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Titre :
VO
VO est une revue bimestrielle engagée portant sur le monde du travail, l'économie sociale et la coopération internationale. Publiée de 1990 à 1997, elle fait suite à Vie ouvrière. [...]

VO est une revue bimestrielle publiée à Montréal de 1990 à 1997. Résolument de gauche, la revue accueille des rédacteurs dont les préoccupations sont orientées vers la lutte aux inégalités sociales, la solidarité internationale et le développement de services publics de qualité. Pierre Vallières est rédacteur en chef de VO jusqu'au printemps 1991, où il laisse sa place à Jean Robitaille, collaborateur régulier de la revue depuis quelques années, qui travaillera étroitement avec Daniel S.-Legault. VO fait partie d'une longue série de publications incluant le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990), Vie ouvrière (1979-1990) et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

VO s'adresse à un public scolarisé et engagé : intervenants et militants des milieux communautaires et syndicaux, journalistes, étudiants, recherchistes et, plus généralement, les individus préoccupés par les changements sociaux.

La nouvelle formule magazine adoptée par VO vise toutefois à une diversification tant de la forme que du ton. Des textes d'analyse substantiels côtoient les chroniques plus courtes dans une facture graphique plus illustrée et colorée que celle de Recto verso.

Le tirage de VO se situe entre 2000 et 5000 exemplaires.

FONTAN, Jean-Marc, « Souvenirs de Recto verso », Possibles, vol. 30, no

Éditeur :
  • Montréal :Jeunesse ouvrière chrétienne :1990-1997
Contenu spécifique :
septembre-octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Recto verso (Montréal, Québec) ,
  • Carnets de VO
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Références

VO, 1990, Collections de BAnQ.

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LE MAGAZINE DE VIE OUVRIÈRE SEPT.-OCT.1990 LE SIDA TREMBLEMENT DE TERRE RCM LA FIN DES ILLUSIONS LE MOUVEMENT ETUDIANT À L'HEURE DES CHOIX DOSSIEMQUEBEG 1970 LA CRISE D'OCTOB un appel à la révolution î UN INVESTISSEMENT - UN ACQUIS - UNE NÉCESSITÉ L'ÉCOLE PUBLIQUE : UNE RESSOURCE COLLECTIVE À SAUVEGARDER A Alliance des professeures et professeurs de Montréal (CEQ) souscription publique ième anniversaire des mesures de guerre et de l'occupation du Québec par l'armée canadienne En solidarité avec OCTOBRE CHAUD, je souscris la somme de________$ Nom :__________________________ Adresse:________________________ tél.L Chèque G Mandat G Comptant G Informations : Pierre Vallières 514 523*1409 Adresser votre souscription à: OCTOBRE CHAUD , local 323 1212, rue Panet, Montréal, Qc, H2L 2Y7 ONlNlM*6 PHOTO L WEBSMANN PHOTO LUC QUINTAL ICOURTOSE AGEUOAM) TRIBUNE LIBRE 4 ÉDITORIAL 5 TÉMOIGNAGE 7 ENTREVUE 8 La crise du mouvement étudiant Le mouvement étudiant est en crise En particulier, les gens sont tannés du traditionnel discours pur et dur véhiculé par l'ANEEQ Que sortira-t-il des remises en question actuelles, à l'heure de la lutte contre le dégel des frais de scolarité9 DOSSIER 12 La question nationale, 1970-1990 Vingt ans après la Crise d'octobre et l'occupation du Québec par l'armée canadienne, le débat sur l'avenir du Québec a repris de plus belle Mais contrairement à 1970, les porte-parole du mouvement souverainiste, pressés d'en finir avec le carcan fédéral, ont mis le projet social sous le boisseau Quel contraste entre le momen-tum d'octobre 70 et celui de l'après Meech! VIE ET CULTURE 25 Un théâtre issu du quotidien précaire SUR LA PLANETE 28 Tien An Men, un an plus tard EN MOUVEMENTS 34 Le RCM, entre lobbyistes et militants COURANTS D'ESPOIR Le sida, un tremblement de terre 38 BANDE DESSINEE 26 LIRE 27 CHRONIQUE INSOLENTE 31 QUESTIONS D'AMERIQUE 32 QUEBEC EN COULEURS 33 TOUR DU QUEBEC 37 LIRE - PARUTIONS NOUVELLES 41 VO : LE MAGAZINE DE VIE OUVRIÈRE Fondé en 1951 Magazine d'information alternatif, au service des classes populaires, il traite de leurs conditions de vie et de travail, de leurs organisations, de leur culture et de leurs débats VO s'inspire pnncipalement du courant chrétien libérateur II est publié en collaboration avec la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC).le Mouvement des Travailleurs Chrétiens (MTC) et le Centre de Pastorale en Milieu Ouvrier (CPMO) Ses prises de positions éditonales n'impliquent cependant pas ces organisations.Les articles publiés dans VO n'engagent que leur auteurs-es.Conseil d'administration: Jean-François Aubin, Esther Champagne.Guy Desmarais, François Gervais, Louise Lafortune Directeur: Gilles Dugal.Rédacteur en chef: Pierre Vallières Journaliste régulier: Jean Robitaille Comité de rédaction: Danielle Beaulieu, Nancy Burrows, Nicolas Calvé.Jean-Guy Casaubon.Josée Desrosiers, Mark Portier, Claude Hardy, Monique Tremblay, Myname El Yamani Membres des sous-comités et collaborations régulières: Judith Archambault, Martin Boisvert, Richard Bonnette Nicole Brais, Minam Charbonneau, Louise Desmarais, David Forcier, Danielle Forest, Jean Forest, François Gervais.Claude Hardy, Jean-Guy Lacoursière.Daniel Laprès.Diane Lalancette, Henri Lamoureux.Karlène Lauzon.Fabien Leboeuf, Lucie Lépine, Jean Ménard, Stéphane Pomainville.Jean-Hughes Roy, François Saillant, Élyse Tremblay.Pierre Viau.Comité de financement: Gisèle Bégin.Jean-Guy Casaubon.Ré|ean Mathieu Comptabilité, abonnements, traitement de texte, recherche visuelle, et montage: Daniel Legault Photographe: René Beaulieu Bande dessinée: Vivian Labrie.Impression: Imprimerie d'Artha-baska inc.Distribution: Diffusion Parallèle - Tél.(514) 525-2513 Fréquence de parution: 6 numéros par an Photo page couverture: René Beaulieu Montage page couverture: Conception GF Inc.Grille de tarifs: Abonnement individuel: 18$/an ou 32$/2ans Abonnement institutionnel: 25$/an Abonnement de soutien: 25$/an Étudiant ou sans emploi: 13$/an À l'étranger (par avion), individuel: 23$/an À l'étranger (par avion), institutionnel: 30$/an Un numéro seul : 3.50$ + 1 17$ en frais de poste Les articles de la revue VO sont inscrits dans le répertoire analytique d'articles de revues Points de repère Dépôt légal à Ottawa et à la Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0849-035X.Courrier de deuxième classe, enregistrement no 0220 Parution: no.226, 1er septembre 1990 Revue VO, 1212 rue Panet, Montréal (Québec), H2L 2Y7 Tel: (514) 523-5998 Tribune -£5- libre UN APPEL A LA POPULATION Toute la société est concernée par le dégel des frais de scolarité.Et la société, c'est vous.Vous qui avez des enfants, qui travaillez, qui êtes sur le chômage ou qui bénéficiez de l'aide sociale, il faut vous demander ce que la société de Tan 2000 vous réserve si le projet du ministre Ryan est mis en application.Regardons la croissance du nombre d'itinérants-es dans les rues de Montréal, de la délinquance chez les adolescents-es, de la toxicomanie, de la prostitution, du suicide et de la violence sous toutes ses formes.Pour remédier à ces problèmes, il faut non seulement une scolarisation plus adéquate afin de trouver des solutions rapides, mais aussi l'accessibilité à l'éducation, car les jeunes bénéficieraient ainsi de plus de culture et d'encouragement.La culture permet un comportement plus humain et la scolarité est à la base de cette culture.Le dégel des frais de scolarité provoquera l'abandon d'au moins 5% de la présente population étudiante aux niveaux collégial et universitaire, c'est-à-dire plus de 20 000 étudiants et étudiantes sur le marché du travail, où se trouvent déjà tics jeunes sur le chômage pour qui il n'y a pas de place: 20 000 chômeurs et chômeuses de plus condamnés-es à une dégradation progressive, à la mise au rancart et à une marginalisation face à la société! Le choix du gouvernement, irresponsable et dévastataa pour la société, est, pour beaucoup d'entre nous, une condamnation qui nous écarte du droit de vivre, une barrière nous empêchant d'atteindre les buts que nous nous sommes fixés, la destruction de nos vies individuelles entraînant des problèmes pour toute la société.C'est donc un appel à la population que nous lançons: Mobilisons nous! Contre le dégel des frais de scolarité Pour nous aider parce que cela nous concerne tous et toutes! Pour plus d'information ou si vous voulez donner votre appui, téléphonez à l'Association Générale Étudiante des Sciences humaines, Arts et Lettres de l'UQAM au (514) 987-7042.Photo de la page couverture Michel Gravel (courtoisie La Presse) 01T0R1AL LA DÉMAGOGIE DU CONSENSUS PIERRE VALLIERES FC8EHT FPECMFTTE AGENCE STOCK D PHOTO HORAOO PAONE.AGENCE STOCK ^ CD uand elle se réchauffe comme maintenant, la question nationale fait spontanément le bonheur des souverainistes de toutes tendances, aussi bien à gauche qu'à droite.Mais plus encore elle stimule les politiciens qui en vivent.Car ils espèrent que la fièvre populaire, à nouveau rallumée, les conduira rapidement à la direction des affaires de l'État.Malheureusement, la hâte politicienne a trop souvent pour effet d'exclure des débats publics la majorité de la population, par ailleurs invitée par les chefs de partis à discuter largement, et bien sûr démocratiquement, de leur avenir collectif.HORS DES PARTIS, PAS DE SALUT! Depuis l'échec des discussions finales (et fort peu transparentes) autour de l'Accord du Lac Meech, les éloges spécieux de la démocratie et du « peuple souverain ■• n'ont pas manqué.On a, avec raison, énergiquement condamné le huis clos opaque des dernières discussions constitutionnelles.On a proposé que désormais l'éventuel statut politique du Québec (indépendance, souveraineté-association, néo-fédéralisme.) soit discuté sur la place publique par tous les groupes et les individus qui le désirent.Bref, on a dit vouloir passer du conclave à l'agora.Mais ce beau programme n'est pour l'instant qu'un grossier mensonge, une démagogique imposture.En effet, les dirigeants politiques, surtout les plus nationalistes d'entre eux, définissent dès le départ la pratique démocratique du peuple, dit «souverain-, comme la recherche obligatoire de l'unanimisme social, c'est-à-dire d'une forme de consensus politique qui exclut d'emblée le droit à la dissidence, l'esprit critique, voire même toute espèce d'opposition véritable.E ■ ai EN a > Ainsi, avant même de donner le feu vert aux discussions publiques qui s'annoncent, on s'est hâté en haut lieu de décréter qu'aucun projet politique de rupture avec le capitalisme ne pourra ni ne devra être mis sur la table.Le Québec, en somme, souverain ou pas, est condamné par ses dirigeants au statu quo économique et social.La recherche de la spécificité du Québec en Amérique du Nord exclut toute forme d'alternative au capitalisme sauvage.Qu'en conséquence, les groupes et les personnes lésées par le système dominant se résignent.Autochtones, sans emploi, nouveaux arrivants, réfugiés, appauvris, porteurs d'eau de toutes catégories, votre avis n'est pas requis.Plus encore, vos réclamations de justice ne sont pas opportunes.De grâce, gardez vos pancartes chez vous! Ne souillez pas de vos colères le parterre des nouveaux aristocrates.LE DANGER D'OBSCURANTISME La paix sociale donc, l'absence de contestation, la soumission aux élus, quelle que soit par ailleurs l'indigence politique de ces derniers, sont présentées comme autant de conditions préalables à des débats que l'on veut pourtant larges et démocratiques.On prétend que l'urgence de définir un nouveau cadre constitutionnel pour le Québec est telle que nous devons unanimement et sans discussion taire nos divergences, mettre aux placards nos différences, voire même amnésier notre conscience historique.Bref, nous serions moins un peuple qu'un troupeau.o m Les bergers Parizeau, Bouchard et consorts ne cessent en de le répéter: la discussion doit être restreinte aux seuls enjeux juridico-constitutionnels d'un éventuel trian- „, gle libre-échangiste Québec-Canada-États-Unis.«■ D'accord avec Bourassa, ils exigent que cette discussion soit présidée, orientée et conclue par les banquiers.L'argent est l'horizon indépassable de notre «libération».Hélas, quand tu es pauvre, marginalisé-e et méprisé-e par les banquiers, les politiciens-nes et les notaires, cette libération-là risque fort de faire ton a malheur.Cela s'est déjà vu ailleurs.E a> Le Québec a beau être une société «profondément inégalitaire et dangeureusement insouciante-1, les « porte-parole économistes du «Québec libre» version m 90 entendent donc empêcher par tous les moyens, y compris la censure, que le débat sur la question "3 nationale soit l'occasion d'une réflexion collective et pluraliste sur un projet de société alternatif.Pas question pour les militants-es de donner tout son sens ° à la lutte à la pauvreté, entre autres, en pointant du doigt le système qui en est la cause.Non.Plutôt laisser o aux gens d'affaires et à leurs publicistes tout le loisir de > manipuler à leur profit les symboles et slogans de la souveraineté politique.Désormais au Québec, faire l'indépendance n'est plus bâtir une société libre mais simplement brasser une affaire, une grosse affaire.Une affaire de capitaux qui, parce qu'elle coûte très cher et doit rapporter gros, se doit de faire appel à des professionnels, à des experts, à des politiciens-nes économistes, et non pas à des porteurs d'eau, encore moins à des socialistes, des verts, des femmes ou des autochtones.Peu importe si les milieux d'affaires accusent, aux yeux de tous, un grave retard sur les problèmes et les attentes de la majorité.Ce qui est bon pour la Banque nationale est, à sa face même, bon pour la nation tout entière.ON fera l'indépendance comme ON a voté en faveur du libre-échange, captives et captifs d'un système qui confond la pratique démocratique avec la loi sauvage et inégalitaire du marché.Nos politiciens, pressés par l'urgence de profiter au maximum du momentum nationaliste, ont oublié que le débat pluraliste est la condition nécessaire de toute pratique démocratique.En dehors du pluralisme, le consensus obtenu ne peut être que le produit du plus vulgaire obscurantisme politique.L'unanimisme social, fabriqué à coups de dictats et de slogans creux, est le contraire de la liberté.Et où a-t-on vu une démocratie sans liberté?DE LA DÉMOCRATIE REPRÉSENTATIVE À LA DÉMOCRATIE DE PARTICIPATION L'impatience nationaliste des troupes affairistes de Parizeau et Bouchard ne sert pas la démocratie.Pour bâtir une société, un pays vraiment libre, nous devrons passer d'une démocratie représentative, d'une démocratie spectacle, faite de soumission, de résignation et d'apathie, à une démocratie de participation, pluraliste et créatrice, où personne ne sera laissé-pour-compte.Entre autres, au Québec comme partout ailleurs en Amérique, nous serons véritablement en démocratie le jour où les premières nations, les peuples autochtones, cesseront d'être traités comme des parias pour occuper enfin la place qui historiquement leur revient de droit: la première.On ne le répétera jamais assez: sans libération, dans la dignité et la justice, des nations autochtones d'ici, le Québec, même indépendant, demeurera un pays d'apartheid.La liberté des uns ne peut se construire sur le mépris et le génocide des autres.Opportunément, la crise autochtone de Kanesatake et de Kahnawake est venue nous le rappeler.JJT, I I isl' HisseMiiu'lk', le Devoir, A juillet 1990 m i g n a g ÉdCHJARDO GaLEANO, LE CÉLÈBRE AUTEUR DU LIVRE MONDIALEMENT CONNU LES veines ouvertes de l 'amérique latine^ est un intellectuel militant qui, depuis l'Uruguay, exerce une profonde influence dans le monde entier.Il compte plusieurs admirateurs et admiratrices au québec.l'un deux, plerre MOUTERDE, PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE AU CÉGEP LlMOILOU DE QuÉBEC, l'a RENCONTRÉ A MONTEVIDEO A PLUSIEURS REPRISES.LORS DE L'UNE DE LEURS RENCONTRES, GALEANO LUI A FOURNI EN QUELQUES PHRASES ÉTINCELLANTES SA DÉFINITION PERSONNELLE DE l'AUTEUR ENGAGÉ, QUE CELUI-CI SOIT |OURNALISTE, POÈTE, HISTORIEN OU PHILOSOPHE.LES VEINES OUVERTES DE L'OEUVRE ENGAGÉE: EDOUARDO GALEANO Propos recueillis à Montevideo, Uruguay, par PIERRE MOUTERDE TERRE HUMAINE POCHE | ) ■!■■ |j ^>^^ Les veines ouvertes de l'Amérique Latine Lorsque Christophe Colomb enrrepnt de traverser les grands espaces déserts à l'ouest de 1 ecoumène, il avait accepte le défi des légendes.De tcmhles tempêtes loueraient avec ses PRESSES V POCKE Nous vivons dans un système qui a les pattes à l'envers.On veut nous faire croire - pour que la réalité ne nous paraisse pas irréelle - que la morale doit être immorale.Il nous faut ainsi (en Uruguay) accepter la loi de la peur comme la seule possible.Figure-toi qu'en Uruguay quatre pesos sur dix du budget national sont destinés aux militaires et à la police.C'est le pourcentage le plus élevé au monde, si on se réfère aux pays qui ne sont pas en guerre.Et quatre dollars sur dix reçus en Uruguay au titre des exportations servent à payer les intérêts de la dette extérieure, une dette qu'en grande partie contracta la dictature militaire.En fait, tout cela ne sert qu'à payer le bâton qui nous réprime et le luxe qui nous humilie.Pourtant, il y a en dépit de tout, une sorte d'obstination de la dignité ON NE PEUT SEPARER L'OEUVRE DE LA PERSONNE «Je ne crois pas à cette schizophrénie qui permet de séparer l'œuvre de la personne.Je ne crois pas non plus à l'objectivité de la parole humaine.Je prends parti et je n'en ai pas honte.Il me semble que ce vieux poète nicaraguayen avait raison quand il me disait: "Ne te fais pas de soucis, tous ceux qui ont le culte de l'objectivité, en réalité ils ne cherchent pas à être objectifs, ils cherchent à être des objets, pour se sauver de la douleur humaine ".Et comme je ne veux pas me sairxer de la douleur humaine.parce qu 'il me semble quec tes t i indi spensable prix qu on paie pour avoir droit a I "humant allégresse, je n 'ai aucun intérêt a être i 'bjectit.Mes travaux sont résolument subjectifs.Je conte des histoires depuis mon intériorité.Cela me réchauffe, réveille la même haine, le même amour que j'aimerais que mes paroles éveillent chez mes lecteurs." REFUSER LA CULTURE QUI FRACTURE «La culture dominante est une culture qui fracture, mutile et écartèle la condition humaine.Elle sépare l'âme du corps, la vocation du travail, comme le discours public du discours privé, la raison du coeur.J'écris contre cela, essayant de ramasser ces morceaux épars, d'unir justice et beauté.Je ne pense pas qu'il y ait d'un côté la dénonciation de l'injustice, de l'autre la recherche du beau, ou le monde extérieur avec ses cris que nous entendons, et de l'autre les guerres intérieures et les tourments de l'âme.Les guerres intérieures sont les mêmes que celles du dehors.En moi aussi s affrontent ta liberté et la peur.Et la parole humaine trouve justement son sens quand elle contribue à ce que les gens puissent réintégrer leur personnalité fracturée.C'est en ce sens que ma parole est une parole engagée.Parce qu'elle ne peut pas rester impassible devant la douleur humaine.» 1 Edouardo Gaieano, les veina ouverta .'i / Imirique Uuine.Plan, Collection Terre Humaine, récemment réédite en h\ redepodH in très grand classique.D cr n a E 33 eu eu D > IM Une des caractéristiques principales du mouvement étudiant est certes le roulement impressionnant de sa base.Sans cesse, les étudiants-es passent.Ironiquement, les leaders du mouvement étudiant font preuve de beaucoup plus de stabilité.A ce titre, André Gacnon remporte sans conteste la palme de la fidélité.Présent a la fondation de l'ANEEQ en 1975, il milite encore activement dans le mouvement étudiant! Il fut, au cours de la dernière année, secrétaire général de L'AGEUQAM ET DÉLÉGUÉ DE LA RÉGION DE MONTREAL au Conseil central de l'ANEEQ.Puis en juin dernier, il fut candidat au titre de secrétaire général de l'ANEEQ, lors d'un congres qui avorta avant la tenue des € V ^ +r L ELECTIONS.ANDRE GAGNON Textes de JEAN ROBITAILLE PHOTO RENE BEAUUEU V u OPERATION CHOCS ÉLECTRIQUES À L'ANEEQ À l'UQAM, On gèle contre le dégel!, thème d'une des manifestations originales qui ont ponctué la lutte étudiante contre la hausse de 140% des frais de scolarité.Ici, les étudiants-es assistent au milieu de l'hiver aux cours donnés sur la rue St-Denis -::; x =-: IL Y A CRISE A L'ANEEQ ET L'AFFRONTEMENT EST FÉROCE.LA LUTTE RISQUE D'ÊTRE MORTELLE POUR CETTE ORGANISATION ÉTUDIANTE NATIONALE QUI CÉLÉBRAIT, LE 22 MARS DERNIER, SON QUINZIÈME ANNIVERSAIRE.La crise a éclaté en juin dernier au congrès de l'ANEEQ.Coup de théâtre à la reprise du congrès le dimanche matin: les délégations de cinq associations étudiantes quittent le plancher du congrès en déclarant qu'elles ne peuvent plus travailler dans le climat d'affrontement et de basse politicaillerie qui infeste le congrès.Faute de quorum, le congrès est aussitôt ajourné sans avoir pu procéder ni à l'adoption d'un plan d'action pour la poursuite de la lutte contre le dégel des frais de scolarité, ni à l'élection d'un nouvel exécutif.L'EMERGENCE D'UN NOUVEAU MILITANTISME ANDRE GAGNON Pendant quelques semaines, au printemps dernier, alors que la lutte étudiante contre le dégel des frais de scolarité s'animait, André Gagnon orchestrait à l'AGEUQAM une mobilisation originale qui s'affranchissait des dogmes militants imposés par la direction de l'ANEEQ contrôlée par le Groupe Actionsociiiïiste(GAS).l'attention des médias se portait sur les actions originales entreprises dans le cadre de cette grève nomviiu genre.L'exécutif de l'ANEEQ ne savait trop comment composer avec un mouvement qui d'ailleurs lui échappait.La prétendue ava/zf-garde du mouvement étudiant était dépassée par l'émergence d'une nouvelle culture militante combative et radicale, mais aussi tolérante et libertaire.André Gagnon, lui, assumait avec beaucoup d'assurance et de charisme le véritable leadership de ce mouvement.Et pourtant, son propre itinéraire militant aurait pu en confondre plus d'un sur sa capacité de composer avec les différences.Jusqu'en 1985, il a été membre du Parti communiste canadien (marxiste-léniniste), plus tristement connu sous le sigle PCC(ML).11 mène aujourd'hui le combat à l'ANEEQ contre une organisation politique, le GAS, qui s'inspire des mêmes idéologies et des mêmes pratiques que le PCC(ML).André Gagnon reconnaît ses erreurs mais ne prétend pas s'engager dans un règlement des comptes avec qui ou quoi que ce soit.Il précise toutefois que -pour avoir participe à de pareilles actions de noyautage dans le passé et parce que j'ai acquis, depuis, la conscience et la conviction que c'est extrêmement négatif pour le mouvement étudiant, je considère aujourd'hui quec'est ma responsabilité de les combattre.» La vision du développement du mouvement étudiant préconisée par ce nouveau courant se distingue clairement de celle qui prévaut à l'ANEEQ depuis six ans et cela, sous deux aspects principaux: la conception de la grève et les stratégies d'unité du mouvement étudiant.LA GRÈVE ACTIVE •-Ça fait longtemps que les gens voulaient autre chose que juste des lignes de piquetage quand on faisait une grève-, précise .André Gagnon.À l'UQAM, au printemps, on n 'a pas vu les habituels affrontements sur les lignes de piquetage entre groupes rivaux et forces policières qui jouaient des bras pour fermer ou ouvrir l'université.André Gagnon explique pourquoi: '00115 notre conception de la grev e active, tu te mets en grève parce que tu as besoin de tout ton temps pour te mobiliser.Voter en fa veux de la grève ce n'est pas juste un geste passif d'opposition où 1 on dit " Bon, on est contre telle mesure pis on reste chez nous".Non, dans notre conception de la démocratie, les mobilisations doivent être faites et pensées par la base.■ La quantité d'actions de toutes sortes (occupations de la Bourse de Montréal, du pont Jacques-Cartier, des bureaux du Conseil du patronat, construction d'un mur de glace devant l'édifice Lavalin - La Laurentienne, etc.), tout comme l'implication originale des etudiants-es en fonction de leur champs d'études (composition et présentation du Manifeste étudiant par les gens d'Arts dramatique, production d'un vidéo sur la lutte par le groupe de Communications, etc.).o en en (D OJ ru □ Ce congrès avorté est le résultat de la lutte farouche que se livrent depuis quelques mois deux camps opposés à l'intérieur du mouvement étudiant.Solidement installés aux rênes de l'ANEEQdepuis six ans, où ils conservaient un contrôle quasi absolu sur toutes les instances, les membres du groupe Action socialiste (organisation marxiste-léniniste) voient aujourd'hui leur leadership très sérieusement contesté par des forces progressistes au sein de l'ANEEQ.André Gagnon, étudiant en Histoire à l'UQAM et militant étudiant depuis longtemps, est un des principaux instigateurs de ce mouvement d'opposition.LA DÉCOMPOSITION DE L'ANEEQ André Gagnon ne manque pas de qualificatifs inquiétants quand vient le temps de illustrent bien le renouveau qui a caractérisé l'AGEUQUAM, insiste sur le vent de liberté eu une grande liberté pour s'exprimer, pour o la lutte étudiante au printemps dernier.Yves qui a soufflé: «Ce qui est neuf, et ce qui agir,pourcréer;ettoutcela,ennesentantpas > Fortier, membre de l'exécutif de pourtant n'aurait pas dû l'être, c'est qu'il y a constamment la menace physique de la ré- parler de l'état du mouvement étudiant: ■•On assiste présentement à une décomposition, une désintégration, une atomisation du mouvement étudiant.Tout cela est en grande partie dû à l'inconsistance de l'ANEEQ causée par le sectarisme et le dogmatisme instaurés par les différentes sectes politiques qui se sont succédées à sa direction.Il faut rompre avec une telle tradition.La principale erreur qui a été faite à la fondation de l'ANEEQ c'est de ne pas avoir tenté d'empêcher le noyautage politique dès le début».Le mouvement étudiant saura-t-il une fois de plus retomber sur ses pattes ou bien assisterons-nous tout bêtement à sa dissolution?André Gagnon prétend que l'ANEEQ suit actuellement la même courbe que celle empruntée par la plupart des organisations marxiste-léninistes il y a dix ans.-L'ANEEQ association combative, ce n'est plus qu'un slogan.Elle est en train de disparaître, de s'évanouir.Il faut se réveiller et changer ça-.L'opération choisie ressemble aux chocs électriques que l'on administre aux gens qui viennent de faire un arrêt cardiaque dans l'espoir ultime de les ranimer.m Caroline Brisebois, observatrice de l'UQAM qui fait partie du groupe contestataire de l'actuelle direction de l'ANEEQ le confirme.«On a fait ça pour éviter la mort de l'ANEEQ.Si l'équipe appuyée par le Groupe Action socialiste avait été élue, ça aurait été la fin de l'ANEEQ.» L'avenir demeure tout de même bien sombre pour l'ANEEQ.Tammy Powel, déléguée de Concordia, évoque sa déception: «Je ne vois pas d'avenir pour l'ANEEQ s'il n'y a que cinq ou six associations qui participent.On ne peut plus parler alors d'une force étudiante.» Deux personnes qui ont travaillé étroitement avec les membres du Groupe Action socialiste (GAS) à la tête de l'ANEEQ étaient aussi bouleversées par les événements survenus au congrès.Jeff Begley, qui était membre de l'exécutif de l'ANEEQ cette année, se demande s'il y a «des gens qui prennent en considération les conséquences de cette ba- taille?Je suis rempli de tristesse, ça n'a pas de bon sens.» Michel Gill, qui se présentait contre André Gagnon au poste de secrétaire général de l'ANEEQ partageait ce désarroi.«Ça me fait peur de voir ça.Depuis le début du congrès, j'ai retenu mes émotions.Mais là, ça fait terriblement mal.» À nouveau à la croisée des chemins, le mouvement étudiant est invité non seulement à choisir son conducteur, mais il doit aussi sortir au plus vite du cul-de-sac dans lequel il s'enfonce.'*£ pression.Malheureusement, aux yeux de la direction de l'ANEEQ on passait pour une gang d'organisateurs de cirque.» L'UNITÉ D'ACTION L'ANEEQ a traditionnellement adopté une attitude puriste et sectaire à l'égard des associations étudiantes concurrentes, refusant toujours les compromis qui auraient permis de réaliser l'unité du mouvement étudiant au-dessus de l'ANEEQ.Encore cette année, la direction de l'ANEEQ s'est employée à déstabiliser les chances d'unité d'action contre le dégel des frais de scolarité.«On ne pouvait pas accepter comme seule base d'unité le programme de l'ANEEQ revendiquant la gratuité scolaire, parce que «Las gens chez nous sont tannés du traditionnel discours pur et dur.La cassette est usée et ne pogne plus! Le phénomène boule de neige où l'UQAM sort en premier, puis que les autres suivent après, ça ne marche plus.On veut se battre pour faire reconnaître nos droits, mais on veut aussi être libres de s'exprimer dans l'organisation de nos luttes.On pense qu'il est légitime de souhaiter avoir du plaisir à lutter».- Yves Fortier, membre de l'exécutif de l'AGEUQAM PHOTOS HENE BEAUUEU historiquement les associations étudiantes universitaires n'y ont pas adhéré», de souligner .André Gagnon, qui rappelle aussi que seulement deux universités sur douze au Québec sont membres de l'ANEEQ.«L'objectif de la gratuité scolaire est important pour donner une perspective à notre lutte, mais on ne doit pas le poser comme obstacle à l'unité d'action de toutes les composantes du mouvement étudiant.Notre objectif immédiat, c'est le maintien du gel des frais de scolarité.Et sur ce poin t, on arrive à obtenir le conscensus d'une large majorité du mouvement étudiant.» UNE SECTE POLITIQUE Hélas la direction de l'ANEEQ ne l'entendait pas ainsi.Elle a tout fait pour exacerber les contradictions, cristalliser les tendances, en figeant dans le béton les positions des diverses associations étudiantes.D'habitude plutôt calme, .André Gagnon devient plus mordant sur cette question.«C'est de la masturbation intellectuelle.La base du mouvement étudiant est tellement instable! C'est ridicule de provoquer ainsi les antagonismes entre les positions des associations étudiantes.En fait, une telle attitude ne sert qu'à assurer la domination d'un groupe politique qui se sert de l'ANEEQcommed'un appareil.Au nom de la défense de la pureté de la ligne, cette secte maintient son hégémonie sur l'ANEEQ et fait en sorte que les courants minoritaires (qui sont d'ailleurs peut-être devenus majoritaires) soient exclus, en décrétant une espèce de monolithisme idéologique, le Gron/v Action Bd i/ivff impose à 1 ' ANEEQ une vision sclérosée et extrêmement mecaniquedu marxisme» £5 o en en CD eu eu o > I E Nul doute que l'automne 90 sera dominé par la question nationale au Québec.La renaissance de l'aspiration indépendantiste, que l'on croyait a jamais noyée dans la morostté post-référendaire des ANNÉES 80, COÏNCIDE, PAR UN CURIEUX HASARD HISTORIQUE, AVEC LE 20lEME ANNIVERSAIRE DE LA CRISE d'OC-TOBRE 1 970.cet anniversaire, dans la conjoncture présente, est l'occasion d'une réflexion collective non seulement sur une page importante de notre histoire récente mais aussi et surtout sur le pro|et de société que nous entendons bâtir dans un québec enfin ubéré de toute forme de tutelle extérieure.Certains voudraient que la majorfté, indépendamment des enieux sociaux en cause, signe un chèque en blanc aux chefs nationaustes et aux gens d'affaires, afin qu'ensemble ils nous disent jusqu'où ne pas aller dans la uberation.En ce sens, se souvenir d'Octobre, c'est aussi se reapproprier son autonomie de classe, son esppjt critique, sa dissidence, ses propres priorités.L'indépendance n'est pas une affaire de gros sous, mais essentiellement une affaire de dcntié et de lUSTICE.POUR TOUTES ET TOUS, SANS EXCEPTION.Il EST IMPORTANT QUE LES APPAUVRJS-ES, LES FEMMES, LES AUTOCHTONES ET LES |EUNES, NOTAMMENT, NE SE LAISSENT PAS ENRROUAPER PAR LES DEMAGOGUES D'UN SOUVERAINISME D'AFFAIRES, BOURRE D'ARGENT MAIS TOTALEMENT VIDE D'iDÉES.25 juin 1990 photo horacopao* «gencestock PIERRE VALLIERES 1970, UNE ANNÉE CHARNIERE QUESTION NATIONALE ET PROJET DE SOCIETE Comme le rappelait fort justement le magazine VOIR, dans son édition du 21 juin 1990, «dans les années 60 le projet d'un Québec indépendant allait de pair avec celui d'une société juste et équitable», alors qu'aujourd'hui les principaux ténors de la scène politique et financière, solidaires dans leur volonté commune d'enrichissement, ne parlent plus que d'un •Québec riche et économiquement compétitif».«On a tellement voulu se payer l'indépendance, soulignait VOIR, qu'on a fini par ne penser qu'à l'argent.Et maintenant qu'on l'a, l'argent, et qu'on peut l'avoir, le pays, qu'est-ce qui nous reste à mettre dedans?» Les auteurs précisaient: «On a gelé les subventions à la culture qu'on disait défendre; on a sabré dans les services sociaux et dans les services de santé; on mène la vie dure aux bénéficiaires de l'aide sociale et on remet en question le principe de la gratuité scolaire.Pourtant, ce sont aussi ces acquis, et pas seulement la langue, qui ont fait du Québec une société distincte.Prenez le Québec, faites payer les malades, les étudi-tants, laissez les pauvres i/i MANIFESTE DES FEMMES QUÉBÉCOISES Voici quelques extraits du manifeste rédigé par le Front de libération des femmes huit mois après celui du F.L.Q.Ce manifeste ne disait pas tout de l'oppression des femmes du Québec mais se voulait un premier instrument de travail et de réflexion pour toutes les femmes désireuses de sortir des cuisines pour prendre la parole et agir par elles-mêmes, pour elles-mêmes.1 semble que pour tout le monde Ila libération des femmes soit sous-entendue dans la libération nationale.Eh bien, non.La libération des femmes n'est pas nécessairement lecorollaired'une révolution sociale.I,es révolutions socialistes antérieures sont là pour le prouver.Or, pour les femmes, cequi importe d'abord c'est la libération des femmes.Notre oppression dure depuis des millénaires et maintenant nous en avons assez.Mais nous sommes très conscientes que notre libération est liée à la libération nationale et c'est pourquoi nous joindrons le mouvement; nous avons, nous aussi, une responsabilité vis-à-vis la lutte révolutionnaire qui s'est développée au Québec et c'est pourquoi nous entendons y participer.On doit savoir que nous lutterons pour la libération des femmes à l'intérieur du mouvement révolutionnaire et que nous ne tolérerons plus d'être discriminées à l'intérieur même de ce mouvement.Nous avons toutes pour la plupart milité dans les mouvements mixtes dont la position en ce qui a trait aux femmes est assez équivoque.La théorie -marxiste» des mouvements mixtes se résumait à peu de choses: le système capitaliste opprime les hommes et les femmes.Les hommes oppriment les femmes parce qu'ils sont colonisés.Changeons le système, les hommes seront décolonisés et ils cesseront d'opprimer les femmes.Splendide.Voilàqui élude à peu de frais la question des femmes, de leur oppression spécifique et de la lutte qu'elles doivent mener.Une telle théorie est une invitation à l'attentisme et à la passivité.Nous, les femmes de ces mouvements, occupées à la grande lutte contre l'ennemi commun, nous n'avons pu définir comment cet ennemi nous opprimait.Quand nous avons commencé à le faire, un grand problème se posait: le manque d'instruments.C'est un problème auquel font face la plupart des révolutionnaires québécois.Maisau moins, ûsoniNègresBlancs d'Amérujiw^ePetitManiwU'HistoireduQuébec, etc.Nous, nous n'avons rien.Peu à peu, nous avons déniché des articles écrits par des féministes françaises et américaines.Ce fut le début de notre recherche théorique, ce fut aussi la révélation.11 y avait effectivement une oppression spécifique des femmes et qui pouvait s'analysersur les basesdu matérialisme historique.Nous avons découvert également que la double oppression dont on nous parlait constamment venait du fait que nous étions les victimes de deux systèmes: le système capitaliste et le sytème patriarcal, et que notre libération supposait la fin de ces deux systèmes, chosequ'aucune révolution sociale n'a encore fait.C'EST UNE RÉVOLUTION QUE NOUS VOULONS Penser c'est souvent le premier temps d'une révolution.Or, c'est justement une révolution que nous voulons, nous les femmes.Une révolution qui nous sortira de notre servage et de toutes nos dépendances.D'une telle révolution presque personne n'a encore parlé au Québec.Sur les programmes, dans les manifestes, dans la pratique quotidienne, nous sommes ignorées ou maintenues dans les rôles traditionnels des femmes, y compris celui d'objet sexuel.Il devient clair pour nous les femmes qu'il nous faut faire la révolution si nous voulons que ça change.Ce qui est en jeu ce n'est pas seulement notre libération mais aussi la libération de tout notre peuple et de tous les peuples de la terre.Pourquoi y-a-t-il peu de femmes dans nos mouvements révolutionnaires?La majorité des femmes du Québec est formée de ménagères.Être ménagère, ça veut dire travailler par amour ou par intérêt environ 80 heures par semaine; n'avoir jamais une minute à soi, à cause du mari, des enfants, des repas, du lavage, des commissions, etc.Ça veut dire avoir peu de temps pour penser et encore moins de temps pour faire autre chose, par exemple militer dans un mouvement révolutionnaire.Accaparées 16 heures du 24, isolées sans possibilité de développer une conscience collective, soumises pour la plupart, il ne faut pa s'étonner de la non participation des femmes aux mouvements révolutionnaires.FINI LA SOUMISSION Ce fut pour beaucoup le désenchantement.C'étaient les hommes qui dirigeaient les mouvements, c'étaient eux les penseurs, les organisateurs, les martyrs.Il n'y avait pas grand place pour nous, encore moins à la direction.Mais nous étions habituées à cet état de chose et nous n'avons rien dit, espérant qu'ils reconnaîtraient notre va-leur( ! ! ! ) si nous travaillions beaucoup.Nous avons travaillé beaucoup.Nous avons tapé leurs textes, peinturé leurs pancartes, écouté leurs discours, marché dans leurs manifestations, scandé leurs slogans -Le pouvoir aux travailleurs» (et travailleuses?).La ma jorité des révolutionnaires mâles sont pour nous des oppresseurs: il nous a fallu du temps avant de prononcer ce mot 11 nous a fallu des mois d'insatisfaction, de misère psychologique et une exaspération très grande devant leurs attitudes dominatrices arrogantes et paternalistes quotidiennement répétées, quotidiennement vécues.Il nous a fallu toucher les limites de l'impuissance pour que notre colère serve à dire ce que nous étions et ce que nous voulions.Dès lors, des femmes se sont réunies pour parler des femmes.Et ce fut le grand commencement.Nous entendons dès maintenant lutter pour nos revendications et faire en sorte que toutes les femmes se sentent concernées par la libération nationale et sociale parce que là sont leurs intérêts.Nous voulons nous organiser pour qu'après la victoire nous soyons en position de lutter encore pour que notre libération devienne réelle. cUWV.Wta • > conciliée avec elle-même, elle pense moins à ses propres bobos qu'au besoin de construire des solidarités.Notamment avec l'aide et l'amitié de Michel, l'animateur social type, qui respire spontanément la joie de vivre.C'est évidemment lui qui a organisé le party.Les trois autres personnages de Graffitis sont trois gars: Richard, jeté hors de chez lui à 15 ans, ex-prostitué, ex-drogué, révolté, analphabète; Louis, commis au gouvernement fédéral, combinard, superficiel et poseur; enfin Benoit, étudiant en administration à l'université, le smatte du groupe.SEPT PERSONNAGES EN QUÊTE D'UN SENS Ces sept personnages, en quête d'un sens, s'empoignent avec l'énergie de ceux et celles qui, acculés au mur, cherchent une issue.Une issue qu'ils ne trouvent pas vraiment, mais qu'ils gardent «ouverte» en se réconciliant, une fois apaisée la douloureuse tempête des émotions et des mots.Instinctivement, ils réalisent que s'il y a une issue quelconque au mal de vivre, celle-ci doit se chercher du côté de la solidarité plutôt que de l'individualisme et du sauve-qui-peut égocentrique.La particularité de cette production communautaire est qu'elle a presque tout entière été conçue et réalisée par des jeunes issus du monde du travail.Ainsi, Sylvain Barrette (Michel) travaille dans une banque; Anne-Marie Lecompte (Caroline) est fonctionnaire; Corinne Quijada (Linda) ne connaissait pratiquement du théâtre que les fêtes organisées par le curé; Danielle Léonard (Johanne) en était elle aussi à ses débuts; tout comme Marc-André Charette (Benoît), chanteur du groupe Intersection; et Alain d'Entremont (Louis) qui travaille à la Commission de la Capitale Nationale.En fait, seul Martin Lapierre (Richard) fait du théâtre à temps plein.DE HULL À MANIWAKI Après avoir été présentée à la salle René-Provost à Hull, en novembre et décembre 1989, la pièce de Serge Tremblay a été jouée à Maniwaki dans une salle de plus de 500 places, en juin dernier, par les mêmes comédiens et comédiennes.Les profits de cette représentation, organisée conjointement par le Théâtre du Tome II et M.Robert Giard, curé de Maniwaki, ont été versés au Motel industriel, espèce d'incubateur industriel pour jeunes entrepreneurs de la région.L'été dernier, la troupe s'est rendue en France, plus spécifiquement au Havre, en Haute-Normandie, dans le cadre d'un échange franco-québécois.Entretemps, Serge Tremblay se consacre à la rédaction d'une deuxième pièce, portant cette fois sur des femmes âgées et seules aux prises avec un spéculateur immobilier qui a décidé de les expulser de leur logis.Un ordre d'expulsion auquel elles n'entendent certes pas se plier.Bien au contraire, elles organisent aussitôt leur résistance.À suivre.tT LE MONDE VU PENSAS o 01 OJ OJ o c o > v-V- À V information: (418) 524-2744 E3 CHBON.QUE .NSOUNTE NICOLE BRAIS LA année 1990 aura marqué I bien des anniversaires, cer-■ tains heureux, d'autres ■ moins.Les femmes ont fêté deux fois plutôt qu'une le 50ième anniversaire de l'obtention du droit de vote.Le lOième anniversaire de l'échec du référendum aura presque passé inaperçu.Peut-être parce qu'on s'attendait à vivre un deuxième rendez-vous avec l'histoire.»Ganierez-wus panni \vs sowenirs, ce rauh'Z-wus où je n'ai pu \vnir.?- La différence avec la chanson, c'est que tout le monde sait que ça avait l'air d'un jeu mais que ça a viré au drame, coincés que nous étions à Ottawa, en otages volontaires.Enfin, passons.C'est dans ces lendemains désenchantants, que seront célébrés les 20 ans de la Crise d'octobre.Tout ça pour vous dire que la patience est de mise.Après 50 ans de droit de vote, la photo de la belle famille constitutionnelle parle d'elle-même.Y en a-t-il des cravates! Les femmes ont parlé de pouvoir toute l'année, tandis que les hommes, eux, ont continué à l'exercer, à leur manière.Et malgré qu'il s'en trouve pour dire que l'exercice est parfois pénible, ils en retirent, c'est évident, un plaisir certain.Jongler avec les préambules dans les vestibules, jouer le sort du Canada dans une virgule ou une apostrophe.Si ce n'était pas si sérieux, on serait tous morts et mortes de rire.Pendant que les hommes font de l'avenir du pays un exercice de linguistique (c'est une façon de dire qu'ils parlent pour ne rien dire, ou encore pour qu'on n'y comprenne non) les femmes ne sont pas dans le décor pour de nombreuses raisons: entreautres, elles s'assurent que tout roule pendant que ces messieurs piétinent.Un projet de société, ça se discute bien à huis clos, dans des colloques ou des forums.et ça te rentre dans le corps au quotidien à coup de réformes et de Loi 37.Un UN PROJET DE SOCIÉTÉ PLAISANT projet de société, ça peut remplir facilement tous les rayonsd'une bibliothèque.mais ça peut aussi remplir les vingt-quatre heures par jour d'une vie à mettre sur pied des centres de santé pour femmes, des garderies.Encore peu nombreusesà l'avant-scène, mais toute une n du gouvernement Bourassa et suite aux pressions exercées, l'administration a décidé d'agir.Et ce, même si la dépollution ne fait pas partie, comme telle, des responsabilités d'un gouvernement municipal.- Vl»i i |^TOUR OU 0UÈBEC Petite capitale tranquiUe des Basses-Laurentides, Saint-Jérôme se ferait presque oublier du panorama québécois, si ce n'était que la pau\Teté et les problèmes sociaux y voisinent de plus en plus ostensiblement le développement urbain de luxe et une population huppée.Saint-Jérôme est devenue une société duale.Ici comme ailleurs, ce sont surtout les jeunes qui sont touchés: décrochage scolaire, suicide, appauvrissement des jeunes femmes cheffes de famille, violence conjugale, chômage.REBÂTIR LE TISSU SOCIAL «Le problème, nous dit un vieux militant de la région, Paul-André Boucher, ex-leader de Tricofil, c'est que ça dérange encore trop peu de gens.Beaucoup voient bien qu'il faut faire quelque chose, mais ils sont happés par le système économique qui laisse bien peu de place et donne bien peu de chances à quelqu'autre projet social.Aussi, malgré la quarantaine PAUL ANDRÉ BOUCHER: DE SAINT-JÉRÔME À MONTRÉAL ET VICE VERSA JEAN FOREST d'organismes communautaires de toutes orientations que l'on retrouve dans le grand Saint-Jérôme, nous en sommes venus au constat qu'il faut rebâtir un tissu social de base.C'est-à-dire amener des citoyens-nes, jeunes surtout, à réfléchir sur les valeurs fondamentales d'une société juste et égali-taire et à s'engager, à prendre les moyens de la promouvoir et de la mettre en place.- La nouvelle pauvreté a jeté à nouveau dans la mêlée ce pionnier des coopératives de travail dans la région.«Moi aussi, j'ai pris une pause après la fin de l'aventure Tricofil au début des années '80, après avoir contribué à mettre sur pied le Comité provincial des coopératives de travail, reconnaît Paul-André Boucher.Mais depuis trois ou quatre ans, je m'implique concrètement à Saint-Jérôme, avec le C.J.S.et .Alliance Nord-Sud.LA PRODUCTION COOPÉRATIVE; UNE ALTERNATTVE La Coopérative Jeunesse de Services (CJS) a pour objectif de réunir des ressources des milieux coopératif, communautaire, syndical, diocésain et éducatif, dans le but de soutenir le développement d'entreprises coopératives créatrices d'emplois, pour des jeunes âgés de 14 à 18 ans.Alliance Nord-Sud, de son côté, aspire à créer un réseau de distribution de produits coopératifs provenant du Tiers-monde, ainsi que de produits fabriqués par des groupes communautaires de chez-nous.On le voit tout de suite, les deux groupes ont des liens directs avec l'éthique sociale chère à Paul-André Boucher celle qui intègre le travail aux multiples dimensions de la vie et de la réalite des personnes.Si Alliance Nord-Sud est un groupe populaire local typique de Saint-Jérôme, le CJS est, par contre, issu de la nouvelle orientation du Comité provincial des coopératives de travail, qui loge toujours au 3424 est, rue Ontaho.à Montréal, mais qui a changé de nom pour CeliddellqpafHlltHCgufléaofedfcSCDqp&HfriaB ttœopémmn du tami (RQCCD.Allant de Saint-Jérôme à Montréal, chaque semaine, Paul-Andre Boucher observe actuellement un regain de la vie communautaire.«Même si, precise-t-il, c'est toujours difficile de mobiliser les gens».JT a m en ru eu o > SIDA: UN TREMBLEMENT DE TERRE GILLES DUCAL o m en a o o ■ E OJ g en 'XI CU ai o c o > «C'est dramatique que ma fille commence sa vie sexuelle avec un CONDOM».«Ce n'est PAS PLUS dramatique que le fait de ne pouvoir se baigner dans le fleuve à cause de la pollution», lui rétorque Louis-Marie Gacnon' .Le sida est un défi de société, un défi collectif qui exige de changer notre façon de vivre, comme la pollution l'exige.Le sida rappelle les brutales limites situées au coeur du désir.Les certitudes d'une sexualité sans risques et sans conséquences volent en éclats.Le sens profond de l'échec provient du manque de contrôle sur le monde dans lequel nous vivons.«Se voir ainsi nous donne envie de hurler, de pleurer ou de se terrer dans le silence».2 La science a perdu le contrôle.La mort fait irruption chez des personnes jeunes au plus vigoureux de leur vie, au creux de leur plus vivante passion.Et ce, au moment où la société masque le mourir.Avait-on oublié que la vie est aussi une maladie transmise sexuellement et qui mène à la mort?UN DÉFI SOCIAL Le sida remet en cause de plein fouet nos rapports à la sexualité, à la marginalité, à la mort.Six à huit millions de personnes atteintes dans le monde, dont quatre-vingt mille déjà décédées d'après les centres fédéraux de contrôle de la maladie.Au Québec il y aurait entre cinq et vingt mille personnes séropositives ou atteintes.«La tuberculose, c'est une maladie de l'âme, le sida une maladie de cul, c'est une maladie de marginalisé, la lèpre du 20* siècle, une maladie honteuse, sauf pour les personnes transfusées.Eux ce n'est pas leur faute, ils n'ont pas couru après.», rapporte Louis-Marie.Le sida questionne nos choix de société.Même si le docteur Jonathan Mann, directeur de l'Organisation mondiale de la Santé, affirme que «les remarquables pro- grès scientifiques accomplis depuis 1981 nous donnent de l'espoir-.Aujourd'hui ajoute-t-il, plus qu'à aucun autre moment de l'histoire, les peuples développent une conscience et une attention qui sont à la fois personnelles, nationales et mondiales'.Cela n'a pas empêché le docteur Mann de démissionner, ces jours-ci, de son poste en protestant avec force contre le peu de ressources financières dont dispose l'organisme mondial pour faire son travail! À peu près la même somme que San Francisco consacre à sa lutte contre le sida.Nos sociétés sont-elles prêtes à couper radicalement dans les dépenses militaires, à cesser d'orienter leur économie au profit d'une classe privilégiée et à investir plutôt cet argent dans la recherche médicale et l'amélioration de la santé publique?Il faut s'attaquer aux causes de cette épidémie.Les experts soutiennent que, pour installer de nouveaux comportements en matière de santé, cinq facteurs doivent être conjugués: une connaissance rationnelle des faits, un investissement émotionnel, des connaissances pratiques, un soutien communautaire et un dernier facteur crucial: une structure socio-économique et socio-culturelle adéquate garantissant un encadrement favorableainsi que l'accès aux ressources.UN DÉFI ÉDUCATIF Au début de l'épidémie en 1981, les malades du sida étaient à 85% des personnes homosexuelles.Aujourd'hui, les homo-sexuels-les représentent 75% des person- gn PHOTO SANTÉ SOCÉTÊ nés atteintes.Les personnes hétérosexuelles ne peuvent plus se réfugier dans le «ça ne nous concerne pas».Il faut empêcher les gens d'aller au massacre, ensuite on fera l'éducation, affirme Alain Gignac\ en parlant de l'éducation à faire auprès des jeunes.L'augmentation du nombre de personnes atteintes, âgées de douze à dix-sept ans, est vertigineuse.Alain risque l'hypothèse que ce fait cache une grande culpabilité et un désir de mort.Rappelons-nous que le Québec possède le triste record du nombre de suicides chez les jeunes.L'information est urgente, elle doit avoir comme objectif de contrer la pensée magique et les croyances erronnées.Plus de 39% de la population croit que le sida est guérissable et 24%, que la maladie peut être transmise par des sujets sans signes de maladie.Les objectifs de la campagne du Comité des personnes atteintes, subventionnée par Santé Bien Être social I anada, est de présenter un visage humain de la maladie.Les personnes atteintes ne sont pas des «sarcomes de Kaposi»\ mais des personnes humaines atteintes d'une maladie des plus décapantes.Perte d'emploi, perte de l'amant-e, perte du lien avec la famille.Interdiction d'engager un avenir.Un deuxième objectif: supprimer les obstacles, comme les jugements moraux qui empêchait les personnes atteintes de recourir aux services juridiques, médicaux, et psychologiques à leur disposition.Enfin, le dernier est que les personnes atteintes se regroupent avec des pairs.Le soutien réciproque change la perception o en CD 01 fffil PHOTO ALON HBNINGEH ET RCHARD N4YES.AGENCE COrJTfiCT o en en ce OJ nj O > de la maladie.Il modifie même l'évolution de celle-ci.CHERCHER LA VIE DANS LA MORT La communauté homosexuelle a été durement touchée.Au moment même où dans certaines sociétés, elle commençait à profiter d'une certaine tolérance de l'opinion publique.En 1986, l'Église officielle a elle aussi frappé, en mettant aux bans les personnes homosexuelles6 Par contre, des chrétiens et des chrétiennes se sont solidarisées, des théologiens ont réfléchi une théologie libératrice, et des religieux-euses ont ouvert des maisons pour personnes atteintes.La communauté homosexuelle a développé une plus grande solidarité, des couples plus nombreux se sont développés, des comportements sexuels majoritairement plus responsables ont été adoptés.La tendresse a pris plus de place dans le langage amoureux.Marie Imbeau, infirmière à St-Luc, déclare pour sa part qu'elle a reçu de patients en phase terminale des témoignages de vies de couple exemplaires, réussies, questionnantes pour les personnes hétérosexuelles.La communauté homosexuelle est très en recherche sur le plan religieux.La méditation, la visualisation, le «healing»' et certaines expériences religieuses orientales sont des approches expérimentées.Les arts permettent aussi de découvrir un sens à sa vie.Des artistes ont cessé de créer au moment où ils ont appris qu'ils étaient atteints.Michel Jacques, dominicain, artiste et thérapeute, cherche à ouvrir une maison pour ces personnes, afin de leur permettre de créer à nouveau, de s'exprimer et d'accéder ainsi à la transcendance.«La religion catholique romaine, c'est notre culture religieuse».Les gais ne veulent pas fonder leur Église, mais faire partie à part entière de l'Église.Ils ont besoin de se faire dire par un prêtre que Dieu les aime." Léo Paul Jacques pratique un ministère oecuménique et créatif.Il animait le 10 juin 1989, à l'Oratoire, une célébration dans le cadre du congrès international sur le sida.Le 20 mai dernier, c'était pour commémorer le souvenir des personnes atteintes décédées.Il insiste beaucoup sur la tolérance à développer envers les personnes atteintes.Dieu a créé toute personne à son image, «lui seul connaît la droiture de leur coeur», pro- clame-t-il lors des funérailles.Les défis de taille que la maladie impose à notre être font appel à nos sentiments de compassion, de sollicitude et de solidarité humaine.Il faut accepter d'accompagner et de partager le temps des personnes atteintes.La mort et le deuil confinent chaque malade dans la solitude et l'intimité.De quelle solidarité sommes-nous capables?«Le silence c'est la mort, l'action c'est la vie», scandent les militants gais.» 7, 1 Louis-Marie Gagnon, responsable des soins infirmiers à la maison Nazareth et président de Dignité francophone.2 Léo Paul Jacques, prêtre bénévole au comité Sida-aide Montréal, et permanent au Comité québécois de coordination sur le sida.3 Le Dc-u>ir 1" octobre 1989.4 Coordonnateur au Comité des personnes atteintes du virus d'immuno-déficience acquise.5 Cancer de la peau assez fréquent chez les personnes atteintes.6 La puitumk ii l'égard éa pommes homosexuelles, document de la Congrégation pour la doctrine de la foi.7 Une approche globalisante qui favorise la guérison par la volonté.8 Louis-Marie POUR EN SAVOIR PLUS Centre fédéral sur le sida-vidéo.Le sida il faut que je t'en parle, document éducatif fait pour les jeunes.301 rue Elgin Ottawa K1A 0L3.Tel: (613)957-1772.Comité Sida Aide Montréal C.SAM, tel: 282-9888.et Comité des personnes atteintes, 3600 Hôtel-de-Ville, Montréal, H2X 3B6.Tel: 281-8004.Centre de prévention et de dépistage anonyme Sida Centre-Ville.Tel: (514) 861-6644.Je fais le point sur le sida.Le Or Louise Charbonneau, de la Clinique des jeunes St-Denis, répond aux questions des jeunes.Bande vidéo disponible gratuitement dans les DSC et les CLSC.Frontières UQAM, automne '89, Guy Ménard.Une spiritualité au temps du sida, pp.12.à 17.o m - cm CD Le lieu de rencontre des gens d'action Icentre st ■ pieme Un centre de formation au service des groupes 1212, rue Panet , Montréal, H2L 2Y7 (514) 524-3561 Nouvelles Frontières librairie et diffuseur • livres de réflexion et d'analyse sociale • Revues et livres publiés en URSS 185, Ontario est (métro Berri)
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