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Titre :
Vie ouvrière.
Vie ouvrière est une revue catholique mensuelle d'animation sociale engagée pour la cause ouvrière qui a été publiée à Montréal de 1979 à 1990. [...]
La revue mensuelle Vie ouvrière est publiée à Montréal de 1979 à 1990. Elle fait suite à Dossiers « Vie ouvrière » (1974-1978), revue catholique d'animation sociale engagée dans le monde ouvrier, élargissant ses préoccupations aux laissés pour compte des luttes syndicales : travailleurs non syndiqués, pauvres, chômeurs, assistés sociaux et marginaux. Vie ouvrière montre aussi une sensibilité à l'égard d'un large éventail de problématiques sociales plus larges. La montée du féminisme a des répercussions sur les orientations de la revue. La question autochtone fait aussi l'objet d'une certaine attention; le dossier d'avril 1979 y est consacré. Vie ouvrière fait une place plus grande aux militants chrétiens impliqués dans le missionnariat et la coopération internationale, et on y trouve de nombreux dossiers et articles à saveur altermondialiste sur la solidarité internationale. La première livraison de 1981 marque une rupture dans la facture visuelle de Vie ouvrière. La page couverture monochrome habituelle fait place à une page illustrée et colorée et des photographies et des illustrations parsèment maintenant les textes, donnant une allure de magazine à la revue. Celle-ci procède toutefois toujours par enquêtes, reportages et articles de fond. Vie ouvrière fait partie d'une longue série de publications incluant aussi le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990) et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004). La publication de Vie ouvrière résulte d'une collaboration entre le Centre de pastorale en milieu ouvrier, la Jeunesse ouvrière catholique et le Mouvement des travailleurs chrétiens. VALLIÈRES, Pierre, « Le magazine de Vie ouvrière - 40e anniversaire. Troisième partie : les années 70 - L'utopie et l'institution », VO, no 232, septembre-octobre 1991, p. 12-14.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1979-1990
Contenu spécifique :
mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Dossiers "Vie ouvrière",
  • Successeur :
  • VO
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Références

Vie ouvrière., 1980, Collections de BAnQ.

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DOSSIERS 1VIE OUVRIÈRE"________________ AU SERVICE DES MILITANTS CHRÉTIENS DU MONDE OUVRIER Comité de rédaction Denise Gauthier.Carmelle Théberge, Robert Guimond, Raymond Le\ae, Guy Ménard, André Beauregard, Jean-Paul St-Germain Collaboration: Jeunesse Ouvrière Chrétienne (J.O.C ) Mouvement des Travailleurs Chrétiens (M.T.C) Centre de Pastorale en Milieu Ouvrier (C.P.M.O.) Paul-Émile Charland, rédacteur en chef Lucie Leboeuf, assistante à la rédaction et à la promotion Secrétariat: Françoise Lapchuk Abonnement: S 12.00 pour un an; $22.00 pour deux ans Éditeur: Revue Vie Ouvrière Inc.Adresse: 1201, rue Visitation, Montréal, Canada.H2L 3B5 Téléphone: (514) 524-3561 Courrier de deuxième classe — Enregistrement no 0220 ISSN 0384-1146 Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec Indexée dans le Répertoire analytique d'articles de revue du Québec (RADAR) Imprimerie Notre-Dame, Richelieu, Que. sommaire Ma* i9so — va xxx, n« 145 Éditorial Vers une unité populaire Paul-Êmile Charland 262 Dossier Un Sommet populaire fructueux à Montréal 265 Les propositions acceptées en plénière 268 Des quartiers où nous pouvons rester Front d'action populaire (FRAPRU) 269 Les saisies de salaire en trop doivent cesser A.CE.F.de Ste-Thérèse 274 Les travailleurs accidentés s'organisent 279 Le Regroupement des garderies sans but lucratif 283 Les travailleurs immigrants bâtissent leur organisation Union des travailleurs immigrants 286 Grand-maman revendique un revenu décent 289 Revendications de l'Association québécoise des retraités 290 Le transport en commun à Montréal 292 Transport 2000 296 Pour un front commun des communications Institut canadien pour l'éducation des adultes (I.C.E.A.) 297 L'information.c'est bête à dire 302 Les principales périodes dans le développement des organisations populaires à Montréal Le Centre de Formation populaire 303 Foi et engagement Le Christ et l'Église C.P.M.O.307 Le 10* anniversaire du Centre de Pastorale en Milieu Ouvrier 314 ÉVÉNEMENTS OUVRIERS L'image du syndicalisme au sein des informations télévisées Jean-Pierre Desaulniers Philippe Sohet, Nicole Hubert 318 itoiia Vers une unité populaire Chaque mois, de nouveaux groupements voient le jour pour représenter une partie délaissée de la population et pour prendre sa défense.Les organisations populaires se multiplient au rythme de la prise de conscience des besoins et des droits des citoyens.C'est là un signe de santé de la part d'une population qui refuse de se laisser écraser.Ainsi on a vu, ces dernières années, surgir des groupements s'occu-pant d'intérêts aussi divers que ceux des travailleurs accidentés, des assistés sociaux, des handicapés, des autochtones, des travailleurs immigrants, des garderies, des retraités, des militants pour le réaménagement urbain, etc.La liste des participants au Sommet populaire de Montréal nous donne un aperçu de leur variété.Ce qu'elle ne décèle pas, cependant, à première vue, c'est l'unité d'intérêt qui existe entre tous ces groupes.D'où la nécessité de se mieux connaître afin de s'entraider.Un "Sommet populaire" Depuis quelques années, l'actuel gouvernement a développé l'idée des "Sommets" pour les agents économiques des différents secteurs.De même, sous l'instigation du Conseil central de Montréal (C.S.N.), les groupes populaires ont voulu avoir, eux aussi, leur "Sommet", lieu de rencontre et de concertation.Le Sommet populaire de Montréal fut un premier pas dans un processus de sensibilisation réciproque.La volonté du Conseil Central (C.S.N.) était d'animer et de soutenir les échanges entre les organisations syndicales et populaires de la métropole.Ce fut le début d'importantes "retrouvailles" et l'occasion de se découvrir des liens de parenté.Les participants espèrent aboutir, dans 6 mois ou 1 an, à la convocation d'un second Sommet où: "nous serions appelés à nous définir un certain nombre de positions et d'actions communes qui mettront un terme à notre isolement et qui feront de notre solidarité une réalité concrète et vécue" (Document de travail).Il ne s'agit pas, pour le moment, de mettre sur pied une organisation politique partisane, mais bien de développer des liens entre les groupes populaires et syndicaux en vue de l'élaboration d'une plate-forme commune de revendications.Des groupes de base Pour prolonger l'action du Sommet populaire, nous présentons dans un premier dossier quelques-uns de ces groupes qui travaillent à la base.Pour plusieurs lecteurs, ce sera probablement une découverte, comme ce le fut pour nous.Mais, il a fallu faire un choix parmi la cinquantaine-de groupes présents à la rencontre à cause des contraintes d'espace, espérant en présenter d'autres dans les prochains dossiers.La population de la métropole doit se loger et se déplacer: ces deux besoins vitaux sont menacés par la spéculation des entreprises financières, plus promptes à veiller à leurs propres intérêts qu'à ceux des usagers.Des citoyens se sont levés pour défendre leurs logements et leur environnement: nous sommes invités à nous joindre à eux.Les travailleurs qui ont l'avantage d'être syndiqués sont protégés dans leur milieu de travail; mais les autres, les victimes d'accidents de travail, les immigrants, les travailleurs frappés de saisie sur leur salaire.?Pour défendre leurs droits, ils se sont regroupés et se sont donné une voix au sein des organisations populaires.Ces organisations interpellent à leur tour les syndicats en faveur des tra\-ailleurs les moins fortunés.Les personnes âgées ne sont pas les moins actives pour tenter d'améliorer leurs conditions de vie.Les hommes et les femmes qui, par leur labeur, ont fait le Québec d'aujourd'hui, pensent qu'ils ont droit à une vie plus décente.Plus de 300,000 retraités, en effet, vivent actuellement sous le seuil de la pauvreté.Unis dans l'Association québécoise pour la défense des droits des retraités et pré-retraités (AQDR), ils continuent de lutter pour leur juste part du bien-être collectif.Ils sollicitent l'appui non seulement des autres groupes populaires et syndicaux, mais aussi de toute la population du Québec.263 Pour une Église populaire En même temps que se tenait le Sommet de Montréal, un autre centre d'animation populaire fêtait son 10' anniversaire, le Centre de Pastorale en Milieu Ouvrier (CPMO).Coïncidence sans doute, mais on ne peut pas ne pas être frappé par la ressemblance des intentions qui animent ces deux initiatives.Comme le dit son actuel directeur: "Ce que nous fêtons lors de ce 10' anniversaire du C.P.M.O., ce sont tous ces regroupements, communautés de base, mouvements qui regroupent des travailleurs, des militants engagés dans le mouvement ouvrier et populaire.Ils ont à cœur la solidarité ouvrière, ils donnent leur vie pour un monde meilleur, pour un monde où les travailleurs, chômeurs, assistés sociaux, auront la parole, seront valorisés et seront responsables de leur milieu de vie et de travail.Ce que nous fêtons, ce sont ces communautés chrétiennes qui peuvent nommer l'action de Jésus-Christ dans ce processus même de prise en charge progressive par la classe ouvrière de l'ensemble de sa vie." La solidarité qui se bâtit entre les organisations de la classe ouvrière, au travail comme dans les milieux populaires, est pour nous un signe que Jésus est vivant.Il est vivant dans cette solidarité contre l'exploitation et l'oppression.Et l'Église qui se bâtit dans cette fraternité est le signe, aux yeux de tous, que l'Esprit de Jésus est présent dans la lutte de libération de la classe ouvrière.On entend parler de plus en plus d'une Église populaire.Il ne s'agit pas de quelque création nouvelle ou d'une Église parallèle: c'est l'Église cherchant à retrouver ses racines dans la vie et les luttes du peuple où l'Esprit de Jésus est vivant aujourd'hui.Le dossier précédent (144) "Lutter avec les opprimés" nous a montré que cette Église était devenue une réalité de plus en plus présente en Amérique latine et dans certains pays d'Afrique qui ont eu à lutter pour leur libération.Quant à nous, au Québec, cette Église populaire est à peine existante, il est vrai; mais elle existe réellement en germe à travers plusieurs régions de la province.Le rassemblement du C.P.M.O.en était le témoin; le Sommet populaire de Montréal en est l'espoir.Paul-Émile Charland Un sommet populaire fructueux à Montréal Le Conseil Central de Montréal a pris l'initiative d'organiser une rencontre entre les groupes populaires et les organisations syndicales de la région de Montréal pendant la dernière fin de semaine d'avril.Une trentaine d'organisations populaires et de syndicats en grève y tenaient une table de diffusion pour nous sensibiliser à leur lutte.On pouvait y voir l'ACEF, le Mouvement Action Chômage, l'Union des Travailleurs Immigrants du Québec, le Comité d'appui aux Nations Autochtones, des groupes qui travaillent sur le logement, d'autres qui travaillent avec les assistés sociaux (ADDS et OPDS), des Cliniques populaires, des organisations étudiantes, un regroupement de personnes âgées, l'AQDR, des groupes qui travaillent sur l'environnement, sur le transport en commun, des revues populaires comme Feux Verts (Handicapés), Vie Ouvrière, Cahiers de Pédagogie Progressiste, etc.Après avoir fait, en atelier, une analyse des conditions de vie à Montréal, les participants ont pris des décisions pour resserrer les liens entre les groupes populaires et syndicaux et pour que se renouvelle l'expérience d'un sommet populaire en 1981.Pour renforcer les liens, les organisations participantes sont invitées à diffuser plus d'information sur les actions des autres organisations.Les participants ont souhaité la création de comité de travail commun aux organisations populaires et syndicales pour élaborer des plate-formes de revendications communes et des projets d'actions conjointes.Les participants ont pris soin de préciser que cette démarche n'avait pas pour objet de mettre sur pied une organisation politique partisane mais bien le développement de liens en vue de l'élaboration d'une plate-forme commune de revendications.Cette rencontre était une occasion unique de s'engager dans une solidarité concrète.Il s'y est manifesté un dynamisme et une sérieuse volonté de la part des groupes populaires et syndiqués y participant.Une ombre au tableau, les membres des syndicats invités ont été peu nombreux à répondre à l'invitation; y étiez-vous?.265 Nous vivons à Montréal Que nous soyons travailleurs ou travailleuses du secteur privé ou du secteur public, syndiqués ou non, chômeurs ou assistés-sociaux, jeunes ou personnes âgées, d'origine québécoise, autochtones ou immigrants, bien-portants ou handicapés, citadins ou banlieusards, nous vivons tous et toutes dans une ville: MONTRÉAL.Nous vivons dans une ville qui se développe autour des intérêts industriels, immobiliers et marchands plutôt qu'en fonction des intérêts et des besoins de sa population.Une ville qui devient, un peu plus chaque jour, un terrain de jeu pour les multinationales.Nous vivons dans une ville minée par l'inflation et le chômage et qui connaît une situation économique dramatique.Une ville dans laquelle les conditions de vie se détériorent pour les travailleurs et plus encore pour ceux et celles qui sont privés du droit au travail.Nous vivons dans une ville où la qualité de vie va en diminuant: services de santé et d'éducation réduits à cause des coupures budgétaires des gouvernements, manque de garderies, inaccessibilité des loisirs et de la culture, pollution, manque d'espaces verts, etc.Nous vivons dans une ville où il coûte cher de vivre et où il devient difficile pour des milliers d'assistés-sociaux, de chômeurs, d'étudiants et de personnes âgées de se nourrir convenablement à cause des hausses scandaleuses des prix des aliments.Nous vivons dans une ville qui a laissé disparaître des milliers de logements, démolis ou dévastés par le feu, et qui a laissé se dégrader des dizaines de milliers d'autres.Aujourd'hui quand ils sont habitables, ils sont trop chers et quand ils sont à prix abordables, ce sont bien souvent des taudis.Nous vivons dans une ville qui donne la priorité au transport privé et qui fait supporter le coût de son transport en commun déficient aux plus démunis.Une ville envahie par des automobiles qui mettent quotidiennement en danger la vie des piétons et des enfants.Nous vivons dans une ville que nous ne contrôlons pas, où les pouvoirs de décision sont de plus en plus concentrés dans les mains d'une élite, sous une administration qui a fait du secret sa règle de gouvernement.Une ville où s'exerce chaque jour une répression grandissante à l'endroit des travailleurs et des travailleuses combatifs.266 Nous luttons à Montréal Face à cette situation déplorable et poursuivant en cela la longue tradition de lutte des travailleurs et des travailleuses de Montréal, nous nous sommes donné des organisations de défense et de lutte: syndicats dans nos lieux de travail et groupes populaires à l'extérieur.Et si, au fil des années, nous avons ouvert de nouveaux fronts de lutte et nous avons multiplié ces instruments collectifs que sont les organisations populaires et syndicales, nous l'avons cependant trop souvent fait dans l'isolement et sans prendre le temps de réfléchir ensemble sur la nécessité de bâtir au fur et à mesure la solidarité entre les différentes parties du mouvement ouvrier et populaire.C'est en vue de briser cet isolement et de bâtir cette solidarité que le Conseil Central de Montréal invitait les organisations populaires et syndicales de Montréal au premier SOMMET POPULAIRE DE MONT-TRÉAL.1 C'est en vue de contribuer à réaliser cet objectif que le Conseil Cen- tral de Montréal invitait les membres des organisations populaires et syndicales à un premier échange autour de 7 dossiers sur les problèmes urbains: le logement, le transport, la qualité de vie, la répression, les conditions de vie de certaines catégories sociales, la politique municipale et le développement économique.C'est dans cet esprit de solidarité que le Conseil Central de Montréal nous invitait à échanger nos expériences de lutte, à partager nos points de vue sur les problèmes auxquels nous faisons face, sur nos attentes réciproques et sur nos possibilités concrètes d'appui mutuel.Que peut faire un syndicat pour appuyer un groupe populaire particulièrement quand celui-ci œuvre dans son secteur de travail ou dans sa région?Que peut faire une organisation populaire pour soutenir un syndicat, particulièrement quand celui-ci mène une lutte qui la touche?Le SOMMET POPULAIRE DE MONTRÉAL se voulait un premier pas dans un long processus de sensibilisation réciproque.1 II était prévu d'inclure dans ce dossier la liste des organismes présents au Sommet.Il a été impossible de l'obtenir dans les délais imposés par la publication pour la fin mai.Par contre, on trouvera à la pagre suivante les résolutions adoptées en assemblée plénière.267 Les propositions acceptées en plénière Comme pré-requis ou introduction aux quatre résolutions principales: l'engagement des groupes populaires et des organisations syndicales n'a pas pour objet la mise sur pied d'une organisation politique partisane, tant municipale, provinciale ou fédérale, mais bien le développement des liens entre les groupes populaires et les syndicats en vue de l'élaboration d'une plate-forme commune des revendications.Première proposition: Pour faire suite au Sommet Populaire, les participants demandent au Conseil Central en tant qu'organisateur du Sommet: 1) — d'inviter les groupes populaires et syndicaux à mettre sur pied, dans chacune de leurs organisations, des mécanismes d'information pour véhiculer dans les syndicats les luttes populaires, et dans les groupes populaires les luttes syndicales; et cela en commençant par les luttes qui touchent des secteurs d'activités dans lesquels ces groupes et ces syndicats œuvrent principalement; 2) — que les organismes syndicaux et populaires s'engagent à retransmettre cette information au travers de leurs structures réciproques.Deuxième proposition: Que les organisations syndicales et populaires s'entendent pour établir des mécanismes centralisés de liaisons permanentes entre elles pour démarrer la construction d'un réseau d'information et de mécanismes minimums d'actions communes sur les différents fronts de lutte à Montréal et sur les services offerts par les différentes organisations.Troisième proposition: Que, sur chacun des fronts de luttes, se forment des comités de travail — groupes populaires et syndicats — en tenant compte des démarches déjà en cours dans chacun des milieux respectifs, pour définir par consensus des plate-formes de revendications communes et des programmes d'actions conjointes que ces mêmes groupes populaires et syndicats débattront et accepteront dans chacune de leurs organisations.Quatrième proposition: Que les organisations populaires et syndicales organisent pour 1981 un SOMMET POPULAIRE pour débattre les plate-formes de revendications communes et des programmes d'actions conjointes sur les différents fronts de luttes 1 ■— que l'on mandate les comités préparatoires du présent sommet de con- tacter les groupes populaires et/ou les syndicats concernés par les thèmes discutés 2 — que les organisations ayant travaillé à l'élaboration des plate-formes pendant une année participent à la préparation et à l'organisation du deuxième Sommet Des quartiers où nous pouvons rester Front d'action populaire en réaménagement urbain Les 20, 21 et 22 octobre 1978 se tenait à Montréal le Colloque populaire sur les Programmes d'amélioration de quartier.240 militants représentant 36 groupes populaires venant de tous les coins du Québec avaient alors dénoncé les programmes de rénovation de l'État (PAQ, PAREL, etc.) et leurs conséquences pour les quartiers populaires.Les participants avaient aussi adopté un manifeste faisant l'analyse des programmes de l'État et exprimant les besoins et les revendications des 250,000 citoyens touchés par ces programmes au Québec.Enfin, ils ont opté à la presque unanimité pour la mise en œuvre d'"une organisation commune à caractère principalement revendicatif, appuyée par des services, visant à établir le rapport de force qui obligera l'État à adopter des mesures immédiates qui profiteront à chacun des quartiers".Une telle organisation devait "rejoindre tous les regroupements et citoyens préoccupés par la question du logement et de l'aménagement urbain".C'est dans le but de bâtir cette organisation que des groupes de Sherbrooke, Verdun.Québec et Montréal se réunissent depuis un an et demi dans ce qui s'appelle maintenant le FRAPRU, le Front d'action populaire en réaménagement urbain.La tâche principale du FRAPRU durant cette période a été d'élaborer les revendications permettant l'unité la plus large de l'ensemble des groupes intervenant sur le front du logement et de l'aménagement urbain (comités de citoyens, associations de locataires, comités-logement, coopératives d'habitation, regroupement de locataires de HLM, etc.) et exprimant le mieux les besoins et les volontés des citoyens que ces groupes représentent.Trois grandes revendications sont issues de cette démarche: — pour le maintien de la population résidente; — pour la préservation du stock de logements à bas loyer; — pour des rénovations aux conditions des résidents.269 Nous ne croyons pas que ces revendications recouvrent à elles seules l'ensemble de la problématique du logement et de l'aménagement urbain.Par exemple, elles ne permettent pas de combattre directement tous les aspects du problème des hausses de loyer.De la même façon, elles n'abordent qu'une partie de ce que l'on peut appeler le cadre de vie de la population (environnement, transport, etc.).Beaucoup d'autres avenues restent donc à explorer pour le FRAPRU qui devra s'y consacrer dans les mois à venir.Nous estimons cependant que les revendications présentées s'attaquent aux problèmes liés à la rénovation urbaine qui ont été identifiés au Colloque sur les PAQ: démolitions, détérioration des conditions de logement des quartiers populaires, pénurie de logements publics à loyer modique, hausse de loyer dans les logements rénovés, maisons barricadées, absence de services et d'équipements communautaires pour la population résidente, absence de contrôle par la population, etc.Le but de ce cahier est de reprendre chacune de ces grandes revendications, d'en préciser le contenu et l'argumentation et d'élaborer les mesures précises ou sous-revendications permettant de les concrétiser.Le FRAPRU souhaite que cet instrument permette de bâtir une unité plus grande de l'ensemble des groupes, regroupements et individus préoccupés du logement et de l'aménagement urbain autour de ces revendications qui représentent, pour nous, l'intérêt de la population de nos quartiers.Revendications Pour le maintien de la population résidente A — Sur les services et les équipements communautaires 1) Amélioration et/ou création de services communautaires gratuits répondant aux besoins et aux intérêts de la population (mini-parcs, locaux communautaires, garderies, espaces verts, écoles, etc.).2) Gel des démolitions de tout bâtiment qui pourrait servir à des besoins communautaires de la population du quartier.B — Sur les logements publics 1) Que le logement public ne soit pas une formule limite, une solution de cataplasme pour les problèmes des couches les plus défavorisées, 270 mais fasse partie d'une politique globale d'accessibilité à un logement convenable pour l'ensemble de la population.2) Que le nombre de logements publics soit augmenté soit par le biais d'achat et de restauration soit par le biais de construction neuve qui s'intègre à l'aménagement du quartier.3) Que la qualité des logements publics soit améliorée par rapport aux barrières architecturales, aux services communautaires, etc.4) Que la population résidente définisse les conditions d'implantation et les critères d'admissibilité en cas de projet de construction neuve de logements publics.5) Que les logements publics servent prioritairement à la population résidente.C — Sur le contrôle par les citoyens 1) Que toute information nécessaire à une prise en charge par les citoyens pour le contrôle de l'aménagement de leur quartier soit rendue disponible et gratuite.2) Que la population résidente détienne un pouvoir décisionnel quant à la définition des programmes, à la détermination des besoins et des priorités en matière d'aménagement, d'équipement communautaire et de qualité de l'environnement de leur quartier.Pour la préservation du stock de logements à bas loyer A — Sur les maisons barricadées, abandonnées ou en voie de détérioration 1) Rénovation ou démolition des maisons barricadées.Dans le deuxième cas, il faudra qu'on démontre l'impossibilité de rénover et que le terrain ainsi libéré serve à la construction de logements publics ou d'équipements communautaires, selon la décision de la population résidente.2) Achat et restauration par les pouvoirs publics ou les coopératives d'habitation sans but lucratif des maisons abandonnées, barricadées ou en voie de détérioration.27! 3) Gel des démolitions des maisons récupérables et remise en état immédiate de ces maisons.4) Qu'en cas de réaménagement nécessaire de terrains, toute maison récupérable soit relocalisée et remise en état.B — Sur la préservation des logements 1) Que le Québec se dote d'un code du logement universel, incluant les normes minimales d'habitabilité dans le cas de construction neuve, de restauration ou d'entretien de bâtiments anciens, et voie à son application.C — Sur les coopératives d'habitation 1) Que soit favorisée la création d'organismes sans but lucratif contrôlés par les citoyens.Pour des rénovations aux conditions des résidents A — Sur les hausses de loyer 1) Contrôle des loyers.Le FRAPRU étudie actuellement la possibilité que ce contrôle se fasse selon la valeur locative et la capacité de payer des locataires.2) Que les programmes de subvention soient différents selon les catégories de propriétaires (non résidents, résidents, organismes sans but lucratif) et selon le coût du loyer avant restauration.3) Que le mode de taxation régressif des municipalités soit changé pour que le fardeau fiscal ne repose plus sur le dos des locataires.4) Que les nouveaux programmes prévoient une augmentation des subventions à la restauration.B — Sur le relogement 1) Relogement temporaire pendant la durée des travaux aux frais de l'État. C — Sur le contrôle par les citoyens 1) Que toute définition des normes de rénovation et des programmes de subvention soit faite avec la participation des citoyens par le biais de mécanismes de décision au niveau des quartiers.2) Que les locataires puissent revendiquer que les rénovations se fassent sur la base minimale du code du logement.* « * Au moment où les divers paliers de l'État ont présenté, ou s'apprêtent à le faire, leurs nouveaux programmes de rénovation, au moment aussi où de nouvelles lois comme la loi 107 sur les relations entre locataires et propriétaires, la loi 125 sur l'aménagement, la loi 57 sur la fiscalité viennent d'être adoptées, au moment donc où ceux qui nous gouvernent veulent nous imposer leur vision sur l'aménagement de nos quartiers, nous croyons important que la voix de la population des quartiers populaires puisse se faire entendre.C'est pourquoi le Front d'action populaire en réaménagement urbain s'apprête à lancer une campagne de publicisation et de défense de ses grandes revendications.Cette campagne devrait s'amorcer au mois de septembre par la tenue d'un atelier où seront invités tous ceux qui s'intéressent à la question du logement et de l'aménagement urbain et qui seraient prêts à s'unir au FRAPRU pour faire connaître le plus largement possible ces revendications.Votre groupe, regroupement ou association sera donc contacté dans les semaines à venir.En attendant, nous estimons que la lecture, l'étude et la critique de ce cahier de revendications représentent une première forme de participation à cette démarche.Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) Adresse: 1212 rue Panet, Montréal, Que.H2L 2Y7 273 Les saisies de salaire en trop doivent cesser L'ACEF (Association Coopérative d'Économie Familiale) de Ste-Thérèse, forte de l'appui du Conseil du Travail de Ste-Thérèse (FTQ), du Conseil Central des Laurentides (CSN) et du syndicat des T.U.A.Local 1163 de la General Motors, vient de présenter au Ministre de la Justice du Québec, Monsieur Marc-André Bé-dard, des revendications visant à faire cesser un préjudice grave envers les travailleurs: les saisies de salaire en trop.1 Dans sa pratique de consultation budgétaire qui consiste à aider les personnes ou les familles de travailleurs aux prises avec des problèmes d'endettement, l'ACEF de Ste-Thérèse a découvert que la loi (Code de procédure civile) cautionnait un préjudice grave envers les travailleurs saisis sur leur salaire.En fait, selon la procédure inscrite en ce qui concerne la saisie de salaire, tous les travailleurs ainsi saisis, le sont en trop.De quelques cas concrets Monsieur X téléphone à l'ACEF et nous demande ce qu'il peut faire.Son créancier a pris des procédures pour saisir son salaire pour 1 Note de la rédaction: Ayant déjà produit un dossier complet portant sur l'endettement (n° 137), avec la collaboration de l'A.CE.F.de Montréal, nous avons choisi de faire connaître une action en cours dans une autre A.CE.F., celle de Ste-Thérèse.274 une somme total de $730.00.Déjà, on lui a saisi $1,760.00, soit plus de deux fois sa dette et la saisie continue.Il est saisi en trop de $1,030.00.Monsieur Y vient nous voir pour trouver le moyen d'arrêter sa saisie de salaire.Il devait quelque $3,260.00; on lui avait à ce moment retenu $3,760.00, soit $500.00 en trop et la saisie continuait.Monsieur Z est saisi sur son salaire pour un montant de $165.00.Au bout de deux semaines de saisies, il était déjà saisi en trop et ça continuait.Et l'on pourrait allonger la liste des exemples précis.Comment se fait-il qu'une telle injustice puisse se produire?Il nous semble évident que le législateur n'ait jamais tenu compte du point de vue du travailleur saisi sur son salaire et des graves problèmes qu'il subissait en rédigeant la loi de cette façon; pas plus, d'ailleurs, par les modifications récentes qui s'y sont rajoutées.D'ailleurs, un des fonctionnaires du Centre de Distribution nous avouait candidement que la loi, à ce chapitre, avait été conçue pour les créanciers et non pour les débiteurs.Nous en avons une preuve éloquente.C'est comme si l'on croyait, dans les hauts lieux, que les familles de travailleurs ne payaient pas leurs dettes dans un but mesquin et malhonnête et qu'il n'était pas question de tenir compte d'elles et des préjudices qu'elles pouvaient subir .Quant à nous, à l'ACEF, nous croyons que l'impossibilité de payer leurs dettes pour les familles de travailleurs résulte de circonstances, dans la majorité des cas, incontrôlables et qu'aucun travailleur ne se complaît avec une saisie de salaire.Voici comment il se fait que les saisies de salaire en trop se produisent: en fait, la loi prévoit à l'article 641 du Code de procédure civile, que l'employeur doit déposer chaque mois au Centre de Distribution le montant saisi sur le salaire de son employé.D'autre part, l'article 647 prévoit que le Centre de Distribution, lui, rembourse les créanciers à tous les trois mois et, pour couronner le tout, le même article spécifie que ce n'est qu'après que les créanciers auront été remboursés que l'employeur et l'employé en sont avisés et que la saisie est levée.275 Cette procédure entraîne donc des délais avant que le créancier puisse récupérer son argent, d'où résulte la saisie en trop.D'une part, l'employeur garde en caisse jusqu'à un mois, souvent plus, les retenues sur le salaire de son employé et le Centre de Distribution, lui, retient l'argent saisi pendant trois mois avant de le distribuer aux créanciers.Il résulte donc pratiquement un délai qui peut aller jusqu'à quatre mois de saisies en trop.Reprenons le cas de Monsieur Z que nous citions plus haut.Si Monsieur Z travaillant à G.M.avait laissé libre cours à sa saisie de $165.00, selon la procédure prévue au Code de procédure civile, on lui aurait saisi en trop la somme de $1,620.00.Mettons l'hypothèse que la première retenue par le tiers-saisi (employeur) s'effectue le 7 décembre 1979.Si l'employeur se conforme strictement à la procédure (ce qui n'est pas toujours le cas), il fera une première déclaration (dépôt de l'argent saisi) le 28 décembre 1979, une seconde le 1er février 1980 et une troisième le 29 février 1980.Comme nous disait un fonctionnaire, cela prend deux semaines avant que le chèque soit envoyé aux créanciers, donc la première distribution s'effectuerait vers le 14 mars 1980.Du moment où les créanciers reçoivent le montant et émettent la main-levée de saisie, on peut facilement prévoir un autre deux semaines de délai; ceci nous porte alors au 28 mars 1980.Jusqu'à la réception de la main-levée de saisie, l'employeur continue de saisir.On aurait donc saisi pendant 17 semaines ou approximativement $1,785.00 avant que ne s'interrompe la saisie et ceci pour une dette de $165.00.Après avoir été la victime de la publicité, de méthodes de vente bien orchestrées, de la désuétude planifiée des produits et des institutions prêteuses, le travailleur saisi sur son salaire est victime d'une loi discriminatoire qui le prive d'une partie importante de son salaire même s'il a, en fin de compte, payé entièrement sa dette.Est-ce que cette pratique est généralisée à travers le Québec?Afin de bien nous rendre compte de la situation, nous avons cru bon d'effectuer un sondage à travers certains bureaux des Greffes (Centre de Distribution) dans les villes où opéraient des ACEF.Voici les résultats de ce sondage auprès de fonctionnaires qui traitent cette question régulièrement: (cf tableau, page suivante).276 De ce sondage auprès de fonctionnaires dans différentes régions, il ressort clairement que le problème des saisies de salaires en trop existe bel et bien partout et que le problème détecté par l'ACEF de Ste-Thé-rèse résulte d'une loi qui ne tient aucunement compte des travailleurs saisis sur leur salaire.Les saisies de salaire en trop constituent un préjudice grave et totalement inacceptable envers les familles de travailleurs concernées.Saisies de salaire en trop au québec Bureaux Y a-t-il saisie Recours du en trop?débiteur?Shawinigan Hull oui, fréquent aucun Thetford-Mines oui, toujours aucun Joliette St-Jérôme connaît pas ça oui aucun il arrive même que les débiteurs ont de la difficulté à récupérer leur argent saisi en trop (8 mois).on a même vu jusqu'à $2,000 saisis en trop; dans la majorité des cas, les saisies sont de courte durée.le trop-perçu est réacheminé vers le débiteur après que tous les créanciers ont été payés avec les délais et retards que l'on sait.les délais administratifs et d'ordinateurs sont fréquents et inévitables.Revendications pour que cesse cette pratique Étant donné que le Code de procédure civile est totalement inacceptable puisqu'il cautionne une double pénalité pour les familles de travailleurs.277 Étant donné que l'endroit le plus sûr d'éviter les délais administratifs et d'ordinateurs est l'employeur du saisi Étant donné qu'il y a toujours une note défavorable au dossier de crédit d'un travailleur saisi et qu'il peut subir des tracas advenant des délais à recevoir sa main-levée de saisie L'ACEF de Ste-Thérèse demande que le Code de procédure civile, au chapitre "Règles spéciales de la saisie des traitements, salaires et gages" soit modifié dans le sens suivant: 1.que la saisie de salaire soit interrompue directement par le tiers-saisi (employeur) lorsque le montant inscrit sur le bref de saisie est effectivement prélevé sur la paye du saisi; 2.que le Centre de Distribution accélère le remboursement des créanciers afin que la main-levée de saisie soit délivrée rapidement; 3.que des recours efficaces et rapides soient mis à la disposition des travailleurs saisis sur leur salaire pour obliger leur employeur à respecter cette procédure.VIDÉOGRAPHE Le champ d'intervention du Vidéographe est la communication.Il y a un an, nous élaborions la plate-forme d'orientation suivante: "Compte tenu que l'accès aux média d'information est bloqué aux couches populaires: dans la mesure de ses moyens et de ses compétences, le Vidéo-gTaphe se consacre prioritairement à la promotion des efforts d'expressdon, d'éducation et de mobilisation des couches populaires.Il offre son appui également aux individus et aux gToupes qui partagent cet objectif." Production d'audio-visuels, aide à la production, visionnement de près de 200 documents, tels sont les services que Vidéographe offre aux groupes populaires.Pour rejoindre Vidéographe: 1604 rue St-Denis, Montréal H2K 3K2 Téléphone: 844-7619 Les travailleurs accidentés s'organisent C'est dans le but de défendre leurs droits et de faire connaître leurs revendications que les travailleurs(euses) accidentés(ées) de la région de Montréal ont formé leur association.NOS REVENDICATIONS — Le droit à la pleine sécurité d'emploi et de salaire suite à un accident ou une maladie du travail.— Le droit d'être compensé sur la base du diagnostic du médecin traitant et le retrait du droit de contestation des médecins de compagnie et de la CAT.— La reconnaissance par la CAT de toutes les maladies industrielles.— Le droit à la réadaptation et à la pleine réhabilitation.— L'élimination des délais de paiement, d'enquête et de révision.Fondée en juillet dernier, l'Union des Travailleurs Accidentés de Montréal (U.T.A.M.), vise à regrouper tous les travailleurs accidentés et tous les travailleurs et travailleuses qui sont prêts à lutter pour les droits des accidentés et pour des conditions de travail qui respectent notre vie et notre santé.La situation des accidentés se détériore Tous ceux et celles qui ont subi des accidents et maladies du travail depuis quelques années savent, par expérience, qu'à la CAT, la situation ne s'améliore pas: — les délais de paiement sont interminables; — les compensations sont coupées en plein traitement; — les aggravations d'accident sont souvent refusées; — le montant des prestations est insuffisant; — les maladies industrielles ne sont pas toutes reconnues.279 En plus, les accidentés subissent chaque jour l'arrogance et le mépris ouvert de la CAT, qui nous traite comme si c'était nous les responsables des accidents et des maladies du travail.Le P.Q.: "Un préjugé favorable aux patrons." Le PQ prétendait en 1976 qu'il avait un "préjugé favorable aux travailleurs"! Dans les faits, il a montré, par sa politique de coupures et de restrictions à la CAT, qu'il préférait protéger les fonds des compagnies plutôt que de s'occuper de la santé des travailleurs.La situation est devenue intolérable pour les accidentés.Un par un, ils n'ont aucune chance de faire respecter leurs droits.C'est pour ça que depuis quelques années, on a vu naître dans plusieurs régions du Québec (Nord-Ouest, Sherbrooke, Hull, Gaspé, etc.) des regroupements, des associations d'accidentés du travail qui s'organisent pour riposter à ces attaques.Ici, à Montréal, où se retrouve la plus forte concentration d'accidentés du travail au Québec, c'est aussi sous la pression des accidentés que le Comité de Soutien (C.S.T.A.), qui n'était qu'un service d'information et de défense des accidentés, a décidé de se transformer en association.Première assemblée générale Dès la fin de l'été, un conseil d'administration de six membres a été temporairement formé et la première assemblée générale de l'UTAM s'est tenue le lundi 12 novembre 1979.Une soixantaine de travailleurs accidentés, de travailleurs de la santé des cliniques populaires et des C.L.S.C.y ont participé et se sont prononcés sur les questions de l'heure: rejet de la loi 17 du PQ sur la sécurité-santé au travail; appui à la lutte du Front Commun et aux revendications des employés de la CAT et tous les travailleurs de la Fonction publique.L'assemblée générale a également décidé d'entreprendre dès l'automne une action contre la CAT sur un problème qui concerne un grand nombre d'accidentés: les délais de révision.Un mois plus tard, l'UTAM dénonçait publiquement cette situation et mobilisait ses membres pour une "visite" à la CAT.Des cours En vue d'élargir et de renforcer le mouvement de riposte collective contre les attaques du gouvernement et de la CAT, l'UTAM a aussi entrepris des tâches d'information et de formation.Des sessions de formation sur la loi des accidents du travail et sur la défense individuelle et collective devant la CAT ont eu lieu en novembre 1979 et en février 1980.Ces cours étaient offerts à des militants prêts à s'engager dans leur syndicat ou leur milieu de travail pour la défense des accidentés.Un service d'information et de défense Pour répondre aux besoins les plus pressants, l'UTAM offre un ser- 280 vice quotidien d'information et de défense.Ce service est assuré par une équipe de permanents et aussi par des bénévoles qui viennent donner leur temps chaque semaine.Une réunion d'accidentés du travail a lieu tous les jeudis soirs pour étudier et discuter des problèmes et voir les solutions à y apporter.Par une meilleure connaissance de leurs droits, de la loi et des pratiques courantes de la CAT, les accidentés du travail seront plus en mesure de faire valoir leurs intérêts et de s'impliquer dans leur propre défense et dans celle d'autres accidentés.Des comités Divers comités ont été mis sur pied dès janvier afin de permettre la participation de tous ceux qui, selon leur disponibilité et souvent leur état de santé, veulent et peuvent contribuer à l'effort d'organisation des accidentés du travail.Un comité d'information s'occupe de produire le journal et d'autres publications de l'UTAM.Le comité de mobilisation regroupe toutes les personnes qui peuvent offrir un peu de leur temps pour remplir des tâches telles que: chaîne téléphonique, dactylographie, adressage, diffusion de tracts, confection d'affiches, etc.Le comité de recherche prépare la documentation afin de pouvoir répondre aux demandes des accidentés concernant les lois, les maladies industrielles, les produits toxiques, etc.Un comité de financement sera bientôt formé.Actuellement, l'UTAM tire principalement ses fonds de Cen-traide et du soutien des travailleurs.Des formes d'auto-financement devront être explorées afin d'assurer la plus grande autonomie à notre organisation et le plus large soutien du mouvement ouvrier.Poursuivre la lutte Les travailleurs accidentés en ont assez d'être doublement pénalisés par leurs mauvaises conditions de travail qui portent atteinte à leur santé et leur intégrité physique et par le harcèlement auquel ils sont soumis par les patrons et la CAT une fois qu'ils sont en arrêt de travail.Ils se retrouvent avec un revenu insuffisant ou sans revenu du tout, obligés de faire la preuve de leur maladie ou accident de travail, sous la menace constante de ne plus retrouver leur emploi une fois qu'ils seront rétablis.À la deuxième assemblée générale de l'UTAM tenue le 13 février dernier, les accidentés du travail ont pu exprimer leur indignation grandissante face à cette situation et ont mis de l'avant leurs propres revendications.L'UTAM, avec le soutien de toute la classe ouvrière, est déterminée à poursuivre la lutte à travers d'autres actions, manifestations et dénonciations publiques, pour faire reconnaître dans les lois et dans les faits les droits des accidentés du travail.281 Pour la CAT, le travail des femmes, ça vaut pas cher! "Mon mari travaille dans la construction.Il a eu un accident grave à son travail.Il y a une semaine, l'hôpital l'a retourné à la maison les deux jambes dans le plâtre.Il ne peut absolument pas bouger.J'ai dû abandonner mon travail pour en prendre soin.La CAT dit qu'elle ne paiera pas plus que $6.00 par jour pour que je m'en occupe.Ça n'a pas de sens.Mon mari en a pour au moins six mois comme ça, d'après son médecin.Si je ne retourne pas travailler d'ici quelques jours, je vais perdre mon emploi.On a trois enfants.On ne peut pas arriver juste avec sa compensation.Il faut que la CAT compense mon salaire perdu ou bien qu'elle paie quelqu'un pour s'occuper de mon mari." Ce témoignage de Mme Dignazzio paraît invraisemblable.C'est pourtant la vérité.Une directive interne de la CAT autorise le paiement d'un maximum de $180.00 par mois d'allocation "lorsque l'accidenté est dans l'impossibilité de prendre soin de lui-même".Aussi bien dire que le travail des femmes ne vaut rien! À la CAT, ils ont même eu le front de nous répondre que si Mme Dignazzio ne voulait pas abandonner son emploi, elle n'avait qu'à trouver quelqu'un dans sa famille ou son entourage qui accepterait de s'occuper de son mari pour ce prix là! Vous en connaissez des gens qui peuvent se permettre de travailler pour un salaire cinq fois plus bas que le salaire minimum?Le P.Q.dit qu'il veut nous faire sortir du "moyen-âge fédéral", mais ce qu'il offre aujourd'hui aux femmes d'accidentés, c'est l'esclavage! L'an dernier, avec sa loi 114, il est même allé jusqu'à limiter à 5 ans le droit à la rente pour les veuves d'accidentés de 35 ans et moins! Pour ménager les fonds des patrons qui sont responsables des accidents et maladies du travail, la CAT nie les droits des femmes et pénalise toute la famille de l'accidenté.L'UTAM invite toutes les femmes à s'impliquer dans la lutte avec leurs maris pour revendiquer leurs droits. Regroupement des garderies Le Regroupement des Garderies sans but lucratif du Québec existe depuis mai 1978.Au congrès de fondation, les garderies-membres se sont donné un outil indispensable pour défendre leur cause.Il est très important de saisir que le regroupement se veut un outil; la consolidation de ses structures et la démocratie à tous les paliers, qui sont au centre de ses préoccupations, le démontrent bien.Le Regroupement n'entrave en rien l'autonomie des garderies (par exemple: le fonctionnement interne, la pédagogie).Pourquoi se regrouper?Pour promouvoir davantage la qualité de vie des enfants à l'intérieur des garderies.Dans certaines régions du Québec où les garderies sont suffisamment rapprochées, des rencontres ont été faites et seront faites encore, afin de susciter des échanges sur le plan pédagogique (jeux, livres, autorité, sexisme.).Par le journal provincial, un échange allant de petits trucs aux grandes trouvailles permettent à nos garderies de se conseiller de façon constructive sur des façons d'améliorer la qualité de vie des enfants.Aussi, un comité de travail élabore avec d'autres organismes d'éducation, des cours qui seraient donnés gratuitement aux travailleurs(ses) des garderies afin d'améliorer leur connaissance et leur pratique, sans perte de salaire.Le travail a été partagé en cinq équipes qui toucheront les aspects suivants: 283 1 — Préparation de journées pédagogiques; 2 — Organisation d'échanges entre moniteurs, de visites de garde- ries avec les enfants; 3 — Recherches et comptes rendus de documentation sur la pé- dagogie.4 — Information sur les domaines d'activités qui intéressent les en- fants; exemples: sorties, livres, disques, films, spectacles, etc.; 5 — Recherches et publication d'articles dans le journal du regrou- pement concernant les problèmes de fond de l'éducation tant au niveau socio-économique et idéologique que pédagogique.Pour améliorer les conditions de travail qui sont intimement liées aux conditions de vie des enfants à l'intérieur des garderies.Des débats sur la syndicalisation des travailleurs(ses) sont amorcés.Le comité de syndicalisation recueille et transmet toute l'information nécessaire afin d'alimenter le débat.Il est clair que ce processus doit être indissociable de la lutte pour un réseau complet de garderies.Pour sortir de leur situation précaire.Les garderies à but non lucratif sont dans une situation précaire: pour sortir de cette situation, elles doivent se regrouper afin d'obtenir des locaux plus stables et à un coût de loyer plus abordable.Elles doivent garantir également le contrôle de leur propre administration.Pour combler les besoins de la population, il n'y a qu'une solution: celle de revendiquer un réseau de garderies financé par l'État et contrôlé par les usagers.Pour arriver à cet objectif, il nous faut prendre les moyens nécessaires: se servir du Regroupement comme force de pression pour obtenir ce à quoi nous avons droit.Un droit démocratique Nous devons donc nous unir tous, hommes et femmes, pour revendiquer un réseau de garderies universel, accessible à tous, financé par l'État et contrôlé par les parents et travailleurs de garderies.Il faut rappeler à tous que dans notre travail, dans nos syndicats, le droit aux garderies n'est pas de ceux qu'on négocie facilement.284 Les centrales syndicales ont aujourd'hui un rôle extrêmement important dans l'éducation de leurs membres et dans le soutien aux luttes des garderies.Elles doivent non seulement reprendre à leur compte la revendication des garderies, mais encore elles doivent être conséquentes avec leur position.Il ne suffit pas d'une signature au bas d'un tract, ni d'un appui moral pour obtenir un droit démocratique dans notre société.Dans ce sens, le R.G.Q.fait appel aux centrales syndicales, aux groupes populaires et aux groupes de femmes pour se mobiliser avec le Regroupement en vue de dénoncer la loi 77 et d'exiger un réseau de garderies financé par l'État et contrôlé par les usagers.Les comptines populaires au Québec Il a 6 ans, elle a 10 ans, 12 ans et même 77 ans.Ce livre de comptines populaires est pour tous un livre-compagnon."Qu'est-ce qui te plaît dans ce livre?" ai-je demandé à notre fiston de huit ans: "Ils parlent des compagnies, du gouvernement.des choses qu'on parle avec vous." Un livre très beau, par ses images; un livre attachant car il rejoint notre vécu.En lisant la comptine: "Ma grand-mère a mal aux pattes Elle a mal aux omoplates Elle travaillait à quatre pattes Laver les planchers, c'est plate." Jeanne, 67 ans, veuve, femme de ménage pendant plus de 30 ans, s'exclamait: "Ça, c'est ma vie!" Un livre d'espérance, "des comptines qui parlent de la vie, de la vie des travailleurs et des patrons au lieu de celle des rois et des fées; des comptines qui libèrent au lieu d'asservir; des comptines qu'il faut discuter avec les enfants parce qu'elles allument une petite lumière et ouvrent la porte sur les problèmes de la vie.Elles ne se veulent pas de simples slogans que les enfants ânonneront mais des débuts de recherches collectives." Un beau cadeau pour les petits et grands, en début de vacances, au coût minime de $2.00: écrire à: Les Publications La Maîtresse d'école a/s Section pré-scolaire-primaire, Faculté des sciences de l'éducation, Université de Montréal 90 Vincent d'Indy, Montréal H2V 2S9 285 Les travailleurs immigrants bâtissent leur organisation En 1976, face à la menace créée par la loi sur l'immigration (loi C-24), différentes organisations ont senti le besoin de créer un front commun.En 1977, l'Union des travailleurs immigrants du Québec (UTIQ) prend vie.Les membres sont: — L'Association des Travailleurs Grecs, — La Fédération Italienne des Travailleurs Immigrants et leur famille, — Le Mouvement Démocratique Portugais, — La Ligue des Femmes du Québec, — Au Bas de l'Échelle, — Maison d'Haïti, — L'Association des Chiliens de Montréal, — Le Comité de Solidarité avec le Peuple Argentin.L'organisation s'est donné comme buts: de lutter pour défendre les droits des travailleurs immigrants, de sensibiliser l'opinion publique sur l'exploitation des travailleurs immigrants; de former les travailleurs afin qu'ils connaissent mieux leurs droits et s'insèrent dans les organisations du mouvement ouvrier.Pourquoi les travailleurs immigrants doivent-ils avoir leur propre organisation?Tous les travailleurs immigrants vivent plus d'une situation en commun: ils font tous face à une concentration patronale qui vise à les maintenir dans un état d'infériorité, donc à les garder dans une situation où ils sont faciles à exploiter.286 De fait, les travailleurs immigrants, au cours des premières années de vie au Canada, doivent souvent accepter n'importe quel travail aux salaires imposés par les patrons.Malheureusement, les travailleurs immigrants souffrent aussi de l'incompréhension et des attitudes discriminatoires des travailleurs québécois.Plusieurs québécois pensent encore que les travailleurs immigrants viennent ici pour "voler des jobs", ou encore ont une certaine méfiance à l'égard des étrangers.Pourtant, les travailleurs étrangers partagent le même sort que les travailleurs nés ici et subissent la même exploitation.Les travailleurs immigrants ont même des raisons supplémentaires d'être exploités: ils doivent se soumettre à la loi de l'immigration, loi qui les place dans l'insécurité et la crainte d'être déportés.Face à ces situations, les travailleurs immigrants ont décidé de se donner leurs propres associations en vue de défendre leurs intérêts comme travailleurs.La naissance de ces associations enrichit le mouvement ouvrier québécois car elles contribuent à regrouper les travailleurs non-syndiqués, favorisent la mise sur pied de syndicats, donnent des cours de français, forment des militants.Elles sensibilisent les travailleurs québécois à la solidarité nécessaire entre travailleurs de diverses ethnies, font des pressions sur les gouvernements et les patrons pour changer des lois, améliorer les conditions de travail, etc.Toutes ces actions complètent le travail des centrales syndicales et jouent un rôle clé dans le développement de l'organisation politique des travailleurs.Un cas d'exploitation M»1 Bernard Hubert Comité des affaires sociales de l'Assemblée des évêques du Québec.M" Hubert, J'ai eu connaissance hier par la Presse du contenu de votre message à l'occasion de la Fête des travailleurs.Vous parlez particulièrement des conditions d'exploitation des travailleurs immigrants.287 Comme vous l'affirmez justement, "il se trouve parmi nous des profiteurs d'immigrants.Certains emplois sont le lieu d'une véritable exploitation".Et un des cas que vous mentionnez particulièrement est l'industrie du vêtement, un des secteurs où "l'accès à la syndicalisation est le plus difficile".Dans l'esprit de votre message, le but de ma lettre est de vous faire part de la situation actuelle d'un groupe de travailleurs immigrants en difficulté.Il s'agit des employés et employées de Tex Bleach, qui sont d'origine haïtienne à 97%.Vous avez dans le feuillet ci-inclus le résumé des principales informations.Ce qui est important à retenir, c'est que ces travailleurs et travailleuses font face à un patron qui pose comme condition à toute négociation, l'acceptation par les syndiqués du travail à la pièce.Or, vous connaissez sûrement les conséquences du travail à la pièce: individualisme, esprit de compétition, division entre les travailleurs, stress qui se répercute sur la vie familiale, etc.Parce qu'ils refusent le travail à la pièce, ces travailleurs sont en lock-out depuis le 14 février.Devant la précarité de leur situation et dans l'esprit de votre message, je me demandais si l'Assemblée des évêques du Québec ne pourrait pas y apporter son appui par une prise de position publique en faveur des travailleurs de Tex Bleach et par une contribution financière sous quelque forme que ce soit.Ce serait là permettre à des travailleurs de continuer le combat pour leur dignité, selon l'esprit de l'Évangile.Il me semble qu'un geste comme celui-là alimenterait l'espérance de ceux qui tentent déjà de mettre en pratique votre message et qui voudraient bien voir l'Église s'engager concrètement auprès des travailleurs.En attendant une réponse le plus tôt possible.Solidairement et fraternellement, Pierre Prudhomme /« mai 1980 1 Cette lettre a reçu l'appui du Réseau des Chrétiens Politisés, lors de son congrès tenu les 2-3-4 mai 1980, à Montréal.288 Grand-maman revendique un revenu décent Grand-maman est bien fière de ses enfants qui ont réussi et des petits-enfants qu'elle garde à l'occasion.Comme grand-papa, elle est heureuse de leur avoir laissé un monde où la vie est plus facile.Mais grand-maman n'accepte plus d'être laissée pour compte.Elle n'accepte plus que 63% de ses semblables vivent sous le seuil de la pauvreté dans le monde d'aujourd'hui.Alors, grand-maman a décidé de se défendre et de revendiquer son droit à une vie décente, elle aussi."On est un demi-million de personnes âgées au Québec", s'est-elle dit.Au début de mai, 200 de ses semblables, hommes et femmes retraités ou pré-retraités, ont laissé le reste du Québec se dorer au chaud soleil du printemps, préférant pour leur part s'affairer au congrès de fondation de l'Association québécoise pour la défense des droits des retraités et préretraités (AQDR).Pendant trois jours, donc, les 204 délégué(e)s de 31 sections locales disséminées à travers la province ont défini les objectifs, les structures et le programme d'action d'un nouvel organisme démocratique qui espère unir ses efforts aux groupes de l'âge d'or pour défendre les droits de tous ceux pour qui la vieillesse est "l'âge de la pauvreté"."La souffrance a duré asez longtemps, a déclaré pour sa part le nouveau président de l'AQDR, M.Jean Gaudreau.Nous voulons des réformes de toute urgence.Nous voulons des formules novatrices pour corriger une situation inacceptable.Et, pour y arriver, l'AQDR sera le cœur des essoufflés, la voix de ceux qu'on n'écoute plus." "Les personnes âgées sont exploitées de toutes les façons possibles, a-t-il dit aussi, et la dépendance financière est leur problème fondamental.C'est pourquoi il est essentiel d'augmenter le revenu des pensions de vieillesse.C'est un prérequis pour une vie décente." Les participants au congrès de la fin de semaine ont résolu que l'AQDR a pour objectif principal de défendre les droits des retraités et, tout particulièrement, le droit à un revenu minimum garanti, le droit au logement, le droit aux soins et à des services sociaux et médicaux ainsi que le droit au transport.289 Pour l'année en cours, l'AQDR a décidé d'investir avant tout dans l'animation en mettant sur pied des sections locales dans toutes les régions du Québec, en lançant une grande campagne de recrutement (la carte de membre vaut un dollar) et en établissant des liens plus étroits avec les autres organismes qui regroupent déjà les personnes âgées.Ce mouvement est issu des efforts du Service de promotion collective de la faculté d'éducation permanente de l'Université de Montréal au fil des années et, plus spécifiquement, du colloque "Vieillir au Québec", en juin 1978.Les militants de ce nouveau mouvement avaient aussi publié un premier manifeste sur la situation économique des personnes âgées en 1977 et un deuxième, récemment, sur le problème du logement."Les gens âgés ont exprimé leurs besoins mais les gouvernements n'ont pas fait grand chose pour y donner suite", déplore M.Gaudreau.(Le Devoir, 5 mai 1980) NOS REVENDICATIONS Nous fondant sur la déclaration universelle des droits de l'homme et la charte des droits de la personne âgée et, plus généralement, sur nos droits fondamentaux de citoyens d'accéder aux richesses que nous avons contribué directement à produire.Nous revendiquons pour tous les retraités, quel que soit leur âge: 1 — Auprès du gouvernement du Canada — qu'à très court terme, un revenu annuel minimum garanti soit fixé à 15% des seuils de pauvreté afin d'assurer à tous les retraités un niveau de vie conforme à leur dignité et qu'en conséquence, le maximum de la pension et du S.R.G.soit portée pour une personne seule à $460.00 par mois et pour un couple à $813.00 par mois.— que l'indexation de la pension de vieillesse et du supplément soit calculée sur la base des biens plus services essentiels aux retraités et non pas à partir de l'indice général des prix à la consommation.290 — que toute femme seule (célibataire, veuve ou sans mari), reçoive la même pension qu'un homme dans la même condition.2 — Auprès du gouvernement du Québec — qu'à très court terme, le gouvernement du Québec modifie la loi des régimes supplémentaires de retraite pour que les fonds de ces régimes soient transférables d'un régime à l'autre, quel que soit l'âge du travailleur (de la travailleuse).— que toute femme seule (célibataire, veuve ou sans mari), reçoive la même pension qu'un homme dans la même condition.— que dans le cas d'augmentation de la pension de vieillesse et/ou du S.R.G., les personnes résidant dans les centres d'accueil ne soient pas tenues de verser automatiquement cette augmentation à l'institution mais puissent en profiter au même titre que toute autre personne.— que toute taxe municipale (telle la taxe d'eau à Montréal), et toute taxe scolaire soient abolies pour les retraités.3 — Aux deux gouvernements — qu'à plus long terme, le gouvernement canadien et celui du Québec prennent les dispositions pour que l'ensemble des plans de pensions, publics et/ou privés, assurent à tous les retraités 70% du salaire industriel moyen au Canada.Le Comité du revenu de l'AQDR, février 1980 Note: Pour devenir membre de l'A.Q.D.R.ou obtenir des renseignements vous pouvez communiquer avec nous: 1800, rue Bercy, suite 103, Montréal H2K 4K5.Tél.526-3845.291 Le transport en commun à Montréal1 L'automobile n'a pas toujours dominé les centre-villes.Avant la deuxième guerre mondiale, le transport en commun était très développé dans les grandes villes nord-américaines.En 1950, à Montréal, 370,000 voyages par jour s'effectuait par transport public; en 1979, on n'en compte plus que 318,000.À partir de cette époque, on assiste à une baisse importante du nombre de voyageurs utilisant le transport collectif.Ce déclin va amener des déficits qui vont provoquer des baisses de service résultant en une nouvelle diminution de passagers.C'est un cercle vicieux! Avec l'automobile, les villes vont s'étirer vers les banlieues où vont se localiser un bon nombre de résidences et d'usines, le commerce et les bureaux demeurant dans les centre-villes.Un modèle de société est né! Automobile versus transport en commun Ces changements ne sont pas arrivés tout seuls.Ils ont été provoqués par l'industrie automobile poussée par la logique capitaliste du profit.Cette industrie est un secteur clef de l'économie nord-américaine.Un travailleur sur 6 occupe un emploi qui lui est relié.L'industrie mondiale de l'automobile est dominée par 8 producteurs, dont le premier est GM, la plus grosses entreprise aux États-Unis.Ces monopoles, grâce à leur immense pouvoir économique, ont littéralement dicté les politiques de transport aux gouvernements.L'État a joué un rôle de soutien de l'entreprise privée.Il a construit des kilomètres d'autoroute aux frais de tous les contribuables.L'usager 1 Tiré du document préparatoire au Sommet: "Le Sommet Populaire de Montréal", p.55.292 du transport en commun, pour sa part, doit défrayer à même le prix de son billet une partie importante des coûts de construction, d'opération et d'entretien du système qu'il utilise.Les financements gouvernementaux sont donc discriminatoires à son égard.Jusqu'à tout récemment, les priorités gouvernementales allaient vers le développement du réseau routier.L'accent mis sur l'automobile au détriment du transport en commun a causé de nombreux problèmes: pollution, encombrement du centre-ville, bruit, destruction de logements et de la vie de quartier par la construction d'autoroutes urbaines, gaspillage d'énergie et de terrains utilisés à des fins de stationnement, etc.La crise de l'énergie en 1973 allait amener un changement des mentalités et créer la nécessité d'un revirement dans les choix politiques.En 1977, le gouvernement annonçait un déplacement de ses priorités du transport individuel vers le transport collectif.Historique du transport en commun à Montréal De 1851 à 1950, Montréal était une ville suffisamment riche et développée pour que l'opération d'un service de transport en commun soit rentable.Des premiers tramways à chevaux jusqu'à la fin de l'époque des tramways électriques, l'entreprise privée a contrôlé le transport collectif.Après la deuxième guerre mondiale, le réseau nécessitait une très importante mise au point demandant d'énormes investissements alors que le nombre d'usagers commençait à diminuer.Le transport en commun, devenu moins rentable, allait devenir propriété publique en 1950.La commission des transports de Montréal était créée.En novembre 1966, la ville inaugure son métro.Le tracé du parcours a été modifié pour favoriser les zones commerciales.Le réseau de corridors sous-terrains a donné un second souffle au centre-ville, sans quoi il aurait probablement périclité.Depuis le 1" janvier 1970, la Commission des Transports de la communauté urbaine de Montréal a succédé à la Commission des transports de Montréal avec pouvoirs accrus et territoire élargi.La CTCUM opère le métro et un réseau urbain d'autobus sur l'île de Montréal.293 Le financement du transport en commun Si tout le monde est d'accord pour développer le transport en commun, il y a un point sur lequel les intérêts des travailleurs, de l'entreprise privée et des gouvernements divergent: qui va payer la note?Jusqu'à récemment, le transport en commun était financé par deux ressources: 1 — les tarifs payés par les usagers.Cela signifie que toute hausse des coûts d'opération se traduisait automatiquement par une augmentation du prix du billet.2 — l'impôt foncier municipal, qui venait absorber les déficits d'ex- ploitation depuis 1960.Cet impôt enlève proportionnellement plus d'argent aux pauvres qu'aux riches.De plus, il augmente sans cesse pour rattraper l'inflation.Et, comme on l'a vu, les entreprises commerciales et industrielles sont relativement favorisées par ce mode d'imposition.Ainsi, ceux qui profitent le plus du transport en commun, participent peu à son financement.S'il fallait faire subir une nouvelle hausse à l'impôt financier pour améliorer le transport en commun, les travailleurs se verraient doublement pénalisés.Nouvelle politique Dans le cadre de la réforme de la fiscalité municipale, le gouvernement québécois a annoncé une nouvelle politique de financement du transport en commun.Elle pourrait se résumer en deux points principaux: 1 — pour l'opération du transport en commun, le gouvernement verse 40% de la somme des revenus provenant des usagers, quel que soit le déficit encouru.2 — financement gouvernemental pour l'amélioration du transport en commun: 100% pour le métro urbain et le nouveau métro régional (trains) et 75% pour l'achat d'autobus, de terrains de stationnement, construction de garages, intégration des services, etc.Les villes et les usagers devront ensuite s'organiser pour financer l'opération de ces améliorations.294 Cette réforme présente des avantages certains: 1 — le gouvernement québécois prend en charge les dépenses au- trefois assumées par les tarifs ou l'impôt foncier.Ses sources de financement sont plus équitables que ces deux moyens.2 — on est enfin assuré d'un minimum d'améliorations dans la ré- gion de Montréal: les prolongements du métro et le nouveau métro régional (900 millions).Toutefois, il y a deux gros "trous" dans cette réforme: 1 — il n'y a aucune garantie qu'il y aura transfert du fardeau de l'impôt sur le revenu des travailleurs vers celui sur les profits des compagnies.Si le gouvernement hausse le premier plutôt que le second, il viendra chercher ses subventions dans la même poche qu'avant: celle des travailleurs.De plus, comme le gouvernement s'engage à verser 40% du total provenant des usagers, les commissions de transport seront sûrement tentées de hausser leurs tarifs pour obtenir plus de subventions.2 — le contrôle du développement et de l'amélioration du transport en commun passe du palier municipal au gouvernement provincial.Cette centralisation des pouvoirs de décision va diminuer et même rendre nul, dans certains cas, les possibilités de contrôle démocratique du transport en commun.Les résidents de chaque localité devront payer année après année les frais d'opération des améliorations décidées à Québec.La réforme de la fiscalité municipale est loin d'avoir réglé tous les problèmes de financement du transport en commun.La lutte vélo-métro, ça avancel Un jour, nous l'aurons.La bicyclette a fait tellement de progrès en cinq ans, son accréditation comme véhicule à intégrer aux réseaux de transport public dans les villes ne saurait tarder.Le Monde à Bicyclette invite à faire pression pour pouvoir utiliser le métro.Pour information: téléphone: 514-844-2713.Adresse: 4224 Clark, Montréal, Que.H2W 1X3.295 TRANSPORT 2000 Association pour la promotion des transports en commun Bref historique Transport 2,000 existe en France, en Grande-Bretagne, en Suisse et au Canada.Au Québec, il existe légalement depuis deux ans.Ce n'est que depuis moins d'un an qu'il est vraiment actif.Depuis, il a été impliqué dans différentes questions touchant les transports collectifs, que ce soit à un niveau provincial ou régional et urbain.Qui nous sommes Actuellement, nous sommes une soixantaine de membres dont trois sont très actifs dans la région de Montréal.Certains sont davantage intéressés par un moyen de transport en particulier, d'autres par l'ensemble du sujet.En dehors de l'association, nous occupons des emplois variés (maître de poste, éducateur, chauffeur d'autobus, ingénieur, etc.).Nous ne sommes pas des professionnels en la matière mais on commence à avoir une bonne idée de ce qu'on veut.NOS OBJECTIFS GÉNÉRAUX — Promouvoir l'utilisation et le développement des transports en commun.— Représenter les usagers auprès des transporteurs et des gouvernements.NOS BASES THÉORIQUES Nous défendons la cause des transports en commun pour des raisons d'écologie, d'économie d'énergie, de sécurité et de santé.Nous croyons que l'utilisation massive des transports collectifs permettrait à plus de personnes de voyager et de se déplacer quotidiennement sans que nous ayons à nous endetter individuellement et collectivement.Nous croyons que l'énergie et le temps pris pour produire et posséder une auto pourrait être utilisé pour la production de biens durables, écologiques et vraiment conçus pour le bien-être de tous.Promotion ou revendication Ces deux objectifs ont une importance pour nous.Autant il est important que gouvernements et transporteurs assurent un bon service, autant il est nécessaire que la population modifie ses habitudes de gaspillage individualiste.Tous ne sont pas conscients des dommages vertigineux que crée l'automobile à notre société.Nous croyons avoir un rôle d'informateur à jouer dans la période de transitions que nous vivons maintenant.■ 296 Pour un front commun des communications LCE.A.Dans les organismes populaires et syndicaux, on prend de plus en plus conscience de l'importance de l'information pour stimuler l'action, créer la solidarité et développer une compréhension des réalités sociales.Des efforts sérieux se multiplient dans ce sens pour développer au sein des groupes des moyens autonomes d'information.Cette priorité qu'il faut accorder au développement des moyens d'information dans les groupes et entre les groupes n'implique pas cependant qu'il faille délaisser les mass média.La population prend son information presque uniquement dans les mass média alors que ceux-ci, loin d'être neutres, opèrent une sélection de l'information en fonction des intérêts de ceux qui les possèdent et les contrôlent.Dans nos démocraties libérales, s'il y a un mythe qui a la vie dure, c'est bien celui de la liberté de parole et d'expression et ce qui va avec la liberté de presse et d'information.Cependant, ces beaux principes n'ont pu résister notamment à l'industrialisation de l'information et à la concentration des entreprises de presse entre les mains d'un nombre de plus en plus restreint de grandes corporations.Au plan international, la circulation de l'information est entre les mains de cinq grandes agences de presse (2 américaines, 1 anglaise, 1 française, 1 russe).Quant à la télévision, sa structure centralisée et son orientation commerciale en fait un instrument de propagande et de diffusion des pouvoirs en place.De tels instruments ainsi contrôlés, concentrés, centralisés et commercialisés ne sont pas faits pour mettre une population en communication avec elle-même mais, bien au contraire, ils sont structurés et organisés pour diffuser le point de vue dominant et faire le maximum de profit.297 Ces entreprises ne nous feront pas de cadeau, il va falloir conjuguer les efforts des travailleurs des communications et du public en général pour obtenir une démocratisation de l'accès aux média et le respect du droit du public à une information complète et diversifiée.Il est urgent de trouver des moyens concrets de prendre la parole, de passer à l'action, de multiplier et relier les actions collectives et les luttes.Des moyens d'action concrets ont été proposés dans ce sens: L'I.C.E.A.a repris les principales recommandations du colloque tenu en novembre 1979, La parole, ça se prend, et a élaboré une plate-forme de revendications et avancé un plan d'action.Cette plate-forme et ce plan d'action ont été adoptés lors de l'assemblée générale du 15 février 1980 à l'UQUAM, convoqué par le Groupe de travail de l'Institut canadien d'éducation des adultes et qui réunissait les participants au colloque des 2 et 3 novembre 1979.C'est à nous maintenant de les proposer et les faire progresser dans nos organismes populaires et syndicaux.Cette plate-forme de revendications étant une base minimale de travail, l'I.C.E.A.souhaite que les organismes la débattent, l'enrichissent et l'adoptent officiellement.D'autant plus que ces revendications n'auront de chances d'être entendues qu'à la condition qu'elles soient partagées et mises de l'avant par le plus grand nombre d'organismes possible.Ce programme de revendications se veut donc un instrument large de sensibilisation et un moyen de faire reconnaître nos droits à communiquer et à l'information.La plate-forme des revendications — devant le déséquilibre de l'information dans les média, devant la censure, devant le quasi monopole de la parole; — devant l'inégalité flagrante d'accès des groupes dominés aux média, devant la distorsion dont sont l'objet les prises de positions de ces groupes; — devant le dénigrement des organismes syndicaux et populaires, des groupes de femmes militantes, etc.; — devant la concentration de la propriété et la commercialisation de la presse; — devant l'étouffement croissant du droit des régions à informer l'ensemble de la communauté; 298 NOUS REVENDIQUONS: 1° — Le droit à l'expression et à l'accès aux média pour des individus et des groupes Ce droit à l'expression (pour les groupes populaires et syndicaux qui constituent une source première d'information), comprend le droit et la liberté de donner l'information, des déclarations et des interviews aux média.1.1 — Pour ce faire, nous exigeons des média qu'ils affectent des journalistes en nombre suffisant pour couvrir les réalités de vie des milieux populaires et syndicaux, des groupes dominés et ce, dans toutes les régions du Québec.1.2 — Nous réclamons, pour les organismes populaires et commu- nautaires, des temps d'antennes, de l'espace gratuit dans les journaux et le support technique nécessaire au même titre que les partis officiels dans le cas de la presse électronique.1.3 — Nous exigeons la reconnaissance du droit de réplique, par- ticulièrement par ceux qui ont à subir les décisions des pouvoirs économique et politique.1.4 — Nous réclamons du gouvernement du Québec une législation qui obligera les média à respecter le droit à l'expression en conformité avec une société pluraliste.1.5 — Nous réclamons une politique ayant comme objectif la di- versification et la multiplication des média ayant un caractère autre que commercial.Prioritairement, nous réclamons la reconnaissance des média communautaires par le gouvernement qui devra se traduire par un support matériel et financier, pour le développement, la consolidation et la mise sur pied de média autonomes et régionaux.2° — Le droit à une information complète, diversifiée et pluraliste Cette revendication est essentiellement liée à celle pour le droit de communiquer.Un accès équitable aux média pour les groupes non-dominants, les milieux populaires et communautés régionales assurerait un meilleur équilibre dans l'information.299 Le type de répartition des effectifs qui prévaut actuellement dans les entreprises de presse ne respecte aucunement le droit du public à l'information et l'importance des divers courants qui divisent la société.À La Presse, par exemple, 23 journalistes sont affectés au secteur politique provinciale et fédérale, 18 aux sports contre 10 aux affaires sociales (santé, bien-être, éducation, religion, affaires syndicales, etc.).2.1 — Nous exigeons des média publics et privés, par voie légis- lative, qu'ils rendent des comptes à la population, particulièrement en rendant publique leur politique d'information et d'affectation des ressources, de même que leur bilan financier annuel.2.2 — Nous exigeons des média qu'ils établissent un équilibre en- tre les différents secteurs d'information: politique, social, culturel, communautaire, etc.2.3 — Nous exigeons des réseaux (presse électronique) et groupes (presse écrite) qu'ils diffusent au niveau de l'information nationale de l'information venant des régions présentant un intérêt pour l'ensemble de la population.2.4 — Nous réclamons une diversification des sources d'in- formation par l'augmentation du nombre de journalistes, notamment en régions pour traiter l'information au lieu de dépendre uniquement des grandes agences de presse; par l'utilisation dans le traitement de l'information internationale de matériels d'information provenant d'autres sources que des cinq grandes agences transnationales; par l'accès aux sources d'information gouvernementale et des entreprises privées; 2.5 — Nous proposons la création dans chaque entreprise de presse de comités de surveillance formés majoritairement des représentants des usagers sur l'équilibre de l'information.3° — Une législation pour freiner la commercialisation et le développement de l'appropriation privée des média 3.1 — Nous réclamons par voie législative une plus grande autonomie (entre autres, préserver l'autonomie des salles de rédaction, de chaque média propriété d'un même groupe; 300 3.2 — Nous demandons au gouvernement de confier à la Régie des services publics du Québec un rôle effectif de tamisage "avec pouvoir d'empêcher et d'autoriser toute transaction touchant la propriété des entreprises de presse"; 3.3 — Nous réitérons notre opposition à la venue de la télévision payante et à une troisième chaîne commerciale; 3.4 — Nous exigeons la réduction de l'espace et du temps réservés à la publicité (presse écrite 50 à 60% de l'espace).Par exemple: Pour les média électroniques, la publicité devrait être présentée sous forme de blocs, distincts de l'ensemble de la programmation; Pour les média écrits, réduire l'espace réservé à la publicité et séparer les cahiers publicitaires de l'information.4° — L'établissement d'un programme d'éducation à l'utilisation des média 4.1 — Nous exigeons que ce programme soit centré d'une part sur la compréhension critique des divers types de traitement de l'information, de même que sur le mode de production de l'information Qes structures et le fonctionnement des média); 4.2 — Nous exigeons que ce programme soit centré d'autre part sur l'élaboration d'une politique d'utilisation des média qui soit en concordance avec les objectifs et les nécessités des divers milieux.Note: Une publication conjointe ICEA/CEQ comprenant le rapport du colloque des 2 et 3 novembre "La parole, ça se prend", les dossiers de recherches, la plate-forme de revendications et le plan d'action adopté à l'assemblée du 15 février, est disponible à l'ICEA et à la CEQ (coût de la publication: S3.00).301 L'INFORMATION.C'EST BÊTE A DIRE Nouveau spectacle du théâtre Parminou L'information se balade au-dessus de nos têtes, accrochant nos regards, captant nos émotions.Nous sommes séduits, envoûtés par le charme audio-visuel des sorciers de l'image.Leurs antennes sont branchées et nos fronts réagissent: Que mangerons-nous.?Que dirons-nous.?Quels vêtements porterons-nous.?Quel malheur menace le clan Beaulieu.?Quels ministres nous gouvernent.?Quel temps fera-t-il demain,.?Leurs antennes répondent aux questions qu'elles nous posent.Faut réagir — Interférons Voici quelques images tendres, magie des formes et des couleurs, des points d'arc-en-ciel qui bougent sur l'écran de la nuit.Notre magie vous permet de démasquer la fausse réalité, de dégonfler le* pages "une", de voir à travers ce crystal que l'information est un commerce que l'information est un spectacle que l'information est contrôlée que l'information nous tient en otage.Avec des rires qui brillent nous vous téléguiderons vers un monde où les ondes ne sont pas brouillées par des émetteurs qui captent nos âmes pour mieux qu'on les écoute.Allons voir derrière l'image allons voir au-delà des mots et au-delà du divertissement, ces hommes et ces femmes qui, soumis aux impératifs économiques, matériels et politiques, font tourner les manivelles des rubans qui nous observent.Ensemble, avec quelques pirouettes humoristiques, explorons ce vaste champ d'activités humaines et techniques où le noir et blanc des uns fait toujours la couleur des autres.À propos des gros titres, on a des p'tites nouvelles pour vous autres!!! "FAUT VOIR ÇA!" pour les inviter chez soi: LA COOPÉRATIVE DES TRAVAILLEURS DE THÉÂTRE DES BOIS-FRANCS 312 Olivier — C.P.158 — Victoriavillc, Que.— Tél.: 758-0577 — G6P 6S8 Le développement des organisations populaires à Montréal PÉRIODE I — 1960-1968 (les débuts) Éléments de la conjoncture affectant les organisations "populaires" Révolution tranquille: — Intervention économique de l'État, modernisation.— Réformes sociales (éducation, santé).— Redéfinition du consensus idéologique (nouvelles valeurs).Mise sur pied par différents organismes de l'État et institutions privées, de programmes d'action communautaire, par ex.: Plan de réaménagement social et urbain (PRSU), Travailleurs étudiants du Québec (du Ministère de l'Éducation), Compagnie des jeunes canadiens (Secrétariat d'État du Canada).Renforcement du mouvement syndical (quantitativement et politiquement).Développement d'un mouvement de revendication nationale avec deux courants: réformiste bourgeois (MSA-PQ) et courant de gauche "socialisant" (Mouvement de Libération Populaire, RIN).M.Pépin, de la CSN, lance l'idée du deuxième Front.Principaux événements Création dans les quartiers pauvres de Montréal des premiers comités de citoyens (ce.) sous l'impulsion du Conseil des Oeuvres de Montréal (COM).Mise sur pied par la CSN des A.C.E.F.(1965) (Association coopérative d'économie familiale).Fondation de la Clinique St-Jacques (1968) et de la Clinique communautaire de la Pointe St-Charles.Rencontre de 20 comités de citoyens (200 personnes) pour faire le bilan de leur action (1968).Des initiatives de l'État: Bureau d'Aménagement de l'Est du Québec (B.A.E.Q.), Télévision Éducative et Communautaire (TEVEC).CARACTÉRISTIQUES DE LA PÉRIODE — Redéfinition du travail social, par ex.: critique de l'étude cas à cas et développement d'une approche communautaire.— Laïcisation des organisations, intervention de professionnels autres que les prêtres.— Idéologie de la participation (libéralisme).— Bilan par les animateurs, du cul-de-sac des comités de citoyens comme groupe de pression.303 PÉRIODE II — 1969-1971 (période charnière) Éléments de la conjoncture Ralentissement économique: chômage, fermeture d'usines.Crise politique Québec / Canada.Répression policière et politique des mouvements sociaux contestataires.Naissance d'un nouveau courant féministe (FLF).Essor d'un mouvement étudiant radical.Jonction entre revendications sociales et nationales (Manif.McGill français, ma-nif.contre Murray Hill, Manif.contre Bill 63, en 1969).Crise d'octobre 1970.Radicalisation du syndicalisme, affrontement à l'État et début d'une analyse de classes de la société (manifestes: 1970).L'État met sur pied des programmes pour encadrer et/ou concurrencer les initiatives populaires: Bill 65 (création des CLSC), Loi d'aide-juridique, Programme Multi-Média, projets PIL et PJ (fédéral).Principaux événements Plusieurs ce.se transforment en CAP (comité d'action politique).La notion de "groupes populaires" apparaît.D'autres se transforment en services; ex.: ciliniques médicales, comptoirs alimentaires.Création du FRAP (1969).Fondation de l'ADDS (1971).Association des locataires du Montréal Métropolitain (1971).Mise sur pied du Centre de Formation Populaire (CFP) et de l'APLQ (Agence de Presse Libre du Québec).Congrès du FRAP de mars 1971 consacre la division du FRAP en deux courants principaux.CARACTÉRISTIQUES DE LA PÉRIODE — De la phase revendicative par rapport aux "pouvoirs publics", on passe à une phase d'initiatives autonomes (services pour les masses populaires) et d'action politique (FRAP).— Jonctions entre éléments radicalisés du mouvement étudiant, du mouvement national, du mouvement syndical et d'animateurs d'organisations populaires lors de luttes.— Début de polarisation et d'affrontement idéologique chez les militants.304 PÉRIODE III — 1972-1976 (splendeur et misère!) Éléments de la conjoncture Gouvernement anti-ouvrier et anti-populaire de Bourassa.Accentuation de la crise économique.Le PQ hégémonise le mouvement de revendications nationales.Développement du syndicalisme militant — luttes dures (Front Commun).Recherche d'unité syndicale (luttes pour l'indexation).Soutien du mouvement syndical aux organisations populaires et à leurs revendications; ex.: locataires, ACEF, garderies.Foisonnement idéologique (manifestes des CAP — Revue Mobilisation).Regroupements politiques; Naissance d'En Lutte! (1973), La Ligue (déc.1975).Comité de solidarité aux luttes ouvrières (CSLO) et effritement idéologique et politique.Le mouvement "ML" hégémonise la gauche.Principaux événements Front commun contre l'autoroute est-ouest.Foisonnement de médias populaires et de réflexion politique.Comité de liaison des garderies populaires et S.O.S.Garderies.Mise sur pied des Maisons de quartier (St-Michel, Pointe St-Charles).Multiples organisations mises sur pied avec les subsides de l'État.Naissance du travail internationaliste (SQAL, Comité Québec-Chili, SUCO).Premier Congrès de l'ADDS — lutte contre la taxe d'eau.Plusieurs organisations populaires participent au 8 mars et au Premier Mai.Lutte des OVEP (1975).Disparition de nombreux médias populaires, de groupes de recherche (CCRPS — CRIQ), de revues (Mobilisation — Bulletin Populaire); liquidation d'organisations.CARACTÉRISTIQUES DE LA PÉRIODE — Éclatement des organisations et des pratiques: services, organisation de luttes, organisation à caractère idéologique.— Regroupement dans certains secteurs (par exemple: garderies).— Luttes contre l'intégration de l'État (cliniques médicales, éducation populaire).— Jonctions entre différentes organisations par le biais des militants.— Plusieurs militants s'enlignent sur les lignes politiques proposées et laissent les organisations de masse ou le inféodent à ces lignes.— Dichotomie entre organisation de masse (intérêts économiques à court terme) et organisations politiques (intérêts globaux à long terme).305 PÉRIODE IV — 1977-.(crise, bilan et.?) Éléments de la conjoncture Arrivée au pouvoir du PQ.Approfondissement de la crise.Restructuration de l'État — resserrement des contrôles bureaucratiques; — coupures services publics; — empiétement systématique dans le champ des organisations populaires.Division politique du mouvement syndical; repli et recul du mouvement.Reprise en main des revendications nationales par un secteur du mouvement ouvrier.Tendance dans une partie du mouvement syndical à se préoccuper des luttes sur les conditions de vie.Principaux événements L'Assemblée anti-liquidation du CFP amorce une réaction au mouvement de liquidation "ML" et une opposition de gauche au "Mlisme".Luttes de démocratisation: ADDS, Garderies, comptoirs, clinique Pointe Saint-Charles, MAC).Mise sur pied de nouvelles ressources techniques financées par l'État pour aider les citoyens (par ex.: GRT: Groupes de ressources techniques).Nouveaux groupements : Regroupement des garderies, Regroupement pour le gel des loyers, Fédération des comptoirs alimentaires.Organisation Populaire des Droits Sociaux (O.P.D.S.), (Regroupement de 3 ex-locaux A.D.D.S.).Renforcement du courant féministe anti- Nouveaux mouvements et formes d'ac-capitaliste (comité de lutte pour l'avorte- tion, par ex.: écologie, travail culturel, ment).etc.CARACTÉRISTIQUES DE LA PÉRIODE — Les organisations populaires ne mobilisent guère plus les "masses populaires"; démobilisation de la base populaire des groupes; crise d'orientation et de perspectives (pas davantage d'homogénéité idéologique et politique).— Pour certains le problème de la direction politique et du débouché politique demeure un point vital; pour d'autres, il y a un refus du politique et un repli sur soi: localisme.— Recherche de perspectives.Extrait du document de travail du C.F.P.pour un bilan de lutte", (avril 1980)."Mouvement populaire: éléments 306 \tol zt Eii.aaaE.mznt Le Christ et l'Eglise Pour plusieurs militants, Jésus-Christ est une inspiration: c'est l'Église qui fait problème.Pourquoi?On trouvera dans l'article qui suit quel était le projet du Christ en fondant son Église.Avec la complicité de la faiblesse humaine, aurait-elle dévié au cours de l'histoire?Nous serons en constante reconversion si nous sommes engagés du côté des pauvres.Cet article termine le document du C.P.M.O.: Le Christ de l'histoire et de la foi.On a traditionnellement défini l'Église comme étant la communauté de tous ceux qui croient au Christ.À la suite des pages qui précèdent, on pourrait également dire que l'Église, c'est le rassemblement de tous ceux qui veulent collaborer au projet d'unité de Jésus-Christ, travailler à la construction du Christ total.Cela, pourtant, soulève déjà d'importantes questions: comment se fait-il que l'on trouve si souvent dans l'Église (y compris parmi ses chefs!) des solidarités plus proches des "riches" que des "pauvres", de ceux qui empêchent l'unité que de ceux qui veulent la construire?Et comment se fait-il que tant d'hommes et de femmes qui travaillent réellement à construire l'unité de l'humanité nouvelle n'appartiennent pas à cette Église du Christ?Ou bien ceux-là seraient de l'Église sans le savoir?.307 Ces questions ne sont pas simples.Rappelons-nous tout de même, pour commencer, un vieux dicton qui peut sans doute nous faire réfléchir: l'Église, a-t-on souvent dit, compte beaucoup d'ennemis parmi ses fils, et beaucoup de fils parmi ses ennemis.Ce n'est bien sûr qu'un dicton.Mais il suggère néanmoins que les choses ne sont pas toujours aussi simples et tranchées qu'on le dit parfois.Une première approche de l'Église pourrait être d'abord historique.On sait qu'au cours des quatre premiers siècles de son existence l'Église a été durement persécutée.(Rappelons-nous que les premiers chrétiens contestaient l'absolu du pouvoir de César.).Pendant ces premiers siècles de son histoire, on peut dire que l'Église a vraiment été une communauté de "pauvres", de gens qui désiraient ardemment vivre à la suite du Christ et de son projet."Ils mettaient tout en commun et n'avaient qu'un seul cœur", rapportent au sujet des premiers chrétiens les Actes des Apôtres.Malgré les persécutions qu'elle dut subir, l'Église finit par attirer un nombre croissant de gens au message du Christ.Si bien, qu'au début du quatrième siècle, l'Empereur romain Constantin décida non seulement de devenir chrétien lui-même mais aussi de faire de l'Église la religion officielle de l'Empire romain, en remplacement de l'ancienne religion romaine.À partir de ce moment, la situation de l'Église changea radicalement.De minoritaire et clandestine qu'elle était, elle devient majoritaire, ayant même désormais le monopole de la religion.De persécutée, elle devint rapidement dominatrice, persécutant souvent même ceux qui refusaient de se soumettre à elle.D'une communauté de pauvres et de gens sans puissance, elle devint un vaste rassemblement social où les riches et les puissants trouvèrent à exercer de nouveau leur pouvoir.D'une certaine manière, on doit reconnaître que ce changement survenu dans l'histoire de l'Église a été décevant à bien des points de vue.Et, en même temps, il ne faut pas non plus s'étonner tout à fait: même fondée sur Jésus-Christ, l'Église reste une communauté d'hommes et 308 L'Église: une réalité historique en continuelle transformation de femmes faibles, faillibles, pécheurs.Il faut par ailleurs ajouter qu'à toutes les époques de son histoire, l'Église a connu en son sein des personnalités et des mouvements qui, tels les prophètes de l'Ancien Testament, ont fait effort pour la purifier, la réformer, la ramener au message de son fondateur.La plupart du temps, ces mouvements de changement étaient animés par les "pauvres" eux-mêmes et par ceux qui voulaient justement que l'Église redevienne une Église des pauvres.Souvent, bien sûr, les autorités officielles de l'Église s'opposèrent à ces mouvements et firent tout pour les arrêter.Des divisions survinrent même au sein de l'Église lors de conflits du genre (au moment de la Réforme protestante, par exemple).Et, pourtant, l'Église compta toujours des prophètes chargés par Dieu de remettre son Église dans le droit chemin.On ne doit pas s'étonner de voir que la situation ne soit pas tellement différente aujourd'hui.C'est pourquoi il est si important que, aujourd'hui comme hier, les "pauvres" et ceux qui ont pris parti pour eux poussent l'Église à redevenir vraiment une Église des pauvres.C'est seulement de cette manière qu'elle pourra vraiment rester fidèle au Christ et à son projet.Les trois À cette première approche historique, on peut en ajou- "étapes" ter une autre, plus "théologique", c'est-à-dire du point de e g I8e vue de ce qu'est l'Église pour la foi chrétienne.Et, ici, une distinction pourra aider.Si l'on situe Jésus-Christ comme étant, pour la foi, le centre de l'histoire, on peut diviser l'existence de l'Église en trois grandes étapes: 1" — L'Église "avant" Jésus-Christ — c'est-à-dire le peuple de Dieu dans l'Ancien Testament; 2e — L'Église entre la venue de Jésus et son retour "à la fin des temps", c'est-à-dire quand le règne de Dieu sera définitivement achevé; 3e — L'Église-Royaume, c'est-à-dire, au fond, le Christ total réalisé dans l'humanité nouvelle unifiée par l'amour.En d'autres termes, l'achèvement du règne de Dieu.309 C'est, bien sûr, à l'intérieur de la deuxième étape de cette histoire que nous nous situons nous-mêmes, aujourd'hui: mais cette étape existe en fonction de la troisième.Et elle prolonge la première tout en s'en différenciant.Aussi importe-t-il de bien saisir les caractéristiques de chacune de ces étapes, à commencer par la dernière, vers laquelle nous tendons.La troisième étape de l'Église est évidemment celle vers laquelle nous nous dirigeons, et que nous devons construire dès maintenant.À cette étape, selon saint Paul, il ne restera plus que le Christ total, c'est-à-dire l'humanité unifiée dans l'amour avec le Christ à sa tête, dans la communion avec Dieu.Les choses sont cependant fort différentes aux étapes antérieures.Dans la période actuelle on retrouve, bien sûr, le Christ, l'humanité et l'amour.Mais aucun d'eux, si l'on peut dire, n'a atteint sa "perfection".C'est pourquoi on retrouve aussi d'autres éléments destinés à réaliser de plus en plus cette "perfection".En plus de l'amour, par exemple, il y a la foi et l'espérance (on croit et on espère en ce qui n'est pas encore achevé).C'est ainsi que l'on retrouve également les sacrements, ces signes de la présence et de l'action du Christ.— Le baptême, en ce sens, est le signe de quelqu'un qui décide d'engager sa vie à la suite du Christ et de son projet, qui veut faire avancer jusqu'à sa mort la réalisation de ce projet, qui veut se mettre du côté des constructeurs de l'unité véritable.— Le mariage, ce sont des croyants qui s'unissent pour travailler davantage ensemble à ce projet, pour se soutenir mutuellement en route.L'amour qu'ils font naître ensemble et autour d'eux est déjà le signe de cet amour qui sera partout présent dans la troisième étape de l'Église.310 La dernière étape: l'achèvement du royaume L étape actuelle: entre la venue et le retour de Jésus-Christ — De même en est-il de Yeucharistie.Quand des chrétiens sont réunis pour célébrer l'eucharistie, ils mettent en commun leurs luttes, leurs espoirs, leurs joies, leurs difficultés, leurs échecs, partagent leur espérance, et vivent déjà quelque chose de cette humanité future qu'ils contribuent à bâtir.C'est pour cela que, malheureusement, bien des eucharisties chrétiennes ne signifient pas grand chose, ne sont pas vraiment des signes d'espérance: quand, par exemple, elles rassemblent des gens qui ne se reconnaissent pas vraiment de solidarités et qui, en dehors de l'Église, sont souvent plus des ennemis que des frères.En ce sens, réunir à la même "table" eucharistique des exploiteurs et des exploités est un mensonge et une hypocrisie si, "après la messe", la situation d'inégalité, de division et d'exploitation reste inchangée.À vrai dire, au cours de cette période, c'est toute l'Église elle-même qui a la mission d'être un sacrement, un signe de la présence et de l'action du Christ dans le monde, un signe qui annonce la troisième étape de l'Église.C'est ainsi également que l'on retrouve une organisation et une hiérarchie.En dehors de ces éléments essentiels, on peut dire que tout le reste peut être modifié et transformé selon les besoins de l'Église et de l'humanité à telle ou telle époque de l'histoire.Pensons simplement à un exemple: pendant plusieurs siècles, les papes ont été les souverains d'un véritable État — avec des impôts, des tribunaux, une armée, etc.L'Église estimait alors qu'elle avait besoin de cela pour accomplir sa mission.Puis les bouleversements politiques ont fini par arracher à l'Église sa puissance temporelle.Traumatisée au début par ce changement, l'Église s'en est finalement remise et a compris qu'elle pouvait fort bien accomplir cette mission sans cela, comme c'est le cas aujourd'hui.L'étape qui a précédé la nôtre: le Peuple de Dieu dans l'Ancien Testament La première étape de l'Église, celle qui a précédé la venue de Jésus, ressemblait par plusieurs côtés à l'étape actuelle.Mais elle différait aussi.C'est d'abord dans l'espérance du peuple que le Christ était présent.Cette "Église" de l'Ancien Testament avait par ailleurs, elle aussi, une 311 hiérarchie (un clergé, etc.) à laquelle — on l'a vu — Jésus s'en est pris vigoureusement, lui reprochant son infidélité et sa domination sur le peuple.En fait, ce qui caractérisait le plus cette Église, c'était l'importance qu'y prenait la Loi, que Dieu avait donnée à Moïse au Sinaï.Cette loi, nous en connaissons par exemple les "Dix Commandements".Mais elle était beaucoup plus complexe.Elle comportait en fait des milliers de directives et d'interdictions que les Juifs devaient suivre scrupuleusement pour être "justes".Le problème, c'est qu'avec toutes ces prescriptions, la Loi était devenue de plus en plus étouffante.Dieu l'avait donnée à son peuple comme une "règle de vie".Mais le peuple — surtout ses chefs — avaient fini par en faire un instrument de mort: tellement occupés à obéir minutieusement aux moindres détails de la Loi, plusieurs finissaient par oublier l'essentiel — l'amour.Plusieurs en faisaient un dieu, oubliant le Dieu vivant qui l'avait donnée.Pour la majorité des gens, la Loi était si complexe qu'elle était pratiquement impossible à suivre parfaitement.D'où le découragement de plusieurs.Pensons ici à la parabole du Pharisien et du Publicain au Temple.Elle illustre bien cette double réalité.Le premier se flatte d'accomplir fidèlement toutes les prescriptions de la Loi.Le second sait combien il lui est infidèle.Le premier, au fond, se pense juste et saint parce qu'il accomplit la Loi.D'une certaine manière, il pense qu'il n'a pas vraiment besoin de Dieu, qu'il n'a qu'à accomplir la Loi pour être — automatiquement — sauvé.Le second, au contraire, sent fort bien qu'aux yeux de la Loi, il est pécheur.Et il ne peut attendre son pardon, sa "guérison", que de Dieu lui-même.C'est pourquoi ce sont des hommes comme lui qui accueilleront la bonne nouvelle de Jésus.C'est cette façon de concevoir la Loi et de se laisser étouffer par elle que Jésus, et après lui saint Paul, par exemple, bouleversèrent."L'homme n'est pas fait pour le sabbat.C'est le sabbat qui est fait pour l'homme." "Ce n'est pas l'accomplissement de la Loi qui sauve l'homme et qui le rend juste, c'est la foi en Dieu et en Jésus-Christ".Ceux qui accueillent la Bonne Nouvelle 312 Jésus n'abolit par la Loi mais il lui redonne son sens véritable en la ramenant à l'essentiel: aimer Dieu et aimer son prochain: voilà qui résume toute la Loi et tous les prophètes.D'une certaine manière, on peut dire que c'est cette "révolution" amorcée par le Christ qui inaugure la seconde étape de l'Église, celle dans laquelle nous vivons.Et pourtant, il faut voir que la tentative existe toujours, pour les chrétiens, de retomber dans l'attitude de l'Ancien Testament: de se croire juste parce qu'on accomplit fidèlement les prescriptions de la loi, de la morale.L'engagement des chrétiens à l'étape actuelle de l'Église Les chrétiens doivent travailler à la construction de cette étape présente de l'Église.Ils doivent le faire en se souvenant que l'Église est un sacrement, un signe de la présence agissante du Christ dans le monde.Comme l'écrivait le Pape Paul VI il y a quelques années: l'Église n'existe pas pour elle-même.Elle existe pour le monde.Elle doit être pour le monde un signe d'espérance.Si l'Église n'est pas au service du monde, si elle met plutôt le monde à son service, si elle n'est pas pour lui un signe d'espérance, elle est infidèle à la mission que lui a confiée le Christ.C'est pourquoi il est si important que les chrétiens engagés du côté des "pauvres" et des constructeurs d'unité poussent sur cette Église pour en faire un signe d'espérance toujours plus visible.Déjà, pourtant, l'Église qui naît de ces communautés d'hommes et de femmes engagés du côté des "pauvres" et de leur libération, cette Église est le signe que le Royaume est bien en train de se construire.313 Le 10e anniversaire du Centre de Pastorale en Milieu Ouvrier Raymond Levac Nous terminons cette année la dixième année d'existence du C.P.M.O.Lors de l'assemblée générale du 10 mai dernier, on a souligné cet événement par une fête qui a regroupé près de 200 militants.C'étaient des chrétiens de différents groupes, communautés et mouvements de Montréal, mais aussi de plusieurs régions du Québec.On s'est rappelé en quoi ces dix années étaient le fruit d'artisans têtus qui ont mis sur pied ce centre de formation pour promouvoir une pastorale et une Église qui s'enracine dans la classe ouvrière, les milieux populaires.C'est un Jean-Guy Hamelin alors aux affaires sociales de la Conférence des Évêques Catholiques du Canada et aujourd'hui évêque de Rouyn.C'est un Claude Lefebvre qui a assuré un départ solide au C.P.M.O.Ce sont surtout ces bénévoles qui, au conseil d'orientation puis au conseil de direction, ont donné depuis dix ans les grandes orientations du C.P.M.O., l'ont pris sur leurs épaules, l'ont soutenu et lui ont assuré son enracinement avec les quartiers, les régions du Québec.Ils l'ont maintenu en lien avec la vie ouvrière et populaire du Québec.Si le C.P.M.O.continue d'exister, c'est qu'il est lié à toute cette vie qui s'exprime de plus en plus.C'est pourquoi, ce que nous fêtons lors de ce 10* anniversaire du C.P.M.O., ce sont tous ces regroupements, communautés de base, mouvements qui regroupent des travailleurs, des militants engagés dans le mouvement ouvrier et populaire.Ils ont à cœur la solidarité ouvrière, ils donnent leur vie pour un monde meilleur, pour un monde où les travailleurs, chômeurs, assistés sociaux, auront la 314 parole, seront valorisés, seront responsables de leur milieu de vie et de travail.Ce que nous fêtons, ce sont ces communautés chrétiennes qui peuvent nommer l'action de Jésus-Christ dans ce processus même de prise en charge progressive par la classe ouvrière de l'ensemble de sa vie.Si Jésus est vivant, il est vivant dans cette solidarité des travailleurs, dans cette lutte contre l'exploitation et l'oppression, dans cette fraternité qui se bâtit à travers l'organisation de la classe ouvrière, au travail comme dans les milieux populaires.Pour une Église populaire L'Église qui se bâtit dans ce processus, c'est le signe aux yeux de tous que l'Esprit de Jésus est présent dans la lutte de Libération de la classe ouvrière.Cette Église qui se bâtit dans ce processus, on l'a appelée Église populaire.Il ne s'agit pas d'une autre Église, ni d'une Église parallèle.Il s'agit de l'Église qui, se solidarisant avec les luttes et les organisations du peuple, devient progressivement et de plus en plus Église du peuple, Église populaire.Cette Église populaire, il est vrai, est à peine existante au Québec.Elle est petite, fragile.Mais elle existe réellement en germe.Nous en sommes les témoins.On n'a qu'à regarder dans la salle où on fêtait le ÎO anniversaire du C.P.M.O.Il y avait un grand nombre de jeunes.Mais ces jeunes n'étaient pas des individus isolés qui s'en venaient côte à côte à un "party".Ces jeunes faisaient partie de mouvements chrétiens de jeunes: Jeunesse ouvrière chrétienne principalement; mais il y avait aussi des jeunes du mouvement des Étudiants chrétiens, de la Jeunesse Étudiante chrétienne, du Service de préparation à la Vie, du mouvement Jeunes du Monde.Il y avait des "vieux" de plus de trente ans aussi.Eux non plus n'étaient pas des individus isolés.Us étaient membres du Mouvement des travailleurs chrétiens, des Chrétiens pour une Église populaire, du Carrefour des Agents pastoraux en Milieu ouvrier de Québec, du Réseau des prêtres et religieux ouvriers et du Réseau des chrétiens politisés.Il y avait des membres de plusieurs communautés de base.Ces chrétiens venaient de plusieurs quartiers de Montréal: Pointe-Saint-Charles, Saint-Henri, Hochelaga-Maisonneuve, Centre-Sud, Ville-ray, Plateau-Mont-Royal, etc.Il y avait des gens de différentes régions du Québec, Québec, St-Hyacinthe, Hull, Rive-sud de Montréal, Thetford, 315 Montmagny, Rimouski; on sait qu'il y a des groupes ailleurs qui n'ont pas pu venir: Nord-ouest québécois, Lac St-Jean, Côte-nord, Victoriaville, Joliette , St-Jérôme, etc.On ne peut évidemment tous les nommer.Mais ce sur quoi je veux attirer l'attention, c'est que si ces cellules d'Église populaire sont petites, fragiles, minoritaires, elles ne sont cependant pas insignifiantes.Elles sont appelées à tisser de plus en plus de liens entre elles, à grossir comme le mouvement ouvrier et populaire est appelé à grossir et se développer.Ces groupes, mouvements et communautés ont des racines qui plongent dans l'histoire même du mouvement ouvrier.Ce sont les Chevaliers du Travail à la fin du siècle qui défendaient un syndicalisme qui luttait pour une société nouvelle; ce sont les unions internationales alors même qu'elles étaient combattues ici parce que neutres et étrangères.Il y avait bien des chrétiens là-dedans qui mettaient en premier leur solidarité ouvrière; c'est le syndicalisme catholique qui, de syndicat jaune du début, est devenu rapidement un syndicat combatif et qui s'est battu contre les lois répressives, contre Duplessis et se sont fait passer souvent pour communistes.Ce sont aussi les batailles syndicales plus récentes: Fire-stone, United Aircraft, les Fronts Communs des secteurs publics et para-publics, etc.Ces groupes, mouvements et communautés s'enracinent aussi dans l'émergence des groupes populaires durant les années 60: groupes de quartier, cliniques médicales, associations de locataires, comités d'expropriés, coopératives de consommation, d'habitation, etc.En solidarité avec la classe ouvrière À travers notre implication dans ces organisations du mouvement ouvrier et populaire, nous avons appris à sortir de notre isolement, à nous solidariser, les groupes populaires et les syndicats, les uns avec les autres.Nous continuons à apprendre à découvrir les richesses et les forces les uns des autres, à faire confiance aux hommes et aux femmes engagés avec nous dans les organisations ouvrières et populaires.Nous apprenons aussi les dures réalités de la lutte, les lâchetés, les difficultés à se solidariser, les conflits internes, le goût parfois de tout lâcher.Mais nous apprenons que face aux conditions vécues de la classe ouvrière nous n'avons pas le choix.La libération de la classe ouvrière et de l'ensemble du peuple sera collective ou elle ne sera pas.Pour qu'elle se fasse, nous devons aujourd'hui poser des gestes concrets à partir desquels d'autres après nous pourront aller plus loin.316 Nous découvrons peu à peu la présence et le projet de Jésus-Christ à l'intérieur de cet engagement.L'option de Jésus pour les pauvres et les opprimés doit être notre option.L'option d'engagement pour bâtir la fraternité doit être notre option.Nous vivons l'espérance et l'assurance du Christ ressuscité dans ce projet de libération collective.C'est en communautés que nous nommons, célébrons ce projet, et que nous en témoignons.Par la participation à la fête du 10 mai, c'est ce projet et les commencements d'Église populaire que nous voulons fêter.C'est surtout pour exprimer notre espérance et notre engagement à promouvoir cette Église solidaire des milieux ouvriers et populaires.Programme d'activités 1980-1981 1.Le C.P.M.O.a comme objectif de promouvoir chez les chrétiens des pratiques militantes qui soient une manière de vivre leur foi en Jésus-Christ Libérateur.À cette fin, il propose des sessions ou rencontres autour de trois (3) thèmes: 1 — La crise économique et les travailleurs; 2 — Le chômage; 3 — L'école et la réalité ouvrière.2.Le C.P.M.O.a aussi comme objectif de développer et nourrir une foi en Jésus-Christ qui pousse à s'engager davantage.À cette fin, il propose des sessions ou rencontres autour de quatre (4) thèmes: 1 — Jésus-Christ et son projet de libération; 2 — La personne de Jésus; 3 — L'Église populaire; 4 — Socialisme et foi chrétienne.3.Au printemps 1981, se tiendra une rencontre des chrétiens qui ont une pratique militante dans des organisations ouvrières et populaires.Si vous êtes intéressé par un tel projet, contactez le secrétariat du C.P.M.O.ou la J.O.C.ou le M.T.C.de votre région.Centre de Pastorale en Milieu Ouvrier 1212 rue Panet, Montréal H2L 2Y7 317 znzmznt± ou&Uexa, U image du syndicalisme au sein des informations télévisées Jean-Pierre Desaulniers, Philippe Sohet, Nicole Hubert Au Québec, la télévision est, avant tout autre médium, la source d'information et de référence déterminante pour la majorité de la population.Au sein de la télévision, le journal télévisé est devenu une institution vénérable.Rite quotidien, immuable, il nous livre une lecture concise de l'activité sociale du jour et dans le monde.Nous restons peu conscients des mécanismes et de la force du journal télévisé dans la construction de notre lecture du social.Or, la reprise quotidienne, permanente, de ce travail de concision (une trentaine de minutes), à propos d'un champ si vaste (l'ensemble de l'activité sociale), a peut-être figé le journal télévisé dans un système rigide de lecture de la réalité sociale1.Dans un tel cadre, les acteurs sociaux eux-mêmes (politiciens, monde des affaires, etc.) sont l'objet d'une logique précise.Ainsi en est-il des syndicats et du syndicalisme.Les quelques notes qui suivent décrivent l'image des syndicats et du syndicalisme qui est mise à l'œuvre dans les Actualités télévisées2.Le journal télévisé est-il objectif par rapport au syndicalisme?Un premier découpage statistique 1 Le système des Actualités télévisées et les codes de reconnaissance qui y sont à l'œuvre ont fait l'objet d'une première approche dans "Les actualités télévisées ou la parade du soir" (à paraître).2 Le corpus d'analyse a compris les journaux télévisés de l'avant-soirée des deux chaînes francophones de télévision à Montréal, soit "ce Soir" de CBFT-Radio Canada et l'émission "Le dix vous informe" de CFTM-Télémédia, du 20 février au 20 mars 1978.318 des nouvelles constituant le corpus d'analyse permet d'avancer certains éléments: — près d'un quart des nouvelles (23%) des journaux télévisés parlent en partie ou exclusivement des syndicats; — les syndicats cumulent le plus haut taux d'interviews (autant que l'ensemble des ministres provinciaux: 14.4% de l'ensemble des interviews); — parmi les sujets de base, les "affaires à suivre" de bulletin en bulletin, les syndicats s'octroient 30% des séries longues (celles de 6 nouvelles et plus); — les nouvelles se rapportant au syndicalisme jouissent d'un plus important support filmique (51%) que la moyenne des nouvelles (34.4%).Peut-on, à partir de ces données, affirmer que les syndicats sont sur-ou sous-représentés dans les nouvelles télévisées?Et dans ce cas quelle serait la juste norme?Question sans réponse.Par contre, avec ces scores, le syndicalisme apparaît comme un des acteurs les plus massivement présents au sein des informations télévisées (juste après le gouvernement provincial, mais avant le gouvernement fédéral).Il faut alors s'interroger sur l'image du syndicalisme et des syndicats qui ressort de cette pénétration massive.Voir si ce haut taux de présence est régi par une dynamique, une logique stricte.Le syndicat, un acteur ponctuel Quel est le contexte du syndicat?À quoi se rapportent les nouvelles où intervient le syndicat?Il a été possible de repérer cinq grands thèmes dans l'ensemble des nouvelles syndicales.Les nouvelles d'ordre social (étude sur la politique agro-alimentaire par un regroupement d'organismes, dont les syndicats); les nouvelles se rapportant à la structure organisât ionnelle du syndicat (élections futures au bureau de la FTQ); les interventions patronales (la Cie Iron Ore fait des mises à pied); les interventions d'origines gouvernementales (le rapport Martin-Bouchard est déposé à l'assemblée nationale); enfin, les nouvelles portant sur les relations de travail (manifestation des employés municipaux de Montréal).Dans cette distribution, une catégorie, celle des relations de travail, accapare la grande majorité des nouvelles, 77.4%! Le social, 5.98%; 319 la structure organisationnelle, 6.59%; l'intervention patronale, 2.99%; l'intervention gouvernementale, 5.38%.Dans ce premier résultat, déjà le syndicat commence à être centré autour d'un aspect précis: les relations de travail.Ce qui s'opère dans cette répartition, c'est la limitation très stricte du champ d'intervention du syndicat.Dès lors, en fait, le syndicat n'a pas tant à voir avec le travailleur lui-même (ou sa famille, sa vie quotidienne) qu'avec le travailleur en stricte situation de travail.Cette importante association entre syndicats et relations de travail, ne peut manquer de colorer, par "glissement", l'ensemble des autres nouvelles syndicales.Ce débordement des "relations de travail" dans les autres nouvelles se renforce d'ailleurs par la mise en avant de l'aspect proprement conflictuel.Les relations de travail En effet, l'ensemble des nouvelles qui sont regroupées dans cette catégorie n'offrent pas une si grande variété de contenu que le titre de la catégorie pouvait laisser croire.Il a été possible de les répartir selon qu'elles parlaient davantage des conflits dans les relations de travail (les grèves, les "lock-out"), des événements de "préconflits" ou amor-ceurs de conflits (menaces de grèves, négociation de convention de travail, les griefs déposés) et, enfin, les événements de "post-conflit", les retombées, les suites des conflits syndicaux (mise en application de certains règlements, certaines conventions, reprise du travail, retour sur un lieu où se tenait un conflit de travail).À nouveau, on retrouve l'accentuation d'un rôle au détriment des autres.Les conditions de travail, 63.25%; des nouvelles des relations de travail, pré-conflits, 26.48%; post-conflits, 10.26%.Donc, ce n'est pas tant le conflit dans son impact, son déroulement, dans son explication, bref dans sa compréhension qui est retenu, mais le conflit comme donnée factuelle.Non pas le conflit dans son analyse, dans son émergence, son développement et ses retombées, mais le conflit comme fait limité, isolé de tout schéma global de compréhension, le spectacle du conflit, donc.Où et quand: le cadre spatio-temporel Cette idée d'un syndicalisme liée presqu'exclusivement aux relations de travail présentées de manière conflictuelle et spectaculaire, va se ré- percuter encore davantage en relevant le cadre spatio-temporel propre aux nouvelles qui en parlent.Ainsi, l'espace au sein duquel évolue l'acteur syndical dans le journal télévisé est uniquement l'espace du lieu de travail.Le syndicat n'existe que dans, autour, devant, à l'extérieur du lieu de travail.11% seulement des nouvelles syndicales se dérouleront dans un autre type d'espace.Pour ce dernier, il s'agira essentiellement de l'espace des "victimes" (la région privée des autobus scolaires, par exemple).Une autre caractéristique majeure de cet espace syndical est qu'il se trouve strictement (à une exception près) québécois: "C'est ici qu ça's'passe".Ce phénomène étonnant prendra toute sa valeur en étudiant plus loin la dynamique de l'acteur syndical avec les autres agents sociaux.Le syndicat, dans les nouvelles télévisées, vit toujours au "futur immédiat".Quand on parle du syndicat dans le cadre du conflit de travail, on pourra dire que "le conflit a débuté il y a six mois": le temps d'une prémisse.On pourra encore dire que "ce matin, il y a eu une manifestation.": le temps de l'action elle-même.On terminera en ajoutant qu'on espère que "d'ici deux ou trois jours, la négociation." ce qui serait un futur à court terme.C'est ce futur immédiat, le temps du court terme, celui de la semaine à venir, qui est attaché au syndicat.Ce renvoi permanent du syndicat à des notions de court terme, réitère, une fois de plus, cet aspect limité du syndicalisme dans le journal télévisé.En effet, parlant de passé, de présent et de futur immédiat, le plus caractéristique est l'exclusion du futur à long terme.Le seul recours à du long terme est la durée d'une convention collective, et de l'aspect salarial qui s'y rapporte.Le syndicalisme n'a pas d'horizon, il ne peut avoir de projet, il n'a pas de futur, il n'a pas d'avenir, c'est avant tout, un acteur au jour le jour.Contrairement à un gouvernement, par exemple.Les attributs de l'acteur syndical sont tirés d'un répertoire restreint.Lié à des relations de travail vécues comme conflictuelles sans perspective à long terme, le projet syndical lui-même ne peut qu'être limité lui aussi, S'il ne peut être réellement caricaturé aux "50£ de l'heure", le projet syndical n'en reste pas moins strictement d'ordre salarial ou de réorganisations mineures.Loin des analyses nuancées des motivations, c'est dans la revendication salariale que réside l'explication dernière de la conduite du syndicat.321 Il est étonnant que les attributs du syndicat soient à ce point limités, homogènes et précis: un champ d'intervention restreint aux relations de travail.De celles-ci on ne retient que l'aspect conflictuel et spectaculaire.Parqué sur le lieu de travail, le syndicat n'évolue que dans des perspectives à court terme et autour d'un projet de revendication salariale.Bref, c'est un acteur on ne peut plus "ponctuel".Le western quotidien La nouvelle, qu'elle soit syndicale ou non, est, avant tout, une fragmentation de la réalité sociale.Portions de trente secondes à une minute, les nouvelles bloquent leur contenu à l'intérieur de petites cases, imperméables les unes aux autres.Or, un conflit de travail est la conséquence d'une série de facteurs divers liés autant au domaine économique, politique ou autres qu'il est impossible de retrouver dans la nouvelle syndicale elle-même, vouée à décrire le strict conflit.La nouvelle ne peut qu'avoir un profil descriptif et schématisant, non analytique3.De notre échantillon, 74.25% des nouvelles syndicales se trouvent mises en "séquences", elles se suivent les unes les autres en un bloc distinct, au sein du journal télévisé, les nouvelles syndicales étant ainsi regroupées.Mais l'enchaînement des nouvelles les unes aux autres ne constitue jamais une mise en perspective, un schéma explicatif puis-qu'aucun lien ne permet de faire le saut de l'une à l'autre.On ne peut savoir si plusieurs conflits relèvent d'une stratégie d'une même centrale syndicale, d'une multinationale ou d'une politique gouvernementale.La mise en séquence n'est que le renforcement de cette ponctualité de l'acteur syndical.Cette mise en séquence s'opère principalement autour des nouvelles strictement conflictuelles, ce qui renforce l'impression de malaise social.Les nouvelles de la sphère syndicale se rapportant à d'autres thèmes que les conflits de travail sont généralement isolés ou font partie d'autres séquences.Cette structuration touche particulièrement l'image du monde syndical qui se voit facilement associé à "conflit de travail, malaise so- 3 Exception faite, peut-être, pour les cas exceptionnels des nouvelles-dossiers (dont la durée peut s'étendre d'une à six minutes).Le syndicat qui s'octroit plus de 23% des nouvelles n'est, par contre, que l'objet de six dossiers: on se donne les moyens de ne percevoir le syndicalisme qu'au sein de schémas descriptifs et réducteurs.322 cial".Les autres interventions, lorsqu'elles existent, au niveau social, politique ou économique, se retrouvent éparpillées dans une cacophonie de nouvelles diverses.Or, les nouvelles syndicales sont soutenues pour 51% d'entre elles par des images filmées.(La moyenne pour le journal télévisé était de 40%).Le film, pas plus que le commentaire, n'est sans effet sur l'image qui se dégage autour du syndicat.Il reprend à son niveau les effets de schématisation et de réduction.80% des films se retrouveront dans les unités de conflits, une fois encore.Le contenu même de ces films a peu à voir avec les informations verbales qui nous sont transmises au même moment et suit souvent des stéréotypes restreints.Réduite au conflit, la nouvelle syndicale était déjà spectacle; renforcée par une image tout aussi schématisée (les manifestants devant le lieu de travail, les incidents entre les piqueteurs, les forces de l'ordre et les briseurs de grève, les assemblées houleuses, les pitreries de certains grévistes), elles en acquièrent définitivement son statut de faits divers.Ainsi, au sein des Actualités télévisées, le syndicalisme n'est appréhendé qu'au travers de schémas très stéréotypés et régis par une logique stigmatisante.Son champ d'intervention est limité au conflit de travail, ses actions ponctuelles sont présentées en dehors de tout contexte explicatif, en affilée les unes après les autres, de jour en jour, proposant ainsi une structuration constante dans la perception de sa réalité.Auteur morcelé face à un monde des affaires monolithique, interpellant des acteurs sociaux qui ne se "commettent" jamais à leur répondre, répétitions identiques de schémas narratifs, le syndicat est marqué par leur ponctualité, leur vision à court terme.Coincée après les projets politiques, sociaux, économiques, la dévaluation du dollar, la séquence des nouvelles syndicales se trouve juste avant les faits divers et policiers de la journée.Le syndicat n'est donc pas un partenaire social, il n'est en rien associé aux décisions, aux débats, à la problématique politique ou sociale.Sa compétence ne dépasse jamais les conflits au sein desquels il est impliqué, il n'a d'autre projet que la revendication salariale.L'image du syndicat fait de lui un acteur sans projet global.// n'est en rien porteur d'une vision de société.Au contraire, pris dans un principe d'action, au scénario fixé définitivement, le syndicat est le western du journal télévisé.Héros (?) de ce feuilleton vespéral de la guérilla sociale, les syndicats en sont les guérilleros quotidiens.323 Pour approfondir ce dossier "information" Les actualités télévisées: un monde recréé au service du pouvoir "Les informations télévisées sont investies par les pouvoirs en place pour conditionner l'opinion publique." C'est ce que démontre une étude de l'ICEA.Cette analyse détaillée souligne que "le journal télévisé ne connaît et ne reconnaît que les faits et gestes qui confirment ou supportent les dominateurs dans leurs pouvoirs." Ce dossier s'appuie sur la recherche dont fait écho le précédent article.Portrait de la concentration dans la presse écrite au Canada Cette recherche nous a permis de constater une concentration continuelle dans la presse écrite.Déjà plusieurs villes et môme plusieurs provinces du Canada connaissent une situation de monopole de la part de groupes œuvrant dans le secteur de l'information.L'évolution de la concentration pourrait aboutir à plus ou moins long terme à une situation de monopole national.On peut dès maintenant discerner cette tendance, puisque plusieurs groupes propriétaires de journaux, présents au début des années 1970 sont disparus dix ans plus tard, alors que les groupes les plus influents à cette époque ont consolidé leurs positions sur le marché des mass média.La mécanique du pouvoir dans les entreprises de presse "Le filtrage, le contrôle et l'orientation de l'information dans les entreprises de presse empêchent la diffusion d'une information de qualité et privent le public québécois de son droit d'expression".Telle est la conclusion qui ressort d'une étude sur la mécanique du pouvoir dans les entreprises de presse publiée par l'ICEA.L'objectif de cette recherche préparée par un groupe de travail de l'ICEA était d'évaluer l'influence des dirigeants et propriétaires de certaines entreprises de presse dans le processus de "mise en marché" de l'information.Le document porte donc sur l'identification et l'analyse des mécanismes de contrôle et de sélection de l'information dont peut se prévaloir la direction d'une entreprise pour infléchir le contenu de l'information.Pour obtenir ces dossiers: Lina Trudel Institut Canadien d'Education des Adultes 506 est, Ste-Catherine, suite 800 Montréal.Que.H2L 2C7 842-2766 SIÈGE SOCIAL: 625 Deslauriers.St-Laurent 336-7070 MONTRÉAL 5940 Pap- 273-8861 6270 ouest St-Jacques West 489(221 9061 boui Pre I* 325-0562 POINTE-CLAIRE fa - ertr» 694-3310 ST-LAURENT Côte-Vertu 336-7640 LAVAL ■G90 boui Lar» 686-3751 LONGUEUIL 405 oues: Cure-Pniner West 677-9136 P AT Eav 645-9261 CREENFIELO PARU 900 tx>ui Tasciereau 656-7180 VITRERIE GUY LEBEAU LTÉE 6120 AKreO Ville flAniou 354-7550 G.Lebeau Ltée 9 F.-X.DROLET Québec: 245 rue Du Pont (C P 178.Limoilou) Montreal-Nord 10094 rue Massé Ascenseurs matériaux daqueduc et dégoût mécanique industrielle Tel 522-5262 Tel 326-9530 LAMARRE, CATY & BERNARDIN LTEE Courtiers d'Assurances Suite 400.3, Place Ville-Marie Montréal.Québec H3B 2E5 (514) 861-2661 SOMMAIRE Vers une unité populaire Un Sommet populaire fructueux à Montréal Des quartiers où nous pouvons rester Les saisies de salaire en trop doivent cesser Les travailleurs accidentés s'organisent Le regroupement des garderies du Québec Les travailleurs immigrants bâtissent leur organisation Grand-maman revendique un revenu décent Revendications de l'Association des retraités Le transport en commun à Montréal Transport 2000 Pour un front commun des communications L'information.c'est bête à dire L'image du syndicalisme dans les informations télévisées Les principales périodes dans le développement des organisations populaires à Montréal
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