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Titre :
Vie ouvrière.
Vie ouvrière est une revue catholique mensuelle d'animation sociale engagée pour la cause ouvrière qui a été publiée à Montréal de 1979 à 1990. [...]
La revue mensuelle Vie ouvrière est publiée à Montréal de 1979 à 1990. Elle fait suite à Dossiers « Vie ouvrière » (1974-1978), revue catholique d'animation sociale engagée dans le monde ouvrier, élargissant ses préoccupations aux laissés pour compte des luttes syndicales : travailleurs non syndiqués, pauvres, chômeurs, assistés sociaux et marginaux. Vie ouvrière montre aussi une sensibilité à l'égard d'un large éventail de problématiques sociales plus larges. La montée du féminisme a des répercussions sur les orientations de la revue. La question autochtone fait aussi l'objet d'une certaine attention; le dossier d'avril 1979 y est consacré. Vie ouvrière fait une place plus grande aux militants chrétiens impliqués dans le missionnariat et la coopération internationale, et on y trouve de nombreux dossiers et articles à saveur altermondialiste sur la solidarité internationale. La première livraison de 1981 marque une rupture dans la facture visuelle de Vie ouvrière. La page couverture monochrome habituelle fait place à une page illustrée et colorée et des photographies et des illustrations parsèment maintenant les textes, donnant une allure de magazine à la revue. Celle-ci procède toutefois toujours par enquêtes, reportages et articles de fond. Vie ouvrière fait partie d'une longue série de publications incluant aussi le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990) et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004). La publication de Vie ouvrière résulte d'une collaboration entre le Centre de pastorale en milieu ouvrier, la Jeunesse ouvrière catholique et le Mouvement des travailleurs chrétiens. VALLIÈRES, Pierre, « Le magazine de Vie ouvrière - 40e anniversaire. Troisième partie : les années 70 - L'utopie et l'institution », VO, no 232, septembre-octobre 1991, p. 12-14.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1979-1990
Contenu spécifique :
mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Dossiers "Vie ouvrière",
  • Successeur :
  • VO
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Références

Vie ouvrière., 1987, Collections de BAnQ.

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Mars 1987 200/2,50$ ""'".m ■>[?Mouvement populaire, cuvée 1987.^Blfll-i 1 jLiiiil Ifer l.1 j il |,!SI |L I- IlW i i w "w*" 1 m .11 in ; À ■ 1 mil fi1 Hll L II 1 ' ï I ■ 1 I il! Ill'fl I " il 1 il II!' •■ § II ' " ' Il .IIIIIIIIIIIW" 1 IM Jlllll M, 1 i ri ' 1 1 1 'li : 1 1 j|j| ii ; !i : i:;: il " illlllllll ii!-Hr If,.1 III' IIP' 1 / \t ! F LES JEUNES ET L AMOUR HAÏTI".UN AN APRÈS LES AUTOCHTONES 0537 84 VOLUME XXXVI numéro 200.Vie Ouvrière.Revue fondée en 1951, publiée en collaboration avec la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC).le Mouvement des Travailleurs Chrétiens (MTC) et le Centre de Pastorale en Milieu Ouvrier (CPMO) Ses prises de positions éditonales n'engagent cependant pas ces organisations Directeur: Raymond Levac • Conseil de direction: Gilles Comeau.Gilles Dubois.Denise Labelle.Ré-iean Mathieu, Monique Pellenn • Secrétaire à la rédaction: Martine D'Amours • Comité de rédaction: Normand Comte.Diane Levasseur.Monique Tremblay.Claude Hardy, Jean Ménard • Membres des sous-comités Jeunes, Femmes, Église, International: Louise Bessette.Madeleine Bousquet.Nicole Brais, Marie-Hélène Deshaies, Josée Deslauners, Sylvie Désautels.Isabelle Drolet, Jocelyne Gama-che, Diane Lalancette.Sylvie Lavallée, Jacques Lauzon.Luce Pelletier, Lucie Raiche • Abonnements: Raymond Levac • Maquette, montage, comptabilité: Yolande Hébert-Azar • Couverture et graphisme: Anne Bnssette • Bande dessinée: Vivian Labrie • Imprimerie: Payette et Simms • Photocomposition: Photocomposition Tréma Inc • Distribution: Diffusion Parallèle, tel (514) 525-2513 • Abonnement régulier: 15S/an.de soutien: 20S/an.28S/2 ans.à l'étranger: 18$/an.commande de 6 abonnements et plus: 12$ chaque Références: Les articles de la revue Vie Ouvrière sont répertoriés dans le répertoire analytique d'articles de revues du Québec (RADAR), de la Bibliothè que nationale du Québec • Dépôt légal à Ottawa et à la Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0229-3803 Courrier de deuxième classe, enregistrement no 0220 Revue Vie Ouvrière, 1212 Panet, Montréal, Que H2L2Y7.tel (514)523-5998 Ne manquez pas dans Vie Ouvrière d'Avril-mai dossier: bilan de la solidarité internationale au Québec les nouvelles technologies de la reproduction: jusqu'où aller pour avoir des bébés?groupes populaires: la crise financière Pour ne rien manquer, il faut s'abonner Abonnement régulier 15$/an Pour deux ans 28$/an De soutien 20S/an D À l'étranger 18$/an Nom Adresse Code postal Boîte aux lettres f" Editorial: Un nouvel EINorte Martine D'Amours.g* Une tâche immense Entrevue avec Lorenzo Brousseau de l'Alliance des autochtones du Québec.Une tâche immense attend les jeunes indiens: retrouver l'autonomie et la dignité de leur peuple.Sylvie Desautels.A g± Le nouveau visage du mou-I w vement des femmes Visage neuf du mouvement des femmes, et à bien des égards novateur, les groupes locaux dispensateurs de services et de ressources constituent aussi son bras le plus fragile.Martine D'Amours A Ê\ Jeunes et amour.Quand I m* on ne vit pas sur la même planète Les relations amoureuses des jeunes sont souvent déterminées par leurs conditions de travail et de vie.Marie-Hélène Deshaies et Normand Conte 23 Vie quotidienne: La photo Aline St-Pierre.Bande dessinée: Le monde vu d'en bas.Vivian Labrie.SOMMAIRE 28 «Nos impôts pour la paix- Q/| Haïti: entre espoir et ^^T domination Après l'espoir d'un changement lors de l'effondrement de la dictature des Duvalier, le peuple n'attend plus grand chose aujourd'hui d'un gouvernement qui ignore ses renvendica-tions.Frantz Voltaire.Oft Les évoques américains fcOprèchent la justice économique La lettre de l'épiscopat américain sur l'économie questionne fondamentalement les politiques reaganiennes créatrices de chômage et de pauvreté.Raymond Levac.Retenir la part d'impôt normalement destinée à la Défense et la verser dans un fonds provisoire pour la paix.Tel est l'action pacifiste dont nous parle Serge Mongeau.Daniel Baril é% ft Ça ne cnanQe Pas ,e monde WVmais.Le Fonds de Solidarité (FTQ) entend jouer un rôle plus grand dans le soutien «d'initiatives économiques populaires» et veut s'impliquer dans des dossiers économiques majeurs du Québec.Raymond Levac O O IVlon '°9ement n est Pas a Om vendre La coalition «Sauvons nos logements» tente d'éviter la reprise des expulsions avec la levée du moratoire sur la conversion de logements en copropriétés.Anne-Marie Larocque et Martine D Amours 15 DOSSIER MOUVEMENT POPULAIRE, CUVÉE 1987 Après les chicanes du temps des m-l et la déprime du début '80, le mouvement populaire et communautaire semble enfin entrer dans une période de dégel, de nouvelle dynamisation.Louis Favreau, Roger Poirier.Hélène Ruel, Martine D Amours VIE OUVRIERE/MARS 1987/3 VOS LETTRES Les femmes qui gardent leurs enfants La lecture du numéro sur l'avortement m'a permis d'élargir ma compréhension du contexte social dans lequel se retrouveront les femmes choisissant de se faire avorter.Différents points de vue étaient présentés Cependant, l'aurais souhaité lire des témoignages de femmes ayant décidé de garder leur enfant pour connaître les difficultés par lesquelles elles sont passées et le soutien qu 'elles ont reçu ou non Votre position sur ce sujet amène des bris d'abonnement.De mon côté, je vous fais parvenir mon abonnement de soutien pour deux ans, soit 28$.D'une chrétienne qui vit de plus en plus avec le coeur, ses forces et ses faiblesses, et non avec des principes rigides seulement.Jacqueline Le May Montréal J'aime la vie Je suis a peu près certain de n avoir pas été un enfant désiré, malgré cela, / aime la vie.que c en est inquiétant, même à 60 ans Je vous aime tous, vous aussi, mais seulement par delà vos opinions sur l'avortement et sur le féminisme enragé Mesdames.\ 'estime que ce serait descendre bien bas que de vouloir être égales aux hommes A votre place, je prendrais plutôt le risque d'être vraiment moi-même, et au diable les comparaisons C'est une suggestion1 En attendant, faites-nous la laveur de ne plus nous envoyer votre revue.Marcel Provost.capucin Lac Bouchette Un dossier pas complet Votre dossier sur I avortement.en novembre dernier, donne des pistes de réflexion très intéressantes Mais / ose ajouter qu 'il ne me semble pas complet, il donne une critique de Pro-vie et bénédiction a Pro-choix Je souhaite une plus grande objectivité qui passe par une critique constructive allant dans le sens de la vente Mario Doyle Ste-Anne de Beaupré, Le respect des femmes Je vous félicite pour votre prise de position publique qui milite en faveur du respect des femmes dans la question délicate et difficile de l'avortement.Diane Roy Montréal Je cancelle Avec le lancement du dossier sur l'avortement et votre prise de position à ce sujet, je ne suis plus capable de vous appuyer et/e cancelle mon abonnement.Je suis sur que Notre Sauveur Jésus Christ dont vous vous réclamez n 'accepterait pas chez ses disciples une erreur de ce genre Je respecte votre liberté et je suis sûr de votre sincérité Je prie pour que la Parole de Dieu soit votre lumière.Fermement et amicalement vôtre.P.E.Deschénes, ptre La Pocatiére Dossier questionnant L e dossier sur l'a vortement est courageux et questionnant L'abbé L.P.Phénix St-Ours Impossible de payer Je vous écris pour vous dire que/e suis dans l'impossibilité de payer mon abonnement à votre revue pour cette année.C'est une revue très intéressante, que / 'ai beaucoup aimée.Bien a vous.Mme Lucie Moulin Roy Wickham Les culsdesac du syndicalisme Vie Ouvrière est intéressante Dans l'avenir, il y aurait heu de fouiller les culs-de-sac du syndicalisme actuel qui (ou on) s acharne sur des clauses normatives pendant que les débats ne se font pas sur les enjeux de fond: la privatisation, la santé, les subventions aux compagnies, le plein emploi Ça invite à lire Félicitations pour la revue, excellent contenu et belle présentation Ça invite à lire.Laurenday Car on Québec Je suis fier de Vie Ouvrière Pourquoi les enseignant-e-s.lesC L S C et autres associations etc ne connaissent pas votre revue7 Est-ce à cause du nom de votre revue7 Non.Pourtant on connaît la revue Notre-Dame1 Mais je suis fier de Vie Ouvrière.Jean St-Cyr Mascouche Ça m aide à ne pas lâcher J'aime lire «Vie Ouvrière" elle me situe dans les luttes menées au Québec, ça m aide à ne pas lâcher.Merci.Irène Dionne Montréal Pensez aux Amérindiens Je vous aime beaucoup J aime que vous citiez — L Autre Parole.Amnistie etc J aime les articles avec les gens ordinaires car ce sont souvent des gens extraordinaires Suggestion Vous donnez la parole aux pauvres, aux femmes, aux exploités, aux jeunes, pensez aussi aux Amérindiens un petit peu Ils sont encore parmi les pauvres Jeanne-d'Arc Bèdard Sept-iles Criez et dénoncez.Mon voeu; de plus en plus de travailleurs et travailleuses Quebecois-e-s.de syndiques.Plus de droit au respect de I être humain plutôt considère comme «une machine" Continuez votre travail — Criez — Dénoncez — Lâchez pas Nous vaincrons Claire Ménard Montréal 4/VIE OUVRIERE/MARS 1987 Jacques Audet Compton Un nouvel Eltlorte EDITORIAL par Martine D'Amours O n refuse l'entrée au pays de plantes ou de végétaux quelconques afin d'éviter toute contamination de la végétation, mais on reçoit des milliers de personnes sans leur faire passer un examen médical, dont des Africains, quand le monde entier sait qu'en Afrique sévit une grave épidémie de Sida.»1 «On a déjà assez de pauvres ici sans dépenser nos ressources pour nourrir ces «profiteurs».Elle est instructive la lecture des lettres reçues et publiées ces semaines-ci par les médias.Instructive sur l'ampleur de la xénophobie, des préjugés et de l'intolérance soulevés par l'arrivée massive de réfugiés turcs, puis latino-américains.Même sans aller jusqu'à des expressions extrêmes de racisme, une large part des Québécois-es ne sont pas loin de penser que leur pays est «trop bon», «trop ac-accueillant» envers les réfugiés.A ceux et celles qui seraient portés à croire que le Canada supporte la presque totalité des réfugiés du globe, rappelons ces quelques faits.Selon le Haut Commissariat des Réfugiés, les États-Unis comptaient en 1984 1 million de réfugiés, la Somalie 690,000, le Pakistan 2,9 millions, l'Iran, 1,8 million et le Canada 310,000 2 Notre pays a donc su faire preuve d'accueil, ce qui lui a valu la médaille Nansen, mais il ne s'agit aucunement d'un accueil «démesuré»: aujourd'hui encore, la large majorité des réfugiés vivent — ou subsistent?— dans des pays du Tiers-Monde.Le choix Nous avons de la place et des ressources.Le gouvernement québécois le sait bien, lui qui, l'automne dernier, s'est prononcé en faveur du recours à une plus forte immigration internationale, vue comme un moyen de compenser la dénatalité et de rétablir le poids démographique du Québec à l'intérieur du Canada Or quand le Québec ou le Canada décide d'ouvrir ses portes, il ne le fait habi- tuellement pas à tout venant.Il sélectionne ses immigrants et délègue ses représentants dans les camps de réfugiés pour choisir ceux et celles qui bénéficieront du «privilège» de venir chez nous.Ce qui «dérange» cette fois-ci, c'est que des personnes se présentent en masse aux frontières, — sans avoir été invitées — et requièrent le statut de réfugiés.Dictatures politiques Or pourquoi arrivent-ils en aussi grand nombre?Une part des réfugiés, on le sait, fuient des régimes répressifs: Chili, Salvador, Guatemala, Afghanistan pour ne nommer que ceux-là.En Amérique latine, par exemple, des dictatures musclées maintenues avec l'aide américaine provoquent l'exode de milliers de personnes Au péril de leur vie, elles fuient «au nord» et cherchent à entrer illégalement aux États-Unis.Le film El Norte a illustré de façon poignante cet espoir, souvent déçu, d'un avenir plus confortable Mais cela n'est rien.En vertu de la nouvelle loi sur l'immigration qu'il vient d'adopter, le gouvernement américain a trouvé le moyen de se débarrasser de ces réfugiés qu'il a lui-même contribué à créer.Cette loi amnistie tous les immigrants illégaux capables de prouver qu'ils sont arrivés avant 1982 et.menace les autres de déportation.Plutôt que de retrouver les prisons salvadoriennes, chiliennes ou guatémaltèques, plusieurs décident de tenter leur chance encore plus au nord, au Canada Le Canada n'ira pas jusqu'à les déporter.Mais, s'il faut en croire le ministre responsable, il pourrait les faire patienter du côté américain de la frontière jusqu'à ce qu'une enquête à leur sujet soit complétée Tout un accueil Pendant ce temps, Ottawa continue de commercer avec le Chili et s'abstient d'élever le ton contre les violations des droits humains perpétrés par les régimes de Santiago, San Salvador et Guatemala City Dictatures économiques «Passe toujours pour les Latino-américains Mais les Turcs, eux, ne risquent pas la mort en retournant dans leur pays».Affirmation maintes fois entendue — d'ailleurs partiellement fausse puisque le gouvernement turc matraque ses opposants, notamment les Kurdes — mais qui masque la réalité de l'appauvrissement dramatique vécu au Sud.En Turquie, le revenu annuel par habitant s'élèvent à $1000 et l'inflation atteignait 33,7% en octobre Avec l'application des politiques néoconservatrices à l'échelle mondiale, avec les exigences du Fonds monétaire international, le contrôle par le Nord du prix des matières premières, les sommes fabuleuses englouties dans l'armement, comment s'étonner de ce que le Tiers-monde surendetté jette un regard d'envie vers la richesse des pays industrialisés?Tant que nous n'aurons pas consenti à des rapports Nord-Sud |ustes, au nom de quoi oserions-nous refouler les victimes d'une économie internationale injuste?Bien sûr qu'il y a lieu d'exiger des sanctions contre les «conseillers» qui, profitant de la misère des réfugiés et des lenteurs de notre propre système d'accueil, ont fait leur profit des trous de la loi Mais il y a aussi nécessité, et surtout au moment où le Canada se prépare à modifier sa loi sur les réfugiés, de réclamer une procédure plus simple, qui reconnaisse aux réfugiés le droit de se faire entendre et de porter leur cause en appel, et qui évite les longs délais actuels: une procédure humaine quoi Finalement, le Canada devrait développer une politique extérieure plus ferme à l'égard des régimes dictatoriaux générateurs de réfugiés A 1 lettre parue dans La Presse du 19-01 87 2 Comme le rapporte Louis Beaupré dans une lettre parue dans le Devoir VIE OUVRIERE/MARS 1987/5 LQ»HCE A0Th ki j Entrevue avec Lorenzo Brousseau Alliance des autochtones du Québec 6/VIE OUVRIERE/MARS 1987 Une tâche immense Lorenzo Brousseau, 27 ans, est l'un des plus jeunes leaders autochtones du Québec, Métis, c'est-à-dire sans statut, il pourrait raconter longuement les préjugés, rebuffades et discriminations vécus par les premiers habitants de ce pays, enfermés dans leurs réserves comme les Noirs sud-africains dans leurs bantoustans.Mais ce qui frappe chez lui, c'est la combativité, l'espoir, la foi dans les revendications de son peuple, qui constituent aussi tout un projet de société.Le peuple autochtone revendique des terres certes, mais aussi le droit de vivre sous d'autres lois, selon d'autres valeurs.Les jeunes Indiens, nous rappelle Lorenzo.s'impliquent de plus en plus, et pour cause! Ils ont devant eux une tâche immense: retrouver l'autonomie et la dignité de leur peuple.propos recueillis par Sylvie Desautels «Blancs- Ensuite on l'a transformée et le gouvernement fédéral en a fait une loi du Parlement canadien À partir de là.les autochtones n'ont pus rien eu à dire, aucune négociation n'a été possible; leur accord n'était plus nécessaire Le Parlement fédéral avait pris le contrôle Sylvie: nel?Quel est ton itinéraire person- Sylvie: On compare souvent la situation des Autochtones avec celle des Noirs sud-africains aux prises avec un régime d'apartheid.Peux-tu nous expliquer cela?Lorenzo: D'abord le gouvernement non autochtone (gouvernement canadien) s'est arrogé le droit de définir qui était Indien et qui ne l'était pas, avec ses «catégories» prévues à la Loi sur les Indiens (voir encadré).Cette Loi a en quelque sorte mis les Indiens sous tutelle.Elle les a confinés à des territoires limités, les réserves.Les Autochtones n'ont aucun droit de propriété sur ces terres: on peut les en chasser demain matin, comme ça s'est fait pour les Cris de la Baie-James Pour adoucir la pilule, le ministère des Affaires indiennes accorde aux Indiens des exemptions de taxes et distribue des subventions.Pour recevoir des argents, les réserves et les communautés autochtones doivent présenter une demande et les projets sont évalués d'en-haut Alors quand le ministère accorde tant à une nation et moins à une autre, il sème la zizanie et divise les Autochtones entre eux Dans les faits, il coupe les subventions aux communautés autochtones qui sont trop revendicatrices Le gouvernement entretient ainsi notre dépendance économique Ses subven- tions servent a financer les services comme l'éducation, la santé, etc.mais aucunement à impulser un développement économique sur les réserves.Bref les Indiens vivent sous une loi spéciale, c'est une forme d'apartheid: cette loi interdit même la pratique de certaines danses et chants qui pourraient soulever les indiens Le peuple autochtone n'a aucun contrôle sur ses conditions de vie, comme les Noirs d'Afrique du Sud D'ailleurs, à l'origine, cette Loi sur les Indiens était un traité signé avec les Lorenzo: Moi, je suis non-statue Ma mère est métisse Mohawk et mon père non statué Algonquin-Naskapi J'ai vécu dans une communauté autochtone de la région de Pontiac.à l'île du Grand Calumet (NDLR dans l'Outaouais québécois) Une communauté n'est pas une réserve autochtone: les Indiens fréquentent la même école, ont les mêmes services que les non-autochtones du village Chez nous, il y avait 1 200 habitants (800 aujourd'hui) dont trois quarts de Métis ou d'Indiens non-statués Sylvie: En quoi une communauté est-elle différente d'une réserve?Lorenzo: Sur une réserve, il n'y a en principe que des Autochtones Les réserves sont organisées en Conseils de bande élus par les résidantes Elles ont des pouvoirs équivalents à ceux d'une muni- La Loi sur les Indiens, adoptée au début du siècle, a créé de toutes pièces des «catégories- d'autochtones.Il y a d'abord les Indiens statues, qui habitent pour la plupart sur les réserves.Il y a ensuite les non-statués qui comprennent les Métis (d'ascendance indienne mais dont l'un des parents n'était pas Indien ou dont les parents piove-naient de nations autochtones différentes) et tous les Indiens qui ont perdu leui statut parce qu'ils ont été affranchis pour diverses raisons, emploi, études, départ de la reserve, mariage avec un non-indien (pour les femmes), ou d'autres motifs prévus a la Loi.Il y a enfin les Inuks ou Inuits.qui sont reconnus comme nation distincte Au Québec, selon les dernières données disponibles à Statistiques Canada (1981 ), 33 000 Autochtones statues vivraient sur les 40 réserves reconnues On dénombrerait entre 40 000 et 45 000 Métis et non-statués Les groupes autochtones ne reconnaissent pas ces statistiques officielles et estiment qu'ils sont en viron deux fois plus nombreux, L'Alliance des autochtones du Québec, l'association provinciale des non-statués, rejoint 45 000 membres actuellement SD.VIE OUVRIERE/MARS 1987/7 cipalité: elles peuvent établir des lois sur leur territoire, gérer les subventions etc, mais toujours dans les limites de la Loi sur les Indiens.Les communautés autochtones, elles, n'ont pas de tels pouvoirs: elles peuvent recevoir des subventions des Affaires indiennes, mais très peu.Ce sont des villes comme les autres: seulement, un bon nombre d'autochtones y habitent Dans les communautés, les Indiens sont plus «assimilés» que sur les réserves.La culture s'est perdue davantage: c'est un peu normal quand on est intégré dans le système d'éducation non-autochtone.Il faut dire aussi que dans les communautés, il y a du métissage entre Indiens: alors la culture est moins homogène et se perd plus vite Sylvie: Quand as-tu quitté ta communauté?Lorenzo: Après mon secondaire, pour aller au Collège J'ai trouvé difficile d'être le seul Autochtone de la classe, de la gang Les gens te perçoivent comme étrange, tu subis tous les mythes et les préjugés «Ah.un Indien c'est dangereux, ça devient fou quand ça prend de la boisson» Ce n'étaient pas des Indiens qui assistaient au défilé de la Coupe Stanley à Montréal l'été dernier, pourtant le monde était fou à cause de l'alcool.À Disney World (aux USA), le Canada est représenté par un autochtone: c'est hypocrite quand on sait combien les Indiens sont déconsidérés à l'intérieur de ce pays.On emploie souvent le «deux poids, deux mesures» avec nous; on nous discrimine vite.Par exemple, il y avait un collège pour Autochtones à l'Annonciation.Il s'appelait le Manitou.Eh bien, il a été fermé sous prétexte qu'il y avait trop de vandalisme, de drogue et d'alcool.Ce Collège marchait bien pourtant; il recevait des Autochtones de toutes les régions, même des États-Unis.Nous, on pense que la vraie raison de sa fermeture, c'est son caractère trop revendicateur On y formait des leaders autochtones qui perçaient.En revanche, je peux vous dire qu'il n'y circulait pas plus de drogue ou d'alcool qu'au cégep de Hull.C'est trop facile de dire ça Sylvie: Quelles sont les valeurs, les coutumes de ta culture auxquelles tu tiens le plus?Lorenzo: D'abord le respect.Quand tu te respectes, que tu es en paix avec toi-même, tu peux respecter les autres quelle que soit leur différence Pour nous, le respect des individus, des choses, de la na- ture est très important.Toutes nos croyances sont basées sur la nature, c'est d'ailleurs pourquoi les autochtones ont souvent dénoncé, auprès des gouvernements, la pollution et les menaces à l'environnement Une autre valeur de base, c'est le sens de la communauté.Elle s'applique autant en politique qu'en économie Les conseils et les groupes autochtones fonctionnent par consensus Les questions sont discutées et débattues tant que toute la communauté ne s'est pas ralliée à une position commune.Aussi les chefs, les leaders sont élus pour représenter la communauté et non pourdécider; ils peuvent être destitués n'importe quand D'ailleurs plusieurs autochtones n'aiment pas la politique des gouvernements non-autochtones, qui est trop basée sur la stratégie, le camouflage d'information etc.Mais on a du prendre ces travers-là nous aussi pour faire avancer nos revendications.Tel que nous le concevons, le développement économique doit être lui aussi communautaire plutôt que privé Par exemple, à l'Alliance, on a un projet d'entreprise de services, dont les bénéfices seront partagés entre les 67 communautés autochtones du Québec Au niveau des coutumes, nous tenons à sauvegarder et à développer notre langue et notre propre système d'éducation Il y a un retour aux traditions.Les jeunes qui sont partis pour étudier reviennent davantage dans leur milieu après Ils apportent leurs connaissances pour donner plus de moyens à la communauté Sylvie: Que penses-tu de la loi C 31 adoptée en 1985?Lorenzo: Cette loi a voulu rétablir l'égalité pour les femmes indiennes mariées à des non-indiens Elles peuvent maintenant retrouver leur statut et retourner habiter dans les réserves Mais cela cause beaucoup plus de frictions finalement et le gouvernement le savait bien.Les Conseils de bande craignent de devoir accepter tous ces gens sur les réserves: leur territoire est limite, leurs ressources aussi, puis il y a l'intégration de ces familles qui n'ont pas le même mode de vie.Un des problèmes ave la Loi sur les Indiens, c'est que pour profiter des avantages conférés par le statut, un Indien ou une Indienne doit demeurer sur une réserve Moi j'estime que les Indien-ne-s 8/VIE OUVRIERE/MARS 1987 devraient avoir le droit de demeurer où ils veulent-Sylvie: Quels sont les enjeux de la Conférence constitutionnelle sur les droits des autochtones, qui se tiendra en avril prochain?Lorenzo: Les Autochtones y feront valoir leurs principales revendications, soit l'autonomie de gouvernement et les droits territoriaux qui l'accompagnent Pour les métis et les non-statués, le défi est de se faire reconnaître comme 11 e nation autochtone, à côté des Inuks et des neuf nations composant l'Assemblée des Premières Nations.Ainsi les négociations sur l'autonomie de gouvernement et les territoires devront tenir compte des métis et des non-statués.Cette autonomie implique bien sur des droits territoriaux Les gens ont très peur de ça; ils disent qu'on veut reprendre le Canada C'est complètement faux.On veut délimiter un ou des territoires qui pourraient devenir une 11e province autochtone et ou les Amérindiens pourraient vivre selon leurs lois, leurs valeurs etc.Avoir le choix, c'est ça Sylvie: Y a-t-il eu des projets ou des propositions de délimitation du territoire?Lorenzo: Oui, mais c'est une question très difficile à trancher Plusieurs facteurs entrent en jeu: les Autochtones ne vivent pas tous dans la même province, dans les mêmes régions, les Métis et non-statués n'ont aucune base'territonale et les différents groupes ne formulent pas, dans le détail, les mêmes revendications L'une des possibilités consisterait à créer un territoire autochtone dans chaque province.Car pas question de nous renvoyer dans le Grand Nord nous aussi nous voulons des terres avec des richesses, des ressources pour asseoir notre propre développement économique De toutes façons, il est certain que nos territoires resteront ouverts, que nous ne nous couperons pas du reste du pays, que nous ne |etterons pas les compagnies étrangères dehors comme cela On peut poser des conditions à une entreprise, qu'elle emploie des autochtones par exemple, sans pour autant brimer tous ses intérêts Sylvie: Comment se vivent les alliances entre les Autochtones statues et les Métis et non-statués?Lorenzo: Tous les groupes autochtones du Canada s'entendent sur l'obiectif de l'autonomie de gouvernement et ce que ça implique D'ailleurs, nous avons formé un genre de front commun pour nous donner une force de frappe lors de la Conférence et veiller à toute la préparation nécessaire.Lors d'une Conférence précédente, le gouvernement avait voulu négocier une entente a pari avec les Inuks et.tout le monde s'était élevé contre ce procédé qui nous divisait Chaque groupe a ses luttes propres, on ne vit pas tous les mêmes conditions, les mêmes problèmes.Mais la solidarité est grande et ça fait peur aux gouvernements Alors que les deux paliers (fédéral et provincial) se font des querelles de juridiction à notre sujet, nous affirmons notre désir d'autonomie par rapport à eux et l'inscription de ce droit dans la constitution, la «Loi suprême» du pays Rien de moins Sylvie: En terminant, peux-tu nous dire comment est venu Ion engagement dans les groupes autochtones?Lorenzo: D'abord, j'avais travaillé sur un projet autochtone au secondaire Ensui te, j'ai continue mes études à Hull et c'est la que mon engagement s'est enclenché J'ai vécu le racisme, le déracinement, et j'ai vu surtout comment on parlait a tort et à travers des autochtones lors d'un cours en ethnologie J'ai alors senti l'importance d'informer les gens et de défendre notre histoire, notre culture Depuis deux ans.ie suis leader autochtone dans mon association Je suis le plus |eune et c'est nouveau que des jeu nés soient leaders Habituellement ce sont les Sages qui assument cette tâche Dans notre culture, la sagesse et le vécu sont très respectes Et maintenant beau coup de ieunes recherchent cette sagesse là car ils veulent renouer avec les tradi tions et les coutumes qu'ils avaient oubliées On est dans une période ou les gens sont en recherche, pas juste les autochto nés.mais les jeunes du Québec, les jeunes de familles immigrantes II n'y a pas de proiet de société pour eux, ils cherchent un espoir, une identité A Sylvie Desautels travaille comme mimatru .au secteur communautaire du Centre St Pierre et est membre du comité -femmes» de la revue Vie Ouvrière VIE OUVRIERE/MARS 1987/9 FEMMES Le nouveau visage du mouvement des femmes PAR MARTINE D'AMOURS En 1975, déclarée par l'ONU Année internationale de la femme, les doigts des deux mains auraient suffi pour compter les groupes de femmes du Québec.Dix ans plus tard, le répertoire publié par le Conseil du statut de la femme en dénombrait environ 1,400.Aujourd'hui «sorti de Montréal», le mouvement des femmes a éclaté en une multitude de pratiques et de groupes dont les plus récents - et les plus nombreux - sont les groupes locaux dispensateurs de services et de ressources.Visage neuf du mouvement, et à bien des égards novateur, ils constituent aussi son bras le plus fragile.Diversité des pratiques Tel est du moins le portrait d'ensemble qui ressort d'une recherche réalisée en 1985 par le Conseil du statut de la femme (CSF) et portant sur 278 groupes de femmes locaux et régionaux.22 groupes provinciaux et 14 groupes nationaux et internationaux 1 Elle révèle notamment que 44,6% des groupes locaux et régionaux donnent surtout des services (accueil/écoute, hébergement, accompagnement) alors que 54.5% des organismes provinciaux font principalement des pressions politiques (mémoires, consultations publiques, représentations auprès de députés) D'ailleurs, ce sont souvent les groupes locaux (ex les centres de femmes ou les centres de santé) qui se sont concertés pour donner naissance à des organismes provinciaux (ex l'R des centres de femmes ou le Regroupement des centres de santé), chargés de défendre leurs intérêts auprès des gouvernements Visage novateur.Les groupes locaux, particulièrement ceux de services, ont connu une croissance fulgurante entre 1980 et 1983.Parmi tous les groupes de femmes, ce sont ceux qui rejoignent une plus grande diversité de femmes, notamment les plus jeunes et les plus démunies.Les femmes au foyer y forment plus souvent la majorité du membership alors que les groupes provinciaux ou nationaux/internationaux comprennent principalement des travailleuses rémunérées.Par ailleurs, ces petits groupes innovent sous plus d'un aspect.D'abord, leurs ressources, axées sur l'autonomie et la prise en charge, se distinguent des services gouvernementaux plus traditionnels Ensuite, une moitié d'entre eux expérimente de nouvelles formes de partage du pouvoir: dans certains cas, on fonctionnera en collectif, dans d'autres, on se donnera des mécanismes de décisions moins formels que les convention- nels conseil d'administration/assemblée générale Souvent aussi, on tentera d'intégrer les usagères au membership.mais bras fragile Le foisonnement des groupes de femmes en régions s'est opéré en période de croissance des programmes gouvernementaux de création d'emploi.Plusieurs tirent l'essentiel de leur financement des programmes d'Emploi et Immigration Canada et du ministère (québécois) de la Santé et des Services Sociaux.Le malheur c'est qu'actuellement, pour les groupes de femmes comme pour les organisations populaires, les besoins augmentent et les sources de financement se tarissent.Les groupes locaux dispensateurs de services sont particulièrement vulnérables puisqu'ils ne peuvent ni miser sur l'action bénévole — comme le pourraient à la rigueur les groupes de conscientisa-tion — ni prétendre à l'autofinancement, qui constitue une part importante de revenus pour les groupes provinciaux.Pour compenser cette faiblesse, ils investissent beaucoup dans la concertation avec d'autres groupes de femmes En 1985, 65% d'entre eux avaient participé à des rencontres sur la question du financement, identifiée par plusieurs comme le problème no.1.La lutte pour le financement fait lever les questions fondamentales: les services créés par des femmes pour répondre aux besoins des femmes obtiendront-ils des 10/VïE OUVRIERE/MARS 1987 gouvernements la reconnaissance financière qui permettrait leur maintien et leur développement tout en respectant leur autonomie' L'enjeu est de taille: il y va de la survie de la fraction la plus importante numériquement du mouvement des femmes.Il pose aussi la question des solidarités: les autres groupes de femmes appuieront-ils les revendications des groupes de services7 Dix ans plus tard Dans la décennie 70, les groupes de femmes cherchaient d'abord à influencer le développement des valeurs et des comportements, à sensibiliser et cons-cientiser les femmes, à briser leur isolement Cet aspect demeure aujourd'hui le point commun d'un mouvement des femmes aux pratiques par ailleurs très différentes.Le développement le plus récent — le plus maieur aussi — du mouvement des femmes dans les années '80 a pour visage les centaines de groupes locaux qui, investis surtout dans les services, se sont également donné des regroupements aptes à les défendre sur le plan politique.Cet itinéraire, conclut l'enquête du CSF, témoigne d'un élargissement des préoccupations, du type de femmes rejointes et de l'augmentation du nombre de femmes capables de gérer des ressources communautaires En revanche, il témoigne aussi de l'impact des politiques gouvernementales -d'emploi, de consultation etc- sur le développement du mouvement.Selon la chercheure Françoise-Romaine Ouellette.auteure de la recherche, le mouvement des femmes ne fonctionne plus selon les vieux clivages qui, il y a dix ans, séparaient les «réformistes» des «radicales» «Aujourd'hui, explique-t-elle.les groupes mettent l'accent sur les pratiques concrètes davantage que sur les différences idéologiques Ils sont capables de créer rapidement des alliances sur des questions précises L'envers de cette médaille, c'est que les orientations des groupes sont parfois très floues II va falloir commencer à se demander où on s'en va.» Autre élément nouveau l'enquête révèle que 72% des groupes de femmes, tant au niveau local que provincial, ont des pratiques de concertation avec des organisations populaires et communautaires.Comment joueront ces nouvelles solidarités9 Comment et sur quoi les groupes de femmes réussiront-ils leurs prochaines alliances7 A (1) Les groupes de lemmes du Québec en 1985 Champs d'intervention, structures et moyens d'action.Françoise-Romaine Ouellette.Consult-Action, novembre 1985 LES VISITEUSES DE MARS Pour une troisième année consécutive, des visiteuses du Tiers-monde viendront en tournée au Québec Du 3 au 24 mars, la Colombienne MAGDALENA LEON GOMEZ.la Haïtienne YOLETTE ANDREE FRANÇOIS, la Sud-africaine SALLY MOTLANA et la Palestinienne RITA GIACAMAN rencontreront des femmes de groupes syndicaux, communautaires, de femmes, de solidarité internationale.Le thème choisi nos luttes contre l'appauvrissement.La tournée, organisée pour une deuxième année par le Comité québécois femmes et développement, les meneia lusqu'à Aima, en passant par Québec, Trois-Rivieres, Thettord Mines, Sherbrooke, Cowansville.Joliette et par certains quartiers populaires montréalais Au moment d'écrire ces lignes, l'horaire n'était pas encore arrête mais nous savons déjà que la soirée à accueil aura lieu le 6 mars (sur invitation seulement) et qu'un colloque ouvert au grand public se déroulera au Centre communautaire Christophe-Colomb, 6865 rue Christophe-Colomb le 21 en après-midi, suivi d une soirée culturelle Pour renseignements, contacter Louise Bessette à l'Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI).(514) 842-1024 Par ailleurs RITA GIACAMAN partagera son temps entre la tournée -femmes et développement» et une série de conférence sui la situation en Cisjordante et à Gaza.Professeur à l'Université Bir Zeit, en Cisjordante, et coor-donnatrice de recherche au centre de santé communautaire de l'Université, Rita Giaca-man a longtemps été impliquée dans les luttes des associations communautaires palestiniennes, en particulier dans le domaine de la santé et celui des femmes Elles donnera une conférence publique sur le thème «Le mouvement populaire face â l'occupation», le ieudi 19 mars, au Centre St Pierre.1212 Panet.salle 100, à 19h00 Pour renseignements, contacter le Centre d études arabes pour le développement (CEAD), au (514) 288 3412 VIE OUVRIERE/MARS 1987'11 JEUNES Les jeunes et l'amour.Quand on ne vit pas sur la même planète! J e sais ce que j'ai envie de vivre avec mon chum et comment je voudrais le vivre mais je ne suis pas certaine que c'est ce dont il a envie lui aussi!» Les jeunes travailleuses et travailleurs ne désirent pas reproduire la vie amoureuse de leurs parents.Mais jusqu'où opèrent-ils des changements?Dans quelle mesure de nouveaux rapports hommes-femmes se sont-ils installés?Nous avons enquêté auprès de plusieurs jeunes sur les difficultés, les acquis et les perceptions qu'ils ont de leurs rapports affectifs.Entrevues: NORMAND COMTE et MARIE-HELENE DESHAIES Texte: MARIE-HELENE DESHAIES D'amour et d'eau fraîche Les jeunes n'ont pas la possibilité de vivre leurs relations amoureuses comme ils et elles le désirent Cet aspect de leur vie sera souvent déterminé par leurs conditions de travail et de vie Parce qu'ils sont sans travail ou parce que leurs revenus de travail sont insuffisants, plusieurs d'entre eux devront rester chez leurs parents, manquant ainsi de l'autonomie et de l'intimité nécessaires au développement de leurs relations amoureuses Pour d'autres, un départ précipité en logement avec leur partenaire sera la solution choisie pour minimiser des difficultés financières.On peut se demander si ce genre de «compromis» ne risque pas d'avoir des conséquences néfastes sur une vie de couple.Les activités des jeunes couples sont limitées: on regarde la télévision, on visite la famille, on prend des marches! Ce n'est qu'occasionnellement qu'on peut sortir, aller voir un film, faire du camping, etc.Les horaires de travail et le problème du transport déterminent fréquemment le type de fréquentations que les ieunes auront: certains n'ont la possibilité de se voir que la fin de semaine ou bien des sorties prévues seront annulées à cause du temps supplémentaire que l'un doit effectuer Pour certains, les horaires de travail différents ont même été une des causes importantes de rupture: comment développer une vie de couple intéressante lorsque l'un travaille de jour et l'autre de soir' «Moi et ma blonde, on ne se voyait presque plus à cause de nos horaires, même si on restait ensemble On ne mangeait pas aux mêmes heures, on ne se levait pas aux mêmes heures, ça avait des 12/VIE OUVRIERE/MARS 1987 conséquences sur la vie sexuelle aussi Maintenant, je recherche une fille qui aurait les mêmes horaires que moi1» Se donner les moyens d'avoir une vie de couple enrichissante, s'assurer d'une certaine stabilité dans les activités et projets communs semblent bien être une «mission impossible» pour plusieurs1 Le couple à sens unique! Les filles sont souvent insatisfaites de la communication qui existe dans leurs couples.Pour elles, l'amour c'est une amitié, un échange, une communication forte entre deux personnes Et pourtant, elles ont parfois l'impression de parler toutes seules ou elles se plaignent que leurs partenaires ne manifestent que rarement leurs sentiments «Mon chum me dit qu'il m'aime seulement lorsqu'il a pris un verre, en niaisant ou durant une relation sexuelle!» Certains gars admettent avoir des difficultés à parler d'eux et de ce qu'ils ressentent, par orgueil, par méfiance.D'autres ne comprennent pas les critiques de leurs partenaires et considèrent qu'elles cherchent des problèmes là où il n'y en a pas.Pour plusieurs gars quand il n'y a pas de chicane, c'est que la relation de couple va bien1 Les filles considèrent important de conserver une autonomie sociale et pourtant plusieurs d'entre elles ont quand même abandonne certains-es amis-es et activités (surtout au début d'une relation) pour adopter celles de leurs partenaires Les gars conserveront plus souvent leurs activités, leurs amis et leurs loisirs Autre domaine assumé davantage par les filles: la contraception, souvent parce que la pilule leur semble le moyen idéal, les autres méthodes étant perçues comme désagréables, encombrantes ou peu sûres.Lorsque la fille ne peut prendre la pilule pour des raisons de santé, la responsabilité est davantage assumée par le couple À quelques filles, la contraception apparaît comme une affaire strictement personnelle et elles refusent d'y impliquer leurs partenaires L'année prochaine.si tout va bien! Des projets à deux, les |eunes en font Ces projets restent flous, vagues: les moyens pour y arriver ne sont pas définis Aurons-nous la possibilité de travailler l'an prochain' Si oui.quel type de travail9 Quels horaires7 Quels salaires aurons-nous7 Difficile de faire des plans quand on vit constamment dans l'incertitude1 Les filles semblent davantage préciser leurs projets que les gars Pour certaines, une maison, des enfants font partie de leurs rêves Elles désirent conserver une autonomie financière, partager les tâches domestiques et l'éducation des enfants Elles développent un «idéal» de la vie de couple à tous les niveaux: affectif, social, économique, enfants, proiets.sans toutefois être sûres que c'est ce que leurs DECROCHAGE AMOUREUX Les adolescentes québécoises abandonnent autant l'école secondaire que les adolescents À la différence qu'elles décrochent «par amour-, alors que les garçons le font poui des motifs plus matériels C'est du moins l'opinion que Mme Cécile Côte, intervenante sociale auprès des jeunes décrocheurs.livrait à la journaliste Carole Beaulieu.du quotidien Le Devoir L'article, paru le 1er novembre 1985.précise «Selon Mme Cécile Côté, les adolescents décrochent «pour travailler et se payer une super-moto ou un système de son» quand ce n'est pas pour «devenir une vedette rock» Les adolescentes, elles, décrochent «pour pouvoir vivre plus librement la relation amoureuse dont elles rêvent et qu'elles ont déjà commencé à expérimenter-.L intervenante a par ailleurs remarqué que les filles adaptent leur vécu à celui de leur amoureux et que celles dont le copain poursuit ses études ont tendance a les poursuivre aussi Elle affirme enfin que les parents sont plus tolérants face au décrochage d'une fille que face à celui d'un garçon, tire de Carole Beaulieu.«Les filles décrochent pai amour» Le Devoir.1er nov.85 partenaires désirent Les gars un peu plus jeunes ont moins de projets, l'instant présent, les bons moments vécus avec leurs partenaires leur suffisent Ils écoutent les projets de leurs «blondes» sans toutefois y adhérer complètement Les gars un peu plus vieux y refléchissent plus; des projets de vie de couple stable, de famille, commencent à les tenter1 Par conséquent, ils sont davantage prêts à accepter les questionnements de leurs partenaires et a faire les efforts nécessaires pour favoriser une meilleure communication En attentant les changements.Les filles et les gars vivent encore aujourd'hui sur deux planètes, deux mon des différents D'un côté, les filles investissent enor mément dans une relation de couple Elles y réfléchissent, la questionnent et sont beaucoup plus exigeantes Elles ont énormément d'attentes une communi cation forte, des rapports affl blés, beaucoup de tendresse Malgré ce la, elles portent encore une louli contradictions: la contraception demeure principalement leur responsabilité, elles risquent encore une fois de sacrifier certains aspects de leurs vies (travail, vie so ciale, autonomie) au profit de leur vie de couple ou de leurs enfants De l'autre côté, les gars se contenteni en général de la relation telle qu'elle est Elle est probablement aussi importante dans leur vie que dans celle des filles mais ils y investissent peu Ils s engagent et se questionnent peu au niveau ai' Il faut avouer qu'il est assez difficile d'en savoir très long sur ce que les gars pensent et vivent dans leurs relations amoureuses Ce n'est pas un sujet de conversation qui les met à l'aise Ce serait peut-être intéressant que des gars tentent de compléter davantage ce portrait1 Il faut espérer que les ieunes se donneront de plus en plus la «permission» de se jaser de leurs relations amoureuses dans le couple et entre amis-es Peut-être que.de cette façon, les deux planètes pourront se brancher sur une même orbite'A Normand Comte et Mane-Hélene Deshaiec sont tous deux permanents a la JOC et membres du comité «jeunes» dp Vie ouvrière.VIE OUVRIERE/MARS 1987.13 EN BREF VIEMMEHT DE PARAITRE FEMMES ET LOGEMENT Le groupe Information-Ressources Femmes et Logement a produit un outil d'animation concernant les problèmes de harcèlement et de discrimination subis par les femmes locataires L'équipe peut également vous aider à préparer une rencontre sur le sujet L'outil d'animation est disponible au coût de $2 50 plus $0 75 pour les frais de poste en s'adressant à Information-Ressources Femmes et Logement, 5675 rue Lafond, Montréal.H1X 2X6, (514)721-3693 V** ** d'amour de la vieille dame au chapeau rose de mon quartier A Aline Sl-Pierre est bénévole et membre du Conseil national de Développement et Paix LE MONDE VU D'etf BAS fè** - A MAQ06*.À Ôôér~ j, (JOUE \llfAjT joue* ïïèi ta oax*.flfs^ ^yu%^ ly^ ' IL AtooS R&ré A rfAAQOé*.A Q06L J€0 OK> V» JùUe*.ftPtès L€ D'A** CM" S 'souPai/ fSMSÙJ , A&fJiod ' 1 * **\* sO y-* pe Foulon a 4 7Dc& LES 000*$ ! /VM en.fAR CHANC£ ÇU6J'AI ve, cAioe A LA MAlSotJ ! £A W fà VIE OUVRIERE/MARS 1987/23 INTERNATIONAL Haïti: entre espoir et damnation PAR FRANTZ VOLTAIRE Il y a un an, l'effondrement de la dictature des Duvalier, vieille de plus de 28 ans, et son remplacement par un Conseil national de gouvernement (CNG) présidé par le général Namphy avait fait naître l'espoir d'un changement.Aujourd'hui, le peuple n'attend plus grand-chose d'un gouvernement qui ignore royalement ses revendications.En effet, face aux exigences de la déduvaliénsation, le CNG ne cède sur rien: seuls deux tortionnaires ont été jugés; les autres dignitaires duvaliénstes courent encore les rues et semblent attendre que l'orage passe.Pendant ce temps, certains macoutes devenus «chômeurs» se recyclent dans la délinquance et multiplient viols, vols et assassinats, alors que d'autres sont intégrés dans l'armée comme soldats.Le CNG: un duvaliérisme sans Duvalier Pour obliger le Conseil national de gouvernement (CNG) à dénoncer le parti duvahénste (PREN).il aura même fallu une gigantesque manifestation organisée par les organisations démocratiques et l'Eglise catholique et regroupant plus de 200,000 personnes, le 7 novembre dernier Apres un an de gouvernement, le CNG, dont la mission était de créer les conditions nécessaires à l'aménagement de , brûlées appartenant a des tontons-macoutes structures démocratiques, présente un bilan nettement négatif.Malgré l'appel du général Namphy à une participation populaire aux élections, la distance se creuse chaque jour davantage entre gouvernants et gouvernés La crise de confiance s'est installée et tout le monde semble méfiant à l'égard du CNG auquel ont attribue l'idée de mettre en place un duvaliérisme sans Duvalier Dans son message à la nation du 1er janvier dernier, le général Namphy a certes réaffirmé la volonté du CNG d'organiser des élections libres en 1987 Mais ces déclarations contrastent avec un style de gouvernement autoritaire et le retour sur la scène politique des anciens dignitaires duvaliénstes.La population parait se méfier, avec raison, de cette démocratie contrôlée qu'on semble vouloir lui imposer D'ailleurs n'a-t-elle pas boycotte à 90% les élections d'octobre 86 pour une assemblée constituante dont les deux tiers des membres auraient été élus et l'autre tiers choisi?La démocratie à la base Pour ce peuple patient, pauvre, solidaire et réellement démocrate, la démocratie haïtienne se construit à la base dans cette floraison de comités de quartier, d'associations socioprofessionnelles, de comités populaires, de syndicats, de groupes de femmes, de ieunes.d'associations paysannes et dans les communautés ecclésiales de base (les Ti-Légliz).Ces semences de solidarité montrent qu il y a dans la société haïtienne une foule de germes démocratiques La tenue, à la fin du mois de janvier, du premier congrès des mouvements démocratiques devrait représenter un événement capital II permettra a diverses organisations engagées à travers le pays dans la lutte pour la démocratie et le changement, de sortir de l'isolement et d'entrer 24/VIE OUVRIERE/MARS 1987 PAS d'ôCCUMÎiùt, en concertation pour, précisent ses organisateurs «aboutir à un discours commun et à la mise en place d'un instrument adéquat pour l'expression des aspirations populaires » Plus concrètement, les participants au congrès travailleront à: — «produire une analyse critique des événements d'avant et après le 7 février, pour mieux évaluer les obstacles rencontrés dans la lutte contre le macoutisme et pour la démocratie.» — «élaborer un projet de société dans lequel le peuple, en particulier les paysans traditionnellement laissés pour compte dans la vie politique nationale, les provinces et les communes devront mettre en place les conditions de résolution des problèmes d'éducation, de santé, de justice, de travail et d'exercice du contrôle des pouvoirs politiques » — «chercher une organisation unitaire qui soit une force décisive pour l'expression des revendications et la réalisation d'une démocratie véritable, dans laquelle le macoutisme n'aura plus droit de cite » Les efforts d'une génération Face aux forces du statu quo.il y a.depuis le 7 février 1986.l'émergence lente d'un mouvement populaire réclamant la justice, le respect des droits des citoyens et l'établissement d'une démocratie politique et sociale Cette exigence de justice et de démocratie a été à la base du mou vement de déchoukage (deracmage NDLR) du duvaherisme Elle ne sort pas des livres mais résulte d'un amalgame de foi religieuse, d'élans libertaires, de réalisme, de courage, d'humour et de sens commun Aujourd'hui, le peuple haïtien doit affronter une tâche gigantesque non seulement reconstruire le pays détruit par les Duvalier mais surtout rectifier le cours de son histoire Si quelque chose peut unir les Haïtiens, c'est précisément I idée de bâtir un pays, ce qui demandera les efforts d'une génération Mais le peuple haïtien sait aussi que la déduvaliensation est la condition nécessaire pour une telle entreprise Au projet du CNG d'instaurer un duva-liénsme sans Duvalier, le mouvement démocratique oppose un projet de société qui s'articule autour de trois grands axes démocratie participative, développement économique et social endogène, renforcement de l'identité et de la culture nationales A Frantz Voltaire coordonne le Centre mternatio nal de documentation et d'information haïtien ne.caraibéenne et afro-canadienne (CIDIH-CA) Il est retourne trois fois en Haïti depuis la chute du régime Duvalier, le 7 février 1986 20 et 40 ANS, ÇA SE FETE! Depuis 1967 Développement et Paix, tonde par les évèques canadiens, a contribué financièrement à 6 700 protêts réalisés par des groupes de base qui ont pris en main leur développement en Amérique latine, en Asie et en Afrique En même temps, ici au Canada.Développement et Paix a oeuvré par son programme de sensibilisation, d'information et d'éducation du public, pour faire connaître les causes du sous-développement et la situation dans le Tiers-Monde et ainsi impliquer les Canadien-ne-s dans la construction d'un monde plus juste et plus solidaire Depuis 1947, le Centre Social d'Aide aux Immigrants (CSAI).crée par les Soeurs du Bon Conseil, a accueilli au pays des milliers de nouveaux arrivants démunis, les a aidés à résoudre leurs besoins immédiats, les a accompa- gnés pour prendre contact avec les personnes et organismes capables de favoriser leur adaptation a notre mmilieu En bref, le CSAI leur a prêté une main amieiusqu'à ce qu'ils puissent se débrouiller par eux-mêmes Pour souligner les 20 et 40 ans d'effort de ces deux organismes et pour mettre en valeur le travail de centaines de bénévoles, il y aura une grande soirée multiculturelle, le samedi, 28 février prochain, à 19h30 à l'Église Notre-Dame de la Salette, 3535A.avenue du Parc à Montréal (près de Milton) Cette soirée organisée conjointement par Développement et Paix et le CSAI.sera marquée par la présence des groupes musicaux et des groupes d artistes d'ici et de plusieurs pays Nous comptons sur vous pour venir célébrer avec nous et faire de cette soirée un succès VIE OUVRIERE/MARS 198775 ÉGLISE Les eveques américains prêchent la justice économi Leur démarche a duré six ans.Le résultat, un document de quelques centaines de pages intitulé Justice économique pour tous: l'enseignement social catholique et l'économie américaine a l'immense mérite d'avoir été produit en consultation avec les communautés chrétiennes, les organisations et le public en général.L'analyse que font les évèques américains est moins radicale, certes, que celle produite sur le même thème par les évèques canadiens en 1983.Néanmoins, dans une conjoncture où les élites conservatrices remettent en cause l'intervention de l'État dans l'économie, elle est constestataire parce qu'elle questionne fondamentalement les politiques reaganiennes créatrices de chômage et de pauvreté.L ' économie ay service des humains La pauvreté aux États-Unis, estiment les évèques.constitue un véritable scandale social et moral.Selon eux, l'économie doit être évaluée en fonction de son impact sur la dignité humaine des corn- 26/ IE OUVRIERE/MARS 1987 munautés.Il y a là un enjeu moral d'importance.Dès le départ, ils font référence à cette tradition biblique qui considère les pauvres comme agents du pouvoir de transformation de Dieu Le Dieu de la Bible se manifeste comme Libérateur, force active du côté des pauvres.Les hommes et les femmes, sommets de la création, sont à l'Image de Dieu Les ressources de cette création appartiennent à l'ensemble de l'humanité et ne sauraient être accaparées par une minorité.L'enseignement de Jésus reflète les mêmes valeurs et invite les chrétiennes et les chrétiens à se solidariser avec les pauvres Pour les évèques, il est temps de compléter l'engagement pour les droits civiques par un engagement en faveur des droits économiques (droit au travail, au logement, à un revenu décent, etc.).Bien sur.affirment-ils.la liberté de propriété doit être protégée.Mais ce droit de propriété est limité par le bien commun.D'autre part, les travailleuses et les travailleurs ont aussi le droit de s'organiser en syndicat pour défendre leurs droits.Ils insistent sur la nécessité pour les femmes d'obtenir l'égalité au plan du revenu.Ils en profitent pour affirmer leur intention de combattre la discrimination vécue par les femmes dans l'Eglise et la société.L'organisation actuelle du travail et de l'économie, disent les évèques.a un impact négatif sur les familles.Des politiques économiques et sociales de soutien aux familles constitue une préoccupation majeure des rédacteurs du document Pour eux, la compétition économique et les fausses valeurs culturelles véhiculées par la publicité et les mass-média jouent un rôle néfaste à l'égard de celles-ci.Enjeux économiques Quatre enjeux particuliers retiennent l'attention de l'épiscopat américain: le chômage, la pauvreté, l'agriculture et l'économie internationale Ainsi les évèques appellent-ils à un nouvel engagement national en fonction du plein emploi.Ils proposent une réforme fiscale et des politiques de bien-être visant l'élimination d'une pauvreté qui frappe durement les Noirs, les Latino-américains, les femmes et les jeunes Ils promeuvent des mesures empêchant la concentration des propriétés dans le domaine agricole et favorisent le maintien des fermes familiales Enfin, ils sont d'avis que les Etats-Unis pourraient soulager les nations pauvres par des programmes d'aide, d'investissement, de financement et de commerce qui soient lustes et porteurs d'une «option pour les pauvres».Faisant un lien avec leur déclaration pastorale sur la paix de 1983, ils dénoncent l'augmentation des dépenses militaires «désastreuses pour les pauvres et les membres vulnérables tant de notre pays que des autres nations.» En ce sens, «les priorités de dépenses de l'État doivent être revisées en fonction de la justice et de la paix » Il faut expérimenter de nouvelles formes de coopération, déclarent les évèques, de façon à étendre la démocratie également au plan économique Cette coopération doit se retrouver à l'intérieur des entreprises par un partage des décisions et même de la propriété entre employé-e-s et employeurs II faudrait développer une concertation au niveau local et régional et au niveau du développement de politiques nationales et internationales.Un processus démocratique La décision de produire un tel document date de 1980 Les évèques américains viennent alors de terminer leur lettre sur le marxisme et jugent nécessaire d'analyser aussi d'une façon critique leur propre système économique Après une vaste consultation qui dure quatre ans, ils publient un premier texte qu'ils soumettent à l'ensemble de la communauté catholique et aux autres personnes intéressées Ils reçoivent alors une foule de réactions En 1985, ils proposent à la consultation une deuxième version.En novembre dernier, ils votaient un texte final en assemblée plémère En lui-même, ce processus consultatif constitue tout un événement L'autorité ecclésiale n'a pas tellement l'habitude de se mettre à l'écoute de la communauté chrétienne et de lui soumettre ses prises de position avant de les rendre officielles Ce processus manifeste en lui-même une conception théologique selon laquelle I'Esprit-Saint ne s'exprime pas seulement a travers la hiérarchie, mais aussi a travers chaque membre de l'Eglise Issue de la communauté ecclésiale.cette déclaration épiscopale sur l'économie prend aussi certains engagements en fonction de l'Eglise elle-même L'Engagement de l'Eglise Ainsi, écrivent les iedacteurs.les employé-e-s d'Eglise doivent recevoir un revenu suffisant et jouir des bénéfices sociaux reconnus dans la société américaine Les communautés religieuses pauvres doivent être soutenues Les employé-e-s d'Eglise ont le droit de s'organiser et de négocier collectivement sans intimidation Les institutions d Eglise devraient adopter de nouveaux modèles de collaboration entre employé-e-s et direction.L'épiscopat invite également les institutions chrétiennes à s'assurer que leurs investissements servent d une façon responsable Cela peut signifier intervenir au niveau des assemblées d'actionnaires pour exiger que les fonds places dans des banques ou des entreprises par les Eglises ne servent pas à soutenir des régimes répressifs L'Église, rappelle enfin le document, est appelée particulièrement à servir les pauvres, les malades et les marginaux Les membres de l'Eglise comme l'ensemble des citoyens doivent donc voir à ce que leurs organisations et leurs gouvernements travaillent en fonction de la justice économique Ils doivent également soutenir les groupes de base organisés par les pauvres eux-mêmes.Les suites Lors de l'assemblée de novembre, les évèques ont également liste un certain nombre de moyens pour que cette déclaration ait des suites au sein même de l'Église Des outils pédagogiques ont été bâtis pour une éducation de la conscience chrétienne dans les écoles, les églises, les mass-medias, etc Avec leur déclaration sur la paix qui avait fait grand bruit, cette prise de position constitue un document important pour une implication des communautés chrétiennes d'une façon pertinente dans leur histoire Si tout le processus de consultation a adouci un certain nombre de passages plus virulents de la première version, la déclaration n'en demeure pas moins un message qui remet en cause des préjugés et des politiques discriminatoires envers les pauvres de ce pays A RAYMOND LEVAC VIE OUVRIERE/MARS 1987 27 k^x^vx¥::::::::::::"' .-: 11II11I IIP* «Nos impôts pour la paix» Dix milliards de nos impôts sont détournés chaque année pour financer l'effort de guerre.Mais près de 400 Canadien-ne-s, dont une trentaine de Québécois-e-s, ont choisi de refuser cette collaboration.Ils et elles retiennent la part de leurs impôts normalement destinée à la Défense, soit 9%, et la versent dans un fonds provisoire pour la paix.La condamnation récente d'une pacifiste à Vancouver n'a pas freiné la détermination des objecteurs de conscience.Le 28 janvier dernier, le Dr Serge Mongeau et d'autres militants de l'Union des pacifistes du Québec créaient le mouvement québécois «Nos impôts pour la paix».Objectifs: signifier au gouvernement leur insatisfaction face aux dépenses militaires et le forcer éventuellement à créer un Fonds pour la paix.propos recueillis par DANIEL BARIL Q.: Dr Mongeau, n'est-il pas utile et nécessaire pour le Canada d'avoir un budget de défense?Serge Mongeau: Non.c'est inutile.Nous sommes une zone tampon entre deux énormes opposants, les États-Unis et l'URSS.S'ils avaient le goût de déclencher une guerre, le Canada n'aurait pas beaucoup de poids dans ce conflit D'autre part, il faut trouver des alternatives aux moyens actuels «d'équilibre de la terreur» Non seulement parce qu'ils drainent des ressources qui pourraient être affectées à des besoins fondamentaux mais surtout parce que les armes actuellement disponibles font en sorte qu'une guerre entre les grandes puissances signifierait la destruction de la presque totalité de l'humanité.Q.: Vous pensez qu'une guerre conventionnelle ne serait pas possible?28/VIE OUVRIERE/MARS 1987 Serge Mongeau: Tant qu'à faire une guerre conventionnelle, on n'a pas besoin d'investir dans une armée On devrait investir dans des épées, entraîner chacun quelques gladiateurs et accepter que le meilleur gladiateur ait gagné la guerre Ou encore organiser un match de lutte, une partie de ping-pong! Q.: Dans vos documents, vous semblez transformer les payeurs de taxes en complices de la guerre.N'est-ce pas porter un jugement sévère sur l'honnête citoyen qui veut respecter les lois?Serge Mongeau: Oui, c'est un |ugement sévère et dans la situation actuelle, ne rien dire ou ne rien faire, c'est être complice.Si on veut que la situation change, il faut s'impliquer activement On ne peut pas se contenter de dire qu'on refuserait la conscription s'il y en avait une.On sait bien qu'il n'y en aura pas Les états n'ont plus besoin d'armées immenses pour gagner une guerre Ce dont ils ont besoin, ce sont des armes sophistiquées qui coûtent très cher Tous les pays occidentaux reconnaissent l'objection de conscience parce qu'on peut se passer plus facilement des hommes que de l'argent.Ce qui est intéressant avec la retenue d'impôts, c'est que cela permet à chacun de poser un geste concret alors que la plupart se sentent impuissants devant ce problème Q.: Est-ce un moyen risqué?Serge Mongeau: Oui Le gouvernement canadien ne le reconnaît pas et il pourrait devenir plus agressif si le mouvement prenait de l'ampleur II faut être conscient des répercussions possibles Si on ne paye pas ses impôts, le gouvernement peut prendre des mesures Celles qu'il a prises jusqu'ici sont de deux ordres: puiser directement dans le compte de banque ou saisir le salaire Cela n'a pas été fait souvent mais il faut être conscient du danger.Dans mon cas, le gouvernement s'est remboursé, à même un trop payé de l'année dernière, un montant que j'avais retenu il y a deux ans Cette procédure semble illégale Q.: Ceux qui sont victimes de ces mesures ont-ils des recours possibles?Serge Mongeau: Certains contestent actuellement ces mesures devant les tribu- naux à Vancouver On veut en faire une cause-type pour contester la constitu-tionnalité des saisies La Charte reconnaît la liberté de conscience dans le refus de participer à la guerre Nous voulons que cette interprétation soit étendue à la volonté de ne pas participer financièrement aux efforts de guerre.Q.: Mais la Cour de Colombie-Britannique vient de rendre un jugement condamnant le Dr Jerilynn Prior à payer à l'impôt ce qu'elle avait déjà versé dans un fonds pour la paix.Serge Mongeau: Ce |ugement a été rendu par un premier tribunal et nous nous y attendions puisqu'il n'y a jamais eu de jugement de la cour Suprême sur un tel cas.Les tribunaux inférieurs donnent touiours raison aux gouvernements.La cause est en appel et il faudra aller jusqu'en cour Suprême.Nous ne sommes qu'au début d'un combat de longue haleine.Et il ne faut pas être naïf les mouvements d'obiection de conscience sont toujours mal perçus des gouvernements Q.: N'est-ce pas justement un peu naïf de demander au gouvernement de modifier ses perceptions d'impôts de façon à permettre aux citoyens de les verser dans les budgets de leur choix?Serge Mongeau: Naïf au sens où on sait que les gouvernements ne sont pas prêts à se soumettre à une chose comme celle-là.Ce serait pratiquement un référendum et ils savent fort bien que la majorité choisirait de verser son argent dans un fonds pour la paix.Alors pourquoi continuent-ils d'investir tant dans la guerre et si peu dans la paix?Pourquoi continuons-nous à élire ce genre de gouvernement'?Nous cherchons à mettre le gouvernement face à ses contradictions S'il se veut démocratique, il doit se plier à la volonté de la majorité On serait même prêts à accepter que le fonds ne soit créé que si 50% des citoyens le demandaient ou encore à soumettre la question à un référendum Q.: Y a-t-il des pays où cela se fait?Serge Mongeau: Non.mais des fonds comme celui qu'on met sur pied existent en France, en Allemagne, aux États-Unis et en Australie Ce sont touiours des actions illégales Q.: Ceux qui contribuent au fonds «illicite» pour la paix peuvent-ils récupérer leur argent?Serge Mongeau: En tout temps Si quelqu'un était trop harcelé par l'impôt ou n'avait plus les moyens, il pourrait retirer son argent Mais le fonds de Vancouver ne rembourse que le montant original parce que les intérêts servent à défrayer les procès D'ailleurs la plupart de ceux qui s'engagent dans cette action laisseront leur argent dans le fonds et rembourseront d'une autre façon si le gouvernement les poursuit Q.: Pourquoi avoir créé un fonds québécois?Serge Mongeau: L'originalité du fonds québécois est de permettre le développement d'initiatives de paix au Canada ou ailleurs dans le monde On s'est dit qu'au lieu de laisser dormir cet argent, on pourrait l'utiliser pour des actions immédiates Nous avons donc créé deux fonds Le premier, comme celui de Vancouver, serait transférable à I éventuel fonds du gouvernement Le deuxième est non-récupérable et servira à financer des actions de paix Les citoyens qui désirent exprimer de cette façon leur désaccord indiquent auquel des deux fonds ils veulent verser leur 9% Q : Quel type d'actions pourraient être financées par ce deuxième fonds?Serge Mongeau: Il y a bien sur les actions des groupes pacifistes québécois mais on pense davantage à s'engager au niveau international A l'Amérique centrale où les populations n'ont pas le minimum vi tal Au Nicaragua par exemple, une partie importante des budgets est utilisée pour lutter contre les «contras» et les gens n'ont pas assez d'argent pour assurer leur subsistance On pourrait alors financer le proiet d'une école ou autre chose du genre Mais les décisions reviendront à un «comité de sages» qui donnera de la crédibilité à ces initiatives, un peu comme le mouvement «Un F-18 pour la paix» chapeauté par Mmes Claire Bonenfant.Fran-cine Fourmer et Mgr Proulx Notre comité reste à former A «Nos impôts pour la paix».5285 Aurèle, St-Hubert, J3Y 2E8 Daniel Baril est journaliste pigiste VIE OUVRIERE/MARS 1987*29 Le Fonds de Solidarité (F.T.Q.) Ça change pas le monde mais.RAYMOND LEVAC Après trois années d'existence, le Fonds de Solidarité des travailleurs du Québec souhaite jouer un rôle plus grand dans le soutien «d'initiatives économiques populaires» comme les coopératives de travail ou les corporations de développement économique et communautaire.Son intervention dans le dossier Québécair et AMC-Renault témoigne aussi de son intention de s impliquer dans certains dossiers économiques majeurs.Jusqu'ici cependant, le Fonds s'est concentré sur les petites et moyennes entreprises, créant ou maintenant 2,500 emplois dans une quinzaine d'entre elles.Pour les 55 employé-e-s de la compagnie Truscon.une filiale de SIDBEC, le Fonds de Solidarité est quelque chose d'important A l'automne 1984.ils se retrouvaient en chômage suite a la décision de SIDBEC de fermer leur compagnie, jugée non-rentable.Un an plus tard, grâce à l'intervention du Fonds, ils pouvaient à nouveau fabriquer des poutrelles d'acier.Le Fonds avait fourni 30% du nouvel investissement, soit 260,000 5.les employe-e-s 15% et Structal.une compagnie privée de Québec assumait le reste et devenait l'actionnaire majoritaire.Dans ce cas-ci comme dans les autres, le Fonds de Solidarité est intervenu en accord avec le syndicat II a signé, avec le nouveau propriétaire, une convention d'actionnaire qui lui assure un siège au conseil d'administration.En échange de leur investissement, les employé-e-s de Truscon obtiennent eux aussi un sièqe au C.A.La relance de l'entreprise a exigé des concessions de leur part Ils ont accepté des salaires moindres qu'au moment de la fermeture.Ils ont cependant accès aux livres comptables de la compagnie et ont acquis des améliorations à leurs conditions de travail: mesures visant à réduire la poussière dans l'usine, choix des contremaîtres par les travailleurs-euses travailleurs-euses.Possédant l'information de première main sur la situation financière de l'entreprise, leur syndicat peut revendiquer de meilleurs salaires et conditions de travail au fur et à mesure que la situation de l'entreprise s'améliore Le Fonds de Solidarité insiste beaucoup sur la formation économique com- Travailieurs des Aciers Truscon de Ville Lasalle.membres du Syndicat des Métallos (FTOl 30/VIE OUVRIERE/MARS 1987 PETITE HISTOIRE CHIFFRÉE Au plus fort de la crise économique, la FTQ.frappée de plein fouet, cherche à reagir sur ce terrain Elle n'est pas intéressée a répeter les expériences de cogestion ou d'autogestion, du type Tncofil.qu'elle |uge difficile a appliquer dans le contexte nord-americain Non.la centrale opte plutôt pour un fonds d'investissement qui contribuerait à créer et maintenir des emplois Le Fonds de Solidarité des travailleurs du Québec naît en 1984 II fait appel à l'épargne volontaire en vue de la retraite Son rendement était de 8,9% l'an dernier L'économie d'impôt attachée au REER.couplée aux deux crédits d'impôt de 20% chacun, en fait un placement intéressant Soixante-dix pour cent des actionnaires du Fonds sont membres de la FTQ 15% proviennent d'autres organisations syndicales et le reste du grand public Au niveau syndical, on privilégie la formule de déduction a la source On a même négocie, là ou il n'y avait pas de fonds de pension, que certains employeurs versent une cotisation au nom des employe-e-s En janvier 1987.l'actif du Fonds s'élevait a 55 millions S et son member ship a 22.000 adherent-e-s Ses dirigeants avaient bon espoir d atteindre les 75 millions S et les 40.000 actionnaires d'ici le 1er mars me condition d'un plus grand pouvoir des travailleurs et travailleuses sur leur milieu de travail II offre trois types de services de formation Dans les entreprises où il investit, il donne des cours d'initiation économique permettant aux employé-e-s de lire et de comprendre, parexemple, les états financiers de la compagnie Au sein même de la FTQ.un nombre grandissant d'exécutifs de syndicats locaux comptent un poste de responsable du Fonds.Un réseau de 1250 responsables locaux a ainsi été créé Ces personnes reçoivent une formation sur le rôle du Fonds, son fonctionnement et ses avantages Enfin, les permanentes et permanents syndicaux sont invités à suivre une session de cinq jours sur l'analyse économique de l'entreprise.Les initiatives économiques populaires «Au départ, il fallait créer la confiance, même auprès des membres de la FTQ».affirme Louis Fournier.directeur des communications pour le Fonds de Solidarité.«Il fallait être prudent, faire la preuve qu'une organisation syndicale pouvait administrer sérieusement un tel projet».«Aujourd'hui la confiance est là.dit-il, on peut prendre plus de risques On a les reins assez solides pour, par exemple, intervenir dans des dossiers comme Qué-bécair» Dans ce dernier cas.«les dés étaient pipés d'avance au profit de Nor-dair, ajoute-t-il Jusqu'ici, le Fonds s'est surtout implique dans les P ME.mais il pourrait maintenant, soutient Fournier.aller dans les entreprises plus grosses et intervenir, dans le courant de privatisation actuelle, pour assurer une participation et une influence des travailleurs et travailleuses dans ces entreprises «Pourquoi toujours tout laisser aux autres9 conclut-il.Les organisations ouvrières ne contrôlent même pas les fonds de pension des travailleurs-euses Pense à ce qu'on pourrait faire avec cette epargne-là!> En outre, selon notre interlocuteur la situation économique du Fonds lui permettrait aussi de soutenir un certain nombre d'initiatives populaires Ainsi, l'organisme vient de négocier avec la Fédération québécoise des coopératives de travail du Québec un REER collectif pour les membres de ces coops Cette entente permet à ces travailleuses et travailleurs de se donner un certain nombre d'avantages en vue de la retraite Elément intéressant tout l'argent ainsi investi par les membres des coops sera réinjecte dans des projets de démarrage ou d'ex-pension d'entreprises coopératives «Et il se pourrait que le Fonds de Solidarité en mette davantage», d'ajouter Louis Fournier En outre, explique ce dernier, le Fonds est également prêt à soutenir les initiatives des corporations de développement économique et communautaire (CDEC) En collaboration avec les CDEC des quartiers Centre-Sud.Hochelaga-Maisonneuve et Pointe St-Charles a Montréal, il participe à la mise sur pied d'un fonds local d investissement en capital de risque réservé au démarrage d'entreprises Le Fonds fournit également une aide technique aux entreprises communautaires Il fait partie d'un groupe-conseil qui travaille à l'implantation d'un incubateur d'entreprises dans le Centre-Sud de Montréal «Au fur et à mesure de la consolidation du Fonds, nous pourrions lancer des entreprises», ajoute Louis Fournier Pourquoi ne pas.par exemple, financer le lancement éventuel d'un hebdomadaire progressiste comme tant de gens en rêvent9 Il y a un marche, mais il faut de l'argent- Ça ne change pas le monde, mais.Investir dans le Fonds, c'est un geste de solidarité, mais c'est aussi un bon investissement «Il ne s agit pas de place- ments spéculatifs qui visent a faire le plus de profit possible», reprend Louis Fournier Il s'agit d'un placement a long terme en vue de la retraite Avant 40 ans.les travailleurs et travailleuses pensent peu a la retraite Ils disposent également de très peu d épargne Quarante-huit pour cent des Québécois et Québécoises ont moins de 2.000 S d épargnes personnelles C'est pourquoi nous favorisons une con tnbution au Fonds par le biais d'une déduction sur le salaire- Selon notre interlocuteur il n y a pas de contradiction entre le rôle social du Fonds et la nécessité de lui garantir un bon rendement «C'est que.explique-t-il.les placements du Fonds sont très diversifiés Sur les 55 millions d'actifs 15 millions sont investis dans des entreprises 4(Ht de I'actif est place dans les obligations d'épargne, des prêts aux commissions scolaires, et le reste La diversification permet ainsi de prendre certains risques tout en conservant à l'ensemble une grande solidité » Et la différence entre un investissement dans le Fonds et un investissement dans un REA (régime d épargnerions)7 «Tu investis dans un REA à titre individuel, re prend Louis Fournier Tu leur donnes ton argent et ils conservent le pouvoir L in vestissement dans le Fonds de Solidarité est collectif et permet ainsi une intervention et un pouvoir collectif II pourra per mettre d explorer de nouvelles formes de participation des employées dans l'en trepnse A VIE OUVRIERE/MARS'9- 31 Mon logement n'est pas à vendre Par ANNE-MARIE LAROCQUE et MARTINE 0 AMOURS « | es résidants des quartiers populaires sont délogés par les vendeurs de tofu et de futons!», s'exclamait récemment une intervenante du L» quartier montréalais de Pointe St-Charles.Dans l'Outaouais.à Québec, à Montréal.les pouvoirs municipaux orchestrent des programmes de revitalisation des artères commerciales et des centres-villes, élaborent des plans d'aménagement pour des espaces stratégiques et encouragent l'accès à la propriété.Résultat: les condos de luxe foisonnent, les copropriétés se multiplient.et la population traditionnelle se retrouve à la rue.Ils sont 5 000 à Hull, entre 3 000 et 4 000 à St-Roch (Québec), 12 000 dans le Plateau Mont-Royal: le cortège des expulsions pourrait bien reprendre de l'ampleur si, comme il l'a annoncé, le ministre des Affaires municipales levait le moratoire sur la conversion de logements en copropriétés.C'est précisément ce que la coalition «Sauvons nos logements» tente d'éviter.Aménagement, déménagement «Jusqu'à tout récemment, explique Suzanne Lafernère.Pointe St-Charles regroupait majoritairement une population de bénéficiaires d'assurance-chômage, d'aide sociale et de pensions de vieillesse Plusieurs n'avaient jamais déménage en 15.20 ou même 30 ans-Mais voila qu avec la nouvelle vague de popularité de construction de condos dans le quartier, un grand nombre de ces résidantes ont dû déménager leurs pénates ailleurs Des femmes assistées sociales et cheffes de famille monoparentale, des personnes âgées vivant seules ont été forcées de se reloger tant bien que mal dans plusieurs autres secteurs de la ville Cet éparpillement progressif de la population traditionnelle a suscité de vives réactions chez les résidante s et les intervenant-e-s des groupes communautaires de la Pointe.Grandement insatisfaits du plan d'aménagement de la Ville rendu public en 1984.les résidant-e-s et leurs porte-parole ont présenté, en octobre dernier, leur propre plan d'aménagement Il vise trois objectifs: le maintien de la population traditionnelle, la création d'emplois locaux et l'amélioration du cadre de vie des résidant-e-s Des condos, toujours des condos Le quartier St-Roch.situé aux abords de la rivière St-Charles à Québec a aussi vu sa population chassée De 1970 à 1975.3 à 4 000 résidants aux revenus modestes ont été expropriés pour faire place à l'autoroute Dufferin Montmorency qui relie la colline parlementaire et Ste-Anne-de-Beaupré à des condomi-niums et des tours à bureaux La ville de Québec projette depuis une dizaine d'années de construire des condos et des logements de luxe dans le secteur de la Pointe Aux Lièvres Dans cette portion ouest du quartier, tout près de la rivière St-Charles et des grands boulevards Dorchester et De la Couronne, la ville s'obstine à garder un grand territoire vacant dans le but d'y ériger éventuellement des condos Pourtant, les condos déjà construits dans ce secteur ne se vendent pas et il y a belle lurette que les résidants du quartier ont entendu parler des 4 500 logements que le gouvernement avait promis de fai- 32/VIE OUVRIERE/MARS 1987 4098 reconstruire en 1970 La ville de Québec caresse en ce moment le projet de la «Grande Place», qui prévoit la construction d'un immense centre commercial à l'image du «Rideau Hall» à Ottawa.Ce projet chassera peu de résidants, ce secteur ayant déjà été vidé de sa population Cependant, il menace le cadre de vie des résidants des secteurs avoismants, entrainant un embourgeoisement marqué du quartier Il y a 12 ans.le moratoire L'embourgeoisement des quartiers populaires, la «gentrification» comme on dit dans le jargon, a frappé Tous n'en meurent pas mais tous en sont atteints, comme l'ont constaté les participantes à un colloque sur la survie des quartiers populaires, organisé en décembre par le Front D'Action Populaire en Réaménagement Urbain (Frapru) Les groupes-logement représentés ont conclu, encore une fois, à la nécessité de revendiquer du logement subventionné, HLM ou coops.destiné prioritairement aux faibles revenus Mais leurennemi.àtrès court terme, réside dans le feu vert à la conversion de logements en copropriétés que le ministre Bourbeau pourrait bien donner dés juillet prochain.Voyons voir.Il y a deux façons de créer de la copropriété On peut d'abord construire des logements neufs et les vendre en condominiums: c'est le cas de 22 583 logements dénombrés au Québec à la fin de 1983, dont 17 000 dans la région de Montréal.On peut également convertir des logements existants en copropriétés ou en condominiums.c'est le cas de 4 000 ou 5 000 logements à Montréal, toujours a la fin de 1983 Depuis 1975 pourtant, un moratoire interdit de telles conversions Selon Robert Pilon, du Frapru.il a eu pour effet de stopper la transformation en copropriétés des immeubles de cinq logements et plus En revanche, le moratoire n'a pas réussi à freiner l'expansion de copropriétés dans les immeubles de cinq logements ou moins En dépit de l'interdiction, rapporte le porte-parole du Frapru, 67% des logements rénovés dans les quartiers centraux de Montréal l'ont ete en copropriété Lever ce moratoire, si plein de trous soit-il.équivaudrait à donner le feu vert a la conversion des logements et donc à l'expulsion des locatai- res 6.7 et 8 décembre dernier, le colloque organisé par laires- a réuni quelque 200 personnes res Montréal, où la somme des logements construits ou convertis en copropriété représente 4,8% du stock de logements pourrait alors devenir comme Toronto, qui compte 40% de copropriétés «Sauvons nos logements» La coalition «Sauvons nos logements» regroupe le Frapru et le Regroupement des comités logement et associations de locataires; en tout une trentaine d'associations locales Elle réclame I interdiction de toute conversion de logements locatifs en copropriété et ce, tant et aussi longtemps que n'auront pas ete adoptes des mesures réelles de protection des locataires et des programmes d'aide permettant aux locataires de s'approprier collectivement leurs logements Selon «Sauvons nos logements», le développement de copropriétés est néfaste parce qu'il diminue le stock de logements disponibles et entraine une spéculation qui rend les immeubles inaccessibles aux faibles revenus et aux organismes sans but lucratif (ex coop) qui voudraient en le FRAPRU sur le thème "la survie des quartiers popu- faire profiter les locataires actuels.Robert Pilon est d'avis que.dans l'état actuel des choses, la copropriété sert à expulser les locataires, plutôt qu'à les aider à accéder à la propriété «On a dresse le portrait type du copropriétaire.S42 000 de revenu, jeune, scolarité universitaire Il est illusoire de penser que, sans les programmes d'aide que nous reclamons, les faibles revenus pourraient se prévaloir de la formule copropriété » Et dans le cas où le gouvernement crée rait de tels programmes9 «Dans ce cas poursuit-il.le Frapru n'excluerait pas cet te hypothèse mais continuerait de favori ser d'abord les formules sociales de loge ment et d'accès à la propriété coops organismes sans but lucratif.HLM ete La Coalition fait circuler des pétitions contre la levée du moratoire et veut mobiliser les locataires pour assister aux auditions de la Commission parlementaire qui.en juin prochain, se penchera sur cette question A suivre1 Anne-Marie LaRocque termine un contrat au FRAPRU et étudie en journalisme VIE OUVRIERE/MARS 1987/33 65 EN BREF THEOLOGIE DE LA LIBERATION ET CONTEXTE HORO-AMÉRICAIH Née à partir de l'affirmation d'une option pour les pauvres et de l'expérience des communautés de base en Amérique latine, la théologie de la libération pose maintenant à d'autres peuples et à d'autres contextes la question d'identifier leur propre oppression et le type de libération à laquelle Dieu les appelle En février dernier à Vancouver, se tenait une conférence internationale sur la théologie de la libération en Amérique latine et sur les défis posés par cette expérience d'Église.Cinq participantes de la région de Québec ont entrepris depuis un travail de recherche et de traduction pour offrir au public des textes nouveaux, regroupés en trois blocs: 1) la théologie de la libération en Amérique latine, particulièrement au Nicaragua; 2) la théologie de la libération, un défi en contexte canadien et 3) «mise en garde» et critiques de Rome face à la théologie de la libération Ces textes sont disponibles au coût de $2 00 en s'adressant au Comité diocésain d'action catholique, att Diane Ferland, 435 du Roi.Québec G1K 2X1 tel: (418) 525-6187 LE JUGEMENT «B0UB0U-MAC0UTE5» Le 30 décembre dernier, le juge Tannen-baum de la Cour supérieure du Québec rendait son verdict dans l'affaire des visites des «boubou-macoutes» au domicile des assistés sociaux La cause, on s'en souvient, opposait M Pierre Paradis, ministre de la Main-d'oeuvre de la Sécurité du revenu, à Mme Aline La-forest, assistée sociale, qui plaidait l'illégalité de ces visites à domicile Dans sa décision rendue le 30 décembre, le juge a tranché la poire en deux: il a déclaré que les visites étaient légales, à la condition de se faire avec le consentement des assistés sociaux visés Verre à moitié vide ou à moitié plein?D'une part, Mme Laforest, le Front commun des assistés sociaux et la Ligue des droits et libertés sont satisfaits de ce que le |ugement ait consacré le droit d'un-e assisté-e social-e de refuser l'accès de son domicile aux agents visiteurs.Le Front commun recommandera d'ailleurs à ses membres d'exercer leur droit de refus Avec ces organisations, on peut considérer que le jugement constitue une brèche, et que la seconde étape consistera à démontrer que le consentement peut être arraché par la contrainte, la peur de perdre ses prestations, dans le rapport de pouvoir qu'exerce le boubou-macoute sur l'assisté social Les pratiques d'intimidation ne sont pas exclues Telle bénéficiaire refuse l'entrée au boubou-macoute et reçoit par la suite deux ou trois autres «tentatives» de visites; telle autre qui affirme son droit de refus se fait répondre par l'agent: «Je ne suis pas sûre de cela» Ces deux petits exemples témoignent de ce que les assisté-e-s sociaux devront être non seulement informés, mais aussi très «solides» pour se prévaloir du droit que leur reconnaît le jugement Tannen-baum Par ailleurs, le simple fait qu'un jugement légalise les visites à domicile a de quoi inquiéter.Lentement mais sûrement, certains droits, comme celui de ne pas être présumé suspect, sont remis en cause Quant on connaît les pratiques de certains fonctionnaires de l'aide sociale, qui ont tenté récemment d'obtenir sur les bénéficiaires des renseignements confidentiels auprès du service des Postes, on se dit que la bataille des droits et libertés est loin d'être gagnée CSN PARTOUT AU QUÉBEC CHICOUTIMI (SaguenayLac St-Jean 73, rue Arthur Hamel sud Chicoutimi G7H 3M9 (418)549-9320 CHANDlER (Gaspesie Ile de la Madl ) 165 rue Commerciale ouest ChandlerGOC IKO (418)689 2294 DRUMM0N0VILLE 451 rue Noire-Dame Drummondville J2B 2K9 (819)478-8158 GRANBY 371 rue Si Jacques Granby J2G 3N5 (514)372 6830 HAUÎERIVE (Cote Nord) 999 rue Comtois HautenveG5C 2A5 (418)589 2069 589 2608 HULL (Outaouais) 258 boul Si Joseph Huli J8Y 3X8 (819) 771 7447 771 7450 JULIETTE (Lanaudière) 190.rue Monlcalm Johette J6E 5G4 (514)769 0762 MONTREAL 1601 rue Oelonmier Montréal, H2K4M5 (514)598 2021 OUEBEC 155 boul Charestest Québec G1K3G6 (418)647 5700 RIMOUSKI (Bas SI Laurent) 124.rue Ste Marie Rimouski G5L 4E3 (418)723 7811 SEPT ILES 619 rueBrochu Sept Iles G4R 2X7 (418)962 5571 SHAWINIGAN 442 rueWillow Shawmigan G9N 6T8 (819)536 4433 SHERBROOKE 180 rue Acadie Sherbrooke J1H2T3 (819)563 6515 SOREL 900 rjedel Eglise Tracy J3R 3R9 (514)743-5502 ST-HYACINTHE (Richelieu-Yamaska) 2425 rue Oessaulles SI Hyacinthe J2S 2V2 (514)438 4196 ST-JERÔME (Laurentides) 289 rue de Villemure 2e étage St Jérôme J7Z 5JS (5141438 4196 ST JEAN (Haut Richelieu) 180 rue Notre Dame St-Je?n sur Richelieu J3B 6N2 (514)348 4965 TROIS RIVIERES 550 rue Si Georges Trois Rivières G9A 2K8 (819)378 5419 THETFORO MINES 908 rjeLabbe Thellord G6G 2A8 (418)338 3159 VAL 0 OR (Nord Ouest québécois) 400 rue des Distributeurs C P 1390 Val d'Or J9P4P8 (819)825 6137 VALLEYFIELD (Sud Ouest québécois) 412 boul du Havre ValleylieldJ6S1T2 (514)371 555 VICTORIAVILLE 100 boul Jutrasesl VictoravilleG6P4l5 (8191758-6241 LANORAIE 38 rue Noire Dame LanoraieJOK 1E0 (514)887 2336 34/VIE OUVRIERE/MARS 1987 UN OUTIL DE SENSIBILISATION A PARTIR DE FICTIONS D'ANALYSES DE TABLEAUX DE FAITS Disponible au prix de 3,00 $ au Centre de documentation Centrale de l'enseignement du Québec 2336, chemin Sainte-Foy C.R 5800 Sainte-Foy (Québec) G1V 4E5 _ itre st-pierre Les cassettes du Centre St-Pierre Itinéraire politique et spirituel Conférence de Pierre Valiières I 1986) L'Église dans la Ville Conférence de Jean Remy.sociologue i i i>si L'Analyse sociale pour tous Outils pratiques par Guy Paiemenl La Révision de Vie Initiation par |ean Portier Spiritualité de la libération Interview de lorge Uvarez-i alderon I Pérou ' Prix de la cassette (90 minutes) 5 OOS ajouter l OOS pour frais d'expédition (entre St-Pierre, 12 1.; Panel Montréal H2L 3B5 téléphone 524-3561 poste303 elati ions UN MAGAZINE CHRETIEN ENGAGE un regard critique sur l'actualité politique.sociale et culturelle ABONNEMENT I »n (10 notl 15.00* * l'élrangar 20 00» NOM ADRESSE RELATIONS BtlXJ fl.d Si liuitm Monl.tll H2P 21» - IS14I U7 IS 41 82 scisfete P ■ \m Vie ouvrière a publié jusqu'ici une centaine de dossiers qui sont toujours disponibles : • le désarmement • la nouvelle technologie • l'alphabétisation • les femmes • les luttes populaires • etc Vie ouvrière a également publié deux ouvrages d'importance : La vie dans nos mots, interviews de militants et de militantes, coédité avec le Mouvement des Travailleurs chrétiens.Le projet de société de la CSN, coédité avec le Centre de formation populaire.^J □ Abonnement régulier (8 numéros/année) 15 S □ Abonnement de soutien 20 S □ Abonnement pour 2 ans 28 S □ Abonnement à l'étranger 18 S □ 6 abonnements et plus 12 S Nom Joindre un chèque à l'ordre de : Adresse Revue Vie Ouvrière ______________________________________ 1212 Panet, Montréal, Qc H2L 2Y7 Code postal Tél.: (514) 523-5998
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