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Titre :
Vie ouvrière.
Vie ouvrière est une revue catholique mensuelle d'animation sociale engagée pour la cause ouvrière qui a été publiée à Montréal de 1979 à 1990. [...]
La revue mensuelle Vie ouvrière est publiée à Montréal de 1979 à 1990. Elle fait suite à Dossiers « Vie ouvrière » (1974-1978), revue catholique d'animation sociale engagée dans le monde ouvrier, élargissant ses préoccupations aux laissés pour compte des luttes syndicales : travailleurs non syndiqués, pauvres, chômeurs, assistés sociaux et marginaux. Vie ouvrière montre aussi une sensibilité à l'égard d'un large éventail de problématiques sociales plus larges. La montée du féminisme a des répercussions sur les orientations de la revue. La question autochtone fait aussi l'objet d'une certaine attention; le dossier d'avril 1979 y est consacré. Vie ouvrière fait une place plus grande aux militants chrétiens impliqués dans le missionnariat et la coopération internationale, et on y trouve de nombreux dossiers et articles à saveur altermondialiste sur la solidarité internationale. La première livraison de 1981 marque une rupture dans la facture visuelle de Vie ouvrière. La page couverture monochrome habituelle fait place à une page illustrée et colorée et des photographies et des illustrations parsèment maintenant les textes, donnant une allure de magazine à la revue. Celle-ci procède toutefois toujours par enquêtes, reportages et articles de fond. Vie ouvrière fait partie d'une longue série de publications incluant aussi le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990) et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004). La publication de Vie ouvrière résulte d'une collaboration entre le Centre de pastorale en milieu ouvrier, la Jeunesse ouvrière catholique et le Mouvement des travailleurs chrétiens. VALLIÈRES, Pierre, « Le magazine de Vie ouvrière - 40e anniversaire. Troisième partie : les années 70 - L'utopie et l'institution », VO, no 232, septembre-octobre 1991, p. 12-14.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1979-1990
Contenu spécifique :
janvier-février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Dossiers "Vie ouvrière",
  • Successeur :
  • VO
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Références

Vie ouvrière., 1988, Collections de BAnQ.

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OUVRIERE QUI A PEUR DES ÉCOLOS?DEBAT LE N.P.D.AU QUÉBEC I OU NON?I VI garderies ON NE LOUE PAS QUE DES SALLES Le 1212 Panet est bien connu.Depuis 13 ans, des milliers de militants et militantes l'ont adopté pour la tenue de leurs congrès, conférences de presse et rencontres.Mais au Centre St-Pierre, on ne loue pas que des salles.On y offre aussi de la formation en communications et on s'occupe de vos productions audio-visuelles.Faire du vidéo, réaliser une conférence de presse, découvrir le fonctionnement des médias, voilà quelques-unes des sessions que nous offrons aux organismes.1212, rue Panet Montréal H2L 2Y7 (514) 524-3561 st-pierre Ne manquez pas, en mars Un dossier spécial: Immigration et Société québécoise Une entrevue avec la journaliste Colette Beauchamp Aussi: les sectes, l'enjeu de la restructuration salariale pour les femmes, l'auto-défense pour nos enfants?etc.LE R A N Ç A IS E N T • E ï E Organisé par la Centrale de l'enseignement du Québec Avec la collaboration de l'Association québécoise des professeurs de français Conférence d'ouverture: Femand Dumont Spectacle d'ouverture: Gilles Vigneault Pour renseignements Michèle Savard (418) 658-5711 Centre municipal des Congrès, Québec 29.30 et 31 janvier 1988 El Centrale de renseignement du Québec SOMMAIRE ENTREVUE 6 Une solidarité à tricoter serré Martine D'Amours rencontre Paul-André Boucher, ex-directeur de Trico-fil et secrétaire du Comité provincial des coopératives de travail.Un homme qui choisit encore l'autogestion plutôt que le patron.LE CHOC DES IDEES 10 LE NPD au Québec: oui ou non?Un débat auquel ont contribué Noëlle-Dominique Willems, membre du NPD, et Raymond Laliberté, qui ne l'est plus.La première y voit une alternative pour le peuple québécois; le second se demande où est le mouvement social porteur d'un NPD de changement.Vos lettres 4 Éditorial 5 par Gilles Ougal Le Québec en couleurs 13 par Pierre Viau En bref 14 Chronique insolente 23 par André Leclerc Bande dessinée par Vivian Labrie Le tour du Québec 27 par François Gloutnay À l'oeil 34 par Henri Lamoureux DOSSIER: 15 S.O.S.GARDERIES par Nicole Brais et Martine D'Amours Les parents n'en peuvent plus de payer: les travailleuses n'en peuvent plus d'être sous-payées: beau dilemne pour les services de garde.Au moment où Québec s'apprête à déposer une politique d'ensemble, les enjeux sont énormes: il en va de la sauvegarde, .des services de garde.I > V ■> garderies EN MOUVEMENTS Qui a peur des écolos?24 Que devient l'écologie, dans un contexte où le Québécois moyen se préoccupe davantage de ses actions REA dans une entreprise que de l'impact dévastateur que celle-ci peut avoir sur l'environnement?Magali Marc, co-présidente de Société pour vaincre la pollution, en a discuté avec Pierre Gaudreau.Affaires de cuisine 26 par Jean-Pierre Langlois Dans Hochelaga-Maisonneuve la sous-alimentée.des groupes de familles à faible revenu expérimentent la cuisine en commun VIVRE EN '88 Les blancs de mémoire des médias par François Gloutnay 28 Mâles, vieux, les médias sont aussi blancs Les communautés culturelles et les minori tés visibles réussiront-elles à s'y tailler une place proportionnelle à celle qu'elles occu pent dans «la vraie vie»?SUR LA PLANÈTE Sankara est mort, vive Compaoré!?30 par Yvan Comeau Le putch du 15 octobre dernier au Burkina Faso ne promet rien de bien neuf pour la pay sannene, qui compte pour 90% de la population COURANTS D'ÉGLISES La cuvée '80 des militants chrétiens 32 par Gilles Dugal A la fois semblables et différents d'il y a 20 ans, les militants chrétiens ont perdu des batailles, mais pas la guerre Leur capacité de faire le point et de rebondir émerveille VIE OUVRIERE/JANVIER FEVRIER 1988/3 Hockey: je raccroche quand.Le hockey que les grands montrent aux jeunes, à la télé ou sur la glace, contribue souvent au tait que plusieurs, de tous âges, décrochent de notre sport national J'étais de ceux qui souhaitent pour leur fils ou leur fille des activités sportives plus enrichissantes (V 0 nov 87 pp 28129) /usqu à ce que le code d'éthique des entraîneurs de l'Association sportive du bas de la ville (section «B») me tombe entre les mains Un document tout simple remis aux jeunes, à l'Intention des parents, et qui promeut du hockey -pour le plaisir de jouer, de participer et de s améliorer' En voici quelques extraits: — Ne forcez pas un entant qui n 'en a pas envie à participer à des activités sportives N 'oubliez pas qu il participe à des sports organisés pour son propre plaisir, pas pour le vôtre.— Apprenez à votre enfant qu 'un effort honnête vaut tout autant que la victoire et faites de la défaite une victoire en l'aidant à chercher à améliorer ses aptitudes et à développer son esprit sportif Ne tournez jamais votre enfant en ridicule parce qu 'il a commis une faute ou perdu une compétition — Appuyez tous les efforts déployés pour faire disparaître toute violence verbale et physique des activités sportives des enfants Aux /eunes — Joue pour t amuser, pas simplement pour faire plaisir à tes parents ou à ton entraîneur — Rappelle-toi que lob/et du /eu est de t amuser, d améliorer tes aptitudes et de te sentir bien Ne cherche pas à te mettre tout le temps en avant, m à marquer le plus grand nombre de buts, ni a recueillir le plus de suspensions Mon fils joue cette année dans une équipe gérée par M Gérald Du puis, l'auteur des lignes ci-dessus.Emmanuel est moins nerveux qu 'il était, il s'améliore, est fier de lui et de son équipe Bref, il marque des points Ce qui fait que \e raccroche Jean Forest Montréal, Centre-Sud Laïcs: une voix à faire entendre Bravo pour votre franc parler et la clarté de vos exposés J'endosse en particulier l'article: «Clercs-laïcs, un problème de pouvoir » J'estime qu 'il faudra écrire, parler et crier bien fort durant plusieurs années avant que notre voix pénètre les voûtes hermétiques où se loge l'institution de l'Église J.Ménard, Gingras Montréal Conscience critique Pour moi, la revue est un outil important d'information et de sensibilisation sur ce qu on vit, sur ce qui se passe dans la classe ouvrière et populaire Cet outil permet d'établir des liens entre les différentes régions Aussi de prendre une position publique, une prise de parole comme chrétien-nes engagé-es sur des situations difficiles telles que l'avorte-ment, les différentes minorités, le manoir Richelieu, et d'être plus critique Chantai Carrière Hull Dépasser une lecture naïve des événements R.V.O demeure un des plus précieux outils pour dépasser une lecture naïve des événements sociaux et des décisions politiques qui affectent la vie des gens d'ici J'en recommande la lecture (et l'abonnement) à chaque rencontre que i ai avec des agents de pastorale en paroisse ou avec des comités de /ustice et foi qui se multiplient présentement dans les communautés religieuses Un merci spécial pour vos dossiers sur le Mouvement populaire et sur la Solidarité internationale Bernard Ménard, o.m.i.Hull Réfugiés: une réalité à taire connaître davantage Concernant l'article «Plaidoyer pour les réfugiés»: il y aurait avantage à faire paraître des éléments de cet article dans les journaux pour permettre à la population de s'éclairer davantage sur cette question «chaude» et controversée L'éclairage apporté dédramatise la question et montre que nous accueillons encore très peu de réfugiés (entre 12 à 18 000) sur l'ensemble du quota d'immigration que le pays s est fixé (ex: 120 000 pour 1988) Françoise Gagnon Chicoutimi VOLUME XXXVII numéro 207.Vie Ouvrière.Revue fondée en 1951.publiée en collaboration avec la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC).le Mouvement des Travailleurs Chrétiens (MTC) et le Centre de Pastorale en Milieu Ouvrier (CPMO) Ses prises de positions éditonales n'engagent cependant pas ces organisations Les articles n'engagent que leur auteur Directeur: Gilles Dugal • Conseil de direction: Denise Labelle, Louise Latortune, Réiean Mathieu.Monique Pellenn.Roger Poirier • Secrétaire à la rédaction: Martine 0 Amours • Comité de rédaction: Jean-Guy Casaubon, Normand Comte, René Doré, Isabelle Drolet.Lorraine Guay, Claude Hardy, Raymond Levac, Diane Levasses Monique Tremblay • Membres des sous-comités Jeunes, Femmes.Église, International et collaborations régulières: Luce Bédard, Nicole Brais, Laurier Ca-ron.Jacinthe Chicoine Louis Cinq-Mars, Josée Desrosiers.Sylvie Oésautels, Marie-Josée Fihon.Danielle Forest.Jocelyne Gamache.Pierre Gaudreau.François Gloutnay.Claude Hardy.Jean-Guy Lacoursière, Diane Lalancette.Henri Lamoureux, Fabien Leboeut, André Leclerc, Lucie Lépine.Jean Ménard, Normand Picard.Jean Tremblay.Pierre Viau • Abonnements: Gilles Dugal • Maquette, montage, comptabilité: Yolande Hébert-Azar • Directeur artistique: Robert Chayer.Vox Po-puli • Bande dessinée: Vivian Labrie • Imprimerie: Payette et Simms • Photocomposition: Photocomposition Tréma Inc • Distribution: Diffusion Parallèle, tel (514) 525-2513 • Abonnement régulier: 155/an de soutien: 20$/an.28S/2 ans.a l'étranger: 18$/an commande de 6 abonnements et plus: 12$ chaque Rélérences: Les articles de la revue Vie Ouvrière sont répertoriés dans le répertoire analytique d'articles de revues du Québec (RADAR), de la Bibliothèque nationale du Québec • Depot légal à Ottawa et à la Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0229-3803 Courrier de deuxième classe, enregistrement no 0220 Revue Vie Ouvrière, 1212 Panet.Montréal.Que H2L 2Y7.tel (514) 523-5998 4/VIE OUVRIERE/JANVIER-FEVRIER1988 EDITORIAL Cent fois sur le métier.par GILLES DUGAL Pour la deuxième fois en trois ans, Vie ouvrière remet son ouvrage sur le métier: changement dans les chroniques, nouveau graphisme et précision du créneau.Nous avions même parlé de changer de nom.Mais après consultation des instances, le conseil d'administration a évalué que ce serait prématuré.Notre préoccupation en est une de marketing: le qualificatif «ouvrière» fait un peu «rétro» et nous priverait de la clientèle d'une catégorie de militants-e-s.Le conseil d'administration veut pousser plus loin l'enquête auprès de nos abonnés-e-s avant de procéder.Notre créneau L'Assemblée générale d'octobre dernier a précisé l'angle par lequel Vie Ouvrière regarde et analyse la réalité La revue jette un regard critique sur la société, l'Église et les mouvements sociaux.Elle donne la parole aux gens des milieux populaires qui vivent les situations abordées par la revue.Vie Ouvrière reflète les conditions de vie et de travail des couches populaires, leurs organisations, leur culture et leurs débats.Elle reflète les grands débats sociaux et les contradictions qui ont des conséquences concrètes sur la vie des gens de milieux populaires La revue développe une politique éditoriale et des positions favorables à l'amélioration des conditions de vie et de travail des gens de milieux populaires, en s'inscn-vant dans des perspectives de changement social et de foi libératrice Vie Ouvrière élargit aussi ses préoccupations Elle rendra compte des nouveaux phénomènes sociaux, des modes de vie, des préoccupations actuelles: la culture, la recherche de sens et des valeurs comme le souci de l'environnement — l'écologie, les rapports hommes-femmes etc.Enfin, Vie Ouvrière continuera à être «le veilleur qui espère l'aurore» Elle témoignera de ce qui se vit, se pense, se croit et se bâtit dans les réseaux chrétiens préoccupés par la justice sociale Elle rendra compte et suscitera la réflexion sur ce qui se passe dans l'Église et a des répercussions sur les classes populaires Nouvelles chroniques Pour concrétiser ces objectifs, nous introduisons de nouvelles chroniques et rajeunissons les anciennes En mouvements rendra compte des mouvements sociaux, de leurs luttes et alternatives, tandis que Vivre en '88 s'attardera à la culture et aux modes de vie Le choc des idées fera place au débat entre deux points de vue ou analysera un enjeu d'actualité Sur la planète continuera de vous informer sur les mouvements sociaux dans différents pays, en faisant un lien avec notre propre conjoncture.Abordera de plus les questions de désarmement et d'écologie Courants d'Églises discernera les courants spirituels et nous mettra en contact avec les personnes susceptibles de nous donner du souffle comme militants-es.L'Esprit est libre de souffler où il veut nous serons aux aguets.Lisez le Québec en couleurs pour vous apprivoiser au défi inter-culturel du Québec et le tour du Québec pour recevoir des nouvelles des différentes régions Cherchez-vous de l'humour?la Chronique insolente est là pour vous servir.Finalement, À l'oeil recensera pour vous des livres, films et vidéos récents, et pas uniquement des «trucs militants» Bonne lecture! A La république macoute par MARTINE D'AMOURS I est assez inusité qu'un gouver- ^^*i nement au pouvoir se livre à un coup d'État: c'est pourtant ce qui s'est produit en Haïti le 29 novembre dernier Élections confisquées, terreur planifiée, collusion entre l'armée et les bandes ma-coutes: le Conseil national de gouvernement (CNG) a bien montré, si besoin était, qu'il ne pouvait plus être considéré corn me un élément d'une quelconque solution démocratique en Haïti Le peuple haïtien est loin d'être en débandade, cependant, il a besoin de notre solidarité Plus concrètement, les organi sations de la communauté haïtienne québécoise réclament du gouvernement canadien 1 qu'il condamne fermement le CNG du général Namphy, 2 qu'il fasse en sorte de lui couper les vivres, tant au plan économique que militaire Selon le Front national de concertation de la communauté haïtienne québécoise, les deux-tiers de l'aide canadienne à Haïti seraient détournés au profit du régime On réclame donc qu'Ottawa suspende son aide bilatérale (de gouvernement à gouvernement) et renforce son appui aux organismes de coopération qui travaillent directement au sein de la population haïtienne Mais la suspension de l'aide bilatérale ne suffit pas puisque, précisait récem ment Jean-Claude Icarl, du Bureau de la communauté chrétienne des Haïtiens de Montréal, la masure partie des argents versés à Haïti provient d'organismes internationaux, comme le FMI.la FAO etc Le Canada devrait donc, selon lui, faire pression sur les organismes multilaté raux de manière à faire cesser le transfert de fonds au CNG Sans armes et sans pétrole,' la république des macoutes ne saurait se maintenir très longtemps A 1 Haïti dépend de I étranger pouf son pétrole et n'en a ïamais pour plus que 15 tours d avance VIE OUVRIERE/JANVIER FEVRIER 1988/5 6/VIE OUVRIERE/JANVIERFEVRIER 1988 Paul-André Boucher se souvient de la Régent Knitting Mills de St-Jérôme.Il y a travaillé dix ans: il y fut délégué de département, trésorier puis président de syndicat.Quand la famille Grover ferme l'usine en 1974, les travailleuses et travailleurs l'achètent et la réouvrent sous forme d'entreprise autogérée.Tricofil était née.Membre-fondateur, puis président et directeur général de Tricofil, Paul-André Boucher n'oubliera jamais, jamais, cette expérience de production et de gestion collective menée pendant huit ans par «un groupe qui avait choisi le courage».Quelques années après la mort de ce projet, il crée avec d'autres le Comité provincial des coopératives de travail, pour aider ceux et celles qui voudraient creuser le sillon autogestionnaire.propos recueillis par Martine D'Amours RVO: Dans une intervention que vous faisiez l'an dernier lors d'un colloque sur le mouvement communautaire, vous disiez: «Personnellement, je crois que les valeurs de solidarité, de dignité et de partage passent par le contrôle de notre travail.Les travailleurs et travailleuses doivent contrôler leurs moyens de production.» D'où vous vient cette préoccupation?P-A Boucher: Je dirais qu'elle vient d'abord de ma famille.Mon père était un artisan; il a roulé sa bosse un peu partout: manoeuvre sur des chantiers, bûcheron, cultivateur C'était un homme très autonome, il offrait ses services, partageait ses connaissances et se solidarisait avec du monde mais, et c'était indispensable pour lui, dans un contexte où il devait se sentir valorisé comme personne Tout petit salarié qu'il était, il laissait une job s'il ne s'y sentait pas apprécié à sa juste valeur.Je suis entré à la Régent Knitting en 1964; c'était mon premier emploi.Un mois après, je commençais à m'occuper de syndicat Ce n'était pas par hasard.À ce moment-là j'étais influencé par un autre artisan, un forgeron qui habitait près de chez nous.Les fins de semaine, il me faisait travailler dans sa forge et en parlant avec cet homme très engagé, socialiste convaincu, j'ai eu le goût de m'impli-quer.Il faut dire aussi que le syndicat de la Régent, qui a toujours été très militant, s'occupait d'accueillir les nouveaux venus dans l'usine, de leur remettre une copie de la convention collective, de leur ex- pliquer l'histoire du syndicat, le pourquoi des grèves qu'il avait menées Un mois après mon arrivée, je suis entré dans le bureau de «l'union», comme on disait.j'en suis ressorti après deux heures de discussion avec le président Ça a été le début de mon militantisme syndical, qui m'a permis de me former et de vivre les valeurs d'entraide, de partage, de solidarité dont me parlaient ma famille et mon voisin forgeron RVO: Cette volonté de contrôler le travail était-elle portée aussi par le syndicat de la Régent?P-A Boucher: Oui, notre syndicat a souvent débordé du cadre traditionnel des revendications sur les salaires Bien sûr, nous agissions aussi sur les salaires, qui étaient très bas.Mais |e me rappelle que nos assemblées syndicales reflétaient deux préoccupations, les conditions de travail et la qualité du travail Pourquoi?Peut-être parce qu'on avait un patron qui ne nous donnait rien en termes de salaires et de conditions de travail, sinon au prix de luttes inimaginables et qu'on se disait que.la manière traditionnelle ne suffisant pas, il fallait peut-être inventer de nouveaux chemins Ce nouveau chemin passait par le contrôle de la production Un autre élément qui explique peut-être cette préoccupation, c'est le fait que nous étions tous des gens de métier, des «compagnons» au sens historique du terme.Nous avions entre nous non seulement une attache syndicale, mais aussi une attache de travail La couturière était importante; le tisserand et le teinturier aussi, ensemble nous formions un tout et quand un chandail sortait de l'usine, même au temps de la famille Grover, on avait l'impression que c'était notre opparte nance RVO: Cet amour du métier, cette fierté du travail bien fait, on les retrouve beau coup chez les gens de métier, chez les boulangers de chez Vaillancourt, chez les charpentiers-menuisiers.P-A Boucher: Cela vient du métier et aus si de nos origines On vient de la terre, c'est seulement depuis deux ou trois ge nérations qu'on vit en ville et en réalité notre culture est davantage paysanne qu'ouvrière Nous, on travaillait à l'usine mais le dimanche on retournait voir nos parents, nos oncles et tantes à la campagne, plusieurs leaders du syndicat venaient de la terre Et l'appartenance à la terre avait forgé en nous toute une culture de responsabilité RVO: J'imagine qu'une expérience comme Tricofil est extrêmement marquante et que la personne qui en sort n'est pas la même que celle qui y est entrée.Quel bilan personnel faites-vous de ce projet?P-A Boucher: Tricofil a signifie huit ans d'expérimentation du contrôle ouvrier sur le milieu de travail, dans le cadre d'une vaste entreprise industrielle, qui ré clamait un grand marché A la fermeture de la Régent Knitting, nous étions environ 450 travailleurs et travailleuses.Tricofil en a embauché entre 150 et 175 dans les meilleures années, avec une production annuelle de 4 à 5 millions de dollars De l'extérieur, on peut la comparer à l'expérience de décolonisation qu'ont ve eue plusieurs pays du Tiers Monde Les patrons, comme les colonisateurs, retirent leurs billes et ils attendent que tu te casses la gueule pour appiaudir A Tricofil, on a vécu la marginalisation de l'opinion publique, et surtout de l'opinion susceptible d'influencer les milieux d'affaires et les politiciens II y avait tout le secteur de la guenille qui nous examinait au télescope, comprends-tu, pour eux, il ne fallait pas qu'une entreprise comme Tricofil réussisse1 De l'intérieur.|e peux dire que les gens sont ressortis amers de la manière dont le VIE OUVRIERE/JANVIER FEVRIER 1988/7 projet s'est terminé Amers parce que les cadres s'étaient emparés d'un projet démocratique et qu'eux, les travailleurs-propriétaires, en avaient perdu le contrôle Amers aussi parce que le mouvement syndical les avait laissé tomber.J'ai tou-tours déploré la façon dont la FTQ nous a lâchés, en février 1982 Bien sur qu'on était en pleine crise économique et que le marché était effondré, mais pour moi, la première responsabilité du mouvement syndical, c'est de tenir son monde ensemble, de mettre en commun les con- ■De l'extérieur, on peut compa rer Trlcofll à l'expérience de ptys du HorS'Moooo.Lus patrons, comme lus colonisa tours, retirait leurs MNos et us attendent eue tu te casses la naissances et les ressources pour voir comment repartir Et si c'est impossible de repartir, de voir ce qu'on fait à la place Nous avions quand même des acquis, un million de dollars en actifs, un terrain qui, depuis, fait l'objet de spéculation, des possibilités d'aller dans le parc industriel Nous avions un collectif de travailleurs qui étaient propriétaires; pour moi, la solidarité aurait dû se vivre jusqu'au bout D'un autre côté, et malgré cela, ça a été quelque chose de très important Je vais seulement te rapporter un témoignage J'ai rencontré récemment un ancien teinturier de Tncofil, qui a quitté un moment donné, suite à un problème avec son surintendant Je l'ai croisé sur la rue Lavio-lette, en face de l'endroit où s'élevait l'usine de Tricofil, aujourd'hui démolie Je lui ai raconté que pendant l'année de la démolition, j'ai cessé de passer par là parce que ça m'arrachait le coeur à chaque fois II m'a dit que c'était la même chose pour lui et il a rajouté: «J'ai eu la chance de vivre avec vous autres cette expérience-là Malheureusement, mes enfants n'auront pas la même chance » RVO Et vous avez décidé de continuer, avec le Comité provincial des coopératives de travail?P-A Boucher: Moi personnellement, après avoir quitté en 1979-80, j'ai eu besoin de deux ou trois ans pour prendre mes distances, pour replacer Tricofil dans ma vie.Je me suis beaucoup questionné: était-ce un rêve qui ne valait plus la peine d'être vécu ou une réalité suffisamment présente dans mes préoccupations humaines pour continuer dans ce sens-là?J'aurais pu retourner dans le secteur privé, me trouver une petite job, ouvrir un petit commerce.J'ai finalement fait le choix de continuer; même si Tricofil n'existe plus, il y a une continuité puisque d'autres gens portent les mêmes espoirs RVO: Contrôler collectivement son milieu de travail, qu'est-ce ça change?P-A Boucher: Ça change tout: les relations entre les personnes, la vision du pouvoir II faut vivre la démocratie, partager les connaissances, faire circuler l'information privilégiée et ça entre en contradiction avec tout ce qu'on apprend ailleurs.S'autogérer, c'est contrôler son travail, mais c'est aussi exercer un contrôle financier et de gestion, contrôler la qualité du produit, s'interroger sur quoi produire — des produits qui vont servir la communauté ou la détruire?—, participer aux décisions relatives à l'expansion de l'entreprise.Cela amène toutes sortes de questions plus globales — quelle sorte de développement veut-on pour la communauté?sommes-nous préoccupés de préserver l'environnement?— et des questions à long terme, parce qu'il faut penser aussi aux générations qui vont suivre RVO: Vous disiez que ça change notre vision du pouvoir?P-A Boucher: Par exemple, j'ai occupé des fonctions auxquelles le collectif m'avait délégué, des fonctions de président du conseil d'administration et de directeur général de Tricofil Quand tu commences à négocier avec les banquiers et les gouvernements, tu sens effectivement que tu possèdes un pouvoir Et tu portes quotidiennement la contradiction suivante: à l'usine, on te rappelle que tu dois partager ce pouvoir mais à la table de négociation, banquiers et gouvernements veulent s'assurer qu'ils négocient avec une personne qui a le pouvoir bien en mains.Évidemment, c'est très dur à vivre D'où l'importance, pour un projet auto-gestionnaire, d'être encadré par du mon- 8/VIE OUVRIERE/JANVIER FEVRIER 1988 de qui portent les mêmes valeurs Si tu vis ton expérience seul dans ton coin, tu seras rapidement isolé, étouffé et l'économie traditionnelle prendra le dessus Tu n'auras plus de marge de manoeuvre, pas de contrôle réel; tu ne pourras rien influencer.Tu ne seras pas en mesure de voir ce que tu peux améliorer, non seule- Je vols l'importance, pour un projet autogestionnaire, d'être encadré par du monde qui portent les mêmes valeurs.Si tu vis ton expérience seul dans ton coin, tu seras rapidement isolé, étouffé et l'économie traditionnelle prendra le dessus.Tu n'auras plus de marge de manoeuvre, pas de contrôle réel; tu ne pourras rien influencer.Tu ne seras pas en mesure de voir ce que tu peux améliorer, non seulement en termes de salaires, mais aussi en termes d'habitation, d'environnement, do vie communautaire.» ment en termes de salaires, mais aussi en termes d'habitation, d'environnement, de vie communautaire Pour que les projets ne fassent pas seulement engraisser l'économie actuelle, il faut permettre aux gens qui partagent ces idées de se retrouver dans un mouvement de réflexion sur l'économie sociale et alternative RVO: Au Comité provincial, vous avez le projet de mettre sur pied un mouvement de coopérateurs et coopératrices.Quels en seraient les axes?P-A Boucher: Nous parlons de la nécessité de la formation Formation économique mais aussi développement d'une nouvelle pensée, qui permette de revenir à des valeurs de partage, de solidarité, d'entraide.Je dis bien revenir parce que nous avions, au Québec, des valeurs profondes de survivance, de patience et de solidarité On entend souvent dire que les gens ne sont pas intéressés à cela mais \e n'en suis pas si certain Nous travaillons par exemple avec Atelier tout-usage, à La-chute, un collectif de trois femmes et deux hommes, 33 ans en moyenne, peu scolarisés, mais déterminés à se sortir de l'aide sociale.Ça fait trois ans qu'ils cheminent et tranquillement, ils sortent de leurs peurs et de leur torpeur; ils ont commencé à produire; ils apprennent ensemble à identifier les problèmes et à chercher les solutions.Ils se sentent progressivement valorisés et en confiance, même s'ils ne se versent pas encore de salaire.Atelier tout-usage est actuellement en période de simulation économique C'est une formule que le Comité provincial privilégie parce qu'elle permet aux gens de développer un marché, de se former, tant au plan professionnel qu'à celui de la gestion collective, et enfin parce qu'elle permet aux travailleurs-coopérateurs de commencer à rentrer des revenus, sans pour autant être pris dès le départ avec les contraintes économiques qu'entraîne le versement de salaires Bien sûr que l'objectif n'est pas de passer trois ans sans salaire, mais de s'en verser au fur et à mesure que la situation financière évolue, sans s'enliser dès le départ dans la dépendance envers les banquiers, les sociétés d'investissement etc.En même temps, l'étape de simulation amène les gens à comprendre et à assumer graduellement la dimension économique de leur projet, de façon à ne pas paniquer devant chaque problème rencontré.Comme la vie d'une entreprise est faite d'une suite de problèmes économiques, c'est important que le collectif les maîtrise.La simulation permet aussi de démystifier l'aspect économique et c'est essentiel On entend souvent dire que l'écono mique est l'épine dorsale d'un projet C'est faux, c'est le collectif qui constitue l'épine dorsale, c'est lui qui donne corps au projet.Si ton collectif fonctionne mal.si ta solidarité fait défaut, tu perdras aussi ton proiet économique Donc, au Comité provincial, nous portons un proiet de mouvement de coopérateurs et coopératrices, qui serait axé sur l'éducation et la formation, le regroupe ment des personnes sur une base locale, régionale et nationale, la constitution d'un Fonds d'entraide pour financer les simulations économiques (sous forme de prêts remboursables), et la mise en place de pools de ressources humaines prêtes a soutenir des proiets de coopératives de travail RVO: Quels «conseils» donneriez vous.qu'auriez-vous de plus important à dire à ceux et celles qui voudraient créer leur emploi grâce à une coopérative de travail?P-A Boucher: D'abord, prendre soin de leur solidarité comme d'un joyau, tout en sachant que dans le quotidien, elle sera mise à dure épreuve Ensuite, ne pas perdre le lien avec le milieu: à un moment donné, à Tricofil.les gestionnaires ont coupé sur l'information à la population Notre groupe s'est beaucoup affaibli à partir du moment où il a perdu l'appui d'une communauté qui se disait «Tricofil ça ne doit plus exister; on n'en entend plus parler » Autre point important.|e dirais aussi que la formule coopérative n'est pas une solution magique, c'est un outil juridique qu'un collectif se donne au moment où son proiet économique devient rentable et où se pose la question de s'incorporer soit sous forme de compagnie, soit sous forme de coop II y a eu ces dernières an nées une surenchère autour du mot «coop de travail» Certains ont dit «Il faut créer le plus de coops de travail possible Il faut inciter du monde à soutenir leur développement » Dans cette perspective, il fallait intéresser le monde des affaires, le monde de l'éducation, les profession nels, etc., leur démontrer que la coop peut être rentable, plus rentable même qu'une compagnie parce que les travail leurs en sont propriétaires etc Je simplifie un peu mais il s'agit en gros du discours dominant depuis 1983 84 Un discours dont je me dissocie complè tement parce que la coop est avant tout un outil qui repond à des valeurs d'egali té.de non-speculation.d'enracinement dans le milieu, de non dissolution C'est une activité économique aussi, mais pas isolée du reste D ailleurs, les gens ont suffisamment en tète cet aspect econo mique.ils ne sont pas assez fous pour penser que leur proiet peut continuelle ment perdre de l'argent sans problèmes Plus globalement.|e pense que, d'ici 20 ans peut-être, le mouvement coopéra tif se retrouvera à une croisée de che mins Ou il se fond dans le creuset econo mique dominant, avec la seule différence de tenir un discours coopératif Ou il ap puie des projets porteurs de valeurs A VIE OUVRIERE/JANVIER FEVRIER 1988/9 Le NPDqu Québec Les sondages le confirment, le Nouveau Parti démocratique, le NPD, fait son petit bonhomme de chemin dans les intentions de vote des Canadiens et des Québécois.S'agit-il, au Québec, d'une alternative appelée à nous sortir de la morosité et de l'impuissance politiques?Serions-nous bien servis par les propositions néo-démocrates au chapitre de la social-démocratie et à celui de la question nationale?Et, plus largement, qu'est-ce que les organisations ouvrières et populaires attendent d'une formation politique?Vie ouvrière relance le débat de l'alternative politique, avec la contribution de Noëlle-Dominique Willems, membre du NPD, et de G-Raymond Laliberté, qui ne l'est plus.1 Une véritoble olternotive pour le peuple québécois par Noëlle Dominique Willems* La popularité montante dont jouit le Nouveau parti démocratique depuis un an constitue une indication claire du fait que la population du Québec y voit une alternative valable aux politiques néo-libérales de M Bourassa et éventuellement de M Panzeau ou tout autre chef pouvant reprendre les rênes du parti québécois Alors que ce dernier semblait apporter une réponse claire aux aspirations du peuple québécois dans les années 70.nombreux sont ceux qui désenchantés, l'ont quitté lorsqu'il a délaissé son option indépendantiste, mais aussi lorsqu'il a in- diqué par des lois de plus en plus répressives à l'égard de certains segments de la population qu'il rejetait sa volonté social-démocrate de réforme sociale.Ouvert à toutes les composantes sociales Pour certains, la montée du Nouveau parti démocratique est imputable à l'adhésion massive d'intellectuels de gauche Cette évaluation facile ne tient pas compte de la réalité telle que nous la vivons Loin de ne comprendre qu'une minorité militante pensante, les nou- veaux et nouvelles adhérent-e-s proviennent de toutes les couches sociales, de tous les horizons et représentent largement la diversité sociale et culturelle du Québec des années '80 À tous et toutes, le NPD propose une alternative sociale large basée sur un projet de société qui tient compte du droit légitime du peuple québécois à l'autodétermination par le biais de l'élaboration d'une constitution proprement québécoise.Sur la base de cette constitution, il nous serait finalement possible d'exprimer notre spécificité mais également de déterminer les moyens que nous jugeons indispensables pour la défense de notre existence en tant qu'entité distincte.Cette option ne constitue pas à elle seule le fondement de l'alternative réelle offerte par le NPD — le projet de société que nous élaborons tous et toutes ensemble se veut porteur d'une ouverture vers toutes les composantes sociales Les Québécois et Québécoises ont, contrairement à ce que nous vivons actuellement, voix au chapitre dans la gouverne de leur destinée La fibre sociale n'est pas constituée que des bien-nantis et ne doit pas privilégier le maintien des conditions de vie d'une catégorie sociale à l'exclusion des autres 1 Chacune a exposé sa position, puis dispose d'une douzaine de lignes pour répliquer au texte de l'autre Les titres et les sous-titres sont de Vie ouvrière.107VIE OUVRIERE/JANVIER FEVRIER 1988 Lutter contre les inégalités Nous avons tous et toutes le droit aune véritable amélioration de notre situation sociale et économique Nous devons prendre les mesures nécessaires pour endiguer les iniquités sociales entretenues par le gouvernement actuel On ne peut se vanter de ce que l'économie va bien si cette situation engendre un enrichissement des riches aux dépens d'un accroissement de l'appauvrissement de plus en plus grand d'une portion de la société, personnes âgées, familles monoparentales, femmes, jeunes.Curieux.j'écris ce texte la semaine où René Lévesque est tout à la fois pleuré et applaudi pour avoir été un grand homme qui n'a pas réussi son projet d'indépendance et le jour où Ed Broadbent du NPD me sollicite comme professeur d'université pour un don — déductible d impôts — à sa prochaine campagne électorale.John Harney a annoncé son retrait de la direction québécoise du NPD et les médias disent qu'il n'y a «aucun grand nom» pour le remplacer Robert Toupin vient de fracasser le seul siège électoral des néodémocrates au Québec en accusant les «sans nom» de leur exécutif d'être ultragauchistes.Le secrétaire général de la FTQ réaffirme que son organisation ne soutiendra guère le NPD fédéral s'il s'entête à maintenir une aile québécoise qui fasse la lutte au PQ au plan provincial Et, toujours, les sondages indiquent un attrait de 20% à 40% selon que l'on pense Québec ou Ottawa En arrière-plan se profilent les accords du Lac Meech qu'a soutenus le NPD et celui sur le libre échange canado-améncain qu'il combat Tout va très bien?Le Québec est devenu une province presque comme les autres, si ce n'est qu'on a peur, à l'ouest de l'Outaouais, que l'affirmation de son «caractère distinct» ne contrevienne à la charte cana dienne des droits de la personne féminine Le Montréal des affaires et le Québec touristique se «rebilinguahsent» sans coup férir Les centrales syndicales conti L'instabilité du marché du travail, la précansation des emplois, peuvent et doivent être redressées; cela ne peut provenir que de projets concrets de plein emploi découlant d'une volonté politique Cette volonté et les mesures appropriées sont d'ores et déjà élaborées dans le programme du NPD Cette volonté politique de changement des conditions de vie ne peut, dans les circonstances actuelles, s'effectuer sans tenir compte des interactions fédérales-provinciales.Nous maintenons la double structure du parti et travaillons à faire élire un parti NPD fédéral pour nous assurer nuent à creuser dans le «no man's land» politique, comme si l'on pouvait remplacer une avancée sur le terrain par la profondeur des tranchées Les groupes populaires et féministes n'en peuvent plus de donner des services de moins en moins subventionnés Les femmes commencent à se remobiliser pour maintenir une tolérance concrète du droit qu'elles croyaient acquis à l'avortement sain Les apprentis-sorciers de la copulation en éprouvette et de la productivité des mères porteuses ont toujours le haut du pavé sur la question de l'éthique sociale et du civisme de l'héritage reproductif Francophone dans son expression, mais provincial dans ses structures Tout va très bien madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien II suffit de s'affirmer «nationalitairement».comme on dit à un jeune adolescent d'affirmer sa personnalité à la condition que ses comportements demeurent dans les normes Ce qui se traduit politiquement par: ne pas être, ou s'afficher, souverai niste si l'on doit être candidat fédéral du NPD II suffit encore que le Québec ait le droit à l'autodétermination et qu'il utilise ce droit dans l'élaboration d'une constitu tion interne, c'est-à-dire qui ne remette pas en cause le lien fédéral II lui suffit d'être souverain dans les domaines de sa compétence actuelle et de louer le ieu du bon citoyen provincial francophone dans son expression, mais provincial dans ses structures d'un changement réel, issu d'une volonté commune, d'une part, de rendre à tout citoyen et toute citoyenne canadienne son égalité sociale et d'autre part de permettre aux Québécoises, si ils et elles le décident démocratiquement, de discuter d'égal à égal les termes de l'union cana dienne avec le reste du Canada Oui, le NPD constitue une alternative réelle et concrète aux partis ayant présidé nos destinées durant les deux dernières décennies C'est la force politique mon tante, ancrée dans la réalité québécoise et Suite a la page 12 Je ne pense pas que la question natio nale québécoise se résume à l'affirmation nationale et à la constituante légale L'une et l'autre sont certes nécessaires, comme l'est toujours la Loi 101, mais ne mènent, au mieux, qu'à la départementa lisation du territoire et à l'intégration fédérale volontairement assumée La puis sance parlementaire prochaine du NPD fédéral et la possible entrée de son aile québécoise au parlement du Québec, si l'une et l'autre sont importantes, ne feront pas avancer le Québec d un pouce sur le plan de son autodétermination con crête Utopie parlementariste Ce que |e crains plus que cela, cepen dant.c'est l'utopie parlementariste des partis socio-democrates Le NPD n'y échappe pas, n'y échappe plus depuis les années cinquante Pas plus que le RIN n'a réussi à le faire dans les années soixante Et pas plus que le Mouvement socialiste a pu s'en défaire il y a quelques années Je ne parle pas d'un certain retormis me qui aurait gangrené tous ces partis et que j'opposerais à «l'action pure et dure» des partis révolutionnaires C'est vrai qu'il s'agit de réformisme, mais il m ap parait impossible qu'il en soit autrement quand on se donne comme priorité le suc ces électoral, comme seul objectif lac tion parlementaire Prenons le cas du Parti Québécois pour en faire une démonstration Ce parti pion ge ses racines les plus profondes au dix suiie t la page 12 Où est le mouvement sociol porteur d'un NPD de changement?par G Raymond Laliberté* VIE OUVRIERE/JANVIER FEVRIER 1988/11 (suite de la page 11) Noëlle Dominique Willems porteuse d'une vision équitable et réaliste de la société de demain Plus proche des aspirations des femmes D'une façon plus personnelle, si en tant que féministe j'ai choisi d'adhérer au NPD, c'est suite à ma longue réflexion sur la participation des femmes en politique, particulièrement au sein de la Fédération des femmes du Québec Le travail que nous effectuons au sein des groupes de pression a plus de chance d'avoir un impact si nous élisons des personnes ayant une optique et des aspirations similaires.Pourquoi avoir choisi le NPD plutôt qu'un autre parti?Tout simplement parce que sur la majeure partie des dossiers défendus par les femmes, la position du NPD est celle qui s'en rapproche le plus.La volonté du NPD de représenter les 51% de la (suite de la page 11) G Raymond Laliberté neuvième siècle avec la rébellion des patriotes et le projet d'émancipation du Curé Labelle.puis à la crise des années trente, aux luttes anticonscriptionnistes des deux grandes guerres, aux interventions secrètes de l'Ordre de Jacques-Cartier et à l'incessant travail social des SSJ-B, avant même qu'il ne se crée comme aile radicale des Libéraux de la révolution tranquille et des créditâtes nationalistes Autrement dit, le Parti Québécois, avant d'être l'affaire de certains fondateurs aujourd'hui sanctifiés est le produit, devenu mur, d'un profond et tenace mouvement social II n'a pas créé le mouvement, il en a hérité et l'a traduit en action parlementaire Mais parce qu'il a fait l'erreur la plus grave que l'on puisse faire quand on est un parti de changement social, parce qu'il a tué le mouvement social qui lui avait donné naissance, parce qu'il a tout concentré sur l'action parlementaire, quand il a chuté comme parti il ne restait plus rien pour porter le changement Où est donc le mouvement social?La CCF est elle aussi née d'un mouvement social, mouvement social qu'elle a elle aussi contribué à réduire avec la fin de la guerre De sorte que quand le NPD lui a succédé au tournant de la décennie soixante et qu'il ne s'est plus associé qu'aux directions syndicales au centre du population qui n'a pas une longue tradition politique est réelle.De plus, le NPD-Québec est un parti jeune; ses structures sont encore malléables et donc adaptables au mode de fonctionnement des femmes qui, somme toute, ont besoin de s'approprier la démarche politique, de la féminiser.Un questionnement constant fait donc partie intégrante de la démarche; il faut remettre en cause la lutte de pouvoir que constitue la course au leadership La notion même de concentration de la gestion du pouvoir chez un leader unique dans un parti démocratique a quelque chose d'anachronique.Le pouvoir décisionnel doit être mieux réparti à travers la structure du parti, d'où la nécessité de disposer de caucus régionaux, de commissions diverses représentant les composantes sociales.C'est cette ouverture qui me convainc que le NPD peut réellement représenter la population du Québec, les Canada, il s'est lui aussi mis sur la voie d'évitement que constitue le recours au seul parlementarisme.Sa seule issue était alors de cultiver le succès électoral et sa seule avenue était de se tourner de plus en plus vers le centre de l'échiquier politique.Ce qu'il fait constamment depuis le milieu des années soixante-dix.Au point d'accueillir un Robert Toupin dans ses rangs.En y regardant de près, mon avis c'est que tous les partis socio-démocrates adoptent ce type de cheminement.Et tous finissent au centre de l'échiquier pour cet enchaînement de raisons.Où est donc le mouvement social porteur d'un NPD de changement?A ■ G Raymond Laliberté a été membre du NPD de 1963 à 1974 II en a été président provincial de 1971 à 1973 II s'est présenté comme candidat fédéral dans Québec-Montmorency en 1963, dans Montréal-Hochelaga en 1972 et dans Québec-Limoilou en 1974 II est membre du Mouvement socialiste depuis ses tout débuts en 1978 II enseigne en Sciences de l'éducation à l'Université Laval depuis 1973 et a été membre de la Commission populaire itinérante sur le désengagement de l'État au printemps 1987 hommes et femmes de tous horizons, dans leurs aspirations les plus profondes.* Noëlle-Dominique Willems est présidente de l'Association NPD du comté de Laurier et vice-présidente du Comité canadien d'action sur le statut de la femme de même que du «Y.des femmes de Montréal Réplique de G.-Raymond Laliberté // n 'est pas facile, ma chère Noëlle-Dominique, de relancer un débat à partir de ton texte.D'une part, c'est de bonne guerre de ta part; tu mets surtout en évidence la plate-forme du parti.Comment répondre à ça sans avancer une autre plate-forme.D'autre part, dois-je comprendre que le volet social-démocrate est tout entier contenu dans l'expression «vision réaliste de la société de demain»?Et l'action politique non-parlementaire?Et le mouvement social?Qu 'en est-il vraiment au sein du NPD?Sans rancune.Réplique de Noëlle-Dominique Willems Peut-on dire d'un parti qui s'intègre dans divers milieux sociaux, qui privilégie sa participation à des coalitions comme Solidarité Populaire Québec, la coalition pour le droit à l'avortement libre et gratuit et la coalition pour le maintien de la Loi 101 qu 'il ne recourt qu 'au seul parlementarisme?Nous avons aussi comparu maintes fois en commission parlementaire, agissant dès lors plus comme groupe de pression que comme parti politique traditionnel.Le fait que le NPD n 'ait pas de député à l'Assemblée nationale y est pour beaucoup, sans doute, mais il est important de remarquer que les caucus régionaux ainsi que des instances de négociation entre les diverses composantes sociales sur une base régulière sont déjà prévus dans le programme du parti.Et, dans plusieurs cas déjà, le NPD-Québec a indiqué qu 'il se prévaudrait de la législation sur les consultations populaires larges.Ce ne sont pas là les modes de fonctionnement auxquels nous ont habitués les partis politiques qui ont dominé la scène québécoise /usqu 'à présent.En continuant sur notre lancée, nous éviterons sans aucun doute le glissement vers le centre de l'échiquier politique.12/VIE OUVRIERE/JANVIER-FEVRIER 1988 ■îmmi'H.iimïïT par Pierre Viau Quinze ons de présence active donsla communauté haïtienne de Montréal Fondé en novembre 1972, à l'initiative d'un petit groupe qui se réunissait avec Karl Lévesque pour la messe dominicale, le Bureau de la communauté chrétienne des Haïtiens de Montréal souffle cette année ses quinze chandelles.Aujourd'hui encore, ses activités de base demeurent les services directs offerts aux nouveaux arrivants, qu'on soutient par exemple dans les dédales des lois qui touchent la vie quotidienne: régie du loyer, assurance-santé, assurance-chômage, bien-être social, normes minimales du travail, etc Si un Québécois d'origine ne s'y retrouve pas sans peine, imaginons ce que cela peut être pour une personne nouvellement arrivée ici! Le Bureau est aussi à l'origine de la mise sur pied de nombreux services devenus aujourd'hui autonomes, tels que la Garderie Ami-Soleil.le Centre Na-Rivé (alphabétisation et cours de français).l'Association des chauffeurs de taxi II s'est également enrichi de quinze années de travail communautaire: rencontres sur des thèmes comme l'immigration, Haïti, l'emploi, le chômage, l'éducation, troupe de danse folklorique, école de karaté, groupe de l'Union des Ainé-e-s, participation hebdomadaire à la radio communautaire CIBL, représentation dans la défense de la communauté haïtienne à l'école, dans l'industrie du taxi, face à la police ou ailleurs, participation à des activités ou à des tables de concertation multi-culturel-leset inter-ethniques Le Bureau compte aujourd'hui cinq personnes à plein temps, trois à temps partiel.15 bénévoles très actifs et 350 bénévoles occasionnels On estime que 15 000 Haïtiennes, soit la moitié de la communauté haïtienne montréalaise, y ont eu recours au moins une fois.Quels sont les défis actuels?Jean-Claude Icart, nouveau directeur, n'hésite pas.À court terme, dit-il, il faut donner un souffle nouveau au Bureau encore marqué par le retour en Haïti de nombreux membres du personnel et par le décès de Karl Lévesque II faut refaire sa santé financière pour lui permettre de faire face à de nouvelles priorités Jean-Claude en précise trois La première concerne l'école.Beaucoup d'enfants ont des problèmes d'adaptation scolaire, des difficultés d'intégration.Ne pas s'attaquer à cela, c'est ouvrir la voie à la délinquance, aux ghettos d'emplois mal payés.Et puis, il y a le travail On compte un taux de chômage de 30% dans la communauté haïtienne, et, comme ailleurs, les ieunes sont les plus touchés II faudra travailler davantage avec eux, affirme Jean-Claude Icart, mettre sur pied des programmes de formation, car l'adaptation sociale et culturelle passe par l'adaptation économique II faut aussi faire en sorte que les jeunes Haïtiens soient fiers de leur culture et de leurs valeurs Une troisième priorité vise une meilleure concertation des différents groupes au sein de la communauté haïtienne Les événements récents survenus en Haïti exigeront aussi plus d'efforts afin de développer avec davantage d'énergie encore la solidarité avec le peuple haïtien, ici et là-bas Le Bureau est situé au 6970 rue Marquette, Montréal, tel: (514) 725-9508 négriers d'eux mômes L'immigration aux USA, un film et un livre L'Histoire de Julio.Victor Regalado/Jorge Fajardo A Washington, dans une chambre.Julio, sa soeur et les deux enfants de celle-ci dorment Après minuit, la police de l'immigration, la MIGRA, fait une descente dans l'édifice à la recherche des Latino-américains qui tentent de se réfugier aux États-Unis Julio scrute les bruits de la nuit jusqu'au moment où les pas de la police de l'immigration se dirigent vers sa porte Ce film a été réalisé à Montréal (production Main Film, 1987, 12 min .couleur.16 mm/vidéo, version française) Il est distribué par Car-four International.6865.rue Christophe-Colomb.Montréal, H2S 2H3.tel (514)272-2247 Négriers d'eux-mêmes Jean-Claude Icart.Montréal, les éditions du CIDIHCA.1987 Le CIDIHCA (Centre Inter national de Documentation et d'Information Haïtienne, Caraibéenne et Afro Canadienne) vient de publier un essai sur les boat people haïtiens en Floride L'auteur, Jean-Claude Icart.ne en Haïti, vit au Québec depuis 1969 Les premiers boat people de la période contem porame ont été des Haïtiens qui.en 1972, commencèrent à débarquer sur les côtes de la Floride Les médias ont largement couvert les épisodes les plus tragiques de cette migration, ainsi que la formidable bataille |undi-que qui a opposé ces mi grants aux autorités amén cames Réfugiés politiques ou réfugiés économiques'' En apportant une réponse originale à cette question, ce livre donne des éléments pertinents et peu connus sur les conditions de vie et de travail de ces migrants aux Etats-Unis II contient égale ment un chapitre sur la migration haïtienne en général, d'un point de vue historique Disponible au CIDIHCA, 417 rue Saint Pierre, suite 408.Montréal, tel (514) 845 0880 ou encore au Bureau de la Communauté chrétienne des Haïtiens de Montréal VIE OUVRIERE/JANVIER FEVRIER 1988/13 EN BREF SOS-Fomine La situation actuelle laisse entrevoir une autre grave famine en Ethiopie au début de 1988 Comme le rapporte Développement et Paix, «les secours d'urgence accordés a l'Ethiopie au cours des dernières années ainsi que les projets de réhabilitation et de développement ont permis à plusieurs communautés d'améliorer leurs conditions de vie Cependant les paysans, qui doivent toujours compter sur les pluies pour leur production agricole, n'ont eu que très peu de temps pour accumuler des réserves suffisantes de nourriture et demeurent dans une situation très précaire Avec les pluies abondantes au début de cette année, les populations avaient retrouvé beaucoup d'espoir Mais depuis le début du mois d'août, avec la sécheresse qui a tout détruit avant même les récoltes, elles voient leurs efforts réduits à néant La population est invitée a faire parvenir ses dons à Développement et Paix.2111 rue Centre.Montréal.Que H3K 1J5 Les chèques doivent porter la mention «Sécheresse Afrique-Ethiopie» Aide sociale: pour une réforme juste Des organisations populaires et syndicales, notamment celles regroupées dans Solidarité Populaire Québec, se font actuellement aller les méninges pour présenter une proposition de réforme de l'aide sociale alternative à celle du ministre Pierre Paradis.Ruth Rose et François Aubry, économistes à l'UQAM et à la CSN respectivement, ont apporté une contribution à ce débat.Leurs objectifs: une réforme basée sur le respect de la dignité des prestataires, sur une stratégie de plein emploi, sur la consolidation des programmes de soutien de revenu basés sur l'équité et la solidarité et finalement sur un soutien social aux familles avec enfants.Plus concrètement, les deux économistes proposent de remplacer toutes les exemptions fiscales pour les adultes par un crédit d'impôt universel et remboursable de 2,890$ en 1988.Des augmentations significatives des allocations familiales et du crédit fédéral d'impôt pour les enfants compléteraient la proposition.Une copie de la proposition est disponible au Centre de documentation de la CSN Parallèlement, la Clinique communautaire de Pointe St-Charles affirme que ses professionnels de la santé recevront les jeunes assistés de 18-30 ans, feront l'évaluation exigée par les directives de la loi d'aide sociale et leur remettront un certificat d'inaptitude au travail (qui donne droit à des prestations égales à celles des plus de 30 ans).Considérant que l'état de santé est lié à des revenus permettant de se nourrir et de se loger décemment, la Clinique invite les professionnels des CLSC à l'imiter.Femmes en tête: En 1990, les Québécoises fêteront le 50'eme anniversaire de leur accès au droit de vote.Pour célébrer l'événement, une vingtaine de groupes de femmes, dont les principales organisations nationales, ont lancé le projet Femmes en tête Les objectifs: inviter les Québécoises à tracer le portrait de l'évolution du mouvement des femmes dans leur milieu et en évaluer les acquis; sensibiliser la population aux gains obtenus depuis 50 ans; ouvrir un large forum sur les perspectives d'avenir du mouvement et célébrer le 50'eme anniversaire en multipliant les événements dans les régions et à Montréal, le tout culminant dans la semaine du 25 avril 1990 Dès le début de 1988, des comités de travail seront formés dans les régions et au sein des associations nationales.Ces comités inviteront les femmes non-regroupées et les jeunes à se joindre à eux Répondrez-vous à l'invitation?Femmes en tête, 1265 rue Bern, Montréal.H2L 4X4 Tel 844-4509 lin *IU ^ PLAN DE PAIX uroin (T PMMi H •«[mou! CI«t«»t( B^M Poix en Amérique centrale En août dernier, à l'initiative du président Arias du Costa Rica, les présidents des Républiques du Guatemala, Honduras, El Salvador, Nicaragua et Costa Rica signaient les accords d'Esqui-pulas II, mieux connus sous le nom de Plan de paix en Amérique centrale.Quel est le contenu de ce plan de paix, quel est son avenir, comment modifie-t-il l'échiquier centro-américain?Une récente publication du CISO (Centre international de solidarité ouvrière) fait bien le tour de la question Disponible au coût de 1,00$, au CISO, 1415 Jarry est, suite 101, Montréal.Tél.: (514) 374-6660 ext.305 14/VIE OUVRIERE/JANVIER-FEVRIER 1988 SOS - garderies Désormais, il faut «penser et agir famille», a déclaré Robert Dutil, le ministre québécois responsable de l'élaboration d'une politique familiale.Pour quantité de femmes malheureusement, faire des enfants signifie encore se débrouiller seules avec eux.Prenons l'exemple des services de garde reconnus: il n'y en a que pour 15% des enfants.Ils coûtent tellement cher que les parents n'arrivent plus à se les payer, tandis qu'à l'autre bout de la ligne, les travailleuses en garderies ou à domicile n'en peuvent plus d'être sous-payées.La ministre québécoise de la Condition féminine a annoncé pour très bientôt une politique d'ensemble sur les services de garde.L'enjeu de fond: la sauvegarde.des services de garde.Recherche, entrevues et textes NICOLE BRAIS et MARTINE D'AMOURS VIE OUVRIERE/JANVIER FEVRIER 1988/15 QUI GARDERA GABRIEL?par NICOLE BRAIS et MARTINE D'AMOURS Elle est bien révolue cette époque «bénie» où la garde des enfants ne posait problème que le soir de la sortie au cinéma.Les profondes mutations survenues tant dans la famille que sur le marché de l'emploi ont fait surgir des besoins nouveaux, entre autres ceux des services de garde.Le réseau comble 15% des besoins Quels choix s'offrent à Mynam, qui cherche à faire garder son petit Gabriel?D'abord, celui de la garderie: sans but lucratif (qu'on appelait autrefois garderies populaires), à but lucratif (commerciales), en milieu de travail, au total, le Québec en compte 731 Mynam peut aussi faire appel à l'une des 55 agences de services de garde en milieu familial détentrices d'un permis de l'Office des services de garde à l'enfance (OSGE): ces agences recrutent et forment des gardiennes à domicile et assurent une qualité du service Mais la garde en garderie, en milieu familial «reconnu» et en milieu scolaire, toutes trois réglementées par l'État via son Office des services de garde à l'enfance, ne comblent que 15% des besoins de garde (voir encadré) Comme 85% des enfants québécois, il est fort possible que Gabriel sera confié a une tante, une grand-mère, une voisine, dans ce qu'on appelle le «marché gris» de la garde Un marché ou la qualité existe, mais ou elle n'est pas garantie Le choix de Myriam: contraintes d'argent De multiples facteurs interféreront dans la décision de Myriam D'abord la disponibilité des services: les places en garderies et en milieu familial reconnu sont limitées.Ensuite, son admissibilité ou non à l'aide financière gouvernementale Le programme d'exonération financière, mieux connu sous le nom de «Plan Bacon», défraie une partie des coûts de la garde en garderie, en milieu familial reconnu ou en milieu scolaire, pour les familles à faible revenu II faut même être très pauvre pour se prévaloir avantageusement du Plan Bacon Ainsi, le maximum d'aide quotidienne (10,50$ par enfant de moins de six ans et 5,25$ par enfant de six ans et plus), est alloué à une famille de un adulte et un enfant bénéficiant d'un revenu annuel de 12,000$ ou moins Le montant de l'aide accordée diminue avec chaque tranche supplémentaire de 500$ jusqu'à devenir inexistant (0,00$) au moment où le revenu familial atteint 22,500$ Morale de cette histoire: il faut être soit très pauvre ou très riche pour envoyer son enfant en garderie N'ayant pas accès à l'aide financière, la classe moyenne est plutôt incitée à recourir au «marché gris» moins coûteux que les places reconnues Morale de cette morale: même si Myriam est très pauvre et qu'elle bénéfi- cie au maximum de l'aide financière, elle devra quand même débourser la différence d'une place en garderie (15,00$ par jour environ) ou en milieu familial reconnu (13,00$ par jour environ) et le montant de l'aide gouvernementale (10,50$ par jour).Contraintes d'horaire Les services de garde reconnus rencontrent habituellement les horaires de la travailleuse ou du travailleur standard: cinq jours par semaine, de 9h à 5h Si Myriam travaille sur horaires variables ou à temps partiel, il y a fort à parier qu'elle devra recourir au réseau non-reconnu.Ce n'est qu'après avoir évalué toutes les contraintes de temps et d'argent qu'on peut parler de choix des parents Sur neuf familles approchées pour les fins de ce dossier, cinq seulement sont des familles bi-parentales où les deux travaillent à plein temps Aucune n'a accès à l'aide financière et pourtant leurs revenus sont loin d'être élevés Plusieurs (4) choisissent la garderie malgré les coûts et l'implication qu'elle demande, parce qu'ils tiennent beaucoup à sa valeur éducative et au contrôle qu'ils peuvent y exercer.Les cinq autres familles, souvent par absence de choix (coûts et horaire), parfois par préférence, feront appel à la garde en milieu scolaire ou à la garde en milieu familial (reconnue ou non) Dans le 16/VIE OUVRIERE/JANVIER FEVRIER 1988 52 23 cas de la garde en milieu familial non-reconnue, qui concerne 85% des petits Québécois, les tarifs sont moindres mais la qualité du service et sa stabilité plus aléatoires.Malgré cela, les parents reconnaissent facilement les avantages de cette formule: souplesse d'horaire, disponibilité, proximité, socialisation, relation privilégiée avec la gardienne.Souvent, les parents rechercheront une gardienne qui accepte de donner des reçus d'impôt, de façon à pouvoir déduire leurs frais de garde.Ils magasineront pour trouver un service qui corresponde à leurs exigences: propreté, alimentation saine, activités éducatives.Indépendamment de la disponibilité de services en garderie, certains privilégieront la garde en milieu familial parce qu'ils la trouvent plus adaptée aux enfants de moins de deux ans.Environ 85% des parents préfèrent la garde en milieu familial pour les poupons.Cette proportion baisse à 45% en faveur de la garderie, à mesure que l'enfant vieillit.1 A 1 Rapport du Comité consultatif sur les services de garde, Québec.1987, p 52 PLACES ET PIASTRES Au 31 mars 1987, pour 1,093.481 enfants québécois de 0 à 11 ans.il y avait 58,425 places de garde reconnues, c'est à dire: 26.824 places dans 512 garderies sans but lucratif subventionnées 1,484 places dans 28 garderies sans but lucratif non-subventionnées 7,956 places dans 191 garderies à but lucratif Total: 36,264 places dans 731 garderies, dont une centaine en milieu de travail plus: 3860 places en milieu familial reconnu, regroupées dans 55 agences de garde en milieu familial plus: 18,301 places en milieu scolaire Le nombre de places a augmenté de 32,507 à 58,425 entre les années 1982 et 1987 mais les besoins ont augmenté de façon proportionnelle, de telle sorte que ces places ne comblent aujourd'hui que 15% des besoins.Et combien cela coûte-t-il?Toujours au 31 mars 1987, faire garder Gabriel coûtait en moyenne 15,28$ dans une garderie à but lucratif, 14,08$ dans une garderie sans but lucratif subventionnée, 12.91$ dans une garderie sans but lucratif non-subventionnée (garderies souvent tenues par des communautés religieuses) et 12,93$ dans une agence de services de garde en milieu familial.Pour le réseau scolaire, les prix varient entre 8$ et 14$ par jour.Dans tous les cas, la subvention quotidienne maximale accordée aux parents est de 10,50$ par enfant (Source: Office des services de garde à l'enfance, ministère de l'Éducation du Québec, Rapport Presser) Travailleuses sur leurs gardes par Nicole Brais Catherine, Aline*, Rosanne, Hélène, Louise*, Sylvie et Brigitte sont des femmes d'âge et de condition différentes.Elles habitent Montréal et la banlieue.Catherine, de la rue Laval, est mère de deux jeunes enfants et en attend un troisième, tandis qu'Hélène, qui habite St-Antoine, a fini d'élever les siens.Ceux d'Aline sont adolescents.Rosanne n'en a pas.Mères ou non, toutes ces femmes ont ceci de commun: elles consacrent le gros de leurs énergies à prendre soin des enfants des autres.Cinq d'entre elles font de la garde à domicile Seule Louise est inscrite dans une Agence de garde en milieu familial, les autres ne trouvant pas avantageux d'en faire partie En général, ces femmes reçoivent quatre ou cinq enfants en comptant les leurs Quant à Brigitte Lahellec, elle travaille à la garderie La Boite à Surprises dans le quartier Centre-Sud et Sylvie Ton nelier est présidente du Syndicat des travailleuses (eurs) en garderie de Montréal (CSN) Moins payées que les gardiens de zoo! Le travail des femmes à la maison n est pas socialement reconnu, celui de -gar dienne» n'a pas acquis ses lettres de no blesse si on en |uge par les conditions de travail et de salaires qui prévalent tant en garderie qu'en milieu familial Fait suave les travailleurs prenant soin d'animaux ont des salaires de 30% supérieurs à ceux des travailleuses de garderie (1) Sylvie Tonnelier explique que dans les garderies aux prises avec des difficultés financières, l'amélioration des conditions de travail a plafonné, sinon régressé D'après Brigitte L , les corvées du samedi, les pauses occupées à faire du mena ge ne sont pas des cas isolés Quant à la garde en milieu familial, sur tout non reconnue, elle a été souvent dé criée comme une exploitation éhontée des femmes au foyer Catherine.Aline font des (ournees de dix heures et plus, cinq tours par semaine II est hors de VIE OUVRIERE/JANVIER FEVRIER 1988/17 question pour elles de tomber malade.Les congés fériés sont à leurs frais et elles ne contribuent à aucun régime d'assurance.Et que dire de l'isolement dans lequel s'exerce leur travail, l'absence de contact avec des collègues?Physiquement, le service de garde empiète beaucoup sur leur espace de vie et leur journée n'est pas finie quand les enfants des autres sont partis.Mises sur pied depuis quelques années, les Agences de services de garde servent de relais entre les parents et les gardiennes — ici nommées responsables de famille de garde — et leur permettent de négocier un minimum de balises communes, les tarifs, par exemple En-dehors des agences, certaines gardiennes réussissent à imposer leurs conditions, comme Rosanne qui exige d'être payée en cas d'absence.Réponse à des besoins Ce tableau brossé à grands traits n'est pas rose mais il n'est qu'un reflet de la réalité de ces femmes Si elles sont conscientes des conditions dans lesquelles elles opèrent, elles n'en sont pas moins relativement satisfaites de leur choix.Catherine, Aline et Louise ont concilié leur désir de voir elles-mêmes aux soins de leurs enfants, le besoin d'un revenu supplémentaire et le désir d'un groupe de socialisation pour leurs propres marmots Hélène, seule à la maison, a spontanément offert ses services à ses jeunes voisins Elle s'est retrouvée, à son grand plaisir, gardienne régulière de Maité avec laquelle elle entretient une relation de grand-mère adophve Pour sa part Rosanne, ex-travailleuse en garderie, a choisi de démarrer une petite garderie en milieu familial.Assistée de son conjoint, elle accueille cette année quelque dix enfants par jour.Leur âge varie entre deux et huit ans Après des expériences plus ou moins heureuses dans le réseau, elle a délibérément choisi, il y a trois ans.d'être l'unique responsable de son entreprise.Et ça roule! La maison a été choisie en fonction de ce projet.Les heures partagées avec Gérard lui permettent de faire des lournées «normales», c'est-à-dire de 7 heures à 15 heures La programmation de ses activités, la préparation des repas se font dans la mesure du possible sur les heures d'opération de la garderie, sans que la télé ne s'allume en dehors des heures de Passe-Partout Seule la comptabilité lui demande des heures «supplémentaires».Bien sûr, l'épicerie de la garderie se fait en même temps que la commande familiale.Il n'est pas toujours possible de faire une coupure nette entre le travail et la vie privée.Son rêve?Trouver un local qui lui permette d'obtenir un permis de l'Office des services de garde Elle-même sans enfant, elle profite de ses soirées pour fréquenter des adultes, sortir de la maison Elle envisage, dans un moyen terme, compléter ses études en techniques de garderie.Enjeu: formation Le discours est plus politique du côté des travailleuses en garderie Celles-ci, en attente de position claire des gouvernements, sont très préoccupées par l'avenir du réseau.Outre l'insuffisance des subventions, elles identifient la formation comme un enieu important.En octobre 1988 en effet, bon nombre de travailleuses en garderie pourraient bien ne pas correspondre aux conditions définies par le règlement sur les services de garde, qui prévoit qu'à cette date, un tiers du personnel devra posséder une formation collégiale ou universitaire en techniques de garderie ou dans un secteur connexe.Personne n'est contre la vertu et Brigitte est la première à admettre que la formation ne peut que renforcer la qualité des services offerts.Mais il faut voir comment s'appliqueront les exigences de formation dans le cas des anciennes garderies dont le personnel a acquis son expérience sur le terrain.Les travailleuses qui ont dix ans d'expérience et qui gagnent encore 8.00$/l'heure devront-elles aller s'asseoir sur les bancs d'école après leur journée de travail et payer de leur poche pour obtenir une formation reconnue?Devront-elles «se payer» une année de chômage en espérant décrocher une place au sein du programme de formation dispensé par Emploi et Immigration Canada?Selon Brigitte et les syndicats de garderies affiliés à la CSN, la transition devrait s'opérer en douce en reconnaissant les équivalences, et en payant les travailleuses pour suivre la formation sur les heures régulières de travail.18/VIE OUVRIERE/JANVIER-FEVRIER 1988 Dans le «marché gris» Les garderies récentes ont moins de difficultés à rencontrer ces exigences puisqu'elles en tiennent déjà compte dans l'embauche de leur personnel.L'accès à ce marché du travail deviendra donc plus difficile pour les femmes qui, comme Aline, veulent passer de la garde à domicile au travail en garderie et faire valoir leur expérience de mère et de gardienne pour y accéder.Garde-petits = gogne-petit Travailler à éduquer des enfants d'âge préscolaire ne mène pas à la fortune.Jugeons-en plutôt.Selon une enquête menée en juin 1985 par l'OS-GE, le salaire moyen en garderie s'élevait à $7,22.On pouvait noter une différence assez considérable entre les salaires versés en garderie avec et sans but lucratif.Dans les garderies commerciales, 65,8% des travailleuses gagnaient entre $4 et $6 l'heure et 14% entre $6 et $7 Dans les garderies sans but lucratif.50,2% gagnaient entre $6 et $8 et 18,9% grimpaient à entre $8 et $9.Selon la CSN, le salaire moyen versé dans les garderies syndiquées s'établit aujourd'hui à $8,30 Les responsables des familles de garde sont considérées comme des travailleuses autonomes et les tarifs exigés peuvent varier d'une agence à l'autre.Mais nous pouvons calculer qu'avec le ratio actuel d'une travailleuse pour 4 enfants (incluant les siens) ou de deux travailleuses pour 9 enfants (incluant les leurs), une personne qui garde 4 enfants touche entre $240 et $277 pour une semaine de 45 heures.Selon les calculs du Regroupement, le salaire horaire varie entre $5.33 et $7,77.C'est un salaire brut, duquel il faut soustraire les dépenses de nourriture, jouets, entretien, aménagement etc.Évidemment, si parmi les 4 enfants, la responsable garde le-s sien-s, son revenu est automatiquement diminué du quart (si elle a un enfant) ou de la moitié (si elle en a deux) Cela explique pourquoi le Regroupement des agences demande une augmentation du ratio à 5 enfants pour une travailleuse (M D.) Du côté de la garde familiale reconnue, les Agences offrent des services de formation à leurs membres et exercent un contrôle sur la qualité des services offerts Mais pour ce qui est du marché «gris» de la garde.l'Office des services de garde n'a aucun moyen d'imposer ses exigences Le perfectionnement des travailleuses au noir dépend exclusivement de leur bonne volonté de l'énergie et du temps qu'il leur reste après leur semaine de travail!!! Le manque de formation et la moins grande qualité des soins sont les principaux reproches adressés à ce réseau.Il y a sûrement une grande part de vérité Mais les commentaires généralement positifs recueillis du côté des parents, le souci démontré chez les travailleuses rencontrées d'aller chercher de la formation à l'extérieur, les outils de travail que certaines utilisent (fiche d'observation, cahiers de bords) nous empêchent de généraliser.La part des parents Ces femmes sont en contact constant avec des enfants et par ricochet, dans une moindre mesure, avec leurs parents Dans les garderies populaires (sans but lucratif), le modèle a toujours été la cogestion Or il semble devenu plus difficile d'impliquer activement les parents Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette désertion.Fruits de luttes et de revendications, les garderies sont de plus en plus perçues comme un service pour lequel on paye (assez cher d'ailleurs) D'après Robert Pilon, président de la garderie Cailloux-Lapierre.il y a un parallèle à faire entre ce changement d'attitude et le profil de la clientèle Les classes moyennes (vers le bas) qui.on peut penser, adhéraient davantage à cette idéologie de participation, désertent la garderie, faute de pouvoir se la payer De façon générale, les parents sont méfiants envers les revendications des travailleuses et hé sitent à appuyer leurs moyens de pression (journées de grève) ils ne tiennent pas à payer la note des gains obtenus.Dans le cas de la garde en milieu familial, la question ne se pose pas Les pa rents paient pour un service, point final Cela ne veut pas dire pour autant qu'il n'existe aucune forme de participation ou de collaboration Le Regroupement des Agences de services de garde en milieu familial regroupe à la fois des responsables de famille de garde, des parents et les travailleuses des agences Même à l'extérieur des agences, il arrive qu'on fasse appel aux parents Ainsi.Rosanne leur demande de fournir du ma tériel pédagogique, pour l'organisation d'une vente de garage qui financera l'achat de tricycles Un parent est méde cm?Qu'à cela ne tienne! Il fournira les médicaments Catherine qui est enceinte et doit s'absenter pour les visites médicales, fera appel à une mère pour la remplacer le temps de la visite Quand elles rencontrent des difficultés avec les enfants, toutes contacteront les parents Catherine tient à cet effet un lournal de bord auxquels certains parents participent aussi Rosanne prévoit orga niser une rencontre avec tous les parents pour échanger sur la garderie et sur les fiches d'observation Mais en-dehors de ces quelques exemples, les femmes interrogées sont à peu près unanimes à dire que les contacts sont très superficiels et se font plus souvent qu'autrement sur le pas de la porte en rhabillant en vitesse l'enfant qu'on vient de sortir de son jeu Et il existe encore des différences dans la façon de reçu pérer son p'tit, selon qu'on est mère ou père.Et la reconnaissance?À court terme.Hélène.Louise et compagnie sont préoccupées du bien-être des enfants dont elles ont la charge À moyen et long terme, c'est la reconnais sance du travail considérable qu'elles font dans les garderies ou dans le secret de leur foyer Rosanne rêve d'un carré de sable dans son sous-sol et d'une cham bre d'observation pour que les parents réalisent combien leur enfant est différent quand ils n'y sont pas Catherine, quand les enfants seront un peu plus vieux, veut ouvrir une «vraie* garderie Aline, dont les entants ont grandi et qui veut retrouver plus d'intimité chez elle, commence à chercher un emploi a l'extérieur dans une garderie Et toutes aspirent à des conditions de travail et salariales à la mesure des compétences exigées par leur tâche A H) étude de la CSN p 1 ' Noms fictifs VIE OUVRIERE/JANVIER FEVRtER 1988/19 Des sous à sortir des garde-robes! par MARTINE D'AMOURS gk i UUb vlvullb u" uiieinne permanent: si le prix oes places en garderie 1^1 continue de monter, les parents amèneront leurs enfants ailleurs.I I Moins d'enfants signifient des mises-à-pied chez les travailleuses.Alors, par crainte de perdre nos jobs, nous grugeons sur nos conditions de salaire et de travail.Nous nous appauvrissons en fait, puisque le coût de la vie, lui, continue d'augmenter.» A ces angoisses qu'exprime Sylvie Tonnelier, présidente du Syndicat des tra-vailleuses(eurs) en garderie de Montréal (CSN), répondent celles de Johanne Vi-geant, directrice de l'Amibulle, à St-Thomas d'Aquin.Pour cette responsable de garderie sans but lucratif, le problème c'est l'argent, toujours l'argent.«Si tu veux donner 4% d'augmentation, c'est 4.000$ Où aller le chercher?Faudra-t-il choisir entre les augmentations de salaires et le réaménagement de la garderie9 Le conseil d'administration, formé d'une majorité de parents, s'arrache les cheveux à gérer la pénurie On risque souvent le déficit et si on boucle le budget, c'est sur le dos des employées qui sont sous-payées» Les services de gard^, garderies ou garde en milieu familial reconnu, sont confrontés à l'équation de la survie.On pourrait la résumer comme suit: d'une part, les parents ne peuvent plus payer, d'autre part, les travailleuses ne peuvent pas descendre plus bas dans l'échelle salariale et des conditions de travail Quoi faire9 Ou trouver l'argent9 Les regards sont rivés sur les gouvernements, plus précisément sur Québec dont on attend pour très bientôt la politique d'ensemble en matière de services de garde Une telle politique devra répondre à trois questions essentielles, qui sont objets de débats dans les milieux intéressés D'abord, faut-il subventionner les parents ou les services de garde9 Et si on subventionne les services, lesquels9 les garderies a but lucratif9 sans but lucratif9 la garde en milieu familial9 Enfin, faut-il prioritairement développer de nouvelles places ou commencer par consolider les places existantes, en améliorant leur financement, le salaire de leurs travailleuses etc?L'argent aux parents ou aux services?Actuellement, les gouvernements contribuent de trois façons au financement de la garde des enfants: par le biais de déductions fiscales, par l'aide financière aux parents peu fortunés et par des subventions directes aux services (4,50$ par jour par place en garderie et 2,75$ par lour par place en milieu familial reconnu) Plusieurs intervenants dans ce dossier revendiquent une plus grande implication financière de la part des gouvernements, surtout par une hausse des subventions directes aux services de garde.Concertaction inter-régionale des garderies du Québec (CIRGQ) regroupe quelque 200 garderies sans but lucratif dans sept régions de la province.«À long terme, explique André Sénécal, nous prônons l'établissement d'un réseau universel de services de garde sans but lucratif, financé à 80% par l'État et contrôlé par les parents et les travailleuses et travailleurs.Celles-ci devraient bénéficier de conditions comparables à celles du secteur public».Pour en arriver à cet objectif, l'organisme veut voir s'accroître assez fortement chaque année les sommes destinées au fonctionnement des garderies II revendique aussi que Québec aille chercher le maximum d'aide financière allouée par Ottawa dans le cadre du Régime d'assistance publique du Canada, permettant à davantage de parents de toucher une aide financière et d'augmenter les montants de cette aide.La CSN, qui regroupe la majorité des quelque 150 garderies syndiquées, défend des positions similaires: un réseau universel et gratuit, financé à 100% par l'État et contrôlé par les parents et les travailleuses.La centrale prône le maintien de l'aide financière aux parents, qui serait appelée à disparaître au fur et à mesure que le financement étatique se rapprocherait des 100%.Financer les services d'abord, et de façon massive, tel est le point de vue partagé par la majorité de nos interlocuteurs et interlocutrices, qui s'entendent pour dire que les parents auront d'autant moins besoin d'aide que le coût des services se rapprochera de zéro.Toutefois, les politiques gouvernementales annoncées ou à venir semblent faire le choix inverse: financer d'abord les parents, qui exerceront leur «libre choix» de faire garder leurs enfants où bon leur semble.Le hic: les déductions fiscales accordées profitent d'abord aux familles riches et surtout, elles ne sont nullement garantes du développement de services de garde de qualité.Danger d'étatisation?Différence majeure entre la position de Concertaction et celle de la CSN: les travailleuses syndiquées à la CSN veulent négocier avec le gouvernement la partie monétaire de leurs conditions de travail, ce qui les assimilerait à toutes fins pratiques au secteur public Argument invoqué par la présidente Sylvie Tonnelier: «Le gouvernement, via l'Office des services de garde à l'enfance, impose quantité de réglementations dont plusieurs touchent nos conditions de travail.Par exemple, les ratio éducatrice-enfants et la formation des éducatrices sont réglementés par l'Office Alors, si le gouvernement est capable de réglementer notre travail, il devrait aussi être capable de négocier avec nous» 20/VIE OUVRIERE/JANVIER FEVRIER 1988 Lors de la dernière ronde de négociations dans le secteur public, en décembre 1986.le gouvernement a accordé une table de négociation provinciale pour les garderies.On prévoyait y négocier la formation des travailleuses, des congés de maternité et des assurances collectives et discuter aussi de la question des ratios Malheureusement, les travailleuses n'ont ïamais pu goûter les fruits de cette victoire puisque la ministre de la Condition féminine Monique Gagnon-Tremblay et la première vice-présidente de la CSN Monique Simard n'ont pas réussi à s'entendre sur la mécanique de la négociation, la ministre proposant que les travailleuses négocient avec les CA de garderies, c'est-à-dire prônant le statu quo Concertaction interrégionale des garderies du Québec n'appuie pas cette revendication de prise en charge des salaires par l'État, craignant que les garderies ne deviennent, comme les écoles, hors du contrôle des parents «Si le gouvernement finance à 80%, il voudra contrôler davantage, c'est certain, fait valoir André Sénécal Nous ne voulons pas que le conseil d'administration élu et majontaire-ment composé de parents détienne seulement 20% du contrôle, qu'il ait prise sur seulement 20% du budget II me semble qu'on a suffisamment d'exemples dans le secteur public où les usagers n'ont aucun pouvoir, pas un mot à dire, ça devrait nous faire réfléchir».Quand on lui parle d'un danger d'institutionnalisation des garderies.Sylvie Tonnelier répond que «le gouvernement contrôle déjà beaucoup Chose certaine, il contrôle plus que ce qu'il paye Quel contrôle réel les parents ont-ils à l'heure actuelle?le contrôle sur le balai et le pinceau pendant les corvées de fin de semaine?le contrôle sur la gestion du déficit9 Selon moi, les parents sont tellement pris par les difficultés financières que rencontre leur garderie qu'ils n'ont pas le temps d'exercer le vrai contrôle, celui sur la qualité de la pédagogie, de la nourriture, du matériel.Notre stratégie syndicale, c'est d'en arriver à négocier la partie salariale avec le gouvernement et toutes les clauses non-monétaires avec les conseils d'administration des garderies, là où siègent une majorité de parents».Le milieu familial revendique aussi Si le gouvernement (par pure hypothè se) avait encouragé le développement de places de garde en milieu familial en espérant marginaliser les garderies, il s'est mis un doigt dans l'oeil En créant des agences de services de garde pour superviser ce développement et assurer une qualité de garde en milieu familial, il a aussi créé des lieux où des femmes pouvaient se rencontrer, sortir du travail au noir, et revendiquer pour améliorer leurs conditions Effet pervers non planifié, sans doute.Le Regroupement des agences de services de garde en milieu familial du Que-bec rassemble 56 de la soixantaine d'agences existantes et plus de 1500 res ponsables de famille de garde, comme s'appellent ses travailleuses II prône un réseau de services de garde financé par l'État, les parents et l'entreprise privée, puisque celle-ci profite directement du travail des femmes Sa directrice, Jocely-ne Tougas.parle des agences comme d'outils pour assurer la qualité du service et améliorer la condition des femmes, employées, parents et responsables de famille de garde Le Regroupement demande plus d'argent pour les services (4,00$ par jour par place, au lieu de 2.75$ actuel), des subventions pour l'équipement, la relocalisa-tion, le démarrage et l'implantation de services de garde en milieu familial II recommande aussi des modifications aux mesures fiscales relatives à la garde des enfants: crédits d'impôts plutôt que déductions, hausse de l'échelle d'aide fi nancière aux parents, remplacement de l'exemption pour personne à charge par un crédit d'impôt remboursable Son principal cheval de bataille demeure toutefois l'augmentation du ratio (5 enfants maximum par gardienne au heu de 4 actuellement), qui permettrait aux respon sables de famille de garde d'engraisser un peu leur modeste salaire Les garderies commerciales: oui ou non?La plupart des intervenants reconnais sent la pertinence de plusieurs services de garde reconnus, garderies ou milieu familial, tant qu'ils demeurent à but non-lucratif Par plusieurs, le caractère commercial des garderies à but lucratif est en effet ]ugé incompatible avec la qualité du service Concertaction interrégionale des garderies du Québec réclame du gouvernement qu'il cesse d'octroyer des permis aux garderies à but lucratif et recommande qu'elles se convertissent, d'ici cinq ans.en organismes sans but lucratif Le rapport du Comité consultatif sur les services de garde à l'enfance, qui a remis son rapport à la ministre de la Condition féminine en juin dernier, recommandait aussi l'interruption du développement des garderies à but lucratif, au moins jusqu'à la consolidation du réseau, et prônait un programme de conversion volontaire Il suggérait enfin que les enfants nouvellement inscrits en garderies à but lucratif ne soient pas admissibles au programme d'exonération financière Mais il n'est pas certain que la ministre Gagnon-Tremblay suive ces recommandations, d'autant plus que le plan de développement des services de garde récemment annoncé par le ministre fédéral Jake Epp parle de 200.000 nouvelles places, dans des services avec ou sans but lucratif.Développer ou consolider?«Tant que l'Etat n'investira pas davantage, l'ouverture de nouvelles places en garderies signifierait simplement une augmentation de leur déficit» Gisèle Bé-gin, mère de deux enfants qui fréquentent la garderie Boite à surprises à Montréal, ressent l'urgence L'urgence, comme on le dit dans le jargon du milieu, de «consolider» les services de garde existants, c'est-à-dire d'améliorer grandement les subventions de fonctionnement qui financent les salaires, le matériel, les activités etc Les hypothèses sont diverses financement des salaires par l'État, financement des garderies par le ministère de lEducationetc Tout le monde s'entend sur la nécessité de «consolider» Mais la majorité des intervenants dans ce dossier sont d'avis qu'on a aussi besoin d'ouvrir de nouvelles places, compte tenu que les places reconnues comblent actuellement 15% à peine des besoins Concertaction interrégionale des garderies du Québec réclame 10.000 nouvelles places de garde sans but lucratif chaque année La CSN parle de 12,000 nouvelles places par année Le Comité consultatif sur les services de garde à l'enfance (Comité Presser, du nom de sa présidente) proposait le développement de 22,000 nouvelles places en garderie, 7,000 en milieu familial et 25,000 en milieu scolaire, dans le cadre d'un plan triennal débutant en 1988 Des gros sous Bien sur, cela représente un investissement considérable.Le Comité Presser proposait de financer ces augmentations en abolissant l'allocation de disponibilité, accordée aux mères qui ne réclament pas la déduction de frais de garde Une initiative peut-être pas très heureuse, dans la mesure où elle reviendrait à opposer les mères au travail et celles à la maison.L'économiste Ruth Rose, spécialiste des questions de femmes et de fiscalité, ne voit pas pourquoi nous n'aurions pas les moyens de nous payer des services sociaux Les chiffres officiels disent que les garde des enfants est financée à 51,5% par les gouvernements et à 48,5% par les parents Mais en calculant, en 1984, le bénévolat des parents, les piètres conditions de salaire des travailleu- ses, les coupures dans les services, les déficits des garderies, Mme Rose en est arrivée à des données passablement différentes: 28,9% des coûts sont assumés par la contribution des parents, 28,6% par le manque à gagner des travailleuses-eurs, 11,7% par les restrictions budgétaires (déficits, coupures et bénévolat) et 30,8% par les gouvernements Si on tient compte de la garde post-scolaire, la contribution des gouvernements baisse jusqu'à ne représenter que 10,6% du total.Bien sûr, le gouvernement conservateur vient d'annoncer une injection de quelque 5$ milliards dans la garde d'enfants d'ici les sept prochaines années.Ruth Rose fera remarquer avec à-propos que seulement en 1987, le gouvernement fédéral a enlevé environ 382$ millions aux familles avec enfants, (montant cumulatif de presque 2$ milliards entre 1985 et 1989), par l'effet combiné de différentes mesures fiscales, désindexation partielle des allocations familiales etc Il faudra davantage, et davantage que les 8$ millions budgetes cette année à Québec, qui se traduisent par une misérable augmentation de 0,50$ par jour par place en garderie et 2.600 nouvelles places.A 22/VIE OUVRIERE/JANVIER-FEVRIER 1988 ï!i:M:imni:namT Quelle famille! Dans les années cinquante, beaucoup de blagues électorales circulaient.L'une d'elles faisait dire à Du-plessisdans un discours: — La Province, je l'aime tellement que, si c'était une femme, je la marierais — Pas besoin de la marier, ça fait vingt ans que tu la fourres, lui répondait un habitant dans l'assistance.Je ne sais pas pourquoi, je ne pouvais pas m'empècher de penser à cette histoire-là, le lendemain de la Mort Bien sûr, Il n'a pas passé son temps à nous fourrer.Je n'ai d'ailleurs pas l'intention de faire ici le décompte des bons et mauvais coups politiques J'ai mieux compris mon association d'idées irrévérencieuse deux jours plus tard.La télé nous montrait les braves gens qui défilaient devant la Tombe et ce moment frustrant de la fermeture des portes du vieux Palais de justice, pour laisser un peu d'intimité à ses proches — Ses proches7 II n'appartient pas à ses proches! C'était un homme public II appartient au public, disait un qui avait fait la queue en vain C'était le Québec profond qui parlait Sa famille, c'est tout nous autres, laissez-nous brailler notre Mort Personne ne s'en est privé en ces jours sombres.Les discours des personnages publics, qui furent tous sans exception ses amis intimes Ceux qui disaient, c'était notre père Ceux qui disaient, c'était notre mère Ceux qui disaient, c'était nous autres II nous ressemblait tant.Il laisse un grand vide II est plus vivant que jamais Sa présence nous accompagnera, nous guidera.L'Homme de la rue (comme sa femme) pensait de même Le Québec est devenu un grand salon mortuaire Les Québécois aiment bien les salons mortuaires Spécialement les peti tes salles de détente à l'arrière où trône habituellement une machine à coke Là, les familles se sentent soudées, chaleureuses, confortables, vivantes Je ne couraille pas les funérailles Je n'ai bousculé personne pour voir la Dé pouille Je trouve les familles étouffantes J'aime le Québec lorsqu'il se conduit en peuple, pas en famille Je ne me sens pas à l'aise quand il applaudit la Dépouille ou qu'il lui chante des «Mon cher .» Toutes les fois que le bon peuple voudra être la femme du Chef, il s'exposera à se faire .A par ANDRÉLECLERC LE MONDE VUFEN8AS "Spis&v/r Qu>lL rA0'r ihtte /ivéc ses cc*rcXAOiv# rf * V Le programme des Belles soirées et matinées Hiver-printemps 1988: une occasion de suivre des activités d'enseignement de courte durée, sans pré-requis, notamment: en soirée.La photo: art et miroir d'un pays Invite Michel Lessard, professeur au Département d'histoire de l'art de l'Université du Québec Les mercredis 3.10 et 17 février Frais: 25S La relation d'aide dans le quotidien Invité Jean-Luc Hêtu.chargé de cours en psychologie à l'Université de Montréal et à l'Université du Québec Les jeudis 4.11 et 18 février.Frais: 25$ La Bible et les récits sur l'enfance de Jésus Invité André Myre.professeur à la Faculté de théologie de l'Université de Montréal Les mercredis 2.9 et 16 mars.Frais: 25S L'hypoglycémie et les maladies reliées au sucre Invité Hugues Beauregard.endocrinologue, professeur à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal Les mardis 29 mars.5 et 12 avril.Frais: 25$ RENSEIGNEMENTS: 343-5863 Université de Montréal Faculté de l'éducation permanente imr °M ACTUALITE L'AUTRE ALTERNATIVE Un dossier étoffé.Un vu, lu, entendu amélioré.Et toujours nos thèmes habituels : Politique sur la scène, économie mouvements sociaux, international, l'avenir aujourd'hui et fourre-tout.Prochain numéro : février 1988 Abonnez-vous ABONNEMENT (4 numéros) D Abonnement régulier 10 $ O Abonnement de groupe 15 i O Abonnement de soutien 20 $ NOM : _ ADRESSE CODE POSTAI : TELEPHONE Faites voire chèque à l'ordre de L'Autre Actualité et retourner le tout a : 6376.rue Saint-Oems.Montréal.Québec.H2S 2R7 Nous voguerons à contre-courant avec vous.Revue féministe bimestrielle MnwaïqumESl Êtes vous intéressée à : ■ suivre l'Actualité des femmes.■ recevoir l'information sur les organismes et les regroupements de femmes.■ connaître les multiples ressources offertes par le réseau féministe Abonnez-vous dès maintenantI Tarifs d'abonnement : Les Éditions 12 S 1 an Communiqu Elles 22 S 2 ans 3585.St-Urbam 30 S 3 ans Montréal Québec 18 S institutions (1 an) H2X 2N6 (514)844-1761 afg\ SUCO ^8^ Nous y sommes avec vous Famine, guerre, pouvrete, repression, violence.voila les tmoges du Tiers-Monde que nous transmettent les grands médias.Mais ces images cochent une histoire toute aussi réelle, peu connue et pleine d espoir: I histoire de paysons et paysan nés qui se prennent en moin, qui s organisent et travaillent avec acharnement au développement de leur pays SUCO croit fermement qu il faut trovotller a éliminer de focon permanente non seulement les effets mats aussi les causes du sous-developpement.C est pourquoi nous encourageons les pro|ets d outodeveloppement, c est ainsi que nos cooperants-coopérantes travaillent en collabora tion avec des groupes communautaires, des associations poysannes, des groupes de femmes, des coopératives et bien d outres Ce sont des projets modestes mais qui ont l'avantage de satisfaire aux besoins de l'ensembU de la communauté / rr wmas y(kf&d> Nous voulons remercier toutes les personnes, tous les groupes parmi la population, tous les syndicats qui, au cours de ces deux années, ont donné sans ménagement un appui moral et financier aux travailleuses et travailleurs du Manoir Richelieu.Le Conseil Central de Montréal (CSN) se joint aux travailleuses et travailleurs du Manoir Richelieu pour vous souhaiter ô CSN suJsill >n, ifflu* T^eti^e 9rGwWfr
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