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Titre :
Recto verso
Recto verso est une revue bimestrielle engagée portant sur le monde du travail, l'économie sociale et la coopération internationale. Publiée de 1997 à 2004, elle fait suite à Vie ouvrière. [...]

Recto verso est une revue bimestrielle publiée à Montréal de 1997 à 2004. Résolument de gauche, la revue accueille des rédacteurs dont les préoccupations sont orientées vers la lutte aux inégalités sociales, la solidarité internationale et le développement de services publics de qualité.

Recto verso fait partie d'une longue série de publications incluant le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990), Vie ouvrière (1979-1990), et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

Recto verso s'adresse à un public scolarisé et engagé : intervenants et militants des milieux communautaires et syndicaux, journalistes, étudiants, recherchistes et, plus généralement, les individus préoccupés par les changements sociaux.

Le magazine est distribué gratuitement à 100 000 exemplaires.

« L'information dans une sacoche », Recto verso - Numéro spécial 50e anniversaire, no 293, novembre-décembre 2001, p. 28-29.

Éditeur :
  • Montréal :Revue vie ouvrière,1997-2004
Contenu spécifique :
mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • VO ,
  • Carnets de VO
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Références

Recto verso, 2003, Collections de BAnQ.

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20 000 ACTIONS SOLIDAIRES POUR SOUTENIR RECTO VERSO w HABITATIO La bataill des terrains PORTRAIT économie des sans-terre Soutenez la presse W'iiiT'Frrr et solidaire ! La presse indépendante est sur les dents ! Elle s'unit pour résister à l'hégémonie de la presse commerciale.N'attendez pas que les poules aient des dents.Abonnez-vous à un second, voire un troisième journal indépendant: ils ont tous une dent contre la bêtise, et ils se complètent si bien.Le Mouton NOIR est un journal d'opinion et d'information, plus mordant que le loup.D Individus 20 $ ou soutien □ Organismes sans but lucratif 25$ ou soutien D Entreprises/institutions 40$ ou soutien D Abonnement cadeau 40 $ ou soutien Groupe d'âge: D 19 à 25 ans D 26 à 35 ans D 36 à 49 ans D 50 à 64 ans D 65 ans et * IxMoirroN NOIR Nom Adresse Faites votre chèque à l'ordre des Tel: ( ] Éditions du Berger Blanc Courriel C P.113 Rimouski [Québec] G5L 7B7 *r* www.fneeq.qc.ca i_^w[ûHdl\ t*° Engagés socialement et professionnellement par leur travail quotidien, les membres de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) souscrivent aux principes de liberté, de paix, de justice et de démocratie.parce qu'un autre monde est possible. Lecteurs et lectrices du magazine Recto Verso, depuis cinq ans, vous prenez gratuitement votre exemplaire du magazine dans un présentoir situé dans une bibliothèque, un groupe communautaire, au local de votre syndicat, à l'université ou dans un kiosque à journaux.Vous êtes curieux, critiques et fidèles.Depuis cinq ans, nous travaillons à vous proposer une information de qualité sur la transformation de la société.Pour assurer la poursuite et le développement de ce magazine unique, nous avons besoin de votre soutien.NOUS ÉMETTONS 20 000 ACTIONS SOLIDAIRES.au coût unitaire de 10 S.Ces actions désobéissent aux lois du marché, elles en appellent à d'autres : la solidarité et l'engagement.Leur rendement n'est pas financier, mais il est garanti.Dans une société où l'ensemble des médias est maintenant contrôlé par une poignée de propriétaires, des voix indépendantes et alternatives doivent pouvoir se faire entendre.Si vous lisez Recto Verso, si vous tenez à ce magazine, devenez membre de la Société des actionnaires solidaires de Recto Verso.Votre souscription est capitale.Lisez l'éditorial en page 4 et consultez notre site Internet, au www.rectoverso.info, pour suivre l'évolution de la campagne, obtenir des informations supplémentaires et exprimer votre appui. Après la guerre en Afghanistan LES PROMESSES NON TENUES 16 Nous avons trahi les Afghans, nous trahirons les Irakiens Les Afghans attendent toujours le rétablissement de la paix, des secours pour les réfugiés, la restauration des droits des femmes, de l'aide pour la reconstruction, par ziba kazemi, en Afghanistan 20 Les dangers immédiats I Profilage racial, carte biométrique, emprisonnements préventifs et tiers pays sûr: les réfugiés sont les premières victimes de l'érosion des droits humains au Canada, par andré seleanu D La bataille des terrains I Les défenseurs du droit au logement luttent ferme pour mettre la main sur les derniers grands terrains à construire à Montréal, par patrick alleyn 24 L'économie des sans-terre I Au Brésil, l'économie sociale est l'outil des paysans du Mouvement des sans-terre pour détendre leur réforme agraire gagnée acre par acre, par debora pinheiro et patrick alleyn.ENVOYÉS SPÉCIAUX AU BRÉSIL MARS/AVRIL 2003 IECT0 VI1S0 I 3 ■ 1215, nie Visitation, bureau loi 1 Montréal (Québec) K2L3B5 ■ Télécopieur : 514-523-5812 ■ I Courriel : rectoversoâvideotron.ca Magazine indépendant d'information générale, Recto Verso enamine les réalités socio-politiques, économiques et culturelles d'ici et d'ailleurs.Publié depuis 1951, le périodique s'inspire depuis toujours des idées émancipatnces dans la perspective d'un plus grand pouvoir des citoyens-nes sur leurs conditions de vie et de travail, les articles publiés dans Recto Verso n'engagent que leur-s auteurs-es.CONSEIL D'ADMINISTRATION Richard Amiot.Pierre Bisalllon, Mathieu Bostgn, Françoise Guag, Canne Guidicelli, Isabelle Gusse, Henry-George Madelaine.POUR NOUS JOINDRE 514 523 5998 DIRECTION COORDINATION EÉIEMU ET ADMINISTRATION Anne-Mane Brunelle - POSTE 26 ambrunelle rectoverso@vl videotron ca ABONNEMENTS ET DISTRIBUTION C00I00NNATIICE AU DEVELOPPEMENT ET A LA VIE ASSOCIATIVE Nathalie Langlois - POSTE 21 nlanglois rectoversoSbiz.videotron.ca REDACTION REDACTEUR EN CHEF Richard Amiot - POSTE 23 rédaction.rectoversotîvl.videotron, ca REDACTEUR EN CHEF ADJOINT ET DIRECTEUR PHOTO Patrick Alleyn - POSTE 25 allegn@cam.org ADJOINTE A LA REDACTION Mélanie Navarro - POSTE 22 mnavarro.recloversoibiz videotron.ca PUBLICITE DIRECTRICE DES VENTES Edith Tessier - POSTE 24 etessier rectoverso@vl.videotron, ca ADJOINTE A LA DIRECTION 0ES VENTES Maga Charrier - POSTE 27 mchartier.rectoverso@biz.videotron, ca PRODUCTION directeur artistique François Leclerc DIRECTEUR DE LA PRODUCTION Alain ThérOUX impression Québécor World distribution Distributions Faucons fréquence de parution 6 numéros par an RT1-1 La distribution de Recto Verso est certifiée par le Canadian Circulation Audit Board (CCAB).Décembre 2001 Recto Verso est distribué dans plus de 1100 points de dépôt et par abonnements, a travers le Québec et dans la francophonie hors Québec.Recto Verso bénéficie de fonds pour le développement de l'économie sociale du gouvernement du Québec.Nous reconnaissons l'aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts rédactionnels par l'entremise du Fonds du Canada pour les magazines, le Centre St-Pierre, par le Secteur Promotion Communautaire, contribue au développement du magazine Recto Verso.Recto Verso est membre de l'Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ).Ses articles sont indexés dans le répertoire analytique de presse Repère Dépôt légal a Ottawa et à la Bibliothèque nationale du Québec-ISSN 1484-65B6 Envoi de publication - enregistrement n° 1325639 Parution n° 301 -mars 2003 4 | RECTO VERSO MARS/AVRIL 2003 EDITORraiT 20000 ACTIONS SOLIDAIRES Un magazine indépendant à grand tirage distribué à la grandeur du Québec : du jamais vu dans l'histoire des magazines au Québec.En septembre 1997, nous étions emballés par ce défi, galvanisés par Recto Verso, que nous mettions au monde.NOUS SOMMES DE NOUVEAU EMBALLES parce que nous vous proposons auiour-d'hui, un autre pari: la création de la Société des actionnaires solidaires de Recto Verso pour assurer la poursuite et le développement du seul magazine indépendant d'information générale au Québec.Recto Verso ne sera plus jamais le même, après cet appel à une mise de tonds de nos lecteurs et de nos lectrices et après les engagements que nous prenons auiourd'hui.Cinq ans et 34 numéros après la transformation de Vie Ouvrière (créée en 1951), en une revue à grand tirage, nous avons presque le magazine de nos rêves.Recto Verso a fait sa place dans un monde dominé par les conglomérats de presse.Nous avons tenu notre engagement de vous présenter l'information sur notre monde avec le regard de personnes engagées dans les changements sociaux, respectueuses de nos différences et du fonctionnement démocratique de notre société.Mais, pour assurer le développement d'un magazine qui poursuive ces ob|ectifs, il ne suffit pas de disposer d'un capital de sympathie.Il faut des capitaux propres, de l'argent neuf.Recto Verso est une entreprise d'économie sociale, collective, créatrice d'emplois, autonome et démocratique.Durant ses premières années d'existence, tout était à inventer : faire connaître le magazine, bâtir son réseau de distribution, réunir une équipe solide, convaincre les annonceurs et présenter à nos lecteurs et lectrices une information de qualité avec SOUTENEZ RECTO VERSO ! ABONNEZ-VOUS ! D Groupe/Institution 25$ O Individu 20$ D Étudiant 15$ A l'étranger O Individu 30$ D Institution 40$ ADRESSE CODE POSTAL TÉLÉPHONE D Paiement inclus Faire parvenir votre chèque ou mandat poste 1 Revue Vie Ouvrière inc 1215, rue Visitation, bureau 101, Montréal (Québec) H2L 3B5 ■m^^w ss é@*&" r^r^r^r^r^r^H Afghanistan à des troupes de bandits Les de munitions à l'uranium appauvri )ar manque de nourriture et de soins.EN DÉPASSANT DEUXQAROUN.A LA FRONTIÈRE de l'Iran et de l'Afghanistan, je n'étais plus sous la tutelle des mollahs iraniens.Donc, j'ai desserré mon foulard.Le sol boueux laissait espérer la tin de la sécheresse afghane.À la frontière, sur un terrain vague, pullule une foule indécise.Certains portent des amies nonchalamment.Je monte dans la voiture d'Hadji Saleh avec les onze membres de sa famille.Ils rentrent à Herat, qu'ils avaient quittée un an plus tôt par crainte de l'offensive américaine.Pendant 25 ans, l'Afghanistan a vécu une guerre oubliée, jusqu'au 11 septembre 2001, comme cette autre guerre qui a fait 1 million de victimes civiles depuis 12 ans en Irak.Là-bas, 5000 enfants meurent chaque mois faute de médicaments et de nourriture.Le conducteur roule à 20 ou 30 km à l'heure à travers des ruines, sur une route hypothétique parsemée de trous allant jusqu'à 1 m de profondeur.Aller en Afghanistan équivaut à remonter le temps de cent ou cinq cents ans.La province d'Herat est gouvernée par Ismaïl Khan.Il taisait partie de la résistance afghane face aux Russes.Sous les taliban, il s'est réfugié en Iran.Je l'ai vu la première fois au cours d'une réception en l'honneur des 5000 moudjahidin qui avaient combattu avec lui.La deuxième fois, il prononçait un discours à l'Association littéraire, qui en dit long sur son rêve : taire de l'Afghanistan une république islamique sur le modèle de l'Iran.Mais sans son élite et sans la rente pétrolière.«Allah akbar» (Dieu est grand).MARS'AVRIl 2003 RECTO VERSO ! 17 Comprendre et agir Pour une paix juste Ismaïl Khan est l'un des seigneurs de la guerre qui maintiennent le pays dans le chaos.Après la victoire de l'Alliance du Nord contre les taliban, chacun a pris ses distances du gouvernement intérimaire d'Hamid Karzaï et repris son indépendance d'action.Ismaïl Khan contrôlerait de fait quatre des vingt-neuf provinces d'Afghanistan, regroupant 20% de la population du pays (25 millions), une information difficilement vénfiable.À Herat, il maintient l'ordre d'une poigne de fer.J'ai visité les geôles d'Herat.Dans la prison pour femmes, malgré les dénégations fermes du délégué de la Croix -Rouge, des enfants étaient enfermés avec leur mère, même ceux qui n'étaient plus en âge d'être allaités.Les hommes étaient majoritairement des prisonniers politiques, c'est-a-dire des taliban.locales promouvant la démocratie et les droits des femmes dans la capitale afghane, que soutient l'ONG canadienne Alternatives.Avec ses longs cheveux noirs, sa petite taille et son teint hâlé, habillée à la mode pakistanaise, Catherine passe facilement pour une autochtone.Une personnalité importante se présentant à un repas auquel elle prenait part, raconte-t-elle, le maître de maison lui fit discrètement comprendre qu'elle devait se retirer.Il la rejoignit après quelque temps dans la petite pièce où elle attendait et lui offrit, dans cette situation ; embarrassante, de servir le thé, seule manière de la recevoir sans désobliger l'hôte ï| important.Cela se passait dans le milieu S progressiste de la capitale afghane.À Herat, comme dans les autres grandes villes, les jeunes femmes éduquées aimeraient bien se débarrasser de la burlca.Dans l'immé- £ I il En Afghanistan, il est toujours impossible pour une femme de travailler, de se découvrir le visage et d'obtenir des soins sanitaires appropriés.Dis taliban ont occupé Herat de septembre 1995 a novembre 2001.Tout en les combattant, Ismaïl Khan a gardé en vigueur ou ré-instauré la plupart des décrets adoptés sous leur régime a l'égard des femmes, selon un rapport soumis à l'organisme canadien Droits et démocratie en décembre 2002.À la station de radio et de TV d'Herat, j'ai voulu rencontrer le responsable, M.Wali-shab Bahrah, qui se plaignait que les femmes ne répondent pas à ses offres d'emplois.Je me suis présentée avec trois candidates présentatrices, dont une avait travaillé pour la télé de la capitale (Kaboul), mais un barbu nous a barré l'entrée.J'ai interrogé Ismaïl Khan à ce sujet, le travail des femmes.La réponse du gouverneur de Herat est venue d'un ton sûr.Il ne voyait ni objection ni limitation dans le choix d'un travail pour elles.Mais, a Herat, il est exclu de voir les cheveux ou le visage d'une femme.La plupart portent la burka bleue et une minorité revêt le tchador noir couvrant aussi le visage.Cependant, cette règle vestimentaire ne s'applique pas aux femmes de certaines tribus aux coutumes différentes.À Kaboul, en décembre 2002, Cathenne Papas visite pour la deuxième fois des ONG diat, elles évoquent l'habitude, la présence armée de civils fanatiques ou la crainte des mâles de leur propre famille comme obstacles.Troquer la burka contre le tchador ou le foulard leur demanderait beaucoup de courage.Elles auraient besoin du rétablissement de l'ordre pour leur sécurité.Cet accoutrement n'était pas imposé par les taliban.Cet habillement reflète avant tout la manière d'être des hommes.De plus, il autorise les jeunes épouses afghanes à se maquiller outrageusement, comme elles aiment à le faire, ou à porter plein de bijoux, lorsqu'elles en possèdent, ou encore à cacher leur misère.La constitution qui doit être proclamée en 2003 aidera-t-elle les Afghanes à résoudre les problèmes que leur pose leur statut, dont les très importants problèmes sanitaires?Nombre de femmes meurent en couche faute de soins appropriés, qui leur sont refusés.La société des eaux de Herat, à défaut de combustible, ne peut fournir de l'eau que deux heures par jour.Selon Moalème Amin, son responsable, si seulement les ONG, excessivement nombreuses sur place, réduisaient leurs déplacements et lui laissaient le carburant ainsi économisé, il pourrait aug- menter considérablement la distribution d'eau à la population.Avoir de l'eau et de l'électricité sont les souhaits les plus chers de mon compagnon de route, Had| Saleh, qui aimerait se doucher tous les jours.Le courant électrique n'est fourni aux foyers que de 18h à 22 h.L'école Sânavi, la seule à peu près en état, ne dispose d'aucun moyen matériel.Les filles y suivent deux heures de cours par lour, pendant deux mois, pour une remise à niveau après six ans d'absence.Loin des shows télévisés, cela passe pour un fait insignifiant.Par contre, les agences de presse sont présentes pour photographier, en rangs d'oignons, les responsables du World Food Program, pendant la distribution de blé aux Afghans.Un désastre humain J'ai voyagé jusqu'au camp de Maslaq, le plus grand camp de réfugiés au monde après le camp palestinien de Baqaa (en banlieue d'Amman, la capitale de la Jordanie).Maslaq m'est apparu comme un désastre humain, un camp installé sur un terrain caillouteux au pied de la montagne, insalubre, désordonné et immense.Est-il pos- 18 I BECTO VERSO MARS/AVRIL 2003 sible que des organisations internationales normalement compétentes et expérimentées se plantent de la sorte?Soient incapables de trouver des solutions humainement décentes à de telles situations, après des décennies d'interventions sur le terrain de catastrophes et de guerres ?J'ai aussi visité les réfugiés afghans en Iran, au camp de Torbat-é-Jam, près de Deux-qaroun.Aucune comparaison n'est possible entre ce camp et ceux d'Afghanistan.En Iran, les enfants louent.Les mères s'occupent de leur foyer et il y a peu d'hommes.Ils sont partis travailler pour subvenir aux besoins de leur famille.Il y a des douches publiques, des toilettes propres, des commerces, des services de santé gérés par les réfugiés.Cela se passe au pays des ayatollahs.En Afghanistan règne plutôt le chaos.Au camp de Maslaq, Hubert Bino, un Belge, pointait une liste des problèmes à régler.Naturellement, le déplacement massif de populations, sans ennuis ni contraintes, relève de l'utopie.Entretenir et nourrir 150000 à 300000 personnes affamées, démunies, traumatisées et sans occupation, n'est ni simple ni humain.Dans l'état actuel des choses, les réfugiés consentent à hypothéquer leur liberté contre quelques pilules, une tente, des couvertures et un matelas, un sac de 25 kg de blé par mois.M.Hubert Bino a ouvert une école pour 120 élèves sous des tentes à Maslaq.Cette îniûauve a déplu.Les autontés préféreraient ramener les réfugiés chez eux.La guerre terminée, l'Afghanistan libérée, les réfugiés devraient se réjouir des secours et du savoir-faire des organisations internationales pour regagner dans les meilleure délais leurs foyers et leurs occupations.D'autant plus que, par chance, la pluie était au rendez-vous des agriculteurs Mais les réfugiés passent leur temps à glander dans les camps, alors que, chez eux, tout est à refaire.Dans cette condition, l'aide aux réfugiés n'est plus de l'aide humanitaire.Sa prolongation crée la dépendance.Chassés des camps Au Pakistan, Robert Letendre, de l'ONG catholique canadienne Développement et r.n\, a vu des béliers mécaniques détruire les trois-quarts d'un camp, en banlieue de Peshawar, chassant 45 000 réfugiés.Au 1" mars 2003, 1 lc>8000 réfugiés étaient rentrés du Pakistan, mais seulement %000 ► LES PROMESSES NON TENUES Au peuple d'Afghanistan, on avait promis de rétablir la paix civile, d'aider les populations chassées par la guerre, de restaurer les droits fondamentaux des femmes afghanes, de reconstruire le pays et veiller à son développement.Les seigneurs de la guerre régnent sur le pays et les femmes afghanes vivent dans la crainte.La reconstruction n'est pas possible parce que l'aide promise n'arrive pas ou est insuffisante.Maintenant, le monde se tourne vers i Irak et son pétrole, promettant la prospérité aux Irakiens et la paix au Moyen-Orient.Dans les faits, l'embargo sur la nourriture et les médicaments a tué 1 million de civils irakiens en 12 ans, dont la moitié sont des enfants.La Grande concertation Comprendre et agir pour une paix juste La Concertation diffuse quatre fichas pour permettre aux organismes et groupes de poursuivre le débat et la formation dans leurs reseaux.Ces fiches sont divisées selon tes thèmes : Droits humains.Paix, Immigration et droit d'asile et Développement.Elles présentent un résumé des enjeux et des outils pour pousser la réflexion.Chacune comporte une section «s'impliquer» Elles sont disponibles sur le site de l'AQOCI au www.aqoci.qcca.Les pages • Comprendre et agir pour une paix juste • ont été réalisées par Recto Verso pour la concertation formée au Québec après les attentats du 11 septembre 2001 afin d'agir en faveur de la paix.Sont membres de la Grande concertation « Comprendre et agir pour une paix juste » (coordonnée par l'AQOCI) les organismes suivants : Artistes pour la paix: Association québécoise des organismes de coopération internationale iaqocd; Association québécoise pour une taxation des transactions financières et pour l'aide aux citoyennes (ATTACi; Centrale des syndicats du Québec (CSQ); Centre de formation populaire (CFP>; Centre Justice et Foi (CJF); Fédération des femmes du Québec iffoj; Fédération des infirmiers et infirmières du Québec (FiiQ); Ligue des droits et libertés ildli; Mouvement d'éducation populaire autonome et communautaire du Québec IMEPACQ): Objection de conscience/Voice of conscience lOCVC); Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes iTCRi).MARS/AVRIL 2003 IECT0 TCIS0 ! 19 Comprendre et agir Pour une paix juste d'Iran, et 8000 réintégraient l'Afghanistan chaque jour, selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).En mars 2003, 1,5 million d'Afghans trouvaient encore refuge à l'étranger.Il y a au moins 300000 personnes déplacées en Afghanistan même, incapables de réintégrer leurs foyers à cause de l'insécunté.L'Afghanistan est un des pays au monde les plus minés.De nouvelles mines anti-personnel y sont posées chaque jour par des chefs de guerre en conflit.Robert Letendre a vu l'arrivée des longues colonnes de camions du World Food Program (WFP) serpentant à flanc de montagne à la frontière du Pakistan pour apporter des vivres et l'espoir que cette vision allumait dans les yeux de réfugiés démunis de tout.Pour l'ancien fonctionnaire de la Ville de Montréal, dont l'organisation a déployé des programmes d'aide de 2 M S pour les réfugiés afghans, le problème de la "militarisation de l'aide» est autrement plus important que quelques cafouillages.L'armée américaine n'hésite plus à s'emparer de projets d'ONG pour la reconstruction afin de s'en faire une monnaie d'échange dans ses tractations avec les chefs locaux, un comportement unanimement décrié.La Croix-Rouge fut la première organisation internationale à apporter de l'aide aux victimes d'un conflit armé.Elle n'a pu le faire qu'à la condition d'une totale neutralité.Toutes les ONG respectent ce principe.S'il était remis en question, aucune aide ne serait plus possible aux victimes civiles des conflits armés.L'aide promise pour la reconstruction du pays n'arrive pas.L'Afghanistan est en état d'attente.En réalité, à l'heure actuelle, elle ne dispose que du pavot et de sa position, devenue stratégique, pour se relever.Le gouvernement de transition avait évalué les besoins à 45 G $US, sur dix ans, en aide d'urgence et pour reconstruire routes, chemins de fer et systèmes d'irrigation.La Banque mondiale a ramené ce chiffre à 12,5 G$US.Les 45 pays donateurs réunis à Tokyo en janvier 2002 ont promis 4,5G$US.Le Canada y est allé d'une contribution de 100 M SCAN.Les États-Unis n'ont pas chiffré leur engagement.L'embargo est la pire des guerres Des vagues d'émigration successives déciment aussi l'Irak depuis les années i960 et 1980, à cause des troubles civils, de la guerre, de la dégradation des conditions de 20 I RECTO VERSO MARS/AVRIL 2003 vie et de l'embargo international.«Chaque mois, 5000 enfants meurent à cause des sanctions», dit Saïd Bello, diacre de l'église chaldéenne de Montréal.La petite communauté de 200 familles catholiques irakiennes de rite chaldéen se soude autour de son pasteur: "Nos moyens sont limités, notre guerre c'est la pnère», dit Mgr Louis Al-Dairany, vicaire patnarcal de l'église des Saints-Martyrs d'Orient, rue Guizot.Les Assyro-Chaldéennes du Canada (ils sont un demi million de fidèles dans le monde) sont très inquiets mais peu prolixes: «Nous avons de la famille là-bas.» Leur guide suprême, Raphaël Ier Bidawid, Patriarche de Babylone, réside à Bagdad.L'Irak est une mosaïque ethnique et religieuse, rappelle Mgr AJ-Dairany.Il est fort probable, craint-il, qu'il «y aura une guerre civile si on ne prépare pas la population à un gouvernement démocratique.En ce moment, c'est un gouvernement à la poigne de fer qui tient tout cela».Affamés et empoisonnés Des 42 G S du programme « Pétrole contre nourriture» qui devait alléger l'embargo international contre l'Irak, 16 G S ont été retenus à titre de dommages de guerre.L'Irak, dépendant à 70% de ses importations pour se nourrir avant la Guerre du Golfe, est affamé.L'embargo total imposé par les États-Unis bloque aussi l'arrivée de médicaments.Pendant la guerre du Golfe, en 1991, les Alliés ont disséminé entre 300000 et 800000 tonnes de munitions à l'uranium appauvri dans l'environnement.L'embargo plus l'armement atomique ont causé la mort d'au moins un million de civils irakiens, dont la moitié sont des enfants.L'uranium appauvn compose 99,3% des résidus d'uranium résultant de la fabneation d'ogives nucléaires ou du fonctionnement des centrales électriques à l'énergie atomique.Les munitions à l'uranium appauvn sont inertes avant leur utilisation, explique M.Kanm Laz, de l'Université du Québec à Montréal.Mais, abandonné dans l'environnement, l'uranium appauvn s'oxyde et devient un poison mortel.De plus, lors de l'impact, 70% de la munition se volatilise.Ces produits se répandent actuellement dans tout le Moyen-Onent, emportés par l'eau et le vent.Quarante tonnes d'uranium appauvn suffisent à tuer 500000 personnes.LAgence internationale de l'énergie atomique n'exerce aucun contrôle sur l'usage de l'uranium appauvri.D LES DANGERS IMMÉDIATS EN BAS : 25 000 personnes défilent rue Sainte-Catherine Ouest, à Montréal, le 18 janvier 2003, à l'appel de la coalition Echec à la guerre.À gauche: elles sont 150000, le 15 février.Les manifestants seront 200000, le 15 mars, à marcher pour la paix.êtres humains sont tous également importants.Notre humanité partagée est plus importante que les différences superficielles », répond sans hésiter Janet Dench de la Table de concertation sur les réfugiés.Dans le cas de la famille pakistanaise Chaudxy, les hommes ont été mis en prison, alors que les femmes et les enfants étaient obligés à passer des nuits glaciales dans des véhicules sans chauffage à la frontière du Vermont.Afin de réaliser la terreur qu'inspirent les directives visant les ressortissants de l'Inde, du Pakistan, de l'Iran, d'Arabie Saoudite et des autres pays musulmans, il faut savoir que, depuis le 11 septembre 2001, plus de 1000 ressortissants musulmans sont retenus en détention illimitée, souvent sans chef d'accusation, sur le territoire des États-Unis.Dans plusieurs cas, on ne sait même pas où, ni à quel traitement ils sont soumis.Il s'agit d'un cas flagrant de violation du principe de YHabtas Corpus.Les États-Unis ne sont clairement plus, pour les ressortissants musulmans, ce tiers pays sûr évoqué dans la nouvelle terminologie administrative canadienne.► La lutte contre l'Axe du Mal s'étend au Canada.Les réfugiés en sont les premières victimes.On assiste à l'érosion du droit.Mais la population se mobilise contre ce Nouvel ordre mondial.PAR ANDRÉ SELEANU EN FEUILLETANT LE JOURNAL OU MATIN ou en écoutant les informations, entre le jus d'orange et le pain grillé, un vocabulaire aux résonances militaires et policières envahit notre univers, tel une armée de la nuit: profilage racial, carte biométrique, guerre préventive, tiers pays sûr, méthodes de pression physique en deçà de la torture, Forteresse Amérique.Obsession sécuritaire Face à la menace terronste étalée dans les médias, il n'est plus question de veiller au secret de la correspondance ou des échanges téléphoniques.La manie de tout savoir afin de tout contrôler fait fi des conceptions de base établies par la Charte canadienne des droits et libertés de 1982.Voilà le message principal du rapport 2001-2002 de George Radwanski, commissaire fédéral canadien à la vie privée.«Le droit à la vie privée est le fondement de toutes les libertés individuelles», écrit-il, mais il plane un fort soupçon qu'un univers de tables d'écoutes, qui va bien au-delà des besoins sécuritaires, est en train d'être mis en place.«L'étonnant, ce qui fait peur est que personne n'ose protester», écrivait Michael Posner dans The Globe & Mail, le 20 février 2002.«La propagande de la peur est si épaisse que nous sommes en train de renoncer en fait collectivement aux libertés constitu- tionnelles et à celles de la Charte des droits élaborée au cours des siècles».La majorité ne s'en aperçoit pas parce que «les autorités s'attaquent à des groupes spécifiques de gens qui ne peuvent pas se défendre : les détenus, les réfugiés sans statut qui demandent asile au Canada», explique Mc William Sloan, président de l'Association américaine des juristes (section panaméricaine).«Tiers pays sûr» Une véritable crise humanitaire a lieu à la frontière du Canada et des États-Unis.Des centaines de Pakistanais se sont présentés aux postes canadiens à Lacolle, Détroit et Buffalo, à l'hiver 2003.Ils ont été refoulés du côté des États-Unis, considéré comme « tiers pays sûr», où plusieurs ont été promp-tement arrêtés par la police.C'est ce qu'on appelle pudiquement «l'harmonisation des frontières».Ces réfugiés doivent-ils jouir des mêmes droits que les citoyens canadiens ?«Le principe fondamental est celui que les MARS/AVRIL 2003 1ECT0 TE1I0 I 21 Ceintures incapacitantes et chocs électriques Anne Sainte-Marie, porte-parole de la section francophone montréalaise d'Amnistie Internationale, remarque que «même des citoyens américains peuvent être déclarés des ennemis combattants" et arrêtés sans mandat et que des réfugiés ont abouti "dans des établissements de sécurité maximale-.Pour ces personnes, arrêtées sur simple soupçon d'activité subversive, "le problème, en prison, c'est l'existence d'un milieu violent», ajoute Anne Sainte-Mane."Dans ces pnsons, les gens peuvent paniquer, ce qui provoque l'usage des méthodes disciplinaires assimilées par Amnistie à la torture ou aux mauvais traitements.» La porte-parole énumère ces mesures : isolement prolongé, chemises de contention, ceintures incapacitantes qui peuvent émettre des chocs électriques de milliers de volts.«Les conséquences peuvent être des pertes de conscience et du tonus musculaire et des défécations incontrôlées», décrit la porte-parole.Les demandeurs d'asile n'en parlent pas.craignant les conséquences à long terme pour eux et pour leurs proches.Profilage racial Jaggi Singh, le célèbre activiste de gauche détenu pendant deux semaines après les émeutes du Sommet de Québec en 2001, s'est aussi exprimé au sujet des demandeurs d'asile du sous-continent indien, dans le cadre d'une soirée intitulée Qui reste ?Qui part f Fermer la porte du Canada, organisée en février2003 parle Conseil communautaire NDG en collaboration avec le centre communautaire des femmes sud-asiatiques.«Les Arabes et les musulmans doivent répondre pour chaque membre de leur communauté pour des forfaits dont ils sont en fait innocents», dit Singh.Les activistes des droits humains dénoncent sans exception le profilage racial pratiqué aux USA - en fait, du racisme ordinaire -, qui isole et identifie les minorités visibles.Sans profilage racial, le traitement d'exception ne pourrait avoir lieu.Les maris sont séparés des femmes et des enfants au Canada Madame Sawat Viqar, du centre communautaire des femmes sud-asiatiques, a relevé un point presque inconnu du grand public: le traitement dégradant auquel sont actuellement soumis au Canada les demandeurs d'asile, surtout musulmans, aux- IRAK.Hôpital pediatrique de Kerbala, février 1998.5000 enfants meurent chaque mois en Irak faute de médicaments, dont l'arrivée est bloquée par un embargo international.quels il manque des documents d'identification.Des ressortissants irakiens, iraniens, afghans ou pakistanais sont empnsonnés ici, au Québec, au centre de détention de Laval (et ailleurs au Canada dans des centres de Toronto et Vancouver) pendant des pénodes indéterminées.Les maris sont séparés des femmes et des enfants.Ils ne peuvent sortir prendre l'air que vingt minutes par jour.Les femmes avec enfants sont libérées alors que leurs maris restent détenus.Paralysées de peur, elles ne demandent pas d'aide juridique ou d'aucun autre type.La Forteresse Amérique «Maintenant, le mot 11 septembre est invoqué telle une incantation magique afin d'étouffer le débat, de compromettre l'analyse cntique», écnt George Radwanski.«On ne peut pas simplement commencer à vivre selon le lâche et commode dicton "rien à cacher, rien à craindre".» Le commissaire canadien à la vie privée identifie quatre motifs de s'inquiéter: la création d'une base de données sur chaque voyageur au Canada ; l'initiative «accès légal-, pour l'interception des communications téléphoniques et sur Internet ; les cartes d'identité biométnques (avec empreintes digitales et photos rétiniennes); ainsi que la surveillance vidéo généralisée des endroits publics à travers le Canada.Ce genre de dispositif existe à Washington, rapportait le New York Times Magazine, le 23 février 2003, dans une analvse intitulée Forteresse Amérique.Le Joint Opérations Command Center (JOCC) dessert le FBI, la Maison Blanche et le Département d'État."Le système intègre des milliers de caméras dans des centres d'achat et des édifices à bureaux», dit un chef de police.Le Canada dépensera 7,7 milliards de dollars en sept ans pour ces mesures de sécurité.Jean-Louis Roy, ancien directeur du quotidien Le Devoir, récemment nommé président du centre montréalais Droit et démocratie, s'inquiète: avec la loi C-17, «la présomption d'innocence n'existe plus.Tous ceux qui prennent l'avion sont suspects.Il y a un danger de recoupages et d'incriminations iniustes au moyen du nom, ainsi que du profilage racial».22 I RECTO VERSO MARS/AVRIL 2003 Comprendre et agir Pour une paix juste I ans la police a tendance à effectuer des arrestations massives lors de manifestations, plutôt que de se limiter aux fauteurs de troubles.Cela est arnvé le 26 avril 2002 à une manifestation où la CLAC (Coalition des luttes anti-capitalistes) était présente en force au square Dominion, a Montréal.Il s'agit d'une menace à l'endroit de la liberté de manifester pacifiquement.■ Mc Julius Grey, avocat montréalais et militant pour les droits de la personne, nuance cette cntique et note une relative modération du gouvernement canadien dans ces pratiques: «On n'a pas éliminé YHabeas Corpus.La Charte des droits continue à s'appliquer.Cependant, des lois telles que C-3b et C-35 constituent des menaces aux droits de la personne.» vement international contre le Nouvel ordre mondial.» Ce mouvement s'est structuré en Amérique latine avec l'alliance parlementaire de gauche Foro de Sao Paolo.La coalition québécoise Echec à la guerre coordonne son action à l'échelle mondiale avec le Forum social européen et les organisations améncaines Answers et United For Peace, rapporte Francine Nemeh, directrice de l'AQOCI.L'ampleur des manifestations des 15 février et 15 mars 2003 (qui ont fait descendre 150000 puis 200000 personnes dans les rues de Montréal I résulte d'un travail de sensibilisation de l'opinion publique entrepns en 1998 par Raymond Legault et une dizaine de militants d'Objection de conscience, après la reprise des bombardements sur ■ Au Canada, des demandeurs d'asile musulmans sont emprisonnés ou refoulés vers les États-Unis.Rs sont considérés comme «risques sécuritaires».André Paradis, directeur de la Ligue des droits et libertés du Québec, expnme sa profonde opposition à l'initiative fédérale d" «accès légal » qui «donne aux agents de la GRC et de la police un accès sans restrictions à des archives personnelles et à l'ensemble des communications électroniques, sans mandat d'un |uge».Il cntique aussi les mesures de détention préventive prévues par la loi anti-terronste C-3b, adoptée en 2001, qui violent le principe de YHabeas Corpus.«Le gouvernement n'a pas démontré que toutes ces mesures sont proportionnelles aux objectifs recherchés et nous croyons qu'elles portent atteinte aux droits de la personne», ajoute M.Paradis.Une liste de 1000 personnes Les pratiques policières au Canada sont devenues plus sévères.Selon André Paradis, les forces de l'ordre ont dressé une liste de mille personnes considérées comme nsques sécuritaires lors du sommet de l'APEC (Association Asie-Pacifique), en avril 2002.Cette liste comportait les noms des Ragffig Grannies (Grands-mères en colère), de membres d'Amnistie Internationale et de Droits et démocratie (présidé à l'époque par M.Warren Allmand, ancien Solliciteur général du Canada).« Depuis deux ou trois Retour de la torture The Exonomist, organe officieux de l'establishment financier mondial, a mis la torture en page couverture, en janvier 2003.77v Econonust cite un haut fonctionnaire amen-cain: «Si vous ne violez pas les droits humains de quelqu'un, au moins une partie du temps, vous ne faites pas votre boulot.» On pratique la torture à la base de l'armée de l'air améneaine de Bagram, près de Kaboul, et sur l'île Diego Garcia, la forteresse S anglo-américaine de l'Océan s Indien, hors de la lundiction s des tnbunaux.On sait qu'a la ! base américaine de Guanta-namo, sur l'île de Cuba, des détenus présumes membres d'Al-Qaida, se sont suicides Ces faits sont de nature à attester la généralisation de la pratique de la torture.Sommes-nous à la merci des nouveaux seigneurs de la guerre, zélateurs de sectes religieuses, magnats du pétrole et des médias' Tas du tout, répond l'avocat Willliam Sloan :
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