Recto verso, 1 janvier 2003, janvier
\.ISSEURS Des actionnaires refusent de financer l'oppressif des humains et le ravage de l'environnement fi PARTICIPEZ À L'ARRIVÉE DE RECTO VERSO SUR LE WEB Aidez à diffuser gratuitement l'information nationale et internationale sur le développement social et communautaire.WWW.RECTOVERSO.INFO OFFRIRA > Plus d'actualités > Plus d'espace pour les dossiers > Plus de références, des liens et des archives > Des forums de discussion > Un magazine plus accessible, toujours gratuit JE PARTICIPE AU FINANCEMENT POPULAIRE DU SITE INTERNET DU MAGAZINE RECTO VERSO D Contribution individuelle.50$ D Contribution d'organisation communautaire.150$ D Autre contribution (en + ou en -) ._____$ nom |_______________________________________ ADRESSE |_______________________________________ __________________________________CODE POSTAL |_________________ TÉLÉPHONE |____________________________________________________ D Je désire que mon nom figure sur la liste des donateurs D Je suis intéressé à participer à des forums de discussion sur des sujets présentés dans le magazine MERCI À CEUX ET À CELLES QUI ONT DÉJÀ DONNÉ LEUR APPUI! Retourner ce coupon et votre contribution à Vie Ouvrière inc.1215, rue de la Visitation Bureau 101 Montréal (Québec) H2L 3B5 *300 JANVIER/FÉVRIER 2003 O Éditorial 30 Kazakhstan - Défense d'informer | En collaboration avec Reporters sans frontières, par sergei DUVANOV 32 Les livres I L'ADQet les consignes de la droite, par andré seleanu 34 L'histoire en mouvements La lutte des garderies depuis 25 ans.PAR AN1CK PERREAULT-LABELLE 1 L'économie sociale en mouvement Les médias communautaires L'INVESTISSEMENT RESPONSABLE Des citoyens mobilisent leurs épargnes pour dompter les entreprises En couverture Photo Steve McCurry, Magnum Dans un chantier de démolition navale en Inde, les ouvriers découpent l'acier des navires au chalumeau; ils inhalent des émanations toxiques, enlèvent de l'amiante cancérigène à mains nues, reçoivent deux dollars par jour et plusieurs meurent dans des explosions.Greenpeace et l'OIT dénoncent les pays du Nord et les compagnies qui y exportent leurs bateaux mis à la casse PHOTO DC HAUT En République dominicaine, le coupeur de canne à sucre haïtien Marti Contrero est porté par ses camarades, après un accident PHOto fin du iiikii) Roumanie, le lac de cyanure 6 Greenpeace et des paysans luttent contre une minière canadienne dans la vallée de Rosia Montana, par rené saint-louis, envoyé spécial Birmanie, l'embargo 16 Les investisseurs militants mènent leur plus importante campagne depuis l'Afrique du Sud.PAR MICHELINE DAHLANDER L'investissement responsable 20 Les activistes s'emparent de leurs placements pour l'avancement des droits humains.PAR MICHELINE DAHLANDER ET DENISE PROULX L'investissement solidaire 24 Des épargnants soutiennent les «banques» des mal-pris, des artistes et de l'économie sociale.PAR DENISE PROULX Equateur: le pipeline canadien 26 Indiens et écologistes affrontent la pétrolière EnCana ; Ethical Funds dirige la bataille d'actionnaires, par amélie binette, envoyée spéciale DOSSIER COORDONNÉ PAR RICHARD AMIOT ET PATRICK ALLEYN JANVIER/FÉVRIER 2003 IECT0 TCISO I 3 Lp prejsse & presse indépendante et solidaire Pour qui le fonds dans le fond En janvier 2003, un comité de travail sur la qualité et la diversité de l'information doit remettre son rapport à la ministre de la Culture et des Communications du Québec.Le comité étudie l'idée de créer un Fonds d'aide pour les médias indépendants.Ce Fonds doit voir le jour.En 1970, rapportait la Commission royale sur les quotidiens (commission Davey).50,8% des quotidiens francophones au Canada, québécois pour la plupart, étaient indépendants.Dix ans plus tard, la commission Kent constatait que la part des indépendants avait chuté a 10% du tirage de la presse quotidienne.Aujourd'hui, la situation s'est encore aggravée.Québec a trop longtemps laissé quelques puissants propriétaires agir à leur guise au détriment de la presse indépendante.L'État a le pouvoir et le devoir de corriger cette dérive en soutenant la presse indépendante.La démocratie n'est pas la démocratie sans une presse libre, exprimant tous les points de vue, promouvant toutes les idées, recherchant tous les faits.Presque tous les Etats modernes régissent la propriété des moyens d'information, limitent les monopoles ou aident au financement de médias indépendants.Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications du Canada vient d'interdire a Québécor de retirer les télés communautaires des ondes.Il était temps, mais le pari de leur survie est loin d'être gagné.Pour les journaux, est-il trop tard?Le gouvernement québécois doit prendre des mesures énergiques pour sauver et promouvoir la presse indépendante.Dans un marché dominé, sa survie ne tient qu'à l'engagement de ses artisans.Ses journalistes et ses autres artisans se contentent de salaires misérables ou travaillent bénévolement.Un Fonds d'aide aux médias indépendants contribuera à rétablir l'équilibre.Il devra garantir leur survie (menacée dans plusieurs cas) et de bonnes conditions de développement pour toutes les publications indépendantes, nationales ou locales, prioritairement pour les médias à propriété collective et sans but lucratif.Nous sommes contre les monopoles financiers, commerciaux et professionnels.Nous faisons le pari inverse a celui de la « convergence » capitaliste, nouvelle affabulation des monopoles d'antan.Nous, de la presse indépendante, sommes chacun différents dans notre projet éditorial mais résolument solidaires dans notre lutte pour une information diversifiée.LE MOUTON NOIR, l'AUT'JOURNAL, LE COUAC, ACCES LAURENTIDES, LE PORTAGEUR DE NATASHQUAN, LE JOURNAL COMMUNAUTAIRE LE MONDE, LE JOURNAL DE LA RUE, POINT SUD, LA GAZETTE POPULAIRE DE TROIS RIVIERES ET LE MAGAZINE RECTO VERSO SOUTENEZ LA PRESSE INDEPENDANTE ! ABONNEZ-VOUS ! La presse indépendante est sur les dents! Elle s'unit pour résister é l'hégémonie de la presse commerciale.N'attendez pas que les poules aient des dents.Abonnez-vous à un second, voire un troisième journal indépendant: ils ont tous une dent contre la bêtise, et ils se complètent si bien.Un magazine bimestriel.à lire pour se faire les dents.O Groupe populaire D Individu O Institutionnel O Soutien Q Étudiant ou sans emploi O À I étranger 25» 20» 25 S 32» 15» D Individu 30» OlnsMulicnnel 40 S Nom Faire parvenir votre chèque Adresse ou mandat poste à Revue Vit Ouvrier* inc.Code postal Téléphone 1215, rue Visitation, bureau 101 Courriel D Paiement inclus Montréal (Ouébecl H2L 3B5 VOUS HE PATEREZ «JE LES FRAIS M POSTE ET OE KAMUTEHTIOM Hovin lun i*tlu***\ Laut journal est un mensuel indépendantiste et progressiste pour qui «Informer, c est mordre à l'os tant qu'il y reste de quoi ronger» {Jacques Guay) Œ Û Un an D Deux ans 30 $ ou soutien _ 45 $ ou soutien _ Nom Adresse Faites votre chèque à Tordre de L'aut journal Code postal Téléphone 3575.Saint-LaurenI, bur 117.Courriel Montréal H2X 2T7 Le Mouton NOIR est un journal d'opinion et d'information, plus mordant que le loup.li MutTI* Nom D Individus D Organismes sans but lucratif Q Entreprises/institutions.D Abonnement cadeau Group.d*g#; ni?i25»n» □ 24 k 35 *n« rntji?m» 20 $ ou soutien _ 25 $ ou soutien _ 40 $ ou soutien _ 40 $ ou soutien _ dsdiuim a «s m Nom Adresse Faites votre chèque a 1 ordre des Éditions du Berger Blanc Code postal Téléphone C P 113 Rimoushi IQuébecI G5L 7B7 Courriel Le Couac est un mensuel satirique qui propose un regard critique sur notre société avec l'humour grinçant qui lui a valu son surnom de "canard qui a des dents".m D Abonnement d un an \jg D Abonnement de deux ans COUAC* ^ Abonnement institutionnel et de soutien O Abonnement de groupe d un an 110 copies par parution! G Abonnement d'un an à I étranger 28$ ♦Unes» 32.20$ 50$ * taxes ■ 57.50$ 50$ + taxes = 57,50$ 220$ ♦ taxes = 253.00$ 46$ Nom Par téléphone (5141521-5499 Adresse Par la poste Le CoutlC CP 129 Suce delonmier Code postal Téléphone Montréal IQuébecI H2H 2N4 Courriel Adressez votre chèque a U Cêttêc kehx: DE L'ARGENT POUR CHANGER LE MONDE Les dirigeants des compagnies fonctionnent "au son-, comme les politiciens.Un petit nombre d'investisseurs peut les taire bouger autant qu'une campagne de publicité négative ou que des menaces de poursuites.La première victoire de l'activisme d'actionnaires remonte à la campagne de Léon Sullivan, dans les années 1980, aux Etats-Unis, contre le régime d'apartheid sud-africain.Elle mena à la menace d'un désinvestissement de 500 milliards S US en Afrique du Sud.Les pressions populaires et financières et une loi du Congres des États-Unis imposant des sanctions économiques firent tomber le régime ségrégationniste en 1991.Au passage, signalons l'activisme diplomatique du gouvernement de Bnan Mulroney et de son ministre des Affaires étrangères, Joe Clark, qui convainquirent le Commonwealth de décréter un embargo contre l'Afrique du Sud.Soyez responsables.Emparez-vous de vos caisses de retraite ! Les investisseurs responsables ne travaillent pas à abolir le système capitaliste, mais ils le changent.Aux Etats-Unis, un dollar sur huit de l'épargne nationale (plus de 2340 milliards S US) est engagé dans l'investissement responsable.Il prend son essor au Canada.Il n'y représente que 3,2 °/o (49,9 milliards S CAN) des capitaux investis par les tonds de pension, les caisses de retraite, les épargnants, mais son taux de croissance est deux fois plus élevé que l'ensemble du marché financier.L'investissement responsable prend différentes formes : le crédit communautaire et l'investissement des particuliers dans des tonds éthiques - demandez à vos gestionnaires de tonds dans quoi ils placent vos épargnes; l'activisme d'actionnaires - en formulant ou en soutenant des propositions à caractère social ou environnemental ; le choix de filtres d'investissement (pas dans le tabac, les armes, les pays soumis à un régime tyrannique) et de codes de conduite pour les fonds de travailleurs, les fonds communs de placement, les caisses de retraite, les fondations et les institutions publiques, comme la Caisse de dépôt et placement du Québec.D existe deux catégones de propositions d'actionnaires : sur la gouverne des entrepnses (à l'instar des campagnes d'Yves Michaud et de l'Association de protection des épargnants et investisseurs du Québec (APEIQ) pour une gestion transparente des banques canadiennes); et sur leur gestion responsable.Les gestionnaires de fonds éthiques et les actionnaires militants font ce pan : même minontaires, en profitant de leur droit de parole et de vote pour interpeller les dingeants d'entreposé, ils informent l'ensemble des actionnaires et les convainquent de changer des comportements condamnables.En 2002, 12% des sociétaires d'Home Depot ont demandé au géant du commerce au détail de cesser la vente de trois essences de bois provenant de forets menacées.Trois mois plus tard, Home Depot s'était pliee a la demande des actionnaires minontaires.Les entreprises qui résistent sont menacées de voir fuir les investisseurs ou de tomber sous le coup d'un boycott TotalFinaElf en fait l'expénence actuellement en Europe, a cause de son association avec la tyrannie militaire en Birmanie et de ses comportements négligents pour l'environnement.Peut-être faudrait-il faire subir la même médecine à ses actionnaires au Québec : le président de Power Corporation (journaux GESCA et assurances Great-West), M.Paul Des-marais Junior, est un important actionnaire et un administrateur de TotalFinaElf Quant à la Caisse de dépôt et placement (qui a investi 100 M S dans TotalFinaElf), nous verrons ce que son nouveau président, M.Henri-Paul Rousseau, nous proposera au mois de mars comme code de conduite.La plupart des caisses de retraite sont contrôlées par les dingeants d'entrepnse.Les travailleurs négocient les cotisations et les avantages des régimes de retraite, mais ne contrôlent pas ce qu'on tait avec leurs tonds de pension.Il est temps qu'ils s'emparent de leurs caisses de retraite pour les gérer de taçon responsable.Ces milliards de dollars pourraient changer le monde.D I 1215, rue Visitation ■ Bureau 101 ■ Montréal.Québec' H2L 365 '■ Télécopieur : S14-S23-5812 Courriel : rectoverso o videotron a Magazine indépendant d'information générale, Recto Verso examine les réalités socio-politiques, économiques et culturelles d'ici et d'ailleurs.Publié depuis 1951, le périodique s'inspire depuis toujours des idées émancipatnees dans la perspective d'un plus grand pouvoir des citoyens-nes sur leurs conditions de vie et de travail Les articles publiés dans Recto Verso n'engagent queleur-sauteurs-es.CONSEIL D'ADMINISTRATION Richard AmiOt, Pierre Bisaillon, Mathieu Bostyn, Françoise Guay, Canne Guidicelh, Isabelle Gusse, Henry-George Madelaine.DIRECTION coordination cirerais et administiation Anne-Mane Brunelle POSTE 26 ambrunelle.rectoversoPvl videotron.ca ABONNEMENTS ET DISTRIBUTION CO0AD0NNATAICE AU DEVELOPPEMENT ET A LA VIE ASSOCIATIVE Nathalie Langlois POSTE 21 nlanglots.rectoversoôbiz.videotron.ca REDACTION ridacte.ua ïncmii Richard Amiot POSTE 23 rédaction.rectoverso©vl.videotron ca REDACTEUR EN CHEF ADJOINT LT DIRECTEUR MOTO Patrick Alleyn POSTE 25 alleynecam org A0I0INTE A LA REDACTION MiSlanip Navjrrn PtlSTf ?PUBLICITE DIRECTRICE DES VENTES Edith Tessier P05TE24 etessierrectoversojlvl.videotron, ca ADJOINTE A LA DIRECTION DES VENTES Maya Charrier POSTE 27 mehartier rectoversoObiz videotron.ca PRODUCTION directeur ARTISTIQUE François teclerc DIRECTEUR DE LA PRODUCTION Alain Thérou» impression Québécor World distriiution Distributions Faucons fréquence de parution 6 numéros par an nrcm-i La distribution de Rerro Verso est certifiée mr Ip Canarfian rîmilatini, Aurlil Anartl I rrARl Recto Verso est distnbué dans plus de 1100 points de dépôt ei par abonnements, à travers le Québec et dans la francophonie hors Québec Reao Verso bénéficie de fonds pour le développement de l'économie sociale du gouvernement du Québec Nous reconnaissons l'aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts ledactionnels par l'entremise du Fonds du Canada pour les magazines.Le Centre St-Pierre, par le Secteur Promotion Communautaire, contnbue au développement du magazine Reao Verso.Recto Verso est membre de l'Association des médias éents communautaires du Québec (AMECQ) Ses articles sont indeiés dans le répertoire analytique de presse Repère.Dépôt Légal à Ottama et à la Bibliothèque nationale du Québec.ISSN 1464-6586 Envoi de publication : enregistrement n° 1325639.Parution n° 300, janvier 2003 POUR NOUS JOINDRE 514 523 5998 JANVIER/FÉVRIER 2003 1ECTO VERSO ! 5 L'OR DES CANADIENS DANS LA VALLÉE ENGLOUTIE En Roumanie, une minière canadienne transformera une vallée verdoyante en lac de cyanure.En 2000, une installation semblable à Baia Mare a causé la plus grande catastrophe écologique en Europe après Tchernobyl.PAR RENÉ SAINT-LOUIS, envoyé spécial de Recto Verso LE LAC DE CINQUANTE ACTIVISTES DE GREENPEACE escaladent l'Arc de triomphe, à Bucarest, pour protester contre un projet minier canadien en Roumanie.Bilan: cinquante arrestations.Sur les banderoles, on lisait : «Arrêtez le projet de mine d'or au cyanure.Ne risquez pas votre adhésion à l'Union européenne.» (La Roumanie est candidate à l'admission dans l'Union en 2007.) À l'origine de ce branle-bas de combat : le plus gros investissement privé en Roumanie (630M$CAN), de la compagnie Gabriel Resources, de Toronto.Jamais, dans l'histoire du Canada, la société civile d'un pays étranger ne s'était autant mobilisée contre le «plus meilleur pays du monde».Jamais non plus la Banque mondiale ne s'était retirée aussi vite d'un projet canadien, par crainte de son impact so- I RECTO VEBS0 JANVIER/FÉVRIER 2003 cial et environnemental.- Qu'est ce qui vous vient à l'esprit lorsque vous entendez : Rosia Montana Gold Corporation ?— Desastru ! Voilà la réponse des «anciens», lors d'une réunion entre Rosia Montana Gold Corporation (RMGC) et les habitants de cette région pittoresque du centre de la Roumanie, que le gigantesque proiet minier canadien condamne à disparaître.La plus grande fosse d'Europe RMGC est détenue à 80% par Gabriel Resources et à 20% par Minvest, la compagnie minière nationale roumaine.Elle propose de transformer 20 km2 des Car-pates occidentales en paysage lunaire pour en extraire 300 tonnes d'or et 1700 tonnes d'argent sur une période de 15 ans.La plus grande mine à ciel ouvert d'Europe affecterait trois vallées: Rosia Montana, Corna et Bucium.«La Roumanie a besoin d'investissement, mais faut-il pour cela raser à l'aide d'explosifs cinq collines, déplacer la moitié des habitants, détruire huit églises, excaver neuf cimetières», se demande Stan Alexandru, un doyen de Rosia Montana.Sans parler de la technique au cyanure de récupération de l'or en poudre, un procédé polluant et dangereux.La vallée de Coma, parsemée de maisons traditionnelles, deviendra la plus grande fosse de décantage d'Europe, recueillant 200 millions de tonnes de résidus miniers contaminés et des millions de mètres cubes d'eau contaminée retenue par un barrage de 180 mètres de hauteur.Au total, 877 familles doivent être déplacées.Cela implique la destruction de la moitié de la commune de Rosia Montana, le plus ancien peuplement documente de Roumanie, où trente-trois édifices sont classés patrimoine national.Ici, l'Empire romain exploitait sa plus grande mine d'or dès l'an 131.Quatre cents archéologues roumains ont signé une pétition contre le pro|et et contre l'exonération octroyée par le gouvernement à RMGC.La compagnie a investi 2M$, en 2001, dans un programme de fouilles archéologiques comportant.des clauses de confidentialité.«Ce n'est pas dans l'intérêt de l'État roumain ni dans l'intérêt des gens d'ici d'exploiter de façon aussi agressive, avec un impact aussi maieur sur l'archéologie, l'environnement et le tissu social-, affirme Aurel Manta.géologue de la mine de cuivre, déficitaire, de Rosia Montana.La fermeture planifiée de cette mine entraînera le licenciement de ses iib employés, mais RMGC prévoit en embaucher 558.Un destructeur de cyanure Pourquoi le proiet de RMGC est-il 50 tois plus gTand que l'actuelle mine?Parce qu'il n'y a que 1,5 gramme d'or par tonne de minerai et que le seuil de rentabilité se situe à 1,2 g/t, selon l'étude de Bankwatch Network.RMGC souhaite extraire de la poudre d'or sur une gTande surface.Seule une exploitation a ciel ouvert, avec un procède d'extraction au cyanure, est rentable.Plus de 200000 tonnes de cyanure seront nécessaires pour le traitement du minerai.Février 2000 — Un travailleur nettoie la rivière Tisza après le déversement de cyanure à Baia Mare (Roumanie ) SOU» TOUtSiVIC - La compagnie utilisera un destructeur de cyanure, mais l'appareil de 9 M S ne réussit qu'à transformer le cyanure libre en sous-produits.Il ne récupère pas le cyanure mélange aux résidus miniers, d'où la nécessité de construire la plus grande fosse de décantation d'Europe.Contrairement aux pratiques de l'industrie, la compagnie ne posera pas de tapis de linoléum sous la fosse pour prévenir la contamination des eaux souterraines.Le sol argileux, dit-elle, empêchera naturellement l'infiltration des polluants dans la nappe phréatique.► JANVIER/FÉVRIER 2003 IECT0 VERSO 7 ROUMANIE -Même l'ex-dictateur communiste Ni-colae Ceausescu avait renoncé au proiet, en réalisant l'étendue des destructions que cela aurait entraînées», rappelle Xeno Cor-nea, un ingénieur minier.Un précédent: Baia Mare En janvier 2000, la rupture du barrage de la mine d'or de Baia Mare a causé le déversement de 100000 mètres cubes d'eau contaminée au cyanure dans la rivière Tisza et le Danube, coupant l'approvisionnement en eau de 2,5 millions de personnes et détruisant la faune aquatique .La Hongrie poursuit la Roumanie pour 150 M S à cause de cet accident (1200 tonnes de poissons morts y turent retirées des eaux).Le gouvernement hongrois s'oppose activement au projet canadien à Rosia Montana."Après Esmeralda (nom du conglomérat australo-roumain de Baia Mare), voici Gabriel.À quand le retour de Dracula», se demandent les Roumains et les Hongrois de Transylvanie.La Banque mondiale se retire James Wolfensohn, le président de la Banque Mondiale, a pris la décision de se retirer du projet, -en grande partie à cause des inquiétudes suscitées par (son) impact social et environnemental », selon un communiqué du Fond monétaire international (FMI), qui négociait avec RMGC un prêt de 150 millions de dollars.La décision de la Banque mondiale a coïncidé avec la publication de l'étude de l'Institut de droit européen soutenant que le projet canadien n'est pas conforme aux normes environnementales de l'Union européenne sur la protection des eaux souterraines.L'expropriation des résidants contreviendrait de plus à la Convention européenne des droits de l'Homme.Des dommages et intérêts peuvent être demandés à la Cour européenne de justice de Strasbourg.La filière canadienne La société civile roumaine peut-elle crier victoire?Frank Timis et ses commanditaires bénéficient toujours du souuen • » La force d'un système de retraite créé à l'initiative de la CSN pour répondre aux besoins de ses membres.» 1 a forci» du contrôle démorratioue FORCE ae ép noire argne de nos fonds de retraite.» La force d'un engagement pour une plus grande responsabilité sociale des entreprises où sont investies nos retraites.UNE INITIATIVE CSN l 8oo 463.6984 uj m uj .b o t i r e n 8 HECT0 VERSO JANVIER/FEVRIER 2003 du gouvernement roumain.Ils affirment qu'ils trouveront les fonds ailleurs.Frank Timis a les dents longues.L'ancien trafiquant d'héroïne a financé récemment un Sommet des services secrets de l'OTAN à Bucarest.Ses associés, Bruce Marsh et Mi-chael Steyn, ont dirigé des entreprises minières responsables de graves violations des droits humains et de l'environnement en Afrique.(Voir : La filière canadienne, p.10) Alburnus Maior (nom romain - IIe S.- de la commune de Rosia Montana) représente 300 familles d'opposants, et 5000 citoyens ont signé la pétition de cette ONG locale.«Lorsque Gabriel Ressources est venu pour la première fois,» raconte le président d'Alburnus Maior, Eu-gen David, «Frank Timis a rencontré les autorités, les syndicats et le Conseil de l'actuelle mine.Les gens, à l'extérieur, se sont rendu compte qu'ils ne seraient pas entendus.À cela se sont ajoutés le chan- Paul Micla montre la vallée autour de Rosia Montana, qui disparaîtra pour faire place à la plus grande mine à ciel ouvert d'Europe.D se dit satisfait de l'offre de 20000SUS de Gabriel Resources pour sa propriété.tage, la manipulation et la corruption.» En avril 2002, avant le Rapport d'impact social et environnemental, la compagnie a commencé les réinstallations.Elle promettait aux villageois une maison neuve dans un nouveau village ou un dédommagement de 30000 S.Soixante-dix familles sont parties.Alburnus Maior a alors contacté Stéphanie Roth, une Française qui venait de mener une campagne victorieuse contre l'« EuroDisneyDracula » de Sighisoara, la ville natale de Dracula, au centre de la Roumanie.Une communauté organique Alburnus Maior n'avait pas d'argent pour payer une campaner (directrice de campagne), mais Stéphanie a accepté d'être logée et noume par les habitants.« Depuis que je suis arrivée, raconte Stéphanie, j'ai vu comment le tissu social a été affecté.Ici, chacun a son rôle et la société se tient.Depuis le début des relocalisations, tout cela est ► Maîtrise en Études de l'environnement de l'Université de Moncton Formation enrichissante Habiletés valorisées par le marché de l'emploi Intégration de- dùnuaiom sociales, économique- et naturelles Milieu stimulant Classes de petite dimension, relation privilégiée avec le corps enseignant Stage auprès de groupes communautaires et des trois paliers de gouvernement Thèse et cours portant sur des questions d'actualité (eau, foret.lonc clitière, agriculture, ressources naturelles).Taux de placement élev e Possibilités de bout ses et ùnanc H> -émues J__ 11 T H UNIVERSITÉ DE MONCTON Un accent sot le savoir Cette affiche éducative tut élaborée en 1999 par une étudiante à la MÊE en partenariat avec la vifte de Moncton ww.umoncton.ca 1SOO-363-S336 JANVIER/FEVRIER 2003 1ECT0 VEISO i 9 ROUMANIE disfoncrjonnel.Les gens n'avaient jamais mesuré leur terrain.Maintenant qu'il faut vendre, la compagnie t'aide à mesurer ton terrain et te paie un avocat s'il y a conflit Et des cas, il y en a en Cour», rapporte Mme Roth.La décision de la Banque mondiale de retirer son soutien à RMGC est intervenue après la rencontre entre M.Wolfensohn et Stéphanie Roth, qui lui a remis les dessins des enfants de Rosia Montana.Ce retrait a jeté des doutes sur sa faisabilité.RMGC a suspendu la relocalisation des habitants.Le salaire à Rosia Montana est inférieur à la moyenne nationale de 130$ par mois.Les retraités touchent 40$ par mois.Pour survivre, les habitants pratiquent une agriculture de subsistance, ce que nie la compagnie: «Il y a 4000 personnes à Rosia Montana, 1300 vaches et 400 chèvres.Il est difficile d'admettre que des fermiers aient moins d'une vache par famille », s'insurge le directeur de proiet de RMGC.«Et comment justifier que vous êtes agriculteurs si vous n'avez pas de terre?» «M.Dumitrascu oublie qu'en Roumanie les gens paient une taxe annuelle sur chacune de leur vache.Dans une région aussi pauvre, les habitants ne déclarent pas leurs vaches», rétorque la campana d'Alburnus Maior.Pour ce qui est des terres, M.Dumitrascu répond lui-même: «Plus de 90% des gens n'ont pas de papiers légaux pour leur propriété.Nous payons des avocats pour qu'ils les obtiennent.» La menace de poursuites en lustice par la compagnie effraie les habitants, qui modèrent leurs propos." Le plus grand opposant au projet était le maire », rapporte Eugen David.«Maintenant, il mène campagne en sa faveur.» RMGC rejette les accusations de corruption d'Alburnus Maior.«Nous avons eu des discussions avec eux», soutient M.Dumitrascu.«Devant les journalistes, Us disent être contre le projet, mais, "face to face", ils nous disent être contre le prix.Ils veulent obtenir plus d'argent.» D La filière canadienne ■ LE FONDATEUR de Gabriel Resources, Frank Timis, a fui la Roumanie communiste pour l'Australie en 1979.Il a été arrêté à deux reprises en possession d'héroïne en «quantité commerciale».La compagnie en est à son premier projet minier.Elle valait 475 M$ en octobre 2002.■ LE V.-P.À L'ENVIRONNEMENT Bruce Marsh, a travaillé à la mine de Freeport (Papouasie-Nouvelle-Guinée), reconnue pour ses violations des droits humains.La mine a rejeté 2000 tonnes de cyanure dans les rivières environnantes.Quatre personnes en sont mortes.■ LE SPÉCIALISTE DE LA RÉINSTALLATION des personnes, Michael Steyn, auparavant à Planning Alliance, de Toronto, a déplacé 20000 personnes pour faire place à une mine d'or, à Tarkwa (au Ghana).Le 13 décembre 1999, la police a ouvert le feu sur les mineurs artisanaux manifestant contre la mine à ciel ouvert et la perte de 1000 emplois, tuant deux personnes et en blessant neuf.En octobre 2001, le barrage retenant l'eau contaminée au cyanure s'est rompu, entraînant le plus grand désastre écologique de l'histoire du Ghana.■ LA FIRME D'INGÉNIEURS SNC-Lavalin est le constructeur du projet de Rosia Montana Gold Corporation et est impliquée dans la réinstallation des habitants.^ "\ TECHNOPOLE * ANGUS Le Carrefour de l'innovation de Montréal Accès à la propriété à portée de main pour les entreprises d'économie sociale Carrefour de l'économie sociale Angus Ouverture prévue à l'automne 2003 Édifice de 54000 pi' 70 % des espaces déjà réservés Encore 16000 pi2 disponibles Financement offert : •Mise de fonds subventionnée équivalant à 25% du coût d'acquisition, grâce à une entente entre le Gouvernement du Québec et le Technopôle Angus •Financement hypothécaire disponible.Pour information : (514) 528-5230 www.technopoleangus.com TECHNOPÔLE «ANGUS rS" IWftsr- Quii«: Canada FOND4C7J0N 10 I RECTO VEIS0 JANVIER/FEVRIER 2003 CAHIER D'INFORMATION produit par ONOMIl SOCIALES EN MOUVEMENT LES MÉDIAS COMMUNAUTAIRES AUX MAINS DES CITOYENS !D LA SOLIDARITÉ REMPLACE LA CONCENTRATION L = R&EEAU DTNVESTTSSEMEKT SOCIAL Dt," QUEBEC CHANTIER DE LÉCONOMIE SOCIALE (C9»a«it sacuu Véritable carrefour du communautaire et de l'économie sociale, emblèmes de la démocratie, les médias communautaires et alternatifs du Québec diffusent une information différente, des points de vue ignorés par la presse commerciale, des nouvelles du coin écrites par les gens de la place et des analyses du monde témoins qu'il existe d'autres perspectives que celles de l'axe du mal et du bien, qu'il est possible de bâtir un monde respectueux de toutes et de tous.Les médias communautaires, ce sont les périodiques que l'on retrouve un peu partout au Québec avec un tirage de 1 000 copies dans les petits villages, ou les 85 000 exemplaires de Recto Verso.Les radios communau- taires, quant à elles, continuent d'offrir une information locale et à faire entendre les musiques de ta relève et les musiques alternatives, absentes des grands réseaux.Quand aux télévisions communautaires autonomes, elles marquent tannée 2002 en étant enfin reconnues par le CRTC.Attendue depuis 30 ans, cette législation redonne des ailes aux TVC.Ainsi, elles ne sont plus soumises aux diktats des câblodistributeurs.Autonomes, conçus et soutenus par tes citoyens, les médias communautaires et alternatifs du Québec ont bien pour mission première d'informer et non, comme les médias traditionnels, d'engranger toujours plus de profits.VICTOIRE MAJEURE POUR LES TÉLÉS COMMUNAUTAIRES «Les canaux communautaires sont la propriété des câblodistributeurs et les corporations autonomes n'ont aucun droit», affirmait en 1999 la vice-présidente de la programmation chez Vidéotron.Deux ans plus tôt, le CRTC avait levé l'obligation des câblodistributeurs d'offrir le service de télé communautaire.La quarantaine de télévisions communautaires autonomes perdaient du coup leur protection juridique.Vidéotron coupe alors les ponts avec plusieurs TVC autonomes de la région de Montréal et fonde le canal Yux.Vidéotron frappe son Waterloo lorsqu'elle tente de o ui-per les ponts avec la TVC de Victoria-ville.«La population s'est mobilisée et a fermement manifesté son désaccord, rappelle Gérald Gauthier, agent de développement à la Fédération des télévisions communautaires autonomes du Québec Les groupes communautaires et les députés de la région ont appuyé la TVC.Cette bataille régionale a suscité l'intérêt des médias nationaux.Si une population se mobilise à ce point, elle peut aussi changer de fournisseur.Vidéotron u reculé.Ce gain a donné une bonne dose d'énergie à l'ensemble du mouvement.» Changement de cap majeur en octobre 2002.Pour la première fois, le CRTC reconnaît officiellement les TVC: «Bien que ces entités corporatives n'existent qu'au Québec actuellement, le Conseil ne voit pas pourquoi, à l'avenir, d'autres provinces ne pourraient pas reconnaître des entreprises similaires.» À cette reconnaissance s'ajoutent des obligations pour les câblodistributeurs.Sur demande, ils sont tenus de consacrer aux TVC un minimum de 20% du temps de programmation de la télévision communautaire, pour un minimum de quatre heures par semaine.Si les câblodistributeurs n'exploitent plus la télévision communautaire, un organisme à but non lucratif pourrait demander au CRTC l'obtention d'une licence pour l'exploitation du canal communautaire.L'equipç de travail de la Fédération des télévisions communautaires autonomes, Mary-Claude Savoie, Nancy Racine et Gerald Gauthier.«D s'agit d'un gain historique, que nous attendons depuis 30 ans», dame la Fédération des télévisions communautaires autonomes.Le ministère des Finances, de l'Économie et de la Recherche, partenaire des entreprises d'économie sociale www.mfer.qc.ca Finances, Economie et Recherche Québec L'ÉCONOMIE SOCIAL:.CAHIER D'INFORMATION EN MOUVEMENT : DU PERIODIQUE DE VILLAGE AU BIMESTRIEL NATIONAL Plus du tiers des 93 périodiques membres de l'Association des médias écrits communautaires du Québec tire à moins de 1000 copies, 6% diffusent à plus de 20 000 exemplaires.«Ce qui unit ces médias, précise Yvan-Noé Girouard, coordonnateur de l'AMECQ, c'est d'être une presse appartenant à la communauté et qui est dirigée par des citoyens qui se sont dotés d'une publication qui les assemble et leur ressemble.» Cette presse se subdivise en trois grands groupes.Les médias à faible tirage comblent un besoin d'information de proximité auquel les hebdomadaires commerciaux ne répondent pas.«Dans les petits villages, ce journal est souvent le seul outil d'information locale», constate le coordonnateur de l'AMECQ; Une deuxième grande tendance complète l'information des médias traditionnels.«Par sa fréquence de parution, un hebdomadaire ne peut consacrer beaucoup de temps à l'analyse des enjeux locaux ou régionaux.Un mensuel n'a pas le choix d'approfondir l'analyse s'il veut apporter une nouveauté», estime Yvan-Noé Girouard.La majorité des médias communautaires se retrouve dans l'une de ces deux tendances.La troisième, regroupant une vingtaine de médias, se définit comme une presse alternative.Le tirage est plus élevé (plus de 5 000 exemplaires).«La critique sociale, politique et économique est beaucoup plus présente dans ces médias», précise l'AMKCQ A CAUSE?LE FRUIT D'UNE GRANDE CONCERTATION Un nouveau né est arrivé dans le Saguenay-Lac-Saint-Jean en novembre dernier.À 115 421 exemplaires, dix fois par année, il est bien portant.À cause?«Des enjeux majeurs concernent directement notre région et les médias commerciaux les couvrent peu ou mai, constate Guyiaine Proulx, directrice générale de À Cause?Notre journal est distribué à toutes les portes de la région.D se veut rassembleur en abordant dans une même publication les réalités du Saguenay et du Lac-Saint-Jean, les réalités urbaines et les réalités rurales.D fait une large place aux jeunes dans une région confrontée à l'exode et à l'effritement social.Nous voulons faire connaître les alternatives et les initiaux es méconnues.Nous diffuserons des informations de fond et des analyses pour favoriser un débat, non seulement au plan économique, mais aussi social, culturel et environnemental.Les solutions ne sont pas qu'économiques.» Symbole de l'importance de la publication : les quatre centres locaux de développement l'ont appu\< financièrement, une première dans la région.Habituellement, un projet déposé dans un CED ne peut l'être dans un autre.«A compter du printemps, ajoute Guyiaine Proulx, nous créerons des événements mensuels un peu partout dans la région afin d'alimenter les débats dans la population.» Guyiaine Proulx est directrice du nouveau journal régional communautaire I Cause?, du Saguenay/ Lac St-Jean.LA GAZETTE POPULAIRE La Gazette popuiam; en Mauricie, offre à la fois une information régionale et alternative.Ce journal mensuel tirait à 25 000 copies dès sa création en 1985.Entre 1995 et 1999, son tirage a graduellement augmenté à 71 000 exemplaires, niveau qu'il maintient actuellement.D" président de La Gazette populaire, Jean-Claude Landry, explique ce succès : «nous avons i misai ré des effort! particuliers à la vente de publicité, poursuivi des démarches plus vigoureuse» auprès des bailleurs de fonds et développé des projets rédactil mnels avec des commanditaires.Ceux-ci ont lin uni dis (ailiers spéciaux sur la coopératiori internationale, la prévention d( la i iimi- nalité ou l'année internationale des aînés, pu exemple.» Lit pulihi ité fournit la moitié des revenus et occupe entre 50 et 55% de l'espace du journal.En comparaison, dans les hebdomadaires commerciaux, la publii ne m ( upe souvent de 80 à 85% de l'espace.Les revenus de La Gazette populaire sont complétés par les projets rédactionnels spéciaux (25%), les sub-MiiiKuis (25%) les abonnements et la vente de tenaces (5%).«Notre premier mandat, c'est d'être lu par le plus grand nombre, opine Jean-Claude Landry.Nous misons sur un équilibre en ire l'analyse et l'information fai nielle.» Le journal publie un dossiei d'analyse à chaque numéro.Il s'agit souvent d'un thème national, voire uni- versel, mais bien ancré dans la réalité régionale : les maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale, les fusions municipales, les soins a domicile, l'homosexualité.la communauté musulmane.«L'information culturelle vise à faire connaître les talent! locaux, précise Jean-Claude Landry.Nous ne courons pas les vedettes.La (hronique sur les aînés présente des personnes engagées socialement.Nous voulons témoigner que l'engagement peul être agréable, enri-i hissant, voire ludique.» L'ÉCONOMIE SOCIAL.CAHIER D'INFORMATION EN MOUVEMENT UNE PRESSE ALTERNATIVE POUR UNE AUTRE Photo prise au Bic le lendemain d'un mémorable spectacle bénéfice tenu le 9 novembre dernier à Rimouski pour le Mouton NOIR.On peut y voir, a l'avant-plan, Michel Vezina, rédacteur en chef sortant et Pierre Landry qui le remplace actuellement.A l'arrière-plan, des musiciens qui ont joué la veille dont Vander et les membres de la Fangare Pourpour.Certains médias communautaires veulent aborder les enjeux d'un angle supra-régional.C'est le i .in d' Recto \fcrso, mais aussi du Mouton noir.Celui-ci diffuse à 11 000 exemplaires, huit fois par année.Fondé à Rimouski en 1995, «par la volon-u des gem de la plate de fane connaître des facettes de l'actualité que ne cou\Taient pas les médias commerciaux, la publication a élargi son mandat.Nous accordons une place importante aux enjeux régionaux, mais nous ne nous limitons ni au plan territorial.ni au plan idéologique, souligne Pierre Landry, rédacteur en chef du Mouton noir.En environnement comme dans d'autres secteurs, les enjeux nationaux ou internationaux peuvent avoir des impacts au plan régional ou local.» La concentration de la presse commerciale rend la presse alternative plus essentielle encore.«La concentration homogénéise les analv-ses.elle élimine les points de vue différents ou divergents.A terme, c'est la vigueur démocratique qui est minée.Le soutien gouvernemental de la presse alternative est une nécessité absolue.Or.nous ne disposons actuellement d'aucun budget récurrent.C'est une situation épuisante à la lois pour les membres du conseil d'administration et pour les salarie - RADIOS COMMUNAUTAIRES: DES PAROLES QUI RESTENT Le nom el immeuble acquis l'an dernier par CKRL a Québec «En milieu rural, les radios communautaires offrent principalement une information de proximité que ne présentent pas les radios commerciales.En milieu urbain, l'approche est plus critique que les radios commerciales, que ce soit au niveau de l'information locale, nationale ou internationale.» Tel est te constat que dresse Jean-Pierre Bédard, directeur général de CKRL-MF 89,1, à Québec, et président de l'Association des radiodif-fuseurs communautaires du Québec, «La radio communautaire, précise-t-il, se démarque aussi par une programmation musicale qui laisse pl.u e à la découverte de nouveautés, à la relève, peu importe le courant musical.» Là comme dans les autres médias communautaires, le financement et la formation consument des enjeux importants.«Notre station de radio célébrera son 30c anniversaire en février 2003, indique le directeur général de CKRL.Or, la situation lill.mi leie es| ,n|ssi fragile qu'A ses premières années » Celte statu m de Québec compte dix salariés, qui encadrent 150 bénévoles.■ I .soutien se réalise par des ateliers d'accueil des nouveaux bénévoles, par une rétroaction immédiate de leur travail et par un soutien aux membres du conseil d'administration, observe le directeur général.LTn bon encadrement des bénév uii responsabilité dei trou organisations luivantes Le Chantier de l'économie sociale • Il ! une tji^.inis.uii.ii Mitonami ei perman.visant la promotion el l< développement de IV.im h H i.il' I ' I lhantin ■ ' .[n'en.1 Inii non lui r.itil n-i.|i.I- nr.iinl riu.uw- iiii m *>, i.ni- I- .i' n m ilu ili w loppement local ri les promoteurs d'entreprises d'écon.lot i.»l< Le Comité sectoriel de main-d'œuvre de l'économie sociale et de l'action communautaire (CSMO-ÉSAC), orga-/ii m.à but non lucratif, vûh a élaborer et A mettre en œuvre des stratégies d< développemenl el 'I- formai.à ['intention de l.i mam-d'œuvp el det entre].i .iir.iin inr, .in c.n in m l.ivnrisanl et en consolidant la i ■ un ■ 11.n 'i te partenariat 11 CSMO-ÉSAC est iîii.iik i pat I snpli m ' lut i " ' ' Tllj» ,0""'l"'."tH >Le Réseau d'investissement social du Québec (RISOJ est un fond .1._ capital dt risque A but non lucratif qui a .J .■;.I I 1 poui mission de " min " i e note un Qnancemenl adapu! .1 U réalitt det ■ Dtrepri esd'6 onom.ait M 1 ist ■> .- nu l't tordi entrepri pat l'injei n.h 1 apital •) ont réussi par un martèlement répétitif à tirer le débat à droite.Ainsi, le politologue Michel Magnant s'érige, dans la rubrique Forum de La Presse, en représentant «d'une vague de contestation de la majorité silencieuse contre l'État -cartel bureaucratique».Devant ce propos présomptueux, «la majorité silencieuse» reste justement silencieuse, abasourdie par le vacarme.L'environnement médiatique articulé par les experts ouvre grand les portes aux messages de l'ADQ/Équipe Mario Dumont.Apparenté aux formules publicitaires, ancré dans l'émo-tivité, rejetant même un début d'analyse des faits, le discours bien rôdé de l'ADQdonne surtout l'impression de dynamisme.Le dynamisme d'une jeunesse en pull noir, regardant vers l'horizon, comme ces images un peu effrayantes des panneaux publicitaires de Mario Dumont en personne et de son coéquipier François Gaudreau, élu à l'élection partielle de Vimont le 17 juin 2002.Une jeunesse un peu louche, également, symbolisée par Marc Snyder, cambrioleur d'un dépanneur à la pointe d'un couteau, dans sa première jeunesse cégépienne; directeur de personnel de Mano Dumont par la suite, dans sa deuxième ieu-nesse de politicien yuppie.On s'amuse avec Mano, quand il nous dit: «la politique, ça peut être beau».Il payait 400 dollars cash par semaine en dessous de la table à l'un de ses opérateurs politiques (Sl-Onge, p.42).Mais qu'est-ce que le supposé beau regard sombre de Mario, et les coulisses et les placards de l'ADQ recèlent encore pour nous ?C'est à voir, il faut attendre.VOIE SANS ISSUE Dans une récente parution, ADQ— Vote sans issue (Écoso-ciété), deux auteurs Pierre Mouterde et J.-Claude St-Onge, professeurs de philosophie connus pour leurs analyses réfléchies de la nouvelle donne mondiale néolibérale, s'attaquent au phénomène social de l'ADQ.Ils voient et analysent bien au-delà de la pléthore complaisante ou distraite de papiers et éditoriaux des grands médias sur l'ADQ Mouterde montre que la montée de popularité de Mano Dumont s'inscnt dans une continuité des politiques libérales et péquistes «du déficit 17 octobre 2001— Mario Dumont, au parlement, écoute des personnes vivant dans l'indigence.Aucun député adéquiste n'a participé, en novembre, à la commission parlementaire sur le projet de loi 112 pour lutter contre la pauvreté.L'ADQ a néanmoins voté poux la loi.zéro ».Il s'agit des coupures « consensuelles»: bon gré, mal gré, les mouvements sociaux sont «attachés» au consensus par un cabinet conservateur acquis aux théories néolibérales.«C'est là le coeur de ces politiques consensuelles: non pas l'application draconienne d'un néolibéralisme à tout cnn (à la manière de Mike Hams en Ontario), mais son imposition à reculons et constamment maquillée - traces du passé - par un discours pseudo-social », analyse Pierre Mouterde.Mano Dumont présente ses desseins dans un langage familier, «celui des problèmes concrets à résoudre dans la santé et l'éducation ».Dernère le langage mielleux et adaptable, Dumont prétend les résoudre en détruisant ce qui reste de l'État-provi-dence, social-démocrate.Ces politiques devraient être analysées dans toute leur complexité, mais ce n'est pas le cas.Le message standard de l'ADQest l'appel au changement contre l'immobilisme bureaucratique.Mano Dumont met également l'accent sur un supposé conflit des générations, faisant fi de tout conflit des classes sociales.«Avec mes jeunes au pouvoir, tout sera réglé », semble-t-il dire.En fait, combien de vieux roués du monde des affaires, symbolisés en quelque sorte par Léon Courville, ancien vice-président de la Banque Nationale, ou Marcel Dutil, président de Canam-Manac, misent sur le chansme de Dumont?Autre mot galvaudé par Mano Dumont : le mot liberté, mais 32 I RECTO VERSO IANVIER/KVRIER2003 la seule liberté d'entreprendre sans entrave.Et non pas la liberté de penser, de créer, de rêver, d'ai-mer.Côté Dumont, la définition de ce magnifique mot liberté est amputée, estropiée.Typique dans ce sens seraient les propos de Magnant dans La Presse: «les gens veulent désormais participer eux-mêmes à l'élaboration des solutions».Ou encore l'éditorial d'André Pratte (18 octobre 2002) qui évoque «la révolution du bon sens » à la québécoise, chanté en pnme (au lieu du bien-être social ?!), sans aborder le fond des politiques de l'ADQ.L'AXE DE L'ADQ J.-Claude St-Onge, lui, analyse magistralement « les grands axes du programme de l'ADQ;' : ■ Diminution du fardeau fiscal des riches, en proposant la JJat tax unique de 20%, qui pénalise gravement les bas revenus.■ Programme des bons scolaires (scbool voucbers) qui retire à l'État son rôle dans l'éducation.Avec les bons en éducation payables à des institutions privées, l'école publique créatrice d'un esprit civique disparaîtrait.■ Assurance-maladie à plusieurs vitesses, qui imposerait des standards médicaux différents pour les nclies et les pauvres.■ Élimination des obstacles à la maximisation du profit grâce à la déréglementation tous azimuts.Mais pas un mot sur la pe-nune de logements.L'ADQprô-nera-t-elle, comme l'Institut économique de Montréal (1EDM), la levée du contrôle des loyers pour résoudre la crise du logement?L'IEDM est un tbink tank mentionné en relation avec l'ADQ.Il est dirigé par Michel Kelly-Gagnon, dont les entrées dans les pages éditonales de La Presse ont été nombreuses.J.-Claude St-Onge, un spécialiste encore sous-estimé des réseaux mondiaux, en offrait une attristante et juteuse analy- LES LIVRE?se, en 2000, dans L'Imposture néolibérale-Marché, liberté et justice sociale (Écosociété).Dans ADQ_- Voie sans issue, il montre les liens entre l'IEDM et le parti de Dumont.On dirait presque que Dumont prend ses consignes du tbink tank montréalais lié à une kyrielle d'institutions de ce type à travers le monde anglo-saxon : l'Institut Fraser, au Canada, l'Institut Adam Smith, à New York, etc.L'IEDM, dont les activités ont débuté en juin 1999, se présente comme un institut de recherche «indépendant» qui étudie le «fonctionnement des marchés».L'IEDM est financé par des géants comme la Banque de Montréal.Il a le statut d'un organisme charitable pnvé qui « ne reçoit aucun financement public», mais les riches contributions sont déductibles d'impôts! James Buchanan, prix Nobel d'économie, et Pierre Le-mieux, enseignant en sciences administratives à l'Université du Québec à Hull, font partie du «conseil scientifique» de l'IEDM.M.Lemieux milite pour le droit de porter des armes et de posséder des esclaves (St-Onge.p.27).M.Buchanan parle d'un monde idéal où chaque personne cherche à dominer une humanité semle, en inhibant le comportement des autres de manière à ce que ceux-ci soient contraints d'adhérer aux désirs des dominants.□ J.-Claude St-Onge L'Imposture neoliberale — Marché, liberté, justice sociale.Écosociété, 2000 Pierre Mouterde et J Claude St-Onge ADQ— Voie sans issue.Écosociété, 2002 Programme ADQ, printemps 2002 : Pour un Québec responsable et prospère.» www.adq.qc.ca Roméo Bouchard Textes d'appoint de Maxime Laplante Plaidoyer pour une agriculture paysanne Pour la santé du monde Al 22B Pigti a 1S.0OS ISSN 2 921S61-&2-» DIFFUSION : DIMËOIA exception de quelques coins protégés, la campagne est devenue une véritable usine.Ne considérer l'agriculture que du point de vue de l'économie et du libre-échange et l'assujettir aux objectifs d'une poignée d'entreprises ne peuvent que conduire à la destruction du milieu rural et de la santé collective De plus en plus de citoyens s'en inquiètent.Une nouvelle solidarité prend forme entre des agriculteurs, des citadins responsables, des transformateurs et des restaurateurs en vue de soutenir le développement d'une agriculture paysanne.Les paysans ne sont pas des gens d'affaires; ils créent le pays qu'ils habitent, entretiennent le temtoire qu'ils occupent pour en vivre et nourrir leurs concitoyens.Mais un tel programme implique des changements politiques importants.LOUIS FAVREAU et LUCIE FRÉCHETTE Préface de René Lachapelue etGéralo Larose pages Presses de l'Université du Québec Tél.: (418) 657-4399 • Téléc.: (418) 657-2096 Achats en ligne .- www.puq uquebecca JANVIER/FÉVRIER 2003 «CTO TEIS0 I 33 L'HISTOIRE EN MOUVEMENTS PAR ANICK PERREAULT LABELLE LA DERNIERE BATAILLE DES GARDERIES Après 25 ans de combats, les Centres de la petite enfance fêtent leur 5e anniversaire ! C'était la dernière bataille à mener en vue de la victoire finale : convaincre Québec de rémunérer décemment les éducatnces dans les Centres de la petite enfance (CPE).Elles étaient «moins bien payées que les gardiens de zoo!" Le Québec est fier de son réseau de CPE, créé en 1997.Il a fallu 25 ans pour en arriver là.Et voilà que l'ADQ/Équipe Mario Dumont remet tout en question.En 1997, la ministre Pauline Marois avait instauré les -places à 5$».Rassurées, les éducatnces syndiquées ont multiplié grèves et manifestations pour que Québec instaure une échelle unique de salaire pour tous les CPE, obtenue en 1999.La question des salaires avait été longtemps négligée.«Les éducatnces étaient d'abord des militantes qui se souciaient plus de la cause que de leurs conditions de travail», selon Claudette Carbonneau, présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui représente la majonté des éducatnces.À la fin des années i960, seules les familles défavorisées avaient accès à de rares gardenes d'État.«Les autres se fiaient à une soeur ou une voisine», résume Une militante pour le droit aux garderies arbore son message à l'occasion de la Journée internationale des femmes, en 1978.Suzanne Barbeau, une fondatrice de SOS Gardene, l'organisation qui a sans doute le plus fait pour bâtir un réseau national de grande qualité.Au début des années 1970, des parents avaient profité de subventions fédérales pour créer 70 gardenes populaires, le noyau du réseau actuel.Les idéaux sociaux trèspea-ce and love de l'époque en ont fait des entrepnses à but non-lucratif, où les parents ont leur mot à dire.En 1972, le fédéral met fin à ses subventions et cinquante crèches ferment leurs portes.Apparaissent alors les «vraies revendications» : les parents demandent des locaux, un financement stable et des conditions de travail décentes pour les éducatrices.Québec répond en 1974.Lise Bacon, ministre d'État aux Affaires sociales, pond la première politique québécoise sur les gardenes, le «Plan Bacon».Elle reconnaît les gardenes populaires, subventionne la création de nouvelles places et donne des allocations aux familles à faible revenu.Mais «on n'était pas rendus», commente Suzanne Barbeau.Les militantes créent SOS Garderie à Montréal et, en région, le Regroupement des gardenes du Québec (RGOJ, appuyés par les syndicats et des groupes politiques comme En lutte ou la Ligue communiste.C'était la gloneuse époque des «M.-L.» (marxistes-léninistes), des désaccords idéologiques sur le «sens» de la lutte.«Des détails: au final, on était tous des parents», philosophe Mmc Barbeau, aujourd'hui travailleuse sociale au Centre St-Piene à Montréal.En 1977, la Commission scolaire de Montréal met le feu aux poudres: deux garderies logées dans des écoles désaffectées reçoivent un avis d'augmentation de loyer.Elles demandent à Québec d'avancer des fonds, mais la Province refuse net.«Le combat des deux garderies nous concernait toutes», se souvient Jocelyne Drolet.«Le cégep qui nous hébergeait pouvait lui aussi décider n'importe quand de ne pas renouveler notre bail.» Les deux gardenes décident de ne plus payer leur loyer, mais d'occuper la place.À la garderie Soleil, la police anti-émeute s'en mêle: «Ils sortaient les toutous, avec leur casque sur la tête», raconte Jocelyne Drolet.Malgré les condamnations devant les tnbu-naux - la Loi est la Loi, on doit payer son loyer -, le mouvement d'occupation se répand et touche une douzaine de crèches.La grève des loyers cessera en 1983, après une entente avec Québec pour subventionner les locaux.Entre-temps, des négociations plus larges avaient commencé.En 1978, le gouvernement avait octroyé aux gardenes leurs premières subventions de fonctionnement.En 1980, il fonde l'Office des services de garde à l'enfance (OSGE).L'OSGE fournit des sous et de vraies normes pour les gardenes.On instaure des programmes pédagogiques et les «gardiennes» deviennent des éducatnces.Pendant 30 ans, Québec avait répété que les parents étaient les seuls responsables des éducatnces.« Mais, dans ce cas, on se serait retrouvé avec des gardenes pour les nches et des gardenes pour les pauvres», selon Jocelyne Drolet.Les familles nches auraient payé cher pour des éducatnces qualifiées, pas les pauvres.Les parents et les éducatrices ont touiours exigé des services de garde accessibles pour tous à bon prix, c'est-à-dire, au bout du compte, que Québec délie les cordons de sa bourse.À l'avenir, les parents, les regroupements de garderie et le Chantier de l'économie sociale devront veiller au grain pour qu'on ne la referme pas.D 34 I HECTO VEISO JANVIER/FÉVRIER 2003 Parce que personne ne veut devenir un numéro REER OBLIGATIONS A TAUX PROGRESSIF Capftal garanti à 100 %.Taux avantageux garants pour 10 ans.Remboursables sans pénalité, chaque année, à leur date anniversaire.Achat à partir de 100 S.Telephonez-nous du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h.et les samedis de lanvier et de fevner.de 10 h à 16 h.Visitez le www.placementsqc.gouv.qc.ca Epargne Placements Québec on Plus d'économies d'impôt, plus de bon temps Le REER du Fonds de solidarité FTQ vous procure 30 % plus d'économies d'impôt qu'un REER conventionnel.C'est 30 % plus d'argent qui vous revient maintenant.À vous d'en profiter! 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