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Titre :
VO
VO est une revue bimestrielle engagée portant sur le monde du travail, l'économie sociale et la coopération internationale. Publiée de 1990 à 1997, elle fait suite à Vie ouvrière. [...]

VO est une revue bimestrielle publiée à Montréal de 1990 à 1997. Résolument de gauche, la revue accueille des rédacteurs dont les préoccupations sont orientées vers la lutte aux inégalités sociales, la solidarité internationale et le développement de services publics de qualité. Pierre Vallières est rédacteur en chef de VO jusqu'au printemps 1991, où il laisse sa place à Jean Robitaille, collaborateur régulier de la revue depuis quelques années, qui travaillera étroitement avec Daniel S.-Legault. VO fait partie d'une longue série de publications incluant le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990), Vie ouvrière (1979-1990) et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

VO s'adresse à un public scolarisé et engagé : intervenants et militants des milieux communautaires et syndicaux, journalistes, étudiants, recherchistes et, plus généralement, les individus préoccupés par les changements sociaux.

La nouvelle formule magazine adoptée par VO vise toutefois à une diversification tant de la forme que du ton. Des textes d'analyse substantiels côtoient les chroniques plus courtes dans une facture graphique plus illustrée et colorée que celle de Recto verso.

Le tirage de VO se situe entre 2000 et 5000 exemplaires.

FONTAN, Jean-Marc, « Souvenirs de Recto verso », Possibles, vol. 30, no

Éditeur :
  • Montréal :Jeunesse ouvrière chrétienne :1990-1997
Contenu spécifique :
juillet-août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Recto verso (Montréal, Québec) ,
  • Carnets de VO
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Références

VO, 1990, Collections de BAnQ.

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LE MAGAZINE DE VIE OUVRIERE ABRIE 9770849035006 Le lieu de rencontre des gens d'action centre st • pieme Un centre de formation au service des groupes 1212, rue Panet , Montréal, H2L 2Y7 (514) 524-3561 médium SCIENCES HUMAINES Revue trimestrielle de vulgarisation scientilique et d'éducation permanente en sciences-humaines.Présenle des dossiers exclusifs sur les grands enjeux de l'heure no 32, eiô 1989, L'immigration at Vavanir du Québac (3 SOS) □ no 33/34, aulomne hiver 1989, Sctancas humaines, horizon 2000 (5 00$) no 35, printemps 1990, 50 aprta Fr»od(3.50J) no 36, été 90, Droit* al libartéa da la paraonna (3.50J) Veuillez m'envoyer les numéros cochés ci-dessus: Ville/Province Code posial: Prière de libeller voire chèque à l'ordre de Corporalion Ajiios ei adresser médium/SCIENCES HUMAINES, 3226 «ve Licombe, Montréal, (Oué) H3T 1L7.Tél.: 3*6-7808 DE SOLIDARITÉ DES TRAVAILLEURS DU QUÉBEC (FTQ) LE FONDS C'UJiUwi D'EMPLOIS Montréal (514) 285-6400 / Québec (418) 622-3258 / Sans frais 1-800-361-7111 -' f^>> -■H ( A V VS V* 1 V u Des enfants discutent entre eux, l'air dépité.«- Ben voyons! Fais pas cette tête là! - )e voudrais bien t'y voir, toi! Y'a un an i'avais deux parents; depuis qu'ils se sont séparés, i'en ai quatre! - Oui, c'est ça le problème.Auiourd'hui nos parents se multiplient au lieu de se reproduire.» Vivian Labrie a imaginé cette scène dans une de ces récentes b.d.pour VO.Probablement INSPIREE PAR MAFALDA ET ChARLIE BROWN, ELLE A DÉCIDÉ QUE C'EST DE LA BOUCHE DES ENFANTS, DES PLUS PETITS, QUE SORTIRAIENT LES GRANDES VÉRITÉS COMME LES CONTRADICTIONS LES PLUS TORDUES DE CE MONDE.SES DESSINS ÉBRANLENT NOS CERTITUDES ET DÉRANGENT LA TIEDEUR DE NOS ENGAGEMENTS.POURTANT, VlVIAN LABRIE RÉSISTE À MON DÉSIR DE LA COIFFER DU TITRE DE BÉDÉISTE.Vivian Labrie est-elle une bédéiste à temps partiel?Une chercheure possédant un c.v.barde DE DIPLÔMES (DONT UN DOCTORAT ET DES ÉTUDES POST-DOCTORALES EN PSYCHOSOCIOLOCIE)?Ou UNE ANIMATRICE COMMUNAUTAIRE OEUVRANT POUR UN CARREFOUR DE PASTORALE EN MILIEU OUVRIER?IFAN RDRITAII I F ^E CHERCHEZ PAS LES paradoxes; dans l'univers de Vivian Labrie tout cela s'harmonise avec PKiras RENE beaulEu SIMPLICITÉ ET SÉRÉNITÉ.PARCE QUE, SANS COMPROMIS, C'EST d'en BAS QU'ELLE REGARDE LE MONDE.VIVIAN LABRIE: D'EN BAS, REGARDER ET CHANGER LE MONDE LA auteurede la bande dessi-■ née Le monde vu d'en 1 bas.qui paraît régulièrement dans VO depuis trois ans, rejette les théories sociales actuellement à la mode.Son analyse de la société est tout aussi perspicace et incisive que l'humour de ses b.d.«On ne me fera jamais croire que les prestataires d'aide sociale coûtent plus cher à la société que les médecins ou les abris fiscaux.On accuse l'assistée sociale pour le petit montant qu'elle reçoit, alors que l'Etat et nos conventions sociales accordent un «L'écriture est une chose et le savoir en est une autre» -Tierno Bokar, poète oral africain du XXème siècle montant au moins équivalent en temps non-travaillé et en bénéfices marginaux aux gens qui gagnent plus de 35 000$.Ce que les personnes assistées sociales n'ont pas, c'est le travail et le surplus d'argent qui vient avec.» Selon Vivian Labrie, notre système a acheté le silence et l'indifférence des classes moyennes."Il faut commencer à développer un projet de société assez audacieux pour y investir une partie de notre vie.Les classes moyennes doivent se compromettre socialement et pas seulement au niveau des idées.On a vécu la période des grandes idées.Mais quand les gens ont commencé à se trouver de bonnes jobs avec de bons salaires, ils ont laissé tomber leurs grandes idées pour ces bons salaires», soupire-t-elle.«Aujourd'hui, il faut renoncer à certains revenus, dire non à certaines possibilités pour en encourager o en en > d'autres.Ainsi, on va redevenir des êtres libres de parler et d'agir.» En fait, qu'il s'agisse de la domination de la culture écrite dans notre mode de vie, de l'impérialisme états-unien en Amérique centrale ou de l'inquisition néo-libérale contre les personnes assistées sociales, Vivian Labrie prendra toujours le même parti, celui des analphabètes, du peuple nicaraguayen et des appauvris-es.L'ÉCRIT: UNE CULTURE DE POUVOIRS Comme chercheure, Vivian Labrie a soigneusement étudié le phénomène d'alphabétisation de la culture Elle est aussi passionnée par la vie de nos conteurs, la plupart analphabètes.Des gens comme Hilaire Benoit, d'Acadie.qui connaissent par coeur plus d'une centaine de contes dont certains durent près de deux heures et demie! Des gens sans culture, ces analphabètes?Le ton de Vivian Labrie s'anime: ••On les dit sans culture parce qu'ils ne savent pas lire ni écrire.Pourtant, ils possèdent une culture extrêmement importante qui n'est pas valorisée, parce que notre société n'en fait pas le choix.L'écrit s'est installé dans notre vie et est devenu pres-qu'une mythologie de notre quotidien.On reconnaît cette mythologie un peu partout sur les affiches, dans la publicité, alors que des crayons démesurément grands ou des livres qui flottent dans les airs sont là pour nous impressionner, nous dominer.La culture écrite n'est pas neutre, elle est aussi une culture de pouvoirs.» Vivian Labrie a abordé cette question de manière intéressante dans un ouvrage publié au début des années 80: «Un ami zaïrois me disait un jour qu'il trouvait que nous vivions dans une culture discriminatoire.Cela vaut pour l'écrit.L'école par exemple, assistée de batteries de tests, fonctionne ainsi, échappant peu à peu les moins doués pour ne conserver jusque la maîtrise et au doctorat que la crème des crèmes, la personne étant évaluée dans une épreuve suprême selon sa capacité d'écrire un livre.L'école sanctionne ainsi des travaux écrits dans une bureaucratie qui comptabilise les notes comme ailleurs on comptabiliserait de l'argent et elle récompense les succès par d'autres documents écrits, les diplômes, lesquels sont devenus en soi un symbole, une garantie de succès futurs: si on leur donnait à choisir entre les études et le diplôme combien d'étudiants choisiraient les études?Les études procurent un savoir et le diplôme un pouvoir Le cercle vicieux de la culture écrite se refermant comme suit: pas de savoir, pas de pouvoir, pas de pouvoir, pas de savoir.»' UNE PARTIE DE NOUS EST AILLEURS, DANS UN DOSSIER Vivian Labrie s'en prend tout particulièrement aux abus de la domination de la culture écrite qui excluent et marginalisent.Sans culture écrite, on serait supposément sans histoire.La préhistoire cessant effectivement au moment ou l'Histoire a commencé à être écrite.«Il s'est créé une relation d'obligation à l'égard de l'écrit qu'on ne contrôle plus.Enconséquence, les abus «Il s'est créé une relation d'obligation à l'égard de l'écrit qu'on ne contrôle plus.En conséquence, les abus et les excès de notre société produisent une bureaucratisation sans borne, tragique pour les analphabètes.» LE NICARAGUA NE PEUT PAS PORTER À Québec, Vivian Labrie milite aussi très activement avec Outils de paix, cet organisme de solidarité internationale qui, depuis les débuts de la révolution sandiniste, appuie matériellement et politiquement le peuple nicaraguayen dans sa recherche d'un monde nouveau.La défaite électorale a surpris tout le monde.Mais au Nicaragua, on dit que les sandinistes ont fait une dépression qui a duré.six heures! Leur slogan au lendemain de la défaite, Perdimos.y AdelcnteX (On a perdu.allons de l'avant!), en dit long sur la détermination et la foi révolutionnaire de ce petit peuple si souvent comparé à David face au puissant Goliath états-unien. et les excès de notre société produisent une bureaucratisation sans borne, tragique pour les analphabètes.» ■•La bureaucratie joue aussi sur la personnalité des gens Une partie de soi se re- trouve ailleurs, classée dans un dossier.Aujourd'hui, pour être une personne, il faut absolument posséder une carte.» ••Quand on a commencé à introduire l'informatique, on prétendait que ça ferait disparaître beaucoup de papiers, qu'on n'aurait plus besoin d'autant de formulaires.Wow1 c'est tout à fait le contraire, il n'y a jamais eu autant de formulaires de toutes sortes.Il existe même des logiciels pour créer des formulaires1 On augmente ainsi sans cesse Des gens qui connaissent par coeur plus d'une centaine de contes.«La culture écrite n'est pas neutre, elle est aussi une culture de pouvoirs.» J SEUL LE FARDEAU DE L'HEROÏSME Profondément éprise, amoureuse même de la cause nicaraguayenne, Vivian Labrie est persuadée qu'on a pris de bonnes leçons politiques de l'expérience nicaraguayenne.Les défis auxquels nous sommes confrontés sont clairs pour elle.«On vit dans un siècle où la puissance des États-Unis sur les Amériques est telle que ça cause des problèmes à tout le monde autour.Nous devons assumer nos responsabilités.L'impérialisme états-unien est bien réel.Nous ne pouvons pas laisser le Nicaragua seul à résister.Il ne peut pas être le seul porteur de flambeau.Les Nicaraguayens-nes ont été jusqu'à l'extrême limite de leur résistance.On ne peut pas les laisser porter le fardeau de l'héroïsme pour tout un continent.C'est une responsabilité à partager.À nous maintenant de prendre le relais ici au Québec.» la possibilité de cadrer la pensée des gens dans un schéma qui est prévu par quelques uns.Le formulaire nous demande bien plus un acte d'obéissance qu'un acte d'écriture.On te dit: «Voici le cadre, moule-toi dedans!» Et avec l'informatique, le risque d'encadrement est encore plus grand parce que tu ne peux pas écrire en marge du champ prévu dans le logiciel.Pas de place non plus pour les nuances dans nos réponses aux questions de l'ordinateur.» «Notre monde oral et écrit est devenu aujourd'hui aussi informatisé.Cela peut comporter des avantages très intéressants dont il faut savoir tirer profit.Mais restons prudents face au danger d'utilisation de l'informatique à des fins répressives.» POUR RÉSOUDRE LES PROBLÈMES DE L'ANALPHABÉTISME Selon Vivian Labne.qui travaille depuis longtemps dans le monde de l'analphabétisme, il faut aborder cette problématique de trois angles différents pour tenter d'y trouver des solutions.«D'abord, c'est sûr qu'il faut donner la chance à tout le monde d apprendre à lire et à écrire.Un adulte qui le désire devrait avoir toutes les chances de le faire, autant qu'un enfant.Il s'agit donc d'offrir de réels programmes de formation permanente » «Mais, même chez les adultes, il yen a qui décrochent.On ne doit donc pas juste s'interroger sur les manques de certains, mais aussi sur les abus de notre société.Nous aurions avantage à équilibrer notre usage de l'écrit, à rendre la vie plus facile aux personnes qui ont de la difficulté à lire et à écrire.Il nous faut apprendre à vivre avec une polyvalence au niveau des moyens de parole, afin que les citoyens qui ont de la difficulté à lire et à écrire puissent quand même fonctionner et contribuer à la société comme des citoyens à part entière.» «Enfin, il faut s'attaquer résolument aux écarts entre les riches et les pauvres.L'analphabétisme est concentre dans le secteur de la population défavorisée.Quand on apprend à quelqu'un à prendre la parole, qu'on lui reconnaît sa dignité et qu'on lui donne les moyens d'assurer son autonomie financière, le reste suit généralement.» ' Vivian LABRIE, AIR tnh CMUtaO (FatptMbf tisatiim et lu aûture, Institut québécois de recherche sur la culture, 1986, page 78 OINT DE VUE LE FILM LE PARTY: JE BANDE, DONC JE VIS out le monde s'entend pour affirmer que Le Party est un film sur la prison, les prisonniers, sur ce qui se passe en d'dans.Il s'agit d'un film sur les oubliés du système, les privés de liberté.Personnellement, après avoir passé l'épreuve du visionnement (et c'en est une) et avoir enduré le show jusqu'à la fin, je dirais plutôt qu'il s'agit du premier film pornographique québécois grand public.En effet, pour la modique somme de 7$, nous pouvons voir sur écran géant deux strip-teases en temps réel, un viol et plusieurs scènes de prostitution brutales.À cette combinaison sexe-violence indispensable à tout film pornographique se greffent deux éléments secondaires qui confèrent au film une certaine crédibilité: le suicide sanglant d'un détenu sup-posément par amour pour une femme LOUISE DESMARAIS (côté dramatique) et la préparation puis la réussite d'une évasion (côté suspense).Mais rien sur les relations entre les détenus (l'homosexualité, par exemple, ou la violence), leur univers intérieur, le désespoir quotidien, la mort lente.Bref, rien sur ce qui se passe les 364 autres jours où il n'y a pas de party.Sans doute aurait-il été trop difficile, trop exigeant, de parler de la violence, du désespoir, autrement.Sans recourir aux o en ai LE RESULTAT EST DERANGEANT o > CE est un peu par hasard I que je me suis rendue voir le film Le Party un samedi soir frileux et tranquille de février.J'en suis ressortie «toute croche», incapable d'adresser la parole à mon chum, visiblement ébranlé lui-même, pour le reste de la soirée.Quand j'ai lu plus tard l'article de Pierre Vallières (P Faiardeau.cinéaste des urgences) dans VO de mai-juin 90, j'ai grandement apprécié la justesse du propos.Décrire et capter avec la caméra les niveaux les plus sordides de la condition humaine ne doit pas être chose facile.Pourtant, Faiardeau a toujours aimé traiter de CABRIELLE MESSIER sujets sales, bêtes et méchants, ou louches et tordus (la Magra.El vis Gratton.) Dans Le Party, on retrouve des personnages du même acabit.Il ne les juge ni ne les caricature.Il se contente de les regarder évoluer, de les traduire sur pellicule avec le plus d'intégrité et de sincérité possible.Le résultat est choquant, dérangeant.Plusieurs en restent offensés.Des scènes de strip-tease, un viol, le comportement sauvage des détenus, toutes ces images choc qu'on nous offre en spectacle sont-elles plus intolérables que celles d'un homme traqué, se mourant dans le trou, à l'abri des regards?Pour ma part, je n'ai pas perçu Le Party comme un divertissement cinématographique mais plutôt comme une pénible mais nécessaire prise de conscience de l'absurdité du système (celui des prisons, mais aussi le nôtre).Je vous dirai de plus qu'après avoir vu à l'affiche des cinémas tant et tant de films insipides, celui-là m'a complètement bouleversée.Par sa sincérité, Faiardeau brise la barrière bien rassurante entre le spectateur et les personnages à l'écran en nous faisant plonger tête première dans nos propres prisons intérieures, dont les barreaux sont souvent faits de préjugés et d'intolérance. WÊ ^^^^HB^r ^ «& *tJ stéréotypes et aux clichés les plus énormes, sans uti- ■■ m H ipTI kl* S liser la pédagogie de ^K ' ^H l'horreur, sans W*^^.^^^^m> tomberdanslesen- W * Ami sationnalisme style LiHHiHilV £1 «Journal de Mon- h ' 1 tréal».MB^p v ^H ^L ' 1 UN SHOW DE l^^l ^r SEXE Le réalisateur Pierre Falardeau a choisi d'articuler son film PB autour d'un élé- ment central: la pré- H .^■—^B A sentation d'un show de sexe et ce ^HP ^ ^^r choix n'est pas ano- l B din.Ici, la prison ■ L S fl B^r Vm*Jl n'est qu'un prétexte mi 1 ^ i pour rendre accep- table, excusable cette misogynie à grand déploiement, cela au nom du ci- néma vérité.Croire que cette violence est la conséquence du système carcéral, c'est oublier une chose essentielle: pour les femmes, il n'y a pas de différence, c'est pareil en dedans ou en dehors.Le système patriarcal opère partout.Le Party repose sur un immense malentendu.Qu'il s'agisse des deux strip-teaseuses, des épouses complaisantes des directeurs, de la naïve qui se fait voler son laisser-passer ou de la journaliste insignifiante, toutes les femmes dans Le Party sont présentées comme des putains finalement consentantes.Malgré leurs protestations, malgré leurs airs de saintes ni-touches, les femmes finissent toujours par dire OUI, par les donner leurs p'tites culottes! Voilà l'image des femmes qui véhicule Le Party: nous sommes toutes des putains.Silence! on tourne sur le désir/haine des hommes envers les femmes.Silence! on tourne sur le désespoir des hommes privés de leur accès libre au corps des femmes.Conduits au paroxysme du désir et de l'excitation qu'ils ne peuvent assouvir, l'aumonier légitime (bénit) le show/film et en révèle le sens caché en disant «Ça prouve qu'ils sont encore en vie»! Voilà le véritable propos du Party.UN VIEUX REFRAIN DE GAUCHE SERVI À LA MODERNE Pour le réalisateur, les femmes du Party ne sont que les faire-valoir d'une souffrance et d'une misère supposément plus grande encore que la leur: celle des détenus, celle des hommes.Un refrain de gauche ancien servi à la moderne; le détenu ici remplace l'ouvrier mais c'est le même couplet.Et comme il n'est pas question de surenchérir sur le désespoir et l'exploitation, toute critique devient impossible.Nous voilà prisonnières.Et il ne faut surtout pas se plaindre: il paraît que c'est pire encore.11 faudrait presque remercier Pierre Falardeau de nous avoir ménagé, de ne pas avoir dit toute la vérité.Je me serais attendue que Le Party soit controversé et que sa misogynie gratuite soit dénoncée.Non, la critique a louange unanimement Le Party et son réalisateur.Cette complaisance est sans doute due à la réputation de Pierre Falardeau et Francis Simard.Ce sont des gars corrects, progressistes, qui sont du bon bord, celui des exploités; et il en reste si peu de nos jours.Étouffés de bonnes intentions, ils ont le courage de dire la vérité crue, sans compromis.Alors allons-y pour le mépris envers les femmes si c'est pour la bonne cause! Ainsi tous les progressistes du Québec peuvent jouir en paix, regarder un film de cul en toute bonne conscience et dire publiquement, sans gène, qu'ils ont aimé cela.Et ils sont nombreux à apprécier.Car Le Party est un succès commercial.La publicité parue dans La Presse du 14 avril dernier est fort éloquente: -100 000 Québécois ont déjà participé au Tarty et ça continue!!!- Les hommes ne vont pas voir un film sur la prison; non, ils participent eux aussi à un party de cul.Vous vous en doutez bien, je n'ai pas aimé Le Party.Je n'ai pas embarqué, je n'y ai pas cru.En sortant du cinéma, je n'avais aucune sympathie, aucune compassion envers les détenus et leur souffrance.À vrai dire je m'en fichais complètement.J'étais écœurée.Je me sentais avilie, méprisée, humiliée.Je me sentais sale et j'avais envie de prendre un bain.J'étais en colère: une colère froide, blanche comme après l'attentat terroriste de Polytechnique.o o > PHOTO MX CLENNETT [C0UHT06C PRAPRU) j ^** ***►>:, H V TÉ B Xi v fc^* ^15* K Jo ■ ' & DEFEND THf&o*y PHOTO MARTINE OAMOUR Art militant.Art engagé.Art d'intervention.Autant de formules pour désigner une démarche artistique en prise sur le vécu des gens, leurs espoirs, leurs peines, leurs LUTTES.Un ART CONSCIENTISÉ, EN SOMME.Un ART POUR LE monde, avec le monde.au contraire de l'art elitiste qui ne s'adresse qu'au petit nombre que l'on dit «cultivé».Tout militant qu'il soit, l'art reste cependant de l'art.L'exigence esthétique n'est pas dissociable de l'engagement social, culturel ou politique.L'art militant ou engagé est en son meilleur lorsqu'il est politique sans didactisme ni préchi-précha.lorsqu'il est totalement une politique et totalement un art.L'ART MILITANT Le dossier qui SUIT ne FAIT QUE DONNER QUELQUES exemples DE DEMARCHES ARTISTIQUES CONSCIENTISEES, TRÈS DIFFÉRENTES L'UNE DE L'AUTRE.NOUS AVONS PRIVILÉGIE TROIS CHAMPS QUI FONT BEAUCOUP APPEL À LA COMMUNICATION: LE THÉÂTRE, LA MUSIQUE ET LE |OURNALISME RADIO-PHONIQUE.DOSSIER PREPARE ET RÉDIGE PAR NICOLAS CALVÉ, FRANÇOIS SAILLANT ET PIERRE VALLIÈRES PKJTO PAUL-ÊMlf HOUX LE THEATRE DE LA MARMAILLE o en en o > Depuis 17 ans déjà, le Théâtre de la Marmaille poursuit une expérience unique, misant sur la recherche et l'expérimentation, tant au plan de la forme qu'à celui du contenu, comme moteurs privilégiés de la création.Qu'un spectacle soit conçu pour tous les publics, ou principalement pour les enfants, il est toujours précédé de nombreux mois de travail collectif avec des personnes directement intéressées par le sujet retenu, qu'il s'agisse de non-voyants, d'Inuits et de Blancs, d'immigrants, de délinquants, etc.Le but est toujours de créer des spectacles sensibles, originaux et surtout vrais S'agit-il pour autant de théâtre militant, ••engagé", politique?Oui et non.Enfait, La Marmaille est une troupe éminemment articulée, conscientisée, politisée au sens le plus noble du terme.Mais ce n'est pas une troupe partisane, fonctionnant à coups de slogans.Elle ne pratique pas un théâtre de rue ou d'action.Ses spectacles sont de vrais spectacles, de vraies créations, de PIERRE VALLIERES vraies "Oeuvres», atteignant d'emblée l'universel, car les thèmes choisis touchent tout le monde: l'évolution de l'humanité sur la planète Terre {Terrepromise); la rencontre des cultures dans le village global (Parasols) ; les mythes amérindiens ( L Umiak ou Le Bateau collectif) ; la non-voyance et la liberté (Clairière), la transmission de la violence (L'Histoire de l'Oie).Le travail esthétique permet aux comédiens de plonger les spectateurs dans un bain de poésie aussi vibrant que terriblement humain; de les faire accéder à une lecture "Seconde», en profondeur, de la réalité dévoilée par le jeu La qualité des spectacles conçus par La Marmaille a d'ailleurs permis à la troupe de connaître un grand rayonnement autant national qu'international.Et l'important apport de son travail artistique a été récompensé par de nombreux prix.UN THEATRE VIVANT ET POLYPUBLIC Le succès de La Marmaille n'est cependant pas monté à la tète de ses fondateurs, Monique Rioux et Daniel Meilleur qui.avec Michel Robidoux, assument la direction artistique de la troupe.Toujours aussi mo-destesque rigoureux, simplesqu'exigeants.ouverts que tenaces, les animateurs de La Marmaille aiment s'effacer derrière ce qu'on pourrait appeler la charte de leur théâtre.Celle-ci met en évidence les cinq caractéristiques principales de la de-marche poursuivie par La Marmaille depuis 1973.1.D'abord.La Marmaille se veut un théâtre de recherche Chaque spectacle de la compagnie est, en effet, l'aboutissement d'un long processus d'ateliers d'expérimentation où, s'il y a lieu, le scénario, le texte, l'espace, la musique, le jeu.les costumes, les objets, la lumière et la mise en scène sont décortiqués, remis sur le métier, discutés, réarticulés jusqu'au moment où un nouvel objet ar- tistique s'impose avec ses images parfaitement maîtrisées, sa juste intensité et son relief propre.C'est ce qu'on appelle le «work in progress».Ainsi il a fallu trois ans au collectif pour finaliser Terre promise Terra promessa.conjointement avec le Teatro Dell'Angelo de Turin.2.La Marmaille se veut aussi un théâtre de la différence, de toutes les différences: celles entre les plus démunis et les privilégiés, entre gens du Nord et gens du Sud, entre petits et grands, entre hommes et femmes.Celles aussi entre les actes de violence et les gestes d'accueil, entre l'obscurantisme et la liberté responsable, entre les gens qui sont porteurs d'espoirs et les autres qui se veulent indifférents.3.La Marmaille se définit comme un théâtre transculturel.«Langues, cultures, peuples, la Terre est un village global que La Marmaille, écrivent ses animateurs, aime faire découvrir dans toute la richesse de ses mytholo-gies.de ses luttes et de ses questionnements.» 4.La Marmaille s adressant à tous les publics, jeunes et moins jeunes, analphabètes et sérieux, voyants et non-voyants, la compagnie privilégie un théâtre polypublic.Le spectacle est toujours conçu comme un heu de rencontre d abord et d'échanges ensuite, toutes générations confondues.5.Enfin, et cela résume ce qui précède.La Marmaille se veut d abord et avant tout un théâtre vivant.Pour La Marmaille, le théâtre est un art oui se vit au jour le jour, dans les joies de la découverte, pour ces instants précieux où ce qui s'éprouve dans le plus humble des gestes quotidiens devient le signe d'un accord tacite: faire un théâtre vibrant, inventif, incarné.En somme, terriblement humain.On l'aura compris: la démarche de La Marmaille est.à plus d'un titre, exemplaire, incarnée, rigoureuse et.par conséquent, engagée Les choix de La Marmaille ne sont pas innocents.Son exigence esthétique n'est pas gratuite.Il y a.à la base même de ce théâtre, un désir très profond de justice sociale, de libération personnelle et collective, de bonheur humain La Marmaille n'a qu'un slogan, son coeur, qui est immense.iT La Marmaille joue depuis 1987 Clal rière, un spectacle conçu pour les non-voyants et les voyants.Sa prochaine ?réduction, très prochainement, sera 'histoire- de l'Oie, de Michel-Marc Bouchard {Les feluettes), sur la transmission de la violence. photo mcheu ooMPienne NICOLAS CALVE «Le terme «engagé», je ne le comprends PAS VRAIMENT.À MOINS QUE JE l 'aie toujours été.Parce qu'il n'y a PAS GRAND MONDE QUI M 'a ENGAGÉ EN fait, t'sé! J'aime pas ben ben ben ce terme-là, «engagé».» 1 n'en reste pas moins que Richard Desjardins, 42 ans, est un auteur-compositeur-interprète qui dénonce cruement les aberrations qui jonchent notre planète en péril.De son Abitibi natale jusqu'à Montréal, où il vit depuis plusieurs années, en passant par plusieurs régions du Québec et de l'Ontario, Richard Desjardins a donné des centaines de spectacles où secôtoienthumouret tristesse, amour et révolte, désir et dégoût; te tout sur un fond musical varié.Il travaille seul sur scène, avec son piano, sa guitare et sa voix riche et légèrement nasillarde Seul parce qu'il aime ça, mais aussi parce qu'il n'a pas le choix s'il veut pouvoir vivre de son art.NON A L'ART MARCHAND Observant le désengagement de l'État m dans le domaine des arts comme dans celui des services sociaux, Desjardins nous amène à constater que les artistes de toutes disciplines sont souvent obligés de travailler -dans le privé-, avec tous les compromis mercantiles que cela comporte: »/.'État est après devenir tranquillement une Chambre de commerce.À partir de ce moment-là, il faut que tu travailles sur le privé.Travailler en privé ^\, nécessite beaucoup d'argent, mais là tu touches à la manière de penser.Tu commences à parler d'idéologie, si on peut dire.Y a personne qui va te passer de l'argent si tu nepenses pas comme lui!» Et peu de producteurs et de compagnies de disques pensent comme Richard Desjardins.Ainsi, il a produit lui-même son seul album solo, Les damai humains, en se finançant d'une «pré-vente-lors de ses spectacles, qui sont plus souvent qu'autrement des salles combles.C'est aussi ce qu'il s'apprête à faire pour son prochain disque, prévu pour l'automne.«C'est pane que je marche à petit budget pis que) fais directanatt affaire avec ceux qui apprécient le genre d'ouvrage que je fais que ça marche, l'essaie de couper toute espèce d'intermédiaire ou de teteus entre moi pis mon public.Pis ça fonctionne'- Richard Desjardins est aussi celui qui se cache derrière la musique du film LeParty.Ce fut pour lui une expérience de groupe qui s'est faite -dans un état de grâce d'un bout a ^^^^^ l'autre» .Et qui l'a grandement aidé: «Ça a donne une publicité nationale a des t hansons que j'avais faites.» «L'ABITIBI M'A DONNE ÇA» La ville natale de Richard Desjardins, où il a passé 25 ans de sa vie, c'est Rouyn-Noranda, au cœur de l'Abitibi minière.La région est très cosmopolite.'Dans les régions minières d'où je viens, y a toutes sortes de monde.Vraiment de partout.Quand j'étais petit, sur ma rue, les Canadiens-français étaient minoritaires: il y avait des Polonais, des Italiens.Très tôt dans ma vie, j'ai été exposé à une société beaucoup plus large que celle qu'on rencontre ailleurs au Québec.Parce que même ici à Montréal, les Haïtiens sont dans leur coin, les riches sont dans leur coin, les Canadiens-français sont dans leur coin.Tout le monde est dans son coin.Y a pas beaucoup de contacts entre eux-a utres.Moi, pendant 25 ans, j'ai vécu avec toutes sortes de monde qui venaient de partout sur la terre, en Abitibi même.Dans l'ensemble de ce que j'ai fait, en chanson ou en littérature, c'est ça aussi qui est une force en quelque part.C'est l'Abitibi qui m'a donné ça.» UNE SOCIETE MESQUINE ET ÉTOUFFANTE Richard Desjardins est animé d'une émotion amère lorsqu'il décrit les valeurs dominantes de notre époque opaque.■ Télévision! C'estl'absenced'ETRE, l'ennui, la junk, le plus de junk possible.Je ne comprends pas vraiment.L'ennui.c'est ça qu'ils proposent.Aussi l'indifférence, le hockey, le silence.C'est ça les valeurs.Les veux fermés sur tout ce qui existe autour de toi.Il y a une guerre au Salvador, à 7 heures d ïcitte.Elle est dans la chambre à côté.C est comme si c'étaient pas des êtres humains qui vivaient là.C'est très mesquin, c'est très étouffant.Pis dans tout ça, j'suis quand même ben chanceux de pouvoir fane ce que j'aime.On n est pas beaucoup.» «ON Y BRULE DE LA ROCHE ET DES TONNES DE BONS GARS» -je suis né au pied de la cheminée de l'usine NOR.-WDA, qui est l'une des plus grosses fonderies de cuivre au monde.Ce sont des choses qui sont plus masquées autour des métropoles.Dans une \ille comme Rouvn-Noranda.tu vois la structure économique industrielle de l Amérique.Elle est visuelle, tu la VOIS! Le boss de la mine tu 1 CONNAIS! Tu sais exactement QUI FAIT QUOI! Y a pas d'armée de fonctionnaires entre tes deux, entre le momie.Pis t'est aussi inversement pareil: la mine fait ce qu elle veut, sans considération pour le monde non-plus.- C'est ainsi que notre troubadour de l'apocalypse aborde le thème de l'écologie.Richard décrit l'environnement de Rouyn-Noranda comme le parfait exem- ple, visible à l'œil nu, des effets destructeurs du productivisme sur la nature et les humains.«Les seuls êtres vivants qu'il y a à Rouyn-Noranda, c'est les êtres humains!» Et les grands boss de la mine sont à Toronto! -L'étude que t'as de la réalité globale, y a pas de meilleure place que ça pour la faire.Mes premières leçons écologiques, ça fait longtemps en titi que j'ies ai faites là! Pis c'est ce qui risque de se produire à grande échelle! Parce que ce qu 'on fait en ce moment, c est qu'on enlève la notion d'héritage aux humains.Pour la première fois dans l histoire humaine peut-être, tu vas laisser moins que ce que t'as reçu.Ça, culturellement, c'est pas naturel.Je pense qu'il n'y a pas beaucoup de monde qui est d'accord avec ça.J'ai vu ça ai quelque part, je ne me souviens pas où, que 90% des objets manufacturés ne sont pas durables et sont inutiles.Alors toute l'énergie de tout le monde va pour faire de la scrap! GAGNER SA VIE.ET SE BATTRE Par le caractère profond de ses chansons, le vécu dont elles témoignent, l'espoir qu'elles dégagent et dont elles nous imprègnent, Richard Desjardins participe pleinement à l'émergence d'une société juste, libre et écologique.«Jepense que ça va prendre des changements très radicaux par rapport à ça.(.) Va falloir qu il v ait une explosion.qu il se passe de quoi.Je le répète encore: il faut que ce soit radical.La.il faut trouver une manière d'être capables de travailler ensemble.Il faut absolument trouver des moyens (.) pour que maigre le fait de gagner sa vie tous les jours, on soit capable de se battre, le ne sais pas comment, mais v a certainement une manière de figurer quelque chose.(.) Oui.ça prend une rcwlutioii- •Si t'appelles «engage- quelqu'un qui émet son opinion, point final, tî c'est ça être ■ engage-, oui, je le suis, c'est sûr.- }J>, Discographie: •1981: avec le groupe Abbittibbi: Boom Town Café (épuisé); •1988: Les derniers numatns7 •1989: Trame sonore du film Le Party.On peut écouter Richard Desjardins sur disque, ou aller voir son spectacle au Festival d'été de Québec (au Pigeonnier), ou au mois d'août à la Licorne, sur Pa-pineau à Montréal.o ai m > MOHAMED LOTFI: DANSEUR, COMEDIEN PEINTRE, CINÉASTE, JOURNALISTE PHOTO PIEHREMCCANN PIERRE VALLIERES o en en o > Parce qu'il ne peut absolument pas tolérer l'injustice, Mohamed Lotfi est, depuis sa jeunesse, un artiste polyvalent, exigeant, profondément engagé auprès des opprimés de ce temps.Sans faire de compromis, sans rechercher de subventions ni même la moindre reconnaissance publique, il agit à petite échelle, ou plutôt à échelle humaine, sans jamais tenter d'observer de haut ceux et celles dont il exprime, par la peinture, la radio, ou le cinéma, l'impératif besoin d'échapper à l'humiliation.Dans son art comme dans sa vie, Mohamed Lotfi privilégie d'abord quatre «causes»: la libération de la Palestine, les sans-abris, les prisonniers et prisonnières, les artistes insurgés (comme Gilbert Langevin, Patrick Straram, Gaston Mi-ron.).LA PALESTINE Presque toute son oeuvre picturale est consacrée à la Palestine.Depuis 1984, il a tenu une quinzaine d'expositions, dont une en novembre 1986, dans le cadre d'une levée de fonds pour la construction de l'hôpital Chatilla au Liban.Un mois auparavant (octobre 1986), une exposition-solo des oeuvres de Mohamed Lotfi à l'École des Hautes Études Commerciales (H.E.C.) avait été interdite 24 heures à peine après son ouverture, à la suite de pressions politiques pro-israéliennes.Ce geste de censure, à rencontre d'une exposition tout entière dévouée aux victimes de la guerre au Moyen-Orient, avait soulevé l'indignation de nombreux artistes ainsi que des groupes voués à la défense des droits humains au Liban, en Palestine et en Israël.L'affaire fut portée devant la Commission québécoise des droits de la personne qui, étrangement, au lieu de privilégier la liberté d'expression de l'artiste, reconnut à la direction des H.E.C.ledroit «privé» d'accrocherou de décrocher à sa guise une exposition! Pourtant, l'exposition de Mohamed Lotfi avait bel et bien été acceptée par écrit par Mme Cécile Quesnel, coordonna-trice de la galerie des H.E.C.Comme quoi, les droits d'un artiste engagé sont peu de chose au regard de ceux de certains groupes de pression.Pourtant, si les toiles exposées avaient constitué un hommage à Israël, les H.E.C.n'auraient sans doute jamais pris le risque de soulever la colère des partisans de l'État hébreu.LA RADIO AL SERVICE DES SANS-VOIX Depuis quelques années, Mohamed Lotfi consacre le plus clair de ses énergies à la radio communautaire, où il a dévelop- fffl PHOTOS RÊALCAPUANO De gauche à droite: Mohamed Lotfi à la prison de Bordeaux, Lotfi et Richard Desjardins, Lotfi à Dernier Recours.pé un véritable art du reportage engagé.Chaque émission d'une heure lui demande plusieurs heures de préparation d'entrevues en direct et de recherche musicale, et au moins 30 heures de montage.La radio communautaire n'a pas toujours eu l'habitude de pareille exigence.Parmi les principales émissions produites par Mohamed Lotfi, il faut mentionner La Palestinienne, une série de 13 émissions d'une demi-heure diffusée en 1988 sur les ondes de 19 stations de radio communautaire à travers le Québec; puis, en 1989, La parole aux sans-abris, de Montréal, réalisée à Dernier Recours: quatre heures et demie d'antenne diffusées à CIBL-MF (Montréal), ainsi qu'à CKRL-MF et CKIA-MF (Québec).Au cours d'une rediffusion de cette émission, Mohamed Lotfi a tourne un film 16mm, noir et blanc, de 90 m in uu s.intitulé Sans-Titre.Une projection spéciale de la copie de travail du film a eu lieu à Dernier Recours, le 27 mai 1990, en présence des sans-abris.Le montage définitif de Sans-Titre n'est pas encore achevé, faute de fonds, mais Mohamed Lotfi espère un déblocage pour bientôt de ce côté.SOUVERAINS ANONYMES Depuis janvier 1990, Mohamed Lotfi produit Souverains anonymes, une série d'émissions radiophoniques réalisées et animées par les détenus de la prison de Bordeaux.Pour les détenus, cette émission est à la fois un outil d'expression (création, improvisation, monologue, etc.), un moyen alternatif d'information (autour de l'actualité qui les intéresse directement) et un lieu de libre discussion, où aucun sujet n'est tabou.On y parle donc de tout: de la société, de la politique, de la justice, de la sexualité, des affaires, du rire, du cinéma, de la chanson, des médias, etc.Chaque émission d'une heure est le produit d'une rencontre de cinq heures entre les détenus et leur invite-e du jour.Ainsi, Pierre Falardeau est allé discuter avec les détenus de son film Le Part}-, que ces derniers venaient tout juste de visionner.L'auteur-compositeur interprète Richard Desjardins a participé à une rencontre.Joe Bocan à une autre.Pendant toute la durée de ces rencontres-échanges, Mohamed Lotfi enregistre commentaires, dialogues, rires, discussions, chansons, etc., autour d'un thème préalablement choisi collectivement par les détenus eux-mêmes.Pour cette émission, qui constitue un précèdent dans le monde carcéral comme dans celui de la radio, Mohamed Lotfi a signé un contrat de six mois renouvelable La direction de la prison des femmes (Tanguavi étudie, de son côté, un projet semblable _]/•", \i«i « r.ii»M anonymes est diffusé sur les ondes de trois stations communautaires: CRUT 90.3 MF (les mardis, de 14h.à 15h.), CINQ 102.3 MF (les vendredis, de 16h.à 17h.), et CIBL 104.5 MF (les samedis, de 13h30 à 14h30).Soulignons, en terminant, que Mohamed Lotfi donne des cours en journalisme radiophonique.Ces cours, crédités par le Cégep de Rosemont, se donnent aux locaux de la station CINQ MF.Pour ceux et celles que cela intéresse, le numéro de téléphone de CINQ MF est le (514) 495-2597.o m o > Le meilleur du cabaret européen jumu-lé au pire de la télévision américaine».C'est ainsi que le duo montréalais Rhythm Activism se plaît à qualifier Un logement pour une chanson, le provocant cabaret pour le droit au logement qu'il a présenté à PRU).Et il y a de fortes chances pour qu'il reprenne la route dès la fin de l'été.Aucune situation n'échappe à la critique et au sarcasme de Rhythm Activism, ni les loyers qui ne cessent de grimper, ni la discrimination vécue par les femmes locataires, ni la spéculation foncière, ni les profits exorbitants réalisés dans l'immobilier, ni les démolitions, ni les évictions sauvages.misère quotidienne des locataires.Y défilent des invités-es surprenants-es: les frères Giguère, experts-en-matière-im-mobilière; Brian Mulroney et Robert Bou-rassa, poussés à l'itinérance par leur déconfiture électorale; les participantes malheureuses à la Loto-Logement; le vampire des condos, tout droit sorti de son tombeau de l'Hôtel-de-ville pour rafler les logements, la nuit venue; Katari-na, la coquerelle géante, dont l'espèce a DELA COQUERELLE GÉANTE AU VAMPIRE DES CONDOS FRANÇOIS SAILLANT • • • o 01 a travers le Québec en début d'année.Près de 1 000 résidentes et résidents de quartiers populaires ont vu ce spectacle, au cours d'une tournée de 14 représentations organisées par le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRA- UN CABARET DE LA RESISTANCE C'est sous la forme d'un talk-show éche-velé, animé par des émules de Serge La-prade et dejohnny Carson qu'Un logement pour une chanson dépeint la traversé les millénaires parce qu'elle a le sens de l'organisation et de la solidarité.Le tout porté par le son beaucoup plus tzigane qu'hollywoodien du violon de Norman Nawrocki et de l'accordéon de Sylvain Côté.PHOTO ROBERT PILON (COURTOSt FHAPHUI AVEC UN DISQUE QUI RESSEMBLE A UN FILM COLLAGE: RENÉ LUSSIER RACONTE LE QUÉBEC R NICOLAS CALVE ené Lussier a questionné des gens provenant d'un peu partout au Québec sur l'importance du français chez nous.Avec leurs divers accents régionaux, chacun dit à sa manière que OUI, le français c'est important.C'est l'entrée en la matière d'une musique actuelle, dont le sens reste ouvert.et atmosphères d'un voyage à travers le temps et l'espace.Le tout sur un fond blues, rock ou jazz dignes de figurer par- li trésor de la langue, de René lus sicr est disponible en CD, version complète, et en vinyle, version abrégée, sur étiquette Ambiances Magnétiques, no.AM-015.«Là on est dans un char rouge, y est lundi, 26, lhl 7, pis euh.ç't'un char qui est pas de pollution pantoute Vexasse est par en-dedans.- Quand vous allez retrouver et tape-/à, hein, si on est encore en vie, tant mieux.Pis si on est morts, ben.La pollution, ça a du bon!» S'en suit un encan frénétique.Ainsi débute l'épopée verbo-musicaledu Trésor de la langue.Lussier et ses acolytes sont partis à la recherche des Archives Folkloriques, qui sont au tréfonds d'une quelconque bibliothèque.Ils y ont trouvé le langage parlé qui sert de point de départ, de support, aux mélodies, rythmes mi les meilleures textures de la musique dite actuelle.Des archives folkloriques, Lussier et compagnie ont trouvé des bobines sur lesquelles étaient enregistrés de célèbres discours de l'histoire du Québec.On y entend le général deGaulle, la lecture du manifeste du FLQpar Gaétan Montreuil (qu'un PET superposé nous empêche d'écouter en proclamant la Loi des mesures de guerre), Michel Chartrand en plein Front Commun, René Léves-que avant le référendum, Pauline Julien lisant les résultats du référendum, Duplessis en pleine crise de démagogie.Le tout formé des pièces musicales qui traduisent parfaitement bien les atmosphères qui prévalaient dans les années 60 et 70.On revit donc des pans importants de l'histoire récente du Québec, des diverses tensions politiques qui l'ont traversée.Voilà une belle revanche du politique sur le désengagement.En musique et avec humour.Génial.et pas du tout didactique.Un logement pour une chanson représente à la fois une continuité et un changement pour Rhythm Activism.Continuité, parce que Sylvain Côté et Norman Nawrocki ont, depuis cinq ans, lié leur art aux révoltes contre les injustices et les oppressions de toutes sortes, ce qui leur a valu, de la part de certains médias, le surnom pour le moins flatteur de «duo Brecht-Weill des années 90».Mais Un logement pour une chanson représente aussi un changement profond pour les «gypsies punks», puisqu'ils sont sortis du circuit habituel de la musique alternative, avec ses bars, ses cafés, ses théâtres, pour jouer devant un tout autre public, celui des sous-sol d'églises, des salles communautaires et des gymnases d'école.Un public, peu habitué à ce genre de spectacle, mais qui a ri, réagi, applaudi partout où le cabaret est passé, de Saint-Jean à Shawinigan, de l'étroit local de l'OPDS-Mercier à la grande salle remplie à capacité du Comité social Centre-Sud de Montréal.Et ce changement, Rhythm Activism l'a fait aussi dans une autre langue, le français, et avec une musique différente qui n'était pas sans désarçonner leur public coutumier, plus habitué à la guitare électrique de Sylvain Côté et aux poèmes mordants de Norman Nawrocki.De plus, il a aussi travaillé étroitement avec un organisme populaire, le FRAPRU, qui a utilisé le cabaret comme véhicule privilégié pour la grande campagne de dénonciation du marché privé de l'habitation qu'il a menée l'hiver dernier.Le duo a poussé l'expérience encore plus loin en mars, en présentant un autre spectacle où, cette fois, ils sont montés sur scène en compagnie même de membres du P.A.L., un groupe alternatif en santé mentale de Verdun.BIENVENUE AU CAPITALISME En avril, Rhythm Activism a déménagé son «cabaret du peuple» en Pologne où, tout en s'imprégnant de l'atmosphère confuse qui y règne, une atmosphère mêlée du sentiment de liberté et de l'inquiétude du lendemain, il est allé clamer un ironique •• Bienvenue au capitalisme .Rhythm Activism a provoqué des discussions animées en chantant en polonais une prière bien particulière: • Oncle Sam qui es au Ciel, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite en Pologne comme aux États-Unis, donnes-nous aujourd'hui un vidéo Sony, des jeans Levi's, des hamburgers et de la pizza, un suit de jogging «Pepsi», des disques de Madonna, des bottes de comboy et une paire de bas fluorescents».En Pologne comme au Québec.Rhythm Activism questionne et dérange.Qui osera s'en plaindre, en ces temps de morosité et de lieux communs?7 On peut rejoindre Rhvthm Activism, au soin de: Les Images noires, 3699, Hutchison, Montréal, Québec, H2\ 2H4.Téléphone: (514) 844-6562.O m en a > oukWfcto» REPRENDRE POSSESSION DE SON HISTOIRE a en ai o > La histoire avec une majus-■ cule est souvent celle des ■ dites politiques et mili-' taires.Écrite par des savants, en langage spécialisé, elle tend à imposer dans l'imaginaire collectif des figures mythiques auxquelles les dieux auraient confié la tâche - ô combien héroïque - de faire l'histoire en notre nom.Ainsi, la révolution cubaine serait d'abord l'oeuvre de Fidel Castro et non du peuple cubain lui-même.En Union Soviétique, la «glastnost» et la «perestroïka» auraient été imaginées par Gorbatchev seul, qu'un génie mystérieux aurait tout à coup ■visité-en 1985.Et au Québec aujourd'hui, il suffirait que Robert Bourassa se convertisse à l'indépendance pour que soudain.Où sont donc les peuples dans l'Histoire officielle?UNE PREMIÈRE DANS LE CENTRE-SUD DE MONTRÉAL Dans le quartier Centre-Sud de Montréal qui, rappelons-le, est le plus pauvre du Canada, des travailleurs et des travailleuses ont choisi d'être les artisans actifs de leur histoire, la mémoire vivante de leur travail, de leurs luttes, de leurs aspirations.Retraités-es de la RJR MacDonald Tobacco, ils et elles se sont PIERRE VALLIERES regroupés-es pour écrire l'histoire de leur propre quartier et de »leur" entreprise.Avec le soutien de l'Écomusée de la Maison du Fier Monde et de l'Université du Québec à Montréal, ils et elles ont appris à maîtriser une méthode suédoise qui associe dans une même démarche recherche historique, éducation populaire, analyse sociologique et récit des événements.Cette méthode a d'ailleurs été récemment publiée par le Service aux collectivités de l'UQAM, sous le titre Exposer son histoire.L'ouvrage comporte 16 courts fascicules qui permettent à quiconque d'acquérir des techniques simples de l'histoire sociale: cueillette de témoignages, identification des lieux propices à une visite guidée du quartier, utilisation judicieuse des archives, suggestions pour réaliser une exposition des résultats obtenus, méthode d'écriture, etc.L'expérience des retraités-es de la RJR MacDonald Tobacco ayant été concluante, l'UQAM a jugé qu'un tel manuel, inspiré d'un ouvrage semblable publié en Suède par M.Sven Lindqvist, peut favoriser la revitalisation culturelle et sociale des quartiers populaires de Montréal et des autres centres industriels du Québec.L'UNIVERSITÉ DANS LE TRAFFIC C'est à un universitaire profondément impliqué dans la redécouverte du patrimoine du quartier Centre-Sud, le professeur André Vidricaire, que l'UQAM doit de s'être associée à la Maison du Fier Monde pour entreprendre l'histoire de la MacDonald Tobacco du point de vue g} dispose d'un revenu annuel inférieur à 10 000S et la moitié des résidents-es vivent d'aide sociale ou de prestations d'assurance-chômage, sans compter le nombre important de personnes re-traités-es.Là où la morosité, voire le désespoir, constitue une tentation très forte, l'UQAM, la Maison du Fier Monde et un groupe de travailleuses et de travailleurs ont associé leurs efforts pour faire revivre non seulement l'histoire du quartier mais aussi la solidarité de ses habitants.Avant qu'il ne soit trop tard.Les 16 fascicules de l'ouvrage Exposer son histoire, truffés d'exemples tirés de l'histoire du quartier Centre-Sud, sont destinés à la fois aux étudiants-es, aux groupes communautaires, aux syndicats, aux organismes d'éducation populaire, aux personnes retraités-es, etc.Ils soulignent, pour qui veut s'en servir, l'importance du vécu ouvrier (passé et présent) dans l'évolution de notre histoire.Ils rappellent que ce ne sont pas les politiciens ni même les patrons qui sont les premiers artisans de l'histoire, mais les travailleuses et les travailleurs sans lesquels il n'y aurait même pas de société.A la rigueur, une société pourrait se passer de l'État.Mais pourrait-elle se passer de bras?Vjtj Note:, Pour plus de renseignements sur l'ouvrage Exposer son histoire et sur l'Écomusée de la Maison du Fier Monde, on peut téléphoner, le jour, au (514) 598-8185.PWJTO H0C8EAUUBJ des travailleurs et des travailleuses.Comme le soulignait M.Vi-dricaire à un journaliste de La Presse: «Si M.David Stewart, le dernier propriétaire privé de la MacDonald Tobacco a de son vivant mis sur pied tant d'oeuvres culturelles initiées par William MacDonald, nous n'avions par contre presque rien sur les travailleuses et travailleurs qui furent parfois à l'emploi de l'usine de la rue Ontario pendant 40 ans» ( 19 novembre 1988).M.André Vidricaire a travaillé longtemps à gagner la confiance des personnes retraitées de la MacDonald qui, peu à peu, lui ont donné accès à leurs souvenirs, et fait parler leur coeur.Le professeur de l'UQAM s'est ainsi retrouvé avec toutes sortes de photographies, de témoignages, de confidences, d'anecdotes, autant d'-archives- illustrant le vécu ouvrier du Centre-Sud.LA VIE CONTINUE Les ex-employés-es de la MacDonald Tobacco ont ainsi pris conscience de l'importance de transmettre quelque chose de vivant aux générations qui leur succèdent.De construire le présent avec leur passé, pour que la vie continue.Car le quartier a besoin de retrouver ses racines pour se revitaliser culturelle-ment.Pour le Centre-Sud de Montréal, cette revitalisation relève de la plus grande urgence, car il s'agit d'un quartier urbain à demi-dévasté par l'invasion sauvage de l'automobile, la pollution et la désindustrialisation.Plus du tiers des ménages (37%) y 9 L ■ i Louise MALLETTE et Marie CHALOUH (sous la direction de), Polytechnique, 6 décembre, Remue-Ménage, Montréal, 1990, 191 pages.«Se souvenir, comprendre et changer», tel est le leitmotiv qui a amené des ecrivaines, journalistes, psychologues, juristes, philosophes, à parler au grand jour, à réfléchir à haute voix, à poser des jalons d'interprétation de ce qui a secoué profondément le Québec, un soir glacial de décembre.Pour ne plus jamais oublier ces quatorze femmes massacrées, pour clamer la fierté d'être féministes, pour que nous changions radicalement notre vision du monde et que nous éteignions pour toujours les brasiers de la violence faite aux femmes.Ce recueil de textes est chargé d'émotions, d'analyses vibrantes, et nous encourage à aller de l'avant.Paul-Marie DE LA GORCE, Requiem pour les révolutions, Flammarion, 1990.Voici un livre vif, profond, exempt d'esprit partisan, et respectueux des espérances investies dans l'utopie révolutionnaire du 20e siècle.Pour l'auteur, l'écroulement du rêve communiste a commencé lors du divorce sino-soviétique, au début des années 60.Il est alors paru évident que la nation, partout, l'emporterait sur l'idéologie.Et effectivement, comme le démontrent les bouleversements survenus en Europe de l'Est, les conditions nationales et régionales ont le dessus et décident (décideront) de l'évolution des régimes politiques.Pour le meilleur ou pour le pire.Mais la plus fragrante des fractures, n'est pas celle qui oppose la nation à l'idéologie (en Europe notamment) mais, souligne l'auteur, celle qui sépare les privilégiés du Nord des multitudes opprimées du Sud.Donc, requiem pour les révolutions?Ou simple repos?Repos au Nord peut-être.Au Sud, par contre, prévoir de puissantes turbulences.Marguerite PARADIS, Histoires de passion et de raison jeunes et itinérantes, Remue-ménage, Montréal, 1990, 148 pages.Femmes, sans toit, dans le Québec d'aujourd'hui.Jeunes de surcroît.À travers la quotidienneté de Mafalda, Jessica, Erin et Catherine, l'auteure nous promène dans les couloirs si étriqués de l'itinérance.Que ça fait mal! Leur situation, c'est la négation pure et simple d'être femmes et d'exister.Urgence du témoignage mais aussi analyse urgente de l'autre dans ses rapports à soi, à l'idéal, à la société des exclues de plus en plus en nombreuses.Plus qu'un parcours en pointillé dans l'errance sociale, ce livre est un outil de compréhension de la sous-condition féminine, celle dont le miroir est le plus souvent brisé ou caché.Jean-François LISÉE, Dans l'oeil de l'aigle, Boréal, 1990 Tout le monde a dit le plus grand bien de l'ouvrage à la fois historique et politique de Jean-François Lisée.C'était parfaitement justifié.Voilà un livre indispensable qui permet, entre autres, de voir les Américains avec un regard différent.En un mot, nos voisins sont moins bêtes qu'on le pensait.Moins bêtes en tout cas que les Canadiens anglais.Beaucoup moins, en fait.Telle est la grande révélation de cet ouvrage: les Américains prévoient l'accession du Québec à l'indépendance depuis un bon moment déjà.Et cela ne les empêche pas de dormir.Ils sont davantage inquiets du Canada anglais.Celui-ci survivra-t-il?Éclatera-t-il en morceaux?L'identité amadbm, c'est quoi au juste?L'avantage avec les Québécois, disent les Américains, c'est qu'ils savent qui ils sont.Différents, uniques même en Amérique du Nord.Les Québécois EXISTENT par eux-mêmes.Les Canadiens se cherchent encore une identité.Bref, à l'avenir l'instabilité risque de venir du Canada anglais plutôt que du Québec.Shockingl MYRIAMEELYAMANI LES FEMMES ET LES ENFANTS D'ABORD LES TOURNANTS HISTORIQUES PIERRE VALLIÈRES r e Madeleine LACOMBE, Au grand jour.Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale, Remue-Ménage, Montréal, 1990, 181 pages.Ginette Desjardins était coordinatrice de la Maison des femmes de Baie-Comeau.Ginette a été assassinée par son mari le 6 septembre 1986.La violence s'installe dès l'enfance et y avoir recours pour asseoir son autorité et son pouvoir sur l'autre est intolérable.Ce livre est un appel à la mobilisation pour que ce cercle vicieux s'achève un jour.Il explique d'abord les différentes facettes de la violence conjugale, ensuite le rôle primordial des maisons d'hébergement et donne enfin les pistes de solutions, à commencer par la prise de responsabilités de chacun et de chacune pour enrayer ce fléau.Georges MATHEWS, L'Accord, comment Robert Bourassa fera l'indépendance, Éditions du Jour, 1990.Au Québec et au Canada, les événements se bousculent.La fracture entre le Québec francophone et le Canada anglophone semble irréversible.Plusieurs scénarios sont possibles.Certains prévoient une alliance des deux principaux partis du Québec, PQet PLQ pour faire l'indépendance.sous la direction d'un Robert Bourassa soudain devenu chef d'État.C'est la thèse, entre autres, de Georges Mathews.Les arguments de l'auteur sont convaincants, mais plusieurs, comme moi, doutent de l'indépendantisme bourassien.Après tout, Bourassa a fait \ enir l'armée canadienne au Québec en octobre 1970, en invoquant les mêmes arguments anti-québécois que Pierre Trudeau.Vous vous en rappelez, sans doute.Andrée RUFFO et als., Les enfants devant la justice, Biais, Montréal, 1990, 295 pages.Le droit des enfants, ceux qui ont besoin de protection, les jeunes contrevenants, l'adoption, une thématique qui intéressera tous ceux et celles qui oeuvrent pour les enfants et leur reconnaissance comme personnes à part entière.Une première: des juges, avocat-e-s, expert-e-s psycholégales se sont mis-es ensemble pour témoigner de leurs expériences et nous proposer des analyses pertinentes sur l'enfance.Un regard neuf, engagé, pour que -nous nous appliquions avec ténacité et persévérance à ressusciter l'enfant qui dort en nous-.Le courage aussi de dire non aux 40 000 enfants prostitués en Thaïlande, aux 20 nations qui envoient leurs enfants à la guerre, aux 100 millions d'enfants sans-abris dans le monde! Enfin de l'espoir pour que la justice serve ceux et celles, dépourvu-e-s de voix, qui ne doivent jamais tomber dans l'oubli. ira vu ttwwii URSS: LE POUVOIR SE DÉMOCRATISE .ET SE FRAGMENTE o CD Apres plus de vingt ans de glacis politique, les événements politiques se tu z développent tellement rapidement en urss, comme partout ailleurs en 3 Europe de l'Est, qu'il est difficile de ne pas se laisser dépasser par leur ca- dence POUR LE MOINS INATTENDUE.> DOMINIQUE AREL Lors de mon dernier article pour Vie ouvrière (septembre-octobre 1989), j'observais que la scène politique de l'URSS était de plus en plus marquée par l'influence d'associations .informel-lis—écologiques, anti-sta-linistes, pour la protection des langues nationales, clubs de discussion politique, etc.—regroupées en Fronts populaires, sortes d'organisations-parapluies au niveau des régions de la Russie ou des républiques de l'URSS.Ces groupes avaient appuyé la candidature de personnalités prestigieuses, tel le regretté Andrei Sakharov, aux premières élections (partiellement) démocratiques pour le parlement fédéral (le Soviet Suprême), au printemps de 1989.De 15 i^HHH à 20% des députés du nouveau Soviet Suprême, partisans de Sakharov, avaient par la suite créé le Groupe Inter-Régional des Députés, embryon d'un futur parti d'opposition.Dès la première session du Parlement fédéral, en mai 1989, Sakharov avait réclamé l'abrogation du fameux Article 6 de la Constitution en vertu duquel était accordé un «rôle dirigeant- au Parti Communiste.La sortie de Sakharov fit scandale auprès de la majorité «soumise» du parlement, pour laquelle toute allusion à un éventuel multipartisme demeurait sacrilège.Mais à la suite des révolutions de l'automne en Europe de l'Est, le parti céda et lors d'une réunion historique du Comité Central du Parti, en février de cette année, le «rôle dirigeant du Parti Communiste- fut aboli, permettant ainsi pour la première fois la création de partis d'opposition en URSS.Cette décision, jumelée aux premières élections démocratiques au niveau des parlements des républiques (Russie, Ukraine, Moldavie, Lituanie, etc.), a bouleversé considérablement la carte politique en URSS.UNE SCISSION SE PRÉPARE AU SEIN DU PC Depuis les débuts de la perestroïka, la plupart des membres des groupes mtor-mels (ainsi que du Groupe lnter-Régio-nal des Députés) étaient en fait des membres du Parti Communiste désirant réformer le parti de l'intérieur, lace au refus par l'appareil du parti de mettre fin à la prise de décision en petits comités n'ayant de comptes à rendre à personne, beaucoup d'«informels» ont commencé a parler ouvertement, au début de l'année, de diviser le Parti lors du Congrès quinquennal de juillet 1990, et de créer, aux côtés des irréductibles conservateurs, un nouveau parti •social-démocrate».Ce faisant, ils ont créé une «Plate-forme démocratique» à l'intérieur du Parti, pour la première fois depuis 1921 qu'une fraction voit le jour au sein du Parti de Lénine.Mais il semble que les conservateurs désirent que la scission s'opère avant Un seul groupe avait eu l'audace de se proclamer parti politique: l'Union Démocratique, un regroupement résolument anti-communiste.Ses slogans: «72 ans vers nulle part!».le Congrès, en encourageant les informels à quitter le parti, ou en les expulsant, pour ainsi éviter un partage du butin (locaux, imprimeries, fonds, etc.) lors du Congrès.Le rôle de Gorbatchev et de ses acolytes dans cette confrontation n'est pas très clair.La faction de Gorbatchev au sein du Parti peut être qualifiée de «centriste réformatrice-, puisque, contrairement aux conservateurs, elle semble désirer sincèrement des réformes politiques et mêmes économiques, mais pas à un rythme aussi rapide que ne le désireraient les «sociaux-démocrates».Depuis son accession à la présidence, en mars 1990, Gorbatchev a pris ses distances face au Parti, dont il sait semble beaucoup plus difficile à contrôler que son aile droite?COALITIONS DÉMOCRATIQUES À L'AVANT PLAN Jusqu'à ce que le Parti Communiste ne légalise de facto l'existence de partis d'opposition, un seul groupe avait eu l'audace de se proclamer parti politique: l'Union Démocratique, un regroupement résolument anti-communiste, au point que ses membres refusent de participer à la lutte électorale et prônent la mise sur pied de structures parallèles de pouvoir.Les slogans de l'UD i 72 ans vers nulle part! ) sont toujours bien en évidence lors des manifestations de rue, mais son soutien populaire semble minuscule.Au cours des derniers mois plusieurs partis ont annoncé leur existence, tels les Libéraux ou Constitutionnels-Démocrates, les Sociaux-Démocrates, et les Démocrates-Chrétiens.Ces partis sont encore à l'état de groupuscules, et leur influence ne dépasse guère pour l'instant les en\ i-rons de Moscou, mais il n'est pas dit que beaucoup d'électeurs et acteurs politiques influents n'en partagent pas les idéaux de base et pourraient joindre leurs rangs au cours des prochains mois (ou années).Ces partis sont parvenus à faire élire quelques uns de leurs députes au Eltsine, suivant la recette éprouvée du populisme, ne se prononce pas sur les questions économiques fondamentales et concentre son tir sur les «privilèges» de l'élite, s'attirant la faveur d'une classe ouvrière aux conditions de vie précaires.que la popularité est en chute libre auprès de la population.Son nouveau cabinet n'est plus le Politburo, mais un «Conseil présidentiel purgé des éléments les plus réactionnaires du Politburo.Peut-être Gorbatchev s'est-il convaincu qu'il est préférable que son aile gauche s'organise a l'extérieur du parti, puisqu'elle parlement de Russie, leur donnant ainsi une plate-forme pour propager leurs vues Mais pour l'instant ces «tendances» sociale/chrétien ne/libéra le-démocrates demeurent alliées avec la transe populiste et les mouvements sodaUstes-réfor-ni i si es dans le cadre de fronts populaires o 01 O) au niveau local ou régional et, au niveau national, de la coalition Russie démocratique, mise sur pied à l'aube de la campagne électorale pour les élections au parlement de Russie.Russie démocratique a remporté près de 40% des sièges et entend demeurer unie mais, à l'instar du moins unifié de cinq grandes régions: les républiques baltes, les républiques de l'Ouest (Ukraine, Biélorussie, Moldavie), les républiques du Caucase, les républiques d'Asie Centrale et la république de Russie.Le degré de démocratisation atteint parcettedemière va influencer énor- Le rôle de Gorbatchev et de ses acolytes dans cette confrontation n'est pas très clair.La faction de Gorbatchev au sein du Parti peut être qualifiée de «centriste réformatrice» Groupe inter-régional des députés dans le parlement fédéral, il lui sera difficile de maintenir une forte discipline à l'intérieur de ses rangs puisqu'il est à prévoir que ses nombreuses tendances ne s'entendront pas lorsque viendra le temps de trancher sur l'épineuse question de la propriété privée.VERS UN ÉCLATEMENT DE L'URSS?La première session du parlement de l'URSS, en mai 1989, aura peut-être été la dernière enceinte où les forces progressistes des diverses républiques se sont unies pour tenter de réformer le système fédéral.Depuis, la Lituanie a déclaré son indépendance.D'ailleurs, les trois républiques baltes entendent désormais négocier ensemble leur sortie de l'Union soviétique.L'Estonie et la Lettonie ont déclaré être désormais dans une période de transition vers l'indépendance.Et les fronts populaires des trois républiques du Caucase—Arménie, Géorgie, Azerbai-jan—ainsi que de la Moldavie, de la Biélorussie et même de l'Ukraine mettent l'accent de façon plus insistante sur la souveraineté, l'autonomie, si ce n'est carrément l'indépendance de leur république.La quasi-totalité des leaders du Groupe inter-régional des Députés proviennent de la république de Russie—la plupart de Moscou—et les quelques tentatives de créer une structure d'opposition à la grandeur de l'Union ont jusqu'à présent avorté.Il est clair que les leaders démocratiques des diverses républiques pensent de plus en plus en termes des intérêts de leur republique et non de l'Union dans son ensemble.Quoiqu'il arrive formellement au cours des prochaines années, il semble qu'il faudra s'habituer à percevoir l'URSS comme un regroupement de moins en mément sur la autres régions.latitude accordée aux DE QUEL COTE PENCHERONT LES OUVRIERS?Les mineurs d'Ukraine, du Grand Nord et de la Sibérie ont créé des comités de grève depuis l'été dernier et sont sur le point de mettre sur pied le premier grand syndicat indépendant depuis la Révolution.Les dernières élections républicaines ont dé- (ce qui inévitablement doit arriver puisque l'économie ne cesse de se détériorer de mois en mois)?Que proposeront les nouvelles structures ouvrières, indépendantes du Parti Communiste?Cette question pourrait bien devenir l'enjeu dominant dans un avenir rapproché.LES MOUVEMENTS CHAUVINS ET ANTISÉMITES La presse occidentale (et soviétique) parle constamment d'une résurgence de l'antisémitisme russe, et les Juifs soviétiques, qui émigrent en Israël par dizaines de milliers à chaque mois, renchérissent en avouant qu'ils craignent le pire.Des journaux à grand tirage (bien que leur tirage soit plusieurs fois inférieur aux grandes publications progressistes, tels Ogonyok, Arguments et Faits ou Les Nouvelles de Moscou) dénoncent ouvertement le danger "Sioniste» et usent d'un langage extrêmement agressif envers les mouvements démocratiques.Les tenants d'un tel discours ont formé le -Bloc patriotique» pour les élections du parlement de Russie, rassemblant les nationalistes rus- Depuis son accession à la présidence, en mars 1990, Gorbatchev a pris ses distances face au Parti, dont il sait que la popularité est en chute libre auprès de la population.montré que les mineurs ont perdu toute confiance envers le Parti Communiste et les syndicats officiels.Il est cependant difficile de définir leur profil politique.Une organisation conservatrice, le Front Uni des Travailleurs, alliée aux «patriotes- et aux «néo-stalinistes», déclare parler au nom de la classe ouvrière, mais elle a été lavée aux élections de mars 1990.Les mineurs, et leurs collègues des industries lourdes, désirent de toute évidence des changements radicaux en politique mais leur attitude face à l'introduction d'une économie de marché demeure une inconnue.Eltsine, suivant la recette éprouvée du populisme, ne se prononce pas sur les questions économiques fondamentales (propriété privée, déréglementation des prix, conversion du rouble, etc.) et concentre son tir sur les «privilèges» de l'élite, s'attirant la faveur d'une classe ouvrière aux conditions de vie précaires.Mais qu'adviendra-t-il lorsque le débat économique devra être tranché ses, pour qui la révolution bolchevique et ses suites a été une énorme calamité, et les néo-stalinistes, qui cherchent à préserver l'Empire et «l'ordre- dans la société.Le grand bienfait des réformes politiques de Gorbatchev est de nous permettre de jauger la force réelle de ces grandes tendances politiques.Nous savons depuis mars que les «patriotes» ne reçoivent l'appui que d'une faible part de l'électo-rat, 5% tout au plus.Mais il n'est pas dit, bien entendu, qu'en période de grande instabilité, leur popularité ne vienne à augmenter.Pour le moment, cependant, le balancier politique penche très nettement du côté de la grande coalition démocratique de Russie ainsi que des Fronts populaires des diverses républiques, hormis l'Asie Centrale, peu touchée jusqu'ici par la perestroïka.L'URSS n'a pas fini de connaître des soubresauts politiques.JT, CHRONIQUE IN SOLENTE LÉ eau, c'est le sujet par excel-I lence à la veille des vacances.C'est le sujet léger, inodore, incolore et sans saveur.Le seul sujet dans lequel on voudrait se plonger sérieusement un 29 juin, a cinq heures, en sortant du travail.Et bien sachez que l'eau est lourde de conséquences.D'abord, il y a eu cette histoire de lac qui n'en finissait plus de caler quelque part en juin du côté d'Ottawa, défiant toutes les théories du réchauffement de la planète.Il y a le refroidissement de l'économie qui augmente les déficits et diminue les liquidités.Du fédéral au provincial, c'est le municipal qui écope.Ça.c'est comme les problèmes dégoût, ça finit toujours par déborder chez le voisin.Et qui paie la note?Toujours les mêmes pauvres caves, les cons-tnbuables.HISTOIRES D'EAU Parlant de liquidités.Hydro crie a la panne sèche pour amener de l'eau à son moulin.Un détournement d'attention pour inonder encore un peu plus du Québec et détourner encore plus de rivières, vers le sud.Est-ce par mesure d'économie?On n'en finit plus de recevoir des douches d'eau froide.TPS, taxes scolaires, augmentation des loyers en HLM.coupures dans l'assurance-chômage et dans les quotas de pèche, application de la réforme de I aide sociale.Ce n'est plus la goutte, c'est le raz-de-marée qui fait déborder le vase.Pas surprenant que les fonctionnaires ont si peur que le ciel ne leur tombe sur la tête, eux qui essuient les foudres.Ça commence d'ailleurs à sentir le chauffe.NICOLE BRAIS Dans certains cas le réchauffé, vous me direz.Alors questions d'eau, le niveau est bas.Pour finir sur une note plus gaie, buvons un verre à nos vacances.Mettons les sujets controversés comme Meech.Chrétien et les Nordiques sur la glace.Oublions les flots de mauvaises nouvelles, les torrents d insanités proférées contre nous, méchante minorité.Versons quelques larmes de crocodile et de circonstance sur une confédération qui n'en finit plus de se noyer dans un lac aux eaux troubles Je prendrais bien un bon grand verre d'eau pour me désaltérer.L'avez-vous fait bouillir vingt minutes9 XJ», LE MAGAZINE DE VIE OUVRIERE • PLUS CULTUREL • PLUS PERTIHEHT • PLUS PERCUTANT AUSSI AGREABLE ABONNEMENT 1990 G 1 an (6 nos) 18 00S J institutionnel 25.00$ G 2 ans 32 00$ _J à I étranger 23.00$ G soutien "00$ _| jnst.à I étranger 30.00$ G étudiant »-00$ J au numéro * s°* et sans emploi +poste1.17$ Ci-inclus __________$ pour _______________________ Nom : _____________________________________________ Adresse Code postal: Poster à l'ordre de : VO, le magasine de Vie Ouvrière 1212.rue Panet .Montréal, Qc.H2L 2Y7, ?514 523-5998 VOIR QU'À LIRE ! o m en SI \f!auEsT,oNsD^^ o en m LA RECOLTE DE LA HONTE: AU BOULOT LES ENFANTS! o > Des millions d'immigrants provenant de la Chine, de l'Asie du Sud-est, du Mexique, de l'Amérique centrale et des Caraïbes sont venus s'installer aux États-Unis durant la dernière décennie, procurant ainsi une main-d'oeuvre à bon marché à nombre d'industries américaines en mal de compétition avec l'étranger.Au même moment, l'administration Reagan allait de l'avant avec son programme visant à déréglementer le travail usiné à la maison, entre autres dans les secteurs du textile et des bijoux.Du même coup, des centaines de milliers d'enfants se sont retrouvés sur le marché du travail.LES «MANUFACTURES MAISON.À New-York, on estime à 8 000 le nombre de «mini-manufactures» illégales employant environ 150 000 travailleurs immigrants.Les conditions de travail (santé, sécurité, salaire) ressemblent à celles des années '30 dans plus de 50 % deces «manufactures-maisons».Officiellement, les enfants n'y travaillent pas, ils ne font qu'«aider» leurs parents ou grand-parents.Tout de même, une escouade spéciale a été mise sur pied par l'État de New-York en vue d'enrayer ce phénomène.Mais en dépit de ces efforts, le marché est plutôt florissant.En Californie, c'est l'agrobusiness qui emploie les immigrants.Bien que cela soit interdit, de jeunes enfants de 8 ans parcourent régulièrement les champs de récolte, là encore pour «aider» leur famille.On estime de 1 à 1.5 million le nombre d'enfants d'immigrants travaillant dans l'agrobusiness aux États-Unis.Ça équivaut à la population de toute la ville de Montréal.En fait, ce nombre est probablement conservateur puisqu'il provient des agences qui embauchent ces enfants.Le gouvernement américain n'a aucune statistique fiable sur le sujet.Tout comme leurs parents, les enfants suivent les récoltes et se promènent donc d'un État à l'autre.CAMPS DE TRAVAIL POUR IMMIGRANTS Or, il y a plus de 30 ans, le documentaire Harvest of Shame (La récolte de la honte) faisait connaître aux Américains les conditions pitoyables dans lesquelles vivaient les travailleurs immigrants de l'époque.Suite aux pressions populaires, on rendait illégal, en 1966, l'emploi d'enfants de moins de 12 ans sur les fermes commerciales.Des écoles et des cliniques de santé étaient aussi mises sur pied afin d'améliorer les conditions de vie de ces travailleurs immigrants.Mais les années '80 et les coupures dans les programmes sociaux de l'administration Reagan ont rapidement mis un terme à ces avancées.Ainsi, il y a 10 ans, 240 camps de travail pour , immigrants se conformaient aux standards minimum du gouvernement américain; l'année dernière, ce nombre n'était plus que de 22.L'aide juridique a été coupée d'un tiers et les salaires ont aussi subi une chute importante.D'abord en Californie.Malgré ses nombreux problèmes, la Californie se classe néanmoins devant la Floride et le MARYSE ROBERT Texas, où les conditions de travail sont encore pires.On compte plus de 80 % de drop-outs en Floride et 90 % au Texas.Mais, ce qui inquiète le plus, ce sont les champs de pesticides dans lesquels se promènent quotidiennement les enfants.En 1986, le California Department of Food and Agriculture dénombrait plusde 1 200 cas de maladies reliés à l'utilisation de pesticides.Une situation qu'on imagine d'une autre époque.Alors, que faire?La tâche est ardue.Récemment, le Secrétaire américain au Travail, Madame Élizabeth Dole, indiquait son intention de «mieux» faire appliquer les lois concernant l'embauche de jeunes enfants.Mais il est peu probable que l'administration Bush se lance dans de nouvelles dépenses dites sociales.L'heure est toujours aux coupures à Washington, quoiqu'on en pense.J,«j ga QUÉBEC EN COULEURS QUEL EST TON STATUT?PIERRE VIAU Yvonne America vit au Québec depuis 1984.Parrainée par son conjoint d'origine québécoise, elle fera partie, jusqu'en 1984, de la catégorie familles parmi les immigrants-es reçus-es au Québec.Un homme d'affaires de Hong Kong, moyennant une somme minimum de 250 000$, n'attendra pas deux ans comme Yvonne pour connaître son statut.Rapidement, il sera qualifié d'indépendant.LE PARRAINAGE CONTRACTUEL Le parrainage est né de la politique de réunification des familles et aussi de la solidarité.On se rappelle la triste od\ ssee des boat-people.Beaucoup de groupes avaient parrainé des réfugiés-es en provenance du Sud-est asiatique.Encore aujourd'hui, un bon nombre d'immigrants-es reçus-es sous la catégorie jtfug&s-a sont parrainés.On sait moins, cependant, que toutes les personnes admises sous les catégories parents aidés et famille sont également parrainées.Le parrainage est un contrat qui lie le gouvernement du Québec et la personne garante (parrain).La personne garante devient économiquement responsable de la personne parrainée en s'engageant à subvenir à ses besoins essentiels (logement, nourriture, alimentation, etc.).Le contrat dure 1 an pour la catégorie réfu-giés-es, S ans pour la catégorie parenis iiuhs (mère, père, frère, soeur, oncle, tante) 10 ans pour la catégorie famille (conjointe, enfant de moins de 21 ansi.De plus, la personne garante s'engage à rembourser au gouvernement du Québec toute somme que celui-ci aura versée aux personnes parrainées conformément à la loi sur l'aide sociale.N'ayant pas droit au BES, celles-ci ne peuvent d'ailleurs participer au programme d'accessibilité à l'emploi.Il faut remarquer que 42 % de toutes les femmes admises au Québec (de 1980 à 1986) l'ont été dans la catégorie famille.Pendant 10 ans, les personnes de cette catégorie doivent donc vivre sous la dépendance absolue du conjoint, signataire du contrat avec le gouvernement.TENSIONS ET ABUS Dans Le Devoir du 8 mars 1990, Josée Boileau évoque des situations de détresse et d'injustice vécues par ces femmes parrainées.Des hommes vont jusqu'au chantage et à la menace de la déportation si les conjointes n'acceptent pas les conditions qu'ils leur imposent, y compris la violence physique.Yvonne America trouve contradictoire qu'elle puisse obtenir la citoyenneté canadienne après trois ans de résidence et continuer à demeurer parrainée sept autres années."Même citoyenne canadienne, on se fait demander: quel est ton statut?Nous n'avons pas les mêmes droits que les autres.- jjtj o m o > 1e In M JuUeWkW^ o en en LES SYNDICATS: REFUGES DUNE OU BIEN OUTILS DE COMBAT L'ÉCART SE CREUSE ENTRE LES SYNDIQUÉS ET LES NON-SYNDIQUÉS, LES FAVORISÉS ET LES NON-FAVORISÉS.SANS UN SERIEUX COUP DE BARRE, L'HOMO-SYNDICALICUS DES PROCHAINES ANNÉES SERA UN HOMME, GRISONNANT, BIEN PAYÉ, AVEC UNE BONNE SÉCURITÉ D'EMPLOI ET TRAVAILLANT DANS LES SECTEURS PUBLIC, PARA-PUBLIC ET SECONDAIRE (LA GRANDE INDUSTRIE).CAR, ENTRETEMPS, LESCENTRALES SEMBLENT OUBLIER TOUS LES AUTRES, QUI HÉRITENTD'EMPLOIS QUI SE FONT DE PLUS EN PLUS PRÉCAIRES, À TEMPS PARTIEL, SUR APPEL, FÉMININS ET.NON-SYNDIQUÉS.uf.! auront laissé tomber les syndicalistes, un peu rassurés après la publication des derniers chiffres pour 1989.* En effet, le taux de syndicalisation au Québec atteint maintenant plus de 41.2 %, une excellente performance, alors qu'en 1982, au plus fort de la crise économique, les effectifs avaient dégringolé à moins de 31 %.o > 0 Apparemment, le Québec s'en sort assez bien, surtout si on le compare aux États-Unis où le taux de syndicalisation a .fondu» de moitié depuis les années 60, passant de 30 à 17 %, ou bien à la France, qui ne compte plus que 12 % de travailleurs syndiqués.Pourtant, le bon temps tire à sa fin.Finie l'époque où on syndiquait d'un coup sec 300 employés dans une même usine ou un seul hôpital.En fait, les employés réguliers des services public et para-public (hôpitaux, transport public, municipalités) et ceux de la grande industrie sont pratiquement tous syndiqués.Reste alors ceux de l'industrie manufacturière, qui ne le sont qu'une fois sur deux, ou ceux du secteur privé des services (tertiaire privé): petits bureaux, restaurants, commerces, etc., où le taux n'atteint même pas 20 96.L'AVENIR PREND LA FORME D'EMPLOIS NON SYNDIQUÉS Or, et ce, tous les chiffres le confirment, l'avenir est au secteur privé des services, avec son cortège d'emplois sur appel, de postes de courte durée, de travail autonome (piges) ou de sous-traitance.Ainsi, une étude récente du Conseil économique du Canada estime que ce secteur a bénéficié de plus de 50 % des emplois créés entre 1975 et 1985.Une personne sur trois y travaille aujourd'hui.L'avenir prend donc la forme d'emplois non-syndiqués, de plus en plus précaires, moins bien payés, à temps partiel, jeunes et.féminins.Peu reluisant.D'autant plus que les syndicats, jusqu'à présent, ont été incapables d'y effectuer une percée quelconque.En fait, la syndicalisation de ces 900 000 nouveaux membres potentiels risque de coûter cher, très cher.La tâche est en effet énorme, titanesque.Dans la seule bataille pour syndiquer les 8 000 chauffeurs de taxi de Montréal, le syndicat des métallos (FTQ) a dépensé la bagatelle de 1.5 millions, libéré un délégué syndical à temps plein durant 27 mois et déposé pas moins de 165 requêtes distinctes en accréditation, soit l'équivalent de 3,5 millions de feuilles de m NOMENKLATURA OUVRIERE?POUR LES PLUS DÉMUNIS?PHOTO ARCHIVES PU8U0UES DU CANADA C 19378 SUOBURY 1942 papier.«La procédure est archi-compli-quée et bureaucratique.Il n'y a rien dans le Code du travail pour permettre de syndiquer les petites unités», explique Robert Émond, conseiller syndical à la FTQ.En effet, le Code du travail a été conçu durant l'âge d'or de la grande entreprise manufacturière, donc des grandes unités, alors que le secteur des services privés est surtout fait de petites unités.Et même lorsqu'il s'agit d'une grosse entité, comme une banque, la syndicalisation ne peut se faire que succursale par succursale.Même chose avec une multinationale comme McDonald où il faut procéder franchise par franchise.Alors, à quand une réforme du Code du travail?Le coût de la bataille du taxi risque de dépasser les 200$ par tête de pipe! Les centrales sont-elles prêtes à payer le prix qu'il faudra pour venir en aide aux 842 000 autres travailleurs intéressés à se syndiquer?On peut en douter, du moins pour l'instant.LE MALAISE DES CENTRALES Tant à la FTQ qu'à la CSN, de mauvaises langues prétendent que des groupes se seraient déjà vus refuser de l'aide en vue de se syndiquer, sans raison apparente.«C'est tout-à-fait faux», répond Robert Émond de la FTQ.«On répond à toutes les demandes qui nous sont faites, quelles qu'elles soient, même si c'est difficile i syndiqua Louise Cazes, conseillère à l'organisation pour la CSN reconnaît, pour sa part, qu'on a déjà refusé d'aider un groupe à se syndiquer.«On se sent mal de faire ça, surtout qu'il s'agit toujours de gens vraiment mal pris.Mais des fois, on est convaincu que c'est préférable pour les travailleurs de ne pas poursuivre dans cette direction.Surtout quand on sait que l'employeur résistera par tous les moyens, soit en étirant indéfiniment les délais, soit par des mises à pied.On revendique d'ailleurs des amendements au code du travail pour qu'en cas de congédiement pour activités syndicales, les employés soient immédiatement réintégrés en attendant la décisions du Tribunal du Travail.- En fait, tant à la CSN qu'à la FTQ il n'y a tout simplement pas de stratégies efficaces pour aider à la syndicalisation des ANDRE BELANGER employés du secteur tertiaire privé.Dans les deux cas, on se contente de formules creuses du genre «on est à préparer une stratégie d'organisation».Beaucoup de voeux pieux, mais peu de moyens.LA PRÉCARITÉ DU TRAVAIL DES FEMMES Devant la misère des femmes, majoritaires dans ce secteur, on glisse des excuses à un certain fatalisme.Moi.je trouve que c'est elles qui sont le plus dura syndiquer, surtout dans les bureaux», concède Robert Émond.\ trois ou quatre employées dans un bureau, il n'y a pas de rapport de force possible», reprend Louise Cazes.«Déplus, les femmes ont très peur, parce qu'elles sont souvent dans des situations où la perte d'un emploi risquerait de s'avérer catastrophique, en particulier pour les cheffes de famille mono-parentale.» Pour Élyse Tremblay, du Conseil du travail de Montréal (FTQ), -c'est comme si la rencontre culturelle entre les grosses bottes (syndicales) et les petits talons hauts ne s'opérait pas.Les syndicats, tant CSN que FTQ ne sont pas encore outillés pour i raiment aider les femmes à s'organiso LES NOUVELLES STRATÉGIES PATRONALES Pendant qu'on tergiverse du côté syndical, les chefs d'entreprise ont repris l'offensive en développant des Nouvelles o 01 C) o > & Stratégies Patronales (NSP).En échange d'un syndicat de boutique, on offre aux employés de meilleures conditions salariales, on filtre les employés à l'embauche, on crée des cercles de qualité, et on se fait le champion du partenariat, et ce, dans le meilleur des cas.À la limite, on jouera dur: intimidation, misesà pied, etc.Terriblement efficace.Hyundai, IBM, Alcan, Bell Heli-copter: les syndicats attendent VI toujours.dehors.Du côté des PME, la mode est aux colloques et autres sessions de formation.Un certain Roger Bédard, avocat patronal, organisait dernièrement un colloque intitulé: «Comment organiser ses entreprises sans syndicats dans les années 90».Sorte de Messie du super néo-libéralisme, ce dernier prône une société libre -enfin- de syndicats.Selon lui, les syndicats ne naissent pas de l'entreprise, ils sont imposés de l'extérieur, puisque fondamentalement les employés comme les patrons ne partagent qu'un seul et même but: servir un client.Son grand rêve: écrire une sorte de «livre des droits et devoirs individuels» qui remplacerait cet affreux code du travail à son avis beaucoup trop pro-syndical.L'avenir prend donc la forme d'emplois non-syndiqués, de plus en plus précaires, moins bien payés, à temps partiel, jeunes et.féminins.A QUAND UNE VERITABLE ACTION POUR LES PLUS PETITS «Le syndicalisme n'a pas changé radicalement, il ne fait toujours que s'ajuster aux nouvelles conjonctures», constate Élise Tremblay.«Si la syndicalisation de ceux qui en ont le plus besoin, les femmes, les jeunes, les travailleurs précaires demeure une priorité pour nous, comment se fait-il qu'on ne se bat pas davantage pour l'accréditation multi-patronale, quitte à recourir à la grève s'il le faut?On en parle abondamment dans les Congrès, mais de là à passer à l'action .Pressées par la prolifération des syndicats indépendants (21 % de membres contre 19.2 % pour la CSN), bloquées par les NSP, empêtrées par un Code du travail désuet et dans des conventions collectives hyper-rigides, les grandes centrales sont à la veille de choix décisifs pour leur avenir et celui d'une certaine vision du syndicalisme, qui prétend porter un projet de société plus innovateur et plus juste.Le plus dur sera peut-être de convaincre leurs «vieux» membres d'ouvrir suffisamment d'espace pour les «nouveaux».Après tout, n'est-ce pas cela la solidarité?* Selon une étude réalisée par Caria Lipsijj-Mumme et Rita Roy, La population syndiquée au Québec, pour le compte du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.AUSSI AGREABLE A VOIR QU'A LIRE! Liste des PRINCIPAUX POINTS DE VENTE du MAGAZINE VO o en en AYLMER Librairie au point, 200 Principale CHICOUTIMI Le Bouquiniste.392 Racine E.Tabagie Place du Royaume GRANBY Presse Boutique.98 Principale JULIETTE Librairie René Martin, 598 St-Viateur MONTRÉAL City Mag, 370 Ste-Cathenne 0 Coop UQAM Le stand.4040 St-Laurent Librairie Champigny.4474 St-Dems Librairie du Square, 3453 St-Denis Flammarion, Place Montréal Trust Flammarion Leméac, 371 Laurier 0 Hermès, 1120 Laurier 0 Renaud-Bray (Lettre & Sons) 1005 Laurier 0 Ohvieri, 3527 Lacombe Renaud-Bray, 5219 Côte-des-Neiges Librairie Université de Montréal Maison de la Presse Intern., 550 Ste-Cathenne E Maison de la Presse Intern., 1393 Ste-Cathenne 0 Maison de la Presse Intern , 1645 Ste-Cathenne 0.Maison de la Presse Intern , 360 Mont-Royal E.Maison de la Presse Intern.1371 Van Horne Maison de la Presse Intern .5149 Côte-des-Neiges Multimags.1570 Maisonneuve 0.Multimags, 2175 Ste-Cathenne 0.Multimags.5265 Ch Queen Mary Tabagie Le Tabassoir, 425 Mont-Royal E.Tabagie St-Charles.Longueuil Tabagie Vardon, 40 rue Greene.St-Lambert Variétés Lux, 5220 St-Laurent Presse Boutique.826 Ste-Cathenne E Presse Boutique.920 Mont-Royal E Presse Boutique, 3556 St-Laurent Presse Boutique, 1226 Greene, Westmount Librairie Gallimard, 3700 St-Laurent Librairie Zone libre, 262 Ste-Cathenne E.Le Drug.400 Laurier 0 Librairie Demarc, Place Desiardins Librairie Ratfin, 6799 St-Hubert Coop CÉGEP Maisonneuve Coop CEGEP Rosemont OTTAWA Librairie de la Capitale, 75 rue Elgm Globe Mags, 57 William Maison de la Presse Internationale.100 Bank Librairie Universitaire, 85 Hastey QUÉBEC Ciné Vidéo Club International, 1019 Cartier Librairie Générale Française, 10 Côte-de-la-Fabrique Librairie Lahbené, 3020 ch Ste-Foy Librairie Pantoute, 1100 St-Jean Maison de la Presse Internationale.1150 St-Jean Tabagie Giguère, 59 rue Buade Tabagie St-Sacrement, 1360 ch Ste-Foy Les Magazines Lecto, 893 Grand Jean Coop CEGEP FX Garneau RIM0USKI Tabagie Hôtel-de-Ville, 214 de la Cathédrale Librairie Biais, 212 de la Cathédrale RIVIÉRE-DU-LOUP Coop CEGEP Rivière-du-Loup ROUYN Coop CÉGEP Abitibi SHERBROOKE Presse Boutique, 76 King 0.Les Biblaines GGC ST-JÉRÔME Librairie Communautaire des Laurentides, 435 Fournier TROIS RIVIÈRES Lib-Fac, 3351 boul des Forges Presse Boutique.3760 boul des Forges VALLEYFIELD Librairie Boyer, 10 Nicholson VILLE LORRAINE Librairie Belles-lettres, 95 de Gaulle 9610 TOUR DU QUÉBEC =•-": PCRfe CHABTBI STMNHCEi EN MAURICIE: PLUS DE PROBLÈMES QUE D'ARGENT Centraide Mauricie, où s'est tenue au tout début de mai l'assemblée générale de l'organisme, on identifie ainsi les principaux problèmes sociaux de l'heure: - analphabétisme alarmant: 18 000 personnes qui ne sa%'ent ni lire ni écrire convenablement; le double qui en savent tout juste assez pour fonctionner; - dégradation des conditions de vie des personnes assistées sociales dont on n'ose affirmer le nombre exactement; - insuffisance notoire des services de base en santé mentale aussi bien pour les adultes et les enfants, que pour les personnes âgées; - taux de suicide élevé: 2 suicides par semaine à Trois-Rivières seulement; - accroissement de l'itinérance dans les principales municipalités.Il s'agit surtout de personnes ex-psychiatrisées, victimes de la dés-institutionnalisation et du manque de ressources; - precarisation du financement des organismes communautaires qui ne réussissent pas j obtenir du secteur prise les fonds dont ils ont besoin pour opérer minimalement.L'IMPORTANCE DE L'INTERVENTION COMMUNAUTAIRE Et alors! Des problèmes, il y en a partout, en Mauricie comme ailleurs.C'est trop facile d'alarmer les gens en alignant les problèmes d'une région éloignée.Et puis, la Mauricie c'est grand! Oui, c'est grand.comme ce petit ovale de 3 pouces de large par S pouces de haut que vous pouvez dessiner sur votre carte géographique entre Trois-Rivières et La ïuque.A peine 4 % de la population totale du Québec.C'est de conditions de vie.inhumaines qu'il s'agit: des milliers de personnes à qui on diminue encore le strict minimum vital; des milliers de personnes i qui notre système scolaire n'a appris ni à lire ni à écrire convenablement; des milliers de personnes privées des services de base en santé mentale et qui sont acculées trop souvent à l'itinérance ou au suicide; des milliers de personnes qui ne peuvent compter sur des ressources communautaires adéquates.C'est un organisme.crédible, Centraide Mauricie, qui rapporte ces faits.Centraide Mauricie rassemble quelques 125 organismes du milieu, bien au fait de ce qui s'v passe JEAN FOREST Il ne s'agit pas de ballons alarmistes mais de données réelles dans une région caractérisée par des reculs aux plans économique et social, comme M.Luc Veillette, organisateur communautaire à Centraide Mauricie, nous le confirme.LA GAZETTE POPULAIRE VS LE NOUVELLISTE \vec les 450 000S que nous avons recueillis cette année, nous aidons 105 organismes, autant que Centraide Québec, mais ça ne suffit pas.Nous devrions ramasser un million dans la région.Heureusement, notre option communautaire nous permet de pallier certaines lacunes en travaillant à la concertation dans le milieu, à la visibilité des groupes, au soutien technique.- En terminant, il nous glisse un mot sur le journal communautaire Lit Gmttttt populaire qui survit tant bien que mal a Trois-Rivières: ■C'est pas possiblecomme cette publication touette le quotidien privé Le Nouvelliste*, i e dernier s'est en effet senti oblige de consacrer une page par semaine aux activités des organismes locaux1 o O) œ o > IUluft Mais qu'a donc à voir le cinéma avec la chronique Courants d'espoir?Ceux et celles qui ont déjà vu le film La société des poètes disparus, du réalisateur américain Peter Weir, sauront bien répondre à cette question, surtout s'il s'agit de militants-es et intervenants-es populaires.Car ce film représente en soi une véritable bouffée d'air frais à notre époque où l'éveil social, politique et culturel semble de plus en plus étouffé par la société de consommation.Il procure aussi un souffle vivificateur pour quiconque s'insurge contre la logique du capitalisme marchand et de ses valeurs déshumanisantes.La société des poètes disparus constitue une ode à l'anticonformisme et à la lutte contre l'aliénation qui empêche l'être humain de se réaliser pleinement, de devenir créateur et de trouver librement un sens à sa vie, un sens qui lui soit propre et original.Penser par soi-même, faire fi des préjugés et des tabous formalistes, voilà les thèmes et valeurs véhiculés dans ce film.Chaque personne qui a à coeur le mieux-être et la liberté d'autrui ne peut qu'être profondément bouleversée par ce film, en plus d'y trouver une y.UbUa ta L'ESPOIR N'EXISTE QUE DEBOUT DANIEL LAPRÈS forte dose d'inspiration émancipatrice, plutôt pertinente à une époque où la militance recherche un second souffle.UN PHÉNOMÈNE SOCIAL Parce qu'il provoque la réflexion et stimule l'action, ce film est devenu peu à peu un phénomène social, compte tenu de l'impact de son contenu chez ceux et celles qui l'ont visionné.C'est sous cet angle qu'il est opportun de l'analyser.L'acteur Robin Williams y incarne brillamment le rôle principal de John Keating, un professeur de littérature qui vient remettre radicalement en question l'ordre et les traditions platement conformistes d'un collège pour garçons, à la fin des années cinquante.Dans ce pensionnat, destiné à former les futures élites de la classe dominante, chaque étudiant est tenu de soumettre son comportement au moule pré-établi que l'on exige de lui.Administrateurs, enseignants, parents, tous joignent leurs énergies en vue de ce but ultime qu'est la «performance- académique et le prestige social qu'elle procure, quitte à raboter brutalement tout ce qui peut les en distraire.Les étudiants sont d'ailleurs eux-mêmes tellement épris de cette mentalité qu'ils en sont réduits à ne parler entre eux quede maths, de latin, en plusd'em- prisonner leurs rêves dans les ornières des courses aux diplômes et aux belles carrières de notables, que doit leur procurer leur «formation-.À noter qu'un tel comportement n'est pas sans liens avec l'actuelle «course à l'excellence" dans laquelle sont projetés, au Québec entre autres, les élèves les plus «doués» et «performants» assimilés à des chevaux de course.Ceux et celles qui n'ont ni le goût ni les capacités de souscrire à cette logique sont tout simplement laissés pour compte et marginalisés.Voilà l'une des conséquences du «darwinisme social» prôné par le système en place.ODE À LA LIBÉRATION Arrive donc ce nouveau professeur de littérature, dont l'enseignement déstabilisera systématiquement le monde rigide des certitudes intérieures: d'entrée de jeu, il fait déchirer la préface autoritaire d'un recueil de poésie et invite les étudiants à chercher en eux-mêmes leur voie: «Cherchez toujours de nouvelles avenues.Ne prenez pas en considération la pensée unique de l'auteur, mais développez la vôtre!» À une autre occasion, il monte sur le bureau du maître pour inviter l'assistance à voir les choses «sous un angle toujours différent».Citations de poètes tels Whitman, Thoreau et Tennyson à l'appui, il transmet à ses élèves cette vérité que le monde est à transformer et que chacun peut y contribuer par sa poésie, c'est-à-dire par son originalité et sa créativité propres.Quelques élèves trouvent l'inspiration dont ils ont besoin pour créer et oser.Volontairement, ils courent le risque d'être renvoyés du collège pour avoir formé un cercle de poésie clandestin; ils s'exposent à la colère paternelle pour avoir développé librement leur potentiel créateur.Enfin, ils secouent le carcan de la peur pour s'affirmer librement.Une telle audace se paie souvent chèrement: l'un des élèves se suicide, plutôt que de nier ses aspirations les plus fortes et d'obéir à son père.Les tenants de l'ordre établi profitent rapidement de ce suicide pour s'attaquer aux coupables déstabilisateurs.Le professeur Keating est renvoyé par suite de manoeuvres déloyales et mensongères et les étudiants libre-penseurs sont contraints de renoncer à leur liberté.Cepen- dant, les dernières minutes du film consacrent leur résistance.Ils se lèvent debout pour saluer Keating, l'hérétique, au grand dam de l'Autorité instituée.IL SUFFIT PARFOIS D'UNE SEULE Quand le mot FIN a vidé la salle, la vie pourtant continue.On en sort enthousiasmé et révolté, chacun-e se sent en solidarité avec le professeur et les élèves qui lui manifestent leur reconnaissance en bravant la répression.La leçon est belle, violente et intelligente.On n'en sort pas indemne.Qui reprendra le flambeau?Tout reste ouvert.La société des poètes disparus fait comprendre qu'une seule personne suffit parfois pour qu'éclatent les contradictions, que les comportements changent, que des consciences s'éveillent et que la réalité se transforme.Une seule personne qui peut être un enseignant, mais aussi un-eami-e, un-evoisin-e,un-emilitant-e.Car nous sommes tous porteurs de beaucoup plus de potentialités et de créativité que nous ne le sentons spontanément.Beaucoup de spectateurs se sont identifiés à cette insurrection des élèves contre les forces qui entendent les soumettre.Voilà qui est encourageant.Car l'esprit de lutte doit d'urgence redresser la tète, au Québec comme ailleurs, devant l'ampleur du saccage social et humain que provoquent la dualisation de notre société et l'abrutissement des consciences orchestrés par l'aliénation médiatique.De toute évidence, il y a beaucoup à faire.La société des poètes disparus rappelle que l'espoir suppose d'abord la désobéissance à l'ordre ancien, et l'insurrection.Il n'y a pas de création ni de libération qui ne soit le produit d'une rébellion.De So-crate le grand questionneur, à Jésus le rebelle, à John Keating le prof anticonformiste, le message est le même: l'espoir n'existe que DEBOUT.J.T, LE MONDE VUFEW8AS /AVEC OES P'TtTX r J,Js Cuis / h a n m o > RECYCLER LE RAIL EN PISTES CYCLABLES VELO QUEBEC o CD en E3 elon une étude du ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, la bicyclette vient au troisième rang des activités préférées des Québécois.Avec un parc de vélos évalué à 3 millions et plus de 2 800 000 cyclistes, nous sommes bien loin du phénomène marginal du début des années 70.La popularité de la bicyclette va de pair avec une nouvelle forme de tourisme vert.Les citadins et même les résidents des banlieues sont à la recherche d'espaces verts accessibles, de belles petites routes où pédaler en paix.Ces dernières années, le tourisme à bicyclette s'est développé en fonction d'un nombre de plus en plus grand de catégories.Les «granolas» de la pédale ne sont désormais plus seuls sur les routes.Chaque année, le cyclotourisme «carte de crédit recrute de plus en plus d'adeptes.On voyage léger, en terminant la journée à une bonne table, dans un bon gîte.Il y a donc une clientèle pour ce type de tourisme.POLITIQUES EXEMPLAIRES Depuis quelques années et dans les prochaines années, le phénomène d'abandon des emprises ferroviaires sera fortement répandu en Amérique du Nord.Aux États-Unis, un peu plus de 200 000 km de voies ferrées sont présentement abandonnées.De ce nombre, 4 400 km ont été aménagés en corridors récréatifs comportant des pistes cyclables.Aussi 300 nouveaux segments sont en voie d'aménagement en corridors récréatifs.Certains États se sont déjà dotés de politiques de recyclage des voies ferrées à des fins récréatives où l'usage du vélo est prioritaire.C'est lecas notamment de l'État du Wisconsin, pionnier dans le domaine et qui compte maintenant une quinzaine de sentiers récréatifs totalisant quelques 576 km.Jusqu'à maintenant, le Wisconsin a investi plus de 8 millions $ (US) dans l'acquisition et le recyclage de ses emprises ferroviaires.En Europe, plus particulièrement en Grande-Bretagne, 11 000 km de voies ferrées présentent un potentiel pour l'aménagement de voies cyclables et plusieurs projets sont présentement à l'étude.Au Québec, selon l'Office national des Transports, de 1963 à 1988, 25 "/» du réseau ferroviaire a fait l'objet de demandes d'abandon par les compagnies qui les possèdent.Un peu plus de la moitié de ces demandes ont été acceptées, ce qui représente un total de 1 100 km.A titre d'exemple de recyclage d'emprises ferroviaires au Québec, il faut souligner la piste Oka-Deux-Montagnes et les portions de pistes dans les villes de Trois-Rivières, Hull et Longueuil.AVANTAGES À RECYCLER LE RAIL Le recyclage des emprises ferroviaires en voies cyclables comporte de nombreux avantages.Techniquement, il est relativement facile d'y aménager une piste.Il est également facile d'en faire un «corridor mul-tidisciplinaire-: vélo, équitation, randonnée à pied, ski de fond.Les pentes sont très faibles, les ouvrages de drainage sont en place, les structures de pont sont souvent en place.En étant complètement à l'écart du réseau routier, ce type d'aménagement assure la sécurité des cyclistes, particulièrement les cyclistes débutants.L'aménagement facilite les déplacements entre les municipalités.Sur le plan économique, un aménagement bien conçu peut attirer des cyclistes de partout au Québec et même d'ailleurs.Des destinations comme Hull/Ottawa sont devenues de plus en plus recherchées par les cyclistes qui désirent s'offrir un week-end complet à vélo.Que dire aussi de la piste cyclable St-Eustache-Oka qui attire un grand nombre de Montréalais à la recherche de parcours c j -clables sécuritaires.Les randonneurs du dimanche.les voyageurs ou les vacanciers à vélo représentent, au même titre que les skieurs ou les véliplanchistes, un apport économique substantiel dans la région visitée, en transports, repas, et hébergement.Sur le plan social, le recyclage des voies ferrées désaffectées en corridors récréo-touristiques contribue à combler le dé-lu ît en espaces verts accessibles au grand public.Ce type d'aménagement et le type de vacances qu'il suscite contribue à l'amélioration de la qualité de vie et à l'améliorât ion de la santé de la population en général.Un tel équipement contribue à mettre en valeur les richesses culturelles et historiques d'une région."'£ o en en O > I • > I V » £U± Ne manquez pas fdans le prochain numéro SEPTEMBRE-OCTOBRE 1990 MAGABNEOEVIEOUV^ DOSSIER: Le Québec 70-90: À Indépendance politique ▼ et projet social ENTREVUES: Le mouvement étudiant des années 90 i par abonnement, ou en librairies! Suite aux développements récents au Nicaragua,il devient plus urgent que jamais de connaître l'histoire de ce peuple.NICARAGUA DIX ANS DE RÉVOLUTION (0'NO"J *1| Quvtifff Vous pouvez vous procurer ce livre, au coût de 105 plus les frais d'envoi (de 5S + frais d'envoi pour étudiants et sans emploi).Vie Ouvrière, 1212 Panet, Montréal, H2L 2Y7, (514)523-5998 Développement et Paix, 5633 Sherbrooke Est Montréal, H1N 1A3, (514)257-8711 /T ^v o m en DEBAT A V.O.Des débats ont lieu à l'équipe des permanents visant à préciser la mission et l'orientation de la revue.Le conseil d'administration a décidé de convoquer une assemblée générale d'orientation en octobre prochain.En effet plusieurs éléments dans la conjoncture de la revue nous y amènent.D'ici là un comité préparera, pour le début d'août, un document présentant différents scénarios quant aux orientations de la revue.Ce document sera débattu dans les instances, avec les collaborateurs et collaboratrices réguliers-es, avec les anciens et anciennes, avec des lecteurs et lectrices intéressés-es.Le conseil d'administration fera la synthèse des consultations et formulera une proposition d'orientation pour l'assemblée générale.À ce propos, si vous avez des suggestions ou opinions, n'hésitez pas à nous les faire connaître.Gilles Dugal JJ 32e Congrès du 26 au 30 juin 1990 h « * *- # Ce*
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