Recto verso, 1 janvier 1998, mai
.(IIIILIIllll,!,,,!!,!,!,!!,!,!,,!,,!!,,!,,,,!!!!,,!!, \JF M Québec /•• quand on scrute le passé.pour mieux façonner l'avenir [j| \ 1 * .I»»'" J* -*•.1 *"* 1 xi * »m.Pour information : Collectif L'autre Montréal Téléphone : [514] 521-7802 Télécopieur : [514] 271-0035 Courrier élect.: outrmtl@com.org /' ,f y *.% ^ 54 SOC havailleni au développement des collectivités du Québec En une seule année : 2 O O O projets de financement 1334 projets locaux Pour connaître le numéro de votre SADC locale : Réseau des SADC du Québec Tel : (418) 658-5760 ■ Courriel : sadc@ciril.qc.ca ■ Site Web : www.reseaD-sadc.qc.ca Canada Le ooomnement du Canada, partenaire dei S1DC # > SADC Société il.n.l.ni .1.\ rln|«|«in.ui des i i-uri m lies RECTO VERSO est un magazine socio-politique indépendant pan-québécois d'intérêt général, un magazine alternatif d'information, de réflexion et d'enquête qui traite des conditions de vie et de travail, des luttes, de la culture et des aspirations du monde populaire.RECTO VERSO s'adresse aux militants-es, aux intervenants-es des milieux populaires et à ceux et celles qui aspirent à des changements sociaux.RECTO VERSO contribue à ce que le rapport de forces sociales profite à toute la population humaine d'ici comme d'ailleurs dans le monde.Publiée depuis 1951, la publication a évolué au fil des ans pour devenir un magazine indépendant, qui s'inspire des différents courants émanci-pateurs.Les articles publiés dans RECTO VERSO n'engagent que leurs auteur-e-s.Conseil d'administration: Michel Bussière, Guy Biron, Marianik Gagnon, Ginette Gaudreault, Françoise Guay, Clotilde Lemay, LinaTrudel.Comité de lecture: Louis Bonneville, Louis Brillant, Anne-Marie Brunelle, Iacques Collin, Guillaume Dostaler, Ludovic Hirtzmann, Nathalie Labonté, Jean-Sébastien Marsan, Nathalie Paquin, Julie Perreault.Rédacteurs en chef: |ean robitaille et richard bousquet Coordination, promotion, publicité: |ean Robitaille.Direction de la production, direction artistique, secrétariat de rédaction: Richard Bousquet.Gestion des abonnements, comptabilité, traitement de textes et distribution: Ginette Gaudreault.Mise en pages et graphisme: Composition Fleur de Lysée.Représentation publicitaire: René Harvey, (514) 523-5998, poste 22, et le Réseau Placement Média, (514) 722-0785.Édition: Revue Vie ouvrière inc.Impression: Imprimeries Transcontinental inc.Fréquence de parution: 6 numéros par an.Couverture: Photo: Benoit Aquin; MÉDAILLON: ILLUSTRATION: CaROLE DuSSAULT.Tarifs d'abonnement: Individu ou groupe populaire: 20s/an ou 32s/2ans.instituTIONNEL: 25$/an.Soutien: 32$/an.étudiant ou sans emploi: 15s/an.à l'étranger (par avion), individuel: 30S/an.À l'étranger (par avion), institutionnel: 40$/an.Un numéro seulement: 4,00$TTC.Tirage de 100 000 copies: 76 000 encartées EN IOURNAUX LOCAUX, 23 000 EN POINTS DE DÉPÔT, 1000 EN ABONNEMENTS, À TRAVERS le Québec.La distribution de RECTO VERSO est certifiée par l'Agence de vérification de la distribution par assermentation (AVDA).RECTO VERSO est membre de la société de developpement des périodiques culturels québécois, et de l'Association des Médias Écrits Communautaires du Québec Ses articles sont indexés dans le répertoire analytiQUE de presse Repère.Dépôt légal à Ottawa et à la Bibliothèque nationale du Québec.ISSN 1484-6586.Envoi de publication, enregistrement n 0220.Parution: n°272, 1" mai 1998.Numéro 272 mai-juin 1998 PAGE Portrait * RECTO VERSO 1215, rue Visitation, bureau 101, Montréal (Québec) H2L 3B5 MtMdnjujw TÉLÉPHONE: (514) 523-5998, 5BSK TÉLÉCOPIEUR: (514) 523-5812 Adresse électronique: vo@mlink.net Phyllis Lambert L'anticonformiste au pays des riches Lorsqu'elle appelle un ministre, un homme ou une femme d'affaires, on répond au téléphone.même si ses idées et convictions tranchent radicalement avec ce milieu.Architecte et artiste, elle fait le pont avec les groupes communautaires en habitation pour repriser depuis 25 ans le tissu social montréalais.Un portrait de Phyllis Lambert, la multimillionnaire la plus anticonformiste en ville, pour qui l'esprit, et un peu l'argent, rendent libre d'agir.Dossier Pédophilie Se trompe-t-on de cible?Quand il a appris le sujet du dossier, le représentant publicitaire du magazine s'est arraché les cheveux.On peut comprendre pourquoi d'autres médias refusent un sujet comme celui-là.Lorsqu'ils y accordent de la copie c'est pour parler de lapidation et de vindicte populaire.Et s'ils se trompaient de cible?Si la prévention et l'aide aux pédophiles étaient au coeur de la solution?Un dossier troublant d'Emmanuelle Tassé.Éditorial Réforme de l'aide sociale: Le beau risque de l'obstruction.4 Billet: Communautaire manquant, citoyenneté manquée?.6 On apprend 83% par la vue Le train en région: la mort d'un symbole?.13 Carrefour de savoirs Musique punk: Au delà du look, des textes.14 Le déclin du cinéma (populaire) québécois se poursuit.17 Vol à l'étalage: La revanche des grands magasins.18 Kébékoskope Grandes surfaces montréalaises: Marchés conclus?.22 Chronique insolente Méfiez-vous.40 Carrefour de pouvoirs Cuba: Après le Pape et Fidel.44 Élections scolaires: Des enjeux politiques et immobiliers.48 Courtes et sucrées.50 mai-juin 1998 )ean Robitaille REFORME DE L'AIDE SOCIALE Le beau risque de l'obstruction Le gouvernement aura réussi à faire adopter l'obligation de travailler ou d'étudier pour «mériter» son chèque d'aide sociale.Principe fort rentable politiquement (les sondages le montrent) mais totalement inefficace.Sa victoire pourrait être de courte durée si ceux et celles qui se sont opposés à ce principe tiennent leur bout.À l'heure où l'État se déleste et prône le partenariat, les syndicats et les organismes communautaires, nouvellement investis de pouvoirs de gestion, ont la possibilité de neutraliser son application.La réforme de l'aide sociale consacre formellement le principe en vertu duquel les prestataires sont contraints, sous peine de sanction, de participer à un parcours obligatoire d'insertion vers l'emploi.«Réc/proc/té naturelle», dit la ministre Harel.«Les contribuables qui financent les programmes sociaux sont en droit d'exiger un rendement sur leur investissement», paraphraserait son collègue des Finances.L'efficacité de ces programmes à participation obligatoire n'a pourtant jamais été démontrée.L'obligation tue l'intérêt pour l'activité, tous les spécialistes dans l'aide à l'insertion en emploi l'ont affirmé.Les taux de placement des Services externes de main-d'oeuvre sont en chute L'obligation de participer aux mesures d'employabilité ne saurait être défendue que si elle était assortie de l'assurance de déboucher sur un emploi convenable.libre depuis que le recrutement des participants-es a cessé de se faire sur une base volontaire.La participation volontaire à des programmes d'employabilité est gage de meilleurs succès.Les gens sont évidemment plus motivés quand on leur laisse le droit de choisir leur stage selon leurs champs d'intérêt ou de compétence.Dans le régime actuel, les prestataires sont plus souvent qu'autrement parqués sur des programmes d'employabilité.On les ballotte d'un programme à l'autre sans suivi ni préoccupation de les outiller véritablement Notre magazine a déjà relaté le cas d'un individu qui, en trois ans sur l'aide sociale, a premièrement participé à un programme Extra en restauration, puis suivi un stage en débosselage automobile pour conclure avec un programme d'aide au maintien à domicile! Les prestataires se retrouvent ainsi avec un curriculum de formation incroyablement décousu.DU «PARQUAGE»AU «PARCOURS» La réforme vise à corriger ces absurdités en introduisant les «Parcours individualisés vers l'emploi et la formation», plan de formation «négocié» entre le-la prestataire et son agent-e d'aide sociale.Mais les relations entre prestataires et agents-es sont loin d'être équitables.Et en confiant aux agents-es le mandat de contrôler la participation, avec sa conséquence de réduction des prestations, c'est la relation d'aide et de confiance - qu'on voulait établir - qui est bousillée.Par ailleurs, une énorme contradiction subsiste toujours.Des milliers de mesures d'employabilité ont été littéralement détournées de leur mission formatrice.Ces stages, abondamment utilisés par des organismes communautaires et des pme, répondent dans les faits davantage aux besoins en mam-d'oeuvre des entreprises qu'à ceux des individus qui viennent s'y former.Par exemple, dans la préparation et le service de repas aux enfants des écoles de milieux pauvres (tâche confiée par l'Etat aux organismes communautaires), la pression de livrer quotidiennement des milliers de repas contraint les di-rigeants-es des organismes à exiger des travailleurs-ses tout de suite performants.Les agents-es d'aide sociale qui leur fournissent la main-d'oeuvre par le biais des mesures d'employabilité en viennent ainsi à écarter les prestataires qui pourraient avoir besoin de ce type d'expérience.Ils envoient plutôt aux organismes des gens qui ont tout simplement besoin d'un emploi, pas d'une formation supplémentaire.L'obligation de participer à ce genre de programme ne saurait être défendue que si elle était assortie de l'assurance de déboucher sur un emploi convenable.Malheureusement, le marché du travail n'a rien d'attrayant II est mai-juin 1998 loin de répondre à la demande d'emplois.Et tout ce qui est offert autour du famélique salaire minimum n'a finalement pour effet que d'encourager le travail au noir Les gouvernements vendent le principe de l'obligation en prétendant que cela aura pour effet de forcer les gens à réintégrer le marché du travail.C'est ce que le fédé rai avait annoncé quand il a restreint l'accès à l'assurance-emploi.Les économistes Fortin et Crémieux viennent de faire la preuve que les mesures contraignantes de l'assu rance-emploi n'ont pas eu l'effet promis par le fédéral.On a simplement grossi les rangs de l'aide sociale.STRATÉGIE D'OBSTRUCTION La partie n'est toutefois pas complètement gagnée pour le gouvernement L'application au quotidien du principe de l'obligation de participer sous peine de coupures pourrait s'avérer plus difficile que prévu si ceux et celles qui s'y sont opposés en commission parlementaire s'y opposent toujours.La réforme de l'aide sociale porte en elle les germes de cette obstruction.Les structures administratives de gestion des programmes gouvernementaux sont transformées par cette réforme.Ainsi, la Société québécoise de développement de la mam-d'oeuvre devient Emploi Québec, dont la direction est assumée par la Commission des partenaires du marché du travail1.Cette Commission n'a pas seulement le mandat de conseiller la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sur les orientations générales de la politique du marché du travail.À la faveur des nouveaux modes de partenariat, elle doit également superviser la participation aux mesures d'employabilité (dont les refus et abandons par les prestataires) et transmettre ces informations à la Sécurité du revenu qui verra à couper les chèques des prestataires en conséquence.Les représentants-es des organismes syndicaux et communautaires auront l'odieux de faire passer sous le scalpel les personnes assistées sociales insoumises.Les représentants-es des organismes syndicaux et communautaires qui détiennent 50% des sièges de cette Commission auront donc l'odieux de faire passer sous le scalpel les personnes assistées sociales insoumises.A moins qu'ils ne refusent de collaborer À titre de comité directeur d'Emp/oi Québec, haut lieu de concertation bénéficiant d'une certaine autonomie face à l'État ils sont effectivement en droit de négocier les termes de leurs échanges avec la Sécunté du revenu.L'entente de gestion qu'ils doivent conclure avec la ministre pourrait s'ils exercent le rapport de force pour l'imposer exclure la transmission d'informations relatives «aux prestations, à l'allocation de participation, au refus ou à l'abandon d'un emploi et à l'intégration au marché du travail des prestataires de la sécunté du revenu».La ministre serart alors pnse dans un cul-de-sac, incapable d'appliquer le pnncipe de l'obligation sans remettre en question son partenariat avec le milieu.En refusant de se faire complices de la politique de la ministre Hanel, en emplissant de sable l'engrenage d'un système punrtif, les partenaires syndicaux et communautaires ont l'occasion de démontrer que les nouveaux espaces de partenanat peuvent devenir des lieux de pouvoirs véritables pour façonner notre société Ils répondraient ainsi à ceux et celles qui n'y voient que vains palabres et s'éviteraient l'accusation de manquer de cohérence.vC / Siègent avec droit de vote sur cette Commission, si \ représentants-es des syndicats, su du milieu des affaires, deux des organismes communautaires spécio/isés dans le développement de la mam-d'oeuvre et deux du monde de l'éducation.mai-juin 1998 pages socio \ît tiques POU Réjean Mathieu BILLET VERGLAÇANT Communautaire manquant citoyenneté manquée?Dans un milieu où l'action communautaire a été peu encouragée, on risque de voir dominer le modèle technocratique à la première crise importante.La crise du verglas a été un puissant révélateur de l'état de notre société, un véritable laboratoire «in vivo».Dans un des centres d'hébergement de Samt-Jean-sur-Richelieu, on y a vu des expulsions ou sanctions pour méfaits divers (voyeurisme, harcèlement, état d'ébnété, tapage, etc.), des enfants profondément perturbés par cette situation anormale, une mini-épidémie d'in-fluenza, des personnes âgées craignant le retour à leur isolement antérieur et des couples en mal d'intimité sexuelle s'ébattant en plein gymnase.Bref, du bon, du moins bon et du pire: une promiscuité qui faisait partager les moindres gestes de la vie quotidienne à des gens qui se seraient à peine salués un mois ^^^^^^^^^^^ auparavant, une population sinistrée très diversifiée, exténuée et un peu désabusée quant au dénouement de la crise, une véritable société «en miniature», avec ses leaders, ses clivages, ses services, ses règles formelles et informelles et même ses délmquants-es et ses forces de l'ordre.Il faut apprécier l'engagement et le dévouement des spécialistes et des bénévoles de cette petite ville, de 600 à 700 personnes, nouvellement née d'un caprice de la nature.Mais les approches priviégiées - ou imposées par la situation antérieure à Samt-Jean-sur-Richelieu - m'ont semblé favoriser une certaine inégalité dans les rapports entre les responsables et les smistrés-es: une approche plutôt institutionnelle (clinique) de services sociaux dispensés par des spécialistes et des employés-es de la ville, jumelée à une approche caritative, visant à apporter une aide bénévole à de plus démunis-es.Ce type d'approche a tendance à créer des attentes, voire une attitude paradoxale de dépendance critique chez les «bénéficiaires-consommateurs».Peu de ces personnes participaient activement aux activités, ne serait-ce que pour laver les tables après les repas, porter les cabarets aux personnes âgées non-autonomes, aider à la garderie, à l'entretien, etc.Les bénévoles étaient, avec raison, fiers de ce qu'ils faisaient, mais conséquemment à un rapport plus ou moins paternaliste aux «aidés-es» ont aussi parfois eu tendance à déplorer l'attentisme ou les critiques des smistrés-es, à souligner le fart que certams-es «se payent des douceurs» sans «se contenter de ce qu'on leur donne.», tel qu'entendu.Les rapports dominants habituels déterminent les choix privilégiés en période de crise.Ainsi, dans un milieu où l'intervention communautaire a été peu encouragée, on risque de voir dominer le modèle technocratique à la première crise importante.Et ce modèle tendra évidemment à s'appuyer sur la charité du public plutôt que sur les capacités des personnes touchées par la crise.Inversement, dans un milieu où on retrouve une solide tradition de travail communautaire et de développement local dans une perspective de prise en charge par les gens de leurs propres problèmes et conditions de vie (empowerment), on a plus de chance de récolter des réactions plus responsables, plus autonomes quand viendra le temps froid.v£ L'auteur est professeur de travail social à l'UQAM.Il a vécu la crise du verglas comme sinistré et a participé à une équipe de bénévoles à Samt-jean-sur-Richelieu dans la dernière semaine de crise.6 ^f§8 mai-juin 1998 ta u s?La Commission des Normes du Travail * a Loi sur les normes du travail contient de De plus, elle assure une protection aux personnes nombreuses dispositions Elle traite, entre en emploi en interdisant à l'employeur de congédier autres sujets : des salariés ou des salariées pour différents • du salaire minimum et du temps supplémentaire; mo,l,s ou de les suspendre, de les déplacer ou d'exercer à leur endrort des mesures discriminatoires • de la durée de la semaine de travail; 0(J des représaJnes ENe interdit également, après • des |Ours fénés; 3 ans de service continu, le congédiement sans cause juste et suffisante L •des vacances, • des congés spéciaux avec ou sans salaire.•du calcul des indemnités pour les salariés et les salariées au pourboire: • des conditions d'emploi pour les domestiques.• du congé de maternité et du congé parental; • des absences pour maladie ou accident; , • des dispositions relatives à la fin d'emploi ou au congédiement.Pour bien vous informer sur la Loi sur les normes du travail ou sur les recours qu'elle vous permet d'exercer, communiquez avec les services à la clientèle de la Commission des normes du travail Région de Montréal 873-7061 Ailleurs, sans frais 1 800 265-1414 Internet http://vnvw.cnt.gouv.qc.ca Gouvernement Oj Québec Commission des normes du travail FÉDÉRATION AUTONOME DU COLLÉGIAL 1998 S'UNIR POUR COMBATTRE LES POLITIQUES ANTISOCIALES DES GOUVERNEMENTS 1259.rue Béni, bureau 400, Montréal (Québec) • H2L 4(7 Tel.: (514) 848-9977 Teléc, : (514)848-0166 Internet : www.lafac.qc.ca Courriel : lac^laiac.qc.ca Y ■pr Son souci de redonner du pouvoir aux communautés transcende son amour de l'architecture; l'être humain passe avant ta bâtisse.«Une chose que je trouve détestable, c'est de voir des gens ne pas avoir de contrôle sur leur vie, leurs pensées et leurs actions», répète-t-elle inlassablement.Artiste, architecte, universitaire, directeur (elle tient au masculin) du Centre canadien d'architecture (CCA), Phyllis Lambert contribue, depuis 25 ans, à repriser le tissu social de plusieurs quartiers de Montréal.Née Bronfman, la multimillionnaire la plus anticonformiste en ville ne renie rien de son engagement pour le mieux-être populaire.L'anticonformiste au pays des riches Jean-Sébastien Marsan Photos : Benoît Aquin l^^^^ ^* neveux courts et de jM ^L ^0 noir vêtue, cette W^^ B femme de 71 ans dégage, ■ JÉ^^^M c'e Pnme abord, un air sé- _■ vère, mais les piles de li- ,-^B^^^ vres sur le plancher de son tfljj^k Wfl bureau trahissent son dé- dain pour le décorum.Son look s'est assagi - ceux et celles qui l'ont connue dans les années 70 et 80 se la rappellent en salopettes de jeans et chemises à carreaux - mais elle est toujours aussi énergique.Bourreau de travail, on la dit autoritaire, parfois colérique, mais toujours attentive, jamais injuste.L'IMPLICATION DU PRIVÉ «je su/s une professionnelle qui fait des choses mais j'ai le privilège de le faire avec mon argent; et je considère que c'est sur les structures sociales qu'il faut construire.» Lors du Sommet sur l'économie et l'emploi d'octobre 1996.elle présente son dernier projet en date: le Fonds d'investissement de Montréal (FIM), un ambitieux programme d'achat et de rénovation de 50 000 logements sur dix ans.L'objectif est pharaonique - des groupes populaires ne sachant plus quoi inventer pour obtenir la rénovation de quelques centaines d'unités par année - et peut-être utopique considérant le nombre d'immeubles appropriés sur le marché.Les logements rénovés grâce au FIM seraient vendus en grande majorité à des coopératives et organismes sans but lucratif d'habitation, permettant ainsi leur réappropriation par les communautés.ndent lib Elle parle abondamment, avec peu de pauses.Son français est coloré d'un léger accent anglophone.Spontanée et impulsive, Phyllis Lambert est une artiste - elle a reçu une formation de sculpteur avant de devenir architecte - et ses yeux pétillent lorsqu'elle parle des artistes «qui apportent des idées nouvelles et l'énergie de leur imaginaire».Elle reçoit dans son bureau du CCA, à l'étage su-péneur de la Maison Shaughnessy.Ce manoir construit en 1874 sur le boulevard René-Lévesque, Phyllis Lambert le sauve de la démolition en 1974.Une décennie plus tard, elle en fait l'état-major du CCA, un musée d'envergure internationale.«C'est tellement drôle d'y penser maintenant mais en 1974 on ne savait pas du tout comment utiliser un bâtiment comme celuin de la jeunesse.Actuellement, les j moins 30 études suggèrent •;, 30% des cas d'abus sexuel des autorités.nada a entamé en 1997 la première uête de cette nature, mais les loin d'être établis pour l'instant.toujours d'après le groupe de = des femmes et 7% des n Amérique du Nord ont subi l'abus I au moins une fois avant l'âge de 18 Tesseur est connu de l'enfant dans s cas et fait partie de la même famille des cas-.ouis juin 1995 à Montréal une ion des agressions sexuelles qui traite iement de plaintes pour agression Le commandant Michel Fré-argé d'enquête, veut aussi démysti-ige que l'on se fait du pédophile.«Il Tes souvent de cas d'inceste.Des si spectaculaires que celle de roux sont rarissimes.Les journalistes lient régulièrement pour obtenir des wtions sensationnelles mais il n'y en a m des quelque 4 000 dossiers traités jour par ce service ne réfère à un meur-1 Sur ce nombre, 500 cas dits «graves» ont irés parmi lesquels 50% des agressés ;s mineurs, la moitié de ces derniers moins de 11 ans.Bien qu'une agression le urs pour la victime, elle est considé-9 «grave» lorsqu'elle s'accompagne ons corporelles.y es MERCIER Les agres-; à l'égard des enfants 1 994 mai-juin 1998 VS38 33 Bien peu de place pour les pédophiles incarcérés Aucune politique concertée de gestion du problème En valent-ils la peine?La rancoeur généralisée envers les pédophiles empêche le plus souvent de les considérer comme des malades qui devraient être soignés comme tout autre malade de notre société.C'est pourtant ce type d'investissement qui pourrait réduire considérablement les coûts humains et sociaux à venir.André McKibben, criminologue et thérapeute à l'Institut psychiatrique Philippe-Pmel, défend cette prise de position: «Un pédophile guéri de ses déviances sexue//es ne récidivera pas, il ne sera donc ni réincarcéré ni soigné à nouveau, ce qui représente une économie de 125 000% en moyenne par individu «Les traitements, on les a, il faudrait juste se donner les moyens de les appliquer à un plus grand nombre.» André McKibben attend depuis des années qu'une politique de gestion du problème soit énoncée de manière à coordonner les efforts des différents ministères.pour le gouvernement.Mais l'important c'est qu'il ne fera pas d'autres victimes.Il ne faut pas oublier que chaque agression cache d'autres drames, ceux des familles de l'agresseur et de la victime.» Les résultats des traitements menés à Pmel sont concluants: ils permettent de réduire de 50% la récidive chez les multi-récidivistes.Pourtant, le ministère de la Sécurité publique continue de désmvestir dans ce programme.Des 21 lits disponibles il y a cinq ans il n'en reste que 12 aujourd'hui.«Je trouve risqué de la part du gouvernement de préférer investir dans de petits programmes qui n'ont pas encore fait leurs preuves, qu'il s'agisse d'organismes communautaires ou de services en pénitencier.C'est un coup de dé.Les traitements, on les a.il faudrait juste se donner les moyens de les appliquer à un plus grand nombre.» André McKibben attend depuis des années qu'une politique de gestion du problème soit énoncée de manière à coordonner les efforts des ministères de la Sécurité publique, de la Santé, de l'Education, ainsi que ceux des systèmes carcéral et judiciaire, du corps médical, de la protection de la jeunesse, des parents et des enfants eux-mêmes.Cette politique pourrait, par exemple, resserrer les consignes de sécurité pour l'embauche et le suivi des gens amenés à travailler avec des enfants, assurer le recensement des agressions sexuelles, tenir des statistiques précises sur les victimes et les agresseurs, etc.Pris au piège du système carcéral Il n'est pas acquis qu'un pédophile puisse se faire soigner adéquatement.Si, à la suite d'un procès, l'accusé est reconnu coupable, le juge ne peut ordonner qu'il bénéficie d'un traitement lors de son incarcération.Avocat,William Chabas a défendu à plusieurs reprises des clients 3U VHS» mai-juin 1998 accusés d'acte pédophihque: «Tout ce que la Couronne peut obtenir, c'est un régime de protection spéciale pour l'accusé.Les valeurs des détenus sont particulières; les agresseurs hétérosexuels qui ont choisi des victimes adultes sont bien vus en milieu carcéral, il y a comme un point d'honneur à avoir soumis une femme.Par contre les agresseurs d'enfants sont maltraités à la première occasion, à tel point qu'il faut les isoler» Avec son air de grand gamin aux yeux rieurs, ses cheveux et ses yeux très noirs, Jacques passait pour un |eune homme sain qui aimait la vie.Pourtant il a passé neuf mois en procès pour attouchements sur mineur, une durée pendant laquelle il a demandé à maintes reprises à entamer une thérapie, un droit qu'on lui a refusé jusqu'à ce que la sentence soit rendue.Une fois en prison, il se retrouve dans une cellule collective pendant deux mois, dans l'impossibilité de communiquer avec le gardien, craignant la réaction des autres détenus.Ce n'est qu'une fois en maison de réhabilitation, soit I I mois après son délit, qu'il parvient à entrer au CPLM après s'être soumis à toute une séné de tests.L'incarcération coûtant très cher, la peine prévue est souvent repoussée de plu- sieurs mois, voire de deux ans.C'est durant cette période que le pédophile peut entamer une thérapie ou simplement bien se conduire, ce qui réduira considérablement sa peine ou l'annulera complètement Le CPLM exige toutefois que le patient ne soit pas en attente de sentence pour être traite «J'ai montré que je voulais vraiment de l'aide alors j'ai fini par en avoir, mais j'ai compris que ceux qui n'admettaient pas leur problème n'avaient droit à nen», constatait alors Jacques.Je veux étne suivi, mais je ne mise pas sur la guénson.Je veux simplement amver à me protéger en trouvant la force de fuir les lieux où il y a des enfants.» Ces propos ont été recueillis en décembre 1996.Il s'est suicidé en janvier 1998, à l'âge de 27 ans.Il s'était engagé au CPLM pour deux ans.comme l'exige le règlement.Or porteur de l'hépatite C.il ne lui en restait que trois à vivre.Sans travail, sans amour, abandonné par sa famille, Jacques ne voyait plus de raison de continuer Bien que ce cas de figure semble isolé, des chercheurs-es de Phi-lippe-Pmel ont démontré que 27 % des agresseurs sexuels ont attenté au moins une fois à leur vie.ÊTRE SOIGNÉ EN PRISON La grande majorité des pédophiles incarcérés purge des peines inférieures à deux ans, c'est-à-dire dans des établissements provinciaux Or il n'existe au niveau provincial aucune thérapie à l'intérieur même des prisons.France Boudreau.conseillère à la direction générale des services correctionnels du Québec, pense que les possibilités alternatives proposées aux détenus sont suffisantes: «On évalue les cas un à un.on vénfie la motrvation du patient et s'il veut vraiment être soigné, on choisit pour lui un plan d'intervention qui lui convienne dans un organisme communautaire.Pour ce qui est de ceux qui ment leur maladie, il n'y a pas beaucoup de possibilités d'intervention» Pourtant, la moitié des agresseurs d'enfants nient leurs actes tandis que l'autre moitié les minimisent André McKibben, dont le service est maintenant de renommée internationale, n'est quant à lui absolument pas convaincu de l'efficacité du gouvernement québécois en ce qui concerne la santé mentale des agresseurs sexuels en général: «Ce n'est pos une ou deux réunions de groupe par semaine qui empêcheront un pédophile de récidrver et la durée de sa peine n'est généralement pas suffisante pour qu'il ait le temps de consolider ses acquis.Ce n'est pos la réhabilitation qui est visée quand la sentence est donnée - Le problème est de savoir s'il y a un lien entre l'objectif carcéral et l'objectif clinique; l'un semble vouloir punir l'individu au nom de notre société, tan- maijuin 1998 VBS8 De 50% à 60% des agresseurs sexuels, dont beaucoup de pédophiles, ont commencé à avoir des problèmes sexuels à l'adolescence.Or il n'existe aucun programme de traitement pour adolescents au Québec.dis que l'autre voudrait guérir un malade afin de protéger cette société.«Le peu de programmes qui existe est toujours menacé: même le programme de prévention des agressions sexuelles et de la violence conjugale de la prison de Bordeaux a été fermé en novembre 9b», ajoute-t-il.Les responsables de ce programme avaient alors refusé d'annoncer franchement cette fermeture.Le rendez-vous que nous avions fixé avec eux a été annulé à la dernière minute sans explication.Par la suite.Esther Boily.attachée du ministre Pierre Bélanger, n'a jamais répondu à nos appels.«Cette fermeture est due au "virage" communautaire, explique plus récemment LmdaVeillette, conseillère au bureau de la sous-mims-tre associée au ministère de la Sécurité publique.Notre mission est d'administrer les sentences du tribunal et de supporter les individus dans leur réinsertion sociale, pas de doubler à l'interne des programmes qui existent déjà dans la communauté», précise-t-elle.Les déviants sexuels sont donc orientés, tout comme les alcooliques ou les toxicomanes, vers des groupes d'entraide qui les suivent.Aujourd'hui, les seuls programmes subventionnés par le gouvernement provincial sont à Robert-Giffard, à Québec, et au Centre de psychiatrie légal de Montréal, où la liste d'attente est actuellement de six à huit mois.Pour Jean-Claude Bernheim, porte-parole de l'Office des droits des détenus, tout est question de pouvoir et d'intérêt: «Chacun a un intérêt à voir un pédophile condamné; l'avocat le psychiatre, le gardien de prison.Ça crée des jobs.Réagir afin de maîtriser des gens qu'on démonise, c'est valorisant pour ceux qui ont l'impression de jouer aux chevaliers Plus d'abus aux États-Unis D'après les rapports officiels des services états-uniens de la protection de l'enfance, un million d'enfants étaient victimes d'abus et de négligence en 1995 aux États-Unis, dont 13% d'abus sexuels.Le groupe spécifie que ce taux particulièrement élevé s'explique par une violence plus forte en général dans ce pays ainsi que par «l'absence a" un système uniforme de santé et de services sociaux».Une étude effectuée dans le même pays analyse les cas de 1 300 enfants issus de 267 garderies différentes durant l'année 1985.Les résultats ont montré que 16% des agressions étaient commises par les directeurs ou les propriétaires et 30% par les professeurs ou les éducateurs.des temps modernes.Mais c'est presque impossible pour un détenu de demander à être soigné en prison.Son problème n'est pas suffisamment concret.» André McKibben reproche au gouvernement du Canada de ne pas s'impliquer suffisamment dans la mise sur pied de programmes efficaces.«C'est un problème qui préoccupe beaucoup la population, explique-t-il, le gouvernement a donc une grande responsabilité là-dedans.Le traitement fait partie de cette politique qu'il faut mettre sur pied: évaluer les besoins du système et des patients, dire quels devraient être les critères d'admission aux programmes, dire ce qu'est un bon traitement comment suivre un pédophile en liberté conditionnelle, etc.» Il y aurait à son avis un effort capital à fournir en matière de prévention dans la mesure où 50% à 60% des agresseurs sexuels, dont beaucoup de pédophiles, ont commencé à avoir des problèmes sexuels à l'adolescence.Or il n'existe aucun programme de traitement pour adolescents au Québec.Et le petit programme avant-gardiste que l'Institut Pi-nel a ouvert il y a huit ans en a plein les bras avec les 50 jeunes qu'il réussit à traiter par année.Par ailleurs, une enquête a révélé qu'au moins 70% des adolescents ne reçoivent ni traitement ni sentence à la suite de dénonciations, (g 36 ym mai-juin 1998 L'association des grands frères filtre ses bénévoles par tous les moyens «Ne fermons pas les yeux» Dans la grande entrée du 3740 de la rue Berri, une affiche au slogan qui frappe: «Ne fermons pas les yeux».Depuis «les affaires» de 1996, l'association qui s'occupe de jumeler des enfants issus de familles monoparentales avec des adultes bénévoles redouble de prudence quant au filtrage de ses parrains, tout en déployant des efforts considérables pour regagner la confiance des parents.En janvier.Stéphane Houle, âgé de 15 ans, a été assassiné près de Drummondville par son ex-Grand Frère, Richard Paquette.un enseignant de 46 ans.L'adolescent avait dénoncé les abus sexuels vécus au cours du parrainage.En mars, Camil Girard, président fondateur de l'aile saguenéenne du mouvement, et Gilles Gagné ont été accusés d'avoir agressé sexuellement trois mineurs à Chicoutimi.Les Grands Frères du Québec ont dû faire face à la vive inquiétude des familles: 10% des enfants parrainés ont été retirés de l'association à la suite de ces drames.Les bénévoles se sont désintéressés à leur tour, hésitant à être associés au scandale.L'aile du Saguenay ne s'est jamais remise de ce coup de grâce: à tel point qu'Andréa Boudreault, la présidente du mouvement, a dû annoncer la dissolution de l'organisme le 6 mars dernier.«Comme le sport une activité comme la nôtre est une zone à risque pour les jeunes, nen ne sert de le men>, admet Alain Thibaudeau, directeur général des Grands Frères et Grandes Soeurs de Montréal.C'est pourquoi le processus de sélection des bénévoles est extrêmement rigoureux.Le candidat doit assister en premier heu à une séance d'information et remplir un questionnaire.Trois personnes références sont par la suite contactées.Un protocole d'entente avec la police autorise l'examen du passé de la personne concernée; toute infraction criminelle significative constituera un refus automatique et irrémédiable.L'évaluation psychologique des candidatures retenues représente sûrement l'étape déterminante de la sélection.«Sonder l'enfance est capitale: les six premières années de la vie sont cruciales au plan de l'identité.Il s'agit également d'examiner l'orientation de ses relations affectives et sexuelles, ainsi que sa vie sociale et profèssionne//e>>, explique Marie-Claude Gareau.l'une des psychologues de l'agence de la rue Bern.Elle cherche à cerner la personnalité des candidats au cours d'un entretien d'une durée de deux à trois heures.Au moindre doute, le candidat sera écarté.Parmi les critères révélateurs, l'instabilité caractérise le pédophile.Les changements trop fréquents de ville ou d'emploi peuvent mettre la puce à l'oreille du-de la spécialiste, tout comme les échecs amoureux ou familiaux à répétition.Par la suite, la mère demandeuse et l'en- Marie-Claude Gareau, psychologue.fant devront obligatoirement se plier au programme de prévention des agressions sexuelles.Après deux ou trois rencontres entre l'enfant et son parrain, le-la psychologue contacte la mère, le bénévole et l'enfant séparément, de manière à s'assurer qu'il n'y a nen à signaler Ce programme est né il y a dix ans.Les techniques d'entrevue ont évolué parallèlement à nos connaissances en psychologie humaine.Les banques de données également.Les fouilles de la police ne se limitent plus au Québec et se font aujourd'hui dans tout le Canada et une partie des Etats-Unis £ mai-juin 1998 >£S8 37 Des femmes initiatrices Les femmes représentent moins de 5% des individus arrêtés pour délits sexuels, mais rien ne garantit que le nombre de plaintes portées contre des agresseurs de sexe féminin soit fidèle à la réalité.Les femmes peuvent en effet se permettre de franchir les limites sous couvert d'affection ou de volonté d'initiation des jeunes garçons.Dans ce contexte, ceux-ci parleront beaucoup moins facilement des attouchements dont ils ont été victimes, ne sachant si cette relation correspond au prolongement d'un amour de type maternel ou non.«En ce qui concerne les adolescents, la femme n'est pas prédatrice car le jeune garçon est souvent d'accord et ne la vit pas comme un abus mais comme une opportunité.Il va vouloir assumer la situation pour jouer son rôle d'homme et n'osera pas parler «Le tabou est très lourd et la prison est synonyme d'échec sur tous les plans», observe Ruth Gagnon, criminologue du centre Elisabeth Fry.de viol», explique le psycho-éducateur Daniel Bellemare.Quant aux relations incestueuses avec la mère, elles se font rarement dans la violence et représentent la majorité des cas d'incarcération de femmes pour crimes sexuels sur enfant.Il est impossible de déterminer leur nombre dans la mesure où les statistiques ne fournissent pas l'âge de la victime ni le sexe de l'agresseur.Chose certaine, on retrouve moins d'équivalents féminins des prédateurs sexuels mâles.«Dons toute la gamme des perversions sexuelles, on retrouve toujours plus d'hommes.Il est plus facile pour la femme d'arriver à l'identité féminine, elle s'affirme plus facilement et n'aura pas peur d'aller vers une sexualité plus complexe, soit une relation avec un homme.L'homme pédophile par contre a peur de la complexité d'une femme mature alors il va spontanément vers l'enfant moins complexe que lui», explique Jules Bureau, sexologue observant depuis 40 ans le développement de l'identité sexuelle chez l'enfant et l'adulte.Le phénomène étant aussi rare que récemment révélé, très peu d'études cliniques font état du profil de ces femmes.Elles ont généralement une très faible estime d'elles-mêmes, issues de familles incestueuses, économiquement et culturellement pauvres, pour lesquelles l'abus d'enfants était normal.Après avoir été enfermée dans leur premier réseau familial, elles se replieront sur le second.Un problème pathologique de » s «Le jeune garçon va vouloir assumer la situation pour jouer son rôle d'homme et n'osera pas parler de viol», explique Daniel Bellemare, psycho-éducateur.dépendance par rapport au conjoint les pousse à accepter bien des choses simplement pour ne pas se retrouver seules.C'est pourquoi beaucoup de délits sont commis à la demande du compagnon dont le fantasme est d'assister à une relation sexuelle avec un enfant.Pour la plupart elles ne travaillent pas et semblent isolées socialement.Il est extrêmement difficile pour elles de parler de ce qu'elles ont fait.«Le processus de soc/a/isation des femmes les pose en êtres qui veillent sur les autres, en tant que bonnes mères, bonnes épouses, bonnes citoyennes, institutrices ou infirmières.Le tabou est très lourd et la prison est synonyme d'échec sur tous les plans», observe Ruth Gagnon, criminologue du centre Elisabeth Fry, une maison communautaire qui offre un service post-pénal.«La soc/été les juge très durement et elles-mêmes sont rongées par la culpabilité et la honte», ajoute-t-elle.Comme la relation avec l'enfant, intra-familiale de surcroît, s'est souvent déroulée sur plusieurs années, la sentence est très sévère et se purge pendant deux ans et plus dans un établissement fédéral, jg 38 ^38 mai-juin 1998 La médiation familiale Depuis le 1er septembre 1997, une nouvelle loi concernant la médiation familiale est entrée en vigueur au Québec.Cette loi permet aux couples avec enfants — qu'il s'agisse de conjoints légalement mariés ou de conjoints de fait — de recevoir gratuitement les services d'un médiateur professionnel lors de la négociation et du règlement de leur demande de séparation, de divorce, de garde d'enfants, de pension alimentaire ou de révision d'un jugement existant.La médiation familiale est un mode de résolution des conflits par lequel un médiateur impartial intervient auprès des conjoints pour les aider à négocier une entente équitable faisant l'objet d'un consentement libre et éclairé.Son but principal est d'aider à négocier une entente viable répondant aux besoins de chacun des membres de la famille.\ Vous pouvez obtenir des informations sur les services de médiation en communiquant avec le Service de médiation familiale, au palais de justice de votre district judiciaire.Vous pouvez aussi communiquer avec les bureaux de Communication-Québec ou avec la Direction des communications /^^^**"""\ du ministère de la Justice au: 1200, route de l'Eglise, 6' étage, M ^r/ M Sainte-Foy (Québec) |j^ W^S M G1V4M1 -^ Courriel: communications.justice@justice.gouv.qc.ca Nous vous invitons à visiter notre site Internet *ê
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