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Titre :
Vie ouvrière.
Vie ouvrière est une revue catholique mensuelle d'animation sociale engagée pour la cause ouvrière qui a été publiée à Montréal de 1979 à 1990. [...]
La revue mensuelle Vie ouvrière est publiée à Montréal de 1979 à 1990. Elle fait suite à Dossiers « Vie ouvrière » (1974-1978), revue catholique d'animation sociale engagée dans le monde ouvrier, élargissant ses préoccupations aux laissés pour compte des luttes syndicales : travailleurs non syndiqués, pauvres, chômeurs, assistés sociaux et marginaux. Vie ouvrière montre aussi une sensibilité à l'égard d'un large éventail de problématiques sociales plus larges. La montée du féminisme a des répercussions sur les orientations de la revue. La question autochtone fait aussi l'objet d'une certaine attention; le dossier d'avril 1979 y est consacré. Vie ouvrière fait une place plus grande aux militants chrétiens impliqués dans le missionnariat et la coopération internationale, et on y trouve de nombreux dossiers et articles à saveur altermondialiste sur la solidarité internationale. La première livraison de 1981 marque une rupture dans la facture visuelle de Vie ouvrière. La page couverture monochrome habituelle fait place à une page illustrée et colorée et des photographies et des illustrations parsèment maintenant les textes, donnant une allure de magazine à la revue. Celle-ci procède toutefois toujours par enquêtes, reportages et articles de fond. Vie ouvrière fait partie d'une longue série de publications incluant aussi le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990) et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004). La publication de Vie ouvrière résulte d'une collaboration entre le Centre de pastorale en milieu ouvrier, la Jeunesse ouvrière catholique et le Mouvement des travailleurs chrétiens. VALLIÈRES, Pierre, « Le magazine de Vie ouvrière - 40e anniversaire. Troisième partie : les années 70 - L'utopie et l'institution », VO, no 232, septembre-octobre 1991, p. 12-14.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1979-1990
Contenu spécifique :
août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Dossiers "Vie ouvrière",
  • Successeur :
  • VO
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Références

Vie ouvrière., 1985, Collections de BAnQ.

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\YZ^ oos «vM* %&■$& VOLUME XXXIV numéro 187 Vie Ouvrière.Revue fondée en 1951.publiée en collaboration avec la Jeunesse Ou vnere Chrétienne (JOC).le Mouvement des Travailleurs Chrétiens (MTC) et le Centre de Pastorale en Milieu Ouvrier (CPMO) Directeur: Raymond Levac • Conseil de direction: Gilles Comeau, Luc Dion.Gilles Dubois.Diane Gariepy.Hélène Parenteau • Secrétaire à la rédaction: Martine D Amours • Comité de rédaction: Luce Bedard.Hélène Charbonneau.Diane St-Germam.Jacques Boivm, Claude Hardy, Jean-Marc Lebeau.Jean Ménard • Maquette, montage et comptabilité: Yolande Hébert Azar • Couverture et graphisme: Anne Brissette • Photos Vie Ouvrière: Martine D amours • Abonnement: Raymond Levac • Membres des sous-comités Jeunes.Femmes.Eglise.International: Louise Bessette.Madeleine Bousquet.Suzanne Charbonneau.Dominique Cyr.Linda Denis.Mane-Hélene Des-haies.Isabelle Drolet.Ginette Duquette.Molly Kane.Danielle Lavigne.Luce Pelletier.Diane Perreault.Nathalie St Pierre Imprimerie: Payette et Simms • Photocomposition: Photocomposition Tréma Inc • Distribution: Diffusion Parallèle, tel (514)525-2511 Références: Les articles de la revue Vie TJuvriere sont répertoriés dans le répertoire analytique d'articles de revues du Québec (RADAR), de la Bibliothèque nationale du Québec» Dépôt légal à Ottawa et à la Bibliothèque nationale du Québec ISSN Q229 3803 Courrier de deuxième classe, enregistrement no 0220 Abonnement régulier: tien: 20 S/an.28 S/2 18 S/an 15 S/an de sou-ans à l'étranger Revue Vie Ouvrière.1212 Panet Montréal.Que H2L 2Y7.tel (514)523-5998 Ne manquez pas en septembre Une entrevue Avec André Leclerc syndicaliste et poète Un dossier Sur le harcèlement sexuel à l'école Des reportages • la guerre des étoiles • les décrocheurs • la politique étrangère du Canada • Education morale, éducation religieuse • le financement des groupes populaires Et notre bande dessinée Pour ne rien manquer, il faut s'abonner Abonnement régulier 155/an D Pour deux ans De soutien 20$/an D A l'étranger Nom .28$/an D 18$/an P Adresse .Code postal.Nouvel abonnement a partir de janvier C avril D septembre 41 Boite aux lettres 5/ Editorial - Raymond Levac Nicaragua fantasme et du rêve au-delà du 61 L'autonomie et la son f darité -Martine DA-mours.Entrevue avec Linda Vil-hard waitress dans une taverne.Pour cette fille de 26 ans, peur et insécurité se transforme en force de réaction et d'action.10/ Quand le coeur est pris où va l'autonomie?— Hélène Charbonneau.Suzanne Charbonneau.Diane Per-reault.Ne plus s'oublier sous prétexte qu'on est en amour.4 O/ Le sang neut du mou \Sml vement syndical — Marie-Hélène Deshaies Rencontre avec quatre jeunes syndiquées.* Al Militantisme syndical 11/ —folie ou nécessité — Martine D'Amours Pour les délégué-e-s au congrès du Conseil des travailleuses et travailleurs de Montréal, il faut rendre le militantisme contagieux.é%*%/ Vie quotidienne — wSSI Une lin d'été en couleur — Martine D'Amours Bande dessinée — Le monde vu d'en bas — Vivian Labrle f%jg i Jeunes et Eglise: de la éLrTf réalité au rêve — Dominique Cyr et Luce Pelletier A partir d'une Eglise des autres, des jeunes rêvent d'une Eglise qui leur ressemble *%£*/ Le Brésil au sortir de la mX)I dictature - Jean Mé nard Un portrait saisissant tracé par Angelma de Oliveira du Brésil.é%f%/ Pour ne pas arriver aO/ trop tard - Mona Jo sëe Gagnon Ce fut un coup d'en voi que ce colloque de la FTQ sur les changements technologiques 30/ L'espoir fragile d'un déblocage — Louis Fa vreau Des projets d'action politique populaire réussiront peut-être à briser le fatalisme qui nous tenaille *>*>/ L'éducation populaire \rnml dans l'Outaouais Guy Marchessault Des organisa tions populaires mettent à I essai de nouvelles méthodes d'éduca tion populaire 15/ Dossier / Nos vies privées sous surveillance — MMumo'âmoun.Qu'arrivera-t-il de nos droits et libertés au Canada au moment ou on accu mule tant d'informations sur nos vies privées' Tous le font ministères fédéraux et provinciaux, aide sociale, caisses populaires, banques, bureaux de crédit, compagnies d'assurances Puis, il y a cette nouvelle agence civile de renseignement Orwell, dans son livre 1984 parlait de Big Brother, ordina teur qui contrôle tout et tous En serions-nous rendu là' VIE OUVRIERE/AOÙT1985/3 de Vie Ouvrière, 1212 Panet, Montréal, Qc, H2L 2Y7 Je vais me servir de la revue Je suis particulièrement préoccupé par la problématique jeunesse.J'ai reçu les deux premiers numéros de '85, (en passant le nouveau format est beaucoup plus visuel et c 'est plus stimulant pour la lecture), deux articles sur les jeunes ont retenu mon attention, l'entrevue avec le jeune travailleur de Vaillancourt et l'article sur Bos-coville, je compte m'en servir pour mon accompagnement d'équipes de jeunes et d'éducateurs-trices.Daniel Pellerin, JEC Longueuil.Qc.Continuez le magnifique travail entrepris Francine Régnier, Sept Iles, Québec Une voix dans la société et l'Église Je crois que l'oeuvre que vous poursuivez est louable et nécessaire pour que la classe ouvrière ait une voix dans notre société et dans l'Église C 'est ma façon minime de vous soutenir et de vous manifester mon appréciation et ma reconnaissance.Fraternellement, Gratien Bourgeois, Kingsey-Falls, Qc.Nous avons aussi attrapé la fièvre Suite à votre demande «Avez-vous la fièvre du Printemps?' ils nous lait plaisir de vous dire que nous avons aussi attrapé la fièvre, et par le fait même nous allons contribuer à la campagne de financement de la revue Vie Ouvrière, en lui souhaitant longue vie Sylvain Tremblay, prés, syndicat cafétéria du CEGEP Edouard Montpetit, Vice-prés FPS CEQ, (Fédération personnel de soutien) Hé-jean Desharnais, trésorier Coop, coup d'pouce, Sylvain Riel membre coup d pouce, et membre de la JOC.Ceux qui vivent sont ceux qui luttent Il me fait plaisir de donner suite à votre offre de réabonnement.Je tiens, par la même occasion, à vous dire toute l'admiration que j'éprouve à voir l'acharnement que vous mettez à maintenir votre revue en vie.Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent a déjà écrit Victor Hugo! Veuillez donc, vous et votre équipe, accepter mes félicitations et mes voeux de longue vie à «Vie Ouvrière».Alain Loubier, Québec.Le comité Jeunes CSN nous répond: Nous avons lu avec un grand intérêt l'article de Mad.Isabelle Drolet intitulé «Que devons-nous attendre des syndicats" paru dans votre édition du mois de mars 1985.Les questions que votre chroniqueuse formule en ce qui a trait aux possibilités et choix offerts aux jeunes par les centrales syndicales sont dans l'ensemble pertinentes.Toutefois, dans le but d'alimenter la discussion nous aimerions soumettre à vos lectrices et lecteurs les quelques éléments d'information complémentaires qui suivent.En raison du fort taux de chômage qui sévit chez les jeunes, du phénomène de sous-emploi qui caractérise les 15-29 ans, et du faible nombre de jeunes syndi-qué(e)s, les centrales syndicales ne peuvent ignorer davantage la réalité des jeunes face à l'emploi et au syndicalisme.Dans quel cadre les centrales syndicales accepteront-elles de se laisser interpeller par la relève, de faire une place à leurs revendications.Mme Drolet semble suggérer que c'est dans celui «Où des /eunés s'inscriront dans les structures et revendications existantes" Deux remarques s'imposent ici.Dans un premier temps y a-t-il vraiment un mal au fait que les membres jeunes de la centrale s'expriment comme tous les membres de la CSN à l'intérieur des structures existantes?Nos assemblées générales sont-elles réellement anti-démocratiques?Les leunes sont-ils censurés à l'intérieur de notre structure7 Faute de précisions nous croyons que le blâme qui nous est adressé ne tient pas.Dans un deuxième temps nous tenons à rappeler que le Congrès d'orientation de la CSN (qui s'est déroulé à Québec en mars dernier) a décidé de la tenue à l'automne prochain d'un colloque regroupant des jeunes de la Centrale et ce, dans le but de faciliter la prise de paroles des jeunes, leur permettre de développer leurs revendications d'identifier le genre d'emplois désirés par les jeunes, définir leur place et rôle dans le mouvement etc.En ce qui concerne les revendications, rien pour le moment nous indique — ou permet de conclure — que la CSN cherchera à imposer aux jeunes «les revendications existantes».Une rumeur persistante, origmant dont ne sait d'où.circule à l'effet que les centrales syndicales auraient signées une entente avec le gouvernement du Québec sur les stagiaires en entreprise À ce sujet, nos informations sont contraires aux vôtres.Après vérification auprès de l'exécutif de la CSN on nous apprend que la centrale n 'a jamais donné quelque accord que ce soit au programme stage en milieu de travail.Merci de votre attention Sylvie Vachon, Coordonnatrice du Comité jeunes CSN Yvan Perrier, Membre du comité jeunes CSN Ecrivez-nous Communiquez vos opinions sur la revue ou sur des sujets d'actualité.Faites-nous des suggestions.Les lettres courtes (15 lignes) ont plus de chance d'être publiées telles quelles.Votre adresse et numéro de téléphone sont nécessaires.Merci à tous ceux et celles qui ont fourni à notre campagne de financement.Nous vous informerons de notre situation financière dans un de nos prochains numéros.4/VIE OUVRIERE/AOÛT1985 Nicaragua: au-delà du fantasme et du rêve RAYMOND LEVAC Le Nicaragua apparaît à tour de rôle dans les médias tout blanc ou tout noir.Certains le présentent dans la lignée du vieux fantasme de l'horreur communiste qui hante l'histoire de l'Amérique du Nord au profit du statu quo capitaliste.D'autres cherchent à le présenter comme une société vertueuse, réalisation de la société idéale rêvée qu'on est toujours déçu de ne pas pouvoir trouver.Loin du fantasme ou du rêve, le Nicaragua est un peuple réel qui fait appel à notre solidarité active.Un pays agressé de plus en plus On ne dénoncera jamais assez l'acharnement avec lequel les États-Unis cherchent à écraser économiquement et militairement ce petit pays d'Amérique Centrale.La stratégie américaine n'a rien de subtile.Il s'agit comme le disait le président Reagan lui-même de faire dire «mon oncle» au gouvernement sandiniste: le forcer à se démettre pour que la bourgeoisie favorable aux intérêts américains reprenne le pouvoir dans ce pays.Tous les moyens sont bons pour parvenir à cette fin: blocage des crédits dont le Nicaragua a besoin dans les institutions bancaires internationales; embargo économique; chantage auprès des partenaires économiques du Nicaragua pour qu'ils cessent de commercer avec ce pays; manipulation des grandes agences de presse internationales; désinformation systématique pour faire passer l'idée d'une façon répétée que le Nicaragua est une menace pour la paix dans la région et qu'il n'est qu'un pion dans la stratégie internationale soviétique.C'est aussi le financement des gardes nationaux de l'ancien dictateur Somoza et de mercenaires pour livrer une guerre sans merci sur les frontières du Honduras et du Costa Rica; l'implication de la CI.A.dans la destruction d'infrastructures économiques, l'enlèvement et l'assassinat de paysans et de leaders populaires.C'est le développement d'une stratégie d'information au sein même du Nicaragua en appui à la contre-révolution, le financement de groupes religieux de droite et l'appui à l'Église catholique soucieuse de retrouver son monopole passé.Une situation interne grave À la différence de Cuba, au début des années '60, le Nicaragua jouit de nombreux appuis tant en Europe qu'en Amérique latine.Il n'en reste pas moins que la situation interne du pays est grave: pénurie de biens de consommation, de pièces de rechange, de pétrole et, en conséquence, insatisfaction grandissante d'une partie de la population, en particulier des classes moyennes.Le pays se voit obliger de consacrer 40% de son budget à la défense, de déplacer des dizaines de milliers de personnes dans les zones de guerre pour combattre plus efficacement les foyers contre-révolutionnaires.Comme tous les pays en guerre, il doit exercer un contrôle de l'information avec l'abus de pouvoir que cela peut engendrer.La population vit une insécurité généralisée face à une menace permanente d'invasion par les américains et leurs alliés.Elle doit se mobiliser constamment pour défendre les acquis fragiles d'une révolution attaquée de toute part Dans ce contexte, il y a risque de renforcement d'un courant stalinien à l'intérieur du pays qui tente d'exercer son contrôle de haut en bas à tous les niveaux.Une solidarité active à développer Tout le Tiers-Monde se fait écraser actuellement par les intérêts capitalistes internationaux Le Nicaragua constitue un des rares pays à chercher à développer un ensemble de politiques dont les premiers bénéficiaires sont les paysans, les femmes, les jeunes, en somme les pauvres qui y vivent C'est un des rares pays à se tenir debout devant la puissance financière et militaire américaine.C'est un des rares pays à chercher encore à demeurer non aligné ou, plus justement, à diversifier sa dépendance.C'est un des rares pays qui donne espoir aux classes populaires d'Amérique latine de pouvoir relever la tète un jour.Le Canada est une puissance économique moyenne en Amérique du Nord sur laquelle compte le Nicaragua.Il faut donc insister comme l'a fait récemment l'Épiscopat canadien pour que notre pays, malgré son enli-gnement de plus en plus grand sur les Etats-Unis maintienne une politique autonome vis-à-vis le Nicaragua, qu'il augmente son aide à ce pays et s'oppose à l'appui des «contras» dans leur lutte contre le Nicaragua Nous sommes régulièrement invités à poser des gestes concrets de solidarité avec le Nicaragua comme l'appui aux brigades de travail, la collecte de matériel et de nourritures pour remplir un bateau à destination du Nicaragua, le marathon de l'Amérique Centrale ou des pétitions pour faire pression sur le gouvernement canadien C'est à une solidarité active avec ce peuple que nous sommes conviés.VIE OUVRIERE/AOUT 1985/5 6/VIE OUVRIERE/AOUT 1985 L'autonomie et la solidarité Entrevue avec Linda Villiard Si militer signifie bondir devant l'injustice et réagir, même violemment, face à l'humiliation, alors Linda Villiard était militante bien avant son entrée dans la JOC, il y a un an.Comme beaucoup d'autres jeunes de sa région -Sorel - et de son secteur d'emploi - la restauration - elle connaît l'insécurité d'emploi, les bas salaires, le harcèlement, la non-syndicalisation.Mais on dirait que chez cette fille de 26 ans, peur et insécurité se transforment en force de réaction et d'action.Une action qui, puisant à la prise de conscience de sa double condition de femme et de jeune travailleuse, vise à développer l'autonomie et la solidarité.Propos recueillis par Martine D'Amours Martine: Tu travailles dans un établissement en voie de disparition.une taverne.Linda: Oui Quand j'ai passé mon entrevue chez le propriétaire, j'ai dit: «Vous voulez dire une brasserie, une sorte de bar?» On m'a répondu: «Non, une taverne».Et c'est bien ce que j'ai réalisé le jour où j'y suis entrée: un endroit sale et laid, pas de téléphone, une clientèle d'hommes d'une cinquantaine d'années, tous des habitués.Martine: Et tes conditions de travail?Linda: Deux jours par semaine, toute seule pour faire le shift de 4 heures à minuit.Pendant le premier mois, je recevais 2.75 $ de l'heure, pas déclaré.Ensuite, j'ai été augmentée à 3 $, toujours en-dessous de la table.Quelques mois plus tard, à ma demande, le patron a accepté de me déclarer, mais il déclarait 3.28 $ de l'heure, le salaire minimum dans la restauration, tout en continuant de me payer 3 $.Quand j'ai protesté, il m'a servi l'ultimatum: «Ou tu continues de travailler sur la slide, ou tu es dehors».J'ai continué parce que j'ai besoin de travail, même si je déteste ce genre d'emploi.Martine: Pourquoi?Linda: Dans une taverne, le harcèlement sexuel est deux fois pire que dans un bar.Dans le village où je travaille en tous cas, la clientèle considère vraiment qu'une waitress, c'est moins que rien Les gars te font niaiser «souris si tu veux un tip»: ils essayent de t'attraper quand tu passes près de leur table.t'es toujours sur tes gardes.A la longue, ça m'a tellement écoeu-rée que j'ai du prendre les moyens pour me faire respecter.Des moyens parfois violents, comme le jour où j'ai sorti un client en le menaçant avec un marteau.Tu sais, le gars criait «eh la chienne» quand il voulait avoir une bière.Comme je refusais de le servir; il a pogné les nerfs.Je lui ai dit d'aller boire ailleurs, ce à quoi il a répondu «c'est pas toé qui vas me sortir».Alors j'ai dit: «Désolée, mais on va faire un essai» Il est sorti Bien sur qu'il est allé se plaindre au boss Moi je lui ai dit, au boss.que j'étais engagée pour servir la bière, |a-ser avec les clients, avoir du fun, OK Mais que le |Our où je déciderais de me prostituer, je ne servirais plus de bière et je n'attendrais pas après trente sous detip Ça a été réglé.Le harcèlement sexuel dans mon travail est presque inexistant maintenant Je trouve épouvantable d'être obligée d'en venir à la violence pour me faire respecter mais je n'avais pas le choix: c'était ça ou je me payais une belle dépression Martine: Notre éducation de femmes, l'éducation traditionnelle en tous cas, nous prédispose plus à la dépression qu'à la réaction, surtout la réaction violente.D'où ça te vient, cette force de réaction?Linda: Quand, à 16 ans, je travaillais dans une salle de danse, j'étais plutôt le genre soumis, sans pour autant tout laisser passer Entretemps, j'ai vécu deux ans de violence conjugale: ça a commencé par une claque sur la gueule et ça s'est amplifié au point où je me ramassais à l'hôpital une fois par semaine Quand on sort d'une expérience comme celle-là.on en sort différente Aucune violence, physique ou morale, n'est plus acceptable.La peur de la violence est toujours là, mais elle se transforme en agressivité «Quand on sort d'une experien ce de violence, on en sort différente.La peur est toujours là, mais elle se transforme en agressivité.» Je me suis dit que si j'avait été capable de me sortir seule de ma situation conjugale, je devrais être capable de me faire respecter dans une taverne Martine: Il y a maintenant un an que tu travailles dans cette taverne.C'est à peu près vers la même époque que tu as commencé à t'impliquer au niveau de la JOC.Qu'est-ce que tu trouvais stimulant là-dedans?VIE OUVRIERE/AOUT 1985/7 Linda: J'étais dans une période difficile.Je ne sais pas ce qui m'a décidée, un soir, à accepter l'invitation d'aller visionner un diaporama et discuter au local de la JOC.Mais je sais que ça m'a plu très vite: enfin j'avais trouvé du monde avec qui jaser de ce que je vivais, et qui, comme moi, cherchaient des moyens de changer leur situation.J'ai sauté là-dedans à pieds joints Martine: Et quelles sont tes priorités d'action?Linda: J'essaie de regrouper des jeunes qui travaillent dans les services.Restauration, secrétariat, travailleurs et travailleuses d'hôpitaux; nos situations sont souvent semblables.Harcèlement sexuel, bas salaires, faible taux de syndicalisation A cause du niveau élevé de chômage dans la région, nombreux sont les jeunes, qui, comme moi, se sont fait servir des ultimatums du genre: «c'est 35 $ pour 11 heures de travail», «c'est sur la slide ou rien», «jToffre deux jours par semaine, pas plus» Plusieurs sont isolés à l'intérieur même de leur milieu de travail.Dans certains milieux, comme la restauration, il existe une compétition et une méfiance terribles, entretenues par les inégalités.Dès que tu t'intéresses à quelqu'un, et surtout si cette personne a une job plus enviable que la tienne, tu te fais presque répondre: «qu'est-ce que tu veux, toi?veux-tu avoir mes heures?veux-tu savoir combien j'ai fait de tip?tètes-tu le boss?» Le jour où on va pouvoir se parler sans se méfier, on va être capables de faire quelque chose pour changer nos conditions de travail et de vie.J'insiste sur les conditions de vie parce que quand tu gagnes 3 $ à 4 $ l'heure pour 15 ou 20 heures, comme c'est le cas pour la majorité des ieunes de ma région, t'as aucune autonomie financière.C'est presque impossible de t'en aller en logement, à moins d'avoir un conjoint ou une autre job Martine: Beaucoup de gens disent que les jeunes sont devenus individualistes, ou encore qu'ils sont trop écrasés pour avoir encore le réflexe de se battre.Trouves-tu difficile de faire partager par d'autres ton goût de la lutte?Linda: Je ne crois pas que les jeunes soient si individualistes qu'on le dit.Les premiers contacts sont souvent méfiants, c'est vrai, mais je contaste que plusieurs ont le goût de se regrouper parce qu'ils n'ont pas d'autres lieux pour parler de ce qu'ils vivent La plus grosse difficulté, c'est de leur enlever la peur de tout perdre, et de leur montrer qu'ils ont tout à gagner en se regroupant Ceuxquiontun emploi ont peur de le perdre; ceux qui n'en ont pas demandent: «ça vas-tu me donner une job?Comment je vais faire pour avoir plus que 156 $ sur le BES?L'aide sociale, c'est une grosse machine.» «La plus grosse difficulté, c'est d'enlever aux jeunes la peur de tout perdre, et de leur montrer qu'ils ont tout à gagner en se regroupant.» Martine: Comment vaincre la peur et le sentiment d'impuissance?Linda: En montrant ce qu'il y a en arrière de la grosse machine.Par exemple, on essaie de faire comprendre que les «options déclic», ça équivaut à te faire gagner ton chèque de bien-être, comme si l'aide sociale, l'assurance-chômage, l'assurance-maladie, etc.étaient des cadeaux du gouvernement, alors qu'elles sont des droits que les luttes ouvrières ont réussi à arracher.On essaie de montrer aussi que les luttes qu'on mène aujourd'hui ne donneront peut-être pas un résultat demain matin mais qu'elles ont un impact à long terme.Que c'est en se mettant ensemble qu'on a un impact.Martine: Et la condition des femmes, est-ce une de tes préoccupations à l'intérieur de la JOC?Linda: Oui, partout, même à la JOC, c'est une lutte à mener en même temps que toutes les autres.Si je lutte avec d'autres pour changer les conditions de travail, c'est que j'ai des va- 8/VIE OUVRIERE/AOUT 1985 leurs de justice, d'égalité, de partage, de solidarité.Or le sexisme c'est le contraire de la justice et de l'égalité.Les hommes qui partagent ces valeurs doivent en prendre conscience et lutter avec nous.Martine: Comment se questionnement est-il reçu à l'intérieur du mouvement?Linda: C'est très bien accepté mais, selon moi, ce n'est pas assez approfondi.Il faut en venir à ce que nos revendications ne soient pas simplement entendues, mais qu'elles soient prises en charge par les hommes et par les femmes.Pour en arriver là, il faut d'abord que les filles se parlent d'elles entre elles et que les gars fassent la même chose de leur côté.Actuellement, le comité «femmes» de la JOC fonctionne bien mais celui des gars est encore à l'état latent.Je trouve ça un peu dommage.Ce n'est pourtant pas aux femmes de ï pousser dans le dos des gars pour I qu'ils se regroupent; ça devrait venir ° d'eux.Martine: L'expérience des filles à la JOC viendrait démentir l'idée, largement véhiculée par les temps qui courent, à l'effet que les filles jeunes ne seraient pas intéressées par le féminisme?Linda: Même si elles ne connaissent pas toutes les luttes féministes passées et actuelles, les filles sont quand même très sensibilisées à ce qu'elles vivent.L'autonomie financière, c'est primordial pour beaucoup de filles de la JOC.Elles recherchent ça; elles se donnent les moyens pour ça.C'est peut-être pas évident pour les «Même si elles ne connaissent pas toutes les luttes féministes passées et actuelles, les filles sont quand même très sensibilisées a ce qu'elles vivent.L'autonomie financière, c'est primordial pour beaucoup de filles de la JOC.» filles qui ne sont pas regroupées mais pour moi, c'est clair que tu ne peux pas être égale si tu dépends d'un parent ou d'un conjoint Martine: J'avais l'impression, il y a quelques années, que le «modèle-type» du militant JOC, c'était le gars qui travaille dans une shop et qui part un syndicat.Je sais que la réalité des jeunes travailleurs a changé et que la JOC regroupe beaucoup de sans-emploi, mais y a-t-il un «modèle», un type d'actions qui sont plus valorisées par le mouvement que d'autres?Linda: (rires) Franchement, je ne crois pas qu'un type de mihtance soit plus valorisé qu'un autre.Partir en appartement avec trois autres ieunes a autant de valeur que rentrer le syndicat dans l'usine, tout dépendant des moyens et de la direction que tu donnes à ta lutte.La tâche d'éducation est primordiale à la JOC Tu luttes pas pour faire comme tout le monde, t'embarques pas dans une manif sans savoir ce que tu fais là Tu le fais parce que tu y crois, non pour suivre aveuglément des leaders Aussi même les petites actions sont importantes pour le cheminement à long terme d'un militant ou d'une militante Martine: Je remarque que même si la situation des jeunes et des femmes n'est pas rose, tu n'as pas l'air d'une fille découragée.Au contraire.Quel est ton plus gros espoir dans la société et les luttes actuelles?Linda: Mon espoir c'est la solidarité Si tout le monde est solidaire, c'est impossible que les choses ne changent pas Tant qu'on réussit à regrouper un certain nombre de gens, l'espoir est permis A VIE OUVRIERE/AOÛT1985/9 Quand le coeur est pris ou va l'autonomie?Hélène Charbonneau, Suzanne Charbonneau.Diane Perreault «L'amour ça fait partie de la vie, mais la vie c'est pas juste l'amour».C'est ce que nous a confié Diane lors d'une entrevue sur l'autonomie et la vie amoureuse.Pour savoir ce qu'il advient de l'amour chez celles qui ont fait un cheminement par rapport à l'autonomie, nous avons rencontré individuellement trois femmes de statuts différents: l'une est célibataire, l'autre vit avec son conjoint et la dernière est séparée.Trois femmes avec un point commun: ne plus s'oublier sous prétexte qu'on est en amour.Trois femmes dont les témoignages pourraient ressembler à ceux de bien d'autres.Etre proche de beaucoup de monde sans être proche de quelqu'un en particulier.Colette a 28 ans.Elle occupe un emploi en comptabilité dans une école de Montréal.Elle habite chez ses parents en milieu rural, près de la ville.Pleine de vie, dynamique, Colette a bien voulu nous parler de son vécu de célibataire.«Mon célibat, je ne l'ai jamais trouvé difficile à vivre.Je m'arrange pour être bien, aujourd'hui.Même si je suis ouverte à une éventuelle relation de couple, je ne mets pas toute mon énergie à chercher «l'homme idéal».Je ne vais pas rester toujours en attente.J'ai longtemps attendu après ma soeur pour sortir.Maintenant, je me dis que je suis seule et m'organise seule.J'ai toujours eu beaucoup de plaisir à vivre en gang.Je prends moi-même l'initiative d'inviter mes amis-es pour une sortie, que ce soit au niveau des sports, des vacances ou d'autres activités Il faut dire aussi que je m'adapte pas mal à tout et à toutes sortes de gens.Pour moi, c'est important d'avoir de bonnes relations où je peux établir un échange et une communication profonde Je parle facilement de ce que je vis, même de mes limites.J'apprends à me faire connaître et ça m'amène à me connaître plus moi-même.Après, le monde n'ont plus peur de me parler d'eux.Je dis souvent que je vis «une relation de couple»: quand je suis allée en voyage avec une copine de bureau, je savais qu'on aurait à s'ajuster entre nous, comme un couple doit le faire.Je suis tellement proche des autres, que ça ne me manque pas de ne pas être proche de quelqu'un en particulier.Je dois dire aussi que ma famille comble une grande part de mon affectivité.On est une famille de 11 enfants et je m'entends très bien avec eux.Je pense souvent qu'il faudrait que j'aille vivre en logement pour acquérir une plus grande autonomie, mais je ne me décice pas à partir de chez mes parents.Je m'y sens bien» D'abord être fidèle à soi-même Mane-Paule, 35 ans, vit avec son conjoint depuis sept ans.Ils ont une petite fille de deux ans, Maude.Pour 10/VIEOUVRIERE/AOÙT1985 Marie-Paule, l'amour partagé avec Real est important, au même titre que son propre besoin de rester elle-même: une personne à part entière.«Je suis présentement en recherche d'un meilleur bien-être intérieur.Après 7 ans de vie commune, je trouve nécessaire de me resituer face à moi-même et face à l'autre».Et la possibilité du long terme?À cela, elle répond qu'elle aimerait bien y croire malgré qu'ils ne se soient pas enlignés comme ça.«Je pense que ça prend une grande ouverture, beaucoup de respect.On doit s'apprivoiser: ça demande un apprentissage pour développer un niveau de communication très fort».Cependant, elle trouve quelquefois étouffante la perspective du long terme.Quant à l'exclusivité sexuelle, elle raconte qu'au début, ça les arrangeait tous les deux.Depuis un certain temps, elle ne se sent plus très bien dans ce contrat-là; «J'ai peur de vivre le rôle de mère et de perdre celui de femme.Je ne recherche pas nécessairement une aventure, mais je veux laisser une porte ouverte.Je ne me sens pas infidèle si j'ai une relation extra-conjugale à un moment donné.Pour moi, ça ne remet pas en question ma vie amoureuse parce qu'en fait, fidélité et sexualité n'ont rien à voir ensemble Ce qui compte, c'est d'être fidèle à soi-même et honnête avec l'autre».Négocier avec l'autre Diane a 34 ans Elle a vécu sept ans avec son conjoint Aujourd'hui, après quatre ans de séparation, elle accorde à l'autonomie une place essentielle dans sa vie «Dorénavant, je suis capable de prendre ma vie en main, d'assumer mes décisions.Je sais mieux ce que je veux et où je vais» Si cela se présente, Diane est prête à revivre une relation amoureuse Cependant, elle y met certaines conditions: «J'aimerais renouer des liens avec quelqu'un, mais sans cohabitation Du moins, au début.Je n'ai jamais vraiment vécu pour moi.A présent, c'est ce que je veux, même à deux L'amour, ça nous fait souvent céder devant l'autre.On démissionne plus facilement, on délaisse beaucoup ailleurs et je refuse ça Ce que je voudrais, c'est partir de ce que je suis, de ce que j'aime et négocier avec l'autre Vivre à deux et être autonome c'est possible, mais il faut être vigilante.Les femmes ont toujours mêlé l'amour avec le reste du vécu II faut aussi défendre son autonomie financière: avoir son propre gagne-pain ou sinon, une entente de partage des revenus du conjoint.» Quand on lui parle de passion, Diane explique que pour elle, la passion ça existe au début parce qu'on se découvre, mais elle n'y croit pas pour la vie; «Au bout d'un certain temps, on s'aime autant mais sans passion Avec le mariage, ça devient acquis, établi et c'est là que ça devient dangereux On peut peut-être se sortir de la routine si on se respecte soi-même et mutuellement, si on est toujours à la recherche de soi et de l'autre» A Le marathon «Avec le monde d'Amérique Centrale» Pour la sixième année consécutive, des coureuses et des coureurs du Québec s'engagent à porter les maillots pour l'Amérique Centrale à l'occasion du Marathon de Montréal, le 22 septembre prochain Grâces aux commandites, ils recueilleront de l'argent pour financer des projets au Salvador, au Nicaragua et au Guatemala.En 5 ans, plus de 11,000$ ont été envoyés L'objectif fixé cette année est de 40,000$ 50% des sommes recueillies iront au Salvador: on appuiera ainsi les petites cliniques médicales mobiles équipées minimalement et qui se déplacent dans les zones de conflit selon les besoins de la population.Ces cliniques offrent des soins primaires et font un travail d'éducation et de prévention.On appuiera aussi l'infrastructure de radios populaires et clandestines au Salvador.20% des sommes recueillies iront à l'amélioration d'un atelier de chaises roulantes au Nicaragua.Un autre 20% iront au Gualemala à une coopérative de 80 familles déplacées à l'intérieur du pays par la répression.Enfin 10% iront au réseau québécois des comités de solidarité avec l'Amérique Centrale pour l'aider à poursuivre son travail au Québec On est donc invité à participer à ce marathon — En courant 10, 20 ou 42 kilomètres et se faisant commanditer — En participant au soutien technique (chaîne téléphonique, équipe de soutien le long du parcours, etc.) — En recueillant des fonds au nom d'une coureuse ou d'un coureur.— En faisant connaître le marathon Amérique Centrale dans nos milieux, (vidéo, T-Shirts, dépliants, macarons.disponibles).Pour toute information: Pierre Gauthier (514) 933-1948.Comité Marathon avec l'Amérique Centrale.C.P.794.Succursale N, Montréal.Québec.H2X 3T3 22 SEPTEMBRE 198S 6* MARATHON TO VIE OUVRIERE/AOUT 1985/11 Le sang neuf du mouvement syndical bur le marcne au travail, les jeunes sont concentres dans quelques secteurs précis: le commerce, la finance, les services et, à un degré moindre, le secteur manufacturier.Seulement 8% d'entre eux bénéficient des avantages de la syndicalisation, selon une enquête de la JOC.Pour connaître les conditions de cette «espèce en voie de disparition», pour cerner sa vision du mouvement syndical et des défis qu'elle envisage pour les années à venir, Vie Ouvrière a rencontré: - Thérèse Hétu, sépareuse depuis 10 ans dans une usine de vêtements pour enfants.Syndiquée depuis 5 ans à l'Union Internationale des Ouvriers du Vêtement pour Dames (UIOVD).- Danielle Lapointe, commis chez Steinberg depuis 7 ans.Syndiquée avec les Travailleurs Unis de l'Alimentation et du Commerce (FTQ).- Jean-Claude Migneault, préposé au bénéficiaire depuis 4 ans à l'hôpital Louis-Hippolyte-Lafontaine.Syndiqué à la CSN.- Danielle St-Jules, travaille depuis 10 ans au bureau chef des caisses populaires Desjardins.Membre du Syndicat des Employés Professionnels et de Bureau (local 57-FTQ).Propos recueillis par: Le comité «jeunes» de Vie Ouvrière Texte Marie-Hélène Deshaies Photos Lmda Denis RVO: Si on parlait un peu de vos conditions de travail?Jean-Claude: Apres 4 ans de travail, je fais encore du remplacement à temps partiel.De toutes façons, à cause d'une réorganisation de l'hôpital, ceux qui ont moins de 10 ans d'ancienneté risquent de perdre leur job à la fin de la convention collective Ceux qui restent vont voir leur tâche augmenter 11 ou 12 patients à laver en une heure, au lieu de 8 actuellement.Thérèse: Chez-nous les jobs d'hommes sont plus payantes que les jobs de femmes: je gagne 8 69 S/heure après 10 ans, un tailleur en gagne 9 S/heure après 1VS an.Les patrons ne veulent pas former les femmes à faire les jobs non-traditionnelles.Notre rapport de force est menacé: la Guilde des manufacturiers (association patronale) veut se dissocier, ce qui signifie que chaque manufacture aurait à négocier seule avec son patron.Danielle L: Chez Steinberg, ça prend 8-9-10 ans pour devenir régulier et même après 8 ans tu peux avoir un horaire de 10 hres/semaine seulement Depuis la dernière convention collective, les nouveaux entrent à un salaire moindre qu'avant.Les jobs de «commis A», en général attribuées aux femmes, sont encore moins payées que celles de «commis B», généralement faites parles hommes.Danielle St-J.: Les changements technologiques vont causer beaucoup de coupures de poste surtout dans les succursales, moins à la Fédération; environ 75% d'ici 5 ans.Nous sommes très mal informés à ce sujet.Les patrons parlent aussi d'adopter une politique d'augmentation salariale au mérite Danielle St-Jules RVO: Que pensiez-vous du mouvement syndical avant de vous y impliquer et qu'est-ce qui vous a amenés à le faire?Thérèse: Dans ma manufacture, seuls les tailleurs étaient syndiqués, ils avaient donc de meilleures conditions de travail Nous avons fait les démarches nécessaires pour adhérer au syndicat.J'ai quand même pris du temps à m'impliquer vraiment.Au début, je ne comprenais pas que c'est un besoin réel, que c'est nous autres le syndicat, que c'est à nous de le faire fonctionner! Danielle L.: Avant de m'y impliquer, je ne comprenais pas que le syndicalisme inclut des revendications socia- 12/VIE OUVRIERE/AOUT 1985 •'( Danielle Lapointe les et politiques.Ce qui m'a accrochée au début, c'est la réalité et la lutte des femmes dans le syndicat.RVO: Est-ce qu'il y a beaucoup de jeunes qui s'impliquent dans votre syndicat et qu'est-ce qui a été fait de la part du syndicat pour les y intégrer?Jean-Claude: Il n'y en a pas beaucoup parce que les jeunes se retrouvent surtout sur les équipes volantes ou sur Jean-Claude Mignault appel.C'est donc difficile de savoir ce qui se passe réellement sur les départements et de créer des liens solides avec les autres employés En plus, les jeunes manquent d'information sur le syndicat.Danielle L: Les employés à temps partiel militent généralement moins que ceux à temps plein.Chez Stein-berg, il y a environ 55 à 60% de temps partiel, en majorité des jeunes.Par contre, dans mon magasin, ce sont des jeunes qui militent le plus Pour que les jeunes s'impliquent, on a préparé un cours sur le syndicat local.On voulait faire libérer tous les nouveaux pour cette journée d'information défrayée par le syndicat On a finalement évalué que ça comporterait trop de coûts sans savoir si ces personnes resteraient dans le secteur Le cours reste cependant offert dans un cahier affiché dans chaque magasin.RVO: Selon vous, qu'est-ce que le mouvement syndical devrait priori ser au niveau des jeunes?Jean-Claude: Dès que les jeunes débutent le travail, ils devraient «être pris en main» par le syndicat; recevoir de l'information adaptée à eux.Danielle L.: Une priorité mise à revendiquer la réduction du temps de travail permettrait d'aller chercher un appui dans la population, en particulier chez les jeunes sans-emploi Une rencontre jeunesse, telle que la FTQ en a organisée, est un moyen intéressant mais on devra pousser pour qu'elle ait des suites.RVO: Et quels sont les principaux défis auxquels le mouvement syndical devra faire face dans les prochaines années?Danielle St-J.: Le syndicalisme doit se redéfinir.Miser sur les nouvelles revendications, comme par exemple les changements technologiques.Renforcer l'information et la formation données aux membres.Pour ce qui est de mon secteur, il faudra syndiquer d'autres caisses pour développer un plus gros rapport de forces.Thérèse: Il faut stimuler la participation dans les syndicats.Dans le domaine du vêtement, on doit syndiquer de nouvelles usines parce que notre membership a baissé de moitié Un patron ferme une usine et'en ouvre une autre en face juste pour se débarrasser du syndicat Va falloir se battre pour conserver notre décret.Danielle L.: On a besoin d'une démarche syndicale qui aille vers les membres Au dernier congrès, on s'est aperçu qu'il n'y avait pas unanimité sur les priorités à mettre de l'avant RVO: Etes vous intéressés à prendre la relève du militantisme syndical tel qu'il existe actuellement?Danielle St-J.: Non, pas de la façon qu'il fonctionne présentement C'est la base qui est importante, il faut que la relation entre les gens de la base et le syndicat change Ça va dépendre aus- si des revendications qui vont être mises de l'avant.Thérèse: La survie de l'industrie du vêtement est menacée actuellement.Nous risquons de perdre nos emplois.Tant que mon syndicat va vivre, qu'on va pouvoir changer des choses et impliquer du monde, je vais continuer.Thérèse Hèlu Danielle L.: Oui, tant que je vais pouvoir faire entendre mes priorités II y a quand même des acquis: il y a quatre ans, on ne parlait pas d'égalité salariale entre les hommes et les femmes; il n'y avait pas non plus d'allocation de gardiennage ou de garderie pendant les rencontres syndicales Cela me donne le goût de continuer, même si les choses n'avancent pas toujours assez vite à mon goût Je me dis que la FTQ représente quand même un bassin de 300 000 personnes! RVQ: Ce serait quoi, pour vous, «un bon emploi»?Changeriez vous d'emploi si c'était possible?Thérèse: Moi ie changerais: dans le secteur du vêtement il n'y a pas de chance de progresser Danielle L.L Moi j'aime mon travail, j'aime travailler avec le public II y a 2 ans, j'ai eu droit à deux suspensions en arbitrage pour refus d'attacher mon uniforme et refus d'inciter les clients à acheter À partir de ce moment, |e n'ai ïamais plus vu la compagnie de la même façon C'est des situations comme ça que ie changerais, cette absence de pouvoir même quand on est syndiqué1 Jean-Claude: Je voudrais pouvoir prendre plus de décisions On n'a rien à dire sur les soins à donner aux patients Pourtant c'est nous qui passons le plus de temps avec eux On nous fait sentir qu'on n'est rien, «juste des préposés»1 A VIE OUVRIERE/AOUT 1985/13 MILITANTISME SYNDICAL: fOLIE OU NÉCESSITÉ?Martine D'Amours Eh bien si le militantisme syndical est une folie, elle éprouve de la difficulté à traverser les murs.Aussi faut-il trouver les moyens de la rendre plus contagieuse, c'est-à-dire plus proche des membres et plus conforme aux nouveaux défis posés par la condition des femmes, les nouvelles stragégies patronales, le nombre croissant des sans-emploi.Tel est le diagnostic posé les 9,10 et 11 mai derniers, par les quelque 200 délégué-e-s au 8e congrès du Conseil des travailleuses et travailleurs du Montréal-métropolitain (CTM), l'instance régionale montréalaise des syndicats de la FTQ.Le militantisme syndical a la vie dure Cela s'explique partiellement par le contexte de crise économique: baisse des effectifs syndicaux, exploitation des préjugés, montée de l'individualisme.Pas fou, le patronat a raffiné son discours et ses pratiques: il parle de «démocratie industrielle», met sur pied des programmes de qualité de vie au travail et d'aide aux employés en difficulté.Une autre partie de l'explication à l'évolution du syndicalisme lui-même Avec les années, l'action syndicale est devenue plus technique, plus légaliste Les problèmes qu'on réglait auparavant par la mobilisation font maintenant l'objet de griefs qui traînent en longueur Face à des membres démobilisés qui considèrent le syndicat comme une «police d'assurance» (on en parle à la 3e personne: «eux autres au syndicat»), les militants et militantes sont souvent coincés On attend d'eux qu'ils règlent les problèmes; on s'étonne quand cela ne réussit pas.Et quand ils se crèvent à militer, on se dit qu'ils découragent les autres de les imiter En outre, plusieurs délégué-e-s ont soulevé des problèmes relatifs aux structures syndicales.La base éprouve des difficultés à s'identifier aux discours de certains dirigeants qu'elle considère décrochés des préoccupations locales Les chicanes publiques entre dirigeants, les rivalités intercentrales et le maraudage minent les énergies et la crédibilité du mouvement syndical.Plusieurs ont parlé du vécu personnel et familial, mais davantage comme d'une chose à négocier et à ajuster, plutôt que comme d'un problème insoluble.Une folie à rendre plus contagieuse Malgré les difficultés, le militantisme est une folie qu'on aime.C'est le seul moyen de faire respecter ses droits, de changer la société, le seul moyen de rester digne.Une brève histoire personnelle et collective faite dans les ateliers a permis de se remémorer toutes les améliorations aux conditions de vie et de travail, gagnées à force de militantisme.Encore faut-il trouver les moyens qui aideront le militantisme syndical à surmonter les obstacles identifiés tantôt.Au nombre de ces moyens, l'accueil des nouveaux et des nouvelles, la formation, l'information, les rencon- tres informelles, l'attention aux préoccupations quotidiennes des membres, les réunions plus courtes, avec moins de monde, le remboursement des 'rais de garde.Afin d'assurer une relève, on suggère d'abandonner le rôle de «supermilitant», en déléguant des responsabilités et en proposant aux membres des moyens de s'impliquer graduellement.On réitère qu'il n'y a pas de «petites actions»; que toutes les formes d'implication sont importantes Pour tenter de concilier vie familiale, vie sociale et militantisme, des délégués ont suggéré d'ouvrir certaines activités syndicales aux conjoints-es.Les travailleurs unis de l'automobile le font déjà avec certaines sessions de formation On a souligné également qu'un des moyens de renouveler le militantisme syndical est de l'ouvrir aux nouvelles problématiques et aux nouvelles solidarités: avec les jeunes, avec les sans-emploi, les non-syndiqués.Le programme des délégués sociaux, qui aident les membres confrontés à des problèmes familiaux ou d'alcoolisme par exemple, témoigne d'une telle ouverture.Le CTM, quant à lui, est perçu comme un lieu privilégié d'information, de formation, de débats et d'actions unitaires, inter-syndicats et inter-centrales Il est probable enfin que les militantes se souviendront de ce congrès comme de celui où on a reconnu explicitement leur présence dans les statuts du CTM.En effet, le Conseil du Travail de Montréal y a changé son nom pour celui de Conseil des Travailleuses et Travailleurs du Montréal-Métropolitain.Prochain objectif: réussir à faire changer le nom de la FTQ, lors du congrès de 1986 A 14/VIE OUVRIERE/AOUT 1985 NOS VIES PRIVÉES SOUS SURVEILLANCE On accumule des informations sur vous.Beaucoup d'informations.Qui ça, on?La liste est longue: ministères fédéraux et provinciaux, aide sociale, caisses populaires, banques, bureaux de crédit, compagnies d'assurances, etc.Grâce à l'informatique, l'accumulation et le commerce des renseignements personnels connaissent un développement sans précédent.On s'en sert pour prévoir vos comportements de consommateur, d'employé, d'électeur.Pour raffiner les méthodes d'embauché, de marketing et de contrôle social.Si vous vous intéressez activement à la politique et aux mouvements sociaux, vous aurez droit à l'attention spéciale d'une nouvelle agence civile de renseignements, qui possède des pouvoirs exceptionnels aux fins de s'introduire dans votre vie privée.Serions-nous à l'aube de la société décrite par Orwell dans son livre 1984, où le dictateur Big Brother contrôle tout et tous?Sans doute, à moins que nous réussissions à exploiter efficacement les failles de Big Brother,.car il ena.Conception et réalisation Martine D'Amours grâce a la collaboration de Gaétan Nadeau (Ligue des droits et Libertés) et de Pierrot Péladeau (Groupe de recherche informatique et droit - UQAM) VIE OUVRIERE/AOUT 1985/15 99999999999999999999999999999999999999999999999999999999999999999 FICHES À 400 ENDROITS On estime que le Français moyen est fiché à environ 400 endroits.L'approximation vaudrait aussi pour le Québec.Dans le secteur public, l'assurance-chômage, l'aide sociale, le ministère du revenu, celui de l'éducation, la régie de l'assurance-maladie, pour ne nommer que ceux-là, ont en mains des millions de dossiers concernant des informations à caractère privé.A lui seul, le gouvernement fédéral contrôle 1,500 banques de données.Dans le secteur privé, les caisses populaires, les banques, les compagnies d'assurance et les bureaux de crédit sont de redoutables producteurs de dossiers sur leur clientèle.D'autres aussi.Qu'on pense aux Associations des propriétaires de logements locatifs du Québec, qui détiennent 80,000 dossiers de locataires, ou à la Retail Crédit of Canada, la plus importante agence d'enquêtes commerciales qui, en 1971, a founi au-delà de 600,000 rapports sur des personnes ayant postulé un emploi.Ajoutons à cela les agences privées - dont une soixantaine à Montréal seulement constituent et vendent des dossiers personnels à partir de 20$ ou 30$ - ainsi que les services de renseignements et de sécurité qui existent notamment à la GRC, à la Sûreté du Québec et à la police de la communauté urbaine de Montréal La GRC remporte la palme du fichier le plus inquiétant, avec 800,000 dossier sur les opinions politiques, soit celui d'un-e canadienne adulte sur 15.Avec l'information, un potentiel quasi-illimité La constitution de banque de données, c'est-à-dire de lieux où on emmagasine des informations à caractère personnel, n'est pas nouvelle.L'arrivée de l'information allait cependant leur permettre de se multiplier et de se diversifier.Il y a des limites à accumuler des dossiers de papier; il y en a beaucoup moins quand on a la possibilité de stocker les données sur des «puces» pas plus grosses qu'un ongle Aussi, de plus en plus, tous les organismes ont-ils «leur» banque En elles-mêmes, les nouvelles technologies développées par la téléphonie, la câblo-distribution et les systèmes de paiement électroniques constituent autant de nouveaux véhicules d'information.La carte à mémoire, encore davantage que son an- co3l intfrvctioni a la lettre 7 Les caricatures du dossier en pages 15-20 et 21.sont tirées de la brochure — Dans la mêlée - Ligue des droits et libertés dien, par exemple en travaillant à l'indépendance unilatérale du Québec ou à l'autonomie des peuples autochtones Tout porte à croire qu'avec une formulation aussi ambiguë, les agents du Service du renseignement de sécurité feront ce que les services de police ont fait avant eux, c'est-à-dire considérer indistinctement comme suspects les syndicalistes, les communistes, les pacifistes, les indépendantistes, les leaders autochtones et étudiants, les immigrants et réfugiés, les membres des partis d'opposition et des groupes de solidarité internationale, ainsi que leurs parents et amis, sans égard au caractère légal et non-violent de leurs actions.L'immunité garantie Par ailleurs, si des membres de l'Agence sont amenés à poser des gestes criminels non-légahsés par la loi C-9, le ministre fédéral a le pouvoir de mettre fin à leur procès Les collaborateurs de l'Agence, c'est-à-dire les informateurs qui sont parfois recrutés en milieu criminel, sont également protégés L'Agence n'a pas à rendre de comptes, ni devant les tribunaux, ni devant le Parlement A •Thème donne par la Ligue des droits et libertés à sa campagne de promotion et de detense du droit d'opinion VIE OUVRIERE/AOUT 1985/21 Les failles de Big Brother Fort heureusement, Big Brother n'est pas un monstre invincible.Sa principale faiblesse: il a un besoin vital d'information.Et quand, comme cela s'est produit en Europe, des ouvriers remplacent le traditionnel piquet de grève par une occupation du centre d'informatique; quand, comme cela s'est vu en Allemagne et aux Pays-Bas, des masses de gens décident de boycotter le rencensement, Big Brother est très, très embêté.Ministères et entreprises ne peuvent fonctionner sans information.En revanche, nous ne pouvons les laisser accumuler et traiter des masses de renseignements personnels sans nous assurer d'un minimum de garanties.Une des façons d'obtenir ces garanties consiste à créer des comités d'usagers et d'employé-e-s chargés de «négocier» l'utilisation de l'informatique avec les entreprises privées ou publiques Dans un certain nombre de caisses populaires par exemple, des membres ont apporté devant l'assemblée générale les questions suivantes: «comment sont montés les dossiers des usagers?qui en a la garde?peut-on garantir l'authenticité des données9 à qui mon dossier est-il vendu?comment puis-je le vérifier?combien de temps sera-t-il conservé?, etc.De telles questions peuvent être débattues au sein des entreprises publiques: CA.d'hôpital, de CLSC, de cégep, comités d'écoles.Dans le secteur privé, on peut penser soit à la création de comités d'usagers (du Bell Téléphone, d'Hydro-Québec.etc.), soit à des clauses de convention collective contrôlant l'utilisation des renseignements personnels A l'étranger, la pratique des comités de surveillance commence à faire ses preuves Les entrepri- ses sont sensibles à leur image publique; elles préfèrent négocier un minimum de garanties plutôt que de se voir attribuer une mauvaise cote ou, pour certaines, de risquer un boycottage de la population.L'État a évidemment une responsabilité à assumer en matière de protection de la vie privée.A l'heure actuelle, on ne sait pas trop comment seront appliquées les lois canadienne et québécoise d'accès à l'information.Si toutefois elles se révélaient impuissantes à réglementer strictement l'usage et l'interconnexion des banques de données, il nous resterait toujours «l'otage» du recensement.Si une importante partie de la population décidait de boycotter le recensement, ce n'est pas seulement Statistiques Canada qui se retrouverait dans l'embarras, mais également tous les organismes qui prennent des décisions à partir de ses statistiques.Les entreprises s'en servent pour planifier leur marketing ou leur production, les politiciens les utilisent pendant les campagnes électorales, les chercheurs, les économistes, les historiens y puisent pour leurs recherches, les organismes gouvernementaux y décèlent des phénomènes sociaux, etc.Il s'agit donc d'un instrument névralgique.Pour ce qui concerne spécifiquement le Service canadien du renseignement de sécurité créé par la loi C-9, la Ligue des Droits et Libertés poursuivra à l'automne une campagne pour la promotion et la défense du droit d'opinion Selon Gaétan Nadeau, il serait trop facile pour le gouvernement de retirer la loi C-9, en s'abstenant de régler les problèmes soulevés par les commissions Keable et McDonald Cet automne, la Ligue suscitera donc dans chaque comté la formation de comités locaux qui, au moyen de lettres ouvertes, de rencontres de députés, de prises de position dans les caisses populaires, réclameront du gouvernement qu'il garantisse le droit d'opinion, d'expression et d'organisation.On peut rejoindre la Ligue au numéro 527-8551 A 22/VIE OUVRIERE/AOUT 1985 0335 Une fin d'été en couleurs Le beau temps daigne encore s'attarder sur Montréal.Vos p 'lits chérubins ont encore quatre longues semaines de vacances alors que vous avez déjà terminé les vôtres.Heureusement, l'Association québécoise du jeune théâtre a pensé vous offrir une fin d'été toute en couleurs.Cette année encore, du 16 au 25 août, le parc Lafontaine grouillera de petit monde venu participer au festival international du théâtre «jeunes publics», nouveau nom du festival québécois du théâtre pour enfants.Dix jours de fête culturelle et familiale, une soixantaine de représentations théâtrales offertes aux enfants de tous les âges et à «leurs» adultes, treize spectacles différents produits par des troupes professionnelles d'ici et d'ailleurs.Prix d'entrée pour les spectacles: 3.50$ par enfant et 4.50$ par adulte (prix de groupes disponibles).Ajoutons à cela quantité d'activités gratuites et en plein air: parade, spectacle, amuseurs publics, séances de maquillage, ateliers d'art etc.Si vous êtes resté un peu enfant, vous en tirerez presque autant de plaisir que vos petits Si, par ailleurs, tant d'animation vous donne le goût d'un peu de calme, si, par exemple, vous cherchez l'évasion dans un bon livre, je vous suggère Les meilleurs d'entre nous, un roman de Henri Lamoureux Pouryavoir milité, l'auteur connaît bien l'univers des quartiers et des groupes populaires.Par les yeux de son personnage principal, un jeune sorti de prison, il nous fait découvrir la vie quotidienne d'une famille de St-Henn, ses grandeurs et ses misères, sa générosité, son courage, ses espoirs C'est vivant, bien écrit et le récit est suffisamment prenant pour vous distraire encore quelques heures des préoccupations de la rentrée A Martine D'Amours • Festival international de théâtre -ieunes public» du Québec Pour intormation et réservations (514) 288-3722 Les meilleurs d'entre nous par Henri Lamoureux, Editions du |our.1980 LE MO/OQE lu .VU D'Gû&ÏS JÉ *E DÊMAwDÉ Si JE we o£wwis Pus écftite AitfSi À JÉrV»-P»-KH.o VIE OUVRIERE/AOUT 1985/23 Jeunes et église: De la réalité au rêve Entrevue Dominique Cyr et Luce Pelletier Texte: Dominique Cyr Quand elles parlent de l'Eglise, Anne (19 ans) disent «eux» et «ils», masculin.A partir de leur propre e rêvent néanmoins d'une Eglise plu «Un» Eglise à «eux» A la question de savoir comment elles se situent par rapport à l'Eglise, elles répondent par un jugement sévère.«L'Eglise, avec ses structures et sa hiérarchie, est démodée, décrochée, moralisatrice et misogyne.La formation des prêtres — des hommes seulement — est dépassée, ne correspond plus à la réalité de ce que vivent les gens » «Dans l'Église, c'est les évèques qui «runnent» tout, avec les prêtres Les p'tits et p'tites laïques n'ont qu'à suivre comme des moutons Surtout quand on est |eunes et femmes » «Avec l'Année Internationale de la Jeunesse, c'est à la mode de s'occuper des jeunes Mais je me demande si c'est vraiment profond comme désir et comment ça va rester une préoccupation dans l'avenir » Ces ieunes sentent la demande qui leur est faite d'être davantage partie prenante de l'Église.Pourtant, elles se heurtent a des portes fermées quand elles tentent d'apporter ce qu'elles sont réellement et qui appelle à un changement de mentalité, de discours et de pratique «L'Église c'est comme une statue: elle est belle, elle sent la poussière et ne bouge pas tellement Un jour, elle finira par craquer d'elle-même » Jacynthe (17 ans), Line (16 ans) et Jo-L'Eglise, c'est les autres et c'est d'abord xpérience de communauté de for, elles s jeune.L'Église des jeunes: communauté de foi incarnée Mais, ajoutent-elles, «l'Eglise, c'est aussi nous autres.» L'Église dans laquelle Lyne et Jacynthe se sentent bien, c'est la JEC, bien qu'elles aient de la difficulté à nommer cela «Eglise».C'est leur communauté, un lieu sur lequel elles ont de la prise et où elles sentent que toutes et tous gèrent ensemble les situations concrètes et difficiles.Elles veulent y rendre présente la Parole de Dieu et que son message d'amour et de justice confrontent leurs actions et leurs valeurs.Pour Jo-Anne qui travaille comme animatrice de pastorale dans un cégep, l'Eglise c'est aussi la pastorale.Un lieu où la démarche de foi se construit à partir des forces, des questions et des intérêts des personnes qui s'y investissent Chemin de croix organisé par des jeunes dans un quartier populaire le vendredi saint 24/VIE OUVRIERE/AOUT 1985 Et comme femmes?Toutes trois nomment des éléments qui sont en transformation dans l'Eglise par rapport à la place des femmes et à leur rôle dans l'institution ou la communauté.Mais elles demeurent très critiques car, disent-elles, il y a peu d'acquis et tout reste à faire.A la pastorale où travaille Jo-Anne, il y a un homme et trois femmes permanentes.C'est la première fois que les femmes y sont en majorité.Cela permet de mettre de l'avant des préoccupations et des interventions différentes.Mais dans les faits, c'est encore à l'homme, qui pourtant ne travaille qu'à temps partiel, que les autorités de l'école et du diocèse accordent plus de crédibilité et de pouvoir.C'est encore lui qui exerce le contrôle.Dans les diocèses, les questionnements et les pratiques nouvelles apportées par les femmes soulèvent encore beaucoup de résistances.Dans les mouvements par ailleurs, les tensions sont moindres.Les militant-e-s de la J.E.C initient par exemple des projets de réflexion sur le sexisme, le harcèlement, la violence faite aux femmes et les rapports femmes-hommes dans l'école.Au MEECCQ, la dynamique enclenchée par les femmes commence à porter des fruits: sessions nationales et régionales de femmes, rencontres de femmes à l'intérieur même des sessions nationales, engagement d'une femme comme animatrice spirituelle du mouvement.Rêves pour une Église plus jeune Pour rapprocher la réalité de leurs rêves d'Eglise, il faudrait: - que les jeunes et les femmes soient vraiment reconnu-e-s et inclu-e-s dans l'Eglise, accepté-e-s pour et avec ce qu'elles et ils sont: - que l'Eglise soit collée à la réalité des gens.Qu'on dialogue en Eglise sur le mariage des prêtres, les couples-prêtres, le sacerdoce des femmes, la contraception, les relations sexuelles avant le mariage, etc.: - que les clercs cessent d'utiliser leur formation théologique comme un pouvoir et que toutes et tous soient réellement reconnu-e-s comme égaux-ales; - que la liturgie soit plus active, plus collective et plus proche de la vie; - qu'il y ait vraiment une vie de communauté dans les groupes et les paroisses; - qu'il y ait de la place et de l'ouverture pour les critiques, - que le vécu réel des femmes de l'Evangile soit reconnu et enseigné; - qu'on tente de rejoindre les |eunes par d'autres moyens que par la liturgie.Qu'on se préoccupe de leurs conditions de vie; - qu'il y ait moins de différences entre le discours de l'Eglise et sa pratique; - que les mouvements d'Action catholique soient reconnus comme communautés et expérience de foi.Cette année, les évêques du Québec ont fait porter leur session d'étude sur les jeunes.Signe d'ouverture?Le discours en témoigne tout au moins.Cependant, lors de cette session, seulement 9 évêques sur 35 ont participé à des stages d'immersion qui leur étaient proposés dans des milieux de leunes (Maison de ieunes et Centre de détention).Et malgré la présence de 60 jeunes, la célébration eucharistique fut des plus traditionnelles.On peut noter quelques perspectives: l'an prochain, la session d'étude des évêques portera sur les femmes Dans certains diocèses, des évêques veulent laisser les jeunes prendre leur place dans l'Eglise.Mais ces ouvertures seront modestes et longues à se faire Aux jeunes d'attendre, de s'investir dans ces petites perspectives ou de créer des expériences d'Eglise à leur ressemblance A ■ Jacynthe est de la Jeunesse Etudiante Chrétienne (JEC) de St-Hyacinthe.Line de la JEC de Valleytield et Jo-Anne du Mouvement d'étudiants-es chrétiens-nés du Québec (MEECQ)deSt-Jérôme Brigades Nicaragua Chaque année, le Nicaragua accueille des milliers de volontaires qui, dans le cadre de brigades de travail, viennent donner un coup de main à la reconstruction du pays En mars dernier, le comité Brigades Québec Nicaragua organisait une première brigade de huit personnes Ce comité est composé du SUCO (Service Universitaire Canadien Outre-Mer), de Carrefour Tiers-Monde, du Secrétariat Québec-Amérique Latine et du Collectif d'Information Nicaragua Ces brigadistes ont travaillé à la construction de meubles devant servir à une garderie à Granada Lorsque complétée, cette garderie accueillera 300 enfants de travailleuses de dix centres de production de la région sud-ouest Vivant dans des familles nicaraguayennes, les brigadistes ont partagés leur quotidien Ils ont de plus rencontré bon nombre d'organisations populaires Ils ont produit un diaporama sur la situation des femmes au Nicaragua et leur implication dans le processus On peut se le procurer en téléphonant à (514) 842-2463 ou 849-8433 À la mi-octobre, un deuxième groupe devrait partir pour construire la bâtisse qui logera la garderie.De son côté.Solidarité Laurentides-Aménque Latine a organisé à la fin juin une brigade de 18 personnes pour participer au forage de puits à Las Pilas et à l'achat d'une pompe pour un puit à Las Playas II s'agit de permettre l'irrigation de terres pour la culture de légumes et de plantes médicinales Ces projets serviront à des mini-coopératives dirigées par des femmes Le Centre de Solidarité d'Alma a organisé également en juin un stage permettant la mise sur pied d'une maison de maternité dans la ville d'Ocoltal.(d'après Ici l'Amérique Latine — juin 85 et Hélène Biais du comité Brigades Québec-Nicaragua) VIE OUVRIERE/AOÙT1985/25 Le Brésil au sortir de la dictature Entrevue et texte.Jean Ménard C'est un portrait saisissant du Brésil que nous trace ici Angelina de Olivei-ra.C'est aussi l'espérance qui habite les classes populaires brésiliennes au sortir de 20 ans de dictature.Invitée dans le cadre des rencontres au Centre International de Solidarité Ouvrière (CISO), Angelina travaille au Centre d'Étude et d'Action Communautaire (CEDAC) à Rio de Janeiro.Elle a été militante de la JOC au début des années '60.Une situation explosive Angelina: Dans notre pays, le chômage, les bas salaires et l'inflation créent une situation explosive.L'an dernier, le chef d'une entreprise multinationale déclarait à un |ournal du Brésil: «Vous vivez une guerre civile sans vous en rendre compte.» Nous vivons, en effet, une situation intenable, une espèce de névrose collective.Tout le monde a peur.Par exemple, des bandes d'enfants qui descendent des favellas attaquent des autobus du transport collectif.Une quinzaine de gamins immobilisent alors l'autobus et dépouillent les passagers Si quelqu'un résiste, on le tue.R.V.O.: Est-ce que ces attaques sont fréquentes?Angelina: Tous les «week-end» à Rio de Janeiro, il y a des assauts d'autobus J'ai moi-même été victime de cela une semaine avant de partir pour le Canada On pille également les grands magasins des principales villes Mais on ne vole que ce qu'on peut manger R.V.O.: Quelles sont les causes de cette situation?Angelina: D'abord, la façon dont sont organisés la production, la distribution et la consommation des biens.Les travailleurs ne profitent pas de la richesse qu'ils produisent.Ainsi, à Co-pacabana, il y a 23 lignes d'autobus, alors qu'il n'y en a qu'une dans les quartiers ouvriers.En second lieu, il faut remettre en question le type de développement qu'on nous a imposé car il favorise la concentration des richesses et privilégie l'exportation au détriment de la consommation interne.Il s'appuie sur la réalisation de 33 projets «pharaoniques» qui visent à faire du Brésil une puissance mondiale.D'où l'endettement qui, de 1964 à 1984, est passé de 31/2 milliards $ à 104 milliards $.Devenu insolvable, le pays a donc recours au Fonds Monétaire International (FMI) qui, en fait, vient aggraver la situation.R.V.O.: Quelles sont justement les exigences du FMI?Angelina: Il y en a deux.Premièrement, production pour l'exportation.Ça veut dire concrètement que le Brésil est devenu le deuxième exportateur mondial de soja, alors qu'il doit importer des haricots pour nourrir la population.C'est explosif ça! Deuxièmement, gel des salaires, qui sont déjà les plus bas d'Amérique latine.Le travail des fourmis R.V.O.: Le départ des militaires et «l'ouverture démocratique» marquent une nouvelle étape.Quel rôle a joué la classe ouvrière pendant 20 ans de dictature?Angelina: Il faut dire que depuis le coup d'Etat, le travail clandestin d'analyse de conjoncture, d'échange d'informations et d'efforts d'organisation n'a jamais cessé.C'est pour cela qu'il y a eu tant de torture.Mais en même temps, entre 1964 et 1977, aucune action collective n'a été possible, tous les canaux de participation ayant été coupés.Nous avons alors fait ce que nous appelons le «travail des fourmis» ou travail clandestin d'organisation collective.Un exemple du travail des fourmis: dans une mine, le patron permet aux travailleurs de se réunir dans différentes salles pour regarder la joute de football pour le championnat 26/VIE OUVRIERE/AOUT 1985 La « fa vêla » de Rocinha a Rio mondial, pensant ainsi «endormir» les ouvriers.Les fourmis profitent de ces quelques minutes pour déclencher la première grève sous la dictature.De 1977 à 1980, on voit se multiplier les grèves et les actions collectives.Au début, elles s'organisaient malgré les directions syndicales corporatistes mais, de plus en plus, elles peuvent compter sur le soutien d'un leadership syndical renouvelé.R.V.O.: L'Église semble jouer un rôle important dans ce processus.Angelina: L'Église, de même que les classes moyennes d'ailleurs, a soutenu le coup d'État militaire de 1964.Puis, elle s'est mise à jouer un rôle important dans le processus de réorganisation du mouvement populaire.C'est que l'Église demeurait notre seul espace de liberté, le seul lieu pour se réunir, pour s'organiser.Ainsi, l'Église a soutenu la résistance du peuple.De plus, beaucoup de militants et militantes venus de la JOC, de l'Action Catholique Ouvrière et des communautés ecclésiales de base ont été à l'origine des différentes organisations de quartier et de beaucoup de regroupements de femmes en milieux populaires.L'espoir R.V.O.: Ainsi donc, «l'ouverture politique», le retour à la démocratie, n'est pas un cadeau qu'on vous a fait mais bien le résultat d'un rapport de forces.Angelina: Nous venons de vivre, en 1984, les plus grandes manifestations syndicales et populaires jamais vues dans toute l'histoire du Brésil Plus d'un million de personnes à chacune1 Bien sûr que tous ces gens-là ne sont pas encore organisés mais la conscience politique n'est plus l'apanage de petits groupes Maintenant, les masses sont atteintes Maintenant, on peut dire que l'acteur du changement, c'est le peuple qui, en manifestant dans la rue, a obligé les militaires à lâcher du lest L'espérance est là: dans le peuple organisé qui pousse au changement Nous voulons donc profiter de «l'ouverture démocratique» pour accumuler des forces, prendre tous les espa ces.profiter des brèches, faire avancer le mouvement et renverser le rapport de forces A Le Brésil aujourd'hui • le plus grand pays d'Amérique latine: 135 millions d'habitants • population économiquement active: 35 millions chômage et sans-emploi: 22.5 millions • 80% de la population gagne entre $33 et $99 par mois • Il faut travailler 200 heures par mois seulement pour payer la nourriture • Inflation galopante — ces 6 dernières années, le prix des aliments a augmenté de 21 000% et les salaires de 6 300% — ces 4 derniers mois (janvier à avril '85), le salaire réel a baissé de 50% • La sécheresse dans le Nord-Est a causé 3 millions de morts en 5 ans VIE OUVRIERE/AOUT 1985/27 Les changements technologiques: Pour ne pas arriver trop tard En mars dernier la FTQ réunissait environ 400 militants et militantes dans un colloque sur les changements technologiques.C'était un coup d'envoi, le démarrage d'une discussion appelée à se poursuivre, le point de départ d'actions à coordonner.Car la tâche est immense, tellement qu'on ne sait pas toujours bien par quel bout l'entreprendre.Mona-Josee Gagnon, Service de la recherche, FTQ D'abord en parler Les changements technologiques ont touché tout le monde Implantation généralement graduelle dans les usines - on change les machines une par une, - plus brutale dans les bureaux et les services.Presque partout, c'est un processus en marche; dans certaines entreprises, comme à «La Presse», on attend pour bientôt le parachèvement d'un processus qui s'est étalé sur une quinzaine d'années Donc, un problème qui rassemble les travailleurs et travailleuses, mais face auquel nous sommes en rangs dispersés C'est pourquoi le principal mérite du colloque a été de permettre de se parler entre militants de secteurs différents Savoir quelle clause les autres ont négociée, quels effets positifs et négatifs ont découlé de telle ou telle technologie, comment un syndicat plus expérimenté s'est débrouillé pour imposer le point de vue des travailleurs et travailleuses: ce n'est pas négligeable Des discussions, il est ressorti aussi que, même si l'action syndicale est fragmentée à l'échelle des entreprises, les changements technologiques créent entre les différents syndicats des liens inattendus Les travailleurs de la construction sont déqualifiés par les innovations technologiques dans la préfabrication industrielle Les employés de bureau dans l'entreprise pri- vée et publique subissent les contrecoups de l'informations bancaire.Ailleurs, ce sont les mineurs et les ouvriers à la transformation des métaux dont le travail est rendu superflu par suite des changements technologiques mis au point par les chercheurs.Faire le décompte Le thème du colloque était «Pour un progrès sans victimes».L'essentiel des discussions a cependant consisté à faire le décompte des victimes, plus précisément à cerner les reculs subis, à nommer les détériorations observées.Certains groupes ont parlé d'acquis et d'améliorations; d'autres ont fait ressortir l'inquiétude de ceux qui sont à l'emploi d'entreprises vétustés, qu'on laisse dépérir avant de fermer les portes.Mais au moment de faire la synthèse, les participants ont insisté pour faire ressortir qu'à ce jour, les changements technologiques ont surtout des impacts négatifs.Rares sont les entreprises où il y a eu progression de l'emploi.Presque partout on connaît des fermetures de postes, un vieillissement des effectifs, l'allongement des listes de rappel.On se souvient des anciennes machines qui travaillaient, 5, 10, 20 fois moins vite.Et, là où l'entreprise a le vent dans les voiles, conquiert de nouveaux marchés, cela se fait souvent sans embauche nouvelle puisque les travailleurs et travailleuses suffisent largement pour produire bien plus qu'avant Nous sommes tous atteints par les discours sur le nécessaire virage technologique, sur la compétitivité de nos entreprises, sur les exigences de la concurrence internationale.Mais quand on nous parle des nouveaux emplois créés par le développement des produits de l'informatique, nous les trouvons trop souvent du côté des emplois précaires, difficilement syndicales; nous perdons des emplois syndiqués, avec des conditions relativement bonnes, pour gagner quoi exactement?Et à ce jeu de chaise musicale, il y a des individus qui perdent s leurs conditions de travail, leur régime I de retraite pas encore transférable, ° leurs 4 semaines de vacances annuel-5 les gagnées au terme de 10 ou 15 ans 28/VIE OUVRIERE/AOUT 1985 dans l'entreprise.Les changements technologiques charrient beaucoup d'ambivalence: c'est le progrès, mais aussi l'insécurité.Une perte de contrôle Nos métiers se perdent, nos qualifications ne sont plus nécessaires, et les technologies nouvelles nous privent souvent de la possibilité de signer notre ouvrage.Nous sommes en perte de contrôle.C'est une constatation qui se dégage maioritairement, mais il y a des exceptions à cette règle.Et ce sont ces exceptions qui nous font conclure que, si les syndicats étaient plus présents lors de la planification et de l'implantation des changements technologiques, nous réussirions à combattre la déqualification.Pour y parvenir, les délégués ont insisté sur la négociation de clauses efficaces, et la formule du comité a été privilégiée.Car un des constats majeurs du colloque, c'est que les changements technologiques se pensent sans nous: en conséquence, ils se font trop souvent contre nous.Il faut réclamer de la formation professionnelle qualifiante, se doter nous aussi d'une expertise technologique, aller chercher des contre-expertises quand il le faut, intervenir sur l'organisation du travail Trop souvent, notre action syndicale ne peut faire plus qu'aller à l'essentiel: l'emploi, priorité absolue.Pen- dant de temps, nous ne sommes pas assez présents sur le terrain de l'organisation — réorganisation du travail.C'est un champ d'action à développer, à investir.Combattre la surveillance électronique Non seulement perdons-nous souvent du contrôle sur notre travail, mais les technologies nouvelles sont utilisées pour nous surveiller étroitement.Le cas des téléphonistes de Bell Canada est connu: mais les méthodes de surveillance de Bell sont en train de se répandre dans d'autres entreprises, comme Air Canada, et même dans la fonction publique, partout où il y a des travailleurs et travailleuses dont la fonction consiste à répondre au téléphone Les nouvelles machines, dans tous les secteurs, sont capables de compiler nos performances, nos absences Dans certains cas.les travailleurs sont en plus surveillés par des caméras ou portent sur eux des cartes magnétiques qui révèlent tous leurs déplacements.La santé et sécurité au travail, sont encore à l'ordre du jour des nouvelles technologies.On parle plus souvent de stress et d'usure mentale Et les délégués ont insisté sur la priorité à conférer à la lutte contre la surveillance électronique Pour imposer nos priorités Les délégués au colloque ont demandé à la FTQ d'accentuer ses pressions pour que le Gouvernement du Québec impose aux entreprises d'informer et d'associer les syndicats à la planification et à l'implantation des changements technologiques.Le Code du travail québécois est à cet égard silencieux, et les syndicats ne peuvent compter que sur leurs propres forces pour faire valoir leur point de vue.Au-delà de nos actions syndicales et des lois que nous obtiendrons peut-être un jour, les changements technologiques posent tout le problème du travail dans une société post-virage technologique.La réduction du temps de travail, une politique de plein emploi, sont des conditions indispensables pour que les travailleurs et travailleuses ne soient pas les grands perdants du virage Comme le disait un délégué du journal «La Presse», où les gens de métier ont réduit leur semaine à 28 heures tout en protégeant leur salaire: l'emploi, le salaire, ce n'est pas tout, quand on perd l'intérêt de notre travail, c'est toute notre vie qui change Les changements technologiques nous posent aussi cette question-là A VIE OUVRIERE/AOUT 1985/29 Politique: L'espoir fragile d'un déblocage Louis Favreau, Centre de formation populaire Que cela nous plaise ou non, que la politique nous donne ou non des boutons, des élections générales auront lieu cet automne ou, au plus tard, au printemps '86.Elles risquent de consacrer le virage conservateur déjà amorcé, nous donnent le sentiment de changer 4 trente sous pour une piastre.Mais si des résistances surgissent, si des projets d'action politique populaire, si fragiles soient-ils, se font jour, peut-être réussirons-nous, au moins dans certains réseaux militants à briser le fatalisme qui nous tenaille.Que voit-on poindre à l'horizon?Des oppositions au PQ et au PLQ: en veux-tu, en Vlà! Mais.Vraisemblablement, le Rassemblement démocratique pour l'indépendance (RDI), nouvelle opposition issue des rangs mêmes du PQ, présentera des candidats-e-s dans un certain nombre de comtés De son côté, le NPD—Québec ne cache pas ses ambitions: 122 comtés, 122 candidatures Personne ne risque de surprise avec ces deux formations politiques, la première animée par des indépendantistes de la première heure, dissidents du PQ, la seconde par d'anciens socialistes devenus modérés et faisant fi depuis la fondation du parti (en 1933), de la question nationale québécoise.L'électorat mécontent du virage fédéraliste du PQ ira vers le RDI, l'électorat mécontent de la faiblesse des mesures sociales du PQ et de sa médecine de cheval à l'égard des syndicats du secteur public ira partiellement et momentanément vers le NPD Cela nous sort momentanément du dilemne PQ-PLQ mais n'est-il pas possible de penser des démarches politi- ques qui allient lutte sociale et lutte nationale, dans le prolongement de l'action du mouvement ouvrier et populaire des 20 dernières années?Certains, certaines cherchent à intervenir en ce sens.Suite à son congrès spécial de mai dernier, le Mouvement socialiste fait le grand saut: transformation en parti, avec la volonté de présenter une quinzaine de candidatures autour d'un programme socialiste et indépendantiste.En optant pour le parti, il a du même coup abandonné son projet initial (issu de son congrès de décembre) «d'inviter des groupes sociaux, féministes et politiques à participer à l'organisation d'une coalition aux prochaines élections» (voté à 70% en décembre mais rejeté aux 2/3 en mai).Il mise encore sur des comités conjoints, l'un avec le NPD, l'autre avec le Regroupement pour le socialisme (RPS), histoire d'éviter que la gauche se pile sur les pieds dans les mêmes comtés D'autres, dans certaines régions (Valleyfield, Thetford-Mines, St-Hyacinthe, Québec, Juliette) et dans certains quartiers de Montréal (Hochelaga-Maisonneuve, Pointe St- Charles), ont entrepris une démarche avec des militants-e-s de groupes populaires, de groupes de femmes, de syndicats.Dans certains cas, le processus est initié par le Regroupement pour le socialisme, dans d'autres, il est complètement autonome.Animés par un espoir de coalition sociale et politique, ces collectifs envisagent de travailler conjointement à présenter des candidatures indépendantes dans leur milieu.Syndicats, groupes populaires et groupes de femmes: «peut-être ben que oui, peut-être ben que non» Tout ce remue-ménage politique, visiblement encore trop conçu et vécu par et pour des initiés, n'est quand même pas sans faire son petit bonhomme de chemin dans certaines de nos organisations Dans le milieu syndical, le débat sur l'action politique refait surface 1 500 délégué-e-s au dernier congrès de la CSN ont clairement manifesté l'urgence de remettre le sujet à l'ordre du jour.«On ne sait pas encore quel type d'action politique nous sied le mieux mais, devant le vide actuel, il nous faut reprendre la discussion à ce propos».«On a été déçus par le PQ et échaudés par le «m-l» mais ce n'est pas une raison pour abandonner ce terrain où nous avons là aussi à défendre nos intérêts comme travailleurs».Plus modestement, la CEO.aussi «veut réouvrir le dossier» mis sous le boisseau depuis quelques années Mais ce n'est 30/VIE OUVRIERE/AOUT 1985 .t .rmr pas demain la veille Eternel problème de concilier la lutte syndicale au jour le jour, dans le privé comme dans le public, avec une action qui déborde le cadre habituel des conventions collectives.Là comme ailleurs la force d'inertie joue: l'alternative politique enfin trouvée n'est pas aux portes.Dans les groupes populaires, on est partagés entre la survie de nos groupes et une hypothétique relance par une action politique aux prochaines élections On s'interroge donc, un peu et parfois, sur nos capacités effectives de s'y impliquer, ne fut-ce que minimalement.Du côté des groupes féministes, on est plus résolues à faire face à l'action politique.Le mouvement des femmes est manifestement plus en santé que d'autres mouvements.On hésite cependant entre deux projets: des candidatures féministes indépendantes ou des candidatures féministes à l'intérieur d'une coalition sociale et politique.Marie Cardinal au Centre des Femmes de Laval Le Centre des Femmes de Laval invite toute la population à un souper-bénéfice qui aura lieu le 4 octobre prochain à l'hôtel Sheraton Laval.2440 Autoroute Laval La conférencière invitée sera Marie Cardinal, auteure de «La Cité sur la porte» et «Les mots pour le dire».Cette soirée clôturera la campagne de souscription publique du Centre qui se tiendra du 1er septembre au 4 octobre Le Centre des Femmes de Laval est un centre d'accueil, d'animation, de référence, de documentation et de soutien pour les femmes.Il existe depuis 4 ans et a offert des services à près de 4000 femmes depuis son ouverture.Il offre de l'information au plan juridique, médical, de la nutrition, etc ; des ateliers d'autonomie, de discussions-lectures (couples, solitude ) des cafés-rencontres; il offre de la formation (retour au travail ou aux études, à l'écriture journalistique; des ateliers de créativités (émaux sur cuivre, dessin, théâtre.); on y fait de la gymnastique douce, de la relaxation.Et il y a un service de garderie pour les participantes.On peut faire parvenir un don ou s'informer au Centre des Femmes de Laval.233.des Alouettes.Laval.H7G 3W2 668-8600 ou 668-6428 Mieux vaut des scénarios limités que pas de scénarios du tout Quelle est la portée possible des oppositions qui mûrissent à gauche du PQ et du PLQ?Trois scénarios s'offrent à nous Celui qui, via le RDI d'une part et le NPD-Québec d'autre part, s'inscrit en dynamique concurrentielle avec le PQ Problème: ces formations politiques offrent une perspective très limitée; l'indépendance sans projet de société nouveau d'un côté, une visée sociale progressiste coupée de la question nationale de l'autre Après avoir jonglé avec une possible coalition, le Mouvement Socialiste a décidé d'opter pour se constituer seul en parti L'avantage du scénario M S remettre sur la place publique un discours socialiste et indépendantiste qui serait autrement pratiquement absent Le problème: il risque d'être happé par la logique électorale (i.e faire son trou entre le RDI et le NPD) dans une situation de faiblesse, avec peu de membership, sans grand moyen financier et sans pouvoir compter sur les forces conjuguées d'une coalition plus large Le dernier scénario, celui des candidatures indépendantes issues de collectifs populaires et féministes a l'avantage de redonner la parole politique à ces groupes L'élection est ici perçue comme une occasion de faire progresser nos revendications dans la population, une occasion aussi dm tervenir ensemble après l'élection Par exemple, dans Hochelaga-Maisonneuve.on exprime déjà l'idée de s'atteler ensemble à la construction d'un journal communautaire, style La Criée ou Liaison St-Louis Problème de cette approche l'apport est fort modeste, l'impact public limite Ou qu'on regarde, donc, le défi est immense, la marge de manoeuvre étroite, le résultat incertain Mais, sur cette épineuse question de l'action politique, mieux vaut des démarches incertaines que pas de démarche du tout Faute de quoi, la période actuelle de «repli sur soi», venue remplacer des expériences antérieures de «fuite en avant», risque de durer fort longtemps A VIE OUVRIERE/AOUT 1985/31 Dans l'Outaouais Bâtir du neuf, en misant sur les acquis Guy Marchessault.Secteur des communications, Centre St-Pierre Trouver de nouvelles méthodes de mobilisation et fournir aux groupes des moyens de «nommer» ce qu'ils font déjà en éducation populaire: tels étaient deux des objectifs principaux poursuivis par la Table-ronde des O.V.E.P.* de l'Outaouais, qui réunissait le 27 avril dernier 55 participants provenant d'une vingtaine d'organisations populaires de la région.La Table-ronde profitait alors de l'occasion pour mettre à l'essai de nouvelles méthodes d'éducation et d'engagement, destinées à contrer un affaiblissement du membership militant et un manque de circulation d'information sur les activités éducatives propres à chaque groupe Au fond, de l'avis du directeur de la Table régionale, Guy Fortier, il s'agissait d'accorder autant d'attention à la préparation du «contenant» des rencontres que des contenus d'éducation Conscients que les groupes rencontraient de plus en plus de difficultés à recruter leurs militants, en particulier a cause de certaines formules qui rebutent ces derniers - telles les assemblées générales classiques -, les responsables de la Table on voulu inciter ces groupes à plus d'imagination, par une pédagogie active, attirante, «le fun», tout en restant proche des expériences vécues Évidemment, la |ournée de rencontre se voulait dans la même logique, employant les méthodes actives et faisant appel à diverses techniques pour mettre en évidence les «voir-juger -agir» des différents groupes: 1 Bâtir en ateliers chacun sa partie d'un immense casse-tète qu'on devait rassembler ensuite en plénière, de fa- çon à mieux identifier les intérêts du milieu 2 A travers des «jeux de rôles», par exemple à partir des questionnements de 3 «touristes déguisés».3.A partir d'une rencontre fictive avec un «délégué officiel» du ministère de l'Education du Québec, qui venait offrir à la Table des O.V.E.P une insertion institutionnelle: une façon bien concrète de faire saisir les différences entre éducation populaire et institutionnelle, avec les choix qui s'ensuivent dans la vision de la solidarité ou du projet de société.4.Grâce à une visite organisée du milieu, en autobus Quatre groupes se sont prêtés à cette visite des autres: le Centre d'animation familiale (Pointe-Gatineau), le Centre de la petite enfance, l'A.CE.F.et l'A.ODS.(Hull).A ces quatre endroits, les visiteurs avaient l'occasion de s'enquérir des méthodes d'éducation populaires propres à chaque organisation L'expérience de l'histoire L'action de la Table des O.V.E.P de l'Outaouais ne date pas d'hier La fondation de la Table elle-même remonte à 1973, la première au Québec.Mais, déjà alors, elle plongeait ses racines dans un terrain préparé depuis les années 1968-70, dans les premières actions des citoyens à partir de la formule des enquêtes-participation.C'est à la rédaction de cette histoire des mouvements populaires dans l'Outaouais québécois que s'est attelé récemment Roger Poirier, u: des principaux témoins qui a traversé toutes ces époques.Une histoire qui vise non seulement à rappeler les événements marquants mais également à tirer les leçons de l'histoire: acquis, raisons des succès et des échecs.Si tout se déroule comme prévu, cette «histoire populaire» devrait être accessible au public lors du Salon du livre de l'Outaouais de mars 1986.Entre-temps, la Table des O.V.E.P., désireuse de voir les groupes s'approprier l'histoire de leurs luttes, vient de se fabriquer un autre instrument d'éducation populaire: un grand «scrap-book», qui retrace les principaux événements |usqu'en 1968 à l'aide d'images, sans texte, de façon à ce que l'histoire se transmette de vive voix d'une «génération» à l'autre A • Organisme volontaire d'éducation populaire.Erreur Dans le numéro de |uin-|uillet.sous la photo de la page 7 on aurait dû lire le nom d'Eric et sous celle de la page 8 celui de Stéphane Toutes nos excuses 32/VIE OUVRIERE/AOUT 1985 Un journal d'information populaire, progressiste et démocratique, est-ce le temps?Ce n'est pas au lancement d'un nouveau journal, mais bien à débattre de la pertinence d'en créer un, que l'Institut canadien d'éducation des adultes (ICEA) convie tous les milieux progressistes du Québec d'ici le printemps 1986 L'analyse est la suivante: le terrain de l'information de masse est occupé par les forces conservatrices Lus par l'immense majorité de la population, les journaux de Péladeau, Des-maraiSjde Francoeur transmettent le point de vue de la minorité possédante Ne faudrait-il pas que les forces progressistes aient un moyen de transmettre à la population un autre son de cloche et ceci, en complémentarité avec les médias communautaires, alternatifs et les publications du mouvement populaire et syndical?Pour fins de débat, l'ICEA soumet la proposition suivante: un hebdomadaire d'information national, supporté par une large coalition de groupes et d'individus progressistes, contrôlé démocratiquement par ses membres et confié, pour sa rédaction, à une équipe de journalistes travaillant en toute autonomie et en solidarité avec les grands objectifs déterminés par la coalition.Budget de départ: 1 millions.Tirage initial: 35 000 copies, dont 25 000 devraient être vendues chaque semaine dès la première année.Contribution annuelle des organismes et des individus: 200 000$, jusqu'à ce qu'on ait atteint le seuil de 55 000 copies vendues En organisant des rencontres régionales à l'automne et en invitant les groupes progressistes à faire le débat dans leurs rangs, l'ICEA cherche à répondre aux questions suivantes: «le besoin d'un tel journal est-il ressenti?»: «les groupes et individus sont-ils prêts à le financer?» Suite à la consultation, une décision sera prise, vraisemblablement au printemps 1986.D'ici là, l'ICEA vous invite à faire le débat dans vos groupes Des questionnaires et une information complète sur le projet sont disponibles à l'ICEA, a/s Bernard Vallée, 506 rue Ste-Cathenne est, local 800, Montréal H2L 2C7.Tél.: (514) 842-2766 4.50 $ de l'heure, ça presse! Depuis 1981, le salaire minimum est gelé à 4 $ de l'heure Compte tenu de l'inflation, ce 4 $ ne vaut plus actuellement que 3 26 $.Au Québec, le salaire minimum est le lot de 200 000 travailleuses et travailleurs: 68% sont des femmes, 52% des leunes de moins de 25 ans et un grand nombre sont immigrants.Le groupe Au bas de l'échelle vient de lancer une campagne réclamant l'augmentation du salaire minimum à 4.50 $ pour toutes et tous 4 50 $ c'est pas la mer à boire mais ça permettrait à une personne vivant seule d'atteindre le seuil de la pauvreté.Pour rappeler au gouvernement sa promesse d'indexer le salaire minimum, Au bas de l'échelle suggère un envoi massif de cartes postales à Pauline Marois, ministre de la main-d'oeuvre et de la sécurité du revenu.Ces cartes sont disponibles au 6839 A Drolet.Montréal, 270-7878 S NUUVLLEE& Mes amours.Mes affaires Tel sera le thème du premier colloque pan-canadien organisé par l'Association des femmes collaboratrices.5 ans après la fondation de leur association, les femmes collaboratrices de leur mari dans l'entreprise familiale dresseront le bilan de leurs acqi'is et discuteront des moyens de s'assurer une plus grande sécurité et équité économique, par exemple l'obtention du statut de salariée ou de celui de collaboratrice Le colloque sera également l'occasion de dévoiler les résultats d'une enquête récente sur la situation de ces 500 000 canadiennes.Les femmes collaboratrices, leurs conjoints ainsi que les personnes intéressées ont jusqu'au 19 août pour s'inscrire, en communiquant avec l'Association, au numéro de téléphone (514) 672-4647 Les Indiens d'Amérique latine Le Centre de Documentation d'Amérique latine (CEDAL) vient de publier un dossier intitulé «les Indiens d'Amérique latine» On y trouve des éléments historiques, des textes d'analyse, des témoignages originaux de latino-américains ainsi que des résolutions du dernier Congrès Mondial des Peuples Indigènes Un prochain dossier, actuellement en préparation, portera sur les mouvements de femmes en Amérique latine On peut les obtenir au montant de 5$, en s'adressant à CEDAL.3738 rue St-Dominique, bureau 100.Montréal.H2X 2X9 Tél.: (514) 288-3412 VIE OUVRIERE/AOUT 1985/33 loymjl d ,otofmjiH,n
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