Recto verso, 1 janvier 2000, novembre
NUMERO SPECIAL LE SOMMET DE QUÉBEC AVRIL 2001 N" 287 NOVEMBRE/ DÉCEMBRE 2000 i I I ItJ: A QUEBEC, 34 CHEFS D'ÉTAT NÉGOCIERONT LE LIBRE-ÉCHANGE DES AMÉRIQUES Commerce, eau, éducation, santé, rien n'est exclu.sauf les citoyens L'Alliance sociale continentale convoque le Sommet des peuples L LE TRAVAIL D'UNE MULTITUDE D'HOMMES ET DE FEMMES PRODUIT UNE RICHESSE INCALCULABLE MAIS POURQUOI LES FRUITS DE CE LABEUR NE SERVIRAIENT-ILS QU'À COMBLER LES CAPRICES DE QUELQUES-UNS QUAND LES BESOINS FONDAMENTAUX DE LA MAJORITÉ NE SONT PAS SATISFAITS?LA RICHESSE EST LE FRUIT DES EFFORTS DE LA MAJORITÉ NOUS REFUSONS QU'ELLE DEMEURE ENTRE LES NAINS D'UNE MINORITÉ ESSE CSN Somm N° 287 NOVEMBRE/DÉCEMBRE 2000 14 TAIRE LES AMÉRIQUES Trente-quatre chefs d'Etats se rendront à Québec en avril 2001 pour négocier le libre-échange dans les Amériques.Les tractations et le contenu du projet sont toujours gardés secrets.mais l'histoire et les effets de l'Alena et des autres accords sont riches d'enseignement.Une opposition s'organise, dénonçant d'abord l'atteinte au droit le plus fondamental en démocratie : celui de savoir ce qu'on nous prépare.1 "7 I LE LIBRE-ECHANGE 1 I I DANS LES AMERIQUES L'idée d'une intégration latmo-améncaine n'est pas récente.Plusieurs accords et alliances existent depuis longtemps.Mais la négociation actuelle, avec les États-Unis comme maître d'oeuvre, soulève des enjeux sans précédent.Une carte illustre les forces en présence, les gagnants et les perdants.26 ENJEUX 21 ALLIANCE DES PEUPLES 5e souvenir de Seattle La puissante AFL-CIO, le Sierra Club, les groupes de pression états-uniens participeront activement aux événements de Québec 2001.« Le gouvernement doit se souvenu- de Seattle.Souvenons-nous tous de Seatde.» De la Terre de Feu à la Terre de Baffin : les mêmes enjeux Les risques sont grands que la Zléa reproduise les dispositions les plus contraignantes et les mêmes effets que l'Accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique (Aléna).Histoire d'unions Née en 1997, l'Alliance sociale continentale a « jeté les bases d'une alliance large et profonde appuyée sur la construction d'alternatives viables et concrètes à la Zléa -.Elle convoque le Sommet des peuples d'Aménque.Après l'eau, quoi Les conséquences, ici, des négociations actuelles : sur la gestion de l'eau, de l'énergie et de l'environnement, les services publics.Libéraliser n'est pas libérer La mondialisation n'est pas que capitaliste et néolibérale, elle est aussi sexiste comme l'ont rappelé les militantes de la Marche mondiale des femmes.Tierra et libertad ! Dans le Sud, la faim n'est pas un problème de potentiel agricole, mais un problème de pauvreté et de dépendance.Quelles sont les implications du libre mouvement des ressources financières, de la nourriture et de l'information sur les politiques alimentaires et de nutrition?3HI LES PROGRAMMES JU! DE LA RÉSISTANCE Les organisations, les leaders et leurs plans.Comment se tenir informé-e pour la suite?NOVEMBRE/DÉCEMBRE 2000 Windsor, 4 juin 2000, Assemblée de l'Organisation des États américains (0ÉA) Photo : Benoît Aquin AUSSI DANS CE NUMERO 4 AVENIR DANS RECTO VERSO 5 EDIT0RIAL 6 LA CULTURE ENTRE L'ÉCONOMIE ET LE SOCIAL 13 L'économie sociale en mouvement : Les coopératives 32 Solidarité internationale : De l'autre côté du barrage, les Ebéras Katio En couverture : One militante du Conseil des canadiens, Mila Ryerson, dans une manifestation lors de la rencontre du G20 à Montréal, le 24 octobre 2000.Photo : Tom Hanson PC RECTO VERSO A suivre riansRprtnVprsn JANVIER-FEVRIER 2001 A notre SANTE Nous vieillissons et nous vivrons plus longtemps.Est-il réaliste de penser que la santé coûtera moins cher ?Bénéficions-nous encore d'un régime universel et gratuit de santé, partout au Québec et au Canada ?Un tour de la question, des revendications des Citoyens-nes tannés d'attendre )usqu'aux travaux de la commission Clair.Pauvreté : le Triangle rouge ■ Quêter pour se chauffer ■ Les fonds de charité, dans les régions, prennent la place de l'État qui ne joue plus son rôle social ■ Des services publics de moins en moins universels payés avec des taxes qui frappent plus durement les pauvres que les riches ■ Des chiffres qui font peur ■ Faut-il une loi ?La Marche mondiale des femmes : un premier bilan ■ 12 femmes qui ont fait marcher la Marche ■ Les actions dans les régions du Québec et dans le monde ■ Le récit de la rencontre avec les ténors du FMI et de la Banque mondiale Vicente Fox, président du Mexique Deux mois après son arrivée au pouvoir, comment se comporte le Malborough man qui s'était donné 15 minutes pour régler le problème du Chiapas.Le point sur la révision du régime forestier La forêt québécoise est mise en coupes réglées, selon le régime du rendement soutenu.Le ministre Jacques Brassard veut la soumettre à un nouveau régime de rendement accru.Cela ne fera pas taire les clameurs, même si le poète-journaliste Richard Desjardins s'est exilé à Toulouse pour l'année.Le point, dans le prochain numéro, après la commission parlementaire qui a entendu 140 groupes témoigner du mal-être de la plus grande richesse naturelle québécoise.Et, pour faire bonne mesure, un dossier suivra en mars.*s* •Umrntairt par par* f/Wft-971 / 'étal d» l'intêctèjiu ahmuniair, dont tr mnmdr 1999, f-Ml • Indlsatrut iiini lnittfuln dtl Trrrrr \fumt» *l WiffJ Yialth joo Habitants ( ,000.000) Sommets des Amériques LA SECURITE ALIMENTAIRE Comment libéraliser davantage le commerce avec des pays où la survie n'est pas assurée?En Amérique latine, une aide alimentaire est encore fournie à Cuba, au Salvador, au Guatemala, au Honduras, au Nicaragua, au Venezuela et à Haïti.Notre carte montre le degré d'autosuffisance alimentaire en Amérique latine.LE LIBRE-ÉCHANGE DANS LES AMÉRIQUES LE COMMERCE Une carte vaut.1 000 mots Les É-U, principal fournisseur et client, dominent les échanges au sein de VAléna et en Amérique latine.Près de 85 % des exportations québécoises y sont destinées.La part des produits et services vendus par le Québec en Amérique latine (de 2,4 % en 1998) est en chute libre.Sauf les É-U et le Canada, l'ensemble du continent américain a été ravagé par les crises financières depuis 1994.Notre carte ne montre pas les flux commerciaux pour le Cancom.En comparaison, ils sont négli- geables.Plusieurs des membres du Cancom sont des paradis fiscaux.Dans ce cas, les flux financiers sont plus importants.LES INDICATEURS Les indicateurs du développement désignent autant la réussite économique d'une nation que l'amélioration du bien être d'une personne.Le plus utilisé (et controversé) est le Produit National Brut (PNB) par tête qui établit le classement de la Banque Mondiale.L'IDH L'indicateur de développement humain (notre carte) est un indice norme, utilisé depuis 1990 par le PNUD {Programme des Nations Unies pour le Développement) comme mesure du progrès humain.Le Canada se classe bon premier selon la mesure de l'IDH (Le plus meilleur pays du monde).L'IDH mesure la possibilité réelle pour un individu de mener une vie longue et saine, d'accéder à la connaissance et à l'information et de bénéficier de ressources lui assurant un niveau de vie décent.L'IDH comporte une valeur maximale et une valeur minimale, ce qui permet d'expnmer la position de chaque pays entre 0 (Haïti, 150% à 0,440, en 1998) et 1 (Canada, 1", à 0.935).LE COEFFICIENT GINI Le coefficient Gini mesure la répartition des richesses dans un pays, qui influe sur les politiques publiques et les investissements.Le développement se manifeste par une phase préalable de fortes inégalités.Les pays records pour l'inégalité (pourcentage de la richesse détenue par le décile supé-neur de la population) se trouvent parmi les plus pauvres.Le Brésil (51 °/o de la nchesse est détenue par 10% de la population) détient le coefficient de Gini, record, de 63,4.Les pays développés répartissent mieux leur nchesse, avec un taux situé entre 20 et 30 %.LA PAUVRETÉ ABSOLUE La pauvreté absolue selon le PNUD : 1 $ par jour dans les pays pauvres; 14 $, dans les pays riches (la norme états-unienne).RV 20 RECTO VERSO PAR ANDREE BELISLE LE C 0 M M E R C E, c'est social.Le Sommet des Amériques comporte toute une dimension sociale et c'est notre préoccupation-, rappelle Stanley Gacek, directeur des affaires internationales pour les Amériques à Y AFL-CIO (American Fédération of Labor Cr Congress of lndustrial Organizations), la plus importante centrale syndicale états-unienne, avec 13 millions de membres.-Il existe un déséquilibre entre la société civile et les gens d'affaires.Les gouvernements ne nous reconnaissent pas le même statut-, accuse M.Gacek.Les gouvernements, répondant aux vœux exprimés lors du Sommet ministériel de Belo Honzonte (au Brésil, en mai 1997), se sont mis à l'écoute de VAmericas Business Forum (ABF), décrit comme -une présence maintenant institutionnalisée dans le processus de négociations de /'Accord de libre-échange des Aménques (Aléa).Z.ABF se réunit à chaque étape franchie par les 34 États et participe aux négociations.Ses recommandations font l'objet d'une attention toute particulière.- (Le Monde Diplomatique).Ainsi, rapporte Dorval Brunelle, du Groupe de recherche sur l'intégration continentale (GRIC), Y ABF intervient sur le plan politique, dans des rencontres parallèles aux sommets, et sur le plan techni- PHOTO ERIC ORAPER *P/PC que, dans la rédaction des textes de Y Aléa.M Organisation des Etats américains (OEA) sou-tient financièrement et techniquement Y ABF.La Banque inleraméncaine de développement (BID), et la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Cépak) lui fournissent documents de références et services d'étude sur demande.DOUBLE STANDARD La société civile n'a pas accès a de telles ressources pour étayer ses points de vue."En novembre 1999, des syndicats et des ONG ont rencontré une délégation de 15 ministres (des trois Amériques) et présenté un document élaboré sur la question de la transparence des négociations.Cette requête n 'a pas donne de résultats-, explique le directeur de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) à Washington, Peter Bakvis, anciennement économiste à la CSN.«NO GLOBAUIATION WÏÏHOUT REPRESENTATION» Le même vent de critique souffle du côté des mouvements environnementaux.NOVEMBRE/DECEMBRE 2000 «Abolissez les douanes et soutenez le libre-échange : alors, dans tous les domaines de l'économie, nos ouvriers seront ramenés au niveau de serfs et de pouilleux, comme en Europe.» Abraham Lincoln, 16 président des E-U, 1860-1865, quand l'Angleterre dominait le commerce mondial RECTO VERSO 21 Sommets des Amériques ALLIANCE DES PEUPLES ■ BUSINESS NETWORK FOR HEMISPNERIC INTEGRATION (BNHI) Réseau des principales organisations d'affaires des Amériques «ttpt »ww.ta*U»! ■ AMERICAS BUSINESS FORUM (ABF) Organisé annuellement parle BNHI, Y ABF accompagne les réunions des ministres du commerce de Y OU et les conseille dans les négociations.■ CANADIANCOUNCILFORTHE AMERICAS.Membre canadien du BNHI.1987.Siège social : Toronto et bureaux à Montréal, Ottawa, Calgary et en Colombie-Britannique.Préside les travaux du BNHI jusqu'en avril 2001 et coordonne l'organisation du 6' ABF à Buenos Aires (avril 2000).Présidente : Mme Hah'na Ostrovsid.Htpc//—w.nawidi r— ■ BUSINESS COUNCIl ON NATIONAL ISSUES.Ottawa.1976.Membres: les plus grandes sociétés canadiennes.Président : Thomas D'Aquino.bttac//wwwJaûM « C'est fondamental pour nous.Pas de mondialisation (de l'économie) sans représentation politique affirme Daniel Seligman, responsable de la politique sur le commerce du Sierra Club, à Washington.«No globalization without représentation", jeu de mots sur l'expression historique : No taxation without représentation, principe fondateur du parlementarisme britannique et américain, issu du Bill of Rights de 1689.Parlant de la participation des gens d'affaires aux négociations, M.Seligman soutient qu'«il s'agit d'un privilège et (que) c'est injuste par rapport aux autres membres de la société".La gravité de cette situation a créé un fort consensus parmi les membres de l'Alliance sociale continentale (ASC) qui réclame des gouvernements qu'ils dévoilent promptement le projet de libre-échange.DEFICIT DEMOCRATIQUE Le déficit démocratique affecte même les parlementaires, qui n'ont pas davantage accès à des textes pourtant appelés à s'inscrire ultimement dans les lois et même les constitutions nationales.Les parlementaires n'ont pu en débattre dans leur Parlement respectif.Les élus-es sont tenus-es dans l'ignorance des projets d'accord, mais ils-elles réagissent.Au sein de la Conférence parlementaire des Amériques, îls-elles tentent de rétablir un certain équilibre démocratique, échangent sur les implications du processus d'intégration continentale et sur leurs moyens d'action éventuels.«SOUVENONS-NOUS DE SEATTLE» «Nous serons présents au Sommet des Peuples et à celui des Amériques, à Québec, en avril 2001", déclare M.Gacek, au nom des 70 syndicats de la fédération AFL-CIO.Les syndiqués-es participeront à leurs propres réunions syndicales ainsi qu'à celles d'autres groupes.-Ce sera (aussi) une occasion de marcher légalement et tout à fait pacifiquement avec les autres syndicats, les féministes, les environnementalistes, ainsi que d'autres mouvements populaires." Au sujet des autres manifestations au Québec ou au Canada, M.Stanley Gacek confirme que «si les syndicats canadiens nous invitent, nous serons làl" Le mouvement écologiste manifestera aussi pacifiquement.«Pour le deuxième Sommet des Peuples (d'avril 2001), Sierra Club organise de grands rassemblements et des manifestations, qui seront légales, je l'espère", déclare d'un ton décidé Daniel Seligman, du Sierra Club qui représente 600 000 membres.«Depuis Seattle, les gens sont encore plus conscients des problèmes environnementaux générés par le commerce.Le gouvernement doit se souvenir de Seattle.Souvenons-nous tous de Seattle.» RV Nos élites politiques donnent-elles la population du ^ Québec en pâture au pouvoir financier ?Si la "^ mondialisation de ce pouvoir, sans âme ni frontière, n'est pas réglementée par le politique, seul le mouvement syndical allié aux organismes non gouvernementaux pourront oser stopper ce raz de marée contemporain.Les professeurs, par la formation dispensée, peuvent contribuer au dévoilement de cet envahisseur débridé qu'est le pouvoir financier - mais pour combien de temps ?Allons manifester pacifiquement au sommet des Amériques ! Syndicat des professeurs de l'Etat du Québec 4 Histoire \ unions PAR ANDREE BELISLE L% intégration économique des Amériques prévue pour 2005 / s'insère dans le «Plan d'action de Miami» de l'OEA, qui prévoit l'éradi-cation de la pauvreté, le renforcement de la démocratie et le développement durable.«Si on réalisait tous les objectifs du «Plan d'action» en même temps, ce serait intéressant, mais le seul à se développer rondement, c'est (l'objectif de) libéralisation des échanges», croit Dorval Brunelle.AUJOURD'HUI unifiée dans les trois Aménques, X Alliance soaak œntmentale (incluant Cuba) revendique plus de transparence dans le processus de négociations de la Zone de Ubre-échange des Amériques (excluant Cuba).M Alliance réclame des normes plus efficaces de protection des conditions de travail et de l'environnement pour pallier les conséquences d'un libre-échange sans contrepartie sociale.MASC a vu le jour à Belo Honzonte, au Brésil, en 1997.Elle a «jetéles bases d'une alliance large et profonde appuyée sur la construction d'altemattves viables et concrètes à la Zléa», rapporte une étude sur les mouvements d'opposition à l'intégration économique continentale parue sous la signature de MM.Dorval Brunelle et Christian DeBlock, du GRIC.Le 1" Sommet des peuples a suivi, en 1998, à Santiago.UASCi fixé un autre rendez-vous aux peuples d'Aménque, à Québec, du 17 au 21 avril 2001.UNIS-ES CONTRE LA lies Refusant un Aléna à la grandeur des Aménques, la société civile étatsunienne a fortement contri- LEXIQUE ANACE Accord nord-américain de coopération dans le domaine de l'environnement IANACT Accord nord-américain de coopération dans le domaine du travail ALÉNA Accord de libre-échange nord-américain.Tout indique que M/m sera bâti sur le modèle de Y Aléna conclu entre les États-Unis, le Canada et le Mexique en 1994 bué à rassembler l'opposition au sein de Y Alliance.C'est nouveau.MAFL-CIO s'était d'abord opposée seule à Y Accord de libre-échange nord-américain (Aléna).Elle établissait un lien direct entre la perte d'emplois et la délocalisation de la production industrielle dans les maquiladoras du Mexique.'Afin de contourner le reproche un peu facile qui lui était adressé de s'opposer à l'Alénapour des motifs corporatistes, l'AFL-CIO a cherché à étendre les enjeux et à élargir ses alliances', analysent MM.Brunelle et Deblock Ensemble, les organisations environnementales et le mouvement syndical ont mis sur pied, en 1991, deux réseaux parallèles assumant des tâches bien précises.Le Citizens Trade Campaign (CTC) devait empêcher l'adoption dufast-trac (mesure accélérant la ratification de Y Aléna par le Congrès des É-U).Le réseau Alliance for Responsable Trade (ART) devait, lui, développer des alternatives au pro)et d'intégration économique continentale des Aménques et étendre les liens avec d'autres coalitions.LE COMPROMIS DE CLINTON En 1992, pour se démarquer du président sortant George Bush (père), le candidat Bill Clinton avait accepté Y Aléna, à condition qu'il y ait entente sur les droits du travail et de l'environnement.Le compromis du président devait aboutir à la créa-non des accords parallèles de Y Aléna : Y ANACE et YANACT.Les syndicalistes étaient contre, mais, alliée électorale de Clinton, YAFL-CIO a soutenu sa position.La question des accords parallèles a littéralement empoisonné la campagne électorale.Aujourd'hui, on admet que Y Aléna, malgré les accords parallèles, a induit des conséquences énormes sur l'environnement et sur les conditions de travail, et que les protections actuelles ne parviennent pas à taire contrepoids."Ce n 'est que par la suite que (la centrale syndicale) a ajouté d'autres motivations à son idéologie anti-libre-échangiste', comme le travail des enfants, le dumping social et la migration illégale, selon MM.Brunelle et DeBlock.À Belo Honzonte, en 1997, "les représentants du mouvement syndical se réunissent dans un contre-sommet, avec les coalitions opposées au libre-échange qui cherchent depuis longtemps à développer des positions communes», rapportent Brunelle et Deblock.RV NOVEMBRE/DÉCEMBRE 2000 L'ALLIANCE SOCIAL! CONTINENTALE (ASC) Créée à Belo Honzonte (Brésil), en mai 1997, à l'initiative de V Organisation régionale interamericaine des travailleur (OMIT).L'4Sfa«: m%M:Redeirasileirapela Integracào dos Povos (association brésilienne des ONG) Centrale unitaire des travailleurs (CUT-Br).CANADA : Congrès du travail du Canada (CTC), Confédération des syndicats nationaux (CSH), Commun frontierstx Reseau québécois sur l'intégration continentale.CNIU : Alianza Chile para un Corne roo lusto g Responsable.ÉTATS-UNIS : Fédération américaine du travail et Congrès des organisations industrielles (FAT-COI, en anglais : Afl-CIO) et l'Alliance pour le commerce responsable (ART).MEXIQUE : Red Mexicana de Accion trente al libre Comerdo (Réseau mexicain d'action sur le libre-échange, RMALC) et trente Autentico del Trabajo, FAT.PÉ-ROU : PLADF.S.QUEBEC -.Réseau québécois sur l'intégration continentale (RQIC).I LE RQIC (1994) regroupe : Alternatives, VAssociation canadienne des avocats en droit du travail, Y Association québécoise des organisations de coopération internationale (AQ0CI), le Centre d'études sur les régions en développement (ClRD-McCm), le Groupe de recherche sur l'intégration continentale (6RIC-UQÀM), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ, anciennement la CEQ), le Centre international de solidarité ouvrière (CIS0), le Centre québécois du droit de l'environnement (CQDt), le Conseil central de Montréal (CCMM-CSN), la Confédération des syndicats nationaux (CSH), Développement et paix, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), la Ligue des droits et libertés, le Reseau québécois des groupes écologistes (RQ6[), Solidarité populaire Québec (SPQ).RECTO VERSO 23 Sommets des Amériques Dorval Brunelle et Christian DeBlodcduGRIQ-UQÀM LES CENTRALES SYNDICALES I Au Québec tomme ailleurs en Amérique, les syndicats sont, avec les ONG, les organisations paysannes et des universitaires engagés, les fondateurs de l'Alliance sociales continentales.Les trois présidents des Micheline Richard de la CSQ M.Marc Laviolette de la CSN syndicats québécois, Henri Massé (FTQ), Marc Laviolette (CSN) et Micheline Richard (CSQ) ont appuyé le programme d'Alternative et de l'Alliance sociale continentale qui demandent de faire connaître les textes de la Bii.L'ASC demande aussi au premier ministre canadien de soutenir le Sommet des peuples pour la tenue duquel aucune aide n'a jusqu'à maintenant été consentie.24 RECTO VERSO ALLIANCE DES PEUPLES De la Terre de Feu à la Terre de Baffin Les enjeux sont les mêmes PAR ANDREE BELISLE LES SYNDICATS et les groupes environnementaux craignent que Y Aléa reproduise les dispositions les plus contraignantes de VAléna, comme les chapitres 10 et 11.«Le chapitre de VAléna sur les investissements est spécialement troublant, d'autant qu'il permet aux entreprises privées de poursuivre les États dans le cadre de procédures sécrètes d'arbitrage et de contester les lois domestiques», constate Elizabeth Drake, analyste des politiques publiques à YAFL-CIO.DES ACCORDS INEFFICACES D'autre part, les accords parallèles de VAléna sur l'environnement et le travail n'offrent pas de protections suffisantes.La Commission de coopération dans le domaine de l'environnement, créée par V Accord nord-américain de coopération dans le domaine de l'environnement (ANA CE), fait du bon travail, mais la volonté politique est défaillante», estime le coordonnateur du Centre québécois de droit en environnement, Hervé Pageot.La Commission de coopération dans le domaine du travail, créée en vertu Y Accord nord-américain de coopération dans le domaine du travail (ANA CT), n'offre pas mieux.«La pratique a démontré l'inefficacité de VANACT à protéger les droits fondamentaux des travailleurs.C'est pourquoi nous désirons que us droits ainsi que les autres droits fondamentaux soient enchâssés dans l'entente de libre-échange des Amériques», expose M.Gacek à MFL-C/O.L'inclusion des droits fondamentaux sur le travail forcé, le travail des enfants, les droits syndicaux, etc, dans Y Aléa est une priorité pour Y Alliance sociale continentale (ASC).UASC propose qu'on inclue aussi les principes de la planification intégrée des ressources dans tout accord interaméricain d'intégration commerciale.L'insatisfaction est généralisée face à la faiblesse des accords parallèles eux-mêmes.«Ces accords se montrent insuffisants pour venir à bout des problèmes créés par VAléna», constate Daniel Seligman du Sierra Club.NOVEMBRE/DÉCEMBRE 2000
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