Recto verso, 1 janvier 1998, septembre
Un médecin J* excédé < i les FoKv/*; de La CfQ S»r \«ter*ei i fo écKa» î informer, four Jéba-Hre Jej gra*dl$ e^jev* oui i*flue*ceirvf.*»o+re joclé+é, our jowlever de$ froHè/^e5 ou chercher cowjeil, four faire circuler TéworAoe e*pertJje que 1*©* retrou 42v\f *o$ é+âk>l;j$e/ Même constat pour Eric Michaud ( 1972) qui va filmer un portrait de Léo-Paul Lauzon, le pourfendeur du néolibéralisme.«Les jeunes comme les vieux cinéastes veulent profiter du système.Ils ne veulent pas le dénoncer de peur de ne pouvoir profiter des miettes qui tombent en subventions.» D'autres sont plus nuancés comme Sylvain l'Espérance ( 1974) qui a donné la parole aux ouvriers dans Le temps qu'il fait et qui prépare Le chemin de l'aluminium sur les travailleurs de cette industrie à travers le monde.((On n'est pas des obnjùs.Après les échecs politiques de 10.on a mis nos billes ailleurs, je comprends les cinéastes de ma génération de filmer leur moi.Mais ma vision du monde est plus politique.Je ne suis pas contre le cinéma poétique.Parfois il rejoint le politique.C'est l'idéal.» Quoiqu'il en soit de nombreux films politiques sortent et sortiront dans les mois à venir On les verra peut-être à la télé, mais sûrement aux prochains Rendez-vous du cinéma québécois et dans les groupes communautaires et politiques, public-cible de ces films.Histoire de nous faire oublier un moment la sortie des Boys 2 prévue pour Noël.«S 1 Entre parenthèses, l'année de naissance de chacun des réalisateurs.Sylvain l'Espérance donne la parole aux ouvriers dans Le temps qu'il fait.17 Jacques Larue-Langlois LEBOUQUINEUR Des chansons et des hommes qui ont fait le Québec Pierre FOURNIER, De lutte en turlutte, une histoire du mouvement ouvrier québécois à travers ses chansons, Les éditions du Septentrion, 1998, 206 pages Les démunis-es ont toujours chanté leurs nostalgies, leurs misères, leurs revendications, leurs révoltes même.De ce constat amplement documenté, Pierre Foumier lui-même auteur et interprète de plusieurs chansons de ralliement populaire, a tiré un splendide survol en chansons de l'histoire du mouvement ouvrier québécois.Sur 250 ans, il remonte à la déportation des Acadiens-nes, en 1755 avec Le départ de l'amant pour s'achever avec Du pain et des roses, qu'Hélène Pedneault et Marie-Claire Séguin écrivirent pour la manifestation de la Fédération des femmes du Québec devant l'Hôtel du Parlement, le 4 juin 1995.Le lecteur y retrouvera, entre autres, les paroles intégrales de L'Internationale, chantée ici à maintes occasions pendant la Grande Dépression des années 30, et de La marseillaise nelloise, qu'un anonyme pondit à la mémoire du chef métis mamtobain pendu à Montréal, en 1885, malgré les vives protestations des Québécois-es.Des acteurs-nces de certains conflits mis en musique, de simples témoins ou des histonens-nes ont par ailleurs été invités à situer chacune de ces chansons dans son contexte historique, ce qui permet d'en apprécier les subtilités ponctuelles.Derrière chacun des conflits ouvriers majeurs qui a marqué l'histoire du Québec, on retrouve une chanson exaltante.Y défilent les grèves d'Asbestos en 49 et de Murdochville en 57, dont le contexte, marqué d'une violente répression gouvernementale, est magnifiquement campé par le permanent syndical Emile Boudreau.On peut aussi vibrer aux paroles et à la musique qui ont marqué les conflits des Gars de Lapalme ou de Tncofil dans les années 70.Si la révolution dort avoir une âme, il importe aussi qu'elle ait une musique pour que tous-tes puissent la chanter De Chauveau à Bouchard Jacques LAMARCHE, Les 27 premiers ministres, Lidec, collection Biographie, 1998,60 pages Dans sa collection Bibliographies, qui comporte déjà quelque 75 titres.Lidec publie, sous la plume de Jacques Lamarche.une intéressante plaquette intitulée Les 27 premiers ministres.Chacun des leaders gouvernementaux du Québec depuis la Confédération y a droit à deux pages comportant une photographie, une brève fiche vitale et une biographie sommaire.CÉLÉBRITÉS / 2= Les 27 premiers ministres De Joseph-Olivier Chauveau à Lucien Bouchard, les chefs de nos gouvernements ont servi des mandats d'une durée moyenne de quatre ans et neuf mois, le record de longévité revenant à Maurice Duples-sis, la tête des affaires politiques québécoises pendant un total de 18 ans, en deux étapes.Pierre-Marc Johnson est pour sa part celui qui a détenu le moins longtemps les rênes du pouvoir, ayant siégé pendant deux mois, comme premier ministre du Québec, du 3 octobre au I I décembre 1985.Voilà le genre de petit livre qui devrait être mis à la disposition de tous-tes les élèves de nos écoles secondaires et, à tout le moins, figurer dans les bibliothèques de documentation de tous les journalistes québécois.Ainsi tous connaîtront ceux qui nous ont mené à la dépendance économique \C 18 VBg8 septembre-octobre 1998 Plus de 200 points de dépôt à travers le Québec pour vous procurer votre exemplaire gratuit MONTREAL ET LES ENVIRONS Ateliers d'éducation populaire • Carrefour d'éducation populaire de Pointe-Saint-Chartes • Centre d'Education populaire de la petite Bourgogne et de St-Henn • Centre éducatif communautaire René-Goupil inc • Comité social Centre-Sud • Pavillon d'éducation communautaire Hocheiaga-Maisonneuve L'ensemble des CISC de Montréal Communautaire • Association des dépressifs et maniaco-dépressifs • Centre des femmes de Montréal • Centre des femmes de Verdun • Centre de formation populaire • Centre St-Pierre • Clinique communautaire d'Outremont • Comité chômage Sud-Ouest de Montréal • Coopérative des travailleuses en santé globale • Écho des femmes Petite-Patrie • Fartes de la musique • Fédération des temmes du Québec • Fédération québécoise du planning des naissances • Grands frères et grandes sœurs de Montréal • La Maison d Aurore • La Mane debout • Maison des familles de Verdun • POPIR-St-Henri • Protêt Genèse • Regroupement information logement de Pointe Saint-Chartes • Réseau québécois des groupes écologistes • Solidarité Populaire Québec • Table régionale OVEP de Montréal Corporations de développement communautaire • CDC de La Pointe • CDC Laval Institutions scolaires • Cégep du Vieux-Montréal • Cégep Montmorency • Coopérative de IUQAM • École secondaire Mane-Anne • Polyvalente Pierre-Dupuy • Université du Québec â Montréal • Université de Montréal L'ensemble des Corporations de développement économique communautaire de Montréal Solidarité Internationale • Développement et Paix • Entraide Missionnaire • OXFAM-Quebec ' OCDS •SUCO • Agence Québec-Wallonie-Bruxelles pour la jeunesse • Bibliothèque d Outremont • Bibliothèque Germame-Guèvremorrt • Café Genova • Chic Reste Pop • Coopérative d habitation Petrte-Patne • Écomusee du Fier monde • Établissement de détention Bordeaux • Hôpital Rrviere-des-praines • Librairie Abya-Yala • Librairie Chanpigny • Ubraine Paulines • Libraine MèdiaPaul • Reste Plateau ■ rnnaniinmiv-u^n CLSC • CLSC Centre Santé Haut-Bois.Murdochville • CLSC les Aborteaux, St-Pascal-de-Kamouraska • CLSC et CHSLD L'Islet Communautaire • Collectif Plein de bon sens, New-Richmond Corporations de développement communautaire • CDC du KRTB.Rrvière-du-Loup • CDC Montmagny-L Islet • CDC Vallée de la Matapedia.Amqui Institutions scolaires • Université du Québec â Rimouski Solidarité Internationale • Développement et Paix, RimousKi ABITIBI-TEMISCAMINGuE Communautaire • RÊPAT, Rouyn Institution scolaire • Université du Québec en Abrùbi-Temiscammgue, Rouyn-Noranda CLSC • CSLC-CHSLD Les Blés d'or.Becancourt CLSC • CLSC La Chaumière Asbestes Communautaire • Table régionale OVEP Estne Sherbrooke Corporations de développement communautaire • CDC de Brome-Misstsquoi Famham • CDC Memphremagog Magog • CDC de la MRC d Asbestes.Asbestes Institution scolaire • Fédération des étudiant-e-s de l'Université de Sherbrooke Communautaire • Comité des OVEP.Jonquière • L'ASTUSE du Saguenay.Chicoutimi • Alliance autochtone, Mistassini • Les Gens oublies d'Hébertviiie Corporations de développement communautaire • CDC Deux-Rrves, Jonquière • CDC du ROC.Chicoutimi Institution scolaire • Université du Québec à Chicoubmi Solidarité internationale • Développement et Paix, Chicoubmi CLSC • CLSC de la Jacques-Cartier, Val-Bèlair • CLSC Desiardins, Lévis Communautaire • RÉPAC, Québec • ADDS-Quebec, Québec • CRÊEEQ Vous êtes intéressés à devenir un POiflt de dépôt pour le magazine?Nous vous fournirons un présentoir et 50 magazines a chacune des parutions.Veuillez remplir et nous retourner le coupon suivant.La responsable de la distribution communiquera avec vous dans les plus brefs délais OreaexMDoa | Tetec, 1215, rue Visitation, bureau 101 Montréal (Québec) H2L3B5 Té) (514) 523-5998 • Téèéc.: (514) 523-5812 Adresse électronique : vo@mlink.net Communautaire • Regroupement des OVEP de la Mauncie.Trois-Rmeres • Économie communautaire de Franchevilie • Consal Nation Aikamekw.La Tuque Corporations de développement communautaire • CDC de Franchevilie Trois-Rivieres • CDC MRC de Maskronge Lousevfc Institution scolaire • Université du Québec a Trois-Rivieres Institution scolaire • CADBJL Université Laval.Ste-Foy • Cégep de Ste-Foy Solidarité Internationale • Dévetoppemert et Paix Silery • Jeunesse du Monde, Québec • Corporation de enveloppement économique Desiardms-Chutes-de-la Chaudière, Lévis iiir-B.jm.• Solidarité rurale Québec Nicolet Corporations de développement communautaire • CDC des Bois-Francs.Vctonavilie • CDC Drummond Drummondville • CDC de L Érable.Plessisville • CDC Nicoiet-Yamaska Nicolet Institution scolaire • Ecole secondaire Monique-Proutx, Warwick imiiiuuinii.inïïTT* • Caisse d économie de Lanaudiere Joliette • CLSC Jean-Olrvier Chenier, St-Eustache • Table régionale des OVEP de Lanaudiere • CLD Deux-Montagnes RIVE SUD DE MONTREAL • CLSC Longueuil-Ouest • CLSC Lcmgueuil-Est • Sotidante populaire du Suroil St-Timothé • Corporation de développement communautaire de Longueuil • Table ronde des OVEP de l'Outaouais, Hull • Corporation de développement communautaire Rond-Point.Buckingham • Développement et Paix.Hull • Inter Pares Ottawa CHARLEVOIX • Centre communautaire Pro-Santé.Baie St-Paul • Centre d études collégiales en Chanevoix La Malbaie • Conseil social et communautaire de Chanevou, La Malbaie • Société d'histoire de Cfarievotx, Baie St-Paul • Table des groupes populaires de Baie-Comeau Corporations de développement communautaire • CDC de L'Amarra.Thetford-Mines • CDC Beauce-Etchemms, Saint-Georges de Beauce • CDC du Granit.Lac-Mégantic CLSC • CLSC des Maskoutac St-Hyacinthe • CLSC du Havre.Sorel • CLSC des Seigneuries, BouchervBe • CLSC Katen.Candiac • CLSC Samuei-de-Champlain.Brassard • Entraide pour hommes Vallée du Richelieu.Betoosil • Table régionale OVEP de la Momeregie.Si-Lambert • Table des regroupements de personnes assistées sociales.St-Hyacinthe Corporations de développement communautaire • CDC Beauhamois-SaJaberry.Saiaberry-de-VaJieyfieid • CDC du Bas-Richelieu.Sorel • CDC du Haut-Richelieu.St-Jean-sur-Richelieu • CDC Haute-Yamaska.Granby • Centre de développement local de Sorel llllll'lllllhlll.^ • Développement et Parx.Petit Rocher Ainsi que dans les bureau régionaux des organisations syndicales du Québec septembre-octobre 1998 \*S38 19 Monsieur Landry, à quoi sert un ministre s'il ne peut honorer ses engagements?En 1995, lors d'un conseil des ministres, Bernard Landry vota de réserver 4% de ses budgets publicitaires aux médias communautaires.Trois ans plus tard, le ministère de Bernard Landry ne nous a toujours pas accordé une seule campagne.Nous exigeons le respect de la politique du 4% que vous avez approuvée.Les artisans de la presse communautaire, 80 journaux qui font la différence dans leur communauté, J 650 000 lecteurs et lectrices au Québec! * Un message du Réseau de placement média (514) 722-0785 et de l'Association des médias écrits communautaires du Québec (514) 383-8533. Depuis le 1er septembre 1997, les couples* avec enfants peuvent recevoir gratuitement les services d'un médiateur professionnel lors de la négociation et du règlement de leur demande de séparation, de divorce, de garde d'enfants, de pension alimentaire ou de révision d'un jugement existant.Le médiateur aide les conjoints à négocier de façon éclairée, une entente équitable et viable répondant aux besoins de chacun des membres de la famille.'Conjoints légalement mariés ou conioints de fait.Pour obtenir de l'information sur les services de médiation ou obtenir le nom d'un médiateur, communiquer avec le Service de médiation familiale au palais de justice de votre district judiciaire ou encore contacter les organismes qui sont habilités à accréditer leurs membres comme médiateur : Barreau du Québec (514) 954-3458 ou 1 800 361-8495 (poste 458) Chambre des notaires (514)879-1793 1 800 263-1793 Ordre professionnel des conseillers et conseillères d'orientation du Québec (514)737-4717 1 800 363-2643 Ordre des psychologues du Québec (514)738-1223 1 800 561-1223 Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec (514) 731-3925 (frais virés acceptés) Les Centres jeunesses de : Montréal: (514) 393-2285 Québec: (418) 649-3516 Laval: (514) 975-4150 Chaudières-Appalaches : (418) 837-9331 Pour toutes informations vous pouvez contacter le bureau de Communication-Québec de votre région ou la Direction des communications du ministère de Justice Téléphone: (418) 643-5140 Télécopieur : (418) 646-4449 Courriel : communications.justice ©justice gouv.qc.ca H Gouvernement du Québec Ministère de la Justice Anne-Marie Brunelle Fermont nos gueules Le journal communautaire de la ville de Fermont fait face à des poursuites judiciaires intentées par.la radio communautaire.Une lutte pour le droit à l'information s'est engagée dans cette petite municipalité du Nord du Québec.Une bagarre juridique inusitée fait rage.Diffusion Fermont et la directrice de la radio, Micheline Laroche poursuivent la direction, le conseil d'administration du journal le Trait d'Union du Nord (TDN) et les journalistes Nadine Tremblay, Jean-François Prégent et Anne-Marie Savoie pour atteinte à leur honneur à leur réputation et à leur mtégritié pour des montants de 12 500 $.LE JOUPHAL II 411 l'IM4 S JT1«W* TfOCf-ty ' Ce que CFMF ne veut pu vou» dire • • «-! S~~S5 ££==s S—V— fi Remorquage Fermont @) £87-3212 Service Auto 389 ■7 la dOTiimraifailori avir Isa iv*n«S3S 25 PLACEMENT llrip |tempqraire Vous êtes a court d argent, vous voulez travaille/ sur-te ■ champ.Il se peut qu'en vous adressant à une agence privée de placement on vous engage la journée même! Stimulées par l'insatiable appétit de flexibilité de main-d'oeuvre des entreprises, ces agences poussent comme des champignons.On en dénombre pas moins de 300, à Montréal seulement.La plupart sont nées au cours des trois dernières années.Au Canada, cette industrie place 284 000 employés-es temporaires en une seule journée.Les emplois atypiques, tels le temps partiel, le travail autonome et le temporaire, connaissent une croissance fulgurante, un peu plus de 73 % des 670 000 emplois créés au Québec entre 1976 et 1995.Les agences privées l'ont compris et prennent de plus en plus de place dans la réorganisation du marché du travail.Elles brassent de grosses affaires: 2 milliards $ au Canada seulement dans le placement .tenrpbraire en 1997.Nathalie Labonté et Jean-Sébastien Marsan Photos: Gunther Gamper mine d'or explosive & , explique Denis Généreux, de Personnel Mille-Iles me.De plus, l'entreprise cliente n'a aucune obligation envers la personne recrutée par le biais d'une agence.Elle peut la tester pour une embauche définitive ou la retourner; l'agence se charge de remplacer son-sa candidat-e sur le champ.Finie la paperasse administrative! L'agence s'occupe du recrutement de la paie, des retenues à la source, des licenciements, etc.En revanche, l'entreprise cliente peut éprouver des difficultés à mobiliser des employés-es qui ne s'identifient pas à elle.À long terme, elle peut perdre une certaine expertise, lorsque ses travailleurs-ses loués se dénichent un meilleur emploi ailleurs.Dépanneur ou supermarché?Les agences de placement temporaire ont surtout pris leur envol dans le do- maine du secrétanat Aujourd'hui, elles louent du personnel à une vaste gamme d'entreprises, pour des métiers les plus diversifiés.Travail de bureau, manutention, agnculture.camionnage, informatique, les agences pnvées sont partout Au Service de placement Télé-Ressources, le numéro un des agences à pno-pnété québécoise.«80% de nos activités ont tra/t au placement temporaire et 10% au placement permanent», affirme Johanne Berry, la fondatnce de l'agence.Dans de rares cas.l'agence prend en charge l'ensemble du service de recrutement d'une entrepnse.«L'agence de placement c'est comme un dépanneur, illustre Lih Desbiens, direc-tnce de l'agence montréalaise Comidic, qui emploie 600 infirmières-ers et pré-posés-es.Ainsi pour plusieurs entrepn-ses.le recours aux agences de placement temporaire est plus cher mais très accommodant! «C'est très rare qu'on fait affaire avec des agences, affirme Énc St-Laurent employé aux ressources humai- Au Service de p/ocementTé/é-Ressources, le numéro un des ogences à propriété québécoise, «80% de nos activités ont trait au placement temporaire et 10% au placement permanent», affirme johanne Berry, la fondatrice de l'agence.\jSS8 27 «Quand on a fait l'ouverture de l'usine de Panneaux MDF au Saguenay, les CV arrivaient au DRHC, puis nous étaient confiés afin qu'on effectue le processus d'embauché», affirme Lynda Plourde, directrice chez Adecco Léonard & Parisien.nés chez Cascades à Kmgsey Falls.On les contacte seulement dans des rushes, de façon temporaire, car on aime bien choisir nos candidats.» Non loin du siège social de Cascades, la multinationale Weavex, installée à Warwick a d'autres moeurs.Après avoir procédé à des licenciements massifs, cette compagnie, qui fabrique des feutres pour les papetières, embauche systématiquement ses employés-es permanents par l'entremise d'une agence privée.((Ainsi, nous n'avons plus à soutenir un département de ressources humaines, note Alain Cayer, le directeur de la qualité.Une ogence de Tro/s-R/wères tne les CV et présélectionne les candidats pour nous.» L'État: de fournisseur à client L'État a longtemps facilité la rencontre entre l'offre et la demande d'emplois.Toutefois, «depuis 1990.Développement des Ressources humaines Canada n'effectue plus de placement)), explique Diane Brulotte, agente de prestation d'emploi à DRHC.On ne fait plus de matchmg entre les travailleurs et les employeurs.» Les fonctionnaires sont là pour traiter les demandes d'assurance-emploi, outiller les gens et les référer à d'autres organismes.La restructuration progressive des services d'emploi gouvernementaux a ouvert la porte aux agences privées.((Les entreprises ont longtemps reproché aux centres d'emploi gouvernementaux une lourdeur bureaucratique, l'absence d'évaluation et de sélection dans la qualité des candidats proposés et des services impersonnels, écrit Jean-Robert Ta-pin, auteur d'un rapport sur les agences de placement temporaire pour le gouvernement du Québec, en 1993.Une industrie dans la fleur de l'âge L'industrie du placement privé a vu le jour aux États-Unis après la Deuxième guerre mondiale.Manpower en demeure l'archétype.Selon le Bureau international du travail, les agences de placement temporaire états-uniennes réalisaient un chiffre d'affaires de 20 milliards $ en 1992.30 fois plus qu'en 1970.En 22 ans, leur nombre est passé de 2 300 à 15 000.«Au Canada, c'est tout récent, observe Linda Plourde, de chez Adecco Léonard & Parisien.En 1985 on en comptait quelques-unes, dix ans plus tard, 160 et aujourd'hui, environ 300 à Montréal seulement.» En 1993, 85% des entreprises états-uniennes utilisaient des travailleurs-ses temporaires, contre 75% en Europe et environ 30% au Canada.À l'Association nationale des entreprises en recrutement et placement de personnel, on parle d'une croissance des revenus de 15% par année.D'autre pan même si les services de l'État sont gratuits, beaucoup d'entreprises considèrent qu'ils sont associés au recrutement d'une main-d'oeuvre non spécialisée, non qualifiée et moins motivée.» De nos jours, non seulement les agences répondent aux besoins particuliers des PME et de la grande entreprise, mais en plus elles placent énormément de travailleurs-ses temporaires au sein même de l'appareil étatique.L'an dernier, dans la région d'Ottawa seulement le ministère Travaux publics et services gouvernementaux Canada, qui centralise les offres de services pour l'ensemble des ministères, a dépensé 55 millions de dollars pour engager du personnel temporaire hé à 45 agences privées.De plus, l'État s'associe parfois à une agence de placement pnvée.((Quond on a fait l'ouverture de l'usine de Panneaux MDF au Saguenay.les CV arrivaient au DRHC.puis nous étaient confiés afin qu'on effectue le processus d'embauché», affirme Lynda Plourde, directrice en développement chez Adecco Léonard & Parisien.Le temporaire comme mode de vie Nancy Szilbereisz n'a pas le goût de moisir sur une liste de rappel.«Dans les hôpitaux, c'est beaucoup trop ngide.après un certain nombre de refus de travailler on peut nous retirer de la liste de disponibilité.En travaillant pour une agence, je ne suis pas obligée de conter des mente-nes.» Infirmière pour le compte de l'agence Comidic, Nancy Szilbeneisz travaille principalement dans des établissements de soins prolongés, auprès de personnes âgées en perte d'autonomie.Elle a délibérément choisi le travail temporaire: «L'adaptation à un nouveau milieu, c'est très stimulant pour moi.De plus, je peux choisir mon horaire de travail et prendre mes vacances quand je veux.» Ses relations avec les employés réguliers ne sont pas toujours harmonieuses.((Des gens apprécient notre présence 28 ^ë3S septembre-octobre 1998 mois d'autres nous répondent carrément «ah non, pas quelqu'un d'une agence!» Plusieurs ont l'impression d'être ralentis, parce qu'on ne connaît pas les rituels de la place et la disposition du maténeh> Dans la vingtaine, Nancy Szilbeœisz prévoit bosser encore longtemps à l'agence Comidic, qui lui a confié la formation des préposes-es.Elle se dit satisfaite de son salaire mais déplore l'absence de vacances payées et de rémunération à temps double pendant les congés fériés, compétition entre les agences oblige.«A/ors c'est simple, je ne travaille pas pendant ces congés», avoue-t-elle.Les clauses d'exclusivité André Cyr a été embauché comme travailleur social dans un CLSC par l'entremise d'une agence privée, La Croix Jaune.Nouvellement diplômé et sans expérience, l'agence lui a octroyé une série de contrats.«Si un CLSC déboursait 33$ de l'heure à l'agence pour recourir à mes services, moi en contrepartie, j'étais payé 15$ de l'heure, explique-t-il.À un certain moment nous étions quatre personnes de l'agence au CLSC du Vieux Lo Chine.» aLe CLSC du Vieux La Chine a recours à des agences privées pour se donner une marge de manoeuvre quand il veut offrir de nouveaux services, explique Kathleen Halpm, responsable des ressources humaines.Parfois, on a besoin d'une nutritionniste pour un projet très ponctuel, alors on appelle une ogence.Cependant quand ça devient plus régulier, là on embauche nous-même.Pour du recrutement à court terme, l'agence revient moins cher.» Pour retenir les services d'André Cyr, ce CLSC a dû débourser 2 000 $ à l'agence.Une clause d'exclusivrté liait ce travailleur social, l'agence et le CLSC.Roch Laflamme, professeur au département de Relations industrielles de l'Université Laval suggère l'abolition des clauses d'exclusivité, «parce qu'elles sont relativement illégales et ne passeraient pas le test des tnbunaux».De plus, cela ne favorise pas l'embauche permanente du personnel temporaire par l'entreprise cliente.En juin dernier, le CLSC ne pouvait rien promettre à son travailleur social, alors ce dernier a continué ses démarches afin de se dénicher un emploi permanent, dans d'autres établissements.Et aussi, auprès de l'agence.D'OÙ VIENT LE PROFIT DE L'AGENCE?L'agence de placement temporaire embauche et rémunère elle-même des salanés-es dont elle loue les services à des entreprises clientes.L'agence se comporte exactement comme un employeur Généralement elle n'exige pas de frais aux travailleurs-ses.«Lorsqu'une entrepose débourse / 5$ de l'heure à une agence pour les services d'un employé, ce dernier est payé environ 10$.Du reste, 1$ va en commission à l'agent qui a fait La santé en mutation Les mises à la retraite massives ont littéralement vidé les listes de rappel dans de nombreux établissements de santé québécois.Plusieurs gestionnaires, à défaut d'ouvrir de nouveaux postes permanents, ont misé sur la flexibilité et le temporaire.Une véritable manne pour les agences de placement privées.L'agence Comidic a vu le jour, il y a 12 ans, dans un contexte où les centres hospitaliers avaient de la difficulté à recruter des infirmières aux soins intensifs.Une grande pénurie sévissait,«/e besoin était là», se rappelle Lili Desbiens.Les listes de disponibilité des hôpitaux font que «si vous êtes une infirmière à temps partiel, vous devez obligatoirement être disponible une fin de semaine sur deux.Certaines infirmières s'inscrivent chez nous, dans le but de se rajouter quelques jours de travail dans la semaine, ce que l'hôpital n' est pas toujours capable de leur donner.De plus, on est beaucoup plus flexible pour les cheffes de famille monoparentale." «Les CLSC et les établissements de soins de longue durée font davantage appel aux agences de placement, soutient Lina Bonamie, vice-présidente de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec.Puisque les budgets alloués par le gouvernement ne sont pas annoncés longtemps d'avance, les gestionnaires ne veulent pas prendre la chance d'engager du personnel à temps plein.Il faut ouvrir des postes permanents pour attacher les travailleurs à un établissement», poursuit madame Bonamie.Sinon c'est la grande valse-hésitation.«En bout de ligne, ça coûte plus cher aux contribuables, en temps supplémentaire, en agence privée et en ressources humaines.» septembre-octobre 1998 VB38 29 L te placement 1,50$ est dédié aux avantages sociaux telle /'assurance-emploi; 2$ couvre /es frais de bureau et la publicité.Finalement l'agence encaisse un profit de 0,50$ par heure.S/ /'entreprise débourse davantage, c'est du profit net!», explique Alain Dufour ancien vice-président exécutif de Télé-Ressources.En général, l'agence conserve de 30 à 50% du montant payé par l'entreprise cliente.Dans plusieurs entreprises, des em-ployés-es réguliers côtoient des em-ployés-es d'agence effectuant un boulot comparable mais pour un salaire inférieur La discrimination salariale «fait partie intégrante des activités des agences et demeure leur principale source de profits», faisait état Jean-Robert Tapin // suffit parfois d'un ordinateur et d'un téléphone pour équiper une agence de placement Près de 50% des offres d'emploi des quotidiens proviennent des agences de placement dans son rapport.Denis Généreux de Placement Mille-Iles me.défend le contraire: «c'est pas à notre avantage de faire de la discrimination salariale.Si une Caisse populaire me demande de lui envoyer une caissière au salaire que dicte la convention collective, je le respecte.» La Caisse populaire paiera ainsi à l'agence une fois et demi le salaire d'une caissière syndiquée.Plus les salaires sont élevés, plus l'agence fait de l'argent.Mettre le pied dans la porte Pierre-Yves Guinard a tranquillement gravi les échelons
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