton de sa porte.M.Keenan persiste à croire que les patères sont faits pour donner l'hos- pitalité aux chapeaux et qu'une poignée est destinée à ouvrir ou à fermer les portes, voilà tout.Et les vedettes, les grandes étoiles, ont-elles les mêmes lubies?Assurément.Mary Pickford, par exemple, alors qu'elle n'était qu'une petite étoile, n'eut jamais risqué quelque chose que les camarades de sa troupe auraient refusé de faire.Un jour, elle assistait à une répétition, un plumeau à la main qu'elle balançait avec enthousiasme.Son directeur — alors Paul Powel — lui dit: "Ne balancez pas votre parasol comme cela.Secouez-le plutôt!" Ainsi, ce plumeau était converti en parasol.Pourquoi?Parce que porter un parasol un jour de répétition est de mauvaise augure.Miss Pickford ne sort jamais de chez elle par la porte de côté si elle y est entrée par la porte principale.Comme son mari.actuel, Douglas Fairbanks, elle ne permet pas qu'on siffle dans sa loge.Si un malheureuse ose turlututer pendant sa toilette, elle le fait sortir de sa chambre immédiatement.Nazimova ne porte aucun bijou et ne touche jamais à un violon.Elle eut pendant sa jeunesse la vision d'un fantôme qui la menaça de la mort si jamais elle prenait un violon dans ses mains! Elle l'a donc en sainte aversion.Est-ce pour cette raison qu'elle abandonna la comédie musicale?Qui sait.Quant à Mary Miles Minier, comme la plupart des petites gens, elle a les bossus en horreur.Elle leur tourne le dos en marmottant des invocations.Elle va même jusqu'à dire qu'elle est tombée dans l'étang d'un parc en regardant un bossu et faillit y trouver la mort.Non pas qu'elle ait la crainte des hommes! La pluie lui donne aussi des cauchemars, alors qu'elle devrait la bénir, puisque les jours de mauvais temps les artistes ne tournent pas.Le tonnerre et les éclairs l'effraient comme autant de signes précurseurs de la fin du monde.Quelle riche imagination! Toutes ces superstitions enfantines forment les dix commandements de toute étoile du cinéma: Tu ne siffleras pas dans un cabinet de toilette; Tu entreras et sortiras par la même porte de la maison; Tu ne s'assoiras sur ta malle que si elle est déballée; Tu n'accrocheras pas ton chapeau à un bouton de porte; Tu ne porteras pas de mèches de cheveux dans le couvercle de ta montre.Tu ne respireras pas le matin la fumée d'une cigarette ou l'odeur de la gasoline; Tu ne laisseras pas un lapin courir devant ton automobile sans l'écraser; Tu craindras la pluie, le tonnerre, les éclairs et les bossus.NOUVELLES DE LA ROBERSON - COLE COMPAGNIE William Christy Cabanne, directeur et auteur de "Les voleurs", le fameux super-spécial de la Roberson-Gole et qui vient d'achever un succès phénoménal partout en Amérique, était dernièrement en visite à New-York.Pendant son séjour à New-York, M.Cabanne présentait au comité exécutif de la Robertson-Cole Compagnie le thème d'un nouveau film qui a gagné l'approbation de la Robertson-Cole et qui sera commencé dès que M.Cabanne se retrouvera aux ateliers de Roberlson-Cole, à Los Angeles.—o— Max Linder, le fameux comédien français, est actif en ce moment sur une nouvelle comédie super-spéciale pour la Robertson Cole Co., et intitulée "Too Much Pep".Il s'agit d'une adaptation de la pièce du théâtre français : "Coralie et Cie". §>® Ifo ©!l ©apjrwsFsall FILM DU MONDE Dans la partie sud de la belle Californie, tout près de l'océan Pacifique et entourée de forêts et de montagnes pittoresques, s'élève Universal City, la capitale et le centre de la fabrication de films du mo'nde entier.Cette ville a été fondée il y a dix ans par M.Cari Laemmle, président de l'Universal Film Manufacturing Co., et a été baptisée du nom de la compagnie à laquelle elle appartient; elle compte à présent environ 20,000 habitants, qui travaillent tous à la compagnie citée plus haut.Pendant les derniers mois, environ vingt firmes ont tourné des scènes à Universal City, entre autres Maurice Tourneur, William Fox, J.Parker Read, James Oliver Curwood ainsi'que le fameux comique français Max Linder pour sa première production américaine "Seven Years Bad Luck".Voilà une preuve aussi bien pour la magnifique situation géographique* de Universal City que pour toutes les excellentes installations les plus modernes facilitant la fabrication d'images vivantes.Nous y trouvons par exemple une immense ménagerie contenant un grand nombre de magnifiques lions, tigres, léopards et toutes sortes d'autres fauves, ainsi que des singes, des chameaux, des éléphants, etc., etc.L'activité à Universal City devient également de plus en plus grande.L'Universal Film Manufacturing y réalise en ce moment pas moins de vingt-trois différents films.Cette compagnie a 47 bureaux de vente aux Etats-Unis, plus que n'importe quelle autre firme, et ses films sont distribués dans tous les pays civilisés du monde entier.• * * CARMEL MYERS, la jolie étoile de l'Universal Film Manufacturing Co., de New-York, vient de se produire sous la direction de Rollin Sturgeon dans un film romantique, intitulé "The Mad Marriage'.Des centaines de personnes en costumes fantastiques paraissent.Le prochain film de Miss Myers sera un drame "The Dangerous Moment" mis en scène par Marcel de Sano.* * * HOOT GIBSON, le fameux cow-boy de l'Universal Film Manufacturing Co., continué sa série de drame du Far West.Son prochain film sera intitulé "The Cactus Kid", dont il va faire lui-même la mise en scène.Gertrud Olmstead sera pendant ce temps son "sweetheart".LE FILM EN CAMPAGNE CONTRE LA LOI BLEUE Les comédiens bien connus Eddie Lyons et Lee Moran sont en train de faire un burlesque satirique sur la "Loi Bleue" qui menace en ce moment l'Amérique.Elle défend tout travail ou amusement le dimanche, et les autorités de police insistent à l'introduire.Le titre de cette comédie sera "Bootlegging" et il va sans dire qu'elle aura le succès qu'elle mérite.UNE ERUPTION DE DE VOLCAN ET UN TREMBLEMENT TERRE DANS UN FILM L'Universal Film Manufacturing Co., de New-York, vient de terminer "The Fire Cat" avec Edith Roberts et mis en scène par Norman Dawn.L'action se passe dans les Andes Péruviennes, en Amérique du Sud.Pour réaliser le film dans une atmosphère de vérité on a fait une éruption de volcan artificielle.D'immenses quantités de dynamite furent descendues dans le cratère du Cotopaxi, un volcan depuis longtemps éteint.Des pierres, formant une couche d'une hauteur de 18 mètres furent entassées sur les explosifs.L'éruption parut tellement naturelle que les gens habitant au pied de cette montagne furent terrifiés et prirent la fuite.Ce film nous montre également des tremblements de terre, des éboulements, des précipices merveilleusement bien faits.C'est une réelle sensation.* * * FRANK MAYO, un des plus populaires acteurs d'Amérique, vient de paraître dans un film intitulé "Colorado", qui lui donne l'occasion de nous~faire voir sa valeur sur l'écran.Le film est mis en scène par Reeves Eason et est une adaptation de la fameuse pièce théâtrale d'Auguste Thomas.Le film est réalisé par Universal Film Manufacturing Co.de New-York.* * * DOROTHY DEVORE, la comédienne française qui quitta le vaudeville pour paraître sur l'écran avec les excellents comédiens Eddie Lyons et Lee Moran, interprétera le rôle d'une jeune parisienne dans le prochain film de Frank Mayo, intitulé "The Magnificent Brute".* * * "FOOLISH WIVES" est le titre du premier film dont la fabrication aura réellement coûté un million de dollars.Stroheim, qui est un des meilleurs et des plus célèbres régisseurs d'Amérique, en est l'auteur, le metteur en scène et en même temps un des principaux acteurs dans ce film.Quatre cents membres de la haute aristocratie de San Francisco paraîtront dans "Foolish Wives" comme "extras" (c'est ainsi qu'on appelle les comparses).Cari Laemmle, le président de l'Universal Film Manufacturing Co.de New-York, a dû donner .$5,000 pour des oeuvres de bienfaisance pour avoir le consentement des 400 "extras" de bien vouloir paraître dans le film.La valeur des bijoux, costumes, etc., qu'on verra dans ce film est évaluée à un billion de dollars.* * • • CARL LAEMMLE, le président de l'Universal Film Manufacturing Co.de New-York, qui est parti pour Havana il y a quatre semaines, est en ce moment à Universal City, sa propre ville, que lui-même a fondée.M.R.H.Cochrane, vice-président de la même compagnie est allé le rejoindre. iitréal, avril 192' LE PANORAMA 45 M.Cari Laemmle a rintenlion d'y rester environ trois mois et de repartir ensuite pour l'Europe.* * * HERBERT HEYES, qui a été'partenaire sur l'écran de Constance Talmadge, ainsi que de Theda Rara, May Allison, Ethel Clayton et encore bien d'autres célèbres étoiles du cinéma, a été choisi pour jouer avec Carmel Myers dans sa prochaine production 'The Dangerous Moment".Georges Rigas, dont un contrat avec Mary Pickford vient de finir a également été engagé par l'Universal Film manufacturing Co.de New-York pour paraître dans ce film.* * # ART ACORD, le héros du fameux film à épisodes, intitulé "The Moon Riders" a été réengagé par l'Universal Film Manufacturing Co.Lui et Hoot Bibson, un autre cow-boy étoile de la même compagnie vont organiser prochainement une "Far West Fantasia".* # # "OUTSIDE THE LAW", le nouveau Universal-Jewel a eu en Amérique un succès inimaginable.Ce film a créé un nouvel acteur: Stanley Goethals.C'est un petit garçon à l'âge de 4 ans qui y joue admirablement bien.* * * TOD Browning, le fameux metteur en scène de l'Universal Film Manufacturing Co., le créateur des deux grands films "La Vierge de Stamboul" et "Outside The Law" a une nouvelle production en travail; le film sera intitulé "Fanny.Herself" et contiendra non seulement une, mais plusieurs étoiles.Se basant sur le nom de son directeur on peut tranquillement dire d'avance, que ce film sera, comme toutes les productions de Browning, d'ailleurs, une oeuvre d'art.-> OLIVE THOMAS RESSUSCITEE ?La "Chicago Tribune" nous parle en un long article de la ressemblance étonnante de la jeune étoile de l'Universal Film Manufacturing Co.à New-York, Gladys Walton et feue Olive Thomas.Gladys Walton est une charmante jeune fille à l'âge de 17 ans et la plus jeune étoile de la compagnie Universal.Elle est observée par tout le monde et son nom devient de plus en plus célèbre.Elle vient de paraître dans "Rich Girl, Poor Girl", une version moderne du "Prince et Mendiant" de Mark Twain, dans laquelle elle joue admirablement bien un double rôle.* * * M.ARTHUR CLOZENBERG, le président des Film Booking Offices à Londres, qui était pendant quelques semaines à New-York est reparti pour Londres en compagnie de sa femme.M.Clozenberg est le distributeur des films de l'Universal Film Manufacturing Co.de New-York, en Grande-Bretagne.* * * HARRY CAREY, le populaire acteur cow-boy de l'Universal Film Manufacturing Co.à New-York, vient de ter-mined "If Only Jim" et a déjà commencé à travailler à son prochain film, qui sera intitulé "Everybody for Himself".La mise en scène est de Jaccard.* * * EILEEN SEDGWICK a terminé il y a quelques semaines son nouveau film "The Diamand Queen" (La.reine des diamants) en 18 épisodes à deux bobines chacune.C'est un film merveilleux; l'interprétation de Miss Sedgwick est excellente.* * * EDDY LYONS et LEE MORAN, les comiques bien connus de l'Universal Film Manufacturing Co.de New-York vien- nent de terminer leur dernier film ultra-comique "A Shocking Night" (Une nuit terrible).* * * UNE USINE pour la production de courant direct est actuellement en érection à Universal City, la capitale du film du monde appartenant à Universal Film Manufacturing Co.Quatre moteurs et leurs transformateurs ont été installés.Deux appartiennent au plus grand type connu et ont une force génératrice de 300 kilowatts.UNE PROPAGANDE ORIGINALE Une propagande très originale et bonne a été faite par l'Universal Film Manufacturing Co.à New-York, pour sa nouvelle production de luxe "Outside the Law".Vous savez probablement tous que le gouvernement des Etats-Unis insiste sur l'introduction de "Blue Law" (loi bleue) qui défend tout travail ou amusement quelconque le dimanche, et par conséquent aussi l'ouverture des théâtres, cinémas, restaurants, le fonctionnement des chemins de fer, tramways, autos, etc.Cette loi-ci ayant comme adversaires 80% des citoyens américains, elle a été le sujet de nombreuses discussions, aussi bien au gouvernement que parmi le peuple, et l'on est, jusqu'à ce jour, pas encore arrivé à une décision définitive.Un beau matin on voyait à tous les coins de rue de New-York d'immenses affiches sur lesquels on lisait: Do you work on Sunday ?You are OUTSIDE THE LAW.Do you dance on Sunday ?You are OUTSIDE THE LAW.Do you play cards on Sunday ?Do you motor on Sunday ?Sur chacune de ces affiches il y avait une plaque imprimée noire, ressemblant assez à celles que portent les policemen sur leur poitrine, avec un mystérieux "P.D." que l'on prenait pour les initiales du mot "Police Department"."Ça y est, se disait tout le monde, ils arriveront tout de même encore à introduire cette Loi Bleue." Les journaux même s'en occupaient et l'on y lisait de longs articles contradictoires.Tout New-York était dans la plus grande agitation, lorsque tout à coup, à côté de ces mystérieuses affiches on en colla d'autres, avec les mots que voilà: Dont be misled by Malicious Propaganda.You are not OUTSIDE THE LAW If you dance on Sunday.Les adversaires de la "Blue Law'' et tout le monde appréciaient beaucoup ces nouvelles affiches.Mais quelle joie, lorsqu'à la fin une troisième affiche faisait savoir que le tout n'était qu'une propagande pour le nouveau "Universal-Jewel" "OUTSIDE THE LAW", et que le mystérieux "P.D." n'était que les initiales de Priscilla Dean", la principale interprète dans ce film.Sur les dernières affiches on lisait tout simplement: Cari Laemmle présents PRISCILLA DEAN in OUTSIDE THE LAW Universal-Jewel "You are outside the law'" était devenu un proverbe populaire.Le film a été présenté pour la première fois le 16 janvier L92I simultanément dans quatre des plus grands théâtres au Broadway de New-York.C'est un événement exceptionnel que de présenter un film dans quatre théâtres du Broadway le même jour.Cela n'a jamais été fait auparavant.Il va sans dire que le succès était fou et que ces quatre théâtres étaient remplis jusqu'au dernier coin. 46 LE PANORAMA Montréal, avril 1921 THREE SEVENS Production de la compagnie Vitagraph; nouvelle mise au cinéma par Calder Johnstone.Distribution : Daniel Craig.ANTONIO MORENO Joan Gracie.Jean Calhoun Amy Green.Beatrice Burnham Samuel Green.Dewitt C.Jennings Major Jérôme Gracie.Emmett King Bud Gaspell.Bull Montana Harry the Goose.Edwin J.Brady Comte Wolf.Hector V.Sarno Solly Wells.Thomas Jefferson Eddie the Yegg.Robert Mack Brewster Green.Starke Patterson Gary Lee.Jefferey Webb La Marabello.Tante Katherine.Matilda Brundage George Washington.George Washington Troie scènes de " Three Sevens " ANIEL CRAIG est teneur de livres dans une manufacture de petite ville.Il prit cette position après avoir été injustement expulsé de l'université où il faisait son droit.Cette épreuve ne lui a cependant pas fait perdre tout espoir de réussite.Un jour, Brewster Green, un commis avec qui il travaille, lui fait part d'une grave résolution qu'il vient de prendre: tuer le séducteur de sa soeur, Beekman; leur chef.Craig cherche à l'en dissuader mais vainement.Beekman est prévenu qu'un complot se trame contre lui.Il soupçonne Craig d'en être l'âme et se rue sur lui.Des flâneurs les séparent.Beekman quitte la place et s'éloigne sur un chemin où Brewster Green l'attend et le tue.Craig passe par là et, surpris par la foule sur le lieu du crime, est écroué comme l'assassin de Beekman.Au procès, il s'obstine à ne faire aucune déclaration et est condamné à vingt ans de détention.Le major Gracie et sa tille Joan assistent à ce procès où il ne peuvent croire à la culpabilité de l'inculpé.Craig est dirigé sur San Pedro, un pénitencier perdu dans le désert.Le geôlier Green qui a la ^surveillance des forçats est pour eux d'une cruauté inouïe.Après deux ans de captivité, connu alors sous le nom de Three Sevens, à cause de son matricule 3777, il est enfermé dans une cellule pénitentiaire pour avoir frappé un garde.Là, de concert avec le camarade Eddie, il désarme une sentinelle, libère les prisonniers et s'empare de la situation.Le geôlier Green est incarcéré.Il décide alors de reprendre le procès de chacun des détenus devant douze de leurs pairs et de libérer ceux qui en seraient jugés dignes.Craig préside à cet étrange tribunal et les causes de chaque prisonnier s'instruisent.Là-dessus, le major Gracie esl appelé à succéder à Green.Sa fille Juan, qui le précède, tombe en pleine audience.Elle se nomme; les prisonniers veulent la garder en otage.Craig la défend.Une rixe s'ensuit.11 est blessé et Joan le soigne.Elle le reconnait pour l'avoir vivement remarqué, deux ans m auparavant, au cours de son procès.Les prisonniers évacuent leur geôle et Craig reste seul avec la fille du nouveau |gg ontréal, avril 1921 LE PANORAMA 47 3 l'ne scène de " Thrae Sevens " gardien qui, après lui avoir représenté que ces forçats évadés sont une menace pour la société, lui promet son amour s'il ramène au pénitencier les plus forcenés.Il capture, après un terrible corps à corps, Gaspell, qu'il livre au major Gracie en lui disant: "Et d'un!" Pendant ce temps, l'ancien geôlier Green est à la recherche de Graig.Il vient tout près de s'en emparer, mais Graig s'échappe à Chicago d'où il repart en chasse avec le chroniqueur policier Courtney.Aidé aussi de Violet, une pauvre fdle, il s'empare de quatre autres forçats.Sa dernière victime est Harry "the Goose" dont il s'empare dans un petit village où il est reconnu par M.Lee, un avocat qui courtise Joan et Green.Ceux-ci soulèvent la foule contre lui.Il va être lynché quand surviennent Courtney, le major Gracie, Brewster Green, Joan et Violet.L'ancien gardien apprend alors que "Three Sevens" s'est laissé condamner pour sauver son fds.L'innocence de Craig est reconnue et Joan lui tombe dans les bras.Quant à Harry the Goose, il retourne à sa prison.La tâche de Craig est terminée.Dorothy Dévore, comédienne française qui a abandonné le vaudeville pour jouer le burlesque avec Lyons et Moran et figura récemment dans les comédies Christy, a été réengagée par Universal pour remplir le rôle d'une parisienne, Jacqueline, dans "Blood Brother to the Pines", avec Frank Mayo pour partenaire.L'intrigue se déroule dans les bois du Nord.Le scénario est dû à la plume de J.C.Hawks.—o— Le plus élégant château de Californie, la propriété d'un millionnaire américain qu'il a obstinément refusée maintes fois de laisser filmer, a accordé sa permission.lorsqu'il apprit que Pauline Frederick tournait dans un film pour la Robertson-Cole Compagnie.Pauline Frederick tournait dans "La maîtresse de Shenstone", et en apprenant que son étoile favorite avait besoin de sa propriété pour plusieurs scènes, il mit volontiers son château entièrement à la disposition de Pauline Frederick et de ses associés.45 LE PANORAMA Montréal, avril 19?Diverses scènes de " Cousin Kate " Film tiré de la comédie de Charles Froh-man, interprétée au théâtre par Fthcl Barry more.Distribution : KaU Ouriit .ALICE JOYCE Jfath h./.Gill«?rt Emery Amy Spencer.Beth Martin Mme Spencer .Inez Shannon Récit.La comédie fantaisiste de Frohman "Cousin Kate" remporta sur toutes les scènes d'Amérique un vif succès.Elle ajouta un triomphe de plus à la brillante carrière de Ethel Barrymore qui en est pleine.La version cinématographique fut aussi bien reçue du public, sinon mieux.Alice Joyce comprend le rôle délicat île Kate Curtis et le joue à ravir.La préparation du fdm est pratiquement terminé; il reste à faire quelques petites retouches.Voila une production qui va faire l'émerveillement des enfants et la joie même des parents à qui le sujet remettra en mémoire les naïves croyances du jeune âge.La pellicule est projetée par Albert E.Smith.La préparation du film "False Colors" qui doit mettre en vedette Priscilla Dean met 1 Universal City dans un cha.mbardement indescriptible.Vraiment, on ne recule devant rien pour rendre une production intéressante! Une partie de l'action doit se dérouler dans un théâtre.Que fail-on?Le metteur en scène convertit aussitôt le vaste studio en une salle de spectacle étineelante de lumière, réplique d'un des plus fameux Ihéàlre-de New-York.Douze cents personne-, hommes en habit, femmes en toilettes décolletées assistent à une première.Un orchestre de 2i musiciens complète l'affaire.Miss Dean tient, deux rôles différents également bien, va sans dire.m Montréal, avril 1921 LE PANORAMA 49 r Ce que pense une vedette ^\ de ses amis inconnus /f^H par Corinne Griffith ^jil Un de nies amis écrivit, il y a quelques semaines, que toutes les étoiles du cinéma avaient une très haute idée de leur personne et de leur mérite, ajoutant par politesse que j'étais une heureuse exception à la règle générale.Quoiqu'il m'eût dit que j'étais différente des autres, la remarque appliquée à toutes mes collègues du métier me froissa.D'autres critiques ont déjà attaqué de la sorte les artistes et c'est parce que les acteurs et actrices de l'écran sont modestes et posés, au lieu d'être — comme on le prétend — fiers et suffisants que je m'empresse de les défendre.!j Toutes autant que nous sommes (étoiles de cinéma) devons notre popularité aux goûts et aux penchants du public.Nos succès sont les résultats de l'appréciation des amis "masqués derrière l'éventail" — des "fans friends", comme nous disons entre artistes, — qui nous admirent et nous font connaître.Pourquoi alors une étoile n'aurait-elle pas raison de s'enorgueillir des témoignages d'admiration qu'elle reçoit?Notre travail, notre réputation sont à la merci de ces inconnus, aussi, les étoiles sont-elles reconnaissantes à leurs amis des succès qu'elles leur doivent.Quiconque se moque de la faveur du public est destiné à l'impopularité et à l'oubli.Le public établit instinctivement une différence entre la favorite sincère et naturelle et la personne qui pose consciencieusement devant l'appareil.Notre popularité nous vient donc du dehors.Quand une vedette oublie la main qui l'a nourrie et attribue son succès à ses propres efforts, elle perd ce "contact", cette espèce de fluide qui l'a élevée au rang des artistes de premier ordre.Nous devons rester fidèles et attachés à notre public.Quelle magnifique ambition que celle de devenir une véritable artistes et non pas seulement un beau mannequin photographié.Les amis masqués sont un grand jury qui se réunit à chacune de nos productions qui deviennent comme une sorte de procès à gagner.Quelques bons jugements devant ce jury et votre réputation est faite! Les amis courriéristes sont aussi appréciables.Combien de correspondants inconnus nous corrigent de mauvais gestes, d'affectation, de maniérisme, parce qu'ils nous aiment assez pour vous vouloir parfaites.Mes correspondants sont ainsi devenus mes baromètres: je sais par eux si je m'élève ou m'abaisse dans mon art.Pouvons-nous donc raisonnablement perdre contact avec nos amis masqués derrière l'éventail ?.Mais non — et voilà pourquoi !es artistes suffisants.plein d'eux-mêmes sont la minorité.— o — Carmel Myers, de l'Universal City, a trouvé pour son prochain film The Dan-gerous Moment" des dispositions d'intérieur d'une rare originalité, aidée un peu en cela par son directeur artistique Marcel de Sano.Le coup d'oeil d'un café de Greenwich villa est particulièrement curieux et agréable.On se croirait transporté dans le célèbre café Momus des bohèmes de Murger.D'ailleurs, les boîtes de ce genre ne manquent pas dans le Quartier Latin de New-York.Pour une bohème pourtant, Carmel Myers a de très belles robes, fraîchement arrivées de Paris. - ontréal, avi m UNE NUIT TERRIBLE Production de ia Cie Tartempion.Scénario de Pouic.Direction Sanse et Revelle.NOTE IMPORTANTE.— Le fdm "Une nuit terrible" n'a jamais été représenté pour la bonne raison qu'un n'a pas pu le jouer à cause de légers accidents survenus pendant la préparation.C'est dommage car c'était un chef-d'oeuvre, mais à défaut de la projection sur l'écran, notre envoyé spécial va nous raconter ce qu'il en a vu lors de sa visite aux studios Tartempion.AU CINEMA gestion compliquée de beans et de fausses dents, que l'opérateur était également claqué et qu'on allait lui ouvrir le nez pour ravoir au moins l'appareil et enfin que la "blonde" venait de passer de vie à trépas en apprenant tous ces malheurs.Les directeurs Sanse et Revelle en sont devenus mabouls et notre envoyé s'est dépêché de revenir car il ne se sentait SIMPLE ERREUR Le décor représente un paysage au clair de l'une; arrive un autre clerc (pa9 de lune, mais de notaire) qui vient retrouver Claire, (c'est sa blonde.) Il lui donne un bec et lui dit: ¦ "Tu es triste à soir!." Sa blonde lui répond: "Mais non! Je n'en ai qu'lair." Au même instant, d'un nuage sort un éclair.Cet éclair-là, c'est le machiniste qui le fait avec un projecteur mais il rate son affaire parce qu'il a mis le pied à côté de son échafaudage.Il veut se raccrocher à un nuage qui lui glisse entre les doigts; il se cramponne à la lune qui se détache et dégringole avec bruit sur le plancher.La lune est en morceaux et le bonhomme a le crâne fendu.On les emporte tous les deux.Comme il n'y a pas de lune de rechange, on la remplace par un fanal et le film continue.L'amoureux dit à sa blonde: "Ecoute le cri de mon coeur." Mais, fatalité! Il avait mangé trop de beans et ce n'est pas le coeur que l'on entend soupirer.Insultée, la blonde lui donne une claque.L'amoureux se sauve en ~Tlt,ne Va* P™ été ^ aux " Vues "¦ r 'le chaque mois pour avoir Hr ré- Dans le présent numéro nous inaugurerons a la page titr- "( OIHKIER Dl- CINEMA" 11 y sera Lee lettres de questions ponse dans le numéro du mois suivant.Celles qui parviendront après cette date ne pourront woii leur tour que dans un autre numéro.____________j____#________A „„ chif.Avis à notre clientèle Toute lettre de question devra comporter le nom et l'adresse exacte de la personne posant la question ainsi qu'un pseudonyme (nom supposé, initiales 01 frest si cette personne ne veut pas que son nom soit imprimé avec la réponse.A la plu-'- nous répondions par l'intermédiaire dn " Courrier" il quelques quittions récemment parvenues.Adntues toutes questions r,„lllu, m.it.: " LK l'A \< • I!A M A ".i::i.radieux, Montréal.(Courrier du cinéma).___ Montréal, avril 192' LE PANORAMA 59 1 Il ADMISSION* Matinée*.2uc Soirées : i Samedi et diautncbe | 20c, 30c et 40c attractions a venir "LE PLUS GRAND AMOUR" avec VERA GORDON, (LA MERE DANS "HUMORESQUE") wanda hawley « dans SON TRAITRE CHERI" Her beloved Villain MAURICE TOURNEUR presents THE LAST OF THE MOHICANS La version de l'écran du grand roman indien de James Fenimore Cooper."THE BRANDING IRON" AVEC BARBARA CASTLETON, JAMES KIRKWOOD "THE PASSIONATE PILGRIM" AVEC RUBY DE REMER, MATT MOORE, JULIA SWAYNE GORDON "A THOUSAND TO ONE" AVEC HOBART BOSWORTH."OH! LADY, LADY" avec bebe dan.els •K PUS t.RAMI K< HKSTRK R IE 1*1.1 S (.HAM) Olll.l h: IH CANADA SOLISTES DE TALENTS "F tttt rrit nvn-c nv nv nv nv n NOUVEAUX SPECTACLES a 1, 3, 5, 7 et 9 hrs p.m.FAMOUS PIAYERS - LASKY CORPORATION ¦ssbsss)s Wlnsideo/, The Cup A Cosmopolitan Production.Cl Çparwnoiwt Q>idure La - >¦ im.i.romani- de Wint-§on Churchill »ar i'ii m"" ri -1.dorée tne hUtolre d'amour qui fait crouler l«"-» "dieux" de la haute sotie (é.Kilo apprend la vérité sur It*** homme», par une /HETRO^ expérience poignante.ILLISON MENALIÉ On voit tous i.- .i, de la vie des studios.53 0000 Le portrait, la date et le titre—vous les prenez tous avec un Kodak Autographique Catalogue gratuit chez le marcha.nl t'e iV.VnV ou par malle CANADIAN KODAK CO., Limited Toronto, Canada
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