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Titre :
Vie ouvrière.
Vie ouvrière est une revue catholique mensuelle d'animation sociale engagée pour la cause ouvrière qui a été publiée à Montréal de 1979 à 1990. [...]
La revue mensuelle Vie ouvrière est publiée à Montréal de 1979 à 1990. Elle fait suite à Dossiers « Vie ouvrière » (1974-1978), revue catholique d'animation sociale engagée dans le monde ouvrier, élargissant ses préoccupations aux laissés pour compte des luttes syndicales : travailleurs non syndiqués, pauvres, chômeurs, assistés sociaux et marginaux. Vie ouvrière montre aussi une sensibilité à l'égard d'un large éventail de problématiques sociales plus larges. La montée du féminisme a des répercussions sur les orientations de la revue. La question autochtone fait aussi l'objet d'une certaine attention; le dossier d'avril 1979 y est consacré. Vie ouvrière fait une place plus grande aux militants chrétiens impliqués dans le missionnariat et la coopération internationale, et on y trouve de nombreux dossiers et articles à saveur altermondialiste sur la solidarité internationale. La première livraison de 1981 marque une rupture dans la facture visuelle de Vie ouvrière. La page couverture monochrome habituelle fait place à une page illustrée et colorée et des photographies et des illustrations parsèment maintenant les textes, donnant une allure de magazine à la revue. Celle-ci procède toutefois toujours par enquêtes, reportages et articles de fond. Vie ouvrière fait partie d'une longue série de publications incluant aussi le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990) et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004). La publication de Vie ouvrière résulte d'une collaboration entre le Centre de pastorale en milieu ouvrier, la Jeunesse ouvrière catholique et le Mouvement des travailleurs chrétiens. VALLIÈRES, Pierre, « Le magazine de Vie ouvrière - 40e anniversaire. Troisième partie : les années 70 - L'utopie et l'institution », VO, no 232, septembre-octobre 1991, p. 12-14.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1979-1990
Contenu spécifique :
février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Dossiers "Vie ouvrière",
  • Successeur :
  • VO
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Références

Vie ouvrière., 1980, Collections de BAnQ.

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DOSSIERS ___1VIE OUVRIÈRE"_____________ AU SERVICE DES MILITANTS CHRÉTIENS DU MONDE OUVRIER Comité de rédaction Denise Gauthier, Carmelle Théberge, Robert Guimond.Rasmond L Guy Ménard.André Bcauregard.Jean-Paul St-Germam Collaboration: Jeunesse Ouvrière Chrétienne (J.O.C.) Mouvement des Travailleurs Chrétiens ( \1 I I Centre de Pastorale en Milieu Ouvrier (C P MO.) Paul-Émile Charland.directeur Lucie Leboeuf, recherchiste Conception graphique: La bonne mine enr.Montage et illustrations: Ginette Loranger Composition typographique : Jacques Maltais Secrétariat : Françoise L.apchuk Abonnement: S12.00 par année ($22.00 pour deux ans| À l'étranger: $15.00 par année Vente à l'unité: $2.00 l'exemplaire (réduction ,i l.i dizaine) Éditeur: Revue Vie Ouvrière Inc.Adresse: 1201 rue Visitation, Montréal, Canada, 1121 3B5 lelephone: (514) 524-3561 Courrier de deuxième classe Enregistrement no 0220 ISBN 0384-1146 Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec Indexée dans le Répertoire analytique d'articles de revues (RADAR) Imprimerie Notre-Dame.Richelieu, Que SOmiîiaire Février 1980 — Vol.XXX, N» 142 Éditorial Tel travail, tels loisirs Paul-Émile Charland 70 Dossier Des loisirs pour les travailleurs Michel Nolin 73 Quand on tombe à la retraite Interview 79 Des jeunes du quartier Maisonneuve Marcel Lebel 82 Mamans et enfants nous parlent de leurs loisirs Interview 85 Les loisirs: au service de qui?Richard Nicol 87 Le Patro: mon deuxième chez-nous Huguette 92 Au delà du hockey Pierre Bilodeau 94 L'expérience de la J.O.C.avec les 14-17 ans Marcel Lebel 101 D'un loisir consommateur à un loisir libérateur 105 Amitié-Soleil Témoignages 108 Les vacances, un miracle ou un droit?Denise Piquette 111 L'expérience d'un camp familial Hermile Barabé 115 Pourquoi les travailleurs en loisir veulent se syndiquer Michel Nolin 118 Foi et engagement Le Christ de l'histoire et de la foi C.P.M.O.123 Événements ouvriers À quoi ont mené trois ans de lutte?Association du Personnel Domestique 129 itoiia Tel travail Si l'on en croit les sociologues, le loisir serait né, à l'époque moderne, des conditions de contrainte et de dés-humanisation engendrées par l'avènement de la technique1.Le besoin de loisir serait donc un effet et un symptôme tout à la fois de la déshumanisât ion des milieux de travail.De là l'ambiguïté du loisir qui porte en lui-même un aspect positif de développement personnel et collectif, mais en même temps la révélation d'une situation pénible pour les travailleurs.Une conquête ouvrière Nous avons vu, poursuit Montmi-gny, que l'univers de l'usine dans lequel la technique avait plongé l'ouvrier était un univers impersonnel où le travailleur ne parvenait pas à s'exprimer totalement comme une personne humaine.Dans cet univers, sa liberté était comprimée, voire même annihilée.L'ouvrier fut ainsi conduit à chercher hors du travail, dans ses heures de loisir, l'occasion de se retrouver.C'est pourquoi nous pouvons dire que le loisir a été une conquête 1 Jean-Paul Montmigny, L'univers du Montréal 1962, p.29-40.tels loisirs des revendications ouvrières.La conquête d'une liberté qui permettait au travailleur de trouver une compensation, sur le plan humain global, à la contrainte imposée par son milieu de travail.Conquête qui s'exprime en termes de réduction de la semaine de travail qui est passée, dans la plupart des cas, de 60 à 45 ou 40 heures.Mais ces conquêtes n'ont rien changé au milieu de travail qui reste autant, sinon parfois davantage, un endroit où l'homme fait partie de la machine.Le loisir risque ainsi d'être une solution de facilité pour faire accepter l'automation ou des conditions de travail peu enviables.À tel travail, tel loisir.En effet, en même temps que le loisir apparaît comme une compensation à la fatigue et à la monotonie engendrées par le travail, il apparaît également comme conditionné, pour une large part, par le travail lui-même.À un travail donné correspondra un loisir donné.L'ouvrier cherche ainsi à fuir son univers du travail, mais en même temps, et dans le choix même de son moyen ir.Dans: Éducation des adultes, cahier n° 12.70 d'évasion, il tiendra plus ou moins consciemment compte de cet univers du travail.La passivité dans les loisirs, par exemple, n'est-elle pas un reflet du manque de participation au travail?Une conquête qui nous échappe Cette conquête ouvrière qu'est le loisir pour les travailleurs, risque constamment de leur échapper.Cela, de multiples façons.D'abord, un salaire insuffisant oblige à un deuxième emploi qui gruge le temps de loisirs.Puis, le travail de nuit et les quarts rotatifs empêchent de participer aux activités de groupes.D'autre part, l'absence d'équipements de loisir familial à prix abordable, oblige les familles ouvrières à se contenter du "balconville".Selon Pierre Vincent, de La Presse, quatre québécois sur dix ne prennent même pas de vacances (19 mai 1979, Al).Et lorsque des subventions viendraient les aider, les familles dénoncent qu'elles se voient imposer des animateurs au lieu de les laisser elles-mêmes se prendre en mains.Le loisir échappe aux travailleurs.Aidé par la technique qui a commercialisé le loisir, l'ouvrier optera pour un loisir qui est finalement imposé par la publicité.Nous avons là un curieux paradoxe.Car la liberté que l'homme voulait retrouver en fuyant son milieu de travail, il l'abandonne à l'intérieur même de ses heures de loisir.À l'aliénation causée par le travail, succède l'aliénation nouvelle introduite par un loisir que l'homme ne choisit plus vraiment.Des alternatives nouvelles Le dossier que nous présentons voudrait montrer que la classe ouvrière est capable, quand elle s'en donne la peine, de prendre en mains ses loisirs afin de les rendre éducatifs et libérateurs.Nous avons fait appel le plus possible aux personnes intéressées elles-mêmes pour nous faire connaître leurs situations et leurs expériences.Les gens du troisième âge refusent de se voir "amuser" avec des loisirs qui les maintiennent dans la passivité et l'insignifiance.Le groupes des 3R de Rosemont et l'Association québécoise des retraités (A.Q.D.R.) ont réagi en s'organisant pour se donner des loisirs libérateurs.Contre l'exploitation des jeunes par le hockey, des animateurs de Québec ont réussi à intéresser un club Midget B à développer son sens des responsabilités.Des mères de familles ouvrières, qui sont souvent les plus défavorisées en fait de loisir, se sont donné des temps et des lieux d'amitié où elles peuvent s'éveiller à leur milieu.Des familles ouvrières se sont regroupées pour mettre en commun leurs talents afin de pouvoir se donner des vacances et des possibilités de loisirs tout au long de l'année.Nous avons fait appel à des travailleurs en loisir pour présenter le contexte actuel du loisir dans la classe ouvrière.Ils analysent les témoignages et les expériences contenus dans le dossier.Mais leurs conditions de travail font aussi l'objet d'une analyse critique chez ceux qui se veulent 71 au service de la classe ouvrière, non pas uniquement pour la récréer, mais aussi pour la "recréer".Le droit à la paresse Cette expression bouleverse notre morale du travail, mais elle rejoint une des dimensions fondamentales de la tradition judéo-chrétienne du repos sabbatique.L'homme ne doit pas de- venir l'esclave du travail, mais la société doit lui aménager des temps de loisir.Actuellement, le travail du dimanche reprend sournoisement le terrain, comme une mauvaise herbe sur une terre laissée en friche.Il est temps pour les travailleurs d'y opposer un hôlà, au nom de leur diginité humaine.Paul-Émile Charland Prochain dossier Les adolescents de la classe ouvrière La parole est aux adolescents qui disent leurs réactions devant la famille, l'école, le travail actuel et futur.Parents et éducateurs se questionnent devant l'avenir des futurs travailleurs que sont les adolescents d'aujourd'hui.(à paraître en mars) 72 Ollt^T Des loisirs pour les travailleurs Michel Nolin professeur à l'U.Q.T.R.Ayant à l'esprit que les lecteurs et lectrices de "Vie Ouvrière" sont pour la plupart des personnes engagées socialement (ou tout au moins en alliance politiquement) avec la classe ouvrière, nous abordons l'objet de notre présentation dans une optique d'analyse du phénomène loisir.Pour la partie descriptive du sujet, notre appui demeure la section du dossier présentant des témoignages en regard d'expériences de valeurs en loisir vécues au sein de la classe ouvrière.Le phénomène loisir recouvre un ensemble de facettes qui pour leur présentation demandent d'être situées dans un contexte avec des données à l'appui.Malheureusement, les connaissances de la classe ouvrière sur son "vécu-loisir" n'en sont qu'à l'état embryonnaire.Par exemple, à quoi correspond le concept loisir pour celui ou celle qui travaille la nuit, pour la mère célibataire, le chômeur, le gars et la fille qui triment au chantier de la Baie James, le jeune qui rejoint la gang de la "shop" à la taverne après l'ouvrage.Le loisir est-il seulement une activité routinière (cf.: le lèche vitrine au centre commercial?), un moment pour récupérer ses énergies (cf.: la "télévite" d'après le souper?), un lieu qui nous sort du cadre physique (cf.: la partie de bingo au sous-sol de l'église?), ou une conjugaison de ces différentes significations?Également sont peu connues les recherches cernant les relations entre les luttes des syndiqués pour le renouvellement des conventions collectives et leurs incidences sur la vie hors-travail des ouvriers et ouvrières.Notre approche pour ce dossier devient forcément restrictive et limitée à identifier, pour l'instant, la nature du phénomène loisir sous un de ses aspects, celui du temps.73 Peut-être que cette notion de temps devient un dénominateur commun sur lequel les gens pensent avoir un droit acquis mais dont le contrôle leur échappe.Notre propos consiste donc à situer brièvement les principales coordonnées du contexte dans lequel évolue la classe ouvrière et à reconnaître, pour cette dernière, dans quelles conditions le loisir lui est accessible.En guise de réflexion finale, nous vous proposons, non pas les prix-bonis style "Air Canada et les 14 Soleils", mais certaines orientations pouvant amener la classe ouvrière à vivre son loisir et ses loisirs (activités) dans une optique différente de la pure consommation de biens et de services.Une question de temps Sans prendre un temps fou.à définir la notion du temps, disons tout de même que c'est une dimension importante de notre existence permettant de nous situer à un moment donné.Cette dimension se mesure (heure, jour, minute, etc.); mise en relation avec d'autres variables, nous pouvons lui attribuer un coût.Le temps d'une caissière dans un établissement d'épargne et de crédit lui vaut $3.89 dollars l'heure pour une semaine de 40 heures en 1977.Faut voir ce qui revient comme salaire net à l'ouvrier cependant! On lui accorde alors une valeur économique.Le temps possède aussi un caractère politique lorsque nous signifions que tel événement est historique.Par exemple, pensons à la fête du 1" mai, journée internationale de la classe ouvrière.Les situations de temps de travail, temps de loisr, temps passé avec sa famille, ses amis, à militer avec les groupes populaires: toute cela réfère à la portée idéologique, culturelle et sociale attribuée à la notion de temps.En plus de qualifier le temps (moments agréables, les temps sont durs!), mentionnons que la classe ouvrière parvient difficilement à s'approprier son temps.Des luttes menées par la classe ouvrière s'avèrent significatives à cet effet.Les sndicats se battent pour réduire le temps de travail quotidien ou pour obtenir certains gains au niveau des vacances.74 Mais les quelques résultats qualifiés peut-être de favorables aux travailleurs ne constituent pas une monnaie courante pour la classe ouvrière.Les conditions du double emploi vécues au sein d'une famille en raison d'une situation économique précaire; la ménagère qui prépare les repas, fait le ménage, court de l'épicerie à l'hôpital et en soirée se rend à la réunion des parents à l'école (ouf!); le chômeur obligatoirement disponible pour tout genre de "jobs" sous peine de pénalités en regard de ses prestations, voilà autant de réalités qui prévalent pour le "monde ordinaire".Ce qui démontre que l'utilisation de notre temps correspond peu souvent à un choix délibéré.Que ce soient les obligations, les contraintes, les habitudes, il en demeure que la partie du temps sous notre contrôle est passablement réduite.Temps de loisir Ce préambule conduit à parler de temps de loisir distinct évidemment des autres catégories: le temps libre utilisé pour un ensemble d'activités telles les obligations domestiques, familiales, civiles, syndicales, religieuses, sociales, le sommeil, les repas et les soins personnels.Que reste-t-il du temps de loisir?Reconnaissons quelques caractéristiques propres au loisir et certaines conditions liées à son exercice.Liberté, gratuité, plaisir, épanouissement, voilà quatre aspects que l'on souhaite retrouver dans une situation de loisir, mais l'individu doit avoir aussi la possibilité de faire ses choix parmi les expériences de loisir.Ceci implique que la personne est informée de l'ensemble des options possibles et que les conditions (matérielles, intellectuelles, psychologiques et autres) pour réaliser l'une d'entre elles s'avèrent réunies et respectées lors de ce choix.L'on comprendra qu'un analphabète, un handicapé visuel, un ouvrier au salaire minimum, une mère de famille monoparentale ayant des enfants d'âge scolaire, pour ne donner que ces exemples, représentent des individus dont la situation est susceptible de réduire, pour ne pas dire annuler, les possibilités d'expériences en loisir.Se dégage des énoncés précédents, le fait que le temps de loisir occupe une portion infime de notre temps; l'"action-loisir" se réalise dans un cadre où certaines contraintes s'imposent.75 Conditions offertes à la classe ouvrière pour vivre son loisir Dans les milieux de travail, des interrogations se posent quand vient le temps de renouveler la convention collective.Non seulement les travailleurs combattent pour conserver leurs droits acquis, mais la situation les contraint souvent à privilégier certaines demandes.Doit-on négocier prioritairement la question des salaires ou tenter d'améliorer des conditions telles la sécurité d'emploi, la santé-sécurité à l'ouvrage, les horaires de travail, etc.?Cette deuxième option, bien qu'ayant des incidences sur la vie familiale et sociale des ouvriers, demeure possible dans la mesure où un seuil minimal au plan salarial permet de répondre aux besoins vitaux.Que penser des ouvriers et ouvrières confinés dans des lieux de travail et ne pouvant recourir à une protection syndicale pour l'instant.Une situation similaire se présente pour les sans-emplois, les retraités, les assistés sociaux et tous les autres sous la tutelle des gouvernements.Un premier combat individuel peut être mené, mais l'organisation collective devient souvent le moyen le plus efficace pour obtenir gain de cause.L'on comprendra facilement que pour tous ces gens, leur chèque de prestation ne se trouve pas majoré de 4% au mois de juin ou juillet.Non! Rien de mieux que de conserver la routine, ainsi on ne se crée pas de nouvelles habitudes, pensent ces ministres responsables de la dépendance sociale.Un autre élément de la vie sociale place la classe ouvrière dans une situation défavorable: le temps du loisir disponible lors des vacances, des fins de semaines, des congés fériés.Il faut voir ce qu'exigent ces périodes d'activités: les coûts d'inscription, les équipements, l'habillement, le transport, le matériel (ex., terre cuite, peinture, etc.), les frais de gardienne, etc.Viennent s'ajouter d'autres contraintes de l'ordre de l'accessibilité (cf.: les handicapés) et de la disponibilité des équipements, des habiletés techniques minimales pour profiter d'une activité, ou encore des imprévus de fins de saison: tournois, spectacles, party, etc.À qui s'avèrent accessibles de tels loisirs?Au plan des services municipaux par exemple, peut-on retrouver une gamme d'activités de loisirs qui donne accès à la classe ouvrière et qui rejoint ses intérêts?La tendance de ces organisations d'offrir une programmation d'activités "style cafétéria", risque d'avoir comme 76 résultat encore une fois que les gens du bas de la ville ou du centre-ville devront s'organiser entre eux.Le feuillet publicitaire du Service des Loisirs vous présente 15, 20 ou 40 activités, mais à quelles conditions?Quels sont les critères de participation, entre autres, les coûts d'inscription?Sous le principe de ne pas faire de discrimination, le Conseil municipal décide que tout le monde paye le même prix.Mais combien coûte l'inscription d'un jeune au hockey, y incluant les frais afférents, pour celui ou celle qui gagne $20 ou $30,000 dollars comme revenu familial?Le pourcentage consacré aux loisirs varie énormément et les possibilités s'amenuisent pour ne pas dire disparaissent quand les augmentations salariales ne suivent pas le coût de la vie.Tout en considérant que la dépense majeure d'énergie humaine se fait à l'ouvrage (et ceci pour la ménagère), le temps de loisir devient donc un temps de récupération, mais des contraintes comme un faible revenu, la maladie, le manque d'information et autres, entravent la réalisation d'activités récréatives.Nous tenons quand même, dans une dernière partie, à exposer certaines orientations possibles d'une action militante par le biais du loisir.Des orientations du loisir actualisées par l'action Soyons clair au départ: notre projet politique rejoint d'emblée l'option proposée par le dossier "Vie Ouvrière" sur la question nationale.1 En ce sens nous entendons contribuer à notre façon à la construction d'un projet factuel de société socialiste.De toute évidence, le premier combat se livre sur le terrain du monde du travail.Aux luttes à mener au niveau salarial se conjuguent des actions pour obtenir un ensemble de conditions de travail plus humaines.Tout gain sur ce plan aura des répercussions sur le quotidien de l'ouvrier et de l'ouvrière.Est-ce que ces derniers devront utiliser une réduction du nombre d'heures/semaine de travail pour occuper un deuxième emploi ou pour se donner des loisirs?L'autre partie du combat, axée sur la prise de conscience de sa domination et de son exploitation par d'autres ficelles du système capitaliste, prend alors autant d'importance.1 Question nationale et réalité ouvrière, Ed.Revue Vie Ouvrière Inc., janvier 1980, vol.XXX, no 141, p.68.77 Et cette perspective déjà amorcée hors des lieux de travail, d'avoir des groupes voués à l'organisation de projets sociaux tels la mise sur pied de garderies, de camps familiaux pour les familles des travailleurs.Ces milieux, hors du contexte proprement dit du travail, permettent le développement de liens amicaux, de solidarités au niveau de la classe ouvrière.De ces expériences, ressortent des actions telles celles des femmes de travailleurs devenues des piliers, des supports très importants lors des conflits de travail.Toute l'orientation donnée à la retraite et à la pré-retraite.Cette préparation va plus loin que le fait de s'assurer un fond de pension.Dans cette voie, les milieux syndicaux, les groupes populaires et les groupements de personnes âgées ont intérêt à s'allier pour contrôler les actions en ce domaine.Les employeurs continueront-ils à gérer seuls ces argents accumulés?Les institutions scolaires définiront-elles en vase clos des programmes de formation?Les politiciens utiliseront-ils les argents pour de tels projets à des fins électoralistes?Nous pensons aussi au secteur d'habitation, à des résidents d'un H.L.M., d'un pâté de maisons, d'un quartier intéressé à créer des lieux de rassemblement, à vivre des activités communautaires.La sempiternelle dépendance face aux gouvernements pour l'obtention de subventions existe encore mais il peut tout de même se réaliser, sur la base de la coopération dans le voisinage, l'aménagement d'un milieu de vie qui soit satisfaisant.L'époque des corvées s'avère révolue mais il n'en demeure pas moins qu'un intérêt existe de la part de certaines gens pour vivre une vie communautaire quelque peu intense et enrichissante.Au même titre que se sont développées des coopératives d'habitation, d'alimentation, de journaux et radio communautaires, pourraient s'organiser des coops d'achat en groupe d'équipements de loisirs, des regroupements de protection de consommateurs en loisir, des coopératives de gestion d'équipements et de production des biens et services en loisir.Fondamentalement, et là-dessus nous concluons notre propos, le loisir constitue, pour les capitalistes, un bien à consommer.Pour la classe ouvrière, notre souhait s'exprime par l'idée que les gens considèrent leurs expériences de loisirs comme plaisantes, agréables, le "fun" bien sûr, mais aussi comme un ferment qui crée les solidarités au sein d'une même classe sociale et de ses alliés.En ce sens, le loisir prend toute une couleur politique! TÉMOICMACES Quand on "tombe à la retraite t / Pour beaucoup de travailleurs et travailleuses et ménagères-travailleuses, à 65 ans, "on tombe à la retraite", comme on tombe sur le Bien-Être, sur le chômage.et on tombe de haut.C'est comme perdre subitement une "personne chère", puisque subitement, à 65 ans on est déclaré "inutile" et l'on se voit brusquement coupé de tout ce qui a constitué le tissu de sa vie, le travail où souvent se retrouvaient aussi les amis.Maintenant, "un inutile", enferré dans sa solitude".Que de pessimisme, direz-vous.Au contraire, le monde rêve à sa retraite où enfin ils feront ce qu'ils veulent.Sous peine de me contredire, je vous répondrai: "d'accord".Mais entre le rêve et la réalité, un fossé à explorer.Quand la retraite arrive Pour l'homme qui partait tous les matins, boîte à lunch en main, il aspire à la chaleur du foyer, à la tranquillité, enfin chez soi: se reposer, pas de boss qui pousse dans le dos.Pour la femme au foyer, c'est maintenant la promesse de combien de sorties heureuses avec son mari: quitter ses chaudrons.Comment arriveront-ils à concilier leurs rêves cachés?Conflits menaçants à l'horizon et même des séparations.sinon parfois des suicides.Urgence: se retrouver.On proposera bien aux personnes retraitées des voyages, des bingos, des parties de cartes.mais ce ne sont que des palliatifs.On ne voyage pas 365 jours par année: de plus il faut de l'argent, il faut une bonne santé.Et nous touchons ici des points chauds chez les personnes à la retraite."Pourquoi 63% sous le seuil de la pauvreté?" On s'est interrogé d'abord sur la réalité de la majorité des retraités et des pré-retraités qui vivent sous le seuil de la pauvreté.Pourquoi il en est ainsi?À cause du manque d'instruction et des conditions que nous avons connues: la crise, deux guerres, le chômage; à cause des bas Note: Rencontre avec deux militants de l'Association des 3 R de Roseraont.79 salaires, des grosses familles et du manque de plans de pension.À cause aussi du système économique fondé sur le profit pour une poignée de financiers qui dominent la société.À cause de la non-syndicalisation: 70% de non-syndiqués et 63% de retraités pauvres, ça s'accorde.Enfin à cause du manque d'organisation, du faible niveau de conscience et du manque de moyens pour nous organiser.Du temps pour soi Si on arrive à une étape de sa vie où enfin on aura du temps libre, tout ne va pas de soi.Pour de nombreux retraités, c'est la hantise de la solitude, la route de l'angoisse.Peut-on espérer changer cette réalité et que la retraite prenne nom: "temps de vivre", "pouvoir faire ce qu'on aime".Notre vision courante du loisir aura à se questionner.Nous parlons plutôt à l'Association des 3 R du temps libéré.Il ne s'agit surtout pas de chercher à remplir les trous de l'horaire, faire passer le temps; attitude sévèrement reprochée par nos deux interlocutrices, aux groupes de l'Âge d'Or, aux projets Horizons."Les projets de l'Association doivent viser la prise en charge globale de notre vie: "garder ensemble la direction de notre navire".On ne veut pas d'un loisir compensation, somnifère.Mais ça dérange! On préfère payer les pilules, bâtir des prisons dorées et y faire jouer aux cartes.Se loger Une angoisse particulière, c'est le logement: "Le logement acquiert avec l'âge une importance primordiale.Au fur et à mesure que la mobilité de l'individu décline et que son espace vital se restreint, son domicile tend à devenir un château fort.L'habitat n'est plus alors un relais mais un univers" (Manifeste Vieillir chez soi, A.Q.D.R., p.27).Bâtir des cages, soient-elles dorées, ne vient rien régler."Outre que l'on peut discuter la plus ou moins grande part du budget que le gouvernement affecte au troisième âge, il en affecte actuellement 8% pour les services à domicile (92% des ressources vont aux institutions: construction, entretien, coût d'opération.)" (Manifeste Vieillir chez soi, A.Q.D.R., p.32).Rester dans son quartier, avec tout ce que sa vie a accumulé de souvenirs et qui fait vivre, avec les enfants et les plus grands, avec tout P beau monde, le vrai monde: c'est là un des désirs les plus tenaces.L'isolement créé dans les foyers d'accueil et les H.L.M.ne sont trop souvent qu'un facteur qui invite à "se détruire entre nous" et comme seul projet réel, "se laisser mourir." La peur Notre société n'est pas organisée pour accueillir positivement les personnes à la retraite.Et les gens âgés forment en grande majorité une clientèle fatiguée, "née pour un petit pain", facilement craintive lorsqu'on lui parle de ses droits à exiger.Crain- 80 tive par des peurs que la société, par ses média et le discours de ses person- 7*>c nrJit inii/»c lui nlannpnt nnnr nages politiques, lui plaquent pour facilement la garder docile et ICf* plus soumise La peur, une arme facile avec les personnes âgées, personnes vulnérables qu'on aime bien courtiser en temps d'élection: il suffit d'évoquer la menace des pensions qui tombent, du communisme à nos portes.pour éteindre toute velléité de revendication."Les retraités disposent d'un temps considérable où ils pourraient s'adonner à des activités utiles et créatrices selon leurs possibilités.Leurs faibles revenus les coupent d'activités possibles mais qui demandent des ressour- ces qu'ils n'ont pas" (Manifeste Vieilli» chez soi, A.Q.D.R., p.42).On constate dans notre association, un recoupement évident entre les niveaux de revenus et les deux tendances: — consommation de services; — prise en charge en fonction de nos besoins à tous.Ça fait mal et ça dérange de réaliser que 63% des personnes âgées vivent sous le seuil de la pauvreté et que les femmes sont les plus touchées.Si les loisirs ça occupe le temps et ça fait oublier, pour les 3 R il en est autrement: c'est une école pour soutenir une prise en charge collective de notre temps, de notre vie.L'Âge d'Or Sur l'air de: "Jamais.L'Âge d'or.La pauvreté pour la majorité Alors.Que devrait-on faire pour la société?La femme, ne vous en faites pas, n'est pas épargnée.Le drame: peu de gens viennent nous appuyer.Avoir 65 ans, l'âge du bien-être C'est un peu décourageant d'être à la fenêtre Apportez des suggestions.Nous les ferons nôtres Pour faire des propositions, il faut qu'on s'épaule À tous les retraités Qui pensent être maltraités Nous vous disons Annonçons et chantons Changeons notre société Avant l'été Et sans pitié 81 Des jeunes du quartier Maisonneuve Marcel Lebel Depuis cinq ans, j'anime des groupes d'adolescents du quartier Maisonneuve, plus précisément dans le secteur des rues Pie IX et Ste-Catherine.J'ai connu deux générations de jeunes.Ceux de la première ont maintenant dix-huit ans et plus.L'an dernier, j'ai recommencé avec un nouveau groupe de 14-17 ans.C'est d'eux qu'il sera question.Qui sont-ils?Ce sont des gars et des filles âgés entre 14 et 17 ans.La plupart vont à l'école, mais beaucoup d'entre eux laissent l'école à 15 et 16 ans.Un pourcentage très faible de jeunes du quartier entreprennent des études au niveau du CEGEP et un pourcentage encore plus faible les termine.Sur la cinquantaine de jeunes que j'ai connus et qui ont maintenant 18 ans et plus, un seul a terminé son CEGEP.Le pourcentage de ceux qui accéderont à des études au-delà du secondaire ne s'annonce pas plus élevé pour la nouvelle génération.L'an dernier, sur un groupe de quatorze, deux ont terminé leur secondaire pour s'orienter du côté du Secteur professionnel, quatre ont laissé l'école et deux seulement rêvent d'aller au CEGEP.Ce sont des jeunes de la classe ouvrière qui seront sur le marché du travail dans quelques années.L'avenir qu'ils peuvent déjà envisager c'est celui de travailleur d'usine, de bureau, de magasin, d'entrepôts, enfin là où ils pourront se trouver un travail.Comme ils ne pourront pas se permettre de choisir s'ils veulent travailler, ils devront accepter les emplois les moins bien payés, dans des milieux où les conditions de travail sont les moins respectées.L'avenir, ce sera aussi le temps partiel et le chômage périodique ou prolongé.Du temps libre peu organisé Du temps libre, ils en ont.C'est une minorité d'étudiants qui restent chez eux le soir pour étudier.Comme la plupart ne sont pas très motivés par les études, ils ont leurs soirs et leurs fins de semaine pour faire autre 82 chose.C'est évidemment la même chose pour ceux du groupe qui travaillent ou qui chôment.Que font-ils de tous ces temps libres?Ils vont passer une soirée ou l'autre au Centre de Loisirs pour jouer au hockey Cosom ou sur une table de Mississipi.Pour eux, le mot "loisir" veut dire sport.Ils perçoivent en effet le Centre comme un lieu pour faire du sport, occuper les jeunes, et où ils peuvent se retrouver en gang.Mais le Centre, même s'ils l'apprécient, les laisse insatisfaits.Les activités sont davantage organisées en fonction des plus jeunes et des plus vieux."Au Centre on fait du sport, on se tient avec notre gang, mais on ne peut pas être sérieux.Ça niaise trop." La plupart du temps, ils se retrouvent en gang quelque part, soit chez l'un ou l'autre quand c'est possible, dans la rue, au restaurant, dans les parcs, les discos et, de temps en temps, au cinéma.Quelqu'un me disait dernièrement que leur seul soir qu'ils considèrent organisé, c'est le vendredi au local de la JOC.Le reste du temps, ils l'organisent à mesure à partir de la gang.L'absence quasi totale de loisirs organisés en fonction d'eux, peut être une explication du phénomène des gangs dans le quartier.Pour les jeunes, la vie à l'école, dans la famille, au Centre de Loisirs, c'est une vie organisée et contrôlée par les adultes.Dans ces différents milieux où ils ont à vivre une bonne part de leur temps, ils n'ont pas à prendre de décisions ni de responsabilités, sauf si les adul- tes leur en donnent la possibilité, ce qui est rarement le cas.Là où ils se sentent le moins contrôlés par les adultes, c'est dans la rue, les parcs, les restaurants et dans les lieux publics en général.Dans ces milieux ils se sentent plus libres de faire ce qu'ils veulent.C'est là qu'ils vont commencer à se retrouver le plus souvent et qu'ils vont commencer à vivre une certaine autonomie, et la première "organisation" qu'ils se donnent, c'est la gang.Ils se regroupent spontanément autour de quelques leaders naturels et ils décident au jour le jour ce qu'ils vont faire ensemble.Des étés "plates" En août, lorsque je leur ai demandé quelle sorte de vacances ils avaient passées, la plupart m'ont répondu: "C'a été plate, on n'avait rien à faire." Je leur posais cette question devant le cinéma Mercier.C'était en effet l'endroit qu'ils avaient choisi pour se retrouver en gang durant l'été.C'était leur point de ralliement.L'été précédent ils avaient aussi passé un été "plate" à dépenser leur argent chez Gagnon ou chez Harry's, à se tenir en gang (une quarantaine parfois) et à user les gazons du CLSC, quand la police ou quelqu'un d'autre n'arrivait pas pour les faire circuler.Cet été, ils avaient changé d'endroit, mais c'était toujours le même circuit: le trottoir devant un cinéma, un restaurant et le parc.Parfois, c'était le Centre mais, toujours jouer au Mississipi, ça aussi ça devenait "plate".Les activités d'été organisées par le Centre s'adressaient surtout aux plus 83 jeunes et les quelques-unes auxquelles ils ont participé représentaient peu de chose par rapport à tout le temps libre dont ils disposaient.Ils n'avaient pas d'autre choix que de s'organiser en gang là où ils le pouvaient.Ce qu'ils en pensent À l'occasion d'une rencontre, je leur ai demandé ce qu'ils faisaient comme loisirs et ce qu'ils aimeraient faire.Voici des échantillons de réponses qu'ils m'ont données."On joue au cosom, mais c'est toujours la même chose." "Au local, j'aime ça parce que c'est organisé pour nous." "Le vendredi soir au local, c'est mon seul soir organisé." "Quand on est en gang, on se sent dévisagé par les adultes; on sait qu'ils pensent qu'on est des pas bons." "On aime faire des camps de fin de semaine." Les jeunes se sentent souvent de trop.Il n'y a pas de place pour eux: trop vieux pour être avec les enfants et trop jeune pour être avec les adultes.Ils sont en attente; en attente de leurs dix-huit ans, en attendant de lâcher l'école, en attente de se trouver un travail, en attente de la réponse d'un employeur, etc.Et bien, en attendant ils se tiennent en gang et s'organisent comme ils peuvent.C'est pour répondre à ce besoin de prendre sa place quelque part que la JOC regroupe des jeunes et leur permet de réfléchir sur leur réalité et d'agir ensemble sur leur milieu de vie.Dossiers encore disponibles No 99 — Les jeunes travailleurs No 101 — Les jeunes et l'action ouvrière No 115 — Les enfants du monde ouvrier No 119 — L'avenir des jeunes travailleurs (Prix: $2.00 chacun) 84 Mamans et enfants nous parlent de leurs loisirs Le Coup de Pouce, une maison d'entr'aide dans le quartier Centre-Sud de Montréal.Autour de la table, des mamans, Pierrette (11 enfants), Germaine (6 enfants), Jeannette (3 enfants), Cécile (4 enfants) et quelques-uns de leurs enfants, Suzanne, Richard, Ginette, Nathalie, se retrouvent avec nous pour partager sur leurs loisirs.Chez les enfants Chez les enfants, pas d'hésitation: "les loisirs c'est après l'école, parce qu'à l'école c'est plate." À trois heures on va au Centre de loisirs Ste-Ca-therine jouer au hockey cosom et bien d'autres jeux; on se promène avec ses amis; on joue "aux élastics", au fusil, on fait du patin à roulettes.L'été, on va se baigner au bain Laviolette mais le samedi et le dimanche: Fermé.Y'a bien l'île Ste-Hélène, c'est gratuit la semaine, mais, en fin de semaine, "faut payer".Pour Nathalie, jeune adolescente, c'était le ballet-jazz, le patinage, la danse.Et elle prenait ses activités à l'université de Montréal où travaille sa grande sœur.C'est par elle qu'elle avait obtenu l'information.Mais c'est loin et il faut payer.Nathalie a laissé tomber cette année, la télé prend de plus en plus de place.Toujours ce gros problème: l'argent.Pour les cours de natation à la ville de Montréal cette année, il faut payer dix piastres: "je ne l'avais pas quand Suzanne s'est inscrite" (sa maman)."Avant, nous dit Pierrette, c'était SI.00 ou 25£ pour la carte de membre et ça pour l'année.Y' ont fait des rénovations, mais qui peut verser le S 10.00 pour y aller maintenant?" Et puis, pour patiner cet hiver, faudrait bien une patinoire.Avec les coupures de budget, y'ont coupé la patinoire."À l'école, ils nous font remplir un papier pour savoir combien y'a d'enfants dans le quartier et pour demander de l'ouvrir" (Ginette).Coupure grave pour les jeunes, car pour l'autre patinoire il faudrait traverser Papineau et Champlain et c'est trop dangereux.Et un aréna?Au coin de Rouen et Préfontaine, même pas dans Centre-Sud.85 Et si t'as un gars et qui veut jouer au hockey, sors ton porte-monnaie, maman! D'abord près de $45.00 pour faire partie d'une équipe.Puis l'achat de l'équipement: un exemple, le gardien de but: pas de jambières en bas de $80.00.Cécile a dû retirer ses trois gars bien qu'ils aimaient beaucoup jouer.Ils sont entrés dans le corps de clairon: $6.00 par mois, c'est plus facile à rencontrer.L'été, on peut se sauver une semaine à la campagne avec le "Coup de Pouce".Quand on revient en ville, "c'est plate".Y'a Suzanne qui repart avec sa famille, une semaine au Nou-veau-Brunswick: "On y va en train et, ce que j'aime, c'est qu'on passe dans la campagne, on voit des vaches et toutes sortes d'affaires.Au Nouveau-Brunswick, ce qui est le fun, c'est qu'y a un gros arbre juste en face de la maison.Ici y'a même pas d'arbre.Y'a de l'herbe et ici juste des trottoirs" (Suzanne).Et les loisirs des mamans Avant de parler de loisir, faut d'abord se trouver du temps libre.Et, pour Pierrette, quand il s'en trouve, c'est pour se reposer et dormir.Pour Germaine, à part une réunion au Coup de Pouce une fois la semaine (cours de relation parents-adolescents), c'est se promener sur la rue Ste-Catherine, même sans argent, pour magasiner; et y'a la télévision."C'est pas mal tout." Jeannette, on la retrouve au bowling, à différentes rencontres du Coup de Pouce (information-dépannage-la Coop.) et le jeudi aux ateliers Ozanam (atelier de couture pour donner un supplément de revenu).Si, pour les enfants, loisir signifie s'amuser, pour les mamans, il veut d'abord dire: "Sortir de la maison, se dégager de nos activités d'habitude".Briser l'isolement, prendre conscience de ses richesses, ses aptitudes, prendre un engagement, participer dans un groupe du quartier.On se prendrait bien une veillée pour nous, mais des loisirs gratuits pour notre âge, y'en a pas.Comme le bowling: eh bien $4.50, plus la gardienne et, si y'a le mari, un autre $4.50.L'été on faisait du camping.Mais le montant est inabordable maintenant: "$375.00 pour la saison et tu payes pour les loisirs des enfants: il leur faut une carte de membre; tu payes pour la garderie des plus jeunes, tu payes pour ta douche.On limite ton électricité.Partir chaque fin de semaine sur des campings différents, ça prend une auto!" "L'été, en ville, c'est terrible: quand les enfants sont en vacances, on les voit toujours dans la rue, c'est énervant.Mais c'est la seule place pour jouer.On ne veut pas qu'ils traversent pour aller au parc Champlain.Sur Papineau et Champlain les autos roulent en fou, même les jours d'école." 86 Analyse Les loisirs: au service de qui?Richard Nicol Collectif d'animation et d'analyse en loisir (CANAL) 'Les masses populaires ne se sont pas contentées de revendiquer le loisir, elles ont commencé à l'organiser elles-mêmes." (Jacques Roiyer) Plusieurs militants et alliés de la classe ouvrière seront sans doute étonnés de recevoir un dossier "Vie Ouvrière" traitant du loisir.D'autant plus à la suite de plusieurs autres des plus percutants sur les conditions de travail.Et pourtant, si le loisir est probablement un front de lutte secondaire, il tend néanmoins à devenir un canal par excellence pour la diffusion et la reproduction des valeurs dominantes: un appareil idéologique d'État.Et cela est très dangereux! En effet, qui n'a pas entendu qualifier le "monde du loisir" de frein aux luttes syndicales, de facteur de démobilisation dans les milieux populaires?Si le front du loisir (car il a de nombreuses organisations populaires en lutte.) est davantage relié à celui de la qualité de la vie, le loisir n'est pas isolé des autres enjeux sociaux, économiques, politiques et culturels.Parler du loisir ne peut se faire sans parler du travail, du logement, de la santé, des politiques gouvernementales, du transport, etc., finalement de toute la société.Si plusieurs "spécialistes" du loisir tendent à cloisonner un nouveau "temps" (pour disséquer ainsi notre vie?), pour justifier la présence des "récréologues", nouveaux professionnels de l'encadrement, les témoignages démontrent bien que le loisir n'est pas à part, un univers à part des autres.87 Dans cette courte analyse, il ne sera pas possible de cerner toutes les fonctions et tous les enjeux du loisir dans la société capitaliste; nous nous attarderons donc à en cerner les éléments fondamentaux1.Cela, à partir de citations tirées des témoignages."Les loisirs, c'est après l'école parce qu'à l'école, c'est platte" Les loisirs sont présentés par plusieurs, cette citation le démontre d'ailleurs très justement, comme une récompense du travail, voire comme une compensation au travail aliénant, peu enrichissant.L'école, pour cette petite fille, c'est son milieu de travail; ses loisirs viennent compenser l'école jugée inintéressante! Le loisir: récompense du travail?Pour sûr! Voilà pourquoi les chômeurs n'ont pas droit aux vavances! Plus encore, le loisir ayant aussi comme mission de refaire la force du travail, ceux qui travaillent y ont droit (sic), les autres (ménagères (sic), chômeurs, etc.), non! Mais peut-on prétendre être des gens différents, selon que l'on est au travail ou en situation de loisir?Je ne crois pas! C'est pour cette raison que, la plupart du temps, les loisirs que l'on pratique sont le reflet de notre travail, de nos conditions de travail.Un travailleur d'usine, abasourdi par le bruit toute la journée, aura-t-il envie de lire un bouquin "sur la situation de classe des travailleurs" au retour à la maison?J'en doute! Ainsi, en caricaturant, on pourait prétendre que: À tel travail, tel loisir! "On proposerait bien aux personnes retraitées des voyages, des bingos, des parties de carte.mais ce ne sont que des palliatifs" Cette courte phrase nous renseigne énormément sur le rôle récupérateur du loisir dans la société capitaliste.Le à la plupart des "Tant que les jeunes font du sport, ils ne font pas de folies", sport favorise l'apprentissage de comportement utiles à la plupart 1 Celles et ceux qui seraient intéressés à aller plus loin peuvent toujours communiquer avec le collectif d'animation et d'analyse en loisir (CANAL), (C.P.396, Station "C", Montréal H2L 4K3) qui prépare un bouquin et réfléchit depuis cinq ans sur le sujet.88 patrons: obéissance, docilité, respect de l'autorité, compétition, etc.Pour les travailleurs, on pourrait paraphraser: "tant qu'ils écoutent, bière à la main, la partie de hockey, on n'a rien à craindre des syndicats!" Nous démasquons (et dénonçons) ici une fonction importante du loisir: divertir des "vrais" problèmes en offrant du pain et des jeux! D'autre part, une des valeurs dominantes attribuée au loisir est la propriété privée, l'individualité du loisir: ce temps est supposément personnel! Cette valeur entre en conflit avec la nécessaire solidarité en vue du changement social.si t'es un gars et que tu veux jouer au hockey, ton porte-monnaie, maman!" Le Loisir est une marchandise qui s'achète: la gratuité du loisir ça se paye! Acheter un billet de baseball, c'est comme acheter une paire de souliers; on le choisit en fonction de sa place dans le processus de production, de son image et de ses moyens financiers.Le loisir est ainsi un vaste marché de consommation complémentaire au procès du travail: on produit et il faut consommer ce qui est produit! Pour cela, il faut avoir le temps.voilà donc un rôle indéniable au loisir: écouler une production de luxe., i.e.qui dépasse les besoins primaires.On a les loisirs qu'on peut se payer! L'exemple de cette mère de famille qui, pour des raisons financières, a dû transférer son garçon du hockey au clairon est significatif! Malgré nos aspirations en matière de loisir, c'est trop souvent nos moyens financiers qui décident à notre place! ne veut pas qu'ils traversent pour aller au parc Champlain" D'autres facteurs qui influencent l'accessibilité au loisir sont la localisation et le type des équipements en place.Ainsi l'absence d'une patinoire dans le quartier, le simple fait de devoir traverser une rue dangereuse obligent les jeunes à faire autre chose, à réprimer leur "goût" de patiner! 89 Une piscine située à proximité de la maison incitera probablement plus une petite fille à nager.Aller faire du ski de fond dans les Lau-rentides, c'est moins accessible! Et il est un fait reconnu que les quartiers populaires sont négligés par rapport aux quartiers huppés: surtout si l'on songe aux espaces verts! "Ils vont passer une soirée ou l'autre au centre des loisirs pour jouer au hockey cosom ou sur une table de mississipi" L'instruction, les pratiques culturelles du milieu et l'éducation familiale influencent énormément l'accessibilité aux loisirs.Ainsi à salaire égal, un travailleur de la construction ne s'adonnera pas aux mêmes activités de loisir qu'un professeur de Cégep! De même, un jeune du quartier Hochelaga-Maisonneuve réagira différemment d'un jeune d'Ahuntsic à une offre de loisir.Notre instruction, notre quartier, notre voisinage, notre "vie de famille", voilà autant d'éléments qui déterminaient notre pratique de loisir."Garder ensemble la direction de notre navire" Peut-on, honnêtement, suite à ces quelques explications, prétendre sans rire que chacun est libre de pratiquer les activités de son choix?Le droit au loisir pour qui?Si le loisir est valorisé comme une "affaire personnelle", il appert que la majorité de la population fait face aux mêmes problèmes financiers, aux mêmes problèmes d'accessibilité! Un besoin ressenti par un père ou une mère de famille l'est par des milliers d'autres! Ainsi, le droit au loisir c'est moins une "affaire personnelle" qu'une revendication collective! Mais attention! Le droit au loisir c'est moins le privilège de se faire organiser par de jeunes bureaucrates que celui de contrôler nos propres organisations, de répondre nous-mêmes à nos besoins! 90 Le droit au loisir, c'est le droit de nous organiser collectivement (parce qu'on est capable!); ce qui nous intéresse est de nous regrouper pour faire valoir nos besoins et nos aspirations! Si la société capitaliste valorise le loisir à titre de potion magique contre le mal du travail, comme un geste gratuit et désintéressé, prenons exemple sur ces retraités de Rosemont: "intéressons-nous à nos 'affaires de loisirs' parce que ce ne sont pas les autres qui vont le faire à notre place!" Quelques ressources Revues Droit à la paresse C.P.396, Station C Montréal, Que.Groupes Groupe Ressources-Vacances 7415 est, Jarry Montréal H2E 2Z7 Revue Desport 94 est, rue Sainte-Catherine Montréal, H2X 1K7 Luttes urbaines C.P.263 Drummondville, J2B 6V7 Regroupement des Organisateurs communautaires du Québec C.P.25 Limoilou, Québec, G IL 4T8 91 RÉALISATIONS LE PATRO "Mon deuxième chez-nous" La section qui suit rapporte un certain nombre d'expériences et de réalisations dans le domaine du loisir au service de la classe ouvrière.Nous aurions pu en trouver beaucoup d'autres qui auraient illustré la créativité et la solidarité des travailleurs et des familles ouvrières.Il nous semble, cependant, que le monde syndical se soit encore peu mobilisé sur la question du loisir.La Rédaction Huguette, mariée, devient mère-chef de famille à 35 ans avec 5 enfants de 5 à 14 ans.Seul revenu, le BES.Une famille qui accepte difficilement sa décision, une école qui n'est d'aucun secours, une paroisse qui la rejette: catholique et divorcée.un quartier difficile.Tout ce qu'il faut pour bâtir une histoire grise et triste si Huguette n'avait croisé sur sa route le Patro.Le Patro, "à la portée du monde", où tous, enfants et parents y ont leur place, accueillis dans la vérité de de ce qu'ils sont: un centre de loisir familial."Sans le Patro, je ne m'en serais pas sortie.Les religieux sont merveilleux, ce sont eux qui ont remplacé le père: le père Gilles, le père Yvon.Ils prenaient le temps de nous écouter, ce qui était rare." Huguette est arrivée au Patro un peu comme ça, par des voisins qui en parlaient.Le moral était bas.On lui offrait: "si tu t'ennuies, viens faire un tour." Elle s'embarque comme bénévole pour trier, réparer le linge pour les ventes de charité, deux après-midi par semaine: "de une heure à 3 heures ça travaillait, puis à 3 heures, la table se mettait, un café, des biscuits.Les religieux se joignaient à nous; on se taquinait, on partageait ensemble.C'était surtout pas le lieu des lamentations.À 4 heures, souvent les enfants me rejoignaient et on rentrait à la maison." "C'est grâce au Patro que ma famille a goûté des samedis à la campagne.Avec le Patro, j'ai fait mon premier voyage à Québec.Et ça, argent ou pas.On passait un sac et tu met- 92 tais ce que tu voulais.Aujourd'hui, ma fille de seize ans suit des cours de ski alpin: 6 leçons, voyage, monte-pente, moniteur, location de l'équipement compris: $30.00 pour le tout." Trois enfants d'Huguette se sont retrouvés très actifs au Patro.C'est même au Patro que Ginette a rencontré son mari; ils s'y sont mariés et leur fillette a été baptisée au Patro.Le mardi, Ginette retourne au Patro: c'est la journée mère-enfant avec le service de garderie et des activités pour les mères.On pense à la relève! La plus jeune est aussi très active au Patro."Moi, je vois la différence avec les deux qui ne sont pas allés: ils sont plus solitaires et surtout pas sportifs." Ce que Huguette ne cesse de nous souligner, c'est la qualité de Vatten-tion au monde que tu vis au Patro.On est bien loin d'une usine à loisirs pour qui la compétition est prioritaire: au Patro, "pour tous et pour avoir du plaisir ensemble." Le Patro a des sections selon les niveaux d'âge et chaque section a son salon avec stéréo, télé, bibliothèque où tu peux aller relaxer, causer, si ce soir-là les activités organisées ne t'intéressent pas.Toujours l'accueil.En plus des activités sportives, y'a plein de cours: c'est ainsi qu'Huguet-te s'est découvert des talents de cuisinière et qu'elle en a fait aujourd'hui son métier.Une autre dame est maintenant animatrice chez les adolescents, une autre est devenue animatrice pour les cours "s'aider soi-même": au Patro on mise sur la capacité des gens."Tu ne peux pas faire autrement que de t'y attacher, au Patro.Ça devient ton deuxième "chez-vous".J'ai amené beaucoup de monde au Patro.Quand tu aimes quelque chose, tu en parles et ça fait une chaîne." 93 Au delà du hockey Pierre Bilodeau, pédagogue et récréologue C'est le compte-rendu d'une intervention collective qui s'est déroulée en 1979 auprès d'un groupe d'adolescents âgés de 15 et 16 ans qui s'adonnent au hockey dans une ligue midget "B" de la Ville de Charlesbourg.acteurs en présence Les réalisateurs Pierre Bilodeau, pédagogue par profession et récréologue par intérêt.Plus de quinze années d'expérience en loisir sous toutes ses formes (activités culturelles, sports, plein air, animation et administration).Je n'avais jamais œuvré dans le domaine du hockey; c'était donc pour moi un nouveau défi à relever.Daniel Côté, animateur de profession dans un centre communautaire de loisir.Plusieurs années de travail auprès des jeunes et aussi certaines équipes sportives.Daniel avait une bonne connaissance du hockey de même qu'une expérience reconnue dans le milieu en tant qu'instructeur, gardien de buts et animateur de stages de formation pour les nouveaux instructeurs en hockey.Le défi que Daniel s'était donné était d'appliquer certaines méthodes d'animation dans un milieu aussi polué, restreint et spécialisé qu'est le hockey.Les joueurs Le groupe était constitué de 16 jeunes adolescents âgés de 15 et 16 ans provenant d'un milieu assez bourgeois.La plupart ont toujours évolué dans la classe "C" ou "B" et ils ont connu un encadrement très conventionnel, arrivant quelques minutes avant leur partie, jouant et s'en retournant immédiatement après, et ce jusqu'à la prochaine fois.Leurs instructeurs n'étaient souvent autre chose que des "ouvreurs de porte".Très peu ont participé à des écoles de hockey, des tournois, des pratiques en gymnase, des réunions d'évaluation ou encore des activités d'équipe autres que les parties de hockey.Les relations avec les instructeurs étaient souvent inexistantes.Le contexte de l'intervention Comme notre intervention s'est fait sur les garçons de 15 et 16 ans, il va de soi que le hockey était un moyen privilégié pour mener notre action.Dans la réalité des adolescents d'aujourd'hui, le hockey est avant tout notre sport national.C'est une activité collective qui "pogne ben gros".Au Québec, le taux de participation y est plus fort que le baseball, le baskeball, le volleyball, etc.Nous avons choisi le hockey parce que nous considérons que ce sport est le reflet de la société.Et, comme notre société est malade, le hockey l'est également; contrairement aux autres sports d'équipe comme le baskeball ou le volleyball qui sont moins socials.Dans la catégorie midget à Charlesbourg, il y a trois (3) subdivisions, soient: "AA", "A" et "B".Les équipes midget "B" sont donc composées de trois (3) catégories de joueurs: — Ceux qui ne sont pas assez talentueux pour faire partie des catégories "AA" ou "A"; — Ceux qui sont naturellement non-motivés; — Ceux qui préfèrent la participation à la compétition (minorité).Les adolescents (midgets) aiment attirer l'attention.Lorsqu'ils se retrouvent dans les catégories "AA" et "A", la parenté et les amis n'hé-hésitent pas à se rendre à l'aréna pour les encourager.Cependant, ce n'est pas la même situation pour le midget "B" qui réussit à peine à attirer vingt-cinq (25) spectateurs à ses joutes.Le midget "B" est la ligne des "sans-espoir".Ce n'est pas valorisant pour le jeune de 15 et 16 ans d'évoluer dans le midget "B".95 Déjà, par l'application "B", l'adolescent sait qu'il est le dernier en bas de l'échelle.Dans la plupart des cas, les équipes récoltent les restants des joueurs, des instructeurs et des gérants.Ordinairement, l'instructeur-bénévole préfère et de beaucoup travailler au niveau d'une équipe de calibre "AA" ou "A".Intellectuellement, tant chez les joueurs que chez les instructeurs, c'est beaucoup plus faible que dans les autres catégories.Il y a plus d'adolescents en difficulté d'apprentissage dans le midget "B".Les objectifs du projet Notre objectif principal était de montrer que le midget "B" à Charlesbourg est aussi important que n'importe laquelle autre catégorie.De là découlaient deux objectifs secondaires: — Faire en sorte que l'équipe puisse être prise en main par les joueurs eux-mêmes.Nous avons voulu par cet objectif que les membres de l'équipe prennent conscience qu'il était possible d'avoir une part active et très importante dans le processus de décision du Midget "B" Bourassa.Nous avons alors misé sur l'implication de chacun tout en respectant leur rythme.— Faire en sorte que tous les joueurs découvrent l'importance de ce que c'est que d'appartenir à une équipe organisée.Nous avons porté notre insistance sur certains points importants comme: l'esprit d'équipe, la représentativité, le sentiment d'appartenance, l'esprit communautaire, la solidarité.Le processus suivi tout au cours de la saison Dès le départ, il s'avérait nécesaire pour nous de connaître en détail la composition de notre groupe, afin d'orienter notre façon d'intervenir en fonction des ressources de l'équipe.Nous leur avons également proposé, dès la première rencontre, un défi, qui n'était autre chose que l'objectif principal expliqué en des termes plus faciles à comprendre.Nous les avons donc défiés de prouver 96 qu'une équipe de hockey midget "B" était autre chose qu'une gang de "zarzas".D'une semaine à l'autre, on revenait sur cette phrase en ajoutant à chaque fois un petit bout au message.Une grande partie de notre intervention était basée sur la motivation.Lorsque nous avons sélectionné nos joueurs au début de la saison, notre premier critère fut d'évaluer "le cœur et l'intérêt" qu'ils investissaient durant les pratiques et les rencontres.Lors des réunions d'équipe, nous avons voulu leur faire sentir que le Bourassa Midget "B" c'était l'affaire de tous.La plupart des grandes décisions prises au cours de la saison, l'ont été par les gars eux-mêmes.Les règlements, le financement de l'équipe, le choix des tournois et des vestons, le style des fêtes de Noël et de fin d'année sont des exemples qui indiquent que tous ont participé à la prise de décision.Tout au long de la saison, nous avons utilisé la provocation, ce qui nous permettait de suivre l'évolution de leurs réactions tout en évaluant régulièrement les actions posées.Nous nous sommes servis également de la persuasion au niveau des attitudes.La force de notre persuasion s'est opérée dans un cadre plutôt "scientifique".C'est-à-dire que c'était une persuasion qui venait après des faits ou des idées: puis il y avait une action et ce n'est qu'après que nous persuadions l'équipe de continuer ainsi, suite aux résultats obtenus.À partir du fait que l'inédit, la variété et le "tappe-à-l'œil" attirent beaucoup l'attention des adolescents, nous avons à maintes reprises utilisé certains "gadgets".C'était pour nous une modalité d'intervention qui nous permettait d'atteindre plus rapidement les objectifs visés.Les techniques et tactiques utilisées Les réunions d'équipe étaient pour nous une technique privilégiée pour faire avancer notre action.La plupart de ces réunions se tenaient le lundi soir et se subdivisaient en trois (3) parties: 1 — Informations; 2 — Réflexion avec processus de décision; 3 — Identification des pistes à venir.97 Nous avons utilisé le tableau en plusieurs circonstances pour expliquer certaines techniques, pour caricaturer certaines discussions ou encore pour résumer certains faits.Il ne fait aucun doute que cet outil de travail nous fut très profitable.L'ordre du jour de certaines réunions, de même que le résumé des statistiques de chaque fin de mois furent présentés sur acétates à l'aide d'un rétroprojecteur.Encore ici, l'élément nouveauté jouait en notre faveur.De toutes les techniques employées, le magnétoscope fut celui qui a profité le plus à l'équipe.Une joute de la saison régulière, de même que deux (2) réunions très mouvementées firent l'objet de l'indiscrétion de notre caméra.Toute l'équipe eut l'occasion de visionner ces images pour fin d'évaluation.À plusieurs reprises, nous avons pris le temps de rencontrer individuellement chacun des joueurs et la teneur de ces discussions portait surtout sur leur attitude, leur fonctionnement dans l'équipe en tant qu'individu.On touchait très peu l'aspect hockey.Tout au long de l'année, nous avons utilisé des mises en situation pour démarrer certaines réunions importantes.Cela permettait à chacun de s'exprimer plus aisément.La conception et le choix du veston d'équipe ont été confiés aux joueurs.Chacun s'est senti impliqué dans le processus de décision.Une fois les vestons confectionnés, plusieurs joueurs se sont sentis revalorisés par le fait que leurs idées étaient devenues réalité.Le téléphone-conférence, avec le capitaine et les deux (2) assistants fut utilisé à la veille des réunions importantes.Pour les adolescents, c'est une référence sociale très importante.Il y eut aussi les deux rencontres au restaurant avec le capitaine et les deux assistants-capitaines qui nous ont permis de mieux prendre le poulx de l'équipe.De ces deux rencontres, plusieurs projets ont surgi et se sont réalisés.Nous avons également mis sur pied plusieurs comités au sein de l'équipe.Toujours en fonction de l'autogestion, ces comités avaient pour rôle: — L'organisation des fêtes sociales; 98 — L'organisation des périodes de réchauffement d'avant partie; — L'organisation de certaines pratiques en gymnase; — L'observation des autres équipes du circuit en action.Les résultats obtenus Par leur attitude, les joueurs ont démontré une certaine fierté d'appartenir à cette équipe.À la suite d'une rencontre avec les responsables du Hockey Mineur de Charlesbourg, il apparaît clairement que le Bourassa Midget "B" de Charlesbourg est l'une des rares équipes à ne pas avoir eu de problème de discipline tant sur la glace qu'en dehors de celle-ci.Plusieurs décisions importantes ont été prises par les joueurs tout au long de la saison, ce qui nous permet de croire qu'ils ont bien assumé la situation d'autogestion dans laquelle ils avaient été placés au départ.Au fur et à mesure que la saison avançait, les autres équipes du circuit nous respectaient et appréciaient jouer contre nous.Nous avons constaté une sensibilisation marquée auprès des personnes et structures gravitant autour de notre équipe.Les gens se sont informés, ont constaté ou encore nous ont demandé des rapports de fonctionnement.Satistiques à l'appui, la saison s'est terminée sans aucune bataille sur la glace.De plus, nous sommes l'équipe ayant écopé le moins de minutes de pénalité au total.Aujourd'hui encore, plusieurs joueurs nous avouent avoir des regrets de ne pas pouvoir joindre l'équipe cette année, cela étant dû à leur âge ou à une nouvelle division du secteur dans Charlesbourg.Tous les joueurs de l'équipe ont participé avec intérêt à notre dernière réunion d'évaluation qui s'est terminée par une fête sociale.Us ont manifesté ouvertement leur satisfaction d'avoir vécu une telle expérience.Notre intervention nous a permis de sensibiliser plusieurs professionnels du loisir lors de stages portant sur l'animation des adolescents.99 Ces stages étaient offerts par la Fédération Québécoise des Centres Communautaires de Loisir.Notre perception des joueurs avant et après l'expérience Nous savions très bien, au départ, à qui nous avions affaire en la personne de ces adolescents.Nous n'ignorions pas que l'effort et la participation sont très peu développés à cet âge: que ce soit à la maison ou à l'école.Que les adolescents n'investissent malheureusement pas l'énergie qu'ils possèdent.Que la perception de l'autorité, pour eux, n'est pas une chose facile.Qu'ils sont plutôt portés à personnaliser l'autorité à des individus, à des adultes.En l'espace de vingt-cinq (25) ans, la famille et l'école ont modifié la notion de discipline.On est passé d'un extrême à l'autre.De l'autocratie au permissif.Dans les deux cas, on ne donne pas la chance à l'autodiscipline.Très peu d'éducation en ce sens est offerte aux adolescents.L'adolescent est très individualiste."Se serrer les coudes" est une expression qu'ils n'ont jamais expérimenté, pour la plupart.Si, à l'école, une manifestation surgit, elle est très bientôt démolie faute de solidarité.Ce qui est encourageant, c'est qu'au terme d'une telle expérience, il nous apparaît évident qu'avec un peu d'encadrement, moyennement du temps et beaucoup d'encouragements et de motivation, les adolescents forment un groupe social des plus captivant.Ils demeurent quand même des adolescents tout en démontrant leur détermination à atteindre un but et leur goût d'appartenir à un groupe.Il demeure néanmoins qu'une telle démarche peut facilement se transposer à d'autres types d'activités ou d'organisation, à la condition cependant de respecter fidèlement les objectifs fixés au départ.Que ce soit dans un autre sport d'équipe, dans un mouvement comme les scouts ou les 4-H, au sein d'un conseil étudiant d'une école secondaire, dans une entreprise où se retrouvent de jeunes travailleurs: la réussite réside dans une démarche soutenue, bien préparée et surtout bien présentée.Il n'en tient qu'à vous maintenant d'essayer! 100 L'expérience de la JOC avec les 14-17 Marcel Lebel Je voudrais présenter brièvement les quelques projets que nous avons réalisés avec un groupe de quatorze jeunes dans le quartier Maisonneuve.Deux facteurs importants sont à l'origine du projet de former un groupe: une demande des jeunes eux-mêmes et l'intérêt nouveau de la JOC pour les adolescents des milieux ouvriers.Depuis quelques mois, des jeunes du quartier m'exprimaient leur désir d'avoir un local pour faire de l'artisanat, écouter de la musique, organiser des fêtes et discuter sur les projets qui les intéressaient.Mais, le plus important pour eux, c'était d'avoir un local, c'est-à-dire un endroit à eux, où ils se sentiraient à l'aise.Bref, ils voulaient faire autre chose que de "niaiser" sur les trottoirs de la rue De Lasalle.D'autre part, la JOC s'intéressait de plus en plus aux jeunes du Secteur Professionnel et principalement de ceux qui seraient, d'ici un an ou deux, sur le marché du travail.C'est pour toutes ces raisons que nous acceptons de mettre du temps avec cette catégorie de jeunes que nous appellerons, par la suite, les 14-17.Les objectifs Pour la JOC, c'était relever un nouveau défi que de regrouper des jeunes encore adolescents et sans expérience de travail.Sans pour autant changer les objectifs et la pédagogie du mouvement, nous avons dû les réa- juster en fonction de la réalité vécue par ce groupe d'âge.Nous les avons formulés en ces termes: — Regrouper des jeunes de la classe ouvrière qui ne sont pas encore sur le marché du tra- 101 vail, mais qui le seront dans quelques années.— Développer entre eux des liens d'amitié à travers les différents projets.— Leur faire prendre des responsabilités et leur apprendre ainsi à s'organiser.Cet apprentissage peut se faire à travers l'organisation d'un local, d'un projet d'artisanat, une fête, etc.— Leur faire découvrir leur réalité et celle des autres jeunes de leur âge.Cette réalité tourne principalement autour de la famille, l'école, les loisirs, la vie affective, les "jobbines" après l'école, la vie de groupe, etc.Découvrir sa réalité, c'est commencer à en parler et à la partager avec d'autres.Depuis un an et demi, nous essayons d'atteindre ces objectifs avec quelques groupes.Ce qui suit décrit l'expérience du groupe de Maisonneu-ve.Un local Ce que les jeunes voulaient surtout, c'était un local.Une première équipe de cinq est formée et son premier projet fut en effet de chercher un local.Les propriétaires sont méfiants; ils refusent souvent de louer parce que ce sont des jeunes.Nous finissons quand même par trouver un appartement tout à fait convenable pour le but que nous lui réservons.À travers l'aménagement et l'organisation des lieux, chacun prend des responsabilités, mais en même temps découvre les difficultés à s'organiser comme groupe.La première équipe de cinq sera vite débordée par la quarantaine d'amis de la rue De Lasalle qui veulent aussi avoir accès au local.Comment refuser l'accueil à des amis?Mais, après une semaine, il m'apparaît impossible d'organiser tout ce monde.Pour réussir à contrôler la situation, j'ai dû prendre la décision de fermer pour une semaine et de recommencer avec une équipe plus restreinte qui atteindra le nombre maximum de quatorze en cours d'année.Malgré les difficultés, c'est à partir de ce lieu que s'organiseront par la suite différents projets.Les activités de loisirs Durant la première année, le local ouvrait de deux à trois fois la semaine.Comme activités on y faisait de l'artisanat et du bricolage.Écouter de la musique, danser et organiser des fêtes (parties), faisaient aussi partie des activités organisées par les jeunes.Ce qui importait, ce n'était pas seulement l'activité, c'était aussi le fait de se retrouver ensemble, en dehors de la famille, avec des amis et faire quelque chose pour passer le temps.Pour la JOC, les loisirs étaient aussi un moyen de formation.Ils permettaient aux jeunes de mieux se connaître, de prendre des responsabilités et de développer leur créativité.Apprendre à organiser ses loisirs, c'était aussi apprendre à contrôler une partie de sa réalité.102 Découvrir sa réalité Le local devait être un endroit pour se parler.Le point de départ fut un jeu: le "jeu des mots".C'était simple comme moyen, mais ce jeu permettait à chacun de parler de ce qui l'intéressait.Il s'agissait de choisir cinq mots parmi la cinquantaine placés sur un mur et de dire pourquoi on les avait choisis.On commençait ainsi à parler de sa famille, de l'école, de ses loisirs, etc.Comment aller plus loin pour creuser ces différentes réalités?C'est à ce moment-là que le questionnaire-enquête fut proposé.Il s'agissait de bâtir ensemble un questionaire à partir de neuf thèmes: travail-école, loisirs, relation gars et fille, famille, argent, vie de groupe, religion et avenir.Juste avant Noël, nous avons commencé à formuler des questions.En janvier, le projet est proposé par un groupe de Pointe St-Charles avec qui nous étions entrés en contact par le sport du vendredi soir.Pour compléter la formulation des questions et faire une mise en page avec caricatures, nous avons organisé un camp de fin de semaine pour les deux groupes.Par la suite, chacun prend la responsabilité de faire passer le questionnaire à des amis du quartier et de l'école.Dans Maisonneuve, une quarantaine de jeunes seront rejoints.À partir des réponses, nous avons eu des échanges intéressants sur les différentes réalités vécues par les jeunes.Échange avec d'autres groupes Le 5 mai, une journée spéciale est organisée par la JOC nationale pour les groupes de 14-17 qui s'étaient organisés au cours de l'année dans quelques villes du Québec.Chaque groupe devait préparer une présentation des différents projets réalisés au cours de l'année.Dans Maisonneuve, nous décidons de faire un photomontage d'une dizaine de tableaux, à partir des réponses au questionnaire-enquête.Quant à l'histoire du groupe elle sera racontée sous forme de sketch.Cette journée du 5 mai fut un succès.Par le contact avec d'autres groupes, chacun a pris conscience qu'il avait avancé et qu'il n'était pas seul à vivre les mêmes réalités.On s'était dégêné, on avait appris à s'organiser ensemble et on avait réussi à échanger avec d'autres sur ce que l'on vivait comme jeunes.Depuis septembre '79 Depuis septembre, il existe à Montréal quatre groupes de 14-17 organisés par la JOC.Dans Maisonneuve, le local fut ouvert tous les vendredis, avec à peu près les mêmes activités que l'année précédente.Les quatre groupes ont vécu ensemble un camp de fin de semaine, une soirée récréative et une fin de semaine nationale.La visite de deux jeunes travailleurs de la JOC du Mexique nous a permis également de découvrir la réalité des jeunes d'un autre pays.103 Conclusion Voilà une brève présentation de l'action menée par la JOC au niveau de ce groupe d'âge et, en particulier, dans le quartier Maisonncuve.Je n'ai pas parlé des difficultés de parcours et des questions que nous continuons à nous poser face à notre action auprès des 14-17.Je voudrais tout simplement dire que ce qui nous préoccupe le plus actuellement, ce sont les nouveaux projets à proposer aux jeu- nes pour atteindre les objectifs du mouvement, c'est-à-dire leur permettre de connaître, de réfléchir et d'agir ensemble sur leur réalité.Il ne s'agit donc pas seulement de les occuper; il s'agit de leur donner une formation à partir toujours de ce qu'ils vivent déjà.Nous sommes conscients du défi.À mesure que le mouvement se renforcit, nous espérons pouvoir le relever.Ensemble contre l'isolement Grand rassemblement de la Jeunesse Ouvrière Cette année, la J.O.C.renoue avec une tradition qu'elle avait abandonnée en 1969, lors du Carrefour qui avait regroupé 2,000 travailleurs, en lançant la Semaine de la Jeunesse Ouvrière du Québec, du 15 au 22 mars, avec le thème "Ensemble contre l'isolement".Le but de cette semaine est triple: a) sensibiliser l'ensemble de la population sur les réalités vécues par la jeunesse travailleuse; b) rassembler 800 jeunes travailleurs le 15 mars, et les éveiller à leur réalité; c) lancer une campagne de financement.Invite les jeunes de ta région à "sortir de leur isolement", le 15 mars, au Collège Marie-Victorin, 7000, rue Marie-Victorin, Montréal, en communiquant avec la J.O.C.104 D'un loisir consommateur à un loisir libérateur À l'Association des 3 R (Réagir, Revivre, Réussir), il y a de la dynamite, depuis sa fondation le 3 novembre 1975.De tous les projets rêvés au moment de la fondation, plusieurs connaissent aujourd'hui l'atterrissage de la réalisation: troupe de théâtre, atelier coopératif de cuir, centre de bénévolat, centre d'accueil et de rencontre, sessions de préparation à la retraite et nombre d'autres rejoignant les besoins en santé, les besoins culturels, les préoccupations sociales des pré-retraités et retraités en collaboration avec le CEGEP Rose-mont.Peut-être la voie vers un CEGEP du troisième âge.Les Trésors Oubliés La troupe de théâtre "Les Trésors Oubliés", comme l'atelier de peinture, se situe dans le sillon du réalisme populaire: faire du théâtre qui nous ressemble, exprimer dans nos peintures notre vécu, préoccupations et espoirs.Le réalisme populaire, c'est avant tout un outil au service des gens du quartier.Apprendre à être conscient des phénomènes sociaux et aussi être en mesure d'exprimer ces phénomènes en image réaliste.Pièces de théâtre, toiles deviennent "Message".Chez les "Trésors oubliés", on ne se cache pas derrière un texte de Molière et même un Michel Tremblay.C'est de nous qu'on parle: nos tabous, nos peurs, nos luttes, nos es- poirs.Les chansons, les témoignages, tous sont une invitation à se prendre en charge.Pour nous, les acteurs, c'est la découverte, le droit d'actualiser notre goût du théâtre, l'éveil de nos capacités créatrices.Nous avons connu des salles de 400 et 500 personnes.C'est l'invitation à tous à embarquer: "nous, des personnes ordinaires, 6 femmes et 2 hommes sur la scène en train d'improviser, accompagnés de chansons de notre composition.Vous pouvez en faire autant" (cf.les Folles de Rosemont).Autonomie collective Que ce soit les services, les sessions de formations, toute activité de l'Association des 3 R se veut un 105 "coup de pouce" pour devenir autonome.En se regroupant, se donnant de l'information et des services, la solidarité se tisse et fait reculer un peu plus chaque jour ce sentiment d'isolement et de démission.L'Association Coopérative d'objets de cuir: des gens de l'Association ont appris à travailler le cuir et, de plus en plus, ils se sont initiés à l'administration et la gestion, à l'organisation coopérative.Aujourd'hui, ils fonctionnent de façon autonome et s'auto-financent.Le centre de bénévolat, un maillon important dans la chaîne: son "chez-soi", là où sont ses racines, ne pas le quitter.Vingt-deux bénévoles offrent le support nécessaire pour le maintien à domicile: visites d'amitié, visites au médecin, des courses à faire: le marché, changer les chèques.Et, dès septembre 80, on pense établir une banque des services, avec des jeunes du quartier pour des travaux plus durs: grands ménages, pel-letage, changement de fenêtres.Les personnes ressources, qui sont-elles?Des membres de l'Association des 3 R qui, riches de leur vécu, se sont donné par le biais de l'Association, les outils manquants: formation en gérontologie, gériatrie, animation.Les revendications, ça ne fait pas peur.Les personnes âgées sont des ci- toyens, des citoyennes à part entière.Elles ont des droits et la société a des devoirs devant ces travailleurs, travailleuses, travailleuses-ménagères.Des séances publiques visent à informer les personnes à la retraite sur les lois et les services qui concernent et à démasquer les peurs et dénoncer l'intimidation.À l'Association des 3 R, on a compris que les loisirs peuvent devenir des lieux de pratique dans une action transformatrice de notre société."En comptant sur nos propres forces et en luttant avec endurance, l'Association réalisera ces objectifs.Si la société avec sa manière de traiter les retraités montre bien que, pour elle, l'important c'est la production, le matériel et non l'homme, l'Association doit considérer que le facteur décisif, c'est l'Homme et non le matériel" (extrait du texte sur les objectifs de l'Association des 3 R)."Devenue veuve à 54 ans, les enfants partis, j'ai cherché désespérément des places où aller donner quelque chose, retrouver en moi du potentiel que je sentais là inexploité.J'ai trouvé enfin ici, chez les 3 R, après une session de préparation à la retraite." Marie-Paule est aujourd'hui responsable du centre de bénévolat et assume la formation des bénévoles.106 La Chanson des Folles de Rosemont Refrain On nous appelle les folles, les folles, les folles Parce qu'on va encore à l'école Les folles de Rosemont — 1 — Ça nous fait rien d'être folle, (3 fois) On peut prendre la parole Et faire aussi des bricoles (Refrain) On ne veut plus être sage, (3 fois) Il faut que l'on se dégage S' pour ça que l'on fait plus d'ménage (Refrain) Sur l'air: Amène-nous à la Ronde.— 3 — Prendre des cours ça déniaise (3 fois) Faut pas rester dans sa graisse Il faut plutôt s' prendre en main (Refrain) — 4 — Le grand gagnant c'est nous-même (3 fois) Ça dégourdit les méninges Faut plus qu'personne nous protège (Refrain) Un pied à terre et l'autre dans la rue Sur l'air de "Le bon roi d'Agobert" Si tu as le frisson Quand tu penses à ton avenir.Sors de ta maison Laisse tes souvenirs; Tu n'as pas raison De ne pas venir.Nous nous réunissons Ensemble on peut se secourir.On va vous démontrer Les problèmes qu'il nous faut régler.Vous allez voir comment On peut s'regrouper: Prenons position Si on veut changer.On n'a pas de pognon.Nos droits il faut aller les chercher.107 AMITIÉ - SOLEIL Le local d'Amitié-Soleil a ouvert ses portes il y a déjà 6 ans.Depuis, plusieurs personnes ont profité de ce lieu soit simplement pour vivre ensemble des moments d'échanges, des sorties d'ordre socio-culturelles ou bien pour suivre différents cours d'artisanat tels que: crochet, couture, tricot, macramé, fabrication de murales et tapis, ou bien pour participer aux séances de relaxation et de conditionnement physique, ces derniers étant donnés en collaboration avec l'école Petite Bourgogne.Des cours de français de base sont également offerts pour répondre à un besoin exprimé, de même que des rencontres de sensibilisation sur la consommation ont lieu à partir de faits concrets rattachés au vécu quotidien des gens.Le local d'Amitié-Soleil est ouvert du lundi au vendredi et l'on peut s'y rendre en tout temps, avec ou sans le goût de participer à cet ensemble d'activités mentionnées ci-dessus.Et comme tout, ou à peu près tout, peut se passer et se vivre à Amitié-Soleil, il ne faudrait pas oublier d'ajouter que tous les mercredis midi un Dîner Communautaire est préparé pour permettre aux gens, d'abord de déguster ensemble un repas dont chacun a participé à la préparation avec une Nutritioniste du C.L.S.C.St-Henri/Petite Bourgogne.Il nous reste à mentionner que, mensuellement, une vente de linge est organisée par environ 10 participantes du local, afin de fournir au Camp Familial "L'Auberge des Quatorze Iles", laquelle dessert la même population, un minimum de fonds pour réaliser quelques loisirs sur place.Amitié-Soleil fonctionne à partir d'un Comité formé de participantes d'où se prennent toutes les décisions quant aux activités, orientations, petits projets, etc.Finalement, afin de mieux vous faire saisir ce qu'est Amitié-Soleil, nous vous soumettons quelques témoignages de nos participantes. "Chère Amitié-Soleil" Je ne sais pas trop comment me prendre pour écrire sur ce que tu es.Tu représentes tellement de choses à la fois.Tu es un local où on peut venir travailler, bavarder, relaxer.C'est un endroit où on se fait des amies, où il y a un très bon accueil.C'est une deuxième maison.Je me sens très à l'aise chaque fois que je viens; si je me sens maussade, j'y retrouve de la gaieté; si je m'ennuie, j'y retrouve de la compagnie; si je veux faire de l'artisanat, j'y retrouve des personnes pour me le montrer et "Amitié-Soleil m'a donné beaucoup de goûts.Un jour une femme qui paraissait être ordinaire mais une femme épanouie, dévouée, etc.m'a amenée une première fois à Amitié-Soleil dont j'avais entendu parler très souvent et j'eus le goût de parler; quelqu'un assis là dans cette cuisine m'écoutait tout à coup, j'eus le goût d'écouter d'autres femmes à mon tour; j'eus le goût de donner de mes idées pour aider; j'eus le goût d'apprendre l'artisanat, la cuisine: j'eus le goût de créer des choses que je ne "Je vais à Amitié-Soleil parce que j'aime bien ça.Je me détends.Je rencontre beaucoup de femmes avec qui je peux échanger mes idées.J'apprends beaucoup des autres et de moi- où je peux me procurer mon matériel nécessaire, à un prix inférieur aux magasins.Nous faisons des sorties en groupe, des voyages, il y a également les camps familiaux l'été et les fins de semaine qui nous permettent de vivre avec les personnes, de les connaître et de les apprécier.Ce qui resserre les liens d'amitié.Il y a également les ventes de linge à prix très modique.C'est finalement un endroit où on se sent bien.Gisline Chaussé" pensais même pas que je pouvais faire; j'eus le goût de rendre service; j'eus le goût de participer à des rencontres sociales et instructives; j'eus le goût d'écouter des spécialistes sur toutes sortes de sujets.Je suis sortie de ma cuisine un peu et j'ai comblé des goûts, des besoins que j'avais.Je me sens bien, revalorisée et confiante avec toutes mes amies d'Amitié-Soleil.Raymonde Brazeau" même.Je vais à l'école pour mieux apprendre mon français, et je suis contente de me voir si bien fonctionner.Jeannine" 109 "Toute personne fait dans sa vie une rencontre qui lui apporte beaucoup de bien.Je fis aussi cette rencontre, celle d'Amitié-Soleil.J'étais à l'époque une personne excessivement nerveuse.Je voulais me détendre et être mieux dans ma peau.Amitié-Soleil, c'est pour moi le partage, l'amour du prochain, de nouvelles connaissances et la chance de partager mes ennuis, mes peines et mes joies.C'est aussi être à l'écoute de l'autre.Avoir un accueil chaleureux.Être capable de m'exprimer.Travailler en groupe c'est formidable car c'est me découvrir.Pouvoir échanger mes idées et partager mes émotion avec eux.Ce qu'il y a de plus beau pour moi c'est la communication avec d'autres.Un diamant à mon doigt n'a aucune valeur si je ne peux communiquer.Amitié-Soleil me fait cadeau de tout cela.Il y a maintenant un an que j'y suis et je peux vous affirmer que je suis une participante comblée et heureuse.Nicole" La place de la femme dans l'Église Pour la première fois au Québec, un colloque sur la place de la femme dans l'Église.C'est une initiative du groupe Chrétiens pour une Église populaire."À ce colloque, nous chercherons à voir comment les femmes vivent, à l'intérieur de l'Église, leur relation avec leur corps, avec le pouvoir.Nous chercherons à comprendre l'attitude de Jésus-Christ face aux femmes, nous nous pencherons sur le vécu des femmes à l'intérieur des structures d'Église, telles les paroisses et les communautés religieuses.À travers tout cela, nous essaierons de trouver les réalités que nous voudrions voir changer et les moyens que nous pourrions mettre en oeuvre pour y arriver." Samedi, le 22 mars, à l'École Roc-Amadour, 1625 boulevard Benoît XV, Québec.Pas de frais d'inscription; il y aura une garderie sur place.Pour renseignements ou pour vous inscrire : Chrétiens pour une Église Populaire, C.P.305, succursale St-Sauveur, Québec G1K 6W3.MO Les vacances, un miracle ou un droit?Denise Piquette, Femme de travailleur, membre comité d'administration, membre comité d'artisanat.Connaissez-vous la Botte de Foin?Cet endroit où les gens de la classe ouvrière peuvent prendre des vacances.Mais le droit aux vacances existe-t-il vraiment pour les petits salariés, les assistés sociaux, les mères chefs de famille?Pour eux, les vacances, c'est quoi?Un rêve, une utopie, ou un luxe?Même si les petits salariés rêvent de vacances, ce ne sont pas des séjours en Europe ou sur le bord d"une plage dans le Sud.Les gens de la classe ouvrière aimeraient pouvoir sortir de la ville, mais qui peut se permettre des vacances à la campagne dans des chalets ou des hôtels à des coûts très élevés?Sûrement pas ces gens avec des salaires qui n'augmentent pas au même rythme que l'inflation.Il ne faudrait pas non plus s'attendre à ce que les boss paient des vacances à leurs employés.Qui viendrait proposer à une femme, dans sa cuisine, entre le lavage et le ménage, un projet de vacances?Ce serait croire vraiment aux miracles que de s'imaginer une telle chose.Mais, comme les miracles ne courent pas les rues, nous devons prendre les choses en main et s'organiser.Il ne faudrait pas penser que c'est une chose impossible à faire puisque, nous, nous avons mis sur pied un projet de maison de campagne communautaire se nommant la Botte de Foin, nom qui fut désigné par les enfants.Faut y croire! Pour mettre sur pied un tel projet, il faut d'abord et avant tout y croire.C'est grâce à la collaboration de personnes possédant diverses compétences et habiletés que cette maison a vu le jour.Il y eut aussi de bons bricoleurs pour aménager une maison qui peut accueillir des groupes de vingt personnes.Si le travail intellectuel est important, le travail manuel l'est tout autant.Si l'une ou l'autre de ces catégories de gens n'avait pas III participé à ce projet, il n'existerait pas aujourd'hui.À la Botte de foin, hommes et femmes se partagent le travail, non comme le veut la tradition, mais selon ses goûts, ses talents et ses intérêts.Nous ne disons pas: "ce travail n'est pas fait pour une femme, ou tu ne seras pas capable"; ici, nous disons: "on peut essayer si on le veut".En ce qui a trait aux travaux, la participation est grande.Mêmes les jeunes sont fiers de tondre le gazon, d'entrer le bois de chauffage ou simplement faire la cueillette de fruits sauvages.Sur une période de trois ans, il a fallu 28 fins de semaine de corvée pour aménager cette maison selon les différents besoins.Depuis trois ans, cette maison fonctionne à fond de train.Elle est située dans les Cantons de l'Est, en pleine nature, de la verdure tout autour.C'est une vieille maison de 130 ans qui est chaude et confortable, où l'atmosphère y est chaleureuse.La maison est habitée toutes les fins de semaine et, durant l'été, de juin à septembre, elle est habitée continuellement.Il se fait un partage des tâches.Un comité d'administration a été formé, qui est composé de personnes de la classe ouvrière et d'alliés.Cinq ou six fois par année, il se fait des corvées pour l'entretien et les réparations."Notre maison de campagne" Qui vient à la Botte de foin?Des groupes d'assistés sociaux, des petits salariés comprenant parents, enfants, adolescents.Les séjours à la Botte de foin ont pour but de développer la collectivité, la fraternité et la solidarité.En hiver ainsi qu'en été il se fait des camps familiaux qui permettent aux gens de mieux se connaître.Des fins de semaine sont retenues aussi pour permettre à des groupes de militants chrétiens de partager leurs espérances et réfléchir afin de consolider leur engagement et leur foi.Ces groupes sont composés de religieux, parents, jeunes adultes et enfants.Certaines périodes sont réservées pour des sessions de formation offertes à des militants de groupes populaires qui travaillent avec la classe ouvrière pour comprendre avec eux le pourquoi de leur exploitation et lutter ensemble pour l'amélioration de leurs conditions de vie, y compris le droit aux vacances.Étant donné qu'il y a une grande participation des gens aux niveaux des corvées et des camps, tous ceux qui viennent à la Botte de foin se sentent vraiment chex eux; on entend même les enfants dire: "on s'en va à notre maison de campagne." Compte tenu de la clientèle qui séjourne à la Botte de foin, le coût est très minime.Pour évaluer un déficit, il a fallu penser à l'autofinancement.Un comité d'artisanat relié au comité de la Botte de foin a été créé, qui consiste à faire participer les gens qui ont profité de la maison autrement que par des corvées.Nous demandons à ces personnes de nous fabriquer des articles d'artisanat pour les vendre au profit de la Botte de foin.La première vente fut une réussite.La vente d'ar- 112 tisanat devient donc annuellle.Cette vente se fait avant les fêtes, ce qui permet aux gens de la classe ouvrière de faire l'achat de cadeaux à des prix modiques.À la Botte de foin, nous retrouvons sur le terrain du matériel de sport pour les adultes autant que pour les enfants: fers, pétanque, ballon volant, carré de sable; aussi un coin pour faire des feux de camp.L'hiver, c'est très beau dans ce coin de campagne; nous pouvons y faire du ski, de la raquette, du patin et même une bonne marche de santé.Beau temps, mauvais temps, on ne s'ennuie pas à la Botte de foin; l'atmosphère qui y règne rend le cœur des gens plein de soleil.À l'intérieur, il se fait aussi beaucoup d'activités."Le temps de vivre" Une journée dans cette maison est vraiment différente de notre vie de tous les jours.Notre vie quotidienne, c'est: vite au travail, vite manger, vite pour revenir à la maison et vite pour se coucher afin de récupérer de cette vie trépidante de tous les jours.Mais, à la campagne, on peut voir un coucher de soleil, chose qu'on ne peut voir en ville entre deux immeubles.À la campagne, nous prenons le temps d'écouter le vent et les oiseaux.Une journée est aussi de 24 heures, mais que nous pouvons vivre d'une façon plus reposante et beaucoup plus enrichissante à plusieurs niveaux.Qui n'aimerait pas pouvoir profiter d'un bon feu de foyer où nous sentons cette bonne chaleur qui ne provient pas seulement du crépitement du bois mais aussi de la chaleur humaine qui se dégage de chaque personne présente.Nous avons tous quelque chose à partager; nos talents, nos goûts, nos sentiments, nos espérances, nos déceptions.Si nous faisons le partage avec quelqu'un qui nous écoute, qui essaie de nous comprendre, il se crée des liens d'amitié et de solidarité! Aller à la Botte de foin et partager ces choses nous permet de nous connaître sous d'autres plans que celui du travail, ce qui est très enrichissant.Il est arrivé très rarement qu'après un séjour à la Botte de foin, des gens soient repartis insatisfaits.La plupart des gens sont ravis, même enchantés de leur séjour."Pour moi, Denise." Je fais partie d'une famille de quatre enfants, tous mariés et ayant tous des enfants; notre famille est comme toutes les autres.Les visites se font aux temps des fêtes, lors d'un décès ou d'un mariage et même quelques visites durant l'année.Chacun de son côté a ses obligations et ses devoirs, soit envers les enfants, le travail ou autre.L'an dernier, nous avons eu l'avantage d'aller passer le temps de Noël à la Botte de foin, ce qui comprenait nous, les frères et sœurs, nos enfants et leurs enfants.Même si nous formions une famille depuis une quarantaine d'années, nous nous sommes aperçus qu'il y avait beaucoup de choses que nous ignorions les uns des autres.Étant dans un décor propice à la relaxation, nous avons réalisé combien nous avions besoin de ce temps 113 de vérité profonde pour nous retrouver.Des brisures s'étaient faites à cause des engagements que certains d'entre nous avaient contactés et qui étaient méconnus des autres.Dans cette maison, le dialogue est chose courante pour ceux qui y séjournent, alors nous aussi nous avons eu ce coup de foudre que nous n'avions jamais pris le temps de faire.Chacun y est allé avec franchise et honnêteté pour qu'enfin on puisse se retrouver ensemble une grande et vraie famille.Nous avons même découvert nos enfants avec lesquels nous vivons tous les jours sans pour autant les connaître vraiment.Vivre ensemble cette période de profonde réflexion a fait de nous une seule et grande famille.Je suis sûre que nous ne sommes pas les seuls à avoir vécu ce genre de chose; il y a d'autres belles expériences vécues grâce à ce beau projet.Je suis convaincue qu'il existe au sein de la classe ouvrière un besoin de vacances, c'est pourquoi nous devons lutter pour le droit aux vacances pour tous.Ce n'est pas un rêve, ni une utopie ou un luxe.Si, à plusieurs, nous retroussons nos manches et si nous sommes prêts à investir temps et énergie, il existerait plus d'une maison de campagne comme la Botte de foin pour permettre à plus de gens de prendre des vacances.8 mars Toutes ensemble!, tel est le slogan autour duquel les femmes se regroupent cette année pour fêter la Journée internationale des femmes.Pourquoi Toutes ensemble?Parce que la journée du 8 mars sera axée principalement sur l'unification des luttes contre l'oppression des femmes.Cette année, la CSN, la CEQ et divers groupes de femmes et autres ont réuni leurs efforts pour souligner avec éclat la journée du 8 mars dans tout le Québec.Ils ont donc organisé de nombreuses activités sur les thèmes des revendications féminines dans plusieurs villes de la province.Renseignements: Montréal: Danielle Fortin, (514) 286-2109 Québec: Nicole Tremblay, (418) 658-5711 114 L'expérience d'un camp familial Hermile Barabé Les Copains de St-Hubert Pour moi, la piqûre, c'a été les vacances familiales.J'ai découvert ça avec les "Copains de St-Hubert".Des chômeurs, des travaileurs à faible revenu, incapables de se payer des vacances et qui décident de s'organiser et de se donner des vacances d'été familiales et des temps de loisirs familiaux tout au long de l'année: deux semaines de vacances l'été, une sortie par mois et une soirée d'activités dans une école, par semaine.Et cette dernière soirée, c'est le jeudi et pas par hasard: "ça pourrait-y être une alternative plus fructueuse au magasinage?" Une fin de semaine avec les copains de St-Hubert, c'est pas plus cher que de rester à la maison: "510.00 de gaz dans la minoune et $20.00 pour la nourriture de toute la famille." Et on a du fun ensemble: fun à faire les corvées, fun à jouer ensemble, à se laisser aller au "droit à la paresse".Servitudes liées aux subventions Mais le problème, il vient quand tu négocies tes subventions pour la location du camp.Parce que le gouvernement t'accorde cette subvention, il faudrait en retour accepter toute une brochette de spécialistes qui viennent nous dire comment occuper nos loisirs.Depuis quand le Haut-Commissariat impose à Bronfman, à Steinberg, un récréologue pour leurs vacances?Pourquoi nous, familles ouvrières, on n'aurait pas droit durant 15 jours, de lire, de jouer au baseball, de vivre un genre de chose qui soit libre.Pourquoi décharger sur d'autres, c' qu'on est capable de faire?Nous, on les confie 10 mois par année nos enfants; que les récréologues aillent dans les écoles! On ne tient plus à se faire jouer de tour, à se faire utiliser pour ensuite se voir mis de côté.On a déjà retapé tout un camp condamné pour le Y.M.C.A.Car, chez nous, y'a beaucoup de corps de métiers et préparer not'camp, on a du fun à le faire.Mais au moment des vacances, on n'avait plus rien à dire: eux décidaient de tout.Expériences d'autonomie L'année suivante, on a déniché un domaine désaffecté avec 19 camps.On a loué pour deux ans.Le prix de location: retaper le domaine et, no- 115 tamment, installer des fosses septi-ques et assurer l'entretien.Quand le temps des vacances est venu, comment on s'est organisé?Avec un personnel minimum pour ne pas créer de ghetto de tâches: cuisinier, aide-cuisinier, un moniteur d'eau.Puis on partageait les corvées: vaisselle, légumes à peler, ménage.Pas de directeur de camp.On choisissait, la veille au soir, le responsable (ou la) pour le lendemain.Des foules d'idées formidables sont sorties pour l'animation du camp et plein de talents se sont révélés.Qui aurait dit à cette jeune femme que, du fond de sa cuisine, elle pouvait assurer l'animation de 100 personnes.Et, pour les enfants, pas un écrit d'interdits nulle part.Une sonnette pour les repas.L'enfant qui est là, mon gars ou non, j'en suis responsable.Parlant de mon gars (13 ans), il avait un chalet avec son chum.Ma femme et moi on n'a pas eu à intervenir une fois pour le coucher ou le lever.Notre plus belle expérience: sur le domaine, y'a un beau petit camp en bois rond; on y a accueilli 13 personnes âgées, handicapées.Le recrutement a été difficile au départ; une personne n'avait pas pris de vacances depuis 7 ans.Depuis 7 ans dans une chambre de foyer, ça rend les gens craintifs, inquiets.Ce fut toute une découverte, un climat qu'on ne connaissait pas encore: nos jeunes ont eu beaucoup de plaisir avec eux, un plaisir qui comble et qui ne coûte rien.À l'heure des repas, on leur portait leur plateau dans leur camp, car le choc était trop étourdissant de passer de sa chambre à une salle à manger de 100 personnes.Dans la journée, les vieux et les vieilles se berçaient paisiblement sur la galerie regardant les jeunes s'amuser: "Ici, qu'est-ce qui est l'fun: tu vois du monde en vie".Le soir, on se retrouvait ensemble autour du feu pour chanter.Finis des maudits ghettos, les camps spéciaux: ce sont des culs-de-sac à court terme.Les personnes âgées avec nous, les familles ensemble en vacances, les familles monoparentales avec nous.Autrement, tes groupes sont des nids à problèmes.Au camp, tu viens casser les modèles traditionnels, les ghettos sociaux; tu sors de la routine et tu fais "ensemble" en riant; t'apprends pas à devenir champion olympique, t'apprends à jouer au baseball en ayant du fun, t'apprends à vivre.On a été tenté d'acheter le domaine mais on craint que cela ne devienne que pour St-Hubert.L'été dernier, plus de 500 personnes ont pris des vacances au domaine: 20 familles des Copains, 60 de St-Hubert, 90 de Pointe-Saint-Charles.Nous, on trouve que c'est à une organisation comme Centraide, ou au gouvernement d'être propriétaire et d'en confier la gestion à un groupe comme les Copains de St-Hubert.Tu évites alors les attaches personnelles.Mais le gouvernement refuse si on n'accepte pas sa kyrielle de permanents, surveillants, coordonnateurs.116 Pourtant, on n'est pas exigeant: qu'on nous donne accès à un lac, une rivière et l'hiver à une côte, avec une shed chauffable au bois, des toilettes en ordre.On assume l'entretien à l'année.Dans des places de même, on est allergique aux boss, aux stewarts de l'union, aux fonctionnaires.On veut la tranquillité.Mais des formules conçues par nous, les travailleurs, qui incitent à l'autonomie, à la créativité, et qui coûtent pas cher: ça fait peur.Dans le fameux livre blanc sur les loisirs, il n'y a pas une ligne sur les camps familiaux et, pourtant, ils avaient notre mémoire.Ils aimaient mieux triper avec les villagss-vacan-ces-familles: une vraie trouvaille.Un projet d'un million au Lac Simon, et ça coûtera S25.00 par jour pour le chalet, plus S3.00 par repas si lu manges à la cafétéria.C'est pas pour nous! Nous, le coût moyen par personne, l'été dernier: $6.50 tout compris.Pas plus cher qu'à la maison.Dans un camp familial comme chez nous tu développes le sens de la propriété collective.Il n'y a pas besoin de gardien ni d'amuseur.On se prend en main! Les principes que nous défendons 1 — Nous croyons que toutes les familles (au moins un adulte et un enfant vivant ensemble) ont droit aux vacances et aux loisirs de leur choix et ce, au meilleur coût possible; 2 — Nous croyons que les familles sont capables et ont le droit d'organiseT et d'animer leurs vacances et leurs loisirs en fonction de leurs besoins, de leurs aspirations et de leurs ressources (humaines, physiques et financières) ; 3 — Nous croyons qu'il faut susciter et encourager la participation active de tous les membres de la famille, de toutes les familles, dans l'organisation de leurs loisirs et de leurs vacances; 4 — Nous croyons qu'il faut privilégier les formes de loisir qui s'éloignent du modèle commercial et valoriser les expériences de loisir comme moyens d'enrichissement personnel, familial et collectif: 5 — Nous croyons que la vie communautaire et l'organisation collective des familles favorisent une meilleure connaissance entre les membres d'une même famille et suscitent le voisinage et une ouverture auprès du quartier et de la communauté.Mémoire de l'Association des Camps du Québec 117 Pourquoi les travailleurs en loisir veulent se syndiquer Michel Nolin, professeur à l'U.Q.T.R.À peine esquissés par la brève présentation qui sa suivre, chacun de ces aspects constitue un élément de l'imposant dossier des conditions de travail des travailleurs en loisir.Évidemment les liens restent à faire entre les différentes parties du tout; ce qui nous laisse espérer que cette phase de sensibilisation du lecteur lui donnera le goût de pousser plus loin sa recherche.Le "inonde" du loisir, qui est-il?Une étude1 servant de référence aux intéressés du champ du loisir depuis trois ans nous servira aussi de source de référence afin de vous présenter ce "monde" du loisir.L'enquête porte sur une évaluation des effectifs en force au début de l'année 1976 et révèle qu'environ 180,000 individus consacrent temps et énergie à l'organisation de services en loisir.De ce nombre, 150,000 personnes forment ce que l'on convient d'appeler l'armée des bénévoles en loisir.Les autres, soit près de 30,000 personnes, constituent le groupe de travailleurs et de travailleuses qui, contre rémunération, exercent une 1 Garneau, P.-G., Lepage, J., Inventaire et analyse des ressources humaines dans le secteur des loisirs et des sports, Ministère du Travail et de la Main-d'œuvre, Direction Générale de la Recherche, Gouvernement du Québec, janvier 1977, 245 pages.118 fonction dans les organismes sans but lucratif du champ du loisir.Ce qui exclue les entreprises inscrites au chapitre du commerce et des industries de biens et services en loisir, de même que certains appareils gouvernementaux.Des réalités du travail en loisir Le travailleur en loisir se retrouve fréquemment au cœur de nombreux chasses-croisés car les intervenants qui gravitent autour de lui occupent des positions hiérarchiques et sociales variées tout en jouant des rôles de nature très diversifiée.Prenons l'exemple d'un animateur en loisir dans un quartier, côtoyant des bénévoles avec qui il organise des services pour la communauté.Ces mêmes bénévoles peuvent participer comme membres de la Commission de loisirs de la municipalité.À ce titre, ces derniers amènent des commentaires, des critiques, exercent des évaluations, apportent des recommandations.Ils deviennent alors juge et partie d'une situation, complexifiant ainsi la relation de l'animateur en loisir avec ces bénévoles.Ce dit animateur se veut proche de la population pour en connaître les besoins, les aspirations.Il travaille avec elle afin de la satisfaire mais réalise rapidement qu'il y a comme fond de scène les orientations et les politiques de la direction du Service des loisirs.Pour employer une expression courante, l'individu est coincé entre l'arbre et Fécorce.À qui donner de la tête! Le Livre blanc sur le Loisir tente bien de préciser les alliances premières de l'intervenant-terrain en affirmant "Qu'avant d'être l'employé d'une structure municipale ou d'une association, le permanent devrait être un soutien assuré aux bénévoles".1 Mais la réalité amène des situations cocasses.Pour ne citer qu'un cas: ce bonhomme au service des citoyens désirant travailler avec la population, établir de bonnes relations avec les aides-bénévoles, ne pas trop se triturer les méninges avec les politiques 1 "On a un monde à recréer".Livre blanc sur le loisir au Québec, Québec, 3' trimestre 1979, p.63.119 du Service des Loisirs et qui voit le conseiller municipal, un représentant de son organisme-employeur, lui chuchoter de petits conseils pour ne pas dire des souhaits fortement recommandés.Cette intrusion, cette petite politique a-t-elle force de loi sur le reste?Le tableau des acteurs ne serait pas complet si nous ne laissions pas une place à l'autonomie, à la créativité, à l'intervention sans ambage du travailleur en loisir.Son syndicat local demeure le lieu où cet individu sera plus à même de défendre ses droits, ses intérêts.Cet outil collectif s'inscrit aussi dans la dynamique qui définit les orientations de l'action du travailleur en loisir.Dans cette esquisse du portrait des acteurs, nous avons omis volontairement différentes structures politiques et administratives qui peuvent influencer le travailleur en loisir dans l'organisation des activités.L'État provincial par exemple s'immisce par ses subventions, ses programmes; des organismes nationaux et régionaux par leurs réglementations (ex.: les règlements appliqués pour les différentes disciplines sportives); des structures connexes, en particulier le secteur scolaire, avec qui l'on échange des biens et services.Ces situations cachent un bon nombre de problèmes, d'imprécisions, d'interrogations que l'on se doit de considérer.La structure de pouvoir En regard de tous ces acteurs, il s'avère très judicieux que le travailleur en loisir dégage les rapports de force que se livrent les protagonistes, saisisse comment évoluent ces mêmes rapports et comprenne quels enjeux se dessinent.À travers tout cela, quelle position affiche cet intervenant?Les intérêts qui sont véhiculés Le bénévole, le permanent, l'employeur agissent tous en vue de poursuivre leurs fins.Le bénévole désire obtenir de meilleurs équipements pour son équipe de hockey ou se sert de son action volontaire auprès de la population pour mousser sa candidature à l'échevinage.Le processus d'information, de consultation, de participation est mis de l'avant par la direction du Service de loisir afin de mieux contrôler l'orientation de la programmation des activités.Se pourrait-il parfois que le travailleur en loisir soit à la merci de ce genre d'intervention?120 Le pouvoir décisionnel Dans le même sens le travailleur en loisir peut décider de se joindre à la partie patronale parce qu'elle le pourvoie financièrement ou lui assure le statut et l'appareil technocratique facilitant sa main-mise sur la population.La position adverse exige du permanent un engagement qui le compromet dans la mesure où il accepte de lutter pour que les décisions incombent à la classe ouvrière.La clarification des statuts, rôles et fonctions Avec l'arrivée de cette classe de travailleurs, les permanents en loisir, se pose le problème de la redéfinition des statuts, rôles et fonctions.La petite histoire du loisir nous apprend que le bénévole est à l'origine de multiples expériences et le pilier de nombreuses organisations.L'évolution du champ du loisir, à vrai dire sa complexité, amène une spécialisation et une division des travaux.Ce nouveau panorama du loisir affecte les relations entre les acteurs et déclenche une recherche pour assurer un équilibre dans le partage des responsabilités.Le syndicalisme en loisir La naissance du syndicalisme en loisir ne s'inscrit pas simplement dans un courant de revendication traditionnelle des travailleurs.Il faut considérer les conditions particulières qui prévalent encore dans plusieurs milieux de travail.La question de l'horaire de travail constitue un litige important.Il est fréquent de voir le permanent en loisir à l'ouvrage le soir et les fins de semaine, ce qui le conduit facilement à des semaines de travail de 40, 50 heures et forcément à l'accomplissement du temps supplémentaire.La bataille se mène pour en arriver à une planification du temps de travail qui soit compatible avec les exigences de l'emploi mais aussi respectueuse d'une vie privée pour l'intervenant.Quant au temps supplémentaire, il faut penser en termes de possibilités de récupération et de rétribution.Ces aspects principaux d'un ensemble plus vaste de conditions de travail incitent donc le travailleur en loisir à se prévaloir de son droit à la 121 syndicalisation.Ne serait-ce que dans le but d'établir un certain poids et de rechercher une équité lors des négociations.La relation bénévoles-permanents Des énoncés précédents, se dégage clairement que ces deux types d'intervenants partagent un même champ de préoccupations mais selon des perspectives qui ne se rejoignent pas toujours.Certaines personnes avancent que le vieux conflit des générations persiste encore et fait son œuvre en loisir comme ailleurs.Bien sûr, il y a des écarts d'âge qui se répercutent à d'autres niveaux.Les bénévoles affichent une plus grande expérience pratique que les jeunes travailleurs en loisir.D'ailleurs l'âge de ces derniers et la jeunesse de leurs années en font foi.Mais la différence existe aussi sur le plan des connaissances.Les uns, les bénévoles, développent des habiletés axées sur le savoir-être et le savoir-faire.Se joignent à eux, tous ces travailleurs issus des organisations de loisir et qui occupent maintenant une permanence en loisir.À l'opposé, une nouvelle catégorie de diplômés, sortis des cégeps et des universités, apportent des façons de voir la réalité qui diffèrent totalement des premiers intervenants.Il faut comprendre que des systèmes de valeurs se confrontent.À des loisirs purement occupationnels (amuser les enfants et les adolescents) s'oppose un loisir où la créativité de la personne a son importance.De même, à des activités intégratrices telles la consommation massive et béate d'émissions de télévision, se butte un type d'action où la solidarité est recherchée.En même temps que la relation interpersonnclle se redéfinit par une nouvelle distribution des tâches et des responsabilités, les bénévoles et les permanents doivent partager leurs connaissances, échanger leurs points de vue sur la communauté et la société avec et pour laquelle ils travaillent.C'est tout un monde à recréer! Devant ce tableau des forces en présence et des défis à gagner, le travailleur en loisir a le choix: une intégration sous la gouverne bureaucratique, ou l'option de s'allier et de se mobiliser avec les groupes et autres organisations populaires pour militer à construire une société plus humaine, moins aliénante, tout au moins dans les temps de loisir.122 joi st sndaaamEm 23a9 Le Christ de l'histoire et de la foi Le texte que nous présentons est la suite de l'article paru dans le numéro de novembre (dossier 139) sous le titre: Pour nous, qui est Jésus-Christ?Il est tiré du cahier du C.P.M.O.: Jésus-Christ et son projet de libération.Il arrive que le message du Christ soit souvent déformé, défiguré.C'est pourquoi il est si important de redécouvrir le visage de Jésus-Christ et, tout d'abord, de le resituer dans l'histoire où il s'est lui-même inséré.I — Jésus dans l'histoire du peuple de Dieu Dieu intervient dans l'Ancien Testament Jésus de Nazareth est né il y a près de 2,000 ans.À peu près 1,900 ans avant, il y avait eu Abraham, le Père du peuple de la Bible — c'est-à-dire en fin de compte — il y a près de 4,000 ans.C'est à la fois beaucoup et peu, surtout à l'échelle de l'histoire du monde.On sait aujourd'hui que l'humanité existe depuis un ou deux millions d'années et le monde depuis des millions et des millions d'années.De tout cela, de toute cette partie de l'histoire du monde avant Abraham, il est très peu question dans la Bible.À peine quelques chapitres au début de la Genèse, et bien peu précis encore.Et pourtant Dieu était déjà là.Et puis, à un moment donné, il est entré en contact et a fait alliance avec Abraham, puis avec tout un peuple par ses chefs et ses prophètes comme Moïse, David, Élie, Jé-rémie, etc.123 Un peu plus tard, toujours selon la foi de l'Évangile, Dieu est entré directement lui-même dans l'histoire.Il s'est incarné en Jésus-Christ.Il s'est fait homme à l'intérieur d'un peuple précis, au sein d'une histoire déjà longue.Jusque là, Dieu avait plutôt agi "de l'extérieur", par des porte-paroles qu'il choisissait — tels Abraham ou Moïse.En Jésus, Dieu se "mêle" directement à l'humanité et à l'histoire.Il se fait homme et devient l'un de nous, en tout semblable à nous.Tel est bien le cœur de notre foi.Jésus est arrivé dans le monde à un moment précis de l'histoire.Relisons le début de l'Évangile.Ce n'est pas Marie ou Joseph qui décide un bon jour de faire un enfant.C'est Dieu lui-même qui prend l'initiative et choisit le moment où Jésus arrive dans l'histoire.Jésus aurait pu naître plus tôt, au temps de la gloire de Salomon, par exemple.Il aurait pu naître plus tard.Il aurait pu naître ailleurs.Dieu aurait pu choisir un autre peuple pour se faire connaître aux hommes.Mais c'est à tel moment et à tel lieu que Jésus est apparu.Pourquoi?Cela, en un sens, appartient au mystère de la volonté de Dieu qui nous échappe en bonne partie.Et pourtant ce choix de Dieu n'est pas totalement incompréhensible.Il nous aide même à comprendre ce que Dieu voulait nous dire par Jésus.Dieu, en ce sens, n'agit pas sans un plan.Jésus avait une mission très spéciale à accomplir au sein de l'humanité.Il vient pour quelque chose de précis.Cela est très important pour nous.Car, sans cela, comme chrétiens, nous ne saurions pas quoi faire aujourd'hui.Et, pour savoir ce que Dieu attend de nous aujourd'hui, il est très important de savoir ce que Jésus lui-même avait pour mission de faire en son temps.2 — Le règne de Dieu est proche Ainsi donc, à un moment précis de l'histoire, apparaît Jésus de Nazareth qui se met à proclamer que le Règne de Dieu est proche et que les hommes doivent s'y préparer.Dieu qui entre dans l'histoire en Jésus-Christ 124 Jésus vient Mais Jésus n'arrive pas tout d'un coup, comme un cheveu annoncer sur ja SOUpe D'autres avant lui (Jean-Baptiste par exem- e règne e îeu.^^ avajent aussj appeié les hommes à changer leur cœur est le même aans ''attente de ce règne de Dieu qui allait venir.Et, que celui de avant Jean-Baptise, les prophètes.Jésus, en ce sens, ne se l'Ancien présente pas comme quelqu'un qui vient dire quelque chose Testament ^e totalement nouveau.Il se présente bien plutôt comme un continuateur.Le Dieu de Jésus — celui qu'il appelle son Père et dont il parle constamment — c'est le Dieu d'Abraham, d'Isaac, de Jacob, de Moïse, de David, des prophètes.C'est le même Dieu qui avait déjà agi et parlé de différentes manières dans l'histoire.Jésus ne se présente donc pas en "concurrence" avec ce Dieu-là.Bien au contraire.C'est pourquoi, pour comprendre le rôle de Jésus et son message, il importe de savoir qui était ce Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.Car c'est vraiment ce Dieu-là auquel les auditeurs de Jésus pensaient quand il leur parlait de Dieu, son Père.Bien sûr, c'est un peu toute l'histoire du peuple de la Bible, à travers l'Ancien Testament, qu'il faudrait parcourir pour bien saisir ce Dieu qui s'y révèle à son peuple.Notons au moins que ce Dieu-là, tout d'abord, n'était pas particulièrement.timide! C'est un Dieu qui ne craint pas de dire des choses très fortes et de poser des gestes d'éclat.Ainsi, pour ne prendre qu'un seul exemple (mais frappant), ce Dieu-là prend part à des guerres d'une façon souvent violente.Il n'hésite pas à conduire son peuple au combat en commandant d'exterminer les ennemis.Ce Dieu-là, c'est le moins qu'on puisse dire, ne se cantonne donc pas dans les choses spirituelles, religieuses ou "pieuses".Il prend parti dans les actions historiques, concrètes, matérielles.Ne l'oublions donc pas: c'est ça, le Dieu d'Abraham, d'Isaac, de Jacob.Le Dieu de Jésus-Christ n'est pas un Dieu différent.Jésus se présente comme le continuateur des espoirs et des luttes que son peuple conduit par ce Dieu-là.Jésus, de manière particulière, vient donc continuer l'action du Dieu de VExode, qui fit sortir Israël du pays d'Egypte où il était tenu en esclavage.125 3 — Le Dieu de l'Exode et de la Libérât ion Dieu intervient pour libérer son peuple d'Egypte Longtemps tenu en esclavage en Egypte, le peuple hébreu, avec Moïse à sa tête, va briser ce pouvoir de pharaon.Cela ne sera pas facile car l'Egypte a besoin de ses esclaves hébreux pour assurer sa puissance.Elle ne veut donc-pas libérer ceux-ci comme ils le demandent.Les "plaies d'Egypte" sont, en ce sens, autant de menaces que Dieu, par Moïse, envoie à l'Egypte.Mais le pharaon ne veut rien savoir.Alors survient la dernière des "plaies", la plus terrible de toutes: tous les premiers-nés des Égyptiens sont tués, y compris le propre fils du pharaon.Le pharaon finit par céder et par autoriser les hébreux à partir.Il se ravise pourtant et lance ses troupes à leur poursuite.Mais les hébreux réussissent à franchir la Mer Rouge à pied sec grâce à un miracle de Dieu.Et voilà que la mer se referme, engloutissant le pharaon et son armée.Ce vieux récit comporte sans doute une bonne part de "mythe".La légende d'Israël l'a "embelli", si l'on peut dire, au cours des âges.Ainsi, par exemple, il semble bien que, historiquement, les Hébreux aient plutôt quitté l'Egypte en franchissant à gué un bras étroit et peu profond de la Mer Rouge.Il se peut aussi que les chars égyptiens se soient tout simplement embourbés dans les marécages.De la même manière, les diverses "plaies" peuvent fort bien avoir été une série de catastrophes naturelles qui auraient un peu désorganisé l'Egypte.Les hébreux auraient ainsi pu profiter de cette situation pour "se pousser".De même, il se pourrait que "la mort des premiers-nés Égyptiens", que la Bible attribue à Dieu, ait en fait été causée par les hébreux eux-mêmes, au cours d'escarmouches de "guérilla".Mais tout cela ne change rien à la signification profonde de l'Exode.Au contraire.Nous avons affaire à un peuple opprimé qui, par divers moyens (y compris violents.) essaie de s'affranchir.Ce peuple conduit par un chef, Moïse, croit avec beaucoup de force que son Dieu est profondément d'accord avec ce désir de libération.Il sent la présence active de ce Dieu au milieu de lui comme 126 si Dieu lui-même le poussait dans ce sens.Cette foi du peuple est tellement forte, qu'elle l'amène à affirmer que c'est Dieu lui-même qui a guidé tout son processus de libération.Plus le peuple avance dans ce processus, plus lui paraît claire cette présence active d'un Dieu libérateur.Difficile Ce difficile apprentissage de la liberté concernait égale- apprentissage ment l'expérience religieuse du peuple hébreu.Moïse, un de lu liberté jour, avait dit au pharaon: "Laisse sortir mon peuple pour qu'il puisse adorer son Dieu".Qu'est-ce à dire?Que la liberté était nécessaire au peuple non seulement d'un point de vue humain, politique, mais également d'un point de vue religieux, pour que le peuple puisse vivre une religion authentique.Des êtres humains longtemps tenus en esclavage ne peuvent être libres pour entrer en relation avec Dieu.Ils vont nécessairement rendre à Dieu un culte d'esclaves et souvent même se représenter Dieu sous les traits d'un maître tyrannique.Or, Dieu veut être adoré et servi par des hommes et des femmes libres et il se présente comme un père aimant, non comme un maître cruel et despotique.Des esclaves ne peuvent que se représenter un Dieu à partir de leur servitude et de leurs frustrations.Ils ne peuvent ainsi que passer à côté du vrai visage de Dieu.Ou bien ils se résignent dans cette situation et s'enferment dans cette vision de Dieu, ou bien ils entreprennent concrètement de se libérer et commencent ainsi à découvrir un tout autre visage de Dieu: d'un Dieu non plus tyrannique mais libérateur.C'est pourquoi, quand on y pense, même la libération au niveau religieux (c'est-à-dire la libération du péché inscrit au cœur de l'homme) n'est pas vraiment possible sans une libération historique totale, c'est-à-dire politique, économique, idéologique.On ne peut par conséquent "convertir les cœurs" sans "transformer les structures" de la vie sociale qui modèlent les cœurs.L'épisode de l'Exode montre bien cela.Mais prenons un autre exemple, plus contemporain, pour l'illustrer davantage.Au Vietnam, avant la libération, il y avait des milliers de prostituées, de femmes contraintes à faire ce métier 127 Il n'y a de libération religieuse qu'au sein d'une libération totale parce qu'elles n'avaient pas d'autres moyens de gagner leur vie.Pendant longtemps, nombre de missionnaires tentèrent de "convertir" ces filles, de les sortir de cette situation perçue par eux comme contraire à la dignité humaine et à la morale chrétienne.Et pourtant, la prostitution continuait de plus belle, encouragée par un régime politique corrompu (et souvent même avec la complicité inconsciente de bien des chrétiens qui soutenaient ce régime contre les "méchants athées communistes").Survient la victoire des forces de libération: le nouveau régime décide, entre autres choses, de prendre des mesures efficaces pour enrayer la prostitution parce qu'il y voit une dégradation inacceptable de l'être humain et qu'il a la volonté politique de changer cet état de choses.Et, pour cela, il ne peut se contenter de sermons moralisateurs.Il doit trouver du travail aux femmes qui n'avaient que ce moyen pour vivre.Il doit en outre redonner à toutes ces femmes, à travers une rééducation appropriée, le sens de leur dignité que plusieurs avaient plus ou moins perdu en devenant de simples objets de plaisir achetables.De cette manière, et en l'espace de très peu de temps, le phénomène de la prostitution disparut dans une très large mesure.Qu'est-ce à dire?Qu'un problème qu'on s'était souvent contenté de situer au niveau du "cœur" ("la prostitution est immorale.") n'a pu être efficacement solutionné que parce qu'on a détruit les structures économiques, politiques et idéologiques qui l'engendraient en mettant en place des structures nouvelles et différentes.Aucun changement de structures n'entraîne automatiquement une transformation des cœurs et des mentalités.Mais aucune transformation des cœurs et des mentalités n'est vraiment possible sans un tel processus de transformation des structures sociales.On voit bien, en ce sens, comment le message de libération du Dieu de l'Exode — et de Jésus-Christ — ne peut être un message de libération purement "spirituelle" (même s'il l'est aussi).C'est un message de libération totale qui s'enracine et se construit dans l'histoire.(à suivre) 128 À quoi ont mené trois ans de lutte ?L'Association du Personnel Domestique Depuis novembre 1976, date de sa premire assemblée générale où les travailleurs domestiques se sont fixé des buts afin d'améliorer leurs conditions de travail, l'Association pour la défense des droits du personnel domestique de Montréal (A.P.D.) lutte pour que le personnel domestique soit reconnu au même titre que tous les autres travailleurs.Plus particulièrement, l'A.P.D.revendique l'inclusion du personnel domestique sans aucune distinction, dans ce qui était la loi du Salaire minimum et qui est aujourd'hui la Loi sur les normes du travail.Les pressions exercées par l'A.P.D.dans le cadre de cette lutte ont été multiples.Le tout a débuté avec la présentation d'un premier mémoire au ministre du travail, Pierre-Marc Johnson, en septembre 1977, réclamant un amendement à la Loi du salaire minimum afin d'éliminer l'article qui excluait nommément les travailleuses domestiques.Après plus de quatorze mois, pendant lesquels l'A.P.D.a talonné sans relâche l'appareil gouvernemental et par une campagne de sensibibilisation a sollicité l'appui du public et plus particulièrement des travailleurs, le gouvernement a répliqué avec un projet de loi qui faisait fi de nos recom-mendations.Il proposait d'inclure seulement les travailleuses domestiques qui résidaient chez l'employeur ou travaillaient plus de trente heures par semaine pour le même employeur.Une victoire partielle Face à un tel mépris envers les travailleuses domestiques, l'A.P.D.a entrepris de nouvelles démarches identifiant et visant cette fois-ci les véritables sources d'opposition.Ceci devait nous mener à une occupation du local du Conseil consultatif du travail et de la main-d'œuvre, composé principalement de représentants du Conseil du Patronat du 129 Québec, le jour où celui-ci devait rendre compte au Ministre de ses "recommandations" concernant le projet de loi.Il est à noter que nos seuls alliés au sein du Conseil consultatif étaient quelques représentants syndicaux.Quelques mois plus tard, l'A.P.D.donnait suite à son action en se rendant à Québec pour défendre ses revendications devant la commission parlementaire sur le projet de loi 126.Le Gouvernement fit quelques concessions et la loi sur les normes du travail, sanctionnée le 16 juin 1979, inclut les travailleurs domestiques, sauf dans les cas où leur principale fonction est la garde d'un enfant, d'une personne âgée, mais sous réserve que les conditions minimales pour les travailleurs domestiques seraient régies par des règlements.L'A.P.D.est encouragée par ce qu'elle considère comme une victoire partielle, mais elle dénonce le fait qu'il persiste encore des exclusions et que le gouvernement par son recours aux "règlements" démontre son intention de maintenir les travailleurs domestiques dans une catégorie à part.Sept mois après que la loi ait été sanctionnée, nous attendons toujours les fameux règlements.Il faut en conclure que non seulement le gouvernement ne veut pas donner au personnel domestique les mêmes conditions minimales de travail qu'aux autres travailleurs, mais qu'il n'est même pas intéressé à leur assurer un minimum quelconque.Pourquoi?Un des arguments invoqués par le gouvernement pour continuer à exclure les travailleurs domestiques de la Loi sur les normes du travail est que celles-ci perdraient leurs emplois.Cet argument est sans fondement.Réponse aux objections Depuis 1974, les travailleuses domestiques aux États-Unis qui travaillent plus de 8 heures par semaine pour un ou plusieurs employeurs ou qui reçoivent un total de $50 ou plus pour une période de 3 mois consécutifs pour un même employeur sont protégées par une loi qui régit leurs conditions minimales de travail.Avant que celle-ci ne soit mise en vigueur, on craignait que les travailleuses perdent leurs emplois.Cependant, le "National Council on Household Employment (N.C.H.E.) des États-Unis qui a effectué une recherche sur "les répercussions du salaire minimum sur les employés domestiques et leurs employeurs" a découvert que, bien qu'il y avait eu beaucoup de discussions et d'objections face à ce projet de loi, les travailleuses domestiques n'ont pas perdu leurs emplois à cause du refus ou de l'incapacité de l'employeur de payer le nouveau salaire minimum.130 Un autre argument fréquemment soulevé maintient que l'extension du salaire minimum au personnel domestique rendrait les services de ces travailleuses inaccessibles à certaines familles.Cet argument est trompeur.D'une part, il est illusoire de croire que les employeurs de travailleuses domestiques proviennent de toutes les classes sociales.À cet effet, le département montréalais de la Commission de l'emploi et de l'Immigration du Canada affirme que les offres d'emploi pour travailleuses domestiques proviennent majoritairement des districts les mieux nantis, notamment Hampstead, Westmount, Laval, Ville St-Laurent et Ville Mont-Royal.D'autre part, nous maintenons que le travail domestique est une profession et non une faveur personnelle et que l'épanouissement professionnel d'une partie de la population ne doit pas continuer de se faire aux dépens d'une autre.Il est aussi souvent prétendu par les législateurs que l'inclusion du personnel domestique dans la Loi sur les normes du travail serait un geste futile puisque les difficultés qu'auraient les fonctionnaires à l'appliquer la rendrait totalement inefficace.Cependant, les hauts fonctionnaires de la Commission du salaire minimum, qui sont ceux qui sont aux prises avec l'application concrète de la Loi du Salaire Minimum sont manifestement en désaccord avec cette position puisqu'ils recommandent depuis déjà plusieurs années l'inclusion du personnel domestique dans cette loi.Un mécanisme d'application qui serait efficace pour les autres travailleurs, le serait tout autant pour le personnel domestique.Il est évident que les arguments invoqués par le gouvernement sont mystificateurs.La réalité est tout autre.En effet, le gouvernement a pour rôle de protéger et défendre les intérêts de la classe qui détient le pouvoir économique.D'ailleurs, ce sont les gens de cette classe (dont les hauts fonctionnaires font partie) qui emploient la presque totalité des travailleurs et travailleuses avec visa d'emploi temporaire.C'est une des conséquences de la politique qui a pour but de fournir une force de travail à bon marché, le souci étant de garder les coûts de main-d'œuvre le plus bas possible.On profite de ces travailleurs (euses) d'une double façon.D'une part, ils sont coincés dans une situation où ils sont obligés de cotiser à des régimes sociaux (i.e.Assurance-chômage, Assurance Maladie, etc.) dont ils ne pourront jamais bénéficier.Mais, qu'elles soient québécoises ou immigrantes, les travailleuses domestiques ont à faire face à la même exploitation et leur seule alternative est de lutter collectivement pour leurs droits.131 Un début de regroupement La lutte est déjà commencée et est loin d'être facile.Néanmoins, en relativement peu de temps, l'A.P.D.a réussi à sensibiliser la population à la cause des travailleuses domestiques et a obtenu que, pour la première fois au Québec ces femmes soient reconnues comme des travailleuses.En effet, l'inclusion du personnel domestique dans la loi sur les normes du travail, aussi boiteuse soit-elle, peut fournir tout au moins un recours légal ainsi que quelques droits minimaux, à condition que le gouvernement arrive enfin à statuer sur les règlements.Mais, le plus important acquis que nous tirons de cette lutte est: que les travailleuses domestiques ont commencé à se regrouper et à identifier leurs problèmes et ennemis communs et à lutter ensemble pour l'amélioration de leurs conditions de vie et de travail.De plus, la solidarité qui s'est développée entre travailleuses domestiques, ainsi qu'avec la classe ouvrière, est un heureux résultat de notre lutte qui nous renforce et nous encourage à poursuivre afin d'obtenir la revalorisation de toutes les travailleuses domestiques d'ici et d'ailleurs.£C£/21tO/2l Miguel Benasayag, Malgré tout: contes à voix basse des prisons argentines.Éditions Maspero 1980, 125 pages.Vingt-cinq récits, brefs et pudiques, pour témoigner de près de 1,400 jours et de 1,400 nuits dans les prisons d'Argentine.Ce petit livre respire la dignité des corps martyrisés, l'esprit de lutte qui survit à la terreur organisée de tous les instants.Miguel Benasayag a été arrêté le 18 mars 1975 en plein Buenos Aires.Il a connu plusieurs prisons différentes.Près de quatre ans après, les hasards de sa naissance qui lui avaient donné une mère française ont fait de lui l'un des détenus dont une campagne internationale a permis la libération, puis l'exil en France.Ce livre est là pour que personne ne puisse jamais plus dire, comme au moment de la découverte des camps nazis à la fin de la guerre, qu'il "ne savait pas".La campagne de Développement et Paix en faveur des grands-mères argentines à la recherche de leurs petits enfants, trouve dans ce livre l'arrière-plan historique de la disparition des parents (Revue Vie Ouvrière, octobre 1979, n° 138, page 513).Paul-Émilc Charland 132 CENTRE DE PASTORALE EN MILIEU OUVRIER « Une ressource de formation au service des chrétiens engagés en milieu ouvrier et populaire ■ En plus des activités proposées pour les militants de l'ensemble de la province, le C P.MO organise des sessions pour des groupes qui le demandent dans les régions Cinq thèmes, en particulier, sont actuellement proposés 1) Question nationale et réalité ouvrière (Jean Ménard) (collaboration: CFP) 2) Lutte nationale, pouvoir populaire, foi en Jesus-Chnst (R Levac) 3) Jésus-Christ et son projet de libération (A Leonelli) 4) La personne de Jésus (J Bélanger) 5) Histoire de l'Église et mouvement ouvrier au Québec (G Ménard) Le C P M O publie ■ Les Cahiers du C P.M.O.■ de même qu'un bulletin de liaison pour ses membres.C.P.M.O., 1212.rue Panet, Montréal, Que.H2L 2Y7 (tél.524-3561) CFP Centre de Formation Populaire Les activités du CF.P.Le CFP.organise des sessions de formation à l'intention des militant(e)s du mouvement syndical et populaire (groupes populaires et culturels, groupes de femmes et d'étudiants, etc).On peut participer à ces sessions en s'inscrivant individuellement au CFP ou en se regroupant avec d'autres pour demander une session.Les permanents du CFP peuvent animer et servir de personnes-ressources pour des sessions dans les différentes régions du Québec.Cette année, le CFP privilégiera les sujets suivants: La question nationale.Le protêt socialiste, Le fonctionnement de nos organisations.Comment peut-on devenir membre du CFP?Tout groupe qui a pour but la promotion des intérêts des travailleurs peut adhérer au CFP Tout militant qui participe à une telle organisation peutaussi devenir membre du CFP à titre individuel.Centre de Formation Populaire, 1750 St-Denis, Montréal H2X 3K6 (tel : 842-2548) SOMMAIRE Tel travail, tels loisirs Des loisirs pour les travailleurs Quand on tombe à la retraite Des jeunes du quartier Maisonneuve Mamans et enfants nous parlent de leurs loisirs Les loisirs: au service de qui?Le Patro: mon deuxième chez-nous Au-delà du hockey L'expérience de la J.O.C.avec les 14-17 ans D'un loisir consommateur à un loisir libérateur Amitié-Soleil: des loisirs pour mères de famille Les vacances: un miracle ou un droit?L'expérience d'un camp familial Pourquoi les travailleurs en loisir veulent se syndiquer Ce dossier a été publié avec l'aide d'une subvention de recherche du Ministère du Travail et de la Main-d'œuvre Prix: $2.00
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